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University of Ottawa
http://www.archive.org/details/v5dictionnaireuniv1846hur
ENCYCLOPEDIE
THEOLOGIQUE,
ou
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DÉCBITUBR SAINTE, DE PHILOLOGIE SACRÉE, DE LÎTCRGIE , DE DROIT CANOX, DE RITES ET
CÉRÉMONIES, DE CONCILES, d'HÉRÉSIES ET DE SCHISMES, DE LÉGISLATION! RELIGIEUSE, DE
THÉOLOGIE DOGMATIQUE ET MORALE, DES PASSIONS, DES VERTUS ET DES VICES, DE CAS
DE CONSCIENCE, d'uISTOIRE ECCLÉSIASTIQUE, DORDRES RELIGIEUX (HOMMES ET
femmes), d'archéologie SACRÉE, de MUSIQUE RELIGIEUSE, DE GÉOGRAPHIE
SACRÉE ET ECCLÉSIASTIQUE, d'hÉRALDIQUE ET DE NUMISMATIQUE RELI-
GIEUSES, DES LIVRES JANSÉNISTES ET MIS A l'iNDEX , DES DIVERSES
RELIGIONS, DE PHILOSOPHIE, DE DIPLOMATIQUE CHRÉTIENNE
ET DES SCIENCES OCCULTES,
PUBLIÉE
PAR 31. L'ABBÉ MIGNE ,
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DICTIOIAIRE INIYËRSEL
DE
PHILOLOGIE
SACRÉE,
IFS DIFFÉRENTES SIGNIFICATIONS DE CHAQUE MOT DE l'ÉCRITLRE , SON ÉTYMOLOGIE , ET TOGTES LES DIFFICCLTÉS
QCE PEUT FAIRE UN MÊME MOT DANS TOUS LES DIVERS ENDROITS DE LA BIBLE OU IL SE RENCONTRE", OU l'O^
EXPLIQUE LES HÉBR\ÏSSIES OU FAÇONS DE PARLER PARTICULIÈRES DU TEXTE SACRÉ, LES CONTRAHICTIONS
APPARENTES, LES DIFFICULTÉS DE CHRONOLOGIE, l'hISTOIRE SALNTE , LA GÉOGRAPHIE, LES NOMS
PROPRES DES HOMMES, DES VILLES, l'aRCHÉOLOGIE SACRÉE, LA THÉOLOGIE DOGMATIQUE ET
MORALE , ETC. . AVEC TOUT CE QUI PEUT FAIRE ENTENDRE LE SENS LITTÉRAL ET
MÉTAPHORIQUE, EN SORTE QUE RIEN NE P^1^SE ARRÊTER LE LECTEUR QUI \ AUHA
recours; on y voit aussi, entre parenthèses, le MOT GREC DES tEPTANTE,
QUI RÉPOND A LA SIGNIFICATION DE CHAQUE MOT LATIN, AA EC LEXPLICATION
DE CE QUE PORTE LE SENS DE l'HÉBREU ET DU GREC QUAND IL E^T
DIFFÉRENT DE CELUI DU I AllN DE. LA VULGATE,
Suivi du
DICTIONNAIRE DE LA LANGUE SAINTE,
CONTENANT TOUTES SES ORIGINES OU LLS IKiTâ HÉBREUX TANT PRIMITIFS QUE DÉim ES . AVEC DES ODSFR VATIO.NS
PHILOLOGIQUES ET THÉuLOGIQU E> ;
LIVRE TRES CUniEL \ ET >ÉCESSA1RE A i.ECX QUI S EME^DEST PAi La LaNGLE lltiHAÎyUE,
Ecrit ea anglais par le clievaller Leigh, Iraduit en français el auguienlé Je diverses remarques
PAR LOUIS DL WOLZOGUE.
^>ublié par m, l'abbc mi^m ,
ÉDITEUR DES COURS COMPLETS sUH CHAOLE BRaNCUS DE LA SC E.NCE REI.GIEUSE.
ŒS DIFFÉRENTtS PROPRIÉTÉS FONT, DE CES DEUX OUVR.\GtS, TOUT A LA FOIS,
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TOME PREMIER.
CHEZ L'ÉDITEUR ,
AUX ATELIERS CATHOLIQUES DU PETIT-MONTROUGE
BARRIKRE D ENFER DE PARIS.
l'aris. — lu, pi m.erie de N nwr.t uk Si nu, nie du ?evie*, o7.
DICTIONNAIRE IMYEBSEL
t)E
PHILOLOGIE SACREE.
Si^£^3SC»i
A
A, ÀB, ou ABS. à-ô. Celle f)icposilit)n mar- Jériisfilcm nvail trois pnrles à l'Oricnl ot
r\ue ordinairement le terme d'où la chose trois du côlé de chacune des autres r)arîies
prend son origine; par qui elle se fait; p;ir du monde. Ezcch. 1. 10. M.irc. 13. 27. Luc.
ruelle commence, et d'où elle part : mais 1. ll.elc.
dans TEcrilure sainte, qui est pleine dhé- k" Elle signifie le temps depuis loqurl
braïsmes , elle a beaucoup plus détendue, quelque chose a commencé. Thnn. ,3. 27,
parce que les Hébreux ayant pou de prépo- Bonumest viro ciau p irlaveril jngumab acio-
sillons, chacune a un plus grand nombre de lescenda sua : Il (st bon à l'homme de por-
^^glIificalioils différentes. Ainsi la préposi- ter le joug du Seigneur dès sa jeunesse. Ps.
lion a qui répond au min des Hébreux, ol. h-. Alienati snnl peccntorcs a vulva crra^
outre les significations communes qu'elle a venint ah utero: Les péeheurs se sont éloi-
selon l'usage du lalin, en a encore quelques- gués de la justice dès leur naissance et ils
unes extraordinaires selon l'usage de l'Hé- se sont égarés dès qu'ils sont sortis du sein
breu. de leur mère. 1 Par. 13. 13. Matlh. 11. 12.
Sigiiificalioiiscomiiiaiios iTA on AB, clconforni s à riis:ige Joan. 9.1. etc.
de la laiiuiié. 5" Elle marque la patrie ou le lieu de \i\
1° Celte préposition marque l'agent ou la naissance. Mallh. 21. 10. Hic est Jésus pro^
cause efficiente, soit après les verbes passifs, phela u Nazareth Galilœœ : C'est Jésus lu
comme, Prov. 19. 14- A Domino proprie uxor Prophète, qui e»t de Nazareth en Galilée.
/5ruf/en* ; C'est proprement le Seigneur qui Marc. 15. 43. Ycnit Joseph ob Arima-
donne à l'homme une femme sage. I*s. 117. thœa : Joseph d'Arimathie vint trouver Pi -
23. A Domino factam est istud. Luc. 10. 22. late. Matt. 27. 57. Joan. 1. v. kk. 43. c. 11.
Kom. 12. 21. etc.; soit après les verbes neu- 1. c. 21. 2. etc.
1res, l.Cor. 10. V. 9. 10. <)««rfr/?nasfrpe»//6its 6' Elle est mise avec le nom d'une per^
perierunt : Quelques-uns furent tués par sonne pour marquer qu'une chose vient do
les serpents. 2. Tim. 3. 14. elc; soit enfin sa p;irt , se fait par son ordre ou par son
après les verbes actifs. Gen. 19. 24-. P/ut'i moyeu. Ps.Siî. 3d. Salus jusloruma Domino :
Dominus sulphur et ignem a /Jomino :l)'\c[i C est du Seigneur e,ue vient le salui des
fil pleuvoir du soufre et du feu du ciel sur justes. Eccli. 16.3. Ab une scnsato inhahi^
Sodome el Gomorrhe; Dominus a Domino, i. inbilur palria : Un seul homme de bon sens
e. Le Fils de la part du Père ; ou Dominus a fera peupler toute une ville. 2. Tim. ,3. 7. etc.
seipso; hébra'isme. Joan. 5. 19. etc. Elle marque aussi quelquefois le logis delà
2° Elle signifie lé terme du départ. Mallh. personne. Joan. 18. 2^. Adducunt Jesum a
2. 1. Ecce Magi ab Oriente veneruni Jeroso- Caipha : Es menèrent Jésus de chez Caïphe.
lymam : Des Mages vinrent d'Orient à Jéru- Marc. 3 33. etc.
salem. Jerem. 1. H. Ab Aquilone pandetur 7' Elle snarque l'office ou le rang qu'un
mal um super omnes habilalores tcrrœ : Ces serviteur lient auprès de son maître. 2. Beg.
maux viendront fondre du côlé de l'Aquilon 8. IG. Josapkal erat a commcntariis ; Josa-
sur tous les habitants de la terre, i. e. Du phat avait la charge des reqtiéles. 2. Par.
rôle de Bibvlonesur toute la Julée. Aet. 34. 8. Is. 30. 3. elc.
18. 1. 2. Cor. 1. 15. Philip. 4-. 13. etc. 8' Elle marque la ehose dont on se doit
3^ Klle marque le côié. l'a.^pecl. la partie. garder ou défier. Malt. 7. 13. Ailcnditc a fal-
Ps.l'*. T. Neque ab Oriente, nei/ne ab Occi- sis pro/jAr/js .• Gardez-vous des faux pro-
denle,nc(iueadeserlismontibus:\\v\c\\c\uWi\ phèles. Eecli. 9. 21. Cave (c a proximo (uo ,
(le secours, ni de l'Orient, ni de l'Occident, Défiez-vous de ceux qui vous approciient.
ni du côlé des déserts des montagnes. Apoc. P<. 17. 24. Malt. IG. G. elc.
21. 13. Ab Oriente porlœ très, elc. La sainte 9' Elle se met après les verbes qui signi-
DlCTIONN. UK PniI.OL. SâCRhl'. 1 1
n
DICTIONNA'RE DE THILOLOGIE SACREE.
Vi
fient cesfer, dcsislrr, s'.ibstonir de quelque
<hose, pour exprimer la phrase des Grecs,
qui mcticnt le pénilif nprès ces sortes de
verbes. Jos. Ik. 15. Cessabit lerraa prœliis :
11 n'y eut plus de guerre dans le pays do
Chanaan. Ps. 36. 8. Desine ab ira : Quittez
tous ces mouvements de colère et de fureur.
Jcrem.31. 16. 1. Cor. 9.25. 1. Thess. 5.
22. etc.
10" Elle se met après les verbos d'éloigner,
séparer, rejeter, détourner, cacher. Matl.
25. il. Biscedite a me, maledicti, in ignem
œternum : Relirez-vous de moi, maudits, etc.
Ps. 50. 11. Averte faciem tuam apeccatis mcis:
Détournez votre face de dessus mes péchés.
V. 13. Ne projicias me a fade tua : Ne nis
rejetez pas de devant votre face. Matt. 11.
25. Abscondisti hœcasapienlibus .-Vous avez
caché ces grands mystères aux sages et aux
prudent';. Ps. 72. 27. Luc. 22. 42. Jean. 12.
36. AcI. 1. 11. etc.
Il" Elle se met après les verbes de déli-
vrer, sauver, tirer d'entre les mains de quel-
qu'un. Tob. 12. 9. Eleemosyna a morte libé-
rât : L'aumône délivre de la uiort. Act. 2.
kO. Sulvamini a generalione isla : Sauvez-
vous de cette race corrompue. Ps. 139. 1.
llom. 7. 6. 1. Thess. 1. 10. elc.
12" Elle se met après les verbes de de-
mander , apprendre, recevoir, s'enquérir.
Matt. 20. 20. Accessit ad eum mater filioriim
Zebedœi, adorans et pelens aliquid ab eo : La
mère des enfants de Zébédée s'approcha
de lui et l'adora, en lémoignant qu'elle vou-
lait lui demander quoique chose. Colos. 1.7.
Sicnt didicislis ab Epaphra : Comme vous
on avez été instruits par noire cher Epa-
pbras. Joan. 5. 3i. Ego non ab homine tes-
limonium accipio : Pour moi , ce n'est pas
d'un homme que je recois le témoignage.
Exod. 3. 2. 22. Tim*. 2. 2. Apoc. 1.
28 elc.
Tous les autres verbes après lesquels
celle préposition est mise, se verront cha-
cun dans leur lieu, comme parcere , mun-
(lare, elc.
Sigiiificjiioiis d'A ou AI) moins ordinaires.
A ou AB , pour propter, à cause , etc.
Celle préposition a celle signification partout
où elle selronvc (lovant les mots :
A voce Isa. 33. 3- .4 voce Angcli fugerunt,
et en plusieurs aulres endroits.
Ab increpalioric 2. Rcg. 22. 16. lievelafa
sunt fundamcnta orbis ab increpnlione Do-
mini. Ps. 17. 16. Ps. 75. 7. Ps. 79. 17. Ps. 103
7. etc.
A facic Ps. 43. 7. Confnsio faciei mcœ
coopcrnit me a facie inimici cl prrs"(iu€n-
lis. Voy. Facirs , où l'on distingue cette
signification des deux aulres , qu'a encore
<i facie.
A vino Isa. 28. 1. Errantes a vino. Ezech.
10. 7. L(pial)ilur cor eorum quasi a vino. Os.
7. 5. Fur ère a vino.
Celle même préposilion , se trouvant de-
vant plusieurs autres mois, signifie aussi,
n cai/se, P. 108. 24. (icnua mea infirma^
ta sant a jcjnmo; à cause du jeûne, cl c:tro
— Eccli. 23. 10. A^on eris im~
Vous ne serez pas exempt de
mea îmmutata est propter oîenm , i. e. defec-
tnm olei , Heb. a pingxiedine. v. oleum. Ps.
106. 34. Posnit lerram fructiferam in salsu-
gincm a malilia inhabitanlium in ea , id est,
propter malitiam. v. 39. Vexati sunt a Iribu-
latione malorum. 3. Reg. 1. 40. Ps. 6. 8. Ps.
37. 9. Ps. 38. 12. Ps. 87. 19. Thren. 4. 9.
Ezech. 45. 2. Os. 4. 19, c. 7. 16. Mich. 2. 12.
Matt. 18. 7.
Il y en a plusieurs exerAples d.ins les au-
teurs latins , comme dans Térence, caput a
sole clolel.
A, pour in.
munis ab eis :
faute en cela.
A ou AB , pour prœ, au prix, en comp.i-
raison.
Marque la préférence ou l'excellence d'une
chose ou d'une personne au-dessus d'une
autre; car les Hébreux, n'ayant point de
comparatifs, ise servent de leur prépositive
min pour exprimer cette préférence. En ce
sens elle signifie :
1° Au-dessus, en comparaison. Luc. 18.
14. Descendit hicjustificatus ab illo : Le Pu-
blicain s'en retourna justifié, préférablement
au Pharisien. Ps. 17. 52. Ps. 102. 11. Is. 55.
9. Ezech. 10. 19. c. 16. 52. c. 42. 6. Joan. 12.
32. Ce qui se rencontre quelquefois en latin.
Térence, Ab illo friget : Ce n'est rien au prix
de lui.
2' Plus que. Eccli. 24. 39. A mari eniin
abundavit cogitatio ejiis , et consiliiim ab
abysso magna: Les pensées du Seigneur sont
plus vastes que la mer, et ses desseins plus
profonds que les abîmes. Quelquefois Is
préposition est sous - entendue. Ps. 67. 31.
Probati sunt argento ; i. e. prœ argento.
3° Que , après le comparatif. Ps. 8. 6.
Minuisti eum paulo minus ab Angelis : Sei-
gneur, vous ne l'avez abaissé qu'un peu
au-dessous des anges. 3. Reg. 1. 37. Ec-
cli. 6. 8. Ezech. 16. 52. 2. Cor. 11. 5.
Hebr. 2. 7.
A ou AB, pour prœter, absque , hormis. —
Mar(|ue un attachement à quebjue objet,
préférablement à toute autre cliose. Ps. 72.
25. A te quid volui super terram? Que dési-
ré-jesur la terre, sinon vous? dit David à
Dieu.
A , pour inter, e numéro , du nombre. —
Marque la séparation que l'on fait de quel-
que personne ou de quelque chose, en la
séparant du nombre des autres. Num. 8. v.
11. 15. Dono donali sunt mihi a filiis Israël :
Les lévites m'ont été donnés comme une élito
du peuple dlsrael. c. 31.28.Ecc!. 45. 20. c. 47.
2.PS.29.4. Sap.9. 4. Noii mereprobareapue-
ris luis : Ne me rejetez pas du nombre de vos
enfants, dit S;ilomon à Dieu. Ps. 11. 1. Ps.
20. 11. Dan. 4. 22. Ce qui s'exprime sou-
vent par de, comme, Exod. 30. 38. Peribit
de populis suis : 11 périra du milieu de son
peuple. Dans le Léviiique et ailleurs. Ps.20.
11. Fructum eorum de terra perdes et semen
eorum a filiis honiinuin : Vous exterminerez
leurs enfants de dessus la terre, et leur rdco
du milieu des hommes.
i%
AB
A, pour prœ ter, on u!lra, scursim. —Sé-
parément cl hors du nomhre.
Nuin. 3.4-9. Tnlit igilur Moysea pecnniam
eorum qui f itérant umplms,et quos redemerant
a Levilis : Moïse prit l'argent de ceux qui
pass;iienl ce nombre, et qu'ils avaient ra-
chetés coiiime surnuméraires au nombre des
lévites. Dieu avait ordonné à Moïse do pren-
dre les lévites pour les premiers-nés des en-
fants d'Israël ; le dcnombreipent des enfants
de Lévi, depuis un mois et au-dessus, ajant
été fait, il se trouva plus de premiers-nés par-
mi les Israélites, qu'il n'y avait d'enfants de
Lévi qui pussent lenir leur place; ainsi il or-
donna que les soixante et douze qui se trou-
vaient surnuméraires fussent rachetés, en don-
nant cinq sicl'S pour chaque tétc.C'estce que
signifie quos redemerant a Levilis, c'est-à-dire
e Levilarum numéro, qu'ils avaient rachetés,
afin qu'ils ne ftissi-nt pas du nombre des Lé-
viles, parce qu'ils se trouvaient, par leiirqua-
lité de primiers-nés, eng;igés cl consacrés au
ministère et au service de Dieu, comme les
Lévites. Heb. Prœter redemptos Letitarum.
V. redimere. Eccli. 46. 10. Et ipsi duo consti-
t\i(i a periculo liberati sunt a numéro sexcen-
torum millium pediliim : Josué et Caleb fu-
rent tous deux choisis de Dieu pour être
délivrés du péril de la mort, oij tombèrent six
cent mille hommes de pied.
A, pour apud, auprès , en présence. —
Marque ce qui est ou qui se fait en présence
cl à la vue de quelqu'un. Ps. 138. 12. Quia
tenebrœ non obscur abxintur a te : Les ténè-
bres n'ont aucune obscurité pour vous, mon
Dieu. v. 14. Ercli. 21. 25. c. ki. v.21.22.
23. 25. et 28. V. Faciès. Ainsi, la préposition
blindes Hébreux, qui répond à a ou ab, est
exprimée ]}ar apud. Num. 32. 22. et ailleurs.
A, pour contra. — 1" Marque la protec-^
lion qui nous garantit de quelque mal. Ps.
18. H. Ab alicnis parce servo tuo : Préservez
votre serviteur de la corruption des étran-
gers. V. Alienus. Ps. 31. 7. Ps. 93. 13. Ps.
140. 9. Isa. 2. 10. c. k. 8. c. 25. k. Spes a
turbine, iimbracidum ab œstu : Seigneur,
vous êtes devenu le refuge du pauvre contre
la lempôle, son rafraîchissement conlre la
chaleur. Ce qui se trouve aussi dans les au-
teurs latins. V'irg. Eclog. Tenrras defendo a
frigore myrtos, contre le froid.
2° Celte préposition marque simplement
une opposition. Ps. 17. 22. Nec impie gcssi a
Dec meo : Je n'ai point commis d'impiété
contre mon Dieu. 2. Rog. 22. 22. Ps. 139. 9.
Num. 17. 10.
A ou AB, pour ad ou versus. — 1° Marque
un mouvement pour aller quelque part;
comme, Gen. 13. 11. Lotlirecessil ab Oriente,
id est, ad Orientem : Loth alla du côté de
rOrif ni, ce qui paraît par la situation du
lieu d'où il partit pour aller à Sodome. v.
Fullerum, lib. 1, Misccll. Sacr. c. 4. Jiarus
est hic usus, dit-il, particulœ istius, min, m
Hebrœa quidem lingua; in Arabica vero fre-
quens, prœsertim in vnbis appropinquandi et
accedendi conjunctœ.
2" La proximité de quelque lieu. Kxod.
33. G. DeposHcrunt crgo [ilii Israël, ornatum
AB 1*
sunm a monte Iloreb : Les enfants d'Israël
quittèrent donc leurs ornements au pied de
la montagne d Horob. P. 15. 8. A dextris est
mihi ne commovear, i. e. juxta me est : Le
Seigneur est à mon côté droit, pour empê-
cher que je ne sois ébranlé; il est auprès de
moi.
3" La situation d'une chose vers quelque
côté. Jos. 16, 1. Cecidii quoque sors Jiliorum
Joseph ab Jordane contra Jéricho, et aquas
ejus ab Oriente : Le partage échu par sorli.
aus enfants de Joseph fut depuis le Jourdain
vis-à-vis de Jéricho, et des eaux de ce fleuve
vers l'Orient, c. 14-. a Libano. Gen. 2. 8. a
principio, heb. ab Oriente , id est, ad Orien-
tem : du côté de l'Orient, etc., à quoi se
rapporte ce passage pris figurémenl. Marc.
16. 19. Sedet a dextris Dei : Le Seigneur
Jésus est assis à la droiJe de Dieu.
A, pour ante. — Dans ces passages-ci :
A principio : Avant le commencement de
toutes choses. Prov. 8. 22. Antequam quid-
qurim facerel e principio : Le Seigneur a pos-
sédé la sagesse avant qu'il créât aucune
chose. Habac. 1. 12. Nnmquid non tu a prin-
cipio, Domine Deics? N'est-ce pas vous. Sei-
gneur mon Dieu, qui êtes avant le commen-
cement de toutes choses? v. Principium.
Ab initia. Eccli. 24. 14. Ab initio et ante
sœcula creala sum ; J'ai été avant le commen-
cement du monde, c. 43. 35. Is. 43. 13. Mich.
5. 2. 1. Joan. 1. 1. c. 2. 13. v. Initium.
A constitutione mundi : Avant la création
du monde. Matlh.2o. 34. Apoc. 17. 8. signi-
fie le même que, Ante constitutionem mundi.
Joan. 17. 24. Eph. 1. 4. 1. Petr. 1. 20.
A sœculo : Avant les siècles. Ps. 92. 2. A
sœculo tu es : 0 Dieu, vous êtes de toute éter-
nité. Ps. 105. 48. Eccli. 39. 25. c. 44. 2. Is
63. 16. Ad. 15. 18. v. Sœcidum.
Ab œvo : Avant tous les temps. Eccli. 1.
14. Prior omnium crcata est sapienlia et in-
teltectus prudentiœ ab œvo : La sagesse a été
créée avant tout, et la lumière de l'intelli-
gence est avant tous les temps.
A. pour post. — Signifie, après, Eccli. 34,
30. Qui baptizalur a mortuo : Si celui qui se
lave après avoir touché un mort, le touche
de nouveau, de quoi lui sert-il de s'être lavé?
c. 33. 12. c. 43. 24. Ps. 48. 15. Ezech. 12.
16. Act.ll. 19. Luc. 2. 36.
A pour dès ou drpuis. — Il sert pour mar-
quer une distribution qui se fait depuis un
terme jusqu'à un autre, et pour signifier
ce qui est renfermé dans les extrémiiés. 1.
Reg. 5. 9. A purvo usque ad magnum : Depuis
les petits jusqu'aux plus grands, c'est-à-dire,
petits et grands. Is. -10. 18 Àb anima usque
ad carncm consumetur : Depuis l'âme jus-
qu'au corps, c'est-à-dire, le corps et l'âme,
tout périra. Le Prophète parle des Assyriens,
exterminés par un ange. Gen. 14. 23. .4 fila
subtegminis ad corrigiam caligœ non acci-
piam : Je ne recevrai rien de tout ce qui est
à vous, deptiis le nioindre fil jusqu'à un cor-
don de soulioi. Jer. 9. 10. A volucre cœli
usque ad pecora. Il n'est rien resic drpui^
Us oiseaux du ciel jusqu'aux bêles do la
^^ DICTIONNAIRE DE miLOiOCIE SACREE
lerro, dit Jérémic do la ruine de Jénisalcm
Kum. G. k., e(c. .
\ avec lablatif, pour le génitif. — Ln
Vul'^nte latine rend (jnelquefois par A, avec
rabfalif, des noms qui devraient èlre au ge-
niiifconinie ils sont en hébreu. Ecc:i. 15. 2.
Mulicr a virginitale , i. virginitalis , lixor
virgo : Une épouse vierge. Isa. 5'i-. 6. c. U.
8. jnfnns cib ubere, i. laclens, à la mamelle.
Baru'ch. 2. 23. Eril sinevestijo ab inhabi-
tnnlibus, i. inhobilunlium :\\ ne restera plus
de trace d.Mis toute votre terre qu'elle ait ja-
mais été liabi:éc. Jerem. lo. 12. Numqnid
fœderubilur ferriim ferro ab (iqmhneî'i. nqui-
lonis, ou, ferro aquilonciri : Le fer peut-il
s'allier avec le fer qui vient d'aquilon? Fer-
rwn nqiiiJonis marque les Chaldéens. v.
Aqnilo. A quoi se peut rapporter,
AB aliquo esse. — \° Pour, Alicujtis esse :
Dépendre de quelqu'un et lui appartenir.
Ps. 11. 5. Labia noslra a nobis sunt , Hebr.
nobi^cum .-Nous sommes les maîtres de nos
discours. Mais celle expression se trouve
quel(|uefois dans les auteurs. Ciecron, Inire
grat'nivi ab aliquo, pour olicujus; et , comme
dit Donaî.Térence s'en sert souvent, comme
dans l'Andrienne, Hœc primiim anbnadver-
tendaab co injuria est, i. ejus injuria : 11 le
faut punir pour cet outrage.
2" Venir ou être de la part de quelqu'un.
Ps. 83. 6. Cujus est aaxilium obs te : Heu-
reux l'homme qui attend de vous son se-
cours, .loan. 17. 7. Omnia,quœ dedisli mihi,
(d)s te sunt : Tout ce que vous m'avez donné
\ icnt de \ous.
A, pour € ou ex. — i" A\ec les noms de
pays ou mên-.e de \ille qui devraient être
sans picposition. Act. 18. 1. Egressus ab
Alfipnis. AcI. 11. 11. Missi a Cœsarca. c. 12.
19. JJaccndcns a Juda'u; et presque partout
ailleurs, où il y a <n grec , à-ô. Ps. 41. 8. ce
qui se trouve aussi quelquefois en latin.
2' Dans les endroits suivants. Ps. 30. 13.
(jblivioni ilatus sutn , taniquam mortuus a
corde : J'ai été mis en oubli el eff.icé «le U ur
cœur. Ps. G7. 30. a tewplo tua : du milieu de
votre temple. Ps. 118. 104. Mallh. 5. 18.
Luc. 5. 3. Ad. 1. 12. c. 5. 41. c. 28. 3. 2.
Cor. 3. 5. etc.
A ou AB, superflu. — Il se trouve princi-
palement d.ins rEc(lésiasti(|ue. c. 14. 14.
Aon defraudcris a die bono : Ne vous pri\ez
pas des avantages du jour In ureux, d'un
jour de fête. c. 1. 20. c. 19. 24. etc. Apoe.
14. 8. Qiiœa vino irœ suœ polavit omnes gén-
ies : \\,iUy\oUG a fait boire à toutes les na-
tions !e \in de sa |)rosli(ulion qui a irrité
]»ieu. Ce qui n'est uas sans exemple dans la
langue latine.
Les autres manières se trouveront a^ec
les verbes dont ils dépendent.
A A A exprime la particule liêbraïquc
nnN alla, ou, nn /'«, qui signifie heu, et repré-
sente la voix d'une personne qui se plaint
de qnchiue chose, comme Jerêmic qui, dans
ce [laïsage chap. 1. G. El di.xi,a a a Domine
JJeus, ncsiio loqui, se plaint qu'étant trop
It'um-, il ne i)eut parler avec l'autorité d'un
!0
prophèie. c. 14. 13. Ezech. 4. 14. c. 20. 49.
Joël. 1. 15. A a a dici ! O jniir funeste ! Cet
A a a se rend par, fieuheu lieu! 4 Ueg. 3. 10.
el ailleurs. Ainsi ce n'est [)oinl, comme (juel-
qtus-uus ont cru, un bégaiement, ou la
difficullé de parler d'un enfiint.
AAUON, heb. inontanus, fils d'Anuam cl
de Jocabcd. leîil-nevcu de Lévi, naquit l'an
du monde 2430. Il était frère de Moïse, et
plus âge que lui de trois ans. Dieu l'associa
à IMoï^c, son frère, pour délivrer le peuple
d'I-raël, pour en être le conducteur et l'in-
terprète de ses saintes volon es : mais quoi-
que x\aron portât la parole, et qu'il fût lo
l)roplicle de Moïse, Exod. 7. 1, néanmoins
la principauté résidait dans Moïse, el le mi-
nislèie dans Aaron. H lut établi et sacré
grand-prêtre et premier pontife des Juifs, et
Dieu voulut que celte dignité fût renfermée
dans la seule famille d'Aaron, Exod. 28. Les
habits sacrés du grand prêlre et ceux des
autres prêtres sont décrits dans ce même
chapitre, et les cérémonies de so.i sacre, et
de ses enfanls , avec les sacrifices que l'on
offrait pour eux, soni rapportés au chapitre
29. Moïse différ.int longtemps à dcscendic
de la monlagn(> de Sinaï, le peuple tbligea
Aaron de lui f.iiie un veau d'or pour l'ado-
rer, à l'exemple des Egyptiens, qui ador..ient
leur Apis sous une forme semblable, Exod.
32. Lorsque Coré et ses complices se soule-
vèrent contre Aloïse et Aaron pour leur dis-
puter la grande sacrificature, Ditu ayant
ordonné de prendre douze verges, une pour
ciiaque tribu, la verge d'Aaron fleurit, pour
confirmer le cfioix (ju'il avait fait de lui,
Num. 18. Ce grand pontife ayant été exclus
de la terre promise a cause de son inciédu-
litc, c. 20. 12, Mo'ise le dépouilla des orne-
ments de grand-prêtre et en revêtit son fils
Eléazar, en suite de quoi il mourut, c. 20.
24, âgé de 123 ans , après avoir exercé cette
dignité l'esp-ace de 38 ans.
AARONIT.IL, ARUM, les descendants d'Aa-
ron. 1. Par. 27 17.
AASBAI, Heb. confisus milti, fils de Ma-
chali , et f>èie d'Eliphelet, un des trente
vaillants hommes de l'armée de David. 2.
Reg. 23. 34.
ABADDON, Heb. deslruens, du verbe Hé-
breu, a bail, perire.
1" Mot Hébieu qui signifie perte et des-
truclion, autiuel répondent d.ms les passag«'s
suivants perdilio^ inlerfcclio, plaga. Job. 28.
22. Perdilio (Héb. ab..ddon) el mors dixe-
runt. c. 31. 12. Ps. 87. 12. AinsiEsth.8. 2G.
c. 9.5. Prov. 17. 20. c. 15. 1!.
2" Exterminateur, c'est le nom de l'ange
de l'abîme. A] oc. 9. 11. Cui nomen Hebraice
Abaddon {i. e. la ruine et la perte même).
Grevée aulcin Apollyon , Latine nomen liubens,
Exlerminans : sii'iul Jean a rendu ce non»
parce participe qui revient au même sens ;
comme quand on dit, c'est l'orgueil même,
pour dire c'est un orgueilleux ; car le nom
substantif est mis pour le participe.
ABALlENAllE, Gr. à-cJloTf,iov-j, aliéner du
bien, le vendre, s'en défaire.
1° Chasser, déposséder. Eccli. 11. 30. Ad^
17
Alîlî
ABD
i?
mitt ad te alienigennm, et abalienabit te a
titis proprîis : Donnez entrée chez vous à
l'étranger, el il vous chassera de votre pro-
pre maison.
2° Séparer, désunir; d'où se fait :
Abadenare se: Se détacher de quelqu'un,
renoncer à son amitié. 1 Mach. 11. 53. Ab-
nllenavit se a Jo/iar/io. -Démétrius s'éloiçn,i de
Jonathas. Ainsi, Abndenari a Deo : S'éloi-
gner de Dieu ; ne le connaître poiiit pour son
seigneur el pour son maître. Isa. 1. '4-. Ab-
atienali sunt retrorsum. Ose. 9. 10. Voy.
Alienare.
ABANA. Heb. lapideus, Voy. Amaxa.Ji'uvo
Ac Syrie qui sort du Liban, k Reg. 5. 12.
Nnmqiiid non meliores sunt Abana et Phar-
phar, fluvii Damasci, omnibus aquis Israël ut
laver in eis et munder? N'avons-nous pas à
Damas les fleuves d'Abana et de Pharpbar,
qui sont meilleurs que tous ceux. d'Israël?
ABARIM, Heb. transeuntes, montagnes dos
Moabites, d'où Miùse ennsidéra la terre de
Chanaan et y mo'.irut. Num. 33. hl. Vene-
riint ad montes Abarim contra Sebo. Cette
montagne est vis-à-vis de Jéricho au-des-
sous du Jourdain, au milieu du la tribu de
Ruben, et sépare le p.iys des Ammonites et
des Moabites d'avec celui de Chanaan. v. 13.
14. Voy. Jeabarim.
ABARON, Heb. fortitudo, surnom d'É'éa-
zir, quatrième fils de Mathalhias. 1. Mach.
2. 5.
ABBA, Heb. pater, mol Syriaque formé
du mot Hébreu «6, qui signifie: père. Marc.
ik. 36. Abba, Pater. Rom. 8. 15. Gai. «». 6.
Dans ces trois endroits, le nom Latin l'y
trouve ajouté, soit pour en expliquer la si-
gnificalioi) , soit pour marquer une plus
grande affection. Ce mol n'a été en usage
pour signifler les Pères dos moines, que du
temps de saint Benoît el de saint Grégoire.
Voy. Pater 1".
ABBREVIARE, (7JVTîy.v:tv, ce verbe, peu
usité (liez les Latins, siguiûe abréger, rac-
courcir. Mais dans l'Ecriture il signifieaussi,
1" Retrancher, réduire à un petit nombre.
Isa. 10. 22. Cons:ummotio abbreviata ininida-
bit justitiam : Le reste des Juifs qui sera ré-
duit à un petit nombre répandra la justice
avec abondance; ou, La justice se répandra
comme une inondation d'eaux sur le peu de
Juifs qui sera resté. Rom. 9. 28. Verbnni
cunsummans etabbrevians inœquitale (siipple,
eril) : Dieu dans sa justice consumera el rc-
Irancliera son peuple.
2" Fixer, déterminer. Dan. 9. 2i. Sejjtai-
(jinta hcbdomades abbrevialœ sunt super po-
pulum tuum: Dieu qui pouvait prolonger le
temps de la délivrance de son peuple , l'a
réduit et déterminé à soixaiile-dix semai-
nes d'années , qui font WO ans.
3° Raccourcir. Isa. 50. 2. Xnmijnid abbre-
viata el pnrvula (acta est mniius inea ut non
possimredimere? Ma main s'cst-clle raccour-
cie? est elle devenue plus petite, et n'ai-je
plus le pouvoir de vous racheter? Ci; qui est
raccourci est ordinairement moins fort quo'
ce qui a toute son étendue; ainsi oobrnviari,
qui dans plusieurs endroits signifie cire rac-
courci, èlre moins étendu, veutdiie, être
moins fort, être moins puissant. Isa. 59. 1.
Jîcce non e.s/ abbreviata manus Dontini : La
main du S'igneur n'est point raccourcie, i. e.
Dieu n'est pas moins puissant qu'il 1'.» été.
Mich.2 7. iSumquid ubbrevialus est Spiritua
Domini? L'esprit du Seigneur esl-il devenu
moins étendu ? i. e. Dieu a-l-il moins de pou-
voir d'envoyer des proplièles ? Car cela sem-
ble avoir élé dit sur ce que les Juifs impo-
saient silence aux prophètes, comme si Dieu
n'eût pas pu en envoyer d'autres. Quebjues-
uns néanmoins expliquent cet endroit de la
bonté et de la miséricorde de Dieu qui ne se
diminuent point avec le temps.
ABBRLVIATIO, ms. Retranchement ou
réduction à un petit nombre ( /ôyoc n-j-j-zî-uri-
y.ho;) verbwn u[jbreviatum).ls:i.,\0,^2: Con-
summationem et abbreviationem Dominus Deus
faciet inmedio o)nnislerrœ : Le Seigneur Dieu
fera un retranchement ea réduisant le peu-
ple Juif à un petil nombre de gens qu'il a
sauvés parmi (oui c peuple, v. 22. c. 28. v.
CON'SL'MMATIO.
ABDAjHeb. servus. 1° Chantre célèbre,
descendant dMithun. 2. Esd, 11. 17. v. Ob-
DIAS.
2° Père d'Adoniram, du tem,)S de Saloraoa.
3. R g. i. 6.
ABDEEL , Heb. servus Dei , père de Sele-
rr.ias,qui ri eut ordre d'arrêter Jérémie et
Barui h. Jerem. 3G. 26.
ABDEMELECH, Heb. servus régis , eunu-
que OU officier du roiSedecias, Ethiopien de
naissance, qui marqua beaucoup de douceur
et d'humanité pour Jérémie. c. 38. v. 7. 8.9.
ABDENAGO, Heb. servus claritatis , c'est
le nom qui fui donné à Azarias, jeune prinie
de Judée, et proche parent de Sedecias , le-
quel fut mené captif on Babylone avec le roi
Joakim , Daniel, Misaël et Ananias. Asphe-
nez , l'inlendanl dos eunuques, changea leur
nom, et nomma celui-ci Abdenago. Dan. 1.
7. c. 2. 49. c. 3. Y. 12. 16. etc. Ce change-
ment de nom se faisait , soit pour faire voir
l'empire que le roi s'était acquis sur ces
étrangers; soit à cause de la haine que les
Chaldéens portaient aux Hébreux; soit pour
inaïquer les minislères mêmes auxquels ou
les destinait.
ABDI, Heb. servus meus , 1° un Lévite de
1,1 famille de Merari , qui fut ra'icul d'Ethan,
cl père de Chusi. 1. Par. 6. kï.
2" Un autre Lévite, père de Cis, qui tra-
vai la par Tordre d'Ezéciiias à purifier le tem-
ple de la profanation des As>yricns. 2. P.ir.
29. 12. Voyez v. 5.
3° Le fi silElamquisesépara desafenune ,
parce qu'elle élait étrangère. 1. Esd. 10. 26.
>'oyez V. 19.
ABDIAS, Heb. sercus Z;o//u'/ii, 1" un inten-
dant de la maison d'Achab, qui cacha dans
des cavernes cent Prophètes, et qui les y
noutril pour les sauver do la fureur de Jcza-
bel. 3. R.'g. 18. 3.
2" Un homme de 1 1 tribu de Zabulon,dont
le fils, nommé Jesmaias, élait le premier do
cette tribu du temps de David. 1. Par. 27. 19.
/abuloiiit's [prœcrat] J'-smui f. [ilin- Abdiic.
19
DICTIONNAIUE bE P.llLOLuGIE SACKLE
30
3" Un Lévile de la race de Mcrari, qui fut
pominis potir faire travailler les ouvriers, lors-
(luc le Temple fut réiabli sous le règne de
Josi.is. 2. Par. 34. 12.
k" Un des douze petils prophèles , auteur
du livre de l'Ecriture sainte qui porte son
nom, Abd. v. 1. Visio Abdice: Prophétie d'Ab-
dias. Cette prophétie ne contient qu*un seul
chapitre , dans lequel le prophète prédit les
maux qui doivent arriver aux Iduméens.On
ne sait rien du pays ni des parents de ce pro-
phète; il est même fort incertain dans quel
temps il a vécu; on croit néanmoins coramu-
ncmcnt qu'il a éé contemporain d'Osée ,d'A-
inos et d'I^aïe, et qu'il a prophétisé, comme
eux, environ 800 ans avant Jésus-Christ. Les
Hébreux, au rapport de saint Jérôme, croient
«jue c'est le même que cet intendant d'Achab,
dont il est parlé 3. Reg. 18. 3. qui nourrit
les cent prophètes qu'il avait cachés dans
des cavernes pour les sauver des mains do
Jezabe!, qui voulait les faire mourir.
ABDICARE , de ab et de dicare.
Le verbe dicare signifie, donner pour tou-
jours, dédier, abandonner entièrement; au
contrai.fe abdicare , c'est proprement ,
Rejeter, renoncer à quelquechose{i-i£-«o-6«t)
2. Cor. k. 2. Abdicamus occulta dedecoris :
Nous rejetons loin de nous les passions que
la honte fait cacher, occulta dedecoris, i. e.
dtdecorosa ; des crimes cachés et infâmes.
Saint Paul njarque les faux apôtres qui ca-
chaient sous de belles apparences des cri-
mes honteux. D'autres l'entendent de leurs
intrigues cl de leurs artifices bas et honteux,
pour gagner l'affection des peuples
ABDIEL, Heb. serius Dei, fils de Guni,de
la tribu de Gad ; il fut le chef de sa maison.
1. Par. 5. 15.
ABDITUM. 1. Ce nomsubstanlif inusité si-
gnifie, dans l'Ecriture:
Un lieu caché, une tanière («Ttôx^y^ov). Ps.
16. 12. Sicul catulus leonis habitans inabdilis.
Saù! était à l'égard de David comme un lion-
ceau qui se tient en embuscade dans les lieux
cachés. 1. Rig. 13. 6. 1. Mac. 1. 56.
ABDON , Heb. servus. 1° L'un des juges
d'Israël , qui fut le douzième depuis Josué, et
(jui eut une nombreuse postérité, s'6 anl vu
quarante fils et trent(> piMits-fils. Jud. 12.13.
judicavit Israël Abdon jîlius Illcl Pliaralhoni-
les , tjui habuit ((uadraijinta filios et tri(jinta
ex eis nepotcs, et judicavit Israël octo annis.
2' Un homme de la tribu de Rcujan)in,li.3
deSesac. 1. P.ir. 8. 23.
3° Un autre homme de la niême tribu , fils
aîné d'.M)igabaon ou de Jehiel, et île Maacha.
J. Par. 8. 30. c. 9. 30.
k" Uii fils de .Micha , iini fut en grande con-
sidération du tenips de Josias, et l'un de ses
premiers officiers. 2. P.ir. 3ï. 20. C'est le mê-
me qui est nommé Achobor. k. Reg. 22. v,
12. IV. Jerem. 26. 22. c. 36. 12.
5' Ville donnée aux Lévites dans la tribu
d'Asrr. Jos. 21. 30. 2. Par. G. 1k.
AUDIJCIMIE {r/.i/txu/.'oTi-jw). 1" Emmener en
captivité. Ps. 136. 3. Qui abduxerunt nos:
Ceux (jui nous ont enimcnés captifs. 2. Parai.
30. k. 2. Ebd. 1. 9. Judith. 2. Ki etc.
2" Tirer à part, mener à l'écart èz/iîvetv, de-
clinarc). 2. Reg. 3. 27. Cum rcdiisset Abner
in JJebru7i,seorsuin nbdaxit eum Joab ut lo^
querelur ei in r/o/o; Joab tira à part Abner
pour lui parler en trahison.
3" Gagner, attirer à soi , engager dans son
parti (à-oo-TTâv, ubstrnhere). Act. 20. 30. Ex vo-
bis ipsis exsurgent viri loquentes perversa, ut
abdncant discipulos post se : Il s'é.èvera d'en-
tre vous-mêmes des gens (|iii publieront des
doctrines corrompues , afin d'attirer des dis-
ciples après eux.
De celte signification vient celle du passif
abduci, se laisser persuader, se laisser aisé-
ment emporter. Heb. 13.9. Doctrinisvariis et
pfregrinis nolite abduci : Ne vous laissez point
emporter à une diversité d'opinions et à des
doctrines étrangères. C'est ce que saint P.ml
dit ailleurs en d'autres termes, Ephes. 4. 14.
Uljain non simus parvuli fluctuantes et cir^
cainferamur omnis venta doctrinœ.
ABDUCTIO, (à~t/.ywyyi).Cc uiol qui marque
l'actiun de détourner , et de tirer à part, si-
gnifie, dans le seul endroit où il se trouve ,
le déiouragement qui fait qu'on se détourne
de la considération de toutes ks choses qui
pourraient nous donner de la consolation.
Eccli. 38. 20. In abductione pennanet tristi-
lia: La tristesse que nous cause la perte de
nos proches s'entretient dans la solilude , il
faut recevoir volontiers la consolation de ses
amis.
ABED, Heb. servus, fils de Jonathan , de la
famille d'Adan : il revint avec Esdras de la
captivité , avec 50 hommes de sa famille. 1.
Esd. 8. 6.
ABEL , Heb. vanitas [Vapor , vanité', va-
peur) , second fils d'Adam et d'Eve , doux ,
simple et craignant Dieu: il lui donnait des
témoignages de sa vénération , en lui offrant
en sacrifice ce qu'il avait de meilleur ; aussi
Dieu témoigna par quelque signe visible qu'il
avait agréables ses présents. Gain, sou frère,
en conçut contre lui une si cruelle jalousie,
que l'ayant tiré à l'écart, il massacra cette
innocenle victime , donl le sang cria au ciel
pour dem.uider la vengeance de ce meurtre.
Jésus-Christ lui-même a fait son éloge en
rappelant juste, Matih. 23. 35. Hebr. 11. k.
2" (Heb. luctus, deuil), ville des Ammo-
nites dans la Pérée , qui fut ravagée par
Jephlé. Judic. 11. 33. appelée Abelmehula. c.
7. 23. 3. Reg. 4. 12. c. 19. 16.
3" (Heb. planctus magiius , grand deuil) ,
Abelmagnum , lieu , ou rocher , où s'ancla
le chariot qui portait l'Arche, lorsque les Phi-
listins la renvoyèrent. On croit que c'étaient
les limites du pays des Israélites et des Phi-
listins. 1. Reg. 6. 18. Ce lieu fut appelé deuil,
à cause de la plaie des Belhsamites. Quel-
ques-uns veulent qu'on lise Abcn , qui signi-
fi(! piirre , au lieu d'Abel.
ABELA, .E. Heb. planctus , ville située au
milieu de la tribu de Nephthali, célèbre par
le siège que Joab en fil pour se saisir de Seba.
2. Reg. 20. 18. Ce mol se joint avec Belb-
maacha, parce que c'étaient deux lieux qui
ne laisaitnl qu'une ville.
ABEL-DO.MUM-MAAGHA, la môme ville
il
ABU
qu'Abela. Belh signifie domm. 3. Rois. 15.
20. 4. Ih-cr. 15. 29.
ABElL-MAi.M , Hob. luctus aquarum , la
même \iile encore qu'Abela. 2. Par. 16. i. v.
3. V. 3. Reg. 15. 20.
ABEL-MEHULA , Heb. Inclus infirmiiatis,
ville des Arntnoniles dans la tribu de Ma-
nassé, près du Jourdain. Judic.7. 23. 3.Reg.
h. 12. C'était le pays d'Elisée, c. 19. 16. v.
A BEL 2 .
ABELSATIM.Hob. luclus spinarum, grande
plaine dans la tribu de Ruben , où se fil le
quaranle-qualrième campement des Hébreux.
Num. 33. 49. Ce lieu est appelé Settim, Num.
25. 1. V. Sttlim. 11 est dans le pays des Moa-
biles , et fut appelé Abelsatim, à cause du
deuil du peuple qui y fut puni rigoureuse-
ment pour les crimes marijués. Niiin. 25. 25.
ABENBOEN,Heb. lapis pollicis , ville de la
Iribu de Benjamin. Josue 8. 18. Ce lieu est
près de la mer Morte.
ABERRARE . «tto/îîv. Ce verbe marque
proprement, s'écarlcr de son sujet; mais ici
il signifie, selon le sens du Grec , se détour-
ner du but où l'on vise , d'où vient, aberrans ;
qui s'égiire et qui se détourne de la voie qui
conduit droit au but où l'on doit tendre. 1.
Tim. 1.6. A qiiibus quidam aberrantes conversi
san[ i>i laniloquium: Quand on n'a point de-
vant les yeux en tout, ce cju'en dit Jésus-
Cliiisl el son EvangilL* , on ne peut que s'é-
garerçl se répandre en discours vains el peu
édifiants.
ABES, Heb. ovnm, ville de la tribu d'Is-
sachar. Josue 19. 20.
ABESALOM, Heb. pater pacis , ambassa-
deur de Judas Machabée \ers Lysias, général
des armées d'Anliochus Eupator. 2. Macli.
11. 17.
ABESAN , Heb. palris scutum , huitième
juge des Hébreux qui succéda à Jepbté , el
gouverna le peuple sept ans : il était de Be-
thléem , et eut trente fils et trente filles. Ju-
d;c. 12. 8.
ABESSALOM, Heb. paler pacis . père de
Maacha ouMichaia, mère d'Abias,roi de
Juda. 3. lU'g. 15. v. 2. 10. Maacha fdia Ahss-
salom.W élail de Gabaa, el s'appelail aussi
Uriel. 2. Par. 13. 2.
ABGATHA , Heb. po^ris torcular , un des
sept premiers eunuques d'Assuérus. Eslh.
1. 10.
.\HHORUEBE, v. horror. f -ooTo/ÇiÇetv )
avoirde l'aversion pour quelquecïiose.EccIi.
38. 4. AUissimus creavit mcdicamentade terra^
et vir prudens non ahliorrehil illa : C'est le
Très-Haut qui a produit les médicaments, et
l'homme sage n'en aura point d'éloignement.
ABHOKKESCUKE, Gr. 7V7-a),£70«t , con-
trahere. Ce verbe qui ^ignilie, comme ablior-
rere y avoir en horreur, signifie ici, suivant
le sens du Grec, se rebuter, se décourager.
2. Mach. 6. 12. Ne abhorrescant propler ad-
vcrsos casus : Bien loin d'avoir moins de con-
sidération pour les personnes affligées , on
doit les aimer plus tendrement , parce que
Dieu les alfl ge. Ainsi l'auteur prie les lec-
teurs de ne se point scandaliser des maux
dont il fait mention.
ABI 22
ABI, Heb. pater meus , fille de Zacharie ,
et mère d'Ezéchias , roi de Juda. k. Reg. 18.
2. V. Abia , n. 6.
ABIA, Heb. paler Domini , 1" Le second
fils deSamuël, juge d'Israël. 1. R^'g. 8. 2. Cuin
senuisset Samuel, posait filios suosjudices Is-
raël; fiiitque nomen filii ejus primoqenili Joël,
et nomen secundi Abia judicumin Bersabee. 1.
Par. 6. 28.
2° Un roi de Juda, qui fui fils et succes-
seur de Roboam, el petit-fils de Salomon. 1.
Par. 3. 10. 2. Par. 13. v. 1. et suivants.
Matth. 1.7. Il défit Jéroboam, et lui lua cinq
cent mille hommes dans un seul combat. Il
ne régna que trois ans, pendant lesquels il
imita lous les dérèglements de Roboam, son
père. 11 laissa en mourant vingt-deux fils et
seize filles. C'est le même qui est appelé
Abiam. 3. Reg. 14. 31. c. 15. v. 1. 7. 8. Il
mourut l'an du monde 3048. la 20^ du règne
de Jéroboam, el la 956"^ avant Jésus-Christ.
3° Un fils de Jéroboam, roi d'Israël , au
sujet do la maladie duquel ce prince envoya
sa femme à Silo, consulter le prophète
Ahias. 3. Reg. 14. 1. In lempore illo œgrola-
vit Abia filius Jéroboam.
4° Le chef d'une des vingt-quatre famille»
Sacerdotales, qui s'acquittaient de leur mi-
nistère du temps de David. 1. Par. 24. 10.
C'est de cette famille qu'était Zacharie, père
de saint Jean-Baptisle. Luc. 1. 5.
5" Un homme de la tribu de Benjamin fils de
Bechor, el pelit-fils de Benjamin. 1. Par. 7.8.
6° Deux fenmics de ce nom : l'une, la femme
d'Hesron, fils de Phares et petit-fils de Juda.
1. Par. 2. 24. Habuil quoque Hesron iixorem
Abia; l'autre, fille de Zacharie, pontife, que
Joas fil tuer, el mère du roi Ezéchias. 2. Par.
29. 1. Ezéchias regnare cœpit: nomen malris
ejus Abia filia Zachariœ. Elle csl nommée
Abi.4. Reg. 18. 2.
ABl-ALBON, Heb. pater superinlelligens,
un dos trente vaillants hommes de l'armée
de David. 2. R«g. 23. 31. 11 est appelé Abiel.
1. Par. 11.32.
ABIASAPH, Hrii. pater congregnns, (ils de
Coré, el pelit-fiis d I>aar. 1. Par. 6. 37. c. 9.
19. H élail frère dElcani et d'Aser. Exol. 6.
24. Filii Core: Aser et Elcana et Abiasaph.
Ainsi 1. Par. 6. 23. Asir filius rjus, Elcana
filius ejus, Abiasaph filius cjUs; ce sont les
trois fils de Coré; et au lieu du pronom ejus,
il faudrait lire, ejusdem; du même Coré fils
d'Isaar, qui élail petit-fils de Lévi.
ABIATHAR, Heb. paler excellens, l' grand
prêtre , fils d'Achimelech. 2. Reg. 8. 17.
Marc. 2. 20. Sub Abialhar principe sacerdo-
tnm. Il s'appelait aussi Acliimélcch. 1. Reg.
21. V. 1. 8. Voy. AcuiMELEcn.
2° Le fils de ce premier Abialhar ou Achi-
melech, qui se réfugia vers David. 1. Reg.
22. 22. Il lut toujours fidèle à David; mais
ayant suivi le parti d'Adonias contre Salo-
mon. il fui dégradé et mis après Sadoc. 2.
Reg. 20. 25. 3. Reg. 4. 4. etc. On croit iiue
ces deux noms Achimelech et Abialhar
étai'Mil cominuns au père et au fils, comuif'
il puraîll. Par. 18. 10. c. 24. C.
23
niCTIONNAlKK DK l'IîiLULOGIE SACIiEG.
04
ABîB. Heb. Spira, mois des Hébreux. Voy.
NlSAN.
ABIDA, Heb. pa!cr scienHœ, fils de Ma-
dian, do-cendini d'Abr.iham et de Célhura.
Gen.'-2o. i. 1. Par. 1. 33.
ABIDAN. Heb. paler judicii,û\s de Gédéon
l'ancien. Celait le prince et le cbef de la
tribu de Benjamin, qui sortit de lEgypte
avec les siens au nombre de trente-cinq
mille quatre cents combattants. Num. 1. II.
c. 2. 22. c.7.60. etc.
ABIEL, Heb. pater meus Deus. 1° Père de
Gis et de Ner de la tribu de Benjamin, aïeul
de Saiil, pre:!:ier roi des Juifs. 1. Reg. 9. 1.
Voy. JeniEL.
2° Un des raillants hommes de l'armée de
David. l.Par. 11. 32. Abiel Arbalhiles; qui
était d'Arbath. Voy. Abi-Albo^.
ABIES, ETis. Gr. l/.y-r,. Ce mot, à ce
qu'on croit, vient d'abeo, comme de facio fa-
ciès, de specio species, parce qu'entre tous les
autres arbres, celui-ci s'élève fort haut.
1° Un sapin, arbre qui croît fort haut et
fort droit. Is 1. V*. 8. Ahietes qnoque lœtatœ
sunt : Les sapins et les autres arbres du Li-
ban se sont réjouis de ta mort, parce que tu
en abusais à la fantaisie pour entretenir le
luxe de tes bâtiments magnifiques. Le pro-
phète décrit flgurémenl la mort du roi de Ba-
bylone.
2° Un bel arbre, grand, élevé, parce que le
sapin est tel. V. Reg. 19. 23. Isa. 37. 24. Sur-
cidi sublimes cedros ejus et electas abietes il-
lius : Sennachérib se vantait d'avoir fait
couper les plus beaux arbres du Liban, pour
donner passage à ses chariots et à ses trou-
pes.
Ponere in deserto abielem : Faire croître les
sapins dans la solitude, changer la face de la
terre, ce (jui s'est fait par rétablissement de
la loi nouvelle et la prédication des apôtres.
Isa. il. 19. Ce qui est aussi exprimé par ces
autres paroles, c. 00. 13. Pro saliunca ascen-
det abies : Le sapin s'élèvera au lieu des her-
bes les plus viles. Voy. Saliunca.
3" Les grands du monde, les rois et les
princes. Isa. 60. 13. Abies et buxus et pinus
siinul (venient) : Les hon)mes de tous étals
s'assembleront pour composer l'Eglise. Ainsi
les rois puissants sont compares à des sapins
élevés. Eïccb. 31. 8. Abieles non adœquave-
runt suminiialem ejus : Les sapins ne l'éga-
laient point dans sa hauteur. 11 parle du roi
d'Assyrie. N'oy. Cedrls.
k" Les perionnvs et les villes moins consi-
dérables. Z.uh. 1 1. 2.i'lul(i,ubies, quia cccidit
cet//»s ; Hurlez de douleur, sapin, i. e. vous
qui êtes dune condition moins élevée, puis-
que les plus puissants, figurés par le cèdre,
sont tombés. Le prophète prédit la désola-
tion di' la Judée.
ABIEfiNUS, A , ( M. Ce nom adjectif, qui
vient li'abics, signifie :
^Qiii est desapin (rEjztvc,-, pineus].3. Reg. G.
15. Tcsit paviinentutn tubulis (ihirqnis : Salo-
mon fil couvrir le plancher du Temple d'ais
de sapin, v. 3V. c. 9. 11. etc.
ABIET.MUUS, (jui coupe des sapins ou au-
tre bois, charpcnlier. E\od.3o. 35. Ulfnciant
opéra abietarii, Heb. arlificis ou fabri : Dieu
avait suscité Beseléel et Oliab pour fairo
toutes sortes d'ouvrages qui se peuveni fairo
on bois. Ce qui se rapporle à ces mots du v.
33. Opère carpentario : Dans tous les ouvra-
ges de menuiserie. C'était pour la construc-
tion du tabernacle.
ABIEZER, Heb. patris adjutorium. 1° Un
des vaillants hommes de David. 2. Reg. 23.
27; 1. Par. 11. 28. c. 27. 12.
2' Un des dercendants de .Manassé. Josuc
17. 2. 1. Par. 7. 18. De qui vient la famille
des Abiezcrites, d'où était sorti Gédéon et son
père. Judic. 6, 3i. c. 8. 2 Voy. Ezri.
ABIGABAON, 1. pater Gabaon, prince et
fondateur des Gabaonites, descendant de Ben-
jamin. Son nom propre n'est pas Abigabaon,
mais Jehiel. 1. Par. 8. 29. c. 9. 35. Voy. Je-
HIEL.
ABIGAIL, Heh. patris exsuftatioA" Femm«3
de Nabal, (jui épousa David après la mort
de Nabal, son mari. 1. Reg. 25. v. 3. 42. etc.
2 Sœur de David et mère d'Amasa. 1. Par.
2. V. 10. et 17. 2. Reg. 17. 25. Elle est aussi
appelée fille de Naas. Voy. Naas.
ABiGERE , x-xy-tj, de ab et d'agere, chas-
ser, repousser, éloigner de soi, soit ce qui est
incominode. Exod. 8.9. Deut. 28. 26. Jerem,
7. 33. Ainsi Dalila, après ayoirfail raser les
cheveux de Samson, commença à le chasser
et à le repousser d'auprès d'elle. Judic. 16.
19. Cœpit abiqere eum. Soit des ennemis qui
attaquent. Num. 22. 11. Maledic ei si quomodo
possimpugnans abiqere eum : Venez maudire
ce peuple, afin que je trouve quelque moyen
de le combattre et de le chasser, dit Balac à
Balaam.
ABIHAIEL, Heb. pnter fortiludinis , père
de Suricl, chef des deux familles issues do
Merari, savoir les Mohuliles et les Musites.
Num. 3. 35. N'oy. Slriel.
ABIHAIL, Heb. pater luminis. 1" Fils de
Huri, L't père de plusieurs fils considérables.
1. Par. 5. 14.
2^ Le père d'Eslher, et frère de Mardochée.
Esth. 2. 15. c. 9. 29. Filia Abihail.
3' La femme d'Abisur. 1. Par. 2. 29. Voy.
A BIS un.
4° Fille d'Eliab, et nièce de David, laquelle
épousa Roboam. 2. Par. il. 18.
ABJICERE, i-oTt6iv5(t, de (//j et dejacere, 1°
quitter, jeler, se défaire d'une efiose dont on
ne veut plus se servir, y lenoncer entière-
ment («l'onv, lollcre.. Gen. 35. 2. Abjicite deos
aliénas de média vestri : ^doz loin de vous
les dieux étr.ingers (jue voiis adorez. Eccles.
3. 6. Isa. 31. 7. Ez ch. 20. 7. De là viennent
ces fiçons de parler métaphoriques : Abjicere
opéra tenebrarum : Quitl<r les œuvres de té-
nèbres. Rom. 13. 12. Abjicere omnem immun-
diliam : Kejeter de soi toutes Içs productions
impures du péché. Jac. 1. 21.
2 Laisser une ch )se , la quitter pour un
temps {Tz-pixipiî-j, an ferre). Jouas. 3. 6. Abje-
cit vcslimentum suuin a se et indtitus est sacco :
Le roi de Ninive (luilta son vêtement royal,
et se couvrit d'un sac. Gen. 21. 15. Ezech.
20. 10.
3 Rejelcr, réprouver quelqu'un, no voU'
25
ABI
ABI
26
loir point se servir de lui, ni avoir commerce
avec lui (tçoy^svoOv, nihiti facere). 1. Rcg. 15.
i>3. Abjecit te Dominus ne sis rex : Le Sei-
gneur vous a rejeté, et il ne veut plus que
TOUS «oyez roi. (ExÇiÂXïtv, ejicere) 2. Pijr. 11.
14. Eo quod abjecisset eos Jéroboam ne Sa-
cerdotio Dumini fangerentar : Jéroboam les
rejeta, afin qu'ils ne fissent aucune fonction
«lu sacerdoce du Seigneur. ('Ayearàvat) Eecli.
27. 25. Netno eum nbjicieC : Personne ne
pourra s'en défaire. (ai<rîtv, odisse) Isa. 5i.
6. Vocavit te Dominus uxorem ab adolescentia
abjectam : Le Seigneur vous a appelé à lui,
comme une femme qui a été répudiée dès sa
jeunesse. 1. Reg. 8. 7. c. 16. 7. Job. 30. 5.
Isa. 41. 9. c. 66. 5. Jerem. 22. 28. c. 33. 24.
Tliren. 3. v. 32. 33. Ose. 9. 17. v. n. 5.
4° Delà sser, ;ibandonner quelqu'un, ne lui
pas donner le secours qui lui serait néces-
s'iire (è;o/).v£tv, perdere). Prov. 11. 17. Qui
criidelis est etiam propinqnos abjicil : Celui
qui est cruel, rejoiio ses proches mêmes, i. e.
refuse de les assister dans leur besoin, Isa. 27.
8. Jn mensura contra men^uram, cum objecta
fueril , judicabis eam : Lors mêcne qu'Israël
sera rejeté, Dieu le jugera avec modération
et avec mesure. Le Prophète en cet endroit
compare le peuple d'Israël à une vigne lais-
sée en friche et abandonnée. Levii. 26. v. 11.
44. 2. Reg. 14. 14. Jerem. 31. 37. Ezech. 32.
4. 2. Mac. 5. 10.
5' Rejeter, mépriser, négliger (è^ovôcvoûv, ni-
hili facere] . 1. Reg. 15. 23. Pro co quod abjrcisti
sermonein Domini : Puis(jiie vous avez rejeté
la parole du Seigneur, Sap. 3. 11. Sapientiam
et disciplinam qui abjicit, infelix est : Celui
qui rejette (Gr. qui méprise) la sagesse et lin-
struciion, esl malheureux. {iio-jOi-j-J-j, àOz^sa,
irritiim facere ! Gai. 2. 21. Noîi abjicio gratiam
Dei : Je ne suis pas si injjrat que de mépri-
ser la grâce de Dieu et l<i rendre inutile. Le-
\it. 26. 43. 4. Reg. 17. 15. Prov. 3. 11. c. 8.
33. c. 15. 32. Eccli. 44. c. 6. 24. Isa. 5. 24. c.
8. 6. Atnos 2. 4. V. n. 3.
6' Traiter avec mépris ou dune manière
\ifu Ci)\\\ Qnn\)\Q ['fry.^AiCji-j , vilipender e) . Judith.
1. 11. Ucmiserunl eos (nunlius) vacuos et sine
lionure abjecerani : Nabuchodonosor envoya
des ambassadeurs à tous ces peuples, qui les
renvoyèrent sans leur rien accorder, et les
tr,i lièrent avec mépris. {îtzlQ.:-;^, inspicere.
Heb. bagliat, calcilrare) 1. Reg. 2. 29. Quure
calce abjecistis victimam meam? Pourquoi
avcz-vous foulé aux pieds mes victimes? i. e.
Pourquoi ies avez-vous traitées comme une
chose profane, en prenant le meilleur pour
vous, et ne me laissant que votre reste?
■ncpctpôiTrzsi'j) 2. Reg. 1.21. Ps. 83. 11. Elegi ab-
jeclus esse (Heb. linim lenere) in domo Dei
met, magis qunm habilare in tabernaculis pcc-
caturum : J'ai mitux aimé èire le dernier
dans la maison de Dieu, que d'habiter dans
les lentes des pécheurs.
7 Chasser, éloigner, séparer (ot«TT£'/).£tv, di-
vtdere). 1 Esdr. 10. 8. El ipse abjicielur de
cœtu iransmigrationis : On fit publier dans
Jérusalem que quicontjue de ceux qui étaient
revenus de captivité ne se trouverait pas
dans trois Jours à Jérusalem, serait chassé
de l'assemblée de ceux qui étaient revenus
dans leur pays.(£/.'5iwzav, expeUere) Dan. 4.30.
Ex hominibus objectas est : Nabuchodonosor
fut chassé de la compagnie des hommes. Jon.
2.5.
8' Abattre, faire tomber (Tr^avâuGat, errare).
Ezech. 34. 4. Quod abjectam erat (Heb. dcjec-
tum) non reduxislis : Vous n'avez point re-
levé les brebis de mon troupeau, qui étaient
tombées, v. 16. Quod abjectam erot reducam :
Je relèverai celles qui étaient tombées.
9' Baisser, tenir bas (-/aTâyetv, deprimerr).
Thren. 2. 10. Abjecerunl interram capila sua :
Les filles de Jérusalem tiennent leurs télés
baissées vers la terre.
ABJECTIO, Nis.Èçou^svrî txK, lâcheté, bassesse.
1° R .but, chose rejelée et rebulée. Ps. 21. 7.
Ego aulem suni ver mis et non homo, oppro-
brium hominum et abjeclio plebis : Mais pour
moi, je suis un ver de terre et non un homme;
je suis l'opprobre des hommes et le r<'but du
peuple. (à77W70ïjvKi, ad ahjiciendum) Thren. 3.
45. Eradicaiionem et abjectiunein posuisli me
in medio populorum : V^ous m'avez mis au
milieu des peuples comme une plante que
vous ayez arrachée et rejetée.
2*^ Abandon, mépris d'une chose {^-/.oliôrnç,
praiilas). Ezech. 16. 5. Projecla es super fa-
ciem terrœ in abjectionem animœ tuœ : Vous
avez été jetée sur la terre comme une chose
abandonnée et destinée à perdre la vie.
Anima est mis pour vila. Ou bien, vous avez
été jetée sur la terre comme une personne
pour qui l'on n'avait que du mépris.
ABILINA, M, Hi'b. (ugcns. Abilène, ville
capitale d'unelélrarchiede mèioe nom, qui est
au mont Liban, dont Lysanias était le tétrar-
que. Luc. 3. 1. Voy. Lysanias.
ABLM AEL, Heb. paicr a Dec, fils de Jectan.
r,en. 10. 28. 1. Par. 1.22. On croit qu'il a
habité celle partie de l'Arabie Heureuse qui
est fertile en myrrhe, dans le pays des Mi-
niens.
ABIMELECH, Heb. pater rex, i Un roi de
Gérare, dans le pays des Philistins, tjui ,
ayant enlevé Sara, femme d'Abraham, la lui
rendit [>ar l'ordi-e de Dieu sans l'avoir tou-
chée, et (jui fil alliance avec Abrah.nn. Gcn.
20. V. 23. 4. 14. c. 21. v. 22. 23. et suiv. Abi-
melech était un nom commun aux rois de la
Palestine, comme le nom de Cœsar aux em-
pereurs Romains, et celui de Pharaon aux
rois d'Egyple
2^ Un autre roi do (jéraro, qui régnait en-
viron cent ans après celui dont nous venons
de parler, et (jui fil alliance avec Isaac (|ui
s'était réfugié dans son pays dans un temps
de famine. Gen, 26. v. 1. 8. 26.
3° Un autre roi du même pays, que la ^ ul-
gale de la coi rec lion de Sixle V nomme Achi»
melech, quoiqu'il soil nommé .Mùnielech dans
le Grec, l'Hébreu, cl dans plusieurs autres
exemplaires de «loire Vulgale même. Ps. 33.
1. Pualmus David, cum iinmutavil vultum
suum coram Abimrlecli : ce Psaume 33, dont
ces paroles sont le litre, a élé composé par
David, non pas quand il eul élé trouver lo
grand piètre Achimelech pour lui demander
des i)ains et des armes; mais après qu'il cuî
27 DICTIONNAÏKE DK
ContrefaiU'insensé devant Achis.roideGcih,
surnommé Abimelech. du nom commun aux
rois des Pliilislins. v- 1. Keg. 2L i*.
' k' Un fils naturel de Gédéon, qui, ayant
tué Ions ses frères qui étaient au nombre de
soixante et dix, lui succéda dans la judica-
lure d'Israël, et qui, l'ayant exercée pendant
troicans, fut (ué au siège de Thèbes par un
éclat d'une meule de moulin qu'une lemme
lui jeta sur la tête du haut d'une tour. Judic.
9. V. 1. et suiv.
ABINADAB, Heb. pater magnificus. P Ce-
lui dans la maison de qui reposa l'Arche. 1.
Reg. 7. 1. 2. Reg. 6. v. 3. 4. 1. Par. 13. 9. II
était de Cariaihiarim , du nombre des Lévi-
tes en grande réputation de vertu. Voyez v.6.
2" Le second fils d'Isaï, frère de David. 1.
Reg. 16.8. c 17. 13. 1. Par. 2. 13.
3° Un fils deSiul. 1. Reg. 31. 2. 1. Par. 8.
33. c. 9. 39. c. 10. 2. où il est nommé Ami-
nadab.
A BINOE.NL Heb. pafer pulchritudinis, père
de Barac de la tribu de Nephthali,qui etaitde
Cédés. Judic. 4. v. 6. 12. c. 5. v. 1. 12. V.
BlRiC.
ABlRAiM, Heb. pater celsihKÎinis, fils aîné
d'Hicl, qui fit rebâtir Jéricho contre la dé-
fense de Josué. 3. Reg. 16. 34. V. Hiel.
ABIRE. xTiépyj'jBcf.i, TTo/jeÛEc-Sat. Ce verbe a
des significations différentes; les unes par
rapport au terme d'où l'on part; les autres
par rapport à celui où l'on tend.
1" Se retirer, s'en aller {ù'^i7z«aQc/.i.). Jcr.
49. 30. Fuyite , abile De/(emen<er ; Retirez-
vous, habitants d'Asor, le plus loin que vous
pourrez. Thren. 4. 15. Mallh. II. 7. c. 13.
25. c. 16. 4. c. 19. 22. etc. Ainsi Jer. 37. 8.
£untes abibunt, i. omnino abibunl : Les Ghal-
déens se retireront et ne reviendront plus ;
c'est de quoi les Juifs se fiattaietit.
Phrase tirée de celle siguiGcaiioii.
Inultum abire : Demeurer impuni. Job. 24.
12. Deus inullum abire non, palitur : Dieu ne
laisse point impunis les désordres des usur-
pateurs du bien d'autrui et des injustes.
2° Se retirer du parti ou de l'obéissance de
quelqu'un, quitter, abandonner (ÛTrâyetv).
Joan. 6. 68. Nitmquid et vos vullis abire: Ne
vt»ulez-vous point aussi me quitter? Jerem.
5.23.
Phrases de même sigiiificalioo.
Abire rétro, relrorsum, on a facie. — Avec
rctrorsum. Isa. 50. 5. Jerem. 15. 6. Avec re-
ira, Joan. 18. 6. («noi/jadat). Ainsi Osée. 11.
2. Vocaverunl eos,sic abierunt a facie corum:
Plus mes prophètes ont fait d'efforts pour les
détourner de l'idolâtrie et les rappeler à moi,
plus ils s'en sont éloignés. V. Rëtro et Re-
TRORSUM.
3° Se retirer, passer, disparaître. Cant. 2.
II. Imber abiil et rccessit : L'hiver est passé.
Apoc. 21. 4. Quia prima abierunt: Parce que
le premier temps, qui est celui des persécu-
tions. sera passé. Isa. 26. 3. Eccl. 3. 14.
Apoc. 9. 12. c. 11. 14.
l" Abire , mourir. Ps. 38. 17. Réfrigérer
nriusquain abeum: donnez-moi quelque re-
lâche avant que je ujcurc, dit David.
PHILOLOGIE S.^CHhE. 28
2" Se retirer du monde. Joan. 14. 3. Et si
aôiero: Lorsque je me serai retiré du monde,
je reviendrai vous trouver, c. 16. 7.
4° Aller , partir , marcher , ce qui répond
au verbe hébreu, halak ou jalnk, ambnlare;
soit sans rapport au terme où l'on va,Matlh.
12. 1. Abiit Jésus per sala sabbalo .-Jésus pas-
sait le long des blés un jour de sabbat. Jerem.
52. 7. ; soit par rapport au terme où l'on va,
Luc. 1. 39. Abiil in montana : Marie s'en alla
au pays des montagnes, c. 4.38. c. 5.25. etc.
De cette signification viennent ces façons
de parler : Abire ad aliquem : i"Di'iu;tnder se-
cours à quelqu'un. Ose. 5. 13. c. 7. 11. AU
Assîjrios abierunt : Ih ont eu recours aux As-
syriens. 1. Mach. 1. 14. c. 6. 22. etc. 2° Mar-
cher contre quelqu'un. Judic. 1.11. Abiit ad
hahilatores Dabir: Juda marcha contre les
h^.bitants de Dabir. 3° Se réfugier vers quel-
qu'un. 2. Reg. 13. 37. Absalom abiit ad Tho-
lomai : Absalom se retira chez Tholoma'i, roi
de Gessur. Jerem. 41. v. 14. 15. Abire relror-
^j<m;Tomber en arrière, êlre renversé. Joan.
18. 6. Abire post : Aller près , suivre. Cant.
1. 8. 4. Reg. 7. 15. Joan. 12. 19. 1. Mach. 2.
31. V. PusT. Abire in confusionem : Tomber
dans l'opprobre et la confusion. Isa. 45. 16.
5° Se conduire , vivre; ce qui répond à la
signification métaphorique du verbe ambu-
lare, d'où viennent ces expressions figurées.
Abire cum a/jçuo; Converser avec quel-
qu'un. Eccli. 22. 14. Cum insensalo ne abie-
ris.
Abire in aligna re et in aliquid : Se laisser
aller à quelque chose , la suivre avec atta-
chement. Isa. 57. 17. Abiil vngus in via cor-
dis sui : Mon peuple s'en est allé comme un
vagabond en suivant les égarements de son
cœur. Baruch. 1. 22. Jude. v. 11. Ps. 1. 1.
Beutus vir qui non abiit in consilio impiorum:
Heureux l'homme qui ne s'est point laissé
aller à suivre le conseil des impies.
Abire post aliquid: Pour signifier la même
chose. Ose. 5. il. Cœpit abire post sordes:
Ephraim s'est abandonné à l'idolâirio. V.
SoRDEs. Eccli. 31. 8. Jerem. 9. 14. c. 11. 10.
c. 13. 10. , etc.
Abire sibimei : S'abandonner à soi-même ,
à son propre mouvement. Jerem. 3. 6. Abiit
sibimet, Heb. abiit ipsa : La fille d'Israël s'en
est allée
6" Commencer , se préparer à quelque
chose. Matth. 13. 46. Deut.31. 1. Abiit Moy-
ses {avvzrélztrs, C07isiim7navil), et locutus est:
Mo'ise commença donc à parler. Gen. 35. 22.
Judic. 9. 6. 3.* Reg. 15.31. Luc. 15. 15. et
ailleurs. Car les Hébreux se servent des ver-
bes a6/re, egredi, surgere, et autres sembla-
bles , comme d'ornement pour accompagner
les verbes qui signifient faire, ou entrepren-
dre quelque chose. Ce qui est ordinaire en
français : Je m'en vais lire, je viens d'écrire.
7''*Se répandre. Matth. 4. 24. Et abiit opi-
nio ejus : La réputation de Jésus-Christ so
répandit par toute la Syrie.
8' Couler, s'écouler. Ps. 104. 41. Abierunt
in sicco flumina : Des fleuves se répandirent
dans un lieu sec et aride , lorsque Mot'so
frappa le rocher de sa verge.
i9 ADL
ABIRON , Heb. pater cehiiudinis, fils d'E-
liab , de la tribu de Uuben , qui se joignit à
Coré cl à Dalhan.dans la sédition qu'ils ex-
citèrent contre Moïse et Âaroii, pour la sou-
veraine sacrificature , et fut englouti dans
les entrailles de la terre. Deut. 11. 6. Num.
16. 25. Ps. 103. 17. Ecdi. 45. 22.
ABISAG , Heb. patris ignoratio , une fille
de la ville de Sunam , en la tribu d'issachar.
On la donna pour épouse à David , lorsqu'il
ciail âgé de 70 ans, et tout cassé de fatigues;
mais il ne la connut pas. 3. Reg. 1. v. 2. 3.
V. Adomas.
ABISAI.Heb. Patris munus, fils de Sarvia,
et frère de Joab, un des grands capitaines de
l'armée de David , qui tua de sa main trois
cents Phi'ivlins dans un combat. 1. Reg. 2G.
6. 2. Reg. 2. 18. c. 3. v. 10. 30. etc.
ABISUE , Heb. palef salatis. 1" Dixième fils
de Phinées , qui succéda à son père dans la
charge de souverain sacrificateur. 1. Par. 6.
v.i. 5. 50. Voyez v. 3. 1. Esd. 7. 5.
2° Fils de Balé , petit-fils de Benjamin. 1.
Par. 8. 4.
ABISUR , Heb. pater viuri, fils de Séméi et
marid'Abihail. 1. Par. 2. v. 28.29. V. Se-
MEI.
ABITAL, Heb. paCer roris, une des fem-
mes de David , de (jui elle eut Saphalias à
Hebron. 2. Reg. 3. k. 1. Par. 3. 3.
ABITOB , Heb, pater bonitatis, le fils de
Mehusim. 1. Par. 8. 11. V. ^Iehusim.
ABIU , Heb. pater ipse, fils d'Aaron , qui
fut consumé du feu du ciel , avec son frère
Nadab , pour avoir voulu offrir à Dieu un
feu étranger. Levil. 10. 1. Num. 3. v. 2. 4. c.
28. V. 60. 61. etc. Voy. Ignis.
ABIUD, Heb. pater laudis. 1° Fils de Balé,
et petit-fils do Benjamin. 1. Par. 8. 3.
2" FilsdeZorobabel. Mallh. 1. 13. Zoroba-
bel genuit Abiud. v. 1. Par, 3. 19. Voy. Zoro-
BABEL.
ABLACTARE, àrroyK/a/.Tiïïiv. Ce mol se fait
de ab et de lac, l.iil, et signifie, 1" sevrer. Ps.
130. 2. Sicul ablactatus est super maire sua ,
ita retributio in anima mea (suppie. sit , Gr. in
animam meam : Q{\L' ie sois réduit au même
état que l'est un enfant que la mère sèvre de
son lait avant le temps. Gen. 21. 8. 1. Reg.
1. 22. Isa. 11.8. In caverna reguli gui ablac-
tatus fuerit manumsuam millet: L'enfant (jui
aura été sevré portera sa main dans la ca-
verne du basilic (vri-to,-, infans). Le pro-
phète marque qu'au temps du Messie , le
moindre de ses disciples r.e craindra point de
converser avec ceux dont les cœurs étaient
le plus envenimés avant leur conversion.
2" Détacher, faire relirer. Isa. 28.9. Qaem
docebit scientiam? Ablactalos a lacté : D'wxx
n'enseigne que ceux qui se reliienl de leurs
délices et de leurs imperfections. Voy. Lac.
ABLACTATlOjOMs, nom verbal d'ablactn-
re, qui signifie l'action de sevrer. Gen. 21.8.
Fecilgue Abraham grande contivium in die
abluclulionis ejiis : Abruhiiin Va un grand fi s-
tiii au jour (lu'Isaac fut sevré.
ABLUERK , Gr. «-o?:/ Jvitv, 1° laver, net-
toyer. Heb. 10. 22. Abliiti corpus aqua mun-
da: Notre coij)s a été n€l!oyé par l'eau pure
ABN
ûd
et sacrée du baptême, qui a bien une autre
force que l'oau des purifications légales;
puisqu'il purifie l'âme des souillures du pé-
ché. A quoi se rapporte la signification sui-
vante.
2° Laver, purifier l'âme du péché. 1 Cor.
6. 11. abluli estis : Vous avez été nettoyés au
baptême. Isa. 4. 4.
3" Effacer , abolir en nettoyant (i7ro).oû-tv).
Act.22.16. Ablue peccata fua;Oblenez la ré-
missionde vos péchés parle baptême, dit Ana-
lîie à Saii!. L'ancienne édition latine avait
abluere^ passif, comme baplizare : ce qui con-
vient au Grec, en souseniendant zKrà.
4' Se justifier de quelque crime. Act. 25.
16. Ad abluenda crimina. Gr. Super crimina-
ifone ; L'accusé doit avoir la liberté de se
justifier du crime dont on l'accuse.
ABLUTIO. oMs, { fx-j-LTuiç). Nom ver-
bal qui signifie l'action de purifier, de net-
toyer. Zach. 13. 1. In die illa erit fous païens
domui David et hubilantibus Jérusalem in
ablutiunem peccatoris : En ce jour-là il y
aura une fontaine ouverte à la maison de
David et aux habitants de Jérusalem, pour
y laver les souillures ilu pécheur. Cette fon-
taine marque, dans l'Eglise, le baptême et la
pénitence, qui sont établis pour purifier l'âme
de ses péchés.
ABNEGARE, ÙTzao-Jîï^^xi, à^sv^Tcreaf. 1" NiCF ,
dénier, soutenir qu'une chose n'est pas. Luc.
22. 34. Non cantabit hodie gallus, donec 1er
abneges nosse me : D'aujourd'hui le co(j ne
chantera que vous n'ayez nié par trois lois
que vous me connaissiez.
2 Renoncer à quelque chose, n'y avoir
plus aucune attache. Matlh. 16. 24. Si quis
vult posl me venirc, abneget semetipsum : Si
(juehiu'un veut venir après moi, qu'il re-
nonce à soi-même, i. e. sa propre volonté ;
en sorte qu'il n'ait nul égard à quoi que ce
soit qui le regarde, qui puisse le détourner
de ce qu'il doit à Dieu. Luc. 9. 23. Tit. 2.
12. Abneganles impielalenx et sœcularia desi-
deria : Renonçant à l'impiété et aux pas-
sions mondaines. Le verbe ahnegare, en ce
sens, répond au mol latin abdicare, et à ce
qui est dit Rom. 13. 12. Abjiciamus opéra te-
nebrarum ; et Jac. 1. 21. Abjicientes umnem
immunditiam, etc.
3° Démentir, réfuter. 2. Tim. 3. 5. Hahen-
tes quidem speciem pietatis, virtutem autem
ejus abneganles : Qui auroni une apparence
de piété; mais qui en démentiront la vérité,
et qui en ruineront l'esprit par leurs ac-
tions.
ABNER, Heb. patris lucerna, fils de Ner,
général des armées de §aiil, et son cousin
germain. Il fil couronner Isboselh après la
mort de Saùl son père, et lui conserva la
couronne durant sejit ans. Il prit ensuite le
parti de David, et Joab le tua par trahison.
1. Reg. 14. 50. c. 17. 55. etc.
ABNUERE, de ab, et du vieux mot nuere ,
faire signe de la tèie. .\insi abnuere signifie
hocher la tête, en marquant (ju'on refuse ou
qu'on n'agrée pasquelquechose :dans l'Ecri-
ture.
r Refuser quehiuc chose (à-ox^Avn»). 3
He^ -'0. 7. Aon ubnui : Ailiab no refusa rien
dcloules les choses que Bonadad lui voulut
2= Disconvenir, ne pas tomber d accord.
Ru*îh. 3. 12. Nec abnuo me propinquum : Je
ne désavoue pas que je sois votre parent, dit
Bjoz à Rulh.
AROBI. Heb. pater incantalionis, le père
du irailre Plolumée, qui fit égorger son beau-
père Simon Maehabée, avec ses deux Gis,
Mjlaihias et Judas. 1. Mach. 16. 11.
ABOLERE, de ab et à'olere, inusité, qui
lient du grec ôUï-j, et signifie .
1° Abolir, anéantir , effacer (àsavîrnv, de-
1ère). Eccli. 45. 31. Ne abolerentur bona ipso-
rum : Dieu ne voulait pas que ni la dignité
royale pronii«e à David , ni le sacerdoce
donné à Aaron et à ses descendants, fussent
abolis ; mais cela n'a eu son effet qu'en Jé-
su-^ -Christ.
2° Rompre, enfreindre, violer {y.y-xVjsiy,
(lissolvere . 2 .Mich. 2. 23. il leges, qiue abo-
lendœ eranl, re.slilaerpnlur : Pour rétablir
les lois qui allaient être loul à fait abolies
par l'infraction qu'on en faisait impuné-
jnent.
3* Rendre inu'.ile et sans effet ( v.y.rxpyzb,
inilximreddere). Rum. 4. li. 5/ enim qui ex
lege, hœredes suint, abulita est proinissio ; Si
ceux qui appartiennent à la loi étaient les
liéiiiiers, la pronaesse de Dieu serait vaine
cl sans effet.
ABO.MINABILIS, e. 1° Exécrable à cause
de (luelque grande inéchancelé [^or/Js-c-is-^Kt,
aboviiitatiani esse ). Ps. 13. 7 et Ps. 52. 2.
Abominabiles fucti siint in studiis suis : Ils
sont devenus ahominablos dans leurs incli-
nalons Job. 15. 16.
2° Abominable, à cause de quelque impu-
reté lég.ile ( ^oi'r-jyuu]. Levil. 11. v. 41. 42.
Omne quod replat super terrain, abominabile
erit : Tout ce qui rampe sur la terre sera
abominable, v. 10. 20.
3° Détestable, haï, digne déire haï (Soi-
'j.-jyuu). Deul. 24. 4. Abominabilis facta est :
Une tell" femine est devenue abominable
devant Dieu. Heb Abominatio est : C'est une
<hose odieuse, c. 22. 5. Job. 33. 20. et par-
tout où ce mol se Iroiive dans les Proverbes,
comme 0. lo. 8. Victimœ impiorum abomina-
biles : Les victimes des imj)ies sont abomi-
nables.
4° Abominable, à cause de son idolâtrie
{ihï-Jrr^-yjv.i). Ose. 9. 10. Facti sunt abomina-
biles, sicnt ea, quœ dilexerunl : Les enfants
ues Israélites et leurs pères sont devenus
abominables, roii>mc les choses qu'ils ont
uimccs. 3. Rcg. 21. 20. Ezech. 16. 2o.
ABO.MLNARI,p5fA:75£70s<t. Ce verbe vient
•1 id) el fïominari, qui signifie tirer quelque
aiiguic ou présage de quelque chose ; ainsi,
oboininari t'i[ la même chose que maie omi-
nan ; rejeter avec aversion ce qui est
Comme une chose de mauvais augure, ou
qui porte malheur. Dans TEcrilure, ce mol
sigiiitie :
Avoir en horreur, en abominalion, déles-
DlCTIONNAIRt: DE PHILOLOGIE S.\CIiEE. 3â
Abominantur justi virum impium, cl ubomi-
nantur impii eos qui in recta sunt via : Les
justes ont en abominalion les méchants, cl
les méchants ont en abomination ceux qui
marchent par la droite voie. Ps. 5.7. Virum
sanguinum et dotosum abominabilur Donii^
nus : Le Seigneur aura en abomination
l'homme sanguinaire et trompeur. Deul. 18.
12. Eslh. 14. 16. Amos. 5. 10, etc.
Ce mot n'a point d'autres explications.
ABO.UINATIO , OMS , 'poi\-jyiJiu. Ce nom
verbal, pi u usité chez les Latins, signifie,
dans l'Ecriture :
1" Toul péehé, toute action criminelle en
général. Apoc. 21. 27. Non intrabit in eam
aliquod coinquinalum aul abominationem fa-
ciens : Il n'y entrera rien de souillé, ni au-
cun de ceux qui commeilent l'abomination.
Levil. 18. V. 22. 28. 29. Omnis anima quœ
fecerit de abominalionibus liis quidpiam :
Toul homme qui aura commis quelqu'une
de ces abominations. I^a. 41. 24. Abominatio
est, qui elegit vos .-C'est l'abomination même
qui VOUS a faits dieux, c. 06. 3. Jerero. 6.
15. c. 7. 10. Ezech. 5. v. 9. 11. et en beau-
coup d'autres endroits de ce prophète. Ma-
lach. 2. 11. l.Mach. 1. 51.
2" Le péché d'idolâtrie en particulier, la
prostitution au culte des Idoles, et les céré-
monies pralitiuées par rapport à ce culte. 2.
Par. 33. 2. Fecit maJum coram Domino juxta
aboutinationes gentium : Manassé fil le mal
devant le Seigneur, suivant les abomina-
lions des peuples, i. e. en se prosliluant,
comme eux, au culte des idoles. Apoc. 17.
v. 4. 5. Babglon, magnamater fornicalionum
et iibuminalionum terrœ : Lu grande Biby-
lone, mère des fornications et des abomina-
tions de la terre^ i. e. de l'idolât: io et dos
infâmes cérémonies pratiquées pour hono-
rer les faux dieux. Dent. 12. 31, Omnes abo-
minationes, quas aversatur Dominns, fecerunl
diis suis : Les nations ont fait pour honorer
leurs dieux toutes les abomiaalions que lo
Seigneur a en horreur.
3' Idole, fausse divinité , ou chose servant
à son culte. 1. Mach. 6, 7. Diruerunt abomi-
nationem quam œdificaveral super allare :
Aiitiochus reçut la nouvelle que les Juils
a\ aient renversé l'idole abominable qu'il
avait fait élever sur l'autel de Jérusalem. 4.
Reg. 23. 13. Excelsa quœ œdificaterat Salo-
mon Melcliom abominatiuni fdioruin Amman:
Les hauts lieux (lue Salomonavail fait l)àtir
à Melchom, idole des enfants o'Ammon. Exod.
8. 28. Abominaiiones jEgypliorum immola-
bimus Domino : Nous sacrifierons au S"i-
gneur ce que les Egyptiens prennent pour
Teuis dieux. E(cli. 49. 3. Tulit abominaiio-
nes impielalis : Josias a exterminé h s abomi-
nations de l'impiété , i. c. les idoles cl les
hauts lieux où on leur sacrifiait. Z ich. 9. 7.
Aaferam abominaiiones ejus de média den-
lium ejus : J'ôlerai d'enlre les dénis de ce
peuple les abominalions , i. e. la chair des
viclimes off-rtcs aux idoles. Deul. 29. 17.
Ezech. 7. 20. c. II. v. 18. 21. c. 20. En plu-
sieurs endroits où le iirec porte ^oi'xvy^ua.
«LT , rejclcr uvec aversion. Prov. 29. 27. abominatio , rin'.orprèlO latin l'a rendu pur
53
ARO
AGR
31
deus ou dea, iclolum. v. 3. Rcg. 11, v. 3, 7. el
ailleurs.
4° Prof.'uialion de quelque clinse sainte.
Mnlth. 24. 15. Cum vidcrilis abominalionem
desolalionis slunlem in loco snncto: Quand
vous terrez que l'ahouiinaliou de la désola-
lion sera dans le (eniplo, i. e. quand vous
tenez une horrible profanation du lomple,
(|ui sera la marque de sa prochaine désola-
lion. Dan. 9, 27. c. 11. 31. c. 12. 1!. Marc.
13. H. D'autres enlendeul f)ar le mot d'abo-
iitinntion, dans tous ces endroits que nous
venons de filer, l'idole même, ou la statue
de Jupiter Olympien, ({u'Anliocliiis fil placer
sur l'autel de Dieu; comme il est dit 1.
Mach. 1. 57. Mdificavit n-x Antioclius <ibo-
minandum idoluin desolatiunis siipej' altare
Dei. V. 1. Mach. 6. 7.
5" Chose abominable, objet d'horreur et
d'aversion. Ps. 87. 9. Posueninl me nbomi-
vationem sibi : Ils m'ont cm en abomination.
Luc. 16. 15. Quod hominibus alluin (!Sl,abo-
viinalio est ante Deum:Cc qui est grand aux
yeux des hommes , est en abomination de-
vant Dieu. Eccli. ki. 8. Filii abominalionum
puni pu peccalonim : Les enfants des pé-
cheurs sonl des enfants d'abomination, i. e.
des sujets d'abomination, parce qu'ils imi-
tent d ordinaire la méchanceté de leurs pè-
res. Dent. 7. V. 25. 26. c. 17. 1. c. 23. 18. c.
27, 15. Prov. 3. 32. Ce mol n'a point d'autre
sens dans tous les endroits des Proverbes où
il se trouve. Eccli. 13. 2i. Isa. 1. 13. c. kl.
24. c. 66. 17.
6° Douleur, indi|çnaliou, désespoir (à77'j/£tK,
perdilio). Joh. 11. 20. Spes illoruin abo-
minatio oniviœ : Les espérances des impies
deviendront le sujet de leur indignation,
i. e. ils seront au ilésespoir de se voir frus-
trés de leurs esjéranccs. Gr. Ils n'ont rien à
attendre que la [)erte do leur âme.
ABOMINATLS, a, um. 1° Haï, détesté.
Isa. 49,7.//œc dicil Dominus nd coutempti-
bilem animam , ad abominatam gentem : A ce
peuple haï. Gr. Aboiuinaliim n gentibus : ce
(|ui s'entend de Jésus-Christ, qui a été ( n
bulle à la contradiction des hommes. 2.
Mach. 1. 27.
2" Détestable, exécrable { ^hhjy-o,-). TU.
1. 16. Abominati incredibiles : Déleslables
par l'impureté de leurs mœurs el de leur
vie; rebelhs par leur opiniâtreté à ne point
croire.
3" Chose illirite cl défendue c.minio abo-
minable («Sé^iTov, quod nefas est ). Ael. 10.
28. Vos scitis quomodo abominalum sit vira
Judœo accedere ad alienigennin : Vous savez
que les Juifs ont en grande horreur d'avoir
quelque liai>on avec un étranger.
ABORTIRE, wy-oTozEiv. Ce verbe, inusité
chez les Latins, vientd'rt6or/rj, avorter, naître
avant terme, doù se fait l'actif a&o//ùc, avor-
ter, enfanter, se délivrer de son fruit avant
terme. Job. 21. iO. Dos eonitn concepit et
non aburlivit : L( s vaches de» impies sont
devenues pleines, et n'onl point avorlc. La
fécondité f.iii la meilleure partie des riches-
ses de la campagne : Job décrit la prospérité
(les méchants.
.\BOUTIVUS, A, LM.OU AboRTIVUM, £xr/:w^a,
Un avorton, un fruilqui naît avant lorme,
soii qnil tombe mort du sein de la mère.
Num. 12. 12. Ne fint hœc quasi morlua el ut
aboriivum quod projicitur de vulva mulris
suœ : Je vous prie que notre sœur ne de-
tienne poinl comme morte, et comme un
fruit avorté qu'on jette hors du sein de la
mère. Aaron parle de sa sœur, qui venait
d'être frappée de lèpre. Exod. 21 22. Soit
qu'il demeure dans le sein de la mère, sans
être tout à fait formé. Job. 3. 16. Aut sicuc
aboriivum absconditum non siiOsisterem :iob,
pressé. de ses maux, souhaitait n'être poinl,
ou être comme une masse informe qui de-
meure cachée dans le sein d'une femme, ou
qui sort du sein de la mère; ce qui revient
à la notion du mot avorton; soit enfin qu'il
naisse en vie avant ferme, et demeure tou-
jours faibie et imparfait. 1 Cor. 15. 8. No-
vissime omnium tamqnam nburtivo visus est
cl mihi : J'ai été celui à qui le Seigneur est
apparu le dernier, comme à celui qui, sem-
blable à un avorlon, était le plus imparfait
de tous.
ABR.\, JE, y'Ç/:«mots}r. signifiant une jeune
servant!', une demoiselle suivante. Judilh.
8. 32. lujo excam cum abra mea : Je sorti-
rai avec ma servante, c. 10. v. 2. 5. 10. c.
16. 28.
ABRAHAM, Heb. pater mulliludinis , fa-
meux Patriarche, fils de Thaié, de la viilo
d'Ur, dans le pays des Chaldécns, qui s'ap-
pela dabord Abram, du mol hébreu ab, pnler,
père; et de rnm, excelsus, élevé; mais Dieu
l'ayant fait sortir de son pays, lui promit, à
lui et à sa postcrilé, la terre de Chanaan, où
il demeurait comme étranger; cl pour mar-
quer qu'elle serait nombreuse, il changea
son nom d'ylôram, en celui d\ibruliani, qui
signifie /*rt^er mulliludinis, pèvc de la multi-
tude, du mol «6 , pa^e?-, père, et de raham .
muliitudo, multitude. Geu. 17. 5. Nec ultra
vocabitur nomcn tuum Abram, sed oppeUaht-
ris Abraham, quia patrein mullarum genlium
constitui te : Vous ne vous appellerez plus
Abram; mais vous vous appellerez Abraham,
parce que je vous ai établi pour être le père
de plusieurs nati ms : ee qui s'enlend, non-
seulement des Juifs, des Sarrasins, des Mu-
niéens,des Madianites el de toute sa postériié
charnelle; mais aussi, selon saint Paul, qui a
pénétré plus avant dans le sens de cet en-
droit, Rom. 4. v. 16. c. 9. 7. Gai. 3. 7. de
tous les peuples régénérés en Jésus-ChrisI,
qui sont devenus les vrais enfants d'Abra-
ham el de la promesse, par l'imitation de sa
foi. On croit qu'il était le puîné de ses trois
frères, et qu'Aran était l'aîné : de sorte que
si Abraham est toujours nommé le premier,
c'est par l'ordre, non de la naissance, mais
de la dignité , ayant été le plus illustre des
trois. Saint Paul s'est a|)pliqué. dans ses
épîtrcs aux Romains et aux Galates, eldans
celle aux Hébreux, à relever sa foi et si
soumission parfaite aux ordres de Dieu : il
l'y |)roposccommc un moilèle rare de la ferme
confiance qu'on doit avoir en ses prom s-
ses. Il cul, à l'âge de cenl ans, de Sara, sa
se
fpmme un fils, nommé Isaac ; cl Dieu lui
ny^n o'rdonné de le lui immoler, ^ le r, cou-
Vrl comme dVntre ios morls D.eu epar-
gnanl ce fils unique, qu il n nvavl pas epar-
cné lui-même, el qu il avait e e sur le point
de lui offrir, pour lui obéir II mourut dans
la Icrro de Chanaan, 1 an d-u monde 21S.J,
avant Jésus-Christ 1821, âgé d.- 175 ans,
avant toujours vécu comme un étranger et
un voyageur, dans rallcnte de la patrie cé-
Icsîe. Isaac et Ismaël, ses enfants, l'inler-
rèrent auprès de Sara, dans la caverne dou-
ble qu'il avait achetée des enfants de Helh.
ABR\N, Heb. /ransî/as, ville de la tribu
d'Aser. Jos. 19. 28. Voy. Hébron.
ABRUMPERE. Voy. Rcmpere. Ce verbe
signifie proprement, comme son simple,
rompre quelque chose, comme une corde,
un lien; interrompre, en parlant d'un dis-
cours ; dans l'Ecrilure,
1° Rompre, arracher [otv.ipivj ). Lcvit. 5.
8. lia ui collo hœreat el non penilus ahrum-
patur : Il ne fallait point arracher la tête de
la lourtcrelle, ou du petit de la colombe, qui
était offert pour le péché, mais la lonlre
seulement, et la lui faire retourner du côlé
des ailc&,
2° Déchirer (àrropyvûvKj ;. Le^it. 13. 56.
5m nulem obscunor fueril locus leprœ,
abnmpet eum : Si, après qu'un vêlement in-
fecté do lèpre aura été lavé par l'ordre du
prêtre, l'endroit de la lèpre se trouve plus
obscur que le reste, le prêtre le déchirera cl
le sépar« ra du reste.
ABRUPTUS, A, UM, rompu, désuni, séparé,
arraché, raide, e-carpé, d'où vient abrnpds-
simus,a, um, très-raidc, fort escarpé. 1. Reg.
24. 3. Super abruptissimas pelras : Saùl allait
chercher David jusque sur les rochers les
plus escarpés.
ABS. Voy. A ou Ab.
ABSALON, Heb. paler pacis, troisième fils
de David et de Maacha, sa quatrième fem-
me. Ce prince, très-beau et très-bien fait,
mais fier et ambiiioux, causa à son père de
grands sujets d'aflliclion, et se procura à lui-
même une fin funeste. Il tua son frère Am-
non, pour venger l'affront qu'il avait fait à
sa sœur Thamar. 2. Reg. 13, Il se révolta
contre son père, qui l'aimait tendrement,
pour le dépouiller de son royaume; mais
son armée fut défaite , et ce malheureux
prince ayant passé en fuyant sous un clicne
fort épais, sa grande chevelure l'ciiibarrassa
dans les branches de cet arbre, et la mule
sur laquelle il courait l'y laissa attaché el
suspendu, sans qu'il pût jamais se dégager.
Joab l'ayant su, il alla le percer de trois
dards : ce qui arriva l'an du monde 3009. 2.
Rog. 3. 3. c. 13. c. U. c. 15. etc.
2" Le père de Malhathias. 1. Mach. U.c.
13. 11.
ABSCKDERE, se retirer, s'en aller (ù-ipyj-
arOai). Tob. 1!|.. \k. T(A)ins (tbscessil ex Niim c :
Le jeune Tobic se retira de Ninive par l'a-
vcrlisseniCMt de son jère. qui lui en prédit la
ruine. De ce verbe vient celte façon de par-
ler. Judith. 6. 5. Pallur nbscedal a te : Cessez
DI(:T10^^'AIRE i^e philologie sacrée.
36
C'est Hoio-
de pâlir, ne craignez point,
pherne qui parle à Acliior.
ABSCESSUS, us, dépari, sortie, abcès,
apnstume dans l'Ecriture.
Retraite, éloignement. Ruth. 3. 14. Usque
ad noclis abscessum : Ruth dormit aux pieds
de Booz jiis(|u'à ce qu'il fît jour et que la nuit
se retirât. Gr. î'mç tt/swi, usque mane. i
ABSCIDERE,«7To-/.ô-r:rj,(le o^sel de cœdereA
Couper, trancher. Malth. 5. 30. 5t dextra
manus hic scandùlizot te, abscide eam : Si vo-
tre main droite vous est un sujet de chute el
de scandale, coupez-la. Ce retranchement ne
se doit point faire à la lettre, mais il marque
la disposition du cœur à faire ou à souffrir
tout plutôt que de permettre que notre main
nous fût un sujet de scandale et de chute, c.
18. 8. Dent. 25. 12. Voy. Amputare.
ABSCINDERE , àrzovonniv. V Couper, tran-
cher , retrancher. Gal.^5. 12. Uiinam el
abscindantiir qui vos conliirbant : Plût à Dieu
que ceux qui vous troublent fussent tout à
fail retranchés du milieu de vous. D'autres
expliquent : Plût à Dieu que tous ceux qui
vous troublent fussent non-seulemenl cir-
concis, mais plus que circoncis, i. c. que
l'on leur retranchât plus que le prépuce mê-
me. Math. 5. 30. Deut. 23. 1.
2° Retirer, cesser de faire paraître. Juilil.
7. 24. Jndignalionem suann abscindel. Ps. 76,
9. Miscricordiam suam abscindel : Comme il
est Irès-avanlageux que Dieu retire son indi-
gnation, il est très-dangereux qu'il ne retire
pas sa miséricorde.
3° Séparer (àTroTjfzveev. Eccli. 25. 36. A
carnibus tuis abscinde illam, ne semper le abu'
lalur : Si votre femme se retire de votre con-
duite et qu'elle vous fasse confusion par sa
désobéissance, séparez-vous d'elle et qu'elle
nhabile plus avec vous. Il paraît par ces pa-
roles que le divorce élait non-seulement per-
mis aux Juifs, mais qu'il leur était accordé;
en sorte qu'ils pouvaient sans péché se sé-
parer de leurs femmes, hors même le cas de
la fornication.
4° Détacher («Tro-rÉpivsiv), Dan. 2. 34. et
45. Abscissus est lapis de inonle : Une pelile
pierre s'est détachée de la montagne. Colle
petite pierre marque Jésus-Christ. Voyez
Lapis.
5^ Oler, enlever. Habac. 3, 17, Abscindetur
de avili pecus : Les bergeries seront sans
brebis et seront enlevées par les ennemis.
6" Retirer du monde, retrancher du nom-
bre des hommes. Ezcch. 37. 11. Abscissi sii-
nius : Nous sommes retranchés du nombre
des hommes. Ainsi, Abscindere de lerra vi~
venlium signifie la même chose. Isa, 53. 8.
Abscissus est de terra vivenlium : 11 a élé re-
tranché de la terre des vivants, i. c, d'entre
les liommes par la mort.
ABSLONDERE, xpÛ77Tctv , •/.a.zuy.pvKTtiii, ùno-
1° Cacher, celer , couvrir (i-£/.«).û-Teiv).
Prov. 28. 13. Qui abscondil scelcra sua non
dirifjctur : Celui qui cache ses crimes ne
réussira pas, i. e. il se perdra en rendant in-
curable le mal qu'il ne veut pas découvrir.
Gen. 3. v. 8. 10 Malth. 5, 14. etc. On voit aussi
57
ABS
absccndere sans régime, pour signifier se ca-
cher ()«Tax/)W7rT£tv). Ps. 55. 7. Jnhabilabunt
et abscundenl : Ils (lemeurenl cnsemb'e et se
cnchenl. De ce mot vicnnenl ces façons de
p.irler, abscondere se, faciem suam, ou ab-
scondi ab idiquo : Détourner son visage, ou
se détourner de quelqu'un, c'est le négliger,
l'abandonner, élre fâché contre lui (à-oTr^i-
f£tv, avertere). Isa. 8. 17. Exspcclabo Domi-
nttm qui abscondit faciem suam a donio Ja-
cob, c. 40. 27. c. 5i. 8. c. 57. 17. etc. Ainsi,
Gen. k. ik. A facie tua nbscondar : V^ous
m'abandonnerez.
Abscondere se, ou abscondi, disparaître,
périr, être anéanti. Isa. 29. 14. Inlelleclus
prudentium abscondetur :Tou[e l'inlelligcnce
des sages s'évanouira. Ps. 28. 28.
Abscondere in pulvere, id est, in sepulcro.
Abattre, délruire. Job. 40. 8. Absconde eos
in pulvere simul : Humiliez tous les superbes
et les enfoncez dans la poussière.
Abscondere mnnum sub ascella èy/.pû-zeLv),
Cacher sa main sous son aisselle; ce qui
se dit du paresseux , qui ne veut pas
prendre la peine de travailler, mê ne pour
vivre. Prov. 11). 24. c. 26. 15. Voy. Ascella.
2° Sauver, garantir. Ps. 2G. 5. Abscondit
me in tabernaculo suo : Le Seigneur m'a ci-
ché dans son (abernacle. David fait allusion
à un berger qui retire son troupeau du loup
ou du mauvais temps. Ps. 30. 31. Abscondts
eos in abscondilo faciei tuœ a conlurbaliotie
liominum. Exod. 2. 2. Jos. 2. 4 Jil). 5. 22.
3° Taire et ne point déclarer. Job. 15. 18.
Non abscondunt patres suos : Les sages ne
cèlent point ce qu'ils ont appris de leurs pè-
res. Matlh. 11. 25. Abscondisli liœc a sapien-
tibus : Vous avez c.iché ces choses aux sa-
ges. Ainsi Abscondi ab alirjuo, a facie, ou ab
oculis alicujus .'C'cs'i ce qu'il ne sait pas, ou
ne connaît pas, et quelquefois ce qu'il n'a
point et dont il est privé. Ose. 13. 14. Conso-
latio abscondita est ab oculis meis : Mes yeux
ne voient rien qui console ma douleur. Luc.
19 42. 1. Cor. 2. 27. Eph. 3. 9. Coloss. 1. 26.
4° Garder ou réserver quelque chose pi)ur
le faire paraîire en son temps, et se prend
en bonne ou en mauvaise part.
En bonne part. Ose. 13. 12. Colligala
est iniquilas Ephraim et abscondilum pecca-
fum : Je tiens les iniquités d'Ephraïm liées
ensemble, son péché est réservé dans mon
secret, i. e. La peine de son péché. Job. 20.
26. Ps. 9 16. Ps. 30. 5 Ps. 3i. v. 7. 8. etc.
En mauvaise part. Ps. 30. Qicam magna
mullitudo dulcedinis tuœ. Domine, quam ab-
scondisli timenlibus te : Combien est grande,
Seigneur, l'abondance de votre douceur inef-
fable, que vous avez cachée et réservée pour
ceux qui vous craignent I Ps. 118. 11. Job.
23. 12. c. 36. 32. Prov. 2. 1. Eccli. 1. 30. Isa.
49. 2. Matlh. 13. 44. etc.
5" Obscurcir, abolir. Eccli. 17. 17. Non
$unt absconsa leslamenta per iniquitalcm il-
lorum .-Les promesses de Di( u n'ont point
été anéanties par les offenses de ceux à qui
H les a faites. Gr. Leurs péchés n'ont pas c!é
cachés à Dieu. Voy. Uom. 3 3.
ABS 38
Voy. Absc )NDiTA, Abscondite, et Abscoîi-.
DITUM, I.
ABSCONDITUS, i, um, x^tt-ô?.
1° Caché, couvert, retiré, secret. 1. Petr.
3. 4. Abscondilus cordis homo : L'homme in-
visible caché dans h; cœur, l'homme inté-
rieur. Prov. 21. 14. Munus absconditum ex-
stinguit iras : Un présent fait dans le secret
éteint la colère {làOpioç, al. ),«Go«tbç ). Ainsi
Eccli. 42. 9. Filia palris (Gr. p'alri) est abs-
condita vigilia ( «r.ôzp-jyoj ) : La fille est à
son père un sujet secret de veiller toujours
c. 41. 17. c. 43. 36. c. 48. 28. Isa. 45. 3. etc.
2° Inconnu, qu'on n'a point éprouvé (xs-
y.pviMuévoç). Apoc. 2. 17. Vincenti dabo man-
na abscondilum : Je donnerai au victorieux
la manne cachée. Gr. à manger. Celte manne
est la douceur des consolations secrètes dont
Dieu soutient ses enfants dans le pèlerin.ige
de cette vie. C'est une nourriture inconnue
au monde.
3" Rare, exquis {éy.-/.z/yu.i-joç]- Eccli. 30. 18.
Bona abscondita in aure clauso, quasi appo-
siliones epularum circumposilœ seputcro ; Gr.
Bona offusa ori clauso : Des viandes délicates,
présentées à la bouche d'un malade ou d'un
homme dégoûté, sont comme un grand festin
autour d'un sépulcre; les viandc^s rares sont
comme cachées, parce qu'elles ne sont pas
communes. Voy. Clausus.
4° Celui qui se cache. Isa. 45. 15. Vere lu
es Deus absconditns : Vous êtes vraiment un
Dieu qui ne vous êtes fait connaître qu'à vo-
tre peuple choisi, c. 53. 3. Quasi abscondilus
vullus ejus. Gr. «TriiTT^arrrat. il se détourne
le visage comme un lépreux qui se cache.
ABSCONDITUM, 1, «rô/ovyov. 1" Un lieu
caché, secret, ol)scur. Dan. 10. 7. Fugerunl
in abscondilum, h ©igw. Ceux qui étaient
avec Daniel s'enfuirent dans des lieux obs-
cuis. Luc. 11. 33. Nemo lucernam accendit et
in abscondita potiit : l\ n'y a personne qui,
ayant allumé une lanipe, la mette en iiu lieu
caché (z/oun-Trj, crypta cavea). Ps. 30. 21. .4/;s-
condes eos in abscondilo faciei tuœ : Vous les
cai herez dans le secret de votre face. i. e.
de votre présence, pour les mettre en sûielé.
Ps. 80. 8. Exaudivi te in abscondilo lempe-
stulis : Je vous ai exaucé au mili(>u de la
tempête. Ce fut lorsque Dieu excita tout d'un
coup contre les Egyptiens une leuipéte lors-
qu'ils poursuivaient les Israélites dans la
mer Uouge, étant comme caché dans la nuée
et invisible à ses ennemis. D'autres enten-
dent par ces paroles, non que Dieu même se
cacha, mais qu'il cacha les Israélites au mi-
lieu de la tempête, en les mettant à couvert
de la fureur de leurs ennemis. Ps. 26. 5.
Deut. 17. 15. Jerem. 23. 24. Thren. 3. 12.
Ezech. 8. 12. Voy. Tempestas. De là vient
cette expression,
ABSCONDITO (in), èv x^tt-w. 1° .Secrète-
ment, en secret, en cachette. Jos. 2. 1. Misit
Josue duos viros exploralorcs in abscondilo :
Josué envoya secrètement deux espions.
Miilth. 6. 18. Pater tuus qui vidct in a()Scon-
dilo rcddct libi : Votre Père, qui voit ce qui
se passe dans le secret, vous en rendra la
récomppnso. Job. 31
19. c. 48. 16. Jercm. 13. 17. H.ibac
cœur
DICTIONNAIHE DE PHILOLOGIE S.\CliEE
27. Ps. 9. 30
40
Isa. 4D.
3. U.
Inlériourpment, au /'''«'i";.; ^'j'"? '^
Rom 2. 29. Ç«i 2« abscondito Judœus
est • Le vr;'i Jnif n'est pas celui qui Tesl au
dehors, mais celui qui l'est iiitérieuremeiU.
De là vient celle phrase :
VcciPEKE FACIEM ALICUJUS IN ABS-
CÔNDITO. Respecter, considérer quelqu'un
par dissimulation (xojsij . Job. 13. 10. In
abfcondilo faciem ejiis accipitis : Ce n'est que
par dissimulation que vous défondez les in-
térêts de Dieu.
ABSCONDITA, ou ABSCONSA, orum , rà
x/ju-rà, rv. y.f/.p-jiiuha. — 1° Choses cachées
et secrètes ( piOii. profunda ). Job. 28. 11.
Abscondita in lucem produxit : L'homme a
produit au jour les choses les plus secrètes,
en perçant le fond de la terre et des fleuves,
pour ei) tirer ce qui peut lui être utile. Ps.
/^3. 22. Ainsi, Deul. 27. 29. Abscondita Do-
mino Deo ïjos/ro; Ces secrets étaient cachés
dans le Seigneur notre Dieu; i. e. Dieu a
exercé une sévérité épouvantable contre ceux
qui s'étaient détournés de lui pour s'attacher
à d'autres dieux, afin que nous ne suivis-
sions point leur impiété; c'est un secret qu'il
nous a découvert. Selon d'autres : U y a des
secrets que Dieu lient cachés, mais il nous
en a découvert, afin que nous pratiquions sa
loi.
2' Cavernes, lieux secrets et cachés. Je-
rem. 49. 10. Reveluvi abscondita ejiis, et cc-
Inri non ;)o/eri< : J'ai découvert les endroits
où il s'était retiré. Il y avait, dit Théodoret,
près de l'idumée, de grandes montagnes fort
élevées, et dans ces iiiOntagnes des cavernes
où les peuples se retiraient pour se dérober
à la vue de leurs ennemis ; mais Dieu les me-
nace de les découvrir. Abd. v. 6. Jnvesliga-
verunt abscondita ejus : Ils ont fouillé dans
les endroits les plus cachés. Jerem. 23. 2i.
3° Les biens que l'on réserve, les trésors
que l'on cache. Ps. 16. 14. De absconditis luis
adimpletus est venter eorum . Leur ventre est
rempli des biens qui sont renfermés dans
vos tré>ors; les biens temporels sont appelés
des trésors de Dieu, parce qu'ils dépendent
de lui et qu'il les donne à qui il lui plaît.
Voy Venter.
k" Enigmes, paraboles, pensées sérieuses,
qui ne sont pas communes. Mallh. 13. 35.
Eruclnbo abscondita a conslituiione ynundi :
Je publierai des choses qui ont été cachées
dcpui- la création du monde. Ceci est tiré du
Ps. 77. 2. où le Grec porte TTûoÇ/ïiuaTa. Lat.
proposiiiones. Voy. Proiositio. Eccli 4.21.
Denudabit abscotisa sua illi : La Sagesse dé-
couvrira ses pensées secrètes à celui qui
aura co-ifiance en elle. Ce qui est exprimé
[inr Abscondita pnrobolarum. Eccli. 39. 3. In
absconditis parabolarunx conversabitiir [v.l/i-
•ftiKTu ) : Le sage se nourrira de ce (ju'il y a
oe (dus r;ichc dans les paraboles, c. 14. 23.
c. 39. 10.
ABSCONDITE. 1° Secrètement, en secret
(xû^ef;. 2. Keg. 12. 12. Tu fccisti nbscon-
dlle, ego nutein f(tciai)i viihum istud in con-
sijectu ovtnis Israël et m conspectu solis : Pour
vous, vous avez fait celle nclion en S(crei;
r!iais, pour moi, je la ferai par Absalon, vo-
tre nis, à la vue de tout Israël et à la vue du
soleil.
2° Doucement et sans bruit U'jvyf,). Ju-
dir. 4. 21. J'ahel ingressn est abscondite : ia-
hel enira tout doucement dans la lente où
dormait Sisara pour le tuer. Ilulh. 3. 7, Ve-
nit abscondite : Ruth vint tout doucement
[i'jy.ù-JY^i '.
ABSCONSE, y.p-JYfi. En secret, en cachette.
Sap. 18. 9. Absconse sacrificabant justi pueri
bonoruni : Les justes enfants des saints, i. e.
des patriarches, offraient en secret leur sa-
crifice, savoir, l'Agneau pascal.
ABSCONSIO, ONis.K-o/ov-Tov. Ce mot vient
à'abscondere quand il signifie protéger, sau-
ver, garantir. Ainsi, c'est protection, dé-
fense. Isa. 4. 6. Tabernacnlum erit in umbra-
ciilum diei ab œstu, et in securilatem et
absconsionem a turbine et a pluiia : Le taber-
nacle de Dieu défendra ses élus par son ombr!-
contre la chaleur pendant le jour, et il sera
une retraite assurée pour les mettre à cou-
vert (h;s tempêtes et de la pluie. Ce qui re-
vient à cet endroit du Ps. 26. 5. Abscondit me
in tabernacuto suo, in die v^alorum protexit
me in abscondito tabernaculi sui.
ABSENS, Tis , KT7WV, ovTo,-. Cet adjectif,
qui vient iVabsum, signifie proprement celui
qui est éloigné de sa résidence ordinaire;
mais il signifie ordinairement : 1" celui qui
n'est point présent où on le demande (an wv
ajT«, qui non est cum aliquo). Gen, 44. v.
26. 34. Non pos.yum redire ad patrem absente
puero : Je ne puis retourner vers mon père,
dit Judas, sans que l'enfant soil avec nous,
c. 34. 5. 1. Cor. 0. 3. 2. Cor. 13. v. 2. 10. c.
10. v. 1. 11. Philip. 1. 27. Colos. 2. 5.
2" Qui n'est point avec ou dans la présence
d'un autre. Sap. 11. 12. Absentes et prœsentea
similiter torquebantur : Les Egyptiens étaient
également tourmentes, soit dans l'absenc*,
soit dans la présence des Hébreux.
3' Absent de Dieu, étranger, qui demeure
dans ce corps misérable (ivô>;|:;tâ.v), manen.^
cum populo). 2. Cor. 5. 9. Contendinuis, site
absentes, sive prœsentes, placcre illi : Toute
notre ambition est d'être agréables à Dieu,
soit que nous habitions dans le corps, soit
(jue nous en sortions pour aller à lui. Voy.
Pr^sexs
4° Qui n'est point encore né (ut, ojv u-iù).
. Deut. 29. 15. Nec vobis solis hoc f'œdus frrio,
sed cunctis prœsentibus et abscntibus : Celle
alliance que je fais aujourd'hui, n'est pas
pour vous seuls, mais c'est pour tous ceux
qui sont présents et qui viendront après
nous.
ABSENTL\, JE, «TTouTïa. Absence, éloi-
gncrni'nt de la i)résence des autres. Philip. 2.
12. Non ut in prœscntia lantum, sed mullo
mayis nunc in absentia mea, cum melu tt
tremore vestram salutem operamiîii : A}<z
soin non-seul'jn ent lorsque je suis présciit
parmi vous, mais encore plus lorsque jo
suis absent, d'opérrr votre salut avec crainte
et Iremblemenl.
ABSOLVEKE, à-o,.Juy. 1° Dégager, délj.
41
AlîS
ABS
41
vrer, exempter. Toi). 3. 15. Peto, Domine,
■J \U de vincuto improperii hujus absolvas me :
>'■ Je vous prie, Seigneur, de me tirer de la
peine où me jette ce reproche ignominieux,
d'avoir tué sept maris. Quelques-uns ont re-
marqué que ce reproche lui fut si sensible,
qu'elle en tomba dans une espèce d'agonie.
1. Mach. 10, 29. Nunc absolvo vos et omnes
Judœos a tributis : Dès à présent , je vous
remets , à vous et à tous les Juifs , les tributs
que vous aviez accoutumé de payer.
2" Absoudre, justifier. 2, Mach. 4. 47.
Menelaum quidem universœ malitiœ reum,
criminibus absolvit : Antiochus déclara Mé-
nélaiis innocent, quoiqu'il fût coupable de
toutes sortes de crimes.
3° Décider, terminer (£7T£).Û£tv dissolvere).
Act. 19, 39. Si qiiid alterius rei quceritis , in
légitima Ecclesia polerit cibsolvi : Si vous
avez quelque autre affaire à proposer, elle
se pourra terminer dans une assemblée lé-
gitime : c'est ce que dit un greffier au peuple
d'Ephèse , pour apaiser la sédition causée par
Démétrius.
ABSORBERE , -/aTKTi-îvstv. Ce verbe, qui
répond au mol hébreu Balagh , signiOe en-
gloutir, avaler, dévorer, et par métaphore ,
à la ressemblance des choses qu'on avale
et qui tombent dans le ventre où elles se
corrompent, il signifie perdre, défaire, dé-
truire, et quelquefois précipiter : c'est pour-
quoi il est souvent rendu dans la Vulgate
par perdere ou prœcipitare. Ainsi il signifie :
1° Asorber , engloutir, dévorer, avaler
[■nlrt[i[iv^aL, inufidatio). Job. 40. 18. Ecce ah-
sorbebii fluvium et non mirabitur : L'éléphant
boit et avale les fleuves entiers sans se
presser et sans s'étonner. Les auteurs qui
ont parlé de cet animal rapportent qu'il
boit beaucoup. Voy. Plin. 1. 8. c. 19. ^Elien.
L 17. c. 7. Ce qui se dit de la terre. Deut. 11.
6. Quos aperlo ore terra absorbait : La terre
s'élant entr'ouverte , engloutit Dalhan et
Abiron. Apoc. 12. 16.
2" Epuiser, boire jusqu'au fond. Abd. v.
16. Bibent omnes gentes jugitcr, et bibent,
et absorbebunt : Toutes les nations qui ont
ruiné Jérusalem boiront jusqu'au fond du
calice de la colère de Dieu, i. e. seront pu-
nies très-rigoureusement. Voy. Bibehe et
Fex.
3° Perdre, défaire , détruire. 2. Reg. 17.
16. A^e moreris, ne forte absorbeatur rex et
otnnis populus qui cum eo est : Ne tardez
point, de peur que le roi ne périsse, lui et
tous ses gens. C'est l'avis que donna Chusaï
à David. Ps. 57. 10. Ps. 68. 16. etc. Ainsi, 1.
Cor. 15. 54. Absorpta est mors in Victoria :
La mort a été absorbée ou détruite par la
victoire, i. c. Quand notre nature corruptible
sera rcvéïue de l'immortalité, la mort sera
entièrement vaincue , cl il ne restera plus de
n)arque de son pouvoir : ce (jui a rapport à
cet autre endroit, 2. Cor. 5. 4. Ut absorbea-
tur, quod morlale est, a vita : Nous ne désirons
pas d'être, dépouillés de notre corps, mais
(lélrc revêtus .par-dessus ; en sorte que ce
qu'il y a de mortel en nous soit absorbé
jjar la vie, et que la corruption en étant
DiCTIONN PE P^ILOL. gACRiÎE. I,
entièrement abolie, le corps, de.mortel qu'il
est, devienne immortel.
ABSQUE, àv£ù, x^P'-^f ce qui est souvent
exprimé en grec par ixà é'xstv, oùz u-jui. Cette
préposition se fait d'ab et de que y qui n'a-
joule rien à la signification d'abs.
i" Sans, particule exclusive, qui se dit
de ce qui n'accompagne point quelque chose
ou quelque personne. Isa. 130. Ciim fueritis
velut hortus absque aqua : Vous deviendrez
comme un jardin sans eau , en punition de
votre idolâtrie. 2. Par. 18. 16. Sicut oves
absque pastore : Vous serez comme des brebis
sans pasteur. Gen. 15. 2. c. 43. 14. Prov. 1.
33. c. 28. 1. Hebr. 4. 15. etc.
2" Hormis, sinon, excepté. Gen. 31. 50.
Nullus sermonis noslri testis est absque Deo :
Nul n'entend nos paroles que Dieu qui en
est témoin. Isa. 43. 11. Non est absque me
Salvator : Hors moi, il n'y a point de Sau-
veur, dit le Seigneur, c. 44. 6. c. 45. v. 14.
21. Non est ultra Beus absque me : 11 n'y a
point d'autre Dieu que moi. En ces endroits,
et en plusieurs autres, absque répond au
mot Hébreu bilehad, qui est souvent rendu
ailleurs par prœter. 2. Reg. 22. 32. Quis Deus
prœter Dominum, et quis fortis prœter Deum
nostrum?
3° Cette préposition avec un nom sub-
stantif est quelquefois mise pour l'adjectif
exsors, qui n'a point de part. Joan. 16. 2.
Absque synagogis facient vos : Ils vous chas-
seront des synagogues; Gr. ùnoawuyûyovç ^
exsortes synagogœ, excommuniés. Rom. 1.
31. Absque /œrfere ; Sans foi, Gr. «o-Trôvoouf
perfides ou irréconciliables. Ose. 9. 12. Absque
liberis eos faciam, i. e. Orbos faciam : Je
leur ôterai leurs enfants. Gen. 15. 2. c. 42
36. Jerem. 18. 21. etc.
ABSTERGERE. Ce verbe signifie essuyer,
purger, nettoyer, et par métaphore, ôter,
effacer, guérir, corriger : dans l'Ecriture.
1° Essuyer, nettoyer {«fxipsOxi, auferre).
3. Reg. 20. 41. lUe statim abstersit pulverem
de facie sua : Le prophète essuya inconti-
nent la poussière qui lui couvrait le visage,
pour se faire voir à Achab. De là vient cette
phrase :
Abstergere lacrymas ab oculis alicujus :
essuyer les larmes des yeux de quelqu'un,
c'est arrêter et faire cesser tous les maux
qui sont cause des lar.mes (éçaXsî'^etv , abo-
lere). Apoc. 7. 17. c. 21. 4. Absterget Deus
omnem lacrymam ab oculis eorum : Dieu abo-
lira tous les maux de celte vie dans ceux
qu'il rendra heureux ÇAfxipsiOat). Isa. 25.
8. Auferet Dominas Deus lacrymam ab omni
facie : Le Seigneur Dieu séchera les larmes
de tous les yeux, savoir : de son peuple.
2" Corriger, guérir (o-uvavTâv, al. «Travrâv,
occurrere). Prov. 20. 30. Livor vutnchs
absterget mala : Les meurtrissures livides
guériront le mal; ou, selon l'Hébreu, cor"
rigcront les méchants : cela s'entend des ( hâ-
tiinenls qu'on emploie pour corriger les pé-
cheurs endurcis.
ARSTINKKE, ÙTzé/ji.v, ÙKi'Xi'yOKt. Ce verbe
se fait ù'abs ol de Icncre. Il esl «iclif ou neutre ,
Cl l'on d\iabslinere ouabslinere sfi.-maisea
2
IS
français, il est neutre, et ne se dit qu'avec le
pronom personnel, s'abstenir, se défendre
l'usage de quelque chose , ou s empêcher de
faire Num. 6. 3. A vino et omni quod ine-
hriarepolest abstinebunl : ils s'abstiendront
de vin et de tout ce qui peut enivrer. Voy.
Nazar^ds. 1. Thess. 5. 22. Ab omni speae
vicila abstinete vos : Abstenez-vous de tout
ce qui a apparence de mal. Eccli. 28. 10.
Abstine te a lite, et minues peccala : Evitez les
disputes et les procès, et vous diminuerez
les péchés. Judic. 13. 13. Tob. 1. 10. Sap. 2.
16. Eccli. 3- 32. etc.
ABSTINENS, tis, prévenu, modéré, qui
sait se commander. Abstinent, tempérant à
l'égard du boire et du manger. Eccli. 37. 34.
Qui abstinens est, adjiciet vitam : Vhomme
sobre et retenu en vit plus longtemps. Gr.
Tzpoaiya-j, qui veille sur lui.
ABSTINENTIA, m, retenue, modération.
— 1° Abstinence, morliGcation , retranche-
ment de quelque chose agréable. Num. 30.
li. Si voverit et juramento se constrinxerit ,
ut perjejunium vel cœterarmn renwiabstincn-
tiam affligat animam suam, in arbitrio viri
erit ut faciat sive non faciat : Si une
femme a fait vœu, et si elle s'oblige par
serment de s'affliger, ou par le jeûne, ou
par d'autres sortes d'abstinences, il dépend
de son mari qu'elle le fasse ou qu'elle ne le
fasse point.
2° Abstinence ou tempérance, vertu mo-
rale, par laquelle on se défend l'usage des
plaisirs et des satisfactions non nécessaires
pour le soutien de la vie (Èyxparsîa, conti-
nentia). 2. Petr. \.6. In scientia abstinentiam;
in abslinentia palientiam {ministrate) : Joi-
gnez à la science la tempérance, à la tem-
pérance la patience. Il ne faut pas seulement
qu'un chrétien soit instruit de son devoir,
mais il faut aussi qu'il s'abstienne des plai-
sirs, et supporte les maux qui pourraient le
détourner de s'en bien acquitter.
ABSTRAHERE, «Tvocr-âv. Ce verbe signi-
fie proprement, entraîner, emporter avec
violence, tirer de force, arracher, et se dit
aussi figurémcnt en choses spirituelles et
morales.
1" Arracher, ôter avec violence. 2. Mach.
7. V. k. 7. Cute capitis ejus cum capiUis abs-
tracta : Après lui avoir arraché la peau de
la tête avec les cheveux. Ce fut contre l'aîné
des sept frères qu'Antiochus exerça celte
cruauté.
2° Détacher , séparer, soit du parti de
quelqu'un et de l'attachement qu'on doit
avoir pour lui («'^laTavat, avertere). Dcui. i3.
10. Lapidibus obrutus necabiCur , quia voluit
le abstrahere a Domino tico : Qu'il soit puni
de mort étant lapidé, parce qu'il a voulu
vous arracher du culte du Seigneur votre
Dieu. Soit de la compagnie d'un ami. Act.
21, 1. Cum faclum esset ut navigaremus abs-
tracti ab cis : Après que nous nous fûmes
.séparés d'eux avec beaucoup de peine. Saint
Piiul parle des prêtres d'Ephèse , qu'il quitta
fort aifligcs de s(hi départ.
3" Tirer de quelque p.irt, en éloigner par
adresse (èxoTrâv, extrahere), Judic. 20. 32.
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE. 44
Qui fugam arte simuld^tes inieruni consi-
lium, ut abstraherent eos de civitate .-Les
Israélites feignirent adroitement de fuir, à
dessein de les engager plus loin de la ville
de Gabaa.
4" Emporter, entraîner, en parlant de la
violence des passions de l'âme (è^îÀxetv).
Jac. 1. 14. Unusquisque tentatur a concu-
piscentia sua abslractus : Chacun est tenté
par sa propre concupiscence qui l'emporte
et qui l'attire dans le mal ( n),«vâv, sedu-
cere). Prov. 7. 25. Ne abstrahatur in viis
illius mens tua : Que votre esprit ne se laisse
point emporter dans les voies d'une femme
qui cherche à vous séduire
ABSTRUDERE, pousser à force, cacher,
enfoncer. 1. Reg. 23. 23. Quod si etiam in
terram se abstruserit , perscrutabor eum :
Quand il serait caché au fond de la terre ,
j'irai l'y chercher. C'est Saiil qui parle de
David.
ABSUM, abesse, «Trcïvat, KT:i-^zLv. Ce verbe
marque une absence ou un éloignement ,
soit dans le sens propre, soit dans le figuré.
— 1° EUre éloigné, y avoir de la dislance
entre deux choses ou deux personnes. 2.
Mach. 12. 29. Inde ad civitatem Scytharwn
abierunt , quœ ab Jerosolymis sexcentis sta~
diis aberat : De là , Judas et ses gens allèrent
à la ville de Scythopolis, éloignée de six
cents stades de Jérusalem. Ecli. 9. 18. Longe
abesto ab fiomine potestatem habente occi-
dendi : Tenez-vous bien éloigné de celui qui
a le pouvoir de faire mourir. Cela s'entend
des tyrans et des princes qui abusent de
leur pouvoir; d'où vient longe abesse, pour
marquer une chose qu'on ne peut atteindre
ou recouvrer ('Asto-rao-eat , secerfere). Eccli.
27. 22. Non illum sequaris, quoniam longe
abest : En vain vous irez après lui, car il
est déjà bien loin. Le Sage parle d'un ami
que l'on a choqué, et dont on a perdu l'a-
mitié. Ainsi c. 15. 7. Longe abeU a superbia
et dolo : Les hommes insensés ne verront
point la sagesse, parce qu'elle se tient bien
loin de l'orgueil et de la tromperie.
2° Etre absent, n'être point présent quel-
que part. Sap. 14. 17. Ut illum, qui aberat^
ianquam prœssntem colerenl sua sollicitu-
dine : Pour révérer avec une soumission
religieuse, comme présent, celui qui était
absent. Il parle d'un prince qui est éloigné,
et dont on fait venir le tableau pour lui
rendre les honneurs divins, comme s'il était
présent. De cette signification vient cette
expression figurée :
Abesse ab aliquo , qui signifie n'être point
dans quelqu'un, pour marquer une chose
dont quelqu'un est privé. Sap. 9. 6. Si af> illo
abfuerit sapienlia tua, in nifiilum computa-
bitur : Encore que quelqu'un paraisse con-
sommé parmi les enfants des hommes, il
sera néanmoins considéré comme rien , si
votre sagesse, ô Dieu, n'est point en lui
{an é'aznv, defeci). Eccli. 15. 11. Nondixeris,
per Deum abest x^e dites point, Dieu est
cause que je n'ai point la sagesse; Dieu ne
jette point les pécheurs dans l'égarement,
lui qui seul en tire les hommes quand il lui
Â^
ABS
ABU
tô
plaît : c'est l'orgueil de l'homme, qui est la
première et la véritable cause de ses déré-
g«!emenls.
ABSIT. Ce mot marque l'cloigneraent et
l'aversion que nous avons pour quelque
chose, et répond au mot hébreu halilah ,
prohibition qui se rend ordinairement en
grec, pÀ^évotTo , quelquefois par aXsw? croi
propitius tibi sis, ou sit Deus; comme si
l'on disait : Cela ne vous est pas permis :
dans l'Ecriture :
1° C'est une interjection , qui sert de ré-
ponse à des interrogations de choses im-
pertinentes ou impossibles. Rom. 3. v. h. 6.
31. Legem ergo destriiimus per fidem ? Absit :
Détruisons-nous donc la loi par la foi? A
Dieu ne plaise, c. 6. 2. c. 7. v. 7. 13. c. 9.
14. c. 11. 1. etc.
2° Hors le rapport qu'elle a à l'interro-
gation, c'est un terme qui marque que nous
détestons, comme injuste ou impie, ce que
nous ne voulons pas qu'on croie de nous ou
d'un autre. Gai. 6. ik. Mihi absit gloriari
nisi in cruce Domini nostri Jesu Christi : A
Dieu ne plaise que je me glorifie en autre
chose qu'en la croix de Noire-Seigneur Jé-
sus-Christ. Gen. 18. 25. c. W. 17. Jos. 22.
29. c. 24. 16. 1. Reg. 2. 30. etc. Ainsi Matlh.
16. 22. Absit a te, Domine : Ah! Seigneur, à
Dieu ne plaise, cela ne vous arrivera point.
Gr. propitius tibi; on sous-entend sis ou sit
Deus.
ABSINTHIUM, ii. Ce mot vient du grec
«ifivGiov ', indelectabile , désagréable , de l'a
privatif et de i|/tveo?, delectatio, plaisir, agré-
ment. L'absinthe est une herbe fort amère,
et celte amertume donne lieu à plusieurs
expressions métaphoriques dans l'Ecriture.
Ainsi elle signifie :
1° Ce qui est fâcheux, amer et affligeant
(nty.pioi, amaritudo). Thren. 3. 19. Recordare
pauperlatis et transgressionis meœ et absin-
tfiii et fellis : Souvenez-vous de la pauvreté
où je suis, de l'excès de mes travaux, de
l'absinthe ou du fiel où je suis plongé. Celte
absinthe et ce fiel marquent les maux insup-
portables que le peuple juif souffrait de la
part de ses ennemis , ou plutôt de la part de
Dieu même, qui l'a nourri et enivré d'ab-
sinlhe, i. e. qui l'a accablé de maux et d'af-
lliclions pour punir ses crimes (o50vv5, dolor).
Jercm. 9. 15. c. 23. 15. Ecce ego cibnbo eos
absinlliio : h' les nourrirai d'absinlhe. ïhrcn.
3. 15. Jnebriavit me absinlhio {Tziy.pia) : Il m'a
enivré d'absinlhe. V. Inebriarb. Ainsi :
Amarum esse quasi absinlhium : Etre amer
comme l'absinlhe, c'est causer des douleurs
et des affliclions très-sensibles {xoU , fcL).
l'rov. 5. 4. Novissima illius amara quasi ab-
sinthium : La conversation que l'on a avec
la femme prostiluéi; paraît d'abord agréable;
mais elle se termine à des maux incroyables,
à la dcslruclion de la santé du corps, à la
perle des biens et de la réputation et à la
dainnation élernclle.
Converti in absinlhium : Se changer en ab-
sinlhe, signifie la même chose , causer de
grands maux (^ivboç). Apoc. 8. 11. Fada
est terlia pars aquarum in absinlhium : La
troisième partie des eaux fut changée en ab-
sinthe , i. e. en une amertume qui causait de
grandes douleurs.
2° Le nom d'une étoile ("Ail/tveoç). Apoc. 8.
11. Nomen stellœ dicitur Absinthium : Cetta
grande étoile est un faux Christ, que l'on
croit être ce Barchochebas , dont le nom si-
gnifie étoile, et qui disait avoir été envoyé
du ciel pour secourir le peuple juif dans
l'oppression où il se trouvait; mais cet héré-
siarque fut cause de la ruine entière des
Juifs : il est ici appelé Absinthe, à cause de
l'effot funeste qu'il produisit en jetant son
peuple dans des malheurs incroyables.
ABSUMERE, consumer, abolir, dépenser.
— 1° Consumer, abolir (xaraxaîetv, comburere).
Levit. 8. 32. Quidquid reliquum (uerit de
carne et de panibus , ignis absumet : Tout ce
qui restera de cette chair et de ces pains ,
sera consumé par le feu. c. 7. 17. V. Devo-
RARE.
2° Perdre, gâter, corrompre (o-uvaTroXsîv, si-
mul perdere). Deut. 29. 19. Ne absumat ebria
sitientem : De peur que cette personne eni-
vrée de cette erreur ne corrompe les inno-
cents et ne les entraîne avec elle; c'est une
sorte de proverbe hébreu qui marque, selon
quelques-uns , que la partie inférieure eni-
vrée de ses passions entraîne la partie supé-
rieure, ou, selon d'autres, que le coupable
entraîne les innocents avec lui. Voy. Ebria
et SiTIENS.
ABUNDARE. Ce verbe est composé d'a6 et
à'unda, et se dit en premier lieu des rivières
quand elles sont grosses, et ensuite, par rap-
port, de toutes les choses qui sont en grande
quantité. Il a plusieurs significations, parce
qu'il répond aux verbes grecs, TrXeovâÇeiv,
avoir abondamment, regorger; TTs^t^o-EÛeiv,
regorger ou être superflu , et TzlnBvvEiv, croî-
tre, s'augmenter; quoique ces verbes se
prennent souvent l'un pour l'autre ; mais ,
en général , le verbe abundare se peut con-
sidérer par le rapport qu'il a avec le verbe
hébreu jatar, qui signifie 5w/)e?«6uwrfare, re-
liquum esse, ou excellere, pour marquer ou
la quantité ou la qualité.
§ l". —Abundare, pour signifier une grande quanliiéde
quelque chose.
1° Abonder, avoir beaucoup de quelque
chose, soit de biens corporels, soit d(> biens
spirituels {■KlnB^ivziv). Deul. 28. 11. Abundare
tpfaciet Dominus omnibus bonis : Le Seigneur
vous mettra dans l'abondance do loules sor-
tes do biens, c. 30. 9. Ps. 64. 14. Vallès abun-
dabunt frumento : Les vallées seront [iloinos
de froment (Tre/sto-asOEtv). Matlh. 13. 12. Qui ha~
bel, dabitur ei, et abundabit : Quiconque a
déjà , on lui donnera encore, et il ser<; dans
l'abondance. Celui qui a la foi reçoit encore
une infinité d'autres grâces, lorsqu'il fait bon
usage de ce don. c. 25. 29. Judic. 1. 19. 2.
Esdr. 9. 25. Sap. 11. 5. Philip. 4. v. 12. 18.
Scio abundare : Je sais vivre dans l'abon-
dance sans qu'ollo me cause du relâchemenl.
Ce qui so dit aussi quelquefois on mauvaise
part (likovaÇeiv!. Ps. 49. 19. Os tunm ubunda-^
vil malitia : Votre bouche élait toute remplie
de malice, i. c. de médisance et de tromperie,
Heb. Os tuutn laxcsti ad maUtiam : Vous avez
ouvert votre bouche pour la faire servir a
l'iniuslice et à l'iniquité. Eccli. 11. 13. Ahun-
dans paupertate: Qui est dans une extrême
pauvreté. Eccli. 21. 15. Est snpientia quœ
ahundat in malo ; Il y a une sagesse qui est
habile dans le mal, Gr-rr/ïi^yvovc-a 7rr/,&îav, mul-
iiplicans acerbitatem.
2° Abonder, être abondant, regorger, se
répandre avec effusion {■r^zot'jaivti-j). 2. Cor. 9.
8. Potens est Deus omnem graliam abundare
facere in vobis, Gr. in vos : Dieu est tout-
puissant pour verser sur vous toutes sortes
de grâces en abondance et pour vous rendre
avec usure toute la charité que vous aurez
laite aux autres, v. 12. Minislerium fmjus
officii non solum supplet eaquœ desunt sanc-
tis, sed etiam ahundat per multas gratiarum
acliones in Domino : Cette oblation dont nous
sommes les ministres ne supplée pas seule-
ment aux besoins des saints , mais elle est
riche et abondante envers Dieu par le grand
nombre d'actions de grâces qu'elle lui fait
rendre. Marc. 12. 44. Omnes ex eo , quod
abundabat iliis, miserunt : Tous les autres
ont donné de leur abondance. Luc. 21. 4.
Eccli. 15. 10. c. 21. 16. etc.
3" Avoir davantage, avoir plus qu'un
autre [ttIîo-juÇu-j). 2. Cor. 8. 15. Qui mul-
tum, non abundavit : Celui qui en recueillit
beaucoup n'en eut pas plus que les autres ;
€t celui qui en recueillit peu n'en eut pas
moins. L'Apôtre parle de la manne. Voy. Mi-
NORARE.
h° S'accroître, s'augmenter (77).r,6vv£(r5«£}.
Matth. 24. 12. El quoniam abundavit iniqui-
las, refrigcscet charitas multorum : Et parce
que l'iniquité sera accrue, la charité de plu-
sieurs se refroidira dans toute la suite des
temps.
5° Etre fort utile, procurer quelque grand
avantage. Eccli. 6. 5. Lingua eucharis in bono
liomine abundal : Un homme vertueux qui
parle civilement se procure de grands
avantages, Gr. -Ir/jv-jù
eut sermones affabiles
des autres.
§ 2. — Abundare, pour marquer la qualité, l'excellence.
1° Etre plus parfait et plus accompli {-spirr-
cvkiv). Malth. 5. 20. Nisi abundavcril justi-
tia veslra plusquani Scribarum et Phari&œo-
rum , non inlrabitis in regnum cœloruin .- Si
voire justice n'est plus pleine et plus par-
faite que celle des docteurs de la loi et des
Pliarisiens, vous n'entrerez pas dans le
royaume du ciel. La justice des Pharisiens
était tout extérieure et se terminait à pa-
raître» juste aux yeux des hommes. Luc. IG.
15. mais la justice de ceux qui doivent en-
trer dans le royaume du ciel s'étend jusqu'à
arrêter les mouvements déréglés du cœur.
2° Etre plus excellent, l'emporter au des~
sus [vî(ji(j(7îvzL'j). 2. Cor. 8. 9. Si ministralio
damnalionis (jlorinpst, mullo maijis abundat
viinistcrium justitiœ in gloria : Si le minis-
tère de la contlamnalion a été accompagné
de gloire, le minibière de la justice en aura
incomparablemcul davaulage. Saint Paul
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE S.ACREE. 48
montre l'excellence de la loi nouvelle sur la
loi ancienne , en ce qui regarde le ministère.
Voy. MiMSTRATio. 2° (ulrjOv^tfjOuL). Eccli. 24.
39. A mari enini abundavit cogitalio illiiis :
Les pensées de la sagesse sont plus vastes
que la mer et plus profondes que les abîmes.
L'Apôtre explique ce passage. Rom. 11. 33.
0 altitude divitiarum sapientiœ et scientiœ
Dei. Voy. Altitudo {n.îrjtGatvzi'j). 2. Cor. 8. 7.
Sicut in omnibus abundatis... ut et in hac
gratia abundelis : Afin que, comme voiis
excellez dans les autres dons, vous excel-
liez aussi en cette grâce de libéralité envers
vos frères.
3° Etre meilleur et plus agréable à Dieu
(7r£pi(7o-£-Jîiv). 1. Cor. 8. 8. Neque si manduca-
verimus abundabimus ; neque si non niandu-
caverimus , deficiemus : Si nous mangeons
nous n'en aurons rien davantage devant
Dieu, ni rien de moins si nous ne mangeons
pas. C'est ce que l'Apôtre explique plus am-
plement. Kom. 14-. 17. Non est regnum Dei
esca et potus , elc. Le royaume de Dieu ne
consiste pas dans le boireet le manger, mais
dans la justice, dans la paix et dans la joie
que donne le Saint-Esprit.
4° Avancer de plus en plus, se perfection-
ner (t:îolt<7î\)si'j). 1. Cor. 15. 58. Abundantes
in opère Domini semper : Travaillez sans cesse
de plus en plus à l'œuvre de Dieu. 1. ïhess.
4. v. 1. 10. Rogamus vos ut abundetis magis :
Je vous exhorte de vous avancer de plus en
plus dans la charité fraternelle
5° Etre assuré de quelque chose, en être
bien persuadé {Tzlnpooopîî'jQai, plene persua-
deri). Rom. 14. 5. tfnusquisque in siio sensu
abundet : Que chacun n'agisse que selon
qu'il est pleinement persuadé dans son es-
prit. Gr. 77).>3 6oyoc£ic-9w , Pleutt fide credat :
Que nul n'agisse contre sa conscience ou en
doutant que ce qu'il fait soit bien. Lit. que
chacun abonde en son sens : ce qui peut si-
gnifier qu'on laisse agir chacun selon sa
conscience, comme si l'Apôtre ne voulait
point qu'on troublât \)ersonne sur le sujet
des viandes et des jours ; car c'est la matière
dont il s'agit en cet endroit.
6 Exceller en libéralité, en magnificence
{■nîpL(j(jz<jîfj). 1. Mac. 3. 30. Et abundaverat
super reges qui ante eum fuerant : Antio-
chus avait été magnifique plus que tous les
rois qui l'avaient précédé.
§ 3. — Abundake in rein aliquam, ittfioffcimv -mi.
Cette phrase marque une abondance et
une plénitude qui se décharge et se répand
sur quelque chose; mais elle s'exprime dif-
féremment selon la différence des choses sur
lesquelles se fait cet épanchemenl.
1" Abundare in gloriam Dei (TT/sovàÇeiv) :
Faire éclater davantage la gloire de Dieu.
Rom. 3. 7. Si Veritas Dei in meo mendacio
abundavit in gloriam ipsius : Si par mon
mensonge la vérité de Dieu a éclaté pour sa
gloire. 2. Cor. 4. 15. Ut gratia abundans per
vxullos in gratiarum actiune abundet in glo-
riam Dei • Afin que plus la grâce se répand
avec abondance, il en revienne aussi à Dieu
plus de gloire pur les témoignages de recou-
j-oooY/yoca, VlultipH^
s'attire les civilités
49 ABU
naissance qui lui en seront rendus par plu-
sieurs.
2° Jn diviiia^implicitatis , i. e. in amplam
et copiosam libcralitatem. 2. Cor. 8. 2. Altis-
sima paiipertas eorum abundavit in divitias
simpHcitaiis eorum : Leur profonde pauvreté
a répandu avec abondance les ricliesses de
leur charité sincère, c. 9. 11. Ut abundetis in
omnem simplicitatem : Pour exercer avec un
cœur simple toute sorte de charité. C'est ce
qu'on appelle : être fort charitable, faire de
grandes aumônes. Voy. Simplicitas.
3° In omne opus bonum : Exercer toutes
sortes de bonnes œuvres. 2. Cor. 9. 8. Ut
abundetis in omne opus bonum.
h° Abundare {-IvO-j-^-.t-j) , avec la conjon-
ction Mï, signifie : faire souvent ou beaucoup
quelque chose. Ps. 77. 39. Et abundavit ut
averteret iram suam : Dieu détourna souvent
sa colère, ou, arrêtait beaucoup les effets de
sa fureur. Hebr. multiplicavit avertere. Voy.
MULTIPLICARE.
ABUNDANS , ris , adjectif. 7r),£ovKÇojv, ouo-a.
Abondant, qui est en abondance ou quantité.
Prov. 15. 5. In abundanti justitia virtus ma-
orima est: ha fermeté et l'intrépidité d'une âme
est grande à proportion que la justice de la
cause qu'elle défend est abondante (nXïjGûvwv,
ouo-a). Ps. 143. 13. Oves eorum fœtosœ. abun-
dantes in egressibus suis : Les brebis des mé-
chants sont fécondes et leur multitude se fait
remarquer quand elles sortent; ce qui mar-
que leurs richesses. Voy. Egressus. Esth. 1.
8. Sap. 11. 8. 1. Cor. 12. v. 23. 24. 2. Cor. 4.
15. Eph. 2. 5. Philip. 4. 17. Requiro fructum
abundantem in ratione veslra, Gr. in ralio-
nem vestram : Je désire, non vos dons, mais
le fruit abondant que vous en tirez et qui
entre dans vos comptes à votre avantage.
Voy. Ratio.
ABUNDANS, TIS, SUbst. eOÇ/îvwv, oOira. 1°
Un homme riche, opulent, qui est dans l'a-
bondance des biens de ce monde. Ps. 72. 12.
Ecce ipsi peccatores et abundanles in sœculo
oblinuerunt divilias : Voilà les pécheurs eux-
mêmes et ceux qui sont dans l'abondance qui
ont acquis de grandes richesses. Ps. 122. 4.
Opprobrium abundantibus et despectio super-
bis : Nous sommes un sujet d'opprobre à ceux
qui sont dans l'abondance , et de mépris aux
superbes, disent les Juifs maltraités dans la
captivité.
2^ Ce qui est fécond, fertile, qui porte
beaucoup de fruit. Ps. 127. 3. Uxor tua, sic-
ut vitis abundans , in lateribus domus tuœ :
Votre femme sera dans le secret de votre
maison comme une vigne qui porte beau-
coup de fruit. C'était en quoi consistait prin-
cipalement le bonheur de l'ancienne loi d'a-
voir beaucoup d'enfants.
3 Ce qui est de plus; ce qui est superflu
et inutile (7r£fj7crôv). Matlh. 5. 37. Quod au-
tem his abundantius est a malo est : Ce qui
eSt de plus vient du mal. Gr. Quod supra hœc
esf : tle que l'on ajoute pour assurer davan-
t.ige vient de la faiblesse de ceux à qui l'on
est obligé de persuader ce qu'on dit. Celle
mauvaise disposition rend conmie nécessaire
le serment que l'on ajoute, qui d'ailleurs se-
ABU
50
rait superflu. 2. Cor. 9. 1. Ex abundanti
mihi est scribere vobis, Gr. Supervacaneum
mihi est : Il serait superflu de vous écrire da-
vantage.
ABÙNDANTER , ABUNDANTIUS , ABUN- **
DANTISSIME. Cet adverbe répond au grec "*
■mpi(7(7âç, et quelquefois aux mots, xktk t:)^'?»?,
pour marquer ce qui se fait avec abondance,
ou avec quelque excès qui surpasse l'usage
ordinaire.
1° Abondamment, pleinement, amplement.
Tob. 4. 9. Si mullum tibi fuerit , abundan-
ter Iribue : S)i vous avez beaucoup do bien,
donnez largement, dit Tobie à sou fils. 1. Par.
29. 2. Prœparavi omnem preliosum lapidem
et marmor parium abundantissime: David
avait préparé pour la construction du Tem-
ple toutes les choses nécessaires en grande
abondance. Esth. 5. 6. Ps. 30. 24. Philip. 1.
14. Coloss. 3. 16. 2. Petr. 2. 11. Ainsi Joan.
10. 10. Ego veni ut vitam habeant, et abun-
dantius habeant: Pour moi je suis venu afin
que mes brebis aient la vie, et qu'elles l'aient
abondamment. Gr. Trs/jto-o-ôv, qui signifie d&un-
danler, s'il est pris au neutre; s'il est à l'ac-
cusatif, il signifie abundantem, et se rapporte
k vitam. Celle abondance marque l'éternité
bienheureuse et la jouissance du royaumo
de Dieu. 2. Cor. 7. 13. Abundantius magis
gavisi sumus : Ma joie s'est beaucoup re-
doublée. Ce redoublement s'exprime par ce
double comparatif, v. 15. Viscera ejus abun'
dantius in vobis sunt, Gr. in vos, sup. affecta
sunt. Voy. Esse.
2° Plus, davantage, beaucoup plus. 1. Cor.
15. 10. Abundantius illis omnibus laboravi:
J'ai travaillé plus que tous les autres, i. e.
plus qu'aucun autre. Saint Paul a parcouru
plus de pays, et a soulïerl plus de maux et
de fatigues qu'aucun des autres apôtres, v.
2. Cor. 11. V. 23. et suiv.
3" Particulièrement. 2. Cor. 1. 12. Abun-
dantius autemadvos, Gr.opwrft'os: Jeme suis
conduit, surtout à votre égard, dans la sim-
plicité et la sincérité de Dieu. C'était princi-
palement parce que saint Paul n'avait rion
voulu recevoir dos Corinthiens en travail-
lant pour eux. c. 2. 4. Ut scialis quam cha-
ritatem habeam abundantius j'n vobis, Gr. in
vos: Je vous ai écrit pour vous faire con-
naître la charité toute particulière que j'ai
pour vous. 1. Thess. 5. 13.
4° Excessiyement, démesurément. Gai. 1.
14. Abundantius œmulator existens pater-
narum mearum tradilionum : Ayant un zèle
démesuré pour les traditions do mes pères.
5° Fort, beaucoup, grandement, avec em-
pressement. 1. Thess. 2. 17. Abundantius
festinavimus faciem vestram videre : Nous
avons désiré avec d'autant plus d'ardeur et
d'empressement de vous revoir, c. 3. 10.
( 'YTrspExre^eaaoû). Nocte OC dic abundantius
crantes, ut videamus faciem vestram: La joie
que votre foi nous donne, nous porte à le
conjurer jour et nuit avec une ardeur ex-
trême, de nous permettre de vous aller voir,
c. o. 13. Ut habealis illos abundantius in clia-
ritate: Nous vous supplions d'avoir pour vos
Supérieurs une très-grande vénération par
SI
un sentiment de charité, Gr. super ex abun-
donti, i. e. quom maxime, Heb. 2. 1.
6° Plus certainement, dune façon plus
Sûre et plus convaincante. Heb. 6. H. Jn
Quo abundantius volens ostendere policita-
tionis hœredibus immobilitatem consiiii sui
interposuit jusjurandum : Dieu voulant faire
voir avec plus de certitude aux héritiers de
la promesse la fermeté immuable de sa ré-
solution, a ajouté le serment à sa parole.
ABDNDANTIA, m. Ce mot qui répond or-
dinairement aux termes Grecs eùe^vîa et -Kepiov-
cia, signiûe en général une grande quantité
de quelque chose, opulence ou satiété ; mais
il marque souvent une abondance de biens
corporels.
1' Abondance, grande quantité de biens
(tô 7rc/)i(7C7£Ûav). Luc. 12. 15. Non in abundantia
cujusquam vita ejus est, ex his quœ possidet :
En quelque abondance qu'un homme soit,
S.1 vie ne dépend point des biens qu'il pos-
sède. Gen. 27. 28. Deul. 8. 9. Ps. 121. 2.
Prov. 1. 33. Eccli. 18. 25. 2. Cor. 8. ik. etc.
(E06>3vt«). Ainsi Ezech. 16. 49. Ecce hœc fuit
iniquitas Sodomœ superbia, saturitas panis,
et abundantia, et otium: Ce qui a rendu cri-
minelle Sodome, a été l'orgueil, l'excès des
viandes, l'abondance de toutes choses et
l'oisiveté.
2" Abondance, grandeur, ou plénitude de
quelque chose {nlveoç, multitudo). Ps. 32. 17.
In abundantia virtutis suœ non salvabitur :
Toute la force du cheval, quelque grande
qu'elle soit, ne sauvera point l'homme. Ps.
71. 7. Orietur in diebus ejus justitia et abun-
dantia pacis : La justice paraîtra de son
temps avec une abondance de paix, i. e.
avec une paix abondante, qui nous a été
procurée par la réconciliation que Jésus-
Christ nous a méritée en mourant pour nous.
Ps. lU. 7. Rom. 5. 17. c. 15.29. 2. Cor. 8.
2 (llE/jtao-sufAw). Ainsi Matlh. 12. 3k. Ex abun-
dantia cordis os loquitur: La bouche parle
de la plénitude du cœur. C'est ce qui est ex-
primé v. 35. selon le Grec qui porte, de the-
sauro cordis, qui marque que l'on tire du
fonds de son cœur , par la parole, ce qui
phitt le plus.
3" Prospérité, contentement , tranquillité
{fiJO\Jij.iy., tranquillitas). Ps. 29. 7. Ego aulcm
dixi in abundantia mea,Non movebor in œter-
num. Mais pour moi, dit David, j'ai dit, étant
dans l'abondance (Heb. tranquillité, pro-
spérité) : Je ne déchoirai jamais de cet état de*
prospérité. Ps. 121. 6. Abundaiitia diiifjenti-
bus le, Heb. prosperentur diligentes te.
k" Ht ureuse vieillesse, pleine et entière
(duvTsÀeta, consummalio). Job. 5. 26. Ingre-
dieris in ubundarNia scpulcrum : Vous en-
trerez au tombeau dans une vieillesse pleine
et entière.
5" Productions superflues {nîfHaaib.). Jac.
1. 21. Abjicientes abundantiam malitiœ: Re-
noncez aux vices, qui, comme de mauvaises
herbes, croissent toujours, si on ne les re-
tranche.
G" Augmentation, accroissement {-rspiaciM).
2. Cor. 10. 15. Spcm habentes in vobis magni-
ficari in abundantiam: Nous espérons acqué-
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE. 5«
rir de la gloire par votre moyen de plus en
plus.
7° Nom d'un puits [opy.oç, juramcntum). Gen.
26 33. Appellavit eum AbunMantiam: Lsaac
appela ce puits Abondance, à cause de l'eau
qu'il y trouvait en abondance pour ses trou-
peaux. Voy. Latitudo. C'est le même qui
avait été appelé le puits du Serment. Gen.
21. 31. Voy. Bersabée.
ABUNDE. Cet adverbe se fait comme abun-
dure, du mot unda, et d'ab, et signifie abon-
damm.nt, assez, suffisamment; et dans l'E-
criture :
Abondamment, avec abondance (TrXouo-îwç ,
largiler, copiose), 1. Tim. 6. 17. Qui prœstat
nobis omnia abunde ad fruendum: Dieu nous
fournit avec abondance ce qui est nécessaire
à la vie. Tit. 3. 6. Quem effudit in nos abunde:
Dieu a répandu sur nous avec une riche ef-
fusion son Saint-Esprit,
ABUTI , yMr(AypSL(TB(/.t. i° Abuser, faire un
mauvais usage de quelque chose. 1. Cor. 9,
18. Ut non abutarpolestate mea in Evangelio :
Saint Paul avait droit de vivre aux dépens
de ceux à qui il prêchait l'Evangile: mais il
aurait abusé de ce pouvoir, s'il en avait usé
au préjudice de l'avancement de l'Evangile.
Eslh. 13. 2. c. 16. 2. Job. 24. 33. Eccli. 25.
3Q. Ne semper teabutatur: De peur qu'elle
n'abuse de votre patience. Voy. Apsindere.
2° Abuser d'une personne, la corrompre
{ypûcOcii, uli). Gen. 19. 8. Habeo duas filias^
abutimini eis sicut placuerit: S'a\ deux filles,
ditLoth, usez-en. comme il vous plaira, c.
34. 31. Judic. 19. V. 22. 25. ïhren. 5. 13.
Adolescentibus impudice abusi sunt : Ils ont
abusé des jeunes hommes par un crime abo-
minable, Heb. Us ont fait travailler les jeunes
hommes au moulin ; et en ce sens, il se rap-
porte à la signification suivante.
3' Traiter avec rigueur et sévérité {ttoislvsv
rivi, agere contra aliquem) Jerem. 18. 23. In
tempore furoris tui abutere eis: Traitez-les
selon votre sévérité au temps de votre fureur.
Dan. 11.7. Abutetur iis, i. c. aget cum eis sum-
mo jure : Le roi du Midi en usera avec la
dernière rigueur contre le roi du Nord.
4" Se servir de quelque chose {ùvoù.iny.ttv,
impenderc). Sap. 13. 12. Si reliquiis ejus ope-
ris ad prœparationem escœ abutatur: S'il se
sert du bois qui lui est demeuré pour se
préparer à manger. Abuti pour uti se dit
quelquefois dans Térence et d'autres au-
teurs; comme iiti pour abuti se trouve aussi
quelquefois, comme, Eccli. 26. 13. Ne inven-
ta occasione utatur se. Voy. Un.
ABUSIO, Nis, abus, mauvais usage. — Mé-
pris, dédain (è^oySivwo-tç, contemptus) : Ps. 30.
19. /n superbia et in abusionc: Avec un or-
gueil plein de mépris.
ABYSSUS, I. «gya<To,-,de « privatif ctde/3û(T-
o-oj, pour pûQoj; fundus^snns fond. Ainsi abîme
signifie un goulïre profond, où l'on se perd,
d'où on ne peut jîortir ; mais il marque prin-
cipalement un abîme.
1° Un abîme d'eau. Exod. 15. 5. Abyssiopc-
rucrunt eos: Les Egyptiens ont été ensevelis
dans les eaux de la mer Rouge, v. 8. CoU'
gregatœ sunt abyssi in medio mari : Deux
B3 ABY
montagnes de flots se sont élevées au mi-
lieu de la mer, pour donner passage aux
sraéliles et pour engloutir les Egyptiens.
Judith. 9. 8. Ps. 76. 17. Ps. 105. 9. Isa. 51. 10.
c. 63. 13. etc. Ainsi il signifle :
Soit la mer en général. Ps.l03. 6. Ahyssus
sicut vestimentum amictus ejus: La mer en-
vironne toute la terre, et lui lient lieu com-
me de manteau. D'autres expliquent cet
endroit des eaux qui couvraient toute la
terre. Eccli. 1. 2. c. 16. 18. c. 43. 25. Job.
28. 14. c. 38. 16. c. M. 23. etc. et en particu-
lier la mer Rouge. Voy. ci-dessus.
Soit quelque grand amas d'eaux que ce
soit. Ps. 134. 6. Omnia , quœcumque voluit,
Dominus fecit in cœlo et in terra, et in omni-
bus ubyssis : Le Seigneur a fait tout ce qu'il
a voulu dans le ciel, dans la terre, dans la
mer et dans tous les abîmes, i. e. ou dans
l'Océan et dans les autres mers , ou dans la
mer en général, et peut s'entendre même des
enfers. Job. 38. 30. Ps. 148. 7. Eccli. 24. 39.
Jonas. 2. 6. Habac. 3. 10.
Soit quelque grand fleuve. Ps. 77. 15. Ada-
quavit eos velut in ahysso multa : Dieu leur
donna à boire, comme s'il y avait eu là des
abîmes d'eau, i. e. un grand fleuve.
Soit cette prodigieuse quantité d'eau cachée
sous la terre, d'où sourdent les fontaines et
les rivières. Gen. 7. 11. c. 8. 2. c. 49. 25.
Deut. 8. 7. c. 33. 13. Prov. 3. 20. Sapientia
ejus eruperunt abyssi : C'est par sa sagesse
que les eaux des abîmes se sont débordées,
c 8. 24. Ps. 32. 4. Job. 28. 14.
Soit enfin ce grand amas d'eaux qui, à la
création du monde, couvrait la terre avant
qu'elle parût au dehors. Gen. 1. 2. Tenebrœ
erant super faciem abyssi : en cet endroit,
abîme, marque ces vastes corps du ciel et
de la terre qui étaient encore dans la confu-
sion. Ps. 103. 6. Prov. 8. 27. Quando eerta
lege et gyro vallabat abyssos : La Sagesse
était présente, lorsque Dieu environnait les
abîmes de leurs bornes, et qu'il leur prescri-
rait une loi inviolable.
2' Abîme profond, lieu caché très-profond,
soit d'eau , soit de terre. Eccli. 23. 28. c. 24.
8. Profundum abyssi penetravi : La Sagesse
divine, qui comprend tout par son immensi-
té, pénètre ce qu'il y a do plus profond dans
lo terre et la mer. Dan. 3. 55. Benedictus es
qui intueris abyssos. Ps. 106.26. De là viennent
ces expressions figurées :
De abyssis terrœ reducere : Retirer des
abîmes de la terre, i. e. des grandes afflic-
tions dont on est accablé. Ps. 70. 20. De
abyssis ilerum reduxisti me.
3" Lieux souterrains, soit les Limbes. Rom.
10. 7. Quis descendet inabyssum? Qui pourra
descendre au fond de la terre? C'est où les
prédestinés attendaient la venue du M«"ssie:
soit l'enfer des damnés. Luc. 8. 31. Rogn-
bant illum. neimpcrarel ut in abyssum irent:
Les démons le suppliaient qu'il ne leur com-
mandât point d'aller dans l'abîme. Apoc. 9.
11. c. 11. 7. C.17. 8. c. 20. v. 1. 3.
— l'Graiuleopulencede biens marquée par
un grand amas d'eaux. Ezech. 31. 4. Abys-
sus exaltavit illum : Un grand amas d'eau
ACC
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arrosant ce cèdre, l'avait fait pousser en haut.
Cet amas d'eaux signifie grande prospérité
et l'abondance des biens dont jouissaient les
Assyriens.
2° Profondeur impénétrable, ou abîme de
choses que la connaissance de l'homme ne
peut sonder. Ps. 35. 7. Judicia tua abyssus
multa : Les jugements de Dieu sont impéné-
trables. Eccli. 42. 18. Abyssum et cor homi-
nis investigavit. i. e. Abyssum cordis liomi-
nis : Dieu sonde la profondeur du cœur hu-
main.
3° Abîme de malheurs et d'afflictions, qui
sont souvent marqués par les eaux et par
les torrents. Ps. 41. 8. Abyssus abyssum in-
vocat .-Un malheur en attire un autre, et ils
se succèdent les uns aux autres comme des
flots. Ezech. 31. 15. c. 26. 19.
4° Une grande quantité d'hommes en ar-
mes, marquée par une mer qui engloutit.
Ezech. 26. 19. Cum addiixero super te abys-
sum : Lorsque j'aurai fait fondre sur vous
un grand nombre d'ennemis. Ce sont les
troupes des Chaldéens. Amos. 7. 4. Devora-
bit ignis abyssum multam : Ce feu dévorera
un peuple nombreux. Ce feu marquait Thé-
glatphalasar qui devait emmener en Assyrie
la moitié des dix tribus. Voy. Aqua.
AC , Gr. YMu Cette particule se fait par
transposition de xaî, comme et de ts ; mais
d'autres le font venir de l'Hébreu, ach, qui a
presque les mêmes sens que cette particule.
1° Et, aussi. Luc. 8. 35. Invenerunt homi-
nem vestitum ac sana mente : Les Géraséniens
trouvèrent cet homme habillé et en son bon
sens. c. 14. 21. Hebr. 5. 14. Job. 1. v. 1. 10.
Gen. 1. V. 14. 18. c. 31. v. 16. 17. etc.
D'où vient cette façon de parler, Nocteac
die : Nuit et jour, ou. Die ac nocte : Jour et
nuit, pour signifier toujours. Ps 41. 4. Fue-
runt mihi lacrymœ meœ panes die ac nocte .
Mes larmes m'ont servi de pain le jour et la
nuit. Isa. 60. 11. Die ac nocte non claudentur.
Les portes seront toujours ouvertes. Il parlo
de la vocation des gei'.tils dans l'Eglise. Jos.
1. 8. 2. Esdr. 4. 9. 2. Tim. 1. 3. etc.
Ainsi, Magis ac magis : De plus en plus,
Philip. 1. 9. Oro ut charitas vestra magis ac
magis abundet ; Ce que je demande à Dieu ,
est que votre charité croisse de plus en
plus.
2° Après, ensuite. Gen. 50. 5. Sepeliam pu-
trem meum ac revertar : J'irai ensevelir mon
père; après cela je reviendrai au plus tôt, dit
Joseph à Pharaon. Matih. 26. 26. Benedixit
ac freqit : Il le bénit et le rompit ensuite.
Gen. 40, 19. c. 41. 14. c. 42. 34.
3° Que, pour marquer une comparaison.
1. Cor. 11.5. Unum enim est ac si decalvelur :
Car c'est de même que si elle était rasée. Il
parle d'une femme qui prie , la tête décou-
verte.
ACAN , Heb. tribulatio , fils d'Eser, qui
était fils de Seïr, H(jrréen. Gen. 36. 28.
ACAR, Heb. tribulatio, fils de Ram, qui
était fils aîné de Jéraméol. i. Par. 2. 27.
ACCAIN, Heb. possessio , ville de la tribu
de Juda. Jos. 15. 57.
ACGARON, Heb. sterilitas, une des villei
65
capitales des cinq Pi:o^'"^^^.^îf .fj''^i''^'?8
ioï. 13. 3. c. 15. V, 11. 45. 46. Jiidic 1. 18.
Celle ville est allribuée à la Iribii de Juda.
Jos 13 kri.Accaron cumvicis etvillulis suis :
Accaron. avec ses bourgs et ses villages. Ju-
»lic 1 18. Cepitque Judas Gazam cim finibiis
suis et Ascalonem atque Accaron cim termi-
nis suis : Néanmoins, ces villes qui sont cé-
lèbres dans l'Ecrilure et dans les auteurs
profanes, étaient toutes depuis, entre les
iDains des Philistins, et l'on ne voit pas même
qu'elles aient jamais été habitées par les en-
fants d'Israël, qui se contentèrent apparem-
ment de les rendre tributaires, et qui ne
jouirent pas même longtemps du tribqt qu'ils
leur avaient imposé, puisqu'elles secouèrent
hienlôl leur joug et eurent même sur eux
i'avanlage. Voy. Eslius sur cet endroit des
Juges. 1. Reg. 5. 10. c. 6. v. 16. 17. Jérém.
25. 25. Amos. 1. 8. Soph. 2. 4. elc.
ACCARONITiE, arum. Les habitants d'Ac-
caron. 1. Reg. 5. iO. Exclamuverunt Acca-
ronitœ : Ceux d'Accaron commencèrent à
crier : Us nous ont amené l'Arche du Dieu
d'Israël, afin qu'elle nous lue, nous et tout
notre peuple.
ACCEDERE, irpoGipyjaBai. Ce verbe signifie
proprement s'avancer, s'approcher; mais il
a plusieurs significations différentes, selon
les personnes, ou les choses avec lesquelles
il se met, ou, selon la fin qu'on se propose,
en s'adressant à quelqu'un. Ainsi , Num. 27.
I. c. 36. 1. Accesserunt , les filles de Salphaad
s'adressèrent à Moïse, pour le prier de leur
accorder le droit de succession.
Avancer, approcher (è^yîÇetv). Gènes. 27,
^[.Accède hue ut tan g am fe: Approchez-vous
de moi , afin que je vous tâte ; c'est Isaac qui
parle à Jacob, oui s'était revêtu des habits
d'Esaù. v. 22. 26. 27. c. 33. 7. Matth. 4. v. 3.
II. c. 5. 1. C.8. V. 5. 19. 25. etc. Dans le s,ens
iînpropre. Ps. 90. 10. Non accedet ad te ma-
lum : Le mal ne viendra point jusqu'à vous.
Ainsi :
1° Accedcre ad Dominum, ad altare Domini,
ad viinisternivi, ad sancluarium : Exercer les
fondions du sacerdoce {èyyiCji-j). Exod. 19.
22. Sacerdotes, qui accedunt ad Dominnm ,
sanclificentur :Q[ie Icsprêlres qui approchent
du Seigneur [lour faire leurs fondions soient
aussi sanclifiés, dit Dieu à Moïse, c. 30. 20.
c. 40. 30. Levil. 9. v. 7. 8. c. 21. 18. Ce qui
se dil aussi du ministère des lévites. Num. 1.
51 {npoaKopéveTOxi). Quisquis extemorum acces-
serii occidetur : Si quelque étranger se joint
aux lévites, il sera puni de mort. Il appelle
étrangers tous ceux qui n'étaient pas de la
tribu deLévi. c. 8. 19. c. 16. 10.
2" Accedcre ad mulierem, aduxorem : Ap-
procher d'une femme, c'est une façon de par-
ler honnête pour exprimer l'usage du ma-
riage. Isa. 8. 3. Accessi ad PropUelissam, et
concepit .- M'élant approchéde la Prophélcsse,
ellfi conçut; le Prophète parle de sa femme.
Lcvil. 18. v. (). li. 19. Ezocli.l8. 6.
3" Accedcre ad atiqucm .Converser fami-
lièrement avec quelqu'un. Ad. 10. 28. Vos
scitis quvinodo ahominaium sil Judœo covjun-
gi aut accedcre ad alienirjenam : Vous savez,
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE,
des
S6
dit saint Pierre à Corneille, que les Juifs ont
en grande horreur d'avoir quelque liaison
avec un étranger, ou de l'aller trouver chez
lui. Eccli. 9. 19. Si accesseris ad illum : Si
vous approchez de celui qui a le pouvoir de
faire mourir, prenez garde de ne rien faire
mal à propos, de peur qu'il ne vous ôte la
vie.
4° Accedcre in judicio .-Venir pour îa^cr, i.
e.pourpunirlescrimes {TrpoTàytu al.Trpoo-ïizetv).
Malac. 3. ^.Accedamad vos injudicio : Je me
hâterai de venir pour vous juger ; Dieu parle
aux Juifs, qu'il menace de punir avec toute la
sévérité de sa justice.
b' Accedere ad aliquem : Se joindre à quel-
qu'un, se liguer avec lui , entrer dans son
parti. 1. Mach. 8. 1. Quicumque accesserunt
ad eos statuerunt cum eis amicitias : Les Ro-
mains ont fait amitié avec tous ceux qui se
sont venu joindre à eux. C. 10. 26. Non ac-
cessistis ad inimicos nostros : Vous ne vous
êtes point unis à nos ennemis {nporj/jjùptïv).
Démélrius tâche de gagner les Juifs contre
Alexandre, fils d'Antlochus.
Accedere adDeum, ou coram Deo. — 1*
Recourir à Dieu et rechercher sa faveur. Heb.
7. 25. Salvare in perpeluum potest accedentes
per semelipsum ad Deum : Jésus-Christ peui
sauver pour toujours ceux qui s'adressent à
Dieu par son entremise, c. 10. 22. c. 11. 6. 1.
Pelr. 2. 4. Ps. 33. 6. Ecdi. 1. v. 36. 40.
Ainsi, Accedere ad sapientiam, rechercher
à s'instruire. Eccli. 6. 19. Quasi is qui arat
et seminat accède ad eam : Approchez-vous
de la sagesse, comme celui qui laboure et
qui sème.
2° Offrir des sacrifices à Dieu. Heb. 10. 1.
Nunquam potest accedentes perfectos facere.
La loi ne peut jamais rendre justes et parfaits
ceux qui s'approchent de Dieu pour lui offrir
des sacrifices.
3* Consulter Dieu. 1. Reg. 14. 16. Accéda-
mus hue ad Deum : Le prclre dit à Saiil : Al-
lons ici consulter Dieu.
A quoi peut se rapporter cette phrase, .4c-
cedere ad servitutem JDei : Enirei' au service
de Dieu, commencer à le servir. Elccli. 2. 1.
Fili, accedens ad servitutem Dei,sta in justi-
tia : Lorsque vouà entrerez au service de
Dieu, demeurez ferme dans la justice.
Autres significations de ce verbe.
1° Arriver, échoir. Eccli. 32. [v. 9. 14. Pro
reverentia accedet tibi bona gratia : La rete-
nue à écouter en silence, vous acquerra
beaucoup de grâce.
2° Enlrer, pénétrer. Ps. 63. 7. Accedet Ho-
mo ad cor altum : L'homme entrera dans le
plus profond de son cœur, croyant s'y cacher,
et se llattant d'y pouvoir trouver des moyens
très-assurés pour accabler l'innocent.
ACCESSUS,us,7r/>o«7«7W7>i. Ce moïse prend,
ou proprement, ou figurémenl. — 1° Appro-
che, accès, dans la signification propre. 2.
Mach. 12. 21. Jj^rat inexpugnabile et accessu
difficile propler locorum angustias : La place
appelée Camion, était imprenable, et l'accès
en paraissait fort difficile, à cause des lieux
57
ACC
A ce
58
très-étroits, par lesqaels il fallait passer
[BvvTpô'rno;, occessu (Ufficiiis).
De' celle signiflcalion propre vient, Acces-
sus ad altare : L'accès à l'aulel , c'est-à-dire
l'entrée dans les fondions du sacerdoce. 2.
Mach. li. 3. Considerans nullo modo sibi esse
salutem , neque arcessum ad altare : Alcime.
considérant qu'il n'y avait plus aucune res-
source pour lui et qu'il ne pourrait plus ar-
river à la grande sacrificature tant que Judas
Machabée jouirait paisiblement de la princi-
pauté, vint trouver le roi Démétrius pour se
faire rétablir (-ûÔTooor).
2" Accès, entrée, prise figuréraent. Rom.
5. 2. Per quem et habemus accessiim per fidem
in gratiam istam : C'esi Jésus-Christ qui nous
a donné aussi entrée par la foi à la grâce
de la justification. Ephes. 2. 18. Per ipsum
habemus accessiim ambo ni uno spiritu ad Pa-
trem : C'est par lui que nous avons accès les
uns et les autres vers le Père, par le même
esprit, c. 3. 12. c'est-à-dire que c'est Jésus-
Christ qui nous a mérité par ses souffrances
notre réconciliation avec Dieu, et la partici-
pation de ses grâces.
ACCELERARE, t«/vvs«v. Ce verbe, qui est
composé de la préposition ad, et de l'adjectif
celer, est quelquefois neutre et quelquefois
actif. Ainsi, il signifie :
1° Se hâter, s'empresser. Ps. 15. 3. Mulli-
plicatœ sunt infirmitates eorum, postea acce-
leraverunt : Les impies ont multiplié leurs
idoles , faibles et incapables de les aider, et
ensuite, se sont empressés pour les adorer.
Isa. 8. 3. Accéléra spolia detrahere :l\âilez-
vous de prendre les dépouilles; c'est le nom
que le Prophète donne à son fils, par l'ordre
de Dieu. Heb. Maher Schadal : ce nom mar-
que visiblement Jésus-Christ, qui a terrassé
le Fort armé, et a distribué ses dépouilles.
Gen. 18. 6. 2. Par. 26. 20. Ps. 30. 3. 1. Mach.
13. 10.
2° Accélérer, diligenter, presser une af-
faire (x'/.TKTTTsvoîev). Eccii. 43. li. Imperio suo
acceleravit nivem : Le Seigneur commande,
et la neige tombe aussitôt. Esth. 2. 9. 2.
Mach. 9. 7.
ACCENDERE , xaîstv. Ce verbe vient d'arf
et de l'ancien cando, candeo ; ainsi , il signi-
fie proprement, rendre blanc, luisant, res-
plendissant, et dans un sens moins propre,
enflammer, parce que la (lammc n'est point
sans lumière; et par métaphore, rendre il-
lustre, célèbre et glorieux.
1° Allumer, produire de la lumière en atta-
chant du feu à quelque matière combustible,
qui est capable de donner de la clarté. Malth.
5. 15. Luc. 8. 16. c. 11. 33. Nemo lucernam
accendit et in abscondito ponil : Il n'y a per-
sonne qui ayant allumé une lampe, la mette
en un lieu caché (aTrrîtv). Voy. Lucerna. 2.
Par. 13. 11. Judith. 13. 16. Job. 41. 10. Ba-
ruch. 6. 18. 1. M.ich. k. 50. c. 12. 28, etc. De
cotte signification viennent ces expressions
figurées :
Accendere irjnem : allumer un feu, soit de
la colcr(; de Dieu. Isa. 50. 11. Ecce vos omnes
accendentes ir/nem : Vous avez tous allumé
un feu qui vous brûle. Ce feu est celui des
persécutions et des afflictions qu'ils s'étaient
attirées par leurs crimes. Num. 11. 1, Ps. 77.
21. Judic.20. 38. Dan. 7. 9. Luc 22. 55.
Soit celui delà charité (ivâ— etv). Luc. 12.
49. Ignem veni miltere in terram, et quid vola
nisi ut accendatur? Je suis venu pour jeter
le feu sur la terre, et que désirai-je , sinon
qu'il s'allume? Ce feu est celui de la charité,
que le Saint-Esprit a répandu dans les cœurs
des fidèles. Les nouveaux interprètes l'ex-
pliquent du feu des persécutions, qui se font
à cause de l'Evangile, qui est exprimé par
l'épée. Mallh. 10. 3i.
Accendere incensum , thura , thymiamn :
Brûler de l'encens , c'est offrir des sacrifices
ou de l'encens, soit au vrai Dieu {^-juti-j). 3.
Reg. 3. 3. Excepta quod in excelsis immolahat
et accendebat thymiama : Salomon aimait Dieu
et observait les ordonnances de David, son
père, hormis qu'il sacrifiait, par le ministère
des prêtres, sur les hauts lieux. Ce qui se to-
lérait néanmoins, parce que le tabernacle
était à Gabaon, un peu trop loin de Jérusa-
lem. Voy. EXCELSA.
Soit aux idoles (eOstv, immolare). Ose. 2.
13. c. 4. 13. Super colles accendebant thymia-
ma : Les Israélites brûlaient de l'encens sur
les collines. Ezech. 6. 13. 1. Mach. 2. 15.
2^ Allumer, enflammer, exciter, animer
(îxxxiîtv). Ps. 77. 38. Non accendit omnem
iram : Dieu n'allumait pas contre les Israé-
lites toute sa colère. Judith. 8. 12. Ps. 78. 5.
1. Mach. 13. 7. 2. Mach. 4. 38. c. 7. 39. c. 10.
35. c. 14. 45.
3' Faire briller, faire éclater, dans le figu-
ré. Isa. 62. 1. Donec Saltator ejus, tit lampas
accendatur : Jusqu'à ce que le Sauveur de
Jérusalem brille comme une lampe allumée.
Le Prophète soupire après l'établissement
de l'Eglise qui est la véritable Jérusalem,
dans laquelle le S.iuveur du monde, qui en
est la lumière, doit éclater par sa puissance
et ses merveilles. Eccli. 32. 20. Justitias
quasi lumen accendent : Les justes font bril-
ler leurs vertus comme un feu et une lu-
mière qui les éclaire dans la droite voie
ACCENSIBILIS, e. Si ce mot était en usa-
ge, il signifierait , (fui peut être allumé ou
enflammé; mais il se met ici pour le parti-
cipe acce7isus, a, um, /r/'/vuc'vo,-. Heb. 12. 18.
Non uccessistis ad tractabilem montem et ac-
censibilem ignem : Vous ne vous êtes pas
maintenant approchés d'une montagne sen-
sible et d'un feu brûlant, i. e. Vous n'avez
point reçu une loi comme les Juifs, parmi
les feux et le bruit des tonnerres.
ACCERSERE, 77ûO!7/'/>.Erv. Ce verbe vient
à'accio, autrefois arcio; d'où se fait a/resic/o,
qui signifie :
i' Appeler, faire venir [utzu-A'Aîi-j). Act. 7.
14. Accersivit Jacob patrem suum ; Joseph
envoya quérir Jacob son père et toute sa fa-
mille, c. 10. 5. c. 11. 13. c. 13. 7. Marc. 15.
44. Gen. 20. 9. c. 41. 8. c. 44. 4. etc.
2 Attirer sur soi. S;ip. 1. 10. Jmpii mani-
bus et verbis accersierunt illam : Les mé-
chanta c-nt appelé la mort à eux, |'ar leurs
(L'uvres et par leurs paroles. Les premiers de
DICTIONiNAiRE DE PHILOLOGIE SACUEF^.
59
ces méchants ont été Adam et Eve, qui sonl
la source el le principe de tous les autres, et
c'est par eux que le pèche est entre dans le
monde, et la mort par le pèche.
vrrÈS Heb. perversus, père d Hira, de la
viltede rhecua.^2. Reg. 23^ 26. 1. Par. 11.
28. c. 27.9.
ACCHO, us, Heb. Compressus, ville dans
la tribu d'Aser, dont les Israélites ne vou-
lurent pas exterminer les hnbitanis. Judic.
I. 31. Aser non delevit habitntores Acclio et
Sidonis : Celte ville a depuis été appelée Pto-
lémaïde.
ACCIDERE , yhtGecr.i, (rvaSv-utu. Ce verbe ,
composé d'ad et de cadere , signifie arriver ,
en parlant des rencontres de toutes les choses
qui se font dans le inonde, soit par hasard ,
soit dans le cours ordinaire de la nature.
Arriver, échoir. Eccli. 5. k. Ne dixeris :
Peccavi et quid mihi accidit triste? Ne dites
point : J'ai péché , et que m'en est-il arrivé
de mal? Dieu suspend longtemps l'arrêt de
sa vengeance, parce qu'il est terrible et ir-
révocable; il est palient, parce qu"il est éter-
nel. Marc. 6. 21. Cum dies apport unus acci-
disset:U arriva un jour favorable au des-
sein d'Hérodiade, pour faire mourir saint
Jean. c. 9. 21. c. 2i. 14. Ad. k. 21. c. 20. 19.
Gen. 24. 67. c. 26. v. 1. 20. etc. Luc. 10.
31. Accidit autem. Gr. xxTà (jvyy.\)piv.'j , casa.
ACCINGERE, Tr^ctÇwwjetv, ÇojvvOc-r.'. Ce verbe
signifie ceindre, mettre autour des reins quel-
que chose qui lie et qui serre ; mais il mar-
que aussi se préparer.
Cette signification vient de la coutume des
Orientaux, qui portaient des habits longs,
et les relevaient autour d'eux avec une cein-
ture, lorqu'ils se disposaient à faire quelque
chose de difficile.
1° Se ceindre. Exod. 12. 11. Renés vestros
accingetis : Vous ceindrez vos reins. Les
Juifs étaient obligés de ceindre leurs» reins
et d'être debout , quand ils mangeaient l'a-
gneau pascal. Levit. 8. 7. c. 16. h. 4. Reg.
1. 8. etc. Ainsi, Ezech. 44. 18. Non accin-
(jentur in sudore : Les prêtres et les lévites
ne se ceindront point d'une manière qui
leur excite la sueur.
De là viennent ces phrases :
Accingere lumbos suos : Ceindre ses reins ;
c'est, 1° se tenir prêt pour aller quelque
part. 4. Reg. 4. 29. c. 9. 1. Jerem. 1. 17 ;
2° prendre courage, et se revêtir de nou-
velles forces. Job. 38. 3. Accinge, sicut tir,
lumbos /uos: Ceignez vos reins comme un
homme, c. 40. 2. Prov. 31. 17. V. Lumbus,
et parce qu'autrefois l'épée se pendait à la
ceinture, on dit:
Accingi, ense , gladio , armis bellicis : Etre
ceint de son épée ou de ses armes, j, e, être
prêt de combattre. 1. Reg. 25. 13, Accinga-
tiir unusqnisque gladio suo : Que chacun
prenne son épée; et accincti stint singuli gla-
diis suis; nccinctusque est et David ense suo :
Tous prirent leurs épées, et David pril aussi
la sienne, pour se venger de l'ingratitude de
Nabal. c. 17. 38. 2. Reg. 20. 8. V. Desu-
PER. c. 31. 16. Judic. 18. 11. 2. Esdr. 4.
GO
18. etc. On dit aussi simplement accingi, être
armé, être préparé à combattre. Gen. 49.
19 : Gad accinctus prœliabitur ante eum et
ipse accingetur retrorsum : Gad combattra
tout armé à la tête d'Israël , et il retournera
ensuite couvert de ses armes. Cela se rap-
porte à la fermeté avec laquelle cette tribu
marcha avec celle de Ruben et de Manassé ,
à la têie de toutes les autres, pour combattre
leurs ennemis, jusqu'à ce qu'ils se fussent
rendus maîtres de la Terre-Sainte, ou bien
à quelques guerres qu'ils ont eues avec
leurs voisins. Num. 32. 17. Isa. 8. 9. Accin-
gitevos : Prenez vos armes. 1. Mach. 3. 58.
Accingimini : Vi'enez vos armes pour mar-
cher contre Antiochus.
2° Vêtir, revêtir, couvrir, environner.
1. Reg. 2, 1. 18. Samuel ministrabat ante fa-
ciem Bomini, puer accinctus Ephod Uneo :
L'enfant Samuel servait devant le Seigneur,
revêtu d'un éphod de lin. 2. Reg. 6. 14. Isa.
50. 11. Accincti flammis : Vous êtes environ-
nés de flammes de la colère de Dieu. Jésus-
Christ menace ici les méchants de les punir,
s'ils ne font pénitence.
Ainsi , Accingi ou accingere se saccis, ou
ciliciisj être revêtu de sacs et de cilices ; ce
qui marque ordinairement un état de deuil
et d'affliction. Isa. 15. 3. In triviis ejus ac-
cincti sunt sacco : Les Moabites ruinés iront
dans les rues revêtus de sacs. 2. Reg. 3. 31.
Accingimini saccts ; Couvrez-vous de sacs,
dit David, pour pleurer Abner. Isa. 32. 11.
Jer. 4. 8. c. 6. 26. c. 49. 3. Thren. 2. 10.
Ezech. 7. 18. c. 27. 31. Joël. 1. v. 8. 13.
V. Saccds.
C'est de cette signification que se foui ces
expressions figurées ;
Accingere exsultatione :'R.einp\'ir de joie. Ps.
64. 13. Esxullatione colles accingentur : Les
collines deviendront riantes par la multi-
tude des biens dont elles seront couvertes au
retour de la captivité ; ce qui a rapport à
cette phrase, Ps. 29. 12 : Circumdedisti m<i
lœlitia : Vous m'avez tout environné de
joie.
Accingere specie et pulchritudine : Revêtir
et orner de beauté el de majesté. Ps. 44. 5.
Specie tua et pulchritudine tua, sup. accin-
gere : Servez-vous de voire beauté el de,
votre majesté. L'éclat de la majesté du Fils
de Dieu, est celte force toute divine que le
prophète exprime par cette épée qu'il le prie
de ceindre sur sa cuisse , i. e. dont il prédit
que sa sainte humanité sera revêlue. Voyez
Gladius.
3" Proléger, munir, fortifier. Isa. 45. 5.
Accinxi te, et non cognovisli me : Je vous ai
rempli de forces, sans que vous me connus-
siez. Dieu parle à Cyrus, qu'il devail rendre
victorieux des rois el des peuples , surtout
des Babyloniens, pour rendre aux Juifs leur
liberté. Ainsi :
Accingere robore, forliludine : Remplir de
force, revêtir de force el de puissance. l.Reg.
2. 4. Infirmi accincti sunl robore : Les fai-
bles ont été remplis de force. 2. Reg. 22.
v.33.40. Accinxisli me forlitudine : Seigneur,
vous m'avez revêtu de force pour combattre,
61
ACC
ACG
62
dit David. Prov. 31. 17. Ainsi, Dieu est re-
vêtu et comme environné de force et de puis-
sance. Ps. 6V. 7. Accinctus potentia. Celte
expression vient de ce que ceux qui ont les
reins ceints semblent plus lestes et plus dis-
posés à agir avec force et vigueur.
4° Lier par-dessous (iJToÇwvvûjtv). Act. 27.
17. Adjutoriis utebantur accingentes na-
vem : Les matelots employèrent toutes sor-
tes de moyens, et lièrent le vaisseau par-des-
sous.
ACCINCTUS, A, UM. 1° Troussé, qui a sa
robe relevée et ceinte, pour être prêt à tout.
Jos. 3. 17. Sacerdotes stabant in medio Jor~
demis accincti : Les prêtres qui portaient
l'arche d'alliance du Seigneur se tenaient
toujours au même état sur la terre sèche ,
au milieu du Jourdain. Habac. 3. 16. Ut as-
cendam ad populum accincium noslrum :
Que je me joigne à notre peuple pour mar-
cher avec lui.
2° Qui est armé, prêt à combattre. 3. Reg.
20. 11. Ne glorietur accinctus œque ut dis-
cinctus : Que celui qui est prêt à combattre
ne se glorifle point, comme s'il avait déjà
remporté la victoire, dit Achab à Benadab.
V. DisciNCTUS. Gen. 49. 19. Num. 32. 17. 2.
Reg. 22. 30.
ACCIPERE, ).a|:xg«v££v. Ce verbe renferme les
signiflcations des verbes hébreux lakach ,
capercy accipere, sumere, assumere , qui se
prend en bonne et en mauvaise part, et de
nasa, qui signifie ferre, sustinere, attollere,
sumere, tollere, auferre. Ainsi , il a un grand
nombre de significations différentes, qui se
peuvent réduire à trois ou quatre chefs :
recevoir, prendre en main, et prendre par
force.
§ 1. — 1° Recevoir, accepter ce qu'on nous
donne , ou qu'on nous met en main , pour
quelque cause que ce soit. Matth. 7. 8. Om-
nis qui petit, accipit : Quiconque demande ,
reçoit ; on ne reçoit pas toujours des hom-
mes ce qu'on leur demande, mais on reçoit
toujours de Dieu ce qu'on lui demande, ou
quelque chose de meilleur, si l'on demande
bien. Jac. h. 3. Petitis et non accipitis eo
quod maie petatis : Vous demandez et vous
ne recevez point, parce que vous demandez
mal. Joan. 16. 24. Matth. 10. 8. c. 19. 29. c.
20. V. 9. 10. 11. c. 25. V. 16. 17. 18. etc. Act.
20. 35.
De là viennent ces phrases :
Accipere munera , Recevoir des présents ,
c'est se laisser corrompre par présents.
Exod. 23. 8. Necuccipies munera quœ excœ-
^ cant prudentes : Vous ne recevrez point de
présents, pnrce qu'ils aveuglent les plus
sages. Les juges qui sont vraiment sages,
considèrent les présents comme des pièges
très-dangereux qu'on leur tend. Deut. 16.
19. c. 27. 25. 1. Reg. 8. 3. Job. 15. 34. Ps.
14. 5. Prov. 17. 23. Ezech. 22. 12. Amos.
5.22.
Accipere mutuum, emprunter, prendre à
intérêt. Prov. 22. 7. Qui accipit mutuum ser-
vus est fœnerantis : ilciui qui emprunte est
assujetti à celui qui prêle. Isa. 24. 2.
2° Recevoir pour donner. Ps. 67. 19. Acce-
pisti dona in hominibus : Vous avez reçu des
présents pour les distribuer aux hommes.
Saint Paul expliquant ce passage, dit, Ephes.
4. 8. Dédit dona hominibus. Selon la pen-
sée de saint Jérôme , le prophète dit que le
Fils de Dieu avait reçu ces présents et ne les
avait pas encore distribués ; mais lorsque
l'Apôtre écrit, il les avait distribués. Ainsi
saint Paul ne dit pas qu'il les avait reçus ,
mais qu'il les a donnés; d'ailleurs, celui
qui doit faire un présent le prend ordi-
nairement en ses mains pour le donner en-
suite ; ainsi :
Accipere alicui uxorem , Prendre une fem-
me pour quelqu'un, c'est la choisir et la lui
faire épouser. Gènes. 21. 21. c. 24. 7. Exod.
34. 16. Deut. 7.3. Judic. 14. v. 2.3.2. Par.
24. 3. etc.
3^ Recevoir, obtenir, acquérir. Apoc.2. 28.
c. 4. 11. c. 5. 12. Dignus est Agnus, gui oc-
cisus est , accipere virtutem et divinitatem :
L'Agneau qui a souffert la mort est digne de
recevoir la puissance, la divinité, Gr. les ri-
chesses, V. DiviNiTAS. Jésus-Christ, comme
homme , a reçu toute la gloire qu'il avait
méritée par ses souffrances. Ps. 108. 8. Act.
1. 20. 2. Petr, 1. 20. etc.
4' Recevoir, admettre, agréer. Gènes. 37.
35. Noluit consolationem accipere : Jacob ne
voulut point recevoir de consolation en
voyant la robe de Joseph teinte de sang. Ose.
14. 3. Accipe bonwn : Recevez nos vœux.
V. BoNUM. Jerem. 5. 3. Renuerat accipere
disciplinam : Les habitants de Jérusalem
n'ont point voulu se soumettre au châtiment,
c. 17. 23. c. 25. 28. c. 32. 33. Prov. 8. 10
Matth. 10. 38. Joan. 13. 20. c. 5. 43. c. 3.
V. 11. 32. etc. d'où vient Dextras accipere .
Recevoir une composition. 1. Mach. 11. 66.
c. 13, 50. V. Dextra. Ainsi , recevoir avec
docilité , apprendre. 1. Cor. 11, 23. Ego ac-
cepi a Domino quod et tradidi vobis : C'est
du Seigneur même que j'ai appris ce que je
vous ai aussi enseigné, c. 15. v. 1.3. Gai. 1. v.
9. 12. Philipp. 4. 9. Coloss. 2. 6. 1. Thess. 2.
13. c. 4. 1. Apoc. 3. 3. etc.
5° Recevoir, prendre en sa garde, en sa
défense. Ps. 48. 16. Deus redimet animam
mcam de manu inferi, cum acceperit me : Dieu
délivrera mon âme de la puissance de l'en-
fer, lorsqu'il m'aura pris en sa défense. Ps.
17. 17. Tob.4. 3.
6° Recevoir, introduire, prendre avec soi
ou chez soi. Joan. 6. 21. Votuerunt accipere
eum in navim : Les apôtres voulurent pren-
dre Jésus dans leur barque, c. 19. 27. Ex
illa hora accepit eam discipulus in sua : De-
puis cette heure-là ce disciple la pril ehoz
lui V. Suus. Saint Jean prit avec lui la sainte
Vierge comme sa mère. c. 14. 3.
7° Endurer, souffrir, supporter {^iyjaOui).
2. Cor. 11. 16. Velut insipientcm accipite me:
Souffrez-moi , dit saint Paul , comme impru-
denl. Matth. 23, 14. Majus judiciuni accipie-
tis : C'est pour cela que vous recevrez une
condan)nation plus rigoureuse. Marc, 12,
40. Luc. 20. 47. 2. Cor. 11. 24. Apoc. 18,4.
2. Parai. 22. 6. etc. d'où vient accipere op-
probrium adversus aliquem : Souffrir les me-
DfCTIONNAlRE DE PHILOLOGIE SACREE.
font contre le prochain. Ps.
Gi
Aisance? qui se ,
14 3 V. Opprobrium. Ainsi :
Dure, moleste, graviter accipere; suppor-
leravecpeine. Gènes. 21. 11. c i8. 17
8- Porter, se charger de quelque chose.
Millh 8 17. Jpse infîrmilates nosiras acce-
vit • Il a pris lui-même nos lan^îueurs , et
ses't chargé de nos maladies. V. .'Egrotatio.
Ceci est pris d'Isaïe. c. 53. 4. Vere lamjuores
nostros ipse tulit : comme les Hébreux se
servent de lakach, accipere, pour nasa, tôl-
ière, et les Septante de Çy,uê«v-r; pour oépuy.
Lcvit. 17. 16. c. 28. 9. et ailleurs ; ainsi ,
accipere se prend quelquefois pour ferre, fo/-
/ere. Saint Pierre citant le passage d'Isaïe, dit,
I. Petr. 2. 24-. Qui peccata nostra ipse pertu-
lit in coTpôre siio : C'est lui qui a porté nos
péchés en son corps. Celui qui a pris sur soi
nos péchés, s'est aussi chargé de nos mala-
dies, qui représentent les péchés, et qui
en sont des effets et des suites. V. Infir-
MITAS.
9" Recouvrer (•/oaiÇîtv, recuperare). Heb.
II. 19. Ewn in paràbolam accepit : Abraham
recouvra son fils Isaac d'entre les morts ,
en figure de la résurrection. V. Parabola.
§2. — 1° Prendre, empoigner, avoir à la
main.Matlh.26.26.i4cce/)i7Jesitspane7?!; Jésus
prit du pain en instituant l'eucharistie, v. 27.
£t nccipiens calicem : Et prenant le calice.
V. 52. Qui acceperint gladium, gladio peri-
bunt : Tous ceux qui prendront l'épée pour
s'en servir périront par l'épée. Cela s'en-
iend de ceux qui la prennent d'eux-mêmes,
sans la permission d'une puissance supé-
rieure et légitime, c. 27. v. 24-. 30. 48. c. 13.
v. 31. 33. c. 25. 3. Eccli. 37. 5. Ps. 115. 3.
Ephes. 6. 13. etc.
2° Prendre, choisir. Ps. 77. 71. De post
fœtnntes accepit eum : Dieu a pris David pour
le faire roi, lorsqu'il suivait les brebis. Ps.
74. 3. Cum accepero tempus, ego justilias ju-
dicabo : Lorsque j'aurai pris mon temps , je
jugerai et rendrai justice. V. Justitia. 2
Mach. 4. 32. Ainsi :
Consilium accipere : Prendre conseil, déli-
bérer. iMatth. 28. 12. Consilio accepta: Après
avoir délibéré. On peut aussi rapporter à
cette signification, Uxorem accipere : Se ma-
rier. Gènes. 4. 19. Accepit duas uxores : La-
ntech eut deux femmes. C'est Lamech qui a
introduit la polygamie contre la première
loi que Dieu donna au premier homme dans
le paradis; elle a néanmoins été depuis per-
mise aux hommes après le déluge , pour ré-
parer le genre humain, et aux Juifs pour
multiplier le peuple de Dieu dont le Messie
devait naître. Mais Jésus-Christ établissant
la loi nouvelle, a rétabli la sainteté du ma-
riage telle qu'elle était dans son origine,
c. G. 2. c. 19. 14. c. 21.21. c. 24. V. 3. 4. 7.
37. 38. 40. etc.
3' Prendre possession, obtenir, posséder.
Luc. 19. 12. Homo quidam nobilis abiit in re-
(jionem lonainqunm accipere sibi reqnum : Un
homme de grande naissance, dit Jésus-Christ,
s'en alla dans un pays fort éloigné pour y
prendre possession d'un royaume, v. 15.
Apoc. 11 17. Gralias aijimus'Ubi, quia acce^
pisti virtutem tuam magnam. Nous vous ren-
dons grâces de ce que vous êtes entre eu
possession de votre grande puissance. Ce
sont les vingt-quatre vieillards qui parlent
au Fils de Dieu.
4" Prendre, saisir, occuper, ce qui s'entend
figurément des passions. Luc. 7. 16. Accepit
omncs timor, pour cepil : Tous ceux qui
étaient présents furent saisis de frayeur. Sap.
11. 13. Duplex illos acceperat tœdium : Ils
trouvèrent un double sujet de peine. Voy.
Capere.
5° Employer, appliquer. Ps.23. 4. Qui non
accepit in vano animam sua>7i : Qui n'a point
appliqué son âme en vain, t. e.qui n'emploie
point sa vie en des choses vaines et inutiles;
mais il semble qu'en cet endroit, prendre
son âme en vain, c'est jurer faussement, soit
par le jurement exécraloire , par son âme;
soit au même sens que l'on dit, prendre en
vain le nom de Dieu en jurant, alors il faut
prendre le pronom réciproque pour le rela-
tif ejus, en le faisant rapporter à Dieu. Voy.
Vanus.
§ 3. — 1° Prendre par force, ôter, ravir. Ps.
30. ik. Accipere animatn meam consiliati sunt.
Mes ennemis ont résolu de m'ôler la vie. 1.
Mach. 1. V. 23. 24. Accepit al tare aureum :
Antiochus prit dans le temple l'autel d'or.
Accepit argentum et aurum : Il prit l'argent
et l'or, et les trésors cachés qu'il trouva.
Ainsi l'on dit : Accipere spolia, en plusieurs
endroits des livres des Machabées. Ezech.
29. 19. c. 46. 18. etc. d'où vient le mol acci-
piter,\iïi épervier. D'autres le font venir du
verbe accipere, prendre, empoigner.
2° Oter, tirer, séparer. Baruch. 2. 17. Non
mortui qui sunt in inferno, quorum spirilus
acceptus est a visceribus suis^ dabunt honorem
et jiistifîcationem Dotmno : Ce ne sont point
les morts qui sont sous la terre, dont l'esprit
a été séparé de leurs entrailles, qui rendront
l'honneur et la gloire à la justice du Sei-
gneur. Sap. 15. 8.
3* Prendre, tirer par adresse, escroquer.
2. Cor. 11. 20. Si quis accipit : Vous souffrez
qu'on prenne votre bien par surprise. Il
semble que cela se doit entendre plutôt de
cette sorte , que de la subsistance qu'ils
recevaient de ceux à qui ils prêchaient.
§ 4. — Autres signilications de ce verbe.
1° Considérer, respecter, honorer, avoir
égard. Deut. 16. 19. Non accipies personam
nec jnunera : Vous n'aurez point d'égard à la
qualité des personnes, et vous ne recevrez
point de présents, c. 1. 17. c. 10. 17. Job.
32. 21. c. 34. 19. Prov. 18. 5. Eccli. 35. 16.
c. 42. 1. Isa. 42. 2. Luc. 20. 21. Gai. 2. G.
Jac. 2. 9. etc. Ce verbe en C2 sens répond au
verbe hébreu nasa, qui signifie, entre autres
choses, élever, honorer. Voy. Persona.
2" Ce verbe accipere, se met avec un nom
par périphrase, pour signifier le verbe qui
répond à ce même nom. 2. Mach. 12. 45.
Considerabat quod hi qui cum pietate dormi-
tionem acceperant (i. e. dormierant) optimam
huberent repositam gratiam : Judas considé-
rait qu'une grande miséricorde était réservée
à ceux qui étaient morts dans la piété. Voy.
65
ÂCC
t^
ACC
ce
DoRMiRE. Ainsi accipere giistum ^powrgustare.
c. 13. 18. Voy. GusTus. Accipere oblivionem,
pour obliiisci. 2. Pelr. 1. 9. Voy. Oblivio.
Accipere recordationem, pour meminisse. 2.
Tim. 1. 5. Re-sponsitm accipere : Avoir une
révélation de la pari de Dieu. Yoy. Respon-
SUM.
ACCEPTABILIS, e, o-y-ô;. Cet adjectif peu
usilé vient du verbe acceptare, fréquentatif
d'accipere, et signiûe, comme acceptus :
1° Agréable, bien reçu. 1. Petr. 2. 5. Et
ipsi tanquam lapides vivi superœdificaniini ^
domus spiritualis , sacerdotium sanclwn , of-
ferre spiriluales hostias acceptabiles Deo per
Jesum Christum : Entrez vous-mêmes dans la
structure de l'éditice, comme étant des pierres
vivantes, pour composer une maison spiri-
tuelle et un ordre de saints prêtres , afin
d'offrir à Dieu des sacrifices spirituels qui
lui soient agréables car Jésus-Christ. Levit.
1. k. c. 22. V. 20. 2L c. 23. 11. Esth. 10. 3.
Isa. 58. 5. Agg. 1. 8.
2" Favorable, salutaire, et digne d'être reça
avec joie (îù-goo-oîxto?, acceptus). 2. Cor. 6. 2,
Ecce nunc tcmpus acceptabile .-Voici mainte-
nant le temps favorable; c'est le temps de
l'avènement de Jésus-Christ, que l'on atten-
dait depuis si longtemps.
3° Particulier,îchéri particulièrement (-sot-
o-j<7io,-, peculiaris). Til. 2. 14. Ut mnndaret
sibi populum acceptabilem : Pour se faire un
peuple particulièrement consacré à son ser-
vice. V^oy. AcQUisiTio.
ACCEPTARE. Ce verbe est fréquentatif
\i\iccipere, et signifie,
Accepter, agréer (giioo/uv). Ps. 50. 21. Tune
acceptabis sacrificium justitiœ : Lorsque les
murs de Jérusalem seront rebâtis, alors vous
agréerez un sacrifice de justice. Ce sacrifice
consiste principalement dans les bonnes
œuvres que l'on offre à Dieu avec un cœur
contrit et humilié.
ACCEPTIO, Nis. Nom verbal d'accipere, et
signifie l'action de recevoir ; mais il signifie
plus souvent dans l'Ecriture :
l'Acception, considération qu'on a pour
quelqu'un plutôt que pour un autre (;ypoj'ij-o—
M^cK, persotiarum acceptio). Rom. 2. 11. Non
est acceplio personarum apud Deum : Dieu ne
fait point acception de personne*, il n'a point
d'égard à la qualité des personnes. 2. Par.
19. 7. Ephes. 6. 9. Colos. 3. 25. Jac. 2. 1. Ec-
cli. 20. 2V. 'Voy. Accipere, § 4.
2" Approbation, témoignage de l'estime
qu'un lait d'une chose («-ocjo/ri). 1. Tim. 4,
9. Fidelis sermo et omni acceplione dignus :
Ce que je vous dis est une vérité cert.iine
et digne d'être reçue avec une entière défé-
rence.
ACCEPfOK, is. Ce nom peu usilé signifie
proprement qui reçoit, qui prend; mais il
marque dans l'Ecriture :
Celui qui considère, qui a égard ; d'où
y'M'nlAcceptor persoîiarum : Gr.îri-.oo-wTroXïiTrTy/» ;
Qui a ég.ird à la qualité des personnes. Act.
10. 34. Jnverilale comperi quianon est perso—
varum acccplor Dcus : En vérité, je vois bieix
que Dieu n'a point d'égard aux diverses con-^
diilons des personnes, dît saint Pierre chez
Corneille.
ACCEPTUM, 1. wltç, sw?, chose reçue ou
recelte ; d'où viennent ces mots réciproques :
Datum et acceptum : La dépense et la recette.
Et'cli. 41. 24. c. 42. 7. Datum vero et accep-
tum omne describe : Ne manquez pas d'écrire
ce que vous aurez donné cl reçu. Philipp. 4.
5. Nulla milii Ecclesia communicavit in ra^
tione dali et accepti, Gr. dalionis et acceptio-
nis, nisi vos soli : Nulle autre Eglise ne m'a
fait part de ses biens, et je n'ai reçu que de
vous seuls rien que je puisse mettre sur mes
comptes. L'Apôtre fait allusion aux comptes
dont les receveurs se chargent dans lesquels
il y a les chapitres de dépense et de recette.
Les autres églises avaient reçu de lui, sans
lui rien donner. Voy. Ratio. De là vient
aussi :
Accepta ferre {loyi;taOcr.i) : Tenir pour reçu,
approuver, imputer comme bon. Rom, 4. 6.
David dicit beatitudinem hominis, cui Deus
accepta fertjustitiam sine operibus : David dit
qu'un homme est heureux à qui Dieu impute
la justice sans les œuvres , c'est-à-dire que
Dieu reçoit et agrée comme juste sans parler
des œuvres. Accepta ferre, c'est, in acceptum
referre : Mettre sur ses comptes comme reçu.
Cette façon de parler vient des jurisconsultes
qui appellent acceptilation une quittance que
le créancier donne à son débiteur pour une
dette dont il n'a pas été payé ; ainsi Dieu
donne la justice sans qu'on l'ait méritée par
les œuvres.
ACCEPTUS, A, LM, Str-ôç, «rooiXTÔ,-.
1° Agréable, bien reçu. Luc. 4. 2*. Ncmo
prophcla acceptus est in patria sua : Nul pro-
phète n'est bien reçu en son pays. Tob. 12.
13. c. 14. 17. Prov. 14. 35. Eccli. 35. 9. Jerem.
0. 20. Act. 10. 35. Rom. 15. v. 16. 31. 2. Cor.
8. 12. Phil. 4, 18. d'où vient celte phrase :
Acceptum esse in oculis , coram aliquo, ou
apud aliquem{i'.fjiGXîL-j,p[acerej : Etre agréable
à quelqu'un , être reçu favorablement. 1.
Reg. 18. 5. Prov. 16. 5.*Sap. 9. 10. 1. Tim. 2.
4. c. 5. 4. d'où vient encore celte phrase ; Ac'
ceptum liabcre : Avoir pour agréable, rece-
voir volontiers. Tob. 12. 5. Rogare cœperunt
ut dignaretur dimidiam partem omnium quœ
attuleranty acceptum habere : Les deux Tobie
supplièrent l'ange de vouloir bien recevoir et
d'avoir pour agréable la moitié de tout co
qu'ils avaient api)orlc.
2' Favorable, qui mérite d'être reçu avec
joie. Luc. 4. 19. 2. Cor. 0. 2. l'empore accepta
exaudivi te : Je vous ai exaucé au temps 1.!-
vorable ; ce temps est celui de la venue de Jé-
sus-Christ. \'oy. ACCEPTABILIS.
3' Agréable, qui donne du pl.iisir et de la
joie (O-ju/io,;,-, o/a'mo gratus). Sap.3. 14. Dabi-
lur illi fidei donum elcctum ci sors in ternplo
Dei acceplissima : Sa fulélité recevra un don
précieux et une très-grande récompense au
Icmple de Dieu : le mot grec est au compara-
tif cl se met pour le superlatif delectabilis"
sinid. (Ici endroit a grand r.ipporl avec ce
que (lit Isaïe. c. 56. v. 4. 5. Dabo eis in domo
inea et in maris mcis locum et namen meiius a
lUiis et filiabus : Je leur donnerai dans uia
67
maison et dans l'enceinte de mes murs une
place avantageuse et un nom qui leur sera
meilleur que des fils el des filles. Le Pro-
phète et le Sage parlent de ces eunuques vo-
lontaires qui se sont fait une sainte violence
pour devenir rois dans le ciel, et non pas de
ceux que la Loi excluait des fondions du sa-
cerdoce dans le temple. Voy. Deut. "23. 1.
ACCIPITER, TRIS, t'-ii'/H. Ce mot vient d'ac-
cipere pour rapere.
Un éprevier ou épervier, oiseau de proie.
Levit. IL 16. Dent. li. 15. Accipitrem juxta
genus suwn : L'épervier et tout ce qui est de
la même espèce. Il n'était pas permis d'en
mane^er dans l'ancienne Loi. Job. 39. v. 13.
26. Numquid per sapientiam tuam plumescit
accipiter expandens alas suas ad austrum?
Est-ce vous qui avez donné à l'épervier le
sentiment qui le porte à chercher les pays
chauds pour changer de plumes? On dit que
cet oiseau change tous les ans de plumes en
étendant ses ailes, selon quelques-uns, vers
le midi avant les jours caniculaires, et qu'il
lui en renaît de nouvelles en la place de
celles qui tombent.
ACCIRE , d'acf et de cieo , voco : Appeler,
faire venir, mander. Esth. 8. 9. Accitis scri-
bis et librariis rcgis, scriptœ sunt epislolœ, lit
Mardochœus voluerat : Le roi ayant fait vc-
.nir SOS secrétaires, il fît écrire des lettres tel-
les que Mardochée les voulut. Judic. 4. 10.
2. Mach. 3. 7.
ACCLAMARE, è-ifo,-jBïv.
1" Applaudir, témoigner sa joie sur quel-
que chose. Àcl. 12.22. Populus acclamabat :
Dei voces et non liominis ; Le peuple de T}r
criait dans ses acclamations à Agrippa; c'est
la voix d'un Dieu et non pas d'un homme;
d'où vient cette phrase : Fausta acclamare :
Marquer son estime par des acclamations de
joie. l.Mach. 5. 6i.
2' Crier haut, s'écrier (ÈTrtSoâv). Act. 23.
24. Omnis multitudo Judœorum interpellavit
me Jerosolymis petentes et acclamantes non
oportere eumvivere amplius : Vous voyez cet
homme contre lequel tout le peuple juif m'est
venu trouver dans Jérusalem (Gr. et ici), me
représentant avec de grandes instances et de
grands cris qu'il n'était pas juste de le lais-
ser vivre plus longtemps. Fcstus parle de S.
Paul à Agrippa. D'oùvient, Acclamare alicui:
Crier contre quelqu'un, c. 22. 24.
ACCOLA, AE, 7r«|ooizo?,d'nrf cl décolère pour
habilarc, et signifie proprement celui qui
habite auprès, qui est voisin de quelque lieu ;
mais il signifie aussi un habitant du pays, un
citoyen.
1" Habitant d'un pays. Levit. 18. 27. Omnes
execrationes istas fecenmt accolœ terrœ, Gr.
homitics terrœ : Tous ceux qui ont habité
celte terre avant vous, ont commis ces infa-
niu's exécrables. Ps. 104. 23. Act. 7. 6. Voy.
LxECnATIU.
2° Kl ranger, habitant venu d'un autre
pays (7r/i05Tfi).-jTo;. «(/i-fna).Isa. 54. 15. Eccc ac-
cola veniet, qui non erat mecum : U vous
viendra des habilnnts qui n'étaient point
avec moi. Cesélrunjjersuiurqueulles Gentils
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE. 68
convertis à la Foi, et le Prophète s'adresse à
l'Eslise.
ACCO-MMODARE. Ce verbe signifie propre-
ment, adapter, ajuster, faire rapporter une
chose avec une autre; mais étant joint avec
les mots, cor, animus, ou anima il signifie :
S'appliquer, appliquer son esprit, se ren-
dre attentif à quelque chose (rtSivat, ponere).
Eccl. 7. 22. Cunctis sermonibus qui dicuntury
ne accommodes cor tinnn : Ne vous rendez
point attentif à toutes les paroles qui se di-
sent; nous ne devons pas nous mettre en
peine de ce que les hommes pensent de nous,
lorsque nous ne leur avons donné aucun lieu
d'être mal satisfaits de notre conduite. Eccli.
6. 33. c. 38. 39.
ACCOS, Heb. Spina. P Le chef de la fa-
mille sacerdotale à qui échut le septièrne
sort. 1. Par. 24. 10.
2° Un homme de la race des prêtres. 1. Esd.
2. 61. 2.Esd. 7.63.
ACCRESCERE, «{;;£70«j. Croître, s'étendre,
se multiplier. Gènes. 49. 22. Filius accrescens
Joseph, filius accrescens et dccorus aspectu :
Joseph croîtra et se multipliera toujours de
plus en plus. Joseph vient du mot hébreu ja-
saph, addere : ainsi Jacob faisant allusion au
nom de Joseph, se sert de ce terme dans la
bénédiction qu'il lui donne, et le répèle deux
fois pour marquer l'accroissement de la po-
stérité de ce fils bien-aimé, dont les deux fils
Ephraïm et Manassé ont fait deux tribus con-
sidérables ; mais surtout celle d'Ephraïm a
été fort nombreuse et illustre par sa dignité
royale.
ACCUR, Heb. Supplantatio. i^Fils d'Eiioe-
nai. 1. Par. 3. 24. — 2° Un lévite qui faisait
la fonction de portier, c. 9, 17. 1. Esd. 2.
42. 2. Esd. 7. 46. c. 8. 7. c. 11. 19. — 3' Un
chef dos Naihinéens. 1. Esd. 2. 45.
ACCURARE , zoi/*«(7eat. 1° Se coucher au-
près. Genos. 19. 33. Itle non sensit, nec
quando accubuit filia, nec quando surrexit :
Loth ne sentit point , ni quand sa fille aînée
se coucha, ni quand elle se leva.
'2" Se coucher , se reposer. 2. Reg. 13. 6.
Accubuit Amnon et quasi œgrotare cœpil :
Amnon se coucha et commença à faire le
malade , pour surprendre Thamar. Gones.
29. 2. Deut. 11. 19. Is. 27. 10. Soph. 2. 14.
De là vient cette phrase métaphorique :
Accubare cum aliquo : Se reposer auprès ,
c'est-à-dire s'accorder bien , être en bonne
intelligence [(j-j-jy.-jv.-a\)zG^7.t , simul quiescere).
Isa. 11. 6. Pardus cum hœdo accubabil : Le
léopard se couchera auprès du chevreau.
L'accomplissement de cette prophétie est ar-
rivé par la conversion des infidèles. Voy.
Pardus.
'6° Vivre dans un grand repos et dans une
grande sécurité. Gènes. 49. 9. Catulus leonis
Jtidn; requiescens accubuisti ut leo : Juda est
un jeune lion; vous vous êtes levé, mon fils,
pour ravir la proie ; en vous reposant vous
vous êtes couché comme un lion. Jacob com-
pare la tribu de Juda à un lion qui , après
s'être jeté sur sa proie , se repose sans rien
craindre en la dévorant : ainsi cette tribgu a
été redoutable et illustre par ses victoires,
69
ACC
ACC
70
surtout au temps de David. Co qui est expri-
mé num. 23. 2i : Ecce popuhis ut leœna con-
surget , et quasi leo erigetur; non accubabit
donec devoret prœdam. c. 24. 9. Accubans
dormivit ut leo. Cela s'explique du temps
où le peuple de Dieu a été le plus puissant
et le plus heureux , comme sous les règnes
de David et de Salomon {■/Mrv.yyivîaOv.i) . Gè-
nes. 49. H. Ezech. 34. 15. Soph. 3. 13.
k" Faire coucher, faire reposer (zojtkÇeiv).
Jerem. 33. 12 : Adhuc erit in loco isto habi-
taculum pastorum accubantium gregem : Il y
aura encore dans la Judée des cabanes de
pasteurs , qui y feront reposer leurs trou-
peaux. Le Grec et l'Hébreu font accubare
actif; ainsi il faudrait dans notre Vuigate,
gregem, ou grèges, comme il semble que l'in-
terprète avait traduit, au lieu de gregum;
mais on lit présentement , pastorum et accu-
bantium gregum.
ACCUBITUS, us. Ce mot, soit qu'il vienne
du verbe accubare , ou d'accumbere, signifie
ou la posture de celui qui est couché au-
près d'un autre , ou la séance à table avec
d'autres.
Séance à table , ou place que l'ou y tient
(«v«z),£a£?). Gant. 1. 11. Dum esset rex in ac-
cubilu sua, nardus mea dédit odorem suum :
Lorsque mon roi était à table , l'odeur des
parfums que j'ai versés sur lui s'est répan-
due. C'était la coutume dans l'Orient de ré-
pandre à table des parfums sur la tête et sur
tout le corps des personnes à qui on voulait
témoigner de l'estime et de la vénération
{Voy. Luc. 7. V. 37. 38. Joan. 12. v. 2. 3).
Luc. 14. 7. Vicebat et ad invitatos parabo-
lam , intendens quomodo primas accubitus
eligerent : Jésus considérant comme les con-
viés choisissaient les premières places , il
leur proposa cette parabole. Tob. 2. 3.
ACCUMBERE , Voy. Regumbere , de ad et
de cubo , ou plutôt de cumbo , qui était au-
trefois usité.
1' Se reposer (-/otp.îÇ£tv). Gènes. 24. 11.
Cum camelos fecisset accumbere : Le ser-
viteur d'Abraham ayant fait reposer ses cha-
meaux.
2* Se mettre à table , manger à la façon
des Orientaux ( -/y.Taxsto-eat y.aTax)iîv£iv ). Ju-
dith. 12. 17. Accumbe injucunditate : Mettez-
vous là, et mangez avec joie, dilHolophcrne
à Judith. Eccli. 9. 12. Amos. 2. 8. Marc. 2.
15. c. 6. 39. Luc. 7. v. 37. 49. Ce qui se dit
dune manière figurée pour marquer le bon-
lirur des bienheureux dans le ciel (àva/XtvsG-
O'ji). Luc. 13. 29. Venient ab Oriente, et
accidente, et aquilone, et austro , et acciim-
hcnt in regno Dei : Il en viendra d'Orient,
d'occident, du septentrion et du midi, qui
seront à table dans le royaume de Dieu.
Celle coutume de se coucher pour manger
n'a pas toujours été en usage chez les Hé-
breux ; ils étaient assis à lible , comme il
paraît. Gènes. 27. 19. c. 37. 25. ce qui est évi-
dent.c. 43.33. Maisensuiteilssuivirent, aussi
bien que les Grecs et les Romains, la coutu-
me des Perses et des autres Orientaux, de
laquelle lEciiture commence à parler dans
les livres do Judith et d'Eslhcr.
ACCURRERE, Tr^oaToéx^tv. 1° Accourir,
venir en hâte à quelqu un ou quelque part.
Marc. 9. 14. Accurrentes salutabant eum :
Tous accouraient pour saluer Jésus-Christ.
Luc. 15. 20. Act. 8. 30. Dan. 13. 19.
2° Surprendre , venir fondre {xo/jm, ve-
lox ). Jerem. 48. IG. Prope est interitus
Moab ut veniat , et malum ejics velociter ac-
curret nimis : La destruction de Moab est
proche , et sa ruine va venir très-prompte-
ment.
ACCUS, Heb. Spina , nom d'homme, père
d'Urie. 2. Esd. 3. 3. Voy. Haccus.
ACCUSARE, ■xr/.znyopsïv , èy/.ylsïv. Ce verbe
vient de causa, causare, et de la préposition
ad, comme qui dirait : Vocare aliquem in eau-
sam , in jus : Appeler quelqu'un en justice,
ou le déférer au juge.
1° Accuser, appeler en justice , intenter
une action criminelle contre quelqu'un.
Act. 19. 38. Conventus forenses aguntur et
proconsules sunt , accusent invicem : On tient
l'audience , et il y a des proconsuls ; qu'ils
s'appellent en justice, c. 22. 30. c. 23. 29.
c. 24. 2. etc. Malt. 12. 10. c. 27. 12. Marc.
3. 2. etc. D'où vient : Accusare adversus ali-
quem .-Accuser quelqu'un. Rom. 8. 33. Quis
accusabit adversus electos Dei ? Qui ac-
cusera les élus de Dieu? c'est Dieu même
qui les justifie.
2' Accuser, reprocher. Rom. 2. 15. Tes-
timonium reddente illis conscientia ipso-
rum, et inter se invicem cogitationibus accu-
santibus, aut eliam defendentibus : La con-
science des Gentils Issur rend témoignage, par
la diversité des réflexions et des pensées
qui les accusent ou qui les défendent;
que ce qui est écrit dans la Loi est écrit
dans leur cœur : les reproches de la con-
science sont des accusations de la loi natu-
relle. Act 28.19.
ACCUSATIO , Nis, xrxThyopiK. 1° Accusa-
tion, délation en justice pour quelque crime.
1. Tim. 5. 19. Adversus presbyterum accusa-
tionem noli recipere. Ne recevez point d'ac-
cusation contre un prêtre, que sur la déposi-
tion de deux ou trois témoins. Joan. 18. 29.
l.Esdr. 4. V. 6.7. 18.
2° Blâme , reproche. Tit. 1. G. flabens fi-^
lios fidèles , non in accusatione luxuriœ aut
non subditos : Choisissez pour ministres de
l'Eglise celui dont les enfants seront fidèles,
non .iccusés de débauche ni désobéissants.
Ainsi, Eccfi. 41. 7. Non est in inferno accu-
satio vitœ : Gr. é'hypLoç , Incusatio , repre-
hensin : On ne compte point les années de
la vie parmi les morts , et personne ne se
plaint d'avoir pou ou longtemps vécu, mais
d'avoir mal vécu : c'est ce qu'on a sujet de
blâmer, et non point la brièveté ni la lon-
gueur de la vio.
ACCUSATOR, is , x^x^yopo? — 1" Accu-
sateur, qui poursuit quelqu'un en justice
pour quelque crime. Act. 35. \G.Non est Ro-
manis consuetudo damnarc aliquem homincm
priusquam is qui accusatur prœsentes habeat
accnsatorcs, locumque defcnùendi nccipiat ad
ublucnda crimina : Ce n'est point la coutume
des Romains de condamner un homme avant
?l
DICTIONNAIRE DE
Mue l'accusé ail ses accusateurs présents de-
vant lui, et qu'on lui ait donne la liberté de
se justifier du crime dont on l'accuse, c. 2J.
V. 30. 33. c. 24. 8. 2. Mach. 4. 5. Ainsi le
diable est appelé Accusaleur. Apoc. 12. 10.
Projeclus est accusator fratrum nostrorum,
nui accusahat illos unie conspectum Dei no-
siri die ac nocle : L'accusateur de nos frères,
(|ui les accusait jour et nuit devant notre
Dieu, a été précipité du ciel : le diable accuse
auprès de Dieu les fidèles , et les charge de
faux crimes, comme il a calomnié le saint
homme Job; aussi est-il appelé diable, c'est-
à-dire calomniateur.
2° Accusateur , qui déclare et confesse
quelque chose. Prov. 18. 17. Justus prior
est accusator sut : Le juste s'accuse lui-
même le premier, c'esl-à-dire déclare et
confesse ses fautes.
AGEDIAUI , àz»iSt«v. Ce mot est formé du
Grec y.ôooç, cura, d'bù vient acef/w, paresse;
ày.noii'j, être dans la nonchalance et dans
l'abattement , dont le chagrin et la tristesse
sont inséparables. Ainsi , acediari signifie
s'ennuyer, être chagrin. Eccli. 22. 16. Dé-
ficelé ab illo (stulto) et invenies requiem , et
non acediaberis in stultilia illius : Détour-
nez-vous de l'insensé, et vous trouverez du
repos, et sa folie ne vous accablera pas de
chagrin, c. 6. 26. Ne acedieris vinculis ejus :
Ne vousennuyez point des liens de la sagesse
(TTpoGO'/Jii^cti), moleste ferre).
ACliLDAMA. Voy. Haceldama.
ACERBUS , A , UM , «wpo,-. Cet adjectif
vient, selon quelques-uns, du nom grec ùy.lç,
acies , acumen; parce que ce qui est aigre
au goût pique la langue ; selon d'autres, du
latin acer ; mais il signifie :
1° Apre au goût, vert, aigre, amer (o/xya?,
uvaimmatura). Jerem. 31. v. 29. SO.Èzech.
18. 2. Patres comederunt uvam acerbam .-Les
pères ont mangé des raisins verts. Voy. Uva.
Sap. 4. 5. Fructus acerbi ad manducandum :
Les fruits des méchants seront des fruits
âpres au goût. Voy. Fructus. 3°.
2' Affligeant, fâcheux, sensible. Sap. 14.
15. Accrbo luctu dolens pater, cito sibi rapti
fdii fccit imaijinem : Un père, affligé de la
ir.orl de son fils, fil faire l'image de celui qui
lui avait été ravi sitôt : c'est là le commen-
cement de l'idolâtrie.
ACERVATIM , Gr. (7wpv,3àv. Voy. Acer-
vus. Par monceaux, pêle-mêle. Sap. 18. 23.
Cumjam acervalim cecidissent super alteru-
irum morlui interstitit :hovsi\\x"\\ y avait déjà
des monceaux de morts qui étaient tombés
les uns sur les autres, Aaron se mit entre
deux pour apaiser la colère de Dieu.
ACERVARE. (juvâyetv. Entasser, amasser.
Eccli. 14. 4. Qui acervat ex animo suo injuste
(Gr. Ex anima sua; en se l'ôianl à lui-même,
et se plaignant sa propre vie), uliis conyre-
(jat et in bonis illius alius luxuriubitur : Ce-
lui qui amasse injusiemcnt des richesses, les
amasse pour d'autres; et il en viendra un
qui prodiguera tout son bien.
ACERVUS, 1. aojoô;, du verbe grec ùyeif>eiv,
colli(jere.
i" Tas, monceau, amas. Jub. 5. 26. Ingre^
PHILOLOGIE SACREE. 78
dieris in nbundanlia scpulchrum, siciit infer-
tur acervus tritici in tempore suo : Vous en-
trerez dans le tombeau en un âge mûr et
fort avancé, comme au temps que le blé est
mûr ; on en porte des las dans le grenier.
Voy. Abundantia. Exod. 22. 6. Ruth. 3. 7.
4. Reg. 10. 8. 2. Par. 31. v. 6. 7. 8. 9. 2. Esd.
4. 2. Numquid œdificare poterunt lapides de
acervis pulveris qui combusti sunt ? Les Juifs
bâtironl-ils avec des pierres que le feu a ré-
duites en un grand monceau de poudre ?;^<i-
pt«. Job. 8. 17. c. 24. 11. Prov. 26. 8. Cant.
7. 2. Voy. Triticum. Eccli. 20. 30. Agg. 2. 17.
De ce mol se foni ces expressions figurées :
Essesicut acervum /aptrftwn.-Etrecomme uu
tas de pierres, c'esl-à-dire être toulà fait ruiné.
Isa. 17. i.EcceDamascus desinet esse civitas,
et erit sicut acervus lapidum in ruina : Damas
va cesser d'être ville, et elle deviendra comme
un monceau de pierres d'une maison ruinée.
Jerem. 26. 18. Jérusalem in acervum lapidum
erit : Jérusalem sera réduite en un monceau
de pierres. Mich. 1. 6. c. 3. 12. (û7rwpoyu>«xtov,
tugurium ad fructus custodientes erectum).
Ainsi :
Dare in acervos arenœ : Réduire à n'être
plus qu'un amas de sable; c'est ruiner en-
tièrement. Jerem. 9. 11. Èabo Jérusalem in
acervos arenœ : Je ferai de Jérusalem un amas
de sable {nezouia., deportatio).
Redigere lapides in acervos : Faire des
monceaux de pierres pour rendre les che-
mins plus libres, en faciliter le passage. Je-
rem. 50. 26. Tollite de via lapides et redigile
in acervos : Otez les pierres des chemins, et
mettez-les en monceaux ; le Prophète mar-
que par ces expressions la venue des enne-
mis qui devaient ruiner Babylone.
Esse ut acervos salis : Etre comme des
monceaux de sel ; c'est une expression qui
marque la stérilité et la désolation d'un pays
(6/3^wvta). Soph. 2. 9. Moab ut Sodoma erit,
siccitas spinarum et acervi salis. Moab de-
viendra comme SoJome, sa terre ne sera plus
qu'un amas d'épines sèches, que des mon-
ceaux de sel. Voy. Sal. Mais ces mots, acer-
vus lapidum, tas de pierres s'expliquent di-
versement, selon l'usage qu'on en faisait.
1° Pour servir de monument, comme ce tas
de pierres, que Jacob et Laban avaient dressé
pour être un monument de leur traité, qui
est appelé Acervus testimonii (poyvôf) ; en Hé-
breu Galaad. Gen. 31. 47. Quem vocavit La-
ban, tumulum testîs, et Jacob acervum testi-
monii : Laban appela ce monceau de pierres,
le monceau du témoin ; et Jacob, le tnonceau
du témoignage. Voy. Testîs.
2° Pour servir d'une marque d'infamie, et
comme un supplice honteux dont on punis-
sait quelques coupables après leur mort ,
comme Achan. Jos. 7. 26. comme le roi de
Haï, c. 8. 29. comme Absalon, 2. Reg. 18. 17.
Comportaverunt super eum acervum lapidum:
On éleva sur lui un grand monceau de pier-
res. Jos. 8. 28. lumulus.
3" Pour reconnaître les chemins, tels qu'é-
talent les tas de pierres que les Juifs dressè-
rent quand ils allèrent en captivité, comme
claul assurés qu'ils en rcvieudr«|ienl. Jerem.
75 ACE
31. 21. Porte tibi amaritiidines (Heb. Pijra-
midas seu acervos (apidum) : Dressez -vous des
monceaux de pierres en pyramides pour
marqu<>r les chemins par où vous devez re-
venir de Babylone ( Tt,ixw^î«, liictus). Voy,
.\MiRITUBO.
4" Pour neltoyer un champ où il y a beau-
coup de pierres que les laboureurs ont soin
do meltre en monceaux pour le rendre plus
propre à élre labouré f/e/wvyj, testudo). Ose.
12. 11. Ail afin eorum quasi acervi super sul-
cos ugri : Leurs autels ne sont plus aujour-
d'hui que des monceaux de pierres, comme
ceux que l'on trouve dans les champs, c'est-
à-dire les autels que les habitants de Galaad
avaient élevés sont maintenant renversés.
Acervus novaruiu frugum (f/îréw^oo,) : Un tas
de b'é qui vient d'être coupé. Ezoch. 3. 15.
Veni ad (ransmigrationem, ad acervum nova-
rum frugum : Je vins au lieu où étaient les
captifs, près d'un tas de blé qui venait d'être
coupé; ce qui marque le temps de leur dé-
part; mais d'autres prennent ces mots pour
un nom de lieu; Heb. Thel-abib; ce qui est
rendu par ce qu'ils signifient, savoir, acer-
vus novarum frur/um.
ACETABULUM, 1, ô|Ogayov , espèce de
mesure, qui prend son nom du vinaigre ace-
tum^ oço,-, parce que ce mot signifiait d'abord
le vase où Ion mettait du vinaigre; mais il
signifie dans l'Ecriture,
1" Plat ou écuelie (x/ivêXiov), telle qu'étaient
celles ou l'on mettait les pains exposés, ou
la farine qui servait aux sacrifices, ou celles
où l'on recevait les gâteaux offerts en sacri-
Oce, que l'on f.iisait faire ou cuire dans le
four. Exod. 25. 29. Parabis et acetabula, c. 37.
16. Et vasa ad diversos usus mensœ, aceta-
bula, phialas, in quibus off'erenda sunt liba-
wtna.-Pour les différents usages de cette table,
Beseléel fit des petits vases d'un or très-pur,
des coupes, des encensoirs et des tasses,
pour y mettre les oblations de liqueur qu'on
offrait à Dieu.
2° Grand vase d'argent en forme de plat
(t/3u6)iîov) , qui pesait cent trente sicles. Cha-
que chef de famille du peuple d'Israël en of-
frit un pour être employé aux oblations qui
se faisaient dans le Tabernacle. Nura. 7. 13.
Fuerunt in ea, acetabulum argenteum pondo
ceniu7n triginta siclorum : Son présent fut un
plat d'argent du poids de cent trente sicles :
ce qui est souvent répété dans ce même cha-
pitre. V. 25. 31. etc.
ACETUM, 1 , o;o,-, du verbe aceo ou. acesco,
devenir aigre et signifie:
1"" Du vinaigre, vin qui s'est aigri, ou
qu'on a fait aigrir exprès ( ou-fv-z , uva
acerba). Prov. 10. 26. Sicut acelum dentibus
et fumus oculis, sic piger his qui rniserunt
eum : Ce qu'est le vinaigre aux dents et la
fumée aux yeux; tel est le paresseux à l'é-
gard de ceux qui l'ont envoyé, c. 25. 20.
Num.6.3. Ainsi,Huih.2.14. intuigebuccellam
tuum in aceto : Trempez votre morceau dans le
vinaigre; les gens de travail chez les anciens
se servaient de vinaigre ou pur ou mêlé
avec de l'eau, pour se rafraîchir dans les
grandes chaleurs ou dans les travaux rudes
DlCTlOMN. DE PhILOL. SaCRÉB. I.
ACH 74
et pénibles, tels que sont ceux de la mois-
son.
2° Traverses, afflictions. Ps. 68. 22. Insid
mea potaverunt me aceto : Mes ennemis m'ont
présenté du vinaigre à boire. C'est une façon
de parler, familière aux prophètes, de mar-
quer des afflictions par des aliments et des
breuvages amers, tels que l'absinthe et le
fiel. Jer. 8. 14. {Deiis) potum dédit nobis
aquam fellis : Dieu nous a donné à boire de
l'eau de fiel. c. 9. 15. c. 28. 13. Thr. 3. 15.
Ce qui ne se peut dire de David, selon le
sens propre de la lettre : car en ne voit point
que ses ennemis lui aient présenté du vinai-
gre à boire et du fiel à manger; mais cela
s'est accompli à la lettre dans la personne
de Jésus-Christ. Matth. 27. 48. Marc. 15. 38.
Luc. 23. 36. Joan. 19. 30. Cum ergo accepis-
set Jésus acetiim : Jésus ayant pris le vinai-
gre.
ACHAB, Heb. fraler patris. Ce prince, qui
a été le septième roi dTsraëL fut fils et suc-
cesseur d'Amri : il surpassa ses prédéces-
seurs en impiété et en superstition. Il fut le
premier qui dressa des autels à Baal, par la
persuasion de Jésabel, sa femme, qui Te por-
tait à des excès épouvantables. Ce fut à sa
sollicitation qu'on employa une calomnie
horrible pour faire condamner à être lapidé
l'innocent Nabolh, parce qu'il ne voulut pas
lui vendre Ihéritage qu'il avait reçu de ses
pères. Quoiqu'il fût si méchant. Dieu ne
laissa pas de le favoriser d'un secours et
d'une protection extraordinaire en plusieurs
rencontres contre le roi de Syrie; parce qu'il
s'était humilié et avait imploré son assi-
stance; mais enfin Dieu voulant le punir de
ses impiétés, il permit qu'il entreprît une
guerre contre le même peuple, où ayant été
blessé d'un coup de flèche tirée à tout hasard,
il expira dans son char, et fut porté à Je-
zraël, où les chiens léchèrent son sang qui
coulait de son chariot, comme l'avaient pré-
dit Eiie et Michée. 11 régna à Samarie l'an
du monde 3806, et son règne dura vingt-deux
ans, étant mort l'an 3107. v. 3. Reg. 16. v. 28.
29. et suivants, et c. 22. v. 37. 38.
2° Un faux prophète que le roi de Baby-
lone fit brûler avec Sédécias, son compa-
gnon. Jerem. 29. v. 21. 22. Quos frixit rex
Babylonis in igné : Que le Seigneur vous
traite comme il traita Sédécias et Achab,
que le roi de Babylone fit brûler dans la
poêle ardente. Heb. fit brûler à petit feu.
Voy. Friqere.
ACHAD , Heb. Amphora, grand vase à
deux anses. Ville de la Mésopotamie, où ré-
gna Nemrod. Gènes. 10. 10. Fuit principiuin
regni ejus Babylon, et Arach et Aciutd : La
ville capitale de sou royaume fut Baby-
lone, Arach et Achad : on croit que c'est la
ville célèbre de Nisibc.
ACHAIA, JE, Gr. Douleur ou tristesse.
1" Achaïe, province de, la Grèce, dont la ca-
pitale était Corinlhe. 1. Cor. 16, 15. Sunt
primitiœ Acliaiœ ; Sti'phanas. Forlunal et
Achaique sont les prémices de l'Achaie,
c'est-à-dire les premiers convertis. Voy.Pai-
a
t5
MiTi^. Ad. 18. 27 c. 19. 21. 2. Cor. 1. 1. c.
11 10. 1. Thess. 1. T. 7. 8.
2° Les habitants de l'Achaïe. Rom. 15. 26.
Probaverunt Macedonia et Achaia collatio-
nem aliquamfaccre in pauperesSanclorum qui
sunt in Jérusalem : Les Eglises de Macédoine
et d'Achaïe ont résolu avec beaucoup d'af-
fection de faire quelque part de leurs biens
à ceux d'entre les saints de Jérusalem qui
sont pauvres. 2. Cor. 9. 2.
3° Toute la Grèce marquée par sa princi-
pale partie. Act. 18. 12. Gallione proconsule
Achaiœ : Gallion étant proconsul d'Achaïe;
c'était une province consulaire, qui compre-
nait toute la Grèce. Les Romains l'appe-
laient du nom d'Achaïe, parce que c'était
par le moyen des Achéens qu'ils avaient ré-
duit sous leur obéissance la Grèce tout
entière {Pausan.) ; mais Homère et les autres
poètes marquent souvent les Grecs par le
mot à' Achéens : c'est ainsi que quelques-uns
prennent ces autres passages. 1. Cor. 16. 15.
2. Cor. 9. 2. 1. Thess. 1. v. 7. 8.
ACHAICUS , 1. «x°^tM;, homme d'Achaïe.
— AcHAïQUE , nom d'homme , disciple de
saint Paul, que cet apôtre recommande très-
particulièrement aux Corinthiens. 1. Cor.
16. V. 15. 17. Gaudeo in prœsentia Stephanœ,
Forîunati et Achaici : Je me réjouis de l'ar-
rivée de Stephanas, de Fortunat et d'A-
chaïque.
ACHAN, Heb. Conturbans. Achan, flis de
Charmi, de la tribu de Juda, qui fut lapidé
pour avoir pris un manteau d'écarlate et un
lingot d'or, des dépouilles de la ville dq Jé-
richo, contre la défense que Dieu en avait
faite. Jos. 7. v. 1. 17. c. 22. 20. Nonne Achan
filius Zare prœteriit mandatum Domini ?
N'est-ce pas ainsi qu' Achan, fils de Zaré,
viola le commandement du Seigneur? Il est
appelé fils de Zaré, parce que Zaré était le
chef de cette famille; il est aussi nommé
Achar. 1. Par. 2. 7. Achar qui turbavit Israël y
et peccavit in furto anathematis : Achar
troubla Israël, et pécha par un larcin de l'a-
nathème. Voy. Anathema.
ACIÎAR. Voy. Achan.
ACHARIS, ax«pt?, illepidusj nom grec,
qui signifie ingrat ou désagréable. C'est en
ce dernier sens qu'il se prend pour un homme
dont l'entretien est sans agrément, fade et
insipide. Eccli. 20. 21. Homo acharis quasi
fabula vana : L'homme sans grâce est comme
un méchant conte qui est toujours en la bou-
che des gens imprudents.
' ACHATES, JEy K^ôirn;, agate, pierre pré-
cieuse de diverses couleurs, qui tire son
nom du fleuve Achate en Sicile, où l'on com-
mença d'en découvrir, dit Pline, 1. 37. c. 10.
Dieu commanda à Moïse d'en mettre une au
troisième rang du Ralional, dans laquelle on
avait fait graver le nom d'Aser, huitième fils
deJacob.dansl'ordre des tribus. Exod.28. 19.
c. 39. 12. In tertio Ligurius, Achateset Ame-
thystus : Cette pierre précieuse est rouge on
dedans comme du sang , et transparente
romme du cristal : on ;dit qu'elle dissipe les
vapeurs que cause la mélancolie, et qu'elle
touipère les ardeurs de la fièvre.
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
n
ACHAZ, Heb. Possessio, fils et successeur
de Joathan, fut l'onzième roi do Juda : il se
signala par ses impiétés, ayant imité en tout
les idolâtries de Jéroboam et d'Achab ; il fit
fermer le temple de Dieu, et en fit bâtir d'au-
tres en l'honneur de diverses divinités, aux-
quelles il sacrifia, et leur consacra son fils,
en le faisant passer par le feu, selon la cou-
tume des nations idolâtres. Etant à Damas,
il vit un autel dans un temple, dont il fit
prendre la mesure et en envoya le modèle
au pontife Urie pour en bâtir un semblable.
Dieu l'abandonna dans les guerres qu'il eut
contre ses ennemis, et ne put s'échapper
de leurs mains, qu'en leur donnant tout l'or
et l'argent qu'il trouva dans le temple. Il
mourut âgé de trente-six ans, en ayant régné
seize. Il commença à régner l'an du monde
3263. Il a eu Ëzéchias, son fils, à l'âge de
douze ans, car il a commencé de régner à
l'âge de vingt ans, et a régné seize ans. 4.
Reg. 16. 2. Ëzéchias avait vingt-cinq ans
quand il a succédé à son père. c. 18. 2. Achaz
n'avait donc qu'onze ans quand il l'a eu; ce
qui n'est pas sans exemple, dit saint Jérôme.
Voy. HiERON. Ep. ad Vitalem; mais d'autres
croient qu'il faut entendre de Joatham, et
non pas d'Achaz, cet endroit du quatrième
des Rois. 16. 2. Viginti annorum erat Achaz
ciim regnare cœpisset sciL Joathan. Achaz
avait vingt ans lorsque Joathan commença à
régner.
ACHAZIB,Heb.i)ifendactMm, nom d'une ville
danslatribu d'Aser, d'où ceux de cette tribu ne
chassèrent point lesChananéens. Judic. 1. 31,
Aser non delevit habitatores Accho et Sidonis
et Achazib. Elle est aussi appelée ^c/izi6a.
ACHIAS, JE, ou ACHIA, Heb. Frater Do-
mini, Frère du Seigneur. 1° Un grand prê-
tre, fils d'Achitob, petit-fils d'Héli. 1 Reg. 14.
Y. 3. 8.
2° Un fils de Jéraméel, et petit-fils d'Es-
ron. 1. Par. 2. 25.
3° Un descendant de Benjamin. 1. Par.
8.7.
4° Un lévite. 1. Par. 26. 20.
ACHIM, Heb. Prœparabo, fils de Sadoc et
père d'Eliud. Matth. 1. 14.
ACHIMAAS, Heb. Frater consiliarms. —
1° Fils du grand prêtre Sadoc. 2. Reg. 15.
27. Dixit rex ad Sadoc sacerdotem, revertere
in pace et Achimaas, filius tuus : Le roi dit
encore au grand prêtre Sadoc : Retournez à
Jérusalem avec Achimaas, votre fils. v. 36. Il
avertit David de la part de Chusaï, du conseil
qu'Achitophel donnait à Absalon. 2. Reg. 17.
V. 17. 20. etc. — 2° Le beau-père de Saul. 1.
Reg. 14. 50. Voy. Achinoam. — 3» Le gen-
dre de Salômon. 3. Reg. 4. 15. Achimaas in
Nepthali : Achimaas était intendant de la
maison de Salomon en Nephthali.
ACHIMAN, Heb. Frater prœparatus. Achi-
man, fils d'Enac, c'est-à-dire de ses descen-
dants, de la race des géants en Hébron. Num.
13. 23. il est appelé Ahiman. Jos. 15. 14.
ACHIMELECH,Hcb. Frater meus rex. l-Un
Hétéen, qui était officier de David. 1. Reg.
26. 6. Alt David ad Achimelech Ilelhœum et
Àbiaai (ilium Sarviœ. — 2° Le grand prêtro
n
ACH
AGI
78
qai donna à manger à Da?id et à ses gens
les pains de proposition, c'est-à-dire les
pains exposés devant l'Arche. 1. Reg. 21. 1.
Venit David in Nobe ad,Achimelech. Ps. 51. 1.
Venit David in domum Achimelech : 11 est ap-
pelé Abiathar. 2. Reg. 8. 17. Marc. 2. 26. et
Achias 1. Reg. 14. 3. — 3» Le fils de ce
même grand prêtre. 2. Reg. 8. 17. que l'on
appelait aussi Abiathar.
ACHIMOTH, Frater mortis, fils d'Elcana.
l.Par. 6. 25.
ACHINOAM, Heb. Fratris pulchritudo. —
1° Femme de Saiil. 1. Reg. 14. 50. — 2" Femme
de David, de Jezrael. 1. Reg. 25. 43. c. 27.
3. etc.
ACHIOR. Fratris lumen. — 1° Un capitaine
ou chef des Ammonites, qui fut rejeté par
Holopherno, parce qu'il lui avait parlé en
faveur des Israélites. Judith. 5, v. 5. 26. 28.
Achinr, dux omnium filiorum Ammon. c. 6.
v. 17. 9. etc. — 2" Un parent de Tobie. Tob.
11. 20. Veneriintque Achior et Nabath conso-
brini Tobiœ. On croit que c'est cet Achiacarus
que le Grec dit avoir été son neveu, fort
chéri d'Assarhadon.
ACHIRAM, Heb. Fratris celsitudo, fils de
Benjamin. Num. 26. 38. A otio familia Achi-
ramitarum : Achiram, chef Ue la famille des
Achiramites. Voy. Ahiran.
AGHIS, Heb. sic est, roi de Geth, qui reçut
David dans ses Etats , lorsqu'il fuyait Saiil ,
et lui donna la ville de Siceleg pour lui ser-
vir de retraite. 1. Reg. 21. v. 10. 11. 12. etc.
Il est appelé fils de Maoch. c. 27. 2. C'est
peut-être le même qui est appelé fils de
Maacha. 3. Reg. 2. 39. Voy. Semei.
ACHISAMECH, Heb. frater firmitatis, père
d'Ooliab, de la tribu de Dan. Exod. 31. 6. c.
35. 34. c. 38. 23. Voy. Ooliab.
ACHITOB, frater oonitatis. — 1° Le père
du grand prêtre Achimelech ou Achias, que
Doëg tua par l'ordre de Saiil. 1. Reg. 14. 3.
c. 22. V. 9. 11. 12. 20. — 2» Le père de Sadoc,
grand prêtre. 2. Reg. 8. 17. 1. Par. 6. v. 7.
8. 11. 12. 1. Esd. 7. 2. — 3" Un autre grand
prêtre. 1. Par. 9. 11. 2. Esd. 11. 11. père de
Merajolh. — 4° Un des ancêtres de Judith ,
fils de Melchias. Judith. 8. 1.
ACHITOPHEL, frater ruinœ, conseiller de
David , qui ayant conspiré avec Absalom con-
tre David, se pendit lui-même , parce qu'on
n'avait point suivi son conseil. 2. Reg. 15. v.
12. 31. 34. c. 16. v. 15. 20. 23. c. 17. v. 1. 6.
etc. 1. Par. ^7. v. 33. 34. C'est apparemment
le même qui est appelé père d'Eliam. 2. Reg.
23. 34.
ACHOBOR , Heb. comprimens puteum. —
1° Le père de Balanan , roi d'Edom. Gcn.
36, 38. 1. Par. 1. 49. — 2° Un des premiers
officiers de Josias, fils de Micha, et pèro d'Kl-
nathan. 4. Reg. 22. v. 12. 14. Jerom. 26. 22.
c. 36. 12. Il est nommé Abdon. 2. Par. 34.
20. Voy. Micha.
ACHOR,Heb. turbatio. Une vallée , ainsi
nommée , à cause du trouble que causa le
vol d'Achan, qui signifie trouble. Jos. 7. v.
24. 26. Vocalumque est nomenloci illius, Val-
lis Achor us(fue hodie. On a nommé jusqu'à
ccjour ce lieu-là, /a Vallée d' Achor. c. 15. 7.
Is. 65. 10. La possession de cette vallée fut
aux Israélites un commencement de bonne
espérance, de jouir du pays de Chanaan. Os.
2. 15. Dabo et Vallem Achor ad aperiendam
spem.
ACHSA, JE , Heb. adornata, fille de Caleb,
donnée en mariage à Olhoniel. 1. Par. 2. 49.
Elle est appelée Axa. Jos. 15. 16. Jud. 1. 12.
Voy. Axa.
ACHSAPH, veneficus, ville de la tribu d'A-
ser, laquelle a été depuis appelée Ftolémaï-
de, et présentement Acre. Jos. 11. 1. c. 12
20. Voy. AxAPH. c. 19. 25.
ACHZIB, Heb. mendax , ville dans la tribu
de Juda. Jos. 15. 44. et Ceïla et Achzib.
ACHZIBA, Heb. mendacium , ville dans la
tribu d'Aser. Jos. 19. 29. de laquelle les Ca-
nanéens ne furent point chassés. Judic. 1.
31. où elle est appelée Achazib. Voy. Men-
DACIUM.
ACIDE. Cet adverbe, qui signifie avec en-
nui , avec dégoût, vient du nom grec acedia,
négligence, découragement, et répond à l'ad-
verbe grec àx/i^w?, acide. Eccli. 4. 9. Libéra
eum qui injuriam patitur de manu superbi et
non acide feras in anima tua ; Gr. /*« àliyo^pv-
xndtiç ; ne pusillo animo sis: Délivrez celui
qui souffre l'injustice de la main de celui qui
la lui fait, et ne vous découragez point, ^wïr.
Ne soyez point paresseux, lorsque vous au-
rez à rendre justice.
ACIES, El. «f/ovr, Kixuri. Ce mot vient du
Grec «y.iç, pointe, aiguillon, et signifie trois
choses : 1° La pointe , ou le tranchant d'une
épée, ou d'autre chose; 2° Une armée rangée
en bataille ; 3' La vivacité de l'œil ou de l'es-
prit; parce qu'en ces choses il y a quelque
sorte de pointe. Dans le sons propre ou figu-
ré, 1° La pointe ou le tranchant d'une épée,
ou d'autre chose. 1. Reg. 13. 21. Retusœ ita-
que erant acies vomerum et ligonum: Gomme
il n'y avait point de forgerons en Israël, le
tranchant des socs de charrue et des boyaux
était tout usé. Heb. et ils se servaient de li-
est prêt de porter par l'épée. Gr. os gladii.
Les Hébreux donnent le nom de bouche à la
pointe de l'épée, parce que c'est par là qu'elle
mord. 2" Armée rangée en bataille. Dont. 20.
2. Stabit sacerdos ante aciem {■KupKxa.Ziç) :
Quand l'heure du combat sera venue , le
pontife se présentera à la tête de l'armé", et
parlera ainsi au peuple, i. Reg. 17. 26. 1.
Par. 12. V. 33. 36. et parce qu'une annéo
rangée en bataille est terrible. L'Eglise lui est
comparée. Canl. 6. v. 3. 9. Terribilis ut ca-
strorumacies ordinata {TeTay/xsv/j): L'Eglise est
redoutable aux démons, comme une armée
rangée en ordre de bataille.
Phrases qui viennent de celte seconde signi-
ficalion. — Dirii/ere aciem ( ■na.puTà.aattjBai ) :
Ranger une armée en bataille. Gencs. 14. 8.
Judic. 20. 22. 1. Reg. 17. v. 2. 21. 2. Reg. 10.
V. 8. 10. 17. etc.; mais dirigere aciem, signifie
quelquefois conduire une armée vers quel-
que lieu. Jos. 8. 14. Direxit aciem contra de
79
sertum -Le roi de Haï conduisit ses troupes
vers le 'désert. Voy.DiRiGEBE.
Inslniere aciem ; icndere aaem {Trupazu^crs-
cel) sisMifle aussi mettre une armée en or-
dredVbalaiUe Judic. 20. 33. 1. Reg. i. 2.2.
Reg. 10. 9. 2. Par. 13. 3.
Ainsi prima acies {■K^Mm rr-Bïpa., P^'^'^f^^"
Aors), c'est la tête de l'armée. 2. Mach. 8.23./n
prima acie ipse dux commisit cum ^lcanore :
Machabée se mit lui-même à la tête de 1 ar-
mée, et marcha contre Nicanor.
3° Une bataille, un combat [Tzaf.ûzu'^Lç). 1.
Roe 4-. V. 12.16. Ego qui de acie [agi hodie :
C'est moi qui me suis échappé du combal. 2.
Par. 18. 33. Educ me de acie (tioIsixoç) : Tire-
moi du combat, car je suis blessé, dit Achab
à son cocher, étant blessé à mort.
ACINUS, 1. viyao-ov. Ce mot vient, à ce
qu'on croit, du verbe acuere , et signifie un
grain de raisin, ou d'autre fruit menu. Un
grain de raisin. EccH. 33. 16. Ego novissi-
mus evigilavi piasi gui colUgit octnos post
vindemialores (>!«).K//wpHvoâj : Je suis venu, dit
l'Ecclésiastique, ie dernier de tous , comme
ceux qui ramassent les grains de raisin après
ceux qui ont fait vendange : cet auteur n'est
venu qu'après tous les prophètes , environ
deux cents ans avant Jésus- Christ. Voy. No-
viS'^iMUS. De ce mot vient cette phrase, Num.
6, k. Ab uva passa usque ad ocinum : Les Na-
zaréens ne mangeront point de tout ce qui
peut sortir de la vigne , depuis le raisin sec
jusqu'à un pépin.
ACQUIESCERE. Ce verbe signifie propre-
ment s'appuyer sur quelque chose pour s'y
reposer : ce qui a quelque étendue, et qui
donne lieu à d'autres significations qui s'y
rapportent dans l'Ecriture.
1° Acquiescer, condescendre , se rendre ,
obéir ((5o0)i£<76«i). Prov. 1. iO. Si te lactaverint
peccalores, ne acquiesças eis ;Si les pécheurs
vous attirent par leurs caresses, ne vous lais-
sez point aller à eux. Gen. 16. 2. c. 27. 8. c.
29. 28. Exod. 6. 9. etc. Ainsi, Acquiescere ad
omnia quœ poslulantur (îùSoxcîv) : Accorder
tout ce qu'on demande. 1. Mach. 8. 1. Ac-
guicscunt ad omnia quœ poslulantur ab eis :
Les Romains étaient toujours prêts d'accor-
der toutes les demandes qu'on leur faisait.
2° S'appliquer à quelque chose, y faire une
attention sérieuse (//e^epâv, so^fîCî7um C5se),
Exod. .5. 9. Opprimantur operibus ut non ac-
quiesçant verbis mendacibus : Qu'on les acca-
ble de travaux, afin qu'ils n'aient pas le loi-
sir de faire attention aux paroles de men-
songe qu'on leur suggère. Pharaon parle
ainsi des ordres que Moïse donnait au peu-
ple de la part de Dieu.
3" S'attacher à quelqu'un, demeurer atta-
ché à lui (-/ooo-pévEiv, adhœrere). S;ip. 3. 9. Qui
confidunt in illo intelligent veritutem et fidè-
les in dileclione acquitscent illi : Ceux qui
mettent leur confiancf en Dieu, auront l'in-
Iclligcnce de la vérité, et ceux qui lui sont
fidèles dans son amour, demeureront atta-
chés à lui.
i" Prendre conseil , conférer avec quel-
qu un (npoTavaTiGeaGai, adfiibere in consilium)
Galat. 1. 16. Non acquievi carni et sanguini :
DICTIONNAIRE DE PlilLoLOGlK SACREE.
Je n'ai point pris avis d'aucun homme mor-
tel dans mon ntinislère; le mot grec signifie
se décharger dans le sein de son ami de ses
soins et de-ses secrets.
ACQUIRERE, TzepL-outcBat. De la préposi-
tion ad et de guœrere^ et signifie proprement
acquérir, c'est-à-dire , obtenir un litre qui
donne droit de jouir d'une chose, ou en pro-
priété ou en usufruit.
1° Acquérir. Eccli. 3. 6. Tempus acquirendi
et tempus perdendi ; Il y a un temps d'acqué-
rir et un temps de perdre, c'est-à-dire de
dépenser. Chaque chose a son temps et ses
règles. Gènes. 31. 18. Ps. 77. 54. Luc. 19. 16.
Ainsi Jésus-Christ a acquis son Eglise par
sou propre sang, c'est-à-dire qu'étant mort
pour nous racheter el nous délivrer de la ty-
rannie du démon , il a droit de disposer de
nous, comme étant notre souverain Seigneur.
Act. 20. 28.
2" Posséder, jouir d'une chose; d'où vient
hœreditate acquirere, Gr. ■A-np'ivoy.ît^, posséder
comme son héritage , recevoir en partage.
Ps. 68. 36. Hœreditate acquirent eam • Ils
posséderont Sion comme leur héritage:
cette Sion s'entend de lEglise, dont les habi-
tants et les possesseurs sont les fidèles , qui
en sont les membres. Ps. 118. 111. Hœredi-
tate acquisivi tcstimonia tua : J'ai pris vos
préceptes pour être à jamais mon partage ;
le patrimoine et l'héritage des justes est la loi
de Dieu. Voy. H^reditas. I
3" Acquérir, obtenir, remporter. 1. Tira.
3. 13. Qui bene ministraverint , gradum bo-
num sibi acquirent : Le bon usage qu'ils feront
de leur ministère, leur acquerra un droit lé-
gitime pour monter plus haut. Saint Paul
parle des diacres. Prov. 22. 9. Victoriam et
honorem acquiret qui dat munera: Celui qui
fait des présents remportera la victoire et
l'honneur; les dons ont un grand pouvoir. 1.
Mach. 6. U.
4° Tâcher d'obtenir, travailler pour ac-
quérir ou posséder quelque chose (y.Tâa6«t)
Prov. 4". 7. In omni possessione tua acquire
prudenliam : Travaillez à acquérir la pru-
dence aux dépens de tout ce que vous pou-
vez posséder, c. 16. 16.
5' Attirer sur soi (^a/xgâvso-ôat). Rom. 13.
2. Quiautem résistant ipsi sibidamnationem ac'
quirunt : Ceux qui résistent aux puissances,
attirent la condamnation sur eux -mêmes.
Sap. 1. 12.
ACQUISITIO, Nis, TzeptTTointTt?. — 1" Acqui-
sition, action par laquelle on acquiert quel-
que chose, gain, acquêt. Baruch. 3. 18. Non
est finis acquisilionis eorum : Les hommes ne
mettent point de bornes à l'acquisition qu'ils
font des biens. Eccli. kl. k. De acquisitions
multorum et paucorum {ne confundaris) : Ne
rougissez point d'être équitable , lorsqu'il
s'agit (l'acquérir peu ou beaucoup, ou, selon
d'autres, de ce que vous acquérez peu, lors-
que d'autres deviennent si riches. Act. 19. 25.
Acquisition, se dit aussi figurément des
choses spirituelles. Prov. 3. H. Mclior est
acquisitio ejus (Heb. negotialio) negotiatiune
argenti : Le trafic de la sagesse vaut mieux
que celui de l'argent. 1 Thess. 5. 9. IS'onpo-
91
ACT
ACU
Si
suit nos Deus in iram, sed in acquisitionem
salulis :D\e\i ne nous a pas choisis pour être
des objets de sa colère, mais pour nous faire
acquérir le salul. 2 Thess. 2. ik.In acquisi-
tionem gloriœ.
2" Possession, jouissance. Hcb. 10. 39. Non
sumiis subtractionis filii in perdilionem , sed
fidei in acquisitionem aniinœ : Nous ne som-
mes point des personnes à nous retirer de
Dieu, ce qui serait notre perle; mais nous
demeurons fermes dans la foi pour le salut
de nos âmes ; posséder son âme, c'est la sau-
ver. Luc. 21. 19. In patient in vestra posside-
bitis animas vestras : Vous vous sauverez par
la patience. Voy. Possidere.
3° Acquisition se dit aussi de la chose ac-
quise ; ainsi les chrétiens que Dieu s'est ac-
quis par le prix de sa mort et de son propre
sang, sont appelés son acquisition , ou son
peuple acquis. Eph. 1. 14. Qui est pignus hœ-
reditatis nostrœ in redemptionem acquisitio-
nî'v L'Espril-Saint est le gage et les arrhes
de notre héritage , jusqu'à la parfaite déli-
vrance du peuple que Jésus-Christ s'est ac-
quis. 1. Pelr. 2. 9. Vos autem gens sancla,
populus acquisilionis : Quant à vous , votis
êtes la nation sainte, le peuple conquis;
cette conquête s'est faite en revendiquant
sur le démon ce peuple, pour se le rendre
propre et particulier ; ce qui est marqué par
le mot grec mpiovaiK, acquisitio peculiaris.
Voy. AccEPTABiLis. Tit. 2. 14.
ACRABATHANE, es, Hob. Montis ascen-
sus. Ce mot, qui vient de l'adjectif ax/^o,-,
summus, et du verbe /Satvjiv ; ascendere, mar-
que un lieu élevé où l'on monte, et signiQe:
L'Acrabalhanc , c'est une partie de lldu-
mée, que lEcriture nomme , Num. 34. 4. la
montée des scorpions , à cause qu'il y avait
beaucoup de ces serpents. Voy. Ascensus.
C'était la troisième des dix toparchies de
la Judée, selon Pline. 1. 5. c. 14. Judas Ma-
chabce en extermina les habitants, parce
qu'ils suivaient le parti des Macédoniens. 1.
Mach. 5. 3. Eos qui erant in Acrabathane
percHssit plaga magtia : Judas battit ceux des
enfants d E->aù qui étaient dans Acrabathane,
et en fit un grand carnage j d'autres lisent
Arabatliane.
ACRITER, du nom acer, acris, acre, aigre,
vif, prompt , violent. — 1" Vivement, d'une
manière pressante. Jud. 11. 5. Quibus acriler
instantibus : Comme les Amiiionilespressaient
les Israélites dans les combats qu'ils leur li-
vraient : ceux-ci prirent Jeplité pour leur
chef. — 2° Aigrement, d'une manière aigre ,
rebutante, et désagréable {ù/urAi-oi; , ingra-
te). Eccli. 18. 18 Slultus acrUcr improperal :
L'insensé fait des reproches aigres ; c'est être
insensé que de gâter par des reproches dés-
obligeants le bien qu'on fait à quehju'un.
ACRON, is, Heb. SterHHas^\\\\Q située
sur les confins de la tribu de Dan et de celle
de Ju<la. Jos. 19. 43. Elon, Themna, Acrou;
quelques-uns croient (lue c'est la même
qu'Accaron. Voy. Accaron.
ACTIO, Piis, (lu verbe agere, action, opéra-
tion, une œuvre, un fait, doù vient gratia-
rum aclio, action de grâces, qui signifie un
renaerctment, un témoignage de reconnais-
sance pour un bienfait reçu {c\)x*çpi-<jTix). 1,
Tim. 4. 4. Nihil rejiciendum quod cum gra-
tiarum actione percipitur : Tout ce que Dieu
a créé est bon, et on ne doit rien rejeter de
ce qui se mange avec action de grâces. On
doit remercier Dieu de l'usage des créatures
que Dieu nous donne. Voy. Sanctificare.
Act. 24. 3. 2. Cor. 4. lo. Epbes. 5. 4. Phil. 4.
6. etc. A'n\si, g ratinrum actio , c'esi la recon-
naissance que l'on rendait à Dieu dans l'An-
cien Testament, par l'hostie pacifique qur^
l'on offrait pour toutes les grâces, ou que
l'on avait reçues de Dieu, ou que l'on (le-
mandail à Dieu. Levit. 7. 12. Si pro actione
gralinrum oblalio fuerit, offerent panes abs^
que fermenta : Si c'est une oblaliou pour
l'action de grâces, on offrira des pains sans
levain, mêlés d'huile. Levit. 22. 29.
ACTOR, is, du verbe agcre. C'est propre-
ment celui qui fait quelque alïaire; mais,
surtout en matière de procès, c'est le de-
mandeur.
Un curateur qui a soin du bien d'un pu-
pille (ojzovoaoj). Gai. 4. 2. Sub tutoribus et
actoribus est usque ad prœfinitum lempus a
Pâtre : Un enfant est sous la puissance des
tuteurs et des curateurs jusqu'au temps
marqué par son père.
ACTUS, us, ■npuqiç. Acte, action, œuvre;
ce qui se fait de bien ou de mal ; ce qui est
différent, selon la diversité des fins, des ob-
jets et (les circonstances. — 1° Action, œu-
vre, bonne ou mauvaise. Eecli. 35. 24. Do-
nec reddat hominibus secundum actus suos :
Le Seigneur se vengera des nations, jusqu'à
ce qu'il rende aux hommes selon leurs ac-
tions. Prov. 14. 15. Act. 19. 18. Co'.oss. 3. 9.
Ainsi, Eccli. 37. 20. 1. Mach. 13. 34. Luc. 23.
51. — 2^^ Action extérieure, opposée au re-
cueillement. Eccli. 11. 10. Fili, ne in mullis
sint actus tui: Mon fils, ne vous engagez pas
dans une multiplicité d'actions, c. 38. 25,
Qui minoratiir aclu sapientiam percipiel : Ce-
lui qui s'applique peu aux actions extérieu-
res acquerra la sagesse. Voy. Minorare. —
3" Fonction , opération. Rom. 12. 4. Omuiu
membra non eumdeni actum habent : Tous les
membres du corps n'ont pas la même fon-
ction.— 4° Action hardie, dessein, entreprise.
Judith. 8. 33. Nolo ut scrutemini actuni
meum.-ic ne veux point (jue vous approfon-
dissiez mon dessein. Judith parle aux an-
ciens du peuple. — 5" Actions illustres, con-
duite glorieuse (-i7T£,-, fides).i. Mach. 14. 35.
Vidit poputus actum Simunis : Le peuple a
vu la conduite de Simon, et ils l'ont établi
leur chef. — 6" L'histoire et les actions de
quelqu'un; les actes qui se conservent à la
postérité, tel est le livre qui porte pour litre :
Actus apostolorum, les Actes des apôtres,
écrit par saint Luc, dont la matière se peut
réduire à trois chefs : l'ascension de Jésus-
Christ, la descente du Saini-Esprit sur les
apôtres, et l'établissement des Eglises chré-
tiennes, par le succès de la prédication des
apôtres.
ACUERK, oîvvet'v, «xovsrv, du nom acies, ai-
guiser; ei dans le figuré, exciter, irriter
hr.
DICTIONNAiRr: DE PHILOLOGIE SACREE.
!• Ai'^uiser, rendre piqaant et tranchant
(TrapaT/evàrs^v). Jer. 51. 11. Acuite sagittas :
Aiguisez vos flèches. Le prophète parie aux
Babyloniens avec ironie, pour leur faire
comprendre le péril où ils seraient et l'inuti-
lité de leurs préparatifs contre Darius, roi
des Mèdes, d'oîi vient acuere gladiiim : Aigui-
ser son épée, menacer de perdre. Deut. 32.
41. Si ncuero ut fulgur gladium meum [rvapo-
Çûvstv) : Si j'aiguise mon épée, et la rends
aussi pénétrante que les éclairs, je me ven-
gerai de mes ennemis. Dieu se représente
lui-même comme un homme armé d'épées
foudroyantes, qui mettra tout à feu et à sang
pour yenger la mort de ses serviteurs. C'est
ainsi qu'il dit qu'il aiguisera sa colère com-
me une lance perçante. Sap. 5. 21. Acuet
duram iram in lanc'eam : 11 aiguisera sa co-
lère inflexible; la colère de Dieu sera comme
une lance qui pénétrera jusqu au fond de
l'âme des méchants, parce que la terreur de
la puissance irritée qu'il répandra dans leur
cœur, sera leur plus grand supplice.
Acuere linguam suam sicut serpentis : Ai-
guiser sa langue comme celle d'un serpent.
C'est médire de quelqu'un par des discours
piquants et empoisonnés, comme faisaient
auprès de Saùl les ennemis de David. Ps.
139. 3. Ils ont aiguisé leurs langues comme
celle du serpent, qu'on dit aiguiser sa lan-
gue avant que de piquer : Acuerunt linguas
suas, etc. Voy. Exacuere. Ps. 63. 4.
2° Exciter, animer, encourager {T:a.pi<T-ù-
v«i). 1. Mach. 6. 34. Et elephantis ostende-
runt sanguinem tivœ et mori ad acuendos eos
in prœliiim : Les ennemis montrèrent aux
éléphants du jus de raisin et de mûres, afin
de les animer au combat par la couleur de
ce jus, semblable au sang.
ACULEUS, I, xivToov, du nom acus, us, ai-
guille, aiguillon, ce qui est piquant, en ma-
nière d'aiguille. Apoc. 9. 10. Aculei erant in
caudis earum : Ces sauterelles avaient un ai-
guillon à la queue. Voy. Locusta. •
ACULEATDS, a, um, piquant , hérissé (ûç
«xstSwv TÔMoç , ut locustarum multitudi-
nem). Jerem. 51. 27. Adducite equum quasi
hruchum aculeatum : Faites venir les che-
vaux en foule, comme des chenilles héris-
sées de toutes parts. Le prophète parle des
troupes qui devaient venir contre Babylone ;
il peut bien marquer par ces chevanx ceux
des Perses, qui étaient fiers aux combats et
qui avaient les crins hérissés.
ACUS, us, poLfi;, du mot grec «x^ , ou ày.iç,
qui signifie pointe. — 1" Aiguille, petit fer
pointu et délié, qui sert à coudre, a broder
et à faire d'autres ouvrages. Matth. 19. 21.
Marc. 10. 25. Luc. 18. 25. Facilius est came-
lum per foramen acus transire, quam divitem
inlrure in regnum Dci : Il est plus aisé (ju'un
chameau passe par le Irou dune aiguille,
que non pas qu'un riche entre dans le
royaume de Dieu. Vov. Camelus. — 2° Ai-
guille, ornement de têie. Isa. 3. 22. Lintea-
imna et acus et spécula : Le Seigneur ôtera
aux filles de Sion leurs beaux linges, leurs ai-
guilles de tête ou leurs poinçons de diamant,
leurs miroirs, etc. Le mol hébreu, qui ré-
84
pond à acus se peut expliquer diversement.
ACUTUS, a, um, oÇt?, îï(x , ù. 1" Aigu, qui
se termine en pointe et qui est perçant ou
tranchant. Exod. 4. 25. Tulit illico Sephora
acutissimam petram : En même temps, Se-
phora prit une pierre très-aiguë et circoncit
la chair de son fils : elle prit au plus tôt ce
qu'elle rencontra propre à couper, pour évi-
ter la colère de Dieu. Ezech. 5. 1. Sume tibi
gladium acutum : Prenez un rasoir tran-
chant; Gr., un glaive plus tranchant qu'un
rasoir. Voy. Gladius.
Phrases et façons de parler figurées, qui viennent de
ce mot.
Faix acuta, une faux tranchante, qui mar-
que le jugement de Dieu, irrévocable conlre
les méchants. Apoc. 14. v. 14. 17. 18. i9.
Voy. Falx.
Gladius acutùs , une épée perçante ou
tranchante, marque plusieurs choses : 1" une
chose très-pernicieuse, comme la médisance.
Ps. 56. 5. Lingua eorum gladius acutus. Voy.
Gladius. 2° Ce qui est invincible et efficace.
Sap. 18. 16. Gladius acutus insimulatum im^
perium tuum portans : La parole toute-puis-
sante de Dieu est comme une épée tran-
chante, qui porte ses arrêts irrévocables et
qui les exécute invinciblement. Isa. 49. 2.
Posuit os meum quasi gladium acutum : Dieu
a rendu ma bouche comme une épée per-
çante; la parole de Jésus-Christ a pénétré
jusque dans le fond des cœurs, avec une
vertu toute-puissante. Apoc. 1. 16. c. 19. 15.
Voy. Gladius. 3" Ce qui est rigoureux et
inexorable. Ezech. 21. 15. In omnibus po)-lis
eorum dedi conturbationem gladii acuti : Je
jetterai l'épouvante à toutes leurs portes de-
vant cette épée perçante. Cette épée était la
justice et la puissance de Dieu, entre les
mains de Nabuchodonosor, qui devait exer-
cer contre les Juifs des châtiments très-ri-
goureux. Voy. Gladius
Novacula acuta ( ijxovïjuévo? ) , un rasoir
affilé, qui marque une malignité prompte à
nuire. Ps. 51. 4. Sicut novacula acuta fecisli
dolum : Vous avez, comme un rasoir affilé,
fait passer insensiblement votre tromperie.
David parle du rapport que Doëg fit à Saùl.
Rlioinphœa , bis acuta, ou utraque parle
acuta : Une épée à deux tranchants, qui si-
gnifie ou ce qui est perni(ieux. Eccli. 2-. 4.
Quasi rhomphœa bis acula omnis iniquilas :
Tout péché est comme une épée à deux tran-
chants. Voy. RuoiMPHyEA. Ou cc qui est ri-
goureux et inexorable. Apoc. 2. 12. ïlœc di-
cit qui habet rhomphœam utraque parte acu-
tum :\o\q\ ce que dit (elui qui porte en sa
bouche lépée qui coupe dos deux côtés [^Ito-^
f,o;, liabcns duo ora). Voy. Rhomphjîa.
Sagitta acuta, une flèche perçante. Elle
marque ce qui lait une vive impression, en
bonne ou mauvaise part. Voy. Sagitta.
2' Pénétrant, efficace. Sap. 7. 22. Est in illa
spiritus intelligenliœ aculus, quem nihil ven-
tât : Il y a dans la sagesse un esprit d'intel-
ligence pénétrant, que rien ne peut empê-
cher d'agir.
3 Spirituel, subtil. Sap. 8. 11. Et acutus
inveniar in judicio : On reconnaîtra la péoé-
85
ÂD
AD
80
tratiun de mon esprit dans les jugements.
C'est l'auteur de ce livre qui parle.
k" Nuisible, pernicieux (>3xov73/iÉvoç). Prov.
5. 4. Novissima illius acuta quasi gladius bi-
ceps : La fln du péché en est perçante comme
une épée à deux tranchants , c'est-à-dire
pernicieuse et mortelle.
AD, it(,q;, etc. Cette préposition vient de
l'hébreu had et se met toujours avec l'accu-
satif, pour marquer un mouvement vers
quelque objet; mais elle en marque propre-
ment le voisinage et la proximité. Outre les
significations qu'elle a selon l'usage du la-
lin, elle en a encore d'autres dans 1 Ecriture,
parce qu'elle répond aux particules hébraï-
ques had , hal et autres. Ainsi , outre ce
qu'elle signifie ordinairement en latin, elle
signifie :
1° Près, auprès, pour marquer la proxi-
mité {Apud, prope). Joan. 18. 16. Petrus au-
tem stabat ad ostium : Pierre demeurait à la
porte du pontife, où Jésus-Christ avait été
conduit, c. 6. 21. c. 20. 11. Matth. 21. 1. Ad
montem Oliveti : Près de la montagne des
Oliviers. Act. 25. 10.
On peut rapporter à cette signification ces
phrases. Ad auriculam esse : Etre confident.
1. Par. 11. 25. Voy. Auricdla. Ad manum
esse : Etre sous la main, auprès de quelqu'un.
Voy. Manus. Elle marque aussi que l'on est
en présence d'une chose ou d'une personne*
Matth. 10. 18. Ad prœsides et ad reges duce-
mini : Vous serez présentés aux gouverneurs
et aux rois. Marc. k. 1. Congregata est ad
eum turba multa : Une grande multitude
de personnes s'assembla autour de Jésus-
Christ, etc.
2° Cette préposition se met quelquefois
pour in devant un nom de lieu. Sap. 8. 20.
Veni ad corpus in coinquinatum : Je suis venu
dans un corps qui n'était point souillé. Act.
20. 2. Venit ad Grœciam : Saint Paul vint en
Grèce. 4. Reg. 10. 8. 1. Thess. 1. 8. Malach.
3. 1. Stalim veniet ad Templum suum : Il
viendra dans son Temple, Amos. h-. 4.
Quelquefois, ad signifie chez les person-
nes. Joan. 20. 10. Abierunt ergo itenim disci-
puli ad semetipsos : Saint Pierre et saint Jean
retournèrent chez eux. Matth. 26. 57. Duxe-
runt ad Caiphatn : Les Juifs emmenèrent
Jésus chez Caïphe. Mais il n'y a rien de si
ordinaire, dans le Nouveau Testament et
dans les Septante, que de mettre une prépo-
sition pour l'autre : ainsi zlç et Trpà,-, in et ad
se mettent l'un pour l'autre.
3' Elle marque la fin qu'on se propose ou
à laquelle quelque chose tend. Sap. 6. 15.
Qui de luce vigilaverit ad illam, non labora-
bit : Celui qui veille dès le matin pour pos-
séder la sagesse n'aura pas de peine. Eccli.
48. 19. JEdificavil ad aquam, puteum : Ezé-
thias a bâti un puits, pour conserver l'eau,
c. 4. 13. Matth. 3. 7. Rom. 4. 3.
A quoi se peut rapporter ad brève : Pour
un peu de temps. Act. 5. 34. Voy. Foras.
4° Le côté, l'aspect, la partie vers laquelle
on est, où l'on tend {Versus). Gen. 13. 9. Si
ad sinistram ieris, ego dexteram tencbo : Si
vous choisissez la gauche, je prendrai la
droite, dit Abraham à Loth. Ps. 5. 8. Ado-
rabo ad Templum sanctum tuum : Rempli de
votre crainte, je vous adorerai en me tour-
nant du côté de votre sanctuaire. Le peuple
se tournait du côté du sanctuaire.
5" La même chose que de, touchant. 2.
Reg. 3. 18. Dominus locuhis est ad David. Joan
10. 35. Rom. 10. 21. Hebr. 1. 7. c. 4. 13. Isa.
16. 13. Jerem. 48. 1. Ce qui est quelquefois
exprimé par le datif. Ps. 3. 3. MuUi dicunt
animœ meœ : Plusieurs disent de moi, i. e. ad
me, pour de me. Ps. 40, 6. Jerem. 14. 10.
Bixit Dominus populo huic : Voici ce que le
Seigneur dit touchant ce peuple.
6' Elle signifie le même que, inter. Joan.
7. 35. Dixerunt ad semetipsos : Les Juifs di-
saient entre eux. c. 12. 19. Gen. 9. 12.
7° A cause [propter). Matth. 19. 8. Marc.
10. 5. Ad duritiam cordis vestri scripsit :
C'est à cause de la dureté de votre cœur,
que Moïse vous a permis de quitter vos
femmes. Deut. 28. v. 32. 34. c. 31. 6. Jud.
4. 15. Judith. 4. 15. c. 12. 20. Esth. 14. 11.
Job. 31. 29. Is. 16. 11. c. 15. 5. Jerem. 48. v.
31. 36. Osée. 3. 5. Luc. 11. 32. Dan. 8. 27.
8° Pour cum, avec Eccli. 13. 3. Qiiid com-
municabit cacabus ad ollam? Quelle union
peut-il y avoir entre un pot de terre et un
pot de fer? Le pauvre trouve sa perte dans
l'union qu'il fait avec le riche, v. 22. Jer.
23. 28. Quid paleis ad triticum ? Quelle com-
paraison y a-t-il entre la paille et le blé?
Entre la bonne et la mauvaise doctrine?
Rom. 5. 1. Pacem habeamus ad Deum : Ayons
la paix avec Dieu. Voy. Pax. Gen. 17. 21.
Sap. 1. 16. 1. Reg. 23. 23. 2. Cor. 6. 15. Jer.
15. 12. etc.
9° Pour contra, contre. Eccli. 22. 26. Ad
amiciim etsi produxeris gladium : Quand
vous auriez tiré l'épée contre votre ami , il
y a encore du retour. 2. Par. 20. 37. Isa. 66.
16. Jerem. 50. v. 35. 36. 37. Ezech. 21. v. 2.
4. C.29. 10. Ose. 12. 4. c. 6. 11. 1. Cor. 15.
32. Apoc. 13. 6.
10" Pour, en considération {pro). Ezech.
13. 16. Prophetant ad Jérusalem : En faveur
de Jérusalem. 1. Reg. 30. 7. ApplicavitEphod
ad David • Abialhar se revêtit de l'Ephod
pour David, c'était afin qu'il y reconnût la
volonté de Dieu.
11° Pour erga, envers, à l'égard. Gai. 6. 10.
Operemur bonum ad omnes, maxime autem ad
domesticos fidei : Faisons du bien à tous. 2.
Reg. 16. 17. 2. Mach. 9. 26. Eph. 5. 14.2.
Tim. 2. 24. Heb. 2. 17. 1. Joan. 5. 14.
12 Pour super, sur. 4. Reg. 6. 30. Vidit
omnis populus ciliciiim quo Joram vestitus
erat ad carncm : Tout le peuple vit le cilice
dont le roi était revêtu par-dessous. Exod.
39. 19. Stricta ad balleum : L'Ephod d'Aa-
ron était resserré par la ceinture. Voy. Striv-
GERE.
13 Pour le datif. Ezech. 33. 9. Si annun-
tiat^le te ad impium : Si vous avertissez l'im-
pie qu'il se convertisse, et que lui néanmoins
ne se convertisse point, il mourra dans son
péché. V. 10. et avec les verbes dico, aio. lo~
quor, respondeo, et semblables. Rom. 4 3.
Credidit Abraham Deo et reputalum est illi
87
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE
c.justitiœ: Abraham crut pays d'Edom n'eut plus de rois,
88
ad justitiam,
ce que Dieu lui avait dit, et sa foi lui fut im-
putée à justice, Gr. elç, pour être une vraie
justice, et non-seulement une justice impu-
lalivc.
14° Pour r.^blatif. Ps. 29. 6. Ad vesperum
demorabitnr flelus, et ad matutinum lœtitia :
La colère de Dieu comme pèie dure si peu,
que si on en souffre le soir ou la nuit, on se
lève le malin dans la joie. Gen. 38. 18. Job.
11. 17. AcI. 9.8.
15". Vouropud, coram; devant, auprès. 1.
Joan. 3. 21. Si cor nostrum non reprehenderit
nos. fiduciam habemus ad Deum : Nous avons
de l'assurance devant Dieu. 4. Reg. 5. 3. Act.
24.16. Rom. 15. 17.2.Cor.3. 4.C.4.2.C.7.14.
Sap. 8. 10. Job. 37. 22. Ad Deum formidolosa
laudatio : La louange que l'on donne à Dieu,
doit être accompagnée de tremblement. Ad
est niis pour apud. Voyez Formidolosus.
Ainsi, Ad manum alicujus : Sous la main de
quelqu'un, signifieaussi, auprès. Eccli. 14.
ï5. Statuet casulam suam ad manus illitis :
Heureux celui qui se bâîitune petite cabane
proche la sagesse. Voy. Casula.
16° Pour prœ, au prix, en comparaison.
Ps. 119. 3. Quid detiir tibiaut quidapponatur
tibi ad linguam dolosam? i. e. prœ,seu pejus
lingiia dolosa : Que pourra-ton ajouter à la
grandeur du mal que vous cause la langue
trompeuse? Ps. 138. 6. Confortata est et non
polero ad eam, i. e. prœ ea, ut eam assequar :
Seigneur, votre science est si élevée, que
je n'y puis atteindre. Rom. S. 18. Non sunt
condignœ passiones hujus temporis ad futtiram
gloriam : Je trouve que les souffrances de
cette vie n'ont point de proportion avec la
gloire de la vie future.
17' Pourtecundam, selon, conformément.
Galat. 2. 14. Cum vidisset quod non recte am-
bularent ad veritatem Evangelii: Quand je
vis qu'ils ne marchaient pas droit selon la
vérité de l'Evangile. Gen. 1. v. 26. 27. c. 5.
3. c. 9. 6. Sap. 2. 23. c. 19. 6. Eccli. 27. 17.
Ad animum suum : Selon son cœur.
18° ^d, superflu, qui n'ajoute rien. Heb.
i2. 1. Curramus ad propositum nobis certa-
men : Courons dans celte carrière qui nous
est ouverte. Le Grec omet cette préposition.
AD A, M, Ornata. i" Une des deux femmes
de Lamech. Gen. 4. 19. Qui nccepit duas uxo-
res,nomenuniAda: Lamech eut deux femmes,
une s'appelait Ada et l'autre Sella.
2" Une des femmes d'Esaù. Gen. 36. v. 2.
*■. Esaii accepit uxores de filiabus Chanaan,
Adafiliam Elan Hethœi: Esaù prit ses fem-
mes entre les filles de Chanaan ; Ada, fille
d'Hélon héthéen. v. 10. 16. Elle s'appelait
aussi Basemail). Gen. 26. 34.
ADAD, Interitus, ou sonitus. 1" Un roi d'I-
dumée qui a défait les Madianiles. Gen. 36.
35. Regnnvil pro eo Adad filius Badad
qui percussit Madian. Husan étant mort,
Adad , fils de Badad, régna après lui. Ce
fut lui qui défit les Madianites. 1. Par. 1. v.
47. 46.
2° Un antre roi d'Idumée. 1. Par. 1. v. 50.
51 . Adad mortiw, Duces, pro rcgibus in Edom
esse ccepcriint : Après la mort d'Adad. l«
mais des
gouverneurs. Il est appelé ^dar. Gen. 36. 39.
Voyez Adar.
3' Un de la race des rois d'Idumée, que
Dieu suscita pour ennemi de Salomon. 3.
Reg. 11. 14. Suscilavit autem Dominus adver^
sarium Salomoni Adad Idumœum de semine
regio. v. 17. 19. 21. 25.
ADADA, M, Testimonium cœtus, ville de la
tribu de Juda. Jos. 15. 22.
ADADREMMON , is, Decus malogranatiy
ville de la tribu de Manassé deçà le Jour-
dain, proche de Jezraël, célèbre par la vic-
toire que Pharaon Néchao remporta contre
Josias. Zach. 12. 11. /n c?«eî7/o magnus erit
planctus in Jérusalem, sicut planctus Ada-
dremmon in campo Mageddon : En ce temps-
là, il y aura un grand deuil dans Jérusalem,
comme fut celui de la ville d'Adadremmon,
dans la plaine de Mageddon. Tout le peuple
juif ressentit avec grande douleur la mort
d'un prince, aussi saint et aussi aimé qu'é-
tait Josias. Il y a apparence que ce deuil
commença dans celle ville, comme étant pro-
che de la campagne de Mageddon où ce prince
avait été blessé. Elle porte le nom d'Ada-
dremmon, à cause de la quantité des grena-
des que Ton y cueille, en chaldéen, l'hon-
neur des grenades.
AD^QUARE , hovv. Ce verbe signifie
comme son simple : 1° Egaler, rendre égal
(7r),covaǣtv). 1. Par. 4. 27. Universa cognatio
non potuit adœquare summam filiorum Juda :
Toule la poslériié de Siméou ne put point
égaler celle de Juda (La tribu de Siinéon se
trouva la moindre de toutes dans le dénom-
brement qui s'en fit. Num. 1. 22. et c. 26.
14). Ezech. 31. 8. Ainsi, Ose. 10, 1. Vitis
frondosa Israël, fructus adœquutus est et ; Is-
raël était une vigne qui poussait de grandes
branches, et ne portait pas moins de raisin
(£Ù9»îV£tv, fructus ferre). Dieu reproche à Is-
raël son ingratitude de s'être abandonné à
l'idolâtrie, après avoir été comblé de biens
de sa part.
2' Egaler, aplanir, rendre uni (ô/i/a^tÇïiv).
Isa. 28. 25. Nonne cum adœquaverit faciem
ejus seret gith? Lorsque le laboureur a aplani
la terre et l'a égalée, n'y sèuie-t-il pas du
gith? D'où vient :
Adœquare lerrœ yOxipulveri :EQa\er k\alerre
ou à la poussière, c'est raser, détruire de
fond en comble (è^Tpénsi-j, pudore suffundere).
Jerem. 50. 12. Adœquata pulveri quœ genuit
vos : Cette ville où vous êtes nés sera rasée.
Ezech. 13. 14. Adœquabo eum terrœ : J'éga-»
lerai la muraille que vous avez enduite à la
terre. Voy. Paries.
3° Egaler, rendre pareil, comparer (rteévat
ènirYivyfiv,ponere in ïerram). Job. 28. v 17. 19.
Non adœquabitur ei topazius : La sagesse
est plus excellente que les pierres précieu-
ses qui ne méritent pas de lui être compa-
rées. Isa. 40. 25. c. 46. 5.
ADAIA, ou ADAIAS, je, Testis Domini^
nom de plusieurs hommes. — 1° Le Ois d'E-
than, et père de Zara, de la tribu de Lévi. 1.
Par. 6. 41. — 2° Un fils de Sâmei, de la tribu
de Benjamin, c. 8. 21. — 3° Un descendant da
80
ADA
ADA
90
Bani, qui avait épousé une femme e(ran-
gère. 1. Esd. 10. 29. — 4° Le fils de Jéroham,
de la race des sacrificateurs. l.Par. 9. 12. 2.
Esd. 11. 12.— 5°Le père de Maasias.2. Par. 23.1.
ADALl, Heb. Temporaîis, le père d'Amasa,
du temps d'Achaz. 2. Par. 28. 12.
AD ALI A, Hauriens, ou paiipertas, fils d'A-
man, qui fui tué avec ses autres frères. Eslh.
9.8.
ADAM, homo, ou terrenus, du mot hébreu
Adama, qui veut dire terre ronge, parte que
ce fut d'une semblable terre que le premier
homme fut formé de la main de Dieu.
1° Adam, le premier homme qui fut créé
avec Eve le sixième jour, et tous deux enri-
chis de tous les dons naturels et surnaturels
qui convenaient à une créature excellente;
mais qui perdit tous ces avantages et fut
chassé du jardin de délices, pour avoir déso-
béi à Dieu en mangeant du fruit défendu, à
la sollicitation d'Eve, sa femme, séduite par
le serpent, et qui a attiré par sa désobéis-
sance, sur lui et sur loute sa postérité, la
mort dont il était menacé, et un déluge de
maux qui sont la peine de ce péché. La
sagesse le tira de son péché, Sap. 10; 1.
et le releva après sa chute. Sa pénitence qui
aété de 930 ans, est quelque chose, si on ose
parler ainsi, d'aussi incompréhensible que
son péché. LEglise a toujours regardé sa ré-
paration comme un des plus grands effets
de la grâce du second Adam, et elle a sou-
tenu sa délivrance comme une vérité catho-
lique contre quelques hérétiques, qui pré-
tendaient qu'il était mort dans son péché
avec Eve, sa femme.
2''Nom appellatif, qui signifie homme ou
femme en général. Gen. 5. 2. Vocavit nomen
eorum Adam : Dieu leur donna le nom d'A-
dam, c'est-à-dire d'homme, ce qui convient
aussi à Eve {oLvQpfa-rzo?, homo< c. 11.5. Des-
cendit Dominus ut vide7'et civitatem et turrim
quam œdificubant fitii Adam : Le Seigneur
descendit pour voir la ville et la tour que
bâtissaient les enfants d'Adam, Gr. les en-
fants des hommes. Deut. 32.8. Quando sepa-
rabat filios Adam : Quand le Très-haut a sé-
paré les enfants des hommes. 2. Reg. 7. 19.
Jsta est lex, i. e. consueludo Adam: C'est la loi
d'Adam, c'est-à-dire de l'homme. Dieu, en
établissant la maison de David, en a usé
comme un homme à l'égard de son ami.
Eccl. 3. 21. c. 35. 2k. c. 40. 1. Ainsi, Jos. U.
15. Adam maximus ibi inter Enacim sifus est :
Il y avait eu en ce lieu-là un grand homme
célèbre parmi les géants mêmes. Ose. 11. 4.
In funiculis Adam traham eos : J'ai attiré les
Israélites à moi par tous les attraits qui ga-
gnent les hommes.
3" Le Messie, ou Jésus-Christ notre Sei-
gneur, qui estappelé le second Adam. l.Cor.
15. 45. Novissimus Adam. Voy. Rom. o. 14.
Le premier était la figure du second par op-
position ; l'un pour perdre, l'autre pour sau-
ver, comme montre saint Paul en ces en-
droits; et même le premier Adam est pris
pour le péché même, et la corruption dont
il est la source, c'est ce qui fait qu'il faut
détruire en nous le vieil homme.
ADAMA, Heb' Terra rubra. ville de la
contrée de la Pentapole, autrefois capitale
de la province. Elle fut ruinée avec Sodome
et les autres par le feu du ciel. Ose. 11.8.
Dabo te sicut Adarna ? 0 Ephraïni, vous
abandonnerai-je comme Adama? H semble
que Dieu délibère s'il ne doit point modérer
en quelque chose la rigueur de sa justice.
Gen. 10. 19. c. 14. 2. Dent. 29. 23.
ADAMARE, Gr. «^«-âv, aimer avec pas-
sion. 3 Reg. 11. 1. Rex Salomon adamavit
mulieres alienigenas multas : Le roi Salomon
aima passionnément plusieurs femmes étran-
gères (cj>LkQy\)\)Kio;, erat amator mulierum).
Gènes. 34. 2. Deut. 21. 11. 2. Reg. 13. 1.
Eslh. 2. n. Jerem. 2. 25.
ADAMAS, ANTis, Gr. àSanàç. Ce mot vient
d'a).(f)« privatif, et de 5«,a«Çw, rfomo, quasi in-
domabilis, indomptable, parce qu'on croyait
autrefois quelediamantrésistait au marteau.
Diamant espèce de pierre, la plus dure, la plus
brillante et la plus précieusede toutes. Sa du-
reté a donné lieu à ces manières de parler de
l'Ecriture : Dare faciem alicujus ut adaman-
tem : Donner à quelqu'un un front de pierre
et de diamant ; c'est lui donner la force de
résister à l'impudence et à l'insolence des
impies. Ez^ch. 3. 9. Ut adamantem et ut sili-
cem dedi faciem tuam : Je vous ai donné un
front de pierre et de diamant. 11 fallait être
tel avec le peuple juif qui avait une tête
dure, et était porté à la révolte et à l'inso-
lence.
Ponere cor suum ut adamantem : Rendre
son cœur dur comme le diamant ; c'est s'en-
durcir et refuser opiniâtrement d'écouter les
avis qui sont donnés. Zach. 7. 12. Cor suum
posuerunt ut adamantem, ne audirent legem :
Les Juifs se sont opiniâtres à ne point écou-
ter la loi ni les ordres de Dieu [insiBriç, in-
obediens).
ADAMANTINUS, a, um, à5«fiâvTtvo,-, qui est
fait de diamant, dur comme le diamant (et
fugurément, inflexible, inexorable). Jerem.
17. 1. PeccatumJuda scriptum est stglo ferreo
inungue adamantino : Le péché de Juda est
écrit avec une plume de fer et une pointe de
diamant ; selon saint Jérôme, avec une plume
de fer sur le diamant : ce qui marque que
le péché des Juifs était comme ineffaçable.
ADAMI, Terrenus, ou rufus, ville de la
tribu de Nephtali. Jos. 19. 33. Adami quœ est
Neceb. Voy. Neceb.
ADAN, Deliciosus. Voy. Adin, nom d'hom-
me, chef de famille. 1. Esd. 8. 6. Ses descen-
dants revinrent de la captivité au nombre de
cinquante hommes.
ADA PEU IRE, StKvitystv. Voy. Aperire. Ce
verbe signifie proprement, ouvrir entière-
ment, montrer évidemment : dans lEcriture
il a la signification de son simple.
1° Ouvrir. D'où viennent ces phrases dans
un sens moins propre et figuré.
Adaperire anrem : Ouvrir l'oreille; c'est
ôler la surdité, donner l'ouïe. iMarc. 7. 34.
Ail illi, Ephpiiela, quod est, adaperire, et
statiin (tpertw snnt mires ejus : Jésus dit à cet
homme sourd et muet, Kphpheta, c'est-à-dire
B\
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
ourrei-Tous, aussitôt ses oreilles furent ou-
vertes et sa langue fut déliée.
Adaperire vulvam : Ouvrir le sein de la
mère; c'est-à-dire naître le premier, être
premier-né. Luc. 2. 23. Omne masculinum
adaperiens vulvam sanctum Domino vocabi-
liir. Tout enfant mâle premier-né sera con-
sacré au Seigneur.
Adaperire cor ; Ouvrir le cœur; c'est le
rendre docile et susceptible des impressions
de la grâce. 2. Mach. 1. i. Adaperiat cor
vettrum in Lege sua. Que Dieu ouvre votre
cœur à sa loi, disent les Juifs de Jérusalem à
ceux d'Egypte.
2" Découvrir, expliquer. Act. 17.3. Disse-
rebat eis de Scripturis, adaperiens et insinuans
quia Chrislum oportuit pati et resurgere a
niortuis : Pàul entretint durant trois jours
de sabbat les Juifs qui étaient à Thessalo-
nique, leur découvrant par les Ecrilures, et
leur faisant voir qu'il avait fallu que le
Christ souffrît et qu'il ressuscitât d'entre les
morts.
ADAPERTIO,Nii, Ouverture, l'action d'ou-
vrir. De là vient cette phrase hébraïque,
Aduperlione pandere : Ouvrir tout à fait.
Nah. 3. 13. Inimicis tuis adapertione panden-
tur portée terrœ tuœ : Vos portes et celles de
tout le pays seront ouvertes à vos ennemis.
Voy. Pandere. Le prophète prédit la raine
de Ninive.
ADAPTARE. Voy. Aptare. Accommoder,
ajuster, joindre une chose à une autre.
Exod. 26. 5. Ut ansa contra unsam venint, et
altéra alteri possit adaptari : Afin que les cor-
dons de l'un répondent à ceux de l'autre, et
qu'on les puisse attacher ensemble. Plu-
sieurs éditions ont en cet endroit, aptari^ au
lieu du composé. On ne peut point connaître
par la langue originale si ce doit être le
simple ou le composé.
ADAQUARE, îtotiÇsiv. Ce verbe signifie pro-
prement, donner à boire aux chevaux et au
bétail. — 1° Abreuver le bétail. Gen. 2i. i6.
Sibi et adaquavit camelos : Rebecca m'a
donné à boire, et elle a donné aussi à boire
à mes chameaux, dit le serviteur d'Abraham,
c. 29. 11. Exod. 2. V. 16. 17. Luc. 13. 15.
— 2* Donner à boire à quelqu'un. Ps. 77. 15.
Adaquavit eos vclut in abijsso mulla : Dieu
fendit la pierre dans le désert, et donna à
boire aux Israélites comme s'il y avait eu là
des abîmes d'eau.
ADAR, Pulchritado, — 1» C'était le der-
nier mois des Hébreux qui répond en partie
a notre mois de février, et en partie à celui
de mars. Celui-ci s'appelait proprement
Adar, ou premier Adar, pour le distinguer
du second Adar intercalaire, qui se faisait
tous les trois ans ; car comme l'année du
soleil est plus grande que l'année lunaire
u onze jours, ces onze jours on trois ans fai-
saient trente-trois jours ; ainsi il y avait tous
|<'s trois ans treize mois, en prenant trente
jours pour faire un mois intercalaire; les au-
tres trois jours qui restaient faisaient un
autre mois eu trente ans. Voy. Mensis.
1. Esd 6 15. lislh. 9. 21. Ut quarlam deci-
tnam et decimam qumiam aum menais Adar
pro Festis susciperent : Mardochée écrivit à
tous les Juifs pour les exhorter à recevoir
pour fêtes solennelles le 14 et le 15 du mois
Adar. — 2° Le huitième roi des Iduméens,
fils d'Achobor. Gen. 36. 39. qui est appelé
Adad. 1. Par. 1. 50. — 3' Un nom de lieu qui
borne la terre de Chanaan vers le midi.
Nu'îî. 34. 4. qui est appelé Addar. Jos. 15. 3.
ADAREZER, Pulchritudo auxilii. C'était
le fils de Rohob, roi de cette partie de la
Syrie, dont la capitale est Soba ou Sobal. Ce
prince fut défait et réduit sous lobéissance
de David. 2. Reg. 8. v. 3. 12. Perciissit David
Adarezer filium Rohob Regem Soba. c. 10.
V. 16. 19. 1. Par. 18. 3. etc. Voy. Soba.
ADARSA, Testifîcans solem, nom de lieu
dans la tribu d'Ephraïm, à trente stades de
Bethoron. 1. Mach. 7. 40. Judas applicuit in
Adarsa : Judas alla camper près d'Adarsa.
ADAUGERE, -npo^yri^hoLi. Augmenter, ac-
croître. Luc. n. 5. Adauge nobis fidem : Aug-
mentez-nous la foi, disent les apôtres à Jé-
sus-Christ. De là vient :
Adaugere ad aliquid : Multiplier linéique
chose. 2. Reg. 24. 3. Adaugeat Dominus Deus
tuus ad populum tuum: Je prie le Seigneur
votre Dieu de multiplier votre peuple.
ADAZER, Testis auxilii, nOm de ville où
se donna la bataille où Nicanor fut défait.
1. Mach. 7. 45. Persecuti sunt eos viam unius
diei nb Adazer usque dum veniutur in Gazara :
Les gens de Judas poursuivirent Nicanor
une journée de chemin, depuis Adazer jus-
qu'à l'entrée de Gazara. Il est vraisemblable
que les mots Adarsa et Adazer ne sont que
le même lieu. Le Grec ne les distingue point.
Gr. *A5aT«.
ADBEEL, Nubes cum Deo, troisième fils
dlsmaël. Gen. 25. 13. 1. Par. 1. 29.
ADDAR, Pallium. — 1° Nom de lieu dans
la tribu de Juda. Jos. 15. 3. Voy. Adar ci-
dessus. — 2° Un autre nom de lieu, appelé
Ataroth-addar. c. 16. 5. Usque Belhoron su-
periorem : La frontière de la terre que pos-
sèdent les enfants d'Ephraïm est vers l'Orient
Ataroth-addar, jusqu'à la contrée supérieure
de Bethoron. — 3^ Un fils de Balé, fils de
Benjamin. 1. Par. 8. 3.
ADDECIMARE, 7r/>o(7d£xaToûv.Ce verbesigni-
fie comme le simple, mettre à la dîme, faire
payer la dîme. 1. Reg. 8. v. 15. 17. Grèges
quoque vestros addecimabit : Le roi vous fera
payer la dîme de vos blés et du revenu de
vos vignes, il mettra aussi vos troupeaux à
la dîme. Voy. Decimare.
ADDERE, TT/joTTtôÉvat, de ad et de dare, —
1° Ajouter, joindre quelque chose à une au-
tre. Eccl. 1. 18. Qui addit scientiam, addit et
laborem : Plus on a de science, plus on a de
peine; parce que plus on sait, plus on veut
savoir. Deul. 1. 11. Dominus Deus patrum
vestrorum addat ad hune numerum multa
millia: Que le Seigneur le Dieu de vos pères,
dit Moïse, en ajoute encore à ce nombre
mille et mille. Gen. 30. 24. c. 45. 23. Exod.
30. 15. Levit. 7. 17. c. 22. 14. etc. Ainsi,
Addi inimicis : Se joindre aux ennemis, se
liguer avec eux. Exod. 1. 10. Ne addatur
inimicis noslris : Opprimons les Israélites,
93
ADD
ADD
114
de peur qu'ils ne se joigneni à nos ennemis.
1. Mach. 2. 43. c. 3. 41.
Ces phrases-ci viennent de ce mot,
Hœc facial Deus et hœc addat : Je veux que
Dieu me punisse, et qu'il ajoute châtiment
sur châtiment; c'est une imprécation qu'une
personne fait contre elle-même pour dire,
que Dieu me traite dans toute sa rigueur, si
cela n'est. Rulh. 1. 17. Hœc mihi faciat Do-
minus et hœc addat. 1. Reg. 3. 17. c. 14. 44.
c. 25. 22. 2. Reg. 3. v. 9. 35. etc.
Addere super : Ajouter à quelque chose,
augmenler. Ps. 68. 27. Super dolorem vulne-
rum meoriim addiderunt : Mes ennemis ont
ajouté à la douleur de mes plaies des dou-
leurs nouvelle?. 3. Reg. 12. 11. 1. Esdr. 10.
10. Job. 34. 37. Isa. 30. 1.
Addere gratiam capiti : Orner et parer la
léte. Prov. 1. 9. Voy. Capdt.
Addere lœtitiam : Se rejouir de plus en plus.
Isa. 29. 19. Et addent mites in Domino lœti-
tiam : Ceux qui sont doux et humbles se ré-
jouiront de plus en plus dans le Seigneur.
Addere forlitudinem : Se fortifier de plus
en plus. Job. 17. 9. Mundis manibus addet
forlitudinem : Celui qui a les mains pures,
ne laissera pas de prendre de nouvelles
forces.
Addere iracundiam : Attirer de plus en
plus la colère de Dieu. 2. Esd. 13. 18. Et vos
additis iracundiam super Israël violando
Sabbatum : Vous allumez de plus en plus
la colère de Dieu sur Israël en violant le
sabbat.
Addere prœvaricationem : Ajouter péché
sur péché. Isa. 1. 5. Super quo percutiam vos
ultra, addentes prœvaricationem : A quoi ser-
virait de vous frapper de nouvenu, vous qui
ajoutez sans cesse péché sur péché.
Addere ad verbum, ou minuere, ou auferre;
c'est, — 1° Ne point pratiquer exactement la
loi de Dieu. Dcui. 4. 2. c. 12. 32. Quod prœ-
cipio tibi, hoc tantum facito Domino, non ad-
das quidquam nec minuas : Honorez le Sei-
gneur en la manière seulement que je vous
l'ordonne, sans y rien ajouter ni en rien
ôter; c'esl-à-dire que toute la loi devait être
observée exactement par le peuple de Dieu-
Ajouter, c'est faire autrement que la loi
prescrit ; diminuer, ou en ôter,e'est ne point
faire ce qu'elle ordonne. 2° FalsiGer l'Ecri-
ture, et l'accommoder à ses préjugés. Prov.
30. 6. Ne addas quidquam vcrbis î7/iu.«; N'a-
joutez rien à ses paroles; interprétez l'Ecri-
ture p.ir elle-même, et n'avancez rien qui
lui soit contraire, comme font les hérétiques,
que le Saint-Esprit menace. Apoc. 22. v.
18. 19. Si quis apposuerit ad hœc, apponet
Deus super illum plagas scriplas in lihro islo :
Si quelqu'un ajoute quelque chose aux pa-
roles de cette prophétie, Dieu le frappera des
plaies qui sont écrites dansce livre (î-jrtOîvat).
2" Multiplier, augmenter. Levit. 26. v. 18.
21. Si ambulaverilis ex adverse mihi, nec vo-
lueritis audire me, addam pluqas vestras in
scpluplum : Que si vous vous opposez encore
a moi, et si vous ne voulez point m'écoutcr,
je iiiultiplierai vos plaies sept lois davanlage,
à cause de vos péchés. Eccli.45. 25. c. 48. 26.
à quoi se peut rapporter cette imprécation
ordinaire aux Hébreux, Hœc mihi faciat Deus
et hœc addat. Voy. ci-dessus.
3" Continuer de parler.ou répliquer. Job. 27.
1. Addidit quoque Job : 3oh répartit encore,
c. 29. 1. c. 36. 1. c. 39. 35. Gen. 15. 3.
Addiditque Abram : Abram continua son dis-
cours, c. 24. 25. c. 32. 20. Deut. 20. 8. etc.
4° Continuer de faire quelque chose, ou re-
commenceràfaire, réitérer. Luc. 20. v.ll. 12.
Et addidit allerum servum mittere : Le maître
delavigneleurenvoya ensuite un second aer-
\\leur. l.yiach.iO.SS. Addidit adhucglorifica-
re Jonathan: A\e%andrc éleva encore Jonalhas
en plus grande gloire Judic. 3. 12. c. 4. 1. 1.
Reg.27.4. etsouventailleursavecl'infinitifdu
verbe ; mais il semet souvent aussi avec ut, en
ce sens, Judic. 10, 13. Non addam ut ultra vos
liberem: Je ne penserai plus à l'avenir à vous
délivrer, dit Dieu aux Israélites. 1. Reg. 3.
21. Addidit Dominus ut appareret in Silo :
Le Seigneur continua à paraître à Samuel
dans Silo. 2. Reg. 5. 22. c. 7. 10. c. 14. 10. 4.
Reg. 24. 7. etc. Ainsi, 3. Reg. 16. 33. Et ad-
didit Achab in opère suo : Heb. et Gr. ut fa-
ceret, scil. pessime : Achab. continua tou-
jours de mal faire,
ADDITAMENTUM , tt^o^ô/î/w. Augmenta-
tion, surcroît. Isa. 15. 9. Ponam enim super
Dibon additamenta: renverrai à Dibon un
surcroît d'affliction. J'ajouterai affliction sur
affliction contre les Moabiles qui serontreslés
du carnage. Voy. Dibon.
ADDI, Testis, Gis de Cosan, et père de
Melchi dans la généalogie de Jésus-Christ.
Luc. 3. 28.
ADDICERE, -xaTaStxâÇeiv. Ce verbe est pro-
pre aux juges qui accordent et adjugent à
quelqu'un par sentence ce qui lui est dû ;
il signiGe aussi délivrer au plus offrant, des-
tiner, consacrer; mais il signiGe aussi con-
damner au supplice, à la mort, quelquefois
absolument et sans exprimer le cas
Condamner. Jac. 5. 6. Addixistis et occi-
distis Justum: Vous avez condamné et tué le
Juste, sans qu'il vous ait fait de résistance.
L'Apôtre parle aux riches.
ADDO, Testis.— i" Aïeul du prophète Za-
charie. c. 1. 1. 1. Esd. 5. 1. c. 6. 14.— 2Uu
lévite, Gis de Johalh , descendant de Gerson.
1. Par. 6. 21.— 3 Un prophète du temps do
Roboam. 2. Par. 9. 29. c. 12. 15. c. 13. 22. 11
a écrit les actions de Jéroboam, de Roboam
et d'Abia. Voy. Oded.— 4" Le père d'Abina-
dab, que le roi Salomon établit son inten-
dant dans la prévôté de Manaïm. 3. Reg- 4.
14.-5° Un prêtre de ceux qui retouruèrenl
de la captivité de Babylone. 2. Esd. 12, 4.
ADDON, Dominus, un de ceux qui ne pu-
rent prouver d'où ils tiraient leur origine.
2. Esd. 7. 61. Il est nonunc Adon. 1. Esd. 2.
59. Voy. Cherl'b.
ADDUCEUE. nyîi-J, èitâytiv.
1" Amener, faire venir. 2. Reg. 14. 10.
Adduc cwn ad me: Amenez-le moi. dit David
à la femme de ïhécua. Mallh. 21. 2. Soivite
et udducilc mihi : Déliez l'ânessc et me l'auie-
DICTIOiNNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
22. Gènes. 2.
9S
«62. c. 27. 2. Marc. 7. 32 c. 8
V 19. 22., etc. delà vient: .
idducere super, ou contra ahquem , faire
venir contre quelqu'un un peuple des pays
les plus reculés. Ezech. 29. 8. Adducam su-
perte gladlwn : Je vais faire tomber la guerre
Lr vou.. c. 2G. 19. c. 30. 11. Jerem. 15. ik
c 50. 9. Ainsi, Adducere mnla, xdtionem, af--
fiictionem. Isa. 7. 17. c. 8. 7. c. 31. 2. c. 3o.
it. et souvent dans Jérémie, au conti-aire.
Adducere bonum super (diquem : Faire du
bien à quelqu'un. Jereti). 32. 42. Sicut ad-
duxi super populum istum omne malum hoc
grande ; sic adducam super eos omne bonum
quod ego loquor ad eos : Comme j'ai affligé ce
peuple de tous ces grands maux, je le com-
blerai de mêine de tous les biens que je leur
promets maintenant. Ainsi, Thren. 1. 21.
Adduxisti diem consolationis, et fient similes
mei : Quand le jour sera arrivé auquel vous
devez me consolt'r,mes ennemis deviendront
semblables à moi : c'est ce que les Juifs di-
sent des Babyloniens.
Adducere in judicium : Faire venir en ju-
gement, plaider contre quelqu'un, lui faire
rendre compte. Job. 14. 3. Dignnm ducis sU'
per hujusceniodi aperire oculos tuos et addu-
cere eum tecum in judicium? Vous daignez-
bien jeter la vue sur une vile créature, et
entrer en contestéition avec elle? Eccli. 11.
9. Scito quod pro omnibus his adducet te Deus
in judicium : Sachez que Dieu vous fera
rendre compte en son jugement de toutes ces
choses, c. 12. 14. Adducere in gloriam : Con-
duire à la gloire . Heh. 2. 10. Multos filios in
gloriam adduxerat : Dieu voulait faire venir
plusieurs enfnnts dans sa gloire pour les
faire cohéritiers de Jésus-Christ.
Adducere ad perfectum ^■zsIsloû-d) : Conduire
à la perfection, y fairearriver.Heb.7. 19. Ni-
hil ad perfectum adduxit lex : La loi ne con-
duit personne à une parfaite justice.
Adducere in stultum fincm et in stuporem
(Stiysiv) : Rendre fous et slupides. Job. 12. 17.
Adduxit consiliarios in stultum finem et ju-
dices in stuporem : Dieu ôte quand il veut
aux conseillers et aux juges leur sagesse et
leur prudence.
2° Conduire, mener, faire marcher. Deut.
8. 2. Adduxit te Dominus quadraginta annis
per desertiim : Le Seigneur votre Dieu vous
a fait marcher dans le désert pendant qua-
rante ans. c. 29. 5. 2. Parai. 28. 5. Jer. 31. 9.
D'où vient cette sigiiificalion Ggurée, élever
quelqu'un, le faire arriver à un dî gré d'hon-
neur élevé. 2. Keg. 7. 18. Quis ego quia ad-
duxisti me hue tisquc? Qui suis-je, ô mon
Diou, pour m'avoir fait venir jusqu'au point
où je me trouve?
3" Kmmener une personne ou une chose
en un autre lieu (jue celui où elle est
(j;«7-tv) Ezech. 17. 12. Adducet eos ad semet-
ipsum in Babyloncm : Nabuchodonosor em-
mena avec lui Sédécias et le peuple en Ba-
bylono. 0. 19. 4. 2. Parai. 28. 11. Jerem. 24.
1. c. 52. 11. Ezech. 19. 9.
^^ T'';<^r, attirer, allonger [èKt^Tzâ-j) 1. Cor.
7.18. Circumcisus aliquis vocalus est, non
adducatprœputium .-Si un homme est appelé
1J6
à la foi étant circoncis, qu'il n'affecte point
de paraître incirconcis, en retirant le pré-
puce pour le remettre de la manière que l'en-
seigne Cornel. Celsus, 1. 7. c. 25. C'est ceque
faisaient ceux qui, renonçant à la religion
des Juifs, ne voulaient point paraître circon-
cis, comme firent ceux qui sont marqués. 1.
Mach. 1. 16. Fecerunt sibi prœputia : Quel-
ques Israélites ôtèrent de dessus eux les
marques de la circoncision ;d'antres ne vou-
lurent plus de circoncision, c'est-à-dire, dans
leurs enfants.
5° Introduire, conduire dans un lieu. Ps.
44. 16, Adducentnr in templum régis :0n con-
duira les épouses de Jésus-Christ jusque dans
le temple du roi, c'est-à-dire dans son pa-
lais, qui marque le ciel où elles sont présen-
tées à Jésus-Christ leur époux. 2. Èsdr. 9.
23.
6' Joindre, associer. Jean. 10. lô.AIiasoves
habeo quœnon sunt ex hoc ovili ,et illas oportet
me adducere : J'ai encore d'autres brebis qui
ne sont pas de celte bergerie; il faut aussi
que je les amène pour n'en faire qu'un trou-
peau; des Juifs et des Gentils. Isa. 66.20.
Et adducent otnnes fratres vestros de cunctis
gentibus : Ils feront venir tous vos frères de
toutes les nations. Ceci a été accompli par
les apôtres dans la conversion des Gentils.
Voy. c. 56. 7. Sap. 8. 9. Proposui hanc ad'
ducere mihi : J'ai résolu de prendre la sa-
gesse avec moi : ainsi, adducere aliquem cum
aliquo : mettre quelqu'un au même état. Ps
124. 5. Déclinantes in obligationes, etc. Voy.
Obligatio. 1 Thess. 4. 14. Deus eos qui dor-
mierunt per Jesum adducet cum eo : Dieu
ainènera avec Jésus ceux qui se seront en-
dormis en lui du sommeil de la mort.
7° Offrir, présenter , apporter (-poaâyEtv).
Ps. 71. 10. Reges Arabum et Sabu dona addu-
cent : Les rois d'Arabie et de Saba lui offri-
ront des présents.
8" Retirer, f;iirc revenir ^iMSTonréunEiv). Ge»
nés. 27. 46. Adducam te inde : Je vous ferai
revenir de chez Laban, dit Rébecca à Jacob.
Eccli. 3. 22. Quis eum adducet ut post se fu-
tura cognoscat : Fera-t-on revenir ce riche
de l'autre mondt-, pour reconnaître quel bé-
lier il aura ? Gen. 46. 4. Jerem. 23. 8. Ezech.
11. 24. c. 37. 21. Zach. 8. 8.
Ainsi, Adducere iler aliquo, revenir quel-
que part (i7T«v/j-/.ctv, reverti). Eccli 4. 20. Jter
adducet, directum ad illum : La sagesse re-
tournera par un chemin droit. Gr. Elle re-
viendra droit à celui qu'elle aura éprouvé.
9" Susciter, faire naître. Zach. 3. 8. Eccs
ego adducam servum uieum Orientem: Je m'en
vais faiio venir un soleil levant qui est mon
servi'cur.Heb. Un germe qui s'élèvera. Voy.
Oriens. Dan. 9. 24. Et adducatur justitia
sempilerna : Afin que la justice éternelle
vienne sur la terre.
10' Attirer, fiire venir, causer quohiue
chose. Eccli. 30. 26, Anle Icmpus seneclani
adducit coi^i/fl^/ts ; L'inquiétude fait venir
la vieillesse avant le teuips. c. 1. 38. Ne forte
cadas et adducas animœ tuœ inhnnorationem :
Soyez attentifà vos paroles, d»^ peur que vous
ne tombiez, et que vous sie vous attiriez du
97 ADE
déshonneur, c. 4. :i5. Est confusîo odducens
peccotuni, et est confusio adducens gloriam
et gratiam : l\ y a une confusion qui fait
îomlier dans le péché; (4 il y en a une autre
qui attire la gloire et la grâce. Voy. Confu-
sio. c. 23. 21. c. 28. 13. c 31. 25.
11" Pousser, porter, excil<'r(7rpo«y£iv). Sap.
19. 11. Adducti coticupiscenlin po&lulnverunt
escas cpulationis : Los Israélites ayant un
grand désir de manger des viandes délicieu-
ses, ils en demandèronlà Dieu. Ainsi, porter,
inviter. Rom. 2. k. Jçjnoras quoniam benigni-
tas Dei ad pœnitentinm le af/rfact7? Ignorez-
vous que la bonté de Dieu vous invite à la
pénitence?
12° Réduire, contraindre, soumettre {s^yja-
6«£, venir e], Isa. hi 25. Adducet mayistraius
quasilutuni:ie traiterai les grands du monde
comme la bouc. Heb. Venicns proculcabit.
Adducere ad omaritudinem : Plonger dans
dé grandes inquiétudes {•Ki.y.f^uiv-.iv). Job. 27,
2. Vivit Deus qui ad amnritudincm adduxit
animam mcam : Je prends à témoin le Dieu
vivant qui a rempli mon âme d'amertume,
que je ne prononcerai rien d'injuste.
Adducere ad œmulationem : Rendre jaloux
[Trupc/Xvlovv). Rom 10. 19. Ego ad œmulatio-
nem vos odducam, in non gentem : Je vous
rendrai jaloux d'un peu|)le qui ne mérite
pas dêlre appelé peuple. Dieu pique les Juifs
de jalousie contre les Gentils.
ADDUS, heb. Novitas, nom de lieu; on
croit que c'est cette ville que Jonathas avait
bâtie etqui est nommée Adiada. 1. Mach. 12.
18. Joseph l'appelle Addida, et Adrichomiiis
la place dans la tribu d'Ephraïm. 1. Mach.
13. 13. Simon autem appUcuit ad Addus con-
trafaciem campi:S\inoi\ se campa près d'Ad-
dus, vis-à-vis de la plaine : c'est la même
plaine qui est nomaiée Sephela. c. 12. 38.
V'^oy Adiada.
ADEODATUS, Gr. è>e«v«v. Ce nom vient
du verbe dure, donner, et de Deus, Dieu, et
signifie qui est donné de Dieu, en un seul
mot, Dieudonné : c'a été le surnom de quel-
ques princes dont la naissance a été inespé-
rée, et que Dieu a accordé aux prières do son
peuple; dans l'Ecriture, Adéodat ou Dieu-
donné, c'est le surnom d'un homme vaillant
qui tua un géant uommé Goliath. 2. Rcg. 21.
19. Tertium fuit beUum inGob contra Philis-
thœos, in quo percussit Adeodatus filius saltus
Polymilarius Bethleemiles Goliath Gethœum:
Il y eut aussi une troisième guerre à Gob
contrôles Phflistins, en laquelle Dieudonné
fils du Bois, brodeur de Belhleem,lua Goliath
de Gel h. Ces noms Adeodalus, Saltus, Poly-
milarius,sont des noms traduits de l'Hébreu:
au lieu de dire, en laquelle Elhanari fils de
Zaare, surnommé Orgim de Bethléem tua
Goliath ; les P iralipomènes disent le frère de
Goliath de Geth ; c'est-à-dire, un second Go-
liath, aussi fort que celui qui fut tué par
David. 1. Par. 20. 5.
ADEPâ , ipis , Gr. cTTêa?, «TOf , graisse. Ce
nom vient ou de daps qui était le festin d'un
sacrifice, ou plus simploment, de l'ancien
uomudapisy qui vient û'adapio, conjungo;
parce que la graisse lient à la chair.
ADE
98
1" Graisse. Lcvit. 3. 16. Omnis adeps Do-
mini erit : Toute la graisse appartiendra au
Seigneur; elle lui est consacrée, et étant brû-
lée au feu, c'est une oblation d'agréable
odeur qui le rend favorable, v. 3. 4-. 9. 10.
li. 17. c. 4. v. 8. 9 etc.
2"Les entrailles auxquelles tient la graisse.
2. Reg. 1. 22. A sanguine interfectoriim, ab
adipe fortium sagittn Jonathœ numquam re-
diit retrorsum : La flèche de Jonathas, teinte
du sang des morts et du carnage des plus
vaillants, n'est jamais retournée en arrière,
ou n'a jamais porté de coups en vain. Isa.
34. V. 6. 7. Inebriabitur humus eorum adipe
pinguium: Les champs s'engraisseront de la
graisse de leurs corps, c'est-à-dire, des en-
trailles des ennemis du peuple de Di<'u.
3' Ce qui est de meilleur, de plus excellent
et de plus délicat en chaque chose, parce que
la graisse passe pour tel dans un animal;
c'est pour cela qu'elle était toute réservée
pour Dieu, et qu'il est dit que David excel-
lait parmi les enfants d'Israël, comme la
graisse der4ioslie que l'on séparedela chair.
Eccli. 47.2. Ainsi, ce mot signifie non-seu-
lement ce qui est de m( illeur parmi les ani-
maux. Gen. 4. 4 Deut. 32. 14. Isa. 1. 11. c.
43. 24. 1. Reg. 15. 22. mais encore le meil-
leur blé, le meilleur vin, la meilleure huile.
Ps. 80. V. 15. Cibavit eos ex adipe frumenli :
Dieu a nourri les Israélites de la fleur du plus
pur froment; c'est à-dire qu'il fos a comblés
de biens dans la terre promise. Ps. 147. 3,
Ce qui est exprimé par le mot medulla , la
moelle. Num. 18. 12. Deut. 32. 14. Ainsi, co-
medere adipem. Deut. 32. 38. Ezech. 39. 19.
Adipe frumenli cibari et satiari. Ps. 80. eî 147.
C'est être nourri de viandes les plus délica-
tes : ce qui s'entend dans le sens figuré de
la chair sacrée de Jésus-Christ.
4" La grâce de Dieu et les consolations spi-
rituelles. Ps. C2. C. Sicut adipe et pinguedine
replealur anima mea : Que mon âme soit rem-
plie et comme engraissée de viandes délicieu-
ses; notre âme a sa graisse aussi bien que
notre corps ; la sagesse de Dieu est pour elle
une nourriture spirituelle qui la rassasie
parfaitement.
5" La victime offerte à Dieu, parce que
c'était la coutume de lui en offrir la graisse.
1. Reg. 15. 22. Melior est obedientia, quam
offcrre adipem arietum : L'obéissance est
meilleure que les victimes, et il vaut mieux
se rendre à sa voix que de lui offrir des bé-
liers les plus gras. Ezech. 44. v. 7, 15. 3.
Reg. 8. 64. 2. Par. 7. 7. c. 29. 35. c. 35. 14.
0^ Abondance de biens, grande prospérité
accompagnéed'orgueil et de fierté. Ps. 72. 7.
Prodiit quasi ex adipe iniquilas eorum : c'est
de l'abondance de leurs biens qui les enfle
d'orgueil que sort leur iniquité.
7° Entrailles de compassion et de miséri-
corde. Ps. 16. 11. Adipem suum concluserunt :
Mes ennemis ont lérmc leur cœur et leurs en-
trailles parleur inhumanité, comme lagraisso
renfermeles entrailles des animaux; ce qui est
conforme à ce que dit saint Jean, 1. Ep. 3. 17.
Qui clauserit viscera sua ab eo : Si (luelqu'un
ferme à son frère ses entrailles.
d9
OICTIONiNAIRE DE PHILOLOGIE SACRLE.
8^ Pâte (ffT«r?), dans laquelle il entrait de
la graisse pour en faire des gâteaux. Jer. 7.
18 Mulieres consperseritnt adipem : Les fem-
' mes ont pétri la pâte dont on faisait les gâ-
teaux qu'ils offraient à la reine du ciel, c'est-
à-dire à la lune. Hebr. Posuerunt consper-
sionem.
ADESSE, nuo^axi. — 1^ Etre, être présent.
Joan. 11. 28. Magister adest : Le Maître est
ici, et il vous demande. Exod. 2. 12. Luc. 13.
1. c. 23. 48. Act. 25. 2i. Job. 39. 33. Ps. 138.
8. etc. Ainsi, Adesse ciim aliquo : Etre, se
trouver dans quelqu'un (û-«o/Eiv). 2. Petr.
I. 8. Hœc enim si vobiscum adsint : Si ces
grâces se trouvent en vous.
2''Etre prêt, se présenter pour faire quel-
que chose. Act. 10. 33. Nunc er go opines nos
in conspectutuo adsumus : Nous voilà main-
tenant tous, dit Corneille à saint Pierre,
prêts devant vous. Gr. devant Dieu. Esth. 1.
13. Ainsi, en plusieurs endroits, adsum ou
ecce adsum, me voilà, marque une prompte
obéissance ou acquiescement. Gen. 22. 11.
c. 27. 1. c. 31. 11. c. 46. 2. Exod. 3. 4. Num.
22.38. etc. Mais Eccll. 19. 9. Aderit iibi sem-
per, signifie, il sera toujours pjêt à vous
nuire ( lo-rj èyw, Ecce ego ; ri êara, Quid
est?).
S' Venir, être près d'arriver. Deut. 32.35.
Adesse festinant tempora : Le temps que j'ai
marqué, dit Dieu, s'avance à grand pas. Marc.
4. 29. Adest messis : Le tenips de la moisson
est venu {Truphrny.vj) . 2. Mach. 15. v. 7. 8.
De là vient cette phrase, Adesse in foribus :
Etre comme à la porte , être prêt à surpren-
dre. Gènes. 4. 7. Sin auiem maie, slatim in
foribus peccalum aderit : Si vous faites mal,
dit Dieu à Caïn, la punition de votre faute
vous suivra de près. Voy. Janua.
4'Servir quelqu'un, l'assister, le soutenir,
le défendre ((7v;x:7«f«ytv£C76«i)- 2. Tim 4. 16.
Jn prima mea defensione nemo tnihi adfait :
La première fois que j'ai défendu ma cause,
nul ne m'a assisté. Gones. 31. 42. Nisi Deus
patris met et limor Isaacadfuisset 7nilii {shu.i):
Si le Dieu de mon père, et le Dieu qui fait
l'objet de la crainte respectueuse d'Isaac ne
m'eût assisté, etc. Sap. 10. 11.
ADHvERERE, y.olU<7bui. 1° Tenir ou être
attaché à quelque chose, s'y attacher (7ri:ptTr).s-
xe7&«t). 2. Reg. 18. 9. Adhœsit caput ejui quer-
cui; La tête d'Absalom s'attacha à un chêne
et s'embarrassa dans ses branches. Luc. 10.
II. Pulverem qui adhœsit nobis de civitate
veslra, extergimus in vos : Nous secouons
contre vous la poussière même de votre ville,
qui s'est attachée à nos pieds. Voy. Pulvis.
Levit. 1. V. 8. 12. c. 5. 8. c. 15. 3. Job. 41.
8. etc. Ainsi l'on dit Ogurément :
Linguam adhœrere fuucibus ou palato : Que
la langue est allachéo au palais ou à la gorge
soit pour marquer une extrême soif. Ps. 21.
10. Lingua mea adhœsit faucibus meis : Ma
langue est demeurée attachée à mon palais ;
c'est Jésus-Christ qui parle, dont David était
la figure. Thren. 4. 4. Adhœsit lingua lacten-
its adpahtum ejui in siti : La langue de l'en-
fant qui était à la mamelle s'est attachée à
»0D palais, au siège de Jérusalem; soit pour
100
marquer un silence respectueux. Job. 29.
10. Lingua eorum gutturi suo adhœrebat :
Lorsque je parlais, la* langue des plus puis-
sants demeurait attachée à leur palais. Job
dit cela du temps de sa prospérité; ou une
impuissance de parler. Ezech. 3. 26. Linguam
tuam adhœrere faciam palato tuo (o-yvSstv, col-
ligare) : Je ferai que votre langue s'attachera
à votre palais envous empêchant de repren-
dre mon peuple, parce qu'il ne cesse de m'ir-
riter. Ps. 136. 6. Adhœreat lingua mea fauci-
bus meis : Que je demeure sans voix et sans
parole si je ne me souviens de toi, ô Jérusa-
lem, disaient les Juifs dans la captivité.
Ossa pelli ou cutim ossibus adhœrere : Que
la peau est collée sur les os , pour marquer
une maigreur qui ait desséché tout le corps.
Job. 19. 20. Pelli meœ consumptis carnibui,
adhœsit os meum : Mes chairs ont été réduites
à rien, et mes os se sont collés à ma peau.
Thren. 4. 8. Ainsi, Ps. 101. 6. Adhœsit os
meum carni meœ : A force de gémir, je n'ai
plus que la peau collée sur les os.
Animam adhœrere pavimento : Que l'âme
ou la vie est attachée à la terre, ou touche au
sépulcre , pour marquer que Ton est proche
de la mort et du tombeau. Ps. 118. 25. Adhœ-
sit pavimento anima mea : David parle des
grands périls où il s'était trouvé par la per-
sécution de ses ennemis. Voy. Venter.
Maculam adhœrere manibus : Que quelque
souillure s'est attachée aux mains, c'est-à-
dire qu'on s'est souillé par quelque crime.
Les mains signiûent les œuvres. Job. 31. 7.
Si manibus meis adhœsit macula : Si j'ai eu
les mains souillées de quelque action hon-
teuse. La métaphore est tirée des choses sales
qui gâtent les mains. Ainsi, Deut. 13. 17. Non
adhœrebit de illo analhemate quidquam in manu
tua [TzpotTxollâv) : Il ne demeurera rien dans
vos mains de cet anathème : vous brûlerez
tout.
2" S'attacher pour ne point quitter , tenir
inséparablement à quelqu'un. 4. Reg. 5. 27.
Lepra Naaman adhœrebit tibi et semini tuo, in
sempiternum : La lèpre de Naaman s'atta-
chera à toi et à toute ta race pour toujours.
Deut. 28. 60. Jerem. 42. 16. Baruch. 1. 20.
3" Etre attaché à quelqu'un par une liaison
très-étroite soit pour ne faire qu'un corps
et être membre l'un de l'autre par une union
légitime. Gènes. 2. 24. Relinquet homo patrem
suum et matrem , et adhœrebit uxori suœ :
L'homme abandonnera son père et sa mère,
et demeurera attaché à sa femme , et ils ne
feront tous deux qu'une seule chair. Matth.
19. 5. Marc. 10. 7. Ephes. 5. 31 ; soit par une
union illégitime et criminelle. 1. Cor. 6. 16.
Qui adhœret tneretrici unum corpus efficitur •
Celui qui se joint à une prostituée , est un
même corps avec elle; soit pour ne faire
qu'un même esprit ensemble, v. 17. Qui au-
tem adhœret Domino iinus spiritus est : Celui
qui demeure attaché au Seigneur, est un
même esprit avec lui par la foi et la charité,
qui unit son esprit avec celui de Jésus-Christ
Ps. 72. 28. Mihi autem adhœrere Deo bonum
est (Trpoo-xoXXâv) : Pour moi, tout mon bien
(Si de me tenir uni à Dieu. Ps. 62. 9. Ce «lui
iOl
ADH
ADII
iOZ
se dit aussi des Israélites qui se sont attachés
au service de Dieu dans l'Ancien Testament.
Deut. 4. 4. c. 10. 20. c. 11. 22. Jos. 22. 5. etc.
k° Etre attaché , avoir de l'attache soit à
quelque personne [ùy.olovS-ïv). Gènes. 34. 8.
Filii mei adliœsit anima filiœ veslrœ : Mon flls
a pour votre GUe une forte attache, dit Hémor
à Jacob. Ruth. 1. 14. Ruth adhœsit socnii suœ :
Rulh s'attacha à Noémi sans la vouloir quit-
ter. Isa. 2. 6. Pueris alienis adhœserunt : Les
Israélites se sont attachés à des étrangers.
Voy. Alienus.
Soit à quelque chose {-poirriBetiBai). Jos. 23.
12. Quod si volueritis gentium erroribus ad~
hœrere : Que si vous voulez vous attacher
aux erreurs des peuples profanes. 4 Reg. 3.
3. In peccatis Jéroboam adhœsit : Joram sui-
vit les dérèglements de Jéroboam; au con-
traire, David sattachait à la loi de Dieu. Ps.
118. 31. Adhœsi testimoniis tuis , Domine.
Rom. 12. 9. Odientes malum, adhœrentes bono :
Ayez le mal en horreur, et attachez-vous
fortement au bien.
5° S'attacher à quelqu'un , aemeurer tou-
jours auprès de lui. Judic. 16. 16. Cum mo-
lesta esset ei, et per multos dies jugiter adhœ-
reret • Comme Dalila importunait sans cesse
Samson et se tenait plusieurs jours attachée
auprès de lui , c'était pour tirer de lui son
secret.
6" S'attacher à quelqu'un, s'engager avec
lui soit pour suivre son parti et ses intérêts.
2 Reg. 20. 2. Viri Juda adhœserunt régi suo :
Ceux de Juda demeurèrent attachés à leur
roi. Ps. 24. 21. Innocentes et recti adhœserunt
mihi .'Les innocents, et ceux dont le cœur est
droit , sont demeurés attachés à moi. David
marque à Dieu sa reconnaissance de ce que
les gens de bien n'avaient point suivi son fils
et ne s'étaient point détournés de leur devoir
par l'exemple des rebelles. Luc. 16. 13; soit
pour lui rendre service en qualité de servi-
teur. Luc. 15. 15. Abiit et adhœsit uni civium
regionis illius : L'enfant prodigue s'en alla
et s'attacha au service d'un des habitants du
pays. Ainsi, David dit,Ps. 100. 5. Non adhœ-
sit mihi cor pravum : Celui dont le cœur était
corrompu , n'avait aucune société avec moi
ni pour me rendre service ni pour converser
familièrement avec moi.
Soit pour en être instruit ou pour avancer
dans la voie du salut {-Kpo^yM^tepû-j , perdu-
tare). Act. 8. 13. Et cum baptizatus esset ad-
hœrebat Philippo : Après que Simon le Magi-
cien eut été baptisé, il s'attachait à Philipp<; ;
c'était par hypocrisie. Ainsi, c. 17. 34. Qui-
dam viri adhœrentes ei crediderunt : Quelques-
uns des Athéniens se joignirent à saint Paul
et embrassèrent la foi {■Kpo^riBîTOai). Isa. 14.
1. Adhœrebit domui Isra l : Les étrangers
s'attacheront à la maison de Jacob ; c'est une
prédiction de la vocation des gentils.
7" Tenir à quelqu'un , être ou se trouver
en quelqu'un (<rv//7:/iocreîvai). Ps. 93. 20. Num-
quid udhœrel txbi sedcs iniquilads : Le tribu-
nal de la justice peut-il avoir quoique union
avec vous lorsque vous nous faites des com-
mandements pénibles? Le prophète parle à
Dieu-.
ADHIBERE, 7T«ûa),a|^e«v£iv. Ce verbe signi-
fie proprement employer quelque chose ou
quelque personne, la prendre, s'en servir ;
mais il a diverses signitications selon les mots
auxquels il se trouve joint.
1° Prendre, admettre, recevoir. Matth. 18.
16. Si te non audierit , adhibe tecum adhuc
unutn tel duos : Si votre frère ne vous écoule
point, prenez encore avec vous une ou deux
personnes pour vous aider à le faire entrer
dans les sentiments d'un vrai repentir , et
pour être témoins de la charité avec laquelle
vous travaillez à son salut ( noua ). Ainsi
l'on dit : Adhibere testes : Prendre des témoins.
Isa. 8. 2. Adhibui mihi testes fidèles. Jcrem.
32. V. 10. 25. 44.
2''Prendre conseil de quelqu'un {avitirovUveu-
6v.i). 3 Reg. 12. 8. Adhibuit adolescentes (sci-
licet in consilium) : Roboam prit le conseil
des jeunes gens. Voy. Adolescens.
3° Employer quelque chose , s'en servir
(9:|5arre0e'76at, CUrare', nspiTii-Tz-si iTvniiJ.ioiç, inci—
aerein supplicia). Eccli. 18. 20.^n/e tanguorem
adhibe medicinam : Usez de remèdes avant la
maladie. 2 Mach. 6. 13. Multo tempore non
sinere peccatoribus ex sentenlia agere, sed sta-
lim ultiones adhibere, magni beneficii est indi-
cium : C'est la marque d'une grande miséri-
corde de Dieu envers les pécheurs, de ne les
pas laisser longtemps vivre selon leurs dé-
sirs, mais d'employer à leur égard un prompt
châtiment. On dit, en ce sens : Adhibere cu-
ram ou diligentiam : Employer ou donner ses
soins, son application. 2. Mach. 11 . 23. Volen-
tes eos qui sunl in regno nostro, sine tumuUu
agere et rébus suis adhibere diligentiam : Dési-
rant que ceux qui sont dans notre royaume
vivent en paix pour pouvoir s'appliquer avec
soin à leurs âiïaires {y Lvîcj^ui Tzpôç è-iiié'keiu-jyin-
cumbere in procurationem). 2. Par. 28. 15.
ADHORTARI , izutiK-mlta , exhorter , en-
courager, animer. Hebr. 3. 13. Adhortamini
vosmetipsos per singulos dies : Exhortez-vous
chaque jour les uns les autres. Exod.32. 18.
1. Mach. 13. 3. 2. Mach. 11.7.
ADHUC , £-£, irpo^îTi. Cet adverbe , qui
marque ordinairement le temps, se fait d'ad
et de /toc ou hœc en sous-cnlcndant tempus
ou tempora, et signifie proprement jusqu'ici,
jusqu'à présent, jusqu'à maintenant; néan-
moins il se met avec le présent , le passé et
l'avenir , et marque la continuation d'une
chose jusqu'à ce temps.
1" Encore, soit qu'il signifie alors, pour le
temps passé. Rom. 5. 8. Cum adhuc peccato-
res essemus , Christus pro nobis mortuus est :
Lorsque nous étions encore pécheurs, Jésus-
Christ n'a pas laissé de mourir pour nous.
Matth. 27. 63. Dixit adhuc vivens : Cet im-
posteur a dit, lorsqu'il était encore vivant. Les
Juifs parlent à Pilate de Jésus-Christ, c. 12.
46. c. 17. 5. c. 26. 47. Marc. 11. 2. Joan. 2.
10. ctc; suit qu'il signifie jusqu'ici , jusqu'à
maintenant pour le temps présent («x/x/jvj.
Mallli. 15. 16. Adhuc rt vos sine intellectu
eslis ? Avcz-vous encore vous même si peu
d'intelligence, dit Jésus-Christ à ses apôtres?
1. Cor. 3. 3. c. 15. v. 6. 17. Galal.5. ll.Goloss.
2. 20. etc. ; soit qu'il signifie à l'avenir, doré*
DICTIONNAJRE DE PHILOLOGIE SACREE.
105
navaiit pour le temps futur. 2. Cor. 1. 10.
Oui de tfintis pericidis nos eriputt et eruif, tn
QHem speramus guoniam et adhuc enpiet :
Dieu qui nous a délivrés de si grands périls,
nous en délivre encore , et nous en delivrca
à lavenir comme nous l'espérons de sa bonté.
Rom. 6. 2. Hebr. 11. 32. Jerem. 31. v. 4. 5.
20. c 32. 15. etc. au prése U et au futur. Cet
adverbe, avec le futur, marque ordinairement
ce qui continue de se faire. Eccii 2i. 29. Qui
edunt me adhuc esurienl : Ceux qui me man-
gent, dit la Sages,-e, auront encore faim. Dan.
10. 14. Adhuc Visio : Il y aura encore des
prophéties. Habac. 2. 3. Zach. 1. 17. etc.
2" Outre cela , de plus , davantage. Luc.
14. 26. Si quis venit ad me et non odil patrem
suum , et matrem, et uxorem adhuc aulem et
animam suam : Si quelqu'un vient à moi et ne
hait pas son père et sa n.ère , sa femme , et
outre cela sa propre vie , ne peut être mon
disciple, v. 22. Gen. 45. v. 6. 11. Jos. 23. 4.
l.Cor. 12. 31. Hebr. 12.26. Apoc.9. 12. Agg.
2. 7. M<itth. 19. 20. Quid adhuc mihi deest?
Que me resle-t-il encore à faire? Luc. 18. 22.
c. 26. 65. Marc. 14. 63.
3» EnGn. Marc. 12. 6 Adhuc ergo unum
habens fjium charissimum : EnGn , le maître
de la vigne ayant un Gis qu'il aimait tendre-
ment, ren\oya à ses vignerons.
k° Cet adverbe est quelquefois superflu.
Isa. 29. 17. Nonne adhuc in modico et in brevi
convertetur Libnnus in Charmel? Ne verra-t-
on pas, dans très-peu de temps, le Liban de-
venir une plaine? Voy. Charmel. Luc. 1.
15. Spiritu sancto replebitur adhuc ex ulero
malris suœ : Cet enfant sera rempli du S iiiit-
Esprit dès le ventre de sa mère. Col. 2. 20.
5° Quand il est suivi de la conjonction et;
il marque un espace de temps apiès lequel
une chose se doit faire, ce qui s'exprime par
les prépositiiins dans ou après. Joan. 3. 4.
Adhuc quadra(jin(a dies et Ninive subverletur:
Dans quarante jours Ninive sera délruile.
Gènes. 7. 4. Adhuc enim el post dies septem
egopluam : Je n"atli ndrai plus que sept jours,
après cela je ferai pleuvoir. Dan. 11. 27.
Adhuc finis in aliud tcmpus : Daniel marque
que l'accomplissement des prophéties sera
différé à un autre temps (Gr. ort;. Joan. 14,
19. c. 4. 35. etc.
ADJ ACERE, Tzv.cu-Aù'jfjxi. Ce verbe signiGe
proprement être couché auprès, de plus : —
1' Etre situé auprès. Dcut. 2. 37. Quœ ad-
jacent lorrenli Jeboc : Tout ce qui est aux
environs du torrent deJéboc. 2. Mach. 12. 16.
Ita tit adjacens slagnum sanguine inierfcclo-
rum fîucrciiUeretur :ï)csor[o que létang d'au-
près semblait tout rouge du sang des morts.
— 2' Eire, se trouver ou résider en quelqu'un.
Rom. 7. 18. Nam veKe, adjacet niihi, perficcre
aulem bonum 7ion invenio : Je trouve en moi
(par la grâce de Dieu) la voioutc de faire le
l)icn ; mais je ne trouve point le moyeu de
raccomplir. Quoniatn mihi malum adjacet :
l*arce que l'incliualion au mal réside dans
moi. V. 21.
ADJADA, M. 11. br. l'estimonium ou prœda
mnnus , forteresse de la tribu de Dan , bâtie
par Simon Macliabée pour empêcher les
\Q'k
courses des ennemis. 1, Mach. 12. 38. Simon
œdificavit Adjada in Sephela, el muniiit eam ;
Simon bâtit aussi Adjada dans la plaine, et la
forliGa. Voy. Addos, Sephela.
ADIAS, JE, testimonium Dei , flls de Bani,
qui avait épousé une femme étrangère. i.Esd
10. 39.
ADIEL, Testimonium Dei. — 1° Fils d"Asiel,
de la tribu de Siméon. 1. Par. 4. 36. — 2° Le
père de Maasaï, et Gis de Jezra , de la tribu
de Benjamin. 1. Par. 9. 12. Il est appelé Az-
réel , Gis de Ahazi. 2 Esd. 11. 13. — 3 Le
père d Azmoth 1. Par. 27. 25. Voy. Azmoth.
ADJICERE, TT^oc-Ttôio-ôat. Ce verbe signiGe
proprement jeter à, pousser, envoyer jus-
qu'à ; mais il signifie souvent aussi ajouter ,
mettre avec.
1° Ajouter, augmenter. Matth. 6. 27. Quis
veslrum cogitans potest adjicere ad staturam
suam cubitum unum? Qui est celui d'entre
vous qui puisse, avec tous ses soins, ajouter
à sa taille la hauteur d'une coudée? Luc. 12.
25. 2. Reg. 12. 8. Eccli. 15. 15. c. 18. 5. c.
42. 21. Ainsi , l'on dit ajouter, dire encore
quelque chose. Gen. 24. 19. Cumque ille bi-
bisset, adjecit : Après que le serviteur d'A-
braham eut bu, Rebecca ajouta, Luc. 19. 11.
Adjiciens dixit : Jésus -Christ ajouta en-
core.
2» Donner comme par surcroît, ajouter le
pnr-dessus. MaUh. 6. 33. Hœc omnia adji-
cienlur vobis : Toutes ces choses vous se-
ront données comme par surcroît : Dieu
qui donne un bonheur éternel ne manquera
pas de donner les biens périssables, qui
sont, par le bon usage qu'on en fait, des
moyens pour y parvenir, et qui sont l'ac-
c.ssoire du sort priiicipal. Marc. 4. 24. In
qua mensura mensi fueriiis, remelielur vobis^
et udjicietur vobis : On se servira envers
vous de la mésne mesure dont vous vous se-
rez servis envers les autres, et il vous sera
donné encore davantage. Gr. à vous qui
écoutez ; comme si Dieu ajoutait à la récom-
pense qu'on mérite un surcroît de biens,
pour marquer qu'il sera libéral et magnifi-
fique, pour répandre avec abondance de
nouvelles grâces sur ceux qui recevront
sa parole avec beaucoup d'atlenlion et de
travail.
3° Prolonger, rendre la durée d'une chose
plus longue. Eccli. 37. 34. Qui abstinens esty
adjiciet vitam : L'homme sobre en vit plus
longtemps, au lieu que l'intempérance eu
tue plusieurs.
4° Appliquer, employer. Eccli. 21. 18. Ver-^
bum sapiens ad se adjiciet : Que l'homme ha-
bile entende une parole sage, il se l'appli-
quera. Eccli. 12. il. Adjice animum tuum et
cuslodi te ab iUo : Soyez vigilant et donnez-
vous de garde d'un ennemi qui s'humilie
devant vous.
5° Entreprendre, lâcher de faire. Eccli. IB.
4. Quis adjiciet enarrare misericordiam ejus?
Qui entreprendra de publier toutes les misé-
ricordes du Seigneur?
6° Etendre, allonger, d'où se (àilf Adjicere
manum : Etendre la main pour marquer
quelque entreprise. Isa. il. 11. Adjiciet Do^
105
ADI
ADl
106
minus secundo manum suam ad possidendum
residuum populi sui: Le Seigneur étendra en-
core sa main, pour posséder les restes de
son peuple; c'est-à-dire, qu'il usera encore
de sa puissance. Voy. Extendere.
Phrases Urées de la première significaiion.
1° Adjicere super : Augmenter, multiplier,
ajouter quelque chose de nouveau. Ps. 60.
7. Dies super dies régis adjicies : Vous mul-
tiplierez les jours du roi. Quoique ce roi
se puisse entendre à la lettre de David, lui-
même et les saints interprètes après lui ont
entendu par ce roi Jésus-Christ, dont le rè-
gne n'aura point de fin. Ps. 70. li. Adjiciam
super omnem laudem tuam : Je vous donne-
rai toujours de nouvelles louanges. 2. Par. 28.
13. Isa. 38. 5. Ps. 113.22. Adjiciat Dominus
super vos, suppl. benediclionem : Que Dieu
vous comble de nouveaux biens, vous et vos
enfants; comme s'il disait : Que Dieu répande
sur vous et sur vos enfants bénédiction sur
bénédiction, c'est-à-dire, de nouveaux biens.
Quelquefois ad est mis pour super. Eccli. 2.
29. Peccator adjiciet ad peccandum : Le pé-
cheur d'habitude ajoutera péché sur péché,
c. 5. 3. Neque adjicias peccatum super pec-
catum : N'ajoutez pas péchés sur péchés.
2° Adjicere, suivi d'un infinitif ou û'ut avec
un subjonctif, ou de la conjonction et, si-
gnifie, continuer de faire, ou faire encore
quelque chose. 1. Reg. 3. v. 6. 8. Et adjecit
Dominus rursum vocare Samuelem : Le Sei-
gneur appela encore une fuis Samuel. Job.
39. 3^1". £c adjecit Dominus, et locutus est ad
Job: Le Seigneur parla encore à Job. 3. Reg.
11.6.1sa.7.10.c.8.D.c.lO. 20. C.23. 12. 51. 22.
c. 52. 1. etc. Quelquefois ce verbe semble
superflu et n'ajoute rien au sens. Isa. 2k. 20.
Corruet et non adjiciet (Gr. //^ Sùvï-^rat non
possil) ut resurgat : La terre tombera s;ins
que jamais elfs s'en relève. Amos, 5. 2. Non
adjiciet ut resurgat : La maison d'Israël est
tombée, elle ne pourra plus se rétablir, i. e.
Non resurget. Ainsi, Ps. 40. 9. Numquid qui
dormit non adjiciet ut resurgat? Celui qui
dort ne pourra- t-il donc pas ressusciter? An
non resurget? Cela se peut entendre ou de Da-
vid ou de Jésus-Christ, ou des ennemis de Da-
vid : Si c'est David qui parle, selon la lettre,
il dit : Ne se pourra-t-il pas faire qu'étant
grièvement malade, il relèvera de sa mala-
die? Si c'est Jésus-Christ, il dit : Qu'il res-
suscitera du tombeau. Si ce sont les enne-
mis de David, ils disent : Se pourra-t-il faire
qu'il en relève? La négation est quelquefois
superflue, ou bien, selon l'Hébreu, sans in-
terrogation, il n'en relèvera plus.
ADIMPLERE, irlnpox)^), «v«7r>>}|ooûv. Ce vcrbc
signifie proprement, remplir tout à fait. Dans
IHcriturc il signifie :
1° Emplir, remplir, rendre plein. Eccli. 50.
3. Quasi mare adimpleli sunt supra modum :
Les canaux se sont remplis exlraordinaire-
ment comme une mer. Il parle du grand pon-
tife Simon, qui fit raccommoder les aqueducs
pour conduire l'eau dans la ville. Ainsi, c.
1. 33. Et adimplebit ihesauros illius : Dieu
con»blora les trésors de celui en qui la foi et
la douceur se trouvent. Voy. Tuesalrus.
DlCTlOISN. DE PQILOL, JSJICHUE. I.
Et se dit aussi figurément en choses mo-
rales ou spirituelles. Eccli. 15. 3. Adimplebit
illum spiritu sapientiœ et intellect us : La sa-
gesse remplira de l'esprit de sagesse et d'intel-
ligence celui qui est affermi dans la justice.
Jerem. 31. 14. et même en mauvaise part.
Eccli. 10. 15. Qui tenuerit illam adimplebitur
malediclis, Gr. abominatione : Celui qui de-
meure allaché'au péché de l'orgueil, sera
rempli de malédiction ( èlof^gp^fv : Di/fun^
dere ).
2° Remplir, rassasier, contenter, satisfaire
( -kI-oOelv ). Ps. 16. 14. De absconditis luis ad~
implelus est venter eorum : Le ventre de vos
ennemis est rempli des biens qui sont ren-
fermés dans vos trésors, c'est-à-dire, que
leurs désirs en sont pleinement satisfaits.
Voy. Venter. Habacuc. 2. 5. Dilatavit quasi
infernus animam suam, etnon adimpletur (èjiA-
■klil-kIû^oll) :Ses désirs sont vastes comme l'en-
fer, et il est insatiable. Le prophète reproche
aux rois des Chaldéens leur avidité insatia-
ble de s'assujettir tous les peuples. Ps. 15. 11.
Ose. 13. 6. Àct. 2. 28.
3° Accomplir, perfectionner. Matlh. 5. 17.
Non veni soivere Legem, sed adimplere : Je ne
suis point venu détruire la Loi ou les pro-
phètes, mais les accomplir. Jésus-Christ a
accompli la loi en la faisant observer, non-
seulement exlérieurenient et à la lettre, mais
encore p.ir les sentiments du cœur et selon
l'esprit. Eph. 1. 23. Qui omnia in omnibus
advnpielur, i. e. qui quoad omnia in omnibus
membris suis perficilur : Jésus-Christ trouve
dans l'Eglise l'accoiuplissoment de tous ses
membres ; ou bien adimpletur est mis pour
adimplet, le mot grec souffre l'un et l'autre
sens. Col. 1. 24. Adimpleo ea quœ desunt pas-
sionum Christi in carne mea («vT«va7r)>}poûv).
J'accomplis dans ma chair ce (|u il me rcbt.' à
souffrir à l'imitation des souffrances d(^ J. C.
La passion du Sauveur esl sural)Oiidaiiinifnl suflisante
pour la rédem(iliou ; mais il esl néccss.ii e qwe les Justes
coiitiuueiil, on uelque sorte, ses souffr.uices, àQn d'aug-
menter le trésor des niorltes de l'Esilise..
4» Accomplir, observer, pratiquer. G..1I. 6.
2. Aliter alterius onera porlate, et sic adim-
plebitis legem Christi : Portez les fardeaux
les uns des autres, et vous accomplirez ainsi
la loi de J.-C.
5° Accomplir, vérifier ce qui a été prédit ou
promis. Mallh.1.22. floc autem tolum faclum
est ut adimpleretur quod diclum est a Do-
mino : Tout ceci s'est fait pour accomplir
ce que le Seigneur avait dit. c. 2. v. 15. 17.
23. c. 4. 14. etc. Act. 13. 33. flanc Deus ad-
implevit filiis nostris, Gr. nobis : Dieu nous
a fait voir l'effet de la promesse qui a été
faite à nos pères, à nous qui sommes leurs
enfants (è/Tr^/jooGv). Judith. 13. 18. Jn me an-
cilla Sun adimplevit misericordiam suam quam
promisit domui Israël. Dieu a accompli par
le ministère de sa servante les desseins
de miséricorde qu'il a eus pour son peu-
ple.
6" Multiplier, augmenter {nUOûveiv). 2 Pctr.
1. 2. Gratia vobis et pax adimpleatur : Que la
grâce et la paix croissent en vous de plus en
plus. Jud. V. 2.
7' Répondreavec abondance {■kUOùvziv). Ec-»
i07
cli. 24.38. Qui aâùnplet quasi Euphrates sen-
sum. Qui répand l'intelligence comme l'Eu-
phrate. L'auteur parle de Dieu, qui répand
libéralement l'intelligence, avec la même
abondance que l'Euphrate fait couler ses
eaux. c. 18. 11. Adimplevit propiliaiionem
suam mis : Dieu traite les hommes dans la
plénitude de sa douceur, comme v. 9. Eff un-
dit super eos misericordiam suam : Dieu ré-
pand sur eux sa raiséric rde.
8" Continuer de faire, persévérer. 3. Reg.
11. 6. Non adimplevit ut sequeretur Dominum:
Salomon ne continua point de suivre parfai-
tement le Seigneur; c'est un hébraïsme qui
se prend , selon quelques-uns, pour plene et
perfecte sequi : Salomon ne s'est poFnt parfai-
tement attaché à suivre le Seigneur, comme
David son père , Gr. oOx sTtopzvBv ô-îo-w Kvpîov.
JVonabiitpost Dominum, Reb.nonimplevitpost
Dominum : implere post, signifie, suivre de
tout son cœur. Cet hébraïsme se trouve Num.
14. 24. c. 32. v. 11. 12. Deut. 1. 36. Jos. 14.
T. 8. 9. 14. etc.
ADlN,Héb. Voluptuosus, nom d'homme,
chef de famille dont les enfants retournèrent
de Babylone au nombre de 450. 1 Esdr. 2. 15.
et au nombre de 655. 2. Esdr. 7. 20. C'est
peut-être le même. c. 10. 16.
ADINA, Héb. Deliciosus , un chef des Ru-
bénitps très-brave. 1. Par. 11. 42. Adina fi-
lius Siza.
ADINCRESCERE, lA-oBi-^st-j , de ad, d'm
etdecrescere, s'accroître, s'augmenter. Eccli.
23. 3. Ne adincrescant ingnorantiœ meœ :
De peur que mes ignorances ne s'accrois-
sent.
AD INSTAR, à la façon, à la ressem-
blance, de même que Job. 20. 5. Hoc scia
quod laus impiorum brevis sit et gaudium liy-
pocrilœ ad instar puncti : Ce que je sais,
c'est que la réputation des impies est de
courte durée, et que la joie de l'hypocrite
n'est que d'un moment. 2. Par. 17. 12. Job.
36. 27.
ADINVENIRE, inventer, imaginer ((Tuvtsvw).
Exod. 35. 32. Quidquid fahre adinveniri po~
test, dédit in corde ejus : Dieu mit dans l'es-
prit de Bésélcel tout ce que l'on peut inven-
ter, 2. Par. 2. 14. Ce mot inventer se dit fi-
gurément de Dieu, de qui il est dit qu'il a
trouvé la sagesse et toutes los voies de la
•vraie science. Baruch. 3. 32. Qui scit omnia,
noviteam et adinvenit eam prudcntia sua [ilzD-
fAcr/.su) : Celui qui sait tout, connaît la sa-
gesse et l'a trouvée par sa prudence, v. -37.
Pour marquer que la sagesse vient de Dieu,
et que c'est par un excès de bonté qu'il nous
l'a communiquée.
ADINVENTIO, nis. Ce mot n'est point en
usage, mais dans l'Ecriture il signifie :
1" Invention (tû/jecri?), institution nouvelle,
ou établissement de quelque chose. Sap. 14.
12. Adinvenlio illorum corruptio vitœ est :
L'établissement des idoles a été la corrup-
tion de la vie humaine.
^" '^c'iuisiiion , gain (xaOetipe^«). Eccli. 35.
1-. Jn buno oculo adinventionem facilo ma-
nuum tuarum : Faites votre offrande de bon
cœur, à proportion du gain que vous faites
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACUÉE.
108
du travail de vos mnins. Adinventio manuum:
C'est le gain que l'on tire de son travail. Il
semble qu'en grec et en latin on n'a fait
qu'un mot des deux, adinventionem, pour
ad, ou secundum inventionem, Gr.x«5' eûpsiix.
3- Dessein, entreprise, conduite, manière
d'agir (£7rtT«5=ypt« , institutum) ; 1° en mau-
vaise part. Deut. 28. 20. Propier adinventio-
nes tuas pessimas : Vous serez maudits à
cause de la malice de vos actions. Ps. 27. 4.
Ps. 80. 13. et souvent ailleurs; 2" en bonne
part. Ps. 76. 13. In adinventionibus tuis exer-
cebor : Je considérerai tous les secrets de vo-
tre conduite. Isa. 12. 4.
4° Pensée, réflexion {ènboiK , opinio, exco-
gitatio). Eccli. 40. 2. Adinventio expectatio-
nis : Les réflexions qui tiennent en suspens
dans la crainte des maux dont les hommes
sont menacés, les troublent.
AD INVICEM, Voy. Invicem. L'un l'autre,
réciproquement, mutuellement {[xtrull-ôltav).
1 Joan. 1.7. Societatem habemus ad invicem :
Si nous marchons dans la lumière, nous
avons ensemble une société mutuelle.
ADIPISCI. Ce verbe, composé de la pré-
position ad et du verbe apisci qui lui-même
n'est qu'une forme dérivée et fréquentative
du primitif apio, a dans l'Ecriture comme
chez les auteurs profanes, les significations
suivantes.
Acquérir, gagner, obtenir {èiri.'zvxeZ-j, acquit
rere). Jac. 4. 2. Zelalis et non potestis adi-
pisci : Vous êtes envieux et jaloux, et vous
ne pouvez obtenir ce que vous voulez. Eccli.
44. 7. c. 46. 3. c. 49. 19. c. 50. 5. Heb. 6. 15.
c. 11. 33.
ADIRE. Aller trouver , aller voir quel-
qu'un. {èv7vy-(_àvsiv). 2. Mach. 4. 36. Regem
adierunt Judœi : Les Juifs allèrent trouver le
roi à Antioche. v. 8. Adito rege : Etant venu
trouver le roi. v. 46. c. 11. 29. 1. Mach. 8.
32. Luc. 8. 19. Gr. amzvyjï-j, Act. 24. 1. c. 25.
V. 2. 15. £|:/yavîÇ.tv. De là viennent ces phrases :
Adiré Dominum : S'adresser au Seigneur.
Sap. 8. 21. Adii Dominum : Je me suis
adressé au Seigneur par la prière , pour en
obtenir la continence. Ainsi, Heb. 4. 16.
Adeamus ergo cum fiducia ad thronum gratiœ
{■KpofjépyjaOai ) : Allous donc nous présenter
avec confiance devant le trône de la grâce
de Jésus-Christ.
Adiré mare : Se mettre sur mer. Sap. 14.
4. Potens es ex omnibus salvare, etiamsi sine
arte aliquis udeat mare {èirtoubety) : Vous pou-
vez sauver de tous les périls, quand ou s'en-
gagerait même sur la mer, sans le secours
d'aucun art.
ADITUS, us. 1° Entrée, chemin pour arri-
ver en un lieu. Judith. 10, 13. Vadam ut in-
dicem ilii sécréta illorum et ostendam illi que
adilu possit obtinere eos : Je m'en vas trou-
ver le prince Holopherne, pour lui déclarer
les secrets des Hébreux, et pour lui décou-
vrir par quel endroit il pourra s'en rendre
maître; c'est ainsi que parle Judith aux gar-
des avancées d'Holopheriie. — 2° Ouverture,
porte, entrée [Qvpot. Janua). 2. Mach. 1, 16.
Aperto occulta adilu templi : Les prêtres de
100
AW
ÂDJ
UO
Nanée, ouvrant une lucarne secrète qui re-
gardait sur le temple, assommèrent Antio-
clius à coups de pierres, et ceux qui étaient
avec lui.
ADITHAIM, Heb. Congregationes, nom de
ville de la Iribu de Juda, sur les conflns d'E-
dom. Jos. i5. 36.
ADJUDICARE. Ce verbe signifie propre-
ment adjuger une chose à quelqu'un par
ordonnance de juge.
1° Juger, ordonner, être d'avis {ènr/.phîiv).
Luc. 23. 24. Pilatus adjudicavit fieri petitio-
nem eorum : Pilale ordonna que ce que les
Juifs demandaient fût exéculé. D'où vient :
Adjudicare morti : Juger à mort, condam-
ner à mort. Deul. 21. 23. Adjudicatus morti :
Qui a reçu son arrêt de mort.
2" Déclarer, prononcer (pttaîvsty, contami-
nare) (hors les jugements). D'où vient : Ad^
j'udicare oliquem leprœ : Déclarer qu'un
homme est lépreux. Levit. 13. 22. Adjudica-
bit eum leprœ : Le prêtre jugera qu'il est lé-
preux.
ADJUNGERE. — 1" Joindre ensemble, ac-
coupler, allier avec ((r^vaTTreiv). Ezech.3T. 17.
Adjunge illa, %mum ad alterum tibi in lignum
unum : Approchez ces deux morceaux de
bois l'un de l'autre pour les unir; ce qui mar-
quait la réunion de Juda et d'Israël. Voy.
Lignum. Ainsi joindre ou allier se dit en mo-
rale. Judith, 16. 26. Erat virtuti castitas ad-
iuncta : La vertu de Judith était accompa-
gnée d'une chasteté particulière.
2° Adjoindre, donner un compagnon à
quelqu'un pour lui servir d'aide, de conseil
(o-uvto-TKvat). 2. Mach. 8. 9. Adjuncto ei etGor-
gia viro militari : Ptolomée joignit avec Ni-
canor, Gorgias, grand capitaine.
3° Joindre, unir, associer, soit pour pro-
fesser la même religion {-npoivilripoïi-j). Act. 17.
k. Quidam ex eis credidenint, et adjuncti
sunt Paulo et Silœ : Quelques-uns des Juils
de ïhessalonique crurent et se joignirent à
Paul et à Silas {■Kpo'jTiQhui), Isa. 14. 1. Adjun-
gelur advena ad eos : Les é; rangers se join-
dront aux Israélites, c. 54. 15.
Soit pour se liguer et se fortifier (/oV/âv).
1. Mach. 6. 21. Adjunœerunt se iUis oliqui
impii ex Israël : Quelques impies des en-
fants d'Israël se joignirent aux apostats
juifs.
Soit pour vivre sous les mêmes lois et
habiter dans le même pays. Ezech. 37.
19. Tribus Israël quœ sunt ei adjunctœ :
Ephraïm et les tribus d'Israël qui lui sont
unies.
4° Ajouter, joindre quelque chose à une
autre {Trpofr-xoXkv.^). Deut. 28. 21. Ajmigat libi
Dominus peslÙenliam, donec consumât te :
Si vous n'écoutez point la voix du Seigneur,
outre les autres maux, le Seigneur vous
frappera de peste, jusqu'à ce qu'il vous ait
fait périr.
5" Tenir près, approcher (xoXXâv). Act. 8.
29. Accède et adjunge le ad currum istum :
Avancez et approciiez-vous de ce chariot,
dit ! Esprit à Philippe.
AOJURARE, ô/)xiÇstv, è^opîÇetv. Ce verbe si-
gnifie jurer, protester avec jurement, et sou-
vent conjurer, prier avec instance, au nom
de ce que l'on respecte le plus. Dans l'Ecri-
ture, il signifie ordinairement conjurer, c'est
à-dire :
1° Obliger quelqu'un à faire ou à dire
quelque chose ou à s'en abstenir, par la
crainte de violer le respect qu'il doit à Dieu,
ou d'encourir la vengeance ou la malédiction
de sa divine majesté. Prov. 29. 24. Adjuran-
tem audit et non indicat : Le complice entend
qu'on le conjure de déclarer ce qu'il sait, et
il ne le décèle point. Matth. 26. 63, Adjura
te per Denm vivum : Je vous commande par
le Dieu vivant, dit le grand-prêtre à Jésus-
Christ. 3. Reg. 18. 10. c. 22. 16. 2. Par. 18
15. 4. Reg. 11. 4, Cant, 2. 7. c. 3. 5. c. 5. v. 8
9. c, 8. 4. Act. 19. 13. 1. Thess. 5. 27. On peut
aussi remarquer que l'Eglise conjure, de la
part de Dieu, des choses inanimées, comme
quand on fait la bénédiction de l'eau : Exor-
cizo te, creatura salis ; exorcizo te, creatura
aquœ : Je l'exorcise, créature de sel ; je t'exor-
cise, créature d'eau, pour purifier ces créa-
tures par les prières et les conjurations
que l'on fait, au nom de Dieu, contre le dé-
mon.
2° Prendre à serment, obliger par serment
à faire ou à ne pas faire quelque chose, sous
peine de malédiction. Gènes. 24. v. 3. 37.
Pane manum tuam subter fémur meum, ut ad-
jurem te : Mettez votre main sur ma cuisse,
et jurez-moi par le Seigneur, dit Abraham à
son serviteur. Voy. Femdr. c. 50. v. 5. 6.
Exod. 13. 19. Jos. 2. v, 17. 20, etc.
3° Protester contre quelqu'un, faire des
imprécations pour faire tomber la malédic-
tion de Dieu sur quelque personne. Num. 5.
19. Adfurabitque eam : Le prêtre prolestera
Contre la femme accusée d'adultère par son
mari.
ADJURAMENTUM, 1. Conjuration, prière
instante. Tob. 9. 6. Vides quomodo adjura^
vit me Raguel, eujus adjuramentum spernere
non possum : Vous savez avec quelles ins-
tances Raguel m'a pressé de demeurer ici, je
ne puis pas m'empêcher de me rendre à ses
prières, dit Tobie à l'ange Rajihaël.
ADJUTOR, RIS, ^onOoç.Ce nom signifie en
général cc(ui qui aitle ou qui sert à quehiu'un
en quelque chose; mais ce secours est dift'é-
rent, selon les besoins différents; ainsi il
marque :
1" Celui qui aide et assiste dans l'indigence
et l'affiiction. Rs. 71. 12. Liberavit paupcrcm
a patente et pau^perem cui non erat adjutor ;
Il délivrera le pauvre d'entre les mains du
puissant, le pauvre qui n'avait personuf^ qui
l'assistât. Ce roi est Jesus-Christ, qui devait
délivrer l'homme misérable de la tyrannie du
démon, de laquelle nul autre ne le pouvait
délivrer. Deut. 83. 7. Job. 26. 2. c. 29. 12.
Ps. 108. 12.
2" Qui défend quelqu'un et prend son parti.
1. Par. 12. 18. Fax xsijutorihus tuis : Que
tout soit en paix pour ceux qui vous soutien-
nent. 1, Mach. 7. 7.
3" Qui entre en société avec un autre pour
s'entr'aider mutiirllemenl, Gen. 2. 20. Adœ
vcro non invcniebatur adjutor similis ejus : Il
m
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
){2
n«- se trouvait point d'aide pour Adam qui
fût semblable à lui. Vov. Adjutoiuum.
4° Qui aide et travaille avec un autre au
salut des peuples {G^-J3pyk).^om. 16. 21.
Timotheus adjulor meus v. 3. et v. 9. du
même chapitre. 2. Cor. 8. 23. Phil. h. 3. Col-
joss h. 11. Philem. v. 24. Dan. 10. 21. Nemo
fist adjulor meus, nui Michael : Nul ne m'as-
siste, sinon Michel, dit à Daniel celui qu'il
voyait sous la figure d'un homme («vTsxôf^s-
voç, qui resislit).
5° Ministre de Dieu dans l'œuvre du salut
des hommes. 1. Cor. 3. 9. Dei etiiin siimus ad-
jutures : l.es pasteurs aident Dieu de telle
sorte, qu'ils ne sont que de simples instru-
ments dont il se sert pour ses desseins, et qui
reçoivent toute leur force de Dieu.
6^ Qui contribue à quelque chose. 2. Cor.
1. 24. Adjutores sumus gaudii vestri : Nous
lâchons de contribuer à votre joie par la
vertu que Dieu nous donne.
7" Protecteur, soutien; c'est le nom que
l'Ecriture donne à Dieu dans les Psaumes
et ailleurs. Heb. rupes ou petra. Gen. 49. 25,
Exod. 2. 22. c. 18. 4. Ps. 9. v. 10. 35. Ps. 17.
3. Ps. 18. 15, elc.
ADJUTORIUM, 11. /3o/i9£t«. Ce nom signifie
en général aide, secours, dont il peut y avoir
plusieurs espèces.
1° Aide, secours, assistance qu'on donne à
quelqu'un dans ses besoins [ènt^ovpLK). Sap.
13. 18. Jn adjutorium, inutilem invocat : Ce-
lui qui s'adresse à une idole , appelé à son
secours celui qui ne peut se secourir lui-
même. Eccli. 40. 24. Fratres in adjutorium
in teiiipore tribulationis : Les frères sont un
secours au temps de l'affliction. Gr. les frè-
res cl le secours des amis servent beaucoup
au temps de l'affliclion. v. 27. c. 51. v. 10. 14.
Sap. 16. 11. Ps. 7. 11. Ps. 34. 2. Ps. 123. 8.
elc. Delà viennent ces phrases :
Intendere in adjutorium alicujus : Penser à
secourir quelqu'un, se hâter de le secourir.
Ps. 37. 23. Intende in adjutorium meum : Hâ-
tez-vous de me secourir. Ps. 69. 2.
Vcnire, esse, ou fieri in adjutorium alicui ;
Venir au secours de quelqu'un {i>vzil-n^iç). Ps.
82. 9. Facd sunt in adjutorium fiiiis Loth :
Les Assyriens sont venus au secours des en-
fants de Loth , savoir des Moabites et des
Ammonites. 2. Reg. 10. 11. Dan. 10. 13. 1
Mach. 10. 24.2Mach.l5. 7.
Adjutorium casus : Assistance contre la
chute ; c'est ainsi que Dieu est appelé. Eccli.
liï. 20. Deprecatio offensionis , et adjutorium
casus : Dieu soutient ceux qui le craignent,
afin qu'ils ne tombent pas , et il les assiste
(]uaiid ils sont tombés. Adjutorium spei : Le
secours et l'appui sur lequel on met sa con-
fiance. Ps. 93. 22. Factus est Deus in adjuto-
rium spei meœ : Dieu est devenu l'appui de
mon espérance. Jlabitare in adjutorio alicu-
jus : Demeurer ferme et avec confiance sous
l'assistance et l'appui de quelqu'un. Ps. 90.
1. Qui habitat in adjutorio AUissimi : Celui
(|ui demeure ferme sous l'assistance du Très-
Haut se reposera sûrement sous la protec-
tion du Dieu du ciel. Héb. in latibulu : dans
l'asilçi secret. Voy. Uabitaue,
Lapis adjutorii : la pierre du secours, nom
de lieu entre Masphalh et Sen, ainsi nommé
à cause du secours que Dieu y donna aux
Israélites contrôles Philistins (|3o"ï3eà,-,of/yM/or)
1 Reg. 7. 12. Tulit autem Samuel lapidem
unum , et posuit eum inter Masphalh et inter
Sen, et vocavit nomen loci illius, lapis adjuto-
rii , dixilque : Hucusque auxiliatus est nobis
Dominus : Samuel prit une pierre , qu'il mit
entre Masphalh et Sen , et il appela ce lieu ,
La pierre du secours, en disant : Le Seigneur
est venu jus(ju'ici à notre secours. Ce même
lieu est appelé lapis adjutorii, par anticipa-
tion. 1 Reg. 4. 1. c. 5. 1. Voy. Lapis.
Adjutorium Dei : Le secours de Dieu ; c'est
le mot du guet , que Judas donna à son ar-
mée. 2 Mach. 8. 23. Signo dato : Adjutorii
Dei ; Judas Machabée, ayant donné pour si-
gnal : Le secours de Dieu, etc.
2° Aide, secours donné à l'homme, savoir
la femme [pon^hc). Gen. 2. 18. Faciamus ei
adjutorium simile sibi • Faisons à l'homme
une aide semblable à lui. Eccl. 17.5. Creavit
ex ipso adjutorium simile sibi : Dieu a créé
de la substance de l'homme une aide qui lui
est semblable. Tob. 8. 8. Dedisti ei adjuto^
rium Evam : Vous avez donné à Adam
Eve, pour lui servir d'aide : cette aide n'est
point comme les bêtes le sont, qui soulagent
l'homme en certaines choses, mais une aide
semblable à lui , qui , étant de la même na-
ture et d'un autre sexe , deviendra avec lui
le principe de la génération de tous les hom-
mes : ce qui s'entend aussi de tous les autres
hommes mariés. Eccli. 36. 26. Adjutorium se-
cundum illum est : L'homme a dans la femme
un secours qui a rapport à lui.
3° Force. Ps. 88. 20. Posui adjutorium in
patente: J'ai mis ma force dans un homme
puissant : cet homme puissant est David, se-
lon la lettre, que Dieu a rempli de force pour
gouverner son peuple; cela se dit aussi de
ceux que Dieu suscite pour le bien de sou
Eglise et qu'il fortifie contre les ennemis do
sa gloire; mais cela s'entend principalement
de Jésus-Christ, qui est véritablement ce fort
et ce puissant dans lequel il a renfermé toute
la gloire et tout le secours qu'il voulait don-
ner aux hommes, v. 44. Avertisti adjutorium
gladii ejus, Heb. petram : Vous avez relire la
force que vous donniez à ses armes. Le mot
hébreu signifie aussi la pointe de quelque
chose : Vous avez fait rebrousser la pointe
de son épée.
4° Moyen, ou instrument que l'on emploie
pour venir à bout de quelque chose. Act. 27.
il.Qua sublata, adjutoriis utebantur : Ayant
enfin tiré à nous l'esquif, les matelots em-
ployèrent toutes sortes de moyens : ce fut
dans le naufrage de saint Paul.
ADJUVARE, po^e^ïv. 1" Aider, assister, se-
courir (iV^yeiv, valere). 2 Par. 25 8. Dei est
adjuvare : C'est Dieu proprement qui aide.
Matlh. 15. 25. Domine, adjura me .-Seigneur,
assistez-moi, dit la Chananéeuiie à Jésus-
Christ. Deut. 28. 31. Marc. 9. v. 22. 24. Luc.
5. 7. c. 10. 40. etc. De là vient :
Adjuvare 7nanus a/«cj/Jus; Aider quelqu'un
dans quelque entreprise (z^oc>;f«tQûv, corrobo-»
113
ADM
rare),Heb. Corroborare manits. 1. Esd. 1. 6.
c. 0. 22. Converterat cor régis Assur ad eos;
ut adjuvaret manus eorum : Dieu avait tourné
le cœur du roi des Assyriens pour favoriser
l'entreprise des Israélites dans le rétablisse-
ment du temple de Jérusalem.
AdjHvare in malum : Etendre et augmenter
la peine dont Dieu veut punir les siens fo-yv;.
TznieîTBxi, aggredi ; Heb. Ghazar, adjuvare).
Zach. 1. 15. Ego iratus siim parum, ipsi vero
adjuverunt in malum : J'étais un peu en co-
lère contre Jérusalem; les nations l'ont affli-
gée avec excès, et plus qu'il n'était raison-
nable.
2" Favoriser quelqu'un, soutenir son parti
(xaTt(7/vîJv, roborare). 1. Par. 11. 10. Hi prin-
cipes virorum fortium qui adjuverunt eum :
Ce sont là les plus braves de ceux qui prirent
le parti de David. Judic. 9. 2i. 1. Par. 22. 17.
1. Mach. 8. V. 27. 28. c. 12. oï. Apoc. 12. 16.
Ainsi : Adjuvare partes alicujus : Soutenir le
parti de quelqu'un. .3. Reg. 1. 7. Adjuvabant
partes Adoniœ : Joab et Abiathar soutenaient
le parti d'Adonias.
ADJUVANS, Tis, /3o>35wv. — 1» Protecteur,
qui assiste et défend quelqu'un. 1. Mach. 12.
5i, Non habent principem et adjuvantem :
Les Juifs n'ont ni chef, ni protecteur, disaient
leurs ennemis après la mort de Jonaihas. —
2" Ministre de Dieu pour l'œuvre du salut
Uvj-pyûy). 2. Cor. 6. 1. Adjuvantes autem ex-
hortamur, ne in vacuum graliam Dei recipia-
tis : Etant donc les coopérateurs de Dieu ,
nous vous exhortons de vous conduire de
telle sorte que vous n'ayez pas reçu en vain
la grâce de Dieu.
ADLI, testis mihi, nom d'homme, père de
deSaphat. 1. Par. 27, 29. Voy. Saphat.
ADMATHA, nubes mortis, un des sept prin-
cipaux officiers de la cour d'Assuérus. Esth.
l.U.
ADMINICULUM, 1.
Ce mot, qu'on croit venir de la préposition
ad et de manus, pour marquer ce qui se
prend à la main, signifie proprement un
bâton, ou un échalas qui sert pour étayer et
soutenir la vigne, et dans un sens figuré,
un appui, tout ce qui sert pour appuyer.
Aide, appui, secours. Esth. 16.20. Quibus
debetis esse adminiculo : Vous devez appuyer
les Juifs, et les aider à se venger de leurs
ennemis.
ADMINISTRARE, Sryy.ovîfv. 1° Bailler, four-
nir {èniyjjprr/za, subministrave). 2. Cor, 9. 10.
Qui administrât semen seminanli, et paneni
ad manducandum prœstabit : Dieu, qui donne
la semence à celui qui sème par ses aumônes,
vous donnera le pain dont vous avez ijesoin
pour vivre. 1. Petr. 4. 11. Si quis ministrat,
tamquam ex virtute quam administrât Deus :
Si quelqu'un sert dans quelque saint minis-
tère, qu'il y serve comme n'agissant que par
la vertu que Dieu donne {y^o^ir/ii-j).
2° Employer, faire servir. 1. Petr. k. 10.
Sicul accepit graliam, in alterutrum illam ad-
ministrantes : Que chacun emploie pour le
service des autres, le don qu'il a reçu.
3° Servir, rendre service (vn-npi-^^ïv, subser-
vire). Act. 13. 36. David cnim in sua genera-
ADM lU
tione cum administrasset vohintati Dei, dor-
mivit : Car pour David, après avoir servi en
son temps aux desseins de Dieu, il s'est en-
dormi et a éprouvé la corruption. On peut
lire selon le Grec : Car David ayant rendu
service à ceux de son temps, il est mort se-
lon l'ordre de Dieu,
4.° Faire, administrer, conduire, gouverner
{l'.trovpyù-j, 7ninistrare. Heb. Habad.). '^um.iS.
7. Omnin quœ ad cultum altaris pertinent, et
intra vélum sunt , per sacerdotes administra-
buntur : Tout ce qui appartient au culte de
l'autel, et ce qui est au dedans du voile, se
doit faire par le ministère des prêtres. D'où
vient, administrare betlum : faire la guerre,
en avoir la condui'e et le maniement. 2. Reg.
11. 7. Quœsivit David quomodo administra-
retur bellum : David demanda à Urie ce qui
se passait à la guerre.
ADMINISTRATIO, ms. Ce nom verbal
signifie proprement, administration , con-
duite, gouvernement (5««xovta, ministerium) :
dans l'Ecriture, il signifie ministère, charge,
fonction. 2. Cor. 4. 1. Ideo habentes admini-
stralionem, juxta quod misericordiam conse^
cuti sumus, non deficimus : C'est pourquoi,
ayant reçu un tel ministère, selon la misé-
ricorde qui nous a été faite, nous ne perdons
point courage, dit S. Paul.
ii^ADMINISTRATORlUS, a, um. Ce nom est
mis ici pour miriistratorius, et signifie propre
à servir, destiné à servir [lîLrovpyiy.'o;]. Heb.
1. li. Nonne omnes sunt admini'stratorii spi-
ritus? Tous les anges ne sont-ils pas des es-
prits qui tiennent lieu de serviteurs "?
ADMIRARI, eayizàÇîtv. Foy.MiRARi. Ce verbe
est déponent, mais il se trouve quelquefois
passif dansquelques anciens auteurs, comme
aussi dans l'Ecriture. Eccli. 2i. 3. In pleni^
tudine sancta admirabitur : La sagesse se
fera admirer dans les saintes assemblées.
1° Admirer, avoir en admiration, regarder
avec étonnement quelque chose de grand et
de surprenant. Luc. 11. H. Cum ejecisset dœ-
rnonium, locutus est mutus, et admiratœ sunt
turbœ : Le démon ayant été chassé, le muet
parla, et tout le peuple fut ravi en admira-
tion. Act. 4. 13. c. 7. 31. Eccli. 27. 26. c. 43.
20, etc. D'où vient cette phrase :
Admirari post aliquem : Suivre quelqu'un
avec grande admiration. Apoc. 13. 3. Admi-
rata est universa lerrapost besliatn : Toute la
terre, étant dans une grande admiration, sui-
vit la bêle.
Admirari ad aîiquid : Etre surpris de quel-
que chose (5cro9avp.àÇ£tv). Eccli. 40. 7. Admi-
rans ad nullum terrorem : Celui qui s'éveille
après un songe, s'étonne d'avoir été effrayé
sans sujet. Voy. Ad.
2° Etre fort surpris, être frappé d'étonne-
ment (izTr)iri77£aOKj). Marc. 7. 37. Ko amplius
admxrabantur , diccntes : Bene omnia fecit :
Ceux qui avaient présenté à Jésus-Chrisl cet
homme sourd et muet, pour lui imposer les
mains, disaient, dans l'admiration et le ra-
visscmonl extraordinaire où ils étaient : Il a
bien fait toutes choses, c. 10. 26. Luc. 2. 48.
Act. 8. 13. c. 13. 41. Habac. 1. 5. Ps. 47. 6.
Ce mot, en ce sens, se met quelquefois avec
H5
les prépositions super ou m.
Admirabantur turbœ super doctnna ejus :
Le peuple él.iit ravi en afimiralion de la
doclrine de Jésus-Christ. Marc. 6. 2. Multi
audientes admirabantur in doctrina ejus :
Plusieurs de ceux qui écoutaient Jésus-Christ
étaient extraordinairemenl étonnés. Act. 13.
12. Tob. 5. 10, etc. Ainsi Sap. U. 14. Admi-
rantes in finem exitns : Les Egyptiens consi-
dérant avec étonneraent la On de ces choses;
ces mots ne sont point dans le Grec et sont
pris du verset suivant, où le Grec porte, m
fine eventuum.
3» Etre surpris, trouver étrange (ÇsviÇeTSaj).
l.Pct. 4. 4. In 9^0 admirantur, non con-
currentibus vobis in eamdem luxuriœ confu-
sionem : Les païens trouvent maintenant
élrangeque vous necouriez plus, comme vous
faisiez, à ces débordements de débauche et
d'intempérance.
ADMIRATIO, NIS. Saûf^a.
1° Admiration, action par laquelle on re-
garde quelque chose avec étonnement. Apoc.
17. 6. Miratus sum admiratione magna : Je
fus saisi d'un grand étonnement en voyant
cette bête enivrée du sang des saints. 2. Mach.
7. 18. D'où vient ;
Àdmirationem facere alicui : Se faire admi-
rer de quelqu'un. Isa. 29. 14. Ecce ego ad-
dam ut àdmirationem faciam populo huic mi'
raculo grandi et stupendo : Je ferai encore
une merveille dans ce peuple, un prodige
étrange qui surprendra tout le monde.
2» Etonnement, à cause des fantômes et
des visions effrayantes (tvSaiaa). Sap. 17.
3. Paventes horrende et cum admiratione ni-
mia perturbnti : Les Egyptiens étaient saisis
d'un horrible effroi et frappés d'un profond
étonnement, étant épouvantés par des spec-
tres.
ADMIRABILIS, e. eaupàcrto?, Bx'jua'jzoç, ad-
mirable, merveilleux, qui est surprenant,
qu'on ne peut comprendre. Eccli. 43. 2. Vas
admirabile, opus excelsi : Le soleil est un chef-
d'œuvre merveilleux de la puissance duTrès-
Haut. 1. Petr. 2. 9. De tenebris vos vocavit in
admirabile lumen suum : Dieu vous a appelés
des ténèbres à son admirable lumière, de la
foi chrétienne et de l'Evangile. Ps. 41. 5. Mais
ce qui est admirable par excellence, c'est la
puissance et la majesté de Dieu. Ps. 8. v. 2.
10. Eccli. 43. 32. Ainsi, c'est le nom qui est
donné au Messie. Isa. 9 , 6. Vocabilur no-
men ejus, Admirabilis : 11 sera appelé l'Admi-
rable, tant à cause de ce qu'il est en lui-
même, qu'à cause de ses œuvres merveilleuses,
surtout à cause des effets de sa grâce ; d'où
vient cette phrase, admirabilem esse ou fi^eri :
Etre admiré, se faire admirer. Sap. 8. 11. In
conspcctu potenlium admirabilis ero : Les plus
puissants seront surpris, lorsqu'ils me ver-
ront. 2. Thess. 1. 10. Cum venerit admirabi-
iis fieri in omnibus : Lorsque Jésus-Christ
viendra se faire admirer.
ADMISCEIIE, signiûe mêler ensemble,
faire un mélange; d'où vient Admisceri :
JStre mêlé ou brouillé; et dans l'Ecriture, il
si'gnifie, — 1" S'accoutumer (r^jvceiÇEo-eaf). Ec-
cli. 23. 10. NominiOus sanctorum (Gr. JSomi-
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
Matt. 7. 28. nationi sanctiyne admiscearis
Ht>
Ne vous ac-
coutumez point à prononcer le nom de Dieu
ou des choses saintes. — 2° Etre joint, uni,
et comme incorporé ((ruy/.eisâvvuo-eae). Heb. 4.
2. Non profuit illis sermo auclitus , non ad-
mixtus fidei ex iis quœ audierunt ; La parole
que les Israélites avaient entendue ne leur a
point servi, n'étant pas jointe à la foi dans
ceux qui l'avaient entendue. Gr. Non con-
temperatus fide iis qui audierunt : N'étant
point entrée par la foi, qui en aurait fait la
nourriture de leur âme, comme une viande
ne sert à rien si elle n'est incorporée, et si
elle n'entre dans la substance de celui qui la
reçoit.
ADMISTIO, Nis. Ce nom verbal vient du
supin of/mis^wm, et signifie mélange, mixtion.
Levit. 7. 12. Colhjridas olei admislione con-
spersas : des petits tourteaux de farine, arro-
sés d'huile.
ADMIÏTERË. 1° Admettre, recevoir, don-
ner eiitrée. Tob. 7. 13 Non dubito quod Deus
preces et lacrymas meas in conspeclu sua ad-
miserit : Je ne doute point que Dieu n'ait
agréé mps larmes et mes prières, c. 6. 20. Ec-
cli. 11.36. — 2° Commettre (irpàrT-iv). Act.
25. 25. Comperi nihil dignum morte eum ad-
misisse : J'ai trouvé, dit Festus, que Paul
n'avait rien fait qui fût digne de mort. 2.
Mach. 6. 20. — 3^ Permettre àoUiiai. (Marc. 5.
37. Et non admisit quemquam se sequi : Et il
ne permit à personne de le suivre, v. 19. Et
non admisit eum: Et il ne le lui permii pas.
ADMISSURA, M. Ce mot \\eni d'udmittere
quand il signifie donner le mâle à la fe-
melle. — Le temps de faire couvrir les fe-
melles. Gen. 30. 42. Quando serotina admis-
sura erat et conceptus extremus, non ponebat
eas : Lorsque les brebis devaient concevoir
en automne, Jacob ne mettait point les bran-
ches de diverses couleurs devant elles. Voy.
ASCENDERE.
ADMONERE, voyesTEfv. — 1° Avertir, faire
ressouvenir. Eccli. 7. 3. In illa finis cuncto-
rutn admonetur hominum : Dans une maison
de deuil, on est averti de la fin de tous les
hommes. Sap. 12. 2. 2. Mach. 8. 19. c. 9.
11. c. 15. 9. — 2° Déclarer de la part deDieu
{x,p-']ij.ocTi^£Lv). Matth. 2. 22. Admonitus in
somniis secessit in partes Galilœœ : Joseph
ayant reçu en songe un avertissement du
ciel, il se retira dans la Galilée : le mot grec
est rendu par responsnm accipere, dans saint
Matth. 2. 12. Luc. 2. 16. où il signifie propre-
mement, recevoir de Dieu un avertissement,
comme un oracle ou une révélation parti-
culière.
ADMOVERE , nporrûysi-j , — 1° Approcher,
mettre auprès, appliquer. 2. Mach. 7. 5.
Jussit ignem odmoveri : Antiochus fi! appor-
ter du feu. Gr. fit approcher du feu le premier
des sept frères, c. 14. 41. Turbis ignem admo-
vere cupientibus : Les troupes de Nicanor
s'elTorçaient de mettre le feu à sa maison,
c. 7. 15. Cum admovissent quinlum : Ayani
pris le cinquième frère, c'est-à-dire l'ayant
fait approcher pour le tourmenter; de là vi( n-?
lient ces phrases :
Admovçrç mcims: Mellre la. mmx à l'oçu- .
P
in
ADO
ADO
118
vre, faiî-e avancer. 1. Mach. 15. 25. Voy.
Mands. Ainsi, admovere exercitum : Faire
av;mcer une armée. 2. Mach. 13. 1.3. Prius-
quamrex admoveret exercitum ad Judœam:
Judas résolut de marcher contre Antiochus,
avant qu'il eût fait entrer ses troupes d;ins la
Judée (etVêK/Xïiv , inducere). 1. Mach. 10.77.
Admovit Iriamillia equitum et exercitum mul-
tum : Apollonius fit avancer contre Jonathas
trois mille chevaux et beaucoup de troupes,
c'est-à-diie qu'il les priJ avec lui et se mit à
leur tête (-rup^iMëvllscj) ; de même , admovere
castra : c'est faire marcher ses Ironpes contre
l'ennemi. 1. Mach. 10. 48, c. 16. 6. 2. Mach.
13. 19.
2" Marcher, avancer. 2. Mach. 15. 25. Ni-
canor autem et qui cum ipso erant, cum tubis
et canticis admovehant : Cependant Nicanor
marchait contre Judas, au son des trompettes,
avec son armée et au bruit des voix qui s'a-
nimaient au combat; le verbe grec Tr/ioc-âyïtv
est neutre. et actif.
ADNAVIGARE. Ce verbe signifie aborder,
venir en quelque lieu par mer : dans l'Ecri-
ture,
Côtoyer, naviguer le long d'une côte
(ÛTTOTi-Xeiv). Act. 27. 7. Adnavigavimus Creiœ :
Nous côtoyâmes l'île de Crète.
ADOLEkE, yMîi-^. Voy. Olere. Brûler,
enflammer. Levit. 1. 9. Adolebit ea Sacerdos :
Le prêtre y mettra le fou sur l'autel, c. h. 26.
Adipem adolebit : Il fera brûler la graisse.
c. 5. 10. c. 6. v. 12. 15, etc.
Mais ce mot se met souvent avec incenswn
on thymiama, brûler de l'encens. C'était, dans
l'Ancien Testament, ofîrir de l'encens à Dieu
devant l'arche; ce qui était une fonction
particulière aux prêtres de la tribu de Lêvi.
1. Par. 6. 49. Aaron et filii ejiis adolebant in-
censum : Aaron et ses flis offraient tout ce
qui se brûlait sur l'autel des holocaustes et
sur l'autel des parfums {Ovixiv.y). Cola s'est
fait aussi par les Israélites, en Ihonneurdes
faux dieux. 2. Par. 30. 14. Idolis adolebatur
incenswn. Ceux dos Israélites qui, étant rap-
pelés par Ezéchias, revinrent de l'idolâtrie
de Jéroboam, pour célébrer la fêle de Pâques,
mirent en pièces tout ce qui servait à offrir
de l'encens aux idoles. 3. Reg. 11. 8. 4. Reg.
35. 5. Voy. Incensum ; Thymiama.
ADOLESCENS, TIS, vsavîa?, veavio-xoç. Ce
mot vient du verbe olere quand il signifie
croître, et marque un jeune homme qui
croît ; mais ces mots adolescens, puer, juve-
nis, sont souvent confondus dans l'Ecriture.
Act. 20. 9. Adolescens nomine Eutyclius : Un
jeune homme, nommé Eutyque, que S. Paul
ressuscita : il est aiipelc puer, v. 12. Adduxe-
runt autem puerum viventcm, Gr. TrarSa. Voy.
Puer. Au contraire, en plusieurs endroits, il
se met pour un homme qui est dans la fleur
de son âge.
1° Un J(!une garçon, un jeune homme de-
puis douze ans jusqu'à vingt-cinq , qu'on
cesse de croître {naïç^Sôç). Prov. 1. 4. Ut
detur parvulù astutia, adolcsccnti scienlia et
inlcUeclus : Pour df)nno^- de la discrétion aux
simples , la scicnct» et l'inlcUigence aux
jeunes hommes, c. 2.1. 6. Adolescens juxla
viam suam, etiam cum senuerit, non recedet
ab ea : Le jeune homme suit sa première
voie, dans sa vioillesse même il ne la quit-
tera point {tzuiBLqv). Il semble que l'Inter-
prète de la Vulgate ait pris adolescens pour
un participe, is qui adolescit ; mais le Grec
porte, TratStov, puer. Gen. 34. 19. c. 39. 10.
1 Reg. 14. 6., etc. Ainsi, Jerena. 15. 8. Induxi
eis super i7iatrem adolesccntis , vastalorem me-
ridie : J'ai fait venir un ennemi pour les
perdre, qui a tué en plein midi les jeunes
gens entre les bras de leurs mères : le singu-
lier adolescentis se prend ici pour le pluriel.
Eccli.4. 15. Vidi cunctos vivenles, qui ambu-
lant sub sole, cum adolescente secundo : J'ai
vu tous les hommes vivants qui marchent
sous le soleil avec le second jeune homme ;
c'est-à-dire que les peuples aiment plutôt ua
jeune prince qui doit succéder à la couronne.
Voy. Secundus.
2° Jeune homme au-dessus de vingt-cinq
ans. Act. 7. 57. Testes deposuerunt vestimenta
sua secus pedes adolescentis : Les témoins
mirent leurs vêtements au pieds d'un jeune
homme, nommé Saul : on croit que Saul
avait alors plus de trente ans. 3 Reg. 12. 8.
Adhibuit adolescentes : Roboam prit conseil
des jeunes gens qui avaient été avec lui
(Tr«tSâ|0£ov). Ce prince avait bien quarante ans
quand il commença à régner ; mais ceux-ci
sont appelés jeunes, en les comparant aux
vieillards qu'il avait consultés. Judic. 19. 9.
1. Reg. 30. 17. et ailleurs. Ce mot se prond
de même, dansCicéron et ailleurs, pour un
homme de trente à quarante ans.
ADOLESCENTIOR, gris, vsi^xepoç.
Ce mot ne signifie quelquefois que le posi-
tif adolescens, et quelquefois il marque le
comparatif, et a quelquefois la signification
du superlatif.
1° Un jeune homme ou une jeune femme.
Ps. 118. 9. In quo corrigit adolescentior viam
suam ? Comment celui qui est jeune corri-
gera-l-il sa voie? ce sera en gardant la pa-
role de Dieu. 1. Tim. 5. 11. Adolescenliores
viduas devita: N'admettez point au rang des
veuves les jeunes veuves.
2° Comme comparatif, le plus jeune des
deux. Luc. 15. v. 12. 13. Adolescentior filius
peregre profectus : Le plus jeune s'en alla
dans un pays étranger.
3° Comme superlatif, 2. Mach. 7. 24. Cum
adhuc adolescentior superesset : Le plus jeune
des sept frères étant resté.
ADOLESCENTULUS , i. vz6,7Epoç. Ce dimi-
nutif d'arfo/escens signifie : — 1* Comme ado-
lescens : Jeune garçon (veavîo-xoc). Ezech. 9. 6.
Senem, adolescentulum et virginem interficite:
Tuez tout , vieillards , jeunes honuues et
vierges. Nabuchodonosor, 3 Parai. 36. 17. a
accompli cette prophétie. Gen. 4. 23. Isa. 9.
17. — 2" Petits en nombre. Ps. 67. 28. Ibi
Benjamin adolescenlulus : ce mot est pris en
cet endroit pour la tribu qui était la moins
nombreuse de toutes; là se trouve le petit
Benjamin, c'est-à-dire la tribu de Benjamin,
qui était le plus petit de tous les enfants de
Jacob. — 3' Qui est considéré comme pciil rt
jeune , dont un ne fait point de cas. Vs. 11&
119
141. Adolescentulus sum ego et contemptus :
Je suis petit el méprisé. Ce mot en cet endroit
ne marque point lâge, disent les interprètes,
-aiais l'état et l'abaissement.
ADOLESCENTULA, véavt,-. — Ce nom si-
gnifie : — 1° Jeune fille ou femme. 3. Reg. 1.
2. Quœramus Domino nostro régi virginem
adolescentulam : Cherchons pour notre maî-
tre quelque jeune fille vierge, v. 3. Tit. 2.
k. Ut prudentiam doceant adolescetitulas :
Apprenez aux femmes avancées en âge à
inspirer la s;igcsse aux jeunes femmes (vîk).
— 2" Les âmes fidèles marquées par des
jeunes filles. Cmt. 1. 3. c. 6. 7.
ADOLESCENTIÂ, m. v-.ôznç. Ce mot marque
le temps de la jeunesse, et l'âge de l'adoles-
cence avec quelque étendue. Voy. Adoles-
CENs. 1° Jeunesse, jeune âge. Eccli. 11. 10.
Adolescenlin et voluptas vonn sxint : La jeu-
nei.se et la volupté ne sont que vanité. Ec-
cli. 4-2. 9. 1. Tini. k. 12. Prov. 5. 18. Lœlare
cum midiere adolescenliœ tiiœ : Vivez dans la
joie avec la femme que vous avez épousée
dans votre jeunesse. Mal. 2. 15. Uxorem
adolcscendœ tuœnoli despicere : Ne méprisez
pas la femme que vous avez prise dans votre
jountvsse. Gcn. 48. 15. 1. Reg. 12. 2. c. 17.
33. etc. —2" L'enfance, l'âge et l'état de l'en-
fance. Gen. 8. 21. Seihfjis et cogitalio Inimani
cordis in mcdum prona siint ab adolescenlia
sïin, i. e. a puerilia seii infanlia : La pente au
mal est naturelle à l'homme, qui naît avec
cette maudite inclination. — 3° Los premiers
temps de rétablissement d'un état ou d'une
république , parce que l'Ecriture compare
souvent un peuple à une personne ; le peu-
ple juif. Isa. 54. 4. Confusionis adolescentiœ
tuœ oblivisceris : Vous oublierez vos premiers
désordres : ce qui s'entend des péchés pour
lesquels les Juifs furent emmenés captifs en
Egjpte.Jer.2.2. c. 22.21.c.31.19.Ezech.23.
V. 3. et 8. liabylone. Isa. 47. v. 12 ei 15. Les
Moabiles. Jerem. 48. 11. Fertilis fuit Moab ab
adolescenlia $ua : Moab dès sa jeunesse a été
dans l'abondance [iv. 7:«toK^otou). — 4" Prospé-
rité, santé, parce qu'ordinairement la jeu-
nesse est dans la joie ou dans la vigueur.
Job. 29. 4. Sicut fui in diebiis adolescentiœ
meœ : Dans le temps de ma prospérité, c. 33.
25. Revertatur ad dies adolescentiœ suœ :
Ou'il recouvre sa santé et son einbonpoint.
ADOM, horno ou ru fus, ville de la tribu de
Kuben, près de laquelle les eaux du Jour-
dain s'ouvrirent pour faire un passage aux
Israélites. Jos. 3. 16.
ADOMMIM, héb. terreni, rxtfi, montagne
dans la tribu de Benjamin, entre Jérusalem
cl Jéricho, au pied de laquelle est une ville
du même nom. Jos. 18. 18. c. 15. 7. Voy. As-
CENSUS.
ADON, dominus, un homme qui revint de
'a captivité, du nombre de ceux qui ne pu-
rent faire voir leur origine. 1 Esdr. 2. 59.
ADONAl, Héb. Bominus meus, c'est un dos
noms de Dieu, du mol hébreu [Adan) d'où
vient Adon , Vouxinus et Adonaï , Dominus
meus : ce nom se mot à la place du nom
ineffable de quatre lettres, qu'on appelle or-
«luiaircmenl Jehom, qui signifie, Celui qui
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE. 120
est. L'on ne sait plus quelle est sa vraie
prononciation. Notre Vulgate l'exprime par
Dominus, à l'imitation des Septante. Néan-
moins l'Interprète a laissé le mot Adonai en
deux endroits remarquables , pour marquer
qu'il se prend pour le nom ineffable, Judith.
16. 16. Adonai Domine; vtExod. 3. 6. Etno^
men meum Adonai non indicavi eis : Je ne leur
ai pas donné une connaissance si claire de
mon nom et de mon essence divine, qu'à
vous. Ce mot Adonai marque la puissance
et la domination souveraine de Dieu, comme
celui de Jehova, au lieu duquel on met Ado-
nai, marque son essence; ainsi le premier
convient mieux au Fils , et ce dernier au
Père. C'est pourquoi on les met souvent l'un
avec l'autre dans les prières ardentes, Adonai
Domine ou Domine Deus.
ADONIAS , Héb. Dominator Dominus. —
1° Quatrième fils de David, qui lâcha de s'em-
parer du royaume de Juda , au lieu de Salo-
mon, duvivant même de son père. Bethsabée,
mère do Salomon , en ayant eu avis , en
avertit David, qui donna ordre de faire sacrer
roi Salomon, son fils. Adonias et ceux de son
parti, voyant le danger où les jetait leur en-
treprise, se retirèrent en confusion. Adonias
se réfugia dans le temple ; s(>n frère lui ac-
corda le pardon el la vie, pourvu qu'il n'en-
Ireprîl, dans la suite, riendesemblable ; mais
ce prince lui ayant fait demander en mariage
la Sunamite qui avait été la dernière femme
de son père , Salomon croyant que celle
recherche tendait à lui usurper la couronne,
il cnvova Bauaïas pour le tuer, quelque part
qu'il fut, l'an 3020. 2 Reg. 3. 4. 3. Reg. 1. 5.
c. 2. 13. 1. Par. 3. 2. etc. Voy. Haggith. ~
2° Un lévite , député par Josaphal pour ins-
truire le peuple. 2. Par. 17. 8. — 3" Un des
chefs du peuple. 2. Esdr. 10, 16, Capita po-
puli, Adonia, Begaï, Adin.
ADONIBLZEG, Domini fulgur,\e plus puis-
sant prince des Ghananéens, qui fut pris par les
enfants de Juda, qui lui coupèrent les extré-
mités des pieds et des mains. Judic. 1. v. 5.
6. 7. Fugit Adonibezec , quem persecuti com-
prehenderunt : Adonibezec ayant pris la fuite,
les Hébreux le poursuivirent et le prirent
Ce prince fut traité de la même façon qu'il
avait traité soixante-dix rois , à qui il avait
fait couper les extrémités des pieds el des
mains, et les faisait manger sous sa table les
restes de ce que l'on lui servait.
ADONICAM, Dominus surrcxit, chef de fa-
mille, dont les enfants revinrent de la capti-
vité au nombre de six cent soixante-six. 1.
Esdr. 2. 13. c. 8. 13. et au nombre de six
cent soixante-sept. 2. Esdr. 7. 18,
ADONIRAM, Dominus excelsus, fils d'Abda,
intendant des finances, sous le roi Salomon.
3. Reg. 4. C. et chef de trente mille ouvriers,
que ce prince envoyait au Liban, pour cou-
per des cèdres el d'autres arbres pour la
construction du temple, c. 5. 14.
ADONIS, iDis. Héb. Thammuz, 1, Consum-
ptus sive incendium. Adonis était un jeune
homme aimé de Vénus, selon la fable. Il fut
tué par un sanglier et beaucoup pleuré par
celle déesse, qui ensuite le recouvra en vie.
121
ADO
ADO
122
Ezccb. 8. 14. "Ecce ihi muUeres plangentes
Adonidem : Ces femmes idolâtres honoraient
Vénus par ces pleurs comme par leurs dé-
bauches. D'autres veulent que ces femmes
aient été des prêtresses d'isis , qui avait or-
donné de pleurer la mort d'Osiris, son mari,
à qui ces femmes rendaient des honneurs di-
vins, avec des cérémonies infâmes et hon-
teuses.
ADONISEDECH, Héb. Domini justitia, roi
de Jérusalem, qui souleva les autres rois
chananéens contre Josué. Jos. 10. v. 1. 3. Ce
fut alors que Josué arrêta le soleil pour avoir
le temps de les défaire.
ADOPTARE, élire, choisir et adopter, qui
est choisir quelqu'un.
Adopter, prendre quelqu'un pour son en-
fant. Exod. 2. 10. Quemilla adoptavit in îo-
cum filii : La fille de Pharaon adopta Moïse
pour son fils. Eslh. 2. v. 7. 15. Quam sibi
adoptaverat in filiam : Mardochée avait
adopté Esther pour sa fille {■k</.i§îvziv).
ADOPÏIO, Ms , l'action par laquelle on
adopte ; mais dans l'Ecriture , outre l'adop-
tion civile, il est souvent fait mention, dans
saint Paul, d'une adoption spirituelle , par
laquelle Dieu adopte les hommes pour ses
enfants. — 1" Adoption civile , telle qua été
non-seulement celle de Moïse et d'Esther,
m;iis encore celle des enfants nés des ser-
vantes de Lia et Rachel. Gen. 30. v. 3. 6.
Voy. c. 16. 2. et celle d'Ephraïm et Manassé,
c. 48. 5. Mei erunl : Les deux fils que vous
avez eus en Egypte seront à moi. Jacob parle
à Joseph. — 2" Adoption divine ou spirituelle,
vto5i(Tia, par laquelle Dieu a faitl'honneuraux
Israélites, préférablement à toutes les autres
nations, de les prendre pour son peuple par-
ticulier. Rom. 9. h. Quorum adoplio est
filiorum : Ce sont les Israélites, à qui appar-
tient l'adoption des enfants de Dieu. Ainsi, il
appelle ce peuple son fils aîné. Exod. 4. 22.
Filius meus primogenitus Israël : Israël est
mon fils aîné. Matlh. 15. 26. Mais cette
adoption n'était que la figure de l'adoption
excellente qui s'est faite par Jésus-Christ,
expliquée dans le nombre suivant. — 3^
Adoption plus particulière, par laquelle nous
sommes fails enfants adoptifs de Dieu, ses
héritiers et les cohéritiers de Jésus-Christ ,
par la grâce de Dieu et par celte charité que
le Saint-Esprit répand dans nos cœiirs.
Rom. 8. 15. Accepistis spiritum adoptionis
filiorum : Vous avez reçu l'esprit d'adoption
des enfants de Dieu. Eph. 1. 5. Qui prœdcsti-
navil nos in adoplionem filiorum : Dieu le
Père nous a prédestinés par un pur effet de
sa bonne volonté , pour nous rendre ses en-
fants adoplifs par Jésus-Christ, etc. Galat. k.
5. Dans tous ces endroits l'Interprète latin
a toujours mis adoptio filiorum, parce que le
Grec porte uîoOjTta. Celte adoption se com-
mence dans cette vie et s'accomplit dans
l'autre. Rom. 8. 23. Adoplionem filiorum Dci
expectanles : Nous attendons l'effet de l'adop-
tion divine. En cet endroit ce mol signifie
l'hérédité que l'on obtient en vertu de l'adop-
tjon.
ADOR, Testimonium lucis, ville de la Iribu
d'Aser.'l Mach. 13. 20. Gyraverunt per viam
quce ducit Ador : Tryphon avec ses Iroupes
tournèrent parle chemin qui mène à Ador.
ADORAM, Décor eorum. Voy. Aduram. —
1° Fils de Jeclan. 1. Par. 1. 21. Il est nommé
Aduram. Gènes. 10. 27. — 2" Fils de Thoii,
roi d'Hemath, qui vint de la part de son père
pour féliciter David de la victoire qu'il avait
remportée sur Adarezer. 1 Par. 18. 20.
ADORARE , Tzpo^y.vvEtv. Héb. Sachah. —
1° Se prosterner devant quelqu'un , lui faire
une profonde révérence, soit pour le saluer.
Exod. 18. 7. Egressus in occursum cognali sui
adoravit : Moïse étant allé au devant de son
beau-père , se baissa profondément devant
lui. Gen. 18. 2. Nomb. 22. 3i. Jos. 5. 15.
Rulh. 2. 10. 2. Rois 18. v. 21. 28. etc. Soit
pour demander quelque grâce à quelqu'un.
Exod. 11. 8. Descendent omnes servi tui isti
ad me, et, adorabunt me , dicentes : Egredere,
etc. Tous vos serviteurs, que vous voyez ici,
viendront à moi, et ils m'adoreront, en di-
sant : Sortez, vous et tout le peuple qui vous
est soumis ; i. e. ils viendront à moi et ils me
supplieront bien humblement de vouloir bien
sortir, c. 34. 8. 2. Rois. 14. 4. 2. Par. 24. 17.
Soit pour remercier quelqu'un d'une grâce
reçue. 2. Rois. 14. 22. Joab adoravit et bene-
dixil Régi : Joab, qui venait d'obtenir le re-
tour d'Absalom, adora et bénit le roi ; i. e.
le remercia en se prosternant devant lui. 4.
Rois. 4. 37. Venit illa, et adoravit super ter-
ram, tulitque filium suum : La Sunamite vint,
et, se jetant aux pieds d'Elisée, elle l'adora;
i. e. elle le remercia de la faveur qu'elle
venait de recevoir. Cette manière de saluer
en se prosternant devant quelqu'un, était
pratiquée par les Orientaux à l'égard de ceux
à qui ils voulaient témoigner un grand res-
pect ; et c'est en ce sens que se prend le mot
d'adorer, dans tous les endroits où l'Ecriture
dit qu'on a adoré des hommes ou des anges.
2" Se baisser, ou se courber simplement
sans marquer de respect. 4. Rois. 5. 8. Si
adoravero in templo Remmon, adorante eo in
eodem loco : Si j'adore dans le temple de
Remmon , lorsque le roi mon maître ado-
rera lui-même; i. e. si je me baisse pour sou-
tenir le roi, appuyé sur ma main , lorsqu'il
adorera les idoles dans le temple de Remmon .
3^ Rendre hommage à quelqu'un , en le
reconnaissant conjme son maître et son sou-
verain, Gen. 49. 8. Adorabunt le filii patris
tui : Les enfants de votre père vous adore-
ront; i. c. \ous seront soumis. Matlh. 2. v.
2. 8. 11. Vidimus stellam ejus in Oriente , et
venimus adorarc eum : Nous avons vu sou
étoile en Orient, et nous sommes venus l'a-
dorer; i. c. lui rendre nos hommages, comme
à notre Roi et à notre Souverain. Gen 37,
v. 7. 9. 10. c. 50 , 18. Tob. 14. 9. Eslh. 16. IL
k" Adorer, rendre un culte souverain qui
n'est dû qu'à la Divinité. Matlh. 4. 10. Do-
minum Ueum tuum adornbis , et Hli soli ser-
ties : Vous adorerez le Seigneur votre Dieu,
et vous ne servirez que lui seul. 1. Par. 16.
19. Adorule Dominum in décore sancto :
Adorez le Seigneur dans un saint respect.
Î23
Ps. 5. 8. Ps. 28. 2. Ps. 137. 2. et en une inû-
nité d'autres endroits.
5° Bénir Dieu, lui remire gloire, le remer-
cier de quelque faveur reçue. 2. Parai. 7. 3.
Omnes filii Israël, adoraverunt et Inudave-
runt Dominum : Tous les enfants dlsraël ,
voyant descendre le feu et la gloire du Sei-
gneur sur le Temple , adorèrent Dieu «l le
louèrent. Job. 1. '2.0. Suirexit Job, et tonso
capite corruens in terram, adoravit et dixit :
Nudus egressus sum, etc. Job se leva, et s'é-
tant rasé la tête , il se jeta par terre, et adora
Dieu, en disant : Je suis sorti nu du ventre
de ma mère, et jy retournerai nu. Gen. 47.
31. Exod. 12. 27. 3. Rois. 1. i7. 2. Esdr. 8.
6. Judit. 13. 22. c. 16. 22. 1. Macli. 4. oo.
6' Prier, faire sa prière { 7Tpo7z'jyîi70y.i,
orare). Ps. 71. 15. Âdorabunt de ipso semper :
Ils prieront sans cesse pour sa prospérité.
De ipso; 1. e. pro ipso. Voy. De. Ce qui ne se
peut appliquer qu'à Salomon, et ce qui fait
voir qu'il y a des versets qui ne s'entendent
à la lettre que de lui, quoique le psaume
soit une prophétie de Jésus-Christ. Le Grec,
l'Hébreu et les autres langues originales
s'accoraent dans la signiGcation de ce mot.
1. Reg. I. 3. 19. 28. Ascendebat vir ille de
civitate sua statulis diebus, ut adoraret et sa-
crificaret Domino exercituuminSilo ;Elcana
allait de sa ville à Silo , aux jours solennels,
pour adorer le Seigneur des armées, et pour
lui offrir des sacrifices. Deut. 26. 10. 1. Reg,
15. v. 25. 30. 31. 2. Reg. 12. 20. c. 15. 32. 4.
Reg. 18. 22. 2. Par. 6. v. 32. 34. c. 29. v. 28.
29. 30. c. 32. 12, 2. Esd. 9. 3. Tob. 11. v. 7.
12. Judit. 6. 14.
7° Offrir un sacrifice. Joan. 4. 20. Jeroso-
lymis est locus ubi adorare oporlet ': Vous
dites que c'est dans Jérusalem qu'est le lieu
où il faut adorer. Il était permis de prier
Dieu en tous lieux; mais la loi ordonnait
qu'on n'offrît des sacrifices que dans la ville
de Jérusalem. Gen. 22. 5. Expectate hic; ego
et puer, postquam adorareritnus , revertemur
ad vos : Attendez-moi ici; nous ne ferons
qu'aller jusque-là , mon fils et moi, et après
avoir adoré, nous reviendrons aussitôt à
vous ; t. e. après que nous aurons offert
notre sacrifice.
8^ Respecter, regarder quelque chose avec
respect. Ps. 98. 5. Adorate scabellum pedum
ejus , quoniam sanclum est : Adorez l'esca-
beau de ses pieds, parce qu'il est saint. Par
cet escabeau des pieds du Seigneur, le pro-
phète entend l'arche, sur laquelle il se ren-
dait présent à son peuple. Hebr. 11. 20. Fide
Jacob tnoriens singulos filiorum Joseph bene-
dtxit , et adoravit fustigium virgœ ejns : C'est
par la foi que Jacob, mourant , bénit chacun
des enfants de Joseph, et qu'il s'inclina pro-
londément devant le bâlon de commande-
ment que portait son fils. Jacob révérait ,
dan- ' • •
s la marque de la grandeur de son fils ,
le règne de Jésus-Curist, dont il était la fi-
gure. Tob. l.'i. 13. Is. 60. 14.
ADORATOR, is. Trporrxvvrlr»,,-. Cc uom , qui
vient da(/or«re. signifie adorateur, celui
ou celle qui adore. Joan 4. 23. Vcnit h'>ra ,
et nunc est, ^mndo veri adoratores adora-
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE. 12i
bunt Patrem in spiritu et veritate : Le temps
vient, et il est déjà venu, que les vrais ado-
rateurs adoreront le Père en esprit et en vé-
rité, dit Jésus-Christ à la Samaritaine.
\DORNATUS, A, UM. S[Kxr/o7p.>7iiisvo?. Ce
participe, composé d'ad et 6'ornare, si-
gnifie paré, orné, ajusté. 2. Marh. 3. 25.
Apparuit illis quidam equus , (erribitem ha-
iens sessorem , optimis operimentis adorna-
tus : Ceux qui suivaient Héliodore virent
paraître un homme terrible, monté sur un
cheval magnifiquement pTré.
ADRAMELECH, Héb. Rex , sive Deus ma-
gnifîcus. — 1° Adraraeicch, fils de Sennache-
rib, qui tua son père. 4. Reg. 19. 37. Cumque
adoraret in templo Nesroch deum suum, Adra-
melech et Sarasar, filii pjus, percusseriint eum
gladio : Lorsque Sennachérib adorait Nes-
roch, son dieu, dans son temple, ses deux
fils , Adramelech et Sarasar , le tuèrent à
coups d'épée. Isa. 37. 38. — 2' Idole ou dieu de
Sepharvaïm, en l'honneur de qui ceux de ce
pays brûlaient leurs enfants. 4. Reg. 17. 31.
Hi autem qui erant de Sepharvaim combure-
bant filios suos igni Adramelech et Anamelech
diis Sepharvaim ; Ceux de Sepharvaïm fai-
saient passer leurs enfants par le feu , et les
brûlaient pour honorer Adramelech et Ana-
melech, dieujx de Sepharvaïm.
ADRIA , M. Adria, ville sur les côtes de
rillyrie ou de Dalmatie , qui a donné son
nom à la mer; ainsi ce nom se prend pour
la mer Adriatique. Act. 27. 27. Naviganlibus
nobis in Adria : Lorsque nous étions , dit
saint Paul, sur la mer Adriatique. Voy. Na-
VIGARE , 2°.
ADRUMETINUS, a, um, qui est d'Adru-
mète, ou appartient à la ville d'Adrumète
en Afrique , située sur la côte de la mer
{«Spaiiv-cTn-joç). Act. 27. 2. Ascendentes navctn
Adrumelinam , nous montâmes sur un vais-
seau d'Adrumète. Mais , selon le Grec , ce
fut sur un vaisseau d'Adramytte , ville de
Mysie , dans l'Asie .Mineure; ce qui est bien
plus probable, parce que ce vaisseau devait
aller côtoyer l'Asie, et non pas prendre la
route d'Afrique.
ADSCRIRERE. Ce verbe signifie, selon la
force du mot, ajouter en écrivant : dans l'E-
criture , Attribuer , donner ( ùva.a-zpi^îvj ).
Eccli. 29. -22. Bona repromissoris sibi ascribit
peccator, le pécheur s'attribue le bien de sou
répondant. Voy. Repromissor,
ADSTARE , TtupirrzK^eui. Voy. Stare. Ce
verbe signifie, — 1" Se tenir devant ou auprès,
être présent, se présenter, paraître devant
quelqu'un. Ps. 44. iO. Astitit Regina a
dexiris tuis : la reine s'est tenue à votre
droite. Cette reine est l'Eglise , figurée par l.i
femme de Salomon. Ps. 5. 5. Mane aslaba
tibi : Je me présenterai dès le matin , devan
vous, pour vous prier. 2. Mach. 3. 33. Act
1. 10. c. 10. 17. c. 11. 11. c. 12. 7. c. 22. 12
c. 27. 24.-2" Etre toujours prêt pour assis
ter on rendre service. Ps. 108. 31. Astitit a
dcxtris paitperis : Le Seigneur s'est tenu à la
droite du pauvre. Voy. Pauper. Tob. 12. 15.
Luc. 1. 19. c. 19. -24. Ad. 23. 2. etc.— S'' S'é-
lever contre quelqu'un. ?s.'2>.± Astiterunt
125
ADV
ADV
126
refjos térrœ : Les rois de la terre se sont op-
posés à l'établissement de lIEglise. Act. 4. 26.
Eccli. 51. S. — k". Accompagner, se trouver
1 avec (p'îtv, seu i'pîvj, dicere). Eccli. 15. 10.
' Sapienliœ Dei astabit laus : La louange est
inséparable de la sagesse que Dieu donne,
c'est-à-dire la vraie sagesse est digne de
toute louange. Le Grec porte : Jn sapientia
dicetur laus, la Louange doit être prononcée
avec sagesse. 1. M;ich. 6. 35. Astiterunt sin-
gulis elephantis mille viri : Mille hommes de
l'armée d'Antiochus accompagnaient chaque
éléphant , pour marcher contre Judas. —
5° S'arrêter à quelque chose. Ps. 35. 5. As-
titit omni vice non bonœ : L'injuste s'est ar-
rêté à toute mauvaise voie.
ADVEHERE , apporter, transporter, si-
gnifie, dans l'Ecriture, amener par eau,
transporter par mer. Ezech. 27, 19. Manci-
pia et vasa œrea advexerunt populo tuo : Ils
amenaient à votre peuple des esclaves et des
vases d'airain ( SjSovat ). Le prophète parle
des peuples qui, pnr leur commerce, con-
tribuaient à la magnificence de la ville de
Tyr.
ADVENA, JE. Voy. Peregrinds. Ce nom,
dérivé d'ad et de venire, répond au mot hé-
breu ger, étranger; mais, dans lEcriture,
advenu, incola et colonus, sont souvent con-
fondus. Il signifie ,
1° Etranger, qui est d'un autre pays ou
qui habile dans un pays dont il n'est pas
(TTfOTrjXyToç). Exod. 23, 9. Scitis advenarum
animas : Vous ne ferez point de peine à l'é-
tranger; car vous savez quelle est la dispo-
sition de ceux qui sont hors de leur pays.
G. 22. 21. Levit. 25. 23. Advenœ et coloni met
eslis : Vous n'êtes point les propriétaires de
la terre que je vous ai donnée, elle m'appar-
tient. V. 35. W. Exod. 12, 19. Tarn de aâvenis
quam de indigenis terrœ : Dieu défendait de
manger du pain levé à la fête de Pâques , et
les étrangers étaient obligés de s'accom-
moiler à la police et aux fêtes du peuple de
Dieu , pour éviter la confusion. Gen. 19. 9.
c. 21. 23. Num. 9. U. Deut. 15. 3. c. 16. 11.
G. 26. 12. Ps. U5. 9. etc.
2" Prosélyte, qui, étant né parmi les Gen-
tils, était venu parmi les Juifs, pour faire
profession du judaïsme et de la loi. Act. 6. 5.
Nicolaum advenam Anliochenum : Nicolas ,
prosélyte dAntioche, c. 13, 43. Seculi sunt
muUi Judœorum , et colenlium advenarum
Paulum et Barnabam : plusieurs des Juifs et
des prosélytes, craignant Dieu, suivirent Paul
et Barnabe. Ce fut après la prédication de
saint Paul à Anlioche de Pisidie.
3" Ceux qui, étant en ce monde comme
n'en étant point, se regardent ici (omme des
étrangers et des pèlerins {7r«potzo?) , ainsi
se nomment ordinairement les vrais fidèles,
et alors se trouve ordinairement joint au mot
advena celui do peregrinus. 1. Petr. 2. 11.
Ohsecro vos, tamquam advenas et peregrinos,
abslinere vos a carnalibus dcsideriis : Jc vous
conjure de vous abstenir , comme étant
étrangers et voyageurs en ce monde, des
passions charaelles qui combatlent contre
l'âme. 1. Par. 29. 15. Ps. 38. 13. Eph. 2. 19
Voy. Hébr. 11. 13.
k° Les Juifs retournés dans le pays dont
ils avaient été chassés (k/jve? , agni). Isa.
5, 17. Déserta in ubertatem versa advenœ co-
medent : Les étrangers viendront se nourrir
dans les déserts devenus fertiles. Ces étran-
gers étaient les pauvres qui , ayant été
chassés du temps de Nabuchodonosor , re-
vinrent jouir des fruits laissés par les Juifs.
5° Les mêmes Juifs dispersés par tout le
monde ( TTxp-mhiMo; ). Act. 2. 10. Advenœ
Romani : Ceux qui sont venus de Rome.
1. Petr. 1. 1. Advenis dispersionis Pond :
Aux fidèles qui sont étrangers et dispersés
dans les royaumes du Pont.
ADVEiNIRE , sp/jaBui. Ce verbe se dit des
personnes et des choses.
1° Venir, arriver. Eccl. 1. k. Generatio
prœterit, et generatio advenit : Une race
passe, une autre vient qui lui succède {~U~
povtjOi/.i, impleri). Gen. 25. 24. Jam tempus pa-
riendi advenerat : Le temps des couches de
Rebecca était venu. c. 30. 33. c. 31. 10. Act.
5. V. 21. 25. c. 9. 39. c. 28. 21. etc. Ainsi
Eccli. 26. 25. Jracundia mihi advenit : Il
m'est venu de l'indignation , c'est-à-dire :
J'ai un sujet d'indignation contre quelque
chose [èTzipyjaSai]. Voy. Iracundia.
2' Entrer, s'introduire {ei(7 i pyjaOut). Sap.
14. 14. Supervacuitas enim hominum hœc ad-
venit in orbem terrarum : cette vanité est
entrée dans le monde, il parle des idoles.
D'autres lisent : Adinvenit , c'est la vanité
des hommes qui les a inventées. Voy. Su-
pervacuitas.
3° Survenir , venir au secours de quel-
qu'un. Eccli. 21. 6. Judicium festinato ad-
veniet illi : La vengeance que Dieu tirera du
superbe viendra promptement au secours du
pauvre. Sap. 16. 10.
4" Surprendre , venir fondre tout d'un
coup (èTzépyj'jOxi). Prov. 1. 16. Cum vobis
id quod timebalis advenerit : Je vous insul-
terai , 'lorsque ce que vous craignez vous
arrivera à l'heure de votre mort. Jac. 5. 1.
Agile nimc, divites; plorate ululantes in mi-
seriis vestris quœ advenient vobis : Riches,
pleurez, poussez des soupirs et des cris, dans
la vue des misères qui doivent fondre sur
vous. Eccli. 27. 30. Act. 2. 2. 2. Pet. 3. 10.
5° S'accomplir. Matth. 6. 10. Luc. 11. 2.
Adveniat regnum tuum : Que votre règne
arrive , c'est-à-dire qu'il s'établisse et s'ac-
complisse. On demande, par ces par(jlrs,
l'accomplissement du règne de Dieu. Or, ce
règne commence par la prédication et la foi
de l'Evangile; mais il ne sera parfaitement
accouipli qu'après la résurrection, lorsque
le règne du péché et du diable sera entière-
ment détruit {Voy. Apoc. 12. 10). Dan. 7. 22.
Ainsi, Apoc. 11. 18. Advenit ira tua : Le
temps de votre colère est arrivé.
ADVEiNTUS, us. 1° Arrivée, venue dune
personne (êOEUfri,-). Judic. 6. 18. [Ego prœ~
stohibor advenlîim tuum : J'attendrai votre
arrivée, dit l'ange à Gédéon. Num. 22. 37.
An quia mercedem adventiii tuo reddere ne-
queo ? Esl-cc que je ue puis pas vous récom-
«27
censcr à votre arrivée? dit Balac à Balaam.
Judic 9 V. 23. 26. k. Reg. 20. 13. 2. Par.
18 2 c. 28. 3.1. Esd. 3. 8. etc.
â^bépart, sortie {el'^oSo?). Jerem. 8. 7. Tiir-
tur et hirundo, et ciconia custodierunt tem-
j)us advetitiis sui : La tourterelle , l'hiron-
delle et la cigogne savent discerner la sai-
son de leur passage. Ces oiseaux vont dans
les pays chauds quand il est temps, et sa-
vent quand il faut partir pour y aller.
L'Ecriture fait mention de plusieurs avè-
nements de Jésus-Christ ; mais il y en a deux
principaux.
Le premier est celui par lequel, étant venu
en ce monde, il a pris une chair comme la
nôIre, pour racheter les hommes. C'est de
ce premier dont il est parlé (eÏtoBoç). Malach.
3. 2. Quis poterit cogitare diem adventus
ejus? Qui pourra penser au jour de son
avènement, ou, qui en pourra soutenir la
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
vue
? Act. 7. 52. c. 13. 24.
Le second avènement de Jésus-Christ est
celui qui arrivera, à la fin du monde , lors-
qu'il viendra juger les vivants et les morts.
C'est de cet avènement dont il est parlédans
saint Matthieu. 2i. 3. Quod signum adven-
tus lui? Dites-nous quel signe il y aura de
votre avènement? v. 27. 37. 39. et dans les
Epîlres des apôtres. Dans tous ces endroits,
adventus répond au Grec 7r«pou(7î«, de Ti-apstvat,
adesse, pour advenire : ainsi Tavénement de
l'Antéchrist est rendu par le même terme. 2.
Thess. 2. 9. Cujus est adventus secundumope-
raiionein Satanœ : Qui doit venir avec la
puissance de Satan.
ADVERSARI. Ce verbe vient &ad et du su-
pin de vertere, versum, et signifie, — 1° s'op-
poser, contrarier, résister {elç Si«§o>«v com).
Num. 22. 32. Veni ut adversarer tibi, Gr. in
accusationem tui : Je suis venu pour m'uppo-
ser à vous, dit. l'ange à Balaam. Deut. 1.
43. Rulh. 1. V. 16. 18. etc. — 2° Affliger,
maltraiter (jotao-riyoûv). Job. 30. 21. in duritia
manus tuœ adversaris mihi : Vous employez
vos forces pour m'afflig^r. Num. 33. 53.
Ezech. 28. v. 2i. 26. — 3° Haïr, être enne-
mi (èvKVTio,-). 1. Thess. 2. 15. Omnibus homi-
nibus adversantur : Les Juifs sont ennemis
de tous les hommes. Ps. 3. 8. Ps. 3i. 19. —
h" S'excuser, se défendre de quelque chose.
Eccli. 29. 7. Si aulempotuerit reddere^ adver-
sabitur : Si celui qui a emprunté peut ren-
dre, il s'en défendra d'abord. — 5° S'opposer
à Dieu même, ce qui est le propre de l'An-
téchrist, qui est exprimé dans l'Ecriture par
le mol Grec : «vxr/aasvo? , adversarius , que
l'interprète latin a rendu par qui adversa-
tur. 2. Thess. 2. k. Qui adversatur et extol-
lilur supra omnequod est Deus : Qui, s'oppo-
sant à Dieu, s'élèvera au-dessus de tout ce
qui est appelé Dieu.
ADVERSARIUS, L ÛTr£VKVTto?. Ce nom vient
•lu verbe adversari, cl signifie, — 1" adver-
saire, ennemi. Jos. 5. 13. Noster es, an ad-
vcrsariorumY Eles-vous pour nous, dit Jo-
sué, ou pour nos ennemis? Exod. 15. 7.
D.'ut. 21. 1. Luc. 13. 17. c. 21. 15. etc. —
2°P,irlieadversc,avccquion plaide (àv-i5txo,-)-
128
Malth. 5. 25. Luc. 12. 58. Cum vadis cum
adversario tuo : Lorsque vous allez avec vo-
tre adversaire devant le magistrat, tâchez
de vous dégager d'entre ses mains. Luc. 18.
3. Ce mot, en cet endroit, se prend métapho-
riquement pour quelque ennemi que ce soit,
avec qui nous devons nous réconcilier avant
la mort. Is. 50. 8. Quis est adversarius meus ?
Qui est mon adversaire? [xpi-joixvjoç , disceptu'
toî'). — 3" Ennemi de Dieu, qui pèche de gaîté
de cœur, après avoir reçu la connaissance
de la vérité. Heb. 10. 27. Ignis œmulatio quœ
consumptura est adversarios : Il ne reste que
l'ardeur du feu qui doit dévorer les ennemis
de Dieu. Voy. v. 26. — k" Le démon, qui est
l'ennemi juré du genre humain (àvrtStxof). 1.
Pelr. 5. 8. Adversarius vester diabolus : Le
démon, votre ennemi.
ADVERSUS, A, UM. C'est de cet adjectif
que se forme cette manière de parler adver-
biale ex adverso : qui signifie, — 1° vis-à-
vis, à l'opposile (èçEvavTtKç). 2. Reg. 11. 15.
Ponite Vriam ex adverso belli, ubi fortissi-
mum est prœlium : Mettez Urie à la tête de
vos gens, et vis-à-vis le lieu où le combat
sera le plus rude. Ce fut l'ordre que David
donna à Joab par Urie même. Marc. 15. 39.
Videns centurio qui ex adverso stabat : Le
centenier qui était là présent à la passion,
et vis-à-vis de Jésus-Christ, le reconnut Fils
de Dieu. Exod. 25. 37. Jos. 15. 7. 1. Reg.
14. 5. c. 26. V. 1. 3. 13. 2. Reg. 2. 24. c. 5.
23. c. 10. 9. etc. — 2° Contre, à rencontre.
Tit. 2. 8. ut îs qui ex adverso est, vereatur :
que vos paroles soient irrépréhensibles, afin
que nos adversaires rougissent, n'ayant au-
cun mal à dire de nous. 1. Reg. 17. v. 21.
48. 2. Reg. 10. 17. 3. Reg. 20. 27. — 3" A
la rencontre, au devant {elç o-uvKvryjo-tv). Exod.
5. 20. Occurreruntque Moisi et Aaron qui
stabant ex adverso cgredientibus a Pharaone :
Les Israélites intendants des ouvrages, ren-
contrèrent Moïse et Aaron, qui se trouvè-
rent au-devant d'eux , lorsqu'ils sortaient
d'avec Pharaon. — 4*^ Devant [ùTzéw.-Dzi). 2.
Esd. 13, 21. Quare manetis ex adverso mûri?
Pourquoi vous tenez-vous devant le mur ?
dit Néhémie aux marchands qui avaient
étiilé le jour du sabbat. 2. Par. 6. 12. c. 13.
15.
ADVERSUS, ou ADVERSUM, préposition
qui signifie, — 1° Contre, à l'enconlre (x^rà,
genit). Ps. 74. 6. NoUte loqui adversus Deum
iniquitatem .-Méchants, cessez de parler con-
tre Dieu, et de proférer des blasphèmes. Ps.
31. 5. Confitcbor adversum me injustitiam
îneam Domino : Je déclarerai au Seigneur,
et confesserai contre moi-même mon injus-
tice. Gen. 4. 8. c. 14. 9. Matth. 5. v. 11. 23
c. 10. 35. c. 12. 14. — 2° Vis-à-vis, devant
(k«t«, acc). Job. 33. 5. Adversus faciem meam
fonA«s/e ; Paraissez devant moi, dit Eliu à
Job. Ps. 37. 12. Ps. 38. 2. — 3" En présence,
à la vue (èç iw.-j-'iv.;). Ps. 22. 5. Adversus eos
qui tribulant me : Vous avez préparé une
table devant moi, à la vue de ceux qui me
persécutent. Ce qui s'entend de David dans
le sens littéral ; mais si on l'eniend de l'eu-
charistie, et dans le sens spirituel, cela si-
1^29
ADU
ADU
130
gnifie : Vous avez préparé une table contre
ceux qui me perséculent.
ADVESPERASCERE. Ce verbe composé
d'arf et de vespera, se faire tard ( T^pàç éaTzépc/.-j
thaï], Luc. 24. 29. Mane nobiscum. Domine^
quoniam advesperascit (sup. dies) : Demeurez
avec nous, parce qu'il est déjà tard, disent à
Jésus-Christ les disciples à Eramaùs. Prov.
7. 9. Advesperascente die : A la fin du jour.
ADVIVERE, ç^v. Vivre, être tn vie. Jos.
4. 14. Dum adviveret : Lorsque Moïse vi-
vait.
ADULATIO , Nis, y.olciy.îia. Flatterie. Ec-
cli..7. 6. Melius est a sapiente corripi quam
stultorum adulatione decipi ; Il vaut mieux
être repris par un homme sage, que d'être
abusé par la flatterie des imprudents. 1.
Thess. 2. 5. Neque enim aliqiiando fuimiis in
sermone adulationis : Nous n'avons point usé
de paroles de flatterie dans la prédication de
l'Evangile.
ADULLAM, Héb. Testimonium iîlis, ville
de la tribu de Juda , rebâtie par Roboam.
Jos. 12. 15. Rex Adullam uniis : Celte ville
fut prise par Josué, et son roi fut attaché
au gibet, c. 15. 35. C'est le même que Odol-
lam.
ADULTER, A, UM, Gr. i^/oîxo?, iJ-oi^n. Ce
nom se forme à'ad et d'alter, ou altéra, quasi
ad alterum ou alteraïii, qui s'approche dun
autre.
1" Adultère, qui viole la foi du mariage
par un adultère. Deut. 22. 22. Si dormierit
vir cum uxore alterius, uterque morietur, i.
e. adulter et adultéra : Si un homme dort avec
la femme d'un autre, l'un et l'autre mourra,
l'adultère et la femme adultère. Ps. 49. 18.
Ctim adulteris portionem tuam ponebas : Vous
faisiez alliance avec les adultères, dit Dieu
au pécheur. Job. 24. 15. Prov. 6. 32. Sap. 3.
16. Luc. 18. 11. 1. Cor. 6. 9. etc.
2' Grand pécheur, infidèle, qui rompt
l'alliance qu'il a faite avec Dieu , pour s'a-
bandonner au culte des idoles. Isa. 57. v. 3.
8. Suscepisti adulterum : Vous avez reçu les
adultères. Jerem. 9. 2. Omnes adulteri simt,
cœtus prœvaricatorum : Ils sont tous des
adultères, c'est une troupe de violateurs de
la loi. c. 23. 10. Adulteris replela est terra :
La terre est remplie d'adultères. Ezech. 23.
45. Ose. 3. 1. c. 4. 13. Ainsi les Juifs sont
appelés une nation adultère, parce que , par
la corruption de leurs mœurs , ils avaient
dégénéré de la piété d'Abraham, leurpère, et
avaient abandonné le traité que Dieu avait
fait avec eux. Matih. 12. 39. c. 16. 4. Marc.
8. 38. On peut prendre ici generatio adul-
téra, pour adulterina y illégitime, comme
adulter est mis "poxxr adulterinus. Héb. 12. 8.
Erqo adulteri eslis : Si vous n'êtes point châ-
tiés, tous les autres l'ayant été, vous êtes
donc bâtards ; Gr. vodot, spurii. Ceux qui
préfèrent à l'amour de Dieu le monde et
ses plaisirs, qui s'y abandonnent entière-
ment, sont appelés adultères. Jac. 4. k-. Adul-
teri, nescitis quia amicilia hujus mundi ini~
mica est Dei? Ames adultères et corrompues,
ne savcz-vous pas que l'amour de ce monde
est une inimitié contre Dieu?
ADULTERIUM, {lor/^ùci. — i° Adultère,'
crime commis contre la foi du mariage
Matlh. 15. 19. De corde exeunt cogitationes
malœ, adulteria : C'est du cœur que partent
les mauvaises pensées, les meurtres, les adul-
tères. Marc. 7. 21. c. 10. 11. Joan. 8. v. 3. 4.
— 2° Violement ou corruption d'une femme
ou d'une fille (fiO£x«^.tf, 5oj, adultéra). Ose. i. 2.
Furtuin et adulterium inundaverunt : Le lar-
cin et l'adultère se sont répandus comme un
déluge parmi les hommes. 2. Petr. 2. 14.
Oculos habentes plenos adulterii : Les faux
docteurs qui sont parmi vous ont les yeux
pleins d'adultère; c'est-à-dire, leurs regards
lascifs font connaître l'impureté de leur
cœur, Gr. le désir des femmes adultères. —
3° Idolâtrie, abandonnement au culte des
idoles. Ezech. 23, 43. Et dixi ei quœ attrita
est in adulteriis : Je dis alors de cette femme
qui a vieilli dans l'adultère. (Cette femme
marque Jérusalem idolâtre.) Jerem. 13. 27.
Ose. 2. 2.
ADULTERARE . ADULTERARI. iMor/jvecv.
Voy. MoECHARi, FoRNiCARi. — i" Commettre
adultère. Ose. 4. 14. Non visitabo super
sponsasvestras cumadulteraverint:Je ne pu-
nirai point vos femmes de leurs adultères.
Sap. 14. 24. Matth. 5. 32. — 2" Commettre
toute sorte de péché de luxure. Matlh. 19.
18. Non adulterabis : Vous ne commettrez
point d'adultère. Marc. 10. 19. Rom. 13. 9.
— 3° Commettre idolâtrie. Ose. 4. 14. c. 7.
4. Omnes adultérantes quasi clibanus succen-
sus a coquente: Les Israélites sont tous des
adultères, semblables à un four où l'on a
déjà mis le feu. Voy. Clibanus. Jerem. 23.
14. Ezech. 23. 37. — 4" Altérer, corrompre
[yM-niE-Jzfj, cauponari). 2. Cor. 2. 17. Nonsu-
mus sicut plurimi adultérantes verbum Dei:
Nous n'altérons point la parole de Dieu par
de fausses interprétations, ni en mêlant l'er-
reur avec la vérité, comme font plusieurs,
de même que quelques cabaretiers falsifient
le vin pour en tirer du gain. c. 4. 2. Neque
adultérantes verbum Dei, Gr. dolo tractâmes^
ADULTUS, A, UM. Participe formé du verbo
adolescere, — 1° Qui est dans son adolescen-
ce, dans son âge tendre (âS/juvîsij-, grandis
faclus). Exod. 2. 9. Nutrivit puerum, adul-
tumque tradidit filiœ Pliaraonis: La mère pri
l'enfant et le nourrit, et lorsqu'il fut assez
fort, elle le donna à la fille de Pharaon. —
2" Adulte, qui est dans sa jeunesse, qui est
cru en âge {uù^r)6£iç). Gènes. 25. 27. Quibus
adultis factus est Esau vir gnarus venandi :
Quand Esaii et Jacob furent grands, Esaii
devint habile à la chasse. Il semble que ce
mot, en cet endroit, s'entend d'un âge pins
avancé que celui de l'adolescence. Eccli. 42.
9. Ne forte in adolescentia sua adulla efficia-
tur : Le soin qu'une fille cause à sou père,
lui ôl(; le sommeil, de peur qu'elle uc passe
la fleur de son âge sans être mariée (77«^c<xa«-
Çsiv, exolescere).
ADUNARE, (7uv«/£tv. — 1° Mettre ensem-
ble, amasser. 2. Piir. 24. 27. Summa pccunice
quœ adunata erat : L'argent qu'on avait
amassé sous Joas est décrit plus eu délail
!!51
dans le livre des Rois. — 2° Assembler, réu-
nir Ezech. 11. 17- Congregabo vos de popu-
lis 'et adunabo de terris : Je vous rassemble-
rai du milieu des peuples, et vous réunirai
des pays uù vous avez été disperses. 2. Par.
99 W. Judith. 3. 15. c. 5. 23. c. 15. 4.
'aDVOCARE, TToo^yicùsu. — i" Appeler à
soi, faire venir, mander. Malth. 18. 2. Advo-
cans Jésus parvulum : Jésus appela un petit
enfant, Isa. 40. 2. Advocate eam : Appelez
Jérusalem pour lui annoncer cette heureuse
nouvelle. Eccli. 13. 12. Advocatus a poten-
liore, discede : Si un homme puissant vous
invile à le venir voir, retirez-vous. Hoc enini
magis te advocabit : car il sera plus porté à
vous appeler. Marc. 7. 14. —2" Prendre à té-
moin. Ps. 49. 4. Advocabit cœliim desursum
et terrain, discernere populum suum : Dieu
appelera le ciel et la terre pour être témoins
de sa justice, et de la juste vengeance qu'il
tirera de ceux qui auront abusé des grâces
qu'il leur aura faites : or, cette prosopopée
d'appeler le ciel et la terre est familière à
lEcriture. — 3" Appeler à la foi de Jésus-
Christ et au salut. Act. 2. 39. Quoscumque
advocaverit Dominus Deus noster : La pro-
messe a été faite à autant de personnes que
le Seigneur notre Dieu en appellera.
ADVOCATUS, I. Celui qui assiste de ses
lumières, de son crédit el de sa présence
son ami dans le jugement d'un procès, dans
l'Ecriture.
Un avocat, un intercesseur, celui qui prie,
qui intercède, c'est la qualité qui est donnée
à Jésus-Christ, qui intercède pour nous au-
près de son père (rafc>:x)./3To?). 1. Joan. 2. 1.
Advocatum habemus apud Patrem, Jesum
Christum justum: '^^ou.s avons pour avocat
envers le Père , Jésus-Christ qui est juste.
ADVOLVERE, Too^y.vïUrj. Rouler. Malth.
2f7. 60. Marc, 15. 46. Advolvit lapidem ad os-
tium monumenti : Joseph roula une pierre à
l'entrée du sépulcre, pour le fermer.
ADURAM , Décor eorum. — 1° Un fils de
Jectan. Gen. 10. 27. Il s'établit aux extrémi-
tés de l'Arabie, près du golfe Persique. Bo-
chart. I. 2. c. 20. Voy. Adoram,— 2° Un sur-
intendant des tributs sous David, 2, Reg.
20. 24. — 3° Un surintendant des tributs sous
Roboam. 3. Reg, 12. 18. Misit rex Roboam
Aduram qui erat super tributa; et lapidavit
eum omnis Israël :Le roi Roboam envoya
Aduram l'intendant de ses tributs; mais tout
le peuple l'accabla de pierres. 2. Par. 10. 18.
11 semble que c'est le même qui est appelé
Adoniram. 3. Rog. 4. 6, — 4° Une ville forte
bâtie par Roboam. 2. Par. 11. 9. Il lui donna
ce nom pour honorer la mémoire de l'inten-
dant de ses finances, qui avait été tué à coups
de pierres à son occasion.
ADURERE. — Brûler. Dont. 8. 15, Ser-
pens flatu adurens ; Gr. S«/vwv, mordetis : 11 y
avait dans le désert dos serpents qui brû-
laient par irur souffle. Dan. 3. 94,
ADUSnO, Nis , -/«rix'y/jvc/:, Brûlure. Exod.
21. 25. Reddet adustionem pro aduslione : Il
rendra brûlure pour brûlure: c'était la loi
du talion.
ADYTUM, 1, Ce nom se forme d'à priva-
DlCTIONiNAÎRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
154
lif, et de SOw subeo; parce qu'il signifie un
lieu où il n'était permis d'entrer qu'aux
prêtres ; c'était le lieu où se rendaient les
oracles chez les pa'ïens ; dans l'Ecriture, c'est
un lieu secret et retiré. 1. Par. 28. 11. Dédit
descriplionem cubiculorum in adytis : David
donna à Salomon le modèle des cabinets ou
des chambres retirées : cubiculorum iri adytis,
pour cubiculorum interiorum : Gr. èau-ip^v.
jEDES, is, ohoç. Ce motest fditdu grec «îroj,
qui signifie la même chose ; el il se prend
ordinairement pour un temple, ou un lieu
saint, au singulier, et au pluriel, pour une
maison, un logis. — 1° Un temple consacré,
soit au vrai Dieu. Luc. 11. 51. Periit inter
altare et œdem : Zacharie a été tué entre l'au-
tel et le temple. 4 Reg. 11, 11. 1. Par. 29. v.
3. 19. 2. Esd. 6. 10, Ezech. 42. 1. 1. Mach. 4.
48. Mais ce mot se trouve au pluriel dana
cette signification. 2, Mach. 6. 4. Sacratis
œdibus mulieres se ultra ingerebant : Des
femmes entraient insolemment dans ces lieux
sacrés ; soit à quelque idole. 4. Reg. 10. 27.
Lestruxerunt quoque œdem Baal : Les sol-
dats de Jéhu ruinèrent aussi le temple de
Baal. 11 est pris encore pour la figure d'un
temple de fausse divinité. Act. 19, 24, Fa~
ciens œdes argenteas Dianœ : Démétrius faisait
des petits temples d'argent de la Diane d'E-
phèse (vaô?). 2° Maison, logis, oîxîa. Exod. 12.
13. Erit sanguis vobis in signum in œdibus in
quibus eritis : Ce sang qui sera marqué à
chaque maison où vous demeurerez, vous
servira de signe. Gènes. 39, 5. Levit. 14. 34.
c. 25. 32, Deut. 19. 1. Judic. 18. 22. 1. Mach.
13, 47.
3° Clôture, lieu de retraite {avyàîKTiiô:).
Mich. 7. 17, Veluli reptilia terrœ perturba^
buntur in œdibus suis : Héb. in clausuris:Les
peuples seront épouvantés dans leurs de-
meures, comme les bêles qui rampent sur
la terre.
4° Palais j maison magnifique (d^y/^wf^a).
Prov. 30. 28. Stellio moratur in œdibus régis :
Le lézard demeure dans le palais du roi. Voy.
Stellio. Eslh. 2, 14, Isa. 13. 22. Amos. 1.
7. 12. c, 2. V. 2. 5. c, 3. v.9. 10. 11. 15.
'^.. J^IDICULA, M, ohoç. Nom diminutif du mot
œdes, et signifie, — 1° petite chapelle. Jud.
17. 5, ^diculam quoque in ea Deo separavit :
Michas fit aussi une petite chapelle pour le
dieu, Héb. diis : C'était une image taillée, et
une jelée en fonte, v. 4. — 2" Petits loge-
ments. 4. Reg. 23. 7. Destruxit quoque œdi-
culas effemiyiatorum : Le roi Josias fit aussi
abattre des logements qui étaientdes lieux de
débauche , où l'on proslituait des jeunes
gens; le mot œdiculœ, au pluriel, ne se dit
guère que pour marquer quelque maison.
,^DIF1CARE, oiVoôo,a£fv. Ce verbe est com-
posé A'œdes et de facere, faire une maison ;
mais dans l'Ecriture il se prend souvent dans
le sens figuré, pour marquer un édifice spi-
rituel.
Edifier, bâlir, construire. Eccli. 3. 3. Tem-
pus destruendi, et tempus œdificandi : liy a
un temps de détruire, et un temps de bâlir. j
Ps, 121, 9. Jérusalem quœ œdificotur ut civi-
tas : Jérusalem que l'on bâtit comme une
i55
iEDl
JEm
134
ville, lorsque CyrusetDarius eurent ordonné
qu'on la rétablît; on la vit alors se rebâtir
comme une ville parla liaison de ses édifi-
ces, et par l'union de ses habitants. Ps. 78.
67. Gènes. 4. 17. c. 8. 20. c. 10. 11. c. 11.
V. 5. 8.
Plirases impropres de ce verbe.
jEdificare in gijro : Bâtir tout autour, en-
fermer {ùvof/.odouBï-j). Thren.3. 5. /Edificavit in
gyro meo : Le Seigneur a bâti autour de moi ;
ces paroles marquent l'extrémité où se trou-
vaient les habitants de Jérusalem réduits en
captivité, oîi ils se croyaient aussi resserrés
que s'ils avaient été entre quatre murailles.
^dificare parîetem : Bâtir une muraille,
c'est travailler à sa sûreté. Ezech. 13. 10.
Jpse œdificabat parietem : Le peuple se bâtis-
sait une muraille; cette muraille marque
l'assurance qu'ils mettaient dans la force de
leur ville contre les Chaldéens, et se promet-
taient une fausse paix etunesécurité, en quoi
les faux prophètes le séduisaient contre la
prophétie de Jérémie. Voy. Limre.
Jiidificare in sanguinibus : Bâtir avec le
sang, c'est-à-dire, en opprimant les pau-
vres. Mich. 3. 10. Mdijicatis Sion in sangui-
nibus et Jérusalem in iniquilate : Vous bâtis-
sez Sion du sang des hommes, et Jérusalem
du fruit de l'iniquité; le prophète parle aux
personnes puissantes qui faisaient bâtir, dans
Jérusalem, des maisons magnifiques aux dé-
pens des pauvres, et en leur ôtant même les
chrDses nécessaires à la vie. Habac. 2. 12.
Vœ qui œdijicat civitatem in sanguinibus :
Malheur à celui qui bâtit une ville du sang
des hoiiimes.
JSDlFiCARE DOMUM, bâtir une maison.
Cette phrase, dans le sens figuré, a plusieurs
significations.
1° Etablir la famille de quelqu'un, lui
donner une postérité nombreuse et heu-
reuse [TToidy). Exod. 1. 21. ^dificavit eisdo-
mos : Dieu établit les familles des sages-
femmes qui accouchaient les femmes des Hé-
breux en Egypte. Il était bien raisonnable,
dit saint Ambroise, que Dieu multipliât et
conservât les enfants de celles qui s'étaient
exposées pour sauver les enfants du peuple
de Dieu. 1. Reg. 2. 33. Mdificabo ei domum
fidelem : J'établirai à Sadoc une maison sta-
ble, au lieu d'Abiathar; par le nombre des
enfants, et la chnrge de la grande sacrifica-
ture. 2. Reg. 7. 27. 3. Reg. 11. 38. 1. Par. 17.
V. 10. 25. C'est ainsi que quelques-uns en-
tendent le Ps. 126, 1. Nisi Dominus œdificn^
verit domum: Si le Seigneur ne bâtit une
maison, c'est en vain que travaillent ceux
qui la bâtissent : en effet, le mot hébreu ben,
filius, signifie œdificntio, c[ œdificari se prend
pour avoir des entants. Eccli. 3. 17. In jus-
tilin œdificabitur tibi : Dieu établira votre
maison à cause de votre justice.
2' Conserver le nom et la famille. Deut.
25. 9. Sic fiet homini qui non œdificnt domum
fralris sui .-C'est ainsi que sera traité celui
qui ne veut pas établir la maison de son
frère, c'est-à-dire, conserver son nom par
les enfants qu'il aurait de sa femme. Ruih.
4. 11. Quœ œdificaverunt domum Israël : Ra-
chel et Lia ont perpétué la postérité du peu-
ple d'Israël, par les enfants qu'elles ont eus
de Jacob.
3' Faire une bonne maison , établir sa
maison, lui procurer des commodités. Prov.
14. 1. Sapiens mulier œdificat domum suam :
La femme sage bâtit sa maison, c. 24. v.
3. 27.
4" Former de quelque matière. Gènes. 2.
22. JEdificavit Dominus Deus costam quam
tuleral de Adam, in mulierem : Le Seigneur
forma la femme d'une côte qu'il avait lirée
d'Adam : il semble que comme Eve était la
figure de l'Eglise, Moïse s'est servi du mot
d'édifier, pour en marquer l'édifice spiri-
tuel.
5° Remettre, rétablir en son premier état.
2. Esd. 4. 2. Numquid œdificare poterunt la-
pides de acervis pulveris qui combusti sunt?
Les Juifs pourront-ils relever ces pierres con-
sumées par le feu, en les tirant des amas de
poussière où elles sont? dit Sanaballat. Marc.
14. 38. Ego dissolvam templum hoc manufac-
tum, et per triduum aliud non manufactum
œdificabo ;3e détruirai ce temple bâti par la
main des hommes, et j'en rebâtirai un autre
en trois jours : c'est ce que disaient les faux
témoins contre Jésus, qui dit, dans saint Jean,
c. 2. 19. Excitabo :ce rétablissement mar-
quait sa résurrection. Dan. 4. 27. Jerem. 12.
16. 4. Reg. 14. 22. c. 15. 35. 1. Par. c. 8. v.
12. 2. Par. 26. 2. et souvent ailleurs, surtout
dans les livres dEsdras, en parlant du réta-
blissement de Jérusalem et du temple. Mais
ce mol, dans cette signification, se prend sou-
vent aussi dans le sens figuré. Job. 22. 23.
Si reversus fueris ad omnipotentem, œdifica-
beris : Si vous retournez au Tout-Puissant,
vous serez rétabli; c'est-à-dire , vous serez
rétabli dans le premier éclat de votre for-
tune. Prov. 27. 5. Destrues eos, et non œdifi-
cabis eos .-Vous détruirez les pécheurs, et ne
les rétablirez plus ; vous les perdrez sans
ressource. Jerem. 12. 16. c. 24. 6. c. 31. 28.
c. 33. 7. etc. Ainsi, Gai. 2. 18. Si enim quœ
destruxi, iterum hœc œdifico, prœvaricalorem
me constiluo : Si je voulais rétablir ce que
j'ai détruit, c'est-à-dire, si je voulais faire
revivre par mes paroles et par mon exemple
les cérémonies de la loi, que j'ai lâché de dé-
truire, je me ferais voir moi-même prévari-
cateur.
6' Etablir, fonder, rendre heureux. Jerem.
45. 5. Ecce quos œdipcavi, ego deslruo : Je
vais détruire ceux que j'ai édifiés; c'est-à-
dire, les Juifs que j'avais établis dans ce pays.
c. 12. 16. c. 18. 9. c. 24. 6. c. 31. 28. c. 42.
10. etc. Jerem. 1. 10. Ul œdifices et plantes:
Je vous établis aujourd'hui sur les nations
pour édifier et pour planter; c'est-à-dire,
pour déclarer prophétiquement l'ct.iblisse-
ment des peuples en quelques pays («votxoîo-
f/£rv).Voy. EvELLERE. 5° M.iith. 23. 29.11 est à
remarquer que dans plusieurs endroits de
l'Erriturc, et particulièrement dans les pro-
phètes, lorsqu'il est p.iric du rétablissement
de Jérusalem et du peuple d'Israël, il en est
parlé conmic d'une figure cl d'une prophétie
de l'établissement de l'Eglise chrétienne, sur
4SS
les ruines de l'idolâtrie et de la synagogue,
comme il paraît par les passages suivants.
Tob 13. 16. Benedicti erunt qui œdificave-
rini le : Ceux qui édifieront Jérusalem se-
ront bénis. V. 21. Portœ Jérusalem ex sap-
phiro et smaragdo œdificabantur : Les portes
de Jérusalem seront bâties de saphirs et d é-
moraudes. Isa. 44. v. 26. 28. Qui dico Jéru-
salem: Jidificaheris : C'est moi qui dis à Jéru-
salem : Vous serez habitée. Jcrem. 31. 4.
jEdificubo te et œdificaberis, vinjo Israël : Je
vous édifierai encore, et vous serez édifiée
de nouveau, Vierge disraël, Ps. 121. 3. Ps.
146. 2. elc. Ce qui est exprimé plus ouver-
tement dans le Nouveau Testament , où Ton
voit raccomplissement de ces prophéties.
Matlh. 16. 18. Super Iiatic petram œdificabo
Ecclesiam meam : Vous êtes Pierre, et sur
cette pierre je bâtirai mon Eglise, c. 21. 42.
Marc. 12. 10. Luc. 20. 17. Act. 4. 11. c. 9.
31. c. 20. 32. Rom. 15. 20. 1. Cor. 3. 9. Ephes.
2. V. 20. 21. 22. Col. 2. 7. 1. Petr. 2. v. 5. 7.
Jud.20. Voy. Hebr. 3. 3.
7° Affermir, rendre inébranlable, perpé-
tuer. Ps. 88. 3. Jnœternum misericordiaœdi-
fîcabitur in cœlis: La miséricorde s'établira
pour jamais dans les cieux, et votre \érilé y
demeurera ferme; Dieu avait dit et promis
par pure miséricorde à David, son serviteur,
qu'il établirait pour toujours son trône; la
miséricorde et la vérité, dans l'Ecriture, si-
gniflentla certitude des promesses que Dieu
lait par une bonté toute gratuite ; le prophète
compare cette vérité et celte miséricorde à
un édifice qui se bâtit dans le ciel, et qui a
un fondement inébranlable, v. 5. JEdificabo
sedem tuam : J'affermirai votre trône pour
durer dans la suite de tous les âges en Jésus-
Christ. Amos. 9. 6.
8' Edifier, porter à la piété par les bons
discours ou par les bons exemples. 1. Cor.
8. 1. Scientia inflat, charitas vero œdificat :
La science enfle, et la chanté édifie. 1.
Thess. 5. 11. jEdificate alterutrwn : Edlûez-
vous les uns les autres. 1. Cor. 10. 23. c.
14. V. 4. 17. Celte phrase, dans saint Paul,
renferme tous les devoirs que l'on doit ren-
dre au prochain, pour ne faire qu'un même
corps avec Jésus-Christ, ou pour l'y entre-
tenir; c'est de là que les fidèles sont appelés
le temple de Dieu, et toute l'Eglise une ville ;
cette expression est tirée des Hébreux, selon
ce qui est dit, Jerem. 31. 4. Rursumque œdi-
ficabo te, et œdificaberis, virgo Israël : Je vous
édifierai de nouveau, en vous rassemblant en
un seul corps, comme auparavant. Isa. 44.
V. 2G. 28. et se prend aussi en mauvaise part
pour porter au mal. 1. Cor. 8. 10. Nonne
consrientiu ejus cum sit infirma, œdificabitur
ad manducandum idolothyta? Ne sera-t-il
pas porté, lui qui est encore faible, à manger
de ces viandes sacrifiées, avec cette persua-
sion qu'il a qu'elles ont été souillées par les
idoles? M;j1. 3. 15. yEdificali sunt, facientes
v\*pieiatem : Les superbes s'établissent en
>iv;inl dans l'impiélé.
iEDIFICANS, Tis. Voy. Nouv. Të&tam.
\ »*'• .^- ^- P'ig- 242.-CC participe du
Ycrbe œdtficare, qui se met pour ie nom vcr-
DICTIO.NNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
130
bal œdificator, signifie, dans l'Ecriture, en
un sens figuré:
Qui exerce dans l'Eglise une fonction pu-
plique, qui gouverne (ot/.oSo;:^^-.'). Ps. 117. 22.
Lapidem quem reprobaverunt œdificantes, hic
factus est in caput unguli : La pierre que
ceux qui bâtissaient ont rejetée, a été placée
à la tète de l'angle. Ces architectes, dans le
sens figuré, étaient les docteurs de la loi , et
les princes des prêtres, comme Jésus-Christ
et les deux apôtres saint Pierre et saint
Paul l'ont interprété. Act. 4. 11. Hic est la-
pis qui reprobatus est a vobis œdificantibus :
Jésus-Christ est cette pierre que vous, ar-
chitectes, avez rejetée. Matth. 21. 42. Marc.
12. 10. Luc. 20. 17. 1. Petr. 2. 7. L'Eglise est
comparée à un édifice, les architectes sont
les pasteurs. Voy. Architectus.
jÈDIFICATIO, ms , oi'/.ooo,v./7. Ce mot qui
signifie l'action de bâtir, signifie aussi Tédi-
fice même. — 1° Bâtiment, édifice. Eccli. 4.
19. Filii, et œdifîcalio civitatis confinnabit
nomen : Les entants et le bâtiment d'une
ville sont deux choses qui donnent de la ré-
putation dans la postérité. 2. Par. 16. 6. 1.
Esdr. 5. 4. Matth. 24. 1. Marc. 13. 2.— 2" Le
corps, parce qu'il est la maison et le domi-
cile de l'âme. 2. Cor. 5. 1. Si terrestris do-
inus nostra dissolvatur, œdifîcationem ex Deo
habemus domum non manufactam : Dieu nous
donnera dans le ciel une autre maison , qui
sera ce même corps ressuscité et renouvelé.
— 3" Edifice spirituel. 1. Cor. 3. 9. jEdificatio
Dei estis : Vous êtes l'édifice que Dieu bâtit.
Eph. 2. 21. 4. 16, 1. Tim. 1. 4. Quœ quœs^
tiones prœstant magis quam œdifîcationem
Dei : Les discours sans fin servent plutôt à
exciter des disputes quà fonder par la foi
l'édifice de Dieu dans les âmes. — 4° Avance-
ment spirituel , édification. Rom. 14. 19.
c. 15. 2. Unusquisque proximo placeat ad
œdifîcationem : Que chacun de vous tâche de
satisfaire son prochain en tout ce qui le peut
édifier. 1. Cor. 14. v. 3. o. 12 et 26. 2. Cor.
10. 8. c. 12. 19. c. 13. 10. Eph. 4. 12 et 29.
Ad œdifîcationem fidei : Pour l'avancement
de la foi , pour l'édification , selon les divers
besoins.
.EDIFICATOR, is, olv.ooiuo;. Celui qui bâ-
tit; mais dans lEcriture il signifie celui qui
rebâtit ou remet en état. Isa. 58. 12. Et vo-
caberis (i. e. eris) œdificator sepium : On dira
de vous , que vous réparez et replantez les
haies : ce qui s'entend du peuple revenu de
captivité, qui réparait les ruines faites par
les Chaldéens.
yEDIFlCIUM , n, otxoôoyv;. Bâtiment, édi-
fice. 3. Reg. 9. 1. Cum perfecisset Sulomon
œdifîcium domus Domini : Lorsque Salomon
eut achevé le bâtiment du temple. 2. Par.
34. 11. Ezech. 40. v. 2. 5., etc.
yEDITUUS, I. Ce n;ot vient, selon quel-
ques-uns, ii'œdiliinus, en ôtant Vin, par syn-
cope ; si'lon d'autres. Ab œdibus tuendis ; Ce
qui a rapport à sa signification dans l'Ecri-
ture.
1'^ Gardien ou trésorier du tem pie ().££Tovsywv),
Ezcch. 44. 11. Et erunt in sanctuario meo
œditui , Hébr. ministri : Ils feront simple-
437
iEGl
JELA
15b
ment la fonction de trésoriers dans mon
sanctuaire; il parle de quelques prêtres, qui
étant exclus du sacerdoce , à cause de leur
idolâtrie, n'étaient plus employés qu'à ser-
vir les prêtres en qualité de trésoriers , de
portiers ou d'autres ministres inférieurs , et
étaient ainsi dégradés en punition de leur
impiété.
Ce nom se donne aux ministres des idoles :
soit aux gardiens de leurs temples. Ose. 10.
5. JEditui ejus super eum exsultaveruntin glo-
ria ejus : Les gardiens du temple du veau
d'or adoré à Bélhel avaient fait leur joie de
la gloire de cette idole; soit aux ministres
inférieurs à leurs prêtres (t=^£v,', sacerdos).
Soph. 1. h. Disperdam nomina œdituorum
cum sacerdotihus : J'exterminerai de ce lieu
les restes de Baal, les noms de ses ministres
avec les prêtres.
^GER, A, L'M. Cet adjectif vient du grec
«£|0'/ô,- , iners ; parce que la maladie prive
de toute occupation , et signifie celui qui
est indisposé de corps ou d'esprit , comme
abatlu de chagrin et de tristesse ; dans l'Ecri-
ture il signifie :
Malade de corps {uppcù<7Toç). Marc. 6. 13.
Vngebant oleo nniltos œgros : Les douze Apô-
tres oignaient d'huile plusieurs malades, et
les guérissaient : c'était une figure du sacre-
ment de l'Extrêrae-Onction. c. 16. 18. Super
œgros manus imponent : Les fidèles impose-
ront les mains sur les malades, et les mala-
des seront guéris. Act. 5. 16.
yEGROTARE. Etre malade, être indisposé
de corps (/^a/aziÇeo-^at). Dan. 8. 27. Langui et
œgrotcni : Moi Daniel, je tombai dans la lan-
gueur, et je fus malade quelques jours ; ce
lut par la compassion qu'il avait pour les
Juifs, qu'il voyait menacés de tant de mal-
heurs. Gen. k8. 1. 1. Reg. 19. ik. c. 30.
13. etc.
iEGROTAÏlO, Nis ,v(i<7or.— 1" Maladie de
corps. Jer. 16. #. Mortibus œgrotalionum
(i. e. œgrolationibus mortiferis) morienlur :
Tous les Juifs seront affligés el punis de ma-
ladies mortelles. — 2^ Maladie do l'âme. Matlh.
8. 17. Mgrotaliones nostras ipse portavii :
Jésus-Chrisl s'est chargé de nos péchés, non
pour les commettre, mais pour les expier.
Saint Pierre, Ep. 2. 24. et les Septante ont
entendu cet endroit des maladies de l'âme,
qui sont la cause de celles du corps : ainsi
Jésus-Christ se chargeant des péchés , il est
entré en droit de guérir toutes sortes de ma-
ladies qui en sont les effets.
iEGROïUS, A, UM, upf,r,>(jToç. — Malade ou
indisposé. Ezec 3'*. k. Quod infirmum fuit
non consoUdaslis , el quod œgrotum non sii-
naslis : Vous n'avez point travaillé à fortifier
les brebis qui étaient faibles, ni à panser el
à guérir celles qui étaient malades. Dieu
parle aux pasteurs lâches et négligents , qui
ne prennent point de soin de leurs ouailles,
sous la figure d'un berger, qui abandonne-
rait son troupeau. 2. Esd. 2. 2.
iEGYPTUS , 1. Aïy\)izroç, Angusliœ. — Ce
mot est grec, et signifie proprement ce grand
fleuve , qui s'appelle aussi le Nil , d'où le
pays qui en est arrosé a tiré son nom ; d'au-
DlCTlONN. DE PHILOL. SACRÉE, h
très disent que le fleuve et ce grand pays
ont été appelés de la sorte, d'Egypte , frère
de Danaiis ; les Hébreux l'appellent Mitz^
raim, du fils de Cham, petit-fils de Noé, dont
les descendants ont habité ce pays. Il a au
septentrion la mer Méditerranée , au levant
l'Arabie Pétrée et le golfe Arabique, au midi
la Nubie et l'Ethiopie, au couchant la Bar-
barie et le désert de Barca.
1° Egypte, province, que les uns mettent
en Asie, les autres en Afrique, ou plutôt, qui
est située entre l'une et l'autre. Ce nom se
trouve souvent dans le Pentateuquo et les
autres livres , à cause de la captivité que les
Israélites y ont soufferte pendant plusieurs
siècles, et que c'était un pays voisin delà
Palestine.
2° La ville de Rome, dans le sens figuré ,
laquelle a été autant engagée dans l'idolâ-
trie, que l'était autrefois l'Egypte. Apoc. 11.
8. Vocatur spirilualiter Sodoma et ALgyptus :
Cette grande ville est appelée spirituellement
Sodome et Egypte. Voy. Spiritualiter, 1°.
jEGYPTIIJS , a. Egyptien ou Egyptienne,
qui est originaire ou habitant du pays d'E-
gypte. Gen. 12. ik. Viderunt JEgyptii mulie-
rem quod esset pulchra nimis : Les Egyptiens
virent que Sara était parfaitement belle,
c. 25. 12. Agar Mgyptia, famuia Sarœ : Agar
Egyptienne, servante de Sara. c. 16. 1. c
21. 9. etc.
^GYPTIACUS, A, DM. Qui appartient à
l'Egypte, qui concerne ce pays.' Gènes, ki.
ko. Vocavit eum lingun Mgyptiaca Salva-
torem miindi : Pharaon appela Joseph en
langue égyptienne, le Sauveur du monde.
Voy. Salvator. Exod. 7. 11.
JELAM ou ELAM. Ce mot, selon le Grec ,
s'écrit plutôt par un E, et signifie en Hébreu
adolescens ou occultus. — 1° Elam, fils aîné de
Sem. Gen. 10. 22. Filii Sem , Elam et As-
sur : Les fils de Som furent Elam el Assur.
1. Par. 1. 17.-2° Province ou peuple de la
Perse appelé Mlam, du fils de Sem, dont les
descend.Mits s'y sont établis. Isa. 21. 2. As-
cende, Jilam ; obside, Mede ; Marche, Elam ;
c'est-à-dire, armée des Perses, avancez; Mède,
assiège la ville de Babylone. c. U. 11. c. 22.
6. Jerem. 25. 25. c. W v. 3i. 35. 36. Ce mol
est pris pour toute la Perse, p.irte que les
Perses en sont sortis. — 3' Un lévite descen-
dant de Coré, désigné par D;tvid , pour être
le cinquième portier du temple. 1. Par. 26.
3. — k" Un chef de (aniille , dont les doscen-.
dants revinrent de Baliylone au nombre de
1254. 1. Esdr. 2. 7. 2. Esdr. 7 12.— o° Un
autre de même nom qui en revint avec un
pareil nombre. 1. Esdr. 2. 31. 2. Esdr. 7. 3i.
— 6" Un chef de famille de la tribu de Benja-
min. 1. Par. 8. 2V.
yEL.\MITyE. Voy. Elamit>e. — 1 Habitants
d'une province de Perse. Gen. Ik. v. 1. 9.
Adversus Chodorlahomor regem Elamilnrum:
Les rois de Sodome et de (iomorrhc marchè-
rent contre le roi des Elamites. Act. 2. 9.
Medi et JElamitœ : Les Mèdes sont distingués
des Elamites, qui sont les Perses, ou ceux
de la Susiane, province de Perse. Dan. 8.
2.-2 Les habitants de Samarie, qui étaient
439
DlCnONNAlUE DE BHILOLOGIE SACRÉE.
140
une colonie de cette province de Perse. 1.
Esdr. 4. 9. Dievi et JElamitœ : Les Dievéens
et les Elamites.
iEl.ATH, Fortiludo. Voy. Ailath.— Ville
de ri.lijmée. 4. Reg. 14-. 22. Jpse {Azarias)
cpdificavit Mlalh. Ce fut Azarias qui bâtit
ÎElatli. Cette viile ;iyant été conquise et sou-
mise au royaume do Juda, elle s'élait révol-
léo depuis, et fut reconquise par ce roi : ol!e
s'appelle Elath. Deut. 2. 8.
iEMULARI, rr/zoOv. Voy. yEMULATio. — Ce
Terbe vient du Grec ku.ùj.û.v , certare, conten-
dere, disputer, et signifie, selon la force du
mot ÇiîÀoCv, auquel il répond, aimer ou désirer
fortement une chose, et travailler avec soin
à l'acquérir ou la conserver ; de Id viennent
les passions différentes, ou de colère contre
ceux qui veulent nous la ravir, ou de dépil,
si on la perd, ou d'envie, de voir d'autres
que nous qui la possèdent : ce qui donne lieu
ici aux diverses signiûcations de ce verbe :
1° Aimer quelqu'un ou quelque chose ,
d'un aniour de jalousie, s'y attacher forte-
ment. 2. Cor. 11. 2. JEmvlor vos Déi œmula-
tione . J'ai pour vous un amour de jalousie.
Saint Paul appréhendait, comme il le dit en-
suite, que les Corinthiens, qu"ii avait con-
vertis, ne fussent pervertis par les faux apô-
tres, qu'il considérait comme de dangereux
rivaux. Galat. k. 17. Mmulanl*ir vos non
bene, sed cxcludere vos volunt, ut illos œmii-
lemini : Les faux docteurs s'attachent forte-
ment à vous ; mais ce n'est pas d'une bonne
affection, puisqu'ils veulent vous séparer de
nous, afln que vous vous attachiez fortet'.ient
à eux. V. 18. Bonum autem œmulamini in
ho7io semper : Attachez-vous d'affection au
bien en tout temps ; ou plutôt, selon le Grec,
il est bon de s'attacher d'affection au bien
en tout temps ; ou plutôt, il est bon de s'at-
tacher d'affection aux personnes, quand c'est
pour le bien. Num. 11. 29. Quid œmuiaris
pro mef Pourquoi l'affection que vous me
portez vous rend-elle ainsi jaloux ? Moïse
reprend Josué du déplaisir qu'il témoignait
de voir prophétiser Eldad et Meldad.
2" Porter envie, avoir de la jalousie en
mauvaise part. 1. Cor. 13. h. Charilas non
œmulalur : La charité n'est point jalouse.
Prov. 3. 31. Ne œmuleris hominem injustum :
Ne portez point envie à l'injuste, c. 23. 17.
c. 24. v. 1. 19. Eccli. 37. 12. Isa. 11. 13. 2.
Mach. 4. 16. Act. 7. 9.
3" Piquer de jalousie, donner de l'émula-
tion en bien ou en mal : en bien {TTKpy.'Çfilov'j).
Rom. 11. 11. Illorum delicto salus est Gcnti-
bus, ut illos œmulentur : La chute des Juifs
est devenue une occasion de salut aux Gen-
tils, aûn que l'exemple des Gentils leur don-
nât de l'émulation pour les suivre : en mau-
vaise part. 1 Cor. 10. 22. An œmulamur Do-
minum? Est-ce que nous voulons irriter Dieu
et comme le piquer de jalousie ? Ce verbe
grec est rendu dans le même sens par pro-
vocare ad œmulationem. Rom. 11. ik, Ps. 77.
B8. Deut. 32. 16.
V Désirer avec ardeur. 1. Cor. 12. 31.
£mulamini chahsmata meliora : Entre les
dons du Saint-Esprit désirez les plus excel-
lents. Galat. k. 18. Bonum œmutamini : Atta-
chez-vous d'affection au bien 1. Cor. ik.
v. Î.39.
5^ Travailler avec soin, se porter à quel-
que chose avec ardeur. Apoc. 3. 19. ^mu-
lare ergo et pœnitentiam âge : Animez-vous
de zèle, et faites pénitence, dit Dieu à l'ange
de Laodicée.
6° Etre irrité, avoir de l'indignation contre
quelqu'un (7r«/>at)5).oOv) . Ps. 36. v. 1. 6. 8.
Noli œmulari in malignanlibiis : N'ayez point
d'aigreur contre les méchants; les justes ne
doivent point se fâcher de voir les méchants
dans la prospérité. Dieu sait pourquoi il les
souffre.
.^MULATIO, MS. Gr. i;r,loç. Ce nom verbal
signiûe émulation, désir de faire aussi bien
qu'un autre, jalousie, tristesse qu'on a de ce
qu'un autre a ce que nous n'avons pas ; dans
l'Ecriture :
1° Zèle ou ardent amour que l'on a pour
les personnes ou pour les choses, et se peut
prendre en bonne ou mauvaise part. Rom.
10. 2. Œmulationem Dei habent, sed non se-
cundiim scientiam : Les Juifs ont du zèle pour
Dieu, mais c'est un zèle qui n'est point selon
la science. 2. Cor. 11, 2. Mmnlor vos Dei
œmulatione : J'ai pour vous un zèle et une
jalousie, qui non-seulement est selon Dieu,
mais qui est celle de Dieu même, qui est ja-
loux de la pureté de vos âmes. 2. Cor. 7. v.
7. 11. c. 9. 2. Philip. 3. 6. Ainsi, Cant. 8, 6.
Dura sicut infernus œmulalio : L'amour ar-
dent que j'ai pour vous est aussi insurmon-
table que la mort : c'est Jésus-Christ qui
parle à son Eglise.
2° Envie, jalousie, qui est un déplaisir de
n'avoir pas le bien que nous voyons dans un
autre, ou un amour passionné d'une chose à
laquelle nous ne pouvons souffrir qu'un au-
tre ait part. Rom. 13. 13. Non in contentione
el œmulatione : Ne vous laissez point aller
aux querelles et aux envies. 2. Cor. 12. 20.
Gai. 5. 20. d'où vient Ad œmulationem addu-
cere, ou pro l'ocaï^e ; Piquer de jalousie. Ps.
77. 58. Ezec. 8, 3.
3° Indignation, vengeance. Heb. 10,27.
Terribilis quœdam exspectatio judiciiet ignis
œnnilatio:\\ ne reslequ'uneallenleeffroyab'e
du jug(>menl, et l'ardeur d'un feu jaloux de
la gloire de Dieu, pour ceux qui pèchent,
après avoir connu la vérité.
iEMULATOR , is, tvlônriç. Ce nom verbal
marque celui qui lâche à imiter quelqu'un.
— 1° Jaloux, qui ne peut souff.-ir qu'un autre
ait part à la chose qu'il aime : ainsi Dieu, en
un sens figuré, est jaloux de sa gloire. Exod.
34. 14. Dominus, zeloles nomen ejus , JJetis
est œmulator : Le Seigneur s'appoile le Dieu
jaloux, le Dieu qui veut étie aimé unique-
ment, et qui ne | eut souffrir qu'on adore un
Dieu étranger. Deut. 4. 24. c. 5. 9. c. 6. 15.
Jos. 24. 19. Nah. 1. 2. La jalousie de Dieu
n'est pas une passion qui l'agite; mais une
justice et une volonté toute tranquille, par
laquelle il ne souffre pas qu'une ân)e soit
heureuse, quand elle chei cUe hors de lui son
bonheur. — 2° Qui désire quelque chose avec
ardeur. 1. Cor. 14 19. Qucniam csiis œmu*
i'i\
jEm
latores spirituum, ad œdificationem Ecclesiœ
quœrite ut abundetis : Puisque vous avez tant
d'ardeur pour ces dons spirituels, désirez
d'en être enrichis pour l'édiflcalion de l'E-
glise.— 3" Qui se porte à quelque chose [y-iu-v-
rr,ç). 1. Petr.8. 13. Quis est qui vobis noceat, si
boni œmulatores fneritis? Qui vous fera du
mal, si vous ne pensez qu'à faire du bien?
jEMULUS, a, um. Ce rr:ot,qui vient d'afii)).»:,
certamen, débat, dispute, signifie émulateur,
qui tâche dimiter ou qui aime et poursuit
une même chose , et qui la dispute avec un
autre; dans l'Ecriture:
l°Jaloux,rival(àv-iç»î),oç).l.Rep;. 1.6. Affli-
gebat quoque eam œmula ejus : Phenenna, qui
avait de la jalousie contre Anne, qui était
plus aimée d'Elcana leur mari qu'elle, l'af-
fligeait, en lui disant que le Seigneur l'avait
rendue stérile.
2° Concurrent , qui est l'objet de l'envie
d'un autre, j. Reg. 2. 32. Videbis œmuhim
tuwn in Templo : Vous verrez dans le temple
un homme qui sera Tobjet de votre envie;
c'est-à-dire, Sadoc, qui fut premièrement
grand prêtre, avec Abiathar, descendu d'Héli,
elle premier des deux, et qui enfin demeura
seul, Abiathar étant déposé : le prophète dit
à Héli , qu'il verrait ce que ses enfants de-
vaient voir. c. 28. 16.
AEN, Héb. Oculus, aut, fons. Aën, ville de
la tribu de Juda. Jos. 15. 32. 1. Par 4. 32.
Voy. Ain.
.^NEAS , Laudatus , du Grec «Tvof, laus.
Enée, habitant de Lydde , Paralytique guéri
par saint Pierre. Acl. 9. v. 33. S'*. Jnvenitibi
hominem quemdam nomine Mneam, ab annis
oclo jacentcm in qrabato, qui erat Parolyti-
cus, et ait illi Petriis; Mnea, sanat le Domi-
nus Jésus Chris tus.
iENEUS , à. , LM. Voy. iES , yoàY.sioç. Cet
adjectif est formé du nom œs, œris, et se fait
par syncope de l'ancien mol œrineus, œneus.
1" Qui est d'airain, de bronze, de cuivre.
Job. 6. 12. Nec caro mea œnea est : Je n'ai pas
un corps de bronze, pour résister à tant de
maux. Exod. 26. v. 11. 37. c. 27. 4. etc. Sou-
vent dans ce livre, où il est parlé des vases
et des ustensiles d'airain , qui servaient au
tabernacle par dehors.
2" Dur et sec comme l'airain. Lcvit. 26. 19.
Dabo vobis cœlum sicut ferrum, cl lerram
(e« eam ; Si vous n'exécut(Z point tous mes
commandements, je ferai que le ciel sera
pour vous un ciel de fer, et la terre une terre
d'airain. Deut. 28. 23. Sil cœlum quod super
te est œneum, et (erra quam adcas ferrea : Ce
ciel d'airain marquait une prodigieuse sé-
cheresse, et celte terre de fer une effroyable
fetérUitc, manque de pluie.
iENIG.MA , Tis, «tvr/f/K. Ce mol vient du
grec atviTTeo-dat, Obscure innuere,rem involucris
leijere, et signifie une parabole, ou une allé-
gorie obscure et difficile à comprendre; ainsi
loute parabole ou allégorie n'est ]ias énigme;
mais tout(î énigme est allégorie : ainsi les
prophéties de l'Ancien Testament qui se di-
saient de Jésus-Christ et de son règne, étaient
des énigmes rommo Gcn. i.9. 10. Son aufe-
tetur, etc. Isa. 11. î . Egredielur virga de ra-
dice Jesse : II sortira un rejeton de la lige de
Jessé. Voy. saint Aug. I. 15. de Trinit. c. 9.
1° Discours figuré dont le sens est caché
sous l'obscurité des paroles. 3. Reg. 10. 1.
Venit tentare eum in œnigmadbus :La reine
de Saba vint éprouver la sagesse de Salomon,
par les questions obscures qu'elle lui pro-
posa. 2. Par. 9. 1. Ezech. 17. 2. Habac. 2. 6.
Ce qui renferme aussi les maximes de morale
exprimées par certaines paroles allégori-
ques , pour les faire goûter et respecter da-
vantage. Prov. 1. 6. Animadvertet verba sa-
pientum et œnigmata eorum :Le S ge péné-
trera les paroles des sages, et leurs énigmes.
Job, 13. 17.
2^ Vision obscure, connaissance impar-
faite. 1. Cor. 13. 12. Videmus mine per spé-
culum, in œni gtnat e :'^ous ne voyons main-
tenant que comme en un miroir et en des
énigmes; c'est-à-dire, obscurément. Nuui.
12.8.
vENNON, Heb. Nubes. Voy. Enon. — Ville
voisine de Salim près du Jourdain, où saint
Jean baptisait. Joan. 3. 23.
iEQUALIS, E, ?<7o?. Cet adjectif vient du
nom œquus; c'est un terme relatif, qui si-
gnifie :
1" Qui est de même grandeur qu'un autre,
pareil en quantilé ou en qualité. Exod. 30.
3k. ^qualis ponderis erunt omnia : Que le
tout soit de même poids, tout ce qui entre
dans la composition du parfum. Num. 35. 5.
Deut. 19. 7. c. 25. 15. Ezech. 45. 11. Apoc.
21. 10. etc.
2° Egal, plain, uni. Lcvit. 13. v. 31. 32.
Si locus plagœ est cnrni reliquœ œqualis:Si
l'endroit du mal est égal à tout le reste de la
chair, il n'y a pas de lèpre.
3" Egal ou semblable en choses spiri-
tuelles, avoir quelque rapport en mérite, ou
en pureté, ou en dignité , ou en puissance.
Job. 15. 3. Arguis verbis eum qui non est
œqualis tibi : Vous accusez dans vos discours
Dieu même, qui n'est nullement comparable
à vous. Luc. 20. 36. Mquales Angelis sunt :
Ceux qui seront jugés dignes d'avoir part au
siècle à V( nir, deviendront égaux aux anges,
en ce qu'ils seront immortels comme eux.
Phii. 2. 6. Non rupinam arbitratus est esse
se œqualem Z)eo ; Jesus-Chrisl n'a point cru
que ce fût pour lui une usurpation dêlre
égal à Dieu; cette égalité est pleine , entière
et parfaite. Joan. 5. 18.2. Mach. 9. 15.
iîlQUALITAS, TIS, icrô-nç — i'' Egalité, pa-
rité, ÙY.pi^eiK ; ce qui rend égal en quanlitc
ou en qualité. Eccli. 42. 4. Ne confundari.^
de œqualitate slaterœ et ponderum : Nayez
point de honte de faire garder l'égalité do la
balance et des poids ; c'est-à-dire de procurer
de bon.s poids et de bonnes mesures.— 2*
Egalité, ce qui rend éiial, en parlant d'une
place, ô^'AirT[jiôç. Baruch.5. 7. Constiluit Dtus
convalles replere in œqualitatem terrœ : Le
Seigneur a résolu d'abaisser toutes les mon-
tagnes élevées, et de remplir les vallées, en
les égalant à la terre unie; ce discours est
figuré et marque que Dieu promettait de le-
ver tous les obstacles au retour des Israélites
de Babylone, et de leur faciliter leur uiarchc.
i«
DICTIONNAIKE Ut MIILOLOGIE SACKtK.
lU
afin de faire éclater par là la gloire de sa
puissance. - 3'> Egalité de proportion uni-
forniilé. 2. Cor. 8. v. 13. 14. Fiat œqualilas:
Que lout soit réduit dans l'égalité ; celle éga-
lité consiste en ce que tous ont également ce
qui suffit, quoique les uns aient plus, les
autres moins; ceux qui ont plus suppléant
à fc qui manque au besoin des autres.
JSQUALITER, tffw.'.— 1 Egalement, à une
distance égale. Deut. 19. 3. In très œqualiter
parles tolam terrœ tiiœ provinciam divides:
Vous mettrez ces villes en une distance, qui
réponde également à tous les endn>il:s de votre
pays, divisé en trois parties. Voyez Effv-
j,,j;5j._ 2' Egalement, sans préférence, ou
acception de personnes. 1. Par. 24. 31. Tarn
majores quam minores, omnes sors œqualiter
dividebal : Les fonctions des prêtres et des
Lévites leur étaient distribuées également
par le sort; ainsi Dieu a soin de tous, sans
avoir égard à la qualité des personnes. Sap.
6. 8. JÈquaiifer cura est illi de omnibus :Dieu
a également soin de tous {àiJ.oioiç, similiter).
./EQUAIlE, t(7oûv. Egaler, rendre égal ou
pareiî, unir, aplanir ; dans l'Ecriture:
Egaler, estimer aussi grand. Job. 32. 21.
Veum homini non œquabo:ie n'ai garde de
croire que Ihomme puisse entrer en compa-
raison avec Dieu ; il semble que Job veut se
justifier du reproche qu'on lui faisait, qu'il
voulait contester avec Dieu même. Ps. 88. 7.
Quis in nubibus œquabitur Domino ? Qui dans
les cieux sera égal au Seigneur? Les anges
qui ont voulu s'égaler à Dieu dans les cieux
éprouvèrent par une triste expérience, com-
bien Dieu était plus grand et plus redoutable
que tous ceux qui l'environnaient.
jEQUE, i(7W!,. — 1° Egalement, aussi bien
que, comme. Eccl. 9. 2. Eo quod iiniversa
œque eveniant justo et impio : Tout arrive
également au juste et à l'injuste, si l'on ne
consulte que les sens et les apparences. Exod.
aS.v.ll. 15. Levil. 2. 7. 3. Ueg. 20. 11. Ezech.
V7. 14. — 2° Autant, avec la même propor-
tion. Eccli. G. 17. Qui timet Deum œque ha-
bebit umiciliam bonatn, id est, amicos bonos;
Gr., diriget amicitium suam : Cq\u\ qui craint
Dieu , trouvera de sincères amis , à propor-
tion qu'il sera sincère et fidèle à Dieu.
.^QUITAS, Tis. Ce mot signifie ordinaire-
ment équité, Gr. ïinzb/.tiv., qui est une vertu
(jui tcnipère la rigueur du droit , par la con-
sidération des circonstances particulières;
mais dans l'Ecriture il signifie une égalité,
ou une proportion, ou conformité, telle
qu'est celle qui se trouve dans la rectitude
dune mesure , selon laquelle on doit régler
toutes les autres choses. Or, la loi est la me-
sure de la droiture de nos actions; c'est
pourquoi elle a une égalité (|ue l'iniquité
viole quand elle, transgresse la loi , parce
<iue c'est une difl'ormité q\ii se détourne de
la rectitude de la loi; aussi ce mot répond
au terme grec eùOÛTr,;, rccliludo, et ù l'Hébreu
miisor, q»n vient de Jasar, rcctutn esse; et l'E-
niturc ne met prcsiiue point de différence
entre ces trois mois, rccliludo, œquilas et
iustilia.
1" E<iuité, droiture, justice li<jO-jzr,ç). IK-br.
1. 8. Virga œquilalis virqa regni tut : Le
sceptre de votre empire sera un sceptre d'é-
quité et de justice , ou de rectitude, comme
porte le texte du Ps. 44. 7. Virga direclionis,
virga regni tui: Celai s'entend du règne de
Jésus- Christ. Ps. 16. 3. Oculi tui videant
œquitates : Que vos yeux regardent ce qu'il
y a d'équitable et de juste dans ma cause.
Eccli. 7. 6. Ne ponas scandalum in œquitate
n<rt: Prenez garde que par votre faiblesse
vous ne soyez à vous-même une pierre d'a-
choppement, qui vous empêche d'exercer la
justice. Ps. 9. 9. Ps. 64. 6. Ps. 66. 5. Ps. 95.
V. 10. 13. etc. En plusieurs endroits le mot
œquilas est rendu par Siy.v.i'j(7Ù'jn, justitia.
2° Equité, qui modère la rigueur de la jus-
lice. Job. 23. 7. Proponat œquitatem conlra
me; Je souhaiterais que Dieu ne proposât
contre moi que l'équité et la justice.
3° Equité, bonté, sincérité. Job. 33. 23. Si
fuerit pro eo Angélus loquens ut anmmtiet
hominis œquitatem : ë>''û se trouve quelqu'un
des saints esprits qui parle pour lui , et re-
présente sa sincérité. Gr. ^six-^tv, querelam;
Heb. Jaschar, reclitudo.
4" Vérité, ce qui est vrai {or/.y.toav-Dfi). Ps.
51. 5. Dilexisli iniquitatem magis quam loqui
œquitatem : Vous avez mieux aimé faire le
mal que de dire la vérité. David parle de
Doëg.
5" Jugement,justesse, exactitude ((ttkôiizôj).
Eccli. 16. 24. Dicam in œqnilate disciplinam:
Je n'enseignerai rien que je ne l'aie bien
examiné, v. 25. Jn œquitalc spiri tus : Avec
une mûre délibération.
jïlQOUS , A, UM, tVoî Voy. iEguiTAS. Du
mot grec ei/.ôg, ôzog par, decens, consenta-
neum ; ce qui est juste cl raisonnable, et si-
gnifie égal, plain, uni; dans le sens moral,
juste, équitable; mais dans l'Ecriture: — 1°
Egal, en même quantité. 2. Mach. 8. 30.
jEquam porlionem debilibus , pupillis , et vi-
duis facicntes : iuiias et ses gens partagèrent
également entre les malades, les orphelins
et les veuves , le butin qui avait été fait sur
Timolhée et Bacchide. Lcvit. 7. 10. 1. Reg.
30. 24. — 2" Egal, juste, en matière depoidset
mesure (Stzaroi). Levit. Id.'Siî. Siatera justa et
œqua siht pondéra :Q\ic la balance soit juste
et les poids égaux. Prov. 11. 1. — 3" Juste,
droit (sùOùj). Ezech. 33. Î7. Non est œqui pon-
dcris ; (Gr., rccla) via Bomini : La voie du
Seigneur n'est pas juste et équitable. Job.
19. 6. Sallem nunc inlelligite quod Deus non
œquo judicio afflixerit me : Comprenez donc
que Dieu, en m'affligeant de la sorte, ne le
fait point justement, eu égard aux crimes
que vous m'imputez, puisqu'il me punirait
pour des crimes que je n'ai point commis, c.
35. 2. Prov. 8. 9. Ezech. 18. v. 25. 29.-4"
Egal, de même façon, sans distinction [tlç,it.iu,
h). Levil. 24. 22. jEquuin judicium sit inter
vos : Que la justice se rende également
parmi vous. Eccl. 3. 19. Mqua utriusque
condilio : La condition de l'homme n'est
pas meilleure que celle des bêtes , quant
au corps , et, selon les a|)parenccs , il naît
comme elles, il respire comme elles , il meuri
cojnme elles. — '■>' Equitable j, raisonnable
141»
A,KA
jfAlE
14a
(«/iso-TÔv). AcI. G. 2. A'on fs/ œquum nos dere-
linquere verbiun Dei et ministrare mensis : Il
n'est pas juste, disent les apôtres, que nous
quittions la prédication de la parole de Dieu,
pour avoir soin des tables. Col. k. 1. — G°
Commode, avantageux. Eccli. 31. 32. ^qiia
vita hominibus vinum in sobrietate ;œqua vila,
selon le grec, l-irro-^ Çw/j,-, c'est une seconde
vie que le vin pris avec tempérance.
jEQUO animo esse. — 1° Prendre courage ,
se rassurer. 3. Rcg. 21. 7. JEquo animo esto:
Ayez l'esprit en repos, dit Jézabel à Achab ;
Gr. c-ea^Toû 7=voû,^ujesfo. Judith. 7.23.C. 11.1.
— 2° Etre dans la joie et de bonne humeur
Uvdvfisïv). Jac. 5. 13. Mquo animo est? psal-
lat, etc. Quelqu'un est-il dans la joie? qu'il
chante de saints cantiques.
Ex JEQUO. — 1" Egalement, autant aux
uns qu'aux autres. Num. 31. 27, Dividesque
ex œquo prœdam in ter eos qui pugnaverunt :
Partagez le butin également entre ceux qui
ont combattu : ce qui arriva après l'entière
défaite des Madianites par douze mille Hé-
breux, etc. 1. Par. 25. 8. c. 26. 13. Missœ
sunt ergo sortes ex œquo et parvis et magnis :
L'on jeta au sort avec une égalité entre cha-
que famille, soit grands ou petits, pour con-
naître ceux qui seraient de garde à chaque
porte du temple. — 2° Egalement, comme
avec son égal. Eccli. 13. 10. Ne relineas ex
œquo loqui cum illo : N'entretenez pas long-
temps un grand, comme si vous étiez son
égal. Job. 9. 32.
AER, Bis, àop, àipo;. Air, élément liquide
et léger qui environne la mer et la terre. 1,
Thess. k. 17. Simid rapiemiir cum illis
obviam Cfiristo in aéra: Nous serons em-
portés avec eux dans les nuées, pour aller
au-devant de Jésus-Christ au milieu de l'air.
Num. 11. 31. Deul.28. 2. Job. 37. 21. Ps. 17.
12. Act. 22. 23. Eph. 2. 2. etc.
D'où viennent ces phrases métaphoriques:
Aerem verderare: Donner des coups en
l'air, travailler en vain. 1. Cor, 9. 2(). Sic
pugno, non quasi aerem verberans : Je com-
bats, et je ne donne point des coups en l'air;
je ne travaille pas inutilement. La métaphore
se tire des atlilèles, qui se ballaient à coups
de poing. \ oy. Vkrberare. Ainsi Jn aéra lo-
qui : parler en l'air ; c'est parler inulilenient,
sans qu'on nous entende. 1. Cor. ik. 9. Eri-
tis in aéra loqucntcs : Si la langue que vous
parlez n'est intelligible, vous ne parlerez
qu'en l'air.
AERIUS, A, UM, d'air, qui est en l'air, qui
est haut et élevé; dans lEcriture :
Aerius color : Couleur d'air ; c'est comme
on croit, une couleur de bleu céleste, Esth.
1. 6. c. 8. 15. Mardochœas fulgebat vestibus
regiis, hyacinlliiuis vidclicel et aeriis; Hcb.
co/u/(V/i.s; Mardochéc sortant d'avec le roi,
parut dans un grand éclat, portant une robe
royale de couleur d'hyacinthe et de bleu
céleste (BxttJTrjoç).
^KA.NIENTUM , 1. ///),/.iov. Ce mot qui
vient dVc5, signifie, ouvrage de cuivre ou
d'airain, batterie de cuisine; dans l'Ecriture :
— 1° Cuivre, airain {/u/.y.ô;). Apoc. 18. 12.
Omnia vasa de lapide pretioso , et (pramenfo
et ferro : Des meubles de pierres précieuses,
d'airain, de fer et de marbre. Eccli. 12. 10.
— 2"" Vaisseaux d'airain, comme chaudières,
marmites. Marc. 7. k. Bapdsmata cnlicum,
et urceorum et œramentorum : Les Juifs la-
vent leurs coupes, leurs vaisseaux d'airain,
et leurs bois de lit.
iERARIUM, 1. Ce mot qui vient d'fp.«, œris,
signifie, — 1° L'épargne, les finances, le
trésor public (ohoç). Gen, kl. iï. Inlu-
lit eam in œrarium Régis : Joseph porta au
trésor du roi l'argent du blé qu'il av.iil ven-
du aux Egyptiens. Jos, 6. 2V. 1. ^lach. 3.28.
— 2° Trésor, lieu où se gardent les litres
publics (yc^o'^y/K/iov), 1. Mach. 14. 49. Dixe-
runt exemplum eorum ponere in œrario : Il
fut ordonné qu'on mettrait une copie de la
déclaration des Romains, faite en faveur de
Simon, dans le trésor du Temple.
jïlRARIUS, I, adject. Ce nom qui vient
d'ces, est pris substantivement, quoiqu'il soit
adjectif, en sous-entendant faber [yjÀiy.v^;).
Ouvrier en cuivre. 2. Tim. h. li. Ahxan-
der œrarius multa mala mihi ostendit :
Alexandre l'ouvrier en cuivre m'a fait beau-
coup de maux, 3. Reg. 7. 14. Sap. 15. 9. Isa
41. 7. Jerem. 10. 9.
iEREUS, A, CM, y^vlv.ovç, yjjl/.itrj;^ «, ov. —
1° Qui est d'airain ou de cuivre. 3. Reg. 7.
15. Finxit duas columnas Mreas : Hiram fii
deux colonnes d'airain. 1. Reg. 17. 5. Cassis
œrfa; un casque d'airain, v. 6. clypcusœrcus :
un bouclier d'airain. 2. Reg. 8. 10. 3. Reg.
4. 1.3. c. 8. G4. c. 14. 27. etc. — 2 Ce qui
est extrêmciuenl dur, fort et solide. D'où
viennent ces phrases métaphori(H!cs :
Arcus œreus : Un arc d'airain, qui mai'que
une force cxijaordinaire. Ps, 17, 35. Posiii-
sti ut arcum œreumbrachia mea: Vous avez
fait de nus bras co.mme un arc d'airain.
Dieu avait assisté David d'une grande force
contre les ennecnis du peuple d'israi'l, 2. Reg
22, 35. Ainsi, Job. 20. 24. Fugiet arma fer-
rea, et irruet in arcum œreum : Si limpie
fuit d'un côléles pointes de fer, il sera percé
par un arc d'airain. C'est une espèce de pro-
verbe, pour marquer qu'un impie ne peut
éviter les châliments de Dieu. La raison
de celle expression vient de ce que les
armes étaient faites de cuivre, (jui élait
alors d'une aussi bonne trempe que le fer et
l'acier dont on se sert.
Fronsœrcn: []i\ front d'airain, (jui mar-
que l'impudence et l'opiniâtreté. Isa. 48. 4,
Frons tua œrea : Vous avez un front d'ai-
rain. Dieu parle aux Israélites , et leur
reproche leur opiniâtreté cl leur effionterie.
Mons œreus : Une monlagnc d'airain, qui
marque ()uel(iue chose de iixe cl d'immua-
ble. Zaeli. G. 1. Et montes, montes œrci: Ces
montagnes que je voyais étaient des monta-
gnes d'airain. Ces deux montagnes, d'entre
lesquelles st)rlaient les quatre chariots, re-
présentaient les décrets immuables de la
sagesse et de la providence de Dieu qui fait
régner les rois de la lerrc, selon l'ordre im-
niuable de ses desseins éternels.
Murus œreus : Un mur d'airain, qui mar-
que une force çl une constance invineibles.
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
i47
Jerem i. 18- Dedi te hodie in mitriim œreum:
Je vous élabiis aujourd'hui, dit Dieu à Jéré-
mie comme un mur d'airain sur loute la
terre', c. 15. 20. Babo te populo huic in mu-
rum œreum: Je vous rendrai à l'égard do ce
peuple comme un mur d'airain. Voyez Mu-
RUS, 3".
Porta œrea : Une porte d airain qm signi-
fle une très-forlo résistance. Ps. 106. 16. Con-
trivit portos œreas : Dieu a brisé les portes
d'airain; c'est-à-dire les prisons les plus
fortes et les plus resserrées où étaient ren-
fermés les Israélites. Isa. 45. 2. Portas œreas
conleram: Je romprai les portes d'airain.
Dieu promet à Cyrus qu'il forcera la plus
grande résistance que ses ennemis pour-
raient lui faire.
Regnum œreum : Un royaume d'airain ,
marque la force et la puissance d'un règne
qui brise tout par la force de ses armés.
Dan. 2. 39. Regnum terlium aliud œreum
quod imperabit universœ terrœ : Il s'élèvera
encore un troisième royaume qui sera d'ai-
rain, et qui commandera à toute la terre.
Ce troisième empire est celui d'Alexandre le
Grand, qui s'est rendu maître en peu de
temps de la plus grande partie du monde qui
était connu en ce temps-là.
Vinculum œreum : Une chaîne forte et
pesante. Dan. kA2.Alligetur vinculo ferreo et
œreo: Qu'elle soit liée avec des chaînes de fer
et d'airain. Héb. d'acier. Daniel parle de Na-
buchodonosor, représenté par la lige d'un
arbre, lequel devait être rejeté de la compa-
gnie des hommes, et vivre parmi les bêtes,
enchaîné comme une des plus farouches.
Dans le sens figuré, Vinculum œreum , est
une chaîne pesante, fâcheuse et difficile à
porter. Eccli. 28. 2i. Vinculum illius vincu-
lum œreum : La pesanteur de ses chaînes est
aussi insupportable que celle de l'airain. II
parle de la langue médisante qui opprime
quelquefois ceux qu'elle attaque,
Ungula œrea : Un ongle d'airain , qui
marque une grande force pour réduire ses
ennemis et les fouler aux pieds. Mich. '<•. 13.
Ungulas tuas ponam œreas et comminues
populos : Je vous donnerai des ongles d'ai-
rain, et vous briserez plusieurs peuples. Le
Prophète prédit la victoire de l'Eglise sur les
peuples convertis à Jésus-Christ. "Voy. Un-
• ULA.
vEUUGO, GiNis, — 1° La rouille de cuivre
ou d'airain (p^ûo-iç). Mallh. 6. v. 19. 20.
Mrugo et tinea demolitur: Les vers et la
rouille mangent les trésors dans la terre.
Jac. 5. 3. Mrugo eorum in testimonimn vo-
bis erit : La rouille de l'or cl de l'argent
que vous cachez, s'élèvera en témoignage
contre vous. Baruch. 6 v. 11. 23. — 2°
Nielle de blés qui les ronge comme la rouille
^ fait le cuivre {ip^J(!ien). 3. Reg. 8. 37. 5»
fucril œrugo : Lorsque la nielle gâtera les
blés. 2. Par. 6. 28. Ainsi, Ps. 77. kQ. Dédit
œrugini fruclus eorum : Dieu a fait consumer
les fruits ou les blés des Egyptiens par la
nielle. Néanmoins la plupart des interprè-
tes expliquent cet endroit des petits animaux
nui rongent les fruits : le Grec et l'Hébreu
148
portent brnchus, une espèce de chenille; en
effet, il n'est point fait mention de nielle ou
de rouille de blé dans l'Exode.
iERUGINARE, xartoOTÔat, Rubigine inâci.
Ce verbe qui se forme d'œrugo est inusité, et
se prend ici passivement pour signifier, —
Etre rouillé, être gâlé de la rouille. Jac. 5.
3. Argentîim vestrum œruginavit : La rouille
gâte l'or et l'argent que vous cachez. Eccli.
12. 10. Sicut œramentum œruginat nequilia
illius : Souvent la malice d'un ennemi même
réconcilié revient comme la rouille sur le
cuivre après l'avoir nettoyé.
.^RUMNA, M. Ce mot vient ou d'œs, œris, à.
cause de la ftitigue que l'on a de tirer le
métal de.s mines; ou du grec uépiiiMOLy anxietas,
et signifie proprement une fourche qui sert
à élever et porter les fardeaux sur les épau-
les; ensuite il a été pris pour des travaux
pénibles. — 1° Fatigue , travail pénible
( [lôyjoç ). 2. Cor. 11. 27. Fui in labore et
œrumna : J'ai souffert toute sorte de tra-
vaux et de fatigues. Ce même mot grec est
rendu par fatigatio. 2. Thess. 3. 8. — 2°
'Peine, douleur, affliction, inquiétude (,a£|ot|x-
va . Marc. 4. 19. jErumnœ sœculi • Les in-
quiétudes de ce siècle. Gènes. 3. 16. Mulli-
plicabo œrumnas tuas et conceptus tuos, i. e.
œrumnas conceptuum : Je vous affligerai de
plusieurs maux pendant votre grossesse ,
dit Dieu à Eve [Iv-kv]. Ps. 31. 4. Conver-
sus sum in œrumna mea : Je me suis tour-
né de tous côtés dans mon affliction, comme
un malade qui souffre de grandes douleurs
(TKÀatTTwpéw). Eccl. 2. 23. c. 5. 16.
^S, œris, -/^uKy.oç Tétymologie de ce mot esl
fort incertaine; il peut venir, selon Vossius,
de l'Hébreu, esch, ignis.
1° Airain, cuivre. Job. 28. 2. Lapis solU'
tus colore inœs vertitur : La pierre dure que
l'on tire des mines se met dans la f^>rge, et
se change en airain, c. 37. 18. Solidissimi
quasi <ere fusi sunt : Les cieux sont aussi
solides que s'ils étaient d'airain. Voy. Soli-
DDs,4\ Exod. 35.5. Jerem. 52. v. 17. 20. etc.
2° Ouvrage ou vase d'airain ou de cuivre
1. Cor. 13. 1. Factus sum velut œs sonans :
Je ne suis que comfiie un airain sonnant.
Une trompette est aussi marquée par le mot
œs , eris, Jerem. i6. 22. Vox ejus quasi
œris sonabit : La voix des Chaldécns, enne-
mis de l'Egypte, retentira comme le bruit
de la trompette. Hcb. et Gr. Vox ejus ut ser-
pentes sibilabit : Sa voix ne s'élèvera pas
plus que celle d'un serpent: c'est-à-dire
que l'Egypte abbaissera sa voix : ce qui
marque l'abbattement oîi elle devait être
réduite sous la domination des Babyloniens.
3° Monnaie de cuivre, el généralement
monnaie de quelque métal que ce soit, parce
qu'autrefois il n'y en avait que de cviivro
{y.ipij.y.). Joan. 2. 15. Nummulariorum effudit
œs: Jésus-Christ jeta par terre l'argent des
changeurs. Marc. 6. 8. Ezech. 16. 36. Ainsi,
Luc. 21. 2. Mra minuta duo, \î-xù, sont deux
petites pièces de monnaie. Voy. Minutum.
§ 1° Qui est dur, opiniâtre et inflexible.
Jerem. 6. 28. Omnes isti Principes, œs et fer'
rum: Tous ces princes ne sont (juc de Tairâin
I
149
iEST
et du fer ; c'esl-à-dire, rebelles et opiniâtres
à demeurer dans leur impiété.
2° Ce qui est vil et méprisable, comme est
ce métal au prix de l'or et de l'argent. Isa.
CO. 17. Pro œre afferam aurum: Je vous don-
nerai de l'or nu lieu d'airain: te qui m.'ir-
que les richesses spirituelles de l'Eglise,
qui ont succédé à l'indigence de la Synago-
gue.Ezecb. 22. 18. Omnes istiœs et stannum:
Les Israélites sont tous devenus comme l'ai-
rain et l'étain, et se sont changés en écume.
Voy. ScoRiA.
Phrases tirée de ce mot.
JEs alienum: Dettes que nous devons, ou
qu'on nous doit. 2. Esd. o. 10. jEs alienum
concedamus : Remettons ce (ju'on nous doit.
D'où vient, Opprimi œre aliéna: Etre acca-
blé de dettes. 1. Reg.22. 2. Oppressi œre alic-
no {ù-cii-r,'7L;,repetitio debili).
ÀISTAS, ATis, ôspoç. Du mot œs^us, Eté,
une des quatre parties de l'année. Prov. 20.
h. Mendicabit œstate: Le paresseux mendie-
ra pendant l'Eté, c. 6. 8. Parât in œstate ci-
bumsibi: La fourmi fait sa provision durant
l'Eté, c. 10. 4. c. 26. 1. Malth. 24. 32. Marc.
13. 28. Luc. 21. 30.; mais comme l'année
n'avait autrefois que deux parties, hyems ou
ver signiOe quelquefoisl'autre partie. Gènes.
8. 22. Mslas et hyems: L'Eté et l'Hiver mar-
quent toule l'année. Ainsi, Zach. 14. 8. Isa.
18. 6. Ps. 73. n.jEstatemet ver tu plasmasli
ea: C'est Dieu qui a foriné les saisons de
l'année.
iESTIMARE, Tt/iôtv. Ce verbe vient ou d'œs
et de Tiuâ-j , priser , estimer; ou d'èzTtjyiâv ,
qui signifie la même chose.
1" Estimer, priser, apprécier, taxer. Levit.
27. 8. Quantum ille œstimaverit, tantum da-
bit:Lc pauvre donnera pour son vœu le prix
que le prêtre taxera, v. 16. 17. 19. 27.
2 Estimer, juger, avoir une certaine esti-
me ou pensée de quelque chose [loyiCi'jGc/.t).
Eccl. 10. 3. Cum ipse insipiens sit, otnnes stul-
tos œstimat: Comme l'imprudentest insensé,
il estime que tous les autres le sont aussi.
Prov. 23.1. jEslimat quod ignorât :\]n en-
vieux juge de ce qu'il ignore. Luc. 7. 43.
Act. 2. 15. c. 16. 27. etc. Ainsi, Ps. 43. 22.
Rom. 8. .36. JEslimati sumus sicut oves occi-
sïo?)js.- On nous regarde comme des brebis
destinées à la boucherie. Ps. 87. 5. JEstima-
tns sum cum descendentibus in lacum: On
me met au rang de ceux qui descendent sous
la terre.
3" Estimer, censer, réputer pour tel (XoyîÇecr-
Oai). Rom. 9. 8. Qui filii sunt promissionis
œstimantur in sejnine, Or. in semen: Ce sont
les enfants de la promesse qui sont réputés
entre les enfants d'Abrah.im, et qui doivent
passer pour tels. 1. Cor. 4. 1.
4"Esliiner autant, comparer. Baruch. 3.
30. /lie est Dcus noster, et non œstimabitur
alius adversus eum: C'est lui qui est noire
Dieu, et nul autre ne subsistera devant lui,
si oti le compare avec ce qu'il est ; ainsi
simile œi'timnre, Gr. h^rjir^-^^ c'est comparer.
Matlh. 11. 16. Cui similem œstimabo ycnera-
tionan istamf A qui comparerai-je ce peu-
ple-ci ? Luc. 13. V. 18. 20.
/EST m
5° Compter, nombrer. 1. Par. 22.4. Ligna
quoque cedrina non poterant œsiimari: Le
bois de cèdre y était en si grande quantité,
qu'on ne le pouvait nombrer, Gr. oùx«vapj9-
6' Savoir par conjecture, arriver à la con-
naissance de quelque chose, '7zoy_<x'^-.fTBai. Sap.
13. 9. Si tantum potuerunt scire ut possent
œstimare sœculum? Si les infidèles ont pu
avoir assez de lumière pour connaître l'or-
dre du monde, comment n'ont-ils pas décou-
vert plus aisément celui qui en est le Domi-
nateur?
TESTIMATIO, Nis, T£//.À. — 1° Estimation,
taxe, prisée. Exod. 22. 5. Quidquid optimum
habuerit , pro damni œstimatione restiluet:
Si un homme fait quelque dégât dans un
champ ou dans une vigne, il donnera ce
qu'il aura de meilleur dans son champ ou
dans sa vigne,pour payer le dommage, selon
l'estimation qui en sera faite. Levit. 5. 18.
c. 6. 6. c. 27. V. 2. 8. 13. 15. 25. 27.— 2"Com-
pte, supputation. 3. Reg. 8. 5. /mmo/o^o/i^ oves
et boves absqiie œstimatione et numéro: Ils
sacrifiaient des bœufs et des brebis sans prix
et sans nombre, Gr. xvupiBunru.
iESTlVUS, A, LM, Qspivfjç. Qui est d'Eté, qui
appartient à l'Elé. Ainos. 3. 15. Percutiam
domumhiemalem cum domo œstiva: Je renver-
serai le palais d'Hiver et le palais d'Eté.
Judic. 3. V.20. 24. De !à vient, JEstiva area:
L'aire où se vanne le blé pondant l'Eté. Dan.
2. 3o. l^unc contrila sunt pariter et redacta
quasi in favillam œstivœ areœ: Alors le fer,
l'argile, l'airain, l'argent et l'or se brisèrent
tout ensemble, et devinrent comme la menue
paille que le vent emporte hors de l'aire
pendant l'Eté: d'autres disent que l'aire en
cet endroit s'appelle aire d'Eté, parce que
c'est en Eté qu'elle se préparait. Voy. Fàvil-
la, 3°.
JiSTHARE, zaupa-iÇeo-eat. Ce verbc qui vient
d'cPAfus, se dit ou de l'agitation que fait le
feu, ou de celle de la mer, et dans le sens
figuré, de l'incertitude et de l'agitation de
l'esprit ; dans l'Ecriture:
1° Etre échauffe ou brûlé par l'ardeur du
soleil ou du feu. Matth. 13. Q. Solcortoœstua-
verunt: Une partie de la semence qui était
tombée dans les lieux pierreux, fut brûlée
par lardeur du soleil, v. 20. 21. Jon. 4. 8.
jEstuabat : Jonas se trouvait comme étouffé
par l'ardeur d'un vent chaud et brûlant oÀt-
'fo^vyjl-j^ Animo deficere) : Apoc. 16. 9. Ainsi,
Vino'œstuare : Elrc éehaulTé de vin. Isa. 5.
il. Vœ qui cunsurgitis mane ad ebrietatem
sectandam , et polandum usque ad vespcram
ut vino œstuetis : Malheur à vous qui vous
levez dès le malin, pour vous plonger dans
les excès de la table, jjour boire jusqu'au
soir, jusqu'à ce que le vin vous échauffe par
ses fumées.
Ce verbe est pris activement (èxxkisiv). Ec-
cli. 51.6. Inmedio ignisnon sum œstualus:ie
n'ai point été consumé par le feu. On croit
que l'auteur de I Eerlési;isti<iue fut mis au
feu pour être brûlé, maisciue Dieu l'en tira:
d'autres croient que cela se dit par allégorie,
m
WCTIONXAIKE DE PHILOLOGIE SACItftfc.
de la penécatîoD
154
- Job. 20. 22.
,.ur , œstuabit:
: eie ràsiâiié de biens,
. - daDS i agitation el dans
en détaillaiice (Izi.v£!r6at, dt«-
; . 29. M$tuatit amima ejus :
:. défaillance, Toyaot la léle
noe
Du mot Hébrea enh,
as-itation dans le feu.
-':-'• '.T, comme
r, il sitroi-
L= -i
*-l .
'v
ï-
laod, rardeordo i
- __ Frigus et «tstui
. el le cbaad i
.rré pour jamais
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de cbale . :
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LitEEE. Job. 38.
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2' Le teari{>5 de la vie. Dan. 5.
qu€ $uwMi\im tuwn ? - f • " ■ » ■
Tait selon son âge a .
Luc. 2. 52. Jetus pr
/e: Jésus avançait t: .
avançait en âge; c tsi-a-aire
jour en jour dés marques de celle plénitude
ée sagesse quil avait reçue au momeqt de
^ conception. Gen. 18. li. c. 21. 5. c. 25. 8.
t. 'iô. 29. c. V3. 33. etc. D où vient atm flori-
d^:La fleur de Tàge, qui marque lembon-
point el la bonne sanlé. Prov. 17. 22. Am-
muigaudens atcilem flortdam facil : La joie
de l'esprit rend le corps plein de ligueur.
^'oy. Flobidls, 2 .
•3' Age mûr, dans lequel on a le jugement
formé. Joan. 9. v. 21. 23. jEtatem habel : Il a
de l âge, interrogez-le, disent le père el la
mère de l'Avengle-né aux Juifs. Eccli. 26.
22. Specxtt faciei tuper œtatern $tabilem: La
beauté dune femme bien sage est très-esti-
mable, lorsqu'elle se trouve dans un âge
mûr, qui la rend capable de bien conduire sa
famille.
-ETERN aLIS, e, Ktwvtsf, adjectif peu usité.
Eternel, qui doit durer longtemps, ou qui
représente une chose qui doit toujours durer.
Ps. 23. 7. el 9. Elttamini, porta: œtemales :
Portes, levez-vous. Les portes du lemple,
comme le temple même , sont appelées
éternelles; soil par opposition au Taberna-
cle de Moïse, qui avait incessamment changé
de lieu; soit a cause que le temple élail la
figure dfe l'Eglise, qui doit durer jusqu'à la
fin des siècles. Héb. Portes, levez vos lêles;
.esl-a-dire exhaussez-vous , pour donner
d!us libre entrée.
LTEB.MTaS, atis, 5CWV. De l'adjeclif œrer-
rrui.
1" Eternité, durée, qui n'a ni commence-
ment ni 6n. Isa. 57. 15. Hœc dicil excelsut,
et iublimis habitans œternilatem: Voici ce
que dit le Très-Haut, le Dieu sublime qui
habile en soi, lui qui est l'éternité même.
Mich. 5. 2. Egressus ejus a diebus œlernila-
tif^ : La génération de Jésus-Chrisl est de
toute éternité, qui est marquée par /a plu-
ralité des jours, pour en exprimer la durée
qui ne finit point. Habac. 3. Q.Incurtali tunt
collti mundi ah ilineribus œternitalis ejus :
Les collines se sont abaissées sous les démar-
ches du Dieu éternel.
2 Eternité qui a eu un commencement;
mais qui n'aura pas de Gn. Dan. 12. 3.
Qui ad justiliarn crudiunt multos fulgebunt
qaaii stellœ in perpétuas œternilales: Ceux
qui en auront instruit plusieurs dans la voie
de la justice, luiront comme des étoiles dans
toute 1 élernité. Gr. In œternum et ulira,
comme porle le Lalin, Exod. 15. 18. Non
pas qu'il j ail rien au delà de l'élernité;
mais c'est une expression hyperbolique,
pour donner une plus forte idée de l'élernité.
2. Petr. 3. 18. Jpsi gloria el nunc et in diern
œternitatis: A lui soil gloire, et maintenant
el jusqu'au jour de l'élernité; l'élernité est
marquée par un seul jour, parce quelle est
sans succession d un jour à un autre.
3 Longue durée de temps, soil qu'elle ait
une fin, soil qu'elle entre dans l'éternité;
c'est pour cela que le sépulcre est appelé,
maison d'éternité. Eccli. 12. 5. Ibit fiomo in
domurn œlernitatis suœ : L'homme s'en ira
dans la maison de son éternité. Voy. .£teb-
.'«cs, n. 3.
.tTERNUS, ji, LM, Ktwvio,-. De l'ancien
mot œixternas , s'est ià\{ Œternus , qui se
prend ordinairement pour ce qui n'a jamais
commencé, el qui ne unira jamais; mais il
se dit aussi, même dans les auteurs, des cho-
ses qui ont commence, et dont on ne ^oit
pas la fin; la raison de celle signification
153
j:te
.€TH
IM
vient de ce que les Hebrea\ se servent du
mol holam, seculum. pour marquer la dorée
des choses qui subsistent longtemps, que
1 intei Dfèle latin a souvent rendu par le mot
œtemus.
l" Ce qui n'a ni commencement nihn. Dan.
6. 23. Jpse est Deus tivens et œtemus .Le
Dieu de Daniel , dit Darius , est celui qui est
le Dieu vivant et éternel, qui vit dans tous les
siècles, c. T. li. Potestas ejus, potestas œter-
na : Sa puissance est une puissance éternelle.
Gen. -21. 33. Sap. 7. 16. 1. Petr. 5. 10. 2.
Petr. 1. 11. 1. Joan. 1 2. c. 5. 20. Hic est
rerus Deus et vita œterna : Il n'y a propre-
ment que Dieu et ses attributs qui soient
éternels de la sorte.
2° Ce qui a eu un commencement . mais
qui n'aura jamais de fin. Hebr. 9. 12. .Eter-
na redemptione inventa .^ous ayant acquis
une rédemption élernelte : Matth. 18. 8.c. 23.
il. Discedite in ignem œternum : Retirez-Tous
de moi, maudits, et allez au feu éternel. Ps.
104. 10. Ps. 110. S. Ps. 111. 6. Malth. 19. v.
16. 29. etc.
3" Ce qui a commencé et qui doit finir. Ps.
76. 6. Annos ceternos in mente hùbui : J'ai
médité sur les siècles passes. Ce sens parait
par la suite du psaume : ainsi les montagnes
et les collines, qui sont depuis le commen-
cement do monde , s'appellent éternelles.
Gènes. +9. 2tî. Deut. 33. 15. De pomis collium
ϔernorum. Vor. Pomum. La terre est aussi
éternelle en ce sens. Baruch. 3. -32. Pararit
terram in ceterno tempore : Gr. in œiernum
tanpus : Dieu a affermi la terre pour jamais.
2. Reg. 7. 16. Regnum tuum usque in œter-
mtm : Votre royaume subsistera éternelle-
ment. Ainsi 1.' Par. 17. 12. c. 28. 7. Le
royaume de David n'a pas subsisté long-
temps ; mais il était vraiment éternel, en
tant qu'il était la figure de celui de Jésus-
Christ, dont parle saint Luc. 1. -33. Regni
ejus non erit finis . Son règne n'aura point
de fin. Sur quoi l'on peut remarquer que
souvent l'Ecriture appelle étemel ce qui de
soi doit finir, mais qui représente une chose
vraiment éternelle, comme la terre de Cha-
naan, Gen. 17. 8. parce qu'elle est la figure
de la demeure éternelle des bienheureux.
Joël. 3. 20. Judtpii, in iTternum habitabitur :
La Judée sera habitée éternellement. Cela ne
peut s'enleudre que dans le sens figuré. Voy.
Sempiternus.
'*' Ce mot se dit aussi des choses dont on
ne sait point la durée, mais qui doivent.du-
rcr longtemps . comme le souvenir qu'on
aura du juste. Ps. 111. 7. [n memoria irtema
erit Justus : La mémoire du juste sera éter-
nelle parmi les hommes. Sap. 8. 13. c. 10. li.
Eccli. i3. 31. Jerom. -20. 17. c. 23. iO. Pa-
ruch. 3. 2. c. '*. 2V. ! Mach. 2. 31. c. 6. iV.
.\insi Ton dit. In aternum : pour toujours,
sans que le temps soit défini. Joan. 13. 8.
Mon latiibis mihi pedes in œte'nnm : Jamais
vous ne me laverez les pieds, dit saint Pierre
à Jésus-Christ.
5' Ce qui dispose à ce qui est éternel,
comme la pratique de la vertu qui conduit à
la vie olernoUe. Ps. 138. 2i. Deduc me in vin
œterna • Conduisez-moi par la voie qui dure
éternellement.
-ETHER, is, xi^s. Du rerbe x^r.-r», brùier.
parce qu'il se prend pour la région du feu
élémentaire. Qui constat ex altissimis igni-
bus . dit Cicéron.
Le ciel, le haut de l'air (riz^i* iȣ?^)- Prov.
8. 28. Quando cethera firmabat sursum : Lors-
qu'il affermissait la partie supérieure de l'air.
Héb. les nuées. Job. 33. 5. Contemplare œtke-
ra : Regardez le ciel.
-ETHIOPIA . £. du Grec xîBir. . brûler.
Parce que ce pays est expose aux ardeurs du
soleiî: et du mot ô-j, le visage. — 1' Ethiopie
occidentale au delà de l'Egypte. Ps. 67. 32.
^tkiopia prœveniet manus ejus Deo : Elle se
bâtera de tendre ses mains à Dieu pour l'ado-
rer. Cela s'est accompli sous le règne de Sa-
lomon. dont la gloire et la puissance jointes à
l'éclat du temple de Jérusalem, V attiraient tous
les peuples, i Reg. 19. 9. Es'th. 8, 9. c. 13.
1. etc. — '2 Ethiopie orientale, qui est le pays
d'Arabie où habitaient les Ismaélites . les
Amalecites, les Madianites. etc. Gènes. 2. 13.
Ps. 86. ♦. Habile. 3. 7. Pro iniquitate vidi
tentoria ^thiopioe. Voy. Textorium. Ainsi la
femme de Moïse, qui était Madianite. est ap-
pellee Ethiopienne. Num. 12. 1. Voy. -Ethio-
PISSA.
-ETHIOPISSA. JE. Gr. xiSto-i-'n:. Nom fé-
minin du mot ifthiops. Ethiopienne . du pays
d'Arabie. Num. 12. 1. Locu:a est 3faria'et
Aaron contra Aloisen. propter uxorem ejus
.£thiopissnin .Marie et Aaron parlèrent con-
tre Moïse , à cause de sa femme qui était
Ethiopienne : elle elait du pays de Madian.
^THIOPS, is. Voy. Bochard, 1. 3. c. 2.
— 1 Ethiopien, qui est d'Ethiopie, pays d'A-
frique. 2 Par. 12. 3. Libyes . scilicet et Jra-
glodyt'.T et J!thiopes : Ces peuples sont en
Afrique, c. U. v. 9. 12. 13. c. 16. 8. etc. Les
habitants de ce pays ont la peau toute noire ;
ce qui fait dire à Jeremie. c. 13. 23. 5i mu-
tare potest jEthiops pellem suam : Si un Ethio-
pien peut changer sa peau, vous pouvez
aussi faire le bien , vous qui vous êtes étu-
dies à faire le mal r c'était, dit saint Jérôme,
par une alliche très-forte au pèche, que les
Israélites s'étaient mis en cet état de ne pou-
voir plus faire le bien. Voy. Mutire, 1".
2^ Ethiopien, qui est de l'Ethiopie orientale.
2 Par. 21. 16. Qui confines sunt JEthiopibus :
Les Arabes sont voisins des Ethiopiens, c. 14.
T. 9. 12. Ps. 73. li. Dedisti ntm escam popu-
lis .Ethiopum : Vous avez donne Pharaon en
proie aux peuples d'Ethiopie ; c'est-à-dire
aux Arabes qui habitent le long de la mer
Rouge : ils étaient appelés Icihyophnges ;
mais depuis ils ont été nommes 5(irra.<iN>- ;
c'est-à-dire voJeurs : ce sont chez les auteurs,
Scenitir . Arjbfs. Vov. Bochard. lib. i.
c. 29.
3" BarKue , étranger, d un pays éloigné.
Ps. 71. 9. Coram illo procidenl .Éthiop^s : Los
Ethiopiens se prosterneront devant Silonion,
c'est-à-dire le»; peuples les pIhn , " -;5ji;e>. P<î.
8t'>. 4. Amos, 9. 7. Ct /l/ù . ■ vos estis
'"''''. '^/•■« fsr.T^i ■ r. .. , ..iiMdèrerAi
15?
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE
156
comme des Ethiopiens , c'est-à-dire comme
des barbares.
JEVVM. «iwv. Du mot Grec «twv, comme si
c'cUnt à£t wv, semper existens : ce qui n'a
ni commencement ni fin ; néanmoins , dans
l'usage il signifie : — 1° Le temps ou quelque
durée de temps que ce soit. Eccli. 1. i. Et est
an te œviim : Toute sagesse est avec Dieu a vaut
tous les siècles, c. 42. 19. Inspexit in signutn
œvi : Le Seigneur voit les signes de chaque
temps à venir : ainsi la lune marque les diffé-
rents changements du temps. Eccli. 43. 6. Est
oslensio temporis et signum œvi : La lune est
la marque des temps et le signe des change-
ments de l'année.— 2° L'éternité. Eccli. 14.
25. c. 18. 8. Exigui anni in die œvi : Cent
ans au prix de l'éternité sont peu de chose,
c. 41. 16. Baruch. 3. 3.
AFFABILIS, E, adjectif, izpocmrtç. Du verbe
affariy qui parle avec accueil et familiarité.
Affable, civil, obligeant. Eccli. 4. 7. Congre-
gationi pauperum affabilem le facito : Uen-
dez-vous affable à l'assemblée des pauvres ;
Il faut soulager la misère des pauvres, du
moins par le bon accueil qu'on leur doit
faire.
AFFARI , de la préposition ad et du verbe
/br«, parler. Parler à quelqu'un (|3o«v). Dan.
6. 20. Affalus est euni . Le roi étant près de la
fo-sse , appela Daniel , et lui parla, pour voir
s'il n'avait point été dévoré des lions.
AFFECTIO, Nis. Nom verbal du verbe affi-
cere, qui signifie proprement, disposition, al-
tération ou émotion qui arrive au corps ou
à l'esprit , que l'on nomme passion : dans
l'Ecriture :
Affection , amitié, inclination , tendresse
pour quelqu'un. Rom. 1. 31. Sine affectiorie :
Ils sont sans affection. Gr. «a-opyot, dénatu-
rés. Philipp. 2. 20. 2. Tim. 3. 3.
AFFECTUS, us. Ce nom vient du verbe affi-
cere , comme affcctio , et signifie la même
chose, passion, affection de l'esprit, qui ré-
pond au Grec tzûOo; , passiu.
i" Affection , incli-Jiation , passion, Ezech.
25. G. Gavisa es ex toto affectu saper terrain
Israël : Vous vous êtes réjouis de tout voire
cœur, en voyant les maux de la terre d'Israël :
ainsi affeclns cordis : c'est la passion du
cœur , ce que l'on désire le plus. Ps. 72. 7.
Tra7isierunl in affectum cordis : Ils se sont
abandonnés à toutes les passions de leur
cœur. Gr. otàOeonv, disposition.
2° Affection, amour, tendresse pour quel-
qu'un {e'jvotoc). 2 Mach. 14. 37. Qui pro af-
fcctu pater Judœorum appeUabatur : On ap-
jielait Kazias le père des Juifs, à cause de
l'affection (ju'il leur portail.
AFFEURE, fépeiv. Ce verbe signifie pro-
prement , porter à quelqu'un ou quelque
|)arl : il répond dans l'Ecriture aux verbes
hébreux en hiphil, qui marquent faire ve-
nir, l'aire approcher, et se dit non-seulement
de ce qu'on apporte, mais aussi de ce qu'on
amène, de ce qu'on conduit, etc.
i Apporter, prendre une chose pour ta
porter à quehiu'un ou quelque part. Gènes.
27. 4. Afl'er m< lujncdam : Vous m'apporterez
ce que vous aurez pris, afin que j'en mange :
c'est Isaac qui parle à son fils Esau. v. 7. 0.
13. 14. 25. Marc. 6. 27. Joan. 4. 33. c. 21. 10.
2 Tim. 4. 13. etc. à quoi se rapporte :
yl/ferre, emporter, transporterd'un lieu à un
autre(/o|;Aiǣiv).l. Esdr. 6. 5. Attulerat ea inBa-
6<//onem;Nabuchodonosoravaitfait emporter
en Babylone les vases du temple. 1 Par. 13.
6. c. 15. V. 3. 12. Dan. 5. 2. 3. etc. Ainsi,
Afferre vocem : Faites entendre une voix de
quelque lieu. 2 Petr. 1. 18. Audivimus vo-
cem de cœlo allatam : Nous entendîmes une
voix qui venait du ciel, dit saint Pierre.
Afferre prophetiam : Faire passer une pro-
phétie de siècle en siècle. 2 Petr. 1. 21. Non
voluntate humana allata est aliquando pro-
pfietia : Ce n'a point été par la volonté des
hommes que les prophéties nous ont été an-
ciennement apportées.
2° Présenter, offrir {h.fêpnv). Ps. 28. 2. Af-
ferte Domino fiUos arietum : Présentez au
Seigneur les petits des béliers. Ps. 44. 15.
Afferentur Régi virgines post eam , proximœ
ejus afferentur tibi : L'on vous présentera
celles qui sont les plus proches {àirofépstv).
Afferentur in lœtitia et exultatione : Elles se-
ront présentées avec des transports de joie.
Voy. ViRGo, 3°. 2. Esdr. 10. 20. 35. 37. etc.
Ainsi , Afferre Domino gloriam et honorem :
Présenter au Seigneur la gloire et l'honneur ;
c'est lui rendre la gloire et l'honneur qui lui
sont dus. P. 28. 2. Afferle Domino gloriam et
honorem : Hebr. Rendez au Seigneur la
gloire et la force que vous avez reçues de lui.
Apoc. 21. 24. Reges terrœ affereni gloriam
suam in iUum : Les rois de la terre apporte-
ront leur gloire et leur honneur dans la Jé-
rusalem céleste, et v. 26. Afférent gloriam et
honorem gentium : Ils y apporteront l'hon-
neur et la gloire des nations ; c'est-à-dir€!
qu'ayant méprisé ici-bas cet honneur- là
même , ils le retrouveront avantageusement
dans le ciel , et en recevront une ample ré-
compense : Ceci est tiré d'Isaïe, c. 60. 11. où
le prophète dit de l'Eglise militante ce que
l'Apocalypse explique de la triomphante.
3" Mener, faire venir. Marc. 9. 16. Alluli
filium meum ad te : Je vous ai amené mon
fils. V. 18. Afferte illum ad me: Amenez-le-
moi , dit Jésus-Christ. P. 44. v. J5. 16. Isa.
43. 6. ch. 60. 11 ; et dans le sens figuré, Af-
ferre mala : Faire venir ou faire tomber des
maux sur quelqu'un. Jerem. 23. 12. Afferam
super eas mala : Je les accablerai de maux
(ir.âyEtv, inducere). c. 42. 17.
Afferre mortem : Faire mourir. Job. 6. 6.
Potest aliquis gustare quod gustalum afferi
mortem ? Se porte-t-on à manger ce qui fait
mourir? Ose. 4. 18. Afferre ignominiam :
Couvrir de confusion. Amos. 5.9. Depopula-
lionem afferre: Exposer au pillage {ènûysi-j).
k" Porter , produire (eùijjopeîv). Luc. 12. 16.
Uberes fructus ager atlulit : La terre a porté
beaucoup de fruits. Jean. 12. 24. Apoc. 22.
2. Ezech. 36. 8. c. 47. 12. Joël. 2. 22. Habac.
3. 17. Matth. 13. 23. etc. et dans le sens mo-
ral : Fructum afferre : Porter du fruit ;
c'est-à-dire de bonnes œuvres. Luc. 8. 15.
Fructum afferunt inpatientia : Ils portent du
ÎB7
AFF
AFF
158
fruit parla patience. Joan. 15. v. 1. 8. 16.
(-/«orotpo/iïtv). Voy. Fructus.
t Alléguer, produire , avancer , mettre en
avanl. Joan. 18. 29. Quam accusationem af-
fertis adversus hominem hune ? Quel est Je
crime dont vous accusez cet homme ? quel
reproche lui faites-vous ? 2 Joan. v. 10. Si
quis venit ad vos , et hanc doctrinam non
offert: Si quelqu'un vient à vous , et ne fait
pas profession de celte doctrine, ne le rece-
vez pas.
6" Avancer , approcher. Joan. 20. 27. Af-
fer monum tuam: Approchez voire main, dit
Jésus-Christ à Thomas.
1" Donner, accorder, procurer, mettre en-
tre les mains. Ps. 77. 29. Desiderium eorum
attulit eis : Dieu leur accorda ce qu'ils dési-
raient. Sap. 10. 14. Donec afferret illi scep-
trmn Rtgtii : La sagesse n'a point quitté Jo-
seph dans ses chaînes, jusqu'à ce qu'elle lui
ail mis entre les mains le sceptre royal. A
quoi se peut rapporter ce qui est dit. Prov.
,H0. \^. Affer , affer : Apportez, apportez;
c'est la convoitise et les passions qui parlent,
et qui demandent toujours d'autant plus
qu'on leur accorde.
AFFICERE , SiKriOévrxi. C'est proprement
faire et produire une chose dans une autre ;
mais c est ordinairement quelque mouve-
ment ou quelque passion, soit dans le corps,
soit dans l'esprit ; mettre en telle ou telle
disposition, bonne ou mauvaise ; dans notre
VuJgate il n'est mis qu'en mauvaise part.
Abattre, affliger. Num 11. 15. Obsecro ut
interficias me, ne tantis afficiar matis : Je
vous conjure, dit Moïse, de me faire mourir,
pour n'être point accablé do tant dv' maux
(ïtSiiv x«xw<r£v, videre afflictionem); ainsi, mo/7e
o/'/tc^re, faire mourir (iSav^roûv). Matlh. 10. 21,
Marc. 13. 12. Luc. 2i. 16. et en plusieurs en-
droits : Conlumeliis officere : Faire outrage,
traiter oulrageusemenl. Voy. Gontumelia.
AFFIGERE. — 1° Ficher ou iiltacher à
quelquechose (TreptTiôsvae). Num. 16. v. 38.39.
Èleazar produait sa in lamina>i , offifjens al-
tuj'i : Le prêtre Eléazar prit les encensoirs
d'airain , dans lesquels ceux qui furent dé-
vorés par l'eiiibrasement , avaient offert de
l'encens au Seigneur, et les ayant fait réduire
en laines , il les attacha à l'autel. 3. Reg. 6.
21. k. Reg. 18. 16. 1 Par. iO. 10. 2. Par. 3. 5.
Ainsi , affiyere cruci ou palibulo , ou simple-
ment «//jt/ere, c'est attacher en croix ou au
gibet, soit avec des clous ou avec des cordes.
2. Reg. 21 13 Eslh. 6. k. c. 8. 7. c. 9. 25. et
dans un sens figuré Affirjere cruci: c'est
r'iholir entièrement , anéantir. Coloss. 2. IV.
Jpsuin tulit de medio affujens illud cruci : Jé-
sus-Christ a enlièrcmenl aboli par sa doc-
trine la cellule qui nous était contraire , en
l'atlaehant à la croix : celte cédule éîail la
loi écrite que les Juifs avaient comme signée
en l'arceplanl.
2*0utrager,affliger(-T£/->v[Ç£tv,su/)/)/flnfare).
Malach. 3. 8. Si uffifjct homo Dcum , (/uia vos
coiifiyilis me ? Un homme doit-il outrager son
Dieu coin:ne vous in avez outragé ? Le verl)o
hébr( u signifie ordinairement prendre, enic-
Ycr^ dépouiller, comme si Dieu disait : Fuul-il
qu'un homme vole Dieu même, et ravisse ce
qui lui appartient ? en ne lui payant pas les
dîmes et les prémices qui lui sont dues ? Voy.
CONFIGERE.
AFFINIS , is. E. De la préposition ad et C3
finis, proprement, allié par mariage ; parce
que les deux parentés différentes se réunis-
sent par le mariage : il signifie aussi ce qui
est voisin , ce qui approche, ce qui a du rap-
port et de la convenance avec quelque chose.
Allié par mariage {h. rri? yu/Yïç,e tribu). Le-
vit. 25. 4-9. Consanyuineus et affinis:C(i\m qui
lui est uni par le sang ou par l'allianco.
AFFINITAS, Tis. — i Affinité, alliance
par mariage. Lévit. 18. 14-. Non accèdes ad
uxorem patrni tui qnœ tibi affinitale conjun-
gitur, (Tvyysv/t; Ècrtv: Vous ne vous approche-
rez point (le la femme de votre oncle pater-
nel ; c'est-à-dire, vous ne l'épouserez point,
parce qu'elle vous est unie par alliance. 3.
Reg. 3. 1. 2. Par. 18. 1. On peut voir les
degrés d'affinité qui empêchaient les ma-
riages chez les Juifs. Lévit. 18. et 20. —
2^ Famille, parenté (Trc-rptà, Familia). 1. Par.
h. 38. In domo affinilatum suarum rnuUipli-
cati sunt vehementer : Ils s'accrurent extrê-
mement dans leurs familles; Héb. In domo
patrum suorum : dans la maison de leurs an-
cêtres.
AFFIRMARE. St«<5-€«ioO!79«i.— 1° Affirmer,
assurer, confirmer. l.Tim. 1. 7. Volenlesesse
Legis Doctores, non intelligentes , nerjue quœ
loquuntur, neque de quibus affirmant : Ils
veulent être les docteurs de la loi, sans qu'ils
sachent ni ce qu'ils disent, ni ce quils assu-
rent si hardiment. 2. Par. 32. 11. 2. Mae. 7.
24. Lue. 22. v. 59. Act. 12. 15. c. 25. 19.
2" Montrer par Y)veuves{Tx)u.Si^c/.^siv,collalis
teslimoniis probarcj. Act. 9. 22. Saulus con-
fundebat Judœos affirmans quoniam hic est
Christus: Saul confondait les Juifs qui de-
meuraient à Damas, leur montrant , par des
témoignages de l'Ecriture, qu'il comparait
les uns avec les autres, que Jésus était le
Christ.
AFFLlGERE,eAtge£v. Ce mot vient d'ad . et
du vieux Latin fligere , qui représente le
bruit que font les coups de main et de fouet,
et signifie ausii abattre, opprimer, renver-
ser par terre, mettre sous les pieds : ainsi ,
le mol (tffligere marque :
Affliger, tourmenter, abattre, faire souf-
frir quelque chagrin, quelque peine, ou
quelque douleur. Exod. 23. 22. Affligam
affligentes te : J'affligerai ceux qui vous mal-
traiteront (xoTOJv). Eccl. 10. 15. Labor stul-
torum affligée eus : Le travail des insensés
les accablera ; les insensés qui ne travaillent
que pour ce qui passe, et non pour l'éter-
nité, après avoir beaucoup travaillé, se
trouveront n'avoir rien avancé que leur
propre perte. Prov. 10. 3. Act. 12. 1. etc.
Ainsi, Affliycre cor, ou animam , Affiiger,
chagriner, allristcr. 1. Reg. 1. 18. Quamob-
rem affîigilur cor ntu?/i? Pourquoi vous af-
lligez-vous? 2. Keg. 13. 20. Prov. 13. 12.
Spcs quiediffcrtur affliglt aninuiin : Le retar-
deiiKMii de ce que l'on espère cause de l'in-
quiétude. Job. 19. 2. c. 31. 39. De là vient
459
DICTIONNAIRE DK PHILOLOGII-] SACRriC.
cette phrase : Afftigere unimam : Se morti-
fler par les jeûnes et les autres exercices de
la pénitence, pour apaiser la colère de Dieu,
Lévit. 16. 29. 31. Afflige tis animas vestras.
c. 23. V. 27. 29. Omnis anima quœafflictanon
fuerit die hac, peribit de populis suis : Dieu
montrait ainsi aux Juifs la nécessité du jeûne
et de la pénitence, pour l'expiation des pé-
chés , leur commandant de s'alfliger, sur
peine de la vie. v. 32. Num. 29. 7. c. 30. 14.
AFFLICTIO, Nis. Voy. Affligere. Ce mot,
qui est fort peu en usage chez leâ Latins,
signifie proprement l'action ou le coup par
lequel on est abattu ou renversé par terre ;
mais dans l'Ecriture il signifie :
AFFLICTIO, y.àyM(jiç. i" Affliction, misère,
désolation. Sap. 3. 2. jEslimnta est affliclio
exitus illoriim : Leur sortie du monde a passé
pour un comble d'affliction. Prov. 10. 22.
Jer. 28. 8. c. 29. 11.
2" Douleur corporelle, plaie sensible, mau-
vais traitement, oppression. Exod. 3. v. 7.
17. Vidi affliclionem eorum qui ab jEgtjpliis
opprimuntur : J'ai vu leur affliction, et de
quelle manière ils sont opprimés par les
Egyptiens, c. k. 31. Deut. 31. v. 17. 21.
Thren. 1. v. 3. 7. etc. Ainsi, le pain sans le-
vain que le peuple d'Israël mangea à la sor-
tie d'Egypte est appelé Pain d'affliction, à
cause qu'il était fade et pesant, et qu'ils fu-
rent obligés (le s'en servir dans un temps de
peine et d'affliction; outre que Dieu impo-
sait aux Israélites cette obligalion rigou-
reuse pour les faire souvenir des afflictions
qu'ils avaient souffertes dans l'Egypte, et
dont ilJes délivrait. Voy. Azymus.
3° Jeûne, mortification (TKTreîvMcrts-}. 1. Esdr.
9. 5. Surrexi de afflictione mea : Je me levai,
et je cessai de m'alflig(M-.
4.° Peine d'esprit, inquiétude (7Tî|Ot<r77«(T/xôc).
Eccli. 3. 10. Vidi affliclionem quatn dédit
Deus filiis hominum : J'ai vu l'occupation pé-
nible que Dieu a donnée aux hommes : ils
se tourmentent inutilement pour se procu-
rer des biens périssables, qui les rendent
toujours plus malheureux, c 2. 26. etc. De
là vient cette expression, Affliclio spirilus,
qui se met souvent dans ce livre.
AFFLUERE, inif,pîî-». Couler vers quelque
chose; ce qui se dit de l'eau et des autres
liqueurs; et par rapport, se dit aussi des
choses qui sont en grande quantité. Ainsi il
signifie •
1' Abonder, avoir beaucoup de quelque
chose. Jerem. 30. 10. Jacob candis affluet
bonis : Jacob sera dans l'abondance de toute
sorte de biens. Job. 22. 2G. Eccli. 2. v. 1.
25. 2. Petr. 2. 13. etc. Ainsi, Prov. 3. 13.
liealus liomo qui afflucl prudcnlia : Heureux
celui qui est riche en prudence.
2' Etre en abondance, venir en grande
quantité (^•i£,.v).Ps. 61. 11. IJiviliœ si affluant,
notite cor apponerc : Si vous avez beaucoup
de richesses, gardez-vous bien d'y attacher
"votre cœur. Lettr. Si les richesses vous vien-
nent on abondance.
AFFLUENTEK. Abondamment, en grande
abondance, en grande quantité; ainsi il si-
gniljc aussi libéralement («ttaw.-). Jac. 1. 5.
m
donne à
Qui dat omnibus' afflaenler : Dieu
tous libéralement, sans reprocher ce qu'il
donne : cela s'entend de ceux qui lui de-
mandent comme il faut demander. Gr. sim-
pliciter : Ceux qui donnent siniplement et
Sctns y prendre garde de si près, donnent li-
béralement. Voy. SlMPLICITAS.
AFORIS, rçwQsv. Par dehors. Malth. 23.
27. Aforis parent hominibus speciosa : Les
sépulcres blanchis paraissent beaux au de-
hors aux yeux des hommes, v. 28. Baruch.
2. 22. Cet adverbe se trouve dans les auteurs
latins; mais plusieurs croient qu'il faudrait
séparer la préposition a, de foris, et l'écrivent
ainsi.
AFRICA, M. Ce mot vient de l'a privatif,
et de (i'pi/.n, frigus , comme qui dirait, sine
frigore; parce que ce grand pays est exposé
au midi.
L'Afrique , une des quatre parties du
monde, laquelle se divise en sept parties,
savoir : l'Egypte, la Barbarie, la Numidie,
la Libye, le pays des Nègres, le royaume de
Congo et l'Ethiopie. Isa. 66. 19. Mittam ex
eis qui salvati fuerint ad génies, in mare, in
Africam : J'enverrai ceux d'entre eux qui au-
ront été sauvés, vers les nations , dans les
mers, dans l'Afrique, etc. Gela s'entend do
la prédication de l'Evangile portée par les
Apôtres dans tout l'univers.
Bochart croit que le mot Afriea, en cet en-
droit, qui répond à l'Hébreu phul, est le pays
qui est entre l'Egypte et l'Ethiopie, appelé
Elephanline, et Phila , dans les auteurs; et
que la ville de ce nom est sur le Nil, cent
stades au-dessus de Syène.
AFRICUS, I. Suppl. Fcwius. Voy.ApHRicus.
Ce mot vient de la même racine (\\i Afriea, et
signifie 1" le vent du couchant d'hiver, entre
le midi et l'occident ().r^, ).i§ô,-). Ps. 77. 29.
Induxit in virtute sua Africum : Il fit venir
par sa puissance le vent du couchant. Isa.
21. 1. Act. 27. 12.
2" La partie du midi (Saywv , Héb. Meri-
dies). Ezech. 20. 46. Stilla ad Africum : Par-
lez vers le vent d'Afrique; c'est-à-dire pro-
phétisez contre la Judée; elle était du côté
du midi, à l'égard de la Chaldée, où était le
prophète. Jos. 18. 14.
AGABUS, ]. Héb. Locusta. Agabe, pro-
phète, (jui prédit la famine qui arriva sous
l'empire de Claude. Act. 11. 28. Super véné-
rant ab Jerosolymis propfietœ Anliochiam, et
surgens unus ex eis nomine Agabus significa-
hat pcr spirilum famem magnam fuluram in
itniverso orbe terrarum quœ fada est sub
Claudio : Il prédit aussi que saint Paul se-
rait mis dans les chaînes à Jésuralem. c. 21.
10. Supervenit quidam a Judœa propheta no-
mine Agabus .-Un prophète, nommé Agabus,
arriva de Judée.
AGAG, Héb. Teclum. Un roi des Amalé-
cites que Saiil fit prisonnier, sans le tuer. 1.
Reg. 15. V. 8. 9. Apprehendit Agag regem
Amalec vivum : Il prit vif Agag, roi des Ama-
lécites ; El pepercil Saul et populus Agag :
Mais Saiil avec le peuple épargna Agag; ce
prince fit cela contre Tordre de Dieu, ce qui
fut cause de sa réprobation , comme le pro-
m
AGA
phète Balaani l'avait prédit. Num. 24. 7.
Tolletur prop(er Agag rex ejus : Le roi d'Is-
raël sera rejeté pour avoir épargné Agag :
ce nom était commun aux rois des Amalé-
cites; Samuel commanda qu'on lui amenât
Agag, et le mit en pièces sur-le-champ. 1.
Reg. 15. 33.
AGAGITES, JE. Qui est Amalécite. Eslh.
8. 3. Procidit ad pedes régis, ut malitiam
Aman Agagitœ et machinaliones ejus pessimas
juberet irritas fieri : Eslher alla se jeter aux
pieds du roi, et le conjura d'arrêter les mau-
vais effets de l'entreprise pleine de malice
qu'Aman avait formée contre les Juifs, c. 9.
6. Mais d'autres croient qu'Aman est appelé
Agagite , parce qu'il était descendant du roi
Agag, €omme en effet il est marqué. Esth.
3. 1. Qui erat de stirpe Agag. et v. 10. et c.
9. '2k-. Voy. Amon.
AfiAR, Héb. Advena. Femme égyptienne
de nation, servante de Sara; Abraham la
prit pour sa seconde femme, à la prière de
Sara même, qui était stérile, et par une se-
crète inspiration de Dieu. Gènes. 16. 13 At-
tulit Agar anciUam suam , et dédit eam viro
suo uxorem : Sara prit sa servante Agar, et
la donna pour femme à son mari. Celte es-
clave égyptienne, se voyant enceinte, mé-
prisa sa maîtresse, croyiint que son fils se-
rait l'héritier des grands biens que possédait
Abraham. Sara s'en plaignit à Abraham,
qui l'abandonna à sa discrétion; Agar, ap-
préhendant d'être châtiée, s'enfuit dans le
désert, oh. un ange lui ordonna de retourner
vers sa maîtresse, et de s'humilier devant
elle. Sa maîtresse, la yoyant soumise, lui
accorda le pardon qu'elle demandait.. Elle
accoucha ensuite d'un fils qui fut nommé
Ismaè'l , l'an 209i. Treize ans depuis, Abra-
ham eut de Sara un fils qu'il appela Jsaac ;
quand il lui devenu un peu grand, Sara
ayant aperçu qu'Ismaël, qui était plus âgé,
le mallrailail quelquefois, elle fil congédier
la mère ei l'enfant; celle mère infortunée se
relira encore dans le désert, où un ange la
consola, et lui promit que son fils serait
père d'un très-grand peuple.
Agar, servante de Sara , marque l'An-
cien Testament, qui ne faisait que des es-
claves. Gai. 4. 2i. Quœ est Agar : L'ancienne
loi établie sur le mont Sina était figurée par
Agar; la crainte scrvile était une propriété
essenlielle de l'Ancien Testament.
AGARAI,Héb. Peregrinus. ^om d'homme,
qui fut père de Mibahar. 1. Par. 11. 38. Voy.
MlHAUAR.
AGAKyEÏ, Ismaélites descendus d'Agar,
mèrcdlsmaël, (jui, du temps de Saùl, furent
chassés de leur pays par ceux de la tribu de
Uuben. 1. Par. 5. v. 10. 19. -20. c. 27. :i\.
J.iziz, qui avait la charge des bicbis do
David, était Agaréen, descendu d'Agar par
Ismaël : ils sont appelés eiifants d'Agar.
iJaruch. 3. 2.3. Fitii quoqne Agar : C'étaient
les habitants de l'Arabie Heureuse.
AGAKENI. Les Agaréniens, descendus de
la même Agar, mais non d'Abrahairi. Ps.82.
0. Moab et Agareni : Les .Moabiles et les
Agaréniens : ceux-ci habilaiciit l'Arabie dé-
AGE 162
série, et ont mieux aimé s'appeler 5arrflsm*,
de Sara, pour se faire honneur, q\ïAgaré'
niens, d'Agar, leur mère. Ce qui oblige à
distinguer ceux-ci des premiers enfants d'A-
gar, c'est qu'ils sont ici distingués des Ismaé-
lites : Jsmaelilœ, Moab et Agnreni. D'autres
néanmoins croient que ce sont les mêmes ,
mais que les Ismaélites sont ceux qui n'a-
vaient point été réduits sous la puissance
des Israélites, et que les Agaréniens sont
ceux qui leur avaient été soumis, soit au
temps de Saùl, soit au temps de Jéroboam
second.
AGATE. Voy. Achats.
ÂGÉ, Héb. Vallis. Non d'homme, qui fut
père de Semma. 2. Reg. 23. 11. Voy. Semma.
AGER, 1. Du Grec. «y/sô,-.
1" Un champ, une pièce de terre, propre
à être cultivée et semée de grains. Prov. 24.
27. Diligenter exerce agrum tuum : Ayez soin
de bien cultiver votre champ : chacun a son
champ à culliver, c'est-à-dire son emploi à
bien remplir, v. 30. ch. 23. 10. c. 27. 26. c.
31. 16. De là vient, Agrum agro copulare ;
Ajouter les terres aux terres : ce qui se dit
de ceux qui ne pensent qu'à acquérir du
bien, et à s'agrandir toujours. Isa. 5. 8. Vœ
qui conjungitis domum ad domum et agrum
agro copulatis : Une vigne. Levit. 19. 9. Gr.
«f/TyfXwv, Vinetum. Voy. Deut. 22. 9.
2" Un champ, une place dans les champs.
Jos. 6. 13. Cum esset Josuc in agro urbis Jé-
richo ; Josué étant dans un lieu près de la
ville de Jéricho. Judic. 13. 9. 1. Reg. 30.
J 1. etc. De là vient Ager Fullonis : Le champ
du Foulon; c'était un lieu près de Jérusa-
lem, où les foulons étendaient leurs draps,
et les lavaient dans le canal qui était en ce
lieu-là. 4. Reg. 18. 17. In via agri. Fullonis ; sur
le chemin du champ du Foulon. Isa. 7. 3. c.
36. 2. Ager Robustorum : le champ des Vail-
lants, où douze jeunes gens d'un côlé, et
douze de l'autre, se ballircnt et se tuèrent
les uns les autres. 2. Reg. 2. 16. Vocatum
est nomen loci illius, ager robustorum ?n
Gabnon.
3' Le monde ou l'Eglise visible, répandue
par tout le monde. Malt h. 13. 38. Ager est
mundus : Le champ où Jésus-Christ sème sa
parole, c'est le monde. La parole de Dieu a
été répandue par les apôtres dans tout le
monde , c'est l'application de la parabole qui
est proposée, v. 24. et suiv. Luc. lo. 25.
AGKRE. Ce verbe qui vient du grec «ystv,
a plusieurs sortes de significations, qui ré-
pondent en partie au verbe r^rjU-v^iu, gerere, et
à 77otïrv, facere.
i" Faire (-/s«tt£iv). Prov. 13. 16. Aslutus
omnia agit cum consilio : L'homme habile
fait tout avec conseil. Rom. 7. 15. Non quod
vola honum, hoc ago ; sed quod odi malum^
illud facio : ia ne fais pas ce (|uc je veux,
mais je fais ce que je condamne ; il s'agit ici
des premiers mouvements (jui préviennent
la raison. 1. Thcss.4. 1.1. Mac. 2. 06. Rulh.
3. 13. etc. Ce verbe se met avec plusieurs
sortes d'adverbes en celle signification : ainsi,
bene agcre, signifie faire le bien. Gen. 4. 7.
Ps. 35. 4. Ad. 15. :'9. Mais beiie agerc, signi»
165
fie
dictionnairk.de philologie sacrée.
HP être libéral et bienfaisant. 1. Tim. 6.18.
Divmmhljus sœculi prœcipe bene agere :
Ordonnez aux riches de ce monde d'elre cha-
ritables et bienfaisants, ùyuBo^jf^yea.
2° Faire paraître , témoigner :
A uuoi se rapportent ces phrases, Agere
pœnitentiam : Faire pénitence t«r;^o>gnor
son repentir (^sxavo.tv, mîpîsce-e). Jerem. 18.
8 Si eqerit pœnitentiam gens illa a malo siio ;
aaam et eqo pœnitentiam super malo quodco-
Qitavi utfaceremei:Si cette nalion fait péni-
tence des maux pour lesquels je 1 avais me-
nacée je me repentirai aussi moi-même du
mai que j'avais résolu de lui faire. Ici on
attribue à Dieu le repentir, pour marquer le
changement qui se fait dans l'homme même :
car en Dieu , il n'y a ni regret ni repentir,
ni aucun changement. Voy. Poenitere. Job.
21 2. Agite pœnitentiam .-Changez de senti-
ments. Voy. PoENiTENTiA. Ainsi , Grattas age-
re signifielémoigner sa reconnaissance (^âf^t-
T«l ê'yetv, Evyapi^reh). 2. Mac. 3. 33. Oniœ sa-
cerdotigratias âge, Luc. 17. 16. c. 18. 11. etc.
Matlh. 26. 27. Et accipiens calicem, grattas
egil : kt prenant le calice, il rendit grâces.
Jésus-Christ en instituant le sacrement ado-
rable de son corps, rendit grâces à Dieu son
Père, et c'est de là que le nom à' Eucharistie,
qui signifie action de grâces, a clé donné au
sacrement même , et l'Eglise ne ie célèbre
qu'après cette action de grâces solennelle
qu'elle fait à la préface delà messe, après
en avoir averti le peuple par ces paroles :
Rendons grâces au Seigneur notre Dieu. Marc.
ik. 23. Luc. 22. V. 17. 19. 1. Cor. 11. 24. Il
semble que cette phrase se dit de ce que le
verbe agere, signifie quelquefois pousser,
faire avancer; néanmoins, on croit commu-
nément que gratias agere, signifie propre-
ment remercier de paroles, parce qu'agere
signifie quelquefois dicere. Tercnt. Adelph.
1. 1. Estne ipsixis de quo agebam? c'est-à-
diro dicebam.
3' Conduire, pousser par un mouvement
intérieur (aystv). Luc. k. 1. Agebatur a Spi^
ritu in desertum : ï\ fut poussé par l'Esprit
dans le désert. Saint Marc dit £'a'pu///, pour
marquer la force du mouvement de l'Esprit
de Dieu qui le poussait; mais saint Mallhieu
dit Ducats est, pour faire voir que c'était li-
brement et sans violence. Uom. 8. 14. Qui-
Clinique Spirilu Deiaguntur: Tous ceux qui
sont poussés et conduits par l'Esprit de Dieu,
sont enfants de Dieu.
4-" Agiter, pousser avec violence (s^cûvstv).
Luc. 8. 29. Agebatur a dœmonio in déserta :
Cet homme était poussé dans le. désert par le
démon, qui l'agitait , comme un cavalier qui
pousse son cheval à coups d'éperon.
5" Chasser devant soi; d'où vient Agere
prœdnm : Faire butin. Judic. 9. 25. Eocerce-
bant Inirocinid, agcnles prœdas de prœtereun-
iibus : Ils s'exerçaient à des brigandages, et
volaient tous les passants. 1. Rog.2. 8. Agere^
en cet endroit, est mis pour abigere; p;;rce
qu'ordinairement ou fait aller devant soi le
butin ^uc l'on fait.
G° Exe|-£er, adminislrcr (roX£|/£rv7TÔ)ç;/ov). 1.
Mac. 2. 66. Jp$e aget bdlim populi : Judas
4C4
Machabée conduira le peuple dans la guerre;
il exercera la charge de la guerre pour la dé-
ifense du peuple.
7" Faire, célébrer {■mpi tÔ actêgarov ■yheTecu.).
TohA3.iO.Agitedieslœtitiœ:\\é}ou'.ssvz-\ous
dans le Seigneur tous les jours. 2. Mac. 8.
27. Sabbatum agebant : Ils célébraient le sab-
bat. 2. 33. c. 10. v. 6. 8. c. 12. 38. c. 15. v.
3.4-. Ps. 75. 11. Voy. Reliqui^
8' Agir, se conduire bien ou mal (auvtevat).
I. I\eg. 18. 5. Prudenter seagebat. v. ik. Pru-
denter agebdt : David se conduisait avec
beaucoup de prudence. Ps. 93. 1. Libère egit :
Il a agi avec une entière liberté, k. Reg. 18.
7. [TTCf.pp-o<7tài^S(jOai).
9' Traiter, en user avec quelqu'un bien ou
mal {tzouïv). JudicI 9. 16. Si bene egistis cum
Jerobaal et cum domo ejus : Considérez si
vous avez bien traité Jérobaal et sa maison.
Ezech. 23. 29. 2. Mac. 14. 42. c. 9 27. Sap.
II. V. 6. 14., etc.
10^ Etre, vivre, se trouver en tel ou tel état
(èTZLTDyy^c'.-jF.tv). Gen. 39. 2. Erat in cunctis
prospère agens : Tout réussissait heureuse-
ment à Joseph. Luc. 14. 3-2. JUo longe agente:
Lorsqu'il est encore bien loin. Act. 24. 2.
Cu)7i in multa pace agamus per te : Comme
c'est par vous que nous vivons dans une pro-
fonde paix. Tit. 3. 3. Ainsi, Recte agere : Se
porter bien, être en bonne disposition. 1.
Reg. 17. v. 18. 2. Reg. 11. 7. On dit aussi,
recte agi, en ce sens, 1. Reg. 17. 22 (sî? zh-ffuni»,
ad pacem). Jnterrogabat si omnia recte âge-
rentur erga fratres suos : Il demanda com-
ment ses trèresseportaient.4.Reg. 4. 26., etc.
A quoi on peut rapporter, agi de re aligna^
pour marquer qu'il s'agit de quelque chose.
l.Reg, 21. 5. Si de mulieribus agitur :S'\i s'a-
git des femmes
Enfin le verbe agere a plusieurs autres si-
gnifications, (jui ne sont déterminées que
par les mots avec lesquels il est joint ; comme
ugerc vilain, c'esl \i\ie; agere ciiram, curare;
agere iter,ive ; agere consilium^ cousu Itare, etc.
AGITE, aysvùv; c'esl une espèci' d'adverbe,
qui se fait de l'impératif du verbe agere, et
ne se met qu'au pluriel, comme âge au sin-
gulier; mais agedum se met avec l'un et
l'autre nombre : on s'en sert ordinairement
pour exciter et pour exhorter. Jac. 5. 1.
Agite nunc , divites : Or ça, riches; après
avoir repris l'avaricti et l'orgueil des riches,
il les excite à considérer les maux dont ils
sont menacés.
AtîGER, is, ce mot vient du verbe agge-
rerc, entasser, d'«d et àcgero, cl signifie :
1" Un tas, un amas de (juelque chose (6>}j;xw-
vî«). Exod. 8. \k . Congrcgavcrunt cas in im-
mensos aggercs : Ou amassa ces grenouilles
mortes eu de grands monceaux, et la terre
en fut inleclée.
2" Une levée de terre, une chaussée (5iwpu$).
Isa. 19. 6. Siccabuntur rivi aggcrum ;Les ri-
vières retenues par deschaussées tariront, c
37. 25. Ces rivières s'appellent aquœ clausœ,
des eaux fermées. 4, Reg. 19. 24, parce (|ue
les chaussées empècheiil (juc tes rivières ne
se débordent dans des lieux plus bas.
3' Un rempart, une levée de terre qu'on
IC5 AGG
fait autour d'une place pour la prendre ou
pour la défendre ixàpai). Isa. 29. 3. Faciam
contra te aggerem : J'élèverai des forts con-
Ire toi : le Prophète prédit la ruine de Jéru-
salem. De là viennent ces expressions figu-
rées :
Comportare aggerem : Faire des remparts
et élever des forts autour des villes, en y
portant de la terre. Ezech. k. 2. Comportahis
f/gr/erem : Faites des levées pour l'assiéger.
Dieu ordonne au Prophète de représenter le
siège de Jérusalem, en portant de la terre
pour faire des terrasses, c. 21. 22. c. 26. 8.
Dan. 11. 15. Habac. c. 10.
Fundere aggerem : Etendre et mettre au-
tour d'une place des levées de terre [ly.yzrj
oûvaaiv). Jereni. 6. 6. Fundite circa Jérusalem
aggerem : Faites un rempart autour de Jéru-
salem. Fundere est mis pour diffundere ; Ja-
cere, ou mittere aggerem, pour ponere; mettre
des levées de terre autour d'une place. Isa.
37. 33. Non mittet in circiiitu ejus aggerem
[y.-jylovv '/Kpay.v) : Le foi dcs Assyriens n'élè-
vera point des terrasses autour de Jérusalem,
c. 29. 3. D'où vient, Jactus aggeris : L'éléva-
lion d'une terrasse (x«o«>'.o§o).t«).Ezech.l7.17.
AGGESTUS, us, du verbe aggerere, amas-
ser, entasser, et signifie un tas ou un amas
de quelque chose. 2. Mach. 13. 5. Erat in w-
dem loco turris quinquaginta cubitorum ag-
gestwn undique habens cineris : Il y avait en
cet endroit une tour de cinquante coudées de
haut, qui était environnée de toutes paris
d'un grand monceau de cendre. C'est de
cette tour que l'impie Menelaiis fut préci-
pité.
AGGiEUS, Heb. festivm. Aggée est un des
douze petits prophètes, qui excita les Juifs à
rebâtir le temple : on ne sait point d'où il
était. Agg. 1. V. 1. 3. F nclum est verbum Do-
mini in manu Aggœi prophetœ : Le Seigneur
adressa sa parole au prophète Aggée. v. 12.
13 etl. Esdr. 5. 1. c. G. 14. Ps. 111. v. 1.
Voy. Cyrcs.
AGGI , Héb Festivus, Aggitje, arum. Aggi,
filsdcGad, et pelit-fils de Jacob. Num. 26.
15. Aggi, ab hoc familia Aggitarum : Aggi , de
qui vient la famille des Aggiles. Voy. Haggi.
AGGITH, Héb. Festiva. Aggith, fut une des
femmes de David, qui eut d'elle Adonias. 1.
Par. 3. 2. Quartum habuit Adoniam filium
Aggith : Le quatrième fils de David fut Ado-
nias, fils d'Aggith. Voy. Uâggith.
AGtiLUÏINARE, Troorrr.o^âv, xo))âv, coUcr à
qu Ique chose, et dans le sens figuré :
1° Joindre avec quelque chose. Ezech. 29.
k. Agglulinabo pisces fl^iminumtuorum squa-
mis luis : J'attacherai à vos écailles les pois-
sons de vos fleuves. Dieu qui compare le roi
d Egypte à un grand poisson, menace de
faire périr avec lui tous les grands de son
royaume, et tous ses sujets, qui sont comme
les poissons de ses fleuves , et dont la perte
était attachée à la sienne. Eccli. 25. 10. Fi-
dfi initium agglulinandiim est limori : on
doit joindre inséparablement à la crainte de
Dieu un commencement de la foi. Pour ai-
mer Dieu, il faut commencer par le craindre;
mais cettccraintedoit être un fruit de la foi.
AGG
leo
Ainsi, Baruch. 3. 4. Aggîutinata sunt nobis
m«/a; Les maux que nous nous sommes atti-
rés se sont attachés à nous inséparablement,
sans qu'il y ait aucun moyen de nous en ga-
rantir.
2° Associer quelqu'un, se l'unir par une
étroite affection. Jerem. 13. 11. Sicut adhœrct
lumbare ad lumbos viri, sic agglutinavi mihi
omnem domiim Israël : Comme une ceinture
s'attache autour des reins d'un homme,
ainsi j'avais uni étroitement à moi toute la
maison d'Israël. Dieu par un effet de son in-
finie miséricorde, s'était uni très-étroitement
le peuple d'Israël, et l'avait consacré à son
service par une alliance toute sainte. Voy.
Lumbare.
AGGRAVARE, ^apûvstv. — 1° Appesantir,
accabler sous le poids, charger. 2. Reg. 3.
34. Pedes tui non sunt compedibus aggravali:
Vos pieds n'ont point été chargés de fers.
Sap. 2. 3. Vita nostra sicut nebula dissolvc-
tur calore solis aggravata ' Notre vie dispa-
raîtra comme un brouillard qui tombe étant
appesanti par la chaleur du soleil. De là
viennent ces expressions figurées :
Aggravare manum : Appesantir sa main
sur quelqu'un, c'est l'accabler de maux. 1.
Reg. 5. 6. Aggravata estmanus Domini super
Azotio : La main du Seigneur s'appesantit
sur ceux d'Azot. Aggravare jugum : Appe-
santir le joug, le rendre très-pesant , réduire
sous une dure servitude. 3. Reg. 12. 10.
Pater t uns aggravavil jugum nostrum. y. ik.
12. Par. 10. iÔ. Isa. 47. 6. Voy. Jcgum. Ag-
gravare prœlium contra aliquem : Faire tom-
ber tout le fort du combat sur quelqu'un. 1.
Par. 10. 3. Aggravalum est prœlium contra
SauL
De là viennent aussi ces manières de par-
ler métaphoriques, Aggravare cor; Appe-
santir son cœur, pour marquer l'endurcisse-
ment d'un cœur qui ne se laisse point flé-
chir pour obéir à Dieu. 1. Reg. 6. 6. Qunre
aggravatis corda vestra? Pourquoi appesan-
tissez-vous vos cœurs, comme Pharaon ap-
pesantit son cœur? Aggravare aures : Appe-
santir ses oreilles; se boucher les oreilles
pour ne point écouter ce qu'il faut faire.
Zach. 7. 11. Aures suas aggravavcrunt : Ils
ont appesanti leurs oreilles. Isa. 59. 1. Ne-
que aggravata est auris ejus ut non exaudial :
L'oreille du Seigneur n'est point devenue
plus dure, pour ne pouvoir plus écouter;
I)ieu a toujours été prêt d'écouler ceux qui
lui adressent leurs prières. Cet endurcisse-
ment d'oreille qui marque l'opiniâtreté d'un
esprit rebelle à Dieu, semble cire ordonné <!c
Dieu même. Isa. 6. 10. Excœca cor populi
hujus, et aures ejus aggrava : Aveuglez le
cœur de ce peuple, et bouchez ses oreilles;
ce n'est pas que Dieu ait aucune part à la
malice des hommes, mais il prédit l'elTet que
s;i parole devait produire dans le cœur des
J u i f s .
Aggravare animam : Appesantir l'âme. Sap.
9. 15. Corpus quod corrnmpilur aggravât ani'
mum : Le corps qui se corrompt appesantit
l'âme , parce que la convoitise qui est en
nous une 5>oiiicc de corruption, obscurcit
167
l'âme par les ténèbres des passions. Ainsi ,
ces expressions marquent dans ces différen-
tes choses, une espèce d'appesanlissement
qui empêche qu'on n'en fasse 1 usage qu on
en devrait faire.
Aonravari alicui : Ne supporter qu avec
peine Eccli. 25. 3. Aggravor valde ammœ il-
lorum : Leur vie m'est insupportable; ils me
chargent comme d'un grand poids; Gr. Trpod-
wyet^a, infensus snm valde vike tllorum.
2° Rendre plus grief, augmenter le mal.
Gen 18. 20. Peccaium eorum aggravatum est
nim'is : Le péché de Sodome et de Gpmorrhe
est monté jusqu'à son comble. Job. 23. 2.
Manus plagœ meœ aggravata est super gemi-
tiimmeum: La violence de ma plaie est beau-
coup au-desfus de mes géaiissements et de
mes soupirs. Ainsi , Isa. 9. 1. Novissimo
aggravata est via maris trans Jordanem :
Le pays qui est au-delà du Jourdain , le long
de la mer Tibériade, a été plus maltraitéque
les tribus de Zabulon et de Nephtalim. Voy.
Alleviare.
3^ Amasser, multiplier. Habac. 2. 6. Us-
quequo aggravât contra se densum lutwn?
Jusqu'à quand amassera-l-il contre lui-même
des richesses qui ne lui serviront non plus
que des monceaux de boue, quand Dieu aura
résolu de le perdre?
AGGREDI. Ce verbe se fait de la préposi-
tion ad et de gradior, comme si l'on disait :
avancer vers quelqu'un ou vers quelque
chose; ainsi il signifie :
1° Entreprendre, ou commencer à faire
quelque chose {slay.vylsï'jOcti versari in). 2.
Mach. 2. 25. Considérantes multitudinem li-
broriim et difficultalem volentibus aggredi
narrationes historiarum : Ayant considéré
que la multitude des livres rend l'histoire
difficile à ceux qui veulent entreprendre de
la lire. c. 10. 36.; d'où vient : Aggredi iter :
Se mettre en chemin. 2. Mach. 3. 8.
2" Attaquer {upyjaOui). 2. Reg. 18. 14. Ag-
grediar eum coram te : .le l'attaquerai moi-
même devant vous. 3. Reg. 2. 34. 2. Mach.
5. 5. c. 12. 13. c. 13. 15.
AGITARE, (Ta/sLiîiv, èlttvvîLv. Ce verbe, qui
se fait d'ancre et en est fréquentatif, signifie :
1° Agiter, ébranler, remuer. Matlh. 11. 7.
Quid existis in desertum videre ? Arundinem
vento agilatam? Un roseau agité du vent? De
là vientcette expression métaphorique : Agi-
tare manum : Menacer ( ■K^u.y.alza ). Isa. 10.
32. Agilabil manum super montem filiœ Sion:
Le roi d'Assyrie menacera de la main la mon-
tagne de Sion. Les menaces se font souvent
en remuant la main.
2" Pousser, faire avancer. Eccli. 38. 36.
Slimulo boves agitât : Il pousse les bœufs en
les piquant avec l'aiguillon. 2. Mach. 9. k.
Jussil agilari currum suum : Anliochus com-
manda à celui qui conduisait son chariot de
toucher sans cesse.
3> Agiter, troubler. Judith. 15. 1. Solo tre-
more et meiu agiiaCi : Les Assyriens n'étaient
poussés que par la frayeur dont ils étaient
saisis après la mort d'Holopherne. Isa. 24.
k" Traiter do (luelque chose, d'où vient :
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
les
Agiiare judicium : Instruire un procès. 2.
Mach. 4. 43. De fus ergo cœpit judicium ad-
versus Menelaum agitari : On commença donc
à accuser Menelaùs de tous ces désordres
[èvéuvn y.piiTtç).
AGITATIO , Nis , agitation, secousse,
ébranlement {(yàloç). Isa. 24. 20. Agitaiione
agitabitnr terra : La terre sera agitée et
ébranlée par de violentes secousses au juge-
ment dernier. Cette expression marque le
trouble universel de tout le monde; mais ce
trouble et cette agitation regarde plutôt les
hommes qui demeurent sur la terre, que
la terre même. Hcb. Nutando nutahit sicut
ebrius : Elle chancellera comme un homme
ivre.
AGIÏATOR, is, qui conduit des che-
vaux ou un chariot, un cocher in-neùç). Na-
hum. 2. 3. Agitatores consopiti sunt : Ceux
qui conduisent les chariots de guerre du roi
des Chaldéens sont furieux comme des gens
ivres ; Heb. leurs dards sont empoisonnés.
Voy. CONSOPIRE.
AGMEN, iNis, aywpta. Ce nom est formé
du verbe a^o, comme qui dirait a^'imen, et
signifie proprement l'action par laquelle on
se meut en avant, qui s'appelle marche;
mais il se dit plutôt des corps ou des person-
nes attroupées, que des particuliers, et signi-
fie ordinairement une troupe de gens de
guerre en marche ( àvTt)ia|:;L6«vo//evo? , aiixi-
liator). Ezech. 12. 14. Agmina ejus di-
spergam inomnem ventum : Je disperserai ses
troupes dans tous les climats. Le prophète parle
de Sédécias, roi des Juifs. Dent. 25. 18. 1.
Reg. 17. 1. etc. Ainsi, Judith. 15. 4. Filii Is-
raël uno agmine persequentes debilitabant
quos invenir e potuissent : Les Israélites, après
la mort d'Holopherne, lous ensemble et en
bon ordre, poursuivaient les Assyriens et
taillaient en pièces tout ce qu'ils rencon-
traient.
AGNA. Voy. Infra.
AGNITIO. Voy. Infra.
AGNITOR ^ Voy. Infra.
AGNOSCERE , ytvw(T/.£tv , è 7:17 tvw axe tv. Ce
mot qui vient de ad et de noscere, ou plu-
tôt de l'ancien verbe gnoscere , signifie :
1 Reconnaître, trouver qu'une personne
ou une chose est la même qu'auparavant.
Gen. 38. 15. Operuerat vultum suum ne agno-
sceretur : Thamar avait couvert son visage ,
de peur d'être reconnue de son beau-père,
v. 26. Qui agnitis muneribus ait : Qui ayant
reconnu les gages qu'il lui avait laissés, il
dit. c. 42. 7. Judic. 18. 3. Tob. 11. 6. Luc. 24.
16. elc. I
'1' Connaître, avoir une idée dans l'esprit
que quelque objet présent rappelle. Matth.
12. 33. Ex fructu urbor agnoscilur : C'est par
le fruit qu'on connaît l'arbre. Act. 27. 39.
Job. 4. 16.
3' Connaître, savoir. Sap. 2. 1. Non est qui
agnitus sit reversas ab inferis : On ne sait
personne qui soit revenu des enfers. Eph. 3.
5 Quod aliis gcneralionibus non est agnilum,
fiiiis hominum : Le mystère de la vocation
des Gentils a été inconnu aux enfants des
hommes dans les autres temps
ifj ÀGN
V Reconnaître , avouer. 2. Rog. 19, 20.
Agnosco serviis tuuspeccalummcum : id rccon-
ti.iislc crime que j'ai commis. C'est Scmeï qui
parle à David. Sap. 12. 27. Quem oliin nega-
hitnt se nossefVerum Deum agnoverunt. cA3J .
5^ Reconnaître quelqu'un pour ce qu'il est,
lo traiter selon sa qualité. Deut. 21. 17. Fi-
lium odiosœ agnoscet primogenitiim : Si un
homme a deux femmes, dont il aime l'une
plus que l'autre, il reconnaîtra pour son aîné
le fils de celle qu'il n'aime pas, et lui dounera
le double de ce qu'il possède, parce que
c'est lui qui estle premier de ses enfants et que
Je droit d'aînesse lui esldû,Eccli.4'i'.2G.yl.7«o-
vit euni in henediclionibus cluUcdinis : Dieu
a traité Jacob comme une personne qu'il
chérissait, en le comblant de sesbénédictions.
6' Reconnaître, discerner. 1. Esdr. 3. 13.
Nec poterat quisquam agnoscere vocem cla-
moris lœtantium, et vocem fletus populi : On
ne pouvait discerner les cris de joie de ceux
qui voyaient les fondements du nouveau
temple , d'avec les plaintes de ceux qui pleu-
raient après avoir vu le premier temple.
Eccîi. 16. 17.
7" Reconnaître, remarquer de près. Prov.
27, 23. Biligenter agnosce vulturn pecoris
lui : Remarquez avec soin l'état de vos bre-
bis. Ce précepte regarde les pasteurs , qui
doivent s'appliquer avec grand soin au salut
des âmes. Dieu veut qu'ils considèrent leurs
ouailles de près et non de loin;, par eux-
mêmes et non-seulement par d'autres, avec
une exactitude de vrais pasteurs et non avec
une indifférence de mercenaires.
8° Reconnaître , juger de quelque chose
après lavoir examinée. Eccli. 1. 17. Agnovi
quod in his quoque esset labor et afflictio spi-
ritus : J'ai reconnu, dit Salomon , après
m'étre appliqué à la connaissance du bien
et du mal , qu'en cela même il y avait bien
de la peine et de l'affliction d'esprit. Judith.
5. 28. c. 9. 19. c. 10. 12. Eccli. 1. 16. c. 11.
30. etc.
9° Connaître parfaitement. Joan. 10. 15.
Sicut novit me Pater, et ego agnosco Patrem :
Comme mon Père me connaît, je connais
aussi mon Père. Cette connaissance du Père
et du Fils vient de l'union intime dont le Saint
Esprit, qui est éternellement l'amour du Père
et du Fils est le lien divin, et cette union
ineflable est un modèle parfait de l'union du
pasteur et de ses brebis, dont le Saint-Esprit
est aussi le lien. Voy. Cognoscere. Eccli. 1.
6. Astulias illius quis ngnovit? Qui a pénétré
cl approfondi les arlilices divins de la Sa-
gesse et son adresse toute divine? Voy, Astu-
riA. Eccli. 15. 20. c. 23. 29.
AGNITIO, Nis, £7riyvw7«,- , '/vwo-tf. Ce mot
signifie proprement l'action de reconnaître ,
ou la reconnaissance d'une personne ou
dune cho-e. Gen. 45. 1. Prœcepit ut egrede-
rcnlur cuncti foras, et nullus interesset agni-
tioni muluœ .-Joseph commanda que l'on fît
sortir tout le monde, afin que nul étranger
ne fût présent lorsqu'il se ferait reconnaître
à ses frères {ccjv.yjMf,iCjiv).
2° La science, ou la connaissance d'une
chose. Soit que cette connaissance soit nalu-
DlCTION. DE PlIILOL, SaCUÉE. I,
AGN
170
relie. Eccli. 1. 15. Diligunt enm in visione ei
agnilione magnaliiim suorum : Ceux qui ont
vu et ont connu la magnificence des ouvra-
ges de la Sagesse, l'aiment aussitôt; c'est ce
qui a rendu inexcusables tous ceux qui ,
ayant connu ce qui peut se découvrir de
Dieu par les créatures, ont retenu la vérité
de Dieu dans l'injustice et ne l'ont point
glorifié comme Dieu. c. 38. G. Ad agnitionem
hominum virtus illorum : Dieu a fait con-
naître aux hommes la vertu des plantes;
soit qu'elle regarde le salut éternel. 1. Tim!
2. 4. Omnes homines vult salves fieri et ad
agnitionem verilatis venir e : Dieu veut que
tous les hommes soient sauvés et qu'ils vien-
nent à la connaissance de la vérité. Eph. 1.
17. c. 4. 13. et dans tous les endroits du
Nouveau-Testa.ment. Ainsi, Eccli. 24. 24.
Ego mater pulchrœ dilectionis , et timoris , et
agnitionis , et sanctœ spei : La sagesse qui
inspire le pur amour, la crainte de Dieu et
une sainte confiance en lui, donne aussi la
science du salut, v. 32.
3° La connaissance de soi-même. Eccli. 51.
27. ]n agnitione inveni cam : C'est dans la
connaissance de moi-même que j'ai trouvé
la sagesse. Toute la piété consiste, dit saint
Augustin, à nous connaître nous-mêmes, et
notre indignité pour nous haïr, et à connaî-
tre Dieu pour l'aimer. Le Gr. porte : In pu-
rificatione inveni enm : C'est en se purifiant
de ses taches que l'on acquiert la sagesse et
il suffit de se connaître bien soi-même pour
travailler à se purifier.
4° Le discernement qui se fera des bons et
des méchants au Jugement dernier (Stiyvw-
Giç ). Sap. 3. 18. Si celerius defimcti fuerint^
non habebunt spetn , nec in die agnitionis al-
locutionem : Que les enfants des adultères
meurent jeunes, ils seront sans espérance et
au jour où tout sera connu , ils n'auront per-
sonne qui les console. Le Sage parie de la
sorte des enfants bâtards, parce que les dés-
ordres des pères et des mères passent or-
dinairement aux enfants, et que souvent ces
sortes d'enfants sont fort mal élevés. Ecclr.
27. 9. In die agnitionis inventes firmamentum:
Si vous suivez la justice , vous trouverez un
ferme appui au jour de la révélation de tou-
tes choses. En cet endroit, il n'y a rien dans
le Grec qui réponde à ce mot.
5° La vue d'une personne, son air, sa
mine («jctxûvvî, piidor). Isa. 3. 9. Agnitio vul^
tus eorum respondit eis; Heb. habitus, dispo-
sitio : Leur air et leur manière qui se remar-
que sur leur visage, rend témoignage contre
eux. On connaîtaisément sur le visage quelle
est la disposition du cœur. Le prophète parle
des Juifs qui étaient très-déréglés.
AGNITOR, is, celui qui reconnaît. Ce mot
se prend pour celui qui connaît , dans celte
expression : Agnitor cordis : Celui qui con-
naît le fond du cœur. Eccli. 7. 5. Non te jus
tifices anle Deum y quoniam agnitor cordis
ipse est : Ne vous justifiez pas devant Dieu ,
parce que c'est lui qui connaît le fond du
cœur. Le Grec ne f.iit qu'un mot de ces deux;
yMf.ôioyjô)(j-ri; , Cordis cognilor. Voy. Acl.
1. 2*.
,7j DICTIONNAIRE DE
AGNA M, à^vri. Voy. Agnus. Une jeune
brebis Gen. 21. V. 28. 29. 30. Septem, xnqmt,
■agnas 'accipias de manu mea : Vous recevrez,
dit\braham, ces sept jeunes brebis de ma
main. Ce fut pour faire alliance avec Abime-
lech Levit. 5. 6. Offerat de gregibiis agnam :
Quii prenne d'entre les troupeaux une petite
brebis. Ce qui est ajouté, de gregibus , d'en-
tre les troupeaux , marque le choix qu on en
faisait. C'est ainsi qu'Amos, reprochant aux
crands d'entre les Juifs leur délicatesse, dit
qu'ils mangeaient les agneaux les plus ex-
cellents et les veaux choisis de tout le trou-
peau, c. 6. h. Qui comedilis agnum de grege
et vitulos de medio annenti. C'est de là que
vient ce mot egregius , exquis, excellent.
AGiNUS, 1. àa-jbç, oip;, vi,-. Ce mot vient
du grec à,uvôç, ou du génitif à&vàr, qui si-
gnifle la même chose, ou, selon d'autres, de
l'adjectif anniculus , qui est d'un an ; car l'a-
gneau perd sou nom dès qu'il a passé l'an-
née. Ce terme a , dans l'Ecriture , plusieurs
significations métaphoriques; soit à cause
que cet animal est offert en sacrifice, soit à
cause de sa douceur. Il signifie donc :
l-'Un agneau, jeune animal engendré d'une
hrebis et d'un bélier. Exod. 12. v. 3. h. 5.
Erit agnus absque macula , tnasculus , anni-
culus : Cet agneau sera sans tache ; ce sera
un mâle et il n'aura qu'un an ; ce sont les
qualités de l'Agneau Pascal , qui était im-
molé le soir du quatorzième jour du premier
mois, avec les cérémonies rapportées dans
ce même chapitre, c. 29. v. 38. 39. Agnos
anniculos duos faciès per singulos dies jugiter^
iinum agnum mane, etalterumvespere : Vous
sacrifierez chaque jour deux agneaux d'un
an , un le matin et l'autre le soir. Ce mot
est souvent répété dans le Lévitique et dans
les Nombres.
Il se prend aussi bien souvent pour les
brebis. Prov. 27. 26. Agni in vestimentum
tuum : Les agneaux vous suffisent pour vous
vélir. C'est la règle que saint Paul donne à
toute l'Eglise. 1. ïim. 6. 8. Habentes alimenta
ri quibus tegamur his contenti simus : Ayant
de quoi nous nourrir et de quoi nous vêtir,
Nous devons être contents. Luc. 10. 3. Isa.
30. 23. c. 5. 17. c. li. 6. c. 40. 11. etc.
Lorsque le mot ovium est ajouté, il mar-
que les plus tendres agneaux, qui sont en-
core sous la mère. Ps. 113. 4. 6. Eccli. 47.
3. In ursisiimiliterfecit sictit in agnis ovium :
David a traité les ours comme il aurait fait
les petits des brebis.
Ces jeunes animaux sont vifs et bondissent
dans les campagnes. Ainsi on compare un
jeune homme qui court à sa perte en recher-
chant les plaisirs , à un agneau qui va à la
mort en bondissant. Prov. 7. 22. Quasi agnus
lascivicns : Le* Israélites étant sortis des
eaux de la mer Rouge, sont comparés, dans
le transport de leur joie, à des agneaux qui
bondissent dans leurs pâturages. Sap. 19. 9.
'J'anqunm agni exuUaverunt, mngnificantes te.
Domine, qui liberasti itlos. On compare en-
core au bondissement des agneaux le trem-
blement des montagnes et des collines , que
I)icu fait par lu terreur que sa présence im-
PHILOLOGIE SACRÉE.
472
prime. Ps. 113. v. 4. 6. Montes exuUaverunt
ut arieles, et colles sicut agni ovium: Les mon-
tagnes et les collines sautèrent ; c'est-à-dire,
furent agitées fortement et tremblèrent par
la présence du Seigneur, comme on le vit au
mont Sina, qui parut tout ébranlé par les
tonnerres et les tempêtes qu'il y excita en
donnant sa loi; mais ce fut par un efîet de
crainte, tel qu'est celui qu'on peut remar-
quer dans les troupeaux de brebis et d'a-
gneaux, lorsqu'une frayeur subite les fait
bondir.
Comme cet animal est fort doux et qu'il ne
fait point de résistance, on lui compare un
peu pie docile et qui suit avec soumission les or-
dres de son prince. l.Keg. l^.k.PrœcipitSaul
populo et recensuit eos quasi agnos, ducenta
mil lia peditum et decem millia virorum Juda:
Saiil commanda au peuiXe de prendre les
armes; il se trouva, dans la revue qu'il en
fit, deux cent mille hommes de pied , et di^r
mille hommes de la tribu de Juda. C'est pour
cela qu'on compare aux agneaux ceux qui
sont exposés à la fureur des méchants, comme
Jésus-Chrisl, Âct. 8. 32, qui dit de lui-même.
Jerem. 11. 19. Ego quasi agnus mansuelus qui
portatur ad victimam : Pour moi, j'étais
comme un agneau plein de douceur qu'on
porte pour en faire une victime; et qui dit à
ses apôtres, qu'il les envoie comme des
agneaux au milieu des loups. Luc. 10. 3.
Ecce ego mitto vos sicut agnos inter lupos.
Voy. Lupus.
Mais comme cet animal est étourdi et sans
prévoyance, on lui compare les méchants qui
sont destinés à périr sans le savoir. C'est ainsi
que Dieu, par son prophète, dit qu'il con-
duira les Babyloniens à leur ruine, comme
des agneaux qu'on va égorger. Jer. 51. 40.
Deducam eos quasi agnos ad victimam : De
même aussi, il menace les Israélites de les
traiter comme un agneau qu'on fait paître
dans une large campagne et qu'on destine à
la boucherie. Ose. 4. 16. Pascet eos Dotninus
quasi agnum in latitudinem. Le Prophète
parle des Israélites des dix tribus.
l°Uno pièced'argent sur laquelle un agneau
est gravé. Gen. 33. 19. Emit partem agri in
qua fixerat tabernacula a filiis Hemor patris
Sichem, cenlum agnis : Jacob acheta une par-
tie du champ dans lequel il avait dressé ses
tentes, et en paya aux enfants d'Hémor,
père de Sichem, cent agneaux, c'est-à-dire
cent pièces de monnaie, sur lesquelles un
agneau ou un mouton était gravé; ce qui se
peut autoriser par un passage des Actes, où
il est dit que ce fut à prix d'argent que ce
champ fut acheté des enfants d'Hémor. Mais
d'autres Interprètes soutiennent que ce pas-
sage des Actes ne doit point s'entendre de la
sorte, et que ce nom d'or^Tieai^a; signifie, en ce
lieu et en d'autres encore, de véritables
agneaux, selon que l'enseigne S. Jérôme.
Voy. ce passage des Actes, expliqué sur lo
mot de Hemor.
2° Le tribut que l'on payait autrefois, est
désigné par le mot A'agneau, parce qu'on en
donnait au lieu d'argent, un c^riain nombre.
k. Reg. 3. 4. Porro Mesa rex Moab nutriebat
173
AGN
AGO
174
pecora miUta, et solvebat régi Israël centum
milita agnorwn, et centum millia arietum cum
velleribus suis : Or Mesa, roi de Moab, nour-
rissait de grands troupeaux, et il payait au
roi d'Israël cent mille agneaux et cent mille
moutons avec leur toison. C'est en ce sens
que l'on explique, selon l'Hébreu, ce pas-
sage d'Isaïe. 16. 1. Emilte agnum. Do-
mine, etc. Heb. mittite agnum, id est agnos,
Dominalori terrœ, scil. Régi Ezechiœ in tri-
butum (wf épTrerà, tamquam reptilia). Mais
cela s'entend plutôt de Jésus-Ciirist; et le
Prophète s'adressant au Seigneur, lui dit :
Envoyez l'Agneau dominateur de la terre,
c'est-à-dire le Sauveur Dieu-Homme , de
Petra deserti , parce qu'il devait naître de
Ruth, du pays de Moab, dont la capitale était
Petra. Voy. Petra.
3° Les plus riches et les plus considérables
d'un pays, sont marqués par des agneaux
gras. Ezech. 39. 18. Carnes furtium comede-
lis, et sanguinem principum terrœ bibetis ;
arietum^ et agnorum, et pinguium omnium :
Vous mangerez la chair des forts et vous
boirez le sang des princes de la terre; des
béliers, des agneaux et de tout ce qu'il y a de
plus délicat. Le Prophète invile les oiseaux
du ciel et les bêtes de la terre, à venir se
soûler de la chair des capitaines et des ofû-
ciers d'armée, pour marquer, d'une manière
poétique, un grand carnage d'ennemis que
Dieu devait immoler à sa justice.
^" Les justes et les gens de bien sont aussi
marqués par cet animal, à cause de leur dou-
ceur et de leur docilité. Isa. 5. 17. Pascentur
agni juxta ordinem suum, Heb. juxta cau-
lus suas : Les agneaux paîtront à leur ordi-
naire. Le Prophète marque la paix de l'Eglise
et le repos des âmes fldèles qui y vivent dans
la crainte et l'amour de Dieu. C'est ce qui est
encore marqué par ces expressions. Isa. 11.
6. Uabitabii lupus cum agno, et Isa. 63. 25.
Lupus et agnus pascentur simul. Voy. Lupus.
Jésus-Christ promet, par son Prophète, de
rassembler ses petits agneaux qui étaient
dispersés par la violence du démon ; c'est ce
qu'il a fait par la prédication de l'Evangile.
Isa. 40. 11. In bracliio suo congregabit agnos :
Le Seigneur rassemblera par la force de son
bras les petits agneaux. 11 a aussi ordonné à
S. Pierre et aux pasteurs, dans la personne
de cet apôtre, de paître ses agneaux. Joan.
21. V. 15. 16. Pasce agnos meos : Paissez mes
agneaux; rcpaissez-les de la parole de Dieu
par les exhortations, et des autres secours
spirituels et temporels. Voy. Pascere.
5° Jésus-Christ, noire Sauveur, de qui
S.Jean-Baptiste a dit,Joan. 1. v. 29. 36. Ecce
Agnus Dei, ecce qui tollit peccatum mundi :
Voici l'Agneau de Dieu, voici celui qui Ole
le péché du monde. Il faisait allusion à l'A-
gneau pascal que l'on devait immoler, se-
lon la loi de Moïse. Exod. 12. 5. Erit Agnus
sine macula : Cel Agneau sera sans tache;
aussi est-ce lui que S. Pierre appelle V Agneau
sans tache et sans défaut, deslinc à effacer par
son sang, toutes les taches des âmes et lous
les péchés du monde. 1. Pi«lr. 1. 19. Pretioso
Sanguine guasi Agni itnmacu(ali cl inconla-
minali. Jésus-Christ qui est noire Agneau
Pasc;il, dit S. Paul, a été immolé pour nous.
1. Cor. 5. 7. Pascha nostrum immolatus est
Christus. Il désignait aussi ce que le Prophète
avait dit de lui, qu'il serait mené comme une
brebis, pour être égorgé, et qu'il demeurerait
dans le silence, comme un agneau est muet
devant celui qui le tond. Isa. 53. 7. Sicut
ovis ad occisionem ducetur, et quasi agnus co-
ram tondente se obmntescet. Ad. 8. 32. C'est
aussi ce qu'il dit de lui-même, sous la per-
sonne de Jérémie. 11. 19. Et ego quasi Agnus
mansuetus, qui portatur ad viclimam. C'est
pour cela qu'il est appelé l'Agneau de Dieu,
parce que c'était l'Agneau qui seul était
digne d'être offert à Dieu pour satisfaire à
sa justice, et que tous les autres agneaux
qui avaient été immolés à Dieu depuis le
commencement du monde, n'avaient pu lui
être agréables, qu'en tant qu'ils représen-
taient cet Agneau divin destiné pour récon-
cilier toutes choses ; aussi est-il appelé l'A-
gneau égorgé depuis le commencement du
monde , Apoc. 13. 8. Qui occisus est ab
origine mundi ; à cause que la vertu et l'ef-
ficace de son sang s'étend sur tous les
siècles, depuis le commencement jusqu'à la
fin du monde.
Cette qualité d'Agneau de Dieu est si pré-
cieuse à Jésus-Christ, que son disciple bien-
aimé ne le nomme presque point autrement
dans l'Apocalypse qui lui a été révélée par
son ordre.
AGON, is, àywv. Ce mot qui est tout grec
et qui n'est point en usage chez les Lalins,*
signifie proprement un combat ou une dis-
pute qui se fait avec effort et avec peine :
dans l'Ecriture, il marque :
1° Un combat ou un exercice public, tels
qu'étaient les quatre sortes de jeux publics
qui se célébraient dans la Grèce. 2. Mach.
k.iS. Cum quinquennalis agon Tyri celebrare-
tur: Comme on célébrait à Tyr les jeux qui
se font de cinq ans en cinq ans. 1. Cor. 9. 25.
Omnisqui in agone coniendil, ab omnibus se
abstinct: Toas les athlètes gardent en toutes
choses une exacte tempérance. 2. Tim. 2. 5.
Quicertatin agone noncoronaturnisi légitime
cerlayerit : Celui qui combat dans les jeux
publics, n'est couronné qu'après avoir com-
battu selon l'ordre et la loi de ces combats.
2" Inquiétude, affliction. 2. Mach. 3.21.
Erat misera commistœ multiludinis, et magni
Sacerdotis in agone constituti, (îtaywviwvroî ,
expectatio : C'était vraiment un speclaclc
digne de pitié de voir toule celte mullitude
confuse de peuple et le grand prêtre acca-
blés d'affliction, dans l'atlente où ils étaient
de ce qui arriverait.
AGONIA, M, «'/ojviK , agonie. Du mol grec
à/wv , certamen. Agonie, en français, signifie
rextrcmitc de la maladie où la* iwiture fait
son dernier effort contre le mal qui menace
de mort; mais c'est aussi un combat et une
cxlrême affliction d'espril. Luc. 22. kS. Et
factus in agonia prolixius orabat : Et Jésus-
Christ étant lombé en agonie, redoublait ses
prières. Ce combat et celte Irislcsse extraor-
dinaire, était la frayeur qu'il resscnlail aii^
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACR11.E.
176
suielli à mourir pour nous; mais comme il
s'était chargé de nos faiblesses par un excès
d'amour, pour nous en guérir nous-mêmes,
il a voulu représenter en sa personne la fai-
blesse de ses membres pour leur consolation,
et il nous aurait donné moins de témoignages
de son amour, s'il ne s'était revêtu de nos
sentiments aussi bien que de notre nature.
Voy. Hebr. 5. 7.
AGONIZARI, «'/wviÇstv. Combattre avec vi-
gueur et avec grand effort. Eccli. i. 33. Pro
■iustitia agonizare pro miima tua : Prenez la
défense de la justice pour sauver votre âme.
C'est la même chose que ce qui suit : Usque
ad mortem cerla pro justitia : Combattez jus-
qu'à la mort pour la justice ; car ces deux
phrases latines se sont faites d'une seule
grecque. Cet avis regarde ceux qui doivent
résister aux grands du monde, lorsqu'ils exi-
gent d'eux quelque chose d'injuste; et qui
perdent leur âme, s'ils négligent de prendre
contre eux la défense de la justice et de la
vérité.
AGRARIDS, A, UM. Cet adjectif vient du
mot ager, champ, campagne, et signifie :
Ce qui regardeles terres labourables. Ainsi,
operarius a§rarius est celui qui est occupé au
travail de la campagne. Eccli 37. 13. [Tra-
cta) cwn operario ugrario de omni opère .-Con-
sultez celui qui travaille aux champs, sur ce
qui regarde son travail. Gela se dit par iro-
nie de ceux qui voudraient demander l'avis
d'une personne qui ne répondrait que selon
ses intérêts.
AGRESTIS, E. uypio;, a, ov. Champêtre, ce
qui est des champs ou de la campagne. Ainsi
il marque :
1° Ce qui est sauvage, à l'égard des plantes
qui croissent naturellement dans les bois ou
à la campagne, par opposition aux plantes
qui sont dans les jardins, entées et cultivées,
Exod. 1-2. 8. Et edent azymos panes aim la-
ctucis agrestibus : Ils mangeront des pains
sans levain, avec des laitues sauvages ; Hebr.
avec des herbes amères;Gr. us^à -r/;pto'.jv,;ifin
que celle amertume les fît ressouvenir de la
misère extrême qu'ils avaient éprouvée dans
leur esclavage d'Egypte. Num. 9. 11. Deut.
iiO. 20. Si qua autem ligna non siint pomi-
fera, sed agrestia, succide : Que si ce ne sont
point des arbres fruitiers, mais des arbres
^auvages, vous les abattrez et vous en ferez
des machines pour prendre la ville. 4. Reg.
k. .']9.
2' Terrestre , en parlant des animaux
(xc^crato,-). Sap. 19. 18. Agrcstia in aquatica
convertebanlur : Les animaux de la terre pa-
raissaient changés en ceux de l'eau, lorsque
les Israélites passèrent au travers de la mer ;
et ceux qui nageaient dans les eaux parais-
saient sur la terre, savoir, lorsque les gre-
nouilles se trouvèrentdans toutes les maisons
d'Egypte.
AGRICOLA, JE, yv.,f,yrjc. Ce mot qui vient
d'dyer et do co/o, se prend, ou en particulier
pour un laboureur qui cultive la Icrie, ou en
général pour tous ceux qui travaillent à la
terre, comme sont aussi les vignerons et le»
jardiniers ; c'est l'usage qu'en fait l'Ecriture
qui dislingue quelquefois les laboureurs des
vignerons, et quelquefois les confond.
1° Un laboureur qui cultive la terre; ce
qui comprend aussi les vignerons et les jar-
diniers. Gènes, i. 2. Fuit Âbel pastor ovium,
et Cain agricola : Abel fut pasteur de brebis,
et Ca'ïn laboureur, c. 9. 20. Cœpitque Noe
vir agricola exercere terram, et planêavit ri-
neam : Noé étant laboureur commença à
cultiver la terre, et il planta la vigne. V'oy.
ViXEA. C. 25. 27. Factus est Esau vir gnarus
venandi et homo agricola : Esaii devint ha-
bile à la chasse, et il s'appliquait à cultiver
la terre. Heb. vir agri.
'2" Un laboureur qui cultive la terre, dis-
tingué des vignerons. 1. Par. 27. 26. Operi
rustico et agricolis qui exercebant terram
prœerat Ezri : Ezri avait l'intendance sur les
ouvrages de l'agriculture, et sur les labou-
reurs qui travaillaient à la campagne. Ici
les laboureurs sont distingués de ceux qui
travaillaient aux vignes, comme il paraît
dans le verset suivant. 4. Reg. 25. 12. Et de
pauperibus terrœreliquitvinitores etagricolas:
Il laissa seulement les plus pauvres du pays
pour labourer les vignes et pour cultiver
les champs. Jer. 52. 16. Joël. 1. 11. Jac. 5. 7.
3° Ce mot signifie un vigneron. 1° Dans la
parabole où Jésus-Christ se compare à une
vigne, et son Père à un vigneron. Joan. 15.
1. Ego sum vitis vera , et Pater meus agricola
est : Je suis la vraie vigne , et mon Père est
le vigneron. Jésus-Christ est à notre égard
ce qu'est la racine à l'égard des branches de
la vigne; il est la vie en lui-même ,et le prin-
cipe de la vie dans les âmes. Voy. Vitis. Il
dit que son Père est le vigneron ; car quoique
les trois personnes divines travaillent con-
jointement à perfectionner l'Eglise , le Père ,
qui est le principe éternel des deux autres
personnes divines, est regardé comme fai-
sant par le Fils et le Saint-Esprit, ce que le
Fils etl'Espril-Saint font également avec lui ;
et d'ailleurs, le Fils s'étant incarné, il par-
lait souvent aux Apôtres et aux autres Juifs,
comme étant soumis à son Père dans la sainte
humanité. 2° Dans la parabole où Dieu est
représenté comme un père de famille qui loue
sa vigne à des vignerons (Marc. 12. 2.
Luc. 20. 9.) Matlh. 21. 33. Homo erat pater-
familias, qui plantavit vineam... et locaviteam
agricolis; ces vignerons sont les princes, les
prêtres , les docteurs et les magistrats du
peuple Juif, qu'il avait chargés du soin de
cultiver sa vigne et de la garder ; c'est-à-dire
de conduire et de gouverner ce peuple dans
l'observation de sa sainte loi. Voy. Vinea.
AGRICULTURA , je, ye'^pyiu. 1- Agricul-
ture, l'art de cultiver la terre, de la rendre
fertile, de faire venir les fruits et les plan-
tes {■.ù.oy-'.iÇ'/6;) 2. Par. 26. 10. Erat homo
agriculturcè deditus : Osins se plaisait fort à
l'agriculture. 2. Mach. 12. 1. Judœi agricul-
turcè uperam dabanl : Les Juifi s'occupaient
alors à cultiver leurs champs.
2 Le champ même que l'on cultive (yewp-
I
!77
ÂRI
AHO
ns
ytov, agricolatio) 1. Cor. 3. 9. Dei agricuUura
estis .-Vous êtes le champ que Dieu cultive.
Les fldcles sont ce champ que Dieu cultive
par les pasteurs et les docteurs qu'il emploie
à ce saint exercice : ceux-ci plantent et arro-
sent , mais c'est Dieu qui donne l'accroisse-
ment.
AGRIPPA , lE. Cemot vient , selon Vossius,
du verbe «7/>£ïv, venari, et de ïttttoç, equus ,
qui chasse à cheval : néanmoins les autres
élymologistes le font ycnir ah œgro partu ,
d'un accouchement difficile , parce que ce
mot signifie , celui qui est sorti du ventre de
sa mère les pieds les premiers , ce qui rend
l'enfantem^t très-dangereux et très-difficile
('Ay/stTTTra?). Dans l'Ecriture c'est un nom pro-
pre. Agrippa le Jeune, dernier roi des Juifs ,
et fils d'Agrippa le Grand, que l'Ecriture ap-
pelle Hérode: il vint à Gésarée pour saluer
Festus, et là il entendit saint Paul. Act. 25.
13. Agrippa Rex et Bérénice descenderuntCœ-
saream ad salutandum Festum: Agrippa et
Bérénice vinrent à Gésarée pour saluer Fes-
tus. v. 22. 23. 24. 26. etc.
AHALAB, Heb. Frafer corcfis , une ville
de la tribu d'Aser. Judic. 1. 13.
AHARA, Frater redolens , un troisième
fils de Benjamin. 1. Par. 8. 1. Il est nommé
Ahiram. Nu m. 26. 38.
AHAREHEL , Heb. Aller exercitus , fils
d'Arum. 1. Par. 4. 8.
AHASTHARI,Heb. Cursor , fils d'Assur ,
el de Naara sa seconde femme. 1. Par. k. 6.
AHAVA, Heb. Essenlia, nom de fleuve au
pays des Babyloniens. 1. Esd. 8. 15. Congre-
gavi eos ad fluvium qui decurrit ad Ahava ;
J'assemblai ceux qui devaient partir avec
moi de Babylone , auprès d'un fleuve qui se
décharge dans celui d'Ahava. v. 21.31.
AHAZ , Heb. ApprehendenSj fils de Micha,
de la tribu de Benjamin , ei père de Joada ,
autrement Jara. 1. Par. 8. 36. c. 9. 42.
AHER, Heb. Aller , un homme de la tribu
de Benjamin. 1. Par. i. 12.
AHl , Heb. Frater meus , un homme de la
tribu d'Aser, fils de Somcr. 1. Par. 7. 34.
AHIA, AHIAS, AHIAM, Heb. Fraler Do-
mini , 1° Un des trente braves officiers de Da-
vid. 2. Reg. 23. 33. 1. Par. 11. 34. Ahiam fi-
liusSachar Ararites. — 2" Un autre de ce nom-
bre du même nom. 1. Par. 11. 36. Ahia Phe-
loniles: Ahia de Pheloni.— 3" Un secrétaire
du roi Salomon, fils de Siza. 3 Reg. 4. 3. —
k" Un prophète de la ville de Silo, envoyé de
Dieu à Jéroboam, pour lui assurer le royau-
me des dix Tribus , en déchirant son man-
teau en douze parties , dont il lui en donna
dix, pour lui marquer la division du royaume
de Salomon. 3. Reg. 11. v. 29. 30. el buiv. 2.
Par. 9. 29. c. 10. 15.-5' Le père de l'impie
Baasa, roi d'Israël. 3. Reg. 15. v. 27. 33. c.
21. 22. 4. Reg. 9. 9.
AHIGAM, Heb. Fraler resurgens , Cih de
Saphan , et père de Godolias. 4. Reg. 22. v.
12. 14. c. 25. 22. 2. Par. 34. 20. Jerem. 26.
24. etc.
AHlEZER,Heb. Frayer od/M<ont, fils d'Am-
niis,id;ii, chef de la tribu de Dao. Num. 1.12.
c. 7. 66. etc.
AHILUD, Heb. Fraler unilatis , secrétaire
de David, et père de Josaphat el de Ban a 2.
Reg. 8. 16. c. 20. 24. 3. Reg. 4. v. 3. 12.
AHIMAN , Heb. Frater prœparalus , i' Un
homme de la race des Géants, qui fut chassé
de son pays avec Sesaï el Tolmaï, après la
prise de Hebron par Galeb. Jos. 15. 14. Judic.
1. 10. Voy. Enac— 2^ Un lévite ; portier du
temple. 1. Par. 9. 17.
AHIMELEGH. Voy. Achimelech. Heb. Fra-
ter meus Rex, grand prêtre, fils d'Abiathar.
1. Par. 18. 16. c. 24. v. 3. 6. 31.
AHIN , Heb. Fraler vini , fils de Semida.
1. Par. 7. 19. Voy. Semida.
AHINADxVB, Heb. Frater spontaneus , fils
d'Addo , que Salomon envoya intendant en
Manaïm. 3. Reg. 4. 14.
AHIO, Heb. Frater ejiis , i° Fils d'Abina-
dab, et frère d'Oza, qui était chargé avec
lui de conduire l'arche du Seigneur, lorsque
David la fil transporter à Jérusalem. 2. Reg.
6. V. 3. 4. Voy. Oza.— 2" Fils d'Abigabaon, ot
de Maacha. 1. Par. 8. 31. c. 9. 37. — 3" Un
autre de la tribu de Benjamin. 1. Par. 8. 14.
AHION, Heb. Intuitus, ville de la tribu
d'Ephraïm que Benadab prit sur Baasa, roi
d'Israël. 3. Reg. 15. 20. 2. Par. 16. 4.
AHIRA, Heb. Frater iniquitalis , fils d'E-
nan, chef delà tribu de Nephlhalim. Num. 1.
15. c. 2. 29. c. 7. 78. c. 10. 27.
AHIRAM. Heb. Frater meus sublimis, de
la tribu de Benjamin, prince el chef de la fa-
mille des Ahiramiles. Num. 26. 38.
AHISAHAR , Heb. Frater aurorœ , fils de
Balan, de la tribu de Benjamin. 1. Par. 7.
10.
AHISARjHeb. Frater prmcipis, intendant
de la maison de Salomon. 3. Reg. 4. 6.
AHIUD, Heb. Frater lundis, 1" Fils de Sa-
îomi , de la tribu d'Aser, qui fui choisi pour
travailler au partage de la terre deChanaan.
Num. 34. 27.
2° Fils de Naaman et frère d'Oza, de la
tribu de Benjamin. 1. Par. 8. 7.
AHOBBAN, Heb. Frater filii, fils d'Abisur
et d'Abihaïl. 1. Par. 2. 29.
AHOD,Heb. (/rJîfas.— 1° Troisième fils de
Siméon. Gènes. 46. 10.— 2° Un descendant de
Benjamin. 1. Par. 8. 6.
AHOE, Heb. Tribulus, sixième fils de Balé
et pelil-fils de Benjamin. 1. Par. 8. 4.
AHOHIMAN, Heb. Perlurbalor, fils de Lo-
tan. 1. Par. 1. 39.
AHOHITES, E. Heb. Spinosus, descendant
de Ahohé, fils de Balé; il se Irouve plusieurs
braves hommes de celte fcimille.- 1° Eléazar,
fils de Bodi, qui élail le second entre les Irois
plus vaillants de l'armée de David; ce fut
lui qui tint ferme contre les Philistins, qui
avaient mis en fuile les Israéliles, cl battit
les ennemis, ne cessant de les tuer jusqu'à
ce que sa main se lassa de tuer et qu'elle
demeura attachée à son sabre, tant à cause
du sang qui s'y était figé, qu'à cause que les
nerfs s'étaient retirés. 2. Reg. 23. v. 4. 10.
Donec deficercl manus ejus cl obrigcsccrel ctim
gladio ; populus qui fngcrat rcvcrsus est ad
cœsorum spolia delralicnda. — 2° Selmon. 2.
R»'g. 23. 28. C'était un dos trente braves de
179
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SÂOftËE.
— 3" Haï. 1. Par. 11. 29, ses prophètes, ait Domimis. Isa
18Q
l'armée de David
C'était encore un des plus vaillants.— v Du-
tlia, meslrede camp, qui commandait vintçt-
qua'lre mille hommes des troupes de Salo-
mon, et entrait en service le second mois. 1.
Par. 27. 4. Secimdi mensis habebat turmam
Biidia Ahohites.
AHUMAI, Heb. Frater aquarum, ûls de Ja-
hath, de la tribu de Juda. 1. Par. 4. 2.
AIA, Heb. Vultus. — 1° Fils de Sébéon, de
la race d'Esaù. Gen. 36. 2i. 1. Par. 1. kO. —
2'Mère de Respha, femme d'Esaii. 2. Rej?.
21.8. c. 21. V.8. 10. 11.
AIALON, Heb. Jlex.— T Ville de la tribu
de Dan, donnée aux lévites de la famille de
Caalh. Jos. 10. 12. c. 19. 42. Sol contra Ga-
biion ne movearis , et luna contra vallem Aia-
/o?i;Soleil, arrête-toi sur Gabaon ; lune, n'a-
vance point sur la vallée d'Aïalon. Jonathas
y remporta une belle victoire contre les Phi-
listins. 1. Reg. 14. 31. Elle avait d'abord été
habitée par les Amorrhéens. Jud. 1. 35. —
2° ville de la tribu de Benjamin, qui fut re-
bâtie parRoboam, et entièrement ruinée par
les Philistins du temps d'Achaz.l. Par. S. 13.
2. Par. 11. 10. c. 28. 18.— 3° Ville de refuge
donnée aux lévites. Jos. 21. 24. Appelée Hé-
lon. 1. Far. 6. 69. Voy.HELON.
AIATH,Heb. Hora. Pays autour d'Haï.
Isa. 10. 28. Veniet in Aiath : H viendra à
Aïath. Le Prophète parle du roi des Assy-
riens.
AIL.A, M. Ville et pays d'Idumée. 4. Reg.
16. 6. In tempère illo restiluit Rasin rex Sy-
riœ Ailam Syriœ : En ce même temps, Rasin,
roi de Syrie, reconquit Elam pour les Sy-
riens.
AILATH. Voy. JElath. Heb. Ilices. Ville
d'Idumée, sur le rivage de la mer Rouge.
3. Reg. 9. 26. Classem fecit rex Salomon in
Asiongaber, quœ est juxta Ailath in liltore
maris Rubri in terra Idmneœ. 2. Par. 8. 17.
Le roi Ozias l'avait bâtie. 2. Par. 26. 2.
AIN ou AEN, Heb. Ociilus. Ville de la tri-
bu de Juda. Jos. 15. 32. c. 19. 7. c. 21. 16.
AION, ville de la tribu d'Aser. 4. Reg. 15.
29.
AIO, Aïs, AIT, e"n£fj,léyBfj. Ce vcrbe, qui
vient ou de fâa, die o, selon quelques-uns, se-
lon d'autres de l'hébreu hajdh, fuit, est, erit,
a les mêmes significations que dico, et se
voit très-souvent dans l'Ecriture à la troi-
sième personne.
1* Dire, parler à quelqu'un, soit que ce
soit Dieu qui parle, ou plutôt qui se fasse
entendre, de quelque façon que ce soit : car
Dieu n'a point de corps ni de langue; il ne
oarle point par des paroles qui frappent l'air
"l qui passent avec le temps. Gen. 3. iï. c.
4. 9. etc., soit que ce soient les créatures.
2° Commander, ordonner, comme Dieu
f;>it avec une autorité souveraine aux créa-
tures. Gon. 1. 11. Et ait : rjerminet terra her-
bam virentem : Que la ttrre pousse do l'herbe
verte. Depuis que Dieu a ordonné à la terre
lie porter des herbes et des plantes, elle n'a
point cessé de le faire pour obéir à son
Créateur. Voy. Diceue.
C'est avec la même autorité qu'il parle par
19. 4. Ait
Dominus, Deiis cxercituum: C'est le Seigneur,
le Dieu des armées, qui parle. Jerem. 1. 15.
c. 8. V. 1. 13. 17. etc. Ce verbe a plusieurs
autres significations, comme répondre, pro-
poser, assurer, etc., qui se connaissent assex
par la suite du discours.
ALA, M, Tvrépy^. Ce mot vient par contrac-
tion d'axilla, aisselle; parce que c'est propre-
ment la partie de l'oiseau qui l'élève ou qui le
soutient en l'air, quand elleest étendue, et ses
deux ailes lui tiennent lieu de bras. L'aile
de l'oiseau, soit à cause de sa ressemblance
ou de son visage, marque plusieurs sens fi-
gurés dans l'Ecriture, comme iLse voit ci-
dessous.
1° L'aile d'un oiseau. Exod. 19. 4. Vidistis
quotnodo porlaverim vos super alas aquiki'
rum : Vous avez vu vous-mêmes de quelle
manière je vous ai portés, comme l'aigle
porte ses aiglons sur ses ailes : celle expres-
sion latine est abrégée; l'aigle ne porte point
ses petits dans ses serres, comme les autres
oiseaux; mais elle les met sur ses ailes.
Malth. 23. 37. Job. 39. y. 18. 26. Parce que
les ailes sont données pour voler et aller
plus vile, lEcriture les attribue à plusieurs
choses, pour en marquer la vitesse; comme
lorsque Zacharie, 5. 9. représente les deux
femmes dont il parle, avec des ailes enfiées
de vent, pour aller encore plus vite : Etspi^
rilus in alis earum : Le vent soufflait dans
leurs ailes.
Ainsi on donne deux ailes à la femme ,
qui signifie l'Eglise. Apoc. 12. 14. pour
échapper et se sauver au plus vile.
Les sauterelles de l'Apoc. 9. 9. ont dés ai-
les, pour marquer que les ministres de l'Aii-
lechrist, qu'elles représentent, exécuteront
ses ordres avec grande diligence.
Cette première bêle mystique qui repré-
sente l'empire des Babyloniens. Dan. 7. 4. a
aussi des ailes, pour marquer la vitesse avec
laquelle elle a conquis ses états.
La troisième, qui représente le royaume
de Macédoine, sous Alexandre, en a aussi
pour la même raison, v. 6.
Les vents ont aussi des ailes, pour mar-
quer leur vitesse. Ose. 4. 19. Ligavit eum
spiritus in alis suis : Un vent impétueux
l'emportera comme lié sur ses ailes : le pro-
phète prédit la captivité des dix tribus.
Enfin l'EcTiture donne des ailes aux an-
ges et aux animaux mystiques, pour mar-
quer avec quelle diligence ils exécutent les
ordres de Dieu. Exod. 25. 20. Expandentes
alas, et souvent ailleurs. Voy. Penna.
2° Armées ou troupes de gens de guerre,
dans lcs(iuelles la cavalerie placée à droite
et à gauche, est comme les ailes d'un oi-
seau. Isa. 8. 8. Erit extensio alarum cjusim-
plens latitudinem tcrrœ tuœ : Le roi des Assy-
riens étendra ses ailes, et couvrira toute l'é-
tendue de votre terre (««ps,(/<?o).vi , castra). Jer.
48. 40. c. 49. 22. Dans ces endroits ces ailcï
étendues sur quelque pays, marquent uno
grande multitude d'ennemis qui en couvrent
l'étendue. Ainsi, Ezcrh. 17. v. 3. 7. Nabu-
chodonosor et le roi d'Egypte, sont comparés
181
AL.\
ALB
182
à des aigles, qui ont de grandes ailes, à
cause de leurs armées nombreuses. Aquila
grandis magnarum alarum : Un aigle puis-
sant qui avait de grandes ailes.
3" Voiles de vaisseaux. Isa. 18. 1. Vçe ter-
rœ, cymbalo alarum: Malheur à la terre qui
fait du bruit de ses ailes, Gr. navium aiis,
Hebr. utnbrœ alarum: Le Prophète marque
les vaisseaux de guerre de l'Egypte, dont
les voiles faisaient beaucoup d'ombre , et
l'attirail grand bruit sur la mer. Voy. Cïm-
BALUM.
4." Le soin que l'on prend de la conserva-
tion de quelqu'un; comme quand il est dit
que Dieu porte son peuple sur ses ailes.
Exod. 19. k. Deut. 32. 11. Ainsi la défense et
la protection qu'il donne. Ps. 16. 8. Sub um-
bra alarum tuarum protège me. Ps. 35. 8. Ps.
56. 2. Ps. 60. 5. Ps. 62. 8. Rulh. 2. 12. Ps.
70. k. La métaphore est tirée des oiseaux,
et surtout des poules, qui cachent leurs pe-
tits sous leurs ailes, pour les défendre et les
échauffer, comme Jésus-Christ le dit de soi-
même. Matlh. 23. 37. Luc. 13. 3i. Voy.
Pen\a.
5° Les bords de la robe ou du manteau.
Jerem. 2. 34. In alis tuis inventus est san-
giiis innocentum ; Ce qui marque que le
meurtre est évident, et qu'il ne se peut
point cacher : cela se dit du peuple Juif à
l'égard des prophètes, v. 30. Quelques-uns
croient que ces paroles de Jérémie s'enten-
dent des mains du peuple Juif, en le compa-
rant à l'épervier, qui a ordinairement les
ailes pleines de sang {x,^tp, manus) : ainsi ce
serait, In alis tuis inventus est sanguis ani-
marum pauperum et innocentum ;0u a trouvé
dans vos mains le sang des âmes pauvres et
innocentes.
Ala vestis se dit dans l'Hébreu pour le bord
de la robe en plusieurs endroits.
ALABASTRUM , i. «^«eacrTjûov. Ce mot si-
gnifie proprement un vase fait d'une pierre
nommée Alabastrites , qu\ esl iorl blanche,
et aisée à tailler, propre pour faire des sta-
tues et de petits vases; quelques-uns font
venir ce mot du latin albus, à cause de la
blancheur de celte pierre; d'autres du grec
«),«Çc<(77/ioy,(iu'ils tirent d'à, privatif, et de
/«poKvw , cupio; parce que cette pierre est si
unie, que les mains glissent dessus sans
pouvoir s'y attacher: c'est pour cela que ce
vase d'albâtre est appelé onyx, qui signifie
l'ongle de l'homme. Malth. 26. 7. Accessit ad
eum mulier linbens alabastrum unguenti pre~
tiosi : Une femme vint à lui avec un vase
d'albâtre plein d'une huile de parfums de
grand prix : celle femme était Marie, sœur
de Lazare, laqu -lie rompit même le vase, et
répandit lo parfum sur la lôlo de Jésus-
Christ. Marc. IV. 3. La pécheresse dont
parle saint Luc. c. 7. 37. ayant aussi un vase
d'albâtre plein d'huile de parfum, l'avail ré-
pandu sur les pieds de Jésus-Chrisl, quel-
ques année» auparavant dans la Galilée, chez
un pharisien nommé Simon.
ALACEK, CRIS, E. Ce mot vient, selon
quelques-uns, d.' alis nccr : mais la quantité
y répugne; d'autres du grec «Sa/ovc, <iui ne
pleure paint, qui a toujours l'œil riant;
d'autres enfin croient qu'Use dit comme non
lacer, entier, qui n'est point inutile, et si-
gnifie.
Allègre, délibéré, dispos, gai (àyaQôç). 3. Reg.
8. 66. Profecti sunt in tabernacula sua lœtan-
tes et alacri corde : Ils s'en retourneront en
leurs maisons avec une allégresse publique,
ayantle cœurplein de joie. Esth. 5. 9. Aman
lœtus et alacer.
ALACRITAS, tis, TrpQypiîa. Allégresse, ar-
deur avec laquelle on se porle à quelque
chose. Eccli. 45. 29. In bonitate et alacritate
animœ suœ placuit Deo pro Israël : Phinées
apaisa la colère de Dieu contre Israël par
sa bonté, et le zèle ardent avec lequel il se
porta à venger sur ses proches mêmes les of-
fenses qu'ils commettaient contre Dieu. Voy.
Num. 25. 11.
ALAM, Heb. Occultatio. Un chef de fa-
mille, dont les enfants retournèrent de Ba-
bylone, au nombre de soixante-dix. 1. Esdr.
8. 7.
ALAMATH, Heb. Idem. Fils de Joada, au-
trement dit Jora, delà tribu de Benjamin.
1. Par. 8. 36. c. 9. 42.
ALAPA, M. Ce mot vient, selon Vossius,
ou de l'Hébreu al-aph, super faciem, ou du
Grec «XarràÇw, vacuo, vasto, et signifie,
Un soufflet, un coup donné du plat de la
main sur la jouedsâTrtT/xa). Marc. 14. 65. Mi-
nistri alapis eum cœdebant : Les valets don-
naient à Jésus-Christ des soufflets. Joan. 18.
22. c. 19. 3. Le mot grec signifie plutôt un
coup de verges ou de canne, et ne signifie
que par abus un soufflet; quelques-uns
veulent que le mot alapa signifie la même
chose que colaphus; mais si alapa signifie
ici un soufflet, saint Marc le distingue visi-
blement de colaphus, dans ce même verset
65.
ALBUS, A, UM , IzvMç. Cet adjectif vient
du Grec «^yôr , qui signifie la même chose.
Blanc ou blanche, qui réfléchit la lumière
en toutes ses parties. Luc. 23. 11. Illusit in-
dutum veste alba . Hérode traitant Jésus avec
moquerie, le revêtit d'une robe blanche. Gr.
éclatante. Gènes. 30. v. 35. 40. c. 31. 8.
Exod. 16. 31. etc. dans le sens figuré, le
blanc marque :
i" La pureté et l'innocence. Isa. 1. 18. Si
fucrint peccata veslra utcoccinum, quasi nix
dealbabuntur, et si fuerint rubra quasi ver-
miculus, velut lana alba erunt : Quand vos
péchés seraient comme l'écarlate, ils devien-
dront blancs comme la neige ; cl quand ils
seraient rouges comme le vermillon, ils se-
ront blancs comme la laine la plus blanche :
on ne peut assez admirer la miséricorde de
Dieu, qui guérit l'âme lorsqu'elle était tout
ensanglantée de ses blessures, et qui, après
qu'elle a été souillée en tant de manières,
lui donne des vêlements blancs comme la
neige : c'est ce qui est aussi marqué par ces
vêtements blancs dont il est parlé. Apoc. 3.
18. Suadeo tibi emere a me aurum ignitum
probatnm ut locuples fias, et vestimentis albis
indunris : Je vous conseille d'acheter de moi
de. l'or purifié par le feu, pour vous enri-
!83
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
184
chir, et des vêtements blancs pour vous ha-
biller : c'est encore pour marquer la pureté
(les anses qu'ils paraissent vêtus de blanc.
Joan. iO. 12. Act. 1. 10. Ainsi, Apoc.
6. 2. equus albus, la blancheur de ce cheval
marque la pureté et l'intégrité des prédica-
teurs de l'Evangile, qu'il représente, c. 19.
11. La blancheur du cheval sur lequel Jé-
sus-Christ est assis, marque sa pureté et son
innocence dans son humanité. 1. 14-. Il est
suivi des armées de ses élus, montés aussi
sur des chevaux blancs, qui marquent la
même pureté ; et le fin lin blanc et pur dont
ils sont revêtus, représente leurs bonnes
œuvres qu'ils ont faites avec une intention
pure et droite.
2° La gloire et l'immortalité est marquée
par l'éclat de la blancheur. Apoc. .3. k. Am-
hulabunf mecum in albis : Ils marcheront
avec moi habillés de blanc, v. 5. Qui vice-
rit, sic vestielur vestimenlis albis : Celui qui
sera victorieux, sera ainsi vêtu d'habits
hiancs. c. i. i. c. 6. 11. Voy. Stola.
3^ La prospérité et la paix. Zach. 1. 8.
7*05^ eum equi rtifi, varii, et albi ; Il y avait
après lui des chevaux, dont les uns étaient
roux, d'autres marquetés, et les autres
blancs. Ces chevaux de différentes couleurs
représentent les anges qui présidaient aux
nations, qui tinrent une conduite différente
à l'égard des Juifs; les chevaux roux mar-
quent ceux qui présidaient aux Chaldéens
et aux Assyriens, nations ennemies des
Juifs; les chevaux blancs signifiaient les
anges, qui présidaient aux nations pacifiques
et amies des Juifs, tels qu'ont été les Mo-
des et les Perses, et ensuite les Grecs, sous
la conduite d'Alexandre ; les marquetés si-
gnifient ceux qui les ont traités différem-
ment. Ainsi, c. 6. v. 3. Et in quadriga tcrlia
equi albi. Ces chevaux blancs marquent la
bonté avec laquelle Alexandre traita les
Juifs : car en cet endroit Dieu fait voir à Za-
charie sous ces figures les quatre monar-
chies qu'il avait fait voir à Daniel, sous la
figure de différentes bêtes, v. 6. Ces mêmes
chevaux blancs suivirent les chevaux noirs
tlu côté de l'aquilon; parce que les Grecs,
sous la conduite d'Alexandre , s'assujetti-
rent après les Mèdos et les Perses sous celle
de Cyrus, la terre de Babylone, qui est ap-
pelée dans l'Ecriture, la terre de l'Aquilon.
V' La sécheresse et la stérilité. Joël. 1. 7.
Albi fncli sunt rami ejiis : Leurs branches
demeurèrent toutes sèches et touies nues : il
parle des figuiers dont les sauterelles ron-
gent l'ccorce des branches, qui par là môme
deviennent sèches.
ALBOR, is. Blancheur (àV^ôc). Levil. 13.
39. Vir, sive mulier, in ciijùs cutc candor
npparuerit , intaebilur cos Sacerdos ; si de-
prchenderit subobscurum alborcm lucere in
exile, scinl non esse lepram : S'il paraît une
blancheur sur la peau d'un homme ou d'une
lenune, le prêtre les considérera; cl s'il re-
connaît que cette blancheur paraît sur la
peau, étant un peu obscure, qu'il sache que
ce n'est point la lèpre. De ce mol se fait
celle phrase, Vcrii in alborcm ; devenir
blanc Levit. 13. v. 16. 2o. Quod si rurswn
versa fûerit in alborem : Que si la lèpre de-
yient encore toute blanche, etc.
ALBUGO, iNis, IsvYMux. Une tache blan-
che dans l'œil, une laie qui se forme par une
pellicule blanche qui couvre la prunelle, et
qui empêche la vision {tttLIIoç , lusciosus ).
Lev. 21. 20. Si albuginem habens in oculo :
S'il a une taie sur l'œil : c'était un défaut qui
excluait de la prêtrise dans l'ancienne loi ;
mais ce défaut et tous les autres qui sont ici
rapportés, marquent les défauts spirituels
qui devraient dans la loi nouvelle rendre
incapables du ministère sacré. [Voyez saint
Grégoire, in Pastorali), Tob. 6. 9. c. H. li.
Cœpit albugo ex oculis ejus quasi membrana
ovi egredi : Une petite peau blanche , sem-
blable à celle d'un œuf, commença à sortir
de ses yeux. Voy. Fel.
ALCIMUS, I. Fortis,di\ grec vj.y.oç , For-
titudo. Alcime, grand sacrificateur, traître à
sa patrie. 1. Mach. 7. 5. Venerunt ad eum
viri iniqui et impii ex Israël, et Alcimus dux
eorum, gui volebat fieri Sacerdos : Des hom-
mes d'Israël, méchants et impies, vinrent
trouver Démétrius, ayant à leur tête Alci-
me, qui aspirait à être établi grand prêtre,
y. 9. Alcimum impium constituit in Sacerdo-
fmm ; Bacchides établit grand prêtre l'im-
pie Alcime : il en est souvent parlé dans ce
chapitre, et dansle chapitre 9. et 2. Mach.
U. 3.
ALERE, Tpé'ftrj. Ce verbe, qui se fait du
Grec «),$£Ko, Farina friimenti, signifie,
1' Nourrir, fournir les aliments nécessai-
res pour entretenir la vie. Tob. 1. 20. Esu-
rientes alebat ; 11 nourrissait ceux qui n'a-
vaient pas de quoi manger. Exod. 16. v. 32.
3o. Hoc cibo cditi sunl quadraginla annis :
Les Israélites furent nourris de la manne
pendant quarante ans. Levit. 22. 13. 2.
Mach. 7. 27. Act. 12. 20. De là vient, Alere
aniinam suam : Se nourrir. Eccli. 40 30.
Ainsi, alere grcges, élever des bestiaux pour
le ménage de la campagne. Gènes. 46. 32.
Sunt viri Pastores ovium, curamque fiabent
alcndorum grcgum : Ce sont des pasteurs de
brebis qui s'occupent à nourrir des trou-
peaux. Nu m. 32. 1.
2" Nourrir spirituellement de la parole de
Dieu, et des autres secours spirituels. Apoc.
12. 14. Datœsunt mulieri alœ duœ aquilœ ma-
gnœ, ut volaret in desertum in locum suum,
ubi alitur per tempus et tempora et dimidium
temporis : On donna à la femme deux ailes
d'un grand aigle, afin qu'elle s'envolât au
désert en son lieu, où elle est nourrie pen-
dant trois ans et demi. Cette femme nous re-
présente l'Eglise dans la persécution, sur-
tout celle de l'Antéchrist, (jui durera, à ce
qu'on croit, comme celle d'Anliochus, trois
ans et demi : Dieu donnera aux fidèles le
moyen de se retirer quelque part, où ils se
nourriront de la parole de. Dieu.
ALEXANDEK, oui, Virorum adjutor, du
Grec à).£;oj , et d'àv/jp. Nous trouvons dans
l'Ecriture cini] hommes de ce nom.
1' Alexandre le Grand, fils de Philippe,
roi de Macédoine. 1. Mach 1. 8. RegnavH
iSo
ALE
ALI
186
Alexander annis duodecim, et mortmis est :
j^lexandrc régna douze ans, et après cela il
mourut. V. 1. c. 6. 2. Alexander PhilippiRex
Macedo, qui regnavit primus in Grœcin :
Alexandre, roi de Macédoine, fils de Phi-
lippe, qui établit le premier la monarchie
des Grecs. Il en est fait mention dans Da-
niel, c. 7. 6. c. 8. V. 8. 21. c. 10. 20. c. 12.
3. Ce prince fut élu capitaine-général de
toute la Grèce à Tâge de 22 ans, et entre-
prit la conquête de l'Asie avec une armée
composée seulement de trente mille hom-
mes ; il mourut âgé de 32 ans, l'an 3680,
2' Alexandre Balé, fils du roi Antiochus
Epiphane, qui défit Démétrius. 11 en est sou-
vent parlé dans les chapitres 10. et 11. du
premier livre des Machabées. Il succéda à
son père l'an du monde 3850.
3^ Fils de Simon le Cyrénéen, qui porta la
croix de Noire-Seigneur. Marc. 15. v. 21.
4" Un de la race Sacerdotale , qui fut de
ceux qui défondirent aux apôtres de prêcher.
Acl. 4. V. 6. 18. On croit que c'est lui qui fut
Alabarche d'Alexandrie, c'est-à-dire inten-
dant des Salines, première dignité de ma-
gistrature dans Alexandrie.
5' Celui que les Juifs produisirent pour
apaiser le peuple dEphèse. Act. 19. v. 33.
34. Il semble que ce soit cet ouvrier en cuivre
dont saint Paul se plaint. 2. Tim. 4. 14. qui
avait été fiilèle. 1. Tim. 1. 20.
ALEXANDRIA, m. Gr. Adjutorium viro-
rum; Rch. No. Iiritatio. Alexandrie, ville
capitale de l'Egypte, bâtie par Alexandre
le Grand; elle s'appelait auparavant No.
Jerem. 40. 25. Ecce ego visitabo super tu-
viullum Alexainlriœ : Je vais visiter dans ma
colère le tumulte d'Alexandrie; c'est-à-dire
le grand peuple ou la multitude tumultueuse
d'Alexandrie. Le mot hélireu no, est ordinai-
rement suivi ou précédé du mot Amon , qui
est rendu par populus, tumiiUus ou mulli-
tudo; parce que cette ville est fort peuplée.
Jérémie parle de la conquête de l'Egypte par
Nabucliodonosor, qui la désola. Ezech. 30.
14. Faciam judicia in Alexandrin : J'exer-
cerai mes jugements dans Alexandrie, v. 15.
InlerficiaminulliludinemAlcxandriœ: Je ferai
mourir cette multitude de peuple d'Alexan-
drie. Heb. No Amon ; No populosani. v. IG.
Alexandrin erit dissipata : Alexandrie sera
ravagée. Nabuchodonosor ravagea toute
l'Egypte. Nahum. 3. 8. Xuniquid melior es
Alexandria populorum, i. e. populosa; Heb.
No Amon : Eles-vous plus considérable que
la ville d'Alexandrie, si pleine de peuple?
Le prophète parle à Ninive, détruite par les
Chaldéens, sous la conduite deNabopolassar,
mais dans ces prophètes, le mot Alexandrin
a été mis par linlerprèle lalia, au lieu de
No, située dans l'Egypte, en la [)lacc de la-
quelle Alexandre a bâti depuis la ville d'A-
lexandrie ; mais Bochard , dans son Phaleg ,
écrit que No était plutôt Diospolis, qui avait
clé ruinée par Nabuchodonosor, et que le lieu
où Alexandrie a été bàlie i»'élait (|uun petit
lieu appelé liacotis , qui ne méritait pas être
comparé avec Ninive.
ALEXANDKINUS, a , um, 'a>.-;xvo/->£ j; , gr.
Adjutor virofum. Alexandrin, qui est d'A-
lexandrie, qui appartient à cette ville. Act.
18. 24. Judœus quidam, Apollo nomine ,
Alexandriniis génère : Un juif nommé Apol-
lon, originaire d'Alexandrie, c. 6. 9. c. 27.
G. c. 28. 11.
ALIAN, Heb. Excelsns, premier fils de
Sobal. 1. Par. 1. 40.
ALICARNASSUS , 1. Halicarnassus. Ce mot
est grec, composé d'y./? mare, de y.ypy., ca-
put , et de vioj , hahito ; ainsi c'est caput ma-
rilimœ hnbitationis.
Alicarnasse, ville capitale de la Carie,
province de l'Asie Mineure. 1. Mach. 15. 23.
ALIAS, oôlozt. Cet adverbe vient du mot
alius, et signifie une autre fois, en un autre
temps: dans l'Ecriture:
1" Ailleurs, en un autre endroit {h ï-tp',^ ,
alio loco). Act. 13. 35. Ideoque el alias dixit ;
et il dit encore en un autre endroit :
2^ D'ailleurs, outre cela ( /'/'. -^v.p , eliam,
prœterea). (lenes. 20. 12. Alias et vere soror
mea est : D'ailleurs elle est véritablement ma
sœur. Voy. Soror.
ALIBI, de l'adjectif aliun, et d'ubi, pour
aliubi.
Ailleurs, d'un autre côté ( à/./K/.^ ). Sap.
18. 18. Et alius alibi projechis semivivus :
Et l'un étant jeté à demi mort d'un côté , et
l'autre de l'autre. Le Sage parle des fils aînés
des Egyptiens qui furent frappés par l'Ange
exterminateur.
ALIENARE, à>.),orsiovv. De l'adjectif alienns,
et signifie proprement aliéner, transférer la
propriété d'une chose en quelque manière
que ce soit : dans l'Ecriture :
1° Aliéner, détacher, séparer. Ephes. 2. 12.
Eratis sine Christo, alienati a conversaiione
Israël : Vous n'aviez point alors de part au
Messie; vous étiez entièrement séparés du
peuple d'Israël. Voy. Conversatio. Ephes. 4.
18. Alienati a vita Dei : Entièrement éloignés
de la vie de Dieu. Coloss. 1. 2t. Et vos cuni
essetis aliquando alienati : Vous étiez vous-
mêmes autrefois éloignés de Dieu. Ps. 57. 4.
Alienali sunt peccalores a vulva : Les pé-
cheurs se sont éloignés de la justice dès leur
naissance. Ezech. 14. 7.
2" Aliéner se dit aussi figurément de l'af-
fection. 1. Mach. 6. 2'*. Filii populi noslri
propter hoc alienabant se a nobis : Ceux de
notre peuple nous ont pris en aversion pour
ce sujet, c. 11. 12. c. 15. 27.
Aliéner se dit aussi de l'esprit et du bon
sens (y.zrzjif^iU'y'Jv.i, efferri); ainsi, Alienalus
mente ; C'est celui qui a l'esprit troublé, qui
est hors de son sens. 2. Mach. 5. 17. lia alie-
nalus mente Antiochus fuit : Ainsi, Aniiochus
ayant perdu toute la lumière de l'esprit.
ALIENATIO, Nis.à7T«"A).or/5i',j7tr. Aliénation ,
action d'aliéner quelque chose, translation
de propriété (Heb. Necher; rejectio, able-
gatio) : dans l'Ecriture :
Aliénation, retranchement, éloigncment de
la société civile. Job. 31. 3. Numquid non
perdilio est iniquo, et alienatio operanlibus
iniquitatcm? Dieu ne perdra-t-il p5s le mé-
chant et ne rejcUera-t-il pas celui qui com-
met l'injustice'/
187
ALIENIGENA , m. càlôfvloç, àXXoy^vôç. D'a-
lienus et de genus, alieni generis, propre-
ment celui qui est d'un autre pays; mais il
8'étend aussi à ceux qui sont d'une autre
maison et d'une autre famille, et se dit même
de ceux qui liennent un parti contraire.
1° Un étranger qui est d'un autre pays que
nous. Gènes. IT . 21 . Omnes viri do mus illius,
tam vernaculi quam emptitii, et alienigenœ
pariter circumcisi sunt : Kt en ce même jour
encore furent circoncis tous les mâles de la
maison d'Abraham, tant les esclaves nés chez
lui, que ceux qu'il avait achetés et qui
étaient nés en des pays étrangers 3. Reg.
11. V. 1. 8. 2. Esdfc c. 9. 2. c. 13. y. 3.
26. 30.
2" Celui qui n'est point de la race d'Abra-
ham et du peuple d'Israël, qui n'avait point
de part à l'alliance que Dieu avait faite avec
lui. Exod. 12. 43. Omnis alienigena non co-
medet ex eo : Nul étranger ne mangera de la
Pâque. Levit. 22. 25. De manu alienigenœ non
offeretis : Vous n'offrirez point à votre Dieu
des pains de la main d'un étranger. Luc. 17.
v. i8. Act. 10. V. 28. etc.
3° Celui qui n'était point de la famille
d'Aaron, quoique lévite. Exod. 29. 33. Alie-
nigena non vescetur ex eis. Levit. 22. v. 10.
13. Num. 16. 40. c. 18. 4. Eccli. 46. 16. Voy.
AtlENUS, EXTERNUS.
4° Les Philistins qui, étant sortis de la
Cappadoce , avaient chassé les Evéens du
pays que l'on appelle la Palestine, où ils se
sont établis. Gènes. 17. 27. Deut. 2. 23. 11 en
est fait mention sous ce nom, principalement
dans les Psaumes. Psalm. 59. 10. Ps. 82. 8.
Ps. 86. 4. Ps. 107. 10. et sont appelés parti-
culièrement alienigenœ , parce que les autres
nations étant éloignées , les Philistins, non
seulement étaient voisins, mais même habi-
taient parmi les Israélites, el leur faisaient
une guerre continuelle; c'est peut-être pour
cela que les Hébreux appelaient allophylos,
i. e. alienigenas, leurs autres ennemis.
5° Les ennemis du peuple d'Israël, et par
conséquent du peuple de Dieu, s'appelaient
alienigenœ. Saint Ambroise, 1. 1. des Offices,
c. 29. Adversarios suos Hebrœi allophylos se.
alienigenas appellabant. 1. Mach. 4. v. 12. 22.
26. 30. c. 10. V. 12. Et fugerunt alienigenœ.
c. 11. V. 68. 74. Ceciderunt de alienigenis in
die illa tria millia virorum: Il demeura sur
la place en ce jour-là trois mille hommes de
l'armée des étrangers.
6' Etranger qui n'est point ou du pays, ou
de la maison où il est. Eccli. 11. 36. Admilte
ad te alienigenam : Si vous donnez entrée
chez vous à l'étranger, il excitera un trouble
qui vous renversera. Il faut faire un grand
choix de . ceux qu'on introduit dans sa
maison.
ALIENUS, A, vu, ùXkorptoç. De l'adjoctif
alius, a plusieurs significations, parce qu'il
y a plusieurs manières d'être ou d'apparte-
nir à autrui.
1' Ce qui est ou appartient à aulrui. Eccli.
21. 9. Qui œdificnt domum suam impendiis
alimis : Celui qui bâtit sa maison, c'esl-à-
dirc qui se fait riche aux dépens d'aulrni ,
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
188
est comme celui qui amasse ses pierres pour
bâtir durant l'hiver, dont l'édifice tombera
en ruine, parce que les biens mal acquis
portent avec eux une malédiction qui accable
ceux qui en sont chargés, c. 40. 30. Vir re-
spiciens in mensam alienam, non est vita ejus
in cogilatione victus : alit enim animam suani
cibis alienis : La vie de celui qui s'attend à
la table d'aulrui, n'est pas une vie, parce
qu'il se nourrit des viandes des autres. Exod.
21. 35. c. 22. 5. etc. Ainsi les biens de la for-
tune sont appelés un bien qui n'est point à
nous. Luc. 16. 12. Si in aliéna fidèles non
fuistis, quod vestrum est quis dabit vobis ? Si
vous n'avez pas été fidèles dans un bien étran-
ger, qui vous donnera le vôtre propre? Les
biens extérieurs et périssables sont étrangers
à noire égard, et ne sont pas proprement à
nous ; soit parce qu'étant hors de nous , ils
ne peuvent nous rendre heureux; soit parce
qu'ils peuvent à tous moments nous être
enlevés; soit enfin parce qu'étant périssa-
bles, il faut que nous les quittions ou qu'ils
nous quittent : les seuls biens qui nous sont
propres, ce sont les biens de la grâce et les
dons de l'Esprit de Dieu; soit parce qu'ils
peuvent seuls nous contenter et remplir no-
tre cœur, soit parce qu'ils sont au dedans de
nous el l'ornement de notre âme ; soit enfin
parce que nul ne saurait nous les ravir mal-
gré nous. Voy. Vestbum.
C'est à cette signification que se rapporte
Aliéna mulier : Vne femme étrangère; pour
marquer une prostituée, qui n'étant point
fidèle à son mari, à qui elle appartient, se
prostitue à d'autres ( ulloç ). Prov. 5. 9. Ne
des alienis konorem tuum : Ne prostituez point
votre honneur à des étrangers; c'est-à-dire
à des femmes de mauvaise vie et à tous les
débauchés qui les accompagnent : un homme
qui s'y abandonne perd, non seulement sa
réputation qui vaut mieux que les richesses,
mais encore son âme qui a l'honneur d'être
créée à l'image de Dieu. Prov. 2. 16. c. 5. 20.
c. 7. 5. etc. Ainsi, Species aliéna : La beauté
d'une femme étrangère. Eccli. 9. 8. Ne cir-
cttmspicias speciem alienam, v. 11. speciem
mulieris alienœ: L'Ecriture appelle en général
une prostituée, femme étrangère; soit celle
qui étant mariée s'abandonne à celui qui
n'est point son mari; soit celle qui n'étant
point mariée s'abandonne à celui à qui elle
n'appartient pas.
On appelle aussi alieni les hommes adul-
tères, parce qu'ils sont étrangers à l'égard
de celles qu'ils séduisent. Ezech. 16. 32.
Fada es quasi niulier adultéra, quœ super
virum suum induet aliénas : Vous êtes deve-
nue comme une femme adultère qui cherche
des étrangers en se retirant de son mari.
On appelle encore de la sorte les enfants
illégitimes ou les enfants des femmes étran-
gères. Ose 5. 7. Fiiios aliénas genuerunt :
Ils ont violé la loi du Seigneur, parce qu'ils
ont engendré des enfants bâtards.
2" Celui à qui une chose n'appartient p<îs
et qui en est usurpateur, s'appelle étranger.
Joan. 10 5. Alienum non sequunlur : Lts
brebis ne suivent point ua pasteur élrangei'
189
ALI
ALI
190
dont elles n'entendent point la voix. Ceux
qui sont devenus les propres brebis du vrai
Pasteur Jésus-Christ, ne s'atlachent qu'aux
pasteurs qu'il leur donne lui-mêtne. Voy.
PROPRIUS.
C'est en ce sens que les faux dieux elles
idoles sont appelés dieux étrangers, parce
qu'on leur rend un honneur qui n'est dû
qu'au vrai Dieu {hepoç). (Matth. 4. 10. Luc.
k. 8. Dominum Deum tuum adorabis et illi soli
servies.) Exod. 20. 3. Non habebis deos alie-
nos coramme : Vous n'aurez point d'autres
dieux que moi. Dieu est jaloux de l'honneur
qui lui est dû. Gènes. 35. v. 2. k. Deut. 5. 7.
c. 6. 14. G. 7. k. c. 8. 19. etc. Quelquefois le
mot dii est sous-enlendu. Isa. 43. 12. Non
fuit in vobis alienus : Il n'y a point eu parmi
vous de dieu étranger. Jerem. 2. 25 Adamavi
aliénas : J'aime les dieux étrangers avçc
passion, c. 3. 13. c. 8. 19.
3° Etranger, opposé à domestique , qui ne
nous touche point. Gènes. 31. 15. Nonne
quasi aliénas reputavit nos? Notre père ne
nous a-t-il pas traitées comme des étran-
gères? c. 42. 7. Quasi ad aliénas durius lo-
quebatur . Joseph parla à ses frères assez
rudement ,'les traitant comme des étrangers.
Deut. 22. 3. Job. 19. v. 13. 15. Ose. 8. 12. 1.
Mach. 12. 10. Isa. 61. 5.
4° Etranger, qui n'est point lié de parenté
avec nous , qui n'est ni notre allié, ni notre
parent. Exod. 21. 8. Populo alieno vendendi
non habebit potestatem : Si une femme du
second rang déplaît à celui qui l'a achetée
pour l'épouser, il la laissera aller et souffrira
qu'on la rachète ; mais il n'aura pas la liberté
de la vendre à un étrange^; qui ne soit point
parent de celui qui la doit acheter, selon la
loi du Lévitique. 25. v. 48. 49. Qui voluerit
ex fratribus suis redimet eum : Celui de ses
parents qui voudra le racheter, le pourra
faire; c'est le même cas de cette femme.
Matth. 17. v. 24. 25. ab alienis : C'est des
étrangers que les rois reçoivent des tributs
et des impôts ; les enfants en sont exempts.
5 Un étranger, qui est de quelque pays
éloigné de nous ou d'une autre nation que la
nôtre. Deut. 23. 19. Non fenerabis fratri luo
ad usuram, sed alieno : Vous ne prêterez
point à usure à votre frère, mais seulement
aux étrangers. Dieu commandait aux Israé-
lites de prêter gratuitement à leurs frères,
c'est-à-dire à ceux de leur nation qui étaient
dans le besoin; mais il permettait l'usure à
l'égard d«s étrangers. Quoique cette permis-
sion fût d'une chose non licite, saint Am-
broise a cru néanmoins que celte permission
était légitime et sans défaut; mais ce senti-
ment n'est pas sans difficulté. Isa. 2. G. Pue-
ris alienis adhœserunt : Les Israélites se
sont attachés à des enfants étrangers. Ils
.ichclaicnl de jeunes esclaves pour en abu-
ser. Judic. 19 12. Eslb. IG. 10. Eccli. 30. 3.
Ezccb. 44. 9.
G Les méchants et les impics qui suivaient
Us mœurs déréglées des nations profanes,
quoiqu'ils fussent nés selon la chair du peu-
ple de Dieu. Ps. 18. 14. Ah alienis^ parce servo
tv.o : Défendez votre serviteur contre l'inso-
lence des méchants ; Hebr. superhis, dos su-
perbes, ou des péchés de l'orgueil. Ps. 53. 3.
Alicni insurrexej'unt adversum me: Des étran-
gers se sont élevés contre moi. Ces étrangers
dont il parle étaient ceux de Ziph, qui chor-
chaient à le faire périr. Eccli 32. 22. c. 45.
22. etc. Ainsi, Filii alieni, Heb. bene necar.
Enfants étrangers; chez les Hébreux ce sont
ceux qui dégénèrent, et qui, au lieu d'imiter
la bonté de Dieu, leur Père, en sont diffé-
rents, comme sont ordinairement les bâ-
tards. Ps. 17. 49. Filii alieni menlili sunt
mihi : Des enfants étrangers ont agi avec
dissimulation à mon égard. Ps. 143. v. 8. 12.
Ezech. 44. v. 7. 9. Joël. 3. 17. Ainsi le peu-
ple juif, qui s'était détourné du culte de Dieu,
est appelé une vigne étrangère, qui dégénère
et qui devient sauvage. Jerem. 2. 21. Quo-
modo conversa es mihi in vineam alienam?
Comment êtes-vous devenu pour moi un plan
bâtard? Voy. Vinea.
7° Ennemi, mal affectionné. Isa. 1. 7. Re-
gionem vestram alieni dévorant : Les étran-
gers dévorent votre pays devant vous. Les
peuples qui environnaient la Terre sainte
étaient ennemis des Juifs ou du peuple de
Dieu. Levit. 26. 8. Persequentur quinque de
vestris centum aliénas : Cinq d'entre vous en
poursuivront cent. Job. 15. 19. Ps. 108. lî.
Isa. 25. V. 2. 5. c. 62. 8. Jerem. 30. 8. c. 5!.
51. Thren. 5. 2. Ezech. 28. v. 7. 10. c. 30.
12. c. 31. 12. etc. Ainsi, Isa. 61. 1. Et slabunt
alieni : Les étrangers viendront. Ces étran-
gers sont les Juifs et les Gentils persécuteurs
des chrétiens.
8° Etranger, opposé à celui qui est consa-
cré au service de Dieu ( àXkoji-jn; ). Exod.
30. 33. Quicumque taie composuerit, et dederit
ex eo alieno, exterminabitur de populo suo :
Quiconque composera de semblable parfum
et en donnera à un étranger, qui ne sera
point de la race sacerdotale, sera exterminé
du milieu de son peuple. Num. 3. 38. Quis-
quis alienus accesserit, morielur : Tout étran-
ger qui approchera du sanctuaire sera puni
de mort. Il appelle étranger celui qui n'était
point lévite et destiné au service de Dieu
dans son sanctuaire. Levit. 10. 1. c. 16. 1.
Offerentes ignem alienutn inlerfecli sunt : Na-
dab et Abiu furent tués, pour avoir offert un
feu étranger, qui n'avait pas été pris sur
l'autel ( KTToùloTpioïiv, alienum facere). Ainsi,
Alienum facere locum sanctum : C'est profaner
un lieu sacré. Jerem. 19. 4. Eo quad alienum
fecerint locum istum : Parce que les Israéli-
tes ont rendu ce lieu profane en sacrifiant à
des dieux étrangers ; je ferai tomber sur Jé-
rusalem de très-grandes afllictions.
9 Etranger, extraordinaire, nouveau, in-
connu. 4. ileg. 19. 24. Bibi aquas aliénas :
J'ai bu des eaux élraiigôros, qui avaient été
inconnues jusqu'alors. Sennachcrib avait fait
creuser la terre pour trouver des eaux qui
avaient été cachéos jusqu'alors. Isa. 17. 10.
Germen alienum seminabis : Vous sèmerez
des graines étrangères, qui viennent de loin,
et inconnues en ce pays.
10' Exempt, dégafié de quelque chose, qui
n'y a point de part ( àOo.oç ). Jos. 2. 19. Qui
191
DICTIONNAIRE DR PHILOLOGIE SACRÉE.
192
ostium domus tuœ egressus fuerit, sanguis
ipsius erit in caput ejus, et nos erimus alieni :
Si ensuite quelqu'un sort de la porte de votre
maison, il sera coupable de sa mort, et nous
en serons innocents. Dcut. 22. 9. 1. Mach. 6.
13. c. 12. 10. c. 15. 33. Voy. Alter.
11° Contraire, opposé, qui n'est point na-
turel. Prov. 21. 8. Perversa via viri aliéna
est . La voie corrompue de l'homme est une
voie étrangère; c'est-à-dire contraire à !a
nature de l'homme, car naturellement l'hom-
me doit vivre selon la droite raison et la jus-
lice. Ainsi, Isa. 28. 21. Jrascitur, ut fiât opus
5UMm, alieniim opus ejus : Dieu va se mettre
en colère contre vous, et il fera son œu-
vre de votre punition, qui est une œuvre
étrangère à sa volonté.
12° Autre, par exclusion [ô r.ilaç, propin-
quus). Prov. 27. 2. Laudet te alienus, et non
os tuum : Qu'un autre vous loue, et non vo-
tre bouche, c. 5. 17. Gènes. 45. 1. Ilulh. 2.
22. Eccli. 41. 27. Rom. 15. 20.
ALIMENTUiM, i, zpoo-n. Aliment, nourri-
ture, ce qui sert à nourrir l'homme. 1. Tim.
6. 8. Habentes alimenta et quibus tegamur, liis
conlenti simiis : Ayant de quoi nous nourrir
et de quoi nous couvrir, nous devons être
contents. Deut. 2. 28. Alimenta pretio vende
nobis, ut vescamur : Vendez-nous tout ce qui
nous sera nécessaire pour manger. 2. Reg.
19. 32. c. 20. 3. etc. Ainsi le blé est appelé
alimentum. Gènes. 41. 1. Audiens Jacob quod
alimenta venderentur in .Egypto :iacoh ayant
ouï dire qu'on vendait du blé en Egypte, c.
47. 17.
ALIMONIA, JE, rpryj>n. Aliment, nourri-
ture. 1. Mach. 14. 10. Civitatibus tribuebat
alimonias : Simon distribuait des vivres dans
les villes, c. 13. 21. 2. Mach. 12. 14. De là
vient, dans le sens figuré, Alimonia ignis :
La nourriture du feu, ce qu'on met dans le
feu pour y être consumé. Levil. 3. 16. Ado-
lebit ea super altare sacerdos, in alimoniam
ignis : Le prêtre fera brûler sur l'autel la
graisse du foie avec les deux reins, aûn qu'ils
soient la nourriture du feu. C'est de l'hostie
pacifique. Voy. v. 11. 14.
ALLMIS, Heb. Vestibulum, ville de la tribu
de Gad. 1. Mach. 5. 26. In Alimis : Dans
Alimas.
ALIOQUI ou AL10QU1N, — 1° autrement,
sans cela, si cela n'était (d!iiij.-nyz). Gen. 30.
1. Da mi/ii liberos, alioquin moriar : Rachel
dit à son mari : Donnez-moi des enfants, ou
je mourrai. Hebr. 9. 26. Alioquin oporlebat
eum fréquenter pati ab origine mundi : Autre-
ment il eût fallu qu'il eût souffert plusieurs
fois depuis la création du monde. Gènes. 42.
16. c. 44. 26. Levit. 10. 7. etc.
2' Puisque, parce que {èmi , quoniam).
Hebr. 9. 17. Alioqui nondum valet, dum vivit
qui testalus est : Le testament n'a point de
lorcc tant que le testateur est encore en vie.
^ 3' Mais (kùù , sed). Job. 2. 5. Alioquin
mitte manum tuam: Mais étendez votre main
et frappez ses os et sa chair: Salan parle
ainsi à Dieu de Job.
4 Au moins. Joan. 14. 11. Alioquin propler
opéra ipsa crédite : Croyez -le au moins à
cause des œuvres que je fais. 2. Cor. 11. 16.
ALIQUANDO, rrori. De l'ancien adjectif
alis pour alius , et signifie ,
1° quelquefois, parfois. Eccli. 37. 18. Ani-
ma viri sancti enuntiat aliquando vera, quam
septcm circumspectores sedenlesin excelso ad
s/;eci//anrfwm; L'âme d'un homme saint, gr. (no-
tre propre conscience), découvre quelquefois
mieuxla vérilcquesoptsentinellesqui sont as-
sises dans un lieu élevé, pour contempler tout
ce qui se passe.c.l3.21.Voy.CiRcuMSPECTOR.
2° Autrefois, anciennement, ou ci-devant
(olim). Eph. 5. 8. Eratis aliquando tenebrœ :
Vous n'étiez autrefois que ténèbres. Gènes.
42. 3. Rom. 7. 9. c. 11. 30. Gai. 1, v. 13. 23.
c. 2. 6. etc.
3° Jamais, en parlant du temps passé ou
du futur {-o-é, umquam). Deut. 4. 32. Si fa-
cta est aliquando hujuscemodi res : Considé-
rez s'il s'est jamais rien fait de semblable. 1.
Reg. 25. V. 7. 15. 3. Rog. 1. 6. etc. Tob. 4. 6.
Cave ne aliquando peccato consentias : Gar-
dez-vous de consentir jamais à aucun péché.
V. 16. Quod ab alio oderis fieri tibi, vide ne
tu aliquando alleri facias : Prenez garde de
faire jamais à un autre ce que vous seriez
fâché qu'on vous fît. Jerem. 17. 8. 2. Pelr.
1. 10. Eccli. 13.21.
4° Un jour, à quelque heure, pour mar-
quer l'avenir. Luc. 22. 32. Et tu aliquando
conversus, confirma fratres tuos : Lors donc
que vous serez converti, fortifiez vos frères.
Voy. CoNVERTERE. 1. Reg. 25. 29.
5° Enfin. Gènes. 30. 30. Jiistum est ut ali-
quando provideam domui meœ : Il est juste
enfin que je prenne quelque soin de mon
établissement. 1. Reg. 27. 1. Ps. 93. 8. Rom.
1. 10. Phil. 4. 10.
On peut remarquer sur ce mot que toutes
ces différences sont plutôt de différentes ma-
nières de parler que de différentes significa-
tions; car, hors la première signification, ce
mot ne marque autre chose que le passé ou
l'avenir.
ALIQUANTUM. Voy. Aliquantds. Ce mot
dans les auteurs est quelquefois adverbe, et
signifie un peu, quelque peu; mais le plus
souvent c'est un adjectif neutre pris substan-
tivement, et se met avec un génitif et signifie,
Un peu de quelque chose (£c-;^a-ov, denique).
Levit. 27. 18. Sinautem post aliquantum tem-
poris : S'il donne son champ quelque temps
après le jubilé.
ALIQÛANTUS, a, um. Cet adjectif inusité
se fait d' alius et quantus, et signifie quelque,
sans déterminer la quantité de la chose. Act.
15. 33. Facto ibi aliquanlo tempore : Après
avoir passé là quelque temps, c. 18. 2.3. c.
28. 3. 3. Reg. 17. 7.
ALIQUANTULUM, i. Ce mot signifie la
même chose que aliquantum, pour marquer
une quantité ou un espace indéterminé {ôfii-
puç, dies; u-z'^rtaipoLç, post dies). Gènes. 40. 4.
Aliquantuium tcmporis fluxerat : Quelque
temps s'était passé pendant lequel le grand
échanson et le grand pannetier de Pharaon
demeuraient prisonniers; il y avait bien un
an tout entier. Judic. 15. 1. Post aliquantu-
ium lemporis : Peu de temps après. 1. Cor.
m
ALI
ALI
191
16. 7. Spero me oîiquantidum temporis ma-
tière apud vos : J'espère que je demeurerai
assez longtemps chez vous ; gr. /côvov zrjà.
De là vient : Modicum aliquantitlum : Fort
peu de temps. Heb. 10. 37. Adhuc modicum
aliquanlulum. Gr. aiv.c^ryj ôc-ok ôtov. Celle ré-
pétition, à l'imitation des Hébreux, marque
une grande brièveté. Voy. Modicum. Les
apôtres regardaient comme un temps fort
court ce qui reste à passer jusqu'au second
avènement de Jésus-Christ. Voy. Hora.
ALIQUIS, ALIQUID, rt?, ri. Ce pronom
vient de alius quis. — 1° Aucun, quelque,
quelqu'un. Luc. 8. i6. Tetigit me aliqxds :
Quelqu'un m'a touché. Malth. 5. 23. c. 12.
19. c. 18. 12. c. 20. 20. c. 21. 3. c. 22. 16. Luc.
7. iO. Habeo aliquid tibi dicere : J'ai quelque
chose à vous dire. — 2° Grand, excellent.
Act. 5. 36. Dicens se esse aliquem : Théodas
prétendait être quelque chose de grand, c 8.
9. 1. Cor. 3. 7. c. 10. 9. Gai. 2. 6. c. 6. 3. —
3° Quelque chose de solide et d'assuré. Jac. 1.
7. Non ergo œstimet horno ille qiiod accipiat
aliquid a Deo : Il ne faut donc pas que celui-
là s'imagine qu'il obtiendra quelque chose
du Seigneur, c'est-à-dire quelque chose qui
regarde le salut; car il n'y a que cela qui
mérite d être appelé quelque chose : Dieu
donne tout le reste sans qu'on le lui de-
mande, et ce reste peut passer pour rien en
comparaison de ce bien solide.
ALIQUOT, Ttvî;. Ce pronom, qui est in-
déclinable et de pluriel, signifie quelques,
quelques-uns, en parlant d'un nombre indé-
terminé qui est médiocre. Judic. li. 8. Post
aliquot rfje* : Quelques jours après. Act. 9.
19. c. 10. 48, c. 15. 36. etc.
ALIQUOTIES, è-^i^zî. Adverbe qui se fait
A'aliquot, quelquefois, un nombre indéter-
miné. Eccli. 3ï. 13. Aliquoties nsque ad mor-
tem periclitatus sum : Je me suis vu quelque-
fois en danger de perdre la vie. 1. Mach.
16.2.
ALITER, «),Awç. Adverbe qui vient d'a-
lius, autrement, d'une autre manière. Gen.
42. 12. Aliter est : Cela n'est pas. Num. 11.
15. c. 35. .3.3. etc.
ALIUNDE , uù.uyj/jfj. Adverbe d'alius et
d'unde, qui signifie d'ailleurs, d'un autre en-
droit; et dans l'Ecriture, par un autre en-
droit. Joan. 10. 1. Quiascendit alitinde : Celui
qui monte dans la bergerie par un autre en-
droit que par la porte est un voleur et un
larron.
ALIUS, ALIUD, a/.Ao,-. Cet adjectif vient
de l'ancien mot alis, et signifie 1° autre, un
autre, différent. Act. 12. 17. Ahiit in alium
tocum . Saint Pierre, étant sorti de prison,
s'en alla en un autre lieu; ce fut à Rome,
selon la pensée des anciens. 1. Cor. 15. 41.
Alin est claritas salis, nlin daritas lunœ : Le
soleil a son éclat, et la lune le sien. Num. IV.
24. Plenns alio spiritu : Caleb était animé
d'un autre esprit que les autres Juifs, qui
étaient incrédules et rebelles aux ordres de
Dieu. 1. Rrg. 10. 6. Mulnhrris in vinun
alium : Vous serez ch;mgé en un autre liom-
ine; Dieu changea le cœur de S.iùl et lui en
donna un autre, y. 9. Jmmutavit ci Deus cor
aliud : Ce changement se fit en lui donnant
des pensées dignes du haut rang où il l'avait
fait monter et une grandeur d'âme vraiment
royale. Matth. 2. 12. c. 4. 21. c. 8. 21. etc.
2^ Tout autre, plus parfait, plus excellent .
2. Cor. 11. 4. Si is qui venit, alium Cliristum
prœdicat : Si celui qui vous vient prêcher
vous annonçait un autre Christ, ou s'il vous
faisait recevoir un autre esprit que celui que
vous avez reçu. Aut alium spiritum accipi-
fis, quem non qccepistis: Ou s'il vous prêchait
un autre Evangile que celui que vous avez
embrassé : Aut aliud Evangelium quod non
recepistis; rectc pateremini : Vous auriez rai-
son de le souffrir.
3^ Nouveau qui n'a point encore paru,
(■/.«£vo,- . Isa. 65. ïo. Servos suos vocabit no-
mine alio : Dieu donnera à ses serviteurs un
autre nom; c'est le nom de chrétien. Act. 7. 18.
Alius rex : Un autre roi ; ce même roi est ap-
pelé, Exod. 1. 8. Surrexit novus rex : Il vient
un autre roi, gr. ?T.-ior. Ainsi, Ad. 2. 4. Cœpe-
runt loquivariis linguis; gr. izipcri;. Marc. 16.
17. Novis linguis : gr. -/KivatV.Ils parlèrent de
nouvelles langues. Heb. 7. 11. Judic. 2. 10.
4°Aulre, quant à la manière de subsister.
Joan. 5. 32. Alius est qui testimonium perhi-
bet de me : Il y en a un autre qui rend té-
moignage de moi; cet autre est le Père éter-
nel. V. 37. qui est autre que le Fils, quant à
la manière de subsister, et non pas quant à
la manière d'être : car dans les personnes
de la sainte Trinité, le Père est autre que le
Fils, le Fils est autre que le Saint-Esprit,
quoiqu'ils aient la même essence et la même
nature; mais ou ne peut pas dire que dans
la sainte Trinité le Père soit autre chose que
le Fils : Aliud quam filius : Bien qu'il soit au-
tre, alius. '
' 5" Autre, qui succède à quelqu'un pour
remplir sa place. Joan. 14. 16. Alium Para-
clelum dabit vobis : Mon Père vous donnera
un autre consolateur ; savoir, le Saint-Es-
prit qui devait consoler les disciples au lieu
de Jésus-Christ.
6" Autre par exclusion, et qui n'est point
de même nature. jMarc. 12. 32. Non est alius
prœter eum : Il n'y a qu'un seul Dieu, et il
n'y en a point d'autre que lui. Douter. 3. 24.
c. 4. V. 35. 39. etc. Il ne peut y avoir qu'un
Dieu ; tout hors lui est créature.
7 Autre, qui n'est point de même nation.
Joan. 10. 16. Alias oves habeo : J'ai encore
d'autres brebis, i. e. des élus qui n'étaient
point de la nation des Juifs, .\insi, alius mar-
que un étranger qui n'est point de même fa-
mille. Prov. 13. 23. Atiis congregautur : On
amasse des biens pour d'autres qui sont
étrangers à notre égard.
8' Alius pour aller, quand il ne s'agit que
de deux. Levit. 14. 6. Alium autem virum tin-
get : Il tciiidrii laulrc passereau qui est vi-
vant dans le sang du passereau qui aura été
in)molé.
9' Alius pour alienus, contraire, opposé.
Joan. 5. 43. Si alius vcncrit in nomine suo :
Si un aulri! vient en son propre nopi, quel-
que faux prophète, vous le recevrez.
10" AliuSf pour marquer un ennemi ou ua
«95
bourreau. Joan. 21 18. Mu^ te cinget:\]n
autre vous ceindra, vous enchaînera de
liens pour vous conduire à la mort ; c est ce
que Jésus-Christ prédit à saint Pierre.
De ce mot alius, vient cette phrase : Altus
nd alium ou alterum; l'un à l'autre pour ad
invicem. 1. Reg. 10. 12. Responditque altus
ad alterum : Les uns disaient aux autres
( Ttj, aliquis). Voy. Alter.
ALLEGARE, -/opiÇ=-tv. Envoyer vers quel-
qu'un, adresser à quelqu'un, ou alléguer, citer
comme un exemple; il se prend dans la pre-
mière signiGcation : Sap. 18. 21. Proferens
servitutis suce scututn, orationem, et per in-
censum deprecationem allegans : Aaron em-
ploya la prière comme le bouclier de son
ministère saint, et faisant monter sa prière
avec l'encens qu'il vous offrait, il s'opposa
à votre colère.
ALLEGORIA, àn-nyopix. Ce mot vient de «XXo
aliud, et d'àyopsûw dico.
i° C'est une figure par laquelle on dit une
chose, et l'on en signifie une autre : elle
consiste dans une continuation de méta-
phores, comme Gai. 4. 19. Filioli mei, quos
ilerum parturio, donec formetiir Cliristus in
vobis:Mes petits enfants, pour qui je sens
de nouveau les douleurs de l'enfantement,
jusqu'à ce que Jésus-Christ soit formé dans
vous. Celte première sorte d'allégorie, qui
consiste dans les paroles , est commune aux
auteurs sacrés et aux profanes.
2° L'allégorie qui consiste dans les choses,
est particulière à l'Ecriture sainte; quand
on rapporte une histoire ou quelqu'autre
chose qui est vraie à la lettre; mais dans ce
récit il y a une signification cachée de quel-
que chose plus relevée; par exemple, l'his-
toire des deux fils d'Abraham, qui est rap-
portée, Galat. k. 22. renferme une significa-
tion mystérieuse de quelqu'autre chose plus
importante : ce sont les deux alliances de
l'ancienne et de la nouvelle loi, qui sont re-
présentées par cette allégorie : Quœ sunt per
nllegoriam dicta .-L'ancien Testament est une
perpétuelle allégorie des mystères contenus
dans le nouveau. Comparez, Deut. 25. 4-. iVon
alligabis, etc., expliqué par saint Paul, 1.
Cor. 9. 9. comparez Exod. 34. 29. et 2. Cor.
3. V. 7. 13. 14. Ps. 18. 5. et Rom. 10. 18.
Gènes. 2. 24. et Ephes. 5. 31. 32. Exod. 12
15. 17. et i. Cor. 5. v. 7. 8.
ALLELUIA, ôàlnlovia., Alleluiah, mot hé-
breu, qui signifie louez le Seigneur : il est
composé du verbe lialal que l'on emploie
dans les Ecritures , principalement pour
marquer les faveurs que l'on reçoit de lui ;
c'est pour cela que l'on commence ou l'on
finit par le mot Allclu-juh, plusieurs psau-
mes (Pss. 103. 105. 110. 111. 112. 113. 150),
dans lesquels on publie les grâces quil a
faites à son peuple: et parce que l'occupa-
tion des bienheureux sera de louer Dieu, et
le remercier de ses grâces; quelques-uns
croient que les bienheureux feront retentir
ce mot dans le ciel, pour témoigner leur
joie; aussi se chantc-t-il dans l'Eglise seule-
inenl dans le temps de joie, comme à Pâques,
dès le temps des apôlrcs, et même dès le
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE. 196
temps des prophètes; car saint Epiphane
assure que l'usage de le chanter dans l'E-
glise vient du prophète Aggée, qui le chanta
le premier, d'abord qu'il vit le temple nou-
vellement bâti : ce que Tobie avait prédit,
c. 13. 22. Per vicos ejus alléluia cantabitur :
On chaulera le long des rues de Jérusalem,
alléluia. C'est pourquoi nos pères ont mieux
aimé retenir le terme original que de ne le
pas exprimer en un seul mot avec assez de
majesté; car il ne signifie pas seulement
louez Dieu; mais il signifie le louer avec des
transports de joie.
Ce mot alléluia a passé des premiers Juifs
chrétiens aux Grecs et aux Latins, qui l'ont
retenu dans leurs langues, pour s'accommo-
der à l'Eglise des Juifs ; mais depuis que
l'Evangile s'est étendu par toutes les nations,
on n'a pu changer ce mot hébreu, dont l'u-
sage était reçu partout, comme dit saint Jé-
rôme, Ep. ad Marcell.
Dans l'apocalypse, les anges et les autres
bienheureux dans le ciel, font retentir ^//e-
luia, pour marquer la joie de l'Eglise triom-
phante, et les louanges qu'elle donne à Dieu
de la ruine du paganisme, et de l'établisse-
ment de la religion chrétienne, c. 19. v. 1.
3. 4. 6.
ALLEV^ARE, £7r«t|!3££v. Ce verbe est composé
à'ad et de levare.
1° Soutenir, empêcher de choir {ÛTroaTiQ/otÇsiv)
Ps. 144. 14. Allevat Dominus omnes qui cor-
ruunt : Le Soigneur soutient tous ceux qui
sont près de tomber.
2° Lever de terre, faire soutenir. Act. 3.
7. Apprehensa manu ejus dexlera allevavit
eum : Saint Pierre ayant pris le boiteux par
la main droite, il le leva.
3° Elever. Ps. 72. 18. Dejecisti eos dum al-
levarentur :Yous les avez fait tomber au mo-
ment même qu'ils s'élevaient : de là vient,
Allevare »7ianwm ; Etendre sa main, c'est-à-
dire, faire éclater sa puissance. Eccli. 36. 3.
Alleva manum tuam super gentes : Etendez
votre main sur les peuples étrangers; quand
Dieu fait éclater sa puissance par des pro-
diges, l'Ecriture dit qu'il élève sa main, et
qu'il agit avec uu bras élevé. Voy. Levare.
ALLKVlARE,xouç^iÇ£iv.Ce verbe est composé
de la préposition ad, et du nom levis, léger,
et signifie,
1" Rendre léger, soulager. Joan. 1. 5. Act.
27. 38. Alleviabant navem, jactantes Irilicum
in mare : Ils soulageaient le vaisseau en je-
tant le blé dans la mer.
2° Soulager un malade, lui donner de la
force et du courage {iysipsiv). Jac. 5. 15. Al-
leviabit eum Dominus: La prière, qui est la
forme du Sacrement de l'exlrême-onction,
soulagera le malade, soit en le délivrant des
peines d'esprit, soit en lui rendant les forces
du corps pour soutenir le mal.
3" Traiter plus doucement, avec moins de
rigueur (Ta;)iy rzoUt, citofac). Isa. 9. 1. Alle-
viata est terra Zabulon :Ce pays ne fut pas
si maltraité, quand Thcglal Phalassar n'em-
mena qu'une partie de ses habitants en cap-
tivité; mais il fut bien plus maltraité cn^
sniic: Novissimotemporeaggravataest:Qn'àïi^
197 ALi
Salmanasar ruina tout le pays, et emmena
captifs dans l'Assyrie le reste des habitants,
avec ceux des autres tribus d'Israël, c'est-à-
dire, les dix tribus.
ALLICERE. Ce Ferbe, composé de la pré-
position ad, et de l'ancien verbe lacère, si-
gnifie,
Attirer, tirer à soi, comme l'aimant attire
le ïer{u.sOiaTO'.vxi,(ransfcrre); d'où vient allicere
animum : Gagner le cœur de quelqu'un, at-
tirer ses bonnes grâces. Deut. 17. 17. Non
habehit iixores pliirimas quœ alliciant animum
ejtts : Le roi que vous choisirez n'aura point
une multitude de femmes qui attirent son
esprit par leurs caresses.
ALLIDERE. De la préposition ad, et du
verbe iœdere.
1° Froisser, briser, écraser (èSayîÇstv). Ps.
i.36. 9. Beatus qui tencbit et allidet parvulos
tuos ad petram : Heureux celui qui prendra
les petits entants et qui les brisera contre la
pierre : David prédit les mauvais traitements
que Babylone devait recevoir de la part de
Darius et de Cyrus, rois des Mèdes et des
Perses, qui détruisirent l'empire des Baby-
loniens; mais le Prophète n'appelle heureux
ces conquérants que d'un bonheur tempo-
rel, qui consistait dans l'établissement pai-
sible de leur empire. "V. Beatus. Isa. 13. 16.
Infantes eorum allidentur in ociilis eorum ' (yr,-
'fjvjKi,frange7'e): Les enfants des Babyloniens
seront écrasés contre terre à leurs yeux.
Ose. 10. li. Matre super filios allisa ; La
mère sera écrasée sur les enfants; Osée pré-
dit les maux que les dix tribus devaient
souffrir de la part des Assyriens en punition
de leurs crimes. Marc. 9. 17. Allidit illum.
Cet esprit malin muet jette mon enfant con-
tre terre (p'/î/vOvaj). Isa. 29. 7. Delà viennent
ces expressions figurées.
Allidere manum : Se blesser rudement la
main, pour marquer un événement fâcheux
{^lniy.f,o\jEi-j). JcremÂ8.2Q. Allidet manum Moab
in vutnitu suo : Moab se blessera la main en
tombant sur ce qu'il avait vomi ; c'est-à-dire,
que la chute des Moabites devait être accom
pagnée de toutes les circonstances les plus
fâcheuses.
Allidere pedem : Battre du pied contre terre
{^ofii-j ), Ezech. 6. 11. Allide pedem luum,
heb. plaude, ou pavi {lerram) pedc tuo.
Dieu ordonne au prophète de donner des
marques de sa douleur, en battant du pied
contre terre à cause des grands maux dont
les Israélites étaient menacés.
2" Abattre, ruiner, perdre ( z«T«/-.»5yvyv«t ),
Ps. 101. 11. Elevans allisisli me ; Vous m'a-
vez afdigé et humilié après m'avoir élevé.
Le peuple d'Israël, dans sa captivité, se
plaint d'être si maltraité, après avoir été si
favorisé de Dieu. Judith. 9. 11. Isa. 30. 30. c.
6V. 7.
ALLISIO, Nis. Brisement ; d'où vient Alli-
«0 tnarjuum ; Ecrasement de mains dans le
sens figuré, pour marquer l'abaltement du
pouvoir de quelqu'un. Isa. 25. 11. Ilumiliavit
gluriam ejus cum allisionc manniim ejus :
Dieu détruira l'orgueil de Moab, en écrasant
ALL i98
ses mains, c'est-â-dire, en rendant ses efforts
inutiles (èTn^.àllsiv /jïpcç, injicere manus).
ALLIGARE, B-a] SsTiJisveiv. 1» Lier, atta-
cher. Job. 39. 10. Numquid alligabis rhino-
cerota nd arandum? Pourrez-vous attacher
au joug le rhinocéros pour labourer la terre?
Dieu veut faire comprendre à Job qu'il ne
faut pas qu'il prétende approfondir les se-
crets de sa conduite dans le gouvernement de
l'univers. Gènes. 22. 9. k. Reg. 7. 10. elc.
D'où viennent ces phrases métaphoriques.
Alligare manipulas .-Lier des gerbes, c'est-à-
dire, travailler à la moisson. Judith. 8. 3.
Jnstabat super alligantes manipulas ; Le mari
de Judith mourut au temps de la moisson,
lorsqu'il faisait travailler les moissonneurs.
Alligare onera gravia : Lier sur quelqu'un
des fardeaux pesants; c'est faire pratiquer
à la rigueur des lois pénibles, qu'on ne se
met pas en peine d'observer. Matth. 23. k.
AUigant onera gravia etimportabilia, et im~
ponunt in humeros hominum , digito autem
suo nolunt ea movere. Jésus-Christ blâme
dans les pharisiens et les docteurs de la loi,
la rigueur excessive avec laquelle ils exi-
geaient du peuple de Dieu qu'il observât une
infinité de traditions très-onéreuses, en
même temps qu'ils s'en exemptaient eux-
mêmes. Voy. Luc. 11. 46.
Alligare os bovi trituranti ; Voy. Tritd-
RARE.
Alligare peccata : Serrer le nœud du péché
en ajoutant péché sur péché, les multiplier
(zKTaSecrii^àOav) : car la continuation dans le
péché s'exprime dans l'Ecriture par les ter-
nies de liens et de chaînes d'iniquité. Isa. 5.
18 Vœ qui trahilis iniquitatem in funiculis
vanitatis : Malheur à vous qui vous servez
du mensonge comme de cordes. Voy. Funi-
cuLus. Ainsi, Eccli. 7. 8. Neque alliges du-
plicia peccata : Ne vous engagez point à un
double péché ; c'est-à-dire, ne continuez pas
de pécher: il semble néanmoins, selon la
Vulgate, que ce verset se rapporte au pré-
cédent : Nec te immittas in populum : Ne
vous jetez point dans la foule pour vous char-
ger du gouvernement du peuple; car celui
qui s'engage est chargé de ses péchés et de
ceux des nuires : Duplicia peccata.
2° Enchaîner, mettre en prison. Act. 20. 22.
Alligatus ego Spiritu : Lié par l'Esprit de
Dieu; je prévois par l'Esprit de Dieu mes
liens et ma prison. Ps. 149. 8. Ad alligandos
reges eorum : Pour mettre leurs rois à la
chaîne. Voy. Compedes. Malth. 12. 19. c. 14.
3. Marc. 3. 27. et souvent dans les Actes;
mais Act. 21. 11. al ligabunt ; c'esl-à-dirc don-
neront occasion aux gentils de l'enchaîner.
Ainsi, arrêter, tenir attaché en quelque lieu,
se dit quelquefois des anges, qui sont liés ou
par la vertu de Dieu mêtne, ou par l'opéra-
tion des bons anges, comme Apec. 9. 14.
Salve quatuor angelos qui allignli sunt : Dé-
liez les (|uatre anges qui sont liés sur l'Eu-
phi-ate, et Tob. 8. 3. Asmodée avait été lié
par Raphaël dans un désert. Voy. Ligark.
Cela se dit aussi de Nabuchodonosor, retenu
comme une bête attachée dans les champs.
Dan. 4. 12. Alligelur vinculo ferreo : Quq
499
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE. 200
l liée avec des chaînes de fer et ânes chargés de deux ccnls pains, de cent pa-
naroie ae uieu u csi ^-v...... ....v...«...w^
niains et les pieds sont enchaînes, la
De le doit pas élre, lorsqu'il s'agit de
la langue
rendre
Luc. 10.
Samaritain
prk<||i (lorg SOI
d'airain. Vov. Germex. Ce mot, en ce sens
sP dit figurement de la parole de Dieu. :>.
Tin» •> 9- Verbum Dei non est alltgatum : La
parole de Dieu n'est point enchaînée; si les
m
De le doit pa
témoignage à la vérité (-/.«tkScîv
3^ Bander, lier avec une bande
34. Alligavit vulnera ejas : Le
handa les plaies du Juit laissé a demi-mort;
dans le sens figuré, Alligare contriliones :
Bander les plaies; c'est soulager les maux
et les afnictions. Ps. 140. 3. Qui alligat con-
triliones eorum : Gela s'entend de ce que Dieu
avait fait pour tirer son peuple de l'état mi-
sérable où il s'était vu tant de siècles. Voy.
CoNTRiTio. Ainsi, Ezech. 34. h. 16. Quod
confractum fuerat non cdligastis : Vous n'avez
point isoulagé les peines et les afflictions de
vos ouailles. Is. 30. 26. In die quu cdligave-
ric vulnus populi sui : Lorsque le Seigneur
aura bandé la plaie de son peuple, c'est-à-
dire qu'il aura guéri ses maux : ce qui n'ar-
rivera entièrement qu'au dernier jour, lors-
qu'il guérira en nous toutes nos plaies. Je-
reni. 30. 13. \on est qui judicet judiciwn
tuwn ad alligandum : Il n'y a personne qui
juge comme il faut de la manière dont votre
plaie doit être bandée. Voy. Fractura.
> hr" Lier, retenir dans le devoir et dans l'or-
dre. Matlh. 18. 18. Quœcumque alligaverilis
super terrain, erunt ligata et in cœlo : Tout ce
que vous lierez sur la terre sera aussi lié dans
le ciel. Les ministres de Jésus-Christ ont
reçu le pouvoir ou de lier les pécheurs par
l'excommunication, ou de retenir les péchés
dans le tribunal de la pénitence. Voy. Ligare
et SOLVERE.
5' Lier, engager. 1. Cor. 7. 27. AlUgatus es
uxori? noli quœrere solutionem : Etes-vous
lié avec une femme, ne cherchez point à vous
délier. Le lien du mariage est indissoluble et
ne se rompt que par la mort de l'un ou de
l'autre des deux parties, llom. 7. 2. Quœ sub
viro est mulier, vivente vira alligata est legi :
Une femme mariée est liée par la loi du ma-
riage à son mari, tant qu'il est vivant.
G Tenir dans la servitude et dans l'oppres-
sion. Luc. m. iG. Hune filiam Abrahœ quam
alligavit Salanas, non oportuit solvi? Pour-
quoi ne fallail-il pas délivrer de ces liens celle
lille d'Abraham que Satan avait tenue liée
durant dix-huil ans. On peut expliquer en ce
sens ces paroles de saint Matthieu. 12. 29.
Nisi prius aUignverit fortem. Voy. Fortis.
ALLIGATUUA. x.. — 1 Ligature, bandage
(/AojT/xa, vitla). Eccli. 6. 31. Vincula illius
nlligatura salutaris : Les liens par lesquels
la sagesse relient dans le devoir sont des
bandages qui guérissent; c'est une heureuse
nécessité qui engage à mieux faire. Gr. Ses
liens sont des cordons d'hyacinthe, qui sont
beaux et qui doivent élre agréables. — 2 Un
paquet de quelque chose. 2. Ueg. 16. 1. One-
rali erunt ducentis panibus et ccntutn alliga-
turis %ivœ passœ : Siba, serviteur de Miphi-
boselh, vint au-dcvanl de David avec deux
quels de raisin sec.
ALLIU-M, 1, (T/.opoSov. Ce mol peut venir du
grec v.yli; qui signifie la tête de l'ail.
L'ail, plante de la nature de l'oignon, qui
a une odeur très-forte. Num. 11. 5. In menlem
nobis veniunt.... porri et cèpe et allia : Les
poireaux, les oignons et les aulx nous re-
viennent dans l'esprit; les Israélites étaient
si charnels et si ingrats, qu'ils avaient
du dégoût et du mépris pour une viande
aussi délicieuse qu'était la manne, et regret-
taient les oignons et les aulx qu'ils avaient
mangés en Egypte.
ALLON , hcb. Quereus. Allon, fils d'Idaïa,
et père de Sephaï, de la tribu de Siméon.
1. Par. 4. 37.
ALLOPHYLI, d'uùo; et de ^j^U, tribus. Nom
grec, qui signifie étranger ou d'une autre
nation. Les Hébreux appelaient de ce nom
tous ceux qui n'étaient ni de leur nation, ni
de leur religion.
Par ce mot on entend les Philistins. Ps.
55. 2. Cum tenuerunt eum Allophyli in Geth.
(I Reg. 21. 12). Lorsque des étrangers l'eu-
rent arrêté dans Geth. Voy. Alienigen-b.
ALLOQUI , hAù'j. — 1° Parler à quelqu'un.
Judith. 4. 12. Allocutus est eos : Eliachim, le
grand prêtre, parla au peuple (-^oq^'jwvsiv).
2. Reg. 19. 7. — 2^ Parler en pubiic. Act. 21.
40. Allocutus est lingua Hebrœa: Saint Paul
leur parla en langue hébraïque, c'est-à-dire
en syriaque. Ad. 20. 11. — 3" Faire ressou-
venir [■ÔTToy.ii/.-jri'jy.îL'j). Sap. 12. 2. Admones
et alloqueris : Vous avertissez et instruisez
ceux qui s'égarent, afin que se séparant du
mal, ils croient en vous, ô Soigneur. — 4° En-
tretenir, parler d'affaire. Canl. 8. 8. Quid fa-
ciemus sorori nostrœ in die quando alloquenda
est: Quand on lui parlera de ses noces, ou
passivement, selon le grec, quand on parlera
de la marier; ce mariage s'entend de la vo-
cation dos gentils à l'Eglise.
ALLOGUTIO, Aïs, 7:upuu.vOlrx. Nom verbal
à'alloqui, qui signifie proprement l'action de
parler ou d'adresser sa parole ou son dis-
cours à quelqu'un : dans l'Ecriture,
Consolation, discours qui sert à alléger la
douleur d'un affligé. Sap. 3. 18. Nec hobebunt
in die agnitionis allocutionem : Les enfants
des adultères, au jour où tout sera connu,
n'auront personne qui les console. Voy. Agm-
Tio. c. 8. 9. Erit allocutio cogitationis : La
sagesse sera ma consolation dans mes pei-
nes, c. 19. 12. In allocutione desiderii : Pour
contenter leur convoitise. Horal. Dulcibus al-
loquiis.
ALLUV'IO, Nis. Du verbe alluere, qui se
dit des rivières ou de la mer, dont les eaux
passent près de quehiue lieu ou arrosent un
pays, et signifie proprement un accroisse-
ment qui se fait peu à peu de ce que la ri-
vière ajoute dun côlé, en étant de l'autre.
Ainsi, Job. 14. 19. Lapides excavant uquœ, et
alluvione terra consumitur : Comme les
eaux cavenl les pierres, et comme l'eau qui
bat contre la terre la consume peu à peu,
ainsi vous perilez l'homme, et il disparaît.
AL.MATH, lleb. Occulludo. — 1" Neuviè-
^01
ALT
ALT
20-2
me fils (le Béchor, fils de Benjamin. 1. Par.
7. 8. — 2° Une ville de la Iribu de Benjamin.
1, Par. 6. 60. On croit que c'est la même
qu'Almon.
ALMON. Ueb. Occultum. Ville de Benja-
min, donnée aux enfants d'Aaron. Jos. 21.
18.
ALOE, ES, àlori. Ce root vient de l'hébreu
ahaloth, (lue les Grecs ont traduit :
Aloès, herbe très-amère, dont le suc s'ap-
pelle du même nom. Cant. i. li. Myrrha et
aloe cum omnibus primis unguentis : La
myrrhe, l'aloès et tous les parfums les plus
excellents se trouvent dans le jardin de l'E-
pouse. Cette plante rend une fort bonne
odeur {-/.prr/.o; , crocus). Prov. 7. 17. Aspersi
cubile meum myrrha et aloe : J'ai parfumé
mon lit de myrrhe et d'aloès. L'aloès résiste
aux vers et à la pourriture; c'est pourquoi
Nicodème s'en servit pour embaumer le corps
sacré de Jésus-Christ. Joan. 19. 39. Ferens
mixturam myrrtiœ et aloes : Nicodème y vint
aussi avec environ cent livres d'une mixtion
de myrrhe et d'aloès. Voy. Myrrha. Il faut
distinguer l'aioé, arbre, et l'aloès, herbe.
ALOHES, Heb. Incantator, père de Sel-
lum. 2. Esdr. 3. 12. Voy. Sellum.
ALPHA et OMEGA. Ces deux lettres signi-
fient en grec le premier et le dernier, par
manière de proverbe, comme chez les La-
lins, prora et puppis; Martial, E[)igr. 1. 2.
Alpha penulatorum : Le premier entre les
pauvres gens.
1° Alpha et Oméga sont la première et la
dernière lettre dans l'alphabet grec. Jésus-
Christ est appelé A et ci, c'est-à-dire le prin-
cipe et la fin de toules choses. Apoc. 1. 8. r.
21. 6. c. 22. 13. Ego sum Alpha et Oméga :
car c'est lui par qui toutes choses ont été
faites, el à qui toutes choses doivent se rap-
porter. Ilom. 11. 35.
2° Jésus-Christesl encoreappelé « etw, pre-
mier el dernier. Apoc. 1. 11. c. 2. 8. c. 22.
13. parce qu'il n'a jamais commencé, et ne
cessera jamais d'êire. Celte façon de parler
marque la divinité de Jésus-Christ et son
élcrnilé. Voy. Novi-isimus.
ALPHJilUS, Heb. Millesimus. — i Père de
saint iMatthieu. Marc. 2 14. Vidit Levi Al-
phœiifilium) serfen^em; Jésus-Christ vitLévi,
fils d'Alphée, assis au bureau des impôts.
2" Père de saint Jacques, apôtre, lequel
fut premier mari de M.irie, sœur de la sainle
Vierge. Matlh. 10. iï. Jacobus Alphœi : iar-
ques, fils d'Alphée. Marc. 3. 18. Luc. 6. 15.
Act. 1. 13. Voy. Cleophas.
ALTAUK, is, 6j(rta(7T/i&tov. Ce mot vient de
l'adjectif a//«s, haut, élevé, et signifiait pro-
prement, chez les Latins, les autels cons i-
crés aux dieux d'en haut; c'est pourquoi on
le-* bâtissait sur des lieux élevés; mais dans
l'Ecrilure il inar(|ue ;
1° Autel sur lequel on offrait des virlimes,
«oit au vrai Dieu. Exod. 29. 36. .'J7. Seplem
Uiebiis expiabis allare : Vous expierez et vous
•.anclifierez l'auiel pendant sept jours. Gè-
nes. 8. 20. c. 12. 7. Matlh. 5. 2V. c. 23. 18.
J9. 20. etc. Soit aux faux dieux. 3. Ucg. 13.
V 1.2. 3. Allure, allare, hœc diril bominus.
Dictionnaire de Puilol. Sacrée, I.
Ce prophète prédit que Josias immolerait
sur cetaulel que Jéroboam avait fait bâtir, les
prêtres mêmes qui y brûlaient des parfums,
et qu'il y brûlerait des os de corps morts ;
car les lieux sacrés étaient souillés par les
ossements dos morts; c'est ce que Josias fit.
2. Par. 3i. 5. 4. Reg. 23. v. U. 15. 16. 20.
2° La victime que l'on offrait sur l'autel.
1. Cor. 9. 13. Qui altari deserviunt, cum al-
tari participant : Ceux qui servent à l'autel
ont part aux oblations de l'autel, sur lequel
on brûlait une partie de la victime, et l'au -
tre appartenait aux prêtres. Hebr. 13. 10.
Habemus allare : Nous avons un autel, sa-
voir, Jésus-Christ immolé sur l'autel de ia
Croix, comme il paraît par le verset 12.
Néanmoins saint Je m Chrysostome et quel-
ques autres Pères l'ont entendu de l'autel où
se fait le sacrifice de lEucharislie. Jésus-
Christ est encore marqué par l'autel sous le-
quel saint Jean vit les âmes des marlyrs.
Apoc. 6. 9. V^oy. Subtus; el par l'autel d'or
qui est devant le trône de Dieu. c. 8. 3. c. 9.
13. et par celui d'où sortit l'Angç. c. li. 18.
3° L'auiel avec le culte et l'exercice de la
religion des Juifs, établi de Dieu sous 1 i
Loi. 3. Reg. 19. v. 10. li. Altaria tua dc~
struxerunt , Rom. 11. 3. snffoderunt. Ces
autels étaient dressés en l'honneur du vrai
Dieu sur les lieux élevés, par la dévotion de
ceux qu'on empêchait d'aller en Jérusalem ;
ce qu'ils faisaient toutefois contre la défense
de la Loi. Jos. 22. 29. Ainsi Ezécliias et Jo-
sias ont bien fait de les détruire, et non pas
Achab et Jézabel, qui le faisaient en hainiî
du culte que l'on rendait au vrai Dieu. 1. Reg.
2. 33. Non auferam penilus virum ex te ah a,~
tari meo : Je n'éloignerai pas entièrement de
mon autel t.us ceux de votre race. Cela s'en-
tend (lu sacerdoce qui a demeuré dans la fa-
mille d'Héli jusqu'à Salomon. Accedere et
ascendere ad allare : Fiùre les fonctions du
sacerdoce. V^oy. Accedere et Ascendere.
k° Le lieu même où se faisaient les sacri-
fices. Ps. 83. k. Allaria tua, Domine : se
L'autel des holocaustes, et l'autel des par-
fums.
5° L'autel avec le culte que les Juifs ren-
daient à Dieu sur l'autel, après l'abolition du
sacerdoce dans la tritiu de Lévi. 1. Cor. 10.
18. Nonne gui edunt hostias, participes siint
allaris • Ceux qui mangent de la victime iui-
mo'ée, ne prennent-ils pas part à l'autel, et
ne font-ils pas profession d'être unis do
religion avec les Juifs?
6' L'auiel et le culte que l'on rend à Dieu
en général. Ainsi Ps. 25. 6. Circumdare al-
lare Dei : S'approcher de l'autel de Dieu.
Ps. 42. V. Introirc ad allare Dei : S'appro-
cher de l'auiel de Dieu. Matth. 5. 23. Ojferre
munus suum ad allare, c'est assister aux as-
semblées des fidèles pour faire sacrifice à
Dieu. Isa. 19. 19. Jîril allare Doiniuiin médit»
lerrœ Mgypli, marque la coa version de l'E-
gypte par la prédication de l'Kvangile.
"i' La partie du rocher où était 1 holo-
causte (jue M.inué et sa femme présentèient
à Dieu, s'appelle autel. Judic. 13. 20. Cuii%
afcenderet flamma allaris in cœlum : Lii
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRCE.
205
namme de l'autel montant vers le ciel; l'Ange
rlu Seiffneur y monta aussi au milieu des
Ilammes. , , . • u *
Outre les autels que les patriarches ont
élevés avant la Loi , il y en a deux fort mé-
morables que Dieu a commande que Ion
bâlît au temps de la Loi, savoir :
i Laulel des holocaustes, qui est décrit,
Exod. 27. Cet aulel, fait de bois de séthim et
couvert d'airain, avait été fait par l'ordre de
Dieu, pour brûler les holocaustes et les au-
tres victimes qu'on offrait; il était posé dans
le parvis et à lair, près de la porte : c'est de
cet autel qu'il est fait mention, 3. Reg. 3. oi.
Surrexit (Salomon) de conspeclu allarxs Do-
mini ■ Salomon s'éleva de devant l'autel du
Seif^neur; et Exod. 20. 26. .Yon ascendes per
nradus ad altare : Vous ne ferez point de de-
grés à mon autel. C'était de peur de quelque
indécence. Exod. 29. 16. Levit. 1. y. 5. 15. et
souvent ailleurs, où le mot A'aulel est n is
sans addition. 11 n'était point permis d'offrir
des sacrifices ailleurs que sur cet aulel, Jos.
22. 29. 1. Par. 21. v. 22. 26, si ce nélait par
un ordre particulier de Dieu, 3. Reg. 18. 30,
ce qui s'entend depuis que le temple a été
bâti ; car auparavant il avait été permis d'en
bâtir d'autres, hors celui qui était à l'entrée
du tabernacle, comme il paraît, Jos. 8. 30.
Judic. 6. V. 2i. 26. 1. Reg. T. 17. c. 2. 33, etc.,
mais à ces deux conditions, que ces autels
seraient faits de terre ou de pierres nouvel-
lement taillées, et qu'on ne les bâtirait point
ailleurs qu'où larche se trouverait, Jos. 8.
31, si ce n'est par un ordre particulier de
Dieu. Judic. 6. v. 2i. 26.
2° L'autel des parfums était destiné à por-
ter les parfums qu'on y brûlait (^vatarriûtcv) ;
il était aussi de bois de sélhim, couvert dun
or très-pur. La forme en était carrée; il était
posé auprès du voile, au dehors du san-
ctuaire, dans le lieu qu'on appelait sai■?^^ où
étaient la table d'or et le chandelier d'or.
Exod. 30. 1. etc. Faciès altare ad adolendum
thymiama, etc. c -37. 25. Fecit et altare thy-
tniamatis de lirjnis setim : Beseléel fit aussi
l'autel des parfums de bois de sélim, etc.
Levit. i. 7. 1. Parai. 6. W. c. 28. 18. Luc. 1.
11. Apparuit Hli angélus Domini stans a dex-
îris allaris incensi : Un ange du Seigneur
apparut à Zacharie, se tenant debout à la
droite de l'autel des parfums; les prêtres,
chacun à leur tour, olTraient, le matin et le
soir, l'encens sur cet aulel : Zacharie était
dans celte fonction quan I l'ange lui appa-
rut. Il est nommé autel d'or. Num. ». 11.
Aec non et altare aureum involvent hyacin-
tfiino vestimento : Aaron et ses fils envelop-
peront aussi laulel d'or d'un drap d'hyacin-
the. Exod. iO. 5. Et altare aureum : El l'au-
lel d'or qui est devant le Seigneur. Levit. i.
18. Ponetque de eodcm sanguine in cornibus
nltaris quod est coram Domino in tabcrnaculo
testimonii : Le prêtre mettra du même sang
Bur les cornes de l'aulel qui est devant le
Seigneur, dans le tabernacle du témoignage.
Voy. TULRIBLLUM.
Il se trouve dans lEcrilure cinq sortes
d'autels.
204
1' Un autel fait de terre. Exod. 20. 2'*. Al'
tare de terra fncielis mihi : Vous me dresse-
rez un autel de terre simple ou de gazon,
sans ornements affectés.
2" De pierres non taillées. Exod. 20. 25.
Quod si altare lapideum feceris mihi , non
œdificabis illud de seclis lapidibus , si enim
letaveris cultrum super eo polluetur : Que si
vous me faites un autel de pierre, vous ne
le bâtirez point de pierres taillées, car il sera
souillé, si vous y employez le ciseau. Dieu ne
voulait pas qu'on lui fit un autel de pierres
taillées , pour éviter les embellissements
qu'affectaient les idolàffes, qui méprisaient
la simplicité naturelle, qui semble plu3
agréable à Dieu.
3'^ De bois de sélhim couvert de cuivre.
Exod. 27. 1. Faciès et altare de lignis setim :
Vous' ferez aussi un aulel de bois de séthim.
V. 2. Et operies illud œre : El vous le cou-
vrirez d'airain, v. 8. Non solidum, sed inane
et caium : Vous ne ferez point l'autel solide,
mais il sera vide et creux au dedans. C'était
l'autel des holocaustes.
i° De bois de séthim couvert d'or très-pur.
Exod. 30. 1. Faciès quoque altare ad adolen-
dum thymiama de lignis setim : Vous ferex
aussi un autel de bois de séihim, pour y brû-
ler des parfums, c. 37. 25, etc. 3. Reg. 6. 20.
22. c. 7. i8. etc.
5'= Autel d'or. Apoc. 8. 3. Data sunt illi
incensa multa, ut dartt de orationibus san-
ctorum super altare aureum : On donna à
l'ange une grande quantité de parfums, afin
qu'il offrît les prières de tous les saints sur
l'autel d'or qui est devant le trône de Dieu.
ALTER, A, UM, ÉTc-sor. Cet adjectif est for-
mé de deux mots grecs, k//oç, £7=^0,-; car on
disait autrefois alterius . ou, selon d'autres,
du mot éolique àXkôzepfoÇf pouràXXÔTpto,-. Il si-
gnifie :
1" Un autre ou l'autre, quand on ne parle
que de deux personnes ou de deux choses
(a>.)T>r). Mallh. 5. 39. Si quis te percusserit in
dextram maxillam tuam, prœbe illi et alte-
ram : Si quelqu'un vous donne un soufflet
sur la joue droite, présentez-lui encore l'au-
tre, plutôt que de vous venger ou de le haïr,
c. 6. 2+. Nemo potest duobus dominis servire;
aut enim unum odio habebit, et alterum dili-
gel ; aut unum sustinebit, et alterum contem-
net : Nul ne peut servir deux maîtres; car
ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'at-
tachera à l'un et méprisera l'autre. Gènes,
i. 19. c. 25. 25. c. 38. 29. c. iO. v. 2. 21.
Luc. 17. V. 3i. 35. etc.
Différentes expressions qui vienneol de ceuc sigai-
ticaliou.
Unum et alterum : L'un et l'autre; ce qui
marque une comparaison d'une chose avec
une autre. Eccl. 7. 28. Ecce hoc inveni unum
et alterum, ut invenirem rationem : Voici ce
que j'ai trouvé, dit lEcclésiaste, après avoir
comparé une chose avec une autre, pour
trouver une raison; c'est-à-dire pour trou-
ver la vérité de celte pensée : S'il se peut
trouver une femme vertueuse. Cela a nu
rapport particulier à Salomon et à ce qui lui
est arrivé, ^'oy. AIulier.
20B
ALT
ALT
206
Aller sermo : Discours rapporté; rapport
qtie l'on fait à un autre. Prov. 17. 9. Qui nl-
tcro sermone repetit, séparât fœderatos, : Celui
qui a fait dos rapports sépare ceux qui
étaient unis. Ces mots, altero sermone, mar-
quent, ou qu'on découvre mal à propos ce
qui a été dit, ou qu'on le rapporte autre-
ment.
2° Second , deuxième [Seùrspoç). Gènes. 27.
£6. Supplantavit me in altéra vice : Voici la
seconde fois qu'il m'a supplanté. Jacob si-
gnifie supplantaleur. c. 30. v. 7. 11. 24. Vo-
cavit nomen ejus Joseph, dicens : Addat mifii
Dominus filium, alterum : Rachel appela son
fils, Joseph, en disant : Que Dieu me donne
encore un second fils. Voy. Joseph. Num. 11.
26. c. 29. 17. Judic. 16. 29. 2. Par. 35. 2V.
Luc. li. 19. etc.
3° Suivant, qui vient immédiatement après ;
ce qui ne se dit guère que du temps. Gènes.
19. 34. Altéra die : Le lendemain {-n liza-opim).
Matih. 27. 62. Altéra autem die : Mais le len-
demain. Levit. 23. 11. 16. Numerabitis ab al-
tero die sabbati...usque ad aller am diem exple-
tionis hebdomadœ septimœ : Vous compterez
depuis le lendemain du sabbat jusqu'au len-
demain du dernier jour de la septième se-
maine. Gènes. 17. 21. In anno altero : L'an-
née suivante, c. 19. 34. Exod. 2. 13. c. 9. 6.
c. 18. 13. etc.
4° Ce qui est à venir, ce qui sera dans la
suite des temps. Ps. 47. 14. In progenie al-
téra : A la postérité. Ps. 77. v. 4. 7. Ut co-
(jnoscat generatio altéra : Afin que les autres
races en aient aussi la connaissance. Ps. 101.
19. Joël. 1. 3.
5° Autre, autrui, le prochain. Rom. 2. 1.
In quo judicas alterum, te ipsum condemnas :
En condamnant votre prochain, vous vous
condamnez vous-même. Tob. 4. 16. Vide ne
tu uliquando alteri facias : Prenez garde de
ne faire à un auire ce que vous seriez fâché
qu'on vous fît. Num. 35. 33. Prov. 17. 5. 1.
Cor. 6.1. c. 10. v. 24. 29. c. 14. 17. etc.
6" Autre, quand on parle de plus de deux
personnes ou <loux choses, alter pour alius.
Gones. .36. 6. Abiil in alteram regionem : Esaù
s'en alla dans un autre pays, en Seïr, où il
avait dès auparavant choisi sa demeure.
Luc. 9. 29. /if facta est dum oraret, spccirs
vidtus altéra: Pendant que Jésus-Christ fai-
sait sa prière, son visage parut tout autre,
quant aux qualités et à la disposition exté-
rieure. Amos. 4. 3. Per apcrturas cxibitis al-
téra contra alteram : L'on vous fera passer
par les brèches des murailles, l'une d'un côîé
et l'autre de l'autre. Le Prophète prédit la
désolation des personnes riches d'entre les
Israélites , sous le nom de vaches (/rnsses ,
lorsque, pour échapper à la fureur de leurs
ennemis, ils devaient s'enfuir par les brèches
des murailles. Exod. 21. v. 18. X). Num. .'{Q.
15. !.• Cor. 12. 9. Galat. 6. 4. etc. Ainsi, altrr
allerius pour alii aliorum. Gai. 6. 2. Aller
nllerius, oncra portale : Portez les fardeaux
les uns des autres. Gr. «)i).>i)iwv.
Expressions fi^uréos qui vifiineiil de ccKe si^'uificalion.
Aller ad alterum, pour alias ad alium :
L'un à l'autre, signifie la liaison ou l'entre-
tien qu'on a avec d'autres. Num. 14. 4. Dixe-
runl alter ad alterum : Ils se dirent les uns
aux autres. Isa. 34. 15. Illuc 'congregati sunt
milvi alter ad alterum : C'est là que les mi-
lans s'assemblent et qu'ils se joignent l'un à
l'autre. Gènes. 11. 3. Dixit alter ad proxi-
mum suum : Ils se dirent l'un à l'autre. 1.
Reg. 10. 12. Alius ad alterum : Ezech. 33.
30. Unus ad alterum : Zach. 8. 21.
Altéra via : Le chemin qui n'est pas droit
et qui détourne de côté ou d'autre, 1. Mach.
2. 22. Nec sacri (icabimus transgredientes legis
mandata ut eamus altéra via : Nous ne pren-
drons point une autre voie que celle que
nous avons suivie, pour offrir des sacrifices
en violant les ordonnances de notre loi.
Le mot aller, pour alius, ne se prend pas
quelquefois dans toute l'étendue de sa signi-
fication, pour tout autre, mais il est re-
streint. Comme Isa. 42. 8. et 48. 11. Gloriam
nieam alteri non dabo : Je ne donnerai point
ma gloire à un autre Le Fils de Dieu et le
Saint-Esprit sont autres que le Père , qui
leur a communiqué sa gloire en l€ur com-
muniquant de toute éternité sa nature divi-
ne. Isa. 45. 6. Ego Dominus, et non est alter :
Je suis le Seigneur, et il n'y en a point d'au-
tre. C'est-à-dire d'autre Dieu que le Père, le
Fils et le Saint-Esprit. Il exclut les faux
dieux, comme il paraît c. 42. 8. Ainsi B.iby—
lone dit qu'il n'y en a point d'autre qu*clle,
c'est-à dire qui soit souveraine. Isa. 47. 10.
Ego sum, et prœter me non est altéra ■ Je suis
souveraine, et il n'y en a point d'autre quo
moi. Rome. 7. 4. Ut sitis allerius : Pour êiro
à un autre; c'est-à-dire à un autre mari.
7° Etranger, qui appartient à un autre
{ù.llÔTpio;). Prov. 5. 20. Quare seduceris fili
mi, et foveris in sinu allerius? Pourquoi vous
laissez-vous séduire à une étrangère , et
pourquoi reposercz-vous dans le sein d'une
autre? c'est-à-dire d'une créature qui n'est
point à vous. Voy. Aliuna. Ainsi Judic. 11.
2- De altéra maire natus es : Vous êtes né
d'une femme non légitime.
8" Etranger, qui n'est point ou de la mémo
famille, ou du même peuple ( ô f^V.j ). Deut.
25. 5. Uxor defuncti non nubct alteri : Lors-
que de deux frères l'un sera mort sans en-
fants, la fenmie du mort n'en épousera point
d'autre que le frère de son mari ou le plus
proche parent, c 17. 15.
9' Etranger, nouveau, inconnu. Isa. 28. 11.
Lingua altéra loquetur ad populum islum :
Le Seigneur parlera désormais d'une autres
manière à ce peuple. Soit que Dieu les me-
nace de leur parler d'une manière qui no
leur plairait pas; soit que, selon l'Hébreu, i|
dût leur parler par des prophètes qui bé-
gaieraient d'ivresse et qu'ils n'entendraient
pas. Haruch. 4. 15.
10" Etranger, qui n'est point naturel, qui
est contre l'ordre établi. Jud. 7. Abeuntrs
post carnem alteram :Cps villes s'étaient por-
tées à abuser d'une chair étrangère. Il parlo
du crinje abominable de Sodotnie.
Il" Etranger, ennemi. Eccli. 11. 6. Mulii
potcnlcs opprcssi sunl valide, et gloriosi tra-f^
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
207
dili siint in mnnus alleromm : Beaucoup de
unissants princes ont été enlièienienl ruinés,
'•t ceux qui élaient dans la gloire ont été li-
vrés eiilre les mains des autres; c'est-à-dire
sont ioit.bés en la puissance de leurs enne-
;„is.Jorem.6. 12. Deut. 28.'32.
ALTERCAUÎ, èciÇît^. Ce verbe vient du
niot citer, et signifie : , , ,^
1° Contester, disputer avec quelqu un [Siu-
léytaOc^i)- Jud. V. 9. Cwn Michael archangelus
cum diabolo disputans altcrcarctur de Moysi
cornore : L'archange Michel, dans la conles-
lali'on qu'il eut avec le diable, au sujet du
corps de Moïse. Le sujet de cette contesta-
tion fut que le démon, qui feignait vouloir
honorer Moïse, entreprenait de le faire en-
.sevelir publiquement, quoiqu'il n'eût point
d'autre dessein que de lui faire rendre des
honneurs divins par les Juifs, qu'il savait
fort portés à l'idoiâlrie : saint Michel, au
contraire, voulut qu'il fût enseveli secrète-
ment et que son corps fût caché.
2° Folâtrer, disputer pour se divertir. Ec-
cli. 9. 13. Non alterceris cum illa in vino : Ne
disputez point avec la femme d'un autre en
buvant du vin; Gr. dutAgo/o/oTr^tv. Ce mot
grec, qui signifie payer son écot , signifie
;iussi se débaucher, faire des repas dissolus,
comme il e>t rendu Deut. 21.20. Comessa-
iiunibus vacal : Cet enfant passe sa vie dans
les débauches :
ALTEKMS, sup. vicibus. Cette sorte d'ad-
verbe, qui vient de l'adjectif allernus, signi-
fie alternativement, l'un après l'autre. Dans
notre Yuigale, il signifie,
L'un avec l'autre. 2. Mach. 15. iO. Sicut
vinum semper bibere , aut semper aquam
conirarium est , alternis autem u(i delecta-
bile : Comme on a de l'éloignement d3
boire toujours du vin, ou de boire toujours
de l'eau, il paraît plus agréable d'user de
lun et de l'autre; Gr., le vin mêlé d'eau est
iîgréable.
ALTILIS, E, (7tTi(7Tèc. Cet adjectif qui vient
(lu verbe alere, nourrir, signifie :
Ce que l'on nourrit avec soin pour le man-
ger,en parlant de la volaille et d'autres ani-
liiaux. Matth. 22. k. Altilia occisa simt : J'ai
l'ait tuer tout ce que j'avais fait engraisser.
3.Ueg. k. 23. Ezech. 39.18.
ALTlTUDO.iMs. Ce nom a plusieurs si-
gnifications : il marque ou la hauteur, ou la
profondeur, tant dans le sens littéral , que
dans le sens figuré.
§ 1". — Iluuleur, d;ins le sens liuérai, ûi-.j.
1" La hauteur d'un corps, considérée l'é-
gard de son élévation au-dessus du rez-de-
chaussée. Gènes. G. 15. Triginta cubitoruni
(dlitudo illius : La hauteur de l'ardie était
ilctrenle coudées. Ps. 94^. 't. Eccli. 1. 2. Dan.
k. v.7. 17. Apoc. 21. 16. cl souvent ailleurs.
Ainsi, Ps. 102. 11. Secunduin ailitudincm
cali a terra .-Autant que le ciel est élevé au-
dessus do la terre. Vjle Isa. 55. 9. Job.
35.5.
2" Grandeur, hauteur de taille, 1. Reg. 16.
7. €. 17. k. Golialfiy allitudinis scx cubitorum
e< pa/mî ; Goliath avait six coudées cl une
palme de haut. Amos. 2. 9,
208
3° Bâtiments fort élevés. Eccli. 50. 2. Tem-
pli eliam alliludo ab ipso fundata est : Simon,
fils d'Onie, a jeté les fondements des édifices
élevés autour du temple; Gr. ini «Otw, c'est
sous lui qu'on a jeté les fondements de deux
édifices élevés autour du temple pour lui
servir de rempart. 1. Mach. 12. 36. Co'jitavit
exaltare allitudinem magnum inter médium
arcis et civitatis : Joniiihns résolut défaire
élever un mur dune très-grande hauteur
entre la forteresse et la ville de Jérusalem.
Ezech. il. 8. Yidi in domo altitudinem : Ju
considérai les chambres hautes qui étaient
autour de cet édifice.
h-" Terre, ou pays plein de montagnes
élevées {£f,ni/.ov ). Ezech. .:6. 2. Euge alti-
tudines sempiternœ in liœreditatem dalœ siint
nobis : Ces hauteurs éternelles des monts d'I-
sraël ni»us ont été données pour notre héri-
tage. Le Pi0|ihète parle de la Judée qui était
pleine de montagnes, qui est appelée, Deut.
32. 13. une terre haute et élevée. F. c. 33.
15. Gènes. i9. '16. Habacuc. 3. 6.
5° Le ciel, ou ce qu'il y a de plus élevé
({;i/wpi«). Rom. 8. 39. Neque altitudo , neque
profundum : Ni tout ce qu'il y a au plus
haut des cieux, ni au plus profond des en-
fers; ni l'élévation de la pros[)érité, ni l'a-
baissement de la misère. Eccli. 43. 1. Altitu-
dinis Firmamcntum pulchritudo ejiis est :
Le Firmament est la beauté du ciel, ou des
corps les plus hauts. F. Ejus.
§ 2. — Hauteur, élévalion, (l:ins le sens figuré.
1° O'gueil, arrogance, élévation. Ps. 55.
k. Ab altitiidine diei limebo? Craindrai -je
l'arrogance de mes ennemis, que leur pro-
spérité rend insolents? F. Dies. L'Hébreu et
quelques éditions grecques joignent ab alti^
tudine avec le verset préfédcnt : Multi bel-'
lanl<:s odversumme, àrzô Z-Lov;, desuper : Mes
ennemis viennent en foule m'allaquer par
en haut. Isa. 2. 17. Altitudo virorum: L'élé-
vation des grands, c. 10. 12. c. 37. 23. Jerem.
i8. 29. Ezech. 31. iO. A quoi se rapporte
l'orgueil de la science humaine. 2. Cor. 10.
5. Et omncm altitudinem extollentem se ad~
versus scienliam Dei [ ûi^&jpia ) : Nous détrui-
sons les raisonnements humains, et toute la
vanité de la sagesse qui s'élève contre \n
science de Dieu.
2" Puissance, autorité, rang élevé ( ûi^ïjXoi,
sublimes). Isa. 2'i-. k. Infirmata est altitudo
populi terrœ : Tout ce qu'il y a de grand
parmi le peuple est dans l'abaissement, c.
58. IV. Suslollam te super alliludines terrœ :
Je vous élèverai au-dessus de ce qu'il y a de
plus élevé sur la terre ( àya-Où bona). Ps. 11.
9. Ezech. 19. 11. c. 31. v. 3. 5. Rom. 8. 39.
Ainsi , Jerem. 17. 12. Solium gloriœ altitudi-
nis à principio ; Le trône de la gloire du Sei-
gs^.cur est élevé dès le commencement; l'élé-
vation du trône de Dieu marque sa souve-
raine puissance.
§ 3.— i'iofondeur, clans le sens liUéral, pàOoî.
Profondeur, la troisième dimension dos
corps, quand on la regarde au-dessous du
rez-de-chaussée. Malf. 13. 6. Non habebat al-
titudincm terrœ : La terre où était la se-
mence n'avait pas de profondeur Marc. h. 5.
203 ALT
ALT 2i0
San 10 19 Ab aUiludinc infcrorum edaxit AUior fait universo popido ah humera et sur-
ilhs: La sagesse a retiré les Israélites du sum : Saiii parut plus grand que tous les au-
fond des abhnes au passage de la mer Pxougo; 1res de toute la léle, Gr. ôyôj^rj.
Gr elle a rejeté morts l.urs ennemis du fond 3 Haut, élevé, ce qui a quelque degré
des abîmes. Habac. 3. 10. Allitudo manus d'excellence et d'élévation en quelqu;^ cho>e
siuis levnvit : L"abîme a ékvé ses bras; que ce soit. Job. -So. o. Conlemplare œtheyn
c'est-à-dire, ses eaux, pour donner pas- (/uod ultior te sil : Cou[emp\ez combien les
sage aux Israélites. cieux soûl plus hauts qu3 vous. Elm lemoi-
De là vient cette expression mélaphori- gne à Job que s'il veut considérer combiou
qye . le ciel est plus élevé qu > lui , il jugera aise-
v'cnire in allitudinem maris : Tomber dans ment que Dieu étant sans comparai.soii plus
la profondeur de la mer; c'est-à-dire dans élevé que tous les cieux , la i>iele, m 1 im-
un abîme de misère. Ps. 68. 3. Veni in alti- piété des hommes ne peut m nuire m sernr
tudinem maris. à Dieu, dont l'Etre infini est absolument in-
dépendant des crealure«.
§4.-Profondeur, dans le sens figure, E.9o;. ^o {j^^.j.^ escarpé («/.oiTouo,-). Sap. H. V.
1° Profondeur des iugeme:ils et des se- Jnvocaverunt te,ei data'esl illis nqua de pelra
crets de Dieu. Rom. 11. 33. 0 altiludo divi- altissima : 11 vous ont invoqué, et vous leur
tiariim sapienliœ et scienliœ Dei : O profon- avez fait sortir de î'eau du haut d'un rocher,
deur des trésors de la sagesse et de lasience Le mot grec ùy.pozouo; signifie escarpé, sec,
de Dieu. On explique onlinairemenl en ce fort dur; c'est pourquoi il est rendu dans
si'us le passage du" psaume 11. 9. Srcundum cette signification , Deut. 8. 15. Edaxit rivos
altitudinem tuam multiplicasli fdios homi- c?e pe/ra du/Kssjma ; Il a fait sortir drs ruis-:
num : Vous avez, selon la profondeur de seaux de la pierre la plus dure. 11 semble
votre sagess '.multiplié les enfanls des hom- que Moïse veut relover le miracle par la dû-
mes; c'est-à-di-e le grand nombre de mé- reté de la pierre d'oîi l'eau est sortie.
chants dont les justes sont environnés : né- o"" Sublime, relevé, difficile à comprendre
an!i;oins le Grec porte -Z-lo; hauteur, ce qui ( xa/s-ô,- ). Etcli. 3. 22. Altiora te ne quœsie-
significrait que Dieu, par la grandeur de sa ris : Ne recherchez point ce qui est au-des-
puissance et de sa bonté, a soin de conser- sus de vous ; la curiosité et le désir excessif
ver ceux qui lui appartiennent. V. Mllti- de savoir, est tout à fait contraire à l'Esprit
PLiCARE. de Jésus-Christ. Le Sauveur est venu dans
2" Science profonde, en mauvaise part, le monde, non pour éclairer Pespril par de
Apoc. 2. 2i. Altitudines Satanœ : Connah- hautes connaissances, mais pour les assu-
sa'nces secrètes et cachées venant de Satan, jettir à l'obéissance de la foi. Rien ne suffit à
que ses ministres, tels qu'étaient les gnosti- l'avidité de la sience ; mais peu suffit à une
ques, appelaient sciences pro/bnf/cs. Qui non âme humble qui ne demande de lumière
cognoverunt altitudines Satanœ , quemad- qu'autant qu'il en faut pour discerner le bien
modum dicunt : Qui ne connaissent point les d'avec le niai , et pour conduire ses pas dans
profondeurs de Satan, qu'ils appellent une la voie de Dieu.
profonde science. Ces faux prophètes appe- 6" Grand, élevé, selon le monde, ce qui
laient leurs prétendus mystères, des profon- paraît au-dessus du commun. Luc. IG. 15.
deurs; mais l'Esprit de Dieu ajoute que c"é- Quod hominibus altum est, abominatio est
laient des profondeurs de Satan. antc Deum : Ce qui e;-t grand aux jeux du
ALTRINSECUS , hip'j>hvj. Cei adverbe est monde, est en abomination devant Dieu,
composé de l'adjectif alter, et signifie, de Rom. 12. 16 iS^on alla sapientes, sed humili-
l'autre côté, ou des deux côtés : dans l'Ecri- bus consentienles : N'aspirez [ oint à ce qui
lure il signifie: est élevé; mais accommodez- vous à ce qui
De côte et d'autre, vis-à-vis l'un de l'autre, est de plus bas et de plus humble. Ps. 137.
Gènes. 15. 10. Utrasque partes contra se al- 6. Humilia respicit , et alla a lonije co-
trinsecus posuit: Abraham mit les deux par- gnoscit : Le Seigneur regarde favorabiement
ties qu'il avait coupées vis-à-vis lune de ce qu'il y a de plus rabaissé et de plus petit
l'autre; en laissant un espace pour passer dans le monde, comme il en avait u-é à l'é-
entre deux, selon l'.incicnne manière de gard de Daviil, en le retirant de la garde di-s
jurer une alliance. Levil. 2'i-. 6. Senos altrin- troupeaux pour le placer sur le trône, ilii rc-
fecus super mensam statues : Vous exposerez jette au contraire, et regarde comme de loin
les pains l'un sur l'autre sur la table, six ce qui parait grand, et les personnes les
d'un côté et six de l'autre. 3. Reg. 6. 3i. i. plus élevées; ainsi qu'il en avait usé envers
t^ar. 9. 18. i^aiil, roi d'Israël. Rom. 11.2). Nolinltumsa-
ALTUS, A, LM, jf-fM;. Ce nom adjectif pe/c, serf rj/;ie .■ Piencz garde de vous élever,
vient de l'Hébreu j//ia/a/i, monter, s'élever, cl mais tenez-vous dans la crainte, ^'oy. Sa-
^igni^e : père. De là viennent ces phrases qui mar-
1 Haut, élevé, ce qui se dit d'un corps quenl ce qui est haut, fier, orgueilleux :
considéré selon son élévation. Prov. 17. 16. Exlollcr.c in altum cornu .<;j<»m ; Elever sa
Qui altnm facit dnmum suam, quœrit rui- tcle avec insolence. Ps. 7V. 6. .\ alite extol"
unm : Celui qui élève sa maison bien haut,, Icre in altum cornu testrwn : Ne vous élevez
en cherche la ruine. Gènes. 7. 20. Exod. 2"). f.oint insolemment contre le ciel. Voy. Cornu.
25. 1, Machab. V. 60. c. 13. 27. elc Ainsi : l'alpebrœ in alla surreclœ. Les paii-
2 Grand, de haute taille. 1. Reg. 10.23. pières élevées marinent la fierté cl l'iiis^'-
2H
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
212
lence de ceux qui ivg.irdenl les autres avec
hauteur. Prov. 30. 13. Voy. SuiiKECTus.
ALTISSIMUS, I, le Très-Haut ,>rtTro;. Ce
nom pris substanlivement est un des noms
«le Dieu, qui ré'pood à IHchreu Elion, dont
les Grecs ont faitw/to,-, le soleil, que les
jiaïens adoraient comme le dieu souverain.
1° Un Dieu en trois personnes. Gènes, li,
iS. Eral sacerdos Dei Altissimi :Me\ch\sé-
<ii'ch était prêtre du Très-Haut, non pas selon
l'ordre d'Aaron , parce que le sacerdoce de
l'ancienne loi devait être aboli par celui de
Jcsus-Christ,donlMelchisédechét.iil la figure,
comme saint Paul le montre, Heb. 7. 1. et
suiv. Isa. li. 14. Similis eru AUissitno :Se
serai semblable au Très-Haut. Voy. Lucifer.
Num. 2Ï.16. DeuL 32. 8. Job. 31. 28. et sou-
vent dans les Psaumes et dans l'Ecclésiasti-
que. Ps. 98. 9. Altissimum posuisti refugium
tuum : Vous avez choisi le Très-Haut pour
votre refuge. Dan. i. 21. 31. Luc. 6. 35. etc.
2° Dieu le Père. Luc. 1. 32. Filius Allissimi
vocabitur: Il sera appelé le Fils du Très-
Haut; Jésus-Christ étant fait homme, devait
être Fils de Dieu le Père par nature ,
comme il l'a été de toute éternité, v. 33. Vir-
tus allissimi obumbrabit tibi :La vertu du
Très-Haut vous couvrira de son ombre. Le
Père qui a engendré son Fils dans lui-
même , l'engendre comme homme dans le
sein de la Vierge Marie, c. 8. 28.
3° Jésus-Christ, Fils de Dieu. Luc. 1. 76.
Proplieta Allissimi vocaberis : V^ous, petit en-
fant, vous serez appelé h prophète du Très-
y/auf .Saint Jean a été proprement le pro-
phète du Fils de Dieu fait homme ; car il est
venu pour prédire sa venue, et pour prépa-
rer les esprits à le recevoir; néanmoins, la
plupart des interprètes rentcndcnt de Dieu
l'n trois personnes, qui l'a envoyé pour pré-
parer les voies du Seigneur. Jésus-Christ est
véritablement dit prophète du Très-Haut en
ces deux s^ns. Malach. 3. 1.
\LTLM, I. u^oj. Ce mot pris substantive-
ment, signifie:
1" L'air. Job. 39. 18. In altam alas erigil :
Lorsqu'on vient pour prendre l'autruche,
elle élève en haut ses ailes, non pour voler,
niais pour courir; car elle ne se sert de ses
ailes que pour courir quand le vent lui est
favorable. Judic. 20. 38. Prov. 2G. 2. Eccli.
27. 28,
2° Le ciel. Ephcs. i. 8, Aseendens in allum,
eaptivam duxit caplivilalem : Jésus-Christ
étant monté au ciel, il a mené captive une
grande multitude de captifs. Voy.CAPTiviTAS.
Ps. Ii3. 7 Emilie manum luam de alto : Faites
éclater du haut du ciel voire main toute-
puissante. Ps. 112. 5. Ps. 92. 4. Mirabilcs
elaliones maris, mirabilis in allis Dominus :
Les soulèvements de la mer sont admirables ;
mais le Seigneur qui est dans les cieux, est
encore plus admirable. Ps. 1V3. 8. Luc. 1.
78. c. 24. 49. Ainsi : Extendere manus in al-
ï"m ; C'est élever ses mains vers le ciel. Ec-
cli. 51. 26. Voy. Exlcndcrc. De là vient aussi
(dlissimu, orum : Le plus haut des cicux.
Matlli. 21. 9. Ilosunna in (dlissimis :'6a\[ii et
gloire, soit au Fils de David, au plus haut
des cieux; ces peuples reconnaissaient que
celui à qui ils rendaient ces honneurs était
levrairoidesJuifs. Luc. 2. 14. Voy. Excelsa ;
ainsi, Ps. 70. 19. Polenliam tuameljustiliuin
tiHim, Deus, usque in altissima: Et que j'élève
jusqu'aux cieux votre puissance et votre
justice dans les grandes choses que vous
avez faites. Sap. 9. 17. Eccli. 24. 7. c.
26. 22.
3 Un char de triomphe. Ps. 67. 19. Ascen-
disli in altum, cepisti captivitatem : Vous
êtes monté en haut sur un char élevé; vous
avez emmené un grand nombre de captifs.
Le Prophète, selon le sens liltéral, représente
Dieu coma;e un victorieux, qui triomphe, et
qui mène après lui un grand nombre de cap-
tifs; c'est-à-dire tous les peuples qui avaient
clé vaincus par la présence de l'arche; mais
ce triomphe était la figure des mystères que
saint Paul explique, Ephes. 4. v. 1. 8. 9. 10.
4" Un trône élevé. Ps. 7. 8. Propter lianc^
in allum regredere : En considération de cette
assemblée, remontez en haut sur votre trône
élevé, pour juger ma cause conire mes enne-
mis : dans la vue de cette assemblée des
peuples qui doivent un jour chanter Vi)s
louanges, lorsque l'innocent sera délivré des
mains de celui qui le voulait opprimer, re-
montez sur le tribunal, d'où il semblait que
vous fussiez descendu, et faites connaître que
vous êtes le Seigneur universel, et le Juge
do tous les peuples.
ALTUS, A, L'M, j3a9j,- , profond. Ce nom
adjectif a une autre signification, qui paraît
tout opposée, quoiqu'elle ne le soit pas; car
ce qui est profond à l'égard de ceux qui sont
au-dessus, esi haut à l'égard de ceux qui sont
en bas.
1° Profond. Joan. 4. 11. Puteus altus est :
Le puits est profond. Sip. 4. 3. c. 16. 11. 2.
Macb. 1. 19. d'où viennent ces expressions,
Defigere, ou fodere in altum : Enfoncer ou
creuser avant dans la terre. Eccli. 12. 11.
Luc. 6. 48. et dans le sens moral, ce qui est
profond, impénétrable. Ps. 63. 8. Accedet homo
ad cor altum : L'homme entrera dans le plus
profond de son cœur; ce cœur profond mar-
que une malice cachée. Gr. et pour ad ; Accc'
det homo et cor allum : suppl. illi eral. Eccl.
7.25. Altaprofundilas,quisinveniet eam? Oh!
combien est grande la profondeur de la sa-
gesse, et qui la pourra sonder? Voy. profun-
uiTAS. Sap. 4. 3. c. 16. 11. Ainsi, Allissima
paupertas ; C'est une pauvreté épuisée et
poussée à bout ; c'est-à-dire une très-grande
pauvreté. 2. Cor. 8. 2. La métaphore se tire
d'un vase épuisé jusqu'au fond.
2" Profond, caché, obscur. Isa. 33. 19. Po~
pulum impudentem non videbis, populum alli
sermonis : Vous ne verrez plus un peuple im-
pudent, un peuple obscur dans ses discours :
ce peuple sont les Assyriens, dont les Juifs
n'entendaient pas le langage.
ALTUM, 1. ^xOoç. La haute mer. Luc. 5.
4. Duc in altum : Avancez en pleine eau. 2.
Mach. 12. 4. Cuni in allum processissenl ,
submcrscrunt non minus duccnlos : Lors-
qu'ils furent avancés en pleine mer, ceux de
J'»ppé on noyèrent environ deux cents.
sj:
AlV
.AM\
Zli
'VLVA ou ALVAN , Heb. Ascensus ejus.
Premier fils de Sobal, de la race d'Esaii. II
tut le second duc d'Idumée, et succéda à
ïhamna. Gen. 36. v. 23. kO. 2. Par. 1. 51.
ALVEUS, 1. xÙTo?. Ce mot qui vient d'a/-
vus, parce que le lit d'une rivière en est
comme le ventre, signifie,
1" Un canal, le lit d'une rivière. Jos. 3. 17.
Omnis populus per arentem alveutn transibat :
Tout le peuple passait au travers du canal
qui était à sec (Hrj^à, «?). k. Reg. 3. 16. Fa-
cite alveum torrenlis hujus fossas el fossas, i.
c. in alveo torrentis multas fossas : Faites
plusieurs fossés le long du lit de ce torrent :
ainsi, v. ll.Alveus iste replebitur aquis : Ce
canal sera rempli d'eau {yjiuv.àfov;). Isn. 19.
7. Nudabilur alveus rivi a fonte suo . Le lit
des ruisseaux sera sec à sa source même. Les
prairies qui sont le long de la rivière, et à
son embouchure sécheront : le prophète dé-
crit d'une manière poétique, la désolation de
l'Egypte. Jos. 3. 15. c. k. v. 3. 8. 9. 18. 20.
Isa. 27. 12. Ezech. 39. 12.
2" L'eau de la rivière, ou la rivière même
(tzozxuôç). Exod. 2. 5. Puellœ ejus gradiiban-
iur per crepidinem alvei : Ses filles allaient le
long du bord de l'eau : il parle de la prin-
cesse, fille de Pharaon.
ALVEOLUS, I. TZK'^yj, Vas ligneum conca-
vum. Ce mot, qui est un diminutif d'alveus,
signifie dans les auteurs latins, une auge, un
damier, et d'autres vases creux : ainsi dans
l'Ecriture c'est un vase creux, propre à faire
cuire de la viande. Dan. i'*. 32. Inlriverut
panes in alveolo : Le prophète Habacuc avait
apprêté du potage qu'il mit dans un vase ;
si ce vase n'était point le pot où il avait fait
le potage, ce pouvait être un plat, un bassin,
ou un chaudron : mais le mot Grec signifie
un vaisseau creux qui est de bois.
ALUMNUS, I. zrA-^iuo;. Ce mol qui vient
du verbe alere, nourrir, signifie un nourrisson
ou un élève, qui est nourri, instruit et élevé
par quelqu'un. Num. 32. l'i. Vos surrexistis
pro patribus veslris, incremenla et alumni ho-
minum peccatorum : Vous avez succédé à vos
pères, comme des enfants et des rejetons
d'hommes pécheurs : c'est un reproche que
Moïse faisait aux Juifs {'jîjdz^-iiij.v., turba).
ALUS, Heb. Commistio. Un lieu dans le dé-
sert d'Arabie, où les Hébreux firent leur
dixième campement, ^'um. 33. v. 12. 13.
ALVUS, y.'jàiy.. Ce nom vient du verbe
e/uere, laver , nettoyer , parce que c'est du
ventre que les excréments s'écoulent.
Le ventre, la partie de l'animal, qui, dans
sa capacilé, enferme les entrailles ( t les in-
testins. 2. Par. 21. 18. Percnssit euin Dominiis
(dyi lanfjuore insanabili : Dieu frappa Jorani
d'une maladie incurable dans les entrailles.
Judic. 3. 22.Voy.SECRETUM. De là vient />t<r-
(jare alvum, qui signifie on latin, se purger,
|)rendre médecine; mais dans rE< ritnre, il
inar(|ue simplement, aller à la selle. Juilic.
3. 2V. Forsilan purijnt nlvian : Le roi a pi ut-
être quelque besoin : ce que les Hébreux ex-
priment par tcfjere pcdcs : Couvrir ses pieds ;
expression honnête pour signifier la niêinci
chose ( -T/iof ôi'fpo'jç AùOrtxv.'f ad sellas scdct).
AMAAD, H'-b. Populus testimonii. Ville et
forteresse delà tribu dAser, bâtie par Ama-
thus, fils de Chanan. Jos. 19. 26. Saint Jérôme
l'appelle Amnth.
AMADATH, Heb. Conturbans legem. Père
d'Aman, de la race des Amaléciles. Esth. 3.
V. 1. 10. c. 9. 2i. etc.
AMAL, Heb. Labor. Quatrième fils d'He-
lem. 1. Par. 7. 'J5.
AMALEC, Hebr. Populus lambens. 1° Le
fils d'Eliphaz, fils d'Esaii, qu'il eut d'une
femme nommée 7'/ia»ma. Gènes. 36. 12. Erat
autem Thamna concubinaJEliphaz, filii Esaii,
quœpeperit Amalec. v. 16. 1. Par. i. 36. C'est
de lui que viennent les Amalécitrs.
2" Les Amalécitps, peuple qui habitait au
midi de la terre de Chanaan. Num. 2i. 20.
Principium gentium Amcdec ; Amalec a été
le premier des peuples qui ont attaqué les
Israélites à leur sortie de l'Egypte. Exod. 17.
V. 8. 3. 20. etc. ainsi, v. 12. Fugavitque Jo-
sue Amalec , et populum ejus in ore gladii :
Josué mit en fuile les Amaléciles el les trou-
pes qui étaient venues à leur secours, et les
fit passer au fii de Tépée. C'est dans celle oc-
casion que Moïse, en levant les mains au
ciel, rendait les Israélites victorieux; mais
lorsqu'il les abaissait un peu, les Amaléciles
avaient l'avanlage.
AiMALEClTES, x., Idem. Un Amalécile qui
est du pays des Amalceites. Gènes. lY. 7.
Percusserunt omnem regioncm Amnlccilurum :
Chodorlahomor et les rois de son parti, ra-
vagèrent lout le pays des Amaléciles. Num.
H. v. 23. i3. 45. eic.
AMAN, Hebr. Mater ou limor corum. Nom
de lieu de la tribu de Juda Jos. 15. 26.
AMAN, Heb. Conturbans. Aman fils d'A-
madalh, premier ministre d'Assuérus, cl son
plus grand favori, éiail de la race d'Agag, ce
roi des Amaléciles qui fut mis en pièces par
Samuel, cl Ma<édonien d'origine : ce qui
n'est pas incompatible, parce (ju'ii s'est pu
faire qu'Aman élail descendu d'Agag, du côté
de son père ou de sa mère,el qu'il ét.iil Ma-
cédonien de l'autre côté : d'ailleurs il peut
être arrivé fort aisémenl que les restes des
Amaléciles, après celle défaite générale, el
ce grand carnage qui en fui fait sous le rè-
gne de Saùl, s'élaiit enfuis et dis[)erscs de
toutes parts dans les provinces, ceux qui
étaient les ancêtres d'Aman soient venus s'é-
tablir dans la IMacédoine. Son histoire est
rapportée au long dans le livre d'Eslher, de-
puis le chapitre 3. jusqu'à la fin.
AMANA, Heb. Fides ou veritas. Nom d'une
montagne, (jue plusieurs croientêire la même
que le mont Amanus , qui sépare la Syrie
de la Cilicie; mais d'autres croient que c'est
une des montagnes (jui compuscnl le mont
Liban, Cant. k. 8. Veni de Libano, reni, co-
ronaberis de capite Amann : Venez , mon
l'épouse, venez du mont Liban, vous serez
couronnée de fleurs, qui seront cueillies sur
le mont Amaiia; d'autres niellent les deux
points après coron<d)cris , cl sous entendent
tcni, venez de la pointe du mont Amana :
ces paroles s'entendent figurcmcnt de la vo-
cation des Juifs cl des gealils à la foi de Je-
il;
DiCTIONN-NAïaE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
216
"1 sus-Christ, qui appolle son Epouse, qui esl
l'Eglise, composée de ces deux peuples.
AMARE, (pàtâ, àyarâv. Ce Verbe peut être
lire du Grec «u«w , Congrcgo ; parce que l'a-
luilié n'est autre chose qu'une union de
cœur, et signifie aimer passionnément, dans
les bons auteurs latins", qui le distinguent
(le diligere, pour marquer le plus el le moins,
quoique Térence semble dire le contraire;
mais dans l'Ecriture, ces deux mots sont
synonymes.
1° Aimer, avoir de l'affi clion pour quel-
que chose. Matlh. 10. 37. Qui amai patrem aut
matrem plusquam me, non est me dignits : Ce-
lui qui aime son père ou sa mère [lus que
moi, n'est pas digne de moi. Vi)y. Supkr.
Apec. 3. 19. Ego quos amo,arguo, el castigo :
Je reprends et cliàlie tous ceux que j'aime.
Gènes. 25. 28. c. 29. 32. c. 37. i. eic. Ainsi
Oeut. 11. 1. Ama ilaque Dominum Deum
luum : Aimez donc le Seigni-ur votre Dieu.
Phrases liiées de celle sigiiificatioii.
Amare animam suam : Aimer sa vie; c'est-
à-dire les coujmodilés de la vie, el les pré-
férer à son salut, el à l'amour qu'on doit à
Dieu. Jean. 12. 25. Qui amat animam suam,
jierdet eam : Celui qui aime sa vie la perdra.
Voy. Diligere.
2° Aimer quelque chose passionnément, et
d'une manière déréglée. Eccli. 10. 10. Ni/iil
est iniquius quam amare pecuniam : Il n'y a
rien de plus injuste que d'aimer l'argent;
rattachement au bien est un vice détestable,
qui est la source do tous les maux. 2. Reg.
13^. k. Thamar sororem fralris met amo : J'ai
pourïbaraar, sœur de mon frère Absaloni,
une passion ardente. Judie. 16. k. Prov. 21.
17. Eccl. 5. 9. I>a. oG. 10. Voy. Sommum. 2.
Petr. 2. 15. Voy. Adamare. On peut rappor-
ter à celte signification l'amour qu'on a pour
des choses nuisibles et pernicieuses. Eccli.
.*J. 27. Qui amat pcriculum, (rem periculosam)
peribil in illo.
3° .\fFecter quelque chose, la souhaiter avec
«•mpressementet avec ostentation. Matlh. 23.
6. Amant primas recubitus in cœnis : Les do-
cteurs de la Loi, elles pharisiens aiment les
premières places dans les festins, el à être
salués dans les places publiques, c. 6. 5. Luc.
20.46. 3. Joan.9.
AMABILIS, E. Iw.Tu.irj;. 1° Aimable, qui a
des qualités qui attirent l'amilic; digne d'è-
Ire aimé (riyarrfl^-Évo,-). 2. Reg. 1. 23. Saul et
Jonalhas amabiles : C'était des personnes si
aimables, v. 26. Amnbil s super amorem mu-
lierum : Jonalhas méritait d être aimé de l'a-
mour le plus passionné. Eslh. 2. 15. Eccli.
20. 13. Ainsi, Soph. 2. 1. Gens non amabilis :
Peuple indigne d'élre aimé, Heb. sans affec-
tion. Gr. (xnuLOc-Jroç) sans règle et sans dis-
cipline : de là vient cette phrase.
yir amabilis ad societatem : Un homme
dont la compagnie est agréable, et qui esl
propre à entretenir l'amitié (èrulf^o;). Prov.
18. '2k. Tir amabilis ad societatem vuigis ami-
Ciis erit quam frater : L'houjinc dont la so-
ciélô est agréable, sera plus aimé que le
frère : Hobr. L'homme qui a des amis, doit
bien tuUivcr leur amitié; car il y a tel ami
qui vaut mieux qu'un frère
2' Ce qui rend aimable, ce qui est bien
reçu el approuvé [-oo^rcfà-^;). Phil. 4. 8. De
cœtero, fratres, quœcunque sunt.... amabilia...
hoc cogitate : Enfin, mes frères, que tout ce
qui vous peut rendre aimables soit l'entre-
tien de vos pensées. Eccli. 15. '13.
3° Qui esl aimé de quelqu'un ; ainsi Salo-
mnn était appelé, amabilis Domino; parce
qu'il était aimé de Dieu. 2. Reg. 12. 25. Et
vocavit nomen ejus, Amabilis Domino, eo quod
diligeret eum iJominus : Le Seigneur donna à
l'enfant le nom d'Aimable au Seigneur, parce
que le Seigneur l'aimait. Heb. Jedidiah,.lma-
tus Deo.
AMANS, Tis. Ce participe actif signifie qui
aime, qui a de l'amilié; mais il devient nom ;
outre sa signification ordinaire, il marque
dans I Ecriture : 1" Un amant, ou une amante,
qui eslmariabie (xa-a).-jwv , delicatus). Ezech.
16. 8. Eccc tempus tuiim, tempus amanlium ;
Heb. Icmpusanwrum : yai vu que le lemps
où vous étiez, était le temps d'être aimée. Le
Prophète compare Jérusalem à une pauvre
(llle toute sale el vilaine; c'est-à-dire plon-
gée dans le péché, que Dieu néanmoins, sous
la figure dun auiant , choisit pour son
épouse. Voy. Sanguis.
2' Cher, chéri, bien-aimé (r;y«7r/3|7.£vo?).Deul.
33. 12. Anianlissimus Domini habitabit confi-
denter in eo : Benjamin est le bien-aimé du
Seigneur, il habitera en lui avec confiance ;
c'est la bénédiction que Moïse donne à celte
tribu : car comme Benjamin fut aimé tendre-
ment de Jacob; Moïse témoigne que celte
tribu sera très-particulièrement aimée de
Dieu, et qu'il y établira sa demeure : ce qui
s'entend du temple si fameux de la ville de
Jérusalem. Isa. 44. 9. Amantissima eorum not%
proderunt eis; Heb. desiderabilia eorum : Ce
qu'ils chérissent, leurs ouvrages les plus es-
timés ne leur serviront de rien. Ce prophète
parle des artisans d'idoles. Osée, 9. 16. Inter-
ficiam amantissima uteri eorum; Heb. deside-
ria : Je ferai mourir leurs enfants pour
qui ils auront le plus de tendresse, ri/.-^a
Voy. Utérus.
3° Excellent , très - agréable {èTzi(tj;jLvrô;).
Amos. 5. 11. Vineas plantabilis amantissimas
(Heb. amœnissimas), et non bibetis vinum ea~
rum : Vous ne boirez point du vin de ces
excellentes vignes que vous avez plantées.
AMARIAS, JE. Heb. Dicit Dominus. Nom
propre de plusieurs hommes qui ont été —
l"Un grand prêtre, fils de Mérajolh, et père
d'Achitob. 1. Par. 6.7.52.- 2^ Un autre
grand-prêtre, fils d'Azarias el père d'un au-
tre Acbilob. 1. Par. 6. 11. 1. Esdr. 7. 3. —
3 Un lévite, fils d'Hébron. 1. Par. 23. 19. —
4 Un autre lévite, fils de Jériau 1. Par. 24.
23. — 5" Un grand-prêtre du lemps de Josa^
phat. 2. Par. 19, 11. — 6" Un lévite du temps
d'Ezéchias. 2 Par. 31. 15. — 7''Undeceux qui
avaient épousé des femmes étrangères. 1.
Esdr. 10. 42. — 8' \]i\ de ceux qui signèrent
l'alliance du temps de Néhémias. 2. Esdr.
10. 3. — 9' Un habitant considérable de Jéru-
salem, fils de Sapbatias, de la tribu de Juda.
2. Esdr. 11. 4. — 10 Un prêtre, chef de sa
in?
AMA
AMA
2>ffï
f.imille, qui revint avec Zorobabel à Jérusa-
lom. 2. Esdr. 12.2.— 11° Le bisaïeul de
Sophonie. Soph. 1. 1.
AMARUS, A, UM Tziy.pô;, «, ôv. Cc uotn ad-
jectif vient de l'Hébreu mara, amer, amer-
tume, d'où se forment plusieurs significa-
tions métaphoriques, par rapport à ce qui
est amer au goût.
1-^ Amer, âpre au goût. Prov. 27. 7. Ani-
ma esuriens etiam amarum pro dulci sitmet :
Celui qui est pressé de la faim, trouvera
même doux ce qui est amer : l'appétit fait le
meilleur assaisonnement des viandes. Exod.
15. 23. 2. Reg. 19. 35. Judith. 5. 15. etc.
Ainsi, Jac. 3. 11. Aquaamara, de l'eau salée.
Voy. Emanare.
Phrase Urée de celle première significaiion.
Bibere potidnemamnram : Boire un breu-
vage amer : c'est soulfrir, être affligé. Isa.
2i. 9. Amai'a erit polio hibcnlibus illam :
Ceux qui boiront, trouveront de l'amertume
dans leur breuvage ; ceux qui sont dans
l'affliclion ne goûlent point ce qu'ils man-
gent et ce qu'ils boivent.
Ponere nmarum in dulce, et dulce in ama-
rum : Faire pns^er pour doux ce qui est
amer. Isa. 5.20. Ponenles amnrum in dulce^
et dulce in amarum : faisant passer pour doux
ce qui est amer, et pour amer ce qui est
doux: le prophète reprend la corruption du
cœur de ceux qui rendent le vice agréable et
la vertu odieuse.
Esse amarum quasi absynthium : Etre amer
comme de l'absj nlhe : c'est être pernicieuK
et affligeant. Prov. 5. k..Novissitna illius
amara quasi absynthiuyn : La compagnie de
la prostituée paraît d'abord agréable; mais
cette satisfaction est suivie dcdouleurs aniè-
reset de regrets cuisants.
Dans le sens figuré.
1* Amer, fâcheux, désagréable. Eccli.il.
1. 0 mors quam amara est memoria tua ho-
inini pacem liabenti in substanliis suis : 0
mort, que ton souvenir est amer à un hom-
me qui vil en paix au milieu de ses biens 1
1. Reg. 15. 32. k. Reg. U. 26. etc. ainsi,
Eccli. 29. 32. ilmaro audire : Entendre des
discours désagréables : Potabit ingrates et
ad hœc amara audiet : Il donnera à boire et
à manger à des ingrats, et après cela même
il entendra des discours désagréables.
2° Amer, misérable, affligeant. Eccli. 30.
17. Melior est mors quam vita amara : La
mort vaut mieux qu'une vie amère ; ceux qui
n'écoulent que les sentiments de la nature,
aiment mieux mourir que de traîner une
vie languissante; au lieu que cet état d'af-
lliclion serait pour eux le plus grand des
biens, s'ils s'en servaient, comme la foi le
leur devrait apprendre, pour faire pénitence
de leurs péchés, pour apaiser la colère de
Dieu et pour prévenir ses jugements : ce sont
les sentiments de ces personnes que le Sage
représcnle. Jer.2. 19. Videquia malum et ama-
rum est reliquisse iJominum IJcum tuum: Com-
prenez quel mal c'est pour vous, et combien
il vous est amer d'avoir abandonné le Sei-
iieur votre Dieu ; c'est-à-dire, combien c'est
pour vous une source de malheurs, c. '•. 18.
Ista malilia tua quia amara, quia tetigit cor
tuum : C'est là le fruit de votre malice, parce
qu'elle est pleine d'amertume; c'est-à-dire
parce qu'elle a attiré sur vous des afflictions
cuisantes, qui ont pénétré jusqu'au fond de
votre cœur. c. 6. 26. Isa. 38. 17. Amos 8. 10.
Ezech. 27. 31. Soph. 1. U. 2. Mach. 6. 7. c.
9. 5. Ainsi : Aquœ amarissimœ : Ces eaux
Irès-amères dont il est parlé dans les Nom-
bres, sontappelées delà sorte, à causede leur
effet; parce qu'elles causaient une grande
douleur à la femme qui se trouvait coupa-
ble d'adultère. Num. o. v. 18. 19. 23.26. Gr.
ûrjwp T>>'j ilî'/iJLoï), Aqua. redargutionis.
3° Triste, chagrin, fâché, irrité (-/.«twSuvo?),
l.Reg. 30. 6. Volebat eum populus lapidare,
quia amara erat anima uniuscuju>ique viri su-
per filiis suis, et filiabus ; Ce peuple voulait
lapider David, étant tous outrés de voir leurs
enfants enlevés par les Amalécites. Ezech. 3.
li. Abu amarus in indignatione spiritus mei:
Je m'en allai plein d'amertume et mon es-
prit rempli d'indignation; soit que le pro-
phète fût indigné contre l'endurcissement de
ce peuple ingrat, à qui sa captivité ne faisait
point ressentir la vengeance de Dieu irrité
contre leurs crimes; soit qu'il fût affligé de
voir tous les maux qui étaient près de tom-
ber sur Jérusalem : ainsi, amaro anima esse
C'est êlre triste et affligé, et avoir le cœur
dans l'amertume ( -coi; h Vjtvxi; ). Prov. 31.
6. Datevinum liis qui amaro sunl animo : Don-
nez du vin à ceux qui sont dans l'amerlume
du cœur; il faut craindre que ceux qui sont
affligés ne tombent dans l'abattemeRtet dans
une tristesse excessive. 1. Reg. 1. 10. c. 22.
2. 2. Reg. 17. 8. C'est en ce sens que Noëmi
dit qu'elle est amère, c'est-à-dire remplie
d'amertume et de tristesse. Ruth. 1. 20. Voy.
Mara.
i° Nuisible, dangereux, pernicieux. Eccli.
17. 27. Inveni amariorem morte mulierem :
J'ai reconnu que la femme est plus amère
que la mort ; c'est Salomon qui parle, et qui
parle avec indignation contre les femmes
qui l'avaient séduit ; maison peut dire qu'il
remonte à la source des maux qui ont inondé
toute la terre ; ainsi il déclare que la femme
qui a été l'instrument du démon pour faire
tomber le premier homme, l'est encore pour
perdre les hommes; et que la douceur appa-
rente par laquelle elle les attire, est plus
amère et plus dangereuse que le poison.
Deut. 32. 32. Uva eorum, uva fellis, et botri
amarissimi : Leurs raisins sont des raisins
de fiel qui donnent la mort par leur amer-
tume ; ces raisins amers marcjucnt les mé-
chantes actions et la corruption des Juifs.
Voy. Uva.
5° Malin, méchant. Ps. 03. i. Intenderunl
arcum, remamaram; Heb. Verbum amaruien-
tum, i.c. virulcntum : Ils ont lancé coniro
moi leurs paroles malignes et médisantes
comme des traits empoisonnés. Voyez
Res.
6' Cruel, impiloyable. Dent. 32. 2V. DcrO'
rabunl cos avcs morsu amarissimo : Des ci-
seaux de carnage les déchireront par leur»
morsures cruelles. Habac. 1. 6. Lccc eqo
219
suscilubû Chdldœos, genlem amaram : Je vas
susciter les Chaldéens, cette nation en. elle.
, T Aigre, rude. <Joloss. 3. 19. Viri diligite
uxores vestras, et nolile amari esse ad illas :
Maris, aimez vos femmes, et ne les traitez
point avec aigreur et avec rudesse. Jac. 3.
iï. Quod si zeliim amariim hobetis : Si vous
avez dans le cœur un zèle amer et un esprit
de contention, ne vous glorifiez point fausse-
ment d'être sages.
AMARE, nv.pôjç. Cet adverbe se prend or-
dinairement dans le sens figuré, et signifie
chez les auteurs latins, aigrement, avec ai-
greur: dans lEcriture :
Amèrement, d'une manière amère et dou-
loureuse, avec un grand ressentiment de tris-
tesse et d'affliction. Ezech. 27. 30. Ciamahunt
amure : Ils crieront dans leur douleur amère :
le prophèteparledesgensdemerquidevaient
déplorer la ville de Tyr. Ainsi , amare flere :
Pleurer amèrement, avec une douleur amère
et sensible. Isa. 33. 7. Angeli pacis amare fle-
bunt : Les députés qui seront envoyés à
Rabsacès pour demander la paix, pleureront
amèrement, c. 22. i. Mallh. 26. 75. Luc. 12.
62. Flevil amare . Pierre pleura amèrement ;
de uiême, Amare ferre luctum alicujus :
Faire un grand deuil de la mort de quelqu'un.
Eccli.38. 17. Voy. Delatura.
AMAlUCARi, -r/.p«tv£(70«t.Elre amer et dés-
agréable, dans le sens figuré, Apoc. 10. 9.
10. Eralin ore meo tanquam mel dulce ; et
cum devorassem eum amaricatus est venter
meus : Ce livre était dans ma bouche doux
comme du miel; mais layanl avalé, il me
causa de l'amertume dans le ventre. La con-
naissance des mystères qui furent révélés à
saint Jean, lui fut douce et agréable; mais la
vue des persécutions de l'Eglise lui était
amère et désagréable.
AMARITUDO , inis , 7rtz/>t«. Amertume,
qualité piquante qui rend amer (-ovr;pôv). i.
Reg. '*. kl. Non fuit amplius quidquam ama-
riludinis in oUa : 11 n'y eut plus ensuite au-
cune amertume dans le pot, lorsque Elisée
y eut répandu de la farine. Voyez Mors. Os.
10, h. Germinabit quasi amariiudo judicium
super sulcos aqri : Les jugemi nts de Dieu
vous accableront, comme ces herbes amè-
rcs qui étouffent le blé dans les champs ;
c'est-à-dire que comme les méchantes her-
bes croissent en grande quantité dans les
champs, de même aussi les maux se multi-
plieront dans Israël.
1" Amertume, douleur, chagrin, dépl.iisir.
Isa. 38. 17. Ecce in pace amaritudo mea ama-
rissima : Cette affliction si cuisante m'est sur-
venue lorsque j'étais dans la .>aix. Ezécbias
parle de la maladie (ju'il eut après la défaite
des Assyriens. Ruth. 1. 20. Job. 9. 18. c. 17.
2. c. 23. 2. etc. Ainsi lùcli. 31. 39. Amari-
tudo animœ vinum muUum potatum : Le \in
bu avec excès cause de la tristesse et de ra-
battement (>u7t>2cô,-). Prov. IV. 10. Cor quod
novit amariluainem animœ suœ, in gaudio
ejus non miscebitur exlrancus : Lorsque le
cœur connaîtra bien l'amertume de son Ame,
l'étranger ne se n)êlera point dans sa joie.
Ileb. Cor noiit amaritudincm animœ suœ.
DICT ON.N.UUE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
22C
et in gaudio ejus nifiil alienum se immiscet .
Le cœur de chacun connaît l'amertume de
son âme, et sa joie ne sera point comprise
par un étranger (/aTwSuvo?). 4. Reg. i. 27.
De là viennent ces phrases :
Adducere, ou perducere ad amaritudincm:
Rendre triste, rendre ennuyeux. Exod. 1.
14. Ad amariludinem perducebant vitam eo-
rum : Les Egyptiens rendaient aux Israéli-
tes la vie ennuyeuse par des travaux péni-
bles (77r/^o«iv£iv). Job. 27. 2. Vivit Deus....
qui aa amariludinem adduxit animam meam :
Je prends à témoin le Tout-Puissant qui a
rempli mon âme d'amertume.
Habitare in amaritudinibus : Etre plongé
dans l'amertume. Mich. 1. i^.Quœ habitat in
amaritudinibus ; H.eb. m Marath : Jérusalem
est plongée dans l'amertume; Gr. xktoizzîv
orS-JvKj. Quelques-uns croient que c'est un nom
de ville appelée Marath Jos. 15. 59.
2" Impiété, malice, méchanceté. Deut. 29.
18. Ne sil in vobis radix germinans fel et
amaritudincm : De peur qu'il ne se forme
parmi vous une racine el un germe de fiel
et d'amertume. Hebr. 12. 15. Voy. Radix.
Eccli. 21. 15. Non est sensus ubi est amari-
tudo : La prudence ne se trouve point où est
l'amertume du péché et des passions, qui
empoisonnent le cœur. Voy. Sensus. Ps. 10.
7. Ps. 13. 4. Rom. 3. 14. Ainsi, Fel amaritu-
dinis, fiel amer, signifie le poison mortel de
l'iniquité. Àct. 8. 23. In felle amaritudinis
video te esse .-Je vois bien que vous avez dans
le cœur un fiel amer. A quoi se rapporte ce
qui est dit, Amos. 6. 13. Cunvertistis in ama-
ritudincm judicium; Heb. in fel. Vous avez
changé en amertume et en poison les juge-
ments que vous deviez rendre ; et au lieu du
doux fruit de la justice, vous ne produisez
que l'amertume de la violence et l'absinthe
de l'injustice (Qufxô,- , Ira, vcnenum).
3° Aigreur, pique, jalousie [~f^(oçici, luclus).
Ephes. 4. 31. Omnis amaritxido et ira
tollatur a vobis : Que toute aigreur et tout
emportement soit banni d'entre vous; d'où
vient. Ad amaritudinetn concitare : Irriter, ce
qui se dit de Dieu, Ose. 14. 1.
4° Douleur amère, vif repentir de ses pé-
chés. Jerera. 31. 21. Pone libi amaritudines :
Pleurez amèrement; Heb. Pyramidas, seu
columnasfastigiatas,autacervoslapidum. Dieu
exhorte les Israélites à dresser des colonnes
ou des tas de pierres , pour reconnaître le
chemin par lequel ils étaient allés en capti-
vité; l'Hébreu, tamurim, signifie amaritudi-
nes et hcrmœ, ou columnœ , pour marquer le
chemin.
5° Mal, peine, traitement rigoureux (x«xôv).
Job. 13. 2t). Scribis contra me amaritudines :
\'ous donnez contre moi des arrêts très-sc-
\ères; Heb. offensas: Vous m'imputez des
crimes qui me causent bien de la peine.
6" Rigueur, cruauté. Job. 20. 25. Fulgu-
rans {erit gladius) in amaritudine sua : L'épée
qui percera l'hypocrite, sera toute brillante,
el terrible par sa cruauté. Heb. brillera de
son fiel; amaritudine sua, pour felle ejus.
7 Obscurité fâcheuse el incommode (yvo-
foi). Job. 3 5. Dies ille invotvatur amarilu-
22!
AMA
AMB
22Ï
dine : Que le jour auquel je suis né, soit
plongé dans l'amerlume ; Heb. œslii diei : soit
couvert de vapeurs chaudes et épaisses, qui
obscurcissent la lumière du jour. Voy. Male-
UICERE.
AMASA , Heb. populus parcens. — 1° Fils
de Jother et d'Abigaïl, sœur de David, lequel
lut tué par Joab. 1. Par. 2. 17. 2. Keg. 17. 25.
11 avait pris le parti d'Absalom contre David;
mais il en obtint le pardon de ce bon prince,
qui même le conGrma dans sa charge de gé-
néral : ce qui lui attira l'envie de Joab.
2" Un Ephaïmile, ûls d'Adali. 2. Par. 28.
12. 11 Ut mcltre en liberté les prisonniers que
les Israélites avaient faits sur les tribus de
Juda et de Benjamin.
AMASAl , Heb. fortis^ ou popuU munus. —
1^ Un lévite , fils d'Elcana , descendant de
Caalh. 1. Par. C. V. 25. 35. —2' Un lévite,
descendant de Mérari. 1. Par. 6. 46. — 3 Un
autre lévite, chef des trente vaillants hommes
qui se joignirent à David, lorsqu'il fuyait la
persécution de Saùl. 1. Par. 12. 18. — 4' Un
prêtre qui jouait de la trompette devant l'ar-
che. 1. Par. 15. 24. — 5" Un lévite, père de
Mahalh. 2. Par. 29. 12. Voy. Mahath.
AMASIAS, Heb. Fortitudo Domini. — 1°
Roi de Juda, fils de Joas, pris et tué par Joas,
ri)i d'Israël. 4. Rcg. 12. 22. c. 14. 1. etc. Ce
prince fut au commencement fort rel gieux ;
mais ayant gagné une victoire signalée con-
tre les Iduméens, il en devint si superbe qu'il
abandonna entièrement le culte de Dieu , et
dressa des autels aux idoles des nations quil
avait vaincues. — 2 Un grand capitaine sous
Josaphal. 2. Par. 17. 16. — 3° Un prêtre ido-
lâtre de Bélhel , qui s'opposait au prophète
Amos. c. 7. V. 10. 12. 14. 11 vivait du temps
de Jéroboam 11, qui fut mené captif en Assy-
rie par Salmanasar avec les dix tribus ,
ainsi que Amos avait prédit. Voy. Amos.— 4"
Père de Josa, de la tribu de Siméon. 1. Par.
4. 34. — 5" Fils d'Helcias, lévite, descendant
de Mérari. 1. Par. 6. 45.
AMASSAI, Heb. populi concuîcalio. Amas-
siï, fils d'Azréel, de la tribu de Benjamin. 2.
Esdr. 11. 13.
AMATHiEUS, Heb. verax. Amathœus, pre-
mier fils de Chanaan, de qui viennent les
habitants de la ville d'Emalh. Gènes. 10. 18.
Il y en a deux dans l'Ecriture; la grande
Einath. Amos G. 2. qui est Antioche ; et la
petite Emalh,appeIceJE'pip/t««îe. Voy. Emath.
AMATHI , Heb. Veritas mca. Père du pro-
phèle Jonas. 4. Reg. 14. 25. de la ville de
Getu. Voy. JoNAS, 1.
AMATHES, is, Heb. Idem. Pays de Syrie ,
sur les frontières de la Chananée, près du
mont Liban. 1. Mach. 12. 25. Voy. Emath.
AMATOll , is, èp«TTÀ?. — 1' Amateur, qui
aime quelque chose : il se prend en bonne ou
mauvaise part (^i),^3ovoç). 2. Tim. 3. 4. Vo(u-
ptutum amatores magis quam Dci : Plus ama-
teurs de la volupté que do Dieu. Sap. 8. 2.
Amulor foetus sum formœ illius : Je suis de-
venu amateur de la beauté de la sagesse, c.
15. C. 2. Mach. IV. 37. c. 15. 1'».
2" Amant, celui qui aime d'une passion
violcnlc cl anjourcusc (awîiv, to?}. Jerem.
3. 20. Quomodo si contemnaf mulier amatorem
suum, sic contempsit me domiis Israël : La
maison d'Israël n'a eu que du mépris pour
moi (dit le Seigneur) , comme une femme qui
dédaigne un homme qui l'aime, c 5. 8. Equi
amatores et emissarii facti sunl ; Les princes
du peuple sont devenus comme des chevaux
qui courent et qui hennissent après les cava-
les (9v2)iyf>tavîji- , insanus amator feminarum).
LEcrilure , dans les prophètes, appelle de
la sorte ceux à qui le peuple juif s'allachail
en abandonnant Dieu , et avec lesquels il
commettait un adultère spirituel : tels élaienl:
1° Les peuples profanes et idolâtres, avec
lesquels les Israélites faisaient alliance , et
dont ils imitaient l'idolâtrie. Ose. 2. 5. Vadam
post amatores meos qui dant panes mihi : J'i-
rai après les Assyriens et les Egyptiens, dont
je révère les idoles , et qui m'aiment comme
attaché à leurs dieux, par le secours desquels
j'ai reçu tout ce qui contribue à ma subsis-
tance et au repos de ma vie. v. 7. 10. 12. 13.
c. 8. 9. Jerem. 3. 1. Fornicata es ciim amato-
ribus miUtis , tamen revertere ad «je ; Vous
vous êtes corrompue avec plusieurs qui vous
aimaient, et néanmoins retournez à moi , dit
le Seigneur, et je vous recevrai {-oiy-à-^, dux,
reclor). On voit dans cetie figure dont Dieu
se sert , son amour incomparable pour les
hommes, c. 4. 30. c. 22. 20. c. 30. 14. Ezecb.
16. V. 33. 36. 37. c. 23. v. 5. 9. 22.
2" Les princes juifs , et les prophètes qui
les entretenaient dans la désobéissance. Je-
rem. 22. 22. Amatores lui in captivitateni
ibunl : Tous ceux qui vous aimaient , vos
princes, vos prêlres et vos prophètes, seront
emmenés captifs.
AMBIGERE. Ce verbe qui vient d'«w, ou
ùfifi, circum et d'a^ere, signifie proprement
circumayere, circumdare, tourner à l'entour,
environner : il signifie aussi contester, être
en dispute, plaider ; mais il marque aussi ,
être en doute, hésiter, ne savoir que faire.
Act. 5. 24. Ambigebant de illis qiiidnum fieret:
Le grand prêtre et les sénateurs se trouvaient
en grande peine de ce qu'ils feraient des apô-
tres, ne sachant ce que deviendrait cette af-
faire (oiK-o&atv).
AMBIGUUS, A, UM. Cet adjectif vient d'fim-
bigere, et signifie, ambigu, équivoque, qui a
plusieurs sens. De plus,
1° Ce qui est douteux cl incertain ( «Suva-
xerv , difficile esse). Dcût. 17. 8. Si difficile et
ambiguum apud le judicium esse perspexcris :
S'il se trouve une affaire embrouillée, et où
il soil difficile de juger... v. 9. adressez-vous
aux prêtres de la race de Lévi. Le grand
prêtre, assisté des autres prêtres dont il était
1-e chef, était établi juge souverain de toutes
les causes difficiles à décider, de quebine na-
ture qu'elles fussent. Ezech. 12. 2V. Non
crit ultra omnis visio cassa , ncquc divinatio
ambigua : Lqs visions à l'avenir ne seront
point vaines , et les prédictions ne seront
point incertaines, ni ambiguës , au milieu des
enfants d'Israël. Heb. Divinatio blandicnli's :
Les prédictions ne se feront plus pnr 11 literie
et par complaisance (t^c^,- /r>fAj,nd gratiam).
AMBIGUITAS, iis, ambiguïté, diversité do
225
DiCTIONNAir.E DE PHILOLOGIE SACRcE.
22 V
sons, doute, incerlilude. 1. Rcg. 9. 6. Omne
qnocl loquitur sine amhigiiilate vrnit {TTCf.puyt-
Ko-zEvov 77«s£o-rKt) ; Hcb. veuienclo véniel : Tout
Ce* que ce prophète prédit arrive indubita-
biinient. très-assurément.
AMBIRE , y.-jyj.o-Z'j. Ce verbe qui se fait
d'am , circum , et du verbe ire, circuin ire,
signifie :
1° Environner, entourer. 3. Reg. 7. 15.
Linea duodecim ciibilorum ambiebat colum-
nam utramque: Un réseau de douze coudées
entourait chaque colonne, v. 2V. 2. Par. i. 2.
2° Investir. 2. Par. 13. i3. Ignorantem Jii-
dam suo ambiebat exercitu : Jéroboam qui
lâchait de surprendre Juda, l'enfermait avec
son armée sans qu'il s'en aperçût.
3' Environner, être autour pour garder.
Cant. 3. 7. En lectulum Salomonis sexûginla
fortes ambiant : Voici le lit de Salomon envi-
ronné de soixante hommes des plus vaillants
d'entre les forts d'Israël ; ils gardaient ce
prince lorsqu'il était dans son lit.
k" Etre situé autour {--pii/jtv). Ezech. 16.
57. Qiiœ ambiant te per gyrum. Le Prophète
parle à Jérusalem, qui était devenue un ob-
jet d'insulfes aux filles de Syrie et aux filles
de la Palestine qui l'environnaient de toutes
parts.
5° Briguer, ambitionner (j-ovoÇrJ^iv , per
dolum ambire). 2. Mach. i. 7. Ambiebat Jason
(rater Oniœ summum sacerdotium : Jason ,
frère d'Onias, lâchait d'usurper le souverain
sacerdoce.
AMBITIO, >is. Ce mot qui vient du verbe
«m&ire, signifie tour, circuit; et figurément
brigue, poursuite, recherche des honneurs.
De plus il signifie :
Eclat, faste, grand appareil (-.avrao-iK , os-
tentatio], Act. 25. 23. Altéra die cum venisset
Agrippa et Bérénice cum multa ambitione :
Le lendemain Agrippa et Bérénice étant venus
avec grande pompe... Paul fut amené parle
commandement de Feslus. 2. Par. 16. li.
Combusserunt aromata super eum ambitione
nimia : Ils biûlèrenl sur le sépulcre d'Asa des
parfums avec beaucoup de faste et de vanité
{iy.f'jpà iiîy'Ao, Tzc/.oy.-ou-i). 1. Mach. 9. 37.
AMBITIOSUS, A, CM, nom adjectif qui si-
gnifie ce qui a un grand circuit ; et dans le
S'.>ns figuré, ambitieux, fastueux : dans l'E-
criture:
Dédaigneux, qui craint de s'abaisser pour
rendre service. 1. Cor. 13. 5. Non est ambi-
tiosa • La charité n'est point dédaigneuse.
Gr.
ou/. WT/riU'yjti.
Non agit indecore ; ce qui peut signifier
aussi : Elle ne fait rien de déshonnéle ni de
malséant.
AMBITUS, us. Ce nom de la même racine
qui signifie figurément brigue, intrigue , si-
gnifie proprement :
Tour, circuit, enceinte («tci/itto,-, sine ma-
ris). Prov. 25. 28. Sicut urbs patens et absque
mnroriitn ambitii , ila tir qui non potcst in
loquendo cohibere spiritnm suum .-Celui qui
ne peut retenir son esprit en parlant, Heb.
(sa colère, ses passions) est comme une ville
toute ouverte, qui n'est point environnée de
murailles. Esth. l'i. 10. 2 Mach. 1. l-'j.
AMBO, AMB^, AMBa,à!/i.ÔTîr,o«, «t,«. Cc mo»
vient du Grec à^sw , et ne se dit que de deux
dont on a déjà parlé :
Tous deux, l'un et Tautrv?, les uns et les
autres. Malth. 15. li. Luc. 6. 39. Numquid
potest cœcus cœcum ducere ? nonne ambo in
foveam cadunt? Un aveugle peut-il conduire
un autre aveugle? ne tomberont-ils pas tous
deux dans le précipice? Eph. 2. v. 16. 18. Per
ipsum hnbemus accessum ambo in imo spirita
ad Palrem : C'est par Jésus-Christ que nous
avons accès les uns et les autres (les Juifs et
les Gentils) vers le Père dans un même es-
prit. Gènes. 3. 7. c. 18. 11. c 21. 27. etc.
AMBULARE , Tztpnzxz-u , ttipe-j-tOui ). Ce
verbequi vientdu Grec ù-jv-tto).- a, puis àtM-oleiv,
ire, redire, signifie aller, marcher, se prome-
ner ; mais dans l'Ecriture, où il répond au
verbe hébreu halac, il signifie souvent agir,
vivre, se conduire bien ou mal , d'une ma-
nière ou d'une autre.
1° Aller, marcher, se promener. Matth, 11.
5. Claudi ambulant : Les boiteux marchent.
Marc. 12. 38. Cavete a scribis qui volant in
stolis ambulare : Gardez-vous des docteurs de
la loi qui aiment à se promener avec de lon-
gues robes. Gènes. 28. 20. c. 33. 13. Exod.
15. 22. Levit. 11. v. 21. 27. Matih. k. 18. c.
9. 5. etc. ce qui s'attribue improprement à-
Dieu et à la Sagesse divine. Eccli. 24. 8. Jn
fluctibus maris ambulavi : J'ai marché sur les
flots de la mer ; ces paroles marquent que la
Sagesse gouverne tout, depuis le plus haut
des cieux, jusqu'au profond des abîmes. De
là viennent ces façons de parler :
Ambulare in atriis Dei : Entrer dans le tem-
ple , et marcher dedans (ravstv). Isa. 1. 12.
Quis quœsivit hœc de manibus vestris, ut am~
bularetis in atriis Dei? Qui vous a demandé
que vous eussiez ces dons dans les mains
pour venir dans mon lemple, sans que votre
cœur y ait de part?
Ambulare in via : Marcher à pied. Judic. 5.
10. Qui ascenditis super nitentes asinos , et
ambulatis in via : Vous qui montez sur des
ânes d'une beauté singulière; et vous qui
marchez dans la voie. Débora s'adresse aux
personnes de qualité, qui montaient alors
sur des mulets et sur des ânes, et les oppose
à ceux du commun du peuple, qui marchent
à pied dans les chemins.
Ambulare pedibus suis : Marcher à pas me-
surés. Isa. 3. 16. Ambulabant pedibus suis, et
composito gradu incedebant .-Les filles de Sion
ont mesuré tous leurs pas, el étudié toutes
leurs démarches.
Ambulare super aspidem et basiliscum :
Marcher sur l'aspic et le basilic; c'est sur-
monter de grandes difficultés sans dangi-r.
Ps. 90. 13. Super aspidem cl basiliscum am-
bulabis : Vous marcherez sur l'aspic et sur le
basilic.
2' Senaller, se retirer (|5a5t?£tv). Barncli.
i. 19. Ambulate , filii , ambulale : Marchez ,
mes fils , marchez où Dieu vous envoie. La
Synagogue, sous le nom de Jérusalem, parle
aux Juifs emmenés captifs.
3 Séjourner, demeurer. Joan. 7. 1. Ambu^
labat Jcsus in Gililœam (Gr. in Galilœn) ; nur^
225 ^MD
enimvolebiit in Jufiœam amhuhire; Gr. inJu-
dea .Jésus demeurait en Galilée, ne voulant
pas demeurer en Judée.
k'' Etre, se trouver. Ps. 137. 7. Si amhula-
vero in medio tribulationis : Si je me trouve
d;jns de grandes afflictions. Ps. 22. i. ]n
medio umbrœ mortis : Dans un danger de
mort. Isa. W. 2. Job. 18. 8. Ezech. 28. li. In
medio lapidum ignitorum ambulasli : Vous
avez marché au milieu dos pierres brûlantes
(7Îv£7T«j).yoy. Lapis. Cela se dit en figure du
roi de Tyr, qui semble être comparé au
grand prôlre par l'éclat de ses vêlemcn(s ;
cela s'entend aussi du premier ange apostat.
5^ Vivre , parce qu'une des principales
fonctions de la vie, c'est de marcher, et que
cette vie n'est qu'un voyage. 2. Cor. 5. 7. Pcr
fidem ambulamus , et non per speciem : Nous
marchons vers le Seigneur par la foi, et nous
n'en jouissons pas encore par la claire vue.
2. Cor 10. 3. In carne andnilantes : Nous vi-
vons dans la chair. Ps. 88. 16. Eccl. i. 15.
Job. 2. 2. Isa. 60. 3. Apoc. 21. 2'k Voy. Lu-
men. Rom. 13. 13. 1. Pelr. k. 3. Ce mot no
signifie pas ordinairement un avancement ,
mais seulement une continuation d'aclions ,
et on mouvement continuel ; autrement il ne
se dirait pas de Jésus-Christ, qui ne pouvait
avancer.
6" Se conduire d'une telle ou telle manière.
Eph. 4-. 17. Utjam non ambulelis sicu( et gén-
ies ambulant : Je vous conjure de ne vivre
et ne vous conduire plus comme les autres
gentils; et presque partout où ce verbe se
trouve dans saint Paul ; souvent dans les Pro-
verbes, c. 10. 9. Qui ambidal simpliciler, am-
bulat conjidenter. Marc. 7. 5. Joan. 2. 6. 2.
Joan. 4, 3. Joan. 3. k. etc.
7" Agir, travailler, continuer de faire quel-
que chose. Luc. 13. 33. Oporlet me liodie, et
cras,etsequenlidie ambulare: Il fautquejecon-
linue à marcher aujourd'hui, et demain, et le
jour d'après. Joan. 8. 12. c. 12. 35. Rom. 8.
4. etc.
8" Avancer toujours de plus en plus dans la
piété. Joan. 12. 35. Ambulale dum luccm ha-
hetis : Marchez pendant que vous avez la lu-
mière. Rom. 6. 4. c. 14. 15. Eph. 5. 2. Col.
2. 6. Isa. 26. 7. Jer. 10. 23. Nec viri est ut
ambxdel, et dirigat gressus suos : L'homme ne
marche point et ne conduit point ses pas par
lui-mêni'^.
9" S'ingérer , se mêler de quelque chose.
Coloss. 2, 18. Quœ non vidit ambulans : Se
mêlant de parler des choses qu'il ne sait
point. Gr. éu^v-fM..-,.
Inambulans , invaden.'i , se jetant dessus.
Phrases lirécs de ce verbe dans le sens ligure.
Ambulare in viis , in semilis Dei : Faire les
rommandemonts de Dieu , vivre selon sa loi.
Isa. 2. 3. Ambulabunt iu srmilis rjus : Plu-
sieurs peuples marcheront dans les senli.rs
du Seigneur. Exod. 16. 4. 4. Reg. 10. 31
2. Par. 6. 16. Ps. 118. l.etc.
Ambulare in viis,consiliis,pcccalis alicujus .-
Suivre et imiter la con Juite ou la méchanceté
de quelqu'un. 1. Reg. 8. v. 3. 5. Filii lui non
ambulant in viis tuis. 3. R.g. 15. 3. Ambula-
AMD
226
vilque in omnibus peccatis patris sui : Abiam
marcha dans la voie et dans tous les péchés
que son père avait commis, v. 26. 34.
Ambulare post : Suivre quelqu'un , s'atta-
cher à lui. Ose. 11. 10. Post Dominum ambu-
labunt : Ils iront après le Seigneur, i. c, ils
s'attacheront à lui.
Ambulare in marjnis et mirabilibus super se :
Se porter à ce qui est grand et éclatant. Ps.
130. 1. Neque ambulavi in magnis , neque in
mirabilibus super me : Je ne me suis point
porté de moi-même à ce qui est grand, ni à
des choses éclatantes qui fussent au-dessus de
moi.
AMBULARE cum aliquo. — 1° Converser
familièrement avec quebiu'un. Joan. 6. 67.
Jamnon cum illo ambulabant : Plusieurs des
disciples de Jésus-Christ n'allaient plus avec
lui. Prov. 1.15. Ne ambules cum eis : N'alb z
plus avec les pécheurs, c, 22. 24. Job. 34. 8.
— 2° Prendre part au bien ou au mal de quel-
qu'un. Eccli. 7, .';8. Cum lugenlibus ambuln^
77:V7»i7ov : Pleurez avec ceux qui pleurent.
Apoc. 3. 4. Ambulabunt mecum in albis : Ils
jouiront du même bonheur que moi. —
3" Proléger, assurer par sa protection (i^ars-
ot-'j.Tzh), Eccli. 4. 18. Qunniam in tentatione
ambulat cum eo : La sagesse marche dans la
tentation avec celui qui a confiance en elle.
Levit. 26. 22. Ambulabo inter vos : Je mar-
cherai parmi vous. Zach. 3. 7. Deut. 23. 14.
AMBULARE cum Deo ou coram Deo. —
1" Vivre selon la volonté de Dieu, tâcher de
lui plaire comme s'il était présent (eOaû^cn.tv,
placerez Gènes. 5. 22. Ambulavit Henoch cum
Deo : Hénoch marcha avec Dieu. c. 6. 9. Nos
cum Deo ambulavit. Gènes. 17. 1. Ambula co-
ram me , et esta perfectus : Marchez devant
moi, et soyez parfait, c. 21.. 40. c. 48. 15.
3 Reg. 8. V. 23. 25. 2. Par. 6. 14. etc. Pers.
Salyr. 5. Vivere cum Jove : Vivre sainte-
ment. — 2' Servir Dieu dans le ministère ec-
clésiastique {'HéyjrrOxi, prœterire). 1. Reg. 2.
35. Ambulabii coram Christo meo cunctis die-
bus : Je susciterai un prêtre fidèle qui mar-
chera toujours devant mon Clirist. Malach.
2. 6. In pace et œquitnte ambulavit mecum : Il
a marché avec moi dans la paix et dans Vé-
quité. Il parle des prêtres qui étaient de la
tribu de Lévi , à laiiuello Dieu avait attribué
son sacerdoce.
AMBULARE in nomiuc Dei. — 1° Rendre à
Dieu le culte et l'honneur qui lui sont dus.
Mich. 4. 5. Ambulabunt unusquisquc in nn-
mine Dei sui, nos aulem ambulabimus in no~
mine iJomini Dei noslri : Nous marcherons au
nom du Seigneur notre Dieu, nous l'invo-
querons avec confiance. — 2' Etre assuré
sous la conduite ou la protection de Dieu
{y.cizv.y.j/K'^Oui, gloriari). Zach. 10. 12. In no-
mine ejus ambulant : Les Machabées vivront
sous la protection de Dieu.
AMBULARE co»/rrj, rxadvrrso. — l"Quan(i
il se dit des hommes contre Dieu, c'est s'op-
poser, être rebelle et désobéissant. Lcvil. 26.
V. 21. 23. 27. '»0. Auibulnverunl ex advcrso
mifii. — 2 Quand il se dit de Dieu contre les
hommes , c'est ]iunir , traiter avec sévérité.
227
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
225
Levil -^6 il. Ambuhiho et ego contra cos : Je
les traiTerai dans toute ma sévérité.
AMÉLECH : — 1' Pèic de ce Joas qui re-
riit ordre d'Achab de se saisir du prophète
ÂJichee. 3 Reg. 22. 26. 2. Par. 18. 2o.~2> Père
de Jérémiel. Jer. 36. 26. — 3° Père de Mel-
chias. Jer. 38. 6.
AMtN, «ftijv, mot hébreu qui est en celte
langue ou adverbe ou nom, et signiûe la
même chose qu'en latin vere ou veritas ; mais
dans l'Ecriture il a différentes signiCcations
qui ne peuvent pas bien être rendues par un
seul mot latin.
Ce mot a deux usages : l'un, pour assurer
ce que l'on a déjà dit , comme Num. 5. 22.
Deul. 27. 26. 1. Cor. li. 16; l'autre, pour as-
surer ce que l'on veut dire , comme Matth.
5. 18, et en beaucoup d'autres endroits du
Nouveau Testament. Le premier usage est
fréquent dans l'Ancien Testament, et rare
dans le Nouveau ; le second , très-fréquent
dans le Nouveau, et très-rare dans l'Ancien,
ou peut-être ne se Irouve-t-il point. La rai-
son en est que les écrivains de l'Ancien Testa-
ment parlaient hébreu et non syriaque : or,
ce mot, en hébreu, sert plutôt pour confirmer
que pour affirmer ; au lieu qu'en syriaque,
il sert plutôt d'affirmation que de preuve.
Ainsi, les interprètes grecs et latins ont re-
tenu le mot qui était en usage, quoique
les Septante l'aient rendu par yhoL7o, fiât.
Ainsi :
1° Il sert pour assurer fortement quelque
chose, comme quand nous disons : en vérité,
cela est ainsi ('Aar,;, «),r,&w,- , vere); c'est en
ce sens que notre Sauveur s'en est souvent
servi dans l'Evangile. Ainsi, Marc. 12. i3.
Amen dico vobis se rend par vere : Je vous dis
en vérité. Luc. 21. 3. Vere dico vobis , où il
s'agit de la même chose que dans cet endroit
de saint Marc. Ainsi, dans le même saint Luc,
c. 9. 27. c. 12. ii, il y a vere au lieu d'amen
dico vobis ; et c. 'i-. 25. In veritate. Amen ne
se trouve nulle part que dans l'Evangile en
ce sens, encore est-ce au commencement de
la période.
2° Quoiqu'il signifie proprement cela est
ainsi , en vérité (yÉvotTo, fiât) ; toutefois , par
le consentement que l'on donne, il marque
souvent un souhait , et signifie le même que
fiât , que cela soit ainsi, ainsi soit-il. Deut.
27. 15. Rcspondebit omnis populus, et dicct
Amen : Et tout le peuple répondra et dira
Amen. 11 y est douze fois pour approuver l^s
malédictions qui se prononcent contre ceux
qui n'observeront pas ce qu'on leur y prescrit.
11 se prend en ce sens dans tous les autres
endroits de l'AncienTcslamcntoù il se trouve,
excepté dans Isaïe : il est aussi en plusieurs
endroits des Epîlres desaint Paul etdcsautrcs
apôtres, et dans l'Apocalypse , par exemple,
c. 19. 4 : Viginli quatuor seniores et quatuor
animalia adoraverunt Deum, dicenles, Amen,
Alléluia: Atnen, wou» consentons volontiers, ô
mon Dieu, queccla soit ainsi, puisque vous le
voulez ; Alléluia^ nous vous en louons et vous
en remercions.
L'Eglise a emprunté des Juifs la coutume de
donner son consentement, par le mot anie»,
aux prières publiques, aux actions de grâces
et aux louanges de Dieu. Mallh. 6. 13. Sed
libéra nos a jnalo, amen : Mais délivrez-nous
du mal, ainsi soit-il. 1. Cor. IV. 16. Quomodo
dicet amen super tuam benedictionem? Com-
ment répondra-t-il amen à votre action de
grâces, s'il ne vous entend pas?
3^ Il se prend pour un nom , et marque ce
qui est ferme, constant et véritable, ou la Vé-
rité même («).À5tvo,- , verus). Isa. 63. 16. In quo
qui benedictus est super terram, benediretur in
Deo amen : Celui qui, en ce nom , se verra
heureux sur la terre , le sera par le Dieu de
vérité ou le vrai Dieu. Apoc. 3. li. Hœc dicit
Amen : Voilà ce que dit la Vérité même. Isa.
23. 1. Quoniam fecisti mirabilia cogitationes
antiquas fidèles , amen : Vous avez fait voir
la vérité de vos desseins éternels , qui sont
immuables. Celte immutabilité est marquée
par le mot amen , comme s'il y avait veritas
sunt ou quœ firmœ sunt. Amen se peut néan-
moins expliquer, selon le Grec, par la seconde
significalion.2.Cor. 1.20. Quotquot enimpro-
i7iissiones Dei sunt, in illo est (supple sunt) ;
ideo et pcr ipsum amen Deo ad gloriarn nostram
[amen, c'est-à-dire firmœ sunt) : Car c'est en
lui que toutes les promesses ont leur vérité ;
c'est aussi par lui qu'elles ont leur accom-
plissement à l'honneur de Dieu, ce qui fait la
gloire de notre ministère ; selon le Grec, Deo
ad yloriam per nos : A la gloire de Dieu ce
qui s'exécute par notre minisière.
AMENTIA , M, Ey.770i.'7i;, r.uoa.oprji)-o(7i;, folie,
frénésie, manie (jV.crTKcrt,- ot«vot«î). Deut. 28.
28. Percutiat te Dominus amenlia : Le Sei-
gneur vous frappera de frénésie. Mo'ïse pro-
nonce les malédictions qui devaient tomber
sur le peuple juif. Ose. 9. 7. Ainsi, percutere
in amentiam, c'est encore frapper de frénésie.
Zach. 12. 4. Voy. Ascensor.
AMETHYSTUS, i, «aiOv^ro,-. Ce nom vient
d'à privatif et de ix-Ovay-za, inebriari , parce
que cette pierre précieu-e empêche de s'eni-
vrer; mais Plutarque dit que ce nom vient
plutôt de ce que sa couleur ressemble au vin
trempé d'eau, et non pas à cause qu'elle em-
pêche de s'enivrer, comme plusieurs l'ont cru
fort légèrement.
Améthyste, pierre précieuse qui est la plus
belle après l'émeraude. Il y en a de plusieurs
sortes de couleurs ; mais la plus com-
mune est d'un violet clair. Exod. 28. 19.
7/1 tertio, ligurius , achates et amcthystus :
Dieu ordonne de mettre sur le rational au
troisième rang , le ligure, l'agathe et l'amé-
thyste, c. 39. 12. Dans l'Apocalypse, le dou-
zième fondement de la sainte Jérusalem, est
d'aniélhysle. Apoc. 21. 20. Duodecimum,
amelhgslHS.
AMI, Hcb. Mater, nom d'homme qui était
chef des Nathinéens. 1. Esdr. 2. 57.
AMICIRE, couvrir, voiler, envelopper. Jer.
k'3. 12. Amicietur terra Eqypti,sicut amicitur
pastor pallio suo . Nabuchodonosor se revê-
tira des dépouilles de l'Egypte comme un
berger se couvre de son manteau. Toute la
terre de l'Egypte devait être à l'égard de
Nabuchodonosor, pour l'enrichir, ce qu'est l«
manteau à un berger pour le couvrir : cela
829
AMI
AMI
230
marque qu'il devait la dépeupler avec une
promptitude et une facilité incroyables {^Ou-
firav, depopulari).
AMICTUS , A, UM, -£6iÇîo>r;_aivor, couvert,
vêtu, revêtu [i-rnpiiho;, clarus). Marc. li. 51.
Amictus sindone super nudo • Ce jeune homme
était couvert seulement d'un linceul. Voy.
SixDOX. Thren. i. 2. Âmicti auro primo : Les
ei>îants de Sion emmenés captifs, étaient cou-
verts de l'or le plus pur. 1. Reg. 28. li. Esth.
8. 15. 2. Mach. 3. 33. etc. ^
Et dans le sens figuré, Ps. 103. k. Amictus
lumine sicut veslimento (àvaô«//ooiîv'i,-) : Dieu
se revêt de la lumière comme d'un vêtement,
parce que sa gloire et sa m.ijesté éclatent
principalement par la lumière qu'il a créée,
comme le rang et la dignité d'un homme se
connaît par l'éclat de ses habits.
Apoc. 10. 1. Et vidi alium angelum fortem
descendentem de cœlo amictum nube : Cet ange
revêtu dune nuée éclatante, c'est Jésus-Christ
qui descend du ciel , plein de majesté , pour
secourir son Eglise affligée. Ezech. 21. 15.
Dedi conturbationem gladii acuti et limati ad
fulgendum, amicti ad cœdem : Je jetterai lé-
pouvante devant cette épée perçante , polie
pour briller, et affllée pour tuer ( £>/Éyov£v,
heu, foetus est]. Cette épée, dont Dieu veut se
venger d'une manière terrible, est toute prêle
pour faire le carnage, mais encore dans son
fourreau. D'autres expliquent l'Hébreu par
le mot acuti, qui est répété, au lieu A'aynicli.
Apoc. c. 7. V. 9. 13. Amicti stolis albis :
"N'êtus de robes blanches, sont ceux qui jouis-
sent du bonheur éternel, marqué par la blan-
cheur éclatante de ces robes. Voy. Stola.
Apoc. 12. 1. Mulier amicta sole : Celle
femme c'est l'Eglise, dont les enfants qui la
composent sont revêtus de Jésus-Christ Jans
le baptême, qui les enlrelient par le feu de sa
grâce et la lumière de sa doctrine.
AMICTUS, us, T-rt'ir,, ly-o'wyuo;, tOUt CC qui
sert à couvrir, habillement, vêlement. Eccli.
50. 12. Glorinm dédit sanclitalis amictum, Gr.
(jlorificavit : Simon , grand pontife, honora
par ses mérites les saints ornements dont il
était revêtu en montant à l'autel, c. 19. 27.
At7iictus corporis, et risiis dentium, et ingres-
sus fwminis enuntiant de illo : Le vêtement du
corps, le rire des dents et la démarche de
l'homme , font connaître quel il est. Isa. 22.
17. Voy. Slblevare. Ezoch. 2i. v. 17. 22.
2. Mach. 3.26.
Dans le sons Oguré (-^oiei/atov). Ps. 103. 6.
Abyssus sicut vestimentùm amidus ejus : La
mer sert comme de manteau à la terre, parce
qu'elle l'environne. Ezech. 16. 8. Expamli
amictum meum super te : J'ai étendu sur vous
mon vêlement (77T£,ojy.:-, a/ff). Dieu marque,
sous la figure d'un époux qu'il a fait rentrer
dans ses bonnes grâces Jérusalem, c'est-à-
ilire la Synagogue qui l'avait abandonné.
Hebr. 1. 12. Velut amictum mutabis eos : Vous
les changerez comme un manteau (-j^tCô-
i-cifj-j ; Gr. é'ùî,iiç , convolves : Au jugement
dernier. Dieu pliera les cicux comme on fait
un manteau.
AMICUS, I, oO.o;. Ce nom vient de l'an-
cien mol amecus, fait par contraclion û'avi-
mœcus , formé A'animus el d'cpquus : c'est ce
que marque Feslus, ob antiquis ameci, ame-
cœ, per e lilteram efferebnntur : Les anciens,
dil-i! , écrivaient ameci et amecœ par la letlre
e, et non par i, il signifie :
Ami, qui aime quelqu'un, qui a de l'afTee-
tion pour lui ; il y a plusieurs sortes d'amis,
peu de vrais et beaucoup de faux.
1" Ami véritable. Prov. 17. 17. Omni tem-
pore diligit qui amicus est : Celui qui est ami,
aime en tout temps, non-seulement dans le
temps de l'adversité , mais lors-même que
par son ingratitude il a cessé de l'aimer ; et
c'est le caractère d'un ami chrétien. C'est
ainsi que Jésus-Christ nous a aimés. Joan.
15. 13. Majorem hac dileclionem nemo habet^
ut animam suam ponat quis pro amicis suis :
Personne ne peut avoir un plus grand amour
que de donner sa vie pour ses amis ; la cha-
rité y engage tous les chrétiens pour leur
prochain, et surtout les pasteurs pour les
âmes qui leur sont confiées, lorsque l'occa-
sion se présente de le faire : tels sont ceux
que Jésus-Christ appelle ses amis. Joan. 15.
14. Vos amici mei estis, si feceritis quœ prœci-
pio vobis : Vous serez mes amis, si vous
faites ce que je vous commande, v. 15. Vos
dixi amicos : Je vous ai appelés mes amis,
parce que je vous ai fait savoir tout ce que
j'ai appris de mon Père. Luc. 12. i. Joan. 11.
11. Tels sont enfin ceux qui sonl amis d'une
amitié chrétienne. Luc. 16. 9. Facile vobis
amicos de mammona iniquitatis : Employez
les richesses injustes à vous faire des amis.
Voy. Mammo.na. Acl. 27. 3. 3. Joan. v. 15. On
peul encore compter parmi ces amis , les
vrais et fidèles amis dont il est parlé dans les
Prov. et dans l'Ecclésiastique en plusieurs
endroits. Voy. Amicitia.
2" Ami, d'une amitié commune, fondée sur
l'honnêtelé civile. Eccli. 6. 5. Verbum dulce
tnultiplicat amicos: La parole douce acquiert
beaucoup d'amis; les paroles douces édifient
les plus méchants, et les paroles aigres scan-
dalisent les plus justes, c. 22. 25. Qui convi^
cialur amico dissolvet amicitiam : Celui qui
dit des injures à son ami , rompra l'amitié.
V. 26. Ad amicum et si produxeris gladium,
non desperes, est enim régressas : Quand vous
auriez lire l'épée contre votre ami, ne déses-
pérez pas, car il y a encore du retour, v. 27.
Ad amicum si aperueris os triste, ne timeas,
est enim concordatio : excepta convicio, et
improperio, et superbin, et mysterii révéla-
tione, et plaga dolosa, in his omnibus effugiel
amicus : Quand vous auriez dit à votre ami
des paroles fâcheuses, ne craignez pas, car
vous pouvez encore vous remettre bien en-
semble ; pourvu que cela n'aille point jus-
qu'aux injures, aux reproches, à l'insolence,
à révéler le secret, et à la blessure faite en
trahison : car dans toutes ces rencontres
votre ami vous échappera. Exod. 22. 7. Ps.
37. 12. et ailleurs, surtout dans les Proverbes
et l'Ecclésiastique.
3" Faux ami, qui ne s'aime que lui-même.
Prov. 1 V. 20 Amici divitum mulli : Les riches
ont beaucoup d'amis, c. 9. Ik. Divitiœaddnnt
ainicos plurimos ; Les richesses donnent
251
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE. ÔS2
beaucoup d'amis. Eccli. 6. 8. Est amicus ses amis à se réjouir, en faisant peul-êire
secundutn tempus suum : Il y a un ami qui ne allusion à ce qui se pratiquait alors, et qu'on
l'est que lant qu'il y trouve son avanlage. voit encore se pratiquer aujourd'hui en ces
9 Est amicus qui convertitur ad inimici- pays-là. Après que l'époux esl entré avec
tiatri : Il y a un ami qui se change en Jépouse dans la chambre nuptiale, leurs
ennemi ; qui se pique et qui rompt l'amilié amis se rcmellcnl de nouveau à table , pour
nour très-peu de chose, v. 9. Et est amicus faire honneur au festin et aux noces ; ei l'é-
Qui odium et rixam, et convicia denudabil : poux sortant (;aieIquefois, vienl se faire voir
El il y a un ami qui découvre sa haine , et aux conviés , pour leur applaudir : le Sainl-
qui se répand en querelles et en injures ; Esprit n'apprduve point ces coutumes hu-
c'cst- à-dire traître et violent, qui passe tout maints, lorsqu'il s'en sert seulement comme
d'un coup de l'amour à la haine, et qui, d'un langage figuré pour exprimer ce qui
après avoir quitté son ami , le traite outra- regarde le grand sacrement, qui est le mys-
eeusement et se déclare son ennemi. Il y a 1ère de son alliance toute divine avec son
im ami qui l'est pour la table, et qui ne le épouse, la sainte Eglise, c. 8. 13. C'est encore
sera plus au jour de l'altliclion : Amicus so- en ce sens que saini Jean-Baptiste esl appelé
dus mensœ et non permanebit m die necessi- VAmi de l'Epoux. Joan. 3. 29. Atnicus sponsi
tatis. c. 37' Est amicus solo nomine amicus : qui stat et audit eum, gaudio gaudet propter
Il V a un ami , qui n'est ami que de nom. vocem sponsi : L'Epuux est celui à qui est
Enfin Prov. 13*. 20. Amicus stultorum similis lEpouse ; mais l'ami de l'Epoux qui se lient
efficiètur : L'ami des insensés leur ressem- debout et qui l'écoute, esl ravie de joie, à
blera. Voy. Stultus. Prov. 19. v. 6. 7. etc. cause qu'il entend la voix de l'Epoux : ces
4° Ami qui aime son épouse et qui est amis de l'Epoux mystique , qui esl Jésus-
aimé d'elle. Canl. 5. 16. Talis est dileclus Christ, sont les pasteurs et les ministres de
meus, et ipse est amicus vieus : Tel esl mon l'Eglise.
bien-aii;ié et celui qui esl véritablement mon 8" Les voisins et les habitants d'un même
ami" cette Epouse qui parle c'est l'Eglise, lieu s'appellent amis ( «vSp? tov tôttou, /ocj ).
qui est aussi appelée amie de son Epoux qui Gènes. 29.22. Vocatismultis amicorum turbis,
est Jésus-Christ. Gant. 1. v.9. 15. et ailleurs, fecit nuptias : Laban fil les noces, ayant in-
Voy. Amica. V'^^ 3u festin ses amis, qui étaient en fort
5" Ami se dit aussi d'un amant qui aime et grand nombre (ô Tzï-naio-j, propinquus ). Exod.
qui débauche la femme d'un autre. Ose. 3. il. 2. Postulet vir ab amico suo, et mn-
1. Dilige mulierem dilectam amico et adulte-
ram : Aimez une femme adultère, qui est ai-
mée d'un autre que de son mari. Gel ordre
que Dieu donne au Prophète , marquait
l'amitié que Dieu avait pour la Synagogue,
après même qu'elle l'avait abandonné en se
prostituant aux idoles par un adultère spiri-
tuel.
G" Ami, qui esl dans les bonnes grâces de
son seigneur. Jac. 2. 23. Abraham amicus
Dei appcliutus est : Abraham, par la gran-
deur de sa foi, fut appelé ami de Dieu.
2. Par. 20. 7. Judith. 8. 22. Isa. 41. 8.
Ps. 1:^8. 17. Ainsi, Prov. 22. 11. Qui diliyit
cordis munditiam habebit amicumregeyn : Ce-
lui qui aime la pureté du cœur, aura le roi
pour ami, et surtout le îoi souverain qui est
Jésus-Christ. Joan. 19. 12. Si liunc dimittis,
non es amicus Cœsuris : Si vous délivrez cet
homme , vous n'êtes point ami de César.
Voy. Gratia.
Les conseillers et les confidents des princes
sonl aussi appelés leurs amis ; c'est-à-dire
leurs favoris. Gen. 2G. 26. Ochozalh amicus
illius. Ochozalh, favori du roi. 2. Keg. V6.
37. 3. Reg. 4. 5. c. 16. 11. Eslh. 5. v. 10. 14.
c. 16. 13. etc. ce qui est commun dans les
auteurs profanes.
7" Ceux que l'époux choisissait entre ses
égaux, pour assister à ses noces, s'appelaient
ses amis. Judic. 14. IQ. Uxor ejus accepit
maritum unum de amicis ejus et pronubis :
Dalila, fi mme de Samson , épousa un de ces
jeunes hommes cl de ses amis, qui l'avaient
accompagné à ses noces, c. 15. 2. Ainsi ,
canl. 5. 1. Comedite, nmici, et bibite : Man-
gez, luos amis, et buvez; l'époux exhorte
lier a vicina sua, vasa argentea et aurea : Que
chacun demande à son ami, ei chaque femme
à sa voisine, des vases d'or et d'argent. Les
Israélites avaient un prétexte spécieux pour
demander toutes ces choses aux Egyptiens ;
parce qu'ils se préparaient à aller dans le
désert , comme pour faire un sacrifice à
Dieu et pour célébrer en son honneiir une
grande fête. Tob. 8. 22. Jerem. 29. 23. Zach.
3. 10. Luc. 11. 5. c. 15. 9. Voy. Spoliaïie.
9" Les confédérés qui font entre eux des
traités d'alliance et de paix , sont appelés
amis. Ps. 107. 10. Milii alienigenœ amici facti
sunt : Les Philistins sonl devenus mes amis;
Gr. v-KEZKynTuv, subditi sunt, m'ont été assu-
jettis, comme le porte le texte du ps. 59. 10.
3. Reg. 5. 1. 1. Mach. 14. 40. c. 15. 17.
10' Ceux qui font les mêmes fonctions
(ô Tzlnaio-i)). Zach. 3. 8. Audi, Jesu, sacerdos
magne, tu et amici tui ; Ecoutez, ô Jésus,
grand prêtre, vous et vos amis ; ces amis ce
sonl les autres prêtres, dont il était le chef.
Job. 40. 25.
11" Tout homme à qui nous avons affaire,
et qui s'appelle notre prochain ( ô -rlrjfTlo» ).
Levit. 19. 18. Diliges amicum tuum sicut te
ipsicm : Vous aimerez votre ami comme vous-
même. Exod. 11. 2. c. 22. 7. c. 32. 27. Deut.
19. 5. c. 23. 25. Job. 31. 9. Zach. 8. 17.
AMICE, mon ami.— i° Ce mot, au vocatif,
se dit sérieusement et par amitié [fàs];-
quand on s'adresse à des amis familiers.
Luc. 11. 5. Amice, commoda mi/ii très panes :
Mon cher ami, prêtez-moi trois pains. Luc.
14. 10. Amice, ascende supcrius : Mon ami ,
montez plus haut. — 2'' Quelquefois on s'en
sert par ironie, comme pour marquer qu'où
233
AMI
est indigne du nom d'ami. MaUh. 26. 50.
Amice [hv-lps], ad quid venisti ? Qu'étes-vons
venu fnireici ? Saint Luc dit, c. 22. 48 : Juda,
osculo Fiiium hominis tradis ? Vous trahissez
le fils de l'homme par un baiser ? — 3° C'est
une façon de parler dont on se sert presque
dans toutes les langues, en s'adressant à des
personnes qu'on ne connaît pas. Matlh. 20.
13. Amice (ÉTat/oe), non facto tibi injuriam :
Mon ami, je ne vous fais point de tort. c. 22.
12. Amice, quomodo hue inlrasti non habens
veslcm nuptialem ? Mon ami , comment êles-
vous entré en ce lieu, sans avoir la robe
nuptiale ?
AMICA, £, fiU. Ce nom, pris substanti-
vement, est une amante {yjoipiiJio; ,^ fa7niliaris ,
domestica). Dans l'Ecriture il signifie :
1° Amie familière, avec qui on s'entretient,
comme avec sa proche parente. Prov. 7. 4.
Die sapientiœ, Soror mea es, et prudentiam
voca amicam tuam. Hebr. cognatam : Dites à
la sagesse : Vous êtes ma sœur, et appelez la
prudence votre amie : la sagesse éternelle,
qui était notre souveraine, est devenue notre
sœur et notre amie , en se revêtant de notre
chair, et s'est rendue familière avec nous.
2° La femme mariée s'appelle l'amie de son
mari, comme l'Epouse mystique, amie de
Jésus-Christ { ^ n'Anfj io-»). Canl. 1. v. 8. 14.
c. 2. 2. Sicut lilium inter spinas, sic arnica
tnea inter filias : Ce qu'est le lis entre les
épines, telle est ma bien-aiméo entre les
filles. Voy. Lilium. Cette Epouse bien-aimée
c'est l'Eglise. Voy. Amicus.
3" Commode, favorable (yt),o?). Sap. 1. 16.
estimantes illam amicam defluxerunt : Les
méchants ont appelé la mort à eux , la
croyant amie, ils en ont été consumés : cela
s'entend principalement d'Eve, séduite par
le démon.
h" Bonne amie, avec qui l'on s'accorde
bien. Luc. 15. 9. Convocat arnicas et vicinas :
La femme qui avait perdu sa drachme ,
appelle ses amies et ses voisines, pour se
réjouir avec elles de l'avoir trouvée.
AM1CITL\, JE , filic,. —1° Amitié, affec-
tion qu'on a pour quelqu'un, soit qu'elle soit
seulement d'un côté, soit qu'elle soit réci-
proque. Prov. 25. 10. Gratia et amicitia libe^
rant, quas tibi serva, ne exprobrabilis fias : La
grâce et l'amitié délivrent, assurez-les vous,
de peur de tomber dans le mépris. L'amitié,
même civile, est une grande protection selon
le monde : mais l'amitié chrétienne en est
encore une plus grande selon Dieu : on peut
voir sur le mot amicus 2° et 3°, la différence
des vrais et des faux amis ; mais on peut
ajouter ici que les vrais amis, que nous de-
vons rechercher, sont ou ceux qui nous
peuvent instruire par leur lumière, ou ceux
qui nous peuvent encourager pai leur exem-
ple et nous rendre Dieu favorable par leurs
prières , ou enfin les pauvres , à qui le
royaume du ciel appartient et qui en feront
part à ceux qui auront été leurs amis. Eccli.
6. V. 12. 17. c. 22. 25. etc.
2° Affection , bienveillance, dont on est
honoré. Sap. 7. 14. Jnfinilus thésaurus est ho-
minibus, quo qui usi sunt, participes façti
DiCTIONN. DB PniLOL. SACAÉB. L
AMI 234
sunt atnicitiœ Dei : La sagesse est un trésor
infini pour les hommes ; et ceux qui en ont
usé sont devenus les amis de Dieu. Posséder
le trésor de la sagesse , c'est en user, non
pour s'acquérir une vaine estime parmi les
hommes, mais pour devenir, en l'aimant, ami
de Dieu. c. 8. 18. Voy. Amica.
3" Amour déréglé. Jac. 4. 4. Nescitis quia
amicitia hujus mundi inimica est Dei? Ne sa-
vez-vous pas que l'amour de ce monde est
une ininîitié contre Dieu? L'amour du monde
est l'amour des honneurs , des biens et des
plaisirs.
4" Amitié, alliance, confédération (cruvSrixï»
fœdus). Exod. 34. 12. Cave ne umquam cum
habitatoribus terrœ illius jungas amicitias :
Prenez gardedecontracter jamalsamilié avec
les gens de cette ten e ; cette défense que Dieu
fait ici est la même qu'au chapitre 23. 32.
Non inibis cum eis fœdus, nec cum diis eo-
rum : Vous ne ferez point d'alliance avec
eux, ni avec les dieux qu'ils adorent. Jos.
23. 12. Ainsi on dit , Facere, inire, jungere,
copulare, statuere atnicitias cum aliquo : Faire
amitié, faire alliance avec quelqu'un. 2. Reg.
3. v. 12. 13. 2. Par. 20. 35. Dan. 11. 6. et
souvent dans les livres des Machabées.
AMINADAB , Heb. Populus spontaneus ,
nom propre d'homme qui signifie :
1° Un Iils d'Aram, père do Naasson. Matth.
1.4. Aram genuit Aminadab, Aminadab genuit
Naasson. Exod. G. 23. Num. 1. 7. etc. Ruth.
4. 19. 1. Par, 2. 10.
2° Un fils de Caaih, et père de Coré. 1.
Par. 6. 22. Filii Caath ; Aminadab , fiUus
ejus; Core, filius ejus : Les fils de Caath sont
ceux-ci : Aminadab, fils de Caath ; Coré, fils
d'Aminadab ; il est nommé Isaar. v. 2.
18. 38.
3° Un chef des lévites, descendant d'Oziel.
1. Par. 15. 11. Vocavitque David Sadoc et
Abiathar sacerdotes , et levitas , Uriel... et
Aminadab : David appela donc Sadoc et Abia-
thar prêtres, avec les lévites Uriel... et Ami-
nadab.
4° Nom propre qui signifie : Mon peuple,
qui me fait la guerre de gaîlé de cœur. Cant.
6. 11. Nescivi; anima mea conturbavit me
propter quadrigas Aminadab : Je n'ai plus
su où j'étais; mon âme a été toute troublée
dans moi, à cause des chariots d'Aminadab.
Quelques-uns croient qu'il y avait, du temps
de Salomon, un homme dcqualité de ce nom,
fameux par la vitesse de ses chariots. Ceci
peut marquer, selon le sens littéral, que l'é-
pouse étant au jardin des Noyers, où sans
doute elle cherchait son époux, elle fut sai-
sie tout d'un coup d'un grand trouble et
d'une frayeur extraordinaire , à cause du
bruit de quelques chariots qu'elle entendit ;
cet endroit est fort obscur.
AMITA, JE. «SeXy/i Toû nurpôç. Ce nom, qui
signifie la sœur du père, vient de l'hébreu
am, mater, et signifie la tante du côté du
père, la sœur du père. Levit. 20. 19. Turpi-
tudincm matertcrœ et amilœ tuœ non disco-
operics : Vous ne découvrirez point contre la
pudeur votre tante maternelle ou votre
tante paternelle; c'est-à-dire : vous n'cpou-
8
^^ DICTIONNAIRE DE I
serez point voire tante. On croit que ce ma-
riage n était point défendu avant la loi écrite.
Voy. JOCKABED. .
AMITAL, is. Heb. Calor rons. Nom nro-
pre de femme.
La -mère de Joachaz, fils de Josias. *.
Reg. 23. 31. Nomen matris ejus Amital.
( Heb. Hamuël ) fîlia Jeremiœ de Lohna : La
mère de Joachnz se nommait Amitul , et
était fille de Jérémie de Lobna: elle fut aussi
mère de Sédécias. k. Reg. 2i. 18. Jer. 5-2. 1.
AMITTERE , àTTogiUetv. Ce verbe qui vient
de la préposilion a et de mittere, quasi a
se tnitterey signifie proprement laisser al-
ler, ne retenir dIus ; et outre cela, il si-
gnifie : , , r^
1° Laisser perdre, laisser échapper. Prov.
23. 3i. Et eris quasi sopitus gubernator
amisso clavo : Si vous vous laissez gagner
par le vin, vous serez comme un pilote as-
soupi qui a perdu le gouvernail. Hebr. 10.
35. Noliteamittere confidentiam : Ne laissez
pas perdre la confiance que vous avez ;
c'est-à-dire, cette liberté que vous avez de
confesser votre foi avec assurance. \oy.
CoXFIDEXTIà.
2° Perdre, être privé de quelque chose
(àrroW.O^iv). Tob. li. 3. Quinquaginta et sex
anyiorum lumen oculorum amisit, sexagena-
rius vero recepit : Tobie avait cinquante-six
ans lorsqu'il perdit la vue, et il la recouvra
à soixante. Eslh. 2. 7. Prov. 25. 20. Sap. 19.
k. et ainsi Ezech. 36. 15. Gentem tuam non
amittes amplius : Vous ne perdrez plus votre
peuple. Hebr. et Gr. dépeupler, «tsxvoOv.
Vous ne serez plus la cause de la destruc-
tion de votre peuple.
AMISSIO, >'is , àrogo^rj. — 1° Perte de
quelque chose. Judic. 16. 28. Redde mihi
nunc fortitudinem pristinam, ut ulciscar me
de hostibun meis, et pro amissione duorum
luminum unamidtionem recipiam : Mon Dieu,
dit Samson, rendez-moi maintenant ma pre-
mière force, afin que je me venge de mes
ennemis, et que je prenne d'eux une même
vengeance pour la perte de mes deux yeux.
Act. 27. 22. — 2° Rebut, réprobation. Rom.
11. 15. Si amissio eorum : Si la réprobation
des Juifs est devenue la réconciliation du
monde : ce mot amissio est pris ici dans la
signification propre; car «.izoSom, abjectio ,
c^est un éloignemcnt de soi.
AMIZABÂD, Heb. PopuH dos. Fils de Ba-
naïas , qui commandait l'armée sous son
père. 1 Par. 27. 6. Prœerat twmœ ipsius
Amizabad. filius ejus. Voy. Banaias. Son fils
Amizabad commandait l'armée sous lui.
AMMA, Heb. Obscurata. Ammaonte, nom
de ville de la tribu d'Aser. Jos. 19. 30.
AMMANITES, m. Heb. Populuris, pîur.
AMMANlTiE, arum. Ce nom est mis pour
Ammonites, œ. Voy. Ammon, et signifie :
Ammonite, du pays des Ammonites. 2.
Esdr. 2. 10. Tobias servus Ammonites : To-
bie, serviteur du roi, était Ammonite, v. 19.
c. k. 3. C'était un seigneur des ammonites,
qui relevait du roi de Perse. Voy. Tobias.
Ainsi, c. 'i^. 7. Ammonilœ et Azotti : Les Am-
monites et ceuxd'Azot.
HILOLOGIE SACREE. 856
AMMANITIS, iDis, Heb. Idem. Nom fémi-
nin , qui vient de la même origine.
1° Femme du pays des Ammonites. 3. Reg.
li. V. 21. Nomen matris ejus Naamn Amma-
nitis : La mère de Roboam s'appelait Naama^
et elle était du pays des Ammonites; elle
était idolâtre comme les Ammonites, et ap-
prit à son fils son impiété, et son fils au peu-
ple. 2. Par. 12. 13, Voy. Naama.
•2° Lo pays des Ammonites en Arabie. 2.
Mach. i. 26. Profugus in Ammanitem expuU
sus est regioneni : Jason ayant été chassé, se
réfugia au pays des Ammonites, c. 5.7. Pro-
fagus iterum abiit in Ammanitem : H fut
obligé de s'enfuir de nouveau, et de se reti-
rer au pays des Ammonites ; In Ammanitem
est mis pour in Ammanitidem.
AM>îAU.M , Heb. Populus abjectus. Am-
maiis, ville de la tribu de Juda. 1. Mach. 9.
50. JE di fie avérant çivitates munitasin Judœa,
munitionem quœ erat in Jéricho et in Am-
maum : Les gens de Jonathas bâtirent des
villes fortes dans la Judée, et fortifièrent les
citadelles qui étaient à Jéricho et à Am-
niaiis. Voy. Emmaus.
AMMIEL, Heb. Populus Dei. — i" Fils de
Gemnl, de la tribu de Dan; il fut nommé
avec les autres pour aller reconnaître la
terre de Chanaan. Num. 13. 13.-2° Père
deMachir, de la ville de Lodabar, dans la
tribu de Siméon. 2. Reg. 9. v. 4. 5. c. 17. 27.
et de Bethsabée, femme de David. 1. Par. 3.
5. — 3° Le sixième fils d'Obededom, qui fut
établi portier du Temple. 1. Par. 26. 5.
AMMISADDAI , Heb. Populus omnipo^
tentis. Un homme de la tribu de Dan, qui fut
père d'Ahiezer. Num.l. 12. c. 2. 25. etc.
AMMIUD, Heb. Populus taudis. — 1° Fils
d'Ephraïm, et père d'Elisama. Num. 1. 10.
c. 2. 18. etc. 1. Par. 7. 26. — 2' Père de ce
Samuel , de la tribu de Siméon , qui fut
nommé avec d'autres pour faire le partage
des terres. Num 3k. 20. — 3° Père de Phé-
daël, de la tribu de Nephlhali. Num. 3i. 28.
— i° Père de Tholmaï, roi de Gessur, chez
qui Absalom se réfugia , après qu'il eut tué
son frère Ammon. 2. Reg. 13. 37. — 5" Le
fils dAmri, descendant de Phares. 1. Par.
9. 4
AMMON, Heb. Populus ejus. — i' Fils de
Loth, que ce patriarche eut de sa seconde
fille. Gen. 19. 38. Minor quoque peperit fi-
lium, et vocavit nomen ejus Ammon, id esty
filius populi mei : La seconde enfanta un fils,
qu'elle appela Ammon ; c'est-à-dire, le fils
de mon peuple; ce qui semble marquer la
simplicité de celte fille, qui, désirant passion-
nément avoir quelque enfant, aussi bien
que sa sœur, voulut en' avoir de son père,
qui était du peuple de Dieu , et non pas des
habitants de Sodome, qui étaient idolâtres.
C'est de lui que viennent les Ammonites :
Ipse est pater Ammonitarum. Gen. 19. 38.
2" Les Ammonites descendants d'Ammon.
1. Reg. 11. 11. Percussit Ammon. usque dum
incalesceret dies : Saiil défit les Ammonitos,
qui sent souvent appelés Filii Ammon, les
enfants d'Ammon ; mais ces mots : Fiiii
Ammon, signifient fuii populi fui ; les habi-
J57
AMN
tanls ae son pays. Num. 22. 5. Misit nunlios
ad Balaam fiiium Beor ariolum, qui habitahat
super flumen terrœ filiorum Atnmon : Balaam,
fils de Béor, à qui Balaac envoya des ambas-
sadeurs, était un devin qui demeurait près
du fleuve du pays des enfants d'Ammon, ou
bien des habitants de son peuple; ce fleuve
était l'Euphratc, où était le pays de Balaam,
qui était de Mésopotamie en Syrie. Deut. 23.
4. Or, le pays des Ammonites est en Arabie,
près du Jourdain ; il appelle son pnys la terre
des enfants de son peuple , popularium ; par
un pléonasme hébreu assez ordinaire à l'E-
criture.
AMMONITES , .e. plur. AMMONITtE ,
ARUM,. Heb. Populares. — 1° Ammonite, du
pays des Ammonites. 1. Reg. 11. i.Ascendit
Naas Ammonites : Naas, roi des Ammonites,
marcha avec son armée, et attaqua Jabés.
Deut. 23, 3. Ammonites et Moabites etiam
post decimam generutionem non intrabunt
Ecclcsiam Domini : L'Ammonite et le Moa-
bite n'entreront jamais dans l'assemblée du
Seigneur, non pas même après la dixième
génération. Voy. Ecclesia. Ces mots au sin-
gulier sont mis pour le pluriel, Ammonitœ,
comme 2 Esdr. 13. 1.
2" Des peuples de l'Arabie heureuse. 2.
Par. 20. 1. Congregati sunt filii Moab, et Jîlii
Ainmon, et cum eis de Ammonitis ad Josa-
phat : Les Moabites et les Ammonites s'as-
semblèrent contre Josaphal avec leurs al-
lies. Ces peuples alliés, selon quelques in-
terprètes, étaient les Iduméens ou les Ama-
lécites qui avaient pris l'habit des Ammo-
nites pour secouer le joug des rois de Juda.
Le Grec porte Minœi ; c'est pourquoi de fort
haoiles auteurs croient que ce sont les Mi-
néens, habitants de l'Arabie heureuse, si-
tuée près de la mer Rouge; ce sont les mê-
mes qui sont encore appelés Ammonites, c.
26. 8. Appendebant Ammonitœ mune7'a Oziœ :
Les Ammonites faisaient des présents à
Ozias. v. 7. le Gr. Minœi ; c'est-à-dire les
Minéens. Les auteurs profanes , comme
Etienne, Strabon et Pline, reconnaissent ces
peuples dans l'Arabie heureuse, près de la
mer Roug<\ Voy. Bochart, in Phaleg.
AMMONITIS, iDis, Heb. Popularis. Am-
moniie, femme du pays des Ammonites. 3.
Reg. 11. 1. Rex Snlomon adamavit mulieres
(tlienigenas multas... Moabitidas et Ammoni-
tidns : Le roi Salomon aima passionnément
plusieurs femiiies étrangères, entre autres,
la fille de Pharaon , des femmes de Moab et
d'Ammon. 2. Esdr. 13. 23.
AMNIS, is. noruiMÔç. Ce mot vient d'am,
circum, et de no, fluo ; parce que les rivières
tournaient en coulant, ou du grec ùy.v£ïQs ^
qui signifie amnis, dans Suidas.
Un fleuve, une rivière. Gen. 31. 21. Cum
amne Iransmisso pergeret : Jacob ayant déjà
passé la rivière ; c'était apparemment l'Eu-
phrale , Laban en fut averti, c. 41. v. 3. 18.
1. Par. 1. 48.
AMNON, Heb. Fidelis, verax. — 1" Un fils
lie David etd'Achinoam, qui abusa par vio-
lence de sa sœur Thamar. 2. Rcg. 3. 2,
Fuit primogcnitus ejus Amnon ; Amnon fut
AMO 2?a
le fils aîné de David, c. 13. v. 1. 3. 4. etc. 1.
Par. 3. 1. Voy. Thamar. — 2° Un fils de Si-
mon, 1. Par. 4. 20. Filii quoque Simon, Am-
non et Ritmà : Les fils de Simon sont Amnon
etRinna. Ce Simon n'est pas le chef d'une
tribu , mais quelque 'homme de la tribu de
Juda.
AMOC, Heb. Vallis. Un chef d'une famille
sacerdotale. 2. Esdr. 12. 6.
AMODO, «Trô Toû vOv, ànâprt.Ce mot, com-
posé de la préposition a et de l'adverbe
modo, n'est point usité dans les auteurs la-
tins ; il signifie dans notre Vulgate. — 1° de-
puis ce temps, dès maintenant. Joan. 13. 19.
Amodo dico vobis priusquam fiât : Je vous
dis ceci dès maintenant avant qu'il arrive.
Apec. 14. 13. Amodo jnm, dicit Spiritus, nt
requiescant a laboribus suis : Dès maintenant,
dit l'Esprit, je les assure qu'ils se repose'
rnnl de leurs travaux. Ainsi , Isa. 9. 7, et c.
50. 21. Amodo et Usque in sempiternum : De
puis le temps présent jusque dans l'éter-
nité; c'est la rnême chose que ce que dit Da-
vid, Ps. 112. 2. Ex hoc nimc et usque in sœ-
culum : Depuis maintenant jusque dans
l'éternité. — 2° Dorénavant , désormais.
Joan. 14. 7. Amodo cognoscetis eum : V^ous
le connaîtrez bientôt. Mafth. 23. 39. iVon vi-
dfibitis amodo : Vous ne me verrez plus dé-
sorm.iis. — 3° Maintenant, à présent. Jerem.
3. 4. Ergo saltem amodo voca me : Appelez-
moi donc, et invoquez-moi au moins main-
tenant. — 4° Un jour, un temps à venir.
Matth. 26. 64. Amodo videbitis Fiiium homi-
nis sedentem a dextris Dei : Je vous déclare
que vous verrez un jour le Fils de l'Homme
assis à la droite de la majesté de Dieu. Jésus-
Christ marquait le jugement dernier.
AMON, Heb, Fidelis. — 1" Gouverneur de
la ville de Samarie sous Achab. 3. Reg. 22.
26. 2, Par. 18. 25. — 2" Fils de Manassé.
Matth. 1, 10. et père de Josias. Impie et ido-
lâtre. Soph. 1. 1. 4. Reg. 21. v. 18. 19. 24.
25. —3° Un Nathinéen de ce nom. 2. Esdr
7. 59.
AMONA, m. Heb. Numerans. Amona, ville
et vallée où le prophète Ezéchiel prédit que
devait être la sépulture de Gog el de son
peuple (7ro),u«v5otov, Cœmeterium, stroges ).
Ezech. 39. 16. Ce nom, qui signifie multi-
tude, marque le lieu où iltlevaity avoir une
grande défaite d'ennemis.
AMOR, is , «yKTT-yj. Ce nom vient du verbe
amare, et signifie une passion de l'âme qui
nous fait aimer quelque personne ou quel-
que chose ; cette passion peut être bonne ou
mauvaise, selon la qualité de l'objet qu'on
aime, et du motif par lequel on aime : si
c'est Dieu que l'on aime, et les créatures
par rapport à Dieu, l'amour est bon el méri-
toire; mais si l'on aime les créatures pour
elles-mêmes, sans les rapporter à Dieu , cet
amour est mauvais et blâmable.
1" Amour pris en général , bon ou mau-
vais. EccI, 9. 6. Amor et odium et invidia
simul pericrunt : L'amour, la haine et l'envie
ont péri avec eux. Les morts, en quelque
éclat ou de dignité, ou de réputation qu'ils
aicnl paru sur la terre , n'out plus de part à
9iW
re siècle et à tout ce qui se passe sous le
«oleil Tout le monde est péri pour eux , et
ne «îont plus l'objet ni de l'amour, ni de la
haine, ni de l'envie, parce qu'ils ne peuvent
plus ni favoriser, ni nuire.
2° Amour honnête, affection légitime ùyi.-
■jz^mç.% i. Rc^.'2.G. Amabilissuper amoremmu-
lierum : Jonalhas méritait d'être aimé d'un
amour plus grand que n'est celui que les
femmes ont pour leurs maris et leurs en-
fants. D'autres l'expliquent de l'amour que
l'on a pour les femmes; mais la comparaison
ne marque que la grandeur de cet amour,
et non pas le dérèglement. Prov. 27. 5. Me-
liorest manifesta correptio,'quam amor a6-
sconditus {f^àia). La correction manifeste
vaut mieux qu'un amour secret. Il ne sufGt
pas qu'un ami véritable nous aime , il faut
désirer qu'il nous corrige; car s'il ne veut
pas le faire, il ne mérite pas le nom d'ami ;
que si le voulant il ne l'ose pas, nous ne
méritons pas d'avoir des amis. c. 5. 19. Gen.
29. v. 20. 30. Eccli. 24. 2. 2. Mach. 6. 20.
3° Amour déréglé et déshonnête. 3. Reg.
11. 2. His copulatus est Salomon ardentissimo
amore : Salomon s'attacha aux femmes étran-
gères avec une passion très-ardente. 2. Reg.
13. V.2. 15. Dan. 13.10.
k" Charité, amour spirituel, soit celui de
l'Eglise pour Jésus-Christ. Cant. 5. 8. Adjura
vos, fidœ Jérusalem , si inveneritis dilectum
ineum , ut nunlietis ei quia amore langueo : Je
VOUS conjure, ô filles de Jérusalem, si vous
trouvez mon bien-aimé, de lui dire que je
languis d'amour. L'âme sainte, dit saint Am-
broise, ne connaît point d'autre objet de ses
désirs que l'Epoux, qui est Jésus-Christ;
c'est vers lui qu'elle aspire avec ardeur,
c'est à lui qu'elle tend de toutes ses forces ;
elle s'ouvre et se répand toute en lui. c. 2. 5.
Soit l'amour fraternel , la charité du pro-
chain {(fàuhlfiry.). 1, Petr. 1. 22. Jn fraterni-
tatis amore simplici ex corde invicem diligite
attentius : Que l'affection sincère que vous
aurez pour tous vos frères vous donne une
attention continuelle à vous témoigner les
uns aux autres une tendresse qui naisse du
fond du cœur. 2. Petr. 1. 7.
6°Désir honnête de quelque chose.Tob. 6. 22.
Accipies virginem amore filiorum magis, quam
libidine ductus : Vous prendrez cette fille
dans le désir d'avoir des enfants , plulôt que
par un mouvement de passion.
6" L'amour stable et élernel que Dieu porte
à ceux à qui il a préparé le royaume du ciel.
Eccl. 9. 1. Nescit homo utrum amore an odio
dignus sit : L'homme ne sait s'il est digne
d'amour ou de haine , parce qu'il ignore s'il
est du nombre des élus . et s'il persévérera
jusqu'à la fin ; nul ne sait certainement s'il
fait le bien d'une manière assez pure pour
mériter d'être aimé de Dieu.
7° Objet aimé, chose que l'on a\iï\e {èiimtûii»
ToyopEîTo spirilîim haurire). Jer. 2. ^k-.Onager
assuetus in solitudine in desiderio animœ suœ
atlraxit ventum amoris siti ; Jérusalem est
comme un âne sauvage accoutumé à vivre
dans \c désert , qui , scnlant de loin ce qu'il
aime, court après avec ardeur : Captât «h-
DICTIONNÂIRK DP: PHILOLOGIE SACRÉE. 240
raw et odorem femelkc quam amat. Menoc.
Tir in. V. Ventus.
AMORRHiEUS,!. Heb. ^worus —1° Amor.
rhée, fiîs de Chanaan. Gènes. 10. v. 16. 17.
Chanaan genuit Sidonem primogeniliim suum,
Hetlhœum Jebusœum et Amorrhœum : Cha-
naan engendra Sidon, qui fut son fils aîné,
et Héthée , Jébuséc , Amorrhée, etc. 1 Par.
1. H.
2° Les Amorrhéens qui liraient leur ori-
gine d'Amorrhée, fils de Chanaan. Exod. 32.
2. Mittam prœcursorem lui angelum, ut eji~
ciam Chananœum et Ammorrhœum , etc. J'en-
verrai, dit le Seigneur, un ange pour vous
servir de précurseur, afin que j'en chasse les
Chananéens, les Amorrhéens. c. 3. v. 8. 17.
c. 13. 5. c. 23. 23. c. 34. 11. etc. Ce peuple
occupait plusieurs pays en deçà et au
delà du Jourdain , et entre autres le pays des
montagnes au delà du Jourdain , où ont été
depuis les tribus deRuben, de Gad, et la moi-
tié de celle de Manassès , depuis le fleuve
Arnon jusqu'au mont Hermon.
3° Les Amorrhéens , parce qu'ils étaient
très-puissants, se prennent quelquefois pour
tous les peuples de la Ghananée. Gen. 15.
16. Necdum complétée sunt iniquitates Atnor-
rhœorum; La mesure des iniquités des Amor-
rhéens n'est pas encore remplie ; c'est-à-dire
que les Amorrhéens descendus de Chanaan ,
et les autres peuples voisins qui habitent ce
pays, auquel Chanaan avait donné son nom,
n'étaient pas encore montés à ce comble de
crimes après lequel Dieu avait résolu de les
punir et de les chasser de cette terre qu'ils
occupaient, pour y établir en leur place les
Israélites. Gen. 48. 22. Jos. 7. 7. c. 24. v. 15.
1«. Judic. 6. 10. Amos 2. v. 9. 10. etc. Ils
étaient de la race des géants , ou étaient mê-
lés avec eux.
Les Amorrhéens, avec les Chananéens, se
prennent quelquefois pour tous les peuples
qui habitaient le pays qui était entre le Jour-
dain et la mer Méditerranée ; mais ceux qui
demeuraient près du Jourdain s'appelaient
Amorrhéens, et ceux qui étaient vers la mer
se nommaient C/mnan^en5. Jos. 5. 1.
AMOS. — 1° Père du prophète Isaïe. Is. 1.
1. Visio Isaiœ fiiii Amos : Vision prophétique
d'Isaïe, fils d'Amos. c. 37. 2. 4. Reg. 19. v.
2. 20. 2. Par. 32. 20. etc. Celui-ci était frère
d'Amasias, roi de Juda, et s'écrit avec un
Aleph et un tsade, et signifie fortis. Dieu
l'envoya à Amasias, son frère, pour le re-
prendre de ses idolâtries ; mais ce prince im-
pie le menaça de le faire mourir.
2' Le prophète Amos, qui avait été berger
ou bouvier de Thecué. Amos 1. 1. Verba
Amos qui fuit in pastoribus de Thecue. Ce
nom s'écrit avec un ghain et un samec , et
signifie oneratus. Il prophétisa dans Israël,
lorsque Osias régnait en Juda, et Jéroboam ,
fils de Joas, en Israël, environ huit cents ans
avant Jésus-Christ.
3" Le père de Matthathias,dans la généalo-
gie de Jésus-Christ, Luc. 3. 25. Qui fuit Mat-
thalhiœ, qui fuit Amos : Qui fut fils de Mat-
thalhias, qui fui fils d'Amos.
u\
ANJP
AMP
m
AMOSA, Heb. Jurgium. ville de la lril)U
de Benjamin. Jos. 18. 26.
\iMÔVERE , «oiT-àvcit. 1" Oler , détourner,
retirer. Gen. 29. 10. Amovil lapidem quo pu-
teiis claudebalur : Jacob ôta la pierre qui
fermait le puits. 2, Reg. 20. v. 12. 13. Amoto
itlo de via : Lorsqu'on eut ôté Amosa du che-
min. 4. Reg. h. 27. Act. 5. 6.
2" Déposer, déposséder (^ueQto-Tâvat). 3. Reg.
15. 13. Maacham matrem suam ainovit, ne
esset princeps in sacris Priapi : Asa ôta l'au-
torité à sa mère Mnacha , afin qu'elle n'eût
filus l'intendance des sacrifices de Priape ; il
ui ôta le gouvernement du royaume, c. 20.
24. 2. Par. 36. 3. 2. Mach. 4. 29. Luc. 16. 4.
Act. 13. 22.
3" Casser, abolir (Tra^owServ). 2. Mach. 4. 11.
Amotis his quœ humanitatis causa Judœis a
regibus fuerant constituta : Jason abolit les
privilèges que la clémence et la bonté des
rois avaient accordés aux Juifs.
Ce verbe est ordinairement pris dans le
sens figuré. — Amove7'e a se, a facie sua :
Eloigner quelqu'un d'auprès de soi ; ce qui
est une marque de haine et d'aversion. 1.
l^egAS. i3. Amovit eum Saul a se : Saiil éloigna
David d'auprès de sa personne. 2. Reg. 7. 15.
Amovere a lacté, sevrer («-07«).«xTtÇ£tv). 1.
Reg. 31. 1. 23. Laclavit filiiim sicum, donec
amoveret eum a lacté : Anne nourrit son fils de
son lait, jusqu'à ce qu'elle l'eût sevré
Amovere a se prœcepta alicujus : Eloigner
de soi les préceptes de quelqu'un; c'est ne
pas les suivre, ne les pas observer. 2. Reg.
22. 23. Prœcepta ejus non amovi a me : J'ai
toujours observé les préceptes de Dieu. 2.
Mach. 2. 3.
Amovere a se sanguinem innocentem : se dé-
charger des crimes commis contre quelques
personnes innocentes \ila.ipzi-j). 3, Reg. 2.
Amovehis sanguinem innocentem qui effu-
sus est a Joab, a me et a domo palris mei :
Vous empêcherez qu'on ne m'impute les
meurtres commis par Joab.
Amovere plagas ab aliquo : Cesser de tour-
menter ou d'affliger quelqu'un. Ps. 38. 13.
Amove a me plagas tuas : Détournez vos
plaies de moi.
Amovere orationem alicujus a se : Rejeter
la prière de quelqu'un. Ps. 65. 19. Benedic-
tus Deus qui non amovit orationem meam :
Dieu soit béni, lui qui n'a point rejeté ma
prière.
^ Amovere misericordiam suam ab aliquo :
Cesser de favoriser quelqu'un, et de lui don-
ner des marques de sa bonté. Ps. 65. 19. 2.
Mach. 6. 16.
Amovere ab aliquo viam iniquitatis : Ne
point permettre qu'on s'écarte de la justice
cl de la vérité. Ps. 118. 29. Viam iniquitatis
amove a me ; Eloignez de moi la voie de l'ini-
quité.
Amovere malitiam a carne sua {Tuoûyîfj) :
Rejeter le dérèglement et la dissolution des
plaisirs contraires à la pudeur. Eccl. 11. 10
Amove malitiam a carne tua : Eloignez le mal
de votre chair.
AMPHIPOLIS, Gr. Vallata civitas. Amphi-
polis, v.itle du Macédoine, par où saint Paul
passa , allant à Thessalonique. Act. 17. 1.
On l'appelle Amphipolis, à cause qu'elle est
entourée d'eau, du mot grec «ufl, circum,
et de TToliç, civitas. Les Grecs l'ont nommée
Chrysopolis ou Christopolis ; on l'appelle
maintenant Amphipoli , Christopoli , et les
Turcs l'appellent Emboli
AMPHORA, £, Amphore, sorte de vais-
seau, ainsi appelé du mot grec ùufi, et yécw,
parce qu'il avait deux anses aux deux côtés
pour le porter
1° Celte mesure était carrée, et avait un
pied de longueur, de hauteur , de largeur et
de profondeur ; il y en a eu de deux sortes ,
la romaine et l'attique ; celle-ci était d'uu
tiers plus grande que la romaine et tenait
12 congés, qui étaient 120 livres de 12 on-
ces. La romaine, c'est la même chose
que batus et metreta qui tenait 8 congés, et
qui revient à 27 pintes, et environ trois demi-
setiers, mesure de Paris. Dan. 14. 2. Impen^
debantur in eo per dies singulos vini amphorœ
sex : On dépensait tous les jours pour l'idole
de Bel six grands vases de vin.
2° Vaisseau dont la capacité n'est point dé-
terminée ( viea, lagena). 1. Reg. 1. 24. Et
adduxit eum secum, postquamablactaverut in
vitulis tribus, tribus modiis farinœ, ctamphora
vini : Lorsqu Anne eut sevré son fils Sa-
muel, elle prit avec elle trois veaux, trois
boisseaux de farine, et un vaisseau plein
Ue vin.
3° Une cruche pour tenir l'eau (xsûiutov
/njdriafictilis).Luc. 22. 10. Occurret vobis
homo quidam amphoram aquœ portans : Vous
rencontrerez un homme portant une cruche
d'eau.
4= Un vase qui parut à Zacharie sortir du
Temple ou de la ville de Jérusalem (^xér^ov,
mensura). Ce vase, Hebr. epha, mesure de
choses sèches, égale au batus ou amphore ,
marquait la mesure des péchés des Juifs qui
étaient montés à leur comble, et qui devaient
être punis par la captivité de ce peuple qui
fut emmené captif dans l'Assyrie et la Chal-
dée ; ce qui est exprimé par les deux fem-
mes, dont l'une représente les dix tribus , et
l'autre celle de Juda et de Benjamin, qui
porte ce vase en la terre de Sennaar. Zacli.
5. 6. Hœc est amphora egrediens : C'est un
vase qui sort. v. 7. 8. 9. 10.
. AMPLECTL Ce verbe qui vient d'am, circum,
et de /)/ecfere, entrelacer, signifie proprement
embrasser quelqu'un en signe d'amitié, et
dans le sens figuré :
S'attacher fortement à quelque chose («vt£-
yjadcii, tenaciter capessere). Tit. 1. 9. yOporlet
episcopum esse) amplectentem eum qui secun-
dum doctrinam est, fidelem sermonem il faut
que l'évêque soit fortement attaché à la pa-
role de vérité, telle qu'on la lui a enseignée.
H n'est pas nécessaire que lévéquc soit élo-
quent, mais il faut qu'il soit bien instruit
des plus pures maximes de la -religion , el
qu'il y soit fortement attaché , afin d'en in-
struire les fidèles, et de pouvoir convaincre
les opiniâtres.
A.MPLEXARI, ntpàaySccjeiVf verbe fréquen-
tatif \i'amplccti, qui signifie 1^ embrasser en
S43
èigned'amilié. Gen. 33. k. Currens Esau ob-
viam fratri suo amplexatus est : Esaii courut
au devant de son frère et l'embrassa, c. 45.
14. Jud. 19. 4. 2. Mach. 13. 24.
2° Ce verbe marque l'usage du mariage.
Eccl. 3. o. Tempus amplexandi, et tempus
longe fieri ab amplexibus : II y a temps d'user
du mariage qui doit être réglé pai' la géné-
ration des enfanls ; d'autres l'expliquent du
temps du mariage qui a été sous la vieille
loi, au lieu que le temps de vivre dans le cé-
libat est dans la nouvelle.
3° Aimer d'un amour tout pur et tout spi-
rituel. C'est en ce sens que l'Epouse mysti-
que souhaite que sou Epoux l'embrasse de
sa droite. Can. 2. 6. c. 8. 3. Lœva ejiis sub
capite meo, et dexira iUius amplexabitur me.
V. Dextra. a quoi se peut rapporter l'amour
et la recherche de la s^igesse dont il est parlé,
Prov. 4. 8. Glorificaberis ab ea, cuin eain
fueris amplexatus : La sagesse deviendra
votre gloire, lorsque vous l'aurez embras-
sée, c'est-à-dire, que vous vous serez tout
entier donné à elle.
4" Rechercher avec empressement. Job.
24. 8. Non habenles velamen, umplexantur la-
pides : Ceux qui soiit tout nus cherchent
des rochers et des cavernes pour s'y retirer.
Thren. 4.' 5. Qui nutriebantur in croceis ,
amplexati sunl stercora : Ceux qui man-
geaient au milieu de la pourpre ont em-
brassé lordure et le fumier. Les grands sei-
gneurs de Juda, qui vivaient auparavant
dans les délices, cherchaient de la fiente et
des viandes sales pour s'en nourrir dans la
famine.
5" Prendre, empoigner (h.Sxllîcj]. Isa. 5.
29. Amplexabitur, et non erit qui eruat : Il
empoignera sa proie et t'emportera, sans
que personne la lui puisse ôter. Le Pro-
phète parle des ennemis qui ont ravagé la
Judée, soit les Babyloniens, soit les Romains,
et les compare à des lions rugissants qui se
jettent sur leur proie, et qui la tiennent
serrée de telle sorte qu'on ne peut la leur
ôter. Heb. il l'emportera tout entière.
AMPLEXUS, us, nom formé du verbe am-
plecti^ et sIgniGe embrassement , l'action
d'embrasser;
1° Pt)Ur marquer une amitié sincère. Gen.
46. 29. Videns eum, irruit super collum ejus ,
et inter amplexus fie vit : Joseph voyant
Jacob son père, il se jeta à son cou, et l'em-
brassa en pleurant.
2° Pour marquer un amour passionné, qui
est, ou légitime (-£ot>»3fi,"^«), Eccl. 3. ^.Tempus
amplexandi, et tempus longe fieri ab amplexi-
bus, ou qui est illicite (é'&'^j? wto? , amor).
Prov. 7. 18. Fruamur cupiiis amplexibus :
Jouissons de ce que nous avons désiré.
AMPLIARE. Ce verbe vient de l'adjectif
amplus, qur se forme du Grec àvû-leoç, et si-
gnifie,
Accroître , augmenter, agrandir. Judith
10. 4. Jdeo Dominus hanc in illam pulchritU'
dinem ampliavit : A.\ni\ le Seigneur lui aug-
menta encore sa beauté : ce qui fait connaître
que Judith n'agissait dans son entreprise que
par l'Esprit de Dieu, c'est que Dieu même
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE. S44
contribua à sou dessein, on augmentant sa
beauté jusqu'à un tel point, qu'elle parais-
sait aux yeux de tous dans une beauté in-
comparable
AMPLIATUS, I. 'Aiinliuç, du verbe aw-
pliare. Amplias, nom d'un homme qui était
particulièrement chéri do saint Paul. Rom.
16. 8. Salutate Ampliatum , dilectissimurn
mihi in Domino : Saluez Amplias, que j'aime
particulièrement en Notre- Seigneur.
AMPLIFIGARE, ,asy«/vv£tv. Du nom ^m-
plus, et du verbe facere, amplum facere, —
l"" Augmenter, agrandir {iu.TzrAtopY.zî-i, circum-
munire). Eccli. 50. 5. Prœvaluit ampli ficare
civitatem : Simon, fils d'Onias, grand pon-
lil'ii, a été assez puissant pour agrandir la
ville; Gr. pour la fortifier. Anni, Ampli fie are
super : Rendre plus grand et plus considé-
rable. 3. Reg. 1. 47. Ampli ficet Deus nomen
Salomonis super nomen (uum : Que Dieu
rende le nom de Salomon encore plus illustre
que le vôtre.
2° Honorer, louer, estimer quelqu'un.
Eccli. 49. 13. Quomodo ampli fîcemus Zoro-
babel? Gomnjent relèverons-nous la gloire
de Zorobabel? c 48. 4. Sic amplifîcatus est
Elias in mirabilibus suis : C'est ainsi qu'Elie
a acquis une grande gloire par ses miracles.
Gr. Quelle gloire, ô Elle, vous étes-vous
acquise par les merveilles que vous avez
faites? Ainsi, Amplificare sanclitatem Dei :
C'est louer le saint nom de Dieu par des
cantiques, Eccli. 47. 12. c. 50. 20.
3° Honorer, rendre estimable et digne
d'être honoré (y.oo-,uîîv). Eccli. 50. 15. Consum-
matione fungens in ara, amplificare oblatio-
nem excelsi Régis : Simon, fils d'Onias, ache-
vait entièrement le sacrifice à l'autel, pour
honorer l'oblation du Roi très-haut. Voy.
CONSUMMATIO.
4. Orner, embellir. Eccli. 50. 5. Jngres-
sum domus et atrii amplificavit : Simon fils
d'Onias, grand pontife, orna et embellit l'en-
trée delà iuaisoii du Seigneur, et le parvis;
Gr. Il a été honoré par le peuple, lorsqu'il
entrait dans la maison du Seigneur, et dans
le parvis du temple.
5' Enrichir, combler de faveurs (SoÇâÇetv).
1. Mach. 2. 18. Eris tu, et filii lui, inter
amicos régis, et amplifîcatus auro , et ar-
genté, et muneribus multis : Ceux qu'Antio-
chus avait envoyés dirent à Matthathias :
Venez le premier exécuter le commande-
ment du roi, et vous serez, vous et vos fils,
au rang de ses amis, comblés d'or et d'ar-
gent, et de grands présents.
6^ Se laisser emporter à quelque excès
(7r£|3t(r(7£Ù£tv). Eccli. 33. 30. Non amplifiées su-
per omnem cai'nem : Ne commettez point
d'excès à l'égard de qui que ce soit.
AMPLIOR, AMPLIUS, T:Bpi<TGÔ^epoç, a, ov;
TT^etwv. Comparatif du nom adjectif Amplus^
qui signifie plus grand en bien des ma-
nières.
1" Plus, en plus grande quantité. Exod.
16. 18. Nec qui plus collegerat , habuit am-
plius : Celui qui avait plus amassé de manne,
n'en eut pas davantage.
2" Plus grand, plus considérable. Dan. 4.
SIS
Ahf?
AMP
246
33. Magnificentia amplior addita est mihi :
Je devins plus grand que jamais, dit Nabu-
chodonosor, après que le sens lui fui revenu,
et que sa première forme lui fui rendue
(//eiÇwv). Heb. 3. 3. Amplioris gloriœ iste
prœMoyse est hahitus quanta ampliorem ho-
norem fiabet domus, qui fabricavit illam :
Jésus-Christ a été jugé digne d'une gloire
d'autant plus grande que celle de Moïse, que
celui qui a bâti la maison est plus esliuiable
que la maison même. c. 9. 11. Per amplius
et perfectius tahernaculum : Jésus -Christ est
entré une foi's dans le sanctuaire par un ta-
bernacle plus grand et plus excellent. Ce
tabernacle mystique, c'est son corps, qui est
un tabernacle plus considérable et plus ex-
cellent que celui de Moïse. Voy. Taberna-
cuLUM. Dan. 5. v. 12. li. c. 6. 3.
.3" Plus long, de plus longue durée. Act.
18, 20. Rogantibus eis ut ampliori tempore
maneret : Les Juifs d'Ephèse prièrent saint
Paul de demeurer plus iongtcu)ps avec eux,
mais il ne voulut point s'y accorder.
4'^ Plus grand, plus rigoureux. Matth. 23.
li. Propter hoc amplius accipietis judicium :
C'est pour cela que vous recevrez une con-
damnation plus rigoureuse.
5° Ce qui est en grande quantité, ce qui
abonde. Agg. 1. 9. Respexit ad amplius :
(Gr. 7ro),).à, multum) et ecce factum est mimis :
Vous avez espéré de grands biens, et vous
en avez trouvé beaucoup moins.
6° Excellent, extraordinaire, particulier.
Matth. 5. kT. Quid amplius facitis? Si vous
ne saluez que vos frères, que faites- vous en
cela de particulier? Rom. 3. 1. Quid ergo
amplius Judœo est? Quel est donc l'avantage
des Juifs? Eccli. 6. 8. Quid habet amplius
Sapiens a stulto ? Qu'a le sage de plus que
l'insensé, en ce qui regarde les commodités
de la vie? Après avoir beaucoup travaillé
pour amasser du bien, ces grands biens ne
peuvent contenter ni l'un ni l'autre, c. 1. 3.
c. 3. V. 9. 19.
7" Ce qui est surnuméraire, ce qui est par-
dessus un nombre fixe el-certain, ce qui ex-
cède { 7r).cov«Çov ) . Num. 3. 49. Tulit Moyses
pecuniam eorum qui fuerant amplius : Moïse
prit l'argent de ceux qui passaient ce nom-
bre. Dieu avait ordonné que les Lévites lui
seraient donnés en la place des premiers
nés des enfants disraël qui devaient être
consacrés : or, s'étant trouvé 293 aînés qui
passaient le nombre des Lévites, Dieu or-
donna de prendre cinq sicles pour le prix de
chacun de ceux qui étaient surnuméraires.
V. a, pour propter. Ps. 89. M. Amplius
eorum lubor et dolor : Si les hommes les plus
forts vivent quatre-vingts ans, le surplus
n'est que peine et douleur; Gr. amplius eis;
ce qui est de plus que ces années. Ainsi,
Levit. 2o. 36. Ne accipias usuras nb en, nec
amplius quam dedisli : Ne prenez point d'in-
lérét de votre frère, et ne tirez point de lui
plus que vous ne lui avez donné. Ezecli. 18.
V. 8. 13. Exod. 26. 12. Unum sai^um quod
amplius est : Un rideau qui sera de dIus, et
qui (loburdcra.
AMPLI LS, adv. i'-i. Ce comparatif devient
aaverbe, et signifie plusieurs choses. 1" Plus,
davantage , terme comparatif {n-piraôxtpov).
2. Cor. 10. 8. Et si amplius aliquia gloriatus
fuero de potestate nostra... non erubescam :
Quand je me glorifierais un peu davantage
de la puissance que Dieu m'a donnée... je
n'aurais pas sujet den rougir. 2. Reg. 20.
41. 4. Reg. 10. 18. Eccl. 12. 12. Heb. 7. 15.
Joan. 8. 11.
2° Désormais, dorénavant, lorsqu'il y a un
terme négatif avec le futur. Zach. 14. 11.
Jérusalem anathema non erit amplius : Jéru-
salem ne sera plus frappée d'analhème;
Heb. remplie de meurtres et de carnage.
Joël. 3. 17. Tob. 3. 9. Ps. .38. 14. Ps. 61. 3.
Hebr. 10. 17. et souvent ailleurs, ce qui re-
vient à la première signification par rap-
port au temps.
3" Hormis, excepté. Joël. 2. 27. Ego Do-
minus Deus vester, et non est amplius : C'est
moi qui suis le Seigneur votre Dieu, et il
n'y en a point d'autre que moi. Isa. 47. 8.
Ego sutn, et non est prœter me amplius : Je
suis souveraine, et après moi il n'y en a
point d'autre; c'est Babylone qui parle : la
superbe ville de Ninive dit la même chose
dans Sophonie. c. 2. 15.
4° Encore. 2. Reg. 12. 23. Numquid potero
revocare eum amplius? Est-ce que je puis
faire revivre encore cei enfant? C'est David
qui parle de l'enfant qui lui naquit le pre-
mier de Belhsabée.
5° De plus en plus {ènl tIzlo-j) . Ps. 50. 3
Amplius lava me ub iniquitate mea : Lavez
moi de plus en plus de mon iniquité.
6° Plus fortement, avec plus dinstance
(éx -epi^Tov). Marc. 14. 31. Atille amplius lo-
quebatur : Mais Pierre insistait encore da-
vantage. Heb. 13. 19.
7° Excessivement {■m^ifjdûi). Act. 26. 11.
Et amplius insaniens in eos, persequebar :
Etant transporté de fureur contre eux, je les
persécutais jusque dans les villes étran-
gères.
AMPOTARE, àTToxÔTTTEiv. (Voy. Pdtare). Ce
verbe vient d'am, circum, et deputare, rese-
care, et signifie, 1° couper, retrancher avec
le fer [koki^îî-j auferre), 2. Rig, 16. 9. Vadam
et ampulaoo caput ejus : Je m'en vas lui
couper la tête ; c'est Àbisaï qui parle à David
de Semeï, qui maudissait ce prince. Levit.
22. 23. Deut. 23. 1. Judic. 1. 7. etc. Ainsi,
Judith. 9. 12. Fac, Domine, ut gladio pro-
prio ejus superbia amputefur .- Faites, Sei-
gneur, que la tête de ce superbe soit coupée
de sa propre épée. Voy. Superbia. De celle
signification vient celte expression méta-
phorique :
Amputare manum aut pedem : Couper sa
main ou son pied; c'est-à-dire , être disposé
à les couper plutôt que de souffrir qu'ils
nous soient une occasion de chute. Marc.
9. 44. Si pes tuus te scandalizat, amputu
illum : Si votre pied vous est un sujet d«
scandale el de chute, coupez-le; le pied ou
la main marque les choses les plus uiilrx
qu'il faut retrancher el éloigner de soi, lors*
(|u"il s'agit du salut. Et ces autres phrases :
Amputare exsuUationem. h^ciranchcr la ré*
247
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
«4»
jouissance et les cris de joie. Baruch 4, 34.
Et ampulahitur exsultatio muUitudims ejus :
Les cris de ses réjouissances publiques se-
ront étouffés ; Baruch prédit la ruine de Ba-
bylone (nspixipstv, tollere).
Amputare occasionem : Retrancher 1 occa-
sion (ÈxxÔTTTsiv). 2. Cor. 11. 12. Faciam, ut
amputem occasionem eorum : Je le ferai en-
core, aûn de retrancher une occasion de se
glorifier à ceux qui la recherchent en vou-
lant paraître tout à fait semblables à nous.
Saint Paul prêchait sans rien recevoir, pour
ôter aux Apôtres une occasion de se glori-
fier en faisant la même chose.
2° Oter, éloigner (Tre/statpeîv). Ps. 118. 39.
Amputa opprobrium meurn quod suspicatus
sum : Eloignez de moi l'opprobre que j'ai ap-
préhendé. David demande à Dieu qu'il em-
pêche que ses ennemis ne le chargent de re-
proches et ne le couvrent de confusion
comme ils faisaient. Voy. Sdspicari.
3" Arrêter (xoTTTctv). Sap. 18. 23. Intersti-
til et amputavit impetum : Aaron se mil entre
deux, et arrêta la vengeance de Dieu. Voy.
Interstare
k' Abattre, arracher. Amos 3. 14. Ampu-
tabuntur cornua altaris^ i. e. cujusque alta-
ris : Les cornes de ses autels seront arra-
chées. Le Prophète parle des autels de Béthel,
où le veau d'or était adoré. Voy. Cornu.
AMRAM, Heb. Popuius excebus.— l° Fils
de Caath, père de Moïse et d'Aaron, Exod. 6.
V. 18. 20. etc. — 2° Un autre de ce nom, fils
de Bani, qui avait épousé une femme étran-
gère. 1. Esdr. 10. 34.
AMRAMlTiE, Heb. Idem, — ceux de la
famille d'Amram. Num. 3. 27. 1. Par. 26. 23.
iMRAPHEL, Heb. Loquens ruinamy roi de
Sennaar. Gen. 14. v. 1. 9. Ce roi se joignit
avec Chodorlahomor, et les autres rois qui
.habitaient au delà de l'Euphrate, pour faire
la guerre aux rois de la Pentapole, et les
défirent. Voy. Chodorlahomor.
AMRL Heb. Amaricans, — i" roi d'Israël,
père d'Achab : il fut d'abord général des ar-
mées d'Ela, roi d'Israël ; mais ayant appris
que Zambri avait assassiné son maître, et
s'était emparé du royaume, il alla attaquer
ce parricide dans Thersa, où il s'était retiré,
et, l'ayant obligé de se retirer dans son pa-
lais, Zambri y mit le feu lui-même, et se
brûla avec toute sa famille, de peur de tom-
ber entre les mains du vainqueur; n'ayant
régné que sept jours. Il eut encore pour
compétiteur un appelé Thebni, qui lui dis-
puta le royaume pendant quatre ans ; mais
ayant été tué, Amri régna paisiblement pen-
dant douze ans, six dans Thersa, et six dans
Samarie, qu'il acheta de Somer, où il bâtit
son palais l'an 3082. Ce prince ne fut pas
moins impie que ses prédécesseurs; il in-
venta toute sorte d'idolâtrie, pour empêcher
que le peuple n'allât adorer en Jérusalem ;
aussi Dieu l'extermina avec toute sa race :
il mourut l'an du monde 3091. Son fils Achab
lui succéda. 3. llog. 16.
2" Fils de Béhor, et petit-fils de Benjamin.
1. Par. 7. 8. — 3° Père d'Ammiud, descen-
daul de Juda. 1. Par. 9. 4. - 4° Un chef de
la tribu d'Issachar, fils de Michel. 1. Par. 27.
18. — 5° Père de Zachur. 2. Esdr. 3. 2. Voy.
Zachur.
AMSI, Heb. Fortis , fils de Zacharie et
père de Phelebia. 2. Esdr. 11. 12.
AMTHAR, Heb. Forma, ville de la tribu
de Zabulon , autrefois appelée Damna. Jos.
19. 13.
AMYGDALA, m, xixuySuk-n, Hç. Ce mot qui
est grec, signifie, ou un amandier, l'arbre
qui porte des amandes; ou une amande, le
fruit de l'amandier.
Amande, le fruit de l'amandier. Num. 17.
8. Ëruperant flores qui foliis dilatatis , in
amygdalas deformuti sunt : La verge d'Aaron
ayant poussé des boutons , il était sorti des
fleurs d'où il s'était formé des amandes toutes
mûres accompagnées de leurs feuilles. Gen.
43. 11.
AMYGDALUS, i. Ce nom, qui n'est point
en usage chez les Latins , est mis pour
amygdala, et signifie un amandier; et dans
le sensKiIlégorique ,
La tête d'un vieillard couverte de cheveux
blancs , comme sont les fleurs de l'amandier
(«fxûySa^ov). Eccl. 12. b. Florebit amygdaltis :
L'amandier fleurira. Le sage décrit l'état et
les incommodités de la vieillesse, sous l'é-
corce d'une allégorie.
AMYGDALINUS, A, UM. Nom adjectif, qui
signifie ordinairement ce qui est fait d'a-
mande, ou qui appartient à l'amande; mais
il peut aussi marquer ,
Ce qui est de l'amandier, qui appartient à
l'amandier ( y.apûtvoç ). Gen. 30. 37. Tollens
Jacob virgas populeas virides et amygdalinas ,
et ex platanis , ex parte decorlicavit eas :
Jacob prenant des branches vertes de peu-
plier, d'amandier et de plane , en ôta une
partie de l'écorce , et les mit dans les ca-
naux qu'on remplissait d'eau.
AN, ri- Adverbe d'interrogation qui vient,
ou de l'Hébreu am, utrum, ou du Grec £«v,
si, ulrum, et sert pour les interrogations
directes ou indirectes, et pour exprimer les
doutes.
1" Pour interroger, soit directement. Rom.
3. 29. An Judœorum Oeus tantum? nonne et
Gentium? Dieu n'est-il Dieu que des Juifs?
ne l'csl-il pas aussi des Gentils? Gai. 1. 10.
An quœro hominibus placer e? Ai-je pour but
de plaire aux hommes? Gènes. 18. 21. c. 44.
15. etc. Soit indirectement. Matth. 11 . 3. Tu es
quiventurus es , an alium exspeclamiis? Etes-
vous celui qui doit venir, ou si nous devons
en attendre un autre? Luc. 20. 4. Baptismus
Joannis de cœlo erat, an ex hominibus? Le bap-
tême do Jean était-il du ciel, ou des hommes?
Matth. 17. 25. c. 22. 17. c. 26. 53. Act. 8.
34. etc.
2°Pourexprimerun doute (et). Matth. 27. 49.
Sine, videamiis an veniat Elias liberans euni?
Attendez, voyons si Elie ne viendra pointpour
le délivrer? Marc. 13. 35. Nescitis quando do-
minus veniet, sero , an média nocte, an galli
cantu, un mane : Vous ne savez pas quand
le maître de la maison doit venir, si ce sera
le soir , ou à minuit , ou au chant du coq , ou
^ au matin. Joan. 7. 17. 2. Cor. 2. 9. Kccl. 9.
^^9
ANA
ANA
250
1. elc. Ainsi, -2. Par. 14. 11. Domine, non est
opud te iilla distanlia , an in paucis auxilie-
r<5, an in pluribus : C'est une même chose
à votre égard de nous secourir avec un pelit
nombre, ou avec un grand.
3° An pour annon. 1. Cor. 9. 10. Anpropter
nos utique hoc rf/cj7.^ N'est-pas plutôt pour
nous-mêmes qu'il a fait celte ordonnance?
ANA , £. , Heb. Respondens. Ce mot signifle
plusieurs noms propres.
1' Un fils de Seïr, Horréen , et frère de
Sebéon. Gen. 36. 20. Jsti sunt filii Seir Hor-
rœi, habitatores terne, Lotan et Sobal , et
Sebeon , et Ana : Les fils de Seïr, Horréen ,
qui habitaient ce pays-là avant que les en-
fants d'Esaii les eussent assujettis, étaient
Lotan, Sobal, Sebéon et Ana. 1. Par. 1. 38.
2° Un fils de Sebéon. Gènes. 36. 2i. Et hi
filii Sebeon , Aia et Ana ; iste est Ana qui in-
venit aquas calidas (ou 7nulos , selon l'Hé-
breu) in solitu'dine, cum pasceret usinas pa-
tris sui : Les fils de Sebéon , furent Aïa et
Ana : c'est cet Ana qui trouva des eaux
chaudes dans la solitude, lorsqu'il faisait
paître les ânes de Sebéon, son père : on croit,
selon l'Hébreu , que cet Ana fut le premier
qui trouva le moyen d'avoir des mulets, en
faisant couvrir ses juments par des ânes. 1.
Par. 1. kO.\
S" Une fille de Sebéon. Gènes. 6. 2. Esau
accepit uxores Oolibama filiam Anœ filiœ
Sebeon Hevœi : Esaù prit pour femme
Oolibama, fille d'Ana, et Ana était fille de
Sebéon Hevéen. v. li. Le nom d'Ana était
commun aux hommes et aux femmes; et
ainsi Sebéon a pu avoir une fille appelée
Ana, et un fils du même nom , comme le
nom d'Anne, en français, est commun aux
deux sexes; le Grec néanmoins porte, fille
d'Ana, fils de Sebéon.
ANA, Commotio, ville ou pays que les
rois d'Assyrie avaient assujetti, i. Reg. 18.
34. Ubi est Deus Sepharvaim, Ana et Ava?
Où est le Dieu de Sepharvaïm , d'Ana et
d'Ava? c. 19. 13. Isa. 37. 13.
ANABjHeb. L'ia, montagne dans la tribu de
Juda , au pied de laquelle il y avait une ville
de ce même nom, bâtie par les géants ap-
pelés Enacim. Jos. 11. 21. c. 15. 30. On croit
que c'est Nobe, près de Lydda.
AN.\GLYPHA , orum , Aspera, cœlaturis
inœqualibus emincntia. Ce mot vient du verbe
grec '/'/•j-jzu , scalpere, et de la préposition
«v«, ouvrages en relief, relevés en bosse.
3. Reg. 6. 32. Et sculpsit in eis anuglijpha
valde prominentia ; Salomon fit tailler, sur
les deux portes de l'entrée de l'oracle, des
figures de Chérubins et de palmes, et des
basse-tailles avec beaucoup de reliefs.
ANAHARATH, Heb. Ariditus , ville de la
tribu d'Is.<!.ichnr Jos. 19. 19. aut Naarolh.
ANAMELTiCFT, Heb. Canlicum Régis, sive
Hex , sive Deus respondens , de ghanah, re-
spondit, id est oracula reddens. Idole de Se-
pharvaïm. 4. Reg. 17. 31. Comhurehant filios
suos igni, Adramelech et Anamelecfi diis Se-
pharvaim : Ceux, de Sepharvaïm faisaient
passer leurs enfants par le feu, et les brû-
laient pour honorer Adramelech et Aname-
lech leurs dieux. Voy. Adramklech.
ANAMIN , Hebr. Fons aquarum, fils de
Mesraim. Gènes. 10. 13. C'est de lui que
sont sortis les Cyréniens, ou , selon Bocharl,
les Numides qui sont vers le temple d'Am-
mon.
ANANI, Heb. Nubes, troisième fils d'E-
lœinai. 1. Par. 3. 24.
ANAN, Heb. Nubes , un chef du peuple. 2.
Esdr. 10. 26.
ANANIA ou ANANIAS , Heb. N'ubes Do-
mini. — 1" Un compagnon de Daniel, nommé
Sidrac. Dan. 1. v. 6. 7. 11. 19. c. 3. 88. Béné-
dicité, Anania, Azaria,Misael, Domino : Ana-
nias, Azarias et Misaël, bénissez le Seigneur.
1. Mach. 2. o9. Ce jeune homme ayant été
jeté dans une fournaise ardente , en fut dé-
livré par un ange avec ses deux compagnons,
qui composèrent en action de grâces le can-
tique Benedicite
2° Un chrétien de Jérusalem, qui retint
une partie du prix de sa terre. Act. 3. 1.
Vir quidam, nomine Ananias, cum Sapphira
uxore sua vendidit agrum : Un homme
nommé Ananie, et Sapphire, sa femme, ven-
dirent ensemble un fonds de terre, v. 3. 3.
3" Celui à qui saint Paul fut envoyé pour
être baptisé. Act. 9. 10. Erat quidam disci-
pulus Damasci nomine Ananias : Il y avait un
disciple à Damas nommé Ananie. v. 12. 13.
17. c. 22. 12. Saint Augustin croit que ce
disciple était prêtre.
4° Le grand pontife qui fit frapper saint
Paul sur le visage. Act. 23. 2. Princeps sa-
cerdotum Ananias prœcipit astantibus sibi
percutere os ejus ; c. 24. 1. Ce grand prêtre
était fils de Nebedée, comme le dit Josèphe,
ou le dernier des fils d'Anne, beau-père de
Caïphe, et de la secte des Saducéens.
3* Celui de qui l'ange Raphaël se disait le
fils. Tob. 3. 18. Ego sum Azarias Ananiœ
magni filius : Je suis Azarias, fils du grand
Ananias : ces paroles marquent que l'ange
Raphaël avait pris véritablement la forme
d'Azarias, fils du grand Ananias, qui étaient
des gens d'un nom illustre parmi les Israé-
lites ; ainsi il pouvait dire qu'il était Azarias,
en étant vraiment l'image : d'autres expli-
quent ces paroles d'une manière figurée,
-îzrtri'as, signifie secours de Dieu; cl Ana-
nias, signifie grâce et don de Dieu; ainsi
l'ange Raphaël marquait par cette réponse
qu'il était envoyé de Dieu pour assister
Tobic et lui procurer plusieurs grâces.
6" Un homme de ce nom, qui, après son
retour de la captivité de Babylone , fit bâtir
une partie des murs de Jérusalem. 2. Esdr.
3.8
'î" Un autre Ananias, père de Maasias. 2.
Esdr. 3. 23. Voy. Azarias.
8' Nom de lieu entre ci^ux où ont habité
les lienjamitos, après leur relourde la cap-
tivité. 2. Esdr. il. 32.
ANATH , Heb. Responsio. Le père de
Saingar, un des juges d'Israël. Judic. 3. 31.
Post hune fuit Samgar , (tlius Anatli : Après
Aod, Samgar, fils d'Analh. fut en sa place,
c. 3. G. Voy. Samgar.
ÎM
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
252
ANATHEMA , ATis , anathème : «e mot en
français, se dit proprement, dans les au-
teurs ecclésiastiques, de i'excommunicalion
qui est faite par un évêque ou par un con-
cile, avec de grandes exécrations et malé-
diciions, qu'on ne prononce que contre ceux
qui onl commis quelque grand crime avec
obstination, ou qui sont incorrigibles. Mais
dans l'usage de l'Ecriture, comme anatliema
vient du grec «v«TiOs(76«« , séparer, éloigner,
il signiGe proprement un présent consacré
à Dieu et suspendu dans un temple, et par
conséquent séparé de l'usage commun ; mais
ensuite ce mot a passé dans une signification
toute contraire, pour marquer une chose
qui n'est pas consacrée à Dieu, mais que
l'on regarde comme abominable , et qui est
séparée du commerce des hommes , parce
qu'on en a de l'horreur : c'est un usage reçu
dans les auteurs sacrés et profanes , que
quand ce mot s'écrit par «, il signifie un
présent consacré à Dieu, au lieu que quand
il s'écrit par s, il signifie une chose abomi-
nable; mais quoique saint Chrysostome et
d'autres ne reconnaissent point cette distinc-
tion , les Septante et saint Paul écrivent
toujours «v«6=,a« en celte dernière significa-
tion , ainsi ce mot signifie :
1° Un don offert et consacré à Dieu dans
un temple. Judith 16. 23. Porro Judith uni-
versa vasa bellica Holophernis , obtulit in
anathema; (Grec, «v«Ç£u«) oblivionis; i. e.
contra oblivionem : or Judith ayant pris
toutes les armes d'Holupherne, les offrit au
Seigneur , comme un anathème d oubli ;
c'est-à-dire, comme un don séparé de tous
les usages profanes, et un monument sus-
pendu et consacré à Dieu , qui devait éter-
nellement empêcher ['oubli d'une grâce si
signalée : ce terme en ce sens est rendu en
latin par les mots de consecratio , ou quod
consecralum est, par celui de donum ou do~
narium. Levit. 27. 28. Omne quod Domino
consecratur, quidquid semel fuerit consecra-
lum : V. 29. Omnis consecratio : Tout ce qui
aura été consacré au Seigneur : Gr. Trâv
c'MxQnua , ainsi, Luc 21. 5. Quibus dicentibus
de templo , quod bonis lapidibus et donis or-
natum esset : Quelques-uns disant à Jésus
(lue le temple était bâti de belles pierres,
cl orné de dons magnifiques : donis ; Gr.
ùvcx.(}r) iJ.a.(n,
2° Tout ce qui est séparé de l'usage com-
mun, comme étant exécrable et digne d'être
aboli; Heb. Cherem; en syriaque, fiorma,
Num. 21. 3. Et vocavit nomen loci illius,
Jlorma, id est, anathema : Israël appela ce
lieu Horma, c'est-à-dire anathème; ce qui
doit être entièrement aboli et exterminé.
Deut. 7. 26. Piec infères quidpiam ex idolo in
domum tuam, ne fias anathema, sicut et
illud est : Il n'entrera rien dans votre maison
qui vienne de l'idole, de peur que vous ne
deveniez anathème, comme l'idole même,
c'est-à-dire détestable et sujet à être détruit.
Jos. 7. 12. Pollutus est anattiemate : Le peuple
s'est souillé d'un anathème, en retenant ce
qui devait être détruit et sacrifié. Zach. 14-.
11 Anathema non erit a»yj/m5 ; Jérusalem
ne sera plus frappée d'anathème , c'est-à-dire
ne sera plus détruite : Heb. ne sera plus
remplie de meurtres et de carnage. 1. Cor.
12. 3. Nemo inspirilu Dei loquens dicit (i, e.
vocat) anathema Jeswn : Nul homme parlant
par l'Esprit de Dieu, ne dit anathème à
Jésus, ne le maudit et ne le déteste, en
souhaitant qu'il périsse, c. 16. 22. Gai. 1.
V. 8. 9. Ainsi, anathema esse ab aliquo : c'est
être séparé de quelqu'un, et n'avoir non
plus d« commerce avec lui, que s'il était
anéanti. Rom. 9. 3. Optabam ego ipse ana-
thema esse a Christo pro fratribus meis :
J'eusse désiré, dit saint Paul, de devenir
moi-même anathème , et d'être séparé de
Jésus-Christ pour mes frères; l'amour de
saint Paul pour les Juifs était si grand , qu'il
eût désiré, si cela eût pu se faire, d'être
privé de la présence de Jésus-Christ, et de
sa gloire éternelle, pour procurer leur salut.
Voy. Optare.
3° La perte et la ruine entière , par la-
quelle une chose ou une personne doit être
exterminée, s'appelle aussi anathème (àpS^v,
funditus). Malach. k. 6. Ne forte veniam, et
percutiam terram anathemate : De peur qu'en
venant je ne frappe la terre d'anathème.
Dieu exhorte les Juifs à se convertir, de
peur qu'en venant, il ne frappe la terre d'a-
nathème, c'est-à-dire de peur qu'il n'exter-
mine la Judée par une ruine entière , comme
il a fuit pour venger la mort de son Fils.
On peut remarquer que l'anathème ou la
destruction qui se faisait dans la prise des
villes ennemies du peuple de Dieu, arrivait
en trois manières.
1° Quelquefois on détruisait tout sans rien
épargner. Deut. 13. 15. Percuties habitalores
urbis illius in ore gîadii , et delebis eam , ac
omnia quœ in illa sunt : Vous ferez passer
au fil de l'épée tous les habitants de cette
ville, et vous la détruirez avec tout ce qui
s'y rencontrera, v. 17. Et non adhœrebit de
illo anathemate quidquam in manu tua : Il ne
demeurera rien dans vos mains de cet ana-
thème. Moïse parle d'une ville qui aurait
sollicité le peuple à l'idolâtrie.
2° Quelquefois on réservait seulement l'or,
l'argent et l'airain pour l'usage du sanc-
tuaire. Jos. 6, 7. Sit civitas hœc anathema ^
et omnia quœ in ea sunt Domino : Que cette
ville et tout ce qui s'y rencontre soient frap-
pés d'anathème , et détruits à la gloire du
Seigneur, v. 19. Quidquid autem auri et ar-
genti fuerit , et vasorum œneorum ac ferri
Domino consecretur : cette ville était Jéricho,
dont il n'y eut que Rahab de sauvé.
3" On ne défaisait que les personnes, et
ou réservait tout le butin, comme il arriva
à la prise de la ville de Haï. Jos. 8. 27. Ju-
menta autem et- prœdam civitatis diviserunt
sibi filii Israël, sicut prœceperat Dominus
Josue : Les enfants d'Israël partagèrent
entre eux toutes les bêtes de charge et tout
le butin de la ville, selon l'ordre que le Sei-
gneur avait donné à Josué.
Les Juifs avaient trois sortes d'anathè ne
ou d'excommunication : ils appilaicnl le
premier degré Niddui , c'est-à-dire seuara-
255
ANC
ANC
351
lion, qui était comme une excommunication
mineure ; le second Cherem ou Anathema, et
le troisième Samatha ou Maranatha. Voyez
Maran-atha
ANATHEMATISARE , «va0£piaTiÇ£tv. Ce
verbe, qui est formé du grec «vâOïjOiK, si-
gnifie, en français, anathématiser, excom-
munier, retrancher de la société de l'Eglise.
Dans rÉcriture,
1" Dévouer à la mort. 1. Mach. 5. 5. Ana-
thematisavit eos , et incenilit tutTes evrum
igni, cum omnibus qui in eis erant : Judas
anathémalisa les Iduméeiis, c'est-à-dire les
dévoua tous à la mort, et leurs biens à Dieu,
et brûla leurs 'tours , avec tous ceux qui
étaient dedans. Voy. Devovere.
2" Délester, faire des imprécations. Marc.
11. 71. nie autem cœpit analhemaiisare , et
jurare : Pierre se mit alors à délester et à
dire , en jurant : Je ne connais point cet
homme. C'était contre lui-même qu'il faisait
des imprécations.
ANATHOTH, Heb. Responsiones. 1° Ville
de la tribu de Benjamin, donnée aux Lévites
de la f.imille de Gaalh , et assignée pour être
une ville de refuge. Elle est la patrie de
quelques hommes illustres, notamment du
prophète Jérémie , d'Abiezer et d'Abiathar.
Jos. 21. 18. 2. Reg. 23. 27. 3. Reg. 2. 26. 1.
Par. 6. 60. etc.
2° Le huitième fils de Béchor. 1. Par. 7. 8.
ANATHOTHITES, m. Qui est d'Anatholh.
l.Par. 11. 28. Abiezer, xVnalholhiles. c. 12.
3. c. 27. 12. Jer. 29. 27.
ANATHOTHIA. Nom d'homme de la tribu
de Benjamin. 1. Par. 8. 24.
ANCEPS, Ancipitis. Ce nom adjectif vient
d'am, circum , et de caput , pour marquer
une chose qui a deux têtes ou deux bouts ,
ou du verbe capere, pour marquer une chose
qu'on peut prendre d'un côté ou d'un autre,
et signifie ce qui a deux côtés, ce qui a dou-
ble sens et ce qui est ambigu. Dans l'Ecriture,
1° Ce qui a deux tranchants, en parlant
d'une épée. Judic. 3. 16. Fecit sibi gladium
ancipitem : Aod se fit faire une dague à deux
tranchants, pour tuer Eglon , roi des Moa-
bites.
2° Mais parce que celle sorte d'épée est
poinlue , qu'elle coupe aisément et qu'elle
pénètre avant , ces mois (jladius anceps ,
dans le sens figuré, se prennent pour une
chose qui a beaucoup de pouvoir, d'efficace
et de vertu. Ps. 149. 6. Glndii ancipites in
manibus eorum : Ils ;iuront dans leurs mains
des épécs à deux tranchants. Ces épées à
deux tranchants, que les Israélites devaient
avoir dans leurs mains, marquent la puis-
sance que Dieu leur devait donner contre
tous leurs ennemis, et la manière forte et
efficace dont il les établirait dans leur repos ;
mais dans le sens spirituel, cela s'enlend du
pouvoir que les sainls auront au dernier
jour, pour juger, avec Jésus-Chrisl, les na-
tions et les princes qui les ont perséculés.
Heb. k, 12. Vivus est sermn Dei et penelrabi-
lior omni gladio ancipiti : La parole de Dieu
est vivante et efficace, et elle perce plus
qu'une épée à deux tranchants. Dieu qui
considère toutes choses, et qui voit tous Ie£
replis de l'âme (soit qu'il promette ou qu'il
menace) , punit ou récompense chacun selon
son mérite, avec un pouvoir insurmontable.
Voy. AcuTus.
ANGHORA , JE. Voy. Angora.
ANCILLA, M, Soû^rj. Ce nom est un dimi-
nutif à'ancula, parce qu'on, appelait AncuH
et Anculœ les dieux et les déesses qui ser-
vaient les autres dieux, du verbe ancien an"
culare, ministrare.
1°. Une servante (ivixtBi(7y.-n). Ps. 122. 2.
Sicut ancillœ in manibus dominœ suœ , ita
oculi nostri ad Dominum Deum nostrum :
Comme les yeux de la servante sont allenlifs
sur les mains de sa maîtresse, de même nos
yeux sont fixés vers le Seigneur notre Dieu,
en attendant qu'il ait pitié de nous. Prov. 30.
23. Per ancillam , cum fueril hœres dominœ
suœ : Une servante devient insupportable,
lorsqu'elle est entrée à la place de sa maî-
tresse. Matlh. 26. V. 69. 71. elc
2° Servante se dit par civilité et par res-
pect, lorsqu'une fille ou une femme marque,
par ce lerme, sa soumission à l'égard d'une
personne qu'elle révère et qu'elle honore.
Rulh. 2. 13. c. 3. 9. Ego sum Ruth ancilla
tua : Je suis Rulh , voire servante. Ce mol ,
en ce sens , est fréquent dans les quatre
livres des Rois.
3°. Servante de Dieu , qui est attachée à
son service et soumise à ses ordres. Luc. 1.
38. Ecce ancilla Domini : Voici la servante
du Seigneur, v. 48. Quia respexit humilitatem
ancillœ suœ : Il a regardé la bassesse de sa
servante. 1. Reg. 1. 11. Joël 2. 29. Ps. 8o. 16.
Ps. 115. 15. Act. 2. 18. etc
4° Les prophètes et les apôtres sont ap-
pelés les Servantes de la sagesse ( Boîtlaç
servus). Prov. 9. 3. Misit ancillas suas ut
vocarent ad arcem : La Sagesse a envoyé ses
servantes, pour les appeler dans la forte-
resse. Le Grec porte ses serviteurs, que la
sagesse éternelle a envoyés pour inviter les
hommes à !a pariicipation de ses grâces,
qui sont le festin qu'il leur préparait dans
son Eglise; mai? les Juifs les ont maltraités,
comme dit saint Luc. 11. 49. Propterea et
Sapientin Dei dixit : Mittam ad illos Pro'
phetas et Aposlolos. C'est pourquoi la Sa-
gesse de Dieu a dit : Je leur enverrai des
prophètes cl des apôtres, et ils en tueront
les uns et persécuteront les autres. Le terme
de servante , dont Salomon se sert dans cet
endroit des Proverbes, convient mieux que
celui de serviteur à la Sagesse, qui est re-
présentée comme une grande reine.
5° La synagogue des Juifs, opposée à l'E-
glise de la nouvelle loi, est figurée par Agar,
opposée à Sara. Gai., 4, 31. Non sumus
(tncillœ {■ncm^i'7/n) filii , sed liberœ : Nous ne
sommes point les enfants de la servante,
mais de la femme libre. Voy. Alleooria
ANGILLULA. Nom diminutif d'anc///o, une
petite servante; dans l'Ecriture, une demoi-
selle suivante, une fille de chambre (ât''^/j«).
Estli. 15. 10. Lnssum super nncillulnm recH-
navit caput : Eslhcr, étant tombée coinm^
2^g DICTlOiNNAIUE DE l'IlILOLOGIE SACRLE
évanouie . laissa tomber sa tête sur la flile
251
qui la soutenait.
ANGORA, M. Ce mot vient du grec «yxuca,
et signifie, 1° une ancre de vaisseau. Act. 27.
40. Et cum ancoras sustulissent , committe-
bant se mari : Ayant retiré les ancres, ils
s'abandonnèrent à la mer. v 29. 30. 2° Dans
le sens métaphorique, l'espérance chrétienne
est une ancre qui affermit noire âme contre
les tempêtes qui peuvent arriver dans les di-
vers événements de la vie présente. Heb. G.
19. Qmm sicut ancoram hahemus animœ
tutam ac firmam : Cette espérance sert à
notre âme comme d'une ancre ferme et as-
surée.
ANDREAS, JE. Ce nom vient du grec «wio
vir, et signifie virilis, fort, courageux.
André, apôtre de Jésus- Christ, frère de
saint Pierre, et disciple de saint Jean-Bap-
tiste; il était de Bethsaïde, et fui le premier
appelé à l'apostolat, avec son frère. Joan. 1.
40. Erat Andréas frater Simonis Pétri, nnus
ex duobus qui audierant aJoanne^ et seciiti
fuerant eum : André, frère de Simon Pierre,
était l'un des deux qui avaient suivi Jésus.
Malth. 4. 18. c. 10. 2. etc. Il a prêché dans la
Scylhie, dans la Grèce et dans l'Epire, et a
été crucifié à Palras , dans l'Achaïe.
ANDRONICUS, Heb. Vir victor. Ce nom
vient du grec àv-np, vir, et de vûjj, Victoria.
i" Un officier du roi Antiochus Epiphane.
2. Mach. 4. 31. Festinanter Rex venit sedare
illos , reli'cto suffecto uno ex comiiibus suis
Andronico : Le roi vint en grande hâte, pour
apaiser la sédition , ayant laissé pour son
lieutenant un des grands de sa cour, nommé
Andronique. Il fit tuer en trahison le saint
pontife Ouias ; mais il expia par sa mort le
meurtre d'un si vertueux personnage, v. 32.
34. 38. c. 5. 23.
2° Un parent de saint Paul, et son compa-
gnon dans les chaînes. Rom. 16. 7. Salulale
Andronicum et Juniam cognatos et concap-
tivos meos : Saluez Andronique et Junie, qui
ont été compagnons de mes liens.
ANEM , Heb. Responsio eorum, ville de la
tribu d'Issachar. l.Par. 6. 73. Anemcum sub-
urbanis suis. Cette ville fut donnée aux lé-
vites, avec SCS faubourgs ; elle est appelée
Engannim. Jos. 19. 21. c. 21. 29. Gr. T^rr/n
'/puiLuù-M-j , Fons liltcrarum.
ANER, Heb. Responsio lucernœ. 1° Aner,
Amorrhéen , qui avait fait alliance avec
Abraham. Gènes. 14. 13. Ilabitabut in con-
valle M'imbre fratris Escol et fratris Aner :
Abraham demeurait dans la vallée de Mam-
bré, Amorrhéen , frère d'Escol et d'Ancr.
v. 24. — 2° Ville de la tribu de Manassés ,
donnée aux enfants de Caalh. 1. Par. 6. 70.
ANETHUM,«v>30ov. Ce mot vient d'avw, 5«r-
sum, et de Oéeiv, crescere, parce que l'anet
croît fort vile.
L'anet est une herbe qui ressemble au fe-
nouil , cl qui a des fleurs jaunes en bouquet ;
sa graine est plate et odoriférante, et sa
tige est haute d'une coudée et demie : on en
faisait autrefois des chapeaux dans les festins.
Jésus-Christ, pour marquer l'hypocrisie des
Pharisiens, leur reprochait qu'ils payaient
les dîmes de la menthe et de l'anet. Matth.,
23. 23. Vœ vobis, Scribœ et Pharisœi, quideci-
matis mentham et anethum et cymimim, et re-
liquistis quœ graviora sunt legis : Malheur
à vous. Scribes et Pharisiens hypocrites,
qui payez la dîme de la menthe, de l'anet et
du cumin, pendant que vous négligez ce qu'il
y a de plus important dans la loi.
ANGARIARE. Ce verbe vient du grec
ùyyc/.pfôeiv , qui signifie proprement con-
traindre , de la pan du prince ou des magis-
trats , de rendre quelque service , et est
formé du nom persan «-/'/«pot , angari. C'é-
taient les messagers ou courriers des rois
de Perse , qui avaient droit de prendre les
chevaux qu'ils rencontraient , pour aller
plus vile, et même de contraindre les per-
sonnes qu'ils trouvaient d'aller avec eux ,
pour les conduire. Malth. 5. 41. Quicumque
te angariaverit mille passus : Si quelqu'un
vous veut contraindre de faire mille pas avec
lui. c. 27. 32. Ma.rc. 15. 21. Et angariaverunt
prœtereuntem quempiam : Ils contraignirent
un homme qui passait de porter la croix de
Jésus.
ANGELUS, 1. «yvsAoj, nuntius. Ce nom est
grec , et signifie proprement un messager
qui porte quelque nouvelle. Dans l'usage,
le mot d'ange signifie une substance spiri-
tuelle et intelligente , qui lient le premier
rang entre les créatures de Dieu. L'Ecriture
ni les Pères ne nous assurent point qu'il y
ait neuf chœurs ou neuf ordres de ces es-
prits ; car l'Ecriture n'en parle presque
point, et les Pères en parlent diversement :
les uns en mettent plus, les autres moins,
et laissent à chacun la liberté de suivre ce
qui lui paraîtra plus vraisemblable : on ne
peut pas non plus assurer quelle est leur
science, leur lumière et la subordination
qu'ils ont les uns envers les autres. Aug.
Ench. c. 58. -Quornodo se habeat beatissima
illa et superna societas, quœ ibi sint diffe-
rentiœ personarum ; et quid inter se distent
quatuor illa vocabula quibus universam ipsam
cœlestem socielatem videlur Apostolus esse
complexus , dicendo , Col. 1. 16. Sive Throni,
sive Bominaliones, sive Principatus, sive Po-
lestates , dicant qui possunt , si tamen pos-
sunt probare quod dicunt , ego me ista igno-
rare fateor.
Néanmoins, sur l'autorité de saint Denis,
saint Grégoire le Grand , suivi par sainl
Thomas, et les autres scolastiques, trouvent
dans l'Ecrilure neuf chœurs d'anges, divisés
en trois hiérarchies : la première comprend
les Séraphins, les Chérubins et les Trônes; la
seconde, les Dominations, les Vertus, et les
Puissances ; la troisième, les Principautés,
les Archanges et les Anges Voy. safnt Denis,
de Hierarch. Cœlesti ; Gregor. Magn. Homil.
34. in Evang.
Le mol d'ange se met pour tous les ordres
des esprits célestes , quoiqu'il se prenne
aussi pour le dernier chœur des anges. Luc.
1. 26. Missus est Angélus Gabriel : l'ange
Gabriel fut envoyé de Dieu; il était un des
archanges, comme le marque saint Jérôme ,
257
ANG
ANG
9.58
in Dan. 8. 16. Ainsi Raphaël est appelé ange.
ïob. 12. 15. Ego sum Raphaël Angélus unies
ex septemqui aslant ante Dominum : Je suis
l'ange Raphaël, l'un des sept qui sommes
toujours présents devant le Seigneur. L'an-
tiquité a cru que ces sept , qui marquent
peut-être un grand nombre, étaient ar-
changes, et d'un ordre supérieur aux autres
anges.
Au reste, comme le nom d'ange est un
nom de service et de ministère, et non pas
un nom de nature, ce sont toujours des es-
prits; mais ils ne sont appelés anges que
quand ils sont envoyés ; ainsi il signifie.
1' Ambassadeur, envoyé. Ps. 103. 5. Qui
fucis angelos tuos spiritus : Vous vous ser-
vez des esprits pour en faire vos ambassa-
deurs et vos anges. Hcb. 1. 7. ainsi, Ps. 77.
29. Panem angelorum manducavit homo :
L'homme mangea le pain des anges; c'est-à-
dire la manne, qui était un pain préparé ou
cnvoyépar le ministèredes anges, v. 5i. Im-
missiones per angelos malos : Dieu affligea les
Egyptiens par les différents Iléaux qu'il leur
envoya par le ministère des mauvais anges:
plusieurs croient que ces anges sont appelés
mauvais, à cause des punitions qu'ils exer-
çaient de la part de Dieu, que c'était néan-
moins de bons anges. En effet, comme dit
saint Paul, Heb. 1. li. Nonne omnes sutit
administratorii spiritus in ministerium missi
propter eos qui hœredifatem capient salutis ?
Tous les anges ne sont-ils pas des esprits,
qui tiennent lieu de serviteurs et de minis-
tres, étant envoyés pour exercer leur minis-
tère en faveur de ceux qui doivent être les
héritiers du salut? Ainsi, quelque ambassa-
deur, ou quelque envoyé que ce soit, est
quelquefois appelé du nom d'ange. Prov. 17.
11. Semper jurgia quœrit malus, Angélus au-
tem crudelismittelur contra eum: Le méchant
cherche toujours querelle; mais un ange
cruel sera envoyé contre lui ; soit que ce
soit un messager de mort, envoyé par un
ange ; soit que ce soit un mauvais ange
pour l'affliger dès celte vie. Isa. 18. 2. Ile,
Angeli veloces : Allez, anges légers ; ces an-
ges sont ou les ambassadeurs que les Egyp-
tiens envoyaient aux Assyriens, avant que
de leur déclarer la guerre, ou, selon d'au-
tres, les Assyriens même? que Dieu envoie
contre l'Egypte pour la ruiner, c. 23. 7.
Ainsi, 2. Cor. 12.7. Angélus Satanœ : L'Ange
de Salan : c'était un démon que Lucifer avait
envoyé à saint Paul, pour exciter en lui une
passion déréglée. Voy. Stimulus.
2° Les bons anges, ces esprits célestes,
qui ont persévéré dans la bonne volonté
qu'ils ont reçue de Dieu, et qui sont demeu-
rés dans l'obéissance. Ps. 103. 5. Qui Cucis
angelos luos spiritus : Vous rendez vos an-
ges aussi prompts que les vents, pour exc-
culcr vos ordres. Ps. 137. 2. Gen. 19. 1. c.
28. 12. Ps. 90. 11. Ps. 96. 8. et souvent
ailleurs.
3" Les mauvais anges, les malins esprits ,
qui ayant été créés de Dieu dans la justice ,
n'y sont pas demeures, mais se sont révol-
tés contre Dieu. 1. Cor. 6. 3. Nescitis qno-
niam angelos judicabimus? Ne savcz-vous
pas que nous serons juges des anges mêmes?
en approuvant la sentence du juge, et mon-
trant par notre exemple la justice de leur
condamnation. 2. Petr. 2. k. Jud. 6. ainsi,
Rom. 8. 38. Neque angeli ; ni les anges mê-
mes; c'est-à-dire, les démons de quelque
ordre qu'ils soient, ou qu'ils aient été, ne
pourront pas nous séparer de Dieu.
i° Les anges, bons ou mauvais. 1 Cor. 4.
9. Spectaculum facti sumus mundo, et ange-
lis et hominibus : On nous fait servir de spec-
tacle au monde, aux anges et aux hommes :
les bons anges regardaient saint Paul avec
complaisance, cl les mauvais avec exécra-
tion : il en était de même des bons et des
méchants parmi les hommes ; on peut rap-
porter à cette signification les anges consi-
dérés selon leur nature, sans avoir égard à
l'état fixe où ils sont. Job 4. 18. In angelis
suis reperit pravitatem : Dieu a trouve du
dérèglement jusque dans ses anges ; parce
que, depuis leur création, les bons étant de-
meurés fermes dans la vérité, les mauvais se
sont eux-mêmes éloignés de Dieu par leur
propre volonté. Hebr. 2. 16. Nusquam ange-
los apprehendit : Il ne s'est pas rendu le libé-
rateur des anges, comme il a sauvé les hom-
mes par l'incarnation de son Fils.
5" Le nom d'ange est aussi donné à Jésus-
Christ Notre-Seigneur, envoyé pai son père
dans ce monde pour nous déclarer sa volon-
té, et pour exécuter l'ouvrage de noire sa-
lut. Malach. 3. 1. Veniet ad templum suum
Doininator, quem vos quœritis, et angélus
testamenti quem vos vultis : Le Dominateur
que vous cherchez, et l'Ange de l'alliance si
désiré de vous, viendra dans son temple ; il
est appelé VAnge de ialliance, parce qu'il a
été envoyé de Dieu pour être lui-même par
son sang le médiateur de l'alliance que Dieu
devait faire avec les hommes.
6° Les pasteurs et les ministres de l'Eglise.
Malach. 2. 7. Labia sacerdotis cusiodient
scientiam, et legem requirent ex ore ejus, quia
angélus Domini exercituum est ;Les lèvres du
prêtre seront les dépositaires de la science ,
et c'est de sa bouche que l'on recherchera la
connaissance de la loi : parce qu'il est l'ange
du Seigneur des armées ; c'esl-à-dire, l'am-
bassadeur de Dieu et l'interprète de ses vo-
lonlés. Apoc. 1. 20. Septem stellœ , angeli
sunt septem ecclesiarwn : Les sept étoiles
sont les sept anges ; les évêques des sept
Eglises, c. 2. v. 1. 8. 12. 18. c. 3. v. 1. 7. li.
C'est en ce sens qu'on interprète aussi cet
endroit de rEcclésiasle. c. 5. 5. Neque di-
cas coram angeloiNc dites pas, devant l'ange,
devant les ministres de Dieu, qui sont appe-
lés anges, dans l'Ecriture ; autrement, devant
l'ange qui garde chacun de nous: ainsi, 1.
Cor. 11. 10. Débet mulicr potestatem habere
supra caput propter angelos : La femme doit
porter sur sa tête la marque de la puissance
que l'homme a sur elle, à cause des anges,
à cause du respect qu'elles doivent aux prê-
tres, qui sont les anges de l'Eglise. Cela so
pcul entendre aussi des anges mêmes, qui
sont présents aux assemblées; des chrétiensi
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE
précursenr de Je
259
*!" Saint Jean-Baptisle. . ,^ , ^ o
sus-Christ, est appelé son ange. Malach. S
1 Ecce ego mitto angelum meum : Je vais
vous envoyer mon ange, qui préparera ma
voie devant ma face. Jésus-Christ explique
iui-même ces paroles, Matth. 11. 10. Marc.
1. '2. Luc. 7. 27
8° Les prophètes, ou plutôt les apôtres ,
représentés par les douze anges qui sont
aux portes de la Jérusalem céleste. Apoc.
21. 12. In portis, angelos duodecim : Il y
avait douze portes, et douze anges, un à
chaque porte : ces anges marquent les apô-
tres, et les autres ministres de Dieu, par le
ministère desquels les fidèles entrent dans
cette cité bienheureuse.
9' Les magistrats, qui tiennent la place de
Dieu, sont appelés anges, à cause de leur di-
gnité. Ps. 137, 2. In conspectu angeloriim
psallam libi : Je célébrerai votre gloire en
présence des juges et des conducteurs du
peuple : le mot Elohim, interprété par celui
à'angeli, est souvent rendu par le mot dii ,
ou Judices : on peut aussi l'entendre des an-
ges mêmss que David veut avoir pour té-
moins de sa piété
10' Des gens forts et robustes. Job 41. 16.
Timebunt angeli (fleb. Elim, fortes), et ter-
ritïpurgahuntur : Lorsque ce monstre s'élève
dans l'Océan au-dessus des eaux, les plus
forts sont dans la frayeur, et ne pensent
qu'à se purifier de leurs fautes pour se
préparer à la mort. Voy. Purgare. U y a de
l'apparence que l'interprète a lu Elohim au
lieu (i'Elim, pour mettre angeli, au lieu de
fortes : Gr. BvpîK -zerpccizo^x, Ferœ quadrupèdes.
ANGELICUS, A UM. Ce mot qui vient d'an-
gelus, signifie angélique, qui tient de l'ange;
mais dans le sens figuré
Angélique se dit des qualités excellentes
de quelque chose. Judic. 13. 6. Vir Dei ve-
nit ad me habens vnltiim angelicum: Un hom-
me de Dieu est venu à moi, qui avait un
vis.igc d'ange; c'est-à-dire, plein d'une grande
majesté, et d'une beauté nngélique : c'est la
même chose ]ue ce qui est dit de saint
Etienne, Act. 6. 15. Viderunt faciem ejus
tamquam faciem angeli : Son visage leur parut
comme le visage d'un ange , tout majes-
tueux et brillant; parce que les anges ont
une nature excellente : ce mot d'ange mar-
que (juclquefois ce qui est excellent en quoi
que ce soit. 1. Rcg. 29. 9. Jfionus es tu in
oculis meis, sicut angélus Dei: Je vous esti-
me, dit Achis à David, comme un ange de
Dieu; c'est-à-dire, comme un homme extraor-
dinaire et d'un grand mérite. Voy. Bonus. 2.
Keg. l'i^. 17. Sicut angélus Dei, sic est Do-
minus meus Rex, ul nec benediclione, nec ma-
lediclione moveatur : Le roi, mon Seigneur ,
est comme un ange de Dieu, qui n'est tou-
ché ni de bénédictions ni de malédictions :
cette femme loue David de sa fermeté à faire,
le bien, sans se mettre en peine de ce que
les hommes en pensent, v 20. Sapiensessic-
ut hnbet sapientiam angélus Dei : Vous êtes
sage romme le serait un ange de Dieu : c'est
ù peu près ce que dit aussi Miphiboseth à
260
David, c. 19. 27. Sicut angélus Dei es: Vous
êtes comme un ange de Dieu, vous avez une
sagesse divine, pour démêler toutes choses :
c'est en ce sens que saint Paul appelle un
langage excellent, un langage d'ange. 1. Cor
13. 1. Voy. LiNGUA.
ANGERE. Ce verbe vient du grec â'yxetv,
strangulare,prœfocare, et signifie, faire de la
peine, fâcher, contrister. 1. Reg. 1. 6. AffLi-
gebat eam œmtila ejus, et vehementer ange-
6ar- Phenenna affligeait Anne, et la tour-
mentait excessivement, jusqu'à lui insulter
de ce que le Seigneur l'avait rendue stérile.
ANGULUS, I. ywvta. Ce nom vient du grec
ayy.vlog, incui'vus ; parce que tout angle est
courbé, puisque c'est l'inclination de deux
lignes l'une vers l'autre : ainsi il signifie pro-
prement, un angle en terme de géométrie :
dans l'Ecriture.
1" Un angle, une encoignure, le coin ou
aboutissent deux rues ou deux murailles, ou
quelques autres corps ( iiépoç pars). Matth.
6. 5. Amant in Synagogis et in anguHs platea-
rumstantes orare : Les hypocrites affectent
de prier en se tenant debout dans les syna-
gogues et aux coins des ruos, pour être vus
des hommes. Exod. 25. v. 12. 26. Pones eos
in quatuor angulis mensœ: Vous mettrez qua-
tre anneaux d'or aux quatre coins de la ta-
ble, c. 20. V. 19. 23. ç. 27. 2. 4. etc. d'où
vient Porta anguli: La Porte des angles. 4.
Reg. U. 13. Jerem. 31. 38. Voy. Porta.
2° Les tours et les bastions, qui sont ordi-
nairement aux angles des murs. Soph. 1. 16.
Dies tubœ et clangoris super civitates munilas
et super angulos excelsos : Il viendra un jour
où les villes fortes et les hautes tours trem-.
bleront au fier retentissement de la trom-
pette : le prophète prédit la ruine de Jérusa-
lem par les Chaldéens, c. 3. 6. Disperdidi
gentes, et dissipati sunt anguli earum : J'ai
exterminé les peuples, leurs tours ont été
abattues. On peut aussi expliquer ces an-
gles dos princes du peuple.
3" L'extrémité, le bout de quelque chose
( Tzzcpvyiov, ala ). Num. 15. 38. Faciant sibi
fimbrias per angulos palliorum : Qu'ils se fas-
sent des franges aux coins de leurs man-
teaux. Deut. 22. 12. Voy. Fimbria. Ainsi ,
anguli terrœ : Les coins de la terre sont les
extrémilés du monde. Apoc. 7. L Vidi qua-
tuor angelos s tantes, super quatuor angulos
terrœ : Je vis quatre anges aux quatre coins
de la terre. Le monde se divise en qnatre
parties, qui en sont les extrémités, c. 20. 7.
k° Ce qui fait touie la force et le soutien
de quelque chose. Isa. 19; 3. Deceperunt
jEgyptum , angulum populorum ejus: Les
princes de Mcmphis ont séduit l'Egypte, ils
ont détruit la force et le soutien de ses peu-
ples (xa7« (fvlàç, per tribus, seu populos). Ainsi
les princes et les chefs qui gouvernent les
peuples , s'appellent leurs angles ( yiHiia. *
Tractus, primates reyionis) , Judic. 20. 2.
Omnes anguli populorum et cunctœ Tri-
bus : Tous les chefs du peuple, et toutes les
tribus. 1. Reg. 14. 38. La métaphore se lire
des pierres angulaires, qui sohtiennent l'édi-
fice [ini^lt-i^E respeacit; Heb. Pinnah , angulus^.
261
ANG
ANG
2(}3
Zarch. 10. 4. Ex ipso angulus. C'est dans*Jada
que viendra l'angle qui lie le bâtiment ;
cest-à-dire, le prince et le chef qui soutien-
dra la république des Juifs. Dieu promet, par
ce langage figuré, le rétablissement des Juifs,
et leur fait espérer des princes et des chefs,
qui réuniront toutes les tribus qui vou-
draient revenir dans leur pays ; mais le
Prophète marquait, par ces paroles, princi-
palement Jésus-Christ, qui est la pierre an-
gulaire de TEglise, qui lie les deux peuples,
Factus est in capiit anguli. Ps. 117. 22. Mallh.
21. kL Marc. 12. 10. Luc. 20. 17. Act. i. 11.
1. Pelr. 2. 7.
5° Lieu secret et caché. Prov. 25. 2i. Me-
lius est sedere in angulo domatis quam cum
mnliere litigiosa, et in domo communi:ll vau-
drait mieux demeurer en un coin, sur le haut
de la maison, que d'habiter dans une maison
commune, avec une femme querelleuse, c.
21. 9. Act. 26. 26. Neque enim in angido
qnidquam horum gestion est : Ce ne sont pas
des choses qui se soient passées en secret :
cette signiflcalion vient de ce qu'il y a plus
d'obscurité dans les angles ou les coins d'un
édifice que dans les autres parties.
ANGULARIS , e. «-/ooyojvjaror , a , ov. Angu-
laire, qui a des angles, ou qui se met dans
l'angle : ce qui ne se dit guère que de la
pierre fondamentale qu'on meta la première
assise d'un bâtiment, qui fait l'angle ou le
coin du bâtiment, et qui marque dans le
sens figuré:
Ce qui soutient, et tient ferme quelque
chose de son assiette. Job 38. 6. Quis demi-
sit lapide.yn angularem terrœ ? Sur quoi les
bases de la terre sont-elles affermies, ou,
qui en a posé la pierre angulaire ? Dieu veut
iiislruire et humilier Job, par la considéra-
lion des ouvrages de sa puissance infinie.
Ain&i Jésus-Christ est appelé la pierre an-
gulaire de l'édifice ( «-/ooywvtaror ) ; c'est-à-
dire , la pierre fondamentale qui soutient
l'Eglise. Isa. 28. 16. Ecce ego mittam in fun~
damentis Sion lapidem, lapident probaium, an-
gularem : Je m'en vais mettre , pour fonde-
ment de Sion, une pierre; une pierre éprou-
vée, angulaire , précieuse, qui sera un ferme
fondement. Saint Pierre , qui cite ce passage
d'Isaïe, l'entend de Jésus-Christ. 1. Petr. 2.
6. aussi bien que saint Paul, Eph. 2. 20. Ipso
summo angulari lapide Christo Jesu : Jésus-
Christ lui-même est la principale pierre de
l'angle.
ANGULARE, is, Tra^ayo^vtTxo?. Cc nom sub-
stantif, qui vient d'angulus, et qui n'est point
en usage en latin , signifie une équerre , in-
strument de géométrie , qui sert à mesurer
des angles droits. Isa. '+V. 1.3. Fecit illudin
angularibus : Le sculpteur dresse son idole à
l'équerre , et lui donne toutes ses propor-
tions : l'Hébreu porte in asciis, avec la do-
loire.
ANGUSTIA , .E , ou ANGUSTI^E , arum.
Ce nom , qui vient de l'adjectif angustus ,
étroit, signifie proprement, un lieu étroit et
de peu d ét''ndue, ou difficile ; mais il ne se
dit guère qu'au pluriel (au/«;. sulcus). Num.
22. 2V. Stctii Angélus in angusliis duanim
maceriarum : L'ange qui apparut à Ralaam
se tint dans un lieu étroit entre deu\ mu-
railles. 2. Reg. 22. 46. Gonlrahentur in an-
gustiis SUIS : Ils se renfermeront dans des
lieux étroits {•jMY^lziT'^hç. conclave). Voy. Con-
TRàHERE. 2. Mach. 12. 21. et dans le sens
figuré ,
Thren. 1. 3. Omnes persecutores ejus ap-
prehenderunt eam inter angiistias : Tous les
persécuteurs de la fille de Juda se sont saisis
d'elle , l'ayant surprise comme dans un dé-
troit (Ç»).toovT:,- , affligentes). Les Juifs qui ,
pour éviter la rigueur de la servitude , s'é-
taient réfugiés en Egypte et dans les pays
voisins, furent poursuivis et surpris parleurs
ennemis, sans pouvoir ni retourner dans leur
pays, ni demeurer où ils étaient. Ainsi, Dan.
13. 22. Angustiœ su7it mihi undique : Je ne
vois que péril et qu'angoisse de toutes parts:
Susanne s'y trouvait prise comme dans un
défilé («7T=và, arcta, angusta).
ANGUSTIA, m. c-vioyjjioiv.. Ce nom, qui
est fort peu usité chez les Latins, dans le sens
figuré , se trouve souvent dans l'Ecriture ,
pour signifier ces vieux mots français : an-
goisse et détresse; lorsqu'il arrive quelque
affaire fâcheuse qui afflige et lient le cœur
serré : d'où vient Angustia animœ, ou spiri-
tus; serrement de cœur. Gènes. i2.21.Exod.
6. 9. Sap. o. 3.
1° Affliction, peine d'esprit (5r;oa, venatto;
captura ; Trayù-, ooç, laqueus). Prov. 11. 8. Jii-
stus de angustia liberatus est : Le Juste a
été délivré des maux qui le pressaient, c. 12.
13 Effugiet juslus de angustia:Le juste sera
délivré des maux présents, c. 17. 17. Frater
in angusliis comprobatur : Le frère se con-
naît dans l'affliction. 2. Cor. 6. i. c. 12. 10.
Placeo tnihi in infirmitatibus meis in an-
gusliis pro Christo: Je sens de la satisfaction
et de la joie dans les faiblesses où je me
trouve, dans les afflictions pressantes que je
souffre pour Jésus-Christ. Deul. 26. 7. c. 28.
o3. Judic. 10. li. etc. Angustia se met sou-
vent avec tribulatio. Rom. 2. 9. Tribulatio et
angustia in omnem animam hominis operantis
malwn .-L'affliclioiietledésespoir accableront
l'âme de tout homme qui fait le mal. c. 8.
33. 2. Cor. 2. 4. Esth. H. 8. Judith. 13. 25.
Esth. 11. 8. etc. De là viennent ces phrases:
Dies, ou tempus angustiœ :Tvmps de malheur
et d'affliction. 2. Par. 28. 22. Prov. 2i. 10.
etc. Ainsi, Angustia temporum ; Temps d'af-
fliction , de persécution. Dan. 9. 23. Rursutn
œdificabitur platea et viari in angustia tem-
porum.'Lcs places et les murailles de la ville
seront bâties de nouveau , parmi des temps
fâcheux et difficiles , quand la place publi-
que et les murs de Jérusalem furent rétablis
par Tordre de Néhémias ; les Juifs qui bâtis-
saient furent toujours incommodés par leurs
voisins : Gr. èzx£vw6>î<rovTO( oi xaiooi^ Evacua-
buntur tempora.
Aqua angusliœ : De l'eau d'affliction. 3.
Reg. 22. 27. Mittile virumistum in carcerem^
et sHftentate rum pane tribulationis, et aqua
angustiœ : Renfermez cet homme dans la pri-
son, cl <iu'on le fasse vivre du pain de dou-
leur et de l'eau d'affliction ; c'csl-à-dire,(iu'on
263
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
264
ne lui donne qu'un peu de pain et un peu
d'eau. Voy. Aqua. Ezech. k. 16.
9- Abaissement , elat de souffrance et de
patience (raTTEivwat?)- Isa. 5.3. 8. De angustia
etjndicio sublatus est: Après ses souffrances
et sa condamnation , il a élé mis à mort, où
il a été élevé en croix ; ou bien , après les
abaissements et sa condamnation , il a été
élevé en gloire; ce même passage est rendu
de la sorte , Act. 8. .33. In humililate judi-
cium ejus sublatum est : Dans son abaisse-
ment il a été délivré de la mort à laquelle il
avait élé condamné.
ANGUSTIARE , ^Têvo/w^erv. Ce verbe , qui
n'est point dans l'usage du latin , se prend
pour angustare, qui signifie rétrécir, resser-
rer ; eLdans l'Ecriture ,
1° Presser, déranger ('5).if;îiv). Eccli. 16.
28. Unusquisque proximum sibi non angustia-
hit in œtermim: Dans toutes les parties du
monde, jamais l'une n'a pressé ni dérangé
l'autre. Le Sage parle surtout des cieux et
des astres , qui tournent toujours sans se
presser, ni s'endommager l'un l'autre.
2° Serrer quelque chose de si près, qu'elle
ne peut point se dégager (ayvT),ibetv). Eccli.
27. 2. Sicut inmedio compaginis lapidum pa-
lus figitur, sic et inler médium venditionis et
emptïonis angustiabitur peccatum : Comme
un morceau de bois demeure enfoncé entre
deux pierres, ainsi le péché sera comme res-
serré entre le vendeur et l'acheteur ; c'est-
à-dire , qu'il est très-difflcile que ceux qui
vendent ou achètent soient exempts de péchés;
parce qu'il y a une avarice secrète enracinée
dans le cœur, qui porte les uns à vendre plus
qu'ils ne doivent, les autres à acheter à un
prix trop bas.
3° Presser fort, accabler. 2. Cor. 1. 8. In
omnibus Iribulationem patimur, sed non an-
gustiamur : Nous sommes pressés par toute
sorle d'afflictions , mais nous n'en sommes
point accablés : d'autres l'expliquent du ser-
rement de cœur, que cause l'affliction.
4° Resserrer, mettre à l'étroit. 2. Cor. 6.
12. Non angustiamini in nobis, angustiamini
autem in visceribus vestris .-Mes entrailles ne
sont point resserrées pour vous , les vôtres
le sont pour moi ; comme s'il disait : Mon
cœur est large pour vous y tenir tous ; mais
le vôtre est si étroit , que je n'y puis pas te-
nir même tout seul ; je vous aime beaucoup,
vous m'aimez peu.
5° Tourmenter, affliger (0).iÇ£tv). Sa p. 5.
1. Tune stabunl jusli in magna constantia ad-
versus eos qui se angustiaverunt : Les justes
s'élèveront avec une grande hardiesse con-
tre ceux qui les auront accablés d'affliction ;
Hcb. 11. 37. Angustiati, affligés. Eccli. k. 3.
Non protrahas datum angustianti, ou angus-
tiati; Gr. indigentis: Ne différez point de don-
ner à celui qui souffre.
6" Consterner, faire perdre le courage
[hlzi-Kit'i). Joan. 2. 8. Cum angusliaretur in
me anima mea : Dans la défaillance extrême
où mon âme a été réduite , je me suis sou-
venu de vous , Seigneur; Gr. èv zô> èyleinea,
C«m(/e/îcere/. Judith. 13. 2d.Àngusïiatus prœ
pavore cecidil in fncicmsunm : Achior voyant
la tête d'Holophernc, fut saisi d'une si grande
frayeur, qu'il tomba le visage contre terre.
ANGUSTUS,A UM. T-vJÔç. Cet adjectif, qui
vient du \evhcangere, presser, mettre à l'é-
troit , signifie : étroit , serré. Num. 33. 54.
Pluribus dabilis laliorem^ paucis angustio-
rem : Vous en donnerez une plus grande
partie à ceux qui seront en plus grand nom-
bre, et une moindre à ceux qui seront moins.
Jos. 17. 15. 4. Reg 6. 1. Isa. W. v. 19. 20.
etc. De là viennent ces expressions Ggurées.
Puteus angustus : Un puits étroit ; pour
marquer un danger dont il est difficile de
sortir. Prov. 23. 27. Puteus angustus, aliéna:
La femme étrangère est un puits étroit ; il
est aussi difficile de s'en défaire, que de sor-
tir d'un puits étroit quand on y est tombé.
Voy. Aliéna. Ainsi, Os angustum : Un abîme
étroit. Job. 36. 16. Porta angusta : Une porte
étroite , pour marquer la difficulté qu'il y a
de parvenir à quelque chose. Malth. 7. v. 13.
ik. Luc. 13. 2i. Contendite inlrareper angus-
tam portam : Faites effort pour entrer par la
porte étroite : cette porte étroite est la vie
chrétienne, renfermée dans les bornes de la
loi de Dieu , qui ng permet point de s'écar-
ter, ni à droite ni à gauche , pour satisfaire
les désirs déréglés de la convoitise. Voy.
Porta.
ANI , Heb. Responsio. Un lévite destiné à
chanter sur les instruments de musique. 1.
Par. 15. V. 18.20
ANIA , Heb. Cunticum Domini. Un chef du
peuple juif du temps d'Esdras. 2. EsJr, 8. k.
ANIAM, Dolor populi. Fils de Semida, de
la Tribu do Manassés. 1. Par. 7. 19
ANILIS, ypc/M^;. Cet adjectif, qui vient du
nom anus, vieille, signifie ce (|ui est de
vieille , ce qui convient à une vieille ; d'où
vient : Fabula anilis : Un conte de vieille. 1.
Tim. i. 7. Jneptas autem et aniles fabulas de-
vita : Fuyez les fables impertinentes et pué-
riles , semblables aux contes que les vieilles
femmes font aux petits enfants. Les hérésies
des premiers temps de l'Eglise, étaient plei-
nes de contes profanes et de fables imperti-
nentes : Saint Paul défend à son disciple de
s'en entretenir ou de les enseigner.
ANIM, Hcb. RespondenteSf ville de la tribu
de Juda. Josue. 15. 50.
ANIMA , JE. -^v/jn. Ce mot vient A'animus,
comme domina, de dominus, et regina de rex,
et signifie une forme substantielle , qui rend
les corps vivants. Les anciens ont reconnu
trois sortes d'âmes : la végétative , dans les
plantes ; la sensitive, dans les bêtes ; et l'âme
raisonnable et spirituelle dans l'homme : la
végétative est simple , et ne donne que la
vertu de nourrir et de faire croître; la spnsi-
tive a deux fonctions ; car outre qu'elle a la
vertu de donner l'accroissement parla nour-
riture , elle a aussi le sentiment qui fait re-
cevoir par les organes les différentes impres-
sions des objets. Enfin , l'âme raisonnable
de l'homme ajoute à ces deux premières, de
nourrir et de sentir, celle de raisonner et de
juger. Voy. Aug. de Doct. Chr. l. 1. c. 8. Si
vitnm sine sensu vegetantem invenerint, qualis
est arborum, prœponunt ei senlientem, qualis
265
AM
AM
2o6
est pecorum; et huic nirsus inteJligentem qua-
lis est hominum: Les Hébreux distincnent
aussi l'âme de l'esprit , et appellent Vâme
sensilive: nep/ie.ç ; et l'esprit, ou la partie
spirituelle de l'âme : ruach, sphitus. Voy.
Spiuitus. Ainsi , dans lEcriture , on distin-
gue dans l'hoinmc ces Irois choses : l'cspril,
l'âme et le corps ; comme fait saint Paul , 1.
Tlioss. 5. 23. Jpse autem Deiis pacis sanctifi-
cet vos pcr omnia , ut integer spiritus vester ,
et anima, et corpus sine querela in adventu
Domini nostri Jesn Chrîsti servetnr; Que le
Dieu de paix vous sancliGe vous-mêmes , et
Yous rende parfaits en tout, afin que tout
ce qui est en vous, l'esprit , l'ânjc et le
corps se conservent sans tache pour i'avé-
nement de Noire-Soigneur Jésus-Christ. Saint
Augustin parle de la sorte, en plusieurs en-
droits : Tria simt quibiis homo constat, spiri^
tus, anima et corpus, quœ rursiis duo dicun-
tur, quia anima simul cum spiritu nominatur,
pars quœdam ejusdem ratiunalis qua ca-
rent besliœ, spiritus dicitur ; principale nos-
trum spiritus est, deinde rita qua conjungi-
mur corpori, anima dicitur, j)ostremo ishtd
quod visibileest ultimum, nostrum est corpus.
Aug. /. deFide etSymb.c. 10. l 83. quœst.T.
l. de Orlu animœ, c. 17. l. 2. c. 2. /. i. c. 2. et
alibi. Ainsi ce mot signifie , dans l'Ecriture ,
l'esprit et la partie animale, quelquefois
l'un et l'autre, quelquefois la personne en-
tière, quelquefois le corps vivant, et même le
corps mort ; enfin, ce mot signifie souvent la
vie , et quelquefois les affections de l'âme ; et
les autres choses qui se verront dans la suite.
1" L'âme, qui est la forme substantielle
qui rend les corps vivants, tels qu'ils soient.
Job 12. 10. In cujus manu anima omnis vi-
ventis: Dieu tient dans sa main l'âme de tout
ce qui a vie. Gènes. 8. 21. c. 9. 16.
2' La partie supérieure et spirituelle de
l'âmo, l'âme raisonnable. 1. Petr. 2. H. 06-
secro vos abstinere a carnalibus desideriis quœ
militant adversus animam : Je vous exhorte,
mes frères, à vous abstenir, comme étant
étrangers et voyageurs en ce monde, des
passions charnelles qui combattent contre
l'âme. Matth. 10. 28. c. 11. 29. Luc. 12. 20.
Acl. 10. 10. 2. Cor. 12. 15. Jac. 1. 21. etc.
Ainsi, Ps. 15. 10. Act. 2. 27. Nonderelinques
animam meam in inferno : Vous ne laisserez
point mon âme dans l'enfer. Voy. Infernus.
3° La partie supérieure et inférieure de
l'âme. Gènes. 2. "7. Factus est homo in ani-
mam virentem : Vhomme devint vivant et
animé; car, comme dit saint Augustin: /. 2.
de Orig. animœ, c. 2. Aliquando duo ista si-
mul nominc animœ nuncupantur. quale est il-
lud, factus est homo in animam viveniem. Gen.
2. Ibi quippc et spiritus intelligitur. et qu.
7. lil). 83. Anima aliquando ila dicitur ut cum
mente intclligatur, veluti cum dicimus homi-
ncm ex anima et cor pore constare. 1. Cor. 15.
'1^5.
V" La partie animale de l'homme, où est
le siège des passion-. Heb. 'i-. 12. Perl ingens
usquc ad diiisioncm animœ et spiritus : Là
parole de Dieu entre et pénètre jusque dans
les replis de l'âme et de l'esprit. Voy. An-
DlCTIONN. DE PHILOL. SACRÉE. 1.
CEPS. Matt. 22. .^7. Diliges Dominum Deum
ttium ex toto corde tuo, et in tota anima tua,
et in tota mente tua: Vous aimerez le Sei-
gneur votre Dieu , de tout voire cœur, de
tonte votre âme. et de tout votre esprit. Dan.
3. 86. Luc. 2. 35. c. 12. 19. 1. Thess. 5. 23.
etc. Voy. Grot. in Matth. 26. 'tl. et Fro-
niond , m Thess. 5. 23. De là vient , Affligere
anfwam.Se mortifier. Voy. Affligere.
5" L'animal , la bête , Gen. 1. v. 20. 21.
Creavit Deus omnem animam viventem at-
quc motabilem: Dieu créa tous les animaux
qui ont la vie et le mouvement, que les eaux
produisent chacun selon son espèce, v. 20.
ainsi, v. 2V. Producat terra animam viventem
in génère suo : Que la terre produise des ani-
maux vivants , chacun selon son espèce, c.
2. 19. c. 9. V. 10. Î2. 15. Levit. 11. iO. c. 2V.
18. Reddet animam pro anima: 11 rendra une
bête pour une bête.
6" La personne même , ou l'homme tout
entier ( «v/i_o ). Gen. li. 21. Da mihi animas^
cœtera iolle tibi: Donnez-moi les personnes,
et prenez le reste pour vous. c. 17. 14. c. 27.
k. 1. Reg. 17. 1. Isa. 29. 8. Matth. 16. 26.
(Voy. Luc. 9. 25.) Luc. 9. 56. Art. 2. 27. et
souvent ailleurs, comme Apoc. !8. 13. Mer-
ces mancipiorum et animarum hominum : Les
marchanditiL'S d'esclaves et d'hommes libres;
ainsi : Omnis anima : Toute personne; ce
qui est fréquent dans le Lévilique. Joh 23.
13. Anima ejus quodcumque volait, hoc fecit :
Dieu l'ail absolument tout ce qu'il lui plaît.
Gr. KÙTàç, Jerem. 31. v. H. 25.
7" Les esclaves s'appellent du nom d'âmes,
parce que leurs corps ne sont point à eux.
Gen. 12. 5. Talil Abraham animas quas fece~
rat in llarnn : Abraham emmena avec lui
Saraï, sa femme, et Lolh, fils de son frère, et
tout ce qui leur était né à Haran ; les escla-
ves qui lui étaient nés dans sa maisou , ou
qu'il avait acquis d'ailleurs; on peut aussi
l'entendre des enfants et des troupeaux qu'il
avait. Ezcch. 27. 13. Mancipia advexeruné
populo luo : lis amenaient à votre peuple
des esclaves ; Gr. Animas hominum : Des
âmes d'hommes. Voy. Mancipium.
8' La vie, dont l'âme est le principe. Matih.
2. 20. Defuncti sunt qui quœrcbanl animam
pueri : Ceux qui cherchaient l'cnlaut pour
lui ôter la vie sont morts. Act. 20. 2'i. Nihiù
horum vcreor, nec facio animam meam prelio-
siorciu quam me : Je ne crains rien de toutes
ces choses, et ma vie ne ni'est point plus pré-
cieuse que mon salul, dit le grnnd apôtre
saint Paul, Gen. 9. 5. r. 19. v. 17. 19. Esth.
4.13.c.7.v.3.7.Psal.7.2.Matlh.0. 25.Luc.12
v.22.23. et dans une infinité d'aulres endroits
de l'Ecriture. Thren. 5. 9. /// anim<(bus nos-
tris affcrebamus pancm nobis : Nous allions
chercher du pain pour nous, au péril de nolr^»
vie; cette signification du mol d'âme pioduit
grand nombre de phrases dans le sens li^iiio.
Amare , ou servare ou salvam facrrc ani'
mam suam : Aimer sa vie, la vouloir sauver,
c'est aimer les comuiodilés de la vie prêtera-
blemenl au salut. Joan. 12. 25. Matth. IG,
25. Marc. 8. 35. Luc. 9. .vV. ainsi , Matth. 10
39. Qui invenit animam suam, pcrdct illam.
9
267
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
268
Celui qui conserve sa vie, la perdra; c est-
à-dire, celui qui veut conserver sa vie dans
ce monde , en renonçant à sa foi , ou négli-
geant les devoirs de chrétien, se perdra pour
l'éternité. Voy. Amare, Servare, Invenire,
Perdere, Odisse.
Ponere , ou pcrtare animam suam in manu
sua : porter son âme dans ses mains, c'est
Icxposer à un grand danger de mort. Voy.
Ponere, Portare, Habere.
Dare, ou tradere nlicui animam suam : Don-
ner sa vie pour quelqu'un, s'exposer pour
lui. Eccli. 7. 22. Non lœdas servum in veritate
operantem, neque mercenarium dantem ani-
mam suam : Ne traitez point mal le serviteur
qui travaille fidèlement, ni le mercenaire
qui se donne tout pour vous. Voy. Dare. 1.
Thess. 2. 8. Vohbamus tradere vobis^ nonso-
him Evangelium Dei, sed etiam animas nos-
tras . Nous aurions souhaité de vous donner
non-seulement la connaissance de TEvangile
de Dieu , mais aussi notre propre vie. Act.
15. 26. Thren. 5. 9.
Effundere , levare , possidere , quœrere ani-
mam , etc. Voyez ces verbes chacun dans leur
lieu.
9" La vie de la grâce, le salut de l'âme.
Eccli. k. 2^. Pro anima tua, ne confundaris
dicere verum : Ne rougissez point de dire la
vérité lorsqu'il s'agit de votre âme, c'est-à-
dire , de votre salut, v. 33. Voy. Agonizare.
c. 30. 2i. Miserere animœ tuœ placens Deo :
Ayez pitié de votre âme, en vous rendant
agréable à Dieu. Ainsi : Occidere animam :
Tuer son âme , lui ôter la vie de la grâce.
Matth. 10, 28. Nolite timere eos qui occidunt
corpus , animam autem non possunt occidere :
Ne craignez point ceux qui tuent le corps, et
qui ne peuvent tuer l'âme, qui ne peuvent
ôter à l'âme la vie naturelle, étant immor-
telle , et encore moins la vie de la grâce, qui
est suivie de celle de la gloire. Sap. 1. 11.
Os quod mentitur, occidit animam : la bou-
che qui ment tuera l'âme si le mensonge ou
la médisance déshonore le prochain, ou lui
est préjudiciable; elle ôtera la vie de la
grâce à celui qui commet ce crime. Voy.
Mentiri. L'âme a trois sortes dévies: la pre-
mière est naturelle, qui est l'immortalilé
qu'on ne peut lui ôter; la seconde, qui est
îa vie de la grâce ; la troisième est la vie dont
elle jouit dans la gloire , à laquelle est oppo-
sée la damnation, qui est la seconde mort.
10° Le sang est marqué par le mot d'âme.
Deut. 12. 23. Sunguis eorum pro anima est,
et idcirco non debes animam comedere cum
carnibus : Le sang des bétcs est leur vie, et
ainsi vous ne devez pas manger avec leur
chair ce qui est leur vie. Levit. 17. 11.
Anima carnis in sanguine est : L'âme, ou la
vie de la chair est dans le sang, c'est-à-dire,
la vie temporelle, qui ne dure qu'autant
que notre âme est dans notre corps ; car no-
ire vie, dit saint Augustin, est tellement ren-
fermée dans le sang qui conserve la chaleur
naturelle et les esprits qui nous font vivre,
,que la vie se perd en même temps que tout
le sang est sorti du corps. Aug. om. 57. in
Levit,
11" Un corps mort, un cadavre. Num. 9.
7. Immundi sumus super anima fiominis :
Nous sommes devenus impurs parce que nous
avons approché d'un corps mort; cette im-
pureté se contractait, soit en le touchant,
soit en assistant à ses funérailles, v. 6. 10.
Agg. 2. li. Le mot -^yx»^' anima, répond à
mortuus. Levit. 19. 28. c. 21. v. 1. 11. Num.
5. 2. c. 6. 6. et les auteurs profanes se sont
servis dumold'dmeencescns,Virg.3.jîIneid...
Animamque sepulcro condimus : Nous mîmes
son corps dans le tombeau. Quelques-uns
néanmoins prétendent que le mot d'âme, en
ces endroits, ne signifie point le corps mort,
mais la personne même à qui l'on rend les
derniers devoirs. Voy. Genebr. m Ps. 15. 11.
12° Ce qu'il y a do plus intérieur au fond
du cœur. Jer. i. 10. Pervenit gladius usque ad
animam : L'épée les va percer jusqu'au fond
du cœur, c'est-à-dire, il se fera un grand
carnage dans Jérusalem.
Le mot d'âme marque les afiFeclions et les passions.
1° L'état et la disposition de l'âme. Exod.
23. 9. Scitis advenarum animas : Vous savez
quel est l'état des étrangers , en quelle dis-
position d'esprit ils sont hors de leurs pays :
les étrangers sont ordinairement dans la
crainte et dans la retenue.
2° Le désir et la volonté d'obtenir quelque
chose. Ps. 26. 18. Ne tradideris me in animas
tribulantium me : Ne me livrez pas au désir
et à la volonté de ceux qui m'affligent. Ps.
40. 2, Non tradat eum in animam inimicorum
ejus : Que le Seigneur ne le livre pas au dé-
sir de ses ennemis. Eccl. 6. 7. Ezech. 16. 27.
Jerem. 22. 27. Ose. 4. 8. etc. ainsi, Ps. 83.
2. Déficit anima mea in atria Domini : Mon
âme tombe en défaillance par l'ardeur du dé-
sir d'entrer dans la maison du Seigneur. Ps.
18. 81. Voy. Deficere. Luc. 12. 19. Dicam
animœ meœ : Je dirai à mon âme, c'est-à-
dire, à ma convoitise et au désir insatiable.
Prov. 23. 2. Si tamen habes in potestaie ani-
mam tuam : Si néanmoins vous êtes maître
de votre âme, c'est-à-dire, de votre intem-
pérance. Ps. 77. 21. Eccli. 23. 22. Ainsi, Di~
latare animayn suam : Etendre son âme , son
avidité insatiable; ce qui se dit de la mort et
du tombeau. Isa. 5. 14. Dilatavit infernus
animam suam : L'enfer a étendu ses entrail-
les et a ouvert sa gueule jusqu'à l'infini ,
pour recevoir un grand nombre de morts.
Habac. 2. 5. Voy. Dilatare.
3° L'espérance et la confiance. Ps. 24. 1.
Ad te, Domine, Icvavi animam meam .-J'ai
élevé mon âme vers vous ; j'ai rais ma con-
fiance en vous. Voy. Levare.
4° L'affection, l'amour, la pente et l'incli-
nation du cœur pour quelque objet; 1° en
bonne part. Jerem. 15. 1. Non est anima mea
ad populum islum : Mon cœur n'est point
porté pour ce peuple. Ps. 62. 9. Adhœsit
anima mea posl te : Mon âme s'est attachée à
vous suivre. Isa. 4. 42. Ainsi l'objet de l'a-
mour est marqué par l'âme. Jer. 12. 7. Dedi
dilectam animammcam : J'ai exposé celle qui
m'était chère comme mon âme, savoir, Jé-
rusalem. 2^ En mauvaise part. Gen. 34. 8
2C9
ANI
ANI
270
Filii mei adhœsit anima fiUœ vestrœ : Le cœur
de mon fils est fortement attaché à votre fille.
Sichera aimait éperdument Dina, dont il
avait abusé.
5° Le cœur, le courage. Ps. 106. 5. Anima
eorum in ipsis defecit : Leur âme était tombée
en défaillance: le courage leur manquait,
y. 26. Thren. 1. v. 11. 16. 19. Act. ik. 21.
ANIMADVERTERE. Ce verbe vient d'ont-
mus, d'acf, et de vertere, animum aliquo ver-
terc.
i' Prendre garde à quelque chose , y faire
attention (auviévat). Prov. 28. 5. Qui inqui-
runt Dominum animadvertunt omnia : Ceux
qui cherchent le Seigneur prennent garde à
tout; ils examinent leurs moindres défauts ;
ils appréhendent et ils punissent leurs moin-
dres fautes. 1. Reg. 4. 20. 1. Par. 19. 3.
2° Apercevoir, remarquer (sTSeiv). Gènes.
31. 2. Animadvertit faciem Laban quod non
esset erga se sicut heri et nudius tertius : Ja-
cob remarqua que Laban ne le regardait pas
du même œil dont il le regardait auparavant.
2. Reg. 24. 20. 4. Reg. k. 9. Eccl. 2. 15. c.
3° Considérer, examiner (-/tvoxntstv}. 1 Reg.
k. 12. Animadverte et vide , quoniam non est
in manu mea malum : Considérez et voyez
vous-même que je ne suis coupable d'aucun
mal. 3. Reg. 20. 7. 4. Reg. 5. 7. Dan. 9. v.
23. 25. c. 14. 18.
k" Comprendre, pénétrer (voeiv). Prov. 1.
6. Animadvertet paraholam , et interpretatio-
nem • Le Sage pénétrera les paraboles et leurs
sens mystérieux.
5° Faire une sérieuse réflexion sur soi-
même, rentrer en soi-même {è-^riOévui xapStav,
opponere cor). Prov. 8. 5. Intelligite parvuli
astutiam,, et insipientes animadvertite : Vous ,
ô imprudents , apprenez ce que c'est que la
sagesse; et vous, ô insensés, rentrez en
vous-mêmes. Heb. corde intelligite.
ANIM JEQUIOR , is. sZBviio;. Ce comparatif
se fait de l'ancien positif animœquus, qui si-
gnifie : qui œquo animo est, qui est bien con-
tent, qui a bon courage et bonne espérance
{Oxp(Tûv). Marc. 10. 49. Animœquior esto :
Ayez bonne espérance. Act. 27. 36. Animœ-
quior es facti otnnes, et ipsi sumpserunt cibum :
Tous les autres prirent courage à l'exemple
dePaulet semirent aussi à manger.Sap.18.6.
Baruch. 4. v. 5. 21. 27. 30.
ANLMAL , Ammâlis , ç&iov. Ce mot qui
vient de l'adjectif neutre animale , en retran-
chant Te, signiûe proprement un corps animé
qui à du sentiment et du mouvement. Les
auteurs latins comprennent l'homme sous
le mot d'animal : animal providum et sagax
homo ,^ dit Cicéron ; les philosophes définis-
sent l'homme, un animal raisonnable, et
enferment sous ce genre, non-seulement les
Létes à quatre pieds, mais encore les oiseaux,
les poissons et les insectes; mais dans le
discours ordinaire, on entend seulement par
ce mot en français, les bêles à quatre pieds
qui vivent sur la terre; dans l'Ecriture il si-
gnifle ordinairement :
1" Animal irraisonnable, qu! n'a <|ue le
lenlimcnt et le mouvement. £!ccli. 13. 19.
Omne animal diligit simile sibi , sic et omnis
homo proximnm sibi : Tout animal aime son
semblable ; ainsi tout homme aime celui qui
lui est proche, non-seulement par sa nature,
mais aussi par sa condition. Gènes. 7. 14.
Ipsi et omne animal secundum genus suum :
Tous les animaux, selon leur espèce, entrè-
rent dans l'arche avec Noé et sa famille, c.
9. 2. Exod. 9. 6. c. 12. 21. Levit. 11. v. 2.
26. etc.
2" Bête farouche ( e-npiov ). Habac. 2. 17.
Vastitas animalium deterrebit eos, de sangui-
nibus hominum : Le ravage que feront vos
ennemis comme des bêtes farouches épou-
vantera vos peuples , à cause du sang des
hommes que vous avez répandu.
3° Les animaux mystiques dans la vision
d'Ezech. c. 1. 5. Et in medio ejus simili tudo
quatuor animalium : Au milieu de ce feu, on
voyait la ressemblance de quatre animaux.
Ces quatre animaux qui paraissent au mi-
lieu du feu, nous représentent les esprits cé-
lestes qui sont les ministres de Dieu pour
exécuter ses ordres à l'égard des hommes;
c'est ce que dit clairement le prophète, c. 10.
V. 14. 15. Et elevata sunt Cherubim , ipsum
est animal (id est animalia quœ viderajn) ,
quod videram juxta ftuvium Chobar : Les ché-
rubins s'élevèrent en haut, c'étaient les mê-
mes que j'avais vus près du fleuve de Cho-
bar. Les quatre faces qu'avait chacun de
ces animaux sont mystérieuses et marquent
que les anges sont intelligents comme les
hommes , forts comme des lions, prêts à ren-
dre service comme des bœufs, viles et légers
comme des aigles; ce qui est aussi répété
dans la vision de saint Jean, Apoc. 4. v. 6.
7. mais les anciens auteurs et les saints Pè-
res, dans le sens spirituel, considèrent ces
quatre animaux comme des figures des qua-
tre évangélistes, et disent que la face de
Vhomme représentait saint Matthieu , qui
commence son Evangile par la généalogie de
Jésus-Christ, selon sa nature humaine; que
par la face du lion on entend saint Marc,
dont l'évangile commence par la prédication
de saint Jean dans le désert, et par la voix
de celui qui crie que l'on fasse pénitence,
ce qui était comme le rugissement du lion ;
que l'évangile de saint Luc était figuré par
la face du bœuf, parce que, comme cet ani-
mal était destiné pour les sacrifices, aussi
cet évangile parle d'abord du sacerdoce de
Zacharie; qu'enfin la face de Vaigle figurait
saint Jean, qui , s'élevant comme un aigle
jusque dans le ciel, décrit la génération éter-
nelle du Fils de Dieu ; tous les Pères ne con-
viennent pas néanmoins dans l'application
de ces figures aux Evangélistes.
4» Les Israélites sont appelés les animaux
de Dieu , parce (ju'ils étaient comme un
troupeau dont il prenait la conduite. Ps. 07.
11. Animalia tua habilabunt in ea : Vos nni-»
maux demeureront toujours dans votre hé-
ritage , c'est-à-dire, dans la terre que vous
avez donnée en héritage à votre peuple ,
après que leurs ennemis ont été défaits.
ANIMALIS, E, lu^ixi,-. Cet adjcctifsignifia
proprement ce qui concerne l'aninial , ou ce»
271
DICTIONNAIUE DE PHILOLOGIE SACUEE.
272
qui est vivant et animé: dans l'Ecriture,
1" Ce qui est aniniéet qui vil de la vie cor-
porelle et sensitive. 1. Cor. 15. hk. Semina-
tiir corpus animale, surget corpus spiritale :
Le corps est mis en terre comme un corps
lout animfil, et il ressuscitera comme un
corps tout spirituel, v. 46. Sed non prius
quod spiritale est, sed quod animale : Mais
ce n'est pas le corps spirituel qui a été formé
le premier, c'est le corps animal, et ensuite
le spirituel.
2° Le fidèle qui est encore faible dans sa
croyance, et qui ne peut pas encore com-
prendre les mystères de la religfion. 1. Cor.
2. 14. Animalis hoino non percipit ca quœ sunt
Spiritus Dei : L'homme animal et charnel
n'est point capable des choses qu'enseigne
l'Esprit de Dieu. Saint Paul s'explique clai-
rement, c. 3. V. 1. 2. où il appelle charnels,
ceux qu'il appelle ici animaux. Voy. Carna-
Lis. Saint Augustin , dans ses Rétractations,
liv. 2. c. 27. explique ce passage de la sorte,
et rétracte le sens qu'il lui avait donné, en-
tendant ce mot de même qu'il se prend dans
l'Epître lie saint Jude, v. 19.
,' 3° Animal sensuel, qui est attaché aux
plaisirs des sens. Jud. v. 19. Ht sunt qui sc-
gregant semetipsos, animales : Ce sont des
gens qui se séparent eux-mêmes par le
schisme; des hommes sensuels, qui n'ont
point l'Esprit de Dieu. Jac.3. 15. Non est ista
sapientia desursum descendens , sed terrena,
animalis, diabolica: Ce n'est pas là la sagesse
qui vient d'en haut, mais c'est une sagesse
terrestre, animale, diabolique.
ANIMANS, Animaintis. Ce nom se prend
pour un nom substantif de tout genre; mais
plus souvent du féminin et du neutre, que
du masculin : dans l'Ecriture, on ne peut
pas dire s'il se prend autrement qu'au neu-
tre, il signifie presque partout,
Animal , bête à quatre pieds qui vit sur
la terre {-/.r-nvoç). Gencs. 1. 28. Dominamini
piscibus maris et volatilihus cœli et universis
animanlibus : Dominez sur les poissons de la
mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tous les
animaux qui ont mouvement sur la terre.
Toute la nature était soumise à l'homme
dans sa première naissance; mais lorsqu'il
s'est voulu soustraire à l'empire de Dieu, il
a perdu celui qu'il avait sur tout le reste, c.
2. V. 19. 20. c. 3. V. 1. 14, etc. Voy. Mundus.
ANIMUS, âme, esjn-it, yMp^ic. Ce mot vient
du grec «v£,7.0i-. venl, souffle, parce qu'il ny a
rien dans la nature qui semble plus appro-
cher des choses .«piriluelles que l'air et le
vent; on met cette différence entre animiis
c[anima, que le picniier est le principe de
l'intelligence et de la raison qui nous fait
hommes, et que l'autre est le principe de
la vie et du sentiment (jui nous sont com-
uuinsavec les liétcs. On C(!nfond néanmoins
jouveni, animu.s et anima : L'esprit et l'âme.
Il signifie dans l'Ecrilurf; comme en latin,
1° L'esprit, la partie supérieure de rûuie.
Vv')\. 17. 22. Animas gaudens, œlalem flori-
(linn facil : La joie de l'esprit rend le corps
plein de vigueur, c. 15. 13. Inmœrore animi
drjicitur spiritus : La joie du cœur se répand
sur le visage , la tristesse de l'âme abat
l'esprit ; la disposition du corps dépend beau-
coup de la disposition de l'esprit, c. 23. v. 15.
19. Deut. 8. 21. c. 11. 18. c. 18. 22. Ecd. 7.
26. Eccli. 12. 11,, etc. Néanmoins, quand le
mot animas marque l'esprit, il est confondu
avec l'âme et la partie sensitive, et la signi-
fication en est ordinairement déterminée
par l'adjectif avec lequel il se met; ainsi,
amarus animus, signifie un esprit plein d'a-
mertume , c'est-à-dire, triste et chagrin.
Prov. 31. 6. 1. Reg. 1. 10. c. 22. 2. ou plein
de fiel; c'est-à-dire, outré. 2. Reg. 17. 8.
Voy. Amarus. jEquus animus : Un esprit gai,
content, résolu. Voy. ^Equus.
RONDS ANIMUS.— 1° Un esprit courageux,
assuré et plein de confiance {tvQ\)ixorepo-j).
Act. 24. 10. Bono animo pro me saiisfaciam :
Je me justifierai avec toute sorte de con-
fiance, c. 27. V. 22. 25. 2. Mach. 7. 20. c. 11.
26. Phil. 2. 19.
2° Un esprit libéral et bienfaisant, un cœur
plein d'affection («yai9ôs-ôi})9«)./:xc)f,6onusoct(^us).
Eccli. 35. 10. J5ono animo gloriam redde Dec:
Rendez gloire à Dieu de bon cœur, et ne re-
tranchez rien des prémices du fruit de vos
mains.
Forlis, prompfus animus :Un esprit coura-
geux et délibéré (eap(T£rv7rpoOyy.wç). Tob. 5. 13.
c.7.20.2.Mach.6.28.c.ll.8,ètc.Voy.FoRTis.
Unus animus : Un même esprit. Jos. 9. 2.
Une animo : D'un commun accord (èttî tô aurô,
ôpoôu|:zaS6v). Judith 1. 11. Act. 18. 12. c. 19.
29. Voy. Unus
Totus animus : L'esprit tout entier. Jos. 23.
14. Toto animo cognoscetis : Vous connaîtrez
parfaitement (ev ol-o tv ^^x"^)-
3° La volonté, l'affection, l'inclination. Ju-
dic. 16. 15. Cum animus twis non sitmecum :
Puisque vous êtes sans affection pour moi,
et que vous ne témoignez que de l'éloigne-
ment. Esth. 16. 10. Aman et animo et mente
Macedo : Anian était Macédonien d'inclina-
tion et d'origine. Eccli. 7. 4. Meliorestira
risu,quiaper tristitiam vultus corrigitur ani-
mus delinquentis : La colère vaut mieux que
le ris, parce que le cœur de celui qui pèche
est corrigé par la tristesse qui paraît sur le
visage de celui qui le reprend. 2. Mach. 1.
3. 2. Cor. 8. 11. c. 9. 2, etc. De là viennent
ces expressions : Toto animo : De tout son
cœur (ex ^-ox'ôç, ex animo). Ezech. 25.15. Ulli
se sunt toto animo : Ils se sont vengés de tout
leur cœur. Ex animo : De bon cœur, avec
affection. Coloss. 3. i3. Quodcumque faciiis
ex animo operamini : Faites de bon cœur
lout ce que vous ferez, Ezech. 36. 5. 2. Mach.
14. 24.Eph. 6. 6. 1. Pelr. 5. 3. Eccli. 19. 1(5.
Ainsi, c. 6. 27. In omni anima : mais, c. 14.
k. Qui accrvat ex animo .stto; c'est-à-dire, e.r
anima sua {i'^x.'^) '- Celui qui amasse en s ô-
tanl à lui-même sa propre vie. Voy. Acer-
VARE.
4" Le courage, la résolution IOxiimôç). Co-
loss. 3. 21. Patres, nolite ad indignationcm
provocitre filios veslros, ut non pusilto animo
fiant : Pèvcs, n'irritez point vos enfants, de
peur (ju'ils ne tombent dans rabattement
2. Maeh.7. 12. liant rex, et qui cum ipso
r.ô ANN
eratit, miiarentur a(lol€scentisanimam[Y\t/^o) .
De sorte que le roi et ceux qui r;iccompa-
gnaient admirèrent le courage de ce jeune
homme, qui considérait comme rien les plus
grands tourments, c. 10. 28. c. li. 18. c. lo.
17., etc.
5" La personne même. Gènes. 26. 35. .4m-
bœ offenderant animum Isaac et Rebeccœ :
Toutes deux avaient irrité contre elles Isaac
et Rebecca. Deut. 21. li Quœ si poslea non
sederit animo tua : Que si dans la suite du
temps elle ne vous plaît pas. Judic. IG. 20.
l.Reg. 14.7., etc.
6° La conscience, la connaissance de ce
qu'on tient caché dans le cœur. Judic. 16. 18.
Vidensqu?. iUa qiiod confessus ei esi'et omnem
animum suum : Dalila voyant que Sanson lui
avait confessé tout ce qu'il avait dans le
cœur, envoya vers les princes des Philistins.
ANLMOSITAS, tis, Gyp.&f. Ce mot qui vient
d'aiiimosus, courageux, signiûe proprement
une chaleur ou une ardeur mêlée de colère
dans une dispute ; dans l'Ecriture , c'est :
1" La colère, l'emportement. 2. Cor. 12.
20. Ne forte contenliones, œmulationes, oni-
mosilates... sint inter vos : J'appréhende que
je ne rencontre parmi vous des dissensions,
des jalousies, des animosités; c'est-à-dire,
des passions qui font témoigner de la colère,
de la haine, du ressentiment contre quel-
qu'un. Hebr. 11. 27. Fide reliqiiit yEgyptum,
non veritus animositatem régis : C'est par la
loi que Moïse quitta l'Egypte (soit la pre-
mière fois, soit plutôt lorsqu'on en fil sortir
le peuple), sans craindre la fureur du roi.
2* Audace, témérité. Eccli. 1. 28. Qui sine
timoré est, non poteril juslificari; iracundia
enim animositatis illius, subversio illius est :
Celui qui est sans crainle ne pourra devenir
juste, parce que la présomption téméraire
qui le porte à la colère, est sa ruine; cest-à-
dire, que, n'ayant point la crainte de Dieu, s'il
lui arrive quelque accident fâcheux, il aura
la hardiesse de murmurer contre Dieu même,
c' se procurer sa propre perte. Le Grecport'^,
son inclination à la colère le fera tomber ou
périr, c. 31. 40. Ebrietalis unimositas inipru-
denlis offensio : L'ivrognerie inspire l'audace
et fait tomber l'insensé.
ANNA, je, Heb. Gratiosa. Ce nom qui si-
guilie agréable ou miséricordieuse, est le
nom de plusieurs femmes dans l'Ecriture :
!• La femme d'Elcana, (jui obtint par ses
prières son premier Dis Samuel. 1. Keg. 1. 2.
/lubuitduas uxores, nomen uni Anna, et no-
men secundœ Plienenna : Elcana avait deux
femmes, dont l'une s'appelait Anne, et la
seconde Phcnenna. Atinœ aulem non crant
/t7/e/t; Anne n'avait point d'cnfanls. v.o. 8. 0.
2 La femme de Tobie le père. Tob. 1. 9.
Accepit uxorcm Annam de tribu sua . ïobie
épousa une femme de sa tribu, nommée .\nne.
c. 2. 19. c. 10.3. c. 11. 5.
3" La femme de Kagucl. Tob. 7. 2. Intuens
Tubiam liur/uel dixit Annœ uxorisnœ; quam
similis est juvenis iste consobrino mco? Uu-
gucl ayant jeté les yeux sur le jeune Tobie,
il dit à Aune, sa femme: Que ce jeune homme
ANN
2li
ressemble à Tobie mon cousin germain 1 v.
8. 18. c. 8. 16.
4° Anne la prophélcsse, qui rendit témoi-
gnage à Jésus-Christ, et qui était loujours
en prières dans le Tempi^. Luc. 2. 31'. Jit
erat Anna prophelissa, filia Phanuel de tribu
Aser : 11 y avait aussi une prophétesse nom-,
mée Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'A-
scr; plusieurs particuliers des autres tril.us
se joignirent à Cî-lle de Juda au retour de la
captivité de Babylone.
ANNALES, lUM, ^vf^j-oT-j-jo-j , annales, ou
histoire des fameux événements d'un Elaî,
écrite selon la suite des années. Eslh. 2. 23.
Mandatumque est Historiis et Annalibus tra-
ditîtm coram Rege :To\i\. cc\a fut écrit dans
les Histoires, et marqué dans les .\nnalcs
par l'ordre du roi. c. 6. 1.
ANNAS, JE,Affligens, Anne, grand-prêtre,
qui élait en grande répulalion parmi les
Juifs : il a exercé longtemps la grande sacri-
ficature, et a vu son gendre et ses enfants
dans la même dignité. Xuc. 3. 2. Sub princi-
pibas sacerdotum Aniia et Caiplia : Anne et
Caïphe étant grands prêtres; c'était Caïphe
qui élait grand prêtre quand saint Jean
commença à prêcher; mais il est nommé
avec Anne, à cause de la grande autorité
que celui-ci se conservait toujours parmi les
Juifs ; c'est chez lui que Jésus fut mené. Joan.
18. 13. Les apôtres Pierre et Jean furent
aussi amenés devant lui, et les autros séna-
teurs, Act. 4.6. où il est encore appelé grand
prêtre, quoique ce fût Caïphe son gendre
qui l'était alors; car, selon Josèphe, /. 18.
Antiq. c. 3. ce fut Cyrénius qui , après le
dénombrement qu'il fit du temps d'Archc-
laiis , ôta la grande sacrificalure à Joasar,
pour la donner à Anne, que cet liislorieu
appelle Ananus, fils de Selh. ïi relint tou-
jours cette dignité, jusqu'à ce que \ alérius
Gratus, qui fut le cinquième gouvonieur de
la Judée, la lui ôta pour la donner à Ismael ,
qui fut bientôt après déposé pour mellre eu
sa place Eleazar, fils d'Ananus , mais un an
après on la lui ôla pour la donner à Simon,
fils de Camii, qui ne l'exerça qu'un an , et
fut obligé do la résigner à Joseph, surnomme
Caïphe. Celui-ci demeura grand ponlif" pen-
dant le temps de la préùicalion du fils de
Dieu, et plusieurs années après sa l'assion,
jusqu'à l'empire de Vilellius, qui ôla lu
grande sacrificalure à Caïphe, pour en re-
vêtir Jonalhas, un autre fils d'Ananu^i. Vuy.
Caïphas.
ANNICULUS, A, UM, èviaO^toç. (> t adjectif
vient du substanlil unnus-, et signili.'^ te qui
est d'un an, qui a un an, ce qui se dit prin-
cipalement des animaux ; on lo dil aussi des
planU'S, du vin, et des aulros choses.
Qui est d'un an, qui a un an. Exod. 12. 5.
Erit aynus absque macula, inasculus, annicu'
lus: Ctil agneau sera sans laciu-, ce sera nu
mâle, el il n'aura qu'un an. L'Agneau Pascal
ne devaitavoir qu'un an, c'est-à-dire, qu'il
devait être né celle même année , el il ne de-
vait pas aussi avoir plus d'un an, parce qu'il
n'aurait plus élé agneau.
Ou devait aussi oflrir Ions les jours deux
r75
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGUE SACRÉE.
27f)
agneaux d'un an sur l'autel des holocaustes.
Exod. 29. V. 38. 39. Hoc est quod faciès in
altari ; agnos anniculos duospersingulos dies
jugiter, unum marte, alterum vespere : Voici
ce que vous sacrifierez sur l'autel; vous sa-
crifierezchaquejour, sansjamais y manquer,
deux agneaux d'un an, un le matin et l'autre
le soir. Num. 28.3., et deux encore chaque
jour de sabbat. Num. 28. 9.
Le huitième jour qu'Aaron fut consacré
grand prêtre, entre les autres victimes, il
immola un veau et un agneau d'un an pour
les enfants d'Israël. Levit. 9. 3. ToUite hir-
ctim pro peccato^ et vitulnm atqueagnum anni-
culos et sine macula in holocausîum : Aaron
dit aux enfantsd'lsraël, prenez un bouc pour
le péché, un veau et un agneau d'un an sans
tache, pour en faire un holocauste.
La femme qui relevait de couche devait
portera l'entrée du tabernacle un agneau
d'un an, pour être offert en holocauste. Le-
vit. 12. 6. Deferet agnum anniculum in holo-
eaustum : La femme qui aura usé du ma-
riage après les jours de sa purification , por-
tera un agneau d'un an pour être offert en
holocauste-.
Le lépreux guéri devait offrir le huitième
jour deux agneaux sans tache et une brebis
de la même année. Levit. 14. 10. Die octavo
assumet duos agnos immaculatos, et ovem an-
niculum.
Le jour qu'on offrait à Dieu les prémices
de la moisson, on immolait un holocauste
d'un agneau d'un an. Levit. 23. 12. Eodem
dit quo majiipulus consecratur, cœdetur agnus
immaculatus, anniculus in holocaustum Do-
mini : Le même jour que celte gerbe sera
consacrée, on immolera au Seigneur un ho-
locauste d'un agneau sans tache qui aura un
an. Cela se faisait le lendemain de Pâques ;
mais le jour de Pâques, on en sacrifiait sept.
Levit. 23. 17.
Le jour de la Pentecôte, on offrait à Dieu
deux pains de prémices, et avec les pains un
holocauste de sept agneaux sans tache qui
n'avaient qu'un an, et d'autres pour être des
hosties pacifiques. Levit. 23. v. 18. 19.
Le Nazaréen offrait pour son péché un
agneau d'un an le jour de sa consécration.
Num. 6. 12. et après que son vœu était ac-
compli, un agneau et une brebis de la même
année, v. Ik.
Lorsque le tabernacle fut achevé, les prin-
ces d'Israël offrirent à Dieu, entre les autres
présents, un agneau d'un an en holocauste.
Num. 7. V. 15. 21. 27., etc.
Si une personne particulière péchait par
ignorance, elle devait offrir une chèvre d'un
un pour son pêche, Num. 15. 27.
Enfin au premier jour de chaque mois ,
on offrait à Dieu en holocauste sept agneaux
d'un an sans tache. Levit. 28. 11., mais au sep-
tième mois, on en offrait sept le premier
jour, tout autant le dixième; le quinzième
1"our quatorze agnciux et tout autant les
luit jours suivants. Num. 29. v. 2. 7. 12. etc.
Aî^NivERSARiLs, A, UM. Cet adjcclif vient
A'annus et de verlo, et signifie proprement
ce qui se fait tous les ans à l'année révolue :
ainsi, on appelle ordinairement anniver-
saire :
Une fête ou une cérémonie qui se fait à
certain jour tous les ans. Judic. 21. 19. Ecce
solemnitas Domini est in Silo anniversaria ;
ày' riiiép'jyj et; r^iiépuç, a dïebus in dies : Voici
la fête solennelle du Seigneur qui se célèbre
tous les ans à Silo.
ANNONA, JE. Ce mot qui vient d'annus ,
signifie proprement la récolte ou la provi-
sion de blé qui se recueille chaque année,
ce qui s'exprime en français par le mot d'an-
née, comme quand on dit, l'année sera bonne
ou mauvaise , pour marquer la quantité de
blé qu'on recueillera : il se dit aussi de toute
provision qui regarde l'entretien de la vie.
1° Provisions , vivres, aliments 3. Reg.
k. 7. Habebat Salomon duodecim prœfectos
super omnem Israël, qui prœbebant annonam
régi et domui ejus : Salomon avait établi
douze officiers sur tout Israël , qui avaient
soin d'entretenir la table du roi et de toute
sa maison 4. Reg. 25. 30 Dan. 1. 5. Ainsi ,
Judith. 5. 15. Per annos quadraginta anno-
nam de cœlo consecuti sunt : Les Israélites
durant l'espace de quarante ans reçurent du
ciel la nourriture qui leur était nécessaire.
Achior parle de la manne.
2° Le revenu ou les appointements d'une
charge (^ix). 2. Esdr. 5. 14. Ego et fratres
mei annonas quœ ducibus debebantur non
comedimus : Nous n'avons rien pris mes
frères et moi des revenu'* qui étaient dus
aux gouverneurs, v. 18 Annonas ducatus
mei non quœsivi : Je n'ai rien pris de tout ce
qui était dû à ma charge.
3° Charge, impôt, levée de deniers pour
fournir aux dépenses. 1. Esdr. 7. 24. Vobis
quoque notum facimus , ut vecdgal et tribu-^
tum et annonas non habeatis potestatem im-
ponendi super eos : Nous vous déclarons que
vous n'ayez point le pouvoir d'imposer ni
taille, ni tribut, ni d'autre charge sur tous
les prêtres, les lévites, les chantres, les por-
tiers, les Nathinéens et les ministres du tem-
ple du Dieu d'Israël.
ANNUERE,l7riv£ij£tv, StavEvïtv, èvveOetv.Ce verbe
composé d'ad, et du vieux mol niiere, signifie
proprement, faire signe de la tête qu'on est
content, qu'on accorde quelque chose.
1° Faire signe de quelque manière que ce
soit. Luc. 5. i. Et annuerunt sociis qui erant
in alia navi uî venirent : Ils firent signe à
leurs compagnons qui étaient dans une autre
barque de venir les aider. Act. 12. 17 c. 21.
40. c. 24. 10. De là vient, annuere oculo
ou oculis : Faire signe dos yeux , témoigner
de l'amilié el fialler pour tromper. Eccli. 27.
25. Annuens oculo fabricat iniqua : Celui dont
l'œil est complaisant et flatleur, a de noirs
desseins dans l'âme. Prov. 6. 13. c. 10. 10.
Qui annuit oculo dabit dolorem : L'œil flat-
teur el doux causera de la douleur à celui
qu'il trompe par ses flalleries; ainsi David
disait de ceux qui le trahissaient, Ps. 34. 19.
Oderunt me gratis et annuunt oculis : Ils me
trahissent sans aucun sujet, el feignent par
leurs regards d'être de mes amis; Aulr se
277
ANN
ANN
278
moquent de moi par les signes qu'ils font de
leurs yeux.
2° Acquiescer, consentir. 2. Mach. 11. lo.
Annuit Machabœus precibus Lysiœ ; Macha-
bée se rendit aux prières de Lysias. c. 14.
20. Omnium una fuit sentenlia amicitiis an-
nuere : Tous furent d'avis d'accepter l'ac-
cord
3" Accorder quelque chose à quelqu'un.
2. Mach. 4. 10. Quod cum rex annuisset : Le
roi ayant accordé à Jason ce qu'il deman-
dait.
ANNULLARE, Èpi^ioûv. Ce verbe peu usité
est composé d'rm et de nullus, et signiûe, an-
nuler, rendre nul , dissiper, ruiner. Eccli.
21. 5. Objurgatio et injuriœ annullabunt
substantiam . Les outrages et les violences
dissiperont les richesses : Et domus quœ
nimis locuples est annuUabitur superbia : Et
la maison la plus riche se ruinera par l'or-
gueil.
ANNULUS, I. ou ANULUS,_ 5«xTv>to?. Ce
mot vient d'annus ou anus , qui signiûe cer-
cle, d'am, circum; ainsi annulus tire son ori-
gine de sa ûgure ronde ou circulaire et si-
gniûe :
1 Anneau ou bague que l'on porte aux
doigts, comme ceux que les Israélites of-
fraient pour l'ornement du tabernacle («yaî-
fetzxj.Exod. 3o. 22. Viri cum mulieribus prœ-
buerunt annulas et dexlralia : Les hommes
avec les femmes donnèrent leurs chaînes ,
leurs pendants d'oreilles, leurs bagues et
leurs bracelets. Les personnes libres et qui
étaient au-dessus du commun portaient des
bagues aux doigts. Luc. 15. 22. Date annu-
lum in manum ejus : Meltez-lui un anneau
au doigt. Gènes. 38. v. 18. 25. Num. 31. oO.
Judith. 10. 3. Isa. 3. 21. Jac. 2. 2. Vir aureum
annulum habens : Un homme qui a un anneau
d'or ; c'était une marque de personne de
qualité de porter un anneau d'or. Jer. 22. 2i.
2° Anneau ou cachet, dont on scellait les
actes publics ( «Troffypâyte-pta ). Cet anneau
était (rès-précieux , et se portait à la main
droite ; d'où vient cette façon de parler, an-
nulum esse alicui in manu dexlera : Etre fort
précieux el fort cher à quelqu'un. Jer. 22.
2V. Si fuerit Jechonias, filius Joachim régis
Juda, annulus in manu dextera mea, inde
evellatn eum : Quand Jechonias, fils de Joa-
chim, roi de Juda, serait comme un anneau
dans ma main droite, je ne laisserais pas de
l'arracher de mon doigt. C'était ordinaire-
n»ent le cachet du prince dont on scellait les
édits [cfpoLyiç) , 3. Reg. 21. 8. Scripsit lilteras
ex nomine Achab, et signavit eus annula ejus :
Jezabel écrivit des lettres au nom d'Achab,
qu'elle cacheta du cachet du roi. Esth. .']. 12.
c. 8. V. 8. 10. Dan. G. 17. c. 14. 13. Les prin-
ces avaient coutume de donuer cet anneau
à ceux (]u'ils voulaient élever à une dignité
souveraine. Gcncs. 41. 42. Tulit annulum
(Pharao) de manu sua, et dédit eum in manu
ejus (Josephi) : Pharaon ôta son anneau de
sa main el le mil en celle de Joseph. Esth. 3.
10. c. 8. 2. 1. Mach. 6. 15.
3" Anneau, pour mettre les bâtons qui
•errent à porter, ou pour attacher, comme
les anneaux d'airain qui servaient à l'autel
des holocaustes. Exod. 27. 4. c. 38. 5. ceux
d'or qui servaient au tabernacle, c. 26. 29.
c. 35. 11. c. 39. 32. ceux qui servaient à l'é-
phod et au pectoral du grand-prêtre, c. 28. j
23 et suivants, c. 11. v. 16. 19. ceux qui ser- 3
valent à l'autel des parfums, c. 30. 4. ceux
qui servaient à l'arche, c. 37. v. 3. 5. Fecit \
et coranam aurealam per gyrum et duos an- ■-} *
nulos aureos sub corana : Il fît une couronne ï.
d'or qui régnait tout autour, et il y avait des >
deux côtés au-dessous de la couronne des
anneaux d'or. Voy. Circclus.
ANNUMERARE, «ptO^erv. 1" — Compter
parmi, mettre au nombre (xxleh). 1. Par.
23. 14, Moysi quoque hominis Dei filii annu-^
merati sunt in tribu Levi : Les enfants de
Moïse qui était l'homme de Dieu furent aussi
compris dans la tribu de Lévi. Ils en étaient
en effet : ils eurent part au ministère ; mais
non pas au sacerdoce, qui fut communiqué
à Moïse, mais non pas à ses enfants. Aug. qu.
22. in Levil. Ps. 98. 6. Voy. Sacerdos. Act.
1. 26. Annumeratus est cumundecim Apasto-
lis : Matthias fut associé aux onze Apôtres
(<7uvxaT«i'r)î>ît£tv). Num. 2. 9. Hebr. 7. 6.
2" Compter, nombrer, donner par compte
(«vayÉ/jav).' 1. Reg. 18. 27. Et annumera-
vit eu régi : David ayant tué deux cents phi-
listins, il en apporta les prépuces au roi ,
qu'il lui donna par compte. 1. Esdr. 1. 8. An-
numeravit ea Sassabasar principi Juda : Cy-
rus donna par compte à Sassabasar les vases
du temple.
ANNUNCIARE ou ANNUNTIARE, «yymetv,
ÙTTdyyéllei'j, cr.vuyysùcu. Annoncer, porter une
nouvelle à quelqu'un; mais il se dit avec
emphase des mystères révélés , et surtout du
grand mystère de llncarnalion, que l'ange a
annoncé à la sainte Vierge Marie.
1" Annoncer, apporter une nouvelle. Rom.
1. 8. Fides vestra annuntiatur in universo
mundo : On porle partout la nouvelle de
voire foi, on en parle avantageusement dans
tout le monde. Juan. 20. 18. Venit Maria
Magdalene annuntians discipulis , quia vidit
Dominum : Marie-Madeleine vint dire aux
disciples qu'elle avait vu le Seigneur. Act. 4.
23. Gènes. 26. 32. 1. Reg. 11. 9. c. 19. 11.
c. 22. 8., etc. Ainsi, Nah. 1. 15. Ecce super
montes pedes evangelizantis et annunliantis
pacem : Je vois les pieds de celui qui annonce
la paix; qui apporte la nouvelle de la fuite
el de la défaite de Sennachérib. Voy. Evan-
GELIZARE.
2" Déclarer, découvrir. Ps. 37. 19. liiiqui-
talem meam annunliabo : Je déclarerai mon
iniquité. Eccl. 10. 20. Qui habel pcnnas, an-
nunliabil senlcntiam : Ne parlez point mal du
roi dans votre pensée, et ne médisez point
du riche dans le secret de votre chambre ,
parce que les oiseaux même du ciel rappor-
î»Monl vos paroles, et ceux qui ont des ailes
publieront ce que vous avez dit. Act. 19. 18.
Ps. 55. 8. Exod. 19. 3. Deut. 5. 5. c. 32. 7.
Dan. 2. 25., etc.
3" Annoncer, publier hautement. Isa. 12.
5. Annuntiate hoc in universa terra : Annon-
cez la grandeur du Seigneur dans toute la
279
DICTlOiNNAlRE DE PHILOLOGIE SACREL:.
28U
terre. Ps. 9. v. 12. 15. Ps. 39. v. 8. 12. Ps.
50. 17. Ps. ai. 18. Ps. 70. V. 15. 18., etc. Ce
qui s'attribue aux cieux même, parce que la
'-? vue des cieux excite à publier la grandeur
de Dieu. Ps. 18. 1. Cœli enarrant glorium Dei,
et opéra inaniium ejus annuntiut firmatnen-
tum : Les cieux racontent la gloire de Dieu ;
et le firmament, qui est l'ouvrage de ses
mains, la publie. Ps. 49. 6. Anyiunliabunt
cœlijustitimn ejus : Les cieux annonceront sa
justice, publieront la venue de ce juste Juge,
qui paraîtra avec éclat dans les cieux et sur
les nuées.
k^ Annoncer, prédire les choses à venir,
découvrir les mystères cachés. Gènes. 49. 1.
Congregamini , ut annunliem quœ ventura
sunt vobis in diebus novissimis : Jacob appela
ses enfants , et leur dit : Venez tous ici , afin
que je vous annonce ce qui vous doit arriver
dans les derniers temps. Eccli. 42, 19. An-
nuntians quœ prœterierunt, et quœ superven-
tura su7it : Le Seigneur connaît tout ce qui
8e peut savoir, il annonce les choses passées
et les choses futures ; la connaissance de
l'avenir est si particulière au vrai Dieu, qu'il
défie les faux dieux de le contrefaire en ce
point, et leur dit, comme en leur insultant.
Isa. 41. 2-3. Annuntiate quœ ventura sunt in
futurum, et sciemus quia dii estis vos : Décou-
vrez-nous ce qui doit arriver à l'avenir, et
nous reconnaîtrons que vous êtes dieux.
V. 26. Quis annuntiavit ab exordio ut scia-
mus? Qui nous a annoncé ce qui est dès le
commencement? Aon est neque annuntians,
ncque prœdiccns, neque audiens sermones ves-
tros : Il n'y a personne parmi vous qui an-
nonce et (jui prédise l'avenir, et il n'y a per-
sonne qui vous ait jamais ouï dire un seul
mot. c. 19. 12. c. 43. 9. c. 44. v. 7. 8. Osée
U. 12. etc., ainsi , Act. 3. 24. Omnes prophetœ
a Samuel et deinceps, qui locuti sunt, annun-
tiaverunt dies istos : Tous les prophètes qui
sont venus de temps en temps depuis Sa-
muel ont prédit ce qui est arrivé en ces
jours.
5" Déclarer quelque chose à quelqu'un, la
lui signifier, ou lui faire entendre orx-neù.eîv,
iomminari). Ezech. 3. 17. Audies de ore meo
verbum, et annunliabis eis ex me : Vous écou-
terez la parole de ma bouche, et vous leur
annoncerez ce que vous aurez appris de moi.
V. 18. 19. 20. 21. c. 33. v. 3. 7. Isa. 58. 1. etc.
Ainsi, anmmtiure clnmorem alicui; avertir
quelqu'un de crier, lui apprendre àjeter de
grands cris. Jerem. 4S. 4. Contrila est Moab,
annuntiate clamorem parvulis ejus : La ville
capitale du royaume de Moab est détruite ,
apprenez à ses petits enfants à jeter de grands
cris.
6 ' Annoncer aux peuples la parole de Dieu
i <fù«yy£>.iÇet70zt) ; publier les vérités de la reli-
j gion contme ont fait les prophètes dans l'An-
' sien Teslamcnl; Jésus-Christ dans le Nou-
>,» veau ; ses Apôtres et tous les pasteurs qui
leur ont succédé. Isa. 52. 7. Quam pulchri
, uipcr montes pedes annuntiantis et prœdi-
caniis paccm , annuntiantis bonuml Que les
pieds de celui qui annonce et qui prêche la
l)aix sur les monlujines sont beaux; les pieds
de celui qui annonce la bonne nouvelle I
Cotte bonne nouvelle s'entend à la lettre de-
là défaite de Sennachérib; mais le sens prin-
cipal est de l'Evangile prêché par tout le
monde , selon l'application qu'en fait saint
Paul. Voy. EvANftELizARE. C 61. 1. Ad an-
nuntiandum mansuetis misit me : Il m'a en-
voyé annoncer sa parole à ceux qui sont
doux. Jésus-Christ déclare en termes exprès,
que ce que dit ici le prophète s'est accompli
véritablement dans sa personne. Luc. 4, 18.
Act. 10. 36. c. 11. 20. c. 13. .32. c. 17. 23.
Phil. 1. 18. Ce mot en ce sens se trouve sou-
vent dans les Prophètes, dans les Actes et
dans les Epîtres de S. Paul.
7" Reconnaître un bienfait reçu, en rappe-
ler la mémoire. 1. Cor. 11. 26. Quotiescum-
que enim manducabitis panem hune et calicem
Domini bibetis, mortem Domini annuntiabilis^
donec veniat : Toutes les fois que vous man-
gerez ce pain et que vous boirez ce calice,
vous annoncerez, Gr. vous annoncez, la mort
du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne, c'est-à-
dire vous représenterez la mort du Seigneur
jusqu'à ce qu'il vienne juger les vivants et
les morts. Cette représentation se fait non-
seulement par la communion de son corps
offert en sacrifice ; mais encore en exprimant
par une vie digne de lui la mort qu'il a souf-
ferte pour nous.
8^ Publier une assemblée, y appeler (auv-
ùytcOxi). Isa. 45. 21. Annuntiate et venite, et con-
siliamini simul : Appelez-vous les uns les
autres et prenez conseil ensemble. Jerem.
51. 27. Annuntiate contra illum regibus Ara-
rat : Appelez contre elle les rois d'Ararat.
9^ Attribuer, imputer, mettre au nombre.
Ps.21. 34. Annuntiabitur Domino generatio
ventura : La postérité qui doit venir sera dé-
clarée appartenir au Seigneur. Cette posté-
rité, c'est le peuple gentil qui devait entrer
au service de Dieu; car le peuple juif, qui
était déjà venu, connaissait et adorait le vrai
Dieu et était nommé son peuple.
10" Décrier, diffamer, noter (âiay/îXAsivj.Ps.
58. 13. Et de execratione et mendacio annun-
tiabuntur : L'on publiera contre eux l'exé-
cration et le mensonge dont ils sont coupa-
bles.
ANNUNTIATIO, nis. Ce nom n'est point
latin, et signifie en français la nouvelle que
l'ange apporta à la Vierge du mystère de l'in-
carnation; on le dit aussi de la fête où on
célèbre ce mystère, qui est le 25 de mars ;
dans l'Ecriture il signifie :
Ce qui est annoncé, la chose même qu'on
apprend (ÈrrayyÉ/ta'. 1. Joau. 1. 5. Et hœc est
annunlialio quam audivimus ab eo : C'est là
ce que nous avons appris de Jésus-Christ,
c. 3. 11. Hœc est annuntiatio quam audistis
ab initia, ut diligatis alterutrum : Ce qui vous
a été annoncé et ce que vous avez oui dès le
commencement est que vous vous aimiez les
uns les autres.
ANNUNTIATOR,is,/.aTa7/£).£0;.Nomverba!
^'ctnnun tiare, peu usité et signifie :
Celui qui annonce et qui publie quelque
chose. Act. 17- 18. Novorum Uœmoniorum
2il
ANN
ANN
282
videtur annuntiator esse : Il semble qu'il pro-
che de nouveaux dieux
ANNUS, 1, èviauToç, ezoç Ce mot vient de la
préposition am, qui anciennement se prenait
pour circum, parce que l'année n'est qu'une
certaine révolution de jours. D'autres le font
venir du grec iVo?. L'année est proprement
l'espace du temps que le soleil ou la lune
emploie pour revenir au même point du zo-
diaque : ainsi il y a deux sortes d'années,
l'année solaire et l'année lunaire: lapremière
est de 363 jours et près de six heures ; la se-
conde est de 35^1 jours, pendant lesquels la
lune parcourt douze fois le zodiaque.
L'année chez les Hébreux était lunaire, de
12 mois dont chacun avait 29 jours et demi,
qui faisaient les 354 jours. Or, ils avaient de
deux sortes d'années : la première élait civile
et commune ; ils s'étaient toujours servis de
cette année avant leur sortie d'Egypte, et s'en
servirent encore après cette sortie dans leurs
affaires civiles ; elle commençait à l'équinoxe
d'automne, au mois appelé tisri; ils croyaient
que c'était en ce temps-là que le monde avait
commencé. Il est lait mention de celle sorte
d'année, Exod. 23. 16. In exitu anni : A la On
de l'année, lorsque vous aurez recueilli tous
lès fruits de votre champ ; et c. 34-. 22. Quando
redeunte anni tempore cuncta conduntur : A
la fin de l'année, lorsqu'on aura recueilli
toiis les fruits.
La seconde sorte d'année qui était en usage
chez les Hébreux élait celle qu'ils appelaient
Sacrée. Dieu leur ordonna de s'en servir, un
peu avant qu'ils sortissent de l'Egypte : elle
commençait à l'équinoxe du printemps par le
mois nisan. Exod. 12. 2. Mensis isle, vobis
principium mensium :primus erit in mensibus
anni : Ce mois-ci sera pour vous le commen-
cement des mois : ce sera le premier des mois
de l'année. Voici les différentes significations
de ce mol.
1° Un an, une année composée de douze
moi» 1. Reg. 13. 1. Filins unius anni erat
cum regnare cœpisset, duobus autem ann>s
regnavit super Israël : Saiil élait comme un
enfant d'un an lorsqu'il commença de régner,
et il régna de la sorte deux ans sur Israël
dans une grande innocence. D'autres expli-
«luenl ainsi cet hébraïsme : Il y avait un an
«lue Saiil régnait déjà quand il fut proclamé
roi à Galgala, et il ne régna que deux ans lé-
gitimement, avant qu'il eût été réprouvé de
Dieu; car outre que David fut choisi en sa
place, il se conduisit dans tout le reste de son
règne d'une manière tyrannique, ainsi tout
ce temps n'est point compté. Voy. Filius.
Gènes. 1. ik. c. o. v. 3. k. etc. (Gréa, in l.
Iteg.l.ly.c.'.i).
± Les s.iisons d(> l'année. l>s. 6V. 12. liciie-
dices coronœ anni benignilatis luœ : Vous
cotiroiinerez l'annécdc toutes sortes de biens;
vous comblez de biens les saisons qui s'en-
Iresuivent, et vous les rendez fertiles par vo-
ire bonlé : Annus benignitalis luœ est mis par
un hébraïstnc pour : Annus gucm botiis cu-
mulas.
3*Un temps indéfini. Ps. 76. 6. Annos œler-
nos in mente liabui : J'ai eu présentes dans
l'esprit les années des siècles précédems,
dans lesquels vous avez toujours donné des
marques de votre bonté à l'égard des affligés.
Voy. ^TERNUS. Dans le sens spirituel, on
prendcesannées pour léternité :de mémelsa.
61. 1. Ut prœdicarem annum placabilem Do-
mino : Le Seigneur m'a rempli de son onc-
tion pour publier l'année de sa réconciliation.
Luc. 4. 19. Prœdicare annum Domini accep-
tum : Pour publier l'année des miséricordes
et des grâces du Seigneur. Isa. 03. k. Annus
redemptionis meœ venit . Le temps de racheter
les miens est venu (l'avènement de Jésus-
Chrisl).Ce temps est celui de l'incarnation, du
Fils de Dieu, lequel temps saint Paul appelle
tempus acceplabile. 2. Cor. 6. 2. On fait allu-
sion à l'année du jubilé qui était une année
de rémission. Habac. 3. 2. In medio annorum
vivifica illud : Faites vivre votre ouvrage,
c'est-à-dire, conservez les Juifs qui sont vo-
tre ouvrage (1° In medio duorum animalium
innotesceris (Çwov, animal) : Vous paraîtrez
au milieu de deux animaux). Le Prophète
prie Dieu d'accomplir l'ouvrage de leur dé-
livrance, dans le temps qu'il en avait lui-
même marqué. Ainsi, Ezech. 38. 8. Jac.
4. 13.
De cette signification viennent ces expres-
sions figurées :
Antiqui anni : Les premiers temps du
monde. Mal. 3. 4. Placebit Domino sacrificium
Juda et Jérusalem, sicut dies sœculi et sicut
anni antiqui : Le sacrifice de, Juda et de Jéru-
salem sera agréable au Seigneur, comme
l'ont été autrefois ceux des premiers temps ,
c'est-à-dire le sacrifice d'Abel et celui du pa-
triarche Abraham.
Annus retributionum : Le temps de faire
justice. Isa. 34. 8. Dies ultionis Domini, an-
nus retribulionis .Lq jour de la vengeance du
Seigneur et le temps de faire justice est venu.
Ainsi annus visitationis : Le temps destiné au
châtiment. Jercm. 11. 23. c 23. 12. c. 48. 44.
Voy. ViSITATIO.
Anni iniquitalis : Le temps pendant lequel
on a offensé Dieu. Ezech. 4. 5. Ego dedi tibi
annos iniquitatis eorum : Je vous ai donné
trois cent quatre-vingt-dix jours pour les
années de leurs iniquités. Dieu avait ordonné
à Ezéchiel de dormir 390 jours sur le côté
gauciie et de se charger en cet état des ini-
quités d'Israël. Ces jours marquaient le nom-
bre do 390 années qu'avait duré l'iniquité
d'Israël , depuis que Jéroboam introduisit
l'idolâtrie parmi les Hébreux.
4" Le temps de la vie. Job 10. 23. Brèves
anni tr ans eunt : Les années de ma vie cou-
lent et passent vile. Ps. 89. 10. Dies annorum
noslrorum in ipsis septuaginla anni ; Le
cours de noire vie est d'ordinaire de 70 ans.
Job 10. .0. c. 30. 11. Ps. 30. 12. Ps. 60. 7. Ps.
77. 33. Prov. 3. 9. etc.
b L'état de la vie. l"'zech. 22. 4. Addnxisii
tempus annorum luorum : Vous avez hâté le
tcujps de voire ruine qui mettra fin à votre
durée. Le Prophète parle de Jérusalem.
6 Les fruits de l'année. Joël. 2. 25. Jit
reddamvobis annos quoa comedit locusta, bru-
chus et rubigo, et cruca : Je vous rendrai les
283
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACUEE.
184
iruits des années que tous ont fait perdre la
saulerelle, le ver, la nielle et la chenille. Dieu
promet de rendre les fruits de quatre années
que chacune de ces bêles à leur tour avait
rongés.
ANNUALIS, E, inérîtoç. Qui dure ou qui se
fait en un an. Eccli. 37. 14. Tracta cum ope-
rario annuali de consummatione anni : Allez
consulter un ouvrier à l'année sur ce qu'il
doit faire pendant un an, vous ne devez pas
en é(re satisfait; il ne faut pas consulter des
gens préoccupés par leur passion ou par
leur intérêt.
ÀNNUUS, A, UM. Annuel, qui arrive tous
les ans. 1. Esdr. k. 13. Anmios reditus non
dabunt : Si les Juifs rebâtissent leur ville, ils
ne paieront plus les revenus annuels. Jerem.
5. 2i. Metuamus Dominum Deum noslrwn....
pîenitudinem annuœ messis custodientem no-
bis .-Ils n'ont point dit en eux-mêmes : Crai-
gnons le Seigneur, notre Dieu. . . . qui nous
conserve tous les ans une abondante
moisson.
ANOB, Heb. Uva. Un homme de la tribu de
Juda, fllsdeCos. 1. Par. 4. 8.
ANSA , m , ).«e»j. On disait autrefois Asa, et
vient de l'hébreu Ozen, qui signifie l'oreille ,
parce que ce qui sert à tenir ou manier un
ustensile en est comme l'oreille : ainsi ce
mot signifie l'anse d'un vase par où on le
prend, les anneaux d'une chaîne ; mais il si-
gnifie aussi :
Un cordon qui sert à lier ou à entourer quel-
que chose {ùyy.vln.) Exod.26. 5. Quinquagenas
ansulas corlina habebit in utraque parle, ita
insertas ut ansa contra ansam veniat, et altéra
olteri possit aplari : Chaque rideau aura cin-
quante cordons de chaque côté, placés de
telle sorte que lorsqu'on approchera les ri-
deaux, les cordons de l'un répondent à ceux
de l'autre, et qu'on les puisse attacher en-
semble.
ANSULA, <e, ày/.iMïj. Ce mot signifie petite
anse, petit cordon ; dans l'Ecriture, la même
chose qu'onso.
Un cordon. Exod. 26. v. h. 5. Ansulas hya-
ci7}thinas in lateribus ac summitatibus faciès
cortinarum .Vous mettrez des cordons d hya-
cinthe sur le bord et à l'extrémité des rideaux
afin qu'ils puissent s'attacher l'un à l'autre.
ANTE, Tfjrjç, i'ixTrpofjOîv, èvwmov. Celle pré-
position vient du grec «vt«, qui signifie la
même ciiose, devant, avant, soil qu'on mar-
que la personne, le lieu ou le temps
1* Devant, au devant. Gènes. 32. 3. Misit
nuntios nnte se ad Esau fratrem suuin .-Jacob
envoya des gens devant lui pour donner avis
de sa venue à son frère Esaii. v. 21. Prœces-
serunt muneru anle euin : Les présents n)ar-
chèrent devant lui. Gen. 3. 24. c. 33. 14.
Luc. 5. v. 18. 19. c. 8. 28. etc. Ante fn-
ciein^ ante ocidos, signifie la même chose en
plusieurs endroits. Thren. 1. v. 5. 0.
2" Pour marquer ce qui marche devant par
honneur. Ps. 84. 14. Justitin ante eum ambu-
labil : H fera marcher la justice devant lui;
David marque que le Messie ne ferait rien
qu'avec beaucoup de justice. Ps. 96. 3. lijnis
anteiosimprœcedet : Le feu marchera devant
lui : Dieu s'est souvent servi du feu du ciel
et de la foudre pour défaire ses ennemis.
Habac.3. 5. Ante faciem ejus ibitmors et egre-
dietur diabotus antepedes ejus: Lorsque Dieu
conduisait son peuple dans le désert, pour le
faire entrer dans la terre promise, il se ser-
vait du démon et de la mort pour perdre ou
les Israélites incrédules à sa parole, ou les
Chananéens qui s'opposaient à leur passage :
on fait allusion aux huissiers qui marchent
devant leurs maîtres pour exécuter leurs or-
dres. Mal. 3. 1. Matth. 11. 10. Marc. 1. 2.
Luc. 7. 27. c. 1. 76. Act. 13. 24. etc.
3° Pour marquer la présence d'une chose
ou d'une personne; ante pour coram, auprès.
Prov. 22. 29. Vidisti virum velocem in opère
suo, coram 7'egibus stabit, nec erit ante igno-
biles : Avez-vous vu un homme prompt à
faire son œuvre? Il se tiendra devant les
rois, et ïfbn devant les hommes du peuple,
c'est-à-dire il sera au service des rois. Ainsi,
Tob. 12. 15. Astatnus ante Dominum : Nous
sommes toujours présents devantle Seigneur:
c'est l'ange Raphaël qui parle. Luc. 1. 19.
Ego sum Gabriel qui asto ante Deum : Je suis
Gabriel, qui suis toujours présent devant
Dieu pour recevoirses ordres. Luc. 1. 8. Cum
sacerdutio fungeretur ante Deum (Ivkvti) :
Zacharie exerçant la charge de prêtre devant
Dieu, c'est-à-dire devant l'arche ; ce qui
s'exprime souvent parles mots : Ante faciem,
ante oculos. Ainsi, ce qui se voit et se connaît
est dit être en présence, comme Ps. 37. 10.
Ante te omne desiderium meum : Seigneur,
vous connaissez tout mon désir. Luc. 1. 6.
Erant justi ambo ante Deum : Zacharie et
Elisabeth étaient tous deux justes devant
Dieu, c'est-à-dire vraiment justes, au juge-
ment de Dieu même qui connaît tout. c. 16.
15. Quod hotninibus altum est^abominatio est
ante Deum : Ce qui est grand aux yeux des
hommes est en abomination devant Dieu,
c'est-à-dire que Dieu le connaît et le juge
tel.
k* Pour marquer ce qui est au pouvoir de
quelqu'un, dont il peut user (evavrt). Eccli.
15. 18. Ante hominem vita et mors, bonum et
maium : La vie et la mort, le bien et le mal
sont devant l'homme, dépendent de sa vo-
lonté; ces paroles sont claires du premier
homme , à qui Dieu laissa une liberté tout
entière d'user de toutes choses et de la grâce
même dont il avait orné son âme, mais elles
peuvent s'entendre aussi des hommes après
le péché; car quoiqu'ils n'aient pas la grâce,
l'innocence d'Adam, ni les grâces actuelles
soumises au libre arbitre, ils ont néanmoins
reçu la loi de Dieu et les grâces intérieures
qui les mettent en pouvoir de l'accomplir :
ainsi ils sont en état d'user à leur choix du
bien et du mal. Voy. Coram.
5" Pour marquer la présence et îa durée
de quelque chose. Ps. 71. 15. El permanebit
cum sole et ante lunam : Il demeurera autant
que le soleil et la lune; cela s'entend du rè-
gne du Messie, qui n'aura point de fin. v. 17.
Ante solem permanet nomen ejus : Son nom
durera éternellement, tant que le soleil sera
dans le monde. Ainsi,Genes.il.28. Mortuus
285
ANT
ANl
28W
tst Aram ante Thàre : Aram mourut du vi-
vant même de Tharé, son père. 1. Par. 2i. 2.
6" Pour marquer le rang et la préférence.
Joan. 1.15. Qui post me venturus est, ante me
factus est : Celui qui doit venir après moi a
été préféré à moi. v. 27. 30. Gènes. 48. 20.
Constituitque Ephraim ante Manassem : Ja-
cob mit Ephraïm devant Manassès ; il préféra
le cadet à l'aîné. Ainsi l'on dit : Ante omnia,
surtout, avant toutes choses. Jac. 5. 12. Ante
omnia autem nolite jiirare : Mais avant tou-
tes choses, ne jurez point.
7° En comparaison (èvavriov). Sap. 11. 23.
Sic est ante te orbis terrarum, tatnquam gutta
roris antelucani : Tout le monde est devant
vous comme une goutte de la rosée du ma-
tin qui tombe sur la terre.
8" A la ressemblance (xaTév^Tt). Rom. k.
17. Pater est omniuin nostrum... ante Deum
cui credidit : Abraham est le père de nous
tous, devant Dieu auquel il a cru; le Grec
xarivav-i signifie c rerjione, en comparant l'un
avec l'autre; car, comme Dieu est le père de
tous les hommes parla création, Abraham
l'est aussi par l'exemple de sa foi. D'autres
disent qu'Abraham est père devant Dieu,
c'est-à-dire d'une paternité spirituelle, fon-
dée dans la foi qui rend l'homme recomman-
dable devant Dieu.
9" Pour marquer le temps. Eccli. 11. 30.
Ante mortem ne laudes quemquam : Ne louez
personne avant sa mort, c'est-à-dire n'esti-
mez personne heureux avant sa mort. c. 14.
13. Ante mortem benefac amico tuo : Faites
du bien à votre ami avant la mort. v. 17,
Rom. 16. 7. Ante me fuerunt in Christo : Ils
ont embrassé la foi de Jésus-Christ avant
moi. Matth. 5. 12. c. 8. 29. c. 2i. 38. etc.,
ainsi, Prov. 8. 2o. ^nfe co//es ego parturie-
har : J'étais enfantée avant les collines ;
c'est la sagesse qui parle et qui dit qu'elle
subsistait avant tous les temps. Eccli. 1. 1.
Est nnte œvum : Elle est avant tous les siè-
cles : de même ante sœculu, ante constitulio-
nem mundi, ante tempora sœcularia, ante om-
nés : Toutes façons de parler qui signifient
de toute éternité.
Ante faciem, ante vultum, se mcllenl quel-
quefois pour le datif de la personne. 2. Esdr.
2. 5. Si placet servus tuus ante faciem tuam ;
Si votre serviteur vous est agréable, v. 6.
Placuit ante vultum Régis , i. e. Régi :
Le roi l'agréa. Ps. 56. Foderunt ante fa-
ciem meam foveam : Ils ont creusé une fosse
devant mes yeux pour m'y faire tomber.
Ps. 72. 16. Labor est ante me : Mais c'est un
grand travail pour moi. Isa. 45. 1. Ut
subjiciam ante faciem ejns génies • Pour lui
assujellir les nations. Matth. 23. 13. Luc. 2.
31. Ecrli. 8. 18. etc.
Quelquefois au lieu du génitif. Mallh. 18.
IV.iVon est volunlas ante pulrem vestrum, i. e.
palris vestri: Votre Père, qui est dans le ciel,
ne veut pas qu'aucun de ces petits périsse.
ANTE, TT^-j. Celle particule est aussi ad-
verbe et signifie :
1" Devant, opposé à derrière. Exod. .39.
18. Hœc et ante et rétro ita conveniebant sibiy
ut super humerale et ralionaic mutuo mcteren-
tur : Tout cda se rapportait si juste devant
et derrière que l'éphod et le rational demeu-
raient liés l'un avec l'autre.
2' Auparavant, par rapport au temps. Ju-
dic. 16. 30. Miilto phires interfecit moriens
quam ante vivus occiderat : Samson en tua
beaucoup plus en mourant qu'il n'en avait
tué pendant sa vie. Gènes. 26. 18. c. 27. 36.
c. 29. 7. c. 40. 13. etc.
ANTEA, TTfiôzîpo'j.Cei adverbe est composé
de la préposition ante et du pronom neutre
ea, et signifie comme ante :
Auparavant Jos. 10. 14. Non fuit antea nec
postea tam longa dies : Jamais jour, ni devant
ni après, ne fut si long que celui-là, le so-
leil et la lune s'étant arrêtés tout court, sans
continuer leur course. Exod. 11. 6. c. 34. 4.
Luc. 23. 12. etc.
ANTEGEDERE, 7zpoTroûîiz^0v.i.Ce verbe, qui
vient d'ange et de cedere, signifie : — 1° Pré-
céder, marcher devant, soit comme un ser-
viteur devant son maître. Gènes. 32. 16.
Dixit pueris suis, Antecedite me : Jacob dit à
ses serviteurs : Marchez devant moi. 1. Reg.
17. 7. Armiger ejus Antecedebat eum : Son
écuyer marchait devant lui, devant Goliath.
Ainsi, c. 9. 27. soit pour servir de guide ou
de conducteur. Exod. 17. 5. Antecede popu-
lum : Marchez devant le peuple. Jos. 3. 11.
Mallh. 2. 9. Luc. 22. 47. — 2» Conduire, di-
riger (rr/Eîo-Qat . Sap. 7. 12. Lœtatus sum in
omnibus, qxioniam antecedebat me ista sapien-
tia : Je me suis réjoui dans toutes ces cho-
ses, parce que cette sagesse marchait devant
moi, et sa lumière m'éclairait dans toute la
conduite de ma vie.
ANTECESSOR, is. Ce nom signifie propre-
ment celui qui va devant, avant-coureur, ou
un coureur d'armée, qui va découvrir l'en-
nemi ; en français, ce mot signifie un pro-
fesseur de droit dans une université : dans
l'Ecriture : — 1° Avant-coureur, qui mar-
che devant (-pô^pouoç, aniecursor). Sap. 12. 8.
Misisti antecess'ores exercitus tui vespas ut
illos paulatim exterminarent : Vous leur avez
envoyédes guêpes pour êtrecomraelesavant-
coureurs de votre armée, afin qu'elles ex-
terminassent peu à peu les Chananéens. Dieu
leur envoya ces insectes pour les avertir
avant que de les perdre, et il ne les extermina
que peu à peu. — 2" Celui qui précède par
l'ordre du temps (royç-^jôi^oO, qui fuerunt ante
me). Gai. 1. 17. Neque veni Jerosotymam ad
antecessores msos Apostolos : Je ne suis point
retourné à Jérusalem pour voir ceux qui
étaient apôtres avant moi. Saint Paul mar-
que qu'il n'a rien appris des autres apôtres
et qu'il ne les a point été voir pour se faire
instruire par eux de lEvangilc qu'il devait
prêcher, quoiqu'il n'ait été appelé qu'après
eux.
ANTEIRE , ■npoTzooiùesOv.i. Ce verbe signifie
aller devant, quelquefois surpasser.
Marcher devant, servir de guide et de pro-
tecteur. Isa. 58. 8. Anleibii faciem tuam jus-
titia tua : Votre justice marchera devant
vous. Le prophète parle de ceux qui assis-
tent les pauvres, et les assure que le fruit de
leurs bonnes œuvres les conduira au ciel.
287
DiCTIONNAiRE DE PHILOLOGIE SACliLE.
9.88
où le Seigneur les protégera de sa gloire.
ANTELUCANUS, a, um, 00601^6?. Cet adjec-
tif, formé de la préposition anle et du nom
lux, lumière, signifie :
Qui est ou qui se fait avant le jour. Sap.
lî. 23. Sic est anle te orbis terrarmn tam-
quamgultaroris antelucani : Tout le monde
est devant vous comme une goutte de ro-
sée du malin qui tombe sur la terre.
ANTELUCANUM, i.opBpog, Diluculum.^om
substantif qui signifie :
La lumière du malin. Eccli. 2i. kk. Doctri-
nam quasi antelucanum illumino omnibus :
La lumière de la science que je répandrai sur
tout le monde sera comme la lumière du
matin ; cette lumière qui paraît le matin
chasse les ténèbres de la nuit et se répand
par tout le monde : mais étant d'abord un
peu obscure, elle croît peu à peu jusqu'à ce
que le jour s'avance; il en est de même de
la doctrine du salut que la sagesse a répan-
due : au temps que l'auteur de ce livre écri-
vait, la Bible ayant été traduite en grec, la
science du salut commença de venir à la
connaissance des étrangers*; mais elle s'est
bien plus accrue par la venue de Jésus-Christ,
qui a paru comme un soleil qui a éclairé
toute la terre.
ANTEMURALE, is,7T£pÎTetxo?' Ce nom inu-
sité vient d\inle et de murus, comme qui di-
rait avant-mur, et marque :
Un bastion ou boulevart qui s'avance hors
les murailles pour les couvrir. Thren. 2. 8.
Luxitque antemurale : Les remparts de la
ville sont ruinés et dans un étal déplorable ;
ainsi, dans le sens figuré : Murus et ante^
murale : Le mur et lavant-mur marquent
une protection et une défense forte et puis-
sante qui rend invincible. Isa. 26. 1. Urbs
fortitudinis nostrœ Sion , Salvulor ponetur
in ea murus et antemurale : Sion est notre
ville forte, le Sauveur en sera lui-même le
mur et le boulevart : celte ville est l'Eglise,
qui est si assurée sous la protection de son
Sauveur, que les portes de l'enfer ne prévau-
dront point contre elle.
ANTEQUAM, tt/siv. Devant que, avant que,
et marque ordinairement une priorité de
temps, par rapporta quelque action ou quel-
que événement. Joan.8. 58. Antequam^ Abra-
ham prêt, ego sum : Je suis avant qu'Abra-
ham fût au monde. Malth. 20. 3'( . Anlequam
(jullus cantet ter me negabis : Avant que le
coq chante, vous me renoncerez trois fois.
Gènes. 11. k. c. 13. 10. c. 27. k. Matth. G. 8.
etc. Néanmoins ces mots : avaiit que, ne si-
gnifient pas toujours que la chose qui est dé-
signée s'accompl sse; mais c'est dans l'E-
criture une f.içon de parier qui marque
seulement ce qui s'est fait, sans assurer ce
qui a pu se faire ensuite {■nf.i toO). Matth. 1.
18. Anlequam convenirent , invcitta est in
utero lidbcns de Spiritu sanclo : Marie fut
reconnue grosse avant qu'ils eussent été en-
semble, c'est-à-dire qu'ils eussent usé du
mariage : il ne s'ensuit pas qu'ils en aient
Ubé depuis, comme queujues hérétiques ont
osé le dire; mais la sainte mère de Jésus-
Christ est demeurée vierge après sou enlan-
tement, comme elle l'était auparavant. Gè-
nes. 2. 5. Omne virgultum agri (fecit) anle-
quam oriretur in terra : Dieu créa les plan-
tes des champs avant qu'elles fussent sorties
de la terre : ce n'est pas que ces plantes
fussent encore sorties de la terre, après avoir
été créées ; mais Moïse marque seulement
qu'elles n'étaient point sorties de la terre par
la vertu des graines et par le travail des
hommes. Jerem. 38. 10. Leva Jeremiam Pro-
phetam de lacu anlequam moriatur : Tirez le
prophète Jérémie de celle basse-fosse avant
qu'il y meure ; il ne s'ensuit pas que Jérémie
y soil mort après; Gr. hx ixô, ut non moria-
tur.
ANTE-SABBATHUM, i. Ce mot, composé
d'ante et de sabbathum, signifie le jour de de-
vant le sabbat, auquel on préparait toutes
choses pour le lendemain. Voy. Parasgeve :
il est exprimé [>ar un mot grec qui n'est point
ailleurs, Tr^oo-àSSaTov. Marc. 15. 42. Puî'as-
ceve, quod est ante-sabbatum : ce mot latin
se trouve en ce même sens, 2. Mach. 8. 28.
Nam erat ante-sabbathum : parce que c'était
la veille du sabbat ; mais en grec il est rendu
par deux mots, tt^c toû avMûzov.
ANTICHRISTUS, àvTtx/^t(TToç. Ce mol vient
du grec «vrî, qui signifie contre, et de xP'-'^~
ràç, Christus, pour marquer celui qui est
opposé à Jésus-Christ dans l'Ecriture :
1° Antéchrist se dit particulièrement d'un
insigne apostat ou faux prophète, qui doit
régner dans l'Eglise d'une manière lyranni-
que, un peu avant le jugement dernier. 1.
Joan. 2. 18. Sicut audistis quia anlichristus
venit : Comme vous avez oui dire que l'An-
téchrist doit venir; saint Paul l'appelle
homme de péché, destiné à périr misérable^
ment. 2. Thess. 2. 3. et dit quelle sera la con-
duite et la fin funeste de cet impie. Saint Jean,
dans son Apocalypse, en parle aussi, mais
d'une manière plus obscure.
2° Les persécuteurs de l'Eglise et les héré-
tiques, surtout ceux qui ôlent à Jésus-Christ
sa nature divine ou sa nature humaine et
qui tâchent d'en étouffer le nom et la gloire,
sont aussi appelés antechrists, 1. Joan. 2. 18.
Et nunc antichristi mulli facti sunt : Il y a
déjà plusieurs antechrists; ce qui nous fait
connaître que nous sommes dans la dernière
heure, c. 4. 3. Omnis spiritus qui solvit Je-
sum, ex Deo non est, et hic est anlichristus :
Tout esprit qui divise Jésus-Christ n'esl point
de Dieu, et c'est là l'Antéchrist; Gr. c'est là
l'espril de l'Antéchrist, dont vous avez ouï
dire qu'il doit venir, c 2. 22. Uic est anli-
christus qui negal Palrem et Filium : Celui-
là est anlechrisl, qui nie le Père el le Fils.2.
Joan. V. T. Qui non confilelur Jesum Chrisluin
venissc incarnem,hic est seduclor el anlichri-
stus : Celui qui ne confesse point que Jésus-
Christ est venu dans une chair véritable est
un séducteur et un anlechrisl; l'Apôtre mar-
que Basilide et ses sccîateurs.
ANTICIPARR , 7r/-.oxaTc<Ac</xgàvetv. Ce verbo
qui vient iVante et de capere. prendre par
avance, signifie, en français, ou faire une
chose avant le temps, ou prendre plui qu'il
nç faut; dans l'Ecriture ;
S89
ANT
Anticiper, prévenir (T^po'feivsu). Ps. 76. 5.
Anticipavertmt vigilias oculi tnei : Mes veux
devançaient les veilles et les sentinelles de
la nuit': le Prophète représente les Israélites
qui racontent au sortir de Babylone l'état
déplorable où ils s'étaient vus durant leur
captivité; qu'ils y étaient dans une si grande
inquiétude, qu'à toutes les heures de la nuit
où les gardes étaient changées, ils se trou-
vaient éveillés. Ps. 78. 8. Cito anticipent nos
misericordiœ tuœ : Que vos miséricordes nous
préviennent promptement, avant que nos
péchés passés et ceux de nos pères attirent
sur n(»us la rigueur de vos jugements. 1.
Maclr. 10. h-, Anticipemus facere pacem cum
eo, priusquam faciat cum Alexandro adver-
sum nos : Hâtons-nous de faire la paix avec
Jonathas avant qu'il la fasse avec Alexandre
contre nous.
AîsTIOCHlA, m. Gr. Pro feftîCM^o.—l" Ville
de Syrie, dans laquelle les premiers fidèles
furent appelés chrétiens. Act. 11. v. 19.20.
22. 25. 26. 27, etc. Galat. 2. v. 11. 1. Mach.
3. V. 37. c. 4. 35, etc. Elle est appelée la
Grande, étant la capitale de toute la Syrie,
située sur l'Oronte, aujourd'hui, dans la
langue du pays, Antachia. — 2" Ville de Pi-=
sidie. Act. 13. 14. c. 14. 20. 2 Tim. 3. 11.
Elle est ville archiépiscopale et capitale de
la province: on l'appelle maintenant Tachia.
ANTIOCHENUS, a, um.— 1° Qui est d'An-
lioche de Syrie. 2. Mach. 6. 1. Misit rex se-
nem quemdam Antiochenum : Le roi envoya
un certain vieillard d'Antioche pour forcer
les Juifs à abandonner la loi de Dieu. —
2' Antiochien, qui a droit de bourgeoisie dans
la ville d'Antioche. 2. Mach. 4. 9. Promitte-
hat et eos qui in Jerosolymis ercmt, Anlioche-
nos scribere : Jason promettait de faire les
habitants de Jérusalem, citoyens de la ville
d'Antioche.
ANTIOCHIS, DIS. Antiochide, concubine
du roi Anliochus Epiphanès. 2. Mach. 4. 30.
Conligit Thnrsenses et Mallotas seditionein
movere eo quod Antiochidi Régis concubinœ
dono essent dnti: 11 arriva que ceux deXharse
et de Mallo excitèrent une sédition, parce
qu'ils avaient été donnés à Antiochide, con-
cubine du roi.
ANTIOCHUS, I. 'Av-ioxo,-. - 1° Anliochus
le Grand, fils de Séleucus, roi de Syrie, dont
il est parlé. Dan. 11. 10. jusqu'au 20. sous le
nom du roi du Nord. : Pugmihit adversus re-
gem Aquilonis : Le roi du Midi combattra
contre le roi de l'Aquilon. 1. Mach. 1. 11, c.
8. V). Voy. Aquilo. — 2' Anliochus Epiphanès,
fils de ce premier, dont il est parlé, Dan. 8,
V. 9. 10. 11. etc. 11. 21. et seqq.. Celui-ci a
fait des maux infinis aux Juifs, a fait mourir
les Machabées, et a été la figure de l'Anlc-
clirist. l.Mach.1.11. Rndix peccalrix Anlio-
cliits illtistris, etc. Cette racine de péché ,
Anliochus, surnommé VUlustre, jusqu'au
c. 6. 16. 2. Mach. 1. v. l'i. 16. c. 4.7. —
3' Anliochus Eupator, fils d'Anliochus Epi-
phanès. 1. Marh. .{. v. 33. c. 6. v. 15. 55. c.
7. V. 2. tué par Dcmctrius. 2. Mach. 9. v.25.
Cil. V. 22. 27.C. 13. V. 1. 3. Vcl'i. v. 2—
û.- Anliochus Theos, (ils d'Alexandre Balles,
ANT 29'i
roi de Syrie. 1. Mach. 11. v. 39. 54. 57. c, 12.
39. c. 13. 31. lue par Tryphon. — 5' An-
liochus Soter, frère de Démétrius Nicanor, et
fils de Démétrius Soler ou Sideles. 1. Mach.
15. V. 1. 2. 10. 11. 13. 25.-6» Anliochus,
père de Numenius, qui fut un des ambassa-
deurs envoyés aux Romains et aux Lacédé-
moniens. 1. Mach. 12. 16. c. 14. 22. Josèphe
le nomme Aniimachus.
ANTIPAS, Gr. Pro omnibus. Martyr de Jé-
sus-Christ, sous Domilicn; on en rail fête
l'onzième d'avril. Apoc. 2. 13.
ANTIPATER, tris, Gr. Pro pâtre. Un des
ambassadeurs que les Juifs envoyèrent à
Rome et à Lacétlémone. 1. Mach. 12. v. 16.
c. 14. V. 22.
ANTIPATRIS, DIS. Antipatride, ville bâtie
parHérode,où saint Paul fut conduit la nuit.
Act. 23. 31. Elle s'appelait Capharsalamuy
dans la tribu de Manassès, deçà le Jourdain,
où Judas Machabée tailla en pièces cinq
mille hommesde l'armée de Nicanor. 1. Mach.
7. 31. aujourd'hui Assu. Voy. Caphabsa-
LAMA.
ANTIQUARE. rraXatoûv. Ce verbe qui vient
de l'adjectif anaV/j«i5 signifie,
Abroger, abolir, mellrehors d'usage. Hebr.
8. 13. Quod autem antiquatur et senescit
prope inieritum est: Ce qui se passe et vieil-
lit, est proche de sa fin. L'Apôtre parle de
l'Ancien Testament , qui s'est passé et a
vieilli, puisque Dieu dit, pur son Prophète,
qu'il devait faire avec son peuple une nou-
velle alliance.
ANÏIQUITAS, Tis. De V adiecliï antiquus.
—1° Antiquité, vieux temps, siècles passés
(«tt' KpxHç, ab initio). Isa. 23. 7. Numquid
non veslra hœc est, quœ gloriabatur in anti-
quitate sua? N'est-ce pas là une ville qui se
glorifiait de son antiquité? Le Prophète parle
de Tyr après sa ruine. —2" Ancien état, pre-
mier étal, Ezecli. 16. 35. Revertentur od an-
tiquitatem suam (ètt' àpy^ri-j) : Sodomc et ses
filles retourneront dans' leur ancien état ;
cela ne se peut guère entendre que dans le
sens allégorique ; les Gentils, qui sont mar-
qués par les habitants de Samarie et de So-
dome, seront ramenés par Jésus-Christ, de la
captivité du diable plus lot que les Juifs.
ANTIQUITUS, adv. Voy. Antiquus. An-
ciennement, autrefois {ùk à.pyr,ç). Isa. 1. 26.
Restituam consiliarios tuos, si'cui ontiquilus:
Je rétablirai vos conseillers comme ils étaient
autrefois. Jos. 11. 10. Judic. 1. 10. etc.
ANTIQUUS, A, CM, ùpx^ïoç. Cet adjectif,
qui vient (Vante, auparavant, s'est écrit d'a-
bord par c, anticus, et depuis antiquus, qui
signifie,
1° Ancien, ce qui est depuis longtemps, ou
qui a été autrefois. Isa. 43. 18. Antiqua ne
intuenmini : Ne considérez plus ce qui s'est
fait autrefois. 1. R( g. 24. 14. 4. Reg. 17.
34. etc. Ainsi, Dies nntiqui, c'est l'ancien
temps, le temps des premiers siècles Ps. 70.
5.Cogitavi dies anliquos. Malach. 3. 4. Sicul
dies antiqui .- Comme ceux des premiers
temps. P."*. 88, oO. Un sunt misericordiœ tuœ
(intiqurr? \\n^\, V^. 1.38.5. Novissima et nn-
29!
r>ICTIONNAlRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
%92
tiqua : Co qui est passé et ce qui est à venir.
Voy. NovissiMA.
2° Ce qui est depuis le commencement du
monde ( àpxn )• Deut. 33. 15. De vertice
anliquorum montium, depomis collium œter-
norum : Que la terre de Joseph soit remplie
des fruits qui croissent sur le haut des mon-
tagnes anciennes et sur les collines éternelles ;
savoir, les montagnes et les collines qui ont
été créées avec le monde. Isa. 44. 7. Apoc.
12. 9. c. 20. 2. Serpens antiquus : Le diable,
qui, dès le commencement du monde, a sé-
duit la femme, sous la figure du serpent, et
a fait entrer la mort dans le monde.
3^ Ce qui est éternel. Isa. 25. 1. Cogitalio-
nes antiquas, fidèles : Vous avez fait voir la
vérité de vos desseins éternels, c. 37. 26. Ex
diebus antiquis ego plasmavi illud : J'ai dis-
posé toutes ces choses dès l'éternité. Prov. 8.
23. Ex antiquis antequam ierra fieret (Gr. ab
initio, qui signifie souvent «{> œierno, comme
Prov. 8. 22. Eccli. 14. 1. Joan. 1. 1.). Ainsi,
Dan. 7. v. 9. 13. 22. Dieu le Père est appelé
Antiquus dierum (TraXaiô?), par périphrase,
comme si on disait, fort avancé en âge ; parce
que les Hébreux n'ont point de terme propre
pour exprimer l'Eternité ; le mot holam, dont
ils se servent, Gr. «twv, se rend par l'inter-
prète de la Vulgate, par œternum, sœculutn,
ou antiquum^ et chacun de ces mots signifie
quelquefois ce qui est depuis le commence-
ment du monde, quelquefois ce qui est fort
ancien.
ANTIQUI, ORUM, ùpxxioi. Nom pluriel qui
signifielesanciens. — l°Les vieillards avancés
en âge. Job 12. 12. In antiquis est sapientia:
C'est dans les anciens que se trouve la sa-
gesse, à cause de leur expérience, c. 15. lOi
c. 32. 6. — 2° Les anciens qui ont vécu dans
les premiers siècles. Eccl. 39. 1. Sapientiam
omnium antiquorum exquiret sapiens: Le sage
aura soin de rechercher la sagesse de tous
les anciens; ceux qui ont vécu sous lan-
cienne loi, sont appelés Anciens. Matth. 5.
21. Dictttm est antiquis : Il a été dit aux An-
ciens. 27. 33.
ANTISTES, iTis, hptvç. Nom substantif,
formé de la préposition ante et du verbe
stare, d'où se fait l'ancien verbe antistare,
pour antestare , exceller. Ce non» signifie
proprement le premier, et le principal prêtre
de chaque temple, parmi les Anciens : dans
l'Ecrilure,
Un prêtre. 2. Par. 29. 34. Donec sanclifica-
rcntur antistites : Jusqu'à ce que l'on eût
consacré des prêtres.
ANTRUM, I. Ce mot vient du Grec «vt/sov,
qui signifie, 1° Antre, caverne (p«v5|:a). Ju-
dic. C. 2. Fecerunt sibi antra et speluncas :
Les Israélites se retirèrent dans des antres
et des cavernes. 1. Reg. 13. 6. Job 37. 8.
c. 38. 40. — 2° Caverne, qui sert de sé-
pulcre ((jTryj),«tov). Gènes. 23. 20. Confinnatus
est agcr et anlrum quod eral in eo, Abraliœ in
possessionem monumenti : Le champ, avec
la caverne qui y était, fut livré en celle ma-
nière et assuré à Abraham, par les enfants
de Helh, afin qu'il le possédai comme un sé-
pulcre qui lui appartenait légitimemcut; c'é-
tait le champ dans lequel était cette caverne
double , qu'Abraham acheta quatre cents
sicles d'argent, pour ensevelir Sara, et pour
servir de monument à sa famille.
ANUS , I. TrpwxTÔ?. Voy. Annus. Ce nom
qui signifiel'anus, ouTorificedu fondement,
est appelé de la sorte à cause de sa rondeur ;
parce que le mot anus ou annus, comme on
l'a écrit depuis, sigqifie cercle, rondeur, du
mot am circum.
Anus [iSpa.) 1. Reg. 6. 5. Juxta nume-
rum Provinciarum Philistinorum quinque
anos aureos fa cietis: F ailes cinq anus d'or et
cinq rats d'or, selon le nombre des provinces
des Philistins; ces peuples renvoyèrent lAr-
che avec ces anus, pour être guéris d'une
maladie qui les affligeait à l'anus, v. 11. 17.
ANUS, us. Ce mot vient vraisemblable-
ment de Va privatif, et de voû?, mens, quasi
sine mente; parce que l'esprit s'afîaiblit dans
les vieilles gens.
Vieille femme âgée {y-ynpv.y.v., senui). Gè-
nes. 18. 13. Num vere paritura sum anus?
Serait-il bien vrai, dit Sara, que je pusse avoir
un enfant, étant vieille comme je suis? 1.
Tim.5.2.Tr/3co-(?uT£pKs-, Anus, ut matres ; Traitez
les femmes âgées comme vos mères. ïit. 2.
3. Zach. 8. 4.
ANXIUS, A, UM. Cet adjectif vient du verbe
angi, d'où vient anxium esse. — 1° Affligé,
abattu de douleur («//îSiâv). Ps. lOi. 1. Ora-
tio pauperis cum anxius fuerit : Oraison du
pauvre , lorsqu'il sera dans l'affliction. —
2° Chagrin, inquiet, qui est tourmenté de
quelque peine d'esprit {èTrsyjïv, attendere).
Eccli. 5. 10. Noli anxius esse in divitiis in~
justis : Ne vous embarrassez point pour les
richesses injustes. Ne vous y attachez point.
Baruch. 3. 1. Spiritus anxius clamât ad te :
L'esprit dans l'inquiétude qui l'agite, crie
vers vous.
ANXIARI , «x/î^tâv. Etre triste et abattu.
Ps. 60. 3. Dwn anxiaretur cormeum : Lors-
que mon cœur élait accablé de tristesse, vous
m'avez placé en un lieu élevé sur la pierre.
Ps. 142. 4. Et anxiatus est super me spiritus
meus : Mon esprit a été accablé d'ennui.
AOD,Heb. Laudans. 'Nom propre d'homme.
— 1° Fils de Géra, de la tribu de Benjamin,
qui gouverna les Hébreux après Olhoniel, et
qui les délivra de leur servitude par le meur-
tre d'Eglon, roi des Moabiles. Judic. 3. 15.
Suscitavit eis Salvatorem vocabulo Aod : Le
Seigneur suscita aux Israélites un Sauveur
nommé Aod. — 2° Fils de Balan, descendant
de Benjamin. 1. Par. 7. v. 10. 11.
APADNO, Gr, , Iç^aSavw. Heb. Ornamentum
ejus. Ce nom vient du mot Hébreu aphad^
cingere , d'où vient JFp/tod, pallium; Voy.
Ephod, et signifie Palatium suum. Dan. 11.
45. Et figet tabernaculum suum Apadno inter
maria; Heb. Figet tenloria palatii sui inlcr
maria ; Antiochus,qui était la figure de l'An-
téchrist, devait faire sa demeure entre les
deux mers ; c'est-à-dire dans la Judée, ou à
Jéjusalem qui est entre la mer Morte el la
Méditerranée. Les Septante ont retenu le
mol Hébreu j d'autres font venir ce mot de
293
APE
APE
29«
padarif campus; ce q.ui revient assez bien au
Syriaque et à l'Arabe, qui rendent apaâno,
par ces mots, in loco piano, dans une pleine
campagne.
APAMEA, M. Gr. Expellens. Apamée ou
Epiphanie, ville de Gélé-Syrie, qui fut bâtie
par Seleucus Nicanor, en l'honneur de sa
femme qui s'appelait Apamée. Judith. 3. 14.
Pertransiens Syriam Sobal et omnem Apa-
meam : Holopherne traversa la Syrie, Sebal,
et toute l'Apamée.
APELLES, Gr. Expellens. Un chrétien que
S. Paul appelle Adèle serviteur de Jésus-
Christ. Rom. 16. 10.
APER , I. u?, 6ç. Du mot Grec xâirpoç, en
ôtant la première lettre, et signifle un san-
glier, porc sauvage, qui se retire dans les
forêts, et qu'on ne peut jamais apprivoiser.
Ps. 79. ik. Exterminavit eam aper de silva :
Le sanglier de la forêt a tout ruiné votre
vigne : ce psaume est presque tout allégo-
rique; ce sanglier est l'ennemi du peuple de
Dieu; sa vigne est ce même peuple que Dieu
a quelquefois abandonné en proie à ses en-
nemis.
APERIRE, «votystv. Ce verbe, qui signiGe
ouvrir ou découvrir, est composé de la pré-
position ad et de parère, enfanter, et tire sa
signification d'une mère qui met au jour un
enfant qui était caché dans son ventre : ce
mot aperire, qui répond au verbe palach, et
à quelques autres, a, dans l'Ecriture, une
signiûcation bien plus étendue qu'en latin ;
car il marque aussi délier, lâcher, laisser
aller, etc.
1° Ouvrir. Matth.2o. li. Domine, Dotnine,
aperi nobis : Seigneur , Seigneur , ouvrez
nous ; c'est ce que disent les Vierges folles à
l'Epoux céleste, k. Reg. 13. 17. Aperi fe-
neslram Orientalem : Ouvrez la fenêtre qui
regarde l'Orient. Gènes. 8. v. 6. 13. Act. 5.
V. 19. 22. 23. c. 12. v. 10. 14. etc.
2° Elargir, agrandir {Biocarélleiv). Jerem.
22. 14. Cui aperit sibi fenestras , et facit la-
quearia cedrina : II se fait faire de grandes
fenêtres et des lambris de cèdre : le prophète
parle de Joachim, roi de Jérusalen), qui ne
songeait qu'à agrandir et qu'à embellir ses
appartements aux dépens de ceux qu'il
opprimait. Ainsi, Isa. 51. 14. Cilo veniet gra-
diens ad aperiendum : Celui qui vient ouvrir
les prisons arrivera bientôt : Cyrus , qui
était la flgure de Jésus-Christ.
3" Etendre, faire occuper un grand espace
(TavvEtv). Eccli. 43. 13. Manus Excelsi ape-
ruerunt illum : L'arc-en-ciel forme en l'air
un cercle éclatant, et son étendue est l'ou-
vrage du Très - Haut ; il n'y a que Dieu qui
ait pu donner à l'arc-en-ciel cette grande
étendue de l'un à l'autre bout du ciel. Voy.
Argus. ■
4° Ouvrir, exposer, faire paraître. Prov.
27. 2o. Aperla sunt prala : Les prés vous
sont ouverts, et sont exposés pour nourrir
votre bétail. Voy. Pratum; et par méta-
phore, Job. 20. 28. Apcrliim erit fjermcn do-
mus illius : Sa postérité paraîtra avec éclat
pour quelque temps; Hebr.sera transportée,
passera d!un lieu à un autre, au jour de la
fureur de Dieu.
Aperire coelos. Voy. Coelum.-- Aperire
et claudere ; cette manière de parler mar-
que un plein et entier pouvoir de gouver-
ner. Isa. 22. 22. Aperiet, et non erit qui clau-
dat , et claudet , et non erit qui aperiat :
Eliacim ouvrira , sans qu'on puisse fermer,
et il fermera, sans qu'on puisse ouvrir;
Dieu promet à Eliacim tout pouvoir dans la
maison du roi , ou dans le temple. Jésus-
Christ , dont Eliacim était la figure, a reçu
de son Père céleste toute puissance dans'le
monde, et surtout dans l'Eglise, dont il ou-
vre l'entrée par la foi , et la ferme à ceux
qui restent dans leur aveuglement. Apoc.
3. 7. Qui aperit et nemo claudit, claudit et
nemo aperit : Qui ouvre , et personne ne
ferme; qui ferme, et personne n'ouvre,
pour faire voir la puissance de Dieu. Job se
sert aussi de cette expression , c. 12. 14. Si
induserit hominem , nullus est qui aperiat :
Si Dieu tient un homme enfermé, nul ne lui
pourra ouvrir.
Aperire cor. — 1° Ouvrir son cœur, c'est
découvrir tout ce qu'on a dans la pensée.
Judic. 16. 18. Ascendite nunc semet , quia
nunc operuit milii cor suum : Venez encore
pour cette fois; parce qu'il m'a maintenant
ouvert son cœur; c'est ce que Dalila dit: de
Samson.
2° Ouvrir le cœur, c'est éclairer l'esprit ot
toucher la volonté , pour faire comprendre
et faire goûter les vérités que l'on prêche.
Act. 16. 14. Cujus Dominus aperuit cor in~
tenderehis quœ dicebantur a Paulo : Le Sei-
gneur lui ouvrit le cœur, pour entendre avec
soumission ce que Paul disait: la prédica-
tion delà parole demeure sans fruit, si Dieu
n'applique l'esprit et n'ouvre le cœur pour la
recevoir.
Aperire iniquitatem : Découvrir à quel-
qu'un son iniquité, la reprendre pour la lui
faire connaître et la faire détester. Thren. 2.
14. Prophctœ tui viderunt tibi falsa et stulta,
nec aperiebant iniquitatem tuam : Vos pro-
phètes ont eu pour vous des visions fausses
et extravagantes, et ils ne vous découvraient
point votre iniquité, pour vous exciter à la
pénitence.
Aperire librum. — 1" Ouvrir un livre. 2.
Esdr. 8. o. Et aperuit Esdras Librum coram
omni populo : Esdras ouvrit ce livre devant
tout le peuple.
2° Dans un sens figuré, découvrir les se-
crets jugements de Dieu. Apoc. 5. 2. Quis est
dit/nus aperire Librum et solvere siynacula
ejus ? Qui est digne d'ouvrir le livre et de le-
ver les sceaux? c. 0. v. 1. 3. 5. 7. 9. 12. Ce
que personne n'a pu faire, cpie Jésus-Christ.
C- 10. 2. Et luibebdt in manu sua libellum
aperlum : C'est Jésus-Christ qui a découvert
aux peuples les vérités du salut, qui demeu-
raient cachées.
Aperire manum. Voy. Manus.
Aperire os , ou i.abia. — 1° Ouvrir la
bouche pour i.arlcr. Malt. 5. 2. Aperims os
sHum doccbu cas : Jésus ouvrant sa bouche,
)1 les ensoij-nait. Ouvrir sa bouche» est un
295
DiCTIONNAmE DE PHILOLOGIE SACRER.
200
pléonasme hébreu qui se trouve souvent
dans l'Ecriture, pour marquer le commen-
cement de quelque discours sérieux ; mais
ici il signifle que Jésus-Christ, qui avait par-
lé par les prophètes, donne ici par lui-même
des instructions importantes; car ce dis-
cours est l'abrégé de toute la doctrine de
l'Evangile , en ce qui regarde les mœurs.
Job. 3. 1. c. 3-2. 20. Dan. 10. 16. Act. 8. 35.
c. 10. 34.. c. 18. 4. etc. Cette phrase hébraï-
que signifie qu'on se dispose à parler, et
qu'on rompt le silence; au contraire , Non
aperire os : N'ouvrir pas la bouche, c'est de-
meurer dans le silence , et n'oser pas ouvrir
la bouche. Ps. 38. 13. Obmutui et non ape-
rui os meum. Eccli. 2i. 31. Ubi hospitobitur,
non fiducialiter aget, nec aperiet os : Partout
où un homme sera comme hôte , il n'a-
gira point avec confiance , et il n'osera
ouvrir la bouche. Isa. 10. 14. c. 53. 7. Dan.
3. 33. Ps. 37. V. 14. 15. Prov. 24. 7^ Ezech.
16. 63.
Ce pléonasme hébreu , aperire os, se dit
aussi de la terre qui s'ouvre pour recevoir
quoique chose. Gènes. 4. 11. Maledictus eris
super terrain, quœ aperuit os suum, et susce-
pit saïujuinem fralris tui de manu tua : Vous
serez maudit sur la terre , qui a reçu le
sang de voire frère, que vous avez versé de
votre main. Num. 16. v. 30. 32. c. 26. 10.
Deut 11.6.
Cette phrase, nperire os, se met aussi
avec quelques adjectifs, qui en déterminent
la signification; ainsi, aperire os triste;
c'esl-à dire des paroles fâcheuses. Eccli.
22. 27. Si aperueris os triste , non timeas :
Quand vous auriez dit à votre ami des
paroles fâcheuses, ne craignez pas; car
vous pouvez encore vous remettre bien en-
semble.
Aperire suum os alicui : Parler pour quel-
qu'un. Prov. 31. 8. Aperi os tuum muto :
Ouvrez la bouche pour le muet , défendez sa
cause. V. 9. Voy. Mutus. v. 26. Aperuit os'
suum sapientiœ : La femme forte a ouvert sa
bouclie à la sagesse ; c'est-à-dire avec sa-
gesse, et pour donner dos préceptes pleins
de sagesse et de bonne conduite
Aperire os ad cdiquem : Ouvrir sa bouche
vers quelqu'un, c'est s'adresser à lui ; ainsi,
Aperire os ad Dominum : S'adresser au Sei-
gneur pour faire un vœu. Judic. 11. 35.
Aperui os meum ad Dominum, et aliud faccre
non potero : J'ai fait vœu au Seigneur de lui
offrir ce qui se présenterait à moi , et je ne
puis faire autrement que j'ai promis.
Aperire os super, ou contra aliquem : Ou-
vrir ?i\ bouche contre quelqu'un , c'est se
décliaîner contre quelqu'un, le charger d'in-
jures et de calomnies. Ps. 21. 14. Aperue-
runt super me os smim • lis ouvraient leur
Louche pour me dévorer. Ps. 108. 2. Os pec-
Cdtoris et os dolosi super me apertum est : Le
pécheur et le trompeur ont ouvert la bouche
pour nie déchirer. Job 16. 11. Thrcn. 2. 16.
c. 3. 46.
Aperire os ad aliquid : Ouvrir la bouche
\)uuv prononcer quelque chose. Apec 13. 6.
ADir-uil os sîium iv blasphemias ad Deum :
La bêle ouvrit sa bouche pour blasphémer
contre Dieu.
Aperire os alicujns : Ouvrir la bouche de
quelqu'un, c'est 1° donner l'usage de la pa-
role, ou faire parler. Num. 22. 28. Aperuit
Dominus os asinœ : Le Seigneur ouvrit la
bouche de l'ânesse et la fit parler. 2'^ Rendre
l'usage de la parole. Luc. 1. 64. Apertum est
illico os ejus : Au même instant sa bouche
s'ouvrit, il recouvra la parole; 3° Donner la
facilité de s'expliquer ou de parler comme il
faut. Eccli. 15. 5. In medio Ecclesiœ aperiet
os ejus : La sagesse lui ouvrira la bouche au
milieu de l'assemblée, et le rendra éloquent.
Sap. 10. 21. Ps. 50. 17. Domine, labia mea
operies : Vous ouvrirez mes lèvres , Sei-
gneur, pour vous louer : nous ne pouvons
pas louer Dieu comme il faut, qu'il ne nous
ouvre la bouche pour cela;c'est pourquoi saint
Paul dit , Col. 4. 3. Orantes simid et pro no-
bis, ut Deus aperiat nobis oslium sermunis ad
loquendum mysterium Christi, ut manifeslem
illud ut oportet me loqui : Priez aussi pour
nous , afin que Dieu nous ouvre une entrée
pour prêcher sa parole : Dieu , qui a fait la
bouche de l'homme, ne disposera - t- il
pas de sa parole? Exod. 4. 11. Quis fecit
os hominis , Ezech. 3. 27. c. 24. 27. c. 29.
21. etc.
Aperire os, ou labia. Autres significa-
tions de cette phrase : — 1^ Souhaiter quel-
que chose avec grande ardeur. Job 29. 23.
Os suuyn aperi ebant quasi ad imbrem seroti-
num : Quand je parlais ils m'écoutaient, et
recevaient mes discours, coi^ime l'on fait une
pluie favorable. Ps. 118. 131. Os meum ape-
rui et attraxi spiritum : J'ai ouvert ma bou-
che, et j'ai attiré l'air en moi ; David désirait
de recevoir la connaissance des Commande-
ments de Dieu , avec la même ardeur que
l'on souhaite une chose après laquelle on
aspire. Eccli. 20. 15.
2" Parler librement, avec hardiesse , dire
tout , ne rien cacher , soit en bonne part.
Job 32 20. Aperium labia mea, et responde-
bo : J'ouvrirai mes lèvres et je répondrai, c.
33. 2. Prov. 8. 0. Ainsi, 2. Cor. 6. 11. Os
nostrum patet ad vos, o Corinthii : Je vous
parle librement, parce que je vous aime ;
soit en mauvaise part. Apoc. 13. 6. Aperuit
os suum in blasphemias : La bête a vomi
des blasphèmes contre Dieu. Ezoc. 21. 22.
Ut aperiat os in cœde : Afin qu'il n'ait que
le sang et le carnage dans la bouche.
Aperire Scripturas : Expliquer le sens des
Ecritures. Luc. 24. 32. Nonne cor nostrum
ardens erat in nobis, dum loqueretur in vin,
et aperiret Scripturas? N'est-il pas vrai que
notre cœur était tout brûlant dans nous,
lorsqu'il nous parlait durant le chemin , et
qu'il noi^ expliquait les Ecritures?
Aperire sensum : Eclaircir l'esprit. Luc.
24. 45. Aperuit illis sensum ut intelligerent
Scripturas : Jésus-Christ leur ouvrit l'esprit
afin qu'ils entendissent les Ecritures.
Aperire terram : Ouvrir le sein de la terre;
c'est une expression figurée, qui maroue
l'mcarnation de Jésus -Christ. Isa. 45. 8.
Apcriaiur terra, et germinet Sahatorem : Que
297
APH
APil
21*8
la terre s'ouvre, et qu'elle germe le Sauveur.
.lésus-ClirisJ. est, pour ainsi dire, sorti de la
lerro nyant pris un corps tel qu'est le nôtre.
Vof/. GliRMINARE.
Àperire vulvmn. Voy. Vulva.
Ce moïse met avec plusieurs autres mots,
v^u'on peut voir chacun en leur endroit.
APERÏE. Cet adverbe vient d'operire, et
signiGe : — 1° Evidemment, manifestement.
Levit. 13. 36. Aperle immundus est : Il est vi-
siblement impur. 1. Reg. 2. 27. — 2° Clai-
rement, distinctement. 2. Esdr. 8. 3. Et le-
fjil in eo aperle in plalea : Esdras lut dans
le Livre de la Loi , clairement et distincte-
ment, au milieu de la place, v.8. Legerunt
in Libro Leyis Dei disiinc'le et aperte ad in-
telligendum : Ils lurent dans le Livre de la
Loi de Dieu distinctement, et d'une manière
fort intelligible.
APERTIO , Nis , avotçi?. Ce mot vient
aussi û'aperire , et signifie ouverture; c'est-
à-dire, l'action d'ouvrir ; d'où se fait :
1° Apertio onis, discours, parole : cette
phrase vient d'aperire os, qui signifie parler.
Ephcs. 6. 19. Ut detur mihi sermo in aper-
lione oris : Afin que Dieu, m'ouvrant la
bouche , me donne des paroles. Sermo in
apertione oris est un pléonasme ; car c'est
dire deux fois la même chose. Eccli. 20. lo.
2° Elargissement de prisonniers. Isa. 61.
1. Ut prœdicarem captivis indulgentiam et
clausis apertionem : Le Seigneur m'a envoyé
annoncer la liberté à ceux qui sont dans les
chaînes : cette captivité est celle du péché,
dont Jésus-Christ a délivré les hommes par
son avènement.
APERTURA, X.. Ouverture, espace percé,
rompu , qui est ouvert dans une clôture,
comme une brèche dans une muraille. Amos
h. 2. Et per aper/,uras exihilis : L'on vous fe-
ra passer par les brèches des murailles ; le
prophète marque une ville prise d'assaut,
d'où l'on tâche d'é:happer par la brèche, c.
9. 11. Voy. Rejedificare.
APERTUS, A, UM. — 1° Ouvert , décou-
vert. Isa. 57. 8. Manu uperta : Ouvertemen»,
sans rien cacher. Voy. Manus. Job. 29. 19.
Badix in$a aperta est : Ma racine est ouverte
aux eaux; je suis comme un arbre dont la
racine s'étend le long des eaux. Voy. Ra-
Dix, n. 5. — 2"^ Ouvert jusqu'au fond des
entrailles. Hebr. 4. 13. Omnia nuda et aperta
sunl oculis ejus : TET/s«x>3).t'7p£va, intime pa-
tentioyiQ Tpà^yàoç , coUum, cervix : la M;é-
taphore est tirée des animaux, que l'on fenJ
depuis le cou jusqu'à la queue pour en
considérer les entrailles, selon la pensée de
saint Jean Chrysostome etde Théophylacle.
— 3" Exposé à la violence. Job. 20. 28.
Apertum crit germen domus illius : Ceux de
sa maison seront exposés à la violence.
Voy. Aperire, Apex, ApuyCREMA.
APHARA , m. Hebr. Vacca. Ville de la tri-
bu (le Ronjamin. Jos. 18. 23.
APHARS^I ou APHARSATHiEI. Hebr.
Dividentes. Les Apharséens , les Apharsa-
Ihéens; ce sont des peuples de lldumée, qui
voulurent empêcher les Juifs de rebâtir le
temple, t. Esdr. 'i. 9.
DiCTIONN. DE PHILOL. 6ACUÉE. I.
APHEC ou APHECA. Hebr. Pelaqus. -^
1° Ville dans la tribu dA-er. Jos. 19. 30,
Amma et Aphec et Roliob. c. 13. k. Jud. i
31. 1. Reg. 29. 1. 3. Reg. 20. 2(5. i. Re^.
13. 17. —2° Ville royale dans la tribu do
Manassès et d'Issachar. Jos. 12. 18. Rcx
Aphec unus. — 3° Ville de la tribu de Juda.
Jos. 15. 53, 1. Reg. i. î.
APHIA, JE. Hebr. Flans. Père de Bécho-
rath , de la tribu d'> Benjamin. 1. Rpa. 9 j
APHONITES,^. Heb. Saplioiiœus. Voy .Sa-
PHON. Qui est originaire d'Aphon , ou plutôt
de Saphon ; Gr. Szaiv,
AHPRICA , M. Voy. AFRiCA,Heb. Pid ou
Put, Casus ou Pinguis.— L'Afrique, celte par-
lie de l'univers qui est située au mi'ii. Nali.
3. 9. Africa et Lihyes faerunt in auxilio tua :
Il vous est venu des secours de l'Afrique et
de la Libye : le prophète compare Ninivo
avec l'Egypte, qui, voulant combattre Nabu-
chodonosor, avec ses forces et celles de l'A-
frique, fut défaite par ce prince. Voy. Jer.
46. 9.
APHRICUS, I. sup. Ventus. Voy. Africds.
APHSES , Heb. Comminuens. La dix-hui-
tième famille sacerdoialc. 1 Par. 2i. 15.
APHUTEI. Voy. Phut^ei. Les Aphuléens,
peuples deSamaric, venus d Assyrie. 1. Par
2. 53.
APEX, icis. Ce nom vient de l'ancien
verbe apio , necto , ligo , cl signifie propre-
ment une petite houppe de laine en paioîû
sur le bonnet des prêtres de Jupiter ; mais il
signifie ordinairement , — 1" Le sommet la
haut de quelque chose. Judith. 7. 3. Vene~
runt per crepidinem 7nontis usc/ue ad apiccm :
Ils vinrent le long de la montagne juscju'au
sommet.— 2° Un point, un accent de lettre
{■/.epxix). Matlh. 5. 18. Iota ununi , aut tiniis
apex, non prœteribit a lege donec omnia fiant :
Tout ce qui est dans la loi sera accompli
parfaitement, jusqu'à un seul iota et à un
seul point. Luc. 16. 17. C'est une expression
hyperbolique , pour marquer un entier ac-
complissement de la loi. Ce mol apex , qui
répond au Grec y.ip'xiy., signifie un trait ou
une ligne qu'on tire sur une lettre plutôt
qu'un point ; mais sans avoir égard à la vé-
ritable signification du mol apex, on l'a tra-
duit par le mot de point , qui est plus fran-
çais; bien qu'on sache que, du temps de Jé-
sus-Christ, l'Hébreu était sans points.
APHiEREiMA. Ce mot est Grec, et vient du
verbe ù'fxipîï'jOM, auferre, ôler, et signifie :
Une contrée sur les frontières de la Judée,
ducôté de Samarie. l.Mach. ii.'3k.S(aluimu.t
ergo illis omnes fines Judœœ , et très civifales
Lydan et Rainallin^i , quœ additœ sunt Judœot
ex Samarin, et confines earum sequestrari om-
nibus sacri ficanlibus : Nous avons ordonné
que les trois villes, Lyda, Ramatha et Apliœ-
renia, qui ont été annexées à la Judée du ter-
ritoire de Samarie, soient destinées pour les
prêtres de Jérusalem. L'interprète Latin vt
omis Aphœrema , (jui est dans le Grec , et
qu'on pourrait interpréter, Sublatam ngri
paricm : C'est le pays de Bélhel qui avait été
«létaché (le Samarie dès le temps d'Abia. 2
P.ir. 13. 19.
lu
599
DICTIONNAIRE DE PH
APHARA, ^, Hcb. Vacco, ville de la tribu
de Benjaiiiia. Jos. 18. 23.
APIS , is , néh(j(Tx. Ce nom vient du mot
nés , parce que les abeilles naissent sans
pieds et sans ailes , ou , selon d'autres , du
verbe ap«o, qui signifle necto, parce qu'elles
s'attachent par les pieds les unes aux
autres.
Abeille, insecte volant, qui a un aiguillon
fort piquant et qui fait le miel et la cire.
Eccli. 11. 3. Brevis in volatilibus est apis :
L'abeille est pelile entre les animaux qui vo-
lent, et néanmoins son fruit a une douceur
qui surpasse tout. Judic. 14. 8.
L'Ecriture compare à l'abeille les tyrans
et les persécuteurs, parce qu'elle est vindi-
cative et toujours prêle à piquer de son ai-
guillon. Deut. 1. 4i. Amorrhœus persecutus est
vos sicut soient apes persequi : Les Amor-
rhéens vous poursuivirent comme les abeil-
les poursuivent celui qui les irrite. Ps. 117.
12. Ainsi, le Saint-Esprit appelle du nom de
mouche et d'abeille les ennemis du peuple
de Dieu, les rois Egyptiens et les Assyriens.
Isa. 7. 18. Sibilabit Dominus muscœ , quœ est
in extremo fluminum JEgypti , et api quœ est
in tei~raAssur:Le Seigneur appellera, comme
d'un coup de sifflet, l'abeille qui est à l'extré-
mité des fleuves de l'Egypte , et l'abeille qui
est au pays d'Assur. Voy. Musca.
APOCALYPSIS, is, Revelatio. Ce mot, qui
est grec, vient du verbe xnoy.xlÛTZTstv, qui si-
gnifie découvrir, révéler.
1" Apocalypse, livre qui fait partie du Nou-
veau Testament , et qui contient les révéla-
tions faites à saint Jean l'évangéliste, de plu-
sieurs choses qui devaient arriver dans les
siècles suivants de lEglise, et sous l'Anté-
christ, vers la fin du monde. Apoc. 1. 1.
Apocalypsis Jesu Christi quam dedil illi Deus
palam facere servis suis, mittens per Angeluin
suum servo suo Joanni : Cette révélation a
été faite à Jésus-Christ ; et de la part de Jé-
sus-Christ à saint Jean , par un ange , pour
la découvrir aux fidèles.
2° Révélation des mystères ou de l'intelli-
gence de l'Ecriture , pour en donner aux au-
tres l'explication. 1. Cor. 14.26. Unusquisque
vestrum Psabnwn habet , doctrinam habct ,
Apocalypsim habet : L'un est inspiré de Dieu
pour composer un cantique, l'autre pour
instruire , un autre pour révéler les secrets
de Dieu.
APOLLO , ô , 'ATi-onw? , Gr. Deslructor.
Apollon, Juif originaire d'Alexandrie, homme
éloquent et fort versédans les Ecritures, qui
a prêché l'Evangile avec grand fruit , à
Ephèse et à Corinthe. Act. 18. 24. c. 19. 1. 1 .
Cor. 1. 12. c. 3. V. 4. 0. etc.
APOLLONIA, iE,Gr. Destructio. Apollonie,
ville de Macédoine. Act. 17. 1. C'était une
ville épiscopalo , sous l'archevêque de ïhes-
salonique , dans la Mygdonie , appelée main-
tenant Cères.
APOLLONIUS, Gr. Destructor. i" Gouver-
neur de Syrie et lieutenant général des trou-
pes d'Antiochus Epiphane, défait par Judas
Machal)ée. 1. Mach. .1. v. 10. 12. 2. Mach. 5.
24. — 2° Un autre général des armées de Dé-
ll.OLOGIE SACREE. 300
mélrius Nicanor , gouverneur de Célésyrie
1. Mach. 10. v. 69. 74. etc. 2. Mach. 3. 5. c. 4.
4.-3" Fils de Gennée. 2. Mach. 12. 2.
APOLLOPHANES, is, Gr. Destructor mani-
festus. Apollophane , chef des troupes d'An-
tiochus Eupalor, avec Chaereas et Jimothée.
2 Mach. 10. 37.
APOLLYON, is , Gr. Destruens. Apollyon ,
ce mot qui signifie, en grec, qui perd et qui
détruit, marque le démon , appelé l'ange de
l'abîme. Apocal. 9. 11. Habebant super se
regem angelum abyssi , cui nomen Hebraice
Abaddon , Grœre autem Apollyon , Latine ha-
bens nomen Exterminons : Ces sauterelles
mystiques avaient pour roi l'ange de l'abîme,
appelé en Hébreu , Abaddon ; et en Grec,
Apollyon: c'est-à-dire l'exterminateur. Saint
Jean fait allusion au nom d'Apollon. Voy.
Abaddon.
APORIA,-*:, Kfzop'm. Ce mot est tout grec,
et signifie inquiétude, trouble d'esprit, lors-
qu'on est irrésolu et qu'on ne sait à quoi se
déterminer. Eccli. 27. 5. Sicut in percussura
cribri remanebit pulvis ((r/û6a>ov), sic aporia
hominis in cogitatu itlius : Comme lorsqu'on
remue le crible, il ne demeure que les ordu-
res : ainsi , lorsque l'homme se tourmente
dans sa pensée , il n'y demeure que l'inquié-
tude et la peine d'esprit , au lieu de songer
aux moyens de s'en dégager , et aux biens
que l'on a reçus de Dieu.
APORiARL Ce verbe qui n'est point en
usage en latin, vient du grec à7rope?ff6ai, et si-
gnifie :
1° Etre dans le doute et l'incertitude de ce
qu'on doit faire. Eccli. 18. 6. Cum consum-
maverit homo, tum incipiet , et cum quieverit,
aporiabitur : Lorsque l'homme se sera long-
temps appliqué à la recherche des merveil-
les de Dieu, il trouvera qu'il ne fait que com-
mencer ; et sera encore , après celte recher-
che , dans le doute et l'inquiétude , et il ne
lui en demeurera qu'un profond étonnement,
la petitesse de l'esprit humain ne pouvant
pas les comprendre.
2° Etre saisi d'élonneraent (xaTavoc-rv, at-
tendere). Isa. 59. 16. Et vidit quia non est
vir, et aporiatus est : Dieu a vu^u'il ne
restait plus d'homme juste sur la terre , et
il a été comme saisi d'étonnemont. Le pro-
phète marque, par ce discours figuré , com-
ment Dieu s'est porté à envoyer son Fils
pour délivrer les hommes de leurs péchés.
3° Etre dans des peines insurmontables. 2.
Cor. 4. 8. Aporiamur , sed non deslituimur :
Nous nous trouvons dans des difficultés
insurmontables ; mais nous n'y succombons
pas néanmoins , parce que Dieu nous fait la
grâce d'en sorti i- et de les surmonter.
APOSTATA , Gr. «TroffTaTvjç, Desertor. Ce
mot, qui vieni du verbe àfiartxaOcti, deficere, si-
gnifie en Udu^ah Apostat, qui quitte la vraie
religion ou qui renonce à ses vœux ; mais
dans l'Ecriture il marque :
Un méchant homme , un impie qui a en-
tièrement abandonné Dieu. Job. 34. 18. Qui
dicit régi , Apostata : Qui dit sans trainte à
un roi qui est perverti : Vous êtes un mé-
chant et un impie (Trapavo^itf). Prov. 6. 12.
m
APO
APP
c02
Homo apostata : Un méchant homme qui a
abandonné Dieu (à'ypwv).
APOSTATRIX, icis , rebelle, qui passe du
culte de Dieu à celui desidoles(7ra/3a7rix|3aîvou(7«).
E^ech. 2. 3. Mitlo ego te ad filios Israël ^ ad
gentes apostatrices : Je vous envoie à celte
nation qui s'est révoltée contre moi.
APOSTAÏARE, «yt(7Tao-S«£. Ce verbe inusilé
signifle se séparer, ne vouloir poinldépcndre.
Eccli. 10. 14. Inilium superbiœ hominis apo-
statare a Deo : Le comble de l'orgueil de
l'homme est de se soustraire à l'obéissance et
à la conduite de Dieu. c. 19. 2. Vinum et mu-
lieres apostatare faciunt sapientes : Le vin et
les femmes font tomber les sages mêmes , et
les séparent de Dieu et de leur devoir.
APOSTiOLUS, 1, ù.-KÔcT-colo;. Ce mot, qui est
formé du verbe «7ro<7Ti).X£iv, mitlere , envoyer,
signifie :
1° Quelque député ou quelque envoyé.
Joan. 13. 16. Neque apustolus major est eo qui
misit illum : L'envoyé n'est pas plus grand
que celui qui l'a envoyé. 2. Cor. 8. 23. Apo-
sloii Ecclesiarum : Qui sont les apôtres ou les
députés des églises. Phil. 2. 25.
2° Ceux qui ont été envoyés pour procu-
rer le salut des hommes par la prédication
de l'Evangile ; de ce nombre sont :
1° Jésus-Christ, Noire-Seigneur, qui a été
envoyé dans ce monde pour éclairer les
hommes et leur enseigner la doctrine du sa-
lut. Hebr. 3. 1. Considerate apostolum et pon~
tifîcem confessionis nostrœ Jesum : Considé-
rez Jésus , qui est l'apôtre envoyé de Dieu ,
et le pontife de la religion que nous profes-
sons.
2° Les douze que Jésus-Christ lui-même
choisit avant sa passion parmi tous ses dis-
ciples , pour être les premiers prédicateurs
de l'Evangile. Luc. 6. 13. Elegit duodecim ex
ipsis quos et apostolos nominavit : 11 en choi-
sit douze d'entre eux, qu'il nomma apôtres.
Matth. 10. 2. Marc. 6. 30. et souvent ailleurs.
3" Ceux que Jésus-Christ choisit encore
après son ascension , pour remplir les fonc-
tions de son apostolat, avec ceux (ju'il avait
choisis avant sa passion ; tels furent saint
Mathias , Ad. 1. v. 23. 26. saint Paul , c. 9.
15. et le même avec saint Barnabe, c. 13. 2.
Ces apôtres, établis par Jésus-Christ , sont
apôtres à l'égard de toute la terre ; mais
ceux qu'on a appelés apôtres dans la suite
des temps , parce qu'ils ont été les premiers
fondatiurs des églises , ne sont apôtres qu'à
l'égard des églises qu'ils ont fondées.
4'| Tous les ministres et les prédicateurs
de l'Evangile, qui sont envoyés pour prêcher
la parole de Dieu. Luc. 11. W. Millam ad
illos propheiaselapostotos, et ex illis occident,
et pcrsejjuenlur : Je leur enverrai des pro-
phètes et des apôtres , et ils en tueront les
uns et persécuteront les autres. Rom. 16. 7.
2. Cor. 8. 23.
APOSTOLATUS , us, apostolat, dignité ou
ministère d'apôtre {ùnoaro^v, missio).i^nlal. 2.
8. Qui operalus est Petro in apostolntum cir-
cumcisionis, operatus est et mihi inter Gentes :
Celui qui a agi efficacement dans Pierre pour
le rendre apôtre des circoncis , a aussi agi
efficacement en moi pour me rendre apôtre
des gentils. Act. 1. 25. 1 . Cor. 9. 2. 2. Cor. 12.
12. Cette fonction si relevée et si honorable ,
est en même temps une grande charge bien
redoutable , et une grande grâce. Rom. 1. 5.
Per quem accepimus gratiam et apostolatum :
Par qui nous avons reçu la grâce et l'aposto-
lat ; c'est-à-dire la grâce de l'apostolat. 1.
Cor. 15. 10. Eph. 3. 8. 11 en est de même à
proportion de l'épiscopat , de la prêtrise et
des autres ordres.
APOÏHECA , M, «7ro9«/.>3. Ce mot est grec ,
et vient du verbe «7TOTiec<r9!«, reponi , reser-
vari, être mis en réserve ; ainsi il signifie un
lieu où l'on serre les meubles , les vivres, les
munitions et les marchandises ; on l'appelle
magasin. Isa. 39. 2. Os tendit eis omnes apo-
thecas supelleclilis siiœ :Ezech\as fil voir aux
ambassadeurs de Babylone tout ce qu'il avait
de riches meubles. Joël. 1. 17. Dissipâtes sunt
apothecœ : Les magasins sont ruinés. 1. Par.
27. 28. 2. Par. 32.28.
APPARATUS , us , «Troov.EvÀ. Ce nom vient
du verbe apparare, préparer, apprêter, et si-
gnifie préparation, appareil.
1° Appareil somptueux , pon)pe , magnifi-
cence. 1 Mach. 9. 39. Ecce tumultus et appa-
ratus multus ; Ils virent un grand tumulte et
un appareil magnifique.
2° Apprêt, provisions, munitions (7roc/3eiôî(T£î).
I. Mach. 9. 52. Posuit in eis auxUia, et uppa*
ratum escarum : Bacchides mit des gens dans
les citadelles pour les garder,avec une grande
provision de vivres. 2. Mach. 10. 18. c. 12.
V. 14. 27. c. 15. 21.
3' Bagage, équipage. 1. Mach. 9. 35 Roga-
vit Nabutfiœos amicos suos , ut commodarent
illis apparatum suum qui erat copiosus : Jo-
nathas pria les Nabulhéens qui étaient leurs
amis, de leur prêter leur équipage qui était
fort grand ; Gr. de trouver bon qu'ils leur
remissent entre les mains leur équipage pour
le garder ; ainsi il faudrait, dans le latin ,
commendarent , au lieu de commodarent. 2.
Mach. 12. 21.
APPARERE, yaîvs-ffôat, oTTTEaôat. Ce verbe
signifie propremenf, paraître, être vu, être
exposé en vue ; mais dans l'Ecriture il a plu-
sieurs significations qui ont quelque rap-
port à celle première.
1" Paraître, se rendre visible. Gènes. 1. 9.
Appnreat arida: Que l'élément aride paraisse,
c. 9. 14. Apparebil arcus meus in nubibus:
Mon arc paraîtra dans les nuées, c. 5. 2+. c.
8. 5. c. 15. 17. Mallh. 2. 7. Sap. 19. 7. etc.
2° Paraître, être évident (^UntvBxi). Hebr.
II. 1. Est (ides argument um non opparen-
tium : La foi est une preuve de ce qui ne se
voit point; c'est-à dire, de ce qui est obscur
et ne parait pas aux sens ni à la lumière de
la raison. Gènes. 37. 20. Tune apparebit quid
illi prosint somnia sua : Après cola on verra
à quoi ses songes lui auront servi. 1. Reg.
26. 21. Tob. 2. 22. Job. 6. 3. c. 15. 14. etc.
3° Paraître se dil aussi de ce qui éclate et
s'expose en public. Matth. 9. 33. Numquam
apparuit sic in Israël: On n'a jamais rien vu
de semblable en Israël. 2. Reg. 6.22. Humi-
lis eroin oculismeis, et cum ancillis de quibut
303
DICTIONNAIRE DE l>IiILOLOGIE SACRLE.
Ô04
locuta es, gloriosior apparebo : Je me mépri-
serai moi-même, dit David à Michol, et je
ferai sioirc de cet abaissement devant les
servantes mêmes dont vous me parlez. Ju-
dith. 10. i. Jerem. 13. 26. Ezech. 21. 2i. etc.
L'on peut rapporter àcette signification d'au-
tres manières de paraître avec éclat, soitavec
estime et par son mérite^ Eccli. 39. i. Jn con-
speclu prœsidis apparebit : Le sage paraîtra
devant ceux qui gouvernent, soit avec affec-
tion et par vanité («/.«Çove-JEc-ext). Prov. 25
6. Ne gloriosus appareas coram rege :Ne vous
élevez point en honneur devant le roi. Il
laut, selon l'Evangile, se tenir dans la der-
nière place, et attendre en repos que le maî-
tre de !a maison nous dise, s'il le juge à pro-
pos : Mon ami. montez plus haut : mais ceux
qui s'élèveront d'eux-mêmes seront abaissés
et se perdront. Ps. 91. 8. Cwn exorli fuerint
peccatores sicul fenum, et apparuerint omnes
qui operantur iniquilatem: Heb. effloruerint,
ut intereant in sœculum sœculi : Lorsque les
péch.'urssescront produits au dehors comme
rherbe, et que tous ceux qui commettent
l'iniquité auront paru avec éclat, ils péri-
ront dans tous les siècles. (AtK/.;-T£tv, per-
Apicere ).
k° Faire paraître son pouvoir, soit pour
proléger et pour favoriser. Jerem. 31. 3.
Longe Domnus apparuit mihi : Il y a long-
lems, dit la Synagogue, que le Seigneur s'est
fait voir à moi et ma regardée d'un visage
favorable. Le prophète représente les Israé-
lites désespérant de la protection de Dieu, parce
qu'il les avait livrés à leurs ennemis. Ezech.
20. 9. Apparia eis in terra Mgypti : Heb.
cognitus sum : J'ai fait éclater mon pouvoir
en leur faveur dans l'Egypte (yt-^c-z^rrCizi). v.
3. Deut. 33. 2. Rom. 10. 20. etc. Ainsi, Sap.
1. 12. Apparet eis qui fidem habent in illum :
Le Seigneur se fait connaître à ceux qui ont
confiance en lui {su.Qy.'Aîiztj'jxi].
Soit pour punir et marquer de l'indigna-
tion. Sap. 6. 6. Horrende et cito apparebit
vobis : Il se fera voir à vous d'une manière
effroyable, et dans peu de temps ; Gr. il vien-
dra fondre sur vous [àfiTzo'.rT^xif supervenire).
Dieu menace de châtiments terribles les
grands du monde et ceux qui gouvernent les
peuples, s'ils ne s'acquitent pas de leur de-
voir. Voy. Mamfestare.
o^Seproduire, seprésenterà quelqu'un (èy.-
f v.-AÇe <jOy.i) .Mcb.^. '2.'*. Non in maniifaclasancla
Jésus introivit, sed in ipsnni cœlum, ut ap-
parent nunc vultui Deipro nobis : Jésus-Christ
n'est point entré dans un sanctuaire fait de la
main des hommes, mais il est entré dans le
ciel même, afin de se présenter maintenant
pour nous devant la face de Dieu. Ps. 62. 3.
Jn terra déserta... sic in sanclo appurui tibi:
dans cette terre déserte où je me trouve, je
ne suis présenté devant vous comme dans
votre sanctuaire. Exod. 10. 28. c. 23. v. io.
17, Deut. 16. 16. Ps. 16. 15. Ps. ki. S. etc.
6' Apparaître, se rendre visible; il se dit
particulièrement des substances spirituelles,
«le Dieu, des anges, de Jésusrrhriï.t. Gènes.
i2. 7. Apparuit Dominas Abrom : Le Sei-
gneur apparut à .\bram c. 17. 1. c 18. v. 1.
2. etc. Exod. 3. 2. Apparuit ei Dominus ;
Dieu apparut à Mo'ise sous la forme d'un
buisson ardent, v. 16. c. i. v. 1. o. Act.
7. 35.
Les anges ont souvent apparu. Luc. 1. 11.
Apparuit illi angélus : Un ange apparut à
Zacharie; à Jésus-Christ, c. 22. 43. c. 1. 26.
à saint Joseph. Matth. 1. 20. c. 2. v. 13. 19.
etc. Les anges ont plus souvent apparu dans
l'Ancien Testament, non-seulement sous le
nom d'ange comme Judic. 6. 12. c. 13. v. 3.
9. etc., mais aussi sous le nom du Seigneur.
Jésus-Christ, après sa résurrection , s'est
fait voir à ses apôtres et à ses disciples.
Marc. 16. 9. Apparuit primo Mariœ Magda-
lenœ : Il apparut premièrement à Marie-
Magdeleine. v. 14. Luc. 24. 34. Et ■jpparuit
Simoni. Act. 1. 3. Per dies quadraginta ap-
parent eis : Il apparut à ses apôtres durant
quarante jours, et à plusieurs autres. Jésus-
Christ s'est fait voir aux anges. 1. Tim. 3.
16. Apparuit angelis : Il a été manifesté an\
anges, parce qu'ils ont considéré avec admi-
ration et avec un profond respect un Dieu
incarné. Mais après avoir paru dans son
premier avènement. Tit. 2. 11. Apparuit
gralia Dei Salvatoris nostri omnibus homini-
bus : La grâce de Dieu notre Sauveur a paru
à tous les hommes ; Gr. le Salutaire à tous
les hommes a paru dans le monde (È:rtyy.iv£-
o-Oki). c. 3. 4. 1. Jo. 3. 5. Il paraîtra au juge-
ment dernier dans son second avènement.
Coloss. 3. 4. Cum Christus apparuerit, vita
veslra, lune et vos apparebitis cum ipso in
gloria : Lorsque Jésus-Christ, qui est voire
vie, viendra à paraître, vous paraîtrez aussi
avec lui dans la gloire (yxvspoûc-OaiJ. 1. Jean
2. 28.
Les morts sont quelquefois ressuscites et se
sont rendus visibles. Malth. 27. 33. Exeuntes
de rnonumentis post resurrectionem ejus^ vene~
runt in sanctam civitatem, et apparuerunt
77ju/a's: Plusieurs sainis, sortant de leurs tom-
beaux après la résurrection de Jésus-Christ,
vinrent en la ville sainte et furent vus de
plusieurs personnes {èao'j.-ji^j(70xi). Ces saints
étaient, ou des fidèles de ce temps-là, ou des
anciens patriarches, ou quelques-uns des
uns et des autres.
Les Hébreux n'ont point d'autre mot que
le verbe nireah, videri, être vu, pour mar-
quer toute sorte d'apparitions; mais Tinter-
prètc latin se sert ordinairement du verbe
apparere pour les signifier.
7° Paraître, signifie aussi avoir l'appa-
rence do quelque chose sans en avoir la réa-
lité. Eslh. 11. 3. Apparuerunt vuces, et tu-
inullus et tonitrua : H lui semblait qu'il en-
tendait des voix, un tumulte, un tonnerre.
C'était une vision que Mardochée eut en
songe.
APPARITOR. is. Ce mot vient du verbe
apparere, paraître devant un prince ou un
magistrat pour exécuter ses ordres, et si-
gnifie:
Un huissier, un archer. 1. Ileg. 19. iU.
Misit Saul apparitores qui râpèrent David:
Saùl envoya dès le matin des archers pour
prendre David [y-^ù jf, nunlius)
505
APP
APP
30 n
Le mot *\' appariteur y en français, signifie
les bedeaux de l'université qui portent des
masses devant. le recteur et les quatre facul-
tés. Les exéculeurs de la justice ecclésiasti-
que s'appellent aussi appariteurs : ils ne
sont pas, comme les huissiers ou sergents, en
titre d'office, ils n'ont qu'une simple com-
mission, et tous les clercs peuvent mettre à
exécution les mandements des évêques et
desofficiaux; mais en latin il marque tous les
officiers qui sont autour du tribunal de leur
maître, tous prêts d'exécuter ses ordres.
APPELLARE , y.u/.îb. Ce verbe est formé
d'ad, et de l'ancien verbe pellare qui signi-
fiait parlera quelqu'un, s'adresser à lui;
ainsi il marque :
1° Appeler, nommer, donner un nom. Gè-
nes. 2. 20. Appellavit Adam nomwibus suis
cuncta animantia . Adam appela chacun des
animaux d'un nom qui leur était propre ; ce
qui marquait la science profonde qu'il avait
reçue de Dieu; il n'aurait pu marquer la
propriété de la nature de chaqueanimal sans
les connaître parfaitement, c. 17. 5. Nec ul-
tra vocabitur nomen tuum Abram, sed appel-
laberis Abraham : Vous ne vous appellerez
plus Abram , mais vous vous appellerez
Abraham ; ce nom est mystérieux, aussi bien
que plusieurs autres dans les livres saints, c.
22. 2i. c. 25. 25. etc. Ainsi, c. 1. 5. Appella-
vitque lucem diem, et tenebras noctem: Dieu
donna à la lumière le nom de jour , et aux
ténèbres (e nom de nuit ; c'est-à-dire que
les hommes devaient appeler la lumière du
nom de jour, et les ténèbres du nom de nuit,
Dieu les ayant séparés l'un d'avec l'autre.
2° Qualifier, marquer par quelque nom,
Sap. 13. 10. Infelices sunt qui appellaverunt
deos opéra manuum hoininum : Ceux-là sont
vraiment malheureux, qui ont donné le nom
de dieux aux ouvrages de lu main des hom-
mes, c iV. 22- Tôt et tam magna mala pacem
appellant : Les hommes donnent le nom de
paix à des maux si grands et en si grand
nombre -oo'jy.yooî-jîL-j). Le Sage parle des dés-
ordres que cause l'adoration des idoles. 2.
Mach. n. 37.
3° Estimer, réputer, considérer. Prov. IG.
21. Qui sapiens est corde , appellubitur pru-
dens : Celui qui a la sagesse du cœur ; c'est-
à-dire cette véritable sagesse qui consiste
dans la connaissance et la pratique des ma-
ximes de la religion, sera estimé sage et pru-
dent , quoiqu'il n'ait point acquis les autres
sciences, n'y ayant point d'autre sngesse vé-
rilable que celle-là. Eccli. o. 10. Non appelle-
ris susurra : Fuyez de passer pour un se-
meur de rapporis , ou ne soyez point tel.
Etre appelé, en Hébreu , signifie être. Voy.
VocARE. Isa. 32. 5. Jac. 2. 23.
k" Appeler (1 un juge inférieur a un supé-
rieur (ÈTri/a/îr^O'/i). Act. 25. 11. Cœsarem appel-
le) : J'en appelle à César, v. 12. c. 20. 32.* c.
28. 19.
o" Etablir, déclarer (TTi^oTayo/ieÙEiv). Hebr. 5.
10. Appellatus n Deo ponlifex juxta ordinem
Melchisrdech • Jésus-Christ a été déclaré pon-
tife selon l'ordre de Melchisédecli.
APPEiNDERE, y.pîuy.-,, i.^-i^-.rM
§ 1. — Pendre ou suspendre à quelque
chose. Exod. 13. 16. Erit quasi signum in
manu tua, et quasi appensum quid inter ocu-
los tuos : Tenez ceci suspendu comme un
signe en vos mains , et sur votre front entre
vos yeux. Les Juifs observaient ceci à la
lettre , ils mettaient sur leurs mains et sur
leur front des bandes de parchemin , où
étaient écrites les paroles de la Loi. Jos. 2.
21. Appendil funiculum coccineum in fenesira :
Rahab pendit un cordon décarlate à sa
fenêtre {oth, ligare). E\od. 26, 32. c. iO. 19,
Num. 3. 26. etc. Ainsi, Job dit que Dieu sus-
pend la terre sur le néant, c. 26. 7. Appendit
terram super nihilum: parce que l'ayant créée,
selon le sentimentdetoule l'antiquité, comme
l'élément le plus pesant au centre du monde,
elle y est comme suspendue et soutenue par
sa propre pesanteur , ponderibus librata
suis; ou plutôt par sa fermeté que Dieu sou-
tient, et qui la tient suspendue au milieu de
l'univers, la terre n'ayant point d'autres fon-
dements : c'est pourquoi le Sage dit , Prov.
8. 29 : Appendebat fundamenta terrœ : Dieu
pesant les fondements de la terre, les tenait
suspendus [irry^jov. -oiti-j, firma faccre). C'est ce
que dit encore Isa. iO. 12. Quis appendit tri-
bus digilis molem terrœ? Qui «outient de trois
doigts toute la masse de la terre? Les écri-
vains sacrés se servent de ces expressions,
pour marquer la toute-puissance de Dieu.
C'est à cette première signification que se
rapporte le mot de pendere, pour marquer le
supplice de ceux qu'on attache à la potence.
Deut. 21. 22. Quando peccaverit homo, et ad-
judicalus morli appensus fuerit in palibulo ,
non permanebit cadaver ejus in ligno : Lors -
qu'un homme aura commis un crime, et
qu'ayant reçu l'arrêt de mort, il aura été
pendu, son corps mort ne demeurera point
attaché au buis. La raison que Dieu en
donne, c'est parce que celui qui est pendu au
bois est maudit de Dieu ; car ceux qui étaient
ainsi pendus au bois, étaient exposés comme
un signal éclatant et infâme de la malédiction
du péché, qui défigurait l'image de Dieu, et
qui devait être retiré promplement dos yeux
des hommes. Voy. Maledictdm. Esth. 2. 23.
c. 5. 1^. c. 7. 9.
§ 2. — 1° Peser, examiner le poids de quel-
que chose. Eccli. i2. 7. Ubi manus multœ
sunt, Claude, et quodcumque trades.numcra et
appende : Où il y a beaucoup de mains, tenez
tout fermé, donnez tout compté et posé, et
ne manquez point d'écrire ce que vous aurez
donné et reçu (iv f7zy.0u':>). 1. Esdr. 8. 25.
Appcndi eis aurum et argent um, et vasa con-
sccrata domus Dei nostri : Je pesai devant eux
l'argent et l'or, et les vases consacrés de la
maison de noire Dieu ; Hebr. offerts, savoir,
par le roi et ses conseillers, v. 26. 29. 33.
2" Payer ou donner au poids («7:xx«Gt7Tew«i).
Gènes. 23. 16. Abraham appendit pecuniam
quam Ephron poslulavcrat : Abraham fit
peser à Ephron l'argent qu'il lui avait de-
mandé et le paya. Ce verbe signifie payer,
parce que, dans ces premiers temps, l'argent
ne se comptait point, mais on le pesait. 2.
Reg. 18. 12. Si appciulcres in manibus meù
(S07
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACKEE
308
mj7/« fôr^cn/cos .Quand vous medonneriez pré-
sentement mille pièces d'argent (■kîpkttocjm).
Eslh. 3. 9. 3. Reg. 20. 39. 2. Par. 26. 8. Job.
28. 15. Isa. 55. 2. Jerem. 32. y. 9. 10. Ainsi ,
Zach. 11. 12. Et appenderunt mercedem tneam
triginta argenleos : Ils pesèrent alors trente
pièces d'argent qu'ils me donnèrent pour ma
récompense. Matth. 26. 15. Constituerunl et
triginta argenteos; le verbe grec torâvat, qui
répond à constituere, signifie aussi peser,
aussi bien que l'Hébreu sakal, d'où vient si-
clus. De là viennent ces façons de parles
figurées , appmdere in statera allitudines
montium : Peser dans la balance les plus
hautes montagnes ; pour marquer le pouvoir
que l'on a sur tout l'univers. C'est ce qu'An-
tiochus s'attribuait avec une insolence insup-
portable. 2. Mac. 9. 8. Voy. Statera. Car
cela n'appartient qu'à Dieu, de qui il est dit
aussi, Job. 28. 25, Qui aquas appendit in men~
sura : C'est lui qui a pesé et mesuré l'eau ,
en faisant ton»ber les pluies sur la terre au-
tant qu'elle en a besoin, et en marquant à
la mer les limites qui la doivent resserrer.
(Voy. Isa. 40. 12. c. 48. 13.)
3° Peser, avoir de la gravité et du poids,
être pesant. Exod. 37. 24. Talentumauri ap-
dendebat candelabrum : Le chandelier pesait
un talent d'or. 2. Reg. 21. 16. Ferrum hastœ
trecentas uncias appendebal : Le fer de sa
lance pesait trois cents sicles. Voy. Ungia.
Gènes. 24. 22. 2. Par. 3. 9. et souvent dans
les Nombres.
k" Peser, examiner, considérer. Job. 6. 2.
Utinam appenderentur peccata mea! Plût à
Dieu que mes péchés et les maux que je
souffre fussent mis les uns avec les autres
dani une balance 1 Nous ne devons juger de
ces paroles que par la sentence de Dieu
même, qui a rendu témoignage à la justice
de Job. c.31.6. Appendat me in statera justa :
Que Dieu pèse mes actions dans une ba-
lance juste, et qu'il connaisse la simplicité
de mon âme. Prov. 21.2. Appendit corda Do-
minus : Le Seigneur pèse les cœurs. Dan. 5.
26. Appensus es in statera : Vous avez été
pesédanslabalance.Voy. Statera (z«T£v9yv£tv,
diriger e).
APPETERE, è-Kievueiv. — 1° Désirer quelque
chose avec passion. Sap. 8. 5. Si divitiœ np-
petuntur in vila, quid sapientia îocuptelius
quœ operatur omnia? Si on souhaite les ri-
chesses de celle vie, qu'y a-t-il de plus riche
que la sagesse qui fait toutes choses? l.Tim.
6. 10. Hebr. 11. 16.-2° Attaquer, atteindre.
Num. 5. 14. Quœ f'alsa suspicione appetitur :
Une femme qui est alleinle ou accusée par
un faux soupçon.
APPETITOR, is, qui désire quelque chose
avec passion (àX).(,Tpt£7i-îTxoTrof). 1. Pet. 4. 15.
Nemo vestrum patiatur ut homicida, aut fur,
aut mateficuSy aut alienorum appetitor : Que
nul de vous ne souffre comme homicide, ou
comme larron, ou comme faisant de mau-
vaises actions, ou comme faisant des des-
seins sur le bien d'autrui ; Gr. ou, comme se
mêlant témérairement de ce qui ne le re-
garde pas.
APPETITUS, us. Ce nom signifie l'appétit
sensitif, le désir, et de plus :
Passion, convoitise. Gènes. 4.7. Sub te erii
appetitus ejus , et tu dominaberis illius, se.
peccati: Vous tiendrez sous vous votre con-
cupiscence, et vous la dominerez par votre
libre arbitre fortifié de la grâce. Ezech. 21.
16. Vnde ad dexteram, sive ad sinistram^quo-
cumque faciei tuœ est appetitus: Oépée, allez
à droite ou. à gauche, partout où votre désir
violent vous appellera ; le mot faciès est
souvent un pléonasme qui n'ajoute rien à la
signification.
APPHAIM, Heb. Vultus, fils de Nadab,
père de Jési, descendant de Juda. 1. Par. 2.
30.
APPHUS , indignatioms consilium ; Gr.
coLTVfovç. Surnom de Jonathas. 1. Mach. 2. 5.
APPlA,^;Gr.'A7ryîa.Prorfucens. Apple, dame
chrétienne de la ville de Colosse et femme de
Philémon. Philem. 1. 2. Appiœ sorori cliaris'
simœ : Paul.... à notre très-chère sœur Ap-
ple.
APPIUS, I, Idem. Appius, surnommé 1'^-
veugle, magistrat romain d'un très-grand
mérite; c'est de lui qu'a été appelée la ville
ou la place nommée le marché d' Appius, où
l'on bâtit depuis trois hôtelleries pour la
commodité des voyageurs à cinquante milles
de Rome. Ce lieu est devenu une ville épi-
scopale, qui depuis a été détruite. C'est au-
jourd'hui Casariliodi S. Marina. Voy. Forum,
Voy. «Taberna.
APPLAUDERE, smTcporelv. Applaudir, battre
des mains pour marquer qu'on approuve
quelque chose ; et figurément,
Louer et approuver quelque action. Jerem.
5. 31. Prophetœ prophetabant mendaciter, et
sacerdotes applaudebant manibus suis: Les
prophètes débitaient des mensonges comme
des prophéties, les prêtres leur applaudis-
saient, et mon peuple y trouvait son plai-
sir.
APPLICARE , npo(Tâyetv. Approcher une
chose d'une autre, attacher, accommoder,
ajuster; dans l'Ecriture :
1° Approcher, mettre auprès, faire venir
auprès (èyyiÇsiv). Gcues. 48. 13. Applicuit am-
bos ad ewn : Joseph approcha de Jacob ses
deuxenfanlspourles faire bénir, v. 10. Exod.
22. 8. Dominus domus appHcabitur ad deos
(TT/ooo-épxco-ôat) : On fera venir le maître de la
maison devant les juges. 1. Reg. 10. 20. 21.
Et applicuit Samuel tribus Israël : Samuel
fit venir toules les tribus devant l'arche, où
étaient les urnes qui servaient à jeter le sort.
V. 21. c. 14. 18. Applica arcain Domini : Ap- j
prochez l'arche du Seigneur, pour le con-
sulter. Exod. 21. 6. c. 28. 1. c. 29. v. 4. 10. c.
40. 12. etc. D'où vient, Applicare manum ad
os suum : Porter sa main à sa bouche, c'est-
à-dire, manger. Vrov .id. '2k. Abscondit piger
méfaum suam sub ascella, nec ad os suum ap~
plicat eam : Le paresseux porte sa inain sous
son aisselle, et il ne prend pas la peine de la
porter à sa bouche. Applicare ou converiere
manum ad os suum, signifie, manger; ainsi,
cacher sa main sous son aisselle, et ne pas
prendre la peine de la porter à sa bouche ,
309 Al'i'
marque figurément une paresse exlrême
d'un homme qui aime mieux se laisser mou-
rir de faim, que de Iravailler pour vivre. Voy.
Os. l.Reg. 14. 26. Ainsi, Ezech. 8. 17. Ap-
plicani ramiim ad nares : Ils portent un ra-
meau à leur nez. Le prophète marque par
ces paroles une espèce d'idolâtrie ; car comme
il y avait des arbres consacrés à différents
dieux, c'était prendre part à l'idolâtrie que
d'en prendre un rameau par superstition et
le porter à son nez, soit pour le sentir, soit
pour marquer l'honneur qu'on rend à la
fausse divinité, à laquelle ce rameau était
consacré.
2° Prendre, ou mettre sur soi, se revêtir.
1. Reg. 23. 9. Dixit ad Abiathar sacerdofem :
Applica Ephod : David dit au prêtre Abia-
thar : Prenez l'Ephod. c. 30. 7. Applica ad
me Ephod; et applicavit Abiathar Ephod ad
David : Mettez pour moi l'Ephod , et Abia-
thar se revêtit de l'Ephod pour David, afin
qu'il y reconnût la volonté de Dieu.
3° Aborder, venir à bord (-ooc-o|5piÇî<76ai).
Marc. 6. 53. Venerunt iii terram Genesareth, et
applicaverunt : Ils vinrent en la terre de Gé-
nésareth et y abordèrent. Act. 20. 15. Ce verbe
est ici actif, et l'on sous-entend le mol navem;
ainsi aborder, c'est faire avancer le vaisseau
sur le bord. C'est en ce sens qu'il se prend,
2.Par.2.16. Cœdemus ligna de Libano etappli-
cabiinus ea ratibus per mare in Jappe (ùythj :
Nous ferons couper dans le Liban tout le bois
dont vous aurez besoin, et nous le ferons char-
ger sur des barques pour le conduire par mer
à Joppé.
4° Débarquer, mettre hors du vaisseau
(«xTtv«c-!7£tv , dejicere). 3. Reg. 5. 9. Applicabo
ea ibi .-Je ferai débarquer là les bois de cè-
dre et de sapin, et vous aurez soin de les
faire prendre.
5° Avancer, marcher contre (TrapavaëâXXetv).
1. Mac. 3. ko. Applicuerunt Emmanm : Les
ennemis vinrent camper près d Emmaiis. v.
42. Vidit Judas et fratres ejus... quia exerci-
tus applicabant ad fines eorum : Judas et ses
frères reconnurent que larmée ennemie
s'approchait de leur pays (7r«/>£p€«).).£iv, cas^
tramelarij. c. k. 2. c. 5. 5. c. 6. v. 26. 31. et
souvent ailleurs dans ce livre. Mais ce verbe
est encore ici actif, et l'ou y sous-entend le
pronom ou quelque nom qui est exprimé en
d'autres endroits, c. 5. oO. Applicuerunt se
viri virtutis :L(iS plus vaillants hommes sal-
lachèrenl aux murailles (Tra/^sfiÇa/zeiv). c.7. 39.
Castra applicuit ad Bethoron .-Nicanor vint
carniier près de Bethoron. r. 9. 3. Applicue-
runt exercitum ad Jérusalem : Bucchides et
Alcim» se rendirent avec toute l'armée près
(ie Jérusalem.
6° Allier, associer (TrpoffTiOÉvat). Dan. 11.
•'.'•■. Applicabuntur eis plurimi fraudulenter :
Plusieurs rejoindront a eux par ii:v2 .iliiafice
teinte. Lt- prophète pa«le de ceux qui ayaiit
consenti à l'idolâtrie, du tcnpsdv'» Macha-
bées, devaient se rejoindre à leur p.»;ii poar
un peu do temps et d'une manière peu sin-
cère.
7* Unir, attacher, engager. Num. 16.5. San-
Clos applicabitsibi: Dieu consacrer a àsonser-
AFP
10
vicepour être ses prêtres ceux qui serontsanc-
lifiés.Eccli.33.12. Ex ipsis sanctificavit, et ad
se applicavit : De tous les hommes Dieu en
sanctifie quelques-uns, qu'il tient toujours
attachés à lui. Zach. 2. 11. Et applicabunlur
gentes multœ ad Dominum in die illa : En ce
jour-là plusieurs peuples s'attacheront au
Seigneur (È'/yîÇstv, raoc-ipsOysiv, confugerej. Le
prophète prédit lavocalion des gentils. Ainsi,
Jerem. 30. 21. Applicabo eum^ et accedet ad
me : Je l'appliquerai moi-même, et il s'ap-
prochera de moi. Dieu parle, selon la pen-
sée de saint Jérôme , de celte liaison mer-
veilleuse, par laquelle il a uni très-élroile-
ment le Sauveur avec soi, par l'union hypo-
statique de !a nature humaine avec la nature
divine de son propre Fils (ffjvâyîtv, congre-
gare).
8° Appliquer, conduire, régler. Job. 40. 14.
Qui fecit eum, applicabit gladium ejus : Celui
qui a fait l'éléphant, appliquera et conduira
son épée; c'est-à-dire, sa trompe où est la
principale force de cet animal. Voy. Gla-
DIUS.
9° Appliquer, porter un coup sur quel-
qu'un, faire tomber dessus (èrrâyEiv). Eccli.
2. 4. Omne quod tibi applicitum fuerit, ac~
cipe : Acceptez de bon cœur toul le mal
qui vous arrivera de la part de Dieu.
10" Appliquer , donner son application.
Jerem. 30. 21. Quis enim est qui appticet cor
suum, ut appropinquet mihi ? Qa\ est celui
qui puisse appliquer son cœur pour s'ap-
procher de moi? dit le Seigneur. Nous n'ap-
prochons de Dieu qu'autant qu'il nous attire
a lui par sa grâce. Nul ne peut venir à moi,
si mon Père qui m'a envoyé ne le tire à lui ,
dit Jésus-Christ {Joan. 6. 44. Ose. 7. 6. Ap-
plicuerunt quasi clibanum cor suum (àv«xaî£tv,
accendere) : Us se sont portés à l'idolâtrie
avec la même ardeur qu'est celle d'un four
chaud. Osée parle des Israélites du temps de
Jéhu.
APPONERE, TzpoartBi-jxt. Ce verbe signifie
mettre une chose auprès d'une autre, ou sur
une autre.
1° Mettre auprès , apposer, appliquer. 3.
Reg. 7. 3Q. Sculpsit Cherubim quasi in simili-
tudinem ho7ninis slanlis , ut non cœlata sed
apposita per cirruiium viderentur . Hiram fil
encore des chérubins représentant un hom-
me qui est debout, en sorte que ces figures
paraissaient non point gravées, mais ajou-
tées tout à l'entour du bassin.
De là vient Apponere : Présenter, servir
des viandes (TTK/jaTtôJvat). Luc. 10. 8. Mundu^
cate quœ apponunlur vubis : Mangez ce qu'on
vous présentera. Gènes. 24. 33. Et apposi-
tus est in conspeclu ejus panis : En même
temps on lui servit à manger, c. 43. 32. 4.
Reg. 4. 43. c. 6. 23. Prov. 23. 2. Eccli. 31.
19. Marc. 8. v. 6. 7. Act. 16. 34. 1. Cor. 10.
27. La raison de celte expression vient de ce
qu'on met auprès ou devant les personnes
les viandes qu'on leur sert. Ainsi ce qu'on ,
niel devan! quelqu'un pour le prendre ou le ^
laisser, s'er.priine parce verbe. Eccli. 15. 17. •
Apposuii tibi aquam et igncm : Dieu a mis
auprès de >ous l'eau et le feu, afin que vou»
511
DICTIONNAIRE Dii 1 IlILOLOGIE SACREE.
312
porliei; la main du côîé que vous voudrez.
Ces paroles marquent la liberté qu'a eue le
premier liomme et qui reste encore dans ses
descendants, pour se porter au bien ou au
mai. De même aussi offrir est rendu par ce
mot. Baruch. 6. t. 29. 2i.
Apponere,me\.lre auprès, pour signifier en-
terrer, appartient à ce premier nombre. Gen.
25. 17. Appositus est ad populum suiim : Is-
luaël fut réuni à son peuple, c. 35. 29. Ap-
positus est populo suo : Isaac fut joint à son
peuple, c'est à-dire, à ses ancêtres, et est
mort aussi bien qu'eux, c. i9. 32. Deut. 32.
50. Judith, li. 6. Dan. 13. 65. 1. Mac. 2. 69.
c. li. .30. Act. 13. 36. Cette façon de parler
est fondée sur la coutume à-es Hébreux,
d'enterrer les morts auprès de leurs pro-
ches.
2" Joindre, ajouter. Ps. 119.3. Quid detur
tibi, (lut quid apponatur tibi ad lingiiam do-
losciûi? Que pourra- t-on ajouter à la gran-
deur du mal que vous cause la langue trom-
peuse ? Apoc. 22. 18. Si quis apposuerit nd
hœc : Si quelqu'un ajoute quelque chose aux
paroles de cette prophétie. Dieu le frappera
«ic plaies. Ajouter à l'Ecriture, c'est la falsi-
fier et la corrompre, c'est l'interpréter en
un mauvais sens. Voy. Addere. Prov. 3. 2.
Longiiudinem dierum, et annos vitœ, et pacem
opponent tibi : La pratique de la loi de Dieu
fait trouver la longueur des jours, la multi-
plication des années et la paix. Ainsi, c. 10.
27. Timor Domini apponet dies : La crainte
du Seigneur prolonge les jours, quoique les
gens de bien vivent ordinairement longtemps
par une grâce particulière de Dieu, et par le
régime d'une vie sage et réglée. Ces passages
s'entendent principalement de la vie éter-
nelle qui est ajoutée à la vie présente, au
lieu que les méchants passent de cette vie à
une mort éternelle. Ps. 68. 32. Appone ini-
quilatem super iniquitatem eorum : Faites
qu'ils ajoutent iniquité sur iniquité, pour en
combler la mesure.
On peut rapporter à cette signification le
verbe apponere avec l'infinilif d'un autre
verbe, ou avec ut suivi d'un subjonctif, pour
dire, continuel de faire, ou faire encore quel-
quefois. Ps. 77. 17. Et apposueruiit adfiuc
peccare ei : Les Israélites ne laissèrent pas de
pécher encore contre le Seigneur, nonobs-
tant toutes les faveurs dont il les comblait.
1. Mach. 9. V. 1. 72. y on apposait amplius
tenire : Bacchides ne revint plus depuis en
Judée. Ainsi, Act. 12. 3. Apposait ut appre-
fienderet et Pelram ; Hérode Agrippa (il en-
core prendre Pierre. Prov. J9. 19. Qui im-
patiens est sustinebit damnum, et cum rapue-
ri(, aliud apponet : Celui qui ne peut rien
endurer en souffrira de la perte, et lorsqu'il
nura commencé de prendre quelque chose,
il continuera de le faire. Plusieurs l'enten-
dent du pauvre qui souffre impatiemment sa
pauvreté Voy. Rapere.
Mais ce verbe en plusieurs endroits semble
n'être qu'un pléonasme qui n'ajoute rien.
Ps. 76. 8. Non apponet ut complacitior sit
rdhuc? Dieu ne pourra-t-il plus se résoudre
à nous êlre favorable? Ps. 88. 23. FHius ini-
quilalis non apponet nocere ei:Le méchant
ne pourra lui nuire. Ps. H. 10. 18. Ps. 77. 17.
1. Reg. 7. 13.
3° Joindre , réunir, associer. Jerem. 50, 5.
Apponentur ad Dominum fœdere sempiterno :
Ils se réuniront au Seigneur par une alliance
éternelle. Cette prophélie marque l'établisse-
ment de l'Eglise par la réunion des Juifs et
des Gentils. Act. 2. Vl. c. 11. 2i. Apposiln
est maîta turba Dotnino :l}n grand nombre
de personnes crurent et se joignirent au Sei-
gneur.
i* Appliquer, attacher, pour marquer l'af-
fection que l'on a pour quelque chose : d'où
vient, Apponere cor. Ps. 61. 11. Divitiœ si
affluant, nolite cor apponere : ^\ vous avez
beaucoup de richesses, gardez-vous bien d'y
attacher votre cœur. Exod. 7. 23. Job. 7. 17.
Prov. 22. 17. Eocl. 8. 16.
5° Opposer, exposer en bulte {ÏTf:tbs-iv.i).
Act. 18. 10. Nemo apponetur tibi ut noceat ,
etc. : Personne ne vous pourra maltraiter.
6° Imposer, appliquer, faire ressentir (i-t-
Ttîiévzi). Apoc.22. 18. Si quisapposuerit adiiœc,
apponet Deus super illumplagas :'è'\ quelqu'un
ajoute quelque chose à cette prophétie, Dieu
le frappera des plaies qui sont écrites dans
ce Livre. 2. Reg. 20. 10. Nec secundum vulnus
apposuit : Joah n'eut pas besoin de frapper
Amasa d'un second coup. 2. Par. 10. 11.
Pater meus iynposnit vobis grave jugum, et
ego majus pondus apponam :^lon père , dit
lioboam, vous a imposé un joug pesant, et je
vous déclare que je le rendrai encore plus
pesant.
7° Indisposer, aliéner. 2. Mach. 5. 2i. Cum-
que appositus esset contra Judœos :}\l nelaûs
étant plein de haine contre les Juifs; Gr. àns-
X,Ori îyzv) BiCf-b-Ti-j, infensum habere affeclum.
8* Abattre, mettre à bas, rendre inutile
YMzy.y.û'j^'jit. Sap. 17. 7. Magicœ artis apposili
erant derisus : Cesi alors que toutes les illu-
sions de l'art des magiciens devinrent inu-
tiles; Gr. jacebant.
APPOSITIO, Ms, 5éfia. Nom verbal qui si-
gnifie l'action par laquelle on met une chose
auprès d'une autre ou sur une autre; ainsi,
Appositio epularum : c'est l'action par la-
quelle on sert des viandes sur table. Eccli.
30." 18. Bona abscondita in ore clauso, quasi
appositiones epularum circumposilœ sepul-
cro : Des biens exquis devant une bouche
fermée, sont comme un grand festin autour
d'un sépulcre. Le Sage parle contre ces hom-
mes riches que Dieu alfiige de maladies con-
tinuelles, et qui sont dans l'impuissance de
jouir des biens qu'ils ont amassés avec tant
de soin; les viandes délicieuses qu'on leur
sert sont devant eux comme un festin ma-
gnifique que l'on servirait devant un mort.
Voy. AescoNDirus.
APPORTARE, yéûEiv Portera quelqu'un,
apporter. 2. Reg. 18. 31. Bonum apporta
nuntium Chusi dit à David : Je vous porte
une bonne nouvelle. 2. Esd. 12. 13.
APPRKHENDERE, xo^t^îv, i-àuu^.à-,îa<)xi ,
1° Prendre avec la main, empoigner (Àafi-
try.-Jiu} Gones. 8. 9. Anprdtensam intulit in
513
AFP
APP
31 4
arcam .Etendant la main, prit la coloaibe et
la remit dans l'arche, c. 19. 16. Dissimulante
illu, apprehenderunt 7nanum e/us ; Les anges
voyant que Loth différait toujours de sortir,
ils le prirent par la main. c. 39. 12. c. i8.
17. Matlh. li. 31. Marc. 1. 31. etc.
On peut rapporter à cette signification
toutes les manières par lesquelles on prend
quelqu'un, ou en l'attirant à soi , ou en le
tirant à part pour quelque raison que ce
soit. Isa. 3. 6. Apprehendet vir fratrem suum,
domesticum patris siii, Vestimentum tibi est,
princeps esto noster : Chacun prendra son
propre frère, né dans la maison de son père,
et lui dira, Vous êtes riche en vêtements,
soyez notre prince; ce qui marque une
grande disette de personnes qui fussent pro-
pres pour conduire, c. 4. 1. Et appréhendent
septem mulieres virumimum : En ce temps-là
sept femmes, c'est-à-dire, plusieurs femmes
rechercheront en mariage un seul homme ;
ce qui fait voir encore une grande défaite
d'hommes et une grande désolation. Marc.
7. 33. Et apprehendens eum de turba : 3ésus
le tirant de la foule du peuple, et le prenant
à part. c. 8. 32. Et apprehendens eum Peints:
Pierre le tirant à part, commença à le re-
prendre. Isa. 41. 9. Apprehendi te ab extre-
mis terrœ : Je vous ai pris pour vous tirer des
extrémités du monde; ce qui se dit figuré-
ment de Dieu, qui a tiré son peuple de la
Chaldée dans la personne d'Abraham qu'il
en afaitsortir (àvTt>,av.o«vîTeat). Ainsi, Appre-
hendere manum a/îcw/us ; Prendre quelqu'un
par la main; c'est, 1° le soutenir, le soula-
ger, le secourir. Isa. 42. 6. Ego Dominus vo-
cavi te injustitia, et apprehendi manum tuam:
Je suis le Seigneur qui vous ai appelé dans
la justice, qui vous ai pris par la main. Dieu
parle à son Fils Jésus-Christ, à qui il a donné
les grâces nécessaires pour être le Médiateur
des hommes, c. 41. 13. c. 45. 1. c. 51. 18.
Jcrem. 31. .32. Hebr. 8. 9. C'est encore en ce
sens que s'entend cet endroit de saint Paul.
Hebr. 2. 16. Nusquam angelos npprehendit,
sed semen Abrahœ apprehendit .Jésus-Christ
n'a pas pris les anges pour les délivrer, mais
il a pris la race d'Abraham. Le mot grec qui
est au présent, signifie, prendre un homme
par la main, pour le tirer de la servitude ou
des liens; on ne fait point Jésus-Christ le
libérateur des anges, mais des hommes mar-
qués par la race d'Abraham, de qui il a
voulu descendre. Dieu n'a pas racheté les
anges, parce qu'ils ne s'étaient pas perdus
tous; mais il a racheté la nature humaine,
qui était périe tout entière dans la personne
de son premier père.
^ 2' Implorer le secours de quelqu'un. Zach.
1 i. 13. Apprehendet vir manum proximi sui :
L'un prendra la main de l'autre; Dieu me-
nace les ennemis de Jérusalem de jeter l'é-
pouvante et la confusion parmi eux , ce qui
les obligera d'avoir r( cours à lours voisins
et de faire des alliances avec eux. Voy. Con-
.•^EREnE. Ezech. 29. 7.
Apprehendere arma: Vrendrc les armes, se
préparer à la guerre. Ps. 34. 2. Appréhende
arma cl scutnm : non pas que Dieu ait besoin
darmes pour punir les méchants; mais le
Psalmiste se sert de cette expression pour les
épouvanter.
2° Prendre, se saisir, se rendre maître (Trti-
Çstv). Joan.8. 20. Nemo apprehendit eum, quia
necdum venerat hora ejus : Personne ne se
saisit de Jésus-Christ, parce que son heure
n'était pas encore venue. 3. Reg. 18. 40.
Apprehendile prophelas Baal, et ne unus qui-
dem effugiat tx eis ((7u).),a|^ç«vc-iv) : Prenez les
prêtres de Baal , et qu'il ne s'en échappe pas
un seul. c. 13. 4. c. 20. 18. 4. Reg. 14. 7.
Joan. 7. v. 30. 32. 44. Act. 16. 19. c. 17.
19. etc. Ce qui se dit aussi des passions de
l'âme, des affiiclions et des autres choses.
Ps. 47. 7. Trçmor apprehendit eos : Le trem-
blement les a saisis. Num. 32. 23. Scitole
quoniampeccatumvestrum (pœnapeccali) ap-
prehendet vos : Et ne doutez point que votre
péché ne retombe sur vous, et que vous n'en
soyez punis. Jerem. 6. 24. c. 49. 24. Job. 41.
17. Cum apprehenderit eum gladius:Si on le
veut percer de l'épée, nulle arme ne pourra
le blesser. Job parle de la baleine, sous le
nom de Leviathan.
3° Surprendre, attraper, tromper. Job. 5.
13. Quiapprehcndit sapientes in astuliaeorum :
Dieu trompe les sages par leur propre sa-
gesse, c. 27. 20. Ps. 34. 8. Eccli. 7. 1. c. 23.
V. 8. 30. Ainsi, 1. Cor. 10. 13. Tentatio vos
non appréhendât nisi humana:Je désire qu'il
ne vous arrive que des tentations humaines
et ordinaires. On explique aussi cet endroit
des afflictions et des persécutions. Gr. Non
apprehendit. Jusqu'à maintenant vous n'avez
supporté qu'une tentation humaine ; c'est-à-
dire, une persécution ordinaire. Voy. Ten-
tatio.
4° Atteindre, parvenir à quelque chose. 1.
Tim. 6. 12. Appréhende vitam œternam. in
qua vocatus es : Travaillez à remporter le
prix de la vie éternelle, à laquelle vous avez
été appelé. Eccli. 15. 2. Quicontinens est jus-
titiœ apprehendet î7/om; Celui qui est affermi
dans la justice, Gr. dans la loi, possédera la
sagesse, v. 7. c. 11. 10. c. 27. 9. Job. 23. 9.
Isa. 59. 9. Jerem. 49. 16. Ose. 2. 7. Ainsi, 1.
Mac. 10. 23. Apprehendere amicitiam : Gagner
l'amitié de quelqu'un {^ù.Lkv xa-aO-o-Oxi). On
peut aussi rapporter à celte signification cet
endroit du Lévitique, Levit. 26. 5. Apprehen-
det messium tritura vindemiam : La moisson
sera si abondante qu'elle durera jusqu'à la
vendange. Voy. Comprehendere. Amos 9. 13.
5° Aimer quelque chose, s'y porter avec
ardeur, s'y attacher (o/;«<T(7cc7(?at.Ps. 2. 12. Ap^
prehendile disciplinam : embrassez étroite-
ment la pureté de la discipline ; Heb. oscnla-
mini Filimn; embrassez le Fils, adoroz-le ,
et soumettez-vous à sa discipline. 2. Par. 7.
22. Prov. 2. 19. c. 3. 18. Isa. 56. 2. Jerem. 8.
6. Baruch. 4.2. Rom.9. 31.Cant. 7. 8. c.8. 2.
APPRETIaRE, Ttuâv. Ce verbe n'est point
en usage dans les auteurs latins; mais en
français yl/;pr(fcj<?r signifie estimer, ou mettre
un prix à une chose qu'on ne peut payer,
ou représenter en espèce, comme les grains
dos redevances seigneuriales, et autres cho-
ses; dans l'Ecriture, Appretiare signifie :
DlCTIONiNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
;ia
Estimer, nieltre à prix (So^iuà^et-j). Zach,
11. 13. El dixit Dominus ad me, Projice illud
ad statiiarium , décorum pretium quo appre-
tiatus siim ah eis : Allez jeter à l'ouvrier en
argile cet argent , celte belle somme qu'ils
ont cru que je valais. Dieu ordonne au pro-
phète de faire en vision ce que Judas devait
faire en effet. Mallh. 27. 9. Tune implctum
est quod dictum est per Jeremiam Prophetain
(Zacharie l'a tiré de Jéréinie, ou c'est une
faute de copiste, qui met lun pour l'autre).
Et acceperunt trigïnta argenteos pretium
appretiati {quem appretiaverunt)u filiis Israël,
et dederunt eos in agrum figuli : Ils ont reçu
les trente pièces d'argent, qui était le prix de
celui qui a été mis à prix, et dont ils avaient
fait le marché avec les enfants d'Israël. V^oy.
Statuarius.
APPROBARE. Approuver, donner son ap-
probation.
1° Approuver, en pratiquant ce qui est or-
doniȎ. Mich. 6. 9. Audite tribus, et quis ap~
probabit illud? Ecoutez, ô tribus; mais com-
bien peu recevront avec soumission ce que
Dieu leur dit?
S'Approuver, reconnaître, autoriser {àizoBei'
xv'Jètv.Acl. 2. '2'2,.JesumNazarenum,viru7nap-
probatum a Deo in vobis (inleremislis) : Vous
avez fait mourir Jésus de Nazareth, que Dieu
avait rendu célèbre par les merveilles qu'il a
faites au milieu de vous.
APPROPINQUARE , lyyiÇsiv. Approcher,
venir près de quelque lieu ou de quelque
personne; mais parce qu'en approchant de
quelqu'un, c'est pour lui faire du bien ou du
mal, ce verbe signifle quelquefois dans l'E-
criture, maltraiter, persécuter; le verbe Hé-
breu karab, signifle approcher et faire la
guerre, f
1° Approcher, venir près. Prov. 5. 8. Ne
appropinques foribus domus ejus : N'appro-
chez point de la porte de sa maison ; le Sage
avertit les jeunes gens d'éviter la présence
d'une prostituée. Eccl. 4. 17. Appropinqua
nt audias : Approchez-vous pour écouler. 11
parle à ceux qui entrent dans l'Eglise, quî
est la maison du Seigneur. Luc. 7. 12. c. 10
3i. c. 13. 23. etc.
Or ce verbe appropinquare signifle quel-
quefois être près d'un lieu que l'on a passé.
Luc. 18. 35. Cum appropinquaret Jéricho:
Lorsqu'il éiait près de Jéricho, et qu'il en
sorlail, comme il paraît. Malth. 20. v. 29. 30.
Egredientibus illis ah Jéricho. Luc. 19. 29.
lit faclum est cum appropinquasset ad
Bethphage et Bethaniam : U avait passé Bé-
thanic. Marc. 11. 1. El cum appropinquarent
Jerosolymis et Belhaniœ : Ils avaient passé ce
dernier lieu, comme il se voit. Malth. 21. 1.
J'^l cum appropinquassent Jerosolymis et ve-
nissent Bethphage.
2" Venir, arriver, en parlant du temps.
Mallh. 3. 2. c. h. 17. c. iO.T.Appropinquavit
rcgnum cœloruhi : Le royaume du ciel est
proche, ou est arrivé; c'est-à-dire le temps
du Messie, qui promet à ceux qui le rece-
vront de les faire régner dans le ciel, est
enfin arrivé. Matth. 2(). k'6. Ecce appmpin-
guuvit Aora: L'heure est venue que le Fils de
entre les mains des
11. 3.Reg. 3. l.Ëccl.
secourir , proléger.
l'homme va éire livré
pécheurs. Luc. 10. v. 9.
12. 1. etc.
3° Etre favorable ,
Thren. 3. 57. Appropinquasli in die quando
invocavi te : Vous vous êtes approché de moi
pour me secourir au jour où je vous ai in-
voqué. Jac. i. 8. Appropinquate Deo, et ap-
propinqu'tbit î;o6is;Approchez-vous de Dieu,
et il s'approchera de vous ; nous approchons
de Dieu quand il nous attire à lui par sa
grâce, et il s'approche de nous en se com-
muniquant à nous d'une manière particu-
lière, et nous faisant agir par le mouvement
de son Saint-Espril. Deut. ï. i. Nec est alia
nalio tam grandis quœ habeat deos apuropin-
quantes sibi, sicut Deus noster : 11 n'y a point
d'autre nation , quelque puissante qu'elle
soit, qui ait des dieux aussi proches d'elle;
c'est-à-dire , si favorables et si appliqués à
faire du bien.
4° Agréable, et bien reçu. 3. Reg. 8. 59. Et
sint sermones mei isti appropinquantes Do-
mino Deo nostro die ac nocte : Que les pa-
roles de celte prière que j'ai faite devant le
Seigneur, lui soient présentes jour et nuit ;
c'est-à-dire, qu'il les exauce et continue
toujours de me proléger. Ps. 118. 169. Ap-
propinquet deprecatio mea in conspectu tuo ,
Domme : Que ma prière s'approche devons,
qu'elle trouve un favorable accès auprès de
vous.
5° Approcher pour faire du mal, nuire, in-
commoder, maltraiter. Ps. 54. 19. Bedimet
in pace animam meani ah his qui appropin^
quant mihi :Lc Seigneur me donnera la paix,
et me sauvera la vie d'entre les mains de
ceux qui s'approchent pour me perdre, v. 22.
Appropinquavit cor illius : Il a conçu dans
son cœur le dessein de me perdre. Ps. 37. 12.
Amici mei et proximi mei adversum me ap-
propinquaverttnt : Mes amis et mes proches
se sont élevés contre moi. Ps. 90. v. 7. 10.
Isa. 54. 14. Voy. Appropiare, Approximare.
§ i«^ — Diverses expressions de ce verbe.
1° Appropinquare ad aliquid : Devenir
semblable à quelque chose. Eccli. 24. 43.
Fluvius meus appropinquavit ad mare : Mon
fleuve est devenu une mer. La doctrine de
la Sagesse est devenue abondante comme
un fleuve, quand les écrits des prophètes
ont été ajoutés aux livres de Moïse; et ce
fleuve est devenu une grande mer, quand
cette doctrine s'est répandue par tous les
pays où les Juifs étaient dispersés, du temps
de l'auteur de l Ecclésiastique. Ainsi, c. 37.
43. Aviditas appropinquabit usque ad cho~
leram : Les viandes prises avec excès se
tournent en bile, et donnent la colique.
2° Appropinquare iniquitati : S'approcher
de l'iniquité; c'est l'aimer et s'y attacher
(7r/30(T£77tÇ:iv). Ps. 118. V. 150. Appropinqua-
verunt persequentes me iniquitati : Mes persé-
cuteurs se sont portés à l'iniquilé, et se sont
éloignés de votre loi. Heb. Ceux qui me per-
sécutent injustement se sont approchés de
moi pour me faire du mal. Voy. n. 5.
3° Appropinquare inferno, ou corruptioni :
Approclier du tombeau, être près de mourir.
517
app
APP
318
Ps. 87- 4. Vita mea inferno appropinquavii :
Ma vie est toute proche de la mort. Job. 33.
22. Appropinquavit corruplioni anima ejus :
Il se voit près de la corruption. Eccli. 51. 9.
Ainsi, ps. 106. 18. Appropinqnaverunt usque
ad portas mords : Ils ont été en très-grand
danger de perdre la vie. Voy. Infernus.
k' Appropinquare pedibus aliciijus : Se te-
nir aux pieds de quelqu'un. Deut. 33. 3. Qui
appropinquant pedibus ejus accipient de doc-
trina illius : Ceux qui se tiennent à ses pieds,
comme les disciples se tiennent aux pieds
de leur maître, recevront ses instructions et
sa doctrine : il faut de la soumi>sion pour
recevoir de Dieu ses instructions et ses
grâces.
5° Appropinquare solio iniquilatis : Etre
près d'un trône injuste, être près d'y monter
pour y commettre des injustices. Amos 6. 3.
Qui appropinquatis solio iniquilatis : Heb.
Qui approchez de vous le siège d'injustice.
D'autres expliquent : Qui êtes près d'être
assujettis à un roi barbare. Voy. Ps. 93.
20.
6° Appropinquare uxori : S'approcher de
sa femme; c'est une expression honnête,
pour marquer l'usage du mariage [Trpofréoyjrj'
ôai) Exod.l9. 15. Ne appropinquetis uxoribus
veslris : N'approchez point de vos femmes.
Dieu demande une grande pureté pour re-
cevoir sa loi.
§ 2. — Appropinquare Deo ou ad Dedm, approcher de
Dieu.
Celle phrase signiûe, 1» servir Dieu dans
un ministère sacré. Levit. 10. 3. Sanctifia
cabor in iis qui appropinquant mihi : Je serai
sanctiflé par ceux qui approchent de moi
pour me servir. Num. 16. 5. Quos elegerii
appropinquabunt ei : Ceux que le Seigneur
a élus s'approcheront de lui pour exercer
leur ministère (Trpoc-âyïiv, Adducere). Jerem.
30. 21. Ezech. kl. 13. c. U. 13.
2° Embrasser le culte du vrai Dieu. Isa.
ki. 5. Appropinquaverunl et accesserunt : Ils
se sont approchés, et ils sont venus à moi.
Les interprètes qui examinent de plus près
le sens de ce passage, l'entendent des infi-
dèles qui, étant épouvantés par les prodiges
que Dieu faisait en faveur de Muïse, de
Josué el d'Abraham, s'assemblaient pour se
fortifier dans la résolution de défendre leur
idolâtrie.
3° Se convertir à Dieu par un repentir
sincère, el avec les sentiments dune vraie
humilité. Jac. k. 8. Appropinquate Deo, et
oppropinquabil vobis : Approchez-vous de
Dieu, ol il s'approchera de vous. On s'a|)-
proche de Dieu par les mouvements du cœur,
excité par sa grâce. Soph. 3. 2. Ad Deuui
suum non appropinquavit : Jérusalem ne
s'esl point approchée de son Dieu |)ar un
sincère repentir de ses crimes, el ne s'est
point corrigée. Ce qui se fait (luelquelois par
iiypocrisie. Isa. 29. 13. Appropinqual popu-
lus isic ore suo, et labiis suis ijloripcal nie,
Cor autem rjutlovge est a me .Cepeuijlo s'ap-
proche de moi de bouche el me glorifie des
lèvres; mais son cœur est éloigné do moi.
c. 58. 2. Appropinquare Deo rolunl : ils
veulent en apparence s'approcher de Dieu.
Voy. Matth. 15. 8. Marc. 7. 6.
4° Etre particulièrement uni à Dieu, lui
appartenir de près. Ps. 148. 14-. Hymnus
omnibus sanctis ejus filiis Israël, populo ap-
propinquanti sibi : Qu'il soit loué par tous
les saints, par les enfants d'Israël, parce
peuple qui est proche de lui et consacré à
son service; c'est-à-dire, par tous ceux
qu'il a sanctifiés, et dont il s'est approché
lui-même par un pur effet de sa bonté ; c'est
à ces vrais Israélites-là qu'il convient de
louer Dieu.
APPROPIARE , èvyîÇav. De la prépo-
sition ad, et de l'adverbe prope, verbe inu-
sité, qui signifie encore :
1° Approcher, venir près. Exod. 3. 5. Ne
appropies hue: N'approchez point d'ici; c'est-
à-dire, près du buisson ardent. Voy. Rubus.
Luc. 12. 33. Facile vobis thesaurwn non defi-
cientem in cœlis que fur non appropiat :
Amassez dans le ciel un trésor qui ne pé-
risse jamais, d'où les voleurs ne puissent
approcher pour l'enlever. 1. Mac. 6. 42.
Luc. 10. 3i. Ce qui se dit aussi du temps qui
arrive. 1. Mach. 9. 10. Et si appropiavit
tempus nostrum, moriamur in virtute propter
fratres nostros : Si notre heure est arrivée,
mourons courageusement pour nos frères.
2 Avancer vers quehju'un pour lui nuire,
maltraiter, persécuter. Ps. 26. 2. Dum appro'
piant super me nocentes : Lorsque ceux qui
me veulent perdre sont près de fondre sur
moi. Voy. Appropinquare.
3" Arriver, s'exécuter, s'accomplir. Isa. 5.
19. Appropiet, et veniat consilium Sancti
Israël, et sciemus illud : Que les desseins du
saint d'Israël s'avancent et s'accomplissent,
afin que nous reconnaissions s'il est véri-
table. Ce sont là les sentiments des pécheurs
endurcis , qui oublient les jugements de
Dieu, el veulent les voir pour les croire.
4° Approcher, avancer par les affections
de l'âme et les mouvements du cœur. Eccli.
51. 31. Appropiate ad me, indocti : Appro-
chez-vous de moi, vous qui n'êtes pas sa-
vants. C'est la Sagesse qui parle el qui invite
ceux qui ne se croient pas savants, à ap-
prendre d'elle la véritable science, dont elle
prive ceux qui se croient savants.
APPKOXIMARE , èy/iÇav. Ce veroe , qui
n'est pas non plus en usage en latin, est
formé d'«f/ et de proximus, et signifie aussi
approcher, avancer de près; mais il ne se
trouve dans notre Vulgale que pour signi-
fier;
Approcher pour nuire et incommoder.
P>. 31. 0. Verumtamen in diluvio aquarum
multarum ad cum non approxiinabunt : \(\n
que dans le déluge des grandes eaux, elles
n'approchent point des saints. Ces eaux
marquent l'inondation des maux qui viendra
fondre sur les méchants, el qui n'inc-om-
modéra point les buns. v. 9. In camo et frcno
maxillas eorum conslrinye, qui non approxi-
manl ad le : Serrez avec le mords et la bride
la houchi; de ces animaux, afin qu ils ne
puiss lit point vous mordre. Ce mords et c<'tte
bride marquent les maux dont Dieu aillige
M9
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
les méchants, pour les empêcher de nuire et
de faire mal. . . . , . ,
APTARE. Ce verbe, qui vient du simple
apere, du greCKTTT.nv, nectere, ligare, signifie :
— 1° Ajuster, joindre une chose à une autre.
Exod. 28. 27. Ut aptari possit cum super-
humerali : Afin que le Rational puisse s'a-
juster avec l'Ephod. Levit. 8. 8. — 2° For-
mer, composer, y.arc/.priHjiv. Perficere. Hcb. 10.
5. Corpus aulem aptasti mihi : Vous m'avez
formé un corps, savoir, dans l'Incarnation ;
ce qui se peut dire particulièrement de
Jésus-Christ. Voy. Perficere. c. U. 3. Fide
intelligimus aptata esse sœcula (t. e. mundum)
verbo Dei : C'est par la foi que nous savons
que le monde a été fait par la parole de
Dieu. Le mol Grec signifie faire ou rendre
parfait par un juste assemblage de plusieurs
parties, c. 13. 21. Aptet vos in omni bono :
Que le Dieu de paix vous rende parfaits,
propres et bien disposés à toute bonne
œuvre. Saint Paul les considère comme les
membres d'un même corps, lesquels faisant
chacun Inur fonction, s'accordent tous à faire
le bien. Il se sert du même mot, 1. Cor. 1.
10. 2. Cor. 3. 12. pour exciter à la concorde ;
perfecti eslote. — 3° Préparer, bâtir (x7.t«(7-
y.syuçsf^). Hebr. 11. 7. Fide Noe metuens ap-
tavit arcam : C'est par la foi que Noé bâlit
l'arche, appréhendant ce qu'on ne voyait
point encore.
APTUS, A, UM, ÈriT/Mto;, vjOv-oç. Ce nom
qui vient du verbe apio, apere, ou apis-
ci, signifie proprement, joint, lié, attaché,
d'où se lire une signification plus com-
mune.
1° Propre, convenable, sortable. Esth. li.
12. Fletibus et luctui apla indumenta suscepit:
Eslher ayant quitté ses habits de reine, elle
en prit de conformes à son affliction et à ses
lai mes. Eccli. 20.6. Est tacens, sciens tempus
aptum : Il y en a qui se taisent, parce qu'ils
discernent quand il est temps de parler.
Dan. 13. 15. 1. xMach. 4. 46. 2. Mach. 2.
30.
2° Bon, utile. Num. 32. i. Filii Ruben et
Gad cum vidissent aplas alendis gre gibus
terras : Les enfants de Ruben et de Gad,
voyant que les terres de Galaad étaient
bonnes pour la nourriture des bestiaux.
Deul. 20. 20. Sap. 4. 5. Jerem. 13. v. 7. 10.
Ezech. lo. 5. 1. Mach. 14. 34. Act. 27.
12.
3' Propre et disposé à quelque chose. 1.
Rog. 14. 52. Quemcumque viderat Saul tirum
fortem et aptum ad prœlium, sociabat cum
sibi : Aussitôt que Saiil avait reconnu qn'uu
homme était propre à la guerre, il le prenait
auprès de lui. 1. Par. 7. 40. 2. Par. 26. 13.
1. Mach 13. 40. 2. Mach. 3. 37. Rulh. J. 12.
Luc. 9. 62.
4" Préparé, formé, destiné (■/.c/.rvo-irry.i-jo;)..
Kuni. 9. 22. Quod si Dcus volens ostendere
irnm cl notam fucercpotentiam suam, sustitiiiit
in multa palicntia vasa i^œ apta in intcritum:
Destinés à la perdition; apla^ selon le grec,
est mis pour apta la. Voy. Aptare, n. 2.
Dii'u a |)réparé les vases de miséricorde, et
leur a luurni les moyens de parvenir au
bonheur auquel il les a destinés de toute
éternité : que si les vases de colère sont
destinés à périr, ce n'est point par aucun
effet de la volonté de Dieu, mais seulement
par sa permission.
APDD , Tvpoç , Tzupù. Cette préposition se
fait du vieux mot aper, ou apur, qui avait la
même signification ; car autrefois Vr se met-
tait pour le d ; arventus, pour adventus ;
aper pour apud, dit Victorin, Elle marque,
ou le lieu, ou la personne ; si c'est le lieu
qu'elle regarde, elle signifie auprès, ou
dedans; si c'est la personne, elle signifie
chez, dans, auprès, ou devant, en présence :
Voyons les exemples que l'Ecriture nous
fournit.
1". — Apud, pour marquer le lieu.
1" Auprès, proche (èri). Ps. 80. 7. Pro-
bavi te apud aquam cotitradiclionis : Je vous
ai éprouvé proche les eaux de contradiction.
Voy. CONTRADICTIO.
2" Dedans, en, ou à i xarà). 2. Mach. 4. 36.
lîegem adierunt Judœi apud Antiochiam .Les
Juifs allèrent trouver le roi à Anlioche. c.
12. 40. Jnvenerunt sub tunicis interfectorum
de donariis idoloriim quœ apud Jamniam
fuerunt : Ils trouvèrent sous les tuniques de
ceux qui étaient morts au combat, des choses
(lui avaient été consacrées aux idoles, qui
étaient dans Jamnia. Eccl. 9. 10. Nec sa-
pientia, nec scienlia erunt apud in fer os (èv) :
Il n'y aura plus ni sagesse, ni science dans
le sépulcre où vous courez ; on ne trouvera
plus en l'autre vie les vertus que l'on aura
méprisées en celle-ci. Eccli. 14. 17. Isa. 10.
28.
§ 2. — Apud, quand il regarde la personne.
1° Chez, pour marquer le lieu , ou la de-
meure (,acT«, Cum). Gènes. 29. 19. Mane
apud me : Demeurez avec moi dans ma mai-
son. 1. Reg. 5. 7. c. 22. v. 4. 9. Act. 9. 43.
c. 10. V. 6. 48. c. 18. 3. 2. Tim. 4. 13. etc.
Chez marque aussi ce qui est au pouvoir et
à la disposition de quelqu'un. Gènes. 31. 32.
Apud quemcumque inveneris deos tuos, necelur:
Je consens que quiconque sera trouvé avoir
pris vos dieux, soil puni de mort. c. 44. v
9. 10. 1. Par. 29. 8. Tob. 4. 15. Job. 14. 5. c.
16. 12. c. 25. 2. Eccli. 44. 19.
2° Parmi. Malth. 13. 56. Sorores ejus nonne
omnes apud nos sunt : Ses sœurs ne sont-
elles pas toutes parmi nous? c. 22. 25, c. 2r;,
55. c. 28. 15. Marc. 9. 18. etc.
Chez ou parmi, marque aussi l'usage et la
coutume d'une nation. Gen. 34. 14. No7i pos^
sumvs facere quod ilUcitum et nefarium esi
apud nos : Nous ne pouvons faire ce qui est
défendu et abominable parmi nous. Judith.
12. 11. Fœdum est apud Assyrios : C'est une
chose honteuse chez les Assyriens.
3° Avec, pour marquer la liaison et la
connexilé. Joan. 1. 1. Verbum eral apud
Deum;\.±. Hoc eral in principio apud Dewn :
Il était au commencement avec Dieu ; on doit
plutôt dire, avec, que, dans Dieu en cet en-
droit et dans les autres, où il est dit que le
Verlit' est avec son Pèr<'. pour marquer con-
tre Sabellius la dislintlion des bypost^ses
521
APU
API
S22
ou subsistances; comme l'élernilé du même
Verbe est établie contre Arius par ces paro-
les, In prhicipio erat Verbum : Au commen-
cement était le Verbe. 1. Joan. 1. 2. Annun-
tiamus vobis vitam œternam quœ erat apiid
Patrem : Nous vous annonçons la vie éier-
ntUe qui était avec le Père ou dans le Père.
Joan. 14. 17. Apud vos manebit : Le Saint-
Esprit demeurera avec vous et sera dans
vous. Galat. 4. 20. 3. Reg. 2. 8.
4° Dans , en quelqu'un. Joan. 8. 38. Ego
quodvidi apud Patrem meum . loquor : Pour
moi, je dis ce que j'ai vu dans mon Père.
3. Reg. 11. 11, Quia habuisti hoc apud te,
parce que le péché s'est trouvé en vous. C'est
Dieu qui parle à Salomon. 4. Reg. 3. 12. Est
apud eum sermo Domini : La parole du Sei-
gneur est en lui; c^est un prophète de Dieu.
Joan. 14. 23. c. 17. 5. Rom. 2. 11. c. 9. 14. 2.
Cor. 1. 17. Ainsi, ps. 129. 4. Apud te propi-
tialio est. v, 17. apud Dominum misericor-
dia et copiosa apud eum redemptio : Dieu
est plein de miséricorde, et il se trouve en
lui une rédemption abondante. Jac. 1. 17. etc.
A quoi se peut rapporter cet endroit du 2.
Reg. 19. 43. Becem partibus major ego sum
apud regem : Je dois être considéré dix fois
plus que vous, en ce qui regarde la personne
du roi. Gr. in Rege.
§ 5. — ipudj quand il signifie auprès, par rapport à la
personne.
Cette préposition en ce sens marque ordi-
nairement quelque liaison, quelque bonne
intelligence, ou quelque familiarité avec la
personne. 2. Cor. 7. 4. Multa mihi fiducia est
apud vos : J'ai beaucoup de confiance en
vous; Gr., Je vous parle avec grandeliberté.
V. 14. Si quid apud illum de vobis gloriatus
sum : Si je me suis loué de vous auprès de
lui. c. 9. 2. Invenire gratiam apud aliquem :
Trouver grâce auprès de quelqu'un ; mais
ce n'est seulement qu'un pléonasme, qui se
peut rendre par le génitif, ou le datif, ou
l'ablatif, avec la préposition a ou ab.
1° Apud, pris pour le génitif. Prov. 28. 23.
Qui corripit hominem gratiam postea ivve-
niat apud eum, mugis quam ille qui per liîi-
guœ blandimenta decipit : Celui qui reprend
un homme trouvera grâce ensuite auprès de
lui, plus que celui qui le trompe par des
paroles flatteuses : Gratiam invenire apud
aliquem, c'est gratiam alicujus acquirere :
Acquérir la faveur de <iuelqu'un. Luc. 1. 30.
2° Apud, pris pour le daiif. Malth. 19. 26.
Apùd liomines hoc impossibile est, apud Dcum
(lutem omnia possibilia $unt : Cela est impos-
sible aux hommes, mais tout est possible à
Dieu. Marc. 10. 27. Luc. 1. 37. c. 18. 27.
Phil. 4. C. Deut. 17. 8. c. 33. 5. etc.
3" Pour l'ablatif, avec la préposition a ou
ah, i" Pour signifier, de la part. Job. 27. 13.
Hœc est pars hominis impii apud Dominum;
Gr., a Domino : Voici le partage que l'homme
impie recevra de la part de Dieu. Ps. 108.
20. Hoc opus eorumqui delrahunt mihi apud
Dominum;Gr., a Domino : C'est là la manière
dont seront punis de Dieu ceux qui m'atta-
quent par leurs médisances. Malth. C. 1.
Uom. 4. 2. 2* Pour marquer la cause effi-
ciente. Ps. 36. 23. Apud Dominum gressus
hominis dirigentur; Gr., a Domino : Les pas
de Ihomme seront conduits par le Seigneur.
Isa. 54. 17. 2. Mach. 1. 36. Act. 26. 29. 3'
Pour marquer le sujet de quelque chose.
Ps. 21. 26. Apud te laus mea in ecclesia ma-
gna; Gr., a te, ou de te : Vous serez le sujet
de mes louanges.
§ 4. — Apud, quand il signifie devant, en présence.
1° Devant, en présence, soit d'un juge.
Joan. 5. 45. Nolite putare quia ego accusa-
turus sim vos apud Patrem : Ne pensez pas
que ce soit moi qui vous accuserai devant le
Père. Act. 23. 30. Denuntians et accusatori-
bus ut dicant apud te : Ayant aussi com-
mandé à ses accusateurs d'aller proposer de-
vant vous ce qu'ils ont à dire contre lui.
2. Mac. 10. 13. Act. 24. 19. c. 25. 9 c. 26. 2.
1. Cor. 6. V. 1. 6; soit en présence d'autres
personnes. 2. Cor. 12. 19. Putatis quod eœcu-
semus nos apud vos? Pensez-vous que ce soit
notre dessein de nous justifier devant vous ?
2. Cor. 1. 18. Sermo noster qui fuit apud vos :
La parole que j'ai annoncée devant vous. v.
20.
2° Devant, en présence, marque quelque-
fois figurément la vue et In connaissance
qu'on a de quelque chose («rrô). 2. Reg. 3.
28. Mundus ego sum et regnum meum apud
Dominum : David dit : Je suis innocent devant
le Seigneur, moi et mon royaume, du sang
d'Abner; c'est-à-dire Dieu sait que je suis
innocent. Ps. 38. 13. Advena ego sum apud te
et peregrinus : Je suis devant vous comme un
étranger et un voyageur; vous voyez que je
suis un étranger et un voyageur.
Quelquefois ce mot marque l'état et la si-
tuation où l'on se trouve à l'égard de quel-
qu'un. Ainsi, apudDeum signifie le respect et
la soumission que l'on doit à Dieu. 1. Cor. 7.
24. Unusquisque in quo vocatus est in hoc per-
maneat apud Deum : Que chacun demeure
dans l'état où il était quand il a été appelé, et
qu'il s'y tienne devant Dieu, c'est-à-dire
avec le respect et la soumission qu'il lui doit.
l.Reg. 2. 2i. Magnificatus est puer Samuel
apud Dominum .-Samuel crût et devint grand
en servant îe Seigneur.
Quelquefois aussi il signifie l'estime et l'ap-
probation de quelqu'un. Sap. 4. 1. Costa ge~
neratio... apud Deum nota est et apud homi-
nés : La race chaste, c'est-à-dire la virginité,
est en honneur devant Dieu et devant les
hommes. 2. Reg. 23. 5. Judith. 10. 14. Ainsi,
Luc. 2. 52. Jésus proficiebat sapicnlia et œlate
et gratia apud Deum et homines : Jésus crois-
sait en sagesse , en âge et en grâce devant
Dieu et devant les hommes.
3 Devant ou après, marque encore le rap-
port et la comparaison d'une chose avec une
autre. Dan. 4. 32. Omnes hubilatores terrœ
apud Detim, in nihilutn rrpulali sunt : Tous
les habitants de la terre sont, devant ou au-
près du Très-Haut, comme un néant. Ps. 72.
22. Ut jumentum faclus sum apud te : Je suis
devenu comme une bêle en votre présence;
c'esl-à-dirc je n'entendais , non plus qu'une
bêle, la hauteur de vos desseins sur Its
hommes.
525
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
^*i.~Âpud, en d'autres significations différenles,rafà.
1" Cette préposition marque ce qui se fait à
part et en secret. Ps. il. 10. Apud me oralio
Deo vitœ meœ : Voici la prière que j'offrirai à
Dieu en secret et au dedans de moi. Marc. 9.
9. Et verbum continuerunt apud se : Ils liu-
renl la chose secrète.
Elle signifie encore ce qui se met en ré-
serve. Sap. 5. 16. Apud Dominum est merces
eorum : Le Seigneur réserve aux justes leur
récompense. 1. Cor. 16. 2. Per unam Sabbati
îinusquisque vestrum apud se seponat : Que
chacun de vous mette à part chez soi ce qu'il
pourra contribuer. Ainsi, apud se siguiûe
quelquefois en soi-même, inlérieuremenl,
en particulier. Luc. 18. 11. Pharisœus stans
hœc apud se orabat : Le Pharisien , se lenant
debout, priait ainsi en lui-même. Joan. 6. 62.
2. Cor. 2. 1. c. 10. 7. Jac. 2. i. Sap. 2. 1.
2° Apud marque aussi le sentiment que l'on
a et le jugement que l'on porte de quelque
chose en soi-même. Prov. 3. 7. Ne sis sapiens
apud temetipsum : Ne soyez point sage à vos
propres veux. c. 11. 1. Éxod. 3i. 7. Deut. 22.
5. c 23. 18. Rom. 2. 13. c. 12. 16. 1. Cor. 3.
19. Galat. 3. 11. etc.
3 Envers. 1. Joan. 2. 1. Si quis peccaverit,
advocatum habemus apud Patrem , Jesum
Christum : Si quelqu'un pèche, nous avons
pour avocat envers le Père, Jésus-Christ.
1. Esdr. 9. 8.
V Contre. 1. Cor. 9. 3. Mea defensio apud
eos qui me interrogant : Voici ma défense con-
tre ceux qui me reprennent. Gr. xolç.
AQUA, ^, -^a^p. — Ce nom, dont l'origine
est assez incertaine, vient ou du mol œquitas,
parce que, si l'eau n'est point troublée , elle
est égale et unie dans sa surface , doù vient
œquor, pour signiflor la mer; ou du mot
grec xo«. qui signifie fusio.
Eau , élément froid et humide par sa na-
ture. Gènes. 1. 6. Fiat firmamentum in medio
aquanun , et dividat aquas ab aquis : Que le
firmament soit fait au milieu des eaux , et
qu'il divise les eaux d'avec les eaux. L'on ne
sait précisément si le firmament qui di-
vise les eaux d'avec les eaux, se doit entendre
ou du ciel dans lequel Dieu a créé le soleil et
les astres, ou de retendue de l'air à qui
on donne le nom de ciel. Mais, dans ce doute,
il semble qu'on doit plutôt s'en tenir à ce
qu'en dit l'Ecriture plus formellement, quoi-
que plus difficile à comprendre. Voy. Fikma-
MExNTLM. Ce nom se donne à tous les corps
clairs et liquides qui coulent sur la terre,
comme eau de mer, de rivière, etc. L'eau,
en particulier, signilie :
1° La pluie ou les eaux des nuées. 2. Reg.
22. 12. Cribrans aquas de nubibus cœlorum :
Le Seigneur a fait distiller les eaux des nuées
du ciel. Ps. 17. 12. Job. 26. v. 5. 10. Prov. 8.
2S- ...
2° Le déluge. Isa. oi. 9. Juravt ne tnduce-
rem aquas Noe ultra super terram : J'ai juré
à Noé de ne répandre plus sur la terre les
eaux du déluge. Job. 26. 5.
3^ Les larmes. Ji-rem. 9. 1. Quis dabit capiti
meo aquam : Plût à Dieu que ma tète s'écoule
eu pleurs, v. 18. Falpebrœ nostrœ de/luant
3S4
aquis : Qu'il s^rte de nos paupières des ruis-
seaux de larmes. Thren. 1. 16. c. 3. kS. Ps.
118. 136.
k" La sueur [vypKtriu). Ezech. 7. 17. Omnia
genua flueyit aquis : Saint Jérôme l'explique
de l'urine que la peur cause dans les grands'
dangers, c. 21. 7. Per cuncta genua fluent
aquœ. Les Hébreux appellent l'urine aqua
pedum. Voy. Urina. (
5° Suc, liqueur. Jerem. 8. li. Potum dédit
nobis aquam fellis : Le Seigneur nous a
abreuvés dun suc de fiel : il nous a aifligés
par de grandes peines, c. 9. la. c. 23. 15.
Voy. Fel.
§ 2. — Significations naoïns propres et métaphoriques.
i" Toute sorte de breuvage, comme le pain
signifie toute sorte d'aliment. Exod. 23. 25.
Servietisque Domino Deo vestro, ut benedicam
panibus iuis et aquis : Vous servirez le Sei-
gneur votre Dieu, afin que je bénisse le pain
que vous mangerez et les eaux que vous boi-
rez. Deut. 2. V. 6. 28. c. 23. 1. 1. Reg. 25. 11.
Job. 15. 16. Prov. 2o. 21. etc.
2°Lesterresarroséesd'eau.Isa.32. 20.5ea^î
qui seminatis super omnes aquas : Vous êtes
heureux, vous qui semez le long de toutes
les eaux, dans les champs qui en sont ar-
rosés. Ces paroles marquent une abondance
de biens temporels, par lesquels on entend
les biens spirituels. On l'entend ordinaire-
ment des apôtres, qui ont semé la parole de
Dieu sur les peuples, dont les cœurs étaient
arrosés des eaux de la grâce. Eccl. 11. 1.
Mitte panem tuum super transeuntes aquas :
Répandez yotre pain (c'est-à-dire votre se-
mence) le long des eaux qui passent ; c'est-
à-dire dans des lieux arrosés d'eau, d'où on
doit recueillir en son temps beaucoup de
fruit : cela s'explique aussi, à la lettre, de
la libéralité que l'on exerce à l'égard des
pauvres. Voy. Octo. Isa. 15. 6. Jerem. i8.
3+. Aquœ Nemrim se prennent pour les pâ-
turages ; d'où viennent ces façons de parler.
Isa. 19. V. 5. 6. Arescet aqua de mari : La mer
se trouvera sans eaux , pour marquer la
stérilité et la désolation d'un pays.
3° Les biens temporels que l'on possède.
Prov. 5. 15. Bibe aquam de cisterna tua :
Usez d'.'S biens qui vous sont propres; d'au-
tres croient (jue le Sage enseigne qu'il ne
faut point connaître d'autre femme que la
sienne ; ce qui convient bien à ce qui suit :
Deriventur fontes lui foras, et in plateis
aquas tuas divide : Qu'on voie paraître vos
enfants dans les places publiques, comme
des ruisseaux sortis d'une citerne ; Habeto
eas solus : Qu'il n'y en ait point d'illégitimes
(dans le sens mystique, ce passage s'entend
de la doctrine de la vérité qui se puise dans
l'Eglisej ; Isa. 58. 11. Ezech. 34. 18. Cum pu-
rissimam aquam biberetis , reliquam pedibus
vestris turbabatis : Le prophète marque les
riches voluptueux, qui, se rassasiant des
mets les plus exquis, en laissent dissiper les
restes, sans avoir soin d'en faire part aux
pauvres. Ainsi , Ezech. 31. v. 14. 16. Irri-
gare aquis : C'est combler de biens. Voy.
Ïkuigare.
'*" Le plaisir déshonnète que l'on rechercha
5%8
AQU
avec passion. Eccli. 26. 15. Ab omni aqua
proxima hibet : La ûlle dissolue ouvrira sa
bouche à la fontaine , comme un voyageur
pressé de la soif : elle boira toutes les eaux
qui sont près d'elle; c'est-à-dire, qu'elle
jouira de tous les plaisirs déshonnêtes qui se
rencontreront, en se laissant aller au dérè-
glement de ses désirs.
5° Les faveurs et les grâces de Dieu, ou les
effets du Saint-Esprit. Isa. 11. 9. Repleta est
terra scieiUia Dotnini sicut aquœ maris ope-
rientes : La terre est remplie de la connais-
sance du Seigneur, comme la mer des eaux
dont elle est couverte, c. 12. 3. Haurietis
aquas in gaudio de fontibus Salvatoris : Vous
puiserez avec joie des eaux des fontaines du
Sauveur. Jerem. 2. 13. Ezcch. JG. v. k. 9.
etc. Joël. 3. 18. Zach. 14. 8. Voy. Can. p. 7.
n. 3. Joan. k. v. 10. 11. 14. c. 7. 38. Hebr. 10.
22. Abluti corpus aqua munda : Ayant le
corps lavé dans l'eau pure du Baptême. 1.
Joan. 5. V. 6. 8. Hic est qui venit per aquam
et sanguinem : Jésus-Christ s'est déclaré le
Sauveur du monde, tant par le baptême d'eau
qu'il a établi , et qui était marqué par l'eau
qui a coulé de son côté, que par le sang qu'il
a versé pour le salut des âmes : cette eau,
ce sang, et l'esprit qu'il a rendu, ont prouvé
son humanité. Apocalyp. 7. 17. c. 21. 6. c.22.
v. 1. 17.
A cette signiGcation se rapportent ces fa-
çons de parler. Ps. 106. 35. Ponere deserlum
tn sfo^na açMantm; Rendre fertile un pays
désert. Isa. 41. 17. Dare aqiias. c. 43. 20.
Effundere aquas. c. 44. 3. Addncere per tor-
rentes aquarum. Jerem. 31. 9. Mais cela s'en-
tend dans le sens principal des grâces spiri-
tuelles et des bénédictions du Nouveau
Testament, comme Ps.64, 10. Voy. Flumen.
6° Les afflictions et les misères de la vie.
2. Reg. 22. 17. Ps. 17. 17. Assampsit me de
aquism.ullis: Le Seigneur m'a pris et m'a
retiré du milieu dos eaux. Ps. 31. 6. Ps. 6.
12. Ps. 68. V. 2. 16. Ps. 87. 18. Ps. 123. v. 4.
5. Ps. 143. 7. Prov. 17. 14. ïhren. 3. 54.
Ezech. 7. 17. Apoc. 12. 15. Voy. Malth. 7.
27. et Luc. 6.48. Les afflictions sont repré-
sentées par les eaux; parce que (dit saint
Grégoire ) elles viennent les unes sur les au-
tres comme des vagues.
7° La lige et la source d'une postérité. Isa.
48. 1. Qui vocamini nomine Israël et de aquis
Juda existis : Qui êtes sortis de la tige de
Juda. Ps. 67. 27. De fontibus Israël: Des
sources d'Israël.
8° La postérité même. Num. 24. 7. Fluet
aqua de situla ejus, et semen illius eril in aquas
mutins: Il aura une grande postérité. Prov.
5. 16. Inplaleis aquas tuas divide: Répandez
vos eaux dans les rues. Qu'on y voie courir
vos enfants.
9° Une armée et des peuples Isa. 8. 7.
Ecce Dominus adducet super eos aquas flu-
minis fortes et multns, reqem Assyriorum . Le
Seigneur fera fondre sur eux le roi des Assy-
riens avec toute sa gloire, comme de gran-
des et violentes eaux d'un fleuve rapide : il
oppose ces eaux violentes aux eaux douces
et paisibles qui marquent la puissance légi-
AQU 52ft
lime des successeurs de David, v. 6. Abjecit
populus iste aquas Siloe: Ce peuple a rejeté
les eaux de Siloé. Voy. Siloé.
10° Le dérèglement des mœurs ou de la
doctrine. Isa. 1.22. Vinum tuum mixtum est
aqua : Votre vin a été mêlé d'eau; la pureté
du vin signiûe la pureté des mœurs ou de la
doctrine, et le mélange de l'eau marque le
mélange du vice ou de l'erreur. ;
§ 3. — Expressions figurées et mélaphoriques.
1° Aqua brevis, eau courte que l'on ne
donne qu'avec mesure et en fort petite quan-
tité; cela signiGe l'affliction et les maux
que l'on souffre. Isa. 30. 20. Et dnbit vobis
Dominus panem arctum et aqmm brevem: Il
est vrai que le Seigneur vous affligera; Heb.,
vous donnera du pain avec affliction. Ainsi,
Ezech. 4. 16. 3. Reg. 22. 27. Voy. Angustia.
2° Aqua contradictionis. L'eau que Dieu
donna par miracle aux Hébreux dans le
désert de Sin, lorsqu'ils s'élevèrent avec des
paroles injurieuses contre Moïse, dans la
nécessité qui les pressait. Num. 20. 13. Hœc
est aqua contradictionis ubi jurgati sunt filii
Israël contra Dominum : C'est là l'eau de
contradiction, où les enfants d'Israël mur-
murèrent contre le Seigneur, c. 27. 14. etc.
C'a été depuis le nom du lieu où se fit cette
rébellion. Deut. 32. 51. c.33. 8. etc.
3° Aquam dimiltere, donner ouverture ou
passage à l'eau; c'est être cause de quelques
grands maux, auxquels on ne peut plus re-
médier. Prov. 17. 14. Qui dimitlit aquam, ca-
put est jurgiorum : Celui qui commence une
querelle est comme celui qui donne l'ouver-
ture à l'eau, qui se déborde ensuite et fait de
grands maux.
Ainsi, Eccli. 25. 34. Non des aquœ tuœ exi-
tumnec modicum,nec mulieri nequam veniam
prodeundi: Ne donnez point à l'eau d'ouver-
ture, quelque petite qu'elle soit, ni permis-
sion de sortir à une méchante femme: il fait
voir, par cette même comparaison, qu'on ne
peut plus retenir une méchante femme, si
peu qu'on lui donne de liberté.
4° Aqua et ignis : L'eau et le feu se prennent
pour toute sorte de choses, dont ils sont les
principes. Eccli. 15. 17. Apposuit tibi aquam
et ignem: Il a mis auprès de vous l'eau et le
feu; c'est-à-dire, toutes choses pour en user
comme on le jugea propos : ce qui s'entend ou
du premier homme, qui en pouvait user bien
ou mal avec une liberlé tout entière, ou de
ses enfants, qui n'en peuvent bien user qu'a-
vec le secours d'une plus puissante grâce de
Dieu; mais il semble que aqua et ignis sont
déterminés par ce qui suit: Vila et mors,
bonum etmalum; ainsi Dieu ne donne pas
tant ce choix, qu'en proposant deux choses
si contraires il déclare ce qu'on doit choisir.
Voy. PoRRiGERE. Mais aqua et ignis, dans v\ï\
sens figuré, signifientausi.ilesalflictions et les
peines. Ps.6o. 12. Transivimus per ignem et
aquam: Nous avons passé par le feu et l'eau;
c'est-à-dire, nous avons essuyé, disent les
Israélites, toute sorte de rigueurs, avant
que d'être arrivés dans la Terre promise. Voy.
Ignis.
Aqua fkli.is. Voy. Fei.. 5" Aquœ furlivœ:
DICTIONNAIRE DE PHILOIJJGIE SACRÉE.
527
Les flioscs dérobées, ou que l'on goûle en
cachctlo. sont plus agréables, parce qu'on
lésa souhaitées avec plus de passion. Prov.
9. VÎ.A'jtiœ furlivœ dulciores sunt : ce qui
SP peut entendre de tout ce qui n'est point
permis; car la défense qu'on en fait irrite la
convoitise.
6° Aqua lustrationis ou aspersionis; Heb.
Aqiia peccati : Celle eau qui servait à la puri-
fication de l'impureté légale, contractée à
l'occasion d'un mort, avait été mêlée avec
les cendres de la vache rousse, qui avait été
immolée pour effacer le péché; c'esl-à-dire,
toutes les impuretés légales qui étaient la
figure du péché : on voit dans le chapitre 19
comment elle se faisait avec les cendres de
la vache rousse. Voy. Hebr. 9. 19. Cette eau
représentait le sang de Jésus-Christ, qui peut
nous purifier de tous nos péchés. Voy. Zuch.
13. v. 2.
Aqu^ mdlt^, ou plurimje.— l°La-mer.Ps.
106. 23. Facientes operationem in aquis 7nul-
tis:Qu\ trafiquent sur mer. — 2" Quelque
grand fleuve. Jerom. 51. 13. Quœ habitas 5U-
per agitas mul tas : ëvir l'Euphrate. Esth. 10. 6.
c. 11. 10. Ezech. 31. 15. — 3" Lieux arrosés
d'eau. Ezech. 17. o. Posuit idud in terra pro
setnine, ut firmaret radicem super aquas mili-
tas, ou le long d'une rivière. — i" Un étang
dont il est parlé, Jerem. 41. 12. Jnvenerunt
eum ad aquas multas quœ sunt in Gabcton:
Ils le trouvèrent auprès des grandes eaux
qui sont à Gabaon. 2. Reg. 2. 13.— 3° Grande
force ou violence. Gant. 8. 7. Aquœ multœ
non potuerunt exstinguere charitatem: Cet
amour est si fort, qu'il n'y a rien qui le
puisse étouffer. — 6° Grandes troupes d'en-
nemis. Ezech. 26. 19. Cum adduxero super te
(ihyssum et operuerint te aquœ multœ. Psalui.
92. i. A vocibus aquarum multarum. Selon le
sentiment de quelques-uns, ces eaux mar-
quent les peuples qui s'élevaient avec grand
bruit contre les Juifs. —7° Les nuées où se
forment les tonnerres. Pi. 28. 3. Vox Domini
super aquas, Bensjnajestatis intonuit, Bomi-
nus super aquas multas: La voix du Seigneur
s'est fait entendre sur les eaux, le Dieu de
majesté a tonné, le Seigneur a tonné sur les
grandes eaux.
AQUAVIVENS, ou VÎVà, ou AQUA VIT^. —
1" L'eau de source qui coule toujours. Gènes.
26. 19. Foderuntque in torrentc et repererunt
(iquam vivam: Ils fouillèrent au fond du tor-
rent, et ils y trouvèrent de l'eau vive. Lovil.
li. V. 0. 50. 51. 52. c. 13. 13. Num. 19. 17.
2° Les faveurs et les grâces de Dieu et de
Jésus-Christ. Zach. U. S.Exibunt aquœvivœ
de Jérusalem : C'e^l\iour(\in)\ Dieu est appelé
la source de celte eau vive. Jerem. 2. 13. c.
17. 1. Dereliquerunt venam aquarum viveti-
(iwn, Dominum: Is ont abandonné le Sei-
gneur, qui est la source des eaux vives; et
Jésus-Christ est appelé, Cant. 'v. 13. Puteus
aquarum viventium. Ainsi, la grâce de Dieu
et la charité sont marquées par l'eau vive.
Joan. k. 10. et les dons du Sainl-Esprit, qui
doivent être répandus comme de 1 eau sur
les peuples. Joan. 7. 'iS. Qui crédit in me,
Huminu detcntre rjus puenl aquœ viiœ.
r.28
3° La béatitude ou la vie éternelle. Ai)oc.
7. 17. c. 21. 6. Ego sitienti dabo de fonta
aquœ vitœ, gratis, c. 22. 17. Si quelqu'un
croit en moi, il sortira d'e son cœur des fleu-
ves d'eau vive.
Aquje Jerichuntis. Les eaux de Jéricho;
c'est la fontaine qui est à côté de Jéricho, du
côté du Nord; c'est cette fontaine dont Elisée
rendit les eaux douces, d'amères qu'elles
étaient, en y jetant du sel. Jos. 16.1. Cette
fontaine est au bas de la montagne qui s'é-
tend jusqu'àBéthel. V. c. 18. 12.
§ 4. — Phrases Urées des propriétés de l'oau.
1° Parce que l'eau est commune, et qu'on
n'en fait pas de cas; on dit, Effunderc san-
guinem tamquamaquam .-Ver serlesaugcomme
ieau. Ps.78. 3. E ffuderunt sanguin em eorum
tamquam aquam in circuitu Jérusalem: Les
nations ont répandulesang des saints, comme
l'eau autour de Jérusalem. Deut. 12. v. 16.
24. c. 13. 23.
2° L'eau n'a pas de consistance d'elle-
même; ainsi Jésus-Christ dit qu'il a été sur
la croix comme une eau qui s'écoule. Ps.
21. io. Sicut aqua effusus sum: Je me suis
répandu comme l'eau, pour marquer que
toute sa vigueur était épuisée. Gen. 49. 4.
Effusus es sicut aqua: Vous vous êtes répan-
du comme l'eau. Jacob marque par ces pa-
roles la lâcheté et l'inconstance de Ruben,
son fils. Voy. Effcxdere. Voy. Jos. 7. 3.
3° L'eau qui coule avec impétuosité se
perd, se dissipe et entre dans la terre; ainsi
David dit que toute la puissance de ses enne-
mis disparaîtra comme l'eau d'un torrent,
qui paraît d'abord si furieuse, et qui se réduit
bientôt à rien. Ps. 38. 8. Ad niliilum deve-
nient tamquam aqua decurrens : Ils seront ré-
duits à rien, comme une eau qui passe. Job.
11. 16.
L'eau qui s'amasse en grande abondance,
couvre et enveloppe ceux qui s'y trouvent
engagés : le prophèle-roi se sert encore de
celle métaphore , pour exprimer l'étal déplo-
rable où il était, se sentant battu par tous
les coups de la colère de Dieu, comme par
autant de flots dont il se trouvait tout enve-
loppé. Ps. b7. 18. Circumdederunt me sicut
aqua tota die: Les maux dont vous m'avez
frappé m'ont environné conme une grande
abondance d'eaux, dont j'ai été accablé.
Comme l'eau qu'on boit pénètre dans les
entrailles, David dit que le méchant homme
qu'il décrit est couvert de malédiction au
dehors, et qu'il en est pénétré au dedans. Ps.
108. 18. Intravit sicut aqua in interiora ejus :
Elle a pénétré comme l'eau au dedans de lui,
pour marquer la passion qu'il avait de nuire
et de médire. Voy. Maledictio.
Comme quand une eau est profonde, on en
peut toujours puiser, le sage a toujours de
quoi suffire par ses entretiens et ses conseils.
Prov. 18. 4. Aqua profanda, verba ex ore viri :
Les paroles sortent de la bouche d'un homme
juste comme une eau profonde, c. 20. 5. 5ic-
ut aqua profunda, sic çonsilium in corde viri:
Le conseil est d:ins le cœur d'un homme sage,
comme une eau profonde.
Parce que les eaux agitées font granj
?>%
AQU
bruit, Job compare ses cris, dans l'excès de
SCS maux , au bruil d'un débordement de
grandes eaux. Job. ■). 2i Tamquaminundan-
tes aqiiœ, sic rugilus meus : Les cris que je
f.iis sont comme le bruil d'un débordement
de grandes eaux.
Comme l'eau sert à désaltérer la soif; boire
l'iniquité comme l'eau, c'est prendre autant
de plaisir à mal faire, que des gens altérés à
boire de l'eau pour élancher leur soif; ou,
selon d'aulres, c'est être si porté au mal , que
de le commettre aussi aisément que de boire
de l'eau : c'est en ce sens que Job est repris
comme un homme qui insulte à Dieu avec
une impiété qu'il avale conmie l'eau ; c. 3i.
7. Qui hihit siibsannalionem quasi aquam. Job
qui insulte à Dieu avec une impiété qu'il
avale comme l'eau. Voy. Subsannatio.
Les inondations surprennent tout d'un
coup, et l'on s'en trouve accablé; la pauvreté
est comparée à ce malheur. Job. 27. 20. Ap-
prehendet eum quasi aqua, inopia : Le riche
en mourant sera surpris de la pauvreté,
comme d'une inondation d'eau, qui, venant
à se déborder, entraîne tout avec elle ; Hebr.
Les frayeurs le surprendront, etc.
Les misères et les afflictions se comparent
«ouveiit à des eaux impétueuses et débordées.
Job. 22. 11.
Comme il ne reste rien de l'eau qui est
dans un vase lorsqu'on le renverse, Jérémie
exhorte les habitants qui restaient à Jérusa-
lem après sa ruine, à répandre leur cœur
comme de l'eau en la présence de Dieu, pour
lui découvrir avec une entière sincérité tout
ce qu'il y avait de plus caché au fond de leurs
âmes, afin de le toucher de compassion par
la vue de leur désolation. Thren. 2. 19. Èf-
funde sicut aquam cor luum ante conspectum
Domini : Répandez votre cœur comme de
l'eau devant le Seigneur. On peut aussi ex-
pliquer ce passage de l'attendrissement du
cœur qui se répand en larmes devant le Sei-
gneur. Ainsi :
Comme quand on donne quelque ouver-
ture à une eau arrêtée, on ne peut plus la
retenir, ni en empêcher le cours, le Sage f;iit
voir que la cause des suites funestes que cau-
sent les querelles, vient de ce qu'on ne les
étouffe point d'abord qu'elles commencent.
Prov. 17. Ik. Qui dimitlit aquam caput est
jurgiorum : Voy. ci-dessus §.3.
AQUiEDUCTUS , us , vSpywyô?. Ce mot
vient à^aqua et de ducere.
l" Aqueduc, canal pour conduire l'eau quel-
que part (Tzrr/n ûoktwv). Judith. 7. G. Ilolo'
phernes incidi prœcepit aquœduclum illorum :
Holopherne commanda qu'on coupât l'aque-
duc. 2. Reg. 2. 2i. VoY. Collis. k. Reg. 18.
17. Ainsi, Eccli. 24. il. Sicut aquœductus
exivi de paradiso : La sagesse est sortie du
paradis comme un canal tiré d'un grand
fleuve, parce qu'elle est écoulée de Dieu à
nous. Gr. in paradisum ; c'est-à-dire, à ce
peuple.
2° Rigole, ou fosse pour tenir l'eau. 3.
Reg. 18. 32. Fecitque aquœduclum quasi per
duas nraCiunculas in circuilu altaris : Elic
Diction.'^, de philol. sacrée I,
AQU 530
fit une rigole, et comme deux petits sillons
autour de l'autel, v. 35. 38. h
AQUATICUS, A, UM. Aquatique, qui aime
l'eau, qui croît en l'eau (s'vvJoo?), Sap. i-è.
18. Agrestia enim in aquatica convertehantur :
Les animaux de la terre paraissaient chan-
gés en ceux de l'eau, lorsque les Israélites
passèrent au travers de la mer.
AQUILA,àjTÔ,-. C'est le nom du plus grand,
du plus fort et du plus vite dos oiseaux qui
vivent de proie. Ce nom lui vient ou de fou
plumage châtain et brun, qui est chez les
Latins, aquilus color; ou ab aculo visu, de-
sa vue perçante, parce qu'il regarde fixe-
ment le soleil. Exod. 19. k. Vidistis quomodo
porloverim vos super alas aquilarum : Vous
avez vu comment je vous ai portés comme
les aigles h'urs petits sur leurs ailes. Dieu a
traité les Israélites comme ses enfants avec
une bonté paternelle. Job. 39. 27. Numquid
ad prœceptum luum elevabitur aquila? L'ai-
gle à votre commandement s'é!èvera-t-il en
haut. C'est Dieu qui donne à l'aigle ce vol
par lequel il s'élève au-dessus de tous les
autres oiseaux. Levit. 11. 13. Prov. 30. v.
17. 19. etc. Ainsi, Apoc, 8. 13. Et tidi et au^
divi vocem iinius aquilœ volantis permcdium
cœli : Je vis, dit saint Jean, et j'entendis un
aigle qui volait par le milieu du ciel. Le Grec
porte : un ange; c'était un ange sous la fi-
gure d'un aigle qui annonçait les malheurs
qui devaient fondre sur leshommes.
§ 1". — Significations métaphoriques.
1° Un grand conquérant qui domine sur
les autres princes. Ezcch. 17. 3. Aquila gran~
dis, magnarum alarum venit ad Libanum et
tulit meduUam cedri : Un aigle puissant qui
avait de grandes ailes... vint sur le mont
Liban, et emporta la moelle d'un cèdre, v.
7. Voy. Medulla. Cet aigle était Nabuchodo-
nosor, roi de Babylone, qui emmena Joa-
chin, roi de Judée. Voy. Deut. 28. '*9. Jerem.
48. 40. c. 49. 22. Ezech. 17. 7. Et facta est
aquila altéra grandis : Un autre aigle parut
ensuite qui était grand, savoir, le roi d'E-
gypte. Ainsi, Ose. 8. 1. Quasi aquila super
domum Êomini : C'est l'ennemi qui vient
fondre sur la Judée, et qui devait ruiner le
temple.
2° Le grand animal mystique. Apoc. 4. 7.
Quartum animal simile aquilœ volanli : Cet
aigle représentait saint Jeun, le quatrième
évangéliste, selon le sentiment le plus com-
mun. Voy. Animal 3°. Ezech. 1.10. c. 10. 14.
In quarto faciès aquilœ : La quatrième laco
était celle d'un aigle,
3° les fidèles qui souhaitent avec ardeur so
joindre à Jésus-Christ, et se repaître de sa
chair et de son sang pour vivre éternelle-
ment avec lui, sont appelés des aigles. Matth.
24. 28. Ubictimquc fuerit corpus, (ir. cadaver^
illic congreqabuntur et aquilœ : Partout où
le corps se trouvera, les aigles s'y assem-
bleront. Luc. 17. 37. parce que l'aigle,
comme dit Job .39 . .30, (Jbicumquc cadattr
fuerit, slalim adcst : En quehjiic lieu que pa-t
raisse un corps mort, il iond dessus.
Jl
331
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
332
§2. — Phrases tirées des propriétés de l'aigle.
1° L'aigle est un oiseau très-fort et très-
vite qui vit de proie; ainsi on lui compare
des princes ou des nations puissantes qui se
rendent mnîtres du pays des autres. Deut.
28. 49. Adducet Dominus super te gentem de
longinquo... in similitudinem aquilœ volantis
ciim impetu : Le Seigneur vous amènera un
peuple des pays les plus reculés... qui se
jettera sur vous comme un aigle fond sur sa
proie. Dieu marquait par là les Babyloniens,
et encore plus les Romains PjUi onl ruiné la
nation des Juifs de fond en comble. Prov.
30. 17. Jerem. 48. 40. c. 49. 22. Ose. 8. 1.
Habac. 1. 8.
2° On dit que les aigles ont cela de parti-
culier qu'ils prennent leurs petits et les por-
tent sur leurs ailes pour leur apprendre à
voler, et en voltigeant devant eux, les ac-
coutument doucement à faire de même. Dieu,
se comparant à cet oiseau, marque la ten-
dresse de l'amour qu'il portait aux Israé-
liles. Deut. 32. 11. Sicut aquilaprovocans ad
volandum pullos suos et super eos voiitans,
expandit alas suas, et assumpsit eum, atque
portavit in humeris suis : Comme un aigle
attire ses petits pour leur apprendre à vo-
ler, et voltige doucement sur eux; il a de
même étendu ses ailes, il a pris son peuple
sur lui, comme l'aigle se charge de ses ai-
glons, et il l'a porté sur ses épaules.
3° L'aigle vole avec une vitesse extraor-
dinaire ; c'est do là que David tire l'éloge
qu'il donne à Saùl et à Jonathas de leur ha-
bileté dans la guerre. 2. Reg. 1. 23. Aquilis
velociores : Ils étaient plus viles que les ai-
gles. Job. 9. 26. Sicut oquila volans ad es-
ca7n : Ils ont passé avec la même vitesse
qu'un aigle qui fond sur sa proie. Prov. 23.
5. c. 30. 19. Jer. 4. 13. Thren. 4. 9.
4° Les auteurs rapportent que l'aigle dans
sa vieillesse se renouvelle et rajeunit; soit
parce que son bec étant devenu trop crochu
dans sa vieillesse , il en émousse le bout
sur la pointe des rochers pour mieux pren-
dre sa nourriture; soit parce que les plu-
mes leur reviennent ( Voy. Mich. 1. 16),
comme il semble que le dit aussi Isaïe, c. ^0.
31. Mutabunt fortitudinem : assument pennas
sicut aquilœ : Ceux qui espèrent au Seign>>ur
trouveront de nouvelles forces, comme font
les aigles qui renouvellent leurs plumes.
Voy. AssuMERE ; soit enfin parce que l'aigle
étant un des animaux qui vivent le plus long-
temps, on peut regarder comme un renou-
vellement de jeunesse la vigueur extraordi-
naire qui paraît dans sa vieillesse. Quoi qu'il
en soit, le prophète se sert de cet exemple
pour montrer les faveurs dont Dieu comble
les fidèles. Ps. 102. 5. Renovabitur ut aquilœ
juventus tua : Il renouvelle votre jeunesse
comme celle de l'aigle, Voy. Renovare.
5° Comme l'aigle vole fort haut, il met
aussi son nid dans les lieux les plus élevés
et hors d atteinte de tout danger. L'Ecriture
prend cet exemple pour représenter l'or-
gueil et la fierté des Iduméens. Jerem, 49.
16. Cum exnltav>ivis qun.H nnuilti nidum
iuuîii. inde dclraiium le : QUiind vous auriez
élevé votre nid aussi haut que l'aigle, je
vous arracherais néanmoins de là, dit le
Seigneur. Abd. v. 4,
6° Les plumes de l'aigle sont fort grandes;
ainsi Daniel dit que quand Nabuchodonosor
fut chassé de la compagnie des hommes, ses
cheveux crûrent comme les plumes d'un ai-
gle, c. 4. 30. Donec capilli ejus in similitudi-'
ncm aqxiilarum crescerent : Non-seulemenl
les cheveux de sa tête, mais aussi tout le
poil de sa barbe et de son corps, de sorte
qu'il ressemblait bien plus aux oiseaux et
aux bêtes féroces qu'à un homme.
Aquila, m. Gr. A/ûAa?. Nom d'homme, un
Juif converti à la foi de Jésus-Christ , lequel
était de ia province du Pont. Acl. 18. 2. Et
inveniens quemdam Judœum nomine Aquilam,
Ponticum génère : Saint Paul venant d'Athè-
nes à Corinthe, trouva un Juif nommé Aqui-
las, originaire du Pont. Voy. Priscilla. Il
y a eu un interprète de l'Ancien Testament
qui était du temps d'Adrien, qui portait
aussi le nom d'Aquila, et qui était un Juif
de la province du Pont; ainsi il ne le faut
pas confondre avec^jet Aquilas.
AQUILO, Nis, Gr. ^opéxç , ou poppàç. Ce
mot vient du grec «zipo?, l'r changé en /,
comme il se voit en plusieurs autres mots.
Aquilon, vent qui souffle du côté du nord
du point oriental du cercle polaire.
1" le vent d'aquilon. Prov. 25. 23. Ventus
aquilo dissipât pluvias : Ce vent dissipe la
pluie, comme le visage triste dissipe la mé-
disance. Job. 37. 22. .46 aquilone aurum fe-
nit : L'or vient du côté de l'aquilon. Il vient
une grande quantité d'or dans les pays
même septentrionaux , quoiqu'il semblait
qu'il ne dût être formé que dans les pays les
plus chauds du côté du midi. Eliu fait en-
core considérer cette merveille que Job ne
peut pénétrer ; mais la plupart des interprè-
tes entendent ici par Vor l'éclat brillant d'un
air serein, et disent que ces paroles ne mar-
quent autre chose, sinon que le vent du
nord ramène le temps serein qui est brillant
comme l'or. Cant. 4. 16. Surge, aquilo, veni,
Auster ; L'épouse comparée à un jardin ap-
pelle les deux vents principaux, celui du
nord et celui du midi, pour répandre la
bonne odeur dont elle est remplie. Ce jardin
est l'Eglise, que le saint Esprit, comparé au
vent, rafraîchit, purifie et rend fertile. Eccli.
43. V. 18. 22.
2° Le nord, la partie septentrionale du
monde. Ps. 88. 13. Aquilonem et mare tu
creasti : Vous avez créé l'aquilon et la mer,
c'est-à-dire la partie septentrionale du
monde, et la partie méridionale où sont les
grandes mers. Ps. lOG. 3.
3° Les pays qui au regard de la Palesline
étaient du côlé du nord. Jer. 1. v. 13. 14. Ab
aquilone pandetur malum super omnes habi-
tatores terrœ : Les maux viendront fondre
du côlé de l'aquilon sur tous les habitants
de la terre. Ce côté de l'aquilon marque la
Chaldée ou Babylone, d'où Nabuchod.onosor
devait venir sur la Judée comme un fléau de
Dieu, pour la ravager. Ce mot est presque
partout ea ce sens dans ce prophète^ chap.
333
AQU
13. 20. Levate oculos veslros, et videte gui ve-
nitis ab aquilone .-Levez les yeux, et consi-
dérez, vous qui V(Miez du nord; qui êles au
nord à l'égard de Jérusalem ; Gr. Lésez les
yeux, ô Jérusalem, et considérez ceux qui
viennent de l'aquilon ( contre vous ) de
même en hébreu. Zach. 2. 6. Fugite de lerra
aquilonis : Fuyez de la terre d'aquilon ; c'est
encore Babylone qui est presque toujours
appelée le pays d'Aquilon, parce qu'il est au
septentrion de la Judée, tirant vers l'orient.
c. G. V. 6. 8. Ezech. 38. v. 6. 15. c, 39. 2.
L'Assyrie est aussi appelée de ce nom.
Soph. 2. 13. Et extendet manum suam super
aquilonem : Le Seigneur étendra sa main
contre l'aquilon, il perdra le peuple d'Assy-
rie. Jerem. 50. 3, Ascendit conlra eam gens
ab aquilone : Un peuple vient de l'aquilon
contre Babylone. v. 9. 41. c. 51. kS. 11 mar-
que les peuples qui devaient venir avec Cy-
rus pour prendre Babylone, et se rendre maî-
tres du pays. Ainsi, Jer. 3. 12. Clama contra
aquilonem : Criez vers l'aquilon; c'est-à-
dire aux Israélites, qui avaient été transpor-
tés dans le pays des Assyriens.
La Judée au regard des Philistins. Isa. 14.
31. Ab aquilone fumus veniet, et non est qui
effugiet agmen ejus : Les bataillons viennent
de l'aquilon comme un tourbillon de fumée,
et nul ne pourra se sauver. Le prophète
parle de l'armée du roi Ezéchias qui devait
sortir de Jérusalem, pour venir fondre sur
les Philistins qui sont au midi à l'égard de
celte ville.
Le mont de Sion , situé au septentrion de
la ville de Jérusalem. Ps. 47. 3. Fundatur
exsultatione universœ terrœ mens Sion, latera
aquilonis : Le mont de Sion, situé du côlé
de l'aquilon, est fondé avec la joie de toute
la terre. C'est de ce côté-là qu'était le tem-
ple. Isa. 13. 14. Sedebo in monte testamenli,
in lateribus aquilonis ; Je m'a^seyerai sur la
montagne de l'alliance, aux côtés de l'aqui-
lon. C'est ce que dit Nabuchudonosor, qui
représente le démon.
L'Ecriture fait mention de plusieurs rois
de l'aquilon, c'est-à-dire de Syrie ou d'Asie,
principalement dans le prophète Daniel. Les
plus considérables étaient :
1° Antiochus, surnommé /e G^rand, à cause
de ses beaux exploits dans la guerre, et
parce qu'il aimait la justice, fut fils de Sé-
leucus Callinicus, et succéda à Séleucus Ce-
raune, son frère, d.ins le royaume de Syrie.
Il porla ses armes contre Plolémée Philopa-
tor, roi d'Egypte, prétendant quelques druils
dans les provinces de ce prince. Après quel-
ques légers combats, ils se donnèrent une
sanglante bataille où Anliochus fut défait:
il demanda une trêve pour un an qui lui fut
accordée. Ensuite ils tirent la paix, mais
elle ne dura pas longtemps ; car Anliochus,
voulant effacer l'allVonl qu'il avait reçu à la
bataille de Raphia, reprit les armes contre
les Egyptiens ; il défit Philopalor et se ren-
dit maîLic de toutes les villes que le roi d'E-
gypte tenait dans la Judée. Phil(>p;itor ayant
laissé un Gis en bas âge pour héritier di- ses
Etals. Anliochus résolut de l'en dépouiller;
AQU 334
et, pour le surprendre plus aisément, il lui
donna en mariage Cléopâîre, sa fllle, d'une
excellente beauté, afln de se servir d'elle
pour savoir les desseins de Ptolémée Epi-
pbanès; mais Cléopâtre aima mieux de-
meurer Odèle à son mari que de le trahir en
faveur de son père ( Voy. Filia ). Cepen-
dan; Antiochus, se laissant persuader par
Annibal, entreprit de faire la guerre aux
Romains. D'abord il eut quelque succès
heureux; il prit sur eux Chalcide, l'île dEu-
bée, Rhodes, Samos et quelques autres (Voy.
Lvsula). Il arrêta pour quelque temps par
ses adresses les Romains en les amusant ;
mais le consul Scipion VAsi itique, assisté de
son frère Scipion l'Africain, lui donna ba-
taille près de Magnésie en Carie, et lui déût
cinquante-quatre mille hommes. Antiochus
fort affaibli fut obligé de demander la paix;
elle lui fut accordée avec des conditions
très-fâcheuses. Ce prince, dépouillé d'une
bonne partie de ses Etals, se relira dans le
fond de la Syrie; et, voulant en quelque ma-
nière réparer les pertes qu'il avait f.iiies il
résolut de passer dans l'Elyraaïde pour p'il-
1er le temple de Jupiter Bélus, mais il y fut
tué avec ses gens, environ l'an du monde
3815. Daniel fait mention de lui sous le nom
de roi de l'Aquilon, depuis le v. 10. jusqu'au
20. du chap. 11. Voy. 1. M;ich. c. 11. c. 8. 6.
Antiochus Epiphanès, c'est-à-dire l'Illus-^
ire; d'autres l'appellent Epimanès, le Fu-
rieux. Il était fils d'Antiochus le Grand, et
frère de Séleucus Philopator. Après la défaite
d'Anliochus, son père, il fut emmené pour
otage à Rome, mais il en sortit au bout de
trois ans, et Démétrius, fils de Séleucus, fut
envoyé à sa place. Séleucus, son frère, étant
mort, il se hâta de s'emparer du royaume
qui appartenait au petit Démétrius, son ne-
veu, qu'il y établit en son absence, sous l'ap-
parence d'une bonté feinte et d'une fausse
clémence. La première année de son règne,
il ôta la grande sacrificature à Onias, qui
clait d'une excellente piété, et la donna à
l'impie Jason. son frère; et l'année suivante,
il l'ôla encore à Jason pour la donner à Mé-
nélaiis, qui lui en offrait plus d'argent. De-
puis, sous prétexte de la tutelle de son neveu,
Plolémée Philométor, qu'on lui refusaii, il
entra en Egypte et ravagea tout jusqu'aux
portes d'Alexandrie; mais il fut obligé de
s'en revenir sans rien faire. Il retourna une
autre fois en Egypte, mais les Romains s'op-
posèrent à ses disseins : de sorte qu'à son
retour, ayant appris que Jason avait voulu
se rendre maître de la ville de Jérusalem, il
vint l'assiéger et exerça d'horribles cruautés
contre les Juifs. Quatre-vingt mille hommes
y lurent tués, et quarante mille faits prison-
niers et autant de vendus. Ce prince impie
entra dans le sanctuaire, profana le temple;
il y mit la statue de Jupiter Olympien et lui
fit oITrir des sacritices; il en emporta l'autel
d'or, le chandelier, la table où les pains
étaient exposés, tous les vaisseaux sicrés cl
tout l'argent du trésor. A son retour a An-,
liuche, il fit mourir les sept frères Macha-
bcc, avec leur mère et le sa^e vieillard Eléa<
zar II envoya Apollonius en Judée, qui tua
en un jour de sabbat tous ceux qui s'élaient
assemblés pour les sacriflccs. Ce fut alors que
le iîénéreux Matthathias assembla quelques
tro'upcs pour résister aux gouverneurs qu'An-
tiochus avait laissés dans la Judée : Judas
Macbabée, son Cls, déflt trois généraux d'An-
liocbus; et étant entré dans Jérusalem, il
purifia le temple et fit ja dédicace de laulel.
Ce prince impie, qui est appelé radix pecca-
tricc, race corrompue, 1. Mac. 1. 11. ayant
résolu de piller le temple de Persépolis, au
pays des Eliméens, il en fut chassé avec les
siens. Lorsqu'il fut revenu à Babylone, il ap-
prit les victoires des Juifs et la fuite honteuse
de Lvsias, le général de ses troupes ; ce qui
le mit en une si étrange colère, qu'il jura
d'exterminer la nation juive; mais, se sen-
tant frappé d'une plaie horrible, il reconnut
le pouvoir de la main vengeresse de ses im-
piétés et de ses blasphèmes, et mourut ainsi
misérablement, sans pouvoir fléchir la juste
colère de Dieu par sa fausse pénitence et par
ses larmes : ce fut l'an du monde 38^0. Da-
niel fait mention de ce prince, ch. 8. v. 9. et
suivants, elch. 11 depuis leverset -li. jusqu'à
la fin; et 1. Mach. 1. li. jusqu'au ch.6. 16.
2. Mach. 1. V. li. 16. et ch. i. 7. et suivants.
3° Antiochus, surnommé Theos ou le Dieu;
ce nom lui fut donné par les Milésiens, parce
qu'il les avait délivrés du tyran Timarque.
Ce prince était fils d'Antiochus Soter, cà qui
il succéda , et entreprit la guerre contre
Ptolémée Philadelphe, roi d'Egypte. Celle
guerre ne se termina que par le mariage de
Bérénice, fille du dernier, qu'Antiochus
épousa, bien qu'il eût déjà deux fils de Lao-
dicé. Cette reine en fut si irritée, qu'elle ré-
solut de s'en venger sur son mari et sur sa
rivale. En effet, elle fit empoisonner son
mari et fil mettre en son lit un certain Ar-
temon, qui lui ressemblait parfaitement de
visage, et feignit que le roi était malade à
l'extrémité. Mais n'étant pas satisfaite de
celte vengeance, elle fit poignarder Bérénice
dans le faubourg d'Antioche, dit Daphné. Le
règne d'Antiochus le Dieu fut de quiïize ans,
il mourut environ l'an du monde £807. Da-
niel en parle, ch. 11. v. G. Filia régis austri
reniet ad regcm aquilonis facere amicitiam :
La fille du roi du midi viendra épouser le roi
de l'aquilon.
k" Séleucus, fils d'Antiochus le Dieu, fut
surnommé par ironie Callinicus, c'est-à-dire
Ylieureux combattant, parce qu'il réussit mal
dans toutes ses entreprises. Ptolémée Ever-
gètes, fils de Ptolémée Philadelphe, lui dé-
clara la guerre pour venger la mort de Bé-
rénice, sa sœur, le défit en plusieurs ren-
contres, ravagea son royaume et lui enleva
la meilleure partie de ses Etats. Daniel 11. v.
7. 8. Veniet cum exercilu, et ingrediclur pro-
rinciam régis aquilonis, et abutetur ea et ob-
tincbit : Evergèles viendra avec une grande
armée, il cntrcradans les provinces du roi
de l'aquilon, il y fera de grands ravages et
s'en rendra le maître. 11 mourut d'une chute
de cheval, après avoir régné vingt ans, envi-
ron l'an du monde 3827.
DICTIONNAIRE OE PHILOLOGIE SACREE. S3rt
k° Le pôle arctique. Joh. 26. 7. Qui exten-
dit aquiloneni super vacuwn : C'est lui qui fait >
reposer le pôle du septentiion sur le vide et ï
qui suspend la terre sur le néant. Ce pôle se
prend pour tout le monde, parce qu'il nous
est plus connu que l'autre; et comme celle
partie septentrionale paraît plus élevée que
les autres, elle est appuyée sur celles qui sont
dessous, et il ne paraît rien qui soutienne
celles-ci.
5° Le froid ténébreux dont est remplie une
âme qui meurt dans le péché. Eccli. 11. 3. Si
cecîderit lignum ad austrum aut ad aqiiilonem^
in quocumque loco ceciderit, ibi erit : Si l'ar-
bre tombe au midi ou au septentrion, en
quelque lieu qu'il sera tombé, il y demeu-
rera. Celui qui meurt dans l'amour de Dieu
et dans celle chaleur divine qui donne la vie
à l'âme, tombe du côlé du midi; mais celui
qui meurt dans le péché et dans le froid téné-
breux qui tue l'âme, meurt du côté de l'a-
quilon.
AR, Heb. Urbs. Ville capitale des Moabi-
tes, située sur le torrent d'Arnon, qui donnait
son nom à toute la province. Num. 21. v. 15.
28. Deul. 2. v. 9. 18. 29. Isa. 15. 1. Voyez
Aroer.
ARA. Ce mot, quand il est nom propre,
signifie — 1° l'un des fils de Jéther, de la tri-
bu d'Aser (Heb. maledicens). 1. Par. 7. 38. —
2° Pays ou contrée où les Israélites furent
transportés, qu'on croit être dans la Médio
(Heb. montanus). 1. Par. 5. 26. Comparez cet
endroit avec i. Reg. 17. 6. et c. 18. 11., c'est
le même mol que Haran. Saint Jérôme croit
que c'est Rages, dont il est fait mention Tob.
1. 16.
ARA, M, puaôç. Ce nom vient, ou du grec
«oà, qui signifie prière, ou de l'ancien mot
asa, pour ansa, parce qu'on tenait ou qu'on
touchait les autels avec la main lorsqu'on
sacrifiait.
Autel, lieu élevé en forme de table, pour
sacrifier à quelque divinité; soil aux faux
dieux, Exod. 3i. 13. Aras eorum destrue :
Renversez leurs autels. Num. 23. v. 1. 2. k.
et il se trouve en celle signification très-sou-
vent dans l'Ecriture; soit au vrai Dieu, Ec-
cli. oO. 13. Jpse stans juxta aram : Le pon\ife
Simon se tenant debout à l'autel, v- 15. Ba-
ruch. 1. 10. 2. Mac. 2. 20.
ARAAS , JE , Heb. Harhas , Calor. Nom
d'homme, fils de Thécuas et gardien des vête-
ments sacrés, h. Reg. 22. Ik.
ARAB, Heb. Multiplicans, ville de la tribu
de Juda. Jos. 15. 52.
ARABIA, JE, Rah.V espéra. Ce mot vient du
mol hébreu arab, qui signifie mêler, obscur-
cir, négocier : c'est de là que les Arabes ont
tiré leur nom, soit parce que c'est une na-
tion mêlée de beaucoup d'autres, soit à cause
de leur couleur brune et basanée, soit enfin
parce qu'ils se donnent beaucoup au trafic.
L'Arabie se divise en trois grandes provin-
ces, Arabie Heureuse, Arabie Pierreuse ou
Pétrée, et Arabie Déserte. Dans l'Ecriture ce
nom signifie :
1" L'Arabie en général, ce grand et vaste
pays. 3 Reg. 10. 15. Omnes reges Arabiœ :
I
1
S57
ARÂ
ARA
338
Tous les rois d'Arabie. 2. Par. 9. IV. Isa. 21.
13. Ezech. 27. 21. Galat. 1. 17.
2° Partie d'Arabie, savoir les Sabéens dans
l'Arabie Heureuse, pays fertile en or (Heb.
Scheba). Ps. 71. 15. Dabitur idi de auro Ara-
biœ : On lui donnera de l'or de l'Arahie, et
tout ce qu'il y aura de plus précieux lui sera
offert. Voy. Arabs, quatrième signification.
3° L'Arabie Pétrée ou Pierreuse. Galat. k.
25. Sina enim mons est in Arcjbia : Car Sina
est une montagne de l'Arabie (appelée Pier-
reuse).
h" L'Arabie Déserte. Jerem.25. 2i. Cunctis
regibus Arabiœ qui habitant in deserto : A
tous les rois d'Arabie qui habitent dans le
désert.
ARABS, BIS, Heb. Vespertinus, Arabe, qui
est du pays d'Arabie ; mais parce qu'il y a
plusieurs provinces ou contrées dans l'Ara-
bie, il y a aussi plusieurs sortes d'Arabes.
l"" Les Arabes voisins de la Judée. 2. Par.
17. 11. Arabes quoque adducebant pecora : Les
Arabes amenaient aussi à Josaphat des trou-
peaux, sept mille sept cents moutons et au-
tant de boucs. Ce prince .s'était rendu mnître
de quelqu'un de ces peuples, qui lui payait
ce tribut. 2. Esdr. 2. 19. c. i. 7. c. 6. 1. 1.
Macb. o. 39. c. 11. y. 17. 39. c. 21. 31. 2.
Mach. 12. V. 10. IL
2° Les Arabes qui habitaient le pays voisin
de l'Ethiopie. 2. Par. 21. 16. Sascitavil Do-
minus contra Joram spiritum PInlistinorum
et Arabum, qui confines sunt /EthiopibaS : Le
Seigneur excila contre Joram l'esprit des
Philistins et des Arabes voisins des Ethio-
piens : ce sont les habitants des deux Ara-
bles, Pétrée et Heureuse, c. 22. 1.
3° Les Arabes qui demeuraient dans Gur-
baal. 2. Par. 26. î. Adjuvit eum Deus contra
Philislim et contra Arabes qui habitabant in
Gurbaal : C'était un quartier qui était au midi
de la Judée, et avait les Philisiins vers l'occi-
dent. Saint Jérôme croit que c'est Gérara, oii
demeura Abraham. On croit que c'est Pétra,
et non Gérara. Lubin.
4° Les Arabes qui habitent l'Arabie Heu-
reuse (Heb. Scheba). Ps. 71. 10. Rrges Arabum
et Saba dona adducent : Les rois de l'Arabie
et de Saba lui apporteront des dons.
5° Les Arabes de l'Arabie Déserte, appelés
Scénites, parce qu'ils n'ont point de mai^o^s
et n'habitent que sous des tentes. Isa. 13.
20. Nec ponet ibi tentoria Arabs : Les Arabes
ne dresseront pas même leurs tentes à Baby-
lone ; elle demeurera si déserte, qu'il n'y
aura point de pâturage pour les troupeaux
des Arabes.
6* Les Arabes de l'Arabie Pétrée. 2. Mach.
5. 8. Conclusus ab Aretu Arabum tyranno :
Jason fut mis en prison par Arétas, roi des
Arabes; c'était apparemment un des ancê-
tres de celui qui fut beau-père d'Hérode le
te'trarque. Voyez. 2. Cor. 11. 32.
7° Les Juifs dispersés par l'Arabie. Act. 2.
11. Crêtes et Arabes : Les Cretois et les Ara-
bes étaient étonnés d'entendre les apôtres
parler en leurs langues.
ARAC.îiUS, I, Heb. Nervus. Aracœus, un
des Ûls de Ghanaan. Geucs. 10. 17. 1. Par. 1.
15. Saint Jérôme croit que cest Itti qui a
donné son nom à la ville d'Arcas, près du
mont Liban. Ce nom peut aussi signifier le
peuple descendu d'Arki, ce même fils de Cha-
naan. Voyez Archi.
ARACH, Heb. Longitudo, ville célèbre où
Nemrod a régné. Gènes. 10. 10. Principium
regni ejus Babylon et Arach : La ville capitale
de son royaume fut Babylone et Arach. Saint
Jérôme croit que c'est Édesse, mais Bochart
la met dans la Susiane, sur le Tigre
ARACHITES, m, Heb. Longus. Arachien,
qui est d'Arach. 2. Reg. 15. 32. Occurrit ci
Chusai arachites : Chusaï d'Arach vint au de-
vant de David. Chusaï était plutôt de la ville
d'Archi. dans la tribu d'Ephraïm, que d'A-
rach. Il est parlé de cette ville, Jos. 16. 2. 2.
Reg. 16. 16. c. 17. v. 5. li. 1. Par. 27. 33. Le
Grec et l'Hébreu portent Chusaï d'Arki.
Voyez Chl'sa.1.
ARAD, Heb. âne sauvage, Onager. Nom
d'une ville au pajs des Amorrhéens, dont le
roi fut vaincu par les Israélites. Num. 21. 1.
c. 33. ii. Judic. 1. 16. Voyez Hered, Edeb,
Arath, Hadar.
ARADâ, Heb. Descensus. Arada, le ving-
tième campement des Israélites dans le dé-
sert. Num. .33. v. 2i. 25.
ARADIUS, I, Heb. Dominator. — 1° Neu-
vième fils de Chanaan. Gen. 10. 18. 1. Par.
1. 16. 2° Aradien, habitant d'Araden, bâtie
sur la mer de Tyr. ses habitants étaient de
bons matelots et de bons soldats. Ezech. 27.
8. Aradii fuerunt rémiges tui : Les habitants
d'Arad ont été vos rameurs, v. 11.
ARADUS, I, Heb. Slupor. Araden , ou
Arade, île et ville dans la Méditerranée, aux
confins de la Syrie et de la Pliénicie, uù les
Romains tenaient autrefois un conseil, au-
quel ils écrivirent en faveur des Juifs. 1.
Mach. 15. 23.
AKAIA, Heb. Ira Domini. Père d'Ezéiel,
qui aida à rebâtir Jérusalem. 2. Esdr. 3. 8.
ARAM, Heb. Excellentia, — 1° un des fils
de Sem. Gènes. 10. v. 22. 2.3. 1. Par. 1. v. 7.
17. — 2^ Le fils d'Esron. Rulh. i. 19. Esron
genuit Aram, Aram gcnuil Aminadab. Malth.
1. V. 3. i. Luc. 3. 33. Il est aussi appelé R un.
1 Par. 2. V. 9. 10. Voyez Ram. — 3" Un des-
cendant dAser. 1. Par. 7. 3i. — V° La Syrie.
Num. 23. 7. De Aram eduxit me Balac : Balac
m'a fait venir de la Syrie, ou de la Mésopo-
tamie, qui en est une partie. 1. Par. 2, 23.
Cepitque Gessur et Aratn oppida Jair : Jaïr
prit des villes de Gessurie et de Syrie. Le mot
Aram hébreu est exprimé par celui de Syrie
ou de Mésopotamie. Gènes. 22. 21. c. 2'^. 10.
c. 25. 20. Deul. 23. i. Judic. 3. 8. et ailleurs.
La Syrie est appelée Aram, du fils de Sem,
par qui elle a été peuplée, et du petit-fils de
Nachor. Voyez Gen. 22. 21.
ARAMA, E, Heb. Excelsa, — 1» Une ville
en Nephlhali. Jos. 19. 36. Heb. Rama, émi-
nence; elle est appelée Horma, v. 29. — ■
2' Une ville située dans les confins de Juda,
mais assignée à ceux de Siméon. 1. Reg. 30.
30. David fit part aux habitants d'Arania :
In Arama, du butin gagné sur les Amnléci-
tes. Heb. Horma, analhème. Voy. Jos 1^
539
DICTIONNAIRE DE PHII.OLOGIE SACRÉE.
SIC
14. c. 15. 30. c. 19. 4. On croit que c'est la
ïiiênie que Jérimolh.
^j^^^Tsf, __ 1° Ce mot écrit par He, signifie
en hébreu, conçu, ou montagnard, et mar-
que Antn, fils de Thaïe, et père de Lolh.
Gènes. 11. v. 26. 27. 28. 29. Il était frère
d'AbrahrTm de père, et non pas de mère.
Gènes. 20. 12. Voy. Sara. — 2° Un fils de
Semeï, établi chantre par David. 1. P;tr. 2J.
9. — 3' Par Alcph, Aran signifie coffre, et
marque un fiis de Disan, et petit-fils de Seïr.
Gènes. 36. 28. 1. P;ir. 1. 42. FilUBisan, Eus
et Arnn. — k° Un fils de Jéraméel. 1. Pjr. 2.
25. Heb., Oran.
ARANEA, JE. Ce nom vient du Grec «oâ/vi,
qui .se forme de l'hébreu arag, texere. et si-
gnifie:
Une araignée, petit insecte venimeux qui
se nourrit des mouches qu'il prend avec une
loile d'un merveilleux tissu, qu'il fait pour
se suspendre en l'air. Ses propriétés sont :
1» Que sa toile qui est déliée se rompt et
se dissipe aisément; ainsi la toile d'araignée
marque des soins ou des efforts inutiles.
Job. 8. 14. Skut tela aranearum fiducici ejus :
Toute la confiance de l'hypocrite se dissi-
pera comme la toile d'araignée. Isa. 59. 5.
Ose. 8. 6. Voy. Tela.
2° Qu'elle se consume et s'épuise par un
travail continuel: ainsi Dieu punit l'iniquité
de l'homme par les afil-ictions et les maux qui
le consument et le dessèchent. Ps. 38. 12. Et
tobescere fecisti sicut araneam animam ejus :
Vous avez fait dessécher son âme comme l'a-
raignée. Ps. 89. 10. Anni nostri sicut aranea
medilabuntur : Nos années se passent et se
consument en de vaines inquiétudes comme
celles de l'araignée, Voy. Meditarï : mtïr.
nos c'snnées par leur fragilité sont semblables
à des toiles d'araignées. Voy. Tela.
ARAPHA, Heb. Kapha, Medicina. Arapha,
D0i!i d'un géant Philistin, fameux dans l'E-
criture pour avoir eu quatre fils d'une gran-
deur prodigieuse; le premier, qui s'appelait
Gesbibenob, fut lue par Abisaï, 2. Reg. 21.
V. 16. 17. Le second nommé Saph, fut tué
par Sobochaïe, en la bataille de Gob, v. 18.
le troisième, Goliath, fut tué par David ,
v. 19. et le quatrième, qui avait 21 doigts,
par Jonathan, nev^u de David, v. 21. 22.
Hi quatuor nati sunt de Arapha in Getli:
Ces quatre géants étaient fils d'Arapba, ou,
seifin d'autres, de la race de ce gé;iui, dont
les dosceiidauls sont anuelcs Raphaïm. Voy.
Raphaïm.
ARaKAT, Heb. Malediclio. Ararat, signifie
l'Arniéiiie Majeure, qui est une province cé-
lèbre de l'Asie. Isa. 37. 38. Fugerunl in ter-
ram Ararat . Les fils de Senn;ichérib, après
l'avoir percé de leurs épées, s'enftrireiil à la
terre d'Ararat; c'esl-à-dire dans rArménie.
4. Reg. 19. 37. Jere. 51. 27. C'est sur les
montagnes de ce pays que larche de Noé se
reposa après le déluge. Gènes. 8. 4. Super
montes Armeniœ.
AUARl, Ileb. Montanus. Le lieu d'où était
Seniraa, fils d'Agé. 2. Reg. 23. 11. Voy.
Semma. D'où vient, Ararites œ, Heb. monta-
gnard, qui est d'Arari, lieu plein de monta-
gnes, dans la tribu de Juda ou d'Ephraim.
2. Reg. 23. 33. Semma de Orori. Voy. Oko
RI, et Arorites. 1. Par. 11. v. 33. 34
ARARE , ù.porpiK-j. Du grec ùpoïv.
1° Labourer, cultiver la terre en la re-
muant. Dent. 22. 10. Non arabis in bove sî-
mul et asino : y ous n'accouplerez point en
labourant un bœuf et un âne, parce qu'ils
n'ont pas des forces égales. Dieu marquait
par là qu'il fallait garder en tout le bon or-
dre et la simplicité. 1. Cor. 9. 10. Débet in
spe qui arat, arore; Celui qui laboure doit
labourer avec espérance de participer au
fruit de son travail. Jerem. 26. 18. Mich. 3.
12. Sien quasi ager arabitur : Sion sera la-
bourée comme un champ, elle sera ruinée.
2" Découvrir ce qui est caché (xaraiÎK^aâÇîtv).
Judic. 14. 18. Si non arassetis in vitula mea,
non invenissetis proposilionem meam : Si vous
ne vous étiez point servi de ma femme pour
découvrir ce que j'ai dans l'esprit, vous n'au-
riez point trouvé mon éiiigme : de même que
les laboureurs qui se servent de génisses
pour labourer la terre, découvrent ce qui y
était caché; ou bien : Arare in vitula aliéna :
Labourer avec la génisse d'aulrui , c'est user
pour son profit de ce qui appartient à d'au-
tres
3° Etre soumis a un joug pénible et diffi-
cile. O.-e. 10. 11. Arabit Juda : 3nûas labou-
rera , et Jacob hersera ; c'est-à-dire les tri-
bus de Juda et de Benjamin seront affligées
de maux auxquels je les assujettirai; d'au-
tres disent, seront soumises à la loi de Dieu,
et porteront son joug comme une génisse
qui laboure et qui fend les mottes. Voy. Con-
FRINGERE
4" Travailler avec peine à faire du mai.
Ose. 10. 13. Arastis impietalem : Vous avez
employé tous vos soins à mal faire. Eccli.
7. 13. Noli arare mendacium adversus fra-
trem tuutn : Ne travaillez point à inventer des
mensonges. Job. 4. 8. Qui operantur iniqui^
talem; Uebr. qui arant iniquitalem ; les mé-
chants se donnent plus de peine pour faire
le mal, que les bons n'en ont à faire le
bien.
5° Travailler quand il est temps. Prov. 20.
4. Propter frigus, piger arare noluit , men-
dicabit ergo œstate y et non dabitur illi : Le
paresseux n'a pas voulu travailler à cause
du froid, il mendiera donc pendant l'été, et
on ne lui donnera rien. ^Irare hieme : La-
bourer l'hiver, signifie , prendre de la peine
pour avoir du repos.
ARATIUNGULA, je. Ce mot, qui est un di-
minutif du nom verbal aratio , signifie un
peu de terre labourable, un petit labourage :
dans l'Ecriture :
Un sillon, une raie faite avec la charrue,
ou autre instrument. 3. Reg. 18. 32. Fecit-
que aquœduclum quasi per duas araliuncula!
in circuitu al lar is :E\\g fit une rigolle e'i
comme deux petits sillons autour de l'autel.
Heb. et Gr. comme un sac de deux mesurer
de blé; c'esl-à-dire aussi large que le se-
rait un tel sac {(lerpôrriç).
ARATOR, IS, ù[ir)zbç. Un laboureur qui
s'exerce à labourer la terre. Amos. 9. 13,
S4i
ARB
ARB
5Î2
Comprehendet orator messorem : Les ouvra-
ges du laboureur et du moissonneur s'entre-
suivront; ce qui marque une grande abon-
dance, quand il y tant à moissonner, qu'on
ne peut pas avoir assez tôt fait pour labou-
rer la terre, lorsque le temps en est venu.
I. Reg. 8. 12. Le laboureur est marqué par
celui qui tient la charrue. Eccli. 38. 26. Qui
tenet aratrum : Celui qui mène une char-
rue.
ARÂTRUM, 1. «poTjOov, 1° Lne cnarrue, in-
strument de laboureur, composé d'un train
monté sur deux roues, qui a un gros fer
pointu et un autre tranchant pour ouvrir et
couper la terre, et y faire des sillons. 3.
Reg. 19. 21. In aratro coxit boum carnes :
Elisée prit une paire de bœufs qu'il tua, et
fit cuire la viande des mêmes bœufs, avec le
bois de la charrue dontil avaitlabouré. Luc.
9. 62. Nemo mittens manum ad aralrum et
respiciens rétro, aptus est regno Dei : Qui-
conque ayant mis la main à la charrue, re-
garde derrière soi, n'est point propre au
royaume de Dieu. Celte expression est prise
de l'agriculture, et nous marque que de
même qu'un laboureur qui a dessein de con-
duire droit sa charrue, ne regarde pas der-
rière lui : un prédicateur évangélique et un
pasteur qui travaille au salut des âmes, que
saint Paul appelle le champ que Dieu cul-
tive, ne doit pas non plus regarder derrière
soi, pour s'embarrasser des soins du siècle
qui le détournent de son devoir. Isa. 17. 9.
2° Le contre et le soc de la charrue. Joël
3. 10. Concidite aratra vestra in gladios, et
ligones vestros in lanceas : Forgez des épées
du contre de vos charrues, et des lances du
fer de vos boyaux. Cette manière de parler
est une exhort.ition à la guerre.
ARBATHITES, je. Voy. Arbata. Qui est
de la ville d'Arbalhes. 2. Reg. 23. 31. 1. Par.
II. 32. Voy. Albialbon.
ARBATHA, orum, Fidejussor. Ville de la
tribu d'issachar, qui fut détruile par Simon
Machabée, et ses habitants mtnés captifs en
Jérusalem, parce qu'elle avait pris le parti
des Macédoniens contre les Juifs. 1. Mach. S.
23. On croit que ce mot vient de l'Hébreu ha-
rabot, loca campeslria, des plaines, et que
c'est la plaine ou le pays (jui est appeJé
Campus magnus, le Grand Champ, c. 12. 49.
Voy. Campus. De là vient Arbathites, qui est
du Grand Champ.
ARBÉIi, llel). Arbagu, Quatuor, ville si-
tuée dans les montagnes de la tribu de Juda,
l.niiême qucGirialh-Arbe etHebron. Geiics.
23. 2. Morlua est in civiiale Arbec (/uœ est
Hebron : Sara mourut en la ville il'Arbé, qui
fut depuis appelée Ilebron. c. 3.i. 27.
Celte ville a pris son nom d'un géant cé-
lèbre en Chanaan, qui fut nommé Arbalh;
peut-être parce qu'if égalait quatre autres
hommes, ou en grandeur ou en force; c'est
lui qui est marqué, Jos. il. 15. Nomen Ile-
bron anle vocabalur Carinlh Arbe; Adam
m/iximus ibi inler Enacim situs est : Cest là
où Arbalh, c(!l homme d'une grandeur pro-
digieuse est enseveli parmi les autres géants.
Voy. Adam.
ARBELLA, orum, Heb. Beth-Arbéel, Do-
mus insidiarum Dei, ville de la Galilée supé-
rieure, selon Adrichomius, dans la tribu de
Nephthali ; celle ville donne le nom à toute
la contrée appelée Arbelles ou Arbelite. 1,
Mac. 9. 2. Abierunt viam quœ est in Galgalu.
et castra posuerunt in Masaloth quœ est in
Arbellis : \\s marchèrent par le chemin qui
mène à Galgala, et campèrent àMazalolh qui
est en Arbelles. D'autres mettent ce canton
au delà du Jourdain, fondés sur ce que dit
Osée, selon l'Hébreu , qne Salajanasar ruina
la contrée d'Arbel. c. 10.
ARBI, Hebr. Locusla. C est le iieu d'où
était Phara'ï, un des braves de David. 2.
Reg. 23. 35. On croit que c'était dans la tribu
de Benjamin.
ARBITER,TRi. Ce nom, vraisemblablement,
vient de l'ancien mot ar, pour ad, et du verbo
bitere, pour ire ; d'où vient perbitere ou per-
bitare, pour perire. Ainsi, arbiter signifie
proprement celui qui vient pour voir et con-
sidérer quelque chose, et qui peut en rendre
témoignage ; en français, un arbitre, c'est
un juge, dont les parties conviennent, à qui
elles donnent pouvoir par un compromis de
juger leur différend : dans l'Ecriture :
1° Arbitre, juge d'un différend. Exod. 21.
22. Si percusserit quis mulierem prœgnantem^
et abortivum quidem fecerit, sed ipsa vixerit^
subjacebit damno quantum marilus mulieris
expetierit, et arbitri judicaverint : Si un
homme frappe une femme grosse, et qu'elle
accouche avant terme sans danger de mort,
il sera condamné à une amende, telle que le
mari de la femme la demandera, et que les
juges l'ordonneront.
2° Souverain arbitre, et maître absolu (ô
xptvwv) Judic. 11. 27. Judicct Dominus arbiter
hujus diei, inter Israël, et inter filios Ammon :
Que le Seigneur, qui est le souverain arbi-
tre, décide aujourd'hui ce différend, entre
Israël et les enfants d'Ammon : Hujus dieiy
est mis pour ho die ; Gr. oTJpiepQv.
3° Témoin oculaire, qui voit ce qui se
passe. Gcncs. 39. 11. Accidit quadam die ut
intraret Joseph domum, et opcris quippiam
absque arbilris faceret : Joseph étant entré un
jour dans sa maison, et faisant quelque
chose sans qu'il y eût personne qui le pût
voir.
ARBITRIUM, 1. 1" Armtre, action de l'es-
prit de l'homme, par laquelle il choisit libre-
ment ce qu'il juge de meilleur; d'où vient
libre arbitre, franc arbitre. Num. 30. i\. In
arbitrio viri erit ut facial sive non fuciat :
Si une femme fait un vœu, il dépendra de
son mari qu'elle le fasse ou qu'elle ne le
fasse pas. 'i-. Reg. 12. V. Judith. 8. 13. Ce mot
signifie souvent en arbitrage, jugement d'Ar-
bitre.
2' Jugement, décision faite avec autorité.
Levit. 13. v. 3. kk. Plaga Icprœ est, et ad ar-
bilrium ejus scparabilur : C'est une plaie de
lèpre, et il doit être séparé par le jugement
du prêtre.
ARBITRARI , vo^îÇeiv, Soxefv. 1" Penser ou
juger (juc quelque chose esl. Mallh. 3V. No-
lite arbitrari quia pacem vencrim mitlere in
3.i3
DICTIONiNÂIRE DE PHILOLOGIE SACREE,
ôiJ
terram : Ne pensez pas que je sois venu ap-
porler la paix sur la terre: Jésus-Christ dé-
clare ce qui devait arriver dans le monde à
l'occasion de la prédic;ition de l'Evangile,
qui devait causer de grands troubles parmi
les hommes. Ainsi, c. 20. 10. Joan. 16. 2. c.
2i. 25. Esth. 16. 4. etc. 2° Estimer, considé-
rer (ri^Ètc-ôat, ducere). Phil. 3. 7. Quœ mihi fue-
ritnt lucra hœc arbilralus sum propter Chris-
tum detrimenla:Ce que je considérais comme
un gain et un avantage m'a paru depuis,
en regardant Jésus-Christ, une perte et un
dommage, v. 8. Propter quem omnia detri-
mentum feci, et arhilror ut stercora : Pour
l'amour duquel je me suis privé de toutes
choses, et je les regarde comme des ordures.
c^ 2. v. 3. 6. 1. Tim. 6. 1. 2. Petr. 3.
15. etc.
3° Juger , conclure, reconnaître (^oyiÇsfxôKt,
colligere). Rom, 3. 28, Arbitramur justificari
hominem per fidem sine operibus legis :^ous
devons reconnaître que l'homme est justifié
par la foi sans les œuvres de la loi. Philif).
3. 13. Heb. 11. 19. Isa. 10. 7. 1. Mach, 6. 9,
Arbitratus est se /non' ; Il jugea qu'il allait
mourir (Xo-yiÇEc-Scït). Voy. Existimare.
4°. Présunier, conjecturer {-j-o-joeï-j, suspi-
cari). Act. 13. 25. Quem me arbitramini esse,
non sum ego : Je ne suis point celui que vous
présumez que je sois.
ARBOR, is. oi-Apo-j. Voy. Ligmtm. Ce mot
\ient, ou d'ari-wm, ou du mol hébreu e&, ar-
bor, eu insérant un r, et signifie :
1°. Un arbre, le plus grand des végétaux ,
qui pousse beaucoup de branches et de feuil-
les, et qui jelte beaucoup de bois. Marc. 8.
2i, Video homines velut arbores ambulantes :
Je vois marcher des hommes qui me parais-
sent comme des arbres; il n'en apercevait
que le mouvement, sans en discerner les
traits ni la figure, Mallh. 12.33. Ex fructu
arbor cognoscitur : C'est par le fruil qu'on
connaît l'arbre, et l'homme par ses œuvres.
Luc. 13. V. 6. 19. c. 21. 29. Gon. 21. 15. etc.
Ainsi, Gen. 18. 4. Requiescile sub arbore :
Reposez-vous sous cet arbre; Heb. sous ce
chéno. V. 8.
L'Ecriture fait mention de quelques arbres
particuliers, comme de celui qui est appelé
arbor pulcfierrima : Le bel arbre (i;ù).ov, li-
gnum). Levit, 23, 40, Sumatisque vobis die
primo fructus arboris pulcherrimœ : Les Juifs
prenaient des branches de cet arbre, où pen-
daient les fruits pour porter à la main les
sept jours de la fête des tabernacles : ils i'en-
lendeit du citronnier; mais on croit que le
mot hébreu ne signifie qu'un arbre beau et
excellent, comme sont aussi les oliviers, les
myrlhes d les palmiers. Voy. Pulcher. et 2.
Esdr. 8. 15.
Arbor malus, un pommier ( txrilo-j ). Cant.
8. 5. Sub arbore malo suscitavi te, etc. Je
vous ai ressuscitée autr. réveillée sous un
pommier. On l'explique de l'arbre de la
croix, où nous avons clé rétablis. C'est sous
un pareil arbre que nous avions été perdus
par Eve , notre première mère : Ibi violala
eH mater tua. Voy. Violare. On peut voir
les autres sortes d'arbres chacun eu leur en -
droit.
Expressions Cgurées tirées de la propriété des arbres.
1°. Le fruit des arbres qui ne fleurissent
qu'en automne ne mûrit point; c'est pour
cela que les hérétiques el les docteurs cor-
rompus, sont appelés des arbres d'automne.
Jud. V. 12, Arbores autumnaîes ; parce que
faisant profession de nourrir les peuples des
fruits d'une doctrine salutaire, ils n'en por-
tent point, ou sont comme des arbres en au-
tomne, dépouillés de fleurs et de fruits; ou ,
selon le Grec, n'ont que des fruits gâtés el
pourris. Voy. Autumnalis.
2°. Parce que les arbres sont élevés; ils
représentent, dans les prophètes, les rois et
les personnes puissantes. Dan. 4. v. 7. 8.
Videbam, et ecce arbor in medio terrœ : il me
semblait que je voyais un arbre au milieu
de la terre , qui était excessivement haut :
Magna arbor et fortis : C'était un arbre grand
et fort , dont la hauteur allait jusqu'au ciel ;
cet arbre était le roi même qui avait eu cette
yision. Voy. Ezech. 17. 23. c. 31. 3.
3°. Il y a des arbres qui portent de hons
fruits, et d'autres qui en portent de mauvais.
Les justes sont comparés aux premiers, et
les méch.ints aux derniers. Matlh. 7. 17.
Omnis arbor bona fructus bonos facit;ma(a
autem arbor inalos fructus facit : Tout arbre
qui est bon produit de bons fruits; tout homme
qui est animé de l'esprit de Dieu fait de
bonnes actions; et tout arbre qui estmauvais,
produit de mauvais fruits : on connaît les
hommes parleurs actions extérieures; car
elles sont ordinairement bonnes ou mauvai-
ses, selon le principe qui les produit, et l'hy-
pocrisie ne peut se cacher longtemps, c.
12. 33. Luc, 6. 43. Ainsi, quand un arbre ne
porte pas de bon fruit, on le coupe et on le
jette au feu : Dieu menace les Juifs , par la
bouche du saint précurseur, d'en user de
même à leur égard, el de les exterminer s'ils
ne faisaient pénitence. Matlh. 3. 10. Jam
securis ad radicem arborum posita est, omnis
ergo arbor guœ non facit fructum bonum
excidetur, et' in ignem tnittetur : La cognée
est déjà à la racine des arbres, c'est pour-
quoi tout arbre qui ne produit point de bon
fruit sera coupé et jeté au feu. Luc, 3. 9.
Voy. Securis.
ARBUSTUM, I. Ce mot qui vient d'arboroa
à'arbos, signifie proprement un lieu planté
d'arbres pour soutenir la vigne , selon l'u-
sage de plusieurs pays ; niais dans l'Ecriture
il signifie :
Une branche d'arbre {àvxBevSpà;). Ps. 79.
11. Operuit tnontes iimbra ejus, et arbusta cjiis
cedros Dei : Son ombre a couvert les mon-
tagnes,et ses branches les plus hauts cè^lrcs.
Le prophète-roi parle de la nation juive ,
comme d'une vigne qui s'est étendue de Ions
côtés : ce qui marquait que la gloire el l'élé-
vation des Israélites fut si grande, que plu-
sieurs princes el plusieurs royaumes, figurés
par ces montagnes et par ces cèdres, leur fu-
rent assujettis. Ainsi, le roi des Assyriens
est comparé à un cèdre dont les branches
345
ARC
ARC
346
avaient poussé fortement, et s'étaient éle-
vées. Voy. Cedrus.
ARCA, M, y.i^Mxiç. Ce nom vient au verbe
arcere, qui signifie contenir, renfermer, et
signifie un coffre à serrer et à enfermer de
l'argent, des bardes et autres choses; dans
l'Ecriture :
1°, Un coffre ou un tronc oii l'on mettait
l'argent que le peuple offrait pour les répa-
rations du temple. 2. Par. 2i. 8. Prœcepit
ergo rex, et fecerunt arcam, posueruntque
eam juxla portam domus Domini forinse-
CMS ; Le roi Joas commanda aux lévites de
faire un tronc, et ils le mirent auprès de la
porte de la maison du Seigneur en debors.
V. 10.11. Voy. i. Reg. 12. 9.
2°. Coffre ou trésor du roi , ou se mettent
les finances (ÙTrâjO^ovra) 1. Esdr. 6. 8. Secl et
a me prœceptum est ut de arca régis studiose
sumplus dentur viris illis,ne impediatiir opus:
J'ai ordonné que de l'épargne du roi on
leur fournisse avec soin tout ce qui sera né-
cessaire pour les frais de cet édifice, afin
que rien n'empêcbe qu'il ne continue à se
bâtir.
3^ L'arche d'alliance, faite de bois de sé-
tim, couverte de lames d'or, dans laquelle
on gardait les tables de la loi de Moïse (Heb.
Âron, Arca); c'est à causede cet usage qu'on
l'appelle Arcafœderis, ou Arca testimonii, ou
testamenti; quelquefois même testimonium,
Levit. 2i. 3. Extra vélum testimomi, quel-
quefois testamentiim. Heb. 9. k. Tabulœ Tes-
tamenti : Les deux tables de l'alliance ; parce
que les tables de l'alliance que Dieu avait
contractée avec le peuple d'Israël y étaient
renfermées : elle s'appelle aussi faciès Dei,
et Deus. Ps. 67. 2. Rex gloriœ. Ps. 23. 7.
parce qu'elle était la marque de la présence
do Dieu : elle est encore appelée Arca forti-
tudinis Dei; 2. Par. 6. VI. Fortitudo et gloria
Dei; parce que c'était d'elle que IJieu ,
comme de son trône , faisait paraître sa
force et sa puissanct; en faveur du peuple ;
sa forme et sa construction est décrite, Exod.
2o.l0.etsuiv., elle a été transférée plusieurs
fois.
Après la conquête de tout le pays deCha-
naan, l'arche fut mise dans le tabernacle,
qui fut dressé à Silo, qui était au milieu des
tribus, à huit ou neuf lieues de Jérusalem ;
mais lorsqu'elle eut été prise par les Philis-
tins, elle fut rendue et mise à Gabaa, chez
Abinadab: David étant déclaré roi par toutes
les tribus, et se voyant en paix, résolut de
tirer l'arche de la maison d'Abinadab, qui la
gardait à Gabaa, pour la porter dans sa
ville. Comme on la conduisait, Oza ayant été
frappédemorl, pour l'avoir touchée, il n'osa
ramener chez lui; mais il la fit entrer dans
la maison d'Obédédom de Gelb : cependant
trois mois après, ayant appris que le Seigneur
avait béni Obédédom, et tout ce qui lui ap-
partenait, à cause de l'arche, il l'en amena
dans sa forteresse de Sion avec grande joie,
et la plaça sous le tabernacle qu'il y dressa,
où elle demeura jusqu'à ce que Salomon,
Après avoir fait bâtir le Icmpb', l'y fit trans-
l<orler : enfin, lorsque le i)eu4)le devait être
emmené à Babylone, Jérémie, par un ordre
particulier de Dieu , fit apporter avec lui le ta-
bernacle,l'arche et l'autel des encensements,
sur la montagne de Nébo, d'où Mo'ïse avait
autrefois considéré la terre promise, et les fit
cacherdans une caverne, dont il bouchal'en-
trée : depuis ce temps on n'a pas ou'i parler
de l'arciie. L'arche d'alliance signifie quel-
quefois tout le culte do la loi , et les cérémo-
nies. Jer. 3. 1(3. Non dicent ultra ; Arca
TestamenH Domini : On ne dira plus : Voici
l'arche de l'alliance du Seigneur, dans la
loi nouvelle tout le culte de l'ancienne ces-
sera.
4°. L'arche de Noé, qui était plutôt un
grand bateau, en forme d'arche ou de coffre
fermé de tous côtés (Heb. Thebath). Ce Pa-
triarche la bâtit par l'ordre de Dieu, pour se
sauver du déluge universel ,lui et sa famille.
La forme en est décrite Gen. 6. li. Fac tibi
arcam de lignis levigatis : Faites-vous une
arche de pièces de bois aplanies. Cette ar-
che, qui avait été cent ans â construire, était
longue de trois cents coudées, large de cin-
quante, et haute do trente.
ARCANUM, 1. Ce nom neutre vient de
l'adjectif arcamis, qui se forme du mot arca;
parce que ce qui est secret et caché, est
comme renfermé, el signifie :
1". Ccflui est caché (à-ôy.p-jfoç) Isa. 45. 3.
Et dabo tibi thesauros absconditos, et arcana
secretorum : Je vous donnerai des trésors
cachés, et des richesses secrètes et incon-
nues. Dieu parle à Cyrus, longtemps avant
qu'il fût au monde, et lui promet de grands
trésors qu'i! devait découvrir; Heb. ThesaU'
ras latebrarum, i. e. abslriisissimos.
2°. Secret, chose secrète (po-jÀ/j). Prov. 11.
13. Qui ambulat fraudulenter révélai arcana :
Le trompeur révélera les secrets. Eccli.
27. 17.
3°. Prodiges faits par les secrets de .a
magie (yK/juy./.da). Exod. 7. 11. Fecerunt ipsi
per incantaîiones Mgypliacas et arcana quœ-
dam similiter : Les sages d'Egypte et les
magiciens firent aussi la même chose par
leurs enchantements et par les secrets de
leurart.
4°. Instrument de musique (xsûyiaj, ou
quelque air sur lequel se chantait le
psaume 45. 1. Pro arcani^; ainsi , 1. Par.
15. 20. In nablis arcana cantabant ; Heb. su-
per alamoth {U'u^m^)] : Ils chantaient sur un
autre instrument des airs sacrés et mysté-
rieux.
ARCANUS, A, UM. Cet adjectif qui vient
du nom arca^ signifie secret et caché; mais
il signifie aussi :
Ineflable, clôpnz'iç, qu'on ne peut dire ni
comprendre. 2. Cor. 12. 4. Andivit arcantj
vetba quœ non licet homini toqui : Saint P.iul
ayant été ravi au troisième ciel , il y enten-
dit des paroles inelTablcs, qu'il n'est pas
permis à un homme de rapporter.
AHCEUTHINUS,A,UM. «s/îOOivo,-. Du boisda
genièvre, du Gr. cipy.eyOo^ , juniperus. '2. Par.
2.8. Sed et ligna cedrinn mitte mihi,et nrceu-
fhina, et pinea de Libano : Envoyez -mol
aussi des bois de cèdre, de sapin el de pini
5i7
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
349
du Liban. Plusieurs tournent le mot hébreu
en celui à\:biegna. Notre Vulgate rend le
mot grec xpy.s'J6i-jx par ligna olivarum ; 3. Reg.
G. 23. et fecit in oraculo duos Cfierubim de
lig:}is olivarum : ainsi , v. 31. 32. 33.
ARCH ANGELUS, i.'A|o;^â77:).oj. Ce mot vient
à'xpyjô et d'ci.yysio;, premier des anges; c'est le
nom que l'Ecriture donne à saint Michel,
que l'on croit avec raison, avoir été donné
de Dieu pour protecteur de toute l'Eglise,
puisqu'il a été le chef et le prince du peuple
de Dieu dans l'ancien Testament, comme il
paraît assez dans les 10. et 12. chap. de Da-
niel,!. Thcss. 4. 16. In voce Arcltanged , et
in tuba Dei descendct de cœlo : Ai!s;itôl que
le signal aura été donné par la v; ix de l'Ar-
change, et par le son de la trompette de
Dieu, le Seigneur lui-méuie descendra du
ciel; cet Archange doit publier le second
avènement de Jésus-Christ. Jud. v. 9. Ciim
Michael archangelus cum diabolo disputans,
altercarelur de Moysi corpore, non est ausus
judicium in ferre blasphemiœ : Cependant l'ar-
change Michel, dans la contestation qu'il eut
avec le diable, touchant le corps de Moïse,
n'osa le condamner avec exécration. Le su-
jet de cette contestation fut que Satan entre-
prenait, contre l'ordre de Dieu, de faire c!i-
sevelir Moïse publiquement, pour le faire
adorer par les Juifs; au lieu que saint Mi-
chel voulut qu'il fût enseveli secrèteilicnt ; ce
qu'il emporta, non pas en le repoussant
avec exécration, mais se contentant de lui
opposer l'ordre même et la volonté de Dieu.
Saint Michel est appelé Arc/ianig'e , non pas
qu'il soit de l'ordre des archanges, mais
parce qu'il est le prince et le premier de tous
les anges; ce qui est encore confirmé par les
choses qui se disent de lui dans l'Apocalypse,
chap. 12.
ARCHELAUS, Gr. Qui prœest populo. Ce
mot vient du Grec àpyjo, imperium, et deÀaôj,
populus, prince du peuple, fils dHérode le
Grand, qui succéda à son père dans le gou-
vernement de la Judée seulement. Matlh.
2. 22. Audiens aulem quod Archelaus re-
gnarel in Judœa pro Herode pâtre suo, ti-
muit illo ire : Joseph ayant appris qu'Arché-
laùs régnait en Judée en la place d'Hérode,
son père, il appréhenda d'y aller; ce prince
ayant été obligé de rendre compte à l'em-
pereur Auguste de ses violences et de sa
cruauté envers le peuple , fut relégué à
Vienne en Dauphiné, où il mourut mi^éra-
blemenf.
ARCHI-ATAROTH. Heb. Latitudo coro-
naruin. Nom de pays dans la tribu di; Ma-
nassès, au delà du Jourdain. Jos. IG. 2.
Transilque lerminuni Archi-Atarolh: Ce par-
tage passe par les confins d'.Vrchi-Ataroth :
quelques-uns croient que le mot Archi, mar-
que le peuple descendu de Chanaan , appelé
Araceus. Gcncs. 10. 17. Chanaan autem gê-
nait... Hevœum et Aracœuin : Chanaan en-
tendra Hcveus et Araceus. Dans notre
Vulgate ce sont deux mots, Àrchi , Ataroth;
les Septante n'en font qu'un , àx^Taow»?.
ARCHIPPUS, Gr. Pro'fectius'cqùorum. Cq
mot, qui ySçxii^YUpyrn, et d'^Trof, signifie le
supérieur des chevaux , comme qui dirait la
grand écuyer.
Un des principaux pasteurs de l'Eglise de
Colosse. Coloss. i. 17. Licite Archippo; vide
ministerium, quod accepisli in Domino; ut
iliud impleas : Dites à Archippe ce mot de
ma parf : Considérez bien le ministère que
vous avez reçu du Seigneur, afin d'en rem-
fllir tous les devoirs. Saint Paul l'appelle
compagnon de ses combats; c'est-à-dire des
peines et des persécutions qu'il souffrait en
préchant l'Evangile. Philem. v. 2. Et Ar-
chippo commililoni nostro : A Archippe, le
compagnon de nos combats.
AKCEl-SYNAGOG\]S,' ApyjGV'j^sp>yoç, Prin-
ceps Synagogœ. Chef de la Synagogue; c'é-
taient ceux qui réglaient les synagogues des
Juifs et y donnaient les ordres. Chaque sy-
nagogue en avait quelquefois plusieurs ,
com;ne il paraît Act. 13. 15. ; mais il y en
avait un au-dessus des autres qui interprétait
la loi et faisait les prières; tel était Jaïro à
CapharnauiUjdont Jésus guérit la fille. Marc.
5. 22. Venil quidam de Archi-Synagogis no-
mine Jatrus : Un chef de synagogue vint
trouver Jésus-Christ. Matth. 9. 18. Le second
dont parle l'Ecriture fut celui qui conçut de
lindignalion de ce que le Sauveur avait guéri,
le jour du Sabbat, une femme que le démon
tenait courbée depuis dix-hrnl ans. Luc. 13.
14. Le troisième fut Crispe, ch^f de la syna-
gogue de Corinlhe, qui se convertit, par les pré-
dications de saint Paul, avec toute sa famille.
ARCHITECTUS, i. àpyjxiy'o>v. Prœfectus
fabrorum. Ce nom grec fait d'àoy-n et de
T£/.Twv , faber, signifie celui qui préside aux
ouvriers qui bâtissent.
1° Architecte, qui conduit l'entreprise de
quelque bâtiment {ùpyi-éy.-wj). 2. M ach. 2.
30. Sicut novœ domus architecto de universa
structura curandum est : Comme un archi-
tecte qui entreprend de bâtir une nouvelle
maison est tout appliqué à en régler toute
la structure. Eccli. 38. 28.
Co qui s'attribue par métaphore aux pas-
teurs qui travaillent à l'édification des âmes.
1. Cor. 3. 10. Ut sapiens archilectus funda"
mentum posai : J ai posé le fondement comme
fait un sage architecte.
2° Artisan en général. Isa 3. 3. Auferet a
Jérusalem consiliarium et sapicutem de archi-
tectis: Le Seigneur va ôter de Jérusalem ceux
qui peuvent donner conseil et les plus sages
d'entre les architectes. Hebr. Peritum artift-
ccm : Les plus habiles artisans.
ARCHITRIGLINUS, Gr. Prœfectus convivii.
Ce mot, composé d'ècoyà et de -rpiv-iivoç, signi-
fle celui qui préside au festin et à la salle où
il se fait, et qui en a la direction : on l'ap-
pelle ordinairement maître dhôlel. Joan. 2.
8. Haurile nunc et ferle Architriclino : Puisez
maintenant et portez-en au maître d'hôtel.
Quelques-uns le prennent en cet endroit
pour celui qui était choisi parmi les conviés
pour ordonner de tout ce qui se passait au
festin, et qui s'appelait le roi ou le maître
du festin.
ARGTARE, Voy. Arctds. ("Serrer, rete-
nir (au'yx/EÛtv), etc. , d'où vient cette phrase,
31d
ARC
ARC
3^
Arctare gressus : 'Resserrer les pas de quel-
qu'un, c'est-à-dire le traverser dans sos
affaires et l'empêcher de réussir en ce qu'il
entreprend. Prov. i. 12. Non arctahuntur
gressus lui : Vos pas ne se trouveront plus
resserrés.
2" Presser, étouffer (0).î§£tv). Job. 20. 22.
Cum satiatus fuerit , arctahitur : Après qu'il
se sera bien soûlé, il sentira des étouffemenls
qui le déchireront : en cet endroit , l'impie
qui s'est rempli de biens qu'il a ravis aux
autres et qui en ressent la punition, est com-
paré à un homme qui a trop mangé et qui se
sent étouffé.
ARCTUS, A, UM. cTTEvô?. Cet aajectif vient
du verbe arcere^ arcitum, ai'ctum, arrêter,
empêcher, et signifie:
Etroit, resserré; d'où vient cette façon de
parler. In arcto ponere : Mettre à l'étroit ;
c'est-à-dire réduire à l'extrémité. 1. Reg. 13.
6. Quod cum vidissent viri Israël se in crcto
positos : Les Israélites se trouvèrent alors
réduits à l'extrémité: ainsi, l'on dit figuré-
ment , panis at'ctus , du pain donné en fort
petite quantité ; c'est la même chose que
panis Iribulationis, et aqxia anqnstiœ : Du pciin
de douleur et de l'eau d'atilielion. 3. Reg.
22. 27. 2. Par. 18. 26. C'est une nourriture
si modique, qu'elle empêche seulement de
mourir; Heb. Panis oppressionis : Le pain
dont on nourrit ceux qu'on tient dans l'op-
pression. Voy. Aqua.
ARCTURUS, I, Gr. Cauda ursœ. Voy.
Orion. Ce mot grec vient d'v.y/.roç, itrsa^ et
d'oj^à, cauda , et signifie : ^- 1° L'astre ou
l'étoile qui est à la queue de la grande Ourse.
Job. 9. 9. Qui fucit Arcturum et Oriona : C'est
Dieu qui a créé les étoiles de l'Ourse et de
rOrion ; et par ces deux étoiles brillantes ,
dont l'une est au septentrion et l'autre au
midi , il déclare qu'il est le créateur de tou-
tes les autres. Amos. o. 8. — 2" L'Ourse, à
la queue de laquelle est cette étoile. Job. 38.
31. Numquid.... gyrum Arcturi poteris dissi-
pare? Pouvez-vous détourner l'Ourse de son
cours ? — 3° La plage septentrionale , où est
celte étoile brillante (à/cwr/joiK). Job. 37. 9.
Ab inlerioribus egrediètur' tempestas et ab
Arcturo frigus : C'est par l'ordre de Dieu
que les orages sortent du milieu des nuées ,
cl le froid vient du septentrion.
ARCUS, us. Ti;ov. Ce nom vient, à ce qu'on
croit, du verbe arcere, parce qu'on se ser-
vait de l'arc pour repousser l'ennemi ; mais
outre cette première signification, il marque
aussi une arcade, une voûte et l'arc-en-ciel;
parce que ces choses sont en forme d'arc.
1° Un arc à tirer des flèches, qui est la
première et la plus générale de toutes les
armes. 4. Reg. i^Ao.Affer arcum et sagiltas :
Apportez-moi , dit Eli>ée à Joram, un arc et
des flèches. Gen. 21. 6. C.27. 3.1. Reg. 18 4. etc.
§ l".— Plirases tirées de ce mot.
Docere arcum : Instruire à tirer de l'arc.
2. Reg. 1. 18. Prœcepit ul doccrent fUios Juda
arcum: David, après la défaite de S.iiil et de
Jonathas par les Philistins, exhorta ct:ux de
Juda à apprendre à leurs enfants à tirer de
l'arc, c'est-à-dire a laire la guerre sans se
décourager par une si grande perte. Quel-
ques-uns croient que l'on avait donné le
nom d'c?-c à la complainte que fit David sur
la mort de Saiil et de Jonathas, parce qu'il
y est souvent parlé d'arc; ce qui formerait ce
sens très-clair : il ordonna que ceux de Juda
apprissent ce caniique à leurs enfants. Ce
mot arcus n'est point dans le grec.
Exlendere arcum : Bander un arc; d'où
vient Arcus extenlus : Arc bandé et tout prêt
à tirer, pour marquer l'approche d'un en-
nemi prêt à combattre. Isa. 5. 28. Omnes
arcus ejus extenli : Celle nation vient avec
des arcs toujours bandés. Le prophète parle
des Chaldécns qui venaient fondre sur la
Judée, c. 21. 15. Ainsi. Extenderesihi aliquem
quasi arcum: Se servir de quelqu'un comme
d'un arc Iiandé;c'esl-à-dire comme d'un puis-
sant moyen pour exécuter ses or 'res. Zach.
9. 13. Èxtendi mihi Judam quasi urcum :
Juda est mon arc que je liens tout bandé.
Dieu assure les Juifs qu'il combattra pour
eux contre leurs ennemis, et que les enfants
d'Israël et de Juda seront son arc, ses flèches
et son épée, avec lesquels il les terrassera.
Intendere arcum : Tendre l'arc , c'est-à-dire
savoir le manier. Ps. 77. 9. Filii Eplirem
intendentes et mittentes arcum, conversi sunt
in die belli : Les enfants d'Ephraïm , quoi-
qu'habiles à tendre 1 arc et à en tirer, ont
tourné le dos au jour du combat ; d'où vient
cette phrase figurée, Intendere arcum: Ten-
dre l'arc pour marquer la disposition pleine
de fureur d'un ennemi prêt à faire du mal.
Ps. 10. 3. Ecce peccatores intenderunt arcum:
Les pécheurs ont déjà tendu leur arc. Ps. 36.
14. Ps. 57. 8. Ps. 63. 4.
Mittere urcuiyi : Tirer un arc. Voy. ci-
dessus Intendere.
Tendere arcum : Bander un arc. 3. Reg.
22.34. Yir quidam tclendit arcum :\]n homme
tendit son arc, et ayant tiré une flèche au
hasard, il en perça Achab entre le poumon
et l'estomac. 4. Reg. 9. 24. Dans îin sens
figuré, tendere arcum , signifie être habile à
tirer de l'arc et à faire la guerre. Jer. 51. 3.
Non tendat qui tendit arcum suum: Que celui
qui s'apprête à tendre son arc ne le tende
point; c'est-à-dire que les gens de guerre ne
se mcltetit pas eu peine de combaltr-> contre
des gens saisis de frayeur. Le prophète pré-
dit la ruine de Babylone, c. 59. v. 14. 20.
d'où vient Tendentes arcum : Gens habiles à
tendre l'arc, pour sigtiifier des soldats aguer-
ris. 1. Par. 5. 18. c. 8 40. c. 12. 2. Lt dans le
sens métaphorique, tendere arcum, signifie
être prêt à nuire et à faire du mal. I*s. 7.
13. Arcum suum telcndit : Dieu a déjà tendu
son arc, c'est-à-dire il est prél à punir;
mais cette phrase marque aussi le mal que
Dieu a fait ressenlir. Thren. 2. 4. c. 3. 13.
Tencre arcum : Tenir l'arc, c'est-à-dire
être armé d'un arc; d'où vient tenenlcs ar-
cum, pour signifier des soldats. 2. Par. 17.
17. Amos. 2. 15.
§ -2. — expressions Dgurées tirées de co mol.
Arcus œreus: Un arc d'airain, pour mar-
S5i
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SA£RËE
352
quer une force extraordinaire , soit pour
atlaquor, ou pour se défendre. Ps. 17. 35.
Posuisti îit arcum œreum brachia mea : Vous
ayez fait de mes bras comme un arc d'airain.
2. Reg. 2-2. 35. Job. 20. 24. Voy. irruere.
Les anciens forgeaient leurs armes d'airain ,
manque de fer; car, comme dit Lucrèce, Et
prior œris erat quam ferri cognitus usus.
A7'ciis pravus ou dolosus : Un arc trompeur,
c'est-à-dire qui se rompt lorsqu'on le bande
ou qui tire loin du but où l'on vise; ce qui
marque l'hypocrite qui se fait paraître tout
autre qu'on n'attendait. Ose. 7. 16. Facti
sunt quasi arcus dolosus :\\s sont devenus
comme un arc trompeur; le Prophète parle
des Israélites qui ont été rebelles et désobéis-
sants à Dieu. Ps. 77. 57. Voy. Convertere.
Arcus mendacii :\]n arc qui lance des traits
de mensonge ; se dit de la langue qui profère
des mensonges, comme un arc lance des
flèches. Jer. 9. 3. Et extenderunt linguum
suatn quasi arcum mendacii :IU se servent de
leur langue comme d'un arc, afin d'en lancer
des traits de mensonge. Jérémie parle contre
la malice du peuple juif.
Arcus nubium :^uccs formées en arc. Sap.
5. 22. Tamquam a bene curvato arcu nubium
exterminabuntur : Les méchants seront ex-
terminés par les foudres qui seront lancés
des nuées, comme les flèches d'un arc bandé
avec force. Dieu mit après le déluge un arc
d'alliance dans les nuées; mais au jugement
dernier il y mettra l'arc de sa colère, dont il ti-
rera des flèches dans le cœur des méchants,
qui les perceront d'une douleur vive et cui-
sante.
§3 l°Toulesorte d'armes ;parceque c'est la
plus ancienne et la plus commune de toutes;
l'on y joint souvent le mot de gladius, qui
est l'arme dont on se sert pour se battre de
près, comme l'arc servait pour se battre de
loin. Gènes. 48. 22. Do tibi partem unam ex-
tra fralres tuos quam tuli de manu Amorrhœi
in gladio et arcu meo : Jacob dit à Joseph , son
flis : Je vous donne de plus qu'à vos frères,
celte part de mon bien que j'ai gagnée sur
les Araorrhéens, avec mon épée et mon arc;
cette part que Jacob donne à Joseph au des-
sus de ses frères est la terre de Sichem , où
était ce puits auprès duquel le Fils de Dieu
parla à la Samaritaine. Ps. 43. 7. Ose. 2. 18.
Zach. 9. 10. etc.
2° La force et le pouvoir de se défendre et
de se maintenir. Job. 29. 20. Arcus meus in
manu mea instaurabitur : Ma gloire se renou-
vellera de jour en jour, et mon arc se forti-
flera dans ma main; c'est-à-dire se renou-
velait et se fortifiait; le futur se met souvent,
chez les Hébreux, pour le prétérit. Job parle
ici du temps de la prospérité, où il était af-
îerœi. De là viennent ces phrases.
Confringcre, conterere, super are arcum ali-
fujus : Abattre la puissance et la force de
.juelqu'un. Ps. 36. 15. Arcus eorum confrin-
gntur .- Que leur épéc leur perce le cœur à
eux-mêmes , et que leur arc soit brisé :
celle épée que les méchants tirent contre les
f&ibles et les innocents , cl cet arc qu'ils
bandent, signifient, d'une manière figurée,
tous les moyens qu'ils emploient pour les
perdre. 1. Reg. 2. 4. Ps. 45. 10. Ps. 75. 4.
Ose. 1. 5. Ainsi, Jerem. 51. 56. Amarcuit
arcus eorum . Leur arc a été brisé ; c'est-à-
dire toute la force des Babyloniens est rui •
née. Gènes. 49. 24. Sedit in forti arcus ejus :
Joseph a mis sa force et sa confiance dans le
Très-Fort. Zach. 10. 4. Ex ipso arcus prœ-
Hi : C'est de Juda que viendra l'arc pour
combattre; c'est-à-dire la force et la valeur
avec laquelle les Juifs vaincront leurs en-
nemis : cela s'est accompli dans les Mach» -
bées.
3° La violence et la persécution des enn^"
mis. Ps. 59. 5. Dedtsti metuenlibus te signi-
ficalio7iem ut fugiant a facie arcus : Vous
avez donné à ceux qui vous craignent, un.
signal, afin qu'ils fuient de devant l'arc :
ce signal était David même, établi roi, à qui
les Juifs pouvaient avoir recours pour se dé-
fendre de leurs ennemis; mais David était la
figure expresse de Jésus-Christ, dont la croix
nous sert de signal pour éviter les traits fu-
nestes de la colère de Dieu. Jer. 9. 3. Ps. 10.
2. Ps 36. 14. Ps. 63. 5. Voy. Intendere.
k" La force que Dieu fait éclater en faveur
des bons. Habac. 3. 9. Sicscila7is suscitabis
arcum tuum : Vous préparerez et vous ban-
derez votre arc. Le prophète représente
Dieu comme un grand capitaine, puissam-
ment armé, pour exterminer tous les impies.
Ps. 7. 13. Thren. 2. 4. c. 3. 12. Zach. 9. 13.
Voy. ci-dessus n. 1. Tendere.
5° L'arc-en-ciel, ainsi appelé, parce qu'il
est représenté sur une nuée en forme d'arc.
Gènes. 9. v. 13. 14. 16. Arcum tneum ponam
in nubibus : Je mettrai mon arc dans les
nuées : Dieu l'appelle son arc, parce qu'il a
voulu que ce fût un signe qui marquât aux
hommes qu'il ne les perdrait plus par un dé-
luge, avant lequel Varc-en-ciel était seule-
ment un signe de pluie. Ezech. 1. 28. Eccli.
43. 12. c. 50. 8. Voy. Iris.
ARDERE,xaΣa0«t, y.arxy.ciiBaOxi. Ce Verbc CSt
fait d'arere, en insérant le d, et signifie :
Brûler, être tout en feu, être embrasé ou
allumé (i}>),oyîÇî(7Ôxi) : ce qui se dit proprement
du feu. Eccli. 3. 33. Ignem ardentem cxstin-
guit aqun :L'eAix éteint le fou, lorsqu'il est le
plus ardent. Exod. 3. 2. Videbctt quodrubus
arderet : Moïse voyait brûier le buisson, sans
qu'il fût consumé. Deut. 5. 23. Monietn ar^
dere vidistis • Vous avez vu que toute la
montagne était en fou. Dan. 3. 6. Joan. 15.
6. Ainsi, Ps. 7. 14. Sagittas suas ardentibus
(carbonibus) cffecit .Dieu a rendu ses flèches
brûlantes; aut. a préparé ses flèches contre
ceux qui me persécutent avec ardeur.
1° Etre consumé, périr. 1. Cor. 3. 15. Si
cujus opus urserit, delrimentum patieiur :
C"lui dont l'ouvrage sera brûlé en souffrira
de la perle. Par cet ouvrage saint Paul en-
tend une doctrine altérée par le mélange lics
pensées humaines, comparée aux ouvrages
de bois, de foin et de chaume, et qu'il oppose
à une doctrine saine, quil compare à l'or, à
l'argent et aux pierres précieuses.
2* Brûler, être enflammé, se dit du feu (^c
tôS ARD
la chanlé. Luc. 12. 35. Sint lucernœ arden-
tes in manibus vestris : Ayez dans vos mains
des lampes ardentes : ces paroles marquent
les bonnes œuvres qui doivent avoir pour
principe l'ardeur de la charité: ainsi, c. St.
32. Joan. 5. .35. Jlle erat lucerna ardens et
lucens : Saint Jean était une lampe ardente
et luisante. Ardente, par le fou de sa cha-
rité, et par son zèle pour la vérité; luisante,
par sa doctrine et par l'exemple de sa vie,
comme doivent être tous ceux (jui sont dans
quelque rang au-dessus des autres.
Use dit encore du zèleextraordinaire pour
la gloire de Dieu. Eccli. 48. Verbum ipsius
quasi facula ardebat : Les paroles d'Elie brû-
laient comme un flambeau ardent; c'est-à-
dire qu'elles avaient une force extraordi-
naire. V. i. Reg. c. l.v. 10. 12. 17. Quelque-
fois du feu de la colère. Esth. 15. 10. Jfjnem
succendisti in fur or e meo, usque in œternum
ardebit : Vous avez allumé ma colère comme
un feu qui brûlera éternellement : cette co-
lère de Dieu contre les Juifs, causée par
leur idolâtrie, fut éternelle; c'est-à-dire
dura longtemps, leur captivité ayant été de
soixante et dix ans, ou même ne finira ja-
mais contre ceux qui moururent dans leur
péché. Enfin, il se dit du feu de la convoi-
tise. Judith. 12. IG. Cor Holophernis erat ar-
densin concupiscentia ejus : Holopherne brû-
lait de passion pour Judith
ARDENS, Tis. Ce mot est pris ici comme
adjectif, et signifie la même chose qu'étant
participe, ardent, brûlant, qui est tout en
feu; d'où vient le superlatif ardentissimus,
qui ne se prend que métaphoriquemenî.
"^rès-ardent. 3. Reg. 11. 2. His copulalus
est Salomon ardentissimo amore : Salomon
s'attacha à plusieurs femmes étrangères,
avec une passion très-ardente.
ARDOR, x'/vffojv. Ardeur, chaleur véhé-
mente comme celle du feu, de l'été, etc.
Eccli. 18. 16. Nonne ardorem refrigerabit
ras ? La rosée ne rafraîchit-elle pas 1 ardeur
du grand chaud, c. i3. 2V. Ros obvians ab
ardore venienti humilem efficiet eum : Une
rosée chaude survenant après le froid, dissi-
pera la gelée. Voy. Grystallus.
1" La colère de Dieu comparée à un feu
dévorant. Isa. 33. lï. Quis habitabit ex vo-
his cum ardoribus sempiternis? Qui d'entre
vous pourra subsister dans les flammes éter-
nelles : ce feu dévorant et ces flammes éter-
nelles s'entendent à la lettre des armées des
Assyriens, qui ruinaient et ravageaient la
Judée; mais on l'entend, dans le sens spiri-
tuel des flammes qui dévoreront les impies
durant toute l'élernilé.
2° Malailie, ou feu qui dévore et consume
(ixT!//o;). Levit. 20. 16. Yisilabo vos veluciter
in eyeslale, et ardore, qui conficiat oculos
vestrns : Je vous punirai bientôt par la plaie
de lindigcnce, et par une ardeur qui dessé-
chera vos yeux. Le Grec explique cette ar-
deur de la jaunisse {ipcOLTy-hç). Deul. 28. 22.
Perculiat te Dominas egcstate, febri cl frigore,
ardore cl œslu : Le Seigneur vous frappera
(le misère, de fièvre, de froid, d'une chaleur
brûlanle : Hcb. de la fièvre eclique ; le Grec,
ARE
Zlii
d'une démangeaison par tout le corps. Quel-
ques-uns croient que tous ces mots diffé-
rents : Febris, frigus, et œstus, ne signifient
qu'une fièvre très-ardente.
3" Colère, vengeance. Isa. 33. 11. Conci-
pietis ardorem, (Heb. quisqiiilias): Vous con-
cevrez des flammes ardentes. Dieu fait voir
les vains efforts des Assyriens contre Jéru-
salem, qui ne produiront que des pailles.
■t' Colère et chaleur inconsidérée , qui
porte à parler d'une manière imprudente et
peu juste. Job. 15. 2. Numquid sapiens re-
spondebit quasi in ventum loquens et implebit
ardore stomacfium suum'! Le sage doit-il
dans ses réponses parler comme en l'air, et
remplir son cœur d'une chaleur inconsidé-
rée? l'Rébreu porte, remplir son ventre de
vent; l'estu.mac ou le ventre est pris ici pour
le rœur ou l'esprit, et le vent pour les pen-
sées vaines
5* La charité (zaOT^-). Isa. 4. 4. Si abluerit
Bominus sordes filioruni Sion in spiritu ju^
dicii et spiritu ardoris : Après que le Sei-
gneur aura puriGé les souillures des filles de
Sion, par un esprit de justice et par un esprit
d'ardeur et de charité
ARDESCERE. Ce verbe vient d'ardere, et
signifie s'allumer, prendre feu, s'embraser :
dans l'Ecriture, il se prend seulement dans
un sens figuré. Prov. 16. 27. In labiis ejus
ignis ardescit : Il y a. sur les lèvres du raé-.
chant un feu ardent qui allume les querelles,
les procès, et qui cause du trouble.
ARDON, is. Hebr. Imperans. Fils de Galeb
et d'Azuba. Voy. Caleb. i. Par. 2. 18.
ARDUUS, A, UM. Ce mot, qui vient du
verbe ardere, parce que la flamme s'élève en
haut, signifie :
Haut, élevé, en parlant du ciel , d'un ar-
bre, d'un lieu [lio/n -i-p<A;,Prominenlia ru^
pis). Job. .39. 27. Numquid ad prœceplum
tuum elevabitur aquila et in arduis ponet ni-
dum suum ? L'aigle à votre commandement
s'élèvera- t-il en haut, et fera-l-il son nid
dans les lieux les plus élevés? Jerem. 4. 29.
Ingressi sunt ardua : Les Juifs se sont
retirés aux lieux les plus élevés; Gr. a-rj/Kt»,
antrn.
AREA,Gr. «).wv, a).w?.Cc mol vient du verbe
nreo, être sec, et signifie place sans maisons,
aire, parterre; il signifie aussi l'aire d'une
grange, parce que c'est le lieu où les blés
sont battus et se sèchent.
1* Aire de grange. Joël. 2. 2V. Implcbuntur
arcœ frumenlo :\ os granges seront pleines
deblé. ha. 2\. 10. Filii areœ mcœ : Vous que
je laisse dans l'oppression, comme on foule
le blé dans la grange : on peut rapporter à
celte signification d'aire, qui est un lieu sec,
exposé à l'air, ce passage de Joël. 1. 20.
Besiiœ agri quasi arca sitiens imbrcm : Les
bêtes des champs sont comme la terre alté-
rée qui demande de la pluie.
2° Cour ou place. 3. Reg. 22. 10. Rcx
Israël et Josaphnt rex Juda sedebant unuS'
quisque in areajuxla osliumporlœ Somariœ :
L(î roi d'Israël et Josaphal, roi do Juda,
étaient dans la cour près de la porte de Sa-
marie, assis chacun en leur trône.
355
DICTIONNAIRE DE
3° La place où est plantée la v'gne (^ôloç).
Ezech. IT. ÎO. Xonne. cum tedgeiit eam ven-
tus urens siccabidir, et in areis yerminis suis
arescet? Lorsqu'un vent brûlant aura frappé
celle vigne, ne séchera-t-elle pas dans la
même place où elle a pris son accroisse-
ment?
4' Places auprès du marais nommé Cende-
via, et autres lieux où il y avait des salines
qui payaient tribut aux rois qui s'étaient
rendus maîtres de la Judée {v'/.h; nu-jy.i, salis
stagna), 1. Mach. li. 3o. Remitlimus eis et
areas salinarum rjuœ nobis deferebanlur : Nous
remettons aux Juifs les impôts des salines,
et les couronnes que l'on nous apportait; où
ici areœ salinarum semble signifier, ou le sel
même qui était fait, ou le prix du sel ; c'est
pourquoi ce tribut, c 10. 29. s'appelle Pre-
tium salis
§ 1. i' Le blé qui esl dans .a grange. Num.
15. V. 19. 20. De cibis vestris sicut de areis
primitias separabilis : Vous mettrez à part
les prémices du blé que vous mangez,
comme vous mettez à part les prémices du
blé de vos granges. Job. 39. 12. Numquid
credes illi quod aream tuam congreget : Groi-
rez-vous que le rhinocéros amasse des blés
dans votre grange? Num. 18. v. 27. 30. Deut.
15. 14. k Reg. 0. 27. Ainsi, 1. Reg. 23. 1.
Ecce Philistiim oppugnant Ceilam et diri-
piiint areas :\ oW'd les Philistins qui attaquent
Ceïla, et qui pillent les blés des granges.
Ose. 9. 2. A quoi se peut encore rapporter
ce passage d'Osée, 9. 1. Dilexisti mercedem
super omnes areas iritici : Vous vous êtes
prostituée pour avoir une grand' abondance
de blé : Diligere mercedem, suiA. meretriciam,
i. e. fornicari : d'autres expliquent : Vous
avez idolâtré dans les aires où vos idoles
étaient placées. Voy. Scper.
2" L'Eglise, dans laquelle les bons sont
mêlés avec les méchants, parce qu'elle est
comparée à l'aire où le blé esl mêlé avec
la paille ; mais Notre-Seigneur , au jugement
dernier, séparera les bons d'avec les mé-
chants, comme on sépare le blé d'avec la
paille. Matlh. 3. 12. Permundabit aream
auam, et congregabit triticum suum in hor-
reum, paleas aulem comburet igni inextin-
(juibili : Jésus-Christ nettoiera parfaitement
son aire ; il amassera son blé dans le gre-
nier; mais il brûlera la paille dans un feu
qui ne s'éteindra jamais. Luc. 3. 17
§ 2. — Noms propres de lieu.
Akea, atad, Heb. la place des épines,
ainsi apoelée , parce qu'il y eu avait beau-
coup.
Lieu située deux milles du Jourdain, en
deçà duquel lieu vinrent Joseph et les Egyp-
tiens, qui conduisaient le corps de son père
Jacob. Gènes. 50. 10. Venerunlgue ad aream
Atfid guœ silaesl transJordnnern : Ils vinrent
àl'airc d'Alad, quiesl située au delà du Jour-
dain. Voy. TuAN.«
Area AKEurijE, ou AREA ORitAit. L'aire ou
la grange d'Areuna ou d'Ornan, située sur
la montagne de Moria, où A!;rali 'in avait
Toulu immoler son lils : DîJtvid actiela d'A-
PHILOLOGIE SACRÉE. SM
reuna Jébuséen cette aire, pour y dres&er uu
autel au Seigneur. 2. Reg. 2i. 18. Constitut
altare Domino in area Areuna : Allez dresser
un autel au Seigneur dans l'aire dAreuna.
Vide v. 16. 21. 2i. Ainsi, 1. Par. 21. v. 15.
18. 2. Par. 3. 1. Voy. Ornan.
§ 3. — Noms propres d'bommes.
Area, Heb. Via. 1" Un chef de famille dont
les descendants revinrent de Bibylone au
nombre de sept cents. 1. Esdr. 2. 5. et au
nombre de six cent cinq. 2. Esdr. 7. 10. La
raison do ce nombre différent vient, à ce
qu'on croit, de ce que le premier dénombre-
ment du peuple, rapporté 1. Esdr. 2. 5. fut
fait en Babylone même; au lieu que le se-
cond, rapporté 2. Esdr. 7. ne fut fait par re-
vue en Judée, que quelque temps après leur
retour, s'étant pu taire, par conséquent,
que quelques-uns de ceux qui sont marqués
dans le premier dénombrement, demeurèrent
derrière, ou moururent en chemin.
2' Père de Séchenias. 2. Esdr. 6. 18.
AREBBA, Heb. Rabba, Multa. Ville de la
tribu de Juda. Jos. 15. 60.
AREGON, Heb. Rakkon, ^rugo. Ville de
la tribu de Dan. Jos. 19. 46.
AREI), Heb. Jmperans. Fils de Géra, petit-
fils de Benjamin. Gènes. 46. 21.
ARÉE,Heb. Via. Fils d OUa, petit-ûls d'A-
ser. 1. Par. 7. 39.
AREFAGERE, ^ripaiveiv. Ce verbe esl formé
d'arere, et de facere, et signifie :
Faire sécher quelque chose, sécher, dessé-
cher quelque chose. Matth. 21. 19. Arefacta
est continuo ficulnea : Au même moment le
figuier sécha. Jac. 1. 11. Arefecit fenum : Un
soleil brûlant sèche l'herbe.
Perdre, consuner ^;7.Kpaîv£tv). Job. 15. 30.
Ramos ejus arefaciet flamma : La flamme
brûlera ses branches : Eliphas parlant à
Job, témoigne ici que l'alfliction perdra la
postérité de l'impie. Eccli. 10. v. 18. 20. c.
14. 9. D'où viennent encore ces façons de
parler. Isa. 42. 15. Stagna arefaciain : Je sé-
cherai tous les étangs ; c'est-à-dire j'exter-
minerai les plus tiers ennemis démon Eglise,
et j'ôlerai tous les obstacles qui peuvent em-
pêcher mes fidèles de venir à moi. c. 44. 27.
Flumina tua arefaciam : Je mettrai les eaux
à sec. Dieu menace Babylone de ruiner toute
sa puissance; et ce passage se peut bien en-
tendre de ce que fit Gyrus pour entrer en
Babylone avec son armée, qui fut de dé-
tourner l'Euphrate de Babylone. Ezech. 19.
12. Arefaclœ sunt virgœ roboris ejus : Ses
branches si vigoureuses sont devenues tou-
tes sèches. Le Prophète compare la ville de
Jérusalem à une vigne, dont les branches vi-
goureuses , c'est-à-dire toute la jeunesse de
la race royale, sont toutes desséchées.
AUELI, Heb. Altare. Dernier fils de Gad.
Gen. 46. 16.
ARENA, ■i'âjiij.oç, ou KfAiJLo- Ce mot vient du
verbe areo,ei signifie :
Sable, gravier. Eccli. 1. 2. Arenam maris
et piuviœ guttas... guis dinumeravit? (Ju\ a
compté le sable de la mer? Deut. 33. 1». Qui
inundalionam maris quasi lac sugenl et tite-
357
ARE
ARE
35S
sauros absconâitos orenartim : Ils suceront
comme le lait les richesses de la mer, et les
trésors qu'elle cache dans le sable. Moïse
parle de la tribu deZabulon, qui, étant située
sur le bord de la mer, devait s'enrichir par
le commerce sur la mer, au fond de laquelle
se trouvent les pierres précieuses, et sur les
bords, les richesses des vaisseaux qui font
naufrage, qui sont couvertes du sable de la
mer.
1° Une des propriétés du sable est qu'il ne
se peut compter ; c'est pourquoi souvent
dans l'Ecriture il signifie :
Une multitude innombrable. Ps. 77. 27. Et
phiit super eos sicut arenam maris, volatilia
pennnta : Dieu fit pleuvoir sur les Israélites
dos oiseaux comme le sable de la mer. Ps.
138. 18; Super arenam multiplicabunlur : Le
nombre des amis de Dieu surpassera celui
dos grains de sable de la mer. Vide Apoc.
7.9.
•2° Une seconde propriété du sable est qu'il
est posant ; c'est ce qui fait dire à Job, 6. li.
Quasi arena maris hœc yravior appareret : Si
mes péchés et les maux que je souffre étaient
mis les uns avec les autres dans une balance,
ceux-ci surpasseraient les autres de toute la
pesanteur du sable de la mer. Ainsi, Prov.
27. 3. Eccli. 22. 18.
ARENOSUS^ A, UM, «uuwSrj,-. Ce nom adjec-
tif vient du substantif oreno, et signifie :
Sablonneux, ploin de sable, où il y a quan-
tité de sab'e. Eccli. 23. 27. Sicut ascensus
arenosus in pedibus veterani : Une monlagne
sablonneuse aux pieds d'un vieillard, est la
même chose qu'une grande causeuse près
d'un homme paisible.
AREOLA, M^rrpc/idiù, nom diminutif d'nre«,
lorsqu'il marque une planche de jardin, et
signifie :
1° Une petite planche, une couche ou par-
terre de jardin {tàxAr,). Gant. 5. 13. Genœ il-
lius sicut areolœ aroviatum : Les joues de mon
bieii-aimé sont semblables à des parterres
d'herbos odoriférantes : ces joues ce sont les
Ecritures saintt^s, qui font connaître Jésus-
Christ, comme l'on connaît l'homme par le
visage, et dont les livres différents sont
comme des parterres de partums.
2° Ruisseaux ou rigoles pour arroser (p6\oç,
elix, sulcHs). Ezech. 17. 7. Vinea ista palmi-
tes suos extendil ad itlam, (se. aquilam) ut
irrigaret eam de areolis germinis sui : Cotte
vigne étendit ses branches vers ce second ai-
gle, afin qu'il l'arrosât des eaux fécondes
qu'il pouvait lui procurer : le Prophète, par
cotte allégorie, marque le secours que les
Juifs tâchèrent d'avoir du roi d'Egypte con-
tre Nabuchodonosor, on faisant allusion aux
eaux du Nil, qui arrosonl l'Egypte par des
canaux.
AREOPAGUS, I. Gr. Collis Marlis. Ce nom
vient du Grec ûpriç, Mars, et de rayo?, ru-
pes, collis Martis.
L'aréopage, cour célèbre d'Athènes, où se
jugeaient les causes et les affaires de grande
conséquence ; saint Paul y ,ul ciuiduit. Act.
i7. 19. Àd areopagum duscrunt : Quoli|uos
philosophes opicunuus cl sloïcieus mcaèreul
saint Paul à l'aréopage ; saint Paul y parla
devant les juges, v. 22. Stans autem Paulus
in medio areopagi, ait : Saint Paul étant au
milieu lio l'aréopage, leur dit.
AREOPAGITA, je, Gr. De colle Martis. Ce
nom vient (VAreopaijns.
Aréopagite, juge ou sénateur de l'aréopage.
Ces juges qui s'étaient acquis une grande
réputation pour lour intégrité, avr.iont une
très-grande autorité dans toute la Grèce.
Saint Denis, qui fut converti par saint Paul,
était de ce nombre. Act. 17. 34. Quidam vero
viri adhœrentes ei, crediderunt, in quibus et
Vionysius Areopagita : Quelques-uns se joi-
gnirent à saint Paul, et embrassèrent la foi,
entre lesquels fut Denis, sénateur de l'aréo
page. Ce même saint Denis fut fait ensuite
évêque d'Athènes, selon le rapport de saint
Denis de Corinthe et d'Eusèbe, lib. 3. c. k.
AREM, Heb. Filiusmeus. Chef de famille;
ses enfants revinrent de Babyloue au nombre
de millo dix-sept. 2. Esdr. 7. 42.
ARERE,?yîoatv£(7e«t. Etre fort sec. Job. 7. 5,
Cutis mea aniit et coniracla est. Ma peau est
toute sèche et toute retirée. Ose. 9. 14. Da
eis vulvam sineliberis et itbera arentia : Don-
nez aux femmes des Israélites des entrailles
qui ne portent point d'enfants, et des ma-
melles qui soient toujours sèches, i. e. ren-
dez-les stériles.
Elre desséché, perdre sa vigueur et sa force. '
Ps. 21. 16. Aruit tamquam lesta virtus mea ;
Ma vigueur s'est desséchée comme l'argile
cuite au feu. Ps. 101. 5. Aruit cor meum : Mon
cœur s'est desséché.
ARESCERE. 'iv]pixbsaOv.i. Devenir sec, se des-
sécher. Job. 8. 12. {Carcctim) ante omnes
hcrbas arescit : L'herbe du pré sèche avant
toutes les autres. Jerem. (jO. 38. Siccilas su-
per aquas ejus erit et arescent : La sécheresse
tombera sur les eaux de Babylone, et elles
sécheront; l'Euphrate, fleuve qui passait au
milieu de Babylone, fut coupé par Cyrus eu
plusieurs ruisseaux. Ainsi, Job. 14. 11. Isa.
19. V. 5. T.
1° Déchoir de sa prospérité et de son oon-
iieur (î^Oît^saOat, corrumpi) Ps. 36 ^Tamquam
fenim velociler arescent : Les méchants se
sécheront aussi promptemcnt que le foin.
Job. 13. 32. Marnes ejus arescent : Les mains
de l'impie se sécheront. Voy. Manus. Ezech.
17. V. 9. 10.
2" Perdre sa force et sa vigueur. Psal. 89.
6. Vespere décidât , indurel et arescat (pour
arescet). L'herbe tombe le soir, elle s'endur-
cit et se sèche: le Prophètecompare à l'herbe,
1 homme qui, sur le soir, c'est-à-dire, sur lo
déclin de sa vie, se consume peu à peu. Isa.
51. 12. Marc. 9. 17. f f a
3" Mourir, rendre l'âme (ino^l^ùxBtv). Luc.
21.26. Arescenlibus hominibus prœ timoré:
Los hommes sécheront de frayeur.
4' Etre privé de la grâce, cl de la commu-
nion des saints. Joan. 13.6. Siquisinmenon
mansent, ejicietur foras, sicut palmes et ares-
cet : Si (juclqu'un ne demourc pas en moi,
il sera joté (J^hors connue un sarment inutile!
€l u se.ch r^ *
AUETH. Hcb. Sculpiura. Forêt où David
55»
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
S0O
»e relirait en fuyant SauL 1. Rep;. 22. 5. Et
profectus est David, et venit in saltum Areth :
David partit et vint dans la foiêl de Areth.
ARETâS, Gr. Virtute prœditi(,s. — 1" Roi
d'Arabie, qui mit Jason en prison. 2. Mach.
5. 8. — 2° Un autre roi de l'Arabie Pierreuse
et de Damas, beau-père du roi Hérode le Té-
trarque, à qui il avait donné sa fllle en ma-
riage. 2. Cor. 11. 32. Voy. Herodias.
AREUNA, Hcb. Area. Un Jébuséen prosé-
lyte, qui vendit à David la place où Salomon
bâtit le temple. 2. Reg. 2i. v. 10. 18. 20. 22.
23. Voy. Area. Voy. Ornan. Il est appelé
roi. v. 23. ; ainsi il pouvait avoir été roi des
Jébuséens, avant que David eût pris Jérusa-
lem, ou être de la race de leurs rois. Il est
dit 2. Reg. 2i. 2i. que David acheta l'aire et
les bœufs d'Areuna cinquante sicles d'argent ;
et dans le premier des Paralipomènes, c. 21.
25, il est dit que David lui donna pour la
place six. cents sicles d'or : on peut résoudre
cette difficulté en disant que David donna
pour les bœufs et les chariots cinquante si-
cles d'argent; mais que voulant avoir la
place et en être le maître, il la paya six cents
sicles d'or, qui reviendraient environ à treize
mille livres, peut-être même que la monta-
gne où le lemple fut bâti, était comprise dans
cette place. Dedit pro loco sexcenios auri si-
clos : on peut aussi expliquer de même sorte
le passage du 2. des Rois, Emit ergo David
Aream; David acheta la place (six cents si-
cles d'or;) et boves, et donna pour les bœufs
(cinquante sicles d'argent).
ARGE?sTUM , i. Heb. Cheseph. Ce mot
vient du Grec af,yvpoç, qui se forme d'^pyoç,
blanc, parce que c'est la couleur de ce
métal; comme en français argent signifie
non-seulement toute sorte d'argent, soit en
lingot, soit en monnaie, mais encore toute
sorte de monnaie d'autre métal, parce que
la plus commune est d'argent : mais quand
l'Ecriture ajoute à ce mot un nom de nombre,
il signifie une espèce de monnaie d'argent :
or, il y en avait de deux sortes ; le denier que
les Hébreux, à l'imitation des Latins, nom-
maient Denar, et le sicle, qu'ils ont appelé
de ce nom , parce qu'il pesait d'avantage,
Scekel, pondus; mais quand le mot Cheseph,
argenleus se met pour une n»onnaic d'ar-
gent, cest ordinairement le sicle. Voy. Dena-
Rius. Voy. SiCLLS. JLl signifie dans l'Ecriture :
1° Argent, le seiîond des métaux, et le plus
précieux après l'or. Prov. 17. 3. Sicnl igné
probatur argentum; ita corda probat Domi-
71US : Comme l'argent s'éprouve par le feu,
ainsi le Si-igneur éprouve les cœurs. Exod.
2o. 3. c. 31. 4. c. 35. v. 5. 2i. Soph. 1. 11.
Ps. 11. 7. Ps. 65. 10.
2° Monnaie, argent monnayé, qui quelque-
fois s'exprime par aurum et argentum; et
quelquefois par argentum seul. k. Reg. 5.
2(5. Accepisti argentum : Vous avez reçu de
l'argent. Le prophète Elisée parle de (jiezi,
'.jui reçut deux talents de Naaman. Act. 3. C.
Argentum et aurum non est milii (Saint
Pierre dit à cet homme qui était à la porte
du lemple): Je n'ai ni or, ni argent. Exod. 38.
27. Ps. 118.72,
3° Le prix de quelque chose. 1. Par. 21. 22.
Da mihi locutn areœ tuœ; ita ut quantum va-
let argenti accipias (David dit à Oman ) :
Donnez-moi la place qu'occupe votre aire,
et je vous en paierai le prix qu'elle vaut.
Isa. 55. 1. Emite absque argento : Vous tous
qui avez soif, qui n'avez point d'argent, ve-
nez, achetez sans argent le vin et le lait :
Dieu invite ici les hommes aux eaux de sa
grâce, que l'on achète, parce qu'on doit tra-
vailler pour l'acquérir (mais sans argent) ;
c'est-à-dire sans nos mérites, c. 13. 17. Sus-
citabo super eos qui argentum non quœrant :
Je vais susciter contre les Rabyloniens, les
Mèdes, qui ne chercheront point d'argent;
c'est-à-dire, qui aimeront mieux les tuer que
d'en tirer rançon. Ainsi, c. 43. 24. c. 52. 3.
i° Biens , richesses. Job. 22. 25. Argentum
coacervabitur tibi : Si vous retournez au Tout-
Puissant, vous aurez des monceaux d'argent
(dit Eliphaz à Job, qu'il jugeait criminel),
et qui (comme font tous les Juifs), lui propo-
sait de grands trésors, pour prix de sa véri-
table conversion; au lieu que les chrétiens
se proposent cette abondance de charité, qui
remplit leur cœur dès ce monde, et la pléni-
tude de celle même charité dans l'autre, c.
27. 16. Ose. 9. 6. Desiderabile argentum eo-
rum urtica hœreditabit : Leur argent qu'ils
aimaient avec tant de passion, sera caché
sous les orties : le Prophète parle des Juifs
Isa. 2.7. Zach.9. 3.
§ 1. — La bonne et saine doctrine est ap-
pelée or et argent, à cause de son excellence.
1. Cor. 3. 12. Siquis siiperœdificat super fun-
damentum hoc, aurum, argentum : Si l'on
bâtit sur ce fondement avec de l'or et de l'ar-
gent; c'esl-à-dire si quelqu'un prêche une
saine doctrine, et conforme aux premiers
commencements de la religion chrétienne,
que saint Paul avait donnée aux Corinthiens.
§ 2. — La pureté des mœurs. Isa. 1. 22.
Argentum tuum versum est inscoriam : Votre
argent s'est changé en écume; c'esl-à-dire
vous êtes déchue de votre intégrité. Voy.
SCORIA.
ARGENTARIUS, i. àpyvpoy^ooç. — 1° Orfè-
vre, ouvrier en or et en argent (;^wv£Ût«?).
Judic. 17. 4. Dédit eos argentario ut faceret
ex eis sculptilc : La mère de Michas donna
deux cents pièces d'argent à un orfèvre, afin,
qu'il en fît une image taillée. Act. 19. 24. —
2° Ouvrier en argent. Isa. 40. 19. Numquid
aurifex aura figuratif illud, et laminis ar—
genteis orgentarius? Celui qui travaille en or,
n'en forme-t-il pas une statue d'or, et celui
qui travaille en argent, ne la couvre-l-il pas
de lames d'argent? Sa p. 15. 9. Concerlatur
uurificibus et argentariis : Un potier ne s'ap-
plique qu'à disputer de l'excellence de son
art avec les ouvriers en or et en argent.
ARGENTEUS, a, um, Gr. «ioyu/ooO,-. — 1° Qui
est d'argent. Eceli. 23. 23. Columnœ aureœ
super bases argenleas : Des colonnes d'or sur
des bases d'argent. Dan. 5. 3. Tune allata
sunt vasa anrea et argentea : On apporta aus-
sitôt les vases d'or et d'argent qui avaient été
transportés du lemple de Jérusalem, cl le roi
(BalthasarJ but dedans avec sçs femmes.
S6I
ARG
ARG
SG2
2" Nom substantif, pièce de monnaie qui
se dil, dans l'Ecriture, presque de toutes
sortes de pièces d'argent ((7Îx).o,- «oyuoiou) ;
mais toutefois se prend ordinairement pour
le sicle. 2. Reg. 18. 11. Dcdissem (ibi deccm
argenti siclos: Je vous aurais donné dix
sicles d'argent. C'est ce que dit Joab à un
soldat qui vint lui dire qu'il avait vu Absa-
lon pendu à un chêne, en lui demandant
pourquoi il ne l'avait pas tué. v. 12. Qui di-
xit ad Joab : Si appenderes in manibus meis
mille argenteos, nequaquam mitterem manum
vieam in filium Régis : Ce soldat répondit à
Joab : Quand vous me donneriez présente-
ment mille pièces d'argent, je ne porterais
pas pour cela la main sur la personne du fils
du roi. { Siclus argenti ei argenteus. Heb.
Cheseph, argentum.'ÎO. (ji-/Xo; ùpyvfjovç. Malth.
26. 15. Constituerunt ei triginta argenteos,
se. sic/os; Les princes des prêtres convinrent
de donner à Judas trente pièces d'argent
(ùfjyvpiov) , aulr. comptèrent trente pièces
d'argent (ce qui valait environ iG. liv.). c.
27. v. .3. \. 6. 9. Gen. 37. 28. Vendiderunt
tiim viginti argenteis , supple siclis : Les
frères de Joseph le vendirent vingt pièces
d'argent aux Ismaélites, qui le menèrent en
Egypte. Ainsi, c. 20. IG. c. io. 22. Judic. 16.
5. c. 17. V. 2. 4. 10. 4. Reg. 6. 25. Tamdiu
obsessa est , donec venundaretur caput asini
80 argenteis: Le siège de Samarie continua
jusque là, que la tête d'un âne fut vendue
80 pièces d'argent; chaque pièce, ou sicle,
valait trente sous et quelques deniers; mais
il est plus croyable que ces pièces d'argent
étaient des sicles communs el profanes, qui
ne valaient que la moitié des sicles sacrés,
ainsi ces 80 sicles faisaient environ vingt
écus; et les cinq pièces d'argent que l'on
vendait à ce siège la quatrième partie d'un
cabat de fiente de pigeon, ou, scion d'autres,
de pois chiches, revenaientà soixante-quinze
sous. Jerem. 32. 9 : Appendi septem siclos et
decem argenteos, supl. siclos; d'autres disent
nummulos : Je donnai à Hananéel sept sicles,
et dix pièces d'argent pour le champ qui est
à Anathoth. C'est le prophète qui parle : ce
qu'il fit dans le temps même du siège de Jé-
rusalem, et lorsque Dieu lui eut tait com-
prendre que c'était par son ordre qu'on le
pressait d'acheter ce champ. 2. Par. 2. 17.
Cant. 8. 11. Isa. 7. 23. Ose. 3.2. Zach. 11.
11.
3* Petite pièce ou obole d'argent. 1 . Reg. 2.
36. Fulurum est ut qiiicumquc remanserit de
domo tua venial, ut orelur pro co, et offerat
nummum argenteum : Quiconque restera de
votre maison viendra, afin (jue l'on prie
pour lui, et il offrira une pièce d'argent et
un morceau de pain. Dieu parle à Héli, grand
prêtre, qui avait traité les victimes offertes
au Seigneur comme une chose profane, ses
enfants prenant d'abord le meilleur, cl ne
laissant à Dieu ijuc leur reste ; et Dieu l'ayant
menacé qu'une grande partie de sa maison
mourraient, lorsqu'ils seraient venus en âge
d'homme, lui marque ce que devaient faire
ceux qui rosteraieiit.
k" Précieux, excellent. Eccl. 12 G. Anlc-
PlCTlONN. I)F, riIILOL. SàCBtE. I,
quam rumpatur funiculus argenteus : Souve-
nez-vous de votre Créateur avant que la
chaîne d'argent soit rompue; cela s'entend
à la lettre de celle belle économie du corps
humain, qui est le lien précieux qui unit le
corps et l'âme.
ARGILLOSUS, a, lm. Ce nom adjectif
vient du substantif arQ^j/Za, qui vient du mot
Grec ù&yô;, iners, ac deses, parce que cette
terre est infructueuse.
Argilleux, plein d'argile {-ay/jç). 3. Reg.
7. 46. Fuditea rex in argillosa terra : Le roi
Salomon fit fondre en un champ où il y avait
beaucoup d'argile , tous ces vases , c'étaient
ceux qui étaient pour la maison du Seigneur.
2. Par. 4. 17.
ARGOB, Heb. Gleba, — 1° Pays dans la
Galaadite, dont Jaïr se rendit maître. Dout.
3. H. 3. Reg. h. 13. — 2" Contrée au pays de
Basan, qui échut au partage de Manassé.
Deut. 3. V. h. 13. Tradidi mediœ tribui Ma-
riasse omnem regionem Argob : Je donnai le
pays d'Argob à la moitié de la tribu do Ma-
nassé. V. k. Ik. 3. Reg. 13. Ce pays est cé-
lèbre pour avoir élé la demeure des géants,
et pour avoir eu dans son étendue soixante
grandes villes qui avaient les portes de fer,
les gonds et les serrures de cuivre; elles
furent toutes prises et détruites par Mo'ise;
et Og, qui en était roi, fut défait et tué. —
3" Un des associés de Phacée, fils de Rome-
lie, en l'assa.-sinal .le Phacéïa, fils tUi Mana-
hem, roi d'Israël, i. Reg. 15. 25. Conjuravit
autetn odversus eum Phacee filius Romeliœ,
dux ejus, et percussil eum in Samaria in
turredomusregiœ,juxtaArgob et juxla Arie:
Phacée, fils de homélie, général, fit une
conspiration contre Phacé'ïa ; il l'attaqua à
Samarie, dans la tour de la maison royale,
près d'Argob et d'Arie. Saint Jérôme semble
avoir pris Argob et Arie pour des lieux pro-
che lesquels ce meurtre se soit fait; mais
l'Hébreu et le Grec portent : avec Argob et
Arie, complices de la conjuration.
ARGUERE, Gr. èUy/ji-j. Ce verbe vient du
mot grec ùpyôç, clarus uc manifestus. Faire
connaître quelque chose, en être un signe, ou
une marque, accuser, avertir, reprendre.
1' Faire connaître (oo/.tuKÇctvj.Eccli. 31. 31.
Yinnm corda superborum urguct in ebriciate
potatum : Le vin bu avec excès fait recon-
naître les cœurs des superbes. Eph. 5. 13.
Quœ arguuntur a lumine manifestantur . -Tout
ce qui se découvre est exposé à la lu-
mière.
2° Avertir, reprendre, blâmer. Prov. 0. 8.
Noli arguere derisorem, ne odcrit te; argue
sapientcm, et diligct le : Ne reprenez poinllc
moqueur, de pour qu'il ne vous haïsse; re-
prenez le sage, et il vous aimera, c. 13. v.
1. 18. c. 2'fr. 25. c. 25. 12. Tob. 2. 8. ^Ir^ue-
bant eum omncsproximi rjas .-Tobie fut blâmé
de tous ses proches; le sujet fut d'avoir em-
|)orté secrètement dans sa maison le corps
d'un Israélite qui avait été tué dans la rue,
pour l'ensevelir, après avoir été dépouillé de
tout son bien par Sennachérib, et mémo
exposé au péril de la mort, pour une pareillo
œuvre de charité. Lcv. 10. 17. Job. 0, Û.
12
&65
Eccli.8. 13. c. 20. l.lsa. 20. 21. 1.
20. 2. Tim. i- 2. Tit. 2. 15. Jud. 22.
3° Accuser. Job. 22. 4. Numquid limens
argiiet te? Dieu vous craindra-l-il lorsqu'il
TOUS accusera? c. 13. 13. c. 13. 3. c. 20. 3.
Gen.31. 32. Ad. 19. iO. etc.
h" Conlesler, disputer, soutenir sa cause
contre quelqu'un {Sicôiy-'j^y.i . Isa. 1. 18. Ve-
nile, et argiiite me, dicit Dominus : Venez, et
soutenez votre cause contre moi, dit le Sei-
gneur. Hab. 2. 1.
3° Convaincre. Joan. 8. i6. Quis ex vobis
argnet me de peccato ? Qui de vous me peut
convaincre d'aucun pécSié? c. 16. 8. Argiiet
mundum de peccato : Lorsque le consolateur
(le Saint-Esprit) sera venu, il convaincra le
liionde touchant le péché, se. d'incrédulité.
c. 3. 20. Gen. 30. 33. Num. 3. 13. etc.
6° Condamner. Job. 13, 10 ; Jpse vos ar-
giiet, quoniam in abscondito fuciem ejus acci-
pitis : G"esl Dieu même qui vous condamnera,
lorsque ce n'est que par dissimulation que
vous défendez ses intérêts; c'est ainsi que
Job parle à Sophar, qui prétendait par ses
mensonges défendre les intérêts de Dieu, en
disant qu'il le faisait ainsi souffrir, parce
qu'il était criminel, quoique véritablement
il fût innocent. Ainsi, c. 19. 3. Arguitis me
opprobriis meis : Vous prétendez, à cause de
mes humiliations, que je suis coupable.
L'affliction est plutôt une marque delà bien-
veillance de Dieu que de son indignation ;
il châtie ceux qu'il aime. Eccli. 32. 23. Isa.
11. 3. etc.
1° Déshonorer , jeter dans l'opprobre.
Eccli. 19. 2. Vinum et mulieres apostatare fa-
ciunt snpientes, et arguent sensatos : Le vin
et les femmes font tomber les sages mêmes,
et jettent dans l'opprobre les hommes sensés ;
les font tomber, autr. corrompent, séparent
de Dieu et de leur devoir.
8' Traiter indignement, faire insulte fp).a5-
foy-zu).'*. Reg. 19. i. Misit rex Assyrionim ut
cxprobraret Deum viventem, et argueret ver-
bis: Le roi des Assyriens envoya Rubsatès
pour blasphémer le Dieu vivant, et pour lui
insulter par des paroles que le Seigneur
votre Dieu a entendues.
9" Reprendre par les menaces ou les af-
flictions, Gen. 31. '*2. Arguit te heri:ï)'niu
vous a arrêté cette nuit par ses menaces.
Jacob reproche à Laban que si Dieu ne l'eût
assisté , il l'eût peut-être renvoyé tout nu
de chez lui après l'avoir servi fidèlement l'es-
pace de vingt années. Apoc.3. 19. Ego quos
amo arguo et castigo : Je reprends et châtie
ceux que j'aime. Ps. 6. 2. Ps. 37. 2. Domine,
ne in furore tuo argiiasme :Sv\'^neur, ne me re-
prenez pas dans votre fureur. 2. Reg. 7. li.
Job. 13. 10. Ps. 93. 10. etc. Ainsi, Hebr. 12.
3. Ne faligeris dura ab co (irgiieris ; Ne vous
laissez pas abattre Iors(iuc le Seigneur vous
reprend.
ARGUMENTL\M. — 1 Preuve certaine,
conviction (i/sy/oc . Hebr. 11. 1. Est aulcm
fides, arguinenium non appurcntium : La foi
est une preuve certaine de ce qui ne se voit
p.>inl.
2° Marque certaine et indubitable. Gen.
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE
Tim. l
564
39 16. Jn argumentum ergo fidei relenlnm
paUium ostendit marito . -La femme de Puli-
phar montra à son mari le manteau de Jo-
seph qu'elle avait retenu comme une preuve
de sa fidélité. Acl. 1. 3.
3° Marque» trace, vestige (rez/^^ptov). Sap.
5. V. 9. 11. Transierunt omnia illa, tamquam
avis quœ transvolat in aère, cujus nuîlum in-
venitur argumentum itineris : Toutes ces
choses sont passées (se. l'orgueil et les ri-
chesses), comme un oiseau qui vole au tra-
vers de l'air, sans qu'on puisse remarquer
par où il passe.
4' Enigme, parabole, discours difficile à
comprendre (aivr/^a). Sap. 8. 8. Scit versu-
tias sermonum el dissolutionesargumentorum:
La sagesse pénètre ce qu'il y a de plus subtil
dans les discours, et de plus difficile à dé-
mêler dans les paraboles.
3'' Présage, signe de ce qui doit arriver
( z£y.y.r,pio-j]. Sap. 19. 12. Non sine illis quœ
ante facta fueront argumentis per vim fulmi-
num : La peine ne tomba point sur les pé-
cheurs, sans leur en avoir donné des présa-
ges auparavant par de grands tonnerres. Le
Sage parle ici des foudres qui se firent im-
médiatement avant que les Egyptiens fussent
submergés dans les eaux.
ARIARA THES, Heb. Terror leonis, roi de
l'Arménie Mineure , dont les rois prennent
ce nom, comn.e ceux de l'Arménie Majeure
celui de Tigranes. 1. Mach. 15. 22.
ARlDAIjHeb. Léo abundans, neuvième fils
d'Aman, qui fut tué avec ses frères. Eslb.
9.9.
ARIDATHA, Heb. Lex leonis, sixième fils
d'Aman. Eslh. 9. 8.
ARIDA , supl. yH, terra, ^npà. Ce mot est
pris d'ordinaire substantivement, en sous en-
tendant terra.
La terre. Gen. 1. v. 9. 10. Appareat arida;
et vccavit Deus aridam terram : Que l'élé-
ment aride paraisse; et Dieu donna à l'élé-
ment aride le nom de terre. Sap. 19. 7. Terra
arida apparuit; et ni mari Rubro via sine im-
pedimento ■ La terre sèche parut tout d'un
coup; un passage libre s'ouvrit en un mo-
ment au milieu de la mer Rouge. Hebr. 11.
29. Fide transierunt mare Rubrum tamquam
per aridam terram : C'est par la foi que le
peuple de Dieu passa au travers de la mer
Rouge comme sur la terre ferme. Exod. 4. 9.
Ps. 65. 6. Eccli. 39. 28. etc. Matth. 23. 13.
Voy. SiccA , et Siccum.
ARIDUS , A , LM. Gr. ^npôç. Ce nom vient
du verbe arere, être sec, et signifie :
1° Sec, destitué d'humidité ou de suc. Ec-
cli. 6. V. 2. 3. lYe relinquaris velut lignum ari"
dum in eremo : Ne vous élevez point dans les
pensées de votre cœur, de peur que vous ne
deveniez conmie un arbre desséché dans le
désert. Ezech. 37. V. Ossa arida, audite ver-
bum Domini .- Vous, os secs, écoutez la pa-
role du Seigneur. Ces os secs que Dieu fit
^oir au prophète sont la figure des Israélites
dans la captivité de Babylone, Dieu les relira
de leur étal misérable, el les rétablit comme
par une espèce ûe résurrection, en les fai-
sant retenir dans Icurpatrie. De celte si^ni-
SS5
ARl
ARl
S€(t
fication vient cette façon de parler prise
d'une manière figurée. Aridum facere : Déso-i
1er détruire. Ezecli. 30. 12. Ecce faciam al-
veos fluminicm aridos : ic sécherai le lit des
fleuves de l'EgypJe ; c'est-à-dire, je rendrai
{'Egypte stérile en séchant les canaux du
Nil^qui la rendent fertile; ou, je rendrai à
ses ennemis tous ses chemins aussi aisés à
marcher, que s'il n'y avait plus d'eaux.
2" Ce qui est sans mélange d'huile, d'en-
cens, ou d'autres choses semblables dans les
sacrifices. Levit. 7. 10, Sive oleo conspersa ,
sive arida fuerint : Soit que cette farine soit
mêlée avec l'huile, soit qu'elle soit sèche.
3" Sec , desséché , languissant faute de
nourriture [y-arù^-npoç). Num. il. 6. Anima
noslrn arida est : Notre âme est toute sèche;
c'est-à-dire, nous sommes hâves et tout des-
séchés do faim et d'inanition.
§ 1. — Rejeté, méprisé, comme sec et des-
séché. Isa. 5G. 3. Et non dicat Eunuchus :
ecce ego lignum aridiim. Que l'Eunuque no
dise poini : je ne suis qu'un tronc desséché.
(Le corps du peuple Juif est comparé à un
arbre que la bénédiclion de Dieu conservait
toujours vert et florissant.) Les Eunuques
croyaient être sujets à cette malédiction par
1.1 loi du Deuler. 23. 1. Non intrabit Eunu-
chus Ecclesiam Dei : L'Eunuque n'entrera
point en l'assemblée du Seigneur; et ne sera
point luembre de ce corps. Mais Jésus-Christ
qui est ce salul dont parle Isaïc, c. 56. l*esl
venu pour tous ceux qui gardent les règles
de l'équité, et agissent selon la justice.
§ 2. — Celui qui a quelque membre sec.
Joan. 5. 3. In his jacebai muliitudo magna
lanyuentium, cœcorum,claadorum,aridorum,
exspeclantium aquœ motum : Dans les gale-
ries de la piscine de Jérusalem étaient cou-
chés par terre un grand nombre de malades,
d'aveugles, de boiteux, et de ceux qui avaient
les membres secs, qui tous attendaient que
l'eau fût remuée. L'évangéliste rapporte en
cet endroit la guérison d'un homme qui était
malade depuis trente-huit ans, qui attendait,
comme les autres, que l'eau eût été Iroubléc
par l'ange, et qui eût bien voulu entrer dans
la piscine le premier pour être guéri ; mais
Jésus-Chri<l le guérit de sa seule parole,
V. 8. 9. Malth. 12. 10. Marc. 3. v. 1. 3. Luc.
6. v. G. 8.
§ 3. — Sec, qui n'est point arrosé des eaux
de la grâce, n.é liant. Luc. 23. 31. Si in vi^
ridi ligno hœc ficiunt, in arido quid fiet? Si
le bois vcrl est ainsi traité, que sera-ce du
bois sec? Ezech. 20. kl. Ecce ego co)nburinn
in le, omne lignum viride et omne lignum
aridum . Je vais brûler tous vos arbres, les
veits et 1( s secs. Dieu compare Jérusalem à
une grande forôt, et ses habitants à de
grands arbres; les bons (comme ici) sont
quelciucfois enveloppés dans la ruine des
méchants. (Voy. saint Augustin, lib. 1. c. ï.
de Civil. Dei). Matih. 12. 43. Ambulut per
loca arida : L'esprit impur va dans des lieux
arides. Ces lieux arides sont les méchants
que le démon néglige comme étant à lui, cl
qui n'est point en repos qu'il ne rentre dans
le .juste comparé au bois vert, et qui est ar-
rosé des eaux do la grâce : d'autres expli-
quent loca arida, avuSpa, sans eau, inhabita-
bles, parce que toute autre demeure que
celle de l'homme est au démon un désert in-
supportable. Isa. 35. 7. Quœ erat arida, erit
in stagnum : La terre qui était desséchée, se
changera en un étang. Cette terr^ sèche re-
présente ceux qui sont destitués des eaux de
la grâce; mais sur qui Dieu promet de les
répandre abondamment, c. kk. 3. Effundam
fluenla super aridam : Je répandrai les fleuves
sur la terre sèche : ce qui s'explique comme
Isa.c. 35. 7.
ARIDITAS , ^■npa.(Tix. — 1° Sécheresse. Na-
huiu. 1. 10. Consumentur quasi stipula ari-
dilale plena : Les ennemis de Dieu , tels
qu'étaient les Ninivites, seront consumés
comme la paille la plus sèche. Zac. 11. 17.
Brachium ejus ariditate siccabitur : Le bras
du pasteur insensé deviendra tout sec; Heb.
arcscendo arescet. Saint Augustin dit que ce
méchant pasteur agira tant que l'on voudra
du bras gauche; c'est-à-dire pour sa gran-
deur temporelle et ses intérêts humains*
mais son bras droit se séchera, parce qu'il
sera sans vie et sans mouvement pour les
intérêts de Dieu.
2° Les ardeurs de la soif. Judith. 7. 17, Sit
finis nosler brevis in are gladii, qui longior
cfficitiir in ariditate silis : La prière que nous
vous faisons est de nous faire trouver une
mort prompte par l'épéc, au lieu de celle
longue mort que la soif qui nous brûle nous
fait souffrir; cesl ce que vinrent dire les ha-
bitants de Bélhulie, de tout sexe et de tout
âge, à Ozias, après qu'ils virent les citernes
el les réservoirs d'eaux de Bélhulie à sec.
3" Disette el nécessité d'eau. Judith. 11.
10. AI) ariditate aquœ jam inter rnortuos corn-
putantur : La soif dont les Israélites sont
brûlés f.iit qu'ils paraissent déjà comme
morts. Ceci est de la première réponse de
Judith a Holopherne.
ARIE, Heb. Lumen Dei, nom de lieu dans
le pays de Galaad : d'autres croient que c'est
• " ' —•■■'- --- ' Ois de
fils de
'g. 15. Voy. Argob.
ARIEL, Heb. Léo Dei, Gr. A/sirjX, du mot
Ari, Léo, et d'el, fortis ou Deus.
1 ' L'hôtel des holocaustes, parce qu'il dé-
vorait les victimes comme un lion. Isa. 29.
2. Et erit tnifii quasi Ariel : La ville de Jé-
rusalem sera comme Ariel ; c'est-à-dire, je la
réduirai comme l'autel plein du sang des
victimes, pour marquer qu'ell(> devait r'egoi-
ger du sang de ses habitants qui devaient y
être massacrés. Ainsi Ezech. 43. v. 15. Mi.
Ipse autem Ariel quatuor cubilorum : L'autel
appelé Ariel avait quatre coudées de bailleur,
2' La ville de Jérusalem. Isa. 29. v. 1.2. Vœ
Ariel, Ariel civitas : Malheur à Ariel, à Ariel,
cette ville ijui a été prise par David. Elle est
appelée de ce nom, soit à cause de sa puis-
sance, soit à cause de sa fierté à l'égard
de Dieu même , et de sa cruaulé ciuveri
les prophètes ; ou bien, comme veulent
quelques-uns, parce qu'elle appartenait en
partie à la tribu de Juda, représenlée par le
le p.iys ue uaïaau : u auires croient que
le nom d'un des associés de Phacée, C
Homélie, en l'assassinat de Phacéïa , C
Ma nahcm, roi d'Israël. 4. Reg. 15. Voy. Ai
DICTIONNAIRE DE PIIILOLOGIE SACRÉE.
9. Calulus leonis Juda : Juda
567
lion. Gen. 49
csl un jc'uiic lion. _
3» Le dernier fils de Gad, duquel vient la
famille des Ariéliles. Num. 26. 17. Ariel, ab
hoc familia Arielitarum.
/i." Un de ceux qu Esdras députa pour faire
venir quelques-uns de la tribu de Lévi desti-
nés à faire les sacrifices , pour revenir ensem-
ble de Babylone. 1. Esdr. 8. 16. Jtaquemisi
î'/îwereMrie/; J'en voyaidoncEliézer et Ariel.
5° Deux hommes Moabiles foris et vail-
le,nts , courageux comme des lions. 1. Par.
M. 22. Banaias.... percussit duos AriclMoab :
Banaïas a tué deux des plus braves Moabi-
tes; d'autres expliquent deux lions dans le
pays des Moabites , l'un desquels s'élant
laissé tomber dans un puiis couvert de nei-
ge, Banaïas y descendit et le tua.
ARIELlTiÈ, ARUM, descendants d'Ariel.
Num. 20. 17. Familia Arielitarum : La fa-
mille des Ariéliles.
AUIES, ETis, Gr. y.piô;. Ce nom vient du
Grec apii, dont se fait aris, et signifie,
Un bélier, soit un animal terrestre, soit une
machine do guerre faite comme la tête d'un
bélier.
Un bélier. Gen. 22. 13. Vidit post tergum
arietem inter vêpres ; Abraham aperçut der-
rière lui un bélier qui s'était embarrassé les
cornes dans un buisson. Ce mol aries se met,
en général, pour toute l'espèce, soit bélier,
brebis ou agneaux. 2. Par. 7. 5. Mnctavit
rex Salonxon hoslias boum viginti duo niillia,
arietum centum viginti millia : Le roi Salo-
mon sacrifia vingt-deux mille bœufs, et cent
vingt mille moutons. Micli. 6. 7.
1'^ Parce que les béliers ont le front très-
dur, ou qu'ils reculent pour frapper, on ap-
pelle arieSy
Une machine de guerre, dont, le bout étant
garni de fer, est poussé contre les murailles,
))our faire des brèches dans le siège des
villes. 2. Mach.12.15. Machabœus aulem, in-
vocato magno rnundi principe, qui sinearieti-
bus et macliinis temporibus Jcsu prœcipitavit
Jéricho, irruil fcrociler mûris : Machabée,
ayant invoqué le grand prince du monde ,
qui, au temps de Josué, fit tomber tout d'un
coup sans machines et sans béliers les murs
de Jériclio, monta avec furie sur les murail-
les de Casphin. Ezech.4.2. c. 21. 22. c. 26. 9.
2° Parce que les béliers sont les chefs du
troupeau, on appelle du nom aries,
Les généraux et les capitaines d'une armée,
r.zech. 39. 18. Carnes fortium comedctis, et
suïKjuinem principum tcrrœ bibilis, arietum
et agnorum : V^ous mangerez la chair des
forts, et vous boirez le sang des princes de
la terre, des béliers, des agneaux, etc. Ces
noms d'animaux propres aux sacrifices mar-
quent différentes sortes de personnes, comme
les princes , les capitaines , les soldats.
Voy. Agnus. On marque aussi parce mol aries
les premiers du peuple qui y ont le plus de
crédit et d'autorité. Ezeih. 84-. 17. Ecce ego
indico inter pecus et pecus, arietum et hirco-
lum : .le viens moi-même pour être le juge
entre les brebis et les brebis, entre les béliers
€l les boucs. Voy. Hmuus. Dieu promet de
568
juger les bons et les mauvais conducteurs ou
pasteurs du peuple, et marque les uns par
les béliers, et les autres par les boucs. Dan.
8. 3. Ecce aries unus stabat ante paludem : Je
vis un bélier qui se tenait devant le marais.
Ce bélier marquait le roi des Mèdes et des
Perses, comme l'ange Gabriel le déclare au
Prophète, v. 20. Aries quem vidisti habere
cornua, rex Medorum est atque Persarum :
Le bélier que vous avez vu qui avait des
cornes, est le roi des Perses et des Mèdes.
AR1MATH-(EA, ja, Heb. Lux mortis Domi-
ni. Petite ville d'Ephraïm, près de Joppé,
d'où était Joseph sénateur, qui ensevelit
Notre-Seigneur. Matth. 27. 57. Venit quidam
homo dites ab Arimalhœa, nomine Joseph :
Sur le soir, un homme riche de la ville
d'Arimathie, nommé Joseph, mit le corps de
Jésus dans son sépulcre. Joseph avait fait
tailler ce sépulcre dans le roc, où il mit le
corps de Notr.e-Seigneur. Marc. 15. 43. Luc.
25. 51. Joan. 19. 38. Quelques-uns veulent
que ce soit Rama; d'autres Ramalha.
ARIOGH, Heb. Longus iGr. 'A/jtw^-— 1° Un
roi du Pont, ou, selon l'Hébreu, d'Ellasar ,
c'est-à-dire de la Haute-Susiane qui appar-
tenait à l'Assyrie. Gen. 14. v. 1. 2. Factum
est autem ut Amraphel, rex Sennaar, et
Arioch, rex Ponti.... inirent bellum contra
Bara, regem Sodomorum : En ce temps-là,
Amraphel, roi de Sennaar, et Arioch, roi du
Poyt, firent la guerre contre Bara, roi de
Sodome. v. 9. L'on croit que c'était un gou-
verneur de province du royaume d'Assyrie.
Voy. GODORLAHOMOR.
2'' Un capitaine des gardes du roi de Baby-
lone, et général de ses armées. Dan. 2. 15.
Cum rem indicasset Arioch Danieli : Arioch
dit toute l'affaire à Daniel. Le Prophète parle
de l'arrêt que porta Nabuchodonosor pour
faire mourir, tous les sages de Babylone, qui
n'avaient pu lui dire le songe qu'il avait ou-
blié, pour le lui expliquer.
AKIOLARI, ou HARIOLARI, Gr.oîa.viÇe«7e«r.
Ce verbe vient de l'adjectif an'o/i«, ou hario-
lus, au lieu duquel tes anciens disaient /«-
riolus, comme au lieu de hœdus, fœdus, et
au lieu de hordcam, fordeum; ainsi fariolus,
ou ariolus, comme ariolari vient du verbe
fari, dire, et signifie.
Deviner, faire profession de deviner, de
prédire les choses à venir, ou de découvrir
une chose passée, mais obscure et inconnue.
Exercer les divinations et la magie. 1. Reg.
15. 23. Quasi peccalum ariolandi est repu-
gnare : C'est une espèce de magie de ne vou-
loir pas obéir à Dieu. La désobéissance à
Dieu est un péché aussi grand que celui de
la magie, et mérite une aussi grande puni-
tion : on ne se peut révolter contre Dieu,
qu'en prenant le parti du diable. 4. Reg. 21.
6. Ariolaius est : Manassé s'attacha aux de-
vins.
ARIOLUS, Hebr. Ob, Uler, parce qu'il
rendait des oracles comme de son ventre.
Gv. syyv.ijxpi^vOoç, Ventriloquus.Yoy . Python.
Ce nom adjectif arlulus ou hariolus, est
de l'ancien mot fariolui>L qui vient du verbe
/■arjjdire, Voy. Auiolaki, et signifie^
3ii0
ARM
ARM
370
Un devin, qui découvre les choses à venir,
ou que l'on consulte pour cet effet, et se dit
aussi de celui qui découvre une chose pas-
sée, mais obscure et inconnue. Levit. 19. .31.
Non declinelis ad magos, nec ab ariolis ali-
quid sciscitcmini : N'allez point chercher des
magiciens, ne faites point de question à ceux
qui devinent, pour vous souiller par ces
personnes, c. 20.6. Anima quœ declinaverit ad
magos et ariolos, et fomicata fuerit cum eis,
ponam faeiemmeam contra eam, et interficiam
illam de medio poputi sui : Si un homme va
chercher les magiciens et les devins et s'a-
bandonne à eux par une espèce de fornica-
tion, il attirera sur lui l'œil de ma colère, et
je l'exterminerai du milieu de son peuple.
Deut. j8. 10. et se prend toujours en mau-
vaise part. Il pourrait néanmoins être pris
en bonne part. Jos. 13. 22. où Balaam est ap-
pelé devin, ariolus. Gr. Y-v.t-.i;. Num. 22. 5.
Mxsit nunlios ad Balaam filium Beor ario-
lum : Balaam, Ois de Béor, était un devin à
qui Balac envoya des ambassadeurs pour le
faire venir. Isa. 3.2. Voy. Hariolus.
ARISAI, Heb. Sponsus , septième Gis d'A-
man. Esth. 9. 9.
ARISTARCHUS, i. Gr. Optimus princeps.
Aristarque Ihessalonicien , compagnon de
saint Paul. Act. 19. 29. c. 20. i. c. 27. 2.
Coloss. 4. 10. Philem. v. 2i.
ARISTOBOLUS. i. Gr. Optimus consulter.
Arislobole, précepteur ou gouverneur du
roi Ptolémée Latyre. 2. Mach. 1. 10. Popu-
lus qui est in Jerosolymis et inJudœa, Sena-
tusque et Judas; Arislobolo magistro Ptole-
mœi régis : Le peuple qui est dans Jérusa-
lem et dans la Judée, le Sénat et Judas; à
Aristobole, précepteur du roi Ptolémée et
aux Juifs, etc. C'est le commencement d'une
lettre.
ARISTOBULUS, i, Gr. Idem, un ami de
saint Paul. Rom. 16. 10.
ARIUS, II, Gr. Marlius^ un roi des Lacé-
fîémonicns,sous qui lesLacédéraoniens ûrenl
un traité avec les Juifs. 1. Mach. 12. v. 7.
20. Il écrivit au grand prêtre Onias qu'ils
avaient trouvé dans leurs archives, que les
Juifs et les Lacédémoniens n'avaient qu'une
même origine; qu'ils étaient tous descendus
d'Abraham; qu'ainsi ils ne devaient avoir
que les mêmes intérêts.
ARMA, ORUM, ÔTTÀy. Ce nom vient du Gr.
'Aor,,-, c'j,-. Mars; d'autres le font venir du
verbe arcere, empêcher de faire ou d'appro-
cher, parce qu'on s'en sert pour empêcher
l'ennemi d'approcher ; d'autres enfin du
nom armtis, épaule, parce qu'autrefois les
armes se portaient sur l'épaule, et signifie.
Arme, ce qui sert à se défendre de son en-
nemi, ou à le combattre; et signifie aussi
tout instrument qui sert à faire quelque
chose.
Armes, ce qui sert à se défendre de son
ennemi, ou à le combattre (t/îO/,). Judic. 18.
11' Profrcli sunt de cognalione Dan serccnti
viri accincli armis bellicis ; Il partit de la tribu
de Dan un corps de six cents hommes sous
les armes. Deut. 1. li. 1. Reg. 8. 12. c. 17.
5V. Ainsi, il se prend aussi pour des bou-
cliers. 2. Reg. 8. 7. Tulit David arma aurea :
David prit les armes d'or; Heb. scuta, les
boucliers. Ainsi, Gen. 27. 3. Sume arma tua^
(t/.zJo;), pharelram et arcum : Prenez vos ar-
mes; c'est-à-dire votre carquois et votre arc.
C'est ce que dit Isaac à Esaii, pour le dispo-
ser à recevoir sa bénédiction.
1° Force , puissance des armes ( 'j/.vJ^t ).
Eccl. 9. 18. Melior est sapientia quam arma
bellica : La sagesse vaut mieux que les armes
des gens de guerre. 2. Reg. 1. 27. Quomodo
ceciderunt robusti et perierunt arma bellica ?
Comment les forts sont-ils tombés ? comment
la puissance et la force des armes a-t-elle
été anéantie? Ps. i5. 10. Confringet arma:
Le Seigneur mettra les armes en pièces. 2.
Mach. 5. 11.
2' Un grand mal dont on est attaqué. Job.
20. 2i. Fugiet arma ferrea, et irruet in arcum
cprewm : Si l'impie fuit d'un côté les pointes
de fer, il sera percé par un arc d'airain ;
c'est-à-dire, s'il évite un grand danger, il
tombera dans un autre plus grand.
3" Armes spirituelles , par lesquelles on
entend les moyens dont se servent les bons
pour combattre les ennemis de leur salut.
Rom. 13. 12. Abjiciamus ergo opéra tenebra^
rum, et induamur arma lucis : Quittons donc
les œuvres de ténèbres, et revêtons-nous des
armes de lumière. Par ces armes de lumière,
on entend les bonnes œuvres qu'on ne craint
point de produire au jour, et qui rendent
assuré celui qui les pratique. Rom. 6. 13.
Exhibete membra vcstra arma justitiœ Deo :
Consacrez à Dieu les membres de votre corps,
pour lui servir d'armes de justice. L'Apôtre
oppose ces armes de justice aux armes d'ini-
quité, dans le même v. 13. Sed neque exhi-
beatis membra vestra arma iniquitatis peccato :
N'abandonnez point au péché les membres de
votre corps, pour lui servir comme d'armes
et de moyens pour commettredes œuvres d'in-
justice. Voy. Ephes. 6. v. 11. 13. Ainsi, 2.
Cor. 6. 7. Per arma juslitiœ a dextris et a si^
nistris : Nous nous rendons recommandables
par les armes de la justice pour combattre à
droite et à gauche. Ces armes sont la bonne
conscience etla pureté de la vie, qui nous ga-
rantissent devant Dieu de toutes parts contre
tous nos ennemis , soit dans la prospérité ,
soit dans l'adversité. 2. Cor. 10. k. Arma mt-
liliœ nostrœ non carnalia sunt : Les armes de
notre milicf ne sont point charnelles. Les
armes des fidèles ministres de l'Evangile sont
la science et la sagesse divine, et surtout
l'humilité, la pritieiice, la douceur, la charité
et les autres vertus chrétiennes. Ces armes
ne sont point charnelles, c'est-à-dire, mon-
daines, comme sont les sciences séculières,
la sagesse du monde, et les moyens humains
dont se servent les faux apôtres pour fair
réussir leurs desseins.
4- Les moyens dont les méchants se servent
poui' perdre les bons. Ps. 5'). (5. Drntcs eorum
<irmii cl s(igill<r .- Les ennemis de David (|ui
faisaient leui- cour auprès de Saiil, avaient
5H
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
57*.
«Jes dents comme des armes et des flèches, qui
sont la calomnie et la médisance. Prov. 22.
5. Arma et gladii in via perversi . Les armes
et les épées sont dans la voie des méchants ;
Hebr. les épines et les filets. Eccli. 9. 20.
5° Le pouvoir que Dieu fait paraître dans
la protection des bons. Psal. 3i. 2. Appré-
hende arma et scutam : Prenez vos armes et
votre bouclier. Le prophète parle de Dieu
d'une manière figurée, pour faire concevoir
aux méchants ce qu'ils aoivent attendre d'un
Dieu armé de toute sa puissance et de toute
sa colère pour les punir.
ARMAGEDDON , Heb. Mons pomorum.
C'est un nom hébreu d'ar, mons, et de ma-
geddOf de signification mystique, qui signifie,
La montagne de Mageddon : c'est où les
rois de la terre doivent s'assembler pour com-
battre, et où ils doivent être défaits, comme
autrefois le furent là même Sisara et les rois
de Chanaan. Judic. 4. v. 7. 15. Î6. Perterruit
Duminus Sisaram... in tanttim ut Sisara de
curru desiliens pedihus fuijeret, el omnis ho~
stium multiludo usque ad internecionem ca-
deret : Le Seigneur frappa de terreur Sisara,
de sorte que, sautant de son chariot en bas,
il s'enfuit à pied , et toute cette multitude si
nombreuse d'ennemis fut taillée en pièces ,
sans qu'il en restât un seul. Ochosias, roi de
Juda, y périt, k. Reg. 9. 27. et Josias fut tué
dans le même lieu par Nécao, roi d'Egypte ,
c. 23. 29. Apoc. 16. 16. Et congregabit illos
in locum qui vocatur Hebraice Armageddon :
Le dragon assemblera ces rois au lieu qui
est appelé en hébreu Armageddon. Saint Jean
veut dire que les empereurs persécuteurs des
chrétiens seront menés dans des guerres où
ils périront, et que leur perte sera suivie
d'une désolation publique, semblable à celle
qui arriva à Mageddon , lorsque Josias y pé-
rit. Zachar. 12. 11. C* passage de Zacharie
fait voir que ce lieu, dans le style prophéti-
que, est l'image de grandes douleurs ; d'au-
tres croient que ce mot signifie internecio
exercitus. Voy. Mageddo.
ARMAMKNTA, orum, Gr. «rxcûïî toù Tzloiov,
apparatus navis. Ce nom neutre pluriel, qui
vient du nom arma, pour marquer les inslru-
nxnls dont chacun se sert en son métier, si-
gnifie proprement.
L'attirail d'un navire, tout ce qui sert à
l'équiper, comme le gouvernail, les anlen-
nos, les cordages, les ancres, etc. Acl. 27. 19.
Tcrlia die suis manibiis armamenta navis pro-
jccerunt : Trois jours après (savoir, que les
matelots eurent jeté les marchandises dans la
nier) , ils y jetèrent aussi de leurs propres
mains l'attirail du vaisseau ; c'est-à-dire, tout
ce qui servait à équiper h; vaisseau, hors les
officiers, les soldats et les matelots, que l'on
marque aussi par le mot d'équipage. D'au-
tres, pour éviter celte équivoiiue, traduisent
agrès de rechange , lattirail , les choses qui
servent à équiper le vaisseau.
ARMAMENTARIUM , ii, arsenal , maison
royale ou publiciue, où l'on fabrique les ar-
mes et les munitions de guerre (Ov^^eoî x«i Sô-
f«Tx, scufa cl hastœ), el qui sert aussi de ma-
gasin à les garder. 2. Par. 11. 12. In singulis
urbibus fecil arinamentarinm : Wohonm établit
dans chaque ville un arsenal, c 9. 16. c. 12.
11. 3. Reg. li. 28. Isa. 22. 8.
ARMARE, Ô7r).tÇEtv, ÈÇoTT^iÇetv. Armer quel-
qu'un, lui donner ses armes, ou bien lui met-
tre les armes à la main, et signifie,
1" Armer. 2. Reg. 23. 7. Si quis tangere
voluerit eas, armabitur ferro .-Pour arracher
des épines, on s'arme de fer. Comme la ma-
lice des méchants est comparée aux épines,
leur fin y est aussi comparée, ne pouvant at-
tendre d'autre Iraileinenl de Dieu, que d'être
détruits et brûlés. Num. 31. 3. Armate , in^
qitit, ex vobis viros ad pugnam : Moïse dit au
peuple : Faites prendre 'es armes à quel-
qnes-uns d'entre vous pour aller combattre,
et pour exécuter la vengeance que le Seigneur
veut tirer des Madianites. Ezech. 23. 2i. 1
Mai h. IV. 32. 2. Mach. 15. 11.
2° Armer, faire soulever contre quelqu'un
(ÔTrXoTTotstvj. Sa p. 5. 18. Armabit creaturam ad
uUionem inimicorum : Le Seigneur armera ses
créatures, pour se venger de ses ennemis.
3" Fortifier, affermir. 1. Petr. 4. 1. Vos en-
dem cogilalione armamini : Affermissez- vous
dans celte pensée, armez-vous de cette pen-
sée ; se. que celui qui est mort à la concupis-
cence a cessé de pécher.
ARMATURA, ^e. Gr. orrXa. Armure , les
armes que l'on porte, la manière de s'armer
propre à certains peuples, à certains sol-
dats; et signifie dans l'Ecriture,
1" Armure, attirail d'armes. 2. Par. 32. 5.
FeciC universi generis armo/wram .-Ezéchias,
voyant que Sennachérib s'avançait , donna
ordre que l'on fît toutes sortes d'armes.
2° Armes. Sap. 18. 22. Vieil autem turbas
non iîi virtute corporis, nec armaturœ poten-
tia : Aaron n'apaisa point ce trouble par la
force du corps, ni par la puissance des armes.
Aaron n'employa que l'oraison , et le sacri-
fice de l'encens , pour faire cesser le feu qui
embrasait le peuple. Voy. Num. 16. y. 47
48. Ezech. 26. 9. Cant. 4. 4.
— Armes ou armures spirituelles ( ttkvo-
7r\ta). Ephes. 6. 11. Induite vos armaturam
-Dci; Revêtez -vous de toutes les armes de
Dieu , c'est-à-dire , que Dieu fournit, v. 13.
Propterea accipite armaturam Dei : Prenez
toutes les armes de Dieu ; ces armes sont la
vérité et la justice , et toutes les autres que
l'Apôtre rapporte. Il explique ensuite dans
les versets 14. 15. et suivants, de quelle ma-
nière elles sont les armures des chrétiens
contre leurs ennemis. Cant. 4. 4. Ainsi, Sap.
5. 18. Accipiet armaturam zelus illius : Le
Seigneur prendra pour armes sod indignation
et son zèle.
ARMATUS, A, UM, y.Kzu}irli(ri/.ivog , euÇwvos ,
5t«(rxîu«<T|:iivo?. — 1° Armé , couvert d'ar-
mes. 1. Reg. 17. 39. Cœpit tentare si armatus
posset incedere : David commença à essayer
s'il pourrait marcher étant ainsi armé. Ce
fut devant Saiil, lorsqu'il était près de mar-
cher et de se battre contre Goliath. Luc. 11.
21. Cum forlis armatus custodit atrium suum:
Lorsque le fort armé garde sa maison , toul
r,73
ARM
ARM
574
ce qu'il possède est en paix. Ce fort armé est
le démon. Voy. Fortis.
• -2' Gens de guerre, soldats. Judic. 7. 11.
Descendit ergo ipse et Pharapuer ejus, in par-
tem castrorum ubi erani armatorum vifjiliœ :
(lodéon, prenant avec lui son serviteur Phara,
s'en alla à l'endroit du camp où étaient les
scnlinelles de l'armée ; ce fut par l'ordre de
Dieu, avant qu'il marchât contre ces peuples.
Job. 5. 5. Ipsum rapiet armatus : L'homme
armé s'emparera de l'insensé comme de sa
proie. Cet insensé est celui qui, au lieu de
reconnaître que ses péchés sont la vraie
cause du mal qu'il soutîre, s'emporte contre
la divine justice, et en accuse Dieu même.
Voy. Stultus,
* 3° Qui marche en ordre de bataille. Ëxod.
13. 18. Armati ascenderunt filii Israël de terra
Mgypti : Les Israélites sortirent ainsi en ar-
mes de l'Egypte. Hebr. quini ; i. e. ils mar-
chaient en ordre cinq à cinq, ou en cinq ba-
taillons ; Hebr. quintati, c'est-à-dire, que
leur cuirasse descendait jusqu'à la cinquième
côte. 4os. 1. 14. c. i. 12
ARMENIA, Hebr. Ararat, muledictio. Ce
mot vient d'Aram , fils do Sem , peut-être
parce que celte province fut premièrement
habitée par ses enfants. Il y a doux Armc-
nies, la grande et la petite : la grande sap-
pelle aujourd'hui Turcomanie elGurdistan : la
petite Arménie, dite aujourd'hui Aladuli, est
entre la Gappadoce , l'Euphrale et la Cilicie
au septentrion.
La grande Arménie , province célèbre de
l'Asie. Gen. 8. k. ficquievit arca super mon-
tes Armeniœ : L'arche se reposa sur les mon-
tagnes d'Arménie : ce fut l'arche de Noé ,
après que les eaux du déluge eurent cessé de
tomber. Ces montagnes s'appellent Gordien-
ncs , et font une partie du mont Taurus ;
ainsi, i^. Reg. 10. 37. Voy. Ararat. La grande
Arménie est séparée de la petite par l'Eu-
phrale, et s'appelle Tlioura Emnoé^ ou Are-
mnoé.
AKMENil , GRUM. Peuples de l'Arménie-
Majeure. V. Rcg. 19. .37. Filii ejus perçusse-
runt eum gladio , fugeruntque in terrain Arme-
niorum : Seiinachérib fut tué à coups d'épée
par ses deux fils ,• ce fut après le carnage de
cent quatre-vingt-cinq miMe hommes de son
armée par l'ange, et à son retour à Ninive.
AUMENÏUM , I. Ce mot, qui est mis par
syncope pour uramenlum , vient du verbe
arare, labourer.
Troupeau de gros bétail, comme de bœufs,
vachf's , chevaux , etc. Isa. 05. 10. El erunt
campeslria in cnulns gregwn, et vallis Acfior
in cuhile armenturum : Les campagnes ser-
viront de parc aux troupeaux, et la vallée
d'Achor servira de r(>traile aux bœufs de mon
peuple. Amos. G. V. Qui comedilis viculos de
nicdio ar menti : Malheur à vous qui mangez
des veaux ciioisis de tout le troupeau. Exod.
10. V. 9. 2V. c. 12. V. .32. .38. etc.
1° Les richesses qui sont marquées par ces
troupeaux (xr^vof). Gen. 13. o. Loth fuerunl
grèges ovium, et armenta : Loth avait aussi des
troupeaux de brebis et des troupeaux de
bœufs, c. 2G. 14. c. 4o. 10.
2° Les sacrifices des nœufs (piôo-x'^O- Ose.
5. 6. In gregibus suis, et in armentis suis ve-
nient ad quœrendum Dominum , et non inve-
nient : Les Israélites rechercheront le Sei-
gneur par le sacrifice de leurs brebis et de
leurs bœufs, et ils ne le trouveront point : ils
ont rejeté Dieu lorsqu'il les recherchait par
ses prophètes, et ils le chercheront en vain
par leurs sacrifices, lorsque le temps de sa
miséricorde sera passé.
ARMENTARIUS, ii. Pasteur, qui garde de
gros bétail, comme bœufs, etc. Amos. 7. 14.
Armentarius ego sum : Je mène paître les
bœufs, dit Amos de lui-même à Amasias («t-
Tzhloç).
ARMIGER. Ce nom est composé d'arma, et
de gerere.
Écuyer d'honneur, qui porte les armes de
son maître, et l'accompagne dans les batail-
les {(/.ïprji-j Ta (jy.s-'jY) , ferens arma). Les géné-
raux d'armée avaient autrefois de ces sortes
d'écuyers. Judic. 9. 54. Vocavil cito armige^
rum suum : Aussitôt Abimélech appela son
écuyer ; ce fut pour qu'il achevât de le tuer,
de peur qu'on ne dit qu'il eût été tué par une
femme. 1. Reg. 16. 21. David factus est ejus
armiger : Saùl fit David son écuyer. Ainsi, c-
14. 1. c. 17. V. 7. 41. 2. Ueg. 18. 14. Voy.
Puer.
ARMILLA, M. Ce nom qui est plus en
usage en pluriel qu'en singulier, et qui si-
gnifie proprement bracelets, ornement qui se
met autour des bras, vient du mot armus, i.
e. épaule, parce que, par ce nom armus, les
Anciens entendaient l'épaule et le bras tout
ensemble : il signifie dans l'Ecriture,
1" Rracelet, ornement qui se met autour
des bras (^l/jUtov). Gen. 24. 47. ArmiUas po-
sui in manibus ejus : Le serviteur d'Abraham
mit au bras de Rebecca les bracelets qu'il
avait reçus d'Abraham ; ce fut dans la vue
qu'elle épouserait Isaac.
2° Cercle, anneau (y.pUoç). Job. 40. 21.
Numquid armilla perforabis maxillam ejus?
Percerez-vous la mâchoire de la baleine
avec un anneau? Heb. spina , épine, qui se
prend pour un hameçon de pêcheur fait avec
une épine, ou en forme d'épine. Dieu veut
faire connaître à Job son impuissance, et
que lui seul peut disposer de ses créatures.
ARMON, Heb. Malum grannlum. Ce mot
marque l'Arménie, ou quelqu'autre pays
qui n'est pas connu ( opo; tô (5ou|:/«v, Hier, in
Armeniam). Amos. 4. 3. Projicieinini in Ar-
mon: Vous vous jetterez dans le pays d'Ar-
mon : d'autres prennent ce mot pour un pa-
lais ou une citadelle; tous vous efforcerez
d'entrer d;ins la citadelle.
ARMONI, Heb. Aula, fils de Saùl et de
Respha, qui fut mis en croix avec ses autres
frères par les Gabaoniles, excepté Miphibo-
seth, fils (le Jonalhas. 2. lleg. 21. 8. Ce fut
pour satisfaire le Seigneur, qui avait envoyé
une famine, à cause des cruautés que Saùl
avait exercées contre eux.
ARMUS, I, ppaxiw. Ce nom vient du Grec
Upixiiç , qui signifie , assemblage de parties
unies ensemble avec quelque rapport ; et si-
gnifie,
575
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
uaire
d'un
aussi de
L'épaule proprement des animauxaqi
pieds, comme d'un bœuf, d'un inoulon,
cheval, etc. , quoiqu'il se d
l'homme : dans l'Ecriture,
L'épaule, en parlant des animaux à quatre
pietls. Levit. 7. 32. Armus quoque dexler de
pacificorum hostiis cedet in primitias sncer-
dotis : L'épaule droite de l'hoslie pacifique
appartiendra aussi au prêtre , comme les
prémices de l'oblalion, qui est appelée ar-
mus separationis, v. Si. parce qu'on la met-
tait à part pour le prêlre. Ainsi Levit. 7.33.
Exod. 29. V. 22. 27. Num. 18. 18. Deut. 18.
3. aussi ce morceau passait-il pour le meil-
leur. 1. Rfg. 9. 21. Levavit autem coquus ar-
mum et posuit ante SauL Saiil le lui avait
fait garder exprès, v. 23.
Parce que cette partie est un des meilleurs
endroits, et qu'en son origine elle marque
l'assemblage des parties avec quelque rap-
port, elle signifie :
Les grands, les magistrats, et les premiers
du peuple ('Tj.^o,-). Ezcch. 2i. i. {Pone ollam)
congère frusta cjus in eam, omnem parlem
bonam, fémur et armum, elecla et ossibus
plena . (Mettez une marmite sur le feu), rem-
plisscz-Ia de viande de tous les meilleurs
endroits; niettoz-y la cuisse, l'épaule, les
morceaux choisis et pleins d'os. Cette mar-
mite marque la ville de Jérusalem; ces mor-
ceaux choisis et pleins d'os marquent tous
les Juifs, depuis les plus grands jusqu'aux
plus petits; et le feu, ce sont les Chaldéens
qui brûlèrent Jérusalem même.
ARNAN, Heb. Lumen filii, un des descen-
dants de David. Il était fils de Raphaïa, et
père iVObdias. 1. Par. 3. 21.
AllNON, Heb. Idem, fleuve célèbre, que
l'Ecriture appelle torrent, qui sépare les
Moabiles des Amorrhécns, et se jette dans le
lac Asphaltile. Num. 21. v. 13. 2i. etc. La
ville que ce fleuve arrose porte le même
nom : il y a aussi un rocher de ce nom dans
les montagnes de l'Arabie Déserte
AROD, ou ARODl, Heb. Imperans, —
1'' cinquième fils de Gad, qui était fils de Ja-
cob. Num. 20. 17. de qui sont sortis les
Arodltes. Gen. 46. IG. — 2-^ Fils de Baria.
1. Par. 8. 15.
ARODlTiE, Imperantes, les descendants
d'Arod. Num. 26. 17. Voy. Arod. 1°.
AROER, Heb. Myrica, ville située entre
Arnon et le Jourdain, cl de la tribu de Gad.
Num. 32. 3V. Deut. 2. 36. c. 3. 12. etc. Elle
est sur les confins des Moabites, des Amor-
rhécns et des Ammonites : c'était une ville
épiscopalc qui avait douze évèchés suffra-
ganls.
AROMATA, à/sw^ara. Ce nom aroma vient
du Grec «/>«(/«, formé du verbe grec,K&6'o, aro.
labourer, et signifie toute sorte d'herbes ou
de drogues oiioriférantes dont on fait des
parfums, ou dont on se sert pour faire des
sauces, des ragoûts, etc. Dans l'Ecriture il
signifie :
Parfums , senteurs, odeurs. Gen. 50. 2.
Prœcepilque servis suis medicis , til aromali-
bus condirent patrem : Joseph voyant son
Iiùre expiré, commanda aux médecins (ju'il
576
son corps.
avait à son service d'embaumer
c. 37. 25.
Les bonnes œuvres et l'odeur de la bonne
réputation de l'Epouse mystique, qui est
l'Eglise. Gant. k. 10. Odor unguentorum tuo-
rum super omnia aromata : L'odeur de vos
parfums est plus agréable que toutes les
drogues aromatiques, v. 16. c. o. 13. c. 6. 1.
Areolœ aromatum : Ses joues sont comme un
parterre de drogues aromatiques. Ce qui
s'explique des livres sacrés remplis de par-
fums spirituels qui marquent les grâces et
les douceurs qui y sont répandues, c. 8. li.
Montes aromatum : Les montagnes des aro-
mates, ou des parfums : c'est la Jérusalem
céleste; ainsi, c. 3. 6.
AROMATIZARE, répandre une odeur de
parfums. Eccli. 2i. 20. Sicut cinnamomum et
balsamum aromatizans odorem dedi : J'ai ré-
pandu une senteur de parfum, comme la
canelle et le baume le plus précieux. La sa-
gesse se compare aux plantes les plus odori-
férantes. Balsamum aromatizans ; àpu^ix-rcov :
le baume le plus précieux qui répand la
plus agréable odeur.
ARORITES , Montanus. Voy. Ararites
dans Arari.
ARPHAD, Heb. Siemens, ville de Syrie,
gagnée par les Assyriens. Isa. 10. 9 Num-
quid non ut Arphad, sic Emathî^e me suis-je
pas assujetti Emath comme Arphad ?dit le roi
d'Assyrie, c. 36. 19. c. 13. 37. 4. Reg. 18. 3k.
Jer. k9. 23. Elle se met toujours avec Eraaih.
Voy. Emath.
ARPHASACH.EI , Héb Laceratores. Ar-
phasachéens, peuples de Samarie, qui s'op-
posèrent au rétablissement du temple de Jé-
rusalem. 1. Esdr. 5. 6.
ARPHAXAD, Heb. Laxans quasi prœdam.
— 1" Fils de Seni, né deux ans après le dé-
luge. Gen. 10. V. 22. 2i. c. 11. 10. 1. Par. 1.
V. 17. 18. 2i. Luc. 3. 36. Quelques-uns
croient que c'est de lui que descendaient les
Chaldéens. — 2° Nom commun aux rois des
Mèdes. Celui qui régnait du temps de Juditli
était Déjoces, qui avait succédé à Arbace : ce
prince fut défait par Nabuchodonosor ; tout
son pays fut ruiné, et Ecbatane rasée. Ju-
dith. 1. 1.
ARREPTARE. Ce verbe, qui viendrait pro-
prement d'ad et de repère, ramper, en cet
endroit vient plutôt d'«77//;ere, et signifie:
Prendre, enlever. Num. 11. 31. Ventus
egrediens a Domino arreptans trans mare co-
turnices detulit : Un vent, excité par le Sei-
gneur, emporta des cailles de delà la mer;
ce fut pour satisfaire le désir du peuple
d'Israël, v. k. et 20. D'autres lisent, Arreptas
detulit.
ARRHABO, OMS , «pp'aÇwv. Ce nom vient
du Grec àp&aowv, et signifie, erres, ou arrhes,
gage , assurance. Gen. 38. v. 17. 18. Quid
tibi vis pro arrhabone dari? Que voulez-vous
pour gage? C'est ce que dit Judas à Thamar,
sa belle-fille, au sujet d'une proposition qu'il
lui avait faite comme à une femme sans hon-
neur, ne la connaissant pas. Voy. v. 16.
Notre Vulgate latine. 2. Cor. 1. 22. et
Ephes. 1. l'V. met pignus pour urrhaho : ce
5f7
ÂRR
ÀRS
378
que saint Jérôme reprend en son Commen-
taire sur l'Epîire aux Ephésiens, ch. 2. d'où
l'on peut connaître qu'il n'est point auteur
de la Vulg^ale sur saint Paul.
ARRIDERE, -^ùâ-i. Rire à quelqu'un , sou-
rire. Dan. 14. 6. Et ait Daniel arridens : Ne
erres rex : Daniel répondit à Cyrus en sou-
riant : O roi, ne vous y trompez pas. Cyrus,
qui tenait l'idole pour un Dieu vivant, v. 5.
est délrompé par Daniel, v. 20.
ARRIPERE , )i«pg«v£tv. Prendre une per-
sonne ou une chose, et l'enlever avec impé-
tuosité : dans l'Ecriture, il signifie :.
1° Prendre. Gen. 22. iO. Arripuit gladium
Mt immolaret filium suum : Abraham prit le
couteau à la main pour immoler son fils : ce
fut pour obéir à Dieu. Voy. v. 12. c. 34. 25.
Exod. 32. 20. Levit. 10. 1. Num. 25. 7. Deul,
9.21. etc. Ainsi, Isa. 21. 5. ùjv.t-v.(jkzz, Arri-
pite. clypeum : Prenez le bouclier ; Heb. Un-
gite ; c'est-à-dire, préparez, nettoyez. Voy.
Ujigere. Ainsi, dans le sens iî^uré, Arripientes
gladium : Ce sont des gens armés d'épées,
prêts à combattre. Ezech. 38. 4.
2° Prendre, se saisir. Deut. 19. 12. Arri-
pient eum de loco effiigii : Les anciens de
cette ville là l'enverront prendre, et le tire-
ront de ce lieu où il s'était mis en sûreté :
c'est le cas de la loi qui punit de mort le
meurtre commis par haine, et de propos dé-
libéré, contre celui qui aurait fui en quelque
ville de refuge, qui est une exception de la
loi, rapportée v. 5. Ainsi, 1. Reg. 16. 16.
Quando arripuerit te spirilus Domini malus,
psallat manu sua : Qu'on cherche un homme
qui sache toucher de !a harpe, afin qu'il eu
joue lorsque le malin esprit, envoyé par le
Seigneur, vous agitera : Saùl suivit cet avis
de ses officiers, et David lui rendit ce ser-
vice. Voy. v. 23. Ainsi, Dan. 6. 24. Luc.
8. 29.
3" Faire effort pour atteindre à quelque
chose (o-TTEf t;j^arja-/oûv , circumvallare). Prov. 4.
8. Arripe illam et exaltabit te : Faites effort
pour atteindre jusqu'à la prudence : la mé-
taphore se lire des eflorts que font ceux qui
veulent prendre une ville.
4" Emporter, enlever (a^jvac77«Ç£iv). Act. 27.
15. Cumque arrepta esset navis et non posset
conari in ventum : Comme le vent emportait
le vaisseau, sans que nous pussions y ré-
sister, nous le laissâmes aller au gré du
vent : ce fut dans le voyage de saint Paul en
Italie, à la garde du centenier Jule. Exod.
10. 19.
5^ Arripere judicium (àvrÉ/sd^at) : Prendre
la justice; c'esi-à-dire, l'exercer avec sévé-
rité et rigueur. Deut. 32. 41. Si acucro ut
fulgur gladium meum et arripuerit judicium
manus mea : Si j'aiguise mon épée,ci la rends
aussi pénétrante que les éclairs, et si j'en-
Ircprcnds de juger les hommes, je me ven-
gerai de mes ennemis : la métaphore est tirée
d'un brave capitaine, qui menace de prendre
les armes contre les ennemis.
ARREPÏITIUS. Ce mot adjectif est formé
d'arreplus, participe du verbe arripere, et
signifie, transporté de fureur, agité du dé-
utun ; dans l'Ecriture, il signifie :
Transporté d'une fureur prophétique, faux
prophète. Jcrem. 29. 26. Bominus dédit te
sacerdotem ut sis dux super omnem virum
arreptitium et prophetantem : Lo Seigneur
vous a établi pontife, afin que vous soyez
chef dans la maison du Seigneur, afin que
vous prissiez autorité sur tout homme qui
prophétise par une fureur prophétique. Dieu
reprend Semeïas d'avoir animé dans une
lettre Sophonias, l'un des princes des prê-
tres, contre Jérémie. Voy. v. 27.
ARROGANS, tis. Ce nom est le participe
du verbe arrogare, et est plus communé-
ment pris pour un nom adjectif, et signifie,
Arrogant, superbe, fier, insolent : et dans
l'Ecriture,
1"^ Insolent , présomptueux (v^n'koy.ûpBLo;,
qui alto corde est, ySpuyroç, contumeliosus).
Prov. 16. 5. Abominatio Domini est omnis ar-
rogans : Tout homme insolent est en abomi-
nation au Seigneur. Job. 40. 6. Respiciens
omnem arrogantem humilia : Humiliez les
insolents par un seul de vos regards : ce que
Dieu s'attribue à lui seul de pouvoir faire,
Isa. 2. 12.
2° Superbe, qui vit dans l'impiété et Toubli
de Dieu. Malach. 3. 15. Dixislis : Vanus est
qui servit Deo ; ergo nunc beatos dicimus ar^
rogantes, siquidem œdificati sunt facientes im-
pictatem : Vous avez dit : C'est en vain que
l'on sert Dieu; c'est pourquoi nous n'appel-
lerons maintenant heureux que les hommes
superbes, puisqu'ils s'établissent en vivant
dans l'impiélé : c'est le reproche que Dieu
fait aux Juifs.
3" Impatient, qui s'emporte par impa-
tience; ce qui est un effet d'orgueil [\i-l>rilèç
TTvsO^aTi)- Eccl. 7. 9. Melior est patiens arro-
gante : Celui qui souffre la persécution avec
une douceur persévérante, est sans doute
beaucoup meilleur que celui qui, par impa-
tience, se laisse aller à des transports de
fureur.
ARROGANTER, arrogamment, insolem-
ment , sans respect {èiifuwi}. Soph. 1. 9.
Visitabo super omnem qui arroganler ingre-
dilur super limcn : Je punirai tous ceux (jui
entrent insolemment dans le temple : autr.
Hebr. Qui n'ose toucher le seuil de la porte
du temple : ce qui s'entend de ceux qui, en-
trant dans le temple, imitaient la supersti-
tion des Philistins, qui, entrant dans celui de
leurs idoles, n'osaient marcher sur le seuil
de la porte. V. 1. Reg. 5. 5.
ARROGANTIA, je. Arrogance, orgueil,
Buperbe ( ZSpiç , injuria ) : et dans l'Ecri-
ture,
Insolence, présomption. Prov. 8. 13. Ar-
rogantiam et superbiam delestor : Je déleste
l'insolence et l'orgueil. Isa. 13. 11. Arrogan-
liam foriium humiliabo : Heb. des tyrans,
dil le Seigneur (j'humilierai l'insolence de
ceux qui se rendent redoutables).
ARS, TIS. Ce nom vient du nom Grec «/-età,
virtus, slrcnuitas, force, vaillance.
Art, c'est-à-dire lout ce qui se fait par
l'adresse des hommes, artifice, finesse, in-
duslrie ; dans l'Ecriluro :
1" Art, science, profession (epyov). Eccli.
,79
DICTIONNAIRE Di PHILOLOGIE SACREE.
580
38. 35. Uniisqitisqne in arte sua sapiens est :
Cbatun est sage dans son art : Ici la sagesse
oppose celui qui s'applique à la connaissance
de la loi de Dieu dans le repos, à l'action
continuelle de tous ces ouvriers marqués
dans ce chapitre, v. âo. 26.
-2" Règles de l'art {ixidoSoç). 2. Mach. 13.
18. Arte difficultatem locorum tentabat : An-
liochus lâchait de prendre les villes fortes
par artifices : ce fut d puis que Judas eut
attaqué la nuit son quartier, et tué quatre
mille hommes dans son camp. Voy. v. 15.
3' Ruse, adresse. Judic. 20. 32. Fugam arle
simulantes : Les onze tribus d'Israël feignaient
de fuir devant la tribu de Benjamin. Ils
avaient dressé des embûches autour de Ga-
baa, qui firent que cette tribu fut enfin
taillée en pièces au troisième combat. Voy.
V. 29. 37. -V3.
ARSA, Heb. Terra, gouverneur de la ville
de Thcrsa. 3. Reg. 16. 9. Voy. Thersa.
ARSACES, Heb. Elevatio chjpei. Roi dos
Parthes , qui s'étaient rendus maîtres de la
Perse et de la Médie. 1. Mach. li. 2. Ce nom
Arsaces, était commun aux rois de Perse.
ARTABA , àarâê/j. Sorte de mesure chez»
les Perses, qui tenait soixante-douze seliers.
Dan. 14.2. E rat idulum apud Babylonios no-
mine Bel et impendebantur in eo per dies sin~
(julos similœ Artabœ duodecim : Les Babylo-
niens avaient une idole nommée Bel, pour
laquelle on sacrifiait tous les jours douze
mesures de farine du plus pur froment ,
quarante brebis, etc. Les Prêtres de cette
idole venaient la nuit manger tout ce qui lui
était offert. Vuy. v. 12. li.
ARTAXERXES, «oGa^raaSa. Heb. Forlis
dominator. De Arals, fortis, et de Sarar,
dominari.
Arlaxerxès. nom commun, selon quelques-
uns, aux rois de Perse, dans l'Ecriture :
1" Arlaxerxès Longimanus, qui, étant sol-
licité par les ennemis des Juifs , défendit de
continuer le bâtiment du temple. 1. Esdr. 4.
7. In diebus Artaxerxis scripsit Beselam, Mi-
thridalcs et Thabeel, ad Arlaxerxem regem
Persarum : Sous le règne d'Artaxerxès, Be-
selam , Mithridate et Thabéel écrivirent à
Arlaxerxès, roi de Perse. Voy. v. 21. Ainsi,
V. 8. 11. 23. D'autres croient (jue cet Arla-
xerxès était Oropasle , qui feignit d'elle fils
deCambyse. Voy. Asslérus.
2' Arlaxerxès .Mnemon, dont Néhénias fut
réchanson, lequel permit de bâtir le temple,
(lui avait été interrompu. 1 Esdr. 6. IV.
Seniores Judœorum œdificaverunt et constru-
xcrunt jubente Deo Israël, et jubente Cyro et
iJario, et Arlaxerxe regibus Persarnn^ : Les
anciens des Juifs travaillèrent à bàiir le
temple, par le commandement du Dieu dls-
raél et par l'ordre de Cyrus, de Darius et
tl'Artaxerxès, rois de Perse, c. 7. v. 7. 11.
12. 21. c. 8. 1. 2. Esdr. 1. 1. c. 5. ik. c. 13.
6. Voy. AssuicRUs.
ARÏEMAN, Gr. Inteyer. Disciple de saint
Paul, de qui il se servait dans le ministère
lie l'Kvangile. Til. 3. 12.
ARTEMON , «fïéuwv. Ce nom vient du
verbe grec «r^Tâw, appendo, suspenao, pendre,
suspendre, et signifie :
Petite voile qu'on joint aux plus grandes,
voile de l'artimon, dans un vaisseau. Act.
27. ko. Levato ariemone secundum aurx fia-
tum tendebant ad litlus : Les matelots, après
avoir mis la voile de l'artimon au vent,
tiraient vers le rivage : ce fut dans le péril
du voyage de saint Paul en Italie.
ARTIGULUS, I, apScov. Ce nom est le dimi-
nutif d'artus, et signifie :
Jointure dans le corps de l'homme, nœud
dans les plantes ; et dans le temps , c'est le
moment qu'on prend tout à propos pour
faire quelque chose : dans l'Ecriture,
1° Les doigts de la main («c-T&i'/a/oj). Dan.
5. 5. Rex aspiciebat articulos manusscriben-
tis : Balthasar voyait le mouvement des
doigts de la main qui écrivait : c'était son
jugement que cette main écrivait, comme
Daniel le lui explique, v. 25. jusqu'à 29.
Ainsi, V. 24. c 10. 10.
2" Le corps ou la substance de quelque
chose , pour marquer la chose même. Gen.
7. 13- In articalo diei illius ingressus est
Nos ■ Noé entra dans l'arche en ce jour-là
même , savoir : le dix-sept du deuxième
mois. Voy. v. 11. Heb. In substantia diei
illius : Gr. In illa die : L'espace de ce jour ou
dans ce jour-là mêoie ; à quoi se rapporte,
Le vit. 2.3. 14. L'sque ad diem, où IHébreu
porte usque ad subslantiam diei illius.
ARTIFEX, icis , rsy^zr);. Ce nom semble
venir d'ars et du verbe facere, comme qui di-
rait : Qui scientiam suam per artes exercet, et
signifie :
Ouvrier, artisan, qui exerce quelque art ou
métier. Act. 19. 24. Demetrius prœstabat ar~
tificibus non modicum quœstum : Démétrius
qui faisait des temples d'argent de Diane,
donnait beaucoup à gagner à ceux de ce mé-
tier. Ce Démétrius excita une grande sédition
contre saint Paul , parce qu'il combattait le
culte des dieux. Voy. v. 25. et suivants.
Signification métaphorique. — Dieu est ap-
pelé architecte et ouvrier (oï?,uto'j,676ç). Hebr.
11. 10. Exspect'ibal enim fundamenta haben-
tem civitdtem cujus arlifex Deus : (C'est par
la foi qu'Abraham habita sous des tentes ) :
car il attendait celle cité bâtie sur un ferme
fondement, dont Dieu est le fondateur et l'ar-
chitecte. Sap. 7. 21. Omnium artifex docuit
me sapienlia .La sagesse, qui a créé tout, m'a
enseigné tout ce qui était caché (texvîti?).
C'est Salomon qui parle, c. 8. 6. c. 13. 1.
ARTIFICIUM , 11. Art , métier, artifice ,
finesse, souplesse, tromperie, fourberie (£,'■''/'-'"
G-ta); dans l'Ecriture :
Ouvrage, ce qui est fait par un ouvrier.
Act. 19. 25. Viri, scitis quia de hoc arlificio
est nobis acquisitio : Mes amis, vous savez
(jue c'est de ces ouvrages que vient tout
notre gain. Démétrius remontre à ses ou-
vriers de petits temples d'argent de Diane, le
tort que faisait saint Paul à leur métier.
Voy. v. 27.
ARTUS, us. Ce nom vient du Grec â/;(/;iov,
ou du verbe arctare, joindre ou lier élroile"
m
AKU
ÂRU
3Gi
ment ; parce que les membres du corps sont
liés ensemble étroitement, et signifie :
Les membres du corps. Job. 10. 8. Innihi-
hwi redacli sunt omnes artas met ; Tous les
membres de mon corps sont ré-luils à rien.
Job parle de l'excès de ses douleurs.
ARUBOTH, Heb. Insidiœ ou Araboth. Un
qjjarlier de la Judée. 3. Reg. ^ 10. Saint Jé-
rôme dil que ce lieu est une plaine dans ie
pays des Moabiies, qui outra dans le partage
de !a triwU de Rubcn.
AU\'INA. ,E. Ce nom est proprement le ié^
miu'in i\'a) vinus, i)Our arvi y nus, qui vient de
i'aniiquc «/t/j;, au lieu duquel on a dit aries,
cl signifie :
. Du suit , proprement de mouton ; il se dit
néanipoiiis de quclqu'autre sorte de suif que
ce soil : dans l'iùrilure,
Suif, graisse. Job. 13. 27. De lateribiis ejns
arvina dependct : Li\ graisse pi-nd à l'i:;ipie de
tous côlés. L'impie qui s'est fortifié ( t comme
engraissé dans le mal, est comparé à un tau-
reau furieux, dont les Qancs regorgent de
graisse. Voy. Ps. 72. 7. Ainsi Exod. 29. 22.
Levil. .3. 13.'
ARVINULA, JE, (T-iy.p. Suif, graisse. Levif.
8. 10. Duos rentmciilos ciun nrvinulis suis
adolt'vit super altare : Moïse fil brûler sur
l'autel les deux reins avec la graisse qui y
est atîachùe : l'Ecrilure parle du sacrifice
d'un veau pour le péché.
ARULA, JE. Cl) nom est le diminutif d'ar«,
et signifie petil aulel; dans l'Ecriture,
1' Pelit foyer, brasier ou réchaud (ê'c-xas*).
Jercm. 30. 22. Posita e.rat arula coram eo
plena pninis : ; Le roi Joachim était assis
dans son appariemcnt dhiver) : il y avait de-
vant lui un brasier pli in de char!)oiis ardents ;
il y brûla le livre que Jérémie avait dicté à
Bariich de la part de Dieu, tuurhant la des-
truction «le la Judée par Nabucbodonosor.
Voy. V. k, 29
2^ Le loyer qui élail au milieu de l'autel
des holocaustes , sur lequel était le brasier
qui servait à brûler les vicliims placées sur
la grille au-dessus du foyer. Exod. 38. 4.
Craticulamque ejus in modum retis ftcit
œnenm, et subter eam in al taris medio aru-
lum : Béséléel fil une gti le d'airain en forme
de rets, et au-dessous un foyer au milieu de
l'aulel. Il ava l été appelé particulièrement
de Dieu pour faire tous ces ouvrages. Voy. c.
33. V. .';0. et suiv. c. 27. 5.
ARU.M, Heb. Exclsus, père d'Ahareel, fils
de Cos. 1. P.ir. k. 8.
.\RUNDO , IMS , /.v'/yao:. Ce nom vient
(i'aridus, sec, ainsi appelé à cause de sa sé-
cheresse, et signifie,
Canne ou roseau. Malth. 27.29. Posuerunt
orundinem in dextm ejus Les soldats du gou-
verneur mirent un roseau dans la main droite
de Jésus-Chrisl. .Marc. 15. 19. Matth. 27. VS.
1" Canne; pour mesurer. Ajjoc. 21. v. 15.
10. Mmsus est citit item de urundine nnrea
per stndid tluodecim millid • Un des sept anges
qui tenaient les sept coupes pleines des sept
dernières [daies, tu'sura la sainte ville de
Jérusalem, et il la trouva de douze mille
siades. Voj . v. 9. 10.
2° Flèches faites de cannes ou roseaux.
Ps. 67. 3î'. Increpa feras aiundinis, i- e.
calamalas : Reprenez ces bétes sauvages ar-
mées comme de flèches faites de roseaux :
David compare les ennemis armés à des
bétes sauvages pleines de fureur. Voy. Fera.
§ 1. — Parce que le roseau est fort fragile
et n'est pas solide : il marque les personnes
faibles et qui ont peu de foi pour se soutenir.
Matth. 12. 20. Anindinem quassatam non
confringet : Jésus-Christ ne brisera point le
roseau cassé ; c'est-à- dire traitera doucement
celui qui est encore faible, tandis (lu'il y
aura quelque espérance de salut.
§ 2. — Parc." (juc le roseau est fort léger et
qu'il cède au gré du moindre vent : il marque
l'homme inconstant , qui a une foi chance-
lante ; c'est pourquoi Jésus-Chrisl dit de
saint Jean-Ba[)tisle, tout rempli de foi. Matth.
11. 7. Luc. 7. 2i. Quid cxistis in desertum
videre ? arundinem vento agitatam? Qu'êles-
vous allés voir dans le désert? un roseau
agité du vent? parce que le roseau étant se-
coué cl agité d'un vent impétueux , tombe
enfin dans les eaux.
§ 3. — Il marque les secousses et l'agita-
tion d'une chose jusqu'à ce qu'elle tombe et
périsse. 3. Reg. li. 13. Perculiet Dominus
Deus Israël, sicut moveri solet arundo in
aqua : Le Seigneur frappera Israël et le
rendra comme le roseau qui est agité dans
les eaux : Dieu menace de ruiner le royaume
d'Israël dans la famille de Jéroboam.
ARUNDINETUM, i. Ce nom signifie propre-
ment lieu où il croît des roseaux : dans
l'Ecrilure.
Nom de lieu appelé , Vallis arundineti ;
Heb. et Gr. Torrens kanna, id est, arundinis :
C'est une des bornes ou limites de la tribu
d'Ephraïm, du côté de la mer Méditerranée,
près de Cés:irée. Jos. 10. 8. c. 17. 9. Descen-
ditque terminus vallis arundineli in meridiem:
De là les bornes du lieu appelé la Vallée des
roseaux regardent le midi.
L' s roseaux mêmes , pris pour le lieu où
ils croissent (/7."Aiy.r;). Sap. 3. 7. Fulgebunt
justi et tamquain scintillœ ?'n arundineto dis-
current :.Les jusles étincclleront comme des
feux (jui courent au travers des roseaux ; Gr.
au travers du chaume. Le Sage marque par
celle comparaison la clarté de la lumière
dont les justes brilleront dans le ciel.
ARUNDINEUS, a, um. /«ià^nvo,-. Ce nom
adjectif est formé d'arundo, cl signifie, do
canne ou de roseau. \. Reg. 18. 21. An speras
in bnculo arnndineo atque confracto .-Egypti^
super quem, si incubuerit liomo, comminulus
ingredietur manum ejus, et pcrforabit eam?
Est-ce que vous espérez du soutien du roi
d'Ea;yple ? Ce n'est (ju'un roseau cassé ; et si
un hounnc s'appuie dessus, il se brisera cl
lui entrera dans la main et la transpercera.
Dans ce verset les atubassadeurs de Seiina-
chérib, roi des Assyriens, veulent faire en-
tendre à Ezéchias (jue le secours et la pro-
tection qu'il attend du roi d'Egypte, est non-
seulement faible et inutile , mais que même
elle lui sera nuisible , s'il y met son espé-
rance ; mais c'est ce qui est très-vrai aussi
5S3
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE
des
de la protection qu'on n'attend que
hommes. Ezech. 29. 6.
ARUSPEX, icis. Ce nom qui vient d'arwya,
espèce de victime, et du verbe aspicio, signi-
Oe : qui devine par la considération des en-
trailles des victimes , et interprète les pro-
diges; dans l'Ecriture :
1° Devin, qui devine parla considération
des bêtes immolées (yaÇaouvoi). Dan. 2. 27.
Mysterium quod rex interrognt, sapientes ,
tnugi, arioli et aruspices nequeunt indicare,
Daniel répondit au roi : Les sages, les mages,
les devins et les augures ne peuvent décou-
vrir au roi le mystère dont il est en peine.
Daniel le lui découvre, v. 31. et suiv. ainsi ,
c. k, k. c. 5. v. 7. 11.
2° Devin qui se mêle ne prédire l'avenir
(yvwcTTnç). 4. Reg. 21. 6. Et aruspices multi-
plicavit : Manassès niullipiia les enchanteurs :
toutes ses abominations et les punitions dont
Dieu le menace sont rapportées en ce cha-
pitre.
3" Les Prêtres des faux dieux habillés de
deuil (■/jjifj.rxoiu.) , selon 1 Hebr. Camurim , 1.
e. atrali. k. Reg. 23. o. Et delevic aruspices
quos posuerunt reges Juda ad sacrificandum in
excelsis : Josias extermina aussi les augures
qui avaient été établis par les rois d Israël
pour sacrifier sur les hauts lieux. Ce même
mol hébreu camurim est rendu, Ose. 10. 5.
et Soph. 1. i, par œdilui.
ARV'UM, I. Ce nom vient du verbe aro, as,
labourer (Tc-Bio-j), et signifie :
1" Une terre labourée où il n'y a encore
rien de semé; dans l'Ecriture :
Champ ou terre labourée et semée. Hab.
3. 17. El arvà non afférent cibum : Les cam-
pagnes ne porteront point de grain. Voyez
ClBUS.
2' Pré, pâturage ( vo^ari ). Jerem. 23. 10.
Arefacla sutit arva deserti : Les pâturages
de la campagne sont devenus tout secs ; ainsi,
Arva pacis, ce sont les campagnes ou pâtu-
rages dans lesquels les troupeaux paissent
en sûreté et en paix. Jer. 25. 37. Conlicue-
runt arva pacis : Les champs si fertiles du-
rant la paix sont dans un triste silence ; Heb.
Succisa sunt habitacula pacis : Il entend par
ces champs et ces pâturages les provinces ,
par ces troupeaux les peuples.
ARX. Ce nom vient du Grec v.xpx ^ cita-
delle, lieu élevé, ou le sommet de quelque
chose, et signifie,
Forteresse, citatelle f-eoio/ri). 1. Par. 11.
7. Habilavit aulem David in arcCy et idcirco
appellata est civitas David : David prit son
logement dans la citadelle, et c'est ce qui la
fil appeler la ville de David, v. 5. 2. Reg. 5.
V. 7. 9. et souvent dans les livres des Macha-
bées.
L'Eglise, qui est une forteresse invincible à
tous les efforts du démon et du monde {y.oc/.zrip).
Vro\. d. li. Misit ancillas suas; Gr. [servos
suos) ut vocarent ad arccm : La sagesse,
comme une grande princesse, a envoyé ses
servantes; cesl-à-dire, Jésus-Christ a en-
voyé ses apôtres pour appeler les peuples
dans l'Eglise. Voy. Ancilla. <^
AS. ASSIS, «(7<7àù(ùv. Ce mot vient ou d'assus,
584
est le même
us,
pour «nus, comme so«, sol, qui
que as, vient de solus ; d'autres tirent
assis, de œs, œris, airain. As était ancienne-
ment une lame de cuivre d'une livre; c'est-
à-dire de douze onces ; d'abord cette pièce
n'était point marquée, mais ensuite elle l'a
été ; et a été réduite à six onces qui valaient
autant que les douze ; après à une once, et
enfin à une demi-once. Voy. Plin. liv. 33. c. 3.
Ainsi ce mot dans la suite des temps s'est
pris diversement; dans l'Ecriture, c'est
Une petite pièce de monnai(> qui faisait la
quatrième partie d'une once. Malth. 10. 2'î-.
Nonne duo passeres asse veneunl? N'cst-il
pas vrai que deux passereaux ne se vendent
qu'une obole? Voy. Dupondius.
ASA, Hebr. Medicus. — T Roi de Juda,
fils d'Abiam et père de Josaphal, qui suivit
la droiture et la justice de David et purgea
Jérusalem de toutes les idoles que ses pères
y avaient dressées. 3. Reg. 15. 8. et suiv. ;
mais n'ayant pu souffrir la réprimande que
lui fit Hanani, prophète, il perdit par ses vio-
lences toute l'estime qu'il s'était acquise au
commencement de son règne; il mourut l'an
du monde 3090. —2° Un lévite, fils d'Elcana
et père de Barachias. 1. Par. 9. 16. — 3°
Ville de la tribu d'Ephraïm. 1. Par. 7. 28.
Voy* Ara.
ASAA, Heb. et Gr. ASAL\. Un officier de
Josias, roi de Juda, qui alla de la part de son
maître consulter la prophélesse Olda. 2.
Par. 3i.20.
ASAEL, Hebr. Factura Dei. — 1° Le frère
de Joab, et le neveu de David qui fut lué'par
Abner, lequel courait extrêmement vite. 2.
Reg. 2. 18. Porro Asael cursor velocissimus
fuit : Or, Asaël courait extrêmement vile.
Voy. v. 23. Il était aussi un des trente bra-
ves hommes de David, c. 23. 24. 2" Un des lé-
vites députés du roi Josaphal, pour instruire
le peuple de Juda de la loi de Dieu. 2. Par.
17. V.8. 9 — 3° Le père de Jonathan, l'un
de ceux qui furent établis chefs dans tout le
peuple pour chasser toutes les femmes étran-
gères que les Israélites avaient prises, avec
les enfants qu'ils avaient eus d'elles. 1. Esd.
10. 15.
ASAIA, ASAIAS, Hebr. Factura Dei. —
1. Un officier du roi Josias. 4. Reg. 22. v.
v. 12. 14. C'est le même qu'Asaa. 2. Par. 34.
2. Voyez Asaa. — 2" Un des descendants de
Siinéon. 1. Par. 4. 3G. — S'^ Le chef des en-
fants de Merari. 1. Par. 15. 6. De filiis
Merari Asa'ia Princeps : Asaïa était chef des
enfants de Merari, v. 11. c. G. 30. — 4° Fils
a!né de Siloni, de la tribu de Juda. 1. Par.
9. 5.
ASALELPHUNI, Hobr. Umbra vultiis. Fille
d'Etam et sœur de Jesraël. 1. Par. 4. 3.
ASAN, Hebr. Fwnus. Ville de la tribu de
Juda, qui a été ensuite da*iis la tribu de Si-
méon, et qui enfin a été donnée aux lévites.
Jos. 15. 42. 1. Par. 4. 32. 1. Reg. 30. 30. La-
eus Asan, lac d'Asan ; ce lac a pris son nom
de la ville ; Hebr. Chor-Asan.
ASANA, Hebr. Rubus. Père d'Oduia, de la
tribu de Benjamin. 1. Par. 9. 7.
ASAPH, Heb. Congregans. — 1" FiU dq
385
ASC
ASC
386
Barachias, un des chantres de David, de qui
le 2. des Par. 29. 30. où il est appelé Prophetp,
fait croire qu'il a composé les Psaumes i9.
72. et suiv. jusqu'au 82. qui portent le nom
d'Asaph, ou qu'au moins l'air sur lequel on
les chantait était de sa façon, et qu'ils étaient
chantés par le chœur où il présidait. Ainsi,
1. Par. 6. .39. Frater ejus Asapfi qui stabat a
dextris ejus : Asaph, frère d'Héman, était à
sa droite, c. 25. v. 1. 2.— 2° Le père deJoahe
qui était chancelier d'Ezéchias. k. Reg. 18.
Y. 18. 37. — 3° Un lévite, fils de Coré. 1. Par.
26. 1. Il est appelé c. 9. 19. Abiasaph. — V
Un lévite, père de Zechri, de la famille do
Merari. 1. Par. 9. 15.
ASA.RXyiEL,llebr.SignumCircumcisionis.
Lieu où se tint la grande assemblée des prê-
tres et du peuple, des premiers de la nation
et des anciens du pays, pour donner à Si-
mon et à ses fils le privilège dune entière
indépendance, en reconnaissance des grands
services quil leur avait rendus. Ce lieu mê-
me peut bien être celui où se tenaient ces
sortes d'assemblées. 1. Mach. li. 28.
ASARELA, Hebr. Bealitudo Dei. Un des
enfants d'Asaph, qui furent choisis par Da-
vid pour être chantres dans la maison du
Seigneur. 1. Par. 25.2.
ASARHADDON, Hcb. Acuta Ligatura. Fils
de Sennacherib,qui succéda à son père dans
ses Etats. Isa. 37. 38. i. Reg. 19. 37. Voyez
ASENAPHAR.
ASARMOTH, Heb. Introitusmortis. Petit-
01s d'Héber, par Jectan. 1. Par. 1. 20. Voyez
v. 19. a nsi,Gen. 10. 26.
ASASON THAMAR, Heb. Sagitla palmœ.
Ville dans la tribu de Juda, sur le bord de la
mer Morte, qui regarde roccideiit. Gen. 1+.
7. Elle est appelée Engaddi. 2. Par. 20. 2.
qui est la même ville dont il est parlé 1.
Reg. 24. 1. Ezech. kl. 10. Gant. 1. li. où elle
est aussi appelée Engaddi, Voyez En-
gaddi.
ASRKL,Heb. Ignis cadens. FilsdeRenja-
min, chef des Asbélites. Num 26. 38. 1. Par.
8. 1. Ce même Asbel est appelé , i. Par.
7. v. 6. 10. 11. Jadiel ; différent néan-
moins de ce Jadiel, marqué 1. Par. 26. 2. qui
est un des descendants deMésélémia.
ASBELITyE , arum. Descendants d'Asb.l,
ou lamille d' Asbel. Num. 26. 38.
ASCALON, Hebr. Ignis infamiœ. L'une des
cinq villes des Philistins, et port de mer sur
la mer Méditerranée. Judic. 1. 18. c. IV.
19. etc. La tribu de Juda lu conquit après la
mort de Josué; les Philistins la reprirent et
s'y maintinrent jusqu'à leur entière destruc-
tion.
ASCALONIT.E, arlm. Habitants d'Asca-
lon, et se dit aussi d s princes ou rois de la
ville d'Ascalon. Jos. 13. 3.
ASCELLA, Jii. Trrip'j^. Ce nom, qui est peu
usité dans les auteurs latins, vient d'axilla,
diminutif d'.i/«, et signifie, 1° Aile d'oiseau.
Lev. 1. 17. Confringelquc ascellas ejus : Le
prêtre rompra à cet oiseau les ailes sans les
couper: lErriture parle ici du sacrifice d'ho-
lociiusle d'oiseaux. — 2° Aisselle («ATri,-).
Pfov. 19. 24. c. 26. 15. AOscowUt piger
manum suant sub ascella : Le paresseux ca-
che sa main sous son aisselle.
ASCENDERE, àv«oaiv£tv. Ce verbe est corn-
posé d'ad et du simple scandere, et signifie
proprement,
V Monter. Luc. 5. 19. Ascenderunt supra
tectum : Ceux qui portaient le paralytique,
montèrent sur le haut de la maison et'le des-
cendirent par les tuiles devant Jésus. La
foule les empêchait d'entrer, c. 19. '*. Ascen^
dit in arborem sycomorum : Zachée monta
sur un sycomore pour voir Jésus, c. 8. 22.
c. li. 10. Ainsi, Exode 17. 10. Moyses autem
et Aaron et Hur ascenderunt super verticcm
collis : Moïse, Aaron et Hur montèrent sur
le haut de la colline, où, lorsque Moïse levait
les mains en haut, les Israélites étaient vic-
torieux, c. 19. 3. c. 20. 26. etc. A quoi se
rapporte cette signification suivante.
2^ Aller d'un lieu moins élevé dans un lieu
plus élevé, Gen. 35. 1. Surge et ascende Be-
thel : Allez promplement à Béthel et y dres-
sez un autel au Seigneur, dit Dieu àJacob.
Cette ville était située sur une montagne;
de même quand on parle d'aller en Jérusa-
lem qui était bâtie sur un lieu élevé, on se
sert de ce verbe, 1. Esdr. 1. 3. Ascendat in
Jérusalem : Que celui d'entre vous qui est
du peuple de Dieu monte en Jérusalem; c'est
Cyrus, inspiré de Dieu, qui ordonne aux
Juifs d'aller à Jérusalem rebâtir le temple.
Voyez V. 2. 5. Ainsi, .Matth. 20. 18. Ecceas-
cendimus Jerosolymam : Nous allons à Jéru-
salem, et le Fils de l'Homme sera livré, etc.
dit Jésus à ses disciples ; quelquefois asccn-
dere, sans rien ajouter, signifie aller à Jé-
rusalem. Act. 18. 22. Ascendit, ce qui est eu
usage dans l'Ecriture, à l'égard de toute la
Judée, parce qu'elle était plus élevée que les
pays circonvoisins. 2. Par. 21. 17. Ascende-
runt in terram Juda : Les Philistins et les
Arabes entrèrent en la terre de Juda, et em-
portèrent tout ce qu'ils trouvèrent dans le
palais de Joram. Ainsi, Ascendere in monlem
Sion : Monter sur la montagne de Sion, s'y
rendre, s'y trouver. Abd. v. 21. Ascendent
salvatores in monlem Sion : Ceux qui doivent
sauver le peuple, monteront sur la monta-
gne de Sion. Le prophète marque ici les pro-
grès que les Juifs devaient faire après leur
retour do Babylone, sous la conduite de Si-
mon Machabée et d'Hircan, son fils. Voyez
Salvator r. Voyez Mons. 3
3 Aller ou venir, sans avoir égard à la si-
tuation des lieux. Gen. i6. 29. Ascendit ob-
viam patri : Joseph vint au devant de son
père; ce fut à Gessen. v. 31. Ascendnm et
nunliabo Phnraoni : J(; m'en vas dire à Pha-
raon que mes frères et tous ceux de la mai-
sou de mon père sont venus me trouver.
Exod. 16. 13. Et ascendcns colurnix : 11 vint
un grand nombre de cailles qui couvrit tout
le camp des Israélites. Judic. 'i. 5. 2. Reg. 2.
12.3. Reg. 9. 2V. 4. Reg. 1. 3. Ainsi, Joèl 3.
12. Ascendant gcntes in vallem Josaphat ;
Que les peuples viennent se rendre à la val-
lée de Josaphat; dans ce passage de Joèl le
verbe nscendcre pcui signifier monter, parcç
387
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
588
que la Judée est p.us élevée que les autres
pays.
4." Sortir, se retirer do quelque lieu. Gen.
13. 1. Ascendit ergo Abraham de jEgypto :
Abraham sortit de lEgypte ; ce fut après que
Dieu eut frappé Pharaon à cau<e de la fem-
me d'Abraham, c. k\. v. 2. zT. Ose. 1. 11.
Filii Israël ascendent de (erra : Les enfants
d'Israël sortiront du pays du lieu de leur
capli\ité; ce qui s'entend fifïurément des
peuples qui devaient sortir de l'idolâtrie, qui
est une vraie servitude spirituelle, pour en-
trer dans l'Eglise, par allusion à la captivité
de Babylone.'l. Reg. 28. 13. Deos lidi ascen-
dentes de terra : J'ai vu un Dieu qui sortait
de la terre : c'était Samuel qui apparaissait
à la magicienne que Saiil consultait. Job. 7.
9. Qui descenderit ad inferos non ascendet :
Celui qui descend sous la terre n'en sortira
pas, n'en remontera pas : se. en cette vie
mortelle. 1. Esd. 7. G. Matth. 3. 16. Marc. 1.
10. Luc. 2. k. Act. 8. 32. Ad. 25. 1
5° Sortir ou se retirer d'avec quelqu'un.
Gènes. 17. 22. Ascendit Deus ab Abraham :
L'entretien de Weu avec Abraham étant
flni, Dieu se retira.
6° Sortir ou s'élever, soit de la terre : ce qui
se dit des herbes, des plantes. Isa. 55. 13. Pro
saliunca ascnidet abies: Le sapin s'élèvera au
lieu des herb -s les plus viles. Le prophète dé-
crit l'étal ht ureux dont rEjçlise devait jouir
par la conversion des genlils. Ose. 10. 8.
Lappa et tribulus ascendet super aras eorum ;
Il croîtra des ronces et des chardons sur
leurs .iulcls. Le prophète parle contre l'ido-
lâtrie des Juifs. Jonas i. 6. Marc. i. v. 7. 8.
32. Isa. 53. 2. Et ascendet sicut virgultum ;
Le Messie s'élèvera comme un arbrisseau.
Vovi z Radix. Ce (lui se dit aussi des sources
d'eau (lui sortent de la terre. Gen. 2. G. Fons
asccndrbat e terra • Il s'élevait de la terre
une foiitj'.ine qui en arrosait toute la sur-
face ; l'Ecriture parle ici du temps qui pré-
céda la création de l'homme ; soit que ce
verbe se dise d'antre lieu ou d'autre chose.
3. Reg. 18. V'i. Ecce nubecula pana qwtsi t?5-
tigium hominis ascendebat de mari : La sep-
lièmc fois il parut au serviteur dElie un pe-
tit nuage, comme le pied d'un homme qui
s'élevait de la mer. Ce fut le signe d'une
gramle pluie qu'Elie prédit à Achab, lors-
qu'il était sur le point daller à Jesraël. Isa.
3V. 3. Joe!. 2. 20, Et de cadaveribus eorum
oscrndet felur : Une puanteur horrible s'é-
lèvera des corps de ceux qui auront été tués :
Ces deux prophètes parlent des Assyriens ,
des liabyloniens, et des autres nations enne-
mies du peu!)le de Dieu ; mais celte prophétie
ne sera entièrement accomplie qu au dernier
jour du jugement, dont elle n'est que la fi-
gure. A quoi se rapporte, Ose. 13. 15. Ad-
ducet tircntem ventam Dontinus de deserlo
ascendentem : Le Seigneur fera venir un vent
brûlant qui s'élèvera du désert; ce vont
brûlant furent les Assyriens, par qui les Juifs
furiMii désolés. A cela se rapporte aussi,
Amos k. 10. Et ascendere feci pntrctfinein
cunlrorum vcslronim in iiara vcstras .J'ai lait
monter à vos narines la puanteur des corps
morts de votre armée, et vous n'êtes point
revenus à moi; Dieu fait souvenir son peuple
de toutes les afflictions qu'il lui avait en-
voyées pour le faire revenir vers lui, sans
qu'elles aient eu aucun effet.
7 Paraître, s'élever. Ps. 103. 8. Ascendnnt
montes et descendunt campi : Au temps du dé-
luge, lorsque les eaux se retirèrent, les mon-
tagnes parurent s'élever et les campagnes
s'abaisser.
8 Etre porté sur quelque chose, y être
monté comme sur un chariot ou à cheval :
— 1" Ce qui se dit des hommes. Judic. 5. 10.
Qui ascenditis super nitentes asinos : Parlez,
vous antres , qui montez sur des ânes d'une
force et d'une beauté singulière. Les per-
sonnes de la première qualité montaient alors
sur des rnulels et sur des ânes ; ces animaux
étaient grands et forts , et étaient considérés
comme les chevaux le sont parmi nous. Jer.
17. 25. Ascendentes in curribiis et in eqiiis :
Des rois et des princes montés sur des cha-
riots et sur des chevaux, c 12. k. A quoi se
rapporte cette signification figurée. Ascendere
eguos : Mettre sa confiance dans des chevaux.
Ps. 75. 7. Dormitaverunt qui ascenderunt
equos : Les Assyriens qui étaient montés sur
des chevaux, se sont endormis, savoir, du
sommeil de la mort, en celte nuit où l'ange
tua cent quatre-vingt-cinq mille hommes de
leur armée. — 2° Ce qui se dit figurémcni de
Dieu en plusieurs endroits. Ps. 67. k. Qui
ascendit super Occosum; Dieu est élevé sur le
Couchant, c'est-à-dire sur une nuée téné-
breuse, parce qu'il nous est invisible et qu'il
habite une lumière inaccessible. 1 Tim. k.
It). Voy. OccASUS. Ainsi, v. 3i. Qui ascendit
super cœlum cœli ad Orientent : Dieu est élevé
au-dessus de tous les cieux vers l'Orient.
Hebr. A principio : Dès le commencement.
'S'^oy. Oriens. Ainsi, Isa. 19. 7. Ecce Dominm
ascendet super nubem levem : Le Seigneur sera
élevé sur un nuage léger. Le Prophète repré-
sente Dieu comme un conquérant qui va
combattre les Egyptiens. Habac. 3. 8. Qui
ascendes super equos tuas : Vous qui montez
sur vos chevaux , Hebr. et sur vos chariots,
savoir, pour sauver votre peuple. Ps. 17. 13.
Et ascendit super Cherubim, et volavit ;vola~
vit super pennas venlorum : Le Seigneur est
monté et élevé sur les chérubins , et il s'en
est envolé; il a volé sur les ailes des vents.
Les prophètes représentent Dieu monté sur
les nuées et sur les chérubins, comme sur un
chariot. Voy. Cherubim.
9 Avancer du bord en pleine mer, partir.
Luc. 8. 22. Et ascenderunt ; Gr. «v/j;^9/3<rav,
provecti sunt.
10" S'en aller, s'évanouir, se dissiper. Isa.
5. 2V. Germen eorum ut pulvis ascendet : Les
rejetons des méchants seront réduits en pou-
dre. Voy. Germen.
Phrases tirées du verbe Ascendere dans le sens figuré.
Ascendere in montem Domini, c'était, se-
lon l'esprit de l'ancienne loi , aller à Jéru-
S83 ^SC
saiem adorer le vrai Dieu^dans son ^sainl
ASC
3(10
temple, et y offrir des sacrifices qui lui lus-
sent agréables ; Jerem. 31. 6. Voy. Joan. k.
90 Et selon l'esprit de la loi nouvelle, cesl
entrer dans le corps d- lEglise, poury servir
le vrai Dieu en esprit et en vérité. Voy. Joan.
k. V. 21. 23. Ainsi, Isa. 2. 3. Mich. i. 2. Fe-
nite et ascendamus ad montem Domini : AWôns,
montons à la montagne du Seigneur ; c'est
ce que disaient toutes les nations lorsqu'elles
sont entrées dans le corps de lEglise, après
la résnrreciion de Jésus-Chrisl. Ps. 23. 3.
A quoi se rapporte Jcrem. 31. 6. Clamabunt
custodes in monte Ephraim : Surgitect ascen-
damus in Sion ad Dominum Deum nostnim :
Les gardes crieront sur la montagne d'E-
phraïm: Levez-vous, montons en Sion, en la
maison du Seignenr notre Dieu ; ce qui mar-
quait que les chefs des dix tribus d'Isr.iël,
désignées souvent par Ephrnïm, les exhorte-
raient à sunir avec les deux autres tribus
dans le service ^u S -igneur, et à l'aller ado-
rer conjointement dans le temple de Jérusa-
lem. Voy. MoNS, V^oy. Ephraïm, n. -3° Au con-
traire.
AscENDEHE i\ Bethaven, montcr à Bétha-
ven, signifie aller adorer les idoles, parce que
celle ville est la même que Béthel, où Jéro-
boam fit placer l'un des deux veaux d'or.
Ose. k. 13. Ne ascendalis in Bethnven : Ne
moulez point à Béthaven, dit Dieu à la Iribu
de Juda.
A,'iCEXDERE !>■ COELUM , monter dans les
cieux, se dit :
r De l'orgueil et de l'insolence de clui
qui se fie dans sa force. Jerem. 51. 53. Si
ascenderit Babylon in cœlum , a me renient
vastatrices ejus : Qiiami Babylone serait mon-
tée jusqu'aux cieux..., je luienverrais néan-
moins des gens qui la renverseraient par
terre , dit le Seignenr; ce qui est opposé à
in infernum descendere , être réduit dans la
dernière faiblesse et dans la dernière humi-
liation. Voy. Exaltare, Voy. Malth. 11. 23.
Luc. 10. lo. A quoi se peut rapporter cet en-
droit de Jérémie, k(î. v. 7. 8. Quis est iste qui
■({uaH (lumen nscendit ? Qui est celui-ci qui s'é-
lève comme un fleuve et qui s'enfle comme les
flots des grandes rivières? Le Prophète parle
du roi Pharaon , et v. 8, des Egyptiens qui
s'élevc'iient avec insolence contre le peuple
de Di( u. Ainsi. Ps. 73. 2 J. Superbia eoriim qui
te odcritnl nscendit semper : L'orgueil de ceux
qui vous haïssent monte toujours.
2' Mouler au ciel se dit de celui qui pénè-
Ito les socrels du ciel , c'est-à-dire de Dieu.
Prov. .'{0. k. Quis ascendit in cœlum ntqtie
descendit? Qui est monté an ciel et qui en est
des(endu?savoir, pour parler de Dieu d'une ma-
nière digne de lui : c'est Jesus-Christ seul. Jo<in.
3. L3. IScmo ascendit in crrlum, nisiqui descen-
dit de cœlo , FiHus fiominis , qui cfl in cœlo :
Personne n'est monté au ciel que celui qui est
dosendu du ciel, savoir, h* Fils de l'hoinmc
({ui est dans le ciel : c'est Jésus-Christ qui est
venu dérouvrir les secrets aux hommes. Dcut.
30. 12. Kom. 10. 6.
ASGENDERE EXCELSA MO!STIUM OU ALTITUDI-
NEM MONTiUM, monter sur le haut des mon-
tagnes, c'est se rendre maître des villes situées
sur les monlagnes. iReg. 19. 23. Inmultitu-
dine curruum meorum uscendi exceha mon-
tium in sammitate Libani : J'ai monté sur le
haut des montagnes du Liban avec la multi-
tude de mes chariots; c'est ce que Dieu re-
proche cà Sennachérib d'avoir dit par orgueil
en menaçant de ruiner toutes les forces de la
ville de Jérusalem, figurée par le mont Liban.
Isa. 37. 2'i. Voy. Libanus.
ASCENDERE ET DESCENDERE , mOUlCr et
descendre, se dit du ministère des anges, (ant
à l'égard de Jésus-Christ : Joan. 1. oi.Vide-
bitis cœlum apertum et anqelos Dei ascendentes
et descendentes supra Filium liominis ; que
pour le salut des hommes; car les anges
descendent du ciel pour le leur i)rocurer, et
y montent pour présenter à Dieu leurs priè-
res et leurs vœux : ainsi les anges montaient
et descendaient le loiig de l'échelle que vit
Jacob , pour l'assurer de leurs secours dans
ses voyages. Gen. 28. 12.
AscENDERE suRSUM, moutcr en haut, se dit
de l'âme , pour marquer qu'elle ne meurt
point; opposé à descendere deorsum, qui se
dil de l'âme des bêtes, pour marquer quelle
meurt. Eccl. 3. 21. Quis novit si spiritus fUio-
rum Adam ascendat sursum, et si spiritus ju-
mentorum descendat deorsum? Qu'il y a peu
de gens qui connaissent si l'âme des enfants
des hommes monte en haut , c'est-à-dire va
se réunir à Dieu , Voy. ch. 12. 7. et si l'âme
des bêles descend en bas, c'est-à-dire meurt.
AsCENDERE IN LECTUM , mOUtcr SUT SOU lit,
aller se coucher. Ps. 131. 3. Si ascendero in
lectum strati mei . Si je monte sur le lit qui
est préparé pour me coucher, jusqu'à ce que
je trouve un lieu propre pour le Seigneur. Ici
le Prophète assure qu'il ne prendra aucun
repos qu'il n'ait préparé, pour l'arche de
l'alliance, qui n'était à couvert que dessous
des peaux, un lieu digne d'elle : ce fut le
temple que sou fils Salomon fit bâtir.
AscENDERE CLBiLE ALicuJUS, moutcr sur le
lit de quelqu'un , abuser de la femme d'un
autre. Gen. i9. k. Quia uscendisli cubile pa-
tris tui : Puissiez - vous ne point croître,
parce que vous avez n)onté sur ie lit de votre
père : c'est la malédiction que donne Jacob à
son fils aîné Ruben.
AscENDERE AD ALiQUEM , uionlcr vcrs quel-
qu'un, c'est : — 1 Aller trouver quehiu'un.
Gen. Y5. 9. Feslinale eX uscendile ad patrem
mcum: Hâtez-vous d'allez trouver mon père,
dit Joseph à ses frères, pour le faire venir en
Egypte.
2" Aller chez quelqu'un poury demeurer.
1 Ueg. t). ^\).'Ad quem asccndcl a nabis? Chez
li-quel d'entre nous [lourra dcuu'urer le Sei-
gneur, disaient les Beths..miteS. tout elTrayés
de la dé>olaliou qu'avait cui^ce ch z eux la
vue de l'arche du Segneur?
3 Porter secours à (juehju'un. Jos. 10. ï.
Ad me ascendilc : ^'encz me secourir, dil Ado-
nisédec h aux rois ses alliés, après la prise de
Haï par Josué. v. (i. Asccnde cito et libéra
nos . Venez au plutôt nous délivrer, dirent les
Gabdoniles à Josué.
391
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
40 Avoir recours à quelqu'un. Ose. 8. 9.
Ipsi ascenderunt ad Assur : Les Israélites ont
eu recours aux Assyriens. Dieu leur repro-
che d'avoir eu recours à des idolâtres ; à
quoi se rapporte ce passage de Job. 36. 20.
Ne protrahas noctem, ne ascendant popiili pro
eis : N'allongez point la nuit et le temps de
votre sommeil , afin que les peuples puissent
avoir recours à vous pour défendre leurs in-
térêts. Hebr. Ne vous fatiguez point durant
la nuit à songer comment vous pourrez ren-
verser les peuples ; ce sont les avis qu'Eliu
donne à Job, qui sont comme un reproche de
n'avoir pas eu autrefois assez de soin de
donner audience au peuple pour juger leurs
différends.
AscENDERE AD OU CONTRA , aller , marchcr
contre, signifie aller combattre, marcher
contre les ennemis. Judic. 1. l. Quis ascendet
anle nos contra Chananœum ? Qui marchera
devant nous pour combattre les Chananéens ?
v. 2. Judas ascendet : Juda dit : Le Seigneur
marchera devant vous. v. 4. Ascendilque Ju-
das : Juda marcha contre les ennemis. 1 Reg.
14. 12. Ascendite ad nos : Venez contre nous,
dirent les Philistins aux Hébreux pour les
défier au combat, v. 10. Exod. 15. 14. 2 Reg.
5. 19. 3 Reg. 12. 24. D'où viennent ces façons
de parler;
AscENDERE IN MERiDiE, IN NOCTE , marcher
contre l'ennemi à midi ou la nuit , ce qui
marque l'ardeur et le courage des soldats
pour combattre. Jerem. 6. 4. Ascendamus in
meridie : Allons attaquer la ville en plein
midi. V. 5. Ascendamus in nocte : Allons-y la
nuit même. C'est ce que les Chaldéens de-
vaient dire pour s'exciter à combattre Jéru-
salem. A quoi se rapporte celte signification
figurée:
AscENDERE EX ADVERSO, s'opposcr â quel-
qu'un, lui résister. Ezech. 13. 5. Non ascen-
distis ex crdverso : Vous n'avez point marché
contre l'ennemi et vous ne vous êtes point
opposés à lui. Dieu reproche aux faux pro-
phètes de ne s'être point opposés, pour le
peuple , par leurs prières , à l'arrêt de sa di-
vine justice, prononcé contre Jérusalem.
AscENDERE SUPER , monter au-dessus , si-
gnifie : — 1° Devenir plus puissant, l'empor-
ter au-dessus. Deut. 28. 43. Advenu qui tecum
versatur in terra ascendet super te : L'étranger
qui est avec vous dans votre pays, s'élèvera
au-dessus de vous en punition de vos crimes.
— 2" S'élever contre quelqu'un pour le per-
dre. Eccli. 10. 4. Si spiritus potestatem haben-
tis ascenderit super le, locum luum ne dimise-
ris : Si l'esprit qui a la puissance s'élève sur
vous, ne quittez point votre place. Le Sage
avertit de ne point perdre courage quand on
est attaqué par les calomnies ou par les vio-
lences des hommes. — 3° Venir fondre sur,
pour accabler. Jerem. 51. 42. Ascendit super
Babylonem mare : La mer est montée sur Ba-
bylone; ce qui s'entend d'une inondation
d'ennemis et de maux dont cette ville fut
accablée. Ps. 77. 21. Ignis accensus est in Ja-
cob, et ira nsccndit in Israël : Un fou s'alluma
c(mlrc Jacob, et la colère du Seigneur s'éleva
contre Israël, v. 31. Ira Dei Qscendil super
392
s'éleva contre les
eos : La colère de Dieu
Israélites; elle fut excitée par leurs murmu-
res et par leur ingratitude.
AscENDERE SUPER CAPUT, passcr dcssus ou
par-dessus la tête. Judic. 16. 17. Fcrrum
numquam ascendit super caput meum : Le ra-
soir n'a jamais passé sur ma tête; c'était la
loi des Nazaréens. Voy. Num. 6. 5. du nom-
bre desquels était Samson , qui découvre ce
secret à Dalila. 1 Reg. 1. 11. Voy. Novacula.
Ainsi,
AscENDERE SUPER LABIUM LINGUJE , paSSCr
sur les lèvres des hommes , c'est servir de
fable et de raillerie. Ezech. 36. 3. Ascendistis
super labium linguœ : Vous êtes devenus la
fable et l'objet des railleries de tout le peu-
ple, dit Dieu aux montagnes d'Israël , après
la désolation de tout le pays.
AsCENDERE AD AUREs. Monter aux oreil-
les, c'est-à-dire, être entendu ; ce qui se dit
figurément à l'égard de Dieu. 4. Reg. 19. 28.
Insajiisti in me, et superbia tua ascendit in
aures meas : Vous m'avez attaqué par votre
insolence, et le bruit de votre orgueil est
monté jusqu'à mon oreille. Dieu reproche à
Jérusalem qu'elle blasphémait à haute voix.
V. V. 22. A quoi se rapporte Exod. 2. 23.
Ascenditque clamor eorum ad Deum ab operi^
bus : Les cris que l'excès des travaux faisait
pousser aux Israélites, s'élevèrent jusqu'à
Dieu.
AscENDERE IN MEMORiAM. Monter dans la
mémoire : c'est réveiller le souvenir ou l'at-
tenliori. Act. 10. 4. Eleemosynœ tuœ ascen-
derunt in memoriam in conspectu Dei : Vos
aumônes sont montées dans le souvenir de
Dieu ; Dieu s'en est souvenu, répondit l'ange
à Corneille.
AscENDERE SUPER COR OU IN COR. Montcr
au cœur, signifie, dans l'Ecriture, 1° se sou-
venir de quelque chose, y penser. Isa. 65.
17. Et non erunt in memoria priera, et non
ascendent super cor : Tout ce qui a été aupa-
ravant s'effacera de la mémoire, et on ne
s'en souviendra plus. Ainsi, Jerem. 3. 16.
Neque ascendet super cor : On ne se souvien-
dra plus de l'arche de l'alliance. Ces deux
prophètes parlent ici de la substitution de
l'Eglise à l'ancienne loi, dans laquelle, au
lieu de l'arche , l'Eglise , et même chaque
fidèle, est devenu le trône et le temple vivant
de Dieu.
2° Penser à quelque chose avec affection.
Jer. 51. 50. Recordamini procul Domini, et Jé-
rusalem ascendat super cor veslrum : Quoique
vous soyez éloignés de Jérusalem, souvenez-
vous du Seigneur, et que Jérus;Uem soit l'ob-
jet de votre cœur et de vos pensées. Le pro-
phète parle du temps de la captivité de Ba-
bylone.
3" Venir dans l'esprit, l'agiter diverse-
ment, le troubler. Luc. 24. 38. Quid turbali
estis , et cogitationes ascendunt in corda
vestra? Pourquoi vous troublez-vous , et
pourquoi s'élève-t-il tant de pensées dans
vos cœurs, dit Jésus-Christ aux apôtres as-
semblés? au moment que les deux disci-
ples leur venaieiU de raconter ce qui leur
?îl>5 ASC
était arrivé dans le chemin en allant à Em-
maùs.
k° Venir dans l'esprit, être compris. 1.
Cor. 2. 9. Nec in cor hominis ascendit quœ
prœparavit Dens Us qui diligunt illum : Le
cœur de rhonime n'a jamais conçu ni com-
pris ce que Dieu a préparé pour ceux qui
J'aiment.
.5* Se souvenir de quelque chose , en être
touché, l'avoir agréable. Jerem. hk. 2{.Num-
quid non sacrificium ascendit super cor ejus?
Le Soigneur n'a-t-ii pas été touché, et n'a-t-il
pus eu pour t'!gréable les sacrifices que vous
avez olîerts dans les villes de Juda?
6" Venir dnns lesprit de faire, se porter à
faire quelque chose. Acl. 7. 23. Ascendit in
cor ejus ut visitaret fratres suos Israël : Il
vinl à Moïse dans l'esprit d'aller visiter ses
frères, les enfants disrael : ce fut pendant
leur captivité d'Egypte.
7° Venir dans l'esprit , dans la pensée ,
former dessein de faire quelque chose. Ezech.
38. 10. Ascendent sermones super cor tuum:
Vous formerez des desseins dans voire cœur,
Dieu parle aux ennemis de son peuple , qui,
après avoir établi les Israélites dans leur
pays , prendraient le dessein de les troubler
dans leur tranquillité; ce qui se dit aussi
figurément de Dieu. Jerem. 19. o. Quœ non
prœcepi, nec locutus sum, nec ascenderunt
in cor me lun : Je n'a\ point ordonné, ni n'ai
point parlé aux Israélites de bâlir un temple
à Baal, pour brûler leurs enfants dans le feu,
et c'est ce qui ne m'est jamais venu dans
l'esprit. C'est Dieu même qui parle aux Is-
raélites : celle phrase vient de ce que le cœur
est considéré comme la source des pensées et
de tous les mouvements intérieurs. V. Malth.
15.8.
ASCENSIO , «vàg«(7£ç. Ce nom est dérivé
du verbe ascendere , et signifie proprement
l'action par laquelle on monte : dans lE-
crilure,
1" Montée, colline {npôtr^aaiç) . Jos. 15. 7.
Galqaia quœ est ex adverso ascensionis Adom-
mim : Galgala est vis-à-vis de la montée d'A-
dommim. 1. Par. 2G. iG. Juxta portam quœ
ducit ad viam ascensionis : Séphim et Hosa
furent placés à l'occident, près df la porte
qui conduit au chemin par où l'on monte,
ou de la ville au temple , ou du temple à la
citadelle de Sion. • L'Hébreu l'appelle Porta
projectionis , c'est-à-dire, par où l'on jetait
louies les ordures.
2" Degré par où on monte. Amos 9. G.
Qui œdijicat in cœlo ascensionem swnn : Dieu
s'est bâli des degrés pour monter dans le
ciel ; soit qu'on entende les nuées, V. Ps.
103. 3, soit les sphères des cieux , que l'Ecri-
ture dit figurément servir à Dieu comme
d'échelle. Yoy. Deul. 33. 20.
3° Voyage, rclour. Ps. 83. G. Beatusvir
cujus est auxilium ahste, ascensiones in corde
siio disposuit : Heuieux est l'homme qui ;it-
lend de vous son secours, et qui a résolu en
son cœur d'aller et de selever jusqu'au lieu
que le Seigneur a établi , c'est-à-dire, qui a
résolu de revenir pour vous adorer dans
votre sauctuaire. Ose., 2. l.i. Et canrt ibi
DiCTIOMN. I>E PHILOL. SACRKE. 1.
ASC
■M
juxta dies juventutis suœ^ et juxta dies a«-l
censionis suœ de terra ^gijpti : La Synago-'
gue chantera là des cantiques comme aux
jours de sa jeunesse, et comme au temps
qu'elle sortit de l'Egyple. Dieu promet toutes
sortes de biens à la Synagogue, après qu'elle
aura renoncé à l'idoFâtrie ; et elle chantera
des cantiques d'actions do grâces comme,
lorsqu'au sortir de l'Egypte, elle vit Pharaon
submergé dans les eaux.
ASCENSOR, «vaÇ«T/3,', Ce nom est dérivé
du verbe ascendere, et signifie proprement ,
qui monte. Dans l'Ecriture ,
Cavalier monté sur un cheval, un âne ou
un chariot. Exod. 15. v. 1. 21. Equum et
ascensorem dejecit in mare : Le Seigneur a
précipité dans la mer le cheval et le cava-
lier : c'est ici le sujet du cantique de Moïse.
Isa. 21. 7. Vidit currum duorum equitum
ascensorem asini, et ascensorem cameli : La
sentinelle vit un chariot conduit par deux
hommes montés, l'un sur un âne, et l'autre
sur un chameau. Ces chariots et ces cava-
liers marquaient les armées dos Perses et
des Mèdes qui venaient ruiner Babylone.
Exod. i9. 17. ï. Reg. 18. 23. Delà vient cette
phrase qui se dit de Dieu : Ascensor cœli :
Qui est porté sur les cieux. Deut. 33. 26.
Ascensor cœli, auxiliator tuus, Heb. qui in-
sidet, ou inequilat cœlis : Oui est monté sur
les cieux , ou sur les nuées ; ce qui est une
expression figurée, tirée de la vitesse des
nuées, pour marquer que Dieu vient promp-
tement au secours des siens.
ASCENSUSjUs, «vâÇao-t?. Ce nom est dé-
rivé du verbe ascendere, et signifie propre-
ment l'cicliou de monter, ou une montée, un
lieu qui va en montant.
1° L'action de monter. Eccli. 50. 12. In
ascensu altaris sancti : (Simon , fils d'Onias ,
grand pontife) en montant au saint autel,
a honoré ses vêtements saints. Voy. Gloru.
2° Colline, chemin qui va en montant.
Num. 3i. k. etc. Circuibxint australem pla-
gam per ascensum scorpionis : Les confins
de la terre de Chanaan, du côté du midi, se-
ront le long de la montée du s< orpion. Dieu
marque ici les bornes dç la terre promise.
Voy. ScoRPio. Jerem. i8. o. Per ascensum
Luith ptorans ascendet : Moab montera tout
éploréc par la colline de Luilh. C'est de la
ville et du pays des Moabites, dont les habi-
tants, forcés par les cnnerais, s'enfuiront
tout éplorés par la colline qui conduit à la
ville de Luith, étant un lieu plus en sûreté
et moins accessible. Eccli. 2.'i. 27. A quoi sa
peut rapporter , Jon. i. 1. Et paravil Deus
vermem ascensu diluculi : Le lendemain, dès
le point du jour, le Seigneur envoya un ver
qui, ayant piqué la racine du lierre, le reiulil
tout sec.
Ce qui se dit figurément de Dieu {iTziÇamçj.
Ps. 103. .3. Qui ponis nubcm asccnsuni tuum:
Dieu se sert dune nuée pour mouler, Hebr.
comme d'un chariot. Voy. Nubes. Ezec. VO.
V. 22. 3V. .37. Cant. 3. 10. Frcil sibirex Sulo-
mon ascensum purpureum : Saloumn fil fair:
des degrés couverts de pourpre ; d'autre*
expliquent couverture, ou cjcl de lit.
13
595
DICTIONNAIRE DE PlllLOLCGlE SACREE.
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ASCENES, Heb. Jgnis quasi distillans. —
1° Fils de Gomer, pelil-flls de Japheth. Gen.
10. 3. 1. Par. 1. 6. — 2° Peuples du Seplen-
Irlon, que l'on croit être desrendus d'Asce-
nès , qui se trouvèrent dans l'armée de Da-
rius contreBabylone. Jerem.ol. 27.
ASCIA, £. Ce mot vient du grec à;tvx pour
K^îvv;, changeant ? en es, et signifie pro-
prement doloirc, instrument de tonnelier,
dont l'usage est pour unir et aplanir le
bois. Dans l'Ecriture, — Une hache, une
cognée {Ix^jvHpio-j). Ps. 73. 6. In securi et
ascia dejecerunt eam : Vos ennemis ont ren-
versé Jérusalem avec la cognée et la hache.
David , pour toucher le cœur de Dieu, lui
représente les impiétés d'Antiochus. Jerem.
10. 3.
ASCOPERA, M, al. Ascopa. Ce nom vient
du grec v.rr/.oç, et de rr-oça, et signifie propre-
ment sac de cuir : dans l'Ecriture , — Un
Vc~isscau de cuir à mettre des liqueurs, un
outre de vin (à^xo-jrwr;). Judith. 10. o.lmpo-
suit itaque abrœ suœ ascoperam vini : Judith
mil sur les épaules de sa servante un vais-
seau plein de vin.
ASCRIBERE, ajouter quelque chose à quel-
que écrit, ajouter en écrivant, recevoir ou
mettre au nombre, attribuer, imputer quel-
que chose à quelqu'un : dans lEcriture, —
1° Attribuer (y.y./Erv). 2. Reg. 12. 28. Obside
civitatem, et cape cam, ne nomini meo ascri-
hatur Victoria : Venez au siège de la ville,
et la prenez, de peur qu'on ne m'attribue
l'honneur de celte victoire. C'est ce que Joab
mande à David, étant sur le point de prendre
la ville de Rabbath. Eccli. 29. 22. Bonn re-
promissoris sibi ascribitpeccator : Le pécheur
usurpe le bien de son répondant , en le lais-
sant payer pour lui ; Gr. il ruine le bien que
lui a fait son répondant par son ingratitude
{ù-jKGzpéftrj^ evertere . 2" Mettre au nombre ou
au rang des autres, enrôler (770 07,0 kjeiv). 1.
Mach. 10. 36. Ascribanlur ex Judœis in exer-
cilu régis ad triginta millia firoj'Mm : J'or-
donne qu'on fera entrer dans les troupes du
roi jusqu'à trente mille Juifs; ce que Démé-
trius écrit ici aux Juifs était sans prétendre
forcer aucun à prendre parti , mais seule-
ment pour leur témoigner par là la confiance
qu'il avait en eux.
ASEBAIM, Heb, Pulchrititdines, Un Israé-
lite, dont les descendants revinrent de Ba-
byione. 1. Esdr. 2. 57. D'autres prennent ce
mol pour un lieu inconnu.
ASEDOTH , Heb. Declivia , contrée de la
tribu deRuben, près du mont Phasga. Jos.
10. iO. Asedoth cum regibus suis : Josué sub-
jugua le pays d'Asedolh avec ses rois. c. 12.
8. et se nomme Asedoth-Phasga. Jos. 12. 3.
Ab Auslrad parte quœ subjacet Asedoth-Phas-
ga : Depuis le côté du midi qui est au dessous
d'Ascdoth-Phasga.c. 13.20. D'autres croient
que ce nom , Asedoth , est appellatif et
signifie le pays qui est au pied du mont
Phasga.
ASEL, Heb. Prope. Fils d'Elasa, l'un des
des'cndants de Saiil par Jonathan. 1. Par. 8.
Y. 37.38 c. 9. v.W.U.
ASELLUS, I. Ce nom est le diminutif d'a-
siniis, et signifie,
Anon, petit âne. Num. 16. lo. Tu scis quod
ne asellum quidem umquam acceperim ab eis :
Seigneur, vous savez que je n'ai jamais rien
reçu d'aucun d'eux , non pas même un
ânon, dit Moïse des Israélites. Joan. 12. 14.
ASEM, Heb. Os, assis, ville frontière de la
tribu de Juda et de Siméon. Jos. 9. 3. Voy.
EsEM et AsoM.
ASEMONA, Heb. Os nunc, ville de la tribu
de JuHa. Jos. 15. "t^. Num. 34. v. i. 5. On croit
que c'est la même que Hassemon , Jos. 15.
27. qui sépare la tribu de Juda de l'Egypte.
ASENA, Heb. Periculum. — 1" Ville de la
tribu de Juda. Jos. 15. v. 1.33. — 2° Un Nalhi-
néen. 1. Esdr. 2. 50.
AgENAPHAR, Heb. Periculum tauri. Fils
et successeur de Sennachérib, roi d'Assyrie.
1. Esdr. 4. 10. Cœteri de gentibus quas trans-
tulit Asenaphar magnus et gloriosus, et habi-
tare fecit in civitalibus Samariœ : Les autres
d'entre les peuples que le grand et le glorieux
Asenaphar a transférés d'Assyrie , et qu'il a
fait demeurer en paix dans les villes de Sa-
marie. Dans ce sentiment il est le même
qu'Asarhaddon. D'autres croient qu'Asena-
phar n'était qu'un des principaux offlciers
d'Asarhaddon , qui fut chargé de cette com-
mission ; d'autres enfin croient qu'Asenaphar
était Sennachérib.
ASENETH, Heb. Periculum. fllle de Pati-
phar, prêtre d Héliopolis et femme de Jo-
seph, de laquelle il eut Ephraïm et Manassé.
Gen. 41. V. 45. 50. c. 46. 20.
ASER, Heb. Bmtitudo,—\' Le huitième fils
de Jacob et de Zelpha. Gen. 30. 13. Beatam
quippe me dicent mulieres, propterea appella-
vit eum, Aser : Les femmes m'appelleront
bienheureuse ; c'est pourquoi elle le nomma
Aser. C'est ce que dit Lia à la naissance du
second enfant que Zelpha, sa servante, eut
de Jacob. — 2" La postérité d'Aser, l'une des
douze tribus d'Israël. Deut. 33. 24. Benedic-
tus in filiis Aser : Qu'Aser soit béni entre
tous les enfants d'Israël, etc. C'est la béné-
diction que Moïse donne avant sa mort à
Aser, comme aux autres tribus. Judic. 1. 31.
Ainsi, c. 5. 17. Aser habit abat in littore maris,
et in porlubus morabatur : La tribu d'Aser
demeurait sur le rivage de la mer, et se te-
nait dans ses ports. — 3-' La terre et l'héri-
tage de la postérité d'Aser en la terre pro-
mise, appelée aussi la Tribu d'Aser. Nous
avons une description particulière des limites
de cette tribu. Jos. 19. depuis le v. 24 jus-
qu'au 31.
ASER , Heb. Vinctus , fils de Coré , des
descendants de Lévi. 1. Par. 6. 22. Exod.
6. 24.
ASERGADDA, Heb. Atrium felicitalis ejus,
ville de la tribu de Juda. Jos. 15. 27.
ASHUR, Heb. Obscuratus, fils de Caleb el
d'Abia, père de Thecua. 1. Par. 2. 24.
ASIA, JE-, Gr. 'A(7i«, Limosa. Ce mot signi-
fie proprement l'Asie, l'une des quatre par-
ties du monde. Dans l'Ecriture, ce mot a
trois significations différentes; car il sert à
597
A SI
ÂSI
>9S
e-cprimer l'Asie Majeure, l'Asie Mineure, et
l'Asie qui est une partie de celte dernière.
i" L'Asie Majeure , qui comprend l'Asie
Mineure, la Syrie, l'Assyrie, la Médie, la
iVrse, etc. 1. Mach. 8. 6. [Audivit Judas no-
mm Romanorum), et Antiochum magnum re-
gem Asiœ qui eis pugnam intulerat contritum
ab eis : (Le nom des Romains fut connu de
Judaj, el il apprit qu'Antiochus le Grand, roi
d'Asie, les ayant attaqués avec une puissante
armée, ils l'avaient défait entièrement. La
réputation des Romains porta Juda à faire
alliance avec eux. c. 11. 13. c. 12. 39. Ainsi,
c. 13. 32. Imposuit sibi diadema Asiœ : Try-
phon mil sur sa tête le diadème de l'Asie. 2.
Mach. 3. 3. Seleucus Asiœ rex : Séleucus, roi
de l'Asie.
La Grande Asie se peut diviser en deux
parties : seplenUionale et méridionale. La
partie SHpientrionale de la Grande Asie était
bornée à l'occident par le Tanaïs; au midi,
par le Pont-Euxin, le mont Caucase et la
mer Caspienne; mais les bornes du côté de
l'orient et du septentrion n'étaient point
connues. Celle grande étendue de pays s'ap-
pelait Scythie, en général.
La partie méridionale de la Grande Asie
avait au septentrion la Scythie , dont elle
était séparée par le Pont-Euxin, le mont
Caucase el la mer Caspienne; elle était bor-
née à l'occident par le Pont-Euxin , l'Asie
Mineure, la Méditerranée et une partie de
l'Egypte ; au midi elle avait le golfe Arabi-
que, l'Océan, et le golfe Persique et la mer
Rouge; on ne connaissait point ses bornes à
l'orient.
2° L'Asie Mineure, qui comprend le Pont,
la Galalie, la Cappadoce, l'Ionie, la Bithy-
nie, etc. Act. 19. v. 26. 27. Quam tota Asia et
orbis colit ; 11 y a à craindre que la majesté
de Diane, qui est adorée dans touic l'Asie, et
même dans tout l'univers, ne s'anéantisse
peu à peu. L'oriévre Démétrius craigiiail
beaucoup pour son métier, de la part de
saint Paul, v. 31. Quidam de Asiœ principi-
bus (sive asiarchis) qui erant amici ejus mi-
serunt ad eum ne se daret in theatrum : quel-
ques-uns des asiarques qui étaient des amis
de sainl Paul, l'envoyèrent prier de ne se
point présenter au théâtre ; ils voyaient tout
le peuple inilé pour la défense de la reli-
gion de leur Diane. Les asiarques étaient des
prêtres du paganisme, choisis dos principales
villes de l'Asie, dont la seule fonction était
de faire représenter à leurs dépens des jeux
en l'honneur des dieux. Après que les em-
pereurs eurent embrassé la foi de Jésus-
Christ, ils leur laissèrent ce titre sans fonc-
tion. Quelques-uns de ceux qui sont mar-
qués comme amis de sainl Paul, Act. 19. 31,
avaient reçu l'Evangile, à ce qu'on croit, c.
27. 2. Incipicnles navigare circa Asiœ loca :
nous levâmes l'ancre pour côtoyer les terres
d'Asie. Sainl Paul part pour l'Italie. Cette
Asie est au>,si appelée Analolie.
L'Asie xM incure, selon l'étendue qu'cllea eue
dans le moyen-âge, était bornée au septen-
trion par le Pont-Euxin; à l'occident, -par la
Proponlide cl la mer Egée; au midi, oar la
Méditerranée ou mer de Cypre; et à l'orient,
par l'Euphrate.
3° La province d'Asie que l'on appelle îo-
nie, dont Ephèse était la capitale. Act. 2. 9.
Qui habitant Cappadociam, Pontum et Asiam :
Comment les entendons-nous parler chacun
la langue de notre pays, ceux d'entre nous
qui habitent la Mésopotamie, la Judée, la
Cappadoce, le Pont et l'Asie? disaient ceux,
des Juifs de toutes les nations qui demeu-
raient à Jérusalem, entendant ainsi prêcher
les apôtres (Voy. v. 3). c. 6. 9. c. 19. v. 10
22. c. 20. 16 c •>}. 27. c 2'!. 19. Ainsi Rom.
16. 5. PrimiHvus Asiœ; Gr. ^ Xyy.lr^ç : Saluez
mon cher Epenète, qui a été les prémices
des chrétiens de l'Asie. 1. Cor. 16. 19. 2. Cor
1.8. 2. Tim. 1. 15. 1. Petr. 1. i.
ASIANUS, A, UM, LimosHs, qui est de l'A-
sie. Dans l'Écriture, — 1° Qui est ou appar-
tient à l'Asie Majeure. 2. Mach. 10. 2i. Ti~.
motlieus congregato equitatu Asiano, advenif ^
quasi armis Judœam capturus : Timothée,
ayant assemblé de la cavalerie d'Asie, vint
en Judée, s'imaginant s'en rendre maître par
les armes.— 2° Qui est de la province d'Asie,
partie de l'Asie Mineure. Act. 20. i. Comi-
talus est eumSopaler... Asiani vero Tychicus
et Trophimus : Saint Paul fut accompagné
par Sopatre et par Tychique et Trophime,
qui étaient tous deux d'Asie.
ASIEL, Heb. Factura Dei, père de Saraïa,
qui devint un des chefs de maison de la tribu
de Siméon. 1. Par. 4. 35. Voy. v. 38.
ASIMA, Heb. Delictum, le dieu que ceux
d'Emath se fabriquèrent. ï. Reg. 17. 3U. On
croit que c'était un bouc ou l'image d'un
bouc.
ASINUS, 1, ovo?. Ce nom vient de l'a priva-
tif et du nom grec «jtvoç, noxa, comme qui
dirait innoxius, sans malice.
1° Ane, bêle de charge et de somme, dont
se servent d'ordinaire parmi nous les pau-
vres gens, et pour la monture et pour la
somme; mais cet animal n'a pas été méprisé
dans la première antiquité, comme il l'a été
dans la suite des temps. Les anciens Egyp-
tiens le prenaient pour le symbole de la sa-
gesse, de la force, de la patience cl de la
frugalité. Homère compare à l'âne ses plus
grands capitaines. Ainsi il était en eslimc
chez les Hébreux. Voy. 2. Reg. 16. 2. Ces
animaux étaient grands et forts dans la Pa-
lestine, et étaient considérés comme les che-
vaux le sont parmi nous : aussi Origène dit,
lib. 1. in Job. Asiiii vcloces simiiitcr ut equi :
Les ânes sont vifs comme les chevaux.
Quand Jacob, en mourant, prédit à ses en-
fants cl à leur postérité ce qui leur doit arri-
ver; pour marquer à Issachar et à sa posté-
rité sa force el son courage à supporter les
fatigues et les travaux de l'agriculture, il ne
croit pas leur faire déshonneur de les compa-
rer à un âne. Gen. V9. l'i. Issachar, usinus
fortis : Issachar, fort comme uu âne dur au
travail.
Ce n'était donc pas une marque de pau-
vreté d'ôlrc monté sur un âne : c'était, au
contraire, la monture des premiers el des
grands seigneurs, el la maroue de leur
599
DICTlONNAini: I>E PHILOLOGIh: SACHER.
400
«randeur et de leur dignité. Judic. 5. 10. Qui
ascenditis super nitentes asinos, et sedetis in
judicio : Vous qui montez des ânes polis.
Voy. AscEXDERE. Voy. c. 10. v. 3. i. Jair ju-
dicovit hraelem per viginli duos nnnos, ha-
bens triginia filios sedenlps super triginfa
pullos asinarum : Jaïr de Galaad fut juge
dans Israël pendant vingt-deux, ans; il avait
trente fils qui montaient sur trente poulains
d'ânesses, et qui étaient princes de trente
villes, c. 12. IV. Abdon liibuil quadraginta
filios, et triginia ex eis nepotes, ascendentes
super septuajinta pullos osinarum : Abdon,
juge d'Israël, eut quarante^ils et trente pe-
lils-fils qui sortirent d'eux, (]ui montaient
tous sur soixante et dix poulains d'ânesses.
Mais depuis que les chevaux devinrent
communs par le commerce des Egyptiens, on
ne fît pas tant de cas des ânes. Ce commerce
était fréquent du temps (!c Salomon,qui avait
dans ses écuries jusqu'à quarante mille che-
vaux. 2. Par. 9. 25. Habuit quoque Salomon
quadraginta inillia equorum in stabulis. Ainsi,
du temps de Noire-Seigneur, que les ânes
n'étaient plus considérés, ce fui une marque
d'humilité de faire son entrée dans Jérusalem
sur un âne. Voy. AsiNi.
2' Ane, toute bête de charge immonde, qui
n'était pas propre aux. sacrifices. Exod. 13.
13. Primogenitum asini mulabis ove : Vous
changerez pour une brebis le premier-né de
l'âne. Dieu donne ici sa loi sur le rachat des
premiers-nés.
ASINA, £, h ovo;, âncssc. Matth. 21. o.
Ecce Rex tuus venit tibi mansuetus, sedens
super asinam et pullum filiuin subjugalis :
Voici votre roi qui vient à vous, plein de
douceur, monté sur une ânesse et sur l'ânon
de celle qui est sous le joug. L'évangéliste
assure que l'entrée de Jésus-Christ dans
Jérusalem est l'accomplissement de la pro-
phétie de Zacharie. c. 9. 9. Matth. 21. 7.
£t udduxerunt asinam et pullum, et impo-
suerunt super eos vestimenta sua , et eum
desuper sedere fecerunt : Les di.-Jciples ayant
amené l'ânesse et lânon, ils les couvri-
rent de leurs vêlements et le firent monter
de.«sus. Ce dernier passage , joint à celui
de Zacharie, donne communément lieu de
juger que Notrc-Seigneur a monté alternati-
vement sur l'ânesse et sur l'ânon ; mais
comme les trois autres évangéli^tes ne font
mention que de l'ânon, il est plus vraisem-
blable que saint Matihieu n'a dit de Notre-
Seigncur : Sedetis super asinam et pullum,
que par synecdoche; de même qu'an verset 3.
Dominus Itis opus habct, l'un des deux ani-
maux lui ayant pu suffire pour faire le peu
«le chemin qu'il y avait depuis le lieu d'où
Jésus-Christ commençait son entrée en Jéru-
salem, et que le prophète Zacharie et saint
Matthieu ne font mention de l'ânesse que
parce qu'elle accompagnait le pouliin sur
lequel Notre-Seigneur était m ntc.
AS1NARIUS,A, UM, i-jt/.ôç, ailier, qui con-
duit un âne, qui a soin des ânes ; dans l'Ecri-
ture, qui appartient à l'âne. Matth. 18. G.
Expedit ei ut mola asinaria suspendatur in
colla ejus : Si quelqu'un est un sujet de scan-
dale et de chule à un de ces petits qui croient
en Jésus-Christ, i! vaudrait mieux pour lui
qu'on lui pendît au cou une de ces meules
qu'un âne tourne. Marc. 9. il. Cette meule
était ainsi appelée, parce qu'on se servait
d Anes pour la tourner; ou, dans le senti-
ment de quelques-uns, c'est dans un moulin
la meule d'en bas, que les Grecs appellent
ô'voî, asinus, parce qu elle porte tout le faix.
C'était un supplice particulier à la Palestine,
d'attacher une meule de moulin au cou des
plus criminels, pour les jeter dans la mer.
ASION-GABER, Heb. Lignwn robusti, ville
proche de la mer Rouge, au pays de l'îdu-
mée, où Salomon envoya une flotte pour al-
ler à Ophir, d'où ils apportèrent i20 talents
d'or. 3. Reg. 9. 26. Voy". v. 28. et 2. Par. 8.
17. Ce fut un des campements des Israélites.
Num. .33. 35. Deut. 2. 8.
ASIR. Heb. Vinctus. — i" Fils de Jéchonias
et frère de Salathiel. 1. Par. 6. 17. — 2° Fils
de Coré. 1. Par. 6. 22. — 3^ Fils-d'Abiasaph.
1. Par. 6. V. 23. .37.
ASLIA, Heb. Juxta Deum, père d'un secré-
taire du temple nommé Saphan. \. Reg. 22. 3.
ASMOD-EUS, Heb. Destructor, nom d'un
démon fameux chez les Juifs, que l'on croit
être le démon de l'impureté, qui tua les sept
premiers maris de Sara , fille de Raguel.
Tob. 3. 8. Dœmoniwn nomine Asmodœus occi-
derat eos.
ASNAU, Heb. Rubus, chef de famille dont
les enfants revinrent de Babylone, et qui bâ-
tirent la porte des Poissons. 2. Esdr. 3. 3,
qui est le même que Senaa. 1. Esdr. 2. 35. et
2. Esdr. 7. 38.
ASOM. Voy. AsEM et Esem. Heb. Jejunans.
— 1° Ville de la tribu appelée Esem, Jos. 15.
29, et attribuée à ceux de Siméon, Jos. 19, 3,
sous le nom d'Asem, et appelée Asom. 1.
Par. i. 29. — 2^ Le sixième fils d'isaï, et frère
de David. 1. Par. 2. 15. — 3° Fils de Jeraméel
et petit-fils d'Esron. l. Par. 2. 25.
ASOR, Heb. Atrium. — 1" Ville très-forte,
capitale du royaume de Jabin, roi des Clia-
nanéens. Jos. 11. v. 1. 10. Elle fut seule, en-
tre toutes les autres des Chananéens , brûlée
par Josué. Jos. 11. v. 11. 13. E!io échut, après
la conquête de Josué, dans la tribu de Neph-
thali. Voy. Jos. 10. v. 31). 32, Elle est appelée
Hesron. Jos. 15. 25. On croit qu'elle est la
même que Heser, rebâtie par Salomon. 3.
Reg. 9. 15. Ainsi c. 19. 36. Judic. i. 2. 1.
Reg. 12. 9. i Reg. 15. 29. — 2° Ville de la
tribu de Juda, Jos. 15. 23, appelée Asor la
Nouvelle, v. 25. — 3° Ville de la tribu de
Benjamin. 2. Esdr. 11. .33. Voy. v. 31. On
croit que c'est la même que Baai-Hasor, qui
est près de la tribu d'Ephraïm. 2. Rt^g. 13.
23. Voy. AsA. — V Pays étendu, dans l'Ara-
bie Déserte, près des Cédaréniens, dont la
ruine est prédite, Jerem. W. v. 28. 33. Et
erit Asor in habitaculum draconum : xVsor
deviendra la demeure des dragons. Ce pays
a pris son nom de la ville capitale des Aga-
réniens.
ASORHADDAN, Heb. Ligans lœtitiam, roi
d'Assyrie, 1. Esdr. i. 2, est, selon quclques-
\ins, le même que Asarhaddon, Voy. Asm-
40J A^l
haddon; ef, selon d'antres, «n de ses géné-
raux ou officiers fort considéré.
ASOTH, Heb. Factura, le troisième fils de
Jephlat, et pelit-Gls d'Heber. 1. Par. 7. 33
ASPECTUS, us. Ce nom est dérivé A'asjn-
cere, el signifie proprement la vue, la faculté
de voir, regard, ou l'aclion de regarder;
dans l'Ecrilure,
i" Visage, face, forme (i^5«).joio-). 1. Reg.
16. 12. c. 17. i2. Erat rufus et pulcher aspec-
tti : David, étant petit, était roux, d'une
mine avantageuse, et il avait le visage fort
beau. Voy. v. 11.
2" Figure, forme extérieure d'une chose.
Gen. 3. 6. Et pulchrum oculis, aspectuque de-
lectabile : Eve considéra que le fruit de cet
arbre était beau et agréable à la vue [ôcjccn;,
Visio). C'est le fruit de l'arbre dont Dieu
avait défendu à Adam et à Eve de manger.
Voy. V. 3. Apoc. i. 3. Similis erat aspecliii
lapidis aspidis et sardinis : Celui qui était
assis sur ce trône paraissait semblable à une
pierre de jaspe et de sardoine; Gr. aspectu.
Ezech. 41. 21. Aspectus contra aspectum : La
face du sanctuaire répondait à celle du tem-
ple, étant en regard l'une devant l'autre;
Gr. Aspectus sicut aspectus : La figure des
uns était semblable à celle des autres. C'est
la description des poteaux du sanctuaire du
temple de la ville qui lui fui montrée, c. 40.
2. Ainsi c. 1. 16.
3° Vue de quelque objet (Trcoo-wrov ). Gen.
48. 11. Non su7n fraudatus aspectu tuo : Dieu
m'a voulu donner la joie de vous voir. Lettr.
Je n'ai point été privé de votre vue. Hebr.
Je n'espérais pas devons voir jamais, dit
Jacob à Joseph, c. 30. 38. Levit. 13. 12. Tob.
11. 8. c. 12. 22. Sap. 11. 20. c. 15. v. 5. 19.
2. Petr. 2. 8. Ainsi, Eccli. 43. 2. Sol in as-
pectu annuntians : Le soleil paraissant à son
lever annonce à chacun de se mettre à l'ou-
vrage (i-jQTTz»(jiv., cum aspicitur).
4° Beauté, agrément, qui attire la vue.
Isa. 53. 2. Non erat aspectus, et desideravi-
mus eum : Il n'avait rien d'attirant dans le
visage qui pût faire concevoir le désir de le
voir; el pour ut, Ut desideraremus eum, siippl.
videre.
'6° Vision, ou représentation { ôf.c/.Tiç ).
Ezech. 43. 3. Et species secundum aspeclum
quem videram juxta fluvium Chobar : Le Sei-
gneur parut dans la môme forme que je l'a-
vais vu près du fleuve de Chobar. Dan. 4.
v. 8. 17. Aspectus illius erat usque ad ter-
minas universœ terrœ : Cet arbre paraissait
s'étendre jusqu'aux extrémités du monde.
Cette étondue marquait la grandeur de l'em-
pire de Nabuchodonosor; Gr. xùtoî, latitudo.
ASPER, A, L'M, zf^vy-jç. Cet adjectif vient
du Grec «c^oo'.,- , qui se dit d'une terre, qui
étant pleine de pierres el négligée, est dif-
ficile à labourer, el signifie proprement :
Rude, âpre au goûl ou au loucher, pi-
quant; et se dit d'une terre malaisée à la-
bourer, d'un lieu raboteux, d'une montagne
difficile à monter, d'un homme peu Iraila-
ble, d'un discours rude; dans l'Ecriture :
1" Raboteux, plein de pierres ou de ro-
chers. Acl. 27, 2Ù. Timentes ne in asperu loca
ASP
40i
incideremus : Les matelots craignant que
nous n'allassions donner contre quelques
écueils, ils jetèrent (juatre ancres de la
poupe. Ce fut la quatorzième nuit du voyage
de saint Paul en Italie. Voy. v. 27. Deut.
21. 4. — Les difficultés el les obstacles qui
s'opposent au salut. Isa. 40. 4. Luc. 3. 5.
Erunt aspera in vias planas : Les chemins
rabot'ux deviendront unis, dit saint Jean-
Baptiste en qualité de précurseur. Ce qui
marque que la venue du Messie devait
changer la rigueur du joug de l'ancienne loi,
dans la douceur du jong de l'Evangile.
2^ Rude, difficile, laborieux, désagréable.
Baruch. 4. 26. Ambulav erunt per vias asperas :
Mes enfants les plus tendres ont marché en
des chemins âpres. Le prophète fait dire à
Jérusaleri!, que les Juifs, ses enfants, même
les plus délicats , avaient souffert dans leur
captivité : ce qui s'entend moralement de la
rigueur de la captivité du péché, où les mé-
chants sont engagés. Voy. Sap. 5. 7. Eccli.
6. 21. Quam aspera est nimium sapicntia in-
doctis hominibus : Le Sage assure que les
hommes déréglés et ignorants trouvent la
sagesse fâcheuse et désagréable.
3° Rude, fâcheux, déplaisant { ayà-nf^ôg )•
Gen. 21. 12. Non tibi videatur asperum super
puero : Que ce que Sara vous a dit louchant
votre fils ne vous paraisse pas trop rude.
Dieu parle à Abraham sur ce que Sara lui
avait dit de chasser Agar avee son fils. Voy.
v. 10. Ps. 90. 3. Liberavit me a verbo aspero
{verbum pour res) : Dieu m'a délivré d'un
danger fâcheux; Heb. d'une peste dange-
reuse (t«/;«/&jo>3ç, turbulentus).
ASPERE. Cet adverbe est dérivé de l'ad-
jectif asper , et signifie :
Rudement, âprement, aigrement. Gen. 31.
24. Cave ne quidquam aspere loquaris contra
Jacob : Prenez -garde de ne rien dire d'aigre
ni d'offensant à Jacob, dit Dieu à Laban,
qui poursuivait Jacob, son gendre.
ASPERGERE, Tvspippoù-jzL-j, pv.i-jîu. Ce verbe
est composé d'ad et de spargo, el signifie
proprement, arroser quelque chose d'une
liqueur; dans l'Ecriture :
Faire aspersion, répandre dessus, arroser
{oiv.pôfà-jçL-jj. Num. (S. 7. Asperganlur aqua
lustrationis : Vous répandrez sur les lévites
de l'eau d'expiation. Voy. Aqua. C'élat une
cérémonie pour la consécralion des lévites.
Prov. 7. 17. Aspersi cubile meum inyrrha et
aloe : J'ai parfumé mon lit de myrrhe et
d'aloës, dit la femme adroite à surprendre
les âmes. Voy. v. 7. 10. Eccli. 43. 19. .4*-
pcrgit nivem : Le Seigneur répand la neige
comme une multitude d'oiseaux qui viennent
s'asseoir sur la terre (7r««r<7£ev). Hebr. 9. 13.
Cmis vitulœ aspersus ; (}r. aspergeas, inqui-
niitos : Cette aspersion de la cendre de la
génisse mêlée d eau purifiait propreuienl
des impuretés légales; mais le sang de jésus-
Chrisl est répandu pour l'expiation Jes pé-
chés.
— Purifier, justifier (p'avxiÇetv). Ps. JJO.
9. Asperges me hijssapo : Le Psalmiste faisant
ici allusion aux aspersions légales dcaq
uièiee avec fie» cçndrcs failea au'c de l'h^-
JQ5 - DJCTIONMAIRE DR PHILOLOGIE SACREE.
50pe, avait en vue 'e sang de Jésus-Christ,
seul capable de laver les crimes conformé-
ment à ce que dit Isa. '62. 15. Istc asperget
génies multas : Jésus-Christ arrosera de son
sang beaucoup de nations, c'est-à-dire il ré-
pandra sur les peuples cette abondance de
grâces qu'il nous devait mériter par l'effu-
sion de son sang qu'il a versé pour nos pé-
chés. Hebr. 10. 22. Aspersi corda a con-
scientia mala : Approchons-nous de Dieu,
ayant le cœur purifié des souillures de la
mauvaise conscience. Ainsi, c. 9. 19. Exod.
12. 22. Levit. lï. 7. Num. 19. 18.
ASPERSIO, ONis, p'avTiapôç. Aspersion,
l'action d'arroser légèrement et de jeter un
peu d'une liqueur sur quelque chose. Num.
19. 9. Ut sint mullitaclini filiorum Israël in
aquam aspersionis : Les cendres de la vache
serviront à tous les enfants d'Israël d'une
eau d'aspersion, se. pour purifier los impu-
retés légales seulement. Voy. A^pergere.
3. Reg. 20. 38. — Justification, nettoiement
de nos péchés par le mérite du sang de Jésus-
Christ. Heb. 12. 24-. 1. Petr. 1. 2. In ohedien-
tiam et ospersionem sanguinis Jesu Christi :
Pierre aux fidèles qui sont élus pour être
arrosés du sang de Jésus-Christ. Hebr. 12.
2i. Sanguinis aspersionem : Vous vous êtes
approchés du sang de Jésus, dont on fait
l'aspersion.
ASPERNARI. Ce verbe composé vient du
simple spernere , et signifie :
Mépriser (È^ov^rjovv). Luc. 18. 9. Asper-
nabanlur cœteros .'Quelques-uns, dit Jésus-
Christ, mettaient leur confiance en eux-
mêmes comme étant justes et méprisaient
les autres.
ASPERNATIO, onis, mépris (à-taia). Eccli.
22. 1. In lapide luteo lapidatus est piger, et
omnes loquentur super aspernationein il lins :
Le paresseux est comme lapidé avec la
boue, tous parleront de lui pour le mépri-
ser ; Gr. est semblable à une pierre de boue ;
tous le siffleront pour lui faire honte.
ASPHAR, Hebr. Festinatio tauri, lac dans
la tribu de Juda , près de Bethléem. 1. Mach.
9. 33.
ASPHENES, Hebr. Pharelra aspernonis ,
intendant des eunuques du roi Nabuchodo-
nosor. Dan. 1.3.
ASPICERE, iTTtG^sTTetv. Ce verbe est com-
posé d'ad et de l'ancien verbe specio , pour
videre, voir, et signifie proprement : — 1° Re-
garder, jeter la vue sur quelque chose
(eiSeiv). Num. 21. V. 8. 9. Qui percussus as-
pcxerit eum , vivct : Celui qui .iyant été blessé
des serpents regardera ce serpent, sera
guéri; Lett. vivra. Jé;us-Clirist explique en
saint Jean , 3. IV. ce passage de lui-même ,
qui devait être élevé et mourir en croix , et
dont la mort devait guérir de la plaie du
péché causée par l'ancien serpent, ceux qui
lo regarderaient par la foi in lui. Zach. 12.
10. Aspicient ad me quem confixrrunt : Les
habitants de Jérusalem jellciont les yeux
sur moi qu'ils auront percé de plaies. Ceci
se peut entendre des Juifs qui avaient offensé
Dieu , et qui devaient lever les yeux vers lui
pour implorer sa miséricorde; mais saint
401
Jean l'explique, Apoc. 1. 7. de Jésus-Christ.
Job. 38. 22.
2" Considérer , faire attention («TroêîigTretv).
Hebr. 11. 26. Aspiciebat in remunerationem :
Moïse envisageait la récompense : cette ré-
compense était les biens du ciel que >IuÏ3i>
attendait; ce qui lui fit renoncer à la qualiié
de fils de la fille de Pharaon, pour être af-
fligé avec le peuple de Dieu. Voy. v. 2i. 2 >.
Ainsi, e. 12. 2. Aspicientes in auctorem fidci :
Jetons les yeux sur Jésus, comme sur l'au-
teur et le consommateur de la foi à^o/zâv).
Saint Paul nous exhorle à regarder Jésiis-
Christ comme un modèle parfait, pour courir
avec joie et avec patience dans cette vie de
souffrances. 2. Mach. 7. 6. Dominus Deus as-
piciet veritatem ; Dieu considérera la vérité,
disaient les Machabées, pour s'entr'encou-
rager, lorqu'on faisait rôtir leur frère aîné
dans une poêle ( èyopâv ). Deut. 9. 27. Tob.
13. G. Ps. 101. 20. Prov. 1. 2V. Hab. 1. 5.
Isa. 58. 3.
3° Regarder, voir, considérer dans une
vision (ttS^rj). Ezech. 1. iS. C unique aspi-
cerem animalia : Lorsque je regardais ces
animaux; leur forme est décrite v. 10.
4° Regarder, considérer avec quelque af-
fection ou passion de l'âme; 1° avec amitié,
avec plaisir. 1. Reg. 18. 9. Non redis oculis
aspiciebat David a die illa : Saùl ne regarda
plus jamais David de bon œil , depuis le jour
que les femmes dirent que Saùl en avait tué
mille, et David dix mille (OTyoéXéTrs ffôat, ma-
ligne inlueri). Voy. v. 6. 2° avec pitié ef
compassion. Ps. 118. 131. Aspice in me, et
miserere mei : Regardez-moi , et ayez pitié
de moi. Ainsi , Eccli. 35. 21. 3° avec indigna-
tion pour perdre : ce qui s'entend de Dieu
par métaphore. Judith. 9. 7. Aspexisti super
castra JEgyptiorum : Judith représente à
Dieu que d'un seul regard il pouvait traiter
les Assyriens comme il avait déjà traité les
Egyptiens. Habac. 3. 6. Aspexit et dissolvit
gentes : Dieu a jeté les yeux sur les nations,
et il les a fait fondre comme la cire : ce qui
marque la facilité toute puissante avec la-
quelle Dieu extermina les nations , dont
Dieu avait promis la terre à son peuple. i°
Avec une affection déréglée et criminelle.
Ps. 65. 18. Iniquitatem si aspexi in corde
meo : Si j'avais entretenu l'iniquité dans mon
cœur, le Seigneur ne m'aurait pas exaucé
{Ozoipû-j); avec quoi s'accorde saint Jean,
9. 31. 5° Avec une joie maligne; ce qui s'en-
tend du malheur d'autrui. Mich. 4. 11. Aspi-
ciat in Sien oculus noster : Que nos yeux se
repaissent du malheur de Sion, disent les
ennemis de l'Eglise, sur qui elle a remporté
la victoire (£7TO7rT£C70«t).Voy. Despicere et Vi-
dere. Ce verbe, selon l'Hébreu, avec m,
marque une vue attentive, qui excite la
passion.
5 Jeter la vue sur quelqu'un , avoir re-
cours à lui [sTrKTMTzeh). Mich. 7. 7. Ego
autem ad Dominum aspiciam : Pour moi je
jetterai les yeux sur le Seigneur : c'est ce
que doit faire un chrétien qui s'aperçoit que
le monde est devenu son ennemi, aussilôj
qu'il est devenu ami de Dieu.
t05
ASS
ASS
40!î
6° Connaître, éprouver {^fTvxenOxi). 1. Reg.
B. V. 8. 9. Dimitte eam ut vadat , et aspi-
ciefis : Après que vous aurez mis l'arche
dans le chariot attelé de deux vaches qui
nourrissent leurs veaux, laissez-la aller, et
vous verrez ce qui en arrivera : c'est l'avis
que donnèrent les prêtres idolâtres aux Phi-
listins, pour savoir si leurs maux venaient
de Dieu ou par hasard. Voy. v. 9.
ASPIRARE , TTvstv. Souffler, en parlant
du vent, aspirer à quelque chose, y pré-
tendre, tâcher d'y parvenir; dans l'Écriture :
— 1° Souffler, en parlant du vent. Eccli. 43.
17. In voluntate ejus aspirabit notus : Le
Seigneur fait souffler le vent du midi quand
il lui plaît. AcI. 27. 13. — 2° Respirer , vivre.
Eccli. 33. 21. Dum adfiuc superes et aspiras :
Tant que vous vivrez et que vous respi-
rerez : le Sage conseille de ne se rendre es-
clave de personne, en se réduisant à de-
mander de son bien avec prière à celui à
qui on l'aurait donné. — 3" Arriver, appro-
cher (StaTTvEïv). Gant. k. 6. Donec aspiret dies
et inclinentur umbrœ : Avant que le jour soit
venu et que les ombres s'enfuient. Voy.
Umbra. n. 6. Ainsi, c. 2. 17.
ASPIS, mis, ce mot est grec, «(tttîç, et
signifie proprement, aspic, espèce de serpent
fort venimeux. Deut. 32. 33. etc. Yenenum
aspidum insanabile : Le vin de leur vigne est
un venin d'aspic qui est incurable. Dieu
Ïiarle de la méchante conduite des Israélites.
sa. 59. 5. Ova aspidum ruperunt : Les pé-
cheurs ont fait éclore des œufs d'aspics ; ces
œufs , ce sont les noirs desseins des méchants
que le démon leur inspire. Job. 20. 6. Caput
aspidum suget : Toute cette grande prospé-
rité des impics leur sera aussi mortelle et
pernicieuse, que l'est aux hommes le venin
des aspics. Voy. Caput.
Les hommes méchants, pernicieux et en-
nemis des gens de bien. Isa. 11. 8. Delecta-
hilur in fans ab ubere super foramine aspidis :
Le Prophète assure que les enfants les plus
jeunes, et à peine hors de la mamelle, for-
tifiés de la grâce de Jésus-Christ, devaient
ne point craindre les tyrans , ou de con-
verser avec les méchants. Voy. Regulus.
ASPORTARE, G\)iJ-'firjeiv. Transporter quel-
que chose d'un lieu à un autre. Gen. 50. 2i.
Asporlate ossa mea vobiscum... Transportez
mes os avec vous hors de ce lieu , dit Jose|)h
à ses frères; ce qui est une marque que liint
qu'il gouverna toute l'Egypte, il ne s'y éiait
regarde que comme ctrdiigcr, ayant toujours
eu en vue la terre de ses pères.
ASRAEL, Heb. Jicatiiudo Dei, fils de Ja-
Icléel. 1. Par. V. ICj.
ASRIEL , llob. ncnliludo Dn, fils de da-
laad, descendinl de Maiiîissc. Num. 20. 31.
appelé Esriel. Jos. 17. 2. 1. Par. 7. IV.
' ASUIELITA, *:, Asriélile, descendant, ou
qui est (b; la famille d'Asriel. Nutn. 20. 31.
.\SSARE, l-xû'j. Ce verbe vient du grec «.'c,'.»,
Sicco, et signifie :
Rôtir. 2. Par. .'îo. 13. Et assavcrunt phase
super iijnem, JHxlii quod in (egescriplnm est :
Les lévites firent rôtir la pâijuc sur le feu ,
comme il est écrit dans la Loi. Celte solen-
nité de pâque est un effet de la piété particu-
lière de Josias. Voy. v. 7. Tob. 6. 6. Assavit
carnes ejus : Le jeune Tobic fit rôtir une par-
tie de la chair du poi?son qu'il avait tiré de
l'eau par l'ordre de l'Ange.
ASSATURA, M, èT/jy.pizn;. Ce nom, inusité
chez les Latins, est formé du supin assalum,
et signifie dans l'Ecriture,
Morceau rôli. 2. Reg. 6. 19. Et partitus
est universœmultitudini... singulis collyridam
panis unam, et assaturam bubulœ carnis :
David donna à tout le peuple disraël, à cha-
cun un pain en façon de gâteau, un mor-
ceau de bœuf rôti... Ce fut lorsqu'il fit poser
l'arche en la place qui lui avait été destinée.
Voy. V. 17.
ASSECTARI, être à la suite de quelqu'un,
l'accompagner; dans l'Ecriture,
Poursuivre, rechercher. Ezech. 22. 27. Ad
perdendas animas et avare assectanda lucra :
Les princes de Jérusalem étaient attentifs à
perdre les âmes , et à chercher leur gain
de tout côté pour satisfaire leur avarice.
Dieu se plaint des princes des Juifs ligués
avec leurs faux prophètes, pour répandre le
sang de ceux qui se voulaient opposer à leur
avarice et à leurs désordres.
ASSEDIM, Heb. Insidiœ , ville en la tribu
deNephlhali.Jos. 19.35.
ASSEM , Heb. Nomen^ père d'un des plus
vaillants hommes de l'armée de David. 1.
Par. 11. 33.
ASSENTIRE, consentir, acquiescer; dans
l'Ecriture :
Favoriser. 2. Mach. 1*. 26. Dicebal Nica-
noreni rébus alienis assentire : Alcime vint
dire à Démétrius que Nicanor favorisait les
intérêts de ses ennemis; Gr. ùWôt^lv. cppo-jtîv.
ASSENTIRI, S'accorder avec quelqu'un,
entrer dans son sentiment, se rendre à sa
volonté (££(7K-/ov£tv). Gen. 34. 24. Assensique
sunt omnes : Tout le peuple dépendant d'Hé-
mor s'accorda à la proposition que leur fit
Sichem, son fils, de circoncire tous les enfants
mâles, afin qu'il épousât Dina.
ASSEQUI, Atteindre quelqu'un en mar-
chant; venir à bout de quelque chose, l'ob-
tenir, l'acquérir; dans l'Ecriture :
Comprendre et savoir quelque chose, en
être convaincu (rasaxo^ouGîfj). 2. Tim. 3. 10.
Asseculus es menm doclrinam : Quant à vous,
vous savez quelle est ma doctrine, dit saint
Paul à son disciple. Luc. 1. 3. 1. Tim. h. (5.
ASSER.is.Co nom vient de l'ancien axer^ci si-
gnifie proprement un soliveau, dans l'Ecri In re:
Ais {(jy.i-r-n). Eccli. 29. 29. Mclior est rictus
pauperis sub tegmine asserum, quam epulœ
splendidœ in pcregre sine domiciUo : Ce que
mange le pauvre sous quelques ais qui le
couvrent, vaut mieux qu'un festin magni-
fique dans une maison étrangère à celui qui
n'a point do retraite.
ASSIDyEI, Heb. Milvi. Les Assidécns ,
secte des Juifs, ainsi appelés du nom hébreu
Hasiditn, pii snncti, parce qu'ils pratiquaient
une exacte observation de la Loi. 2. Marh.
4. (). Ipsi qui dicunlur Assidœi Judœorum,
quibus prœest Judas Macliabœus, bclla nu^
triunl : Ceux d'entre les Juifs qu'on nomme
407
rtiCTIONNAlRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
408
Assidéens, dont Judas Machabée est le chef,
entretiennent la guerre, dit Alcime au roi
Pémétrius , contre Judas Machabée, par qui
il avait été dépouillé du souverain sacerdoce.
Ainsi, 1. Mach. 2. i2. c 7. 13. On croit que
c'étaient les mêmes que les Esséniens.
ASSIDERE , o-uyzae^c-eat. 1° S'asseoir, ou
être assis auprès, ou avec. Act. 26. 30. Et
exsurrexit rex et prœses, et Bérénice, et qui
ossidebant eis : Le roi, le gouverneur, Béré-
nice, et ceux qui étaient assis avec eux, se
levèrent; ce fut pour conclure le jugement
de saint Paul sur la permission qu'Agrippa
venait de lui donner de parler pour lui-
même. Sap. 6. 15. Assidentem illam foribus
suis inveniet : Celui qui veille dès le malin
pour posséder la sagesse, la trouvera assise
à sa porte (Tzàps^po;).
2" Se rendre assidu auprès de quelqu'un,
lui faire la cour (77oo!7câp£Û£w). 1. Mach. 11.
39. Tryphon assideb'at ei ut traderet eum :
Tryphon pressa longtemps Elmalcuel, afin
qu'il lui donnât Antiochus, fils d'Alexandre,
pour le faire régner en la place de son
père.
ASSIDUARE,£vgÊ>sx"-'-Ce verbe inusité vient
d'assidere, comme qui dirait, qui est comme
assis sur l'civrage, travailler continuelle-
ment; dans l'Ecriture :
Se servir souvent de quelque chose. Eccli.
oO. 1. Qui diligit filium suum, assiduat illi
flagella : Celui qui aime son fils, prend sou-
vent le fouet pour le châtier.
ASSIDUE, èv5£).£/w?. Cet adverbe vient de
l'adjectif assiduus , et signifie continuelle-
ment, sans cesse. Eccli. 20. 26./?? orc indiscipii-
natorum assidue erit : Lemenson^e se trouve
sans cesse dans la bouche des gens déréglés.
c. 23. 11. c. 51. 15.
ASSIDUITAS, Tis, è-joùîyj'yij.ô;. Ce nom vient
à'assiduus, et signifie proprement assiduité,
persévérance à faire quelque chose presque
continuellement; dans l'Ecriture : — 1° As-
siduité au travail (ûrroacv/i). Eccli. 38. 28.
Assiduitas ejus variât picturam : Le sculpteur
diversifie ses figures par un long travail. —
2° Accoutumance. Eccli. 7. li. Assiduitas
illius non est bona : L'accoutumance de
mentir n'est pas bonne; c'est-à-dire est
très-mauvaise. Hébraïsme. — 3° Conversa-
lion , familiarité (èOit^ôç). Eccli. 23. 19. iVe
forte... et assiduitate tua infatuatus, impro-
perium patiaris : Et de peur que devenant
insensé par la trop grande familiarité avec
les grands, vous ne tombiez dans l'infamie.
Le Sage décrit ici les malheurs où s'expose
celui qui oublie son père et sa mère pour
être au milieu des grands. — i° Durée per-
pétuelle. Eccli. 41. 9. Cum semine illorum
assiduitas improperii : La race des pécheurs
sera éternellement déshonorée.
ASSIDUUS, A, UM. Cet adjectif vient du
verbe assidere , comme qui dirait, qui est
assidu sur l'ouvrage, qui travaille continuel-
lement à quelque ouvrage, et signifie pro-
prement, assidu, continuel, ou presque
continuel; dans l'Ecriture : — 1" Qui a l'es-
prit continuellement appliqué à quelque
chose. Eccli. 0. 37. In mandulis Ifei assiduus
esto : Méditez sans cesse les commandements
de Dieu. c. 12. 3. — 2° Qui converse et se
trouve souvent avec quelqu'un. Eccli. 9. 4.
Cumsaltatrice ne assiduus sis : Gr. a/, èvSEÀj/tÇe.
Ne vous trouvez pas souvent avec une femme
qui danse; gr. avec une femme qui chante.
— 3° Fréquent, qui arrive souvent. Eccli.
18. 32. Ne oblecteris in turbis, nec in modi-
cis, assidua enitn est commissio illorum : Ne
vous plaisez point dans les assemblées plei-
nes de tumulte, non pas même dans les plus
petites, parce qu'on y pèche sans cesse, c.
20. 21. c. 23. 10. c. 33. 27. Ainsi, c. 37. 21.
Dominatrix illorum est assidua lingua : Le
bien et le mal, la vie et la mort, dépendent
ordinairement de la langue , savoir : de son
règlement ou dérèglement. 11 semble qu'il y
avait assidue, ou assiduo, fréquemment, or-
dinairement; Gr. ivo£).£;^w?. — i° Ardent, ac-
tif {è-jspyoviJ.i'jn). Jac. 5. 16. Midtum valet apud
Deum deprecatio justi assidua : Priez l'un
pour l'autre, afin que vous soyez guéris ,
car la fervente prière du juste est fort effi-
cace.
ASSIGNARE, donner à chacun sa part
d'une chose qu'on distribue à plusieurs, at-
tribuer la cause de quelque chose à une per-
sonne; dans l'Ecriture:
1^ Rendre, représenter (VaûtTràvai). Act. 9.
41. Assignavit eam vivam : Saint Pierre ren-
dit vivante Tabilhe , qui était morte , aux
disciples et aux veuves qui lui demandèrent
cette grâce.
2° Mettre fidèlement un dépôt entre les
mains de celui pour qui il est destiné (asp-
yH^ta'jv.i). Rom. 15. 28. Cum assignavero
eis fruclum hune : Saint Paul promet aux
Romains qu'aussitôt qu'il aura distribué à
ceux d'entre les saints de Jérusalem qui sont
pauvres, l'aumône qui lui a été mise en
dépôt pour eux, il passera par Rome en al-
lant en Espagne.
ASSIMILARE, ôtxotoûv. Comparer une chose
à une autre, et faire voir qu'elle lui est sem-
blable. Dans l'Ecriture : — l'' Rendre sem-
blable («Trtt/àÇïtv). Sap. 13. 13. 5i... ussimilet
illud imagini hôminis:\]n ouvrier fait l'image
d'un homme de ce qu'il lui reste de boistorlu
et plein de nœuds ; le Sage fait voir la folie de
l'idolâtrie, de s'appuyer sur le secours des
faux dieux. Job. 30. 19. D'où vient cette si-
gnification figurée û'assimilari? l°Représen-
ter, être la vraie figure d'une chose, y avoir
beaucoup de rapport Hebr. 7. 3. Assimilutus
fdio Dei: Melchisédech est semblable à Jésus-
Christ, parce que ni le commencement ni
la fin de sa vie n'est rapporté («?)Oioiotoûv).
2^ Rendre semblable àqueliju'un, limiter.
Matth. 6. 8. Noliie ergo assimilari eis : No
vous rendez point semblables aux païens qui
affectent de parler beaucoup dans leurs priè-
res, croyant par là mériter d'être exaucés.
— 2" Comparer, juger semblable. Cant. 18.
Equitului meo in curribus PUaraonis assimi-^
lavi te : Je vous ai comparée aux ch iriols
de Pharaon. Cette protection que Dieu donna
aux Juifs contre Pharaon était la figure de
celle qu'il donne à son Eglise contre tous ses
ennemis, c. 7, 7. Eccli. 25. i'à, Thren, 2. 13.
m
ASS
ÂSS
410
Matth. 7. 2k. Marc. i. 30. Ainsi , Jerem. 6. 2.
Speciosœ et delicatœ assimilavi filiam Sion :
Je puis comparer'la fille de Sion à une fem-
me qui est belle et délicate. Lepropliète parle
de la beauté des bâtiments de Jérusalem et
de la vie molle de ses habitants. — 3° Don-
ner à un'» personne un nom ou surnom qui
réponde à lélat auquel il est destiné {TzpoaSéyj'
<rOxi). Isa. i5. i. Vocavi te nomine tuo : assi-
milavi te, et non cognovisti me : Outre le nom
de Cyrus, je vous ai encore donné celui de
Christ, et vous ne m'avez point connu. Dieu
reproche à Cyrus qu'il lui avait donné ce
nom, parce qu'il l'avait choisi pour être le
libérateur de son peuple ; et celui de Christ,
parce qu'il le voulait rendre victorieux des
rois, et que néanmoins il attribue toute sa
gloire à ses idoles, c. i't. 5. In nomine Israël
rtASî*ni7a6i7ur : L'autre fera gloire de porter
le nom d'Israël ou d'Israélite, c'est-à-dire,
de chrétien et sectateur de la foi d'Israël (poâv,
Heb. Chi7ineh,cognominare). — 4° Représen-
ter en figures et sous des images différentes.
Ose. 12. 10. In manu jn-ophetarum assimi-
latus sum : Dieu se plain? que c'est inutile-
ment qu'il s'est fait connaître à son peuple
par ses prophètes en plusieurs manières.
ASSISTERE,7rafi(7T«(765<i. Se tenir debout au-
près de, assister à quelque chose, comme à
un sacrifice ; dans l'Ecr., — 1" Etre, se trou-
ver présent. Gen. ii. 34. Ne calamitatis quœ
oppressurn est palrem, lestis assistam : Jnda
prie Joseph de le prendre pour esclave, plu-
tôt que Benjamin, de qui il avait répondu à
Jacob, de peur qu'il ne fût témoin de l'ex-
trême affliction 011 Jacob auraitété. — 2^Etre,
ou se tenir auprès de quelqu'un pour le ser-
vir. 1. Reg. 22. 7. Ait ad servos qui assiste-
bant ei : Saiil dit à tous ceux qui étaient au-
près de lui; Saiil témoigne à ses officiers le
ressentiment qu'il avaitde ccquepersonne ne
l'avertissait an sujet de David , qu'il tenait
son ennemi. 2. Reg. 13. 31. 3. Reg. 4. 5. c.
12. V. 6. 8. Ainsi, Luc. 1. 19. Ego sum Ga-
briel,qui aslo ante Deûm .-Je suis Gabriel, <jlm
suis toujours présent devant Dieu, dit cet
ange à Zacharic, qu'il punit de navoir pas
cru à ses paroles. Quand l'Ecriture parle des
anges, elle ne dislingue point entre assistere,
astare et ministrare. — 3" Etre |iroche , être
près d'arriver. Jac. o. 9. Ecce Judex anleja-
nunm assistit : Voilà le Juge qui est à la
porte, dit cet apôtre, de l'avènement de
Jésus-Chrisl. Voy. v. 8. — 4° Assister, soula-
ger. Sap. 19. 20. In omni loco assislens eis :
LeSeigneur a assisté son peuple en loutlemps
et en tout lieu, se. toutes les lois qu'il a mis
sa confianc/» en lui. Rom. 10. 2. — Ir Regor-
ger, se répandre avec abondance. Eccii. 2'i..
37. Assislens quasi Gvhon . CoiiMue le, Nil
rend les terres fertiles quand il se déborde,
la sagesse se répand dans les esprits par ses
lumières, et dans les cœurs par ses grâces.
Rien ne répond â ce mot en (irec; d'autres
prennent assislens pour sistens, actif, qui
rend présent, (|ui fournit. — ()• Se présen-
ter, venir (b'vant. Exod. iH.Vi.Sedit Mot/ses,
ut judicaret populum qui oss>sttbut Moysi .
ftloise s'assit pour reudii; la justice au peuple
qui se présenlaitdevantlui. Act. 17. 5. Assisten*
tes,domuiJasonis: Les Juifs poussés d'un faux
zèle, se présentèrent à la maison de Jason.
Ce fut pour enlever de force saint Paul et
Silas, et les accuser, devant le peuple, de ré-
bellion aux ordonnances de César. — 7" Se
faire voir, apparaître à quelqu'un {h itt 9.-^7.1).
Act. 23. 11. Sequenti nocle assislens ei Domi-
nus : La nuit suivante , le Seigneur se pré-
senta à Saint Paul , ce fut pour l'encourager,
car le Tribun l'avait fait enlever le jour pré-
cédciU d'entre les mains de l'assemblée des
Juifs, de peur qu'il ne fût rais en pièces. —
8" Comparaître devant un juge. Act. 27. 2i.
Cœsari oportet fe as5îs/ere : Saint Paul , pour
assurer tous ceux du vaisseau que personne
ne serait perdu dans ce péril, leur raconte
qu'un ange de Dieu l'avait assuré qu'il fallait
qu'il comparût devant Césàr. — 9' V^enir, ar-
river {-v.çuyuî'^Oc/.i) . Hebr. 9.11. Christus autem
assislens Pontifex f,ulurorunx ôonorum; Jésus-
Chrisl, le Pontife d"s biens futurs, est venu
dans le monde.
ASSISTRIX , 7râf£5/yo?. Ce nom semble
avoir élé mis pour Asseslrix, qui viendrait
naturellement à'assessor; ainsi asseslrix, d'as-
sidere ; au lieu que s'il venait ii'assisto, il de*-
vrail y avoir astitrix, d'astitor; mais assis-
trix signifie ici
Qui est assise auprès. Sap. 9. i. Da mihi
sediiim twirum assistricem sapientiam : Dieu
de mes pères, donnez-moi cette sagesse qui
est assise auprès de vous dans voire trône;
ce qiie le Sage demande pour bien régner.
.^SSON. Gr. de plus près, ou ASSUS, 1. —
1° Viile de l'Eolide, provincedel'AsieMineure,
où Us disciples joignirent saint Paul et allè-
rent lous ensemble à Mylilène. Act. 20. v. 13.
li. Cesl maintenant Âsso, ville épiscopale,
sous l'archevêché d'Ephèse ; on la nomme
aussi Apollonie. — 2° Un lieu. Act. 27. 13.
Cum sustulissenl de Asson legebant Cretam :
Ayant levé l'ancre d'Asson, ils côtoyèrent de
près l'île de Crète. Il n'y a point de ville de
ce nom sur la côte de Candie; mais l'inter-
prète a traduit par un nom propre le mot
grec â(77ov, qui signifie de plus près.
ASSUElUi;, è-Lpf(/.Tzzuy. Coudre une chose à
une autre. Marc. 2. 21. Nemo assutncnium
panni rudisassuit veslimenlo veten . Personne
ne coud une pièce de drap neuf à un vieux
vêlemenl. Noire-Seigneur montre pas' ceUe
comparaison (ju'il ne faut point imposer aux
faibles (b-s pratiques trop rigoureuses.
ASSUERUS. Nom persan. Princeps et Dux.
— 1 ' Roi des iMèdes, père de Darius Médus,
et roi de IJabylone. Dan. 9. 1. Inanno primo
Darii, fdii Assueri, de scmine Medorum : La
première année de Darius, fils d'Assuérus,
de la race des Mèdes. — 2' Roi de Perse.
C'est au cominenceineul de son règne que les
ennemis desJuils formèrent des ;iccusalions
contre eux. 1. Esdr. 4. 6. In reyno autcin
Assueri, in priucipio regni ejus, scripscrunt
accusalionem adv/rsus habitat ores Judœ et
Jérusalem. Comme ce nom d'Assuérus, aus^i
bien que celui d'Arlaxerxès, était autrefois
commun aux princes des Mèdes et des Perse»,
\ic[ /V»$uéiu!é coiiviuDl 4i>^uz au tera^i dp
411
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE
Cambyse, fils aîné de Cyrus, et celui d'Ar-
t'axerxès à Oropaste, ce mage de Perso, qui
feignit d'être le fils de Cambyse, et qui régna
pendant quelques mois. — 3" Darius, fils
d'Hystaspe, est probablement cet Assuérus
qui a épousé Esther, et sous le règne duquel
tout ce qui regarde l'histoire de Mardochée
et d'Aman est arrivé. Esth. 1. 1. In diebus
Assueri qui regnavit ab India usque jEthio-
piam, ce qui convient à ce que dit Josèphe,
1. 11. Antiq. c. k. que sa domination sélen-
dait sur cent vingt-sept provinces, depuis les
Indes jusqu'à lElhiopie. Voy. Darius.
ASSUESCERE, lùiÇjcôai. S'accoutumer, être
accoutumé à quelque chose. Eccl. 23. 9. Jii-
rationi non assuescat os tuiim : Que votre
bouche ne s'accoutume point au jurement.
V. 17. 20. Jerem. 2. 2i.
ASSUMENTUM, èTziBUucr.. Ce nom est dé-
rivé du verbe assumere, et signifie pièce, ou
morceau de quelque chose. Marc. 2. 21.
Voy. COMMISSURA, ASSUERE.
ASSUMERE, ).a:/eiv£tv,7raoa),apigâvEiv. Prendre
quelque chose pour soi. Dans l'Ecriture, —
1" Prendre avec soi, prendre pour compa-
gnie. Matth. 17. 1. Et post aies sex assumit
Jeans Petrum, et Jacobum, et Joannem fratrem
ejus : Six jours après, Jésus ayant pris avec
lui Pierre, Jacques et Jean, son frère. Ce fut
pour être témoins de sa transfiguration. 2.
Tim. h. 11. Marcum assume . Prenez Marc
avec vous, et amenez-le. C'était pour servir à
saint Paul dans le ministère de l'Evangile.—
2^ Prendre pour aide ((7u/).au.êâvîrv).Exod. 12. i.
Assumet vicinum suum : S'il n'y a pas dans la
maison assez de personnes pour pouvoir man-
ger l'agneau, il on prendra de chez son voi-
sin autant qu'il en fautpourmanger l'agneau,
dit Dieu à Moïse. — 3° Prendre, employer,
se servir [oiyjcBai). Eph. 6. 17. GaleamsaliUis
assumite : Prenez le casque du salut. Voy.
Galea. Sa p. U. 19. Yolens placere illi qui se
assumpsit . Chacun d'eux voulant plaire à
celui qui l'employait. Le Sage parle de l'ap-
plication des sculpteurs d'idoles à faire des
figures parfaitement achevées. — V Attacher
à quelque chose. Malach. 2. 3. Assumel vos
sccum : Je vous jetterai sur le visage les or-
dures de vos sacrifices solennels, et elles vous
emporteront avec elles; aulr., elles s'atta-
cheront à vous; vous en serez tout couverts.
Dieu, en punition de ce queles Juifs n'impri-
maient point ses paroles dans leur coeur, re-
jette avec mépris leurs sacrifices. —5° Pren-
dre pour emporter ou transporter. Matlli. 4.
V. 5. 8. Tune assumpsit eum diabolus : Le dia-
ble alors prit et transporta Jésus : ce fut à la
seconde tentation que lui fit le démon. Ezech.
3. V. 12. 3V. Ose. 5. 10. Deul. 30. v. o. —
C-» Prendre pour quelque fonction ou pour
son service (Tr/soc-'/cp^^vstvi. Roin. 1+. 3. Deus
Hlum assumpsit : On ne doit point condamner
celui qui mange de tout, puisque Dieu l'a
pris à son service. Hebr. 5. 1. Omnisnamque
pontifex ex hominibus assumptus : Car tout
pontife étant pris d'entre les hommes, est éta-
bli pour les hommes en ce qui regarde le
culte de Dieu, afin qu'il offiw des dons et des
sacrifices pour les péchés. Exod. 6. 7. c. ^9.
4lî
4. Sap. li. 19. Is. 66. 21. Jerem. 23. 9. c. 33.
26. c. 43. 10. Ainsi 3. Reg. 11. 37. Te autem
assumam : Mais pour vous, je vous prendrai,
et vous serez roi dans Israël, dit Dieu à Jé-
roboam. — 7° Prendre quelqu'un pour le pu-
nir ou le perdre {v-olKjsi'j). Jerem. 44. 12. As-
sumam reliquias Judœ : Je perdrai les restes
de Juda. Ezech. 17. 12.-8° Choisir, préférer
(So-J'/.i'jOxi). Isa. 8. 6. Abjecitpopulus iste aquas
Siloe qnœ vadunt cum silentio, et assumpsit
jyiaqis Rnsin et filium Romeliœ : Ce peuple a
rejeté les eaux de Siloé, qui coulent paisible-
ment et en silence, et a mieux aimé s'appuyer
surRasin et sur le fils de Romélie. Voy.SiLOÉ,
Voy. RoMELiA. Jerem. 3. 4. Matth. 24. y. 40.
41. Ainsi Luc. 17. 34. Unus assumetur, et al-
ter relinquetur : De deux personnes qui se-
ront dans le même lit, l'un sera pris et l'autre
laissé. — 9° Recevoir, introduire quelqu'un,
l'admettre, luidonner place («vK)aaÇ«v3tv).Acl.
20. 14. Assumpto eo , venimus Mitylenem :L'E-
vangéliste dit que saint Paul étant remonté
à Asson dans le vaisseau, alla à Milylène. —
10" Prendre, recevoir quelqu'un chez soi, le
traiter avec bonté et ch'arité (7:|0O7).atxÇ«vctv).
Rom. 14. l.Jnfirmutn in fide assumi/e: Recevez
avec charité celui qui est encore faible dans
la foi, sans vous amuser à contester avec
lui. Act. 18. 20. Assumpserunt eum : Quand
Priscille et Aquilas eurent ouï Apollon en-
seigner ce qui regardait Jésus, ils le retirè-
rent chez eux; comme cet Apollon n'avait
connaissance que du baptême de saint Jean,
ce fut pour l'instruire plus amplement. Ag-
gée. 2. 24. Voy. Suscipere. Ainsi Ps. 26. 16.
Dominus autem assumpsit me : Le Sei^^ieur
s'est chargé de moi pour en prendre soin.
Hebr. Collegit me : Le Seigneur m'a recueilli
et, pour ainsi dire, levé de terre comme
on lève les enfants exposés. — 11° Secourir,
délivrer, assister, 2. Reg. 22. 7. Assumpsit
me et extraxit me de aquis inultis : Le Sei-
gneur m'a pris et m'a retiré du milieu des
eaux. David témoigne à Dieu sa reconnais-
sance de l'avoir délivré de tous ses enne-
mis (àvn/.apigâvHtv). Voy. Aqua. Ps. 17. 17.
Eccl. 29. 12. Propter mandatum assume pau-
perem : Assistez le pauvre, à cause du com-
mandement. Ezech. 37. 21. — 12^ Gagner,
acquérir [ïyjvj). Amos. 6. 14. Numquid non
in forlitudine noslra assumpsimus nobis cor-
nua? N'est-ce pas par notre propre force que
nous nous sommes acquis une si grande puis-
sance? Voy. Cornu. — 13' Elever en haut,
éleverauciel (àv:<),aaÇàvîtv). Act. 1.2. Usque in
diem qtia assumptus est : Saint Luc témoigne
qu'il a parlé dans son premier livre do toutes
les choses que Jésus a faites vi enseignées
jusqu'au jour qu'il fut élevé dans le ciel. v.
11. 2:>. Marc. 16. 19. Ainsi 1. Tim. 3. 16. As-
sumptum est in gloria: Le Verbe incarné, ap-
pelé mystère d'amour, a été élevé et reçu
dans la gloire. — 14° Prendre, recevoir.
Eccli. 23. 38. Longitudo dierum assumetur ab
eo : C'est le Seigneur qui donne des jours
sans fin. Gr. Etre reçu de Dieu est une vie
qui n'a point de fin. c. 51. 36. Assumite dis-
ciplinam : Recevez l'instruction comme une
grande quantité d'argent. Jerem. 9. 20. —
415
\SS
ASS
i5° Prendre sur soi , se charger, soutenir,
Ezech. 4. 6. Assumes inîquitalem domus Juda:
Vous prendrez sur vous l'iniquité de. la mai-
son de Juda. Le prophète ici est une figure
de la patience dont Dieu supporta l'iniquité
des Juifs depuis le règne do Josias. v. i. —
16' Retirer («vaoaivctv). Ezech. 9. 3. Et glo-
ria Domini assumpta est deCherub: La gloire
du Dieu d'Israël s'éleva de dessus le chéru-
bin où elle était, et vint à l'entrée de la mai-
son du Seigneur; c'était pour faire connaî-
Ire que Dieu devait bientôt sortir en effet du
temple. — 17° Entreprendre {inioiyjtT^uL). 2.
Mach. 2. 27. Negotium plénum vigÙiarum et
sudoris assumpsimus : Nous engageant à rap-
porter en abrégé dans ce livre ce qui a élé
écrit en cinq livres par Jason le Cyrénéen,
nous avons entrepris un travail qui demande
une grande application et beaucoup de
peine.
De ce verbe viennent ces façons de parler :
AsscMERE cogitalionem. Prendre un des-
sein, une résolution (e-it-ôcv, altrahere ).
Sap. 19. 3. Aliatn sibi assumpserunt cogita-
lionem inscienliœ : Les Egyptiens, ayant ren-
voyé avec un grand empressement les Israé-
lites, prirent tout d'un coup follement une
autre pensée ; ce fut en se mettant à les
poursuivre.
AssuMERE fletum, lamentum, planctum. Ré-
pandre des larmes, jeter de grands cris, faire
un grand deuil {Iciuîù-jîtOxi). Jerem. 9. v. 10.
18. Assumam fletum et lamentum : Je vais ré-
pandre des larmes , et jeter de grands cris
sur les montagnes, dit le prophète, qui veut
confondre l'insensibilité du peuple- par l'a-
bondance de ses larmes. Ezech. 19. 1. ih tu
assume planctum super principes Israël :
Vous, ô Ezéchiel, faites un grand deuil sur
les princes d'Israël. Dieu commande au pro-
phète de pleurer Josias, qui était un très-
bon prince, étant retourné à Dieu de tout
son cœur, et qui fut tué ensuite par Pharaon
Necao, roi d'Egypte.
AssvMERE laudem et urationem,7zpoiîî\)^e(jOy.i.
Employer les sollicitations et les prières pour
quelqu'un. Jerem. 7. 16. Nec assumas pro
eis laudem et orationem : Jérémie, n'entre-
prenez point de me conjurer et de me prier
pour ce peuple. Dieu voulait prévenir la
douleur qu'eût eue son prophète, de n'être
pas exaucé.
AssuMERE linguam suam. N'employer sa
langue qu'à dire des paroles d'^ douceur cl
de llatterie. Jerem, 23. 31. (Juiassumunt lin-
guas suas ; Hebr. lenificant : Je viens aux
prophètes, dit le Seigneur, qui n'ont que la
douceur sur la langue; faux prophètes, qui
séduisent par un éiscours fliitleur.
AssuMEKE paraboUim. User d'un discours
grave, figuré ou prophétique («v«/.af/Çâ.v£tv).
Num, 23. v. 7. 18. Assumpta parahoïa : Ba-
l<iam commença à prophiiiiser : ce fut à Ra-
lac, au sujet de Jacob, qu'il bénit de la part
de Dieu, au lieu de le maudire, comme le lui
av.iit demandé Balac. c. :2V. 3. Job. 29. 1.
Assument parabolam : Continuant son dis-
cours. Voy. Parabola.
AssuMERu sibi sapienliam. S'attribuer la
Mi
sagesse, s'en flatter. Zach. 9. 2. Assump.ie-
runt qmppe sibi sapienliam valde : Celte pro-
phétie s'étendra aussi sur Emath, sur Tyr et
sur Sidon ; parce qu'ils se sont flattés si in-
solemment de leur sagesse. Alexandre assié-
gea la ville de Tyr, la .prit et la fit brûler :
ce qui fut l'accomplissement de celte pro-
phétie.
AssuMERE terminum ou terminas . Prendre
les bornes des terres, lâcher d'ciendre ses
terres, y travailler (u£T«Tt5ivai, îransponere).
Ose. o. 10. Facti sunt principes Juda quasi
assumenles terminum : Quand les dix Iribus
furent emmenées en càplivilé, la tribu de
Juda ne pensait qu'à s'emparer de leurs ter-
res ; c'est pourquoi, comme cette tribu était
obligée de les assister. Dieu la menace de
ses châtiments. Ainsi, Deut. 19. U.
AssuMEUE vires. Réparer, prendre des for-
ces. Judic. 19. 8. Oro te ut paululum cibi ca-
pias, et assumptis viribus proficiscaris .-Avant
que vous vous en alliez, je vous prie de
manger un peu auparavant, afin qu'ayant
pris des forces, vous vous en alliez quand le
jour sera plus avancé, dit le beau-père au
lévite son gendre, qui demeurait au côté de
la montagne dEphraïm.
AssuMERE ze/um, ÇïjÀoûv. Devenu jaloux de
quelque chose. Ezech. 39. 2o. Assumam ze~
lum pro nomine sancto meo : Je deviendrai
jaloux de l'honneur de mon saint nom ; sa-
voir : lorsque Dieu devait faire connaître
que les Juifs n'auraient été emmenés captifs
qu'à cause de leurs péchés, et que Dieu
même les aurait livrés entre les mains de
leurs ennemis, qui avaient coutume d'attri-
buer leurs victoires à leurs propres forces
Autres phrases Urées de ce verbe.
AssuMERE sermones alicujiis in corde sito.
Mettre dans son cœur ce qu'on nous dit, pour
en être pénétré. Ezech. 3. 10. Omnes sermo-
nes meos^ quos ego loquar ad te, assume in
corde tuo : Mettez dans votre cœur toutes les
paroles que je vous dis. Dieu envoie le pro-
phèteannoncersaparoleauxJuifs qui avaient
été emmenés cajjlifs.
ASSUMERE aliquid pcr os suum, «va>K|Me«-
vstv. Ouvrir sa bouche pour parler de quel-
que chose. Pb. 49. 16. fur assumis testamen-
tum meumper os luum? Pourquoi avez-vous
toujours mon alliance dans la bouche; letlr.
Pourquoi usurpez-vous mon alliance par vos
paroles : ce qui était désagréable à Dieu dans
ceux qui, ne parlant que des avantages de
son alliance , ne déracinaient pas en eux-
mêmes le vice.
AssuMERE aliquid in vanum, Iuim^Aveiv.
Prendre en main, employer une chose sainte
pour autoriser une fausseté, ou parler d'une
chose sainte sans garder tout le respect qui
lui est dû. Exod. 20. 7. Non assumes nomen
Domiiti Dei lui in vanum : Vous ne prendrez
pointen vain le nom du Seigneur, votre Dieu-
ce précepte défend non-seulement de se ser-
vir du nom de Dieu pour autoriser une faus
seté, mais même de le prononcer sans un
profond respect.
ASSUMI^TIO, Nis. Ce nom signifie propre-
Al!
DlCTlOiNNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
416
ment l'action de prendre; dans l'Ecriture :
1» Protection, assistance {àyriln^iç). Ps.
88. 19. Domini est assumptio nostra : Le
Seigneur est notre protection.
2° Rappel , rétablissement {,TzçÔG}.n-l>iç ).
Rom. 11. 15. Quœ assumptio nisi rita exmor-
tuis? Quel sera le rappel des Juifs, sinon un
retour de la mort à la vie? savoir, par la
grâce que Dieu leur fera de les rappeler à la
connaissance du nom de Jésus-Christ.
.5° Départ, sortie du monde { ù-jt/lv-^ig ).
Luc. 9. 81. Cum complerentur dies assumptio-
nis ejus : Lorsque le temps auquel Jésus-
Christ devait être enlevé du monde appro-
chait , il se résolut daller à Jérusalem.
i° Vision, prophétie. Thron. 2. li. Vide-
riint tibi assiimptiones falsas : Vos prophètes
ont eu pour vous des visions fausses et ex-
travagantes. Ce mot assumptio , gr. IriuLua,
répond au mot hébreu jnassa , qui signifie
une prophétie, du verbe nasa, qui, entre au-
tres significations, marque prophétiser. Voy.
ASSUMERE.
ASSUR, Hébr. Insidiator; gr.à(7(7ov/3, «s-aJ-
ûtot. — 1° Fils de Sem. Gen. 10. 22. (|ui bâtit
Ninive. v. 11. capitale du royaume d'Assyrie.
Voy. NiNivE. — 2° L'Assyrie, ou les Assy-
riens. Num. 2i. 22. Assur capiet te : L'Assy-
rie vous doit prendre un jour, dit Balaam
des Cinéens : en effet, les Cinéens de Neph-
tali furent transférés par Salmanasar, et ceux
de Juda par les Chaldéens. k. Reg. lo. 29.
Ose. 10. 6. Ipse in Assur delatus est : Le veau
d'or adoré par les Samaritains comme leur
Dieu , a été porté en Assyrie ; ils eu firent un
jwésent au roi , dont ils voulaient acheter la
protection. Isa. 52. 4. Assur ahsque ulla causa
calumniatus est eum : Assur a opprimé mon
peuple sans aucun sujet; c'esl-à-dire , les
Assyriens ; mais Ezech. 27. 23. Par Assur,
on doit entendre les Babyloniens; ces deux
peu pies ensemble ne faisaient qu'un royaume,
qui comprenait l'Assyrie, la Mésopotamie,
la Chaldée et s'appelait généralement du
nom d'Assyrie , aujourd'hui Diarbech (entre
la Turquie et la Perse). — 3° roi d'Assyrie.
Ezech. 31. 3. Ecce Assur quasi cedrus in Li-
bano : Assur était comme un cèdre sur le Li-
ban. Cette comparaison tend à faire connaî-
tre la force et l'éclat de l'empire du roi des
Assyriens , c. 32. 22. Ainsi , Num. 2î. 22.
Assur enim capiet te : Combien de temps de-
meurerez-vous en cet étal de ft)rce où vous
êtes; car Assur vous doit prendre un jour;
ce fut Salmanasar qui transféra les (Cinéens
de Nephtali. Voy. Asslb. 2" On peut entendre
dans ce dernier passage, ou l'Assyrie ou le
roi d'Assyrie. 1. Esdr. 0. 22. Converlernl cor
régis Assur ad eos : Le Seigneur avait tourne
le cœur du roi d'Assyrie ; c'était Da-
rius, fils d'Hystaspe, lequel ayant recouvré
Babylone (jui s'était révoltée contre lui, av lit
l'empire des Assyriens, aussi bien que celui
des Perses. Judith. 16. 5. — ^i-° Roi de Syrie.
Z,u:h. 10. 11. Voy. Humiliàre. —5° Père de
Thécua. 1. Par. k. 5.
ASSUUGERE , «viffraaOat. Se lever, en par-
lant iluue personne qui était assise ou cou-
chée j w. ijui se (lit aussi J'un maluU* (jmî se
porte mieux, d'un homme qui croît et de-
vient grand , d'une colline qui va en mon-
tant, d'un auteur qui s'élève dans son style;
dans l'Ecriture : Se lever par respect devant
quelqu'un. Gen. 31. 35. Ne irascatur Domi-
nus meus , quod coram te assurgere nequeo :
Que mon Seigneur ne se fâche pas si je ne
puis me lever maintenant devant lui, dit Ra-
chelà Laban, laquelle, étant assise sur les
idoles que cherchait Laban, s'excusa de ne
pouvoir se lever, sur ce que le mal ordi-
naire aux femmes venait de la prendre. Esth.
5. 9. Ainsi , Job. 29. 8. Senes assurgentes sta-
6ani ; Les vieillards se levant, se tenaient
debout; Job fait connaître ici qu'il était ho-
noré et regardé comme le prince du pays.
ASSCiilM , Heb. Insidiatores. Fils de Da-
dan , petil-fîls d'Abraham et de Céthura , sa
seconde femme. 1. Par. 1. .32.
ASSUS , à , UM , ÔTTTÔ?. Ce participe ossus,
mis pour assatus , vient du verbe grec «Çw,
sîcco , et signifie rôti. Exod. 12. v. 8. 9. Et
edent carnes nocte illa assas igni : Les enfants
d'Israël, la nuit du quatrième jour du mois
de nisan, mangeront la chair rôtie au feu :
c'est de l'Agneau pascal. Luc. 2i. 43. At illi
oblulerunt ei partem piscis àssi : Et les apô-
tres présentèrent à Jésus-Christ un morceau
de poisson rôti; ce fut après sa résurrection,
lorsqu'il leur demanda quelque chose à
manger, pour les assurer que ce n'était point
un esprit , mais lui-même qu'ils voyaient.
ASSYRIUS , Heb. Insidiator, ào-TJ/jfo?. 1°
Assyrien, qui est d'Assyrie, généralement
prise, qui comprend l'Assyrie, prise plus
étroitement pour une province; la Mésopo-
tamie el la Chaldée, dont la capitale était
Babylone. Tob. 1.2. Judith. 1. 5. etc. Sou-
vent ailleurs , Mich. 5. 5. 2° Assyrien, qui
est de l'Assyrie, province distinguée de la
Mésopotamie et de la Chaldée. L'Assyrie ,
proprement dite, est le pays qui est autour
(le Ninive, lequel a été depuis appelé Adia-
bene ; mais plusieurs ont souvent confondu
les Syriens et les Assyriens, au lieu que l'u-
sage a voulu, depuis, que ces deux peuples
fussent séparés par l'Euphrate ou au moins
parle Tigre. Gen. 2. ii. — 3° Syrien, qui est
de Syrie. Gen. 25. 18. Habilavit autem ab
Hevila usque Sur, quœ respicit JEgyptum in-
troeuntibus Assyrios : Le pays ou Ismaël ha-
bita, fut depuis Hévila jusqu'à Sur, qui re-
garde l'Egypte, lorsqu'on entre dans la Sy-
rie.
ASTARE. Voy. Adstare.
ASTAROTH, Heb. Reges. — i" Ville capi-
tale d'Og , roi de Basan. Cette ville était si-
tuée dans la plaine des Moabites , au milieu
de la tribu deManassés. Délit. 1. 4.— 2° Pays
qui a pris son nom de la ville. Gen. 14. 5.
Percusseruntque Rophaim in Astaroth Car-
naim : Chodorlahomor vint avec les rois qui
s'étaient joints à hii. et ils défirent les Ra-
phaïles dans Astaroth-Carnaïm ; or, Asta-
roth-Carnaiin signifie Astaroth à deux cor-
nes, soit parce que cette ville était située
sur une montagne qui avait deux pointes;
soit à cause que l'on y adorait Diane, qui
éUit représeiuée avec un croissant sur i^
H7
AST
AST
418
tête. Jos. 9. 10. c. 12. i. c. 13. v. 12. .3t. 1.
Par. 6. 71. Voy. BOsra.— S" Idole des Philis-
tins. 1. Reg. 31. iO. Et posurrunt arma ejus
in templo Àstaroth : Les Philislins mirent les
armes de Saiil dans le temple d'Astarolh ;
ce fut après sa défailc et sa mort, où il est
à remarquer que, dans tous les passages du
livre des Juges , Baal est toujours joint à
Astaroth. Judic. 2. 13. ûimitlentes eum,et
servientes Baal et Astaroth • Les Israélites
quittèrent Dieu pour servir Baal et Astaroth;
ce fut pour leur idolâtrie que Dieu les livra
entre les mains de leurs ennemis, c 3. 7. c.
10. 6. etc., et ces deux idoles fuient rejelé 'S
par les Israélites , de l'ordre de Samuel. 1.
Reg. 7. V. 3. k. Celte idole d'Astaroth est la
même que celle (jui est appelée Astarthe,
adorée par Salomon. 3. Reg. 11. o.Voy. As-
tarthe.
ASTARORHITES, Heb. Grèges. Qui est
d'Astaroth. 1. Par. 11. iV. Ozia Astaro-
rhites.
ASTARTHE, Ovis ou grex. Idole des Si-
doniens et des Philistins, adorée par Salo-
mon. 3. Reg. 11. 5. Sed colebat Salomon As-
tarthen Deam Sidoniorum : Salomon adorait
Astarihé, déesse des Sidoniens; les auteurs
profanes appellent celte idole : Déesse des
5^/'j>«s; quelques-uns croient qu'elle avait la
figure d'une brebis; d'autres, tjue depuis la
télc jusqu'à la moitié, elle avait la forme
rie femme, et le reste la figure de poisson.
Lt'sunscroientque c'était la Vénus des Grecs
et des Romains, et d'autres l'idole de la lune,
ou Diane , qui passait pour la reine des as-
tres ; ainsi son nom pouvait venir de l'hé-
breu Asalli , d"où vient «^rrio, astrum.
ASTRINGERE.— 1" Lier,' attacher, serrer
(ttcotsive'-v). Acl. 22. 2o. Cum nstrinxisseni
enm loris : On lia saint Paul par l'ordre du
tribun de la cohorte qui gardait le temple,
pour le mettre en état délre fouetté. Levil.
8. 8. Quod astringens cingulo aptarit ratio-
naU : Moïse serrant l'éphod avec la ceinture
y attacha le rational (^v^yiy/Eiv . Ezech. 27.
2+. — 2° Engager, obliger de faire. 3. Reg. 8.
m. Si peccaverit fiorno in proximiim suuin ,
et habuerit alir^uod jiiramenlum, quo teneafur
odstrictus : Salomon den)ande à Dieu d'ex.iu-
cer celui qui viendra dans son saint temple
pour le prier de lui faire rendre la justice
contre un dépositaire qui lui aura nié le dé-
pôt qu'il aura reçu de lui. Voy. Juramex-
TtM.
ASTRUM. Ce mot est grec «o-t/sov, et signi-
fie un astre, et se dit proprement d'une cons-
tellation ; il se dit aussi, mais improprement,
du soleil, de la lune et de chacjue étoile en
p.irliculier ; dans l'Ecriture :
Astre. Job. 38.7. fy'6/ eras, cnm melaudnretU
timid nslra mnlutina ? Où eliez-vous , lors-
que les astres du malin me louaient tous en-
i^emble, en me reconnaissant Irur créateur?
Voy. Matutinus. D'où vient celte façon de
parler figurée.
Jîxaltnre sotium suuin super astrn .- Elever
son trône au-dessus des aslrcs; c Cst-à-dire,
s'élever d'une manière orgueilleuse au-des-
Bus de tout. Isa. 1^*. 13. Super astrn Dei exal-
taho soUxim meum : Comment as-tu été ren-
versé sur la terre, toi qui disais en ton cœur:
J'élablirai mon trône au-dessus des aslres de
Dieu. Cela s'entend du démon, sous la figure
du roi de Babylone. Voy. Lucifer. Deut. i
19. c. 10. 22. c. 28. 62.
ASTUTIA , Trv.Mr>vpyîvuv.. Ce substantif si-
gnifie proprement, finesse; dans l'Ecriture :
—1° Finesse, artifice malicieux, sagesse et
prudence du siècle çscôwjc-tr ). Job. 5. 1.3,
Qui apprehendit sapieniès in astuiia eorum ':
Dieu trompe les sages par leur propre sa-^
gesse. Saint Paul ;>ppe!le cette sagesse une
vraie folie. 1. Cor. 3. 19. Snpicntia enim hu-
jus mundi stultitia est apud Beum : La sa-
gesse de ce monde esl une folie devant Dieu
2. Cor. 4. 2. c. 11. 3. Eph. i. li. — 2" Pru-^
dence, discernement, vertu par laquelle on
juge bien des choses et l'on évite d'être
trompé (Travo'jcyia;. Prov. 1. i. Utdetur par-
vulis astuiia: Salomon dit que ses paraboles
sont pour donner delà discrétion aux sim-
ples, r. 8.0. A'oy. Parvclus. — .3" Desseins
secrets et cachés, sages conseils. Eccli. 1. 6.
Astutias illius quis agnovit? Qui a pénétré
les artifices divins du Verbe de Dieu?— i»
Pensées secrètes et cnchées (m bonne ou
mauvaise part). Eccli. i2. 18. Et in aslutia
ejus excogitabit (pour astutiam) : Le Sei-
'gneur pénètre les plus secrètes pensées des
hommes; avec quoi s'accorde Luc. 16. 15.
ASTUTUS, A, UM, TravoOiyo.-. Cet adjectif
est dérivé d'astus, du nom Astu , qui était la
Tille d'Athènes, et signifie dans l'Ecriture :
1° Fin , rusé, artificieux. 2. Cor. 12. 16. Cum
essem astutus, dolo vos cepi : On dira peut-
être qu'il est vrai que je ne vous ai point été
à charge; mais qu'étant artificieux , j'ai usé
d'adresse pour vous surprendre. Le saint
Apôtre se justifie des calomnies que ses en-
nemis lui avaient faites ou nouvaient lui
faire.— 2^ Sage, discret , habile. Prov. 13.
H^.Astutusomnia agit cum cons?'/iO; L'homme
habile fait tout avec conseil, c. 13. o. Qui
custodit increpationes, astutior fiet .-Celui
qui se rend au châtiment deviendra plus
sage. c. I'k 1.0. c. 13. 18. c. 27. 12. Eccli.
18. 2M. c. 37 21.
ASTYAGES, Heb. Ductor urbis. Roi des
Mèdes et des Perses; ce prince avait songé
que lenfant qui naîtrait deMandane,sa fille,
lui ôterait un jour la couronne; pour pré-
venir ce malheur, il la maria à un honime
de fort basse condition, nommé Cambijses;
laquelle ayant accouché d'un fils , Astyages
le fil prendre et le do;ina à Harp;igus , son
confident, pour le faire mourir. Harpagus
eut horreur dune si cruelle action, il le
donna au pasteur qui gardait les troupeaux
du roi, qui le changea pour son fils, et fi'
croire au roi qu'il était morl. Cet enfant
étant devenu grrind, appril de quel sang i;
était sorti; Harpagus, qui avait i)erdu les
bonnes grâces d'Aslyages, fournit des arn>es
et de 1 iirgenl à ce jeune prince pour faire
la guerr(! a son aïeul; il le chassa du trône,
et, selon quel(|ues-uns . le fil mourir; selon
d'autres, il lui laissa l'Hyrcanie; il prit Ba-
bylone la 27* année de son règne, avec Da
119
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
420
rius, son oncle maternel. Dan. 13. 65. Rex
Astmges appositus est adpalressuos, et susce-
pit Cyrus Perses regnum ejus : Asiyages
ayant été joint à ses pères parla mort, Cy-
rus de Perse succéda au royaume, l'an 3U4.
Voy Darils.
ASYLUM, 1. u(7\jIo'j. Ce nom latin vient
de l'a privatif, et du Grec (tj),»?, qui signifie
dépouille; parce qu'il n'était pas permis de
dépouiller ceux qui s'étaient réfugiés dans
quelque lieu d'asile ou refuge, et signifle,
Asile, refuge, lieu de sûreté. 2. Mach. 4.
3'i.. Ciimjurejurando... suasisset de asylo pro-
céder e, slatim peremit ein?i;Andronique ayant
persuadé à Onias, par la parole qu'il lui
donna avec serment de ne lui point faire de
mal, de sortir de l'asile où il était, il le tua
aussitôt : ce fut à l'instigation de Ménélaùs.
ASYNCRITUS, 1 . Gr. Incomparabilis. Un
chrétien que saint Paul salue. Rom. 16. 14.
AT. 5;. Cette conjonction , qui vient du
Grec, àràp , signifie, 7nais, et est le plus sou-
vent conjonction adversative et cotrective.
Elle s'oppose souvent à non-seulement, pour
marquer quelque augmentation ou contra-
riété. Elle sert souvent de liaison au discours,
et il est difficile d'en déterminer la significa-
tion.
1° Mais, conjonction adversative ou cor-
rective. Luc. 9. 21. At ille increpans illos:
Jésus demandant à ses disciples qui ils di-
saient qui il était, saint Pierre répondit : Le
Christ de Dieu ; mais Jésus leur défendit très-
expressément de parler do cela à personne.
c. 4. C.12. U.
On s'en sert pour répondre, et elle peut
souvent se rendre par le relatif qui, quœ,
quod. Matth. 26. 66. Àt illirespondentes dixe-
runt : Reus est mortis ( pour qui dixerunt ).
Le grand-prêtre dit a tout le conseil ; Que
jugez-vous de ce que vous venez d'entendre
de Jésus? Ils répondirent : Il a mérité la
mort. Marc. 9. 20. et ailleurs en plusieurs
endroits. Marc. 7. 28. etc.
3" Ensuite, par après. Gen. 8. 5. At vero
aquœ ibant et decrescebant : Les eaux com-
mencèrent à diminuer, et le 27' jour du sep-
tième mois, l'arche se reposa sur les monta-
gnes d'Arménie, et puis après, les eaux al-
laient toujours en diminuant, c. i6. 31. Act.
22. 14.
4° Celte particule semble quelquefois su-
perflue. Gènes. 24. 65. Al illa tollens pallium
suum, operuit se: Rebecca prenant son man-
teau, s'en couvrit. 1. Reg. 13.30. etc.
0° C'est pourquoi, Act 3. 5. At ille inlen-
debat in eos, sperans se aliquid accepturum
ab eis : Saint Pierre dit au pauvre qui lui
demandait l'aumône, et à saint Jean: Regar-
dez-nous; c'est pourquoi il les regardait,
espérant qu'il allait recevoir quelque chose
d'eux, c. 4. 21. Gen. 30. 3. c. 42. 26. Num.
21. 2. 1. Reg. 20. 41. 4. Reg. 14. 19.
6" Néanmoins (/«t). Num. 14. 14. At illi
r.ontenebrali ascenderunt in verticem montis:
Vous tomberez sous l'épée des Amalécites,
parce que vous n'avez point voulu obéir au
Seigneur, dit Moïse au peuple; néanmoins
eux étant frappés d'aveuglement, montèrent
sur la montagne; ils y furent battus.
7° Alors [■/ml). Num. 16. 34. At vero omnis
Israël, qui stabat per gijrum, fugit ad clamo-
rem pereuntium: Coré el sa troupe descen-
dirent tout vivants dans l'enfer, alors tout le
peuple d'Israël qui était là autour, s'enfuit
au cri des mourants. Malth. 14. 18. At illa
prœmonita a matre sua : Da mihi, inquit,
hic in disco caput Joannis Baptistœ : Hérode
promit à la fille d'Hérodiade, de lui donner
tout ce qu'elle lui demanderait ; et alors
ayant été instruite auparavant par sa mère;
lui dit: Donnez-moi présentement dans un
bassin la tète de Jean-Rapliste : Ainsi, Ruth.
4. 9.4. Reg. 4. 19. etc.
ATAD, Heb. lihamnus. Voy. Area.
ATARA, Heb. Corona. Seconde femme de
Jéraméel. 1. Par. 2. 26.
ATAROTH, Heb. Coronœ. — 1° Ville de
la tribu de Gad, delà le Jourdain. Num. 32.
V. 3. 34. — 2" Ville ou contrée sur les con-
fins des tribus dKphraïm, de Benjamin et
de Juda. Jos. 16. 7.V^oy. Adarsa ou Adazer.
ATAROTH-ADDAR, Heb. Coronœ poten-
tiœ. — 1° ville dans la tribu d'Ephraïm. Jos.
15. 5. c. 18. 11. — 2° L'une des frontières de
Benjamin. Jos. 18. 13.
ATER, Heb. Sinister. — 1° Chef de famil-
le, dont les enfants revinrent de la captivité,
au nomb. de98. 1. Esdr. 2. 16. Filii Aler,
qui erant ex Ezecliia, nonaginta octo. — 2° Un
des six descendants des portiers, dont les
familles, comprises toutes ensemble, revin-
rent de la captivité de Babylone, au nombre
de 139. 1. Esdr. 2. 42. Mais 2. Esdr. 7. 46.
ne sont marquées qu'au nombre de 138. La
cause de cette différence ou diversité de nom-
bre peut être que 1. Esdr. 2. 42. le dénom-
brement fait en partant de Babylone pou-
vait bien contenir ce nombre; mais après le
dénombrement qui fut fait après leur retour
de captivité en Judée, 2 Esdr. 7. 46, il s'en
trouva de manque, soit par la mort ou par
quelqueautre accident. L'on peut remarquer
quedans le l°de ce titre, Ather est écrit par
un h, Athcr, et est écrit sans h, dans le 2°.
ATHA, Heb. Venit. Voy. Maran-Atha.
ATHACH. par •; Heb. Hora tua. Ville
dans la tribu de Juda, l'une de celles aux-
quelles David envoya du butin et des dé-
pouilles des Amalécites. 1. Reg. 30. 30.
ATHACH, par n /(e,Heb. Percn/jen^. Eunu-
que, ou ojficier d'Assuérus, à qui il confia la
garde dEsther. Est. 4. v. 5. 6. 9. Voy. Eijnu-
CHUS, Nurn. 2\
ATHAIAS, Heb. Tempus Bomini. Fils d'A-
ziain et descendant de Juda qui, dans le sort
qui fui jeté après le retour de Babylone, afin
que la dixième partie du reste du peuple de-
meurât dans Jérusalem, se trouva de cette
dixième partie. 2. Esdr. 11. 4. Voy. v. i.
ATHALAI , par y. Heb. Tempus meum
L'un des enfanis de Bébaï, qui, pour se con-
former à la volonté de Dieu, lut de ceux qui
consentirentàchasser leurs femmes clrangô-
re«. l.Esdr- 10. 28.
ATHALIA,Heb.rem/)Ms Domino.— i' Mère
d'Ochozias. fille d'Achab, et petite-fiUe d'Ani^
fôl ATQ
ri, qui, entre ses cruautés, après \ù mort de
son fils Ochosias, fil tuer les princes de la
race royale, excepté Joas. i. Reg. 8. 26. No-
men matris ejus Athalia : La mère d'Ochosias
s'appelait Athalie, et était petito-filled'Amri,
roi d'Israël, c. 11. v. 1. 2. Athalia interfecit
omne semen regiwn : Athalie fit tuer tous les
princes de la race royale, v. 2. c. 8. 2G. 2.
Par. 22. 10. c. 23. v. 12. 21. Mais Joïada,
grand-sacrificateur, ayant fait nourrir secrè-
tement dans le temple ce jeune prince, son
neveu, il le fit reconnaître pour roi, et fit
mourir Alhalie, qui s'était signalée par ses
cruautés et ses impiétés, l'an 3126: elle avait
régné six ans. — 2" Un des descendants dA-
lam, père d'un nommé 7sate; soixante et dix
personnes revinrent de Babylone avec cet
Isaïe. l.Esdr. 8. 7.
ATHANAI, Heb. Forlis. Un des descen-
dants de Gerson, fils de Lévi, qui servaient
devant le tabernacle de l'alliance, jusqu'à
ce que Salomon eiît bâti le temple. 1. Par. 6.
il.
ATHAR, Heb. Oratio. Ville de la tribu de
Siméon. Jos. 19. 7. C'est la même queElher,
Jos. 13. 42. et Etam. 2. Par. 11. 6.
ATHENvE, Gr. Minervalm. Ce mot vient
du Grec aQtjvâ. Minerva, et signifie, — Athè-
nes, qui a été une des villes du monde la
plus illustre et la plus florissante; elle était
attachée à la philosophie et au culte des
idoles. Saint Paul y a prêché l'Evangile dans
l'Aréopage. Act. 17. 16. et suiv. c. 18. 1. 1.
Thess. 3. 1. Maintenant elle est érigée en
archevêché, et se nomme Setines.
ATHENIENSIS, is. idem. Athénien, qui
estd'Athènes. 2. Mach. 9. 15. Et Judœos
œquales nunc Atheniensibus facturum pollice-
tur: Antiochus promet d'égaler les Juifs aux
Athéniens: ce fut après avoir été frappé de
Di( u. Voy. v. 5. 7. 9. 12. Ainsi, Act. 17. v.
21 . 22.
ATHENOBIUS, Gr. Arcus Minervœ. Favori
et confident d'Antiochus Soter. 1. Mach. 15.
V. 28. .32. .35.
ATHERSATHA, motpersian, gouverneur
de province, ou lieutenant de roi. Nom d'oî-
fice ou de charge chez les Chaldéens. Quel-
ques-uns croient que ce nom Athersulha
est attribué à Zorobabel; et d'autres croient
que c'est à Néhémias. 1. Esdr. 2. 63. Leur
difficulté vient de ce qu'il est assez difficile
de savoir auquel de ces deux cités v. 2. ce
mot doit être rapporté. Le même doute est
encore 2. Esdr. 7. 70. à cause de pareille
difficulté du rapport au v. 7. Quoique, tout
examiné, la charge d'échanson, où était
Néhémias auprès du roi Artaxerxès, porte
plus à lui attribuer ce nom, Athersata, qui
vient du motThcrsa, alnit, et de Satha, hi-
hit , et qui lui est clairement attribué 2.
Esdr. 8. 9. c. 10.1.
ATHMATHA , Heb. Lacerta. Ville en la
Iribu deJud.'i. Jos. 15. .53.
ATQÛE, Gr. x«i. Cette conjonction est for-
mée (Vue, et de que, changeant c, en t, et
signifie proprement comme son simple et y
qui a dans l'Ecrjturc plusieurs significations
différentes, qu'il n'est pas aisé de fixer. —
ATR
4n
i" Et, conjonction copulalive. Gen. 1. 21.
Creavit Deus eefe grandia, et omnem atumam
viventem, atque motabilem: Dieu créa donc
les grands poissons et tous les animaux qui
ont la vie. — 2' Aussitôt {■j.try-Kîtzy.). Gen.
23. 19. Atqua ita sepelivit Abraham Saram
uxorem suam : Le champ qui avait é(é autre-
fois à Ephron, étant assuré à Abraham ,
comme un bien qui était à lui, aussitôt Abra-
ham enterra sa femme dans la caverne dou-
ble duchampqui regardeMambré.— 3'Ainsi,
pour cette raison, Jos. li. li. Atque ex eo
fuit Hebron Caleb: Josué donna à Caleb He-
bron pour son héritage: c'est pourquoi, de-
puis ce temps-là, Hebron a été à Caleb. Num.
36. 3Ï. Heb. 12. 2. — i' Outre, déplus. Jos.
4. Atque inde perlransiens in Asemona : Le
pays ou la tribu de Juda, commence au haut
de la mer salée, etc. H s'étend vers la mon-
tagne du Scorpion, et passe jusqu'à Sina. etc.
et de plus, passant delà jusqu'à Asemona,
il arrive jusqu'au torrent d'Egypte, c. 18.
ATRAMENTUM, 1. ;..:)«., oc. Ce substan-
tif vient primitivement de ladjeclif a/er, noir;
et signifie proprement,
Encre pour écrire. 3. Joan. 13. Nohd per
atramentum et calamum scribere tibi : Je ne
veux point vous écrire avec une plume et de
l'encre; parce quej'espère de vousvoir bien-
tôt. Saint Jean eût pu écrire plusieurs cho-
ses, et il rend raison pourquoi il ne le fait
pas. 2. Joan. 12.
Ainsi, 2. Cor. 3. 3. Epistola estis Christi
scripla non atramento, sed Spirilu Dei vivi:
Vos actions font voir que vous êtes la lettre
de Jésus-Christ, qui est écrite, non avec de
l'encre, mais avec l'esprit du Dieu vivant.
Saint Paul, qui témoigne aux Corinthiens
que leur conversion est la plus forte lettre
de recommandation qu'ils puissent employer
auprès de lui, assure aussi que la grâce de
Dieu, par laquelle il a écrit sa loi dans leur
cœur, en est comme l'encre.
ATRAMENTARIUM, 11. Ecritoire. Ezech.
9. v. 2.3. U. Atramentarium scriploris ad
renés ejus: Il y en avait aussi un au milieu
d'eux qui était revêtu d'une robe de fin lin,
et qui avait une ecritoire pendue sur les
reins. Cet homme est Jésus-Christ, qui reçoit
ordre de son Père de délivrer les siens dé la
ruine des réprouvés, et de marquer un Thau
sur le front. Voy. v. 4. Le Grec et le Syria-
que portent ad zonam: ce qui fait croire
que l'écriloire se portait à la ceinlurc.
ATRIUM, 11. Ky),/i. Ce n)ot vient û'Alria,
ville de Toscane , parce que c'est dans cette
ville qu'ont commencé ces sortes de bâti-
ments, et était pris alors pour une sorte de
bâtiment qui était devant la maison, où se
rendait toute l'eau de pluie qui tombait de
dessus toute la couverture de la maison ;
présentement il signifie une salle à l'entrée :
dans l'Ecriture. — 1" Cour d'une maison.
Matth. 26. 69. Pelrus vcro scdebat foris in
atrio : Pierre cependant était au dehors assis
dans la cour. — 2 Salle dune maison. Esth.
6. v. 4. 5. Aman stat in atrio : Aman est dans
la salle, dirent les officiers d'Assuérus à ce
4Î5
DICTIOiNNAlRK DE PHILOLOGIE SACRÉE.
iU
qu'il leur demandait. —3° La maison entière.
Luc. 11. 21. Cnm fords cn-malus custodit
ntritnn sintm : Lorsque le fort armé garde sa
maison, loul ce qu'il possède est en paix : la
garde se fait à l'enlrée d'une maison ; mais
elle ne se fait que i)Our garder toute la mai-
son. — i° Vestibule de maison, entrée de
quelque lieu. 2. Esdr. 3. 25. Jn atrio carce-
ris : Le long du vestibule de la prison. Jcrem.
•42. V. 2. 12. c. 33. 1, Ainsi, 2. Esdr. 8. 16.
Fecpvuntque sibi tabernacula unusquisque
in domate suo et in atriis suis : Tout le peu-
ple se fil des couverts en forme de tentes,
cliacun sur le haut de sa maison, dans leur
vestibule. Ils exécutèrent en ceci la solennité
de la fête des tabernacles, selon que Dieu
l'avaitordonné. — o" Parvis ou place publique,
qui est ordinairement devant les grandes
églises : tel était le parvis du tabernacle;
c'est-à-dire une grande place, longue de
cent coudées, et large de cinquante. Exod.
27. 9. c. 38. 9. Ce parvis était double; la par-
tie de devant et plus au dedans du taberna-
cle , où était l'autel des holacaustes , était
pour les prêtres et les lévites. La partie ex-
térieure était pour le peuple, et où il faisait
ses prières, et y amenait ses victimes , jus-
qu'à rentrée du parvis des prêtres : c'est du
premier parvis dont il est parlé, Lcvit. 6. v
16. 26. Sacerdos qui offert, comedet eam in
loco sancto, in atrio tubernnculi : Le prêtre
qui offre l'hostie pour le péché, la mangera
dans le lieu saint , dans le parvis du taber-
nacle.
Quand Salomon bâtit le temple, il en fit
faire le parvis double, à l'imitation de celui
du tabernacle. 3. Reg. 6. 36. Et œdificavit
atrium interius : Il bâtit aussi le parvis inté-
rieur : c'était celui des prêtres dont il est
parlé. 2. Par. 4. 9. Fecii etiam atrium sacer-
dotum : Salomon fit aussi le parvis des prê-
tres : il est parlé de lun et de l'autre en plu-
sieurs endroits d'Ezéchiel, 8. v. 7. 16. c. i4.
19. c. 10. v. 3. i. o. Usque ad atrium exle-
rius : Le bruit des ailes des chérubins reten-
tissait jusqu'au parvis extérieur : ce dernier
est appelé le grand parvis. 3. Reg. 7. v. 9. 12.
11 est fait mention des deux ensemble, 'i^. Rog.
21. 5. Extruxit allaria universce mUiti<e cœli
in duùbus atriis templi Dei : Manassé bâtit
des autels à tous les astres du ciel dans les
deux parvis du temple du Seigneur. Ainsi,
c.2.3. 12. 1. Par. 28. v. 6. 12. 2. P-ar. 23. o.
c. 33. o. et' souvent dans les psaumes.
Ainsi :
ATRIAjORDM. Le Temple mémeou l'Eglise,
dont le Tenjple était la figure. Zach. 3. 7. Cus-
todies atria mea : Si vous u archoz dans mes
voies, vous garderez mon temple, dit l'Ange
à Jésus, ou Josué, fils de Josédec. Dieu mon-
tre à Zacharie dans cette vision le choix qu'il
avait fait de ce Jésus pour avoir part avec
Zorobabel au rétablissement du temple, mal-
gré le démon et les ennemis du peuple de
Dieu. Ps. OV. 5. Ps. 83. v. 3. 11. Ps. 91. Ik.
Ps. 93. 8. etc.
ATRIUM ENON, Heb. HATSAR-HENOiN,
le parvis de là fontaine. Lieu entre les bor-
iKs do la terre promise et les limites de Da-
mas du côté du septentrion. Ezech. 47. 17.
Et erit terminus a mari usque ad atrium
Enon : Les bornes de celte terre seront de-
puis la mer jusqu'à la cour d'Enon, qui fait
les limites de Damas. Ezech. i8. 1. 11 semble
que ce soit le même lieu appelé le village
ù'Enan. Num. 34. 9.
ATRIOLUM, 1, v.v\-h. Petite salle à l'entrée
d'une maison ; dans 1 Ecriture,
Petite salle ou petite place. Ezech. 46. 21.
Ecce atriolum crat in angulo atrii, atriola
singula per angulus atrii : Jo vis qu'il y avait
une petite place à chacun des quatre coins
du parvis extérieur v. 22. 23.
ATROCITER. Cruellement. 2. Par. 28. 29.
Et occidistis eos atrociter : Le prophète Odeû
alla au-devanl de l'armée du roi d'Israël, qui
venait à Samarie, et lui reprocha d'avoir tué
très-inhumainement Juda que Dieu lui avait
livré entre les mains.
ATTACUS, ou ATTELABUS, synonyme.
Ces deux noms viennent du même verbe grec
«TTw, salioy parce que cet animal saute tou-
jours, et signifie :
Espèce de sauterelle fort petite, qui rampe
plutôt qu'elle ne vole (àTT«-/.>3). Comme ces
animaux sont grands dans la Palestine et en
grand nombre. Dieu les marque du nombre
des animaux que les Juifs pouvaient manger.
Le vit. 11. 22. Quidquid ambulat super quatuor
pedes^ sed habet longiora rétro crura per quœ
salit super terram, comedere debetis, ul est
bruchus in génère suo, et attacus ntque ophio-
machus : V^ous pouvez manger de loul ce qui
marche sur quatre pieds, mais qui ayant les
pieds de derrière plus longs, saule sur la
terre; comme le bruchus, selon son espèce,
Vatlacus, Vophiomachus. C'est de la même
espèce que locusta, qui était le mets le plus
commun et le plus grossier, puisque l'usage
qu'en faisait saint Jean est marqué par saint
Matthieu comme une des circonstances de la
dureté de sa vie. Matt. 3. 4.
ATTALIA, Gr. Augens, ville maritime de
Pamphilie aux confins de la Lycie, bâtie par
Altalus Philadelphe, de qui elle a pris son
nom. Act. 14. 24. Descenderunt in Attaliam :
Saint Paul et saint Barnabe descendirent à
Altalie. On l'appelle aujourd'hui Salalia; les
Turcs !a nomment Satali.
ATTALUS, Gr. Auctus. roi de Pergame et
de Phrygic. 1. Mach. 13. 22. Ce prince voulut
imiter Plolémée Philadelphe , dans le soin
qu'il se donna de ramasser los livres les p'us
curieux, pour en composer une Irès-célèbre
bibliothèque. Il institua le peuple romain
héritier de ses états et de ses grandes riches-
ses.
ATTAMEN. Cette conjonction est compo-
sée; d'at et de tamen , et signifie propre-
ment :
1" Toutefois, cependant, néanmoins (xai).
Gen. 38. 'Hj. Attamen ultra no» cognovit eam:
Juda ne connut point néanmoins depuis
Tliamar.
•1" Au moins ( 77/«v). Soph. 3.7. Attamcn
timebis me : Au moins après cela vous me
craindrez, dit Dieu aux peuples qu'il a déso-
lés et aux villes qu'il a ruicéss
425
ATT
3* Et aussi ( mî ). 3. Reg. 15. G. Atlamen
bellum fuit inter Roboam et Jéroboam : Il y
eut aussi guerre entre Roboam et Jéro-
boam.
ATTENDERE, rcpo'réxevj- Ce verbe est com-
posé d'ad et do tenderc, elVnccusi[l\ï animum
i>sî, ou exprimé, ou sous-enlendu, et signifie
proprement, être atlenlif, dans l'Ecriture : —
1» Considérer quelque chose, faire attention,
appliquer son esprit à quelque chose. Ps. 77.
1. Attendîtes popule meus, Legem meam;i. e.
nttenditeanimum ad Legem : Ecoutez ma loi,
ô mon peuple. Job. 21. 5. Attendite me -Je-
tez les yeux sur moi, dit Job à Sophar, qu'il
invite à comparer la fidélité avec laquelle il
a toujours servi Dieu, avec ses douleurs pré-
sentes qui étaient extrêmes. 1. Tim. k. IG.
Attende tibi et doctrinœ : Veillez sur vous-
même et sur l'instruction des autres, dit
saint Paul à son disciple. — 2° Etre attentif,
écouter attentivement. Prov. 7. 2i. Attende
verbis oris mei : Le Sage donne ici à la jeu-
nesse pour armes, contre les attaques de
l'impureté, la méditation de la parole de
Dieu. Deut. 27. 9. 2. Par. 20.15. c.33. 10. etc.
— 3° Prendre garde, veiller, se donner de
garde. Matt. 6. i. Attendite ne jiistitiamve-
stram faciatiscoram hominibus, ut videamini
ab cis: Prenez garde de ne faire pas vos bon-
nes œuvres devant les hommes pour en être
regardés. Act. 20 28. Attendite vobis et uni-
verso gregi : Prenez donc garde à vous-mê-
mes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-
Esprit vous a établis évêques pour gouver-
ner l'Eglise de Dieu, dit saint Paul aux prê-
tres d'Ephèse. Eccli. 6 13. Ab amicis tuis at-
tende : Donnez-vous de garde de vos amis ;
l'Ecriture entend des amis communs et non
de l'ami fidèle. — 4" S'arrêter, s'appuyer sur
quelque chose {è-ni^si^). Eccli. 5. 1. Noli
attendere ad possessiones iniquas : Ne vous
reposez point sur vos richesses injustes.
Voy. Imquus. c. 34. 2. c. 37. 14. Jerem. 29.
8. Ainsi, 2. Petr. 1. 19. Et habemus firmiorem
Prophelicum sermonem cui benefacilis alten-
dentés quasi lucernœ lucenti : Vous faites
bien devous arrêter aux oracles des prophè-
tes, comme à une lampe qui luit dans un
lieu obscur, jusqu'à ce que le jour commence
à paraître, et que l'étoile du matin se lève
j dans vos cœurs. Saint Pierre loue les Juifs
I dispersés de s'attachera la lecture des pro-
phètes, les regardant comme la base et le
fondement de la foi, puisqu'ils ont suffisam-
ment parlé delà puissance et de la venue de
Jésus-Christ. — S'^ S'attacher avec estime et
respect {irpoaiyji^,). Sap. 14. 30. Attendentes
idolis : Les hommes idolâtres ont eu des
sentiments impies de Dieu en révérant les
idoles. Act. 8. 11. 1. ïim. 4. 1.
ATTENTE , èzTEvwf. Attentivement, avec
attention et application (ifiSpu). Jos. 22. 5.
lia dumtaxaty ut cuslodiatis attente manda-
tum et legem : Ayez soin seulement d'obser-
ver Gxaciement les conimandements et la loi
que Moïse vous a prescrite, dit Josué aux
tribus di- Rnben et de Gad, et à la demi-tribu
de Manassé, les renvoyant dans leur pays. 1
Pelr. 1.22.
DiCTIONN. DE PHILOL. SACRÉE. I.
ATT iU
AXTENTIO, OMS, attention : dans l'Ecri-
ture, précaution, circonspection, mesure
{npoiTs\j-/ir,, provida ratio). Sap. 12. 20. Inimi'
cos servorum tuorum cum lanta cruciasli at~
tentione : Vous avez puni les eniieniis de vos
serviteurs avec tant de précaulion. Ces me-
sures et ces précautions dont Dieu s'est servi
pour punir les ennemis de son peuple ,
leur eussent pu donner lieu de fisiro péni-
tence.
ATTENTDS, a, um, attentif, qui écoute at-
tentivement, ou a l'esprit appliqué à quelque
chose; dans l'Ecriture : Qui s'attend à quel-
que chose, qui s'y arrête. Thren. 4 17. De-
fecerunt oculi nostri ad auxilium nostruin
vanum, cum respiceremus attenli ad genlem
quœ salvare non poteral : Nus yeux se son
las«és dans l'attente d'un vain secours, en
tenant nos regards attachés sur une nation
qui ne pouvait nous sauver. Cette nation
était les Egyptiens qui ne purent secourir
les Juifs contre les Babyloniens.
ATTENUARE. Ce verbe vient de l'adjectii
tenuis , et signifie proprement, diminuer;
dans l'Ecriture : Détruire, consumer, anéan-
tir [i^oAoBpîvsu). Soph. 2. 11. Attenuabil om-
nes deos lerrœ : Le Seigneur anéantira tous
les dieux de la terre. C'est l'effet de l'incar-
nation du Fils de Dieu. v. 14. d'où vient le
passif en différentes significations.
ATTENUARl, ixlUnetv. — i" Etre allénuc.
soit de forces, ou de biens , avoir le visage
changé , n'être plus le même (àcr^cvciv). 2.
Reg. 13. 4. Quare sic attenuaris macie? D'où
vient que vous maigrissez ainsi, dit JouRdab
à Amnon, qui brûlait d'amour pour Tha-
mar. Job. 17. 1. Spiritus meus ntlenuabilur :
Mes forces sont épuisées, dit Job dans l'ex-
cès de ses douleurs, c. 18. 12. Isa. 19. 6. Je-
rem. 14. 8. 2. Esdr. 5. 18. Attenuatus eratpo-
pulus:Le peuple était extrêmement pauvre;
les grandes levées qu'avaient faites les gou-
verneurs de la Judée avant le gouvernement
d'Esdras avaient réduit le peuple en cet
état. Voy. v. 15. Ainsi, Isa. 38. 14. Levit.
25. V. 25. 35. 47. — 2° Diminuer, être en
moindre quantité. Isa. 19. 6. Atlenuabuntur
et siccabuntur rivi aggernm : Les ruisseaux
diminueront; ce qui marque que toute ];s
sagesse du monde qui avait inondé touie la
terre, devait céder à l'humble science de In
croix de Jésus-Christ.— 3" Se consumer, être
abaissé. Isa. 17. 4. Attenuabitur gluria Jacob .
La gloire de Jacob se flétrira. Jerem. 30
19.
ATTERERE. Ce verbe est composé A'ad et
de terere , et signifie proprement frollei-
quelque chose contre une autre, user, dimi-
nuer en frottant; dans l'Ecriture : — 1" User,
consumer, détruire par l'usage, ou auln?-
menl (77a),aio0;). Deut. 2i). 5. A'on sunl atiritn
veslimenta vestra : Vos vêtements ne sont
point devenus vieux : savoir, pendant les
quarante ans que les Israélites furent dana
le désert. Job. c. 18. IG. Isa. 51. 6. Ainsi, Job.
14. 12. Donec atteratur cœlnm : Quand l'hom-
me est mort, il ne ressuscitera |)oinl jusqu'à
ce que le ciel soit consume , mais ensuite
reoouvelé.— 2" Presser, fouler, écraser (àjro-
14
427
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
i19
Wîgetv).Num.22. 25. Attrivit pedem :Vânesse,
rressa le pied de Balaam qui était monté des-
r as ; ce fut en se serrant contre le mur à la
vue de l'ange. Deut. 23. 1. Attritis testicu-
lis : L'eunuque, dans lequel ce que Dieu a
destiné à la conservation de l'espèce aura
été écrasé, n'entrera point en l'assemblée du
Seigneur.
§. 1. — Tourmenter, opprimer, accabler
{ùBi'/.Eïv). Isa. 3. 15. Quare atteritis popidum
wîcum / Pourquoi opprimez-vous, foulez-vous
aux pieds mon peuple? dit Dieu aux juges,
gouverneurs et magistrats de son peuple. 2.
Reg. 21. 5. 3. Rcg. U. 2i. i. Reg. 13. h. Ainsi,
Isa. 53. 5. Attrilus e^t propter scelera nostra :
Jésus-Christ a été brisé pour nos crimes;
Gr. siia/.v.y.i'jBYi, infirmcttus est.
§ 2. Tourmenter, inquiéter {y.c<Q</.ipd-j) . Job.
19. 2. Usqueguo atteritis me sermonibus? Jus-
qu'à quand me tourmenteroz-vous par vos
discours ? dit Job à Baldad.
ATTRITUS, A, UM, accoutumé depuis long-
temps, endurciàquelque those{(7-Anpoy.<xpBioç).
Ezech. 3. 7. Domus Israël attrita fronte est :
La maison d'Israël a le front dur, est impu-
dente, c. 23. 43. Et dixi ei quœ attrita est in
aduîleriis : Je dis de cette femme qui a vieilli
dans l'adullère. C'est de Jérusalem ou de Sa-
marie que le prophète dit qu'elle continuera
à s'abandonner à ses désordres.
ATTESTATIO, âi«;x«pTypt«. Témoignage, as-
surance de quelque chose. Gen. '^3. 3. De-
nuntiavit nobis vir ille sub attestatione juris-
jurandi : Celui qui commande dans le pays
d'Egypte nous a déclaré sa résolution avec
serment. Juda raconte comme Joseph leur
avait dit de n'être pas assez hardis de reve-
nir se présenter devant lui sans amener avec
eux Benjamin.
ATTINERE. Ce verbe qui est pris dans les
auteurs quelquefois personnellement, quel-
quefois impersonnellement, vient d'ad et de
tenere; étant pris impersonnellement tel qu'il
est pris seulement en ce sens dans l'Ecriture,
il signifie :
Appartenir à quelqu'un en quelque chose,
le regarder ( l'^siv ). Act. 24-. 25. Quod nunc
attinet, vade : C'est assez pour cette heure.
Félix arrête Paul sur la matière du juge-
ment dernier dont il lui parlait.
ATTINGERE , ÛT^^eaBai. Toucher légère-
ment et comme du bout des doigts; ce qui se
dit aussi d'une chose dans un discours, pour
dire la toucher, en parler succinctement; d'un
Çays, pour dire y arriver : dans l'Ecriture,!" —
oucher légèrement («TTreo-ôat). Levit. 15.23.
Omne vas, super quo illa sederit, quisquis at-
tigerit, lavabit veslimenta sua : Quiconque
touchera à toutes les choses sur lesquelles
une femme, qui souffre ce qui dans l'ordre
de la nature arrive chaque mois, se sera as-
sise, lavera ses vêtements. — 2" Toucher,
être tout près. Ezech. ki. 6. Et non atlinge-
rent parietein Templi : Il y avait des arcs-
boutants qu'on avait disposés pour servir
d'appui à la charpenterie des chambres bâ-
ties au dehors tout autour du Temple, sans
qu'elles touchassent à la muraille du Temple.
Le Prophète fait le détail do Temple qui lui
est représenté en vision. — 3° Prendre, usur-
per (pMûo-c-etv , violare). Gen. 26. 29. Nos
nihil luorum attigimus : Nous n'avons pris
rien de ce qui est à vous ; nous n'avons tou-
ché à rien, etc. Abimélech veut recouvrer l'a-
mitié d'Isaac, et faire alliance avec lui. Prov.
23. 10. Ne attingas parvulorum terminas :
Ne touchez point aux bornes d( s petits, en
les remuant de la place où elles ont été plan-
tées { iiETuztôévci, transferre). — h" Atteindre,
parvenir. Jos. 8. 13. Ita ut novissimi illius
multitudinis occidentalem plagam urbis attin-
gerent : Les derniers rangs de l'armée de
Josué s'élendaient jusqu'à l'occident de la
ville de Haï. Sap. 18. 16. Usque ad cœlum at-
tingebat : Votre parole était comme un ex-
terminateur impitoyable qui remplit tout de
de meurtre, et se lenant sur la terre, il at-
teignait jusqu'au ciel; ce qui signiGe que
tout ce que Dieu veut s'exécute et dans le
ciel et sur la terre, c. 8. 2. Attingit ergo a
fine usque ad finem for titer : La sagesse at-
teint avec force depuis une extrémité jusqu'à
l'autre ; c'est elle qui commence et achève en
nous l'œuvre du salut (âtareivEiv , pertinere).
—5" Pénétrer (SiÂzetv). Sap. 7. 24. Atlingit
autetn ubique propter suam mundiliam : La
sagesse se fait jour partout, jusque dans les
replis du cœur de l'homme.
ATTOLLERE. aîpnv. Hausser, lever eu
haut. Ps.23. V. 7. 9. Attollite portas, Prin-
cipes, vestras : Levez vos portes, ô princes ;
ces portes s'ouvraient en se haussant; cela
s'entend des portes du Temple qui devait être
bientôt bâti pour y faire reposer l'Arche qui
est appelée du nom de Dieu même, parce
qu'elle marquait sa présence. De cette signi-
fication vient cette phrase.
ATTOLERE OCULOS, àvag)i7r£tv. Elever les
yeux, c'est-à-dire regarder. Gen. 43. 29. At-
tollens autem Joseph oculos vidil Benjamin :
Joseph levant les yeux vit Benjamin, son
frère, fils de Rachel, sa mère. H avait déjà en-
visagé tous les autres, hors lui.
ATTONDERE, yMpsi-j , Tzspiy.ûpsiv. Tondre,
faire les cheveux, la barbe, etc., dans l'E-
criture: M
1° Tondre, faire les cheveux. Levit. 19. 27. f
Neque in rotundum attondebitis coniam : Vous
ne couperez point vos cheveux en rond. Dieu
défend ceci aux Israélites, pour ne point imi-
ter les superstitions de plusieurs peuples
idolâtres qui en usaient de la sorte pour ho-
norer leurs idoles, et surtout les Arabes pour
imiter Bacchus. C'est à ceux qui avaient
violé ce précepte que s'adressent ces me-
naces dans Jérémie, 9. 26. c. 49. 32. Disper^
gam eos in omnem ventum qui sunt attonsi in
comam, i. e. quorum capitis rasura desinit in
circum qui in vertice relictus : Je disperserai
dans tous les coins de la terre ces gens qui.
se coupent les cheveux en rond, c'est-à-dire
qui ne laissent qu'un toupet de cheveux sur
le haut de la tête. c. 25. 23. Heb. qui habi~
tenl aux extrémités du monde ; l'Hébreu en
ces endroits est capable de ce sens. Ainsi,
Ezech. 44. 20. Tondentes attondent capita
sua : Les prêtres et les lévites de la race de
Sadoc ne raseront point leur tête, ni ne lais-
4-29 ATT
scroni point non plus croître leurs cheveux,
mais ils auront soin de les couper de temps
en temps pour les tenir courts.
Quelques-uns croient vraisemblablement
que celte défense de se couper les cheveux en
rond, n'a été faite aux Juifs que pour les em-
pêcher d'imiter ce que faisaient les païens
aux funérailles de leurs parents ou amis,
qui non-seulement se coupaient ou s'arra-
chaient les cheveux et la barbe, mais se les
coupaient pour les offrir aux défunts, par
superstition, en les jetant sur le visage ou
sur le sépulcre du mort ; c'est ce qu'on croit
qui est précisément défendu par la Loi du
Lévitique, 19, 27. comparé avec l'endroit du
Deut. iï. 1. puisque d'ailleurs il paraît que
les Juifs se coupaient ou s'arrachaient les
cheveux aux funérailles de leurs proches,
ce qu'on peut inférer de ce que dit Jer. 16. 6.
et de ce que les prophètes, en prédisant aux
Juifs les malheurs qui devaient leur arriver,
les exhortent à se couper les cheveux, Jer.
7. 29. Mich. 1. 16. Ezech. 7. 18. et ailleurs ;
plusieurs néanmoins croient que les Juifs
agissaient en cela contre la Loi du Lévitique
et du Deutéronome,
2°Tailleren pièces, exterminer (ôtaaTé^Etv).
Nahum. 1. 12. Sic quoque atlondentur : Ils
tomberont comme les cheveux sous le ra-
soir; ceci s'entend des gens de Sennachérib
qui furent tués par un ange, au nombre de
185,000.
ATTONITUS, A, UM. Cet adjectif vient du
verbe tono, parce qu'un foudre qui tombe
proche nous, et le bruit prochain des ton-
nerres, jettent de l'étonnement, et signiGe pro-
prement, étonné; dans l'Ecriturf», étonné, qui
est dans la crainte et la frayeur (IçiTxaffôat).
Ezech. 26. 16. Attoniti super repenlino casu
tuo admirabunlur : Tous les princes de la
mer étant remplis de frayeur seront frap-
pés d'un profond étoni\emont de votre chute
si soudaine. Le Prophète parle de l'effet que
la destruction entière de Tyr devait faire sur
l'esprit des princes ses voisins. De ce mot
vient cotte phrase r •
ATTONITI OCULI, — 1° Yeux égarés, qui
marquent un esprit superbe. Job. 15. 12.
Quasi magnn cor/ilans attonitos habes oculos?
Hebr. et Gr. quid innuunt ociiH tui ? Pour-
quoi l'égareinent de vos yeux témoigne-t-il
l'orgueil de vos pensées {èmfépîu) ? — 2' Yeux
fixes et arrêtés [TTnfAi^eiv ôyO«/aoù? , pmare
oculos). Prov. 16.30. Qui allonilis oculis co-
(jildt prava : Celui qui pense à de noirs des-
seins avec un œil fixe, exécute en mordant
ses lèvres: H<'br. avec des yeux fermés, pour
méditer avec plus d'attention sur ses mau-
vais desseins. Ceci est la description d'un
méchant homme, qui, ayant résolu de faire
une méchante action, l'exécute avec une au-
dace et une résolution qui paraissent sur son
visage.
ATTHAHERE, é),xvEtv. Ce verbe vient d'arf
' ' (le trahcre, et signifie proprement :
Tirera soi, attirer. Tob. 6. 'i^. Altraxit eum
m siccum: Tobie tira ce poisson sur la terre;
ce fut du foie de ce poisson qu'il mit sur les
charbons, pour chasser le démon de sa
aTT
450
chambre, la première nuit qu'il fut avec Sara,
sa femme.
Phrases tirées de celte signification.
Attràhere spiritum ou ventdm. — 1° Res-
pirer. Ps. 118. 131. Os meum aperui et at-
traxi spiritum, quia mandata tua desidera-
bam : L'ardeur que j'ai pour votre loi,
m'oblige de respirer l'air de temps en temps.
2" Respirer après la jouissance de l'objet d'une
passion brutale (TrvEupiaToyopetv). Jerem. 2. 24.
Onager assuetus in solitudine prœ desiderio
animœ suœ attraxit venturn amoris sui : Jé-
rusalem est un âne sauvage accoutumé à
vivre dans le désert, qui , sentant de loin ce
qu'il aime, court après avec ardeur, sang
que rien l'en puisse délourner. Le Prophète
marque comme les Juifs s'abandonnaient
aveuglément à l'impiété et à la corruption
de leur cœur.
§ 1. Faire approcher, attirer, faire venir à
soi. Jerem. 31. 3. Jn charitate perpétua di-
lexi te, ideo atlraxi te miserans : Je vous ai
aimée d'un amour éternel. Dieu témoigne
aux Juifs qu'il ne les a jamais abandonnés,
mais qu'il les a toujours aimés, lors même
qu'il les a châtiés, ses châtiments étant un
pur effet de sa miséricorde. Ps. 9, 31.
§ 2. Attirer sur soi, se procurer quelque
mal. Eccli. 28. 23. Beatus qui non attraxit
jugum illius : Heureux celui qui n'a point
aliiré sur lui le joug de la langue maligne.
ATTRECTARE , fa«y£îv. Toucher , ma-
nier : dans l'Ecriture, — 1° Tâter avec la
main, chercher à talons. Gen. 27. 12. Si at-
trectaverit me paler meus : Esaii a le corps
velu, et moi je n'ai point de poil ; si donc
mon père vient à me tâter, répond Jarob à
Rebecca, sur ce qu'elle lui conseille de pren-
dre des moyens pour obtenir la bénédiction
de son père, au lieu d'Esaii. Isa. 39. 12. —
2" Trouver comme avec la main, ce qui se
dit de la connaissance de Dieu par les créa-
tures. Act. 17. 27. Quœrere Deum si forte at'
trectent eum : Dieu a donné aux hommes
toute l'étendue de la terre pour demeure....
afin qu'ils le cherchassent et qu'ils tâchas-
sent de le trouver comme avec la main et à
tâtons, c'est-à-dire de le connaître par les
créatures, comme on tâche au milieu des té-
nèbres de découvrir à tâtons ce que l'on
cherche.
ATTRIBUTUS, a, um, attribué à quelqu'un,
qui lui est imputé, comme en disant qu'il en
est l'auteur ou la cause; donné, ou destiné à
quelqu'un comme sa pan : dans l'Ecriture,
— i" Donné, attribué. Num. 36. 12. Fosses-*
sio quœ illis fucrat atlributa, mansit in Tribu
et fnmilia patris eorum : Les filles de Salphaad
ayant épousé les fils de leur oncle, le bien,
qui leur avait été donné demeura dans In
tribu et dans la famille de leur père. -.
2 Destiné pour quelqu'un, né pour lui ap-ï
partcnir (3t«vi|[x£ev). Deut. 2i). 26 Servie-r
runt dits alicnis rt adorarernnt eos quos we-'
scicbant, et quibus non fuerant attributi :
Parce qu'ils ont servi et adoré des dicu^
étrangers qui leur étaient inconnus, et au
culte desquels ils n'avaient point été desti-«
iZ'l
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
nés, la fureur du Seigneur s'est allumée
conlre eux ; Gr. dont ils n'avaient jamais
reçu aucun bien. Moïse témoigne ici la sé-
vérité edroyable avec laquelle Dieu punira
ceux qui auront quitté son culte.
AVAH, Heb. Iniqiiitas, pays de l'Arabie
Déserte, dont le roi des Assyriens s'était
rendu maître, et en avait fait venir les habi-
tants à Samarie. V. Reg. 17. 2i. c. 18. 3i. c.
19. 13. Isa. 37. 13. On croit que c'étaient
CCS anciens habitants de la Palestine He-
véens, qui en ayant été chassés par les Cap-
padociens, s'étaient réfugiés en Arabie. Ces
Cappadociens demeuraient le long de la côte
de la mer, depuis Gaza jusqu'à l'Egypte.
Deut. 2. 23. Yoy. Hev^i.
AVARE, par avarice, avec un esprit d'a-
varice, avec une passion déréglée pour le
bien, pour les richesses (tt/joveHik). Job. 27.
8. Si avare rapiat, et non liberet Deus ani-
mam ejus : Quelle est l'espérance de l'hypo-
crite, s'il ravit le bien d'autrui par son ava-
rice, et si Dieu ne délivre point son âme ?
Eccli. 22. 27. Principes ejus in medio illius
quasi lupi rapientes... et ad perdendas animas,
et avare ad sectanda lucra : Les princes de la
terre d'Israël étaient au milieu d'elle comme
des loups toujours attentifs à perdre les âmes,
et à chercher leur gain de tous côtés, pour
satisfaire leur avarice, c. 22. 12.
AVARITIA, M, TÙ.zo-nllv.. Avarice, passion
déréglée pour le bien, pour les richesses :
dans l'Ecriture :
1° Avarice, désir excessif d'acquérir ou de
conserver du bien. Luc. 12. lo. Cavete ah
omni avaritia : Ayez soin de vous bien gar-
der de toute avarice. Ici Jésus-Christ entend
par avarice, non-seulement le désir d'avoir
le bien d'autrui, mais même un désir de cu-
pidité et d'avarice de son propre bien. Heb.
13. 5. Sint mores sine avaritia: Que votre vie
soit exemple d'avarice. Amos 9. 1.
2° Désir insatiable de contenter ses pas-
sions déshonnêtes. Eph. 4. 19. Desperantes
semetipsos tradiderunt impudicitiœ, in opera-
tionem immunditiœ omnis in avaritiam : Les
Gentils s'abandonnent à la dissolution pour
se plonger avec une ardeur insatiable dans
toute sorte d'impuretés ; Gr. èv 7r).£ov£?ta. Ce
mot signifle la convoitise excessive des
biens, des honneurs et des plaisirs. C'est en
ce dernier sens que quelques-uns expliquent
encore ce mot, Ephes. 5. 3. Rom. 1. 29.
quoique d'autres prennent eu ces mêmes en-
droits, le mot avaritia dans sa première si-
gnification.
3' Effet d'avarice, action sordide. 2. Cor. 4.
o. Prœparent quasi henedictionem, non tam-
quam avaritiam .J'ai jugé nécessaire de prier
nos frères de vous aller trouver avant moi,
afin qu'ils aient soin que la charité que vous
avez promis de faire, soit un don offert par
la charité, et non arraché à l'avarice. Ces
aumônes et charités étaient pour les pauvres
de Jérusalem.
AvARUS, A, L'M, (^ùùpyvf/o;, 77),£0V£/.T»!f . Cet
adjectif est dérivé du verbe avère, comme
qui dirait avidus œris, et signifie :
Avare, passionné pour le bien, pour les
5.9
richesses, qui agit par avarice. Eccli.
Avarus non impletur pecunia :Uavare n'aura
jamais assez d'argent. Eccli. 10. 9. Avaro
nihil est scelestius : Rien n'est plus détesta-
ble que l'avare. Ephes. 5. 5. Scitote intelli-
gentes quod omnis avarus, quod est idolorum
servi tus, non habet hœreditatem in Regno
Christi et Dei : Sachez que nul avare, ce qui
estune idolâtrie, ne sera héritier du royaume
de Jésus-Christ et de Dieu. Un avare est
traité d'idolâtre, en ce qu'il met toute sa
confiance en ses biens plutôt qu'en Dieu.
1. Cor. 3. 11.
AUCEPS , Aucupis, tç£UT«,-. Ce nom est
composé d'avis et de capere, et signifie, oise-
leur, qui prend des oiseaux à la glu ou aux
filets. Jerem. 5. 26. Quia inventi sunt in po-
pulo meo impii insidiantes quasi aucupes, la-
queos ponentes et pedicas ad capiendos viras:
Parce qu'il s'est trouvé parmi mon peuple
des impies qui dressent des pièges comme
on en dresse aux oiseaux, et qui tendent des
filets pour y surprendre les hommes. Le
Prophète parle de l'hypocrisie et de l'adresse
de ceux qui surprennent et dépouillent les
simples et de la punition et de la vengeance
que Dieu en tire. Prov. 6. 5. Amos 3. 3.
AUCUPIUM, II. Ce nom vient d'auceps, et
signifie proprement la chasse aux oiseaux;
ce qui se dit aussi du gibier, les oiseaux mê-
mes qu'on a pris ou tués à la chasse : dans
l'Ecriture :
Chasse aux oiseaux avec des filets. Levit.
17. 13. Si venatione atque aucupio ceperit
feram vel avem quibus vesci licilum est, fun-
dat sanguinem ejus : Si quelqu'un prend à
la chasse quelqu'une des bêtes , ou au filet
quelqu'un des oiseaux dont il est permis de
manger, qu'il en fasse sortir tout le sang,
et qu'il le couvre de terre. Quiconque man-
geait du sang était puni de mort.
AUCTOR , is. Ce nom vient du supin au-
ctum, et signifie proprement, qui augmente;
de là , auteur de quelque chose, qui l'a faite
par soi-même, et non par un autre : celui
qui entreprend et conduit une affaire, et qui
en est comme le premier moteur; qui con-
seille et donne avis; auteur qui a donné
quelque livre au public; garant : dans l'E-
criture : 1° Auteur qui a fait quelque chose.
Judic. 6. 29. Cumque perquirerent auctorein
facti : Et cherchant partout qui était l'au-
teur de cette action , on leur dit: C'est Gé-
déon ; il avait abattu l'autel de BaaI. —
2° Auteur, chef, prince [ùo/jr/k]- Act. 3. lo.
Auctorem vero vitœ interfecistis : Vous avez
demandé qu'on accordât la grâce d'un hom-
me qui était un meurtrier; et vous avez fait
mourir l'Auteur de la vie. Ce que saint
Pierre déclare aux Juifs, en les exhortant de
faire pénitence et de se convertir. Voy. v. 19.
Heb. 2. 10. Decebat eum qui multos filios in
gloriam adduxerat , Auctorem salutis eorum
per passionem consummare : Dieu a jugé à
propos de conduire à la gloire par les souf-
frances son Fils unique, aussi bien que ses
autres enfants , lui qui devait être le chef cl
le prince de leur salut, c 12. 2. Act. 2V. 5. —
3° Chef, qui conduit, qui porte à quelque
433
AID
AUr)
iZ*
chose (7r;owTO!7T«T>7,-). Act. 2i. ^.InvenimushvMC
hominem auctorem seditionis sectœ Nazare-
vurwn : Sriinl Paul élait regardé comme le
chef lies premiers chrétiens, appelés Naza-
réens. Voy. Nazarenus. 1. Esdr. o. 4. —
!*■■' Auleur, écrivain; ((ruyyoayrj? , scriptor).
2. M.tch. 2. 29. Veritatem qnidem de singulis,
, aucloribas concèdent es ; Gr. auctori .- Un
abrévialeur, tel qu'est l'auteur de ce livre ,
I n'entre point dans le détail ; mais , v. 31.
' Curiosius partes singulas quasque disquirere,
hisloriœ congruil auctori; Gr. àpyjr/éTri , au
premier auteur; mais il est du devoir de ce-
lui qui compose toute une histoire de re-
chercher avec un grand soin les circonstan-
ces particulières de ce qu'il raconte. -
5° Meurtrier, qui tue de sa main (uùQé-^rnç).
Sap. 12. 6. E( auctores parentes animarum
inauxiliatarum perdere voluisti : Les Chdna-
néens immolaient leurs propres enfants à
l'idole de Moloch. Le mot aùGévr*?; , ne si-
gnifiait proprement que celui qui tue de sa
propre main, ou soi, ou un autre; et ce n'est
que depuis mille ans , ou environ, qu'il a
signifié la même chose que le mot latin au-
ctor, dit Gaza.
AUCTORITAS, atis, autorité, crédit, pou-
voir, puissance. 3. Reg. 21. 7. Grandis au-
ctoritatis es : Vous avez sans doute un grand
pouvoir, dit à Achab Jésabel , sa femme, qui
l'animait à ravir la vigne de Naboth.
AUCUPIUM. Voy. post Auceps.
AUDACIA , JE , BpâtTo; , TÔXt/a. Audace ,
présomplion , hardiesse , courage pour en-
treprendre quelque chose de dilïîcile : dans
l'Ecriture, i Hardiesse, effronterie, inso-
lence. 1, Mach. 4. 32. Tahefac audaciamvir-
tutis eorum : Faites-les sécher de frayeur en
abattant cette audace que leur inspirent
leurs forces, dit Judas à Dieu dans sa prière
contre l'armée d'Antiochus, commandée par
Lysias. 2. Mach. o. 18. c. 8. 18. Sap. 12. 17.
— 2" Confiance, fermeté, résolution. Judith.
16. 12. Medi audaciam ejus horruerunt : Les
Perses ont été épouvantés de la constance
de Judith , et les Mèdes de sa hardiesse;
ce fut quand elle eut coupé la tète à Holo-
phcrne. 2. Par. 17. 26. 1 , Mach. 4. 35. 2.
Mach. 13. 18 D'où vient celle phrase Urée
de ce mot.
SUMEKE AUDACIAM, ^oûaB^i , attolli ,
prendre une résolution ferme. 2. Par. 17. 6.
Cum sumpsisset cor ejus audaciam in viis Do-
mini .Comme le cœur de Josaphat était plein
de force et de zèle pour l'observation des
préceptes du Seigneur, il fit abattre dans
Juda les hauts lieux et les bois consacrés
aux idoles. Voy. Sumere.
AUDACTEK , avec audace et présomption,
avec hardiesse : dans l'Ecriture, — 1' Har-
diment, couragousement {(jp^Tti). 1. Mach.
6. 4.0. Cucurrit ad eam audacler : Eléazar
alla résolument attaquer cet éléphant ; il
crut que le roi était dessus. 2. Mach. 14. 43.
Marc. 15. 43. — 2" InsolemuKMit, audacieuse-
iiient. Job. 12. 6. Abundunt tubcrnacula prœ-
donum , et audacter provocant JJeum .- Les
maisons des voleurs publics sont dans l'a-
bondance, et ils défient Dieu avec insolence
Gen. 34. .30. 2. Reg. 18. 13. -3- Hardiment,
sans nen craindre. Job. 39. 24. Exsultat au-
dacter : Le cheval s'élance avec audace. Ju-
dic. 20, 31. D'où vient le comparatif
AUDACIUS , ■zolii^pôzcoov. Trop librement.
Rom. 15. 15, Audacius autem scripsi vobis :
Je vous ai écrit un peu trop librement ; ce
que saint Paul leur dit, parce qu'il leur
avait marqué leurs défauts, les en reprenant
apparemment avec plus de force et d'auto-
rité , que peut - être ils n'attendaient dun
homme comme lui , qu'ils n'avaient point
encore vu.
AUDAX, cis, epa.r7x>ç, eïK. Cet adjectif est
dérivé du verbe audere , et signifie propre-
ment, audacieux, plein d'audace jusqu'à
l'excès : dans l'Ecriture, — 1" Fier, hardi.
Sap. 11. 18. AudacS leones : Il n'eût pas été
difficile à la main toute-puissante de Dieu
d'envoyer contre les Egyptiens une multitu-
de d'ours et de fiers lions. —2° Audacieux,
prêt à faire violence et à tout entreprendre
(To)>fi7î/iÔ5- ). Eccli. 8. v. 18. 19. Cum audace
noneasin via .-Ne vous engagez pointa aller
avec un homme audacieux. 2. Petr. 2. 10.
— 3" Hardi, impudent. Eccli. 22. 5. Pa^
trem et virum confundit audax : Ld femme
hardie couvre de confusion son père et son
mari.
AUDENTER. Voy. /)osf Audere.
AUDERE, rolu-â-j. Ce verbe vient d'aueo ,
insérant un d, parce que quand on ose en-
treprendre quelque chose, on désire qu'elle
se fasse , et signifie proprement oser faire,
oser dire; dans l'Ecriture :
1 Oser, ne point craindre. Rom. 5. 7. Pro
bono forsitan quis audeat mori : Peut-être
néanmoins que quelqu'un aurait la force de
donner sa vie pour un homme de bien. Ici
l'Apôtre témoigne que ce serait l'effet d'une
vertu très-rare de donner sa vie pour un
juste; mais que Jésus -Christ a donné la
sienne pour tous les hommes , lors même
qu'ils étaient dans le péché. 1. Cor. 6. 1.
Audet aliquis vestrum : Comment se trouve-
t-il quelqu'un parmi vous qui, ayant un dif-
férend avec son frère, ose l'appeler en juge-
ment devant les méchants et les infidèles, et
non pas devant les saints ? Rom. 10. 20.
Isaias autem audet, etdicit : Isaïe dit haute-
ment, j'ai été trouvé par ceux qui ne me
cherchaient pas. Ici l'Apôtre témoigne qu'l-
saïe, dans cet endroit, parle de la vocation
et de la conversion des Gentils à l'Evangile.
2. Cor. 10. 2. c. 11. 21. Eph. 6. 20. Philipp.
1. 14.
2° Etre plein de confiance ( eap&Erv ). 2.
Cor. 5. 6. Audentes igitur semper : Nous
sommes donc toujours pleins de confiance.
L'Apôtre parle de cette confiance qu'ont les
vrais fidèles et chrétiens parmi tous les
dangers de cette vie , se tenant assurés de
leur salut pur ce gage de l'Esprit de Dieu
qu'ils f»nt reçu. v. 8.
AUDENTER, xarà nappvirxM. Hardiment,
avec hardiesse et liberté. Act. 2. 20. Licent
oudenler diccre de patriarcha David : Qu'il
me soit permis de vous dire hardiment du
patriarche David. Saint Pierro fait voir quel
435
DICTIO^NAIRE DE PHILOLOGIE SACKLE.
436
ces paroles du Propreté royal : Vous ne lais-
serez point mon âme dans l'enfer, et vous ne
nermcttrez point que votre saint éprouve la
corruption, ne peuvent s'entendre de David,
puisqu'on voyait encore son tombeau du
temps de saint Pierre ; mais de Jésus-
Christ, que Dieu a ressuscité, et de la ré-
surrection duquel saint Pierre assure que
lui et tous les autres apôtres et disciples
sont témoins.
AUDIRE, Kxoûïtv. Ce verbe vient du nom
grec K\)Br), sonus, parce que le son est l'ob-
jet de l'ouïe, et signifie proprement, ouïr, ou
entendre quelqu'un qui parle, qui chante,
qui crie, etc. ouïr ou entendre un son, du
bruit, etc. : dans l'Ecriture :
1° Ouïr, entendre des oreilles. Gen. 3. 8.
Et cum audissent vocem Domini deombulan-
tis in Paradiso .Lorsqu'ils eurent entendu la
voix du Seigneur Dieu qui se promenait dans
le Paradis, v. 10. Malt. 11. i. Surdi audiunt:
Jésus-Christ charge deux disciples de saint
Jean de lui dire de sa part que ceux qui
étaient auparavant sourds, étaient guéris et
entendaient , comme eux-mêmes en étaient
témoins. Exod. 19. 9. Deut. k. 12. Ainsi,
Joan.5.37. Neque vocem ejus umquamaudistis:
Vous dites que Moïse a entendu la voix de
Dieu i Voy. c. 9. 29.) : mais pour vous , il pa-
raît bien par votre conduite que vous n'a-
vez jamais entendu la voix de Dieu , mon
Père. C'est ce que Jésus-Christ dit aux Juifs.
c. 5. 25. Ps. 30. Ik. etc. Ce qui se dit figuré-
ment:l" Des cieux et de la terre ; Audite cœ-
li quœ loquor; audiat terra verba oris mei :
Cieux , écoutez ce que je vas dire; que la
terre entende les paroles de ma bouche.
Isa. 1. 2. 2 De la mort. Job. 28. 22. Perditio et
mors dixerunt auribus nostris, audivimus fa-
mam ejus : La perdition et la mort ont dit :
nous avons entendu parler de la sagesse.
Voy. Mors, et Perditio.
2° Ouïr avec attention, s'appliquer à en-
tendre et comprendre. Ps. H. 11. Audi, fîlia,
et vide, et inclina aurem tuam : Ma fi;le, ou-
vrez vos yeux, et ayez l'oreille attentive. Le
Prophète invile l'Eglise à entendre la voix
de Jésus-Christ, et à considérer ce qu'il a
fait depuis pour elle. 1. Reg. 3. v. 9. 10. Lo-
guere, Domine, quia audit servus tuus : Par-
lez , Seigneur , parce que votre serviteur
vous écoute , répond Samuel à Dieu (jui
l'appelle , selon ce que lui avait dit Elie de
répondre.
3° Entendre de l'esprit , comprendre. 1.
Cor. 14-. 2. Qui enim loquitur lingua, non ho-
minibus loquitur, sed Deo, nemo enim audit :
Personne n'entend celui qui parle une lan-
gue inconnue. Par ce langage inconnu, saint
Paul eaUnd la parole de Dieu prêchéc par
un homme qui la comprend , sans avoir le
don de la faire comprendre aux autres.
Matt. 1). 15. Auribus graviter audierunt :
Les oreilles de ce peuple sont devenues
sourdes. Celte surdité s'entend, et des oreil-
les du corps et de l'inlelligence de l'esprit,
les Juifs ne voulant ni écouter ni compren-
dre les vérités qui leur étaient annoncées.
Matl.ll. 15. Qui habet aures audiendif au-
diat : Que celui qui a reçu de Dieu l'esprit
d'intelligence , et le don de la foi , qui est
l'oreille de l'âme , prenne garde attentive-
ment à ceci , dit Jésus-Christ sur ce qu'il
vient de dire , que la loi et les prophètes
n'ont subsisté que jusqu'à saint Jean, et que
depuis, le royaume du ciel souffre violence.
Gen. 11. 7.
4° Croire, acquiescer aux paroles de quel-
qu'un, l'écouter, lui obéir, pratiquer ce que
l'on entend. Deut. 29. 4. Non dédit vobis
Dominus aures quœ possint audire : Dieu,
jusqu'au temps qu'il délivra les Juifs de la
tyrannie de Pharaon, ne leur avait point en-
core donné des oreilles qui pussent enten-
dre; c'est-à-dire cette docilité pour obéir.
Prov. 13. 1. Qui illusor est , non audit cum
arguitur : Celui qui se moque , n'écoute
point quand on le reprend. Matt. 7.5. Ipsum
audite : Celui - ci est mou Fils bieu-aimé,
écoutez-le , dit do Jésus-Christ le Père éter-
nel. Gen. 3. 17. c. 21. 12. c. 27. v. 13. 43.
Exod. 3. 18. c. 4. 1. Luc. 10. 16. Ainsi,
Joan. 6. 60. Quis potest eum audire ? Qui
peut écouter ces paroles et y acquiescer? Il
s'agissait de manger la chair et de boire le
sang de Jésus-Christ, c. 4. 5.
5° Apprendre , être enseigné. Habac. 3.
2. Domine, audivi auditionem tuam : Sei-
gneur, j'ai entendu votre parole, et j'ai
été saisi de crainte , dit le prophète à la vue
et à la connaissance qui lui était donnée des
effroyables jugeinenls dont Dieu menaçait
son peuple.V.AoDiTio 1°. Soan.'S.SI.Et quod
vidit,et audivitfhoc testatur :Ce\u\q}ii est venu
du ciel rend témoignage de ce qu'il a vu et do
ce qu'il a entendu, dit saint Jean de Jésus-
Christ; dans ce sens, qu'étant consubstan-
tiel avec le Père éternel , il n'avait pas ap-
pris de nouveau quelque chose qu'il eût
ignoré; mais il parle de cette connaissance
éternelle que Jésus-Christ avait reçue de
Dieu. c. 6. 45. c. 5. 30. c. 8. v. 26. 40.* Prov.
1. 8. c. 4. 1. Amos 3. 1. c. 4. 1. c. 5. 1. 2.
Cor. 12. 4.
6° Connaître, voir, et entendre manifes-
tement. 2. Reg. 17. 5. Audiamus quid etiam
ipse d/cui ; Sachons aussi l'avis de Chusaï
d'Arach,dit Absalom sur l'avis que lui avait
donné Achitophel contre David. Ps. 30. 14.
Audivi vituperalionem multorum commoran-
tium in circuitu : J'ai entendu les reproches
injurieux de plusieurs de ceux qui demeu-
rent aux environs. Ps. 65. 8.
7" Ouïr dire , apprendre, v. 5. Audiens
charitatem tuam : Me souvenant sans cesse
de vous dans mes prières, je rends grâ<;es à
mon Dieu , apprenant votre charité envers
les saints. Joan. 9. 32. A sœculo non est au-
ditum: Depuis que le monde est, on n'a ja-
mais ouï dire que personne ait ouvert les
yeux à un aveugle-né : cet homme apporte
sa guérison pour preuve que Jésus-Christ
était envoyé de Dieu. Gen. 21. 26. c. 4. 1>.
c. 42. 2. Luc. 23. 6. etc. Ainsi, Ps. 9. 12. Et
in insurgenlibus in me mnliynantibus audiet
auris mea : Et mon oreille entendra parier
de la punition des méchants qui s'élèvent
457
AUD
AUD
458
contre moi. Davia parle dans l'assurance et
la confiance qu'il avait en Dieu.
8* Exaucer, se rendre favorable aux priè-
res. Joan. 11. i2. Sciebam quia setnper me aii-
dis . Je savais que vous m'exauciez tou-
jours. Jésus-Christ parle à son Père comme
homme et comme médiateur des hommes.
c. 9. 3. Scinms quia Deus peccatores non au-
dit : Dieu n'exauce point les pécheurs qui
ne veulenl pas se convertir. Gen. 42. 21.
Exotl. IG. V. 8. 12.
9° Connaître pour venger. 2. Esd. 4. 4.
Audi, Deus noster : Ecoulez, Seigneur notre
Dieu. Esdras demande à Dieu de faire tom-
ber sur ceux qui se railiaienl, les insultes
qu'ils faisaient à ceux qui rebâtissaient les
murs de Jérusalem. Ps. 77. 21. Ideo audivit
Dominus : Dieu écouta les Juifs, qui deman-
daient s'il pourrait bien leur préparer une
table dans le désert; c'est pourquoi ils fu-
rent punis par le feu. Num. 11. 1.
Phrai-e Urée de la jireniière signification, en tant que ce
verbe vient du Grec ajîvi , sonus.
AuDiTUM audire ah aliquo. Entendre une
voix qui vient de quelqu'un, entendre ce
qu'il nous dit. Jerem. 49. 11. Auditum au-
divi à Domino : J'ai entendu une voix qui
venait du Seigneur. Le prophète prédit l'u-
nion que doivent faire les ennemis pour
marcher contre les Iduméens.
Phrases tirées de la quatrième signification.
AUDITU AUDIRE, £tVazoÛ££V. — AuDIRE àUDI-
TiONEM. Ecouter avec soumission, écouter
pour obéir. Zach. 6. 15. Erit autem hoc, si
auditu audierilis vocem Domini Dei vestri :
Tout ce que le prophète demande des Juifs
pour se rendre dignes de la miséricorde de
Dieu qu'il leur promet, est qu'ils écoutent la
parole de Dieu, et qu'ils y obéissent. Job.
37. 2. Audi te auditionem ; Heb. audite au-
diendo : Ecoutez avec une profonde atten-
tion. Ces répétitions auditus el auditio mar-
quent une plus grande attention.
Phrases tirées de la sixième signification.
AuDiTUM facere aliquid alicui, «zo-jrîÇstv.
Faire connaître , faire ressentir queli|ue
chose à quelqu'un. Ps. 75. 9. De cœlo auditum
fecisti judicium : Vous avez fait entendre du
ciel le jugement que vous avez prononcé;
ce qui s'entend de cetle condamnation à la
mort de cent quatre-vingt cinq mille hommes
de l'armée de Sennachérib; et ce qui se
peut aussi entendre du dernier jugement
des superbes et orgueilleux qui auront foulé
aux pieds les pauvres. Ps. 142. 8. Auditam
fac mihi mane misericordiam tuam : Faites-
moi sentir promptement votre miséricorde.
Phrases tirées de laseplièine signiiicaiioii.
\ Addire aliquid in are alicujus. Ouïr parler
à quelqu'un de quelque chose (bIç àxo^v slvat)
Ezech. l(j. 50. Non fuit autem Sodoma soror
tua audila in ore luo : On ne vous a point
entendu parler de la ruine de votre sœur
Sodome au temps de votre gloire. Dieu re-
proche aux Juifs de ne s'être point souve-
nus de la destruction de Sodome, aOn d'évi-
ter les châtiments qu'ils méritaient.
Audire aliquid de ore alicujus, ouïr quel-
que chese de la propre bouche de quelqu'un.
Luc. 22. 71. Ipsi enim audivimus de ore ejus :
Nous l'avons ouï dire nous-mêmes de sa
propre bouche qu'il est le Fils de Dieu, di-
sent les Juifs dans leur conseil.
Bene audire, y.cÙMç «xo'jstv. Etre dans l'es-
time des hommes. 2. Mach. 14. 37. Rasias
vir amalor civitatis, et bene audiens qui pro
affectu pater judœorum appellabatur : On ac-
cusa auprès de Nicanor Rasias , homme zélé
pour la ville, qui était en grande réputa-
tion, et qu'on appelait le père des Juifs, à
cause de l'affection qu'il leur portait. Rasias
se tua lui-même, plutôt que de tomber entre
les mains de Nicanor.
AUDITIO, ONis, «zon. L'action d'écouter;
c'est aussi un bruit commun de quelque
chose : dans l'Ecriture, — 1° La chose même
qui se dit , et qui est entendue , soit qu'elle
soit publique ou non. Habac. 3. 2. Domine,
audivi auditionem ^uam ; Seigneur, j'ai en-
tendu ce que vous m'avez dit, savoir : que
vous aviez résolu la ruine de votre peuple
par les ChaUiéens. Nahum. 3. 19. Omnes qui
audierunt auditionem tuam: Tous ceux qui
ont ouï parler de votre ruine s'en sont ré-
jouis. Le prophète parle de Ninive, capitale
d'Assyrie. Ose. 7. 12. Cœdam eos secundum
auditionem cœtus eorum : Je les punirai
comme ils ont appris dans leurs assemblées
que je le ferais. Le prophète parle des tribus
qui adoraient les veaux d'or. Ps. 111. 7. Ab
audilione mala non timebit : Le juste ne
craindra point d'entendre mal parler de lui ;
ou bien, il ne craindra rien pour lui quand
il entendra parler de quelque chose d'affli-
geant. — 2" Bruit, nouvelles de quelque
chose. Jorem. 10. 22. Vox auditionis ecce
venit : On parle de la venue des ennemis,
c. 51. 46. Venict in anno auditio et post
hune annum auditio : Le prophète parle du
siège de Babylone, dont la nouvelle venait
d'année en année. — 3° Ce moi auditio mar-
que l'application de l'esprit, lorsqu'il est le
cas du verbe aMdtre. Job. 37. 2. Audite audi-
tionem .Ecoutez avec attention.
AUDITOR, à-/.pouTnç, «zou(jtïîî. Auditeur qui
écoute une personne qui parle en public,
disciple qui étudie ou a étudié sous quel-
qu'un ; dans l'Ecriture :
Qui écoute, qui entend. Rom. 2. 13. Non
auditores legis justi sunt apud Deum : Pour
être juste, il ne sufOt pas d'écouter la loi, il
faut encore la pratiquer. Job. 31. 35. Jac.
1. V. 22. 23. 25. ce qui se dit Ogurément de
Dieu, pour marquer que Dieu connaît. Sap.
1. (). Est spiritus sapientiœ linguœ ejus audi-
tor : La sagesse est un esprit qui entend les
paroles de la langue du médisant. De celte
propre signiGcation vient celle façon de
parler.
AuDiTOR SERMONUM DEI. Propbèlc QUI en-
tend les paroles de Dieu («/.ojwv). Num. 24.
v. 4. 10. Dixit auditor sermonum Dei : Voici
ce (jue dit celui qui entend les paroles de
Dieu. C'est Balaam parlant de lui-même, el
qui va donner des bénédictions aux. Israé-
lites.
459
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
un
' AUDITORIUM , Il , KxpouT-ôpio-j. Auditoire ,
on lieu où l'on écoule ceux qui parlent en
public; multitude assemblée pour écouter;
une écolp, une classe, le lieu où l'on ensei-
gne; dans l'Ecriture :
La salle des audiences. Act. 25. 23. Cum
venisset Agrippa et Bérénice et introissent
in auditorium : Agrippa et Bérénice entrèrent
dans la salle des audiences ; ce fut pour en-
tendre saint Paul dans ses défenses.
AUDITUS, us, «zo/i. — 1." L'ouïe, le sens
•• de l'ouïe. 1. Cor. 12. 17. Si totum corpus
oculus, ubi auditus ? Si tout le corps était
œil. où serait l'ouïe ? Ce raisonnement de
l'Apôtre prouve que l'ordre et le bien de
tout le corps de l'Église demande, non que
tous ses membres aient un seul et même
don ; mais que les dons spirituels soient dif-
féremment distribués à ses ministres. 2.
'Jim. 4. 4. Et averitate quidem auditum aver-
ient : 11 viendra un temps où les hommes
fermant l'oreille à la vérité, l'ouvriront à
des fables. De celte signification vient cette
phrase :
La personne même qui entend. Ps. 50.
10. Audilui meo dabis gaiidium et lœtitiam,
pour mihi audienti ; Gr. ày.ovTuiç. Vous me
ferez entendre des nouvelles heureuses.
Cette joie venait de la rémission qu'il avait
déjà reçue de son péché.
' 2" L'action d'écouter («x^sôao-if). Eccl. 1. 8.
Nec auris auditu impletur : L'oreille ne se
lasse point d'écouter; la plupart des objets
des sens n'étant que vanité, l'âme ne s'en
peut jamais remplir. Eccli. 32. G. Ubi audi-
tus non est, ne effundas sermonem : Ne ré-
pandez point la parole, lorsqu'on ne vous
écoute pas, ou que l'on n'est pas disposé à
écouter (àz/36a/x«) ; Gr. ne vous mettez point
à parler lorsqu'on entend la musique. Le
Sage témoigne que la discrétion est autant
nécessaire dans l'usage et la distribution de
la parole de Dieu que la science même.
3° Le bruit, le rapport qui se fait de quel-
que chose. Isa. 11, 3. Non secundum audi-
tum aurium arguet : Jésus- Christ, ce reje-
ton de Jessé, ne condamnera point sur un
ouï dire; mais selon qu'il aura entendu de
son Père. Voy. Joan. 5. 30. Job. 42. 5. Eccli.
42. l.Jerem. 51. 46. Ezech. 7. 20. c. 21. 7.
D'où vient celte façon de parler.
Auditus auris. Renommée, réputation de
quelque chose qui nous en donne la con-
«aissance. C'est aussi l'action par laquelle
on entend la voix de quelqu'un. Ps. 17. 45.
Jn auditu auris obedivil mihi ; Heb. et Gr.
Ad auditum auris : Un peuple que je n'avais
point connu m'a obéi quand il a ouï parler
de moi , dit David des Gabaonites et des Gé-
Ihéens, qui, étant Gentils, furent assujettis
aux Israélites, et se rendirent obéissants à
leur chef au seul bruit de leur réputation,
les opposant à des lsr;iclites, qui, lui étant
devenus étrangers , l'avaient trahi. Jésus-
Christ, dont David n'était que la figure, l'a
pu dire des Gentils qui lui obéirent prompte-
nient, et reçurent sa parole, au lieu que les
Juifs ne voulurent point le connaître. 2. Keg.
22. 45. Auditu auris obedienl mihi : Des en-
fants étrangers m'obéironi quana ils enten-
dront ma voix. Ce mot n'est quelquefois
qu'un pléonasme. Job. 42. 5. Auditu auri&
audivi te : Mon oreille vous avait aupara-
vant entendu.
4° La chose même que l'on entend. 2. Petr.
2. 8. Aspectu et auditu justus erat : Loth
étant juste était tourmenté par les choses
qu'il voyait et entendait dans Sodome. Isa.
28. 19. Sola vexatio intelleclum dabit audi-
tui : L'affliction seule vous donnera l'intel-
ligence de ce qu'on vous dit; ce que dit le
prophète, pour mieux exprimer l'excès de
la désolation et de la dure captivité des Juifs
euBabylone. Abd. v. 1. Auditum audivimus :
Nous avons entendu l'arrêt par lequel Dieu
a résolu de susciter les Assyriens contre les
Iduméens. Jerem. 51. 46. Eccli. 13. 16. c. 27.
16. Ezech. 21. 7.
5° La prédication de la parole de Dieu, la
parole de Dieu que ses ministres font enten-
dre et prêchent au peuple. Isa. 53. 1. Qnis
credidit auditui nostro ? Qui a cru à notre
parole? Isaïe se plaint du peu de Juifs qui
recevaient la parole de Dieu qu'il leur an-
nonçait; et saint Jean, c. 12 emploie aussi
ce mêuie passage pour confirmer le peu d'ef-
fet que faisaient les miracles sur l'esprit des
Juifs, et leur incrédulité. Rom. 16. 17. Ga-
lat. 3. V. 2. 5. l.Thess. 2. 13.
AVE, Gr. x«'P^> Heb. Hhave, l'aspirée est
changée en ténue. Ce mot, qui vient de l'hé-
breu Jihavû,,vivere, signifie î;«ve, qui est une
espèce de salut ordinaire; et ce Hhava des
Hébreux était du même usage que ave ou
salve chez les Latins, et que le xaî/se chez les
Grecs. Luc. 1. 28. Ave, gratia plena ; Je vous
salue, ô pleine de grâce, dit l'ange Gabriel à
la sainte Vierge. Malth. 28. 9. Avete : Le sa-
lut vous soit donné, dit Jésus-Christ se pré-
sentant à Marie Madeleine et aux autres
femmes, lorsqu'elles allaient annoncer aux
disciples de Notre-Seigneur ce que l'ange
leur avait dit, qu'il était ressuscité; on s'en
servait même à l'égard des princes et des
grands. Malth. 26. 49. Ave, Rabbi : Je vous
salue, mon Maître, dit Judas à Notre-Sei-
gneur en le trahissant par un baiser, c. 27.
29. Marc, 15. 18. Joan, 19. 3. Ave, rex Ju-
dœorum : Salut au roi des Juifs, disaient les
soldats du gouverneur à Jésus-Christ, après
l'avoir revêtu d'un manteau d'écarlate, et
mis une couronne d'épines sur sa tête, avec
un roseau dans la main droite. Dans Mar-
tial, liv. 14. Cœsnr, ave, x^V^' i^«'0'«p» c'est ce
qu'on faisait dire à des oiseaux à l entrée de
l'Empereur. Ce n'était pas une marque de
familiarité particulière, puisque saint Jean
dit qu'il ne faut pas même dire ave aux hé-
rétiques. 2. Joan. V. 10. Nec ave ei dixeriiis :
Ne saluez pas même celui qui ne fait pas
profession de demeurer dans la doctrine de
Jésus-Christ; bien loin de le recevoir chez
vous. V. 11.
AVELLERE , ànoaizàv. 1° Arracher quel-
que chose, la tirer avec force du lieu ou elle
est (£zo>r/vyav). Job. 18. 14. Avellatur de ta-
hernuculo suo fiducia ejus : Les enfants et
441 AVE
les richesses de l'impie, en quoi il mettait sa
conOance, seront arrachés de sa maison.
Phrase tirée de ce mot.
AvELLERE aliquem ad se. Arracher quel-
qu'un à sa liberté, le réduire sous sa puis-
satice par la force des armes. Isa. 7. 6. Avel-
hnnus eum ad nos : Rendons- nous-en maî-
tres, disent les rois de Syrie et d'Israël, du
roi de Juda («-o^r&ïsstv, avertere ).
2° Retirer, éloigner (à-roT-âv). Isa. 28. 9.
Quem docebit scientiam? avulsos ab uberibus?
A qui le Seigneur enseignera-t-il sa loi? à
qui donnera-t-il l'intelligence de sa parole?
Ce sera à ceux qui auront la simplicité des
enfants, et qui auront renoncé aux douceurs
des plaisirs criminels. Luc. 22. il. Et ipse
avulsus est ab eis : Jésus-Christ s'éloigna de
ses disciples ; ce fut pour prier sur la mon-
tagne des Oliviers, où il fut pris.
AVERS ARI, «-0TT|si'y£a5«t. Ce verbe vient de
la préposition a, et de verto, et signifie pro-
prement détourner le visage, ou se détourner
pour ne pas voir une personne ou une chose
que nous avons en horreur; avoir en hor-
reur, avoir de l'aversion : dans l'Ecriture :
1° Avoir de l'éloignement et de l'aversion
pour quelque chose; ne vouloir acquiescer,
et se rendre à quelque chose. Tit. 1. 14. Non
intendentes mandat is hominum aversantium
se a veritate; Gr. veritatem. — 2" Haïr, dé-
tester { uiTîu }. Exod. 23. 7. Aversor ùn-
pium : J'abhorre le méchant. Deul. 12. 31. c.
25. 16. — 3° Rebuter, parler rudement (jz/Ài-
vjtv). 1. Reg. 25. li. David misit nunlios de
deserto tit benedicerent Domino nostro , et
aversatus est eos : Nabal a rebuté avec ru-
desse les gens de David, qu'il lui avait en-
voyés pour faire un compliment ; c'est de
quoi Abigaïl, femme de Nabal, fut avertie par
un de ses gens, laquelle, pour prévenir la
vengeance de David, va au-devant de lui
avec des présents, se jeter à ses pieds, et lui
demander de remettre cet outrage. — 4° Se
déclarer contre quelqu'un (c'-avto-Tàvxt). Job.
19. 19. Quem maxime diligebam aversatus est
me : Celui que j'aimais le plus s'est déclaré
contre moi.
AVERSATRIX, cis, rebelle. Jerem. 3. 6.
Numquid vidisti quœ fecerit aversatrix Is-
raël ; Gr. xarot/ta tov 'l'jpur,'/., Dieu rappelle
dans l'esprit du prophète l'idolâtrie des dix
tribus d Israël.
AVERSIO, Nis, «TToo-T/aoy»?. L'action de dé-
tourner: dans l'Ecriture :
1" Dédain, mépris, qui se fait en détour-
nant le visage. Eccli. «1. 25. Erubescite... et
ab aversione vultus cognati : Rougissez de
détourner volrf visage de l'un de vos pro-
ches : co que font souvent même à l'égard
de leurs proch<s ceux qui tiennent quel-
que rang dans le monde au-dessus d'eux.
2' Egarement, abandon qu'on fait de Dieu,
révolte contre Dieu. Prov. 1.32. Avrrsio pnv-
vulorum interftciel eos : Les impru«lenls se-
ront exterminés, pour avoir eu de l'aversion
pour la sagesse ; Gr. pour avoir fait injure
aux simples. Voy..l»ARVLLus. Jcreui. 2. 19.
Aversio lua increpabil te: Votre éloignemcnt
AVE
W*
de moi s'élèvera contre vous ( xaxîsc, mali^
tia ). Qui quitte Dieu, quitte toute bonté et
douceur, pour n'avoir que du mal et de l'a-
mertume, dit saint Jérôme. Jerem. 3. 22. 5a-
nabo aversiones vesïras ; Convertissez-vous,
enfants rebelles, revenez à votre père, et je
guérirai le mal que vous vous êtes fait en
vous détournant de moi, dit Dieu aux dix
tribus dlsraël assujetties aux Assyriens
(o-ûvrotpay., contritio ). c. 14. 7. Multœ sunt
aversiones nostrœ : Nos révoltes sont gran-
des, dit le prophète en la personne des Juifs,
qui le devaient dire au temps de leur capti-
vité, en se reconnaissant coupables devant
Dieu ( àax/)Tta peccatum ). D'où vient celle
Phrase tirée de la seconde significalion.
Averti aversione contentiosa , se détour-
ner de quelqu'un avec une aversion opiniâ-
tre. Jerem. 8. 5. Qaare ergo aiersus est po-
puhis iste in Jérusalem aversione conten-
tiosa : Quand on sesl détourné du droit
chemin, n'y revient-on plus? Pourquoi donc
ce peuple de Jérusalem s'est-il détourné de
moi avec une aversion si opiniâtre ?
AvERSUS, A, UM. Vide post Avertere.
AVERTERE , àTroo-roéyeiv. — 1° Détourner.
2. Par. 18. 31. Avertit eos ab illo : Josaphat
se voyant environné de tous côtés, et chargé
par ceux qui commandaient la cavalerie du
roi deSyrie, poussa des cris au Seigneur qui
le secourut, et les écarta tous de lui. Jerem.
2. 4. 3. Reg. 21. 4. etc. — 2° Détourner de
son devoir, débaucher. Jerem.8.4..Yum(/aù/
gui aversusest, non revertetur? Quand on
s'est détourné du droit chemin, n'y revient-
on plus? dit Dieu aux Juifs, qui ne reve-
naient point de leurs égarements, v. 5. Isa.
59. 13. Act. 19. 26. Paulus hic suadens aver-
tit multam turbam : Ce Paul a ici détourné
un grand nombre de personnes du culte des
dieux, en disant que les ouvrages de la main
des hommes ne sont point des dieux, dit
l'orfèvre Démétrius aux ouvriers de son mé-
tier qu'il employait (a£i5tTTàvxt). Luc. 23. 14.
Obtulistis mihi hune hominem, quasi averlen-
tem populum : Vous m'avez présenté cet
homme comme portant le peuple à la révolte,
dit Piiate de Jésus-Christ, déclarant au peu-
ple qu'il était innocent des crimes dont ils
l'avaient accusé. Act. 5. 37. Judas Galilœus
in diebus professionis avertit populum post
se; Judas de Galilée, dans lo temps du dé-
nombrement du peuple, en attira à soi un
grand nombre («î-tc-ràvai). — 3" Retirer, dé-
tourner, dégager. Jer. 23. 2. Avertissem iiti-
queeos a via suama[a:ic les aurais retirés de
leur mauvaise voie ; l'Hébreu, les Septante,
et le Chaldéen ont avertissent : ils auraient
retiré le peuple par leurs bons avis de leurs
mauvaises voies. — 4" Ce qui se dit de l'hom-
me à l'égard de rhoinmc qu'il détourne du
mal et du péché {i-i^ryi'fsi-j). Malach. 2. 6.
Multos avertit ab iniquitatc : Lévi a détourné
plusieurs personnes de l'injustice. Par Lévi
s'entend Aaron et ses enfanis établis prêtres.
— 5" De l'homme (jui (|uilte la vie innocente
pour s'abandonner au péché. Ezech. 18.24.
Si autem averlerit sejuslus ajustitiasua : Que
443
DlCTIONNAlRt: DE PHILOLOGIE SACRËli.
444
si le juste se détourne de sa justice , et s'il
commet l'iniquité, tant qu'il y demeurera ,
toutes les œuvres de justice qu'il avait faites
seront oubliées. Il en est de même du pé-
ciieur, qui s'étant détourné de son impiété ,
et ayant agi selon la justice, ses iniquités
seront oubliées. Gant. 6. 4. 2. Esdr. 9. 32.
Deut. 15. V. 9. 18.
AvERTERE SE, scapulam, faciem, oculum,
oculos , cor , mentem ab aliquo , et même
ylrer^ere, sans régime. Quitter, cesser, aban-
donner quelqu'un, son service, le négliger,
ne prendre plus soin de lui. Ce qui se dit 1°
de Dieu à l'égard de ses créatures, qui ne
peuvent subsister sans lui. Ps. 26. 14. Ne
avertas faciem tuam a me : Seigneur, ne dé-
tournez pas de moi votre face, et ne vous
retirez point de votre serviteur dans votre
colère. Psal. 103. 29. Avertente autem te
faciem , turbabuntur : Si vous détournez
des animaux votre face, en cessant d'en
prendre soin, ils seront troublés. Ps. 88. 47.
Usquequo, Domine, avertis in finem, pour
avertisti in finem : Jusqu'à quand, Seigneur,
délournerez-vous votre visage de dessus
nous? Sera-ce éternellement? Gr. averleris;
Heb. absconderis. 2° Ce qui se dit de l'homme
à l'égard de Dieu, qu'il abandonne, ou son
culte, ou sa loi. Eccli. 27. 1. Qui quœrit lo-
cupletari, avertit oculum suum : Celui qui
cherche de s'enrichir, détourne sa vue de la
loi de Dieu. c. 26. 13. Deut. 29. 18. Ne forte
sit inter vos cujus cor aversum est hodie a Do-
mino Deo vestro : Observez les ordonnances
de l'alliance que Dieu fait avec vous, afin
qu'il ne s'en trouve point parmi vous dont
le cœur se détourne du Seigneur notre Dieu,
dit Moïse aux Israélites de la part de Dieu
( îxx),ivî£v declinare ). c. 30. 17. 3. Reg. 11. 9.
Iratus est Dominus Salomoni, qiiod aversa
esset mens ejus a Domino : Le Seigneur se
mit en colère contre Salomon, de ce que son
esprit s'était détourné du Seigneur (sxx/ivetv .
Ce fut pour avoir adoré les faux dieux con-
tre sa défense. Ainsi, Zach. 7. il. Averterunt
scapiilam recedentem : Ils se sont retirés en
me tournant le dos StSovat). C'est ce dont
Dieu se plaint à l'égard des Juifs. Ainsi, 3.
Reg. 9. 6. Si aversione aversi fueritis vos et
filii vestri : Si vous vous détournez de moi,
vous et vos enfants, et que vous alliez ado-
rer les dieux étrangers, j'exterminerai les
Israélites de dessus la terre que je leur ai
donnée. Ici, aversione averti, est un pléonas-
me. Ps. 77. 63. 3^ Ce qui se dit de l'homme
à l'égard du péché qu'il quitte. Eccli. 38. 10.
Averle a delicto : Détournez-vous du péché
[ùfiaràvut). Ezech. 14. 6. Ab universis conta-
minationibtis vestris uvertite faciès vestras :
Détournez vos visages de toutes vos abomi-
nations, dit Dieu aux Israélites. Ezech. 12.
28. k° Ce qui se dit de l'homme à l'égard d'un
autre qu'il abandonne. 2. Tiin.11.1.5. Sois hoc
quod aversi sunt a me omnesqui inAsiasunt:
Vous savez que tous ceux qui sont en Asie,
se sont éloignés de moi.
AvERTEiŒ humer um ab aliquo. Se retour-
ner en quittant quelqu'un pour aller en
quelque lieu (èTrtaT^sv-uvj. 1. Reg. 10. 9. Cum
avertisset humerum suum, ut abiretaSamuele,
immutavit ei Deus cor aliud : Aussitôt que
Saiil se fut retourné, en quittant Samuel,
Dieu changea le cœur à Saiil, et lui en don-
na un autre : ce fut une des prophéties que
lui avait annoncées Samuel , pour preuve
que c'était le Seigneur, qui, par l'onction
faite par Samuel, l'avait sacré pour roi.
Averti corde aliquo. Retourner de cœur
en quelque lieu, souhaiter et désirer d'y
retourner. Act. 7. 39. Aversi sunt cordibus
suis in Mgyptum : Nos pères ne voulurent
point obéir à Mo'ïse ; mais ils le rebutèrent,
retournant de cœur en Egypte : dit saint
Etienne, dans le discours qu'il fit au conseil
des Juifs, sur la demande que lui fit le grand
prêtre, si ce dont on l'accusait était véri-
table.
AvERTERE SE, furovem, iram avertereab ira,
avertere ab ira furoris. Apaiser la colère.
Num. 25. 4. Suspende eos contra soïemin pa-
tibulis , ut avertatur furor meUs ab Israël :
Pendez tous les princes du peuple à des po-.
tences en plein jour, afin que ma fureur ne
tombe point sur Israël. Ce fut à cause que les
Israélites s'étaient laissé aller à la fornica-
tion avec les filles des Moabites, et au culte
de leurs dieux. Ps. 77. 13. Et alundavit ut
averteret iramsuam: Les Israélites ne furent
point fidèles dans l'observation de l'alliance
que Dieu avait faite avec eux; mais Dieu
usait de miséricorde à leur égard, et il ar-
rêtait beaucoup les effets de sa fureur. Ps,
84. 4. Avertisti abira indignationis tuœ; \. e.
avertisti te : Vous avez arrêté les effets ri-
goureux de votre indignation : ici le prophète
parle de la captivité des Juifs en Rabylone,
qui était l'effet de l'indignation de Dieu.
Deut. 13. 17. Ps. 84. 5. Num. 25. 11.
Avertere Manum, dextram , adjulorium.
Retirer sa main, son secours , se dit i° do
Dieu , pc^r marquer qu'il refuse ou cesse de
protéger et d'assister son peuple, lorsqu'il
est attaqué de ses ennemis , ou qu'il arrête
les punitions et les châtiments dus aux pé-
chés (Èçat^oeiv, elevare). Ezech. 20 22.. Averti
autem manum meam : J'ai menacé les enfants
d'Israèl de répandre ma fureur sur eux dans
le désert : mais j'ai retenu ma main. Ps. 73. ,
11. Ut quid avertis manum tuam ; Pourquoi
votre, main ccsse-t-elle de nous protéger.
Thren. 2. 3. Avertit retrorsum dexteram suam
a facie inimici : Le Seigneur a retiré sa main
droite de devant l'ennemi ; il a refusé d'assis-
ter son peuple, lorsque ses ennemis l'atta-
quaient, v. 8. Non avertit manum suam a
perditione : Le Seign^r a tout rasé comme
au niveau, et il n'a point retiré sa main, que
tout ne fût renversé. Ps. 83. 44. Avertisti ad-
julorium gladii ejus; Kiib. reludisti aciem :
Vous avez ôlé toute la force à l'épée de vo-
tre peuple : David se plaint que Dieu ait ôtc
les forces aux Juifs, en cessant de les secou-
rir.
Avertere Cogitationem alicujus. Détour-
ner , empêcher l'exécution du dessein. Job.
23. 13. Nemo avertere potest cogitationem
ejus : Nul ne peut empêcher que ce que Dieu
a pensé et résolu ne s'exécute. Isa. 43. 13.
'415
AVE
AUF
UCt
OperahoTyet guis avertît illud : Quand j'ai ré-
solu d'agir, qui pourra s'y opposer? c. 14.
27.
AvERTERE Captivitatem. Faire cesser la
captivité, y mettre fin. Voy. Captivitas. Voy.
GONVERTERE.
AvERTERE in humilitatem. Abattre, humi-
lier, abaisser. Ps. 89. 3. Ne avertas hominem
in humilitatem ; Seigneur, ne réduisez pas
l'homme dans le dernier abaissement; Heb.
en poussière.
AvERTERE mala alicui. Rendre, faire re-
tourner le mal sur quelqu'un. Ps. 53. 7.
Averte mala inimicis meis : Mon Dieu, faites
retomber sur mes ennemis les maux dont ils
veulent m'accabler : ce qui est ici , non un
mouvement de vengeance qu'eût David con-
tre ses ennemis ; mais une prophétie des
malheurs que la justice de Dieu préparait à
ceux qui le persécutaient.
AvERTERE pedem a sabbato. Ne point mar-
cher le jour du sabbat, ne faire qu'un certain
espace de chemin, ordonné par la loi, ne
faire aucune œuvre servile le jour du sabbat,
lo sanctifier. Isa. 58. 13. Si averteris a sabba-
to pedem tuum : Si vous vous empêchez de
marcher le jour du sabbat, alors vous trou-
verez votre joie dans le Seigneur.
AvERTERE/ac/e/n alicujuSyavertere aliquem.
Rebuter quelqu'un, le rejeter, lui refuser
quelque chose. 3. Reg. 2. 20. Neque enim fus
est ut avertain faciem tnam; Heb. ut reverti
facium : Ma mère , dites C3 que vous me de-
mandez ; car il ne serait pas juste de vous
renvoyer mécontente, dit Salomon à Betsa-
béo, sur ce qu'elle lui dit qu'elle avait une
petite prière à lui faire : c'était que Salomon
donnât Abisag de Sunam à Adonias.
AvERTERE retrorsum. Chasser avec confu-
sion , faire reculer en arrière, faire quitter
prise. Ps. 3V. k. Avertantur retrorsum, et
confundnnlur cogitantes mihi mala : Que ceux
qui ont de mauvais desseins contre moi,
soient renversés et confondus. Ps. G^. h. Aver-
tantur retrorsum : Que ceux qui veulent
m'accabler de maux soient obligés de re-
tourner en arrière. Ps. 43. 11.
Atertere semitas in quietem. Changer les
chomins passants en une demeure paisible,
faire une demeure paisible des chemins pas-
sants; ce qui est une expression figurée, qui
se dit de Dieu, pour marquer qu'il rétablit et
rend habitables les villes et les pays qui
avaient été auparavant foulés aux pieds, et
servi comme de chemins passants. Isa. 58. 12.
Et œdifxfmbuntur in te déserta sœculorum
et vocdbcris avcrtens semitas in quietem : Les
lieux qui avaient été déserts depuis plusieurs
siècles , s(>ronl dans vous remplis d'édifices.
Vous relèverez les fondements abandonnés,
et on dira de vous que vous faites une de-
mi'ure pai>ible des chemins passants.
Rejeter quelque chose, en avoir du dégoût.
Sa p. 1(). 3. Ut un quideni concupiscentes es-
cam... a necessarin, concupisccntia avertercn-
lur : Les Egyptiens étant |)ressés de manger,
avaient aversion des viandes même les plus
nécessaires, à cause des plaies dont Dieu les
avait frappés. Mallh. 5. 42. Volenli mutuari
a te ne avertaris : Ne rejetez point celui qui
veut emprunter de vous. Heb. 12. 25. Multo^
magis nos qui de cœlis loquentem nobis averti -X
mus : Si ceux qui ont méprisé celui qui leur
parlait sur la terre n'ont pu échapper à la pu-
nition : nous pourrions bien moins l'éviter,
si nous rejetons celui qui nous parle du
ciel.
Changer, quitter; ce qui se dit, 1° du des-
sein que l'on avait pris. Jerem. 4. 28. Cogi-
tavi et non pœnituit me , nec aversus sum ab
60 : J'ai formé mon dessein ; je ne m'en suis
point repenti, et je ne le rétracterai point.
Dieu parle du dessein qu'il avait pris de ré-
duire la tribu de Juda dans la dure captivité
où elle fut depuis réduite. Ce qui se dit ,
2° de la dureté et de la malice du cœur de
l'homme. Baruch. 2. 33. Et avertent se a
dorso stio duro , et a malignitatibus suis : Ils
quitteront celte dureté qui les rend comme
inflexibles, et celte malignité de leurs œu-
vres. Le prophète prédit que la dure capti-
vité des Juifs leur serait une occasion de
rentrer en eux-mêmes, et de retourner à
Dieu.
Chasser, éloigner (àytaTâvott)- Eccli. 47.
30. Valde averterunt illos a terra sua : Les
péchés ont fait enfin chasser les Israélites
de leur terre. Sophon. 3. 15. Avertit inimicos
tuos : Le Seigneur a éloigné de vous vos
ennemis : ces ennemis des Juifs étaient les
Assyriens , les Chaldéens ; ce qui s'entend
autant , dans le sens spirituel, du monde, de
la chair, du diable et de l'enfer, qui sont les
plus dangereux ennemis de l'âme, dont la
venue de Jésus-Christ devait délivrer les
hommes.
Troubler, renverser ( «TratTstv ). Eccli. 31,
2. Cogitatus prœscienliœ avertit sensum : La
pensée inquiète de l'avenir trouble le sens
et le jugement; Gr. interrompt le sommeil.
De ce verbe vient cet adjectif:
AvEusus , A, UM. Qui tourne le dos, que
l'on ne voit que par derrière : dans l'Ecri-
ture :
Opposé de l'autre côté. 2. Reg. 2. 23. Per-
cussit ergo eum Abner aversa liasta in in-
guine : Abner frappa Asaël du bas de son
dard, du bout opposé à la pointe. Ces dards
étaient ferrés des deux bouts : le bout d'en
haut se portail devant, le bout d'en bas der-
rière ; Syr. de la queue du javelot; Gr. èx twv
oTrio-w, Posteriori parte.
AUFERRE , ùfcAipiï-j. Ce verbe vient d'aô ,
changeant 6 en it , et de fera , et signifie :
Emporter quelque chose , ôter quelque
chose à quelqu'un. Job. 1,21. Dominus dédit,
Dominus abslulii : Le Seigneur m'avait tout
donné, le Seigneur m'a tout ôlé, dil Job, à
la nouvelle qu'il reçut de la mort de tous
ses enfants. Luc. 1 , 25. Respexit auferre
opprobrium mcum : Le Seigneur m'a regar-
dée favorablement, pour me tirer de l'op-
probre où j'étais, c. 10. 42. Apoc. 22. 19.
Ainsi, Gen. 47. 10. Non auferelur sceptrwn
de Juda : Le sceptre ne sera point ôté de Juda,
savoir, jusqu'à ce (jue le Àlessio soit venu
{i/lîîTTsiv, dejicere). Celle prophétie eut son effet
au temps d'Archélaiis, lorsque le royaume
,■7 DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRLK.
lui ayant étéôté. la Judée devint^une pro-
vince de l'empire romain. Gen. 47. 30. Job.
13 30. c. 2T. V. 19. 30.
Phrase tirée de celle signification.
AUFERRE caput alicujus. i" Oler la lête à
quelqu'un, lui faire couper la lêle. Gen, iO.
19. Post quos auferet Pharao caput tuum.
Les trois corbeilles signifient que vous avez
encore trois jours à vivre, après lesquels le
roi vous fera'couper la lête. C'est l'interpré-
tation que Joseph donne au songe du grand
pannelier de Pharaon. I. Reg. 17. 4G. I. Mach.
11. 17. 30.
2" Confisquer (àvaOî.aari^stv) 1. Esdr. 10.
8. Auferelur universa substantia ejus -On
fit publier, dans Juda et dans Jérusalem,
que quiconque ne s'y trouverait dans trois
jours, selon l'ordre des princes et des an-
ciens, perdrait tout son bien; ce fut afin de
prendre les moyens pour faire que ceux qui
avaient épousé"^ des femmes étrangères s'en
séparassent.
3°. Rejeter, éloigner, mépriser {à.f>-ztu).
S.ip. 5. 1, Stabunt jusli adversus eos qui abs-
tulenml labores eorum : Les justes s'élève-
ront contre ceux qui leur auront ravi le fruit
de leurs travaux , c'est-à-dire qui les auront
méprisés. A quoi se rapporte, Ps. 9. 29.
Auferuntur judicia tua a facie ejus : Les
jugements de Dieu sont ôlés de devant la vue
du pécheur, c'est-à-dire il ne les regarde
que de loin (àvTavatpÈtv). Hebr. Altitudo surit.
k"- Défaire, exterminer, faire mourir (èi-M-
pz'vj ). Sap. 18. 3. Multitudinem filior'um
abstulisti : Seigneur, vous avez fait mourir
un très -grand nombre de leurs enfants.
L'Ecriture parle de Pharaon et de toute son
armée qui fut submergée. 1. Mach. 6. 12.
Misi au ferre habitantes Judœam sine causa :
Antiochus reconnaît que la cause de tous ses
malheurs vient des maux qu'il avait faits
dans Jérusalem , ayant envoyé exterminer
sans sujet ceux qui habitaient dans la
Judée.
6° Prendre , détacher de quelque cliose.
Num. 11. 17. Auferam de spiritu tuo tra-
damque eis : Je prendrai de l'esprit qui est
en vous , et je leur en donnerai : une chose
naturellement ne peut être partagée de l'un
entre plusieurs, qu'il n'en souffre autant de
diminution; mais pour les dons du Saint-
Esprit, qui est indivisible, comme il était
donné par sa grâce tout à Moïse, il fut aussi
donné tout aux septante personnes qui le
reçurent.
6" Quitter, mettre bas, se dépouiller de
quelque chose. Ezech. 2<j. 10. Auferent txu-
vias suas\- Tous les princes de la mer quitte-
ront leurs habits, savoir, au bruit de la
chute de la désolation de ïyr.
AuFERRE animam ; ),K:iÇàv£tv^j/ïjv. Oler la
vie, faire périr. 1. Reg. 24. 12. Insidiaris
unimœmeœ ut auferas eam : David représente
à Saiil qu'il cherche tous les moyens de lui
6ler la vie, quoique Dieu le lui ayinl livré
entre ses mains, il n'eût point voulu la lui
448
ôter. 3. Reg. 19. U. Ps. 39. 23. Ps. UO. v. 8
A quoi se rapporte, Prov. 22. 9. Yictoriam
et honorem acquiret qui dat munsra; anijnam
autem aufert accipienlium : Celui qui fait des
présents remportera la victoire et l'hon-
neur; mais il ravit les âmes de ceux qui les
reçoivent ; se. en causant la perte de leur
âme, les engageant à commettre quelque
injustice en leur faveur.
AuFERRE cûT. Faire perdre le sens, rendre
insensé, aveugler l'esprit, et détourner du
service de Dieu. Ose. 4. 11. Fornicatio et
vinum et ebrietas auferunt cor : La fornica-
tion, le vin et l'enivrement, font perdre le
sens.
AuFERRE iniquitatem. 1° Oter l'iniquité ,
l'effacer, l'abolir, se dit, 1° du péché que
Dieu rrmet et efface par sa grâce. Exod. 34.
v. 9. Qui aufert iniquitatem : Marchez , je
vous supplie , avec nous , afin que vous
effaciez nos iniquités, dit Moïse à Dieu, sur
la montagne de Sinaï ; il n'y a que Dieu qui
puisse remettre le péché. Voy. Luc. 3. v. 21.
2V. Ainsi , Num. 14. 18. 1. Par. 21. 8. Job. 7.
21. Ce qui se dit, 2° de l'injure, faute, ou
offense commise contre quelqu'un. 1. Reg.
23. 28. Aufer iniquitatem famulœ tuœ : Re-
mettez l'iniquité de voire servante , dit à
David Abigaïl , qui prend sur elle l'offense
et l'insulte faite à David par Nabal , son
mari. 2" Effacer un arrêt , le révoquer
(rrîoeatoav). Soph. 3. 13. AbstuUt JDominus
judicium tuum : Le Seigneur a effacé l'arrêt
de votre condamnation. Le prophète parle
des peines et des châtiments que méritaient
les péchés des Juifs.
AUFUGERE, ozùf îi-j. S'enfuir, se sauver.
1. Reg. 19. 12. Porro iile abiit , et aufugit :
David s'enfuit et se sauva : ce fut sur l'avis
que lui donna Michol , que Saiil cherchait à
se défaire de lui. 3. Reg. 11. 40.
AUGERE, aviù-jzu. Ce verbe vienl du grec
cr.'i'^ , OU pldtôt de l'inusité aù;£w, et signifie
proprement augmenter, accroître; dans l'E-
criture :
1° Augmenter, ajouter à quelque chose.
Gènes. 34^ 12. Augete dotem et munera :
Augmentez le douaire, demandez des pré-
sens, dit Sichem à Jacob et à ses fils , pour
les engager à lui donner Dina en mariage :
d'où vient cette signification métaphorique.
Exod. 9. 34. Auxit peccatum : Pharaon au-
gmenta encore son péché , en ce que
Moïse fut chassé de devant Pharaon , au
lieu d'avoir laissé aller les Israélites ,
comme Moïse le lui demandait de la part de
Dieu.
2^ Faire croître, prolonger, multiplier en
nombre ( r:lrM-iiu ). Gen. 17. 20. Benedicam
ei et augebo et multiplicabo eum : Je bénirai
Ismaël, je lui donnerai une postérité très-
grande et très-nombreuse, dit Dieu à Abra-
ham. 1. Par. 21. 3. Augeat Dominus populum
suum centuplum : Que le Seigneur daigne
multiplier son peuple au centuple, dit Joab
à David ; qu'il lâche de détourner de faire le
dénombrement du peuple. Gen. 47. 27. c. 48^
24. Exod. 23. 30. Ps. 104, 24. Ad. 2. kl
U9
AUG
AVI
450
Ainsi, Eccli. 50. 2'*. Auxit dies noslros a
ventre matris nostrœ : Le Dieu de toutes les
créatures nous a fait vivre de jour en jour,
depuis que nous sommes sortis du ventre de
notre mère.
3" Allumer, faire naître (Ti^yjeûvetv). Eccli.
11. 3i. Scintilla una augetur ignis , et ah
uno doloso augetur sanguis : Une étincelle
seule allume un grand feu ; ainsi , le
trompeur multiplie les meurtres, ou une
injure légère fait naître et croître dans les
méchants une haîne qui va jusqu'au meur-
tre.
AUGMENTUM, I. «u^virTtç. Augmentation,
accroissement. Coloss. 2. 19. Totum corpus
per nexus et conjunctiones subministratum
et constructum cr'escit in augmentum Dei :
Le corps de lEglise croît et s'augmente par
l'accioissement que Dieu lui donne. Ephes.
4. 16. Prov. k. 9. I. Mach. 9. 11.
AUGUR, RIS. Ce nom vient à'avis et de
gestus , ou de garritus , parce que les .au-
gures jugeaient des choses futures par la
considération du vol des oiseaux, et signi-
fie proprement augure , qui prévoit et
prédit les choses futures par la considéra-
tion du chant et du vol des oiseaux. Dans
l'Ecriture :
1" Augure, devin (z^yiSwv, ovo?). Deut. 18.
4-. Gentes istœ quarum possidebitis terram
augures et divinos audiunt : Ces peuples,
dont vous allez posséder la terre, consultent
les augures et les devins , Dieu parle aux
Israélites. Isa. 2. 6. Jerem. 27. 9.
2° Astrologue , qui prédit l'avenir'par la
contemplation des astres (àtr-cpôloyoç). Isa.
kl. 13. Salvent te augures cœli : Que ces au-
gures qui étudient le ciel , vous sauvent , dit
Dieu, prédisant à Babylone les châtiments
qu'il doit exercer sur celte ville.
AUGURAKI , otwviÇeiTÔat. Considérer les
oiseaux , pour tirer des augures et dcK pré-
sages de leur chant et de leur vol. Dans l'E-
criture :
1" User d'augures et de divination. Levit.
19. 26. Non augurabitnini : Vous n'userez
point d'augure; c'est ce que Dieu défend aux
Juifs par ses lois. Gen. kï. 5. Scyphus quem
furati estis , ipse est in quo augurari solet :
La coupe que vous m'avez dérobée est celle
dont mon seigneur se sert pour deviner ce
que Joseph ordonne à son intendant de dire
à ses frères. Joseph leur parle à peu près en
mêmes termes de lui-môme. v. 15. Anigno-
ratis quod non sit similis mei in augurandi
scientia : Ignorez-vous qu'il n'y a personne
qui m'égale dans la science de deviner. Jo-
seph , selon saint Augustin, a pu dire ceci
d'une manière qui faisait bien voir qu'il
n'assurait pas comme véritable ce qu'il leur
disait. Plusieurs expliquent le mot augurari
par e.rpcriri , tenlarcy éprouver.
AUGURATRIX, icis. Devineresse. Isa. 57,
3. Vos autcm accedite hue, filii auguralricis :
Venez ici, vous autres enfants d'une devi-
neresse. Le prophète parle ainsi des habi-
tants de Jérusalem, qui s'attachaient à l'art
des augures.
AUGURIUM , II. oiwvôf, otwvi(7fiof. Augure,
présage qu'on tire de la considération du vol
ou du chant des oiseaux , l'an des augures.
Dans l'Ecriture :
Augure, divination. Num. 23. 23. Non est
augurium in Jacob : Il n'y a point d'augures
dans Jacob; autr. Les augures ne peuvent
rien contre Jacob, c. 2i. 1. Deut. 18. 10. 4.
Reg. 17. 17. c. 21. 6. 2. Par. 33. 6. Eccli.
3k. 5.
AUGUSTA , JE , Voy. après Augustus.
AUGUSTUS, I. o-egao-TÔs-. Ce mot vient d'au-
gurium y qui signifie une marque de la fa-
veur du ciel, comme si ce nom marquait un
homme à qui les dieux donnaient des mar-
ques de leur faveur, et signifie :
1° Octavius , second empereur romain ,
successeur de Jules-César, sous lequel na-
quit Jésus-Christ. Luc. 2. 1. Exiit edictum a
Cœsare Augusto ut describeretur universus
orbis : On publia un édit de César-Auguste,
pour faire un dénombrement des habitants
de toute la terre ; c'est cet édit qui obligea
Joseph, qui était de la maison de David,
d'aller à Bethléem, pour se faire enregistrer
avec la sainte Vierge.
2° L'empereur Néron. Act. 28. v. 21. 25.
Paulo autem appellante ut servaretur ad Au-
gusti cognitionem ; ipso autem appctiante ad
Augustum^ judicavi mittere : Comme lui-
même a appelé à Auguste, j'ai résolu de lui
envoyer, dit Festus au roi Agrippa. Ce nom
d'Auguste, comme celui de César, est de-
venu commun à tous les empereurs romains.
AUGUSTUS, A, UM. Cet adjectif vient du
substantif augurium , et signifie proprement
ce qui est consacré par augure. Auguste,
digne de vénération , à cause de sa sainteté,
particulièrement en parlant d'un temple,
d'une église. Dans l'Ecriture:
Auguste , sacré. 2. Par. 15. 16. Sed et
Maacham matrem Asa Régis ex Augusto de-
posuit imperio .- Asa ôta à sa mère toute
l'autorité qu'elle avait. Hebr. Ne csser. do-
mina : Soit qu'on l'entende du gouvernement
du royaume, soit plutôt qu'on l'entende,
comme les Septante, selon le 3. Reg. 15. 13,
Ne esseï pr inceps in sacris Priapi : Afin qu'elle
n'eût plus l'intendance des sacrifices de
Priape et de la déesse Astarthé.
AUGUSTA, M. ieScf.(T7Y). Auguste, cohorte,
dans laquelle Jule, qui conduisit en Iialie
saint Paul et d'autres prisonniers, était cen-
tenier. Act. 27. 1. Ut autem judicalum est nn-
vigare eum in Ilaliam, et tradi Paulum cuin
reliquis custodiis centurioni nominc Julio,
cohortis Auguslœ : Après qu'il eut élé résolu
que Paul irait en Italie et qu'on le metlr.iit
avec d'autres prisonniers entre les mains
d'un nommé Jule, centenier dans l.i cohorlcî
appelée VAuguslc. Touic la suite de ce rh.i-
pitre parle du voyage de saint Paul en Ita-
lie.
AVIA, K. iJi^niMu. Ce nom vient d'Avus, et
signifie :
Aïeule, la grand'mère, la mère du père ou
de, la mère. 2. Tim. 1. 5. Uccordationem «c-
cipiens cjus fidci quœ est in te non ficiu, qwa
et liabilavit priinum in avia luaf Loide, ei in
J51
matre tua Eunice : Je me représente celte
foi sincère qai est en vous, qu'a eue pre-
mièrement Loïde, votre aïeule, et Eunice,
votre mère. C'étaient cette aïeule et celte
mère de Timothée qui l'avaient instruit dès
son enfance dans les lettres saintes.
AVIDUS, À,UM, ci.TrlrKTToç. Cet adjcctlf vicnt
du verbe avère et signifie proprement avide,
qui désire quelque chose avec passion; Dans
l'Ecriture :
Avide, insatiable, gourmand. Eccli. 37.
32. Noli avidus esse in omni epulatione : Ne
soyez jamais avide dans un festin et ne vous
jetez point sur toutes les viandes.
AVIDITAS, ATis, «-/yjcTTîx. Avidité à man-
ger, appétit. Dans l'Ecriture :
1" Avidité, gourmandise, excès dans le
manger. Eccli. 37. 33. Aviditas appropm-
guabit usque ad choleram : Le trop manger
donne la colique.
2' Affection, ardeur {npoBvixirx. Act. 17. 11).
Susceperunt verbum cum omni aviditate : Les
Juifs de Béroé reçurent la parole avec beau-
coup d'affection et d'ardeur : ce fut à la pré-
dication de saint Paul et de Silas , qui leur
annoncèrent l'Evangile.
AVIM-, Heb. Perversi. Ville en la tribu de
Benjamin. Jos. 18. 13.
AVIS, is , o/ovt,-, TTîTÊivôv. Ce nom vient de
l'Hébreu opfi, qui vole, et signifie :
1° Oiseau en général. Job. 5. 7. Homo na-
scitur ad laborem , et avis ad volatiim :
L'homme est né pour le travail, comme l'oi-
seau pour voler. Ezech. 39. 17. Bar. 3. 17.
Voy. LUDERE.
§ 1.— Cyrus, roi de Perse, qui devait venir
fondre sur Babylone comme un aigle sur sa
proie, est appelé Oiseau. Isa. 46. 11. Vocans
ab Oriente avem et de terra longinqua virum
voluntatis meœ : Je ferai venir de l'Orient, un
oiseau , et d'une terre éloignée, un homme
qui exécutera ma volonté : c'est par lui que
Dieu voulait délivrer son peuple de la capti-
vité.
§ 2— Ceux qui découvrent ce qui se dit en
secret sont marqués par les oiseaux. Eccli.
10. 20. Aves cœii portabunt vocem tuam , et
qui habet pennas annuntiabit sententiam : Les
oiseaux même du ciel rapporteront vos pa-
roles ; et ceux qui ont des ailes publieront ce
que vous avez dit : c'est une hyperbole, qui
signifie le danger qu'il y a de parler mal des
princes et de médire des riches.
§ 3. — Le peuple juif comparé à un oiseau
de différentes couleurs , sur lequel tous les
autres oiseaux viennent fondre pour le per-
dre. Jer. 12. d.Numquid avis discolor fiœre-
dilas mea mihi ? Numquid avis tincta ( ou dis-
tincta) per totum ? Le prophète s'étonne que
ce peuple soit exposé en proie à tous ses en-
nemis, comme un oiseau haï de tous les au-
tres : ce qui se dit aussi des autres peuples
de la terre. Ezech. 31. 6. In ra)t is ejus fece-
runt nidos omnia voUdilia cœli : Tous les oi-
seaux du ciel avaient fait leur nid sur les
branches de ce cèdre du Liban. Le prophète
parle de tous les peuples qui étaient soumis
au roi des Assyriens, comparé à ce cèdre.
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE. 452
2° Poule. Luc. 13. 34. Quoties volui con-
gregare filios tuos quemudmodum avis nidum
suumsub permis, et noluisti ? Combien de fois
ai-je voulu rassembler les enfants de Jérusa-
lem , comme une poule rassemble ses petits
sous ses ailes , et elle ne l'a pas voulu : ce
mot grec op-nç peut signifier une poule on
particulier, comme un oiseau en général , et
est rendu par le mot lalin, gallina, en saint
Malth.30.37.
AVITH, Heb Perversa. Ville d'où était
Adad ou Arad, roi d'Idumée. Gen. 36. 35. 1
Par. 1. 46.
AULA, M, «ù/ïi. Ce nom est grec, aOiïj, et
signifie une salle , un vestibule ; de plus le
palais royal , où le roi demeure , et le roi
même avec ses courtisans ; une salle. Dans
l'Ecriture :
1° La cour ou l'entrée d'un palais, l'espace
qui est à découvert entre le vestibule et les
appartements. Esth. 4. 2. Non enim erat lici'
tiwi indutum sacco aulam régis intrare. Mar-
dochée ayant appris que l'ordre du roi avait
été donné de tuer tous les Juif? , il vint en
pleurant jusqu'à la porte du palais ; car il
n'était pas permis d'entrer dans le palais du
roi étant revêtu d'un sac.
2° Le palais d'un roi , le lieu de sa de-
meure ohoç). Gen. 45. 16. Celebri sermone
vulgatum in aula régis : Aussitôt il se répan-
dit un grand bruit dans toute la cour du roi,
et on (lit publiquement que les frères de Jo-
seph étaient venus. Ce fut au second voyage
qu'ils firent en Egypte pour acheter du blé ;
et après que Joseph se fit reconnaître par
eux pour leur frère. 4 Reg. 7. 9. Nuntiemus in
oularegis : Allons donc porter cette nouvelle
à la cour du roi. Lanouvelle dont parlent
ces quatre lépreux juifs , est qu'ils n'avaient
pas trouvé un seul homme dans le camp des
Syriens, qu'ils avaient abandonné, avec tout
ce qui4eur appartenait. Esth. 11. 3. c. 12. v.
1.5. 1. Mach. 11.46.
3" La réale, la tente du roi. 2 Mach. 13. 15.
Nocte aggressus aulam regiam in castris, in-
terfecit viros quatuordecim ynillia : Judas at-
taqua la nuit le quartier du roi , et lua dans
son camp quatorze mille hommes.
AVOCARE. Détourner quelqu'un de quel-
que chose. Dans 1 Ecriture:
Faire aller quelqu'un d'un lieu dans un
autre. Eccli. 32. lo. Prœcurre autem prior in
domum tuam, et illic avocare ; d'autres lisent
illuc avoca te : L'avis que le Sage donne aux
jeunes gens qui se trouvent à un fesiin , est
de sortir promptement de table, et de se re-
tirer des premiers en leur logis.
AVOLARE, iviTTTKiTÔat. Ce verbe est inusité
dans les auteurs en sa propre signification ,
qui marque l'action d'un oiseau qui s'envole
d'un lieu à un autre. Les auteurs L;ilius
s'en servent pour signifier s'en aller prompte-
ment de quelque lieu. Dans l'Ecriture :
S'envoler. Levit. 14. v. 7. 531 Demittel pas-
serem vivum ut in agrum avolet : Le prêtre
laissera aller le passereau vivant , afin qu'il
s'envole dans les champs. L'Ecriture parle
ici de la loi de la purification d'un lép.reux.
Nahum. 3. v. 16. 17.
455
AUR
AUR
454
1° Voler , venir prooipfement fondre sur
quelqu'un (ôVTJc-e«t)- Jerem. i9. 22. Ecce
quasi aquila asceridet et avoluhit : L'ennemi
va paraître comme un aigle ; il prendra son
vol : le prophète parle de Nabuchodonosor ,
qui devait venir avec son armée se jeter sur
ridumée.
2" Sortir, se retirer, s'éloigner {x77xicd(7'ix'.).
Isa. 8. 22. Non poterie avolare de angustia
sua : Israël ne pourra s'échapper de cet
abîme de maux. Ces maux sont destinés aux
Juifs, s'ils consultaient plutôt les magiciens
et les devins que la loi de Dieu. c. 30. 20.
Non faciet avolare a te ultra doctorem tiium:
Le Seigneur fera que celui qui nous instrui-
sait ne disparaîtra plus de devant vous :
le prophète marque les miséricordes de Dieu,
lorsque le peuple criera à lui. Gant. 6. i.
Averte oculos titos a me , quia ipsi me avo-
lare fecerunt : Détournez vos yeux , parce
qu'ils me raoltent hois de moi-même ; je ne
puis supporter vos regards {cc-jv.tzioov-j). Jésus-
Christ comme époux, témoigne que la foi de
l'Eglise lui fait une sainte violence, à laquelle
il ne peut rien refuser. Ose. il. il. Et avo-
labunt quasi avis, ex Âîgypto : Los enfants de
la mer s'envoleront de l'Egypte comme un
oiseau. Cette prédiction du prophète est que
les nations sortiront de l'idolâtrie.
3' Disparaître , s'évanouir (£X7r£T«vvvff6at;.
Job. 20. 8. Velut somnium avolans non inve-
nietur : L'hypocrite s'évanouira comme un
songe. Ose. 9. 11. Ephraim quasi avis, avola-
vit gloria earum : La gloire des Israélites les
quittera comme un oiseau quitte et s'envole
de son nid : cette gloire consistait dans le
grand nombre d'hommes et denfants mê-
mes, qui devaient périr dès leur naissance.
AVOTH-JAIR, Vide Havoth-jair.
AURA, £, Kupx. Ce nom , qui a deux si-
gnifications propres , 1° signifiant un petit
vent , vient d'aer ; 2" signifiant l'éclat que
jette l'or, vient de l'Hébreu or, qui signifie
lumière , flamme de feu. Dans l'Ecriture : —
1' Vent doux ( 3ci>tvov ). Gen. 3. 8. Cum
audissent vocem Domini Dei ambulantis in
paradiso ad auram post meridiem : Heb. ad
auram diei : Comme Adam et Eve eurent en-
tendu la voix du Seigneur Dieu, qui se pro-
menait dans le paradis après midi, lorsqu'il
s'élève un vent doux ; c'est-à-dire vers le
soir : ce fut après leur péché qu'Adam et
Eve entendirent cette voix. 3 Reg.19. 12 Job.
1^. 16. Isa. 57. 13. Act. 27. 40.-2^ Calme, bo-
nace. Ps. 106. 29. Et statuit procellam ejus
in auram: Le Seigneur a changé cette tem-
pête en un vent doux : le prophète compare
l'état des captifs de Babylone, ella joie qu'eu-
rent les Israélites de s'en voir délivrés , à
ceux qui, après avoir essuyé la plus grande
tempête , se voient échappés et arrivés au
port.
AURAN, Heb. Liberlas. Le pays de l'Aura-
nilc , qui borne la Ïerre-Sainte du côté du
nord et de la Syrie , et a pris son nom de la
ville du même nom. Ezeth. kl. y. 10. 18.
Joseph joint toujours l'Auranite avec la
Batanée et la Trachonile. Ce pays est au delà
du Jourdain, dans la tribu de Manassès.
ADRATUS, A, VMyS(uxp.^(To\iç.Doré.2 Mach.
o. 2. Contigit autem per universam Jerosoly-
mam civitatem videri diebus quadraginta per
aéra équités discurrentes auratas stolas ha-
bentes : H arrijva que l'on vit dans toute Is
ville de Jérusalem, pendant quarante jours,
des hommes à cheval qui couraient en l'air,
habillés de draps d'or. Ce fut un signe des
grands malheurs qui devaient tomber sur
Jérusalem , tel que le carnage que fit peu
après Jason dans Jérusalem , et la persécu-
tion d'Antiochus et des Juifs apostats, inspi-
rés et soutenus des démons. Les Machabées
soutinrent ces assauts secourus de Dieu et
protégés des sainis anges : ce pouvait être
encore un signe du combat futur de ces mê-
mes saints anges et de ces démons. Voy.
Dan. 10. V. 13. 20. 21.
AUREUS , A, UM. Qui est fait d'or, de cou-
leur dor : dans l'Ecriture : — 1 Qui est d'or.
Prov. 11. 22. Circulus aureus in naribus suis,
mulier pulchra et fatua : La beauté dans une
femme insensée est comme un anneau d'or
au museau dune truie. Voy. Circllus. c. 2o.
V. 11. 12.— 2 Qui est doré. Exod. 40. 2k. Po-
suit et altare aureum sub tecto testimonii :
Moïse mit l'autel d'or sous la tente du té-
moignage : cet autel destiné à brûler les
parfums , était fait de bois de sélim. Exod.
30. 1. et couvert d'un or très-pur. v. 3. c.
39. 37. c. k. o. 2 Par. i. 19. Ainsi était ap-
pelée la table d'or , qui n'était que dorée.
§ 1. — Précieux, excellent. Eccl. 12, 6.
Antequam recurrat vitta aurea : Souvenez-
vous de votre créature, pendant les jours de
votre jeunesse, avant que la bandelette d'or
se relire , celte bandelette précieuse c'est
l'âme ; ou, selon d'autres, une membrane
qui entoure le cerveau. V. Vitta.
§ 2. — Qui est éclatant dans le siècle Je-
rem. 51. 7. Caîix aureus Babylon in manu
Domini: Babylone est une coupe d'or dans
la main du Seigneur, quia eni\ ré toute la
terre : Dieu s'est servi de Babylone, qui était
fameuse dans le monde, pour verser son in-
dignation sur les habitants de la terre. Dan.
2. 38 : Tu es ergo caput aureum : C'est donc
vous qui êtes la tête d'or : ce n'est pas
tant à la personne de Nabuchodonosor que
Daniel donne ce nom, qu'à son empire qui
est celui des Babyloniens : il l'appelle Tête
d'or, parce que c'est la première des qua-
tre grandes monarchies et qu'elle surpas-
sait de beaucoup en gloire et en magnificen-
ce tous les royaumes de la terre.
ADREUS , 1. substantif, Supp. siclus.
Xp-jToïi;. Un sicle d'or, qui valait de notre mon-
naie environ vingt et une livres dix sols dix
deniers. 2. Par. 9. v. 15, 16. Fecitrex Salo~
mon ducentas hastas aureus de summa sex-
centorum aureorum qui in singulis hastis pen-
debantur, trecenta quoquc scuta ireccntorum
aureorum quibus tegebantur singula scuta:
Le roi Salomon fit faire deux cents piques
d'or, du poids de six cents sicles d'or, (ju'il
donna pour chacune : il fit faire aussi trois
cents boucliers d'or, de trois cents sicles dor
chacun, que l'on cmfdpyait à les couvrir. V.
Mina.
J5JJ DICTIOiNNAlUE DE PHILOLOGIE SACREE.
AUREOLDS, a, um. Oui ressemble à l'or
pour la couleur, excellent en son genre et
pris su bstanti vement une petite pièce de mon-
naie d'or: dans l'Ecriture, il n'est pris qu'ad-
jectivement , et signifie :
Qui est d'or : Exod. 25. 25 : Super illam
alteram coronam aurcolaii} : Dieu ordonne à
Moïse de mettre une seconde couronne d'or
sur la bordure qu'il devait faire autour de
la table ; d'où:
AURIGHALCUM, i. Ce mol est mis pour
Orichalcum , qui vient du Grec 0,00?, mons,
et de /a/xô?, œs, comme qui dirait, cuivre de
montagne et signifie proprement du laiton,
dans l'Ecriture :
1° Airain le plus pur { yy/.y.oïi-j ) . 3. Reg. 7.
45. Omnia vasa quœ fecit Hiram régi Salo-
moni, in domo Domini de aurichalco erant :
Tous les vases qu'Hiram fit , par l'ordre du
roi Salomon , pour la maison du Seigneur,
élaient d'airain le plus pur.
2° Airain (xao-aiTsoo,-). Eccli. 47. 20. Colle-
glati quasi aurichalcum aurum : Vous avez
fait des amas d'or comme on en fait d'airain:
L'auteur de l'Ecclésiastique parle do Salo-
mon , que Dieu avait comblé de richesses.
3° Espèce d'airain fort luisant (y^cly.olipuvov):
quelques-uns disent qu'il était fait de verre
et de pierre, et qu'il était plus précieux que
l'or ; comme Pline: lib. 34. c. 2. et Plaute ,
en plusieurs endroits , qui préfèrent à l'or
une espèce d'airain exquis. Apoc. 1. 15. Et
pedes ejus similes aurichalco. c. 2. 18. : Les
pieds de Jésus-Christ parurent à saint Jean
semblables à cet airain si précieux ; ces
pieds , selon quelques-uns , élaient les apô-
tres et les martyrs ; selon d'autres , c'é-
taient sa pureté et sa justice , ou son huma-
nité. Dan. 10. 6. Voy. From , in Apocal. 1.
15.
AURICULA , JE. 9VÇ, wTîov. Dans l'Ecri-
ture :
■ L'oreille. Luc. 22. oO. Ampiitavit ainicu-
lam ejus dexteram : Pierre , l'un de ceux qui
étaient avec Jésus-Christ , coupa l'oreille
droite à un des gens du grand prêtre : ce
fut pour la défense de Jésus-Christ. Voy. v.
49. et Joan. 18. 10. Exod. 29. 20. Et pones
super extremum anriculœ dextrœ Aaron et fî-
liorum ejus et super pollices manus eorum ,
ac pedis dextri : Ayant égorgé l'autre bélier,
vous mettrez de son sang sur le bas de l'o-
reille droite d'Aaron et de ses enfants , sur
le pouce de leur main droite, et de leur pied
droil. L'Ecriture parle des cérémonies pour
consacrer prêtres Aaron et ses enfants.
Anios 3. 12.
Phrases tirées de ce not.
Revelare Auriculam. Avertir quelqu'un ,
lui déclarer quelque chose. 1. Reg. 9. 15.
Dominus autem rcvelaverat auriculam Sa-
vxuelis: Le Seigneur avait révélé à Samuel la
venue de S;iùl : ce fut lui que Sanjuel sacra
roi. 1. Par. 17. 25. C!elte façon de parler est
propre aurc Hébreux , qui disent ouvrir ou
[)ercer l'oroillc de quelqu'un, pour dire faire
cnleîidre. Voy. Auris.
Ponere ad airicllam suam. Admellre qucl-
456
qu'un dans son conseil secret {iz(/.zf,tcr.). 1.
Par. 11. 25. Posuit autem eum David ad au-
ricuknn suctm ; Heb. ad audilum suum ; Da-
vid mit Banaïas auprès de sa personne pour
se servir de son conseil , et pour exécuter
ses ordres : il l'avait fait capitaine de ses
gardes. Voy. Auricularius.
AURICULARIUS, 11, -npoç àv.oùç. Ce nom,
formé du féminin auricula , s'écrit, dans
quelques auteurs latins, auricularius : a^
qui est commun à d'autres noms pareils ,
comme : codex, pour caudex; coliculus, pour
cauliculus ; et signifie , proprement, qui ap-
partient à l'oreille. Dans l'Ecriture :
Capitaine des gardes , qui est près de l,i
personne du prince , pour exécuter ses or-
dres. 2. Reg. 23. 23. Fecitque eum sibi David
ouricularium : David prit Banaïas auprès de
sa personne pour exécuter ses ordres : ce
qui marque qu'il l'établit capitaine de ses
gardes ; Heb. et Grec. Ad audilum suum.
AURIFEX, )^pv(76xooç. Ce substantif est for-
mé d'aurum, et du verbe facio, et signifie :
Orfèvre. Isa. 40. 19. Numquid aurifex aura
figuravit illud ? Celui qui travaille en or, ne
forme-t-il pas une statue d'or ? Le dessein
du prophète est : y a-t-il homme assez dé-
pourvu de bon sens pour prendre celle sta-
tue pour une divinité? Sap. 15. 9. Esdr. 3.
v. 8. 31.Baruch. 6. 45. ainsi , Isa. 4G. 6. Con-
ducentes aurificem ut faciat deum et proci-
dunt et adorant: Vous prenez un orfèvre
pour vous faire un dieu , afin qu'on se pro-
sterne devant lui, et qu'on l'adore : Dieu fait
connaître ici aux Juifs la différence qu'il y a
entre celui qui ne fait que du bien à son
peuple , et les idoles qui ne leur sont qu'à
charge , et ne les peuvent délivrer d'aucuns
maux.
AURIGA, JE, -nvioxoç. Ce nom vient de
aurea , substantif, qui signifie un frein qu'on
attachait aux oreilles des chevaux, et si-
gnifie proprement cocher, celui qui conduit
un carrosse, un coche, un char. Dans l'E-
crilure :
Cocher. 3. Reg. 22. 34. 2. Par. 18. 33. JUe
aurigœ suo ait, Couverte manum tuamet educ
me de acie quia vulneratus sum : Achab dit à
son cocher : Tourne bride , et retire moi du
milieu des troupes , parce que je suis fort
blessé.
Conducteur, celui qui gouverne et pro-
tège (ÎTTTTEÙj, eques). 4. Reg. 2. 12. Currus
Israël et auriga ejus : Vous êtes le char d'I-
sraël et celui qui le conduit. Gr. et Hebr. cl
sa cavalerie : ce que Elisée dit à Elle, Joas,
roi d'Israël, le dit à Elisée, c. 13. 14. Parce
qu'en effet ces deux prophètes étaient plus
puissants pour proleger io peuple d'Israël ,
que tous les chevaux et tous les chariots de
guerre.
AURIS , is. o->,. Ce nom vient du grec
v.v'U, sonus, et signifie proprement oreille.
Dans l'Ecrilure :
i Oreille. I. Cor. 12. 10. Et si dixerit
auris; quoniam non sum oculus, non sum de
cor pore : L'Apôlre assure ici que comme
chaque membre du corps, tels que l'œil et
l'oreiile, quoique distingués entre eux par
457
AUR
AUR
45d
leurs fonctions différentes, sont cependant du
même corps ; de même les fidèles, quoique dis-
tingués par leurs dons différents, sont cepen-
dantmembres du même corps, qui est l'Eglise,
pour laquelle ils doivent les employer. Ps.
Ij.'i. 6. et i3i. 17. Aiires habent et non au-
client : Lo> idoles des nations ont des oreil-
les, et elles n'entendront point : ainsi, on
attribue improprement des oreilles à Dieu;
parce que, comme l'oreille dans l'homme est
le sens par lequel il comprend ce qu'on lui
vent faire entendre ; c'est pour cela qu'on
atiribue à Dieu des oreilles, pour marquer
qu'il reçoit et comprend, et exauce, quoique
imniédiatenient , les prières que nous lui
adressons. Ps. 5. 2. Verba mea auribus per-
cipe, Domine : Seigneur, prêlez l'oreille à mes
paroles ; entendez mes cris, dit David à
Dion, étant fort pressé par ses ennemis.
Voy . Audio , 1°.
2" Tout le corps même, une partie étant
prise pour le tout. Ps. 39. 7. Sacrificium et
oblationem noluisti, aurcs autem perfecisti
mihi : Vous n'avez ^oulu ni sacrifice ni obla-
lion ; mais vous m'avez donné des oreilles
parfaites ; le Père éternel ne pouvant être
réconcilié avec les hommes, par les sacri-
fices de l'ancienne loi , a formé un corps
mortel à son Fils , qui , par la croix, a sa-
tisfait pleinement et avec soumission à la
justice de sou Père; Hebr. fodisti; où ici
l'Hébreu fait allusion à la loi rapportée
Exod. 21. 6. Deut. 17. 15. Le maître atta-
chait son esclave avec une alêne à la porle
de sa maison, en lui perçant l'oreille, pour
marquer qu'il était étroitement attaché à
son service pour toujours , au moins jusqu'à
l'année du jubilé : c'est ainsi que Jésus-
Christ s'est consacré à Dieu son Père pour
lui obéir. Saint Paul , Hebr. 10. 5. dit : Cor^
pus aptasti : Ce corps sacré devait tenir lieu
de toutes les victimes de l'ancienne loi.
Siguilicalion figurée.
1° Celui même qui écoute, soit l'homme,
.lob. 29. 11. Aiiris audiens bealificabat me •
Lorsque le Tout-Puissant était avec moi ,
ceux qui m'écoutaient me publiaient bien-
heureux. Sap. lo. 3J .c. 18. 15. c. 25. 12. Matlh.
13. IG. 1. Cor. 2. 9.
2^ Soit Dieu. Ps. 129. Fiant aiires tuœ in-
tendantes, in vocem deprecdtionis meœ : Que
vos oreilles se rendent attentives à la voix
de mon ardente prière, dit David à Dieu,
pressé de la douleur de ses péchés.
AUHIS ZELL 1° Dieu qui est jaloux, en
tant qu'il écoute. Sap. 1. 10. Quoninm auris
zeli audit omnia: Parce que l'oreille de Dieu,
«lui s'appelle un Dieu jaloux, entend tout :
{5'ardez-vous donc des murmures. 2" L'espril
même qui juge par l'oreille. Job. 12. 'U. c.
3V. 3. Nonne auris verba dijudicat ? L'orcWlc
ne juge-l-ellc pas des paroles?
Phrases Urées de l;i propre siguiûcaiio».
In aure audire , in aurcm lorjui : Enteiidio
ou dire quelcjuc chose en secret. Mallli. 10,
27. Quod^ in aurc audilis^ prœdicale super
tecla : Prêchez .sur le haut des maisitus ce
qu'on vous dit à l'oreille, dit Jésus-tThrist à
DiCTIONN. DK PUILOL. ."îACRKE. 1.
ses apôtres. Luc. 12. 3. Qitod in aurem lo-
cuti estis in cubiculis, prœdicahitur in ieclis !
Ce que vous avez dit à l'oreille dans les
chambres, sera prêché sur les toits, dit Jé-
sus-Christ au peuple.
In auribus loqui, dicere^ cluninre, leçjcre :
Dire, prononcer, crier, lire quekjue chose,
en sorte qu'on l'entende. Gen. 20. 8. Locutus
est fiœc in auribus eornm : Abimelech dit de-
vant les serviteurs ce qu'il avait entendu :
ce fut la menace que lui fil Dieu s'il touchait
à Sara. Deut. 32. 2i. Jerem. 2. 2. CUr.na in
auribus : Allez, et criez aux oreilles de Jé-
rusalem : ce sont les reproches que Dieu
envoie faire aux Juifs par le prophète, do
leur ingratitude, c.36.13. Et nuntiaviteisMi-
chœas omnia verba quœ audivit legenle Barucfi
ex volumine in auribus popuii : Michée rap-
porlaàtousles grands du royaunie, qui étaient
assis en la maison du roi Joachini, en la cham-
bre du trésor, toutes les paroies qu'il avait
entendu dire àBaruchdaus ce livre devant
le peuple : ces paroles étaient <iue ie roi de
Babylone se hâtait pour venir détruire le
pays de Jérusalem, et en exteraiiner les
hommes et les bêles, v. 15. Sede et legs /lœc
in auribus nostris : Asseyez-vous là , et lisez
ce livre devant nous, dirent tous les grands
du roi Jo.ichim à Baruch.
In auribus alicujus esse aliquid. i" Se dit
d'une chose qu'on entend , ou qu'on se figure
entendre. Job. 15. 21. Sonitus terroris semper
in auribus illius : L'oreille de l'iiiipie est tou-
jours frappée de bruits effrayatils. — 2° Se
dit d'une chose qui est connue de quelqu'un.
Isa. 5. h. In auribus meis sunl hœc : Dieu
témoigne qu'il connaît toute la mauvaise
conduite des Juifs.
Aurem inciinare, intendere, prœbere. — !•
Ecouter aitentivement, pour pratiquer ou
exaucer. Prov. 5. 1. Prudentiœ meœ inclina
aurem tuam : Prêlez l'oreille à la prudence
que vous montre la sagesse. — 2° Ecouler
favorablement, pour exaucer. Ps. 129. 2.
Fiant aurcs tuœ intcndentes , in vocem depre-
cationis meœ : Que vos oreilles se rendent
attentives à la voix de mon ardente prière,
dit David, en géoiissant de son péché.
Beclinare aures, avertere aurem. Mépri-
ser, rejeter, ne vouloir point acquiescer.
Prov. 28. 9. Qui déclinât aurcs suas ne audiat
legetn, oratio cjus erit cxsecrabilis : Quicon-
que détourne l'oreille pour ne point écouter
la loi, sa prière même sera exécrable. Thren.
3. 56. Iseavertas aurem tuam a singultu meo,
et clamoribus : Seigm ur, ne détournez point
votre oreille de mes gémiss(>menls <;t de mes
cris, dit le Prophète dans l'excès de son af-
fliction, commune avec celle du peuple.
Obturare , continere , aures suas. Bou-
cher ses oreilles, ne vouloir point enlendro
à quchjue chose. Isa. 33. 15. Qui obturât
aures suas ne videat sangnincni : Celui (jui
bouche ses oreilles pour ne poinl entendre
des paroles de sang, demeurera dans les
lieux élevés , c'est-à-dii e hors de périls. Voy.
Sanguis. Ps. 57. 5. Si cutaspidis surdœ oblu-
ranlis aurrs suas : David se plaint que la
fureur de Saùl et de ses flatteurs , qui ne voifci
15
4m
DICTIONNAIKE DE PHILOLOGIE SACREi].
-400
laientpas connaître son innocence, pouravoir
lieu de le perdre , était semblable à celle de
l'aspic, qui se rend sourd en se bouchant les
oreilli s , pour éviter la force du charme.
Prov. 21. 13. Acl. 7. 5.
Babere aures audiendi (seii ad audiendum).
Avoir le don d'intelligence, qui comprend
une humble soumission, pour pratiquer ce
qu'on entend. Mallh. 11. 15. Qui hah et aures
audiendi , audint : Que celui-là entende , qui
a des oreilles pour entendre, c. 13. 9. kS.
C'est ce don que Dieu n'arait point donné
aux Juifs. Deut. 29. k. Et non dédit vobis
Dominus cor intelligens , et aures quœ pos-
sunt audire : Vous avez vu tout ce que le
Seigneur a fait devant vous on Egypte et
le Seigneur ne vous a point donné jusqu'au-
jourd'hui un cœur qui eût de l'intelligence et
des oreilles qui puissent entendre, leur dit
Moïse : ce qui leur ayant élé prédit par Is.iïe,
ch. 0. V. 9. 20. a élé accompli , selon le té-
moignage même de Jésus-Christ. Matth 13.
tk. Auditu audietis et non intelligetis : Vous
écouterez de vos oreilles, et vous n'enten-
drez point. Acl. 28. 26. Voy. Aggravare,
Incirclmcisus.
Erigere aurem. — Exciter à entendre avec
docilité et soumission. Isa. 50. 4. Erigit
mane, mane erigit mihi aurem ut audiam
quasi magistrum : Le Seigneur me prend et
me touche l'oreille tous les matins, afin que
je l'écoute comme un maître : cela s'entend
ie Jésus-Christ, que Dieu son Père a rempli
dé son Saint-Esprit et de toutes ses lumières ,
oomme son disciple, pour parler aux hocs-
Gîcs , et Jésus-Christ l'a écoulé avec une sou-
mission pleine de douceur.
Revelnre aurem. — 1° Ouvrir l'oreille ;
c'est-à-dire déclarer une chose inconnue ,
faire savoir, faire entendre, donner avis de
quelque chose. 1. Reg. 20. 13. Si persevera-
verit , reveliho aurem fuam ; Si le manvtîis
dessein de mon père conlinue toujours contre
vous , je vous eti donnerai avis, dit Jona-
thas à David. 2. Reg. 7. 27. Revelasti aurem
servi tui : Vous avez révélé à votre serviteur
que vous lui vouliez établir sa maison : c'est
David qui parie. — 2° Ouvn'r l'oreille de
l'âme, toucher le cœur, pour faire recevoir
avec soumission la correction saluîaire, qui
fait retourner à Dieu. Job. 36. v. 10, 15. Re-
velabil aurem eorum ut corripiat , et loquetur
ut rêver lantur ah iniquitate : Dieu découvrira
les œuvres et les crimes à ceux cjui sont dans
les chaînes : il leur ouvrira aussi l'oreille
pour les reprendre; et il leur parlera, afin
qu'ils reviennent de leur iniquilc, dilEliu à
Job. Voy. Aperire aurem, Prurire, Tin-
NIRE , etc. Voy. AURICULA.
AURORA, M, O|i0f.oj. Ce mot vient deay^ov,
vieux mot grec qui signifie or, à cause du
rapport qu'a l'aurore à l'éclat que jette l'or,
et signifie :
L'aurore, le point du jour, la lueur qui
précède le lever du soleil. Gen. 32. 26. Di-
miLle me, jam enim ascendit aurora : Laissez-
moi aller, car l'aurore commence déjà à pa-
raître, dit l'ange à Jacob, contre qui il avait
lutté toute la nuit, et de qui il voulait avoir
auparavant la bénédiction. 2. Reg. 23. k. 2.
Esdr. 4. 21. Job. 3. 9. c. 24. 17.nc. 38. 12.
Ps. 73. 16. c. G. 9.
AURUGO, iNis, ly.rspo;. Ce nom vient d'nw-
riun, et signifie proprement jaunisse, couleur
d'or pâle; dans l'Ecriture, — 1° jaunisse,
maladie qui vient d'un épanclicment de fiel
ou bile jaune. Jerem. 30. 6. Quare ergo con-
versœ sunt universœ faciès in auruginem?
Pourquoi les visages des hommes sont-ils
tous jaunes et défigurés? Le prophète parle
des Babyloniens effrayés des approches de
Cyrus. — 2° Nielle qui gâte le blé [ù^opM).
Amos 4. 9. Agg. 2. 18. Perciissi vos venlo
urente et aurugine : Je vous ai frappés par
un vent brûlant et par la nielle. 2. Par. 6. 28.
AURUM, 1,/jjvrjoç. Ce nom vient du verbe
hébreu or, knnière, flamme de feu; ou du
grec «upov, ou bien encore du verbe wp^îv,
custodire, parce que ce qu'on garde le plus,
c'est l'or, et signifie proprement or, le plus
excellent des métaux ; dans l'Ecriture,
1° Or, le plus excellent des métaux. Job.
28. 1. Auro locus est in quo conflatur : L'or a
un lieu où il se forme, v. 6. Locus sapphbi
lapides ejus, et glebœ illius est aurum .- Les
saphirs se trouvent dans les pierres de la
terre, et ses mottes sont de l'or, etc. Deut.
7. 25. Ainsi, Thren. 4. 1. Quomodo obscura^
tum est aurum? Comment l'or s'est-il obs-
curci? Ce qui s'entend de l'or dont Salomon
avait revêtu le temple, dans lequel Nabu-
zardan ayant mis le feu, ce temple perdit tout
son éclat, et l'or qui brillait auparavant (ut
tout obscurci. Ce qui s'entend figurémenl de
l'âme, dont la pureté et l'éclat de la charité
sont noircis par les feux criminels du vice.
Dan. 2. 32. Hujus statuœ caput ex auro op~
limo : La tête de la statue que vit Nabucho-
donosor était d'un or très-pur; Daniel dé-
clare à Nabuchodonosor que c'est îui-mémc
qui est cette tête d'or, par l'éclat et la splen-
deur de son empire, v. 28. Apoc. 3. 18.
2° Vêtements précieux tissus d'or. Ezech.
16. 13. Et ornata es auro et argcnto : Dieu
reproche à Jérusalcni, (ju'après l'avoir parée
d'or et d'argent et de tout ce qui pouvait con-
tribuer à sa beauté, elle s'est prostituée et
abandonnée aux nations. Thren. 4. 2. Filii
Sion inclyti, et amicii auro primo : Eclatants
et couverts de l'or le plus pur; Hebr. Com-
parés à l'or le plus fin. Apoc. 17. 4. 1. Tim.
2. 9. 1. Petr. 3. 3. A quoi se rapporte Dan.
10. 5. Renés ejus accincti auro obryzo : Je vis
un homme dont les reins étaient ceints d'une
ceinture d'or très-pur. Ici le prophète rap-
porte la vision qu'il eut près le grand fleuve
du Tigre.
5" Monnaie d'or ou d'argent, biens, riches-
ses. Matth. 10. 9. Nolite possidcre aurum at-^
que orgentum .-Ne vous mettez point en peine
d'avoir de l'or on de l'argent, ni de porter
de l'argent dans votre bourse : c'est une des
inslruclions que Jésus-Christ donne à ses
apôtres ayant de les envoyer prêcher. A quoi
se rapporte c. 23. 16. Qui juraverit in auri
t empli, débet :^i un homme jure par le tem-
ple, cela n'est rien; mais s'il jure par l'or
du temple, il est obliijé à son serment. Par
461
AUS
AUS
t'J2
l'or, ces mots s'entendent ici, ou des vases
d'or à l'usage des sacrifices, ou de la mon-
naie d'or, ou même des lames d'or dont les
murailles du temple étaient revêtues. C'est
ce que Jésus-Christ reproche aux scribes et
aux pharisiens de dire : et ils tenaient pour
rien le serment fait par le temple. Eccli. 31.
6. Mulli clati sunt in auri cams : L'or en a
fait tomber plusieurs. Gr. hi casum, auri
causa.
Sigiiilicalions métaphoriques , lirées de la couleur, de
l'éclat, de la pureté, de l'excellence ei du prix de l'or.
1" Le sable de la mer, jaune et luisant.
Job. il. 21. Sternit sibi aurmn quasi lutum :
La baleine se couche dans la mer sur le sa-
ble aigu et pointu, comme si c'était de la
boue; ce qui revient à l'Hébreu : Sternit sibi
aeulas testulas. — 2° Le temps serein, pur et
brillant comme l'or. Job. 37. 22. Ab aqw'lone
venii aurwn : Le temps serein vient du nord;
ce qui se peut aussi entendre de l'or vérita-
ble : cet Eliu représente à Job les grandes
mer\eilles de Dieu qu'il ne peut pénétrer.
Gr-' Mi'f-n ~/_pv(r7.'jyoû'j':x, Nubes instar auri ful-
gemes. — 3° La gloire et la majesté de la
Divinité. Cant. 5. 11. Caput ejus aurum opti-
mum : La tête de mon bien-aimé est un très-
fin or. Ici l'Eglise parle de la gloire de Jésus-
Christ considéré comme Dieu. — 4° L'éclat
de la Jérusalem céleste. Apoc. 21. 18. Ipsa
civitas aurum mundum : La ville était d'un
or pur. — 5° La doctrine pure, vraie et sa-
lutiiire. 1. Cor. 3. 12. Si quis autem superœ-
dificat super fundamentum hoc, aurum, ar-
gentum : Que si l'on élève sur ce fondement
un édifice d'or, d'argent, etc. Cet édifice d'or
est particulièrement cette doctrine qui re-
garde l'amour de Dieu et les bonnes œuvres.
— 6" La charité et l'amour de Dieu. Apoc. 3.
18. Suadeo tibi emere a me aurum ignitum, dit
saint Jean de la part de Jésus-Christ à l'ange
de Lfiodicée, qui n'était ni chaud ni froid
dans l'amour de Dieu. Eccli. 28. 2i. Aurum
luum confia : Employez tout ce que vous
avez de charité et de lumière pour bien pe-
ser vos paroles.
AUSCULTAUE, «x/joâaôat, Ce verbe vient
de l'hébreu Sacal, inlelUgere, et en Hipliil,
hiscilta, intelligerc fecisti, et signifie propre-
ment, écouter quelqu'un ou quelque chose,
une personne ou ce qu'elle dit; dans l'Ecr. :
1° Ecouter avec attention. Eccli. 21. 27.
stuUilia hominis auscultare per oslium : Le
fou monirera sa folie en écoutant par une
porte. Job. 33. 1.
2' Obéir, suivre les ordres ou les avis de
quelqu'nti (iTuy.oôot.fTiç) . 1. Reg. 15. 22. Melior
est obcdicnliu quam victimœ , et auacultare
magis quam o/Jerre adipem arietum : L'ubéis-
sarice est meilleure que les victimes, et il
vaul mieux se rendre à la voix de Dieu que
lui offrir les béliers les plus gras, répond Sa-
muel à S lui.
3° Exaucer les vœux, écouter favorable-
ment {npo7é/ja). 2. Esdr. 1. G. Fiant aures
tuœ auscultantes : Ayez, je vous prie, l'o-
reille attentive à la prière de votre serviteur,
dit Néhémic à Dieu, qu'il prie de rétablir
son peuple résolu de craindre son nom.
'*' taire réflexion aune chose, la prévoir,
en être persuadé (ytvwo-zjtv). Isa. 4-2. 23. Quis
est in vobis qui audiat hoc, attendat, et aus-
cultet futura? Qui est celui d'entre vous qui
écoute ce que je dis et qui croie les choses
futures? dit Dieu à son peuple.
AUSITIS. Hebr. Hus, consilium. Province
de la Trachonite, entre la Palestine et la Cœ-
lé-Syrie, ainsi appelée de Hus, fils d'Arara,
comme si on disait Husitide, appelée terra
Hus, terre de Hus. Job. 1. 1. Thren. k. 21, et
appelée Ausitis. Jerem. 25. 20. Et universis
generaliter, cunctis regibus terrœ Ausitidis :
J'ai fait boire de la coupe, que j'ai reçue dé
la main du Seigneur, à tous les rois dû pays
d'Ausite, à tous, etc. Le prophète dit qu'il a
annoncé à ces peuples que Dieu était prêt à
faire éclater sur eux sa fureur. Voyez Pro-
piNo, Calix. Dans Ausitis, selon le dialecte
syriaque, Vo se change en au, d'où vient que
Josué est appelé dans les Septante Ause pour
Osée ou Osea, qui depuis a été appelé Josuê
ou Jésus.
AUSTER, sTRi, vÔToç. Ce noni prend sa ra-
cine de la chaleur propre au vent qu'il mar-
que, et vient du verbe grec v.'jm, sicco, à
cause de sa chaleur, quoique ce vent soit
humide, et signifie proprement le vent du
midi, qui est humide et chaud, le sud; dans
l'Ecriture,
1° Le vent du midi. Ps. 77. 26. Transtulit
austrum de cœlo : Dieu changea dans l'air le
vent du midi : Hebr. Ventum orientalem :
Dieu fit cesser le vent d'orient. Il est appelé
Auster, parce qu'il souffle vers le midi, et est
opposé au vent appelé Africus, sud-ouest,
que Dieu fit lever pour emporter au-delà de
la mer, les cailles dans le camp des Israélites.
2" Le midi, partie méridionale. Ps. 125. k.
Converte captivitatem nostram sicut torrcns
in austro : Noire délivrance nous sera agréa-
ble comme les ruisseaux dans les déserts du
midi. Deut. 3. 27. Job. 9. 9. Luc. 13. 29.
Ezech. 25. 13. Faciam eam desertatn ab au-
stro : Je la réduirai en un désert du côte du
midi : Heb. dei)uis Théman jusqu'à Dédan;
ces deux villes étaient situées aux deux ex-
trémités de ridumée.
3° La partie dci la Judée ou de la tribu de
Juda qui est au midi. Abd. 19. 20. El hœredi-
tabunt hi qui ad austrum sunt montem E sau :
Ceux qui sont du côté du midi hériteront de
la montagne d'Esaii : ceci marque le progrès
que les Juifs devaient faire après leur retour
de Babylone. Zach. 7. 7. Urbes in circuitu
ejus et ad austrum : Les villes qui étaient au-
tour de Jérusalem, et le côté du midi où les
places de la Judée étaient le moins fortes,
où l'on vivait en repos. Hab. 3. 3. Dcus ab
ausiro veniet, de monte Pharan : Dieu vien-
dra du côlé du midi, et le SainI, de la monla-
gne de Pharan : celle montagne était du côté
du mont Sinaï, ,iu midi de la Judé.-. 2 Jéru-
salem et loutrs les villes de la Judée situées
vers le midi à l'égard de la Chaldée. Jercm.
13. 19. Civitalcs auslri clausœ sunt : Les villes
du midi sont ferniécs. Voyc z Claldi^re.
•*" Les pays qui sont au midi, à l'égard da
la Judée, sont appelés Auslcr. 1> lEgvptu.
iGS
DICTlOiNNAlJŒ DE l'HILULOGlL SACUÉL.
4Gï
Dan. 11. 2. Statuiû (empare revertetur, et
veniet ad austrum : Le roi Anliochus revint
une seconde fois dans l'Egypte, mais il fut
battu par les Romains. Isa. 30. 6. 2' Le
royaume de Saba, qui est dans TArabie Heu-
reuse est appelé Auster. Mallh. 12. i2. Regina
Austri suryet iti judicio : La reine du Midi
s'élèvera au jour du jugement contre cette
race et la condamnera : Jésus-Christ menace
de punition l'incrédulité des Juifs. Luc. 11.
31. Isa. 21. li. Qui habitalis terram austri,
Hebr. Theman : c'est une ville d'Arabie citée
avec Saba. Job. G. 19. Ezech. 25. 13. Ab au-
stro; Hebr. a Theman.
Danitl, ch. 11, fait mention de plusieurs
rois du Midi, c/est-à-dire d'Egypte, qui sont:
l'-Plolémée Philadelphe, fils de Lagus ; ce
nom de Philadelphe, qui veut dire an)ateur
de ses frères, lui fut donné par raillerie,
parce qu'il s"était défait de ses frères. H suc-
céda à son père, qui l'avait fait couronner
avant sa mort et l'avait associé au gouver-
nement de son Etat. C'est ce prince qui a fait
traduire dhébreu en grec les Ecritures, et
c'est la version célèbre dite des Septante :
elle fut faite par les soins de Démétrius Pha-
lerœus, qui ramassa jusqu'à deux cent mille
volumes dans la fameuse bibliothèque de ce
prince. Daniel parle de lui en ces termes :
Et conforlabitur rex austri; et de princijn-
bus ejus prœvalebiC super eum : Le roi du
Midi se fortifiera; l'un de ces princes sera
plus puissant que lui. Ptolémée Philadelphe,
qui avait reçu de son père un grand empire,
devint puiss'ant; mais Séleucus Nicanor, qui
avait été un des capitaines d'Alexandre, de-
vint plus puissant que lui : en effet, ce der-
nier lui enleva toute la Syrie, la Judée et
quelques autres pays. Il eut guerre avec An-
liochus Thcos, petit-fils de Séleucus Nicanor,
mais ensuite ils s'accordèrent : cet accord se
fit par le mariage de Bérénice, fille de Phi-
ladelphe, qu'Anliochus épousa, quoiqu'il eût
déjà deux fils de Laodice. Dan. 11. 6. Et post
finem annoram fœderabuntur , filiaque régis
austri veniet ad regem aquilonis facere ami-
citiam : Ils feront alliance ensemble, et la
fille du roi du midi viendra épouser le roi de
l'aquilon. Voyez Antiochus Theos. Philadel-
phe, après avoir régné quarante ans depuis
la mort de son père, mourut par ses excès
d'intempérance, environ l'an du monde 3738.
Son fils Ptolémée Evergètes lui succéda.
Voyez Plantatio.
2° Ptolémée Philopator, fils d'Evergètos,
était un prince très-voluptueux; on lui don-
na le nom de Philopator par antiphrase,
parce qu'ayant fait mourir son père, il se
défit aussi de sa mère, de son frère et de sa
sœur. Anliochus le Grand lui déclara la
guerre, croyant que la vie licencieuse de ce
prince lui donnerait le moyeu de recouvrer
quelqu'une des provinces de l'Egypte, sur
laquelle il prétendait quelques droits; mais
Ptolémée s'étant préparé à le recevoir avec
des troupes nombreuses, l'armée d'Antio-
chus fut enlièrement défaite, et il demanda
une trêve pour un an, que Ptolémée lui ac-
corda. Dan. 11. 11. Et provocatus rex austri
egredietur, et pugnabit ((dversus regem aqui-
lonis, et prœparabit multitudinem nimiam, et
dabitur multitudo in manu cjus : Le roi du
midi étant attaqué, se mettra en campagne
et combattra contre le roi de ra(]ui!on; il
lèvera une grande armée, et les troupes nom-
breuses de ses ennemis lui seront livrées en-
Ire les mains. Philopator vint à Jérusalem;
il voulut entrer dans le sanctuaire, mais le
grand pontife Simon s'y opposa courageuse-
ment : ce refus l'irrita ; et, quand il fut arrivé
à Alexandrie, il voulut s'en venger sur les
Juifs et les tourmenta étrangement pour les
détourner du culte du vrai Dieu. Il régna
dix-sepl ans, et mourut l'an du monde 3800.
3° Ptolémée Epiphanes, fils de Philopator :
ce prince n'avait que quatre ans quand son
père mourut: Agatoclès , sœur d'Agatoclée
concubine du feu roi, et leur mère Oonan-
the, avaient usurpé le gouvernement. Elles
cachèrent quelque temps la mort du roi, pil-
lèrent ses trésors , et voulurent se défaire du
jeune prince : mais les Egyptiens le délivrè-
rent de ce danger , et le mirent sous la pro-j
tcction des Romains. Cependant Antiochus
dit le Grand voulut se servir de cette con-
joncture pour reprendre les terres que les
rois d'Egypte avaient conquises sur les rois
de Syrie, mais ce fut inutilement. Pour ve-
nir à bout do ses desseins, il lui donna en
mariage sa fille Cléopâtre, qui demeura fi-
dèle à son mari. Voy. Filia. Philippe , roi
de Macédoine, et d'autres princes , se liguè-
rent avec Anliochus contre Ptolémée Epi-
phanes ; et comme la Judée était entre deux,
les Juifs prirent parti les uns pour Ptolémée,
les autres pour Anliochus. Ce fut alors qu'O-
nias s'enfuit, avec un grand nombre de Juifs,
en Egypte, où il bâtit un Temple semblable
à celui de Jérusalem , croyant par là accom-
plir une prophétie d'Isaïe, (5ui avait déclaré,
ch. 19. 19. : Qu'il y aurait un autel du Sei-
gneur au milieu de l'Egypte : ce qui ne mar-
quait que l'établissement de la foi dans le
pays au temps de la loi nouvelle. Dan. 11.
14. Et in temporibus illis multi consurgent
adversus regem austri ; filii qunque prœiari-
catorum extollentur ut impleanl visionem , et
corruent : En ces temps-là plusieurs s'élève-
ront contre le roi du Midi Ptolémée Epi-
phanes ; les enfants d'entre ceux de votre
peuple qui auront violé la loi du Seigneur,
s'élèveront pour accoînpiir une prophétie,
et ils tomberont. Voy. Pr^varicator. Ce
prince régna 24 ans, et mourut l'an du monde
3S'2*
V Ptolémée Pliilomélor , fils de Ptolémée
Epiphanes , fut noujmé par raillerie Philo-
métor , ami de s,i mère, parce qu'il la haïs-
sait pour lui avoir voulu préférer son jeune
frère, Ptolémée Pliyscon. Antiochus Epipha-
nes lui déclara la guerre : ce prince, de son
côté, leva une armée nombreuse pour se
défendre ; mais étant trahi par ses conseil-
lers et ses ministres corrompus par Anlio-
chus, il fut obligé de demander la paix.
Ptolémée le reçut dans soii état , le traita
magnifiiiuement à Momphis , où ces dt'ux
princrs se fitent d^'S proioslalions d'amitié :
405
AUS
mais ce n'élait que pour se surprendre l'un
l'aiiIre.La guerre se ralluma enlre eux;mais
Aiiliochus eut de grands avantages conlre
Philométor. Tout ceci a été prédit. Dan. 11.
V. 25. et suivants. Et concilabitiir forlitudo
ejus , et cor ejiis adversum regem Austri in
exercitu inaçjno,et rex Austri provocuhitw ad
bellummultis auxiliis, et fortis nimis , et non
stahiint , quia inibunt adversus eum consilia ,
et comedentes paneni cum eo contèrent illum ,
exercilitsr/ue ejus oppritnetur, et cadent inter-
fecli plurimi. Duorum quoque région cor erit
ut maie fucinnt , et ad mensam unam menda-
cium loqiientur , et non proficient. On voit
dans ces paroles l'entreprise d'Anliochus
Epiphanes contre Philométor ; on y voit la
défaite de ce dernier par la trahison de ses
plus confidents qu'il admettait à sa table ;
enfin, on y voit la réconciliation feinte des
deux rois. Lerenouvellement de la guerre est
rapporté, v. iO. In tempore prœfinito prœiia-
bitur adversus eum rex Austri, et quasi tem-
pestas veniet contra illum rex Aquilonis, in
curribus, et in equitibus, et in classe magna,
et ingredietur ternis, et conteret, et pertrans-
iet. Le roi du Midi combattra contre lui au
temps qui a été marqué, et le roi de l'Aqui-
lon marchera contre lui comme une tempête.
Piiilomélor donna sa fille Cléopâtre en ma-
riage à Alexandre Balles, en présence de Jo-
nathas, que son mérite et son pouvoir ren-
daient considérable à tous ces princes. Ce
dernier fit alliance avec lui, et l'établit dans
la souveraine sacriûcature, qui était demeu-
rée vacante depuis sept ans et demi par la
mort d'Alcime; et ainsi il a été le premier
souverain pontife de la race des Machabées.
Philométor s'étant ligué avec Démétrius Ni-
canor contre Alexandre Balles, il fut blessé
dans un combat : Alexandre peu de jours
après fut tué par les siens, et Ptolémée ayant
vu sa tête, meurt l'an du monde 3859. après
avoir régné 35 ans.
Parce que le vent du midi est chaud, Au-
ster est mis pour marquer dans l'Ecriture Is
chaleur, l'amour de Dieu, le feu de la cha
rite. Eccli. H. 3. Si ceciderit lignum ad Au
strum, aut ad Aquilonem , ibi erit -Le sage
marque que l'on demeurer.) éternellement
dans l'étal où chacun mourra : Auster, mar-
que le feu de la charité ; Aquilo, le froid du
péché. Canl. i. 10. Surge ( id esl, facesse) ,
Aquilo (id est, diabole) :Veni, auster : Venez,
feu brûiani du Saint-Esprit.
USTRALIS , E. Méridional , austral, qui
âitué au midi, en parlant dun pays. Dans
l'Ecriture,
1" Qui est du côté du midi {)il;, notus).
(ien. 2V. 62. Habitabat enim i7i terra austra-
li : Isaac demeurait au pays du Midi. L'Ecri-
ture parb; rlti temps qu'il épousa Keberca. c.
20. 1. Is;i. W. 12. Ecce illi ab Aquilone et
mari , et illi de terra Australi : De toutes les
parties du monde, les fidèles se rassembleront
pour former l'Eglise : li' Prophète a en vue
le temps de la prédication du s.iinl Ev.ingile.
2' Exposé au midf, sec et brûlé. Jos. 15.
19. Terram australem et arentem dcdisti mihi :
Vous u)'avez donné une lerre exposée au
AUT 466
midi et toute sèche , dit Axa à Cak b , et lui
demande encore une autre terre arrosée deau
AITSTEKUS , A , UM. c/.vrrzr.ooç. Cet adjectif
vien» du Grec aOc-Tïjoà,-, et signifie proprement
sévère, rude, en parlant des personnes et de
leur vie ou de leur manière d'agir; dans l'E-
criture,
Sévère, rude. Luc. 10. 21. Timui enim te
quia homo austerus es : Seigneur, voici votre
mine que j'ai tenue enveloppée dans un mou-
choir; parce que je vous ai craint , sachant
que vous êtes un homme sévère , dit le mé-
chant serviteur à son maître. Cet adjecliî
vient de l'adverbe austère, et dans l'Ecriture
se trouve le comparatif.
AUSTERIES, Kxi^r-vpôr-fjO'j. Le positif a»<5/e-
re, signifie proprement avec sévérité, sévè-
rement ; et le comparatif austerius signifie
plus sévèrement, avec plus de sévérilé : dans
l'Ecriture, plus durement, d'une manière
méprisante et dédaigneuse. 2. Mach. li. 30.
At Machabœus videns secum austerius agere
Nicanorem, occultavitse a Nicanore : Macha-
bée s'étant aperçu queNicanorle traitait plus
durement qu'à l'ordinaire , il se déroba de
Nicanor : la cause de cette dureté était qu'il
cherchait l'occasion d'envoyer au roi, Macha-
bée enchaîné à Aniioche.
AUSTERITAS, atis. Sévérité, fierté , ru-
desse, rigueur. Ezech. 3i. i. Cum austeri-
tate imperabatis eis et cum potentia : Vous
vous contentiez de dominer les brebis de mon
troupeau avec une rigueur sévère et pleine
d'empire, dit Dieu aux méchants oasleurs do
son peuple. 2. Mach. li. 30.
AUSTRALIS. Vey. In austek.
AUT. Celte conjonction latine vient du
Grec cf.\) , uZbi; , rursum, vice versa, ou peut-
être de la conjonction correspondante vvrot ,
et signifie proprement ou . ou bien : dans
l'Ecriture,
1° Ou, ou hien. Matth. 6. 2i. Nemo potcst
duobus dominis servir e : aut enim nnum odiu
habebit, et alterum diliget ; aut unum sustinr-
Oit, et alterum contemnet : Nul ne peut servir
deux maîtres ; car ou il haïra l'un et aimera
l'autre, ou il se soumettra à l'un et mépri-
sera l'autre : l'Evangéliste parle de Dieu et
.des richesses comme étant incompatibles dans
un même cœur.
Sigoitications étrangères de cette conjonction.
2° Mais, autrement, d'ailleurs, car. Matth.
12. 29. Aut quomodo potest quisquam inlrare
in domum fortis : ic chasse les démons par
l'Esprit de Dieu, et non par Satan; autre-
ment, comment quelqu'un peut-il onlrr-r dans
la maison du fort, et la piller, s'il ne l'a lié
auparavant? dit Jésus-Christ, c 7. 9 c. 20. l^.
3 El Luc. 20. 2. Die nobis in qua potestate
h(Fc facis, au! quis est qui dédit tibi hanc po-
testalem? Dites-nous par quelle autorité vous
faites CCS choses, et qui est celui qui vous a
donné ce pouvoir? disent les princes des prê-
tres , les scribes et les sénateurs à Jésus-
Clirist, surce qu'il instruisait le peuple. Rom.
i. 13. Matth. 1. 21. c. 2. 10. 1. Cor. 12. 21.
'r Ni. Mallh. 5. 17. N'alite putare qnoniam
4!j7
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
408
veni solvere legem, aut prophetas : Ne pensez
pas que je sois venu détruire la loi ou les
prophètes, c'est-à-dire, ni les prophètes, dit
Jésus à ses disciples. Eph. 5. i.
4UTEM, §è. Cette conjonction vient du mot
grec «ÙTào, et signifie proprement or, mais :
dans l'Ecriture,
1° Mais. Matth. 6. 23. Si autem oculus tuus
fuerit nequam : Tant que l'œil est pur, il ser-
vira de lumière à tout le corps ; mais s'il est
mauvais et qu il ne puisse plus voir, tout le
corps est exposé à mille chutes : ce qui est
une figure de la lumière de Tâme, par laquelle
elle peut être conservée; mais qui étant ob-
scurcie, Ihomme se trouve nécessairement
engagé dans une infinité de maux,
2° Or. Joan. 17. 13. Nunc enim ad te venio:
Mais maintenant, c'est-à-dire, or mai.ntenant
je viens à vous : et je dis ceci étant encore
dans le monde: afin que ceux que vous m"a-
vez donnés aient en eux-mêmes la plénitude
de ma joie : Jésus-Christ parle à son Père
éternel en faveur de ses élus. 2. Cor. 3. 17.
3° C'est pourquoi (yào). Ps. 35. 8. Filii
autem hominum in tegmine alarum tiiarum
sperabunt : Vous sauverez, Seigneur, et les
hommes et les bétes : mais (c'est-à-dire, c'est
pourquoi) les enfants des hommes espére-
ront particulièrement étant à couvert sous
vos ailes. Voy. Salvare.
4° Car, parce que. 1. Cor. lo. 25. Oportet
autémillum reanare, donec ponat omnes ini-
micos sub pedibus ejus : Alors viendra la coa-
somnoation de toutes choses, lorsque Jésus-
Christ aura remis son royaume à Dieu son
père. Car Jésus-Christ doit régner jusqu'à ce
que le Père lui ail mis tous ses ennemis sous
les pieds. Sap. li. 9. Luc. 12. 2. Joan. 11 . 56.
5° Au contraire. Joan. 16. 20. Plorabids,
et flebitis vos, mundus autem gaudebit : Vous
pleurerez, et vous gémirez, et , c'est-à-dire,
au contraire le monde se réjouira, dit Jésus-
Chri^st à ses disciples. Mallh.23. 4. 1. Petr.
3. 15. Ainsi. Jac. 1. 10. Vives autem inhnmi-
litate sua : Que celui des frères qui est dans
un état humiliant se glorifie de l'élévation
qu'il attend; et au contraire que celui qui est
riche s humilie dans la vue de son abaisse-
ment.
6° Donc (ouv;. 1. Cor. 8. i. De escis autem:
Quant aux viandes qui ont été immolées aux
idoles, nous n'ignorons pas que nous avons
tous sur ce sujet assez de science, etc. Quant
à ce qui est donc de manger des viandes im-
molées -lux idoles , nous savons qu'elles ne
sont point capables de souiller par elles-
mêmes. Matth. 10. 17. c. 1. 19. c. 9. 3G. 2.
Petr. 1. 15. Ainsi. Rom. 8. 8. Qui autem in
carne sunt, Deo piacere non passant .-L'amour
des choses de la chair est ennemi de Dieu...
ceux donc qui vivent selon la chair ne peu-
vent plaire à Dieu.
7» Ensuite, puis après. Judic. 6. 11. Venit
autem angélus Domini : Dans le temps que les
Israélites demanderont au Seigneur du se-
cours contre les Madianites, le Seigneur leur
envoya un prophète, pour leur reprocher de
ne l'avoir point voulu écouler. Or (c'est-à-
mro , cusuitej l'ange du S igneur vint s'as-
seoir sous un chêne, qui envoya Gédéon dé-
livrer les Juifs des Madianites. c. 18. 5.1.
Reg. 20. 1. 3. Reg.8. 22.
8" Toutefois -/ai). 2. Reg. 19. 28. Tu autem
posuisti me servum tuum inter convivasmensœ
tuœ : Au lieu que vous pouviez traiter toute
la maison de mon père comme digne de mort,
vous m'avez (toutefois) donné place à votre
table, dit Miphiboseth à David.
9° Puisque , vu que {y.ui). 1. Reg. 18. 23.
Ego autem sum vir pauper et tenuis : Croyez-
vous que ce soit peu de chose que d'être
gendre du roi? vu que je suis pauvre, je n'ai
point de bien, répond DavicS aux officiers de
Saiii qui lui disaient de penser à devenir gen-
dre du roi.
10" Même , jusque -là même que ( /.y.i ).
Matth. 10. 30. Vestri autem capilli capitis
omnes numerati sunt : Il ne tombe aucun pas-
sereau sur la terre sans la volonté de voire
père ; mais pour vous, les cheveux même de
votre tête sont tous comptés, dit Jésus-Christ
aux apôtres.
11° Cette particule est souvent superflue,
comme le Si des Grecs. Marc. 2. 5. Act. li. 5.
et n'est souvent qu'un ornement du discours :
ce qui setrouve non-seulement dans Homère,
mais encore dans la Rhétorique d'Aristote ,
et dans ses autres ouvrages : au reste, dans
le grec des Syriens, il faut peu s'arrêter à ces
sortes de particules ; et les particules Se et yàa
ne sont pas toujours si opposées, qu'elles ne
se prennent en quelques endroits l'une pour
l'autre.
AUTOR. Voy. Auctor.
AUTUMNUS, 1. Ce nom substantif qui est
mis pour Auctamnus, ôtant c, vient du verbe
augeo, augmenter, parce que c'est dans cette
saison que les richesses des hommes s'ac-
croissent, et signifie Automne, saison où les
fruits sont miîrs. Isa. 28. i. Mich. 7. 1. Vœ
mi/ii, quia factus sum sicut qui colligit in au-
tumno racemos vindemiœ : Le Prophète qui
figure ici les personnes vraiment vertueuses
par les raisins, pour en témoigner la rareté
dans Israël, qui était la figure de l'Eglise, dit
qu'il est dans la même peine qu'un voyageur
altéré qui , dans l'automne , après la ven-
dange, ne peut trouver de raisins dans les
vignes [àavxô;). Je suis devenu comme celui
qui cueille des raisins après la vendange. Isa.
28. 4.
AUTUMNALIS, e. Qui appartient à cette
saison : dans l'Ecr.,
Qui fleurit en Automne. Jud. v. 12. Arbores
aulumnales : Ces personnes qui n'ont soin
que de se nourrir eux-mêmes : ce sont des
arbres qui ne fleurissent qu'en Automne , et
partant qui ne portent point de fruit (yôtvo-
AVUNCULUS, 1. Ce diminutif est dérive
A'avus, et signifie:
Oncle maternel. Le vit. 20. 20. Qui coierit
cum uxore palrui, vel avunculi sui... porta'
bunt ambo peccnlam suum: Si un homme ap-i
proche de la femme de son oncle, ou pater-
nel ou maternel, ils porteront tous deux la
peine de leur péché. Voy. Portare. Gen. 28.
2. c. 29. 10.
AVDS, I. Ce nom vient de abba, qui signi-
fie en Ghaldéen et en Syriaque père, et signi-
fie aussi aïeul ; il signifie proprement aïeul,
grand-père, le père du père ou de la mère :
dans l'Ecriture,
i" Aïeul paternel, grand-père. Gcn. 28. k.
Ut possideas terram peregrinationis tuœ quam
poUicitus est avo tuo ; Gr. t&j 'AÇ&aàt/. Que le
Dieu tout-puissant vous fasse posséder la
terre où vous demeurez comme étranger,
qu'il a promise à votre aïeul, dit Isaac à
Jacob.
2' Aïeul, ancêtre {TTponxKuroç). Exod. 10. 6.
Quantam non viderunt patres tui et avi : Si
vous ne voulez pas laisser aller mon peuple, je
ferai venir demain des sauterelles dans votre
pays, dont jamais ni vos pères ni vos aïeuls
n'en auront vu une si grande quantité, dit
Moïse à Pharaon de la part de Dieu.
AUXlLlARIjPorjôêîv. Secourir assister. Isa.
41. 6. Unusquisque proximo suo auxiliabitur:
Le propiîète avait ici en vue les gentils, qui,
étant choqués de la réputation de Jésus-
Christ et de rétablissement de l'Eglise, se
sont aidés à la combaitre et à conserver le
paganisme. Ps. 88. v. 22. kh-
AUXILIARIUS, 4, UM. <7Ûpi[i«xoç. Qui aide,
qui porte secours. Judith. 3. 8. Assumpsit
sibi auxiliariosviros fortes. B.olopherncpvi[de
toutes les villes, pour troupes auxiliaires, les
hommes les plus braves : ces villes apparte-
naient aux rois et aux princes qui s'étaient
déjà rendus à Holopherne. 1. Mach. 3. 15.
AUXILIATOR, is. porjôô?. Ce nom vient
d'auxilium, et signifie :
Qui aide, qui donne secours, protecteur,
qui soutient de son secours. Isa. 50. v. 7. 9.
Duminiis Deus auxiliator meus : Le Seigneur,
mon Dieu, est mon prolecteur. C'est ce que
dit Jésus-Christ de son Père éternel contre
ses ennemis.
AUXILIUM, II. Ce nom vient du verbe
aiigeo, parce que c'était le secours douné
pour augmenter et secourir les légions , et
signifie proprement aide , secours : dans
l'Ecriture,
Aide, secours, protection de Dieu à l'égard
des hommes. Ps. 120. 2. Auxilium meuni a
Domino : C'est du Seigneur que David dans
SCS alflictions , ainsi que les Juifs dans leur
ca[)livilé, et les vrais chrétiens dans leurs
persécutions qu'ils ont eu à souffrir, ont
attendu du secours, el non des hommes ni de
toute autre créalure. Judic. o. 23. Non vene-
riint ad auxilium Domini : Les habitants de
la terre de Méroz ne se sont point venus
joindre au secours que donnait le Seigneur ;
au(r. secourir le peuple du Seigneur.
A.\A, JE, Heb. Ornnta, fille de Caleb, don-
née en mariai^e à Olhoniel. Judic. 1. v. 12.
13. 14. 15. Elle est appellée Achsa. 1. Par. 2.
49. V^oy. AcHSA.
AXAPH, Heb. Incnntntor, ville de Clia-
naan. Jos. 12. 20. en la tribu d'Azer. Jos. 1!).
25. aulr. Achsaph. C'était autrefois une ville
royale dont le roi s'appellait Achsaph
AXIS, is, "a^wv. Ce nom vieni du (lrec''A$'uv
et signifie proprement un ais, une table, un
«ssieu de charrette, le pôle : dans l'Ecriture,
AZA
470
Essieu. Eccl. 33. 5. Quasi axis versatilis
cogitatus fatui : L'insensé , celui qui a j)0ur
guide son propre esprit, n'a aucune règle
stable de justice et de vérité dans la pensée ;
mais semblable à un essieu, il tourne à tous
les vents des opinions des hommes et s'ac-
commode à toutes leurs inclinations. 3. Reg.
7. 30. 33.
AZA, Heb. Fortitudo. — 1° Chef de famille,
de la famille des Nathinéens , qui revinrent
de la captivité de Babylone avec Zorobabel.
1. Esdr. 2. 49. - 2° Ville de la tribu d'E-
phraïm. 1. Par. 7. 28. Voy. Asa , Heb.
Adesa.
AZANIAS, Heb. Auditus Dei, lévite, père
de Josué, qui, avec les autres, souscrivit à
l'alliance renouvelée avec Dieu au temps de
Néhémias. 2. Esdr. 10. 9.
AZANOTÏHABOR , Heb. Aures electionis,
place limitrophe de Nepthali. Jos. 19. 34.
AZAREEL, Heb. Adjiitorium Dei.—i° L'un
des braves de l'armée de David. 1. Par. 12.
6. — 2" Un lévite, musicien du temple, à qui
échut l'onzième sort. 1. Par. 25. 18. L'on
jeta au sort vingt-quatre classes, pour régler
en quel rang les enfants d'Asaph , d'Idilhun
et d'Heman, devaient élre dans le temple et
y chanter.
AZARIAS, Heb. Auxilium Domini. — 1»
Roi de Juda , qui s'appellait aussi Ozias , fils
d'Amasias. 4. Reg. 14. 21. Tulit univcrsus
populus Judœ Azariam annos natum sedecim,
et constituerunt eum regem pro pâtre ejus
Amasia : Tout le peuple prit Azarias âgé de
seize ans, et il fut établi roi en la place de
son père Amasias : ce fut après la mort et la
sépulture d'Amasias. 2. Par. 26. v. 1. 7. 10.
19. Ce prince signala les commencements de
son règne par de trè.s-belles actions ; il ai-
mait la justice , et son courage intrépide lui
fit entreprendre de très-grandes choses. Il
fut fort heureux tant qu'il fut fidèle à Dieu ;
mais sa grande prospérité l'ayant enfié d'or-
gueil, il voulut usurper la dignité de la
grande sacrificature ; c'est pourquoi Dieu le
frappa d'une lèpre horrible et incurable, de
manière qu'il fut contraint de vivre séparé
de tout commerce le reste de ses jours. Il
régna cinquante-deux ans en Jérusalem, et
mourut l'an du monde 3277. Son fils Joalham
lui succéda.
2° Un prophète, fils d'Obed. 2. Par. 15. v.
1. 8. Il était aussi, grand capitaine. 2. Par.
13. 1. — 3" Un souverain pontife, fils d'Achi-
maas et père de Johanan. 1. Par. 6. 9. — 4"
Un autre souverain pontife, fils de Johanan.
1. Par. 6. 10. 2. Par. 2G. 17. Ce fut lui qui
chassa du temple le roi Ozias, qui voulait y
offrir de l'encens sur l'autel d'or, environ
l'an 3220. — 5^ Un autre grand-prétre , fils
de Helcias. 1. Par. G. v. 13. 14. C'est le même
que Saraïa. 2. Esdr. 11. 11. 1- Par. 9. 11
l'an du monde 3420. — G Un prêtre, qui te-
nait le premier rang dans la famille de Sadoc
du temps d'Kzéchias. 2. Par. 31. v. 10. 13. —
7" Fils de Nathan et capitaine des gardes de
Salomon. 3. Reg. 4. 5. — 8° Un des trois qui
furent jetés dans la fournaise, qui fut appelé
Abdenago , par le chef des eunuques do Na-
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRËE.
1.7. — 0" L'ange Ra-
471
buchodonosor. Dan
phaèl, qui se donna lui-même ce nom, pour
marquer à Tobie que son fils, de la conduite
duquci il se chargeait, recevrait par lui le
secours dp Dieu. Tob. 5. 18. Ou parce qu'il
avait pris la ressemblance d'un Azarias. —
10' Fils de Jéhu et père de Helles. 1. Par. 2.
V. 38. 39. c. 9. 11. — il» Fils de Séphonias et
père de Johel. 1. Par. 6. 36. 2. Par. 19. 12.—
12° Un capitaine des gardes de Joas , fils de
Jéroham. 2. Par. 23. 1. — 13° Deux fils de
Josaphat. 2. Par. 21. 2. Avec un autre de
même nom, fils d'Obed , ibicl. — 14° Le fils
d'Osaïas, qui accusa Jérémie de trahison.
Jerem. kS. 2. — 15° Un capitaine de Jérusa-
lem, que Judas avait laissé avec Joseph, fils
de Zacharie, à la garde de la ville, et qui
voulut mal à propos se signaler par quel-
que action contre l'ennpmi. 1. Mach. 5. v.
18. 56. 60. l'an 3891. — 16° Fils d'Ethan, qui
était fils de Zara. 1. Par. 2. 8. — 17° Un offi-
cier du roi Ezéchias.2. Par. 31.13. — 18° Un
de ceux qui rétablirent les murailles de Jéru-
salem. 2. Esdr. 3. v. 23. 24. — 19» Un person-
nage considérable parmi les Juifs, qui revint
avec Zorobabel. 2. Esdr. 7. 7. c. 8. 8.
AZARICAM, Heb. Auxilium resurgentis,
lévite , fils d'Hasabias , père de Hasab. 2.
Esdr. 11. 15.
AZAU, Heb. Videns, un des fils de Nachor,
frère d'Abr nham. Gen. 22. 22.
AZAZ , Heb. Fortis,ûh de Samma, père
de Bala de !a tribu de Ruben. 1. Par. 5. 8.
AZAZIAS, Heb. Fortitudo Bei, lévite du
temps d'Ezéchias, 2. Par. 31. 13. qui se
signala par les débris des idoles de Jéru-
salem.
AZBAI , Heb. Hyssopus mea , père de
Naaraï, un des trente vaillants hommes de
l'armée de David. 1. Par. 11. 37.
AZBOC , Heb. Hircus vanilatis, père de
Néhémie. 2. Esdr. 3. 16. Voy. Néhémias.
AZEGA, Hobr. Muruta, ville de la tribu de
Juda. Jos. 10. v. 10. 11. c. 15. 35. 1. Reg. 17.
1. etc.
AZER, Heb. Adjutorium. — 1° Un de ceux
qui rétablirent les murs de Jérusalem, fils de
Josué. 2. E>dr. 3. 19. — 2° Ville de la tribu
de Manassé au-delà du Jourdain , sur le
grand chemin qui va à Sidon. Jos. 17. 7. aut.
Aser.
ASGAD, Heb. Fortis exercitus, chef de fa-
mille, dont les enfants revinrent de Babylone
au nombre de douze cent vingt-deux. 1.
Esdr. 2. 1-2. c. 8. 12. et au nombre de 2322.
2. Esdr. 7. 17.
AZL'vM, Heb. Fortitudo Domini^ descen-
daat de Phares , père d'Athaïas , 2. Esdr.
11.4.
AZIZA, Heb. Fortis, fils de Zethua, un de
ceux qui répudièrent leurs femmes étran-
gères. 1. Esdr. 10. 27.
ASMAUETH , Heb. Forlis mors, — 1° Un
des (rente braves de l'armée de David. 2.
Re-,'. 23. 31. —2° Un chef de famille , dont
les enfaiils revinrent de la captivité en Judjfte
au nombre de quarante-deux. 1. Esdr. 2. 24.
— 3° Un |)elit lieu près de Jérusalem. 2.
Ksdr. 12. 29.
47S
AZMOTH, Heb. Forlis mors, — 1° Fils de
Joïada, frère de Zamri, de la famille de Saiil.
1. Par. 8. 36. c. 9. 42. — 2" Un des trente
braves. 1. Par. 11. 33. Il paraît que celait le
même qu'Azmauelh. 2. Reg. 23. 3\. Bero-
mites ou Bauramiles. c. 12. 3. — 3° Fils
d'Adiel < intendant des finances de David. 1.
Par. 27. 25.
AZOR , Heb. Auxiliator, fils d'Eliacim et
père de Sadoc. Malth. 1. v. 13. 14.
AZOTUS, Heb. Asdod, Ignis dilecti. -«
Ville considérable de la Palestine, de la tribu
de Juda. Jos. 11. 22. 1. Reg, 5. 1. où saint
Philippe fat transporté par l'Esprit de Dieu,
après avoir baptisé l'eunuque de Candace ,
reine d'Ethiopie. Act. 8. 40. Elle a été ensuite
dans la tribu de Dan, Cette ville est fameuse
dans l'Histoire sacrée, surtout par la ven-
geance que Dieu exerça sur ses habitants
pour avoir mis l'arche d'alliance dans le tem-
ple de Dagon.
AZOTIUS, A, UM, Heb. Ignis dilecti, Qui
*esl d'Azot. Jos. 13. 3.
AZOTID^ , Heb. Asdodioth , igms amo-
riim, femmes d'Azot. 2. Esdr. 13. 23.
AZOTIGE, Ignis amoris, Gel adverbe vient
d'Azotus, et signifie :
En langue d'Azot. 2. Esdr. 13. 23. El filii
eorum ex média parte loquebantiir Azotice :
Les enfants des Juifs à qui j'avais vu épou-
ser des femmes d'Azot, parlaient à demi îa
langue d'Azot, et ne pouvaient parler juif;
autr. parlaient à moitié ; autr. une partie ou
la moitié de leurs enfants , comme s'ils
eussent partagé avec, leurs femmes idolâtres
les fruits de leurs injustes mariages ; ils en
sont pu'.iis, V. 25.
AZREEL, Heb. Adjutorium Dei, père d'A-
massaï. 2. Esdr. 11. 13. Il est appelle Adiel,
fils de Maasaï- 1. Par. 9. 12.
AZUBA, Heb. Delicta. — 1° Femme en
premières noces de Galeb, fiis dEsron. 1.
Par. 2. v. 18. 19. — 2° Fille de Salaï, femme
d'Asa, roi de Juda et mère de Jo^^aphat. 3.
Reg. 21. 42. 2. Par. 20. 31.
AZUR, Heb. Adjutor, — 1° Père du fai:x
prophète Ananias. Jerem. 28. 1. — 3' Père
de Jézonias, prince du peuple. Ezech. 11. 1.
AZZI , Heb. Fortitudo mea , fils de Banni ,
surveillant des Lévites. 2. Esdr. 11. 22. Voy.
Episcopus.
AZYMUS, A, UM, Gr. Infermentatus, Cet
adjectif vient de Va privatif, et de i;\)nri,fer-
mentum, c'est-à-dire sine fermenlo, et signifie
proprement, qui est sans levain : dans l'Ecri-
ture,
1° Qui est sans levain , d'où vient , pains
sans levain. Ex! d. 12. 8. F dent azymos
panes : Les Israélites mangeront des pains
sans levain. L'Ecriture parle de celte inêine
nuit, où l'ange frappa tous les premiers- nés
des Egyptiens. Ges pains sont appelés pain
d'afpi'ction. Dent. 16. 3. parce (juc ce pain
avait le goût fade et insipide. On usait de < e
pain, ou communément, Gen. 19. 3. CoxU
azyma et comederunt : Lolli fit cuiiw; dos pains
sans levain, cl les dcisx anges tiu'il av.iil re-
çus chez lui en mangèrent : ce tut à Sodome,
Jos. 5. 11. 1. Reg. 28. 24. Judic. 6. v. 19. 20.
473
BAA
BAA
474
21. on en cérémonie, selon l'ordre de Dieu.
Exod. 12. V. 8. 15. 18. 20. 39. Septem diebus
fizyma cowedetis. Dieu commanda aux Israé-
lilos de renouveler cette cérémonie au temps
lie Pâques , pour les faire souvenir de l'état
où ils étaient quand ils sortirent de TEf^ypte.
On en offrait aussi dans les sacrifices. Exod.
29. V. 2. 23. 4-. Rcg. 23. 9. etc
2" Les sept jours dans lesquels les Juifs de-
vaient manger du pain sans levain, s'appe-
laient aussi de ce nom. Exod. 23. 15. c. 34-.
18. Solemnitatem nzymorum custodies : Vous
garderez la fête solennelle des pains sans le-
vain. Marc. 14. 1. Erat autem pascha et azy-
: ma post biditum : La Pâquc où l'on commen-
çait à manger du pain sans levain devait
être deux jours après. Le saint évangéliste
cite celte circonstance pour spéciUfule temps
auquel les Juifs cherchaient un moyen de se
saisir de Jésus-Ghrisi et de le faire mourir.
— Pur et sincère. 1. Cor. 5. 7. Ut sitis
nova conspersio , siciit estis azymi : Comme
vous devez êlre purs et sans aucun levain
d'iniquité. Cest pourquoi l'Apôtre exhorte
de célébrer la fête de Pâque avec les pains
sans levain, de la sincérité et de la vé-
rité, qui étaient figurées par ces pains sans
levain.
B
l''BAALA,Heb./do/itme/Ms, ville de la tribu
de Juda, où l'arche fut en dépôt durant vingt
ans dans la maison d'Aminadab. Jos. 15. v.
9. 10. C'est la même que Carialh-Baal et
Cariathiarim. — 2° Montagne qui borne la
tribu de Juda du côté du nord. Jos. 15. 11.
— 3° Ville de la tribu de Juda et ensuite de
Siméon. Jos. 15. 29.
BAALATH, Heb. Subjecla, vWle de la tribu
de Siméon ou de D;in. Jos. 19. 8. Elle fut re"-
bâlie par le roi Salomon avec Palmyra. 3.
Reg. 9. 18. Voy. Balaath. Elle est nommée
Baal. 1. Par. k. 33.
BAALAM, ville de la demi-tribu de Ma-
nassès. 1. Par. 6. 70. On croit que c'est la
même que Gethremmon. Voy. Jos. 21. 25.
BAAL-BERITH, Hob. Idoliim fœderis. Un
temple qui était près de la ville de Sichem,
dédié au dieu Baal, duquel les habitants ti-
rèrent soixante-dix livres d'argent en poids,
qu'ils donnèrent à Abimélcch, pour faire la
guerre à ses frères. Jndic. 9. k.
BAAL-GAD, Hob. /do/(im /"orfwnfc, ville de
la Phénicie, dans la tribu d'Aser. Jos. 11. 17.
c. 12. 7. c. 13. 5.
BAAL-HASOR, Heb. Idoli atrium, ville de
la tribu d'Ephraïm où Ammon fut assassiné
par les serviteurs d'Absalon. 2. Reg. 13. 23.
BAAL-HERMON, Heb. Idolum annthemalis,
montagne et ville célèbre au septentrion de
la tribu de Manassès, delà le Jourdain. Judic
3. 3. 1. Par. 5. 23. Quehjues-uns distinguent
ici Baal du mot Germon, quoiqu'ils soient
joints. Jud. 3. 3.
BAALI. Heb. Dominons inihi, ou Dominus
meus, monsieur ou monseigneur. Le pro-
phète Osée, parlant par l'Espril de Dieu , dit
que le Seigneur ne veut plus qu'on l'appelle
Bnnl, de peur cpie les Israélilc.-, prononçant
ce mol, ne rappellent dans leur souvenir celle
fausstî divinité (ju'ils avaient adorée si long-
temps. Ose. 2. 1().
BA LLV, Heb. Deus idoli, un des trente
braves de l'armée de David, i. Par. 1:2.5.
BAALIADA, Heb. Idolwn npcrium, fils de
David. 1. Par. ik. 7.
BAALIS, roi <lcs Ammonites, (|ui envoya
Ismaël, fils (le Nathanias, pour luer (îodolias.
Jer. 40. 13. \ uy. Bahallis.
BAAL, Heb. Dominus. — 1° Ce nom qui
est très-commun dans l'Ecriture et qui y est
pris le plus ordinairement pour toutes sortes
d'idoles et de fausses divinités , selon quel-
ques auteurs , semble venir de Béius , qu'ils
croi<<nt avoir été le même que Ncmrod, qui
fut le premier auteur de l'idolâtrie, de qui il
est parlé, Gen, 10. 9. Ce fut lui qui ayant
donné le dessein de bâtir la tour de Babel,
bâtit ensuite Babylone cl qui a affecté l'hon-
neur de la divinité. Ninus, son fils, lui fit bâ-
tir sous le nom de Béliis , Bel ou Baal, un
tombeau magnifique et un temple superbe,
et commanda à son peupl;' de l'adorer. Le
culte de celte fausse divinité s'étendit chez les
Tyriens, les Sidoniens et presque par toutes
les nations voisines de la Judée; et Achab
ayant épousé Jésabel, fille d'Iîth-Baal, roi
des Sidoniens, introduisit le culte de celte
idole dans le royaume de Samarie. 3. Reg.
IG. V. 31. 32. quoiqu'il pût bien être du nom-
bre des idoles des Sidoniens que Salomon
adora : ainsi ce culte serait plus ancien (jue
du temps d'Achab. 3. Reg. 18. 40. On adorait
sous ce nom toutes sortes de fausses divini-
tés, surtout Jupiter, sous le nom de Banl-
Sclifi'nahn, seigneur du ciel, ainsi que Sa-
turne, le soleil, Hercule: c'est pour cela nue
l'Ecriture en plusieurs endroits dit que les
Hébi eux ont adoré et servi plusieurs Bnals,
Baalim au pluriel. Judic. 2. 11. Servierunt
Baalim. v. 13. c. 3. 7. Servicntes Baalim et
Aslaroth. 1. Reg. 7. v. 3. 4-. c. 12. 10. Jerem.
2. 23. Par ces mots Baalim et Astaroth, il
semble (|ue l'on entend les dieux et déesses
des nations. Saint Augustin lib. 2. ad Jud.
fju. 16. explique Jovi et Junonibus.
Ce mot qui est nalurcllemenl du masculin,
se trouve du féminin dans le Grec. Rom. H.
14. et souvent dans les Septante. 3. Reg. 19.
18. Jerem. 2. 28. cil. 13. c. 19. 5. c. 32. 35.
Ose. 2. 8. Soplion. 1. 4. parce que c'élail le
nom d'une déesse chez les Phrygiens. Voy.
Bocn. lib. 2. c. 17. in Chauaan.
Beaucoup de lieux ont été appelés du nom
de cette di\inilé, à cause des temples nn'on y
a bâtis en son honneur, comme Baal-Beritli,
Baal-Gnd. Voy. Hkl. Voy. Molocu. Baal-
l'harasim. Voy. Puahasim, etc.
nr>
2" Fils de Réja, descendait de Ruben
Par. 5. 5.
3° Fils d'Abigabaon el de Maacha, descen-
dant de Benjatnin. i. Par. 8. 30. c. 9. 33.
BAALMÉON, Heb. Id>lum habitaculi, ville
bâlie par la tribu de Ruben. Num. 3^. 38.
Baal-Mon. Jos. 13. 17. Voy. Béelméon et
Beth-Mahon. Jer. 48. 23.
BAAL-PHARASlM,Heb. Idolum divisio-
nitm, ville des Philistins dans la tribu de Ju-
da : elle lire ce nom de la confusion qui se
mit dans leur camp à la vue de l'armer- do Da-
vid. 2. Rcg. 5.20. l.Par. li. 11.
BAAL-SALISA, Heb. Idolum terliiim, petit
yillaae dans la tribu d'Issachar, au pied du
mont Carmel. 't. Rog. 4. 42.
BAAL-THAMAR, Heb. Idolum palmœ ,
pleine campagne dans la tribu de Benjamin,
oii toutes les autres tribus s'assemblèrent
pour venger l'outrage qui avait été fait à la
femme d'un lévite do celle d'Ephraïm. Judic.
20. 33.
BAANA, Heb. In afflictione. 1° Un capi-
taine des gardes disbosrth, 2. Reg. 4. 2. Duo
autem viri principes latronum erant filio
Saul, nomen uni Baana : Isboselh avait au-
près de lui deux cbets de larrons ; Hehr. de
soldats ( qui étaient ceux des gardes), dont
l'un s'appelait B ;ana. v. 5. 9. Voy. Rechab.
Ces deux capitaines coupèrent la tête d'isbo-
setb, 1,'ur maître, et la portèrent à David.—
2° Le père de Béled, un des braves de l'ar-
mée de David. 2. Reg. 23. 29. Heled filius
Baann, et ipse Nethophathites : Héied, fils de
Baana, qui était aussi de Nétophath. 1. Par.
11. 30. — 3° Un des douze intendants ou of-
ficiers qui avaient soin d'entretenir la table
du roi Salomon et toute sa niaison, cluicun
fournissant pendant un mois de l'année. 3.
Reg. 4. 16. Baana filius Husi in Aser et in
Bnloth :\\ était intendant dans ie pays d'Aser
cl de Baloth. — 4° Un homme de la première
qualité parmi les Juifs, du nombre de ceux
qui revinrent de la captivité de B ibylone. 1.
Esd. 2. 2. Qui venerunt cum Zorobabel, Jo-
sue, Nehemia Baana. 2. Esd. 7. 7. c.
10. 27.
BAASA, roi d'Israël, méchant et impie, qui
ruina la maison de Jéroboam. 3. Reg. 13. IG.
etc. Il avait tué Nadab, son maître, en tra-
hison, usurpa le royaume qu'il garda vingt-
trois ans. Son fils Ela lui succéda l'an du
monde 3105.
BABEL, nom hébreu qui signifie confusion,
parce que c'est là que les langues ont été con-
fondues. Gcn. 11. 0. Vucotuni est nomen ejus
Babel, quia ibi confnsum est labium universœ
terrœ : Cette ville fut appelée Babel, c'est-à-
dire confusion, parce (lue c'est là que fut con-
fondu le langage de toute la terre. Du nom
Bjbel vient Biibylon. Voy. Turris.
BaBYLON , Heb. Babel. ^ 1° Ville très-
considérable, autrefois capilile de toute la
Ch.ildéc, située sur l'Iùiphrate, qui a donné
aussi le nom de Baî.ylone à une grande par-
lie de la Mésoi ot)nuc et de l'Assvrio. Celte
ville fut bâlie par Nemrod ou Bôlus. Gen. 10.
10. Fuit autem principium refjni ejus Baby-
' La ville capitale de son royaume fut
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREK.
1.
47S
lun
Babylone. Au moins ce fut Nemrod qui com-
mença d"y régner; c'est pourquoi le pays de
Babylone s'appelle la terre do Nemrod. Mich.
5. 6. Les historiens disent que C(>lte ville
avait vingt lieues de tour et cent portes tou-
tes d'airain : ses murs avaient cinquante cou-
dées d'épaisseur sur deux cents de hauteur.
Jer. 51. 58. Munis Babylonis ille latissimus
suffossdone suffodietur, et povtœ ejus excelsœ
igni comburentur. Voy. Suffodere.
2° Tout le p.'iys de la Ghaldée. Ps. 136. 1.
Super flumina Babylonis, et même de l'Assy-
rie, selon que les rois de Babylone étaient
plus ou moins puissants. Nettirod qui fit bâ-
tir Babylone, régna dans cette ville et dans
le p;iys d'alentour. Ninus, son fils, ayant
con(|uis l'Assyrie, fil bâtir Ninive et s'y éta-
blit : alors Babylone ne passa que pour une
province de l'Assyrie. Néanmoins, quelques
rois qui étaient maîtres des deux royaumes,
ayant mis le siège de leur empire à Baby-
lone : la Chaldée et l'Assyrie, et même la
Médie, et d'autres pays qui avaient le même
roi, ont été appelés du nom de Babyiono. 4.
Reg. 17. 24. c. 20. 14. De terra longinqua ve-
nerunt ad me de Babylone : Ils sont venus
me trouver d'un pays fort éloigné, ils sont
venus de Babylone. c. 24. 1. Nabuchodono-
sor, rex Babylonis, etc. 1. Esd. 5. 13. Anno
primo Cyri reijis. 2. Esd. 13. 6. Anno vigesi-
mo secundo Artaœerxis, régis Babylonis. Ces
deux derniers étaient rois des Perses aussi.
3° Rome est quelquefois appelée de ce nom
par les apôtres, parce qu'alors elle était in-
festée des erreurs el de l'idolâtrie de toutes
les nations. 1. Petr. 5. 13. Salutat vos Eccle-
sia quœ est in Babylone-coelecta : L'Eglise de
Babylone, qui a eu part à l'élection comme
vous, vous salue. Ce qui fait voir que saint
Pierre a été à Rome, comme toute l'antiquité
l'a cru. Elle est encore appelée de ce nom en
plusieurs endroits de l'Apocalypse, à cause
de la confusion des vices et de l'idolâtrie qui
y régnait. Apoc. 14. 8. c. 16. 19. c. 17. 5. c.
18. V. 2. 10. 21.
BABYLONIA, x, ville et pays de Chaldée,
et quelquefois d'Assyrie, parce qu'ils obéis-
saient au même roi. Baruch. 1. v. 1. 4. c. 2.
22. e<c.
BABYLONII , ORUM. Les habitants de la
ville el du même pays. Dan. 14. 2. Erat ido-
lum apud Babylonios nomine Bel : Les Baby-
loniens avaient alors une idole nommée
Bel.
BACBAGAR, Heb. Inanis visitatio. Lévite
qui élait charpentier et archilecle, cl qui
s'employa à rebâtir le temple de Jérusalem.
1. Par. 9. 15.
BACBUC, Heb. vacuitas. Un Nalhinéen. 1.
Esd. 2.51.
BACGHARI, du nom Bacchœ, arum , parce
que les bacchantes s'assemblaient tous les
trois ans avec un thyrse et célébraient la
fête de Bacchus avec de grands hurlements,
el signifie proprement : Faire la débauche
comme les ivrognes, être furieux ou faire le
furieux, être dans la fureur poétique , s'eni-
porlor, se déchaîner {ôix-fOeipeu}. Judic. 20. 25.
Tanta in eos cœde baccluUi sunt : Ceux de Beu-»
477
BAC
BAC
478
jamin firent un si grand carnage de l'armée
des autres tribus, qu'ils tuèrent sur la place
dix-huit mille hommes. Ce fut à la sortie
qu'ils firent de Gabaa, se défendant à la se-
conde attaque que leur firent les autres tri-
bus. Voy. Gabaa.
BACCHIDES. Baccide, général de l'armée
de Démétrius Soter. 1. Mac. 7. v. 8. 10.
19. etc.
BACENOR ou Bacchenor, Gr. ebrius. Ca-
pitaine juif. 2. Mac. 12. 35. Quidam de Bace-
noris (equitatu) eques, Gr. twv toû |3«zï3vo|5oç,
un des cavaliers de Bacenor.
BACULUS, I. pào5o?. De viaculum^ à cause
du rapport du B à l'U, parce que ceux qui
sont trop faibles s'appuient et se soutiennent
sur un bâton pour marcher, et signifie :
1° Bâton à s'appuyer. Isa. 10. 15. Qaomodo
si exalletur baculus : Le Prophète assure
que le roi d'Assyrie, dont Dieu s'était servi
poui affliger les dix tribus, n'eût dû non
plus se glorifier de ses yictoires , qu'un
bâton aurait lieu de se glorifier pour être
remué par un homme, v. 5. Le bâton sert :
1'^ Pour soutenir. Exod. 21. 19. 2° Pour
voyager. Gen. 38. 18. 25. Exod. 12. 11. 1.
Reg. 17. -VO. i. Reg. 4. 29. 31. 3° Il marque
quelquefois en même temps la grande indi-
gence et le triste état où est un homme qui,
en voyageant, n'a pour tout bien que son
bâton. Gen. 32. 10. Jn haculo meo transivi
Jordanem istum : J'ai passé ce fleuve du
Jourdain n'ayant qu'un bâton, et je retourne
avec ces deux troupes. Jacob témoigne à
Dieu la reconnaissance qu'il avait de ses
grâces, lui demandant encore celle de le dé-
livrer de la main d'Esaii : 4° On s'en sert
aussi à frapper et à se battre. 1. Reg. 17. 43.
Nunu/uid ego canis sum, quod tu venis ad me
cum haculo ? Suis-je un chien, pour venir à
moi avec un bâton? dit Goliath à David,
lorsqu'ils s'avançaient l'un contre l'autre
pour combattre. 5" Il est une marque d'hon-
neur, d'autorité et de charge publique, et les
chefs et les princes qui gouvernaient le
peuple le portaient en main dans les fonc-
tions de leur charge, Num. 21. 18. Parave-
runt duces inultiiudinis in datore tegis, et in
baculis suis : L'Ecriture parle du puits que
les princes du peuple creusèrent, et que les
chefs du peuple préparèrent ayant leurs bâ-
tons en main par l'ordre de Dieu ; savoir, au
campement qu'ils firent dans le désert au
bord d'Arnon.
2^ Fléau dont on bat le blé. Isa. 28. 27.
Invirga excutielur gitli, et cyminum in ba-
culu : Le Prophète témoignant que le labou-
reur ne foule et ne secoue pas tous ses
crains d'une môme faron, que, par exemple,
il ne fuit pas passer la roue du chariot sur
le cumin, mais qu'il le bat avec un fléau,
prouve par cette figure (jue Dieu ne punit
pas toujours d'une mémo manière, mais dif-
féremment, selon les dilTérents crimes et les
différentes personnes, le peuple plus légère-
ment que les prêtres.
3" Idole de b!)is que l'on consultait pour
savoir l'avenir. Osée. 4. 12. Populus meus in
ligna suo inlerrogavit, et baculus ejus an-
nuntiavit ei : Mon peuple a consulté an
morceau de bois, et des verges de bois lui
ont prédit l'avenir; d'autres l'expliquent des
bâtons qui servaient pour deviner l'avenir.
Delrio. libr. 4. disq. c. 2. q. 7. On explique
aussi ces verges de bois» des flèches sur les-
quelles ils écrivaient des noms pour les tirer
au sort Ezech. 21. 21.
4° Sceptre qui marque la puissance, la ty-
rannie même et l'injuste domination (Çu^ô?).
Isa. 14. 5. Contrivit Dominus baculum im-
piorum : Le Seigneur a brisé le bâton des
impijcs, la verge de ces fiers dominants. Le
Prophète parle de la dure et cruelle domi-
nation des Babyloniens sur les Juifs. Jerem.
48. 17. Ainsi Isa. 10. 24. Baculum suum le-
vabit super te in via Mgypti : Assur vous
frappera avec sa verge, et lèvera le bâton
sur vous comme les Egyptiens ont fait au-
trefois : c'est-à-dire, que le roi d'Assyrie
devait traiter en esclave et avec un dur em-
pire les Israélites, comme autrefois avaient
fait les Egyptiens.
5° La protection, l'appui et le soutien de
quelqu'un. 4. Reg. 18. 21. An speras in ha-
culo arundineo atque confracto Mgypto ?
Est-ce que vous espérez du soutien du roi
d'Egypte? ce n'est qu'un roseau cassé, dit
Rabsacès au peuple de Jérusalem. Voy.
Arundo. Isa. 36. 6. Ezech. 29. 6. Job. 3. 23.
c. 10. 4.
6" Houlette de berger, qui marque la
défense et le sojn que prend un berger
pour ses brebis (paxT>j/jta). Ps. 22. 4. Virga
tua et baculus tuus ipsa me consolata sunt :
Votre verge et votre bâton ont été le sujet
d'une grande consolation pour moi : En ce
sens le Prophète, faisant allusion à ce qui
regarde la conduite des brebis, marque la
conduite et la providence particulière de
Dieu sur les fidèles au milieu des plus grands
maux.
7° La force et la verlu propre que la créa-
ture reçoit de son Créateur, telle est la vertu
de nourrir dans le pain. Levit. 26. 26. Post-
quam confregero baculum panis vestri : Je
briserai la force du pain... et vous en man-
gerez sans être rassasiés. Dieu menace les
Juifs, s'ils ne veulent se corriger de leurs
dérèglements, de ne pas donner au pain sa
bénédiction ordinaire. Ainsi Ezech. 4. 16.
c. 5. 16. Voy. FlRMAMENTUM.
8° Ce qui sert d'armes. Ezech. 39. 9. Coni-
burent arma... clypeum^baculosmanuum, etc.
Les habitants des villes d'Israël en sorti-
ront; ils brûleront... les armes, les bou-
cliers... et les bâtons que les soldats de Gog
et de .Magog portaient. Quelques interprètes
expliquent ceci de la défaite des armées d'An-
tiochus par les Machabées, et par les Israé-
lites (jui se joignirent à eux.
9' Instrument de la colère de Dieu, dont il
se sert pour punir les pécheurs. Isa. 10. .'3.
Vœ Assur; virga furoris mei et baculus ipse
e*-^ ; Malheur à Assur; c'est lui qui est la
verge et le bâton de ma fureur. La cause de
cette malédiction contre le roi d'Assyrie, est
qu'il ne reconnaissait pas Dieu comme au-
n9
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRfrE,
leur de toutes ses victoires, v. 13. 16. quoi-
qu'il ne s'en dût rien attribuer.
BADACER, Heb. in compxinctione. Capi^-
taine des gardes du roi Jéhu. h. Reg.*9. 25.
BADAD , Heb. solitarius. Père d'Adad.
Gen. Sf). 35. 1. Par. 1. 46. Voy. Adâd.
BADAIAS, Heb. soins Dominus. Un de ceux
qui se séparèrent de leurs femmes. 1. Esd.
10. 35.
BADAN. 1° Un juge d'Israël que l'on croit
être Jaïr, de la famille de Galaal ou de Ma-
nassé, ce qui paraît par la suite des noms
dont se sert Samuel. 1. Reg. 12. 11. Misit
Dominus Jerobaal et Badan et Jephte, car ce
dernier a succédé à Jaïr. D'autres croient
que c'est S;imson même, comme si on disait
Badan, pour Bendan , fils de Dan ; car Sam-
son était de la tribu de Dan. — 2" Fils d'Ulam,
de la tribu de Manassé. 1. Par. 7. 17. Quel-
ques-uns croient que c'est le même Jaïr
dont il est parlé ci-dessus.
BAGATHA, ouBagathan. Un des officiers
d'Assuérus qui conspirèrent contre sa per-
sonne, et qui furent attachés au gibet, la
conjuration ayant été découverte par Mar-
dochée. Eslh. 1.10. c. 2. 21. c. 6. 2. c. 12.1.
Quelques-uns distinguent celui dont il est
parlé, c. 1. 10. d'avec l'autre.
BAHALIS, Heb. in lœtitia. Voy. Bàalis.
BAHE, es; /Satvrj. Signifie proprement une
île de la mer Persiquo, où a été de tout
temps la pêche des perles; mais dans l'Ecri-
ture il signifie, selon quelques-uns , un col-
lier d'or et de perles ; selon d'autres, branche
de palme d'or. Quoi qu'il en soit, il marque
nn présent fait à un prince pour reconnaître
sa souveraineté. 1. Mach. 13. 37. Coronam
auream et bahem, quam misistis, suscepimus :
Démélrius répondant favorablement à la
demande que lui avait faite Simon Macha-
bée touchant une paix solide, et les autres
demandes, lui témoigne en même temps
qu'il a reçu la couronne d'or et la branche
de palme d'or qu'il lui avait envoyée. 2.
Mach. 14. k.
BAHURIM, Heb. electi. Ville delà tribu de
Benjamin sur le chemin de Jérusalem nu
Jourdain. 2. Reg. 3. 16. c. 16. 6. c. 17. 18.
c. 19. 16. aujourd'hui nommée Bachori.
BAJULARE, du grec j3«o-t6(Çw, et signifie
proprement porter quelque fardeau sur les
épaules, comme les crocheteurs et portefaix :
dans l'Ecr.,
Porter quelque fardeau , soit sur ses
épaules, soit autremenl. Marc. l\. 13. Oc-
curret vobis lioino larjenam aquœ bajulans :
Allez-vous-en à Jérusalem, vous reneontre-
nz un homme q\\\ portera une cruche deau :
ceci est la marque que Jésus-Christ donna
à saint Pierre et à saint Jean, pour connaître
(jui était celui chez qui il voulait qu'ils al-
lassent préparer la Pâquopour la faire avec
ses Apôtres. Act. 3. 2. Ainsi Joan. 19. 17. lit
bdjulans sihi crucem exivit in ciim qui dici-
tur Calvoriœ locum : Jésus portant sa croix
\iiil au lieu appelé le C.'îlvaire. La coutume
des Romains était que les criminels con-
Jainiiés au supplice de la croix, portassent
jusqu'au lieu du
eux-mêmes leurs croix
supplice. Voy. Simon 6°.
Phrase tirée de celte àgaiticalion dans le sons méta-
phorique.
BAJULARE crucem suam. Porter sa croix :
c'est être prêt à souffrir toutes sortes de
peines et dalflictions. Luc. ik. 27. Qui non
bajulat crucem suam et venit post me, non
potest meus esse discipulus : Quiconque ne
porte pas sa croix, et ne me suit pas, ise
peut être mon disciple, dit Jésus-Christ.
BAJULUS, I. De Bajulare, et signifie pro-
prement crocheteur, portefaix. Dans l'Ecri-
ture il se prend dans le sens figuré pour :
Porteur de quelque nouvelle. 2. Reg. 18.
22. Non eris boni nuntii bajulus : Vous serez
le porteur d'une méchante nouvelle, dit Joah
à Achimaas.
BALA, Heb. inveterata. — 1° Servante do
Rachel, qui la donna pour concubine à son
mari Jacob. Gen. 29. 29. c. 30. 3. 1. Par. 7.
13. — 2° Nom de ville de la tribu de Siméon.
Jos. 19. 3. Hasersual, Bala. 1. Par. 4. 29.
BALA, Heb. deglutiens. — 1° Nom d'homme
des descendants de Ruben. 1. Par. 5. 8.
Porro Bala filius Arar. — 2° Nom de petite
ville qui a été appelée Segor. Gen. 14. v.
2.7.
BALAAM, Heb. vetustas populi. Célèbre
devin, ou magicien, qui était en réputation
de pouvoir, par ses enchantements, mettre
en fuite des armées. Num. 22. 5. Misit nun~
tios ad Balaam filimn Beor ariolum, Heb. de
Petor. Balac envoya des ambassadeurs à
Balaam, fils de Béor, qui était un devin de
Pétor, ville de Mésopotamie. Ce prophète, au
lieu de maudire le peuple, le bénissait uial-
gré lui, ce qui, ayant irrité Balac, il lui
donna un conseil détestable qui fut funeste
aux Israélites. Num. 25. 3. Voy. Beel-
PHÉGOR.
BALAAN, Heb. inveteratus. Fils d'Escr,
petit-fils de Séïr. 1. Par. 1. 42.
BALAATH. Ville de la tribu de Dan. Jos.
19. 44. C'est la même qui fut fortifiée par
Salomon. 2. Par. 8. 6. Elle est appelée Baa-
lath. 3. Reg. 9. 18. Voy. Baalath.
BALAC, Heb. involvens. Fils de Séphor,
roi de Moab, qui fil venir Balaam pour mau-
dire les Israélites. Num. 22. 2. c. 23. 1. etc.
BALADAN, Heb. absque judicio. Père de
Mérodach, roi de Bahylone et des Assyriens.
4. Reg. 20. 12. Son fils Mérodach est aussi
surnommé Baladan. Isa. 39. 11. Voy. Méro-
DAcn. Voy. Bérodach.
BALAN, Heb. inveteratus. Descendant de
Jatlihel, père de Jéhu. 1. Par. 7. 10.
BAL AN AN, Heb. idoli donum. — 1" Fils
dAchobor, roi d'Edom, avant qu'il y eût un
roi en Israël. Gen. 36. v. 38. 39. — 2° Inten-
dant (le David sur les oliviers et les figui<'rs
de la campagne, i. Par. 27. 28.
BALARE, y.ov/Çîiv. Ce verbe vient du cri
même el du bêlement des brebis, et signifie
propreaicîil bêler comme les brebis : dans
lEcr.,
Bêler, crier, en parlant d'un chevreau.
Tob. 2. 21. Cum vocem balnntis tir ejus au-
disscl : Tobie ayant entendu crier le chevreau
481
BAL
BAM
4S2
que sa femme avait apporlé, lui dit : Prenez
garde que ce chevreau n'ait été dérobé. Le
k'xte grec du v. 20. porte qu'il lui avait été
donné en présent par dessus ce qu'on lui de-
vait poni' son travail.
B ALDUS, A, mi. Du verbe grec P«Çm,
parler; ou peut élre du son et de la manière
dont s'expriment les bègues en parlant, et
signifle :
Bègue, qui a la langue empêchée (ifîX^éÇwv).
Isa. 32. k. Linijua balborum velociter loque-
lur et plane : Le Prophète prédit ce qui de-
vait arriver au temps du Messie ; les muets
ont parlé, et ceux qui étaient ignorants sont
devenus éloquents dans les choses divines.
BALDAD , Hcb. Vctusta dilectio. Un des
trois amis de Job qui vinrent pour le con-
soler; il est appelé Suhites , d'un pays de
l'Arabie déserte habile par les descendants
de Suc, fils de Céluia et d'Abraham. Job. 2.
11. etc.
BALE, Heb. Deglutiens. Fils aîné de Bon-
jamin. 1. Par. 8. 1. Genuit Baie primogeni-
tum suum. En cet endroit, il y a cinq fils de
Benjamin, c 7. 6. trois seulement. Voy. Ja-
DiHEL. Gen. 4G. 21. on en compte dix. Num.
26. 38. il y en a cinq. On croit que de ces
dix il n'y en a eu que cinq qui aient eu des
enfants , ou que leur postérité a fini en eux.
Voy. Bêla.
BALISTA , JE. ^slôvzxTiç Du grec pâÀXstv ,
jeltr, et signifie: — 1° Instrument, machine
de guerre qu'on dressait devant une ville
pour jeter fort loin de grosses pierres. 1.
Mach. 6. 20. Fecerunt balistas : Tous les
Israélites assemblés par Juihis , assiégèrent
la forteresse où étaient les Grecs et les Juifs
apostats, et firent des instruments pour jeter
des pierres. — 2° Arbalète, instrument de
guerre à lancer des traits. 1. Mach. (3. .ïl.
Staliiit illic balislas : Le roi Eupalor plaça
devant le lieu saint des arbalètes à lancer
des traits.
BALOTH, Heb. Subjecta. Ville de la tribu
de Juda. Jos. 15. 24-.
BALSAMUM, i. ùfjnàloceoç. De l'Hébrou
Bahal-Schemen, i. e. le Soigneur ou souve-
verain de l'huile, et signifie,
Arbrisseau qui porte ce suc odoriférant
appelé baume. Eccli. 2i. 20. Sicut cinnamo-
mum et balsamum aromalizans odoreni dedi :
J'ai répandu une odeur de parfum comnic la
canelle et le baume le plus précieux. Le
baumequis'appelleo^o&fl/samitm.v. 21. Quasi
balsamum non mixlum odor meus : Mon odeur
est comme celle d'un baume Irès-pur et sans
mélange. Ezech. 27. 17. Balsamum... propo-
sucrtint in nundinis luis : Les peuples de
Juila el d'Lraël ont apporté dans vos mar-
chés le baume, etc. Le prophète prédisant à
la ville de Tyr sa ruine, racoiite en détail le
trafic universel ciuc tous les peuples de la
terre entretenaient avec elle. Voy. v. 27.
BALÏASSAU.— 1' Fils de Nabuchodonosor
Sue l'on croit élre ou lo mémo (jirEviiméio-
ach, ou son frère aîné mort avant qu'il ;iit
pu succéder à Nabuchodonosor son père.
Baruch. 1. v. 11. 12. Orale pro liCa Nabu-
chodonosor reçjis Babylonis, et pr<> vila Bnl-
(assar filii ejus : Priez ponr la vie de Nabu-
chodonosor et pour la vie de Ballâssar son
fils (Heb. non thesaurizans).
2° Petit-fils de Nabuchodonosor ou né de
son fils Evilmérodach ou, selon d'autres, de
sa fille. Dan. 5. i. Baltassar rex fecit grande
conviviuin : Le roi Baltassar fit un grand
festin. Il fut assiégé par Darius, roi des Mè-
des, et par Cyrus, roi des Perses, qui prirent
Babylone, l't le tuèrent, 70 ans depuis que
son aïeul eut ruiné Jérusalem.
3° Daniel à qui les Babyloniens donnèrent
ce nom. Dan. 1. 7. c. 2. 26. e. k. 5. Daniel
oui nomen Baltassar, secundum nomen Dei
mei : Daniel à qui j'ai donné le nom de Bal-
tassar, qui est ie nom de mon Dieu (Heb.
abscondite thesaurizans). Ainsi le nom de
Baltassar venait de Bel ou de Baal, le faux
dieu des Chaldéens. Ce nom, selon quelques
auteurs , est composé de trois mots chal-
déens, Belschatzor, et signifie Beli abdita
thesaurizans.
BALTEUS, I. Çwvvj. Ce nom, selon Varron,
est Toscan, ou comme il dit ailleurs, ce nom
vient de ce que les baudriers de cuir étaient
garnis de bossettes, Cingulum bullalwn, et
signifie:
1" Baudrier ou ceinture pour tenir l'épée.
4. Reg. 3. 21. Convocaverunt omnes qui ac-
cincti erant balteo : Les Moabiles assemblè-
rent tous ceux qui portaient les armes : c'é-
tait pour venir attaquer les rois Joram, Jo-
saphat et le roi d Edom. 1. Reg. 18. k. Dédit
eam David, et reliqua vestimenta sua usque
ad gladium et arcum suum , et usque cul bal-
teum : Jonalhas s'élant dépouillé de la tuni-
que dont il était revêtu, la donna à David
avec le reste de ses vêtements, jusqu'à son
épée, son arc et son baudrier. Ce fut un effet
de l'amour extrême que Jonathas portait à
David. Voy. v. 3. Ainsi, 2. Reg. 18. 11. 3.
Reg. 2. 5. Ezech. 23. 15.
2° Ceinture dont les Juifs se ceignaient
ordinairement. Deut. 23. 13. Gerens puxil-
Inm in balteo : Portant un bâton pointu à
votre ceinture. Voy. Paxillus.
3" Ceinture dont les p; êtres étaient ceints.
1" Celle qui était commune à tous les prêtres,
qui devait être d'un ouvrage de broderie où
l'or devait ôlre employé, ainsi (jue l'hyacin-
the, la pourpre et l'écarlate teinte deux fois.
Exod. 28. V. k. 39. W. Porro filiis Aaron tu-
nicas lineas p rabis , et balteos ac tiaras :
Vous préparerez des tuni(iues de lin pour les
enfants d'Aaron, des ceintures et des tiares.
Levit. 8. 13. 2" Celle qui était propre au sou-
verain ponlife, laquelle était .lussi en bro-
derie; mais tissue d'or. Exod. 29. o. (Juod
consîringes balteo : Vous lierez le rational
d'Aaron avec la ceinture, c. 39. v. 5. 19. Lc-
vil. 8. 7. Voy. Exod. 28. v. 'i. 5. 8.— La mar-
(juc de la dignité, de la puissance el de l'au-
torité. Jol). 12. 18. Bdlteinn regum dissolvit :
C'est Dieu (lui Ole le baudrier aux rois :
Hebr. Vinculum, (jui peut bien signifier lo
diadème.
BAMAAL, Hebr. in ciramcisione. Fils do
Jcphlai. 1. Par. 7. S'S
BAMOTH, Heb. .lUaria. Ville sur le fleuve
4S5
DICTIONNAlKE DE PIII-.OLOGIE SACREE.
481
Anion dans la tribu de Ruben. Num. 21.
V. 19. 20. Elle est appelée Bamolh-Baal. Jos.
13. 17.
BANA. Fils d'Ahilud, gouverneur pour Sa-
lonion de Thanach , de Mageddo et du pays
de Bfilhsan. 3. Reg. h. 12.
BANAA , Heb. in motu. Fils de Mosa et
père de Rapha. 1. Par. 8. 37.
BANAI, idem. Fils d'Hcnadad, qui aida à
rétablir Jérusalem. 2. Esdr. 3. 18.
BANAIA ou BANAlAS , Heb. Films JDo-
mim.— 1°. Fils de Joïada, qui commandait les
gardes du roi. 2. Reg. 8. 18. Banaïas aulem
filius Joiadœ super Cerethi et Pheleti : Banaïas
fils de Joïada commandait les Céréthiens et
les Pbélétiens. c. 22. 25. c. 23. v. 20. 22. etc.
1. Par. 27. 5. etc. Il était d'une force extraor-
dinaire : il tua trois lions , deux dans une
plaine des Moabites, et un qui était tombé
dans un puits au temps d'une grande neige.
Il tua aussi un géant qui avait cinq coudées
de haut, et qui était armé de lance et d'épée ;
et quoiqu'il n'eût qu'un bâton à la main , il
le désarma et retendit mort sur la place.
2° Banâïa de Pharaton, qui était un des
trente vaillants hommes de David. 2. Reg.
23. 30. Banaïa Pharatonites. 1. Par. 11. 31.
c. 27. 14.
3° Un des descendants de Siméon. 1. Par.
k. 36.
k" Un lévite, chantre du second rang. 1.
Par. 15. 18. Constitueruntque levitas... E'iiab
et Banaiam : Us choisirent plusieurs lévites...
Eliab et Banaïa. Ce choix de lévites se fit par
ordre de David, lorsqu'il fit transporter l'ar-
che au lieu qu'il lui avait préparé, pour faire
un corps de chantres qui joueraient de toutes
sortes d'instruments de musique.
5° Un des prêtres qui sonnaient de la trom-
pette devant l'arche. 1. Par. 15. 24. Banaïa
et Elîezer sacerdotes clangebant lubis coram
arca Dei. c. 16. v. 5. 6.
6° Un des descendants d'Asaph. 2. Par.
20. 14.
7° Un des garaes des greniers du temple
établis par ordre d'Ezéchias. 2. Par. 31. 13.
8° Deux de ceux qui avaient épousé des
femmes étrangères. 1. Esdr. 10. v. 30. 43.
9» Père de Pheltias. Ezech. 11. v. 1. 13.
Pheltias filius Banaiœ mortuus est.
BANE, Heb. Filii. Ville de la tribu de Dan.
Jos. 19. 45. l'Hébreu joint par un makaph
Bané , Barach, et n'en fait qu'une ville, au
lieu que la Vulgale en fait deux.
BANEA ou BANEAS , Heb. Filius Domini.
Deux de ce nom qui quittèrent leurs femmes
étrangères. 1. Esd. 10. v. 25. 35.
BANI , Heb. Filius meus.—i" Un de ceux
qui revinrent de la captivité. 1. Esd. 2. 10.
c. 10. Y. 29. 34.-2° Un de ceux qui avaient
épousé des femmes étrangères. 1. Esdr. 10.
38. — 3° Un de ceux qui faisaient faire silence
au peuple, quand Esdras lut le livre de la
loi. 2. Esdr. 8. 7. c. 9. 4.-4° Un des lévites
qui au retour delà caplivilé signèrent l'al-
liancc faite avec Dieu. 2. Esdr. 10. 13.—
5" Un dos chefs du peuple. 2. Esdr. 10. 14.
BANINU, Heb. l'ilii noslri. Un de ceux
qui siguèrcnl le traité. 2. Esdr. iO. 13.
BANNUI, Heb. Mdificulio. Un chef de fa-
mille. 2 Esdr. 7. 15.
BAPTISMA, ATis, seu BAPTISMUS, i. /Sktt-
7icT[j.hç. Du verbe baplizo, cl signifie propre-
ment, plongcment , enfoncement dans l'eau;
dans l'Ecriture.,
1° Purification , nelloieraent , ablutions
prescrites par la loi. 2. Esdr. 4. 23. Unusquis-
que tantum nudabalur ad baptismum : Pour
ce qui est de moi et de mes frères , et des
gardes qui m'accompagnaient, dit Néhémie,
noiis ne quittions point nos vêtements, et on
ne les ôlait que pour se purifier. Marc. 7.
V. 4. 8. Tenetis Iraditiones fiominum, baptis-
tnata calicum et urceormn : Vous observez
avec soin la tradition des hommes, lavant les
pots et les coupes, etc. Hebr. 9. 10. Solum-
modo in cibis et in potibus et variis baptisma-
tibus : Les sacrifices de l'ancienne loi ne con-
sistaient qu'en des viandes, en des breuvages,
en diverses ablutions. Ces ablutions sont
marquées. Levit. 16. 4. 24. v. 26. 28. et ail-
leurs.
2° Baptême de saint Jean, par lequel il bap-
tisait dans les eaux du Jourdain ceux qui
venaient à lui. Luc. 7. 29. AcL 10. 37. Post
baptismum (Gr. baptisma) qûod prœdicavit
Joanncs; Après le baptême que Jean a prêché.
Ce baptême n'était pas pour purifier les hom-
mes de leurs péchés, mais pour les exciter à
faire pénitence et les préparer à la venue du
Messie en les engageant à croire en Jésus-
Christ. Act. 19. 4. Joannes baptizavit bapti-"
smo pœnitentiœ populum, dicens : in eum, qui
venturus esset post ipsum, ut creder^m, hoc
est, in Jesum. Marc. 3. 11. Ego quidem bap-
tizo vos in aqua in pœnitentiam : Pour moi,
je vous baptise dans l'eau pour vous porter
à la pénitence; mais celui qui doit venir après
moi... vous baptisera dans le Saint-Esprit et
dans le feu. Marc. 1. 4.
3° Le baptême de Jésus-Christ, qui est un
sacrement établi de Jésus-Christ pour la ré-
mission des péchés et pour remplir les âmes
des dons du Saint-Esprit. Joan. 1. 33. Hic est
qui baptizai in Spiritu sancto : C'est celui
qui baptise dans le Saint-Esprit, dit saint
Jean de Jésus-Christ. Voy. v. 29. Ephes. 4.
5. Unum baptisma : Il n'y a qu'un baptême.
se. tel que celui-ci, par lequel nous renais-
sons en Jésus-Christ. Rom. 6. 4. Coloss. 2.
12.1. Petr. 3. 21. Ainsi Hebr. 6. 'i. Non rursum
jacientes fundamentum... baptismatum doc-
trinœ : Passons à ce qui est de plus parlait,
sans nous arrêter à établir de nouveau... ce
qu'on enseigne sur les baptêmes. Ce n'est
pas (juMl y eût en effet quelque autre bap-
tême, outre celui qu'avait institué Jésus-
Christ; mais l'Apôlre parle du baptême comme
au pluriel, parce que, dans l'instruction qui
se faisait aux catéchumènes, touchant le bap-
tême, on en expliquait toutes les différences,
telles que celles que nous avons rapportées
ci-dessus.
4" Baptême de douleurs et d'afflictions, tel
est celui dont Jésus-Christ dit qu'il doit être
baptisé. Luc. 12. 50. Baptismo autcm habeo
baptizari : Je dois être baptisé d'un baptême,
se. de son sang, en souffrant la mort, et tel
m
BAP
BAF
4U6
que celui dont les saints martyrs sont bap-
tisés en mourant pourMe nom et la gloire de
Dieu, ainsi que le marque Jésus-Christ à
saint Jacques et saint Jean, fils de Zébédée.
Marc. 10. 39. Baplismo quo ego haplizor, hop-
tîzabimini : Vous serez bai)tisés du baptême
dont je dois être baptisé, v. 38. L'Ecriture
semble marquer ce baptême de douleurs par
la submersion dans les eaux.
BAPTISTA, JE. Gr. p^nzicr-rj;. Plongeur, la-
veur, arroseur. De baptizo, et signifie;
Baptiste, saint Jean-Baptiste, le précurseur
de Jésus-Christ.. Voy. Luc. 7. 27. qui a été
appelé de ce nom par les évangélistes saint
Matthieu, saint Marc et saint Luc, parce qu'il
avait été envoyé de Dieu pour baptiser les
peuples eUes disposer à la pénitence ot à re-
cevoir Jésus-Christ le Messie. Mallh. 11. 11.
Non surrexit inter natos tnuticrum major
Joanne Baplista : Entre ceux ceux qui sont
nés de femmos, il n'y en a point eu de plus
grand que Jean-Baptiste, dit Jésus-Christ, c.
3. 1. Marc. 6. 14. Luc. 7. 20.
BAPTIZAKE. Gr. p^TTriÇeiv. Du verbe pâTnrw
mergo, et signifie proprement plonger, en-
foncer dans l'eau. Dans l'Ecriture :
1° Laver, baigner pour se purifier des im-
puretés légales. Judith. 12. 7. Baptizabat se
in fonte aquœ : Judith se lavait dans une fon-
taine ;,Holopherne avait commandé aux huis-
siers de sa chambre de lui laisser toute li-
berté. Voy. v. 6. Marc. 7. 4. Et a foro, nisi
haptisenturnon comedunt : Lorsque les pha-
risiens et tous les Juifs reviennent du mar-
ché, ils ne mangent point non plus sans s'ê-
tre lavés, dit Jésus-Christ, les condamnant
d'avoir plus de soin de purifier leurs corps
que de purifier leurs cœurs. Luc. 11. 38.
Eccli. 34. 30.
2° Baptiser, conférer le sacrement de bap-
tême ; ce qui se fait maintenant en versant
de l'eau sur la tête de quelqu'un, en disant ;
Je te baptise au nom du Père, et du Fils et
du Saint-Esprit; mais il se donnait autrefois
en plongeant dans l'eau par trois fois. Par le
baptême on obtient la remission des péchés
par les mérites du sang de Jésus-Christ, qui
a lui-même institué et ordonné ce sacrement.
Matlh. 28. 19. Euntes ergo docete omnes gen-
tes, baptizantes eos in nomine Patris, et Filii
et Spiritus sancti : Toute puissance m'a été
donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc,
et instruisez tous les peuples, les baptisant
au nom du Père, et du Fils et du Saint-Es-
prit, dit Jésus-Christ aux onze apôlres. Marc.
16. 16. Qui crediderit, et baptizatus fuerit,
salvus erit : Celui qui croira et qui sera bap-
tisé sera sauvé. Celte croyance s'entend d'une
foi actuelle dans les adulies, accompagnée de
bonnes œuvres, Gai. 1. v. 11. 12. Jac. 2. 26.
et dune foi habituelle que reçoivent les en-
fants en recevant ce baptême.
Phrases Urées do cnUe signiHcalion.
BAPTIZARE Spiritu sancto. Baptiser du
Saint-Esprit, c'est comme baigner, inonder
du Saint-Esprit , soit que cela se fasse dans
le sacrement Ju baptême , où nous sommes
lavés d'eau , de telle sorte que le Saint-Es-
prit se répand sur nous avec abondance.
Mafth. 3. i'I. Luc. 3. 16. Ipse vos baptizabit
in Spiritu sancto et igni : Jésus-Christ vou.s
baptisera dans le Saint-Esprit et dans le feu.
Marc. 1. 8. Joan. 1. 33. Ce qui est figuré par
cette eau transparente, mêlée de feu, Apoc.
5. 2. Soit que cela se fasse dans le sacrement
de la confirmation ; comme quand les apô-
tres , qui avaient déjà été baptisés , reçurent
l'effet de la confirmation ; savoir , la* vertu
et la force du Saint-Esprit, le jour de la Pen-
tecôte , Act. 1. 5. Vos autcm baptizabimini
Spiritu sancto : Vous serez baptisés dans le
Saint-Esprit : ce qu'on doit entendre aussi de
tous ceux qui reçoivent ce sacrement avec
l'effet ; soit enfin que cela se fasse hors du
sacrement ; comme quand Corneille et ceux
qui étaient assemblés chez lui, reçurent vi-
siblement le Saint-Esprit avant d'être bapti-
sés. Act. 10. U. Voy. T. 24. 47. 48. c. 11. 15.
A quoi saint Pierre applique ces mêmes ter-
mes, V. 16. Vos autem baptizabimini Spiritu
sancto : Vous serez baptisés dans le Saint-
Esprit. Voy. Est. m Act. 1. 5.
BAPTIZARE Pro mortuis. Baptiser pour
les morts. Il semble qu'on peut entendre ceci
simplement de ceux qui se faisaient baptiser
pour les Catéchumènes qui étaient morts
sans avoir reçu le baptême , croyant que ce
baptême leur eût servi. 1 Cor. 15. 29. Quid
facient qui baptizantur pro mortuis , si om-
nino mortui non resurgunl ? Que préten-
draient ceux qui sont baptisés pour les morts,
si les morts ne ressuscitent point ? Cette
coutume était en usage au temps des apô-
tres, comme Tertnllien linsinue, Lib. de Re-
surr. car ni s , c. 48. et lib. 5. contr. Marcion.
c. 10.
BAPTIZARE In nomine alicujus. Baptiser
au nom de quelqu'un ; c'est administrer le
baptême par sa vertu, et en invoquant son
nom : C'est dans ce sens que s'entend : 1'
baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-
Esprit : à quoi se rapporte ce que dit saint
Paul , 1 Cor. 1. 13. Mais baptiser au nom de
Jésus-Christ, c'est baptiser du baptême insti-
tué par Jésus-Christ, qui a ordonné de l'ad-
ministrer au nom du Père, du Fils et du
Saint-Esprit. Voy. Matth. 28. 19. Ce qui est
la forme ordinaire, sans laquelle on ne peut
confesser le baptême de Jésus-Christ , dit
saint Augustin , Lib. 6. de Baptismo, c. 26.
Saint Luc , dans les Actes, l'appelle le bap-
tême de Jésus-Christ ; soit pour le distin-
guer de celui de saint Jean , soit parce que ,
comme quelques-uns l'ont cru , le baptême
se conférait quelquefois au commeucemcnf ,
seulement en invoquant et en exprimant le
nom de Jésus-Christ. Act. 22. 16. Mais ce quo
Dieu opère par des voies extraordinaires ,
n'empêche pas que l'Eglise ne garde l'ordre
qui lui est propre.
Baptiser en figure, représenter par des si-
gnes expressifs le véritable baptême. 1 Cor.
10. 2. Omnes in Moise, Gr. m Moiscn, bapti-
zali sunt in nube el in mari : Tous nos pères
ont été baptisés sous la conduite <le Moïse,
d.'.ns la nuéi> ot dans la mer : la nuée el la
passage (le la ni; r représentaient le baptême^
487
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
488
la nuée qui les rafraîchissait , figurait la
grâce ùu Saint-Esprit ; les Egyptiens, plon-
<Tés dans les eaux de la ruer Rouge , figu-
raient les péchés ensevelis dans les eaux du
baptême.
BAPTIZARÏ in aliquem, tl; tivk. C'est être
baptisé pour être disciple de quelqu'un, et lui
être entièrement dévoué. 1 Cor. 10. 2. Omnes
in Moise baptizali snnt ; Gr. in Moisen. Tous
ont été baptisés sous la conduite de Muïse ,
en se soumettant à lui comme à leur chef, et
l'interprète de la volonté de Dieu à leur égard.
Exod. 14. 31. Crediderunt Domino et Moisi
serve ejus : Ainsi, Rom. 6 3. Bapt//sati sumus
in Chrislo ; Gr. in Christum : Nous avons été
baptisés en Jésus-Christ ; c'est-à-dire pour
être unis à lui , comme les membres le sont
à leur chef, et pour être ses discipU^s , selon
l'expression des Hébreux, qui prennent quel-
quefois le nom de la personne pour le nom
de la chose.
Baptiser du baptême de douleurs et d'af-
flictions : tel a été celui dont Jésus-Christ a
été baptisé de son propre sang dans sa pas-
sion pour nos péchés , et dont les saints
martyrs ont été baptisés par le sang qu'ils
ont répandu pour la gloire de Dieu. Marc.
10. 38. Pofestis.... baptismo quo ego baptizor,
baptizari ? Pouvez-vousêtre baptisés du bap-
tême dont je dois être baptisé, répond Jésus-
Christ aux saints Jacques et Jean, fils de Zé-
bédée. Voy. Baptismus, signif. figurée.
BARA, Heb. In nialo.— 1° Roi de Sodome,
un des cinq rois qui firent la guerre à Cho-
dorlahomor , et aux trois autres rois, ses al-
liés. Gen. li. 2.— 2" Femme de Saharaïm, ré-
pudiée par son mari. 1 Par. 8. 8.
BARABBAS, Heb. Filius patris. Voleur,
meurtrier et séditieux, qui, à l'instance des
Juifs, fut délivré par Pilate , préférabiement
à Jésus-Christ. Matlh. 27. 16.. Marc. 15. 7.
Luc. 23. 18. Joan. 18. VO. Act. 3. li.
BAR.iC,Heb. Fulgur.- i'¥ih d'Abinoëai,
créé chef de l'armée des Israélites, avec la
prophéles->c Débora. Judic. i. G. etc. Heb.
11. 32.— 2° Ville de la tribu de Dan. Jos. 19.
45. Voy. Bané.
^iXWACUX ,}îih. Benedictio. Un de ceux
qui prirent ie parti de David contre S iiil. 1
Par. 12.3.
BARACHEL, Heb. Benedicens Deum. Père
(l'Eliu , descendant de Buz. Job. 32. v. 2. 6.
Voy. Buz.
BARACHIA ou BARACHIAS. Heb. Benedi-
cens Domino. — 1° Le pèie de Zacharie , l'un
des douze prophètes. Zaeh. 1. v. 1.7. — 2° Le
père d'un autre Zacharie, du temps d'Achaz,
qu'Isaïas prit pour témoin des deux noms
qu il oevail écrire en des caractères connus
et lisibles. Isa. 8. 2. Ces deux noms sont
marqués au v. 1. — 3° Le père de Zacharie ,
qui fut tué par les Juifs. Matlh. 23. 3"5.
Ut ventât super vos omnis sanguis justus qui
effusus est super terrnm a sanguine Ahel justi
usque ad sanguincm Zachariœ fiHi IJarachiœ
quem occidisiis inter templum et altarc : Afin
que tout le sang innocent qui a été répandu
Sur I.i terre , retombe sur vous , dcpui-^ le
sang d'Abel le Juste , jusqu'au sang de Za-
charie , fils de Barachie. On croit que ce Za-
charie était le fils de Joiada, dont il est parlé,
2 Par. 2i. 22. et que Joïadas s'appelait aussi
Barachias , parce qu'il était fils d'Achias.
D'autres croient que ce Barachie était le père
de Zacharie , père de saint Jean Baptiste ,
qui fut tué par le commandeinenl d'Hérddc.
— i° Le fils de Zorobabel , Delil-fils de Pha-
daïa. 1 Par. 3, 20. Voy. Zorobabel, 2\ —
5° Le père d'Asaph , léviie , descendant de
Gersou. 1 Par. 6. 39. 1 Par. 15. 17. Voy.
AsAPH. — ()" Fils d'Asa , fils d'Elcana , dfr ïa
tribu de Lévi , habitant de Nctophati. 1 Par.
9. 16. — 7 Un lévite , huissier à l'égard de
l'arche. 1 Par. 15. 23. Barachias et Elcana,
Janitores Arcœ : Barachias et E'caiia , huis-
siers à l'égard de l'arche. Voy. Janitor.
— 8" Un prince de ia tribu d'Ephraïm, fils de
Mosollaiiioth , qui empêcha que les Juifs ne
fussent réduits en captivité par ceux de la
même nation. 2 Par. 28. 12. — 9' Fils de Mésé-
zebel , et père de Mosollam , qui bâtit une
partie de Jérusalem, après son retour de Ba-
bylone. 2 Esdr. 3. v. k. 30. c. 6. 18.
BARAD , Heb. Grando. Ville de la tribu de
Juda , près de la fontaine d'Agar. Gen.
10. 14.
BARAL\ , H. b. Creatura Domini. Fils de
Sémei. 1 Par. 8. 21.
BARASA, Heb. In egestate. Ville delà tribu
de Gad, (jue Judas Machabée prit et brûla. 1
Mach. 5. 26.
BARATHRUM. i. Gr. p«p6oov. Vient des
mots Chaldéens ber , qui signifie puits , et de
athar, qui signifie /oc, et signifie proprement
lieu profond ; soit dans l'eau , comme un
gouffre ; soit dans la terre, comme une fosse
dont on ne voit point le fond : dans l'Ecri-
ture,
Abîme. Judic. 5. 15. Quasi in prœceps ac
barathrum se discrimini dédit : Barac s'est
jeté dans le péril, comme s'il se fût précipité
<!ans un abîme , dit Débora dans le Can(i(|ue
(lu'elie chanta après la défaile de Sisara
{■/.oiIkç. Vallis . l'Hébr. et le Gr. qui portent
vallis , font croire que Barac eut une vallée
profonde à passer pour venir depuis la mon-
tagne de Thabor , jusqu'au lieu où était Si-
sara.
BARBA , M. TTW'/wv. De /Baoù?, pesant, ou
marque de gravité, ou bien de -xmroç, at>us, et,
lanugo, prima barba, et signifie :
Barbe. 1 Reg. 21. 13. Diffîuebantque salivœ
ejus in barbum : David se contrefit le visage
devant les Philistins... et sa salive découlait
sur sa barbe : ce fut dans 'a crainte qu'il
eut d'Achis , à qui les officiers racontèrent
que David élait celui-là même pour qui on
avait chanté publiqueniv-nt que Saûl en avait
tué mille , et David dix mille. Levit. 13. 29.
Ps. 132. 2. Sicut unguenlum in capite quod
descendit in barbam, barbam Anron : La paix
et l'union cuire les fidèles, (]ue le baptême a
rendus frères, est aussi agréable que l'huile
de parfum , qui de la tête lîcscend sur la
barbe d'Aarou. Voy. Ukguentum. On ueut
faire quehjues observations sur ce mot.
1° C'était une marque de maladie el d'in-
firmité, que de paraître sans bar!>e : c'est
4S9
BAR
BAR
490
pour cette raison que le lépreux, devait raser
sa barbe le septième jour après sa purifica-
tion, pendant lesquels il était demeuré dans
le camp hors de sa tente , selon la loi du Le-
vit. 14. 9.
2° Ce fut une ignominie et pure insulte que
fit Hanon aux ambassadeurs de David, lors-
qu'il leur fit raser la barbe, et les renvoya en
cet état. 1 Par. 19. k. 2. Reg. 10. k. 11 est dit
qu'il leur fil raser la moitié de la barbe ; et
David envoya au devant d'eux pour leur or-
donner de demeurer à Jéricho. 1 Par. 19. 5.
3" C'était une marque de deuil , d'affliction
et de misère , que de s'arracher les poils de
la barbe, ou de la raser. 1 Esdr. 9. 3.,.Evelli
capillos capitis mei et barbœ : J'arrachai les
cheveux de ma tête et les poils de ma barbe :
ce fut à la nouvelle que reçut Esdras, que le
peuple ne s'était point séparé de l'alliance
ries peuples étrangers. Voy. les versets pré-
cédents. Isa. 15. 2. Omnis barba radetur : Les
Moabites se feront tous raser la barbe ; sa-
voir , à cause de la grande désolation qui y
devait arriver. Voy. c. 16. 14. Ainsi, Jerem.
ki. 5. Venerunt viri rasi barba : Quatre-
vingts hommes vinrent de Sichem , de Silo et
de Samarie, ayant la barbe rase : ce fut pour
marquer la douleur qu'ils avaient de la ruine
du temple et de la ville de Jérusalem, parles
Chaldéens. c. 48. 37.
4° 11 était défendu aux prêtres, même dans
le deuil , de se raser la barbe. Levit. 21. 5.
pour ne point imiter en cela les prêtres ido-
lâtres de l'Egypte et des pays circonvoisins,
Baruch. 6. 30: ce qui est aussi défendu à tous
les Israélites. Levit. 19. 27. Quelques-uns
croient qu'ils se rasaient seulement la mou-
stache ou le poil qui croît sur la lèvre d'en
haut , et que c'est en ce sens qu'il est dit,
2. Reg. 9. 24. que Miphiboseth n'avait point
fait faire sa barbe depuis le jour que David
était sorti de Jérusalem jusqu'au jour qu'il y
retourna en paix.
— Les princes, les grands, les forts et ce
qu'il y a d'hommes plus considérables d'un
peuple. Isa. 7. 20. In die illa radet Dotninus in
novacula conducta... in rege Assyriorum ca~
put... et barbam : Le Seigneur se servira du
roi des Assyriens comme d'un rasoir qu'il
aura loué pour raser la tête... et toute la
barbe. Voy. l'accomplissement de cette pro-
phétie, 4. Reg. ch 24. v. 14. 16. c. 2o. 20.. La
barbe que Dieu ordonne au prophète Ezéchiel
de se raser et d'en partager les poils en trois
tiers, d'en brûler une partie, de couper l'au-
tre et de jeter au vent les poils de l'autre
tiers, comme on voit, Ezech. 5. v. 1. 2. figu-
rait les trois châtiments que Dieu devait
exercer sur les habitants de Jérusalem , cha-
que tiers devant recevoir un châliment par-
ticulier, Voy. V. 12; et ce châtiment devait
être exercé par les Chaldéens.
BARBARE, p«pe«pwç, barbaremcnt, d'une
façon qui sent ic barbarisme, en parlant du
langage. Dans l'Ecriture:
D'une manière barbare et insolente, et qui
combat la samielc des lois. 2 Mach. 15. 2.
Ne ita ferociter et barbare feceris : N'agissez
pas si fièrement ni d'une manière si barbare;
Diction. i/>k Vhilol. SAcnÉE. I.
c est ce que les Juifs, qui étaient contraints
de suivre Nicanor, lui dirent lorsqu'il résolut
d'attaquer Judas avec toutes ses forces le jour
du sabbat.
BARBARUS, a, um, Gr. pKp§«poç, du sy-
riaque bar, extray en doublant la syllabe, ou
de l'arabe barbar, garrulus , et signifie pro-
prement barbare, en parlant du langage. Les
Arabes ont donné à l'Afrique le nom de Bar-
barie, parce que le langage d'Afrique leur a
semblé un son de bêtes plutôt qu'un langage
d'hommes ; et les Grecs appelaient aussi Bar-,
bares toutes les autres nations du monde,
dont le langage leur paraissait grossier en
comparaison du leur. Il signifie aussi gros-
sier, peu poli dans ses mœurs, aussi bien que
son langage; inhumain, cruel. Dans l'Ecri-
ture :
1° Tout peuple ou tout homme qui parle
une langue , qui n'est point entendue de ce-
lui à qui il parle. 1. Cor. 14. 11. Si nesciero
virtutem vocis, ero ei cui loquor, barbarus, et
qui loquitur mihi, barbarus : Si je n'entends
pas ce que signifient les paroles, je serai
barbare à celui à qui je parle, et celui qui
me parle me sera barbare. Saint Paul prouve
qui l'emploie est exposé
de ses auditeurs, et à passer pour barbare^
à l'exemple de celui qui parlant une langue
étrangère, passe pour barbare auprès de
ceux qui ne l'entendent pas.
2^ Tout peuple étranger, peu humain, fa-
rouche et éloigné du culte de Dieu. Ps. 113.
1. Inexitu Israël de jEgypto, domus Jacoû
de populo barbare : Lorsqu'Israëi sortit do
l'Egypte, et la maison de Jacob du milieu
d'un peuple barbare, Dieu consacra le peu-
ple juif à son service. 2. Mach. 2. 22. c. 10.
4. Rogabant Dominum ne barbaris ac bla»^
phemis hominibus traderentur : Machabée et
ceux qu'il avait avec lui conjuraient le Sei-
gneur de ne les plus livrer à des barbare»
et à des blasphémateurs de son nom ; ce fut
après qu'ils eurent repris le temple et la ville
de Jésusalem sur Antiochus.
3° Tous les peuples, hormis les Grecs, sous
le nom desquels sont compris les Romains
même et tous les autres peuples moins po--
licés et distingués des Grecs. Rom. 1. 14.
Grœcis ac barbaris... debitor sum : Je suis re-
devable aux Grecs et aux Barbares; ainsi
Plaute a dit, Verlil barbare, il a traduit eu
latin.
BARED, Heb. Grando. Fils de Suthala, do
la tribu d'Ephraïm. 1. Par. 7. 19.
BARIA, Heb. In societate. Voy. Beria. — '
1° Quatrième fils d'Aser, père d'Heher.l.Par.
7.V.30.31. — 2°.Le quatrième fils de Scchémias.
1. Par. 3. 22. — 3° Un prince de la tribu de
Benjamin. 1. Par. 8. v. 13. 16. Baria etSama.
— k" Fils de Semcï, descendant de Gersom.
1. Par. 23. 10.
BAR-JESU, Filius Jesu, ou Jchu, Heb. /u
nequitia. Faux prophète, Juif de grande ré-
putation, appelé aussi Elymas, magicien.
Act. 13.6. 11 voulut empêcher que le procon-*
16
487
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
488
la nuée qui les rafraîchissait , figurait la
grâce ùu Saint-Esprit ; les Egyptiens, plon-
gés dans les eaux de la mer Rouge , figu-
raient les péchés ensevelis dans les eaux du
baptême.
BAPTIZARI in aliquem, s'i; Ttva. C'est être
baptisé pour être disciple de quelqu'un, et lui
être entièrement dévoué. 1 Cor. 10. 2. Omnes
in Moise haptizali snnt ; Gr. in Moisen. Tous
ont été baptisés sous la conduite de Moïse ,
en se soumettant à lui comme à leur chef, et
l'interprète delà volonté de Dieu à leur égard.
Exod. 14.. 31. Crediderunt Domino et Moisi
serve ejus : Ainsi, Rom. 6 3. Baptfjsati sumus
in Christo ; Gr. in Christum : Nous avons été
baptisés en Jésus-Christ ; c'est-à-dire pour
être unis à lui , comme les membres le sont
à leur chef, et pour être ses disciples , selon
l'expression des Hébreux, qui prennent quel-
quefois le nom de la personne pour le nom
de la chose.
Baptiser du baptême de douleurs et d'af-
flictions : tel a été celui dont Jésus-Christ a
été baptisé de son propre sang dans sa pas-
sion pour nos péchés , et dont les saints
martyrs ont été baptisés par le sang qu'ils
ont répandu pour la gloire de Dieu. Marc.
10. 38. Potestis.... baptismo quo ego baptizor,
baptiznri ? Pouvez-vousêtre baptisés du bap-
tême dont je dois être baptisé, répond Jésus-
Christ aux saints Jacques et Jean, fils de Zé-
bédée. Voy. Baptismus, signif. figurée.
BARA, Heb. In malo. — 1'^ Roi de Sodome,
un des cinq rois qui firent la guerre à Cho-
dorlahomor , et aux trois autres rois, ses al-
liés. Gen. li. 2.-2" Femme de Saharaïm, ré-
pudiée par son mari. 1 Par. 8. 8.
BARABBAS, Heb. Filius patris. Voleur,
meurtrier et séditieux, qui, à l'instance des
Juifs, fut délivré par Pilate , préférablement
à Jésus-Christ. M.itlh. 27. 16.. Marc. 15. 7.
Luc. 23. 18. Joan. 18. VO. Acl. 3. 14.
BAR.iG,Hob. Fulgur.-i''¥\h d'Abinoëm,
créé chef de l'a: mée des Israélites, avec la
prophétesse Débora. Judic. i. 6. etc. Heb.
il. 32.— 2° Ville de la tribu de Dan. Jos. 19.
45. Voy. Bané.
BARACHA ,H('b. .Be/icf/îcno. Un de reux
qui prirent le parti de David contre Siùl. 1
Par. 12. 3.
BARACHEL, Heb. Benedicens Deum. Père
d'Eliu , descendant de Bu.z. Job. 32. v. 2. 6.
Yo\. Buz.
BARACHIA ou BARÂCHIAS. Heb. Benedi-
cens Domino.— i° Le père de Zacharie , l'un
des douze prophètes. Zach. 1. v. 1.7. — 2° Le
père d'un autre Zacharie, du temps d'Achaz,
qu'Isaïas prit pour témoin des deux noms
qu'il (levait écrire en des caractères connus
et lisibles. Isa. 8. 2. Ces deux noms sont
marqués au v. 1. — 3° Le père de Zacharie ,
qui fut tué par les Juifs. Malth. 23. 3'S.
Ut veniat snper vos omnis sanguin justus gui
effusxis est super tcrram a sanguine Abel jusli
usgue ad sanguincm Zachariœ filii Barachiœ
guem occidislis inter templum et altarc : Afin
que tout le sang innocent qui a été répandu
sur la terre , retombe sur vous , depui-^ le
sang d'Abel le Juste , jusqu'au sang de Za-
charie , fils do Barachie. On croit que ce Za-
charie était le fils de Joïada, dont il est parlé,
2 Par. 2i. 22. et que Joïadas s'appelait aussi
Baraciiias , parce qu'il était fils d'Achias.
D'autres croient que ce Barachie était le père
de Zacharie , père de saint Jean Baptiste ,
qui fut tué par le commandeinent d'Hérodc.
— i" Le fils de Zorobabel , oetit-tiis de Pha-
daïa. 1 Par. 3. 20. Voy. Zorobabel, 2'\ —
5° Le père d'Asaph , léviie , descendant de
Geison. 1 Par. 6. 39. 1 Par. lo. 17. Voy.
AsAPH.— ()" Fils d'Asa , fils d'Elcana , de- la
tribu de Lévi , habitant de îsélophali. 1 Par.
9. 16. — 7 Un lévite , huissier à l'égard de
l'arche. 1 Par. 15. 23. Baraciiias et Èlcana,
Janitores Arcœ : Barachias et E cana , huis-
siers à regard ûii l'arche. Voy. Janitor.
— 8" Un prince de la tribu d'Ephraïin, fils de
MosollaiDOth , qui empêcha que les Juifs ne
fussent réduits en captivité par reux de la
même nation. 2 Par. 28. 12. — 9' Fils de Mésé-
zebel , et père de Mosollam , qui bâtit une
partie de Jérusalem, après son retour de Ba-
bylone. 2 Esdr. 3. v. i. 30. c. 6. 18.
BARAD , Heb. Grando. Ville de la tribu de
Juda , près de la fontaine d'Agar. Gen.
IG. li.
BARALV , Ht b. Creatura Domini. Fils de
Sémei. 1 Par. 8. 21.
BXR\'èA,Reb. In egestate. Ville de la tribu
de Gad, que Judas Machabée prit et brûla. 1
Mach. 5. 26.
BARATHRUM. i. Gr. p«p.6<iov. Vient des
mots Chaldéens ber , qui signifie puits , et de
otliar, qui signifie /ac, et signifie proprement
lieu profond ; soit dans l'eau , comme un
gouffre ; soit dans la terre, comme une fosse
dont on ne voit point le fond : dans l'Ecri-
ture,
Abîme. Judic. 5. 15. Quasi in prœceps ac
barathrum se discrimini dédit : Barac s'est
jeté dans le péril, comme s'il se fût précipité
dans un abîme , dit Débora dans !e Cantique
(}u'elle chanta après la défaite de Sisara
{■/.oilàç. Vallis . l'Hébr. et le Gr. qui portent
vallis , font croire que Barac eut une vallée
profonde à passer pour venir depuis la mon-
tagne de Thabor , jusqu'au lieu où était Si-
sara.
BARBA , M. TTwywv. De ^v.p-jç, pesant, ou
marque de gravité, ou bien de r «ttîto?, avus, et,
lanugo, prima barba, et signifie :
Barbe. 1 Reg. 21. 13. Difjluebantque salivœ
ejus in barbam : David se contrefit le visage
devant les Philistins... et sa salive découlait
sur sa barbe : ce fut dans 'a crainte qu'il
eut d'Achis , à qui les officiers racontèrent
que David était celui-là même pour qui on
avait chfinté publiquement que Saiil en avait
tué mille , et David dix mille. Levit. 13. 29.
Ps. 132. 2. Sicut unguenlum in capile quod
descendit in barbam, barbam Aaron : La paix
et l'union entre les fiilèles, (|ue le baptême a
renJus frères, est aussi agréable que l'huile
de parfum , qui de la tète descend sur la
barbe d'Aarou. A^oy. Unguentum. Ou ueut
faire quehiues observations sur ce mot.
1° C'était " " '
firnrjté, (jue
une mar(|uede maladie et d'in-
de paraître "sans barl>e : c'est
489
BAR
pour cette raison que le lé{)rcux devait raser
sa barbe le septième jour après sa purifica-
tion , pendant lesquels il était demeuré dans
le camp hors de sa tente , selon la loi du Le-
vit. 14. 9.
2" Ce fut une ignominie et pure insulte que
fit Hanon aux ambassadeurs de David, lors-
qu'il leur fit raser la barbe, et les renvoya en
cet étal. 1 Par. 19. 4. 2. Reg. 10. 4. 11 est dit
qu'il leur fil raser la moitié de la barbe ; et
David envoya au devant d'eux pour leur or-
donner de demeurer à Jéricho. 1 Par. 19. 5.
3° C'était une marque de deuil , d'affliction
et de misère , que de s'arracher les poils de
la barbe, ou de la raser. 1 Esdr. 9. 3...EveUi
capillos capitis mei et barbœ : J'arrachai les
cheveux de ma têle et les poils de ma barbe :
ce fut à la nouvelle que reçut Esdras, que le
peuple ne s'était point séparé de l'alliance
ries peuples étrangers. Voy. les versets pré-
cédents. Isa. lo. 2. Omnis barba radetur : Les
Moabites se feront tous raser la barbe ; sa-
voir , à cause de la grande désolation qui y
devait arriver. Voy. c. 16. 14. Ainsi, Jerem.
41. 5. Venerunt viri rasi barba : Quatre-
vingts hommes vinrent de Sichera, de Silo et
de Samarie, ayant la barbe rase : ce fut pour
marquer la douleur qu'ils avaient de la ruine
du temple et de la ville de Jérusalem, par les
Chaldéens. c. 48. 37.
4° 11 était défendu aux prêtres, même dans
le deuil , de se raser la barbe. Levit. 21. 5.
pour ne point imiter en cela les prêtres ido-
lâtres de l'Egypte et des pays circonvoisins,
Baruch.6. 30: ce qui est aussi défendue tous
les Israélites. Levit. 19. 27. Quelques-uns
croient qu'ils se rasaient seulement la mou-
stache ou le poil qui croît sur la lèvre d'en
haut, et que c'est en ce sens qu'il est dit,
2. Reg. 9. 24. que Miphiboseth n'avait point
fait faire sa barbe depuis le jour que David
était sorti de Jérusalem jusqu'au jour qu'il y
retourna en paix.
— Les princes, les grands, les forts et ce
qu'il y a d'hommes plus considérables d'un
peuple. Isa. 7. 20. In die illa radet Dominus in
novacula conducta... in rege Assyriorum ca-
put... et barbam : Le Seigneur se servira du
roi des Assyriens comme d'un rasoir qu'il
aura loué pour raser la tête... et toute la
barbe. Voy. l'accomplissement de celte pro-
phétie, 4. Reg. ch 24. v. 14. 16. c. 25. 20.. La
barbe que Dieu ordonne au prophète Ezéchiel
de se raser et den partager les poils en trois
tiers, d'en brûler une partie, de couper l'au-
tre et de jeter au vent les poils de l'autre
tiers, comme on voit, Ezech. 5. v. 1. 2. figu-
rait les trois châtiments que Dieu devait
exercer sur les habitants de Jérusalem, cha-
que tiers devant recevoir un châliment par-
ticulier, Voy. V. 12; et ce châliment devait
être exercé par les Chaldéens.
BARBARE, |3«/jÇ«|iwî, barbaremcnt, d'une
façon qui sent le barbarisme, en parlant du
langage. Dans l'Ecriture:
D'une manière barbare et insolente, et qui
combat la samiclc des lois. 2 iMach. lii. 2.
Ne ita ferociter et barbare feceris : N'agissez
pas si flèrement ni d'une manière si barbare;
Diction. /'E Vhilol. Sacrée. I.
BAR ido
c est ce que les Juifs, qui étaient contraints
de suivre Nicanor, lui dirent lorsqu'il résolut
d'attaquer Judas avec toutes ses forces le jour
du sabbat.
BARBARUS, a, um, Gr. pâjoga/soç, du sy-
riaque bar, extra, en doublant la syllabe, ou
de l'arabe barbar, garrulus , et signifie pro-
prement barbare, en parlani du langage. Les
Arabes ont donné à l'Afrique le nom de Bar-
barie, parce que le langage d'Afrique leur a
semblé un son de bêtes plutôt qu'un langat^e
d'hommes ; elles Grecs appelaient aussi Ba*r-.
bares toutes les autres nations du monde,
dont le langage leur paraissait grossier en
comparaison du leur. Il signifie aussi gros-
sier, peu poli dans ses mœurs, aussi bien que
son langage; inhumain, cruel. Dans l'Ecri-
ture :
1° Tout peuple ou tout homme qui parle
une langue , qui n'est point entendue de ce-
lui à qui il parle. 1. Cor. 14. 11. Si nesciero
virtutem vocis, ero ei cuiloquor, barbants, et
qui laquitur mihi, barbarus : Si je n'entend»
pas ce que signifient les paroles, je serai
barbare à celui à qui je parle, et celui qui
me parle me sera barbare. Saint Paul prouve
ici que l'usage du don des langues doit être
accompagné de l'interprétation, et que sans
cela celui qui l'emploie est exposé à la riséa
de ses auditeurs, et à passer pour barbare,
à l'exemple de celui qui parlant une langue
étrangère, passe pour barbare auprès de
ceux qui ne l'entendent pas.
2" Tout peuple étranger, peu humain , fa-
rouche et éloigné du culte de Dieu. Ps. 113.
1, In'exitu Israël de JEgypto, domus Jacob
de populo barbare : Lorsqu'Israël sortit de
l'Egypte, et la maison de Jacob du milieoi
d'un peuple barbare. Dieu consacra le peup-
le juif à son service. 2. Mach. 2. 22. c. 10.
Rogabant Dominum ne barbaris ac blaa—
phemis hominibus traderentur : Machabée et:
ceux qu'il avait avec lui conjuraient le Sei-
gneur de ne les plus livrer à des barbare»
et à des blasphémateurs de son nom ; ce fuÉ
après qu'ils eurent repris le temple et la ville
de Jésusalem sur Antiochus.
3° Tous les peuples, hormis les Grecs, sous
le nom desquels sont compris les Romains
même et tous les autres peuples moins po-.
licés et distingués des Grecs. Rom. 1. 14.
Grœcis ac barbaris... debitor sum : Je suis re-
devable aux Grecs et aux Barbares; ainsi
Plante a dit, Yertit barbare, il a traduit en
latin.
BARED,Heb. Grando. Fils de Suthala, de
la tribu d'Ephraïra. 1. Par. 7. 19.
BARIA, Heb. Jn societate. Voy. Beria. —'
1° Quatrième fils d'Aser, père d'Heher.l.Par.
7.V.30.31. — 2''.Le quatrième fils de Séchémias.
1. Par. 3. 22. — 3° Un prince de la tribu de
Benjamin. 1. Par. 8. v. 13. 16. Baria ctSama.
— k" Fils de Semeï, descendant de Gersom.
1. Par. 23. 10.
BAR-JESU, Filins Jcsu, ou Jchu, Heb. //.*
ncquilia. Faux prophète, Juif de grande ré-
pulaiion, appelé aussi Elymas, magicien.
Act. 13.0. 11 voulut empêcher que le procon«
16
l
£95
DICTIONNAIRE DE PIllLOLOGIh: SACRÉE.
490
emmenées par Salmanazar; et il parle ici
contre les chefs du peuple; parce qu'ils
persuadaient faussement le peuple du con-
raire , et contre le peuple même qui les
écoulait. Ainsi Job. 29. 11. Jac. 5. 11.
BEATITUDO, i>is, f/az«picrf/ô?. — 1° Fé-
licité, bonheur temporel. Gen. 30. 13. Hoc
pro beatitudine mea : C'est pour mon bon-
heur, dit Lia au second Ois que Zelpha eut
<[e Jacob; la fécondité passait pour un bon-
heur.
2° Le bonheur delà justification. Rom. i.
V. 6. 9. Sicut et David dicit beatitudinem ho-
minis, cui Deus accepta fert juslitiam sine
operibus : C'est ainsi que David dit qu'un
homme est heureux, à qui Dieu impute la
justice sans les œuvres ; mais seulement par
la foi qu'il a en Dieu, qui le justifie sans
aucunes œuvres ; savoir, qui précèdent cette
foi. L'Apôtre a suivi la phrase hébraïque du
Ps. 31. 1. Beatitudines levati ab iniquitate; au
lieu de quoi les 70 ont traduit Beati quo-
rum, etc. Ainsi, Ps. 1. 1. Heb. Beatitudines
viri. 70, Beatus vir, etc.
3° Sentiment de joie que l'on a de se croire
heureux. Gai. 4. 15. Ubi est ergo beatitudo
vestra? Qu'est devenu le bonheur dont vous
vous flattiez, lorsque vous annonçant l'E-
vangile parmi les persécutions et les af-
flictions, vous m'avez reçu comme Jésus-
Christ même ?
BEATUS, A, UM, fitazâûio,-. Du Grec /3aw,
ou ^£«, qui signifie proprement eo, aller,
s'avancer ; et figurément, beo, rendre heu-
reux, avancer heureusement quelqu'un ; et
signifie :
1° Heureux, par la jouissance des biens
temporels, qui ne regarde que la vie pré-
sente. 3. Reg. 10. 8. Beati viri tui et beati
servi iut; Heureux sont ceux qui sont à vous,
heureux sont vos serviteurs, dit la reine de
Saba à Salomon, dans l'admiration où elle
était de sa sagesse. Ps". 143. 18. Beaium
dixerunt populum, cui hœc sunt : Ils ont ap-
pelé heureux le peuple qui possède tous ces
biens. Luc. 11. 27. Beatus venter qui te por-
tavit : Heureuses sont les entrailles qui vous
ont porté, dit une femme du milieu du peu-
ple à Jésus-Christ ; Jésus-Christ témoignant
que ce bonheur, quoique très-grand, était
cependant en lui-même temporel, préfère
celui d'entendre la parole de Dieu, et de la
pratiquer, v. 28. comme étant un bien éter-
nel. V. 1. Petr. 1. 25. Et souvent dans l'An-
cien Testament. Ps. 36. 9. etc.
2' Heureux par la jouissance des biens de
la grâce et des avantages spirituels qui ont
rapporta l'éternité. Ps. 1. 1. Beatus vir qui
non ubiit in consilio impiorum : Heureux
Ihomme qui ne s'est point laissé aller à
suivre le conseil des impies. Ps. 143. 18.
Battus populus cujus Dominus Deus ejus :
Hf'ureux est le peuple qui a le Seigneur pour
son Dieu. Ps. 111. 1. Matth. 5. 5. Et souvent
dans les psaumes et dans le Nouveau Testa-
nient, où ceux qui ont reçu de Dieu quelque
grûcc, qui a rapport au bonheur éternel,
sont appelés Bienheureux.
3" Heureux par la jouissance de i.i gloire
et du bonheur des saints avec Jésus-Clirisl,
dans l'élernilé. Apoc. 19. 9. Scribe : Beali
qui ad ccenam nuptiarum Agni vocati sunt:
Heureux ceux qui ont été appelés au sou-
per des noces de l'Agneau, dit l'Ange à saint
Jean.
4" Souverainement heureux; ce qui n'ap-
partient qu'à Dieu et à Jésus - Christ ,
qui l'est par sa nature, en tant que Dieu. 1.
Tim. 1. 11. Quœ est secundum Evanrjelium
gloriœ beati Dei : La loi est, non pour le
juste, mais pour tout ce qu'il y a de contraire
à la saine doctrine, qui est selon l'Evangile
de la gloire de Dieu souverainement heureux.
5° Ce qui rend heureux. Tit. 2. 13. Ex-
pédantes beatam spem : Attendant la béati-
tude que nous espérons: Beataspes, pour
beatitudo sperata.
BEBAI, Heb. Pupilla. Chef de famille, dont
les enfants revinrent au nombre de six cent
vingt-trois. 1. Esdr. 2. 11. et 2. Esdr. 7. 17.
au nombre de six cent vingt-huit.
BECBECIA, Heb. Evacualio Domini. Lé-
vite, qui tenait le second rang après Asaph.
2. Esdr. 11. 17. Becbecia secundus.
BECHER, Heb. Primogenitus. Fils d'E-
phraïm, de qui vient la famille des Beche-
rites. Num. 26. 35.
BECHOR, Heb. Idem. Second fils de Ben-
jamin. 1. Par. 7. V. 6. 8.
BECORATH, Heb. Primitiœ. Fils d'Aphia,
de la tribu de Benjamin, a'ieul de Cis,père de
Saùl. 1. Reg. 9. 1.
BEELMEON, Heb. Idoli habitaculum. Ville
de la tribu de Ruben. 1. Par. 5. S.Ezech- 25.
9. Voy. Baalmeon.
BEELPHEGOR. 1" Une idole des Moabites,
qu'ils adoraient sur le mont Phégor ou Pho-
gor ; ce qui lui a donné le nom de Beel~Phe-
gor, comme si l'on disait, Dominus mpntis
Pfiegor : Le dieu du mont Phégor; selon
d'autres, ce mot signifie Dominus turpitudi-
nis : Dieu infâme, comme était Priape chez
les Romains, ou parce que dieu étant appelé
Baal-reem, Dieu des tonnerres, les Hébreux
l'ont appelé par raillerie. Dieu des pets. Voy.
Phogor. Num. 25. 3. Initiatusque est Israël
Beelphegor : Israël se consacra à Beelphe-
gor. V. o. Deut. 4. 3. Ps. 105. 28. Ose. 9. 10.
Les plus belles filles des Moabites s'élant
présentées, par le conseil détestable de Ba-
laam, devant les Israélites, elles les firent
tomber d'abord dans la fornication, et en-
suite dans l'idolâtrie; la colère de Dieu s'é-
tant allumée contre Israël, il y en eut 24,000
de tués, à cause de ce double crime. Voy.
Phinées.
2° Le lieu où on adorait cette idole. Jos.
22. 17. An parum vobis est quod peccastis in
Beelphegor : N'est-ce pas assez que vous ayez
péché, comme nous, à Beelphegor ?
BEEL-SEPHON, Heb. Jdolum aquilonis.
Ville d'Arabie, proche de laquelle les Israé-
lites passaient la mer Rouge. Exod. 14. v. 2.
9. Num. 33. 7.
BEELTEM, Heb. Magister sapientiœ. Ma-
gistrat, tel qu'est le chancelier, ou conseil-
ler. 1. Esdr.i. V. 8. 17. 23. Voy. Reum. Quel-
ques-uns croient que Reum était gouver^
*97
BE!I
BEL
498
neur de Samarie; il s'opposa aux. Juifs qui
voulaient rebâtir Jérusalem.
BEELZEBUB, Dominus muscarum; Hebr.
Baalzebub. Gr. peé^Çsêu),. Fr. Beelzebut.
Ce mot peut bien venir du changement que
firent les Juifs, au retour de la captivité, du
mot Baalzebub, nom d'une idole célèbre du
temps de leurs aucêtres, dans celui de Beel-
zebub y que les Juifs attribuèrent à Satan
même, en détestalion de l'idolâtrie, dont
tout le culte se rapportait à lui , oiî ils l'ont
appelé ^ee/zeÔMÔ , Dominus muscarum, par
raillerie ; parce que son temple était plein
de mouches , ou parce que Zebul signifie
s/ercMs , comme ils ont appelé Beel-Phegor ,
dieu des pets, celui qui était appelé Baal-
rem, dieu des tonnerres ; et signifie :
1° Le prince et le premier des démons,
par la vertu duquel les Juifs disaient que
Jésus-Christ chassait les démons. Matth. 12.
"•lï. Hic non ejicit dœmones , nisi in Belzebub
principe dœmoniorum. Marc. 3, 22. Luc. 11.
15. etc. — 2° Le dieu d'Accaron, qu'Ocho-
sias envoya consulter s'il revieudrait de sa
maladie, i. Reg. 1. 2. Consulitt Beeelzebub
deum Accaron, ditOchosias à ses gens. 3° Un
grand scélérat adonné à la magie , et qui a
commerce et intelligence avec le démon ; c'est
en ce sensque les Juifs appelaient Jésus-Christ
Beelzehub. Màtth. 10. 25.
BEERA, Heb. Puteus. Chef de la tribu de
Ruben , qui fut mené en captivité, avec toute
la tribu , par Theglatphalazar. 1. Par. 5. 6.
BEERl, Hebr. Puteus. 1" Un Helhéen ,
père de Judith, femme d'Esaù. Gen. 26. 3V.
— 2° Le père du prophète Osée. Ose. 1. 1.
Yerbum Domini quod faclum est ad Osée H-
lium Beeri.
BEER-RAMATH , Hebr. Puteus celsitudi-
nis. Ville de la tribu de Siméon. Jos. 19. 8.
D'autres joignent Béer avec le mot précé-
dent Baalath; d'autres croient que c'est Ba-
xiuthia ou Bersabée.
BEGOAl, Hebr. In corpore meo. Un des
chefs parmi les Juifs qui revinrent de la cap-
tivité. 2. Esdr. 7. 7.
BEGUAI, Hebr. Idem. Le même que Be-
gaï. 1. Esdr. 2. 2. Ses enfants revinrent de
la captivité au nombre de deux mille cin-
quante-six. V. li. et 2. Esdr. 7. 20. de deux
mille soixante-sept.
BEGUI, Heb. Idem. Chef de famille, qui
revint, avec Esdras, à la tête de soixante-
dix hommes. 1. Esdr. 8. li.
BEHEMOTH, Hebr. Multiludo animalium.
Nom hébreu au pluriel, qui signifie animal
au singulier. 11 semble que c'est léléphant ,
qui est marqué par ce mol, comme étant le
plus grand des animaux de la terre ; comme
par celui de Lcvialhan , on entend la baleine ,
qui est le plus grand des animaux de la mer.
Job. W. 10, Ecce Behemolh quem feci lecum :
Considérez Behemolh, (jue j'iii créé avec
vous : le mot lecum, est pour, de même que
vous, V. \h. Ipse est principium viarum Dei :
La plus excellente des ciéalures de Dieu ,
par sa vaste grandeur; mais Bochart croit
que Behemolh, c'est rhippopolamc , et Le-
viathan le crocodile. Saint Jérôme et saint
Grégoire le Grand interprètent du démon
ces mots, Behemolh Levialhan , et en font
une application de tout ce qui se dit de ces
animaux dans Job. Ce mol en d'autres en-
droits signifie autre chose.
BEL, Hebr. Vetustus. Selon quelques-uns,
c'est l'abrégé de Baal, seigneur, qui était le
dieu des Tyriens et des Sidoniens : ido'e fa-
meuse et la principale des Babyloniens, qui
était aussi honorée dans les villes et les
pays voisins. Isa. i6. 1. Confractus est Bel :
Bel a été rompu : le prophète prédit la ruine
des Babyloniens par le roi des Perses. Jerem.
50. 2. c. 51. k. Baruch. 6. iO. Dan. 14. 2.
BELA , Hebr. Deglutiens. 1° Un roi des
Iduméens. Gen. 36. 32, Bêla filius Beor : Il
est appelé Baie. 1. Par. 1. v. 43. 4i, — 2° Un
fils de Benjamin. Gen. 46. 22. Filii Benjamin ;
Bêla : Il est appelé Baie. 1. Par. 8. v. 1. 3.
Benjamin autem genuil Baie primogenitum
suum : Il est la tige de la famille des Balaïtes.
Num. 26. 38.
BELGA, JE. Hebr. Befrigerium. — 1° Un
homme de la famille d'Eléazar, grand sacri-
ficateur, et le quinzième des vingt-quatre
institués par David pour exercer leur mi-
nistère. 1. Par. 24. 14. — 2° Un des prêtres
qui revinrent avecZorobabel. 2. Esdr. 12.5.
BELGAI, Hebr. Idem. Un de ceux qui si-
gnèrent le traité fait avec le Seigneur. 2.
Esdr. 10. 8.
BELIAL, Hebr. sine jugo, ou sans profil,
ce qui est de nulle utilité. Ce nom hébreu
signifie :
1° Le démon même, qui le premier a se-
coué le joug de la soumission qu'il devait à
Dieu. 2. Cor. 6. 15. Quœ autem conventio
Christi ad Belial? Quel accord entre Jésus-
Christ et Bélial?
2" Un homme extrêmement méchant et
impie. Nahum. 1. 15. Non adjiciet ultra ut
pertranseat in te Belial : Les impies , les As-
syriens ne ravageront plus vos terres. Dieu
parle au peuple juif, après la défaite de l'ar-
mée de Sennachérib , et peut-être bien même
après sa mort. Judic. 19. 22. Ainsi, 2. Reg. 22.
5. Torrenles Belial terruerunt me : Les maux
qui viennent fondre sur moi de la part des
méchants m'ont épouvanté. Voy. Torrens.
De là vient :
Filii ou Fili.e Belial. Enfants de Belial,
déshonnêtes , méchants et détestables , des
personnes sans joug, c'est-à-dire sans con-
science. Deut. 13. 13. Egressi sunt filii Belial
de medio lui : Des enfants de Belial sont sortis
de vous : l'Ecriture parle de ceux qui au-
raient été capables de porter quelques- uns
du peuple à l'idolâtrie. 1. Reg. 2. 12. Ainsi,
1. Reg. 1. 16. c. 12. Ne rcpnles ancillam
tuamquasi unam de Filiabus Belial . Necroyez
pas que votre servante soit comme l'une des
filles de Belial, sans joug, qui ait secoué le
joug de la modestie et de la retenue, qui
doit être le partage des femmes, jusqu'à
mètre troublée par le vin : Anne répond
dans ce verset et dans le verset quinzième
à ce que lui dit le grand prêtre Héli, v. 14.
RELLARK , mleaeîv. Dc bellum , et si-»
gnifie ;
199
DICTIOMNAIRE DE PHILOLOGIE S.XCUÉE,
500
Combattre, se battre, faire la guerre. 3.
Reg. 12. 24. iVon bellabitis contra fratres ves-
tros filios Israël : Vous ne ferez point la
guerre contre les enfants d'Israël , qui sont
vos frères , dit Semeïas, de !a part de Dieu à
Roboam, qui était près de marcher en cam-
pagne , avec une armée, pour réduire le
royaume des dix tribus sous son obéissance.
1. Par. 22. 8. Plurima bella ballasti [■koisïv) :
Vous vous êtes trouvé en quantité de ba-
tailles , dit Dieu à David , comme une raison
pour laquelle il ne pourrait bâtir le temple.
Jerem. 1. 19.
BELLATOR , oris ( ÔTzlirvç ). Homme de
guerre, combattant. Nuin. 32. 21. Omnis vir
bellator armatus Jordanem transeat : Moïse
parle des deux tribus , de Ruben et de Gad ,
qui promettent de prendre tous les armes ,
pour aider à mettre les autres tribus en pos-
session de la terre promise, qui était au delà
du Jourdain. Deut. 15. 3. Ainsi, Dieu même
est appelé Combattant , pour marquer qu'il
peut aisément défaire les ennemis. Jer. 20.
il. Dominus autem mecum est quasi bellator
fortis : Le Seigneur est avec moi comme un
guerrier invincible, dit Jérémie. Voy. Ps.
23. 8. Voyez comme Dieu a combattu pour
son peuple. Exod. c. 14. v. 14. 24. 25. c. IT.
16. Dieu co«ibat pour les Israélites contre les
Egyptiens. Judic. 5. v. 8. 13. Dieu combat
pour Barac, chef des Israélites , contre Si-
sara. La déroule de son armée, c. 4. 15. et
c. 7. V. 20. 22. Il combat pour Gédéon contre
les Madianites. v. 2. Par. 13. 12. c. 20. 15.
et ainsi en plusieurs autres endroits sembla-
bles de l'Ecriture :
BELLICOSUS, A, UM. Belliqueux, guer-
rier, en parlant d'un peuple, d'une nation,
d'une ville; dans l'Ecriture,
Brave, vaillant, propre à la guerre {ttoIsul-
ctriç). 1. Reg. 16. 18. Vidi filium Isai scien-
tem psallere, forlissimum robore et virum
bellicosum : J'ai vu l'un des fils d'Isaï de
Bethléem, qui sait fort bien jouer de la harpe
et qui est propre à la guerre; c'est un ofti-
cierdeSaiil, qui lui propose David comme
propre à le soulager, par le son de la harpe,
du malin esprit qui le tourmentait. 2. Par.
13. 3.
BELLICUS, A, UM, TvoXe/itxcic, qui appartient
ou qui sert à la guerre. Eccl. 9. 18. Melior
est sapientia quam arma bellica : La sa-
gesse vaut mieux que les armes des gens de
guerre. Judith. 16. 23. Universa vasa bellica:
Toutes les armes , tout l'équipage d Holo-
pherne, etc.
BELLIGERARE, Tcoleneïv, de bellum, et de
gerere, ei signifie, 1° Faire la guerre, com-
battre l'un contre l'autre. Mich. 4. 3. Non
discent ultra belligcrare : Les peuples ne
s'exerceront plus à combattre l'un contre
l'autre; savoir, au temps de la vinue du
Messie. 2° Quereller, disputer pour quelque
intérêt. Jac. 4. 2. Litigatis et bclUyeratis :
Vous plaidez, et vous faites la guerroies
uns contre les autres.
BELLIGERATOR , oris ( TroXe^arn? )• <^e
nom, qui est inusité chez les Latins, est mis
ici pour belliger, et signifie dans l'Ecriture :
Homme de guerre , qui combat à pied. 1.
Mach. 15. 13. Applicuit Antiochus super Do-
ram cum centum viginti millibus vir arum
belligeratorum, et octo millibus equitum : An-
liochus vint se camper au-dessus de Dora
avec cent vingt mille hommes de guerre, et
huit mille chevaux. Ce fut pour investir celte
ville , où s'était réfugié Tryphon , qu'An-
tiochus poursuivait. Voy. v. 10. 11.23. Ainsi,
ch. 16. 4.
BELLUA , JE, Qôp, oç. De bellum; parce
que leS bêtes se font la guerre, et signifie
bêle, et le plus souvent bêle sauvage, en
pariant des plus grandes et des plus féroces ;
dans l'Ecriture :
Bête sauvage, bêle farouche. 2. Mach. 4.
25. Ferœ belluœ iram gerens : Ménélaiis,
qui avait acheté d'Antiochus la souveraine
sacrificature, revint à Jérusalem, n'appor-
tant à cette dignité que le cœur d'un cruel
tyran, et la colère d'une bête farouche. Eccli.
43. 27. lllic creatura belluarum : On voit
dans la mer ces bêtes monstrueuses que Dieu
y a créées.
BELLUM, 1, TToXeiioç. De duellum, qui mar-
que proprement le combat de deux hommes
seuls , au lieu que bellum marque le combat
de plusieurs; quoiqu'il convienne avec duel-
lum, en ce que les combats se livrent aussi
entre deux villes, deux peuples ou deux na-
tions, et signifie ;
Guerre. Ps. 67. 33. Dissipa gentes quœ
bella volunt : Dissipez les nations qui ne res-
pirent que la guerre. Sap. 14. 22. In mayno
viventes inscientiœ belle, tôt et tam magna
mala pacem appellant : Les hommes vivant
dans cette ignorance de Dieu conime dans
une guerre funeste , donnent le nom de paix
à des maux si grands et en si grand nombre.
Le Sage parle des effets funestes de l'idolâ-
trie. De là vient:
BELLUM DOMINI. — 1° La guerre du
Seigneur ; est celle que les bons entrepren-
nent pour maintenir la gloire de Dieu , et
pour son service, contre les impies qui l'at-
taquent. Exod. 17. 16. Bellum Domini erit
contra Amalec : La guerre du Seigneur sci'u
coiilre Amalec. Voyez l'accomplissemenl de
celle loi. 1. Reg. 15. 7. 1. Reg. 18. 17. c. 23.
28. Ainsi , Bellum Domini marque aussi que
c'est Dieu qui est l'arbitre de la guerre, qu'il
en est le maître ; en parlant d'une guerre
faite par sa providence , par son secours et
sous sa conduite. 1. Reg. 17. 47. Ipsius cnim
est bellum: C'est le Seigneur qui est l'arbitre
de la guerre, dit David à Goliath ; et ceci
même a donné le nom au livre appelé des
Guerres du Seigneur, dont il est parlé. Nom.
21. 14. Ce livre est perdu, et on croit qu'il
était conunun entre les mains des Juifs, et
qu'il fut fait au temps de Moïse, touchant les
voyages du peuple, et sur les guerres et les
combats que les Israélites avaient livrés par
l'ordre et la providence de Dieu, et dont ils
avaient remporté les victoires par son .>;e-
cours et son assistance ; ce pouvait bien être
un livre en vers, rempli de cantiques, pareils
au cantique rapporté v. 18. et 2. Par. 20,
21. etc. et de proverbes, tels que celui «jui
SOI
BRL
REN
502
est rapporté v. 27. qu'ils chantaient en re-
connaissance des grâces qu'ils avaient r<^-
çues de Dieu dans les combats , dont ils
âraienl remporté la victoire.
2° Le combat, la bataille. 1. Cor. 14-. 8.
Si incertain vocem det tuba, quis parabit se
ad bellum? Si la trompette ne sonnait qu'un
son incertain, qui se préparera pour aller
au combat? Saint Paul rapporte ceci comme
une comparaison , pour dire que, comme si
le son de la trompette n'est que général , et
non celui qui fait connaître qu'on se doit
préparer au combat, personne ne s'y pré-
pare, et ainsi ce son est inutile ; de même
celui qui parle une langue inconnue , sans
interpréter ce qu'il dit, dit des paroles inu-
tiles, c'est comme s'il ne proférait qu'une
voix confuse qui ne voulût rien dire. Job. 39.
25.f/6î audieritl buccinam, dicit : Vah. Procid
odoratur bellum : Lorsque l'on sonne la
charge, le cheval dit , Allons. Il sent de loin
la bataille ; autr. l'approche des troupes.
Judic. 5.8. Voy. Novus. De là vient celte
1 hrase :
Vir belli. Homme de guerre ; pour Vir bel-
licosus, homme propre à la guerre, propre
iiU service. 1. Reg. 18. 5. Posuit eum
Saul saper viros belli : Saul donna à David
le commandement sur quelques gens de
guerre.
Dies belli. Amos. 1. ik. Devorabit œdes ejus
in ululatu in die belli : Le feu consumera
toutes les maisons de Rabba.... dans l'hor-
reur du combat. Le prophète prédit la défaite
des Ammonites et la prise de Rabbath, leur
ville capitale. Voy. l'accomplissement de
celte prophétie. 2. Reg. 12. 29. etc. Ainsi
Ps. 139. 8.
3°. La force des armes et la puissance. Ju-
dith. 9. 10. Qui conteris bellaab inilio .-Que
les Assyriens périssent, eux qui ne sa-
vent pas que c'est vous qui, depuis le com-
mencement du monde, terrassez les armées
les plus redoutables, dit Judith à Dieu dans
son oraison. Ps. 75. k.
h' La hardiesse et la témérité avec laquelle
on attaque quelque chose de monstrueux et
de terrible. Job. 40. 27. Mémento belli: Sou-
venez-vous de la guerre, i. e. de la har-
diesse et de la témérité avec laquelle vous
avez osé attaquer la baleine , dit Dieu à
Job.
5" La victoire que l'on remporte dans la
guerre. Eccli. 9. 11. Nec forlium, bellum:
La victoire n'est pas toujours pour ceux qui
paraissent les plus braves.
§ 1. Effort que l'on fait, tous les moyens
que l'on prend pour gagner et surmonter
quelqu'un. Apoc. il. 1. Beslia quœuscendit
de abysso faciel adversus eos bellum : La bêle
<|tii n)onte de l'abîme fera la guerre aux
deux témoins qui doivent prophétiser pen-
dant trois ans et demi, les vaincra et les
tuera. Voy. Testis. Ainsi, ch. 13. 7. Et est
datum illi bellum fnccrc cum sanctis : CeHc
guerre se fera p,ir l'Anlechrist , autant par
les caresses que par la violence.
S 2. Dispute et querelle parliculiôrc. Jac
k' 1. Unde betla et lites in vuhis't D'où vien-
nent les guerres et les procès , n'est-ce pas
de vos passions ?
§ 3. Les orages et les tempêtes de la fu-
reur de quelqu'un. Job. 20. 23. Pluet super
illum bellum siutm ; Dieu fera pleuvoir sur
l'impie les traits et les foudres de sa colère.
§4. L'affliction. Job. 38. ^S. Quœ prœpa-
ravi in tempus hostis in diem pugnœ et belli :
Avez-vous les trésors de la grêle, que j'ai
préparés pour affliger et punir ceux que je
veux châtier , dit Dieu à Job.
BELMA, Heb. Niliilum. Montagne près de
Béthulie, célèbre pour avoir été le lieu du
campement d'Holopherne et de sa sépulture.
Judith. 7. 3. Ce lieu a été autrefois appelé
Helma, ensuite Abelina.
BELSAN, Heb. In lingua. Un des plus il-
lustres entre ceux qui revinrent de Baby-
lone avec Zorobabel. 1. Esdr. 2. 2.
BEN, Heb. Filius. Un lévite, portier de la
famille de Mérari. 1. Par. 15. 18.
BENABÏNADAB, Heb. Filius patris voven-
tis. Un des douze officiers du roi Salomon ,
qui avait l'intendance de tout le pays de Ne-
ph;it-Dor. Il avait épousé Taphet, fille de
Salomon. 3. Reg. k. 11.
BENADAD , Heb. Filius sonitus. — 1° Un
roi de Syrie qui demeurait à Damas, fils de
Tahremon. 3. Reg. 15. 18. (Asa) misiC ad Be-
nadad, fîlium Tabremon^ regem Syriœ : Asa
envoya tout l'argent et l'or qui était de-
meuré dans les trésors de la maison du Sei-
gneur, et dans les trésors du palais du roi à
Benadad , fils de Tahremon , roi de Syrie.
c. 20. 16.
2° Un autre roi de Syrie, fils d'Hazaël, qui
se rendit maître des Israélites. 4. Reg. 13. 3.
Tradidit eos in manu Eazael régis Syriœ, et
in manu Benadad, filii Hazaelis : Le Seigneur
livra Israël entre les mains d Hazaël, roi de
Syrie, et entre les mains de Benadad, fils
d'Hazaël. Amos prédit sa ruine, c. 1. v. 3.
4. Mittam in domum Hazael, et devorabit do-
mos Benadad : Je mettrai le feu dans la mai-
son d'HazJël, et les palais de Benadad en se-
ront consumés. Jer. 49. 27.
BENDEGAR, Heb. Filius compunctionis.
— Un des douze officiers du roi Salomon ,
intendant à Maccoz, Salebin et autres con-
trées. 3. Reg. 4. 9.
BENE, y.càûç. Cet adverbe vient de l'ancien
adjectif benus, mis pour bonus, et signifie ,
1° Bien, moralement bien, à propos, avec
bienséance, régulièrement. 1. Cor. 7. 38.
Qui matrimonio Jungit virginem suam, bene
facit : Saint Paul parle d'un père de famille
qui juge que Dieu appelle sa fille au mariage-
Gai. 5. 7. Currebatis bene; Vous couriez si
bien dans la voie de Dieu. Saint Paul fait
souvenir ces peuples de l'avancement qu'ils
faisaient dans la perfection de la religion
chrétienne, sans qu'ils s'assujettissent à la
circoncision, et les veut empêcher de s'y as-
sujettir. Jon. 4. 4. Putdsnc bene irasccns lu?
(Croyez-vous (jue la colère où vous êtes de
ce que je ne punis pas ceux de Ninive , selon
que vous les en avez menacés de ma part ,
soit bien raisonnable? D'où vient bene toqui.
Voy. LoQui. 2" Ainsi, 2. Mach. 12. 43.
50'
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
50'.
â" Bien, conformément, convenablement,
comme on le doit. 3. Reg. 21. 7. Bene régis
regniim Israël : Vous gouvernez bien le
royaume, à ce que je vois, dit Jezabel à
Achab , se moquant de lui, de s'affliger du
refus de Naboth. Marc. 7. 19. Betie irritum
fecistis prœceptum Dei ; Vous êtes des gens
Lien religieux., de détruire le commande-
ment de Dieu pour garder votre tradition ,
dit Jésus-Christ aux Pharisiens et aux
scribes.
3° Vraiment, avec vérité, en marquant l'ap-
probation de quelque chose qui se fait ou se
dit. Joan. 8. 48. Nonne bene dicimus nos, quia
Samaritanus es tu? N'avons-nous pas raison
de dire que vous êtes un Samaritain , disent
les Juifs à Jésus-Christ? c. 4. 17. c. 13. 13.
Luc. 20. 39. Act. 28. 25. Ainsi Jerem. 1. 12.
Beûe vidisti : Ce que vous voyez est vrai,
Dieu répond au prophète que c'était vrai-
ïiiCiil la verge qui veille, que le prophète
voyait comme le prophète le disait.
4° A la bonne heure, cela est bien , j'en
suis content ( «ya0w?) , pour marque d'ap-
probation ou de consentement. 1. Reg.
20. 7. Si dixerit , Bene : Si, disant : A Saiil
que vous m'avez permis d'aller au sacri-
licc de Bethléem, il vous répond, à la
bonne heure, il n'y a rien à craindre pour
moi.C'eslla marque que David donne à Jona-
thas, pour reconnaître si Saiil n'avait point
de méchants desseins contre lui. Rom. 11.
20. Bene; à la bonne heure, je vous l'avoue;
savoir, que les Juifs ont été, par leur incré-
dulité , comme des branches rompues , afla
que les Gentils fussent entés en Jésus-Christ
à leur place.
5° Commodément, avantageusement, heu-
reusement (ey). Ephes. 6. 3. Ut bene sit tibi :
Honorez votre père et votre mère, afin que vous
soyez heureux. Tob. 5. 21. Bene ambulelis ;
Que votre voyage soit heureux, dit le père
de T(;bie à l'ange Raphaël, v. 27. Isa. 3. 10.
J)ici{e]usto,quuniambene[suppl.eritei):D\\.es
i\u Juste qu'il espère bien. Jac. 2. 3. Tusede
hic bene : Asseyez-vous ici , où vous serez
commodément. Saint Jacques avertit de ne
faire pas asseoir un homme riche , parce
quil est bien vêtu, par préférence à un
autre qui est pauvre et mal vêtu. Gen. 12. 13.
Prov. 11. 27. 1. Mach. 5. 56. Jerem. 44. 17.
6° Habilement, savamment (ô/vewî). 1. Rcg.
16. 17. Providete crcjo milii aliquem bene psal'
ïentem : Cher( hcz-moi quelqu'un qui sache
bien jouer de la harpe, dit Saùl. C'était afin
que par ce moyen il reçût du soulagement
contre le malin esprit , lorsqu'il en serait
agité. Ainsi Ps. 32. 3. Ps. 150. 5. Isa. 23. 16.
2. Mach. 15. 39.
BliNE AGERE, y.vlûç Tcoiea. Ce verbe com-
posé signifie :
1° Faire bien, vivre selon la loi de Dieu
et selon la raison. Gen. 4. 7. Nonne si bene
eqeris, rccipies? Si vous faites bien, n'en se-
rez-vous pas récompensé? dit Dieu à Caïn.
Ad. 15. 29.
2° Faire du bien, être charitable {àyixOoEp-
yiîv). 1. ïim. G. 18. Divitibus hujus sœculi
pracipe... bene agerc : Donnez pour maxime
aux riches de ce monde d'être charitables ot
bienfaisants.
3° En bien user à l'égard de quelqu'un, le
traiter favorablement. Judic. 9. 16. Nunc igi^
tur si bene egistis cum Jero-Bual : Considérez
donc maintenant si vous avez bien traité
Jéro-Baal et sa maison, dit Joathan aux Si-
chimites, leur représentant le peu de justice
qu'ils leur avaient fait, en prenant Abimé-
lech pour leur roi, préférablement à lui.
Sap. 11. V. 6. 14.
4° Faire bien, réussir, conformément aux
lois. De là vient Bene res acta est ; Ruth. 3.
13, Si te voluerit propinquitatis jure retinere,
bene res acta est; ùyv.bôv. Si le parent qui
vous est plus proche que moi veut vous re-
tenir, se. en vous épousant, à la bonne
heure, dit Booz à Ruth.
BENEDICERE, sù^oyerv. Ce verbe composé
se joint ou avec l'accusatif, ou avec le datif,
et signifie :
1° Louer quelqu'un, en dire du bien, le
remercier, lui témoigner par des louanges la
reconnaissance que l'on a de ses grâces et
de ses faveurs. Ps. 33. 1. Benedicam Domi-
num in omni tempère : Je bénirai le Seigneur
en tous teinps; sa louange sera toujours
dans ma bouche. David veut toujours louer
Dieu, en reconnaissance de ce qu'il l'avait
tiré d'entre les mains d'Achis, qui le voulait
faire mourir. Ps. 102. v. 20. 22. 1. Cor. 14.
16. C'est ainsi que l'on bénit Dieu, en le
priant et le remerciant, par exemple, avant
le repas. 1. Reg. 9. 13. Neque mim comesurits
est populus donec ille veniat : quia ipse bene-
dicit hostiœ, et deinceps comedunt qui vocati
sunt : Le peuple ne mangera point, jusqu'à
ce que Samuel soit venu, parce que c'est lui
qui bénit l'hostie; et après cela ceux qui y
ont été appelés commencent à manger, ré-
pondirent les filles à Saiil et à son serviteur,
qui leur avaient demandé si Samuel n'était
pas dans les terres de Suph. Voy. v. 5. Ainsi,
quand Jésus-Christ bénissait quelque chose,
avant de faire quelque miracle, celait ordi-
nairement en faisant quelque prière et en
remerciant Dieu, ce qui est ici la vraie signi-
fication de benedicere; ce qui se prouve en
ce que parmi les évangélistes, qui rappor-
tent le miracle de la multiplication des pains,
saint Matthieu, 14. 19, et saint Marc, 6. 41,
usent du terme de benedicere, bénir; au lieu
duquel le même saint Marc, 8. 6, et saint
Jean, 6. 11, usent de grattas agere. Et dans
ces mêmes endroits, les évangélistes se sont
servis indifféremment des verbes eù^oy^îv,
benedicere , ou rj/aotTi-eï-j , gratias agere ,
parce que Jésus-Christ joignait l'un et l'au-
tre : il bénissait par quelque prière et re-
merciait Dieu de la grâce qu'il lui faisait,
comme on le peut remarquer aussi dans la
consécration de son sacré corps, rapportée
par les évangélistes. Mallh. 26. 26. Marc. 14.
22. Voy. Luc. 22. v. 17. 19. A quoi se rap-
porte 1. Tim. 4. V. 4. 5. Voy. Marc. 10. 16.
Mal th. 19. l;J.
2" Il est aussi ordonné de rendre gràcos
après le repas. Deut. 8. 2. Cum comederis et
sati.'itns ftierif!, benedicas Domino Deo tuo :
505
BEN
BEN
ÏO'
Après que vous aurez mangé et que vous
serez rassasiés de tous ces biens, bénissez le
Seigneur votre Dieu.
3" Souhaiter à quelqu'un toutes sortes de
bénédictions, soit temporelles ou spirituel-
les, en reconnaissance de quelque bienfait.
2. Reg. 14. 22. Cadensquc Joab super faciem
suam in terram, adoravit et benediœit régi :
Aussitôt que David eut accordé à Joab de
faire revenir Absalon de son exil, Joab se
jeta à terre, et se tenant prosterné devant le
roi, il le remercia en lui souhaitant toutes
sortes de bénédictions. Job. 31. 20. 2. Reg.
21. 3. Gen. 1. 22. Rom. 12. li. Soit qu'il s'en-
tende des bénédictions que l'on souhaite
avec droit et autorité, et sans qu'il y ait de
inotif de reconnaissance : telles étaient les
bénédictions des anciens patriarches sur
leurs enfants et sur toute leur postérité.
Gen. 27. v. 27. 28. Benedicens illi ait : Det
tibi Deus de rore cœli et de pinguedine terrœ
abundantiam frumenti et vini : Isaac dit à
Jacob, en le bénissant : Que Dieu vous donne
une abondance de blé et de vin, de la rosée
du ciel et de la graisse de la terre. Ainsi c.
48. V. 9. 15. C'est ainsi que le grand-prêtre
Melchisédech bénit Abraham. Heb. 7. 7.
Quod minus est a meliore benedicitur . Celui
qui reçoit la bénédiction est inférieur à ce-
lui qui la lui donne. Saint Paul, pour prou-
ver que Jésus-Christ est plus grand qu'Abra-
ham, le prouve par la bénédiction que donna
à Abraham Melchisédech, qui était la figure
de Jésus-Christ; ainsi, les prêtres de l'an-
cienne loi bénissaient le peuple, selon qu'il
leur était ordonné. Nura. 6. 22. Voy. les ver-
sels suivants, qui renferment la formule des
bénédictions qui se faisaient par les prêtres,
lesquelles attirent les grâces et les bénédic-
tions de Dieu, par l'invocation de son saint
nom. Voy. v. 27, où benedicere marque les
biens et les faveurs que Dieu accorde aux
hommes, qui est la bénédiction que les hom-
mes en reçoivent. Nolre-Scigneur a usé de
ces sortes de bénédictions : elles se don-
naient aux particuliers en imposant les
mains. Marc. 10. 10. imponens manus super
illos, benedicebat eos : Jésus-Christ bénit les
petits enfants qu'on lui présenta, en leur
imposant les mains. Mais elle se donnait à
plusieurs ensemble, ou en étendant, ou en
élevant les mains vers ceux qu'on bénissait.
Le vit. 9. 22. Extendens manus ad pupulum^
benedixit ei : Aaron, étendant ses mains vers
le peuple, le bénit. Luc. 2Ï. 50. Elevatis ma-
nibus suis, benedixit eis : Jésus-Christ, ayant
levé les mains, bénit les apôtres et les dis-
ciples. Ce fut en montant au ciel. Ces béné-
dictions ont toujours été depuis pratiquées
dans l'Eglise par les prêtres, en dispensant
efGcacement aux fidèles la grâce de Dieu,
par les sacrements, et en leur rendai»l Dieu
favorable par l'invocation de son saint nom.
De là vient celte faron de parler, tirée de ce
verbe :
jBErfEUiCERE in aliquo aliquem. Bénir quel-
qu'un en un autre, c'est prendre quelqu'un
pour modèle d'une bénédiction qui a élé
donnée auparavant à un autre, souiiaiter à
d'autres les mêmes biens que ceox dont un
autre jouit. Gen. 48. 20. In te benedicitur
Israël : Israël sera béni en vous, dit Jacob,
touchant les enfants de Joseph, Ephraïm et
Manassé ; où Jacob ajoute le sens naturel :
Faciat tibi Deus sicut Ephraim et sicut Ma-
riasse; et on dira : Que Dieu vous bénisse
comme Ephraïm et Manassé. Ruth. 4. 11.
Ainsi David dit que pour bénir tous les peu-
ples de la terre, on souhaitera que Dieu les
bénisse comme Salomon, ou plutôt comme
Jésus-Christ, dont il n'était que la figure;
savoir, en les faisant entrer dans son royau-
me. Ps. 71. 18. Benedicentur in ipso omnes
tribus terrœ : Tous les peuples de la lerre
seront bénis en lui.
4° Saluer, faire compliment. Gen. 47. 7.
Introduxit Joseph palrem suum ad regem, et
statuit eum coram eo : qui benedicens illi :
Joseph introduisit son père devant le roi, et
il le lui présenta : Jacob donc salua le roi.
V. 10. 1. Reg. 25. 14. 2. Reg. 13. 25. 4. Reg.
13. 15.
5° Flatter, avoir de la complaisance. Deul.
2 ). 19. Ne forte benedical sibi in corde suo ■
L'alliance que fait Dieu avec les Juifs est, dit
Moïse, pour tous ceux qui sont présents et
qui sont absents, de peur que quelqu'un
d'entre vous ne se flatte en lui-même et ne
dise : Je ne laisserai pas de vivre en paix,
quand je ferai le mal. Ps. 9. 24. Iniquus be-
nedicitur : Le méchant est béni. Ps. 48. 19.
Rom. 16. 18.
6° Faire du bien, accorder des grâces, en
parlant des biens temporels : ce qui est dit
le plus souvent de Dieu et quelquefois de la
créature. Gen. 1. v. 22. 28. Benedixitque
eis : Dieu bénit tous les animaux, ainsi que
l'homme et la femme, et leur donna la fécon-
dité, c. 5. 2 c. 9. 1. c. 12. 2. 3. c. 27. 29. Ps.
106. .38. Prov. 11. 25. Anima qi'ce benedicit,
impinguabitur : Celui qui donne abondam-
ment au pauvre sera engraissé lui-même. 2.
Reg. 6. 20. Soit en parlant des biens spiri-
tuels et qui regardent le ciel. Ephes. 1. 3.
Qui benedixit nos in omni bcnedictione spiri-
tuaii : Béni soit Dieu, qui nous a comblés en
Jésus-Christ de toutes sortes de Lénédiclions
spirituelles pour le ciel. De là vient henedici
ou benedictum esse : Etre comblé de biens,
jouir d'une grande prospérité : ce qui s'en-
tend, soit des biens temporels et spirituels.
Gen. 28. 14. Benedicentur in te et in semine
tuo cunctœ tribus terrœ : Toutes les nations
de la terre seront bénies en vous et dans ce-
lui qui sortira de vous, dit Dieu à Jacob, c.
12. 2. 3. c. 18. 18. c. 22. 18. Act. 3. 25. Gai.
3. 8. Luc. 1. 42. Benedicta tu inter inulieres :
Vous êtes bénie entre toutes les femmes. A
quoi elle ajoute : Et benedictus fruclus ven-
tris lui : El le fruit de vos enlrailles est béni.
Jdeo benedicta tu, quia benedictus fri(clu:<
venir i s lui, dit saint Bernard.
7" Sanctifier, retirer d'un usage commun
cl profane, consacrer. Gen. 2. 3. Kxod. 20.
11. Benedixit Dominus diei sabbali et sancii-^
ficavit eum : Le Seigneur a béni le jour dy
sabbat et l'a sanctifie, en le consacrant à soq
honneur, v. 10. Ainsi la bénédiction du pain
507
DICTIONNAinF. OK PHILOLOGIE SACRLE.
5(^8
dans la cène, par Noire-Seigneur Jésus-
Christ, arec les paroles, sanclifièrent le pain,
en le changeant dans le corps de Jésus-
Christ. Matth. 26. 26. Marc. 14. 22. Luc. 24.
30. 1. Cor. 10. 16.
8" Maudire en parlant de Dieu, blasphémer
contre Dieu. 3. Reg. 21. v. 10. 13. Benediœit
Noboth Beum et reg-em .-Naboth a blasphémé
contre Dieu et contre le roi, dirent les faux
témoins subornés conlye Nabnlh par l'ordre
de Jésabel. Job. 1. 5. Celte antiphrase, qui
est une façon de parier, peut bien venir de
ce que les'anciens Hébreux, ayant horreur
du blasphème, ont voulu l'exprimer par des
termes contraires, pour ne le pas prononcer.
Ainsi, c. 2. 5. Lev. 9, Benedic Deo et morere
se peut entendre dans le même sens : Mau-
dissez Dieu et mourez, selon quelques-uns;
mais d'autres croient que la femme de Job a
seulement voulu que Job, son mari, rendît
gloire à Dieu, en avouant que c'était à cause
de ses péchés qu'il était réduit en une si
grande misère.
BENEDIGTIO, onis, tvloyiv.. Ce nom ver-
bal signifie :
1° Lour'.nge, gloire, estime, soit en parlant
de Dieu, soit en parlant des créatures. 2.
Esdr. 9. 5. Benedicant nomini (jloriœ luœ ex-
celso in omni benedictione et lande : Que le
nom de votre gloire soit comblé pour jamais
de bénédictions et de louanges. Ps. 30. 26.
Prov. 11. 26. c. 24. 25. Sap. 16. 28. Zach. 8.
13. Apoc. 5. V. 12. 13.
2° Flatteries, paroles flatteuses. Rom. 16.
18. Per dulces sermones et benedictiones sedu-
cunt corda innocentwn : Ces gens qui cau-
sent parmi vous des divisions et des scan-
dales contre la doctrine de Jésus-Christ sé-
duisent les âmes simples par des paroles
douces et flatteuses.
3" Action de grâces, remerciement. 1. Cor.
H. 16. Quomodo dicet, amen, super tuam be-
nedictionem? Si vous bénissez Dieu de l'es-
prit, comment quelqu'un du simple peuple
répondra-t-il amen, à la fin de votre béné-
diction ? l'Apôtre marque les inconvénients
qui
venaient des premiers chrétiens , qui
n'ayant reçu que le don des langues sans
celui de l'interprétation, faisaient publique-
ment des prières ou actions de grâces, en
une langue inconnue , sans les pouvoir in-
terpréter. Apoc. 4. 9. D'où vient cette signi-
ficalion,
Vallis BENEDiCTioNis. La vallée de bénédic-
tion, qui est le nom que donna Josaphat et
toute son armée à la vallée, où leurs ennemis,
les Ammonites, les Moabites et les peuples
(le Seïr, se défirent eux-mêmes; parce que
Josaphat et son armée y avaient béni et re-
mercié le Seigneur ; se. en reconnaissance
de la défaite que Dieu leur donna de leurs
ennemis. Voy. 2. Par. 20. v. 22. 23. 2. Par.
20, 26. Cette vallée est située entre le désert
de Jéruel et le désert de Thécué. Voy. v.
16. 20.
4° Bénédiction qu'on donne à quelqu'un
par des désirs et des prières, que tout bien et
prospérité lui arrive. Ps. 128. 8. Benedictio
Ibomini super vos : Oenediximus vobis : Ceux
qui passaient n'ont point dit : Que la béné-
diction du Seigneur soit sur vous, etc. Le
prophète entend parler des ennemis de Sion.
V. 4. Figure de son Eglise; à qui après les
avoir comparés à l'herbe sèche, v. 5. il dit
qu'ils ne scronl point bénis, comme on bénit,
au contraire, un champ qu'on voit chargé
de grains. Ps. 108. 17. Prov. 11. 11. Benedic-
tione justorum excdtabitur civitas : La ville
sera élevée en gloire par la bénédiction des
justes. Job. 29. 13. Jac. 3. 10. A quoi se rap-
portent les bénédictions marquées dans l'an-
cienne loi. 1° Celles des patriarches; ainsi
Jacob bénit Ephraïm elManassé, étendant
ses mains sur leur tête. Gen. 48. 13. Celles
des prêtres. Eccli. 36. 19. Exaudi oraiiones
servorum tuorum secundum benediclionem
Aaron de populo tuo : Exaucez , Seigneur,
les prières de vos serviteurs, selon les béné-
dictions qu'Aaron a données à votre peuple;
dit l'auleur de l'Ecclésiastique, dans la prière
quil fait au nom de tout le peuple. Malach.
2. 2. Ezech. 40. 20. 2° La bénédiction des
chefs du peuple. Jos. 8. v. 33. 34. Primum
quidem benedixit populo Israël. Josué bénit
premièrement le peuple d'Israël : Post hœc
legit omnia verba benedictionis et maledic-
tionis : El après cela, il lut toutes les paroles
de bénédiction et de malédiction : Josué par
sa bénédiction avait souhaité que les béné-
dictions et les prospérité." que Moïse avait
ordonnées. Dent. 28. v. 2 8. et suiv. arrivas-
sent au peuple : ceci se passa sur le mont
Hébal. V. 30. après la défaite dé la ville de
Haï, V. 23. 28. A quoi se peuvent rapporter
les prières que Jésus-Christ fit à son Père,
lorsqu'il changea le pain et le vin en son
sacré corps et en son sang. 1. Cor. 10. 16.
Voy. Benedicere. 3° Celte bénédiclion par
laquelle Jésus-Christ produisait un effet nou-
veau et extraordinaire était accompagnée
d'actions de grâces. Voy. Marc. 8. v. 6. '7. De
là vient que benedicere est mis pour gratias
agere. Voy. Benedicere. 1° Mais la bénédic-
tion n'était pas accompagnée d'actions de
grâces dans les autres occasions. Voy. Marc.
10. 16.
5° Exemple de bénédiction, qui sert de mo-
dèle pour d'autres. Zach. 8. 13. Sicut eratis
maledictio in genlibus, sic eritis benedictio:
Comme vous avez été un objet de malédic-
tion parmi les peuples , ainsi vous serez un
exemple de bénédiction: Le prophète a en
vue, dans celte prophétie de la parfaite dé-
livrance des Juifs, qui étaient en captivité,
le temps auquell'Eglise devait être établie
et fondée, où alors toutes les malédirtions
qui avaient été sur les Juifs pour différer la
construction du temple que bâtit Zotobabel,
devaient être changées dans les plus grandes
bénédictions. Ps. 20. 7. Dabis eum in benedic-
tionem: Vous le donnerez comme un modèle
de bénédiction: ce qui s'entend à la lettre de
David, qui était la figure de Jésus-Christ,
dont le sens est que les bénéilictions dont
Dieu devait le combler, seraienl si grandes,
que la plus grande bénédiction qu'on pouvait
souhaiter , ce serait en disant : Que vous
soyez béni comme David: celle sorte de bé-
un
HEN
BEN
Md
nédiction a quelque rnpport à la signification
(le Benedicere in oliquo aliquem. Voy. ci-
devant.
G" Bénédiction ou promesse que Dieu a
faite aux patriarches Abraham, Isaac et Ja-
cob, de bénir, r. e. do combler de grâces
toutes les nations en leur race. Eccli. iV. v.
•2o. 26. lienedictionem omnium gentium dédit
illi Dominus: Le Seigneur a promis à Abra-
ham, à Isaac et à Jacob, que toutes les na-
tions seraient bénies en leur race. Gai. 1.
li. Ut in f/entibus benedictio Abrahœ fieret
inChristG Jesu: Jésus-Christ nous a rachetés
de la malédiction de la loi, afin que la béné-
diction donnée à Abraham fût communiquée
aux gentils en Jésus-Christ : cette bénédic-
tion est toute spirituelle et signifie la justi-
fication par la foi en Jésus-Christ.
7° Prospérité , abondance de biens, soit
spirituels, soit temporels. Isa. l'J. 2i. Bene-
dictio in tnedio terrœ : La bénédiction sera
au milieu de la terre: Par cette bénédiction,
le prophète entend la conversion de tous les
gentils, au temps que l'Evangile devait être
prêché par tout le monde, c. 65. 8. Benedic-
tio est : Ne gâtez pas le beau grain de cette
grappe, parce qu'il a été béni de Dieu : les
Hébreux entendaient à la lettre nar ce mot
de Bénédiction, tous les fruits de la terre,
parce (lue ce sont des biens qui viennent de
la bonté de Dieu: mais il est ici une figure
des élus, en considération et en vue desquels
Dieu n'a pas voulu entièrement détruire son
peuple, c. 3i. 26. Joël 2. 14. A quoi se rap-
portent, Gon. 49. 25. Benedictiones cœli : les
bénédictions qui viennent du haut du ciel;
savoir, les pluies, le beau temps, qui vien-
nent à propos, et dans leur saison, la rosée:
Benedictione<t abyssi : Les bénédictions de
l'abîme; t, e. des eaux qui sortent de la
terre pour la rendre fertile : Benedictiones
uberum el vulvœ: Quantité de lait, ou de pe-
tits, ou d'enfants. Ainsi, Gen. 40. v. 25. 26.
Levit. '25. 21. Deul. 12. 15. c. 13. 5. c. 16. v.
10. 17. c. 28. V. 2.8. Tob. 6. 22. Malach. 3.
10. Hebr. 6. 7. elc.
8" Don, présent, bienfait. Gen. 33. 11.
Suscipe benediclionem quam altuli: Recevez
ces troupeaux pour présent, que je vous ai
offert, (lit Jacob à Esaù, c. 26. 29. Ut detur
fobis benedictio : Chsn:un de vous a consacré
ses mains au Seigneur, en tuant son fils, î^on
frère et son ami, afin que la bénédiction de
Dieu vous soit donnée : cette bénédiction est
le sacerdoce, qui fut donné aux lévites, pour
avoir obéi à l'ordre que leur donna .NIoïso
contre leurs frères qui avaient idt)lâtré. Voy.
v. 4. et Deut. 33. v. 9. 10. Ainsi, Jos. 15. 19.
0(1 mihi benediclionem: Accordez- moi une
grâce: Axa, fille de Caleb, demande à son
père une terre qui soit arrogée d'eau. Judic.
1. 15. 1. Reg. 25. 27. c 30. 26. 4. Reg, 5. 15.
Ainsi, Sap. 16. 28. Oporlet prœvenire solem
(id benediclionem tuam : Il faut prévenir le
lever du soleil, pour recevoir vos dons:
comme les Juifs recevaient la manne; aulr.
[lour vous bénir. De là vient ;
9" Alliance, amitié. Isa. 30. 16. Facile me-
(\nn benediclionem : Faites alliance avec
moi, dit Rabsacès aux Juifs, venant pour
assiéger Jérusalem : l'alliance est aiusi ap-
pelée, parce que ceux qui la recherchent
font des présents. A quoi s'accordent, 4. Re{^.
18. 31. Facile mecum qnod vobis est utile, et
egredimini ad me: Prenez un conseil utile,
et traitez avec moi. Saint Jérôme explique,
Quod vobis est utile, i, e. quod vobis in henc-
dictionem proficiat , dont vous tiriez de l'a-
vantage
10° Dons et biens spirituels. Ps. 38. 8. Be-
nediclionem dabit legislalor: Dieu qui a don-
né la loi, donnera les grâces pour l'exécuter.
Ps. 132. 3. Rom. 15.2 i. Ephes. 1. 3. 1. Pelr.
3. 9. A quoi se rapportent tous les passages
qui marquent les dons et les biens temporels
que Dieu promettait aux Juifs dans l'ancienne
loi, étant pris dans le sens figuré. Voy. Deut.
28. v. 2. 3. et suiv. Gen. 49. 25. et nartout
ailleurs.
11° Aumône faite arec libéralité. 2. Cor.
9. V. 5. 6. Prœpnrent repromissam benedic-
lionem, sic quasi benediclionem, non tamquam
avnritiam: Que nos frères aient soin de faire
préparer la charité que vous avez promis de
faire, en telle sorte que rien n'y sente l'a-
varice, mais qu'elle soit une aumône libé-
rale qui vous attire des bénédictions.
12° La part des dépouilles prises sur l'en-
nemi, après une victoire remportée par le
secours de Dieu. 1. Reg. .30. 26. Accipile be-
nediclionem dê'prœda hostium Domini: Re-
cevez cette bénédiction des dépouilles des
ennemis du Seigneur, dit David, en parta-
geant les dépouilles prises sur les Amalé-
cites, qui avaient brûlé et pillé Siceleg.
BENEDICTUS, a, UM, ■y/.oyrt-zô;, -zùloyr, iiî-joç
1° Béni ; i, e. digne dhonneur et de louanges;
ce qui appartient à Dieu principalement.
Marc. 14. 61. Ta es Christus ftlius Dei bene-
dicii? Etes-vous le Christ, le Fils du Dieu
béni à jamais? dit le grand-prêtre à Jésus-
Christ. Gen. 14. 20. Luc. 1. 68. Rom. 1. 25.
c. 9. 5. 2. Cor. 11. 31. Luc. 1. 98. el^souvent
dans les psaumes. Ainsi, Zach. 11. 5. Bene-
diclus Dominus, diviles faclî sumus: Béni
soit le Seigneur, nous sommes devenus ri-
ches, disaient les princes des Juifs; qui s'en-
richissant aux dépens des pauvres, prenaient
ces biens acquis injusternent comme des
bénédictions de Dieu : ce qui se dit aussi des
créatures auxquelles on souhaite la béné-
diclion, le bonheur et la prospérité, ou qui
ont la bénédiction de Dieu. i. Reg. 25 v. 32.
33. Benedictnm eloquium luum, et benedicta
tu: Que votre parole soit bénie, et soyez bé-
nie VDUS-méine, dit David à Alugiïl, qui l'a-
vait détourné par ses paroles humbles de se
venger de Nabal et de le tuer. Judic. 5. 24.
Judith. 13. V. 23. 31. Ainsi, Sap. l'i. 7. Be-
ncdictuin est lignum: Le bois qui sert à la
justice est un bois béni : le Sage parle de
l'arche de Noé.
2 Celui à qui on souhaite du bien, de la
prospérité el de la gloire. Gen. 14. 19. Bene~
dictas Abr/iham Deo excetso: Béni soit Abra-
ham du Di' u très -haut, dit .Melchisédech,
offrant un sacrifice an retour d'Abraham,
après la défaite de ChodorlalDmor et des
bii
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRLE.
512
autres rois. Ps. 117. 26. Benedictus qui venit
in nomine Domini : Béni soit celui qui vient
au nom du Seigneur : celte acclamation, faite
par les peuples au temps de l'avéncment de
David à la couronne , était la figure de l'ac-
clamation des peuples à lentrée que fit Jé-
sus-Christ en Jérusalem. Matth. 21. 9. Marc.
11. 9. lorsqu'ils le reçurent comme leur roi :
Benedictus qui venit in nomine Domini: Be-
nedictuw. quod venit regnum patris nostri
David: béni soit celui qui vient au nom du
Seigneur: Béni soit le règne de notre père
David. Joan. 12. et 13. Mais comme ces ac-
clamations rapportées, Matlh. 23. 39, Luc
13. 35, s'entendent du second avénemont, où
il n'y aura plus rien à souhaiter pour Jésus-
Christ, dont le règne sera accompli, benedic-
tus sy doit entendre dans le sens de la pre-
mière signification, n. l". C'est dans ce se-
cond sens qu'on se servait de ce mot quand
on saluait, qu'on abordait ou qu'on recevait
quelqu'un. Ruth, 3. 10. Benedicta es a Domi-
no, filia: Ma fille, que le Seigneur vous bé-
nisse, dit Booz à Ruth. 1. Reg. 15. 13. Bene-
dictus tu Domino: Béni soyez-vous du Sei-
gneur, dit Saiil à Samuel, lorsqu'il vint
trouver Saiil qui offrait un holocauste au
Seigneur, des prémices du butin fait sur les
Aiaalécites. c. 23. 21.2. Reg. 2. 5. Luc. 1. v.
28,ij2.
3" Chéri de Dieu, favorisé de ses grâces.
Gen. 12. 2. Benedicam tibi, erisque benedic-
tus : Je vous bénirai, dit Dieu à Abraham,
lui promettant d'être père d'un grand peuple,
etc. y. 3. c. 2i. 31. Num. 2. 12. Eccli. 2i. i.
1. Par. 17. 27. Isa. 65. 23. Semen benedicto-
rum Domini est: Les élus de Dieu seront la
race bénie du Seigneur. Matth. 25. 3i. Ve-
nite, benedicti Patris mei .-Venez, vous qui
avez été bénis de mon Père. Luc. 1. i2. Be-
dicta tu inter midieres ; 0 pleine de grâce...
vous êtes bénie entre toutes les femmes, dit
sainte Elisabeth à la sainte Vierge, qu'elle re-
connaît rempHe des grâces et des faveurs divi-
nes, plus que toutes les autres pures créatu-
res ; comme elle reconnaît que toute la pléni-
tude du Saint-Esprit et de la divinité habite en
Jésus-Christ. Et benedictus fructus ventris
tiii: Et le fruit de vos entrailles est béni.
BENEFACERE, àyuQonoui-^. Ce verbe com-
posé signifie :
Faire du bien à quelqu'un, lui accorder
des grâces, lui procurer des grâces, lui ren-
dre service. Act. IV. 16. Benefaciens de cœlo :
Dieu a fait du bien aux hommes, en dispen-
sant les pluies du ciel et les saisons favora-
bles pour les fruits, etc. se. en tout temps,
lors même qu'ils marchaient dans leurs voies
corrompues. Exod. 20. 20. Eccli. li. v. 7. 13.
Ainsi, Matth. 5. ï't-. Benefacite lus qui oderunt
ros; Faites du bien à ceux qui vous haïssent.
Gr. Bénissez ceux qui vous maudissent, c.
12. 12. Judith. 10. 16. Job. 2^^. 21.
Phrase tirée de ceUe signification.
BENEFACERE SECUM, eOrroterv i^'^rôv.
1° Se faire du bien à soi-même, ne s'é-
fKirgner point trop les choses nécessaires à
a vie. Eccli. U. 11. ¥Hi, si habes, benefac
tecum : Si vous avez quelque chose, faites-eo
du bien à vous-même: L'Ecclésiastique con-
damne l'avarice, rapportée v. 9.
2" Récompenser une bonne action. Soph.
1. 12. Non faciel bene Dominus, et non facict
maie: Le Seigneur ne fera ni bien ni mal,
disent les méchants, qui croupissent dans
leurs péchés.
3'' Faire bien une chose, lui donner les
perfections qui lui sont propres et néces-
saires. Marc 7. 37. Bene omnia fecit ; i. e.
bene fecit, quoad omnia : Jésus a bien fait
toutes choses, disent ceux qui lui avaient
présenté un homme sourd et muet, tout
étonnés de ce qu'il l'avait guéri.
k" Faire et agir bien et conformément à
la loi de Dieu et aux règles de la raison
{y.oàcoç TTouîv). Eccl. 3. 12. Coçnovi quod non
esset medus nisi lœtari et facere bene in vila
sua: J'ai reconnu qu'il n'y avait rien de
meilleur que de se réjouir et de bien faire
pendant sa vie. 2. Mach. 2. 16.
5° Faire chose agréable et bien reçue
[xco.ûç -oiîr.>). Act. 10. 33. Tu benefecisti ve--
niendo : Vous m'avez fait grâce de venir, dit
Corneille à saint Pierre, à qui il témoigne
qu'il lui a fait plaisir d'être venu comme il
l'en avait prié. Mach. 12. v. 18. 22. 2. Mach.
2. 16. c. 11. 26.
BENEFACTUM, i, eùsovsaia. — 1° Bienlirit,
grâce. Act. 4. 9. Si nos hodie dijudicamur in
bene facto fwminis infîrmi : Puis qu'aujour-
d'hui l'on nous demande raison du bien que
nous avons fait à un homme perclus de ses
jambes, saint Pierre déclare aux Juifs que
c'est au nom de Jésus-Christ qu'il a opéré
cette guérisou. Voy. v. 10. Ainsi, Ps. 77. 11.
— 2° Bonne œuvre, bonne action [àyoL^jonoua.].
1. Petr. i. 19. Fideli crcatori commendent
animas suas in benefuctis : Que ceux qui souf-
frent selon la volonté de Dieu, persévérant
dans les bonnes œuvres, remettent leurs
âmes entre les mains de celui qui en est le
Créateur, et qui leur sera fidèle.
BENEFICENTIA , ev-ouk. Libéralité, incli-
nation naturelle qu'on a à faire du bien,
humeur obligeante et bienfaisante; dans
l'Ecriture :
Charité pour le prochain, libéralité de sos
biens, ou les offices que l'on rend à son pro-
chain dans la vue de Dieu. Heb. 13. 16. Be-
neficentiœ et comtnunionis nolite oblivisci :
Souvenez-vous d'exercer la charité envers
le piochain.
BENEFICIUM, ii. sùtpyt7ic<.—i'' Grâce, bien-
fait, plaisir, faveur, en parlant des biens
temporels (ày«6ôvj. 1. Par. 17. 26. Locutits
es ad servwn tuwn tanta bénéficia : C'est à
votre serviteur que vous avez fait ces grandes
promesses: David témoigne à Dieu la recon-
naissance de ses bienfaits, et de ce qu'il lui
a promis d'établir sa maison. 2. Par. 32. 25
Ainsi, Judic. 9. 10
2" Bien, grâce spirituelle. 2. Mach. 6. 13.
Multo tempore non sinere peccatoribus ex
scnlentin ajere, magni beneficii est indicium :
La marque d'une grande miséricorde de P'^u
envers les pécheurs, c'est de les châtier
promptemtnt. 1. ïim. 0. 2. Magis serviant^
515
BEN
BEN
SU
f/nia fidèles simt et dilecti, qui benejîcii par-
ticipes su7il : Que les serviteurs qui ont des
maîtres fidèles, les servent encore mieux,
parce qu'ils sont fidèles, étant participants
de la même grâce : saint Paul ayant déclaré,
V. 1. qu'un serviteur devenu chrétien était
obligé de rendre toujours les mêmes devoirs
et les mêmes services à son maître, quoique
infidèle et païen, ajoute qu'il le doit encore
f&ire avec plus d'affection, si son maître est
fidèle et chrétien, à cause de la grâce du
christianisme, qui leur est commune.
BENEFICUS, A, UM. evepyérriç, dérivé de 6e-
nefacere, et signifie :
Bienfaiteur , bienfaisant , libéral , obli-
geant, qui oblige volontiers, et fait du bien.
Luc. 22. 25. Reyes Gentium dominantur
eorum, et qui potestatem habent super eos, be-
nefîci vocantur : Les rois des nations les trai-
tent avec empire; et ceux qui ont l'autorité
sur elles en sont appelés les bienfaiteurs :
dans le monde ces dignités sont prises pour
des vertus. Le mot syriaque Nedibim, dont
apparemment Notre- Seigneur s'est servi,
convient à cette signification; car il signifie
bienfaisant, libéral: c'est de ce nom que les
Hébreux appellent leurs princes, lequel mot
Nedibim, les Septante tournent ordinaire-
ment par celui d'apyonsç. D'ailleurs , les
princes affectent les titres de bons, bienfai-
sants, cléments, magnifiques. Voy. Princi-
PALIS.
BENEJAACAN, Heb. Filii 'tribulationis.
Station des Israélites. Num. 33. v. 31. 32. Elle
est exprimée par la signification du mot hé-
breu. Deut. 10. 6. Ex Beroth filiorumJacan.
Voy. Beroth. Voy. Bean.
BENENNOiM , Heb. Filius divitinrum sua-
rum. Vallée près de Jérusalem, où Manassès,
roi de Juda, fit bâtir un temple à l'honneur
de BaaI. 2. Par. 33. 6. c. 28. 3. Voy. Ennom,
GEHENrCA, TOPHET.
BENEPLACËRE. Ce verbe , peu usité chez
les Latins, signifie dans l'Ecriture : Aimer,
avoir une affection de tendresse et de com-
plaisance pour quelqu'un, avoir de l'affection
pour quelque chose; c'est en ce sens que
s'entend celte
Phrase tirée de la signification de ce mo'
Beneplacitum esse in aliquo, ou super (di-
quem. — 1° Celte phrase est hébraïque cl a
la même signification que beneplaccre {lùno-
xuv). Ps. i\^. k. Beneplacitum est Domino in
populo suo : Le Seigneur a mis son plaisir et
son affection en son peuple. Ps. ikG. v, 10.
11. Beneplacitum est Domino super timentes
eum : Le Seigneur met sou plaisir en ceux
qui le craignent. Ps.67. 17. Ainsi, l.Cor. 10.
.'>. Sed non in pluribus eorum beneplacitum est
Deo : D'un aussi grand nombre qu'étaient les
Israélites, Voy. Exod. 12. 37, il y en cul peu
.qui fussent agréables à Dieu, étant tous pé-
ris dans le désert; se. sans entrer dans la
terre promise. Voy. num. 32. v. 11. 12.
2° Etre trouvé bon, être jugé à propos
{t\)ooo\ji70c/.t). l.Cor. iC).'2. i'nusqxisqucvestruw^
recondensquod eibene placuerit : Que chacun
de vous amasse peu à peu selon sa bonne vo-
lonté ce qu'il voudra donner pour aumône.
Le Grec porte : ce qu'il aura moyen de dou-,
ner, selon le gain qu'il aura fait. Voy. Com-
PLACERE. De là vient :
BENEPLACENS , sùic.-7-o?. Agréable , qui
plaît, qui est bien reçu. Rom. 12. 2. Ut pro-
betis quœ sit voluntas Dei boni, beneplacens :
Qu'il se fasse en vous une transformation
par le renouvellement de voire esprit, afin
que vous reconnaissiez quelle est la volonté
de Dieu , ce qui est bon , ce qui lui est
agréable.
BENEPLACITUS, a, cm. — 1° Qui est
agréable et qui plaît (sùSo/crv). Ps. 118. 108.
Voluntaria oris mei beneplacita fac, Domine:
Faites, Seigneur, que les vœux que ma bou-
che a prononcés volontairement vous soient
agréables. Grec. eySoxjjTov. Eccl. 1. 3i. c. 2.
19. c. 34. 21.
2° Qui est approuvé et eslioié, digne d'es-
time {B\)Soyj.u.st<jB7.i).'Ecc\\. iO. '2o. Super utrum-
que consilium beneplacitum : Un conseil sage
est plus capable d'affermir l'état de l'homme
que l'or et l'argent.
BENEPLACITUM, i, eùSoxta. 1° Affection
gratuite, bon plaisir de quelqu'un, par le-
quel il agit purement pour nous faire du
bien. Ps. 68. 14. Tempus beneplaciti Deus :
Voilà le temps de montrer votre bienveil-
lance, dit Jésus-Christ demandant à son Père
éternel d'être sauvé de la mort par sa résur-
rection. Ps. 88. 18. Ps. 105. 4. Mémento no-
stri, Domine, in beneplacito populi tui : Sou-
venez-vous de nous, Seigneur, selon la bonté
qu'il vous a plu de témoigner à votre peuple.
Eph.1.9.
2° Tout ce que l'on aime et à quoi on prend
plaisir. Ps. 140. fi. Oratio mea in beneplacitis
eorum, i. e. Orabo adverstis eorum cupidita-
tes : Bien loin que j'aime ce qui peut venir
de la flatterie et des caresses de la part des
pécheurs , j'opposerai même ma prière à
toutes les choses qui flattent leur cupidité, et
prierai Dieu qu'il m'en donne de l'aversion.
3° Volonté absolue de Dieu. Eccli. 41. G. ht
qiiid superveniet iibi in beneplacito Altissimi?
Pour ce qui regarde la mort, que craignez-
vous, puisqu'il ne vous peut arriver que ce
qu'il plaira au Très-Haut ? Gr. Pourquoi re-
fusez-vous ce qui est ordonné par la volonté
du Très-Haut ? Voy. Propositum.
BENGABER, Heb. Filius robusti. Inten-
dant de Ramolh-Galaad, elc. 3. Reg. 4. 13.
BENHAIL, Heb. Filius fortitudinis. Un
des premiers seigneurs de la cour que Josa-
phat envoya par les villes de son royaume,
pour instruire le peuple. 2. Par. 17. 7.
BENHESED, Heb. Filius miscricordiœ. In-
tendant à Aruboth. 3. Reg. 4. 10.
BENHUR, Heb. Filius libertatis. Inten-
dant de la montagne d'Ephraïm. 3. Ree,
4. 10. ^
BENI, Heb. Filius meus. Voy. Bani.
BENJAMIN, Heb. Filius dextcroe. — 1° Filg
de Jacob, appelé par sa mère Rachel, Benoni,
fils de douleur, sa mère étant morte en ac-
couchant de lui, el par son père, Benjamin,
fils de sa droite. Ben signifie /î//u5, et Jamiii
dcxteru, qui est toujours à la droite de soQ
MÎ5
PICTIO.NNAIKE DK IMIILOLOGIE SACRÉE.
81«
père comme son bien - aimé. Gen. 35. v.
18. 2i. etc. Voy. Jemim. Benjamin, âgé de
vingt-quatre ans, descendit en Egypte avec
toute sa famille : il y demeura quatre-vingt-
sept ans, et y mourut âgé de cent onze ans,
l'an du monde 2416.
2" Le pays même de la tribu de Benjamin
ou de ses descendants. 3. Reg. k. 18. Semei
(ilius Ela in Benjamin : Sémeï, Gis d"Ela,
intendant en la tribu de Benjamin. Jerem.
17. 26.
3° Les descendants ou la tribu même de
Benjamin. Gen. 49. 27. Benjamin lupus ra-
paor, mane comedet prœdam, et vespere divi-
det spolia: Benjamin sera un loup ravissant ;
il dévorera la proie le matin, et le soir il par-
tagera les dépouilles. Ceux de celte tribu
étaient violents et portés à la guerre; mais
on entend cet endroit d'un de la tribu, sa-
voir, Paul, qtii étant jeune, a ravagé et per-
sécuté le troupeau de Jésus-Christ , et dans
la suite a distribué à ce même troupeau la
nourriture sacrée de la parole de Dieu Deut.
33. 12. Jos. 18. 11. 2. Reg. 2. 9. Ps. 67. 28.
Jbi Benjamin adotescentulus : Le petit Benja-
min se trouve à cette entrée de l'arche. Cette
tribu est appelée petite, soit à cause qu'elle
était peu nombreuse, ou parce que Benjamin
était le plus petit des enfants de Jacob : elle a
été réunie à celle de Juda, après la révolte
des dix tribus , et ont été appelés Juifs.
Abd. i. 9.
k" Un de ceux qui étaient revenus de la
captivité. 1. Esdr. 10. 32. 2. Esdr. 3. 23. c.
11.31. ^ ^
BENIGNE Honnêtement , avec bonté et
douceur, d'une manière obligeante {àyxBà).
h. Reg. 25. 26. Locutus est ei bénigne : Evil-
rnérodach parla à Joachim avec beaucoup de
Donté : ce fut après trente-sept ans de capti-
vité. 2. Mach. 12. 30. Act. 28. 7. D'où vient
cette phrase :
BENIGNE FACERE. àyaeûvstv. — 1° Faire
du bien. Ps. 50. 20. Bénigne fac in bona vo-
luntate tua Sion : Répandez vos biens et vos
grâces sur Sion. — 2" Avec îimitié et affecli^bn
particulière (ytV.ffrôpvwî). 2. Mach. 9. 21. Ego
in infirmitate constitutus, vestri autem me-
mor bénigne : Etant maintenant dans la lan-
gueur et n'ayant pour vous que des senti-
ments de bonté : Antiochus, désespérant de sa
santé, écrit d'une manière obligeante aux
Juifs.
BENIGNITAS, atis. xp^^^ôttjç. — 1° Bonté,
inclination à bien faire {ôc/uBodîtvn). Ps. 51. 3.
IJilexisti malitiam super benignitatem : Vous
avez plus aimé la malice que la bonté ; Da-
vid parle de la malice qu'eut Doëg de rap-
porter à Saùl ce que fit le grand-prêtre Achi-
mélech en faveur de David. 1. Reg. 22. v. 9.
10. Tim. 3. 3. .Sine benignitate : 11 y aura à
l'avenir des gens sans affection pour le bien
ou pouf les gens de bien, selon la force du
grec, àfikôi.ya.Boi.
2" Affection particulière, amitié (euvor/).
1. Mach. 11. 33. Genti Judœorum decrevimus
benefacere propter benignitatem ipsorum quam
eryn nos habent : Nous avons résolu de faire
Uù bien à la nation des Juifs, qui sont nos
amis... à cause de la bonne volonté qu'ils
ont pour nous. Démétrius écrit à Lasthène,
son plus grand favori et son parent.
3° Douceur, humanité , opposée aux que-
relles et aux disputes. Gai. 5. 22. Fructus
spiritus est charitas... benignitas, bonitas :
Les fruits de l'esprit sont la charité, l'huma-
nité, etc. Goloss. 3. 12.
4° Bonté que Dieu a pour les hommes , en
leur faisant du bien. Ps. 64. 12. Benedices co-
ronœ ann'i henîgnitatis tuœ : Vous comblerez
de biens tout le cours de l'année dans laquelle
vous ferez paraître votre bonté; ce qui ar-
riva par l'abondance de toutes sortes de
biens que produisit la Palestine , l'année
après que les Juifs furent revenus de la cap-
tivité de Babylone. Rom. 2. 4. Tit. 3. 4.
5° Bien, soit corporel, soit spirituel. Ps.
84. 13. Dominus dabit benignitatem : Le Sei-
gneur répandra sa bénédiction, et notre terre
portera son fruit : ce que le prophète a ex-
primé des biens temporels que produisait la
terre est la figure de Jésus-Christ qui devait
naître comme un fruit de la sainte Vierge.
BENIGNUS, A, UM, xpïîaTÔs-. Cet adjectif est
formé de l'adverbe bene et de gigno^ d'où
viendrait bene gignus , et par contraction
benignuSf et signifie : — 1° Bon, plein de
douceur et d'humanité. Eph. 4. 32. Estote
autem invicem benigni : Soyez bons les uns
envers les autres. Ps. 68. 17. Sap. 1. 6. Luc.
6. 35. 1. Cor. 13. 4. Tit. 2. 5.^—2° Qui aime
le bien ou les gens de bien [(f\l«yuOoç). Tit. 1.
8. Oportet episcopum esse... hospitalem, be—
nignum: Il faut que l'évêque aime à exercer
l'hospitalité, qu'il soit affable.
BENNI, Heb. Fiiius meus. Le père de
Rehum. 2. Esdr. 3. 17. Voy. Rehcm.
BENNUI, Heb. Mdificatio. — 1' Un de
ceux qui répudièrent leurs femmes étran-
gères. 1. Esdr. 10. 30. — 2° Fils d'Hénadad ,
un de ceux qui rétablirent Jérusalem. 2.
Esdr. 3. 24.
BENNO, Heb. Fiiius ejus. Un lévite, fils
d'Oziau. 1. Par. 24. 26.
BENNOI. Heb. Mdificatio. Un lévite, père
deNoada'ia. 1. Esdr. 8.33.
BENONI,Heb. Fiiius doloris mei Benja-
min, fils de Jacob et de Rachel. Gen. 33. 18.
Voy. Benjamin.
BENZOHETH, Heb. Fiiius separationis.
Filsde Jési. 1. Par. 4. 20.
BEON , Heb. In afflictione. Ville de la
tribu de Gad. Num. 32. 3. Voy. Bean.
BEOR, Heb. /ncmrfn/w. — 1" Père de Bêla,
roi des Iduméens. Gen. 35. 32. 1. Par. 1. 43.
— 2" Père du prophète Balaam. Num. 22. 5.
c. 24. V. 3. 13. Dixit Balaam, fiiius Beor :
Voici ce que dit Balaam, fils de Béor. Voy.
BOSOR.
BERA, Heb. Pnteus. — 1» Ville de la tribu
d'Ephra'im, où Joathan, fils de Gédéon, se
retira. Judic. 3. 21. — 2° Le dernier fils d'Hc-
len.l. Par. 7. 37.
BEREA , Heb. Puteus ejus. Gr. pe/jea. Ville
près de Jérusalem. 1. Mac. 9. 4.
BERCOS, Heb. Fiiius concisionis. Chel
d'une famille de Nathinéens. 1. Esdr. 2. d3.
2. Esdr. 7. 57.
517
ItR
BES
bis
BERI, Heb. Filins meus. Un descondanl
dAser, etqualrième fils de^upha. 1. Pur. 7.
30.
BERIA, Ht'b. In malo. Voy. Babia et Brie.
- 1° Fils d'Ephraïm. 1. Par. 7. 23. - 2' Fils
d'\«cr. Gen. 46. 17. 11 se nomme Brié. Num.
26. ko. Baria. 1. Par. 7. v. 30. 31.
BERITH, Heb. Pactum. Nom du dieu de
Baal. Judic. 9. i6. Ceux qui habitaient dans
la tour de Sichem el entrèrent dans le tem-
ple de leur dieu Berilh, où ils avaient fait al-
liance avec lui ; ce qui avait fail à ce lieu et
à cette idole de Baal le nom de Berilh. Voy.
Baal.
BERNICE, Heb. Gravis Victoria. Fille d'A-
grippa le Grand, laquelle entretint longtemps
un commerce infâme avec le jeune Agrippa,
qui était son propre frère : elle assista avec
lui aux interrogations que Festus fil à saibt
Paul à Césarée. Act. 25. v. 23. 25. c. 26. .30.
BERODACH , Heb. Creans contritionem.
Roi de Babylone, le même que Mérodac. 4.
Reg. 20. 12.
BEROEA, Heb. Gravis. Ville de Macédoine
où saint Paul s'enfuit. Act. 17. v. 10. 13. au-
jourd'hui Veria, ville épiscopale, sous l'ar-
chevêché de Thessaloniqne.
BEROEENSIS, Heb. Ponderosus. Qui est de
Béroée. Sosipater, compagnon de saint Paul,
en était. Act. 20.4.
BEROMI, Heb. Fitiiis coloris. Voy. Azma-
VETH. Ville de la tribu de Benjamin. 2. Reg.
23. 31.
BEROTH, Heb. Putei. — 1" Une des sta-
tions des Israélites, autrement appelée Bene-
faacan. Num .33. v. 31, 32. Deut. 10. 6. Fitii
Israël moverunt castra ex Berolh filiorun^Ja-
kan : Les Israélites décampèrent du lieu
nommé les puits des enfants de Jakan. Voy.
Benejaacan. — 2" Ville des Gabaoniles dans
la tribu de Betijan)in. Jos. 9. 17. c. 18. 25. 2.
Reg. 4. 2. 1. Esd. 2. 25. 2. Esdr. 7. 29. -
3^ Ville capitale d'Adarezcr, roi de Soba. 2.
Reg. 8. 7. Cette ville bornait la terre d'Israël
du côté du Nord.
BEROTHA, Hebr. Idem. — La même que
Bérolh. n. 3. Ezech. 47. 16.
BEROTHITES, m. Qui estdeBéroth, dans
la tribu de Benjamin. 2. Reg. 4. v. 2. 3. 5.
9. etc.
BERSA, JE. Roi de Gomorrhe. Gen. 14. 2.
BERSABEE , Heb. Puteus jurarnenti. Puits
du jurement, ainsi appelé, à cause du trailc
qu'Abraham et Abimélech se sont juré l'un
à l'autre en ce lieu. Gen. 21. 31. Lequel y
fut renouvelé par Isaac, c. 26. v. 23. 3-3. Ce
lieu était dans le pays des Philistins, où on
a bâti une ville considérable, où se tenaient
les Etats des Juifs. 1. Reg. 8. 2. Celle ville
et Dan étaient les deux extrémités de la terre
d'Israël. Voy. Sabée. Aujourd'hui, Bclhge-
brim.
BERYLLUS, i. Gr. ^pvWoç. Ce nom, qui est
grec, signifie,
Béril ou Turquoise, pierre précieuse, de
couleur de l'eau de la mer. Exod. 28. 20. In
quarto Chrysolythus, Onychinus et Beryllus:
.Celte pierre était la douzième sur le ralional
du grand-prêtre, et l'on y avait gravé le
nom de Benjamin. Voy. Furetière, sur le mot
TUKQCOISE.
BERZELLAI, Heb. Ferreus. — 1' Homme
liche qui avait rendu de grands services à
David. 2. Reg. 17. 27. Berzellai Galaadites
de Rogelim : BeTzeWai de Rogelim euGalaati.
c. 19. 31. etc. — 2^ Un prêtre qui ne pouvant
point faire voir sa généalogie, fut exclu de
la dignité du sacerdoce. 1. Esiir. 2. v. 61 . 62.
2. Esdr. 7. v. 63. 64. — 3' Le père deHadriel,
de la ville de Molalhi, dans la tribu de Si-
méon. 2. Reg. 21. 8. Voy. Hadriel.
BESAI, Heb. Conculcatio — 1° Un de ceux
dont la famille revinldeBabylone.au nojiibre
de .323. 1. Esdr. 2. 1. et 324. 2. Esdr. 7.23.
— 2 Un chef des Nalhinéens. 2. Esd. 7.54.
BESECATH, Heb. Massa. Ville de la tribu
de Juda, patrie dePhadaïa, père d'Ida, mère
de Josias. 4. Reg. 22. 1. Voy. Bascath.
BESÉE, Heb. Contemptio. Un Nalhinéen
considérable. 1. Esdr. 2. 40.
BESELAM, Heb. In pace. Beselam, sur-
riommé Miihridale , qui se joignit à Réum,
pour empêcher les Juifs de rebâtir leur tem-
ple. 1. Esdr. 4. 7.,
BESELEEL, Heb. In umbro Dei. — 1" Fils
d'Uri, excellent ouvrier rempli de sagesse
par l'Esprit de Dieu , pour travailler au ta-
bernacle. Exod. 31. 2. c. 35. 30. etc. — 2 Un
autre qui quitta sa femme étrangère. 1. Esdr.
10. .30.
BESLOTH ou BESLUTH, Heb. In umbris.
Chef des Nalhinéens. 1. Esdr. 2. 52. et 2.
Esdr. 7. 56.
BESODIA, Heb. In secreto Domini. Père de
MosoUam. 2. Esdr. 3. 6. Voy. Mosollam.
BESOR, Heb. Evangelizalio. Torrenl en
la tribu de Siméon, où David laissa deux
cents soldats fatigués. 1. Reg. 30. v. 9. 10.
21.
BESTIA, M. Du grec ^ô(r/.riu.ci, changeant x
en t. Pecus, animal quoâ pascitur, el signifie
Toute sorle de bêle, d'animal, même les
oiseaux, les poissons, etc.
1' Bête sauvage (Ofl^to-/. Gen. 31. 39. Nec
captum a beslia ostendi tibi : Je ne vous ai
rien montré de ce qui avait été tué par les
bêtes ; Jacob remontre à Laban que sa fidélité
louchant la garde des brebis el des chèvres
de Laban, allail au delà des borties, prenant
sur son compte ce que le loup pouvait prendre
de ceux qui appartenaient à Laban. Isa. 13.
21. Reqniescent ibi bcsliœ; Hebr. Animalia
facientia ah, id esl, noxia: Les bêtes sauvages
se retireront dans les ruines de Babylone.
Ezech. 34. 25. Ccssare fnciam bestias pessimas
de ^frra .•J'exterminerai de la terre les bêles
les plus cruelles. Les béte^ farouches se mul-
tiplièrent dans la Palestine, après l'enlève-
ment de ses habitants. Dieu marque qu'il y
fera revenir son peuple, en promettant qu'il
exterminera ces bêles.
2' Les bêles brûles terrestres {xrôvny Gen.
1.26. Pra'sit piscibus mnris et besliis : Que
Ihomme présiile aux poissons de la mer, aut
oiseaux du ciel el aut bêtes, c. 2. 20. etc.
.3" Les poissons (f'Tjov). Eccli. 43. 27. lUic...
varia bestiariim qmrra ; Il y a dans la mer
des animaux de toutes sortes
S19
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE
de leurs
520
§ 1. Les hommes, soit 1° à cause
dérégiemenls et de leur indocilité [Orjpiov).
Tit. 1- 12. Cretenses semper mendaces, malœ
hestiœ : Les Cretois sont de méchantes bêtes,
qui n'aiment qu'à manger et à ne rien faire;
saint Paul cite un poêle de Crète qui avait
dit ceci de ces peuples. 2° Soit à cause de leur
cruauté. Ps. 73. 19. Ne tradas besiiis aniiyias
confitentes tibi : Ne livrez pas à des hommes
furieux comme des bêles les âmes de ceux
qui s'occupent à vous louer; David parle des
Egyptiens qui poursuivaient les Israélites;
ce qui se peut entendre aussi de Saùl et de
ses gens, don! il était poursuivi. 2. Par. 25.
18. Jerem. 12. 9. Ezech. 3i. 5. Ose. 2. 12.
Ainsi, 1. Cor. 15. 32. Si [secundum hominem)
ad hestiaspugnavi E})hesi, elc. quid mihi pro-
dest, si mortui non resurgunt? Que m'a-t-il
servi, pour parler à la manière des hommes,
d'avoir combattu contre ceux d'Ephèse ,
comme contre des bêtes farouches, si les
morts ne ressuscitent point? Quelques-uns
croient néanmoins que saint Paul y fut ex-
posé aux bêles farouches dans le théâtre
d'Ephèse pour combattre et en être déchiré,
mais que Dieu l'en a délivré; il est plus pro-
bable de l'entendre dans le même sens que
saint Paul, lorsqu'il parle de Néron, et le
traite de lion. 2. Tim. k. 17. Et ce sens pa-
raît d'aulant plus vraisemblable, que ce qui
arriva à saint Paul à Ephèse est rapporté
Act. 19. V. 29. 30. etc. sans aucune mention
de ce combat contre les bêtes. Ainsi, Hérode
est appelé renard^ à cause de sa finesse et
de sa politique. Luc. 13. 31. Voy. Apoc. c.
16. c. 17. C.20. Isa. 56. 9. Omnes bestiœagri,
venile ad devorandum : Bêles des champs ,
venez toutes pour dévorer voire proie ; ces
bêtes farouches marquent les peuples enne-
mis des Juifs, et surtout les Romains , qui
ont détruit leur ville et leur temple ; mais le
prophète prédit aussi le carnage des âmes
que font les démons , par la négligence des
pasteurs. Jer. 12. 9. Ainsi, Dan. 7. 11. Vidi
quoniam interfecta esset bestia : Je vis que la
bêle avait été tuée; après que Dieu eut pro-
noncé l'arrêt de mort contre Anliochus; ce
prince fut frappé d'une plaie dont il mourut,
avec des douleurs effroyables et dans une
angoisse d'esprit inconcevable. § 20. Les em-
pires idolâtres, tel que l'empire romain.
Apoc. 13. 1. Et vidi de mari bestiam ascen-
dentem : Je vis s'élever de la mer une bête ;
ainsi, les quatre bêtes dont il est parlé dans
Dan. 7. 3. figuraient quatre empires célèbres.
Le premier était l'empire des Ghaldéens; le
second, celui des Mèdes et des Perses ; le troi-
sième, l'empire de Macédoine ou d'Alexandre
le Grand; et le quatrième pouvait bien être
celui des Séleucides en Syrie, et des Lagides
en Egypte; quoique quelques autres l'cn-
londeut de l'empire romain. Dan. 7. 7. Lcce
bestia quarta terribilis atque mirabilis; Je vis
paraître une quatrième bête, qui était terrible
et étonnante : Dissimilis autem. erat cœleris
bestiis : Ehe était fort différente des autres
bêles. Les autres empires n'avaient exercé
leur violence que sur les corps ; au lieu que
celui-ci devait l'exercer sur les consciences,
Ville de la tribu
Domus transitus.
pour les forcer à renoncer au culte du vrai
Dieu. Voy. Le^na, Ursls , Pardus.
§ 3° La philosophie païenne qui venait au
secours de l'idolâtrie romaine avec des rai-
sonnements pompeux etdes divinations; elle
est appelée le faux prophète. Apoc. IG. 13. c
19. 20. c. 20. 10.
BETÉ, Heb. Fiducia. Ville de Syrie, que
David prit sur Adarezer. 2. Reg. 8. 7. Voy.
ÏHEBAC.
BETEN, Hcb. Venter
d'Aser. Jos. 19. 25.
BETHABARA , Hebr.
Voy. BÉTHANiA, n. 2.
BETHACARA, Heb. Domus vineœ. Une
rue de Jérusalem qui appartenait à Melchias.
2. Esd.3. 14
Une ville de la tribu de Juda, située sur
une montagne, près de la tribu de Benjamin.
Jerem. 6. 1.
BET-HAGLA , Heb. Domus festivilatis.
Ville de la tribu de Benjamin, sur les confins
de Juda. Jos. 15. 6. autr. Beth-hagla.
BETHANAN, Heb. Do7nus gratiœ. autr.
Beth-hanan. Ville et contrée de la Judée. 3.
Reg. 4. 9.
BETHANATH , Heb. Domus cantici. Ville
de la tribu de Nephlali. Jos. 19. 38. Jud. 1.
33. D'où sont appelés Bethanitœ, ceux de
Belhanath, ibid.
BETHANIA, Heb. Domus sive locus afflicti
aut pauperis. Les Hébreux, à l'imitation des
Chaldéens, appellent du nom de maison toute
sorte de lieu. Heb. Beth. — 1° Bourg ou village
à deux mille pas de Jérusalem , où Jésus-
Christ a ressuscité le Lazare, et ou il
s'est souvent relire chez Marie et Marthe.
Malth. 21. 17. c. 26. 6. etc. —2° Un lie^ au
delà ou le long du Jourdain, où était le gué
par où on passait ce fleuve; c'était là que
saint Jean baptisait. Joan. 1. 28. Le Grec
porte Bethabara, domus transitus : C'est par
où les Israélites ont passé le Jourdain.
BETHANOTH, Heb. Domus canticorum.
Ville de la tribu de Juda. Jos. 15. 59.
BETHARABA, Heb. Domus planiliei. Ville
dans le désert de la tribu de Juda. Jos. 15. v.
6. 61. c. 18. 22. Cette ville est sur les confins
des Iribus de Juda et de Benjamin.
BETHARAN, Heb. Domus viontis. Ville de
la tribu de Gad, dans la Pérée, que Josué
prit sur Sehon. Num. 32. 36. Jos. 13. 27.
BETHAVEN , Heb. Domus vanitatis , ou
iniquitaiis, ou idoH. — 1° Ville de la tribu de
Benjamin. Jos. 7. 2. Hai quœ est juxta Be-
//mven.-Haï qui est près de Bethaven. l.Rcg.
15. 5. c. 14. 23. Celte ville a donné ce nom à
un désert qui était auprès. Jos. 18. 12.
2" Ce nom a été donné par mépris à la ville
de Béthel, dans la tribu d'Ephraïu», à cause
de l'idolâtrie qu'on y exerçait, Jéroboam y
ayant fait un veau d'or. Ose. 4. 15. Ne ascen-
derilis in Bethaven : Ne montez point à Be-
thaven. Le prophète avertit et exhorte Juda
de ne pas imiter l'idolâtrie des dix tribus, c.
5. 8. c. 10. 5. Voy. Béthel.
BETH-AZMOTH, Heb. Domus for tiiudinh
montis. — Ville de la tribu de Juda. 2. Esdr.
7.28.
t-t\ BET
BETH-BERA, Heb. Bomus electa. Grande
campagne dans la Iribu d'Ephraïm, où Gé-
déon déflt les Madianites. Judic. 7. 2i. D'au-
tres croient que c'est une viile près du Jour-
dain, dans la demi-tribu de Manassé.
BETH-BERAI, Heb. Domus sanilatis. Ville
en la tribu de Juda. 1. Par. i. 31. Voy. Beth-
^.EBAOTH.
BETH-BESSEN, Heb. Domics confessionis.
Ville dans le désert de la tribu de Juda, où
Simon et Jonathas taillèrent en pièces l'ar-
mée de Bacchide. 1. Mac. 9. v. 02. 6i.
BETH-CHAR, Heb. Domus agni. Ville de
la tribu de Dan. 1. Reg. 7. 11.
BETH-DAGON, Heb. Domus frumenti. —
1° Ville de la tribu de Juda. Jos. 15. 41. c. 19.
28. Aujourd'hui Caserdago. — 2" Le temple de
Dagon , dans la ville d'Azot. 1. Mac. 10. 83.
BETH-HAGLA,Voy. Beth-agla..
BETHEL, Heb. Domus Dei. — 1° Ville de la
tribu de Benjamin, appelée de la sorte, parce
que Dieu y apparut à Jacob; car elle s'ap-
pelait auparavant Luza. Gen. 28. 19. Appel-
lavitque nomeyi urbis Bethel, quœ prius Luza
vocabatur : Il donna le nom de Bethel à la
ville qui s'appelait auparavant Luza. c. 3o.
V. 6. 7. 15. Celte ville est même appelée de
ce nom par anticipation, c. 12. 8. c. 13.
3. etc.
2° Ville de la Iribu d'Ephraïm, près de Si-
chem, où Jéroboam Ct dresser le veau d'or.
3. Reg. 12. V. 29. 32. 33. c. 13. 1. etc. Cette
ville a été nommée Bethaven , à cause de
l'idolâtrie et du culte impie qu'on y exerçait.
Amos, 5. 5. Nolite quœrere Bethel : Ne cher-
chez point Bethel, c'est-à-dire le veau d'or
qui y était adoré; c'est pourquoi Bethel a été
appelée Bethaven, Maison de vanité , pour
Maison de Dieu. Ose. i. 15. c. o. 8. c. 10. 5.
Voy. Bethaven. On confond ordinairement
ces deux Bethel en une , comme étant sur
les conflns de l'une et l'autre tribu.
BETHEMEC, Heb. Domus vallis, ville de la
Iribu d'Aser,aux conûnsde celles deZabulon
ct de Nephlhali. Jos. 19. 27.
BETHER, Hebr. Divisio. C'est Bethel, de
la tribu de Benjamin. Cant. 2. 17. v. 8. Gr.
BETH-GADER, Heb. Domus mûri. Nom
de lieu dans la tribu de Juda , le même que
Gedor. 1. Par. 2. 51. IJariph pater Beth-
Gacler : Hariph, prince ou seigneur de Ge-
dor, au moins en partie, parce que Phanuel
l'était aussi.
BETH-GAMUL, Heb. Domus relributionis,
ville de la tribu de Ruben, dans le royaume
des Moabites. Jer. kS. 23. Quelques-uns
croient que c'est un nom de famille ; car
Gamul était une famille sacerdotale. 1. Par.
17. 2i.
BETHIA, JE, Heb. Filia Domini. Fille de
Pharaon, femme de Mered. 1. Par. h-, 18.
BETHJESIMOTH, Heb. Doitms desolalio-
num. Ville de la tribu de Ruben. Jos. 13. 20,
Ezech 2.0. 9.
BETH-LEBAOTH, Heb. Domus leœnarum.
Ville de la tribu de Siméon. Jos. 19. G. La
même que Lcbaolh. Jos. 15. 32.
Dictionnaire de Philol. Sacrée. I,
BET
52â
BETHLEEM, Heb. Domui partis —l' Petite
viile dans la tribu de Juda, qui s'appelait
Ephrata. Ce lieu a été rendu célèbre par la
naissance de David, et surtout par celle de
Jésus-Christ, Mich. 5, 2. Et tu Bethléem
Ephrata. Malth. 2. v. 15. 6. Et tu Bethléem
terra Juda, etc. Voy. Lahem. L'empereur
Adrien profana cette ville l'an 135, en y fai-
sant bâlir un temple à Vénus. Les chrétiens
s'étant rendus maîtres de la Terre-Sainte, on
y érigea l'an 1110 un évêché, suffragant de
Jérusalem; mais depuis que les Turcs so
sont emparés de tout ce pays, Bethléem n'est
plus qu'un bourg où demeurent quelques
pauvres chrétiens qui gagnent leur vie à
faire des crois, et des chapelets pour la dévo-
tion des pèlerins qui visitent les lieux saints.
Le bourg est situé sur une colline assez
agréable, au pied de laquelle est l'église où
est la sacrée grotte, célèbre par la naissance
du fiis de Dieu : sainte Hélène y fit bâtir uno
chapelle. Il y a eu depuis un monastère qui
est aujourd'hui commun aux cordeliers La-
tins, aux Grecs et aux Arméniens.
2° Une autre ville de la tribu de Zabulon,
dans la Galilée inférieure. Jos. 19. 15. Celte
ville est appelée Bethulie dans le livre de Ju-
dith.
BETH-MAACA, Heb. Domus compressa.
Ville de la tribu de Nephlhali. 2. Reg. 20.
V. 14. 15. Voy. Abel.
BETH-MAON, Heb. Domus habitaculi.
Ville dos Moabites, dans la tribu de Ruben.
Jer. 48. 23. Quelques-uns croient que c'est
un nom de famille -, Maon est un nom
d'homme. 1. Par. 2. 45.
BETH-MARCABOTH, Heb. Domus quadri-
garum. Ville de la tribu de Siméon. Jos. 19.
5. Vov. Medemena.
BETH-NEMRA, Heb. Domus pardi. Ville
de la Iribu de Gad. Num. 32. 36, Jos. 13. 27.
La même que Nemra. Jos. 32. 2.
BETHORON, Heb. Domus irœ. De Beth,
domus, et deHarah, irasci.
Ville de Belhoron la supérieure, qui est
dans la tribu d'Ephraïm, aux confins de
celle de Manassé, deçà le Jourdain, assignée
aux lévites de la famille de Caath. Jos. IG
5. c. 21. 22. 1. Par. 6.G8.
BETHORON, Heb. Divisio. De Batar, divi-
dere.
Ville de Belhoron l'inférieure, dans la
tribu de Benjamin. Jos. 10 v. 10. 11. c 18*
Y. 13. 14. 1. Reg. 13. 18. 2. Reg. 2. 29. 1.
Mac. 3. V. 16. 24. c. 4. 29. c. 1. 34. c. 9. 50.
Il paraît néanmoins que ces deux villes
étaient proches l'une de l'autre , puisque
c'est la même personne qui les a fait rebâtir.
1. Par. 7. 24, ct que Salomon les a fait for-
tifier toutes deux. 2. Par. 8. 5. et 3. Reg. 9.
17. ^
BETH-PHAGE. Heb. Domus oris vallium.
Petit village au pied du mont des Oliviers.
Matlh. 21. 1. Luc. 19. 24.
BETH PHALET ou BETH-PHELET, Heb.
Domus hberationis. Ville dans la tribu da
Juda. Jos. 15. 27. 2. Esdr. 11. 26.
BETH-PHESES , Heb. Domus divisionit.
Ville de la tribu dlssachar. Jos. 19. 21.
17
523
DICTIONNAIRE DE
BETH-PHOGOR , Heb. Domiis hiatus.
Ville de la tribu de Ruben. Jos. 13. 20.
BETH-RAPHA , Heb. Domus sanitatis.
Fils dEslhon , de la tribu de Juda. 1. Par.
h. \%.
BETHSABEE, Reh. Filiajuramenti. Fille
dEliam, femme d'Urie, de laquelle David eut
un enfant par adultère. 2. Reg. 11. 3. c. 12.
2i, etc. Elle est appelée Bethsua, en hébreu,
1. Par. 3. 5.
BETHSAIDA , Heb. Domus frugnm. —
i-Pelite ville de la Galilée, de la tribu de
Zabulon, considérable par la naissance de
trois apôtres, Pierre, André et Philippe.
Malth. 11. 21. Vœ tibi Bethsaida : Malheur à
toi, Bethsaïde. Philippe le Tétrarque l'a éri-
gée en ville considérable, et l'a nommée
Julie. Marc 6. ko. Voy. Desertum. —2° Pis-
cine où les malades étaient guéris quand
l'eau avait été troublée par l'Ange, Joan. 3.
2. Le Grec porte Bethesda, qui signifie en
syriaque maison de miséricorde, à cause de
celle que Dieu exerçait; Hebr. Beth-cliesda.
Voy. Probatica.
BETHSAMES, Heb. Domus soUs.- 1° Ville
de la tribu de Neplilhali, dont le Chananéen
ne fut point chassé. Jos. 19. 38. Judic. 1. 33.
Nephtfiali quoque non delevit habitatores
Belhsames : Nephthali n'extermina point les
habitants de Bethsamès. — 2" Ville de la
tribu de Juda, donnée aux prêtres. Jos. 13.
10. c. 21. 16. 1. Reg. 6. 9. où fut amenée
l'arche. Elle est appelée Bethsemes. 1. Par.
6. 59. Voy. Abel-Magnom. — 3° Ville de la
tribu d'Issachar. Jos. 19. 22. — i° Ville de
la tribu de Dan. 3. Reg. i. 9, qui est appe-
lée Hirsemes. Jos. 19. 41.
BETHSAMIT^, àrdm. Habitants de la
Tille de Bethsamès, de la tribu de Juda. 1.
Reg. 6, 13. etc.
BETHSAN, Heb. Domus eboris. Ville de la
tribu de Manassé, d'où les Chananéens ne
furent point chassés. Jos. 17, v. 11. 16, etc.
C'est la même que Scylhopolis ; c'a été une
ville archiépiscopale qui avait neuf suffra-
gants sous le patriarche de Jérusalem; mais
le siège a été transféré à Nazareth,
BETH-SETTA, Heb. Domus exlensionis.
Ville et plaine dans la tribu de Manassé,
deçà le Jourdain, Judic. 7. 23.
■ BETH-SIMOTH, Heb. Domus desolatio-
num. Le trente-neuvième campement des
Israélites dans les déserts de Moab. Num.
33. 49. Jos. 12, 3. C'est Belh-jesimolh,
BETHSUR ou BETHSURA, Hebr. Domus
rupis. Place forte des Juifs, du côté de lldu-
mée, 1. Mac. 4. 61. etc. Elle est au septen-
trion de la tribu de Juda, Jos, 13. 38, 2. Par,
11. 7.
BETHTHAPHUA, Heb. Domus pomi. Ville
de la tribu de Juda, Jos. 13. 33.
BETHUL, Heb, Virgo, Ville de la tribu de
Siméon, Jos. 19. 4. La même que Bathuel,
laquelle d'abord a été dans la tribu de Juda,
et a depuis été donnée à celle de Siméon.
BETHULIA. Bethulie, Voy. Bethléem.
BETH-ZACHARA, ^e. Heb. Domus mémo-
riœ. Un lieu dans la tribu d(> Juda, où se
dunna ce grand combat entre Judas Macha-
PIIILOLOGIE SACRÉE. 5%
bée et Antiochus Eupator. 1. Mac. 6. v, 32.
33,
BETHZECA , Heb. Domus tribulationis.
Ville de la tribu de Juda, prise par Bacchi-
des. 1. Mac, 7. 19.
BETONIM, Heb. Ventres, Ville de la tribu
deGad.Jos. 13.26.
BEZEG, Heb. Fulgur, Ville capitale du
royaume d'Adonibezec ou des Bezeceniens,
dans la tribu de Manassé, deçà le Jourdain.
Judic. 1. V. 4. 3. 1. Reg. 11. 8. On croit que
c'est la même que Beth-Setla.
BIBERE, rîveev. Du verbe grec Triw , chan-
geant - en jS, et ajoutant /3 devant m et si-
gnifie :
1° Boire pour étancher sa soif. Isa. 44, 12.
Non bibel aquam et lassescet : Le forgeron
formant une idole.., endurera la soif jusqu'à
tomber dans la défaillance ; ce qui marque
l'attache qu'il a , jusqu'à ne penser pas
même ni à boire ni à manger. Joan, 4. 13.
Omnis qui bihit ex aqua hac, sitiet iterum :
Quiconque boit de celte eau aura encore
soif, dit Jésus-Christ à la femme Samaritaine.
Matlh. 6. 31. Quid bibemus ? Ne vous inquié-
tez point, en disant... Que boirons-nous?
Marc. lô. 18. Deut. 32, 38.
2° Boire au delà de la pure nécessité, faire
bonne chère, être en festin, Gen. 43. 34. Bi-
beruntque et inebriati sunt cum eo : Les frè-
res de Joseph burent ainsi avec Joseph, et
ils firent grande chère. Ici inebriati est pour
saturati. Prov. 31.3. Gen. 9. 21. Ps. 68. 13,
Jn me psallebant qui bibebant vinum : Ceux
qui buvaient du vin me raillaient par leurs
chansons : c'est sur David même que se di-
saient ces chansons, où l'Ecriture ajoute
quelquefois abundanter , pour dire boire
beaucoup, s'échauffer de vin. Esth. 3 6.
Dixit ei rex postquam vinum biberat abun-
danter ; quid petis ut detur tibi? Assuérus dit
à Esther, après avoir bu beaucoup de vin :
Que désirez-vous que je vous donne, et que
me demandez-vous? où bibere abundanter
vaut autant pour la signification que vino
incalescere^ c. 7. 2.
§ 1. — S'abreuver d'eau, en être humecté,
en parlant de la terre. Heb. 6. 7. Terra enim
sœpe venientem super se bibens imbrem : Une
terre souvent abreuvée des eaux de la pluie :
dans ce verset, l'AjJÔlre apporte une compa-
raison de ceux qui étant bien instruits et
avec soin de la parole do Dieu, en font un
bon usage par les fruits de leurs bonnes
œuvres.
§ 2. — Apprendre, recevoir avec affection ce
qu'on nous enseigne. Prov. 9. 5. Bibite vi-
num quod miscui vobis : Recevez la doctrine
salutaire que la Sagesse vous présente; ce
que l'Eglise explique aussi de l'adorable sa-
crement de nos autels. Ainsi, Eccli. 24, 29.
Qui bibunt me, adhuc sitient: Vlus on goûle
les douceurs de la Sagesse et de l'Esprit de
Dieu, plus on désire les goûter ; ce qui s'ae-
corde bien avec saint Jean. 4. 13. Qui aulem
biberit ex aqua, quam ego dabo ei, non sitiet
in œternum : Celui qui boira de l'eau que jo
lui donnerai n'aura jamais de soif. Celte
eau, ce sont les lumières et les grâces du
Si5
BIB
BIB
526
Sainl-Esprit,qui, étant devenues comme une
source vivante, font que celui qui les a re-
çues, n'est plus altéré des biens ni des plai-
sirs de la terre; à quoi est opposée la doc-
trine qu'enseigne la grande Babylone, Apoc.
18. 3 De vino irœ furnicationis ejus bibe-
runt omnes gentes : La grande Babylone a
fait boire à toutes les nations du vin de la
colère de sa prostitution ; ce vin empoisonné
sont les plaisirs du monde et l'idolâtrie.
Voy. Calix.
§ 3. — Jouir des biens d'autrui que l'on a
pris. Job.. 5. 5. Bibent silientes divitias ejus ;
Ceux qui séchaient do soif boiront les ri-
chesses de l'insensé. Ezech. 25. k. Mais au
contraire, Prov. 5. 15. Bibere aquam de cis~
terna sua^ signifie jouir de ses biens et non
de ceux d'autrui. Voy. un autre sens au mot
Aqua.
§ 4-. — Se remplir, ou jouir abondamment
des biens spirituels, Joan.7. 37. Si guis sitit
veniat ad me et bibat : Si quelqu'un a soif,
qu'il vienne à moi, et qu'il boive. Par la
puissance de ce breuvage, Jésus-Christ en-
tend les grâces vivifiantes du Saint-Esprit ;
et Matth. 26. v. 27. 28. Bibite ex hoc otnnes,
hic est enim sanguis meus novi Testamenli :
Jésus-Christ invite à boire le calice de son
sang. Luc. 22. v. 23. 30. Jean. 4. 13. c. 7.
37. Voy. ViNUM.
Phrases tirées de la slgnificalioa de ce verbe dans le sens
figuré.
Bibere calicem ou Bibere, Souffrir des
maux, supporter des afflictions, être griève-
ment puni. Cette métaphore est tirée de la
coutume ancienne, où le père de famille dis-
tribuait à chacun sa portion ; ainsi Dieu dis-
tribue les biens et les maux selon les mérites
d'un chacun. Isa. 51. 17. Consurge Jérusa-
lem, quœ bibisti de manu Domini calicem irœ
ejus; usque ad fundum soporis bibisti .-Levez-
vous, Jérusalem, qui avez bu de la main du
Seigneur le calice de sa colère, qui avez bu
ce calice d'assoupissement. Le prophète pré-
dit au peuple le retour et la délivrance de la
dure captivité de Babylone, v. 22. Job. 21.
20. Ps. 74. 9. Ezech. 23, v. 32. 34. Abd. 10.
Apoc. 14. 10. Ainsi, Jerem. 25. 16. etc. Bi-
bentes bibclis : Vous boirez certainement de
cette coupe; Dieu ordonne au peuple de dé-
clarer que les Babyloniens mémos éprouve-
raient la colère de Dieu par les Modes et les
Perses, à cause de leur orgueil, comme il
sétait servi des Babyloniens pour punir les
péchés des Juifs. Matth. 20. v. 22. 23. Marc.
10. 38. 39. Joan. 18. 11, Calicem quem dédit
m,ihi paler, non bibam illum : Ne faut-il pas
que je boive le calice que mon Père m'a
donné, dit Jésus-Christ à saint Pierre; ce
qui s'entend de la passion et des souffrances
de Jésus-Christ. On entend encore dans le
même sens, Ps. 109.8. Detorrenteinvia bi-
bet : Il supportera de grandes afnictions pen-
dant le cours de sa vie. Voy. Potare , Ine-
BRIARE.
Bibere, bibere sanguinem. — 1° Remporter
Une pleine et entière victoire sur ses enne-
mis; ce qui est dit par allusion au lion qui
boit le sang oes animaux dont il fait sa
proie. Nuni. 23. 24. Populus.,, quasi leo eri-
getur ; non accubabit donec devoret prœdam,
et occisorun sanguinem bibat : Le peuple
d'Israël s'élèvera comme un lion; il ne se
reposera point jusqu'à ce qu'il dévore sa
proie, et qu'il boive le sang de ceux qu'il
aura tués, dit Balaam. Zach. 9. 15. Bibentes
inebriabuntur quasi a vino : Les Juifs boiront
le sang de leurs ennemis ; ils en seront eni-
vrés comme de vin ; c'est aussi par cet hé-
braïsme que quelques interprètes regar-
dent le Messie représenté comme un vain-
queur, qui, après avoir fait un grand car-
nage de ses ennemis, pourrait boire du tor-
rent de leur sang. Ps. 109. 8. De torrente in
via bibet.
2° Souffrir les dernières cruautés jusqu'à
voir tant de sang répandu, qu'on soit forcé
d'en boire. Apoc. 16. 6. Sanguinem eis dé-
dis ti bibere, digni enim sunt : Vous leur avez
même donné du sang à boire ; c'est ce qu'ils
méritent; se. ceux qui ont répandu le sang
des saints et des prophètes : ceci a rapport à
ce qui est dit, Matth. 23. 35. Le sang des
martyrs était vengé par le sang de leurs per-
sécuteurs, et les barbares s'enivraient du
sang des Romains parce que les Romains
s'étaient enivrés du sang des chrétiens.
Bibere aquas alicujus. 3° Avoir recours à
quelqu'un , implorer son assistance. Jerem.
2. 18. Quid tibi vis in via Mgypti ut bibas
aquam turbidam : et quid tibi cum via Assy-
riorum, ut bibas aquam fluminis? Qu'allez-
vous chercher dans la voie de lEgypte? est-
ce pour y boire de l'eau bourbeuse? Et
qu'allez-vous chercher dans la voie des As-
syriens ? est-ce pour y boire de l'eau de
l'Euphrate ? Ici, Dieu témoigne aux Juifs
qu'ils n'auraient que faire de recourir ni
aux Egyptiens , ni aux Assyriens contre
leurs ennemis, s'ils se voulaient tenir atta-
chés à lui.
Bibere quasi aquam. Prendre plaisir à quel-
que chose , comme ceux qui sont altérés
prennent plaisir à boire de l'eau. Job. 15. 16.
Qui bibit quasi aquam, iniquitalem : Celui qui
boit l'iniquité comme l'eau. Prov. 4. 17. Vi-
num iniquitatis bibunt : Les impies boivent
le vin de l'iniquité : ils se plaisent à mal
faire comme on se plait à boire du vin. Ainsi,
Bibere quasi aquam, subsannationem .- Etre
rempli de railleries, se plaire à railler. Voy.
SuBSANNATio. A quoi se peut rapporter cet
endroit des Proverbes, c. 5. 16. liibe aquam
de cisterna tua : Buvez de l'eau de votre; ci-
terne, c'est-à-dire contentez-vous de l'usage
légitime du mariage qui vous est permis.
Ainsi, Eccfi. 20. Ki. Ab oiyini aqua proxima
bibet : Elle boira de toutes les eaux qui se-
ront près d'elle : il faut retenir dans la mo-
destie 1rs jeunes filles, de peur qu'elles no
s'échappent.
Comedere et bibere. Voy. Comedere.
BIBLIOTHKCA, je. Ce nom qui est grec,
/3«ç),to0/ixï7 , vaut autant que ptQi'.jv Omn, et si-
gnifie pro[)rement armoires où sont res-
serres les livres ou autres papiers, et csC
52T
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
S2S
pris aussi pour un lieu où il y a beaucoup de
livres; dans l'Ecriture :
1" Bibliothèque, lieu où il y a beaucoup de
livres. 2. Mach. 2. 13. Construens Bibliothe-
cam, congregavit deregionibus libros : Néhé-
niias fit une bibliothèque, ayant rassemblé
de divers pays les livres des prophètes et de
David, etc.
2° Archives où se gardent les papiers et
les choses les plus précieuses {ohoç). 1.
Esdr. 0. n. Nunc ergo , si videtur Régi bo-
num, recenseat in Bibliotheca librorum Régis :
Nous supplions le roi dagréer, si c'est sa
volonté, qu'on voie en la bibliothèque du
roi qui est à Babylone, s'il est vrai que le
roi Cyrus ait ordonné... que la maison de
Dieu fût rebâtie. C'est ce qu'écrit le gouver-
neur de Judée à Darius, c. 6. 1.
BICEPS, cipitis, ôicrropo?. Dérivé de bis et
de caput, et signifie proprement qui a deux
têtes; dans l'Ecriture :
Qui a deux tranchants. Prov. 5. k. Acuia
quasi gladius biceps: ulraque parte scindens :
La prostituée fait périr doublement ceux qui
s'attachent à elle ; elle cause souvent une
mort temporelle et toujours une mort éter-
nelle.
BIDUUM , 1. S^o r.uépui. Ce nom neutre, mis
pour bidium, est formé de l'adverbe bis et de
dies, et signifie l'espace de deux jours ; où
spatium est sous-entendu. Jos. 20. 5. Nec
ante biduum thduumve ejus probatur inimi-
cus (î/.ûpôç) : On ne saurait prouver que deux
ou trois jours auparavant, celui qui s'est
retiré dans celte ville do refuge ait été l'en-
nemi de celui qu'il a tué sans y penser ; c'est
le cas auquel les habitants ne le devaient
point livrer entre les mains de celui qui
poursuivait le meurtrier. Levit. 19. 7. Num.
9. 22. 2. Mach. 10. 37. Matth. 26. 2. Marc,
ji. 1.
BIENNIUM , II. o£0t£,6ov troc. Ce nom , for-
mé de bis et de annus, signifie :
L'espace de deux ans. Gen. 11. 10. Sem
erat centum annorum gundo genuit Arpha^
xad, biennio post diluvium : Sem avait cent
ans lorsqu'il engendra Arphaxad, deux ans
après le déluge.
BIGA, -E. Suvwûîf Ce nom, qui est mis
comme pour ïtiaga, vient de l'adverbe bis et
du verbe ngere, et signifie :
Deux chevaux attelés de froni, chariot tiré
par deux chevaux ou deux autres animaux.
Isa. 21. 9. Ecce iste venit ascensor vir bigœ
cquilum. Subaudi, uterque : Ces deux hom-
mes qui conduisaient le chariot approchè-
rent : se. Cyrus et Darius Médus qui entrè-
rent dans Babylone.
BILIBRIS, is. y^oïyic. Ce nom, composé
de bis et de libra, signifie proprement qui
pèse deux livres, qui est du poids de deux
livres; dans l'Ecriture :
Mesure de deux livres qui faisait environ
le litron ; néanmoins le chcnix , qui répond
au mot grec /orvi;, faisait plus de trois livres ;
c'était le demi-boisseau que l'on donnait
chaque jour aux esclaves pour leur sufli-
sancc. Apoc. 0. G. Bilibris tritici denario, et
1res biliùrcs hordei denario : La mesure de
deux livres, ou le demi-boisseau de blé,Tau-
dra une drachme, et (rois mesures pareilles
d'orge vaudront autant, ce qui marquait une
grande cherté, dont Jésus-Christ faisait aver-
tir ses serviteurs.
BILINGUIS, is. 01)070,-. De bis et de lingua,
et signifie proprement qui sait deux langues ;
il est néanmoins pris aussi dans la significa-
tion où il se prend dans l'Ecriture :
Qui parle d'une manière et qui pense de
l'autre; qui dit autre chose qu'il ne pense;
qui dit tantôt l'un, tantôt l'autre : un fourbe.
Prov. 8. 13. Os bilingue detestor : Je liais la
langue double , dit la Sagesse. 1. Tim. 3. 8.
Diaconos simililer pudicos, non bilingues : Il
faut que les diacres soient chastes et bien
réglés ; qu'ils ne soient point doubles dans
leurs paroles.
BIMATUS, us. oiîzèç oG?. L'âge ou l'espace
de deux ans. Matth. 2. 16. Mittens occidit
pueras a bimatu et infra : Hérode envoya
tuer en Bethléem tous les enfants, depuis
l'âge de deux ans, et ceux qui en avaient
moins, âgés de deux ans et au-dessous.
BINI, JE, A. ô'jo, o'jo, ou «VK ôvo. Dé l'ad
jectif 6îs, et signifie :
1° Deux ensemble ou deux à deux. Marc.
6. 7. Luc. 10. 1. Misit illos binos ante facicm
suam : Jésus-Christ envoya devant lui soixan-
te- douze autres disciples deux à deux. Gen.
6. 20. c. 7. lo. Bina et bina ex omni carne :
Il entra dans l'arche de Noé deux mâles et
deux femelles de toute chair vivante et ani-
mée ; t. e. des animaux impurs deux cou-
ples. Voy. V. 2. Gen. io. 22. Exod. 26. 19.
2° Deux , sans marquer de combinaison.
Joan. 2. 6. Erant aulem ibi lapideœ hydriœ
sex positœ... capienles singulœ metretas bi-
nas, vel ternas ( ojo ) : Il y avait là six gran-
des urnes de pierre, dont chacune tenait
deux ou trois mesures : Ce fut à Cana où
Jésus-Christ changea l'eau en vin.
BIPARTITUS, A, UM. Ce participe de bipar-
tior, signifie :
Divisé, partagé en deux {oiy/x). Eccli. 47
23. Ut facercs imperium biparlilum : Salo-
mon, par sa dissolution, a attiré la colère do
Dieu sur ses enfants, dont le premier effet
fut la division du royaume de Juda et d'Is-
raël sous Roboam.
BIS, Sic. De l'ancien mol duis , et si-
gnifie :
Deux fois. Marc. 14. v. 30. 72. Priusquam
gallus canlet bis, ter me negabis : Avant que
le coq ail chanté deux fois, vous me renon-
cerez trois fois, dit Jésus-Christ à saint
Pierre. Phil. 4. 16. Tliessalonicam sernel et bis
in usum mihi misistis : Vous m'avez envoyé
deux fois à Thessalonique de quoi satisfaire
à mes besoins. 2. Esdr. 13. 20. 1. Mach. 3.
30. De là vient :
BISACUTCS , A , UM. StffTo^o?. Qui a deux
tranchants, qui coupe des deux côtés. EccJi.
21. 4. Quasi romphœa bis acuta, omnis ini-
quilas : Tout péché est comme une épéc ù
deux tranchants, se. en ce qu'il tue et la
corps et râmo
BIS MORTULS , oiç àr.oO«v'iv. Tout à fait
mort. Jud. v. 12. Arbores bis morluœ.
5*29
BLA
BLA
53)
Saint Jude compare les séducteurs dont il
parle, à des arbres morts dans les branches
et dans la racine; i. e. tout à fait morts.
BITHYNIA, jE, Gr. Violenta prope'ratio ^
Bilhynie, pays de l'Asie Mineure, proche de
la Troade. Act. 16. 7. 1. Petr. 1. 1. 11 est bor-
né du côté du nord par le Pont-Euxin , par
la Galatie du côté du levant, du côté du
midi par l'Asie proprement dite, et par la
mer rie Marmara du côté du couchant.
BITUMEN , mis, oiafalroç. Du verbe grec
Trt-TÔw, et signifie :
Bitume, terre gluante, approchante du
soufre; espèce de glu chaude qui a du rap-
port à la poix : on s'en est quelquefois servi
au lieu d'huile pour brûler dans des lampes.
Gen. 11. 3. Habueruntque.... bitiimen pro
cœmento : Les enfants de Noé se servirent de
bitume comme de ciment ; savoir, pour bâtir
la tour de Babylone. c. 6. ik. v. k. Bitumine
Unies : Vous frotterez l'arche de bitume de-
hors et dedans, dit Dieu à Noé. Ainsi la mère
de Moïse enduit de bitume la corbeille dans
laquelle elle le mit pour l'exposer sur le Nil.
Exod. 2. 3. De là vient:
Puteus bituminis. Puits plein de bitume,
puits où au lieu d'eau il se trouve du bitume.
Gen. 14. 10. Vallis autem silveslris habebat
puteos multos bituminis : Il y avait beaucoup
de puits de bitume dans cette vallée des
bois.
BIVIUM, II. KiMfoSoç. Composé de bis et de
via, et signifie :
Lieu où deux chemins aboutissent, ou bien
où deux chemins se croisent.
Chemin qui se divise en deux. Ezech. 21.'
21. Stetit rex Bobylonis in bivio : Nabucho-
donosor s'est arrêté à la tête de deux che-
mins. Ici le prophète prédit le doute où se
devait trouver Nabuchodonosor, s'il devait
porter ses armes contre Jérusalem ou contre
les Ammonites. Gen. 38. ik. Marc. 11. 4.
BLANDE. D'une manière flatteuse et cares-
sante
1^ D'une manière caressante, douce et
pleine de bonté (d; za/sSiav). Gen. .50. 21. So~
lalusque est eos, et blande ac leniler est locu-
tus : Joseph consola ses frères en leur par-
lant avec beaucoup de douceur et de modé-
ration ; ce fut lorsqu'ils lui vinrent rendre
visite après la mort de Jacob , et sur ce qu'ils
craignaient que Joseph ne se souvînt du mal
qu'ils avaient eu dessein de lui faire.
2" Agréablement, avec un sentiment agréa-
ble. Prov. 23. 32. Ingreditur blande, sed in
novissimo mordebit ut coliiber ; Hebr. incedit
recte, réussit bien au commencement : Le
vin entre agréablement, mais il mord à la
fin comme un serpent.
BLANDIMENTUM, i. Flatterie, caresse
faite à quelqu'un, soit en paroles. Prov. 28.
23. Qui corripit hominem, gratiam poslea
inveniet apud eum, magis guam ille gui per
linguœ blandimenla decipit .-Celui qui reprend
un homme, trouvera grâce ensuite auprès de
lui, plus (jue celui qui le trompe par des pa-
roles flatteuses ; soit que ces caresses se
fassent autrement. Tob. II. 9. Cnnis guasi
nunlius advenicns , blandimento suce caudœ
gaudebat : Le chien qui avait suivi l'ange
Raphaël et le jeune Tobie , courut devant
eux ; et comme s'il eût porté la nouvelle de
leur venue , il semblait témoigner sa joie par
le mouvement de sa queue.
BLANDIRI. Flatter, caresser («Trarâv). Ju-
dic. li. 15. Blandii'e viro tito : Gagnez votre
mari par vos caresses et faites qu'il vous
découvre ce que son énigme signifie , dirent
à la femme deSamson les trente jeunes hom-
mes à qui Samson avait proposé son énigme,
rapportée v. 14. c. 19. 3. Eslh. 15. 11. Prov.
7. 13. Isa. 66. v. 12. 13. Super genua blan-
dientur vobis : On vous caressera comme les
mères caressent leurs enfants qui sont sur
leurs genoux. Voy. Genu. C'est ici une
figure de la bonté avec laquelle Dieu devait
traiter son Eglise.
BLANDlTliE, arum. Caresses, flatteries.
Gen. 34. 3. Tristemqiie delinivit blanditiis :
Sichem, voyant que Dina était triste, tâcha
de la gagner par ses caresses ; il venait de
lui faire violence.
BLANDUS, A, UM. Du grec irlàyoç. Latin
planus , engeoleu)', affronteur, et signifie :
Caressant, flatteur. Prov. 29. 5. Homo qui
blandis fictisque sermonibus loquitur amico
suo , rete expandit gressibus ejus : Celui qui
parle à son ami avec un langage flatteur et
déguisé, lui dresse un filet pour y engager
ses pieds, c. 6. 24.
BLASPHEMARE, p^aTy^psiv. Ce verbe, qui
est grec, vient de p.ÛTTnn et de yrjfiïj , et si-
gnifie proprement :
Blesser la réputation, selon saint Augustin,
/î6. 2. cap. 11. de Moribus Manichœorum :
Blasphémer, c'est dire du mal des bons : or
comme on peut douter des hommes, et que
sans difficulté Dieu est bon, ce verbe blas-
phémer marque ordinairement dire du mal
de Dieu même. Dans l'Ecriture :
1° Médire, détracter, dire du mal de quel-
qu'un, l'accuser faussement, calomnier.
Rom. 3. 8. Et non ( sicut blusphemamur et
sicut aiunt quidam nos dicere) faciamus main
ut veniant bona : Pourquoi ne ferons-nous
pas le mal afin qu'il en arrive du bien? com-
me quelques calomniateurs nous accusent
faussement de le dire, c. 14. 16. 1. Cor. 4.
13. Blasphemamur et obsecramus : On nous
dit des injures et nous répondons par des
prières, c. 10. 30. 1. Tim. 0. 1. Tit. 2. 5. c. 3.
2. Admone illos neminem blasphemare : Aver-
tissez les peuples de ne médire de personne.
2. Petr. 2. 10. Jud.8. 10.
2° Blasphémer en parlant d« Dieu,dé^ho-
norer Dieu par des paroles outrageuses
(xaT«r.âv). Levit. 24. 16. Qui blasphcmaveht
nomen Domini morte moriatur : Que celui
qui aura blasphémé le nom du Seigneur soit
puni de mort. Isa. 1. 4. .Marc. 3. 28.
3' Blasphémer, signifie, attribuer a soi-
même, ou à un autre, l'honneur ou le pou-
voir qui est dû à Dieu (et alors ce verbe est
mis absolumenl) : ainsi le grand prêtre cl
les Juifs dirent que Jésus-Christ blasphé-
mait : 1' Parce qu'il se disait Fils de Dieu.
Matth. 26. 65. lilnsphemavit , (Wi le grand
prêtre, v. 63. 64. Joan. 10. 36. 2« Les Juif»
S5I
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
??59
jugeaient que Jésus-Christ blasphémait,
parce qu'il s'attribuait le pouvoir de remet-
tre les péchés. Mallh. 9. 3. Marc. 2. 7. Blas-
fhemat : quis potest dimUtere peccata^ nisi
iohis Deus ? Voy. v. 5. Malth. 9. 3.
Blasphemare in Spiritum sanclum. Blas-
phémer contre le Saint-Esprit, c'est com-
battre et aller contre la vérité par malice,
de propos délibéré , et quoiqu'on en soit
convaincu en soi-même par les lumières du
Saint-Esprit. Marc. 3. 29. Qui anlem blas-
phemaverit in Spiritum sanctum, 7ion hahebit
remissionem in œternum : Si quelqu'un blas-
phème contre le Saint-Esprit , il n'en rece-
vra jamais le pardon; /. e. rarement et diffi-
cilement : Jésus-Christ fait entendre le mal
que faisaient les Juifs, en disant que Jésus-
Christ, de la sainteté duquel ils étaient per-
suadés , était possédé de Beelzébut, et qu'il
chassait les démons par l'intelligence qu'il
ayait avec le prince des démons. Voy. v. 22.
Luc. 12. 10.
BLASPHEMIA, je. p>a«rç.>3ftî«. Ce nom est
grec, et signifie :
1" Blasphème contre Dieu, ou en lui attri-
buant ce qui ne convient point à sa majesté,
ou lui déniant , ou ôtant l'honneur qui lui
est dû. Isa. 37. 3. k. Reg. 19. 3. Blisphemiœ
dies iste : Ce jour est un jour d'affliction et
de blasphème ; i. e. ce jour nous cause beau-
coup d'affliction , par les blasphèmes que
Rabsacés a prononcés contre Dieu , dit le
grand prêtre au prophète Isaïe de la part
d'Ezéchias. Matlh. 12. 31. Omnis hlasphemia
remiltetur hominibus , Spiritus autem blas-
phemiœ non remitletur : Tout blasphème
pourra être remis aux hommes ; mais celui
par lequel on attribue malicieusement au
démon les opérations du Saint-Esprit , ne
sera point remis; i. e. ne sera remis que
très-difflcilement. Apoc. 13. v. 5. 6. c. 17. 3.
Vidi mulierem sedentem super besliaui cocci-
neam plenam nominibus blasphemiœ : L'Anté-
christ, marqué par la bêle , se fera rendre
des honneurs qui ne sont dus qu'à Dieu, et
portera des titres qui le feront reconnaître,
comme s'il était Dieu même.
2° Médisance , calomnie , opprobre , qui
ternit la réputation du prochain ; discours
qui marque le désir qu'on a que quelque
mal lui arrive. Jud. v. 9. Non est ausus ju-
dicium in ferre blasphemiœ ; L'archange Mi-
chel n'osa condamner le diable avec exécra-
lion, en lui disant : Retire-toi, maudit Sa-
tan, ou usant d'autres termes injurieux. Isa.
43. 28. c. 51. 7. Ezech. 5. 15. Sophon. 2. 8. 2.
Mach. 10. 35. c. 15. 2i. Matlh. i.S. 19. Marc.
7.22. Ephes. k. 81. Coloss. 3. 8. l.Tim.6. 4.
BLASPHEMUSi.p),â(Tf/3uoj. Ce nom, qui est
grec , et qui vient de la même racine que
blasphemare, signifie: 1° Médisant. 2. Tim.
3. 2. Ërunt homines seipsos amantes ....
blasphcmi : Dans les derniers jours il y aura
des hommes amoureux d'eux-mêmes
médisants. 2* Blasphémateur, qui maudit le
nom de Dieu , qui fait ou dit quelque chose
contre le culte et l'honneur dû au vrai Dieu
{xaTapwftevoç). Levit. 24. ik. Educ bliisphemum
fxtra castra : Faites sortir hors du camp ce
blasphémateur. Voy. v. 10. 11. 2. Mach. 9.
2S. c. 10. k. ainsi , 1. Tim. 1. 13. Qui phns
blaspliemus fui: Avant que Jésus-Christ m'eût
établi dans son ministère, j'étais un blasphé-
mateur, dit saint Paul,
BLASTUS , I. Gr. Germinans. Chambellan
d'Hérode Agrippa. Act. 12. 20.
BOANERGES , Hobr. Filii tonilrui. Los
deux saints, Jacques, fils deZébédée, et-iean,
frère de saint Jacques , furent appelés de ce
nom par Notre-Seigneur. Boanerges, mot
hébreu corrompu, pour bene, regesch ;bene^
filii, regesch , slrepitus : ou plutôt, bene
recem. Il signifle, enfants du tonnerre ; i. e.
tonnants, pour marquer qu'ils étonneraient
les hommes par la force de leur prédication.
Marc. 3. 17. Imposuit eis nomina , Boaner-
ges ; i. e. filii tonilrui.
BOCCI, Hebr. Vacuus. — 1° Fils de Jogli,
de la tribu de Dan. Num. 3i. 21. Il fut com-
mis de la part de sa tribu pour faire le par-
tage des terres aux Israélites. — 2*" Filsd'A-
bisué, souverain pontife, delà race d'Eléa-
zar : il fut père d'Ozi. 1. Par. 6. v. 5. 5i. 1.
Esdr. 7. 4.
BOCCIAU, Heb. Evacuatio. Fils d'Héman ;
il jouait de la harpe devant l'arche. 1. Par.
25. V. 4. 13.
BOCHRI, Hebr. Primogenitus. Père du sé-
ditieux Séba. 2. Reg. 20. v. 1. 2. 6. etc.
BOCHRU. Hebr. Idem. Second fils d'Asel,
de la tribu de Benjamin. 1. Par. 8. 38. c.
9. ïï.
BOEN, Hebr. Pollex. Nom de lieu sur les
confins de la tribu de Juda et df Benjamin,
appelé Lapis Boen , filii Ruben ; Hebr. Aben
Bohan^ filii Ruben.ios.io.Q.c. 18.18. Il paraît
que ce lieu a été appelé de la sorte, parce
qu'il y est arrivé quelque chose de remar-
quable à un descendant de Ruben , nommé
Boën.
BOLIS, iDis. Du verbe grec ^âUstv , jacere,
jeter, et signifie :
Sonde d'un vaisseau, plomb dont les ma-
telots se servent pour sonder le fond de la
mer. Act. 27. 28. Qui et summitlentes bolidem,
invenerunt passus viginli : Les matelots la
quatorzième nuit que dura la tempête, ayant
jeté la sonde , |3o).ta-«vT-:? , trouvèrent \ingt
brasses d'eau.
BONI, Hebr. Filius meus. Fils de Somer,
et père d'Amasaï , lévile de la famille de Mé-
rari. i. Par. G. 46.
BONIPORTUS, Gr. y.oàoni^é^eg. Bon port
sur la côte de l'île de Crète. Act. 27. 8.
BONITAS, ÀTis. xpr,GrÔTY>ç. — 1° Bonté, in-
clination à bien faire. Ps. 24. 8. Mémento
viei tu, propter bonitatem tuam. Domine:
Souvenez-vous de moi, Seigneur, à cause de
votre bonté. 2. Esdr. 9. 2o. Gai. 5. 22. Ephes.
2. 7. etc. Ainsi, Rom. 2. 4. c. 11. 22. Vide...
in eos quidem qui ceciderunt , severitatem, in
te autem bonitatem Dei : Considérez la sévé-
rité de Dieu envers ceux qui sont tombés, et
sa bonté envers vous, dit saint Paul, com-
parant les Juifs retranchés avec les genlils
qui ont reçu la foi.
2^ Le bien, ce qui est bon à faire. Ps. 36.
3. Sperain Domino, et fac bonitatem • Meltez
635
BON
BON
534
votre espérance dans le Seigneur , et faites
le bien. Ps. 37. 21.
3" Biens, bienfaits de Dieu. Ps. 103. 28.
Aperiente... te manum tuam , omnia imple-
huntur bonitale : Lorsque vous ouvrirez
votre main , les animaux seront tous rem-
plis de votre bonté. Ps. 105. 5. Ad videndum
in bonitate electorum tuorum : Visitez-nous,
afin que nous nous voyions comblés des biens
de vos élus : ces biens sont la possession de
la terre promise aux Juifs ; figure de l'Eglise
et du ciel. Ps. 118. 65. Bonitatem fecisti cum
servo tuo , pour bonum ou bene, Hebr. tob.
Vous avez usé de miséricorde envers votre
serviteur.
k" Docilité, simplicité, soumission d'esprit
(àyaOèv). 1. Esdr. 8. 22. M anus Dei nostri
est super omnes qui quœrunt eum in bonitale:
La main favorable de noire Dieu est sur tous
ceux qui le cherchent sincèrement. Sap. 1. 1.
Sentile de Domino in bonitale, pour bene, ou
selon d'autres , recte scniite : Ayez de Dieu
des sentiments vrais et orthodoxes , dignes
de lui.
5" Sincérité, fermeté dans l'amitié (-/.oùlovri) .
Eccli. 6. 15. Non est digna ponderatio auri
et nrgenti contra bonitatem ûdei illius : L'or
et l'argent ne méritent pas a'être mis en ba-
lance avec la sincérité de la foi d'un ami.
BONNI, Hebr. ^dificans me. — 1° Un des
trente braves de l'armée de David, natif de
Gadi. 2. Reg. 23. 36. — 2° Le père d'Omraï,
descendant de Phares. 1. Par. 9. k. — 3° Un
lévite considérable. 2. Esdr. 9. 4.
BONUM, I. àyaGov. — 1° Bien, soit tempo-
rel, soit spirituel. Ps. 15. 2. Bonorum meo-
rum non eges : Vous êtes mon Dieu ; car vous
n'avez aucun besoin de mes biens. 2. Esd. 9.
36. Prov. 13. 21. Justis retribuentur bona :
Les biens seront la récompense des justes ;
dès ce monde , ce qui s'entend des consola-
tions que Dieu leur donne au milieu des
plus grands maux ; et dans l'autre, la jouis-
sance de Dieu même. Ps. 2i. 13. Ps. 33. 11.
Eccl. k. 8. Sap. 4. 12.
2° Le bien, les bonnes actions, les bonnes
œuvres. Ps. 33. 15. Liverle a malo , et fac
bonum : Détournez-vous du mal , et faites le
bien. 2. Cor. 8. 21. Gai. 4-. 18. Prov. 11. 23.
Ose. ik. 3. Accipe bonum : Recevez nos
bonnes œuvres , nos vœux et nos prières,
Gr. «yaSà, Hebr. tob. bonum.
3" Délices, joie, plaisirs. Job. 21. 13. Du-
cunt in bonis dies suos : Les enfants des ira-
pies passent leurs jours dans les plaisirs.
Eccl. 2. V. 1.24. Luc. 16.25.
k" Bienfait, faveur que l'on fait. Eccli. 18.
15. In bonis non des querelam : Ne mêlez
point les reproches au bien que vous faites,
c. 20. 17. Faluo non erit amicus , et non erit
gratin bonis illius : L'insensé n'aura point
d'ami, et le bien qu'il fait ne sera point
agréé.
Omne bonum. Le plus grand bien dont
l'homme soit capable en cette vie. Exod. 33.
19. Ostendam omne bonwn tibi : Je vous ferai
voir toute sorte de biens : Dieu parle de celte
gloire extérieure qu'il fit voir à Moïse, avec
une connaissance des attributs de Dieu qu'il
reçut.
Bonum et maîum. — 1° Toute sorte de bien
et de mal, soit physique soit moral. Deut. 1.
39. Qui hodie boni et mali ignorant distan-
tiam : Vos enfants qui ne savent pas encore
discerner le bien et le mal , seront ceux qui
entreront dans la terre promise. Isa. 7. v.
15. 16. Quelque-uns expliquent en ce sens,
Gen. 2. 17. Lignum scientiœ boni et mali :
Un fruit qui donnait la connaissance de tou-
tes choses : mais il s'entend plutôt du bien
et du mal que nos premiers pères devaient
éprouver; le bien, s'ils ne touchaient point
à ce fruit ; le mal, s'ils y touchaient. — 2°
Les bonnes elles mauvaises actions. Odien-
tes malumy adhœrentes bono : Ayez le mal en
horreur, et attachez-vous fortement au bien.
2. Cor. 5. 10. Mais bonum et malum, peut
porter aussi quelquefois d'autres significa-
tions : ce qui ne se peut reconnaître que par
la suite du discours, comme Hebr. 5. 14. Ad
discretionem boni et mali : L'Apôlre parle de
la bonne et de la mauvaise doctrine.
In bonum. Marque un sort heureux ot fa-
vorable. Ps. 85. 16. Facmecum signum in bo^
num : Faites éclater quelque signe en ma
faveur. 2. Esdr. 13. 31. Ps. 118. 122. 5«^
scipe servum tuum in bonum : Affermissez
votre serviteur dans le bien. Jerem. 15. 11.
Si non reliquiœ tuœin bonum: Je jure que
le reste de voire vie sera heureux : ce que
Dieu promet ici aux Juifs avec serment,
après qu'il les aurait punis par Sennaché-
rib.
BONUS, A, UM. «yaCiôs-, xa).è? , de l'ancien
mot benus , qui signifie la même chose , el
signifie :
1° Essentiellement bon , qualité qui n'ap-
partient qu'à Dieu, qui est la source de tout
bien. Matlh. 19. 7. Quid me interrogas de
bono ? unus est bonus Deus : Pourquoi m'ap-
pelez-vous bon? il n'y a que Dieu seul qui
soit bon, dit Jésus-Christ.
2° Bon , d'une bonté métaphysique, de la-
quelle sont bonnes toutes les choses qui ont
leur essence et leurs propriétés essentielles,
telles qu'il a plu à Dieu leur donner pour
les usages pour lesquels il les a créées : en
ce sens toutes les créatures sont bonnes.
Gen. 1. 4. ViditqueDeus cuncta quœ fecerat .
et erant valde bona. 1. Tim. 4. 4. Omnis créa-
tura Dei bona est : Toute créature de Dieu
est bonne. Grec xoCkôi».
3''Bon,d'unebontémoralectspirituelle, ver-
tueux, bien réglé selon laloi de Dieu x^seiffTwv.
Prov. 12. 2. Qui bonus est, hauriet gratiam a
Domino : Celui qui est bon , puisera la grâce
du Seigneur. 1. Thcss. 5. 15. Semper quod
bonum est sectamini in invicem et in ouines:
Soyez toujours prêts à faire du bien et à vos
frères, et à tout le monde, v.2l. Luc. 8. 15.
Tit. 2. 10. Ps. 124. 4. Matlh. 22. 10. etc.
4° Juste, raisonnable, honnête. Prov. 17.
26. Non est bonum d(tmnum inferre justo :
Il n'est pas bon de faire tort au juste , o. 18.
5. c. 24. 23. Zaeh. 11.12. Matth. 15. 26. Bora.
12. 2. Quœ sit voluntds Dei bona: Qu'il se
fasse en vous une transformation par le re-
535
DICTIONNAIRE DE nilLOLOGIE SACRÉE.
53C
nouvellement de votre esprit, afin que vous
rcconnJjissiez quelle est la volonté de Dieu :
ce qui est bon. 1. Tim. 2. 3. 4. Ueg. 20. 19.
Bonus senno Domini quein lociitus est : La
parole du Seigneur que vous m'avez annon-
cée , est une parole juste, répond Ezéchias
à Isaïe , qui lui avait annoncé que tous ses
trésors et ses enfants seraient transportés à
Babylone. S.Reg. 2. v. 38. i2. c. 3. 9. Sap. 3,
15. Éccli. 3. 31. Auris bona aiidiet cum omni
concupiscentia sapientiam, : L'oreille de
Ihomme de bien écoutera la sagesse avec
ardeur. Rom. 7. v. 12. 13.
5" Excellent, louable, exquis. Jean. 1. 46.
A Nazareth potest aliquid boni esse ? Peut-
il venir quelque chose de bon de Nazareth ?
dit Nathanacl à saint Philippe, au sujet de
Jésus-Christ, k. Reg. 8. 9. 2. Cor. 6. 8. Gai.
4. 18. Philipp. 4. 8. 1. Tim. 1. 18. 2. Tim, 1.
14. c. 4. 7. Jac. 2. 7. Blasphematur bonum
nomen qnod invocatum est super nos : Ne
sont-ce pas les riches qui blasphèment le
saint nom, d'où vous avez tiré le vôtre? d'où
vient bona terra, terre de grand rapport.
Exod. 3. 8. Num. 13. 20. c. 14. 7. Deut. 1. v.
25. 35. c. 8. 7. Malth. 13. v. 8. 23. Quiin
terrain bonam seminatus est, hic est qui audit
verbum, et intelligit , et fructum offert : Ce
qui est semé dans la bonne terre, marque
celui qui écoute la parole de Dieu, qui y
fait attention , et qui porte du fruit. 2' Pa-
stor bonus. Joan. 10. v. 11. 14. Ego sum
Pastor bonus. Je suis le bon Pasteur, dit Jé-
sus-Christ. 3° Servus bonus. Matth. 25. 21.
Euge, serve bone et fidelis : 0 bon et fidèle
Serviteur. 4° Bonum verbum: La sainte pa-
role de Dieu, ainsi, Sap. 8. 18. Eccli. 26. 3.
6° Beau, bien fait. 1. Reg. 9. 2. Et erat ei
filius vocabulo Saul, electus et bonus, etc. non
erat vir de viris Israël melior iUo : Saùl était
parfaitement bien fait, et de tous les enfants
d'Israël, il n'y en avait point de mieux fait.
Hebr. lob. et Gr. xa)^ô? , signifient bon et
beau. Voy. Gen. 6. 2. c. 24. 16. Exod. 2. 2.
Judic. 15. 2. Nahum. 3. 4. Esth. 1. 11.
7° Solide, inébranlable. 1. Tim. 6. 19. (Di-
vitibushujus sœculi prœcipe) thesaurizare sibi
fundamentum bonum in futurum : Donnez
l)our maxime aux riches de se faire un tré-
sor et un fondement solide pour l'avenir;
ce fondement est les aumônes et les bonnes
œuvres. 1. Thess. 3. 6. 2. Thess. 2. 16. Sap.
12. 21. Eccli. 6. 12.
8° Bon, utile, commode, profitable. Gen. 2. 18.
Non est bonum hominem esse solum : Il n'est
pas bon que l'homme soit seul, faisons lui un
aide semblable à lui. 4. Reg. 10. v. 3. 2. Esdr.
9. 30. Matth. 18. v. 8. 9. c. 26. 2\. Mallh. 17.
4. Bonum est nos hic esse : Nous sommes
bien ici , dit saint Pierre à Jésus-Christ au
moment de sa transfiguration. 1. Cor. 7. v. 1.
2. 2. Cor. 2. 15. Marc. 9. 49. Bonum est sal :
Le sel est bon. Luc. 5. .39. Vetas melius est ;
Gr.;i^|sii(TTÔT£foj, utilius et mugis salubre.^xod.
3. 8. Educam de terra illa in terram bonam :
Je ferai passer mon peuple de celte terre en
une terre bonne, dit Dieu à Moïse, touchant
les Israélites , que Dieu promet de faire sor-
tir de la captivité d'Egypte, pour les faire
entrer dans la terre promise. Num. 13. 20.
Deut.l. 25. c. 8. 7. Matth. 13. v. 8. 23. Ainsi,
Ose. 8. 3. Projecit Israël bonum : Israël a re-
jeté son souverain bien. Gr. «yaOà, ses biens,
ses avantages.
9' Courageux, résolu, assuré; d'où vient :
Bono animo esse , eùSuotrï-j. — 1° Avoir boa
courage, avoir de la confiance. Act. 24. 10.
Bono animo pro me satisfacium : J'entrepren-
drai,plein de confiance, de me justifier devant
vous, dit saint Paul, se défendant devant Fé-
lix, c. 27. V. 22. 25. — 2° Avoir bon courage,
avoir du plaisir à fairo quelque chose, la
faire avec inclination et avec cœur, et non à
regret. Eccli. 35. 10. Bono animo gloriam
redde Deo : Rendez gloire à Dieu de bon
cœur. Ainsi, v. 12. In bono oculo adinven-
tionem facito manuum tuarum; i. e. libérait
animo et lœto : Faites à Dieu votre offrande
de bon cœur, à proportion de ce que vous
avez entre les mains.
10° Bien affectionné, bienfaisant, libéral,
obligeant. Rom. 5. 7. Pro bono forsitan quis
audeat mori : Peut-être que quelqu'un aurait
la force de mourir pour un homme de qui il
aurait reçu quelque bienfait , ou pour son
bienfaiteur; selon d'autres, pour un homme
de bien, vertueux. Matt. 20. 15. An oculus
tuus nequam est, quia ego bonus sum : Votre
œil est-il mauvais parce que je suis bon ,
dit le maître de la vigne à l'un des vigne-
rons qui étaient venus travailler des pre-
miers, qui murmuraient de ce qu'il donnait
un égal salaire aux derniers comme aux
premiers. Ps. 118. 67. Bonus es tu : Vous
êtes bon. Seigneur, 1. Petr. 2. 18. 1. Reg.
20. 12. c. 25. 15. 1. Esdr. 7. 9. Eccli. 14, 5.
Qui sibi nequam est, oui alii bonus erit ? A qui
sera bon celui qui est mauvais à lui-même ?
Sap. 19. 13. 1. Thess. 5. 15.
Voluntas bona, eùSo/.tx. Bonne volonté
bonté qu'on a envers quelqu'un. Ps. 5. 13
Scuto bonœ voluntatis tuœ coronasti nos
Vous nous avez protégés par votre bien
veillance comme avec un bouclier : Scuto
bonœ voluntatis , pour bona voluntate. Luc.
2. 14. Gloria in altissimis Deo , et in terra
pax hominibus bonœ voluntatis ! i. e. benevo-
lentia Dei affectis ; Gr. in quibus est bona vo-
luntas Dei : Gloire à Dieu au plus haut des
cieux , et paix sur la terre aux hommes de
bonne volonté I cette bonne volonté, selon
le texte original, s'entend delà bonne vo-
lonté de Dieu envers les hommes. Voy. Vo-
luntas.
11° Doux, agréable, délicieux , qui plaît
Gen. 3. 0. Vidit mulier quod bonum esset U-
gnum ad vescendum : La femme considéra
que le fruit de cet arbre était bon à manger.
c. l^f). 15. 2. Reg. 11. 12. c. 18. 22. 3. Reg. 1.
42. 4. Reg. 7. 9. Sap. 19. 20. Jos. 9. 25. Quod
tibi bonum et rectum videlur, facnobis : Fai-
tes de nous tout ce que vous jugerez bon ,
disent les habitants de Gabaon , qui par leur
adresse avaient obtenu de Josué qu'on leur
sauverait la vie. Ainsi,
Bonum esse in oculis, in conspcciu alicu^
jus. Etre agréable à quelqu'un. 1. Reg. 29.
6. Rectus es tu et bonus in conspectu meo : Je
557
BON
BOS
538
ne trouve en vous qu'une sincérité et une
fidélilé tout entière, que j'approuve fort.
V. 9. Scio quia bonus es i)i oculis yneis sicut
Angélus Dei : l\ est vrai que, pour moi, je
vous estime comme tin ange de Dieu , dit
Achis à David. Eccl. 2. 26. Homini bono in
conspectu suo dédit Deus sapientiam ;Dieu a
donné à l'homme qui lui est agréable la sa-
gesse. Malach. 2. 17. Omnisqui facit mnlum,
bonus est in conspectu Domini, et taies ex pla-
cent : Tous ceux qui font le mal passent
pour bons aux yeux du Seigneur, et ces per-
sonnes lui sont agréables, disaient les Juifs,
cl en quoi Dieu témoigne qu'ils l'avaient fait
souffrir par ces discours. Ps. 31. 9.
12° Entier, parfait, à quoi rien ne manque.
L\ic. 6 .38. Mensuram bonam et confcrtamet co-
agita tam et supereffluentem dabiint in sinum
vestrum : Donnez, et il vous sera donné ; on
vous versera dans le^ein une bonne mesure.
Gen. 1.5. 15. Ibis adpatres tuos inpace sepul-
tus in sencctute bona :Yous irez en paix avec
vus pères dans une heureuse vieillesse , dit
Dieu à Abraham : la vieillesse, dans ce pas-
sage, comme dans les suivants, est appelée
bonne et heureuse; soit par rapport au grand
âge, soit par rapport à la vertu de la per-
sonne , soit par rapport à l'un et à l'autre,
c. 25. 8. 1. Par. 29. 28. Tob. li. 15.
13° Heureux, favorable, qui donne de la
joie, content {àycuOo;). Eccli. li. li. Non de-
frauderis a die bono, et particula boni doni
non teprœtereat:^e vous privez pas des avan-
tages du jour heureux, et ne laissez perdre
aucune partie du bien que Dieu vous donne;
i. e. Que l'avarice ne vous porte pas à vous
priver des plaisirs honnêtes : par ce jour
heureux, peut s'entendre aussi l'occasion de
faire du bien. Sap. 12. 19. Eccli. 13. v. 31.
32. c. 26. 4. c. 35. v. 10. 12. De là vient :
Bonum verbum, nouvelle, ou promesse
favorable. Hebr. 6. 5. Qui gustaverunt nihi-
lominus bonum Deiverbum : Ceux qui se sont
nourris de la sainte parole de Dieu, qui pro-
met la vie éternelle. Zach. 1. 13. 3. Reg. IV.
13. Inventas est super eo sermo bonus a Do-
mino : L'arrêt du Seigneur Dieu d'Israël,
touchant la maison du Jéroboam, s'est trou-
vé favorable pour Abia : il ne devait y avoir
que lui de toute la famille de Jéroboam qui,
après sa mort, dût être enseveli. Voyez-en
la cause, v. 9. Jerem. 29. 10. c. 33. 14-. Ps.
kk. 2. Ainsi , Videre dies bonos : Goûter des
jours heureux , vivre heureux. Ps. 33. 13.
Quis diligit dies videre bonos? Qui est
l'homme qui désire de voir des jours com-
blés de bien? le prophète en mar(jue les
moyens dans les v. suivants. Voy. Verbum.
De là vient cette phrase de signification con-
traire :
Non bonus. Dur, sévère, Ezech. 20. 25.
Ego dedi eis prœcepta non bona : J'ai donné
aux Israélites des préceptes durs , sévères
et difficiles à observer; outre le Décalogue,
cette quantité de préceptes, et toutes les céré-
monies de la loi.
14-° Honorable , magnifique , accompagné
de merveilles. Sap. 18. 3. Solem sine lœsura
boni hospitii prœslilisti. Voy. Hospitium.
BOOZ , Hebr. In forliludine. — l°Fils de
Salmon et de Rahab, bisaïeul de David, qui
épousa Kutb. Matt. 1. 5. Salmon genuit Boox
de Rahab ; Booz autem genuit Obed ex Ruth:
Salmon engendra Booz de Rahab, Booz en-
gendra Obed de Ruth : l'histoire de Booz est
rapportée dans le livre de Ruth.
Quelques auteurs croient que Booz, fils de
Salmon , n'a pas pu être père d'Obed ; mais
qu'il y en a eu trois de même nom , de père
en fils, dont le dernier, petit-fils de Salmon,
a épousé Ruth, et en a eu Obed : ils se fon-
dent sur ce que dans la supputation des an-
nées , depuis l'entrée dans la terre promise
jusqu'à la naissance de David, il y a eu 366
ans d'intervalle, qui ne peuvent pas se trou-
ver dans ces quatre hommes, Salmon, Booz,
Obed et Jessé ; à moins qu'on ne veuille dire
que ces trois derniers ont eu leurs enfants
à cent ans ; ce qui n'est pas néanmoins in-
croyable ; d'autant que cela était assez com-
mun en ce temps-là, où les hommes vivaient
plus longtemps et étaient plus robustes qu'ils
ne le sont à présent.
2° Le nom que Salomon donna à la co-
lonne qu'il mil à gauche à l'entrée du tem-
ple. 3. Reg. 7. 21. Erexit columnam secun-
dam et vocavit nomen ejus Booz; Hebr. in
ipso (est) fortiludo. Ce nom fut donné à
cette colonne parce quelle était forte et bien
fondée ; ce qui était une prédiction de la force
et de la fermeté que le vrai Salomon donne-
rait à son Eglise. 2. Par. 3. 17. V. Jachin. Ces
deux colonnes avaient dix-huit coudées de
hauteur et douze de circonférence, et un
chapiteau de cinq coudées de haut avec
une couronne composée de deux cents gre-
nades.
BOREAS. Du grec posa, cibus, pabulum;
soit parce que dans les pays du nord, d'où
souflle le vent, la nourriture y est abondante ;
soit parce que ce vent excite l'appétit, et
fait qu'on mange davantage, et signifie pro-
prement le vent de nord-est; dans l'Ecri-
ture :
Le nord, la partie septentrionale. Nuni. 8.
2. Prœcipeut lucernœ contra Boream e regione
respiciant ad mensam panum propositionis :
Ayez soin que les lampes, posées du côté op-
posé au septentrion, regardent en face la
table des pains exposés devant le Seigneur.
BORITH , Hebr. Ce mot hébreu signifie
proprement savon, ou herbe appelée sapona-
ria, qui sert à nettoyer, comme le savon. Je-
rem. 2. 22. Si laveris te nitro, et multiplica-
teris tibi herbam borith, maculata es : Quand
vous vous laveriez avec du nitre, et (juc vous
vous purifieriez avec une grande abondance
d'herbe de Borith, vous demeurerez toujours
souillée devant moi, dit le Seigneur : le pro-
phète, par cette figure, fait voir que la loi et
les cérémonies ne pouvaient justifier. Celle
herbe est appelée herba fullonuni , l'herbe
dont les foulons se servent pour nettoyer les
étofies. Malach. 3. 2.
BOS, BOVIS. Du Grec ;3o:,-, et signifie,
Bœuf ou vache. Deul. 25. 4. Non ligabis os
boiis terends in arca frugcs tuas : Vous ne
lierez point la bouche du bœuf, qui briso v</-
B59
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
5i0
Ire blé dans l'aire : selon saint Paul, cette loi
n'était que pour figurer le droit qu'ont les
ministres de l'Evangile d'exiger leurs besoins
temporels des fidèles, à qui ils font part des
biens spirituels, par le travail de leurs pré-
dications. Voy. 1. Cor. 9. 9. où, après avoir
cité cette loi, il aîoule ; Numquid de bobus
cura est Deo? Dieu se mel-il en peine de ce
qui regarde les bœufs, plutôt que de ce qui
regarde les hommes?
1° Les bœufs d'airain que Salomon fit faire
pour poser la mer de fonte. 3. Reg. 7. 25. Et
stabat super duodecim boves : Elle était ap-
puyée sur douze bœufs, v. 29. 4i. 4. Reg.
16. 17. 2. Par. k. v. 3. k. 15.
2° Une personne d'humeur douce et àc-
commoilanle, à quoi est opposé /eo , pour
marquer un homme fier et cruel. Is.i. 11. 7.
c. 65. 25. Léo quasi bos comedet : Les Gentils,
qui sont fiers et cruels comme des lions, se-
ront unis, au temps du Messie, avec les fidè-
les dans l'Eglise après leur conversion à
l'Evangile.
ROSES, Heb. Cœnum. Le nom du roc sur
lequel Jonalhas grimpa lorsqu'il alla atta-
quer le camp des Philisiins avec son écuyer.
1. Reg. 14-. h. près de Gabaa, dans la tribu
de Renjamin.
ROSOR, Heb. Munitio'. — V Père de Ra-
laam, qui s'appelait aussi Beor, 2. Petr. 2.
15. Erraverunt secuti viam Balaam ex Bosor:
lis se sont égarés en suivant la voie de Ra-
laam, fils de Rosor; Gr. toO poTÔp. On croit
que Rosor s'est glissé pour Reor. — 2° Ville de
la tribu de Ruben, une des villes de refuge.
Deut. k. 43. Bosor in solitudine quœ sita est
in terra campestri de iribu Buben. Jos. 20. 8.
c. 21. 36, etc.— 3° Fils de Supha, descendant
d'Aser. 1. P;ir. 7. 37.
ROSPHORUS, I. Gr. bôttto/so?, sans aspira-
tion. Du mot Grec|3où?,6os, et de izopdv., trans-
ilus : c'est un détroit appeléde la sorte, parce
qu'un bœuf pouvait ypasser à gué. Piin. 1.6.
cl.
Rosphore, détroit de mer: il y a deux bras
de mer de ce nom, l'un appelé le Bosphore de
Thrace, ou le détroit de Constantinople, le-
quel fait la séparation de l'Europe et de
l'Asie; l'autre est le détroit par lequel le
Pont-Euxin se décharge dans les Palus-Méo-
tides, et s'appelle le Bosphore Cimmérien.
Abd. v. 20. Transmigratio Jérusalem quœ in
Bosphore est, possidebit civilates Auslri:
Ceux qui avaient été emmenés de Jérusalem
jusqu'au Rosphore, se rendront maîtres des
villes du Midi : on doute ce que signifie ce
mot en cet endroit : l'Hébreu porte Bispharad;
c'est-à-dire, in Sepharad; d'oii semble venir
le mot de Rosphore. Les Septante ont traduit
lisque Ephrata ; l'Arabe, usque ad Ephralam :
Le Ghaldéen et le Syriaque, in Uispania.
Cette diversité d'interprétations nous fait
voir que les noms de pays dans l'Hébreu
sont souvent fort obscurs: quoi qu'il en soit,
le prophète marque en cet endroit la con-
version de quelques peuples par les Apôtres,
ou par les autres fidèles, que la persécution
avait fait répandre de tous côtés.
BOSRA, Heb. Munitio. —i" Ville capitale
de ridumée. Is. 63. 1. Quis est iste.qui venit
de Edom, et tinctis vestibus de Bosra? Qui
est celui-ci qui vient d'Edom, qui vient de
Rosra, avec sa robe teinte de rouge? Le Pro-
phète, ou l'Eglise admire que Jésus-Christ
paraisse, avec une robe teinte de sang, venir
de ridumée, où étaient les plus grands en-
nemis des Juifs, pour marquer ses victoires
contre ses ennemis spirituels. Voy. Indu-
MENTA. Amos. 1. 12. Mittam ignem in The-
man; et devorabit œdes Bosrœ : Je mettrai le
feu dans Theman, et il réduira en cendres
les maisons de Rosra. Ces deux villes étaient
les capitales de l'Idumée. Gen. 36. 33. etc.
2° Ville des Moabites. Jer. 48. 24. {Jiidi-
cium veniet) super Carioth et super Bosra,
et super omnes civitates terrœ Moab : Le ju-
gement de Dieu est tombé sur Carioth, sur
Rosra, et sur toutes les villes de Moab. Elle
est appelée Bosor. Jos. 21. 36.
ROSRAM, Heb. Reesthera, In grege ejus
Ville de la tribu de Manassé qui fut donnée
aux Lévites. Jos. 21. 27. Filiis quoque Ger-
son dédit de dimidia tribu Manusse, Gaulon
in Basan, et Bosram. Elle est appelée Astha-
roth. 1. Par. 6. 71. Voy. Asthauoth.
ROTRUS, I. /3ÔT/)Uf. Ce nom est tout grec,
et signifie.
Raisin, grappe de raisin; d'où vient cette
phrase :
Torrens botri ou Vallis botri; Heb. Nehcl-
Escol. Le torrent ou la vallée de la grappe
de raisin. Nom du lieu où arrivèrent les
douze députés pour considérer la terre pro-
mise. Num. 13. 24. Per gentesque usque ad
torrentem botri, absciderunt palmitem cum
iiva sua : Les douze princes des Israélites
que Moïse envoya pour considérer la terre
promise , étant allés jusqu'au torrent de
Botri, ils coupèrent une branche de vigne
avec sa grappe de raisin, v. 25. Deut. 1. 24.
Venerunlque usque ad vallem botri : Les
douze princes des Israélites, un de chaque
tribu, vinrent jusqu'à la vallée de la grappe
de raisin, se. pour juger de la bonté de la
terre promise, par les fruits : Ce lieu est ici
appelé de la sorte par anticipation, parce que
depuis qu'on en eut apporté une grosse
grappe de raisin, il fut nommé le Torrent,
ou la Vallée du raisin. Voy. Torrens.
1° Les méchants et les impies. Apoc. 14.
18. Mitte falcem luatn acutam, et vindemia
botros vineœ terrœ : Jetez votre faux tran-
chante, et coupez les grappes de la vigne de
la terre, parce que les raisins en sont mûrs :
Les méchants sont appelés de la sorte, ou
parce qu'ils s'enivrent de la douceur des plai-
sirs de ce monde, ou plutôt parce qu'ils se-
ront exterminés, comme les raisins sont
écrasés.
2° Les méchantes actions, les péchés des
méchants et des impies. Deut. 32. 32. Uva
eorum, Mva fellis, et botri amarissimi : Les
raisins des méchants et des idolâtres sont
des raisins de fiel, qui donnent la mort par
leur amertume. Voy. Uva.
3° Les gens de bien, les personnes ver-
tueuses. Mich.7. 1. Non est botrus ad come-
dendum.... periit sanctus de terra : Je ne
S41
BRA
BRÂ
S4â
trouve pas à manger une seule grappe.... on
ne trouve plus de saints sur la terre.
BRACC^ , ARUM , a«/>«g«joa. Ce mot vient
de /3/iax^^» braies, parce que c'était un ha-
billement dont usaient les anciens Gaulois,
les Scythes et autres nations non encore su-
jettes aux Romains, qui était court, et par là
distingué de la tunique et de la toge romaine,
qui descendait jusqu'aux pieds : ce qui fait
dire à Martial , Dimidiasque nales Gallica
bracca régit : Cet habillement était en usage
surtout dans laGaule Narbonnaise,qui, pour
cela, a été appelée Gallia Braccata; ei si-
gnifie :
Braies, haut-de-chausses. Dan. 3. 21. Et
confestim viri illi vincli braccis suis.... missi
sunt in médium fornacis ignis nrdentis : En
même temps queNabuchodonosor eut donné
son ordre, Sidrach, Misach et Abdenago fu-
rent liés et jetés au milieu des flammes de la
fournaise avec leurs habits.
BRACHIALE, is. x>t^wv, Bracelet. Eccli.
21. 2i. Ornamentiim aureum prudenli doctri-
na, et quasi brachiale in brachio dextro : La
science est à l'homme prudent un ornement
d'or, et comme un bracelet à son bras droit.
Grec. ;;^/t5wv de yJ^Uiv^ deliciis frangere.
BRACHIOLUM, i. 'Ay/wv. Proprement, pe-
tit bras; dans l'Ecriture :
Bras, ou plutôt ce qui sert d'appui pour les
bras, et qui a la forme de bras. 2. Par. 9. 18.
Brachiola duo aUrint,ecus , et duos leones
stanles juxla brachiola : Salomon avait fait
faire à son trône deux appuis en forme de
bras. Ce mot brachiolum est changé en ma-
nus. 3. Reg. 10. 19.
BRACHIUM, P/>«x'<"-'- Ce nom, qui est Grec,
est dérivé de p^a^û, brève, parce que l'os qui
est entre les jointures de l'épaule et du coude,
et duquel le bras prend son nom, est plus
court que l'os de la cuisse qui lui répond ;
et signifie,
1° Bras. Gen. 49. 2i. Dissoluta sunt vin-
cula brachiorum et manuum illius per manus
Pofenïis:Les chaînes des mains et des bras l'c
Joseph ont été rompues par la main du Tout-
Puissant. Jacob reconnaît que Joseph a été
tiré de la prison par un effet de la toule-puis-
sance et de la Providence de Dieu. Prov.31.
17. Roboravit brachium : La femme forte a
affermi son bras, se. par le travail. 2. Reg.
1. 10. c. 22. 35. P.17.35 Eccli. 38. 33.
2° Force, puissance, soutien, secours, pro-
tection. Deut. 33.20. Quasi leo requievit^ce-
pitque brachium et verlicem : Gad s'est re-
posé comme un lion, il a saisi le bras et la
tête de sa proie. Cette tribu a surmonté la
force de ses ennemis, comme il se voit ac-
compli. 1. Par. 5. v. 19. 20. 21. 22. Ps. 4-3.
k. Brachium eorum non salvavil eos : Ce n'a
pas été le bras et la propre force du peuple
d'Israël qui les a sauvés de leurs ennemis;
sed dcxtcra tua, et brachium luum; mais c'a
été la droite, et le bras tout puissant de Dieu.
PvZech. 17.9. Nonne radiées cjus evellet.... et
non in brachio grandi, neque in populo
mullo : Ç,c premier aigle n'arrachcra-l-il pas
les racines de celte vigne; cet aigle figurait
Nabuchodonosor qui ruina tout le royaume
do Judée, sous le règne de Sédécias, figuré
pnr celte vigne, v. k. Reg. 25. Jerem. 17. 5
Maledictus homo qui confidit in hojnine , et
ponit carnem brachium suum : Maudit est
l'homme qui met sa confiance en l'homme,
qui se fait un bras de chair, qui attribue ce
qu'il fait de bien à sa propre vertu, qui s'ap-
puie sur ses propres forces, ou sur celles
d'autrui. Dan. 11. 22. Brachia pugnantis ex-
pugnabuntur a facie ejus et conlerentur : in-
super et dux fœderis : Un prince coinballant
contre Antiochus Epiphanes, fuira devant
lui, et ses grandes forces seront détruites ;
cela s'entend des forces de l'Egypte, qui tâ-
cheront d'arrêter Antiochus, qui, sous pré-
texte de la tutelle de son neveu Ptolémée-
Philométor,qu'onlui refusa, ravageal'Egypte
jusqu'aux portes d'Alexandrie: Ce chef de
l'alliance pourrait être le même Philométor
qui peut-être avait demandé le premier l'al-
liance d'Antiochus (Voy.DUx), mais ce prince
le trompa, et étant entré dans son pays, s'en-
richit des dépouilles de l'Egypte, qu'il distri-
bua à ses soldats. Cependant Ptolémée Phi-
lométor, ayant assemblé de grandes troupes,
marcha contre lui; mais il ne put réussir,
parce que ses confidents, qu'il admettait à sa
table, corrompus par Antiochus, le trahirent:
Ptolémée Philométor ayant été défait par An-
tiochus,fitla paixavec lui, et le traita magni-
fiquement à Memphis, où ces deux princes se
firent des protestations mutuelles d'amitié ,
mais ils ne cherchaient qu'à se détruire l'un
l'autre, ce futnéanmoins sans effet, parce que
le temps marqué par la Providence pour la
ruine de ces royaumes n'était pas encore ar-
rivé. Dan. 11. v. 22. 23. 24.25. 26. v. 31. firac/î«a
exeoslabunt .-Des hommes puissants soutien-
dront son parti. Job. 22. 8. Ezech. 22. G.
Ainsi, c. 31. 17. Brachium uniuscujasque se-
debit sub umbraculo ejus in média nationum :
Chacun d'eux qui lui avait servi de bras et
d'appui sera assis sous sou ombre, au rai-
lieu des nations; autr. chacun d'eux, i. e.
des princes de toutes les nations ont abaissé
leur puissance sous lui, en se mettant sous sa
protection et sous son ombre. Le prophète pré-
dit que tous les princes qui servaient commît
d'appui à Pharaon, et qui s'étaient mis sous
sa protection, tomberaient et périraient avec
lui. Dan. 11. v. G. 15. 22. 31. Isa. 48. 14. Do-
minus dilexit eum, et brachium suum in Chal-
dœis : Le Seigneur a aimé Cyrus, et il sera
son bras |)armi les peuples de Chaldée, i. e.
Dieu lui donnera sa force pour ruiner cet
empire, c 33. 2. Ainsi, Deut. 33. 27. Uabita-
culum ejus sursum, et subtcr brachia snnpi-
terna : Dieu protège les siens de toutes parts,
il les couvre pardessus et par dessous, il lec
défend par une force infatigable.
Façons de parler tirées de celle signilicalioii.
Brachium excelsum, Exlentnm. Bras élevé,
signifie, — 1' Puissance, vertu, et force cx-
Iraordinaire. Acl. 13. 17. In brachio cxcelso
cduxit cas ex eu : Dieu a tiré d'Egypte les
Isr.iélilcs avec un bras fort et élevé. Voy.
Exod. 12. v. 2). 30. etc. c. 13. 21. Ainsi, 3,
Reg. 8. 42. Audielur.... brachium tuum : On
545
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
544
entendra parler de la puissance de votre
bras ; et souvent ailleurs : celle signification
vient de ce que ceux qui portent un grand
coup, lèvent le bras. — 2' Orgueil, violence,
force et tyrannie. Job. 38. 15. Brachium ex-
celsum confringetur : Le bras des impies,
quelque élevé qu'il puisse être, sera brisé.
Phrases tirées de celte signiûcalion,
Brachium alicujus prœcidere. Couper le
bras de quelqu'un, c'est lui ôler ses enfants,
qui faisaient toute sa force. 1. Reg. 2. 31.
Prœcidam brachium tuum : Je vous couperai
votre bras. Dieu fait prédire au grand prêtre
Héli que ses deux fils, Ophni et Phinées,
mourraient, et qu'il n'y aurait plus de vieil-
lards dans sa maison. Voy. C accomplisse-
ment, 1. Reg. 4. 17.
Brachium domus prœcidere. Couper le bras
de la maison de quelqu'un ; cest ôter sa ma-
gistrature, et sa dignité qui en faisait lout le
soutien et la force. 1. Reg. 2.31. Prœcidam....
brachium domus patris tui : Je, couperai le
bras de la maison de votre père. Dieu fait
annoncer au grand-prêtre Héli qu'il ôlerait
de sa maison la grande sacrificature ; ce qui
fut accompli dans son fils Abiathar par Sa-
lomon. Voy. 3. Reg. 2. v. 27. 35.
Brachium siccare. Sécher le bras ; c'est
abattre et ôter la force nécessaire pour agir
et exercer ses fonctions. Zach. 11. 17. Bra-
chium ejus ariditate siccabitur:Le bras droit
du pasteur qui abandonne le troupeau de-
viendra tout sec; ce qui s'entend des prêtres
qui ne recherchent que leurs intérêts tem-
porels, Dieu leur ôtera la force et la puis-
sance spirituelle, savoir : les grâces qui leur
sont nécessaires pour bien faire leurs fonc-
tions.
3° Jésus-Christ qui est la force du Père
éternel, par lequel, comme étant son Verbe,
il fait toutes choses. Ps. 92. 2. Salvavit sibi
dextera ejus, et brachium sanctum ejus : La
droite du Seigneur et son saint bras nous a
sauvés pour sa gloire : dans le même sens
que dit Isa. 59. 16. Salvavit sibi brachium
suum : La force de son bras l'a sauvé; i. e.
Jésus-Christ a procuré le salut à son Eglise
par sa même verlu divine, par laquelle il
s'est aussi soutenu au fort de ses douleurs,
comme le porte Isa. 63. 5. c. 52. 10. Paravit
Dominus brachium sanclum suum in oculis
omnium gentium : Le Seigneur a fait voir
son bras saint aux yeux de toutes les na-
tions; ou dans ce dernier passage, comme
en quelques autres semblables, brachium se
peut entendre de celte force qui parut en Jé-
sus-Christ lorsqu'il annonça l'Evangile, se-
lon ce que dit saint Luc. l.*51. Fecit poten-
tiam in brachio suo : Le Seigneur a déployé
la force de son bras. Isa. 40. 10. c. 51. 9. c.
62. 8. Ainsi, Isa. 51. 5. Brnchia mea populos
judicabunt : Mon bras fora justice aux na-
tions; Gr. sigzn-j ^pw/ji-j-j^ uo-j £),7rioû(7iv, les na-
tions espéreront en mon'bras.
4" L'Evangile, la parole de Dieu qui est la
force et la verlu dn Dieu pour sauver ceux qui
croient. Joan. \±3S. Domine, quiscrcdidit a\i-
atlui nostro? Et brachium Domini cui rêve-
latum est? Seigneur (dit Isaïe), qui a cru h
la parole qu'il a entendue de nous , et à qui
le bras du Seigneur a-t-ilélé rcvélé?Ici saint
Jean cite Isa. 33. 1. comme une prophétie
qui s'était accomplie touchant l'incrédulilé
des Juifs, nonobstant tous les miracles que
Jésus-Christ avait employés pour preuve de
la vérilé de son Evangile.
5^ Les proches, les concitoyens , les pro-
pres frères et plus proches parents. Isa. 9.
20. Unusquisque carnem brachii sui vorabit :
Lorsque toutes les nations se seront jointes
avec les Assyriens pour détruire les Israéli-
tes, chacun dévorera la chair de son bras;
t. e. persécutera ses plus proches; comme
ceux qui, mourant de faim, mangeraient
leurs propres enfants, ainsi qu'il arriva. 4.
Reg. 6. 28. 29.
6° L'épaule droite de l'hostie pacifique qui
appartenait au prêtre selon la loi du Lévit.
7. 32. Ainsi, Eccli. 7. 33. Honorifica sacer-
dotes et propurga te cum brachiis : Révérez
les prêtres, et purifiez-vous par l'offrande
des épaules des victimes; celte partie de la
victime était due aux prêtres, comme le dé-
clare le verset suivant. Voy. Levil. 7. 32.
Rien ne répond en Grec à ces mots, propurga
te cum brachiis; d'autres l'expliquent du
travail des mains : Purifiez-vous en offrant
aux prêtres de ce que vous avez acquis de
votre travail. Malach. 2. 3. Projiciatn tobis
brachium : Prêtres, si vous ne voulez appli-
quer votre cœur à la gloire de mon nom, je
vous jetterai sur le visage l'épaule de vos
victimes ; ce qui marque que Dieu rejetterait
leurs sacrifices.
RRACTEA, M. Tzérxlov du verbe grec P/3«-
yjiv, crepitare, pétiller, faire du bruit; et si-
gnifie ,
Feuille, lame mince, soit d'or, de fer ou
autre métal. Exod. 39. 3. Inciditque bracteas
aureas et extenuovit in fila : Béseléel coupa
des feuilles d'or fort minces qu'il réduisit en
fils d'or, qu'il mêlait avec des fils d'hyacinthe,
de fin lin retors, de pourpre, pour les faire
entrer dans la tissure de l'éphod, du rational
et des autres ornements.
BRANCHIA, s.. Gr. ^pay/Ju^. Ce nom, inu-
sité au singulier chez les Latins, signifie en
pluriel comme il est pris au singulier. Dans
l'Ecriture :
Ouïes de poisson, partie par où les poissons
prennent et rejettent l'eau ; la partie qui leur
tient lieu de ce que les poumons sont aux
autres animaux pour respirer. Tob. 6. 4.
Appréhende branchinm ejus : Prenez ce pois-
son par les ouïes, dit l'Ange au jeune Tobie.
BRAVIUM, II. Ppa^îtov. Prœmium certu-
minis. Ce mot, qui est grec, signifie :
Le prix de ceux qui remportent la victoire
dans les jeux publics. 1. Cor. 9. 24. Unus ac-
cipit bravium : Tous courent, mais un seul
remporte le prix. L'Apôtre marque, par
celle comparaison, qu'il y en aura bien peu
qui obtiendront la vie éternelle. Philipp.3. 14.
Ad destinatum persequor , ad bravium supernœ
vocationis Dei in Chrislo Jesu : Je cours in-
cessamment vers le bout de la carrière pour
Î>S5
BUË
BRU
556
remporter le prix que la vocation de Dieu
me propose par Jésus-Glirist
BREVI, in brevi, h oliyou Ce mot est se-
lon quelques-uns adverbe, et, selon d'autres,
c'est l'ablatif de l'adjectif ôrcvjs, sous-enten-
dant tcmpore, et signifie :
1° Bientôt, dans peu {[/.ly-pàv). 3 ob. 10.20.
Numquid non paucitas dierum meoram finie-
tur brevi : Le peu de jours qui me restent ne
finiront-ils point bientôt, dit Job, où l'on
trouveleplus souvent la préposition m jointe.
Ps. 2. 12. Cum exarserit in brevi ira ejiis :
Lorsque dans peu de temps la colère du Sei-
gneur se sera embrasée, heureux tous ceux
qui mettent en lui leur confiance. Isa. 29. 17.
2" En peu de temps, pendant peu de temps,
pour marquer la durée. Sap. 4. 13. Consum-
matus in brevi : Le juste a acquis en peu de
temps une vertu consommée, ch. 16. v. 3. 6.
3° Brièvement, en peu de mots, et est mis
pour breviter ou paucis. Ephes. 3. 3. Supra
scripsi in brevi : Je vous ai déjà écrit en peu
de paroles.
Èreviare, breviatum facere. — 1° Abréger,
retrancher (ÔAiyoOv). Prov. 10. 27. Anni im-
piurum breviabuntur : Les années des mé-
chants seront abrégées; i. e. ils mourront
plutôt qu'ils ne pensent et qu'ils ne devraient
suivant la bonne constitution de leur nature.
AinsiDieufrappade mort lesdeuxfils deJuda,
Her et Onan. Gen. 38. v. 7. 9. 10. et dont il y
a plusieurs autres exemples semblables dans
lEcriture. Mallh. 2i. 21. Marc. 13. 20. Rom.
9. 28. Verbiim breviatum faciet Dominus su-
per terram : Dieu fera un grand retranche-
ment des Juifs ; il n'en sauvera que fort peu.
Ainsi Job. 17. 1. Dies mei breviabuntur : Mes
jours ont été abrégés (xoioÇsïv, «ruyTî^vvav .
2" Mettre en abrégé, réduire en abrégé, et
plus succinctement (ÈTrf-éf/vEtv). 2. Mach. 2.
24. Ab Jasone quinque libris comprefiensa ten-
tavimus nos uno volumine breviare : Nous
avons lâché de rapporter en abrégé, dans un
seul livre, ce qui a été écrit en cinq livres par
Jason le Cyrénéen. v. 27. 32. c. 10. 10.
3° Oter de la force. De là vient :
Breviata manus. Main raccourcie, marque
la lâcheté et l'abattement de courage et de
force, ce qui est un hébraïsme, parce que la
main ou le bras étant raccourci, un homme
en est plus faible. Isa. 37. 27. Habitatores
earum breviata manu contremuerunt : La
frayeur a saisi les habitants des villes de
Judée, comme s'ils étaient sans cœur et sans
main, comme s'ils eussent été manchots;
savoir : à cause de l'armée de Sennachérib.
Voy. HuMiLis.
BREVIS, E. niy.f,oç , «. Cet adjectif vient du
grec P/sa^ùp, changeant /_ en u, et signifie
proprement court, on parlant d'un discours,
d'une pièce de poésie ou autre pièce d'esprit
semblable, qui doit être prononcée briève-
ment ou de l'espace du temps, selon qu'il se
prend dans l'Ecriture :
i" Court, bref, qui dure peu. Job. 14.
5. Brèves dics hominis sunt • Les jours de
l'homme sont courts. Judith. 7. 17. Sit finis
nojster brevis : Livrez la ville entre les mains
d'Holophernc, et faites-nous trouver parla
une mort prompte par l'épée, discni les ci-
toyens de Bélhulie a Ozias.
2" Petit, opposé à grand. Eccli. 11. 3. Bre-
vis in volalilibus est apis : L'abeille est petite
entre les animaux qui volent; petit en nom-
bre ou en quantité. Ps. lOi. 12. Cum essent
numéro brevi : Dieu a confirmé aux Israélites
ce qui leur avait été dit lorsqu'ils étaient en-
core on petit nombre; savoir : qu'il leur don-
nerait la terre de Chanaan. Voy. v. 10. 11.
Isa. 30. 20. Et dabit vobis panem arctum, et
aquam brevem : Le Seigneur vous donnera de
l'eau courte, t. e. peu, et avec mesure.
3° Léger, opposé à grief ou à méchant. Eccli.
25. 26. Brevis omnis malitia super malitiam
mulieris : Toute malice est légère au prix de
la malice de la femme. U parle des méchantes
femmes, dont on doit se garder.
4" Etroit, resserré.Isa.28. 20. Pa//mw6rei;e
utrumque operire non potest ( a-evôç ) : La
couverture est si étroite qu'elle n'en peut
couvrir deux. Ce qui marque que le cœur ne
doit point être partagé, mais qu'il faut le
donner à Dieu uniquement.
BREVITAS, ATis, ÈTTtTo/xïj. Dérivé de bre-
vis, et signifie proprement brièveté, dans le
même sens que brevis. Dans l'Ecriture :
Brièveté dans le discours. 2. Mach. 2. 29.
Secundwn datam formnm brevitati studenles :
Nous travaillerons selon le (fessein que nous
avons pris à abréger les auteurs, v. 32. Act.
24. 4. 1. Pelr. 5. 12.
BRUCHUS, Gr. ppov^oç. Ce nom est grec,
et signifie :
Espèce d'insecte dont il était permis déman-
ger dans l'ancienne loi. Levit. 11. 22. Corne-
dere debelis, ut est bi'uchus in génère suo ;
Vous pourrez manger de tout ce qui marche
sur quatre pieds... comme est le bruchus, se-
lon son espèce. Saint Jérôme, après les na-
turalistes, dit qu'il y a de trois sortes de ces
animaux, tous différents, et qui ne prennent
leur origine que d'un animal appelé eruca,
qui est une petite chenille qu'on appelle
chatte velue, qui s'engendre dans des lieux
chauds après qu'il a plu. Ces insectes font
leurs nids sur les arbres, et en dévorent tou-
tes les feuilles et les herbes quand elles sont
tendres. Cet animal vit trois ans, et, durant
ce temps-là, i! ne change point; mais, après
trois ans, il devient une sauterelle qui a des
jambes longues. Ces bôtos vont en troupe,
désolant les terres par où elles passent ; étant
devenues plus grosses, elles s'appellent btni-
chus, et après attacus, ou attelabus, ou ophio-
machus, qui sont la même chose, mais sous
divers noms. Joël. 1. 4. Residuum locuslœ co-
medit bruchus : Le bruchus mange les restes
de la sauterelle. C'est ici le fruit de la saute-
relle, comme nouvellement engendrée, et qui
est d'abord sans ailes. 11 est appelé attacus
quand il est un pou cru, et, lorsqu'il est en-
core plus fort et plus grand, il s'appelle
ophiomachus, pnrce qu'il se bat contre les
serpents; enfin, quand il a des petits, il s'ap-
pelle tocustd, sauterelle; il peut passer pour
chonillc, parce qu'il ronge les herbes et les
fruits londrcs dos arbres. Ps. lO'i^. v. 34. 35.
Joël. 2. 2"3. Il paraît être hanneton, parcQ
M7
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
548
qu'il va en troupe, jereni. 51. li. Nahurn. 3.
V. 15. 16. ; quoiqu'il ne soit pas aisé de spéci-
fier précisément quels animaux sont signifiés
par bruchus et locusla en différents endroits.
BDBALUS, I, povÇa/oç. Du grec_ ^oOga).o,-,
ainsi appelé, selon quelques-uns, à cause de
la ressemblance qu'il a avec le bœuf, car on
croit ordinairement que c'est un bœuf sau-
vage; néanmoins, selon Pline et les anciens,
c'est un animal qui se trouve en Afrique, et
ressemble plus à un veau ou à un cerf qu'à
ce qu'on nomme buffle, quoique dans Martial
il soit pris en cette dernière signification.
L'Ecriture met aussi cet animal avec les cerfs
et les chèvres; cependant lusage le fait ap-
peler buffle, bœuf sauvage. 11 était permis d'en
manger, selon la loi. Deul. li. 5. 3. Reg. i.
23. Excepta venatione cervorum, caprearum
atque bubalorum. Ce verset marque la quan-
tité de bœufs et de moulons qui était pour la
table de Salomon, outre la viande de venai-
son, les bœufs sauvages, etc. Amos 6. 13.
Aut arari potest in bubalisfVeul-on labourer
sur des rochers avec des bœufs sauvages?
Dieu témoigne, par cette comparaison, qu'il
ne pouvait non plus bien réussir aux Israé-
lites de mener une vie déréglée que si on
entreprenait un labour tel que celui qui est
marqué ici, ou que tout ce qu'ils faisaient
était aussi peu 'raisonnable que serait un
homme qui entreprendrait de labourer avec
ces animaux farouches.
BUBASTUS, 1. Ville d'Egypte. Ezech. 30.
17. Juvems Heliopoleos et Bubasti gladio co-
dent : Les jeunes hommes d'Héliopolis et de
Bubaste seront passés au fil de lépéc. Elle
s'appelait Bubaste le Sauvage, aujourd'hui
Azioth. Il y avait tous les ans une fête en
l'honneur d'Isis, que l'on appelait pour cela
bubastis.
BUBO.ONis, ■j-jy.riy.ôpcri.Ce noui vient du grec
|5:kç, qui V ient de poâv, crier, ou est formé du
cri même de cet oiseau, comme Varron et
Isidore disent la même chose de beaucoup
d'autres oiseaux dont le nom s'est fait de leur
chant et de leur cri.
Chal-huant, hibou, oiseau de nuit, qui était
immonde chez les Israélites. Levit. 11. 17.
BUBULUS, 1. De bos, el signifie
Qui est de bœuf. 2. Reg. 6. 19. 1. Par. 10.
3. Divisit. universis per singulos... partem assœ
carnis bubulœ : David distribua à chacun en
particulier du peuple un morceau de bœuf
rôti; ce fut après qu'il eut fait apporter l'ar-
che de Dieu de la maison d'Obédédom dans la
ville de David. Vo). v. 11. 12.
BUCCELLA,^, ^^lAÔ;. Ce diminutif de 6uc-
cea signifie proprement une petite bouchée.
Dans l'Ecriture :
Bouchée, ou morceau qu'on met ou qu'on
peut mettre dans la bouche. Ruth. 2. 14. 7n-
tinge buccellain luam in acelo : Trempez votre
morceau dans le vinaigre, dit Booz à Ruth;
c'était au temps de la moisson, où il fait fort
chaud, et le vinaigre était en usage pour ra-
fraîchir les moissonneurs. De là vient cette
façon de parler.
Buccella panis. — 1° Un peu de pain qu'on
sert d'ordM»aire d'abord, lorsqu'on n'a pas
encore autre chose prêt pour recevoir des
hôtes fatigués. Gcn. 18. o. Ponamque buc-
cellam panis, el conforlate cor vestrumiaproç):
Je vous servirai un peu de pain pour re-
prendre vos forces, dit Abraham aux trois
hommes qui lui parurent proche lui, sous la
figure desquels Dieu lui apparaissait.
2° Une bouchée de pain marque une chose
de peu de conséquence, de peu de valeur.
Prov. 28. 21. Iste et pro buccella panis deserit
verilatem : Celui qui en jugeant a égard à la
personne, pour une bouchée de pain, aban-
donnera la vérité; i. e. pour un petit profit,
pour un petit intérêt.
3' Petit morceau ou boulette de quelque
chose. Ps. Ii7. C. Mittit crystallum suam sic-
ut buccellas : Dieu envoie la glace ou la grêle
en petits glaçons.
BUCCINA, M, (Tu/.-Lyi. Du grec ^-j-aùvo, qui
signifie un instrument de musique , ainsi
appelé à cause du son qu'il rend, et signifie
Sorte de trompette. Ezech. 33. 5. Sonum
buccinœ audivit, el non se observavil • Celui
qui, ayant entendu le son de la trompette de
la sentinelle, ne s'est pas tenu sur ses gar-
des sera responsable de son sang si l'ennemi
le tue. ^'oy. Tuba.
BUCCIKaRE, (7«A7rtÇe£v. De buccina,el si-
gnifie :
Sonner du cor ou de la trompette. Ps. 80.
4. Buccinate in neomenia luba : Les lévites
sonnaient de la trompette pour indiquer les
fêtes. Voy. Neomema.
BUG-<EUS , |5o>/«£o,-. Magnus jactator. Ce
nom vient du verbe grec -/ciUrj, s'enfler d'or-
gueil, et de la particule pou , que les Grecs
mettent devant les mois pour marquer quel-
que chose de grand, comme de muo;, famine,
bulimia, une grande famine. C'est ce qui fait
dire à Varron, /. 2. de R. R. c. 5 : Novi majes-
talem boum, et ab his dici pleraque magna :
Qui a beaucoup de présomption et de vanité.
C'est ainsi qu'est appelé Aman. Esth. 12. 6.
Aman vero fllius Amadalhi bugœus erat glo-
riosissimus coram rege.
BUL, Heb. Germen. C'est le huitième mois
des Juifs, qui répond en partie à notre mois
d'octobre, et en partie à notre mois de no-
vembre. Ce fut en ce mois que s'acheva le
temple de Salomon, la onzième année de son
règne. 3. Reg. 6. 38.
BULLA , JE, pr/vto^zoç. Du v^rbe grec ^îiûw ,
ferveo, bullio, ebullio, bouillir, et signifie pro-
prement petite bouteille, qui s'élève sur l'eau
quand il pleut, et, par métaphore, bague d'or,
en forme de cœur, que portaient au cou les
enfants nobles des Romains jusqu'à 1 âge de
quatorze ans; grosse léie de clou, tels que
ceux dont on garnit le bois de certaines por-
tes. Dans l'Ecriture :
Collier fait en forme de croissant. Judic. 8.
21. Tulit ornamenta ac bullas quibus colla re-
yalium camelorum decorari soient : Gédéon,
après avoir tue Zébée el Salmaua, prit tous
les ornements el les bosselles qu'on met d'or-
dinaire au cou des chameaux des rois
BULLIRE , «vaÇeiv , du substantif buUa ,
Voy. BuLLA, el signifie bouillir. Job. 41. 22.
Ponet quasi cum unguoila bulliunt : La ba-
549
BUT
BYS
550
leine fera paraître le fond de la mer comme
un vaisseau plein d'onguents qui s'élèvent
par l'ardeur du feu.
BUNA, Heb. JLdificans , flls de Jéraméel.
1. Par. 2. 23.
BURDO , ONis , r^aio-jo;, de Thébreu phé-
red, qui signiGe une espèce de mulet né d'un
cheval et d'une ânesse. Ce terme et cet ani-
mal commencent à paraître dans l'Ecriture au
temps de David , sans qu'il en eût été aupa-
ravant parlé.
Mulet, k. Reg. 5. 17. Tollam omis duorum
hurdonwn de terra : Permettez-moi d'empor-
ter la charge de deux mulets, de la terre de
ce pays , dit Naaman à Elisée , dans le des-
sein d'ériger un autel pour ne sacrifler plus
qu'au vrai Dieu.
BUTYRUM, I, ^Sovrypov. Ce nom, pris préci-
sément pour beurre de vache, vient de poO?,
bos , vache, et de Tupô,-, coagulum, forme que
prend le lait lorsqu'il se caille, et signifie :
l' Beurre. Gen. 18. 8. Tulit quoque butyrum
et lac : Abraham prit du beurre et du lait
avec le veau qu'il avait fait cuire, et il le
servit devant ces trois hommes sous l'appa-
rence desquels Dieu lui apparaissait, ainsi
qu'il en fut présenté à David dans sa fuite.
2. Reg. 17. 29. Les anciens usaient de beurre
comme d'une nourriture ordinaire et com-
mune. Dcut 32. li. Ut comederet butyrum
de armento : Dieu a établi son peuple choisi
dans un excellent pays, pour s'y nourrir du
beurre des troupeaux , dont le meilleur est
celui de vache, tel que peut marquer buty-
rum de armento, dans le passage précédent.
Ainsi, Isa. 7. lo. Butyrum et met comedet • Ce
fils, appelé Emmanuel, mangera le beurre et
le miel, marque que Jésus-Christ devait être
élevé de la même manière et nouiri des mê-
mes aliments que les autres enfants; mais,
v. 22, butyrum et mel marque et signiGe une
abondance de biens.
2" Cette substance dont se fait le beurre, la
crème du lait (yâ/cc). Judic. 3. 23. Aquam
petenti lac dédit, et in phi<da principum ob-
tulit butyrum : Jahel donna à Sisara du lait
au lieu d'eau qu'il lui demanda. Elle lui offrit
de la crème dans un vase digne d'un prince,
lorsqu'il s'enfuyait de Barac , qui tailla son
armée en pièces, à moins qu'on n'entende que
Jahel ait aussi présenté à Sisara de ce lait
qui reste après que le beurre est fait, du lait
de beurre, selon l'Hébreu, butyri {lac).
3" Suc épaissi qui sort de la mamelle, au
lieu de lait, lorsqu'on la presse trop. Prov.
30 33. Qui fortitcr premit ubera ad elicien-
dum lac, exprimit butyrum : Celui qui presse
fort la mamelle pour en tirer le. lait, en fait
sortir un suc épaissi.
4' Lait, d'où vient cette façon de parler :
torrcntes butyri, des torrents de lait, pour
marquer une abondance de biens. .lob. 20.
17. Non videat... torrcntes mdlis et butyri:
L'impie ne verra point couler sur lui les tor-
rents de lait; il ne goûtera point le bonheur
qu'il s'était promis.
Phrase Urée de la première .signification de ce ffioi.
Lavare vedes butyro, laver ses pieds dans
le beurre, signiGe être en une grande abon-
dance de biens. Job. 29. G. Quando lavabam
pedes meos butyro? Qui m'accordera d'être
encore comme j'étais... lorsque je lavais mes
pieds dans le beurre. Celte expression vient
de ce que les richesses consistaient dans le
grand noœbre de leurs troupeaux, qui fai-
saient toutes leurs richesses.
BUXUS, 1, Gr. Tzvqo;. Ce nom vient du grec
TTjço,-, changeant la ténue en sa moyenne,
et signifie proprement :
Buis ou bouis, arbre qui est toujours vert,
qui a le bois si dur, qu'il ne se gâte point et
n'est jamais vermoulu, et est si pesani, qu'il
tombe au fond de l'eau : ainsi , ce qui est
écrit sur du buis, ne s'efface point; dans l'E-
criture :
Buis, morceau de buis. Isa. 30. 8. Ingressus
scribe ei super buxum : Allez graver ceci sur
le buis, en leur présence. Dieu parle ici au
prophète du conseil que Dieu donnait aux
Juifs de ne point implorer le secours des
Egyptiens.
Personnes pieuses et fidèles. Isa. il. 19.
Ponam in déserta abietem , iiltnum et buxum :
Je ferai croître ensemble, dans la solitude, les
sapins , les ormes et les buis. Les personnes
pieuses et fidèles à Dieu , figurées par ces
beaux arbres , seront dans l'Eglise ce que
sont ces beaux arbres dans les jardins, et
entreront dans la structure de l'Eglise comme
le bois de ces mêmes arbres fut employé à la
structure du temple, c. 60. 13.
BUZ, Heb. Contemptus : — V Fils de Na-
chor, Gen. 21. 21. de qui est appelé Buzitesy
Eliu qui en descendait. Job. 32. 2. — 2" Fils
d'Abdiel, un des descendants de Gad. 1. Par.
5. 14. — 3° Le pays qui est appelé du nom de
Buz, fils de Nachor. Jer. 23. 23. {Propinavi}
Dedan et Thema et Buz : J'ai fait boire de la
coupe du Seigneur à Dédan , à Théma et à
Buz.
6UZI, Heb. Contemptus, père du prophète
Jb-zéchiel, c. 1. 3.
BYSSUS, I, /5û(7c-of , du grec pwo-^ror, et signi-
fie proprement plante qui porte de la graine,
à peu près comme le chènevis , et dont l'é-
corce est pleine de filets qui servent à faire
de la toile déliée; il signifie aussi, comme
dans l'Ecriture :
Fin lin, lin le plus fin, qui est d'une blan-
cheur très-éclalante, comme il est marque
Apoc. 19. 8. 11 croît principalement dans l'E-
gypte, la Palestine et les Indes, et on en fai-
sait trafic aux foires de Tyr. Ezech. 27. 10.
Il servait aussi d'ornement précieux ; par
exemple, au tabernacle, Exod. 23. i; ou de
vêlements. Prov. 31. 22. Byssus et purpura
indumentum ejus : La femme forte se revêt de
lin et de pourpre. Luc. 16. 19. Apoc. 18. 16.
On teignait en pourpre ce fin lin; c'est pour-
quoi byssus et purpura semble être ce lin
teint de couleur de pourpre. Ainsi byssus sa
prend pour la pourpre dans les auteurs pro-
fanes; et le mol purpura, qui est dans Ezech.
27, semble être mis pour byssus purpureus.
Quelques-uns croient que, dans les premiers
temps, byssus, le bysse , était une espèce de
soie jaune doré qui croît à de grandes co-
S51
DICTIONNAlKE DR PHILULOGIR SACRÉE.
quilles : notre soie de vers élail encore incon-
nue du temps des Israélites.
Le lin élail une marque d'honneur et de
gloire dont on était revêtu. Ezech. 16. 13.
Vestita es bysso : Vous avez été vêtue de fin
lin ; ce qui marque la gloire dont Dieu avait
relevé son peuple. Voy. Gen. il. 42.
BYSSINUS, A, VM, qui est de fin lin. Gen.
4-1. i2. Vestivitque eumstola byssiiia : Pharaon
fil revêtir Joseph d'une robe de fin lin, en l'éta-
blissant maître sur toute l'Egypte, v. 41. Les
habits et les ornements des prêtres , qui
étaient de fin lin. Exod. 28. 39. c. 39. 27.
Ainsi, 1. Par. 15. 27. Eslh. 1. 6. De là vient,
BYSSINUM, I, nom neutre dérivé de bt/ssi-
nus, on sous-entend vestimentum , el s\^n\^
fie:
Robe précieuse de fin lin. 2. Par. 5. 12.
Levilœ vesliti byssinis : Les lévites et les
chantres, revêtus de fin lin, faisaient reten-
tir leurs timbales lorsque Salomon transporta
l'arche du Seigneur dans le saint des saints.
Apoc. 19. V. 8. 14. Exercitus qui sunl in cœlo
sequebanlur eum in equis albis vesliti byssino
albo et mundo : L'Epouse de l'Agneau et les
armées qui sont dans le ciel , paraissaient
revêtues de fin lin ; ce qui marque la gloire
et la pureté de l'Eglise et des saints anges.
C
CAATH, Heb. congregatio.
CAATH , fils de Lévi. Gen.4G. 12. Levi,
Gerson, Caath et Mernri. Il a été père d'Am-
ram et aïeul de Moïse et d'Aaron. Exod. 6.
V. 18. 20. Il mourut Tan du monde 2450,
CAATHIT-^, descendants de Caath. Num.
3. 27. Hœ sunt familiœ Caathitarum , c. 10.
21. etc.
CABSEEL , Heb. congregatio Dei, ville de
la tribu de Juda, Jos. 15. 21, d'où était Ba-
naias. 2. Reg. 23. 20. 1. Par. 11. 22.
CABUL, Heb. compeditus. Voy. Chabul.
Le pays de cette partie de Galilée où étaient
les vingt villes que Salomon donna à Hiràm,
roi de Tyr, qui donna à ce pays, qui lui dé-
plut, le nom de Cabul, terre de boue et de
sable. 3. Reg. 9. 13. AppeUavitque eas terram
Cabul usque in diem hanc : Il appela celle
contrée la terre de Cabul, comme .elle s'ap-
pelle encore aujourd'hui. Il en est fait men-
tion, Jos. 19. 27. Egrediturque (sors Aser)
ad lœvam Cabul : L'héritage d'Aser s'étendait
à main gauche vers Cabul; mais il faut que
ce soit Esdras ou quelque autre qui ait vécu
après Salomon, qui, ayant rédigé le livre de
Josué par l'inspiration du Saint-Esprit , ait
donné à ce pays le nom de Cabul. Voy. Boch.
1. 2. c. 4. in Chanaan.
CABUS, I, yMoç. Ce nom vient de l'hébreu
cab, et signifie cabat, mesure de blé qui tient
la sixième partie du satum, savoir, douze li-
trons , demi-setier , ou dix-huit livres dix
onces. 4. Reg. 6. 25. Quarta pars cabi ster-
coris columbarum quinqiie argenlcis : La ville
de Samarie, étant assiégée par Bénadab , fut
pressée d'une si grande famine, que la qua-
trième partie d'un cabat de fiente de pigeon
fut vendue cinq pièces d'argent, ce qui reve-
nait environ à soixante-quinze sous , parce
que c'étaient des sicles communs ou pro-
fanes.
CACABUS, 1, xùzpx. Ce nom vient du verbe
»«tw, uro, et du nom -/.ùGn, cibus, et signifie :
1° Pot à mettre sur le fou pour y faire cuire
les viandes. 1. Reg. 2. 14. Habebat fuscinu-
lam tridentem... et mitlebat eam... in caca-
bum : Le serviteur du prêtre Jléli, tenant à
la main une fourchette à trois dents, la met-
tait... dans le pot; c'était pour enlever ce
qu'il pouvait pour le prêtre , ce que l'Ecri-
ture condamne ici. 2. Par. 35. 13.
2° Pot de terre. Eccli. 13. 3. Quid commu-
nicabit cacabus ad oUam ? Quelle union peut-
il y avoir entre un pot de terre et un pot de
fer? Cette figure marque le danger où se met
le pauvre en s'approchant du riche, à qui il
ne peut résister.
CACUMEN,iNis. Cenom,qui est mis comme
pour coacumen, est composé de la préposition
euniei de acumen, parce que les extrémités ou
points s'assemblent en un; ou, selon d'autres,
de caput et de acumen; comme qui dirait ca~
pitis acumen, et signifie,
Le sommet , le haut , le bout de quelque
chose {y.sfxlri ). Gen. 8. 5. Decimo mense ap~
paruerunt cacumina montiutn : Le premier
jour du dixième mois , le sommet des mon-
tagnes commença à paraître, les eaux du dé-
luge qui les couvraient s'élant abaissées, c.
28. 12. 2. Reg. 5. 24. Ainsi , 1. Par. 14. 15.
Cumque audieris sonitum gradientis in cacu-
mine pyrornm, tune egredieris ad bellum : Dès
que vous entendrez, au haut de ces poiriers,
comme le bruit de quelqu'un qui marche,
dit Dieu à David, vous ferez aussitôt avancer
vos troupes pour combattre. Plusieurs expli-
quent le liant du sommet de quelque monta-
gne qui était au-dessus de ces poiriers; d'au-
tres prennent ici cacumen pour caput, qui
signifie souvent l'entrée , le commencement
de quelque chose.
CADAVER, is, ÔTflTtaarov. Ce nom vient du
verbe cadere, parce que sans l'âme le corps
ne se peut soutenir; et signifie.
Corps mort, cadavre soit d'hommes, soit de
bêtes. Dcut. 14. 8. Cadavera non tangetis :
Vous ne mangerez point de la chair des ani-
maux qui vous seront impurs , et vous n'y
toucherez point lorsqu'ils seront morts. Cette
loi était pour exercer la tempérance des
Israélites , et les tenir dans la dépendance à
l'égard de Dieu. Num. 14. v. 32. 33. Heb. 3.
17. Nahum. 3. 3. Nec est finis cadaverum :
Il y aura un carnage qui n'aura point de fin.
Le prophète prédit la désolation et la prise de
Ninive par Nabopolassar , père de Nabucho-
donosor, qui prit Ninive, à quoi se rapporte
Isa. 66. 24. etc. Yidebunt cadavera virorutn
553
CAD
CAD
Ki
qui prœvancati sunt in me (zw),ov) : Us ver-
ront les corps morts de ceux qui ont violé ma
foi, ce qui se peut entendre de l'état où furent
réduits les ennemis de Dieu et de l'Eglise,
dont parle Isa. c 3i. 3, ou plutôt des damnés
mêmes, dont les corps seront dévorés par le
feu et par les démons, de même que 1 ■ sont
les cadav res par les bêtes. Jer. 31. 40. Circui-
bil omnem vallem cadaveruin : Le cordeau
tournera autour de la vallée des corps morts.
Cette vallée, qui était entre le Calvaire et les
murailles de Jérusalem , était appelée de la
sorte ou parce qu'ordinairement on y jetait
les corps ou les ossements do ceux qui avaient
élé exécutés, ou plutôt parce que les Assy-
riens y avaionî été tués par un ange.
CADEMOTH, heb. Anliquiores. Voyez Ce-
DiMOTH, Jos, 13. 18. — 1" Ville de la Iribu de
Kuben, donnée aux lévites, et ville de refuge.
1. Par. 6. 79. — 2" Un désert près de cette
ville. Deut. 2. 26. C'est de là que Moïse en-
voya des ambassadeurs à Sehon , roi des
Amorrhéens, pour lui demander passage sur
ses tt-rres ; ce prince non-seulement rejeta
cette demande, mais encore il vint au devant
(l(;s Hébreux, pour s'opposer à leur passage
avec toutes ses troupes. Les Israélites le dé-
fir<nt, s'emparèrent de ses villes, dont ils
tuèrent tous les habitants.
CADERE, TzirzTsa. Ce verbe vient de l'ad-
verbe x«Tw , deorsum; parce que tomber,
c'est être emporié en bas et par sa propre
pesanteur, et signifie :
1" Cli'jir, tomber. Matth. 13. 27. Catelli
edunl de micis quœ cadunt de inensa domino-
ruin suoruin : Les petits chiens mangent au
uioius des miettes qui toinbent de la table de
leurs maîtres, dit la Chaiianée à Jesus-Christ.
'V.MiCA. Malih.i7.1i.c.l3.4-.Luc.l3,i.Joan.
lH.b,AJn»i Jerem.S.i. lYt^m^uid qui cadil, non
resurget? Quand on est tombé, ne se relève-
l-on pas? Voy.REsuRGERE.D'où viennent ces
phrases :
Cudere in faciem. Tomber le visage contre
lerre ; ce qui s'entend , ou à la lettre seule -
ment. 1. l(cg. 17. 49. Cecidil in faciem suam
* super lerram : Goliath tomba le visage con-
tre terre, savoir : après avoir élé frappé par
David (à quoi est opposée cette phrase ; Ca-
dere rétro, ou relrorsum : Tomber à la ren-
verse. 1. Reg. k. iH.Cecidit de sella relror-
sum : Heli tomba de son siège à la renverse :
ce fut à la nouvelle que l'arche avait été
prise par les Phi.istins. Gen. 49. 17. Voy. Ce-
AASTEs). Mais colle phrase s'entend aussi li-
gnrément pour marquer l'effet de plusieurs
affections de l'àiue. 1" Toniber de frayeur,
d'étonnemenl. Matth. 17. G. Videnles disci-
puli ceciderunt in faciem suam, et timurrunt
volde : Les trois apôtres, ayant entendu ces
paroles, tombèrent le visage contre terre et
furent saisis dune grande crainte. Ce fut à
la Transfiguration de Jésus-Christ.
2' Tomber de frayeur, d'élonnnement.
Acl. 9. 4. Cadens in terram audivit vocnn :
Saul, étant dans le chemin de Damas, tomba
par terre et entendit une voix. Lcvit. 20,
3G. Apoc. 1. 17.
3" Se prosterner, s'abaisser. Matth. 4. 9,
DlCTIOWN. DE PniLOL. Sacrée. 1.
Hœc omnia tibi dabo si cadens adoraveris me •
Je vous donnerai toutes ces choses si, en
vous prosternant devant moi, vous m'adorez,
dit le diable à Jésus-Christ. Luc. 8. 41. c. 17.
16. Joan 11. 32. 1. Cor. 14. 23. Apoc. 5. 8.
4" Se jeter sur quoiqu'un , tomber sur lui
[Innzi-n-zvj]. Luc. 13. 20. Accurreus cccidit sii-
per collum ejus : Le père de l'enfant prodigue,
courant à lui, se jeta à son cou et le baisa.
Apoc. 6. 16. c. 11. 11. El dans le sens fitruré,
Matth. 21. 44. Luc 20. 18. Omnis qui cecide-
rit super illum lapidem conquassabitur .-Qui-
conque se laissera tomber sur cette pierre ,
s'y brisera. Jésus-Christ est cette pierre con-
tre laquelle les hommes se heurtent par leur
incrédulité et leur résistance à l'établisse-
ment de son Evangile, v. 1. 2. 8, Ainsi, Osée
10. 8. Dicent mnntibus : Operite nos; et colli-
bus : Cadite super nos : Us diront aux monta-
gnes : Couvrez-nous ; et aux collines : Tom-
bez sur nous ; c'est ce que devaient dire les
habitants de Samarie, ne pouvant trouver
dans la terre des abîmes assez profonds pour
se mettre à couvert de la fureur des Assy-
riens ; c'est ce que tous les Juifs ont pu dire,
à la prise de Jérusalem, selon que Jésus-
Christ , allant mourir sur la croix, leur avait
prédit, Luc. 23. 30. et c'est ce que diront en-
core tous les pécheurs en ce jour effroyable
où Jésus-Christ paraîtra dans sa majesté
pour les juger.
3° Mourir, tomber en mourant, ou après
avoir reçu le coup de la mort. 1. Cor. 10. 8.
Ceciderunt una die viginti tria millia : Pour
le crime de fornication, il y en eut vingt-
trois mille qui furent frappés de mort en un
seul jour. L'Apôtre a en vue ce qui est rap-
porté Exode .32.28.
iy Tomber, se dit d'un prophète, parce
qu'il tombait lorsqu'il était ravi de lui-même
en recevant les révélations divines. Num.
24. 4. Qui cadit, et sic aperiuntur ocnli ejus :
Voici ce que dit Balaam , qui est celui qui
en tombant a les yeux ouverts. Voy. Aperire.
1. Reg. 19. 24. et c'est sur quoi Mahomet ,
qui tombait du haut-mal, semble avoir fondé
son imposture. Voy. Obtup.are. Et ce mou-
vement du prophète était un effet de sa vertu
de prophétiser; mais cette phrase : Manum
Domini cadere super aliquem, marque la
cause de cotte vertu dans les prophètes et si-
gnifie : qu'un homme reçoit de Dieu des ré-
vélations et des prophéties. Ezcch. 8. 1. Ce-
cidit ibi super me tnanus Domini Dei: La main
du Seigneur mon Dieu tomba tout d'un coup
sur moi.
§ 1. — Tomber dans quelque affliction, ou
devenir misérable, périr misérablement.
Prov. 24. V. 10. 7. Septies cadet justas : Lot
juste tombera sept lois; cette chute s'entend
des fréquentes adversités ou des fautes où
tombent les justes par faiblesse , mais la
grâce de Dieu les relève, selon le Ps. 36. 24.
Ainsi, Isa. 21. 9. Cecidit, cccidit Bahylon I
Babylone est tombée, elle est tombée cotte
grande ville! Elle fut prise et ruinée par Cy-
rus. Ps. 19.9. /psi ohligati sunt et ceciderunt :
Quant à eux, ils se sont trouvés comme liés^
et ils sont tombés. Il semble que David a en
18
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE,
556
vue la victoire qu'il remporta contre les
Ammonilcs ligués avec les Syriens, dont il
semble que le grand nombre dhommes les
embarrassa, Ps. 26. 2. Ps. 90. 7. Ps. 117. 3.
Phrase tirée de celle siguiticalioo
Cadere ante faciem alicujus , ante aliqusm,
m conspectu alicujus. Etre surmonléet vaincu
par quelqu'un, ne lui pouvoir résister. Esth.
6. 13. Si de semine Judœonim est Mardochœus,
antequem cadere cœpisti, non poteris ei resi-
stère, sed codes in conspectu ejus : Si ce Mar-
dochée, devant lequel voas avez commencé
de tomber, est de la race des Juifs, vous ne
pourrez lui résister; mais vous tomberez de-
vant lui; c'est ce que disent à Aman ses
amis. Levit. 26. 8. Prov. 2o. 26. Eccli. 28.
22. Mais cette phrase : Orationem alicujus
cadere in conspectu L'omini, marque que
l'homme s'humilie et se prosterne devant
Dieu par ses prières. Jcrem. 36. 7. Si forte
cadat oratio eorum in conspectu Domini : Li-
sez levant le peuple les paroles du Seigneur
que je vous ai dictées , pour voir s'ils se
prosterneront avec une humble prière de-
vant le Seigneur, dit Jcrémie à Baruch, sous
le règne de Joachim. Yoy. c. 37. v. 19. c. 38.
26.
Cadere de cœlo. Tomber du ciel, signifie :
tomber d'un rang élevé, d'un état heureux,
dans un étal tiiisérable. Ce qui se dit : 1° Du
démon, Isa. 1^.12, Quomodo cecidistide cœlo,
Luciferl Comment es-tu tombé du ciel, Lu-
cifer? A quoi semble s'accorder, Luc. 10. 18.
qui marque que le démon avait beaucoup
perdu de son règne; quoique Isaïe l'entende
aussi à la lettre de Nabuchodonosor. 2^ Des
premiers pasteurs , des chefs et de ceux qui,
tenant les premiers rangs dans l'Eglise ,
sont tombés dans l'apostasie ou l'hérésie.
Apoc. 8. 10. Cecidit de cœlo Stella magna ar-
dens : Une grande étoile, ardente comme un
flambeau, tomba du ciel ; cette étoile peut
marquer le f.iux prophète Jiarchochebas ,
dont le nom signifie étoile, c. 6. 13. c. 12. V.
3' Généralement de la chute des membres de
rEgli>c, comme quelques-uns expliquent.
Matth. 2i. 29. Voy. Dan. 8. 10.
Cadere in lerram. Tomber à terre, pour
marquer un déchet ou. une perle. Job. 29.
2i. Lux vultus mei non cadcbtt in terram :
Si je riais quelqui fois avec ceux à qui je
parlais, la lumière de mon visage ne tom-
bait point à terre; i. e. ils ne perdaient rien
du respect qu'ils me portaient. 3. Reg. 1.
52. Non cadet ne unus quidem capillus ejus
in lerram : Si Adonias est homme de bi(>n ,
il ne tombera pas en terre un seul cheveu
de sa tête, dit Salomon ; i. e. il ne lui sera
j)as fait même le moindre mal; ce (jui s'en-
tend au même sens, 1. Reg. IV. ko. 2.
Reg. IV. 11. à quoi se peut rapporter,
Matth. 10. 29. Unus ex illis non cadet
super teiram sine paire veslru ; 11 ne tombe
pas aucun passereau sur la terre sans la vo-
lonté de voire père; i. e. il n'en meurt pas
un sans l'ordre de la divine Providence. Ce
qui se dit aussi du blé qu on jeite en terre
^our pourrir. Joau, 12. l't. i\isi granum
frumenti cadens in terram mortium faerit,
ipsum solum manet : Si le grain de froment
ne meurt après qu'on l'a jeté en terre , il de-
meure seul ; Jésus- Christ, par cette compa-
raison, veut faire entendre qu'il devait mou-
rir et ensuite ressusciter à la gloire, pour
amener tous les hommes à la participation
du salut.
Suiie des significations figurées du verl)e Cadere.
§ 2. — Arriver, avoir son e^et (zpx^'y^'xi) . Isa
9. 8. Verhum misit in Jacob , et cecidit in Is-
raël : Le Seigneur a envoyé sa parole en Ja-
cob, et elle a été vérifiée dans Israël. Les pu-
nitions dont Dieu a menacé les Juifs par ses
prophètes ont eu leur effet.
§ 3. — Etre; inutile, n'avoir point son effet.
Luc. 16. 17. Facilius est cœlum et terram prœ~
terire quam de le/je unum apicem cadere : II
est plus aisé que le ciel et la terre passent
que non pas qu'une seule lettre de la loi man-
que d'avoir son effet. Voy. Rom. 6. 9. Ainsi
3. Reg. 8. 56. Non cecidit ne unus quidem
sermo ex omnibus bonis quœ tocutus est per
Moysem servum suum : Tous les biens que le
Seigneur nous avait promis par Moïse, son
serviteur, nous son! arrivés sans qu'il soit
tombé uneseuledeses paroles àterre.l. Reg. 3.
19. k. Reg. 10. 10,
§ 4. — Tomberdans quelque péché ou dans
quelque faute. 1. Cor. 10. 12. Qui se existi-
mat stare, videat ne cadat : Que celui qui
croit être ferme prenne garde à ne pas tom-
ber, savoir : par trop de présomption; mais
d'éviter avec soin toutes les occasions de
chute. Prov. 2i. 16. c. 25. 26. Ps, 36. 2i. etc.
§ 5. — Tomber dans un jugement, être con-
damné comme coupable. Rom. li. k. Domino
suo stat , aut cadit : Si le serviteur d'autrui
tombe, ou s'il demeure ferme, c'est à son
maître de le juger; et, s'il ne le cond.îmne
point, les autres ne le doivent pas condam-
ner. Ceci prouve qu'on ne doit point juger
mal du prochain.
§ 6. — Echoir, arriver par sort, ou comme
par sort {èrziTzi-zeL-j), Ps. 15. 6. Funes ceci-
dcrunt )nilii in prœclaris : Mon partage m'est»
échu en des lieux excellents ; c'est ce <jue
dit Jésus-Christ de son Eglise qu'il a reçue
de son Père, et ce que dit réciproquement
l'Eglise, qui attend la gloire du ciel par Je-
sus-Christ.
CADES, heb. Sanctitas. — i" Ville d'Ara-
bi(>, sur les frontières de l'Idumée, que quel-
ques-uns croient être Cadesbarné. Num. 20.
v. 1. ïk. Misit nuntios de Cades ad Begem
Edom , V. 16. Ecce in urbe Cades, quœ est in
extremis finibus luis , posiii , obsecramus :
Nous sommes en la ville de Cades, qui est
eu l'extréunlé de votre royaume. Gen. li.
7. OL 20. 22. etc. C'est la trente-troisième de-
meure des Israélites , où Marie , sœur de
Moïse, a été inhumée.
2 Le Désert et toute la contrée qui a tiré
sou nom de la ville. Num. 33. 36. Inde pro-
l'ccii venerunt in desertum Sin, liœc est Cades:
]) Asiongaber, ils vinrent au désert do Sin ,
qui est Cades. Ps. 28. 8. Commovebii J)omi^
nus desertum Cades : Dieu , par la voix do
1
557
CMC
C.CC
555
son tonnerre, fai( trembler les bêles farou-
ches qui se trouvent dans ce vaste désert;
c'rst dans ce désert que les Israélites ont
rôdé l'espace de quarante ans. Jl est dans
l'Arabie, au-dessus de la ville de Pélra.
3" Cades , ville royale. Jos. 12. ^2. Rex
Codes unus. 1. Mac. 11. v. 63. 73. D'autres
lisent Cèdes, et la prennent pour Cecfes de
Nephthalim.
k" Cades, ou Cades-Asor, ville de la tribu
de Juda. Jos. 15. 23. Et Cades et Asor. San-
son croit qu'il faut lire : Et Cades-Asor, afin
que le nombre se rapporte.
5° Cades est mis pour Cadesbarné. Gen.
16. 12. Num. J3. 27. Rerersi exploratores ter-
rœ... venerunt ad Moysen et Aaron.., in dé-
sert um Pharan qnod est in Cades : Ceux qui
avaient été explorer la terre, vinrent trouver
Moïse et Aaron dans le désert de Pharan qui
esta Cadès. Voy. Cadesbarné.
6' Il (Si mis pour Gudes ou Eng.iddi, qui
est une ville el une contrée, dans la Iribu de
Juda, fertile en palmiers. Eccli. 24-. 18.
Quasi pahna exallatasum in Cades : J 'ai poussé
mes branches en haut, comme les palmiers
de Cades. Joseph. Antiq. (. 9. c. 1.
CADESBARNE. Lieu situé sur les frontières
de la terre promise, dans le désert de Pha-
ran, du côlé du midi; ce fut le quinzième
campement des Israélites, d'où Moïse envoya
les douze espions dans la terre de Chanaan.
Num. 32. 8. Quando misi de Cadesbarné ad
explorandam terrain, c. 34. k. Deul. 1. i6.
Heb. et Gr. in Cades.
CADUMIM, Heb. Priores , torrent dans la
tribu de Kuben. Judic. 5. 21. Torrens Cadu-
miwi,Hcbr. torrens occursuum : Le torrent de
la rencontre; parce que c'est à ce torrent
que se reneonlrèrcnl l'armée des Israélites
et celb' de Sisara.
CADUS, I. Ce nom vient de l'hébreu cad ,
(lui signifie : cruche, bouteille, ou autre
vaisseau à mettre du \ in ouquelque autre li-
queur; dans l'Eciilure,
M( sure qui tient environ 27 pintes de Pa-
ris [py-oç, baril . Luc. 16. 6. Quantum debcs
domino meol At ille dixit : Cenlum cados
olei : Combien devez -vous à mon maître?
Cent baiils d'huile, répond le débiteur à l'é-
conome. C'est le même que Oatus. 3. Reg. 7.
26. fl Ezec. 43. v. 10. 14.
C.ECITAS, ATis. 1" Aveuglement des yeux
du corps, (H sorte qu'on ne voie aucuns ob-
jets, ïob. 2. l.'j. Non est contristatus contra
/)eum, quod plarja cœcitatis eveneril ei : Tobie
ne nuiiiiiura point contre Dieu, de ce qu'il
r,i\ail frappé par cette plaie de l'aveugle-
iu<iit. N'oyez v. 11.
i l^blouissement, espèce d'aveuglement
ou d'olourJissemenl qui fait qu'on ne peut
\oir certains objets, quoiqu'on puisse voir
les autres («opxaia). V. Heg. 6. 18. Percute^
ubsecro, ijenteni fianc cœcilatc : Frappez, je
vous prie, tout ce peuple d'aveuglemenl.
Dieu ay.int aveuglé ainsi les troupes de Sy-
rie, Elisée les mena dans la ville de Saraa-
rie. Gen. 10. 11. Eos qui foris nantpircus-
scrunl cœcilatc : Les deux anges frappèrent
d'a>cuglemcnt ceux de Sodomc qui étaient
au dehors de la maison de Loth. Sap. 19. 16.
Le mot grec àofKo-ta, qui y répond, ne peut
se rendre par un mot latin. Voyez Hieron. in
c.l.Eph.
3° Aveuglement d'esprit, égarement, folie
{v.rj^ç^f7i%). Deut. 28. 28. Percutiat te Dominus
amentia et cœcitate : Le Seigneur vous frap-
pera de frénésie et d'aveuglement d'esprit,
se. si vous n'écoutez sa voix. Zachar. 12. 4.
Omncm equum populorum percutiam cœci-
tate: ie frapperai d'aveuglement les chevaux
de tous les peuples : ce qui marque l'étour-
dissement des Syriens, qui furent plusieurs
fois défaits par les Machabées, et qui sont la
figure des ennemis de l'Eglise, que Dieu
frappe d'aveuglement.
h" Aveuglement et endurcissement do cœur
(Tfwfwa-^-). Marc. 3. o. Contristatus super cœ-
citate cordis eorum : Jésus-Christ allligé de
l'aveuglement du cœur des Juifs. Rom. 11.
25. Cœcitas ex parte contigit in Israël :J]ne
partie des Juifs est tombée dams l'aveugle-
ment. Ephes. 4. 18. Alienati a vila Dei per
ignorantiam, quœ in illis est propter cœcita^
tem cordis ipsorum : Les nations sont entiè-
rement éloignées de la vie de Dieu, à cause
de 1 Ignorance où elles sont et de l'aveugle-
ment de leur cœur.
C.UCARE. Ce verbe signifie proprement
aveugler quelqu'un, lui faire perdre ou lui
ôter l'usage de la vue : dans notre Vulgale,
il signifie :
Un aveuglement d'esprit (ttwûoOv), ou plu-
tôt, selon la force du mot grec,' une stupidité
qui fait qu'on no comprend pas aisément ce
qu'on dit. Marc. 8. 17. Adhuc cœcatnmhabetis
cor vestrum? Votre cœur est-i! encore dans
l'aveuglement : ce qui paraît par les mots
précédents. Voyez Obc^care, et Matlh. 16.
V. 11.12,
CyECUS, A, UM, Tv^/i,-. Ce mot, dont l'o-
rigine est obscure, soit qu'il vienne de l'hé-
breu caha, caligare, ou de cœdere, signifie,
1" Aveugle, privé de la vue corporelle.
Joan. 9. 39. A sœculo non est auditum quia
quis apcruit oculos cœci nati : Depuis que le
monde est, on n'a jamais ouï dire que per-
sonne, ail ouvert les yeux à un aveugle-né.
Exod. 4. 11. Quis fabric itus est... videntemet
cœcum? Qui a formé le muet et le sourd, ce-
lui qui voit et celui qui ne voit pas"? N'est-ce
pas moi? dit Dieu à Moïse. Levil. 21. 18. c.
22. Isa. 39. 10. Luc. 14.21.
2° Aveugle d'esprit, (jui ignore ce qu'il doit
savoir et ce qu'il doit faire, comme les igno-
rants el les infidèles. Job 29. lo. Oculus fui
cœco : J'ai été l'œil de l'aveugle, savoir, en
aidant les pauvres et les simples de ses in-
structions et de son conseil. Luc. l'i . 21. Rom.
2. 19. Isa. 42. 19. c. 43. 8. Sophi. 17. etc.
3° Aveugle se dit de celui qui, étant éclairé
de la loi de Dieu, néglige de la suivre et de
travailler à son salut. Apoc. 3. 17. Nescis
amii lu es... et pauper, el cœcus, et nudus :
Vous ne savez pas que vous êtes pauvre, et
aveugle, el nu : Dieu reproche à l'évéquc de
Laodirée (ju'il ne fait point le bien qu'il con-
naît. 2. Pelr. 1. 9.
4 Aveugle, ignorant, mais qui reconnaît son
559
DICTIONNAIUE DE PHILOLOGIE SACREE.
560
Ignorcinceetson peu de lumière. Joan. 9. 41.
Si cœci essetis, non hahereiis peccatum : Si
vous éiiez aveugles (c'est-à-dire si vous vous
rocounaissioz aveuçïles), vous n'auriez pas
(le péché : l'ignorance et la simplicité dimi-
nuent beaucoup de la grandeur du péché.
5" Aveugle d'un aveuglement volontaire,
qui a le cœur endurci. Joan. 9. 39. In jiidi-
cium ego in hune mundam veni, ni qui non
vident videant, et qui vident cœci fiant : Je
suis venu dans ce monde, afin que ceux qui
ne voient point voient, elque ceux qui voient
deviennent aveugles. La vérité éclaire les
ignorants humbles, et aveugle les orgueil-
leux. Isa. 42. 18. c. 56. 10. Matlh. 13. 14. c.
23. V. 24. 26.
6° Les Jébuséens, marqués por les aveu-
gles et les boiteux dont ils s'élaient servis
pour insulter à David. 2. Reg. o. 8. Cœcus et
claudus non inlrabnnt in templum : On dit en
proverbe :Les aveugles et les boiteux n'entre-
ront point da*is le temple. David voulant
prendre sur les Jébuséens la forteresse de
Sion, ceux-ci, qui la croyaient imprenable,
placèrent sur les murailles les plus faibles
d'enire eux pour faire insulte à David ; mais
David l'ayant prise, on croit qu'il ordonna
que les Jébuséens n'entreraient point eux-
mêmes dans le temple ou dans Sion, car
l'Hébreu porte dans la maison. Voyez Tem-
plum. C'est ce qui donna lieu au proverbe.
CiEDERE, Bépuv. On croit que ce verbe
vient de l'hébreu catat, qui signifie la même
chose, ou de kid, ecciîium, et signifie:
1" Couper, trancher, tailler (vEu/îoxoTrefv).
Deut. 21. 4. Cœdent in ea cervices vitiilœ :
Les anciens de la ville la plus proche du lieu
(lu corps d'un homme qui aura été tué, sans
savoir l'auteur du meurtre, couperont le cou
à la génisse dans une vallée, etc. Voyez v. 3.
c. 19. 5. Levit. 1. 8. Matth. 21. 8. Marc. 11.
8. Ainsi, 4. Reg. 12. 12. Qui cœdebant saxa :
Ceux qui taillaient les pierres, les tailleurs
de pierres.
2" Battre, frapper, blesser, traiter rigou-
reusement. Joan. 18. 23. Quid me ccedis? Que
si j'ai bien parlé, pourquoi me frappez-vous?
dit Jésus-Christ à l'officier dont il reçut un
soulllet : d'où vient celle phrase : Cœdere in
fncicni : Traiter indignement, outrageuse-
ment, et avec le dernier mépris. 2. Cor. 11.
20. Suslinelis, si quis in faciem vos cœdil :
Vous souffrez qu'on vous frappe au visage.
Ainsi, Exod. 5. 16. xMatlh. 21. 35. Ose. 7. 12.
D'où viennent ces phrases : Cœdere fîugcllis^
scorpionibus : Frapper avec des verges, i. e.
exercer un règne ou un empire dur sur un
peuple. 3. Reg. 12. 14. Pater meus cœcidit vos
flayellis : Mou Père vous a châtiés avec des
verges, i. e. a exercé un dur empire sur vous.
J^go autein cœdam vos scorpionibus : Mais
moi je vous châtierai avec des verges de fer
(ce qui marquait un empire encore plus
rude), dit Roboam au peuple. Mais virga cœ-
dere se dit du blé qu'on bat pour en faire
sortir le grain. Ruth. 2. 17. Yirga cœdens :
Uulh ballit avec une baguette les é|)is (ju'elle
avait recueillis dans le clianip de Booz. Cœ-
dere (ubiis ; Frapper pnv les lèvres, s'euleuJ
Ggurément pour réprimander quelqu'un ,
l'offenser par les réprimandes qu'on lui fait,
quoique justes. Prov. 10. 8. Stultus cœditur
labiis : L'insensé est frappé par les lèvres :
ce qui se peut entendre aussi des propres lè-
vres de l'insensé, qui dit des «hoses contre
lui-même.
3" Tuer, défaire, immoler. Jos. 10. 9. Ex-
tremos quoque fugientium cœdile : Tuez les
derniers des ennemis qui fuient, dit Josué à
ses soldats, dans la déroule de l'armée des
cinq rois ; et souvent dans l'Ancien Testa-
ment, où il est parlé de la défaite des enne-
mis ['7'fv.-:xzi-j). Num. 11. 22. Numquid ovium
et boum multiludo cœdetur? Ferez-vous égor-
ger une multilude de brebis ou de bœufs? dit
Moïse à Dieu, qui lui promettait de donner
à tout le peuple dans le désert des viandes
pour se rassasier. Ainsi, Levit. 4. 33. c. 6.
30. c. 23. 12. Cœdetur agnus : On immolera
un agneau.
CiÈDES, is, tpô-joç. Ce nom vient du verbe
cœdo, et signifie :
1° Meurtre, homicide. Act. 9. 1. Saulus spi-
rans minarum et cœdis in discipulos : Saul no
respirant que le sang des disciples du Sei-
gneur. Deut. 21. 1. 1. Mach. 1. 25. 2. Mach.
6. 13.
2° Carnage fait en un combat, défaite d'en-
nemis. Judic. 7. 22. Mutua se cœde trunca-
bant : Les Madianites, ennemis de Gédéon,
se tuaient les uns les autres. Hebr. 7. 1.
Obviavit Abrahœ régressa a cœde re^wm.-Mel-
chîsedech vint au devant d'Abraham lorsqu'il
retournait de la défaite des rois, et le bénit.
C-iELARE, ylvfti-j. Ce verbe semble venir
de cœdere, changeant d en /, parce que le
graveur coupe et laille le métal sur lequel ii
travaille, et signifie :
Tailler, graver, ciseler. Exod. 28. 21. Duo-
decim nominibus cœlabuntur : Sur chacune
des pierres précieuses du Rational était gravé
le nom de chacun des douze patriarches. 3.
Reg. 7. 36. Zach. 3. 9.
C.^ELATOR. Vient de cœlare, et signifie
graveur. Exod. 28. 36. /n lamina sculpes opère
cœlatoris sancium Domino. Voyez Sancïum.
CyELATURA vient de cœlare, et signifie
sculpture, gravure. 3. Reg. 6. v. 29 33. Et
sculpsit chcrubim , et palmas, et cœlaturas
voldc eminentes : Salomon fit tailler des ché-
rubins, des palmes et d'autres ornements,
avec beaucoup de saillie. Exod. 38. v. 10. J2.
CyELUM, I, ovf,u-joç. Ce nom vient de cœ-
lare. Les Hébreux n'expriment ce mot que
par Je duel ou le pluriel schamaïin, et ne re-
connaissent que trois cioux ou trois régions
célestes : la première, celle de l'air; la se-
conde, celle des aslres; la troisième est la
demeure des anges et des saints, appelée le
troisième ciel. 2. Cor. 12. 2. Scio hominem
in Cfirislo rapium usque ad tertium cœlum :
Je connais un homme en Jésus-Christ qui
fut ravi au troisième ciel. Ce ciel est le plus
élevé et est appelé par excellence cœlum cœh,
cœlum cœlorum, cœli cœlorum. Deul. 10. 14.
3. Reg. 8. 27. 2. Par. 2. 0. c. 6. 18. 2. Esdr.
9. 6. Ps. 67. 34. Ps. 113. 16. Ps. 148. 4.
i" Le ciel, le premier ciel, qui est la de-»
SCI
CJEL
CJF.L
564
meure de Dieu, des anges et des saiiits. Joan.
3. 13. Nemo ascendit in cœlum, nisi qui de-
scendu de cœlo, Filins Iiominis qui est m cœlo:
Personne n'est monté au ciel, se. pour en
découvrir les secrets, que celui qui est des-r
cendu du ciel, se. Jésus-Christ en se faisant
homme, qui est dans le ciel et y demeure
toujours comme Dieu. Dan. k. 10. Matth. 28.
2. Angélus Domini descendit de cœlo : Un
an^îe du Seigneur descendit du ciel. P>. 148.
1. Laudate Dominum de cœlis : Louez le Sei-
gneur, ô vous qui êtes dans les cieux. Gen.
28. 17. Dan. k. 28. Joan. 3. 31. c. 6. 33. Mnlt.
6. 10. Luc. 10. 18. c. 11. 13. c. 19. 38, etc.
2° Tout cet espace qui renferme tous les
corps célestes, et même l'air, l'espace qui est
depuis la terre jusqu'au plus haut point du
monde, et se prend, ou pour le tout, Prov.
25. 3. Cœlum sursum... inscrulahile : Le ciel
dans sa hauteur... est impénétrable; ou se
prend pour une partie, soit celte vaste éten-
due des sphères célestes, où sont les planètes,
les étoiles fixes et le premier mobile. Gen.
22. 17. Multiplicabo semen tuum sicut slellas
cœli : Je multiplierai votre race comme les
étoiles du ciel, dit Dieu à Abraham, Ps. 18.
V. 2. 7. Cœli (narrant gloriam Dei .-Les cieux
racontent la gloire de Dieu, i. e. ils représen-
tent un tableau des perfections de Dieu, dont
la vue porte à publier sa gloire : d'où vient
celle expression figurée. 2. Reg. 22. 10. Ps.
17. 10. Jnclinavit cœlos et descendit : Dieu a
baissé les cieux et est descendu, pour mar-
quer d'une manière figurée que Dieu a fait
paraître sa présence dans l'air, pour défen-
dre son serviteur contre ses ennemis Ps. 143.
5. D"où viennent ces phrases : Rcgina cœli,
pour marquer la lune, ainsi appelée à cause
de sa lumière, qui efface toutes les étoiles
qui sont au-dessus d'elle. Jerera. 7. 18. Mi-
lilia cœlorum, pour marquer tous les astres,
se le soleil, la lune et les étoiles. Ainsi l'ob-
scurcissement, le deuil, ou rébranlement du
ciel ou dos astres, et la chûle de quelque
étoile, est la figure de quelques grands mal-
heurs el de quelque grande désolation. Isa.
3i. 4. l'abescet omnis militia cœlorum^ et com-
plicabunlur sicut liher cœli, et omnis militia
eorum dcfluet : Touies les étoiles du ciel se-
ront comme languissantes, les cieux se plie-
ront comme un rouleau, lous les astres en
limiberont comme les feuilles tombent de la
vigne et du figuier. Le prophète témoigne
qu'au temps que Dieu doit tirer vengeance
des ennemis de son peuple, tant de la syna-
gogue que de son Eglise, ils seront en une
aussi grande fr.iyeur que si tout ce quil rap-
porle ici arrivait. Voyez v. 5. Ainsi, Apoc. (i.
V. 13. 14. Isa. 13. v. 10. 13. Joren». 4. v. 23.
28. c. 15. 9. Ezech. .Ï2. v. 7. 8. .loel. 2. 10.
Amos. 8. 9. Soit quil se prenne pour toute
l'étendue (|ui se (rouve depuis la lerrc jus-
qu'à la lune (ien. 19. 24. Luc. 17. 29. Qun
die cxiit Lot a Sodomis, pluit ignem cl stil-
pfiur de cœlo : Le jour que Lolh sortit de So-
dome, il tomba du ciel une pluie de feu*ct de
soufre. Gen. 7. 19. c. 8. 2. c. 49. 25. Ps. 17.
14. Inlunuil de cœlo Dominus : Le Seign'-nr
9 tonné du haut du ciel. Luc. 12. 50. t'uciem
cœli et Icrrœ nustis probare : Vous savez si
bien reconnaître ce que présagent les diver-
ses apparences du ciel et de la terre : Jésus-
Christ se plaint de l'aveuglement où sont les
Juifs, de ce qu'ils ne jugent point selon le
témoignage de leur propre conscience de la
venue du Messie, par tous les signes el toutes
les marques qu'ils voyaient et qui le devaient
précéder, jugeant si bien de la disposilioa
du beau ou du mauvais temps par les signes
qui le précèdent. Act. 2. 5. c. 14. 17. Soit que
ce mot soit pris pour les nuées qui sont dans
l'air, ou pour l'étendue de l'air. Ose. 2. 21.
Exaudiam cœlos : En ce temps-là j'exauce-
rai les cieux : Dieu déclare qu'après s'être
réconcilié avec son peuple, il fera que les
cieux, qui semblent n'être que pour sou
bien, répandront leurs influences, et les nua-
ges leurs pluies sur la terre. Levit. 25. 19.
Deut. 28. 23. Ps. 77. 27. Januas cœli aperuit,
id est nubes aeris : Dieu ouvrit les portes du
ciel, c'est-à-dire fit pleuvoir. Ps. 77. 28. Pa-
nem cœli dédit eis : Dieu a donné aux Israé-
liles un pain du ciel, c'est-à-dire la manne
fiiile et préparée dans l'air par le ministère
des anges. Sap. 16. 20. Ainsi, Ps. 8. 8. Vo-
lucres cœli : Les oiseaux qui volent dans l'air.
Dan. 4, 9. Soit enfin que par ce mol l'on en-
tende toute l'étendue de la terre, dont les
extrémités semblent répondre aux extrémi-
tés du ciel et être contiguës. Deut. 2. 25. Qui
habitant sub omni cœlo : Les peuples qui ha-
bilent sous le ciel. D'où viennent cardines^
exlrema, summum ou termini cœli ou cœlo-
rum : L'extrémité du monde. Deut. 30. 4. 5t
ad cardines cœli fueris dissipatus, inde te re-
trahet Dominus IJeus luus : Quand vous au-
rieï élé dispersés jusqu'aux extrémités du
monde, le Seigneur votre Dieu vous en reti-
rera, si vous revenez à lui par un vrai re-
pentir, c. 4. 32. 2. Esdr. 1. 9. Isa. 13. 5.
Matlh. 21.31.
3" Toutes les créatures sont marquées par
le ciel et la terre. Gen. i..i. In principio crea-
vit Deus cœlum et terram: Au commencement
Dieu créa le ciel et la terre, c. 2. v. 1. 4. c.
14. 19. 22. c. 24. 3. Exod. 31. 17. Matlh.
11. 25.
4" Lieux élevés , qui sont au-dessus de
nous. Ps. lOG. 26. kscendunt usque ad cœlos:
Les fiots étant agités par la tempête, ceux
qui sont dims les navires montent jusqu'au
ciel ; c'est-à-dire, sur les flots qui semblent
s'y élever. Exod. 20. 22. A quoi se peuvent
rapporter, Deut. 30. 12. Ps. 52. 3. Ps. 101.
20. Ps. 138. 8. Ainsi, Thren. 2. 1. De cœlo in
terram projecit. Voy. PuoJiCEnK.
§ 1. — Les habitants du ciel, l°Dieu même.
Joan. 3. 27. Non polest liomo accipere quid-
quam, nisi ftirrit ci datujn de cœlo : L'hom-
me ne peut rien recevoir s'il ne lui a élé
donné du ciel ; toute » harge légitime doit
venir de Dieu pour y ser\ ir avec fruit. Matlh.
21. 25. Marc. 11. v". 30. 31. Luc. 20. v. 4. 5.
c. 15. V. IS. 21. Rom. 1. 18. D'où est venue
celle façon de parier, Ps. 56. 4. Misit de
cœlo ; pour marcjuer (|U(; quelque grâce ou
Tiveur i:ous est venue de la part de Dieu:
car comme Dieu est appelé Lieu, par les
ses
DiCTIONNNAlRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
mi
Hébreux, Macom , parce que tout lieu est
rempli de son immensité, de même Dieu
est appelé Ciel, Schamajim, parce qu'il rem-
plit les cieux. Ainsi, Ps. 75. 9. Ps. 8i. 12. 2»
Les anges et les saints qui sont au ciel, les
bienheureux. Job. 15. 15. Cœli non sunû
mnndi in conspectu ejiis: Les anges, dont
une partie est tombée, ne se sont pas trouvés
purs devant Dieu : ceci se peut entendre
Diéme des bons anges et de tous les saints,
qu'on peut dire n'être pas purs, en les com-
parant avec la souveraine pureté de Dieu.
Ps.l'i-S. 1. Laudate Dominum de cœlis : Louez
le Seigneur, ô vous qui êtes dans les cieux.
Ps. 87. 6.
§ 2. — L'Eglise militante, soit la Syna-
gogue. Dan. 8. 10. Magnificatum est usque
ad fortitudinem cœli : Il éleva sa grande
corne jusqu'aux armées du ciel. Antiochus
Lpiph.ines, figuré parcelle corne, s'est élevé
avec flerté contre ceux qui adoraient le vrai
Dieu dans la Judée qui combattait sous sa
protection; soit l'Eglise. Apoc. 12. k. Caada
zjus Irahebat tertiam partem stellaram cœli :
Cv dragon entraînait avec sa queue la troi-
sième partie des étoiles du cie^l : ces étoiles
s'entendent des âmes les plus attachées au
culte de Dieu, que le démon détourne et
allire à lui ; comme aussi des docteurs mê-
mes, et des pasteurs de l'Eglise : ce qui est
marqué par la chute des étoiles, c. 8. 10. c.
9. 1. Mais par ces étoiles qui tombent du ciel,
on entend souvent aussi les Hérésiarques
qui sortent de l'Eglise, laquelle est aussi
appelée souvent, dans l'Evangile, le royau-
me du ciel ; comme Hebr. 12. 22. Elle est
appelée la Jérusalem céleste. Isa. 51. 16. Voy.
Planeta, n. 4. Ainsi, l'Eglise, soit militante,
soit triomphante. Isa. 65. 17. Ecce ego créa
cœlos novos et novam terram:ie m'en vais
créer de nouveaux cieux et une terre nou-
velle, cela s'entend ou de la vie du ciel, où
les saints, après la résurrection, jouiront de
la vue de Dieu dans une paix et une félicité
ineffable; ou de l'Eglise d'ici-bas, telle qu'elle
nous est représentée dans les Actes.
Ptirases tirées de ta nature «Je ce mol dans le sens figuré.
In ccelo rem esse, usque ad cœlos, ou ad
cœlum rem magnifîcatam ou munitam esse,
in cœlum asceudere, usque ad cœlnm remper-
tingere, crescere, super cœlos rem elevalam
esse. Parce que le ciel est celui de tous les
corps le plus iiaul et le plus élevé ; toutes
ces expressions se joignent avec l'attribut
d'une chose pour marquer qu'il s'y trouve
dans son dernier degré, dans son dernier
point, dans sa dernière perfection. Ps. 35. 5.
Domine, in cœlo misericordia tua : Seigneur,
votre miséricorde est dans le ciel; c'est-à-
dire est souveraine et infinie. 2, Par. 28. 9.
Occidislis eos atrociter, ita ut ad cœlum per^
tingeret veslra crudelitas: Vous avez Irès-
inhumainement tué les Juifs^ en sorte que
votre cruauté est montée jusqu'au ciel; c'est-
à-dire, est extrême, dit Oded à l'armée de
Samarie. Deul. 1. 28. Urbes magnœ, et ad
cœlum usque miinitœ : Les \illes de la terre
[)romise sont grandes et fortiliécs lie murs ,
qui vont jusqu'au ciel; /. e. sont très-hauts :
c'est ce que dirent ceux qu'on avait envoyés
pour reconnaître la terre promise. Gen. 11.
4. Ps. 8. 2. Ps. 112. k. Ps. U8. 13. Apoc. 18. 5.
Jn cœAis rem œdificatam, prœparatam esse; in
cœlo rem permanere, marque qu'une chose
est ferme et assurée dans sa durée. Ps. 88.
3. Misericordia tua œdificahitur in cœlis :
Votre miséricorde durera autant que les
cieux mêmes. Ps. 118. 89. In œternum. Do-
mine, verbum tuum permanet in cœlo : Votre
parole, Seigneur, demeure éternellement
dans le ciel . David témoigne ici qu'il devait
s'assurer sur la promesse de la protection
de Dieu, la voyant, ppur ainsi dire, gravée
au ciel même.
C^LESTIS, E, èy^ovpcfyioç, oùpâvio?. Cet adjec-
tif vient du substantif cœ/,;m, et signifie,
1° Qui est de la nature des corps céles-
tes, etc. qui est au ciel, ou du ciel étoile. 1.
Cor. 15. 40. Et corpora cœlestia ; Il y a des
corps célestes et des corps terrestres.
2° Qui est dans le ciel, qui appartient aux
habitants du ciel ; 1" à Dieu même. Ps. 67.
15. Dum discernit cœlestis reges super eam ;
Pendant que le Tout-Puissant qui est dans
le ciel exterminait les rois de la terre qu'il
avait promise à son peuple : d'où vient Pa-
ter cœlestis. Mallh. 5. 48. Estote ergo vos
perfecli, sicut et pater vester cœlestis perfec-
tus est: Soyez donc, vous autres, parfaits,
comme votre Père céleste est parfait ; savoir,
en tâchant à vous rendre semblables à Dieu
par vos bonnes œuvres, en aimant vos en-
nemis, comme il fait du bien aux bons et aux
méchants. 2° Il s'entend des anges. Luc. 2.
13. Multitudo militiœ cœlestis : Une grande
troupe de l'armée céleste; qui sont les an-
ges dont Dieu se sert pour la protection des
bons, et pour la punition des méchants.
Philipp. 2. 10.
3" Céleste, divin, qui est et vient de Dieu,
dont Dieu est maître. Dan. 4. 23. Reg-
num tuum tibi manebit, postquam cognove-
ris potestatem esse cœlcslem : Voire royaume
vous demeurera, après que vous aurez re-
connu (]ue toute puissance vient du ciel, dit
Daniel à Nabuehodonosor. Act. 26. 19. Non
fui incredulus cœlesti visioni • Je ne résis-
tai poinl à la vision céleste, dit saint Paul
au roi Agrippa. 2. Mach. 9. 4. Hebr. 3. 1. c.
6. 4.
4° Sublime et relevé. Joan. 3. 12. Quomodo
si dixero vobis cœlestia, credetis? Si vous ne
me croyez pas, lorsque je vous parle des
comparaisons de choses naturelles , pour
vous faire comprendre les choses célestes,
comment me croirez- vous quand je vous
parlerai des choses du ciel? se. en des ter-
mes qui leur conviennent immédiatement et
sans comparaison des choses sensibles.
5" Céleste, spirituel, opposé à terrestre. 2.
Tim. 4. 18. Dominus salvum me faciet in re-
gnum suum cœlesteiLc Seigneur, me sauvant,
meconduiradans son royaume céleste. Hebr.
12. 22. Accessislis ad Jérusalem cœlestem :
V^nis vous êtes .approchés de la Jérusalerrt
céleste; se. l'Eglise, qui est celle cité du
Dieu vivant, lauuelle demeurant encore sur
5(55
C/tM
CA'LS
566
la lerre, vit déjà dans le ciel, où elle tend
comme à sa pairie. Voy. Gai. 'i-.'iô. Quœ siir-
su7n est Jérusalem libéra est, quœ est nmter
no'stra. Hebr. 8. 5. Qui exemplari et umbrœ
deserviunt cœlestium : Ce qu'Aaron et les
prêtres de l'ancienne loi faisaient dans
leurs sacrifices n'était que la figure de ce
que Jésus-Chrisit fait dans le ciel pour son
Eglise, qui devait être purifiée par une hostie
plusexicellente. c. 9. 23. c. 11. 16. A quoi se
peut rapporter, 1. Cor. 15. 47. Secundus ho-
1710 de cœlo cœleslis : Jésus-Christ, qui étant
Dieu s'est incarné, est devenu tout céleste ,
même dans son corps, par sa résurrection ;
et les corps des saints auront les mêm^s
qualités glorieuses que celui de Jésus-Christ,
lors de la résurrection. Voy. v. hS. i9. Voy.
Homo.
6" Céleste, éternel, qui dure (oujours dans
le ciel (atwvtoç). 2. Tira. 2. 10. Ômnia sus-
tineo propter electos, iit et ipsi salutem con-
sequontiir quœ est in Christo Jesu cum gloria
cœlesti : J'endure tout pour l'amour des élus,
afin qu'ils acquièrent aussi bien que nous le
salut, qui est en Jésus-Christ avec la gloire
du ciel. c. 4. 18. Du singulier cœlestis , e ,
vient !e neutre pluriel.
C^LESTIA, rv. £7roup«v«a. Ce mot signifie
généralement les choses célestes, ou qui
appartiennent aux choses célestes : dans
l'Ecriture :
1° Le plus haut des cieux, en parlant du
siège et de la demeure de Dieu, ou du séjour
et de la gloiro des anges et des bienheureux.
Ephes. 1. 20, Constiluens ad dexleram suam
in cœlestibus : Dieu a fait asseoir Jésus-Chiisl
à sa droite d;ins le ciel. c. 1. 3. Benedixit
nos in omni benediclione spirituali in cœles-
tibus, pour in cœlestia : Béni soit le Dieu et
le Père deNotre-Seigneur Jésus-Christ, qui
nous a comblés en Jésus-Christ de louks
sortes de bénédictions spirituellrs, pour nous
faire arriver au ciel ; ou, selon d'autres,
nous a comblés de grâces et de dons cé-
lestes.
2° L'air, et ce bas monde. Ephes. 6. i2.
Nobis estcolluctatio.... contra spirituulia nc~
quitiœ in cœlestibus : Nous avons à combat-
tre contre les démons qui sont dans lair.
C^MENTARIUS. ii. Ce nom est dérivé de
cœmentum, et signifie maçon lOoO/o?). 3. Reg.
5. 18. JJolaverunt cœmentnrii Salonionis, et
cœmentarii Hirum : Les maçons de Salomon
el ceux d Hiram eurent soin de t.iilier des
pierres qui étaient d'un grand prix, pour
bâtir les fondements du temple. 4. Kea. 12.
n. r. 22. 6.
C/E,MENïUM, I. Vient de cœdo, ainsi ap-
pelé, parce qu'il est coupé et sé|)aré dune
autre pierre plus grande, et signifie propre-
ment du moellon. Ce sont des pierres dont
on f.'iit ordinairement les murailles, s ms les
tailler, et que Ion rompt dans la carrière :
dans l'Erriture,
1 ' Moello!), pierres dont se font les murail-
les, sans les tailler. Eccli. 22. 21. Pnliin cxcrl-
sis, et cœmenla sine impensa positn contra fa-
cicm tenti non permanebunt : Une cloison de
bois dans un lieu élevé, et une muraille de
pierres sans mortier, ne peuvent résister à
la violence du vent.
2'^ Mortier pour bâtir et lier les matériaux
[vrrilôç). Gen. 11. 3. Habueruntque lateres
pro saxis, et bilumen pro cœmento : Les des-
cendants de Noé se servirent de briques
comme de pierres, et de bitume comme do
ciment, pour bâtir la tour de Babylone.
C.ERIMONIA. Voy. Cerimoma.
CiESAR, is. Katc-«p. Nom propre du pre-
mier empereur des romains, qui a passé à
ses successeurs. Ce nom vient ou a cœso
matris titero, ou de cœsaries, la chevelure. —
J*^ — Auguste. Luc. 2. 1. Exiil ecliclxim «
Cœsnre Augusto : On publia un édil de César
Auguste, sous l'empire duquel Jésus-Cluisl
est né; ce fut vers la trente-septième année
de son règne. — 2° Tibère. Matlh. 22. v. 17.
21. Licet dure censum Cœsari, an non ? Nous
est-il libre de payer le tribut à César, ou
non ? Marc. 12. 14. Joan. 12. 12. c. i9. v. 12.
15. C'est sous cet empereur que Jésus-Christ
a paru dans la Judée, el qu'il a été crucifié
par les Juifs, la dix-neuvième année de sou
empire, il régna vingt-sept ans. — 3' Claude.
A( t. 11. 28. c. 17. 7. Hi omnes contra décré-
ta Cœsaris faciunt : Ils sont tous rebelles aux
ordonnances de César. — 4° Néron. Act. 25.
v. 8. 10. Cœsarem appello : J'en appelle à
César. Philipp. 4. 22. Qui de Cœsaris domo
sunt : Saint Paul avait converti des gens
dans le palais de Néron.
CjESAREA, m. Kat(râp£t«, du mot Cœsar, (jui
est le nom dos empereurs romains.
i' Ville de la Palestine, bâtie en l'honneur
d'Auguste par Hérode le Grand , laciuellc
s'appelait auparavant la tour de Slraton.
Act. 8. 40. ( Philippus ) Evangelizabat civi-
lalibus cunctis , donec reniret Cœsaream :
Philippe annonça l'Evangile à toutes les
villes par où il passa jusqu'à ce qu'il vînt à
Césarée. Cette ville est d;ins la tribu de Ma-
nasses deçà le Jourdain, sur la Méditerra-
née, d'abord épiscopale, ensuite métropole
de vingt suffragants ; el enfin la capitale du
pays , en laissant à Jérusalem l'honneur
du palriarchal : elle était !e siège des gou-
verneurs de lu Judée.
2' Ville de la Trachonite, dans la tribu de
Nephlhali, que Philippe fit rétablir magnifi-
(jneuH ni en 1 honneur do Tibère. Josèphe, 1.
18. Anti(j. c. 3, semble dire ([ue ce fut en l'hon-
neur d'Auguste que c( Ile ville fut bâlitî ou
rétablie, et fut a|ipelée ('égarée de PliUipp' ,
au lieu (ju'elle s'appelait Pancade. Ce Phi-
lippe était lils du graid Hérode, el ficre du
Téirarque. M.ilth. 10. 13. Cuin vcnisset Jé-
sus in partes Cœs:ireœ Pliilippi : ii'su^ étant
venu aux environs de Césareo de Philippe.
Marc. 8. 27. Act. 9. 30.
CiESARIliS, lEi. Oi:,ii, x'^ç, zô^rj. C(> noni
vient de cœdo , et signifie propremejit che-
velur»' de l'homme, parce que les hommeâ
font couper leurs cheveux.
1" Chev elure, soit des hommes, soit des
femmes (zo^/j, Opç . Num. 6. 5. Snnctus erit,
crescente cœsnric capitis ijus:Cc\u'\i\yn sesera
consacré au Seigneur sera saint, et il laissera
toujours croîire les cheveux de sa têlo. Lev.
367
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE
5C8
18. marque le temps jusqu'auquel le Naza-
réen devait les laisser croître. — 2° Chevelure
d'homme. 2. Reg. 14. 2G. Semel in anno ton-
clebatur ^quia gravobal eum cœsurics: Absalom
se faisait faire les cheveux une fois tous les
ans, parcequ'ils lui chargeaient trop lalête. —
3" Chevelure de femme. Deut. 21. 12. Tradet
cœsariem : Cette femme rasera ses cheveux.
CiESOR, is. Icf.TÔjjLoç. Ce substantif vient
du participe cœsus, et signifie dans l'Ecri-
ture: Ouvrier qui taille la pierre ou coupe le
bois. 2. Par. 24. l2. llli conducebant ex ea cœ~
soreslapidum: Les officiers qui conduisaient
lesouvrages duTemple, employaient à payer
des tailleurs de pierre, l'argent que le peuple
avait mis dans le tronc. Douter. 29. IL Ex-
ceptis lignorum cœsoribus : Vous êtes tous
ici . . . outre ceux qui coupent le bois , dit
Moïse au peuple assemblé pour faire alliance
avec Dieu.
CETERUS. Voy. ceterus.
CAIN, Heb. Acquisilio. Fils aîr.é d'Adam
et d'Eve, qui tua son frère Abel. Gen. h. 1.
I. Joan. 3. 12. Non sicut Cain , qui ex ma-
tigno erat et occidit fratrem suum : Ne faites
pas comme Caïn, qui était enfant du malin
Esprit, et qui tua son frère. Jud. v. 11. Vœ
mis quia in via Cain abierunt : Malheur sur
eux , parce qu'ils suivent la voie de Caïn : ce
malheureux fut maudit de Dieu, et finit sa
vie comme il l'avait commencée ; car, étant
errant et vagabond , il fut tué par son petit-
fils Lamech, pensant tirer sur une bête sau-
vage
CAINAN, Hebr. Pnssessor. 1° Fils d'Enos
et père de Malaleel. Gen. 5. v. 9. 12. 13. 14-.
1. Par. 1. 2. Adam, Seth, Enos, Cainan, Ma-
laleel.Luc. 3, 37. Il est mort l'an du monde
1235. — 2° Fils d'Arphaxad. Luc. 3. 36. Qui
fnil Cainan, qui fuit Arphaxad. Ce nom ne
se trouve point. Gen. 10. 2V. c. 11. 12. 1.
Par. 1. v. 18. 24. de notre Vulgaie, qui a été
traduite en Lalin sur le lex te" hébreu ; mais
il se trouve dans les Septante en tous ces
endroits ; néanmoins, comme dans la pri-
mitive Eglise il n'y était pas , et que les An-
ciens, savoir, saint Irénée, Josèphe, Eusèbe,
saint Jérôme, Théophile d'Anlioche, qui sui-
vaient le Grec, ne l'y ont point lu y il est plus
vraisemblable que ce motCaïnan, s'est glissé
en cet endroit de saint Luc, aussi bien que
dans les Septante : cependant il paraît plus
sûr et plus sage, dans ces rencontres , d'a-
vouer que nous ignorons ce qui nous est en
effet inconnu, que d'établir quelque senti-
ment comijie certain sur des conjectures in-
ccrlaincs. Voy. boch, 1. 2 c. 13.
CAIPHAS, Hebr. Sagax. Caïphe, souve-
rain pontife, devant qui Notre-Seigneur fut
amené. Math. 20. V. 3. ^1. Jcsum duxerunt
ad Caipham principcm sacerdolum. Il était
gendre d'Anne. Joann. 18. 13. Erat socer
Caiphœ qui erat pontifex anni illius. Gr. hoc
nnno. Il était pontife cotte année-là, comme
devant et après ce temps-là.
CAIUS, CAIOS, Lat. I)ominus. — i' Un Co-
rinthien, hôte de saint Paul. Kom. 16. 23.
el baptisé par lui. 1. Cor 1. 1. Neminem ves-
irain hcwtiznvi nisi Crispum et Caiuin : )e
n'ai baptisé aucun de vous , sinon Crispe et
C.iïus. D'autres lisent , Guium ; mais c'est la
même chose, G^aïusestgrec elCaiiis est latin.
~ 2° Un homme de Derbe. Act. 2r(. 4. Co-
mitatus est eum Caius Derbeus, et Timotheus :
Saint Paul fui accompagné ( Gr. jusqu'en
Asie) par Caïus de Derbe et par Timolhée.
— 3° Un habitant de quelque ville d'Asie ,
qui n'était pas éloignée d'Ephèse. Saint Jean
lui écrit la troisième Ëpître et le loue de
l'hospitalité qu'il exerçait envers les étran-
gers. 3. Joann. 1.
CALAMITAS, atis. m^iç. Ce nom vient
de cnlatnus , et signifie proprement la des-
truction desroseaux, ou des chalumeaux par
la grêle {06pv€oç, lumullus) ; mais il signifie
ordinairement ,
Malheur , misère , arfliction. Prov. 1.
27. Repenlina calamitas : Malheur qui vient
tout d'un coup. Isa. 10. 3. Quid facietis in
die visitationis et calamitatis de longe ve-
nientis ? Que ferez-vous au jour que Dieu
vous visitera, au jour de l'affliction, qui vien-
dra fondre de loin sur vous? Dieu parle aux
magistrats et aux juges de la Judéo , qu'il
menace de ruiner par les Assyriens. Job. 5.
21. c. 6. 2. etc.
CALAMUS, 1. Gr. /«Xc/.fzoç. Ce nom signifie
chalumeau, chaume tuyau de blé; comme
aussi,
1° Canne, roseau qui croît sur le bord de
l'eau. Job. 40. 16. Sub umbra dormit in sé-
créta caUimi : L'éléphant dort sous l'ombre,
dans le secret des roseaux, c. 19. 6. Marc,
15. 36.
Phrases tirées de la propriété de ce mot dans le sens
figuré.
Calamiis quassatus. — Roseau cassé, se dit
de la faiblesse des pécheurs, en qui on voit
quelque espérance d'amendement. Isa. 42.
3. Calamum quassatuni non eonfringet : Il ne
brisera poini le roseau cassé. Le Prophète
prédit que Jésus-Christ ne poussera point à
bout ses ennemis, et qu'il rétablira en eux ce
qu'il trouvera de faible , tant qu'il y aura
lieu de le faire. Voy . arundo.
Viror calami. — La verdeur des roseaux
se dit de l'abondance des grâces divines ré-
pandues dans une âme, et qui en est comme
arrosée ; parce que les roseaux ne viennent
bien que dans les terres aqueuses et humi-
des. Isa. 35. 7. Jn cubilibus, in quihus prius
dracones habilabanty orielur viror calami et
junci : Dans les cavernes où les dragons ha-
bitaient auparavant, on verra naître la ver-
deur des roseaux eldii jonc : ce qui s'entend
des pécheurs qui , servant de demeure au
démon par le péché, produisent ensuite des
fruits dignes de Dieu par les influences de sa
grâce.
2° Bois odoriférant qui ressemble au roseau.
Ezech. 27. 19. Stade el calamus in negotiu-
tione tua : 0 Tyr, vous avez fait un trafic
de casse et de cannes d'excellente odeur.
Exod. 30. 23. Isa. 43. 24. Jerem. 6. 20. Ce
bois croît dans l'Arabie, dans l'Inde et la Sy-
rie, près du mont Liban.
3" Plume pour écrire : cette signification
vient de ce nue les anciens se servaient dti
569
CAL
CAL
570
certains roseaux d'Egypte ou de Carie, où
croissaient les plus propres pour cela. Ps.
kk. 2. Lingua mea calamus scribœ : Ma lan-
gue est comme la plume de l'écrivain. David
témoigne que sa langue n'est que l'organe
ou l'instrument dont se sort le Saint-Esprit ,
pour faire connaître aux hommes les grands
mystères dont il va parler. 3. Joan. v. 1.3.
4° Canne pour mesurer. Apoc. 11. 1. Dalus
est mihi calamus similis viryœ : On me donna
une canne semblable à une toise: ce fut pour
mesurer le temple. Ezech. iO. v. 3. 1. G. 7.
c. il. 8. etc. Il y en a de deux sortes : la
commune et la sacrée ; la première est de
neuf pieds, l'autre est un peu plus grande.
5' Branche du chandelier d'or {■/.yJ.y.y.iTy.o;).
Exod. 23. 31. Faciès et candelubrum ductile
de auro mundissimo, Jiastile ejus et calamos :
Vous ferez un chandelier de l'or le plus pur
battu au marteau, avec sa tige et ses branches.
CALANE , Hebr. Consammaîio ejus. Ca-
lano, ville célèbre de Babylone , que le roi
d'Assyrie s'était assujettie. Isa. 10. 9. Voy.
CHALANNE. On croit que c'est l'ancienne Cté-
siphonte.
GALATHUS, i. y.cchxOoç , vient du grec
xùlo-j, lignum, et de 6i'j, curro ; parce que
pour faire un panier, on fait courir du bois
autour, et signifie proprement un panier,
et quelquefois une tasse ou une coupe :
dans l'Ecriture,
Panier. Jerem. 2i. 1. Duo calathi pleni ficis:
Deux paniers pleins de figues. Voy. ficus ,
V. 2.
CALCANEUS, GALCANEUM, -t£>vk, vient
de calx, et signifie dans l'Ecriture :
1" Le talon. Gen. 3. lo. Tii insidiaberis
calcaneo ejus : Vous tâcherez de mordre la
femme par le talon. Si le serpent qui rampe
à terre , veut se venger , lorsqu'on veut
l'écraser avec les pieds, il ne peut s'attaquer
qu'à la plante des pieds ou au talon, ne se
pouvant élever plus haut. Les fidèles sont
comme les pieds du corps de Jésus-Christ ,
dont le démon lâche de surprendre les plus
faibles, figurés par le talon, et même les plus
forts, qu'il attaque par leur faible. — Démar-
che, conduite de la vie : celte signification
vient de ce que le talon se prenant pour tout
le pied, il est pris aussi pour les pas et le?
démarches. Ps. 55. 7. Ipsi calcaneum meum
obseriabunt : Mes ennemis observeront mes
déniarches. David parle de Saiil et de sa cour,
qui cherchaient tous les moyens de le perdre ;
d'où vient dans ce sens : Iniquitns calcanei :
La méchante conduite, l'iniquité que l'hom-
me commet, et dans laquelle il vit. Ps. 48. G.
Iniquitas calcanei mei circumdnbit me : Quel
>ujet aurai-je de craindre au jour mauvais ;
i. e. du jugement de Dieu ? Ce sera si je me
trouve enveloppé dans l'iniquité de ma con-
duite.
2' Le pied , le dessous du pied, la partie
prise pour le tout : d'où vient celle phrase :
Calcaneum levare contra aliquem : lever le
pied contre quelqu'un; ce qui se dit propre-
ment des chevaux et des autres bêtes qui
ruent contre leurs propres maîtres pour les
blesser; et figurémenl de celui qui, par in-
gratitude , se porte à faire du mal à ceux
dont il n'a reçu que du bien. Joan. 13. 18.
Qui manducabat mecum panem , levabit con-
tra me calcaneum suum : celui qui mange du
pain avec moi, lèvera le pied contre moi. Jé-
sus-Christ marque ici la perfidie par laquelle
Judas le devait trahir : ce qu'il lire du Ps.
40. 10. qui porte, Magnificavit super me sup-
plantalionem ; i. e. in cursume supplontavity
me egregie fefellit : ce qui s'enlend d'Achito-
phel, qui était la figure de Judas.
CALCARE, -«Tcîv, y.cf-v.-xr-ï-j, vient de ca^a;,
i. e. calcibus premere , et signifie :
Fouler aux pieds, marcher sur quelque
chose. 1, R'g. o. o. Propter hanc causam non
cnlcant sacerdotes Dagon et omnes qui ingre-
diuntur templum ejus super limen Dagon in
Azoto : Les prêtres de Dagon, et tous ceux
qui entrent dans son temple dans Azot , ne
marchent point sur le seuil de la porte, parce
que la lêle de Dagon et ses deux mains en
ayant été coupées, se trouvèrent sur ce seuil,
se. à la présence de l'Arche. Deut. 1. 36. c.
2. o. c. 11. 24. 23. c. 28. 23. Mich. 5. 6. D'où
viennent ces phrases:
Calcare olivam. Presser les olives, en faire
la récolte. Mich. 6. 16. Tu calcabis olivam ,
et non ungeris oleo : V^ous presserez les oli-
ves, et vous ne vous servirez point d'huile:
c'est la punition dont Dieu menace les Juifs.
Calcare uvas, vinum^ torcular : Calcare in
torculari, calcare lacum.
Fouler les grappes, ou le vin dans le pres-
soir, ou dans la cuve, marque, en signication
figurée, et comme il se prend dans l'Ecri-
ture, la vengeance que Dieu tire de ses en-
nemis, et des ennemis de son Eglise. Isa. 63.
2. Quare. . . vcslimenta tua sicut calcantium
in torculari ? Pourquoi vos vêtemenls sont-ils
comme les habits de ceux qui foulent le vin
dans le pressoir? Le |)rophèle parle en sa
personne, ou en représentant l'Eglise, qui
parle à Jésus-Chri>t tout couvert , tant de
son sang, qu'il a répandu à sa passion, que
de celui de ses ennemis , dont il s'est vengé.
Apoc. 19. 15. Isa. 63. 3. Torcular calcavi so-
lus : J'ai été seul à fouler le vin. Jésus-Christ
marque son souverain pouvoir à réprimer
ses ennemis, le démon, le péché et la mort;
et le prophète semble représenter Jésus-
Christ comme un victorieux, qui foulerait
aux pieds ses ennemis, en sorte que le sang
en regorgeât: Calcavi eos in furore meo : Jai
fou:é mes ennemis dans ma fureur. Ainsi ,
Thren. 1. 15. Torcular calcacit Dominas vir-
gini fîiiœ Juda: Le Seigneur a f«>ulé lui-même
le pressoir pour la vierge, fille de Juda; c'est-
à-dire que Dieu a exercé sa justice et sa fu-
reur (îxtrême contre Jérusalem. Ainsi, Apoc.
14. 20. Calcatus est lacus extra civilutem :
La cuve fut foulée hors de la ville; t. e. la
vendange qui était dans la cuve, ce qui s'en-
tend des damnés qui sont jetés hors de la Jé-
rusalem céleste, cl jetés dans l'enfer. Voy.
ch. 22. 15.
Calcare supra serpentes et scorpiones. Fou-
ler aux pieds les bêtes venimeuses, signifie,
dans l'Ecriture, n'avoir rien à craindre de
ces hêtes. Luc. 10. 19. Dcdi vvbis potesta--
371
DICTIONNAIRE DE PHII.OLOGIE SACHÊE.
S72
tem cahandi supra serpentes et scorpwnes :
Je vous ai donné le pouvoir de rouler aux
pieds les serpents et les scorpions; ce qui
s'est vérifié, Act. 28, v. 3. 5. Et , par ces ser-
pents et scorpions , s'entenicnt figurénient
les démons, et les impies leurs suppôts , de
qui la grâce de Jésus-Christ a fait triom-
pher fous les fidèles chrélieiis, Ps. 91). J3.
Isa. 18. 8.
1° Traiter cruellement , in&ultor, perdre,
gâter, TTdÇetv. Isa. 63. 3. Calcavi eos in fu-
rore meo : J'ai foulé mes ennemis dans ma
fureur. Voj. supra. Cnlcare xivns. Jerem.
25. .30. Celeuma quasi calcantiarn concinetur
adversus omnes habitatores ^crrce; Il s'excitera
un cri commun contre tous les habitants de
la terre, tel qu'en font ceux qui f;)ulent le
vin. Voy. Jerem. iS. 33 ; ce qui marque
que tous les peuples s'animeront et s'exci-
teront tous ensemble pour perdre Jérusalem,
et ensuite pour se perdre les uns les autres.
Isa. 16. 9. l.Mach. li.31.2.Mach.8. 2. Mich.
1. 3. c. 5. 5. Maiach. k. 3. Luc. 21. 2i. Ainsi,
Apoc. 11. 2. Civitatem sanciani calcabunt :
Ce qui s'entend de l'Eglise sainte, que l'An-
téchrist et ses sectateurs traiteront d'une ina-
uière indigne.
2° S'assujettir entièrement, se rendre maî-
tre {ÎTviËrxbsa). Deul. 33. 29. Tu eorum colla
calcabis : Vous foulerez les têtes de vos enne-
mis sous vos pieds... dit Moïse des Israélites.
Job. 18. li. Calcet super eum, quasi rex, in-
teritus : La mort foulera aux pieds rimpie,
comme un roi qui le dominera. Ainsi , Eccli.
2'i-. 11. Omnium exccllentium et huiuiliuin
corda virtule calcavi : Tous les grands et pe-
tits sont soumis à la sagesse divine.
3° Mépriser quelque chose , la rejeter, en
avoir du dégoût ( èy.-v.i'^si'j i. Prov. 27. 7.
Anima saturala calcabit favum : Ceux qui
sont rassasiés méprisent les choses les plus
douces.
CALCATOR vient de calcare , fouler aux
pieds ; d'où vient calcator uvœ.
Celui qui foule les raisins dans la cuve.
Jerem. i8. 33. Nequaquam calcator uvœ soli-
tum celeuma cantabit : Dans la terre des Moa-
biles,ceux qui foulent les laisins ne chan-
teront plus leurs chansons ordinaires; i. e.
il n'y aura point de vendange , qui est un
temps où ceux qui les pressent , chantaient
ensemble, de joie et d • réjouissance. Yoij.
c. 25. 30. Amos. 9. 13. Comprehendet calcator
uvœ mitlentem semen .-.Les ouvrages de celui
qui foule les raisins et de celui qui sème la
terre, s'entresuivront ; ce qui marque une
grande abondance de vin, puisque les ven-
danges devaient durer jusciu'au temps des
semailles, et cette façon de parler comprend
en général les vignerons et tous ceux qui
travaillent à la vendange.
CALCEAMENTUM, i, ùro^rz-nar. Ce mot
vient de calceus , et signifie chaussure de
pied , soulier. Exod. 12. 11. Calccamenta
habebiiis in pedibus : Vous mangerez l'a-
gneau, ayant aux pieds des souliers. D'où
vient celle phrase :
Sotvere ou tollrrc calcenmcnta. Oler les
Bouliers. Ce qui elail , 1" une marque dhu-
milialion, dabaissemenl et de respect , à
cause de quelque chose sainte. Exod. 3. 5.
Solie caîceamentum de pedibus tuis : N'ap-
prochez pas d'ici; ôtez les souliers de vos
pieds, dit Dieu à Moïse, lorsqu'il allait pour
considérer le buisson ardent. Jos. 5. 16.
Theodoret remarque que les prêtres d'Aa-
ron , i. e. de l'ancienne loi, quittaient leurs
souliers, lorsqu'ils devaient sacrifier, pour
témoigner un plus grand abaissement devant
la majesté de Dieu.
2° A cette phrase se peut rapporter cette
autre : Solvere corrigiam calceamentorum
alicujus : Dénouer les cordons des souliers
de quelqu'un , lui rendre les services les
plus bas; et, dans le même sens : Portare
calceamenta, porter ses souliers. Luc. 3. 16.
Non sum dignus solvere corrigiam calceamen^
torum ejus : Je ne suis pas digne de dénouer
les cordons de ses souliers, dit saint Jean de
Jésus-Chri4. Voy. Malth. 3. 11. Marc. 1. 7. 2.
Joan. 1. 27. etc.
3° C'éiait une marque du renoncement et
de la cession qu'un homme faisait volontai-
rement à un autre de son droit; ce qui était
une ancienne coutume marquée. Ruth 4. 7.
Si quando alter alteri suo jure cedebat... sol-
vebat homo caîceamentum suum , et dabat
proximo suo : S'il arrivait que l'un, i. e. ,
le plus proche des parents de celui dout la
femme était veuve, cédât son droit à un
autre, celui qui se démettait de son droit
ôtait son soulier et le donnait à son parent;
ou c'était un affront et comme une marque
d'exhérédalion , par laquelle un homme per-
dait le droit d'hériter à la succession de son
proche parent, pour refuser d'en épouser la
veuve. Deut. 25. 9. Tollet caîceamentum de
pede ejtis : Celte femme lui ôtera son soulier
du pied. Voy. v. 7. 8. A quoi est opposé >
Extendere caîceamentum in aliquem locum,
in gentem : Etendre ou avancer ses pas sur
quelque lieu, s'y avancer, et signifie se l'as-
sujettir, s'en rendre le maître. Ps. 59. 10. Ps.
107. 10. In Idumœam extendam caîceamentum
meum . Je me rendrai maître de l'Idumée,
dil David , ce qui peut aussi marquer le mé-
pris qu'il en faisait. Ainsi , marcher sans
souliers était une marque de peine, d'afflic-
tion et de deuil. Ezech.24.. il. Calceamenta tua
erunt in pedibus tuis : Dieu dil au prophète
qu'il ait ses souliers à ses pieds, après la
mort même de sa femme, parce qu'il ne
voulait pas qu'il en fît le deuil. Isa. 20. 2.
Calceamenta tua toile de pedibus tuis : Otez
les souliers de vos pieds, dit Dieu à Isaïe ;
ce qui était une prophétie , que le roi d'As-
syrie emmènerait une foule de captifs, nus
et sans souliers , d'Egypte et d'Ethiopie.
Voy. V. k.
§ 1. — Chose de vil prix. Amos. 2. 6. Ven^
didit... pauperem pro calceamentis : Israël,
t. e. les magistrats et ceux qui devaient pro-
téger l'innocent et le pauvre, ont vendu le
pauvre pour les choses les plus viles, c. 8. 6.
Les Juifs avares se rendaient maîtres non-
seulement des biens, mais encore de la per-
sonne des pauvres qui étaient obligés de se
rendre leurs esclaves, les réduisant a rece-
173
CAL
CAL
574
voir d'eux, pour le prix de leur liberté, les
choses les plus viles.
§ 2. — Ce qu'on foule aux pieds ou sur quoi
on marche. Deul. 33. 2o. Ferrum et œs col-
ceamentum ejiis : La chaussure d'Aser scia
de fer et d'acier ; i. e. la terre qu'il habitera
sera remplie de mines de fer et d'aiiain; ce
que dit Moïse, pour uiarc^uer la vigueur et
la durée constante de colle tribu , comme s'il
faisait allusion à des souliers garnis de fer
ou d'airain, qui ne s'usent pas ai-sément.
§3. — Chaussure spirituelle. Cant. 7. 1.
Quam pulchri sunt gj-essiis tui in calceamen-
lis ! Que vos démarches sont belles, ô fiile
du prince, à cause de l'agrémonl de votre
chaussure 1 La chaussure de 1 épouse peut
signiGer, comme dans saint Paul, la dispo-
sition ou préparation pour annomer l'Evan-
gile. Eph. G. 15. Cakenti pedes in prœpara-
tione Evangelii pacis : Que vos pieds aient
une chaussure spirituelle, pour être toujours
préparés à annoncer l'Evangile de paix. Le
méuie saint Paul nous représente encore
ailleurs les démarches de cette épouse sacrée,
par les paroles du prophète Isaïe , c. 52. 7.
Quam pulchri super montes pedes annuntian-
tis et prœdicanlis pacem! Que les pieds de
ceux qui aniioncent l'Evangile de paix sont
beaux! de ceux qui annoncent les vrais biens,
c'est-à-dire que le progrès de la prédication
de TEvangile, faite par TEglise, a été véri-
tablement quelque chose d'admirable.
CALCEARE , xjttoS-î-j. Chausser, mettre aux
pieds quelque chaussure. Act, 12. 8. Calcca
te cuhgas tuas : Chaussez vos souliers ; dit
l'ange à saint Pierre, le faisant sortir de la
prison. 2. Par. 28. 15. Doù vient cette
phrase : Calcealum per flumen iransire^ p is-
ser un fleuve à pied. Isa. 11. 15. Pcrcutiet
eum in teptem riiis, lia ut transeant per eura
calceali : Le Seigneur frappera le fleuve, et
le Jiviscra en sept ruisseaux, en sorte qu'on
le pourra passera pied. Le prophète, pour
marquer que le Messie ôlera tous les obsl.i-
cles qui pourraient empêcher les peuples
d'entrer dans l'Eglise et de recevoir l'Evan-
gile , fait allusion au Nil, qu'il dit qu'on
passera aussi aisément que les Israélites pas-
sèrent la mer Rouge. A quoi peut se rappor-
ter cette signification : Calceare aliqaem
ianlfiino, donner à quelqu'un une chaussure
magnifique, de couleur éclatante, telle que
le violet. Ezech. IG. 10. Calceavi te ianthino :
Je vous ai donné une chaussure magnifique.
Le prophète fait allusion aux peaux de < etlc
couleur, dont était la couverture du Taber-
nade, et fait souvenir Jérusalem de l'éclat
ou Dieu l'avait élevée.
Chausser, prendre une chaussure, se dit
figurémcnt dx; la fermeté et de la confiance
que les prédicateurs du saint Evangile doi-
vent avoir pour le soutenir et le défendre.
Ephes. G. 15. State... et adceati pedes inprœ-
parntione Evnngelii pacis : Que vos pieds
aient une (haussurc spirituelle, pour èîre
toujours préparés à annoncer l'Evangile de
paix; et «lans ce sens, l'Apôtre semble faire
allusion à un homme de guerre, qui, étant
bien chaussé, ( st prêt d'agir avec plus de
hardiesse et de courage. Ce passage a rap-
port à Isa. 52. 7. Rom. 10. 15.
CALCEDONIUS , Gr. y/Av.rM-j. Ce mot
vient de calcedo , nom de ville, proche la-
quelle on a commencé de trouver cette
pierre , et signifie :
Calcédoine, pierre précieuse, qui ne brille
que quand elle paraît au jour : cette pierre
a la figure et la couleur d'une esrarboucle ou
charbon ardent. Apoc. 21. 19. Terlium Cal-
cedonius, le troisième fondement était de Cal-
cédoine. Ces pierres précieuses des fonde»
ments du temple, dont parle ici saint Jean,
peuvent bien figurer les douze apôtres ,
comme les douze pierres qui étaient dans
le Ralional du grand- prêtre figuraient les
douze pairiarches. Voy. Exod. 28. v. 15.
17. 21.
CALCITRARE, Ixv.ricsa. Ce verbe vient de
calx , comme pour dire : Frapper avec les
talons , et signifie :
Ruer, regimber, en parlant du cheval, du
mulet , du bœuf, etc. 2. Reg. G. 6. Cakiira-
hunl boves et declinaverunt eam. Oza. porta la
main à l'Arche de Dieu et la retint, parce que
les bœufs regimbaient, et l'avaient fait pen-
cher. D'oii vient celte signification méta-
phorique:
Regi.'iiber se dit de la résistance que fait
l'homme à la volonté et aux ordres pressants
de Dieu. Act. 9. 5. Durum est libi conlra sli-
mulum cakilrare : Il vous est dur de regim-
ber contre l'aiguillon , dit Jésus Christ à saint
Paul , terrassé dans le chemin de Damas. Gr.
Durum tihi : il vous serait nuisible de re-
gimber contre l'aiguillon. Voy. Dubus. C'est
une expression figurée, prise de l'usage où
l'on est de piquer les bœufs, pour les faire
aller plus vite ; en sorte que s'ils regimbent
contre l'aiguillon , ib se l'enfoncent davan-
tage dans la peau; c'est-à-dire qu'il ne tiou-
verail nullement son avantage à résister à cet
avertissement qu'il lui donnait de se sou-
mettre à sa volonté. Voy. Stimulus.
CALCULUS , I. ^fo;, vient de cako , et
signifie petite pierre, c.iillou, gravois , gra-
veile, dés, dames, jetons, pour calculer.
Dans l'Ecriture :
1' Petite pierre, gravier, petit caillou , tel
que ceux qui se trouvent dans le pain (xàiii ,
sikx j. Prov. 20. 17. Suavis est liomini pa}ns
mendacii, et postea impkbitur os ejus cakulo :
Le pain du mensonge (c'est-à-dire le bien
ac(|uis injustement) est doux à l'homm. ;
mais sa bouche ensuite sera pleine de gra-
vier : on n'a que du trouble et de la peint?,
et des remords du bien mal acquis. Eccli. 18.
9. Calculus arenœ , grain de sable.
2" Petite pierre, telle que celle qu'on em-
ploie à garnir les murailles ou à les bàl r
f).iOof). 2. Reg. 17. 13. Tra/tcmu!i ram in tor-
rentem, ut non reperintur ue cakulus gui(kin
ex ea : Que si David se relire dans (juel(|iic
ville, tout Israël environnera les murailles
de cordes , et nous l'entraînerons dans ut\
torrent , sans qu'il en reste seulement une
petite pierre. Chusaï a|)puie l'avis qu'il donne
à Absalom , contraire à celui d'A» bitopliel.
3 Tesson, petite pierre, ou autre marque,
C7fî
Jolie qu'était celle dont usaient les anciens
dans leurs suffrages et leurs jugements. Alors
ces tessons étaient blancs, lorsqu'ils les don-
naient favorables, et étaient noirs, lorsqu'ils
les donnaient contraires ; ils y écrivaient le
nom de celui dont il s'agissait. A quoi se
rapporte, Apoc. 2. 17 : Vincenti dabo calcu-
lum candidum:ic donnerai au victorieux une
pierre blanche. Jésus-Christ témoigne qu'il
prononcera un jugement favorable pour ceux
qui auront triomphé du démon et du péché :
le nom d'enfant de Dieu, qui leur sera donné,
sera écrit sur cette pierre.
k" Charbon de feu (avQpa;). Isa. 6. G. Et
voîavil ad me ttnus de Seraphim , et in manu
ejus calcnkis , quem forcipe tiderat de altari :
Un des séraphins vola vers moi , tenant en sa
main un charbon de feu qu'il avait pris avec
des pincettes de dessus l'aulel. Le mot hé-
breu, ritspah, signifie charbon et escarboucle.
Ce charbon marque l'efficacité du sacrifice de
Jésus-Christ, pour purger les péchés.
CALDARIA, M. Ce nom vient de caleo , et
signifie chaudière (x«V/:rov). \. Reg. 2. ik.
Miltebat fuscinulam tridentem in lebetem vel
in caldariam : Le serviteur du prêtre mettait
la fourchette à trois dents dans la chaudière
ou dans le chaudron, savoir, pour enlever
tout ce qu'il pouvait pour le prêtre.
CALEB, Heb. Quasi cor. 1° Fils d'Hosron.
1. Par. 2. 18. Caleb aulem filins Hesron acce-
pit uxorem nomine Azuba : Caleb, fils d'Hes-
ron, épousa Azuba. v. 10. 2i. 11 est appelé
Calubi, V. 8. Mais d'autres croient que c'est
le même que le fils de Jephoné, et qu'Hesron
était son aïeul. Voif. Menoch. in 1. Par. 21.
8. el Mas. in Jos. 14. 6.
2° Fils de Hur, et petit-fils du précédent
Caleb , fils d'Hesron. 1. Par. 2. 50. Hi erant
fiiii Caleb , filii Hur, primogeniti Ephrata :
Ceux-ci étaient fiis de Caleb, fils de Hur, fils
aîné d'Ephrala. c. h. 11.
3" Fils de Jephoné, lequel, avec Josué.
s'opposa aux autres dix qui décourageaient
le peuple d'entrer dans la terre promise.
Num. 13. 7. De tribu Juda Cnlcb filium
Jephoné. v. 51. Caleb compescens murmiir po-
pidi : Caleb fit ce qu'il put pour apaiser le
murmure du peuple, c. 14. v. 6. 24. Deut. 1.
30. 1. Mac. 2. 30. etc.
CALEFACEKE, Oepiiuasi-», vient des verbes
calere et facere , et signifie :
Chauffer, échauffer, faire échauffer. Eccl.
k. 11. Unus quomodo calefiet? Comment un
seul échauffera- t- il? Comme deux per-
sonnes couchées dans un lit , s'échauffent
plus aisément qu'un seul , de même deux ou
plusieurs, unis par une sainte société, se
soutiennenl mieux, soit pour le temporel,
soit pour le spirituel. Isa. 44. 10. Vah, cale-
factus sum, vidi focum : Bon , j'ai bien chaud,
j'ai fait bon feu, savoir du mêm'e bois dont
le sculpteur prend le reste pour faire une
idole, ce qui en prouve la vanité, à quoi se
rapporte Job. 31). 14. Tu forsiianin puivere
calefacies ea? Lorsque l'autruche abandonne
ses œufs sur la terre, sera-ce vous qui les
échaufferez dans la poussière? Cet animal
cache ses œufs dans le sable, où, s'échauf-
DICTIOINNAIKE DE PHILOLOGIE SACREE t7ij
fant par la chaleur du soleil , les petits s'é-
closent sans qu'elle les couve. Ce que Dieu
marque à Job, comme un effet de sa provi-
dence divine.
Vêtir, couvrir pour échauffer, l'effet mis
pour la cause. Jac. 2. 10. Si dicat aliquis ex
vobis, Ile in pace, calefacimini et saturamini :
non dederitis autem eis quœ necessaria sunt
corport ; L'apôtre assure qu'une foi qui ne
passe pas jusqu'aux bonnes œuvres ne sert,
non plus qu'il ne sert de rien aux pauvres
qu'on leur dise d'aller en paix, qu'on leur
souhaite de quoi se nourrir el de quoi se
couvrir, en ne donnant rien. Job. 31. 20. De
Velleribus ovium mearum calefactus est : Les
pauvres ont été échauffés des habits que je
leur ai faits des toisons de mes brebis.
GALENDiE, arum, v£Of/.yîvî«, «?. Vient du
verbe ancien calare, y.Kksïv, c'est-à-dire con-
voquer ; car dès que la nouvelle lune parais-
sait , on convoquait le peuple pour l'en aver-
tir; et signifie :
Calendes, le 1" jour de chaque mois: ce
jour était fêté chez les Juifs , appelé nouvelle
/((jie ; car leurs mois étaient lunaires. 1. Reg.
20. V. 5. 18. Ecce calendœ sxmt craslino : Il
est demain le premier jour du mois, dit
David à Jonalhas, qu'il prie de lui permet-
tre de se cacher et de ne se trouver point au
festin que faisait Saiil ces jours-là après le
sacrifice offert, selon la coutume. 4. Reg. 4.
23. Hodie non sunt calendœ : Ce n'est point
aujourd'hui le premier jour du mois, ni un
jour de Sabbat , dit le mari de la femme de
Sunam, qui voulait aller trouver Elisée.
CALIDUS , A, UM, OspiJLàç, *3, ôv. Vient de
caleo, et signifie :
Chaud, brûlant. 1. Reg. 21. 7. Panes pro-
positionis, qui sublati fuerant a facie Dominif
ut ponerentur panes calidi: Il n'y avait ((ue
les pains de proposition qui avaient été ôlés
de devant le Seigneur, pour y en mettre de
chauds en la place. Le grand-prêtre en donna
à manger à David. Jos. 9. 12.
§ 1. — Chaud et brûlant se dit de celui qui
est possédé de quelque passion. Eccli. 23.
22. Anima calida quasi ignis ardens non ex-
tinquetur, donec aiiquid glutiat : L'âme qui
brûle comme un feu ardent ne s'éteindra
point jusqu'à ce qu'elle ait dévoré quehjue
chose : Ce feu , dont l'âme brûle, est celui
de la colère , de l'avarice, de l'ambition , ou
de quelque autre passion.
§ 2. — Fervent à soutenirla foi et à s exercer
dans les œuvres de charité (Çstto,-). Apoc. 3.
15. Scio opéra tua, quia neqiie frigidus es ,
neque calidus : Je sais quelles sont vos œuvres,
que vous n'êles ni froid ni chaud, dit l'ange
à l'évêquo de Laodicée , de qui Dieu se plaint
pour sa tiédeur tant à soutenir la foi qu'à
pratiquer le bien.
CALIGA, M. Vient de calx , et signifie
sorte de chaussure que portaient les simples
soldats des armées romaines-, soulier, san-
■ dale, qui s'attache aux pieds avec des cor-
dons (Ù7yùO/3fx«). Gen. 14. 23. A filo subtegnu-
nis usque ad corrigiam caligœ, non accipiam
ex omnibus quœ tua sunt: Je ne recevrai rien
de tout ce qui est à vous, depuis le moindre
677
CAL
fil jusqu'à un cordon de soulier, dit Abraham
au roi de Sodorae. Act. 12. 8.
CALIGARE, KntlvvsuOoii. De l'ancien mot
cala, pour lignum , bois; parce que cet
obscurcissement se dit proprement de la
fumée qui se fait du bois qu'on mel au feu.
Etre obbcurci, troublé et couvert de ténè-
bres. Gen. 27. 1. Caligaverunt oculi ejus : Les
yeux d'Isaac s'élant obscurcis, il ne pouvait
plus voir, se. de vieillesse. Deut. 33. 28. Cœ-
Uqiie caligabunc rore : L'air sera obscurci
par l'eau de la pluie et de la rosée, dit
Moïse en promettant aux Hébreux la fécon-
dité de la terre.
CALIGINOSUS , A , UM. Obscur, ténébreux ,
en parlant du ciel, de l'air, d'un lieu «j/uv,-
pô;) , etc. 2. Petr. 1. 19. Hahemus finiriorem
Propheticum sermonem, cui benefacitis atlen-
denles, quasi lucernœ lucenti in caliginoso
loco : Vous faites bien de vous arrêter aux
oracles des prophètes, comme à une lampe
qui luit dans un lieu obscur : Mon* ca//^;'-
nosus. Voy. Moxs.
CALIGO, iNis. yjfjvoç. A'ient de la même
racine que caligare, et signifie :
Obscurité, ténèbres, soit dans l'air, soit
dans un lieu {huXyj.rr. Job. 38. 9. Cum cali-
g ine mare quasi pannis infantiœ obvolverem :
Lorsque j'enveloppais la mer d'obscurité ,
comme on enveloppe un enfant de bande-
lettes. Ces nuages et cette obscurité figurent
quelquefois l'incompréhensibililé de Dieu.
Ps. 96. 2. Niibes et caligo in circuitu ejus:
Une nuée est autour du Seigneur, et l'obscu-
rité l'environne; ou marque quelquefois une
présence particulière de la majesté de Dieu,
comme Exod. 20. 21. Moyses autem accessit
ad caliginem in qua erat Deiis : Moïse s'ap-
procha de l'obscurité où Dieu était ; ce fut
sur le mont Sinaï. Voy. Exod. 19. 9. Deut.
4. 11. c. o. 22. Heb. 12. 18. etc. Job. 28. 3.
Ipse considérât lapidem caliginis (^xoTtV.) ;
Dieu considère la pierre ensevelie dans
l'obscurité.
§ 1. — Incertitude, ignorance, erreur. Job.
22. 13. Quasi per caliginem judicat : Eli()hiis
accuse Job de juger que Dieu ne peut sûro-
n)ent voir du ciel ce qui se piissc sur la
terre, comme les hommes ne peuvent voir
de la terre ce qui se passe dans le ciel, à
cause des obscurités et de léloignement qisi
se trouve entre deux. Isa. 29. 18. /Ve tenebris
et caligine oculi cœcorum videbunt ouiyj.o' :
Les youx des aveugles, sortant do leur nuit,
passeront des ténèbres à la lumière. Celte
prophétie s'est accomplie dans le sens litté-
ral , dans les aveugles que Jésus-Christ a
guéris ; et dans le sens figuré, dans tous 1rs
peuples qu'il a é( lairés de la lumière du saint
Evangile, c. 00. 2. Jerem. 13. 10.
§ 2. — Affiietion, misère, qui est souvent
exprimée par le mot de ténèbres. Job. 23.
17. Nec faciem meam operuit caligo: L'obscu-
ritô où je suis n'a point mis un voile sur
mon visage ; mes adlictions ne mont point
fait perdre Dieu do vue, ni fait perdre sa
crainte. Isa. 5. 30. c. 8. 22. Jerem. 13. Di.
Thren. 2. 1. Ezech. 3't. 12. Joël. 2. 2. Amos.
5. 20. Soph. 1. l.'i. 2. Petr. 2. 17. Jnd. v. ti.
CALITA , Un lévite. Esdr. 10, 23. Voy.
Celaia. Il chassa la femme étrangère qu'il
avait épousée.
CALIX , GIS , TTOTriptov. Vient du grec xJ/.t;,
et signifie une coupe, une tasse, un verre,
une fleur épanouie qui s'ouvre en forme de
coupe ou de panier, la coquille d'un lima-
çon : dans l'Ecriture :
1" Coupe à boire, tasse, verre, et com-
prend souvent la coupe et ce qui y est con-
tenu. Mallh. 10. i2. Quiciwique potum de-
derit uni ex minimis islis calicem aquœ fri~
gidœ tantum in nomine discipnli: Quiconque
aura donné seulement à boire un verre d'eau
froide par chaiité, en aura la récompense.
Jerem. 10. 7. Non dabunt eis polum calicis
ad consolandum .-On ne donnera pointa boire
à celui qui pleure la mort de son père et de
sa mère pour le consoler. Le prophète prédit
que la désolation qui devait arriver sur tous
les habitants de Jérusalem par Nabuchodo-
nosor, au temps de Sédecias, serait si grande,
qu'étant tous également dans la misère et
l'affliction , ils ne pourront être consolés à la
mort de leurs proches par aucuns festins ,
ce qui était en ce temps-là une coutume. Ps.
Ho. i. Calicem salutaris accipiam : Je pren-
drai en main la coupe dans le festin que je
ferai à l'honneur du Seigneur, pour le re-
mercier de m'avoir conservé, ce qui était
une coutume chez les Juifs. Matth. 29. 42.
c. 26. 27. Marc. 9. 40.
2' Ce qui est contenu dans le calice, dans
la coupe. 1. Cor. 10. 16. Calix bcnediclionis
cui benedicimus, nonne communicatio sangui-
nis Clirisli est ? N'est-il pas vrai que le calice
de bénédiction, que nous bénissons, est la
communion du sang du Seigneur? Saint
Paul veut dire que ceux qui communient
participent au sacrement de l'Eucharistie.
V. 20. cil. 25. Hic calix novum Testamen-
tum est in meo sanguine : Ce qui est dans
celte coupe est mon sang, par lequel est
établie la nouvelle alliance, dit Jésus-Christ,
en prenant le calice, v. 26. 27. 28. Ainsi,
Ps. 22. b. Calix meiis incbrians quam prœcla-
rus esl.'Quv mon calice qui a la force d'enivrer
est admirable ! Cette allégorie du vin délicat
qui réjouit le cœur, figure les joies et les
consolations divines que David ressentait.
§ 1. — La passionet la mort que Jésus-Christ
a souffertes par l'ordre de son Père. Joan. 18.
11. Calicem quem dédit mihi pater, non bibam
illujn?'^c faut-il pas que je boi\e le calice
que mon Père m'a donné? dit Jésus-Christ à
saint Pierre, qui venait de couper l'oreille
à Malchus. Matth. 26. v. MO. 42. c. 20. v. 22.
23. Marc. 10. v. 38. 39. Luc. 22. 42.
§ 2. — Le partage et le sort d'un chacun,
soit bon, soit mauvais. Ps. 15. 5. Dominus
pars hœredilalis mrcc et calicis mei : Le Sei-
gneur est la part qui m'est échue en héritage
et la portion qui m'est destinée. Ps. 22. o. La
métaphore est tirée de la coutume qui se
pratiquait autrefois, dans les festins, de dis-
tribuer à chacun sa portion de vin pour
boire; jiiais il est pris plus souvent dans
l'Kcriiure en mauvaise part pour le paitage
et la Dunilion (\oii, merlianl'^. Ps. 10. 7. Jgnis
579
DICTiONNAlP.E DE
et sulpliur et spirilus procellarum pars calicis
eornm: Le fou el le souffre, et le vent impé-
tueux des tempêtes, sont le calice qui sera
pré>('«ité aux pécheurs pour leur partage.
Ps. 7V. 9. Isa. 51. V. 17. 22. Ezec h. 23. 31.
Hal). 2. IG. Apoc. 14. 10. etc. Ainsi, Jcr. 51.
7. Calix aureus Babylon in 7nanu Domini :
Bal)jl()ue est une coupe d'or dans la main
du Seigneur : Dieu se servait de la force el
de la puissance de cet enî[)ire pour punir les
nations.
CALLIDE. Finement , avec ruse el adresse.
Deul. 10. îO. Nec âges quidpiam callide in
eJHS necesaitatibus sublevandis : Vous soula-
gerez franchement votre frère dans sa néces-
sité, sans user de détour ni de finesse. Exod.
32. 12. Jos. 9, k. 1. Rcg. 23. 22.
CALLIDUS, A, UM, TTKvoùpyoî, de Caliis, el
signifie :
l'Fin, rusé, artificieux (ooov«ty.o?). Gen. 3.
1. Serpens erot callidior cunctis anvmantibus
terrœ : Le serpent était le plus fin de tous les
animaux qui étaient sur la terre, à cause que
le déuiOn se servait de lui pour tromper Eve,
étant d'ail'eurs, par sa finesse naturelle, urt
instrument convenable à son dessein. Eslh.
16. 6. Job. 56. 13.
2° Habile, prudent, avisé. Prov. 14. 8.
Sapienlia callidi est inlelllfiere viam suam :
La sagesse de l'homme h i bile est de bien
comprendre sa voie; i. e. de comprendre si,
dans toute la conduite de sa vie, il ne recher-
che que Dieu. c. 12. 16. Qui dissimulât inju-
riam caUidus est : Celui (jui dissimule l'injure
par une vraie patience, el non pour s'en
mieux venger, est un homme habile, c. 22. .'?.
CALLIS, is. De ccdlus, parce que c'est un
chemin qui se durcit à force de marcher.
1" Chemin étroit, sentier (ôSôs). Judic. 5.
6. Qui ingrediebantur per semilas, ambulavc-
runt per calles devios : Ceux qui devaient
aller par des chemins battus ont marché par
des roules détournées : Debora a en vue la
consternation où les persécutions des Phi-
listins el des Chananéens avaient mis les
Hébreux depuis le temps de Samgar juscjuau
temps de Jahel.
2" Le rang el le poste que chaque soldat
lient dans la marche el dans le chemin. Joël.
2. 8. Singuli in colle suo ambnlabiinl : Chacun
gardera la place qui lui aura été maruuée.
Ici le prophète |)arle du grand nombre des
sauterelles, ou des armées des Assyriens el
des Ba by Ioniens (jui de vaienl ravager la Judée.
— La conduite, le cours, le train de la vie.
Job. 19. 8. In calle meo tcncbras posait : Le
Seigneur a répandu des ténèbres dans le
chemin étroit par où je marchais. Ces ténè-
bres marquent les maux dont il était envi-
é. V
«y
c. 3. 22. Prov. 2. 20. Ainsi , Jsa.
26. 7. Jlectus caliis justi ad ainbulanduin : Le
chemin du juste le conduira droit dans sa
voie, H( br. Vous dresserez au niveau le
chemin du juste.
CALLISTHENES, is, Gr. Pulchrum robur.
Oflicier de Nicanor, brûlé pur les Juifs. 2.
Mae. 8. 33.
CALOR, is, 0;pf7./3, ï!f. De calco , avoir
chaud, brûler, el signifie :
PHILOLOGIE SACRÉE. 580
Chaleur, le chaud, l'ardeur. Ps. 18. 7. Nec
est qui se abscondat a calore ejus : Il n'y a
personne qui se cache à la chaleur du soleil.
Job. 24-. 19. Ad nimium calorem transeat .ab
.flf/ui.s «îvjwm; L'adultère passera tout d'un
coup des eaux froides de la neige à une cha-
leur excessive; i. e. il sera tourmenté des
derniers supplices opposés , tels que sont le
dernier degré du froid et le dernier degré de
la chaleur. D'autres expliquent ce passage
des tourments des damnés, dont le supplice,
selon l'Ecriture, est un feu éternel. Le Grec
porte : de même que la chaleur d'une terre
altérée consume les eaux des neiges, ainsi la
mort emporte les pécheurs. Voy. Nix.
Ardeur, transport, emportement (e^ppaata).
Jerem. 51. 39. In calore eorum ponam potus
eorum, et inebriabo eos : Je les ferai boire
dans leur chaleur, et je les enivrerai. Le pro-
phète prédit ou les maux extrêmes par les-
quels Dieu devait tirer des Juifs une juste
vengeance, qui est souvent appelée le vin de
sa fureur ; ou c'est une prophétie de ce qui
arriva à Balthazar, qui, après s'être rempli
de vin, but dans les vases sacrés, el fut tué
la même nuit. Voy. Dan. 5. 2. 30.
Autre significalion.
CALOR,Heb./iamai/t, chaleur. Nom d'homme
appelé Hamath, de qui est sortie la famille
des Rechabites: ce nom appellatif lui est
demeuréau lieu du nom propre. 1. Par. 2.55.
CALPHI, Heb. Vox oris. Père de Juda;
qui était colonel général de la cavalerie do
Jonathas. 1. Mac. 11. 70. Voy. Judas.
CALUBI, Heb. Caninus. Fils d'Hesron. 1.
Par. 2. 9. Le même que Caleb.
CALUMNIA, JE. (Tvy.ofmrix. De calvor, i.
e. frustrur, ou decipio, tromper.
1 Calomnie , fraude, imposture. Gen. 43.
18. Introdiicti sumus ut devolvat in nos ca-
luDiniam: C'est sans doute à cause de cet
argent que nous avons remporté dans nos
sacs, qu'il nous fait entrer ici pour faire re-
tombersur nous ce reproche, disent les frè-
res de Joseph étant introduits en sa maison.
Levil. 19. 13. Non faciès calumniam proxi-
mo tuo: Vous ne calomnierez point votre
prochain, c. 6. 2. Ps. 118. 134. Eccl. 7. 8.
Luc. 2. 14. etc.
2° Oppression, violence, injustice, ou voie
injuste. Prov. 28. 16. Dux indigens pruden-
tia, iwillos oppriiiiet per calumniam :l]n prin-
ce imprudent opprimera plusieurs person-
nes par ses violences. Isa. 33. 15. Qui proji-
cit (ivaritiam ex cabDunia... v. 16. Islein ex-
cetsis habitabil: Celui qui a horreur d'un
bien ac(iuis par extorsion, demeurera dans
des lieux élevés. Ose. 12. 7. Ainsi, Deut. 28,
v.29.33. Eecl.4. 1. C.5. 7. Isa. 23. 12. etc.
D'où vient cette signification suivante :
3" Le puits qulsaac fit creuser au fond du
torrent fut appelé injustice ou violence («5t-
zi«), parce que les pasteurs de Gerara que-
rellèrent les pasteurs d'Isaac, lorsqu'ils le
creusèrent, en leur disant (jue l'eau était à
eux. Gen. 2«>. 20. Nomen putci, ex co quoi
arcideral, tiocavif Calumniam: huAC appela
581
CAF.
CAL
5S2
le puits, Injustice, à cause de ce qui était ar-
rivé. Voy. TORRENS.
CALUMNIARI, au/oyavTsfv. — 1° Uscp de
calomnie, calomnier, accuser faussement
quelqu'un, le (iécrier (èTVïjpsâÇîtv). Luc. 6. 28.
Orate pro calumniantibus vos: Priez pour
ceux qui vous calomnient; Gr. qui cherhent
à vous faire du mal. Matth. 5. h-k. Ainsi, 1.
Pe(r, 3. 16. In eo quod detrahunt vobis, con~
fundantnr, qui calumniantiir vestram bonam
in Christo conter salionem : Conservez en
louî une conscience pure, afln que ceux qui
décrient la ^ie sainte que vous menez en
Jésus-Christ, rougissent de vous diffamer
comme ils font. Ps. 118. 121.
2° Opprimer par des violences et des injus-
tices. Prov. 14. 31. Qui calumniatur egen-
tem,exprobrat fnctori ejiis: Ce\m qui opprime
le pauvre fait injure à Dieu qui l'a créé. 1.
Par. 10. 21. 1. Reg. 12. v. 3. k. Job. 10. 3.
Isa. 52. 3. Ezech. 22. v. 7. 12. 29. Mal. 3. 5.
et ce mol en ce sens répond au verbe Hebr.
ghaschaq, qui signifie retenir injustement,
<'t avec violence le bien d'aulrui, ne vou-
loir point le rendre , ou payer ce qu'on doit,
au lieu que gazai signifie le prendre par
force.
3° Entreprendre, ou attenter malicieuse-
ment et injustement surquclque chose. Prov.
28. 17. Qui calumniatur animœ sanguinem:
Celui qui répand injustement le sang, en
quoi consiste la vie. Mich. 2. 2. Malach. 3.
5. l.Petr. 3. 16.
CALVARIA, jE. y.prx-Aov. Vient de ca^ca, Voy.
Calvus, cl signifie,
l"Le crâne de la tête. 4. Reg. 9. 35. Non
invenerunt nisi culvariam : Les gens de Jehu
ne trouvèrent que le crâne, les pieds, et l'ex-
Iréniité des mains de Jezabel: Jehu les avait
envoyés pour l'ensevelir.
2° Lieu hors la ville de Jérusalem, où Jé-
sus-Christ fui crncifié. Matth. 27. 33. Marc.
J5. 22. Luc. 23. 33. Joan. 19. 17. Amsi ap-
pelé, selon saint Jérôme, parce que ce lieu,
où l'on suppliciait ordinairement les crimi-
nels, était plein de crânes de têtes, et d'osse-
ments de ceux qui y avaient été exécutés :
selon plusieurs Pères, parce que Adam, le
premier homme , y avait été enterré : mais
saint Jérôme, sur saint Matth. 27. 33. réfute
ce sentiment ( que les Pères ont fondé sur le
passage de Jos. 14. 15. qui porte, Adnmmaxi-
mus ibi inter Enacim situs est: ) par ce pas-
sage môme de Josué, en ce que le mot de
Adam, signifie, selon le sens de la langue
originale, un homme en général, et non le
premierdetousies hommes; etque cet homme
dont il est parlé en cet cndroii-là de Josué,
est Arbe, (\n\ a donné le nom à la ville ap-
pelée Carinlh-arbé. Voy. Adam.
CALViTlUM, I. yy'>-^w>l'''- — 1 Défaut
de cheveux, soit sur le devant soit au der-
rière de la tète. Levit. 13. 42. Sin aulem in
enlvitio sive in recalvalione ulbus, vel rufus
culor fueril exorlus: Que si sur la peau de la
télé qui est sans cheveux, il se forme une
tach(! blanche ou rousse: c'était une marque
de lèi)re. v. 43. — 2' Défaut de cheveux au
devant de la tétc. Isa. 3. 24. Ll erit... jjro
crispanli crine, calvilium : Lqs cheveux fri-
sés des filles de Jérusalem, seront changés
en une tête nue et sans cheveux. — 3° La
rasure du devant de la tête, et même de
la barbe; ce qui était la marque d'un grand
deuil parmi les idolâtres. Deûl. 14. 1. JVec fa-
cielis calvitium super mortuo : Ne vous rasez
point en pleurant les morts: Dieu défend
aux Juifs de se raser, comme les idolâtres, à
la mort de leurs proches.
Grand deuil et ^alfliction {'^-jpnryiç , rasura).
Isa. 22.12. Vocabit Dominus Deusexerciluum
indieilla ad calvitium: Le Seigneur vous
invitera à raser vos cheveux: ce qui peut
s'entendre de la désolation que fit Sennaché-
rib dans la Judée au temps d'Ezechias. c. 15.
2. Jerem. 16. 6. c. 47. 5. c. 48. 37. Ezech. 7.
18. c. 27. 31. Amos. 8. 10. Ainsi, Mich. 1. 16.
Dilata calvitium tuum sicui aquila: Demeu-
rez sans aucun poil, comme l'aigle se dé-
pouille de toutes ses plumes: Les prophètes,
dans tous ces passages cités, n'ordonnent
pas aux Juifs de s'arracher ou se raser les
cheveux à la mort de leurs proches, puisque
cela était défendu. Deut. 14. J. Mais ils leur
prédisaient que leurs afflictions et leurs mi-
sères seraient si grandes, qu'ils donneraient
volontiers, ou auraient raison de vouloir
donner des marques aussi éclatantes de leur
douleur que celles-là, s'il leur était permis-.
Voy. Attondere.
CALVUS, fulc/.y.poç. Du Grec xctostv, tondre,
ou de l'Hébreu kal, lavis.
Chauve, (lui a la (été dégarnie de cncveux
pour le moins en partie. 4. Reg. 2. 23.Ascen^
de, calve; ascende , c«/t'c;Monte, chauve. 11 y
a bien de l'apparence que ces petits enfam.s
qui insuKaienl à Elisée, suivaient en cela Ics^
imj)ressions que leurs parents et leurs pro-
ches leur avaient données contre le saint pro-
phète: ce fut pourquoi il livra ces enfanlsà
des ours, pour réprimer l'orgueil des Juifs.
C aLVUS. Voy. supra, post Calvitium.
(L\LX, GIS. y.o^iu. Ce nom signifiant lebout
du pied, vient du Grec Xàç, du verbe In-yra,
dcsino, et signifiant de la chaux, vient de
z(////r;>, qui signifie pierre, ou moellon, et
signifie proprement de la chaux, dont on
sesert pour faire le mortier: dans l'Ecriliire,
1" Chaux. Deut. 27. v. 2. 4. Eriyite lapi-
des... in monte Idebal, et lœvigabis eos calce:
Vous drosserez de grandes pi(;rres sur le
mont Hebal, et vous bs enduirez avec de la
chaux; c'était pour y écrire les paroles delà
loi de Dieu.
2 I.e pied, la corne du pied d'un cheval
(Ô7r),-/ij. 2. Macli. 3. 25. Jsque cumimpelu Uc-
liodoro priores calces clisil:l]n cheval fon-
dant avec impéluosilé sur Heliodore, le frap-
pa, en lui (loiinanl plusieurs coup^ des deux,
pieds de devant. Dieu lit paraîlr<! sa protec-
tion contre Heliodore, qui voulut lui même
faire enlever le trésor du temple.
Calce abjiccrc. Mepiiser, fouler aux pieds.
1. Reg. 2. 29. Quare calce abjeci^tis licti^
tuamf Pour(|uoi avez- vous foulé aux pic-Js
mes victimes? Les cnfanis il Lli Iraiiaient
indigneujent et avec mépris les viclimos t|ui
étaient offertes à Dieu, et conin»e une chose
585
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
:.84
profane, en prenant d'abord lo meilleur, et
ce qui leur plaisait, et ne laissaient à Dieu
que le reste.
CAMELOPARDALUS, i. Gr. y.uiJ.vloKÛpSoàtg.
i)u Grec -/«fzïjXo?, et de 7r<ip5«).t?, et signifie,
Giraffc, animal de la grandeur du cha-
meau, mais moucheté comme la panthère; il
était permis aux Juifs d'en manger. Deut.
li. V. 4.. 5.
CAMELUS , I. y.ùixnloç. Peut venir du mol
Hébreu gamal, qui signifie. Rendre, parce
que c'est un animal fort vindicatif; ou du
verbe Grec -/My.vM , laboro ; parce que cet
animal est né pour le travail ; ou de yMiJ.nzM,
flecio; et de ^vpoç , fémur ; parce qu'il courbe
le genou, et signifie :
Chameau, qui sert dans l'Orient à porter
les fardeaux, et qui était immonde parmi les
Juifs. Deut. 14. 7. Ezech. 25.^.DaboRabbath
in habit.aculum camelorum: J'abandonnerai
Rabbath, pour être la demeure des cha-
meaux: Dieu menace les Ammonites qu'il
les assujettira aux Arabes pour faire parquer
leurs chameaux dans leurs pays, ou du moins
aux Chaldéens, dont le roi Nabuchodonosor
s'était rendu maître de l'Arabie. Gcn. 12.
16. Isa. 60. 6. Ces animaux étaient fort fré-
quents et de grand usage dans la Judée, et
les pays circonvoisins. Ainsi, Matth. 19. 24^.
Facilius est camelum per (oramen acus Irans-
ire, quam diviiem intrare in regniim cœlo-
rirw: Il est plus aisé qu'un chameau passe
par le trou d'une aiguille, que non pas qu'un
riche entre dans le royaume des cieux. Quel-
ques uns croient que camelus signifie un ca-
ble, ou grosse corde, que l'on attache à l'an-
cre d'un vaisseau , supposant que -/«j^vjXoi-, a
aussi celte signification; mais on n'en trouve
point d'autorité: il est vrai que Suidas et
quelques autres lisent xk^m^o?, en ce sens, et
non pas x«|^v3/oç.
CAMERA. Du Grec xapici/ja, qui a la même
signilicalion, et signifie proprement, une
voûte: dans l'Ecriture :
1° Voûle, plafond (ohog). 3. Reg. 7. 3.
Tabulatis cedrinis veslivit lotam cameram:
Salomon revêtit de lambris de bois de cèdre
tout le plafond.
2° Loge ou cabane (B«ie«z«Ci). i. Reg. 10. v.
12.14-. Juijulaverunt eos in cisterna juxla ca-
meram quadï aginta daos viros: Les gens de
Jehu menèrent à une citerne, près d'une
cabane de pasteurs, los frères d'Ochozias :
c'élaientses neveux, tous enfants doses frè-
res, comme était Lolh à l'égard d'Abraham.
2. Par. 22. 8. Ciiin everterct Jehu domnm
Acluibjnvenit principes Juda et filios fralrum
Ochoziœ, et interfecitillos: Comme Jehu s'en
allait pour ruiner la maison d'Achab, il trou-
va les princes de Juda, et les fils des frères
d'Ochozias; ils les égorgèrent tous, au nom-
bre de quarante-deux qu'ils étaient. Quelques
auteurs prennent ici ce nom pour un nom
propre de lieu; savoir d'un village sur le
grand chemin, et proche de Samarie; et
croient que ce lieu était ainsi appelé, parce
(juil était propre à tondre les brebis. Hcbr.
baiihacad; Domus ligationis, où on liait les
brebis pour les tondre.
CAMINUS, I, y.c/.ixaoçy du grec zaûpa, «xoç,
Chaleur, et signifie :
1° Cheminée. Exod. 9. v. 8. 10. Tuleruntci-
nerem de camino : Moïse jeta au ciel la cen-
dre que lui et Aaron avaient prise de la che-
minée avec leurs mains: il se forma des
ulcères et des tumeurs dans les hommes et
les animaux par toute l'Egypte. Eccl. 22.30.
2° Fournaise, lieu embrasé de feu. Dan. 3.
17. Deus noster quem colimus, potest eripere
nos de camino ignis ardenlis : Notre Dieu, le
Dieu que nous adorons, peut certainement
nous retirer du milieu des flammesde la four-
naise, disent les trois enfants à Nabuchodo-
nosor. V. 23. Apoc. 1. 15. A quoi sepeut rap-
porter le feu dont les damnés seront tour-
mentés. Matth. 13. 42. Minent eos in'cami-
îiu>?u(/nis; Les anges précipiteront les pécheurs
dans la fournaise du feu. Jésus-Christ parle
de ce qui arrivera au dernier jugement, v. 50.
SCreuset pour fondre l'or ou l'argent. Prov.
17. 3. Sicut igné probatur argenlum, et aurum
camino, ita corda probat Dominus : Comme
l'argent s'éprouve par le feu, et l'or par le
creuset : ainsi le Seigneur éprouve les cœurs.
§ 1. — L'état des afflictions et des misères,
par lesquelles Dieu éprouve les siens, est
appelé le fourneau de l'affliction, de la pau-
vreté, pour les éprouver et les purifier. Eccl.
2. 5. Homines receptibites probantur in cami-
no humiiiationis: hes hommes que Dieu re-
çoit au nombre des siens, sont purifiés dans
le fourneau de l'affliction. Isa. 48. 10.
§ 2. — La punition terrible des méchants
est représentée par une fournaise ardente.
Isa. 31. 9. Caminus ejus in Jérusalem: Le Sei-
gneur qui a une fournaise ardente dans Jé-
rusalem. Le prophète parle de la défaite de
l'armée de Sennachérib par l'ange. Malach.
4.1. Dies veniet succensa quasi caminus (x)>iga-
•joç) : Il viendra un jour de feu, semblable à
une fournaise ardente: ce qui s'entend de la
prise et de l'embrasement de Jérusalem, qui
fut prédite par Jésus-Chrisl; mais il s'entend
bien aussi du dernier jour du jugement, dont
la destruction de Jérusalem fut la figure. Voy.
Matih. 13. V. 42.50.
§ 3. — Feu allumé dans le foyer, ou tison
ardent (ô«/ôç), se dit figurément des chefs du
peuple de Dieu, qui consument et détruisent
leurs ennemis avec la même facilité que le
bois sec le peut être par un tison allumé.
Zach. 12.6. Ponam duces Juda sicut caininum
ignis in lignis : Je rendrai les chefs de Juda
comme un tison de feu qu'on met sous le bois:
ceci peut être une prophétie des Machabées,
qui ont défait leurs eniiemis.
CAMON. Ville dans la tribu de Manassès,
delà le Jourdain. Judic. 10. 5.
CAMPUS, 1, ^£§tov, du Grec y.uiMnôç, qui
signifie cirque, qui est un champ grand et
uni. pour faire les courses des chevaux.
Champ, plaine, campagne. Ps. 103. 8.
Ascenderunt montes et descenderunt campi :
Lorsque les eaux se retirèrent, les monia-
gnes parurent s'élever, et les collines paru-
rent s'abaisser, chacune dans le lieu que
vous leur avez marqué : c'est ce qui arriva
au troisième jour de la création du monde
ÎÎSS
CAN
CAN
580
Ps. 8. 8. Ps. 95. 12. Judith. 1. 6. Ainsi, Ps.
131. 6. Invenimus eam in campis silvœ .-Nous
avons trouYé l'arche dans les champs de la
forél. Ce lieu esUe même que Garialhiarim,
où l'arche demeura vingt ans depuis qu'elle
fui ramenée du pays des Philistins, v. 1.
Re^. 6. 21. elc.7.2.Cant. 2. 1. De là vient:
CAMPUS MAGNUS. Ces mots qui répon-
dent à l'Hébreu Haraboth, Campeslria , si-
gnifient dans l'Ecriture :
1° Une plaine commandée par des monta-
gnes. 1. Mach. 5. 52. Transf/ressi surit Jor-
danem in campo magno, contra faciem Beth-
san : Judas et ses gens passèrent ensuite le
Jourdain dans la grande plaine, qui est vis-
à-vis de Bethsan. Judith. 1. G. Voy. Ar-
BELLA.
2° Un nom propre de lieu, une plaine fort
étendue située, selon saint Jérôme, entre le
mont Thabor elle lac de Tibériade, dans la
iribu d'Issachar. 1. Mach. 12. 49. Misit
Tryphon exercitum et équités in Galilœam, et
in Campum magnum : Tryphon envoya ses
'roupes et sa cavalerie dans la Galilée, et
dans le Grand Champ : ce lieu s'appela aussi
Campus Esdrelon, Mageddo, et planities Ga^
lileœ; et l'on croit qu'il est aussi marqué par
le mot, S.iron, Isa. 33. 9. et Campeslria. c.
65. 10. Heb. Saron, comme aussi, Cantic. 2.
1. Ego flos Campi, Heb. Saron.
3° Campus idoli , Le champ de l'idole.
Amos. 1. 5. Voy. Idolum.
CAMPESTRIS, E. TTîStvôf, de Campus, et
signifie,
Qui est des champs, de la campagne, qui
croît et vient dans les champs, dans la plaine,
dans un lieu uni. Luc. 6. 17. Stelit in loco
campestri : Jésus-Christ descendit de la mon-
tagne, où il avait passé toute la nuit pour
prier, et s'arrêta dans une plaine, c'est- à-
dire, dans un lieu sans montagnes. De là
vient :
CAMPESTRIA, um. Plaine, lieu spacieux
sans montagnes {^•jtu.ô;, occasus). Num. 22.
1. Castramelali sunl in campestribus Moab :
Les Israélites campèrent dans les plaines
de Moab près du Jourdain. Gen. \k. 6. Abd.
V. 19. Voy. HiEREDITARE.
CAMPUS, I. Voy. supra.
CAMUKL, Heb. Surrexit Deus. — 1" Fils
de Nachor, frère d'Abraham. Gen. 22.il.
Camuel palrem Syrorum ; Heb.pntrem Arami:
Cet Aram fils de Camuel, est différent d'A-
rarn fils de Sem, qui a donné le nom aux Sy-
riens. — 2" Un des premiers de la tribu d'iil-
phraïm. Num. 3i. 2'^. — 3° Père dHasabias,
qui commandait aux lévites. 1. Par. 27. 17.
CAMUS, I. du Grec //jpô,-, et signifie, mors
fort rude, sorte de bride. Ps. 31. 9. Jn camo
et freno maxillas eorum conslringc , gui non
approximanl ad te : \ous resserrerez avec
le mors et le frein la bouche de ceux qui,
,"omme des chevaux, vous veulent échapper,
dit David : ce qu'Isaïe témoigne que Dieu a
fait à l'égard de Sennachérib. V. Reg. 19. 2M.
Cette expression marque que Dieu dompte
îcs méchants, romme on dompte les chevaux
par le mors. Prov. 20. 3.
CANA, Heb. Zelus. — 1° Ville de la tribu
Dictions, db Philol. Sacrée. I.
d'Aser dans la Galilée supérieure, près de
Tyr et Sidon. Jos. 19. 28. Hamon et Cana us-
qùe ad Sidonem magnam. Cette ville est ap-
pelée Cana la grande, en comparaison de
l'autre. — 2° Ville de la tribu de Zabulon
dans la Galilée inférieure, où Jésus-Christ,
a changé l'eau en vin, et a guéri le fils d'un
officier du roi. Jo?n. 2. v. 1. 11. Hoc fecit
initium signorum Jésus in Cana Galileœ : Ce
fut là le premier des miracles de Jésus-
Christ, qui fut fait à Cana en Galilée, c. 4.
4G. C'est d'où étaient Nathanael et Simon
l'Apôtre.
CANALIS, ).>3vô?. De canna, canne, roseau,
à cause de sa figure, et signifie proprement,
canal, lit dune rivière : dans l'Ecriture,
1° Canal où on met l'eau pour abreuver le
bétail (>.>3v6î). Gen. 30. il. Ponebat Jacob vir~
gas in canalibus uquarum : Lorsque les bre-
bis devaient concevoir au printemps, Jacob
mettait les branches vertes de peuplier dans
les canaux : celait afin que, venant boire,
elles conçussent des agneaux de diverses
couleurs, qui devaient être sa récompense.
c. 2i.. 20. Gr. Trortc-r/i/stov, Exod. 2. 16. Gr.
2° Chaudière, ou cuvier dont se servent les
teinturiers pour teindre leurs étoffes. Canl.
7. 5. Comœ capilis tui, sicut purpura régis
vincta canalibus {-xoy.Spofi-ri, transcursus. Kebr.
rahit, Irabs Iransversa) : Les cheveux de vo-
tre tête sont comme les fils de la soie de
couleur de pourpre, qui sont longtemps at-
tachés sur le bord de la chaudière, pour
prendre une forte teinture : cette description
des cheveux figure les chrétiens, qui, étant
attachés par la foi aux divins canaux des
plaies de Jésus-Christ, sont tout pénétrés
du double amour et pour Dieu et pour le
prochain.
CANANiEUS, Heb. Zelotes. De Cana en
Galilée (-/«vaviTjj?). Mallh. 20. 4. Sitnon Cana-
U'cus. Marc. 3. 18. Il est appelé Cananéen,
pour le distinguer de Simon Pierre. Voy. Ze-
lotes.
CANATH, Heb. Emptio. Ville do la Irihn
de Manassé de là le Jourdain. Num. .32. 42.
1. Par. 2. 23. dans le pays do Galaad.
CANCELLI , ORUM. Du Grec xr/x/ù-, porte
fermée avec des barres ou chancels(5tzTU'A)TÔv),
ei signifie.
Barreaux, qui se croisent les uns les au-
tres en ligne droite ou oblique. 4. Reg. 1.
2. Ceciditque Ocltosias per cancellos cœudculi
sui quod habebat in Samaria : OcJiosi.is
tomba par la fenêtre d'une chambr»* IkiuIc
qu'il avait à Samarie. Prov. 7. 0. Cant. 2. 9.
C.\NCER , Grec. zx^oxivwaK. Ce mot (jui a
diflérenlos racines selon ses différenles si-
gnifications, signifie propremeni, un cancre,
espèce de poisson; le Cancer, signe céiosie;
un cancer, sorte de maladie, ou, comme il
est pris dans l'I^'crilure, gangrène, m.iladic,
et alors il vient de y.«py.îwç , ainsi appelée,
parce qu'elle s'étend par les parties voisines
du corps.
Gangrène, maladie, qui mange et gàto les
parties voisines, et s'étend toujours de plus
en plus (yayyjSKivx) . 2. Tim. 2. 17. Sermo ey-
19
581 DIGTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRtE.
rum ut cancer serpit : La doctrine de ceux
qui sèment de vains discours gâtera peu à
peu
comme la gangrène, ce qui est sain.
CANDACE, Heb. Possidens conlrilionem.
Candace, reine d'Ethiopie. Ce nom est com-
mun aux reines de ce pays. Âct. 8. 27. Et
ecce vir jEthiops Eunuchns potens Candacis
reginœ /Elliiopum, ou Candaces, selon le Grec
(-/avoxzr; ) : Un Ethiopien eunuque , l'un des
premiers officiers de Candace, reine d'Ethio-
pie,était venu à Jérusalem pour adorer. Vov.
Flm. L 6. 2Ô.
CANDELABRUM, i. y-j/^.rx. De candela ,
parce que ia chandelle se met sur le chan-
delier, et signifie :
1 ' Chandelier, Eccli. 26. 22. Lucerna splen-
dens super candelabrum sanclum^ et species
faciei super œtatem stabitem : L'agrément du
visage dans un âge mûr , est comme une
lampe qui luit sur un chandelier saint. Le-
vit. 2i. i. Super candelabrum mundissim an
ponenlur : Les lampes seront toujours po-
sées sur un chandelier très-pur devant le
Seigneur. Le chandelier que Moïse fit par
l'ordre de Dieu, était très-pur , tant parce
qu'il était fait de l'or le plus pur, que parce
qu'il était destiné à dos usages saints. Voyez-
en la description, Exod. 25. 31. etc. c. 37. v.
17. 18. 19. etc. sur le modèle duquel Salomon
en fit faire dix pour le temple.
2° Jésus-Christ, ou l'Eglise qui porte la
lumière de la doctrine céleste et des bonnes
œuvres, étaient figurés par ce chandelier de
Moïse , comme le chandelier d'or décril dans
Zach. i. 2. était la figure du temple (|ui de-
vait être rebâti. Voy. Lampas. Ainsi les sept
chandeliers d'or que vil saint Jean , Apoc
1. 12. représentaient les sept Eglises v. 20.
Candelabra septem : Les sept chandeliers sont
les sept Eglises.
3' les vicaires de Jésus-Christ, tels que
sont les évéques : d'où vient celte phrase.
Movere candelabrum de loco suo : Oter le
chandelier de sa place, c'est ôter ia conduite
et le gouvernement d'une église à un évéque
qui la gouvernail, pour la donner à un au-
tre. Apoc. 2. o. Movebo candelabrum tuum
de loco suo, nisi pœnilentiam egeris : Dieu dé-
clare à l'évêque d'Ephè>e qu'il l'ôlera de sa
dignité et de son siège, s'il ne l'ait pénitence
et ne rentre dans sa première ferveur : dau-
Ires entendent que Dieu privera entièrement
celte Eglise de la lumière et de la prédication
de l'Evangile ; ce dernier sens suppose que
lout son diocèse s'était relâché à son exem-
ple : c'est la punition dont Dieu menace les
Juifs. Matlh. 21. VS. De plus les deux pro-
phètes qui doivent porter la lumière de la
vérité, sont appelés deux chandeliers. Apoc.
11. i.
CANDËNS. De candere, qui vient du Grec
zàoj, ou -/ziw, uro, et signifie :
1 Oui est blanc. Num. 12. 10. Et ecce Ma-
ria apparuil candens lepra : Marie parut aus-
sitôt toute blanche de lèpre comme de la
neige : ce fut en punition d'avoir parlé con-
tre Moïse.
i' Luisant, poli, éclatant (ttuÇ-jv). Ezech.
1. 7. Dan. 10. 6. Brachia et tjuœ deorsum sunt
E88
quasi species œris candentis : Los bras et tout
le resle du corps de l'homme que je vis, était
comme d'un airain étincelant : ce qui figu-
rait la force éclatante avec laquelle Jésus-
Christ briserait ses ennemis. Ezech. 1. 7.
Scintillœ quasi aspectus œris candentis : 11
sortait de ces quatre animaux des étincelles,
comme il en sort de l'airain le plus luisant,
Hebr. poli : ce qui figure la pureté de la na-
ture et de toutes les actions des quatre pre-
miers anges, figurés par ces quatre animaux
du V. 5.
CANDIDUS, A, UM, lî-jy.oç, De Candere : Etre
éclatant el embrasé, briller comme les mé-
taux à la fonte. Candere, de canus, caneo :
Blanc, de couleur éclatante ; el dans le sens
figuré, sincère, qui agit avec sincérité.
V Blanc, de couleur blanche. Gen. 4-9. 12,
Dentés ejus lacté candidiores : Les dents de
Juda sont plus blanches que le lait. Jacob
marque l'abondance du lait qui serait dans
le pays de Juda : d'aulres l'expliquent spiri-
luellement de la pureté de la vie, et de la
doctrine des apôtres el des docteurs, qui sont
comme les dents de l'Eglise. Marc. 9. 2. c.
16. 5. Apoc. 1. li. c. 2. 17. c. 14. li. c.
20. 11.
2° Eclatant, brillant ()a!/-pô,-). Act. 10. 30.
Ecce vir stelit ante me iri veste candida : Un
homme vêtu d'une robe blanche, i. e. écla-
tante, vint se présenter lout d'un coup devant
moi. Corneille raconte à saint Pierre l'appa-
rition qu'il avait eue de l'ange, de qui il avait
reçu ordre d'envoyer quérir sainl Pierre.
Thren. i. 7. Candidiores ?^^azarœi ejus nive :
Les Nazaréens de Jérusalem étaient plus
blancs que la neige. Ces Nazaréens étaient la
portion la plus sainte parmi les Juifs, et
étaient éclatantset bien faits; Gr.è/.aOaotwSr/c-Kv,
vuindati sunt.
Pur de la pureté de l'âme, accompagnée de
celle du corps. Eccl. 9. 8. Omni lempore sint
veslimenta tua candida : Que vos vêtements
soient blancs en tout temps : ces vêlements
sorit 1 homme intérieur et la pureté dont nous
sommes revêtus dans le baptême; ce que
d'autres expliquent de la gaîté et de la joie,
ce qui convient bien à la suite de ce passage.
Aussi les Anciens usaient de robes blanches
les jours de fêtes et de joie. Cant. 5. 10. l)i-
Icctus meus candidus : Cette blancheur et celte
couleur vermeille de l'Epoux se prend allé-
gori<iuement pour la beauté de l'âme de Jé-
sus-Christ, qui est appelé, Candor lucis
œtcrnœ. Voy. ci-après.
CANDOR, is. De candere; et se dit dans les
auteurs, outre sa propre signification, pour
la sincérilé ; dans l'Ecriture ;
Blancheur , couleur blanche ; soit com-
mune, Gen. 30. 37. Candor apparuit (/sjxov) :
Les endroits des branches vertes, d'où Jacob
avait ôté l'écorce, parurent blancs : il les
mctlail au printemps dans les canaux où les
brebis avaient coutume de boire. Levil. i3.
V. 4. 13. soit d'une blancheur éclalantc. Eccli.
i3. 20. Pulcliritudinem cundoris ejus admira-
bilur ocutus : L'éclat de la blancheur de la
neige ravira les yeux.
— Le Fiis de Dieu, la seconde personne d€
589
CAN
CAN
5'JO
la sainte Trinité, la Sagesse éternelle (àraû-
7aa/xa). Sap. V. 25. Jdeo nihil inquinalum in
eam incurrit, candor est enim lucis œternœ :
La Sagesse ne peut être susceptible de la
moindre impureté , parce qu'elle est l'é-
(lat de la lumière éternelle : Le Verbe éter-
nel est lumière comme le Père : Lumen de
himine.
GANERE, «5riv. Du mol Hébreu Kann, qui
signifie, chalumeau, ou roseau, dont les gens
de la campagne ont coutume de se servir
pour jouer au lieu de fljigcolet ou flûle, et
signifie :
1° Chanter, publier par des chants et des
cantiques, les louanges de Dieu ().«Xetv). Ju-
dic. i^AI.Cumquehœcverbacnnensimplesset,
projecit mandibulam de manu : Après que
Samson eut dit en chantant. J'ai défait les
Philistins avec la mâchoire d'un poulain d'à-
nesse, il jeta de sa main la mâchoire. Exod.
15. 1. Tune ctcinit Moyses et fil ii Israël Car-
men hoc Domino : Après que les Israélites
eurent passé la mer Rouge, et qu'ils se virent
délivrés des Egyptiens, Moïse et les enfants
d'Israël chantèrent le cantique , appelé, de
Moïse. Exod. 15. 1. Num. 21. 17. Judic. 5. v.
1. 3. 1. Par. 2. 55. d'où vient cette phrase,
Canere ad vocm psalterii : Accorder sa voix
avec le son de la harpe. Amos. 6. 5. Vœ...
qui canitis ad vocem psalterii {èmxporsu^plau-
dere. al. è-iy.c,'y-û-j],elc.
2° Jouer des instruments de musique, el
alors ce verbe est accompagné des ablatifs
tuba, tibia, organis, etc., où ils sont sous-
entendus. Multh. 6. 2. Noli tuba canere ante
te. Lorsque vous donnerez l'aumône, ne fai-
tes point sonner la trompette devant vous.
c. 11. 17. 1. Cor. r*. 7. k. Reg. 3. 15. etc.
3° Raconter, faire le récit de quelque
chose, en parler. Job. 36. ±k. Mémento quod
ignores opus ejus, de quo cecinerunt viri .-
Souvenez-vous que vous ne connaissez point
les ouvrages de Dieu, dont les hommes ont
parlé dans leurs canîiques, dit Eliu à Job.
Isa. 5. 1. D'où vient :
CANENS , Tis, chantre, qui chante les
louanges de Diou. 1. Par. 2. 55. Canentes at-
que résonantes hi sunl Cinœi : Ceux qui chan-
tent les louanges de Dieu avec la voix et sur
les instruments, ce sont ceux qu'on nomme
Cinéens. Ces mots canentes et résonantes, qui
sont de la Vulgale, sont chez les Septante
dos noms propies hébreux, savoir : ïira-
thiiii el Scimulhim, qui signifient la même
chose.
CANI. Voy. Canus.
CANIS, is, x\-v&î du génitif grec de zj^v
changeant u en a, et signifie proprement
chien ; el se dit aussi chez les auteurs de la
canicule, constellation appelée canis major ;
cl d'une autre appelée; canis minor : dans
l'Ecriture :
Chien. Exod. 11. 7. Non mutiet canis: On
n'entendra pas seulement un chien grogner.
L'Ecriture marque la grande et générale
tranquillité qui serait parmi les Juifs, au
niènie lomps <iu'on otitendrcMl les cris de
tous les Egyptiens, a cause du carnage de
tous leurs j)reiniers-nés; et ce silence des
ciiiens des Juifs parmi ce trouble, était uij
très-grand miracle. Prov 26. U. 2. Petr. 26.
17. Canis reversas ad siium vomitum. Voy. Vo-
MiTus. Isa. 66. 3. Qui mactat pecus, quasi qui
excerebret canem : Celui qui sacrifle une
brebis sans piété, est comme celui qui as-
sommerait un chien; c'est-à-dire qui sacri-
fierait un animal immonde. Prov. 26. 17.
Deut. 23. 18. Non offeres mercedem prostibuli,
nec prelium canis : Vous n'offrirez point dans
la maison du Seigneur la récompense de la
prostituée, ni le prix du chien. Dieu défen-
dait d'offrir le prix par lequel on aurait cru
pouvoir racheter le premier-né de la chienne,
comme ceux des autres bétes impures; ou
bien cette défense se faisait pour donner de
l'horreur de la superstition des Egyptiens,
qui avaient pour cet animal une vénération
particulière, puisque d'ailleurs on pouvait
offrir au temple les autres animaux immon-
des qu'on rachetait pour en donner le prix
au prêtre. Voy. Bochart, L de Anim.Sac.»
p. 1. /. 2. col. 691.
— 1" Les pasteurs qui doiventêtre vigilants
et fidèles à garder le troupeau qui leur est
confié. Cette signification est tirée de la fidé-
lité du chien. Isa. 66. v. 10. U. Canes muti
non valentes latrare : Les sentinelles d'Israël
sont des chieîis muets qui ne sauraient
aboyer.
2" Homme de rien, méprisable, h. Reg. 8.
13. Quid enim sum servus tuus canis, ut fa-
ciam rem istam magnam? Qui suis-je. moi»
votre serviteur, qui ne suis qu'un chien, se.
pour faire aux Juifs tous les maux que vous
dites que je dois faire? dit à Elizée Hazaël,
étant encore un des officiers de Bénadad.
1. Reg. 17. 43. Ce qui est aussi marqué par
un chien mort, ou même vivant. 1 Reg. 24.
15. Canem mortuum persequeris : Vous pour-
suivez un chien mort, dit David à Saùl. 2
Reg. 9. 8. c. 16. 9. Eccl. 9. h. Melior est ca-
nis vivus leone mortuo : Un chien vivant
vaut mieux qu'un lion mort : ce qui montre
que la vie est naturellement préférable à la
mort. On dit aussi dans le même sens, caput
canis; la tête d'un chien, pûrce qu'il ne s'y
trouve rien de bon. 2. Reg. 3. S.
3° Infidèles, idolâtres, qui n'ont pas de part
à l'alliance que Dieu a faile avec les honi-
mes. Matlh. 15. 26. Marc. 7. 27. Non est bu-
num sumere panent filiorum et mittcre cani-
bus: 11 n'est pas bon de prendre le pain des
enfauLs pour le jeter aux chiens, dit Jésus-
Christ à la r«mrae chananéenne.
k" Impies, qui étant plongés dans les plai-
sirs charnels et dans le? autres vices, per-
sécutent ceux qui leur annoncent la mé-
rité ; les persécuteurs des gens de bien. Matlh.
7. 6. Notile sanctum dare canibus : Garaer-
vous bien de donner les choses saintes aux
chien, dil Jésus-Chrisl. Philip. 3. 2. Apoc
22. 15. Ps. 21. 17. Cirumdcdcrunl me canes
multi : \]i\ grand nombre do chiens m'oni
environné, v. 21. Ps. 58. v. 7. 15. Famempa-
tienfur ut canes • Ceux qui commettent l'ini-
(luité seront allâmes connue des chiens. Da-
vid marque l'ardeur avec laquelle ses enne-
mis le cherchaient partout pour le perdre :
591
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACAEE.
59i
ilg étaient la figure des ennemis de Jésus-
5" Les impurs et les abominables. Apoc.
22. lo Forisaiilein canes, venefici el impudici :
Qu'on laisse dehors les chiens, les empoi-
sonneurs, les impudiques, etc. Prov. 20. 11.
2. Pelr. 2. 22.
CANISTRUM, I, x.àvïj?, du grec -/àvarr-r.ov,
changeant a en i, et signiûe,
Panier , corbeille. Gen. iO. 16. Et ego
vidi soinnium , (juod tria cnnistra fari-
vœ haberem super caputmeum : J'ai eu aussi
un songe : il me semblait que je perlais sur
ma lêto trois corbeilles de farine, dit le grand
panolier de Pharaon à Joseph, voyant qu'il
avait interprété le songe du grand échanson.
CANTARE, aSifj fréquentatif de canere ,
et signifie :
1° Chanter. Jerem. 48. 33. Neqiiaquam cal-
calor, uvœ solitum celeusma cantnbit : Ceux
qui foulaient les raisins ne chanteront plus
leurs chansons ordinaires. Le Prophète pré-
dit la ruine des terres des Moabiles, où il ne
devait plus croître de raisins, c. 51. 14.
Prov. 25. 20. Mich. 2. k. Matlh. 26. 34. D'où
vient, cantons, oiseau qui chante. Soph. 2.
14. Vox cantantis in fenestra : Les oiseaux
crieront sur les fenêtres (y.6/3«?, corvus ).
Le Prophète, prédisant ici la destruction de
Ninive, dit que les maisons seront si déser-
tes, que les oiseaux chanteront sur les fenê-
tres. Prov. 25. 20. Voy. Carmen 6".
2° Chanter en dansant. Exod. 32. 18. l^o-
eem cantanlium ego audio -.J'entends les voix
des personnes qui chantent, dit Moïse à Jo-
sué, des Juifs qui dansaient autour du veau
d'or. Voy. v. 6. Judic. 9. 27. 1. Reg. 18. 6.
c. 21. 11. c. 29. 5.
3° Chanter les louanges de Dieu par des
psaumes et des cantiques. Exod. 15. 1. Can-
temus Domino : Chantons des hymnes au
Seigneur; Heb. Je chanterai, dit Moïse, à la
sortie de la mer Rouge. Ps. 70. 23. Isa. 12.
5. Osée. 2. 15. Voy. Merum.
4° Chanter, donner des marques d'une
grande réjouissance. Tob. 13. 22. Per vicos
ejus alléluia cantahilur : Le père du jeune
Tobic témoigne qu'au temps que Jérusalem
serait rebâtie, comme elle le fut par Cyrus,
et encore plus au temps de l'établissement
éclatant de l'Eglise, on chanterait le long de
ses rues : Alléluia. 1. Par. 16. 23. Ps. 67. .33.
Ps. 136. 5. à quoi se rapporte Isa. 55. 12.
Montes et colles cantahunt coram vobis lau-
tlem : Au temps de la conversion des peu-
ples à l'Evangile, les montagnes et les col-
li.nes relenliroiit des cantiques de louanges.
5° Publier, déclarer publiquement à haute
voix et d'autorité publique. Exod. .36. 6.
Jussit ergo Moyses prœconis voce cantari :
Comme le peuple offrait plus de dons qu'il
n'était nécessaire pour les ouvrages du ta-
bernac le, Moïse commanda qu'on fît une dé-
claration publique, par la voix d'un héraut,
qu'on n'en offrît plus.
CANTARILIS, e, is. Qui mérite d'être
chanté, qui est la matière de chant et de can-
tiques {^l'vl'oç). Ps. 118. 54. Cantabiles milii
«tant jusiificuiioncs tuœ, in loco peregrinalio'
nis mrœ; Hehr. Psallendi argumenta : Vos or-
donnances pleines de justice me tenaient lieu
de cantique dans le lieu de mon exil.
CANTATIO, chant, sujet de chant et de
cantique, matière de louanges ( u/zv^ut? ).
Ps. 70. 8. In te cuntotio mea semper : Vous
avez toujours été le sujet de mes cantiques
de louanges.
CANTATRIX , chanteuse , musicienne
{'J.S'iVTu). 2. Reg. 19. V. 3. 5. Vel audire pos-
sum ultra vocem cantorum atque cantatricum?
Puis-je trouver quelque plaisir à entendre la
voix des musiciens et des musiciennes? Ber-
zellaï s'excuse à David sur son granl âge,
peu susceptible des plaisirs de la cour, pour
ne le pas suivre dans Jérusalem. 2. Par.
35. 25. 1. Esdr. 2. 65. 2. Esdr. 7. 67. Eccl.
2.8.
CANTHUS, I , Gr. x«v&of , bande de fer qu'on
met autour d'une roue, les jantes d'une roue.
3. Reg. 7. 33. Canthi : Les jantes des quatre
roues qui étaient au droit des quatre angles
de chaque socle, étaient semblables à celles
dun chariot. Ceci entrait dans la composi-
tion de la mer de fonte.
CANTICUM, I. 5ff.!/«, ^ul^xôç, wSà.— 1° Chan-
son gaie, air agréable. Isa. 23. 16. Fréquenta
canticum, ut memoria tui sit. Etudiez-vous à
multiplier vos airs, afin qu'on se souvienne
de vous. v. 15. Post septuaginla annos erit
Tyro quasi canticum merelricis : Après ces
soixante-dix ans, Cyrus ayant détruit le rè-
gne des Babyloniens, la ville de ïyr a été ré-
tablie et a recommencé son commerce qu'elle
entretenait par les attraits de ses belles pa-
roles, commo une courtisane entrelient le
sien par la douceur de son chant. Voy. v.
17. Gen. 31. 27. Isa. 24. 9. Ezech. 26. 13.
Amos. 8. 10.
2" Cri militaire, usité pour s'animer au
combat, et pour marquer sa joie après la
victoire ( Tratàv. pœan. ). 2. Mach. 15. 25. Ni-
canor autem cl qui cum eo erant, cum lubis et
canticis admovebant : Cependant Nicanor
marchait avec son armée au son des trom-
pettes et au bruit des voix qui s'animaient
au combat.
3" Chant satirique, air fait ou chanté pour
railler quelqu'un : d'où viennent ces phra-
ses. — I. Canticum cantare super aliquem :
Chanter des chansons sur quelqu'un. Mich
2. 4. Jndie illasumelur super vos parabola, et
cantabilur canticum cum suavilate (7r«^«oo).r/) :
En ce temps-là, vous deviendrez la fable des
hommes ; et l'on prendra plaisir à chanter
des chansons sur vous. Le Prophète parle du
temps que Salmanasar vint s'emparer des
places fortes d'Israël, dans le temps (ju'il
semblait que les ennemis , sous Teglatpha-
Icisar se fussent retirés. — II. Canticum ali'
cujus fieri, in canticum alicujus vcrti : De-
venir le sujet des chansons de quelqu'un.
Thren. 3. 14. Factus sum in derisum omni po-
pulo meo, canticum eorum tota die : Je suis
devenu le jouet de tout mon peuple, le sujet
de leurs chansons pendant tout le jour. Le
Prophète parle des chansons injurieuses que
faisaient les Chaldéens sur les misères, ou du
Prophète ou du peuple, ou pkil(>t de l'un cK
B95
CAN
CAN
S94
Je l'aulre, après la désolation de Jérusalem.
Job. 30. 9. Nunc in eorum canticum versus
siim (ep-jX>.niJix, fabula) : Je suis devenu le
Bujet des chansons des hommes de la der-
nière bassesse, dit Job. 3° In canticum oris
sui sermones alicujus vertere : Ecouler les
paroles de quelqu'un pour s'en divertir.
Ezech. 33. 31. Aucliunt sermones tuos, et non
faciunt eos ; quia in canticum oris sui vertunt
illos ( yl>u}--n(Jio'j ) : Dieu avertit le Prophète
de reprendre les captifs de Babylone de ce
qu'ils écoulaient la parole qu'il leur annon-
çait louchant la désolation de Jérusalem, et
de se convertir, sans qu'ils en fissent rien;
parce qu'ils n'écoutaient tout ce quil leur
disait que comme des chansons pour s'en di-
vertir.
V On air lugubre, cantique fait pour re-
procher une infidélité. Isa. 5. 1. Canlabo di-
lecto meo canticum patruelis mei vineœ suce :
Je chanterai maintenant à mon bien-aimé le
cantique de mon proche parent pour sa vigne.
Le mol Hébreu sirath, signifie un air lu-
gubre; mais il est appelé cantique, parce
que cet endroit a été écrit en vers. Voy. Pa-
TROELIS.
5° Les cantiques, tant de l'Ancien que du
Nouveau Testament, qui sont des productions
du Saint-Esprit, par l'inspiration duquel les
gens de bien et les saintes âmes avaient cou-
tume d'en composer sur le champ un tout
nouveau, et de le chanler lorsqu'ils avaient
reçu quelque bienfait considérable et extra-
ordinaire, où ils en répétaient et chantaient
quelqu'un qui avait élé déjà composé : com-
me Marie la prophétesse qui répéta celui de
Moïse. Exod. 15.21.
6' Quand le mot canticum sert de titre à
quehiu'un des psaumes, il marque, selon
quelques auteurs, que ce psaume se chan-
lailde la voix seule, et comme en plain-chant,
sans instrument de musique ; comme Ps. 17.
1. Ps. y». 1. Ps. 38. 1. Ps. 95. 1. au lieu que
quand le mol Psalmus est seul, il signifie
qu'il se chantait avec les instruments seuls,
sans les accompagner de la voix: c'est ie
litre de la plus grande partie des psaumes.
Psalmus, ou Laus cantici, marque que le
psaume commençait par la voix seule, qui
élait suivie du son des instruments, comme
aux psaumes 2!>. 1. Ps. 47. 1. Ps. 06. 1. Ps.
67. 1. Ps. lï. 1. Ps.90. 1. Ps. 94. 1. elc.
Canticum psalmi , signifie qu'il commen-
çait par le son des instruments, (ju'on accor-
dait ensuite avec la voix, comme Ps. G5. 1.
Ps. 82. 1. Ps.87. 1. etc.
Ainsi Vasa cantici, sont les instruments de
musique sur lesquels David chantait , ou
faisait chanter les psaumes. 2. Esdr. 12. 35.
Amos. G. 5. Voy. Vas.
C A NTIC A SION , mo/î. Los cantiques de
Sion, les canti(iiies par lesquels on cliantail
les louanges de Dieu dans le temple de Jei u-
s.iloin. Ps. 136. 3. f/ijinnum cantate nobis de
' canticis Sion , disent les Babyloniens aux
Israélites dans leur captivité : ces cantiques
sont appelés cantiques du Seigneur, v. k. el
1. Par. 25.7. à limitation desiiuels les dix
tribus chantaient des cantiques dans le culte
sacrilège qu'ils rendaient à leurs idoles.
Amos. 5. 23. Auferamc tumuftiwi carminum
tuorum, et Cantica lyrœ tuœ non audiam:
Olez-moi le bruit tumultueux de vos can-
tiques, je n'écouterai point les airs que vous
chantez sur la lyre. Voy. v. 52. 26. Ainsi ,
c. 8. 10.
CANTICUM CANTIC0RUM.Hebr.5ir, Ha-
sirim. Le livre du Cantique des Cantiques ,
c'est-à-dire le cantique le plus excellent ;
ce qui est un hébraïsme , comme Sancta
sanctorum : Le lieu le plus saint du taberna-
cle , Exod. 27. 3i. et Servus servorum : Le
serviteur le plus abject. Gen. 9. 25. Ce livre,
du Cantique , a élé composé par Salornon,à
l'occasion de son mariage avec la fille de
Pharaon, et qui élait la figure de l'entretien
de Dieu avec la Synagogue , et de celui de
Jésus-Christ avec l'Eglise, ou avec l'âme du
juste. On voit dans saint Jérôme, Proem.
in Ezechielem, qu'il était défendu , chez les
Hébreux, de le lire avant l'âge de trente ans:
aussi , il n'a été composé que pour les par-
faits. Son slyle, sous les figures d'un amant
et d'une amiante, est tout spirituel et tout
divin.
CANTICUM PRO DILECTO {^h). C'est le
titre du Psaume ii, composé sur le même
sujet que le Livre du Canlique; et c'est pour
cela même que saint Paul le cite, pour prou-
ver l'établissement du règne de Jésus-Chrji'
sur ses élus. Hebr. 1. 8. à quoi se peuv<
rapporter les Cantiques, que l'auteur JM|^>^5(g
l'Ecclésiaslique dit que Salomon a composes, "^ '^
et qu'il exprime par le mot de Cantilena ^
Eccli. i7. 18. et ceux dont il est parlé 3.
Reg. i. 31. sous le mot Carmen, où il est dit
que Salomon en composa jusqu'au nombre
de cinq mille.
CANTICUM AGNI, wârj. Le cantique de
l'Agneau : c'est relui par lequel les fidèles de
l'Eglise triomphante publient les louanges
de Jésus-Christ , à cause de la victoire qu'il
a remportée contre ses ennemis spirituels ;
el comme cette victoire a été figurée par celle
que Moïse et les Israélites ont remportée sur
Pharaon et les Egyptiens , le Cantique da
Moïse el le Canlique de l'Agneau sont joints
ensemble. Apoc. 15. 3. Gantantes Canticum
Moysi et Canticum Agni.
CANTILENA , .e. De Canere, et signifie :
Chanson , chant en vers , canlique ( worj ).
Eccli. ïl. 18. In Canlilenis, et Proverbiis ^ et
Comparationibiis miratœ sunt terrœ : Toute
la lerre a admiré les Cantiques , les Prover-
bes, les Paraboles de Salomon , et Tinter- •
pré'.ation (juil a donnée aux choses obscu-
res : ces cantiques et ces proverbes étaient
des productions de la sagesse qu'il avait re-
çue de Dieu. 3. Reg. '^. 32, Voy. Canticum
PRO DILECTO. Voy. C ARM EN.
CANTIO, Nis , oifj/i, De Cancre, cl signifie
proprement, chanson, enchantement: dans
I Ecriture ,
Chant, cantique, air de réjouissance. D'où
vieni : Verba canlionum. Ps. 136. 3. Illic
interrogaverunt nos, qui captivas duxerunt
nos,vcrha cinlionum :i]c[i\ qui nous avaient
emmenés captifs , nous demandaient que
595
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
b96
noDs chantassions quelque chose de nos can-
tiques.
CANTOR, is. ^uItcoSôç. — 1° Chantre, mu-
sicien (k5wv). 2. Rêg. 1;». 35. Voy. Gan-
TATRix. Ainsi 4. Reg. 11. 14. 1. Esd. 2. 63.
2. Esdr. 7. 67. — 2° Musiciens sacrés , et
chantres choisis par David , du nombre des
Lévites, qu'il établit pour chanter les louan-
ges de Dieu, contenues dans les Psaumes
que David avait composés. 1. Par. 23. v. 5.
30. David donna cette fonction aux trois fils
de Joël , descendant de Gerson , savoir :
Asaph , Heman , et Idilhun. v. 2. Par. 33. 15.
dont les vingt-quatre enfants ont donné le
nom aux vingt-quatre classes de chantres.
1. Par. 6. v. 31. 33. Ces chantres avaient un
maître de musique qui réglait léchant. Voy.
In finem.
CANTUS, us. Chant. Tob. 8. 11. Circa
pullorum canlum: Vers le chant du coq. Voy.
PuLLUs. Ainsi , Marc. 13. 33.
CANUS , A , UM. ■Koliôç. Du mot Candidus ^
ou plutôt de yavâv, qu'Hesychius rend par
>«uxatv££v, blanchir.
Blanc , selon les anciens auteurs , et se dit
de la neige , de la gelée, et de quantité d'au-
tres choses : mais il se dit ordinairement
comme dans l'Ecriture :
Blanc , en parlant des cheveux de la tète.
Levit. 19. 32. Coratn cano capite consurge :
Levez-vous devant ceux qui ontles cheveux
blancs ; c'est-à-dire honorez les personnes
âgées. D'où vient celte signiflcation du plu-
riel :
CANl, -oltul, supp. Tpr;^£j. Cheveux blancs,
sous-entendant capilli ; ce qui marque et
exprime la vieillesse. Ose. 7. 9. Cani effun
sunl in eo : Les cheveux d'Ephraïm sont
devenus tout blancs , et il ne s'en est point
aperçu. Le prophète téaioigne que, de même
que quoique la blancheur des cheveux d'un
vieillard l'avertisse de sa mort prochaine ,
cependant il ne s'en aperçoit pas , et vit
toujours de même sans y penser; ainsi les
Israélites, quoique proches de leurpertc,dont
ils étaient menacés de la part des xissyriens,
vivaient toujours dans la même insolence et
le même endurcissement. Isa. 46. 4. Sap. 4.
9. Cani autem sunt sensus hominis : La pru-
dence de l'homme lui tient lieu de cheveux
blancs ; i. e. de vieillesse. Eccli. 6. 18. D'où
viennent ces phrases :
Cani mulli temporis alicujus velerani. Ex-
trêmement vieux , fort âgé. Sap. 2. 10. Nec
,veterani revereamur canos multi temporis :
N'ayons aucun respect pour la vieillesse et
1rs cheveux blancs , disent les méchants.
yôprxç , Canos alicujus deducere ad inféras.
Faire mourir quelqu'un dans sa vieillesse,
soit en lui causant quelque tristesse , el
quelque affliction extrême. Gen. 42 38. Si
quid ei adversi acciderit in terra ad quamper-
(jitis, deducetis caîios meos cum dolore ad in-
féras : S'il arrive à Benjamin quelque mal-
heur au pays où vous allez, vous accablerez
ma vieillesse d'une douleur qui m'emportera
dans le tombeau , dit Jacob à ses enfants „
qni le lui demandaient pour retourner ache-
ter du blé en Egypte, c. 44. 2!). Soi' en puni-
tion de quelque crime. 3. Reg. 2. 9. Dedu-
eesque canos ejus cum sanguine ad in fer os :
Ne laissez pas le crime de Sénieï impuni ;
vous aurez soin qu'en sa vieillesse il ne de-
scende au tombeau que par une mort san-
glante, dit David à Salomon. Voy.son crime,
V. 8. et sa punition , v. 46. David , pour té-
moigner son amour pour la justice, laisse à
la sagesse de son fils la punition de tous ces
coupables dont il est parlé en ce chapitre ,
lorsqu'on ne pouvait plus le soupçonner du
moindre ressentiment de vengeance.
CANITIES , lEi. Tzoltul , Cheveux blancs,
chevelure de vieillard , le vieillard mênie ,
l'âge de la vieillesse. Prov. 20. 29. Dignitas
senum canities : Les cheveux blancs sont la
gloire des vieillards , en ce que la vieillesse
est souvent une récompense avancée de la
vertu , et que d'ordinaire elle est accompa-
gnée (l'expérience et de boa conseil. 2. Mach.
6. 23. Cogitare cœpit ingenilœ nobilitatis ca-
ni7iem ; Lorsque les amis d'Eléazar le sup-
plièrent de trouver bon qu'on lui apportât des
viandes dont il lui était permis de manger,
pouren user, au lieu des viandes du sacrifice,
il se représenta ses cheveux blancs qui ac-
compagnaientla grandeur d'âutc qui lui était
comme naturelle. Eccli. 25. 6. D'où vient
cette phrase :
Canitiem alicujus pacifice deducere ad infc'
ras. Laisser mourir quelqu'un en paix dans
sa vieillesse. 3. Reg. 2. 6. Non deduces cani-
tiem ejus pacifice ad inféras :Vo\is ne permet-
trez pasqueJoab, après avoir vieilli, descende
en paix dans le tombeau. Voy. Ses crimes ,
V. 5. Voy. sa punition , v. 30. 31.
GAPAX , GIS. D'où vient Capacissimus. De
Copia, et signifie :
Capable , qui tient , ou qui peut tenir
beaucoup de personnes ou de choses , en
parlant d'un lieu, d'un vase. Ezech. 23.
32. Caiicem sororis tuœ bibes profundum et
lalum, quœ est capacissima (Ti-kôvaÇov) : Vous
boirez de la coupe de votre sœur, de cette
coupe large et profonde. Ici quœ est capa-
cissima, est n«iis pour le masculin ; el l'au-
teur de la Vulgate a suivi l'Hébreu où ca-
lixcsl féminin. Leprophète annonce auxpeu-
ples de Jérusalem , qui avaient vu emmener
en captivité les dix tribus , qu'ils y seraient
aussi emmenés , el y souffriraient beaucoup.
La grandeur de ces maux est exprimée , 4.
Reg. 21. 12.
CAPER , PRi ; Gr. Tiànpog, du grec y.ùnzM ,
edo, vara, parce que c'est un animal vorace ,
et signifie :
Bouc. Levit. 16. 8. Mitlens super utrum-
que sortem, unam Domino , et aller am capro
emissaria : Aaron recevra de toute la multi-
tude des enfants d'Israël deux boucs pour
le péché. Aaron devait jeter le sort sur ces
deux boucs : l'un , destiné pour le Sei-
gneur, el l'autre pour être le bouc émissaire,
v. 8. Ces deux boucs étaient la figure de Jé-
sus-Christ : celui qui était immolé marquait
son humanité sainte ; et le bouc émissaire ,
qui était renvoyé libre dans le désert , mar-
quait sa divinité. Voy. Emissarios. Ainsi
10. 16
597
CAP
CAP
f)98
CAPERE. Voy. posl. Caprinus
CAPKA, M. u'îi, yôç, de Caper, et signifie :
Chèvre , animal domestique qu'on pouvait
manger et sacrifier. Gen. 15. 9. c. 30. v. 32.
35. Ainsi, Cant. 4. 1. c. G. 5. Capilli lui sic-
ut grèges caprarum : Vos cheveux sont
comme des troupeaux de chèvres qui sont
montées sur la montagne de Galaad. On dit
que plus les chèvres sont grasse» et bien
nourries , telles que celles du mont de Ga-
laad , [)lus lour poil est fin ; et les Orientaux
en font de très-belles étoffes. Celle expres-
sion marque que l'Eglise porte , comme sur
le front , les ornements de ses bonnes œu-
vres. 1. Rpg. 19. V. 13. 16. Prov. 27. 27.
CAPRKA , M. oopy.àç , de Capra, à cause du
rapport qu'a cet animal avec la chèvre, et
signifie , chez les auteurs , le même que ca-
pra dans lEcrilure :
Chevreuil , chèvre sauvage , animal fort
vile, dont il était permis de manger, mais
non d'en sacrifier. Deut. 12. 22. Sicut come-
ditûr caprea et cervus, ita vesceris eis. v. 15.
1. Par. 12. 8. Veloces quasi capreœ in monli-
bus: Ces jeunes hommes très-torts de la ville
de Gaddi, ((ui vinrent se retirer près de David
lors(|u'il fuyait Saiil , étaient aussi viles que
les chèvres qui sautent sur les montagnes.
1° Parce que les chevreuils sont chéris et
aimés des habitants de la campagne, et qu'ils
en font leur richesse et leur agrément : cet
animal est pris pour marquer ce qu'il y a de
plus beau , de plus cher et de plus agréable
à ceux qui vivent dans la campagne. Cant.
2. 7. c. 3. 5. Adjuro vos, filiœ Jérusalem, per
capreas, cervosque camporum : FiWes de Jé-
rusalem , je vous conjure par les chevreuils
el par les cerfs de la campagne.
2° Parce que cet animal est prompt. Voy.
1. Par. 12. 8. il marque la promptitude et
l'affection avec laquelle Jésus-Christ secourt
son Eglise. Cant. 2. 9. Similis est dilectus
meus copreœ.* Mon bien -aimé est semblable à
un chevreuil, v. 17.
CAPRINUS, A, UM. «r/Êtoj. Qui est de bouc
ou de chèvre. Hebr. 11. 36. Circuierunt in
melotis, in pellibus caprinis : Les personnes
pleines de foi étaient vagabondes, couvertes
de peaux de brebis et de peaux de chèvres.
CAPERE, X«i/<5àv£tv. De l'Hébreu caph, qui
signifie la main, les serres, ouduGrec/«7rT£«v.
1° Prendre, se saisir de quelque chose. 1.
Urg. k. v. 11. 17. Arca Dei capta est : L'ar-
che (le Dieu a été prise ; c'est ce que vint
(lire à Héli un homme de la tribu de Benja-
min, étant échappé du combat qui se donna
contre les Philistins. Ose. 5. 14. Ego ego
capiam, et vadum ; lollam, et non est qui eri-
piui : J'irai moi-même prendre ma proie ; je
l'enlèverai , el personne ne l'arrachera de
mes mains. Dieu , ilans ses jugements conire
son peuple , se compare à une lioiino ou à
un lion, à qui on ne peut ôter sa proie. liant.
2. 15. Cupite nohis vulpes parvulas quœ demo-
liuntur vino'as : Prrncz-nous les petits re-
nards qui détruisent les vignes. Ces renards
s'cn'.endent des hércli(iues , que l'époux de-
mande (ju'on les prenne; c'est-à-dire: qu'où
les découvre tels qu'ils sont, et qu'on les
convainque de leurs erreurs parla force do
la vérité. Ps. 58. 4. Ecce ceperunt anitnam
menm : VoWkquQ mes ennemis se sont rendus
maîtres de «na vie. La maison de David était
assiégée des soldats de Saùl,qui étaient plus
forts que lui ; c'est pourquoi il prie Dieu de
l'en délivrer. Ainsi, prendre prisonnier. Ose.
6. 2. Ipse cepit nos : C'est lui-même qui nous
a faits captifs, et qui nous délivrera. Ps. 67.
19. Cepisti caplivitatem: Vous avez emmené
un grand nombre de captifs. Ces captifs se
peuvent entendre des peuples qui avaient été
vaincus par la présence de l'arche , menée
comme en triomphe au mont de Son, figure
de celui de Jésus-Chrisl lorsqu'il ressuscita,
et emmena avec lui des enfers les âmes des
justes qui y avaient été détenues depuis le
commencement du monde. Thren. 4. 6. Et
non ceperunt in ea manus {Tzoûti-j. al. ào-i.-
Ç£rj) : Les ennemis ne leur ont point pris les
mains pour les enchaîner. Hebr. Et non ad-
hibilœ ei manus : Les hommes n'ont point eu
de part à sa ruine : ce qui revient au Grec ,
O'jx lïTrôvrjTav h aÙTÀ yj;tpaç,al. yjîoîç, Non labo-
raierunt in ea manibus, ou manus. Isa. 49.
24. Num. 31. 9. etc. A celle première signi-
fication , se peuvent rapporter les phrases
suivantes : l°Capere cibum. 2. Reg. 3. 35.
Cumque venisset universa mullitudo cibum
capere cum David { TztpiBîi-'jsi-j ) : Tous étant
revenus pour manger avec David, lorsqu'il
était encore grand jour : ce fut au deuil que
fit David de la mort d'Abner ; il ne voulut
point manger avant le soleil couché. 1. Reg.
1. 7. Judic. 19. 8. Ps. o4. 15. 2' Capere som-
num (vTTvov p.î-Kscj : Prendre son repos, dor-
mir. Eccl.3. IG.Esthomo qui dicbus et nocli-
bus somnum non capit ocuiis : Tel se trouve
parmi les hommes qui ne dort et ne repose
ni jour ni nuit. 3° On l'entend aussi de la
force de la grâce qui se rend maîtresse des
cœurs. Luc. 9. 10. Ex hoc jam eris homines
capiens (ÇwypEïv, Vivum capere) : Votre em-
ploi sera désormais de prendre des honmies ,
en les gagnant à Dieu par la prédication de
l'Evangile, dit Jésus-Chrisl à saint Pierre,
dont l'emploi était auparavant de prendre
des poissons, v. 5. Ce que Jésus-Christ a dit
au même sens que s'entend Isa. 14. 2.
Erunt capientes eos qui se ceperunt [v.iy^y.yl'.y-
TSTJctv): Ceux qui les avaient pris seront leurs
captifs : ceci s'est accompli lorsque les Gen-
tils se sont volontairement soumis à Jésus-
Christ par la prédication des Apôtres, v. 2.
Cor. 10. V. 5. 6.
Phrases Urées de cette signiDcalion.
Capere vindictam de aliquo, prendre, iirer
vengeance de quelqu'un. Eslh. 8. à3. Summa
epistoln hœc fuit, ut... notum fierct paralos
esse Judœos ad capiendam vindictam de hosti-
bus suis : La substance de la lettre qu'Assué-
rus envoya par toutes les provinces en faveur
et en considération de Mardochée, était qu'on
fît savoir... que les Juifs étaient prêts à se
venger de leurs ennemis , Hebr. se linsseiil
prêts pour se venger.
Capere experimentum alicujus, éprouver si
ce(iue dit ([uelqu'un est vrai (yaivs^Oat, decta-
S99
Jj.CTIONNAlKt: DE PHILOLOGIE SACREE
rari). Gen. 42. 15. Jam nunc expcrimenttim
vestri faciam : Je m'en vais éprouver si vous
diles la vérilé, dit Joseph à ses frères.
2° Surprendre , prendre par surprise et
adresse {SiwfB-ipsu , perdere . Jercin. 5. 26.
Inventi sunt in populo meo impii insidiantes
quasi aucupes laqueos ponentes et pedicas ad
capiendos viros : Il sesl trouvé parmi mon
peuple des impies qui dressent des pièges
comme on en dresse aux oiseaux, et qui ten-
dent des fliets pour y surprendre des hommes,
c. 18. 22. La métaphore est tirée des oise-
leurs , qui tendent des trébuchets ou des fi-
lets. Il y a dans l'Evangile plusieurs exem-
ples de celte conduite des Juifs envers Notre-
Seigneur, lesquels ne tendaient qu'à le sur-
prendre et à le perdre. Mallh. 22. 15. Phari-
sœi consilium inierunt ut caperent eum in
sermone : Les pharisiens firent dessein entre
eux de le surprendre dans ses paroles {-rzc/.yt-
vijîu,illaqueare). Marc. 12. 13. Luc. 20.20.
Ainsi, Luc. 11. 5i. Quœrentes aliquid, capere
de ore ejus ut accusarent eum : Les pharisiens
et les docteurs tâchaient de tirer quelque
chose de sa bouche qui leur donnât lieu de
l'accuser (dnpivtu, vcnari), Prov. 3. 26, et ce
mot se prend dans le même sens partout dans
les Proverbes.
3" Tromper quelqu'un, le séduire (-),«7t«Çêtv,
reprehendere \ Ezech. li. v. i. 5. Respon-
debo ei in multitudine immundiliaru77i sua-
rum, ut cupiatur domus Israël in corde sua :
Je répondrai à tout homme qui a renfermé
SCS impuretés dans son cœur, quoiciuil fasse
['araître le contraire sur son visage, selon
toutes ses impuretés , afin que la maison
d'Israël soit surprise dans le dérèglement de
son cœur; d'autres l'entendent dans ce sens,
que Dieu découvrira ce qui était caché dans
le cœur, et les fera voir tels qu'ils seront.
4° Tenir, comprendre, contenir {yj.iozvj). 3.
Reg. 8. 27. 2. Par. 2. 6. Cœlum et cœli cœ-
lorum te capere non possunt : Les cieux et le
ciel des cieux ne peuvent comprendre Dieu,
dit Salomon. Joan, 21. 25. Si scribonlur per
singula , nec ipsum arbitrer mundum capere
posse eos , qui scribendi sunt , libros : Si l'on
rapportait en détail toutes les autres choses
que Jésus-Christ a faites, je ne crois pas que
le monde même pût contenir les livres qu'on
en écrirait; ce qui est une hyperbole , qui
marque qu'il faudrait un discours conmie in-
fini et trop étendu, c. 2. 6. Gen. 13. 6. c. ii. 1.
Siguiûcation métaphorique tirée de la quatrième significa-
tion propre de ce mol.
Capere aliquem : — 1^ Recevoir quelqu'un,
lui donner place dans son affection (/wo-b).
2. Cor. 7. 2. Copile nos : Donnez-nous une
place dans votre cœur; au même sens qu'il
leur dit, c. 6. 13. Dilatamini et vos : Etendez
aussi votre cœur pour moi, rendez-moi amour
pour amour; d'où vient :
2" Avoir place, être reçu et goûté (y^upsi^).
Joan. 3. 37. Quœrilis me interficere , quia
senno meus non capit in vobis : Vous voulez
me faire mourir , parce que ma parole ne
trouve point d'entrée en vous, n'en est point
bien reçue; Gr. Non liabct locum in vobis.
3" Ri-cevoir, obtenir, avoir quelque ciiose
(OU
comme en partage y/yj^f>iîv). Matlh. 19. 11.
Non oimies capiunt verbum hoc : Tous ne re-
çoivent pas le don de continence; Dieu ne la
donne que par une grâce particulière, d'où
vient que Jésus-Christ ajoute : Qui potest
capere, copiât : Que celui à qui cette grâce
est donnée et qui a le cœur assez grand pour
la comprendre, qu'il la comprenne pour la
mettre en pratique : tous néanmoins peuvent
obtenir ce don par la prière. Matth. 7. v. 7. 8.
CAPHARA, Hcb. Leuncula, ville de la tribu
de Benjamin , Jos. 18. 26, la même que Ca-
phira. Jos. 9. 17. Voy. Céphira.
CAPHARNAUM , Heb. villa consolalionis,
ville de Galilée, proche la mer, sur les con-
fins des tribus de Zabulon et de Nephlalim.
Matth. 4. 13, Relicta civitale Nazareth venit
et habitavit Capharnaum : Jésus, quittant Na-
zareth, vint demeurer à Capharnaum. C'était
la demeure ordinaire de Jésus-Christ , c'est
pourquoi elle est appelée sa patrie. Mallh. 9.
1. Venit in civilatem suam.
CAPHARSALAMA , Heb. ager pacis , ville
de la Iribu de Manassé, deçà le Jourdain, où
Judas Machabée remporta une célèbre vi-
ctoire contre Nicanor. 1. Mac. 7. 31. Hérode
la rebâtit et l'appela Antipalride, du nom de
son père.
CAPHETETHA,Heb. manus doni, muraille
de Jérusalem que Judas Machabée fit redres-
ser. 1. Mac. 12. 37.
CAPHTORIM , Heb. sphœrula , les descen-
dants de Mesraïm, fils de Cham. Gen. 10. 14
1. Par. 1. 12. De quibus egressi sunt Philisliim
et Caphtorim : Ces peuples, appelés Cappa-
doces, voisins de l'Egypte, se sont emparés de
cette partie de la Palestine qui était habitée
par les Evéens. Deut. 2. 23. Aussi sont-ils ap-
pelés Philistins. Jer. 47. 4. et Amos. 9. 7.
Gen. 10. 14. De quibus egressi sunt Philistiim
et Caphtorim : Les Philistins et les Caphlo-
rins, qui demeuraient le long de la mer, de-
puis Gaza jusqu'à l'Egypte , sont descendus
de Mesraïm. Voy. Cappadoces etCappadocia.
CAPIT , impersonnel , il faut , il est conve-
nable [è-jùiyjzxt). Luc. 13. 33. Non capit pro-
phetam perire extra Jérusalem: Il ne faut pas
qu'un prophète souffre la mort ailleurs que
dans Jérusalem. Jésus-Christ témoigne qu'il
faut que les Juifs le fassent mourir dans Jéru-
salem comme ils ont fait mourir les autres
prophètes , Mallh. 23. 34. et leur reproche
leur inhumanité et leur animosité contre lui.
CAPILLUS, I, Opii /ôç , comme qui dirait
capitis pilus, un poil de tête, et signifie :
Cheveu de tête. 2. Reg. 14. 26. P&nderabat
capillos capitis sui ducentis siclis pondère pu-
blico : On trouvait que les cheveux d'Absa-
lon pesaient deux cents sidos, selon le poids
ordinaire. Voy. Siclus. D'où viennent ces
phrases ou de signification propre, ou de
signification figurée? Capillum de capite ali~
cujus non periisse , non cccidisse , etc. pour
marquer qu'une personne n'a pas reçu la
moindre perte ni le moindre dommage , qui
au moins ne soit ou ne doive être réparé.
Luc. 21. 18. Capillus de capite vestro non per-
ibit : Il ne se perdra pas un cheveu de vatro
Icle.ditJésus-Chrisl de ceux qui auront soulTcrt
601
CAP
CAP
C02
pour le témoignage de la vérité. Voy. v. 13. Ce
qui s'accorde avecMadh. 10.29. Vestri autem
capilti capitis numerali sunt : Pour vous, les
cheveux mêmes de votre tête sont tous
comptés. Jésus-Christ pour preuve du soin
particulier que Dieu prend de tout ce qui re-
garde ceux qui lui sont fidèles , assure ses
apôtres que Dieu prend même soin de con-
server tous leurs cheveux, comme une chose
qui aurait été donnée par compte pour la
rendre. Dan. 3. 94. 1. Reg. 14. 45. Vivit Do-
minus , si ceciderit capillus de capite ejus in
terram : Nous jurons par le Seigneur qu'il ne
tombera pas sur la terre un seul poil de la
tête de Jonathas , dit tout le peuple à Saiil,
qui avait juré de le faire mourir pour avoir
mangé d'un peu de miel. 2. Reg. 14, 11. 3.
Reg. 1. 52. Dan. 3. 94. Contemplabantur viros
iilos , quoniam... capillus capitis eorwn non
esset adustus : Tous les grands de la cour de
Nabuchodonosor admiraient qu'un seul che-
veu de la tête des trois enfants sortis de la
fournaise n'en avait pas été brûlé.
Les cheveux [rpix^iiot.) figurent : 1° les
bonnes œuvres que les fidèles font paraître,
qui sont leurs ornements comme les cheveux
le sont de la tête. Cant. 4, 1. c. G. 4. Voy. Ca-
PRA. 2" Les cheveux comme de femmes, attri-
bués aux sauterelles, figurent la mollesse el
le relâchement de la discipline , c.iractère
propre à toutes les hérésies. Apoc. 9. 8. Et
habebant capillos sicut capillos mulierum: Ces
espèces de sauterelles avaient des cheveux
comme des cheveux de femmes. Voy. Lo-
cusTA. 3" La blancheur des cheveux, figure en
Dieu la pureté. Dan. 7. 9. Capilli capitis ejus
quasi lana munda : Les cheveux de la tête de
Dieu, marqué par antiquus rfjerwm , étaient
comme la laine la plus blanche et la plus
pure, et en Jésus-Christ elle figure sa sagesse
et son éternité. Apoc. 1. 14. Voyez v. 13.
4° Les cheveux figurent la fierté et l'insolence.
Ps. 67. 24. Deus confrinr/et capita inimicorum
suorum; verticem capilli (i. e. capillalum),
perambulanlium in delictis suis : Dieu brisera
les têtes de ses ennemis , les têtes superbes
de ceux qui persévèrent dans leurs péchés.
CAPILLUS RARBiE , poil de la barbe. 1.
Esdr. 9. 3. Evelli capillos capitis mei et
barbœ : J'arracherai les cheveux de ma tête
el les poils de ma barbe, dit Esdras à la nou-
velle qu'il reçut, v. 1.
CAPILLATURA, je, èiMnlwà zptyw. Ce mot,
inusité chez les Latins , vient de capillus, et
signifie, dans l'Ecriture :
Frisure, entortillement de cheveux. 1 Pctr.
3. 3. Quarumnon sit exlrinsecus copitlatura:
Que les femmes ne mettent point leur orne-
ment à se parer au dehors par la frisure des
cheveux, mais à parer leur âme de vertus.
CAPITELLU.M, i, èTzifhy.v., de capul , et si-
gnifie proprement p«Mite tête, le chapiteau
d'une colonne. Dans l'Kcrilure :
Chapiteau de colonne 3. Keg. 7. 17. l'trum-
que capitellum columnarum fusile erat : Cha-
que chapiteau de ces colonnes était jeté en
fonte, etc.
CAPiTIUM, 1, rr£/>ei7TÔptov. Ce mot qui vient
de eaput, signifie proprement espèce d habil-
lement dont les femmes se couvraient ; dans
l'Ecriture :
Ouverture du haut d'une robe, par laquelle
on passe la tête pour la vêtir. Exod. 28. 32.
Jn cujus medio supra erit capitium : Il y aura
au haut de la robe de dessous l'éphod d'Aa-
ron, une ouverture au milieu, c. 39. 21. Job.
30. 18.
CAPITULUM, I, y.sfpàKïo-j, diminutif de ea-
put, et signifie proprement petite tôle , et se
dit aussi du chapiteau d'une colonne, des
grains d'une grenade. Dans l'Ecriture :
Sommaire, abrégé, tout ce à quoi se réduit
un discours. Hebr. 8. 1. Capitulum autem su-
per ea quœ dicuntur : Tout ce que nous venons
de dire se réduit à ceci.
CAPPADOCES, les Caphtorins, descendants
de Mesraïm , qui chassèrent les Evéens de
leur pays. Deut. 2. 23. Ceux-ci sont autres
que les Cappadociens de l'Asie Mineure, qui
descendaient de Japhet. Les Philistins leur
succédèrent et donnèrent le nom à tout le
pays. Voy. Roch. 1. 4. c. 32.
CAPPADOCIA, JE, Gr. yMmruSovùx, du neuve
Cappadoce.
1° Provmce d Asie ou il y avait beaucoup
de Juifs chrétiens avec beaucoup d'autres qui
faisaient profession oe la même religion.
Act. 2. 9. 2. Petr. 1. 1. Electis advenis disper-
sionis, Ponti, Galatiœ, Cappndociœ : Aux fi-
dèles qui sont étrangers et dispersés dans les
provinces du Pont , de la Galalie , de la Cap-
padoce , qui sont élus.
2° Pays habité par les Caphtorins, descen-
dants de Mesraïm , fils de Cham , lequel pays
quelques-uns croient être l'île de Chypre;
d'autres l'entendent des îles du Nil ou d'une
partie de l'Egypte , le long de la côte de la
mer, d'où les Caphtorins, appelés Cappado-
ciens par les Septante , sont sortis pour se
jeter dans une partie de la Palestine que les
Evéens habitaient. Deut. 2. 23. Qui egressi
de Cappadocia deleverunt eos (Hevaîos), el ha-
bitaverunl pro iliis : Qui étant sortis de la
Cappadoce, exterminèrent les Evéens, et s'é-
tablirent au lieu d'eux en ce pays-là. Jer. 47.
4. Depopulalus est Bominus Palœstinos reli-
quias insulœ Cappadociœ : Le Seigneur a mis
au pillage les peuples de la Palestine, les
restes de l'île de Cappadoce. Amos. 9. 7.
Numquid non ascendcrc feci Palœstinos de
Cappadocia? N'ai-je pas tiré aussi les Phi-
listins de la Cappadoce'.' On a de la peine à
accorder ces passages avec celui de la Genèse,
c. 10. 14. où il paraît que les Philistins et les
Caphtorins sont descendus deChasIuim. Phe-
trusini et Chasluim, de quibus egressi sunt Phi-
tistHmetCaplitorim. On résout celte difficulté,
soit en admettant une transposition qui n'est
pas sans exemple, comme s'il y avait (Chasluim
et Caphtorim, de quibus egressisunt Philisliim ;
soit (juc ces deux peuples se soient ligues
pour s'emparer du pays des Evéens , et que
les Philistins qui ont donné leur nom à la
Palestine, aient ensuite succédé aux Caphto-
rins en |)renant leur place. Il y a encore d'au-
tres solutions que l'on peut voir dans les
nouveaux interprètes qui ont examiné cet
endroit.
603
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
604
CÂPPARIS, Gr. vMTTTTKpi;. Ce mot signifle un
câprier , arbrisseau dont le bois est ferme,
fort bas et plein d'épines , lequel produit un
fruit qui s'appelle des câpres , qui servent
pour assaisonner des viandes, parce qu'elles
donnent de l'appétit. Eccl. 12. 5. Et dissipa-
bitur capparis : Le câprier se dissipera, c'est-
à-dire que l'appétit qui se provoque par l'as-
saisonnetnent des câpres dans les mets ,
cessera dans la vieillesse. Le mot hébreu qui
signifie l'appétit de manger, signifie aussi cet
arbrisseau, qui ne peut point rendre l'appéiit
aux vieillards. SainlJérôme, par ce mot, en tend
les désirs de l'intempérance figurés par ces
fruits, qui ont beaucoup de chaleur.
CAPRA. Voy. supra.
CAPSELLA, i3, eéax. Diminutif de capsa,
et signifie petite cassette. 1. Reg. 6. v. 8. 11.
15. Vasa aurea quœ exsolvistis ei pro delicto
ponetis in capsellam ad laliis : Mettez à côté
de l'arche dans une cassette, les figures d'or
que vous lui aurez payées pour voire péché,
dirent aux Philistins leurs prêtres et leurs
devins , qui leur conseillaioul de renvoyer
l'arche.
CAPTARE, 6nps\,Bi-j. Fréquentatif de capere,
et signifie rechercher quelque chose, tâcher
de l'avoir par quelque moyen que ce soit :
d'où vient , capture in aïicujiis animam :
cherchera perdre quelqu'un. Ps. 93. 21. Cap-
tabunt in animam justi : Les méchanls ten-
dront des pièges à l'âme du juste ; c. à sa
vie.
CAPTIO, Nis. Oïiprx, de capio. 11 se trouve
dans Gicéron, captio verborum, pour mar-
quer ceux qui tâchent de trouver dans un
discours, ou dans une dispute, le moyen de
chicaner sur les mots : dans l'Ecrilure •.
1° Prise, proie. 2. Petr. 2. 12. Velut ir~
rationabilia pecora, naluraliter in captionem
et in pernitiem, in his quœ ignorant blasphé-
mantes, in corruptione sua peribiint : Ceux
(jui ne suivent que la corruption de la chair,
comme des animaux sans raison, qui sont
nés pour être la proie des hommes qui les
font périr, attaquant par leurs blasphèmes
ce qu'ils ignorent, périront dans les infa-
mies où ils se plongent. Saint Pierre fait
allusion aux bêtes qui naturellement sont
exposées en proie et à nérir. Ps. 123. 8.
Rom. 11. 9.
2" Piège dressé pour surprendre. Ps. 34.
H. Captio quam abscondit, appréhendât eum :
Qu'il soit pris dans le piège qu'il avait
caché pour prendre les autres : ce qui se
peut entendre : 1" d'Achitophol, qui voyant
que le conseil qu'il avait donné à Absalon
pour ïiùrc périr David, n'avait pas été suivi,
péril lui-même, s'étant allé pendre de dépit;
2" de Judas qui périt de même, après avoir
trahi et livré Jésus-Christ.
CAPTIVARE, at;c/xa>wTiǣtv. Ce verbe peu
usité chez les Latins, vient de caplivus, et
signifie dans l'Ecriture :
1° Rendre captif. Mach. 15. 4-0. Captivare
popuUim: Faire un grand nombre de pri-
.sonniers; ainsi que (il Cendebce à Jamnia
du peuple juif, selon l'ordre qu'il avait reçu
d'Anliochus d'assiéger les Juifs et les subju-
guer.
Captiver se dit en morale des passions,
dont la volonté est tellement captive, qu'elle
peul néanmoins, avec le secours de la grâce,
y résister. Rom. 7.23. Video aulem aliamle-
gemin membrismeisrepugnanlem legi mentis
meœ, et captivanlem me in lege peccati quœ
est in membris tneis : Je sens dans les moni-
bres de mon corps une autre loi qui combat
contre la loi de (non esprit, et qui me rend
captif sous la loi du péché qui est duis les
membres de mon corps. S;iint Paul rapporte
le combat et l'opposition qui se trouvent en-
tre les mouvements de la concupiscence, de
la partie inférieure et de la partie supérieure;
et dit que la partie inférieure se rend la maî-
tresse de la volonté, par le consenleinent
qu'elle lui iait donner aux. plaisirs sensuels.
2" Tromper, fourberquelqu'im (ÙTroyoOEiJctv).
2. Mach. 4. 26. Et Jason quidem qui pro-
prium fratrem caplivaverat, ipse deceptiis :
Jason tjui avait surpris son propre frère, fut
trompé lui-même, se. par Mènélaus, qui ac-
quit la graiide sacrificature. Voy. v. 7. 2'*.
CAPTIVITAS, ul/^iici) Où (TiK. — 1" Captivité,
esclavage, servitude, en parlant de celle des
gens de guerre Tob. 1. 2. In captivitaie ta-^
men positus , viam veritalis non deseruit :
Tobie dans la captivité même, ayant été
emmené captif sous Salmanazar , n'aban-
donna point la voie de la vérité. Judic. 18.
30. Posueruntqne sibi sculptile , et Jona^
than ac filios ejus Sacerdos nsqne ad diem
captivitatis suœ (/i/e-ot/rjo-ia, translalio). Les
six cents hommes de la tribu de Dan se dres-
sèrent l'image taillée de Michas, et ils éta-
blirent Jonathas... et ses fils en qualité de
prêtres dans la tribu de Dan, jusqu'au jour
qu'ils furent emmenés captifs. Ce temps de
la captivité est, selon les uns, celui où les
Philistins, après cette grande victoire, enle-
vèrent larche, et sans doute beaucoup de
captifs; et seloti d'autres, le temps où les dix
tribus furent emmenées en captivité par Sal-
manazar. Ps. 13. 7.
2" Les captifs mêmes : d'où vient que,
Deul. 21. 10. Judic. 5. 12. 2. Par. 28. 11, le
mot hébreu captivitas qui s'y trouve, est
rendu par capiivi dans la Vulgate : ce qui se
trouve encore ailleurs. Deut. 30. 3. Reducet
Dominus Deus tuus captivitatem twim : Lors-
que vous reviendrez au Seigneur votre Dieu,
il ramènera loute la troupe de vos captifs ;
c. 32. 4-2. Gladius meus devorabit carnes, de
cruore occisorum , et de captivilate nudati
ini.micorum capitis : Mon glaive se soûlera
de la chair des hommes , pour avoir tué
les Israélites, et pour les avoir emmenés
captifs, et leur avoir rasé la tête comme à
des esclaves qui étaient leurs ennemis. Ha-
bac. 1.9. Congregabit quasi arenam capiivi-
lutem : Les Chaldéens assembleront des trou-
pes de captifs comme des monceaux de sa-
ble, se. des Juifs. Isa. 20. 4. c. 45. 13. c. 49.
25, etc. D'où viennent ces phrases tirées de
ce mot.
F un captivitatis, rn? ùnoixiaç. Les enfants de
la captivité : ceux qui sont revenus , (jui
Î05 CAP
ont été délivrés de captivité. 1. Esdr. i. 1.
Filii cnptivitalis : Les Israélites revenus de
captivité. Dan. 5. 13. c. 6. 13.
Captivitasperfecla. Une troupe de captifs
tout entière. Amos. 1. 6. Eo quod transtn-
lerint caplivitatem perfectam (at;^y.x).w7iy. toO
2«>.o//wv : Je punirai sans miséricorde les
Philistins, parce qu'ils se sont saisis de ceux
qui s'étaient réfugiés chez eux , sans en
excepter aucun, et les ont emmenés captifs
dans ridumée. Il semble que le Prophète
parle de ce qui devait arriver du temps de
Siiinachérib. A l'arrivée de ce prince, plu-
sieurs Juifs se retirèrent d.ins les pays voi-
sins. Les Philistins, au lieu d'être touchés de
compassion pour tant de personnes aflligées,
se saisirent d'eux, et les livrèrent aux Idu-
méens,qui les firent mourir cruellem nt. Le
mot perfecta est rendu en Grec par tvIo-jm-j,
parce que le mot hébreu Salam, signifie per-
ficiyOtt essepacifîcum, qui est le nom de Salo-
mon. Voy.Theodoret. Ezéchias accomplit la
prophétie d'Amos. 4. Reg. 8. 8.
Caplivilatem convertere, avertere, reducere.
Délivrer les captifs , les f;iire revenir de
captivité. Ps.l25. o. Couverte, Domine, cuplivi-
ialem noslram : Faites revenir, Seigneur, nos
captifs, v. 1. Ps. 8i. 1. Dans tous ces en-
droits le prophète parle de la captivité de
Babyione, figure de celle de l'âme esclave
du péché. Ainsi, Jereni. 32. ii. Ezech, 20.
14. c. 39. 25.
3" Oppression, tyrannie. Ps. 13. 11. Cum
averterit Dominas captivitatem plebis suœ,
exsultabil Jacob : Quand le Seigneur aura fait
finir la tyrannie et loppression où ses enne-
mis le tiennent: ce qui s'entend particulière-
ment de celle du péché, qui était et l'effet do
celle où les Babyloniens tenaient les Juifs ,
et la vérité dont celle-ci n'était que la figure.
Dan. 11.33.
V" Sujétion, assujettissement glorieux et
salutaire. 2. Cor 10. 5. In caplivitatem re-
digentes omnem intellectum in obsequium
Chrisli : Nous réduisons en servitude tous
les esprits , pour les soumettre à l'obéis-
sance de Jésus Christ; se. les apôtres sou-
mettaient au joug de Jésus-Christ les esprit-;
les plus enfles de leur science humaine, et
les plus superbes, en leur faisant recevoir la
foi; et leur persuadaient les vérités qui leur
paraissaient auparavant dignes de mépris et
de railleries.
CAPTIVUS, A, UM. uixiJ^cÙMzoç . De captus ,
et signifie proprement :
Captif, esclave, prisonnier de guerre. Ps.
136. 3. Qui captivos duxerunt nos : Les Ba-
byloniens qui nous avaient emmenés captifs.
Voy. Cantio. Luc. 21. 2i.
— C.iptif, csclavp, soit de rasservisscment
qui vient de la passion qu'on a pour quel-
que objet. Judith 1(). 11. Pulchritudo ejus
caplivum fccil animam ejus:\.:i beauté de
Judith a rendu captive l'âme d'Holopherne.
Soil de la soumission aveugle avec laquelle
on défère au jugement de (juebiu'un, et on
se rend à sa volonté. 2. Tim. 3. 6. Captivas
ducunt mulicrculas oncralus pcccalis ; Il y a
des faux docteurs... qui traînent après eux
C.\P
60fl
comme captives d(;s femmes chargées de pé-
chés : ils en faisaient ce quils voulaient par
leurs mauvais principes et les mauvaises
doctrines qu'ils leur donnaient; soit enfin
do l'esclavage et de la servitude du démon el
du péché. Isa. 6t. 1. Misit me... ut... prœdi-
carem captivis indulgentiam : Le Seigneur
m'a envoyé pour prêcher la grâce aux cap-
tifs : ce qui s'entend de Jésus-Christ ; et c'est
cet en Iroil qui se présenta à Jésus-Christ à
l'ouverture du livre qui lui fut donné pour
lire dans la synagogue de Nazareth. Luc. 4.
V. 17. 18. 19. Ainsi Isa. 52. 2. 2. Tim. 2. 26.
CAPTURA, v.ycv.. De capere, et signifie pro-
prement, la prise, ce qu'on a pris; ce qu'un
pauvre amasse chaque jour, ce qu'une per-
sonne [rend pour sa peine, le prix de son
travail : dans l'Ecriture :
La prise, la proie, ce qu'on a pris. Luc. 5.
4. Laxateretia vestra in capturam .-Jetez vos
filets pour pêcher, pour prendre des pois-
sons, dit Jésus-Christ à saint Pierre, v. 9.
CAPULUS,!. ).iÇr). Ce nom signifiant le man-
che de quelque instrument, s'écrit par c , et
vient du verbe capere; signifiant une bière à
porter les morts dans la sépulture, devrait
s'écrire par k, el vient du Grec xà-a/o;, chan-
geant a en u; il signifie dans l'Erriture :
La poignée d'une épée. Judic. 3. 22. /n-
fixitque eam in ventre ejus, tam valide, ut ca~
pulus seqaeretur ferrum in vulnere : Aod en-
fonça sa dague si avant dans le ventre d'E-
gion, roi des Moabiles, que la poignée entra
tout entière avec le fer. v. 16.
CAPUT, iTis. x£5>«),/i, du Grec y.r^a)./i, chan-
geant î en «, et o en -, et signifie : — 1° La
télé, soil de l'homme. 4. Reg. 4. 19. Caput
meum doleo : La tête me fait mal, dit l'enfant
qu'eut la femme Sunamite par les prières
d'Elisée. Maith. 5. 36. Marc. 12. 4. Judic. 9.
36. etc. Soit d'animaux. 4. Reg. 6. 25. Tarn-
diu ohscssa est, donec venundaretur caput
asini ocloqinta argenteis : Le siège de Sa-
marie continua juscju'au point que la tête
d'un âne fut vendue quatre-vingts pièces
d'argent : ce lut sous Bénadad, roi de Syrie.
Job. 20. 16. La tête est attribuée aussi aux
choses spirituelles, comme à Dieu; Dan. 7.
9. aux anges, Apoc. 10. 1. elmême auxchoses
inanimées, comme les statues, 1. Reg. 5. 4.
Les royaumes sont figurés par la tête,
solides choses insensibles. Dan. 2. 32. Iln-
jusstatuœ caput ex aura optimo erat : La tête
de la statue (Hie vit en songe Nabuchodono-
sor, était d'or tiès-pur. Daniel explique celte
tète du règne fiDrissant de Nabuchodonosor
même, v 38. S »it des animaux; ainsi !■ s
quatre têtes de la troisième bête semblable à
un léopard, dont la vitesse pouvait figurer U
règne d'Alexandre de Macédoine, el dont les
quatre télés marquaienl les quatre princes
qui divisèrent entre eux son Empire après s^
mort. Dan. 7. 6.
2" Le cou, considéré comme fais inl parlie
de la tête, ou au moins comme y etani uni
immédiatement. 3. Reg. 10. 32. Posuerunt
fuuiculos in capilibus suis, venernnlque ad
rrgem hraci : Les serviteurs de Bénadad
vinrent la corde au cou irouver Acliab ; ce
eOi
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACUÉE
60):>
fut pour jui demander la vie pour Bénadad,
après une défaite de cent mille hommes de
pîod de son armée par larmée d'Achab.
§ 1. — La force et la puissance, soit des hom-
mes ennemis du peuple de Dieu, soit du dé-
mon, sont figurées parla tète d'animaux
venimeux et cruels, dont toute la force con-
siste dans la tète. Ps. 73. 13. Contribulasti
eapita draconum in aqxns, v. IV. ta confre-
gisti eapita draconis : C'est vous qui avez
brisé les têtes des dragons dans le fond des
eaux ; c'est vous qui avez écrasé les télés du
grand dragon : ce grand dragon est Pharaon,
et les autres dragons sont ses officiers sub-
mergés d;jns la mer Rouge, lorsqu'ils pour-
suivaient les Israélites. Gen. 3. 15. Ipsa con-
teret capiit tuum ; La femme vous brisera la
tête; se. par Jésus-Christ, qui est né de la
sainte Vierge, qui a brisé la lêle du démon
figuré par le serpent, dont il a brisé toute la
puissance et l'empire. Voy. Luc. 10. 18.
Aussi le mot hébreu qui répond à ipsa, ne
répond pas à mulier, mais à semen mulieris.
Caput aspidiim. Venin , poison mortel
( Byjuôç), parce qu'outre que l'aspic est un
des animaux les plus venimeux, c'est prin-
cipalement dans la tête que son venin est
renfermé: et ici l'espèce est prise pour le
genre. Job. 20. 16. Caput aspidwn suget : Le
mal que fait le pécheur et l'impie sera pour
lui un poison morte!, tel que peut être le
venin de la tête d'un aspic; i. e. incurable :
et même venenum, qui est dans la Vulgate,
Deut. 32. 33. répond au mot hébreu qui peut
signifier également caput ou venenum, comme
dans le Grec des Septante B-juô; , signifie or-
dinairement venenum et ira.
§ 2. — L'esprit en tant qu'il pense, parce
que c'est dans le cerveau que l'âme fait ses
principales opérations. Dan. 2. 32. Visiones
capilis lui in eubili tuo hujuscemodi sunt :
Voici les visions qui vous ont passé dans
l'esprit : Daniel révèle à Nabuchodonosor
son songe, dont il n'avait pu se souvenir, et
lui en donne l'explication. Gomme les Hé»
hreux mettent l'esprit et la pensée dans la
tôle, ils mettent les passions dans le cœur.
De là vient cette signification.
3' Le cœur, l'affection, l'âme même en tant
qu'elle est toute possédée et occupée par l'at-
tache à quelque objet. Amos. 9. 1. Avaritia
in capite omnium : Les chefs des Israélites
ont tous i*avarice dans la tête; i. e. leur cœur
en est tout rempli, ne songeant qu'à leur in-
térêt et à leur élablissement; Hebr. brisez-
leur à tous la lêle.
k" La vie, parce que c'est dans le cerveau
que l'âme réside particulièrement , d'où elle
communique toute sa vigueur au corps. 2.
Par. 12. 19. Periculo capilis noslri revertetur
ad Dominum suum SaiU : David fera sa paix
aux dépens de notre vie, dirent les Philistins
de Saiil. 1. Reg. 29. k. où dans ces deux pas-
sages, caput, est pour anima, dans le même
sens qu'il se trouve c. 11. 19. d'où vient
celte phrase -.Alicujus caput condemnare ali-
cui : Eire cause qu'un honime soit condamné
à la mort par quelqu'un. Dan. 1. 10. Con-
demnabilis caput tncum régi : Si le roi voit vos
visages plus maigres que ceux des autres
jeunes hommes de voire âge, vous serez
cause qu'il me condamnera à la mort, dit le
chef des eunuques à Daniel, qui lui deman-
dait en grâce de ne lui point servir du vin ni
des viandes qu'on avait servies devant Nabu-
chodonosor.
5° Chef, principe qui communique la vie,
la vigueur, et qui conduit. 1^ Dans ce sens,
Jésus-Christ est le chef de tous les chrétiens,
de chaque fidèle, de toute l'Eglise, parce qu'il
est la source de toutes les grâces, qu'il lui a
méritées de Dieu son Père par sa passion, et
qu'il la conduit. 2° L'homme est le chef de la
femme dans le mariage, qui est la figure de
l'union de Jésus-Christ avec l'Eglise ; et Dieu
est le chef de Jésus-Christ , étant soumis à
son Père en tant qu'homme. 1. Cor. II. 3.
Omnis viri caput Clirislus est ; caput autem
mulieris vir ; caput vero Christi Deus. Coloss.
2. 19. Caput ex quo totum corpus, per nexus
et conjuncliones subministratum et constru-
clum. c. 1. 18. Ephes. 1. 22. c. 4. 15. 1. Cor.
11. 3. 3° Ceux de qui d'autres sont descendus,
sont appelés , Num. 7. 2. et ailleurs , Capita
familiarum. 4" Ceux qui ont quelque rang ou
dignité, quelque commandement et autorité
sur les autres. Habac. 3. 13. Percussisti ca-
put de domo impii : Vous avez frappé le chef
de la famille de l'impie ; se. Le fils aîné de
Pharaon. Num. 1. 16. Capita exercitus : Les
principaux chefs d'une armée. Ose. 1. 11. c.
11. 6. 1. Reg. 15. 17. Nonne caput in tribu-
bus Israël factus es? Lorsque vous étiez petit
à vos yeux , n'êles-vous pas devenu le chef
et la tête de toutes les tribus d'Israël? dit Sa-
muel à Saùl. Caput gentium : Le chef des na-
tions. 2. Reg. 22. i4. Ce qui s'entend du règne
de Jésus-Christ, dont David était la figure.
Ezech. 38. 2. A quoi se peuvent rapporter ces
Phrases Urées de celle signification
Constituere in caput. Mettre à la tête, com-
mander ; opposé à Constituere in caudam :
Mettre derrière, et au-dessous, rendre sujet.
Deut. 28. 13. Com-tituil te Dominus in caput ^
et non in caudam : Le Seigneur vous mettra
toujours à la tête des peuples, et non derrière
eux ; se. si vous observez ses commande-
ments. V. 4V. Mais dans Isa. 19. 15. Caput
marque les grands et les chefs d'un peuple,
opposé à cauda, qui marque ceux qui obéis-
sent. Etc. 9. V. IV. 15. marque les vieillards,
les personnes vénérables d'un peuple, opposé
à cauda, qui marque un prophète qui ensei-
gne le mensonge.
Fieri , ou esse in capite. — 1^ S'élever au-
dessus, se rendre maître. Thrcn. 1. 5. Facti
sunt liostes ejus in capite; i. e. in caput : Les
ennemis de Jérusalem se sont élevés au-des-
sus d'elle; se. au temps de sa désolation par
les Babyloniens.— 2" Etre à la lêle, servir dj
guide. Mich. 2. 13. Dominus in capite eorum :
Le Seigneur sera à leur tête ; soit des Israé-
lites, pour les délivrer de leurs ennemis ; soit
à la lêle des ennemis des Israélites, dont Dieu
protégeait les armes pour les détruire . car
ceci se peut entendre en ces deux sens. — 3"
Etr« lies premiers à faire quelque chose.
eo9
CAP
CAP
610
Amos. 6. 7. Nunc migrabiint in capile trans-
migrantium : Ces hommes voluptueux voiU
être emmenés les premiers loin de leur pays.
Le Prophète parle des chefs du peuple, el de
renlèvcment des dix tribus dans l'Assyrie.
Jer. 31. 7. Hinnite contra caput gentium : Fai-
tes retentir des cris d'allégresse à la lète des
nations; Heb. m capite ; Gr. è-i ■/.-■j.u/.rrj , ad
caput.
6 Commencement , origine , source de
quelque chose. Prov. 17. H. Qui dimitlit
uquam, caput est jurgiorum : Celui qui com-
mence une querelle, est comme celui qui
donne une ouverture à l'eau. Gen. 2. 10. Inde
dividilur in quatuor capita : Le fleuve qui
sortait de la terre , après avoir arrosé le pa-
radis, de là se divise en quatre canaux. 2.
Par. 32. 3. De là vient :
Caput viœ, viarum , ou platearum , compi-
torum. Entrée de rue. Ezech. 16. 2o. Ad omne
caput viœ œdificasti signum prostitulionis
iuœ : Vous avez drtssé à l'entrée de toutes les
rues la marque publique de votre prostitu-
tion. Dieu reproche aux Juifs leur idolâtrie.
v. 31. Isa. 51. 20. Thren. 2. 19. c. 4. 1. Na-
hum. 3. 10.
7° La personne même, soit comme chef et
père, en qui tous les descendants soient com-
pris. Deut 33.16. Benedictio illius qui apparuit
inrubo, veniat super caput Joseph :Moïse sou-
haite que la bénédiction de Dieu qui lui ap-
parut dans le buisson, vienne sur la tète de
Joseph, el do ses descendants , et de sa pos-
térité. Gen. 4-9, 26. Eccli. ii. 25. Soit la per-
sonne seule. Exi)d. 16. 16. Gomor per sin-
gula capita: Prenez un gomor de la manne
pour chaque personne. Le v. 22. porte, Per
singulos homines ; où il est dit que la veille
du sabbat, ils en recueillaient deux gomors,
parce qu'ils n'en devaient point trouver le
jour du sabbat. Voy. v. 26. Levil. 19. 32.
Num.3. i7.1.Keg. 28. 2. Ps. 139.8. Prov. 10.
6, Amos, 2. 7, Ainsi, Num. 31. v. 30. '*7. se
dit de la personne seule, ou d'un animal seul,
Quinquagesimum caput hominum, et boum et
asinorum : Un de cinquante ou hommes, ou
bœufs, ou ânes. Isa. 3o. 10. De là vient cette
autre signification :
Un peuple tout entier, considéré tant en
général, qu'en chaque particulier. Isa. 1. 5.
Omne caput languidum : Touie tète est lan-
guissante. Dieu témoigne que toute la répu-
blique des Juifs est en un état si déplorable
à cause de la corruption de leurs mœurs,
qu'il n'y a point de remède de les en retirer,
tous les remèdes les plus forts, tels que les
afflictions, leur ayant été inutiles. Ps. 59. 9.
Ps. 107. 4. t'phraim fortiliido capilis mei :
Ephraïm est la force de ma tête; i. e. de
niun royaume. Ici par Epkraim, s'entend la
tribu seule des enfants de Joseph , où il y
avait de puissants hommes , et cette tribu
marquait ici, comme dans l'Ecriture, les dix
tribus du royaume d'Israël.
8' Le point principal, le capital, ce qu'il y
a de plus considérable, le sonunairc de quel-
que chose. Ps. 117. 22. Jiic Cactus est in ca-
put anguli : Lu pierre que ceux qui bàlis-
•aionl avaient rcjetce, a été placée à la lêle
de l'angle ; aulr. est devenue la principale
pierre de l'angle. Jésus-Christ explique ce
passage , et insinue aux Juifs que c'ot lui-
même qui est celte "principale pierre. Matlh.
21. i2. Marc. 12. 10. Luc. 20. 17. et saint Pierre
l'explique clairemenldans le même sens. Acl.
4. 11. et 1. Petr. 2. 7. Ainsi Ps. 139. 11. Ca-
put circuitus eorum; i. e. summa insidiarwn:
Toulela malignité des détours des pécheurs...
les accablera. Eccl. 32. 11. Si bis interroga-
tus fueris , habeat caput responsum luum; i.
e. ad summam responde , summatim , verbis
paucis responde : Quand vous aurez été in-
terrogé deux fois, répondez en peu de mots.
Voy. Habere. Ainsi, Jerem. 22. 6. Galaad lu
milii caput Libani : 0 maison du roi de Juda,
vous êtes la principale de Jérusalem, distin-
guée par votre richesse el votre puissance ,
comme Galaad est la partie la plus considé-
rable du mont Liban. L'Ecriture parle de
Joachas.
9' Le sort principal de quelque chose.
Num. 5. 7. Reddent ipsum caput, quintamque
partem desuper : Ils rendront à celui contre
qui ils ont péché, le jusle prix qu'ils lui au-
ront fait, en y ajoutant encore le cinquième.
Voy. Levit. 6. 5.
10° Le gros, ou le fort, le milieu d'une as-
semblée. D'où vient:
Caput médium gentium, ou turbarum. La
tête, le milieu des nations, les nations assem-
blées, l'assemblée des nations. Jerem. 31. 7.
Hinnite contra caput gentium ; i. e. in capite^
in medio : Faites retentir des cris d'allégresse
à la tête des nations. Le Prophète exhorte de
se réjouir de la délivrance qui devait arriver
de la captivité de Babylone, figure de celle du
démon , et du péché, à la venue de Jésus-
Christ : ce qui se voit accompli. Luc. 19. v.
37. 38. Prov. 1. 21.
11° Le corps, la substance d'une chose,
ce qu'elle contient principalement ( x^-^sa/i- ).
Ps. 39. 8. Hebr. 10. 7. In capite libri scriplum
est : Heb. in volumine libri, pour in libro pli-
calili et invotuto : Les Hébreux, et encore à
présent les Juifs écrivent leur loi dans des
feuilles roulées. Hebr. 10. 7. Je viens, selon
qu'il est écrit do moi dans le Livre, dans la
Loi el les Prophètes , pour faire , mon Dieu ,
votre volonté, dit Jésus-Christ, qui est le but
de toutes les saintes Ecritures. Voy.VoLUMEv.
12" Le haut de quelque chose, le lieu, ou
la partie qui répond à la tête. Zach. i. 2.
Lampas ejus super caput ipsius:\\ y avait
une lampe au haut de la principale tige de ce
chandelier d'or. Celte lampe figurait Jésus-
Christ, qui éclaire toute l'Eglise. D'où vient :
13° Chapiteau de colonne , ^ui en est le
haut et comme la tête, opposé a basis, qui en
est le bas (xs^^a/ù-, capitellum). Exod. -H]. \.
32. 37. c. 27. V. 10. 11. 2. Par. '». 12. etc.
14 Le rhevel d'un lit est aussi exprimé
par caput lectuli. Judith. 13. 8. Accessit ad
columnum quœ erat ad caput lectuli ejus • Ju-
dith s'approcha do la colonne qui était au
chovcl du lit d'Molophorno : ce fut pour pren-
dre !;on sabre. Gen. 47. 31. Adoravit Israël
Dcum, conversus ad lectuli caput : Jacob se
tournant vers le chevclde son li! , adora Dieu,
611
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
612
Voy. Adorare. Hebr. et les St^plante, Adora-
vit fastigium virgœ ejus : Jacob adora, i. e.
respecta le sceptre cl la puissance de Joseph,
et remercia aussi Dieu d'avoir mis dans Tes-
prit de Joseph, qu'il transporterait son corps
dans le tombeau de ses pères , selon la de-
mande qu'il lui en avait faite. Voy. Fasti-
gium.
CAPUT, avec plusieurs verbes de difFéreiile signification.
Abjicere caput. Aller la tête baissée , mar-
que être dans le deuil, la tristesse, et la con-
fusion. Thron. 2. 10. Abjecerunt in terram
capita sua virgines Jérusalem : Les filles de
Jérusalem marchaient la tête baissée; se. au
temps de la désolation de Jérusalem par les
Chaldéens.
Addere gratiam, dare augmenta gratiœ, ca-
pili. Parer, orner. Prov. 1. 9. Ut addatur
gratia capiti tuo : Les bonnes instructions
que vous recevrez seront un ornement à vo-
tre léte. C'est ici une inélaphore tirée des or-
nements ijui se mettent autour de la tête des
enfants, à qui le Sage témoigne que l'obser-
vation qu'ils feront des bonnes instructions ,
ne les ren«!ronl pas moins agréables à Dieu
et aux hommes , qu'ils se trouvent à eux-
mêmes agréables par ces ornements de tête.
Et dans le même sens, c. k. 9. Dnbit capiti tuo
augmenta gratiarum : La sagesse que vous
aurez embrassée mettra sur votre tète un
accroissement du grâces.
Confringere, conquassare , conterere , con-
tribularc caput. Abattre la force et le pouvoir
de quelqu'un, le ruiner. Gen. 3. 15. Ps. 73.
v. 13. 14. Ps. 109. 6. Voy. Caput, 2. signif.
Contorquere caput. Courber la tête, baisser
le cou, marque la conduite de ceux qui af-
fectaient de faire paraître par leur extérieur,
qu'ils jeûnaient, en baissant le cou avec un
visage abattu. Isa. 58. 5. Numquid contor-
quere quasi circulum caput suum et saccum et
cinerem sternere? numquid islad vocadis jeju-
nium? Le jeûne consiste-l-il à faire... qu'un
hooune fasse comme un cercle de sa tête en
baissant le cou, et qu'il prenne le sac et la
cendre? Dieu se plaint ici du trop grand ex-
lérieuFdes exercices de pénitence des Juifs ,
^ui négligeaient la conversion de leur cœur.
Dare caput. Entreprendre (juelque chose ,
se porter à taire quelque chose avec entête-
ment. 2. Esdr. 9. 17. Dederunt caput ut con-
verlerenlur ad servitutem suam : Les Juifs et
leurs [jères se sont opiniâtres à vouloir re-
tourner à leur première servitude. Ceci a
rapport à ce qui est décrit Num. ik. k.
lîfj'erre caput. Elever sa tête avec orgueil
et insolence , s'élever contre son Seigneur.
Ps. 82. 3. Qui oderunt te extulerunt caput :
Le Piophète demande à Dieu de punir les
Iduméens, et tous les autres peuples ennemis
de la Judée, (jui se regardaient comme victo-
rieux de Dieu même.
Elcvare , sublevare , exaltare caput alicu-
ius. Relever quelqu'un de l'état humble où il
est, et le mettre en honneur. Eccli. il. 13.
Exaltavit caput eyus ; Dieu l'élève en hon-
neur. L'Eeriture parle ici du pauvre qui est
iusle, et qui semble abandonné, et que Dieu
cependant regarde favorablement/ v. 1. Ainsi,
/*. Reg. 25. 27. Jerem. 52. 31. Elevavit Evil-
merodach caput Joachin régis Juda, et eduxit
eum de domo carcer/s ; Evilmérodach releva
Joachin , roi de Juda , de cet abaissement aà
il avait été jusqu'alors, et le fit sortir de pri-
son : ce fut trente-sept ans depuis sa captivi-
té. Ps. 3. i. Tu... exaltans caput meum : C'est
vous. Seigneur, qui élevez ma tête; se en
me rendant victorieux, et me délivrant de
l'injustice d'Absalon. Ps. 26. 6. Ainsi, Exal-
tare caput , Ps. 109. 7. Exaltabit caput : Il
élèvera sa tête, s'entend ici de la résurrection
de Jésus- Christ après sa mort, après laquelle
il a été élevé au souverain point de gloire.
Philipp. 2. V. 8.9.
Impinguare caput oleo. Oindre la tête de
quelqu'un avec de l'huile de parfum ; c'est,
1° le con)bler de toute sorte de biens et de
contentement. Ps. 22. 7. Jmpinguasti in oleo
caput meum : Vous avez oint ma tête avec
une huile de parfums. Cette allégorie que
David fait à la coutume des festins , qui était
de répandre sur la tête des conviés d'excellen-
tes huiles de parfums, tend à marquer et les
biens et les consolations qu'il recevait de la
part de Dieu. 2° Flatter quelqu'un , lui don-
ner des louanges. Ps. liO. 6. Oleum autem
peccaloris non impinguet caput meum : Mais
que l'huile du pécheur ne parfume et n'en-
graisse point ma tête : David préfère les cor-
rections du juste aux flatteries des pécheurs.
Imponere homines super capita. Donner des
seigneurs et des maîtres cruels , qui oppri-
ment par un pouvoir lyranique qu'ils exer-
cent sur leurs sujets. Ps. 65. 10. Imposuisti
homines super capita nostra : Vous avez mis
sur nos têtes des hommes qui nous acca-
blaient. Le sens de l'Hébreu porte la compa-
raison de la manière dont les cavaliers trai-
tent les chevaux sur lesquels ils sont mon-
tés.
In ou super caput venire , converti. Venir
sur la tête de quelqu'un , se dit des biens et
des maux qui lui arrivent. 1° Des biens. Prov.
11. 26. Benedictio autem super caput venden-
tium : La bénédiction viendra sur la tête de
ceux qui vendent le blé : ce qui est opposé à
ceux qui le cachent sans le vouloir vendre,
c. 10. 6. Deut. 33. 16. Isa. 35. 10. c. 51. 11.
Lœtitia sempiterna super caput eorum: Ceux
que le Seigneur aura rachetés après leur re-
tour seront couronnés d'une allégresse éter-
nelle : ce qui s'entend de la joie qu'eurent les
Juifs de se voir délivrés de la captivité, qui
était la figure et de la joie des chrétiens sortis
de l'esclavage du péché , et de celle que les
saints ont de se voir délivrés des dangers et
des misères de cette vie. 2° Ceci se dit aussi
des maux qui nous viennent. Ps. 7. 17. Con~
vertetur dolor ejus in caput ejus : La douleur
que mon ennemi a voulu me causer retour-
nera sur lui-même. David parle des persécu-
tions que lui faisait Saiil, à quoi se rapporte,
1. Reg. 25. 39. Maliliam Nabal reddidit Do-
minus in caput ejus : Le Seigneur a fait que
l'iniciuilé de Nabal est retombée sur sa tête.
David bénit Dieu, et reconnaît que la mort de
Nabal est une vengeance de la part de Dieu
615
CAP
CAR
614
de l'injuslice qu'il avait reçue de lui. Voy. v.
10 li. Voy. Reddere, Convertere.
Levare eapiit. i Prendre courage avec es-
pénince de mieux pour l'avenir, espérer
mieux. Luc. 21. 28. Létale capila veslra :
Lorsque ces choses commenceront d'arri-
ver... levez la léte. Jésus-Christ assure que
tous les signes extraordinaires qui seront à
1,1 fin du monde un sujet de crainte pour les
fécheurs , seront pour les justes un signe de
leur rédemption. Job. 10 15. Sijuslus , non
levabo caput : Si je suis juste , je ne lèverai
point la tête ; i. e. je n'en espérerai pas plus
de bonheur ; ou , selon d'autres , je ne m'en
glorifierai pas davantage, puisque Dieu m'af-
flige comme si j'étais pécheur et superbe. —
2° Arriver à la gloire , s'en acquérir. Eccli.
20. 11. £5^ quiab humilitate levabit caput : Tel
trouve sa perte dans sa gloire même , et tel
s'élève par son humiliation. Voy. Jac. i. 16.
3' Résister, se mettre en défense. Zach. 1. 21.
Nemo eorum levavit caput suum : Il n'y a pas
un seul homme de Juda qui ose lever la léle.
Les ennemis des Juifs les réduisaient en une
si grande servitude, qu'ils les mettaient hors
d'état de pouvoir leur résister.
Movere caput. Se dit des différentes pas-
sions ou affections où l'on est envers quel-
qu'un. 1° Secouer la tête , insulter à quel-
qu'un, se moquer de lui, le menacer, i Reg.
19. 21. Post tergum tuum caput movit : Sen-
nachérib a secoué la tête derrière vous , ô
Jérusalem. Cette phrase représente le geste
et les mouvements d'un homme qui en insulte
on qui en menace un autre. Ainsi Ps. 21. 8.
qui s'entend de Jésus-Christ. Voy.Matth. 27.
oy. Mach. 15. 29. 2° Témoigner par le mouve-
ment de la tête la part que l'on prend au mal
ci'autrui. Job. 16. o. Moverem caput meum su-
per vos: Si vous souffriez les mêmes choses
que moi, je vous consolerais el vous témoi-
gnerais sur mon visage cl- que je ressentirais
pour vous. Ici le mouvement de la tête est
l'espèce prise pour le genre , et s'entend de
tous les signes extérieurs de compassion, c.
k2. 11. Ainsi, Commovere caput super aligna :
Etre touché du malheur de quelqu'un : ce qui
se fait par le mouvement ou l'abattement
de la tête. Nahum. 3. 7. Voy. Commovere.
Nudare , discooperire caput. Découvrir la
tète, était encore une marcjue de deuil. Levit.
U).6.Capituvestranolilenudare:'S'iiyL'Z point
la tête découverte. Moïse défend de faire au-
cun dtuil sur la mort de Nadab et Abiu. Voy.
v. 1. Ainsi , c. 13. i5. c. 21. 10. Ce qui est
opposé à :
Habere coronam in capilc. Avoir la tête
couverte, ne point donner des marques de
deuil. Voy. CoRONA.Ezech. 24.23. Coronas/ja-
hebilis in capitibus veslris : Vi;us aurez des
couronnes sur vos têtes. Le i)rophèle témoi-
gne que comme il n'a point donne de mar-
ques de deuil à la mort de sa femme , v. 17.
de même les Juifs, au temps de la destruction
entière de Jérusalem , n'oseraient en témoi-
gner leur deuil, de peur dirriter leur vain-
• qucur. Mais, Num. 6. 18. Discooperire caput,
est une marque d'indépendance et de liberté.
Disco(>j)cricl cauut : Le j)iclre lui découvrira
la tête. Le grand prêtre découvrant la tête à
la femme, pour laquelle il offrait le sacrifice
de jalousie , lui donnait le pouvoir de prêter
serment, el est opposé au nombre suivant:
Operire caput. Se couvrir la tête, était aussi
une marque de deuil et d'affliction. 2 Reg. 19.
k.Rex operuit caput suum, et clamavit voce
magna : fîli mi Absalom : David ayant la
tête couverte , criait à haute voix : Mon fils
Absalom : il pleurait sa mort. c. 13. 19. c. 15.
30. Esth. 6, 12. Jerem. li. v. 3. i. Ce qui
vient de ce que ceux qui sont dans une
extrême affliction, ne veulent voir personne.
A quoi se peut rapporter celte phrase:
Ponere, ou dare in capite vins alicujus : tkî
ô'io-jç sic ■/.■foùic; àiàri-iOLi.
Faire retomber sur la têie de quelqu'un
ses crimes. Ezech. 11. 21. Horum vram in
capite suo ponam : Je ferai retomber leurs
cri«nes sur leurs têtes, c. 16. i3. c 17. 19.
Spargere pulverem in cœlum super caput
suum. Jeter de la poussière en l'air pour la
faire retomber sur sa tête. Job. 2. 12. Scissis-
gue vestibus sparserunt pulverem : Les trois
amis de Job déchirèrent leurs vêtements, ils
jetèrent de la poussière en l'air pour la faire
retomber sur leur tête. Ils témoignaient par
là la douleur et la compassion qu'ils avaient
de la misère où ils le voyaient réduit.
Tangerenubes capite. Toucher le ciel ou les
nuées de sa tête, marque le haut point de ré-
putation et d'honneur que les hommes s'ac-
quièrent dans le monde. Job. 20. 6. Si... et
caput ejus nubes tetigerit : Quand la tête de
l'hypocrite toucherait les nuées , il périra à
la fin, etc.
Velare caput. Se couvrir la tête d'un voile
ou de quelque autre chose, est une marque ou
de soumission et d'obéissance , ou de honte.
C'est , 1° pour la femme une marque de la
soumission et de l'obéissance qu'elle doit à
son mari. 1. Cor. IL 5. Omnis... mulier crans
aul prophetans ,non velalo capite, deturpat
caput suum : Toute femme qui prie ou qui
prophétise , ayant la tête nue, déshonore sa
tète. C'est, 2" une marque de l'indépendance
de l'homme , el qu'il ne reconnaît que Dieu
seul au-dessus de lui , d'avoir la tête décou-
verte lorsqu'il prie dans l'Eglise ; et il désho-
nore au contraire Jesus-Christ , son chef,
lorsqu'il prie dans l'église la tête couverte.
1. Cor. 11. V. Omnis vir orans aut prophetans
velalo capite, deturpat caput suum : Tout
homme qui prie ou qui prophétise ayant la
tète couverte, déshonore sa tête ; soit Jésus-
Christ, chef de l'Église, à qui il doit tout
honneur ; soit sa propre tête, comme létnoi-
gnanl par là rougir de sa qualité de chrétien,
v. 6. 7.
ingère caput. Parfumer sa tête ; c'est pour
marquer de la joie et du contentement , op-
posé à paraître triste. Malth. 0. 17. Cum je-
junas , unge cnpul luum : Lorsque vous jeû-
nez , parfumez votre tôle. Ceci se lire de la
coutume des anciens , qui se parfumaient
dans les festins- Voy. Luc 7. v. 37. 38. etc.
CARBASIMTS, y.upr.KT'yoç. De Carbasus, nùp-
«cTo,-, et signifie d.ins l'Ecriture :
Qui est de fin lin. EbtTi. I. 6. Pi-.vdebanl ea
615
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACUÉE.
C16
omni parte lenloria aerii coloris, et carbasini ;
Au festin qu'Assuérus avait fait préparer
pour le peuple , on avait tendu de tous côtés
des tapisseries de couleur de bleu céleste et
de fin lin ; selon d'autres , de couleur verte.
CARBO, Nis , v.vBpciz, Du Grec zzo»w, are-
facio , et signifie proprement :
Charbon de bois brûlé; soit éteint. Prov.
26. 21. tiicut carbones ad primas... sic homo
iracundus suscitât rixas ,- L'homme colère ,
aulr. querelleur, est pour allumer les dispu-
tes, ce qu'est le charbon à la braise. Thren.
k. 8. Soit qu'on l'entende d'un charbon allu-
mé de la braise. Isa. k\. 19. Coxi super car-
bones ejus panes : J'ai fait cuire des pains sur
le charbon qui s'est fait de la moitié de ce
bois. Dieu reproche l'aveuglement des ido-
lâtres, de ne pas considérer que leurs idoles
sont faites du plus méchant bois , même le
moins propre à brûler et le plus méprisable.
Ici carbo est pris pour pruna, qui se trouve
Job. 41. 12. De là vient , Carbo vivus : Char-
bon ardent. Tob. 8. 2. Posuilque eam super
carbones vivos : Tobie mit une partie du foie
du poisson sur des charbons ardents , selon
l'avis qu'il avait reçu de lange, c. 6. 8.
1" Mal extraordinaire, et qui va à la ruine ;
soit de la part des hommes. Ps. 119. i. Sa-
gittœ potentis acutœ, cum carbonibus desola-
toriis : La langue trompeuse est de même
que des flèches îrès-pointues , poussées par
une main puissante, avec des charbons dévo-
rants. Ces charbons dévorants marquent le
mal extrême qu'elle cause ; soit de la part
de Dieu, lorsqu'il tire une vengeance extraor-
dinaire des pécheurs. Ps. 139. 11. Cadent su-
per eos carbones : Des charbons tomberont
sur les pécheurs : ceci a été exercé à la let-
tre sur les Sodomites. Luc. 17. 29. A quoi se
peut rapporter, Ezech, 1. 13. Aspectus eorum
quasi carbonum ignis ; Les quatre animaux
pariiissaient à les voir comme des charbons
de feu brûlants : ce qui figurait les anges
ministres de Dieu , tout prêts à lancer les
feux et les foudres de la justice sur Jérusa-
lem. 2 Reg. 22. v. 9. 13. Ps. 17. v. 9. 13. Car-
bones succensi sunt ab eo : Des charbons ont
été allumés du feu dévorant qui est sorti de
la bouche de Dieu. David figure la terrible
vengeance que Dieu avait tirée de ses enne-
mis.
2" Ce qui excite et allume quelque passion.
1 L'amour. Prov. 25. 22. Rom. 12. 20. Hoc
enim faciens, carbones ignis congères super ca-
put ejus : En donnant à votre ennemi à man-
ger lorsqu'il a faim, et lui donnant à boire
lorsqu'il a soif, vous amasserez par là des
(harbons dé feu sur sa tête. Ces charbons de
feu marquent l'amour et la charité à quoi
cette bonté force alors comme indispensable-
ment cet ennemi : ou marque l'horreur qu'il
commence à ressentir de la haine qu'il avait
auparavant. 2" La colère, l'emportement.
Eccli. 8. 13. Non incendas carbones peccato-
rum arguens eos : î^'allumez point les char-
bons des pécheurs, en les reprenant. Une ré-
primande l'aile à contre-temps à un pécheur,
se cause souvent que du mal
CARBUNGULUS, î, Escarbouclc. Vq Carbo
parce que cette pierre dans sa couleur, sem-
ble jeter, même dans les ténèbres, comme un
feu aussi éclatant qu'un charbon. Il signifie
aussi chez les auteurs ktins, 1" petit charbon
de bois brûlé, et semble, en ce sens, être di-
minutif de Carbo : Brûlure des arbres ; char-
bon pestilentiel ; espèce de petit ulcère qui
se forme d'inflammation , ou sur les yeux ou
sur les paupières : dans l'Ecriture :
Escarboucle, rubis, pierre précieuse. Eccli.
32. 7. Gemmula carbunculi in ornamento auri
(«v5,o«?) ; L'escarboucle enchâssée dans l'or.
Celte pierre précieuse , ainsi que les autres
dont il est parlé Exod. 28. 18. sont toutes
mystérieuses. Dans Ezech. c. 28. 13. les pier-
res précieuses dont il est parlé figurent l'é-
clat d'un étal ou d'un empire heureux , soit
qu'on l'entende du premier ange, v. 15. soit
du roi de Tyr, v. 11.
CARCÂA , Heb. Pavimentum dissolvena.
Ville aux confins de la tribu de Juda. Jos.
15.3.
CARCER,Ris, 'fAxy.ri, De coercere, retenir,
ou , selon d'autres, du Grec ;îko-/«6ov, et si-
gnifie :
1° Une prison. Luc. 12. 58. Ne forte exactor
miltat te in carcerem : De peur que le ser-
gent ne vous mette en prison. Jésus-Christ
prouve qu'il vaut mieux se réconcilier dès
celle vie avec son ennemi , que de s'exposer
à être condamné de Dieu après la mort aux
peines de l'enfer, par l'exemple de ceux qui,
ayant un créancier fâcheux , font mieux de
traiter avec lui, que de se faire mener devant
le juge, qui les pourrait condamner à la pri-
son. Matlh. 5. 25. 2 Cor. 11. 23.
2" Les limbes , lieux souterrains. 1. Petr.
3. 19. In quo et his qui in carcere erant, spiri-
tibus prœdicavit : Jésus-Christ descendit aux
prisons souterraines, pour annoncer aux
âmes qui y étaient retenues les heureuses
nouvelles de leur rédemption , et les en déli-
vrer avec les saints patriarches. L'Apôtre
parle ici particulièrement de ceux qui, avant
le déluge, ayant été incrédules aux avertisse-
ments de Noé , se convertirent lorsqu'ils
aperçurent le déluge qu'il leur avait pré-
dit.
3° L'enfer même ou l'abîme où les démons
et lesdamnéssontlourmentés(5£(7piwT)3|5iov).Isa.
21. 22. ClaudentHT ibi incarcère .-Les démons
et les hommes pécheurs les plus puissants'
seront jetés dans le lac où ils seront tenus
en prison. Voy. v. 21. Ainsi, Apec. 20. 7.
V Grande affliction, état misérable, parce
que la prison est une peine ; l'espèce prise
pour le genre. Job. 7. 12. Numquidmare siim
aut celus , quia circumdedisti me carcere?
Suis-jc furieux, comme la mer ou les ba-
leines, pour m'affliger de la sorle ? Mais, Isa.
V7. 7. Domus carceris, s'entend de l'état misé-
rable, du péché d'où Jésus-Christ est venu
nous délivrer, selon le témoignage même do
Jésus-Christ. Luc. k. v. 20. 19
5" Les ténèbres épaisses dont étaient envi-
ronnés les Egyptiens sont appelées prison de
léncbres (dpy.zr,). Sap. 18. 14. Ainsi, c 17. 15.
Cuslodiebalur in carcere sine ferro reclM^us :
6i1
CAR
CAR
6i^
Les Egyptiens au milieu des ténèbres ne
bougeaient du lieu où ils se trouvaient.
CARDO, mis. Du grec ^pàBn, branche ou
croc, d'où on pend quelque chose et siguiOe:
le gond, le pivot sur quoi tourne une porte ;
le point décisif d'une affaire ; le pôle du
monde. Dans l'Ecriture :
l-Le gond d'une porte yarpofiyi'j.'Proy. 26.
14. Sicut ostium verlitur in cardine suo, ita
piger in lectulo suo : Comme une porte roule
sur ses gonds, en demeurant toujours dans
la même place, ainsi un paresseux tourne
dans son lit. Les gonds des portes du temple
étaient d'or. 3. Reg. 7. 50. De ce mot vient
cette phrase dans le sens figuré :
Percutere cardinem : Frapper les gonds
marque la destruction et la ruine du temple
de Jérusalem. Amos. 2. i. Percute cardinem
( £),a(7T»3piov , propitiatorium) : Frappez les
gonds ; Hebr. le haut de la porte. Le Seigneur
qui paraissait debout sur l'autel des holo-
caustes, ordonne à l'ange qui était près de
lui pour exécuter ses ordres, de frapper le
haut de la porte, pour marquer la destruc-
tion du royaume des Juifs par le renverse-
ment du lieu où ils faisaient les exercices de
leur religion. Quelques-uns entendent ce
chapitre du royaume des dix tribus : ainsi
l'autel s'entendrait du culte des veaux d'or à
Bethel.
La porte même. Isa. 6. 4. et commota svnt
superîiminarta cardinum : Le haut de la
porte fut ébranlé : ce qui se doit entendre au
même sens que, Amos 9. 1. Voy. supra : Per-
cutere cardinem.
2" Soutien, fondement de quelque chose,
ce qui la maintient dans le même étal (y«Tvw/x«,
laquear). Amos. 8. 3. Stridebunt cardines lem-
pli in die illa : Au temps de la ruine d'Israël,
on entendra un horrible bruit à la chute des
principaux soutiens du temple; et parce que
les extrémités du ciel semblent être jointes à
celles de la terre , Cardines cœli s'entend des
extrémités de la terre. Deut. 30. k. Si ad car-
dines cœli fueris dissipatus , inde le retrahet
Dominus Deus : Quand vous auriez été dis-
persés jusqu'aux extrémités du monde, le
Seigneur, votre Dieu, vous en retirera , se.
si vous vous convertissez à lui. D'où vient :
Cardines cœli, terrœ, maris. Les extrémités
1" du ciel, appelées les pôles des deux (yO|ûoç).
Job. 22. \k. Nec nostra considérât , et circa
cardines cœli peratnbulat : Dieu ne considère
poini ce qui se passe parmi nous, il se i)ro-
mène dans le ciel d'un pôle à l'autre. Eliphas
accuse Job de croire que Dieu ne considère
pas ce qui se passe sur la terre; Hebr. les
chants de joie que l'on entendait dans le pa-
lais seront changés en d'horribles cris ; 2' les
extrémités de la terre, qui semblent répon-
dre aux cxlréraités du ciel, sont appelées 7e«
pôles de la terre f«zfov). 1. Reg. 2. 8. Prov.
8. 20. Cardines oruis tirrœ , cardines terrœ :
lc3 fondements, les pôles de la terre, sur les-
quels Dieu a posé h; monde ; 3' les extrémités
de la mer. Job. 36. 30. Cardines quoque maris
operiet : Dieu couvre la mer d'une extrémité
à l'autre; Gr.et Hebr. radiccs maris, pii^^iiuTu,
les fondements de la mer.
DiCTIONN. DE PbILQL. SaCRÉE. L
CARDUUS , Ul , «xavoç ; LXX axav, oiyr/^où)^.
De carere pour carpere, dans le sens que
Varron dit : Carere lanam : Carder de la laine,
et signifie :
Chardon, herbe piquante, dont il y a plu-
sieurs espèces. 4. Reg. 14. 9; 2. Par. 25. 18.
Carduus Libani misil ad cedrum quœ est in Li-
bano : Le chardon du Liban envoya vers le
cèdre qui est au Liban. Joas, roi d'Israël,
pour répondre au défi que fit Amasias, de
descendre à la tête de leurs troupes dans le
combat, se comparant au cèdre, le compare
à un chardon qui serait foulé aux pieds par
les bêtes, pour lui faire connaître combien il
se tenait plus fort que lui.
CARECTUM, I, fko;. Ce mot mis par con-
traction pour caricetum, vient de carex et si-
gnifie :
1° Lieu marécageux où croissent les joncs,
les glayeuls et les roseaux. Exod. 2. 3. Ex-
posuit eum in carecto ripœ fluminis : La mère
de Moïse le mit à l'âge de trois mois dans
une corbeille de jonc, et l'exposa parmi des
roseaux sur le bord du fleuve.
2" Glayeul, espèce de jonc. Job. 8. 11. Niwu
quid potest.... crescere carectum sine aqua?
carectum pour carex : Les glayeuls qui
croissent dans les prés, peuvent-ils croître
sans eau ?
GARÉE, Heb. Calvus. Père de Johanan. 4.
Reg. 25. 23, Jer. 40. 8. etc.
CAREHIM, Heb. Calvus. Patrie de Jes-
boam, un des braves de l'armée de David. 1.
Par. 12. 6. On croit que c'est la ville de Co-
réa dont parle Josèphe, Antiqu. l. 4. c. 6. 10.
dans la demi-tribu de Manassé en deçà du
Jourdain.
CARERE, du grec x»/=eww, je suis dépouillé,
j'ai faute, et signifie :
Manquer, être privé de quelque chose,
Prov. 20. 21. Hœreditas adqtiam festinatur in
principio, innovissimo benedictione carebit :
L'héritage que l'on se hàlc d'acquérir ne
sera point à la fin béni de Dieu. Ruth. 4. 6.
Eccl. 6. 3. Sap. 18. 4. Ainsi : Carere vita :
Mourir. 2. Par. 21. 19. Vita caruit : Il mourut.
CARIA, JE, Gr. Capitalis. Carie , province
de l'Asie-Mineure. 1. Mac. 15. 23. aujour-
d'hui Aldiuelli.
CARIATH. Heb. Civitas. Ville de la tribu
de Benjamin. Jos. 18. 28. qu'on croit être la
même (]ue Cnrialhiarim.
CARIATHAIM, Heb. Civitates. — 1° Ville
de la tribu lieNephtgali, donnéeaux Lévites ;
ville de refuge. 1. P;ir, G. 76, appelée Car-
than. Jos. 21. 32. Voy. Carthan. — 2» Ville
des Moabites dans la tribu do Ruben. Jer. 48.
V. 1. 23. Ezich. 23. 9. Elle est attribuée aux
Moabites, parce qu'ils s'en étaient rendus
maîtres. Gen. 14. 5. Nuni. 32. 37.
GAKIATH-ARBE, Heb. Civitas quatuor.—
Ville de la tribu de Juda, qui depuis a étéi
appelée Hébron. Jos. 14. 15. Nomcn Hebron
ante vocabatur Cariatli-Arbc : Hébron se
nommait auparavant Carialh-Arbe, c'est-à-
dire ville d'Arbé, père d'Enac , lequel Arb^
était un géant liès-puissant. Adam maximuâ
ibi inter Enacim situs est : Cet homme , qui
était un grand géant , est inhumé là , parmi
2U
6id
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
6S0
ceux à qui il a donné son nom. c. 10. 12,
Voy. HÉBRON.
CARIATH-ARIM, Heb. Civilas oppidorum.
— Nom d'un chef de famille, qui revint de la
capiivité. 1. Esdr. 2. 25.
CARIATH-IARIM , Heb. Chitas silvarum.
— 1° Ville des Gabaoniles dans la tribu de
Juda , qui s'appelait auparavant Carialh-
Baal. Jos. lo. v. 9. 10. quelquefois Baala, où
les Philistins renvoyèrent l'arche. 1. Reg. G.
21. c. 7. 1. etc. Voy. Baala bIBala. Jos. 19.
3. 1. Par. k. 29. — 2° Nom d'homme , ûls de
Sobal. 1. Par. 2. v. 50. 52. 53.
CARIATH-BAAL, Heb Civitas idolL Voy.
Cariathiarim.
GARIATH SENNA, Heb. Civitas rubi. Voy.
Dabir. Ville de la tribu de Juda, autrement
appelée Carialh-Sepher et Dabir. Jos. 15. 49.
Carialh-Senna hœc est Dabir.
CARIATH-SEPHER. Heb. Civitas liltera-
rum. La même ville que la précédente. Jos.
15. V. 15. 16. Judic. 1. v. 11. 12. Judas abiit
ad habitatores Dabir cujus nomen velus erat
Cariath-Sepher, i. e. civilas iitterarum : Juda
marcha contre les habitants deDabir,quis'ap-
pelait autrefois Cariath-Sepher, i. e. la ville
des lettres. Calob donna sa fille en mariage à
Olhoniel, qui sétailrendu maître de cette ville,
appelée de la sorte , parce que l'on croit que
c'était là où élaientles archives elles actes pu-
blics, et même uneacadémieoù les lettres elles
sciences s'enseignaient parmi les Chananéens.
CARICA, .c Gr. o-uxà. Figue sèche. 1. Reg.
25. 18. Abigail tulit.. centiim alUgaturas uvœ
passœ et ducentas massas caricarum : Abigaïl
apporta à David cent paquets de raisins secs
et deux cents cabas de figues sèches.
CARINA. Le fond d'un navire enfoncé dans
l'eau {zpiîoçj. Sap. 5. 10. Tamquam navis cu-
jus, cum prœterierit , non est vesligium inve-
nire neque semitam carinœ illius in flactibus :
Toutes choses sont passées comme un vais-
seau qui n'imprime aucune marque de sa
route sur les flotîs
CARIOTH, Heb. Uiniaies. V'oy. Hesron.—
1° Ville de la tribu de Juda. Jos. 15. 25. d'où
était Judas qui trahit Jésus-Chrisl. Isca-
rioles, Hebr. homme de Garioth. — 2° Ville
considérable des Moabites. Jer. kS. v. 2i. il.
Amos 2. 2. Et mitlatn ignem in Moab, et de-
vorabil œdes Carioth : J'allumerai dans Moab
un feu qui consumera les maisons de Carioth.
CARITH, Heb. Concisio. Torrent qui était
vis-à-vis le Jourdain , de l'eau duquel Elie
but jusqu'à ce qu'il fût tari. 3. Reg. 17. v. 3.
5. Abscondere in torrente Carith, qui est con-
tra Jordanem : Cachez xous sur le bord du
torrent de Carilh, qui est vis-à-vis le Jour-
dain. 11 y fut nourri nuraculeusement par
un corbeau qui lui portail chaque jour sa
provision le matin et le soir, vers l'an du
monde 3124.
C ARM EL, CARMELUS, x«/>^aof . Heb. Ag-
nus circumcisus, ou cognitio circumcisionis.
Voy. Gharmel.
Des mots hébreux moul, couper, tailler, et
kerem, vigne, et signifie en hébreu, épi ten-
dre ou retranchement de la vigne ; il si-
HOifie :
1° Montagne très-haute , agréable et fort
fertile, dans la tribu d'Aser ou d'Issachar,
proche la mer. Amos. 9. 3. Si abscondili fue-
rint in vertice Carmeli, inde scrutans auferam
eos : S'ils se cachent sur le haut du mont
Carmel, j'irai les y chercher et les en ferai
sortir : ce qui s'entend de la ruine inévitable
de Juda ou des dix tribus. C'est sur celle
montagne que demeurait Elie, et où il fit
tuer les quatre cent cinquante prophètes de
Baal. 3. Reg. 18. v. 18. 20. 42. Jos. 19. 26. i.
Reg. 2. 25. c. 4. 25. Judith. 1. 8. Isa. 33. 9.
c. 35. 2. Jerem. 50. 19. Pascentur Carmelum :
Les Juifs, au retour de la captivité, jouiront,
comme auparavant, des avantages de la fer-
tilité du mont Carmel.
— Terre ou plaine fertile, à cause de la
fertilité du mont Carmel. Jerem. 48. 33.
Ablata estlœtitiaet exultatio de Carmelo (fxw«-
êiri;) : La joie et la réjouissance ont été ban-
nies du Carmel ; ce qui s'entend des terres
de Moab, qui étaient aussi fertiles que le
Carmel. 2. Par. 26. 10. Vineas quoque habuit
et vinitores in monlibus et in Carmelo : Ozias
avait des vignes et des vignerons sur les
montagnes et dans le Carmel, i. e. dans les
plaines fertiles. Amos. 1. 2. Exsiccatus ejus
verlex Carmeli :Le haut du Carmel deviendra
tout sec, i. e, les terres aussi fertiles que
le Carmel Mi(h. 7. 14. Nahum. 1.4. 4. R.-g.
10. i>.3. Isa. 10. 18. c. 16. 10. c. 29. 17. c. 32.
V. 15. 16. c. 33. 9. c. 37. 24. Jerem. 2. 7. c.
4. 26. Voy. Gharmel.
2° Tout ce qui est beau , grand, élevé. Isa.
10. 18. Gloria saltus ejus et Carmeli ejus, ab
anima usque ad carnem consumelur : La gloire
de ses forêts et de ses champs délicieux sera
consumée : tout périra depuis l'âme jusqu'au
corps; ce qui s'entend de la gloire de la
grande armée de Sennachérib, nombreuse
comme une forêt, et de l'élite de ses chefs
par rapport au mont Carmel, qui était élevé,
fertile et agréable à voir. C'est ainsi qu'on
peut interpréter, Cant. 7. 5. Capul tuum ut
Carmelus : Votre tête est comme le mont Car-
mel; Hebr. coccinum, est belle comme l'écar-
late : d'autres l'entendent de la coiffure de la
tête élevée et belle comme celte montagne.
Au reste, il paraît que la beauté de celte
montagne passait en proverbe, pour mar-
quer tout ce t]ui était beau, grand, élevé,
agréable à la vue. Voy, Gharmel.
Ville et montagne dans la tribu de Juda,
où Nabal avait ses biens. Jos. 12. 22. Rex
Jachanan Carmeli unus : Dans la terre que
les Israélites conquirent au delà du Jour-
dain, il y avait... un roi de Jachanan du
Carmel. c. 15. 55. 1. Reg. 15. 12. 2. Reg. 2.
2. c. 3. 3. etc.
CARMELITES, £, Heb. Agnus circumcisus.
Qui est de la ville de Carmel en la tribu de
Juda. 2. Par. 11. 37. Hesro Carmélites : C'é-
tait un des trente braves de l'armée de Da-
vid.
GARMELITIS, dis, Heb. idem. Qui est de
la même ville de Carmel. 1. Par. 3. 1. David
hos habuit filios... secundum Daniel de Abigail
Carmelitide : David eut ces enfauts-ci... lo
6SI
CAR
CAR
6^22
second Daniel d'Abigaïl de la ville doCarmel.
Elle avait élé femme de Nabal.
CARMEN, iNis. Ce mot, signiGant carde,
instrument à carder la laine, vient de carere,
pour carpere; signifiant une chanson, il vient
de casmen, dérivé de casno, pour cano, d'où
vient car/nen, changeant s en r, et signifie
proprement les vers, la poésie, opposée à la
- prose, une pièce de poésie, une ode, une
chanson, enchantement, carde, instrument
de cardeur; dans l'Ecr. :
1° Chant, chanson, air agréable («o-f/»);
d'où vient celte façon de parler, Eccl. 12. i.
Et obsurdescent omnes filiœ carminis : Sou-
>enez-vous de votre Créateur dès votre jeu-
nesse, avant que les filles de l'harmonie de-
viennent sourdes ; î. e. avant votre vieillesse.
Les filles de l'harmonie marquent les oreilles,
qui est le sens qui juge de l'harmonie ; celte
expression marque le temps de la vieillesse,
auquel l'ouïe s'affaiblit. Yoy. 2. Reg. 19. 35.
De là vient, Carmen musicum : Air de musi-
que, agréable à cause de ses accords. Ezech.
33. 32. Es eis quasi carmen musicum : Vous
êtes à l'égard des Juifs comme un air de mu-
sique. Dieu témoigne au prophète que le
peuple n'écoutait tous ses discours que pour
leur plaisir et pour se divertir, et non pour
s'en servir à se corriger. v.31.La métaphore
est tirée des airs et des concerts qui se
terminent uniquement à flatter les oreil-
les.
2° Cantiques, ouvrages de poésie, faits
pour chanter et publier la bonlé et la puis-
sance de Dieu (wo/j); d'où vient Carmina
Scripturarum : Les cantiques de l'Ecriture.
3. Reg. 4. 32. Eccli. 44. 5. Fuerunt carmina
ejus quinque millia : De cinq nulle cantiques
qu'a faits Saloaion, il ne nous en est que
Irès-peu resté, entre lesquels le plus excel-
lent de tous ceux qu'il a composés, est le
cantique appelé des cantiques. Non-seule-
ment Salomon, mais encore David et les au-
tres saints personn;iges de l'Ancien Testa-
ment en ont composé, tant pour chanter,
que pour jouer sur les instruments. Voyez
Canticum. Ainsi, 2. Esdr. 12. 45. in diebus
David et Asaph ab exordio erant principes
constituli cantorum in carminé laudantium :
Dès te commencement, au temps de David et
d'Asaph, il y eut des chefs établis sur les
chantres qui louaient Dieu par de saints
cantiques. Exod 15. 1. Num. 21. 17. 2. Rog.
22. 1. Par. 16. 35. Ainsi, Job. 35. 10. Ubi est
Deus qui frcit me, qui dédit carmina in nocte?
Où est le Dieu qui m'a créé, qui fiit que les
siens lui chantent pendant la nuit des canti-
ques d'actions de grâces? D'autres l'enten-
dent de la joie intérieure que Dieu donne
aux siens au milieu des persécutions qu'ils
souffrent pour sa gloire.
3' Instruments de musique, sur lesquels
on chantait les cantiques et \>s psaumes (Ja-
vof). P8.4.1. In finem, in carminibus : Psaume
de David qu'on doil chauler sur les instru-
ments de musiciue jusqu'à la fin des siècles ;
selon les Seplant<', qui doil être chanté parmi
les hymnes. Ps. 6. i. Ps. 53. 1. Ps. 54. t.
Hebr. in pulsationihus ; ces insirumeiils
étaient de ceux qui résonnaient en les tou-
chant et non en soufflant.
4° Prophétie triste et lugubre, en forme de
plainte faite sur le malheur de quelqu'un.
Ezech. 2. 9. Scriptœ erant in eo lamentatio-
nés et carmen et vœ : Il était écrit dans le li-
vre qui me fut présenté, des plaintes lugu-
bres, des cantiques et des malédictions; tout
ceci marquait les jugements terribles que
Dieu devait exercer contre les Juifs; d'autres
distinguent les plaintes lugubres, comme re-
gardant les réprouvés, à qui les exhortations
des pasteurs sont inutiles, des cantiques qui
regardaient les justes. Voy. Deut. 32. 36.
De là vient Lugubre canere, sous-entendu
carmen, publier une prophétie fâcheuse et
lugubre, prophétiser de grands maux à ve-
nir. Ezech. 32. 18. Cane lugubre super multi-
tudinem Mgypti: Prophétisez la ruine totale
des Egyptiens, se. par Nabuchodonosor et
par les Chaldéens. Mais Ezech. c. 27. 32.
Carmen lugubre, est pris pour les plaintes et
les marques qu'on donne de la part qu'on
prend aux malheurs dautrui. Assument su-
per te carmen lugubre :Touh ceux qui avaient
commerce avec vous feront sur vous des
plaintes lugubres; le prophète parle de la dé-
solation de Tyr.
5° Discours de piété, paroles de l'Ecriture.
Prov. 25. 20. Acetum in nitro qui canat car-
mina cordi pessimo .-Comme le vinaigre ai-
grit et donne plus de force au nitre; ainsi les
discours salutaires irritent davantage les
méchants et les obstinés : Si l'on entend ceci
d'une personne affligée, par le mot de cor
pessimum ou malum, selon l'Hébreu ; par le
mot carmina, on entendra un discours en-
joué ou quelque chanson gaie, qui impor-
tune ceux qui sont dans le deuil. Voy. Cin-
TARE.
CARNAIM, Heb. Duo cornua, ville forte
dans le pays de Galaad. 1. Mach. 5. v. 26. 43.
44. La même que Astaroth-Carna'im. Voy.
ASTAROTH.
C.\RNALIS. (T(x^y.tY.o;, o-âpxivof.De caro, et si-
gnifie :
1° Qui est d'une nature composée de chair
et d'os, corporel, sujet à périr. Esth. 14. 10.
Prœdicent carnalem regem in scmpiternum :
Les ennemis de votre peuple veulent fermer
la bouche de ceux qui vous lou'-nt, pour re-
lever à jamais un roi de chair et de sang.'
Esther demande à Dieu d'empêcher, pour
sa gloire, qu'Assuérus ne rende son nom
éternel, en exterminant la race des Juifs
qu'il avait toujours regardés pour son peu-
ple.
2° Temporel, ce qui regarde le corps et la
vie (xarà (7«/)xa). CoIoms.3. ±1. Servi, obedilc per
omnia dominis carn(dibus .-Serviteurs, obéis-
sez en tout à ceux qui sont vos maîires selon
la chair. L'Apôtre témoigne que le devoir
des serviteurs et des esclaves est d'obéir à
leurs maîtres en tout ce (|u'ils ont droit de
leur commander. Ephes. 6. 5.
3° Celui en qui la chair et la concupiscence
combattent, soit qu'il y résiste fortement.
Rom. 7. 14. Ego aulem carnalis sum: Pour
moi, je suis charnel, dit saint Paul: soit
6âiS
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
esi
qu'il y résiste faiblenicul et se laisse encore
aller à ses affections cliatnelles. 1. Cor. 3.1.
Non potui vobis .loqni quasi spiritualibus,
sed quasi carnalibus : Je n'ai pu vous parler
comme à des hommes spirituels, mais com-
me à des personnes charnelles, v. 2. 3. Tous
les hommes charnels ne sont point exclus du
royaume de Dieu; il ne faut point en déses-
pérer; mais il faut les ménager, pour les
faire avancer. Non tamen desperandi, sed nu-
triendi. Aug. in Ps. 38.
4° Charnel, qui part de la concupiscence,
qui excite les passions déréglées, opposé à
spirituel. î. Petr. 2.11. Obsecro vos tamquam
(ulvenas et peregrinos abstinere vos a carnali-
bus desidcriis : Je vou^ exhorte, mes bien-
aimés, de vous abstenir, comme étrangers et
voyageurs que vous êtes, des désirs charnels.
Jud. V. 23.
5° Charnel , humain , qui est selon les
maximes du monde. 2. Cor. 1. 12. In simpli-
cllale cordis... et non in sapientia carnali con-
tersati sumus in hoc mundo : Nous nous
sojnmes conduits en ce monde avec une sim-
plicité de cœur et une sincérité de Dieu, non
dans la s<igesse de la chair. Saint Paul op-
pose sa conduite à celle des faux apôtres,
qui était toute charnelle, en ce qu'ils ne re-
cherchaient que leurs intérêts et leur propre
gloire, c. 10. i. Arma militiœ nostrœ non car-
nalia sunt : Les armes de notre milice ne
sont point charnelles ; i. e. nous n'employons
point la prudence humaine, les belles paro-
les, la tromperie ou la violence pour gagner
les âmes à Dieu.
6" Qui doit Onir, mortel, périssable. Hebr.
7. 16. Non secundum legem mandati carnalis
faclus est, sed secundum virtutem vitœ indis-
solubilis : Jésus -Christ n'est point établi
prêtre par la loi d'une succession char-
nelle, mais par la puissance de sa vie immor-
telle.
7' Ce qui regarde les nécessités et les com-
modités de la vie, les biens temporels néces-
saires à la vie. 1. Cor. 9. 11. Si nos vobis
spiritualia seminavimus, magnum est si nos
carnalia vestra metamus? Est-ce une grande
chose que nous recueillions queliiue fruit
de vos biens temporels? Rom. 15. 27,
8° Docile, obéissant. 2. Cor. 3. 3. Epistola
estis Cliristi... scripta... non î'n tabuiis lapi-
deis, sed in tabuiis cordis carnalibus : Vous
êtes la lettre de Jésus-Christ qui est écrite,
non sur des tables de pierre, mais sur des
tables de chair, qui sont vos cœurs. Le saint
apôtre loue les Corinthiens de leur docilité
cl de leur obéissance à l'Evangile et à ce que
Dieu demandait deux; au contraire, cor la-
pideum, le cœur endurci n'est point soumis
à la loi ni à la volonté de Dieu. Ezech. 11,
19.
CARNEUS , A, UM, aap.tvo?. De caro , el si-
gnifie:
1° Qui est de chair, de là vient cette expres-
sion, oculi carnei, des yeux de chair, ce qui
se dit de celui qui juge des choses selon ce
qui paraît seulement à l'extérieur, et sans
examiner le fond et les raisons d'une cause.
Job. lu. k. Numquid oculi carnei tibi sunt ?
Avez-vous des yeux de chair, i. e. jugez-
vous des choses comme font I • plus sou-
vent les hommes par l'extérieur seule-
ment ?
2° Qui est faible et sans force. 2. Par. 32. 8.
Cum illo est brachium carneum; nobiscum
Dominus Deus noster : Toute l'armée qui est
avec Sennachérib n'est qu'un bras de chair ;
mais nous avons avec nous le Seigneur notre
Dieu, dit Ezécbias à tout le peuple de Jéru-
salem assemblé.
3° Tendre, flexible, docile; Ezech. 11. 19.
Auferam cor lapideum de carne eorum, et dabo
eis cor carneum : J'ôlerai de la chair des Is-
raélites le cœur de pierre, et je leur donne-
rai un cœur de chair. Voy. Carnalis, 8°.
CARMFEX, icis. De caro, carnis et de fa-
cere, qui signifie aussi, conficere , consu"
mère.
Bourreau, qui met à mort en exécution de
sentence portée contre quelqu'un déclaré
comme criminel (5»i/xio,-) ; mais il se dit au-^si
figur. d'un homme cruel, inhumain, qui aime
à répandre le sang. 2. Mach. 7. 29. Jta fiet
ut non timeas carnificem istum : Comprenez
bien que Dieu a créé tout le reste du monde,
aussi bien que tous les hommes, et ainsi
vous ne craindrez point ce cruel bourreau,
dit la mère des Machabées, exhortant le der-
nier el le plus jeune de ses enfants à souffrir
généreusement la mort à l'exemple des six
autres enfants.
CARNION. Un fort imprenable dans la
demi-tribu de Manassé au delà du Jourdain.
2. Mac. 12. V. 21.26. Judas Machabée prit ce
fort et y tua trente mille hommes.
CARO, Ms, (rà/;; , y.ôç, du grec x^£«f, par
une transposiiion assez commune, comme
de viiTzxi se fait rapax, etc., el signifie pro-
prement :
De la chair des animaux qu on tue pour
manger ; il se dit aussi de la chair vive des
hommes et des bêtes, el se dit improprement
des poissons, des fruits, des racines; dans
l'Ecriture :
1° Chair, tout animal en général. 1. Cor.
15. 39. Non omnis caro, eadem caro; sed alia
quidem hominum, alia vero pecorum, alia vo-
lucrum, alia autem piscium : Toute chair
n'est pas la même chair, etc.
2° Chair d'animal mort , l'animal mort.
Exod. 29. li. Carnes vero vituli... combures
foris : Vous brûlerez dehors et hors du camp
toute la chair du veau, se. après avoir été
sacrifié. Voy. v. 11. Levit. 14. 11. Reg. 17.
U. Ps. 78. 2. etc.
3° Chair, partie du corps d'un animal vi-
vant. Luc. 24. 39. Spiritus carnem el ossa
non habet : Un esprit n'a ni chair ni os,
comme vous voyez que j'ai, dit Jésus-Christ
aux onze apôtres, qu'il voulait persuader
que c'était lui-même qu'ils voyaient et non
un esprit. Voy. v. 37. 40. 41. Gen. 2. 21.
Exod. 4. 7.
4° La peau, prise pour la chair très-maigre,
abattue el mince , d'un corps vivant. Ps. 101.
6. A voce gemitus mei adhœsit os meum carnt
meœ : A force de gémir et de soupirer, je n'ai
plus que la peau collée sur les os.
w
625
CAR
5» La lête, la chair de la lête. Job. 4. 15.
Inhorruerunt pili carnis meœ : Les cheveux
de ma tête se dressèrent, se. à la vue d'un
spectre. Voy. v. 16.
6° Les parties naturelles de l'homme qui
servent à la propagation. Gen. 17, 11. Cir-
cumcidetis carnem prœputii vestri . Vous cir-
concirez voire chair; celte circoncision dans
Abraham et tous ses enfants mâles, était le
signe de l'alliance qu'il faisait avec Dieu. v.
13. li. A.insi , Rom. 2. 28. Neque quœ in
tnanifesto, in carne, est circumcisio : La vé-
ritable circoncision n'est pas celle qui se
voit dans la chair, mais celle du cœur, se. le
retrancheinent des passions et des dérègle-
ments de l'âme. Goloss. 2. 11. Ephes. 2. 11.
Ainsi, Ezech. 16. 26. Fornieata es ciim filiis
Mgypti vicinis tuis magnarum carnium :
Vous vous êles prostituée aux enfants de
l'Egypte qui sont vos voisins el qui ont de
grands corps ; le prophète représente ici les
alliances illicites et criminelles qu'ont faites
les Juifs avec les Egyptiens, capables de les
porter à l'impureté, et le terme mngnurum
carnium, peut ûgurer les richesses et la puis-
sance des Egyptiens, qui portaient les Juifs
à s'attacher à eux et à leur idolâtrie, qui est
souvent figurée par la fornication. Ce qui est
encore exprimé par ces termes, c. 23. 20.
Quorum carnes sunt ut carnes asinorum,
pour marquer leur prodigieux attachement
à l'idolâtrie.
7° Le corps entier, distingué de l'âme. Ps.
15. 9. Caro mea requiescet in spe : Ma chair,
c'est-à-dire, mon corps se reposera dans l'es-
pérance. Gènes. 2. 2i. Ephes. o. 31. Erunt
duo in carne una ; Gr. in carnem imam : De
deux qu'ils étaient, savoir : l'homme et la
femme, ils deviendront une même chair; le
mari et la femme ont droit sur le corps l'un
de l'aulre, comme s'il leur était propre, en
ce qui regarde le devoir conjugal. Ephes. 5.
29. etc. d'où vient, carnis resurreclio:
§ 1. — Tous les animaux en général, tant
l'homme même que tous les autres animaux
(avec'.JTrof). Gen. 6. 13. Finis universœ carnis
venit coram me : J'ai résolu de faire périr
tous les hommes et lous les animaux, dit
Dieu à Noé, résolu de répandre sur la terre
les eaux du déluge. Voy. 7. 22. Ainsi, v.
17. 19. c. 7. V. 15. 21. c. 8. 17. c. 9. v. 11.
15, 17. Levil. 17. 11. Num. 16, 22. etc. Mais,
Eccli. 17. 4. exc'ul l'homme : Posuit timo-
rem illius super omnem carnem : Dieu a fait
craindre l'homme de toute chair, i. e. de
tous les animaux.
§ 2. L'homme, son corps, comme vivant
el animé, la personne «nêtne {(T'7)u.y.). Levit.
19, 28, Super morluo non iuci'letis carnem
ve^tram : Dieu défend aux Juifs de faire d'in-
cisions dans Irur corps, pour hoi\orer les
moris, comme faisaient les idolâtres dans
leur deuil et leurs fiénilcnce». Voy. Jerem,
16, 6, 3. Reg. 18. 28. Ainsi, Gen. 2. 24. Job.
14. 22. Caro ejus dum vivet , dolcbil : La
chair de l'homme pendant (fn'il vivra, sera
dans la douleur. Exod. 22. 27. Ps. 37. 4, 8.
Ps. 62. 2. elc.
i^ 3. L'homme, soit en général, les hommes
CAR au
de toutes les nations. Gen. 6. 12„ Omnis
guippe caro eorruperal viam suam : La vie
de tous les hommes était devenue toute cor-
rompue. Celte corruption attira le déluge.
V. 13. Deut. 5. 26. Ps. 55. 5. Ps. 64. 3, Malth.
24. 22, Marc, 13, 20, Joan, 3. 6. c. 17, 2.
Rom. 3. 20. 1, Cor, 1. 29, Gai, 2, 16. 1.
Petr. 1. 24. etc. Ainsi, tous ceux que Dieu
a appelés à la foi. Isa. 40. 5. Joël. 2. 28.
Act. 2. 17. Juifs ou Gentils sans distinction;
soit qu'il s'entende avec quelque restriction;
tous les sujets de quelque état, tous les
Juifs, la nation des Juifs, les habitants de
Jérusalem. Eccli. 46. 22. Pecunias et usque
ad ealceamenta ah omni carne non accepit .
Samuel à la fin de sa vie protesta devant
les Juifs qu'il n'avait jamais rien pris de qui
que ce soit, ni argent, ni jusqu'à un cordon
de soulier. Jerem. 12. 12, Malth. 24. 22.
Marc. 13. 20. Ainsi, Dan, 4. 9. Ex eâ vesce-
balxir onmis caro . Tout ce qui avait vie
trouvait sous cet arbre de quoi se nourrir;
i. e. tous les peuples soumis à Nabuchodo-
nosor représenté par cet arbre, Voy. v, 19.
§ 4. L'homme considéré, selon son état
naturel, ses lumières et ses affections natu-
relles, auquel sens se trouve, Malth. 16, 17,
Caro et sanguis non revelavit tibi : Ce n'est
point la chair et le sang qui vous ont révélé
que je suis le Christ Fils du Dieu vivant,
dit Jésus-Christ à saint Pierre, Joan, 3. 6.
Gai. 1. 16. Ainsi, 1. Cor. 15, 50. Caro et san-
guis regnum Dei non possidebunt : L'homme
mortel et sujet à la corruption, est incapable
de l'état des bienheureux. Voy. Exod, 33.
20. 2, Cor. 10. 3. Hebr. 2. 14. Mais 'Eccli.
17. 30. marque l'homme selon ses affections
corrompues, Quid nequius quam quod exco-
gitavit caro et sanguis? Qu'y a-t-il de plus
corrompu que ce que pense la chair et le
sang? Ephes, 6. 12. Caro marque le monde,
et nous-mêmes , en tant que nous avons à les
combattre,
§ o. L'homme considéré selon sa fragilité,
sa condition mortelle, et sujette à toute sorte
de misères, Jerem. 17. 5. Maledictus homo,
qui confidit in liomine, etponit carnem bra-
cfiiwn suum; Maudit est l'homme qui met sa
confiance en l'hoiiame, qui se fait un bras
de chair. Voy. Brachium. Job. 6. 12. Ps. 77.
39. Eccl. 5. 5. Malth. 26. 41. Marc. 14. .38.
Joan. 3. 6.
§ 6. Le vieil homme, l'homme charnel,
en tant qu'il est remué par les passions, la
concupiscence el le péché. Gai. 5. 17. Caro
enim concupiscit adversus spirilum : La chair
a des désirs contraires à l'esprit. L'Apôtre
oppose les mauvais désirs do la chair aux
samls mouvements que l'esprit do Dieu in-
spire. V. 13. 16. c. 6. 8. Gen. 6. 3. Joan. 1.
13. c. 2. 16. c. 3. 6. Rom. 7. 18. elc. Ainsi:
In carne esse, secundum carnem esse, se-
cundum, ou post carnem ambulare. Suivre
les alTeelions déréglées de la concupiscence.
Rom. 7. 5. Cum enim essemus in carne : Lors-
que nous étions soumis à la chair, les pas-
sions des péchés irritées par la loi, agissaient
dans les membres de notre corjis. c. 8. 1.
Qui non secundum carnem ambulant : Ceux
6Î7
IICTIO.NNAIRF. DE PHILOLOGlt: SACUlilE.
B'^S
qui ne marchent point selon la chair, v. 4.
Ainsi : v. 5. Qui secundum carnem sunt :
Ceux qui vivent selon la chair. 2. Pelr. 2.
10. Qui post carnem in concupiscenlia im~
munditiœ ambulant : Ceux qui pour satisfaire
leurs désirs impurs suivent les mouvements
de la chair : dans ce sens l'âme, selon la
partie inférieure, est appelée chair. Gai. 5.
19. Manifesta sunt autem opéra carnis : Les
œuvres de la chair sont aisées à connaître;
savoir : la fornication, l'impureté, etc. Voy.
Matth. 15. 19. A quoi se peut rapporter piti-
guedo carnis, la graisse, la vigueur du corps,
pour marquer la gloire et la force dont
l'homme se flalte et se glorifie. Isa. 17. k.
Attenuabitur gloria Jacob, et pinguedo cornis
ejus marcescet : La gloire de Jacob se flétrira,
et la vigueur de son corps tombera dans l'af-
faiblissement et dans la maigreur. Le Pro-
phète prédit la ruine du royaume florissant
des dix tribus.
§ 7. Le corps, l'humanité de Jésus-Christ,
considérée comme unie au Verbe élernol
Joan. 1. 14. Et Vcrbum caro factum est :
Le Verbe a été fait chair. Act. 2. 31. Rom.
1. 3. c. 8. 3. Eph. 2. 14. 1. Tim. 3. 16. Heb.
10. 20. 1. Pe<r. 3. 18. 1. Joan. 4. 2. 2. Joan.
7. d'où vient Joan. 6. 64. Caro non prodest
quidquam : La chair ne sert de rien ; Jésus-
Christ voyant que plusieurs de ses apôtres
trouvaient dur qu'il eût dit que sa chair
était véritablement une viande, v. 56. 61.
leur assure ici que la chair seule considérée
en elle-même, ne pouvait donner la vie;
niais que sa chair, qui est unie au Verbe
éternel, étant reçue clignement, produit la
vie éternelle. Ainsi le corps de Jésus-Christ,
reçu dans l'Eucharislie, Joan. 6. 56. Caro
mêavere est cibus : Ma chaire est véritable-
ment viande; se. le corps de Jésus-Christ,
reçu avec les dispositions nécessaires, est
une véritable nourriture, qui donne la vie.
V. 52. 54. 55.
§ 8. Parenté, alliance par le sang, les
parents'mêmes. Judic. 9. 2. Considerate quod
os vestrum et caro vesira sum : Considérez
que je suis volre chair et votre sang.
Abimelech fit faire cette remontrance aux
habitants de Sichem, par les parents de sa
mère pour se faire établir roi. Voy . v. 6.
Isa. 9. 20. Unusquisque carnem brachii sui
rorabit : Chacun dévorera la chair de son
bras ; i. e. chacun sera ennemi mortel de
ses frères et de ses plus proches : ce qui
arriva au temps que Salmanasar vint rava-
ger la Judée, c. 58. 7. Gen. 2. 23. c. 29. 14.
c. 37. 27. Levil. 18. v. 12. 13. 17. 2. Ueg.
5. 1. etc. Ainsi, 2. Cor. 5. 16. Si cognovimus
secundum carnem Chrislum : sed nunc jam
non novimus : Si autrefois nous avons connu
Jésus Christ selon la chair, maintenant nous
ne le connaissons plus de la sorte : ici con-
naître Jésus-Christ selon la chair, c'est se
vanter qu'il est sorti de la même nation que
nous.
§ 9. Manière naturelle et ordinaire de
naître, la naissance même : d'où vient : 5e-
eiindiim carnem in carne. Epiph. 2. 11. Ali-
fiuando vos gentes in carne ; Vous étiez autre-
fois Gentils par* votre origine et votre nais-
sance. Gai. 4. 29. Qui secundum carnem natus
fuerat, persequebatur eum qui secundum spi~
ritum : Ismaël, qui était né selon la chair,
persécutait Isaac qui était né selon l'Esprit.
Selon la chair; i. e. selon le cours ordinaire
de la nature. Ainsi, Filii carnis : Ceux qui
sont nés par la voie ordinaire. Rom. 9. 8.
Non qui filii carnis, i. e. secundum carnem,
hi filii Dei : Les enfants d'Abraham selon la
chair, ne sont pas pour cela enfants de Dieu,
c. 4. 1,
§ 10. Les qualités et les avantages exté-
rieurs, qui donnent sujet de se glorifier ,
l'extérieur : Philipp. 3. v. 3. 4. Quanquam
ego habeam confidentiam et in carne: si quis
alius videtur confidere in carne, ego magis :
Ce n'est pas que je ne puisse prendre moi-
même avantage de ce qui est charnel, et si
quelqu'un croit le pouvoir faire, je le puis
encore plus que lui : ces avantages de la
chair sont marqués, v. 5. Ainsi, 2. Cor. 5.
16. Nos ex hoc neminem novimus secundum
carnem : Nous ne connaissons plus personne
selon la chair. Saint Paul témoigne qu'il ne
fait plus de cas de la noblesse, des biens de
fortune , ni même des qualités naturelles
Voy. 8°. Ainsi, c. 11. 13.
§ 11. Ce qui regarde la vie présente, ou
les affaires du monde. 1. Cor. 1. 26. Non
multi sapientes secundum carnem ; De ceux
que Dieu a appelés, il y en a peu de sages
d'une sagesse de la chair ; i. e. qui soient
en réputation de grande science , ou qui
soient de grande réputation dans le monde,
c. 7. 28. Tribulationem tamen carnis habe-
bunt hujusmodi : Quoique ceux qui se ma-
rient ne pèchent point, cependant ils ressen-
tiront les afflictions de la chair; i. e. de la
vie présente. 2. Cor. 10. 3. Philem. v. 16.
§ 12. Les cérémonies, ou les œuvres qui
regardent la loi ancienne. Rom. 4. 1. Quid
dicemus invenisse Abraham secundum car-
nem? Quel avantage dirons-nous donc qu'a
eu Abraham, notre père selon la chair; i. e.
par la circoncision? Gai. 3. 3. Sic stulli estis
ut cum Spirilu cœperitis , nunc carne con~
summemini? Etes- vous si insensés, qu'après
avoir commencé par recevoir les dons du
Saint-Esprit, vous finissiez par les œuvres
et les cérémonies de la loi ? c. 6. 12. Hebr.
9. 10.
CARO, joint avec différents verbes. Carnes
alicujiis comedere, manducare, devorare, etc.
Manger la chair de quehiuun, c'est le traiter
cruellement, se jeter sur lui pour le perdre,
faisant allusion aux bétes farouches. Ps. 26.
3. Appropiant super me nocentes, ut edant
carnes meas : ceux qui me veulent perdre,
sont prêts de fondre sur moi, comme pour
dévorer ma chair; i. e. pour m'attaqucr, et
dans l'inlontion de me détruire. Mich. 3. 3.
Zach. 11. 9. Apoc. 17. 16. c. 19. 18. Ainsi,
Tollere carnem alicujus desuper : Oler à quel-
qu'un la chair de dessus les os , i. e. exercer
sur lui une cruauté et une tyrannie. Mich.
3. "2. Toliitis pelles eorum desuper eis, et car^
nem eorum desuper ossibus eorum : Vous
arrache? aux pauvres jusqu'à leur peau, et
629
CAR
CAR
C50
vous leur ôtez la chair de dessus les os. Dieu
parle aux chefs et aux magistrats des Juifs,
qui les opprimaient. Jac. 5. 3. JErugo eorum
in testimoniutn vobis erit, et manducabit car-
nes vestras sicut ignis : La rouille de l'argent
que vous cachez, s'élèvera en témoignage
contre vous, et dévorera votre chair; i. e.
sera cause que vous serez éternellement dé-
vorés par le feu de l'enfer. Mais, Solurari
carnibus alicujus : Etre rassasié des chairs
de quelqu'un , signifie : 1° Etre rassasié des
mets (jui sont servis devant quelqu'un. Job.
31. 31. Quis det de cnrnibiis ejus ut sature-
mur? Qui nous donnera de s;i chair, afln que
nous en soyons rassasiés? Les serviteurs de
Job souhaitaient de mangtr des mets qui
étaient servis devant leur maître, ce qu'ils
ne pouvaient obtenir à cause de sa grande
charité pour les pauvres et les étrangers.
Voy. Satiirare. 2°. Déchirer quelqu'un de
paroles oulrageuses, jusqu'à ce qu'on soit
content. Job. 19. 22. Quare... carnibus meis
saturamini? Pourquoi vou-s plaisez- vous à
vous rassasier de ma chair; à me déchirer
par vos médisances et vos calomnies? Ainsi:
Comedere carnem suam; i. e. se ipsutn. Se
consumer jusqu'à mourir de faim. Eccl. k.
5. Stullus compHcat manus suas, et comedit
carnes suas : L'insensé met ses mains l'une
dans l'autre, et il mange sa propre chair;
i. e. il consume ses biens, et se réduit à la
dernière pauvreté , en sorte que n'ayant
plus rien du tout à vivre, il ne subsiste plus
que de la propre substance de son corps,
jusqu'à ce qu'elle soit toute consumée : ce
qui se peut aussi entendre de l'ennui et du
chagrin dont il est ronge. Ainsi :
Lacerare carnes suas dentibus. Se tourmen-
ter, s'afnig( r extrêmement. Job. 13. li. Quare
lacero carnes meas dentibus meis? Pourquoi
déchiré-je ma chair avec mes dents ? i. e.
si Dieu n'afflige que ceux qui sont tout à fait
méclKinls , pourquoi in'alflige-t-il de telle
manière que je serais presqu'en état comme
un forcené, de me délaJre moi-même? ou,
selon d'autres, puisque je perdrai plutôt la
vie que l'espérance que j'ai en Dieu, pour-
quoi me croyez-vous à un tel éta'. de déses-
poir que de vouloir me défaire moi-même?
Vetuslam facere pellein et carnem alicujus.
Mater, dessécher qui-lqu'un à force de le
tourmenter. Thren. 3.k. Vetustam fecit pel-
lem nieam, et carnem meam : Le Seigneur a
fait vieillir ma peau et ma chair. Ici le Pro-
phète, figurant tout le peuple juif, prouve
par celle expression, combien la main de
Dieu él.iil appesantie sur tout le peuple, à
cause de ses péchés.
Carnem suam crucifigere. Crucifier sa chair,
mortifier et réprimer sa concupiscence. Gai.
o. 2i. Qui aulem sunl Christi, carnem suam
cruci fixer unt cum viliis et concupiscentiis :
Ceux qui sont à Jésus-Chrisl, ont crucifié
leur chair avec leurs vices et leurs désirs dé-
rfcj;lcs.
CARPENTARIUS, ii. De carpentwn, cha-
riot, peu usité chez les Latins : dans l'Ecr.:
Charpentier, ou iiilendinl des ouvrages
Ce charpentier 1. Par. 9. Li. Hacharar quoguc
carpentarius (LXX xai kpriç) : Bacbacar char-
pentier : comme les Lévites n'exerçaient point
de métiers, le mot de charpentier est pris ici
ou pour le surnom de Bacbacar, ou pour
marquer qu'il avait l'intendance sur les
charpentiers du temple.
CARPENTARIUS, a, um. Qui appartient
aux ouvrages de menuiserie (àp-/jrsy.ro-Ay.) .
Exod. 35. 33. Implevit Dominus Beseleel spi-
ritu Dei... ad excogitandum et fnciendum
opus in aura... sculpendisque lapidibus, et
opère carpentario : Le Seigneur a rempli
Bescléel de l'esprit de Dieu, pour inventer
et pour exécuter tout ce qui se peut faire
en or... dans la sculpture des pierres, et
dans tous les ouvrages de menuiserie.
CARPENTU.M. De carpere, pris pour scin-
dere, parce que ces chariots étaient faits de
bois coupés, et signifie :
Chariot. 2.Reg.l2. 31. Circumegit super eos
ferruta carpenta : David fit passer sur les
habitants de Rabbath des chariots avec des
roues de fer. Tous ces supplices furent exé-
cutés en punition de l'insulte que recul
David, c. 10. 4. 1. Par. 20. 3.
CARPERE. De carpus, (|ui signifie la join-
ture de la main, et signifie prendre, cueillir
avec la main, effleurer, entamer, diviser,
blesser: dans lEcrilure.:
1° Prendre, cueillir. Levit. 19. 10. Paupe-
ribus et peregrinis carpenda dimittes : Vous
laisserez prendre aux pauvres et aux étran-
gers dans vos vignes les grappes qui restent,
ou les grains qui tombent. Job. 8. 12. Ainsi
se dit improprement,
Carpere iter. Prendre son chemin, mar-
cher, voyager. Judic. 29. 14. Cœpium carpe-
bant iter : Le serviteur du léviie de la mon-
tagne dEphraïm et son maître continuèrent
leur chemin ; ils passèrent la ville de Jebus
sans y entrer, pour venir coucher à Gabaa.
2° Paître, brouter. Gen. 41. 18. In pastu
paludis vireta carpebant : Les sept vaches
grasses que Pharaon vil en songe paissaient,
ce lui semblait, dans des marécages. Num.
22. k. Voy. Bos.
CARPUS , I. Gr. Kâpnoç. Celui chez qui
saint Paul avait laissé son manteau à Troade.
2. Tim. '*. 13.
CARRUCA, JE. Ce mot se dit, ce semble,
pour curruca, comme carrus vient de cur-^
rus, et signifie :
Chariot dont se servaient anciennement
les gens d'honneur. Isa. 66. 20. Adduccnt
omnes fratres vestros... in carrucis, ad mon-
tcm sanctum ; Ceux (jue j'enverrai feront ve-
nir tous vos frères de toutes les nations...
sur des chariots, à ma montagne sainte de
Jérusalem. Le prophète prédil que la voca-
tion des gentils à l'Eglise se fera avec une
prompte diligem e,* et par toutes sortes de
moyens convenables.
CARRUS, I. uuu^y., de currus , et signifie :
Char, chariot. Eccli. 33. 5. Prœcordia fatui
guasi rota carri : Le cœur de l'insensé est
comme la roue d'un chariot, se. par l'in-t
constance et la volubilité de son esprit.
CARTALLUS,i,ouGARTALLUM,/«î/>T«>X*f
De careclum :
CSi
DICTlOiNNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
65S
Panier, corbeille d'osier. Deut. 26. 2, Toi^
les de cuncds frugibus luis primitias , et po~
nés in carlallo .-Vous prendrez les prémices
de tous les fruils de la terre et les mettrez
dans un panier; c'était pour les offrir à Dieu.
Voy. \. 4. 10. Ainsi, Jerem. 6. 9. Couverte
manum tuam quasi vindemiator ad cartallum:
Retournez, sentredironl les vendangeurs,
ol mettez dans votre panier ce que vous
trouverez de reste. Ceci est une figure de ce
que firent les Babyloniens, qui vinrent plu-
sieurs fois contre la Judée, et qui en emme-
nèrent les captifs à plusieurs fois ainsi que
les dépouilles.
CARTHA, .E. Heb. Civitas. Ville de la tribu
de Zabulon, donnée en partage aux lévites
de la famille de Mérari. Jos. 21. 34. Il y en a
qui croient que c'est la même que Ceseleth-
Thabor. Jos. 10. 22. Voy. Thabor.
CARTHAGINENSIS. Carthaginois, qui est
dcCarthage, ville d'Afrique. Ezech. 27. 12.
Carthaginenses ( Hebr. Tharsis ; contempla-
tio gaudii) negotiatores lui : Les Tyriens tra-
fiquaient avec les Carthaginois , qui étaient
une colonie de Tyr et do Sidon.
CARTnAN, Heb. Civitas. Ville de la tribu
dcNephthali, qui tomba en partage aux lé-
vites de la famille de Gerson. Jos. 21. 32.
Voy. Cariathaim.
CARTILAGO, inis. De caro , carne, car-
nilago : de là se fait carlilago, et signifie :
Cartilage, partie du corps la plus dure
après les os ( p^x^; ). Job. *0. 13. Cartilage
illius quasi laminœ ferreœ: Les cartilages de
l'éléphant sont comme des lames de fer; j. e.
très-dures.
CASA, m. De l'hebr. noD casa y qui signi-
fie tegere, couvrir.
Case , cabane , tente ( (r/rr^v ). Sap. 11.2.
Jn iQCis desertis fixerunt casas : Par le se-
cours de la ??.ge5se les Israélites onl marché
par des lieux inhabités, et ils ont dressé
leurs lentes dans les déserts.
CASAIA, Heb. Z>Mri7 m. Lévite, père d'E-
tam, de la famille de Mérari. 1. Par. 15. 17.
CASALOTH. Ville de la tribu d'Issachar.
Jos. 19. 18.
CASBON, Heb. Numeratio. Ville de la Ga-
laadite, dans la tribu de Gad. 1. Mac. 5. 36.
CASÉD, Heb. Quasi dœmon. Fils de Na-
clior. Gen. 22. 22. C'est lui qui a donné le
nom aux Chaldéens. Hieron. Tradil. Hebr.
in Gène. Cased quartus est a quo Chasdim;
i. e. Chaldœi postea vocati sunt. Ainsi c'est
par aniicipalion que la ville d'Ur est appe-
iéo Ur-Chaldœorum. Gen. 11. 3i,
CASEUS, I. yàla , xTof. De coeo ou coago,
assembler, parce que le fromage n'est autre
chose qu'un lait qui se prend à force de vieil-
lir et de le g nder. C'est dans ce sens qu'il se
trouve dans Job. 10. 10. Nonne... et sicut
cascum me coagulasli ? Ne m'avez-\ ous pas
fait d'abord... et comme un lait qui s'épais-
sit et qui se durcit; i. e. dans le sein de la
mère ; et signifie proprement :
Fromage.'l: Rcg. 17. 18. Decem formellas
casei hns défères ad tribunum, et fratres tuas
visilabis : Portez ces dix fromages pour le
n)cslrc de camp de vos frères ; voyez com-
ment vos frères se portent, dit Isaïe à sou
fils David.
CASIA, xa(T(7î«. Ce mot signifiant une plante
très-agréable aux abeilles, vient de ce que
son odeur a quelque rapport à la plante aro-
matique, nommée casse ou cannelle ; étant
pris pour celte même plante, nommée can-
nelle, il vient de canna, parce que son
écorce ressemble assez au roseau : dans l'E-
criture:
Plante aromatique, que quelques-uns
croient être l'ambre, d'autres la cannelle,
dont il entrait cinq cents sicles pesant dans
la composition que Dieu ordonna à Moïse
de faire pour en oindre l'arche et les vases
sacrés, et pour en consacrer le grand-prêtre
Aaron et ses enfants. Exod. 30. 24. Casiœ
autem quingentos siclos in pondère sanctuarii.
V. 25. etc. Ainsi David parlant de Jésus-
Christ, dit, Ps. 44. 9. 3Iyrrha, et gutta, et
casia a vestimentis tuis, a domibus eburneis :
11 sort de vos habits et de vos maisons d'i-
voire une odeur de myrrhe, d'aloës et de can-
nelle. Il le compare à un roi dont les habits
sont parfumés, et ce parfum marque l'odeur
de ses vertus, par lesquelles il attire toutes
les nations à l'observation de sa loi.
GASIS, ou VALLIS CASIS, Heb. Concisio.
Plaines de la tribu de Benjamin. Jos. 18. 22.
Voy. Vallis. Le mot Casis signifie toute
sorte de plaine ou vallée, de Kilsets, ampu-
tare.
CASLEU, Heb. Spes ejus. Neuvième mois,
qui répond à notre mois de novembre et dé-
cembre. 2. Esdr. 1. 1. Zach. 7. 1. Quarta
mensis noni qui est Casleu. i. Mac. 1. 57. c.
4. 52. etc.
CASLUIM, Heb. Tegumentum tabularum.
Peuples voisins de l'Egypte, descendants de
Mesraïm, desquels sont sortis les Philistins
eî les Capbtorius, sont, selon Bochart, I. 4.
31. les Colches. GeiU 10. .14, 1. Pai. 1. 12.
Voy. Chasluim.
GASPHIN, Heb. Argentaria. Ville de Pa-
lestine du côté de l'Arabie. 2. Mac. 12. 13.
Aggressus est eivilalem quamdam firmam... rui
nomen Casphin : Il attaqua une bonne place
nommée Casphin. Adriconius la met dans la
tribu de Dan, près de Jamnia.
CASPHOR, Heb. Argent eus. Ville de la
tribu de Gad. 1. Mac o. 16. Quelques au-
teurs croient ijue c'est la même que Casbon.
Voy. Casbon.
CASSlA, Gr. y.v.Ti-/., Nom de la seconde fille
qu'eut Job depuis son rétablissement. Job.
42. 14. Vocavit nomen secundœ Cassiam : Ce
nom lui fut donné à cause de sa beauté ex-
cellente ou de sa vertu, comme ce parfum
était exquis et fort précieux chez les Orien-
taux. Voy. Casia.
CASSIDILE, is. De cassis, qui signifie rels,
filet; et dans l'Ecriture :
Sac ou poche fait en forme de rets. Tob.
8. 2. Proluiit de cassidili suo partent jecoris:
Le jeune Tobie étant entré au lieu où était
Sara, fille de Raguol, tira do son sac uno
partie du foie du poisson, et la nïit sur dos
charbons ardents. Voyez-en l'usage, c 6. 19.
CASSIS, iDis. Ce nom pris pour yi/fa,
633
CAS
CAS
654
casque, est toscan, et, ce semble, comme
qui dirait carassis, de xâp«, caput : dans l'E-
criture :
Casque {Tzepi7(ef<xl«ioi.). 1. Reg. 17. 5. Cassis
œrea super caput ejus : Goliath portait sur la
tête un casque d'airain.
CASSUS, A, DM. De careo, et signifie :
Vain, qui n'a qu'une vaine et fausse appa-
rence, inutile, de nul effet. 1. Reg. 19. 10,
Lancea autem casso culnere perlata est in pa-
rietem : Le dard, sans blesser David, alla
donner contre la muraille. Saùl, en le lan-
çant, tâchait de l'en percer. Éccl, 2, 26,
Casso sollicitudo mentis : Tous les soins d'a-
masser sans cesse du bien, est un tourment
inutile de l'esprit pour le pécheur qui les
amasse. Ezcch. 13. 7, Numquid non visio-
nem cassam vidistis ? Les visions que vous
avez eues ne sont-elles pas vaines? Les faux
prophètes flattaient malicieusement les Juifs,
que la désolation de la Judée parles Chal-
déens ne leur arriverait pas, contre la pro-
phétie qu' en faisait le prophète Ezéchiel.
Ainsi, c, 12. 2i,
CASTELLUM, i. Diminutif de castrum, et
signifie proprement château : dans l'Ecri-
ture :
1° Place forte, château ( oh.-ni7iç ) , 2. Par,
27. 4.., Mdificavit.., et in saltibus casteU.a et
turres : Joalham fil bâlir des châteaux el des
tours dans les bois. Num. 31. 10. Judith, 2.
12.
2° Bourg, village ( xw^z»? ). 1. Mach, 7.
46. Exierunt de omnibus castellis : Au son
des trompettes qui avertissaient derrière
l'armée de Judas de la victoire remportée
sur Nicanor; les peuples de tous les villages
de la Judée qui étaient aux environs vinrent
se. pour aider à achever la victoire, 2,
Mach. 8. V, 1, 6. c. 14-, 16. Il se trouve sou-
vent dans les évangélistes en celte significa-
tion.
CASTIFICARE, «-/viÇeiv. De castus et de fa-
cere, inusité; el signifie dans l'Ecriture :
Rendre chaste el pur, purifier. 1. Pclr. 1.
22, Animas vestras castificantes in obedien-
tiam charilatis : Rendez vos âmes pures par
une obéissance d'amour ; Gr. purifiez vos
âmes en obéissant à la vériLé par lo Saint-
Esprit. Cette purification se fait par la foi
joiiile à l'amonr ; se. en croyant à Jésus-
Cbrist, et étant disposés à vivre selon sa loi.
t..ASriGARE, TTKioîOctv.Du Grec,y.v.T7Ôç pour
x.-T-ôc, lorum, et s'entend dans les auteurs
laiins des réprimandes qui se font de paro-
h's; il signifie reprendre quelqu'un, lui faire
une réprimande ; ou comme dans l'Ecri-
lure :
!• Châtier, punir quelqu'un par alîection,
p)ur corriger, et non pour perdre. Ps. 117.
18, Castiyuns castiguvil tnc Dominus : Par la
persécution que Dieu a permis de la part de
mes ennemis, el dont il m'a délivré, le Sei-
gneur m'a châtié pour me corriger, comme
Uii bon f)ère, et selon ce qui est dit, Hebr.
12. 0, Apoc. 3, 19, Ainsi, Tob. 11. 17. liene-
dico te, Domine Deus Israël, quia tu easti-
gasli me : Je vous bénis, Seigneur Dieu d I-
sracl, par<:e que vuus m'avez châtié, dit le
père de Tobie après avoir recouvré la vue,
c. 13. v 5. 11. Jerem. 31. 18, 2. Cor. 6, 9, de
là vient :
Castigare injudicio. Châtier selon la jus-
tice, s'entend d'une justice mêlée do miséri-
corde, Jerem. 46. 28. Te vero no7i eonsu-
mam, sed castigabo te injudicio : Pour vous,
mon serviteur Jacob, je ne vous perdrai
point, mais je vous châtierai avec une juste
modération, aulr. en jugement; se. pour
faire connaître que vous n'êtes pas innocent,
c. 30.11.
2' Traiter rudement, mortifier (07rw7rt«Ççtv),
1. Cor, 9. 27. Castigo corpus meum : Je traite
rudement mon corps. La métaphore semble
tirée du combat des athlètes, qui surmon-
taient leurs adversaires à grands coups de
poing.
CASTIGATIO, t).eyx^ç. Châtiment, l'action
de châtier, châtiments, affliction, punition.
Ps. 72. Ik. Castigatio mea in malutinis : J'ai
été châtié dès le matin ; i. e. j'ai toujours eu
de nouvelles afflictions qui commencent dès
le matin, Jerem. 30. iï. 1. Mach. 2, W.
CASTiTAS , AT!s , âyvaec. De caslus, et si-
gnifie :
1° Chasteté, pureté de corps et d'esprit,
Judith. 15. 11. Fecisti viriliter, et conforta-
tum est cor tuum, eo quod castitatem amove-
ris : Vous avez agi avec un courage mâle, et
votre cœur s'est affermi, parce que vous
avez aimé la chasteté, dit Joacim à Judith,
c. 16. 26. Act. 2i, 25, Gai, 5, 23, 1 Tim. k.
12. c 5, 2.
2° intégrité, honnêteté (asf/vÔTyjç). 1. Tim.
2. 2. Ut quietam et Iranquillam vitam agamus,
in omni pietate et caslitate : Que l'on fasse
des prières, des demandes et des actions de
grâces pour les rois... afin que nous me-
nions une vie paisible et tranquille dans
toute sorte d'exercice de piété et de vertu,
c. 3, /t. 2. Cor. 6. 6,
3° La purelé et la sainteté du culte de Dieu.
1, Mac, 14. 36. Inferebant plagam magnam
casiUali : Les ennemis faisaient une grande
plaie à la sainteté du temple, et détruisaient
tout ce (ju'il y avait de plus saint.
GASTORES, Gr. Sioay.o-jpoL, Jovis filii. Cas-
tor et Pollux ; c'était l'enseigne que portait
le vaisseau où monta saint Paul. Act. 28. 11.
Navigavimus in navi Alejcandrina, cui insi^
gne eral Castorum, Nous nous embarquâmes
sur un vaisseau d'Alexandrie qui portait
pour enseigne Castor et Pollux. Ils prési-
daient aux combats et à la navigation ; les
idolâtres avaient beaucoup de confiance en
ces deux divinités, (ju'ils croyaient êlre favo-
rables aux naulonniers dans les tempêtes.
CASTRA , ORUM , 7r«&E^eo).ri. De casa ,
parce que les loges que faisaient les soldats
pour être à l'ombre, s'appelaient casœ^ ri
signifie :
1* Camp, lieu où campe une armée. L'É-
criture appelle de ce nom les lieux où s'ar-
rêtaient les Israélites , depuis leur sortie
d'Egypte, jusqu'à leur entrée dans lu terre
sainte, où ils venaient pour la coïKjuérir.
y'ojj. Nuin. 33. où le terme custrameturi est
tVéquenl. Ps. 105. 16. Irritaverunl Moisen in
65S
PTCTIONNAIRE DF. PHII.OLOGIR SACRr.r:.
castris : Ils irritèrent dans le camp Moïse e^t
Aaron. Le prophète entend parler de la ré-
volte de Coré et de ceux de sa troupe. Voy.
Num. 1 6. 15. Le camp des Hébreux était dis-
tingué dans le désert en trois parties. La
première était le camp de Dieu, appelé Castra
Domini ou Dei. Voy. infra , Castra Domini.
La seconde était le camp des lévites, Num.
1. 50, avec qui il était défendu au peuple de
se joindre, v. 51. Et la troisième était le
camp du peuple, v. 52. Le camp était de
forme carrée, et partagé en quatre bataillons,
dont chacun était formé de trois tribus ; et il
y en avait une principale dont les deux au-
tres suivaient l'étendard : elles environ-
naient le tabernacle; mais laissant un assez
grand intervalle à celle de Lévi, qui formait
toute seule comme un second camp plus
petit tout autour du tabernacle, étant des-
tinée à la garde et au ministère des choses
saintes. Les Juifs ont toujours gardé depuis
le même ordre dans les assemblées qu'ils
faisaient dans le temple pour y adorer Dieu.
Les interprètes remarquent que non-seu-
lement dans le camp, mais dans la marche
même, les lévites devaient être environnés
de l'armée des Israélites, autant que cela se
pouvait, afin que l'armée fût toujours en
état de garder le Tabernacle avec ses mi-
nistres.
Castra Domini. Le Tabernacle et le tem-
ple autour duquel le peuple s'assemblait ,
est appelé de la sorte , et les lévites étaient
placés pour le garder et empêcher d'y entrer,
comme des sentinelles autour d'un camp.
1. Par. 9. 19. Hi sunt Coritœ super opéra mi-
nisterii custodes vestibulorum Tabernaculi ,
et familiœ eorum per vices caslrorum Domini
custodientes introitum : Les Corites établis
sur les ouvrages qui regardent le ministère,
ayant la garde des portes du Tabernacle,
que chaque famille gardait à son tour,
comme on fait dans les armées , pour dé-
fendre l'entrée de la maison du Seigneur,
étaient de ceux qui revinrent de captivité.
2. Par. 31. 2.
Castraponere, metari castra, movere castra,
camper { errpazoTzeBExiîii)). Exod. 14. 2. In
conspeclu cjus castra punetis super mare :
Vous camperez sur le bord de la mer, dit
Moïse aux Juifs, c. 13. 20. Num. 1. 52. c. 33.
Voy. MovERE.
2° L'armée , ou les gens de guerre en
marche ou rangés en bataille. Exôd. ik. 19.
Tollensque se Angélus Dei qui prœcedehat
castra Israël, abiit post eos : L'ange de Dieu
qui marchait devant le camp des Israélites,
alla derrière eux : ce fut lorsque l'ai'mée de
Ph.iraon , qui était déjà proche, les poursui-
vait. Ezech. 1. 2i. De là vient :
Castra ver ter e, percuterc, fugare , défaire
une armée, mettre en fuite. 2. Keg. 5. 24.
Ii!gressus est cnim Dcus nnte te, ut perculiat
castra Pliilistfiiim : La marque (|ue vous
aurez que le Seigneur marche devant vous
fiour déf.iirc l'armée des Philistins, ce sera
orsque vous entendrez au haut des poiriers
comme le bruit de «juclqu'un qui marche.
Cacdmen. 1. Mach.
dit Dieu à David. Voy
6. 5. Hebr. 11. 34.
3' Château, forteresse. Act. 22. 24, Jussit
trihunus induci eiim in castra : Le tribun fit
mener saint Paul dans la forteresse de Jéru-
salem : Il y fut lié par l'ordre du tribun en
état d'être fouetté. Voy. v. 25. 29. Ainsi, c.
21. V. 34. 37. c. 23. v. 10. 16.32.
4° Nom de lieu dans la tribu de Ga'J au-
delà du Jourdain. 2. Reg. 2. v. 8. 12. 29. c.
17. V. 24. 27. c. 19. 32. 3. Reg. 2. 8. Hebr.
Mahanaïm. Ainsi, castra Dan : Le camp de
Dan était un lieu près deCariathiarim. Judic.
13. 25. c. 18. 12.
§ 1. La synagogue, les cérémonies de
l'ancienne loi. Hebr. 13. v. 12. 13. Hornm
corpora cremanlur extra castra ; propter
quod et Jésus extra portam passus est :
exeamus igilur ad eum extra castra : Les
corps des animaux immolés pour l'expiation
du péché, sont brûlés hors le camp; et c'est
pour cette raison que Jésus... a souffert hors
la porte Je Jérusalem : sortons donc hors le
camp, et allons à lui en portant l'ignominie
de sa croix. Saint Paul assure que, comme
ces victimes brûlées hors le camp étaient une
figure que Jésu-^-Christ devait sortir pour
souffrir hors de la porte de Jérusalem ; ainsi
cette sortie mêuie de Jésus-Christ marquait
que les Juifs devaient sortir de la synago-
gue, c'est-à-dire quitter les cérémonies lé-
gales, pour suivre Jésus-Christ avec toute
son Eglise dans ses souffrances et ses igno-
minies.
§ 2. L'Eglise militante sur la terre. Apoc
20. 8. Circuierunt castra Sanctorum , et civi^
talem dilectam: Je les vis en\ironncr le camp
des saints et la ville bien-aimee. L'Ecriture
parle du ravage que doit faire à la fin du
monde le diable qui sera délié, et tous ceux
des nations qu'il aura séduits et engagés dans
son parti. De là vient :
Acies ordinala castrorum : Armée rangée
en bataille; c'est à quoi l'Eglise sainte est
comparée. Canl. 6. 3. Terrihilisut castrorum
acies ordinata : Vous êtes terrible comme
une armée rangée en bataille; se. à ses en-
nemis contre qui elle combat avec les armes
non point charnelles , mais toutes spirituelles
et puissantes, v. 2. Cor. 10. 4. Hebr. comme
une armée avec ses étendards, qui est la
croix de Jésus-Christ. Ainsi, Cant. 6. 9.
5° Les anges qui vinrent au devant de
Jacob, lorsqu'il continuait son chemin de-
puis qu'il eut quitté Laban avec qui il avait
fait alliance, pour s'en retourner en Cha-
naan, sont appelés Castra Dei. Gen. 32. 2.
Castra Dei sunt : Ces anges de Dieu sont le
camp de Dieu. Voy. c. 31. v. 44. 55. c. 32.
21. c. 33. 18. Ainsi Jacob appela le lieu où
il rencontra ces anges , Mahanaïm , c'est-à-
dire Castra , le camp. Ainsi :
(j° Les astres sont dans le ciel comme un
camp bien ordonné. Eccli. 43. 9. Vas cas-
trorum in exceisis in firmumento cœliresplen-
dens qloriose : Un camp milit.iire luit au haut
du ciel, et jette une splendeur étincelante
dans le firmament
63'
CAS
CAS
(TiS
Castrametari. lie castra et metart, et si-
gniïie :
Camper. Voy. supra Castra powere.
CASTRARE, evvoMyjCjt-j. De cas tus , parce
qu'en faisant un homme eunuque, le feu
des passions se ralentit; selon d'autres, de
caslor, comme qui dirait castornre , parce
que cet animal se châtre lui-même, et si-
gnifle proprement, châtrer un animal : dans
l'Ecriture :
Rendre eunuque , se dit figurément de
ceux qui se sont proposé de vivre dans la
continence et hors le mariage, pour servir
Dieu avec plus de liberté et de dégagement :
ce que Jésus-Christ appelle se rendre eu-
nuque. Matlh. 19. 12. Sunt eunuchi qui se
ipsbs castraverunt , propler regnum cœlorum :
Il y a des eunuques qui se sont rendus eu-
nuques eux-mêmes , pour gagner le royaume
des cieux. Cette explication combat le sen-
timent de quelques hérétiques, qui ont in-
terprété ce mot dans sa propre signification.
CASÏRUM, I. pKotç. De casa, Voy. Castra.
Château, forteresse, le fort d'une ville, i.
Esdr. 6. 2. Invenium est inEcbatanis, quod est
castrum in Medena pruvincia : Il se trouva à
Ëebatanes, qui est un château ; Gr. dans un
château de la province de Mède, un livre :
c'était le mémoire qui portait l'ordre que
Darius av.iit donné pour rebâtir le temple.
2. Esdr. 1. 1. Dan. 8. 2. Cum essem in Susi^
Castro : Lorsque j'étais au château de Suse.
Suse était une très-grande ville : elle est
appelée château, à cause qu'elle était for-
tifiée de bons remparts , et de fortes tours ,
comme Ecbatancs.
CASTUS , A , UM , «"/vôf , de cestus, du grec
xaffTÔf, ornalus , decorus, de 'x«Çetv , ornare ,
et signifie :
Pur, chaste, pudique. Sap. h. 1. 0 quant
pulchrn est casta gène ratio cum claritate ! Oh 1
combien est belle la race chaste, lorsqu'elle
est jointe avec l'éclat de la vertu 1 Gr. il vaut
mieux n'avoir point d'enfants , et avoir de
la vertu. Le Sage oppose et préfère à la race
des adultères, l'état des vierges et des per-
sonnes vertueuses qui n'ont point d'enfants
dans le mariage. Tit. 2, o. 1. Petr. 3. 2. 1.
Tim. 5. 22. Te ipsum castum custodi : Con-
servez-vous pur vous même. Plusieurs in-
terprètes, après saint Augustin, l'entendent
de la pureté, qui consiste à n'avoir point de
part aux péchés d'autrui , le rapportant à
ce qui est dit au même endroit : Neque com-
municaveris peccatis alienis.
1 Pur,chastjj, dune chasteté spirituelle,
qui consiste dans l'inlégrilé de la foi , animée
de l'espérance et de la charité. 2. Cor. 11. 2.
Dcspondi enim vos uni riro virginem castam
(xhibere Christo : Je vous ai fiancés à cet
unique époux qui est Jésus-Christ, pour
vous présenter à lui comme une vierge chaste.
L'Apôlrc compare l'Eglise de Corinihe à une
C|)ouse qu'on a soin de conserver pure , pour
la présenter à son époux.
2" Pur, saint , opposé au men>«ongc, à la
vanilé et aux .iffeetions lerreslres. Ps. 11.
17. Eloquia Domini, cloquia casta : Les pa-
TOÎes du Scigni ur sont des paroles pure;* et
chastes. Ici le Prophète assure que ce que
Dieu vient de dire, qu'il procurera le salut
des justes qui sont sans secours et dans le
gémissement, est très-certain, et qu'il ne
manquera pas d'accomplir sa parole.
CASULA, JE, ov.ïjvvj , de casa, et signifie :
i° Petite cabane. Eccli. 14-. 25. Beatus vir
qui in parietibus illius fiqens palum slatuet
casulam suam ad manus illius : Heureux est
l'homme qui , enfonçant un pieu dans les ^
murailles de la miiison de la Sagesse, se
bâtit une petite cabane auprès d'elle : ce qui
est une façon de parler, pour dire qui s'at-
tachera à elle sans la quitter.
2° Tente. Hebr. 11. 9. In casulis habitando
cum Isaac et Jacob : Abraham habita sous
des tentes avec Isaac. Les patriarches se
sont loujaurs regardés comme des voyageurs
et des étrangers dans cette vie , aspirant à
leur vraie patrie qui est le ciel.
CASUS, TrTwtri.-, TZTM'jLoi, de cadcre , et si-
gnifie proprement chute, l'action de choit
ou de tomber; et figurément faute, hasard,
malheur, infortune; dans l'Ecriture :
1° Chute, action par laquelle on tombe de
quelq le lieu élevé. 2. Mach. li. Ivï. Quibns
velocilcrlocum dantibus casui ejus . Lorsque
Rasias se précipita lui-même du haut de la
muraille en bas sur le peuple, tous se reti-
rèrent promptement , pour n'être pas acca-
blés de sa chute. Rasias voulut , par ce genre
de mort , éviter d'être pris par cinq cents
soldats que Nicanor, ennemi juré des Juifs,
avait envoyés pour cet effet.
2° Chute, ruine, malheur. Eccli. 3. 34 In
temporecasussui inveniet firmamentuni : Celui
qui a fait l'aumône trouvera un appui au
temps de sa chute, c. 11. 32. c. 20. 20. c. 27.
32. c. 28. 30. Baruch. i. 32. Ezech. 26. 16.
1. Mach. 6. 12. De là vient, Auri casus : Les
chutes que cause l'or. Eccli. 33. 7. âlulti dali
sunt in auri casus : L'or en a lait tomber
plusieurs.
3" Chute, faute, péché [oi.aap-:i'/.). Eccli.
23. 9. Jurationi non assuescat os tuum; muKi
enim casus in illa : Que votre bouche ne
s'accoutume point au jurement; car en ju-
rant on tombe en bien des manières, c. 3V.
20. Oculi Domini super timentes eum... adju-
toriuni casus : Les yeux du Seigneur sont
sur ceux qui le craignent... il les assiste
quand ils sont tombés, soit dans le péché,
soit dans quelque malheur et affliction, c. 4.
27. Ne reverearis proxinuim tuum in casu suo :
Ne respectez point votre prochain (jlans sa
chute. Vojj. Uevereri 2'.
k" Hasard, aventure. Eccli. 9. 11. Vidi sub
sole... lempus cnsumque in omnibus : J'ai vu
que sous le soleil, tout se fait par ren-
contre et à l'aventure. l.Reg.6. 9. Sin auleni
minime , scicmus quia nequaquam munus <jiis
tctigit nos, scd casu accidit ( (TÛ/z-Tcu/xa ) :
Que si l'arche du Seigneur ne va pas })ar le
chemin (jui mène en son pays vers Belsames,
nous reconnaîtrons que ce n'a point été la
main de Pieu qui nous a frappés, miis que
ces maux sont arrivés par hasard : c'est co
que disent aux Philistins leurs prêtres et
Il urs devins. 2. Reg. 1. 6, Ainsi, 3. Reg. ^,
1 1 .T l . ; 1 ..." . (T î '. ' ,
m
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
6iO
3i. In mcerlum sagittam dirigens, et easu
percussit regem Israël inter pulmonem et sto~
viachutn : 11 arriva cependant qu'un homme
ayant tendu son arc, tira une flèche au ha-
sard , et elle vint percer Achab , roi d'Israël,
entre le poumon et l'estomac. Le prophète
Michée l'avait assuré, v. 28. qu'il ne revien-
drait point de celle guerre.
CATA , y.a-K , préposition propre aux
Grecs, donl l'usage leur est commun avec
l'accusatif : elle est mise dans l'Ecriture avec
mane, adverbe de temps, pour unoqiioque
mane. Ezech. 46. v. ^i. 15. Cata mane : Tous
les malins; Hi'br.babboker,jn marie.
CAÏACLYSMUS , Grec x«-a-/.).vcrfxô,- , de
la préposition -xa-à, et de xXûÇetv, lavare. Le
déluge qui est arrivé du temps de Noé. Eccli.
39. 28. Catacly.imus aridam inebriavit : Le
déluge a inondé loute la terre, c. 40. 10.
Propter illus factus est cataclysmus : Le dé-
luge est arrivé à cause des méchants.
CATAPLASMARE, ««T^aàTTsiv, de cata-
plasma, terme de médecine, et signifie,
Faire un cataplasme, un emplâtre. Isa,
38. 21. Jussit Isolas ut toUerent massam de
fiels, et cataplasmarent super vulnus et sana-
retivr : Isaïe commanda que l'on prît une
masse de figues, et qu'on en lit un cala-
plasme sur le mal d'Ezéchias, afin qu'il re-
couvrât la santé.
CATARAGTA, je, y.UTUûày.rï];, du greC y.y-c/.-
pK(T(T(,i, Cumimpetu acclao , vel defluo : et si-
gnifie proprement cataracte, chute de l'eau
d'une rivière qui se précipite de dessus quel-
que haut rocher: dans l'Ecr.:
1° Cataracte, lieu élevé, d'où tombe une
eau impétueuse : telle était la source des
eaux qui tombèrent du ciel au temps du dé-
luge. Gen. 7. 11. Cataractœ cœll apertœ
sunt : Les cataractes du ciel furent ouver-
tes, c. 8. 2.
2" Cataracte se dit de la source, soit des
grâces et des bénédictions que Dieu répand
du ciel sur les hommes. Malach. 3. 10. Pro-
bâte me super hoc, dlclt Dominus ; si non ape-
ruero vobis cataractas cœll : Après que vous
aurez apporté toutes mes dîmes dans mes
greniers, et qu'il y aura dans ma maison de
quoi nourrir mes ministres; considérez si je
ne vous ouvrirai pas toutes les sources du
ciel. 4. Reg. 7. 2. Si Dominus fecerlt cata-
ractas Incœlo, numquid poterlt esse quod lo-
querls : Quand le Seigneur ferait pleuvoir
des vivres du ciel, ce que vous dites pour-
rait-il être? dit l'un des favoris de Joram à
Elisée, lorsqu'il prophétisait au roi, lors de
la plus grande cherté des vivres, que le len-
demain à la même heure qu'il parlait, la
mesure de pure farine ne vaudrait qu'envi-
ron 30 sols ; leltr. ferait des fenêtres ou des
ouvertures au ciel; se. pour en faire pleu-
voir du froment; soit de la source des maux
dont Dieu afflige les hommes. Isa. 24. 18.
Qui se expllcaveril de foveâ, tenebitur laquco,
quia cataractœ de excelsls apertœ sunt (ôy/>£ç) :
Celui qui se sera sauvé de la fosse, sera pris
au piège , parce que les cieux s'ouvriront
pour lairo pleuvoir di>s déluges. Le prophète
prédit la source intarissable de la colère de
Dieu, dont les Juifs ne pourraient s'échap-
per au temps que les Chaldéens viendraient
ravager la Judée. Ps. 41. 9. Abyssus abyssuni
invocat, in voce cutaractarum tuarum : Un
abîme appelle et attire un autre abîme, au
bruit des tempêtes et des eaux que vous en-
voyez. Par ces eaux et ces tempêtes, le pro-
phète entend l'abondance des maux et des
afflictions qui viennent fondre sur lui l'une
après l'autre, sans en voir la fin.
CATECHIZARE, y.7.zY)yjh\ de x«T«xïrv, rai-
sonner, enseigner.
Verbe inusité parmi les Latins : il signifie
dans l'Ecriture :
Instruire quelqu'un de vive voix des mys-
tères delà religion. Gai. 6. 6. Communicet
autem Is qui catechlzatur verbo, el qui se ca-
techlzat , In omnibus bonis : Que celui que
l'on instruit dans les choses de la foii, fasse
part de tous ses biens à celui qui l'instruit.
CAÏELLUS , y.v^àpio-j. Diminutif de cawis,
parce que c'est proprement le petit d'un
chien, ou de catus, pour sagax, qui est dit
du chien, parce qu'il n'y a rien qui ait un
meilleur sentiment , qui soit de plus haut
nez; et signifie :
Petit chien. Marc. 7. 28. Catelli comedunt
sub tnensa de mlcis puerorum : Les petits
chiens mangent au moins sous la table des
miettes du pain des enfants. Par ces petits
chiens se doivent entendre généralement
toute sorte de chiens. Ces chiens marquaient
les Gentils ainsi traités par les Juifs à cause
de leurs mœurs corrompues. La femme Cha-
nanéenne témoigne par cette réponse que,
comme on souffrait que les chiens mangeas-
sent quelquefois de ces miettes afin qu'ils
ne mourussent pas de faim , aussi elle le
suppliait de lui accorder la grâce qu'elle lui
demandait, qui était d'empêcher sa fille de
mourir de sa maladie. Matth. 15. 27.
CATENA, M. Klxiaiç, du Grec yMin^v., qui
signifie, chaîne ou collier.
Chaîne (TriSïj). 4. Reg. 25. 7. Yinxitque
eum catenis, et adduxlt eum in Babylonvm :
Nabuchodonosor chargea Sédécias de chaî-
nes, et l'emmena à Babylone. Jer. 27. 2.
Fac tlbl vincula et catcnas, et pones eas in
collo Tuo ; Faites-vous des liens et des chaî-
nes, et mettez-les à votre cou. Ces chaînes
figuraient la caplivité du peuple d'Israël,
et des autres peuples ses voisins. Dieu or-
donna à Jérémie de se faire des chaînes, et
de les envoyer à divers rois, en les exhor-
tant de se soumettre au roi de Babylone,
qu'autreaicnl ils devaient périr par l'épée,
la famine el la peste. Il reçut cet ordre au
commencement du règne de Joakim, pour ne
les envoyer qu'onze ans après par les am-
bassadeurs de ces rois, qui devaient venir à
Jérusalem ver» Séilécias, pour se liguer avec
lui contre les Chaldéens. Quelques-uns
croient que le Prophète ne reçut que sous le
règne de Sédécias, le second ordre d'envoyer
ces chaînes à tous les rois dont il est parle,
quoique l'ordre do Dieu de les envoyer lui
eût été donné au commencement du règne de
Jonkim. Exoil. 28.22. Jud. 10.21. 4. Heg,
2^. 7, Marc. 5. 3. etc.
644
CAl
CAT
m
1° Prison, cfliplivité, emprisonnement 2.
Tim. 1. 16. Calcri'im menm non erubuit: Oné-
siphore n'a point rougi de mes chaînes.
Ephes. G. 20. Ainsi, Levit. 26. 13. Ego con-
[reqi calenas cervicum vestrarum: C'est moi,
dit Dieu, qui vous ai brisé les chaînes qui
vous faisaient baisser le cou. Dieu fait sou-
venir les Juifs qu'il les avait tirés de la cap-
livité d'Egypte ; Hebr. temones jugi.
2° Chaîne de téiièbres , ténèbres épaisses
et palpables, où l'on est détenu comme en
prison : telles étaient les ténèbres dont Dieu
affligea les Egyptiens. Sap. 17. 17. Una enim
calena tenebrarum omnes erant coUigati : Les
Egyptiens étaient tous liés par une même
chaîne de ténèbres. Cette chaîne était la fi-
gure de celle des réprouvés et des démons
dont il est parlé. Apoc. 20. 1. Et vidi Ange-
lum... hnbentem... calena m magnam in manu
sua : Je vis un ange... qui avait une grande
chaîne dans sa main. Celle chaîne est la
force et la vertu de Dieu même pour retenir
le démon dans l'enfer, qui a pour chaînes
les ténèbres mêmes. Voy. 2. Petr. 2. 4.
Jud.6.
3° Joug, cnarge, servitude. Isa. 59. 8. Si
abstuleris de medio lui catenam : Si vous ôtez
la ch.iîne du milieu de vous ; Heb. jugum,
c'est-à-dire, si vous ne tenez point vos frères
dans l'oppression par des contrats usuraires
et injustes.
CATELUNA, m. Petite chaîne, chaînette
(zooTo-euTÔv). Exod. 28. ik. Faciès duas catenu-
las auri purissimi... Vous ferez deux petites
chaînes d'un or très-pur.
CATERVA, £. Cp mot dont on ne sait
point l'origine, signifie proprement une lé-
gion Gauloise, comme la Phalange était pro-
pre aux Macédoniens. Ainsi il signifie , 1°
une troupedegensde pied; 2''quelque troupe
de gens que ce soit : dans l'Ecr.:
Une grande troupe ou une multitude de
personnes ( c-r^ayor/ïi ) . Exod. 3o. k. Etait
Moyses ad omnem catervam fitioi'um Israël :
Moïse parla à tons les enfants d'Israël, à
toute leur assemblée.
CATHEDRA , je. Gr. /«SiS^a. De xarà , et
de iÇe^Çat, sedere, d'où vient êo^a el xaSiS/^a.
■ ^1° Chaise, siège pour s'asseoir. 1. Reg. 20.
2.0. Cumque sedisset rex super cathedram
suam : S;iùl étant assis sur son siège : ce fut
le premier jour du feslin que fit Saul au
jour des Calendes, où David ne se trouva
point.
2" Chaire, siège élevé pour marque d'hon-
neur et d'autorité (Siopj). Job. 29. 7. In pla-
len pnrabunt calhedram mihi : Qui m'accor-
dera d'être comme j'ai été autrefois, lorsque
l'on me préparait un siège élevé dans la
pl.ico publique? Les jugements se rendaient
aux portes de la ville. Matlh. 23. 6. Marc.
12. 39. Luc. 11. 43. c. 20. 46. Ainsi :
Sedere in cathedra. Etre assis dans la
chaire, se dit, 1' de ceux qui ayant l'auto-
rilé el le [)OUvoir de juger, délibèrent et ju-
gent touchant les affaires publi(|ues. 2. Reg.
'23. 8. Sedens in cathedra s(tj)icHlissimus : i. e.
Il excellait par sa sagesse dans les conseils.
Ici la Vulijale a marqué par ces termes la
force et la signification du nom propre du
premier d'entre les plus vaillants hommes de
David, qu'elle a mis pour le nom propre qui
est marqué, 1. Par. 11. 11. Jesbaam, autre-
ment, Jasob, fils dflacamoni, était égala cet
Adino Hesnite, qui a tué autrefois huit cents
hommes dans un seul combat; il est dit, 1.
Par. 11. 11. qu'il blessa 300 hommes tout
en une fois, c'est-à-dire, 300 d'abord, et les
autres ensuite. Voy. Vermiculls. 2'= Il se dit
de ceux qui enseignent avec pouvoir et au-
torité. Madh. 23. 2. Super cathedram Moysi
sederunt Scribœ et Pharisœi : Les Scribes et
les Pharisiens sont assis sur la chaire de
Moïse. Les docteurs et les Pharisiens avaient
l'autorité d'enseigner et d'ordonner au peu-
ple les choses que Moïse avait reçues de la
part de Dieu. A quoi se peut rapporter, Ps.
1. 1. Beatus vir qui in cathedra pestilentiœ
non sedit : Heureux l'homme qui ne s'est
point assis dans la chaire contagieuse des
libertins; Heb. la chaire des moqueurs; i. es
qui ne fait point profession de communiquer
aux autres la contagion, soit du péché, soit
d'une mauvaise doctrine pour corrompre les
âmes. Ainsi :
Sedere in cathedra Dei. Etre assis sur la
chaire de Dieu, se dit du roi de Tyr, à qui
Dieu reproche davoir dit en son cœur qu'il
était Dieu, et comme assis sur le trône de
Dieu. Ezech. 28. 2. Deus ego sum, et in ca-
thedra Dei sedi in corde maris : Je suis Dieu,
et je suis assis sur la chaire de Dieu au mi-
lieu de la mer. Ce roi se croyait autant inac-
cessible, et à couvert de tout mal dans Tyr
élevée sur un rocher escarpé, que Dieu qui
est élevé dans le ciel.
3^ Dignité, charge honorable, magistra-
ture, marquée parla chaire et le siège des-
tiné pour ceux qui y sont établis. Eccli. 7.
4. Noli quœrere... a Rege calhedram honoris ;
Ne demandez point au roi une chaire d'hon-
neur, c. 12. 12.
4° Assemblée publique où l'on est assis.
Ps. 106. 32. In cathedra seiiiorwn laudent
eum : Qu'on loue le Seigneur dans l'assem-
blée des anciens; i. e. parmi les juges et les
magistrats qui s'assemblaient pour les affai-
res publiques, et pour juger les causes du
peuple. Ainsi, Ps. 1. 1. In cathedra pestilen-
tiœ non scdit : Heureux l'homme qui ne s'est
point trouvé dans l'assemblée contagieuse
des impies.
CATHETH, Heb. Tœdium. Ville de la tribu
de Zubulon. Jos. 19. 15.
CATHOLICUS, A, um; Gr. /aOoaxi,- , Uni-
versel. Les épîtrcs des apôtres S. Jacques,
5. Pierre, S. Jean, S. Jude, sont appelées
Catholiques, parce que si on en excepte les
deux petites de S. Jean, elles sont écrites aux
chrétiens dispersés dans tout le monde; au
lieu que celles de S. Paul sont écrites seule-
ment ou aux fidèles d'une ville, ou à des
particuliers. Epistola catholicabmti Jacobi
apostoli. Voy. Ecclesia.
CATINUS, I. Ce nom qui se trouve dans
Priscien au neutre catinum , vient du Grec
xKTtvov, et signifie,
l'Plal, ècuelle (rpvSXiov). Marc. 14. 20. Qui
m
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGiL SACREE.
Cii
intingit mecum manum in catino : L'un des
douze qui met la main avec moi dans le
plat, me trahira ; se. l'un de ceux qui man-
gent journellement avec moi : ce qui est l'ac-
complissement du Ps. iO. 10. Jésus-Christ
ne voulait par cette expression marquer Ju-
das que généralement; ain-i Judas n'avait
pas pour cela la main au plat au même mo-
ment que Jésus-Christ. Voy. Joan. 13. 18.
2" Le corps, l'extérieur de l'homme (îriva;).
Luc. 11. 39. Quod deforis est calicis et co.lini
vmndalis : Jésus-Christ répondant à la pen-
s'ée du Pharisien qui se scandalisait de ce
qu'il s'était mis à table pour manger avant
de s'êlre lavé, reproche aux Pharisiens le
soin qu'ils prenaient pour les purifications
et les lavements extérieurs du corps, sans
l)enser à purifier les impuretés et toutes les
imperfections de leurs cœurs et de leurs
âmes.
CATTA, js;Gr.«r/ou^ot, Feîes, calti.Ce mot,
inusité chez les auteurs Latins, vient de cap-
tare, ou de xa-îociv, et signifie,
Chat, ou chatte. Baruch. 6. 21. Aves etiam
simililer et cattœ : Les oiseaux volent, et les
chats courent sur le corps et sur la tête des
idoles.
CATULÛS, I. De canis, et signifie propre-
ment, le petit d'un chien, et est pris aussi
pour les petits de tous les autres animaux
terrestres à quatre pieds : dans l'Ecriture :
Petit de quelque bêle terrestre à quatre
pieds que ce soit (ir/O^vo?). De là vient, Catu-
lus leonis ou tirsœ. Ps. 103. 22. Catuîi leonem
rugientes ut rapiant : Les petits des lions ru-
gissent après leur proie, étant sortis de leur
lanière. 2. Reg. 17. 8. Isa. 3i. 15.
Sigaiiicalion figurée.
Catulus leonis, marque la cruauté et la
violence des ennemis. Ps. 16. 12. Suscepe-
runt me sicut... catulus leonis liabitans in ab-
ditis : Mes ennemis ont aspiré à me perdre.
Voy. Abditum. Ps. 56. 5. Il marque aussi la
force et la vigueur. Gen. i9. 9. Catulus leo-
nis Juda : Juda est un jeune lion : ce qui
s'entend des descendants de Juda, qui, par la
force et la puissance, ont assujetti leurs en-
nemis. Voy. Judic. 1. 2. 1. Reg. 17. 1. 2.
Reg. 8. v. 12. 13. 3. Reg. 9. 20. etc. ce qui
s'entend aussi de Jésus-Christ qui s'est assu-
jetti les nations par la loi de l'Evangile, et a
vaincu le démon et le péché par la mort.
Ainsi, Dcut. 33. 22. Dan catulus leonis : Dan
est conmie un jeune lion. Ici tous les inter-
prètes conviennent que Moïse fait allusion à
Samson qui était de cette tribu , et qui fut
comme un lion au milieu des Philistins ; et
Samson même était la figure de Jésus-
Christ.
CAUDA , M. où|sà. De l'ancien mot coda et
signifie :
La queue d'une bête, d'un animal. Levit.
8. 5. Adipem vero et caudam... separavit :
Moïse mil à part la graisse et la queue dû
bélier, etc. c. 3. 9. Exod. k. 4. De là vient:
Cauda draconis. La queue du dragon , se
dit de l'Aiilechrist et des faux prophètes, qui
i>unl comme la queue du diable, dont il se
sert pour faire tomber beaucoup de per-
sonnes, même distinguées par leur science
et leur dignité. Apoc. 12. k. Cauda ejus trahit
tertiam partem stellarum. Voy. Stella, c. 9.
19. Par les queues semblables à celles des
serpents, s'entendent les faux docteurs, qui
par artifice inspirent au peuple le poison de
leur mauvaise doctrine.
1° Le bout, l'extrémité de quelque chose
(cvlo-j). De là vient, cauda titionis fumigantis :
Le bout d'un tison fumant : ce qui se dit
d'un homme plein de fureur, mais peu ca-
pable de nuire. Isa. 7. 4. Cor luum ne for-
midet a duabus caudis titionum fumiganlium:
Que votre cœur ne se trouble point devant
ces deux bouts de tisons fumants. Dieu as-
sure Achas qu'il n'a rien à craindre de la
fureur du roi d'Israël, dont les révoltes du
peuple et les guerres civiles avaient beau-
coup diminué les forces. Voy. k. Reg. 15.
V. 15. 16. etc. non plus que de Bénadal, roi
de Syrie, qui venait d'être battu par trois
fois de Joas. Voy. h. Reg. 13. 25. Ceci est
une allusion faite, par mépris, à deux lisons
presque consumés, qui ne font plus que fu-
mer.
2° Le dernier rang, la servitude, le rang
le plus méprisable, opposé à caput. Voy.
Caput. DluI. 28. kk. Ipse erii in caput , et tu
eris in caudam : Si vous ne gardez et ne pra-
tiquez la loi du Seigneur, l'étranger sera
toujours à la tête ; i. e. vous dominera , et
vous ne marcherez qu'après lui ; i. e. vous
le servirez, lui serez soumis. Ainsi, Isa. 9.
V. 14. 15. Propheta docens mendacium ipse
est cauda : Le Seigneur retranchera dans un
même jour la léle et la queue. Le vieillard
et les personnes vénérables sont la tête du
peuple, et le Prophète qui enseigne le men-
songe en est la queue : ceci fui accompli par
Salmanazar. 4. Reg. 17. 6.
3^ La partie de l'animal qui sert à la géné-
ration , est marquée par ce terme honnête.
Job. 40. 12. Slringit caudam suam quasi ce-
drum : La queue de l'éléphant se serre et
s'élève comme un cèdre. L'éléphant n'a
point de queue j d'autres l'expliquent de sa
trompe.
CAUDA, ou plutôt CLAUDA; Gr. x)iayo«,
Vox fracta. Petite lie proche de Crète. Act.
27. 16. On croit que c'est maintenant Gozo.
CAVEA, JE. De cavus , creux, et signifie
cave ou cage.
Cage, ou filet. Eccli. 11. 32. Sicut perdix
inductlur in cuveam... sic et cor superborum,
et sicut prospector videns casum proximi sui
( y.ûp'uùog ) : Comme la perdrix est con-
duite dans le filet, au chanl d autres oiseaux
par qui elle est attirée ; ainsi est le cœur
des superbes, et de celui qui est attentif à
regarder la chute de son prochain. Ici celui
qui se laisse prendre aux tromperies des
pécheurs qui se moquent du simple après
l'avoir trompé, est comparé à une perdrix
de qui se moque l'oiseleur qui l'a attrapée.
Prison. Ezech. 19. 9. Miserunt eum in ca^
ream (xjipiô?.) : Ils le mirent dans une cage;
/. e. en prison : ce que quelques-uns enlen-
ji dent de Joachim qui fut emmené en prison
m
CAV
à Babylone, d'où le lira Evilinérodach. i.
Reg. 25. 27. d'autres de Sédécias. v. 6. 7
CAVERE, 'fAàTrs70y.i, t. wn iyj.fi. De cavare,
parce que la plupart des anciens qui occu-
paient le pays Latin demeuraient dans des
cavernes ( ainsi appelées , parce qu'elles
avaient été creusées), où ils étaient à cou-
vert de la chaleur, du froid, etc., et où ils
étaient en plus grande sûreté ; et signifie:
1° Prendre garde avec soin de Taire ou
d'éviter quelque chose. Deut. 8. 1. Omne
tnandatiim... cave diligenter ut facias : Prenez
bien garde d'observer avec grand soin toutes
les choses que je vous ordonne aujourd'hui.
Levit. 22. 2. Caveant ah fus quœ consecrata
sunt fiiiorum Israël : Qu'Araon ot ses enfants
prennent bien garde à la manière dont ils
Useront des oblations sacrées des enfants
d'Israël, c. 15. 30. Caveant immunditiam :
Que les enfants d'Israël se gardent de l'im-
pureté (£-j).a^r;- à-ô).
2° Se défier, se donner de garde de quel-
qu'un, ou de quelque chose, de peur qu'elle
ne nous soit ou une cause, ou une occasion
de quelque mal {-rûocré/ji-j). De là vient, Ca-
vere sibi. Eccii. 13. 16. Cave tibi : Prenez
garde à vous. L'Ecriture marque ici les pré-
cautions qu'on doit avoir lorsqu'on parle
3UX grands, pour ne s'en pas laisser sur-
prendre. Cavcre aliquem. 1. Reg. 18. 17.
Cœpit cavere eum : Saùl, voyant que David
était extrêmement prudent , commença à
s'en donner plus de garde. Cavere aliquid :
Eviter quelque mal, s'en donner de garde.
Prov. 11. 15. Qui cavel taqueos securus erit :
Celui qui évite les pièges sera en sûreté.
Cavere se ab aliquo. Eccli. 9. 21. S cundum
virtutem tuam cave te a proximo tuo : Exa-
minez autant que vous le pourrez ceux (|ui
vous approchent [trroyiûtsrj). explorare). Ca-
vere ab aliquo. Mallh.'lO. 17. Cnvete ab ho-
minibus: Donnez-vous de garde des hommes.
CAVERNA , JE. zfiôjylïj. De cavare, et si-
gnifie dans l'Ecr. :
1" Caverne, cavité, creux sous terre ou
dans des rochers. 1. Reg. li. 11. /fn Hebrœi
egrediuntur de cavernis : Voilà les Hébreux
qui sortent de leurs cavernes, dit la garnison
des Philistins apercevant Jonalhas et son
écuycr qui allaient vers eux. Voy. v. 8.
.ludith. ik. 12. Egressi mures de cavernis
suis , ausi sunt provocare nos ad prœlium :
Ces rats sont sortis de leurs trous, et ont eu
la hardiesse de nous appeler au combat, di-
sent les principaux offieiers de l'armée d'Ho-
lufernc. Job. 30. 6. Hahitabant in cavernis
terrœ : Je suis méprisé de gens dont les pères
hahiiaient dans les cavernes de la terre.
Cani. 2. U. Voy. Maceria. Isa. 11. 8. Voy.
Regulus.
Caverna laci. 2 Carrière Is. "il. 1. ^f_
tendile... ad cavernam laci de qua prœcisi
estis : Rappelez dans votre esprit celte car-
rière profonde dont vous avez été tirés. Le
prophète propose aux Juifs pour les con-
soler, l'exemple d'Abraham et de Sara, dont
ils sont nés, nonobstant leur stérilité qu'il
compare ici à uu roch<r on à une carrière,
CAV m
pour leur marquer que Dieu pouvait bien
les rétablir contre loulé espérance.
CAULA, JE. btkvm;. Ce nom, peu usité au
singulier, vient du Grec av/vj, et signifie
proprement, étable de brebis, bergerie : dans
l'Ecriture :
Un parc où l'on renferme la nuit les brebis
à la campagne. Isa. 65. 10. Erunt campestria
in caulas gregum : Les campagnes serviront
de parc aux troupeaux. Ceci marque l'abon-
dance des grâces et des bénédictions spiri-
tuelles, dont l'Eglise et chaquefidèle devaient
être comblés, figurées par les bénédictions
temporelles de la terre promise. Ezech. 25.
k. Mi« h. 2. 1-2. Sophon. 2. 6.
CAUMA , Tis. y.ciùtMx. De -/«iw , uro , et si-
gnifie grand chaud : dans l'Ecriture:
Chaleur, ardeur qui dessèche et consume.
Job. 30. 30. Ossa mea aruerunt prœ caumatc :
Mes os se sont desséchés dans l'ardeur qui
me consume.
CAUPO, Ms. Du Grec xc<77V5/o,-, et signifie ,
Hôtelier, tavernier, cabarelier, qui lient
hôtellerie. Eccli. 26. 28. Non justificabitur
caupo a peccalis lubiorum : Celui qui vend
du vin ne s'exemptera pas du péché de la
langue. Laôiontm n est point dans le Grec.
CAUSA, JE; Gr. at-ia. Dc cavere , supin
caritum, d'où est fait cavissa, d'où caussa,
puis causa, et signifie:
1" Cause, ce qui produit réellement quel-
que effet. Jos. 5. k. Hœc aulem causa est se-
cundœ circumcisionis : Y o\c'\ la cause de celte
seconde circoncision. Elle fut ordonnée à
Josué sur tous les entants des Israélites qui
étaient sortis d'Egypte, et qui moururent
dans le désert, dont le campement fréquent
et incertain avait empêché qu'ils pussent
être circoncis. Celte circoncision est appelée
seconde, par rapport à la première marquée,
Gen. 17. 10 Sap. li. 27. Infandorum enim
idolorum cultura omnis jnali causa est : Le
culte des idoles abominables est la cause de
tous les maux. Ph;lipp. 1. 28. Quœ illis est
causa perditionis : Celle patience qui vous
fait supporter les persécutions de vos ad-
versaires, est pour eux la cause de leur
perte, et pour vous celle de votre salut;
Gr. evBîiii;, indicium. Gen. 37. 5. 3. Rce. 11.
27. etc.
2° La cause, l'auteur de quelque chose
{u'irioç). Hebr. 5. 9. Faclus est omnibus ob-
temperantibus sibi , causa salutis œternœ :
Jésus-Christ est devenu l'auteur du salut
éternel pour tous ceux qui lui obéissent.
3" Motif, sujet, raison. Matth. 27. 37. Et
imposuerunt super capul ejus causant ipsius
scriptam : Hic est Jésus rex Judœorum: Ils
mirent aussi au-dessus de sa tète le sujet de
sa condamnation écrit en ces termes : C'est
Jésus le roi des Juifs. Luc. 8. W. Act. 10.
V. 21. 29. c. 19.32. Jud. v. 10. etc.
4" Etal, condition, engagement. Matth. 19.
10. Si ila est causa liominis cum uxore, non
expedil nubcre : Si la condition d'un homme
est telle à l'égard de sa femme, il n'est pas
avantageux dc se marier. Celle condition est
au V. 9.
■r Crime, faute. Luc. 23. i. Joan. 18. 38
047
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
c. 19. V. i. 6. Non invenio in eo causam : Je
ne trouve en lui aucun crime, dit Pilale aux
Juifs touchant Jésus-Christ. Act. 13. 28.
G. 23. 28. c. 25. V. 7. 18. 27.
6° Cause, affaire, procès, différend. Prov.
29. 7. Novit juslus causam pauperum : Le
juste prend connaissance de la cause des
pauvres, c. 22. 10. c. 25. 0. Eccli. 32. 10.
Adoïescens, loquere in tua causa vix : Parlez,
jeune homme, dans ce qui vous regarde,
mais que ce soil avec peine. Ps. 42. 1
Discerne causam meam de génie non sancta :
Faites le discernement de ma cause, en me
défendant d'une nation qui n'est pas sainte.
David parle de ses ennemis, tels qu'étaient
Saiil, Absalom et Achitopbel. De là vient :
Causa Domini. Les affaires qui regardent
le Seigneur, les causes ecclésiastiques. 2.
Par. 19. 8. Constituit Josaphat Levilas et Sa-
cerdotes, et principes famidarum ex Israël, ut
judicium et causam Domini judicarent habi-
tatoribus ejus : Josaphat établit aussi dans
Jérusalem des léviies, des prêtres , et des
chefs des familles d'Israël, afln qu'ils y ren-
dissent la justice à ceux qui y demeuraient
dans les affaires qui regardaient le Seigneur
et dans celles qui regardaient les particu-
liers, v 10. Ainsi, Ps. 73. ^2.Exurge, Deus ,
judica causam tuam : Levez-vous ô Dieu, ju-
gez votre cause. La cause des fidèles qui
souffrent pour l'honneur et la gloire de Dieu,
est celle de Dieu même.
Causam agere adversus aliquem. Parler
arec force à quelqu'un contre sa conduite
déréglée, ou le désordre dont il est coupable.
2. Esdr. 13. 11. Egi causam adversus Magis-
tratus {^âyjcTOat) : Je parlai avec force aux
magistrats, pour les reprendre de tous les
abus qu'ils avaient laissé introduire.
Sine causa , jiûzri-j. — 1° Sans sujet , sans
raison. Job. 5. 6. Nihil in terra sme causa
fit: Kien ne se fait dans le monde sans sujet.
c. 9. 17. Multiplicabit vulnera mea eliam sine
causa (ôiazévwf) : Dieu multipliera mes plaies
sans que j'en sache même la raison, c.22. 6.
Prov. 23. 29. Ps. 3. 7. 1. Mach. 6. 12.
2" Inutilement , sans fruit , sans effet.
Matlh. 15. 9. Sine causa colunt me: C'est en
vain qu'ils m'honorent. Jésus-Christ ayant
en vue ce qui est dit, Isa. 29. 13. témoigne
aux Juifs que l'honneur qu ils rendaient à
Dieu étant fondé sur une tradition des hom-
mes,contraire aux commandements deDieu,
Matth. 15. 3. ne leur servait de rien pour la
vie éternelle. Deut. k. v. 1. 2. Rom. 13. 4.
Non enim sine causa ( ehn ) gladium portât :
Ce n'est pas en vain que le prince porte l'é-
pée : c'est pour punir celui qui fait mal.
Ainsi, Gai. 3. k. c. k. 12. Job. 27. 12. Ps.
72. 13.
CAUSARI, «mâo-ôc.t, de causa, et signiGe :
1' Alléguer des raisons , prendre prétexte
^r/joKiTiâo-Sat). Eccli. 29. 6. Tempus causabi-
tur : Ceux qui ont emprunté, prennent pré-
lexte que le temps est mauvais quand il s'agit
de rendre. Deut. 30. 13.
2° Donner des preuves , prouver par rai-
les
sons
Judœos
convaincre. Rom. 3. 9. Causati sumus
et Grœcos omnes sub veccato esse :
Nous avons convaincu et les Juifs et
gentils d'être tous dans le péché.
CAUTE, «5-oaÀw?, de cautus, et signiûe
1° Sûrement, avec précaution. Marc. U. kk.
Ducile caute : Emmenez-le sûrement, dit Ju-
das, touchant Jésus-Christ qu'il allait trahir.
1. Mach. 6. 40. Tob. 2. 4.
2° Sagement , prudemment , avec circon-
spection ( «x|5têw? ). Ephes. 5. 15. Videie...
quomodo caute ambuletis : Ayez soin de vous
conduire avec circonspection.
CAUTERIATUS , a , um. x.-x«vT«|5ta(T/z6vo?.
de cauterium ii, et signifie proprement : mar-
qué d'un fer rouge de feu. Il se dit dans l'E-
criture dans le sens figuré, de la conscience
des pécheurs , noircie de crimes et qui porte
le caractère et la marque du péché. 1. Tim.
4. 2. Attcndentes spirilibits erroris... caute-
riatam habentium suam conscientiani : Dans
le temps à venir, quelques-uns abandonne-
ront la foi en suivant des esprits des er-
reurs... des personnes dont la conscience est
noircie de crimes. La métaphore est tirée le
la coutume de marquer ou de flétrir d'un fer
chaud les malfaiteurs sur le front, selon la
qualité de leurs crimes.
CAUTIO, Nis. Du supin cautum, et signifie
proprement, circonspection, assurance, cé-
dule qu'on donne par écrit; dans l'Ecriture:
Assurance, cédule qu'on donne par écrit
pour assurance de dette ( 7/5k^/a« ) Luc. ]6.
6. Accipe cautionem tuam : Reprenez votre
obligation. Cet économe de la parabole fit
venir chez lui les fermier* de son maître, et
leur fil faire des obligations; à l'un d'une
somme la moitié moins que n'était la pre-
mière ; à l'autre d'un cinquième moins que
la première. D'autres croient néanmoins
que ce mot signifie quittance, ce qui mar-
querait que cet économe faisait remplir par
chacun de ces créanciers une quittance en
blanc signée de sa main, par laquelle il re-
connaissait avoir reçu ce qu'il leur disait
d'y écrire. Voy. Analys. Dissertation 26.
CAUTUS, A, UM, De caveo, et signiGe pro-
prement, fin, rusé: delà vient dans l'Ecr.:
Cautus scientia , ytvwcntwv yvwo-tv. Habile
dans les scieiices et les lettres. Dan. 1. 4.
Puer os... eruditos omni sapientia, cautos
scientia : î)ès enfants instruits dans tout ce
qui regarde la sagesse , habiles dans les
sciences et dans les arts.
CAVUS, A, UM, y.oùoç. De l'ancien verbe
Grec x«M pour y^aivco hisco, et signiGe :
Creux, concave, vide. Exod. 8. 7. Ipsum
oulem altare non erat solidum, sed cavum :
L'autel des holocaustes que Gl Réseléel n'é-
tait pas solide, mais il était composé d'ais, et
vide au dedans.
CÀZALOTH, ou GASALOTH. Ville de la
tribu d'Issachar. Jos. 1. 18. Voy. Casa-
LOTH.
CEDAR, Hcb. Nigredo, inis. 1° Second fils
d'Ismaël. Gen. 25. 13. Prtmogenitus Ismaelia
Nabajotli, dcinde Cedar. 1. Par. 1. 29.
2° Pays d'Arabie habité par les Ismaéli-
tes, et depuis par les Sarrazins. Ezech. 27
21. Arabia et universi principes Cedar : L A>t
rabie et tous les princes de Cedar. Ps. 119.
U9
CED
CED
6S0
5. Hahilavi cum habitanlilnis Cerfar.- David
se plaint d'être obligé de rôder parmi les
Arabes, qui n'avaient point de demeures
fixes et qui logeaient dans des tentes, comme
porte le Grec et l'Hébreu. Ce qui est marqué,
Can(, 1. 4- Nigra smn, sed fromosa, fil iœ Jé-
rusalem, sicul tabernacula Cedar, siciit pelles
Salomonis : Je suis noire comme les tentes
des Cédarénites, noircies par dehors par les
ardeurs du soleil; mais je suis belle comme
les riches tentures de Salomon. l'Eglise qui
est défigurée par les persécutions, est ornée
au dedans par les richesses de la grâce. Isa.
21. V. 16. 17. etc. Ainsi, Isa. 42. 11. In.do-
ynibus habitavit Cedar : Les Arabes qui n'ha-
bitaient que dans des tentes, eu recevant
l'Evangik, de sauvages qu'ils étaient, de-
viendront doux et sociables.
3° Ville ou contrée au delà du Jourdain,
dans la tribu de Manassé. Judith. 1. 8. Misit
ad gentes quœ sunt in Cartnelo et Cedar ; le
Grec porte (ralaad, au lieu de Cedar.
CEDERE, ti/.îi'j. De l'aoriste y^ccSsa, chan-
geant a en e, de l'indic. x«?*>» cedo, et si-
gnifie :
l'-Se retirer, faire place, reculer (e^KÛîffeai).
Deut. 20. 3. Nolite cedere.-Ne reculez point ;
se. devant l'armée de vos ennemis, quoique
plus grande que la vôtre, dit Dieu aux Juifs.
Jos. 8. 15. Josue vero et omnis Israël cesse-
runt loco : En même temps que le roi de Haï
eut conduit ses troupes de la ville de Haï
vers le désert, Josué et tout Israël lâchèrent
le pied; se. en fuyant vers le désert, afin
que tous ceux de Haï les poursuivant, ceux
qui étaient en embuscade proche la ville,
passent aisément la prendre, v. 19.
2° Céder, renoncer. Ruth. k. 6. Cedo juri
propinquitalis : Je vous cède mon droit de
parenté, dit le plus proche parent de Noëmi
à Booz. La formule de la ratification de ces
sortes de cessions, au v. 7.
3° S'accommoder, se rendre, fléchir, ne
point s'opposer. Gai. 2. 5. Quibus neque ad
horam cessimus : La considération des faux
frères ne nous porta pas à leur céder, ni à
nous assujettir même pour un moment à ce
qu'ils voulaient. 3. Reg. 12. 7. Si pelitioni
eorum cesseris : Si vous vous rendez à la de-
mande des Juifs, ils s'attacheront pour tou-
jours à votre service, disent les vieillards à
Roboam, sur la demande que lui faisaient les
Juifs de diminuer quelque chose de la ri-
gueur da gouvernement de Salomon. Sap.
18. 2i). ^15 aulem cessil qui exlerminabat :
L'exterminateur céda à ces choses; savoir, à
la majesté et à la dignité qui parut en Aaron.
Voy. v. 2k. Ceci a rapport à ce qui est Num.
16. M. Ainsi, Job. 39. 22.
k" Appartenir, revenir à quelqu'un (elvat)
Exod. 29. 2(». Cedet in parlem tunm : La poi-
trine du bélier qui aura servi à la consécra-
tion d'Aaron, sera réservée pour votre part
du sacrifice, se. pour Moïse, v. 28. Levil. 7.
32. Ainsi, Num. 24. 18. Hœredilas Seïr cedet
inimicis suis .- L'héritage de Seïr passera à
ses ennemis, v. 13. 18. Mais, c. 18. 9. Quid-
quid pro peccato atque delicto reddilur mihi,
et cedil in sancla sanctorum, tuum eril et
DiCTIONN. DE PHILOL. SiCRÉE. l.
filiorum tuorum .Tout ce qui m'est rendu
pour le péché et pour l'offense, et qui devient
une chose très-sainte, etc. c'est le sens de
l'Hébreu.
5' Echoir, réussir. 2. Mach. 4. 17. Inleges
enim divinas impie agere impune non cedït :
On ne viole point impunément les lois de
Dieu, c. 12. 11. Cumque... auxilio Dei pro-
spère cessisset : Judas ayant réussi lieureusc-
ment parle secours de Dieu; savoir, contre
les Arabes qu'il vainquit. Num. 14. 4L
CEDES, Heb. Sanctilas. — 1° Ville de la
tribu de Nephthalim. Jos. 19. 37. Judir. 4.
V. 6. 9. 11. 4. Reg. 15. 29. Ville de refuge.
Jos. 20. 7. Donnée aux Lévites, c. 21. 32. 1.
Par. 6. V. 72. 76. Voy. Cades. — 2° Ville de
la tribu d'Issachar, donnée aux Lévites. 1.
Par. 6. 72. Elle est nommée Cesion. Jos.
2. 28.
CEDIMOTH, Heb. Antiquiores. Ville de la
tribu de Ruben, donnée aux Lévites. Jos.
13. 18. Voy. Cademoth.
CEDMA, Heb. Antiquus ou Orientalis.
Dernier fils d'Ismaël. Gen. 25. 15. 1. Par. 1.
31. Il est appelé en hébreu Cedem. Jer. 49.
28. Vulg. Oriens.
CEDMIEL, Heb. Orienlis Deus. Nom d'un
Lévite, fils d'Odovias. 1. Esd. 2. 40. c. 3. 9.
2. Esd. 7. 43. etc.
CEDMON^ailI, Heb. Antiquiores. Peuples
de la Chananée- Gen. 15. 19. Il n'en est point
fait mention autre part; il y avait dix peu-
ples en ce pays quand Abraham y vint;
mais avant que les Israélites s'en fussent
emparés, ces trois peuples, les Cinéens, les
Cénéséens, et les Cedmonéens, étaient exter-
minés ou confondus avec les autres. Voy.
Hevjeus et BoCH, l. 4. c. 36.
CEDRINUS, A, UM, x£5/3£voç.De cèdre, fait do
bois de cèdre. 3. Reg. 6. 10. Operuit domuin
lignis cedrinis : Salomon couvrit la maison
du Seigneur de bois de cèdre.
Somptueux, magnifique. 2. Reg. 7. v. 2;
7. 1. Par. 1.1. Videsne quod ego habitem in
domo cedrina? Ne voyez-vous pas que je de-
meure dans une maison de cèare? dit à Na-
than David, résolu de bâtir une maison pour
l'arche de Dieu. Voy. v. 5. Cant. 1. 10. ligna
domorum noslrarum cedrina: Les solives dp
nos maisons sont de cèdre : autr. les pou-
tres : Ces poutres et ces solives sont les prê-
tres qui soutiennent l'Eglise, qui est la mai-
son de Dieu, qui doivent être de bonne odeur
et incorruptibles comme le cèdre, c. 8. 9.
GEDRON, Heb. Obscuritas. — INom pro-
pre d'un torrent qui passe entre le mont dos
Oliviers et la ville de Jérusalem. Ce mot en
hébreu signifie obscur et ténébreux, parce
qu'il est situé dans une vallée que l'ombre
des arbres rend obscure. 2. Reg. 15. 23. Rex
quoque transgrediebalur torrenlcm Cedron :
David, dans sa persécution, représentait no~
tre Sauveur qui a passé ce torrent dans s.i
passion. Joan. 18. 1. Egrcssus est transtorren^
tem, Cedron .Jésus s'en alla au delà du tor-
rent de Cedron ; Gr. twv xiS^iwv, cedrorum : Ce
qui a fait croire que ce torrent a été appelé
de la sorte à cause d'une espèce de cèdres ;
Hebr. cidron, qui étaient sur le bord ; mais
21
66i
DICTIONNAIRE DU PHILOLOGIE SACREE.
65Î
on croit qu'il faut en grec, roO xîOjowv au sin-
gulier, comme 2, Reg. 15. 23. et 3. Reg. 15.
13. où le grec porte, twv Y.é§p(ù-j,cedroriim.
2° Cédro ou Cédron était une place forte
que Cendebée avait réparée (xiSjowv, Hebr.
obsciiritas). 1. Mac. 16. 9, Venit Cedronem
qnam œdificavit :La^ même ville que Gédor.
c. 15. V. 39. 40.
CEDRUS, I. Du Grec y.éSpoç, el signifie,
1» Cèdre, arbre fort haut, dont le bois n'est
point sujet à se carier. 11 y en avait une
grande quanlilé sur le mont Liban. 3. Reg.
4. 33. Disputavil super litjnis, a cedro quœ
est in Libano usque ad hyssopum : Salomon
traita de tous les arbres depuis le cèdre qui
est sur le Liban, jusqu'à l'hjssope.
Toute sorte de grands arbres. Ps. 28. 5.
Vgx Domini confringentis cedros : La foudre
abat les plus grands arbres. Ps. Ii8. 9. Li-
gna fructifera et omnes cedri : Louez le Sei-
gneur, vous arbres qui portez du fruit, avec
tous les cèdres. Ps. 103. 16. Gant. 5. 15. Isa.
37.24.
2° Palais magnifique bâti de bois de cèdre.
Jerem. 22. 7. Succident electas cedros tuas :
Les ennemis abattront les maisons bâties de
cèdres, aussi élevées que ces arbres le sont
sur le Liban: ce qui se peut entendre aussi
des grands seigneurs de la cour de Joachaz,
qui fut lui-même emmené captif par le roi
dEgypte. 4. Reg. 23: 34. Ainsi, Jerem. 22.
23. Qui... nidificas in cedris : 0 vous, Jécho-
nias, qui faites votre nid dans les cèdres.
Zach. 10. 1.
3° Peuples ou princes et rois puissants.
Ezech. 17. 3. Aquila grandis... venit ad Li-
banum et lulit medullam cedri:\]n aigle puis-
sant... vint sur le mont Liban, et emporta la
moelle d'un cèdre : Ce cèdre est Jéchonias,
emmené de Jérusalem par Nabuchodonosur
à Babylone. v. 32. Ainsi Amos. 2. 9. Judic.
9. 15. 4. Reg. 14. 9. 2. Par. 25. 18. Eccli.
24. 17. Isa. 2. 13. Zach. 11. 2. A quoi se peut
rapporter celte phrase : Comparare se cedro :
S'élever par son orgueil. Jerem. 22. 15.
Numquid regnabis, quonium confers te cedro :
Prétendez-vous affermir votre règne, parce
que vous vous comparez au cèdre? Dieu
parle à Joachim, qui ne pensait qu'à s'a-
grandir. De là vient :
Cedri Dei. Les cèdres de Dieu; ce qui est
un Hébraïsme; pour marquer les plus beaux
cèdres et les plus élevés, qui signifient les
peuples les plus puissants de la terre. Ps.
79. 11. Operuit montes umbra ejus, et arbusta
rjus cedros Dei : L'ombre de votre vigne a
louverl les montagnes, el ses branches les
cèdres de Dieu : Ces cèdres sont tous les
peuples puissants qui furent assujettis aux
Israélites, figurés par la vigne. Voy. v. 9. et
ces peuples mêmes sont tous les Gentils qui
devaient être soumis à l'Eglise.
4° Le bonheur de l'Eglise, el la bénédiclion
des justes et des fidèles, est comparée au
cèdre planté sur le bord des eaux. Num. 24.
6. Quasi cedri prope aquas : Los (onles
d'Israël sont comme des cèdres plantés sur
le bord des eaux, dit Balaam, bénissant les
Isi.iéliUs, figure de l'Eglise. A quoi se rap-
porte, Ps. 91. 13. Sicut cedrus Libani multi-
plicabitur : Le Juste se multipliera comme le
cèdre du Liban.
CEELATHA, Heb. Cœtus. Le dix-nenvième
campement des Israélites, mémorable par la
sédition de Coré. Num. 33. v. 22. 23.
CEILA, Heb. Scindens eam. — 1° Ville
dans la tribu de Juda. Jos. 15. 44. 2. Esdr.
3. V. 17. 18. délivrée par David d'entre les
mains des Philistins. 1. Reg. 23. 5. etc. —
2° Nom propre d'homme, fils de Nahum. 1.
Par. 4: 19.
QELAI, Heb. Yox mea. Chef de la famille
sacerdotale de Sellai. 2. Esd. 12. 20. Sellai,
Celai; Celai était chef de la famille de
Sellai.
CELAIA, Hob. Vox Domini. C'est le même
que Calila. 1. Esd. 10. 23. Voy. Cauta.
GEL ARE, y.pvTTTîiv. De l'Hébreu cala, clau-
dere, cohibere.
i° Celer, cacher, ne point déclarer. Gen.
18. 17. Num celare potero Abraham quœ ge-
sturus sum ? Pourrais-je cacher à Abraham
ce que je dois faire? se. touchant Sodome et
Gomorrhe. Voy. v. 20. Ainsi, Gen. 37. 26.
Quid nobis prodest si occiderimus fralrem
nostrum , et celaverimus sanguinem ipsius?
Que nous servira d'avoir tué notre frère, et
d'avoir caché sa mort , dit Judas à ses frères
touchant Joseph. 4. Reg. 4. 27. Prov. 17. 9.
Ainsi, Job. 31, 33. Si... celavi insinu meo ini-
quitatem : Si j'ai caché dans mon sein mon
iniquité. Job proteste sous de grandes peines
qu'il ne s'est point caché en couvrant ses
défauts, afin par là d'en imposer aux hom-
mes. De là vient,
2° Dire, ou croire qu'une chose est cachée
à la connaissance de quelqu'un. Job. 42. 3.
Quis est iste qui celât consilium absque scien-
tia? Qui est celui-là qui, par un effet de son
ignorance, prétend dérober à Dieu le conseil
et la sagesse?
3° Couvrir, cacher. Levit. 16. 4. Femina-
libus lineis verenda celabit : Quand Aaron en-
trera dans le sanctuaire, il couvrira ce qui
doit être couvert avec un vêtement de lin.
Deut. 31. 18. Ego autem celabo faciem meam :
Je couvrirai à ce peuple ma face, dit Dieu,
pour ne point voir l'idolâtrie à laquelle ij
se sera abandonné après la mort de Moïse.
Celle phrase se doit entendre au même sens
<\\xavertere faciem. 2. Par. 30. 9. ce qui mar-
que que Dieu ne répand plus ses grâces et
ses bénédictions. Prov. 25. 2. Gloria Dei ett
celare verbum:La gloire de Dieu est de ca-
cher sa parole sous des voiles. 1. Reg. 20.
19. De là vient :
Celare se. Se mettre à couvert contre quel-
que chose. Isa. 32. 2. El erit vir sicut qui ce-
lât se a tempestate : Le prophète prédit que
Jésus-Christ devait servir de retraite contre
la tempête. Amos 9. 3.
4" Retenir, arrêter. Job. 20. 13. Celabil in
gulture suo : Le pécheur, qui avale l'iuiquilâ
comme l'eau, goûte le mal avec plaisir,
comme un morceau délicieux que l'on retien-
drait dans sa bouche pour le savourer plus
longtemps.
C55
CEL
CEL
C.>4
CELEBER, is. De x),siw, celebro, ou de
celer, et signifle :
1° Célèbre , en réputation , considérable
(TifiâaQoiL, honorarï). 1. Reg. 18. 30. Célèbre
factum est nomen ejus nimis : Le nom de Da-
vid devint très-célèbre, savoir, par la pru-
dence qu'il flt paraître dans la guerre contre
les Philistins.
2^ Public, commun {éTzimao;). 1. Mach.
11. 37. Ponatur in monte sancto et in loco ce-
lebri : Qu'on expose cette ordonnance sur la
montagne sainte, en un lieu où elle soit vue
de tout le monde. C'est celle de Démétrius en
faveur des prêtres, rapportée v. 34. 35. c.
Ik. 4.8. A quoi se peut rapporter, Gen. 45.
16. Celebri sermone vulgatum est : On dit pu-
bliquement que les frères de Joseph étaient
venus.
3° Célèbre, solennel {-/Inroç . Levit. 23.
7. Dies primus erit vobis celeberrimus : Le
premier jour, i. e. de la fête de Pâque, vous
sera le plus célèbre, v. 8. 21.
CELEBRARE. 1° Rendre considérable,
distinguer, faire connaître d'une manière
avantageuse {-oi-î-j ovou«). Gen. 11. 4. Ce-
lebremus nomen noslrum : Rendons notre
nom célèbre , disent les enfants de Noé dans
le dessoin de faire la tour de Babel, v. 9. 1.
Par. 17. 8. Job. 18. 17. De là vient :
Emptionem celebrare ab aliquo. Acheter de
quelqu'un quelque chose rare et de grand
prix. 2. Par. 1. 17. De univ^rsis regnis He-
tœorum, et a reijibus Syriœ emptio celebraba-
tur : L'attelage de quatre chevaux revenait
à six cents sicles d'argent et un cheval à
cent cinquante; et l'on en achetait ainsi de
tous les rois des Helhéens etdeceuxde Syrie.
2° Fêter , solenniser, célébrer avec joie
(eopTâÇetv). Exod. 23. 14. Tribus vicibus
per singulos annos mihi (esta celebrabitis :
Vous célébrerez des l'êtes en mon hon-
neur trois fois chaque année; ces fêtes sont
marquées v. 15. 16.
3° Exécuter, pratiquer avec les cérémo-
nies ordonnées. Levit. 16. 11. Bis rite cele-
bralis : Aaron ayant fait tout ceci selon l'or-
donnance, savoir : ce qui était nécessaire
avant d'entrer dans le sanctuaire. Deut. 15.
2. 2. Par. 31. 1. '
CELEBRATIO, nîs. L'action de louer quel-
que chose, et se dit aussi de la célébration
des jpux et des compagnies assemblées; dans
l'Ecriture :
Félp, jour solennel [ioprv). Eccli. 47. 12.
Ledit in celebrationibus decus : David a rendu
les fêtes plus solennelles; savoir : par les
chanires qu'il a établis, etc. Vny. v. 11.
CELEBRITAS, atis. Du ccleber, et signi-
fie propr«menlgrandeassemblce, réputation;
dans l'Ecriture :
1* Fêle solennelle, solennité fàTraûKT.-uxvTor,,
absque celebritale). '2. Malth. 15. ii6. Decre-
veruntnuUo modo diem istnm abaque celebri-
taie prœlerire : Il lut arrêté qu'on ne devait
point laisser passer ce jour si célèbre sans
en faire une fête particulière, se. delà vi-
ctoire que Judas remporta contre Nicanor.
V. 28. Le jour de la célébration est v. 37.
2" Réjouissance dans une sobiinilé ou U' ç
solennelle (eùyûoo-ûvjj). 2. Par. 30. 26. Facta
est grandis celeoritas : Il se fit une grande so-
lennité à Jérusalem; se. à la célébration de
la Pâque qu'Ezechias recommanda d'être cé-
lébrée à Jérusalem par tous les Juifs.
CELER, RIS, RE, T7.y\jç, da, v. De l'Eolique
•/î).)3opour y.D.-nç , et signifie :
1° Vite, prompt, qui va vite, en parlant
de l'action de marcher ou avancer. Eslh. 8.
14. Egressi sunt veredarii celeres nuntiaper-
ferentes : Les courriers partirent prompte-
raent portant ces nouvelles.
2' Soudain, en parlant de quelque chose
qui nous arrive en bref, soit avantageuse
ou désavantageuse. 2. Petr. 2. 1. Superindu-
centes sibi celerem perditionem : Les faux do-
cteurs, se. d'hérésies, attireront sur eux-mê-
mes une soudaine ruine.
CELERITAS, atis. De celer, et signifie :
Vitesse , promplilude, s'entend dans l'E-
criture de la brièveté du temps. Baruch. 4.
24. Yiderunt in celeritate salutem veslram a
Deo (êv -rùy^zL) : Les provinces voisines de Sion
verront bientôt le salut que Dieu vous en-
verra : Baruch parle aux Juifs qui étaient
captifs en Babylone.
CELERITER, Taxéwf.— lo Vilement, prom-
ptement. 1. Reg. 20. 6. Rogavit me David ut
iret celeriter in Bethléem civitatem suam : Da-
vid m'a prié que j'agréasse qu'il fît prompte-
meut un tour à Bethléem, d'où il est; ce
voyage n'était que supposé et afin que Jona-
thas connût par les marques que Sati! donne-
rait au sujet de l'absence de David, si Saùl
voulait ôter la vie à David. — 2» Avec ardeur
et empressement {rr-o-jox'Kùç) . Sap. 2. 6. Uta~
miir creatura tamquamin juventute celeriter :
Hâtons-nous d'user des créatures comme on
fait dans la jeunesse, disent les méchants;
d'où vient le comparatif
GELERIUS, Tix^ov. — l-'Plus lot (à^iaç).
Sap. 3. 18. Si celerius defiincti fuerint. non
habebunt spem ; Quand bien les enfants des
adultères mourraient plus tôt que dans la vieil-
lesse, ils seront ?ans espérance, s'ils sont
semblables à leurs pères. Hebr. 13. 19. Am-
plius autem deprecor vos hoc facere , quo ce-
krius restituar vobis : Je vous conjure de
prier pour nous avec encore plus d'ardeur,
afin que je retourne plus tôt vers vous. —
2 Bientôt (T«xéw,-). Sap. 4. 16. Condemnat
...juventus celerius consummata longamvitam
injusti : La jeunesse du juste mort sitôt est
la condamnation de la longue vie de l'injuste.
CELEUS.MA , du Grec y.eltvG-rnç, de zeXîuttv,
juhere, et signifie proprement le cri de plu-
sieurs personnes qui s'entr'excitent dans le
combat ou dans le travail; dans l'Ecriture il
s'écrit celeuma, et signifie :
Cri de plusieurs personnes qui s'encoura-
gent et s'animent à faire quelque chose , on,
les cris de joie qu'ils poussent en la faisant!
Ainsi les cris de joie, les chansons de ceux,
V qui foulent les raisins. Jerem. 48. 33. Ne-
qnaqunm calcator uvœ sotilum celeuma canta^
bit : Les Moabitcs qui foulaient le vin ne
chanteront plus leurs chansons ordinaires.
2° Les cri» de ceux qui s'animent et s'encou-
ragent au combat ou se réjouissent de la vi-
653
ctoire. Jerem. 25.
I ICTlONiNAIRE OE PHILOLOGIE SACREE.
656
30. Cclcuma quasi calcan-
tium concinetur adversus omnes Itabitatores
terrœ : Il s'excitera un cri commun contre
tous les habitants de la terre, tel qu'en font
ceux qui foulent le vin ; c'est-à-dire, comme
ceux qui foulent le vin poussent des cris
pour s'encourager au travail ou pour se ré-
jouir : de même les Babyloniens s'encoura-
geront les uns les autres, pour venir fon-
dre sur Jérusalem et se réjouiront de sa perte;
mais c. 51. 14. Super te celeuma cantabitur :
Les hommes jetteront des cris de joie en vous
détruisant ; s'entend des armées de Darius et
deCyrus, qui détruisirent et ravagèrent le
royaume de Babylone.
CELITA, Heb. Refugium. Nom d'un lévite.
2. Esd. 8. 7. qui est appelé Celaia ou Calita.
1. Esd. 10. -23.
CELLA, M. De cala, Heb. ou de cellare ,
parce qu'il signiQe cellier ou ofGce, qui sert
à cacher ce qu'on y met, le lieu où l'on
serre les provisions de blé, d'huile, de vin,
de chair ; dans l'Ecriture :
Chambre, lieu à serrer quelque chose
l' ol/o; ). Isa. 39. 2. Ostendit eis cellam aroma-
tum : Ezéchias montra aux ambassadeurs de
MérodachBaladanJe lieu où étaient les arc-
mâles; de là vient : cella vinaria , cave. 1.
Par. 27. 27. Prœsidehat celUs vinariis , Zab-
dias Aphonites : Zabdias d'Aphoni avaitl'au-
torilé sur les caves et les celliers de David.
Gant. 2. 4. Inlroduxit me in cellam vinariam:
Mon bien-aimé m'a fait entrer dans le cel-
lier où il met son vin ; Grec , ol/ôj ohov.
Comme les Orienlaux comparent l'amour au
vin, cette expression est aussi toute méta-
phorique et signifle que Jésus-Christ a fait
entrer lEglise dans son cœur, qui est comme
le dépositaire de cet amour tout brûlant qu'il
a pour elle.
CELLARIDM , ii, zxy.sïov. De cella, et si-
gnifie proprement le même que cella; dans
l'Ecriture :
1° Lieu où on réserve les provisions , cel-
lier. Luc. 12. 24. Quibus non est cellarium,
neque horreum : Les oiseaux n'ont ni cellier,
ni grenier. Prov. 24. 4. In doctrina replebun-
tur cellaria : La prudence et la bonne con-
duite remplit de biens une maison. Deuter.
28. 8.
2° Lieu retiré, cabinet, garde-meuble , où
sont les trésors et les choses les plus
précieuses. Jerem. 38. 11. Ingressus est do -
mum régis quœ erat sub cellario : Abdemelech
entra dans le palais du roi, dans un lieu qui
était sous le garde-meuble, et il en tira de
vieux drapeaux. Voy. pour quel usage, v.
12. 13. Mais Cant. 1. 4. Introduxit me rex in
cellaria sua : Le roi m'a fait entrer dans ses
appartements secrets; marque que l'Eglise
est cnlrée, par la grâce de Jésus-Christ, dans
la connaissance des mystères du royaume de
Dieu. Voy. Joan. 15. 15. 2. Cor. 3. 18. et ail-
leurs.
3° Lieu autour du temple pour garder les
ornements et les oblations qu'on y faisait
(«T7oOnioî> 1. Par. 28. 11. Dédit David Salo-
mon filio suo descriptionem... cellariorum :
David donna à Salomon le dessin et le modèle
des garde-meubles ; David l'avait reçu de
Dieu même. Voy. v. 19.
CELLON , Heb. Consummatio. Pays entre
l'Euphrale et l'Arabie, où étaient les Ismaé-
lites. Judith. 2. 13. Prœdavit filios Jsmaelqui
erant ad austrum terrœ Cellon. Holopherne
pilla les enfants d'Ismael , qui étaient au
midi de la terre de Cellon. Voy. Chellon.
CELLULA. De cella , et signifie proprement
une petite chambre ; dans l'Ecriture :
Lieu où se mettaient les meubles et tout
ce qui servait au temple. 1. Par. 26. 18. /n
cellulis quoque janitorum ad occidentem qua-
tuor in via, binique per cellulas : Il y avait
quatre lévites au logis des portiers à l'occi-
dent, sur le chemin, deux à chaque chambre.
CELTIS, ou CELTE, is. Ce mot ne se
trouve nulle part dans les auteurs , hormis
dans les inscriptions de Gruter, où sont ces
termes : Molleolo et celte litteratus silex : Une
pierre gravée avec le marteau et le ciseau ;
ainsi il peut bien signifier ici, comme dans
cet auteur :
Un ciseau pour graver sur la pierre. Job.
19. 24. Quis mihi det ut sermones mei ... celle
sculpantur iti silice? Qui m'accordera que
mes paroles soient gravées sur la pierre
avec le ciseau? Ce qui est une expression fi-
gurée dont Job se sert pour marquer le désir
qu'il a que la mémoire de son innocence et
de son espérance en Dieu fût éternelle ; il n'y
a rien dans le Grec qui réponde à ce mot;
l'Hébreu porte ghed, qui signifie éternité. On
lit dans la plupart des manuscrits et même
des plus anciens : vel certe.
CENCHRE^ , Heb. Milium. Cenchrée ,
port de Corinlhe où saint Paul s'était fait
couper les cheveux à cause d'un vœu. Act.
18. 18. Rom. 16. 1. In Cenchris, pour Cen-
chreis , à Cenchrée.
CENDEBiEUS , Heb. Possessio doloris.
Cendebée, général d'armée d'Antiochus
Soter. 1. Mac. 15. v. 38. 40. etc. Ce capi-
taine étant venu avec une grande armée pour
assujettir les Juifs , fut défait par les fils de
Simon et fut si étonné de sa défaite qu il n'osa
plus retourner en Judée.
CEiNERETH, Heb. Cithara.—V Ville de la
tribu de Nephlhalim ou de Zabulon. Jos. 19.
35. Qui a donné le nom à toute la contrée
voisine et au lac sur lequel cette ville est si-
tuée.—2° Lac de Cénéreth ou Génésareth ;
que les Hébreux appellent Mer de Galilée.
Num. 34. 11. Pervenient ad mure Cenereth :
Les confins s'étendront jusqu'à la mer de
Cénéreth. Deul. 3. 17. Jos. 3. 27. Voy. Ge-
NESARETH.
CENEKOTH, Heb. Idem. 1" Pays d'alen^
tour de la ville de Cénéreth ou Cénérolh.
Jos. 11. 2. 3.Reg. lo.iO. Benadad, rex Syriœf
misit principes exercitus sui in civitates /s-
rael et percusserunt universum Ceneroth, om-
nem scilicet terram Nephtali : Ils ravagèrent
toute la contrée de Ceneroth ; c'est-à-dire
tout le pays de la tribu de Nephlhali. — 2" Le
lac de Tibériade ou de Génésareth. Jos. 12.
3. A soliludine usque ad mare Ceneroth : De-
puis le désert jusqu'à la mer de Cénérolh.
Voy. Génésareth.
\
6f)7 CEN
GENEZ, Hcb. Mdus iste. 1 Fils cfHéli-
phaz et pelil-fils d'Esaii, prince des Idu-
méens. Gen. 36. v. 11. 15. 1. Par. 1. v. 36.
53.-2° Aïeul de Caleb troisième et d'Olho-
niel. Jos. 15. 7. Cepit ecnn Othoniel films Ce-
nez frater, i. e. cognatus Caleb : Othoniel, fils
de Cenez, cousin de Caleb, prit cette ville.
Judic. 1. 12. c. 3. V. 9. 11. 12. 1. Par. 4. 11.
D'autres croient que Cenez était pèred'Olho-
niel et beau-père de Caleb, dont il avait
épousé la mère. — 3^ Fils d'Ela , pelit-fils de
Caleb. 1. Par. 4. 15. Filii Caleb, filii Jephone,
Hir et Ela, filii Ela.
CENEZvEUS, Heb. Ideyn. —^ Le peuple
de Chananée , dont il n'est point fait mention
autre part. Gen. 15. 19. Semini tiio) dabo
Cinœos , Cenezœos, Cedmonœos. Voy. Cedmo-
NJEi. 11 y a de l'apparence que ces peuples
ont été défaits. — 2 Descendant de Cenez,
père ou aïeul dOlhoniel. Num. 32. 12. Prœ-
ter Caleb fdium Jephone Cenezœum. Jos. 14.
V. 6. 14. Ce nom pouvait lui être donné à
cause que celui de Cenez pouvait être célèbre
dans sa famille.
CENI, Heb. Possessio. Pays ou contrée de
la tribu de Juda, dans laquelle David feignit
à Achis de faire des courses. 1. Reg. 27. 10.
c. 30. ^d. Contra meridiemCeni. Quelques-uns
croient que ce sont les Ginéens, amis des
Israélites, c. 15. 6.
CENSUS, us. De censeoy et signifie: —
1" Registre ou état public des personnes, ou
biens de chaque particulier. 2. Esdr. 7, 64.
Hi quœsierunt scripturam suam in censu, et
non invenerunt ; et ejecli sunt de sacerdotio :
Les Juifs marqués v. 63. cherchèrent l'écrit
de leur généalogie dans le dénombrement, et
ne l'ayant point trouvé, ils furent rejetés du
sacerdoce.
2" Tributj impôt, qui se paie par les sujets
d'un prince ou d'une république, selon l'état
de leur bien («ivo-o,-;. Matlh. 17. 24. Reçjes
tcrrœ a guibus accipiunt tributum vel censum?
De qui est-ce que les rois de la terre rpçoi-
vent les Iributs et les impôts? dit Jésus-Christ
à saint Pierre, à qui les receveurs du tribut
de deux drachmes avaient demandé si Jésus-
Christ, son maître, ne le payait pas ; et il
lui fait connaître que, comme Fils de Dieu ,
suivant même la pratique des rois cjui n'en
exigent pas de leurs enfants, il n'était point
obligé de payer ce tribut ordonné par Moïse
pour être oflcrt au Seigneur. Exod. 30. 13.
Ce tribut fut appliqué, sous Joas, aux répa-
rations, à renirction et au service du temple,
2. Par. 2V. v. 9. 12. el, depuis, les Romains se
le firent payer, selon Matth. 22. v. 17. 19. De
plus, Voy. Josèphe de la guerre dos Juifs,
liv. 7. 26. Jé^us-Christ le fil payer pour lui
par saint Pierre.
3 Cens, biens en revenu, richesses (Tr).oOToç).
Eccli. 30. If). Non est census super censum
saiutis corporis : Il n'y a point de richesses
plus grandes que celles de la santé du corps.
T. 15.
CENTENARIUS, a, um. De cmtum . et
signifie proprement de cent , où il y a le
nojnbre de cent ; do là vient, dans ri<>riluro :
— l" L'âge de cent ans. Gen. 17. 17. Pnlasne
CEN
658
centenario nuscelur filius (izaToi^raêrr^,-) ? Un
homme de cent ans aurait-il un fils? dit
Abraham en lui-même, sur la promesse que
Dieu lui fait de lui donner un fils de Sara,
v. 16. Abraham n'avait pour lors que quatro-
vingt-dix-neuf ans. — 2° Centenier, capi-
taine de cent hommes. Judith. 7. 10. Consli-
tuit per gyrum centenarios per singulos fon-
tes : Holopherne commanda qu'on mît cent
hommes en garde autour de chaque fontaine.
CENTENI , éy.v-o-jzàç, «00,-. Ce nom, qui est
rare au singulier, n'y est mis par les auteurs
latins que pour le pluriel, centeni, et signifie
cent; dans l'Ecriture :
Cent à la fois, par cent (I/.kt-ôv). 2 Reg. 18.
4. Centeni et milleni : Toute l'armée de David
sortait de Mahanaim, en diverses troupes de
cent hommes et de mille hommes ; ils allaient
contre Absalom. De là vient le pluriel neutre,
Centena millia, xi/tKt, yàiciotç, ccnt mille.
II. Par. 14. 19. Egressus est autem contra eos
Zara Mthiops cum exercitu suo decies cen-
tena millia : Zara, roi d'Ethiopie, vint atta-
quer l'armée d'Asa , avec une armée dun
million d'hommes. Yoy. v. 13. Ainsi , Dan.
7. 10. Decies millies centena millia, mille mil-
lions, i. e . un nombre innombrable.
CENTESIMUS, A, um, c-z«tott6,-. 1° Cen-
tième, le dernier de cent. I.Mach. 1.11. Regna-
vit in anno centesimo trigesimo septimo regni
Grœcorum : Anliochus, surnommé l'Illustre,
régna la cent trente-septième année du règne
des Grecs, c. 10. v. 21. 57. etc. De ce mot
vient l'adjectif féminin centesima, œ. suppl.
usuray qui est mis pour marquer une usure
par laquelle on rend un pour cent chaque
mois, ce qui revient au denier douze. 2. Esdr.
5. 11. Quin potius et centesimam pecuniœ ,
frumentiy vini et olei quam exigere soletis ab
eis , date pro illis : Ne vous contentant pas
de rendre à vos frères leurs champs, etc.,
payez même pour eux le centième de l'ar-
gent, du blé , du vin et de l'huile, que vous
avez accoutumé d'exiger d'eux, dit Esdras
aux Juifs. 2° Nombre de cent, cent à la fois,
d'où vient fnictus, centesimus , cent pour un.
Matth. 13. 8. Dabant fruclum, aliud cente-
simiim : De la semence qui tomba dans la
bonne terre , quelques grains rendirent cent
pour un. Voyez l'explication de ce passage,
V. 23. Le mot centesimum est mis ici pour
centuin , et se trouve en cette signification
dans Pline, et le Grec même porte centuni ,
sexaginla, triginta, parce que les Grecs n'ont
point de nombre distributif.
CENTIES. De centum , et :iignifie propre-
ment cent fois. Dans l'Ecriture :
Cent fois est pris comme adverbe indéfini,
pour mar(iucr plusieurs fois . une grande
quantité de fois. Ecc. 8. 12. Pcccator ex co
quod cenlies facit malum , et per patient iani
sustentalur, ego cognovi guod erit bonum ti-
mentibus iJeum qui verentur fuciem ejus : Celte
patience de Dieu , avec laquelle le pécheur
est souffert , après avoir cent fois conunis
des crimes, m'a fait connaître que ceux qui
craignent Dieu et qui respeclcnt sa face, se-
ront heureux. Marc. 10. 30. Ncmo est qui re~
liguerit domum uut frutres propler me,,, qui
65»
DICTIONNAIKK DR PHILOLOGIE SACREE.
660
non accipiat tenlies tanttim : Personne ne
quittera pour moi et pour l'Evangile sa mai-
son ou ses frères... que présentement, dans
ce siècle même, il ne reçoive cent fois autant
de maisons, de frères, etc. Outre que celui
qui quitte ainsi tontes choses est comblé des
grâces de Dieu et des bénédictions spiri-
tuelles, dont la moindre vaut mieux que tous
les biens du monde , Dieu rend son esprit
parfaitement heureux, en faisant qu'il se
contente du peu qu'il a. De plus, ceci a été
accompli à la lettre, à l'égard des apôtres,
qui n'avaif^nt quitté que peu de chose. Vou.
Act. k. V. 34. 35.
CENTDM. Du grec ézarôv. 1° Cent, nombre
de cent. Luc. 15. 4. Centum oves , cent brebis.
Voy. Ovis. Rom. 4. 19. Cum jam fere centum
esset annorum. Abraham ne fut point faible
dans sa foi, et il ne considéra point qu'étant
âgé de près de cent ans, son corps était déjà
comme mort, i. e. hors d'état naturellement
d'avoir un fils, comme Dieu le lui avait pro-
mis. Quand il reçut cette promesse, il était
âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans, et eut Isaac
à cent. Gen. 25. 5. Marc. 4. 8. Afferebat unum
triginta , unum sexaginta, et unum centum :
Quelques grains qui avaient élé semés rap-
portaient trente pour un, d'autres soixante
et d'autres cent. Ceci est expliqué v. 20. Il
est marqué qu'Isaac recueillit cent pour un.
Gen. 26. 12. Voy. Centesimus 2°.
2° Cent, pris pour un grand nombre indé-
terminé. Prov. 17. 10. Plus proficit corre-
ptio apud prudentem , guam centum pïagœ
apud stultum : Une réprimande sert plus à
un homme prudent, que cent coups à l'in-
sensé. Levil. 26. 8. Isa. 65. 20. Apoc. 21. 17.
Ainsi , les cent quarante-quatre mille mar-
qués Apoc. 7. 4. c. 14. V. 1. 3, signifient un
très-grand nombre. Voy. mille. Mais Amos
o. 3. centum , comparé avec mille , est pour
marquer un très-petit nombre indéterminé.
IJrhs de gua egrediebantur mille, relinguentur
in ea centum : S'il se trouve mille hommes
dans une des villes d'Israël , il n'en restera
plus que cent, t. e. très-peu.
CENTljPLICARE,7r|00(rTi6£vatéxaTOVTa7r^afftov«.
Augmenter , multiplier au centuple ; t. e.
beaucoup, pour un nombre indéterminé.
2. Reg. 24. 3. Adaugeat Dominus Deus tuus
ad populum tuum... iterumgue centuplicet :
Je prie le SiMgneur votre Dieu de multiplier
votre peuple, et même au centuple de ce qu'il
est, dii Joab, sur l'ordre que lui donne David
de faire le dénombrement du peuple.
CENTUPLUM, £xaTovTa7T),«7iwv. De centum et
de la réduplication ordinaire, à l'imitation du
grec, comme septuplum^ etc.
1° Centuple, cent pour un. Gen. 26. 12.
Sévit autem Isaac in terra illa et invenil in
ipso anno centuplum : Isaac sema dans le
pays des Philistins, et il recueillit, l'année
même, le centui)le ; ce fut sous le règne d'A-
bimelech. Luc. 8. 8. Ortum fecit fructum cen-
tuplum : une partie du grain qui tomba dans
de bonne terre ayant levé , elle a porté du
fruit, et a rendu cent pour un.
2" Centuple marque quelquefois un grand
nombre indéterminé. 1. Par. 21. 3. Voy. Cen-
TOPLiCARE. Matth. 19. 29. Centuplum acci-
piet : Celui qui abandonnera pour mon nom
sa maison ou ses frères... en recevra le cen-
tuple. Voy. Centies 1°.
CENTDRIA, JE, É/aTovrcc?. De centum, et
signifie proprement, dans l'agriculture, cent
arpents de terre; dans l'art militaire, ainsi
qu'il est pris dans l'Ecriture, cent hommes.
Centurie, compagnie de cent hommes. 1.
Reg. 29. 2. Salrapœ Philistiim incedebant in
centuriis et millibus : Les princes des Philis-
tins marchaient dans leurs rangs de cent
hommes et de mille hommes.
CENTURIO, Nis, éx«TÔvT«/5x°?- 1° Centenier
qui conduit cent honunes. Ce qui était un
rang élevé chez les Israélites, parce que les
tribuns ou chefs de mille hommes, les cen-
teniers et les autres officiers établis par
Moïse , faisnient le sénat des Hébreux , le
conseil public, et toute l'autorité était entre
leurs mains. Exod. 18. v. 21. 25. Constituit
eos principes populi , tribunos et centurio-
nes : Moïse ayant choisi d'entre le peuple...
des hommes fermes et courageux, il les éta-
blit princes du peuple, pour commander, les
uns mille hommes , les autres cent , elc.
I. Reg. 22. 7. Num. 31. v. 14. 48. 52. etc.
Comme il était sorti de lEgypte six cent
mille hommes, on créa six mille centeniers.
Deut. 1. 15. Tulique de tribubus vestris viroa
sapientes etnnbiles , et constitui eosprncipes^
tribunos et cenluriones : Je pris de vos tribus
des hommes sages et nobles, je les établis
pour être vos princes, vos tribuns, etc. pour
vous instruire de chaque chose : c'étaient
plutôt des magistrats que des capitaines; ils
tenaient conseil et jugeaient les causes. Jo-
sèphe dit qu'il y en avait sept en chaque ville,
à chacun desquels on donnait deux hommes
de la tribu de Levi , pour exécuter leurs or-
dres. Voy. Tribunus.
2° Centenier, capitaine de cent hommes,
pour la guerre ou la garde du prince , soit
des Juifs. 4, Reg. 11. 14. Assumens cenlu-
riones et milites... ostendil eis fdium régis :
Joïada envoya quérir les centenieis et les
soldats.... et leur fit prêter serment dans la
maison du Seigneur, en leur montrant le fils
du roi, se. Joas. v. 9. 15. 19. 2. Par. 23. v. 1.
9. 14. 20. soit des Romains ; ainsi les cente-
niers de l'Evangile et des Actes. Matth. 8. 5.
Accessit ad eum centurie. Un centenier vint
trouver Jésus-Christ, se. pour le prier de
guérir son serviteur de paralysie, v. 6. V.
Cornélius, Julius.
CEPE, xûôpif;tvov. De caput. L'oignon et l'ail
ne sont que des têtes, ou du GrecxsyaXrj,
caput.
Oignon. Num. 11. 5. In menlem nobis ve-
niunt... porrique et cèpe : Les poireaux et les
oignons nous reviennent dans l'esprit, disent
les Israélites, dégoûtés de la manne. F. v. 6.
CEPHAS, Gr. x>3y«?, nom syriaque, qui
signifie la même chose que le Grec ttit/jo,-,-
roiher ou pierre; c'est le nom que Jésus-
Christ a imposé à Simon , fils de Jean ou Jo-
nas, qui depuis a été appelé Pierre. Joan. 1.
42. Tu es Simon filius Jona, tu vocabens Ce-
661
CER
CER
G6λ
phas : Vous êtes Simon, fils de Jonas, vous
serez appelé Cephas. Le mot hébreu est
Ceph; le Syriaque Cpp/?a;le Grec ajoute s. Ce-
phas, qui signifie petra. rupes. Saint Pierre
est appelé de ce nom 1. Cor. 12. c. 3. 32. c. 9.
B.c. 15. 5. Gai. 2. v: 9. 14.
CEPHIRA , Heb. Leuncxda. Ville de la tribu
de Benjamin, dont les habitants revinrent de
la captivité. 1. Esd. 2. 25. 2. Esd. 7. 24. La
même que Caphara. Jos. 18. 26. et Caphira,
c. 9. 17.
GERA , M, y.nf,ôç. Cire. Judith. 16. 18. Petrœ
sicut cera liquescent ante facîem tuam : Les
pierres se fondront comme la cire devant
votre face , dit Judith dans son cantique ;
de même, Ps. 96. 5. Montes sicut cera fluxe-
runt. Mich. 1. k. Vallès scindentur sicut
cera : Toutes ces expressions marquent la
grandeur et la majesté de Dieu, comme les
autres expressions marquées Ps. 17. v. 9. 10.
Ps. 67. 2.
CERASTES. De «/5«ç, cornu. Voy. Plin.
lib. 8. c. 23.
Céraste (o^t?), espèce de serpent qui a
deux cornes, comme les limaçons, extrême-
ment fin et rusé, duquel on dit que, ne pou-
vant atteindre les cavaliers qui l'incommo-
dent, il blesse le pied du cheval pour le faire
entrer en fureur, et renverser l'homme qui
le monte. Gen. 49. 17. Fiat Dan coluber in
via, cérastes in semita : Que Dan devienne
comme un serpent dans le chemin, et comme
un céraste dans le sentier. Jacob marque par
cette expression que cette tribu attaquerait
aussi subtilement ses ennemis, que font ces
serpents les hommes. Voy. la conduite
de Samson, qui était de celte tribu. Judic.
c. 14. c. 16. c. 17. Néanmoins, quelques-uns
entendent cette prophétie de l'Antéchrist,
que l'on dit devoir être de cette tribu, et
qui emploiera surtout l'artifice et l'adresse.
CEREBRUM, i. De x«6a, caput, quasi ca-
rabrum, ou de/spa?, qui signifie aussi la tête.
1' Le cerveau, la cervelle d'un homme ou
d'un animal (« yvàBoç). Judic. 4. 21. Percus-
sumque malleo defixit in cerebrum usque ad
terrant : Jahel transperça avec un grand clou
le cerveau de Sisara , l'enfonçant jusque
dans la terre.
2' Le cerveau en tant que joint au crâne
de la têie {y.p«viov). Judic. 9. 53. Ecce una mu-
lier fragmen molœ desuper jaciens, iUisit ca-
piti Abimelech , et confregit cerebrum efus ;
Abimelech s'approchant de la porte de la tour
de Thèbes pour tâcher d'y mettre le feu , une
femme jetant d'en haut un morceau d'une
meule de moulin, frappa Abimelech à la tête,
et lui en fit sortir la cervelle.
CEREMOMA, je, ou C^RIMONIA. Ce mot
vient de la ville de Coore en Toscane , où
1rs Romains transportèrent ce qu'ils croyaient
avoir de plus saint, quand Rome fut prise par
les Gaulois. El les Romains ont appelé du
mot de Cérémonie les ordonnances sacrées
qu'ils observaient dans leurs sacrifices, en
reconnaissance de ce bienfait.
1° Cérémonies de la religion qui s'obser-
vent dans les sacrifices ( îixaîwfia ) : ainsi
les cérémonies de l'ancienne loi, ou les or-
donnances que Dieu a prescrites pour régler
le culte extérieur qu'il voulait qu'on lui fen-
dît. Gen. 29. 5. Eo quod Abraham.... cere-
monias legesque servaverit; Parce qu'Abra- :
ham a observé les cérémonies et les lois que
je lui ai données. Ce verset marque ce qui
a attiré sur Isaac les bénédictions de Dieu ;
ces cérémonies et ces lois sont comme celle
de la circoncision , et toutes les autres mar-
quées dans l'Ecriture, comme dans lExode.
12. 25. Observabitis ceremonias istas; Lors-
que vous serez dans la terre promise, vous
observerez ces cérémonies, se. de la pâque ;
c'était en reconnaissance de la délivrance
d'Egypte, que Dieu leur avait procurée par
l'ange exterminateur. Voy. v. 26. 27. Audi
Israël ceremonias atque judicia; Ecoutez, Is-
raël, les cérémonies et les ordonnances que
je propose aujourd'hui devant vous. Exod.
38. 21. Hœc sunt instrumenta tabernacuti
testimonii quœ enumerata sunt juxta prœce-
ptum Moisi in ceremoniis levitarum per wia-
num Ilhamar : Ce sont là toutes les parties
qui composaient le tabernacle du témoignage
que Moïse commanda à Ithamar de donner
par compte aux Lévites , afin qu'ils en fus-
sent chargés. Gr. î.etToupyîav ehai twv Xeuitwv,
Ut essent ministerium Levitarum; Les Léviies
étaient chargés de transporter toutes les par-
ties du tabernacle. Ces cérémonies ont été
établies pour représenter la vérité des my-
stères de la loi nouvelle, dont elles étaient la
figure. 1. Cor. 10. 11. Et elles étaient aussi
pour détourner le peuple juif de l'idolâtrie.
Voy. Lex.
2" Le ministère et la fonction de ceux qui
étaient occupés au culte de Dieu [l-.irovpyia.).
Exod. 3S. 'il. Enumerata sunt juxtaprœceplum
Moisi in ceremoniis Levitarum per manunt
Ithamar, filii Aaron sacerdolis ; Moïse com-
manda à Ilhamar , fils d'Aaron , de donner
par comple aux Lévites toutes les parties
qui composaient le tabernacle du témoi-
gnage, afin qu'ils en fussent chargés.
CERETHI, Heb. Consilio. — 1° Cérélhiens
(XîhQi), peuples de la Palestine. 1. Reg.
30. 14. Erupiinus ad australem plagam Ce-
rethi: Nous avons tait une irruption vers la
partie méridionale des Cérélhiens. v. 16. De
terra Pliilistiim; Ezech. 25. 16. Voy. Soph.
2. 5. Gens perditorum ; L'Hébreu porte Gens
Cerelhim. Voy. Jans. Iprens. in î. cap. So- .
phoniœ. v. 5. Voy. Boch. I. 1. c. 15. Cha^
naan.
2' Soldat de la garde de David. 2. Reg. 8.
18. BanaiaSy filius Joiada, super Ceretfii et
Pheleti; Banaïas, fils de Joïada , commandait
les Cérélhiens et les Phélétiens. c. 15. 18.
c. 20. V. 7. 23. 3. Reg. 1. v. 38. 44. 4. Reg.
11. 19. On croit qu'ils ont été appelés de la
sorte, parce qu'ils ont été tirés des garni-
sons des villes que David a prises sur ces
peuples du pays dos Philistins , ou parce
que ce mot hébreu signifie meurtriers, ex-
terminateurs. Ezech. 2i). 16. Jntcrfcctores.
Soph. 2. 5. Perditores. Au reste, Cerelhi se ".
dit indéclinable du mot hébreu Cerelhim, en '
Alanl l'm, au lieu de Cerethœi.
CERETHiËI, Heb. Idem. Les soldats de la
6GÎ
DICTIONNAIRE DE PHILOI.OGIE SACREE.
GGl
garde de David, les mêmes que ceux appelés
Cerethi. 2. Reg. 20. 23. Banaias, filius Joïa-
da, super Cerethœos et Phelethœos. Voy. Cre-
TENSfiS.
CERNERE, ôfjâ.v, uSsLv, du verbe grec ^(piveiv,
et signifle voir, discerner, combattre ; dans
l'Kcrilure,
Voir, proprement des yeux du corps.
Eccl. 5. 10. Quid prodest possessori, nisi
qnod cernit divitîas oculis suis? A quoi sert-
il à celui qui possède beaucoup de bien, si-
non qu'il voit de ses yeux beaucoup de ri-
chesses ? Num. 22. 23. Ce qui se dit de Dieu
ou des anges. Exod. 3. i. Cernens autem Do-
minus qnod pergeret ad videndum : Le Sei-
gneur voyant venir Moïse pour consi-
dérer ce qu'il voyait, v. 2. Dieu appela
Moïse, comme eût pu faire un homme, s'il
eût vu Moïse approcher ainsi. Voy. Exod.
14. 24. Eslh. 16. 4. Dei quoque curicta cer-
nent is arhitranlur se posse fugere sentenliam ;
Plusieurs.... s'imaginent qu'ils pourront se
soustraire au juste arrêt de Dieu, qui voit
rout. Gen. SO. 1. c. 31. 43. c. 50. 20. Deut.4.
;i8. Ezech. 28. 17.
Juger, connaître, apercevoir. Gen. 47. 29.
Cumqia appropinquare cerneret diem mortis
suce : Comme Jacob vit que le jour de sa
mort approchait, il se fit promettre par Jo-
seph, avec serment, qu'il ferait transporter
son corps, après sa mort, dans le sépulcre de
ses ancêtres. Voy. v. suivants. Ainsi, c. 50.
20. Exod. 3\. 10. Deut 4. 38. Jos. 23. 3. Ju-
dic. 12. 3. Ezech. 28. 17. etc. Ce qui s'attri-
bue encore à Dieu et aux anges par ressem-
blance. Exod. 32. 9. Dcut. 9. 13. Cerno quod
populus iste durœ cervicis sit : Je vois que
ce peuple a la tête dure, dit Dieu à Moïse, se
f>laignant de ce que les Juifs avaient adoré
e veau d'or.
CEROS,Heb. t/«cmi<s. Nom propred'homme
nalhinéon. 1. Esd. 2. 44. 2. Esd. 7. 47.
CERÏAMEN, IMS, uâ^rj, a/wv. De cerlo, et
signifie proprement Combat, soit dans les
jeux publics, soit à la guerre ou ailleurs ;
dans l'Ecriture :
1° Combat contre les ennemis. Judic. 7. 8.
Jpse cum trecentis viris se certamini dédit ;
Gédéon marcha avec les trois cents hommes,
se. contre les Madianiles. Voy. v. 7. 1. Reg.
17. V. 8. 19. Eligile ex vobis virum, et de-
scendut ad singulare certamen (povo//x;/£rv>.
(Choisissez un homme d'entre vous , et qu'il
>iennc se battre seul à seul, dit Goliath, se
venant présenter devant les bataillons des
Israélites. Zach. 14. 3. Prœliabitur contra
gpntes nias, sicul prœliatus esl die in certaminis
{■no/iaoç) : Le Seigneur combattra contre
ces nations {se. qui auront désolé Jérusa-
lem, figure de l'Eglise. Voy. v. 2.) , comme
il a iait quand il a combattu pour son peuple.
Ici le prophète a en vue ce qui se passa à la
défense que Dieu prit lui-même des Israé-
lites au passage de la mer Rouge. Voy. Exod.
14. v. 14, 24. 25. A la protection qu'il donna
à Gédéon contre les Madianiles. Judic. 7. 22.
Ainsi qu'à tous les autres saints personnages
qui ont eu confiance en lui ; tels furent Jo-
5uéj dans In ( enquête do la terre promise ;
Débora, dans la défaite de Sisara. Judic.4. v
14. 15. David, dans toutes ses victoires, etc.
Combat spirituel pour la défense de la ju-
stice, de la vérité et de la foi («ê),©?). Sap. 4.
2. Incoinquinatorum certatninum prœmiutn
vincens : la chasteté remporte le prix dans
les combats qu'elle livre à ses passions, pour
demeurer pure de corps et d'esprit. Grec,
Certamen prœmiorum vincens .-Elle remporte
la victoire dans un combat dont le prix est
incorruptible. Mais Philipp. 1. 30. Idem cer-
tamen hahentes : C'est une grâce que Dieu
vous a faite de soutenir le même combat où
vous m'avez vu , s'entend des afflictions et
des souffrances ; et ce combat même est re-
présenté par celui de la course établie à qui
remportera le prix Heb. 12. 1. Per patien-
tiam curramus ad propositum nobis certamen:
Courons par la patience dans cette carrière
qui nous est ouverte. Voy. Ad. Ainsi, 2.
Tim, 4. 7. Bonum certamen certavi : J'ai bien
combattu, s'entend de la défense et des com-
bats que saint Paul a soutenus pour la dé-
fense de la foi. 1. Tim. 6. 11.
2° Combat, épreuve de force. Sap. 10. 22.
Certamen forte dédit illi ut vinceret : Ce com-
bat, dans lequel la Sagesse engagea Jacob
pour l'éprouver, fut celui qu'il soutint contre
l'ange, contre qui il lutta, et de qui Jacob
ne put être surmonté. Gen. 32. v. 24. 25. pour
l'assurer en le laissant victorieux qu'il était
au-dessus de tous les hommes, puisqu'il avait
prévalu contre Dieu même ; ce qui 'est mar-
qué par le nom d'/sraè7 qu'il reçut alors, v. 28.
3" Disputes de paroles, querelle ( £/>£? ).
Eccli. 28. 13. Certamen festinatum incendit
ignem : La promptitude à disputer allume le
feu de la colère.
4° Exercice, conférence (yv^vxaiu). Sap.
8. 18. In certamine loquelœ illius sapientia :
On acquiert la sagesse en conversant et
s'exerçanl avec elle.
CERTARE , {iiàxitTdxt). De cernere , d'où
viendrait cernitare, et par syncope certare ,
et signifie :
1° Combattre contre les ennemis, faire la
guerre. Judic. 3. 2. Ut postea discerent filii
eorum certare cum hostibus : Voici les peu-
ples que le Seigneur laissa.. .. afin que les
enfants des Israélites apprissent après eux à
combattre contre leurs ennemis. Voy. v. 3.
5. Dieu les laissa, afin d'éprouver si les Is-
raélites étaient véritablement à lui , et d'em-
pêcher qu'ils ne se relâchassent par un trop
grand repos.
2° Combattre, disputer le prix dans les
jeux publics ( àQhh ). 2. Tim. 2. 5. Qui certat
in agone, non coronalur nisi légitime certa-
verit : Celui qui combat dans les jeux publics
n'est couronné qu'après avoir combattu se-
lon la loi des combats.
§ 1. — Combattre pour la justice et pour la
foi contre les ennemis delà vérité (àvwvtÇeaOott).
Eccli. 4. 33. Usque ad mortem certapro ju-
stitia : Combattez jusqu'à la mort pour la
justice. Coloss. 1. -29. 1 . Tim. 6. 12. 2. Tim. 4 7.
§2. — Disputer à l'envi, soit avec union
d'esprits, pour procurerquelqueavantage pu-
blic (5r/xrHv£70«t .2. Reg. 19.9. Omnis quoque
6C5
CER
CER
6G6
poputus certabat in cunctis tribuhus Israël :
Le peuple, dans toutes les tribus, s'enlredi-
sait à l'envi l'un de l'autre ; se. qu'il ne fal-
lait point différer de ramener -David , elle
reconnaître pour roi ; ce fut après la défaite
d'Absalom; soit avec discussion. Eccli. 11.9.
De ea re quœ te non molestât, ne certeris :
Ne disputez point des choses qui ne vous re-
gardent point. Du verbe certari, inusité.
CERTATIM. A l'envi, à qui fera le mieux.
Judic. 9. 49. Certatim ramos de arhoribus
prcgcidentes sequebantur ducem. Tous les gens
d'Abimélech coupèrent à l'envi des bran-
ches d'arbres, et suivirent leur chef; ils
s'en servirent pour mettre le feu à la tour
de Sichem.
CERTE. — 1° Certainement , assurément,
sans doute. 1. Reg. 20. 9. Si cette cognovero
complétant esse patris mei malitiatn contra
te : Si je reconnais au vrai que la haine que
mon père a conçue contre vous est sans re-
mède , je vous le ferai savoir, dit Jonathas
à David. Dan. 2. 8. Certe novi quod tempus
redimitis : Je vois bien que vous ne cherchez
qu'à gagner le temps, dit Nabuchodonosor
aux Chaldéens, qui| ne pouvant lui dire quel
était son songe, lui dirent qu'il se souvînt
quel il était, et qu'ils lui en donneraient l'in-
terprétation. Ce mot certe ne se trouve point
ordinairement dans le Grec ni dans l'Hébreu ;
mais quand l'interrogation se trouve aux
endroits de l'Hébreu ou du Grec qui y ré-
pond , l'interrogation a la. force de la signi-
fication de cet adverbe. Èzech. 8. 12. Certe
vides? Hebr. Nonne vidisti...
2' Au moins, à tout le moins («>Xà). Ec-
cli. 12. 3. Si non ab ipso, certe a Domino:
Si ce n'est pas du Juste que vous recevez
cette grande récompense du bien que vous
lui avoz fait , ce sera au moins du Seigneur.
Gen. 38. 23. et dans tous les autres endroits
où il y a vel ou aut certe.
3" Néanmoins, toutefois, cependant. 2.
Esd. 13.26. Et certe in (jenlibus multis nonerat
rex similis ei: N'est-ce pas pour avoir épousé
des femmes étrangères que pécha Salomon ?
Cependant il n'y avait point de roi qui pût l'éga-
ler dans lousles peuples. Jerem. 2.11. À'imiifa-
vit gens deos suos, et certe ipsi non sunt dii :
Voyez si les peuples des îles ont changé leurs
dieux, qui néanmoins ne sont pas des dieux.
4" Outre cela, de plus (Stôri). Tob. 9. 5. £"/
certe vides quomodo adjuravit me Raguel :
Outre que si je tarde un jour de plus que ne
s'attend mou père, il sera accablé d'ennui ;
vous voyez de plus de quelle manière Ra-
guel m'a conjuré de demeurer ici, dit le jeune
Tobie à l'ange Raphaël, qu'il prie d'aller
recevoir de Gabélus l'argent qu'il lui devait,
et le prier de venir à ses noces.
CERTO, (ix/-ytÇ-wç-, De cerf us, et signifie :
Manifestement, clairenieiit. Sap. 19. 17.
Unde œstimari ex ipso visu ccrlo polest : On
peut voir claireineiil que les cléments chan-
gent d'ordre entre eux, sans perdre né.in-
moins l'harmonie qui leur est propre, comme
dans uninsirumcnldcmusique l'air se diver-
sifie par lechangement des tons : d'où vient:
CEUTIUS, «xAtÇîTTê/.ov. Plus exactement ,
avec un soin plus exact. Act. 23. 20. Quasi
aliquid certius inquisituri sint de illo : Les
Juifs ont résolu ensemble de vous prier que
demain vous envoyiez Paul dans leur assem-
blée , comme s'ils voulaient connaître plus
exactement de son affaire, dit le fils de la
sœurdesaintPaul au tribun, luidonnantavis
delà conspiration des Juifs contre saint Paul.
CERTISSIME. De certus, et signifie:
1° Très-exactement («z/jtgsiTTspov). Act. 2i.
22. Distulit autem illos Félix , certissime
sciens de via hac : Félix ayant ouï très-exa-
ctement les accusations de TertuUe et des
Juifs contre saint Paul , et les défenses que
proposa saint Paul, il les remit jusqu'au
retour de Lysias, et jusqu'à ce qu'il se fût
mieux informé delà secte dontétait saintPaui.
2" Très-certainement. 1. Reg. 24. 21. Scio
quod certissime regnaturus sis : Je sais très-
certainement que vous régnerez, dit Saûl à
David. 3. Reg. 11. '2. Certissime enim avertent
corda vestra ut sequamini deos earum : Vous
ne prendrez point des femmes étrangères ,
car ces nations vous pervertiront le cœur
très-certainement pour vous faire adorer
leurs dieux, dit Dieu aux enfants d'Israël.
1. Reg. 26. 4. 2. Mach. 4. 33. Act. 2. 36.
CERTUS, A, UM. Du supin de cerno, signi-
fiant arrêter, résoudre, établir, et signifie,
1" Assuré, persuadé, convaincu (TreTreta-ps-
voi). Luc. 20. 6. Certi sunt Joannem prophe-
tam esse : Tout le peuple était persuadé que
Jean était un prophète, disent en eux-mê-
mes les princes des prêtres, etc. sur la que-
stion que Jésus-Christ leur fait. v. 4. Celle
certitude n'est souvent que morale. Rom.
15. 14. Certus sum autem, fratres mei, et ipse
de vobis : Pour moi, mes frères, je suis per-
suadé que vous êtes pleins decharité. c. 8.3^.
2° Certain, assuré, hors de doute, en par-
lant des choses (àlndriç). Deut. 13. 14. Si
invenis certumesse quod dicitur: Si vous trou-
vez que ce qu'on vous a dit est très-certain ;
savoir que l'aborainationde l'idolâtrie ait été
commise dans quelqu'une de vos villes. Voy.
la punition, v. 15. Ainsi, Jos. 22. 11. 1. Reg.
23. 23. Tob. 3. 21. Judith. 11. 12. Esth. 13.
18. Act. 25. 26.
3" Arrêté, fixe, déterminé, soit pour le
temps. Esth. 9. 27. Nulli liceat duos fios dies
absque solemnitate transigere: quos scriptura
testatur, et certaexpelunttempora : Les Juifs
s'obligèrent de faire en ces deux jours une
fête solennelle, selon qu'il est marqué dans
cet écrit, et ce qui s'observe exactement
chaque année aux jours destinés àceltofèlc;
soit pour le lieu. Sap. 5. 22. Ad certum lo~
cum insilient : Les insensés fondront au lieu
qui leur aura été marqué, par la force des
foudres qui seront lancées contre eux.
4° Infaillible, qui ne peut se Iromper («t^x-
"/.*;;). S;ip. 7. 2.'J. Est enim in illa spiritus in-
trtligcntiœ... cerf «s . Il y a dans la Sages.>c
un (spril d'intelligence... infaillible.
5' Immuable, qui ne change poinl, invio-
lable. Prov. 8. 27. Aderam quando certa Icgt
et ggro vatlahat abyssos : J'étais présenta
lorsque le Seigneur environnait les abîmes
Cl.
DlCTfONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRER.
G'.8
de leurs i)oiiies; c>s/-d-diVe, lorsqu'il res-
serrait les fontaines des abîmes, en leur
donnant un cours constant et continuel, ou
les enfermant dans les cavités de la terre,
comme dans de forts remparts, d'où elles ne
peuvent se répandre que lorsqu'il lui plaît.
Eccli. 22. 33. Quis dahit... super labia mea
signaculum certum? Qui mettra un sceau
inviolable sur mes lèvres? Gr. le sceau de la
prudence.
6° Certain, très-probable, dont on ne doute
pas f^s^ato?). 2. Petr. 1. 10. Per bona opéra
certain vestram vocalionem et electionem fa-
cintis : Efforcez-vous d'affermir votre voca-
tion et votre éb^ction par les bonnes œuvres
qui en sont des signes assurés et qui l'affer-
missent de plus en plus.
7' Sincère, qui n'est point déguisé, qui ne
sait ce que c'est que dissimuler (àw-ô/firo?).
Sap. 5. 19. Accepit pro galea judicium cer-
tum : Dieu prendra pour casque l'intégrité
de son jugement ; i. e. il jugera sans dégui-
sement.
8' Certain, assuré, qui ne manque point.
Judic. 20. 16. Sic fandis lapides ad certum
jacientes. ut capillum quoqiie passent perçu-
tere, et nequaquam in alteram partem ictus
lapidis deferretur : 11 se trouva dans la tribu
de Benjamin... sept cents hommes habitants
de Gabaa, qui étaient si adroits à jeter des .
pierres avec la fronde, qu'ils auraient pu
même frapper un cheveu, sans que la pierre
qu'ils auraient jetée se fût tant soit peu dé-
tournée de part ou d'autre; ceci prouve la
force de cette tribu. 2. Mach. \k. 43.
9° Clair, évident, manifeste («rayii?) Sap.
7. 22. Est in illa spiritus intelligentice^ san-
ctus... certus . 11 y a dans la sagesse un esprit
d'intelligence qui est saint... clair, (Gr. in-
capable de nuire, ou à qui rien ne peut
nuire) i. e. on reconnaît évidemment l'E-
sprit de la Sagesse par lés choses qu'elle a
créées.
10" Exact, habile, ingénieux («xisiSà?).
Eccli. 19. 22. Est solertia certa, et ipsa ini-
qua ; Il y a une adresse qui est habile, mais
qui est injuste.
11° Raisonnable, de bon sens. Eccli. 19,
23. Est qui emittit verbum certum : Il y en a
qui usent de paroles de bon sens; Gr. qui
usent de détours pour prononcer un juge-
ment l'avorablc à celui qui l'a corrompu.
CERVICAL, is, 7rpo(TX£yà/«tov. De cervix,
et signifie :
Oreiller à mettre sous la tête quand on
veut se reposer. Marc. i. 38. El erat ipsein
puppi super cervical dormiens : Pendant que
la barque s'emplissait de vagues, Jésus était
sur la poupe où il dormait sur un oreiller;
de là vient celte phrase tirée de cette signi-
lication dans le sens métaphorique.
Facere cervicalia sub capite. Faire des
oreillers pour en appuyer la ièie, c'est-à-dire
llatter quelqu'un dans ses désordres , l'en-
tretenir dans son dérèglement par des pro-
messes trompeuses. Ezech. 13. 18. Vœ... quœ
faciunt cervicalia sub capite universœ œtatis
ad capiendas animas : Malheur à celles qui
font des oreillers pour en appuyer la tète
des personnes de tout âge, afin de surpren-
dre ainsi les âmes: Le prophète parle contre
certaines prophétesses qui prédisaient au
peuple que ceux qui s'étaient rendus à Na-
buchodonosor perdraient la vie, et que ceux
qui ne s'y rendraientpoint laconserveraient,
quoique le prophète eiit déclaré tout le con-
traire de la part de Dieu. Quelques-uns
croient qu'elles attachaient effectivement des
coussins sous les bras, et des voiles à la tète
des personnes pour marquer la protection
de Dieu.
CERVICATUS, A, UM. Cet adjectif inusité
chez les Latins, est dérivé de cervix, et si-
gnifie dans l'Ecriture :
Opiniâtre , rebelle. Eccli. 16. 11. Et si
tmus fuisset cervicatus, miriun, si fuisset im-
munis {(j-ArifiOTfjccyyioç) : Dieu aurait-il donc
pardonné à un seul homme, s'il eût été opi-
niâtre comme les Sodomites et les six cent
mille Israélites qui moururent dans le dé-
sert? ici le prophète conclut que Dieu ayant
tant puni d'hommes pour le péché, sans
avoir égard au nombre, il manquera moins
à en punir un seul coupable des mêmes cri-
mes.
CERVIX, GIS, Tpûxio>'Oç, av'/ri'j. De curvus ,
parce qu'on ploie et on courbe le cou, ou de
1 Hébreu oraph. Ce mot est plus fréquent
au pluriel chez les auteurs latins, et signi-
fie:
Le cou, proprement, 1° le derrière du cou
dans les hommes. Judith. 13. 10. Percussit
bis in cervicem ejus : Judith frappa sur le
cou d'Holopherne par deux fois, cl lui coupa
la tête. 2. Par. 18. 33. Accidit autem ut
unus... percuteret Regem Israël inter cervi-
cetn et scnpulas : Gr. Entre le poumon et l'es-
tomac; il arriva qu'un homme du peuple
frappa Achab entre le cou et les épaules. 3.
Reg. 22. 3i. Il est dit aussi que la flèche le
vint percer entre le poumon et l'estomac;
ainsi il fallut que venant d'en bas, elle entrât
par là, pour sortir par entre le cou et les
épaules. 1. Mach. 1. Qk.Suspendebant pueras
a cervicibus : Les exécuteurs des ordres
d'Antiochus pendaient les enfants au cou de
leurs mères après les avoir tués , parce
qu'elles les avaient circoncis. De là vient
cette phrase tirée de ce mot dans le sens
figuré :
Manus alicujus esse in cervicibus alterius.
Avoir, mettre la main sur le cou de quel-
qu'un, c'est le réduire comme sous le joug
et sous sa puissance. Gen. W. 8. Manus tua
in cervicibus ininiicorum luorum ( vwtoî ,
dorsum) : Juda, votre main mettra sous le
joug vos ennemis. Ceci est une prophétie
des Gentils que Jésus-Christ devait soumet-
tre au doux jougde l'Evangile. Ainsi, Thren.
5. 5. Cervicibus nostris minabamur : On nous
a entraînés les chaînes au cou, lorsqu'on
menait les Juifs en captivité.
2" Le dessus du cou dans les animaux.
Deut. 21. 4. Cœdenl in ea cervices vitulœ : Ils
couperont le cou à la génisse. Gr. veu/3oxo;r»j-
§ 1. — La tête. 1. Reg. 4. 18. Heli, fractis
cervicibus^ mortuus e<it (vôtof, dorsum) : Héli
669
Cill
CER
67G
tombant de son siège àla renverse... se cassa
la tête et mourut : ce fut à la nouvelle qu'il
reçut de la prise de l'arche, v. 17. On baisse
la tête, soit de tristesse et d'affliction. Eccli.
38. 19. Trntitia cordis flectit cervicem; soit
de confusion. Jerem. kS. 39. Quomodo dejecit
cervicem Moab et confusus est [i-jyyç, robur) :
Comment la ville de Moab a-t-elle endn
baissé la tête dans la confusion dont elle est
couverte. Ainsi, 2. Mach. H. ii. Yenit per
mediam cervicem; Gr. per médium ventrem :
Razias tomba sur le ventre, en se froissant
à terre la moitié de la tête. Rom. 16. k. Qui
pro anima mea suas cervices suppositerunt :
Prisque et Aquiia ont exposé leur vie pour
moi ; comme s'il disait, ils ont présenté leur
tête à couper pour me sauver la vie.
§ 2. — Orgueil , opiniâtreté (vJj-o?) : la
métaphore se tire des animaux indompta-
bles, comme des chevaux qui. ne veulent
point se laisser conduire avec la bride ,
ou plutôt des bœufs qui ne veulent point
baisser le cou pour recevoir le joug. Job. 15.
26. Pingui cervice armatus est : L'impie s'est
armé d'un orgueil inflexible ; letlr. d'un cou
gras. c. 13. 12. Isa. 48. 4. Nervus ferreus cer-
vix tua: Votre cou était comme une barre
de fer; autr. Vous avez une tète de fer. Dieu
témoigne aux Juifs leur inflexibilité et leur
désobéissance. Ainsi, ceux qui ne ploient
point et qui sont toujours rebelles à Dieu,
sont marqués par ceux qui ont une tête
dure. Act. 7. ol. Dura cervice... vos semper
Spiritui Sancto resistitis : Téces dures, vous
résistez toujours au Saint-Esprit, dit saint
Etienne ((rx),r)|iOT//â;;^>3>o?, qui dura cervice est).
Ainsi, Exod. 32. 9. c. 33. v. 3. 5. c. 34. 9.
Prov. 29. 1. De cette signiGcation viennent
ces façons de parler.
Ascendere super cervicem alicujus. Fouler
un ennemi aux pieds, marcher sur sa tête,
l'abattre, le soumettre. Raruch. 4. 25. Super
cervices ipsius ascendes : Vous verrez bien-
tôt la ruine de voire ennemi, et vous foule-
rez sa tête sous vos pieds, dit le prophète
aux captifs de Babylone, les encourageant à
la patience ; ils étaient une Ogure de l'Eglise,
dont les ennemis devaient être soumis aux
pasteurs. Isa. 60. 4.
Coneidere cervicem. Couper la tête , c'est
abattre l'orgueil et la force. Ps. 128. 4. Le
Seigneur qui est juste, coupera la lêle des
pécheurs; (Hcbr. et Gr. a coupé) ï. e. leur
ôtera toute espérance et toutes leurs forces:
au lieu de cervices; Hebr. lora, (unes; les
liens par lesquels les pécheurs tiennent les
justes opprimés.
Curvare cervicem alicujus. Courber le cou
à quelqu'un; i. e. le rendre souple et obéis-
sant. Eccli. .30, 12. Curva cervicem ejus in
juventule : Courbez le cou à votre fils pen-
dant qu'il est jeune; il faut .iballre l'orgueil
lies enfants, et les soumettre pendant qu'ils
sont jeunes.
Dejicere cervicem. Baisser la tête avec con-
fusion, c'est être vaincu et sonnjis (vwto»-).
Jer. 48. 39. Quomodo dejecit cervicem Monb,
et confusus est? Gomment la ville de .Moab
a-t-elle enfin baissé la tête dans la confu-
sion dont elle est couverte?
Elevare cervices ^ excutere jugum de cervt-
cibus. Lever la tête, se soustraire du joug et
de l'obéissance du vainqueur. Gen. 27. 40.
Fratri tuo servies : tempusque veniet cum ex-
cutias et solvas jugum ejus de cervicibus tuis:
Vous servirez votre frère, dit Isaac à Esaii,
en parlant de Jacob ; ce qui s'accomplit par
David qui soumit les Iduméens. 2. Reg. 8.
14. et le temps viendra que vous secouerez
son joug, et que vous vous en tirerez : Voy.
l'accomplissement de celte prophétie, 4. Reg.
8. V. 20. 22. où les Iduméens se dégagèrent
pour toujours de la domination de Joram.
Judic. 8. 28. Nec potuerunt ultra cervices ele-
vare : Les Madianites ne purent plus lever la
tête; savoir, depuis leur défaite par Gédéon.
Inclinare cervicem. Baisser le cou, c'est se
soumettre et s'assujettir avec soumission à
quelqu'un (w^o? , humérus). Raruch. 2. 21.
Inclinât e... cervicem vesiram, et opéra facile
régi Babylonis : Baissez le cou etassujettisez-
vous au roi de Babylone : Dieu promet aux
Juifs que s'ils le font, ils retourneront dans
leurs pays.
Indurare cervicem. Résister opiniâtrement,
devenir inflexible (vwto,-, dorsum). 4. Reg.
17. 14. Induraverunt cervicem suam juxta
cervicem patrum quorum; Avant que Salma-
nasar eût transféré les Israélites en Assyrie,
leur tête était devenue dure et inflexible,
comme celle de leurs pères; savoir, pour ne
point obéir aux coma andemenls de Dieu,
Ceci a égard à ce qui est dit. Exod. 32. 9.
Tenere cervicem. Faire plier le cou, forcer
à fléchir par la violence {y.ouv). Job. 16. 13.
Tenuit cervicem meam : Le Seigneur m'a fait
plier le cou sous sa main puissante; il m'a
comme pris par le cou pour m'abattre: Cette
métaphore est tirée d'un combat du géant
qui prendrait un homme .faible par le cou
pour le jeter contre terre et l'y écraser. Voy.
Jugum.
CERVA, M, e).ay6f. Biche. Job. 39. 1. Num-
quid parturientes cervas observasti? Avez-
vous observé l'enfantement des biches? dit
Dieu à Job. Jerem. 14. 5. Cervn in agro pe~
périt, et reliquit quia non erat herba : La bi-
che s'est déchargée de son faon dans la cam-
pagne , et elle l'a abandonné, parce qu'elle
ne trouve point d'herbe. Ceci marque que
tous les animaux, aussi bien que les hom-
mes, souffrirent, soit de la sécheresse qui
arriva sous Sédécias, ou de celle qui arriva
sous Joachim.
La femme chaste et honnête est comparée
à la biche. Prov. 5. 19. Cerva charissima :
Que votre femme vous soit comme une biche
très-chère; soit parce que cet animal est
doux et aimable, soit pour marquer le sou-
lagement mutuel qu'il doit y avoir entre l»;
mari et la femuie, faisant allusion â ce quy
font les cerfs, (jui, passant la mer à la nage,
se soulagent l un l'autre, cl celui qui suil
repose sa tête sur celui qui le précède.
CEKVUS, I. Aayof, de xipa; , et signifie
pro[)reMienl cerf. Varron et Virgile prennent
souvent le pluriel cervi pour cerlaioes pièces
f71
(le bois fourchues
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
673
par le haut, dont les
paysans se servaient pour soutenir le toit
de leurs cabanes : dans l'Ecriture,
1° Cerf, bêle fauve, sauvage, dont il était
permis aux Juifs, selon la loi, de manger.
Deul. 12. V. 15. 22. c. U. 5. c. 15. 22. Neph-
tali, cervun emissus : Nephtali sera comme
un cerf qui s'échappe. Jacob semble ici mar-
quer Barac, qui était de cette tribu, lequel
craignit d'abord, mais ensuite poursuivit et
défit courageusement les ennemis, comme
le cerf ne craint plus rien quand il est fort
pressé. Voy. Judic. 4. v. 6. 10. c. 5. 18. D'au-
tres l'expliquent de la fertilité de cette tribu,
ou de ses habitants, qui se devaient réjouir
comme des daims. Voy. Eloqlil.m, ce qui a
rapport à la prédiction de Moïse. Deut. 33.
23. Ainsi , Ps. 103. 18. cervus est pris pour
les daims et les chèvres sauvages.
2" Biche, cervus, pour cerva. Ps. 28. S.Vox
Domini prœparantis cervos : C'est la voix du
Seigneur qui prépare les cerfs. Le mot Grec
est'douleux, et l'Hebr. porte : Quœparturire
facitservas: Les biches eftrayées au bruit du
tonnerre se déchargent plus facilement de
leurs petits.
CESELETH-THABOR, i. Heb. Ilia montis
Thabor. Voy. Cartha. Ville de la tribu de
Zabulon, aux confins de celle d'Issachar.
Jos. 19. 12. Celle ville était comme sur les
lianes du mont Thabor. Voy. Azanoth-Tha-
BOR. Aures Thahoris.
CESIL, Heb. Arcturus. Ville dans la tribu
de Juda. Jos. 15. 30. On croit que c'est la
même que Bathuel, 1. Par. h. 30. et Bethul,
Jos. 19. k.
CESION, Heb. Durilia. Ville dans la tribu
d'Issachar, Jos. 19. 20. donnée aux Lévites,
c. 21. 28. Elle est appelée Cèdes. 1. Par.
6.72.
CESSARE, 7:a0£a9«i, «vKTraOEffôai, de cedere ,
cessum, et signifie,
1° Cesser, désister, ne point continuer
(-/«Ta7T«yav). Gen. 2. 3. Sanctificavit illum ;
quia in ipso cessaverat ah omni opère suo :
Dieu sanctifia le septième jour, parce qu'il
s'était reposé en ce jour après tous les ou-
vrages qu'il avait créés : de là vient la loi,
Exod. 23. 12. Septimo die cessabis : Au sep-
tième jour, vous ne travaillerez point. 3.
Reg. 22. 33. Et cessaverunt ab eo : Les capi-
taines des chariots ne pressèrent pas davan-
tage Josaphat : ils ne vinrent fondre sur lui
pour le combattre, que parce qu'ils l'avaient
pris pour Achab; sur quoi Voy. v. 31. 32.
Ainsi, Act. 21. 32. Prov. 21. 26. Isa. 30. 11.
Cesset a facie nostra Sanctiis Israël : Que le
Saint d'Israël cesse de paraître devant nous.
Les Juifs demandaient aux prophètes de ne
leur parler plus des menaces que Dieu leur
commandait de leur annoncer de sa part.
Voy. ces menaces, Jerem. 38. 18. etc. Eccli.
31. 20. Cessa prior causa disciplinœ : Cessez
le premier de manger par modestie. Ce verbe,
par imitation des Grecs , se trouve avec les
participes au lieu de l'infinitif. Ephes. 1. 16.
Non cesso gratias a^ens : Je ne cesse point
de rendre à Dieu des actions de grâces pour
vous. Goloss. 1. 9. Non cessaynus pro vobis
crantes : Nous ne cessons point de prier Dieu
pour vous. Act. 5 '42. c. 20. 31. 11 se trouve
aussi joint avec l'ablatif de la personne avec
la préposition a ou ab, parce que -aùtTOy-t se
met en Grec avec le génitif. Num. 25. 8. Ces-
savitque plaga a fiUis Israël ; Après que Phi-
nées eut tué d'un seul coup l'Israélite et la
femme Madianite débauchée, la plaie dont ;
les enfants d'Israël avaient été frappés cessa j
aussitôt. Voy. v. 5. 1. Par. 21. 22. Ainsi,
Jon. 1. V. 11. 12. Quid faciemus tibi, et cessa-
bit mare a nobis (xôtvkÇeiv)? Que vous ferons-
nous pour nous mettre à couvert de la
violence de la mer? disent le pilote et les
matelots au Prophète. Tollite me, et miltite
in mare, et cessabil mare a vobis : Prenez-
moi, et me jetez dans la mer, et elle s'apai-
sera aussitôt, leur répond le prophète. Judith.
5. 11.
2° Demeurer en repos, ne point entre-
prendre. Judic. 19. 23. Cessate ab hac stul-
titia : Cessez de penser à faire une aussi
grande folie que celle-là. Voy. v. 22. 3. Reg.
22. 15. Ire debemus... an cessare [ènéx^i-j)'^
Devons-nous aller à la guerre, ou demeurer
en paix? dit Achab au prophète Michée.
Jerem. 38. 27. Cessaverunt ab eo : Jérémie
ayant parlé aux grands de la cour de Sédé-
cias, selon que le roi le lui avait commandé,
ils le laissèrent en paix; i. e. ne lui parlèrent
plus, ou ne lui firent rien («Troo-twrâv, silere).
3° Tarder, négliger de faire. Judic. 18. 9.
Surgite, ascendamus ad eos... noUte cessare
(ôxvsfv) : Allons trouver les habitants de
Laïs... ne différez point, disent à ceux de la
tribu de Dan les cinq hommes qu'ils avaient
envoyés pour reconnaître ce pays. Voy. v. 2.
De là vient. Non cessare : Ne ta<"der point de
faire, faire quelque chose avec soin. Act. 5.
kl. Omni die non cessabant in temploet circa
domos docentes : Les Apôtres ne cessaient
point tous les jours d'enseigner, etc. c. 20.
31 Nocte et die non cessavi monens : Je n'ai
point cessé ni jour ni nuit d'avertir avec
larmes chacun de vous. Voy. v. 29. 30,
4° Cesser, prendre fin, n'être plus (xo7r«Çetv).
Matlh. 14. 32. Marc. 4. 39. Cessavit ventus :
Le vent cessa. Act. 20. 1. Postquam cessavit
tumultus : Le tumulte ayant cessé. 1. Cor.
13. 8. Linguœ cessabunt : Le don des langues
finira, mais la charité ne finira jamais. Judic.
5. 7. Cessaverunt fortes in Israël : Les vail-
lants hommes avaient cessé dans Israël
(î/.^EÎTTEtv, deficere). De là vient,
Cessare facere ; zaxaTrajetv,
Faire cesser, abolir, faire finir. Eccli. 10.
4. Curatio cessare faciet peccatamaxima : Les
remèdes qu'on vous appliquera vous guéri-
ront des plus grands péchés ; Hebr. la dou-
ceur vous fera éviter de grands péchés. La
douceur et l'humilité est le plus grand re-
mède qu'on puisse appliquer à la colère des
grands. Osée 2. 11. Cessare faciam omnegau-
dium ejus : Je ferai cesser lous les cantiques
de joie de Jérusalem [Kno^rpéfeiv, avertere).
Eccli. 10. 20.
CESSIO. De cedere, cession , l'action do
f.éder un droit ou un bien à quelqu'un. Ruth,
4. 7. Si quando aller alleri suo juri cedebat :
673
CET
CET
fiU
Que s'il arrivait que l'un cédât son droit à
l'autre. Hoc erat testimonium cessionis in
Israël : Cette marque était de donner son
soulif^r à son proche parent.
CETE. Voy. Cetus. Du Grec x/irr?, neutre
pluriel.
Grand poisson de mer ; tels sont les ba-
leines, les marsouins, les thons et autres
qui ne font point d'œufs. G^n. 1. 21, Creavit
Deus celé grandia : Dieu créa les grands
poissons. Le mot Hébreu Ihann signifie gé-
néralement toutes les bêtes monstrueuses,
non-seulement de la mer, mais même de la
terre, comme les serpents, les dragons.
CETEI; Gr. y.izuï;. Les Macédoniens qui
sont appelés de la sorte, parce que le mot
Celhim signifie les habitants des côtes de la
mer Méditerranée. 1. Mac. 8. 5. Philippum
et Persen Ceteorum regem contriverunt in
bello, se. Romani : Les Romains ont vaincu
Philippe et Persée, rois des Macédoniens.
Ainsi, c. 1. 1. Alexander egressusest de terra
Cethim : Alexandre sortit de la Macédoine.
Voy. Cethim.
CiETERUS, A, UM. lot-ô;. Cet adjectif r^F^e-
rus, venant du Grec szîpoç, est inusité au no-
minatif singulier, et ne se trouve que rare-
ment dans les auteurs latins au singulier en
tout genre, sinon dans les anciens, et est
plus usité au pluriel, et signifie :
Le reste, les autres, en faisant quelque
exception, exclusion ou restriction. Gen. 14.
21. Da mihi animas , cœtera [-n "m-o? , equita-
tus) toUe tibi : Donnez- moi les personnes,
et prenez le reste pour vous, dit le roi de
Sodome à Abraham; après qu'Abraham eut
délivré Loth d'entre les mains des quatre
rois marqués, v. 9. et les eut taillés en pièces.
Luc. 18. 11. Non sumsicut cœteri hominum :
Je ne suis point comme le reste des hommes,
dit le phaiisien dans sa prière. Jac. 3. 7.
Omnis natura bestiarum, volucrum... et cœte-
rorum; Gr. cetorum : Toutes sortes d'ani-
maux, les bétcs de la terre, les oiseaux... et
tous les autres. De là viennent ces adverbes.
DE C.ETERO, )ot7r6v, 1» Au reste, enfin,
manière de parler pour servir de conclusion
à un discours, et qui ne se trouve guère que
dans saint Paul. 2. Cor. 13. M. De cœtero,
fratres, gaudete : Enfin, mes frères, soyez
dans la joie. Gai. 6. 17. Philipp. 3. 1. c. k.
8. 1. Thess. 4. 1. — 2" Dorénavant, désor-
mais. Hebr. 10. 13. Hic... sedet in dexlera
Dei, de cœtero exspectans donec ponanlur ini-
mici ejus scabelliim pedum ejus : Jésus-Christ
s'est assis à la droite de Dieu pour toujours,
attendant que ses ennemis soient désormais
réduits à lui servir de marchepied. 2. Mach.
12. 31.
CiETERUM. iitTTôv. — 1° Au reste, pour ce
qui est du reste. 1. Cor. 1. i&.Cœterum nescio
si qxiem alium baptizavi : Je n'ai baptisé que
Crispe et Caïus, avec la famille de Sléphanas ;
au reste, je ne me souviens point d'en avoir
baptisé d'autres.
2°.Mais {-nUv , Eccli. ko. 27. Cœterum in
terra gentes non hœreditabit : Aaron et ses
descendants avaient des prémices et des sa-
crifices, mais ils n'avaient point de part aux
conquêtes des Israélites.
3" En effet, si cela n'était. 1. Cor. 14. 16.
Cœterum si benedixeris spiritu, qui supplet
locum idiotm , quomodo dicet. Amen, super
tuam benediclionem? Je prierai de cœur,
mais je prierai aussi avec intelligence; i. e.
dans une langue intelligible : autr. si vous
bénissez Dieu de l'esprit en parlant une
langue inconnue, comment quelqu'un du
simple peuple répondra-t-il Amen , à la fin
de votre bénédiction ?
CETHiEA, Heb. Confracta. Qui est de la
race des Héthéens, nation méchante et mau-
dite, qui descendait d'un fils de Chanaan
nommé Celhœus. Ezech. 16. v. 3. 45. Pater
tuus Amorrhœus et mater tua Cethœa : Le
prophète reproche à Jérusalem ses crimes,
par lesquels elle s'est rendue semblable aux
Amorrhéens et aux Héthéens. Voy. Hethj^i.
CETHIM, Heb. Conterentes. — 1° Fils de
Javan, petit-fils de Japhet. Gen. 10. 4, 1.
Par. 1. 7. — 2° Les îles et les pays qui sont
sur les côtes de la mer Méditerranée , parce
que Cethim s'est établi en Cypre ou dans la
Cilicie, et ses descendants sur les côtes de la
Grèce et de l'Italie. Jer. 2. 10. Transite ad
insulas Celhim .-Passez aux îles de Celhim.
Isa. 23. V. 1. 12. 1. Mac. 1. 1. Be terra Ce-
thim : Cela s'entend de la Grèce et de la Ma-
cédoine, d'où Alexandre est sorti. Num. 24.
24. De Italia : Heb. de Cethim, comme, Ezech.
27.7. et Dan. 11. 30. S. Epiphane, Hœres.
30. rapporte comme une chose évidente, que
Cetei ou Celhim sont les habitants de l'île de
Cypre où est Citium, ville considérable,
mais qu'il est sorti de Cypre et de Rhodes
une colonie, qui est allée faire sa demeure
dans la Macédoine.
CETHLIS, Heb. Paries est. Ville de la tribu
de Juda. Jos. 15. 40.
CETRON, Heb. Aromatizans. Ville de la
tribu de Zabulon. Judic. 1. 30.
CETURA, JE. Heb. Aro77iatizans. Femme
d'Abraham qu'il épousa après la mort de
Sara. Gen. 25. 1. Abraham vero aliam duxit
uxorem nomine Ceturam : Ses enfants sont
nommés, v. 2. 2. Par. 1. v. 32. 33. Ce n'était
point par incontinence qu'il lépousait, mais
afin que le culte du vrai Dieu sélendît au
milieu des nations par le moyen de ses en-
fants.
CETUS, 1. xrjTOf ou;, Voy. Cete. Du Grec
/.fiZOÇ.
Toute sorte de grand poisson; tels sont
les baleines, marsouins et autres, qui ne
viennent point d'œufs. Job. 7. 12. Numquid
mare ego sum, aut cetus? Suis-je une mer, ou
une baleine? Job semble demandera Dieu
s'il faut autant de force pour l'arrêter et le
réduire par d'aussi grands maux qu'il souf-
fre, lui qui n'est qu'un homme, qu'il en faut
pour arrêter ou la mer, ou une baleine.
L'Hébreu signifie toute sorte de grands pois-
sons ; ainsi celui qui engloutit Jonas, que
quelques-uns croient avoir été une espèce
de chien marin, appelé chnrch(irias, ne pou-
vait être une baleine, laquelle respirant avec
«7S
DiCTlOiNNAlRE DE PHILOLOGIE SACREE.
676
le poumon, a le gosier trop étroit pour ava-
ler un homme. Malth. 12. 40. Fuit Jonas in
ventre ceti tribus diebus et tribus noclibus :
^ Jonas fui trois jours et trois nuits dans le
ventre d'un grand poisson. C'était la figure
des trois jours que Jésus-Christ devait être
dans le tombeau. Voyez Piscis.
Prince puissant et orgueilleux, un tyran
puissant, tel qu'était Nabuchodonosor, qui
était la figure du démon même , appelé dans
l'Ecr. le Prince du monde. Isa. 27. 1. In illa
die.,. Dominus... occidet cetum qui in mari
est : En ce temps-là le Seigneur fera mourir
la baleine qui est dans la mer : le démon
rôde et règne dans le monde comme une ba-
leine dans la mer.
CHABRI, Heb. Socius. Un des deux anciens
de Béthulie marqué, Judith. 8. 9. Misit ad
presbytères Chabri et .Char mi : Judith en-
voya quérir les anciens du peuple Chabri et
Charmi.
CHABUL. Voy. Gabul.
CHiEREAS, Gr. Gaudens. Frère de Timo-
Ihée, qui fut tué dans le fort de Gazara
où il commandait. 2. Mac. 10. v. 32. 37.
CHALAL, Heb. Consurnmatio. 11 quitta sa
femme étrangère. 1. Esd. 10. 30.
CHALANNE, ou CHALANE, Hebr. Omnes
nos. Chalane, ville de Chaldée, que l'on croit
être Ctésiphonte sur l'Euphrale, capitale des
Parlhes. Gen. 10. 10. Amos. 6. 2. Transi in
Chalane : Passez à Chalane, Séleucie, selon
saint Jérôme.
CHALCAL, ou CALCHOL, Heb. Nutriens.
Fils de Mahol, célèbre par sa sagesse. Il excel-
lait dans les sciences, et avait une profonde
connaissance de toutes les choses qui regar-
daient le culte de Dieu. 3. Reg. 4. 31. Salo-
mon sapientior erat Elhan Ezrahita, et He~
man, et Chalcal et Darda filiis Mahol : Salo-
mon était plus sage qu'Ethan Ezrahile ,
quHéman, et Chalcal, et Dorda, enfants de
Mahol. Ce Chalcal était des descendants de
Zara. 1. Par. 2. 6. Ils étaient petits-fils du
patriarche Juda.
CHALDiEA, JE. Heb. Quasi dœmones. Pays
de l'Asie, dont la capitale était Babylone,
qui a donné son nom à tout le pays. Jer. 50.
10. Et erit Chaldœa in prœdam : La Chaldée
sera livrée en proie, c. 51. v. 24.35. Ezech. 11.
24.C. 23. le.C'estdans ce pays que les Israéli-
tes furent emmenés en captivité. Elle s'appelle
terre d'Aquilon en plusieurs endroits. D'au-
tres disent que la Chaldée est le pays qui
est entre Babylone, l'Arabie, le Tigre et
l'Euphrate. Hieron. in loc. C'est maintenant
une partie qu'on appelle Yerach.
CHALDiEUS, Heb. Idem. — 1» Chaldéen,
de la Chaldée. Dan. 3. 8. Viri Chaldœi accu-
snverunt Judœos ; Des Chaldéens accusèrent
les Juifs, etc. — 2" Babylonien, de Babylone.
1. Esdr. 5. 12. Dan. 5. 31. Eadem nocte in-
terfectus Baltazar^ rex Chaldœus : Cette
même nuit Baltazar, roi de Babylone, fut tué.
Les Babyloniens cl les Chaldéens se mettent
réciproquement les uns pour les autres. Les
rois d'Assyrie s'appellent rois d'Assur, des
Chaldéens, des Babyloniens. Voy. âssybius.
— 3" Les astrologues ou devins qui font pro-
fession de prédire l'avenir par le cours des
astres, s'appellent particulièrement Chal-
déens, à cause que ces peuples étaient atta-
chés à l'astrologie judiciaire. Dan. 2. v. 2.
4. 5. 10. c. 4. 4. c. 5 V. 7. 11. Exclamavit
rex fortiter ut introducerent magos, chaldœos
et aruspices : Le roi fit un grand cri et
ordonna qu'on fît venir les mages, les de-
vins et les augures.
CHALE, Heb. Opportunitas. — Ville bâtie
par Assur: ou, comme disent d'autres, par
Nemrod. Gen. 10. v. 11. 12. jEdificavit Ni-
niven et plateas ciiitatis et Chale : Assur
bâtit Nini ve et les rues de celte ville et Chale.
Cette ville est appelée Hala, 4. Reg. 17. 6.
c. 18. 11. et Lahela, 1. Par. 5. 26. Elle est
située à la source du fleuve Lycus.
CHALI, Heb. Infirmitas. Ville dans la tri-
bu d'Aser dans la Phénicie. Jos. 19. 25.
CHAM, Heb. Calidus. — 1° Second fils de
Noé. Gen. 5. 31. Noe cum quingentorum
esset annorum genuit Sem, Cham et Japhet :
Noéayantcinq centsansengendraSem, Cham
et Jafthet. c. 6. 10. c. 7. 13. c. 9. v. 18. 22. etc.
Voy. Chanaan. — 2" L'Egypte est appelée
Cham, parce que les Egyptiens sont descen-
dus de Mesraïm, fils de Cham, Ps. 104. v. 23.
27. Jacob accola fuit in terra Cham : Jacob
demeura dans la terre de Cham. Ps. 77. 51.
Ps. 105. 22. On croit que c'est lui qui y a
été adoré sous le nom de Jupiter Hammon.
Ce mot semble venir de Ham ou Cham, qui
était le Jupiter des païens. Cham en Hébreu,
signifie 6rM/er ; les Grecs l'ont traduit Çeîf
de Çsw, ferveo. Voy. Diospolis.
CHAMAAM, Heb. Sicut illi. — 1° Fils de
Berzellaï qu'il recommanda à David. 2. Reg.
19. V. 37. 38. 40. Est servus tuus Cha^
maam ; Gr. vloç ^zou, ( filius meus ) ipse va-
dat tecum: Voilà Chamaam , votre serviteur,
que vous pouvez emmener avec vous. — 2°
Lieu proche de Bethléem, qu'on croit que
David donna à Chamaam. Jer. 41. 17. Sede-
runt peregrinantes in Chamaam: Johanan et
tous les officiers de guerre qui étaient avec
lui s'arrêtèrent en passant à Chamaam.
CHAMiELEON , tis. De x»/*»'» humi, et de
Xéwv, leo, et signifie proprement un camé-
léon, animal qui change facilement de cou-
leur, prenant celle des corps dont il est pro-
che, excepté le rouge et le blanc ; herbe épi-
neuse qui ressemble aux artichaux : cette
herbe est ainsi nommée, parce qu'elle change
de couleur selon la terre ou elle vient :
dans l'Ecr.
Caméléon, animal selon la première si-
gnification de ce mot. Il était immonde chez
les Hébreux. Levit. 11. 30. C'est une espèce
de lézard.
CHAMOS, Heb. Quasi palpans. Idole ou
Dieu des Moabites qui sont appelés peuple
de Chamos. Num. 21. 29. Jer. 48. 76. Peristi,
popule Chamos : Vous êtes perdu, peuple de
Chamos. C'était ou Bacchus, ou Priape dont
les sacrifices étaient très-abominables. 3.
Reg. 22. 7. Tune cpdificavit Salomon fannm
Chamos idolo Moab : En ce même temps Sa-
lomon bâtit un temple à Chamos, idole des
Moabilc», etc.
$77 CHA
CHANAAN, Heb. Negotiator. De Chanab,
negotiari.
h Fils de Cham, maudit parNoé, son aïeul,
parce qu'il s'était moqué delui, et qu'il aver-
tit Cham, son père, de son indécence. Gen.9.
25. Maledictus Chanaan : Que Ghanaan soit
maudit. D'autres croient plutôt qu'il n'y eut
que Cham , cadet de Sem, qui se moqua de
son père, et que son fils Chanaan a été mau-
dit en sa place, de peur que sa malédiction
ne passât à ses autres enfants ; mais elle est
demeurée dans la poslérilé de Chanaan qui
avait imité l'impiété de son père. Gen. 9. 18.
c. 10. V. 6. 15. 1. Par. 1. 8. On croit que
c'est le Mercure du paganisme. Voy. Boch.
l. 1. c. 2.
2» Toute la Palestine ou la Terre sainte ,
laquelle ayant été possédée par sept peuples,
fut appelée terre de Chanaan ou Chananée,
du nom de celui qui l'emportait au-dessus
des autres. Gen. 17. 8. Dabo tihi et semini
tuo terrant peregrinationis tuœ omnem terrain
Chanaan: Je vous donnerai à vous cl à votre
race la terre où vous demeurez comme étran-
ger, toute la terre de Chanaan. c. 11. 31. c.
12. 5. c. 28. V. 1. 6. 8. Act. 13. 19. Deslruens
gentes seplem in terra Chanaan : Ayant dé-
truit sept nations dans la terre de Cha-
naan, etc. Ainsi, ce mot signifie quelquefois,
Hébreu, comme lingua Chanaan, i. e. He-
brœa. Isa. 19. 18. parce que les Hébreux
s'en sont rendus maîtres.
3" Une partie de la terre promise habitée
parles descendants de Chanaan, située le
long de la mer Méditerranée et du Jourdain.
Gen. 13. 12. Abram habitavit in terra Cha-
naan'. Abram demeura dans la terre de Cha-
naan. c. 10. 19. Factique sunt iermini Cha-
naan venientibus a Sidone Geraram usque
Gazam , doncc ingrediaris Sodomatn : Les
limites de Chanaan furent depuis le pays
qui est en sortant de Sidon jusqu'à Gérara
et Gaza, jusqu'à ce qu'on entre dans Sodo-
me. Is. 23. 11.
k" Marchand, qui trafique et qui entend
le commerce. Ezech. 17. k. Transportavit
eam in terram Chanaan : Il la transporta dans
la lerre de Chanaan. Le prophète parle allé-
goriquement de Jéchonias qui lut transporté
à Babylone, ville célèbre par son commerce.
Les marchands sont appelés du nom de
Chanaan, parce que les Phéniciens, descen-
dants de Chanaat), ont été depuis longtemps
fameux en leur trafic. Oso. 12. 7. Chanaan
in manu ejus statera dolosa: Israël est comme
un marchand qui lient en sa ntain une
balance trompeuse. Soph. 1. Il, Conlicuit
omnis populus Chanaan : Toute cette race de
Ch.inaan sera réduite au silence. Le pro-
phète qui prédit aux Juifs qu'ils périront,
appelle de ce nom ceux de Jérusalem, parce
qu'ils imitaient les Chananéens par leur im-
piété comme par U'ur trafic Job. iO, 25. Is.
23. 8. Negotiator, Hcbr. C'/ianaan. Zach. li.
21. Mercalor. H<b. et Gr. Chananœus.
CHANAANA, Heb. Mercalrix. — 1^ Père
du faux prophète Sédécias. 3. Reg. 22 v. 11.
St. Sedfcias, filius Channana , percussit Vt-
thœamin maxillam : Sédécias. fils de Cha-
CHA
m
naana, aonna à Michée un soufflet sur la
joue. 2 Par. 18. 23. — 2' Un des descen-
dants de Benjamin. 2. Par. 7. 10.
CHANANiEUS , CHANANtEI , pour CHA-
NAANtEUS. Voy. Pheres^ei. — 1» Tous les
peuples qui sont descendus de Chanaan,
petil-fils de Noé, qui sont rapportés. Gen.
10. 15. etc. c. 15. V. 19. 20. 21. c. 10. 18.
Post hœc disseminaii sunt populi Chanunœo-
rum; C'est de ceux-là que les peuples des
Chananéens se sont répandus en divers pays.
Voy. Boch. I. k. c. 36.
2° Précisément, les peuples descendus de
Chanaan, dont les terres ont été occupées
par les Israélites. Gen. 12. 6, Chananœus
tune erat in terra illa, i. e. Chananœi : Les
Chananéens occupaient alors ce pays. c. 13.
7. c. 38. 2. Vidit ibi filiam hominis Chana-
nœi, etc. Cette signification est fréquente
dans l'Ecriture. Les Israélites s'en empa-
rèrent avec droit, parce que ce pays ayant
élé assigné aux enfants de Sem, les Chana-
néens s'y étaient jetés.
3° Plus précisément les Chananéeens qui
habitaient le long de la mer et sur le bord du
Jourdain. Num. 13. 30. Chananœus vero mo-
ratur juxta mare et circa fluenta Jordanis.
Gen. 15. 21. c. 3i. 30. Exod. 3. v. 8. 17 c.
13. 5. etc. En un mot quand les Chananéens
sont spécifiés et distingues des autres peu-
ples, c'étaient les Phéniciens, comme est ap-
pelée la femme Chananéenne. Marc. 7. 20.
Syrophœnissa génère. MaUh. 15. 22. Millier
chananœa a finibus illis egressa : Une femme
Chananéenne étant sortie de ce pays-là. Les
Septante rendent souvent ce mot par fohixsç.
k" Marchand, qui trafique. Prov. 31. 2ï.
CingulumtradiditChananœo: Ella a donné une
ceinture au marchand. La femme forte tra-
vaillait à faire des ceintures pour les vendre.
5' Chananéen, surnom de Simon l'apôtre.
Matth. 10. k. Simon Chananœus; Gr. xavavtr/j,-.
Voy. CANAN.EUS.
CHANANl, Heb. Prœparatiomea.Vn lévite.
2. Esdr. 9. 4.
GHANANITIS , idis. Hebr. Mercatrix.
Chananéenne, qui e.st de la Chananée. Gen.
46. 10. Saul filius Chunanilidis : Exod. 6.
15. Siméon avait eu Saiil d'une Chananéen-
ne. 1. Par. 2. 3.
CHANATH. Voy. Canath. Ville de la tribu
de Manassé, au delà du Jourdain. Num. 32.
42. Voy. NoBE.
CHAOS, xâ(7f*a. De l'ancien verbe xàco pour
y^v.iv(o, hisco, et signifie proprement confu-
sion de choses : dans l'Ecriture :
Profondeur extrême et comme immense,
gouffre, abîme, comme quand la terre s'en-
tr'ouvre. Luc. 16. 26. Inter nos et vos chaos
magnum firmatum est : 11 y a pour jamais un
grand abîme entre vous et uous, dit Abraham
au riche enseveli dans l'onfer. Cette distance
profonde qui est entre les bienheureux et les
damnés est devenue entièrement insurmon-
table par la volonté immuable el la puis-
sance de Dieu.
GHARACTER , IS. ^àparf^u, de y^^apiad',),
insculpo, inscribo , el signifie propremcnl
marque (|uo l'on imprime sur les animaux
r79
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGUE SACREK.
fiSO
pour les reconnaître de ceux d'autrui , le
style, le caractère, la manière de s'expriuier
qui est propre à chaque orateur ou écrivain :
dans l'Ecriture :
Caractère, marque imprimée pour recon-
naître. Apoc. 13. 16. Et faciet omnes... habere
charncterem in deartera manu sua, aut in fron-
tibus suis : Cette autre béte fera encore que
tous les hommes reçoivent le caractère de la
béte à la main droite ou au front. Cette
marque, selon le sentiment commun, sera
celle que recevront ceux qui seront soumis
à l'Antéchrist, pour les distinguer des vrais
Chrétiens. Voy. v. 17. c. li. v. 9. 11. c. 16. 2.
c. 19. 20 c. 20. 4. elle caractère que rece-
vront les vrais Chrétiens, est le nom de Dieu
que Dieu écrira sur eux. Voy. c. 3. 12.
' CHARADRIUS ou CHARADRION , Heb,
Chasida de Chesed, Misericordia : y^ccpàSpioç.
Ce nom est dérivé du bien que cet animal
fait à ses père et mère, les nourrissant dans
leur vieillesse à cause de leur faiblesse ; et
signifie :
Cigogne, oiseau qui était immonde parmi
les Hébreux. Levit. 11. 19. Deut. 14, 18.
D'autres disent que c'est une espèce de fau-
con ou de milan ; d'autres que c'est un geai
ou un pivert.
CRARAN. Voy. Hâran, Aran ou Ara.
Heb. Ira. — 1° Ville de Mésopotamie , où
Tharé, père d'Abraham, vint demeurer avec
Abraham et Loth, en quittant Ur de Chaldée.
Act. 7, V. 2. 4. Éxiit de terra Chaldœorum
et habitavit in Charan ; Gr. Charran : Il sor-
tit de la Chaldée, et vint demeurer à Charan.
Judith, 5. 8, Quelques-uns croient qu'il y a
eu deux vocations d'Abraham différentes
l'une de l'autre; mais il paraît plus vrai-
semblable que son père étant mort, il ne
voulut point demeurer à Charan, et passa
jusqu'au pays de Chanaan, pour accomplir
ce que Dieu lui avait commandé. C'est cette
ancienne ville de Carres , célèbre par la
défaite de Crassus. Elle a été bâtie par Aran,
frère d'Abraham. Voy. Bock. /.2. c. 14.
2" Ville entre Rages et Ninive, où arriva
Tobie avec l'Ange le onzième jour, Tob, 11,
1, Pervenerunt ad Charan quœ est in medio
itinere : Ils arrivèrent à Charan qui est au
milieu du chemin. Le Grec n'en dit rien,
CHARAN, Heb. Quasi cantans. Fils de Di-
son.Gen. 36, 26. l.Par, 1,41.
CHARAX. Ville de l'Arabie Pélrée. 2,
Mach. 12, 17, Venerunt in Characa ad eos,
qui dicuntur Tubianœi Judœos : Us vinrent à
Characa vers les Juifs, qui s'appellentT.ubia-
néens, V, Tob.
CHARCAMIS, Heb. Agnus quasi ablatus.
Ville située sur l'Euphrale, forcée par le roi
des Assyriens, Is. 10. 9. oùNécao allait pour
faire la guerre ayx Rabyloniens, quand Jo-
sias s'opposa à son passage, 2. Par, 35. 20.
Jer. 46. 2. On croit que c'est fercusmm.
CHARCx\S, Heb. Agni thronus. Un des eu-
nuques ou premiers officiers d'Assuérus.
Esth.1.10.
CHARISMA, ATis xâ/3tff//a, du Grec xâ/st?,
gratia; et signiGe dans l'Ecriture ;
Don spirituel, tel que celui des langues,
de faire des miracles, ete. que le Saint-Es-
prit donnait à quelques-uns au commence-
ment, pour l'édification et l'établissement de
l'Eglise. 1. Cor. 12. 31; Mmulamini uutem
charismata meliora : Désirez les dons les
plus parfaits ; se. qui sont les plus utiles à
l'Eglise. \
CHARITAS, ATIS, àyânn, n?. De charus, et
signifie charité, amour, soit pour Dieu , pour
sa patrie, pour le père; la mère, les enfants,
etc. dans l'Ecriture.
1" Amour, tendresse, bienveillance, ami-
tié (àyâ-riGiç). Ose. 11. 4. In funiculis Adam
traham eos, in vincuiis charitatis : Je les ai
attirés à moi par tous les attraits qui ga-
gnent les hommes, par tous les attraits de
la charité, lettr, par les cordeaux de la cha-
rité, se. pour me servir et observer mes com-
mandements. La métaphore semble tirée de
l'engagementoùles laboureurs mettent adroi-
tement et avec douceur les animaux qu'ils
accoutument insensiblement au labourage
ou au charroi. Vrov. 10. 12. c. 15. 17. 2.
Mach. 14. 26. Rom. 12. 10. 1. Cor. 4. 21. 1.
Thess. 4. 9. 2. Thess. 2, 5. 1. Joan. 4. 8. De
là vient cette façon de parler :
Labia charitatis. Lèvres d'amour, de ten-
dresse, paroleâ qui font paraître de la ten-
dresse et de l'affection , des paroles tendres,
un discours engageant qui touche et pénètre
le cœur. Judith. 9. 13. Percuties eum ex la-
biis charitatis meœ : Frappez ce superbe par
l'agrément des paroles qui sortiront de ma
bouche, dit Judith à Dieu au sujet d'Holo-
pherne. Voy. c. 12. v. 13. 14. 15. 16.
2° Amour essentiel qui convient à Dieu et
aux trois personnes de la sainte Trinité. 1.
Joan. 4. 16. Deus charitas est : Dieu est
amour par essence, par laquelle il s'aime
soi-même comme parfaitement bon et infini-
ment aimable, et comme principe et source
de toute charité. De là vient : Qui manet in
charitate, in Deo manet, et Deus in eo : Qui-
conque demeure dans l'amour demeure en
Dieu, et Dieu demeure en lui ; néanmoins ce
nom qui est commun aux trois personnes,
est attribué au Saint-Esprit, comme la sa-
gesse au Fils. Voy. Est. Dist. 10. §. 1. §. 4.
3° Charité, amour de Dieu et du prochain.
Matth.24. 12. Refrigescet charitas multorum:
La charité de plusieurs se refroidira; se. au
temps des persécutions qui précéderont le
dernier jugement. Luc. 11. 42. Rom, 14. 15.
1. Cor. 8. V. 1. 4. c. 13. 1; Ainsi 1. Petr, 1.
22. Animas vestras castificantes in obedien^
tia charitatis : Rendez vos âmes pures par
une obéissance d'amour; Gr. de vérité; se.
par la foi, excitée et formée en vous par
l'application à entendre l'Evangile par l'opé-
ration du Saint-Esprit. Voy. Act. 15. 9.
Ainsi,!. Joan. 4. 16. mais Ephes. 1. 4. Elegit
nos in ipso ante mundi eonstitutionem, ut
essemus sancti et immaculati in eonspeclu
ejus in charitate : Dieu nous a élus en lui
avant la création du monde par l'amour
qu'il nous a porté , afin que nous fussions
saints et sans tache devant ses yeux ; d'au?»
1res l'enlendenl de l'amour de l'homme en**
6gi
CHA
CHA
682
vers Dieu, rapportant m c/io(n7«/e à sancti et
immaculali.
V Amour que Dieu a pour les hommes,
qui est exprimé allégoriquemcnt Gant. 2. 4.
Ordinavil in me charitatem : l\ a réglé dans
moi mon amour; lettre. Il a ordonné dans
moi la charité, qui est cet amour dont Jé-
sus-Christ nous a aimés. Ephes. 5. 2. 2.
Thess. 2. 16. Rom. 5. 5. Ainsi Gant. 8. 7.
Cet amour était figuré par celui que Dieu a
porté au peuple d'Israël. Jerem. 2. 2. JRecor-
datns sum ttii^ miserans adolescentiam tuam,
et charitatem desponsationis tuœ : Je me suis
souvenu de vous, ayant compassion de votre
jeunesse: je me suis souvenu de l'amour que
j'eus pour vous, lorsque je vous pris pour
mon épouse ; cet amour fut celui qui porta
Dieu à faire alliance avec le peuple juif, en
lui donnant sa loi et le choisissant pour son
peuple, c. 31. 3. Rom. 5. 8. Ephes. 2. 4. 1.
Joan. 3. 1. c. h. 9. 10. 16. Voy. Supra 3". sur
Ephes. 1. 4. De là viennent ces phrases :
Gharitas Dei, Christi, Patris. — 1° L'a-
mour que Dieu, que Jésus-Christ a eu pour
nous. Ephes. 3. 10. Dei vobis... ut possitis
scire etiam supereminentem scientiœ charita-
tem: Que Dieu vous fasse la grâce de pou-
voir connaître cet amour de Jésus-Christ
envers nous, qui surpasse toute connais-
sance. 2. Cor. 13. 13, 1. Joan. 3. 1. Yidete
gualem charitatem dédit nobis pater, ut filii
Dei nominemur et simus : Considérez quel
amour le Père nous a témoigné de vouloir
que nous soyons appelés, et que nous soyons
en effet enfants de Dieu.
2° L'amour que nous lui portons. 2. Thess.
3. 5. Deus dirigat corda vestra in charitate :
Que le S'igneur conduise vos cœurs dans
1 amour de Dieu et dans la patience de Jésus-
Christ, i. e. vous porte à l'aimer; selon le
Grec, Qu'il conduise et porte vos cœurs à
lamour de Dieu et à l'attente de Jésus-
Christ, i. e. de son avènement. 1. Joan. 2. v.
5. 15. Si guis diligil mundum, non est charitas
Patris in eo : Si quoiqu'un aime le monde,
l'amour du Père n'est point en lui; parce
qu'il aime le monde qui est ennemi du Fi!s
de Dieu. Joan. 15. 18.et parconséquent il de-
vient ennemi du Fils de Dieu , d'où il arrive
qu'il h;iil le Père Eternel. Y. 23. Ainsi c. 3. 17.
3° L'amour que Dieu a pour nous ou que
nous avons pour lui. Rom. 5. o. Charitas Dei
diffusa est in cordibus nostris : L'amour de
Dit u a été répandu dans nos cœurs : cet
amour est celui que Dieu nous porte en Jé-
sus-Christ, le!|uel excite en nous l'amour de
Dieu et du prochain. Voy. Rom. 8. v. 35. 38.
39. Ainsi 2. Cor. 5. 14.
CuAniTAS spirilus, sancti Spiritus. Charité
spirituelle dont le Saint-Esprit est auteur.
Gai. 5. 13. Per charitatem spiritus servile in-
vicem : Assujetliss( z-vous les uns aux au-
tres par une rharilé spirituelle. L Apôtre
lériioigne aux Galates que (juoiquc les Juifs
soient délivrés de l.i loi servile des cérémo-
fiies légales par celle do l'Evangilo, cepen-
dant elle ne les dispense pas de l'assujellis-
sementà la mulu( lie chanle et à cette union
d'esprit qui est une parfaite liberté. Uom. 15.
DlCTlONN. DE PhILOL. SàCRÉE. I.
30. Obsecro vos... per charitatem sancti Spiri-
tus : Je vous conjure... par la charité du
Saint-Esprit.
Charitas fraternitatis , ^f/aSs/^îa. Amour
fraternel que les fldèles ont les uns pour
les autres. Rom. 12. 10. Charitate frater-
nitatis invicem diligentes : Gr. in invicem
amanter affecti : Que chacun ait pour son !
prochain une affection vraiment fraternelle. ;
Cet amour est non-seulement celui qui est \
entre ceux qui sont unis par le sang ; mais '
encore entre ceux que la foi a rendus frères \
en Jésus-Christ, et enfants et héritiers du
même Père céleste Voy. 1. Thess. 4. 9. Heb.
13. 1. 1. Pet. 1. 22. etc.
5° Zèle, ferveur. Apoc. 2. 4. Hdbeo adver-
sum te guod charitatem tuam primam reli-
guisti : J'ai un reproche à vous faire, qui est
que vous vous êtes relâché de votre première
charité; lettr. que vous avez laissé votre,
etc. dit Dieu à l'évêque d'Ephèse, qui s'était
relâché dans les fonctions de sa charge et
dansla pratique des bonnes œuvres. V^oy.v. 5.
6" Ce qui est brillant, éclatant et aimable.
Gant. 3. 10. Media charitate constravit prop-
ter filias Jérusalem : Salomon a orné le mi-
lieu de la litière qu'il s'est faite de bois du
Liban, de tout ce qu'il y a de plus précieux
en faveur des filles de Jérusalem ; autr. de la
charité même ; ces choses précieuses peuvent
être l'or, les pierres précieuses. Quelques
interprètes disent que Salomon, pour recon-
naître l'affection que tout Jérusalem avait
pour lui, écrivit au milieu de son chariot :
Je l'aime, ma chère Jérusalem.
CHARMEE, Heb. yl/7Mt<s circumcisus. Plaine
fertile. Is. 29. 17. Nonne convertetnr Liba-
nus in Charmel, et Charmel in saltum reputa-
bitur? Le Liban avec ses grands arbres ne
sera-t-il pas bientôt changé on plaine, et la
plaine en une forêt? C'est une allégorie par
laquelle le prophète prédit que quand le
JMossie sera venu, les orgueilleux seront hu-
miliés, les humbles seront élevés. Ainsi, c.
32. 15. Erit desertum in Charme!^ et Char-
mel in saltum reputabitur : Alors tout chan-
gera de face; les terres stériles deviendront
fertiles, les âmes abandonnées seront rem-
plies des dons du S.iinl-Esprit, et ceux qui
paraissaient florissants et heureux seront
dénués de tous leurs biens. Voy. Garmel. Il
paraît que le moi saltus se peut prendre en
bonne et mauvaise part. Voy. Libanus.
CHARMI, Heb. Mnea. — 1° Un des fils de
Ruben. Gen. 46. 9. Filii Ruben. Hcnoch et
Phallu et JJesron et Char mi. Exod. 6. 14.
Num. 26. 6. 1. Par. 5. 3. — 2^ Le père d'A-
chan des descendants de Juda. Jos. 7. v. 1.
18. 1. Par. 2. 7. Filii Charmi, Achar ( ou
Achan ) gui turbavit Israël et pcccavit in
furto analhemalis : Charmi n'eut d'enfant
qu'Aehar qui iroubla Israël, et pécha par un
larcin du butin desiiné à être brûlé. — 3' Un
des anciens qui gouvernaient la ville de Bé-
Ihulie. Jndiih. <». U, Charmi gui et Gotho-
niel. c. 8. 9.
CHARMlTiE, Heb. Idem. Descendants de
Charmi, fils de Uuben. Num. 26. 6. Charmi a
guo familia Charmilarum.
22
685
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
r>84
CHARRÂN.Voy. Charan.
CHARSENA , Heb. Agnus anniculus. Un
des st'pl conseillers d'Assiiérus, sages et ha-
biles dans l'inlerprélalion jdes lois. Eslh. 1,
14.
("HARTA, M. xâ/î->3?, de ;)^«û«(r(Tw, insculpo,
in>iribo, imprima, et sigiiiQe proprement
do papier; le pluriel est pris, dans Ovide et
d ' s Perse, pour les livres, la matière, pour
I'g vrage : dans l'Ecriture:
apier pour écrire ( ptQ.îov ). Tob. 7. 16.
Et accepta charta, fecerunt conscriptionem
cimjugii : Ayant pris un papier, on ûl l'écrit
du fn;iriage entre le jeune Tobie et Sara, fille
de R-igiiel. 2. Joan. v. 1-2. Scribere nohii per
charifun et alrnmentinn : Quoique j'eusse plu-
sieurs choses à vous écrire, je n'ai pas voulu
le f :irf sur du papier et avec de l'encre.
CHARUS, A, UM. Du Grec zc'ptç, ou x^pisiç,
et signifie proprement cher, qui est cher à
que qu'un, qui est aimé de lui ; dans l'Ecri-
ture :
1" Chor, bien aimé. 2. Marb. li. 2i, Habe-
bat autem Judum semper chnrum ex animo
(h -(ooTWTTw) : Nicanor aimait toujours Judas
d'un amour sincère.
2° Aiiii, allié, en parlant de l'alliance et de
l'union qui se trouve entre deux ou plu-
sieurs peuples ( àyaTTwv, dUigens ). Thren, 1,
2. Non est qui consoletur eam ex omnibus
charis ejus : De tous ceux qui étaient chers
à Jérusalem, il n'y en a pas un qui la con-
sole dans l'affliction où elle est de sa perte
et de sa captivité. Delà vient : 1° :
Chabior, Comparatif de charus, est pris
dans l'Ecriture pour le superlatif, et si-
gnifie :
Le plus cher, le plus précieux {nu-to-K-o;).
Sap. 12. 7. Tibi omnium charior est terra : La
terre qui était la plus chère à Dieu est la
Terre-Sainte. 2° Le superlatif,
ChARISSIMDS , A, CM. «yaTr/jTÔf. Du pOSitif
charus, et signifie dans l'Ecriture :
Bien-aimé, très-cher, qu'on aime tendre-
ment. Marc. 9. 6, Hic est jilius 7neus charissi-
tnvs : Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; c'est
ce que fit entendre la voix qui sortit de la
nuée à la Transfiguration de Jésus-Christ,
Voy, v, 1. 6. Ce mot àya-n-ôç, que l'inter-
prète latin rend très-souvent par charissimus,
au moins dans les Epîlres des Apôtres, sem-
ble avoir une signification plus forte que le
mot latin dileclus; mais il ne marque pas
partout également la grandeur de l'affection.
Anciennement, dans lEglise, on saluait de
ce nom tous les fidèles. L'interprète lalin
met volontiers le superlatif pour le positif,
non-seulement en ces mots : charissimi, dilec-
tissimi , mais encore en beaucoup d^autres
qui se trouveront en leur lieu. Cant, 5. 1, c.
7.6. Rom, 11.28. c 12, 19,
CHASELON, Heb. Fiducia ejus. Père d'E-
li.ib, de la tribu de Zabulon. Num. 34-. 21,
Voy, Eliab,
:HASLUIM, Heb, Tegumentum tabularum.
Si ièuu' fils de Mesraïni. Gen, 10. 14. Voy.
Ci sLUiM, Casphias, etc.
JHASPHIAS. Heb. Argentaria. Casphie,
lieu ou quartier près deBabylone. 1. Esd. 8.
17.
CHEBBON, Heb Exstinguens. Ville de la
tribu de Juda. Jos. 15. 40.
CHEBRON. Heb. Socielas. Ville. 1. Mach.
5. 65, Percussit Chebron : Il prit par force
Chebron. C'est une ville d'Idumée, située
sur une montagne de Judée, que les Idu-
méens occupaient alors. Judas accouiplis-
sait en cela ce qui avait été prédit longtemps
auparavant par Abdias, Sophonie, et d'au-
tres prophètes.
CHELEAB, Heb. Totus pater. Second fils
de David qu'il eut d'Abigaïl. 2 Reg. 3. 3. Et
post eum Cheleab de Abigail uxore Nabal Car*
meli. Il est appelé Daniel. 1. Par. 3. 1.
CHELIAU, Heb. Totus ipse. Un de ceux
qui se séparèrent de leurs femmes. 1. Esd.
10. 35.
CHELION, Heb. Consummatus. Fils d'Eli-
melech et de Noemi. Rulh. 1. 2. c. 4.9.
CHELLON, Heb. Consummatio. Voy. Cel-
LON.
CHELMAT, Heb. Quasi docens. Pays par-
mi les Mèdes. Ezech. 27. 23. Les peuples de
ce pays trafiqu.iieut à la foire de Tyr, ou
étaient marchands pour la ville de Tyr.
CHELMON, Heb. Exercitus. Ville près de
Béthulie. Judith. 7.3.
CHELUB, Heb. Canistrum. Père d'Esri. 1.
Par. 27. 26.
CHENNE, Heb. Basis. Ville située sur le
Tigre, autr. Chalane. Ezech. 27. 23. Haran,
Chine et Edcn. Celle ville a été depuis ap-
pelée Ciésiphon par les Parthes. Vov. Chalane
et CAL4N0.
CHERUB, Heb. Quasi puer. Un de ceux
qui ne purent fournir de preuves de leur ori-
gine. 1. Esd. 2. v. 59. 2. Esd. 7. 61. Cherub
et Addon et Emmer : d'autres croient que ce
sont les noms propres des lieux où ils étaient
exilés pendant leur c iptivilé.
CHERUB, au pluriel CHERUBIM. /jcovÇi^.
Ce mot, qui vient de l'Hebr. Charab, formavit,
signifie proprement toute sorte d'image ou
de figure dans l'Ecriture :
1° Chérubins représentés sous la figure
d'homme. 2. Par. 3. v. 10. 11. 12. 13. Jpsi au-
tem stabant erectis pedibus, et faciès eorum
erant versœ ad exleriorem domum : Les deux
chérubins que fit f.iire Salomon dans le sanc-
tuaire, étaient représentés droits sur leurs
pieds, et leurs faces tournées vers le Temple
extérieur. 3. R( g. 6. 23. On croit que ces
deux chérubins que fit Salomon étaient de la
même figure que ceux que Moïse avait fait
faire aux deux côtés del'archcquiavaient le
visage tourné vers lepropitiatoire. Exod. 25.
V. 18. 19. 20. Respiciebanlque se muluo;
Hebr. et faciès eorum erat viri ad fratrem
5aum; En se regardant l'un l'autre ils éten-
daient leurs ailes sur le propitiatoire, d'où
Dieu donnait ses ordres à Mo'ïse. v. 22. Inde
prœcipiam et loquar ad te supra propitialo-'
rium, ac de mcdio dunrum cherubim. C'est
pour cela qu'il e>t dit que Dieu est assis sur
les chérubins. 1. Reg. 4. 4 2. Reg. 6. 2. 4.
Rcg. 19. 15. Qui sedes super cherubim. Ainsi
Ps. 79. 2. et Ps. 98. 1. Dan. 3. 55. Mais parc«
685
CHE
CHL
686
que CCS chérubins sonf représentés comme
étant ailés, il est dit que Dieu est monté des-
sus : ce qui est une façon de parlor figurée,
pour marquer la vitesse avec laquelle il vient
secourir. 2. R-g. 22. H- Ps. 17. 10. FA ascen-
dit super cherubim. De là vient,
2° Les chérubins que Salomon fit faire dans
!e sanctuaire du temple. 3. Rcg. 6. 23. 1. Par.
28. 18. 2. Par. 3. v. 10. 11. 12. 13. Ezech. k\.
V. 18. 20. 25. Ainsi les figures de chéru-
bins en broderie que Salomon fit faire sur
le voile du temple. 2. Par. 3. 14. Les figures
des chérubins dontil orna toutes les murail-
les du temple, 3. Rcg. 6. 29. 2. Par. 3. 7. cel-
les qu'il fit mettre sur les portes de l'entrée
de l'oracle, v.32.et du temple, v. 33. 35. et
en plusieurs autres endroits. Il est à remar-
quer que quand ce mot cherubim ne s'écrit
point avec la lettre tau, il marque des ouvra-
ges de tapisseries ou de broderies: quand il
s'écrit avec celte lellre, il signifie plutôt des
animaux que des ouvrages.
3° Chérubins sous la figure de quelques
animaux. Eccli. 49. 10. Ezech. 1. 5. /n medio
ejus similitudo quatuor animalium: Au milieu
du feu, on voyait la ressemblance de quatre
animaux, v. 13. 15. Le prophète marque, c.
10. V. 20, que ces mêmes animaux étaient des
chérubins. Voy. c. 1. v. 3. 5. Ainsi, le mot
bovis, qui est, c. 1. 10. est rendu, ch. 10. 14.
par celui de Cherub. Ces chérubins sont appe-
lés pleins de gloire, Heb. 9. 5. par rapport à
ce qui est dit Eccli. 49. 10. 11 semble que
ces animaux dont parle Ezech. c. 1. v. 3. o.
avaientlevisaged'homme,Ies ailes d'aigle, les
crins du lion, et les pieds du bœuf. Le pro-
phète appelle ces quatre formes du nom d'a-
nimaux, v. 5. 13. 15. et quelquefois animal,
au singulier, c. 10, 5. Et elevata sunt Cheru-
bim, ipsum est animal quod videram;où le mot
cherubim ou cherub est mis de neutre; parce
qu'il est de ces noms étrangers qui n'ont
pointdesexe. Or, ces quatre formes ne mar-
quent autre chose que ce que Moïse, à qui
Dieu apparut sur la montagne de Sinaï, lui
dit, Exnd. 34. 6. savoir, qu'il était plein de
compassion et de clémence, et lent à se ven-
ger: ce qui est marqué par le visage de
l'homme et les pieds du bœuf, et qu'il est
prompt à secourir et à faire du bien. 2. Reg.
22. 11. Ps. 17. 10. Le visage du l'homme est le
symbole de la bonté, l'aigle de la vitesse, le
lion marque la vengeance, et le bœuf la len-
teur: on peut voir Grotius, in Exod. 25. 18.
ctHeb. 4. 5. et Spencer, Dissert. 5. scct. 2.
qui font voir que chaque chérubin avait ces
quatre formes, et approchait plus de celle du
bœuf, pour marquer les différentes proprié-
tés de Dieu et des anges.
4" Les anges sont appelés Chérubins. Gcn.
3. 24. du mot Heb. cherub, qui signifie toute
sorte de forme, d'homme ou d'. mimai; puce
qu'ils avaient coutume de paraître sous ililTé-
rentes fornMS. Ezech. 10. v. 9. 10. c. 10. v.
14. 15. 20. Plusieurs ont cru (ju ils étaient
appelés Cherubim, à cause de la grandeur et
delà plénitude de leur scienre; parce que
l-ij signifie multitude, le 3 est marque de
similitude, et 2r, signifie docteur, maître: ce
qui a donné occasion de dire, que les chéru-
bins appartiennent à la première hiérarchie;
parce qu'ils excellent en science au-dessus
des autres anges. Voy. Saint Grégoire le
Grand, dans l'Homel. 34. sur les Evangiles.
D'autres croient que ce nom est commun à'
tous les anges. Les anges étaientconnus aux
Israélites sous ce nom, à cau«e des chéru-
bins qui étaient sur l'arche, et étaient regar-
dés comme des armées bienheureuses que
Dieu employait à son service. 2. Reg, 22. 11.
Aussi quelques-uns croient que le nom de
Cherub, en Syriaque et Chaldéen, marque la
force et la puissance; parée qu'il signifie un
bœuf, dont on connaît la force. Voy. Spen-
cer, Dissert. V. de Cherdbinis.
5 Les rois puissants, pleins de gloire et
de majesté, par rapport aux chérubins écla-
tants qui couvraient l'arche, sont appelés de
ce nom: tel était le roi de Tyr. Ezech. 28. v.
14. 16. Tu Cherub exlentus et protegens :Vous
étiez le chérubin qui étendiez vos ailes: Ce
roi était aussi la figure du démon tombç de
sa gloire. Voy. Lapis.
G' Le char de triomphe ou trône de justice,
composé dos quatre animaux mystérieux.
Ezech. 8. 3. Gloria Domini assumpta est de
Cherub.
CHESELETHTHAROR, Heb. Temeritates
electionis. Ville ou Canton qui borne la tribu
de Z tbulon, Jos. 19. 12. Voy. Ceseleth.
CHESLON, Heb. Fiducia ejus. Ville qui
borne la tribu de Juda du côté du nord. Jos.
15. 10. 70. Tzrjliç ixpiu. Ainsi il paraît que
c'est Carialhiarijii.
CHIDON Heb. Jaculum, Nom propre
d'homme ou de lieu. 1. Par. 13. 9. appelé
Nachon. 2. Reg. 6.6. Voy. Area.
CHIROGRAPHUM,!, ou CHIROGRAPHUS,
j.'/jipôyf,K<f>ov. Ce nom vient de yjip, manus, et
de ypi-fo), scribo, et signifie,
1' Ecrit de la main propre de quelqu'un,
cédulc, obligalion. Tob. 1. 17. Sub chirogra-
pho dédit illi memoratumpondus orgenli :To-
bie, pendant sa captivité, donna à Gabelus
sous son seing la somme de dix talents
d'argent. Voy. v. 16. Ainsi 4. 21. c. 5. 3. c.
9. 3.
2" La loide Moïse, reçue et observée par
les Juifs, était comme une cédule et une re-
conuaiss.ince écrite de leur propre main, tant
du sang qu'ils versaient dans la circonci-
sion, que du sangdes bêtes qu'ils sacrifiaient,
en se reconnaissant débiteurs à la justice
divine pour leurs péchés, et que Jésus-Christ
a effacés par sa mort sur la croix. Coloss. 2.
14. Dclens (/uod adversus nos eiat, chirogra-
phum decreli. D'autres entendent par celte
céiiulerengagcmenl à la damnalioncternelle,
selon l'arrêt que Dieu avait prononcé contre
Adaoi, â cause de son péché, et contre ses
descendants, qui semblaient la ratifier par
leurs |)écbés; mais que Jésus-Christ a aboli
par ses souffrances.
CHIUS, xt'o,-, /Ipcr/fl. Chio ou Scïo, île de
l'Archipel. Act. 20. 15. Venimus contra Chium:
Nous arrivâmes vis-à-vis de Chio.
CHLAMYS, YDis. Grec , x^Kiiit, de l'Hé-
breu galam, involvit; parce que c'était prO'
687
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
OftS
premenlunerobequieuvcloppe loutle corps:
dansI'Ecrilure,
1° Manteau. Matlh, 27. 28. Exuentes eum,
chlamydem coccineam circumdederunt ei;Les
Boldats du gouvervcur ôlèrent à Jésus ses
habits, et le revêtirent d'un manteau d'écar-
late. Saint Marc. 15. 17. porte purpura ; saint
Jean, 19. 5. purpureum vestimentum : ce qui
marque que c'était une sorte de pourpre très-
exquise, qui n'était portée que par les rois
et les grands seigneurs. Dan. 5. 7.
2" Casaque, sorte d'habit dont usaient les
rois. 1. Reg. 24. v. 5. 12. David... prœcidit
oram chlamydis Saul silentio : David coupa
tout doucement le bord de la casaque de Saùl.
Voy. V. 12. la fin pour laquelle il le fit. Ainsi
V. 6.
CHLOE , Gr. Xl6n , Veuve chrétienne de
Corinthe. l.Cor. 1.11. Significatumest mihi ab
iis qui suntCMoes: ya\ été averti par ceux
de la maison de Chloé.
CHOBAR,Heb.Fora7t<f/o.Peti(erivièreprès
de Babylone. C'était un bras de l'Euphrale.
Ezech. 1. V. 1. 3. c. 3. 15. etc. C'est sur celle
rivière qu'étaient les Juifs dans leur capti-
vité. Ce nom de Chobar, lui a été donné par
un intendant de ce nom, qui sépara l'Éu-
phrateen deux branches au-dessus de Baby-
lone. Voy. Plin. l. 6. c. 26. Quelques-uns
néanmoins croient que c'est l'Euphrate,
appelé Chobar, à cause de la rapidité de ses
eaux.
CHOD-CHOD, Jaspis. Ce mot est ''hébreu
même; l'interprète latin ne l'a poinl rendu,
peut-être parce qu'on ne sait pas précisé-
ment ce qu'il signifie; il est rendu par jaA/Jis
Isa.Sli-. 12. Les Septante et l'Arabe le rendent
par le mol chorchor, qui n'esl que l'hébreu
corrompu. La version Chaldaïque, el la plu-
partdosinlerprèlesle rendent par quelqu'une
des pierres précieuses: quoi qu'il en soil, il
signifie marchandise précieuse en général,
0(j cerlauie espèce de marchandise précieuse,
toiles quequehiues pierres précieuses, iizech.
27. 16. Sericum et chod-cliod propnsuerunt in
vtercata tuo : Les Syriens ont ex posé en vente
dans vos marchés... de la soie, et loule sorte
de n..'ir(handisPS précieuses.
CHODORLAHOMOR, Heb. Quasigencrntio
servitulis. Roi ou gouvrrneur de (juchiue
conlréi' de Pirse. Gen. li. 9. Rex Elamila-
ruiii. Voy. ^Elam. Ce r«>i avec trois aulres qui
demeuriiii nt au delà de l'Euphi aie, vinl con-
tre les rois de Pentapole, qui rdusaiint de
leur payer le tribut (]u'\\> leur payaient au-
paravant; ces derniers furent défaits, leur
pays fut ravagé; mais Loih sctanl trouvé
uaimi les captifs qu'on e»unienait, Abraham,
60U oncle, ayant assemblé tousses domesti-
ques, au nombre de 318, alla attaquer les
victorieux, les laillaen pièces, el ramena Lolh,
avec tous les autres prisonniers, et tout le
butin, l'an du monde 2118.
CHOEROGRYLLUS , i. Gr. xoi^v^^^oç. Pe-
tit animal qui se cache sous les rochers, porc-
épic, hérisson, lapin, qui était impur chez
les Juifs. Levil. 1 1. 5. Cliœrognjllusqui rumi"
nat ungulamque non dividit, immundus est.
Deut. \k. 7. Le même mol Heb. saphan, est
rendu, Prov. 30. 26. par lepuscutus, et est
rendu, Ps.l03. 18. par herinacius, Gr. Xaywoç,
lepus. Ainsi, on ne convient point de la vraie
signification de ce mot.
CHOLERA, JE. xoXifK. Du Grec xo>«, bilis.
Choléra,maladie qui fait rendre par le haut
quantité d'humeurs bilieuses et amères com-
me du fiel, colique bilieuse. Eccli. 37. 33. Avi-
ditas appropinquabit usque ad choleram: Le
trop manger donne la colique, c. 31. 23.
CEOLOZk, Uch. Omnis prophela. Père de
Sellum. 2. Esd. 3. 15. et c. 11. 5.
CHONENIAS, Heb. Prœparatio. Nom de
plusieurs Lévites.
1° Un maître de musique du temps de Da-
vid, 1. Par. 15. V. 22. 27. Chonenias autein
Princeps Levitarum prophetiœ prœerat ad
prœcinendam melodiam: Chonenias, chef des
Lévites, présidaità louie cette musique, pour
commencer le premier celte sainte sympho-
nie. V. 27.
2° Un autre qui conduisait les ouvrages
qui se faisaient pour le temple hors la ville.
1. Par. 26. 29. /saana's (de Isaaritis) prœerat
Chonenias et filii ejus, ad opéra forinsecus:
Ceux de la famille d'Isaar avaient à leur tête
Chonenias et sesenfants; et ils avaient soin
des choses de dehors qui regardent Israël, v.
2. Esd. 11. 16.
3° Un autre du temps d'Ezechias, chargé
de distribuer des vivres aux Lévites. 2. Par.
31. v.12. 13. c. 35. 9.
CHORDA , £.. Du Grec x°P^«» ^"' signifie
propremcntinteslin; parcequeles corde^ d'in-
struments se font des plus déliés boyaux des
animaux; et signifie proprement corde de
luth, ou de quelque auire inslrument de mu-
sique, un cordeau dont on se sert pour plan-
ter en ligne droite des arbres :dans l'Écriture,
Corde d'instrument de musique, instru-
ment de musiqueà corde. Ps. 150. 4. Lnudale
eum in chordis el organo : Louez Dieu avec
les instrunienis de musiqueà corde, lels que
le lulh el l'orgue.
CHOUR J^l , oBUM, Heb. Furores. Chorréens
ou Heveens,qui habitaient les montagnes du
pays (jui a éé depuis appelé Vlduiuée. Geu.
14. 6. Chonœosin tnonlibus Seir.
CHORUS, i,y_op6;. — 1° Chœur, on com-
pagnie de gens (jui cbantenl ou qui dansent,
soil en signe d une joie sainte. Exod. 15. 20.
E gres^œ(ine mut ouinrs mulivres post eani eum
tympanis et cAoris; Toutes les femmes allè-
reni aj rès Marie [»rophelesse, sœurd'Aaron,
av( c des lamjouis, ne faisa?it qu'un même
chœur : elles ohanlèrentU C nliqne de Moïse.
D'autres l'enteiidenl des instruments de uiU-
si(iue. Canl. 7. 1. Qitid videbis in Sulainile,
nisi choros caslroruiii? *^[H} verrez-vous dans
la Sulamile, sinon des chœurs de musi(jue
dans un campd'armée? L'époux, Jésus-Christ,
compare I Epouse, (lui est l'Eglise, à un con-
cert de musique, grave cl mâle, dans lequel
toutes les parties sonl parfaiicmentd'accord;
soil en signe d'une joie profane, c. 32. 19.
Yidil vitulum et choros: Mo'ïsc vit le veau et
les danses , se. des Israélites autour du veau
d'or.
2" Instrument de musique. Ps. 149. 3. Lau*
689
CHK
CHR
090
l
dent nomen ejns in choro : Que les enfants
d'Israël louent le nom du Seigneur au son de
la nûle. Ps. 150. 4. Laudate eum in tympano
tt^ choro : Louez \o Seigneur avec le tambour
et la flûte ; soit la flûte ou quelque autre sem-
blable instrument de musique; Hebr. Ma-
chol.
CHRISTIANUS, i, de Chrishis, et signifie,
Chrétien, disciple de Jésus-Christ. Act. 11.
26. Ita ut cognominarentur primum Anlio-
chiœ discipuli christiani : Ce fut à Aulioche
que les disciples furent premièrement nom-
més chrétiens, c. 26. 28. 1. Petr. k. 16. Si au-
tem ut chrislianus , non erubescat : Si quel-
qu'un souffre comme chrétien, qu'il n'en ait
point de honte. Les chrétiens s'appelaient
plus fréquemment frères. Act. 1. 15, etc., et
nar mépris Nazaréens. Act. 2i. 5. Les païens
es appelaient Chrestiani et Galilœi.
CHRISTUS, I, xpicTToç, Unctus] Heb. Mas-
chiahh, Messias. Du verbe xpist-j, Ungere.
Ce nom, qui est grec, signifle :
1° Ceux qui étaient choisis et appelés de
Dieu à quelque œuvre excellente pour son
service et pour sa gloire : ainsi Cyrus, que
Dieu destinait à la délivrance du peuple juif.
Isa. 45. 1. Hœc dicit Dominus christo meo
Cijro : Voici ce que dit le Seigneur à Cyrus,
qui est mon christ. Voyez, v. 13.
2" Les prophètes, les vrais serviteurs de
Dieu et ceux qui étaient particulièrement
chéris de lui et remplis de ses grâces : tels
étaient Abraham, Isaac, Jacob, etc. 1. Par.
16. 22. P.-i. 104. 15. Nolile îangere christos
meos, et in prophelis mets nolite malignari :
Gardez-vous bien de toucher à mes oints, et
ne faites point de mal à mes prophètes : ceci
a rapport à l'afliction que Dieu envoya à
Pharaon à cause de Sara. Gen. 12. 17, et à
la défense que fait Dieu à Laban à l'égard de
Jacob, c. 31. 24. Ainsi Moïse est appelé le
christ de Dieu. Habac. 3. 1. Egressiis es in
salutem populi tui, in salutem cum christo
tuo : Vous êtes sorti pour donner le salut à
votre peuple, vous êtes sorti avec votre christ
pour le sauver ; il parle de la délivrance des
Juifs de l'Egypte, sous la conduite de Moïse,
que Dieu avait rempli de l'onction de son
Esprit.
3° Les rois, qui, selon l'ordre de Dieu, 1.
Reg. V. 12. 13, étaient sacrés rois d'une huile
matérielle, c. 2. 35. Ambulabit coram christo
meo cunctis diebus : Le prêtre fidèle que je
susciterai marchera toujours devant mon
christ, dit Dieu à Héli, lui prédisant qu'il re-
tirerait la grande sacrificature de sa maison.
Voyez-en l'accomplissement 3. Reg. 2. 27.
Ainsi, 1. Reg. 16. 6. Num coram Domino est
christus ejus? Est-ce là celui que le Seigneur
a choisi pour être son christ, dit Samuel
touchant Eliab. Voyez le sacre diî David, v.
13. 1. Reg. 12. 5. Thren. 4. 20. Voyez Spi-
RITUS.
4' Les prêtres, qui étaient aussi sacrés. 2.
Mach. 1. 10. Aristobulo magisiro Plolemœi
régis, qui est de génère chrislorum saccrdo-
tum : Le peuple qui est dans Jérusalem...
écrit à Aristobule, précepteur du roi Ptolé-
méc, de la race des prêtres sacrés.
5° Le Messie promis aux Juifs et prédit par
les prophètes. 1. Reg. 2. 10. Sublimabit cornu
Christi sui : Le Seigneur comblera de gloire
le règne de son Christ, dit Anne, mère de
Samuel, dans sa prière; Hebr. cornu pour
regnum. Ps. 2. 2. Astilerunt reges terrœ ad-
versiis Christum ejus : Les rois de la terre se
sont opposés contre le Christ et l'oint du Sei-
gneur. Voyez Act. 4. v. 18. 24. 26. Ainsi,
Dan. 9. v. 25. 26. Usque ad Christum ducem :
Jusqu'au Christ, chef de mon peuple; c'est-
à-dire jusqu'au baptême de Jésus-Christ, qui
fut proprement le temps où il commença
d'exercer son ministère : c'est le terme où
aboutit le temps marqué par les soixante-
dix semaines. Ce mot, depuis le temps des
prophètes, n'a plus signifié que le Messie que
les Juifs attendaient, qui est Jésus-Christ,
Dieu et homme tout ensemble, que Dieu a
consacré par une onction spirituelle pour
opérer le salut des hommes. Malth. 1. v. 1.
16. De qua natus est Jésus qui vocatur Chri-
stus : Marie, de laquelle est né Jésus, qui est
appelé le Christ; et cette onction n'est autre
que l'union substantielle de la Divinité mê-
me à l'humanité sainte dans l'Incarnation.
6° L'Eglise unie à Jésus-Christ, son chef,
dont les fidèles font le corps, chacun en étant
un des membres. 1. Cor. 12. 12. Sicut enim
corpus unum est, et membra habet multa; om-
nia autem membra corporis cwn sint multa,
unum tamen corpus sunt : ita et Christus :
L'Apôtre compare toute l'Eglise unie à son
chef avec tous les membres, qui ne font en-
semble qu'un même corps. Voyez v. 27. Eph.
1. 23. Act. 9. 4. Hebr. 11. 26.
Phrases tirées de ce mot.
Esse Christi signifie proprement apparte-
nir à Jésus-Christ; ce qui se connaît en plu-
sieurs manières ; ainsi il signifie :
1° Etre chrétien, disciple de Jésus-Christ.
Marc. 9. 40. Quia Christi estis : Parce que
vous appartenez au Christ; ce qui est dit au
même sens que Matlh. 10. 42.
2" Etre ministre de Jésus-Christ pour prê-
cher sa divine parole. 2. Cor. 10. 7. Si quis
confidit sibi Christi se esse, hoc cogitet iterum
apud se. quia sicut ipse Christi est, ita et nos :
Si quelqu'un se confie en soi-même dèlre à
Jésus-Christ, qu'il considère aussi en son
cœur que nous sommes à Jésus-Christ aussi
bien que lui. Voyez v. 5.
3° Etre serviteur de Jésus-Christ, lui ap-
partenir de droit, être à lui ce qu'est un ser-
viteur à son maître. 1. Cor. 3. 23. Omnia ve-
stra sunt..., vos autem Christi, Christus autem
Dei : Tout est à vous..., mais vous êtes à Jé-
sus-Christ, et Jésus-Christ est à Dieu : Dieu
a donné gratuitement aux hommes toutes les
choses de la terre pour en user à sa gloire;
mais Jésus-Christ nous a acquis à lui i^ar lo
prix de son sang, par lequel il nous a rache-
tés de la damnation éternelle, c. 1. 12. Ego
autem Christi : Et moi je suis à Jésus-Christ.
Saint Paul marque, v. 13, le peu de fonde-
ment qu'avaient les Corinthiens de cette di-
vision entre eux; cette phrase s'eolend au
même sens que Rom. 14. 8.
691
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
092
k" Elre membre vivant de Jésus-Christ,
être animé de son Esprit. Rom. 8. 9. Si qnis
antem Spiritum Christi non habel, hic non est
ejus : Qae si quelqu'un n'a point l'Esprit de
Jésus-Christ, il n'appartient point à Jésus-
Christ, i. e. il n'est point un de ses membres
vivants. Voyez v. 10. Ainsi, 1. Cor. 15. 23.
Gai. 3. 29, c. 5. 24.
Esse sine Çhristo, être sans Jésus-Christ,
signifie d uis l'Ecriture :
1" Etre sans la connaissance et la foi de
.lésus-Christ. Ephes. 2. 12. Eratis illo in tem-
pore sine Christo : Dans le temps que vous
élioz gentils vous étiez sans la connaissance
de Jésus-Christ.
2° Etre séparé de Jésus-Christ, ne lui être
point uni par la foi, n'être point uni avec lui.
Joan. 15. 5. Sine me nihil potestis facere :
Vous ne pouvez rien faire sans moi, i. e.
vous ne pouvi'Z ni commencer, ni continuer,
ni achever aucune œuvre sainte pour le salut
éternel, sans m'êlre uni. Rom. li. 23.
Esse cum Christo, être avec Jésus-Christ,
être heureux, voir Dieu et jouir de la vie
bienheureuse dans le ciel avec Jésus-Christ.
Philipp. 1. 23. Desiderium habens dissolvi et
esse cum Christo : Je désire de mourir et d'ê-
tre nvec Jésus-Christ. Voy. 2. Cor. 5. 8. Luc.
23. 43. Coloss. 3. 3. Joan. 14. 3. c. 17. 24. 1.
Thess. 4. 17.
Esse in Christo, être en Jésus Christ, s'en-
tend :
1° Du Verbe éternel uni hypostatiquement
avec l'huinaniîé sainte de Jésus-Christ. 2.
Cor. 5. 19. Deus erat in Christo, mundnm re-
concilians sibi : Dieu était en Jésus-Christ,
se réconciliant le monde.
2" Du chrétien uni avec Jésns-Christ par
la grâce du baptême, et signifie être chré-
tien , faire profession de la foi de Jésus-
Christ. Rom. 16. 5. Salutate Epœnœtum...,
gui est primilivus Asiœ in Christo : S;iluez
Epénète, qui a été les prémices de l'Asie et
de l'Achaïe, ayant cru le premier en Jésus-
Christ, v. 7. 11. Ainsi, Gai. 1. 22. Philipp. 4.
21. Coloss. 1. 2. 1. Thess. 2. 14. et s'entend
quelquefois du chrétien qui a une foi vivo et
animée de la charité et dos bonnes œuvres.
Rom. 8. 1. Nihil... damnalionis est iis qui
sunt in Christo Jesu, qui non secundum car-
nem ambulant : Il n'y a plus de condamna-
tion pour ceux qui sont en Jésus-Christ et
qui ne marchent point selon la chair, 2. Cor.
5. 17. 1. Pelr. 5. 14. 1. Joan. 2. 5. c. 5. 20.
Voy. Joan. 15. 2. De là vient homo in Christo :
Vw chrétien. 2. Cor. 12. 2. Scio hominem in
Christo : Je connais un homme en Jésus-
Christ qui fut ravi... jusqu'au troisième ciel.
Saint Paul parle de lui-même.
Jn Christo signifie on général l'état heu-
reux par lequel nous sommes en Jésus-Christ,
et lui en nous.
1° Par Jésus-Christ, par la grâce et les mé-
rites de Jésus-Christ. 1. Cor. 15. 22. InChri-
$lo omnes vivificabuntur : Comme tous meu-
rent en Adam par le péché, tous vivront aussi
en Jésus-Christ par sa grâce et ses mérites.
2. Cor. 2 14. Philip. 4.7. 13. 1. Thess. 5. 18.
2° Par Jésus-Christ; espèce de serment,
comme qui dirait : Jésus-Christ m'est témoin ;
pour confirmer et'assurer dans la nécessité
quoique chose de conséquence que l'on dit.
Rom. 9. 1. Veritatem dico in Christo, non
menlior : Je dis la vérité en Jésus-Christ, je
ne mens point; ou en Jésus-Christ, i. e. d'un
mouvement qui n'est point charnel, mais qui
procède de l'esprit de Jésus-Christ, ou com-
me doit parler un homme qui est en Jésus-
Christ, i. e. qui est membre de son corps.
3° A cause, en vue des mérites de Jésus-
Christ. Ephes. 1. 3. Benedixit nos in omni
benedictione spirituali in cœleslibus in Chri^
sto : Réni soit Dieu, le Père de Notre-Seignenr
Jésus-Christ, qui nous a comblés en Jésus-
Christ de toutes sortes de bér.édictions spi-
tuelles pour le ciel. Gai. 3. 14. 2. Tim. 1. 9.
4° Par la laveur, par le bienfait de Jésus-
Christ. Gai. 2. 4. Subintroierunt explorare
liberiatem noslram quam habemus in Christo
Jesu : De faux frères s'étaient glissés secrè-
tement parmi nous pour observer la liberté
que nous avons en Jésus-Christ.
5° Dans le christianisme. Rom. 12. 5. Multi
wnwm corpus sumus in Christo : Nous ne som-
mes tous qu'un soûl corps en Jésus-Christ.
1. Cor. 3. 1. c. 4. V. 10. 15. Gai. 5. 6. Philip.
2. 12. Tim. 3. 12.
6° Dans la foi de Jésus-Christ. 1. Cor. 15.
18. Ergo gui dormierunt in Christo perie-^
runt : Si Jésus-Christ n'est point ressuscité,
votre foi est vaine et vous êtes encore dans
vos péchés : d'où il s'ensuit que ceux qui
sont morts en Jésus-Christ sont perdus. 1.
Thess. 4. 15.
7" Dans l'avancement de l'Evangile. Rom.
16. 3. Salutate Priscam et Aquilam, adjutores
meos in Christo Jesu : Saluez de ma part
Prisque et Aquilas, son mari, qui ont tra-
vaillé avec moi pour le service de Jésus -
Christ. V. 9. 1. Cor. 4. v. 10. 17.
8° Pour le nom et pour la gloire de Jésus-
Christ. Philipp. 1. 13. Ita ut vincula mea
manifesta fièrent in Christo : Mes liens ont
été connus pour la gloire de Jésus-Christ.
9° Selon l'instruction de Jésus-Christ. 1.
Thoss. 5. 18. Hœc est enim voluntas Dei in
Christo Jesu, in omnibus vobis : Dieu vous
ordonne à tous en Jésus-Christ de rendre
grâces à Dieu en toutes choses.
10" Par la prédication de l'Evangile. 1. Cor.
4. 10.
CHRYSOLITHUS, i, de x/>yffôf , aurum, et
de ).tOos, lapis.
Chrysolite, pierre précieuse de couleur
d'or mêlé de vert , avec un feu agréable.
Exod. 28. 20. c. 39. 13. Apoc. 21. 20.
CHllYSOPRASUS. i, de xpu^ô?, aurum, et
de nfjxaov, porrus, et est une espèce de béryl.
Chrvsoprase , pierre précieuse. Apocal.
21. 20.
CHUR, Hob. Exstinguens, l'Arabie. Ezech.
30. 5. Chub et filii terrœ fœderis cum eis gla-^
dio cadenl : Les Arabes et les peuples alliés
dos Egyptiens périront avec eux : Ptoloméa
met les Chubions dans la Maréotide.
CHUN, Hob. Prœparalio. Ville de l'obéis-
sance d'Adarozer, roi de Soba. 1. Par. 18. 8,
^'oyi z REROTn.
693
CIB
CIB
694
CHUS, Heb. Niger. Fils de Cham el père
de Nemrod. Gen. 10. 8. 1. Par. 1. v. 8. 9. 10.
On croit qu'il a habile l'Eihiopie, que l'on
appelle de son nom; l'Eihiopie orientale, i.
e l'Arabie, est aussi appelée Chus. V. Boch.
1. 3. c. 2. Il était Irère de Mesraïm, de Phul
Cl de Ch;inaam; il est reconnu pour le père
des Aiabes el des Ethiopiens ou Africains.
CHUSA, Heb. Videns. Inlvndani de la mai-
son d'Hérode. Luc 8. 3. Joanna xixor Chusœ
procurtitoris Herodis,
CHUSAI , Heb. Festinans. Sage conseiller
de David, lequel renversa les desseins d'A-
chilophet. 2. Reg. 15. v.32. 37. Ecce occurrit
Chuaai Arachiies : Chu^oï de la ville d'Arach
vint au-devant de lui. c. 16. 16. etc.
CHUSAN , Heb. Mthiops. Roi de Syrie et
de Mésopotamie, sous la domination duquel
les Israélites ont été assujettis, et dont ils
ont été délivrés par Othoniel, Judic. 3. v,
8. 10.
CHUSI , xovTÎ, Heb. Mlhiops.—Y° Un Ethio-
pien , olficier de David. 2. Reg. 18. 21, Ait
Joab Chusi, vude. v. 22. 23. 31. 32. Il porta
à David la nouvelle de la mort d'Absalon,
2" Le bisaïeul de Juda, Jer. 36. 14. Mise-
runt ad Jiaruch, Judi filium Nathaniœ, filii
Selemiœ. filii Cliusi : Tous les grands eiivojè-
rent à fiaruch Judi, fils de Naihanias, fils de
Sélémias, fils de Chusi.
3° Père du prophète Sophonie. Soph. 1. 1.
4" Le roi Saùl est désigné par ce nom ,
qui signifie £'//tio/)ien, à cause de sa méchan-
celé et de la perfidie qu'il exerçait contre
David. Ps. 7. 1. Psahnus David quem cantavit
Domino pro verbis Chiisi filii Jemini : Psaume
que David composa sur le sujet dà Saiil , de
la tribu de Benjamin, ou pelil-fils do Jemini.
CHYTRAPUS, GHYTRAPODIS, de x<>^pcK
lehes, alla, et de -oOç, pes.
Marmite , pot de ler ou de fonte. Lévit. 11.
35. Sive clibani , sive chytrapodes, destruen-
lur, et immundi erunt.
CIBAKE , i//w|:/tǣiv, de cibus,
1° Nourrir quelqu'un , le rassasier comme
une personne qui nous est chère. Deut. 8.
16. Cibavit te manna in sotitudine : Le Sei-
gneur vous a nourri, dans celle solitude, de
Ja m;inne inconnue à vos pèr<'S. Voy. Exod.
16. 15 Ainsi, Ps. 80. 16. Cibavit eos ex adipe
frumenli : Le Seigneur les a nourris de la
plus pure farine; Ilcbr. les eût nourris,
avec rapport au v. 12. Voy. Deut. 32. 14.
CiOure absinlhio , cinere, pane lacrymarum.
Nourrir d'absinthe, de cendre, etc., signifie :
Affliger, faire souffrir, réduire à une extrême
nécessilé et misère. Ps. 79. 6. Quo usquc...
cibahis nos pane lacrymarum? iyisi\u' à quand
nous nourrirez-vous d'un pain de larmes?
Celle façon de parler marque les soulTrances
continuelles el fréquentes où élail le peuple
au temp^ que parle ici David, comme l'usage
du pain est journalier. Jerem. 9. 15. c. 23. 15.
licce e(j() cibabo eos absinlhio : Je nourrirai
les prophètes de Jérusali n» d'absinthe. Celte
herbe est amère : ce qui marque les plaies
amères dont Dieu les devait punir, à cause
de leurs i)rnphèli s trompeuses. Voy, 3. Reg.
22. V. n. 12. 24. 25. Thren. 3. 16. Cibavit me
cinere : Le Seigneur m'a nourri de cendres.
Hebr. Operuit me pulvere. Voy. Cmis.
Cibare aliquem carnibus filiornm suorum ,
et carnibus filiarum siiarum. Réduire à un
tel point de nécessité et de misère, que de
manger ses propres enfants (e'Sec-eat, edcre).
Jerem. 19. 9. Cibabo eos ex carnibus filiorum
suorum , et carnibus filiarum suarum : Je
nourrirai les habitants de Jérusalem de la
chair de leurs fils, et de la chair de leurs
filles. Voyez-en 1 accomplissement 4. Reg.
6. 29.
Cibare aliquem populum carnibus ipsius.
Faire manger à un peuple sa propre chair ;
^. e. faire en sorte qu'ils se déchirent , se
tuent, et se consument les uns les autres.
Isa. 49. 26. Cibabo liostes tuos cai'nibus suis :
Je ferai manger à vos ennemis leur propre
chair. Voy. 4. Reg. 19. 37. Ce qui a quelque
rapport à Judic. 7. 22.
2° Donner à manger à quelqu'un , avoir
soin de lui, lui faire du bien. Rom. 12. 20.
Si esurierit inimicus tuus, ciba illum : Si votre
ennemi a faim, donnez-lui à manger : ce qui
est tiré des Prov. 25. 21. De là vient:
Cibare aliquem hœreditate. Donner quelque
héritage à quelqu'un pour se nourrir. Isa.
58. 14. Cibabo te hœreditate Jacob palris fui :
Je vous donnerai pour vous nourrir l'héri-
tage de Jacob voire père. Dieu promet aux
Israélites de leur faire habiter la terre pro-
mise, où ils auraient pleinement de quoi se
nourrir, s'ils observent ses commandements.
§ 1. — Faire manger, faire avaler, se dit
de la parole de Dieu, lorsque Dieu donne à
quelqu'un le zèle et l'ardeur pour la recevoir
et pour s'en nourrir, et la lui fait prendre à
cœur. Ezech. 3. 2. Cibavit me volumine illo :
Le Seigneur me fit manger ce livre. Voy. v.
3. 10. Jerem. 15. 16. Ainsi, voyez une" pa-
reille expression Apoc. 10. 9.
§ 2. — Nourrir, se dit de l'intelligence de
la sagesse et de la parole de Dieu, qui esl la
vraie nourriture de l'âme. Eccli. 15. 3. Ci6a-
vit illum pane vitœ el intellectus : Dieu l'a
nourri du pain dévie et d'intelligence. Voy.
Joan. 6. 35.
CIBARIA, ènKTiricriiàç, de cibus.
Aliments, vivres pour une ville, un peu-
ple, une armée. Ps. 77. 25. Cibaria misil eis
in abundantia : Dieu envoya en abondance
aux Israélites de quoi se nourrir; se la
manne répandue dedans et autour du camp
des Israélites , en une telle quantilé que
beaucoup d'autres personnes en eussent été
rassasiées. Eccli. 33, 25. Cibaria et virga, et
onus asino : Le fourrage , le bâlon et la
charge est pour l'âne {x^opTxrruv.).
CIBSAIM, Heb. Conyregationes. Ville de la
tribu d'Ephraïuj, donnée aux Lévites. Jos.
21. 22. Voy. Jecmaan.
CIBUS, \. rf>ofn, du grcCxiÇo,-, ou xtÇwTtov,
parce que les Grecs appellent ainsi un sac à
resserrer le pain , ou de l'hébreu saba ,
cibare.
1 Viande , nourriture que l'on prend , ce
(juc l'on mange. Prov. 6. 8. Parât in œslale
cihum : La fourmi fait sa provision di rant
Iclé. c. 23. v. 3. 6. 3. Reg. 10 5. c. U. 18.
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
Ps. 5i. 15. Act. 14. 16. De là viennent ces
phrases :
Cibum sumere, capere cumaliguo (iruvso-eîetv).
Manger avec quelqu'un, signifie, ou passer
toute sa vie avec lui dans une union étroite.
Ps. 5i. 15. Mecum dulces capiebas cibos :
{sdtafix) : Vous qui trouviez tant de douceur
a vous nourrir des mêmes viandes que moi.
David parle du traître Achitophel , chef de
son conseil, qui le quitta pour passer du
côté d'Absalon ; ou signifie avoir quelque
liaison avec quelqu'un, telle que de manger
avec lui. 1. Cor. 11. Scripsi vobis non com-
misceri si is qui frater nominaliir est fornica-
tor, avarus, etc., ciim ejusmodi nec cibum
sumere : Le saint Apôtre défend de ne man-
ger pas même avec un chrétien qui est ou
fornicateur, ou qui a quelque autre vice
semblable, bien loin d'avoir commerce avec
lui.
Cibos evomere. Rejeter les viandes que l'on
a mangées, signifie : Souhaiter n'avoir point
mangé de viandes, être fâché et mécontent
d'avoir pris son repas {-^oiaôç, buccella). Prov.
23. 8. Cibos quos comederas, evomes : Si vous
mangez avec un homme envieux, vous rejet-
terez les viandes que vous aviez mangées; i.
e. vous serez fâché d'av^oir mangé chez lui à
cause de ses manières indignes. Voy. Evo-
mere.
2° Le blé , les fruits qui croissent dans la
campagne {ppôiai;). Habac. 3. 17. Arva non
afférent cibum : Les campagnes ne porteront
point de grain. Prov. 13. 23. Ainsi, Num. 15.
19. Separabitis primitias Domino de cibis
vestris : Vous mettrez à part les prémices du
blé que vous mangez pour les offrir au Sei-
gneur. De là vient:
3° Les dîmes et les prémices qui étaient
offertes à Dieu, dont une partie servait pour
la nourriture et l'entretien de ses ministres.
Malach. 3. 10. Inferte omnem decimam in
horreum, et sit cibus in domo mea {Br/.pKv.yri) :
Apportez toutes mes dîmes dans mes gre-
niers, et qu'il y ait dans ma maison de quoi
nourrir mes ministres. Dieu promet en ce
même verset toute sortes de bénédictions en
échange. 2. Esdr. 10. 37. Primitias ciborum
nostrorum... afferemus (o-rro,-) : Nous appor-
terons les prémices de nos aliments, Hebr.
massarum , de la farine pétrie pour être mise
au four.
4° Les douceurs de la vie (/S/jw/^a). Habac.
1. 16. In ipsis incrassata est pars ejus, et cibus
eleclus : Parce que les rets et les filets de
l'ennemi lui auront servi à accroître son
empire, et à se préparer une viande choisie
et délicieuse. Le prophète parle des Chal-
déens, qui s'étaient procuré plus de douceurs
de la vie, et avaient enrichi et augmenté
leur empire par la victoire qu'ils avaient eue
sur les Juifs , et l'attribuaient à leur pru-
dence.
§ 1. — Nourriture de l'âme, telle est la
parole de Dieu , ou incarnée , le corps de
Jésus-Christ, l'Eucharistie. Caro mea vere
^st cibus : ou prôchée et enseignée ; Ilebr.
«>. IV. Perfectorum autcm est solidus cibus :
La nourriture solide est pour les parfaits :
696
cette nourriture solide est la connaissance
des plus grands mystères, v. 12. Mais Joan. 6.
27. s'entend de la parole de Dieu considérée
sous ces deux égards , et en tant qu'elle est
opposée à panis, dont il est parlé, v. 26.
§ 2. — Le contentement , le plaisir de
l'esprit, ce qui le contente, ce qu'on fait le
plus volontiers {^pûtitA). Joan. k. 34. Meus
cibus est , ut faciam voluntatem ejus qui misit
me : Ma nourriture est de faire la volonté de
celui qui m'a envoyé, dit Jésus -Christ ,
V. 32.
CICATRIX, icis, oùW, de cœcare, Couvrir, ^
cacher, parce que la cicatrice couvre la plaie; f(l
ou de l'hébreu sacac, tegere^ obducere. ™
1° Cicatrice , la marque qui reste d'une
plaie, après qu'elle est guérie. Chez les Juifs,
certaines circonstances que le prêtre remar-
quait à la cicatrice d'un ulcère qui avait été
guéri, lui faisait juger si c'était la lèpre ou
non. Lévit. 13. 19. Voy. v. 18. Ainsi v. 21.
23. 25. 28. c. U. 56.
2° Rlessure , plaie , ulcère. Lévit. 22. 22.
Si cicatricem habens... non offeretis ea Do-
mino : Si c'est une bête qui ait une blessure,
vous n'offrirez point de bêle de cette sorte
au Seigneur : c'est le terme de l'Hébreu ;
lettre, une cicatrice. Ps. 37. 6. Putruerunt et
corruptœ sunt cicatrices meœ (^w>w^|/) : Mes
plaies ont été remplies de corruption et de
pourriture. David put bien être affligé de
quelque vilain ulcère, en punition de son
péché d'homicide et d'adultère , quoique,
communément et selon la suite du verset , il
s'entende des plaies que le péché avait faites
en lui; de ce mot vient cette phrase :
Cicatrix parietum. Fente, brèche de mu-
raille ( //«-/.of , longitudo ). 2. Par. 24. 13.
Obducebatur parietum cicatrix : Les ouvriers
réparèrent toutes les fentes et les ouvertures
des murs de Jérusalem au temps de Joas. 2.
Esdr. 4. 7. Gr. ^và, Germen.
3° Les malheurs et les afflictions {ïxaiç ,
sanilas], Jcrem. 8.22. Quare igitur non est
ohducla cicatrix filiœ populi mei ? Pourquoi
donc la blessure de la fille de mon peuple
n'a-t-elle point été fermée? Dieu demande
s'il n'y avait point de remèdes spirituels
pour corriger les fautes du peuple, ce qui lui
eût procuré la délivrance de tous les maux
dont il était accablé par les Babyloniens,
c. 33. 6. Obducam eis cicatricem ( o-uvoy/wo-ts- ,
cicalricum obductio) : Je refermerai leurs
plaies ; se. des Juifs, dont la plaie univer-
selle était la dure captivité où ils étaient, et
dont Dieu leur promet de les délivrer. Voy.
V. 7. Ainsi c. 30. 17. La métaphore est tirée
des blessures qui se referment.
CICER, Euis. De /i/u?, robur, à cause de la
force qu'il a de brûler la terre, par la li-
queur salée qu'il renferme, c'est pourquoi il
ne se sème point qu'il n'ait été mis à Irem-
perdujourprécédent, etsignifie, proprement,
pois chiche; dans l'Ecriture :
Pois, en général («X^^trov, polenta). 2. Reg.
17. 28. Obtulerunt ei stratoria... et frixumci-
cer : David étant venu au camp, ils lui offri-
rent des tapis... et des pois fricassés ; il avait
passé le Jourdain pour fuir Absalon ; le
69"
CIL
CIN
698
mol hébreu est le même que polenta, ce
que l'on explique d'une farine faite de lé-
gumes.
CICONIA, JE. nélapyo?. Ce mot semble venir
de cicar, à cause du naturel privé et domes-
tique de cet oiseau.
Cigogne, oiseau. Jerem. 8. 7. Uirundo et
ciconia eus lodier tint tempus adventus sui...
L'Iiirondelie et la cigogne savent discerner
la saison de leur passage ; se. par la dispo-
sition et le changement de l'air ; car Dieu a
donné aux animaux l'instinct de le connaî-
tre, lequel ils suivent; et Dieu se plaint
que le peuple n'ait point de même suivi sa
loi,
CIDARIS, is, ouCITARIS, ô y.iSc^ptç.de l'Hé-
breu catar , ceindre , couronner ; et si-
gnifie :
1° Tiare , diadème, ornement de tête des
anciens rois de Perse. Ezech. 21. 26. Aufer
cidarim : Otez-lui le diadème; Dieu parle du
roi Sédécias, parce qu'il s'était retiré de l'o-
béissance du roi de Babylone. Voy. h. Reg.
2i. 20. Voy. l'accomplissement de celle pro-
phétie, c. 25. V. 6. 7.
2" Tiare, mitre du grand-prêtre chez les
Juifs, sur laquelle était gravé sur une lame
d'or pur le nom sacré de Jéhova. Exod. 28.
4. Levit. 8. 9. Mais c. 16. i. elle est appelée
Cidaris linea : Habillement de lin que le
grand- prêtre devait mellre sur sa tête lors-
qu'il entrait dans le sanctuaire au dedans
du voile: Cidarim litieam imponet capiti :
Aaron mettra sur sa tête l'habillement de
lin; Hebr. S'entortillera de la tiare de lin.
Le mot hébreu exprime la façon de la tiare
faite en forme de turban qui a divers dou-
bles de toile entortillés l'un dans l'autre.
Ainsi, Zach. 3. 5. Ponite cidarim 7nundam
super caput ejus : Mettez sur la lêle de Jésus
une tiare éclatante ; ce qui Ggurait que Dieu
l'établissait et le confirmait dans la charge
du grand-prêtre, après l'avoir purifié de ses
péchés, et l'avoir comme couronné des grâ-
ces du Saint-Esprit, nécessaires pour s'en
acquitter.
(JILICIA, Gr. Revoluta, Cilicie, province de
l'Asie Mineure appelée la Cnromanie. Judith.
1. 7. Misil ad omnes qui hahitahant in Cilieia.
c. 2. v. 12. 15, etc. Quelques-uns croient que
cet endroit de Judith s'entend de quelque
ville ou pays sur le Tigre, où commença ce
voyage. Acl. 22. .3. Eyo sum vir Judœus', na-
<Ms in Tarso Ciliciœ : Je suis Juif, né à Tarse
en Cilicie. Voy. Tarsus.
CILICIUM, II, y.àiy.iryj. Cc uoiii, auquel est
sous-entendu tcxtum^ vient de Cilieia, parce
que c'était la coutume de faire parliculièro-
menl en ce pays-là des cilices, tissus do poils
de divers animaux, et parliculièreinent de
boucs et de chèvres, pour l'usage du camp et
des matelots. C'étaient, cheX les Orienlaux,
des vêtements contre la pluie. Dans l'Ecri-
ture :
CILICIUM, c-«/zo;, Heb. sali, ciliée, ou sac
fait de poil piquant, était une marque d'af-
fliction et de deuil. Gen. 37. 3ï. Scissis vesli-
mentis, indulus pst cilieia : Jacob voyant la
robe sanglante de Joseph, qu'il crut avoir
été dévoré de quelque bête cruelle, déchira
ses vêtements et se couvrit d'un cilice, pleu-
rant son fils fort longtemps. Ps. 68. 12. Et
l'on se couvrait aussi souvent la tête de cen-
dres. Matth. 11. 21. Luc. 10. 13. Si in Tyro
et Sidone factœ fuissent virtutes quœ factœ
sunt in vobis, olim in cilicio et cinere seden-
tes pœniterent : Si les miracles qui ont été
faits en vous avaient été faits dans Tyr et
dans Sidon, il y a longtemps qu'elles au-
raient fait pénitence dans le sac et dans la
cendre : Jésus-Christ parle aux villes de Co-
rozaïn et de Bethsaïde. Levit. 11. 32. Thren.
2. 10. Isa. 3. 2i. Jerem. i8. 37. De là vient :
CILICINUS, A, UM, rpixfjo;, adjectif inusité
chez les Latins, et signifie, dans l'Ecriture,
qui est de poil de chèvre ou de poil en géné-
ral. Exod. 20. 7. Faeies et saga eilicina unde-
cim : Vous ferez encore onze autres couver-
tures de poil de chèvre, pour couvrir le haut
du tabernacle. Apoc. 6. 12. Sol faetus est ni-
(jer tanquam saccus cilicinus : Le soleil de-
vint noir comme un sac de poil. L'Ecriture
parle des signes qui précéderont le dernier
jugement.
CIN , Heb. Possessio , père des Cinéens.
Num. 2i. 22. Si fueris electus de stirpe Cin :
Quoique vous ayez été choisis de la race de
Cin. Balaam parle aux Cinéens, qui descen-
daient de Jelhro et qui s'étaient établis, sous
la conduite de Jobab, son fils, parmi les Is-
raélites, en partie dans la tribu de Juda et en
partie dans celle de Nephlhali, et leur pré-
dit que les Assyriens les emmèneraient un
jour.
CINA, Heb. Idetn, ville de la tribu de Juda.
Jos. 15. 2i.
CINiEUS, I, Heb. Possessio. — i° Peuples
qui habitaient dans le désert d'Arabie, près
des Amalécites. Les Cinéens étaient un des
dix peuples que Dieu devait exterminer en
faveur des Israélites. Gen. 15. 19. Semini tuo
dabo... Cinœos , Cenezœos , Cedmonœos. Il
semble qu'ils ont été exterminés avant le
temps de Josué.
2° Les descendants de Jelhro, beau-père de
Mo'ïse, qui avait tiré son origine de ce peu-
ple : et c'est de là qu'il a été appelé C'mc'm,
et ses descendants Cinéens, qui, s'élant éta-
blis en partie dans la tribu de Juda et en
partie dans la tribu de Nephlhali, furent de-
puis transférés, les uns par Salmanazar, et
les autres par les Chaldéens. Num. 2V. 21.
Vidit quoque Cinœwn , Judic. 1. 16. c. 4-. v.
11. 17. c. 5. 2V. 1. Rcg. 15. 6. 1. Par. 2. 55.
Les Cinéens ont toujours été très-célèbres
parmi le peuple de Dieu, depuis que Moïse
eut engagé Hobab, fils de son beau-père
Jelhro, desrendu do ces Cinéens, à suivre le
peuple d'Israël : car ce peuple était un de
ceux que Dieu avait livrés aux Israélites, et
leur pays faisait partie de la terre que Dieu
avait donnée en héritage à la poslérilé d'A-
braham. Mais l'alliance qu'eut Moisc avec la
famille de Jelhro fil éviter à celte famille le
malheur de toute la nation. Ainsi elle s'éta-
blit d'abord dans le territoire de Jéricho; et
ensuite, s'étanl venue établir dans le désert
de la tribu de Juda, elle y dcvinl célèbre par
699
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
700
l'austérité de vie et l'exactitude de la disci-
pline dont firent profession ceux qu'on nom-
ma Réchahiles, et qui étaient de leurs des-
cendants.
CINCINNUS. 1, |3o(7Tpx^> » ^^ %^^^ xty.tvvo»-.
TDuffe de ohi veii\ Ir^ s>és, tresses de che-
veux. Ezech. 8. 3. Similitudo m::nus oppre-
hendit me in cincinno cnpitis mei : Je vis
comme une main qiii me vinl prendre par les
cheveux. C'est de la vision dont le prophète
parle au verset précédent. Judith. 16. 10.
CoUigavit cincinnos suos mitra : Judith a
ajusté ses cheveux et les a couverts d'un or-
nement superbe. Ainsi, Canl. 5. 2. Aperi
mihi... quia caput meum plénum est rore, et
cincinni mei giittis noctimn : Jésus-Christ
demande à l'Epouse de lui ouvrir la port" de
son cœur, parce qu'il a beaucoup souffert
pour la racheter et la purifler de ses péchés.
Ceci est tiré de la peine qu'ont ceux qui
souffrent dêtre mouillés de la rosée de la
nuit.
CINGTORIUM, II, de cingere; dans l'Ecri-
ture :
Ceinture, baudrier. Isa. 11. 5. Eiit et fides
cinctorium renum ejus : La foi sera le bau-
drier dor.i il sera toujours ceint. C'est-à-dire,
la vérité et la fidélité se trouveront toujours
dans les promesses du Messie, et en seront
inséparables; autrement, la foi sera le bau-
drier et l'épée dont il est toujours ceint pour
repousser les attaques des ennemis.
CINGERE. Ce mot, qui est comme qui di-
rait zongere, vient du verbe grec Çwwv.^v,
qui a la même signification.
1° Ceindre d'une ceinture. Exod. 29. 8.
Cingesque halleo : Vous ceindrez Aaron et
ses enfants de leurs ceintures. Levit. 8. 13. 3.
Reg. 7. 23. Eccli. io. 10. Ainsi Joan. 21. 18.
Cum esses junior, cingebas te . Lorsque vous
étiez plus jeune, vous vous ceigniez vous-
même. Les anciens ceignaient leurs robes
par-dessus les reins, à cause de la longueur
de leurs habits, lorsqu'ils se préparaient à
marcher ou à agir (Voy. 4. Reg. 9. 1. Luc.
17. 8. Joan. 13. 4). Alius te cinget : Mais lors-
que vous serez vieux... un autre vous cein-
dra. Jésus-Christ parle du bourreau qui de-
vait lier saint Pierre pour le mener au sup-
plice.
2° Environner, investir (nupeiiSiàlsi-^). 1.
Reg. 23. 26. In modum coronœ cingebant
David: Saùl et ses gens environnaient Da-
vid et ceux qui étaient avec lui, en forme de
couronne, pour le prendre.
3" Clore de murailles ( 'f|0«7pt%- , sepes).
Num. 22. 24. Stetit angélus in angusliis dua-
rum maceriarum quibus vineœ cingebantur :
L'ange se tint dans un lieu fort étroit, entre
deux murailles de deux clos de vignes. Ce
fut dans le chemin par où passait Balaam
avec son âne.
§ 1 . — investir, envelopper de toutes parts,
«M parlant des maux inévitables. Job. 19. 6.
Saltem nunc inlel iyile quia Deus non œquo
iudicio... flngellis suis me cinxerit : Compre-
nez au moins maii.tenant que ce n'est point
P ir un jugement proportionné à mes fuites
que Dieu... m'a frappé de ses plaies; JL'br.
en me tendant un filet pour m'y faire tom-
ber. La métaphore est tirée du filet dont se
trouvent enveloppées les bêles que l'on
prend ; Gr. , o;^v/iwtxa û^w^sv , munitionem
erexit.
§ 2. —Couvrir, vêtir. Ezech. 16. 10. Cinxi
te bysso : Je vous ai ornée du lin le plus
be;iu. Dieu remontre à Jérus.ilem tous les
bienfaits dont il l'a comblée. Voy. v. 2.
CINGULUM, I, Çwv>3, de cingere.
1° Ceinture ( Trs/siÇwaa ). Les anciens, qui
portaient de longues robes, usaient de cein-
tures. Prov. 31. 24. Cingulum tradidit China-
nœo : Elle a donné une ceinture au Ghana-
néen; Hebr., au marchaïui chnnanéen. L'E-
criture décrit la conduite d'une femme lorle.
Les gens de guerre en usaient aussi. Isa. 5.
27. Neque solvetur cingulum renum ejus : Ce
p 'Uple éli)igné ne quittera jamais le bau-
drier dont il est ceint. Le prophète parle du
roi de Bahylone, qui marcherait a\ec ses
troupes contre Jérusalem.
2^ La ceinture était ou un ornement des
prêtres, dans l'ancienne loi, Exod. 39. 28.
Levit. 8. 8, ou de quelque autre dignité. Isa.
22. 21. Cingulo tuo confortabo cum : J'hono-
rerai Eliacim, fils d'Helcias, de votre cein-
ture; Gr.,(ie voire couronne. Le piophète
prédit à Sobna, préfet de la maison du roi ou
du temple, v. 15, qu'il serait dépouillé de
cette charge. On voit l'accomplissement de
celte prophétie 4. Reg. 18. 18.
§ 1. — Les vertus sont appelées du mol de
ceinture, pour marquer qu'elles font l'orne-
ment et la force d;!ns quelqu'un. Isa. 11. 5.
Et erit justitia cingulum lumborum ejus : La
justice sera le baudrier de ses reins. C'est du
Messie dont parle le prophè e.
§ 2. — «Tout ce qui entoure et environne :
tel était le bras de m"r qui environnait la
ville de Tyr. Isa. 23. 10. Non est cingulum
ultra tibi : Toute votre enceinte a été dé-
truite; i. e. La mer ne vous servira plus
comme de ceinture; elle n'environnera plus
votre ville; votre ville tiendra au continent.
Ce qui se peut entendre aussi des murailles
mêmes. Gr. Il ne vous viendra plus de vais-
seaux de Carlhage.
CINIPHES ou CYNIPHES. Gr. xvîf,de l'in-
finitif xvtÇstv, qui est de même signification
que ivEi-j, radere.
Moucherons qui ont un aiguillon fort pi-
quant. Ps. 104. 31. Venit cœnomyia etcinifes :
Dieu parla, et on vit venir toules sortes do
mouches et de moucherons dans tout le pays.
C'est la troisième plaie dont Dieu affligea les
Egyptiens. Voy. Exod. 8. 17. Le mol hébreu
signifie pediculi. Voy. Scimphes.
CINIS, ERIS, o-TToSô,-, du grec y.o-Ji;.
1° Cendre [ri^poc]. 2. Petr. 2. 6. Civitates
Sodomorum et Gomorrhœorum in cinerem re-
digens:ï>\cu a ré;!uit en cendres les villes de
Sodome et de Gomorrhe. Hebr. i). 13. Cinis
vitulœ : La cendre d'une génisse. 2. Mach.
13. 8. Cujus ignis et cinis erat sanctus : Le feu
et la cendre de l'autel de Dieu étaient (l< s
choses saintes. Ps. IM. 10. Nebulam sicul ci'
nerem spargil : Dieu répani la g!-lée blanche
comme do !a cendre. Souvent les mois.<5ons cl
701 CIN
les fleurs des arbres souffrent autant de cer-
taines gelées à contre-temps , ou certains
brouillards, que si c'eût été la cendre chaude
nui fût tombée dessus. Jer. 31. 40 Super val-
(em cadaveriim et cineris. Voy. Cadaver. La
vallée des cendres éiail un lieu où l'on por-
tail les cendres des sacrifices.
2* Chaux, pit'rre ou marne, qu'on brûle et
qu'on fait cuire dans un f ur (zovia). Isa.
27. 9. Et iste omnis fructus, ut auferatur pec-
catiim ejus, cum posuerit omnes lapides alla-
ris, sicut lapides cineris allisos : Le fruit de
tous ses maux sera l'expiation de son péché,
lorsque Isniëi aura brisé toutes les pierres
de l'aulel de ses idoles comme des pierres de
chaux. La chaux qu'on laisse à i'air sans
l'éteindre se réduit en poudre irés-menue.
Isa. 33. 12. Et erunt populi quasi de incendio
cinis : Les peuples seront semblables à des
cendres qui restent après un embrasement;
gr. -/.E/.a juîva. Heb. Exusti sicut calx : comme
des fourneaux de chaux.
§ 1. — Chose abjecte et méprisable. Gen.
18. 27. Loquar ad Dominum cum simpulvis et
cinis : Je parlerai encore à mon Seigneur,
quoique je ne sois que poudre et que cen-
dre, dit Abraham à Dieu. Eccli. 10. 9. c. 17.
31. c. iO. 3. Job. 13. 12. c. 30. 19. Malach. 4.
5. c. 10. 3. Ainsi Ezech. 28. 18. Dabo te in
cinerem : Je vous réduirai en cendres; i. e.
Je vous rendrai méprisable comme la cen-
dre; ou ceci se peut entendre comme faisant
allusion à ceux qu'on brûle vifs; t. e. Je
vous ferai souffrir des tourments horribles.
L'Ecriture parle du roi de Tyr. De là vient
celte phrase :
Cinerem esse sub planta pedum alicujus.
Etre assujetti à quelqu'un d'une manière
honteuse. Malach. 4. 3. Calcabitis impios,
cum fuerint cinis sub planta pedum vestro-
rum : Vous foulerez aux pieds les impies ,
lorsqu'ils seront devenus comme de la cen-
dre sous la plante de vos pieds. G^ qui se
peut entendre des impies, qui, au jugement
dernier, seront comme sous les pieds des
saints.
§ 2. — Affliction, deuil, misère. Isa. 61. 3.
Ut darem eis coronam pro cinere : Le Sei-
gneur m'a envoyé pour donner à ceux de
Sion une couronne au lieu de la cendre.
Ct-'lle fiçon de parler vient de ce que les
Juifs, dans le deuil et l'affliction, se cou-
vraient la tète de cendre. Thren. 2. 10. Je-
rem. 6. 26. c. 25. 34. ou ils étaient assis et
couchés sur la cendre. Joan. 3. 6. Sedit in ci-
nere : Le roi de Ninive s'assit sur la cendre.
Ce fut à la menace de sa destruction que fit
Jouas de la part de Dieu. Voy. v. 2. 4. Mattli.
11. 21. Luc. 10. 13. De là vient que la cendre
se mêlait aisément avec In pain. Thren. 3.
10. Cibfivit me cinere : Le Seigneur m'a
nourri de cendres. Ps. 101. 10. Cinerem lam-
qiiam panem tnnnducabam : Je mangeais la
Cfudre comme le pain; ou c'est une hypal-
lage pour panem sicut cinerem : Je ne trou-
vais pas plus de goût au pain qu'à la ( endre.
CINNA.MO.MITM, ,, Gr. ytw^^-.aov. Ce mol
grec vient de ce que celle plante est sembla-
ble à ïamome, et signifie ciQuamume, plante
CIR
702
odoriférante, petit arbre do la hauteur d'en-
viron trois ou quatre coudées et de la gros-
seur du bras, qui pousse de son tronc six ou
sept branches, que l'on coupe tous les ans;
on en lire l'écorce, que l'on fait sécher pour
envoyer dans l«s pays étranger-*; elle se
trouve dins l'Inde orientale. Ecdi. 24. 20.
Sicut cinnamomum et balsanium aromntizans
odorem dedi : J'ai répandu une senteur de
parfum, comme la cannelle et le baume, dit la
Sag.-sse. Exod. 30. 23. Prov. 7. 17. Gant. 4.
14. Apoc. 18. 13. Cei arbrisseau ressemble à
la cannelle; mais il est de différente espèce.
CINYRA. Du Grec xivuûx et de l'Hébreu
cinor.
Lyre, guitare, instrument de musique.
1. Mach. 4. 54. Renovatum est in canticis et
cilhnris et cinyris : Le nouvel autel fut dédié
de nouveau au bruit des cantiques des har-
pes, des lyres et des timbales; souvent ciny-
ra est confondu avec cithara ; comme 2. Par.
29. 25. La Vulgate porte cithara, où le Grec
porte cinyra: on peut voir le même, 1. Mach.
13. 51. et 1. Reg. 10. 5 et 2. Reg. 6. 5. Ce
qui porle à croire que ces deux instruments
avaient beaucoup de rapport, et pouvaient
bien ne différer que pour la grandeur, ou le
nombre des cordes. En effet, l'Hébreu cinor,
d'où vient cinyra, est souvent rendu par
cithara.
CIRCA, neçi, de circus.
i" Autour! Marc. 1. 16. Zona pellicea cir-
ea lumbos ejus: Saint Jean avait une ceinture
de cuir autour de ses reins, c. 3. 32. Sedebat
circa eum turba: Ce peuple était assis autour
de Jésus.
2° Le long, aux environs d'un lieu {rcpôç).
Matlh. 3. 5. Omnis regio circa Jordanem:
Tout le pays des environs du Jourdain ve-
nait à Jésus. Marc. 3. 8. Qui circa Tyrum et
Sidonem: Ceux des environs de Tyr et da
Sidon. c. 4. 1. Omnis turba circa jjiare super
terram erat : Tout le peuple se tenant sur le
rivage de la mer: v. 4. Aliud cecidit circa
i/am : Une parliez de la semence tomba le
long du chemin, c. 5. 11. Erat... circa mon-
tem grex porcorum magnus : Il y avait là un
grand troupeau de pourceaux.
3° Environ, vers, pour marquer le temps.
Malth. 27. 46. Circa horam nonam clamavit
Jésus ; Sur la neuvième heure Jésus jeta un
grand cri. c. 20. 3. Et egressus circa horam
tertiam: Le père de famille sortit encore sur
la troisième heure du jour.
4 Touchant, à l'égard, pour marquer l'ob-
jet ou la personne. 1. Tim. 1. 19. Circa fidem
naufragaverunl : Quelques-uns ont fait nau-
frage dans la foi, c. 6. 4. Lnnguens circa
quœstiones : Celui qui ne suit pas la doctrine
de Jésus-Chrisl est un malade desprit, qui
s'amuse à des que>tions qui sont inutiles et
dangereuses. Luc. 10. 40. Martha autem sa~
tagebat cil ca frequens minislerium: Marthe
était fort occupée à préparer tout ce qu'il
fallait. Tob. 11. 19. Narravit parcntibus suis
omnia bénéficia Dei, quœ fecisset circa eum :
Tobie rac<Mita à son [)ère el à sa mère tous
les bicnrails ilonl Dieu l'avait comble, v. 20.
Sup. 14. 22. Eccli. 18. 12. 2. Mach. 4. 14,
705 DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE
Marc. 4. 19, Et marque aussi où quelqu'un
se trouve, et ce qui se passe à son égard.
Ephes. 6. 21. ÏJt autem et vos sciatis quœ cir-
ca mesunt : Quant à ce qui regarde l'état où
je suis. Philipp. 1. 12. c. 2. 19. 23. Coloss.
k. V. 7. 8. etc.
5" Avec, dans la compagnie de quelqu'un,
pour marquer rattachement ou l'engagement
que l'on a avec quelqu'un. Luc. 22. kQ. Qui
circa ipsum erant: Ceux qui étaient avec Jé-
sus. Saint Luc parle de ses disciples qui
étaient avec Jésus-Christ, lors qu'il fut pris.
6" Proche, près (xara). Act. 2. 10. Partes
Libyœ quœ est circa Cyrenem : Cette partie
de la Lybie qui est proche de Gyrène. Tob.
k. 5. c. 14. 12. 2. Mach. 3. 23. c. 15. 13.
Marc. 5. 21.
7° Dans, pour marquer ce qui se fait en
quelque lieu (x'/tk). Act. 2. 46. Frangentes
circa domos panem : Ceux qui croyaient à
l'Evangile, rompaient le pain dans leurs
maisons; i. e. ou ils prenaient souvent leurs
repas ensemble, les pauvres avec les riches,
ou participaient à la sainte Eucharistie, c.
5. 42.
8° Contre. Judith. 3. 2. Cesset indignatio
tua circa nos : Faites cesser votre colère
contre nous, disent à Holopherne tous les
peuples qui se venaient rendre à lui. Mach.
3. 32.
CtVca, adverbe. 9" A l'enlour, aux envi-
rons. Gen. 13. 10. Vidit omnem circa regio-
nem ; Lolh considéra tout le pays situé le
long du Jourdain, c. 19. 25. Luc 7. 17. c.
9. 12.
CIKCINUS, 1. De circus, ou de l'ancien
verbe circare.
Compas avec quoi l'on lire des lignes en
rond, et l'on mesure diverses choses. Isa. 44.
13. In circino tornavit illud: Le sculpteur
donne au bois ses traits et ses proportions
avec le compas.
CIRCITER, «asi, de circus.
Environ, et se dit du temps et du nombre.
Act. 2. 41. Appositœ sunt in die illa animœ
circiler tria milUa : Au jour que saint Pierre
prêcha, il y eut environ trois mille personnes
qui se joignirent aux disciples de Jésus-
Christ, c. 5. 30. Judic. 3. 29. c. 16. 27. c. 20.
31. 3. Reg. 22. 6. Tous ces endroits ne regar-
dent que le nombre et non le temps.
CIHCUIRE. Voy. Ciucumire.
CIRCUITUS, us, xù-Aoç, de circum ire.
1" Tour, enceinte de quelque chose ou de
quelque lieu. Tob. 13. 21. Ex lapide pretioso
oinnis circuitus mur or uin ej us : Toute l'en-
ceinte des murailles de Jérusalem sera de
pierres précieuses ; ce qui s'entend dans le
sens spirituel, de même que Apec. 21. 18. et
marque l'assurance où seront les saints dans
la gloire, qui est la Jérusalem céleste. De là
viennent ces phrases : — In circuilu, per
circuitum, xùxXw. l^.A l'entour, tout autour.
Ps. 127. 3. Fiiii tut... in circuitu mensœ
tuœ: Vos enfants seront tout autour de votre
table; soit pour y servir et attendre qu'on
leur commande, soit qu'ils y soient à table
pour manger : c'est ici la bénédiction de ceux
704
qui gagnent leur vie au prix de leur travail
dans la crainte de Dieu. Âlarc. 3. 34. c. 6. 6.
Apoc. 4. V. 3. 8. Ainsi, Ps. 17. 12. /n circui-
tu ejus tabernaculwn ejus: Le Seigneur a sa
tente tout autour de lui : les nuées l'envi-
ronnent et le couvrent comme une tente.
Cette expression, comme Ps. 49. 4. marque
la grandeur et la puissance de Dieu. Levit.
1. 5. Sanguinem ejus fundentes per al taris cir-
cuitum : Les prêtres répandront le sang du
veau autour de l'autel, c. 3. 8. Deut. 21. 2.
— 2° En tout, entièrement, totalement. Job.
10. 8. Manus tuœ fecerunt tne, et plasmave-
runt me totiim in circuitu: Ce sont vos mains,
Seigneur, qui m'ont formé; ce sont elles qui
ont arrangé toutes les parties de mon corps.
Voy. Plasmare. — 3" De tous côtés, de toutes
parts, en grand nombre. Ps. 11. 9. In cir-
cuitu impii ambulant : Les impies rôdent do
toutes parts, pour maltraiter les bons. Threii.
2. 22. Vocasti... quasi ad diem solemnem qui
terrèrent me de circuitu: Vous avez fait ve-
nir contre moi des ennemis de toutes parts,
c. 1. 17. Deut. 17. 14. 1. Reg. 14. 47. Ps. 30.
14. Eccl. 1. 6. Jerem. 46. 14. etc. Ainsi, Rom.
15. 19. Ab Jérusalem per circuitum usque ad
Illiricum: Saint Paul témoigne qu'il a prê-
ché l'Evangile dans toute l'étendue du pays,
qui est depuis Jérusalem de tous côtés jus-
qu'à l'illyrie.
In circuitu alicujus esse. — 1° Environner
quelqu'un, être autour de lui. Ps. 49. 4. In
circuitu ejus tempestas valida : Une tempête
violente environne Dieu. Le prophète a en
vue ce qui est dit, Exod. 19. 16. et se sert de
cette expression pour marquer la majesté de
Dieu. — 2° Accompagner quelqu'un pour !e
défendre, pour le servir. Ps. 33. 7. Immittet
Angélus Domini in circuitu timentium eum :
L'Ange du Seigneur environnera ceux qui le
craignent. Voy. Tob. 5. 20. c. 7. 12. Ainsi,
4. Reg. 6. 17. Ps. 75. 12. Vovele et reddite
Domino Beo vestro, omnes qui in circuitu
ejus affertis munera : Faites des vœux au
Seigneur votre Dieu, et vous acquittez de
ces vœux, vous tous qui environnez son au-
tel pour lui offrir des présents: Le Prophète
parle au peuple de Dieu. Ps. 88. 8. Terribiiis
super omnes qui in circuitu ejus sunt : Dieu
Cal redoutable à tous ceux qui l'environnent;
i. e. à ses anges, à ses saints, v. 9. Veritas
tua in circuilu tua : Votre vérité est sans
c^sse autour de vous ; i. e. vous accompagne
toujours. Ps. 124. Bominus in circuitu po-
puli sui : Le Seigneur est toujours prêt à as-
sister son peuple. — 3' Etre voisin, en par-
lant de plusieurs personnes ou peuples qui
demeurent de tous côtés auprès de nous. Ps.
30. 14, Ps. 78. 4. Facli sumus opprobrium
vicinis nostris, subsannatio et illusio his qui
iti circuitu nostro sunt : Nous sommes de-
venus un sujet d'opprobre à nos voisins;
ceux qui sont autour de nous se moquent
de nous, etc. Isa. 49. 18. c. 60. 48. Leva in
circuitu oculos tuos: Levez vos yeux, et r»-
gardez tout autour de vous: Le^ Prophète
parle des peuples voisins de la Judée, qui
devaient venir de toutes parts, ainsi que du
reste du monde, pour entrer dans l'Eglise.
105 cm
Ezecli. 36. V. 3. 4. c. 16. 57. 1. Mach. 5. v.
10. 38. 57.
2' Tour, circuit qnon fait en marchant
autour de quelque lieu ( /.->//wy.c< ). Heb. 11.
30. Fide mûri Jéricho corruerunt circuitu
dierum septem. C'est par la foi que les murs
de Jéricho tombèrent, après qu'on en eut
fait le tour sept jours durant ; ce qui se voit,
Jos. 6, 16.
3' Conspiration, entreprise cachée à ren-
contre de quelqu'un. Ps. 139. 10. Caput cir-
cuitus eorum... operiet eos : Toute la mali-
gnité des détours des pécheurs les accablera
eux-mêmes. Toy. Caput. n. 8.
CIRCULUS, I, y.Jyjo:, de circus, et signifle
proprement, un cercle, flgure de mathéma-
tiques, ronde et plate, ligne tirée en rond,
cercle, assemblée de gens qui s'entretiennent
de diverses choses : dans l'Ecriture:
1^ Cercle , anneau {ov.y-yno:). Exod. 25.
12. Faciès... et quatuor circulas aureos :
Vous ferez quatre anneaux d'or; c'était pour
mettre aux quatre coins do l'Arche, v. li. 15.
2° Tour, circuit. Eccl. 1. 6. Spiritus... in
circulas suosreverlitur :Le vent qui emporle
les nuées autour du ciel, revient comme sur
ses traces; mais, selon quelques-uns, spiri-
tus, marque le soleil qui anime toutes choses,
et qui, dans le tour du ciel qu'il fait, reprend
toujours son même cours.
3' Révolution de temps. Judic. 11. 40.
Post anni circulum: Au bout d'un an, une
fois Tannée. 1. Reg. 1. 20. Post circulum die-
rum cancepit Anna: Quelque temps après
qu'Héli eut souhaité que Dieu accordât à
Anne la detnaiide (ju'eLe lui avait falle, ele
conçut d'Eaaiia sdii mari, et en eut Samuel.
4" Ciochct uu hanuçoi) (-/oizo,-). Job. kO.
21. Numquid panes circulum in naribus ejus?
IVl élirez- vous àLevialhan un cercle au nez?
ceci semble avoir rapport aux pêcheurs à la
lijjne, qui passent un fll de fer au nez du
poiï.:ron qu' ils ont pris, pour le porUr à ia
main. De là vient celle significalion meia-
phuiique :
— La force et la puissance qu'on emploie
pour arrêter la fureur de quelqu'un, cl pour
le tlo.iipl.r. i. Reg. 19. 28. Isa. 37. 29. Po-
nant ergo circulum in naribus tuis ('/yxio-t/sov);
J'ai su celle fureur exlravag.inle (jue vous
avez Conçue contre uioi... c'tst pourquoi je
vous meilrai un cercle aux narinis : Dieu
parle à Scjinachéi ib, et proUsle qu il n'en-
Irera point dans Jérusalem , et qu'il eiii-
[iloiera sa puissance pour l'en empêcher.
Voy. 4. Kcg. 19. 35. Le prophète semble
faire allusion aux anneaux , semblables à
ceux qu on mcl au nez des budles, pour les
tourner où l'on veut.
5° Jante ou cercle de roue {-zpoyj;). Ezeeh.
10. 12. Omne corpus carum et coUîi, et manus.
et pennce, et circuli plena erant oculis: Le
corps (les quatre roues qui p irureut à Ezc-
chiel, leur cou, leurs mains et leurs ailes,
et leurs cercles étaient pleins d'yeux.
6' Pendant d'oreille, lîzech. l«i. 12. Dedi...
circulas auribus luis. i(t vous ai donné des
pendants d'oreille : Dieu représente aux Juifs
les grâces dont il les a comblés. Prov. 11. 22.
cm
706
Circidus aureus in naribus suis, mulier pul~
chra et fatua: La femme belle et insenséie est
comme un anneau d'or au museau d'une
Iruie: le vice et les défauts de l'âme font
perdre toute l'estime de la plus grande beauté
d'une femme. Voy. Inauris.
CIRCUM, -loi, du nom circus^ et signiûe,
Autour, à l'enlour (-/•>//«). Ezech. 6. 5.
Dispergam ossa vestra circum aras vestras :
Je répandrai vos os autour de vos autels, en
punition de l'idolâtrie des Juifs, à qui Dieu
parle, k. Reg. 11. 11. 2. Mach. 12. 20. Matth.
8 18
CIRCUM^DIFICARE. Ce verbe composé
signiûe:
Bâtir autour, clore des bâtiments , clore,
enfermer («vojzooo/izsrv}. Thren. 3. 7. Circum-
œdificavit adversum me, ut non egrediar : Le
Seigneur a élevé der forts contre moi pour
m'empêcher de sortir. Le prophète peut bien
parler ici de la noire prison où il fut lui-
même enfermé dans Jérusalem.
CIRCUMAGERE. Ce verbe composé si-
gnifle :
1° Tourner, faire tourner, mener où l'on
veut. Ezech. 38. i. c. 39. 2. Circumagam te,
et ponam frœnum in maxillis tuis (-r-jvàyîtv) :
Je vous ferai tourner, et je mettrai un frein
dans vos mâchoires. Le prophète parle à
Magog. Voy. Frœnum.
2'^ Faire avancer. 2. Reg. 12. 31. Circum-
egit super eos [errata carpenta : David fit pas-
ser sur les habitants de Rabbath des roues
de fer. Voy. Carpe.ntum.
CIRCUMAMICIRE. De ce verbe inusité
vient le particiue
CiRGLMAMCTUS, A, UM. TreptÇegijjfiî'vo,', vêtu.
Ps. 4i. 15. Circumamicta varietatibus : La fille
du roi est revêtue de divers ornemenis : ceci
marque les difl'erenles grâces du Sainl-Es-
pril qui sont d ius lEglise. Apoc. i. 4. Cir-
cumaniicii vestimentis albis : Les vingl-quatre
vieillards étaient vêtus de robes blanches.
Voy. Albus.
CiRCUMClDERE, 7:toi-iu.-jif; , de circum et
de cœdere, cl signifie proprement, couper
tout autour ? dans l'Ecrilure :
1° Couper. Du-ul. 21. 12. Circumcidet un-
gues, -■pi'j-j^jyjïç v.xnrr^. Cette femme coupera
ses ongles. C est une des choses que devait
faire une femme faite prisonnière de guerre
lorsque le Juif qui l'avait prise la voulait
épouser.
2° Circoncire, de la manière que Dieu l'a-
vait ordonné aux Juifs, et avant la loi à
Abraham. Gen. 17. v. 10. 11. Circwncidelur
ex vobis omne masculinum; et circumcidelis
carnem prœputii veslri : Tous les mâles d'en-
tre vous Seront circoncis; vous circoncirez
votre chair. C'est sur celte loi que quehiues-
uns qui élaienl venus de Judée enseignaient
aux chrétiens d'Anlioi lie que la circoncision
et la pr.ilique de la loi de Moïse élaienl né-
cess.iires pour être sauvé. Acl. 15. 1. S.iint
Pierre remontre au contraire, dans le con-
cile de Jérusalem, que c'est par la grâce de
Jésus-Christ, et non par la circoncision, qno
les chrétiens seront sauvés, v. 11. Sur quoi
ce même concile écrit à l'Eglise d'Anlioche
w
DICTIONiNÂIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
qu'ils ne croient point la circoncision néces-
saire. V. 28. 29. Et saint Paul défend aussi la
circoncision aux Galates, sous peine niême
de n'avoir point de part à la grâce de Jésus-
Christ, c. 5. V. 2. k. Sur quoi il faut remar-
quer que, depuis la publication de l'Evangile,
la circoncision et les autres cérémonies de la
loi ont cessé d'être de nécessité et d'obliga-
tion, et c'est ce que le concile de Jérusalem a
prétendu; mais on n'a pas laissé d'en tolérer
l'usage pour condescendre à la faiblesse des
Juifs, qui y étaient attachés jusqu'à ce qu'ils
IFussent plus instruits. Ainsi saint Paul a fait
circoncire Timothée par condescendance, et
n'a pas voulu que Tite le fût, parce qu'on
l'exigeait comme par nécessité.
— Circoncire d'une circoncision spiri-
tuelle. C'est retrancher les vices et les con-
voitises du cœur, ce qui était flguré par la
circoncision de la chair. Deut. 10. 16. Cir~
cimcidile igitur prœputium cordis vestri ;
Ayez soin de circoncire, i. e. de retrancher
ce qu'il y a de charnel dans votre cœur. c. 30.
6. Circumcidet Dominus Deus tuus cor tuum,
et cor seminis tui, ut diligas Dominum Deum
in toto corde tuo : Cette prédiction devait être
regardée comme une promesse toute visible de
la grâce. Jerem. i. h. Coîoss. 2. 11. La circon-
cision sprirituelle marque la pureté de l'âme,
et l'incirconcision en marque l'impureté ,
selon laquelle on dit que le cœur et les oreil-
les sont incircoucis. Jerem. 9. 26. c. 6. 10.
CIRCUMCINGERE , Heb. tte^iÇwvvvsiv. Ce
verbe composé signiûe
Ceindre, vêtir. Eccli. 45. 9. Circumcinxit
eumzonagloriœ^i. e. ^/onosa; Le Seigneur a
ceint Aaron d'une ceinture d'honneur; celte
ceinture était un des ornements du grand
pontife.
CIRCUMCISIO, T.eptzoï^ii, de circumcidere,
et signifie dans l'Ecriture :
1 Circoncision charnelle, retranchement
du prépuce. Celait une loi ordonnée aux
Juifs, qui leur figurait celle du retranche-
n:enl des vices. Joan. 7. 22. Moyses dédit vo-
bis circumcisionem : Moïse veus a donné la
loi (;e ia circoncision ; elle venait d'Abr;ih;;m,
à qui elle avait été ordonnée de Dieu et à tous
ses descendants, Gen. 17. 10. et comme il pa-
raît. Acl. 7. 8. Dédit illi lestamentum circum-
cisiunis : Le Seigneur confirma par la circon-
cisit)!» l'alliance qu'il faisait avec Abraham et
les Israélites, qu'il voulait distinguer des au-
tres nations par celle marque.
2" L'état des circoncis. Gai. 5. 6. Jn Chris-
ta Jesu, neque circumcisio aliquid valet, ne-
que prcpputium, sed fides, quœ per charitalem
operutur : En Jésus-Christ ni la circoncision,
ni l'intirconcision ne servent de rien, mais
la loi qui opère par la charité, c. 6. 15. Korn.
k. 9. Coloss. 3. 11.
§ 1. — Circoncision spirituelle. Coloss. 2.
11. Circumcisi eslis circumcisione non manu-
facta : C'est en Jésus-Christ que vous avez
été circoncis, non d'une circoncision faite
par la main des hfMumes, mais de la circon-
cision de Jésus-Chrisl. Celte circoncision
n'est autre chose que le relranchement des
vices el des convoitises du cœur, cl l'obser ■
708
Dieu.
vation exacte des commandements de
Rom. 2. 29. Voy. v. 26.
§ 2. — Les Juifs circoncis, qui avaient re-
çu cette marque dans leur chair pour être
distingués de toutes les autres nations. Roui.
k. 12. Pater circumcisionis : Abraham est le
père des circoncis qui non-seulemenl ont re-
çu la circoncision, mais encore qui suivent
les traces de la foi qu'il eut, lorsqu'il était en-
core incirconcis, v. 9. c. 3. v. 1. Et sont op-
posés aux autres peuples qui sont incircon-
cis, et qui sont marqués par prœputium.
Rom. 3. 30. c. 4. 9. Unus est Deus, qui justi-
ficat circumcisionem ex fide, et prœputium per
fidem : il n'y a qu'un Dieu qui justifie par la
foi ceux qui sont circoncis, et par la même
foi encore ceux qui sont incirconcis. Ainsi
c. 15. 8. Dico enim Chrislum Jesum mini-
sirum fuisse circutncisionis : Jésus-Christ a
été lui-même le ministre de l'Evangile, à l'é-
gard des Juifs circoncis, i e. est venu pour
les Juifs, selon quil avait été promis aux pa-
triarches. Gen. 49. 10. Ainsi Gai. 2. v. 7. 8.
9. et diins les autres endroits où les Juifs
sont désignés par ces paroles : Qui sunt ex
circumcisione ou de circumcisione, si ce n'est
V. 12. et Tit. 1. 10. où l'on entend par ces
mots tous ceux qui voulaient joindre la cir-
concision et l'observation des cérémonies de
la loi de Moïse avec l'Evangile.
§ 3. — Les vrais chrétiens circoncis de
celle circoncision spirituelle, qui consiste
dans le retranchement des vices et des con-
voitises. Philipp. 3. 3. Nos enim sumus cir-
cumcisio, qui spiritu servimus Deo : C'est nous
qui sommes les vrais circoncis, puisque nous
servons Dieu en esprit.
CIKCUMDARE, xuxXoûv. Ce verbe composé
gouverne l'accusatif de la personne ou de la
chose qui est environnée ou enlouréc, et l'a-
blatif de la chose ou de la personne qui envi-
ronne; ou gouverne l'accusatif de la chose ou
de la personne qui environne, avec le datif de
la chose ou de la personne qui est environnée.
1" Environner, ceindre, mettre autour ret-
Pi^tÇôtv. Muro cingere. Judith, k. k. Mûris cir-
cuindederunt vicos suos : Les Israélites envi-
ronnèrent les bourgs de nmraillespourse met-
tre en état de résister à Holopherne. Gen. 27.
16. Pelliculasque hœdorum circumdedil mani-
bus : Rebecca mit autour des mains de Jacob
la peau de ces chevreaux, etc.; ce fut afin
que les mains de Jacob parussent semblables
à celles d Esaù, el qu'lsaac le prît pour Esaù.
Ainsi Baruch. 6. kl. Mulieres autem circum--
dalœ funihus : Voy. F unis 5°.
2° Vêiir, revêtir, {■KspiSKllsaOxi). Act. 12.
8. Circumda libi vestimentum tuum: Preneg
votre vêtement, dit l'Ange à saint Pierre pour
le faire sortir de la prison où Hérode lavait
fait mettre. .îob. 19. 26. liursum circumdabor
pelle mea : Je serai encore revêtu de celle
peau. Job. kO. 5. Psal. kk. 10. Isa. 61. 10.
Ainsi Eslh. 15. 4. Circumdata est gloria sua,
i. e. vestes magnificas induit : Esther se para
de ses plus ricl)es ornements; et, dans le sena
figuré, Ctrcu/>idarùn/?r»u7a/e; Etre environné
de faiblesse, être si faible qu'on tombe sou-
vent en une infinité de fautes et de péchés.
Ï09 cm
Hebr„ 5. 2. Quoniam et ipse circumdalus est
infirmilate : Toul ponlife esl [iris d'entre les
hommes, afin qu'il puisse être touché d'une
juste compassion pour ceux qui pèchent,
romme étant lui-même environné de faiblesse.
3° Orner, embellir, faire servir d'ornement
( àuçîjïvvv.uv). Job. 40. 5. Circinnda libi deco-
reîn : Revêiez-vous d'éclat et de beauté, dit
Dieu à Job, lui faisant connaître la différence
«ju'il y a de la créature au Créateur. Prov. 3.
3. Circumda eas guttnri luo .-Metlez la misé-
ricorde et la vérité commp un collier autour
de votre cou («yàTTTîTÔat. Alliyare;. L'Ecriture
exhorte à avoir toujours devant les yeux la
miséricorde et la justice, de même que nous
avons toujours la vue sur ce qui nous est
cher et qui pend à notre cou. c. 6. 21. Ba-
ruch.5. 2. Circumdabit te Deus diploide jus-
titiœ (ref.tê«).).£(T9at) : Le Seigneur vous revê-
tira de justice comme d'un double vêtement.
Dieu promet à Jérusalem de la délivrer de la
captivité pour la combler de gloire, comme
par une espèce de justice, selon la promesse
qu'il lui en avait l'aile : ce qui figurait l'Eglise,
qui devait être délivrée de la captivité du pé-
ché pour être ornée de vertus comme d'une
belle robe. La. 61. 10. Dan. 5. 29. 1. Cor. 12.
23. Ainsi Isa. i9. 18. Circumdabis libi eos
quasi sponsa (77Eci-t6îvat, circumponere) : L'E-
glise est ornée de gens de bien, comme une
épouse l'est de ses perles et de ses atours.
4° Assiéger. Luc. 21. 20. Cum autem vide-
rilis circumdari ab exercitu Jérusalem : Lors-
que vous \errez une armée environner Jé-
rusiilein. Le saint évangeliste parle de l'armée
romaine, commandée par Tite, autr. par Ces-
tius Gallus. Isa. 29. 3. Circumdabo quasi
sphœram in circuilo tuo : Je ferai tout autour
de les murailles comme un cercle. Dieu parle
à Jérusalem du siège que devaient faire les
Assyriens devant cette ville, par la permis-
sion de Dieu. Ezech. i. 3. Circumdabis eam :
Vous assiégerez Jérusal-rn. Ce siège, que
Dieu ordonnait au prophète de tracer sur
une briquf, figurait celui que les Assyriens
devaient «'ffeclivemcnt former devant Jéru-
salem, c. 26. 8. 3. Reg. 20. 12.
5° Faire le tour de quelque lieu ou place
pour la bien considérer. Ps. kl. 13. Circum-
dute. Sion et corn-, lectimini eam : Faites le tour
de Sion, et comprenez bien quelle elle esl.
Le propbèti' invite ies rois et les peuples
étrangers de bien considérer la force et la
magnincence de l'Eglise, qu'elle lient de la
presei\ce de Dieu.
6 Défendre, protéger, secourir, 2. Par. 23.
7. Levilœ circumdeni regpm : Que les lévites
demeurent toujours auprès de la personne
du roi avec leurs armes, dil le grand-i»rêlrc
Joï ida du roi Joas. Ps. 90. o. Scuto circum-
dabit le verilas ejus : La fidélité avec laquelle
Dieu fait ce qu'il promet vous ti(>n(lra lieu de
bouclier. David parle d'un homme qui de-
meur(> ferme sous l'assistance de Dieu. Zach.
ft. 8. Circumdabo àomnm meam ex his qui mi-
litant inlhi eund'S el rrverletiles. Cette pro;)hé-
tie |)eut bien icgaid.r les Macliabées, (joi dé-
fendirent le culiede Dieu contre le.-» nations,
et ce qui se passa envers Hcliodore lorsqu'il
CIR
719
voulut enlever le trésor du temple. Voy. 2.
Mach. 3. y. 6. 25. 26. Ainsi Job. 40. 17. Ps.
31. 10.
7' Attaquer de toutes parts, persécuter, ac
cahier, conspirer pour perdre (r£ct£;t£tv). Ps.
16. 11. Inimici mei animam meam circumdC'
derunt : Mes ennemis me persécutent, v. 10.
Ps.3.7. Ps.21. V. 13. 17. Ps.31.7.Ps.87. 18.
etc., et, par métaphore, Circumdare tanceis.
Voy. Langea 1°.
8" Surprendre, saisir (Tt-od-^ei-j) ^ en par-
lant de maux, de douleurs, de peines, d'en-
nemis, affliger. 2. Reg. 22. v. 5. 6. Ps. 17, y.
5. 6. Ps. 114. 3. Circumdederunt me dolores
morlis : Les douleurs de la mort m'ont envi-
ronné; David a en vue l'occasion oùSaiil avec
ses gensenvironnait David pour leprendre, en
sorte que David désespéra de pouvoir échap-
per des mains de Saùl. Voy. 1. Reg. 23. 26.
Ainsi Ps. 39. 13. Ps. 48. 6. Ps. 87. 18. Job. 22.
10. Luc. 5. 9.
9" Approcher pour rendre ses respects et
ses devoirs. Ps. 23. 6. Circumdabo altare
tuum : Je me tiendrai, Seigneur, autour de
votre autel pour chanter les louanges de Dieu,
selon le v. suivant; ce que David peut bien
dire pour témoigner les sainis désirs <]u'il
avait de pouvoir un jour adorer Dieu dans le
temple lorsqu'il était au pays des Philistins,
chez .Acliis, et qu'il y détestait leur idolâtrie.
Vuy. 1. Reg. 26. 19. c. 27. y. 2. 6. Ainsi Ps.
7. 8. Synagoya populorum circumdabit te :
L'assemblée des peuples vous environnera,
se. s'assemblera pour vous louer et vous
rendre leurs actions de grâces; c'est le motif
par lequel le prophète veut engager Dieu de
le délivrer de ses ennemis de ce qu'il élait
injustement persécuté.
10° Remplir, combler, en parlant des affec-
tions dont l'âme est capable (TTc^ûjÇwwOjtv). Ps.
29. 12. Circumdedisti me lœtitia : Vous m'a-
vez toul rempli de joie, se. lorsque Dieu dé-
livra David de ses ennemis. Ps. 54. 11. Die
ac nocle circumdabit eam super muros ejus ini-
quilas : Celte ville de Jérusalem est si remplie
d'iniquiié qu'elle s'élève jusque sur les mu-
railles; ce qui peut marquer que le désordre
el la confusion élait non-seulement parmi
les magistrats, mais même parmi les géné-
raux, dont le devoir élait de la défendre.
Hebr. 5. 2. Ipse circumdalus est infirmilate :
Le [rêlre qui offre des sacrifices pour ies pé-
chés esl rempli lui-même de faiblesse ; suit
du péché, tels qu'étaient les prêtres de l'an-
cienne loi ; soil de la !âiblesse seule de la na-
ture humaine, tel qu'élail Jésus-Chrisi. \ oy.
V. 3. 7. 10. Thren. 3. 5. Circumdcdil me [elle et
labore : Le S( igneur m'a environné de fiel el
de peine. Habac. 2. 16. Circumdabit te ca-
lix dexlerœ Domini : Ce calice que vous re-
cevrez de la main du Seigneur vous enivrera.
Hebr. Yerlct se super te : Vous boirez le ca-
lice tout entier, en sorte que vous en verrez
le fond. Le ()rophètc marque l'excès de la
colère et de la fureur que Dieu devait exercer
bur les rois de Bahylonc.
11 Renfermer dans son sein, en parlant
d'une femme à l'égard de l'enfant qu'elle a
conçu (nefiiip/^t'j^'xi). Jcrçm. 3\. ^2. Focmina
7Î1
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
circumdabit virum: Une femme renfermera
dans son sein et concevra un homme parfait.
Le prophète marque la sainte Vierge, qui a
conçu et enfanté Jésus-Christ, dont le corps
était petit comme celui d'un autre enfant,
mais qui, dès le moment de sa conception
miraculeuse, sera un homme parfait, étant
uni personnellement, dès cet instant, à la sa-
gesse suprême, le Fils unique du Père éternel.
1 2° Tromper. Osée. 11. 12. Circumdedif me m
negotiatione Ephraim : Le royaume d'Israël,
des dix tribus marquées par Ephraïm, m'a
trompé en rendant à une idole, au veau d'or,
le culte qu'il me devait.
CIRCUMDATIO, mpiee^n?. Ce dérivé, qui
signiGe proprement l'action d'environner,
suit, dans l'Ecriture, la seconde signiûcation
du verbe circumdare, vêtir, et signiGe :
Vêlement. 1. Petr. 3. 3. Quarumnon sit...
circumdatio aiiri : Que les femmes ne mettent
point leur ornement à se parer au dehors par
les riches habits d'or. L'Apôtre parle égale-
ment aux hommes comme aux femmes.
C!RCUMDUCERE,7r£^tâv.-iv. Ce verbe com-
posé signiGe proprement, conduire tout au-
tour ; dans l'Ecriture :
1° Tourner pour mettre en mouvement
{(Tfz-jBo-jzh) . 1. Reg. 17. 49. Circumducens per-
cussit Philistœum : David donna le mouve-
ment à sa fronde pour lancer la pierre sur
Goliath.
2° Conduire par divers chemins, mener de
côté et d'autre (xu/.Xoûv) ; ce qui est opposé à
mener tout droit. Exod. 13. 18. Circumduxit
per vimx dcserti : Le Seigneur Gt faire aux
Israéliles un long circuit par le chemin du
désert, à leur sortie de l'Egypte. L'Ecriture
donne la raison pourquoi Dieu ne les con-
duisit point par le chemin du pays des Phi-
listins, qui est voisin (v. 17). Num. 32. 13.
Circumduxit eum per desertum : Le Seigneur
a fait errer le peuple d'Israël par le désert
pendant quarante ans : ce fut à cause du mur-
mure qui s'excita parmi le peuple qui refu-
sait de conquérir la terre promise. Voy. c.
14. V. 2. 3. Deut. 32. 10. 1. Reg. 5. 8. Ainsi,
V. 9. mis autem circumducendbas eum: Pen-
dant que les Philistins menaient de ville en
ville l'arche de Dieu, le Seigneur tuait un
grand nombre d'hommes.
3° Mener partout avec soi. 1. Cor. 9. 5.
. Numquid non habemus polestatem mulierem
sororem cjrcwmrfucendt? N'avons-nous pas le
pouvoir de mener avec nous une femme d'en-
tre nos sœurs en Jésus-Christ ? Les apôtres
menaient avec eux de saintes femmes chré-
tiennes qui les assistaient de leurs biens pour
leur faciliter le moyen de prêcher l'Evan-
gile : ils tenaient celte coutume de Jésus-
Christ. Luc. 8. 3. et qui était reçue parmi les
Juils.
— Mener et conduire comme l'on veut, te-
nir en bride {x'^li-j'xyMveïv). Jac. 3. 2. Potesl
ciiain frœno circumduccre tolum corpus : Que
si quelqu'un ne fait point de fautes en par-
lant, c'est un homme parfait, et il peut tenir
tout le corps en brido ; se. se «endre maître
de tous les autres membres du corps, de leurs
actions el de leurs mouvements.
71Î
Ce verbe coui-
CIRCUMFERRE, ■Kepi^êpei^.
posé signiGe :
1° Porter à l'entour, porter çà et là, de
tous côtés. Deut. 3. 27. Oculos tuos circumfer
ad occidentem et ad aquilonem, austrumque
et orientem: Portez vos yeux de tous côtés, et
regardez vers l'occident, vers le septentrion,
vers le midi et vers l'orient, dit Dieu à Moïse,
lui montrant la terre promise, mais dans la-
quelle Dieu ne voulut point qu'il entrât.
Voy. v. 25. 26. 1. Par. 10. 9. Ainsi, Marc. G.
55. Cœperunt in grabatis eos, qui se maie ha-
hebant, circumferre ubi audiebant eum esse :
Jésus-Christ étant abordé avec ses disciples
au territoire de Génézareth, les habitants
l'ayant reconnu, commencèrent à lui appor-
ter de tous côtés les malades dans les lits par-
tout où ils entendaient dire qu'il était.
2" Porter, emporter de tous côtés , tourner
comme on veut {plTri^uv). Jac. 1.6. Qui enim
hœsitat similis est fluctui maris qui a vento
movetur et circumfertur : Celui qui doute est
semblable au flot de la mer, qui est agité et
emporté çà et là par la violence du vent. Saint
Paulcompareaussiau mouvementdes flots un
homme qui se laisse emporter l'esprit à tout
ce qu'on lui veut persuader. Eph. 4. 14. Ut
jam non simus parvuli, fluctuantes et circum-
feramur omni vento doctrinœ : AGn que nous
ne soyons plus comme des enfants, comme
des personnes flottantes, et que nous ne nous
laissions pas emporter à tous les vents des
opinions. De même saint Jude compare au
mouvement, des nuages que le vent emporte
o\i il veut, la légèreté et l'inconstance que les
hérétiques ont dans leurs erreurs, passant
incessamment de l'une à l'autre. Jud. v. 12.
Nubes sine aqua, quœ a ventis circumferuntur :
Ils sont des nuées sans eau, que le vent em-
porte çà et là.
3" Tourner où l'on veut et comme on veut
{lj.z-ciy.yEtv). Jac. 3. 4. Omne corpus illorum
circumfcrimus : Nous faisons tourner tout le
corps des chevaux où nous voulons, par le
moyen du mors qu'on a mis dans leur bou-
che : c'est à quoi saint Jacques compare
l'empire que l'on a pris une fois sur sa lan-
gue, dont il dit qu'un homme sage s'étant
rendu maître, en sorte qu'elle ne fasse point
de fautes, il peut aisément bien régler toutes
les actions de sa vie. Voy. v. 2.
4° Porter partout avec soi , ce qui s'entend
Ggurémenl des maux et des afflictions conti-
nuelles. 2. Cor. 4. 10. Semper morlificalio-
nem Jesu in corpore nostro circumferentes :
Nous portons toujours dans noire corps les
afflictions qui représentent celles que Jésus-
Christ a s(»ulïeries pendant sa vie.
CIRCUMFODERE , mpiop<j<7i7uv. Ce verbe
composé signiGe :
Creuser ou fouiller tout autour. Isa. Si. 15.
Ericius... circumfodit et fovit (catuios) in
nmbra ejw^: Le liérisson nourrit ses petits, cl
ayant fouillé tout autour de son trou, il fait
croître ses petits dans l'ombre de sa ca-
verne.
CIRCUMFULGERE , nspààiMneiv. Ce verbe
compose signiGe :
Environner de clarté, éclairer. Ainsi, dans
lia
cm
CIR
7f4
saint Luc. 2, 9. Clarilas Dei circumfulsit il-
los .-Les pasteurs à qui l'Ange apparut pour
leur annoncer la naissance de Jésus-Christ,
furent environnés d'une lumière divine. Voy.
V. 11. Et saint Paul. Act, 9. 3. se vit envi-
ronné par une lumière plus éclatanle que le
soleil, dans son voyage de Damas, où il allait
dans le dessein de persécuter les chrétiens.
Act. 22. 6. c. 26. 13.
CIRCUMFUNDERE, ntpt/jh. Ce verbe com-
posé signifie : Epandre, répandre partout
jusqu'à remplir; ce qui s'entend figurément
des choses qui regardent l'âme. 2. Mach. 3.
V. 16. 17. Circumfusa enim erat mœstitia quœ-
dam viro : Le jour qu'Héliodore entra dans
le temple pour exécuter l'ordre de Séleucus,
au sujet de l'argent qui était en dépôt dans le
temple, une certaine tristesse était répandue
dans l'âme du grand prêtre Onias. A quoi se
peut rapporter 2. Mach. 3. 27. E umque multa
caligine circuyyifusum rapuerunt , atque in
sella gestatoria positum ejecerunt : Ils pri-
rent Héliodore qui était tout enveloppé d'obs-
curité et de ténèbres, et l'ayant mis dans
une chaise, on l'emporta de là et on le chassa
hors du temple.
CIRCUMIRE, GIRCUIRE, xux>.oOv. Ce verbe
composé signifie :
1" Aller autour, faire le teur de quelque
lieu. Jos. 6. 7. Ite et circuile civitatem ar-
mati : Allez, et faites le tour de la ville de
Jéricho étant sous les armes, dit Josué au
peuple, v. 3. 4. Job. 1. 7. c. 2. 2. Circuivi ter-
ram et perambulavi eam {TTcf,Léii'/^-(TOut) : J'ai fait
le tour de la terre, et je l'ai parcourue tout
entière, dit Satan. Eccli. 2i. 8. Gyrum cœli
circuivi sola : J'ai fait seule le tour du ciel,
pour marquer que Dieu a créé sans le se-
cours d'aucune créature, et a soin de toutes
choses hautes et basses.
2° Rouler, avancer en roulant. Isa. 28. 27.
Nec rota plauslri super cyminum circuibit
{■Kîf,LctyEfj) : On ne fait point passer la roue du
chariot sur le cumin : ce qui marque que
Dieu ne traite pas avec la même sévérité les
faibles que les forts.
3' Aller çà et là, non pas le droit chemin,
aller de côlé et d'autre. Gen. 2, 11. Phison,
ipse est qui circuit omnem terram Hevilath :
L'un des quatre canaux du fleuve qui arro-
sait le paradis terrestre s'appelle Phison, et
c'est lui qui coule tout autour du pays de
Hevilath. v. 13. Eccl. 12. 5. Circuibunt in
platea plangentes : Les pleureuses et le peu-
ple marcheront en pleurant autour des rues
aux funérailles du mort. Gen. 41. 46. Circui-
vitomnes regionesJEgypti {ULéfj/jiOxi) : Joseph
fit le tour de toutes les provinices d Egypte ;
ce fut aussitôt après avoir reçu de Pharaon
le commandement sur toute l'Egypte. Matth.
9. 35. Circuibal Jésus omnes civitates et ca-
stelia (îre^tâyeiv) : Jésus allait de tous côtés
dans les villes et dans les villages, pour en-
seigner et prêcher l'Evangile, etc. c. 4. v. 23.
15. Circuitis mare et aridam, ut faciatis unum
proselylum : Vous courez la mer et la terre
pour faire un prosélyte. Jésus-Christ con-
damne en ceci les scribes et les pharisiens,
soit parce (ju'ils ne cherchaient à gagner les
Diction. *«. de puiLOL. sacréu I.
idolâtres à leur religion qu en vue d'un plus
grand profit qui leur reviendrait par le plus
grand nombre des sacrifices , soit qu'ils eus-
sent moins d'ardeur à leur faire observer la
loi de Moïse, qu'ils n'en avaient aies gagner à
la religion judaïque. Hebr. 11. 37. Circuie-
runt in melotis {r.îpdpyj(7^0Li) : Ils ont été vaga-
bonds, couverts de peaux de brebis. 1. Tim.
5. 13. Otiosœ discunt circuire domos : Les jeu
nés veuves étant fainéantes s'accoutument à
courir par les maisons. Amos. 8. 12.
4" Tourner de quelque côté, s'étendre vers
quelque lieu [iy.Ttspnropî-JZ'jSuL'.. lo. 3. Ascen-
dens ad Addar et circuiens Carcaa : La tribu
de Juda... monte vers Addar et tourne vers
Carcaa.
5° Tourner de tous côlés avec empresse-
ment pour trouver ce que l'on cherche {-iot-
-arstv). 1. Pelr. 5. 8. Adversarius vesler dia-
bolus tamquam leo rugiens circuit, quœrens
quem devoret : Le démon , votre ennemi ,
tourne autour de vous comme un lion rugis-
sant, cherchant qui il pourra dévorer. Sap. 6.
17. Dignosseipsa circuit quœrens {Tzîctépyj'j'jy.i):
La sagesse tourne elle-même de tous côtés
pour chercher ceux qui sont dignes d'elle,
c. 8. 18. Amos. 8. 12. Act. 13. 11. Ainsi, Ps.
58. v. 7. 15. Circuibunt civitatem : Mes enne-
mis tourneront autour de la ville. Le Pro-
phète marque l'ardeur qu'avaient ses enne-
mis à trouver les moyens de le surpren-
dre.
6° Aller comme en procession ou danser
autour [■Kou:rî</zu). 2. Mach. 6. 7. Cogeban-
tur hedera coronati libero circuire : Lors-
qu'on célébrait la fêle de Bacchus, on con-
traignait les Juifs d'aller par les rues courou-
nés de lierre à l'honneur de ce faux dieu :
c'était de l'autorité de ce vieillard d'Antioclie
envoyé en Judée par Antiochus pour affiiger
la Judée.
7° Approcher, êlrc souvent près. Ps. 26. 6.
Circuivi et immolait : J'ai souvent approché
de votre autel, dit David, ou j'en approcherai
pour vous y oll'rir des sacrifices par le mini-
stère des prêtres.
8" Attaquer de tous côlés, persécuter. Ps.
117. 10. Omnes génies circuicrunt me : Tous
les peuples voisins m'ont attaqué. Amos. 3.
11. Circuietur terra, disolabitur : La terre
sera environnée et attaquée de gens do
guerre. Le Prophète parle de l'armée de Sal-
nianasar contre Samaric. Voy. 4. Rcg. 17. v.
5. G. Ainsi , 1. Mach. 10. 8. c. 15. 14. Apoc.
20. 8.
CIRCUMLEGERE. Voy. Légère. Ce verl.i»
qui est inusité chez les Latins , signifie dans
l'Ecr. :
Côtoyer, naviguer le long d'une côte. Act.
28. 13. Inde ciriumlcgenles devcnimus Rhegiiim
{TTepdry/jc'jui) : Do Sjracusc nous vînmes à
Rhè{;e'en côloy;int la Sicile.
CIKGU.MLIGARE. Ce verbe composé si-
gnifie :
1' Lier tout autour, comme on lie une
bande aulour de (luebjuc chose, ou qu'on la
bande (xarv-ouv). Isa. 1. 6. Plaga tumcns, 7ion
est circumligala : Tout le peuple juif n'est
qu'une plaie enflammée, qui n'a point été
23
7fô
FiCTlONNAmE [tE PllILULOCIE SACHÉE.
bandée; c'est à quoi le Prophète compare la
corruption des mœurs des Juifs, pour mar-
quer leur étal déplorable et combien ils
étaient abandonnés au dérèglement.
2° Lier, attacher à quelque chose en l'y
entortillant (Seïv). Judic 16. 13. Si... da-
vum his circumligalum terrœ fixeris, infirmus
ero : Si ayant attaché cette tresse à un clou,
vous enfoncez ce clou dans la terre, je de-
viendrai faible comme un autre , répond
Samson à Dalila , à la troisième question
qu'elle lui fait louchant la manière qu'il le
faudrait lier pour lui ôter le moyen de se
sauver. Voy. v. 6. Ezeçh. 24. 17. Corona tua
circumligata sil tibi (c-y/xTr^ixetv) : Lorsque je
vous aurai ôté votre femme (en la faisant
mourir], la couronne de votre tiare sera
liée autour de voire tête, i. e. vous aurez la
tète couverte, dit Dieu à Ezéchiel : ce qui lui
marquait de n'en porter point le deuil, parce
que ceux qui étaient en deuil allaient la tête
nue. Voy. Levit. 10. 6. Levit. 21. 10. 1. Reg.
4. 12.
CIRCUMLINERE. Ce verbe composé si-
gnifie :
Frotter a l'entour, Ezech. 23. kO. Quibus te
iavisti et circumlinisti stibio ocidos tuos
(cTtêîÇetv) : Pour plaire aux Chaldéens, vous
vous êtes fardée. Voy, Stibium.
CIKCUMORNARE , Trsptxoapsrv. Ce verbe
composé signifie :
Parer, embellir. Ps. 143. 14 Circumornatœ
ut similitudo templi : Les filles des étrangers
sont ornées comme des temples. Le Prophèle
représente à Dieu l'état florissant où sont ses
ennemis.
CIRCUMPEDES. Ce mot est pris, selon
quelques auteurs latins, pour un seul mot
indéclinable ; il est pris, selon d'autres, pour
deux mois, comme a pedibus sont deux mois
en sous -entendant «erti, et ont la même
signification, servi circumpedes ou servi a pe-
dibus, et signifie proprement, valets de pied,
des laquais ; dans l'Ecr. :
Robe qui descend jusqu'en has [noBôpriç).
Eccli. 45. 10. Circumpedes et femoralia et hu-
inerale posuit ei : Dieu a donné à Aaron la
robe qui descendait jusqu'en bas ; c'est la
robe dont il est parlé, Exod. 28. v. 4. 31.
GlRCUMPLECTl, Tzeptnliyuv. Ce verbe, dé-
rivé de circumplico, signifie :
l'Embrasser. Gen. 48. 10. Applicitosque
ad se deosculalus et circumplcxus cos (ttc^oJ.k^-
êâvciv) : Jacob ayant fait approcher de lui
Ephraïm e< Manassès, il les embrassa et les
baisa; Joseph les avait menés avec lui, en
allant voir Jacob, de qui on lui était venu
annoncer la maladie, v. 1.
2" Envelopper, engager. Ps. 118. Cl. Fîmes
peccatorum circumplexi suiit me : Je me suis
trouvé enveloppé par les filets des pécheurs;
David parle des pièges que lui tendaient les
méchants pour le surprendre : ces pièges
étaient leurs discours étudiés et artificieux.
CIRGUMPONERE, 7:£/5iTtesv«t. Ce verbe com-
posé signifie :
1° Mettre, placer autour. Gen. 41. 42
Collo torqucin auream circumposuit : Pha-
raon fit mclUe autour du cou de Joseph
Eccli. 30. 18.
Marc. 15. 36,
un collier d'or.
Joan. 19. 29.
2° Eriger, dresser autour de quelque chose
en parlant de quelque ouvrage d'archite-
cture. 1. Mach. 13. '29. His circumposuit co-
lumnas magnas : Simon Machabée fit dresser
de grandes colonnes tout autour des sept
pyramides qu'il avait fait dresser à son
père, à sa mère et à ses quatre frères.
CIRGUMSEDERE, TTcpi^àOnaQui. Ce verbe
composé signifie proprement : assiéger une
place : dans l'Ecr. :
1° Se jeter avec impétuosité sur quelqu'un,
et l'investir. 1. Mach 5. 3. Quia circumsede-
banl Jsraelitas : Judas était occupé à battre
les enfants d'Esaii dans l'Idumée et ceux qui
étaient dans Acrabalhane , parce qu'ils te-
naient toujours les Israélites comme inve-
stis.
2° Etre assis ensemble (o-uyxaeîÇetv) . Luc.
22. 55. Circumsedentibus illis : Les officiers
du grand prêtre étant assis ensemble auprès
du feu , Pierre s'assit aussi parmi eux.
ClRCUMSEPIRE,7r£ptyp«iTae£v. Ceverbe com-
posé signifie :
1° Ceindre et environner de toutes parts
pour fortifier ou défendre. 2. Mach. 10. 30.
Ar mis suis circumseptum incolumem conser-
vabant : Deux d'entre les cinq hommes que
les ennemis virent paraître du ciel, cou-
vraient Machabée de leurs armes , afin qu'il
ne pût être blessé: ce fut dans la bataille qui
se donna contre Timothée , après celle où il
avait été défait par les Juifs. Voy. v. 25. et 1.
Mach. 5. V. 34. 43. 44.
2'^ Renfermer, mettre comme en prison.
Baruch. 6. ïl.Sicut alicui quiregem offvndit
circumseptœ sunt januœ... ita tulanlur Sa-
cerdotes ostia clausuris et sem: Comme un
homme qui a offensé un roi est renfermé
sous beaucoup de portes dans une prison,
ainsi les prêtres des faux dieux les renfer-
ment sous beaucoup de serrures et de ver-
roux. Ainsi , Job. 19. 8. Sernitam meam cir-
cumsepsit : Le Seigneur a fermé de toutes
parts le sentier que je suivais. Job veut dire
que Dieu l'a tellement comme environné et
accablé de maux , qu'il ne voyait aucun
moyen d'en sortir.
CIRGUMSPECTARE. Ce verbe composé si-
gnifie :
Voir de tous côtés. Job. 15. 22. Circum-
spectans undique g[adium:Vimp'\e étant dans
la nuit, n'espère plus de retour à la lumière,
et il ne. voit 'de tous côtés que des épées
nues.
CIRCUMSPECTIO, De ctrcumspicere,el si-
gnifie :
Regard , vue de tous côlés , connaissance
de tout ce qui se passe. Eccli. 14. '22. Beatus
vir... qui in sensu co§itabit circumspectionem
Dei : Heureux est l'homme qui pense et re-
pense à cet œil de Dieu qui voit toutes cho-
ses
CIRCUMSPECTOR , <rxÔ7rof. Ce dérivé de
circumspicere signifie :
1° Qui regarde de tous côtés. Eccli. 37.18.
Anima viri sancti enuntiat aliquando yera,
quam septem circumspectores sedenles in ex-
717
CIR
CiR
718
celso ad speculandum : L'âme d'un homme
saint découvre quelquefois mieux la vérité ,
que sept sentinelles qui sont assises dans un
lieu élevé pour contempler tout ce qui se
passe : ceci peut marquer qu'un homme de
bien juge quelquefois mieux de ce qui lui est
propre, que plusieurs docteurs ne pourraient
faire ; ce qui est néanmoins extraordinaire.
2" Qui connaît tout , et voit tout. Eccli. 7.
12. Est qui humiliât et exaltai circwnspector
Veus ; 11 y a un Dieu qui voit tout , et c'est
lui qui élève et qui humilie. LEcrilure mar-
que ce qui doit empêcher de se moquer d'un
homme qui est dans l'amertume de l'afflic-
tion et de l'humiliation.
CIRCUMSPICERE , mpiQ.éneLv. Ce verbe
composé signifle :
1» Regarder de tous côtés. Eccli. 9. 7. Noli
circumspicere in viis ctïi/aft.«: Ne jetez point
les yeux de tous côtés dans les rues de la
\ille. L'Ecriture défend ceci , parce qu'on
est , par là , exposé à jeter la vue sur quel-
que objet dangereux au salut de l'âme, c. 23.
28.
2° Regarder, fixer la vue. Eccli. 9. 8. Ne
circumspicias speciem alienam : Ne regardez
point curieusement une boaulé étrangère.
Marc. 3. 5. Circumspiciens eos cum ira .Jésus-
Christ regarda avec colère les docteurs de la
loi et les pharisiens. V'oy. Luc. G. v. 7. 10.
Ce fut lorsque Jésus-Christ les vit dans le
silence à la question qu'il leur fit, savoir:
s'il était permis de faire du bien ou du mal
au jour du sabbat , eux qui épiaient s'il
guérirait le jour du sabbat un homme dont
la main droite était sèche , pour l'accuser.
V. 6. 7.
CIRCUMSTANTIA , je. Ce dérivé de ciV-
cumstare signifie proprement : l'action d'en-
vironner, en parlant de l'eau , de l'air qui
entourent les corps ; circonstance d'une af-
faire: dans l'Ecr.:
Clôture qui puisse arrêter {nepioyjo), Ps.
liO. 3. Pone, Domine, custodiam ori meo, et
ostium circumstantiœ labiis meis ; i. e. oslium
circumstans et claudens: Mettez à n)es lèvres
une porte qui les tienne fermées : ce qui
se doit entendre de la modération que David
demande à Dieu dans ses paroles , afin qu'il
ne sorte de sa bouche aucune parole d'im-
patience ou de murmure contre ses ennemis,
de qui il se voyait outrageusement persé-
cuté.
CIRCUMSTARE , 7r£/.â(7Tacr6ai. Ce verbe
composé signifie :
^l" Etre autour, se trouver présent. Gen.
37. 7. Putabam vestros... manipulas circum-
slantes adorare manipulutn meum: Il me sem-
blait que les gerbes que vous aviez liées ,
étaient autour de la mienne , et qu'elles l'a-
doraient. Le récit que fit Joseph à ses frères
de ce songe qu'il avait eu , augmenta leur
haine contre lui. Voy. v. 8. c. 23. 13. Joan.
37. 7. Joan. 11. 42. Proplcr populum qui cir-
cumslal, dixi, ut credant quia tu memisisli :
Je dis ceci pour ce peuple qui m'environne,
aCn qu'ils croient que c'est vous qui m'avez
envoyé.
2" Environner, escorter ^£V(5T«vat). 1. Reg.
22, 17^ Ait rex emissariis qui circumslabant
eum : Saùl dit aux archers qui l'environ-
naient : se. de tuer Achimélech et toute sa
famille , pour avoir favorisé David , comme
il est marqué, v. 10. 13. Ainsi , v. 6. Job.
29. 25.
3' Assaillir, attaquer, se présenter ou être
présent pour attaquer. Eccli. 46. 19. Invoca-
vit Dominum omnipoteniem in oppugnando
hostes circumstanles undique : Samuel a in-
voqué le Seigneur tout-puissant... lorsque
ses ennemis l'attaquaient de tous côtés. Ceci
regarde ce qui est dit . 1. Reg. 7. v. 7. 9. 10.
Ainsi , 2. Mach. 3. 26. Act. 2o. 7. Circum-
steterunt eum qui ah Jerosolyma descenderant
Judœi : Les Juifs , qui étaient venus de Jé-
rusalem , se présentèrent tous autour du
tribunal de Festus, à Césarée, où ils accusè-
rent saint Paul de plusieurs crimes , mais
sans preuves.
4° Se présenter à quelqu'un , s'asse:iibler
autour de lui. Ad. 9. 39. Circumstelerunt
illum omnes viduœ fientes :Tou[es les veuves
se présentèrent à saint Pierre en pleurant.
Les disciples , après la mort de Tabithe, l'a-
vaient envoyé prier de venir de Lydde à
Joppé, où étant venu il la ressuscita. Voy. v.
38. 40. 41. ^
5° Couvrir, envelopper, en parlant des
passions de l'âme , que l'Ecriture regarde
comme un vêtement qui tient le corps étroi-
tement serré. Hebr. 12. 1. Déponentes omne
pondus et circumstans nos peccotum: Déga-
geons-nous de tout ce qui nous appesantit ,
et de tout péché dont nous nous trouvons
enveloppés: ce qui s'accorde avec saint Paul.
Coloss. 3. 9. Expoliantes vos veterem homi^
nem.
CIRCDMTEGERE , izepixaliiTzxeiv. Ce verbo
composé signifie :
Couvrir de tous côlés. Heb. 9. 4. Aureum
habens thuribulum, et arcam testamenti cir-
cumtectam ex omni parte aura ; Dans le t.î-
bernacle appelé leSaint des Saints, était l'en-
censoir d'or, et l'Arche d'alliance toute cou-
verte d'or.
CIRCUMVALLARE , èy.eUBuv. Ce verbe
composé signifie :
Faire la circonvallaliou d'une place, as-
siéger, serrer de près. Isa. 29. 2. Circumval-
labo ^r/e/; J'environnerai Ariel de tran-
chées : Le prophète assure que Dieu sera
comme le général des armées des Babylo-
niens , qu'il devait envoyer assiéger Jérusa-
lem. Voy. Ariel.
CIRCUMVENIRE. Ce verbe composé si-
gnifie proprement, envelopper, fourber, sur-
prendre par fourberie : dans l'Ecr. :
1" Tromper, prendre adroitement, prendre
plus qu'il ne faut , et ce qui ne nous appar-
tient pas (7ra/;ax/>ov£tv). Gen. 31.7. Sed et pater
tester circumvenît f/»e; Vous savez que voire
père a usé envers moi de tromperie, en
changeant par dix fois ce que je devais avoir
pour récompense , dit Jacob à Rachel il à
Lia. Voy. V. 41. etc. 30. 32. 2. Cor. 1.2. Ne-
minem circumvcnimus (7r>îovexT«v) : Nous n'a-
vons pris le bien de personne: L'Apôlre dé-
7!^
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
7^0
clare aussi , c, 12. 17. qu'il n'a tiré le bien
d'aucun par adresse. Ainsi , c. 2. 11.
2° Dresser malicieusement des embûches
pour perdre (£v£§/;£ijnv). Sap. 2. 12. Circumve-
niamus ergo /usfum; Faisons tomber le juste
dans nos pièges, disent les méchants ; comme
il paraît que les Juifs ont tâché de faire à
l'égard de Jésus-Christ. En saint Luc , 20.
20. Ainsi , Act. 7. 19, Hic circiimveniens gé-
mis nostrum { /KTafroyiÇsaôat ) : Pharaon usa
d'une malice artificieuse contre notre nation,
dit saint Etienne dans son discours. Voy.
Exod. 1. V. 10. 11. 16. 22.
3^ Surprendre son prochain , en soUici-
lantsa femme à lui manquer de fidélité {ttIîo-
vc/.TEtv). 1. Thess. k. 6. Neque circumveniat in
negotio fratrem suuw; Que personne ne fasse
tort à son frère ; quoique quelques-uns ex-
pliquent ceci du tort que l'on peut faire dans
les affaires: cependant ce premier sens con-
vient bien avec ce qui suit. v. 7. et ce qui
précède , v. 3. 4. 5. Voy. Ephes. 4. 19.
CIRCUMVEiNTIO. Adresse , finesse à in-
venter des moyens (fzïôoSsta). Ephes. 4. 14.
Ad circumventionem erroris : Ne nous lais-
sons pas emporter à tous les vents des opi-
nions... par l'artifice dont les faux docteurs
se servent pour engager dans l'erreur.
CIS , Heb. Durns. — 1" Père de Saul , de
la tribu de Benjamin , et de la ville de Ga-
baon. 1. Par. 8. v. 33. 39. Ner autem gennit
Cis, et Cis gennit Saiil. 1. Rcg. 9. v. 1. 3. c.
10. v. 11. 21. Act. 13. 21. etc. — 2^ Fils de
Jéhiel Abigabaon, prince de Gabaon. 1. Par.
8. 30. Filius ejus primogenitus Abdon et Sur,
et Cis. c. 9. 36. Celui-ci fut oncle du père de
Saiil.— 3° Fils de Moholi , et petit-fils de
Mérari , qui était fils de Levi. 1. Par. 23. 21.
Filii Moholi, Eleazar et Cis. v. 22. c. 24-. 29.
— 4° Un Lévite, de la race de Mérari, du
temps d'Ezéchias. 2. Par. 29. 12. Porrode fi-
liis Mérari, Cis (îUus Abdi. — 5° Bisaïeul de
Mardochée. Esth. 2. 5. c. 11. 2.
CISSON ou CISON , Heb. Burus. Torrent
ou rivière qui coule du mont Thabor dans
la tribu de Manassé, se décharge dans la mer
de Galilée. Ps. 82. 10. Fac illis sicut Madian
et Sisarœ, sicut Jabin in torrente Cisson.
Traitez-les comme les Madianites , comme
vous avez traité Sisara et Jabin , proche le
torrent de Cisson. Judic. 4. v. 7. 14. c. o. 21.
3. Reg. 18. 40.
CISTERNA , M. ),âxxo;. De cista, œ.
Citerne , lieu creusé exprès pour recevoir
les eaux de pluie. Deut. 6. 11. Cum... Domi-
nus...dederit tibi... quas non exstruxisli cis-
ternas... ne obliviscaris Domini : Lorsque le
Seigneur vous aura donné des citernes que
vous n'aurez point creusées , prenez bien
garde de ne pas oublier le Seigneur, dit Dieu
d,'ins les ordonnances qu'il donne aux Israé-
lites, pour être observées dans la terre pro-
mise qu'ils allaient posséder. Gen. 37. v 20.
22. 2'+. etc. 2. Reg. 23. 14. Desideravit Da-
vid, et ait : O si quis îuilii daret polum aquœ
(h cistcrna quœ est in Bethléem : David, étant
pressé de la soif : Oh 1 si quelqu'un , dit-il ,
me donnait à boire de l'eau de la Cèterne
qui est à Bethléem : aussitôt , trois des plus
vaillants hommes passèrent au travers du
camp des Philistins , et allèrent puiser de
l'eau dans celte citerne, et la portèrent à Da-
vid ; mais David n'en voulut point boire:
Dieu me garde, dit-il , de faire cette faute ;
boirai-je le sang de ces hommes, et ce qu'ils
ont acheté au péril de leur vie ?
1° Le culte des idoles qui n'est point capa-
ble de contenter et de désaltérer Ihomme.
Jerem. 2. 13. Me dereliquerunt fdntem aquœ
vivœ, et foderunt sibi cisternas dissipatas .-Les
Juifs m'ont abandonné, moi, qui suis une
source d'eau vive , et ils se sont creusé des
citernes enlr'ouvertes qui ne peuvent retenir
l'eau.
2° La femme légitime que Dieu a donnée à
chaque mari [ùyyeïr)-/}. Prov. 5. 15. Bibe
aquam de cislerna tua : Buvez de l'eau de vo-
tre citerne ; i, e. ne recherchez point d'autre
femme que la vôtre. Voy. Aqua. Voy. Bi-
BERE.
S" Le cœur, dont la tête , où se font tous
les sentiments , tire toutes ses forces. Eol!.
12. 6. Antequam... confringatur rota super
cisternam : Souvenez-vous de votre Créa-
teur... avant que la roue se rompe sur la ci-
terne; j. e. avant que la tête, ne pouvant
plus avoir de communication avec le cœur,
ne puisse plus laisser à l'âme lieu d'exercer
ses jugements ou pensées , alors il faut que
l'homme meure ,
CITARE , x«">,£îv. Ce verbe vient de cieo, et
signifie :
i" Citer, appeler. Act. 24. 2. Citato Paulo
cœpit accusare Terf «//as ; Saint Paul ayant
été appelé, Tertulle commença de l'accuser:
ce fut à Césarée , devant le gouverneur Fé-
lix.
2° Agiter, émouvoir : de là vient :
CITATUS, ru^^ç. Léger, oppose à modéré ;
léger, subtil , qui passe vite. Eccli. 4. 34.
Noli citatus esse inlingua tua: Ne soyez point
prorapt de la langue ; i. e. en paroles, c. 18.
26. Ainsi , Citatus aer : L'air le plus subtil ,
comme Sap. 13. 2.
CITHARA , JE. Gr. xi6«ç«. Ce nom, qui est
grec , signifie :
1° Harpe, instrument de musique à huit
cordes. Ps. 56. 9. Exsurge, psalterium et ci-
tharœ : Excitez-vous, mon luth et ma harpe.
Le Prophète , pour s'exciter à chanter les
louanges de Dieu , s'adresse ainsi à ses in-
struments de musique dont il se servait. 1.
Par. 25. 1. De là vient:
Cithara Dei. Harpe de Dieu; i. e. belle,
rare, exquise; ce (lui est un Hébraïsmo
commun dans l'Ecriture. Voy. Gen. 23. 6.
Ps. 36. 7. ou harpe donnée do Dieu. Apoc.
15. 2. Vidi... cos qui vicerunt bestiam... /<«-
bentes citharas Dei :3c vis ceux qui étaient
demeurés victorieux de la bête... qui avaient
des harpes de Dieu ; i. e. propres et conve-
nables pour célébrer ses louanges.
2° Joie, ou marque de joie, prospérité.
Job. 30. 31. Versa est in luctum cithara mea .
Ma harpe s'est changée en de tristes plaintes :
c'est parce que cet instrument sert pour
exciter la joie. Isa. 23. 16. c. 24 8. 1 Mach.
3. 45.
n\
CIT
C.IV
7à«
CITHAR(^DUS,i. grecx£e«cwSô?. De cithara
et du verbe «Snv, canere.
Joueur tié harpe. Apoc. 14. 2. Audivi
vocem... sicut citharœdorum citharizanlium :
J'enlendis une voix qui venait du ciel, qui
était comme le son de plusieurs joueurs de
harpe qui louchent leurs harpes. Ceci a
quelque convenance avec 1. Par. 25. 1. où il
est parlé des joueurs de harpe choisis par
David et destinés pour chanter les louanges
de Dieu dans le temple de Salomon. Voy c.
23. V. 1. 5. et à ce qui est dit Apoc. o. 8.
CITHARIZARE. Du grec x£6«oi?Eiv,
Toucher la harpe, jouer des airs sur la
harpe ou sur quelque autre instrument sem-
blable. 1. Cor. l'i'. 7. Sive tibia, sive cithara,
nisi distinctionem sonituum dederint , quo-
modo scietur id quod... citharizatur ? Si le
son de la flûte ou de la harpe n'est distinct,
comment connaî(ra-t-on ce qui est chanté
sur la flûte ou sur la harpe? Apoc. li. 2.
CITO, ra/ù, adverbe de temps, qui vient
de citus, et signifle :
1° Tôt , en peu de temps, bientôt. Ps. 36.
2. Quemadmodiim olera herbarum cito déci-
dent : h^s, méchants se faneront aussi vite
que les herbes et les légumes Prov. 29, 25.
Qui timet hominem cito corruet : Celui qui
craint les hommes (se. plus que Dieu) tom-
bera bientôt. Voy. 2. Mach. 15. 28. et c. li.
28. Apoc. 1. 1. Quœ oporlet fieri cito : Les
choses qui doivent arriver bientôt, c. 22. 12.
Ecce venio cito: Je m'en vais venir bientôt.
Tout le temps en comparaison de l'éternité
est compté pour rien. Quelques-uns disent
que quand Jésus-Christ dit qu'il viendra
bientôt, cela marque qu'il viendra assuré-
ment. Ainsi, y. 20. c. 11. li.
2" Vile, diligemment. Deut. 9. 12. Descende
hinc cito {■corcc/_o;) : Descendez vite de cette
montagne, dit Dieu à Moïse, lui donnant les
deux Tables de la loi, et se plaignant du
peuple qui idolâtrait. Exod. 32.8. Recesserunt
cito de via. Malth. 5. 25. Esto consentiens
adversario tuo cito : Accordez-vous au plutôt
avec votre adversaire. Jésus-Christ marque
ici l'obligation de se réconcilier avec ses en-
nemis, c. 28. V. 7. 8.
S"" A la hâte, avec empressement. Joan.
11. 29. Ul aadivit, surgit cito : Marie (sœur
de Lazare) n'eut pas plutôt entendu dire à
Marthe (que Jésus-Christ était venu) qu'elle
se leva et l'ail i trouver. Jésus-Christ était
venu pour ressusciter Lazare. Voy. v. 11.
IV. Ainsi, v. 31. Luc. 16. 6. Delà vient:
Cito facêre , -v/j-jn;^ Faire quelque chose
négligemment, s'en lasser aussitôt. Ps. 105.
13. Cito fecerunl : Los Israélites se lassèrent
bientôt de faire retentir les louanges de Dieu.
Le V. 11. fait juger que le Prophète parle du
cantique de Moïse qu'ils chantèrent. Exod.
15. 1. el trois jours après ils murmurèrent
contre Moïse, v. 22. 2V.
4." Légèrement, indiscrèlcmenl {■:Kyj(aç).Ga\.
1. 6. Miror quod sic lam cito iransferimini ab
eo qui vos vocavit in grnliam Christi : Je m'é-
tonne que you» abandonniez sitôt celui qui
vous a appelés à la grâce de Jésus-Christ.
Saint Paul reprend les (ialales de ce qu'ils
suivaient certains docteurs qui voulaient
joindre la pratique de la loi à la foi de Jésus*
Christ. 2. Thess. 2. 2. 1 Tim. 5. 22. Manus
cito nemini imposucris : N'imposez pas légè-
rement les mains à personne, mais après un
sérieux examen.
5° Dans son temps, ce qui se dit d'une
chose qui se doit accomplir aussitôt que le
temps propre sera arrivé (iv Tx/îi). Luc. 18.
8. Cito faciet vindictam illorum : Dieu fera
justice dans peu de temps à ses élus. Ce temps
semble être marqué, Apoc. 5. v. 6. 11. Ainsi,
c. 2. V. 5. 16. c. 3. 11. c. 22. v. 12. 20. Ecce
venio cito : Je vais venir bientôt. Il semble
que Jésus-Christ marque ce temps. Voy. Luc.
18. 8.
6° Facilement, aisément, sans répugnance.
Marc. 9. 38. Nemo est qui faciat virtutem in
nomine meo, et possit cito maie loqui de me :
Il n'y a personne qui ayant fait un miracle
en mon nom puisse aussitôt après parler
mal de moi, dit Jésus-Christ à saint Jean.
Voy. v. 37. De là vient le comparatif.
CITIUS, T«x'ov. 1° Plus vite. Joan. 20. i.
Ille aiius discipulus prœcucurrit citiusPetro :
Cet autre Disciple (que Jésus aimait) courut
plus vile que saint Pierre et arriva le pre-
mier au sépulcre
2^ Tôt, au plus tôt. Joan. 13. 27. Quodfacis,
faccitius : Faites au plus tôt ce que vous faites,
dit Jésus-Christ à Judas. Voy. V. 26. Ainsi,
1. Mach. 2. iO. 2. Mach. li. 27. Isa. 58. 8.
3° Après, dans la suite. 1. Mac. 6. 62, Ru-
pit citius juramentum : Il rompit bientôt le
traité qu'il avait fait avec serment. Il paraît,
2. Mac. G. 62. que cette rupture n'arriva
que depuis son départ de Jérusalem, après
avoir vaincu Philippe.
CIVILITAS , ATis. De civis, et signifie pro-
prement civilité, honnêteté, manière de con-
verser, telle que doit être celle des citoyens
d'une ville entre eux. Dans l'Ecriture :
Droit de bourgeoisie (Tro/t-da). Act. 22. 28,
Ego multa summa civilitatem hanc conseculus
su7n : Il m'a bien coûté de l'argent pour ac-
quérir ce droit d'être citoyen romain, dit lo
Tribun à saint Paul. On ne convient pas s'il
faut lire ici civilitas ou civitas ; les lexles
sont différents; mais le mot civitas est plus
latin en ce sens, au lieu que civilitas signifie
civilité, politesse.
CIVIS, is. -o/irr/?. De cico, cito, assembler.
1" Citoyen , bourgeois , qui jouit des droits
de bourgeoisie dans une ville; ce qui se peut
entendre ou des bourgeois nés originaire-
ment dans une ville, comme 2. Mach. 5. 5.
Civibus ad inurum convolantibus : Les ci-
toyens de Jérusalem accoururent de tous
côtés aux murailles, poar défendre la ville
contre Jasun, qui sur un faux bruit de la
mort d'Anliochus l'attaqua et la prit : ou do
ceux qui étant nés des colonies d'une ville
él.iionl allés habiter d'autres villes el jouis-
saientdes privilèges de la villed'où ils étaieni
partis, et même leurs descendants en étaieni
appelés bourgeois. Saint Paul, natif de Tarse,
on Cilicie, Act. 21. 39. était citoyen romain ,
c. 22. V. 26. 27. 28. Ceux qui avaient acheté
^5
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
ni
le droit de bourgeoisie d'une ville en étaient
appelés bourgeois^ v. 28.
2° Compatriote, soit qu'il soit de la même
ville ou du même pays (ut'ôs toû >aoû). Levit,
19. 18. Nec memoreris injuriœ civium tuoriim:
Ne conservez point le souvenir de l'injure de
vos citoyens pour vous en venger. Voy. ce
commandement pratiqué par Joseph et par
Jephté. Gen. 50, v, 17. 21. et Judic. 11. v. 2.
6. 11, Ainsi, Luc, 19. 14. Cives ejus oderant
eum: Les citoyens de cet homme de grande
naissance le haïssaient. Voy. v. 12. Jésus-
Christ, qui figure ici la haine que les Juifs
avaient contre lui , la marque clairement
dans saint Jean, 15, v. 24. 25.
3° Habitant du pays, Luc. 15, 15. Adhœsit
uni civium regionis illius : Le jeune homme
qui avait reçu de son père la part de son
bien, 1 ayant* tout dissipé dans un pays étran-
ger, s'altacha au service d'un des habitants
du pays.
Ce mot civis étant opposé à peregrinusy
comprend dans sa signification tous les ha-
bitants d'un pays. Levit. 24. v, 16, 22. Num.
15. 30. De là vient :
Les membres de l'Eglise, les fidèles oppo-
sés aux païens [cvifKoki-znç)- Ephes. 2. 19. Jowi
non estis hospites et advenœ, sed estis cives
sanctorum et domeslici Dei : Vous êtes ci-
toyens de la même cité que les saints. Celle
cité et cette maison est lEglise. Voy. Philip.
3.20.
CIVITAS, Tis. mliç. 1° Ville, cité, ou as-
semblée de citoyens. Hebr. 13. 14. Non hahe-
mus hic manentem civitatem: Nous n'avons
point ici de ville permanente. Ps. 138. 20.
Accipient in vanilate civitates tuas : C'est en
vain que les justes posséderont les villes que
vous leur aurez données, disent les ennemis
du peuple de Dieu, se voyant chassés de leurs
terres [)ar les Israélites secourus de Dieu.
Num. 24. 19. Perdet reliquias civitatis : Le
dominateur de Jacob perdra les restes de la
cité; î. e. de chaque ville de l'Idumée : ce
qui a rapport au 3. Reg, 11. v. 15. 16. D au-
tres l'expliquent de Rome qui étail la capi-
tale de l'idolâtrie au temps du Messie.
2° Ville sans rapport aux citoyens. Matlh.
5.14. Non potest civitas abscondi supra mon-
tem posita ; La vie des apôtres et des mini-
stres de l'Eglise est en vue comme une ville
située sur une haute montagne
3° La ville de Jérusalem est appelée Civi-
tas par les Chaldéens. Voy. 4. Reg. 25. v. 9.
10, Ezech, 33. 21. Vastata est civitas : La
ville a été ruinée. Zach. 14. 2. Capietur ci-
vitas : La ville sera pillée par Antiochus
Epiphanes, qui, en trois jours, fil luor
quatre-vingt mille personnes, eu fit enchaî-
ner quarante mille et eu vendit encore au-
tant. 2. Mac. 5. 14. Ainsi, Habac. 2. v. 8.
17. Matlh. 26. 18. c. 28. 11. Marc. 14. v. 13.
16. Luc. 22. 10. c. 23. 19. Joan. 19. 20. Isa.
52.
4" Village ou bourg. Luc. 8. 4. Cum de
civitatibus properarent ad eum : Le peuple
»e pressant de sortir des villes pour venir
Ycrs Jésus. Marc. 1. 38.
5" Ville avec ses dépendances, une pro-
vince, un gouvernement, un état, une repu-
blique , tout un pays entier, une contrée
(vô'aoj). 1. Mach. 10. 30. Ne accipiatnr a
terra Juda, et a tribus civitatibus quœ additœ
sunt illi ex Samaria et Galilœa ;.Je ne veux
plus qu'on lève (tout ce que j'avais droit de
prendre) sur le pays de Juda ni sur les trois
villes qui lui ont été ajoutées de Samarie et
de Galilée. Démélrius remet aux Juifs tous
les tributs qu'il levait dans la Judée, en re-
connaissance de leur fidélité. Ces villes sont
appelées en grec vôpto? à l'imitation des Egyp-
tiens. Ps. 126. 2. Nisi Dominus custodierit
civitatem: Si le Seigneur ne garde une ville,
c'est en vain que veille celui qui la garde.
Ose. 6. 8. Voy. v. 12. 11. Mich. 6. 9. Vox
Domini ad civitatem clamât : Le Seigneur
parle à la ville avec une voix puissante ,
c'est-à-dire à tous les Juifs.
Les habitants d'une ville. 1. Reg. 4. 13.
Ululavit omnis civitas: Il s'éleva un grand
cri parmi tout le peuple (de Silo); ce fut à la
nouvelle de la défaite de l'armée des Israéli-
tes et de la prise de l'Arche par les Philistins.
Voy. V. 17. Voy. c. 24. 16. 3. Reg. 1. v. 41.
45. Esth. 8. 15. Prov. 11. 10. c. 29. 8. Jer. 4.
29. etc.
Le paradis, le ciel des bienheureux, est
appelé Ville, par excellence. Apoc. 14. 20.
Hebr. 11. 10. Ps. 72. 20. Domine, in civilate
tua, imaginem ipsorum ad nihilum rédiges .
Vous réduirez au néant dans votre cilé la
vaine image du bonheur des pécheurs.
Façons de parler.
Civitas nostra. 1° La ville où nous sommes
nés ou du ressort de laquelle nous sommes
seulement, soit que nous y demeurions ou
non. 1. Reg. 1. 3. Ascendebat de civitate sua ;
se. de Ram;!tha. 2. Reg. 15. 12. 3. Reg. 21.
8. Joan. 1. 44. Luc. 2. 3. C'est dans ce sens
que la ville de Bethléem est appelée Civitas
David. Luc 2. v. 3. 4. Ascendit... Joseph a
Galilœa de civitate Nazareth in Judœam in
civitatem David, quœ vocatur Bethléem : Jo-
seph partit de la ville do Nazareth, qui est
en Galilée, et vint en Judée à la ville de
David appelée Bethléem, pour se faire enre-
gistrer avec la sainte Vierge, v. 11. 1. Reg.
2. G. Joan. 7. 42. Civitas nostra, s'entend
aussi de la ville doù nos ancêtres sont sortis,
quoique nous n y soyons pas nés. 1. Esd. 2.
v. 1.70. c. 3. 1. c. 10. 14. 2. Esdr. 7. v. 6.
73. c. 8. 15. c. 11. 3.
2° Ville où nous faisons notre demeure,
quoique nous n'y soyons pas nés. Matlh. 9.
1. Venii in civitatem sunm : Jésus vint à sa
ville; il paraît selon saint Marc, 2. 1. que
c'était Capharnauin où il faisait sa demeure.
Voy. Matth. 4. 13. Luc. 2. 39. Reversi sunt
in Galilœam in civitatem suam Nazareth : Le
père et la mère de Jésus s'en retournèrent en
Galilée, à Nazareth, leur ville; Joseph y
était venu demeurer. Matth. 2. 23. Ainsi, les
villesdes lévites qui leur avaienlété données,
les villes des rois qui sont leurs capitales ;
dans ce sens la fortercisso de Sion, ou la
ville de Jérusalem est appelée, civitas Da-
vid. 2. Reg. 5. v. 7. 9. c.6. v. 10.12. 16. Voy.
Urbs.
7«5
CLA
CLA
7i6
3' Ville où nous sommes nés, ou que nous
habitons. Levil. 26. v. 31. 33. Civitates ve-
strœ dirutœ : Toutes vos villes seront ruinées.
Deut. 28. 52. Jos. 20. 6. 1. Reg. 8.22. Yadat
unusquisque in domum suam : Que chacun
retourne en sa ville, dit Samuel à tout le
peuple , après que Dieu lui eut répondu
sur la demande qu'avait faite le peuple d'a-
voir un Roi. c. 31. v. 7. 3. Reg. 22. 36.
Thren. 3. 51. Matth. 11. 1. c. 22. 7. Act. 16.
20. etc.
Civitas Dei, Domini, Régis magni, civitas
sancla. La ville de Jérusalem est appelée de
la sorte par excellence, parce que de tous
les lieux du monde c'était le seul où l'on
exerçait le culte du vrai Dieu, dans le temple
qui y avait été bâti à son honneur(Voy. Joan.
k. 20.; Ps. io. 5. Fluminis impetus ïœtificat
civitatem Dei : Un fleuve réjouit la cité de
Dieu par l'abondance de ses eaux ; ces eaux
viennent de la piscine de Siloé , de la fon-
taine do Gihon et de l'aqueduc. Voy. i. Reg.
20. 20. 2. Par. 32. 30. Joan. 9. 7. Ps. 100. 8.
Ps. i7. V. 1. 2. 9. Ps. 86. 2. Jérusalem était
la figure de l'Eglise, soit triomphante, Apoc.
21. 2. Ps. 72, 20. A quoi se rapporte, Apoc.
n. 20. Hebr. 11. v. 10. 16. soit militante,
H. br. 12. 12. Apoc. 3. 12. c. 11. 2. etc. Elle
est nommée, Isa. 52. 1. Civitas Sancti : La
ville du Saint; i. e. de Dieu, qui est saint
par excellence ; Hebr. Civitas sancta, comme
en plusieurs endroits de notre Vulgate. Ainsi
Zach. 7. 3. Vocabilur Jérusalem civitas veri-
tatis : Jérusalem sera appelée ta ville de la
vérité. Cette prophélie regarde l'Eglise, car
c'est elle proprement qui mérite d'être ap-
pelée la tille de la vérité, parce qu'elle rend
à Dieu un culte véritable et sincère. Voy.
Moxs.
Civitas magna. Jérusalem est encore ap-
pelée de ce nom, si ce n'est plutôt Rome
uuïonne. Apoc. 11. 8. Corpora eoriim jace-
hunt in plaleis civitatis magnœ : Les corps
(le mes deux témoins seront étendus dans les
rues de la grande ville qui est marquée par
la prostituée, à cause de son idolâtrie, c. 17.
18. etc.
Civitas David. — 1° La citadelle de Jéru-
salem que David gagna sur les Jébuséens.
2. Rog. 5. V. 7. 9. c. 6. v. 10. 12. 16. etc. —
2' La \ille de Bethléem, lieu de la naissance
de David. Luc. 2. v. 4. 11. 1. Reg. 20. 6.
CLADES, is. o-vpyooà. De z)âw, frango ,
rompre, surtout les brîinchis des arbres, qui
se nomment pour cela yj.x^ot. Ainsi, origi-
nairerru'ut, clades est une grande destru-
ction de branches, comme calamilas une de-
siruction de branches ou de roseaux, et si-
gnifie proprement grande perte d'hommes
qui i)éri->!>ent dans un combat sur terre ou
sur mer ; dans l'Ecriture :
Malheur, perte, défaite. 2 Mach. IV. v. IV.
40. Putnbat... si illuvt decepisset se cladem
Jiidœis maximam illalurum: Nicanor croyait
que , s'il séduisait Rasias , il ferait aux Juifs
un gr.iiid m.il.
CLAM, //l'jyrj, ÏK^fici. Cet adverbe, qui sem-
ble éire mis connue pour cclam , vient du
Verbe celurc, et signifie ;
1" A rinsu de quelqu'un, sans qu il le sa-
che. Gen. 31. 26. Quare ita egisti tit clam me
abigeres filias meas ? Pourquoi m'avez-vous
traité de la sorte, en m'enlevant ainsi mes
filles sans m'en rien dire? dil Laban à Jacob.
1. Reg. 18. 22. Loquimini ad David clam me :
Parlez à David comme de vous-même ; Saiil
fait proposer à David de penser à être son
gendre, de là vient •
Clam aliquo rem esse. Une chose est à
l'insu de quelqu'un quand il lignore et qu'il
ne la sait pas. Gen. 47. 18. Nec clam le est
quod absque corporihus et terra nihil habea-
mus : Vous n'ignorer pas qu'excepté noire
corps et la terre, nous n'avons rien, disent
les Egyptiens à Joseph.
2° Secrètement, en secret, sans que d'au-
tres l'entendent. Matth. 2. 7. Herodes clam^
vocatis magis . Hérode fît venir les mages eii
particulier pour s'informer du temps que
l'étoile leur était apparue. Deut. 13. 6.
CLAMARE , y.iiâiîfj , y.pavycc^sn , |5oJtv. Ce
verbe vient de y.pv.%oi, clamo, ou de -/.).«Ç'-o,
clango, ou de l'Hébreu col, vox, sonus.
i° Crier, pousser des cris, s'écrier en par-
lant (îJwvrtv). Ps. 113. 15. Non clamabiint in
guttur'e sua : Avec la gorge qu'ont les idoles,
elles ne pourront crier. Joan. 10. 6. Ponti-
fîces et ministri clamabant : Les^ princes deà
prêlres et leurs gens se mirent à crier à Pi-
late de condamner Jésus-Christ à être cruci-
fié; ces sortes de cris marquent de la légè-
reté, de lemporlement et de la fureur; mais
les sages , qui sont posés , doux et paisibles ,
ne crient point. Matth. 12. 19. Non conten-
det, neque clamabit : Mon bien -aimé ne
disputera point , il ne criera point. Saint
Matthieu cite ce passage comme un accom-
plissement de la prophélie d'Isa'ie, 42. 2. sur
ce que Jésus-Christ se retira ayant appris
que les pharisiens cherchaient à le perdre;
crier s'entend aussi dans ce dernier passage
pour criailler, faire grand bruit.
2° Crier, marquer par des cris quelque
grand malheur ou affliction, soit qu'on le
ressente, soit pour le voir seulement tomber
sur un autre. Isa. 15. 4. Clamabit Hesebon
et Eleale . Héscbon et Eléale jelteront de
grands cris : ce sont deux villes des Moa-
bites ; ces peuples furent réduils par David.
2. Reg. 8. 2. Apoc. 18. v. 18. 19. Isa. 15. 5.
Jerem. 48. 31. Ainsi. Ps. 31.3. Ps. 21. 4.
3° Publier hautement, reprendre avec zèle,
annoncer de la part de Dieu. Isa. 40. 3. Voy.
Luc. 3. 4. Vox clamanlis in déserta : On en-
tendra la voix de celui qui crie dans le dé-
sert. V. 6. Vox dicenlis clama ; et dixi : quid
clamabo : Une voix m'a dit : Criez 1 et j ai
dit : Que crierai-je? Dieu ordonne au Pro-
phète de faire connaître que tous les hom-
mes sont périssables, c. o8. 1. Luc. 8. 8.
Joan. 7. 28. c. 12. 44. Rom. 9. 27.
4''Faire connaître quebjuechosc qui est ca-
ché, el en porter hautement témoignage. Luc .
19. 40. 5» lii tacuerinl^ lapides clamabunt :
Si ceux-ci se taisent, les pierres mêmes crie-
ront ; si les disciples de Jésus-Christ n'eus-
sent pas fait entendre leurs acclamations
avec tcllci du peuple à son entrée dans Jéru-
lil DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
salem, Dieu, par un miracle» eût fait crier les
pierres, dit saint Jérôme. Ainsi , Habac, 2,
11. Lapis de pariete clamabit : La pierre
criera du milieu de la muraille contre celui
qui aura bâti sa maison de rapines et d'in-
justices : ce qui est une hyperbole qui mar-
que qu'une chose sera certainement.
5" Faire crier et demander miséricorde.
Gai. k. 6. Misit Deus spiritum Filii sui in
corda vestra clamantem : Abba, Pater : Dieu
a envoyé dans vos cœurs l'esprit de son Fils
pour vous faire crier : Mon Père, mon Père.
Voy. Rom. 8. 15.
6 Marquer par des cris le transport de sa
joie. Gai. 4. 27. Erumpe et clama quœ non
parturis : Eclatez et poussez des cris de
joie, vous qui n'enfantez point. L'Apôtre
cite Isa. 54. 1. pour prouver combien l'état
de l'Eglise de Jésus- Christ, ûgurée par Sara,
était préférable à la synagogue , flgurée par
<Agar.
Phrases tirées de ce mot, soit ea sigaification propre, soit
en signitication mélapliorique.
Clamare ad aliquem. Adresser ses cris à
quelqu'un , pousser vers lui ses cris : 1* pour
en obtenir du secours. Job. 30. 20. Clamo
ad te et non exaudis me : Je crie vers vous, ô
mon Dieu 1 et vous ne ra'écoutez point. Ps.
129. 1 Ps. 65. 17. et souvent ailleurs dans les
psaumes : ee qui s'entend aussi des cris du
cœur vers Dieu , sans que la voix y ait part ,
comme, Exod. li. 15. Quid clamas ad me ?
Pourquoi criez-vous à moi, dit Dieu à Moïse ;
où dans le v. 10. non plus qu'ailleurs, il ne
paraît point que Moïse ait crié en celte ren-
contre; 2^ pour lui demander vengeance, ce
qui doit s'entendre métaphoriquement , et
comme une expression qui marque l'énor-
inité et l'excès de quelques crimes dont il
sagit. Dans ce sens quatre choses crient à
Dieu : 1° l'homicide et le meurtre commis
volontairement. Gen. i. 10. 2° le péché de
Sodorae. Gen. 18. 20. 3° le salaire des ou-
vriers que l'on relient, Job. 31. 39. Jac. o.
h. Voy. Levit. 19. 13. Delt. 24. 15. h" l'op-
pression des veuves, des orphelins et des
pauvres. Exod. 22. v. 22. 23. c. 2. 23.. Ainsi,
Habac, 2. 11.
CLAMITARE. Fréquentatif de clamare,^ et
signifie proprement crier souvent; dans l'E-
criture :
1° Dire hautement, se faire entendre à tout
Je monde. Prov. 1. 21. In capite turbariim
clamitnt : La Sagesse crie à la tête des as-
semblées du peuple, c. 8. v. 1. 4. La Sagesse
parle aux hommes par la raison , par les
créatures, parles apôlrcs et par les pro-
phètes.
2' Avertir à haute voix, prédire hautement
(è77£x«>.-raOat). Jerem. 20. 8. Vociferans ini-
guitatcm et vastitatem elamilo ; Il y a long-
temps que je crie contre les iniquités des
Juifs et que je leur prédis une désolation gé-
nérale de la part des Chaldéens , qui arriva
enfin au temps d'Osée. 4. Rcg. 17. 6.
CLAMOR, is. y.f.c/.^jyn. Ce nom vient de z.ûkÇw,
clamo.
1" Cri , ce qui est quelquefois un effet de
douleur et d'offliclion {y-tW,). Gen. 27. 34.
728
Irrugiit clamore magno : Esaii jeta un grand
cri , lorsque Isaac lui eut dit qu'il avait
donné sa bénédiction à Jacob en sa place.
Les cris marquent quelquefois un esprit
hautain , farouche , impérieux , irrité. Job.
39. 7. Eccl. 9. 17. Clamor principis inter stul-
tos : Les cris de celui qui domine entieles
insensés. Ephes. 4. 31. Omnis amaritudo, et
ira... et clamor... tollatur a vobis : Bannissez
loin de vous toute aigreur, toute colère ,
toute crierie.
2° Cri de joie , et en témoignage de recon-
naissance au jour d'une fête. Esth. 9. 31. 7//»
observanda suscepenint... jejunia et clamores,
et sortium dies : Les Juifs s'engagèrent à ob-
server ces jours solennels du sort , en jeû-
nant et en adressant leurs cris à Dieu ; d'au-
tres l'entendent des prières ferventes.
3° Cri par lequel on implore le secours du
ciel. Ps. 5. 1. Intellige clamorem meum : En-
tendez mes cris; Hebr. Mon gémissement.
Ps. 9. 13. Exod. 2. 23. Heb. 5. 7. Preces sup-
plicationesque... cum clamore valida et lacry-
mis offerens : Jésus-Christ a offert avec un
grand cri et avec larmes ses prières et ses
supplications au Père éternel pour le tirer de
la mort. Voy. Ps. 15. 10. Le mot hébreu si-
gnifie Clamor et oratio.
§ 1. — Injure, violence , oppression faite
avec impudence. Isa. 5. 7. Et ecce clamor :
J'ai attendu que les Juifs (que je regardais
comme une vigne agréable) portassent des
fruits de justice , et je n'entends qu'injustice
et injure dont on se plaint contre eux. Voy.
ces injustices aux versets suivants. Job. 34.
28. L'oppression est marquée par les cris de
ceux qu'on opprime.
§ 2.— Affliction, ruine, grande défaite (/3oà)
Isa. 15. V. 5. 8. Clamorem contritionis leva-
bunt : Les Moabites feront retentir leurs
cris et leurs plaintes de l'affliction où ils se-
ront. Voy. Clamare 2°. Jerem. 50. 46. Ps
143. 14. Apoc. 21. 4. elc.
§ 3. — L'excès et l'énormité des crmies qui
demandent vengeance à Dieu est marquée
par ce mot. Gen. 18. v. 20. 21. c. 19. 13. Eo
quod increverit clamor eorum coram Domino :
Nous allons détruire Sodome, parce que le
cri des abominations de ces personnes s'est
élevé de plus en plus devant le Seigneur,
disent les deux anges à Loth.Voy. v. i. Ainsi,
Exod. 22. 23. Job. 3'*. 28. Quand l'iniquité de
l'homme est venue jusqu'à ne se plus cacher
et à perdre toute honte, alors elle crie en
quelque sorte et demande à Dieu vengeance.
Aug. Locut. l. I. Voy. Isa. 3. 9. Quatre sor-
tes de cris demandent vengeance de la sorte,
comme il est remarqué dans clamare.
Phrase tirée de la sigaiâcation de ce verbe.
Clamorem audire. Etre dans des frayeurs
continuelles. Jerem. 20 16. Audiat clamorem
mane : Que l'homme qui porta la nouvelle
de ma naissance à mon père, entende les
cris dès le matin; le Prophète parle des cris,
comme d'ennemis qui assiégeraient une ville
où serait cet homme , ou de personnes mou-
rantes autour de lui, et il parle de sa propre
naissance. .
729 CLA
CLAMOSUS, A, UM. Grand crieur, criard ,
' qui crié volontiers en parlant des personnes
{$û9.(Tvç). Prov. 9. 19. Millier stuUa et da-
mosa : Femme insensée et querelleuse
CLANGERE , yààyy.tv, (jc/lnii^îr^. Ce verbe
qui est grec vient du son même de la trom-
pette, et signifie :
Sonner du cor, de la trompette. Ose. 5. 8.
Clangite buccina : Sonnez du cor à Gabaa,
pour faire entendre l'arrivée des ennemis.
Amos 3. 6. Si clanget tuba in civitate, et po-
pulus non expavescet (ipwvctv) ? La trompette
sonne-t-el!e dans la ville sans que le peuple
soit dans l'épouvante? Num. 10. 4. Si semel
clangueris, pour clanxeris ; et ce prétérit ne
se trouve qu'en cet endroit, v. 9. Voy. Se-
mel.
CLANGOR. Son de trompette, Amos. 2. 2.
Morietur in sonitu Moab in clangore tiibœ
(y.pavyà) : Les Moabiles périront parmi le
bruit des armes et l'effroyable son des trom-
pettes.- Job. 39. 2i. Nec reputat tubœ sonare
clangorcm (oTjpiKivetv) : Le cheval de guerre
est intrépide au bruit des trompettes.
CLARE. — 1° Clair, clairement, distincte-
ment, avec clarté. Gen. i8. 10. Clare videre
non poterat : Jacob ne pouvai» l)ien voir; i.
e. assez bien pour distinguer Ephraïm de
Manassé, sans être proche de lui. Voy. v. 9.
13. li. Marc. 8. 25. De là vient celte phrase :
Clare incedere. Etre en mouvement étant
plein de lumière; s'entend de la lune lors-
qu'elle est pleine. Job. 31. 26. Si vidi... lu-
nam incedentem clare : Si j'ai regardé la lune
lorsqu'elle était la plus claire, dans le des-
sein de lui rendre un culte religieux à la fa-
çon des païens qui adoraient le soleil et la
lune. Voy. Jer. k3. 13.
2° Haut, hautement, en sorte qu'on l'en-
tende. 2. Esdr. 12. 4L Clare cecinerunt can-
tores : Les chantres firent retentir bien haut
leurs voix en chantant; lors de la dédicace du
mur de Jérusalem. 1. Reg. 14. 19. \TumuUus)
clarius resonabat : Le bruit confus qui venait
du camp des Philistins retentissait de plus en
plus, lorsqu'ils se percèrent l'un l'autre dans
l'effroi et le trouble que Dieu causa dans leur
armée par le moyen de Jonaihas accompagné
de son écuyer. Voy. v. 13. 15. 20.
GLAREREjSc^àÇEfTeK'-.Elre illustre, glorieux,
éclatant, paraître avec éclat. 2. Cor. 3. 10.
Nec glorificalum estquodclaruit in hac parte:
Le miuislère de la loi de Moïse, quelque
glorieux qu'il ait été, ne l'est point en com-
paraison de celui do l'Evangile.
CLARIFICARE, oo^Jt^stv, Eclaircir, rendre
plus clair, en parlant des yeux , de la vue;
dans l'Ecr. :
1* Rendre glorieux , glorifier quelqu'un ,
faire connaître quelle est sa gloire, et en
donner des preuves. Joan. 12. 23. Vcnillwra
ut clarificelur filins hominis : L'iietire est
venue que le Fils de l'Homme doit être glo-
rifié, dit Jésus-Christ, v, 28. Et clarificari,
et iterum clarificabo : Je Vi\ déjà glorifié , se.
(par les miracles qu'il a faits; cl je le glori-
fierai encore ; celle gloire par Ia(|uclle Jésus-
Christ devait être glorifié, et devait glorifier
son Père, était celle qu'il devait acquérir par
CLA
750
sa Passion, sa Résurrection, son Ascension
et la conversion du monde, c. 13. v. 31. 32.
c. 15. 8. c. 16. 14. nie me clarificabit , quia
de meo accipiet: Le Saint-Esprit me glorifiera,
parce qu'il recevra de ce qui est à moi; se.
la plénitude de ma divinité et de ma sagesse,
procédant de moi comme de mon Père. c. 17.
v. 1. 4. 5. Clarifica me tu, Pater, apud temet-
ipsum. Faites connaître que je suis Dieu,
dit Jésus-Christ, c. 21. 19. Hoc autem dixit,
signi ficans quamorle clarificaîurus esset D eum :
Jésus-Christ dit cela à saint Pierre, pour
marquer de quelle mort il devait glorifier
Dieu. Le martyre rend gloire à Dieu. Voy.
Maldon. m Joan. 21. 19.
2° Approuver, relever avec louange et avec
estime. Act. 4. 21. Omnes clarificabant idquod
factum fuerat : Tous rendaient un témoignage
éclatant du miracle qui s'était fait; se. de la
guérison qu'avait faite saint Pierre de l'hom-
me boiteux dès le ventre de sa mère. Voy.
Act. 3. V. 2. 6. 7. 8. Ainsi, 2. Thess. 3. 1.
3° Remercier publiquement, rendre gloire.
Gai. 1. 24. In me clarificabant Deum : Les
églises chrétiennes de Judée rendaient gloire
à Dieu de la grâce qu'il m'avait faite, en me
changeant de persécuteur de son Eglise en
prédicateur de l'Evangile. Voy. v. 23. Act./».
21. selon le Grec.
4° Elever en dignité. Hebr. 5. 5. CItristus
non semetipsuin elarificavil ut Ponlifex fieret:
Jésus-Christ n'a point pris de lui-même la
qualité glorieuse de pontife.
CLARITAS, ATis, ôôîa. Clarté, lumière. 1.
Cor. 15. 41. Alia elaritas solis, alia claritas
lunœ , alia claritas stellarum : Autre est la
clarté du soleil, autre celle de la lune, autre
celle des étoiles. Act. 22. 11. De là vient,
Claritas Dei. J^umière très-éclatante, très-
grande clarté. Voy. Deus. Luc. 2. 9. Claritas
Dei circumfalsit illos : Une lumière divine
environna les bergers à la présence de l'ange
qui leur annonça la naissance de Jésus-
Christ.
Parce que la lumière et la clarté est la
plus noble de toutes les qualités sensibles, et
approche le plus de la qualité spirituelle,
elle marque souvent la gloire et l'honneur
tant de Dieu que de la créature spirituelle.
1° Gloire, majesté divine. 2. Cor. 3. 18.
Nos omnes in eamdem imaginem transforma-
mur a clarilate in claritatem . Nous autres
nous sommes transformés par la foi en la
ressemblance de Dieu par de nouveaux ac-
croissements de gloire- c 14. 6. Ipse illnxit
in cordibus nostris ad illuminationem scicntiœ
claritatis Dei : Dieu a éclairé nos cœurs pour
éclairer les autres de la connaissance de la
gloire (le Dieu.Coloss. 1. 11. Sap. 7. 25. Joan.
17. v. 5. 22. 24. Apoc. 7. 12. c 21. v. 11. 23.
2' (iloire, honneur, estime. Sap. 8. 10.
Uabebo proplcr Itanc , clarilalem ad turbas :
La sagesse me rendra illustre parmi les peu-
ples. Sip. 10. 14. Joan. 4. 41. Claritatem nb
hoiiiinibus non accipio .-Je ne lire point ii\a
gloire des hommes, dit Jésus-Chrisl.
3 (iloire, (iiialité des corps glorieux. Phi-
lipp. 3. 21. lioformnbit corpus liumililatu
noslrœ configurai um coroori claritatis suœ:
•-3I DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
Jésus-Christ rendra notre corps vil et cor-
ruptible conforme à son corps glorieux.
4° Rétablissement glorieux. Tob. 13. 20.
Beatus ero , si fuerint reliquiœ seminis mei ad
videndam claritalem Jérusalem : Je serai heu-
reux s'il reste encore quelqu'un de ma race
pour voir la lumière et la splendeur de Jéru-
salem.Tobie disait ceci, prévoyant la ruine de
Jérusalem, et la future captivité du peuple;
et ce qu'il dit regarde le rétablissement qui
sen devait faire sous Cyrus. Voy. 1. Esdr.
5. 13.
5° Vertu , intégrité (k/jetà). Sap. 4, 1. 0
quam puUhra est casta generatio cum clari-
tate! 0 combien est belle la race chaste ,
lorsqu'elle est jointe avec l'éclat de la vertu!
La virginité tire sa gloire de la vertu. Voy.
Castus.
6" Magnificence, richesses. l.Mach. 15. 32.
Athenobius... vidit gloriam Simonis, et clari-
talem in auro et or^ewfo : Athenobius vit la
gloire de Simon , l'or et l'argent qui brillait
chez lui de toutes parts.
CLARUS, A, UM , luiJLTTpoç, «, ôv. Ce mot
qui est mis comme pour ca/arus , vient de
calare, id est, vocare, et signifie:
1° Clair, lumineux. 2. Reg. 3. 35. Clara
adhiic diejwavit David: Tous étant revenus
pour manger avec David lorsqu'il était en-
core grand jour, David jura. David fait des
imprécations contre lui , eu cas qu'il mange
avant le coucher du soleil; il était dans le
deuil de la mort d'Abner. 3. Reg. 3. 21. Isa.
18. k. Ainsi dans un sens figuré, Sap. 6. 13.
Clara est, et quœ numquam marcescit, sapien-
tia : La sagesse est pleine de lumière et sa
beauté ne se flétrit point.
2° Visible , manifeste {àiiKvpoç, obscurus,
non clarus). Levit. 13. 28. Sin autem in loco
suo candor steterit non satis clarus. Que si
cette tache blanche s'arrête au même endroit,
et devient un peu plus sombre, etc.
3° Illustre, considérable (IvSo^o?). l.Mach.
2. 17. Princeps , et clarissimus , et magnus es
in hac civilaCe :Yo\is êtes le premier, le
plus grand et le plus considéré de celte ville,
disent à Mathatias les envoyés d'Anliochus,
pour lui proposer de sacrifier et d'abandon-
ner la loi do Dieu.
CLASSIS, de x«>sîv, calare, id est, vocare,
ou de -/IriTi;, du mémo y.aleîv, parce que les
ancions appolaieiil de ce nom non seulement
les armées de mer, mais même les armées
de terre, et signifie, armée navale, classe,
rang; un vaisseau, un corps de cavalerie.
Fiolte de vaisseiux (TrÀotov). Deut. 28. 68.
lîeducet te Dominus classibiis in /Egyptum :
Le Seigneur vous ramènera en Egypte dans
une floile de vaisseaux, pour y être en escla-
vage; Dieu avait défendu aux Israélites de
reloiimer en Egypte. Voy. c. 17. 16. Ezech.
27. 28. Conturbabuntar classes : Les cris et
lis plaintes de vos pilotes épouvanteront les
flottes entières; se. au bruit de la ruine de
Tyr.
CLAUDERE, yIeUiv, àrcoxleisiv , avyxkeUiii. Du
verbe grec Dori(iue x>«Çw, pour z),v3iÇw, claudo.
i° Fermer , clore , enfermer , mettre sous
la clef. Joan. 20. v. 19. 26. Yenil Jésus, januis
75a
clausis . Jésus vint les portes fermée.?; te. la
seconde fois qu'il apparut à ses disciples, et
que saint Thomas s'y trouva. Judic. 3. 23.
Eccli. 42. 7. Ubi manus multœ sunt, claude:
Où il y a beaucoup de mains, tenez tout
fermé. De là vient.
2" Terminer, aboutir, borner. Num. 34. v.
6. 12. Salsissimo claudentur mari : Les confins
de la terre promise du côté de l'Orient se
termineront à la mer salée. Jos. 17. 10.
Façons de parler.
Claudere et aperire. Avoir pleine et entière
autorité de gouverner, exercer mêuie cette
autorité. Isa. 22. 22. Aperiet et non erit qui
claudat , claude t et non erit qui aperiat : Il
ouvrira sans qu'on puisse fermer, et il fer-
mera sans qu'on puisse ouvrir; ce qui s'en-
tend du Messie. Apec. 3. 7. Voy. Clavis.
Porta clausa. Une porte du temple vers
l'Orient qui était fermée. Ezech. 44. 2. Porta
hœc clausa erit : Cette porte demeurera fer-
mée... et nul homme n'y passera, c. 46. 1.
parce que le Seigneur est entré par cette
porte. Le Prophète y avait vu passer Dieu
dans sa majesté, c. 43. v. 2. 11. Ecce gloria
Dei Israël ingrediebatur per viam Orientalem:
Je vis la gloire du Dieu d'Israël qui venait
par ce côté de l'Orient , se. par le côté de la
porte qui regarde vers l'Orient. Cette porte
toujours fermée, et par laquelle le Seigneur
d'Israël avait seul passé, renferme quelque
mystère; on l'explique de la bienheureuse
Marie qui. est toujours demeurée Vierge, et
comme fermée avant et après avoir enfanté
le Fils de Dieu.
Phrase Urée de la significalion de ce verbe.
Claudere cœlum , (rwé^sii) , continere. Fer-
mer le ciel, empêchsr que la pluie ne tombe ;
d'où vient la stérilité, qui est la punition
dont Dieu menace les Israélites, en cas qu'ils
abandonnent son culte. Deut. il. 17. Cnvete
ne... iratus... Dominu.s claudat coj/u/n; Prenez
bien garde d'adorer les dieux étrangers, de
peur que le Seigneur étant en colère , ne
ferme le ciel, et que les pluies ne tombent
plus. 3. Reg. 8. 35. 2. Par. 6. 26. Luc 4. 25.
Apoo. 11. 6. à quoi est opposé, Gen. 8. 2.
Clausi sunt fontes abyssi : Les sources de l'a-
bîme cessèrent de monter en haut, au temps
que les eaux du déluge cessèrent de croître.
Claudere omnem donium. Fermer toutes les
maisons d'un lieu ou d'une ville, faire qu'il
ne soit plus habité. Isa. 24. 10. Clausa est
omnis domus ; Toutes les maisons de cette
ville, (de Jérusalem) sont fermées ; se. aban-
données à cause de sa désolation. Jerem. 13.
19. Civitates Auslri clausœ sunt : Les villes
de la Judée qui étaient au midi de la Chaldée,
sont fermées; ces deux prophètes prédisen.
la désolation de la Judée par les Chaldéens;
autr. sont assiégées.
Claudere oculos. Fermer les yeux, signifie,
1" Rendre les derniers devoirs à ses pa-
rents; c'était le plus proche qui leur fermait
les yeux en mourant. Tob. 14. i^.Jpseclausit
oculos eonim : Le jeune Tobie ferma les yeux
de son beau-père et de sa belle-mère.
2" S'obslinir à ne vouloir point compren-
dte
y.a'^Dliijîi'jj
Mallli. 13. 15. Oculos suos
clauserunl :Ces peuples ont fermé leurs yeux,
de peur que leurs yeux ne voyent. Mais
quand Dieu ordonne à Isaïe de fermer les
yeux des Juifs, il prédit l'effet que la prédica-
tion de la parole de Dieu devait produire dans
leurs tœurs. Isa. 6. 10. Oculos ejus claude;
Eclairez ce peuple, mais il fermera les yeux
à la vérité; et quand Isaïe du, c. 29. 10. que
Dieu fermera les yeux de ce peuple, il veut
marquer laveuglemenl de leur esprit, qui
est la terrible punition dont Dieu frappe
ceux qui nont pas voulu recevoir ses avis
et ses remontrances : Claudel ocxdos veatros.
3° Fermer les yeux pour ne point voir le
mal, n'y prendre aucune part, en avoir hor-
reur («KTKîA'jstv) Isa. 33. 15. Qui claudit oculos
suos ne vident maîum : Celui qui ferme ses
yeux afin de ne point voir le mal.
Claudere ora. Fermer la bouche; c'est ne
point permettre , et ne donner point lieu ni
sujet qu'on use de sa voix. Eslh. 13. 17. Ne
clauâus ora canentium : Ne fermez pas la
bouche de ceux qui vous louent, dit Mardo-
chée dans sa prière à Dieu, au sujet de la
lettre d'Artaxerxès contre les Juifs, c. li. 9.
Claudere ostia. Fermer les portes, signifie,
1" Exercer quelque ministère ou fonction
ecclésiastique. Malac. 1. 10. Quis est qui
claudnt ostin... gratuilo? Qui est celui d'entre
vous qui ferme les portes de mon temple
grafuitemenl? Le Prophète parle do la charge
des portiers du lemple,ct taxe d'avarice tous
les ministres de Dieu qui n'exercent leurs
fonctions que par quelque vue d'intérêt.
2* Fermer les portes de la rue, est une
façon de parler énigmaiique, qui se dit par
rapport aux vieillards qui ne sortent plus de
leur maison. Eccl. 12. k. Quando... claudent
ostin in pi aie a ; Quand on fermera les portes
de la rue. On ne doit point attendre le temps
de la vieillesse pour servir Dieu. Voy. v. 1.
3" Olcr les moyens de bien faire. Apoc. 3.
8. Ecce dedi coram te ostium apertum quod
n^mo potest claudere : ie vous ai ouvert une
porle tjue personne ne peut fermer; idest,
personne ne vous pourra empêcher de prê-
cher l'Evangile , et de convertir les peuples,
dit le Fils de Dieu à l'évêque de Philadolphe.
Claudere ostium. Fermer l'entrée du ciel.
Luc. 13. 25. Cum... Pater familias... clause-
rit ostium: Quand Jésus-Christ, le Pore de fa-
mille, aura fermé la porte. Voy. v. 27. 28.
Ainsi, Mal th. 25. 10.
Claudere regnum cœlorum. Fermer l'entrée
du royaume des cieux , c'est empêcher au-
tant qu il est en soi par sa conduite et par
son mauvais exemple, de marcher dans la
voie étroite des Commandements de Dieu.
Malth. 23. 13. Claudilis reijnum cœlorum :
> ous fermez aux hoinincs le royaume des
cieux, dilJesus Christ auxscribesel aux pha-
risiens,qui détournaient les peuples de suivre
Jésus-Christ. Voy. J(»an. 10. 20. elMarc. 3. 22.
Claudere sermones. Tenir caché ce qui a
été rc vêlé (È!/,/r.(iTTs«vj. Dan. \'2. k. Claude germa-
nés : Tenez vos paroles fermées sans en don-
ner l'éclaircissemeni ; cai rinlelligencc de
ces paroles n'est point pour le temps pré-
CL\
734
sent, mais pour le temps marque' ôe T)\f^ii ,
auquel il a ordonné qu'elles s'accomplissent,
et elles ne seront p*oint enieudues qu'elles
ne soient accomplies.
Claudere stellas sub signaculo, ■AKn/.T'foxyl^îtit.
Enfermer les étoiles co'ume sous le sceau;
Job. 9. 7. Qui claudit stellas sub signaculo :
Ces' Dieu qui tient les étoih's enfermées
comme sous le sceau ; se. par la lumière du
jour qui empêche qu'elles ne paraissent : ce
qui se peut entendre d'un obscurcissemeiit
miraculeux des astres.
Claudere viscera sua ab aliquo. Fermer à
quelqu'un son cœur et ses entrailles, c'est
être sans compassion pour les besoins de
quelqu'un. 1. Joan. 3. 17. Qui... clauserit
viscera sua ab eo , quomodo caritas Dei ma-
net in eo ? Si quelqu'un, ayant des biens de
ce monde et voyant son frère en nécessité,
il lui ferme son cœur et ses entrailles, com-
ment aurait-il encore de l'amour pour Dieu ?
CLAUDIA, M. Claudie, femme dévote. 2.
Tim. k. 21. Salulant te Eubulus, et Pudens,
et Linus, et Claudia: Eubule, Pudens, Lin et
Claudie vous saluent. On croit qu'elle était
femme de Pudens, sénateur romain.
GLAUDICARE. De claudo, ou de l'ancien
verbe claudeo ; les anciens disaient claudere^
pour claudicare , et signifie ,
Boiter, être boiteux [i-iTxûl^si'j). Gcn. 32. 31.
Ipse vero claudicabat pede : Jacob demeura
boiteux d'une jambe ; ce fut après que l'Ange
lui eut touché le nerf de la cuisse qui se sécha,
pour lui marquer que ce combat était réel,
et (ju'il connût la force de celui-là même con-
tre qui il avait lutté.
S'écarter du droit chemin, ne point marcher
droit (xw).«tvciv). 3.Reg. 18.21. Ùsquequo claU'
dicatis induas partes? Jusqu'à quand serez-
vous commeun homme qui boite des deux cô-
tés ?Elie reprend les Juifs de vouloir adorer en
même temps le vrai Dieu et Baal,et de ne pou-
voir se déterminer auquel ils devaient s'atta-
cher,vu qu'ils ne pouvaient ignorer qu'il n'y a
qu'un seul Dieu. Hebr.l2. 13. Ps.l7. 46. Ain-
si, Mich. 4.V.6. "i.Ponam cluudicantem in reli-
quias {ayjzszptau.éyri,afflicta). Je réserverai les
restes de celle qui était boiteuse ; se. de la sy-
nagogue , qui ne marchait pas droit dans son
culte, et s'était portée tantôt au culte de Dieu,
tantôt à celui des Idoles. Ainsi, Soph. 3. 19.
Salvubo claudicantem : Je sauverai celle qui
boitait; Gr. iyi.T:tTTiz<7'j.hri'j, celle qui était dans
l'accablement; c'est encore la synagogue,
ou plutôt l'Eglise dans laquelle on verra tous
ses enfants marcher droit dans la voie de Dieu.
CLAUDIUS , KXavStof, Claude. De claudus,
boiteux.
1" L'empereur Claude, fils de Drusus, suc-
cesseur de Caligula. Act. il. 28. c. 18. 2. ho
quod prœcepisset Claudius discedere omncsJu-
dœos a lioma : l'arce que l'empereur Claude
vivait ordonné à tous les Juifs de sortir de
I\otne : cet enipereur mourut la vingt-qua-
Iriènie année de la passion de Jésus-Christ,
ayant régné treize ans.
2 Le tribun Lysias , qui tira saint Paul
d'entre les mains des Juifs. .\cl. 23.26. f/'iurfiu«
Lysias optimo prœsidi Felici,salulem . Claude
ras
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
756
Lysias au dès-excellent gouverneur Félix,
salut.
CLAUDUS , A , UM. x"^^> ♦ ^^ g''^<^ '^^°^^'
frango , claiidus quasi fractus pedibiis.
Boiteux. Luc. li. 13. Cum facis convivium,
vocapauperes... claudos : Lorsque vous fai-
tes un festin , conviez-y les pauvres... les
boiteux : Jésus-Christ condamne ceux qui
ne convient chez eux que les riches et les
grands. Isa. 35. 6. Tune saliet sicut cervus,
claudus: Le boiteux bondira comme le cerf:
se. au temps du Messie. Voy. Mallh. 15. 30.
Act. 3. V.2. 8.
§ 1. Misérable, affligé. Job. 29. 15. Fui...
pes claudo : J'ai été le pied du boiteux. Job
témoigna qu'il a assisté de ses biens les pau-
vres affligés, et qui étaient dans la misère.
§ 2. — Faible et méprisable. 2. Reg. 5. 6.
Non ingredieris hue, nisi abstuleris cœcos et
claudos : Vous n'entrerez point ici que vous
n'en ayoz chassé les aveugles et lesboiteux, di-
sent à David les Jébuséens, qui étaient assié-
gés dansJérusalem,pourinsulter à David, et
comme pour lui marquer que leur ville était
imprenable, v. 8 Voy. C^cus.
§ 8. - - Les nations, les païens et les idolâ-
tres. Luc. 14. 21. Claudos introditc hue : Ame-
nez ici les boiteux, dit à ses serviteurs l'hom-
me qui, ayant fait un grand souper, se vit
méprisé de ceux qu'il avait conviés. Les gen-
tils , qui ne savaient ce que c'était que
marcher dans la voie de Dieu, ont été ap-
pelés à son service au lieu des Juifs.
CLAVIS , IS, y^dç, Bôç. De x>àÇ pour ylelç.
Clef avec quoi l'on ouvre ou l'on ferme
une porte, un coffre, etc. Judic. 3. 25. Tule-
runt clavem : Les serviteurs d'Eglon prirent
la clef : comme Aod avait fermé à clef les
portes de la chambre où il tua Eglon , ils
avaient attendu inutilement que le roi leur
ouvrît.
§ 1. — La puissance de gouverner, mar-
quée par la clef ; parce qu'elle était en quel-
ques charges la marque de la dignité et du
pouvoir de ceux qui en étaient revêtus. Isa.
22. 22. Dabo clavem domus David super hu-
merum e/us: Voy. Humérus. Je mettrai sur l'é-
paule d'Eliacimla clef de la maison de David;
i. e. la charge de grand maître de la maison
du roi Ezéchias, et de gardien du temple ,
ou même, selon quelques-uns, la charge de
grand prêtre des Juifs, marquée par cette
clef, et qui était une figure de la puissance
absolue de Jésus-Christ sur l'Eglise. Celte
puissance est marquée, Apoc. 3. 7. Sanctus
et verus quihabet clavem David : Jésus-Christ
est encore maître de la mort et de l'enfer.
Apoc. 1. 18. Habeo elaves murtis et infcrni :
J'ai les clefs de la mort et de l'enfer, c. 9.
l.c. 20.1. et la puissance que Jésus-Christ a
donnée à saint Pierre et aux autres pasteurs
dans la personne de ce chef, pour gouver-
ner l'Eglise, est marquée par les clefs. Mallh.
16. 19. l'ibi dabo elaves regni eœlorum : Je
vous donnerai les clefs du royaume des cieux,
dit Jésus-Christ à saint Pierre •. ce qu'il ac-
complit. Joan. 21. 15. Voy. Remittere. Voy.
LiGAKE.
ii 2. — Le droit et le pouvoir d'ii>tcrprc-
lêr la Loi et les Ecritures. Luc. 11. 52. 2'm-
listis clavem scienliœ : Vous vous êtes saisis
de la clef de la science. Quelques-uns disent
que c'était la coutume des Hébreux de don-
ner en main une clef pour marque de ce
pouvoir.
CLAUSTRUM , i. DeClaudere.
Tout ce qui se ferme et s'ouvre. Mich. 7.
5. Ab ea quœ dormit in sinu tua, cuslodi clau-
stra oris lui : Tenez fermée la porte de votre
bouche , et ne vous ouvrez pas même à
votre propre femme.
CLAUSURA, JE, yleîfjpo^j. Ce mot, peu usité
chez les Latins, vient :
De claudere, et signifle dans l'Ecr. :
Barre, ce qui sert à fermer. Bar. 6. 17. Tu-
lantur sacerdotes oslia clausuris et seris, ne
a latronibus expolientur : Les prêtres des
faux dieux les renferment sous beaucoup de
serrures et de verroux, de peur que les vo-
leurs ne les viennent emporter.
CLAUSUS, A, UM- Fermé, en parlant d'une
porte , d'une maison, d'un coffre; renfermé,
en parlant du bétail : dans l'Ecriture :
1° Clos enfermé. 4. Reg. 19. 24. Isa^ 37.
25. Siccavi vesligiis pedum meorum omnes
aquas elausas : J'ai séché par les traces des
pieds de mes gens les eaux qui étaient fer-
mées, dit Sennachérib ; se. mon armée était
si nombreuse qu'elle séchait les rivières
(rorapici T:tç,ioyrtç, ^UvH 7nunili. Voy. AGGER.
2° Prisonnier, qui est arrêté par ses en-
nemis. Isa. 61. 1. Misit me... ut prœdiearem
... elausis apertionem : L'esprit du Seigneur
m'a envoyé... prêcher la liberté à ceux qui
sont dans les chaînes ; se. du péché («î^P»'^""
Toç, eaplivus : ceci s'entend du Messie, de Jé-
sus-Christ. Voy. Luc. 4. V. 18. 19. Ainsi ,
Jerem. 36. 5. c. 39. 15. Gen. 39. 20. Erat
ibi clausns : Joseph était renfermé dans ce
lieu-là ; étant accablé par une telle calom-
nie, il choisit plutôt d'être traité comme cri-
minel, que d'accuser sa maîtresse.
S'Qui est renfermé dans une place forte qui
est gardée chèrement (èTzs^^i^^^^^)- 3. Reg. 14.
10. 4. Reg. 9 8. Pcreutiam... elausum et no-
tissimum : Je ferai mourir ceux qui étaient
renfermés dans les fortes places, et ceux qui
étaient abandonnés ; autr. Celui que l'on
conservait précieusement et jusqu'au der-
nier. Deut. 32. 36. Clausi quoque defecerunt:
Ceci est une sorte de proverbe, pour mar-
quer que, dans une ruine entière, il n'est
resté personne, ni ceux qui étaient dans les
places fortes, ni ceux qui étaient abandon-
nés. Ainsi, 3. Reg. 14. 10. Clausum et novis^
simum : C'est-à-dire tout le reste, soit pré
cieux, soit méprisable, pretiosumet vile.
Façon de parler.
Os ciausum. Bouche fermée, marque une
personne dégoûtée et malade. Eccli. ;]0. IS.
Bona abscondita in are clauso : Des biens
répandus devant une bouche ferniée, sont
comme un grand festin autour d'un sépul-
cre.
GLAVDS, 1. ii\oç. Du grec ^)o,-, ou de x>£:«,
claudo, et signifie : .
1 ■ Clou, pieu l^y-ilo-y). Num. 33. 5o. Qm re-
757
CLE
CLE
758
manserint erunt voois quasi clavi in oculis :
Ceux des habitants delà terre promise, qui
y seront restés sans que vous les ayez tués,
vous seront comme des clous dans les yeux ;
i. e. ils seront le sujet de votre ruine. Voy.
Deut. 7. 16. Voy. Langea. Eccl. 1*2. 11. Ver-
ba sapienlum quasi clavi in allum defixi : Les
paroles des sages sont comme des clous en-
foncés, et pénètrent avant dans le cœur, à
cause de leur force et de leur autorité. Joan.
20. 25. Nisi videro in manibus ejus fixuram
clavorum, non credam: Si je ne vois dans les
mains de Jésus-Christ la marque des clous
qui les ont percées, je ne croirai point que
vous ayez vu le Seigneur, dit saint Thomas
aux autres apôtres. Voy, v. 24. On avaitcou-
lume de se servir de quatre clous pour cru-
ciûer.
Phrase tirée de celte sigoificalion dans le sens figuré.
Clavos suos consolidare. Rendre les clous ,
les pieux de sa tente bien affermis ; c'est se
faire un établissement solide {nKuaoàog , pa-
xillus). Isa. 34. 2. Clavos tuos consolida :
P^endez les clous et les pieux de votre tente
bien affermis. Le Prophète marque par ces
paroles le ferme établissement de l'Eglise, c.
33.20. La métaphore est tirée des clous et
des pieux qui tiennent les tentes bien fer-
mées. Voy. Paxillus.
2° Gouvernail de vaisseau. Prov. 23. 3i.
Quasi sopitus gubernator amisso clavo : Celui
qui a trop bu de vin est comme un pilote as-
soupi qui a perdu le gouvernail ; se. il n'est
plus en état de se conduire.
CLEMENS, de l'Hébreu chaînai, pardon-
ner.
1° Doux, paisible, bon, compatissant, qui
est porléà faire du bien. Rulh. 2. 2. Ubicum-
gue démentis in me patrisfamilias repérera gra-
tiam: J'irai partout où je trouverai quelque
père de famille qui me témoigne de la bonté :
Rulh demande à Noëmi la permission d'aller
glaner en quelque endroit où elle pourra
trouver. 2. Par. 10. 7. Si... lenieris eos verbis
clementibus servient tibi omni tempore («yaôè?)
Si vous apaisez le peuple par des paroles
douces, ils s' attacheront pour toujours à
votre service, disent à Roboam les vieillards
qu'il consultait sur les prières que lui fit le
peuple de relâcher quelque chose du dur
empire de Salomon.
2 Clément , doux, qui pardonne aisément
et n'use pas de cruauté {s\vo;, miscricors). 3.
Reg. 20. 31. Audivimus quod reges domus Is-
raël clémentes sint : Nous avons ouï-dire que
les rois de la m.iison d'Israël sont doux et
cléments, disent les serviteurs de Rénadad à
Rénadad, lui conseillant, dans sa fuite et la
déroute de son armée, d'aller demander la
vieàAchab. Exod. 33. 19. Clemens ero in
quetn milii placuerit : J'userai de clémence
envers qui il me plaira, dit Dieu à Moïse.
3 Clément , pape qui a succédé à saint
Pierre, dans le siège de Rome (xÀ/jfx«f). On met
saint Lin et saint Anaclet avant lui. Philip.
4. 3. Adjuva illas quœ niecnm l(d)oraverunt in
Evangelio cum Clémente : la vous prie d'ai-
der Evodie cl S^ntiche comme des person-
nes qui ont eu part avec moi dans mes pei-
nes pour l'Evangile, avec Clément, etc. Saint
Paul les recommande à quelque excellent
disciple dont il ne marque pas le nom.
GLEMENTER, Avec bontéet douceur. Gen.
43. 27. c. 45. 4. Ad quod ille clementer : ac-
cedite, inquit, ad me : Joseph dit avec dou-
ceur à ses frères : approchez-vous de moi :
Joseph se fait reconnaître à eux pour leur
frère. Voy. v. 3.
CLEMENTIA, m, èmû-Keia. i° Ronté, dou-
ceur, bienveillance, équité. Judic. 5. 11.
Est. 13. 2. Prov. 11. 19. Clementia prœparat
vitam : La bonté et l'humanité servent à
faire vivre davantage, c. 6. 15. Clementia
régis quasi imber serotinus : La clémence
du roi est comme les pluies de l'arrière
saison; i. e. comme celles qui venant après
une grande sécheresse du printemps, donne
la nourriture laux fruits de la terre; ainsi
les bonnes grâces d'un roi bienfaisant sont
agréables à ceux qui en sont honorés, c.
20. 28. c. 31. 26. Act. 24. 4. Breviter au-
dias pro tua clementia : Je vous prie d'écou-
ler avec votre équité ordinaire ce que
nous avons à vous dire en peu de paroles :
L'orateur Tertulle accuse saint Paul devant
Félix. 2°. Clémence, inclination à obliger,
à pardonner ( î'hoç ). Jos. il. 20. Domini
sententia fuerat, ut non mererentur ullam
clementiam : C'avait éié la volonté du Sei-
gneur qu'ils ne méritassent aucune clé-
mence. Eslh. 4. 11. c. 8. 4.
CLEOPATRA, m. G. Gloria Patriœ. i" Cléo-
pâlre, femme de Plolémée, roi d'Egypte.
Eslh. 11. 1. Anno quarto regnantibus Ftolo-,
mœo et Cleopatra : La quatrième année du
règne de Ptolémée et de Cléopâtre. Ptolémée
Epiphanes, PtoléméePhilométor, et Plolémée
Evergète ont épousé chacun une femme de
ce nom. On ne sait sous lequel des trois
celle lettre a été apportée en Egypte. —
2' Fille de Ptolémée Philomélor, laquelle il
donna en mariage à Alexandre, Ois d'Antio-
chus Epiphanes. 1. Mac. 10. 57. Et exivit
Ptolemœus de jEgypto, ipse et Cleopatra filia
ejus : Ptolémée sortit d'Egypte avec sa Ulle
Cléopâtre. v. 58.
CLEOPHAS, .E. Gr. Gloria omnis. — Cléo-
phas, disciple de Jésus-Christ, qui fut un des
deux qui le reconnurent, allant à Emmaus.
Luc. 24. 18. Il était frère de Joseph, comme
le dit Hégésippus au rapport d'Eusebe, /. 3.
c. 11. et saint Epiphane , Hœres. 78. c. 7. et,
comme l'on croit plus probablement, avait
épousé en secondes noces Marie, sœur de la
sainte Vierge, après la mort d'Alphée, son
premier mari, dont il porta le nom, cl en
eut Judc et Siméon, qui avec Jacques le
Mineur et Joseph, sont appelés cousins de
Nolre-Seigncur. Voy. Mauia.
CLERUS, I. Gr. x>«/)o,-, Sors. Ce nom grec
signifie dans l'Ecr. :
Sort, partage. Ps. 67. 14. Si dormiatis in-
ter medios cleros : Quand vous serez en repos
au milieu dos terres qui vous sont échues
en partage. Le mol héhreu qui répond ici à
clcrus, est rendu par tenninus. Gènes. 49.
14. Issacluir asinus [ortis accubum; inler ter-
b:cTio>iNAiKfc: de philologie sacrée.
740
minos : Issachai" fort comme un âne dur au
travail, se tiendra dans les bornes de son
partage; c'est-à-dire que ceux de celte tribu
devaient vivre du travail de leurs mains, et
en labourant la terre sans trafiquer.
Le troupeau de Jésus-Christ qui a été
donné en partage aux Evéques. 1. Pelr. 5.
3. Pascite,,. iieque ut dominantes in cleris :
Paissez le troupeau de Dieu, non en domi»-
nant sur l'héritage du Seigneur; se. sur les
peuples que Jésus-Christ, à qui ils appar-
tiennent, vous a donnés à gouverner. D'au-
tres l'entendent du clergé qui est principa-
lement l'héritage du Seigneur , et dont le
Seigneur est le seul héiitage.
CLIBANDS, Gr. x^igavo?. Ce nom, qui est
grec, signifie en général un four, ou un vase
dans lequel on fait cuire quelque chose :
dans l'Ecr. :
Four. Ose. 7. k. Omnes adultérantes quasi
clibanus succensus : Tous les Israélites se
portent à l'idolâtrie et aux autres péchés
avec la même ardeur qu'est celle d'un four
chaud. V. 6. 7. Gen. 15. 17. Apparuit cliba-
nus fumans : Il parut à Abraham un four
d'où sortait une grande fumée : ce four figu-
rait la dure captivité des Israélites dont il
est parlé ; v. 13. et est marquée par For-
nax ferrea. Deut. k. 20. etc. Voy. Fornax.
Ce qui est tout desséché et brûlé par l'ar-
deur du four. Ps. 20. 10. Pones eos ut cliba-
num ignis : Vous consumerez vos ennemis
au jour de votre colère, comme le bois qui
brûle dans le four. Thren. 5. 10. Pellis no-
stra quasi clibanus exusta est ; Notre peau
s'est brûlée et s'est noircie comme si elle
avait été dans un four, à cause de l'extré-
mité de la faim ; soit que le prophète parle
du temps du siège de Jérusalem, ou plutôt
depuis : ce qui doit s'entendre de ceux qui
restèrent dans le pays.
CLIVUS, I. Gr. àvaSao-tj. Ce nom vient
de l'Eolique x),itô? , et signifie, coteau,
penchant ou descente d'une colline. 2. Reg.
15. 30. David ascendebat clivum Olivarum :
David montait la colline des Oliviers. David
alors fuyait Absalom. 2. Par. 20. 16. De là
vient : C/ivus civitatis : Coteau qui mène,
qui conduit à la ville. 1. Reg. 9. U. Cu7nque
ascenderent clivum civitatis : Lorsque Saiil
elson serviteur montaient par le coteau qui
mène à la ville; se. de Rama : ils cher-
chaient les ânesses de Cis, son père.
CLUSOR, is. Ce nom inusité vient du verbe
inusité cludere, pour claudere, et signifie
dans l'Ecriture :
Qui enferme ou une ville de murailles,
ou un camp de lignes et de fossés, ingé-
nieur, maréchal de camp ( ajyz^eiwv). k.
Reg. 21. 14. Transtulit... omnem artificem
et clusorem : Nabuchodonosor emmena en
Babylone tous les ouvriers qui travaillaient
en bois et en fer, et tous les ingénieurs qui
entendaient les fortifications : c'était pour
ôter aux Juifs toute occasion de se révolter,
comme les Philistins avaient fait, en sorte
qu'il n'y eût aucun forgeron dans la Judée
pour la même fin. Voy. 1. Reg. 13. 19.
CLYPEUS , 1. iffTrtf , Qy/jeôf. De xoXvTTTttv ,
tegere, parce que le bouclier couvre; ou de
7>ûzrT=-tv, insculpere; parce qu'on y gravait
son image ou ses exploits, et signifie :
Bouclier. 1. Mach. ik. 24. Simon misit
Numenium Romam , habentem clypeum au-
reum magnum pondo mnarum mille, ad sla-
tuendam cum eis societatem : Simon envoya
à Rome Numénius avec un grand bouclier
dor du poids de mille mines, pour renou-
veler l'alliance avec eux. c. 15. v. 18. 20.
Ainsi, c. 6. 39, Jos. 8. 18. Leva clypeum qui
in manu tua est^ contra urbem Haï : Levez
contre la ville de Haï le bouclier que vous
tenez en la main : Dieu parle à Josué, et
cette élévation était le signal pour faire
lever l'embuscade qui était entre Béthel et
Haï. Voy. v. 9. 19. 26. Josue vero non coU'
traxit manum quam in sublime porrexerat,
tenens clypeum donec inlerficerentur omnes
habitatores Hat : Josué tenant son bouclier,
ne baissa point la main qu'il avait élevée en
haut, jusqu'à ce que tous les habitants de
Haï fussent tués : ce qui semble dire la
même chose que Josué ne sonna point la
retraite, jusqu'à ce que, etc. L'Hébreu,
l'Arabe, le Syriaque et le Chaldéen l'enten-
dent d'une pique avec l'étendard, ou d'une
pique seule : le bouclier pouvait être atta-
ché au bout de la pique qu'il tenait élevée.
Ainsi, 1. Reg. 17. v. 6. 43. 2. Par. 12. 9. c.
17. 17. c. 23. 9. Gant. k. k.
i' Toute sorte d'armes défensives, oppo-
sées aux armes offensives, exprimées par
le mot hasta (ffxsTryj) , Judic. 5. 8. Clypeus
et hasta si apparuerint in quadraginla mil-
libus Israël : On ne voyait ni bouclier ni
lance parmi quarante mille soldats d'Israël :
.si pour non, Debora a en vue l'oppression
où avaient été pendant vingt ans les Israé-
lites : ( Voy. c. 4, 3. ) à qui Jabin avait bien
pu ôter toutes les armes, pour les mettre
hors d'étal de se révolter ; ce qui est le
sentiment de quelques auteurs. Nabuchodo-
nosor et les Philistins en usèrent à peu
près de même. Voy. 4. Reg. 24. 14. 1. Reg.
13. 19. Ainsi, 1- Par. 12. v. 8. 24. 34. Clypeus
est pris quelquefois pour les armes offen-
sives. Ezech. 26. 8. Voy. ci-après.
2° La force, l'éclat des armes des soldats
qui se servent de boucliers. Isa. 37. 33. 4.
Reg. 19. 32. Non occupabit earn clypeus : La
force des soldats du roi des Assyriens ne for-
cera point cette ville. Judith. 4. 13. Job.
39. 23.
3° Protection , défense ( vTrepuanLaiioç ). 2.
Reg. 22. 36. Dedisti milii clypeum salutis :
Vous m'avez couvert de votre protection
comme d'un bouclier. Le Ps. 17. 36. porte
Protectionem salutis. Prov. 30. 5. Omnis set-
mo Dei ignitus, clypeus est sperantibus in se :
Toute parole de Dieu est purifiée par le
feu ; il est un bouclier pour ceux qui es-
pèrent en lui.
Phrases tirées de la signification de ce mot.
Clypeum abjicere. Jeter son bouclier, c'est
être vaincu pur les ennemis. 2 Reg. 1. 21.
Un abjectus est clypeus forlium, clypeus Saul : 1
C'est sur les montagnes de Gelboé qu'a été |
abandonné le bouclier de Saùl. Voy. 3. Reg,
741 COA
31. V. 1. 8. Le bouclier abandonné était la
marque d'une défaite honteuse.
Clypeum elevare contra aliquem. Lever le
bouclier contre quelqu'un, c'est combattre
contre lui, l'assiéger. Ezech. 26. 8. Elevabit
contra te clypeum : Nabuchodonosor lèvera
le bouclier contre vous : Dieu parle à la
ville de Tyr.
Clypeis nudare parietem : Détacher ses
boucliers des murailles : c'est se préparer
à la guerre , prendre les armes ; parce
qu'elles étaient suspendues aux murailles.
Isa. 22. 6. Parietem nudavit clypeis : Nabu-
chodonosor détache ses boucliers des mu-
railles : cette prophétie marque la ruine de
Jérusalem par Nabuchodonosor,
COA, Heb. Spes, 70. ôe/.ous. Ville d'E-
gypte, ou pays près d'Egypte ou de Syrie;
car il est incertain. 3. Reg. 10. 28. Educe-
bantur equi Salomoni de Egypte et de Coa :
On faisait venir de l'Egypte et de Coa des
chevaux pour Salomon. 2. Par. 1. 16. Le
mothébreu signifle, comme plusieurs croient,
toile de fin lin. Les païens s'en servent en ce
sens, Vestes Coœ; de l'île de Cos ; mais il
semble que ce mot coa est formé du mot
hébreu mikuah, composé de la lettre mem,
qui se met pour a, ah, de, et kavah, sperare,
exspectare : de là vient mikuah, (jue l'on in-
terprète diversement, netum ou byssus, con-
gregalio ; mais le tnem ne doit pas être ici le
min des Hébreux, qui signifie, de : ce doit
être wiem afûxe, qui se met à la tête des
vnoms ; et ce passage peut être entendu de la
sorte. 2. Reg. v. 22. Educebantur equi Salo-
moni de Mgypto et de Coa, Hebr. Veiuikuah,
'et netum ou byssum : On faisait venir do
l'Egypte des chevaux pour Salomon, et de
la toile fine: Negotiatores enim régis eme-
bant de Coa; Heb. mikue, netum : Car ceux
qui trafiquaient pour le roi, achetaient de
ces toiles : Le texte du second des Paralipo-
raènes, c. 1. 16. peut s'expliquer de même
selon l'Hébreu; à moins qu'on n'explique le
mot hébreu mikue par celui d'assemblée ,
pour dire simplement que les marchands
s'assemblaient par troupes pour aller quérir
ces chevaux.
CC/ACERVARE, TrXrjôûvetv. Amasser, as-
sembler. Prov. 28. 8. Qui coacervat divitias
Hsuris et fenore iiberali in pauperes congre-
gat eas : Celui qui amasse de grandes ri-
chesses par des usures et des intérêts, les
amasse pour un nomme qui sera libéral en-
vers les pauvres.
Phrases Urées de celle signiBcaiion.
Coacervare sibi mugistros ad sua desideria.
Attirer aui)rè8 de s li, se choisir une foule de
doclouriqui soient propres à salisf.iirc ses dé-
sirs (irrto-w/Jîvetvj. 2. Ti m. 4. 3. Sanam doctrinnm
non suétinebunt , sed ad sua desideria coacer-
tabunt sibi magistros : 11 viendra un temps
que les hommes ne pourront plus souffrir la
«aine doctrine, et qu'ils attireront auprès
d'eux une foule de docteurs propres à satis-
faire leurs désirs.
Coacervare ad se. Rassembler sous sa
fonduile, s'assujettir («ruvor/etv . Ezech. 38.
CO.E
1i2
7. Instrue te ei omnem mullituainem tuam,
quœ coacervata est ad te : Disposez-vous
avec toute cette troupe nombreuse, qui a
été rassemblée auprès de vors, et soyez le
chef dont ils prennent l'ordre : Dieu parle à
Gog. Voy. GoG. Habac. 2. 6. Coacervabit ad
se omnes populos : Le superbe travaille à
s'assujettir tous les peuples. |
COACTE, «vayxac-Tw?. Par contrainte, non
point volontiers et d'inclination. 1. Petr. 5.
2. Providentes non coacte, sed spontanée se-
cundum Deum : Veillez sur la conduite du
troupeau de Dieu, non par une nécessité for-
cée; mais par une affection toute volontaire
qui soit selon Dieu.
COADUNARE. Ce verbe est composé des
prépositions cum, ad, et de l'adj. unus,a,um.
Assembler ( è-Asysi-j ). Joël. 2. 16. Coadu-
nate senes : Assemblez les vieillards.
COiEDIFIGARE , auvoixoSo/zerv. Faire en-
trer dans la structure d'un édifice : ce qui
s'entend figurément dans l'Ecriture, des peu-
ples, qui recevant la foi de Jésus-Christ
deviennent des pierres vivantes de l'Eglise
qui est la maison et le temple de Dieu, dont
Jésus-Christ est le fondement. Ephes. 2. 22.
In quo et vos coœdificamini in habitaculum
Dei : Et vous aussi, gentils, vous faites par-
tie de l'édifice bâti sur Jésus-Christ : cette
pierre principale de l'angle pour devenir le
temple et l'habitation de Dieu.
COiEQUALlS,is. — l"Qui est de même âge,
compagnondemêmeâge(£Tarpo?).Malth 11.16.
Clamantes coœqualibus : Des enfants qui crient
à leurs compagnons. — 2°Egal, de même prix
ou de même rang (îaÔTtfios-). 2. Petr. 1.1. /isçui
coœqualem nobiscum sorti ti sunt fidem : Saint
Pierre écrit à ceux qui ont reçu comme lui
le précieux don de la foi : la foi est une et la
même en tous, en ce qu'elle propose à tous
les mêmes mystères et les mêmes promesses ;
mais elle n'est pas égale en tous. Voy. Ephes. 4.
V. 5. 7. Ainsi',Eccli. 6. 11. Erit tibi coœqualis
{mç (tù, sicut tu) : Si votre ami demeure ferme
et constant, il vivra avec vous comme égal.
COiEQUARE, ôptoûv, unir, aplanir la ter-
re : dans l'Ecrit :
i" Egaler, rendre égal. Gen. kl. 49. Tanta-
que fuit abundantia tritici, ut arenœ maris
coœquaretur : Il y eut une si grande quantité
de froment en Egypte, qu'elle égalait le sa-
ble de la mer; i. e. il y en avait une multi-
tude innombrable. Voy. Gen. 22. 17. Judic.
7. 12. etc. Ainsi, 2. Reg. 22. 34. Coœquanspe-
des meos certis; c'est Dieuqui rend mes pieds
aussi vites quo ceux des cerfs : David re-
connaît les bienfaits de Dieu.
2" Combler, aplanir. 3. Reg. 11. 27. Salo-'
mon coœquavit voraginem civitatis David ;;a-
trissui : Salomon avait rempli l'abîme qui
était dans la ville de David, son père : ce fut
l'un des deux sujets de la rébellion de Jéro-
boam contre Salomon; parce qu'il fut obligé
de lever pour cette entreprise un grand tribu!
sur le peuple. Voy. Mkllo.
3- Comparer. Eccli. 27. 27. MuUa odivi, et
non coœquavi ei : Je hais bien des choses;
mais je ne hais rien tant qu'un homme dont
l'œil est complaisant et flatteur.
743
DIGTIONNAIUL DE PHILOLOGIE SACRÉE,
744
4° Traiter de même.Eccli. 36. 14. Miserere
Israël quem coœquasti primogenito tiio : Ayez
pilié d'Israël, que vous avez traité comme
voire fils aîné.
Phrase tirée de ce mot.
Coœquare funditus terrœ. — 1° Renverser,
jeterentièremenlparlerre.Judic.l6. 13.5M6d-
nericius ex hordeo... percussit illud alque
subvertit, et terrœ funditus coœquavit : Le
pain d'orge cuit sous la cendre que vit en
songe le soldat madianile, lui parut renver-
ser et jeter tout à fait par terre l'une des
tentes du camp des Madianites. — 2° Dé-
faire , vaincre entièrement. 2. Reg. 8. 2.
Mensus est eos funiculo coœquans terrœ : Da-
vid ayant réduit les Moabites jusqu'en terre,
il les partagea comme il voulut (xopiÇstv èni
TÀv y^v, prosternere in terram). Voy. Funi-
CULUS.
COiETANEUS, a, um. o-uvwXmwTrj?. Qui est
de même âge. Gai. 1. 14. Proficiebam in Ju-
daismo supra multos coœtaneos : Je ravageais
l'Eglise, me signalant dans la profession de
la religion juive.
CO.ÊVUS, A, UM. cTvvvlty.oç, compagnon de
même âge. Dan. 1. 10. Si viderit vultus ve-
stros macilentiores prœ cœteris adolescentibus
coœvis : Si le roi voit vos visages plus mai-
gres que ceux des autres hommes de votre
âge : l'Eunuque marque ici à Daniel ce qui
pourrait arriver, s'il lui permettait de ne
point manger des viandes impures qui ve-
naient de la table du roi, quoique le roi eût
ordonné qu'ils en mangeassent.
GOAGITARE , (Ta>.£ij£tv, agiter, remuer des
choses ensemble pour les entasser. Luc. 6.
38. Mensuram bonam et confertam et coagita-
tam... dabunt in sinum veslrum... Donnez, et
on vous versera dans le sein une bonne me-
sure, pressée et entassée; on secoue et on
agite la mesure que l'on veut faire meilleure.
COAGULARE, de coagulum, dérivé de cogo,
et signifie proprement, faire prendre et cail-
ler le lait : dans l'Ecriture :
Former d'un sang épaissi {■nnywiii.). Sap.
7.2. Decem mensium tempore coagulatus sum:
Mon corps a pris sa figure dans le ventre de
ma mère pendant dix mois, et j'ai été formé
d'un sang épaissi; i. e. qui s'épaissit et se
durcit à peu près comme un lait qui se
change en fromage, selon Job. 10. 10. Sicut
caseum me coagulasti : de là vient :
COAGULATUS. Caillé et pris, en parlant
de lait : dans l'Ecriture:
Fertile, gras, abondant en lait et en beurre
(riTu/swpiÉvoç ; . Ps. 67. 17. Mons coagulatus ^
mons pinguis : La montagne de Dieu est une
montagne très-fertile et remplie de graisse :
cette montagne est le mont de Selmon, qui
est très-haut, et le bas duquel est très-fertile.
Voy. Mons. Ût quid suspicamini montes coa-
gulatos? Pourquoi croyez-vous qu'il y ait
des montagnes aussi fertiles que celles de
Selmon? Le Prophète compare à cette mon-
tagne l'Eglise comblée des dons et des grâces
du Saint-Esprit.
Endurci, obstiné. Ps. 118. 70. Coagulatum
Vit i Gr. ÏTUfwô»}, sicut lac cor eorum : Le
cœur des superbes s'est endurci comme se
durcit le fromage qui se fait de lait caillé.
Hebr. Leur cœur est devenu épais et comme
de graisse: La métaphore est tirée de l'épais-
seur et de la dureté de la graisse.
COAMBULARE, i^impnza.-^ii'i, marcher. Sap.
19. 20. Flammœ... corruptibilium animalium
non vexaverunt carnes coambulantium : Les
flammes et le feu ( dont il est parlé, Exod. 9.
24. ) épargnaient la chair fragile des ani-
maux qui marchaient au milieu des flammes;
se. par l'ordre de Dieu, pour punir Pharaon
de son opiniâtreté : l'auteur de ce livre pou-
vait savoir par tradition ce qu'il avance
ici : car l'Exode ne parle point de ces ani-
maux dans la huitième plaie marquée ,
Exod. 9. 24.
COANGUSTARE, (TT£voxw/>etv. — !• Etrécir,
rétrécir, rendre plus étroit, resserrer. Isa.
28. 20. Coangustatum est... stratum ita ut al-
ler décidât : Le lit est trop étroit pour y tenir
deux ensemble : cette expression figurée
marque, selon quelques-uns, que le roi de
Babylone et celui de Juda ne pouvaient pas
régner ensemble dans le royaume de Juda :
ce qui peut bien marquer aussi qu'on ne
peut servir deux maîtres; que le culte du
vrai Dieu est incompatible avec celui des
idoles ; ou même ceci peut marquer la dure
captivité des Juifs dans l'Egypte. Voy. Brevis.
Serrer de près , assiéger étroitement.
(ffuvï;)^£tv). Luc. 19. 43. Coangustabunt te un-
dique : Tes ennemis te serreront de toutes
parts : Jésus-Christ prédit le siège de Jéru-
salem par les Romains.
2° Presser de maux, affliger extrêmement
(QXr'êetv). 2. Par. 33. 12. Qui postquam co^
angustatus est, oravit Dominum Deum suum;
et egit pœnitentiam valde : Manassé étant ré-
duit dans cette grande extrémité, pria le Sei-
gneur son Dieu, et il conçut un très-vif re-
pentir :Manasséétait à Babylone, oùilavai tété
emmené avec les fers aux pieds et auxmains.
COAPTARE. Ajuster ensemble, tenirserré.
Exod. 36. 32. Ad coaptandas tabulas : On fit
cinq autres bâtons de setim, qui traversaient
les ais de l'autre côté du tabernacle pour te-
nir ces ais serrés ensemble.
GOARCTARE. Etrécir, abréger, raccourcir,
en parlant du discours : dans l'Ecr. :
Resserrer sans pouvoir échapper, presser
quelqu'un, en sorte qu'il ne soit point au
large ( ùnéxetv ). Exod. 14. 3. Coarctati sunt
in terra : Les Israélites sont embarrassés en
des lieux étroits, dit Pharaon , les poursui-
vant après être sortis d'Egypte. Joël. 2. 8.
Unusquisque fratrem sunni non coarctabit :l\3
ne se presseront point l'un l'autre : le Prophète
semble ici parler d'une multitude innombra-
ble d'insectes, marqués v. 2. sous le mot de
peuple, qui devaient venir comme une ar-
mée rangée ruiner le pays, et qui peuvent
bien figurer l'armée des Assyriens.
2° Repousser en serrant, mettre en fuite
(t-ze>tê£tv). Ps. 34. 5. {fiât) Angélus Domini
coarctans eos : Que l'ange du Seigneur les
pousse en les serrant de fort près : David de-
mande à Dieu un secours particulier contre
ses ennemis
74: COC
Phrase Urée de la sigDi'Jcatiou de ce mot.
Coarctare m unum. Confondre , réduire
(ouï en un. Job. 11. 10. Si subverterit omnia,
vel in unum coarctaverit : Si Dieu renverse
tout, sil confond tout ensemble, qui pourra
s'opposer à lui, dit Sophar à Job?
Serrer, presser, en parlant des afflictions
extrêmes et nécessités où Ton se trouve.
1. Reg. 28. 15. 2. Reg. 2i. li. Coarctor Jiimis:
Je suis dans une étrange nécessité, dit Saù! à
Samuel, lui témoignant l'extrême nécessité
qui l'avait forcé à chercher les moyens qu'il
lui apparût pour le consulter sur ce qu'il
avait à faire. David dit aussi la même chose
au prophète Gad , dans la peine et le doute
où il se trouva, lequel des trois châtiments
il devait accepter. Luc. 12. 50. Quomodo co-
arctor { u-j'Àyjtjhui) usque dum perfîciatur :
Combien me sens-je pressé, jusqu'à ce que
le baptême dont je dois être baptisé s'accom-
plisse. Philip. 1. 23. Coarctor e duobus : Je
me trouve pressé des deux côtés : saint Paul
désirait mourir pour jouir de la présence de
Jésus-Christ ; et il voit, d'un autre côté, qu'il
est plus utile qu'il vive encore pour le bien
de l'Eglise. Job. 32. 18.
COCCINUM. I. Grec, -/ô/xevoî. Voy. Coccus.
— l'Ecarlate.2.Par. 2. v.l.ik.Novit operari
in auro... et coccino : L'ouvrier qu'Hiram,
roi de Tyr, envoya à Salomon , savait tra-
vailler en or, enécarlate et en plusieurs autres
choses. — 2° Robe ou autre habillement d'é-
carlate. 2. Reg. J. 24. Vesliebat vos coccino
in deliciis : Saùl vous revêtait d'écarlate
parmi la pompe et les délices. David marque
les motifs qui peuvent porter les Juifs à pleu-
rer la mort de Saùl. Jerem. '*. 30. — 3^ Ru-
ban d'écarlate. Gen. 38. v. 27. 30. Egressus
est fraler in cujus manu erat coccinum : Zara,
frère de Phares, sortit ensuite, qui avait le
ruban d'écarlate à la main ; l'Ecriture en-
tend parler de leur naissance.
Ce qui est de couleur de sang, horrible et
affreux à voir. Isa. 1. 18. Si fuerint peccata
vestra sicut coccinum : Quand vos péchés se-
raient comme l'écarlate; /. e. quand vous
seriez tout teints et infectés de crimes, qui
sont représentés par la rougeur du sang,
vous deviendrez blancs comme la neige, si
vous TOUS convertissez sérieusement.
COCCINEUS, À, UM, xo/xtvoî, de coccinum ,
et signifie :
1" Décarlate ou de pourpre. Matth. 27.
28. Chlamidera coccineam circumdederunt ei :
Voy. Joan.l9. 2. Les soldats ôièrent à Jésus -
Christ ses habits, et le revêtirent d'un man-
teau d'écarlate : après que Pilate eut livré
Jésus-Christ au peuple pour être crucifié.
Nahum. 2. 3. Viri exercitus in coccineis
(suppl. veslimentis ). Les soldats de Nabu-
chodonosor sont vêtus d'habillements pré-
cieux, tel qu'est l'écarlate. Jos. 7. 21. Ce mol
coccineus est changé en vermiculus. Levit.
14. v. V. 49. o2. V. Vermiculus. Voy. Pur-
pura, ^'oy. Lana.
2' Rouge comme l'écarlate; soit que l'E-
criture parle en bonne part. Cant. '♦. 3. Sicut
villa coccinea labia tua : Vos lèvres sont
comme une bandelette d'écarlate : ces lèvres
DlCTIOMN. DE PRILOL. SACRÉB. I.
COC
745
rouges, qui sont l'organe do la parole, figu-
rent quelle devait être la beauté et la pureté
du langage des vrais docteurs de l'Eglise,
et combien il est agréable à ceux qui l'é-
coutent. Voy. Ephes. i. 29. Coloss. i. 6. soit
en mauvaise part. Apoc. 17. 3. Vidi muiierem
sedentem super bestiam coccineam : Je vis une
femme assise sur une bête de couleur d'écar-
late : celte bête figure par sa couleur d'é-
carlate la majesté des empereurs romains,
et leur cruauté, étant comme teinte du san"
des martyrs. "
COCCUS ou COCCUM, i. Grec xi-.xo.-. Ce
nom grec signifie proprement la graine dont
se teint l'écarlate : cette graine vient d'un
arbrisseau fort branchu , sur lequel ces
grains sont attachés comme des lentes • et
ces grains sont pleins de petits vermisseaux
dont le sang sert à teindre l'écarlate, qui a
toujours été estimée et admirée dans tous les
siècles. Il y a en France un petit arbre dont
les feuilles sont pointues comme celles du
houx, sur lequel croissent des grains rouges
que l'on appelle graine d'écarlate : c'est peut-
être le coccus des Hébreux : ce mut signifie
aussi ce qui est teint en écarlate. Cette
graine est fort différente de la pourpre, qui
est une huitre, dont le sang fait cette pré-
cieuse teinture; coccus et purpura n'ont pas
laissé de se confondre, et dans les livres des
Evangiles et dans les auteurs profanes ; dans
l'Ecriture :
1° Ecarlate, teint en écarlate. Exod. 2o.
V. 4. 5. Accipere debetis aurum et argentum,
coccumque bis tinctum (xôxxtvov) : Voici les
choses que vous devez recevoir des Israéli-
tes, et qu'ils m'offriront comme des prémi-
ces ; se. de l'or, de l'argent, et de l'écarlate
teinte deux fois, afin que la couleur en soit
plus vive.
Phrase tirée de celle significatiou.
Tortum coccum. Ouvrage fait de fil retorg
d'écarlate. Eccli. 4o. 13. Torto cocco opus
ardficis : Cet ouvrage était fait avec grand
art de fil retors d'écarlate, et il y avait douzo
pierres précieuses. Cet auteur marque la
Ralional d'Aaron , dont il est parlé Exod.
28. 15.
2° Un ruban d'écarlate. Levit. 14. 6. Alium
autem vivum cum ligno cedrino et cocco et
hyssopo linget in sanguine passeris : Le prê-
tre trempera le bois de cèdre, l'écarlate et
l'hyssope dans le sang du passereau qui
aura été immolé. On faisait de ces trois cho-
ses un aspersoir ou goupillon, dont le bois
de cèdre faisait le manche, et l'on y attachait
une poignée d'hyssope avec un fil ou rubau
d'écarlate, et on liait par les ailes et la
queue le passereau vivant au bois de cèdre,
afin qu'on pût tremper le tout ensemble
dans le sang du passereau immolé. Saint
Thomas, 1. 2. qu. 102. art. 5. ad 7. expli-
que ce que signifiait celte cérémonie.
COCHLEA, M. Grec, xo/kixf du verbe grec
x6/}.<.), qui signifie le même que yu/jiÇw gyro ,
aller, tourner en rond, et signifie coquille,
limaçon, pompe, qui en a la ûgure, ou ma-
2'i
ri?
DICTIONNAIRE Dl^ PHILOLOGIE SACRÉE.
7^8
chine pour faire monter l'eau ; et dans l'E-
criture :
Escalier, degré en rond (éXjxtà «vâga(T«?,g'ra-
clus orMcularis). 3. Reg. 6. 8. Per cochleam
ascendit in médium cœnacuhim: On montait
par un degré qui allait en tournant ; ce de-
gré conduisait dans les trois étages qui
étaient sur les murailles du temple. Ezech.
41. 7.
^ COCUS, I. pour COQUUS, cuisinier. 1. Reg.
9. 24. Levavit cocus armum: Le cuisinier prit
une épaule, et la servit devant Saiil par l'or-
dre de Samuel , qui l'avait fait réserver ex-
près pour Saiil ; afin que, comme c'était la
part du grand prêtre , Exod. 29. 22. le Pro-
phète marquât par là que Dieu appelait Saiil
a une dignité sacrée, telle qu'est celle de roi.
COCYTUS, I Ce mot vient du grec y.wzuTÔs-
pleurs , de ;«wxijw fleo , lamentor ; d'où les
poêles ont fait la rivière des pleurs en enfer;
il y a quelque rivière de ce nom, que les uns
mettent en Arcadie, d'autres dans la Campa-
nie, qui a pu donner occasion à cette fiction ;
sur ce que les habitants du pays enterraient
leurs morts sur le bord de ce fleuve, afin que
le gravier qu'il traîne les eût plutôt consu-
més.
Cocyte, fleuve, que les poètes ont feint être
un fleuve de l'enfer. Job. 21. 33. Dulcis fuit
glureis Cocyti (;^eîfiapp'oç torrens) : La présence
du méchant a été agréable dans les sablons
du Cocyte ; cette phrase poétique marque
que l'impie qui meurt réjouit lenfer ; Hebr.
Dulcescunt ei cespites vallis ; Gr. torrentis^
torrens ^ et vallis se prennent souvent l'un
pour l'autre. Les tombeaux étaient ordinai-
rement dans les vallées.
CODEX , icis. De caudex, et signifie pro-
prement tronc d'un arbre ; livre lait de ta-
blettes enduites de cire, toute sorte de livres ;
dans l'Ecr. :
Livre (piQîov). Eccli. 50. 29. Doctrinam sa-
pientiœet disciplinée scripsit in codice isto Jé-
sus filius Sirach Jerosoiymita : Jésus , fils de
Sirath de Jérusalem, a écrit dans ce livre
des instructions de sagesse et de science.
COELECTUS, A, UM, (Tyve;t)i£XTÔ,-, v, élu
avec un autre, ou élu comme lui. 1. Pr. 5. 13.
Salulat vos Ecclesia quœ est in Babylone co-
electa : L'Eglise qui est dans Babylone, et est
élue comme vous.. . vous salue ; i. e. appe-
lée à la même grâce de la foi : saint Pierre
écrit de Rome, qu'il nomme Babylone. Voy.
Babylon.
COELESYRIA. La Cœlesyrie, la basse Sy-
rie (xoî>v32v/>t«, Cava 5yna).l. Mac i0.&9.£t
conslituit Demetrius rex Apollonium ducem
qui prœerat Cœlesyriœ ; Le roi Démélrius fit
général de ses troupes Apollonius gouver-
neur de Syrie. 2. Mac. 3. v. 5. 8. Ce pays est
renfermé entre le Liban et l'Antiliban.
COELUM. Voy. C^elum.
COEMPTIO, ]vis,«70|3«{r/xôç, de l'inusité coe-
mere, et marque proprement la coutume des
Romains , par laquelle l'hommeet la femme
s'achetaient l'un l'autre, entraient en société
de biens ; en sorte qu'en vertu de cet achat,
ils s'assuraient l'hérédité l'un de l'autre ;
dans l'Ecriture
Achat. 2. Mach.fS. W.Convoeansaacocmp-
tionem Judaicorum mancipiorum : Nicanor
envoya vers les villes maritimes pour inviter
les marchands à venir acheter des esclaves
juifs ; c'eût été pour acquitter Antiochus
de deux mille talents qu'il devait aux Ro-
mains, V. 10. Mais il n'avait pas encore livré
la bataille, v. 14. qu'il perdit, v. 27.
COENA, M, SêtTTvov; du grec xoivôf, commu-
nis ; parce que ce mot signifie le souper, le
repas du soir , qui était le repas commun,
où toute la famille s'assemblait ; on déjeu-
nait, ou on dînait le matin en particulier.
1° Souper [nôzoç, symposium). Judith. 6.
19. Osias . . . fecit ei cœnam magnam : Osias
donna un grand souper à Achior ; ce fut en
reconnaissance de la liberté avec laquelle il
avait parlé des Juifs devant Holopherne, c. 5.
depuis V. 5. jusqu'au v. 26. Ainsi, Joan. 12.
2. 1. Cor. 11. 21. Unusquisque . . . suam cœ-
nam prœsumit ad manducandum (dans les
assemblées que vous faites dans l'église)
chacun y mange le souper qu'il y apporte,
sans attendre les autres ; ces festins des pre-
miers chrétiens dans l'église s'y faisaient
pour communier et célébrer le mystère de
l'eucharistie, comme Jésus-Christ l'avait in-
stitué, et étaient appelés Agapes, et les riches
y traitaient les pauvres, v. 2. Luc. 14. v. 12.
16. 24. JYemo virorum illorum qui vocati
sunt, gustabit cœnam meam : Nul de ces hom-
mes que j'avais conviés, ne goûtera de mon
souper ; Jésus-Christ, par ce souper, entend
celui qui sera préparé dans le ciel pour les
bienheureux. Voy. Luc. 12. 37. et dont les
Juifs qui y étaient appelés, seront exclus lors-
qu'ils voudront y entrer. Luc. 13. v. 24. 26. 27.
2° Cène , repas dans lequel Jésus-Christ
institua l'adorable sacrement de lEucharis-
tie, et la sainte table où les chrétiens se nour-
rissent de la sainte Eucharistie. Joan. 21.
20. Qui et recubuit in cœna super pectus ejus :
Le disciple que Jésus aimait ... pendant la
Cène s'était reposé sur le sein de Jésus. Voy.
Pectus. Ainsi , c. 13. 2. 1. Cor. 11. 20. Jam
non est Dominicam cœnam manducare : De
vous assembler comme vous faites, ce n'est
plus manger la cène du Seigneur; i. e. com-
munier dignement. Voy. supr. i°.
3° Festin , grand repas {tzôtoç). Judith. 12.
10. Holophcrnes fecit cœnam servis suis : Holo-
pherne fit un festin à ses serviteurs. Baruch
6. 31. Malth. 23. 6. Marc. 12. 39. c. 6. 21.
§ 1. — Table où l'on mange. Joan. 13. 4.
Surgit a cœna : Jésus-Christ se leva de ta-
ble ; ce fut pour laver les pieds des apôtres.
Voy. V. 5.
§ 2. — La jouissance de la gloire éternelle
dans la compagnie de Jésus-Christ et des
saints, marquée sous la figure d'un festin de
noces. Apoc. 19. 9. Beati qui ad cœnam nu-
ptiarum agni vocati suîit : Heureux ceux qui
ont été appelés au souper des noces de l'a-
gneau. Voy. Can. pag. 8. n. 4.
§ 3. — La vengeance que Dieu tire des
ennemis de son peuple, figurée par la joie
d'un festin. Apoc. 19. 17. Venite et congre-
gamini ad cœnam {Ouoik) magnam l)ei : Venez
et assemblez-vous pour être au grand loo*
7;9
COE
COE
75*;)
r.
er de Dieu, pour manger la chair de tous
os rois, etc. Ceci est aussi dans le prophète
Ezéchiel, c. 39. 17. pour marquer la rigueur
de la justice de Dieu, sous la figure d'une
grande défaite, qui nesignifle pas seulement
la destruction temporelle des idolâtres per-
sécuteurs ; mais aussi leur supplice éternel.
COENACULUM, i. Du mot cœna, elsignifle
proprement , le lieu où on soupe ; et parce
qu'on avait coutume de souper dans le lieu
le plus élevé, où on montait par un escalier ;
Cœnaculum marque aussi tout le haut de la
maison ; Gr. àvwyEwvou v-îo^o-j-, dans l'Ecr. :
1° Chambre haute destinée pour manger
(Orepiov). 1. Par. 28. 11. Dédit ... David Sa-
loinuni descriptionem ... cœnaculi ; i. e. cœna-
culorwn : David donna à Salomon le dessein
du yestibule et des chambres hautes des-
linéos pour y manger. Marc. li. 15. Osten-
(Ul vobis cœnaculum grande : Lv maître de
Id maison vous montrera une grande cham-
bre haute toute meublée ; celte chambre est
celle où Jésus-Christ a fait la Cène avec ses
apôtres , v. 17. 22, 23. Ce mol se prend en-
core communément parmi les fidèles |)our le
lieu où étaient assemblés les apôtres le jour
de laPentfCÔie, et où ils s'étaient retirés de-
puis que Jé^us-Ch^ist monta au ciel, pour y
attendre le Saint-Esprit qui leur était pro-
mis. Act. 1. 13. Cum introissenl cœnaculum :
Les disciples et les apôtres de Jésus-Christ
étant entrés dans une maison, montèrent à
une salle haute , où demeuraient les onze
apôtres. Act. 9. 37. Posuerunt eam in cœna-
culo : On mit Tabi^he dans une chambre
haute , selon la coutume, afin qu'elle ne fût
à personne un sujet d'impureté légale.
2° Chambre (ot&j^o^ov. Gen, 6. 16. Cœna-
cula et tristega faciès in ea : (Au-dessous du
comble de l'arche) vous ferez des chambres
jusqu'à trois étages ; d'autres prennent co
mol pour les chambres du second étage;
deorsum et cœnacula ; sont le premier et le
second étage. 3. Rtg. 6. 8. Médium cœnacu-
lum ; la chambre du milieu ; aulr. la seconde
chambre.
3" Elagp, chambre de quelque étage {Tpurre-
yov). Act. 20. 9. Ductus somno cecidit de ter-
tio cœnaculo deorsum : Un jeune homme
tomba du troisième étage en bas ; ce fui eu
dormant, pendant le long discours que fit
saint Paul à Troade : il mourut ; mais saint
Paul le ressuscita, v. 10.
Façon de parler.
Cœnaculum ajiguli. La chambre de l'angle,
était un nom de lieu dans la ville de Jéru-
salem. 2. Esd.3. v. 30. 31. Inter cœnaculum
anguli in porta gre/jis , œdificaverunl auri-
fiées et ncgotiatores : Les orfèvres et les mar-
chands bâtirent à la porte du troupeau le
long de la chambre de l'angle.
COENARE, ôjirrvetv, soupcr. Luc. 17 8. Para
quod cœnem : Préparez-moi à souper; ce que
dit ici le maître à son serviteur, ajirès (ju'il
a travaillé tout le jour aux champs, u)arquc
que nous devons être persuadés que, quel-
ques travaux que nous ayons endurés pour
|« service de Dieu, Dieu ne nous doit neu.
Voy. V. 10. Ainsi, c. 22. 20. 1. Cor. 11. 25.
(Accepit) simililer et calicem , postquam cœ"
navit : (Jésus-Christ après la consécration
de son corps sous les espèces du pain) prit
de même le calice après avoir soupe ; c'était
pour le consacrer, comme il venait de con-
sacrer lepain.Voy. v. 27. Matth. 26. 26. Ainsi,
Tob. 8. 1. Se réjouir ensemble , avec fami-
liarité, comme font les amis dans un festin.
Apoc. 3. 20. Cœnabo cum illo : Je souperai
avec celui qui entendra ma voix, et qui m'ou-
vrira la porte ; Jésus-Christ promet au chré-
tien fidèle ses biens spirituels dans cette vie,
et une intime union avec lui-même après la
mort ; le boiiheur éternel est ordinairement
représenté dans l'Ecriture sous l'idée d'un
festin.
COENOMYIA , je, mivouvIcx ou xjvofiuîa. Ce
mot est tout grec, et vient de/.otvo,- communiSf
et de puïa, musca ; parce qu'il signifie :
Toute sorte de mouches. Ps. 77. 50. Misit
in eos cœnomyiam : Dieu envoya aux Egyp-
tiens une infinité de mouches différentes ;
cette leçon convient mieux à I Hébreu que
cynomyia , musca canina : Le Prophète a en
vue ce qui est dit, Exod. 8. 24.
COENUM, i, ^op^opo;; de xotvôv, sordidum^
comme nous voyons que, dans le Nouveau Tes-
tament, xoivô? et commwn«5 signifient les choses
qui sont réputées sales, impures et profanes.
— Boue, bourbier, lieu plein de fange et de
boue. Jerem. 38. 6. Descendit itaque Jere-
mias in cœnum: Jérémie descendit dans celte
boue ; ce fut dans la basse fosse qui était
dans le vestibule de la prison. Grand danger
de périr, malheur dont on ne peut se retirer.
Jerem. 38. 22. {Te} demerserunt in cœna
(6),i7Ôr,i/a, via lubrica) : Ceux qui paraissaient
vos amis vous ont plongé dans la boue. Le
Prophète prédit à Sédécias que, s'il ne se rend
pas au roi de B ibylone, toutes les femmes
qui auraient été emmenées captives avec lui
à Babylone, lui témoigneraient que ceux qui
lui auraient conseillé de ne poinl se rendre
au roi de Babylone, seraient cause de son
malheur.
COEPISSE, âpyjcjOoii; de l'ancien cœpio, du
verbe caijio. — 1° Commencer, avoir com-
mencement. Gen. 4. 26. Jste cœpit (èA-îjetv)
invocare nomen Domini : Enos commença
d'invoquer le nom du Seigneur par un culte
public du vrai Dieu, et par de certaines cé-
rémonies. Philipp. 1. 6. etc.
2" Se mettre, se porter à quelque chose.
Matth. 11. 20. Cœpit exprobrure civitatibus ...
quia non egissent pœnitentiam : Jé^us-Christ
commença à faire des reproches aux villes ...
de ce qu elles n'avaienl point fait pénitence,
à la vue de tous les miracles qu'il y avait faits,
c. 12. 1. Marc. 2. 23. c. 4. 1. Luc. 3. 8.
3° Ce verbe est souvent superflu. Luc. 7.
3^ Lacrymis cœpit rigare pcdes ejus : Due
femme de mau\aise vie commença à arroser
de ses larmes les pieds de Jésus-Christ, c. 3.
8. Ne cœperitis dicere : N allez pas dire, nous
avons Abraham pour père. c. 15. v. 24. 28.
Marc. 10. :J2. c. 11. 15. Act. 1. 1. etc.
COEKCEKE. Composé de cum et darcere.
i' Uetepir , arrêter , réprimer (ttkOicv). 1,
t5l
DICTIONNAIRK DK PHILOLOGIE SACREE.
Pelr. 3. 10. Coerceat linguam suam a malo :
Si quelqu'un veut être heureux, qu'il empê-
che que sa langue ne se porte à la médisance.
David use du verbe prohibere. Ps. 33. 13.
Phrase tirée de celle signification dans le sens figuré.
Coercere aquas muUas. Retenir les grandes
eaux ( vmIvzi-j ) ; cesl cesser de combler de
biens temporels, ne plus donner ses béné-
dictions temporelles. Ezech. 31. 15. Coercui
aquas mullas : J'ai cessé de combler de biens
le roi d'Assyrie, et de lui donner mes béné-
dictions, en le faisant réussir comme il faisait
auparavant dans toutes les guerres.
2° Reprendre, réprimander. Deut. 21. 18.
Si coerciius ohedire contempserit : Si un en-
fant ayant élé repris de son père et de sa
inère, refuse avec mépris de leur obéir. Voy.
dans la suite la punition.
COETUS, iTS. De coire. — i" Assemblée,
îoël. 1. H. Vocale cœtum .-Convoquez l'as-
semblée. Exod. 2. 3. Loquimini ad univer-
sum cœtum filiorum Israël : Parlez à toute
l'assemblée des enfants d'Israël. Dieu com-
mande à Moïse d'ordonner au peuple ce qui
est nécessaire pour la célébration de la Pâ-
qne avant leur sortie d'Egypte.
2° Liaison, société, compagnie (^ovlrt).
Gen. 49. G. In cœtu illorum non sit gloria
mea ; A Dieu ne plaise que j'aie aucune part
aux conseils de Siméon et de Lévi : Jacob dé-
teste l'emportement de Siméon et de Lévi
contre les Sichimites. Voy. Gen. 34. 25, et
suiv. Ainsi , Prov. 21. 16. Jerem. 9. 2.
3" Peuple, multitude. Jerem. 30. 20. Cœtus
(f/«pT0|3tov) ejus coram me pennanebit : J'au-
rai un soin particulier de ce peuple; ce qui
commença à s'accomplir au temps de Zoro-
babel et d'Esdras , où alors Dieu les proté-
gea et les favorisa de son assistance parce
qu'ils lui demeurèrent fidèles, c. 31. 8. Ezech.
26. 7. c. 38. 15.
Façou de parler tirée de cette signification.
Cœtus Domini, h.yÀïKriu , l'assemblée du
Seigneur ; c'est le peuple d'Israël chez qui le
culte de Dieu avait été établi. Mich. 2. 5.
Non erit tibi mittens funiculum in cœtu Do-
mini : Il n'y aura plus personne d'entre vous
qui ait d'héritage dans l'assemblée du Sei-
gneur; i. e. parmi les Israélites; le Prophète
parle du partage que devaient faire entre
eux les Assyriens , des terres de la Judée,
après la défaite des Juifs , à l'exclusion des
Juifs. Voy. Perire.
COGERE. De cum et d'agcre.
1° Assembler. Isa. 16. 3. Coge concilium :
Faites des assemblées pour prendre conseil :
Dieu parle aux Moabiles pour les exhorter
à ne traiter point mal son peuple qui se de-
vait retirer chez eux.
2" Epaissir, condenser. Job. 37. 21. Subito
aer cugetur in nubes : L'air s'épaissit tout
d'un coup en nuées.
• 3" tlonlraindre, obliger à faire quelque
chose par contrainte ou par honnêteté. Esth.
1. 8. Nec crat qui nolentes cogeret ad biben-
dum : Nul ne contraignait à boire ceux qui
lie le voulaient pas; quoique ce fut l'usage
parmi les Perses de forcer les conviés à boire.
752
6. Ainsi , Luc.
Voy. Joseph. Antiq. lib. 11. c.
2i. 29. tal. 2. 14.
4 Pousser, agiter, faire avancer. Isa. 59.
19. €iim venerit quasi fluvius violentus quem
spiritus Domini cogit : Ceux qui sont du côlé
de l'Orient révéreront la gloire du Seigneur
lorsqu'il viendra comme un fleuve impétueux
dont le souffle de Dieu agile les eaux; i. e. un
grand vent.Voy.DEus.LeProphèteCgureicila
force et les effets de l'Evangile et de la pré-
dication de Jésus-Christ et des apôtres.
COGITARE , loyi^eaBai, StaXoytÇeo-ôat, de CUm
et à\iijitare.
i° Penser, former des pensées ou des réso-
lutions {è-jBvy.ît'jùui). Mallh. 1. 20. Hœc au-
tem eo cogitante : Lorsque saint Joseph était
dans la pensée , ou dans la résolution de ren-
voyer secrètement Marie, la sainte A^ierge ,
un ange lui apparut. 2. Cor. 3. 5. Non quod
sufficientes simus cogitare aliquid a nobis :
Non que nous soyons capables de former de
nous-mêmes aucune bonne pensée comme
de nous-mêmes.
2' Penser avec soin et inquiétude, se met-
tre en peine ( iiEf^i^iviv ). Malth. 10. 19. Cum
autem tradent vos, nolite cogitare quomodo,
aut quid loquamini : Lorsque l'on vous li-
vrera entre les mains des gouverneurs et
des rois (a cause de moi), ne vous mettez
pointen peine comment vousleur parlerez, dit
Jésus-Christ aux apôtres ; et, en leurs person-
nes, à tous ceux qui souffrent pour l'Evangile:
cequi s'entenddansle même sens qu'ilest dit,
Luc. ï'2.1i:Nolitesollicitiessequaliterautquid
respondeatis : Ne vous mettez point en peine
comment vous vous défendrez devant les ma-
gistrats et les puissants du monde; Jésus-Christ
nedéfend point auxprédicateurs de son Evan-
gile et à tous ceuxqui sont persécutés à cause de
lui, de penser à ce qu'ils peuvent a voir à répon-
dre; mais il défend d'y penser avec recherche,
inquiétude et avec défiance. C'est ce que si-
gnifie le terme grec, comme Matlh. 6. 27. Ps.
37. 19. Eccli. 8. 16. 1. Cor. 7. 34.
3' Penser on soi-même à quelque chose, en
raisonnant dans son esprit, y méditer, y faire
attention (SjKÀoyiÇe'jQKi). Luc. 1. 29. Cogitabat
qualis esset ista salutalio : La sainte Vierge
pensait en elle-même quelle pouvait être cette
salutation de l'ange, c.5,21. Joan. 11.50. Act.
10. 19. 2. Mach. 5. 6. Ps. 4. 8. Ps. 76. 6.
Ainsi, Malach. 3. 16. Scriplus est liber i7iunu-
menti coram eo... cogitanlibus (jùXagoufzivoif)
nomen ejus : Le Seigneur a fait écrire un livre
qui lui doit servir de monument et pour le
faire souvenir de traiter favorablement ceux
qui s'occupent de la grandeur de son nom.
Ainsi les rois avaient des histoires et des an-
nales où étaient marquées les actions de
ceux qui leur avaient rendu quelques bons
services pour les en récompenser. Voy. Esth.
2. V. 3. 10. De là vient dans le même sens :
Cogitare intra se, Matlh. 21. 25. Marc. 2. 8.
Luc. 12. 17. c. 20. V. 5. 14. Cogitare secum.
Murc.ii.Sl.Cogitare in corde suo,incordilu»
sw/s.E.lh.6.6.Marc.2.v.6.8.Luc.o.22.c.3.15.
4" Raisonner, faire usage de sa raison. 1.
Cor. 13. 11. Cum essem parvulus... cogilabam
ut parvulus .-Quand j'étais enfant, j avais
W5
COG
COG
754
des pensées d'enfant; l'apôtre marque par
cettefigure que, quelque parfaits que soient les
plus grands hommes apostoliques, leursjuge-
mentselleurs connaissances deDieu,en com-
paraison de celle des bienheureux, est autant
différente que ceux d'un enfant à ceux d'un
homme parfait.
5° Délibérer, et prendre dessein de faire,
résoudre. Geii. 37. iS.Cogitaverunt (TTovu/ssiis-
(tOki, machinari) illum occidere : Les frères de
Joseph résolurent de le tuer; ce fui dans la
plaine de Dolhaïn. 1. Reg. 2i. 11. Cogitavi
ut occiderem te : On m'a voulu porter à vous
tuer. Ce sens, qui est celui de l'Hébreu, sem-
ble s'accorder plus naturellement avec le v.
7. que celui-ci : J'ai en la pensée devons tuer.
Gen. 31. 53. c. 50. 20. 1. Reg. 18. 25. 3. Reg.
5. 5. c. 8. 18. 2. Cor. 1. 7.
6 S'entretenir , se communiquer l'un à
l'autre ses pensées (âfKXoytÇsc-Qae). Marc. 8.
V. 10. 17. Quid cogitatis quia panes non
habetis? Pourquoi vous entretenez-vous de
ce que vous n'avez point de pain?
Phrases tirées de cette signification.
Cogitare animo suo : povlsû-cQc/^i lavrw, Re-
garder 8es mtérêts en quelque chose et pen-
ser à ce qui est utile par rapport à soi-même.
Eccli.37.9,i4 consiliario servaanimamtuam. .
ipse cnim animo suo cogitabit : En deman-
dant conseil à un homme ... { sachez aupa-
ravant quels sont SCS intérêts), car il vous
donneracouseil selon qu'il lui sera plus utile.
Cogitare malum, iniquitatem, cogitalionem^
consilia. — 1° Avoir de mauvais desseins con-
tre quelqu'un (fxvïjc-txaxsrv). Zach. 7. 10. Hla-
îum vir fratri suo non cogitet in corde suo :
Que nul ne forme dans son cœur de mauvais
desseins contre son frère. Gen. 31. 53. c. 50.
20. Ps. 3i. k. Prov. 12. 20. ce qui se dit aussi
figurément de Dieu qui prend vengeance des
méchants. Jerem. 18. 8. Agam et ego pœni-
tenliam super maio quod cogitavi ut facerem
ei : Si la nation contre laquelle j'avais pro-
noncé l'arrêt de la perdre pour ses péchés,
fait pénitence , je me repentirai aussi du mal
que j'avais résolu de lui faire, c. 26. 3. c. 36.
3. c. 49. 20. c. 50. 45.
2" Faire des jugements faux, juger d'une
chose autrement qu'elle n'est. Matth. 9. k.
Ut quid cogitatis (ivôuf/îtffOct) mala in cordi-
bus vestris? Pourquoi avez-vous de mauvai-
ses pensées dans vos cœurs, dit Jéms-Christ
à quelques-uns des scribes qui jugeaient que
Jésus-Christ bl.isphémait, parce qu'il avait
ditauparalyliqueque ses péchés étaient remis.
Avoir de mauvais soupçons, des soupçons
mal fondés , se |)ersuader mal à propos et
sans fondement qu'une chose est mauvaise.
1. Cor. 13. 5. Charitas... non cogitât malum:
La charité n'a point de mauvais soupçons ,
eilc compte [)()ur rien le mal qu'on lui fait.
Cf^yitare vias suas. Examiner ses voies ;
c'est examiner sa vie et sa conduite, pour
voir si elle a élé conforme h la loi de Dieu
et pnnr en corriger les défauts. Ps. 118. 59.
Cogitavi vias meas : J'ai examiné mes voies
el j'ai dressé mes pieils pour marcher, etc.
GOGITANS , Tis, dt'/voov/xïvof , qui ne fait
rien qu'il n'y ait bien pensé, sage, bien
avisé. Eccli. 27. 13. 'In medio... cogitantium
assiduus esta .Trouvez-vous sanscesse parmi,
les personnes sages.
COGITATIO, Nis; 5t«).o7to-,wô,-, ce mot qui
vient de cogitare pour coagitare, signifie :
1° l'action de l'esprit, par laquelle nous pen-
sons à quelque chose; 2» ce que nous pen-
sons , ou l'objet de la pensée ; 3' l'idée ou l'i-
mage que l'esprit se forme des choses qu'il
conçoit , et l'on peut dire que ce mot vient
de l'assemblage de ces trois choses , comme
saint Augustin dit : Que la pensée se fait do
ta mémoire, de la vision intellectuelle et de
la volonté qui lie l'une avec l'autre : Ex me-
maria et interna visione^ et, quœ utrumque
copulat ,voluntate, quœ tria cum in unwn CO'
guntur,ab ipso coactu cogitatio dicitur (1. 11.
de Trin. c. 3). Mais l'Écriture, qui parle
d'une manière populaire , considère plutôt
les effets delà pensée, comme les desseins et
les sentiments, que l'action par laquelle nous
pensons. Ainsi ce mot signifie :
1° Pensée bonne ou mauvaise. Matth. 15,
19. Be corde exeunt cogitationes malœ : C'est
du cœur que partent les mauvaises pensées,
quoiqu'elles ne paraissent pas toujours au de-
hors par les paroles et les actions. Sap. 1, 9.
Jn cogitationibus (St«ooû).tov) impii interroga-
tio erit : Dieu demandera compte à l'impie
de SCS pensées. Ose. 4. 9. Ps. 138. 2. Intelle-
xisti cogitationes meas de longe : Vous avez
découvert de loin mes pensées. Ainsi : Vo-
luntas carnis et cogilationiwiy sont les désirs
de la chair et des mauvaises pensées , Eph.
2. 3. Facientes voluntatem carnis et cogita-
tionum ( âiâvotx ) : La volonté des pensées ,
opposée à la volonté de la chair, est celle
qui porte aux péchés spirituels, comme sont
l'orgueil, l'envie, l'hérésie, etc.
2 Pensée, sentiment où l'on est sur quel-
que point. Rom, 14. 1, Infirmum... assumite
non in disceptationibus cogitationum : Sup-
portez celui qui est encore faible , sans dis-
puter aigrement contre lui surses sentiments.
L'apôtre parle de la faiblesse de ceux qui
jugeaient qu'il n'était pas permis de manger
de la chair offerte aux idoles.
3" Considération, estime de quelque chose.
Eccli. 40. 30. Vir respiciens in mcnsam alie-
nam , non est vita ejus in cogitatione (>oyt-
Giiôç) victus : La vie de celui qui s'allend à la
table d'aulrui n'est pas une vie ; i. e. elle est
si déplorable qu'elle ne mérite pas d'être es-
timée pour une vie.
4" Dessein, projet, entreprise. Ps. 145. 4.
In illa dieperibunt omnes cogitationes eorum:
En ce jour tous leurs desseins et toutes leurs
entreprises s'évanouiront; David parle de la
mort des grands du monde. Job. 17. 11. c.
21. 27. Prov. 16. 3. Sap. 2. 14. 2. Cor. 2. 11
etc. A quoi se rapportent les desseins et les
décrets de Dieu , soit de justice , soit de misé-
ricorde. Job. 23. 3. Nemo avertere potest co-
gilationem ejus : Nul ne peut empêcher que
ce que Dieu a résolu ne s'exécute. Ps. 39. 6.
Cogitationibus tuis (c*«).07iapiQî) non est qui si-
milis sit tihi : Il n'y a personne qui vous soit
semblable dans vos pensées. Jer. 29. 11. Ego
755
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
750
$rÀo cogitationes quas ego cogito super vos :
Je sais les pensées que j'ai sur vous, qui sont
des pensées de paix. c. 23. 20. c. 30. 24. c.
49. 20. c. 50. i5. c. 51. 29. Mich. 4-. 12. elc.
5° Soin qu'on prend de quelv^u'un, ou soin,
peine d'esprit ( fço'jzl; ). Sap. 5. 16. Cogita^
tio illorum opud Altissimum : Le Très-Haut
a soin des justes, c. 8. 9. Erit allocutio co~
gitationis et tœdii mei .-La sagesse sera ma
consolation dans mes peines et dans mes en-
nuis.
6° Intentions, dispositions cachées d
l'âme. Prov. 19. 21. Act. 8. 22. Jac. 2. i.Voy.
Reddere.
7° Doute, scrupule, trouble d'esprit. Luc.
24. 38. Quid... cogitationes ascendunt in corda
vesira? Pourquoi s'élève-t-il tant de pensées
dans vos cœurs ? dit Jésus-Christ aux apôlres
et aux disciples troublés de le voir paraître.
Cet Hébraïsme vient de ce que l'esprit est
plus élevé que toutes les choses terrestres
qui sont les objets ordinaires des pensées
humaines. Dan. 5. v.6.10. c.7.28.Ecdi.22.:^2.
8" Raisonnement, recherche delà vérité.
Rom. 1. 21. Evanuerunt in cogitatiomhus
suis : Les hommes se sont égarés dans leurs
vains raisonnements; l'apôtre parle des phi-
losophes païens.
9° Le souvenir d'une grâce, la reconnais-
sance qu'on en a [bMiiio-j], Ps. 75. 10. Cogi-
tatio hominis confitebitur tibi : Le souvenir
que l'homme aura de vos bienfaits f?ra qu'il
vous en témoignera ses reconnaissances ; Et
reliquiœ cogitationis diem fe^tum agent tibi :
et le souvenir qui lui en restera, le tiendra
dans une reconnaissance et comme dans une
fêle perpétuelle devant vous; Hebr. Furor
hominis : La fureur de l'homme tournera à
votre gloire. Voy. Reliquije.
Phrase tirée de celte signification.
Cogitationes inire : Former des desseins ,
faire les entreprises. Dan. 11. 24. Cogitatio-
nes f^oytirpô?) inibit : Antiochus formera des
entreprises contr(; les villes les plus fortes de
l'Egypte. Voy, Firmus.
CÔGITATUS, us ; ]5ou>«. — 1° Pensée, ac-
tion de l'entendement. Jerem. 32. 19. Inconi-
prehen>ibitiscogitatu :Dieii est incompréhen-
sible dans ses pensées. Eccli. 42. 20. Non
prœlerit illion omnis cogitatus :l[ n'y a point
pour Dieu de pensées secrètes, c. 9. 23. c.
27. V. 5. 7. c. 33. 5.
2' Soin, application (Siriynviv). Eccli. 6.
37. Cogitatum tuurn habe in prœceplis Dei :
Appliquez toute votre pensée à ce que Dieu
vous ordonne, c. 31. 1.
3° Conduite, manière dont l'on raisonne
pour prendre des mesures. Eccli. 19. 19. Non
est cogitatus peccatorum prudentia : La con-
duite des méchants n'est point une pru-
dence, c. 30. 11. Ne despicins cogitatus illius;
Ne négligez point ce que fait et ce que pense
votre fils ; il faut observer el prendre garde
à ses Tues et à ses inclinations pour les re-
dresser.
4° Résolution (Sw^ônfiu ). c. 22. 20. Cogi-
tatus sensali in omni tempore, metu non de-
pravabitur : La résolution d'un homme sensé
ne s'affaiblira point par la crainte en quelque
temps que ce soit.
5"L'esprit(5««v9v?|;/.«). Eccli. 23. 2. Quis «u-
perponet in cogitatu meo flagella Qui ; fera res-
sentir à mon esprit une verge qui le frappe?
La connaissance de la vraie sagesse est ca-
pable de redresser les pensées d'un esprit
qui s'écarte, c. 27. 5.
6° Chagrin, inquiétude ( //s|5ep.;a ). Eccli.
30. 26. Ante tempus senectam adducet cogita-
tus; L'inquiétude fait venir la vieillesse avant
le temps, c. 31. 2.
COGNATIO, Nis, aur/Évîta. — 1° Parenté,
famille, lignée, race (Trar/iicic ). Il y en avait
plusieurs en chaque tribu. Num. 36. 7. Om-
nés enim viri ducent uxores de tribu et cogna-
tione sua ;Tous les hommes ne prendront des
femmes que de leur tribu et de leur famille.
Le peuple juif a été premièrement divisé eu
tribus, puis en familles , que l'interprète la-
tin appelle generationes, gentes, cognationeSy
familias. Ainsi, on passait des tribus aux fa-
milles, des familles aux maisons, et des mai-
sons aux particuliers, comme il se voit. Jos
7. 14. Ainsi, Gen. 12. 1. c. 10. v. 20. 31. Je-
rem. 33. 24. etc.
2° Tribu. Num. 17. 2. Accipe ab eis virgas
singnlas per cognationes suas : Prenez des en-
fants d'Israël une verge pour la race de cha-
que tribu : celle de toutes qui devait fleurir
était cdle de la tribu que Dieu devait avoir
élue pour les fonctions du sacerdoce. Voy.
V. 5.
3° Le peuple juif entier, toutes les tribus
( yy).À ). Amos. 3. 1. Audite rerhum quod lo-
cutus est Dominus super vos, filii Israël, et
super omnem cognationem : Enfants d'Israël,
écoulez ce que j'ai dit sur votre sujet , sur
vous tous qui êtes ce peuple né d un même
sang, que j'ai fait sortir de l'Egypte. Il parle
à tout le peuple des deux royaunies d'Israël
et de Juda ; mais il a particulièrement en
vue celui d'Israël, auquel toute la suite se
rapporte.
4°. Les peuples entiers qui se sont formés
de différentes familles ( (fvlii ). Gen. 12. 3.
In te benedicentur universœ cognationes ter-
rœ : Tous les peuples de la terre seront bénis
en vous, ou à cause de vous, dit Dieu à Abra-
ham. Ezech. 20. 32. Erimus sicut gentes, et
sicut cognationes terrœ :Nous serons comme
les nations et comme les autres peuples de
la terre , et nous adorerons comme eux le
bois et la pierre. Jer. 1. 15. c. 25. 9. Amos.
3. 2.
5° Compagnie, assemblée jointe à un chef
qui conspire au même dessein. Ps. 73. 8.
Diœerunt in corde suo cognât io eorum simul:
Ils ont conspiré tous ensemble, el dit au fond
de leur cœur : Celte prophétie, qui regarde
le culte du vrai Dieu el labolissement des
fêles consacrées en son honneur , s'esl ac-
complie sous Antiochus Epiphanes, au temps
des Machabées. Voy. 2. Mach. 6. v. 6. 7.
8. etc. Ainsi, Jerem. 3. 14. c. 25. 9.
6' Alliance, confédération. 2. Mach. 5. 9.
Lacedemonas profectus, quasi pro cognalione
ibi refugium habilurus : Jason péril hors do
son pays, étant allé à Lacédémonc pour
757
COG
COG
738
T trouver quelque refuse à cause de la pa-
rente.
^° Union, liaison. Sap.S. 17. Immortalitas
est in cognatione scipientiœ : On trouve l'im-
mortalité dans l'union de la sagesse.
§ 1. Parent, qui est proche. Levit. 20. 20.
Qui revelaverit ignominiam cognationis suœ :
Si un homme découvre ce qu'il aurait dû
ca'cher par le respect qu'il doit à ses proches.
L'Ecriture condamne ici l'inceste. Tob.7. li.
§2° Sort, partage de pays. 1. P.ir. 6. 71.
De cognatione (i. e. in sorte) dimidiœ tribus
Manasse,Gaulon in Basan : Ceux de la demi-
tribu de Manassé eurent Gaulon en Basan
avec ses faubourgs, etc.
COGNATUS, I. COGNATA , je, ^u/v^wiç
— 1° Parent , qui est de même race , de
même sang, de même famille, soil hom-
me ou femme. Luc. 1. 58. Vicini et co-
gnati ejui : Les voisins et les parents de sainte
Elisabeth, c. 2. U. Joan. 18. 26. Act. 10.
24. Rom. 16. 21 Num. 21. 3. c. 33. 12. Tob.
2. 15. Eccli. 41. 23. Dan. 13. 30. 2. Mach. 8.
1. c. 15. 18. Ainsi, cognnta, parente, cou-
sine, de même famille. Luc. 1. 36. Elisabeth
cognata tua et ipsa concepit filium : Elisa-
beth, votre cousine, a conçu aussi elle-même
un ûls.
2\ Beau-père. Exod. 18. 1. Jelro... co-
gnatus Moisi : Jétro, beau-père de Moïse.
Hebr. et Gr. socer. v. 5. 6. etc. En effet,
Moïse épousa Séphora, fllle aînée de Jétro.
Voy. Exod. 2. 21. c. 3. l. Ainsi , Judic.
1. 16. c. 4. 11.
3° De même nation, qui reconnaît les
mêmes ancêtres et le même père dont ils
sont sortis , Rom. 9. 3. Optabam ego ipse
onathema esse a Christo pro fratribus meis ,
gui sunt cognati mei secundum carnem :
J'eusse désiré de devenir moi-même ana-
thème, et d'être séparé do Jésus-Christ pour
mes frères, qui sont de Même race que moi
selon la chair, c. 16. v 7. 11. 2. Mach. 5. 6.
Façon de parler tirée de la première signification.
Cognati régis. Princes du sang, alliés à la
couronne, les plus grands seigneurs de la
cour d'un roi. 1. Mach. 10. 89. Et misit ei
fibulam auream, sicut consueludo est dari
cognatis regum : Alexandre , fils d'Antio-
chus, envoya à Jonathas une agrafe d'or,
telle que l'on en donnait d'ordinaire aux
princes du sang royal.
COGNITIO, OMS, èniyvutrtç, 5iâyv«oo-tç , —
r Connaissance. Rom. 3. 20. Per legem
cognitio peccati ; La loi naturelle était si ob-
scurcie par le péché, que, pour la faire con-
naître, il a fallu une loi écrite. — 2" Connais-
sance , accompagnée dhonneur et de res-
pect rendu avec affection. 2. Petr. \.2.Pax
udimpleatur in cognitione Dei : Que la paix...
croisse en vous de plus en plus par la con-
naissance de Dieu. v. .'}. 8. c. 2. 20. c. 3. 18.
— 3' Connaissance cl examen, ou jugement
d'uneaffaire, d'une cause. Act. 2'').2l. Paulo...
appellante ut servaretur ad Augusti cogni-
tionem. Sur ce que Festus demanda à saint
Paul s'il voulait aller à Jérusalem pour y
être jugé... Saint Paul en appela, et voulut
que sa cause fût réservée à la connaissance
d'Auguste : c'était Néron qui était alors em-
pereur.
COGNITOR, is , yvwcTTu?, Qui connaît, qui
a la connaissance de quelque chose. Dan.
13. 42. Deus œterne, gui ahsconditoncm es
cognitor : Dieu éternel qui pénétrez ce qui est
de plus caché.
COGNITUS, A, UM, èTrr/ivwffxôpsvoc, counu ;
dans l'Ecrilure :
Considérable, reconnu fidèle dans l'exer-
cice et les fonctions de son ministère. 2. Cor.
9. Sicut cui ignoti, et cogniti : Dans les fonc-
tions de notre ministère, nous sommes re-
gardés comme des inconnus, quoique nous
soyons bien connus.
COGNOMEN, IMS. De cognoscere, et signi-
fie proprement surnom; dans l'Ecriture :
Nom {o'joarx). 2, Reg. 20. 21. Homo
Seba , fidus Bochri cognomine : Un homme
appelé Séba, fils de Bochri. Eccli. 47. 19.
Cui cognomen Deus Israël : Le Seigneur s'ap-
pelle le Dieu d'Israël.
COGNOMENTUM. Nom ajouté au nom
propre. Geu. 33. 6. Venit Jacob Luzam,..
cognomento Belhel : Jacob , avec tous ceux
qui étaient avec lui, vint à Luza, qu'il avait
nommée auparavant Bethel ; il y vint par
l'ordre de Dieu. v. 1. Dan. 10. 1. Yerbwn
revelatum est Danieli cognomento Balthasar:
Une chose fut révélée à Daniel, surnommé
Balthasar.
COGNOMINARE , èttixk/jîv, èvopâÇîtv, eVovo-
fzâÇstv , — 1° Surnommer, donner un se-
cond nom. Luc. 22. S. Intravit Satanas in
Judam qui cognominabatur Iscariotes : Satan
entra dans Judas, surnommé Iscariote. Joan.
5.2.1. Mach. 2.2. Act. 10. 3.
2" Nommer, donner un nom (ri9évai oMOfix).
4. Reg. 17. 34. Jocob , quem cognomi-
navit Israël : Jacob, que le Seigneur surnom-
ma Israël. Sap. 14. 8. Illud cum esset fragile,
Deus cognominatus est : Le bois dont on fait
l'idole n'étant qu'un bois fragile , porte le
nom de Dieu. Luc. 6. 14. {Elegit duodecim)
Simonem quem cognominavit Petrum : Jésus-
Christ choisit douze d'entre les disciples, Si-
mon auquel il donna le nom de Pierre. Rom.
2. 17. Si autem tu Judœus cognominaris :
Vous qui portez Je nom de Juif. Act. 11. 26.
Jta ut cognominarentur \ /^r,niJL%-:Li^iu ) pri-
mum Antiochiœ discipuli christiani : Ce fut à
Antioche que les disciples furent première-
ment nommés Chrétiens: ces noms ne sont
pas tant les surnoms que le nom principal
des personnes à qui il a été donné. De là
vient :
COGNOMINARl , /.«^sfTOat. Etre , durer.
Hobr. 3. 13. Donec hodie cognominntur : Pen-
dant que dure ce temps marqué par ce mot,
aujourd'hui ; se tant que dure la vie pré-
sente ; où cognominatur est pour vocatur, et
vocari est mis pour esse.
COGNOSCKRE, Gr. ytvwo-xctv, ETrtytvMOxen,
Ce verbe qui répond à l'Hébreu jndah, en a
toutes les significations; savoir, apprendre,
éprouver, ressentir, examiner, faire sentir;
et quand il se dit de Dieu, approuver, favo-
ris^er, etc.
7o9
: ICTIL'NNAIRE DE PlULl'LOGIE SACREE.
700
1» Connaître, savoir quelque chose qu'oQ
ne savait pas. Rom. 11. 3i. Quis... cognovit
sensian Dovrini? Qui a connu les desseins de
Dieu?c. 1. 21.
2° Examiner avec soin, considérer avec
allention. Ps. 138. ^i. Cognosce semitas
meos : Seigneur (inlerrogez-moi, et connais-
sez les sentiers par lesquels je marche. Joan.
7. .51. Numquid lex nostra judicat hominem,
nisi prius... cognoverit quid faciat ? ^oire
loi permet-elle de condamner personne...
sans s'être informé auparavant de ses ac-
tions, dit Nicodème aux Pharisiens. Matth.
2V. 39. Luc. 19. i2. Ps. 73. 5.
3° Reconnaître, comprendre. Luc. 1. 22.
Cognoverunt quod visioiiem vidisset in tem-
p!a ; Le peuple reconnut que Zacharie avait
eu une vision dans le temple, c. 20. 19. c.
23. 7. Joan. 4. 1. c. 7. v. 17. 26. c.8.v.27.i2.
Ainsi Ps. 73. ï. Posuerunt signa sua, signa
et non cognoverunt: Cenx qui vous haïssent
ont placé leurs étendards en forme de tro-
phée, sans reconnaître l'honneur et le res-
pect qu'ils devaient à ce saint lieu. David a
en vue les abominations que commit Antio-
chus dans le temple de Jérusalem, v. 1.
Mach. 1. V. 23. il. W. 57. et ce que firent
depuis les armées romaines dans leur vic-
toire, sous le commandement de Tite. Voy.
JOSÈPHE.
k° Savoir certainement , connaître à fond.
Ps. 138. 1. Domine, probasti me, et cognovisti
me : Seigneur, vous m'avez éprouvé, et con-
nu parfaitement. Ps. 19. 7. Osée 5. 3. Ainsi,
Gen.22. 12. Nunc cognovi quod times Beum :
3e connais maintenant que vous craignez
Dieu, dit l'ange qui représentait Dieu, à
Abraham, sur l'obéissance que lui rendait
Abraham de sacrifier son propre fils : ce qui
est une manière de parler des hommes, qui
lorsqu'ils éprouvent en quelque occasion
importante la vertu et la fidélité d'un homme
qui leur était déjà connue, ne laissent pas de
dire aussitôt : C'est maintenant que je con-
nais la fermeté et la fidélité de cette per-
sonne. Voy. infra 9". Ainsi Luc. 6. W. 1.
Par. 17. 18.
5° Sentir éprouver. Marc. 5. 30. Slatim
Jésus... cognoscens virlutem , quœ exierat
de ido : Aussitôt que la femme malade d'une
perte de sang eut touché le vêtement do Jé-
sus-Christ et qu'elle se sentit guérie, Jésus-
Christ connut en soi-même la vertu qui était
sortie de lui. 1. Cor. k. 19. 2. Cor. 2. 9.
Philipp. 3. 10. Ps. 13. 4.
6° Approuver. Ose. 8. k. Principes exstite-
runt, et non cognovi : Ils ont été princes , et
je ne l'ai point su. Quoique Dieu eût résolu
que Jéroboam et Jéhu seraient rois des dix
tribus, ils ont néanmoins régné par leur
propre ambition et non selon sa volonté; ce
qui est encore plus vrai des rois d'Israël qui
régnaient du temps du prophète Osée, Sel-
lum, Manahem et Phacée. Eccli. 18. 28. Voy.
Matth. 7. 23.
7" Recevoir, reconnaître une personne
pour telle qu'elle est. .^Litth. 17. 12. Elias
jain venit, et non cognoverunt eum : Elle est
déjà venu , et ils ne l'ont point connu , ilit
Jésus-Christ , en parlant de saint Jean , se-
lon qu'il est expressément marqué , c. 11.
14. Ainsi , Joan. 1. 10.
Connaître par la foi , croire ce que la foi
nous enseigne. Joan. 17. 3. Hac est autem
vita œterna, ut cognoscant te solum Deum ve-
rum, et quem misisti Jesum Christum : La vie
éternelle consiste à vous connaître, vous qui
êtes le seul Dieu véritable , et Jésus-Christ ,
que vous avez envoyé, dit Jésus-Christ dans
la prière qu'il fait au Père éternel , pour lui
recommander ses élus. v. 8. 23.
9" Faire connaître. Heb. en Hiphil. Gen.
22. 12. Nunc cognovi quod times Deum : Je
connais maintenant que vous craignez Dieu,
dit Dieu à Abraham, sur l'obéissance qu'il
lui rendit d'être prêt à sacrifier son fils. Ce
que saint Augustin explique en ce sens :
C'est maintenant que je vous ai fait connaî-
tre par votre propre expérience jusqu'où va
la crainte pleine de respect et d'amour que
je vous ai donnée pour moi; dans le même
sens que saint Paul dit que le Saint-Esprit
gémit en nous. Voy. Rom. 8. 28. Voy. supra
4\ Ainsi, 1. Cor. 8. 3. Si quis... diligit Deum,
hic cognitus est ab eo : Si quelqu'un aime
Dieu, il est connu de Dieu; cognitus est;
selon quelques auteurs : Cognitione vera do-
natus est : Il a la vraie connaissance de
Dieu. Voy. infra 11°.
10° Ressentir, reconnaître avec douleur.
Ps. 50. 4. Quoniam iniquitatem meam cognos-
co : (Purifiez-moi de mon péché parce que
je connais mon iniquité. Isa. 42. 25. c. 59.
12. Jerem. 14. 20. 3. Reg. 8. 38. 2. Par. 6. 29.
11° Connaître , se dit aussi de Dieu , qui
connaît les choses en deux manières ; 1° Dieu
connaît d'une vue simple et absolue toutes
choses, non-seulement avant qu'elles soient;
mais même de toute éternité. Hob.4 i'S.Omnia
nuda sunt et aperta oculis ejus. Ps. 49. 11. Co~
gnovi omnia volatilia cœli : Je connais tous les
oiseaux du ciel. 2° Dieu connaît , ou si vous
voulez, reconnaît particulièrement comme
lui appartenant les choses qu'il approuve et
qui lui sont agréables. Gai. 4. 9. Cum cogno-
veritis Deum, imo cogniti sitis a Deo .•P'uis-
que vous connaissez Dieu, ou plutôt que vous
êtts connus de lui. 1. Cor. 8. 3. Si quis... di-
ligit Deum, hic cognitus est a Deo. Voy. ci-
dessus, n° 9°. Ainsi , Cognoscere in bonum :
Traiter favorablement. Jerem. 24.5. Cognos-
cam transmigrationem Juda in bonum Je
traiterai bien ceux qui ont été transférés de
Juda dins le pays des Ch;ildéens , v. 8. J'a-
bandonnerai Sédécias, ses princes, et ceux
qui sont restés dans Jérusalem, ou ceux qui
se sont retirés en Egypte.
§ 1. — Embrasser, suivre et approuver.
Apoc. 2. 24. Qui non cognoverunt altitudines
Satanœ : Ceux qui n'ont point connu les pro-
fondeurs de Satan : Les Gnostiqucs appe-
laient leurs mystères , des profondeurs de
science. 1. Tim. 4. 3. 2. Tim. 2. 25. Ps. 94.
11. Ps. 90. 14.
§ 2. — Connaître quelqu'un avec amour
et affection, en l'aimant et en prenant soin
de lui. 1. Cor. 8. 3. Si quis diligit Deum , hic
cognitus est a Deo • Si quelqu'un aime Dieu,
Iti
COG
con
7tf2
il a été prévenu de sa grâce. Voy. 9= et 11°
Ainsi, c. 13. 12. Tune autem cognoscam sicut
et cognitns sum : Lorsque nous serons dans
l'état parfait, alors je connaîtrai Dieu,comm6
je suis moi-même connu de lui. Amos. .3. 2.
Gai. 4. 9. Rom. 3. 17. Heb. 3. 10. Joan. 10.
V. IV. 27. Ps. 100. 4. Ainsi , Ose. 13. 5. Ego
cognovi te in deserto : J'ai eu soin de vous
dans le désert. Exod. 2. 2o. Cognovit eos ; II
se rendit attentif à leurs maux.
§ 3. — Connaître charnellement; cette si-
gnification vient de ce que les Hébreux ap-
pliquent les verbes, qui ap.jarliennent à
l'entendement, aux affeclions de la volonté.
Gen. 4. v. 1. 25. Cognovit Adam uxorem
sitam et peperit : Adam connut sa femme, et
elle enf snia un fl!s. Luc. 1. 34. Quomodo fiet
islud, quoniam virum non cognosco ? Com-
ment cela se fera-t-ii , car je ne connais
point d'homme : ces |)aroles font voir que la
sainte Vierge avait fiit vœu de virginité.
M.itlh. 1. 25. Et non cognoscebat eam donec
peperit filium suuni primogenitum : Joseph
n'avait point connu la sainte Vierge, quand
elle enfanta son premier né. Voy. Doneg. Ce
qui se dit aussi du péché contre nature (^jy-
yijz(7Qv.t). Gen. 19.5. Edxic illos nt cognosca-
mus eos : Faites sortir ces hommes , afin que
nous les connaissions, dirent 1"S Sodomitos
à Loth, louchant les deux anges qu'il avait
fait entrer chez lui. Judic. 19. 22.
Phrases Urées de cette signification.
Cognoscere personam. Connaître les per-
sonnes, c'est avoir égard à leur qualité, en
faire acception. Prov. 24. 23. Cognoscere
personam injudicio non est honum : 11 n'est
pas bon de faire acception des personnes
dans le jugement, c. 28. 21. Voy. Accipere.
Cognoscere Deum. 1° Connaître Dieu par
la lumière naturelle, sans l'aimer et le ser-
vir. Cum cognovissent Deum, non sicut Deum
glorificaverunt : Ayant connu Dieu, ils ne
l'ont point glorifié comme Dieu : Saint Paul
a en vue les philosophes païens qui, connais-
sant Dieu par les créatures, n'ont pas laissé
d'adorer toujours les idoles. Voy. v. 20. 22.
— 2' Connaître Dieu et le servir {)ar une af-
fection sincère. Isa. 1. 3. Israël... me non
cognovit : Israël ne m'a point connu, c. 19.
21. c. 55. 0. Osée 5. 4. 1. Joan. 2. v. 3. 13.
l^. etc. Mais cette connaissance de Dieu était
plus obscure dans l'Ancien Testament, qu'elle
ne l'est dans le Nouveau, comme on le peut
voir, 2. Petr. 1. 19. Jer. 31. 34. Non docebit
ultra vir proximum suum... dicens ; cngnosce
Domirmm ; omncs enim cognoscent me : On
n'aura plus besoin d'enseigner son prochain,
en disant : Connaissez le Seigneur; parce quo
tous me connaîtront; c'est-à-dire qu'au lieu
que dans l'ancienne loi, les préceptes n'é-
taient point écrits dans le cœur des hommes ;
mais seulement sur les tables de pierre,
qui leur meil;ii('nl rontinuellemenl devant
les yeux ce qu'ils devaient faire, sans (|iie
l'amour y eût de part : Les lois saintes de la
nouvelle , étant gravées dans le cœur des
chrétiens par la charité que le Saint-Kspril
y devait ré])andre, ils se trouveraient ensei-
gnés de Dieu, comme dit Isaïe, d'une ma-
nière sans comparaison plus avantageuse
que les Juifs.
COGNOSCÏBILITER, adverbe inusité, de
cognoscibilis; el signifie dans l'Ecriture : Vi-
siblement, évidemment. Sap. 13. 13. .4 Ma-
gnitudine speciei et creaturœ ; (Gr. et specie,
pour pulchritudine creaturœ) cognoscibiliter
poterit Creator horum videri : La grand-ur et
la beauté de la créature peuvent taire connaître
et rendre en quelque sorte visible le Créateur
par le rapport qu'elle a avec lui,
COHABITARE, ayvoixîtv. — 1» Demeurer
ensemble, vivre ensemble. 1. Petr. 3. 7. Viri
similiter cohabitantes secundum scientiam :
Maris, vivez sagement avec vos femmes. —
2" Habiter, demeurer en n^éme lieu {y.y-o>.y.-.î-j).
Act. 22. 12. Ananias... testimonium habens ab
omnibus cohabitantibus Judœis : Ananie à la
vertu duquel tous les Juifs qui demeuraient à
Damas rendaient témoignage.
COHiERERE, exs^Bon, tenir l'un à l'autre, y
être joint on attaché. Exod. 26. 3. Alice quin-
que nexH simili cohœrebunt : Les cinq autres
rideaux seront joints de même.
Se tenir attaché auprès de quelqu'un,
comme un disciple l'est auprès de son maître.
Zach. 13. 7. Framea suscitare super... virum
cohœrentem mihi (-oXtTij?, civis) : 0 épée, ré-
veille-toi, viens contre l'homme qui se tient
toujours attaché à moi. Si c'est Dieu qui
parle de Jésus-Christ, comme les interprèles
en conviennent, on doit entendre cette liaison
ou union de la consubstantialité du V^erbe :
l'Hébreu porte socium. Voy. Percutere.
COHiERES, EDis, <7-jy/l-npo'jrju.oç, Cohéritier,
qui a part avec un autre au même héritage
Rom. 8. 17. Cuhœredes... Christi : De ce que
nous sommes enfants de Dieu, et par consé-
quent ses héritiers ; il s'ensuit que nous
sommes cohéritiers de Jésus-Christ. Ephes.
3. 6. [Mysterium Christi ) Gentes esse cohœre-
des : Le mystère de Jésus-Christ, dont saint
Paul a eu l'intelligence, c'est que les gentils
sont héritiers avec les Juifs. Hob. 11. 0. Eccli.
22. 29. 1. Petr. 3.7.
COHELETH, Gr. Ecclesiastes ; Lat. Con-
cionator. Ce mot hébreu qui est le litre du
livre de l'Ecclésiasle, est féminin en hébreu;
mais les hébreux usent quelquefois de ce
genre au lieu du masculin, pour marquer
l'excellence d'une chose : ainsi , Salonmn ,
comme un grand prédicateur, représente dans
ce livre avec une force et une autorité dignes
de Dieu, la vanité des choses du monde.
COHIBERE. Composé de cum, et iVhabere.
Arrêter, retenir ( àvi/-70'y? . Gen. 45. i.
Non se poterat ultra cohiberc Joseph : Après
(jue Juda eut fait ses remontrances à Joseph,
qui voulait que Benjamin demeurât son es-
clave, J((seph ne pouvait plus se retenir de
pleurer. Voy. v. 2. Prov. 25. :>8. Sicut nrbs
patens... ita vir qui non potest in loqucndo
cohiberc spirilum suum : Celui (|iii ne peut
retenir son esprit en parlant, estcom;j;e une
ville tout ouverte, et exposée à l'ennemi.
Nuuj 17. 5. -2. Ucg. 44. 25. Job. 29. 10.
COiîOKS, lis. (rrùpu; de /ôpTo,-, et signiGi^
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRr.F.
7G4
proprement, basse-cour d'une métairie, où
l'on nourrit de la volaille; il est pris aussi
pour Cohorte, qui chez les Romains était com-
posée dans l'infanterie de quatre cent vingt
iiommes, et quelquefois de cinq à six cents ;
dans l'Ecriture :
Compagnie de soldats, gens de pied, qui
était la dixième partie d'une légion. Matlh.
27. 27. Marc. 15. 16. Convocant totaux Co-
hortem : Les soldats assemblèrent toute la
compagnie pour faire leur jouet de Jésus-
Christ, et pour lui insulter . Act. 10. 1. Cor-
nélius, Centurio Cohortis quœ dicitar Italica:
Cornélius était un centenier dans une cohorte
appelée V Italienne : ce fut lui qui envoya
quérir saint Pierre, selon l'ordre que lui avait
donné l'ange, v. 3. 5, Voy. Italica.
COHORTARI. Encourager {è-HT^xieiv). Jos.
8. 16. llli... se nnitiio cohortantes, persecuti
sunf eos : Ceux de Haï, s'encoura^oant mu-
tuellement, poursuivirent Josue et toute
l'année d'Israël : ce fut à la dernière fois
qu'ils firent une sortie générale de Haï, où
ils furent tous défaits.
COINQUINARE , ^o).Ov£tv, — 1" Souiller ,
rendre impur par le péché. Eccli. 21. 31. Sii-
siirro comquinabit animam suam : Le semeur
de rapports souillera son âme. Matth. 15. v.
11. 18. 20. Non quod intrat in os coinquinat
hominem, sed quod procedit ex are : Ce n'est
pas ce qui entre dans la bouche qui souille
l'homme; mais c'est ce qui sort de sa bou-
che. Judith. 13. 20. 2. Mach. 14. 3. Apec.
2" Profaner ce qui est saint. 1. Mach. 1.
k^. Multi ex Israël... coinquinaverunt sabba-
tum : Plusieurs entre les Israélites violèrent
le sabbat par l'ordre d'Anthiochus. V^oy. v.
43. Ainsi, v. 49. (Jussit) coinquinari sancta :
Antiochus commanda qu'on souillât les lieux
saints.
3* Souiller, rendre impur d'une impureté
légale (pse-flio-ùv). 1. Mach. 1. 65. Elegerunt
magis tnori quant cibis coinquinari immundis :
Plusieurs du peuple d'Israël aimèrent mieux
mourir (jue de se souiller par des viandes
impures. Baruch. 3. 11. Ezech. 22. 26. etc.
COINQUINATIO, ms. Souillure, saleté
{K^a.^v.fjci»).—!'' Idolâtrie, souillure contractée
par le culte des idoles. Esdr. 6. 21. Omnes
qui se separaveranta coinquinationeGentium :
Tous ceux qui s'étaient séparés de la corrup-
tion des peuples du pays, mangèrent la Pâque
au retour de la captivité, c. 9. !1. 2. Mach.
5. 27. — 2" Souillure et corruption du péché
(iMÎx'ju.u). 2. Petr. 2. 20. Fugienles coinquina-
tiones mundi : Ceux qui se retirent des cor-
ruptions du monde. Judith. 9. 2. — 3 Honte,
opprobre (o--?),©?). 2. Petr. 2. 13. Coinquina-
liones et maculce : Ils sont la honle et l'oppro-
bre (le la religion : c'est ainsi que saint Pierre
appelle les giiosliques, tout souillés de corps
et d'esprit; et c'est d'eux que parle aussi
saint Jude.
^COINQUIN ATUS, a, um, f.£fxt«<7f/évoî, souillé,
gâté. — Qui a l'esprit souillé par l'erreur, et
la conscience par les péchés. Tit. 1. 15. Omnia
iiiutida mundis, coinquinatis aulem et infideli
bus nihil est munduin ; Tout est pur pour
ceux qui sont purs, et rien n'est pur pour
ceux qui sont impurs : ce n'est point la qua-
lité des choses; mais c'est la disposition de
celui qui en use, qui les rend bonnes ou
mauvaises.
COIRE. — 1° S'assembler {c^^zpéyju). 2. 6.
11. Aliivero, ad proximas coeuntes spetuncas
et latenter Sabbati diem célébrantes : D'autres
Juifs s'étanl assemblés en des cavernes voi-
sines, y célébrèrent secrètement le jour du
Sabbat: ce fut par la crainte des persécu-
tions.
2° Ce verbe marque la connaissance d'une
feii.me, et l'accouplement du mâle et de la
femelle {dcif>yj<7ficni Trpoç tivx). Gen. 26. 10.
Potuit coire{y.oiu.âfj^v.t) quispiam de populo cum
uxore tua : Queh\u' un de nous aurait pu abu-
ser de votre femme, dit Abimélech à Isaac,
qui avait dit de Rébecca sa femme, qu'elle
était sa sœur. c. 38. 16. Ainsi, Exod. 22.
19. Qui coierit cum fumento morte morialur.
Celui qui aura commis un crime abominable
avec une béte, sera puni de mort. Lev. 19.
19. etc.
COITUS, us. Connaissance de femme; ac-
couplement de bête. Gen. 30. 39. Faclumque
est ut, in ipso colore coilus, oves intuerentur
virgas et parèrent : Il arriva que les brebis
étant en chaleur , conçurent à la vue des
branches : Jacob avait mis ces branches dans
les canaux où devaient boire les brebis, afin
d'avoir des brebis de diverses couleurs : La
vue d'un objet dans le temps de la concep-
tion contribue beaucoup à la ressemblance.
COLAIAS, Heb. Vox Domini. Fils de
Masia , descendant de Benjamin. 2. Esd.
11. 7.
COLAPHUS, I. Gr. xôi«yo?, du verbe xo-
).«7TT£tv, tundere , et signifie : — i" Coup de
poing. Matth. 26. 67. Cotaphis eum cecide-
runt : Ils fr.ippèrent Jésus-Christ à coups
de poing : ce fut sur ce qu'il répondit au
grand prêtre qu'il était Fils de Dieu. Voy. v.
64. Ainsi, Marc. 14. 65. — 2° Coup, mauvais
traitement : de là vient cette phrase, 1. Cor.
4. 11. Nudi sumus, et cotaphis cœdimur : Jus-
qu'ici nous avons souffert la nudité et les
coups ; i. e. les mauvais traitements.
COLAPHIZARE, y.olv.fi!;eiv. — i" Frapper
à coups de poing, donner des soufflets, ou
souflnr tous autres mauvais traitements. 1.
Petr. 2. 20. Quœ enim est gloria, si peccanles
et colaphizati sufferlis? Quel sujet de gloire
aurez-vous, si c'est pour votre faute que
vous endurez de mauvais traitements? saint
Pierre parle ici aux esclaves. — 2° Traiter
honteusement et avec ignominie. 2. Cor. 12.
7. Datus est mihi stimulus carnis angélus 5a-
tanœ qui me colaphizet : Dieu a permis que
je ressentisse dans ma chair un aiguillon qui
est l'ange et le ministre de Satan pour me
donner des soufflets : saint Paul parle des
mouvements honteux de la convoitise que le
démon excitait en lui par la permission de
Dieu.
COLARE. De colum, une couloire, et si-
gnifie proprement, couler, passer quelque
t hose de liquide par un linge.
Epurer par le feu en faisant londre. Ma-
705 COL
lach. 3. 3. Filios Levi colahit quasi mirum :
L'ange de l'alliance purifiera les enfants de
Lévi, et les rendra purs comme l'or : Le Pro-
phète parle de Jésus-Christ, qui devait puri-
fier par le feu de la charité, non-seulement
les prêtres, mais généralement tous les
chrétiens, qui sont participants de son sa-
cerdoce royal.
COLERE. Ce verbe signifie, cultiver, or-
ner, haliiler, honorer; mais toutes ces signi-
fications ne vionnent pas d'une même raci-
ne : culere, honorer, révérer, vient de l'Hé-
breu, chala, prier, supplier ; colère, habiter,
vient de coul, contenir; colère, cultiver les
terres, les sciences, les vertus ; de cala, ache-
ver, perfectionner; dans l'Ecriture :
1» Cultiver (yewioyçtv). 1. Mach. 14.. 8.
Unusquisque colebat terram suam : (Pendant
tout le temps que Simon fut chef dans la Ju-
dée) chacun cultivait alors sa terre. Jerem.
8. 11. Amos. 9. 13. Heb. 6. 7.
2° Honorer, respecter, considérer (6spa7reû-
i£v}. Prov. 19. 6. Multi colunt personam poten-
tis : Plusieurs honorent la personne d'un
homme puissant. Esth. 13, 6. {Amnii) quem
patris loco colimus : Aman que nous hono-
rons comme notre père ; c'est Assuérus qui
parle.
3" Honorer d'un culte divin, adorer (Xa-
rpsOîiv). Exod. 20. 5. Non adorabis ea, neque
coles : Vous n'adorerez point les idoles, et
vous ne leur rendrez point le souverain
culte ; t. e. celui qui n'est dû qu'à Dieu.
Ose. 10. 5. Matth. 15. 9. Sine causa antem
colunt me (it£6eo-G«i). C'est en vain que ces hy-
pocrites m'honorent : Jésus-Christ dit ceci
des Juifs, comme ayant été prédit par Isaïe,
29. 13. De là vient :
CoLEJîs, Tis, Gr.creêô/zEvof.Ce inol qui vient
de colère, honorer, signifie :
Les Gentils convertis, qui vivaient parmi
les Juifs sans être circoncis, et sans obser-
ver la loi de Moïse; ils étaient appelés Pro-
sélytes de la porte; parce qu'ils demeuraient
dans l'enceinte d'un même lieu parmi les
Juifs : il peut aussi marquer ceux qui
avaient appris à servir le vrai Dieu par le
commerce des Juifs, quoiqu'ils fussent sépa-
rés de demeure. Act. 13. 43. Secuti suyit
multi Judœorum, et colentium advenarum :
Plusieurs des Juifs et des prosélytes crai-
gnant Dieu , suivirent Paul et Barnabe, c.
17. 4. Quidam ex eis crediderunt, et de colen-
libus Genlilibusque multitudo ma<jna : Quel-
ques-uns crurent, comme aussi une grande
multitude de ceux qui adoraient Dien, et de
Gentils ; i. e. qui étaient Gentils ; Gr. Une
grande multitude de Grecs craignants Dieu.
v. 17. Ainsi, c. 13. 16.
COLIAS, JE. Heb. Yox Dornini. Père du
faux prophète Arhiib. Jer. 29. 21.
(^OLLABL Tomber , se laisser tomber
{■noirjOL^if.i'jOv.i). \. Rcg. 21. iS. Collabcbalur in-
ter vutnus enrum : David contrefais;inl le fou
devant Achis, se laissait tomber entre les
mains des gens d'Achis. Dan. 8. 18.
COLLABOKAUE. Travailler ensemble. —
1° Travailler, combattre ensemble, se sou-
tenir l'un l'autre (, iryvaW.ervJ. Pliilipp. 1. 27.
COL
TfiG
Collaborantes fidei Evangelii.Qm travailb nt
tous ensemble pour la foi de l'Evangile. —
2" Souffrir en travaillant avec un autre (o-uy-
jtczxoTrKOêtv). 2. Tim. 1. 8, Collabora Evangelio
secundum virtutem Dei : Travaillez et souf-
frpz avec moi pour l'Evangile ; autr. avec
l'Evangile : il n'est pas juste qu'un ministre
de Jésus-Christ soit mieux traité que la vé-
rité de Dieu.
COLLAC TANEUS, aûvroo^oç. Ce composé est
dérivé de lac. Frère de 1 lit. Act. 13. 1. Ma-
nahem qui erat Herodis Tctrarchœ collacta-
neus : Manahen , frère de lait d'Hérode le
Tétrarque. 2. Mach. 9. 29.
COLLATIO. Ce que chaque particulier
contribue d'argent pour le public, comme
aumône ou argent dont les particuliers con-
tribuent pour quelque œuvre de piété ( zar'
àvSpo/oytav 5<«TaTZ£y«ap«). 2.Mach. l'2.k3.Facta
coUalione duodeciin miliia drachmas argenti,
misit Jerosoiymam : Judas, ayant recueilli
d'une quête qu'il fit faire deux mille drach-
mes d'argent, les envoya à Jérusalem : ce
fut pour le péché do ceux qui étaient morts
dans le combat qu'il donna contre Gorgias.
Voy. ce péché, v. 40. Ainsi, Rom. 15. 2G.
Probaverunt Macedonia et Achaia collationem
aliquam (^toivwvîa) facere in pauperes Sancto-
rutn, etc. (les Eglises) de Macédoine et d'A-
chaïe ont trouvé bon de contribuer quelque
chose pour ceux d'entre les Saints de Jéru-
salem qui sont pauvres. Voy. Communicatio.
Voy. Collecta.
GOLLAUDARE. Louer, reiever par des
louanges (QaufXKÇstv). Eccli.38. 3. In conspectu
Magnatorum collaudabitur : Le médecin sera
loué devant les grands, à cause de sa science,
c. 17. 8. c. 39. V. 12. 41. 1. Mach. 4. 33. Act.
2. 47.
Façon de parler.
Collaudare Canticum, i. e. Collaudare Can^
tico Dewn. Louer Dieu par des cantiques,
chanter des cantiques à l'honneur et à la
louange de Dieu. Eccli. 39. 19. Collaudate
canticum : Chantez des cantiques.
COLLAUDATIO. Louange, ou action de
lourr; dans l'Ecriture :
Louange du Seigneur ( amo-t? ). Ps. 32. 1.
Rectos decet collaudalio : C'est à ceux qui
ont le cœur droit qu'il appartient de donner
des louanges au Seigneur.
COLLECTA, ml Ecol, ce que chacun paie
pour sa part d'un repas; et par métaphore :
1° Ce que chacun contribue en son parti-
ticulier à quelque chose, tels sont les au-
mônes que chacun dos fidèles contribuait
pour les besoins de l'Eglise ou des pauvres
(ioyr/, «f) . 1. Cor. 16. V. 1. 2. De collcctis au-
tem quœ fninl in Sanctos : Quant aux aumô-
nes qu'on recueille pour les Saints. Collecta
est mis pour colleclio, comme missa pour
mis si 0.
2° Assemblée solennelle pour la célébra-
tion de quobiuofêie (£;65iov).2. Par. 7. 9- Vé-
dique die octavo collcctam : Salomon (après
la consécration du milieu du parvis , qui
était devant le Temple, le huitième joui de
la fêle solounclle qu'il fit) il célébra la lélo
T67
DICTIONNAIRE DE MllLOLOGlF. SACULE.
de l'assemblée solennelle : il est parlé de
celte fête. Levit. 23. 36. qui était la septième
fête des Juifs, ainsi appelée, parce qu'après
la fête des Tabernacles, qui durait sept
jours, au huitième jour se célébrait cette
fête, en mémoire de l'assemblée et de la réu-
nion qui se fit des Israélites en sortant du
désert, où ils étaient sous des tentes pour
s'assembler, et être réunis dans la terre pro-
mise. 2. Esd. 8. 18.
COLLECTIO, Nis. — 1° Amas de quelque
chose. Judith. 7, 11. Defecerunt cisternœ et
collectiones aquarum [lécy.y.Q;) : Au bout de
vingt jours de garde que fit faire Holopherne
autour de chaque fontaine, toutes les citer-
nes et les réservoirs d'eaux qui étaient dans
la ville de Béthulie, furent à sec.
2" Récolte, recueillement de blés {-p-jyrtzàç).
Isa. 32. 10. Collectio ultra non veniet : On ne
recueillera plus rien dans les blés : Le pro-
phète parle du temps que les Assyriens vien-
dront désoler la Judée, et emmener les Juifs
en captivité.
3" Assemblée séditieuse { èy.ylncix ). EccVi.
26. 6. {Timuit cor meum) coUectionem po-
puli : Une des trois choses que mon cœur a
appréhendées, est l'émotion séditieuse d'un
peuple.
4' Assemblée des fidèles dans l'Eglise (è-i-
c-j'jrxyojyr,^ . Hebr. 10.25. Nondeserentes coUec-
tionem nostram : Ne nous retirons point de
l'assemblée ; d'autres l'expliquent de l'union
et de la concorde ; en sorte que cet abandon-
nement de l'assemblée des fidèles soit celui
qui se fait par le schisme ou l'apostasie.
COLLEGA, M. De legare, et se dit de ceux
qui sont envoyés ensemble en une même
ambassade; dans l'Ecr. :
Collègue, celui qui participe avec quel-
qu'un à la même charge ou à la même fonc-
tion. Dan. 4. 5. Collega ingressus est in con-
speclu meo Daniel : Daniel notre collègue pa-
rut devant nous, (devant Nabuchodonosor),
pour lui expliquer son songe : Nabuchodo-
sor l'avait associé au gouvernement de ses
Etats. Voy. c.3. 97. Ainsi, Jon. 1. 7. Et dixit
vir ad collegam suum (ô tt/tjcîov) : Après que le
pilote eut fait lever Jon;is qui dormait pen-
dant la tempête, les mariniers se dirent l'un
à l'autre, jetons le sort.
COLLIDERE, c-jyxooTîrv. 1° Heurter, frapper
l'un contre l'autre (^ztoTâv). Gen. 25. 22. Col-
iidebantur in utero ejus parvuli : Les deux
enfants, Jacob et Esaii, dont Rébecca était
grosse, s'entrebattaient dans son ventre : ce
combat était la figure de celui qui devait être
un jour entreles Iduméens descendus d"E>.aù,
et les Juifs descendus de Jacob, comme il se
vit au temps de David. Voy. 3. Reg. 11. v.
15. 16. etc. et au temps des Machabées. 2.
Mach. 10. 17. etc. Ainsi, Eccli. 13. 3. Nahum.
2. k. Quadrigœ cotlisœ sunt inplaleis (o-ja-).;-
y.n-j) : Les chariots dans les places se heur-
tent l'un contre l'autre : Le Prophète prédit
la réduction de Ninive sous le pouvoir de ses
ennemis. Ainsi, le heurlement des genoux
l'un contre l'autre marque une grande
frayeur. Dan. 5. G. Gcnua ejus ad se invicem
coltidebaniur : Les genoux du roi Ballhazar
contre l'autre. Voy.
se choquaient l'un
Genu.
2° Détruire entièrement, défaire sans res-
source (xaTap«!7CT£tv).Ps. 36. 2k.Citmceciderit,
non collidetur : Lorsque le juste tombera, il
ne se brisera point. Ps. 88. 45. Judic. 5. 10.
Jerem i8. 12. c. 51. 20. Collidis tu mihi vasa
belli, et ego collidam in te gentes (Stac-zo/j-iÇciv):
Vous êtes le marteau dont je briserai les
traits et les armes; je briserai par vous les
nations : Dieu parle au roi de Babylone. v.
21.22. 23.
COLLISIO. L'action par laquelle deux
choses se heurtent l'une l'autre.
1° Cliquetis, fracas de choses qui font
beaucoup de bruit pour se toucher l'un l'au-
tre {<7vyy.povauo;). 1. Mach. 6. 41. Commovebaîi-
tur omnes collisione armorum : Tous les
habitants de la Judée étaient épouvantés du
fracas des armes de l'armée d'Antiochus.
2° Brisement, meurtrissure. 2. Mach. 9. 7.
Contigit illum gravi corporis collisione
membra vexari : 11 arriva que, les chevaux
d'Antiochus courant avec impétuosité, il
tomba de son chariot, et eut tout le corps
froissé.
COLLIGARE. Lier, attacher plusieurs cho-
ses ensemble [ozi-j). Judith. \Q.\Q.Colligaiit
cincinnos suos : Judith a ajusté ses cheveux.
Eccli. 22. 19. Dan. 3. 23.
1° Attacher par affection, donner de l'at-
tache et de l'affection pour quelque chose
( syàrrretv). Prov. 22. 15. Stultitia colligata
est in corde pueri : La folie est liée au
cœur de l'enfant, c. 30. 4. Sap. 17. 17. Ainsi,
Isa. 25. 7. Prœcipitabit in monte isto faciem
vinculi colligati super omnes populos : Le
Seigneur brisera sur cette montagne cette
chaîne qui tenait liés tous les peuples : fa-
ciem vinculi, pour vinculum : ce lien est le
péché qui tenait tous les peuples dans l'es-
clavage.
2^ Tenir plusieurs choses dans sa mémoire
et dans son esprit ; se souvenir de toutes
sans qu'il en échappe aucune à l'esprit.
Ose. 13. 12. Colligata est iniquitas Ephruim
et ubsconditum peccatum ejus (o-vTrpo'/À colli-
gntio) : Je tiens toutes les iniquités dE-
phraïm liées ensemble : la métaphore est
tirée de plusieurs choses qu'on lie ensemble,
de peur qu'il n'en tombe, et ne s'en perde
quelqu'une : Dieu uoublie point les péchés
des hommes; mais il les réserve dans le se-
cret de sa justice, pour les punir au temps
qu'il a destiné.
Phrases tirées de ce verbe dans le sens Gguré.
Colligare aliquem. Faire liaison avec quel-
qu'un, se réconcilier avec lui. Eccli. 27. 23.
Vitra eum non poteris colligare {Q-oovJuv, ve-
nari) : Vous ne pouvez plus avoir de liai-
son avec un ami, dont vous aurez révélé le
secret.
Colligare vulnera. Voy. Vulnus. Bander
les plaies, c'est travailler à arrêter ses pas-
sions, afin qu'elles ne paraissent pas au de-
hors (x«TKc)£7|itEûc{v). Eccli' 30. 7. Pro animahus
filiorum colligabit vulnera s (a : Ce père qui
aime ses enfants, iravaillera à arrêter se»
m
COL
cor.
770
passions, de peur qu'il ne lui cchaj^pe quel-
que chose qui donne mauvais exemple à ses
enfants ; Gr. Celui «jui châtie son fils bande
ses plaies, quoiqu'à chaque cri qu'il jette,
ses entrailles soient émues.
COLLIGATiO, MS. Action par laquelle
on lie plusieurs choses ensemble; dans l'E-
crilure :
Lien, chaîne ; soit qu'il s'entende propre-
ment et selon la lettre ; Jerem. i8. 37. In
cunclis manibus coUigatio : Il y aura des
chaînes dans les mains de tous li's Moabites
pour être ments en captivité ; Uehr. il y aura
des incisions. Les Orientaux se faisaient des
incisions sur les bras et sur les mains dans
leurs grandes afflictions : soit que ce mot se
prenne figurément pour les liens du péché ,
qui rend coupable de peines et de châti-
ments. Isa. 58. 6. Dissolve colligationes im-
pietatis (aruvoe^pô?) : Rompez les chaînes de
l'impiété. Par ces liens s'entendent bien aussi
les obligations usuraires, et les autres enga-
gements par lesquels le prochain est ou du-
remciit ou injustement opprimé.
COLLIGERE; ( a^v^ysiv )— Cueillir, re-
cueillir, ramasser. Deut. 16. 1.3, Qiiando col-
legeris fruges. Quand vous aurez cueilli les
fruits de vos champs. Ps. 10.3. 28. Dante te
mis colligent. Lorsque vous donnerez à tous
les animaux, ils recueilleront. Eccl. 3. o.
Tempus colligendi. li y a un temps de rejeter
les pierres, et un teuips de les ramasser. Ju-
dic. 1.7. De là vient, Colligere lilia. V.
LiLiuM. Mais, Job. 16. 10. s'entend figuré-
ment de la violence de quelques passions.
Collegit furorem suum in me. Un homme s'est
armé contre moi de louie sa fureur.
2° Assembler, réunir {tzouu T-jc-T^oç/iv. facere
cœtumj. Act. 23. 12. CoUegerunt se quidam
ex Judœis : Quelques Juifs s'assemblèrent et
se liguèrent ; se. contre saint Paul, et firent
vœu de le tuer. Gen. 49. 32. Collegit pedes
suos super lectulum : 5acoh joignit ses pieds
sur son lit et mourut. Joan. 11. kl. 1. iNJach.
2. H. Baruch. 4. 37. c. 5. o. Mich. 4. 6. So-
ph. 3. 8. Act. 15. 25. c. 21. 18 (è^aî^stv, remo-
vere).
S" Protéger, recevoir en sa protection. Isa.
58. 8. Gloria Domini colliget le : La gloire du
Seigneur vous protégera ( nîpta^éllu-j , ci'r-
cutndare^.
Phrases tirées de ce mot.
Colligere aliquem. Recevoir quelqu'un en
son logis, bj loger, lui donner le couvert.
>lallh. 25. 35. Hospes erum et collegistis mç :
J'ai eu besoin de logement, et vous m'avez
logé , dira Jésus- Christ à ses saints placés à
sa droite.
Colligere , ou colligere ad patres. Réunir
quehju'un avec se.-, pères, f;iire qu'il soit mis
avec eux dans le même tombeau, l'inhumer
{Tf,o>77iOé;ui, apponcre). k Reg. 22. 20. Jdcirco
colligam te ad patres tuos : Parce que vous
vous êtes humilié après avoir appris les maux
dont Dieu menace Jérusalem, je vous ferai
reposer avec vos pères, et vous serez enseveli
en paix, dit le prophète Holda à Josias. 2 Par.
2k. 28. Num. 20. 26. c. 31. 2. Ezcch. 29. 5.
Super faciem terrœ cades, non colligeris: Vous
tomberez sur la face de la terre , on ne vous
relèvera point pour vous ensevelir. Dieu
parle de la défaite du roi d'Egypie par Nabu-
chodonosor. Jerem. 8. 2. c. 25. 33. Nonplan-
gentur et non colligentur : Ceux que le Sei-
gneur aura tués (par les Chaldéens) ne se-
ront point pleures ni relevés pour être ense-
velis {y.K-of,\)'7TcL-j , infodere). Isa. 57. 1.
Colligere cum aligna. Amasser avec quel-
qu'un ; c'est travailler dans le même esprit,
réunir les hommes à Dieu. Luc. 11. 23. Qui
noncolligit mecum dispergit : Celui qui n'a-
masse point avec moi. dissipe au lieu d'a-
masser : Les Pharisiens qui réunissaient à
eux-mêmes les hommes , et non à Dieu, les
écartaient du droit chemin.
Colligere intellectum, sa€«TrJ£tv. Ramasser
tout son esprit pour approfondirquelque cho-
se. 2 Mach. 2. 31. Intellectum colligere et or^
dinare sermonem... historiœcongruit auclori:
Il est du devoir de celui qui compose une
histoire de s'appliquer pour ramasser les dif-
férentes matières, et de les raconter dans un
certain ordre.
Colligere mcnum ad âandum. Fermer la
main pour donner ; c'est être peu disposé à
exercer la libéraliié, être porté à garder ce
qu'on a , au lieu d'en faire part aux autres.
Eccli. 4. 36. Non sit... nianus tua ad dandum
collecta : Que votre main ne soit point fer-
mée pour donner {T-j^r-éy/.ti-j, contrahere).
COLLIS, is, prj^j-joç ; du grec -xoÀwv/j, Colline,
lieu en pente. Luc. 23. 30. Incipient dicere...
collibus : Operitenos. Au jour du jugement les
méchants commenceront à dire aux collines :
Couvrez-nous. Ose. 10. 8. Isa. 54. 10. Ainsi ,
Prov. 8. 5. Ante colles ego parturiebar : J'é-
tais enfantée avant les collines ; i. e. la sa-
gesse est avant le commencement du monde.
Job. 15. 7.
Propriétés que l'Ecriture attribue figurément aux
collines.
1* Les collines coulent de lait, pour mar-
quer que les animaux qui paissent sur les
collines ont beaucoup de lait ; et cette façon
de parler figure une grande quantité de biens,
et même de grâces spirituelles. Joël. 3. 18.
In die illa colles flucnt Inde: Au temps du
Messie le lait coulera des collines.
2" Les collines sont revêtues de joie, quand
les hommes ont un grand sujet de se réjouir
à cause de la grande quanliié de vin qui y
croît. Ps. 64. 13. Exsultatione colles accingen-
tur : Voy. Accixgere.
§ 1. —Ville bâtie sur une colline. Sophon.
1. 10 Vox clamoris... et contritio magna a
collibus : Le cri d'un grand tarnage qui ré-
tenlit du haut des colline*. 4 Keg. 19. 25. Isa.
27. 26. c. 10. 32. Ainsi, l'Eglise qui est com-
parée à une ville où Dieu habile avec les
fidèles , est appellée colline. Ezech. 34. 26.
Ponam eos in circuitu collis nui benediclio^
nem : Je comblerai mes brebis de bénédic-
tions autour de la colline où j'habite : cela
se peut entendre de Jérusalem dans le sens lit-
téral ; c'est là que Dieu avait choisi sa de-
meure, et le temple élevé sur une colline.
§ 2,— Les hommes apostoliques et les pré-
771
MCTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
in
dicateurs de l'Evangile, qui répandent la pa-
role de Dieu sur les peuples, sont figurés par
les collines. Ps. 71. 3. Suscipiant colles justi-
tiam : Que les collines reçoivent la juslicc.
§ 3.— Les superbes elles orgueilleux sont
marqués par les collines. Isa. 2. li. Dies Do-
mini super omnes colles elevatos : Le jour du
Seigneur va éclater sur les collines les plus
élevées, c. 40. 4. Luc. 3. 5. Oinnis mons et
collis humiliabitur : Toute montagne et toute
colline sera abaissée ; i. e. tout obstacle qui
vient d'orgueil et d'élévation seraôiéà l'arri-
vée du Messie : Le prophète fait allusion à ce
qui se fait à l'arrivée d'un grand roi, où l'on
aplanit les collines et les élévations pour
faciliter les chemins.
§ 4.— l^es rois et les princes puissants , et
tous les grands ennemis de L'Eglise, sont
marqués par les collines. Isa. kl. 15. c. 42.
15. Colles quasi pulverem pones : Vous ré-
duirez en poudre les collines : ce qui s'est
fail à la venue de Jésus-Christ, qui a toujours
confondu les Juifs, ses ennemis. Ainsi, Isa. 2.
2. Habac. 3. 6. Incurvati sunt colles mundi :
Les montagnes du siècle ont été abaissées :
Ceci s'enlend des princes et des rois de la
terre de Chanaan , subjugués par les Israéli-
tes, lorsqu'ils y entrèrent sous la conduite de
Josué. 4 Reg. 19. 25. Isa. 37. 26. Mich. 6. 2.
Façons de parler tirées de ce mot.
Collis Dei. La colline de Dieu. La ville de
Gabaa était appellée de ce nom, parce que
les prophètes de Dieu y habitaient. 1 Reg.
10. v. 5. 10. D'autres entendent la colline de
Carialhiarim où était l'arche. Voy. c. 13. 3.
Collis prœputiorum, La colline de la cir-
concision , ou des prépuces , Jos. 5. 3. est
celle où tous les Israélites , qui étaient nés
dans le désert pendant les 40 ans qu'ils y
marchèrent, furent circoncis, ne l'ayant pu
être pendant le voyage, à cause des fréquents
décampements qu'ils y étaient obligés de
faire.
Collis aquœductus. La colline de l'aqueduc,
nom de lieu dans la tribu de Benjamin , 2
Reg. 2. 24. où Abner perça d'un coup de
lance Asaël, frère de Joab.
Colles œterni. Collines éternelles. Les pa-
triarches et les prophètes sont appelés de ce
nom. Gen. 49. 26. Deut. 33. 15. Bcnediclio-
nes patris tui confortatœsunt benediclionibus
palrum ejus,donec veniret desideriumcollium
œternormn : Les bénédictions que vous donne
votre père passeront celles quil a reçues de
SCS pères, jusqu'à ce que le désir des collines
éternelles soit accompli ; i. e. jusqu'à la ve-
nue du Messie, tant désiré des patriarches et
des prophètes. Jacob donne sa bénédiction à
Joseph.
§ 5.— Les idoles qu'on adorait sur les col-
lines elles montagnes. Jer. 3.23. Yeremcn-
daces erant colles et mullitudo montium :
Nous reconnaissons maintenant que toutes
le« collines et les montagnes n'étaient que
mensonge. Ces fausses divinités ne pouvaient
que tromper ceux «lui y mettaient leur con-
ûance.
COLLOCARE, — 1" Mettre, placer iràrzîrj).
Gen. 3. 25. Collocavit ante paradisum volup-
tatis Cherubim : Dieu , après avoir chassé
Adam , mil un chérubin devant le jardin de
délices. Exod. 27. 21. c. .30. 8. Ps. 142. 3. -
2' Etablir (y.aGiÇEtv). Job. 36. 7. iRe^es in %olio
coUocat in perpetuum : Dieu établit les rois
sur le trône pour toujours. 1 Reg. 12. 8. Ps.
22. l.Ps. 112.9. Ps. 106.36.
Phrases tirées de cette significatioti dans le sens figuré.
Collocare in obscuris , in tenebris , in terra
novissima. Réduire dans l'obscurité , mettre
dans des lieux ténébreux, dans le fond de la
terre ; réduire comme au tombeau, dans l'ou-
bli, et à la dernière misère. Ps. 142.3. Collo-
cavit (zaOiÇstv) me in obscuris : Le Seigneur
m'a réduit dans l'obscurité. Thren. 3. 6. In
tenebrosis collocavit me : Le Seigneur m'a
mis en des lieux ténébreux : Le prophète
parle de la prison où il fut réduit à Babylone.
Èzech. 26. 20. Cum... collocavero te in terra
novissima ; Hebr. inferiori : Lorsque je vous
aurai placée au fond de la terre ; i e Lors-
que je vous aurai mise dans un tel état, que
vous serez mise en oubli.
Collocare castra; TiuptiJ-rjcàlsiv Camper. 1
Mach. 3. 57. Moverunt castra , et collocave-
runt ad nustrum Em7naum : L'armée de Ju-
das Machabée marcha et vint camper près
d'Emmaùs. Celait pour aller contre l'ar-
mée d'Anliochus , qui y était aussi campée
proche.
COLLOQUI , ôp).£?y. 1° Se parler l'un à
''autre, s'enlretenir{i£7£tv [lîr' «»,»i>wv) Joan.
11. 56. Colloquebantur ad invicetn • Les Juifs
se disaient les uns aux autres dans le temple :
^ue pensez-vous de ce que Jésus-Christ n'est
pas venu à la fête de Pâques ? Gen 50 15.
Dan. 13. 54. Luc. 4. 36. c. 6. 9.
2°Trailer d'affaires, s'aboucher {SixUyivOKi).
2 Mach. 11. 20. Mandavi colloqui vobiscum :
Je les ai chargés de conférer avec vous du
reste.
3^ Méditer sur quelque chose, en faire tout
son entretien. Eccli. 11. 21. Sta in teslamento
tuoy et in illo colloquere : Que l'alliance que
vous avez faite avec Dieu soit toujours votre
entretien.
k" Parler et agir librement et contre la pu-
deur. Dan. 13. 54. Die sub qua arbore videris
eos colloquentes sibi : (Si vous avez surpris
cette femme) dites-moi sous quel arbre vous
les avez vus parler ensemble , dit Daniel à
l'un des accusateurs et faux témoins de Su-
sanne. Voy. v. 58. L'inlerprète exprime par
un terme honnête cette action déshonnête.
COLLOQUimi, 11.-1° Entretien , conver-
sation. Eccli. 9. 11. Colloquium (yaia) illius
quasi ignis exardescit : L'entretien de ces fem-
mes brûle comme un feu : L'Ecriture parle
des femmes d'une rare beauté. 1 Mac h. 15.
33. — 2° Entrevue pour traiter d'affaires.
IMaeh. 11. 22. ScripsitJonalhœ... occurreret
sibi od colloquium (toO (ruiMnhyeti/f ad collo-
quendum) fcslinato : Démétrius écrivit à Jo-
nalhas de le venir trouver promplemeni pour
conférer avec lui , au sujet du siège qu'il
avait formé pour prendre la forteresse de Jé-
rusalem. Voy. v. 20. 2. Mach. 1'*. 22.
775
COL
COL
774
COLLJJCTARly^Mixôi/jTOui. Lutter avec quel-
qu'un , faire de grands efforts. Eccli. 51- 25.
Colluctata est anima mea in illa : Mon âme a
lutté longtemps pour atteindre à la sagesse.
COLLUCTATIO, nis , tt^/j. Lutte , com-
bat. Ephes. 6. 12. Non est nobis colluctalio
advenus carnem et sanguinem : Nous n'avons
pas à combattre contre la chair et le sang ;
t. e. contre des hommes. Voy. Caro. Voy.
Sanquis.
COLLUM , I, T/5«x>3).oj. Ce mot mis pour le
mot ancien colum , parce qu'ils ne mettaient
point une double consonne, vient du Grec
xw),ov.
Le cou , cette partie de l'homme sur la-
quelle la tête est soutenue et appuyée. Marc.
9. 41. Bonum est ei magis si circumdaretur
mola asinaria collo ejus : Il vaudrait mieux
pour lui qu'on lui attachât au cou une de ces
meules de moulin qu'un âne tourne, et qu'on
le jetât dans la mer. Jésus-Christ parle con-
tre ceux qui causeraient du scandale. Deuf.
33. 29. Tu eorum colla calcabis : (0 Israël)
vous foulerez la tête de vos ennemis sous
vos pieds. L'accomplissement de cette pro-
phétie se voit. Jos. 10. 24. Ponite pedes super
colla Begum istorum ; Mettez le pied sur le
cou de ces rois , dit Josué aux principaux
ofQciers de son armée, touchant les cinq rois
qu'ils avaient pris. Qui cum... subjectorum
colla pedibus calcarent : Après que ces offi-
ciers eurent été les fouler aux pieds , lors-
qu'ils marchaient sur leur cou. Ces rois sont
marqués , V. 3. Ainsi , Cant. 1. 9. Colluni
tuum sicut monilia : Votre cou est comme de
riches colliers. L'Ecriture marque ici le prix
de la douceur et de l'humilité des chrétiens,
c. 4. 4. c. 7. 4. Collum tuum sicut iurris ebur-
vea . Votre cou est comme une tour d'ivoire.
Ceci marque la pureté de la loi et de la do-
ctrine de l'Evangile, à laquelle les chrétiens
ic soumettent.
Façons de parler dans le sens figuré
Collum durum. Cou dur et inflexible, mar-
que ropiniâtreté et la résistance à obéir.
Eccli 33. 27. Jugum et lorum curvant collum
durum : Le joug et les cordes font courber
le cou le plus dur. L'Ecriture parle ici du
traitement qu'on doit employer envers les
esclaves rebelles.
Collum extentum, erectum. La tête hau(c
et élevée, marque l'in olcnce et l'orgueil. Isa.
3. IG. Ambulaverunt extento collo : Les filles
do Sion ont marché la tête haute. Job lo.
20. Cucurrit adversus eum erecto collo : L'im-
pie a couru contre Dieu la tête levée.
Usguead collum. Jusqu'au cou ; cette façon
de parler s'em|)loie dans l'Ecriture pour si-
gnifier une ruine et une destruction entière.
Habac. 3. 13. Denudasti fundamentum ejus
usque ad collum; i. e. Evertisti damum ejus
a fundamento usque ad collum, hoc est nb imn
ad summum : Vous avez ruiné la maison de
l'impie de fond en comble : Le Prophète lé-
nmigne à Dieu sa reconnaissanc de la puni-
lion qu'il exerça sur la famille de l'impie
Pharaon, qu'il ruina entièrement, en tirant
•on peuple do l'Egypte. Isa. 8. 8. InunUons
et transîens, usque od collum veniet : Le roi
d'Assyrie, comme un torrent qui gagne jus-
qu'au cou, ravagera toute la Judée et la rui-
nera entièrement Isa. 30. 28. Spiritus ejus
velut torrens inundans usque ad médium colli :
La colère de Dieu est comme un torrent dé-
bordé où l'on se trouve jusqu'au cou ; Hebr.
ç)artage le cou : Ceci se dit par comparaison
a ceux qui sent dans l'eau jusqu'à la moitié
du cou : le haut du cou paraissant au-dessus
de l'eau, et le bas étant au-dessous de l'eau.
Phrases tirées de la signification de ce mot.
Collum auferre a malo. Oter sa tête, son
cou du mal; c'est se dégager d'un malheur.
Mich. 2. 3. Ego cogito super famViam istam
malum unde non auferetis colla vestra : J'ai
résolu de faire fondre sur ce peuple des maux
dont vous ne dégagerez point votre tête:
Dieu parle du joug et de la servitude des
Chaldéens, qui sera inévitable aux Juifs. Isa.
52. 2. Solve vincula colli tui : Tirez-vous de
la servitude.
Colla supponere in opère aliquo. Baisser son
cou pour travailler à quelque ouvrage. 2.
Esdr. 3. 5. Optimates... eorum non supposue-
runt colla sua in opère Domini sui : Les prin-
cipaux d'entre ceux de Thécua ne voulurent
point s'abaisser pour travailler -à l'ouNrage
de leur Seigneur; i. e. à rebâtir Jérusalem.
Parleur Seigneur, les un.s entendent Dieu,
pour la gloire duquel ils refusèrent de bâtir;
les autres entendent Néhémie même, gou-
verneur de la nation, aux ordres duquel ils
purent bien refuser d'obéir. Voy. Dominus.
Collum jugo subjicere. Soumettre son cou
au joug; c'est se rendre obéissant et docile.
Eccli. 51. 3V. Collum vestrum subjicite jugo .
Soumettez votre cou au joug ;i. e. soumet-
tez-vous à la conduite de la sagesse. Jerem.
27. V. 8. 12.
COLLYRIDA, JB ; xoW.u^£f. De collyra, qui
signifie du pain cuit sous la cendre pour les
enfants^ et signilie :
Gâteau faitdans la poêle. 2. Reg. 6. 19. Parti-
tusest... singuliscollijridampanisuiwm: Après
que David eut offert les sacrifices d'aclion de
grâces, pour le transport de l'arche dans la
ville de David, il donna à tout le peuple cha-
cun un pain en façon de gâteau. Levit. 7. 12.
c. 8. 26. Offcrrent... collyridas {â.(,roç) admix-
tione conspersas : Dans les hosties pacifi-
ques, si c'est une oblation pour l'action de
grâces, on offrira... les petits tourteaux de
farine arrosés d'huile.
COLLYRIUM, 11 , xoil\>piov. Ce mol qui est
grec signifie proprement un collyre, médica-
ment pour le mal des yeux, où i)lusieurs dro-
gues sont jointes ; dans l'Ecriture :
Collyre , onguent pour le mal des yeux ,
s'entend figurcmenl de la lumière du Sainl-
Espril, qui est nécessaire pour guérir les té-
nèbres (le notre âme. Apocal. 3. 18. Collyrio
inunye oculos tuos ut vidcas : Achetez de moi
un collyre pour vous l'appliquer sur les
yeux : 1 ange a ordre de dire ceci à l'évêque
de Laodicée, qui, se disant comblé de biens,
ne savait pas qu'il était pauvre et misérable,
Voy. V. 17.
715
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
'la
COLOCYNTHIS, idis. Ce mot est tout grec,
Coloquinte , espèce de petite courge sau-
vage, dont l'effet est de lâcher le ventre : cet
effet est Diorlel, s'il est trop grand, 4. Reg.
k. V 3. 39. Collegil ex ea cotocynlhidas
agri : L'un des serviteurs d'Elisée cueillit
d une herbe qui ressemblait à une vigne sau-
vage , des coloquintes sauvages : elles sont
très-amères, et grosses comme des citrons ou
des oranges.
COLONlA , M , xo>wvta, de colère. — 1° Co-
lonie romaine, ville habitée par des gens ve-
nus de Rome ou d'Italie. Act. 16. 12. Veni-
mus inde Philippos quœ est prima partis Ma-
cedoniœ civitas , Colonia ; Gr. y.olwÀy.. De
Naples, nous vînmes à Philippes , qui est la
première colonie romaine qu'on rencontre
de ce côlé-là dans la Macédoine; aiUr. colo-
nie romaine , qui est la première ville de
celte partie de la Macédoine. Celle ville élait
composée de vieux soldais, ou de pauvres
Romains, à qui on avait distribué les terres
des anciens habitants, lorsque ce pays fut
assujetti à l'empire. — 2° Compagnie, société,
Kxod. 12. 48. Si... in veslram voliierit trans-
ire colonia u : Que si quelqu'un des étrangers
veut être associé à vous : L'Ecriture parle
des Gentils, qui pour être reçus dans la sy-
nagogue des Juifs , devaient être circoncis ;
Gr. -rpocQ.vroç.
COLONUS, I. TrpomjXuTof. De colère, et si-
gnifie : — 1° Qui travaille à une terre qui lui
a été mise entre les mains pour la cultiver
(yEW|oy6f ). Marc. 12. v, 7. 9. Dominus vineœ
veniet, et perdet colonos, et dabit vineam aliis :
Le seigneur de celle vigne viendra lui-même
et exterminera ces vignerons, et il donnera
sa vigne à d'autres : Le crime dont ils étaient
coupables est marqué dans les deux versels
précédents. Luc. 20. v. 9. 14. 16. Levil. 25.
23. Advenœet coloni mei estis : Vous êtes dans
la terre promise comme des étrangers à qui
je la loue. v. 40. Quasi mercenurius et coto-
niis cris ; Dieu s'était réservé d'être le maître
et le propriétaire de celle terre. — 2' Etran-
ger, qui habite dans un pays étranger (ràcot-
xof). Isa, 52, 4. Jn ^gyptum descendit po-
pulus meus... ut co/onus .- Mon peuple (dit
Dieu) descendit autrefois en Egypte pour ha-
biter dans ce pays étranger, Gen. 21. 34.
Exod. 12. 49. Levit, 18. 26. 1. Par, 10. 18.
Ainsi , Jerem. 14. 8. Quare quasi colonus fu-
turus es in terra ? Pourquoi négligez-vous
votre terre, comme un étranger qui n'a point
de demeure stable?
COLOR, is. Du grec xj=wvv^"i colora. — 1°
Couleur. Prov. 23. 31. Ne inluearis vinum
quando flavescit, cuin splenduerit in vitro co-
/or e/us ; Ne regardez point le vin lorsqu'il
paraît clair ; lorsque sa couleur brille dans
le verre.
— L'éclat et la beauté de quelque chose
très-pure d'elle-même. Thren. 4. 1. Quomodo
mutalus est color optimus ( supple. auri ) ;
Comment l'or a-t-il changé sa couleur qui
était si belle? Hebr. l'or le plus fin. Le Pro-
phète parle de l'or du temple qui fut tout
chaujîé par les Chaldceiis, qui ruinèrent le
temple ; d'autres expliquent cet or des pre-
miers du peuple.
2° Etoffe teinte. Job. 28. 16. Non confère^
tur tinctis Indice coloribus : On ne mettra
point la sagesse en comparaison avec les mar-
chandises des Indes, dont les couleurs sont
les plus vives.
COLOSSvE, Gr. Punitio. Colosses, ville de
Phrygie, qui est maintenant ruinée. C'est aux
habitants de cette ville que saint Paul a écrit
une de ses lettres. Coloss. 1. 2. Eis qui sunt
Colossis... Gratia vobis et pax: Aux frères fi-
dèles en Jésus-Christ, qui sont à Colosses,
Dieu notre Père et notre Seigneur Jésus-
Christ vous donnent la grâce et la paix : celle
ville fut abîmée quelque temps après par un
tremblement de terre avec Laodicée et Hié-
rapolis ; les habitants la rebâtirent en un lieu
plus élevé, et lui donnèrent le nom de Choné.
COLURER, BRI, o'jt,-; de co/erc, parce que
le serpent habite les campagnes , ou est dit
par corruption du Grec x.élv§poç.
Serpent, couleuvre. Eccli. 21. 2, Quasi a
facie colubri fuge peccata : Fuyez le péché
comme un serpent,
1° Ennemi fin et rusé, qui attaque avec fi-
nesse et adresse. Gen. 49. 17. Fiat Dan co-
luber in via : Que Dan devienne comme un
serpent dans le chemin : Jacob prédit que
cette tribu atUiquerait ses ennemis subtile-
ment et finement comme font les serpents :
on le peut juger du Deul. 33. 22. et de ce que
Samson, qui élait de cette Iribo, a accompli.
Voy, Judic, 13, v. 2. 24. c. 14. 4. etc. c. 15.
v. 4. 5. c. 16. et c. 17.
2» Qui nuit et qui ruine, comme le serpent
blesse par sa morsure. Isa. 14. 29. De radi~
ce... colubri egredietur regulus : De la race du
serpent il sortira un basilic : Celle façon de
parler est proverbiale, et celte prophétie fi-
gure qu'Ezéchias, qui devait s'opposer com-
me un basilic aux Philistins , les désolerait
encore plus qu'Osias, son aïeul. Voy. 4 Reg.
18. 8.
3^ Constellation qui environne les deux
ourses ( 5o«-/wv ). Job. 26. 13. Obstetricante
manu ejus, eductus est coluber tortuosus: L'a-
dresse de la main puissante de Dieu a fait
paraître ou sortir le serpent plein de replis ;
d'aulres l'enlendent de la foudre ; d'autres
de Lucifer ou du diable, appelé ancien ser-
pent : ce qui revient au Grec qui porte : Le
dragon apostat a été tué par l'ordre de Dieu
Voy. Gen. 3. v. 14. 15.
COLUMRA, JE ; Gr. ■nepiyrepù). Ce nom vient
de la voix des pigeons , ou de colère , parce
que les pigeons habitent par troupes , et on
les cultive.
Colombe, pigeon. Ps. 67. 14. Pennœ colum-
bœ deargentatœ : La colombe dont les ailes
sont argentées : le Psalmiste compare les
Israélites aux ailes de la colombe , dont le
plumage est blanc comme l'argent , ce qui
marque leur bonheur. Voy. Clerus. Isa. 60.
8. Qui sunt isti quasi columbœ ad fenestras
suas? Qui sont ceux qui... volent comme des
colombes lorsqu'elles retournent à leur co-
lombier? Le Prophète compare les nations
qui devaient entrer avec joie et avec prom-
T,l COL
lilude dans l'Eglise, à des colombes qui se
retirent promplement dans leur coloaibier.
Vuv. Fenestra. c. 38. U. r. 59. 11.
1 Oui est simple, slupide et insensible.
SophcHi. 3. 1. Vœ... redcmpla civitas, colitm-
On : Malheur à la viile de Jérusalini , qui ,
après a^ oir été rachetée de la servitude et de
la captivité , demeure slupide et insensible
conmie une colombe. Voy. Uedimere. Ose.
7. 11 Faclus est Eploaim quasi columba se-
ducla, 11071 habens cor : Ephraïm est devenu
comme une colombe facile à séduire et sans
inlelligence : cet animal simple et sans pré-
voyance ne sait point éviter le mal qu'on lui
veut faire.
2" Les rois d'Assyrie qui se sont rendus
maîtres de Babylono. Jerem. 23. 38. Fada est
terra eorum in dcsolalionem a facie irœ co-
lumhœ : La terre des Israélites a été désolée
par la colère de la colombe. On dit de Sémi-
ramis, qui a bàli Babylone, qu'elle fut chan-
gée à sa mort en colombo , et qu'elle a été
considérée depuis comme la déesse tutélaire
des Babyloniens, qui portèrent une colombe
sur leurs étendards ; et ici Nabuchodonosor
est appelé du nom de colombe, de mémo que
c. 40. 16. parce qu'il portait sur ses éten-
dards une colombe, comme les Romains por-
taient un aigle. Mais, c. oO. 16. A facie giadii
columbœ unusquisque ad populum suum con-
vertetur: Tous les habitants deB;ibylone fui-
ront devant l'épée de la colombe, s'entend de
Cyrus qui prit Babylone, et qui portait
aussi une colombe sur ses étendards. Dans
ces passages du Prophète, l'Hébreu porte : A
facie irœvastatoris .-ce qui vient de ce que le
mot hébreu peut signifier l'un et l'autre. Les
Septante ont traduit uà/cAicx utyi.'/.v, la grande
épée, c'est-à-dire, l'épée puissante de Nabu-
chodonosor, qui était le plus puissant des
princes de l'Orient.
3" L'Eglise est marquée par la colombe, à
cause de sa pureté et de sa simplicité. Gant.
6. 8. Una est columba mea : Une seule c'est
ma colombe : c'est lEpoux mystique qui
parle de l'Eglise, son épouse, c. 2. v. 10. 14.
c. o. 2.
COLCMNA , JE, TTJAo,-; de columen pour
culmeyi, et les colonnes sont ainsi appelées ,
parce qu'elles soutiennent le haut de l'édiQ-
cc; et signifie :
Colonne. Eccli. 26. 23. Columna aureœ su-
per bases argenleas, et pcdes firmi super plaii-
tas slabilis mulieris : La femme posée de-
meure ferme sur ses pieds, comme des colon-
nes d'or sur des bases d'argent. Cc( i marque
que la vertu d'une femme se fait connaître
par sa démarche grave et posée , et par sa
stabilité à demeurer dans son logis sans cou-
rir çà et là.
1" Celte colonne qui conduisait les Israé-
lites dans le désert, et qui |)araissait une co-
lonne de nuée pendant le jour, et une colonne
do feu pendant la nuil , cl qui représentait
Dieu même. Exod. 13. 21. Domivus... prœce-
debat eos ad ostendendam viam pcr dicm in
columna nubia cl pcr noclcm in columna ignis,
ut dvx essel ilineris tilrogne Icniporc, v. 22.
C. 14. v. 13. 2ij. etc. Outre la colonne de nuée
DlCTig:^.'?. DE PHILOL. SACRÉE. I.
COL
na
qui servait de guide au peuple, il y avait en-
core une nuée répandue dans l'air par un
long espace, qui, comme une grande tente,
couvrait tout le camp , et le mettait à l'abri
des gramies ardeurs du soleil, comme il est
marqué, Ps. 34. 38. D'autres néanmoins
croient que c'était la même colouiie de nuée
qui conduisait le peuple, qui couvrait tout le
cimp, cl qui couvrait aussi !c tabernacle et
le remplissait de la gloire de Dieu. Exod. 40.
32. Voy. Gloria. G est dans cette colonne de
nuée que Dieu parla à Moïse et à Aaron. Ps.
98. 7. In columna nubis loquebalur ad eos ; à
quoi se peut rapporter columna fumi : Vne
fumée qui s'élève d'un embrasement en forme
de colonne, /udic. 20. 40. Cum vidèrent quasi
columnam fumi de civitate conscendere : Les
Israélites virent comme une colonne de fumée
qui s'élevait de la ville de Gabaa au-dessus
des maisons.
2= Appui , soutien , fondement. Ps. 74. 4.
£"170 confirmavi columnas ejus : C'est moi qui
ai affermi les colonnes de la terre; c'est Dieu
qui parle. Job. 9. 6. l.Tim.3. 13. Ecclesia
quœ est columna et firmamenlum veritalis :
L'Eglise visible est la colonne et la base de la
vérité; i. e. la véritable dépositairede la vérité.
3' Qui est ferme et stable , et pour durer
toujours, comme les colonnes le sont dans un
édifice. Apoc. 3. 12. Quivicerit, faciam itlum
columnam in templo Dei mei : Quiconque sera
victorieux, je ferai de lui une colonne dans
le temple de mon Dieu.
4° Les apôtres et les docteurs dans l'Eglise
qui la soutiennent comme les colonnes sou-
tiennent un édifice. Prov. 0. 1. Sapientia œdi-
ficavil sibi domum... excidit columnas septem :
La sagesse a taillé sept colonnes; i. e. plu-
sieurs. Ce nombre déterminé est mis pour le
nombre indéterminé. Ainsi , les colonnes,
dans ce sens , mar(iuent proprement les
saints, les prélals, qui soutiennent l'Eglise
par leurs paroles et par leurs exemples. Gai.
2. 0. Jacobus et Cephas et Joannes qui vide—
bantur columnœ esse : Jacques, Cephas et
Jean, qui étaient considérés comme les co-
lonnes de l'Eglise. C'est des apôtres qu'on
entend aussi ces paroles du Psalmiste. Ps.
74. 4. Ego confirmavi columnas ejus : C'est
moi qui ai affermi les colonnes do la terre.
Façons de parler.
Columnœ cœli, les colonnes du ciel ; i. e. les
montagnes qui paraissent soutenir le ciel, ce
qui a donné lieu à la fable du mont Allas. Job.
26. 11. Columnœ cœli conlrcmiscunt • Les co-
lonnes du ciel tremblent devant lui. Plusieurs
expliquent ces paroles de toute la machine
du ciel, qui piraît être ébranlée dans ses fon-
dements par l'épouvanlable fraea^ des fou-
dres et des tonnerres; et d'aulrcs les expli-
quent des anges , qui sont sans cesse dan.>
une sainte frayeur en présence de la majesté
divine.
Columnœ tcrrœ, les fondements de la terre
qui n'est toutefois, à proprement parler, sou-
tenue que par la touli-puissance de Dieu.
Job. 9, 0. Qui commoict Irrram de loco suo,
et columnœ ejus conculiuntur : C'est Dieu qui
25
770
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SALUEE
im
remue la terre de sa place par des tremble-
ments extraordinaires, et qui fait que ses co-
lonnes sont ébranlées. Ps. 7i. k. Ego confir-
mavi columnas ejus : C'est moi qui ai affermi
ses colonnes ; c'est Dieu qui soutient la terre,
et en peut réparer les ruines ; d'autres l'en-
tendent des hommes justes , qui empêchent
que le monde ne périsse.
COMA, JE, Gr. xôfji»3 : — 1° Cheveux longs,
chevelure. 1. Cor. 11. v. 14. 15. Virquidem si
coninm nutriat, ignominia est illi; muliervero
si comam mitriat, gloria est illi : La nature ne
nous apprend-elle pas qu'il est honteux à un
homme d'avoir do longs cheveux, et qu'il est
au contraire honorable à une femme de les
faire croître. Les cheveux longs ne convien-
nent qu'aux femmes ou aux efféminés. Ezech.
kk. 20. Neque comam nutrient ; sed tondentes
altondent capita sua : Les préires et les lé-
vites ne laisseront point croître leurs che-
veux; mais ils auront soin de les couper de
temps en temps pour les tenir courts, pour
ne point imiter la superstition des Egyptiens
et des autres peuples, qui, dans le deuil, se
rasaient quelquefois la tête , et quelquefois
laissaient croître leurs cheveux. Néanmoins,
comme les Hébreux ne quittaient pas aisé-
ment les pratiques superstitieuses qu'ils
avaient apprises dans l'Egypte , Dieu a per-
mis à Moïse d'en établir de pareilles , afin
qu'ils se défissent de ces anciennes erreurs;
comme dans les Nazaréens, de laisser croître
leurs cheveux, et en certain temps de se ton-
dro , pour s'acquitter d'un vœu. S. Cyrill. de
Adorât. 1. 16. de là vient cette façon de parler :
Atlondere in comam aliqiiem, couper à quel-
qu'un les cheveux en rond. Jer. 9. 26. Qui
atto7isi sunt in comam : Tous ceux qui se font
couper les cheveux en rond; par lesquels le
prophète entend les Arabes. Voy. Attondere.
2^ Feuillages , branchage touffu {Ozpi(jy.ôç).
Job. 14. 9. Ad odorem aquœ germinabit et fa-
ciet comam : Un arbre , quoiqu'il ait le tronc
desséché et comme mort dans la poussière, ne
laissera pas de pousser aussitôt qu'il aura
senti l'eau.
COMBURERE, >:/Taxac£iv, brûler. Ps. 45. 10.
Scuta comburet igni : Le Seigneur brûlera les
boucliers en les jetant dans le feu , ce qui est
une façon de parler pour marquer que Dieu
abattra toutes les forces des ennemis de son
tglise. Jos. 11. V. 6. 9. Currusque combussit
iyni {è^-KfyfiOziv) : Josué brûla les chariots de
Jabin et de tous les rois que Jabin s'était
associés contre Josué. Amos. 6. 10. Comburet
eum. ut efjerat ossa de domo : Leur plus pro-
che les brûlera dans la maison pour empor-
ter les os. Dans cette désolation publique, les
Israélites n'embaumeront point leurs pro-
ches, selon leur coutume; mais il les brûle-
ront promptement ou parce qu'il y en aura
un trop grand nombre , ou pour n'être pas
surpris par les ennemis.
1" Ternir, rendre livide, dessécher. Isa. 13.
8. Facii'S combustœ vultus eorum : Leurs vi-
sages seront desséchés comme s'ils avaient
été brûlés par le feu. Celte prophétie regarde
les Babyloniens.
il" Perdre, ruiner de réputation (xaù-iv}.
Eccli. 28. 6. In flamma sua non comburet
justos : La langue maligne ne consumera
point le juste dans ses flammes , parce que
Dieu les en préservera et les en délivrera.
S" Perdre, ruiner, consumer {Kvçflâixnsiv).
Amos. 5. 6. Ne forte comburalur ut ignis
domus Joseph : De peur qu'il ne fonde sur la
maison de Joseph comme un feu qui la ré-
duise en cendre.
4° Tourmenter par des supplices horribles.
Dan. 7. 11. Yidiquoniam ejus corpus tradilum
esset ad comburendum igni : Je vis que le
corps de la bêle avait été détruit cl livré au
fou pour être brûlé; i. e. le corps de la qua-
trième bête , qui marque Antiochus. Apoc.
18. 8. Igné comburelur : Babylone sera brûlée
par le feu. Cette Babylone est Rome païenne,
qui fut saccagée ; son empire fut mis en proie,
et (comme dit saint Jérôme) Rome fut consu-
mée par un seul embrasement. Mallh. 3. 12.
Luc. 3. 17. Voy. Inextinguibilis.
COMBUSTlO, Nis, y.xvGtç. — 1" Brûlemonl,
action de brûler. Jorem. 51.23. Z>a6o te in mon-
tem combustionis : Je te rendrai une monta-
gne consumée par les flammes. Isa. 10. 16.
Subtus gloriam ejus succensa ardebil quasi
combustio ignis : Sous la victoire du roi d'As-
syrie, Dieu formera un feu qui le consumera.
Ces deux prophéties regardent la désolation
d'Assyrie. Isa. 9. 5. Ainsi , Heb. 6. 8. Cujus
consummatio in combustionem : On mettra à
la fin le feu à une terre infructueuse. Ainsi,
2. Par. 21. 19. Secundum morem combustion
nis : Le peuple ne rendit point à Jorum les
honneurs qu'on avait rendus à ses ancêires
en brûlant pour lui des parfums , selon la
coutume. Jer. 34. 5. — 2° Espèce de brûlure,
ulcère (x«T«zaupia). Levit. 13. 28. P/a^a com-
bustionis est : C'est l'effet d'une brûlure; l'E-
criture parle de la marque pour reconnaître
la lèpre.
§ 1. — Chose brûlée. Num. 19. 17. Tollent
de cineribus combustionis : Us prendront des
cendres do la vache brûlée pour le péché.
§ 2. — Supplice du fou de l'enfer. Isa. 9. 5.
Omnis violenta prœdatio... eritin combustio-
nem : Tous ceux qui oppriment les autres par
violence et par meurtre, seront punis du feu de
l'enfer. Heb. 8. Cujus consummatio î'n combus-
tionem: L'âme qui ne produira aucune bonne
œuvres figurée par une terre stérile , sera
enfin jelée au feu d'enfer.
COMBUSTURA, £, ■/.u.7v.y.v.\>i>.u, brûlure. Le-
vit. 13. 28. Cicatrix est combusturœ : La cica-
trice d'une brûlure.
C0;MEDERE , fùyziv, h^iza : — 1" Manger,
consumer et dépenser du bien pour les néces-
sités de la vie. Eccl. 5. 10. Mulli et qui co-
medunt cas : Où il y a beaucoup de bien, il y
a aussi beaucoup de personnes pour le man-
ger. — 2' Prendre son repas. Marc. 7. 4.
A l'oro nisi baptizenlur, non comedunt : Les
Pharisiens et tous les Juifs, lorsqu'ils revien-
nent du marché, no mangent point sans s'être
lavés. Gen. 7. v. 31. 54. c. 43. 16. 3. Reg. 19-
5. et Prov. 23. 1. Quando sederis ut comeda.f
cum principe : Lorsque vous serez assis pour
manger avec le prince. Ainsi, Gen. 37. ■26. f .
43 v. 23. 32. Exod. 2. 20. c 18. 12. Voyez
73i COM
pAMis. Levit. 7. 23. Adipem ovis et hovis et
caprœ non comedetis :\ous ne mangerez point
lagraissedelabrebis,du bœufet de la clièvre;
soitque vouslesimiiioliczà Dieu,soilquo vous
les tuiez pour votre usage. La raison élail qu'ils
devaient par respect s'abstenir de manger ce
qui était, préférablcmenl à toutes choses,
offert à Dieu dans les sacrifices. Voy. Adeps.
Ils pouvaient manger de la graisse des ani-
maux qui ne s'offraient point en sacrifice.
§ 1. — Vivre , être en vie (ç-àyciv). Exod.
2i. 11. Viderunlque Deum, et comeclenint ac
hiberunt ; Ces princes d'Israël, après avoir vu
Dieu, s'en retournèrent, et ils burent et man-
gèrent comme auparavant. Les Juifs croyaient
mourir quand ils avaient vu Dieu, comme il
se voit. Judic. 6. v. 22. 23. etc. 13. 22. Peut-
être sur ce qui est dit, Exod. 33. 20. Ainsi,
Eccli. 5. 17. Amos. 7. 12. Voyez Mandu-
CARE.
§ 2. — Jouir, posséder, avoir part (É'SsfrOat).
Gen. io. 18. c. i9. 27. 31ane comedet prœdam :
Benjamin , comme un loup ravissant, dévo-
rera la proie le malin ; ce qui peut marquer
que cette tribu était naturellcnjenl guerrière
et maligne. Voy. l'accomplissement de cette
prophétie , Judic. c. 20. 3. Rcg. c. 12. c. ik.
c. 15. Ainsi , Gen. 31. v. 15. 38. 1. Esdr. 9.
12. Isa. 1. 19.
§ 3. — Recevoir avec plaisir la nourriture
spirituelle. Isa. 55. v. 1. 2. Comedite , cume-
dite bonum : Nourrissez-vous de la bonne
nourriture. Celte bonne nourriture est la
grâce du Sauveur , marquée ici par le vin et
par le lait, et qui est marquée par le pain.
Prov. 9. 5. Venite, comedite panem meum :
Venez, mangez le pain que je vous donne;
l'Eglise applique ce pain à la nourriture de
l'Eucharistie. Ainsi, Comedere sermones Dei,
c'est se nourrir de la parole de Dieu. Jerem.
13. 16. Jntenii sunt sermones tui , et comedi
eos : J'ai trouvé vos paroles, et je m'en suis
nourri. Ezech. 2. 8. c. 3. v. 3. k. Apoc. 2.
9. 10.
§ i. — Consumer, user, ronger. Jac.5.2. Vesti-
menta vestra a lineis comesta sunt: Les vers
lîiangentlesvétementsque vous avez en réser-
ve ; lapôtre blâme ici les riches, le devoir des
quels on peut voir Luc, 3. 11. Job. 30. 18. Qui
me comedunt, non dormiunt ; i. e. les fers qui
me dévorent , ne dorment point. Ps. 68. 10.
/élus domus tuœ comedil me : Jésus-Christ
était comme brûlé du zèle de rétablir le bon
ordre pour conserver l'honneur et le respect
qui était dû au temple de Jérusalem , que
Dieu avait choisi pour sa demeure. Voy.
saint Jean, 2. v. IV. 15. 16. 17.
§ 5. — Piller, ruiner. Jerem. .50. v. 17. Pri-
mus comedit eum rex Assyrius : Le roi des
Assyriens (.se. S.ilinaiias.ir ou Seniiachéribj
a dévoré Israël le premier, c. 51. 3'i-. Ps. 78.
8. Nahum. .'{. 12. Prov. 30. IV. Ose. 7. 9. c. 11.
(i. Matlh. 23. li. La mélaphore est tirée des
bêles farouches, comme il se voit. Ezecii. 19.
3. i).in. 7. V. 5. 7. 9. Comedc carnes plurimns :
Rassasiez- vous de cainage. Cette seconde
bêle ro|)rés('ntail lempire des Perses, (lui se
souriiil plusieurs roy.uimes.
& 6. — Offenser, faire tort, déchirer par in-
COM
782
jures et médisances. Gai. 5. 15. Si invicem
mordetis et comedilis{y.u-z'7biiL^j) : Si vous vous
mordez et dévorez les uns les autres; ici,
mor.lre, c'est faire de moindres injures , et
dévorer, c'est en faire de plus grandes ; ce
verbe est en ce sens dans Térence, Eui.uc.
Hune comedendum et deridendum vobis pro-
pino. La métaphore est tirée des bétes car-
nassières et cruelles.
PLrases tirées de celle signiflcalion.
Comedere panem 5uum,manger de son pain,
c'est gagner sa vie de son travail, de sa peine
et de ses soins. Isa. V. 1. Paneni nostrum co~
medemus : Nous nous nourrirons nous-
mêmes. Le Prophète , par celte proposition,
que plusieurs femmes feront à un seul Juif,
qu'il les épouse , et qu'elles gagneront leur
vie sans iui être à charge, marque la grande
défaite d'hommes qui devait arriver par le
roi de Syrie. Voy. 2. Par. 28. v. 6. 8. Ainsi,
Prov. 31. 27.
. Comedere panem impietatis , se nourrir du
pain de son impiété , c'est vivre de rapines,
d'injustices et des torts faits à son prochain.
Prov. i. 17. Comedunt panem impietatis : Le»
impies se nourrissent du pain de l'impiété.
Voy. V. 14.
Comedere peccata populi , se nourrir des
péchés du peuple , c'est s'enrichir et faire
bonne chère des sacrifices offeris pour les
péchés du peuple. Ose. k. 8. Peccata populi
mei comedent : Les prêtres se nourrissent des
péchés de mon peuple. Dieu se plaint qu'ils
étaient bien aises que le peuple offrît beau-
coup de sacrifices, parce qu'ils en profitaient,
et cette vue faisait qu'ils ne portaient pas le
peuple à se convertir de leurs péchés.
Comedere cibos lugentium. Manger des
viandes qu'on donne à ceux qui sont dans le
deuil, c'est recevoir de la consolation de la
mort de sos proches, souffrir qu'on nous en
console. Ezech. 2V. 17. Nec cibos lugenlium
comedes : A la mort de votre femme vous ne
mangerez point de viandes, qu'on donne à
ceux qui sont dans le deuil. Celte situation
du prophète était la figure de celle où se-
raient les Juifs au temps de leur désolation,
qui n'auraient pas alors loisir de pleurer
leurs parents et amis. v. 22. Et facielis sicuf
feci... cibos lugentium non comedetis : Vous
ferez comme jai fait: vous ne mangerez point
des viandes qu'on donne à ceux qui sont
dans le deuil. V^oy. Llgens.
Comedere de ovis aspidum.'Slungci- des œufs
d'aspic, c'est avoir part aux noirs desseins
des méchants. Isa. 59. 5. Qui comcderit de
ovis eorum, moriclur. Celui qui mangera do
ces œufs d'aspic, en mourra.
Comedere fructus viœ suœ, frugcm mcnda-
cii. Comedere fruclum adinvenlionum siin-
rum. — 1° Manger le fruit de sa voie, c'est
recevoir la punition que méritonl ses mau-^
vaisis actions (s'oscrOai). Prov. 1. 31. Corne--
dent igitur fructus viœ suœ : Les pécheurs
mangeront du fruit de leur voie. c. 18. 21 :
Qui dUigunt eam , comedent fructus ejus .
Ceux qui raiiuciit ( il parle de la langue),
mangeront de ses fruits; i. c. ceux ';ui ai-
783
mont à parler beaucoup, seront punis des
fautes qui sont ordinaires aux grands par-
leurs. Ose 10. 13. Comedisii frugem menda-
cii : Vous vous êtes nourris du fruit du men-
songe; i. e. puisque vous avez agi avec trom-
perie et mensonge, vous en porterez aussi la
peine; ou, selon d'autres, vous vous trouve-
rez trom pés de votre travail , qui était fondé
sur le mensonge, dans l'espérance que vos
idoles vous rendraient heureux. — 2° Man-
ger, recueillir le fruit de ses œuvres, s'entend
en bonne part; i. e. recevoir la récompense
de ses bonnes œuvres. Isa. 3. 10. Dicitejusto
quoniambene, quonium fructum adinvenlio'
nuni suarum comedet : Dites au Juste qu'il
espère bien, parce qu'il recueillera le fruit de
ses œuvres.
Comedere fructus agrorum terrœ. Manger
des fruits d'une terre, c'est demeurer et ha-
biter dans un pays fertile, en y vivant des
fruits qu'on y cultive, et qui y croissent.
Deut. 32. 13. Constituit eiun super excelsam
terram, ut comederet frnctus agrorum : Dieu
a établi le peuple d'Israël dans un excellent
pays pour y manger les fruits de la terre.
Comedere melet oleum. Se nourrir et vivre
délicatement, faire bonne chère. Ezech. 16.
13. Mel et oleum comedisii : ( Jérusalem )
vous avez mangé du miel et de l'huile.
Comedere bulyrum et me/. Manger le beurre
et le miel, c'est vivre d'une manière com-
mune et ordinaire, et être nourri et élevé
comme les autres hommes. Isa. l.io. Buly-
rum et mel comedet : Le Fils de cette Vierge;
t. e.Jésus-Christ mangera le beurre et le miel;
i. e. sera nourri comme les autres enfants.
Voy. BUTYRLM.
Comedere cum nliquo. Manger avec quel-
qu'un, à sa table, c'est vivre familièrement
avec lui comme avec sou intime ami, avoir
alliance avec lui. Abd. 7. Qui comedunt te-
cum, ponent insidias subler te : Ceux qui
mangeaient à voire table vous ont dressé des
embûches. Le Prophète parle des Assyriens,
qui devaient venir contre les Iduméens ,
quoique ces deux peuples eussent été autre-
fois alliés contre le peuple juif. Dan. 11. 26.
Ainsi, Isa. 11. 7. c. 65. 25. Léo quasi bos co-
medet palcas : Le lion mangera la paille
comme le bœuf; i. e. au temps du Messie,
les personnes qui étaient autrefois les plus
fières et les plus hautaines, après leur con-
version, vivront en grande intelligence avec
les fidèles qui sont paisibles. Voy. Léo.
Comedere et biberc. Manger et boire mar-
quent :
1 Etre en vie et en bonne sanlé. Exod. 2i.
11. Viderunlque Deum, et comederunlac bibe-
runt.Yoy. ci-dessus, n. 1.
2' Manger , faire festin avec grande ré-
jouissance, l. Reg. 30. 16. Ecce illi discum-
bebanl . . . comedenles et bibenles :lh trouvèrent
les Amalécites mangeant et buvant , et fai-
sant une grande fêle. David les trouva qui
goûtaient le plaisir des dépouilles qu'ils ve-
naient d'enlever de Sicéicg. 2. lleg. 11. 11.
3. Ucg. 4-. 20. c. 18. ki. k. lleg. 0. 23. etc.
Ainsi, l'oubli de manger, ou ne point man-
ger, marque une grande uffliction. Vs. 101.
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE S.^CREE. T34
5. Oblitus sum comeuere panem meum .-J'ai ou»
blié de manger mon pain. 1. Reg. 20. Sk. c.
1.8. c. 28. V.20. 23.
3° Vivre gaiement et dans la prospérité.
Eccl. 2. 2i-. Nonne melius est comedere et bi-
bere, et ostendere animœ suœ bonade laboribus
suis .-Ne vaut-il pas mieux manger et boire,
et faire du bien à son âme du fruit de ses
travaux ; se. qu'en travaillant de se refuser le
nécessaire pour amasser, c. 5. 18. c.8. 5. Isa.
65. 13. Jerem. 22.15.
k" Se divertir, s'abandonner à la débau-
che. Isa. 22. i3.Gaudiu7n et lœtitia... comedere
carnes et bibere vinum : Vous ne penserez
quà manger de la chair et à boire du vin.
Comedamus et bibamus, cras enim moriemur •
Nos prophètes disent que nous mourrons
bientôt : diverlissons-nous donc autant que
nous pourrons dans le peu de temps que
nous avons, disaient les impies entre les
Juifs, c. 21. S.Luc. 12. 19.
5° Vivre comme les autres et avec eux sans
distinction , manger aux heures ordinaires,
ne point jeûner. Voy. Luc. 7. 34.
Comedere et tergere os suum. Manger et es-
suyer sa bouche, c'est faire le mal, et le
dissimuler ians qu'il y paraisse. Prov.30.20.
Talis est et via mulieris adultérée quœ comedit,
et tergens os suum dicit:Non sum operata ma-'
lum : Telle est la voie de la femme adultère,
qui, après avoir mangé, s'essuie la bouche,
et dit : Je n'ai point fait de mal. Elles contre-
font les honnêtes femmes, et nient hardiment
qu'elles aient fait de mal, parce qu'il ne pa-
raît point.
Comedere carnes suas. Manger sa propre
chair, c'est laisser consumer ses entrailles
faute d'avoir de quoi manger; se faire mourir
de faim plutôt que de travailler. Eccl. k. 5.
Stultus complicat maniis suas, et comedit car-
nés suas : Il y en a d'assez fous pour mettre
leurs mains l'une dans l'autre, et manger
leur propre chair.
Comedere mane. Etre déréglé, se donner à
ses plaisirs, et à la bonne chère, au lieu de
s'acquitcr de sa charge. Eccl. 10. 16. Vœ tibi,
terra... cujus principes mane comedunt :
Malheur à toi, terre, dont les princes man-
gent dès le matin; se. dans le temps où ils
devraient rendre la justice au peuple.
COMES, iTis. De cum, et du verbe eo , et
signifie :
i" Qui accompagne, ou qui est à la suite
de quelqu'un (ô //îTà) Gen. 24. 59. Dimise-
runt crgo eam, et nutricem illius, servumque
Abraham, et comités ejus : Balhuel et Laban
laissèrent aller Rébecca, accompagnée de sa
nourrice, avec le serviteur d'Abraham, et
ceux qui l'avaient suivi : Rébecca allait pour
épouser Isaac. Jerem. 40. 9. 2. Mach. 14. 18.
Act. 22. 11.
2" Compagnon de voyage (<Tuv£/ofl/:/o,-). Act.
19. 29. Uaplo Gaio et... comitibus Fauli :
Ceux du métier de Démclrius ayant entendu
de lui le danger que courait leur métier, el
le culte de Diane, à cause de la doctrine de
saint Paul, entraînèrent Gaïus et Aristarque,
Macédoniens, qui avaient accompagné sain!
785
COM
COM
•8G
Paul dans son voyage; se. au théâtre devant
le peuple assemblé. 2. Cor. 8. 19.
3* Grand seigneur de la cour d'un prince.
2. Macli. k. 3\.Relicto suffeclo imo ex comili-
bus suis Andronico : Antiochus, surnommé
ïlllustre, laissa pour son lieutenant un des
grands de sa cour, nommé Andronique; se.
pendant qu'il allait pour apaiser la sédition
des deux villes de Tharse et de Mallo. De
cornes, comme qui dirait comte ou baron,
vient comitalus; la cour d'un prince dans
les auteurs ecclésiastiques.
4° Général d'armée. 2. Reg. 20. 11. Ecce
qui esse vohnt pro Joab Cornes David : Voilà
celui qui voulait être général de David , au
lieu de Joab, disent les gens de Joab, d'Amasa
qui venait d'être tué par Joab. Hebr. Qui
aime Joab, et qui est pour David, suive Joab.
5° Qui dure, qui subsiste. Gcn. 18. l'i-. Re~
vertar ad te hoc eodem tempore vila comité :
Je vous reviendrai voir dans un an en ce
même temps ; je vous trouverai tous deux
en vie, dit le Seigneur à Abraham et à Sara,
lui promettant la naissance d'Isaac. v. 10. 4.
Reg. 4. 16. In hac eadem hora si vita cornes
fiierit, habebis inutero filiutn : A celte même
heure, si Dieu vous conserve la vie, vous au-
rez un fils dans vos entrailles, dit Elisée à la
femme considérable de Sunam.
COMESSATIO, MS. Repas de dissolution ,
débauche (xwao,-). Prov. 23. 20. Noli esse in
comessationibus eorum qui carnes ad vescen-
dum conferunt : Ne vous trouvez point dans
les débauches de ceux qui apportent des
viandes pour manger ensemble. Deut. 21.20.
Filius noster comessationibus vacat : Notre
fils passe sa vie dans les débauches : c'est ici
la formule dont un père et une mère accu-
saient un fils opiniâtre et rebelle, devant le
peuple. 2. Mach. 6. k. Rom. 13. 13. Gai. 5.
21. l.Petr. 4. 3.
COMESSATOR, is. Gourmand, débauché.
Prov. 28. 7. Qui comessatores (LXX à(7WTi«v)
pascit : Celui qui nourrit des gens de bonne
chère.
COMESTOR, is. Qui mange, qui dévore.
Sap. 12. o. Comestores viscerum hominui7i
(TTT/ay/vo'^â'/Oi') : Les aiicieus habitants de la
Terre-Sainte se repaissaient de la chair des
hommes. Le Sage marque ici tous les crimes
pour lesquels Dieu a détruit ces peuples, en
y faisant succéder les Israélites.
COMINUS. Cet adverbe, que les Anciens
écrivaient comminus , vient ûe manus , cl si-
gnifie :
De près, de main à main, en parlant de
ceux qui se battent. 3. Reg. 20. 39. Servus
tuus egressus est ad prœliandum cominus :
Votre serviteur s'était avancé pour combatlrc
les ennemis de près , dit l'un des prophètes à
Achab, s'étant rendu méconnaissable. 2.
Mach. '6. V. 3. 8. 13.
COMITARI, if.y.'jhyjOsi-j. Ce verbe vient déco-
tes, ilis, et se met dans l'Ecriture avec cum,
et l'ablatif; et régit le datif, aussi bien que
l'accusatif.
1' Accompagner quehju'un, par exemple
dans un voyage. Tob. 'ô.-2\. Angélus e jus co'
mileiur vobiscum : Que l'ange de Dieu vous
accompagne toujours, dit le père de Tobie
à son fils et à l'ange Raphaël, les envoyant
chez Gabélus. v. 2'7. Credo quod Angélus Dei
bonus comitetur ei : Je crois que le bon an^^e
de Dieu l'accompagne. Act. 9. 7. c. 10. 23.
Act. 20. k. Comitatus est eumSopater : Paul
fut accompagné par Sopatre; Gr. jusqu'en
Asie ; c'est-à-dire jusqu'en Jérusalem. 2.
Mach. 24. etc.
2° Converser familièrement, être souvent
avec quelqu'un [npoTxyn-^). Eccli. 12. 13. Qms
misercbitur incantatori a serpente percusso...
sic qui comitatur cum viro iniquo : Qui aura
pitié de l'enchanteur, lorsqu'il sera piqué
par le serpent? Ainsi on n'en aura point de
celui qui s'unit avec le méchant, et qui se
trouve enveloppé dans ses péchés.
COMITATUS, us. —1° Compagnie, troupe
de gens qui accompagnent ou qui sont à la
suite de quelqu'un. Gen. 50. v. 9. 14. Habuit
quoque in comitatu currus et équités : Josep'h,
dans le voyage qu'il fit pour aller ensevelir
son père, eut à sa suite des chariots et des
cavaliers qui le suivirent. — 2°Coinpagnie de
gens qui font voyage ensemble (cnjvo5i«). Luc.
2. 44. Existimantes autem illum esse in comi-
tatu : Le père et la mère de Jésus-Christ, qui
était resté à Jérusalem sans qu'ils le sussent,
s'en retournant chez eux de Jérusalem sans
lui, et pensant qu'il serait avec quelqu'un de
ceux de leur compagnie..., le cherchaient
parmi leurs parents, etc.
C0MMACULARE. — 1° Souiller, rendre im-
pur, d'une impureté légale. Num. 19. 7. Com-
maculalusque erit usque ad vesperum .Le prê-
tre sera impur jusqu'au soir. — 2° Violer,
profaner une chose sacrée (jSeêïjXoûv). Jerem.
34. 16. Commaculastis nomen meum : Vous
avez \iolé l'alliance que vous aviez faite en
mon nom , par laquelle vous étiez convenus
de renvoyer libres vos esclaves, et vous les
avez repris sous le joug. Esth. 16. 10. Aman
pietalem nostram sua crudelitale commacu-
/ans : Aman qui a voulu déshonorer notre
clémence par sa cruauté : Arlaxerxès attri-
bueàla cruauté d'Aman les premières lettres
du roi, qui avaient été publiées contre les
Juifs, et qu'il révoque.
COMMANDERE, /.arî^Gùtv. — Ce verbe inu-
sité, composé de cumel de mandere, mâcher,
signifie:
Manger tout ensemble, briser en mâchant;
da ...
po
ns l'Ecriture il se prend par métaphore
ur perdre, opprimer, ruiner. Prov. 30. 14.
Commandit molaribus suis .-Il y a une race,
qui, au lieu de dents, a des épées, qui se
sert de ses dents pour déchirer et pour dé-
vorer ceux qui n'ont rien sur la terre : Sa-
lomon décrit la cruauté des riches avares,
qui oppriment les pauvres, et les réduisant
à la dernière extrémité, comme on brise
avec les dents un morceau de pain que l'on
mange.
COMMANDUGARt:, aa-raiv. De mnnducare.
et signifie proprement, mâcher avec les dents;
dans l'Ecriture :
Mordre, ronger. Apoc. Ki. 10. Commandu"
caverunt lingwts suas prœ dolore • Les hom-i
mes se voyant tourmentés par l'ardeur du
■787
PICTIONNAIHE DE PHILOLOGIE SACRÉ:.
•88
feu, se rongèrent la langue ; cette expression
marque une douleur cxlrênse qui rend fu-
rieux.
COMMEARE , y.oiTcinopi<>e<TO«i. Passer d'un
p^ys en un autre, faire voyage. 2. Mach. 11.
'60. His igilur qui comme an t.. . damusdejctrax
i^ccuritatis :^ous donnons un passeport pour
ceux qui voudront venir; ce qu'Antiochus
écrit au sénat des Juifs qui désiraient alier
pour conférer avec les Juifs qui étaient au-
près du roi, sur ce qui regardait la conser-
vation de leurs droits et de h'ur religion.
COMMEMORARE. Faire menlicn ; dans
l'Ecriture : — 1° Représenter, faire souvenir
(pjâv) Act. 10. 31. Eleemosynœ tiiœ commemo-
ratœ sunt in conspectu Dei : Dieu s'est sou-
venu de vos aumônes, dit l'ange à Corneille.
Sap. 18. 22. — 2" Repasser en soi-même,
méditer (Xo^iÇêffeat). Sap. 8. 17. Hœc com-
memorans in corde meo : Ayant médité ces
choses dans mon cœur; se. tous les avanta-
ges de la sagesse.
COMMEMORARI, dépon. {x-jiGBcKi. Ce verbe
n'est pas en usage chez les auteurs latins
comme déponent ; dans l'Ecriture, il signi-
fie étant joiiit avec le génitif.
* 1° Se souvenirdequelqu'un. Eccli. 33. 17.
In die Iribulationis commemorabitiir tui: Dieu
se souviendra de vous au jour de l'affliction ;
savoir, en vous secourant alors : L'Ecriture
parle des récompenses des enfants, pour la
charité qu'ils auront exercée envers leurs
pères et mères.
2* Faire mention de quelque chose, mar-
quer quelque chose. Eccli- 4-9. H. Comme-
moratus est inimicorum in imbre : Ezéchiel
a marqué par une pluie ce qui devait arri-
ver aux ennemis du Seigneur. L'auteur de
l'Ecclésiastique témoigne que les torrents
de pluie dont il est parlé dans Ezéchiel, 13.
13. figuraient la vengeance que Dieu devait
tirer de ses ennemis. Ce verbe étant joint
avec l'accusatif, signifie :
3" Découvrir, ressentir, reconnaître (o-yvîs-
vat). Baruch. 23. Viam sapienliœ nescierunt,
neque commemorati sunt semitas ejus : Les
Ismaélites qui ne sont que des conteurs de
fables, n'ont point connu la voie de la vraie
sagesse, et n'en ont pu découvrir les traces
et les sentiers. Sap. 11. 14. Commemorati
sunt Dominum : Les Egyptiens ayant appris
que ce qui avait fait leur tourment était do-
venu un bien pour les autres, ils commen-
cèrent à reconnaître le Seigneur. Le Sage
parle des eaux de l'Egypte, qui ayant élô
changées en sang, au lieu détancher la soif
des Egyptiens, les faisaient mourir ; et Moïse
au contraire fit sortir des eaux de la pierre
pour désaltérer les Israélites.
COMMEMORATIO, nis. àvàfxv/îatç. — l" Sou-
venir de quelque chose. Sap. 16. 6. Siynum
habenles salulis ad commcnioralionem man-
dali legistiiœ: Vous donnâtes aux Israélites
un signe de salut, pour les faire souvenir
des commandements de votre loi : le Sage a
en vue le serpent d'airain que fil Moïse. Voy.
Num. 21. 8. Ainsi, Sap. 19. k.
2' Mémoire et souvenir, tel qu'il n'exclue
point la présence de la chose duni on fait
mémoire. Luc. 22. 19. Hoc facile in meam
commemorationem : Faites ceci en mémoire
de moi, dit Jésus-Christ consacrant son sa-
cré corps sous les espèces du pain, et com-
muniant ses apôlres. Le Grec porte, in met
rememorationem, |)Our renouveler et repré-
senter ma passion, se. d'une manière non
sanglante.
Façon de parler.
Commemoratio peccatorum. La mémoire
des péchés ; c'était la confession publique
qui se faisait tous les ans des péchés parmi
les Juifs sous l'ancienne loi. Heb. 10. 3. In
ipsis commemoratio peccatorum per singulos
annos fil : Sous la loi, on renouvelle tous les
ans la mémoire et la confession des mêmes
péchés à expier, parce que l'ancienne loi
n'avait pas la vertu de les remettre; et saint
Paul a en vue ce qui est dit, Levit. 16. 21.
Num. 19. 4. etc.
COMMENDARE, irupuriOsaO^A. — 1° Recom-
mander, confier quelque chose comme un
dépôt entre les mains de quelqu'un pour le
garder avec soin. Ps. 30. 6. Luc. 23. 46. In
nianus tuas commendo spiritum meum : Je re-
mets mon âme entre vos mains, ce que dit
David étant assiégé de tant d'ennemis; il le
disait comme s'il eût été à l'heure de la
mort dans le danger où il était, et il était la
figure de Jésus-Christ, qui dit ces paroles à
sonPère en mourant. 1. Petr. 4.19. Ainsi, Luc.
12. 48. Cui commendaverunt inullumplus pè-
tent ab eo : On fera rendre un plus grand
compte à celui à qui on aura confié plus de
choses.
2" Louer, estimer, approuver (o-uvtffTâvat). 2.
Cor 10. 18. Non enim qui seipsum commendat,
ille probalus est : Ce n'est pas celui qui se
loue lui-même qui est louable, mais celui
qui est tel au jugement de Dieu. c. 3. 1. c.
4. 2. c. 5. 12. c. 10 V. 12. 18. c. 12. 11. Sap.
7. 14.
3° Faire paraître, faire éclater ((7ovt(7Tâv«t).
Rom. 3. 5. Si iniquitas nostra justiliam Dci
commendat : Si notre malice sert à faire
paraître davantage la justice de Dieu; saint
Paul dit qu'il ne faut pas conclure que
Dieu soit injuste, de ce qu'il punit les pé-
chés, c. 5. 8. Commendat aulem chari-
talem suam in nabis : Dieu fait éclater la
grandeur de son amour envers nous; en ce
que Jésus-Christ est mort pour nous tous
qui étions pécheurs et ses ennemis.
4° Rendre agréable {TzupKrrvyui). 1. Cor.
8. 8. Esca nos non commendat Deo : L'usage
des viandes par lui-même ne nous rend point
plus agréables à Dieu.
GOMMENDATITIUS, a, um, ,7ucrTaTi/6?.
Qui sert à la recommandation. 2. Cor. 3. 1.
Numquid egemus... commendaliliis Epislo-
lis ad vos, aut ex vobis ? Avons-nous besoin
de lettres de recommandation des autres en-
vers vous, ou de vous envers les autres : Ij
saint apôtre reprend les faux apôlres qui se
servaient de ce moyen pour se faire esti-
mer.
COMMENTARIUS, ii. V7r6p.»).a«. De com-
mentari, et signifie proprcmenl, livre où ou
789
COM
marque diverses choses pouf s'en souvenir ;
dans l'Ecriture :
l"Un mémoire ou livre dans lequel on écrit
les choses mémorables, chroniques, histoires.
1. Esdr.4. lo- Inverties scriptnmincommenla-
riis, et scies quoniam urb^ illa... rehellis est :
Vous trouverez dans l'histoire, et vous y re-
connaîtrez que Jérusalem est une ville re-
belle : les ennemis des Juifs veulent porler
Artaxerxès à défendre aux Juifs de rétablir
le temple. V. v. 22. etc. Ainsi, Eslh. 12. 4.
2. Mach. 2. 13.
2" Mémoire, acte, ordonnance. 1. Esdr. 6.
2. Jnventiim est... vohimen iimim, lalisque
scriptiis erat in eo commenlorius: Il se trouva
à Ecbatane un livre où était écrit ce qui suit;
5C. l'ordonnance de Cyrus touchant le réta-
blissement du temple.
Façon de parler Urée de la première significalion.
A Comment mis. Celui qui est chargé des
registres et des requêtes, et qui a soin de
les faire expédier : comme est un chancelier
eu un secrétaire d'Etal. 2. Ucg. 8. 16. c. 20.
24. Josaphat filius Ahilud , erat a commenta-
riifi : Josaphat, fils d'Ahilud, avait la charge
des requêtes; se. sous le règne de David.
Isa. 36. V. .3. 22.
COMMERERE. De merere , et signifie :
Mériter récompense ou punition. 1. Par.
21. 17. Efjo , qui jnalum feci ; iste grex quid
commeruii? C'est moi qui ai commis tout le
mal; mais pour ce troupeau qu'a-t-il mé-
rité? dit David, voyant l'ange ayant encore
l'épée nue et tournée contre Jérusalem , iju'il
avait déjà désolée par tant de morts. Num. 22.
29. Judic. 12. 3.
COMMILITO, OMS, fj-oa-pv.ztôirr.ç. Compa-
gnon de guerre : dans lEcrit., il se prend
Cgurément :
Compagnon de guerre spirituelle, qui tra-
vaille avec quelqu'un dans le ministère ec-
clésiastique. Philipp. 2. 25. Necessarium exis-
timati Epnph.roditum. . .commilitonemmeum . . .
miltere ad vos : J'ai cru qu'il élait nécessaire
de vous renvoyer mon frère Epaphrodile, qui
est mon compagnon dans mes combats. Phi-
lem. v. 2. Le ministère ecclésiastique est une
milice dans laquelle les ministres de l'Eglise
doivent toujours êtreen gardepour sa défense.
COMMINARI, «TT.-aEtv. 1° Menacer. Ps. 102.
9. Non in perpetuum irascelur ( ij.r,vUvj ) ,
neque in œternum comminabilur : Le Sei-
gneur ne sera pas toujours en colère, et
n'usera pas éternellement de menaces : par
ces menaces on peut ici entendre les châti-
ments que Dieu exerce sur les justes , comme
un père envers ses enfants. Voy. Sap. 11. 10.
Ainsi, 1. Petr. 2. '2^. Cum pateretnr , non
comminnbatiir : Quand on a maltraité Jésus-
Christ , il n'a point fait de menaces : en quoi
les cliréticns doivent limiter. Vov. v. 21.
Ainsi, Judith. 8. 1.5.
2* Reprendre rudement. Eccli. 19. 17. Cor-
ripe projimum antequam commincris : Re-
[jrenez doucement votre ami avant que d'user
de paroles i udes. Marc. 8. 33. c. 10. v. 13. 48.
'*" Défendre fortement et avec menaces (èti-
'latfv), Matth. 9. 30. Comminatus est illis
COM -790
Jésus : Jésus-Christ défendit fortement aux
deux aveugles qu'il venait de guérir, qu'ils
prissent garde que personne ne sût qu'ils
les eût guéris. Marc. 1. v. 25. 43. c. 3. 12.
c. 4. .39. "^c. 8. .30. c. 9. 24. Aet. 4. 17.
COMMÎNATIO, M9. Menaces, colère de
Dieu. Jerem. 10. 10. Non sustinebunt gentes
commin.tionem ejus : Les nations ne peu-
vent soutenir les menaces du Dieu vivant.
Isa. .30. .30. Ainsi , Jerem. 13. 17. Soins sede^
bam , quoni'm comminadone repJesti me {-t-
y.piy.) : Je me suis tenu retiré et solitaire,
parce que vous m'avez rempli de la terreur
de vos menaces contre ce peuple : j'en ai été
tout effravé.
COMMJNUERE, Iz-z-j^zn. Rriser en mor-
ceaux, réduire en poudre. Num. 33. 52. Sta-
tuas comminuite ' ïl'Aozrj) • Rompez les statues
de la terre de Chana'an. I«a. 28. 28. Panis au'
tem comminuetur : Le hlé dont on fait le
pain se brise avec le fer, Deut. 9. 21. c. 12.
3. Jos. 9. 5. Judic. 8. 16. Ainsi, Ps. 28. 6. FA
comminuet eas tamquam vitulum Libani : Le
Seigneur brisera les cèdres du Liban, aussi
aisément que si c'étaient de jeunes taureaux ;
Hebr. Exsiliere faciel eas : Il les fera sauter,
Yoy. ViTULUs.
1" Affliger, perdre, réduire à un état misé-
rable. Dan. 7. v. 7. 19. 23. Conciilcabit et
comminuet {unir ersam terrain). La quatrième
bêle, figure du quatrième royaume, foulera
aux pieds toute la terre, et la réduira en
poudre, c. 2. v, 40. 4i. Ce royaume était
l'empire romain, v. 1. Mach. 8. Ainsi, 2.Reg.
22. 4.3. etc. Job. 22. 9. Isa. li. 29. etc.
2' Perdre sans ressource, et comme briser
en si petites pièces que le vent les emporte
().fxr/âv). Luc. 20. 18. Super quem... cecide-
rit, comminuet illum : Cette pierre écrasera
celui sur qui elle tombera : cette pierre est
Jésus-Christ, qui perdra les impies et les
incrédules qui seront tombés sous son juge-
ment. Voy. Ps. 2. 9, Mich. 4. 13. Comminues
populos multos : Vous briserez plusieurs}
peuples : cela peut se rapporter à la victoire
que l'Eglise a remportée dans toute la terre
surses persécuteurs etsursesennemis, qu'elle
a convertis à Jésus-Christ.
COMMISCERE. — 1 Mêler, confondre l'un
a\ccVaulre.¥.zech.'ii.'il. Stetit...rexBabyh'
nis in bivio...commiscens LXX, toO àva€ûà(7«i)
sagittas : Le roi de Babylone s'est arrêté h la
tête de deux chemins; il amêlédesflèchesdans
un carquois: Nabuchodonosorétantenpeineà
qui des Ammonites ou do Jérusalem il devait
faire la guerre, mêla ainsi deux flèches;
l'une marquée du nom de Rabbath , et l'autre
de celui deJérusalem ,etilmitlamainsiir( elle
qui était marquée do Jérusalem; ce qui le déter-
mina. Num. .30. 7. Sap. IV. 2.ï. Isa.;î0. 24. 2
Macli. 3.21. Ainsi, Le vit. 21. l"i. Necoinmisceat
sfirpcmgcnerisst(ivulgogentissuœ{rjj^E^>r,\(î}(T€t,
non profanabit) : Le jrrand-prêlre ne pourra
épouser qu'une fille nol)ledu peuple d'Israël;
en sorte qu'il nemclepoint le sang de sa race
avec une personne du commun du peuple.
1. Esd. 9. 2. — 2' Pétrir. Gcn. 18. 6. Tria
satn similir comniiscc : Pélriss< z vite trois me-
sures de f.irinc, dit Abraham à S, ira. 2. Roîî.
7C1
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
792
13. 8. De là vient celle phrase lirée de ce
mot :
Commisceri ou commiscere se alicui , ou
cum aliquo. 1° Converser familièrement ,
;ivoir commerce avec quelqu'un (u.iyjvaBc/.i.).
Prov. 20. 19. Eiqui révélât mysleria, necom-
miscearis : Ne vous mêlez poinl avec un
homme qui découvre les secrets, c. 24-. 21.
Ose 7. 8. 2. Mach. 13. 3. 1. Cor. 5. v. 9. 11.
2. Thess. 3. li. — 2° Se mêler, se fourrer
dans quoique affaire (7r/5ota"r«<rôat). Prov. 26. 17.
Sicut qui apprehendit auribus canem, sic qui
transit impatiens-^ et commiscelur rixœ aile-
rius : Celui qui en passant se mêle dans une
querelle qui ne le regarde point , est tomme
celui qui prend un chien par les oreilles. —
3° Connaître charnellement [y.oiu.àaB%i}. Levit.
18. 22. Cum mascalo ne cojnmiscearis : Vous
ne commettrez point cotte abomination exé-
crable , qui se sert d'un homme comme si
c'était une femme. Dan. 13. v. 20. 38. Ainsi,
faire des alliances, contracter des mariages.
Ps. 105. 35. Cummixti sunt inter génies .-Les
Israélites se mêlèrent parmi les nations, en
leur donnant et prenant d'eux des filles en
mariage au lieu de les avoir toutes exter-
minées. Ezoch. 16. 37. Dan. 2. 43.
COMMISSIO. — i" Faute, péché. Eccli. 18.
32. Assidua enim est commissio illorum : On
pèche sans cesse dans les assemblées pleines
de tumulte. Le Grec , qui a zpv^ri, deliciœ,
porte : Ne >ous plaisez point à la bonne
chère, et ne vous liez poinl avec ceux qui
l'aiment.
2" Calomnie, faux rapport {5[«Ço>yj). Eccli.
19. 15. Corripe amicum, sœpe enim fit com-
missio : Reprenez votre ami, parce qu'on fait
souvent de faux rapports : il faut toujours
s'expliquer avec son ami.
COMMISSUM, I. Ce qui nous a été confié,
secret (Ttpàyy.y.). Prov. 11. 13. Qui fidelis est
animi, celât animi commif:sitm : Celui qui a la
fidélilé dans le cœur, garde avec soin ce qui
lui a été confié.
COAIMISSURA, JE. Jointure, assemblage.
1. Par. 22. 3. Ferrum quoque phcrimum... ad
commissuras atque juncturas prœparaiit :
David fit aussi provision de fer pour joindre
les ais ou les pierres ensemble.
1° Ouvrages qui se font par rassemble-
ment des pièces de bois. 2. Par. 34. 11. De-
dcrunt... ligna ad commissuras œdificii : Ceux
qui faisîiient travailler les ouvriers à l'édi-
fice du Temple, donnèrent de l'argent aux
ouvriers pour acheter du bois pour la char-
ponle.
2^ Pièce que l'on met sur quelque chose
pour remplir une place (i7vie)./îy.a). Math. 9.
1. Ncmo immittit commissuram panni rudis
in yestimenium velus : Personne ne met une
pièce de drap neuf à un vieux vêtement.
Luc. 5. 36. Nemo commissuram a nova vesti-
mento immittit; Gr. novi vcstimenli : Jésus-
Chrisl , par celte parabole , veut marquer
qu'il ne faut point obliger des personnes en-
core faibles , telles qu'étaient alors les apô-
tres, à des pratiques austères qu'elles ne
pourraient pas supporter.
COMMISÏIO, Nis. - 1- Mélange. Num. 19
13. Omnis qui tetigerit humanœ animœ mor~
ticinum , et aspersus hac commisiione non
fuerit, polluet tabernacuhim Domini : Qui-
conque ayant touché le corps ujort d'un
homme, n'aura point reçu l'eau d'aspersion,
dans laquelle on a mêle les cendres de la
vache rouge, souillera le tabernacle du Sei- ,
gneur. Ose. 7.4. Quievit pauhdum civitas a
commisiione fermenti , donec fermentaretur
totum : La ville ne s'est reposée depuis que
le levain a été mêlé avec la pâte, (\ue jus-
qu'à ce que la pâte ail été toute levée. Le
Prophète déclare, par cette comparaison du
levain qui est mis avec la pâle, que Jéhu
faisant assez connaître qu'il favorisait le
culte des veaux d'or, fil que l'impiété des
peuples voisins, comme un levain détestable,
s'augmenta peu à peu, jusqu'à ce qu'elle fût
arrivée à son comble.
2° Connaissance charnelle (zoîtvj). Levit. 18.
20. Cum uxore proximi lui non coibis, nec se-
minis commisiione maculaberis .'Vous ne vous
approcherez poinl delà femme de votre pro-
chain, et vous ne vous souillerez poinl par
celle alliance honteuse et illégitime.
3" Conversation , liaison particulière. 2.
Mach. 14. 3. Alcimus... voluntarie coinqui-
nalus est tempoiibus commistionis (à//t?i«) :
Alcime... qui s'était volontairement souillé
dans le lemps du mélange des Juifs avec les
payens; ou, selon le Grec, Temporibus in-
commistionis, ou segregationis : Quand les
autres Juifs se séparèrent des Gentils, il se
souilla par leurs sacrifices ; Gr. ù.uiîix;.
COMMITTERE. Commettre, faire joindre
ensemble; mais, d'ailleurs, l'on ne peut en
exprimer les significations différentes que
dans les phrases où il se trouve.
1" Mettre cuire les mains, confier (Triarevetv).
1. Mach. 8. 16. Audierunt quia commillunt
%ini homini magistralum suum per singulos
an7ios dominari universœ lerrœ suœ .-Judas
et ses gens avaient ouï dire que les Romains
confiaient chaque année leur souveraine
magistrature à un seul homme pour com-
mander dans tous leurs Etals : il y avait bien
deux consuls tous les ans, mais ils comman-
daient chacun à leur tour. c. 7. 20. 2. Mach.
13. 13. Matlh. 25. 27. Ainsi, Act. 27. 40.
Commillcbant se mari : Les matelots saban-
doiinèrenl à la mer ; i. e. leur vaisseau (siâv,
permit 1er e).
2° Faire, commettre, en parlant de quel-
que méchante action. Marc. 10. 11. Quicum-
que dimiserit uxorem suum et aliam duxerit,
(idullerium commiltit super eam {y.oLy^K(70ui) :
Si un houime quille sa femme, et en épouse
une autre, il commet un adultère à l'égard
de sa première femme, parce qu'il demeure
toujours lié à elle. Gcn. 44. 7. Num. 12. 11.
3" Se battre, livrer le combat {Tzpoaëùïlsiv,
irruere). 2. Mach. 13. 23. Cammisit (pour
commiserat) cumJnda, superalus est : Antio-
chus Eupalor combattit contre Judas, cl il
fut vaincu : on doit juger que ce combat fut
livré avant la paix qu'Antiochus fil avec ceux
de Rethsura, dont il est parlé v. 22. el ap-
paremment même après son départ de Plo-
Icmaïile. Voy. v. 25. 20. parce qu'il est dil
793
COM
COM
701
qu'Anliochus embrassa Machabéc, v. 24-, Ce
temps supposé de ce combat ôle la contra-
dictior, qui paraît entre 1. Mach. 6. v. 60. 61.
6-2. et cet endroit , dans lequel il paraît
qu'aussitôt la paix faite, Anlioclius alla à
Plolémaïde, et ensuite à Antioche, d'où,
après avoir défait Philippe, il put bien rom-
pre celte paix. Ainsi, c li. 17. De là vien-
nent ces phrases tirées de ce mol :
Commitlere pugnam , bellum. Combattre,
faire la guerre [tl'jTzoos'Js^Ocr.t si; 7vol-y.o-j). Deut.
20. 3. Vos hoclie contra inimicos pugnam
committitis : Vous devez aujourd'hui com-
battre contre vos ennemis, c. 2. 2i. 1. Machi
5. 19. Nolite bellum commillere adversus
Génies [Tv-jv-rsu] : Ne combattez poiiit contre
les nations, jusqu'à ce que nous soyons re-
venus^ dit Judas Machabéc à Joseph, fils de
Zachario, et les autres chefs qu'il laissait
pour garder la Judée.
COMMIXTIM. Ensemble et confusément,
pêle-mêle, sans discernement. 2. Par. 35.
8. Dederunt Sacerdotibus ad faciendum Phase
pecora commixtim duo millia : Helcias, et
les deux autres qui étaient les premiers offi-
ciers de la maison du Seigneur, donnèrent
ensemble aux prêtres, pour célébrer cette
pâque, deux mille six cents bêtes de menu
bétail : cette pâque fut célébrée au temps de
Josias, après l'alliance quil fil avec Dieu,
comme tout le peuple. 1. Esd. 3. 13. Com-
mixlim populus vociferabatur clamore ma-
gno : Tout était confus dans celle grande
clameur du peuple; lorsqu'on eut jeié les
fondements du Temple, au temps de Zoroba-
bel, où les anciens qui avaient vu le pre-
mier Temple poussaient des cris mêlés de
larmes, au lieu que les autres poussaient
des cris de joie.
COMMODARE, zt/càv/t. Accommoder, prê-
ter. — 1° Prêter, donner l'usage de quelque
chose pour un temps (izro/.iÇî'v). Deut. 23.
20. Fratri... tuo absque iisurn id quo indiget
commodahis : Vous prêterez à voire frère ce
dont il aura besoin, sans en tirer aucun in-
térêt, c. 13. 9. Exod. 12. 36. Ps. 111. 5. Ju-
cundus homo gui miserelur et commodal :
L'homme qui esl touché de compassion, et
qui prête à ceux i\ui sont pauvres, esl vrai-
ment heureux. Ps. 30. 20.
2" Mettre entre les mains, donner, vouer,
consacrer au service de quch^u'un. 1. iKc^.
1. 28. Ego commodavi eum Domino : Je re-
mets entre ks mains du Seigneur cet enfant,
dit Anne, mère de Samuel, le présentant à
Héli. c. 2. 20. l.Malach. 9. 35.
COMMODUS, A, UM. Utile, avantageux.
Judic. 17. 8. Peregrinari voluit ubicumgue
sibi commodum reperissct : Un jeune lévite
sortit de Bethléem, dans le dc'ssiin de s'aller
établir ailleurs, partout où il Irouvcrail son
avantage. De là vient le compiralif :
• CO.MMODIUS. Plus utile, plus avantageux.
3. Reg. 21. 2. Dabo, si commodius lihi putas,
argcnli prclium^ guanlo digna est : Si cela
vous accommodailnjieux ;Gr. ziv.rAT/.z,. èvwrrtôv
ffou, si placet tibi: je vous paierai voire vi-
gne en argent au prix (|u'clle vaut : La pre-
mière offre que fait Achab à Nabolh, pour
qu'il lui donne sa vigne, est qu'il lui en don-
nera une meilleure
COMMOLERE. Moudre, écraser avec une
meule. De là vient,
Dans le sens (igiiré,
Commolere faciès pauperum. Meurtrir de
coups le visage des pauvres, c'est les traiter
avecoulrage et violence, les affliger [v.v.-a.i.^y-j-
vsiv). Isa. 3. 13. Quare faciès pauperum com-
molitis? Pourquoi meurtrissez-vous de coups
le visngrt des pauvres?
COMMONEFACERE. Faire souvenir quel-
qu'un de quelque chose, lui en rappeler la
mémoire (c'.-jv.yiij.vn(7-/.tt.-j). 1. Cor. k. 17. Vos
commonefaciet vias meas, quœ sunt in Christo
Jesu : Timolhée vous fera ressouvenir de la
manière dont je vis en Jésus-Christ.
COMMONEUE. 1" Avertir, faire ressouve-
nir, représenter (û-ofxtfjivrja-/.£tv). 2. Tim. 2. li.
Hœc commone : Avertissez de ces choses, et
de ces vérités que je vous marque, ceux à
qui vous parlez. 3. Joan. v. 10. Si venero,
commonebo ejus opéra quœ facit : Si je viens
jamais chez vous, je ferai bien connaître à
Diolréphe quel est le mal qu'il commet, en
médisant de nous. 2. Par. 38. 15. 2. Pelr. 1.
11. Jud. V. 5.
2" Exhorter, donner des avis (vojGîvctv).
Coloss. 3. 16. Commonentes vosmetipsos (i. e.
vos invicem) : Instruisez-vous et exhortez-
vous les uns les autres.
COMMONITIO, Nis, v7:ôa^>vm; : — 1° Aver-
tissement, avis. 2. Mach. 6. 17. Hœc nobis ad
commonitionem legenlium dicta sint paucis :
J'ai dit ce peu de paroles pour l'instruction
des lecteurs ; celte instruction, contenue dans
les quatre versets précédents, prouve que les
malheurs des Juifs contenus dans celle his-
toire , ne devaient pas scandaliser les lec-
teurs. — 2^ Avertissement, exhortation. 2.
Potr. 1. 13. Vestram excito in commonitione
sinceram mcntem : Je lâche de réveiller vos
âmes simples par mes avertissements.
COMMORARI, séjourner, s'arrêter, et de-
meurer quelque temps en quelque lieu; c'est
ainsi que la vie nesl pour l'homme que
comme un séjour assez court, sur quoi Cicé-
ron a dit : Natura domicilium nobis non ha^
bitandi , sed commorandi dédit. Il signifie
aussi arrêter, retarder.
1° Demeurer, être quelque part, séjourner,
habiter (o-uvor/.-ïv). Eccli. 25. 23. Commorari
leoni et draconi placebit quam habilare cum
muliere nequam : Il vaut mieux demeurer
avec un lion et avec un dragon que d'habiter
avec une méchante femme, c. kl. 12. In mé-
dia mulierum noli commorari : Ne demeurez
point au milieu des femmes, v. 9. 10.
2" Demeurer ferme, tenir à la racine. Job.
8. 17. Jntcr lapides commorabitur : L'hypo-
crite qui paraît dans un bonheur stable, esl
comp.iré ici à une plante (|ui, quoiqu'elle
demeure ferme au milieu îles cailloux, se
sèche néanmoins aussitôt, et n'a point d'hu-
meur pour l'enlretenir longtemps (xot-zâTOxi).
^jl. — Hal)iler, demeurer, se dit aussi figu-
rément de Dieu (jui est dit habiter avec les
honnnes fidèles qu'il protège, qu'il favorise
70"
DICTIONNAIRE DE PllILOLOGlC SACRÉE.
7<>G
et qu'il honort' (li> sn présence (-/.5<tx7v.»;voûv).
Tjum. 35. 3i. Ua emundabitur vestra posses-
sio, me commoranle vobiscum : C'est ainsi
i|uo votre (erre deviendra pure, et que je
demeurerai parmi vous. Joël. 3. 21. Domimis
commorabitur in Sion; i. e. in Ecclesin : Le
Seigneur habitera dans Sion. Zac. 5. i. Vo-
lumen commorabitur in medio domxis ejus {/.u-
Taivctv) ; Ce livre demeurera au milieu de la
maison du voleur et du parjure, jusqu'à ce
qu'il la consume : ceci figure l'aveuglement
volontaire de la loi de Dieu , qui dure jus-
qu'au jour qu'il plaît à Dieu que cette loi
leur paraisse malgré eux. comme un Juge
sévère pour les perdre.
§ 2. — Vivre en repos (a'j).iÇso-9Kj) . Ps. 90.
1. In protectione Dei cœli commorabitur •
Celui qui demeure ferme sous l'assistance
du Très-Haut, se reposera sûrement sous la
protection du Dieu du ciel.
§3. — Se plaireàquelquechose, s'y attacher.
Prov. 23. 30. Cui vœ.. . nonne his qui com-
morantur {syxpr,-ji'ç-i-j) in vino ? A qui dira-t-
on malheur ? sinon pour ceux qui passent
avec plaisir le temps à boire du vin.
§ 4. — Etre placé («-rAiÇr^ÇKt). Gant. 1. 13.
Inler ubera mea commorabitur : Mon bien-
aimé est pour moi commi' un bouquet de
myrrhe ; il demeurera entre mes mamelles.
Ce bien-aimé est Jésus-Christ , qui se plaît
avec lEglise son épouse.
§0. — Etre du nombre, Prov. 13.31. Auris
quœ audit increpationes ritœ, in medio sapien-
tium cotnmorabitur : C'est être vraimenlsage
que d'aimer les réprimandes.
COMMORATJO, oms. Retardement; dans
l'Ecriture :
Le lieu de la demeure, domicile (T-au/t;).
Act. 1. 20. Fiat commoratio eorum déserta :
Que leur demeure devienne déserte. Ce pas-
sage, que saint Pierre tire du Ps. 68. 26. qui
porte habitatio , et quil applique à Judas,
s'entend également des Juiis ennemis de Jé-
sus-Christ.
COMMORI , (j-j-jy.TToOro'jy.iu. — 1° Mourir avec
quelqu'un. Marc. 14. 31. Etsi oportuerit me
sinud commori libi, non te negabo : Quand il
me faudrait mourir avec vous, je ne vous
renoncerai point, dit saint Pierre à Jésus-
Christ. 2. Cor. 7. 3. In cordibus nostris esds
ad commoriendum et ad conviienduni : Vous
êtes dans mon cœur à la mort et à la vie. —
2" Mourir, cesser d'être. Eccli. 19. 10. Au-
disti verbum adversus proximum tuum, corn-
moriatur in te : Avez-vous onlen lu une pa-
role contre votre prochain , failes-la mourir
dans vous.
— Mourir avec Jésus - Christ , signifie
souffrir les afflictions et la mort môme, pour
les vérités de l'Evangile. 2. Tim. 2. 11. Si
commortui sumus , et convivonus : Si nous
moutons avec Jésus-Christ , nous vivrons
aussi avec lui.
COMMOTIO, Ms, xivflît,-. — 1° Action
par laquelle une chose est mise en mouve-
ment : de là viennent ces façons de parler :
Commotio castrorum. Le mouvement du
camp, le dccuœpemenl d'un corps d'armée.
Num. i. 13. Cum involverint Aaron et filii
ejus sanctuari(m , et oynnia vasa ejus in corn-
motione castrorum : Après qu'Aaron et ses
enfants auront enveloppé le sanctuaire avec
tous ses vases, quand le camp marchera.
Commotio capitis. Mouvement de tète, geste
qui marque le mépris et la raillerie que l'on
fait. Ps. 43.15. Posuisti nos... commotionem
capitis in popuUs : Vous avez fait que les
peuples secouent la tête en nous regardant :
cette prophétie faite ou contre les Juifs , ou
contre les chrétiens , a été accomplie à la
lettre, à l'égard deïésus-Christ, par les Juifs.
Voy. Ps. 21. 19. Matth. 27. v. 39. 40. etc.
Voy. MOVERE CAPUT.
2^ Ebranlement , tremblement de (erre
{'7-J77S 171x0;). 3. Reg. 19. 11. Post spiritum
commotio; non in commofione Dominus: Lors-
que le Seigneur passa, après le vent impé-
tueux qu'on entendit devant le Seigneur, il
se fit un tremblement de terre, et le Seigneur
n'était pas dans ce tremblement de terre, nou
plus que dans ce vent : ce qui peut marquer
que Dieu ne se découvre à l'âme que dans la
paix, et non dans le bruit.
3° Bruit , remuerr.ent de quelque chose
\7îi'7urjç). Ezcch. 37. 7. Ecce commotio : On
entendit un bruit; ce bruit peut s'expliquer
de lEdit de Cyrus pour renvoyer les Juifs
dans leur pays.
§ 1. — Traverse, trouble, affliction (IV.o-Tac-e?).
2. Par 29. 8. Tradiditque eos in commotio-
nem : Dieu a livré les Juifs à tous les mau-
vais traitements de leurs ennemis. Isa. 19
16. Jerem. 34. 17.
§ 2. — Chute, ruine (c-â).©?). Ps. 63. 9. Non
dédit in commotionem pedes meos ; Heb. no-
stros : C'est Dieu qui n'a point permis que
mes pieds aient été ébranlés , i. e. que je sois
tombé, et que j'aie péri. Ps. 120. 3.
§ 3. —Plaie, défaite ( eoaOat? ). Sap. 18.
20. Commotio in eremo facta est mullitudinis.
Le peuple fut frappé d'une plaie dans le dé-
sert : Le Sage peut avoir eu en vue la plaie
qui est marquée, Num. 16. 46. qu'A;irou
apaisa, v. 48; d'autres entendent par cetlo
même plaie celle dont parle David, Ps. 103.
30. Cessavit quassatio : Phinées s'opposa à
leur impiété, et il fit cesser cette plaie dont
Dieu les avait frappés.
COMMOVERE,xiv£ïv, (7£Ùiv,a-K>£Û££v. Remuer,
faire changer de place, transférer. 4. Reg.
23. 18. Nemo commoveat ossa ejus : Que per-
sonne ne touche à ses os : Josias défendait
qu'on touchât au sépulcre du prophète, qui
avait prédit de lui , 3. Reg. 13. 2. qu'il immo-
lerait sur l'autel de Bélhel les prêtres ido-
lâtres. Ps. 92. 1. Ainsi, Jerem, 4. 1. Si rever-
teris Israël... non commoveberis : Si vous re-
venez, ô Israélites, en abandonnant l'idolâ-
trie, vous ne serez point ébranlés. Uebr. Aon
emicjrabis : Vous ne serez point transférés
pour être menés en captivité. 1. Par. 17. 9.
ha. id.l. Commovebuntur simulacra /Eji/pli
a facie ejus : Les idoles d'Egypte seront trans-
portées par les Egyptiens, pour les mettre
en sûroté à l'arrivée du roi des Assyriens.
Mail h. 24. 29.
797
COM
COM
Phrases tirées de cette signification.
Commovere terram, orbem terrœ. Ebranler
la terre, signifie, 1° dans la signification pro-
pre, la faire changer de place. Ps. 92. 2. Fir-
mavit orbem tcrrœ , qui non commovebitur :
Dieu a afîeroii le corps de la terre , en sorte
qu'il ne sera point ébranlé; 2" dans le sens
figuré, c'est remplir quelque peuple de ter-
reur et de consternation. 2. Reg. 22. 8. Ps.
17. 9. Commota est et contremuit terra : La
terre s'est émue, et elle a tremblé : David té-
moigne que, lorsque Dieu a pris sa défenso,scs
ennemis, figurés par cette terre, ont été fort
ébranlés de crainte et de frayeur, ou plutôt
c'est une description poétique, pour expri-
mer quels sont les effets de la puissance d'un
Dieu irrité contre les méchants qui habitent
la terre , et qui y sont attachés. David mar-
que donc que la colère de Dieu est si redou-
table, qu'elle peut en un moment ébranler
la terre jusqu'aux fondements. Voy. Con-
TURBARE. Cette description règne depuis le
V. 9. du Ps. 17. jusqu'au v. 19. Ps. 76. 19.
Ps. 95. 11. Ps. 17. 10. etc. Mais Aggée 2. 7.
Commovere terrain, peut signifier, apporter
un changement extraordinaire dans l'ordre
de la nature. Adhuc modicum est, et ego corn-
movebo cœlum et terram : Encore un peu de
temps, et j'ébranlerai le ciel et la terre;
comme il arriva au ^emps de la mort de Jé-
sus-Christ. Mais cette expression marque
plutôt le changement que l'incarnation de
Jésns-Christ, la prédication de l'Evangile et
la foi devaient faire dans tout l'univers, en
détruisant sur la terre le règne du démon ,
pour y établir celui de Dieu.
1° Faire tomber, causer la perte de quel-
qu'un. Ps. 15. 8. A dextris est mihi ne com-
movear : Le Seigneur est à mon côté droit
pour empêcher que je ne sois ébranlé. Ps. 12.
3. Ps. 20. 8. Ps. ko. 6. Ps. 59. 4. Ps. 111. G.
Ps. 124. 1. Prov. 10. 30. etc. De là vient :
Phrases tirées de celte signification.
Commovere pedes ou in commoiionem dure
pedes aliciijus. Faire tomber en de grands
maux ou en de grands dangers, Ps. 37. 17.
Lum commoventur pedes mei , super me ma-
gna locuti sunt : Mes ennemis ayant vu mes
pieds ébranlés ont parlé avec orgueil sur
mon sujet : Ce que dit ici David a rapport à
ce qui est marqué, 2. Reg. lo. 30. Voy. c.
10. v. 5. 6. etc. David était la figure de Jé-
sus-Christ. Ainsi, Ps. 65. 9. Ps. 120. 3. Voy.
Pes. ^
2" Exciter, porter à fiiire quelque chose
(ÈTtiiTEiciv). 2. Reg. 24.. 1. Commovilque David
in eis dicentem ; vadc , numera Israël et Ju-
dam : Dieu permit que David donna ordre
que l'on comptât tout ce qu'il y avait d'hom-
Mics dans Israël el dans Juda. 1. Par. 21. 1.
Satan... incitnvil David ul niimcrarel Israël :
Ainsi , Dieu laissa le démon exciter ( t porter
David à faire celte faute. Job. 2. 3. Tu anlem
commovisti me advtrsus eum, ul affligercm
eum frustra : Tu mas porté à m'élevcr contre
Job pour l'affliger, sans qu'il lait mérité, dit
Dieu à Satan; Satan porta Dieu à affliger
Job, parce qu'il dit à Dieu, c. I. v. 9. 10. 11.
pe là vient :
798
Commovere populum. Exciter, faire soule-
ver et révolter une populace («vaTeûtv). Luc.
23. 5. Commovet populum : Cet homme sou-
lève le peuple par sa doctrine, disent tous
les Juifs à Pilate, accusant faussement Jésus-
Christ de dire qu'il ne fallait point payer le
tribut à César. Vov. v. 2. et c. 20. 25. Ainsi,
Act. 6. i2. c. 17. i3.
3" Effrayer, faire trembler, jeter dans le
trouble (cruTcr.-iîiv). Eccli. 16. 18. In conspectu
illius commovebuntur : Le ciel et la terre, et
tout ce qui y est compris, tremblera à la
seule vue de Dieu, c. 43. 17. Ps. 28. 8. Com-
movebit Dominiis desertum cades : Lo ton-
nerre effraie les bêles sauvages qui sont
dans les déserts : on dit que la frayeur que
cause le tonnerre aux biches, les dispose à
se décharger plus aisément de leurs petits.
Ps. 47. 6. Ps. 111. 8. V. 8. 12. Matth. 21. 10.
A quoi se peut rapporter, Eccli. 12. 3. Quan-
do commovebuntur custodes domus : Souve-
nez-vous de votre Créateur avant votre vieil-
lesse; et lorsque les gardes de la maison
commenceront à trembler : Par ces gardes
s'entendent les bras el les mains qui trem-
blent dans la vieillesse, et quil semble que
la vieillesse fasse trembler.
4° Agiter l'âme par quelque forte passion ;
comme 1° par la colère et l'indignation.
Num. 25. 11. Phinees zelo commotus est con-
tra eos : Le zèle de Dieu, dont Phinées fut
animé contre cet Israélite, et celte Madianile,
détourna la colère de Dieu. Voy. v 6. 8. 9.
Ainsi, Thren. 4. 15. Jerem. 51. 7. De vino
ejus biberunt gentes, et ideo commolœ sunt :
'foutes les nations ont bu de la coupe qui
était dans la main de Dieu, et elles en ont
été agitées : celle coupe de Dieu sont les Ba-
byloniens, par lesquels les peuples se voyant
désolés, s'emportaient contre Dieu, et le
blasphémaient; ou plutôt en étaient si trou-
blés, qu'ils eussent pu être comparés à un
homme ivre, qui est tout agité; 2" agiter, el
comme transporter de joie et d'allégresse.
Ps. 95. 11. CommoveaLur mare et plenitudo
ejus : Que la mer, avec ce qui la remplit ,
soit tout émue de joie, comme participant à
la joie que les élus auront du second avène-
ment de Jésus-Christ, leur libérateur ; 3' agi-
ter de crainte et de respect : de là vient, Com-
movere terram a facie sua : Faire trembler
toute la terre à sa seule vue, c'est imprimer
à tous les hommes la crainte el le respect à
sa présence. 1. Par. 16. 30. Ps. 95. 9. Com-
movealur a facie ejus universa terra : Que
toute la terre tremble devant la face du Sei-
gneur. Voy. Terra. : le Prophète exhorte les
hommes d être dans la rraii»te à la venue <l
à la prédication du Messie , el de le recevoir
avec respect. Ps. 33. 8.; 4' Emouvoir de com-
passion ou de tendresse. Gen. 43. 30. Festi-
navitgue , quia commota fuerunt viscera ejus
{rjufjzf,i^-z.vj; : Joseph se hâta de sortir, parce
que ses entrailles avaient été émues au sujet
de Benjamin. 3. Ueg. 3. 26. A quoi se peut
rapporter Commovere cnpul super aliqno :
Etre tout hé de compassion, à cause du mal-
heur do quelqu'un. [Sahum. 3. 7. Quis com-
movebit buper te caput? Qui sera louché de
709
DICriONNAlRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
«00
voire malheur? Le Prophète parle de Ninive:
celle expression vient du mouvement de léle
de ceux qui témoignent de la compassion.
Gr. o-TEvKÇstv, lugere.
Phrase tirée de ce verbe dans le sens figuré.
Commovere, simulacra regionis. Ebranler
les idoles d'un pays, c'est en renverser le
culte, en aballre tout l'honneur et le respect
qui leur élait rendu. Isa. 19. 1. Commovc-
buntur simulacra Mgijpti a fade ejiis : Les
idoles d'Egypte seront ébranlées devant la
face du Seigneur : ce qui se peut entendre,
ou delà présence de Nabuchodonosor, à qui
Dieu avait livré l'Egypte et toules ses idoles,
comme un ministre de sa justice, ou du ren-
versement de l'idolâtrie par la conversion
des Egyptiens.
COM.MUNIGARE , xotvwvrô, é-ty^ou'^-.th. —
1° Communiquer, faire part aux autres de
ce qu'on a. Rom. 12. 13. Necessitatibus san~
ctorum communicantes : Faites part de vos
biens aux pauvres pour les soulager dans
leurs besoins. Philipp. h. \k. Verumtamen
benefecistis communicantes tribulationi meœ :
Quoique je puis tout en celui qui me fortifie,
cependant vous avez bien fait de prendre
part à l'affliction où je suis , en m'assistant
de vos biens. Voy. v. 15. Ainsi, Gai. 6. 6. 1.
Tim. 6. 18. Sap. 7. 13. c. 8. 9. A quoi se peut
rapporter, Eccli. 26. 9. Jn muliere zelotypa
flagellum linguœ, omnibus communicans : La
langue de la femme jalouse est perçante , et
elle communique ses plaintes à tous ceux
qu'elle rencontre.
2° Prendre part à quelque chose , en être
participant ((juyxotvwvîrv). Ephes. 5. 11. No-
lite communicare operibus infructuosis tene-
brarum : Ne prenez point de part aux œu-
vres infructueuses des ténèbres ; i. e. du
péché J. Tim. 5. 22. Heb. 2. ik. 1. Petr. 4.
13. 2. Joan. v. 12. Ainsi, Ps. liO. i. Non
communicabo cum electis eorum (c-jvSuàÇïtv) :
Je n'aurai point de part à leurs délices. Voy.
Electa.
3° Converser familièrement, avoir com-
merce et liaison avec quelqu'un (7Tooc77:«iÇêtv).
Eceli. Non communices liomini indocto :
N'ayez point de commerce avec un homme
mal instruit, c. 13. 1. Qui communicaverit
superbo, induet superbiam : Celui qui se joint
au superbe, deviendra superbe, v. 2. 3. 21.
Si communicabit lupus agno aliquando , sic
peccator justo : Comme le loup n'a point de
commerce avec l'agneau ; ainsi le pécheur
n'en a point avec le juste. Ainsi, 1. Tim. 6.
18 Communicare, xotvwvt/.où^- zhy.i, est pris par
plusieurs interprèles , pour se rendre facile,
être doux et bon. Voy. supra 1°.
4° Souiller, rendre impur. Marc. 7. 15.
Quœ de homine procedunt, illa sunt quœ com-
municant hominem : Ce qui sort de l'homme
est ce qui le souille : Jésus-Christ prouve
plus amplement ceci v. 18. 19 et suiv. Voy.
COMMUNIS.
COMMUNICATIO, nis. — 1" Communica-
tion de discours, entretien, conférence. Sap.
8. 18. Prœclantas in communicatione sermo-
nuiu iusius : On trouvera une grande gloire
dans la communication des discours de la
Sagesse.
2° Rapport, liaison, convenance, sympa •'
thie (eiprjvïj, pax). Eccli. 13. 22. Quœ commu
nicatio sanclo homini ad canem? Quel rap-
port a un homme saint avec un chien ? i. e,
avec un homme impur et profane; Gr. Qu'y
a-t-il de commun entre l'hyène et le chien?
On dit qu'il y a naturellement une grande
antipathie entre l'hyène et le chien.
3° Communion , participation de quelque
chose en commun. Act. 2. 42. Erant persé-
vérantes... in communicatione fractionis pu-
nis : Les fidèles persévéraient dans la com-
munion de la fraction du pain : ce pain se
peut entendre ou des repas qui se faisaient
en commun, ou de l'Eucharistie ; (Gr. Et
fractione panis ; et ici communicatio s'entend
aussi des aumônes et de la part que l'on fai-
sait de ses biens;. Ainsi, 1. Cor. 10. 16. Nonne
communicatio sanguinis Christi est : Le ca-
lice de bénédiction que nous bénissons n'esl-
il pas la communion du sang de Jésus-
Christ?
k° Communication , pari que l'on fait de
ses biens, libéralité. 2. Cor. 9. 13. Glorifican-
tes Deum... in simplicitate communicationis
in illos et in omnes : L'assistance qu'éprou-
vent les saints de Jérusalem, les porle à glo-
rifier Dieu de la charité avec laquelle vous
faites part de vos biens, soit à eux, soit à
tous les autres, c. 8. 4. Cum tnulta ex-
hortalione obsecrantes nos gratiatn , et cotn-
municationem tninisterii quod fit in sanctos :
Les églises de Macédoine nous ont conjuré
de recevoit leur aumône et la part qu'ils
font de leurs biens pour assister les saints
de Jérusalem. Philipp. 1. 5. Gratias ago Deo
meo super communicatione vestra in Evange-
lia Chrisd : Je rends grâces à mon Dieu de
la libéralité que vous avez exercée pour la
prédication de l'Evangile de Jésus-Christ.
Philem. v. 6. Ut communicatio fidei tuœ evi-
dens fiât : Je rends grâces à Dieu de ce que
j'apprends de quelle sorte la libéralité qui
naît de votre foi, se fait connaître à tout le
monde.
COMMUNICATOR, is. y.otvM-joç, de communi-
care, et signifie proprement, qui fait part de
ce qu'il a; dans l'Ecrilure :
Qui a part à quelque chose, qui y parti-
cipe. 1. Pelr. 5. 1. Qui ejus, quœ in future
revelanda est gloriœ Communicator : Moi qui
dois participer à la gloire qui sera un jour
découverte.
COMMUNIO, Nis. xoivwvta. Ce mot veut dire
la même chose que liaison, société, commu-
nication, union : c'est dans ce sens que, dans
le Symbole, l'union qui est entre tous les
membres de l'Eglise, se nomme la commU'
nion des saints, qui sont unis ensemble par
la profession d'une même foi, par la parti-
cipation aux mêmes sacrements et par l'o-
béissance aux mêmes pasteurs; dans l'Ecri-
ture :
1" Communication par laquelle on fait
part de ses biens. Hebr.l.lf). Beneficenliœ...
et communionis nolite o'divisci : N'oubliez
801
COM
COM
80Î
point d'exercer la charilé et de faire part de
vos biens aux autres.
2° Proximité, d'où vient, communia mor-
tis : approche de la mort. Eccli. 9. 20. Com-
munionem mortis sciio • Souvem-z-vous que
la mort est proche, et qu'on y est continuel-
lement exposé.
COMMUNIS, E, y.ol-jôç , de la préposition
CM»!, et de ladj. unus, parce que ce qui est
commun entre plusieurs, devient enlr'eux
comme une seule et même chose.
1° Commun, ce qui appartient à plusieurs,
dont l'un ne s'attribue pas plus la propriété
que les autres. Act. 2. ii. c. i. 32. Erant il-
lis omnia communia : Toutes choses étaient
communes entre la multitude de ceux qui
croyaient en Jésus-Christ; parce que nul
ne considérait les richesses qu'il possédait,
comme étant à lui en particulier, mais à tous
également. Til. 1. k. Paulus Tito dilecto
fUio , secundum communem fidem : Paul
écrit à Tite, son flls bien - aimé , en la
foi qui leur est commune. Jud. v. 3. Sap. 7.
2. etc.
2° Grand, spacieux, qui en peut tenir
plusieurs. Prov. 21. 9. Sedere... in domo
communi : Demeurer dans une maison com-
mune. A domus commimis , est opposé
nngulus : Un petit coin à demeurer, c. 2o.
24.
3° Ce qui est de l'usage comm.un, dont on
peut user, dont l'usage est permis, et qui
n'est point consacré à Dieu. Deul.20. 6. Quis
est homo qui plantavil vineam, et necdum fe-
cit eam esse communem ; de qua omnibus vesci
liceat? S'il y a quelqu'un qui ait planté une
vigne qui ne soit pas encore en état que tout
le monde ait la liberté d'en manger, quil
s'en aille: c'est ce que devait crier chaque
ofQcier à la tête de ses soldats, avant qu'on
livrât la bataille. Ce qui est dit ici a rapport
à ce qui est, Levit. 1. 25., où il est ordonné
que les Israélites étant entrés dans la terre
promise, ne pouvaient manger des fruits des
arbres, que la cinquième année après leur
entrée; les fruits de la quatrième devant être
consacrés à Dieu, et ceux des trois premières
devant être regardés d'eux comme impurs.
Voy. V. 23. 2i.
§. 1. — Souillé et impur, d'une impureté
légale; telles étaient certaines viandes, dont
l'usage était défendu aux Juifs. Act. 10. v.
ik. 15. 28. Nunquani mandiicavi omne com-
mune et immundum : Je n'ai garde de man-
ger des reptiles et des oiseaux. Seigneur;
car je n'ai jamais rien mangé de tout ce qui
est impur et souillé, dit saint Pierre. Voy. v.
12. et Dent. U. 19. Ainsi, Act. 11.8.Koin. 14.
14. C'était une impureté, selon les Juifs pha-
risiens, que de manger sans laver aupara-
vant ses mains; eC celle impureté venait de
la tradition des anciens. Mallh. 2. l.i.v.5. (>uar«
discipuli tui transf/rediuntur tradilionem se-
niorumînon enim lavant mnnus suas cumpa-
ncnimanducant.-Vourquoi vosdisciphs violent-
ils la tradition des anciens? car ils ne lavent
point leurs mains lorsqu'ils prennent leurs
repas, disent les pharisiens à Jesus-Christ.
Les Juifs appelaient commun, c'est-à-dire,
impur et souillé, ce qui était en usage chez
les gentils, lorsque la loi des Juifs ne leur
permettait pas den user de même: ce mot en
ce sens n'est ni hébreu, ni grec, ni latin. 1.
Mac. 1. 50.
§ 2. Condescendant, accommodant. 2. Mac
9. 27. Confido eum... communem vobis fore :
J'espère que mon fils vous donnera des mar-
ques de sa bonté; c'est ce qu'écrit l'impie
Anliochus aux Juifs, lorsqu'il se vit frappé
de la maladie dont il mourut, pour les por-
ter à se soumettre à l'obéissance de son fils.
Gr. (7-ju.-îp'/jir,î70y.>., OOsecundaturum esse ;
c*est en ce sens qu'il est dit, Eceli. 25. 2. Vir
et mulier sibi consenlientes : Un mari et
une femme qui s'accordent bien ensem-
ble.
Phrase tirée de ce mot.
In comtnune ou in communi. — l^En com-
mun et d'intelligence. Judic. 20. 9. Hoc con-
tra Gabaa, in commune faciamus : Exécutons
ceci tous ensemble contre Gabaa. Les Israé-
lites forment le dessein de faire une punition
éclatante de ceux qui avaient outragé la
femme du lévite. Heb. Sorte : en tirant au
sort, ce que chacun de nous fera, c 21. 7. 2.
Esdr. 5. 10. Dan. 13. U.
2 Ensemble, en une assemblée commune
et générale. Judic. 19. 30. Jn commune decer-
nite, quid facto opus sit : Ordonnez tous en-
semble ce qu'il faut faire, dit le lévite, mari
'le la femme violée et. (jutragée par ceux de
Gabaa.
COMMUMTER. De communis, et signi-
fie :
i" Ensemble, en un môme lieu, et en so-
ciété ( c/.uv. ). Gen. 13. 6. Nequibant fiabi-
lare communiter : Les biens d'Abraham et
de Loth étaient si grands qu'ils ne pou-
vaient demeurer ensemble. 2. Machab. 8.
29.
2' Familièrement et avec amitié. 2. .Mach.
li. 2o. Communiterque vivebant : ludas et
Nicanor vivaient l'un et l'autre familière-
ment ensemble. Gr. Communem vitam insti^
tait : Judas après son mariage, continua
toujfiurs à vivre selon les manières des
Esséniens, qui n'avaient rien en propre,
mais qui possédaient tout en commun. Me-
noch.
3' Indifféremment , sans distcrnement
(iWaJTwr). Deut. 12. 22. Mundus et immundus
in commune vescentur : Le pur et l'impur
mangeront indifféremment de cette chair;
parce que ces viandes n'étaient point con-
sacrées ni offertes à Dieu.
4 En tout, totalement, tout compté. Num.
7. 85. Ita ut centum triqinta siclos nrqenti
lidberet iinu)n acclabnlum, et scptuaginta si-
clos liabcret una pliiala; i. e. in commune va-
sorum omnium ex arqcnto sicii duo millia
quadrinqcnli , pondère sanctuarii : Chaque
plat d'argent |)esant cent trente sicles , et
chaque vase soixante-dix (comme il y en fut
consacré douze de chaque) ; tous les vases
d'argent, par consé(|ucnl, pesaient en tout
deux n)illc quatre cents sicles, au poids da
sancluairc
803
DICTIONNAIRE DE PHrLOLOGIE SACREE.
80;
COMMUTARE. Changer, échanger.
1" Echanger, faire échange («Uào-o-etv). Job.
28. 17. Nec commutabuntur pro ea vasa auri :
On ne donnera point la sagesse en échange
pour des vases d'or, i. e. pour les choses les
plus précieuses, en sorte qu'on les puisse
égaler à la sagesse. Osée. k. 7.
-2° Changer, rendre tout autre (à^otoûv). 3.
Reg. li. 2. Commuta habitum : Changez d'ha-
bil, dit Jéroboam à sa femme, pour n'être
point connue du prophète Ahias, vers qui il
l'envoie consulter touchant la maladie de
son fils Abia. Osée. 4. 7. Gloriam eornm in
ignominiam commutabo (rtSÉvct) : Je chan-
gerai leur gloire en ignominie : Dieu parle
aux prêtres des faux dieux que Jéroboam
avait choisis des derniers du peuple. Ps. 72.
21. Job. 12. 20. Commutons labium veraciiim
(BLrxùàqtTzi'j) : C'est Dieu qui fait changer de
langage à ceux qui doivent dire la vérité.
Heh. Removet labium veracibus : Il fait taire
les sages et leur fait dire le contraire de ce
qu'ils voulaient, comme il paraît par l'exem-
ple de Balaam. Ts. ii. Pro ils gui commuta-
buntur ; Pour ceux qui seront changés, qui
deviendront fidèles, d'infidèles qu'ils étaient ;
de pécheurs, justes; de mortels, iaimorléls.
D'autres croient que ces paroles sont le nom
d'un air, ou d'un instrument de musique;
Heb. pro liliis.
3° Transférer, faire passer de l'un à l'au-
tre {[AszaXkàx'ztL-j). Roîft. 1. 25. Commutaverunt
veritatcm Dei in menclaciuin : Les philosophes
païens ont changé la vérité de Dieu en men-
songe , en attribuant à de fausses divinités
ce qu'ils avaient connu du vrai Dieu. Mich.
'i.k.Pars populimei commutata est {■Axzxix.szfjîtv,
metiri). Le pavs oui était à nous est passé à
d'autres.
Phrase lirée delà seconde signification.
Commutare faciem ou vultum. Changer de
visage, c'est paraître, ou être tout autre
qu'on était auparavant. Job. 9. 27. Commulo
faciem meam : Je sons que mon visage se
change; i. e. de chagrin que j'étais, je de-
viens gai en prenant la résolution de ne plus
me plaindre. Ectl. 8. 1. Eccl. 12. 19. Dan. 5.
C. Voy. MUTARE.
COMMUTAÏIO , Nis : Gr. àvràUayaa. —
1" Echange, permutation d'une chose avec
une autre. Matlh. 16. 2G. Quid dabit homo
commutationis pro anima sua? Par quel
échange l'homme pourra-t-il racheter soa
Ame après qu'il l'aura perdue? Marc. 8. 37.
C.cn. 47.17. Job. 28. 13. Ainsi, Isa. 55. 1.
limite absque argcnto et absque ulla commu-
tatione ( TifiÀ, prelium } vitium et lac : Venez
et achetez sans argent et sans aucun échange
le vin et le lait, c'est-à-dire la grâce et la
nourriture spirituelle, pour laquelle Dieu ne
demajide autre chose, sinon que nous ré-
pondions à ses faveurs par nos bonnes œu-
vres, notre amour et notre reconnaissance.
—2° Vente {ùlàl<AyiJLoc, al. vMxyiia), Ps. 43. 15.
Non fuit muUiludo in commuialionibns eo-
rum: Dans l'achat qui s'est fait des Israé-
lites, ils ont été donnés presque pour rien et
à vil prix; le prophète parle des différentes
captivités des Juifs et du mépris qu'on y fai
sait d'eux. — 3° Vicissitude, révolution (/^sra-
eo>«). Sap. 7. 18. Jpse dédit inihi ut sciam
commutationes temporum : C'est Dieu môme
qui m'a donné connaissance de la vicissitude
des saisons.
COMPAGES, is. De pango, et signifie as-
semblage de plusieurs parties en un tout;
dans l'Ecr. :
Les nerfs et les liens qui tiennent les os et
les autres parties du corps en étal de se sou-
tenir (c-yvSeo-aô?). Dan. 5. 6. Compages renum
cjus solvebantur : Les reins de Ballhasar se
lâchèrent; i. e. il tombait en défaillance, c.
10. 16.
Les plus secrètes pensées figurées par les
nerfs et les jointures qui attachent les par-
lies les plus intérieures du corps {ùfju.o; .
Hebr. 4. 12. Vivus est sermo Dei... periingens
usque ad divisionem animœ ac spiritusy, com-
pagum quoqiie ac medullarum : La parole de
Dieu est vivante, elle pénètre jusque dans
les replis de la partie animale et spirituelle ;
cette divine parole, qui est la vérité éter-
nelle, discerne sans se tromper les pen-
sées les plus secrètes et les intentions ca-
chées.
COMPAGO, mis. Du verbe pango.
Assemblage, liaison {aviièlnciç , commis-
sura . Exod. 26. 24. Una omnes compago re-
tinebit : Ces ais seront tous emboîtés l'un
dans l'autre : l'Ecriture parle de la structure
du tabernacle, c. 36. 29.. Eccl. 27. 2. V. An-
GDSTIARE.
COMPAR. Pareil, égal ; dans l'Ecr. ;
1" Compagnon de travaux (aiJÇuyoç). Phil-
lip. 4. 3. Etiam rogo et te germane compar :
Je vous prie... fidèle compagnon do mes. tra-
vaux ; la métaphore est tirée des bœufs que
l'on attache ensemble pour labourer. Le mot
greco-ûÇuyo? ne signifie point ici conjux; saint
Paul témoigne lui-même qu'il n'était point
marié. 1. Cor. 7. 7. mais ion ne sait point
précisément quel est ce fidèle compagnon de
saint Paul.
2° Prochain, premier venu (ô Trl-naiov'. 2.
Reg. 2. 16. Apprehenso unusquisque capite
comparis sut : Chacun des douze hommes
de l'armée d'Isboselh et chacun des douze de
l'armée de David, ayant pris par la tête
celui qui se présenta devant lui, ils se passè-
rent tous l'épée au travers du corps et se
tuèrent l'un l'autre.
COMPARARE , o-uyx/îtvgiv , ô//otoOv. — 1° Com-
parer. Job. 25. 3. Numquid juslifieari potest
homo comparatus Deo? L'homme peut - il
être justifié étant comparé à Dieu? Isa. 46.
5. Cui comparaslis me, et fecislis similem?
Qui avez-vous comparé avec moi, qui avez-
vous rendu semblable à moi? Hebr. à qui
me compareriez-vous ? Ceci marque que
toute la force de l'intelligence de l'homme
ne peut exprimer l'essence de Dieu. Job.
22. 2. 2, Cor. 10. 12. Nura. 13 34. Deut. 3.
24. etc.
2" Rendre semblable (Tzupua\JiJiëoàleiv). Ps.
48. V. 13. 21. Homo... comparatus cstjuinen-
tis : L'homme a été comparé aux bêles qui
n'ont aucune raison , en ce q^u'élant eu
60S
COM
COM
8iG
honneur, il n'a pas compris qu'il devait mou-
rir comme elles. Job. 13. 12. c. 30. 19. Sap.
13. 14.
3' Acquérir une chose, entrer en posses-
sion, l'achetfr (xTâTÔat). Eccli. 33. 31. Jn
sanguine animœ comparasli illum : Comme
les premiers esclaves furent ceux que l'on
avait pris dans la guerre, c'est pourquoi
ceux mêmes qui les avaient achetés, di-
saient qu'ils les avaient eus au prix de leur
sang. c. 1. 33. Comparute vobis sine ar-
qento. Voy. Gosimutatio, 1°. Ainsi, Thren.
%. 4.
4° Entrer en combat (o-uvKvao-Tpiyec-eat, ver-
sari cum : Hebr. : Niphtal, colluctor). Gon.
30. 8. Comparavit me Deus cum sorore m.ea :
Le Seigneur m'a fait entrer en combat avec
ma sœur.
5" Accommoder, proportionner. 1. Cor. 2.
13. Spiritualibus spiriiualia comparantes :
Nous enseignons les choses spirituelles à
ceux qui en sont capables ; «Mfr. nous en-
seignons les choses spirituelles d'une ma-
nière spirituelle, avec le langage qu'inspire
l'esprit de Dieu.
6" Préparer, disposer (Stao-xcôàÇetv, distrin^
(jcre). 1. Mach. 6. 33. C omparaverunt se exer-
citus inprœlium : Les armées, celle de Jona-
Ihas et d'Antiochus Eupator , se préparèrent
au combat.
Phrase tirée de la première signiBcalion.
Comparare invicem. Mesurer ses forces l'un
avec l'autre, en fiiire essai {trv^i-Kpi-DZfjBv.i) 1.
Mach. 10. 71. Comparemus illic invicem : Fai-
sons-là l'essai de nos forces, dit à Jonalhas,
Apollonius, général de Démétrius étant à
Jamnia.
COMPARATIO, Nis. - 1° Rapport. Job. 4.
17. Numquidhomo Dei comparatione justifi-
cabitur? L'homme peut bien être innocent
par rapport aux hoti^mes, mais non pas par
rapport à Dieu. c. 28. 18. —2° Prix égal et
équivalent [à-nciùv.y^y.) . Eceli. 6. 15. Àmico
fideli nulla est comparalio : L'ami fidèle n'o
point de prix, il n'y a rien qu'on lui puis e
comparer. — 3° Accord de plusieurs parties,
concert (crûy/oiaa). Eccli. 32. 7. Gemmula car-
bunculi in ornamento auri, et comparatio mu~
sicorumin convivio : Un concert de musique
dans un festin est comme l'escarboucle en-
cluissé dans l'or. v. 21. Peccator liomo mita-
hil correptionem.et secundumvoluntalcmsunm
invcnict comparnlionem : Le pécheur évitera
d'être repris, et il trouvera des interpréta-
tions de la loi qui s'accorderont avec ses
désirs. —4" Parabole, sentence allégorique
qui s'exprime souvent par des comparaisons
(fr.</;«ÇoX/;). Kccli.47. v.17.18. Rcplesti in com-
parationibus œnif/mnln : \o\\s avoz renfermé
«les énigmes dans une multitude d<' parabo-
les. De trois mille paraboles (jue l'I'lcriture
dit que S;ilon)on a f liles (o. U.g. 4. .'J2), il
mus on est resté ce qui s'en trouve dans le
livre appelé, les Proverbes de Salomon, qui
sont au nori'b''C d'environ six ou sept
cents.
COMPAUKKK, Eh(xt. Paraître, comparaître,
•ubsistcr, élrc en nature.
Paraître, se voir, se trouver. Gen. 37. 31).
Puer non comparet: L'enfant ne paraît plus,
dit Ruben, ne trouvant point Joseph dans la
citerne d'oii ses autres frères l'avaient tiré
et vendu à des Lsmaélites dans l'absence de
Ruben. c. 44. 28. De là vient.
Non comparere. Disparaître. 3. Reg. 20.
40. Subito non comparait : Cet homme est
disparu tout d'un coup, dit à Achab celui des
prophètes du Seigneur qui lui figurait par
cet ennemi qu'il avait mal à propos laissé
échapper Bénadad que ce prince avait laissé
aller, après avoir fait alliance avec lui. v.
34. 42. Ainsi, 2 Maeh. 3. 35.
COMPARTICEPS, cipis. Qui participe à la
même chose {(jvy.iAérf>xoç). Ephos. 3. 6. lîeveln-
tum est Gentes esse... comparlicipes promis-
sionis ejus in Christo Jesu per Evangelium :
Il est révélé que les Gentils participent tous
ensemble aux promesses de Dieu par l'Evan-
gile.
COMPARTIRI. Partager ensemble : dans
l'Eer.,
Verser, répandre comme une pluie abon-
dante (è^oi^^pi^jiv). Eccli. 1. 24. Scientiam et
intelleclum prudentiœ sapientin compnrtietur:
La sagesse répand, comme une pluie abon-
dante, la science et la lumière de la pru-
dence.
COMPATI, (TvixTTikfTyjtv, — 1° Etre compatis-
sant, avoir de la compassion pour les maux
d'autrui. Job. .30. 25. Compatiebatur anima
mea pauperi : Mon âme était compatissante
envers le pauvre: Ce qui est dit aussi de Jé-
sus-Christ, quoiqu'il soit maintenant inca-
pable de douleur. Hebr. 4. 15. Non... habe-
mus pontificem, qui non possit compati in-
firmitatibus noslris : Jésus n'est pas un pon-
tife qui ne puisse compatir à nos infirmités;
se. en ce qu'il a dans le ciel le même désir
de soulager les hommes dont il connaît la
misère.
2" Souffrir avec quelqu'un. Rom. 8. 17.
Si tamen compntimur, ut et conylorifîccmur :
I! faut souffrir avec Jésus-Christ pour être
glorifiés avec lui. 1. Cor. 12. 26 Si quid pa-
tilur unum membrum, compaliunlur omnia
membra : L'Apôlre assure que comme lorsijue
l'un des membres du corps souffre, tous les
autres souffrent avec lui ; de même un chré-»
lien doit compatir à la misère de son frère,
pomme étant membre d'un même corps qui
est l'Eglise.
3" Compatir réciproquement, compatiraux
maux les uns des autres. 1. Petr. 3. 8. Oni-
nes... compalicntes:Quo tous aient une bonté
compatissante; auir. Gr. que tous aient les
mêmes affections.
COMPKDITUS, A, UM, TTnzsoïifiévjç. De cam-
pes, dis. Lié de chaînes, captif. Ps. 78. II.
Introntt in conspectn (un (/rmilus compcdilo-
rum.Qiic les gémissements de ceux qui sont
ca[»lifs s'élèvent jusfju'a vous : Ce psaume
r« garde l'oppression et la perséouliou de Na-
buchodonosor ou d'Antiochus, (jne le pro-
phète a prévue. Ps. 101. 21. Ps. 145. 8. Dan
3.91.
Arrêté et retenu par quelque empéchenieni
et obstacle que ce soU' y,. -,/•.,. ^n i-] «,., j^
807
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE
808
2. Vinculis lenebrarum et longœ noctis compe-
diti. Les Egyptiens qui se persuadaient pou-
voir dominer la nation sainte, ont été liés
par une chaîne de ténèbres et d'une longue
nuit : Ceci a rapport à ce qui est dit, Exod.
10. 23.
COMPELLERE, «va^xâÇsiv. — l" Obliger,
forcer, contraindre. Act. 26. 11. Puniens eos
compellebam blasphemare : J'ai élé souvent
dans toutes les synagogues où je forçais plu-
sieurs saints de blasphémer à force de tour-
ments. Saint Paul parle de la violence qu'il
a exercée contre les chrétiens avant sa con-
version. Luc. 14. 23. Co7npelle intrare : Allez
dans les chemins, et le long des haies, et
forcez les gens d'entrer : Jésus-Christ figure
ici la vocation des Gentils à la foi, au refus
des Juifs, pour lesquels néanmoins il était
venu particulièrement. Voy. Matth. 15. 2i.
Saint Augustin l'a expliqué de la contrainte
que l'on fait aux hérétiques de rentrer dans
le sein de l'Eglise : Celte expression peut
bien signifier l'ardent désir que le père de
famille a de faire part de ses biens, ou la
force et l'efficace de la prédication de l'E-
vangile.
2° Chasser, faire fuir (zaTKStw/.etv). Judic. 9.
ko. In urbem co»)pîth'< ; Abimelech contrai-
gnit Gaal de fuir dans la ville de Sichem :
Comme il y avait deux partis dans Sichem,
l'un pour Zébul qui en était gouverneur pour
Abimelech, et l'autre pour Gaal, Zébul ne
put empêcher d'abord Gaal de se venir réfu-
gier dans la ville; mais il l'en chassa en-
suite. Voy. V. il.
COMPENDIUM,!. Du verbepenrfere, peser ;
et signifie, gain, profit, manière courte et
facile de faire quelque chose, parce que
quand on pèse beaucoup de choses à la fois,
on épargne le temps, et on y gagne: dans
l'Ecriture,
Chemin court et abrégé. 2. Rog. 18. 23.
Currens autem Achimaas per viam compen-
dii {-/.sx-ùp, nom de lieu; Hebr. : Planilies) ,
transivit Chusi : Achimaas courant par un
chemin plus court, passa Chusi pour aller
annoncer le premier à David la mort d'Absa-
lon, et la défaite de son aniiée.
COMPERIRE, Gr. y.axylauM-^EcO^.t. De l'an-
► cien perire, qui vient de 77£(pâv, expérimenter.
Voy. ExPERiRi.
Découvrir, savoir pour certain. Act. 10.
3V. Jn veritate comperi, quia non est perso-
narum acceptor Beus : En \énlé \(i vois bien
que Dieu n'a point d'ég.ird aux diverses con-
ditions des personnes, dit saint Pierre, sur le
récit que Corneille lui fit de l'ordre qu'il re-
çut de l'ange de l'envoyer quérir pour être
instruit de lui. Act. k. 13. Comperto quod lio-
mines essent sine lilteris... mirabantur : Anne
le grand -prêtre.,, et tous ceux qui étaient
de la race sacerdotale connaissant que saint
Pierre et saint Jean étaient des hommes sans
lettres... furent étonnés de la constance avec
laquelle saint Pierre leur rendit raison de la
guérison qu'ils avaient faite du boiteux.
Voy. v.9.
COMPËS, EDis, ttéSïj. — 1° Chaîne, enirave
dont ou charge les pieds dos criminels ou
des captifs. Eccli. 21. 22. Compedes in pedi~
bus, stulio doclrina : L'instruction est à l'im-
prudent comme des fers aux pieds, c. 33. 28.
2. Reg. 3. 3i. etc. Ainsi, Ps. U9. 8. Ad ulli-
gandosReges eorum in compedibus : Les saints
auront dans leurs mains des épées pour se
venger des nations , et pour lier leurs rois
en leur enchaînant les pieds. Ceci se peut
entendre des victoires que Dieu a accordées
à son peuple sur les rois leurs ennemis , du
temps des Machabées et auparavant : il s'en-
tend bien aussi de la prédication du saint
Evangile, par laquelle Jésus-Christ et les
apôtres sesont soumis les grands du monde.
— Discipline, règlement qui retient les
saillies de l'esprit, comme les fers retiennent
les pieds, Eccli. 6. 2o. Injice pedem tuum in
compedes iiiius : Mettez vos pieds dans les
fers de la sagesse, v. 30. Ei'unt libi compe-
des ejus in protectionem fortitudinis : Les
préceptes de la sagesse qui étaient à charge
au commencement, deviennent dans la suite
la force de celui qui s'y est souinis. Voy.
Eccli. k. V. 19. 20.
2" Grande affliction. Thren. 3. 7. Agyra-
vavit contpedem meum [yjAvÀç^ ferrum) : Le
Seigneur a appesanti mes fers ; se. il a aug-
menté ma misère et mes maux.
COMPESCERE. De l'ancien pascere.
1° Arrêter, réprimer (•/.y.TKortwT^âv). Num 13.
31. Caleb compescens murmur populi qui orie-
batur contra Moysen : Caleb fit ce qu'il put
pour apaiser le murmure du peuple contre
Moïse, à qui ils refusaient d'obéir, pour al-
ler s'assujettir la terre de Chanaan, et Caleb
les encourageait à y aller. Qui oriebatur, est
mis pour quod, et se rapporte à murmur;
mais l'Hébreu ni le Grec n'ont point ces
mots '.Murmur qui oriebatur, mais seulement:
Compescens populum erga Moysen.
2" Faire retirer et chasser, éloigner. Tob
12. 3. Dœmonium ab ea compescuil : Ce saint
homme a éloigné de ma femme le démon qui
la tourmentait dit le jeune ïobie à son père,
au sujet do l'ange Raphaël.
3° Arrêter et empêcher d'agir, faire de-
meurer en repos (xaraTi-jsaCvetv). Ps. 82. 1. Ne
taceas, neque compescaris Deus : Ne vuus tai-
sez pas, 6 mon Dieu, et n'arrêtez pas plus
longtemps les effets de votre puissance : Da-
vid demande à Dieu qu'il réprime la violence
des méchants.
CÔMPETERE. Demander en concurrence,
convenir, échoir.
1" Etre convenable, s'accorder. 2. Mach.
15. 39. Etsi quidembene, et ut historiœ com-
petit, hoc et ipse velim:S\ la relation que j'ai
faite est bien, et telle que l'histoire le de-
mande, c'est ce que je souhaite.
2" Appartenir de droit (xoma ehui). Jerem.
32. V. 7. 8. £7ne tibiagrum meum... libi enim
compelit ex propinquilate ut emas : Achetez
mon champ, parce que c'est vous qui avez
droit de l'aclieter comme étant le plus pro-
che parent: Le contrat de cet achat mis dans
un pot de terre, pour qu'il se pût conserver
I)lus longtemps, figurait que les Juifs revien-
draient de captivité posséder la Judée. Voy.
Y. 14. 37.
&U9
COM
COM
810
COMPINGERE. De pangere. — 1' Lier et
unir ensemble, ajuster, former [ttol-u Exod.
25. 10. Arcam de lignis selim compingite :
Vous ferez une arche de bois do sélim, dit
Dieu à Moïse. Job. 10. 11. Ossibus et nervis
compegisti me .-Vous m'avez affermi d'os et
de nerfs, dit Job à Dieu. c. 38. 38. c. 41. 6.
'ereiii. 10. 4-
2° Fermer, boucher. Cant. 8. 9. Si ostium
est, compingamus (otaysecçîctv ) illud : Si notre
sœur est comme une porte, fermons-la avec
des ais et des bois de cèdre : Ceci figure qu'il
faut par la charité fermer la porte de son
cœur à tout ce qui est opposé à Jésus-Christ.
Voy. OsTiuM.
— Joindre et unir avec une juste propor-
tion, en parlant de l'union qui se doit trouver
entre les fidèles (c7yvapf/o/o7=r75at).Ephes.4. 16.
Ex quo totum corpus compaclum... augmen-
tum corporis facit : C'est de Jésus-Christ que
tout le corps de l'Eglise bien uni par la cha-
rité... reçoit l'accroissement.
COMPITUM,i,£';oôo,-. Ce mot est mis comme
pour compelum, du verbe compelit ; parce
que c'est un lieu où deux chemins se joi-
gnent.
Carrefour, coin de rue, place publique.
Thren. 2. 19. Defecenint in famé in capite
omnium compitorum : Les petits enfants de
Jérusalem sont tombés morts de faim à tous
les coins des rues de cette ville : Le prophète
décrit la désolation où fut réduite Jérusalem
par Nabuchodonosor lorsqu'il l'assiégea et
la prit. Voy. c. i. 1.
COMPLACERE , ejSûy.srv — Plaire , être
agréable. Ps. 18. 1.5. Erunt ut complaceant
eloquia oris mei : Si je ne suis point dominé
des péchés, alors les paroles de ma bouche
seront agréables à mon Dieu. Voy. Joan. 9.
31. De là vient cette façon de parler.
Complacere sibi, ou in aliqua re compla-
cere. — 1° Mettre son affection on quelque
chose, y mettre sa complaisance. Matth. 3.
17. Hic est Filius meus dilectus in quo milti
complacui ■ Celui-ci est mon Fils bien-aimé
dans lequel j'ai mis toute mon affection, ou
dans lequel je me plais uniquement. Le ch.
12. 18. porte : In quo bene complactiil animœ
meœ : Dans lequel mon âme a mis toute son
affection, qui est le même sens. c. 17. 5.
Levit. 26. v. 43. 4. Ps. 43. 4. Marc. 1. 11.
Luc. 3. 22. 2. Petr. 1. 17. ce qui est la signi-
fication du mot grec £joo/av, qui est parti-
culier à l'Ecriture sainte, lequel mot se rend
quelquefois par le réciproque ; en sorte que
c'e>t la même chose de dire que quelqu'un
plaît à Dieu, et Dieu aime quelqu un et se
plaît en lui. 2. Keg. 22. 20. Liberavit me quia
complacui ei ; rrjo^jy.r.'re-j h ia^ji. Psalm. 17. 20.
Salvum me fecit quoniam voluil me : Le Sei-
gneur m'a sauvé jtar un elTet de sa bonne
volonté pour moi, dit David, figure de Jésus-
Christ. 3. Rog. 10. 0. Sil Dominus Deus Ihks
benediclus cui complacuisd : Béni soit le Si i-
giieur votre Dieu qui a mis son affection en
vous, dit la reine de Saba à Salomon. Le mot
»ùa/i-7T£iv, bcne placcrr , signifie quebjuefois
la même chose. Ps. 2.^. 4. Complacui in ve-
rilate tua; Hcb. ambulavi : Je me suis plu en
DiCTIONN. DE PHILOL. SACRÉE, i.
votre vérité, et me suis conduit selon ses
règles. Ps. 34. 17. Quasi proximum et quasi
fratrem noslrum sic complacebam : J'aysiis de
la complaisance pour mes ennemis comme
pour un proche et pour un frère. Le mot
£Ùoo-/£rv, bonam opinionem habere, no marque
pas seulement l'cifl'eclion de la volonté, mais
encore le décret et la résolution. De là
vient :
2° Etre d'avis, trouver bon. Ps. 39. 14.
Complaceat tibi , Domine, ut eruas me • Qu'il
vous plaise. Seigneur, de me délivrer par
votre puissance, de mes iniquités. 1. Mach.
14. 46. Luc. 12. 32. Ainsi, Coloss. 1. 19. In
ipso complacuit omnem plenitudinem inhabi-
tare : 11 a plu au Père éternel que toute plé-
nitude de i2;râce résidât en Jésus-Christ.
Celte phrase, Complacere sibi in uliquo ,
signifie mettre son affection en quelqu'un,
ou en quelque chose , parce que le verbe
Sozsiv signifie estimer, penser, d'où vient
zùoov.iî-j, qui signifie approuver; et parce que
nous nous portons d'inclination pour ce que
nous approuvons, et qui nous donne de la
satisfaction, delà vient que ce verbe vj^o-aùv
signifie :
Se reposer en quelque chose, y mettre sa
complaisance. Ainsi, Ps. 48. 14. Postea in
ore suo complacebunt : La voie par laquelle
les n)échants marchent leur est une occasion
de scandale et de chute ; et ils ne laisseront
pas néanmoins de s'y complaire ; se. ils se
reposeront dans cette mauvaise conduite.
COMPLACITUS, A, um; eyoo/wv, bene af-
feclus. De cet adjectif participe peu usité
vient le comparatif.
COMPLACITIOR, us, oris. Ce comparatif
signifie dans TEcr.
Qui a de la bonne volonté , (|ui se rend
favorable. Ps. 76. 8 Aut non apponet ut
complacilior sit adhuc ? Dieu ne pourra-t-il
plus se résoudre à nous être favorable ?
COM PLANA RE , ô^a/i^«v. De l'adjectif
planas, et signifie aplanir, unir, polir,
raser (îo-o-iSov Troisrv).
Raser, abattre, renverser. 2. Mach. 8. 3.
Invocabanl Dominum ut miserrrelnr exler-
minio civilatis quœ esset illico complunanda :
Judas Machabée et ses gens in\oquaient le
Seigneur, afin qu'il eût pitié des ruines de
Jérusalem qui allait être détruite et rasée.
Aplanir, rendre aisé et facile, donner de
bons succès ( -lOevat, ponere). 2. Reg. 22. 33.
Comptanavit perftctam viam meain : C'est
Dieu qui a aplani la voie parfaite où jo
marche. Le Ps. 17.33. porte, Posait imma-
culalum viam meam ; ce qui fait voir (|ue le
Prophète entend parler ou de son innocence,
oudeses bons succès. Eccli.34. S.Sapienlia in
ore fidelis complanabilur [rÙEi^^rriç \i<ni] , per-
feclio [est\ : La sagesse sera claire et aisée à
comprendre dans la bouche de celui qui dit
la vérité, .\insi, CompUmare viam Inpidibus :
Paver de pierres, c'est-à-dire rendre un che-
min uni, aisé et facile. Eccli. 21. 11. Via
peccanlium complanala lapidibus : Le che-
min des pécheurs est uni et pavé de pierres,
mais il se termine à l'enfer.
COMPLAMATUS . a , lm. Cet adliecli!
26
811
DlCTlONNAlKE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
812
inusité qui vient dte planta, une plante, si-
gnifie dans l'Ecr.
Ce qui est enté sur un arbre, croît en-
semble, et vit du même suc (o-u/xijjutoç), et se
prend dans le sens figuré, Rom. 6. 5. Si cnim
complantali facti sumus simililudmi mortis
ejus, simul et rcnirrectionis erimiis : Si nous
sommes entés eu Jésus-Christ, et que nous
représentions sa mort en mourant au péché,
nous représenterons aussi sa résurrection
en menant une vie nouvelle et exempte de
péché. Dans l'ordre de la nature, les greffes
changent la nalure de l'arbre pour lui faire
porter les fruits qui sont propres à la greffe;
mais dans l'ordre de la grâce, c"est l'arbre ;
se. Jésus-Christ qui change la nalure mau-
vaise des chrétiens qui sont comme enlés
sur lui par le baptême, pour leur faire porter
des fruits qui lui soient proportionnés.
COMPLECTI, déponent. De plectere. —
1° Embrasser, tenir dans ses bras. 2. Mach.
14. 46. Complexus '-^otidlîvj, proferre) in-
teslina sua, iitrisque manibus projecit super
turbas : Rasias tira ses entrailles hors de son
corps , et les tenant entre ses bras, il les
jeta avec ses d^ux mains sur le peuple avant
que de mourir. Gen. 29. 13. Eccli. 30. 20.
Marc. i. 35. Act. 20. 10.
2° Entrelacer {TZBptnléy.în). Nahum. 1. 10.
Sicut spinœ se invicem complectuntur, sic
convivium eorum pnriter potantixim : Comme
les épines s'entrelacent et s'enlr'eiDbrassent
dans les halliers ; ainsi les habilanls de Ni-
nive s'unissent dans les festins où ils seni-
vrent ensemble : le Prophète marque com-
ment ces peuples conféraient ensemble pour
se défendre contre le roi d'Assyrie. 2. Par.
3. 5.
3° Faire le tour de quelque chose pour la
considérer (-£pt>«fiêâv£tv). Ps. 47. 13. Circum-
date Sio7i et cotnplectimini eam; Faites le
tour de Sion , et considérez-la. Le Prophète
invile les nations de considérer la force et
la magnificence de l'Eglise figurée par Jéru-
salem. La figure est tirée de la coutume de
mener les étrangers voir toute la force et la
magnificence d'une ville, afin qu'ils en pu-
blient la beauté ; Hebr. cir cumins traie.
4° Aimer mieux , choisir, préférer [ù-yjZi-
■/zcBai). 2. Mach. 6. 19. Gloriosissimam mor-
iem magis qunm odibilem vitam camplectens ;
Eléazar préféra une mort pleine de gloire
{en voulant plutôt mourir que de manger
de la chair de pourceau) à une vie crimi-
nelle, qu'il n'aurait eue qu'en se rendant
coupable.
Jouir de quelque chose, la posséder tran-
quillement. Eccli. 4. 13. Qui vigilaverint ad
illam complectentur placorem ejus : Ceux qui
veillent pour trouver la sagesse, jouiront de
sa paix; Gr. seront comblés de joie, èurlnc-
©ijffovrat evfû'jiyvinnç.
COMPLERE, (7uvT£>£rv, Trlr.pov-j. Du simple
inusité plere , qui vient du Grec rXoj. —
1" Remplir, soit en nombre et en quantité
(r'krjBti.v). Zach. 8. 5. Plateœ civitatis comple-
buntur infanlibus : Les rues de Jérusalem
seront remplies de petits garçons : Cette pro-
phétie q,ui marque que Jérusalem serait en-
core rebâtie et habitée, est accomplie. 2.
Esdr. 2. V. 1. 17. et c. 3. Soit en abondance ou
en grandeur. Luc. 8. 23. Naviganiibus illis...
descendit procella venti... et complebantur
( T-jur^yj^oùo-ÔKe ) , et pericUtabantur : Comme
Jésus-Christ et ses disciples passaient le lac,
un si grand tourbillon de vent vint fondre
sur le lac, que leur barque t>'emplissant
d'eau, ils étaient en péril. 2. Par. o. 14. Com-
pleverat gloria Domini domum D?i (ÈptTryxiOciv) :
La gloire du Seigneur avait rempli la maison
de Dieu. C'est ce qui arriva après que Salo-
mon ayant fait placerl'arche dans leTemple,
le cantiqueCon/<?em«nî eut été entonné. Eslh.
14. 2. Ezech. 3. 3.
2° Achever et parfaire, terminer, accom-
plir, finir. Gen. 2. 2. Complevitque Dcus die
seplimo opus suumquod fecerai ; Dieu acheva
son œuvre le septième jour; c'est-à-dire , il
l'avait achevé, et cessa d'agir. Le prétérit
chez les Hébreux signifie souvent le-plus-que
parfait. 2. Par. 7. 11. Complevitque Sulomon
domum Domini : Salomon acheva la maison
du Seigneur et le palais du roi. 1. Esdr. 6.
16. 2. Esdr. 4. 2. Dan. 12. 7. Ainsi, 1. Thcss.
3. 10. Orantes , ut videamus faciem vestram ,
et compleamus [-/.(/.-up-iiju) ea quœ desunt
(îdei vestrœ : Nous prions Dieu que nous
pui>sions vous revoir pour achever ce qui
manque à votre foi. Luc. 9. 31. Dicebant ex-
cessum ejus quem completurus erot in Jéru-
salem : Moïse et Elie parlaient à Jésus-Christ
de sa sortie du monde qui devait arriver et
saccoriiplir dans Jérusalem : Ce fut à la
transfiguration de Jésus-Christ. A'oy. Exces-
sus. Ainsi, Jos. 19. 49. Cum complesset sorte
dividere terram : Josué ayant achevé de faire
les partages de la terre promise. 1. Reg. 13.
10. c. 18. 1. 2. Reg. 6. 18. et ce verbe est
quelquefois joint ou avec un participe pour
l'infinitif, selon la phrase grecque. 1. Reg.
24. 17. Cum complesset loquens : Après que
David eut cessé de parler à Saùl , lui expo-
sant pour preuve qu'il était innocent à son
égard , le bord de sa casaque qu'il avait
coupé, sans lui avoir voulu faire aucun
mal. 3. Reg. 3. 1. Cum compleret œdificans :
c. 8. 54. cum complesset orans, etc. Soit que
ce verbe soit joint avec l'infinitif convenable
qui est sous-entendu. Deut. 26. 12. Quando
compleveris (suppl. dore) decimum : Lorsque
vous aurez achevé de donner la dîme de
tous vos fruits, c. 32. 23. Sagittas meas com-
plebo in eis : Je tirerai contre eux toutes mes
flèches ; se. je ne cesserai de les tirer jusqu'à
la dernière. Dieu menace les Israélites de
toute sorte de maux, à cause de leur idolâ-
trie et de leur ingratitude. 1. Reg. 16. 11.
Numquid jam compleli sunt filii? [adduci est
sous-entendu : Sonl-ce là tous vos enfants
que vous ayez à me présenter ? dit Samuel à
Isai qui lui venait de présenter sept de ses
enfants. Apoc. 6. 11. Adhuc tempus modicum^
donec compleantur, conservi eorum. 11 fut
dit aux âmes qui ayant souffert la mort ,
criaient à Dieu de venger leur sang, qu'ils
attendissent encore un peu de temps jusqu'à
ce que fut accompli le nombre des serviteurs
de Dieu comme eux. Intcrfici est sous-cu-
813 COM
Icndu. Eccli. 48. 13. De là viennent ces
phrases Urées de cette signification.
Complere hostias , holocausta , pacifica.
Aciiever d'offrir des victimes et de Taire des
sacrifices (7rot.-rv). Levit. 9. 22. Complelis
hostiispro peccato, et holocnustis et pacificis:
Aaron ayant achevé les oblalions des hosties
pour le péché, des holocaustes et des paci-
fiques. 4. Reg. 10. 25. 2. Par. 29. 28.
Complere ciiltuin Dei. Ne rien oublier de
ce qui regarde le service ou le culte do Dieu,
selon les ordonnances de la loi 2. Par. 29.
35. Comphlus est cultas donius Domini : L'on
rétablit enlièremenl le culte de la maison
du Seigneur : Ce fut au temps d'Ezéchias.
c. 35. 16.
Complere iniquitates suas , ou alicujus, ou
malitiam alicujus. — 1° Combler la mesure
de ses crimes; c'est en commettre jusqu'au
nou)bre et au temps que Dieu a arrêté de
punir le pécheur après qu'il les aura com-
mis. Gen. 15. 16. Necdum enim completœ suiit
(àvK7r>/3/joû(79«t) iniquitates Amorrhœorum : La
mesure des iniquités des Amorrhéens n'est
pas encore remplie, pour être chassés de leur
pays. — 2» Accomplir la peine de l'iniquité
de quelqu'un ; c'est y mettre (in , faire cesser
la punition d un crime, ne le punir pins.
Thren. 4. 22. Compléta est [èA-iTzei-j, defice-
re] iniquitas tua , filia Sion : O fille de Sion,
la peine de votre iniquité est accomplie :
Dieu promet aux Juifs de les faire revenir
de captivité. Voy. Iniqlitas. — 3° Finir les
maux de quelqu'un ( I-jh-j \. Isa. 40. 2. Com-
pléta est malitia ejus : Les maux de Jérusa-
lem sont finis : Dieu voulant consoler son
peuple, témoigne que ses péchés lui sont
pardonnes.
Complere sermones, verba. — 1° Achever
et finir un discours. Gen. 24. 15. Necdum
intra se verba compleverat : Le serviteur
d'Abraham avait à peine achevé ces paroles,
lorsqu'il vil pnraître Rébecca. Deut. 31. 30.
c. 32. 45. 2. Reg. 11. 19. — 2° Prendre la
parole, et achever ou appuyej un discours
qu'un autre a commencé de proposer. 3.
Reg. 1. 14. Je loquente cum reqe , ego veniam
posl te, et complebo sermones tuos : Lorsque
vous parlerez encore avec le roi, je viendrai
après vous, et j'appuierai tout ce que vous
aurez dit : Le prophète Nathan dit à Belh-
sabée de faire ressouvenir David de la pro-
messe qu'il lui avait faite de faire régner
Saloinon après lui.
Complere tnanus alicnjus. Perfectionner,
rendre les mains propres et parfaites, pour
faire les fonctions de quelque charge ou di-
gnité (g/rr/.Kjooûv). Dans ce sens cette phrase
signifie :
Sacrer les mains de quelqu'un, l'établir
prêtre pour offrir à Dieu des sacrifices. Eccli.
45. 18. Complevit jMoyxes manus ejus, et unxit
illum oleo snnclo : Aloïse a sacré les mains
d'Aaron , et l'a oint de l'huile siiinle. Le mot
hébreu est pris pour perficere , e( est trailuit
par consecrare. Exod. 32. 29. Conscrrastis
manus veslras liodie Domino : En tu.inl votre
frère, votre ami et celui qui vous était le
plus proche» chacun de vous a coosacré ses
COM
814
mains au Seigneur; se. s'est rendu digne de
recevoir la bérkédiclion de Dieu, et l'honneur
d'entrer dans le sacerdoce.
Complere pulchritudinem. — Accomplir la
beauté de quelqu'un ; c'est contribuer à sa
beauté, en sorte qu'il n'y manque rien
[zùstoû-j). Complere pour perficere. Ezech. 27.
il. Compleverunt pulchritudinem tuam : Ils
contribuaient beaucoup à entretenir la
beauté de votre ville ; Le Prophète rapporte
ce qui fiiisait la beauté de Tyr.
3° Finir, terminer, mettre fin à quelque
chose. Dan. 5. 26. Numeravit Deus reynum
tuum, et complevit illud : Dieu a compté les
jours de votre royaume, et il en a marqué
l'accomplissement. C'est ce que Daniel dit
au roi Ballhasar. Gen. 35. 28. Et completi
sunt (£x).£t7y£tv) dies Isaac centum octoginta
annorutn : Lorsque Jacob vint trouver Isaac
en la plaine d'Hébron, Isaac avait alors cent
quatre-vingts ans accomplis. Isa. 60. 20.
Complebuntur dies luctus tui : Les jours de
vos larmes seront finis au temps de l'établis-
sement de l'Eglise. Isa. 40. 2. Selon la phrase
hébr;iïque, le temps destiné à quelque chose
est dit être fini et accompli-; soit lorsque la
fin de ce temps commence d'arriver. Act.2. 1.
Cum complerentur dies Pentecostes {rj^jifKkn-
poùdOTii) : Quand les jours de la Pentecôte furent
accomplis ; Gr. Cum compleretur dies. Quand
le jour de la Pentecôte, se. le cinquantième
jour après la fête de Pâque, fut arrivé, ou
commencé. Luc. 2. 21. c 9. 51. Soit quand
le temps destiné à quelque chose est arrivé.
Jerem. 25. 34. Completi sunt dies vestri ut
interficiamini : Le temps est accompli auquel
vous devez être tués : Le Prophète parle
contre les méchants pasteurs. Threu. 4. 18.
Eslhr. 1. 5. Deut. 34. 8. Dan. 9. 2.
k" Accomplir et faire voir en effet, ou exé-
cuter ce qui a été prédit, promis ou résolu.
Num. 11.23. /am nunc videbis utrum meus ser-
tno opère compleatur (LXX, èTny.zrvM-'l'îToi.i crz) :
Vous allez voir présentement si l'effet suivra
ma parole. Dieu qui avait promis à tout le
peuple de les rassasier de chair, assure Moïse
qu'il en verrait l'accomplisseraeni. Foy. v. 18.
21. 22. 31. Isa. 44. 28. Omnem voluntatem
meam complebis ( tzoiîî-j ) : Vous accomplirez
ma volonté en toutes choses. Le prophète
parle du rétablissement de Jérusalem mar-
qué 1. Esdr. 1. 2. et suivants. Jerem. 23. 20.
Dan. 4. 3. c. 8. 17. Ainsi, Luc. 1. 1. Multi
conali sunt ordinnre narralionem quœ in nobis
completœ sunt rerum ( Tz'kYipofoo-ïfrbc.i. : Beau-
coup de personnes ont entrepris d'écrire
l'histoire des choses qui ont été accomplies
parnïi nous ; aut. Gr. dont la vérité a été
connue parmi nous avec une entière certi-
tude. Voy. Plenitudo.
5' Amasser, recueillir, combler de biens
(ttUOûv^'v). Eccli. 47. 20 Ut plumbum com-
plesd argentum : Vous avez fait amas d'ar-
gent, comme on en ferait de plomb. Sap. 10.
10. Complet il luborcs illius : Dieu a multiplié
les fr4>iis des travaux de Jacob par une grande
quantité de bétail
§1. — Contenter, assouvir (ffoierv «yaOà»,
tacere quoi bonum videlur), Judic. 10. 2ij
m
mCTIONNÂlRK DE PHILOLOGIE SACRLE.
8)C
Educatu cas ad vos... ut teslram libidinem
complealis : J'amènerai ma fille qui est vierge
et la concubine de cet homme, pour satis-
faire votre passion, dit aux habitants de
Gabaa le vieillard qui avait chez lui le lévite
dont ils voulaient abuser. Thren. h. 10. Com-
nlevit Dominus furorem suum : Le Seigneur
a satisfait sa fureur. Ezech. 5. 13. Complebo
furorem meum. Il ne faut point attribuer a
Dieu aucun mouvement de trouble et de pas-
sion. Il s'exprime par un langage qui nous
est connu, dit saint Jérôme, pour nous faire
comprendre, par ce que chacun de nous sent
en lui-même, ce que nous nous sommes
rendus dignes d'éprouver de la pari de sa
justice.
§ 2.— Résoudre, arrêter. l.Reg.20. v. 7. 9.
Scito quia compléta est malitia ejus : Sachez
que le mal que Saiil me veut faire est résolu
et déterminé. Le mol hébreu est le même que
dans le v. 33. Ainsi c. 25. 17.
COMPLETIO, MS,77),/-;pwTi?, accomplisse-
ment, achèvement. Ezech. 5. '2.Tcrtiam par-
tem igni combures in média civitatis juxla
compleiionem dierum obsidionis : Vous brûle-
rez un liers de vos cheveux au milieu de Jé-
rusaleu), jusqu'à ce que les jours du siège
soient accomplis; se. à mesure que les trois
cent quatre-vingt-dix jours, pendant les-
quels il devait représenter dans sa maison
le siège de Jérusalem, s'accompliraient. Voy.
c. k. V. 5. 8.
COMPLEXARL Ce verbe, qui est un fré-
quentatif de complecti. se forme du participe
Embrasser ( «vKv/.K).iÇ=tv ). Marc. 10. 16.
Complexans eos. Jésus-Christ embrassa les
petits enfants qu'on était venu lui présenter,
et les bénit.
COMPLICARE, ÈÀicraeiv. 1" Plier, rouler,
envelopper. Isa. 3k. i. Complicabunlur sicut
liber, cœli : Les cieux se plieront comme un
rouleau, au terrible et dernier jour du juge-
ment. 2" Joindre l'un avec l'autre. De là
vient celle phrase , tirée de celte signifi-
cation.
CompUcure manus suas , mettre ses mains
l'une dans l'aulre; c'est êlre dans la paresse
et Toisivolé. Eccl. 4. 5. Slullus complicat
manus suas ( -^ic^iIu^Zù-jh-j) : l'insensé met ses
mains l'une dans l'autre. Voy. v. 6.
COMPLODERE , i/nvi^asiv , frapper et
heurter, froisser l'un contre l'autre. Judic.
7. 19. Cœperunt complodere inter se lagenas.
Gédéon, suivi de ses trois cents hommes...
ayant réveillé les gardes des ennemis, com-
mencèrent à sonner de la trompette et à
heurter leurs pots de terre l'un contre
l'autre.'
Phrase liice de celle sigiiificalioa.
Complodere maiius. Frapper des mains, en
signe de colère et d'indignation. Num. 2i. 10.
Iratusque Balac contra Balaam , complosis
(avyy.iJO'û-j) matiibus ail. Balac se mettant en
colère contre Ralaam, frappa des mains, et
lui dit qu'il l'avait fait venir pour maudire
Israël, et cependant il l'avait béni, et se dit
ficurément de Dieu. Ezech. 22. 13. Complosi
manus meus super avaritiam {■nonâ.tjutf* x'V'*
TT/iô; x«tp«) : J'ai frappé des mains, en me dé-
clarant contre les excès de votre avarice. Ce
frappement des mains marque ou la douleur
ou l'élonnement, ou la colère de Dieu, qui
prend la figure d'un homme qui est en
colère.
COMPLUERE, P/5£x"v, arroser de pluie.
Amos. 4.. 7. Pars una compluta est, et pars,
super quatn non plui , aruit : J'ai fait qu'il a
plu sur un endroit, et que l'autre es» de-
meuré sec, parce que j'ai empêché qu'il n'y
plûl. Le Prophète dit que Dieu avait fait pleu-
voir sur une partie ou en de certains cantons
de terres semées de blé, et non en d'autres;
et il parle de celte pluie qui vient avant la
moisson , pour en attendrir l'écorce et la
faire mûrir. Voy. Joël. 2. 23. et celle explica-
tion s'accorde bien avec Ezech. 22. 2i. Tu es
terra immunda , et non compluta in die fu~
roris : Vous êtes une terre impure, qui n'a
point été arrosée de pluie au jour de la fu-
reur. Le Prophète parle de la sécheresse qui
arriva au temps d'Élie. Voy. 3. Reg. 17. 1.
COMPLURES, TToXkoL Plusieurs, un grand
nombre. Marc. 5. 26. Mulier quœ fuerat multa
perpessa a compluribus Medicis , une femme
malade d'une perte de sang, depuis douze
ans, qui avait beaucoup souffert entre les
mains de plusieurs médecins; elle fut guérie
en touchant le vêtement de Jésus-Christ.
COMPONERE. 1" Composer, faire ( ixouh).
Exod. 37.29. Composuit et oleum ad sanctifi-
calionis unguentum : Béséléel composa aussi
l'huile pour en faire les onctions de consé-
cration, c. 30. 25. Levit. 16. 12. Eccl. 12. 9.
Sap. 15. 12. 1. Mach. 9. 70.
2° Préparer, disposer, accommoder, ajus
ter, arranger. Gen. 22. 9. De super ligna
composuit [èTZLriÙivKi] : Abraham disposa sur
l'autel le bois pour l'holocauste, lia son fils.
Exod. 18. 7. Levit. 1. 7. 3. Reg. 5. 9. 2.
Mac. 15. 20. Hebr. 9. 6. Ainsi , Prov. 8. 30.
Cum eo eram cunctacomponens ; Gr. «pnoi^oud».
Eccli. 43.28.
3^^ Parer, embellir (y.aX^wTrîÇgt^^). Ps. 143. 13.
Filiœ eorum composites : Les filles des en-
fants des étrangers sont parées et ornées
comme des temples. Le prophète rapporte le
faux bonheur des méchants dans celte vie.
Eslh. 2. 13. Jerem. 4. 30. Frustra compo-
neris : Tous les ornements que vous emploi-
rez à vous embellir seront inutiles, en ce
qu'ils ne pourront gagner par là les Chal-
déens.
4° Feindre, conirouver, inventer {■^sûhGOc/.i}.
2. Esdr. 6. 8. De corde tuo tu componis hœc :
Tout ce que vous dites , vous l'inventez de
votre tête, dit Néhémic à Sanaballat, qui di-
sait de lui que le bruit courait qu'il avait
dessein , en rétablissant Jérusalem , de se
révolter contre Artaxerxès. Dan. 2. 9. c.
13. 43.
5" Aiïermir, fortifier. 2. Reg. 22. 35. Com-
ponens quasi arcum œreum brachia mea {y.v.7«^«c
TÔ^ov èv P/;a/iovt fxou) : C'est Dieu qui rend mes
bras fermes comme un arc d'airain. Ps 17
38. Posuisti ut arcum œreum, etc.
G" Comparer. Job. 9. 2. Vere scio quod...
8*7
COM
COM
81S
non justifîcetur homo compositus Deo : Je sais
que l'homme, si on lecoinpare avec Dieu, ne
sera point juste. Voy. Justificare. c. 28. 19.
7° Mettre, placer (crwri^Évat). 2. Mach. 8.
31. Orrinia composuerunt in tocis opportunis :
Jonathas et son armée mirent en réserve,
dans des lirux avantageux , les armes de
leurs ennemis, c. 15. 20.
8? Raccommoder, refaire, rétablir (-/y-aoTi-
^stv). Marc. 1. 19. Vidit.... ipsos componentes
retiainnavi .•Jésus-Christ vit Jacques, fils de
Zébédée , et Jean , son frère , qui étaient dans
une barque, où ils raccommodaient leurs
iSlets. Ce fut alors que Jésus-Christ les ap-
pela. 4. Reg. 2-2. 6. 1. Esd. k. 12.
Phrase lirée de celle significalioD.
Componere pacem, pactum. Faire la paix ,
faire alliance avec quelqu'un { c-wTt^ivat).
1. Mach. 9. 70. Misit ad eum legatos compo-
nere pacem : Jonathas envoya des ambassa-
deurs pour faire la paix avec Racchides.
Jonathas avait cependant défait son armée;
mais ce fut appartMiiment à cause du déses-
poir où il voyait Racchides. c. 11. 9. Veni
componamus inter nos pactum : Venez, afin
que nous fassions alliance ensemble. C'est ce
qu'envoya dire Plolémée à Démétrius, à qui
il voulait donner sa fille en mariage, on l'ô-
tant à Alexandre qui l'avait épousée.
COMPORTARE. i Porter ensemble, ap-
porter (tjvk'/eiv). Gmi. 6. 21. Toiles ex om-
nibus escis et con<portabis apud te : Vous
prendrez avec vous de toutes les choses qui
se peuvent manger , et vous les porterez
dans l'arche, dit Dieu à Noé. Deut. 29. 11. 2.
Par. li. etc.
2* Amasser, mettre ensemble, entasser,
mettre en monceaux. Judic 15. 5. Compor-
tatœjam fruges , et adhuc stantes in stipula,
concrematœ sunt : Les blés qui étaient déjà
en gerbe et ceux qui étaient encore sur pied,
furent tous brûlés par les Hambeaux que
S.imson avait attachés à la queue des re-
nards. Job. 27. 16. Isa. 62. 9. De là vient
celte phrase, lirée de cette signification :
Comportnre agrjerem, ^àunj '/_ùov.y.cf. , fiirc
des levées de terre, pour assiéger une ville.
Ezech. 21 . 22. Ad dextram ejus factn est divi-
natio super Jérusalem ut... comportet agge-
rem • Le sort est tombé sur Jérusalem, et a
fait prendre à Nabuchodonosor la droite ,
afin qu'il fasse de grandes levées de terre
autour de ses murs. Le Prophète parle du
sort que jeta Nabuchodonosoravec deux flè-
ches, pour savoir s'il irait contre les Ammo-
nites ou contre Jérusalem, c i. 2. c. 26. 8.
Dan. 11, 15. Hab. 1. 10.
COMPOSITIO, Nis. i Composition, mé-
lange fait de quelques drogues ou d'autres
choses (tûvOeti?). Exod. .'JO. v. 9. -ii. 'il. Tntem
compositionem non facietis in usus vestros :
Vous ne composerez point de semblable par-
fum pour votre usage. La composition de ce
parfum, destiné pour brûler sur l'autel ap-
pelé des parfums, est rapportée dans les trois
versets précédents. Eccli. 49. 1. Memoria
Josiœ in compositionem odoris fada opus
pigmentarii:Lai mémoire deJosias est comme
un parfum d'une odeur admirable, composé
par un excellent parfumeur. Num. i. 16.
2' Ornement, ajustement, embellissement.
Judith. 10. i. Quoniam omnis ista compositio
non ex libidine, sed ex virtute pendebat : Dieu
ajouta un nouvel éclat à toute la parure
qu'employa Judith , parce que tout cet ajus-
tement n'avait pour principe aucun mauvais
désir, mais la vertu seule. L Mach. 2. 11.
3° Amas, assemblage. Ezech. 2Ï. 10. Co-
quetur univena compositio : On arrangera
toutes les pièces de la chair, et on les fera
cuire ensemble. Le Prophète parle de la dé-
solation des habitants de Jérusalem, figurée
par une chaudière remplie de viandes.
4° Ornement, magnificence ( /.otvo,- ;. 1.
Mach. 2. 11. Omnis compositio ejus ablata est:
Toute sa magnificence lui a été enlevée.
COMPOSITUS, A, UM. De componere, et
signifie composé, mêlé, assorti, paisible,
rangé , établi , fini.
r Grave, excellent ( -ittoç). Prov. 17. 7.
Non decrnt stultumverba composita : Les pa-
roles graves ne conviennent pas à un homme
insensé.
2° Rien composé, agréable, touchant , per-
suasif. Eslh. l'^. 13. Tribue scrmonem coni-
positum in oro meo in conspecin leonis :
Mettez dans ma bouche des parole> sages et
composées en la présence du lion , dit Esther
à Dieu, résolue d'aller trouver Arlaxerxès.
Voy. ch.15. V. 9 et suivants. Job. 41. 3. Prov.
16. 2'4.
3 Mesuré, étudié et affecté. Isa. 3. 16.
Composito grndu incedebant : Les filles de
Jérusalem ont mesuré tous leurs pas el étu-
dié toutes leurs démarches.
COMPREHENDERE, xaTa).a.aSàvnv, Gu).).«^-
e«v£tv. 1° Prendre, saisir, arrêter. Exod. 15. 9.
Persequar et comprehendam, dividam spolia :
Jelespoursuivrai et je les prendrai, je parta-
gerai leurs dépouilles. Moïse décrit la de-
scription du cœur de Pharaon, lorsqu'il pour-
suivait les Israélites. Act. 1. 10. Fuit dux
eorum qui comprehenderunt Jesum. Judas a
été le chef de ceux qui ont pris Jésus , dit
saint Pierre , proposant à rassemblée des
disciples de choisir l'un d'eux pour être
apôtre en la place de Judas. Voy. v. 25.
Matlh. '*. 24. à quoi se peut rapporter, dans
le sens métaphorique, Ps. 9, 17, In laqueo
isto... comprehensus est pes eorum : Le pied
des nations a été pris dans le même piège
qu'ils avaient tendu en secret.
2° Surprendre , prendre à l'impourvu
(orxi^Teiv). I. Cor. 3. 19. Comprehendam sa-
pientes in astulin eorum : Je surprendrai les
sages dans leurs subtilités. Ps. 9. v. 17. 23.
Ps. .58. 13. Jerem. 42. 16. Ezech. 17. 20. Dan.
i;;. ,>8. Joan. 12. 35. 1. Thess. 5. 4.
,3' Accabler , fondre sur quelqu'un , mal-
traiter. Ps. 39. 13. Comprehenderunt me
iniquitatrs meœ : Mes iniquités m'ont enve-
loppé. Ce qui s'entend principalement (îe
Jésus-Christ , qui sesl chargé de tous ks
péchés des hommes. Ps. 68. 25. Furor irœ
tnœ comprchcndat eos : Que mes ennemis (ô
mon Dieu,) se trouvent exposés à toute la
«9
Violence de vos fureurs. Ce que dit ici le
Prophète est plutôt une prophétie qu'un dé-
désir. Ose. 10. 9. Non comprehendet eos {sic-
ut)in Gabaa prœiium super filios iniquitatis :
Les Israélites ne seront pas traités dans la
guerre que je leur susciterai, comme lors-
qu'ils combattirent à Gabaa, contre les en-
fants d'iniquité. Voy. Gabaa. Ainsi Mich. 2.
6. c. k. 9. Zach. 1. 6. Matth. k. 2i.
4° Atteindre, suivre de fort près, Amos. 9,
13. Comprehendet aralor messorem : 11 vien-
dra un temps que les ouvrages du labou-
reur et du moissonneur s'entre-suiyrunt ; ce
qui marque ici une abondance de biens tem-
porels, comme Lev. 26. 5, c'est la figure des
grâces et des bénédictions spirituelles que
Dieu promet à son Eglise,
5° Connnîlre parfaitement, comprendre.
Job. 11. 7. Forsitan vestigia Dei coinprelien-
des (eiûicv.-jv) ? Prétendez-vous sonder ce
qui est caché en Dieu? Eccli, k3. 3i.
6° Atteindre à la connais^ance dune chose
sans l'approfondir. Eph. 3. 18. Ul possids
compreliendere... quœ sit latitudo, et longitu-
do, et sublimitas, et profundum : Je prie
Dieu afin que vous puissiez comprendre avec
tous les saints quelle est la largeur, la lon-
gueur, la hauteur et la profondeur du mys-
tère de Jésus-Christ, Voy. ce mystère, v. 6,
Les mystères de Dieu sont incompréhensi-
bles en cette vie. Ainsi, Joan, 1. 5. Tenebrœ
emn non comprehenderunt : Les ténèbres
n'ont point compris la lumière qui était
dans le Verbe de Dieu.
1" Obtenir, gngner, atteindre, acquérir, 1.
Cor. 9. 24. Sic currite ut çompreliendalis :
Courez de telle sorte que vous remportiez le
prix : lApôlre, par cette course des alhlèles,
figure l'obligation où sont les Chrétiens de
s'exercer dans la pratique des vertus chré-
tiennes, nécessaires pour arriver à la gloire
éternelle. Philipp. 3. v. 12. 13.
8^ Comprendre et renfermer, Gen. 41. 26.
Septem boves pulchrœ et septem spicœ ple^
nœ... eamdem vijii somtiii comprehendunt . -Les
sept vaches si belles, et les sept épis si pleins
de grains que le roi a vus en songe, mar-
quent la même chose ; se. sept années d'a-
bondance dans lEgypte. Esth. 9, 20. Dan,
7.1,2. Mach. 2. 24.
— Prendre, s'attacher, s'entend, dans l'E-
criture , des choses inanimées ; comme du
feu. Exod,22, 6. Si egressus ignis compreheti-
derit ( -ni^oat^-pnOzi-i, adurere ) acervos fru-
gum : Si le léu prend à un las de gerbes de
blé.
COMPREHENSIO,Nis, <ruX)iv,f ?, prise, pen-
sée, découverte.
Prise de corps. Jerem, 34, 3, Comprehen-
sione capieris; phrase hébra'ïque , pour cer-
iissime capieris : Jérémie avertit Sédécias
qu'il serait infailliblement pris par le roi de
Babylone.
COMPRIMERE. Presser, cacher, apaiser :
1° Presser fort et comme étouffer (cryv;;^£iv),
Luc. 8. 45. Turbœ te comprimunt : La foule
du peuple vous presse, dit à Jé-u>TiChrist
iaini Pierre, et ceux qui étalent avec Jésus-
Christ, V. 42. Marc. 3. 9, c, 5. v. 24. 31,
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRLE. S'JO
Faire cesser, apaiser, arrêter (TraOetv)Prov.
18, 18. Contradictiones comprimit sors : Le
sort apaise les différends et les contesta-
tions ; on jetait le sort pour décider des cho-
ses cachées. Voy. c. 16, 33. Jon. 1. 7. elc.
2' Presser quelqu'un de faire quelque
chose. De là vient :
COMPRIMI. S'empresser, faire paraître do
l'empressement à faire quelque chose ((tuvOî-
g£o-5«t), Eccli, 31. 17. Ne comprimaiis in
convivio : Ne vous empressez poirit étant au
feslin, comme font ceux qui prennent au
plat plus vile qu'il ne faut, sans attendre
que d'autres y prennent à leur tour.
Phrases de ce verbe.
Comprimere labia. Fermer la bouche, la
tenir fermée, se taire, Prov. 17, 28. Stultiis
si compresserit labia sua intelligens reputabi-
tur ; L'insensé passe pour intelligent, lors-
qu'il lient la bouche fermée,
Comprimere manwn super aliquem. Frap-
per des mains en signe de joie x.&oteïv, plau-
dere ). Nahum, 3. 19. Qui audierunt auditio-
nem tuam, cotnpresserunt manwn super te:
Tous ceux qui ont appris voire ruine ont
applaudi à vos maux : le Prophète prédit la
ruine de Ninive et des Assyriens.
Comprimere oculos suos. Se boucher les
yeux, c'est s'opiniâtrer à ne vouloir point
connaître la vérité. Act. 28. 27. Oculos suos
compresserunt { ■/.ysKy.vti-j , ctaudere ) , ne
forte videant oculis : Ils ont fermé leurs
yeux, de peur que leurs yeux ne voient.
Saint Paul regarde l'incrédulité des Juifs, à
qui il annonce le royaume de Dieu à Rome,
dans la maison où il logeait, comme un ac-
complissement de la prophétie d'Isa, c. 6. 9,
qu'il cite.
COMPROBARE, — 1° Prouver, assurer et
vérifier avec preuve. Num, 35, 24, Si hoc
audiente populo fuerit comprobatum : S'il se
prouve qu'un homme en ait frappé un autre
par hasard seulement, et qu'il en meure, il
sera délivré comme innocent, Deul. 19. 4.
Jos, 20. 4, Job. 9. 20.
2' Faire connaîue, faire apercevoir, don-
ner des marques d'une chose. Prov. 17. 17.
Fraler in angustiis comprobatur : Le frère se
connaît dans l'affliction. 2. Cor. 8,8. 2,Esdr,
13. 13.
3° Trouver bon , approuver, louer, Eccli.
39. 40. Non est diccre ; hoc illo ncquius est;
omnia enim in suo tempore comprobabuntur :
On ne peut point dire des ouvrages du Sei-
gneur : ceci est plus mal que cela, car toutes
choses seront trouvées bonnes en hurs
temps; toutes les œuvres de Dieu sont par-
faites, quoiqu'on n'en connaisse pas tou-
jours les raisons.
4° Rendre manifeste, mettre en évidence.
Deut. 10. 15, c. 29, 28. Sicut hodie compro-
batur : Comme il paraît visiblement en ce
jour; Gr. ûtbI vûv, Sicut nunc.
COMPTUS, A, UM ; ajusté , affecté. De co-
mere, et signifie proprement, qui a les che-
veux bien iijuslés : dans l'Ecriture :
Paré, bien fait, agréable (eù'/z;j^,?oî). Eccli.
9.8. Averte faciem tuam a muliere compta ;
821 COM
Détournez vos yeux d'une femme parée ; Gr,
agréable.
COMPUGNARE, S'enlre-battre, Isa. 37, 26.
Factum est in eradicationem collium compii-
gnantium : J'ai fait ces choses merveilleu-
ses en renversant les collines qui s'entre-
batlent. Ces collines sont ou les princes qui
se font la guerre, ou les forts dans lesquels
se retranchent les peuples. Le Grec porte
ê'e-jn iv iT'/ypoi;, les peuples dans leurs forts.
COMPÛNGERE , xarav^T^nv. Piquer fort :
dans l'Ecriture :
1° Percer, tuer. Judith. 16. \k. Filiipuel-
larum compunxerunt eos ; Les enfants dos
jeunes femmes ont percé de coups et ont tué
les Assyriens. Judith rapporte comment
après la mort d'Holopherne, ses soldais
étaient facilement tués par les plus faibles
dans leur fuite; de là vient :
Compungi. Etre touché de regret. Ps. 4.
5. Quœ dicitis in cordibus vestris, in cubili-
bus vesiris compungimini : Soyez touchés de
componction dans le repos de vos lits , sur
les choses que vous méditez contre le juste.
Ps. 3i. 15. Dissipali sunt nec compuncti :
Mes ennemis ont été divisés ou dissipés, sans
être néanmoins touchés de componction. Le
prophète peut regarder le renversement du
conseil d'Achitophel, par celui de Ghusaï.
2. Reg. 17. H. Hebi\ Ils m'ont déchiré par
leurs calomnies, et n'ont point cessé. Act. 2.
37. Compuncti sunt corde.
2° Causer à quelqu'un de la douleur et de
l'aflliction. Ps. 29. 16. Ut cantet iibi gloria
mea, et non compungar . Vous m'avez tout
environné de joie, afln qu'au milieu de ma
gloire je chante vos louanges, et que je ne
sente plus les pointes de la tristesse. Ps. 108.
17. Persecutus est hnminem inopem et mendi-
cum, et compunctum corde, mortifîcare : Mon
ennemi a persécuté un homme pauvre, dans
l'indigence, et celui qui avait le cœur brisé
de doult'ur, pour le faire mourir. David parle
de lui-même, qui était persécuté; mais il fi-
gure Jé-iUS-Christ.
COMPUNCTIQ, ifis , x«T«vv?tf. Douleur,
componction.
Douleur, affliction. Ps. 59. 5. Potasti nos
vino compunclionis; i. e. vino pungente et
cruciftnle : Vous nous avez fait boire un vin
fort amer et empoisonné, qui nous a été le
sentiment. Cette punition, qui vient de la
transgression de la loi de Dieu, a été pré-
dite. Deut. 28. 28. Le mot hébreu répond à
compunclio, par celui de tremblement, étour-
dis-cment , assoupissement; dans le sens
qu'il est dit, Kom. 11. 8. Dedil illis spiritum
compunclionis : Dieu leur a donné un esprit
d'assoupissement et d'insensibilité ; ce. pas-
sage est pris d'Isaïe, c. 29. 10. Miscuit vobis
Dominus spiritum soporis : Le Seigneur va
répandre sur vous un fspril d'assoupisse-
ment ; ce qui est selon l'Hébreu ; mais les
Septante mellent xKTavj^E'.)?. Ainsi, ce nnot,
selon saint Chrysostomo, élaat pris en bonne
part, snarque une stabilité dans le bien , qui
n'est plus comme sujette au changcinctit ; et
en mauvaise part, il marque une habitude
de i'âme par laquelle elle se porte au mal
COM
822
arec une opiniâtreté comme inflexible ; car
être dans la componction, c'est être comme
percé par la pointe des clous qui attachent
un homme si fermement et si solidement à
quelque chose, qu'il ne puisse plus s'en sé-
parer ; et c'est pourquoi saint Paul se sert à
dessein de cette expression : Esprit de corn-
ponction, pour marquer l'endurcissement des
Juifs dans le mal.
COMPUTARE. Compter, supputer (^«yîÇuv).
Luc. li. 28. Quis ex vobis volens turrim œdi-
ficare, non prius sedens computat sumptus :
Qui est celui d'entre vous qui, voulant bâtir
une tour, ne suppute auparavant en repos
et à loisir la dépense qui y sera nécessaire :
Jésus-Christ, par cette comparaison, assure
que si ceux qui entreprennent de suivre Jé-
sus-Christ n'ont assez de force et de résolu-
tion pour persévérer et pour surmonter les
obstacles qui s'opposent à leur vocation, les
premiers efforts leur seront inutiles. Levit.
23. 25. Tob. 10. 9. etc.
2" Estimer, considérer. 2. Reg. 18. 3. Tu
umis pro decem millibus computaris : Vous
êtes considéré vous seul, se. par les enne-
mis, comme dix mille hommes, disent à Da-
vid les gens de son armée, l'empêchant d'al-
ler avec eux à la guerre, par la crainte
qu'ils avaient qu'il n'y fût tué. 1. Par. 23.
11. Tob. 5. 29.
3° Croire, juger, penser, s'imaginer (}.oyi'
Zîfj'Jv.'.). Sap. 1 7. 12. Dum ab intus minor est ex-
spectatio, majorem computat inscienliam ejus
causœ de qua tormentum prœstat : Moins la
crainte attend de soulagement au dedans
d'elle, plus elle grossit, sans les bien con-
naître, les sujets qu'elle a de se tourmenter.
COMPDTRESCERE. — 1° Se pourrir, se
corrompre ( i-oÇerv ). Exod. 7. 18. Computre
scent oquœ : Los eaux se pourriront, dit Moïse
à Pharaon, de la part de Dieu. v. 21. Num.
5. 27. Inflato ventre computrescet fémur (5ta-
77i7rT£iv) : La femme coupable d'adultère sera
pénétrée par ces eaux de malédiclion; son
ventre s'enflera et sa cuisse pourrira. L'E-
criture parle des eaux amères que buvait
une femme soupçonnée d'adultère, dans le
sacrifice de Jalousie. Joël. 1. 17. ComputruC'
runt jumenta in stercore suo •' Les animaux
sont pourris dans leurs ordures , périssant
de faim dans leurs étables; Gr. Èo-xtoTïjo-av ,
Subsultaverunt vituli in prœscpibus suis.
Cet endroit dans l'Hébreu s'explique difl"é-
remment. Quelques-uns y donnent ce sens :
Les blés que l'on avait semés se sont réduits
en cendres dans la terre, n'ayant pas eu as-
sez d'humidité pour germer.
Se relâcher, se rompre, cesser. Isa. 10.
27. Computrescet {y.'/.-çxf'jti.pe'jOu'.) jngum a fa~
cie olei : Le joug ( du roi des Assyriens) sera
relâché par l'abondance do l'huile. Le pro-
phète fait allusion aux nuMuls les plus durs
qui se lâchent à force d huile, pour mar-
quer que Dieu, par sa nnséricorde, les déli-
vrerait du joug fâcheux de Sennachérib,
qu ils ne pouvaient deux-mêmes secouer.
Dans le sens allégorique, ce joug est celui de
notre inclination naturelle et corrompue,
8^3
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
X-23
qoi ne se peut rompre que par Jésus-Chrisl,
et par l'onclion de sa grâce.
2° Perdio sa force et sa vigueur, tomber
par terre { à^^^vîTv ). Jerem. 4-6. 15. Quare
computniit fortis licus ?• Pourquoi les plus
vaillants d'entre vous sont-ils tombés morts
et pourris sur la terre. Le Prophète prédit
la défaite et le carnage que Nabuchodonosor
devait l'aire des Egyptiens. Voy. v. 13. La
métaphore est tirée des arbres qui se pour-
rissent et tombent par terre.
CONARL De y.o-jcu, ou xoviÇstv, certare, ad
certamen se parare, et signifie :
1" Tâcher, faire effort ( «vTAaptÇâvuv, sus-
tentare ). Jerora 48. 30. Scio... quod non
juxta quod paierai conata sit facere .-Je sais
que les efforts de Moab ont été beaucoup
au delà de son pouvoir. Gen. 48. 17. Appre-
hensam tnanum patris levare conatus est de
capite Ephraim, et transferre super caput
Manassc : Joseph prenant la main (droite)
do son père, lâcha de la lever au-dessus de
la tête d'Ephraïm , pour la mettre sur celle
deManassé; Jacob donnait à ces deux en-
fants de Joseph sa bénédiction. Esth. 10. 8.
c. 16,5.
2° Entreprendre (Siwx.nv). Eccli. 29. 26.
Qui conatur multa agere incidet injudicium :
Celui qui cherche à entreprendre beaucoup
d'affaires, sera exposé à la rigueur des juge-
ments ; Gr. se trouvera engagé à bien des
procès. Jerem. iS. 30.
3° Attenter de faire ( îrstoâv ) Act. 2i. 6.
Etiam templum violare conatus est : Cet
homme a même attenté de profaner le tem-
ple, dit ïertuUe dans son accusation contre
saint Paul. Esth. 12. 2.
Phrase tirée de la première signirication.
Conari in, ou contra aliquid. S'opposer, ré-
sister à quelque chose. Eccli. 4. 32. Nec cone-
ris contra ictum fluvii (/3t«Ç:7eae). C'est vou-
loir arrêter le cours d'un fleuve que de
résister en face a un homme puissant. Act. 27.
15. Cum... navisnon posset conari in ventum:
Le navire étant emporté par le vent, sans
que nous pussions y résister («vToyôaX/xsîv,
Obniti, obverso vultu résisterez
CONATUS, us. Effort, essai, inclination.
Entreprise. Esth. 9. 25. Jngressa est Esther
ad regem, obsecrans ut conatus ejus, litteris
régis irrili ^erenf; Esther alla trouver le roi,
et le sup[tlia de prévenir le mauvais dessein
d'Aman par une lettre nouvelle. Voy. c- 8.
5. Ce dessein était de tuer tous les Juifs,
selon Tordre du roi, marqué c. 3. v. 13. et
suiv. et ces ordres sont révoqués, c. 16. 2.
Mach. k. kl.
CONCALESCERE, eEpuabt'yQat. S'enflam-
mer, en parlant du feu : dans l'Ecriture il se
prend Ggurément de quelque violente pas-
sion de l'âme.
S'enflammer. Ps. 38. h. Concaluit cor
j mewn intra me : Mon cœur s'est échauffé au
'dedans de moi: David témoigne qu'après
avoir longtemps gardé le silence sur la vio-
lence que lui faisaient ses ennemis , et sur
leur longue prospérité, il s'était enfin laissé
aller par faiblesse à murmurer avec chaleur
contre ses ennemis : Ce feu se peut entendre
aussi du zèle et de l'indignation qu'il avait
contre lui-même à cause de ses péchés.
CONGAPTIVUS, A. CM. 7iJvatxfx«),«To?. Qui
est captif et prisonnier avec d'autres. Tob.
I. 3. Ita ut omnia quœ hnbere poterat quotidie
concaptivis fratribus imperliret : Tobie dis-
tribuait tous les jours ce qu'il pouvait avoir
à ceux de sa nation, qui étaient captifs avec
lui. Rom. 16. 7. Coloss. k. 10. Philem. v. 23.
CONCATENATUS, a, lm. Tissu de chaî-
nettes ou démailles, attachéesouliées ensem-
ble. 1. Mach. 6. 35. Aslilerunt singulis ele-
phantismille viriinloricis concatenutis: Mille
hommes armés de cottes de maille ( de l'ar-
mée d'Antiochus Eupator) accompagnaient
chaque éléphant, pour aller contre Judas
Machabée.
CONCEDERE. S'en aller, céder, quitter,
mourir.
1° Permettre (5oûv«i). Nom. 21. 23. { Se-
hon ) concedere noluit ut iransiret Israël per
fines suos: Séhon ne voulut point permettre
qu'Israël passât par son pays. 1. Reg. 18. 2.
4. Rog. 5. 17. Job. 9. 18. 2. Par. 20. 10.
Marc. 5. 13. etc.
2" Donner, accorder ( «vtivat ) 1. Reg. 11.
3. Concède nobis septem dies : Accordez-nous
sept jours , se. avant que de nous rendre à
vous, disent les anciens de Jabès à Naas, roi
des Ammonites. Esth. 8. 7. etc.
3° Faire remise, accorder (èyy.aTciàdnerj) 2.
Esdr. 5. 10. j^s alicnum concedamus quod
debetur nobis : Accordons-nous tous à quit-
ter à nos frères ce qu'ils nous doivent , dit
Néhémie aux magistrats des Juifs. 1. Mach.
II. 36.
4-° User de douceur, traiter avec indul-
gence [oi/.rcipîL-j). Jerem. 13. 14. Non parcam,
et 7\on concedam : Je ne pardonnerai point
et je n'userai point d'indulgence : Dieu me-
nace les Juifs de les traiter à la dernière
rigueur par les Rabyloniens.
CONCENTUS , us. Harmonie, concert,
accord de musique, union, liaison.
Ordre et juste proportion qui se trouve
dans les choses. Job. 38. 37. Concentum cœli
quis dormire faciet ? Qui fera cesser toute
Iharmonie du ciel ? dit Dieu à Job.
CONCEPTIO, Nis. Conception, formule.
Conception du fruit au ventre de la mère
{y.xTxSolri) . Heb. 11. 11. Fideet ipsa Sara ste-
rilis virtutem in conceptionem seminis acce^
pit : C'est par la foi que Sara étant stérile,
reçut la vertu de concevoir un fruit dans son
sein.
Pensée (Èvôûfzyjfta). Eccli. 32. 16. Age con--
ceptiones tuas : Repassez dans votre esprit
vos pensées.
CONCEPTUS, us. Conception, la portée
des animaux.
1° Conception, formation du fruit au ven-
tre de la mère. Gen. 25. 21. Dédit concep-
tum Rebeccœ : Dieu donna à Rebecca la vertu
de concevoir, à la prière d'Isaac: car elle était
stérile. Jerem. 20. 17. Ut fieret mifn mater
mea sepulcrum, et vulva ejus conceptus œter-
71US : Plût à Dieu que ma mère fût devenue
mon sépulcre, et que son sein ayant conçu ,
825
CON
CON
J26
n'eut jamais enfanté. Gen. 30. 42. Quando
serotina admissura erat, et conccptiis extre-
mus: Lorsque les brebis devaient concevoir
en automne, Jacob ne mettait point les bran-
ches devant elles : Ces brebis étaient pleines
deux fois l'année, ou quelques-unes l'étaient
au printemps, et les autres à l'automne.
2° Les douleurs de l'enfantement et de la
grossesse (o-Tsvaypôj). Gen. 3. 16. Multiplicabo
cBrumnas tuas et conceptus tuos : Je vous
affligerai de plusieurs maus. pendant votre
grossesse.
CONCERTARI,àvT£^£t5£79«t.Ce verbe dépo-
nentn'est point en usage chez les Latins; dans
J'Ecriture :
Disputer avec quelqu'un. Sap. 15. 9. Can-
cer tatur atirifîcib us et argentariis : Le potier
( ne pensant point à la peine qu'il aura) ne
s'applique qu'à disputerdel'excellencedeson
art avec les ouvriers en or et en argent.
GONCERTATIO , nis , i:ôh(ioç. Démêlé ,
défi.
Guerre. 2. Reg. 3. 1. Facta est.... longa
concertalio inter domum Saul et inter domum
David : Il se fit une longue guerre entre la
maison de Saiil et la maison de David : II
est parlé de celte guerre c. 2. 12. laquelle a
duré environ cinq ans, se. depuis le temps
que David et Isboscth cominencèrent de ré-
gner, jusqu'à la mort disboseth.
CONCESSIO, ISIS. Cession, accord. Ruth.
4. 7. Ut esset firma concessio : Afin que la
cession de son droit fût ferme.
CONCHA, M, Gr. y.ôyxri. Coquillage, trom-
pe, gondole.
1° Bassin, cuve, grand vase creux [lovr-àp).
2. Par. 4. v. 6. 14. Fecit qiioque couchas de-
cem: Salomon fit faire dix bassins, dont il en
mit cinq au côté droit de la mer d'airain, et cinq
au gauche, pour y laver tout ce qui devait
être offert en holocauste : ces bassins sont
appelés en latin Luteres. 3. Rog. 7. 38. 43.
2" Vase, coupe, petit bnssin (/r/àv/î). Judic.
6. 38. Expresso vellereconcham rore implevit :
Gédéon remplit une tasse de la rosée qui
sortit de la toison qu'il avait mise dans l'aire,
quoique toute la terre fût demeurée, sèche :
C'est le premier signe que Gédéon avait de-
mandé à Dieu, pour lui faire connaître qu'il
voulait se servir de lui pour délivrer son
peuple.
CONCIDERE. De cœdere. —1° Couper, di-
viser, ou tailler en pièces. Levit. 1. 6. Arlus
in frusta concidenl (j/£|oiÇ:tv) : les prêtres
couperont les membres de l'hostie par mor-
ceaux. Gen. 22. 3. Exod. 29. 17.— 2' Blesser,
déchirer de blessures (xôttteiv). Jcrem. 47.
5. Usijueguo concidcris? Le prophète se mo-
que (les Philistins qui, dans leur deuil, se
faisaient des incisions. Marc. 5. .'i.
S 1. — Tailler en pièces, en parlant de la
délaite d'une armée (/'/Oat^çtv). Kccli. 28. 18.
Virilités poputorwn concidil : La langue de
celui qui se met entre deux personnes ou
deux partis pour les diviser par de faux
r.ipports, a taillé en pièces les armées des
deux nations. Ps. 88. 24.
§2. -Maltraiter, perdre, affliger- Job. 16,
16. Concidil me vulnere super lulnus : Dieu
m'a déchiré et m'a fait plaie sur plaie. Mich.
3. 3. Ossa eorum confregerunt et conciderunt:
Les princes et les chefs du peuple ont brisé
les os des pauvres, et les ont hachés. Zach.
11. 6. Concident (xaraxô-TEiv terrant : La terre
des méchants pasteurs sera ruinée. Hab.
2. 10.
Façon de parler lirée de la première signification dans le
sens figuré.
Concidere aratra sua in gladios. Diviser,
romjireet mettre en pièces ses charrues pour
en faire des épées(!TU7-/«TrT£tv). Joel.3. 10. Con-
cidite aralra vestra in gladios : Forgez des
épées du contre de vos charrues : Le Pro-
phète par cette expression, marque la cha-
leur que les ennemis de l'Eglise auront poui
la combattre, mais inutilement : au con-
traire, Concidere gladios in vomeres : Rom-
pre les épées pour en faire des socs de
charrue, marque un temps de paix. Mich.
4. 3. Voy. VoMER.
CONCIDERE, o-upTrîTTTstv. Ce verbe venant
de cadere, signifie :
Tomber (^yy/îtOiÇsiv). Num. 22.27. Concidil
sub pedibus sedentis % L'ânesse voyant l'ange
devant elle, tomba scus Balaam. Isa. 14. 11.
c. 25. 12.
1" Périr, mourir, être perdu, être sans
force et vigueur, être défait. Prov. 28. 18. Qui
perversis gradilur viis , concidet semel (è^h/it/é/s-
aBv.t) : Celui qui marche par des voies cor-
rompues, tombera sans ressource. Jos. 8.
25. Judic. 21. 27. Sap. 3. 15.
2° Etre abattu, soit de crainte, de tris-
tesse et d'affliction, ou même de colère. 1.
Mach. 6. 10. Concidi et corrui corde prœ solli-
citudine : Mon cœur est tout abattu , dit
Antiochus tout troublé de la nouvelle qu'il
reçut de la défaite de son armée dans le pays
de Judée. Gen. 4. v. 5. 6. Concidil vultus
ejus : Caïa voyant que Dieu n'avait point
regardé ce qu'il lui avait offert, entra dans
une étrange colère, et son visage en fut
tout abattu. Judit. 6. 5. Non concidal vut-
ttis titus: Que votre visage ne s'abatte point ,
dit Holophcrne à Achior, tout triste et dô-
conccrlé des menaces qu'il lui faisait. 1 Reg.
17. 32. Non concidat cor cujusquam in eo :
Que personne ne s'épouvante des insiiltes
de ce Philistin, se. Goliath, dit David à Saùl,
lui témoignant qu'il était prêt à l'aller com-
battre. 2. Esdr. 6. 16.
CONCILIARE. Ce verbe, qui signifie con-
cilier, joindre, unir, vient de cilin : comme
réunir les cils ou les poils des yeux, d «nt
les sourcils tirent leur nom : dans l'Ecri-
ture, il signifie unir, assortir, gagner.
Réunir, faire convenir, accorder. Eccli. 48.
10. Scriplus es conciliarc (èTrto-Tjoéystv) cor pa-
Iris ad filiiim: Vous avez été destiné pour
réunir les cœurs des pères à leurs enfants :
ce passage qui est tiré de Malacli. 4. 6. .») 'en-
tend communémiMil des Juifs (|ui, à la fin
du monde, par la prédication d'Elie, se ré-
concilieront avec leurs palriarches, et en-
tendront comme eux la loi d'une m inièro
spirituelle. Ces deux passages ont donné à
plusieurs Pères lieu de croire qu'Elie vien-
drait au dernier avènement de Jésus-Christ;
627
DICTlONNAir.E DE PHILOLOGIE SACREE.
d'autres cependant les entendent de saint
Jean-Baptiste , et du premier avènement
selon ce qui esl dit, Marc. 9. v. 10. 12. Luc 1.
17. Il paraît que le premier sens est le litté-
ral, et le second, le mystique.
CONCILIU.M, II. <7uvc'o/;eov. Ce mot, qui est
mis comme pour concaliiim, vient de conca-
lare, pour convocnre, assembler, et signifie,
assemblée, assemblage.
1" Conseil, assemblée. Ps. 2o. i. Non sedi
cumconcj/j'o ranifa^is; Je ne mesuispointassis
dans l'assemblée de la vanité et du men-
songe; i. e. des hommes vains. Ps. 1. 5. Ps.
21. 17. Num. 16. 2. Joan. 11. 47. etc.
2' Les personnes même qui composent
l'assemblée ((7-j,aooO).tov). Act.2o. i2.Festus cura
concilio locutus : Festus conféra avec son
conseil, sur ce que saint Paul avait appelé
à César. Num. 16. 6.
3" Le grand conseil appelé Sanhédrin, qui
était composé de douze princes des tribus ,
des vingt-quatre chefs des faniilles sacerdo-
tales, des princes des synagogues et des doc-
teurs de la loi. Matth. 5. 2*2. Reus erit conci-
lio ; Celui qui dira à son frère, Racha [ qui
est une parole de mépris ) méritera d'être
condamné par le conseil. 11 y avait chez les
Juifs trois sortes de tribunaux : L'un de trois
hommes dans chaque ville; le second, de vingt-
trois juges, dans les villes plus considéra-
bles, et s'appelait le petit Sanhédrin, ou le
Jugement, Reus erit judicio ; le troisième
était le conseil des Septante, appelé le grand
Sanhédrin, qui n'était qu'à Jérusalem. Jésus-
Chri^t dans ce v. 22. fait allusion aux deux
derniers tribunaux, dont les jugements s'é-
tendaient au dernier supplice, et assure que
devant Dieu les fautes de ceux dont il parle,
seront aussi extraordinaires que celles qui
sont condamnées dans ces deux tribunaux. V.
Mardi. 5o. c. 15. 1. Joan. 15. 47. Act. 4. 15.
c. 5. v. 21. 27. 34. 41. c. 6. v. 12. 15. c. 23. v.
1. 6. îo. 20. 28. Mais les assemblées dont il
est parlé, Malt. 10. 17, peuvent s'entendre
ou des quatre tribunaux que Gabinius, "gou-
verneur de Syrie, avait établis en différents
endroits de la Judée, outre celui de Jérusa-
salem, ou des tribunauxdes vingt-troisjuges.
Marc. 13. 9. Quelques-uns croient qu'il y
avait encore un conseil composé des prêtres
ou des lévites, ou docteurs de la loi, distin-
gué du grand Sanhédrin, qui était composé
de soixante et dix hommes, lequel Hérode,
disent-ils, avait aboli, et croient que c'est
de ce conseil sacerdotal et ecclésiastique,
qu'il est parlé. Matili. 26. 59. Marc. 14. 55.
c. 15. 1. Luc. 22. 66. Joan. 11. 47.
CONCINERE , «5e£v. Chanter par accords,
comme quand plusieurs chantent en concert;
ilaiis l'Ecriture :
1" Chanter ensemble. Num. 21. 17. Tune
cecinit Israël carinen istud ; ascendat pnteus,
concinebant : (Lorsqu'il parut un puits)
Israël chanta ce cantique au bord dAriion
»lans le désert, et ils chantaient tous ensem-
ble. 2. Par. 5. 13. c. 23. 13. 1. Esd. 3. 11.
2" Crier haut, faire éclater sa voix. Jer.
25. 30. Celeumu quasi calcanCium concinetur.
Voy. Celeuua.
82s
disposer ;
CONCINNARE. Accommoder
dans l'Ecriture :
Mettre en état, entretenir. Exod. 25. 6.
Oleum ad luminaria concinnanda : (Vous of-
frirez au Seigneur) de l'huile pour enlrelenir
les lampes du tabernacle ; Heb. Ad accenden-
dum. c. 35. V. 8. 28. Levit. 24. 2. Num. 4.
v. 9. 16.
Inventer avec adresse , concerter des
moyens avec artifice, et se prend en mau-
vaise part [-■oi-liy.ivi ). Ps. 49. 19. Lingua
tua concinnabat dolos : Votre langue ne
s'exerçait qu'à déduire des tromperies, dit
Dieu au pécheur. Ps. 57. 3. Job. 6 26. Isa.
32. 7. Prov. 12. 19. Qui testis est repentinus
concinnat linguam mendacem : Le témoin
précipité se fait avec peine une langue de
mensonge, t. e. a bien de la peine à mentir
d'une telle sorte que ses mensonges ne puis-
sent se découvrir; la vérité est au contraire
toujours la même.
CONCIO, Nis, i/yMiiv.. De ciere, et signi-
fie, assemblée de peuple, auditoire, ha-
rangue.
Peuple ou multitude de gens assemblés.
Deut. 9. 10. Quando concio populi congre-
gata est : Lorsque tout le peuple était assem-
blé, c. 18. 16. 2. Esd. 5. 7.
CONCIONARI, Sn/^c'/operv, Haranguer le
peuple. Act. 12. 21. Herodes concionabatur
ad eos;Hérode haranguait devant lesTyriens
et les Sidoniens.
CONCIPERE , (7v),),«,Lteâv£tv , du verbe ca-
pere, quasi simul capere, prendre plusieurs
choses ensemble, et concevoir, méditer, en-
tendre, contenir :
Concevoir : ce qui se dit de la femme et
des anim;iux qui conçoivent leur fruit. Ps.
50. 7. Ecce.. in iniquitatibus conceptus sum:
Vous savez, Seigneur, que ma mère m'a
conçu dans le péché : David se reconnaît
devant Dieu coupable de la mort et de la
condamnation éternelle, en qualité d'enfant
d'Adam, et à cause du péché originel. Luc.
1. 31. Concipics in utero : Vous concevrez
dans votre sein, dit l'ange à la sainte Vierge;
ce qui est l'accomplissement de la prophétie
d'Isaïe, marquée, c. 7. 14. Ainsi, Luc. 1. 36.
2. Reg. 11. 5. Nuntiavit David, et ait, ron-
cepi : Bethsabée fil avertir David qu'elle
avait conçu, afin qu'il pourvût à sa propre
sûreté, en détournant le châtiment que la
loi ordonnait contre son crime, ou qu'il em-
pêchât qu'elle ne fût dans la suite couverte
d'infamie.
l"" Produire, donnerl'être (èv yao-T/sî >afxgâveiv).
Num. 11. 12. Numquid ego concepi omnem
hanc mullitudinem? Est-ce moi qui ai conçu
toute cette grande multitude, dit Moïse ^
Dieu, le priant de le décharger du poids de
conduire lui seul tout le peuple d'Israël, Ose.
2. 5. Prov. 8. 24. Nondum erant abyssi, et ego
jam concepla eram (LXX, yïwâ ut [Qboç]) : La
Sagesse éternelle dit qu'elle à été conçue et
formée ; c'est-à-dire qu'elle. était et subsis-
tait avant la création du monde; d'où il suU
qu'elle était de toute éternité et qu'elle était
Dieu même, puisque avant les créatures , it
n'y avait rien hors Dieu. L'Ecriture sainte
82a
CON
CON
830
explique quelquefois les choses élevées et
qui passent la portée de l'esprit humain,
par des termes qui renferment de l'iraper-
feclion- mais on n'en doit prendre que ce
qui convient au sujet dont il s'agit : ainsi
.quand la Sagesse dit qu'elle a élé créée ou
conçue avant les créatures, cela veut dire
qu'elle élail avant toutes choses. Quoiqu'on
puisse dire que la Sagesse éternelle étant
conçue et cachée en Dieu, elle devait être
comme engendrée, et paraître au dehors par
les ouvrages merveilleux qu'elle devait faire.
Voy.Est. dist. 7. 1. 1.
2° .Méditer, avoir dans l'esprit. Job. 4. 2.
Conceptum sermonem tenere quispoterit ? Qui
pourrait retenir ses paroles en une telle ren-
contre? dit Eliphas à Job. Isa. 59. 13.
3° Délibérer, penser à faire quoique chose,
former quelque dessein dans son esprit. Isa.
59. 4. Ps. 7. 15. Job. 15.35. Concepit dolorem
et peperit iniquilatem : L'hypocrite conçoit la
douleur, et il enfante l'iniquité, i. e. ne pense
qu'à faire du mal, et il l'exécute. Jac. 1. 15.
Concupiscenlia cum conceperit, parit pec-
catum ; Quand la convoitise a formé le des-
sein de faire le mal, elle le produit. Isa. 26.
18. c. 33. 11, etc.
Phrase tirée de ce verbe.
Ignem concipere de ignilis lapidibus. Faire
sortir des étincelles de pierres à feu. 2. Mach.
10. 3. De iynitis lapidibus igné conceplo :
Machabée et ceux qu'il avait avec lui, firent
sortir quelques étincelles des pierres à feu,
pour offrir des sacrifices, après avoir repris
le Temple et la ville de Jérusalem sur An-
tiochus.
CONCISE. De concidere, et signifie d'une
manière concise : dans l'Ecr. il est pris dans
un sens figuré.
D'une manière entrecoupée, d'un son en-
trecoupé et serré, et non suivi. Num. 10. 7.
Simplex lubarum clangor erit, et non concise
ululabunt : Lorsqu'il faudra assembler le
peuple, les trompettes sonneront d'un Ion
plus bas, et non de ce son entrecoupé et
serré.
CONCISIO, Nis. 1" Blessure, meurtrissure.
Zach. 12. 3. Onines qui tcvabunt cum conci-
sione laccrabunlur : Le Prophète compare
ceux qui maltraiteront ou voudront trans-
porter les habitants de Jérusalem, à ceuxqui,
pour éprouver leur force, tâchent de lever
quelque grosse pierre dont ils sont ordinai-
rement fort blessés ou brisés, pour marquer
qu'eux-mêmes en seront rigoureusement pu-
nis et affliges de Dieu.
Carnage, perte, défaite. Joël 3. li. jPo-
puli, populi, in valle concisionis {oiy.o) : Ac-
courez, peuples, accourez dans la vallée du
carnage (qui est la vallée de Josaphal) selon
le Grec, dans celle vallé(î où sera le jugement
dernier el définitif: In valle Judicii. C'est le
sentiment de saint Jérôme el de (juelques
nouveaux interprètes; mais elle est appelée
Vallis concisionis, parce que les ennemis de
ïosaphut y ont été taillés en pièces. Voy.Jo-
gAPUAT.
2° Les Juifs qui sont aussi appelés Circum-
cîsio{y.u7Krouo ), sont appelés par saint Paul,
Concisio: parce que, dans la nouvelle Loi, la'
circoncision charnelle n'est plus qu'une cou-
pure ou blessure inutile ; au lieu que la vraie
circoncision est le retranchement de la cor-
ruption du vieil Adam. Philipp. 3. 2. Videte
concisionem : Gardez-vous des faux cir-
concis.
CONCISUS, A, UM. Coupé, divisé ; dans l'E-
criture, il signifie dans un sens figuré :
Coupé, entrecoupé, inégal, et qui n'est
point continué et suivi. Num. 10. o. Concisus
clangor: Son serré et entrecoupé. Jos. 6. 5.
Ce son est celui que les Latins expriment par
le mot taratantara. Voy. Clangere.
CONCITARE. De conciere. — 1" Emouvoir,
exciter, provoquer. Prov. 28. 25. Qui se jac-
tat, et dilatai, jurgia concilal : Celui qui se
vante et qui s'enfle d'orgueil, excite des que-
relles. Num. 5. V. n. 30. c. 11. 33. c. 27.
3. etc.
2° Troubler (ôopugoGv). Act. 17. 5. Zelan-
tes autem Judœi... turba facta concitaverunt
cà'ifafem; Les Juifs poussés d'un faux zèle,
ayant excité un tumulte, troublèrent toute la
ville deThessalonique. v. 6. De là vient:
CONCITATUS, A, UM. Furieux, emporté.
Prov. 27. 4. Impeliim concitati ferre quispo^
terit? Qui pourra soutenir la violence d'un
homme emporté?
CONCITUS, participe de conciere.
Prompt, vite (ra^ù,'). 2. Reg. 17. 18. Ilh
vero aoncito gradu ingressi sunt domum eu-
jusdam viri in Bahurim : Jonalhas et Achi-
maas entrèrent promptemenl chez un homme
de Bahurim pour s'y cacher, se doutant bien
que le garçon ayant averti Absalon qu'il les
avait vus avec David, Absalon enverrait les
chercher. Jerem. 46. 5.
CONCLAMARE, «vKzoàÇeiv, Crier, s'écrier
ensemble. Jos. 6. 5. Judic. 7. 18. Conclamale,
Domino et Gedeoni : Criez tous ensemble,
que la victoire soit au Seigneur el à Gédéon :
C'est ce que dit Gédéon à ses trois cents sol-
dats de faire lorsqu'ils le verraient sonner
delà tromiiette, allant contre les Madianites.
c. 10. 17. 1. Reg. 14. 20. etc.
CONCLAVE. De clavis. — 1° Chambre qui
ferme à clef. 2. Reg. 4. 7. Dormiebat super
leclum suum in conclavi (/otTwv) : Isboselh dor-
mait sur son lit dans sa chambre, lorsque
Rechab et Baana le tuèrent.
2° Cabinet (jo^ixtùo-j) . 2. Reg. 13. 10. Infcr
cihum in conclave : Portez dans mon cabi-
net ce que vous avez apprêté, dit Amnon à
Thamar, dans le dessein d'abuser d'elle. 4.
Reg. C). 12.
CONCLUDERE, cvyylii'-v^ ; de cludere, ou
plut(M claudere, enfermer, fermer, conclure
i ' Enfermer, envelopper, serrer. Luc. 5.6:
Concluscnint pisciummullitudincm copiosam.
Simon ayant jeté le ftlet sur la parole de Jé-
sus-Clirist, lui et ceux qui étaient avec lui,
prirent une grande quantité de poissons : A
quoi se peut rapporter dans le sens figuré,
Rom. 11.32. Conclusit.... Deus omnia in in^
crcdiililale; Gr. Onines: Dieu a renfermé tous
les hommes dans l'incrédulité, i. e. a permis
qu'ils y fussent cumme dans une prison
831
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE S\CUÉE.
d'où ils ne pussent sortir sans sa grâce.
Gai. 3. 22.
2' Fermer le passage, fermer, boucher. Ps.
3'*. 4. Conclude adve7'sus eos qui persequun-
tur me : Fermez le passage à ceux qui me
poursuivent. 2. Esd. 4. 7. Judith. 13. 1. Job.
3. 10. c. 38. 8. Thren. 3. 9. Abd. v. 14. Ainsi,
1. Mac. 6. 18. Concliiserant Israël in circuilu
Sanclorum : Ils fermaient à Israël les ave-
nues du Temple.
3" Garder, fortifier. Gant. 4. 12. Horlus
eonclusus soror mea sponsa : L'Eglise est ce
jardin bien fermé de tous côtés, dans lequel
sont les parfums de la charité et où croissent
les plantes du Père céleste : quelques Pères
entendent aussi ce passage de la sainte
V^ierge, parce qu'elle a enfanté et est tou-
jours demeurée vierge.
§ 1. — Livrer aux ennemis, réduire quel-
qu'un à une telle extrémité, qu'il vionne au
pouvoir de ses ennemis, sans qu'il puisse
l'éviter ( TzapuBiBovy.i ). Deut. 32. 30. Dominua
conclusit illos : C'est le Seigneur (jui a livré
les Israélites en proie à leurs ennemis. Amos
1. 6. Ainsi, l.Reg.23. 7. c, 26. 8.2. Rog. 18.
28. Job. 16. 12. Ps. 30. 9. Ps. 77. v. 50.
62. etc
§ 2. — Rendre stérile. Gen. 16. 2. Conclu-
sit me Dominus : Le Seigneur m'a mise en
état de n'avoir point d'enfants, dit Sira à
Abraham, l'engageant de prendre Agar pour
femme. 1. Reg. 1. v. 5. 6. Mais les passages
suivants s'entendent ou du pouvoir qui est
ôté aux femmes d'user du mariage, ou de
concevoir ou d'accoucher. Gen. 20. 18. Con~
cluserat enim Dominus omnem vulvam domiis
Abimelech : Depuis qu'Abimelech flt venir
chezluiSara,Dieuavaitfrappédemaladieelde
stérilité toute la maison d'Abimelech, à cause
de Sara; se. avant qu'Abraham eût prié Dieu
qu'il les guérît. Job. 3. 10. Quia non conclu-
sit ostia ventris : Que la nuit en laquelle il
a été dit (de moi) un hommo est conçu, pé-
risse; parce qu'elle n'a point fermé le ventre
qui m'a porté, i. e. no m'a pas empêché de
naître. Il ne faut point accuser Job d'impa-
tience, puisque Dieu mémo le justifie.
CONCLUSiO, Nis. La fin ou la conclusion
de quelque chose ; dans l'Ecriture :
1° Chaîne , prison (oeo-pô,-). Isa. 42. 7.
Dedi te ut educeres de conclusione vinctum :
Je vous ai établi pour tirer dos fers ceux qui
étaient enchaînés : Le Père Eternel adresse
ces paroles à Jésus-Christ (jui devait venir au
monde pour racheter les hommes.
2° Discours abrégé. Ezech. 7.23. Faccon-
clusionem : Abrégez en peu de mots les me-
naces et les peines des Juifs.
GONGORDARE, ^vfxywvsrv , S'accorder, et
convenir. Act. î.i. 15. Huic concordant verbn
Prophctarum : Les paroles des prophètes s'y
accordent : saint Jacques, dans le concile (fe
Jérusalem, appuie du témoignage des pro-
phètes le sentiment de saint Pierre, qu'il ne
fallait point obliger les Gentils à la loi de
la circoncision.
CONCORDATIO, nis , St^Wayri , Réunion,
reconciliation. Eccli. 22. 27. c. 27. 23. Ma-
tedicii est concordatio : Après des injures, il
83f
y a encore lieu de se réconcilier : L'Ecriture
dit ceci par opposition au mal qu'on fait de
révéler le secret d'un ami ;ce qui l'éloigné de
nous sans ressource.
CONGOUDIA, ô|:xôvot«, concorde, accord,
union, bonne intelligence. Eccli. 25. 2. Pro--
bâta cornm Deo et hominibus concordia fra-
trum : L'union des frères est approuvée de
Dieu et des hommes. 2. Par. 16. 3. Esth. 13.
45. Sap. 18. 9.
Ordre et accord, qui se dit de celui que
Dieu a établi dans les corps célestes et dans
leurs mouvements. Job. 25. 2. Qui facit con-
corr/««m (LXX, Tïjv o-vfATrao-av) in sublimibus
suis : Celui-là seul est puissant et redoutable,
qui fait régner la paix dans ses hauts lieux,
i. e. dans les cieux.
CONCORPORALIS, is. De corpus, et signi-
fie, dans le sens figuré :
Qui est membre d'un même corps mystique
avec un autre {ctvt^muo;). Eph. 3. 6. Révéla^
tum est Apostolis.... (rentes esse concorpora-
les : Il est révélé par le Siint-Espril aux
saints apôtres, que les Gentils sont incorpo-
rés avec les Juifs en Jésus-Christ.
CONCREARE. Créer avec : de là vient,
CONCREARI. Êire créé avec quelqu'un.
Eccli. 1. 16. Cum fidelibus in vulva concrea-
tus est : La crainte de Dieu, ou plutôt la sa-
gesse , est créée avec les hommes fidèles dès
le sein de leur mère ; soit que ce soit à cause
de l'inclination que quelques enfants ont
pour la piété ; soit à cause de leur prédesti-
nation, c. 11. 16. Error et tenebrœ peccato-
ribus concrcala sunl : L'erreur et l'aveugle-
ment sont inséparables des pécheurs, parce
qu'ils sont la peine du péché.
CONCREMARE, Gr. ^«Ta/atstv. Brûler avec :
dans l'Ecriture :
Brûler. Apoc. 17. 16. Ipsam igni concre-
mabunt : Les rois saccageront la Rome
pa'ienup. c. 8. 7. Judic. 15. 5. 2. Mach.
10, 36.
CONCREPARE. Faire du bruit.
1° R ïtentir du bruit , raisonner. Jos. 6. 9.
Buccinis omnia concrepabant : Le bruit des
trompettes retentissait de toutes parts, lors-
que les Israélitos faisaient le tourde Jéricho,
selon l'ordre de Dieu.
2° Déplorer le malheur de quelqu'un par
des lamentations (x),atsiv). Jerem. 22. 18.
Non concrepabunt ei : vœ, domine, et vœ, l'rj-
clyte : Les étrangers, et tous les sujets de la
maison de Joachim , ne plaindront point
Joachim, en criant : Ah 1 prince déplorable 1
ah! grandeur bientôt finie 1 se. au temps
qu'il sera emmené en captivité.
CONCRESCERI^:. — 1" S'amasser, s'épais-
sir. Le vit. 15. 3. Cum eoncreverit (o-uvio-ra-
aOy.i) fœdus humor : Lorsqu'il se fait une ob-
struction de cette humeur.
2" Se former. Prov. 3. 20. Nubes rore con-
crescunt : La pluie et les nuées se forment
des vapeurs; ou , selon l'Hébreu et le Grec,
Les nuées en s'épaississanl forment l;i pluie
et la rosée qui tombe. Job. 37. 10. Fiante
vento concrescit gelu : La glace se forme au
souffle de Dieu. A quoi se rapporte, dans le
sens mélaphoriquc. Deut. 32. 2. Concrescat
835
CON
ut pluvia doctrina mea : Que les vérités que
i'onsoigne entrent dans les âmes, comme une
piuie, quis'es/ formée des vapeurs en gouttes
d'eau , entre dans la terre pour la rendre
fertile; Gr. Tr/soo-So/âo-Qw, exspectelar,
CONCUBINA, 7ro:/>,«zïj, de ciibare. Concubi-
ne : dans l'ancienne loi , l'on entendait par
ce mot, une femme légitime, laquelle était
ordinairement servante et soumise à la
fcnmie principale, qui était mère de famille;
et ses enfants n'avaient point de part à l'hé-
ritago, si le père ne le voulait ; mais le père
leur faisait seulement des présents. Gen. 25.
v. 0. 6. Deditque Abraham cuncta quœ possé-
derai, Isaac : filiis autem concubinarum lar-
giius est munera : Abraham donna à Isaac
tout ce qu'il possédait , et fit des présents
aux fils de ses autres femmes ; quoique Ja-
cob en ait usé autrement. Voy. Gen. 46.
v. 8. et suiv. et c. W. Ainsi , 3. Reg. 11. 3.
Fuerunlque et uxores quasi reginœ seplingen-
tœ, et concubinœ trecenlœ : Salomon eut sept
cents femmes, qui étaient comme des reines,
et trois cents , qui étaient comme ses con-
cubines : celles-ci étaient femmes légitimes,
mais sans la dignité de reine; i. e. du second
rang, et comme étaient celles de David, dont
il es! parlé, 2. Reg. 12. 11. c. 16. 22. Salomon
n'en avait pas encore un si grand nombre
au temps qu'il composa le Livre des Canti-
ques, c. 6. V. 7. 8. Sexaginta siint reginœ et
ocloginla concubinœ... una est coluinba: Il y a
soixante reines et quatre-vingts femmes du
second rang... mais une seule est ma colom-
be : ces premières femmes s'épousaient avec
les cérémonies ordinaires ; et les secondes
sans contrat et sans cérémonies, quoiqu'el-
les fussent aussi appelées femmes légitimes ;
mais d'un moindre rang. Voy. 2. Reg. 12.
11. comparé avec c. 16. 22. Judic. 19. v.
10. 25.
CONCUBITOR, is. De concumbere; doù
vient cette f.icon de parler.
CONCUBITOR MASCULORUM, àp^svoxoi-
T»}?. Sodomite , abominable. 1. Cor. 6. 10.
Neque molles , neque masculorum concubito-
res rignum Dei possidebunt : Ni les impudi-
ques, ni les sodomites n'hériteront point du
royaume de Dieu.
(^ONCUBITUS, us, c-L/voy^iKT/zci,-. — 1° Con-
naissance de fille ou de femme , soit qu'elle
soit légitime ou non.EccU, 23. 6. Concubitus
concupiscentiœ ne appréhendant me : Que la
passion de l'impureté ne s'empare point de
moi. Gen. 38. 16. Rom. 9. 10. ^'e(/ et R'becca
ex uno concubilu habens Isaac patris nostri :
Ce n'est pas seulement dans Sara que la pro-
messe de Dieu a paru, mais encore dans
Réb( cca , qui conçut en même temps doux
enfants d'Isaac , notre père. Gr. Sed et He-
Ijccca ex uno pâtre noslro concubitnm , i. e.
frlimifOU conceptuin habens; /.liT/iv , cubile
pour fetwn , ou conceptum : Jacob cl Esaii
étaient nés d'un même père , d'une même
mère, tous deux ensemble; néanmoins l'un a
été élu, l'autre rejeté, selon la promesse que
Dieu en avait faite à Kébecca. Au lieu de ce
mot concubitus, on trouve coilns fcminis; Gr.
NoîT» , dans la même signification, i.evit. iv.
CON 854
20. c. 19. 20. et ailleurs. — 2^ Passion, at-
tachement que l'on a pour quelqu'un. Ezech.
23. 20. Jsanivit libidine super concubitum
eoriim : Jérusalem a eu une passion fu-
rieuse de se joindre aux Chaldéens pour
exercer avec eux l'idolâtrie, exprimée figu-
rément par les amours infâmes.
CONCULCARE , xKTaTra-îfv ; du simple ,
calcare.
Fouler aux pieds , marcher dessus. Luc.
12. 1. Multis lurbis circumstanlibus, ita ut se
invicem conculcarent : Une grande multitude
de peuple s'étant assemblée autour do Jésus,
en sorte qu'ils marchaient les uns sur les
autres. 4. Reg. 7. 17. 20. c. 9 33. c. ik. 9.
1" Perdre , ruiner. Ezech. 36. 3. Pro eo
quod desolali eslis, et conculcaii (^atc-efirOat " per
circuitum : ( Vous , montagnes) parce qu«
vous avez été désolées, que vous avez été
foulées aux pieds de tous les passants : Dieu
promet que la Judée, dont les Idumécns s'é-
taient rendus maîtres après l'avoir ruinée,
serait rétablie pour les Juifs. Voy. v. 5. 9.
10. Ainsi, Dan. 7. 23. c 8. 7.
2° Maltraiter, lâcher de perdre et d'ex-
terminer. Ps. 35. V. 1.2. Miserere mei, Deus,
quoniam conculcavit me homo : Ayez pitié de
moi , mon Dieu ! parce que l'homme m'a
foulé aux pieds : David parle de Saiil, dont
il était peisécuté, et qui cherchait à lui ôler
la vie. Ps. 56. 4. L'Hébreu , en ces endroits
et ailleurs, porte : Deglutire, obsorbere.
3" Mépriser, traiter avec mépris et igno-
minie. Hebr. 10. 29. Quanto magis putatis
détériora mereri supplicia , qui filiwn Dei
conculcaverit : Combien pensez - vous que
celui-là sera jugé digne d'un plus grand
suppliie (que celui qui aurait violé la loi de
Moïse) qui aura foulé aux pieds le Fils de
Dieu ? c est ce que font particulièrement
ceux qui renoncent à leur foi. Eccli. 9. 10.
Omnis mulier fornicaria quasi stcrcus in via
conculcabitur : Touli} fimme prostituée est
comme de l'oidure dans un chemin, qui est
foulée aux pieds de tous les passants. Isa.
26. 6. Ezech. 16. 6. c.35. 18. 1. Mach. 3. 45.
c. 4. 60. Matth 7. 6. Mais ce verbe signifie
aussi, traiter cruellement et ignominieuse-
ment. Isa. 16. 4. Defecil qui conculcabat
terram : Le roi de Babylone , qui foulait la
terre aux pieds, est réduit en cendre, c. 18.
2. c. 63. 18. Jerem. 12. 10. c 50. 26. Ezech.
52. 2. Dan. 7. 7. Ps. 7. 9. etc.
4" Surmonter, vaincre , s'assujettir entiè-
rement. Ps. 90. 13. Conculcabis leonem et
draconem : Vous vous assujel tirez ce qu'il y
a de plus terrible et de plus dangereux. Isa.
63. V. 3. 6. Conculcavi populos in fur or e
meo : Je les ai foulés dans ma fureur ; Je--
sus Christ parle des démons , dont il a dé-
truit l'empire par sa Passion. Judic. 5. 21.
4. Reg. 14. 4. 2. Par. 25. 18. Isa. 14.25.
Mich. 5. 8. Habar. 3. 12. Zach. 10. 5.
5"Couvrir, cacher, dérober à la vue. Ps. 138;
11. J:l dixi, forsitnn tenebrœ conculcabunt me
Hebr. opcrienl me : J'ai dit : peut-être que les
ténèbres me cacheront à l'égard de Dieu ,
parce (jue ce qui se foule aux pieds ne paraJI
point; l'Egypte est appelée pour cela, lia. 18.
g3S DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE
V. 2. 7. Conculcaîa y parce qu'elle est cou-
verlo du limon du Nil.
CONCULCATIO, nis, xaT«7TàT»3//.a. — 1° L'ac-
lion de fouler aux pieds, ou le lieu même où
l'on marche. Isa. 7. 25. Erit in pascua bovis,
el in conculcationem pecoris : La Judée, dans
le temps de sa ruine et de sa captivité, ser-
vira aux bœufs de pâturages, et les troupeaux
y viendront en foule sans que personne les
empêche.
2" Perte, dégât, ravage. Isa. 5. 5. Erit in
conculcationem : La Judée sera exposée aux
injures et au pillage, c. 10. 6. c. 22. 5. c. 28.
18. Mich. 7. 10.
3° Chose vile et sale , (elles que sont les
choses que la mer rejette. Isa. 57. 20. Impii...
quasi mare redunckms, fluclus ejiis in concul-
cationem et lutum : Les méchants sont comme
une mer dont les flots vont se rompre sur le
rivnge avec une écume sale et bourbeuse.
CONCUMBERE,>;ot;/â(Teai. Ce verbe vient de
ciim et du simple inusité cumbere.
Coucher avec, et dans un sens Gguré, con-
cumbere cum viro : Si c'est un mari légitime,
c'est user du mariage; sinon c'est commettre
un crime, soit un inceste, comme, Gènes. 19.
57. Dormivit cum eo et ne tune quidem sensit
qnando concubuerit, nec quando snrrexit : La
seconde fille de Lolh dormit avec lui sans
qu il sentît ni quand elle se coucha ni quand
elle se leva; soit un adultère, comme, Num.
5. 20. Sin polluia est, concubuisti cum altéra
viro : Si vous êtes souillée en approchant
d'un autre homme. Ainsi , concumbere cum
aliqua, si c'est une femme mariée, c"est com-
mettre un adultère, comme les vieillards en
voulurent commettre un avec Suzanne. Dan.
13. 11. Volentes concumbere cum ca : Ayant
dessein de la corrompre, v. 37. Si c'est une
fille qui , étant fiancée , se Haisse corrompre,
alors ils doivent être lapides l'un el l'autre.
Deut. 22. v. 23. 2i. Si concubuerit cum eo,
educes utrumque ad portam civilatis illius, et
lapidibus obruentur : Mais s'il la déshonore
en lui faisant violence, il sera lui seul puni
de morl. v. 25. Sin apprehendens concubuerit
cum eo, ipse morietur solus : S'il l'a déshono-
rée en lui faisant violence, n'étant point fian-
cée, il donnera au père de la fille cinquante
sicles d'argent , et il la prendra pour femme.
V. 28. Si cette fille est une sœur, c'est un in-
ceste , tel qu'est le crime dAmnon. 2. Reg.
13. 20.
CONCUPISCENTIA , je , è-iBuiAu. Ce mot,
qui signifie proprement concupiscence , se
prend plus ordinairement en mauvaise part,
soit quand il se dit seul , soit quand on
ajoute dans sa signification la chose que l'on
désire, ou la personne qui désire, hormis eu
quelques endroits.
l'-Ce mot, pris en bonne part signifie désir,
souhait. Sap. G. 18. Initium illius verissima
est disciplina concupiscentia : Le commence-
ment de la sagesse est le désir sincère de
l'instruction, v. 21. Eccli. 3. 31.
2 En mauvaise part , passion , concupis-
cence ; soit qu'elle se prenne pour la source
de tous les mouvements déréglés. Jac. 1. v.
li. 15. Concupiscentia cum conceperit , parit
85G
peccatum : Quand la concupiscence a conçu,
elle enfante le péché. 1 Joan. 2. 16. Omne
quod est in mundo concupiscentia carnis est ,
et concupiscentia oculorum : Tout ce qui est
dans le monde , i. e. tout ce que les hommes
recherchent, n'est que sensualité, avarice et
orgueil. Ps. 105. IV. Et concupierunt conçu-
piscentiam in deserto : Les Israélites désirè-
rent de manger des viandes dans le désert :
Ceci a rapport à ce qui est dit , Exod. 16. 3.
Num. 11. v. k. 6. 33. Celte façon de parler
est un Hébraisme pour marquer la grandeur
et l'injustice de cette convoitise ; soit que ce
mot soit pour exprimer les mauvais désirs et
les péchés qui sont les effets de cette concu-
piscence. Rom. 7. 8. Occasione... accepta
peccatum per mandatum operatum est in me
omnem concupiscentiam : Le péché prenant
occasion du commandement ( de s'irriter da-
vantage , ) a produit en moi toutes sortes de
mauvais désirs : Ce commandement est : Non
concupisces. De là viennent ces façons de
parler.
1° Ire post concupiscentias : Se laisser aller
à ses mauvais désirs. Eccli. 18. 30. Post con-
cupiscentias tuas non eus : Ne vous laissez
point aller à vos mauvais désirs. 2° Prœstare
animœ suœ concupiscentias : Contenter son
âme dans ses mauvais désirs ; c'est contenter
et satisfaire sa passion. Eccli. 18. 31. Si prœ-
stes animœ tuœ concupiscentias ejus, faciet te
in gaudium inimicis tuis : Si vous contentez
votre âme dans ses désirs déréglés, elle vous
rendra la joie de vos ennemis. In concupi^
scentia olicujus esse : Brûler de passion pour
quelque personne. Dan. 13. 20.
3" La chose même que l'on désire. Sap. 16.
2. Quibus dcdisti concupiscentiam delecta-
menti : Vous avez donné à votre peuple la
nourriture délicieuse qu'il avait désirée ; ceci
a rapport à ce qui est dit num. 11. 31. Ainsi,
Sap. 16. 3. Ut illi... etiam a necessaria conçu-
piscentia averterentur : Les Egyptiens, étant
pressés de manger, avaient aversion des vian-
des même les plus nécessaires, à cause des
plaies dont Dieu les avait frappés; ces plaies
sont marquées entre autres, Exod. 8. v. 3.
14, etc. Ainsi, Sap. 6. 21. Concupiscentia ita-
que sapientiœ deducit ad regnum perpctuum :
Le sage marque dans les trois versets pré-
cédents de quelle manière le désir de la
sagesse conduit au royaume éternel. Concu-
piscentia sapientiœ, i. e. sapientia quam con-
cupiscis. .
h" Nom de lieu, appelé les Sépulcres de
concupiscence, parce qu'ils y ensevelirent le
peuple qui avait désiré de la chair. Ce lieu
était près du désert de Sinaï. Num. 33. 16.
Deut. 9. 2. Voyez Sepulcrum.
GONCUPISCERE, È-iôu^srv. De cupere, et
signifie proprement souhaiter, désirer.
Ce verbe, dans l'Ecriture, se prend ea
bonne ou en mauvaise part; si ce qu'on dé-
sire est un bien dç l'âme qui puisse rendre
meilleur, le désir en est bon; si c'est un bien
temporel, ce désir se prend dans l'Ecriture
en mauvaise part, et surtout quand on n'a-
joute rien avec le verbe concupiscere {S. Aug.
Ps. 118. Conc. 8. lib. V*. c. 7. de Givil.J.
837
CON
CON
853
1° Souhaiter, désirer, pris en bonne part.
Ps. 4i. 12. Et concupiscet rex decorem tuum:
Jésus-Christ aime son Eglise et conço.it de
l'amour pour sa beauté. Ps. 83. 3. Ps. 118. v.
20. 40. 174. Sap. 6. v. 12. 14. Eccli. 1. 33. c.
24! 26. Jac. 4. o. 1. Petr. 2. 2.
2" En mauvaise pari. Kxod. 20. 17. Rom.
7. 7. c. 13. 9. Son concupisces : Vous n'aurez
point de mauvais désirs. Deut. 5. 21. c. 7. 25.
Jac. 4. 2. Ainsi Prov. 21. 26. Tota die concu^
piscit et desiderai : II passe toute la journée
à faire des souhaits; ce qu'on rapporte ordi-
nairement au paresseux dont il est déjà parlé;
mais IHébreu peut se traduire, d'après Dru-
sius : Omni die avet aviditas, i. e. avarus ; ce
qui semble bien s'accorder avec ce qui suit
dans ce même verset : Qui auiem juslus est,
tribuet (pauperibus) et non cessabit.
CONGUPISGIBILIS, is, e, i-tôu^r.Ti?. Dé-
sirable, précieux, de grand prix. l.Mach. 1.
24. Et accepit orgenîum et aurum, et vasa
concupiscibilia: Antiochus entra dans le lieu
saint et y prit l'argent, l'or et tous les vases
précieux.
CONCURRERE, a-mpéx^ty. 1° Courir, en-
semble, accourir en foule pour s'assembler.
2. Reg. 15. 12. Populus concurrens augeOatur
cum Absalom : La foule du peuple, qui ac-
courait de toutes paris pour suivre Absalom,
croissait de plus en plus, se. lors de sa ré-
volte contre David pour se faire roi. c. 19. 41.
2. Esdr. 4. 20. Judith. 13. 13.
2° Courir sus, se jeter sur quelqu'un (s^to-
TâvKtj- -'^ct. 6. 12. Concurrentes rapuerunt
eum : Ils se jetèrent sur saint Etienne; ce
fut à la sédition qu'excita contre lui cette secte
de Juifs, marquée v. 9, voyant qu'elle ne lui
pouvait résister.
§ 1. — Se déborder, sortir de ses bornes.
Sap. 5. 23. Elumina concurrent {<7'jy/lû'(^su]
duriter : Les fleuves se déborderont avec
furie contre les insensés, se. au jour de la co-
lère et du jugement de Dieu.
§ 2. — Etre excités les uns contre les au-
tres ( ÈTTEysipEffOai). Isa. 19. 2. CoHcurrere
faciam Mgyplios adversus JEyyptios : Je ferai
que les Egyptiens s'élèveront contre les Egyp-
tiens ; ce qui marque leur division entre eux.
§ 3. — S'accorder et conspirer ensemble
pour un même dessein et pour la même fin
[fjvjzpi/ja]. 1. Petr. 4. 4. Admiranlar non
concur'renlibus vobis in camdem luxuriœ con-
fusioneni : Les pa'iens trouvent étrange que
vous ne couriez plus avec eux comme vous
faisiez à ces débordements de débauche et
d'intempérance.
CONCUKSIO, Nis (-Tjvoiîof/ri ). Concours,
assemblée. Act. 21. 30. fada est concur-
sio populi : Aussitôt... il se lit un concours
du peuple (de Jérusalem) contre saint Paul,
par le moyen des Juifs d'Asie, sur la tin des
sept jours de sa purification.
CONCURSUS, us (!rvvO|-.opri). 1" Concours
(umultuaire. Act. 19. 40. Periclilamur aryui
scdilionis hodiernœ cun\ nuUus obnoxius sit
(de quo possimus reddere rationcm) cuncur-
sus istius : Nous sommes en danger d'éire ac-
cusés de sédition pour ce (jui se pa!5se aujour-
d'hui, ne pouvant alléguer aucune raison
pour justifier ce concours tumultuaire de
peuple, dit le greffier de la ville d'Ephèse,
après avoir apaisé le tumulte excité par Dé-
métrius et ceux de son parti. Voy. Obnoxius.
2° Amas de peuple, assemblée séditieuse
( è-hzccrt; et i-i^Ù7zy.^iç ). Act. 24. 12.
Neque... invenerunt me concursum facientem
turbœ : Mes accusateurs ne ni'ont point trouvé
amassant le peuple, dit saint Paul, contre
l'accusation de Tertulle. Voy. v. o. 9.
CONCUSSIO, Ms. Agitation, ou l'action de
secouer, en parlant de quelque vase : dans
l'Ecriture il signifie :
Agitation, mauvais traitement (Ojuo?).
Isa. 14. 3. Cum requiem dederit tibi Deùs a...
concussione tua : Lorsque le Seigneur aura
terminé votre oppression. Le Prophète parle
aux Juifs de la délivrance de leur captivité
des Assyriens.
CONCUTERE, (7'jcr7=ùtv). De qualere.
Secouer , ébranler { c-a^rjsiv ). Nahum.
3. 12. Omnes munitiones tuœ sicut ficus cum
grossis suis, si concussœ fuerint, cadent in os
comedentis : Toutes vos fortifications tombe-
ront aussi aisément que les premières figues,
qui, aussitôt qu'on a secoué les branches du
figuier, tombent dans la bouche de ceiui qui
les veut manger. Le prophète prédit la de-
struction inévitable de Ninive. Judic. 16. 30.
Job. 1. 19. c. 9. 6. 2. Reg. 22. 8.
1° Faire trepibler ( c-uTTrùtv ). Ps. 28.8.
Vox Domini concutientis desertum .-C'est la
voix du Seigneur qui ébranle le désert; se.
le tonnerre fait trembler les bêtes sauvages
des déserts. Ezech. 31. 13. Ligna agri con-
cussa sunt [hl-'jt'jbrj.i) : Tous les arbres des
champs ont treniblé de crainte. Le Prophète
fi^iure la crainte qu'eurent tous les rois et les
peuples lorsqu'ils apprirent la fin funeste de
Sennachérib et la défaite de son armée par
l'Ange. Exod. 20. 18. Job. 7. 14. c. 21. 6.
2" Troubler de quelque passion. Judith.
12. 16. Cor Holophernis eoneussum est (èçco-
■zv.-r/.i) : Holopherne, voyant Judith fut frappé
au cœur, parce qu'il brûlait de passion pour
elle.
3' Maltraiter, ravager, agiter, remplir de
terreur (le Grec porte ici manifestum fieri).
Isa. 33. 9. Concussa est Basan et Carmelus :
Basan et le Carmel ont élc dépouillés de leurs
fruits. Ces deux pays étaient pleins de bons
pâturages. Voy. Deut. 32. 14. etc. Voy, 1.
Reg. 25. 2. Ainsi Isa. 14. 16. Amos. 9. 9.
Concutiam in omnibus gentibus domum Israël,
sicut conculitur trilicum in cribro ( iizy.iv.
ventilare) : Je ferai que la maison d'Israël
sera agitée parmi toutes les nations comme
le blé est agité dans le crible, pour discerner
ceux qui sont véritablement à Dieu d'avec
les autres comme le grain se distingue par sa
solidité d'avec la paille en agitant le crible
ou le van.
4^ User de violence et intimider pour tirer
de l'argent ou autre chose, rançonner (5ta-
o^ciriv ). Luc. 3. ik. Meminem cunculiatis :
N'usez de violence en\ers personne, repond
saint Jean aux soldats qui lui demandaient
ce qu'il leur f.illait Liire pour être sauvés.
CUNDECl KL. 11 convient, il appartient, il
839
esl Ju
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRfcE.
840
devoir {■KpiiTsi-»). Eccli. 33. 30. In
opéra constitue iilum, aie enim condecet illum:
Tenez l'esclave dans le travail, car c'est là
où il doit être.
CONDELEGTARI, aw/iSscreai. Se plaire à
quelque chose. Rom. 7. 22. Cotidelector legi
Dei secundum inlerioretn hominein : Je me
plais dans la loi de Dieu, selon l'homme in-
térieur.
CONDEMNARE, xaraStxâÇetv. 1° Condam-
ner, juger. Luc. 6. 37. Noiite condemnare et
non condemnabimini : Ne condamnez point,
et vous ne serez point condamnés, dit Jésus-
Christ à ceux qui écoulaient sa parole avec
soumission. Job. 10. 2. Prov. 17. 15. Ps. 9i.
21. Isa. 50. 9. Ainsi, Dan. 13. 41. Condem-
naverunt {■Aazu-xpbsi-j) eam ad mortem : Toute
l'assemblée condamna Susanne à la mort,
non par une sentence juridique, puisque le
peuple n'avait pas celte autorité, mais par
un consentement tacite et un avis commun,
parce qu'ils savaient que la loi condamnait
les adultères à la mort. Levit. 20. 10. il est à
croire qu'elle fut ensuite condamnée dans les
formes de la justice par les juges.
2° Convaincre. Job. 9. 20. Si jiisii/icai'e me
voluero, os meum condemnabit me : Si j'entre-
prends de me justifier, ma propre bouche me
convaincra que je suis coupable, c. 15. 6.
Sap. k. 16. Matlh. 12. v. 37. il. 42. Ainsi Til.
3. 11. Cum sit proprio judicio condemnatus
(aÙToxarâx^tTOî) : Etant convaincu par son
propre jugement. L'Apôtre parle d'un héré-
tique qui, ayant été averti une ou deux fois,
ne se convertit point en rétractant sou er-
reur.
3^ Punir d'une amende {iniSocykîiv yôj&ov).
2. Par. 36. 3. Condemnavit terram centuin ta-
lentis argenti et talenlo auri : Néchao, roi
d'Egypte, condamna le pays de Judée à lui
donner cent talents d'argent et un talent d'or,
au temps qu'il déposa Joachas du royaume
et y établit Eliakim, son frère. Sap. 11. 11.
Deut. 22. 19.
4° Punir de peines éternelles, y condam-
ner ( xaraxjotvetv ). Marc 16. 16. Quifion
crediderit, condemnabitur : Celui qui ne croira
point (à l'Evangile) sera condaniné. Tob. 13.
16.
5° Troubler, inquiéter (Sept. xaTaStxàÇetv
condemnare). Job. 34. 29. Ipso concedente pa-
cem, guis est guis condemnef? Si Dieu donne la
paix, qui est celui qui la troublera?
CONDEMNATIO , nis , {xazù-AptiMc^ , x«Tà-
^ptatç). — 1° Gondamnalion. Sap. 17. 10. Cum
sit timida neguitia, dal teslimonium condem-
nalionis : Comme la méchanceté esl timide,
elle se condamne par son propre témoignage
(Sept. x«TK5izKÇofA£v)j, condemnata). Rom. 5.
v. 16. 18. Judicium quidem ex uno in con-
demnalioncm : Le jugement de notre condam-
nation vieni d'un seul péché; se. tous les
hommes, même avant l'usage de la raison,
méritent la damnation, à cause du péché
d'Adam.
2" Peine, punition ( xaTa5tx>3 ). Sap. 12. 27.
Finis condemnationis eorum venit super illos :
Les Egyptiens furent enfin accablés par la
dernière punition , étant submergés dans la
mer Rouge. 1. Esdr. 7. 26.
3" Blâo^e, reproche. 2. Cor. 7. 3. Non ad
condemnalionem vestram dico : Ce n'est pas
pour vous accuser d'ingratitude que je vous
parle de la sorle.
CONDENSUS, A, UM, Bcavç, épais, touffu.
2. Reg. 18. 9. Cum ingressus fuisset mulus
subter condensam guercum et magnam : Lors-
que Absalom passait sous un grand chêne
fort touffu (Sept. 5«<7o.- zf,ç opvôç^densitasquer-
cus). Ce fut là qu'il demeura suspendu, sa
chevelure s'élant embarrassée dans les bran-
ches. Ezech. 31. V. 3. 9. 10. De là vient :
CONDENSA, ORUM. Ce pluriel neutre, qui
est pris substantivement, signifie :
Epais, épaisseur des forêts ( Spvixoi ). Ps.
28. 9. Vox Domini revetabit condensa : Le
tonnerre et les foudres brisent les forêts, et
en découvrent les lieux les plus sombres, en
arrachant par la force de la tempête un grand
nombre des plus hauts arbres. Ps. 117. 27.
Consliluile diem solemnem in condensis, èv
Tot,'7ruxàÇoy(Ttv: Rendez ce jour solennel, et or-
nez le temple de branches d'arbres touffus :
d'autres expliquent, entrez en foule; Hebr.
liez la victime de la fêle avec des cordes:
Ceci regarde le temps du Messie. Isa. 10. 34.
Subvertentur condensa saltus ferro: Les forêts
les plus épaisses (Sept, ù^oloi, sublimes) se-
ront abattues par le fer. Le Prophète parle de
la défaite des armées de Sennachérib , dont
les troupes nombreuses devaient être taillées
en pièces. Voy. Saltus.
CONDËRE , otxoSopistv ; de la préposi-
tion cum et du verbe dure ; comme qui di-
rait : Simul in interiorem locum dure; et si-
gnifie :
1" Edifier, bâtir. Num. 13. 23. Hebron
seplem annis ante Tanim urbem Mgypti
condita est : Hébron a été bâtie sept ans
avant la ville de Tanis , en Egypte. Eccli.
47. 14.
2° Etablir, former, ordonner. Isa. 10. 1.
Vœ gui condunt ( ypàfst-j ) leges iniguas \
Malheur à ceux qui établissent des lois d'ini-
quité ! 2. Mach. 6. 23. Ainsi, Exod. 9. 24. Ex
guo gens illa condila est (yiyvc-aSai , ybsirdxi) :
Cette grêle fut d'une telle grosseur , qu'on
n'en avait jamais vu auparavant de sembla-
ble dans toute l'étendue de l'Egypte, depuis
l'établissement de son peuple.
3° Créer, former de rien; ce qui n'appar-
tient qu'à Dieu. Coloss. 1. 16. In ipso con-
dita sun( (zTtÇetv) universa : C'est par le Fils
de Dieu que tout a été créé. Marc. 13. 19. A
(juoi se peut rapporter, dais le sens figuré,
Ephes. 2. 15. Ut duos condat in semetipso in
unum novum hominem : Jésus -Christ par sa
doctrine a aboli la loi chargée de tant de
de préceptes , afin de renouveler et comme
créer de nouveau, par la vertu du Saint-Es-
prit, les Juifs et les Gentils , et de les réunir
en lui-même comme membres d'un même
corps , pour en former un homme nouveau
qui vécût d'une vie toute nouvelle.
4" Garder, mettre en réserve (<tuv«7«v).
Gen. 41. v. 35. 48. Omne frwnentum sub Plia-
raonis poteslnte condatur servetwque in uf'
841
CON
CON
842
hibus : Jl est de la prudence du roi que tout
le blé se serre et se garde dans les villes, et
demeure sous la puissance du roi , dit Jo-
seph à Pharaon , en l'avertissant de pour-
voir pour les sept années de famine qui de-
vaient arriver dans l'Egypte. Exod. 34-. 22.
Rulh. 2. 23. 4. Rcg. 20. 17. Isa. 23. 18. Je-
rem. iO. 10. Mais, Deul. 32. 3i. s'entend,
dans le sens métaphorique , du souvenir et
de la mémoire que l'on conserve de quelque
chose. Nonne hœc condita sunt apud me :
Ne tiens -je pas tous ces crimes comme en
dépôt pour les venger dans leur temps?
5° Ensevelir, enterrer (Sà-Tstv). Gen. i9.
31. Ihi et Lia condita jacet : C'est où Lia est
encore ensevelie ; se. dans l'antre double qui
est dans le champ d'Ephron l'Héthéen. c.
kl. 30.
CONDICERE. Du verbe dicere, et signifie
décider quelque chose ensemble, le dénon-
cer, en tomber d'accord, en convenir ensem-
ble : dans l'Ecriture :
1" Convenir de quelque chose avec quel-
qu'un (Taac-io-ôat. Med.). Exod. 8. 12. 67a-
mtivit Moyses ad Dominum pro sponsione
ranarum quam condixerat Pharaoni : Moïse
cria au Seigneur pour la promesse qu'il
avait faite à Pharaon de le délivrer des gre-
nouilles au jour qu'il avait marqué : Pha-
raon avait promis réciproquement à Moïse
de laisser aller le peuple. Voy. v. 8.
2° Donner rendez-vous, ou donner jour
pour quelque affaire (ota/:*«pTU|osrî9at) 1. Reg.
21. 2. Nam et pueris condixi in illum et illum
locum : J'ai même donné rendez-TOUs à mes
gens en tel et tel lieu, dit David au grand
prêtre Achimélech, feignant d'avoir été
député de la part de Satil pour quelque
ordre secret. Job. 2. 11. c. 2i. 16. Ainsi,
Jerem. i7. 7. Quomodo quiescet cum Demi-
nus ibi condixerit illi [h-zùlzfif) ai) ? Comment
l'épée du Seigneur se reposerait-elle, puis-
que le Seigneur lui a donné ordre de se trou-
ver à Ascalon et dans tout le pays delà côte
de la mer V Cette prophétie parle du roi des
Assyriens contre les Iduméens, dont il se
devait servir pour exercer sur eux la rigueur
de sa justice. La même prophétie est, Ezcch.
25. Ifj. Sophon. 2. v. i. 5. 6.
CONDICTUM , 1. Promesse , accord. Gen.
18. 14. Juxta condiclum rcvertar ad te {el; tov
zaï&ov toOtov, ad hoc tempus : Je vous revien-
drai voir comme j'ai dit, dans un au : le Sei-
gneur réitère cette promesse qu'il avait faite
à Abraham, v. 10.
CONDIGNUS, A. LM, a;to,-,— l° Digne, qui
a mérité. Eslh. 0. 11. Hoc honore c<>ndignus
est : C'est ainsi que mérite d'être honoré ce-
lui qu'il plaira au roi d'honorer : c'est ce que
cric Aman pour honorer Mardochée , selon
l'ordre d'Assuérus. Voy. les trois versets
précédents.
2' Pareil, égal, qui a de la proportion avec
quoique chose , comparable. Rom. 8. 18.
kxistimo quod non snnl condirjnœ passionrs
hujus tcmporis ad fnturcnn ijloriam : Je suis
persuadé que les (plus grandes) souffrances
delà vie présente n ont point de proportion
avec cette gloire que Diou doit un jour dé-
DlCTIO.VÎf. DE PHILOL. SACRKK. ].
couvrir dans nous. Tob. 9. 2. Si me ipsum
tradam tibi servum, non ero condignusprovi-
dentiœ tuœ : Quand je me donnerais à vous
pour être votre esclave , je ne pourrais pas
reconnaître dignement tous les soins que
vous avez pris'de moi , dit le jeune Tobie à
l'ange Raphaël , qu'il croyait un homme. 2
Mach. 4. 38.
CONDIRE. De cum et de l'ancien verbe duo
pour do , comme qui dirait : Res plures in
unum dare ; et signifie proprement mêler
une ou plusieurs choses avec quelque autre,
pour la rendre plus savoureuse et agréable :
dans l'Ecriture :
1° Assaisonner ( «oTystv ). Luc. 14. 34. Si
sal evanuerit, in quo condietur ? Si le sel de-
vient fade , avec quoi l'assaisonnera-t-on ?
Marc. 9. 49. Jésus-Christ compare la vertu
des pasteurs au sel. Si ceux qui doivent pré-
server les autres de la corruption, sont eux-
mêmes corrompus , à quoi seront-ils bons ?
Levit. 2. 13. Job. 6. 6. Voy. Sal. A quoi se
rapporte dans un sens figuré ce qui est dit ,
Col. 4. 6. Sermo tester semper in gratia sale
sit conditus : Que votre entretien, étant tou-
jours agréable et édifiant, soit assaisonné du
sel de la discrétion.
2" Embaumer. Gènes. 50. 2. Prœcepit
servis suis Medicis ut aromatibus condirent
( îv-ayt«ÇEtv ) patrem : Joseph commanda aux
médecins qu'il avait à son service d'embau-
mer le corps de son père. v. 3. 26.
3° Mêler pour rendre plus délicieux. De là
vient cette façon de parler :
Vinum conditum. Vin mêlé de parfums ,
c'est-à-dire vin de liqueurs, tel que l'hypocras
ou autre semblable. Cant. 8. 2. Dabo tibi
poculum ex vino condito ii-jpe-^r/.rj;) ; Je vous
donnerai un breuvage d'un vin mêlé de par-
fums. Voy. ViNCM.
CONDISGIPULUS, i, a^a^aÇrir/,,-. Qui ap-
prend avec d'autres sous un même maître :
dans l'Ecriture :
Condisciple, et qui est du nombre des di-
sciples de Jésus-Christ. Joan. 11. 16. Dixit
Thomas... ad Condiscipulos : Saint Thomas
dit aux autres disciples, [c'ett-à-dire aux au-
tres apôtres).
CONDITIO, Ni^. De condere. — 1° Condition,
loi, traité. Gen. 47.26. Libéra ab hac condilio-
ne fuit : La seule terre des prêtres a été li-
bre de cot assujetliâëcmenl ; se. de payer au
roi d'Egypte la ciaquiènic partie du revenu
des terres. Levit. 25. 24. Cuncta regio pos-
sessionis vestrœ sub redemptionis conditione
vendetur : Dans la terre promise, les Israéli-
tes ne pouvaient vendre le fonds que sous là
condition de le pouvoir racheter , soit eux,
soit leurs parents. Voyez-en la raison v. 23.
et l'exception v. 30.
2° Condition, état. Eccli. 3. 19. .^:qua
utriusque conditio (Tuv«vTr/i/a) .-L'homme naît,
respire et meurt comme les bêtes, quoique
son âme soit immortelle.
.J" Création [y.-:iai<:). Ezcch. 28. 15. Perfec-
tus in viis tais n die conditionis tuœ : Vous
étiez parfait dans votre voie au jour de votru
création : Le prophète parle du roi de Tyr,
dont la vie a été réglée et heureuse dans lu
ai
843
DÎCTIONNAIUE DE PHILOLOGIE SACREE.
SU
commencement. Les Pères, sous la figure de
ce roi , entendent le premier ange qui a été
parfait jusqu'à sa chute , comme le roi de
Babylonc est la figure du même ange dans
Isa. 14. V. k. 12. 13. li.
CONDITOR, is, oniiiovpyôç. —1° Fondateur
d'une ville ; ce c.ui se dit figurémcnt de Dieu.
Hcbr. 11. 10. Cxijus nrlifex et conditor Deus ;
JDieu même est le fondateur et l'architecte de
celle cité ; se. du ciel , qui est cette Jérusa-
lem céleste. — 2' Qui ordonne , qui établit :
d'où vient :
Condilor legum. Législateur. Prov. 8. 15.
Pei' me legum conditores justa decernunt :
C'est par la sagesse que les législateurs or-
donnent ce qui est juste {ypâfovirt, St/.aiocrO-
Vïiv).
CONDOLERE. Etre afHigé on touché du
malheur et de la misère de quelqu'un : pren-
dre part à sa douleur. Hebr. 5.2. Omnis Pon-
tifex... conslituitur.., qui condolere [nzcio--
îra^Erv possit iis qui ignorant et errant : Le
pasteur doit être touché de compassion pour
ceux qui sont dans l'ignorance et dans Ter-
reur. Eccli. 37. V. 5. 16.
CONDUCERE, personnel.— 1° Mener, ame-
ner ensemble ; d'où vient t
Conducere in unum^ el; tô «ùto TtQévoa. Ras-
sembler , réunir. Mich , 2. 12. In unum con-
ducam reliquias Israël : Je réunirai les restes
d'Israël : ceci s'entend communément de la
réunion de toute l'Eglise sous la conduite de
Jésus-Christ. Voy. k Reg. 17. 4. c. 18. 10. c.
25. V. 6. 7.
2° Louer , et prendre à louage, louer des
gens à prix fait pour travailler (pt(T6oû<r6«t et
/xto-SoOv) . Matlh. 20. 1. Simile est regnum cœ-
lorum homini patri familias qui exiit primo
mane conducere operarios in vineam suam :
Le royaume du ciel est semblable à un père
de famille , qui sortit dès la pointe du jour ,
aGn de louer des ouvriers pour travailler à
sa vigne. Deut. 23. k. Conduxerunt contra te
Balaam : Les Ammonites et les Moabites ont
soudoyé contre vous , Balaam : Ceci a rap-
port à ce qui est dit , Num. 22. v. 5. 6. 7.
Ainsi, Judic. 18. 4. Gen. 30. 16. Exod. 20.
16. 2. Par. 24. 12.
Phrase tirée de celte signification.
Conducere milites. Soudoyer , prendre des
troupes à la solde (f/taGoOdGai). 2 Par. 25. 6.
Mercede conduxit de Israël centicm millia ro-
bustorum : Amasias prit à sa solde cent mille
hommes forts et robustes du royaume d'Is-
raël ; pour lesquels il donna cent talents
d'argent : c'était pour marcher contre les
Iduméens. Voy. v. 11. Mais il ne s'en servit
pas, suivant en cela l'ordre de Dieu. Voy. v.
8. 10. Judic. 4. 4. 2. Reg. 10. 6. 4. Reg. 7. 6.
etc. Ainsi, Isa. 7. 20. In novacula conducta :
Voy. Novacula.
CONDUCERE, impersonnel. Etre utile,
avantageux, être à propos {ùyuBôvthai). Eccl.
7. 1. Quid necesse est homini majora se quœ-
rere , cum ignoret quid conducat sibi in vita
sua ? Est-il nécessaire à un homme de re-
ctvercher ce qui est au-dessus de lui, lui qui
ignore ce qui lui est avantageux en sa vie. 2
Par. 31.16,
CONDUCTITIUS, a, um , (^taew-raç). Qui se
loue à quelqu'un pour certain prix , merce-
naire. 1 Mach. 6. 29. Venerunt ad eum exer-
citus conductitii : Des troupes auxiliaires
des royaumes étrangers et des pays mariti-
mes , et qu'Antiochus Eupator entretenait à
ses dépens, vinrent se joindre à celles d'An-
tiochus , pour marcher contre Judas , qui
assiégeait Jérusalem. Voy v. 26.
CONDDGTUM, i. Substantif neutre de con-
ducere, et signifie :
Logement pris à louage (/xtc-Qw/za). Act. 28.
30. Mansit autem biennio toto in sua condu-
cto : Saint Paul demeura (à Rome) deux ans
entiers dans un logis qu'il avait loué. Ce fut
au temps qu'il y fut mené prisonnier.
CONDULCARE (y^uxabav). Ce verbe inu-
sité vient de l'adjectif dw/m, doux, et signi-
fie :
Rendre doux et agréable ; d'où viennent
ces phrases,
Condulcare os. Ne rien dire qui ne soit
agréable. Eccli. 27. 26. In conspectu oculo- ,
rum tuorum condulcabit os suum : Le flat-
teur n'aura devant vous que de la douceur
sur la langue.
Condulcare vitam. Rendre sa vie douce et
agréable à passer. Eccli. 40. 18. Vita sibi
sufficientis operarii condulcabitur : La vie de
celui qui se contente de ce qu'il gagne de son
travail, sera remplie de douceur, v. 32. In
are imprudentis condulcabitur inopia : L'in-
sensé trouvera de la douceur à demander son
pain ; Gr. Il se rend méprisable en se nour-
rissant des viandes des autres.
CONFABULARl. S'entretenir , parler de
quelque chose ()-«).£rv). Job. 7. 11. Confabu-^
labor cum amaritudine animœ meœ : Je m'en-
tretiendrai dans l'amertume de mon cœur.
CONFECTUS, A, UM. De conficere, et signi-
fie proprement, achevé, terminé : dans l'E-
criture :
Affaibli, abattu, exténué (xomav, defes&um
esse). Deut. 25. 18. Quando eras famé et labore
confectus : Souvenez-vous de quelle sorte
Amalech a taillé en pièces ceux de votre armée,
qui étaient extrêmement fatigués , lorsque
vous étiez vous-mêmes exténués de faim et
de travail. Ceci peut bien avoir rapport à ce
qui est rapporté, Exod. 17. v. 3. 8. etc. Ainsi,
Ruth 1. 12. Jam enim senectute confecta sum :
Je suis cassée de vieillesse , dit Noémi à ses
belles-filles. Thren. 1. 13.
CONFERRE (©É/jsr/j. Porter ou apporter en-
semble. Deut. 12. 11. llluc omnia quœ prœ-
cipio, conferctis holocausta ; Ce sera dans le
lieu que Dieu aura choisi... que vous appor-
terez tous vos holocaustes , etc. Ce lieu fut
premièrement Silo, Voy. 1 Reg. 13. etc. puis
le temple de Jérusalem , Voy. 3 Reg. 8. 29
De là vient cette façon de parler :
CONFERRE SE l§ic^.y.oiJ.iÇîGBui). — 1" Aller
quelque part. 2 Mach. 4. 4. Ad rcgem se con-<
tulit : Onias alla trouver le roi Séleucus : U
s'adressa au roi pour faire c( sser les folles
entreprises de Simon contre les Juifs, ne io
pouvant autrement.
845
CON
CON
346
2' S'assembler, conspirer {(Tvyx^sïaev.i, con-
fundi). Sap. 10. 5. Hoc et in consmsu nequi-
tiœ cumse nationescontiilissent, scivitjustum:
Et lorsque les nations conspirèrent ensem-
ble pour s'abandonner au mal ; c'est elle qui
connut le juste, lorsque les Chaldéens et les
peuples voisins s'adonnèrent à l'idolâtrie ;
la Sagesse connut Abraham par une con-
naissance d'approbation et d'amour.
§ 1. — Donner, contribuer (Soûvat). 4' Reg.
23. 35. Argentiim et aurum dédit Joakim Pha-
raoni , cum indixisset terrœ per singulos ut
conferretur juxta prœceptum Pharaonis : Joa-
chim donna à Pharaon de l'argent et de l'or,
selon la taxe qu'il avait faite par tète sur le
pays , pour payer le tribut imposé par Pha-
raon. Il ne l'avait établi roi qu'à condition
qu'il lui paierait cent talents d'argent, et un
talent d'or. Job. 22. 3. Quid et confers, si im-
maculata fuerit via tua ? {riç oiféhioc, quœ
utilitas). Que donnez-vous à Dieu, quand vo-
tre conduite sera sans tache ? dit Eliphas à
Job. Sap. o. 8. Exod. 30. 16. Isa. 46. 6. 2.
Mach. 2. 26. Judith 10. k. Esth. 16. 2.
§ 2.— Communiquer , apprendre quelque
chose à quelqu'un (irpoo-avaTtôscrôat). Gai. 2. 6.
Mihi enim qui videbantur esse aliquid , nihil
contulerunt : Ceux de Jérusalem avec qui je
conférai de l'Evangile que j'annonce parmi
les Gentils, et qui paraissaient les plus con-
sidérables , ne me communiquèrent rien , ni
autorité nouvelle , ni connaissance des
mystères.
§ 3. — Rejeter , en parlant d'un crime ou
d'une faute dont on se prend à quelqu'un
{imiBivoct). Judic. 9. 24. Scelus interfectionis
septuaginta filiorwn Jerobaal et effusionem
sanguinis eorum conferre in Abimelech cœpe-
runl : Les habitants de Sichem commencè-
rent à imputer à Abimelech et aux princi-
paux des Sichimites le crime du meurtre de
soixante et dix fils de Jerobaal.
§4. — Comparer, priser autant ((TviJ.ëaazK-
ÇEaSat). Job. 28. 16. Nonconferelur tinctis In-
dice coloribus : On ne mettra point la sagesse
en comparaison avec les marchandises des
Indes. Jerem. 22. 15.
§ 5.— Méditer, examiner , repasser en son
esprit {gxjiaScùI-uv). Luc. 2. 19. Maria conser-
vabat omnia verba hœc conferens in corde suo :
Mario conservait toutes ces choses en elle-
même, les repassant dans son cœur.
§ 6- — Demeurer, séjourner (5tKT/>îg££v). Act.
16, 12. Eramus aulem in hac urbe diebus ali-
quot conferentes; conferentes pour consisten-
tes : Nous demeurâmes quelques j-ours dans
la ville nommée Pfiilippes ; ce lut alors qu'il
y vint de Naples. Le verbe ^luvpK'.iu signifie
séjourner ou s'entretenir ; ce qui a donné
lieu à celte signification,
§7.— S'appliquer (SoOvatTT^ôo-wTrov). 2 Par. 20.
3. Totum se contulit adrogandum Dominum:
Josaphat,... s'appliqua entièrement à Dieu ;
se. pour implorer son assistance , lui et tout
son peuple, contre les Moabites cl les Ani-
monites assemblés pour lui faire la guerre.
Voj. V. 1.
Phrase tirée de la signification de ce vcrl)c.
' "Conferre cumaliquo, conferre in(er se, con-
ferre sermones adinvicem. — 1» Conférer, con-
sulter , délibérer ensemble, s'entretenir de
quelque chose («vTtrîOîaOaÎTtvi). Gai. 2.2. Con-
tuli cum ilHs Evangelium quod prœdico in
Gentibus : Je conférai à Jérusalem avec ceux
qui étaient là, do fEvangile que j'annonce
parmi les Gentils. Luc. 2'!-. 17. Qui sunt hi
sermones quos confertis (àvriÇâUeiv) : ad invi-
cem ? De quoi vous entretenez-vous ainsi ,
dit Jésus-Christ aux deux disciples qui
allaient à Emmaiis. Act. 4. 15 ; Conferebani
adinvicem («TUf;tÇ«).>£iv) : Les chefs du peuple
les sénateurs et les scribes , se mirent à dé-
libérer entre eux sur la raison que saint
Pierre leur avait rendue de la guérison du
boiteux. Voy. v. 9. Voy. leur délibération, v.
17. 18, Ainsi, c. 16, 12. 2 3Iach. 11. 36.
2" Faire du bien , rendre service à quel-
qu'un {(TviiSxllsijQxt). Act. 18. 27. Contulit
multum his qui crediderunt : Apollon servit
beaucoup aux fidèles (d'Achaïe) Gr. dans
plusieurs exemplaires, par la grâce, se. dont
il était rempli.
CONFERTUS , a um (Tis-uay-é^oç). Pressé,
foulé, entassé. Luc. 6. 38. Mensuram bonam
et confertam dabunt in sinum vestrum:On
vous versera dans le sein une bonne mesure
serrée et entassée; ceci figure la récompense
de la charité, et du bien que l'on fait aux
pauvres.
CONFESSiO, Nis (o/zoXoyîa). Confession ,
aveu, l'action d'avouer; dans l'Ecriture :
Profession ouverte, déclaration extérieure
et publique. Rom. 10. 10. Ore autem confessio
fit ad salutem : Il faut croire de cœur pour
être justifié , et confesser sa foi par ses pa-
roles pour être sauvé. L'Apôtre attribue la
justice à la foi , et le salut à la confession ;
parce que celui qui est justifié par la foi, ne
peut point se sauver qu'il ne fasse profession
ouverte de la foi qu'il a dans le cœur. 1. Tim.
6. V. 12. 13.
1° La foi et la doctrine dont nous faisons
profession dans la religion. Heb. 3. 1. Con-
siderate Apostolum et Ponlificem confessionis
nostrœ Je.'?um; Jésus -Christ est l'apôtre de la
religion que nous professons; parce qu'il l'a
annoncée lui-même , et il en est le pontife,
parce qu'il y entretient son peuple, c. 4. 14.
Teneamus confessionem; Demeurons fermes
dans la foi et la confession du nom de Jésus,
c. 10. 23. 2. Cor. 9. 13.
2° Louange de Dieu (s^of^io^o^ïîcrt,-), par là-
quelle les Israélites publiaient dans les sa-
crifices, ses faveurs et sa miséricorde, avec
le sou des instruments, en répétant souvent:
Confileinini Domino quoniam bonus, quoniam
in sœculum misericordia cjus. Ps. 99. i.Psal-
mus iu confessione ; Psaume de louange, ou
pour la louange, v. 4. Introite portas ejus in
confessione; Entrez par les portes du taber-
nacle (lu Seigneur, en l'honorant par vos
louanges. Eccli. 17. 26.'/! mortuo quasi nihilf
péril confessio : La louange de Dieu n'est
plus pour les morts ; parce qu'ils sont comme
s'ils n'étaient plus; id est , les morts ne sont
plus capables de louer Dieu. Isa. 38. 19.
Vivcns . vivcns ipse confitcbilur libi. Ps. 103.
1. Ps. 111. 3. Ps. r.8. 13. etc.
347
mCTIONNAlRE DE PHILOLOGIL SACREE
848
3" Gloire , sujet de louange (èHo/zo^ô^rjo-iç).
ps. 93- 6. Confessio et pulchritudo in con-
spectii ejus : Le Seigneur ne voit devant lui
que gloire et que sujets de louange. Tout ce
qui l'environne nous porte à le glorifler , et
lui rendre des actions de grâces. Ps. 110. 3.
Confessio et magnificentia opus ejus : Tout ce
qu'if fait publie sa louange et sa grandeur;
autr., La gloire et la magnificence éclatent
dans ses ouvrages. Ps. Ii8. 13. Confessio
ejus super cœlum et terrant : Le ciel et la
terre sont pleins de la gloire du Seigneur. 1.
Par. 16. 27. Ps. 103. 2. De là vient :
CO^FESSIONEM DARE (iav^rv). Rendre
gloire et honneur. Eccli. 47. 9. In omni opère
dédit confessionem : David a rendu gloire à
Dieu dans toutes ses œuvres. 1. Esd. 10. 11.
Eccli. 17. 23.
CONFESTDI (TTa^ûàxpyjaa, £Ù5£«,-). Ce mot,
qui vient de festinare , est mis comme pour
confertim; comme qui dirait, Confertis et
condensalis gressibus.
1" Incontinent , aussitôt après. Ps. 39. 21.
Ferant confestim confusionem suam qui di~
cunt mihi; Euge, Euge ; Que ceux qui me
disent des paroles de raillerie et d'insulte,
en reçoivent promptement la honte. Jésus-
Christ demande à son Père qu'il confonde
les Juifs par la gloire de sa résurrection.
Matth. 26. i9. Ainsi, Mallh. 3. 16. Confestim
ascendit de aqua : Jésus ayant été baptisé,
sortit aussitôt hors de Teau. Voy. Marc. 1.
10. Statim ascendens de aqua, vidit : Aussitôt
que Jésus fut sorti de l'eau , il vit les cieux
ouverts.
2° Sur l'heure même, sur-le-champ. Matlh.
8. 3. Et confestim mundata est lepra ejus :
A l'instant (que Jésus eut touché ce lépreux,
et qu'il eut dit : Je veux vous guérir, soyez
guéri) sa lèpre fut guérie. Isa. 29. 6. Eritque
repente confestim: Tous ces maux surpren-
dront en un moment Jérusalem. Cette répé-
tition marque la surprise et la célérité. Voy.
Repente.
CÔNFICERE. Ce verbe composé de facere,
signifle deux choses opposées : 1" Faire,
achever, terminer; 2° Abattre, ruiner, per-
dre, consumer, tuer, procurer, amasser.
1° Faire, confectionner. Exod. 3. 7. Ne-
quaquam ultra dabilis paleas populo ad con-
ficiendos lateres : Vous ne donnerez plus
comme auparavant, de paille au peuple d'Is-
raël pour faire leurs briques, ordonna Pha-
raon à ceux qui avaient l'intendance des
ouvrages, c. 33. 8.
2' Affaiblir , abattre , consumer , ruiner
((TyaxàtÇeiv). Lcvit. 26. 16. Visitabo vos in ar-
dore qui conficiat oculos vestros : Je vous
punirai par une ardeur qui desséchera vos
yeux. L'Ecriture marque les punitions des
Juifs pour le violemcnt do la loi de Dieu.
Gen. il. 3. Aliœ quoque seplem fœdœ confec-
tœque macie . Il sorlk du Nil sept autres
vaches horribles et exlraordinairement mai-
gres. Voyez ce qu'elles figuraient, v. 27.
CONFlDENTER(c-v77«ppVyîria).— l°Hardiment
et avec assurance ou confiance. Coioss. 2. 13.
Et expoiians principalus et poleslates tra-
duxit confidenter palam Iriumplians : Jésus-
Christ ayant désarmé par sa Passion les
principautés et les puissances, il les a menées
hautement comme en triomphe. Gen. 44.
18. 2. Par. 20, 17. c. 23. 11. Levit. 13. 37.
2'^ Hardiment , avec témérité et présom-
ption [x'j'jyJM;). Gen. 3i. 23. Simeon et Levi
gladiis ingressi sunt urbem confidenter .-Si-
meon et Lévi entrèrent hardiment dans la
ville l'épée à la main; ils s'y vengèrent de la
violence que Sichem avait faite à leur sœur
Dina. Voy. V. 26.
3° Avec assurance et sécurité, en pleine
paix et en repos {-î-r^tOâ;). Prov. 10. 9. Qui
ambulat simpliciter, ambulat confidenter : Ce-
lui qui marche simplement dans sa conduite,
marche en assurance; de là vient Habitare
confidenter :\ïdih\ier, demeurer en assurance.
Deut. 33. 12. Habitabit confidenter in /)o-
wu'/io ; Benjamin habitera dans le Seigneur
avec confiance. Moïse prédit la demeure que
Dieu devait faire dans le temple de Jérusa-
lem, qui était de cette tribu. 1. Reg. 12.
11. etc.
CONFIDENTIA, s.. [■r.tTroihr.'yt^). GonGancc,
présomption.
1° Confiance qu'on a en quelqu'un. Ephes.
3. 12. In quo habemus fiduciani et accessum
in confidcntia per fidem ejus : C'est par la foi
en Jésus-Christ que nous avons accès auprès
de Dieu, pouvant nous en approcher avec
confiance. 2. Cor. 8. 22. Misimus autem cum
illis et fratrem nostrwn confidentia multa in
vos : Nous avons encore envoyé avec eux un
autre de nos frères, et nous nous assurons
que vous les recevrez bien. Saint Paul parle
de Tite et de deux autres qu'il envoie re-
cueillir les aumônes pour les pauvres de Jé-
rusalem, c. 1. 13. Philip. 3. 4.
2° Fermeté de courage et liberté ; soit pour
punir les crimes. 2. Cor. 10. 2. Ne prœsens
audeam per eam confidentiam qua existimor
audere : Je vous prie qu'étant présent, je ne
sois point obligé d'user avec confiance de
cette hardiesse qu'on m'attribue; soit pour
confesser sa foi avec assurance (Tic/.àfncriu).
Heb. 10. 33. Nolite itaque amittere confiden-
tiam vestram : Ne perdez point la confiance
que vous avez, ou la liberté de confesser
votre foi avec assurance.
3° Protection, appui, support (èXttî?). Jerem.
2. 37. Oblrivit Dominus confidentiam tuam:
Le Seigneur brisera cet appui oiî vous avez
mis votre confiance. Ezech. 29. 16. Neque
erunt ultra domui Israël in confidentia : Les
Egyptiens ne seront plus l'appui et la con-
fiance des enfants d'Israël. Celte confiance
des Israélites est exprimée, Thren. 4. 17.
4" Repos, sécurité (i/-i,'). Sophon. 2 13.
Ilœc est civitas gloriosa habitons in confi-
dentia : Voilà, dira-t-on (de Ninive) cette or-
gueilleuse ville qui se tenait si fière et si as-
surée; le Prophète eu prédit la ruine. Ezech.
30. 9.
CONFIDERE {T^enoLQhui). — !" SeGcr, s'ap-
puyer, mettre sa confiance. Jer. 17. 5. Male-
diclus homo qui confidit in homine : Maudit
est l'homme qui met sa confiance en l'homme;
le Prophète dit ceci à l'occasion de la con-i
fiance que les Juifs mettaienl plutôt dans les
849
CON
CON
850
Egyptiens qu'en Dieu. v. 7. Benedictus qui
confitiit in Domino : Heureux est l'homme
qui met sa confiance au Seigneur. Ps. 117.
8. Prov. 11. 28. Ainsi, c. 28. 26. Qui confiait
in corde sua stultus est; id est, m ajiimo et
consiliis .-Celui qui met sa confiance dans son
courage, sa sagesse et sa prudence est un
insensé. Judic. 20. 22. Filii Israël et fortilu-
dine et numéro confidentes : Les enfants d'Is-
raël s'appuyant sur leur force et sur leur
grand nombre, se remirent en bataille; ils
marchèrent par l'ordre de Dieu ; mais il per-
met qu'ils soient vaincus, à cause de leur
vaine confiance en leurs forces. Et il les
punit en même temps de ce qu'étant si zélés
contre leurs frères, ils l'étaient si peu contre
eux-mêmes , pour châtier leurs propres cri-
mes. Theodor. Hieron. Ps. 14o. 2. Nolite
confidere in principibus ; Gardez-vous bien
de mettre votre confiance dans les princes.
Les Juifs retenus captifs parmi les Babylo-
niens, se confiaient peut-être trop dans la
protection de quelque prince, tel qu'était
Cyrus, que les prophètes leur avaient prédit
devoir être leur libérateur. Voy. Isa. W. 28.
c. 45. V. 1. 4.
2° Présumer, s'attribuer quelque chose
avec complaisance et vanité , s'en glorifier.
Rom. 2. 19. Confidis te ipsum esse dticem cœ-
corum : (Vous qui portez le nom de Juif)
vous vous persuadez être le conducteur des
aveugles. L'Apôtre fait voir que les Juifs ne
peuvent non plus être sauvés, en ne s'ap-
puyant précisément que sur les œuvres de la
loi écrite; que les Gentils le peuvent être, en
ne s'appuyant que sur les œuvres de la loi
de nature.
3° Se tenir comme assuré de la fidélité de
quelqu'un , avoir bonne espérance et bonne
opinion de lui {dxiftù). 2. Cor. 7. 16. Gaudeo
quod in omnibus confido in vobis ; Je me ré-
jouis de ce que je puis me promettre tout de
vous. c. 2. 3. Gui. 5. 10. Philipp. 2. 24. 2.
Thess. 3. 4. Philem. 21. Hebr. 6. 9.
k" Croire certainement , être persuadé en
soi-même. Hebr. 13. 18. Confidimus quia
bonam conscientiam habemus in omnibus bene
volentes conversari : Nous ne croyons pas en
notre conscience avoir autre désir que de
nous bien conduire en toutes choses. Philipp.
1. v. 6. 25. 2. Mach. 9. 27.
5' Etre assuré, et ne point s'étonner, ne
rien craindre; ce qui s'entend; soit en bonne
part d'une assurance bien fondée (TrsTrot-
6ïv'/t, ôa&pjtv . Prov. 28. i.Justus quasi leo
confidens : Le juste est hardi comme un lion.
Eccli. 4. 16. D'où viennent ces façons de
parler. M,illb. 9. 2. Confide, fili ; Ayez con-
fiance, dit Jésus-Christ au paralytique, v. 22.
Marc. 0. .50. Ainsi , Joan. 16. 33. Confidite;
Ayez confiance en moi) dit Jésus-Christ à ses
apôtres , et aux autres fidèles; soit en mau-
vaise part ; se croire assuré, avoir une fausse
confiance {fiupfzi-j , -rzmm-ja.i). Prov. 14. 16.
Stultus transilit et confidit ; L'insensé se
croit en sûreté. Isa. 32. v. 9. II. Conlurbn-
■mini^ confidentes; Pâlissez , femmes auda-
cieuses. 2. Cor. 10. 1. Confido in vobis; Gr.
in vos : J'agis envers vous avec hardiesse:
les Corinthiens disaient que saint Paul était
trop hardi quand il était absent.
CONFIGERE (Trrjyvûvat, ÈpTryjyvûvai). — l' Per-
cer, transpercer. 1. Reg. 19. iO. ' Nisusque
est Saul configere (TraTotc-^stv) David : Saiil tâcha
de percer David avec son tard. Judith. 6. 4.
Mais ce mot est pris dans le sens figuré, Ps.
31. 4. Conversas sum in œrumna mea , dum
configitur spina : Je me suis tourné vers
vous; autr,, de tous côtés, pendant que j'é-
tais percé par la pointe de l'épine. Le Pro-
phète peut bien parler ici des douleurs qu'il
avait pu ressentir dans quelque grande ma-
ladie après son péché, ou de la douleur qu'il
sentait en lui-même de se voir dans la dis-
grâce de Dieu. — 2° Pendre, attacher en croix
1. Esdr. 6. 11. Erigatur et configatur
(y.pr^iiSifjOut) in co ; Si quelqu'un contrevient à
cet édit fait en faveur des Juifs, qu'on plante
en terre une pièce de bois de sa maison , et
qu'on l'y attache; c'est l'édit de Darius pour
rebâtir Jérusalem et le temple. Zach. 12. 10.
c. 13. 3.
3° Lier, attacher (Seïv, ligare.) Nahum. 3.
10. Optimales ejus confixi suntin cotnpedibus :
Les plus grands seigneurs du peuple d'Egypte
ont été chargés de fers , ou par Nabuchodo-
sor, ou par son fils.
§1. Arrêter, réprimer, mortifier. Ps. 118.
120. C onfige {■/.a.finAo-z-j) timoré tua carnes jiieas ;
Arrêtez par votre crainte comme avec des
clous mes affections charnelles. Gai. 2. 19.
Christo confixus sum cruci : J'ai été crucrifié
avec Jésus-Christ; id est , toutes mes affec-
tions vicieuses sont mortifiées ( o-uo-tku/îovv,
configere cruci).
§ 2. — Maltraiter, outrager ( TTTîpîÇeiv ) .
Prov. 22. 23. Configet eos qui cônfixerunt
animam ejus : Dieu punira rigoureusement
celui qui maltraite le pauvre. Malach. 3. v.
8. 9. Vos configitis me : Vous m'avez outragé,
dit Dieu par son prophète au peuple qui ne
payait pas les dîmes. C'est ainsi qu'on peut
entendre ce mot, Zach. 12. 10. Aspicient ad
me quem cônfixerunt : Ils jetteront les yeux
sur moi qu'ils ont crucifié. D'après le Grec,
on peut traduire : qu'ils ont offensé par leurs
crimes, afin d'obtenir, par une sincère péni-
tence, le pardon de tant d'outrages, qu'ils
m'ont faits («vÔ' wv xaTMpp^rjo-avToj.Voy. DOMUS
David.
CONFIGURATUS , a, um. Ce mot inusité
chez les Latins , vient de figura , et signifie
dans l'Ecriture :
1° Qui devient conforme (c-ufij^ojoytÇo/xcvof).
Philipp. 3. 10. Configuratus morti ejus : Je
deviens conforme à la mort de Jésus-Christ,
v. 21. Reformabit corpus humilitatis nostrœ
configuratum corpori claritatis suœ {u\juiJ.op-
fo;) : Jésus-Christ changera notre corps ,
tout vil et corruptible qu'il est , en un corps
glorieux et conforme à la clarté du sien.
2 Qui se rend semblable , qui vit confor-
mément (rrv'j/^rjy.rxzil^rjij.evoç). 1 Pctr. 1.14. Quasi
filii obedientiœ non configurati priuribus
ignorantiœ veslrœ desideriis : Ne vous lais-
sant point emporter aux anciennes passions,
auxquelles vous vous abandonniez dans le
temps de votre ignorance : les mœurs , i. c.
les actions
DICTlOxN'NAlRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
851
bonnes ou mauvaises , sont
comme le vêtement ou la figure qui nous en-
vironne. '
CONFÎNGERE. Controuver, façonner.
Feindre, inventer. Dent. 18. 22. Per tumo-
rem animi suiPropheta confînxit : Si ce qu'un
proplièle a prédit au nom du Seigneur n'ar-
rive point, c'estune marque que ce prophète
l'avait inventé, parl'orgueil etla présomption
de son esprit. Cette règle regarde les prophé-
ties absolues, et non celles qui sont énoncées
sous condition; comme on voit dans Jonas;
c. 3. V. h. 10.
CONFINIS {ôiiQûoç). De fines, ium.
1° Voisin, procrie, tenant. 2. Par. 21.16.
Qui confines sunt JEthiopibus : Les Arabes
sont voisins des Ethiopiens. Voy. Arabs.
Baruch. 4. v. 9. 14. (fir. ■KÛ.poiwç). Judic. 11.
13.
2"Qui appartient, qui est de la dépendan-
ce {■KpoT/.\)po\>-j). 1. Mach. 10. 39. Ptolemuida,
et confines ejiis quas decli donum sanctis qui
sunt in Jérusalem : Je donne PloIen)aïde et
son territoire en don au sanctuaire de Jé-
rusalem, dit Démétrius aux Juifs, c. 11. v.
28. 34.
CorrFiNEs, IUM. subst. — 3° Etat, terre, et
pays d'un souverain {ôpix, fines). 1. Mach. 14.
2. Audivit Arsaces quia intravit Demetrius
confines suos : Arsacès apprit que Démétrius
était entré sur ses états.
CONFINIUM (ô'ptov). Frontières, voisinage.
Frontière, limite. Judic. 11. 18. Arnon
guippe confinium est terrœ Moab: Arnon est
la frontière de la terre de Moab. Ezech. 45. 9/
Sepnrate confinia vesira : Marquez les limi-
tes de vos terres, en les séparantd'avec celles
de mon peuple, dit Dieu aux princes des
Israélites, qui avaient pris les terres des pau-
vres.
CONFIRMARE («r-yj^îÇstv, /3«gatoOv).— 1° Af-
fermir, rendre ferme et assuré Ps. 50. 14.
Spiritu principali confirma me: Affermissez-
moi, en me donnant un esprit de force. Voy.
Principalis. Coloss. 2. 7. Confirmati fide:
Etant fortifiés dans la foi. Ps. 88. 22. Job. 4.
4. Eccli. 51. 25. etc.
2° Ratifier, accomplir ce qui a été dit ou
promis (xv/soOv), Gai. 3. 15. llominis confirma-
tum testamentum, nemo spernil: Nul ne peut
casser un testament, qui est confirmé, v. 17.
Hebr. 9. 17, Marc. 16. "20. Domino coopérante
et sermonem confirmante: Le Seigneur coo-
pérait avec les apôtres et les disciples qui
prêchaient l'Evangile, et confirmait sa pa-
role par les miracles qui l'accompagnaient.
1. Cor. 1. 6. Sicut testimonium Chrisli con-
firmatum est in vobis : Ce qui a confirmé en
nous le témoignage qu'on vous a rendu de
Jésus -Christ. Kom.15.8. Eccli. 29.3. Ezech.
18. 6. Dan. ô. 8. c. 9. 27. Ps. 116. 2.
3" Etablir, l'endre stable et fixe, affermir,
consacrer sous le nom de (l/rovo.uâÇsiv), 2. Par.
12. 13. Jérusalem eleqil Dominus, ut confir-
maret nomen suum î7n">Le Soigneur a choisi
Jérusalem pour y établir la gloire de son
nom. Jérusalem était la figiire de l'Eglise.
Voy. c. 0.6. Ps. 131. 13. Ainsi, Ps. 40. 13.
Confirmasti me in conspeclu tuo in œler-
num: Vous m'avez établi etafi'ermi pour tou-
jours devant vous, dit David à Dieu. Ps. 110.
8. Mandata ejus confirmata in aœculum sœ-
culi: Les préceptes du Seigneur sont stables
dans tous les siècles. Eccli. 22. 19. c. 40. 19.
c. 43. 28.
4° Rendre ferme et solide (x/3«Tatoûv). Ps.
73. 13. Tu confirmasti in virtuie tua mare:
C'est vous qui avez affermi la mer par votre
puissance, en resserrantses eaux, dont vous
fîtes comme deux murs, pour y faire pas-
ser les Israélites. Exod. 14. 22. Erat enim
aqua quasi munis a dextra eorum et lœva.
Act. 3. 19. Hune quem vidistis et nostis con-
firmavit nomen ejus (o-tj/jeoûv) ; C'est sa puis-
sance qui, par la foi en son nom, a affermi
les pieds de cet homme, v. 7. Protinus conso'
lidatœ sunt bases ejus.
5° Soutenir, appuyer, maintenir (JmtTzripi'
Çetv} , Ps. 20. 6. /n te confirmatus sum ex utero :
Je me suis appuyé sur vous dès mon enfan-'
ce; autr. Vous m'avez conservé et fait croî-
tre dans le sein de ma mère. 2. Par. 11. 17.
Confirmaverunt Roboam (w.Ttc-/Û£iv) : Ils ap-
puyèrent et soutinrent Roboam. Ps. 36. 17.
Ps. 103. 16. Ps. 79. V. 16. 18. etc. Ainsi,
Eccli. 38. 39. Creaturam œvi confirmabunt
(dTïjpîÇetv) : Les artisans ne maintiennent
l'état de ce monde qu'en entretenant ce qui
se passe avec le temps. Voy. Creatura.
6° Achever, accomplir, et faire réussir,
mettre en exécution (7rX»3/>oOv).Ps. 19. 5. Omne
consilium tuum confirmet: Qvm le Seigneur
accomplisse tous vos desseins. Ps. 67. 26.
Eccl. 39. 33. In furore suc confirmaverunt
tormentasua: Ces espris ts augmentent par leur
fureur les supplices des méchants: ces es-
prits sont lesdémons, exécuteurs delà justice
de Dieu.
1" Appuyer sur quelque chose, appesantir
(ÈTTto-TnpiÇstv). Ps. 37. 3. Confirmasti super me
manum tuam : Vous avez appesanti votre
main sur moi. Ps. 87. 8. Cet appesantisse-
menl marque la force du bras.
8° Encourager, fortifier (arïj/jiÇetv). Luc. 22.
32. Tu aliquando conversus, confirma fratres
'tuos : Lorsque vous serez convertis, ayez
soin d'affermir vos frères. Act. 15. 32. c. 18.
23. Rom. 1. 11. 1. Cor. 1. 8. 2. Cor. 2. 21.
etc. Ainsi, Ps. 37. 20. Confirmati sunt super
me (x/5«T«toûv) : Mes ennemis, dit David, se
sont fortifiés déplus en plus contre moi.
9" Assurer et faire connaître par des preu-
ves effectives (xupoOv). 2. Cor. 2. 8. Obsecro
vos ut confirmelis in illum charitatem : Je
vous prie de lui donner des preuves effecti-
ves de votre charité: l'Apôtre parle de l'inces-
tueux.
10" Assurer avec force et autorité (5«agô-
êatoOv). ïil. 3. 8. Fidelis sermo est et de Itis volo
te confirmare: Je veux que vous affermis-
siez et assuriez constamment les fidèles de
celte vérité, je veux que vous les en persua-
diez. Eccli. 39. 38.
11° Assurer la possession de quelque cho-
se. Gen. 23. 17. C onfirmatusque est ager quon-
dam Ephronis Abraliœ in possessionem : Le
champ qui avait été autrefois à Ephron,
fut livré et assuré à Abraham, comme un
«55
CON
bien qui était à lui, après l'avoir acheté en
présence de témoins, quatre cents sicles d'ar-
gent.
CONFIRMATIO, nis (|3sgKÎwat?). — 1" Af-
fermissement, accroissement. Philipp. 1. 7.
In defensione et confirmatione Evangeïii :
Pour la défense et l'affermissement de l'Evan-
gile. — 2" Certitude et assurance. Heb. 6. 16,
Omniscontroversiœ finis ad cojifii'mationem est
juramentum : Le serment termine toutes
les difficultés, et arrête tous les doutes. —
3'Etablissement, possession assurée {y.Krâ'jx,^-
(Tiç). Eccli. 4. 17. Erunt in confirmatione
creaturœ «V/ms; Les enfants ou les descen-
dants de celui qui a confiance en la sagesse,
s'établiront dans sa possession.
CONFiTERlfôf/.o)io7£îv,è^opo>o7£rv).l°Avouer,
déclarer une chose telle qu'elle est. Gen. 26.
7. Soror mea est, timuerat enim confiteri quod
sibi esset sociata conjiigio...Les Philistins de-
mandant à Isaac qui était Rebecca, il leur
répondit que c'était sa sœur, craignant que,
s'il avouait qu'elle fût sa femme, ils ne for-
massent le dessein de le tuer, à cause de la
beauté de Rebecca. c. il. 9. Confiteor pecca-
tum meum («va(/ipy5(T-/Eiv, in niemoriam revo-
care): Je confesse ma faute dit l'échanson à
Pharaon: celle faute est d'avoir mérité la
disgrâce du loi. Voy. c. 40. v. 1.
2' Publier, déclarer hautement, reconnaî-
tre publiquement. Malth. 7. 23. Tune confi-
tebor illis,quia numquam novi vos: Au der-
nier jourplusieurs me diront: Seigneur, Sei-
gneur, n'avoiis-nous pasprophélisé en votre
nom, elc. et je leur déclarerai : Je ne vous ai
jamais connus, c. 10. 32. Omnis qui confitebi-
tur me coram hominibus, confitcboret ego eum
coram patremeo: Quiconque meconfessera et
me reconnaîtra devant les hommes, je le re-
connaîtrai aussi moi-même devant mon
Père, dit Jésus-Christ. Luc. 12. 8. Joan. i.
20. Rom. \k. 11. Philipp. 2. 11. Tit. 1. 16.
Heb. 11. 3. etc. Celte profession publique,
suivant l'usage des Juifs Hellénistes, s'expri-
me par le verbe Heb. riT au Hiphil, qui a
plus de force que le Grecôji/o^oyeïv, d'où vient
le mot latin confessor, qui marquait celui
qui souffrait ou qui avait souffert pour le
nom de Jésus-Christ. 1. Tim. 6. 12. Confes-
sus bonam confessionem coram multis testi-
bus: Vous Timolhée,qui avez si courageuse-
ment confessé laFoi en présencede plusieurs
témoins. Gctieconfcssion de Jésus-Christren-
ferme la Foi, accompagnée de la Charilé.
3" Promettre avec serment (ôpOciv). Act. 7.
17. Ciim autem appropinquaref tempus pro-
missionis quam confessus eral Deus Abrahœ :
Comme le temps de la promesse que Dieu
avait faite à Abraham s'approchait, qui était
de mettre sa postérité en possession de la
terre de Chanaan. Il s'en fallait encore près
de cent ans; maisdcvant Dieu, mille ans sont
comme un jour.
Louer, célébrer, rendre publiquement des
actions de grâces (àv9op.o>oyefiT0«i). Luc. 2. 38.
Confilcbalur Domino : Anne la prophétessc se
mit à louer le Seigneur ;((jr.à-/;wp.o/o'/£rTo, loua
à son tourj. Ce fut au temps del'oblalion de
Jésus-Christ au temple où elle survint. Gen.
CON 8d4
29. 35. Modo, confitebor mmîno'. Maintenant
je louerai le Seigneur: ce que dit ici Lia ac-
couchant de son quatrième fils, fut cause
qu'elle l'appela Juda. Ce mot se trouve sou-
vent en ce sens dans les Psaumes, et mar-
que, comme ailleurs, le sentiment de ceux
qui louent, avouent etreconnaissent les bel-
les actions, ou les bienfaits de celui qu'ils
relèvent par leurs louanges. Luc. 10. 21.
Confiteor tibi, Pater; Je vous rends gloire,
mon Père. Matth. 11. 25. Rom. 15. 9. Ps. 91.
2. Ps. 104. Ps. 105. Ps. 106. etc. Ainsi, Eccli.
17. V. 26. 27. Ante moriem confitere : Louez
Dieu avant la mort : ce n'est que pendant la
vie que toutes les louanges que l'on publie
de Dieu, et les bonnes actions sont méri-
toires, et non après la mort.
Façon de parler tirée de la seconde signification.
Confiteri peccata, iniquitales. — 1" Avouer
sa faute, la découvrir (ô/zoXoyâîv, è'^nyeî'jôu.i).
Dan. 13. 14. Confessi sunt concupiscentiam
suam : Ces deux vieillards s'entr'avouèrent
leur passion criminelle pour Suzanne, v. 10.
11. Gen. 41. 9. Num. 5. 7. Jos. 7. 19. Esth
12. 3. Eccli. 4. 31. c. 20. 1. Ainsi, Prov. 28.
13. Qui confessus fuerit et r cliquer it [scelera
sua)y misericordiam consequetur : Celui qui
confesse ses péchés et qui s'en relire, obtien-
dra miséricorde. Levit. 16. 21. Dan. 9. 3. 2.
Esd. 1. 6.
2° Confesser ses péchés en particulier et
en détail, avec douleur et résolution de s'en
corriger (èçouoXysfdQat). Matth. 3. 6. Bap-
tizabantur au eo confitentes peccata sua : Ils
confessaient leurs péchés, et étaient bap-
tisés par saint Jean dans le Jourdain. Le
baptême de saint Jean était une professioa
extérieure de pénitence, et ceux qui en étaient
baptisés, demandaient à saint Jean les avis
nécessaires pour mieux vivre. Voy. Luc. 3.
depuis, V. 10. jusqu 'au v. 15. Ainsi, Marct
1. 5. Act. 19. 18. 1. Joan. 1. 9. Si confitea-
mur peccata nostra, fidelis est et justus ut
remitlat : Si nous confessons nos péchés.
Dieu est fidèle et juste pour nous les re-
mettre. Jac. 5. 16. Confitemini alterutrum
peccata vestra : Cela s'entend des péchés que
l'on se découvre les uns aux autres pour
demander avis, et le secours des prières, ou
même que l'on découvre sacramentalement
aux prêtres, selon le sentiment de plusieurs;
mais la confession qui se doit faire au prêtre,
est suffisamment prouvée ailleurs; comme
Joan. 20. 23. Quorum remiseritis peccata,
remittuntur eis : Les péchés seront remis à
ceux à qui vous les remettrez, dit Jésus-
Christ à ses disciples; parce qu'on ne peut
remettre une faute qu'on ne la connaisse; et
on ne la peut connaître, que parce qu'elle
est confessée. L'usage de confesser ses pé-
chés se voit, Levit. 5. v. 5. 18. c. 26. 40.
Num. 5. 7.
Les Juifs étaient obligés de confesser leur»
péchés avec cet ordre et cette méthode :
1 Devant le prêtre, en déclarant distin-
ctement le péché pour lequel ils faisaient pé-
nitence, promettant de n'y plus retourner.
2' En mettant les mains sur la tête et entre
les cornes do l'hostie qui devait être immo-
855
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACfŒE.
«56
lée pour le péché. Voy. Levit. 5. et Num. 5.
CONFLARE (x^veOciv), de flare, et signifle
souffler enso.-nble, fondre, forger, faire, ex-
citer.
Jeter en fonte une statue ou autre chose,
bndre, forger. Exod. 28. 26. Centum talenta
irgenti e guibus confiâtes sunt bases sanctua-
rii : On offrit cent talents d'argent, dont fu-
rent faites les bases du sanctuaire, c. 37. 3.
Isa. 40. 19. c. U. 10.
Phrases tirées de celle sigaification dans le sens méta-
phorique.
Aurum et argentum suimi conflare. Fondre
son or et son argent pour en faire des balan-
ces pour peser ses paroles ; c'est se servir de
tout ce qu'on peut avoir de connaissance et
d'amour de Dieu, pour ne parler qu'avec
poids et mesure (o-jvSstv, colligare ou colli-
gere). Eccli. 28. 29. Aunim tuum et argentum
tuum confia : Fondez votre or et votre ar-
gent, et faites une balance pour peser vos
paroles zaTxSîtv). Voyez Acrum, Argentum.
Conflare furorem et indignationem suam su-
per locum aliquem. Faire fondre ou répandre
sa fureur et son indignation sur quelque lieu
(xîîtv). Jerem. 7. 20. Ecce furor meus et in-
dignatio mea conflalur super locum istum :
Ma fureur et mon indignation s'est embrasée
et va se répandre sur vous : la métaphore est
tirée du métal qui se répand lorsqu'il fond,
c. 42. 18. c.ii. 6.
Conflare gladios suos i7i vomeres. Forger
des socs de charrue de ses épées, c'est jouir
d'une parfaite paix, sans songer davantage à
la guerre. Isa. 2. i. Conflabunt gladios in
vomeres : Au temps du Messie, les peuples
forgeront de leurs épées des socs de char-
rue : ce qui marque dans le prophète Michée,
c. 4. 3, la défaite des ennemis de Jésus-Christ;
à quoi est opposé forger des épées du coutre
de ses charrues. Voyez Concedere.
Façon de parler tirée de celte même signihcation dans le
sens figuré.
Ignis confions [Tz-jp -/^(^•Jî'jzmpio-j) , feu qui
fond les métaux. Malach. 3. 2. Ipse quasi
ignis confions : Le prophète, sous la flgure
d'un feu ardent, capable de fondre et puri-
fier les métaux, représente Jésus-Christ dans
son premier avènement, tout brûlant du feu
de la charité dont il embrase, et les prêtres,
qui sont les ministres du sacrifice qu'il était
venu offrir à son Père, et généralement tous
les chrèlif^ns, qui sont aussi en leur manière
participants de son sacerdoce royal.
1" Former et produire. Job. 28. 1. Auro
locus est in quo conflatur [Bi-nf/ûy] : L'or a un
lieu où il se forme; autr. où il se fond
2* Assembler, amasser. 4. Keg. 22. 9.
Conflaverunt {y^oj-^rjet-^) Servi lui pecuniam quœ
reperta est in domo Domijii ; Vos serviteurs
ont amassé tout l'argent qui s'est trouvé dans
la maisim du Seigneur : le secrétaire Saphan
témoigne à Josias qu'on a donné cet argent
pour payer les ouvriers du temple, selon l'or-
dre qui! en avait donné, v. 4. 5. 6. Ainsi, 2.
Par. .14 . 17.
3" Examiner, éprouver, épurer par les af-
niciions (-•jooûv). Jerem. 9. 7. Fcce ego con-
flubo et prohnbo eos : Je vais faire passer par
le feu les habitants de Jérusalem, et les
éprouver {i:pyjpoy.o-iu, argentum conflare). c.
6. 29. Frustra conflavit conflator : Dieu a
perdu sa peine (pour ainsi parler) en voulant
purifier les habitants de la Judée de leur ma-
lice et de leurs péchés : la métaphore est ti-
rée de ce que fait un orfèvre qui tâche de
purifier l'or ou l'argent de leur écume. Dan.
11. 35.
4° Perdre, ruiner, consumer. Ezechiel. 22.
20. Requiescam et conflabo (;^wv£V£iv vos : Je
me satisferai, et je vous éprouverai par le
feu et vous consumerai. Le prophète dit, v.
18, qu'ils ne sont tous que de l'écume, et
Dieu la veut séparer de l'argent.
C0NFLATIL1S,E x«v£:vT6f).Qui estdefonle,
qui se jette en fonte. Exod. 34. 17. Deos con-
flaliles non faciès tibi : Vous ne vous ferez
point de dieux qu'on jette en fonte. Levit. 19.
4. Exod. 32. 8. Fecerunt sibi vitulum confla-
tilem : Les Israélites se sont fait un veau jeté
en fonte, dit Dieu à Moïse. Isa. 30. 22. Par
ces dieux de fonte doivent s'entendre par sy-
necdoche toutes les idoles faites de quelque
façon que ce soit, selon ce que dit saint Au-
gustin, 1. 2. Locut. Non enim quia fusiles (i.
e. conflatiles) tantummodo nominavit , fieri
sculptileSy ductiles, fictilesque permisit.
CONFLATILE, is (/.wvsvrév . Cet adjectif
neutre, pris ici comme substantif, signifie :
Idole jetée en fonte. Deut. 27. 15. Maledi-
ctus homo qui facit sculptile et conflatile :
Maudit celui qui fait une image de sculpture
ou jetée en fonte. Isa. 42. 17. Nahum. i. 14.
Voyez Interficere.
CONFLATIO (/>.£U7ir), de conflare, et si-
gnifie dans l'Ecriture :
Ouvrage jeté en fonte. Jerem. 51. 17. Men-
dax est conflatio eorum : L'ouvrage de ceux
qui font ces statues n'est que mensonge :
l'Ecriture parle des idoles.
CONFLATOR, oris, de conflare, et signifie
dans l'Ecriture :
Celui qui fond du métal, qui le jette en
fonte {/,p'-''yoyJo;). Jerem. 51. 17. Confusus est
omnis conflator in sculptili : L'ouvrier qui
jette en fonte une idole n'en tire que de la
confusion. Jerem. 6. 29.
CONFLATORIUM, ii (x(i>v£jT«ciov, Sept. -0-
cwTi,-, ignitio). Fourneau, fonderie; de plus :
Creuset où l'on éprouve l'argent. Prov. 27.
21. Quomodo probatur in conflntorio argen-
tum, sic probatur homo ore laudantis : Com-
me l'argent s'éprouve dans le creuset, ainsi
l'homme est éprou\é par ce qui obtient ses
louanges. Selon le Grec : Par la bouche de
ceux (|ui le louent.
CONFLICTATiO, ifis. Attaque, choc, ren-
contre de deux corps.
Dispute et conlradiction (TraoaT/iiorj). 1.
ïim. 6. 5. Ex quibus oriuntur conflictationes
hominum mente corruptorum : Des questions
inutiles naissent les disputes pernicieuses.
CONFLIGEKE, combattre avoir un dé-
mêlé.
Combattre, en venir aux mains (èa'féps'76(xt,
impelum facere . 2. Mach. 15. 17. Siatuerunt
dimicarc et confligerc fortiter : Les soldats de
Judas, après ses exhortations, résolurent
857
TON
r(;N
858
d'allaquer et de combattre vigoureusement
les ennemis, Nicanor et son armée.
CONf LUERE, couler ensemble, en parlant
(les eaux; dans l'Ecriture, il signifie dans le
sens figuré :
Venir en foule, s'assembler de plusieurs
lieux (TzpofTÛys'jOy.i). Dan. 13. 4. Ad ipsum
confluebant Judœi : Les Juifs allaient souvent
chez Joakim, parce qu'il était le plus consi-
dérable de tous.
Plirase tirée de celle signification.
Confluere ad bona Domini. Venir en foule
et de tous côtés pour participer aux grâces
et aux dons spirituels que Dieu répand sur
les fidèles dans son Eglise ( «xeiv) : ces grâces
sont figurées par le blé, le vin et les autres
biens temporels. Jerem. 31. 12. Confluent ad
bona Domini, super frumento et vino, etc. Au
temps que le Messie aura racheté le peuple
d'Israël, ils accourront en foule pour jouir
des biens du Seigneur, du froment, du
vin, etc.
GONFODERE, fouir la terre; dans l'Ecr. :
Percer quelqu'un, le blesser à mort, le tuer
[-xzà<r(Ttvj). 2. Reg. 2. 22. Noli me sequi, ne
compellar confodere te in terram : Retirez-
vous, ne me suivez pas davantage, de peur
que je ne sois obligé de vous passer mon
dard au travers du corps, dit Abner à Asaël
dont il était poursuivi, c. 18. 11, etc.
CONFORMARE («rvff/.r.p^KTtÇsiv). Conformer,
rendre conforme. Rom. 12. 2. JSolite confor-
mari huic sœculo : Ne vous conformez point,
ni ne vous rendez point semblables aux hom-
mes de ce siècle.
CONFORMIS, is, E {(Tvuuofxfoç). Conforme,
semblable. Rom. 8. 29. Quos prœscivit et prœ-
destinavit conformes fieri imaginis Filii sui :
Ceux que Dieu a connus dans sa prescience,
il les a aussi prédestinés pour être confor-
mes à l'image de son Fils, t. e. pour être
semblables à Jésus-Christ, qui est notre mo-
dèle et à qui nous devons être conformes
par les souffrances, pour lui être conformes
par la gloire.
CONFORTARE , èv^jvkjxoOv , x^«T«toûv. — -
k. 1' fortifier et affermir, donner de la force et
du courage. Philipp. 4. 13. Omnia possum in
co qui me confortât : Je puis tout en celui qui
me fortifie, se. en Dieu. Rom. k. 20. 1. Cor.
10. 13. Ephes. 6. 10. Coloss. 1. 11. 1. Tira. 1.
12. 2. Tim. 2. 1. c. 4. 17, etc. Ainsi, Deut. 31.
23. Confortare et esto robustus : Soyez ferme
et courageux, dit Dieu à Josué, lui promet-
tant que ce serait lui qui ferait entrer les
Israélites dans la terre promise {It/^-jei-j). v.
6. Viriliter agile et confortamini : Soyez cou-
rageux et magnanimes, dit Dieu aux Israé-
lites, leur promettant de les rendre victo-
rieux des peuples de la Terre promise. Ainsi,
Eph. 6. 10. Confortamini in Domino (èvovk-
^oûc^îiKi) : Fortifiez-vous dans le Seigneur,
mettez en lui toute votre force et votre
confiance. Zach. 12. 5. Au contraire, Non
confortari, c'est être sans force et tomber.
Ezech. 7. 13. Vir in iniquitale vitœ suœ non
eonfortubilur :To[xl homme trouvera sa perte
dans le dérèglement de sa vie.
Phrases tirées de celte signification.
Confortare seras portarum urbis. Fortifier
les serrures des portes d'une ville (£V£7;)rûeiv),
c'est la fortifier tellement, que 1 ennemi n'y
puisse entrer. Ps. Ii7. 2. Voyez Sera.
2' Arrêter, faire tenir quelque chose [l<T'/y
pov-j). Isa. 41. T. Confortavit eum clavis ut non
moveretur : Ceux qui faisaient des idoles ar-
rêtaient un dieu avec des clous, afin qu'il ne
branlât point du lieu où il avait été mis.
3° Accroître et agrandir, faire devenir plus
fort ftT/-J£tv).Exod. i.20.Crevit populus, con-
fortcituique est iiimis : Le peuple des Israéli-
tes s'accrut et se fortifia extraordinairement,
d'autant plus que Pharaon tâchait de le faire
périr. Judic. 1. 28. Jerem. 5. 6. Job. 21. 7.
Quare sunt confortati divitiis? Pourquoi les
impies sont-ils devenus si forts par leurs ri-
chesses fraî.atovv, senescere)! Ps. 138. 17. Ni-
mis confortatus est principatus eorum : Les
justes se sont multiplies et sont devenus ex-
trêmement forts dans votre règne (z/jxT«ctoù-
adut). 1. Mach. 2. 49. De là vient :
Confortare aliquem cingulo alicujus. Hono-
rer quelqu'un de la ceinture d'un autre; c'est
lui donner la charge et la dignité de grand-
prêtre, et en dépouiller celui qui la possé-
dait : la ceinture était la marque de la dignité
sacerdotale. Isa. 22. 21. Cingulo tuo confor-
tabo eum : Dieu déclare à Sobna qu'il le dé-
pouillera de la dignité sacerdotale pour en
revêtir Eliacim : la charge de grand prêtre
était l'appui et la force d'une maison. Voy.
1. Rcg. 2. 31. De cette signification vient en-
core :
CoxFORTARi. — 1° Etre plus fort, l'empor-
ter. Ps. 9. 20. Non confortelur homo .-Que
l'homme pécheur ne s'affermisse pas dans sa
puissance. Ps. 68. 5. Gcn. 49. 26. Benedictio-
nés palris tui confortalœ sunt benedictionibus
patrum ejus : Les bénédictions que vous don-
ne votre père passeront celles qu'il a reçues
de ses pères; i. e. vous serez plus heureux
que moi, dit Jacob à Joseph, non-seulement
à cause du commandement que vous avez
reçu en Egypte, mais encore à cause de ce-
lui* qu'auront vos enfants sur les dix tribus.
Ps. 138. 8. Confortata est, et non potero ad
eam : Votre connaissance. Seigneur, est infi-
niment relevée, et je n'y puis atteindre, v.
17. Nimis confortatus est principatus eorum :
Les justes sont devenus plus grands en nom-
bre et en pouvoir dans votre royaume, ô
mon Dieu; le Grec et l'Hébreu mettent prin-
cipatus au pluriel, «y.«i; la préposition su-
per est >quelquefois ajoutée, Eccl. 7. 20. Sa-
pienlia confortavit sapienlem super decem
principes civitatis [porMu, ndjuvare) : La sa-
gesse rend le sage plus fort que dix princes
d'une ville. Ps. 17. 18. Ps. 41. 7. Isa. 42. 13.
Jerem. 9. 3. D.ui.ll. o. Ose. 12. 4. — 2"'So réu-
nir et rassembler ses forces 'tT/J£tv, prœva-
1ère). Isa. 8. 9. Confortamini et vincimini ,
Assemblez-vous, peuples, et vous serer
vaincus : le prophète parle des Assyriens
qui devaient venir assiéger Jérusalem, cl <|ui
furent obligés de se retirer avec confusion.
V'oyez l'accomplissement, 4. Reg. 19. v. 34
3.5. et suiv. Ainsi, Isa. 10. 31.
859
DICTIONN.MKE DE PHILOLOGIE SACREE,
860
k' Garder, conserver, maintenir {fspù>, ad-
âuco). Dan. 11. 6. Tradetur ipsa et qui con-
fort abant eam in temporibiis : La fille du roi
du Midi sera livrée elle-même avec les jeunes
hommes qui l'avaient soutenue en divers
temps : le prophète Daniel parle de Béré-
nice, fille du roi d'Egypte, qui fut prise, elle
et tous ceux qui étaient avec elle, et d'Antio-
chus Théos même, son mari, qui fut empoi-
.sonné aussi bien qu'elle par Laodice, sa pre-
mière femme.
5° Exhorter, exciter, encourager. Isa. 41.
7. Confortavit faber œrarius eum qui cudebat
tune temporis, dicens : Glutino bonum est :
Celui qui travaillait autrefois en airain ex-
hortait son compagnon en ces termes : Il est
bon défaire tenir avec du mastic les pièces
de cet ouvrage. L'Ecriture parle des idoles.
CONFOVERE. Echauffer et entretenir dans
sa chaleur, couver. Isa. 59. 5. Qiiod confo-
tum est erumpet in regulum : Si l'on fait cou-
ver des œufs d'aspic, il en sortira un basilic :
les méchants desseins que les impies couvent
dans leur cœur sont comparés à des œufs
d'aspic, dont il ne peut sortir rien que de
très-pernicieux.
CONFRAGTIO, nis {Bpu^aiç), rupture.
Ruine, destruction, brisement. Isa. 24. 19.
Confractione {Tupû^-n, turbatione) confringe-
tur terra : La terre, au dernier jugement,
souffrira des élancements qui la déchireront.
Confractione confringereesl une façon de par-
ler hébraïque, pour marquer une grande
désolation. Ainsi, Ps. 105. 23. Diocit ut dis-
perderet eos, si non Moïses electus ejus stetis-
set in confractione : Dieu avait résolu de per-
dre les Israélites, si Moïse qu'il avait choisi
ne s'y fût opposé en se mettant, par ses
prières, comme à la brèche au-devant de lui.
Celte métaphore est tirée d'une ville où les
ennemis seraient près d'entrer par la brè-
che. Ce passage a rapport à ce qui est mar-
qué, Exod. 32. V. 11. 32.
CONFRICARE {^i^/ji-j) , de fricare, et si-
gnifie :
Frotter ensemble et presser. Luc. 6. 1.
Vellebant discipuli ejus spicas et manducabant
confricantes manibus : Les disciples de Jésus
se mirent à rompre des épis, et les froissant
dans leurs mains, en mangeaient : conime
c'était le jour du sabbat, les Juifs leur en
firent une affaire, v. 2. Sur quoi Jésus-Christ
les défend, v. 3. et suiv.
CONFRINGERE, cvjTpiSeu , rompre, bri-
ser. Exod. 12. 46. Nec os illixis confrinyetis :
Vous ne romprez aucun os de l'agneau pas-
cal. La vérité de celte figure se voit en Jésus-
Christ, le vrai agneau. Joan. 19. v. 33. 36.
Ainsi, Num. 9. 12. Exod. 0. 25. Job. 30. 22.
Ezech. 20. 2. Ainsi, dans le sens (iguré, Ezé-
clîicl 29. 7. Quando apprehenderunt te 77ianu,
et confractas es (&),âv) : Lorsque les Israé-
lites se sont attachés à vous, en vous pre-
nant avec la main, vous vous êtes rompu : L;
prophète compare le secours des Egyptiens
à un roseau qui se casse et qui blesse ceux
qui s'appuient dessus. Voyez Arundo.
1° Fl^échir, apaiser, arrêter, réprimer.
Prov. 25. 15. Lingua mollis confringet (auv-
rpiSet) duritiam : La langue douce rompt;
i. e. apaise et fléchit l'homme le plus furieux
et le plus emporté, ou, le cœur le plus dur.
Eccl. 12. 6. Sap. 4. 5. Ezech. 29. 7. c. 31. 12.
1. Reg. 24. 8.
2° Affliger, faire souffrir de grands maux,
réduire dans la misère et la faiblesse (xktk-
TTUTzh). Amos. 4. l. Confringilis pauperes :
Ecoutez, vous qui réduisez les pauvres en
poudre, qui les opprimez. Ezech. 34. v. 4.
10. Qiiod confractmn est non alligastis : (Pas-
teurs) vous n'avez point bandé les plaies des
brebis qui étaient blessées. Jésus-Christ sem-
ble faire un semblable reproche aux prêtres
dans saint Luc, 10. v. 30 et suiv., où le Sa-
maritain a plus de compassion du blessé que
le prêtre et le lévite. Mich. 3. 3. Ossa eorum
confregerunt (o-uvôXâv) : Les princes et les
chefs des Israélites ont brisé les os des pau-
vres. Voy. 4. Reg. 17. 4. c. 18. 21. Thren. 4.
17. Ainsi, Job. 16. 13. c. 20. 19, etc. Isa. 58.
6. Dimitte eos qui confracti sunt hsBpv.v-
«rp-Évouâ) liberos . Renvoyez libres ceux qui
sont opprimés par la servitude. A quoi se
rapporte dans le sens figuré, Luc. 4. 19. Mi-
sitque dimitlere confractos in remissionem : Il
m'a envoyé pour rendre libres ceux qui sont
brisés sous les fers (du péché). Jésus-Christ
a été envoyé par le Père éternel pour les en
délivrer. Ceci est tiré d'Isaïe, 61. 1.
3" Perdre, ruiner, défaire (dyvT/îtÇeiv). Ps.
'2,.9.Tamquam vas figuli confringes eos : Vous
briserez les nations comme le vaisseau d'un
potier; i. e. entièrement et sans ressource.
La métaphore est tirée d'un pot brisé en si
petites pièces, qu'on ne les puisse rassem-
bler. Malth. 1. 20. Jerera. 50. 23. 2. Reg. 22.
V. 39. 43. P. 17. 39. Ps. 55, 8, etc. Apoc. 2. 27.
Phrases tirées de la siguiûcalion de ce mot.
Confringere arcum, ar»ia, brachium ou bra^
chia, capita, cornua, malleum, ossa, potenliam
ou potetitias, vectes ferreos, virgam fortem,
baculum gloriosum : Abattre la force, défaire
entièrement et humilier. Ps. 36. 15. Ps. 45.
10. Ps. 67. 22. Ps. 73. 14. Ps. 74. 11. Jerem.
50. 23, etc. Mais Num. 9. 12 et Job. 31.32
sont rapportés à la signification propre de ce
verbe. Ainsi Eccli. V8. 6. Ps. 75. 4. Ps. 106.
16. Isa. 45. 2. Jerem. 48. 17.
Confringere baculum panis : Briser la force
du pain {ùHosu aiToSsî» a/irwv, tribulare penu-
ria panum). C'est ôler la vertu et la force
au pain, et même aux autres aliments, de
nourrir et de soutenir la vie, envoyer la
famine. Levit. 26. 26. Poslqunm confregero
baculum panis vestri : Je briserai la force du
pain. Ceci est une des peines dont Dieu me-
nace ceux qui ne se voudront point corriger.
Voy. Bagulus.
Confringere catenas ou jugum : Bv\scv les
chaînes. C'est délivrer de l'esclavage et de la
servitude, mettre en liberté. Levit. 26. 13.
Confregi catenas cervicum vestraruin : C'est
moi (dit Dieu) qui ai brisé les chaînes qui
vous faisaient baisser le cou. Le prophète
marque la délivrance de la captivité d'Egyp-
te, dont il est parlé, Exod. 12. 42, sous la
figure du joug des bœufs ou des clievaiix.
Voy. Jerem. 27. 8, etc. Mais Confringere ju~>
861
CON
CON
862
gwn Domini : Briser le joug du Seigneur,
c'est se retirer de son obéissance et de sa
conduite, c'est ne vouloir point le servir. Je-
rem. 2. 20. A sœciilo confregistijugum meum :
Vous avez brisé mon joug dès le commence-
ment. Ce temps peut être celui qui est mar-
qué 1. Beg. 8. 7 et Exod. 32. v. 8. 9.
Confringere lapides grandinis : Faire sor-
tir la grêle comme des pierres (SixBpvTzzsL-j).
Eccli. Ï3. 16. Confrncti sunt lapides grandi-
nis : Dieu fait sortir des nuages la grêle
comme des pierres ; i. e. comme de petits
morceaux de pierres rompues.
Confringere mammas, ou uhera pubertatis :
Corrompre une Glle et lui ravir son honneur,
se dit flgurément pour faire tomber dans l'i-
dolâtrie un peuple consacré au vrai Dieu
(SiKTOpQjvsûstv). Ezech. 23. 8. Illi confrege-
runt ubera pubertatis ejus : Les Egyptiens
avaient déshonoré le sein d'Ooliba ; i. e. de
la nation d'Israël, lorsqu'elle était vierge;
se. par l'idolâtrie à laquelle les Israélites
s'abandonnèrent en Egypte, d'après une tra-
dition, au désert, et ensuite sous Jéroboam,
à l'exemple des Égyptiens. Voy. Exod. 32. 6.
3. Reg. 12. 30.
Confringere sulcos : Travailler, s'acquitter
de son devoir avec soumission. Ose. 10. 11.
Confringet sibi sulcos Jacob : Le prophète
témoigne qu'après la captivité des dix tri-
bus, celles de Juda et de Benjamin se sou-
mettront avec crainte sous le joug de la loi
de Dieu : la métaphore est tirée des bœufs,
qui, étant sous le joug, labourent la terre.
Quelques-uns entendent par Jacob plusieurs
du peuple des dix tribus qui se réfugièrent
dans le royaume de Juda, et qui, par l'exhor-
tation d'Ezéchias , quittèrent les idoles et
vinrent adorer le vrai Dieu en Jérusalem.
CONFUGERE xaraipEÛystv) , s'enfuir, se sau-
ver. Act. li. 6. Confugerunt ad civitates
Lycaoniœ : Saint Paul et saint Barnabe ayant
su que les Gentils et les Juifs qui étaient à
Icône allaient les outrager, ils s'enfuirent à
Lystre et à Dcrbe, villes de Lycaonie. Exod.
9.20. Levit.26.25.
1° Avoir recours, implorer l'assistance de
quelqu'un. Ps. 142. 9. Ad te confugi : C'est à
vous que j'ai eu recours. Seigneur. Deut. 23.
15. Non trudes servum domino suo, qui ad te
confugerit : Vous ne livrerez point l'esclave
qui s'est réfugié auprès de vous entre les
mains de son maître (Grec : ôj npooréHzi-ut,
qui appositus est tibi a domino p::o). Rulh. 2.
12.S;ip. 14. 6. Isa. 10. 3, etc.
2' Mettre son secours dans la recherche de
quelque chose. Heb. G. 18. Confugimus ad tc-
nendam propositam spem : Nous avons tâché
de rechercher les biens qui nous sont pro-
posés par l'espérance; se. les biens éternels.
Telles étaient aussi les villes de refuge chez
les Juifs, où l'on tâchait de se retirer pour y
être en sûreté dans le cas marqué. Deut. ^t
V. 41.42.
; LONFUNDERE, «tc/ùv£tv, x«T«ti7;^ûvetv, ver—
jscr plusieurs choses ensemble, les'mêler; de
'plus :
1° Confondre et troubler, mettre de la con-
fusion {(jvyy^eïv). Gcn. 11. 7 Confwidamus
ibi linguam eorum : Descendons en ce lieu,
et confondons-y leur langage. Cette confu-
sion de langues que Dieu mit parmi ces peu-
ples ût donner à la ville qu'ils bâtissaient le
nom de Babel. Voy. v. 9. Ainsi Num. 36. 4.
Dan. 2. 3. Mente eonfusus; Gr. è^écTrj to ttvsO-
[j-cf. p.ou , Attonitus est spiritus meus, ignora
quid viderim : Je ne sais ce que j'ai vu dans
mon songe, parce que rien ne m'en est resté
dans l'esprit qu'une idée confuse, dit Nabu-
chodonosor à tous les devins et magiciens de
son royaume. Zach. 10. 5. Confundentur aS"
censores equorwn : La cavalerie des ennemis
sera mise en désordre.
— Outrager et couvrir de confusion, dés-
honorer. 1. Reg. 20. 34. Non eomedit panem,
contristatus est enim super David, eo quod
confudisset eum (Grec : awsréïzds-j è7r' «ùtov,
consummavit super eum) pater suus : Jona-
thas ne mangea point le second jour du
sacrifice (que Saiil avait offert le premier
jour du mois), parce qu'il était affligé de l'é-
tat de David, et de ce que son père l'avait
outragé lui-même. Voy. cet outrage de paro-
les V. 30. Ainsi 2. Reg. 10. 5. Erant viri eon-
fusi (ijTtfAKo-fiivot) turpiter valde : Les am-
bassadeurs de David avaient été outragés
honteusement par Hanon. Voy. cet outrage
V. 4. Ainsi c. 19. 5. Job 19. 3. c. 40. 7. Ps.
13. 6. Prov. 13. 5. Impius eonfundit et confun^
detur : Le méchant confond les autres et sera
confondu lui-même. c. 28. 7. Eccli. 25. 35. 1.
Cor. 11. 22.
2° Tromper l'espérance de quelqu'un, lui
faire de la confusion en trompant son espé-
rance. Rom. 5. 5. Spes non eonfundit (xKTaio--
X^vci) : Celte espérance que produit l'é-
preuve ne nous confond point. Ps. 30. 1 Ps.
118. 116. Non confundas me ab exspectatione
mea : Ne permettez pas, Seigneur, que je
sois confondu dans mon attente. Ps. 24. v. 3.
4. Ps. 43. 8. 4. Reg. 19. 26. Job. 6. 20, etc
De là vient :
Confundere faciem, vultum alicujus {àno-
(TTpéfsiv TÔv 7r/3Ô(TW7Tov; : Rendre confus quel-
qu'un : 1° En rejetant sa prière et lui refu-
sant la grâce qu'il demande. 3. Reg. 2. 16.
20. Ne confundas faciem meam : Ne me don-
nez pas la confusion d'être refusée, dit Beth-
sabée à Salomon, étaut venue pour lui de-
mander qu'il donnât en mariage à Adonias
Abisag de Sunam. v. 16. 2° En témoi-
gnantdu mécontentement. 2. Reg. 19. 5. Con-
fudisli hodie Vultus [y.vx-hiyj^-^v.ç t« Tr/iôc-cjTra)
omnium servorum tuorum : Vous avez au-
jourd'hui couvert de confusion tous les ser-
viteurs qui ont sauvé votre vie. Joab repré-
sente à David le peu de raison qu'il a de té-
moigner tant d'affliction de la défaite et de la
mort d'Absalom, son ennemi, vaincu par ses
gens, qui revenaient vicloricux.
3" Piquer d'honneur, engager par une
fausse honie à faire quelque chose. Eccli. 13.
1. Confundct te in cibis suis : Le riche fera
festin à un hoinnie pauvre, pour le porter à
faire de môme. C'est afin de se moquer de
lui, l'ayant par ce moyen bientôt épuisé.
4' Gâter, perdre, ruiner ( ^«oatvEiv , are^
facerc). Joël. 1. 17. Confusum est triticum .
6(i3
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
8Gi
Tout le froment est perdu et manque, v. 12.
Vinea confusa est : t.2t vigne est perdue : la
métaphore est tirée de ceux qui n'oseraient
paraître, n'ayant pas ce qu'on attendait
d'eux. V. 12. Confusum est (yi(7;i,^uv«v , confu-
dernnt) gauâium a filiis hominum : Il ne reste
plus rien de ce qui faisait la joie des enfants
des hommes.
5" Confondre et jeter dans la confusion, en
convainquant de quelque chose. 1. Cor. 1.
27. Qiiœ stulta sunt mundi elegit Deus ut con-
fundat sapientes, etc. : Dieu a choisi les plus
ignorants, selon le monde, pour confondre
les sages.
6° Rendre honteux de faire ou dire quel-
que chose, en faire rougir de honte. Eccli. 4.
V. 24. 31. Pro anima tua ne confundaris di-
cere verum : Ne rougissez point de dire la
vérité lorsqu'il s'agit de votre âme. Ps. 118.
46. Et non confundebar : Je n'avais point de
confusion de parler devant les rois de la loi
de Dieu. 1. Esdr. 9. 6. Eccli. 22. 31. Du verbe
confundere vient le passif
Confundi aliquem, et aliquid confundi, de
ou ab aliquo ou aligna re, in aliquo, pour
marquer :
1° Avoir de la confusion, rougir à cause
ou en présence de quelque chose. Eccli. 21.
25. Homo peritus confundetur a persona po-
tentis : L'homme qui sait vivre a de la pu-
deur devant une personne puissante^ autr.,
n'ose pas seulement jeter la vue sur elle;
Gr., ne regarde les personnes qu'avec pu-
deur, c. 4. 30. De mendacio ineruditionis tuœ
confundere : Ayez confusion du mensonge
où vous êtes tombé par ignorance; «c, re-
connaissez-le avec confusion. Isa. 1. 29.
Confundentur ab idolis : Les idolâtres seront
confondus par les idoles mêmes à qui ils^ont
sacrifié. Le prophète marque la confusion
qu'ils auraient de n'être ni écoutés, ni se-
courus par leurs idoles. Voy. 3. Reg. 18. 29.
c. 19. V. 35. 37, etc. Ainsi Eccli. 5. 14. Isa.
24.23. l.Joan. 2.28, etc.
2° Etre en peine, ne savoir comment se
conduire à l'égard de quelqu'un {KncpeïfrOcKi).
Gai. 4. 20. Confundor in vobis : Je suis en
peine comment je dois vous parler.
3° Avoir honte de reconnaître quelqu'un,
rougir de lui et de soutenir son parti et ses
intérêts, le méconnaître (è7r«£o-x^v£cre«i).Marc.
8. 38. Qui me confusus fuerit et verba mea in
fjeneratione ista adultéra, et Filius hominis
confundetur eum, cutn venerit in gloria Pa-
tris sui, etc. : Si quelqu'un rougit de moi et
de mes paroles parmi cette race adultère, le
Fils de l'homme rougira aussi de lui lors-
qu'il viendra dans la gloire de son Père. De-
vant ces accusatifs, la préposition xarà est
sous-entendue : Qui propter me confusus fue-
rit et propter verba mea, ce qui est une phrase
grecque. Saint Paul change cette phrase par
Krubescere aliquid. Rom. 1. 10. Ainsi Hebr.
2. 11. c. 11. 16. La confusion est attribuée
improprement, à Dieu. Hebr. 11. 16. Non
confunditur Deus vocari Deus eorum : Dieu
ne rougit point d'être appelé le Dieu des pa-
triarches. Ceci a rapport à ce qui est dit,
txod. 3. V. 15. 16, etc.
4° Etre desséché et tari {Ç>7joaîvso-6ai). Zach.
10. 11. Confundentur omnia profunda flu-
minis : Tous les fleuves seront confondus ;
Bebr. Les fleuves seront desséchés jusqu'au
fond. (]eci a rapport à ce qui est marqué du
Jourdain. Jos. 3. v. 15. 16; i. e., que Dieu
vaincra en leur faveur tous les obstacles qui
pourraient s'opposer à leur retour.
CONFUSIO, nis,«£VyOv«, action par laquelle
on brouille et on mêle plusieurs choses li-
quides ensemble; dans l'Ecriture :
1° Confusion, trouble, désordre (o-ûyxuirtf).
Act. 19. 29. Imputa est civitas confusione :
Au cri que firent les ouvriers de Démétrius,
pour soutenir le culte de Diane, toute la ville
d'Ephèse fut remplie de confusion. Luc. 21.
25. Prœ confusione sonitus maris et fluctuun'
(«7ro|Oîa, consternatio) : Sur la terre, les na-
tions seront dans l'abattement et la conster-
nation, la mer faisant un bruit effroyable
par l'agitation des flots. Ce bruit et cette agi-
tation seront un effet du dernier jugement,
comme si la mer était sensible à la terreur
de ce jugement effroyable. 1. Reg. 5. 6.
2° Honte, pudeur bonne ou mauvaise. Ec-
cli. 4. 25. Est confusio adducens peccatum, et
est confusio adducens gloriam et gratiam : La
honte qui nous fait pécher est celle qui nous
empêche de faire le bien et qui nous fait
plus craindre les hommes que Dieu; et la
honte qui attire la gloire est celle qui nous
empêche de faire le mal et qui nous fait plus
craindre Dieu que les hommes, c. 20. v. 24.
25. Est qui prœ confusione promittit amico :
Tel promet à son ami par une honte indis-
crète , qui le rend ainsi gratuitement son
ennemi, c. 29. 19. Soph. 3. 5. Nescivit autem
iniquus confusionem : Ce peuple converti n'a
ni honte, ni repentir. Ps. 43. 17. ^ : ;
3'' Honte , opprobre , ignominie, misère.
Hebr. 12. 2. Sustinuit crucem confusione
contempta : Jésus-Christ a souffert la croix
en méprisant la honte et l'ignominie. Ps. 131.
18. Jnimicos ej'us induam confusione : Je
couvrirai de confusion les ennemis de mon
Christ. Ps. 108. 29. Voy. Diplois. Abd. v. 10.
1. Reg. 20. 30. 1. Esdr. 9. 7. 1. Petr. 4. 4.
Non concurrentibus vobis in eamdem luxuriœ
confusionem, i. e. in eamdem luxuriam igno-
miniosam (àv«;)^ua-tç). Jud. v. 13.
4° Sujet de confusion; ce qui doit rendre
confus. Jerem. 3. 24. Confusio comedit labo-
rem patrum nostrorum : Les idoles qui sont
notre confusion ont consumé ce que nos
pères avaient pu gagner par leur travail , à
cause de la dépense à laquelle ils étaient
obligés pour entretenir l'idolâtrie, c. 10. 17.
Congrega de terra confusionem tuam {BXv\iiç) :
Rassemblez vos idoles qui ne vous ser-
viront à rien contre les Chaldéens. D'autres
l'entendent des Chaldéens mêmes : Congrega
confusionem tuam; Hebr. humiUationem ou
contraclionem : Retirez-vous maintenant, ô
Babylone, cessez de vous assujettir les peu-
ples, vous allez être ruinée vous-même. cil.
13. 1. Petr. 4. 4. Jud. v. 13. Despumantes
suas confusiones : Ces faux docteurs sont
comme des vagues furieu&es de la mer, d'où
sort comme une écume sale Leurs infa-
865
CON
CON
«66
mies, ce sont leurs discours sales et diffama-
loires contre les gens (Je bien, et leurs ac-
tions infâmes. Prov. 10. o. Filins confusionis
{-ur-à-joito; iniquus) : Un enfantquipar sa con-
dnites'attire de laconfusion, et fait déshon-
neur à ses parents, c. 19. 26.
CONFUÏARE. De l'ancien futare, selon
Feslus.
Confondre, convaincre, réfuter (àvriy/sive-
aOv.i). Job. 11. 3. A nullo confutaberis? Après
vous être moqué des autres, n'y aura-l-il per-
sonne qui vous confonde? dit Sophar à Job.
CONGAUDERE, (jvyxxipiu, se réjouir avec,
participer à la joie. 1. Cor. 12. 26. Site glo~
riatur unum membrum , eongaudent omnia
membra : Si l'un des membres du corps re-
çoit de l'honneur, tous les autres membres
s'en réjouissent avec lui. L'Apôtre flgure ici
ce que doivent faire les Chrétiens qui sont
les membres les uns des autres, v. 27. Ainsi,
c. 13. 6. Congaudet veritati : La charité se
réjouit avec le prochain de tout le bien qui
se fait.
CONGEMERE, -/aT«crr£vàÇïtv, s'affliger avec
quelqu'un, lui témoigner par ses gémisse-
ments qu'on prend part à son affliction :dans
l'Ecr.
Pousser des cris, pleurer, s'affliger. Jerem.
22. 23. Quomodo congemuistiî Que de larmes
vous verserez, ô ville de Jérusalem, au temps
que les Babyloniens se rendront maîtres de
vous !
CONGEMINARE. Redoubler, augmenter
et accroître (avv«yc(r9«i)- 2. Reg. 3. 34. Con-
geminansque populus flevit super eum : Tout
le peuple redoubla ses larmes : ce que dit
David dans ses complaintes de la mort d'Ab-
ner après qu'il eut été enseveli , excita les
les larmes du peuple.
CONGERERE , «rw/jô-Jav. Amasser, entasser
{éyAvD.îfj, injicere). Ezech. 24. v. 4. 10.
Congère frusta ejus in cam : Remplissez cette
marnjite de viande de tous les meilleurs en-
droits. Ces morceaux entassés flguraient les
citoyens et , entre autres, les grands de Jé-
rusalem qui devaient beaucoup souffrir de
la part des Babyloniens. Ainsi, Ruth. 2. 14.
Congessit polentam sibi : Ruth prit de la
bouillie pour elle. Voy, Polenta.
Phrases dans le seus figuré.
Congerere carbones super caput alicujus :
Amasser des charbons sur la tête de son en-
nemi. Voy. Carbo 3".
Congerere maledicla. Charger d'impréca-
tions ou de malédictions. Nuni o. v. 19. 23.
Non le nocebunt aquœ islœ in quas maledicla
COngeSSl {•jOwo toO sÀsyptoO tÔ ÈTTiy.czc/.OMtjLS-JO-j^ : Si
vous êtes innocente du crime d'aduilère, ces
eaux Irès-amères que j'ai chargées de malé-
dictions, no, vous nuiront point. C'est ce que
disait le prêtre dans le sacrifice de jalousie,
en tenant entre ses mains ces eaux avant
<|ue de les donner à boire à la femme soup-
çonnée d'adultère. De ce verbe vient le par-
ticipe.
CONGESTUS, A , LM. Amassé ensemble ,
en un même lieu.
Façon de parler tiréf de celte signification
Congestoruin sepulcrum, 77o>-jkv5/;iov, sépul-
cre de morts entasssés les uns sur les au-
tres, sépulture commune. 2. Mach. 9. 14. Ci-
vitatem ad quam veniebat ut sepulcrum con-
gestorum faceret , nunc optât liberam red-
dere : L'impie Antiochus, dans le temps qu'il
est frappé de la justice de Dieu , souhaite
rendre libre Jérusalem, lui qui se hâtait
auparavant d'y alier pour n'en faire qu'un
sépulcre de corps morts entassés les uns sur
les autres. Dans ce verset le Grec porte :
Congeries sepulcrorum, comme v. 4. Voy.'
CONGERIES.
CONGERIES, I, Qijua-jix, de congerere.
1° Amas, monceau. Eccli. 39.22. /n verbo oris
stetit aqua sicut congeries : A. la parole du
Seigneur l'eau s'est arrêtée comme un mon-
ceau. Voy. Jos. 3. 16.
—2° Grand nombre, grande quantité. Job.
21. 32. In congerie mortuorum vigilabit : Le
méchant demeurera pour jamais parmi la
foule des morts , ne devant ressusciter que
pour être jugé à sa condamnation, et non
pour jouir de la vie éternelle. Voy. Joan. o.
29. De là vient :
Congeries sepulcri. Amas de tombeaux ,
cimetière , lieu de sépultures communes
{ TroÀuàvo^tov ). 2. Mach. 9. 4. Superbe loculus
est se venturum Jerosolymam, et congeriem
sepulcri Judœorum eam facturum : Antio-
chus dit qu'il irait à Jérusalem, et qu'il en
ferait le tombeau de tous les Juifs ; c'est-à-
dire (\yi'\\ y ferait un tel carnage, que toute
la ville paraîtrait comme un tombeau, les
corps morts y étant entassés les uns sur les
autres. Voy. Congestus.
CONGLOBARE. Entasser et assembler en
rond, serrer tout autour : dans lEcriture :
Assembler en un, faire un gros d'armée
pour attaquer. Jos. 7. 9. Cliananœi pari ter
conglobati circumdabunt nos : Les Chana-
néens et tous les habitants de la terre pro-
mise s'unissant ensemble, nous enveloppe-
ront, etc. Judic. 9. 47. 2. Reg. 2. 2o.
CONGLORIFICARE, ayvfesiv, glorifier
l'un aussi bien que l'autre. Rom, 8. 17. Si
tamen compalimur, ut et conglorificemur :
Nous ne pouvons avoir part à la gloire do
Jésus-Christ, que nous n'ayons part à ses
souffrances.
CONGLUTINARE, o-v/zoÂÀâv, xo/Àiv, de glu'
fen, et signifie proprement unir, et îaire ttnir
ensemble avec de la colle : dans l'Ecriture :
1" Coller, joindre l'un à l'autre. Eccli. 22.
7. Qui docet fnluum quasi qui congUilinat
testam . C'est vouloir rejoindre ks pièces
d'un pot cassé, que d'instruire un iutpru-
dent. Ces deux choses sont ègalcinenl dini-
ciles. Testa est ici ce que dit David, Ps. oO.
16. Vas perditum.
•1" Attacher et faire tenir contre quehiuc
chose. D'où vient :
Façon de parler dans le sens luélaphorique.
Conglutinari vcntrem in terra. Avoir Id
ventre collé et comme attaché à terre ;
ceft-à-dire^ être dans un état misérable et si
ai)altu, qu'on ne puisse espérer de s'en relc'
867
ver Ps 43. 25. Congîutinatus est in terra
venter noster : Notre ventre est comme collé
à terre. La figure est tirée des animaux qui
ne vonl qu'en se traînant contre terre.
3° Unir étroitement par les liens de l'amour
et de l'affection. Deut. 10. 15. Patribus tins
conglulinatus est Dominus [izposils ToàyaTvàv) :
Le Seigneur s'est uni très-étroitement avec
vos pères, dit Moïse aux Juifs. Voy. Gen. 15.
18. c. 17. 7. etc. c. 26. 3. etc. Ainsi, 1. Reg.
18. 1. Anima Jonathœ conglutinata est animœ
David ((TyvSîîv, colligare) : L'âme de Jonathas
s'attacha étroitement à celle de David. Gen.
dk. 3.
CONGRÀTULARI , avyyytptr^, se réjouir
avec quelqu'un du bien qui lui arrive, té-
m.-^innav nii'rin nrpnrï nflrf à S» lole. LuC. 1.
moignêr qu'on prend part à sa ]oie. Luc
58. Congratulabantur ei : Les voisins et les
parents de sainte Elisabeth se réjouissaient
avec elle de la naissance de saint Jean. c. lo.
V. 6. 9.Rulh. k. 17. 2. Reg. 8. 10. 1. Par. 18.
10. Tob. 11. 20. Philipp. 2. v. 17. 18.
CONGREDl. De gradior, comme qui dirait
cim ou simut gradî ; S'assembler, s'appro-
cher, se battre.
Combattre par la force des armes, en venir
aux mains (aupTr/joTTrAîxîo-eaij.Dan.ll.lO. Con-
gredietitr cum rohore ejiis : Antiochus le
Grand combattra avec les forces de Ptolé-
mée, roid'Eg3'pte; Gr. fwf tï5j Vc-xjo,- avxoû, jus-
qu'à sa force ou, sa ville la plus forte. 1.
Mach. 4. 14. 2. Mach. 12. 34.
Façon de parier dans le sens figuré.
Congredi per orationes. Combattre par ses
prières ; c'est attirer de la part de Dieu par
ses prières la force et le secours nécessaires
pour battre et défaire ses ennemis [cvn^iyvù-
vat, commiscere). 2. Mach. 15. 26. Judas vero
et qui cum eo erant,invocato Deo, per oratio-
nes congressi sunt : Judas et ceux qui étaient
avec lui , ayant invoqué Dieu, combattaient
par leurs prières.
CONGREGARE, ^jvàystv , de grex, et si-
gniûe proprement assembler un troupeau :
dans l'Ecr. :
1° Assembler , amasser. Prov. 10. 5. Qui
congregat in messe filius sapiens est : Celui
qui amasse pendant la moisson est sage.
2° Apporter ou traîner dans un tas ce qui
est amassé {sh-fipu^). Job. 39. 12. Numquid
credes illi quod semenlem reddat tibi, et aream
tuam congreget? Croirez-vous que le rhino-
céros vous rendra ce que vous aurez semé,
et qu'il remplira votre aire de blé, en ap-
portant ou traînant les gerbes de votre
champ au temps de la moisson. Par l'exem-
ple de cet animal indomptable, Job prouve
que les hommes ne peuvent se servir des
animaux contre la nature que Dieu leur a
donnée. Voy. Num. 23. 22.
3° Assembler ce qui est dispersé (iTrtrruvâ'/etv).
Ps. 105. 47. Congrcga nos de nationibus :
Seigneur, rassemblez-nous du milieu des
nations; parmi lesquelles plusieurs des Juifs
étaient ou dispersés ou même en servitude.
Amos. 3. 9. Congrcgamini super montes Sa-
mariœ : AssembU'z-vous sur les montagnes
de Samaric : Dieu invile ses prophètes à as-
DICTIONNÂIRE DE PHILOLOGIE SACREE. 868
sembler les Philistins et les Egyptiens, de la
puissance desquels il avait délivré ce peuple
ingrat, pour les prendre à témoins des irn-
piéiés extravagantes qu'il commettait dans
Samarie, et les persuader de l'équité de ses
jugements. 1. Esdr. 9. v. 7. 9. Dan. 1. 2. etc.
Ai'nsi, Matlh. 13 20. Luc. 3. 17. Congrega-
bit triticum in horreum suum : Par ce blé qui
doit être ramassé dans le grenier, sont figu-
rés les élus que Jésus-Christ assemblera un
jour dans le ciel.Voy. Matlh 25. v. 82. 33. 34.
Joan. 4. 36. Congregat fructum in vitam œter-
nam: Celui qui moissonne reçoit la récom-
pense, et amasse les fruits pour la vie éter-
nelle. Ce qui s'entend des ministres de l'E-
glise, ou qui se sauvent , ou qui par leur
ministère sauvent les autres. Soph.l. 2. Con-
gregans congregabo omnia a facie terrœ : Je
rassemblerai tout ce qui se trouvera dans
celte terre de la Judée, pour tout perdre en-
tièrement [è-AdiTSL-j, deficere).
4° Recueillir, faire provision , acquérir,
gagner. Matlh. 25. v. 24. 26. Congregas
ubi non sparsisti : Vous recueillez où vous
n'avez rien mis. Le serviteur paresseux
avance cette calomnie contre son maître
pour couvrir sa paresse. 3. Reg. 10. 26. 2.
Par 1. 14. Ps. 38.7. Prov. 13. 23. c. 21. 6. c.
28. 8. Eccl. 2. 26. Hab. 1. 15. Eccli. 25. 5.
Agg. 1.6. Ce qui s'entend aussi en mauvaise
part. ^ov.Q.SS.Turpitudinem et ignominiam
congregat sibi : L'adultère s'attire l'opprobre
et l'ignominie.
5° Multiplier, augmenter avec avidité. Hab.
2. 9. Vœ qui congregat avaritiam malam do~
mut suœ : Malheur à celui qui amasse du
bien par une avarice criminelle pour établir
sa maison; Heb. Vœ sectanli avaritiam (tt^eo-
vîXTStv, TriêovE^iav, multipHcare avaritiam).
6° Conquérir, se rendre maître (Tie/jtTrotîîTeat,
acquirere). Isa. 10. 14. Sic ego universam
terram congregavi : J'ai réuni sous ma puis-
sance tous les peuples de la terre, comme
on ramasse quelques œufs que la mère a
abandonnés, dit le roi d'Assyiie. *
7" Recevoir chez soi, ramener et retirer
du danger. Isa. 13. 14. Non erit qui congre-
get : 11 n'y aura personne qui remène Raby-
lone et la retire du danger, au jour que Dieu
exercera sa fureur contre elle par les Perses
et les Mèdes. c. 11. 12. Congregabit profugos
israe/: Le Seigneur réunira les fugitifs d'Israël;
i. e. tous les élus qui devaient être conver-
tis à Jésus-Christ par la prédication de lE-
vangile , ou le petit nombre des Juifs qui
devaient embrasser l'Evangile. Ps. 105. 47.
Ps. 146.2. Ps. 106. 3. Isa. 27. 12. Jerem. 49.
5. Nahum. 3. 18. 2. Mach. 2. 18. 1. Par. 10.
35.
8" Conspirer, se révolter (ÊTrtTuvâystv). Ec-
cli. 16. 11. Non miseratus est perdens sex-
cenla millia peditum qui congregati sunt in
durilia cordis sui .-Dieu a perdu sans com-
passion les six cent mille hommes de pied
qui avaient conspiré ensemble dans la du-
reté de leur cœur. LEcrilure prouve par ces
exemples que Dieu à plus lorle raison na
pardonnera pas à un particulier, s'il demeure
opiniâtre dans son péché.
869
CON
CON
870
9° Appeler et faire venir par la prédica-
tion au culte du vrai Dieu. Mallh. 12. 30.
Qui non congregat mecum,spargit : Celui qui
n'amasse point avec moi , dissipe, dit Jésus-
Ciirisl. c. 23. 37. Joan. 11. 52. Ut filios Dei
qui erant dispersi congregaret in unum : Jé-
sus devait mourir, non-seulement pour la
nation des Juifs, mais aussi pour rassembler
etréunirles enfants de Dieu qui étaient disper-
sés ; i e. ses élus d'entre les Gentils. Ps. 4-6. 10.
Ps. 105. W. Ps. 106.3. Ps. 146. 2. etc. Ainsi,
Isa. 49. 18. Omnes isti congregati sunt :
ïoule cette grande assemblée de monde vient
se rendre à vous, dit Dieu à Jérusalem. Ce
verbe est souvent mis dans ce prophète et
dans les autres, pour marquer la réunion
des fidèles dans l'Eglise, sous la figure du
rappel de la captivité dans Jérusalem, comme
Jer. 8. 13. etc.
10° Enterrer, mettre au tombeau {èy.§éxs-
ffôat). Ose. 9. 6. jEgyptus congregabit eos : Ils
n'iront en Egypte que pour y mourir; d'où
vient cette phrase :
Congregari ad populum suum. Etre réuni à
son peuple par la mort; c'est mourir et être
enseveli dans la terre avec son peuple {Tcpoirri-
BBo-Bat). Gen. 25. 8. Mortuus est in senectute
bona congregatusque est ad populum suum :
Abraham mourut dans une heureuse vieil-
lesse , et fut réuni à son peuple, i. e. à ses
ancêtres , son âme allant se joindre à celles
des patriarches qui avaient vécu avant lui.
c. 49. 29. On dit aussi dans le même sens,
Jre ad patres suas, c. 15. 15. ce qui s'entend
des méchants comme des bons. Voy. Colli-
GERE.
Cor alicujus congregare iniquitatem sibi.
Former en soi-même de mauvais et d'injus-
tes desseins. Ps. 40.7. Cor ejus congregavit
iniquitatem sibi : Son cœur s'est amassé un
trésor d'iniquité. Le prophète parle de ses
ennemis.
11" Assembler pour instruire , d'où vient :
Congregans. Qui assemble les peuples pour
les instruire ; c'est le nom que Salomon se
donne, qui revient au nom grec EcclesiasteSy
Concionator. Prov.30. 1. Verba congregantis :
Paroles de celui qui assemble. Quelques-uns
disent que c'est le nom d'un prophète , Heb.
paroles d'Agur, fils d'Iaque. Voy. Vomens, ;
De ce verbe vient ce participe pris sub-
stantivement.
CONGREGATI, orum. Pour marquer , 1°
les Gentils qui devaient se réunir en Jésus-
Christ avec les Juifs, pour former l'Eglise et
ne faire qu'un corps. Isa. 56. 8. Adhuc con-
gregabo ad eum congrcgalos ejus : Je réuni-
rai encore à Israël ceux qui viendront pour
se joindre à lui (Tuvay^jy^).
2" Les dieux que les Israélites avaient as-
semblés de tous côtés , ou les Assyriens que
les Juifs avaient fait venir à leur secours.
Isa. 57. 13. Cum clamaveris, libèrent te con-^
gregali Itii : Lorsque vous crierez dans vos
maux, que tous ceux quo vous avez assem-
blés vous délivrent. Voy. Deut. .32. v. 37. 38.
CONGHEGATIO , onis , (rv(v«y',)y*j, action
par laquelle on assemble quelque chose;
dans lÉcr. :
1; Amas, assemblage. Gen. 1. 10. Congre^
gationes aquarum appellavit maria: Dieu ap-
pela mers les amas d'eaux. Levit. 11. 36.
Eccli. 4-3. 22. Isa. 24. 22. Ezech. 22. 20.
2° Assemblée, congrégation. Ps. 110. 1.
Confitebor tibi.., in concilio justorum et con-
gregatione : Seigneur , je vous louerai dans
la société et dans l'assemblée des justes qui
aiment à entendre les louanges de Dieu. Eccli-
4. 7. Congregationi pauperum affabilem te fa-
cito : Rendez-vous affable à l'assemblée des
pauvres. Il faut se conduire envers les pau-
vres, ou, selon le Grec qui n'a point paupe^
rum, envers le peuple avec beaucoup de ci-
vilité et d'honnêteté. Exod. 26. 29. Num 1
2. Ps. 61. 9. Ainsi , Ps. 67. 31. Congregatio
taurorum : Assemblée de peuples semblable
à un troupeau de taureaux. Ceci figure les
princes et les généraux des armées ennemies
du peuple de Dieu qui étaient fiers et or-
gueilleux.
3° Troupe mutinée, faction. Num. 16. 16.
Tti et omnis congregatio tua state seorsum
coram Domino : Présentez-vous demain vous
et toute votre troupe d'un côté devant le
Seigneur, dit Moïse à Coré. Ps. 105. 17.
Eccli. 45. 22.
4° Le peuple que Dieu a réuni pour être
particulièrement attaché à son service, et
qui est la figure de l'Eglise. Ps. 73. 2. Memor
esto congregationis tuœ quam possedisli ah
initia : Souvenez-vous de ceux que vous
avez assemblés et réunis en un peuple, et
que vous avez possédés dès le commence-
ment, dès le temps que Dieu donna à Abra-
ham la loi de la circoncision pour en être
la marque. Gen. 17. 10. Eccli. 46. 17. Jerem.
6. 18. 2. Mac. 2. 7. Ignotus erit locus, donee
congregel Deus congregationem populi : Jé-
rémie dit que le lieu où il avait caché le
tabernacle et l'arche demeurerait inconnu,
jusqu'à ce que Dieu eût rassemblé son peuple.
Quelques-uns entendent cela du retour de
Babylone sous Esdras ; on ne voit pas néan-
moins que ce lieu ait été alors découvert ;
d'autres croient que ce temps ne peut sen-
tendre que de la fin du monde, où les restes
d'Israël seront rassemblés dans l'Eglise de
Jésus-Christ, et auront part à la miséricorde
de Dieu. .
5° Amas de biens, acquisition. Job. 15. 34.
Congregatio hypocritœ sterilis : Tout ce qu'a-
masse l'hypocrite sera sans fruit. D'autres
l'entendent des enfants, figurés par le raisin
qui tombe étant encore vert. Eccli. 31. 3.
6" Réunion des membres mystiques à leur
chef (è7rKTuv«7W7n). 2. Thcss. 2. 1. Per ad-
ventum Domini nostri Jesu Christi et nostrœ
congregationis in ipsum ; ou plutôt, selon le
Grec , per nostri aggregationcin in ipsum ;
Par lavénement de Notre-Seignour et par
notre union en lui. Cette réunion se fera au
jugement dernier, où les élus seront empor-
tés dans les nuées pour aller au-devant de
Jésus-Christau milieu de l'air. Voy. 1. Thcss.
4. 17. Luc. 17. 37.
Façon de parler liréc de la proniicVe signification dans le
sens lignré.
Congregatio spirilus. Tourbillon de vent
871 MCTIONNAIRE DE PHILOLOGIP: SACREE.
) , qui n'est aulro chose qu'un amas
S 72
de vent, ou un veut qui, étant ramassé et
réuni, a la force qui se voit dans les tour-
billons. Eccli. 4-3. 18. Yerberabit terrom con-
gregatio spiritus : Le Seigneur frappe la terre
par les tourbillons des vents.
CONGRESSIO, Nis. Combat, bataille. Ju-
dith. 7. 9. Ut sine congressione possis su-
perare eos : Si vous voulez vaincre les
Israélites sans combat, mettez des gardes à
toutes les fontaines, dirent à Holopherne les
Ammonites et les Moabites. Voyez quel fut
l'effet de ce conseil dans les versets ik. 15.
23. 25. 2. Mach. 5. 3. Contigitvideri congres-
siones fieri cominus : Au temps qu'Antiochus
se préparait pour faire une seconde fois la
guerre en Egypte, on vit dans l'air des com-
bats de main à main (jzpoaèol-h, incursus).
CONGRESSUS, us. Conversation , combat
de deux armées ; dans l'Ecriture :
Entreprise de guerre. 1. Mach. 9. 68. Con-
silium ejus et congressus ejus erat inanis (eoo-
Soç) : Les desseins et l'entreprise de Bac-
chide furent sans effet. Cette entreprise était
de prendre Bethbessen avec Jonalhas. Voy.
64. 67.
CONGRUERE. De l'ancien verbe gruere,
qui vient de gms ; et parce que les grues ne
se séparent point et vont toujours ensemble,
ce verbe signifie :
S'accorder, convenir, se rapporter. 2. Par.
30. 21. Levitœ quoque et Sacerdotes per or-
gana quœ siio officio congruebant laudabant
Jjominum: Les Lévites et les prêtres louaient
le Seigneur en touchant les instruments qui
étaient convenables à leur fonction, au temps
de la célébration de la Pâque qui se fit sous
Ezéchias pour la première fois. 2. Mach. 2.
31. c. 11. 36.
CONGRUUS, À, UM. Qui s'accorde, conve-
nable, propre. Gen.40. 5. Videruntque ambo
somnium nocte una juxla interprelaiioncm
congruum sibi : L'échanson et le panetier
de Pharaon eurent chacun on songe qui leur
marquait ce qui leur devait arriver confor-
mément à leur sort. Voy. v. 21. 22. Ainsi,
Exod. 15. 23. 2. Mach. 14. 22.
• CONGYRARE, Tzîfuy.v/loù-j. Ce verbe inusité
de gyrare se fait de gyrus , tour qu'on fait en
rond, et signifie :
.•' S'assembler autour de quelqu'un. Judith.
13. 16. Accendentes luminaria congyraverunt
circa eam universi : Les Juif» allumèrent des
ilanibcaux, et ils s'assemblèrent tous aulour
de Judith. Elle arrivait avec la tête d'Holo-
pherne. Voy. v. 11.
CONJECTOR, lÉ. èW/-orn;, qui devine, qui
prédit l'avenir. Prov. 23. 7. In simililiidinem
arioli et conjccloris œstimat quod ignorai :
L'avare qui vous invite à manger avec lui,
jugeant des autres par lui-même, agit à votre
égard c«>mme un homme qui devine , il s'i-
magine que la joie que vous témoignez n'est
pas siiuère. Gen. 40. 22. c. il. v. 8. 24.
CONJECTURA, je. Conjecture, opinion ap-
puyée sur certains signes , qui ne sont pas
tout à fait convaincants ; dans l'Ecriture :
1° Devinalion pisr sort {{ly.-j-eM;. Ezech. 21.
19. Manu canicl covjccturam : Le roi de Ba-
bylone étant à la tête de deux chemins , mit
des flèches dans un carquois , l'une desquel-
les portait le nom de Jérusalem, et une autre
celui de Babbalh, ville des Ammonites, après
les avoir brouillées , celle 'qu'il tira la pre-
mière portait le nom de Jérusalem. Voy. v.
20. 22. 23.
2° Interprétation de songe (ffûy-z/sto-iç). Dan.
2. V. 5. 6. Nisi indicaverilis mihi somnium,
et conjecluram ejus, peribitis : Si vous ne me
déclarez ce que j'ai songé , et ce que mon
songe signifie, vous périrez tous, dit Nabu-
chodonosor aux Chaldéens.
CONJICERE. Dejacere, et signifie propre^
ment, jeter, ruer ensemble , comme aussi,
conjecturer, deviner une chose par conjectu-
res ; dans l'Ecr. :
1° Deviner, user de sort. Ezech. 21. 19. In
capite vice civitatis conjiciet : Le roi de Baby-
lone tirera au sort pour reconnaître lequel
des deux chemins il doit prendre. Voy. Con-
jectura, 1°.
2" Interpréter un songe, prédire ce qu'il
signifie (auy/ptvctv). Gen. kl.l^. Somnia audivi
te sapientissitne conjicere : On m'a dit que
vous aviez une grande lumière pour expli-
quer les songes , dit Pharaon à Joseph. Le
grand échanson venait de faire récit à Pha-
raon de l'interprétation que Joseph avait
autrefois donnée aux songes de l'échanson
et du grand panetier. v. 9. 13.
CONJUCUNDARI, «5£^e«t. Dejucundus.
Se réjouir , se divertir avec quelqu'un.
Eccli. 37. 4. Sodalis amico conjucundatur in
oblectationibus, et in tempore tribulationis
adversarius erit : L'ami se divertit avec son
ami pendant sa prospérité , et il deviendra
ennemi au temps de l'affliction.
CONJUGALIS, E. Qui est accouplé de joug ;
dans l'Ecr. :
Qui concerne le mariage , qui est du ma-
riage. Ruth. 1. 12. Nec aplasum vinculo con-
jugali : Je ne suis plus en état d'être mariée,
dit Noëmi congédiant ses deux belles-filles.
CONJUGIUM, II. Dii jugum.
Mariage. Tob. 6. ii. Qui conjugium ita
suscipiunt ut suœ iibidini vacenl, fiabet po~
îestatem dœmonium super eos: Lorsque des
personnes ne s'engagent dans le mariage
que par brutalité , le démon a pouvoir sur
eux. c. 8. 4. Ter lia aulem transacta nocte, in
iioslro erimus conjugio : Après la troisième
nuit nous vivrons dans notre mariage, dit le
jeune Tobie à Sara ; il l'exhorte à s'unir en-
semble à Dieu par la prière, pendant les
trois premières nuits de leur mariage.
CONJUNCTIO, Nis. J ■ Union, liaison (ctuv-
0£7fA0î). Coloss. 2. 19. Caput, ex quo lotum
corpus per nexus et conjuncliones submini-
slralum et constructum crescit in augmentwn
Dei : Jésus-Christ est le chef duquel tout
le corps de l'Eglise recevant l'influence par
les vaisseaux qui en joignent les parties,
prend son accroissement en Dieu. Cette ex-
pression figurée est tirée de la liaison nalu-
rclle des membres entre eux et leur chef.
"1" Mariage ^'/ùuo;;. Esth. 2. 18. Jussit con-
vivium prœpurari permagni/icum pro con~
junctionc et nupliisEslher : Le Roi toDunanda
875
CON
CON
874
qu'on fit un festin très-magnifique pour
le mariage et les noces d'Esther.
CONJUNGERE, TuÇsjyvvvat, joindre, lier,
unir. Exod. 36. 10. Conjunxit cortinas quin-
que; conjunxit, pour conjunxerimt : Cinq des
rideaux du tabernacle tenaienll'un à l'autre,
et les cinq autres étaient joints de même,
c. 26. V. 10. 2i. Jos. 17. 10. Job. 38. 31. c.
M. 7.
1° Approcher, rendre voisin. Zach. H. 5.
Fugietis advallem montium eorum, quoniam
conjungetur vallis montium usque ad proxi-
mum [èyy.oklûv ) ', eorum pour meorum : Vous
fuirez à la vallée enfermée entre mes mon-
tagnes , parce qu'elle sera proche , dit Dieu
auiiL Juifs, parlant du dernier jugement, lors-
que Jésus-Christ viendra. Celte vallée est
celle de Mello, enfermée entre les montagnes
de Sion et de Moria. Exod. 12. 4. Act. 18. 7.
2" Lier et faire quelque chose qui se tienne
et qui soit continu (-/oÀ>âv). 2. Esdr. 4. 6.
JEdificavimus mxirum, et conjunximus totum
usque ad partem dimidiam : Nous bâtîmes
la muraille de Jérusalem, et toutes les brè-
ches en furent réparées jusqu'à la moitié.
L'Ecriture parle du temps d'Artaxerxès.
3° Attacher et unir étroitement. Eccli. 2. 3.
Conjungere Deo , et sustine : Demeurez uni à
Dieu , et ne vous lassez point d'attendre ses
retardements ; Gr. et ne vous séparez pas
de Dieu.
k' Unir par le lien du mariage. Matlh. 19.
6. Quod ergo Deus conjunxit , homo non se-
paret : Jésus-Christ conclut du raisonnement
précédent, que le mariage est indissoluble,
parce que Dieu en est l'auteur. Marc. 10. 9.
Tob. 7. V. ik. 15. Ipse conjungat vos : Que
Dieu lui-même vous unisse, dit Raguel, met-
tant la main droite de Sara, sa fille, dans
celle du jeune Tobie pour les marier, c. 8. 5.
5° Allier et unir par alliance. Levit. ik.
18. Non accèdes ad iixorem ejus, quœ tihi
affinitate conjungilur : Vous ne vous appro-
cherez point de la femme de voire oncle pa-
ternel, parce qu'elle vous est unie par al-
liance. 3. Reg. 3. 1. Affinitate conjunctus est
Pharaoni Régi JEgypli, accepit namque filiam
ejus : Salomon s'allia avec Pharaon, roi d'E-
gypte; car il épousa sa fille. Dieu avait dé-
fendu, Deut. 7. 3. aux Israélites d'épouser
des femmes étrangères; mais cette défense
ne doit s'entendre que de celles du pays de
Chanaan; ou si on l'entend de toutes, ce
n'est qu'en supposant qu'elles n'embrassent
pas le culte et la religion du vrai Dieu: ce
qui paraît par beaucoup d'exemples de l'E-
criture. Salomon pécha, dans la suite, lors-
qu'il n'observa pas cette condition; et c'est
ce qui fut cause qu'il tomba dans lidolâtrie.
2. Par. 18. 1.
G" Lier, faire liaison et société ( xo/'/âv).
Act. 5. 13. Cœterorum ncmo (ludebat se con-
iungere illis: Aucun des autres, qui n'étaient
pas chrétiens et fidèles, n'osait se joindre
aux apôtres, à cause de la frayeur qu'ils
eurent de la mort d'Ananie et de Saphirc,
aux pieds de saint Pierre. 1. Mach. 3. 2.
DiCTIONN. UE PUILOL. SACBLli;. L
Phrase Urée de ce verbe dans le sens figuré.
Conjungere domum ad domum. Joindre
maison à maison; c'est avoir une passion
insatiable et sans bornes d'acquérir des
biens (o-uv«7rT£tv). Isa. 5. 8. Vœ qui conjun-
gitis domum ad domum : Malheur à vous, qui
joignezmaisonàmaison.Voy.lapunition,v9.
CONJUNCT.US, à,UM. Joint, uni, lié: dans
l'Ecriture : i
1° Qui est comme uni à quelqu'un, qui l'ac-
compagne, qui le suit de près {£x,QtjiVj6ç -zi-joç).
Ps. 67. 26. Prœvenerunt principes conjuncti
psallentibus : Les princes , conjointement
avec ceux qui chantent de saints cantiques,
se sont hâtés de venir au devant de l'Arche :
Le prophète parle ici de lui-même et des
grands de sa cour qui allaient devant l'Ar-
che de Dieu. Voy. 2. Reg. 6. 5. etc.
2° Qui est dans le même rang, qui est
semblable, qui représente ((7U(7Tot;)^cîv, ejusdem
sériel esse). Sina mons est in Arabia, qui con-
junctus est ei quœ nunc est Jérusalem : Sina, qui
figure la même chose qu'Agar, est une mon-
tagne d'Arabie, qui représente la Jérusalem
que nous voyons maintenant. C'est sur le
mont Sina qu'a été donnée la loi ancienne,
qui ne fait que des esclaves.
CONJURARE. S'obliger avec d'autres par
serment de faire quelque chose; dans l'Ecr.:
Conjurer, conspirer, faire une conspira-
tion ( o-uvTÎeeaôai ). 1. Reg. 22. V. 8. 13.
Quare conjurastis adversum me tu et filius
Isai ? Pourquoi avez-vous conjuré contre
moi, vous et le fils d'isaïe ? dit Saiil au grand
prêtre Achimélech, sur le rapport de Doëg,
V. 9. 10. Voy. leur innocence, c.21. v. 1.2.
etc. et V. 10. Ainsi, k. Reg. 15. 30. Conju-
ravit et tetendit insidias Osée, filius Ela, con-
tra Phacee : Osée, fils d'Ela, fit une conspi-
ration contre Phacée, pour le surprendre
(crudTpiçpîtv).
CONJURATIO, Nis. i" Conspiration, tra-
hison ( o-uvS.-o-y-ôî). h. Reg. 11. 14. Conjura-
tio, conjuratio! Trahison, trahison ! s'écria
Athalie, voyant Joas assis sur le trône, lors-
qu'on le reconnaissait pour roi de Juda : elle
voulait continuer son règne. Voy. v.3. Ezech.
22. 25. Conjuratio propheiarum in mcdio
ejus : Les prophètes ont conjuré ensemble
au milieu de Jérusalem , en s'unissant à
tromper par leurs fausses prophéties, et à
persécuter les vrais prophètes. Voy. 4. Rej;
22. V. 12. 24.
2° Obstination dans l'impiété, volonté dé-
libérée de ne point obéir à Dieu, et d'atten-
dre de lui le secours. Isa. 8. 12. j\on dicn~
tis : Conjuratio ; omnin cnim quœ loquitur
populus iste, conjuratio est {Tyl-novj) : Pro-
phète, et vous tous fidèles , ne dites point
comme les autres : Faisons une conspiration
tous ensemble, en faisant une ligue ofTeneivo
et défensive avec le roi d'Assyrie contre; nos
ennemis: car tout ce que dit ce peuple n'est
qu'une conspiration contre moi, dit Dieu.
Jerem. 21. 9.
CONJUX, GIS, yyvï) ; dcjugutn.
Femme mariée, épouse. Matlh. 1. 20.
Noli limcre accipcre Mariam conjugem tuant •
Ne craignez point de prendre avec vous
28
8Î5
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
m
Marie, votre femme, dit l'ange à Joseph, qui
ignorant le mystère marqué v. 18, avait
résolu de renvoyer secrètement la sainte
Vierge, v. 24.
GONNECTERE. Lier et joindre une chose
avec une autre; soit dans le sens propre,
comme Exod. 26.17, soit dans le sens figuré,
comme Ephes. 4. 16. Ex quo totum corpus
compactum et connexum ; o-ufAêiÇaÇô/^evov. Le
corps de l'Eglise dont Jésus-Christ est le
chef, est uni et lié par la charité. Voy. Sdb-
MINISTRARE.
CONNUBIUM, II, vâpior. Mariage. Heb. 13.
k. Honorabile connubiutn {sit). Que le ma-
riage soit traité de tous avec honnêteté: ce
sens paraît le plus naturel dans la suite de
ce chapitre; el l'Apôtre donne souvent des
préceptes, où le verbe sit est sous-entendu;
comme Rom. 12. 9. Tit. 2. 8 ; quoique dans
cet endroit il se puisse entendre absolument
en ce sens : Le mariage est honorable en
toutes choses, dans les choses qui lui sont
propres, telles que le sacrement, la fldélité,
les enfants. Ainsi, Gen. 34-. 9. Jos. 23. 12.
CONNUMERARE, xxzapiBudv, compter avec
d'autres, mettre au même rang que les au-
tres. Art. 1. il.Connumeratus eratinnobis:
Judas était dans le même rang d'apôtre que
nous, dit saint Pierre , proposant à tous
les disciples d'en élire un autre en sa place.
CONOPOEUM, I. xwvwTTtov. Ce mot est grec,
jtwvwTreîov, de xwvw^, moucheron , cousin, et
signiûe un voile, ou plutôt un roseau, que
les cousins ne pouvaient traverser.
1= Pavillon, lente. Judith. 10. 19. Videns
Judith Holophernem sedentemin conopœo: Ju-
dith voyant Holopherne assis sous son pavil-
lon, se prosterna en terre devant lui.
2° Rideau de lit, rideau d'un pavillon de
lit, une partie du pavillon. Judith. 13. 19.
Abstulit conopœum ejus a columnis : Judith
tira un rideau du lit hors des colonnes;
comme les rideaux d'Holopherne n'étaient
pas moins reconnaissables que sa tente, c.
13. 19. elle prit ce rideau pour le montrer
aux Juifs avec la tête d'Holopherne , afin
qu'il servît de preuve que c'était aussi sa
tête même. v. 19. Ecce caput Holophernisy et
ecce conopœum illius : Voici la tête d'Holo-
f)herne, et voici un rideau du pavillon dans
equel il était couché, c. 16. 23.
CONQUASSARE , aeieu , ébranler avec ;
dans l'Ecriture :
1° Ebranler. 2. Reg. 22. 8. Fundamenta
montium concussa sunt et conquassata : Les
fondements des montagnes ont été agités et
ébranlés; David Ggure ici par un tremble-
ment de terre l'agitation et la terreur où
furent ses ennemis, lorsque Dieu prit sa dé-
fense.
2'j Briser, abattre (auvôXàv). Ps. 109. 6. Con-
quassabit capita in terra miiltorum : Le Mes-
sie, comme un victorieux qui fait un grand
carnage de ses ennemis, brisera les têtes de
plusieurs; ou, selon l'Hébreu, abattra le
pouvoir des tyrans qui régnent sur des peu-
ples riches et nombreux. Luc. 20. 18. Oinnis
qui cccideril super illum lapidem, conquas-
iabitur : Celui ([ui se laissera tomber sur
cette pierre, s'y brisera ; celui qui s'enfle et
se scandalise de la vie ou de la doctrine do
Jésus-Christ, en sera grièvement puni dans
cette vie; mais sans qu'il périsse, s'il fait pé-
nitence; mais celui qui le persécute avec
opiniâtreté, en résistant à la vérité, et re-
nonçant à son Evangile, en sera entière-
ment écrasé; Jésus-Christ fait allusion à la
coutume que gardaient les Juifs en lapidant
un coupable; un des témoins le faisait tom-
ber de haut sur une grosse pierre ; s'il n'en
mourait pas , on lui en laissait tomber une
autre sur le cœur.
CONQUERI. Se plaindre ((Ty/:;ipit(T07rov>3/5erv). 2.
Mach. 4. 36. Adierunt Judœi apud Antio-
chiam simul etGrœci conquerentes de iniqua
nece Oniœ : Les Juifs, avec les Grecs, allèrent
trouver Antiochus l'Illustre à Antioche, et
lui firent leurs plaintes contre Andronique,
du meurtre si injuste qu'il avait commis dans
la personne d'Onias.
CONQUIESCERE. Se reposer, être en paix
etenrepos(7r^o!7«v«7r«û£(TÔat).Sap.8. 16, ïntrans
domummeam, conqaiescam cwm i7/a; Entrant
dans ma maison, je trouverai mon repos
avec la sagesse. 4. Reg. 11. 20. Isa. 14. 7.
1° S'apaiser, cesser (>3a-u;;^«Ç£tv). Prov. 26.
20. Susurrone subtracto, jurgia conquiescent :
Quand il n'y aura plus de semeurs de rap-
ports, les querelles s'apaiseront.
2° Demeurer dans le silence, et n'avoir pas
de quoi répondre. Job. 39. 32. Numquid qui
contendit cum Deo , tam facile conquiescit ?
Celui qui dispute contre Dieu, se réduit-il si
facilement au silence ? Dieu dit ceci par iro -
nie à Job, qui se reconnaît entièrement con-
vaincu et confus. Voy. v. 34.
3° Tomber et fondre sur quelqu'un, en
parlant de quelque grand mal («zetv). Je-
rem. 30. 23. Procella ruens in cnpite impio-
rum conquiescet : La fureur du Seigneur,
comme une tempête toute prête à fondre, va
se reposer sur la tête des impies.
CONQUIRERE. i° Acquérir, gagner, cher-
cher, ou tâcher d'acquérir; de là vient :
Conquirere animam. Gagner ou tâcher de
gagner sa vie, Eccli. 38. 29. In operatione
artis, accommodantes animam suam, et con-
quir entes in lege Domini : Les artisans doi-
vent en travaillant aux ouvrages de leur art
y appliquer leur esprit, et chercher d'y vivre
selon la loi du Très-Haut.
Attirer sur soi quelque qualité, la contrac-
ter (x«etaT«vat \ 2. Mach. 6. 25. iVow est dignum
ut per hoc maculam atque execrationem meœ
senectuti conquiram : Il est indigne de moi
d'user de cette fiction; car j'attirerais une
tache honteuse sur moi, et l'exécration des
hommes sur ma vieillesse; cette fiction est
marquée v. 21.
2° Rechercher la vérité de quelque chose,
par demandes et par réponses, disputer en-
semble (avÇrjTeïv). Marc. 1. 27. Mirati sunt
omncs , ita ut conquirerent inter se : Tous
furent étonnés qu'au commandement de Jé-
sus-Christ, l'esprit impur sortît de l'homme
qui en était possédé; en sorte qu'ils se de-
mandaient les uns aux autres d'où cela
pouvait venir, c. 9. 9. c. 8. 11. Cœperunt
ST7
CON
conquirere cum eo : Les pharisiens commen-
cèrent à disputer avec Jésus-Christ ; ce fut
. dans le pnys de Dalmanulha, c. 9. v. 13. 15.
G. 12. 28. On disputait dans ces temps-là, en
se proposant les uns aux autres des questions
pour y répondre et les résoudre; comme il pa-
raît que faisait Jésus-Christ à l'âge de douze
ans avec les docteurs, dans saint Luc, 2. i6.
CONQUISITIO, Nis. Recherche; dans lE-
criture :
Dispute, conférence (G-jÇ/i7»/(7£,-). Act. 15. 7.
Cum autem magna conquisitio fieret : Après
que les apôtres eurent beaucoup conféré en-
semble; savoir s'il fallait circoncire les gen-
tils, les obliger à garder la loi de Moïse
pour être sauvés, saint Pierre et saint Jac-
ques proposèrent leur sentiment, qui fut
suivi.
CONQUISITOR, cr'jÇr)Tr;Tri,' , qui a mission
de lever des gens de guerre; dans lEcri-
ture :
Qui dispute et recherche avec curiosité la
connaissance des choses. 1. Cor. 1. 20. Ubi
conquisitov hujus sœculi? Où sont les curieux
des sciences du siècle? Dieu ne choisit
point ces sortes de gens pour prêcher l'Evan-
gile.
CONREGNARE , «rufAÇao-t/evêiv , régner avec
quelqu'un. 2. Tim. 2. 12. Et conregnabimus :
Si nous souffrons avec Jésus-Christ, nous
régnerons aussi avec lui.
CONRESUSCITARE, T^vc-ycicsiv, ressusciter
quelqu'un avec, rendre la vie à plusieurs.
JEphes. 2. 6. Conresuscitavit : Dieu nous a
ressuscites avec Jésus-Christ; celte résur-
rection s'entend de la mort du péché à la
vie de la grâce; et on la peut bien entendre
aussi de la résurrection générale des corps
de élus avec Jésus-Chrisl.
CONSANGUINEUS, a, um. De sanguis.
De même sang , proche parent (ô eyyKrra).
Levit. 21. 2. Non coyitaminelur sacerdos nisi
tantiim in consanguineis : Que le prêtre, à la
mort de ses citoyens, ne fasse rien qui le
rende impur selon la loi, à moins que ce ne
soient ceux qui lui sont unis plus étroitement
par le sang; cela s'étendait jusqu'au frère.
c. 25. W. Riilh. 2. 1.
CONSCENDERE, ivaÇyivcw, monter, sortir
de quehiue lieu profond. Jcrem. 48. 4i. Qui
conscenaerit de fovea, capietur laqueo : Qui
sera tiré et sortira de la fosse, sera pris au
piège; le prophète marque le malheur et la
perte inévitable des Moabitcs.
Façon de parler dans le sens figuré,
Conscendere in cœhim. Monter au plus
haut des rieux, est une hyperbole, pour ex-
primer l'orgueil de ceux qui s'élèvent au-
dessus de tout. Isa. 14. 1.3. in cœhtm con-
scendam : Je monterai au ciel, ce qui s'entend
du premier ange, sous la figure de Nabu-
chodonosor.
C0NSCIENTIA,/E,«Tuv£i5r;Ti;.l' Conscience,
jugement (jue la raison forme de ce qui est
nioralementbon ou mauvais, etquicondamnc
ou excuse ce qu'on a fait de bien ou de mal.
Rom. 2. 15. Testimonium rcddcnlc illis con-
scientia ipsorum, et inler se inrirem cnqi-
CON 878
tationibus accusantibus : La conscience des
Gentils leur rend témoignage que les œuvres
de la loi sont écrites dans leur cœur, par les
réflexions de 'eur esprit qui les accusent ou
les défendent, c. 13. 5. c. 9. 1. 2. Cor. i. 2,
c. 5. 11. Ainsi, Heb. 10.2.
2° Science, connaissance. Gen. 43. 22. Non
est in nostra conscientia quis posuerit pecu-
niam in marsupiis nostris : Nous ne savons
en aucune sorte qui a pu remettre cet argent
dans nos sacs, dirent les frères de Joseph à
son intendant.
3" La ^volonté et les affections de l'âme.
Tit. 1. 15. Coinquinatœsunt eorum et mens et
conscientia : La raison et la conscience des
impurs et des infldèles sont impures et souil-
lées : les souillures et les taches des péchés
sont proprement dans la volonté comme dans
leur sujet : mais on peut dire qu'elles sont
dans la conscience comme une chose est dans
celui qui la connaît, dit saint Thomas, i. p.
qu. 79. art. 13. ad. 2. 1. Cor. 8. 7. Conscien-
tia ipsorum poUuitur : La conscience de ceux
qui en ce cas mangent des viandes offertes
aux idoles, est souillée. Ainsi, Heb. 9. 14.
Qunnlo magis sanguis Chrisii emundabit con^
scientiam nostram ab operibus mortuis : A
combien plus forte raison le sang de Jésus-
Christ puriGera-t-il nos consciences des œu-
vres mortes. L'Apôtre prouve que, le sang
de Jésus-Christ peut bien effacer les péchés,
qui sont les souillures de l'âme, si le sang
des victimes avait la vertu de purifier les
souillures du corps.
4"' L'opinion, le doute, le scrupule, ou le
sentiment qu'on a de quelque chose. 1. Cor.
8. 7. Quidam cum conscientia nsque nunc
idoli, quasi idolothytwn munducant : I! y en
a qui, croyant que l'idole est quelque chose,
mangent des viandes qui lui sont offertes :
ce que l'Apôtre condamne, 1. Cor. 10. 27.
Manducate , nihil interrogantes propler con-
scientiam : Chez les Gentils, mangez de tout
ce qu'on vous servira, sans vous informer
d'où il vient, par scrupule de conscience, v.
28. 29. Nolite manducare propter conscien-
tiam : Mais si on vous dit qu'il a été immolé
aux idoles, n'en mangez pas, pour ne pas
blesser la conscience de ceux qui vous l'ont
dit, et de ceux devant qui on vous l'a dit.
5° Sentiment de respect, de devoir et de
considération. 1. Pet. 2. 19. Hœc est gratia,
si propter conscientiam Dei, i. c. de Deo, sus-
tinet quis tristitias patiens injuste : Co qui
est agréable à Dieu est que, dans la vue de
lui plaire, nous endurions et nous souffrions
injustement. Prov. 12. 18. £'5/ qui promittit,
et quasi gladio pungitur conscienliœ : Tel
promet qui est percé ensuite comme d'une
cpée, par le sentiment du devoir où il est de
s'acquitter de sa parole ; Hebr. Il y en a
dont les paroles sont perçantes comme des
épées.
CONSCINDF.RE, Sia^^'/j-yvOvat, 1° Couper en
morceaux, déchirer. '1. R. g. 4. .39. Conscidit
(al. concidil)in ollum pulmenti : L'un des
serviteurs d'Elisée coupa des coloquintes
sauvages par morceaux, et les mit cuire dans
le pot : comme il ne savait ce que c'était, \\
879
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
880
les prépara pour servir à manger aux disci-
ples d'Elisée. 1. Mach. 14. Act. U. 13. Bar-
nabas et Paulus conscissis tunicis : Les saints
Apôlres Barnabe et Paul déchirèrent leurs
vêtements, lorsque les habitants de Lystre
voulurent leur sacrifier, ce culte n'étant dû
qu'à Dieu : le déchirement des vêtements
était l'effet du sentiment ou d'affliction, ou
de douleur, qu'on avait d'entendre quelque
blasphème. Ps. 29. 12.
2° Dévêtir, dépouiller. Ps. 29. 12. Consci-
disti saccum meum, et circumdedisti me lœti-
tia. Voy. Saccus.
CONSCIUS, A, UM, ffjv£tSw?. 1° Celui qui sait
et qui connaît certainement quelque chose.
Job. 16.20. Conscius meus inexcelsis ((tuvît-wo):
Celui qui connaît le fond de mon cœur est
dans les cieux. Levit. 5. 1.
2" Celui qui sait quelque chose qui s'est
faite de son aveu et de son consentement.
Act. 5. 2. Fraudavil de pretio agri conscia
uxore sua : Ananie retint, de concert avec sa
femme, une partie du prix d'un fonds de terre
qu'il avait vendu : ce qu'il apporta aux apô-
lres, il le leur apporta comme en étant la
somme entière ; ce qui faisait son péché. Voy.
V. 3. k. Ainsi, 3. Reg. 2. kk.
3" Coupable, à qui la conscience reproche
quelque chose. 1. Cor. i. 4. Nihil mihi con-
scius sum: Quoique la conscience ne reproche
rien, on ne sait néanmoins si l'on est agréa-
ble à Dieu.
CONSGRIBERE, y/sâyav, de scribere, et si-
gnifie :
1° Ecrire et rédiger par écrit, renfermer
dans un livre. Eccl. 12. 10. Ecclesiasies con-
scripsit sermones rectissimos : L'Ecclésiaste
écrivit des discours pleins de droiture, etc.
Dcut. 30. 10.
2* Ecrire avec ; d'où vient cette phrase :
Mettre et recevoir au nombre, ou destiner
pour être du nombre. 1. Mach. 8. 20. Mise-
runt nos ad vos conscribere nos socios et ami-
cos vestros : Judas , ses frères et le peuple
Juif nous ont envoyés pour faire alliance
avec vous, afin que vous nous mettiez au
nombre de vos amis et de vos alliés, disent
au sénat romain les ambassadeurs de Judas :
celte alliance est contenue dans les versets
23. 24. et suiv. Ainsi, c. 13. 40. Si qui exvo-
bis cpti sunt consciibi inler 7iostros, conscri-
hanlur : S'il s'en trouve parmi vous qui soient
propres à être enrôlés dans nos troupes. Dé-
métrius met ceci dans la réponse qu'il fait à
la demande de Simon, grand prêtre. Heb. 12.
23. Accessislis ad... Ecclesiam primitivorum
qui conscripti sunt in cœlis : Vous vous êtes
approchés des premiers-nés qui sont écrits
dans le ciel. Voy. saint Luc, 10. 20. Philipp.
4. 3. Apoc. 13. 8. etc.
CONSCRIPTIO, Nis. crvyypxfYi, de conscri-
berCf et signifie proprement action de mettre
quelque chose par écrit; dans l'Ecriture :
Ecrit, contrat, acte d'autorité publique.
1. Mach. 14. 43. Ut scribantur in nomine ejus
omnes conscriptiones in regione : Les Juifs
avaient consenti que tous les actes publics
fussent écrits au nom de Simon Machabée
dans le pays. Tob. 7. 16.
CONSCRIPTUS, A, UM. Ecrit, composé;
dans l'Ecriture :
Prescrit, arrêté, déterminé. Ps. 149. 9. Ut
faciant in eis judicium conscriptum : Les
saints auront dans leurs mains des épées pour
exercer contre leurs ennemis le jugement
qui est marqué et prescrit. Les commande-/
ments et les ordres que Dieu avait marqués
dans le Deutéronome , de quelle manière
les Israélites devaient combattre cl détruire
les anciens habitants de la terre promise,
étaient la figure de ceux que les fidèles doi-
vent exercer contre les ennemis de l'Eglise.
CONSECRARE, ùyi^yçeu, de sacrare.
1° Consacrer et dédier à Dieu, destiner une
chose ou une personne à un usage sacré. 1.
Par. 18. 11. Omnia vasa aurea et argentea
consecravit rex David Domino : Le roi Da-
vid consacra au Seigneur tous les vases d'or
et d'argent; ce qui était consacré de la sorte
était mis dans le trésor du temple : Ainsi
l'on dédiait et l'on offrait à Dieu les lévites;
Num. 8. 13. les prêtres, Exod. 28. 41. c. 29.
1. les Nazaréens, Num. G. 18. les premiers-
nés, les victimes et plusieurs autres choses.
2. Par. 17. 16.
2° Offrir à Dieu, présenter et donner pour
toujours. 1. Esdr. 8. 25. Appendi eis et vasa
consecrata domus Dei nostri . Je pesai les va-
ses consacrés de la maison de notre Dieu :
Arlaxerxès les avait offerts à Dieu. Voy. c.
7. 15. Judic. 17. 3. Consecravi et vovi hoc ar-
gentum Domino : J'ai consacré cet argent au
Seigneur, et j'en ai fait vœu : 11 paraît que
la mère deMichas adorait Dieu ; mais qu'elle
faisait un mélange monstrueux du culte du
vrai Dieu avec celui des idoles.
Phrase tirée de la première sigoificalion.
Consecrare manus alicujus, consecrare ma-
nus suas. 1° Consacrer les mains à quelqu'un ;
c'est le consacrer à Dieu, en lui consacrant
les mains pour le rendre capable de le ser-
vir dans quelque fonction sacrée. Exod. 28.
41. c. 29. 35. Cunctorum consecrabis manus
(èpiTzlriBet-j) ; Voy. Complere, implere.
2° Consacrer les mains ; c'est faire quel-
que action par obéissance, aussi agréable à
Dieu, que de lui offrir un sacrifice. Exod.
32. 29. Consecraslis {ix-nlnpow) manus vestras
hodie Domino unusquisque in filio et in fratre
suo : Chacun de vous a consacré ses mains
au Seigneur, en tuanl son fils et son frère,
dit Moïse aux lévites, qui venaient d'exécuter
l'ordre qu'il leur avait donné pour punir le
peuple de l'idolâtrie du veau d'or. Souvent le
mot consecrare, ou consecratio, est mis en
hébreu pour implere.
C0NSECRAT10,Nis, T£>eîwfft;, consécration,
action de consacrer et dédier : Ainsi,
1° La consécration du pontife et des autres
prêtres de la loi. Levit. 7. 37. v. 8. 33. Sep-
tem diebus finitur consecratio : Cette consé-
cration durait sept jours, et se faisait de la
sorte : on présentait à l'autel celui qui devait
être consacré, où, après l'avoir lavé par tout
le corps, on le vêtait des habits sacerdotaux;
on lui versait sur la tête des parfums consa-
crés pour cet usage; enfin on immolait pour
lui un bélier, appelé Aries consecraiionis
88i
CON
CON
882
Exod. 29. V. 22. 31. Levit. 8. 29. Ensuite on
arrosait du sang de ce bélier l'aulel et les
vêlements du prêtre ; alors on en faisait cuire
la chair, dont le prêtre mangeait avec des
pains que l'on mettait à l'entrée du taberna-
cle, qui sont appelés, Exod. 29. 31, Panes
consecrationis.
2° La consécration du Nazaréen , ou le
vœu par lequel il se consacrait à Dieu, pour
vivre à son service^ séparé du monde (s^x*')*
Num. 6. V. 12. 13. Ista est lex consecrationis :
Voilà la loi pour la consécration du Naza-
réen. V. 6. 21. Voy. NAZARiEus.
§ 1. — Le signe et la marque de la con-
sécration du Nazaréen; se. sa chevelure qu'il
laissait croître. Num. 6. l.Consecratio {s\iyji)
Dei sui super caput ejus est : La consécra-
tion de son Dieu est sur sa tête ; i. e. la mar-
que de sa consécration est sa longue chevelure.
V. 9. Polluetur caput consecrationis ejus : i. e.
consecratio capitis : La chevelure du Naza-
réen, qui est la marque de sa consécration,
sera souillée d'une impureté légale ; se. si
quelqu'un meurt subitement devant lui.
§ 2. — La chose même consacrée à Dieu
{k-jk%i^u). Levit. 27. 29. Omnis consecratio
(Hebr. cherem) quœ offertur ab homine non
redimetur , sed morte morietur : Tout ce qui
aura été offert par un homme, et consacré
au Seigneur, ne se rachètera point ; mais il
faudra nécessairement qu'il meure : Ce que
les Hébreux appelaient c/terem, était tellement
consacré à Dieu, qu'il fallait qu'il fût détruit,
ou qu'il changeât de nature : si c'étaient des
animaux, on les immolait s'ils étaient pro-
pres pour cela ; que s'ils ne l'étaient pas, on
les changeait. Voy. Asinus. Si c'étaient des
hommes, ils étaient aussi immolés quand c'é-
taient des ennemis ou de grands pécheurs ;
ou étaient consacrés au service de Dieu pour
toujours, comme les Nazaréens , la flUe de
Jephté et d'autres. On en faisait de même
des terres et de l'argent, ce que l'on appelle
amortir. Voy. Anathema. Ainsi, Panes con-
secrationis ( i. e. ) panes consecrati : Les
pains de consécration, i. e. qui ont été con-
sacrés. Le mot consecratio , pris pour une
chose consacrée, Lev. 8. 31. se trouve dans
les auteurs ecclésiastiques. C'est dans ce sens
qu'il faut entendre ce passage tiré des Offices
de saint Ambroise, où saint Laurent dit à
saint Sixte qu'il lui avait confié la consécra-
tion du corps et du sang de Jésus-Christ, c'est-
à-dire, le corps et le sang consacré. Ce mot
est en ce même sens dans la vie de saint Ma-
gloire faite par saint Eloi , et en plusieurs
autres endroits.
CONSEDERK, /«OiÇstv. 1° Etre assis, s'as-
seoir ensemble. Eccli. 11.1. Sapientia humi-
liati in medio magnatorum consedere faciet
illum La sagesse de celui qui est dans la
bassesse, le fera sié^crau milieu des grands.
G. 32. 2. ïob. 11. 12.
2" Demeurer, faire sa demeure. 1. Mach.
% i. Et consedit in monte Modin : Mathalhias
sortit de Jérusalem et se retira sur la monta-
gne de Modin.
3" Camper (77«^.fy.ç«A)ctv ). 1. Kcg. 13. IG.
Philisthiim consederant in Marliinas : Les
Philistins étaient campés à Machmas, lors-
que Saiil et Jonalhas étaient à Gabaa de Ben-
jamin. 1. Mach. 9. 33.
Façons de parler dans le sens flguré.
Consedere in cœlestibus. Etre assis dans
les cieux, s'y asseoir (cyyyxa^iÇetv) ; c'est y être
par une vie toute céleste , par affection et
par l'espérance que nous avons d'y régner
un jour avec Jésus-Christ. Ephes. 2. 6. Nos
consedere fecit in cœlestibus in Christo Jesu .
Dieu nous a fait asseoir dans le ciel en Jésus-
Christ. Voy. 2. ïim. 2. 12.
Consedere in dextra sedis magnitudinis in
cœlis. Etre a.ssis dans le ciel à la droite du
trône de la majesté de Dieu. Hebr. 8. 1. Cela
s'entend de Jésus-Christ; ce qui est une fa-
çon de parler pour exprimer le grand hon-
neur qui est rendu à son humanité sainte
unie hypostatiquement à la divinité, et sa
prééminence au-dessus de tous les bienheu-
reux.
CONSENESCERE. De senescere, et signi-
fie :
Devenir vieux avec, vivre ensemble jus-
qu'à une ex.trême vieillesse [<T\jy/.x-a.ynpâ.>7y.eiv] .
Tob. 8. 10, Consenescamus ambo pariter sani :
Seigneur, que nous puissions vivre ensem-
ble jusqu'à la vieillesse, dans une parfaite
santé : Sara prie Dieu qu'il les conserve en
santé, elle et le jeune Tobie dans leur ma-
riage. Ce qui les porte tous deux à faire cette
prière à Dieu, est la mort des sept maris do
Sara marquée c. 3. 8.
SigniQcalion figurée.
Persévérer et demeurer ferme jusqu'à la
mort. Eccli. 11. 16. Qui exultant in malis
consenescunt in malo : Ceux qui se glorifient
dans le mal, demeurent impénitents.
CONSENIOR, (TU|:x7rp£(TeûT£/3oç, dc senex , se-
nior. Ce comparatif signifie proprement qui
est fort âgé aussi bien que les autres; mais,
dans l'Ecriture, il signifie :
Qui est prêtre aussi bien que les autres
qui le sont. 1. Petr. 5. 1. Seniores obsecro^
consenior et testis Christi passionum : Je vous
prie, vous qui êtes prêtres, étant prêtre
comme vous. Voy. Senior.
CONSENSUS, us, 6//6vorx : — 1" Consente-
ment , conformité de sentiments et d'affec-
tions, accord, union. Ps. 5'i. 15. In domo Dei
ambulavimus cum consensu : Nous marchions
ensemble avec tant d'union dans la maison
du Seigneur. Le prophète, se plaignant de
l'ingratitude d'Achilophel, lui objecte je» l'u-
nion qui était entre eux, et dans l'amitié , et
dans le culte du même Dieu. Voy. 2. Reg. 15.
V. 12. 20. Ainsi, 1. Cor. 7. 5.
2" Convenance, rapport proportion (Tjyxx-
rùOertiç). 2. Cor. 6. 16. Qui consensus templo
Dei cum idolis ? Quel rapport entre le temple
de Dieu et les idoles? i. e. entre les fidèles,
qui sont le temple de Dieu, et les infidèles.
CONSENTIRE , aujixy&ivcrv : 1" Consentir ,
s'accorder à quelque chose et l'approuver,
être de mênjc avis. Tob. V. 6. Cave ne pec-
cato consentias : Gardoz-vous de consentir
jamais à aucun péché. Matth. 18. 19. Si duo
ex vobis conscnserint super lerram : Peu do
3S!3
DICTI0NNA)RE DE PHILOLOGIE SACRLE.
personnes (fui s'unissent pour prier, sont
capables d'obtenir tout ce qu'elles demande-
ront. Luc. 11. 48. Rom. 12. 16.
2° S'accommoder, condescendre, obéir (frw-
«-«'/î5-5«i). Rom. 12. 16. Non nlta sapientes,
sed humilibus consentientes : Ne vous élevez
point par des pensées présomptueuses, mais
rabaissez-vous jusqu'aux personnes les plus
tasses, et ne méprisez point leur conversa-
tion. D'autres expliquent ce passage des
choses : Accommodez-vous à ce qui est de
plus bas et de plus humble. Jac. 3. 3. Equis
frœna in ora miltimus ad consentiendum no-
bis : Nous mettons des mors dans la bouche
des chevaux, a6n qu'ils nous obéissent {-d-
CONSEPELIRE, (jvjBûtzzsiv, ensevelir avec,
ce qui s'entend figurément du péché et du
Tieil homme, qui est détruit dans le baptême
par les mérites de Jésus-Christ. Rom. 6. 4.
Consepulti sumus cum illo per bnptismum in
mortem : Nous avons été ensevelis avec Jé-
sus-Christ par le baptême, pour représenter
sa mort. Goloss. 2. 12.
CONSEQUENS, tis, ce qui suit et ce qui a
pu se faire en conséquence d'une autre chose.
Gen. 44. 8. Pecuniam reportavimus ad te et
quomodo consequem est ut farati simus aurum
vel argentum? Nous vous avons rapporté de
Chanaan l'argent que nous avons trouvé à
l'entrée de nos sacs ; conuucnt donc se pour-
rait-il faire que nous eussions dérobé de ia
maison de votre seigneur de l'or ou de l'ar-
gent? dirent les frères de Joseph à son inten-
dant, qui les accusait d'avoir dérobé la coupe
de son maître.
CONSEQUENTER : — 1° Conséquemment,
par conséquent, ce qui est un terme dont on
se sert pour marquer qu'on fait un jugement
et qu'on lire une conclusion des propositions
qui précèdent. 2. Par. .32. 15. Si 7niUus potuit
JJeus cunctarum gentium Hberare populum
su\im de manu mea... consequenter nec Deiis
tester poterit eruere vos de manu mea : Si au-
cun dieu des nations n'a pu délivrer son
peuple de ma main, votre Dieu, par consé-
quent, ne pourra non plus vous en tirer : ce
sont les paroles de Sennachérib au peuple de
Jérusalem.
2° Conformémentjparrapport à quelque cho-
se {y.Kzà.). Gen.kS.l. jyosrespondimusei conse-
quenter juxta id quod fuerat sciscitatus : Nous
répondîmes à celui qui commande en Egypte,
selon ses demandes : les onf/mls de Jacob se
justiûent de la faute qu'il leur impute, d'a-
voir déclaré qu'ils avaient encore un frère.
CONSEQUI, àxo/o-jOEiv, Tzv.o'/.y.oi.ryjfiiu :
1" Suivre, aller après, poursuivre (5iwx-tv).
Sap. 19. 2. Consequebanlur illos pœnilentia
ucti : Les Egyptiens se repentirent aussitôt
d'avoir renvoyé les Israélites , et ils se réso-
lurent d'aller après eux ; ceci a rapport à ce
qui est dit, Exod. 14. 8. 1. Cor. 10. 4. Bibebant
autem de spirit(di, conséquente eos petra : Les
Israélites buvaient de l'eau de la pierre, qui
les suivait, parles ruisseaux quiencoulaient,
et qi:i- les accompagna jusqu'au lieu où ils
en trouvèrent sufOsammcnl. Voj. Spiuitua-
88 i
LIS. L'apôtre a en vue ce qui est dit Num.
20. V. 8. 11.
2° Atteindre, joindre. 1. Reg. 31. 3. Consecuti
sunt [lùûi^y.si-j) eumvirisagittarii: Les archers
de l'armée des Philistins joignirent Saiil.
Gen. 31. 25. Mais , 2. xMach. 8. 11, ce mot
s'entend dans le sens figuré. Non respiciens
ad vindictam quœ eum ab Omnipotente esàct
consecutura : Kicânor, invitant ainsi les mar-
chands de venir acheter à bon marché des
esclaves juifs qu'il devait faire , ne faisait
pas réflexion sur la vengeance du Tout-
Puissant, qui devait bientôt tomber sur lui.
Voy. V. 34. 35. 36.
3° Acquérir, obtenir, trouver (èTrtrvyxKvîiv).
Rom. 11. 7. Quod quœrebat Israël hoc non est
co7isecutus, electio aulem consecuta est : Israël
n'a pas obtenu ce qu'il cherchait {se. le salut
qu'il croyait trouver , se conûant dans ses
mérites, ; et le peuple élu l'a obtenu ; se. les
chrétiens ont obtenu ce salut par la foi en
Jésus-Christ. A\ns'\, Consequi misericordiam,
s'entend dans la même signiflcation. Voyez
MiSERICORDiÂ, Voy. H^REDITAS.
Phrases tirées de ceUe signification.
Consequi summam infelicitatem, trouver le
comble de ses malheurs (5j(7r,y.îc-rv, infelici-
ter agere). 2. Mach. 8. 35. Summam infelici-
tatem de interitu sui exercitus consecutus : Ni-
canor trouva le comble de ses malheurs dans
la perte de son armée; se. par Machabée,
après quoi il s'enfuit seul à Antioche.
Consequi ultionem , Ixy.SccJsi-j èy.Siy.v'!ri:>, se
venger. Jerem. 20. 10. Consequamur ultionem
ex eo : Tâchons de nous venger de lui; les
ennemis de Jérémie ne cherchaient qu'à le
perdre.
CONSERERE, CONSEVI , CONSITUM, ou-
T£Û£tv, planter, semer. Esth. 1. 5. In vestibulo
horti et nemoris , quod regio cultu et manu
consitum erat : Assuérus flt préparer au peu-
ple de Suse un festin dans le vestibule de
son jardin et d'un bois qui avait été planté
par la main des rois. Eccl, 2. 5.
CONSERERE, CONSERUI , joindre une
chose à une autre.
Phra«es tirées de cette signiflcation.
Conserere inanus , mettre les mains l'une
dans l'autre; c'est demeurer sans travailler.
Prov. 6. 10. c. 24. 33. Paululum conseres ma-
nus ut dormias : Vous mettrez un peu vos
mains l'une dans l'autre pour vous reposer;
Gr. èv«7/K)iÇ£iv , mettre les bras l'un dans
l'autre, comme font ceux qui s'endorment; le
Sage parle du paresseux qui sommeille ou
sendort souvent au lieu de travailler.
Conserere inanum super manum proximi,
mettre sa main dans celle de son voisin, la
joindre avec la sienne, c'est implorer son se-
cours et avoir recours à lui {(7-Ju-'/.iy.B76v.i).
Zach. 14. 13. Conseretur manus ejus super
vianum proximi sui : Les ennemis des Juifs,
dans la consternation où ils seront , auront
recours à leurs voisins pour attaquer Jéru-
salem, mais ce sera inutilement.
CONSERVARE , a-j-^r.peîv , Sioanpeî^ —
1 Conserver et retenir (^'^o'/ovirv, vivifîcare).
Exod. 1. 17. Conservabant mares : Les sages-
li'ùr,
CON
CON
S8G
femmes conservèrent les enfants mâles des
Hébreux; Pharaon leur avait ordonné de les
tuer. Voy. v- 16. Luc. 2. v. 19. 51. Maria...
conservabat omnia verba hœc , conferens in
corde suo : Marie conservait toutes ces choses
en ello-ménie, les repassant dans son cœur;
ces choses étaient ou tout ce qu'elle entendait
dire à la gloire de Jésus-Christ, ou toutes les"
paroles qu'elle entendait sortir de sa bouche.
Eccli. 39. 2. Narrationem virorum nominato-
rum conservabit : Le Sage conservera dans
son cœur les instructions des hommes célè-
bres; autr. les histoires.
2° Sauver, délivrer. Judith. 10. 15. Conser~
vasti animam tuam : Vous avez sauvé votre
vie par celte résolution que vous avez prise
de venir trouver Holopherne, disent à Judith
les soldats d'Holopherne. Eccli. 33. 1.
3" Observer, prendre garde. Eccli. 4-. 23.
Conserva tempiis : Ménagez le temps, et ob-
servez celui qui est propre pour faire le bien,
et donnez-vous de garde de la malignité du
siècle. Eccli. 2. 18. Conservabunt viam illius :
Ceux qui craignent le Seigneur demeureront
fermes dans sa voie ; i. e. s'appliqueront et
s'attacheront à garder ses commandements,
c. 6. 27. c. 35. 1.
4° Réserver, garder pour ne faire paraître
qu'en un certain temps. Isa. 48. 6. Audita
feci tibi nova ex tunc^ et conservata sunt quœ
nescis : Je vous ferai entendre maintenant
des nouvelles prédictions que je vous ai ré-
servées et qui vous sont inconnues ; ces choses
nouvelles sont les victoires de Cyrus contre
les Babyloniens et contre tous ses ennemis.
Voy. V. 14. 15. Ainsi, 1. Petr. 1. 14.
CONSERVATIO, nis, Tri/^ntriç, conservation,
observation. Eccli. 32. 27. Hoc est conserva-
tio mandatorum : C'est ainsi qu'on garde les
commandements de Dieu ; se. en écoutant
souvent plutôt sa propre conscience que les
conseils des autres.
CONSERVUS, I, tjvvSovloç : — 1° Serviteur
qui sert avec d'autres dans une même mai-
son , et figurément chacun des chrétiens qui
servent et adorent un seul et même Dieu dans
son Eglise. Matth. 18. v. 28. 29. 31. 33.
Nonne eryo oportuit et te misereri conservi
lui, sicut et ego tui misertus sum? Ne fallait-il
donc pas que vous eussiez aussi pitié de vo-
ire compagnon, comme j'avais eu moi-même
piiié de vous ? Jésus-Christ marque, par cette
figure, l'obligation que nous avons de par-
donner à notre prochain les offenses que
nous en avons reçues , en conséquence du
pardon que Dieu nous accorde de nos péchés,
ce qui s'entend de chaqueminislre de 1 Eglise.
Malth. 24. 49. Si cœperit perculere conservas
cjus • Si ce serviteur (que son maître avait
établi sur ses autres serviteurs) est si mé-
chant que de se mettre à battre ses compa-
gnons au lieu de leur distribuer leur nour-
riture. Voy. v. 45. Ainsi , Coloss. 1. 7. c. 4.
7. Apoc. 6. 11. Donec complenntur conservi
eorum : Il lut dit aux martyrs, qui deman-
daient la vengeance do leur mori , qu'ils at-
tendissent en repos jusqu'à ce que le nombre
iût accompli do ceux qui, étant serviteurs de
Dieu comme eux , devaieni soulfrir la niort
aussi bien qu'eux. Voy. v.9. 10. c. 19. 10. Vide
nefeceris; conservus ^uti.s sum ; Gardez- vous
bien de faire une si grande faute que celle de
m'adorer; je suis serviteur de Dieu comme
vous, dit l'ange à saint Jean. c. 22. 9.
CONSIDERARE, (r/û7r£tv,-/'.«T«o'xo7rs(v,xaTavo£tv.
Ce mot vient de sidéra , et se dit proprement
de la contemplation des astres :
1° Considérer des yeux, regarder attentive-
ment. Exod. 2. 4. Sorore ejus considérante
eventum rei : La sœur de Moïse se tint loin
du bord du Nil, par l'ordre de sa mère, pour
voir ce qui arriverait de lui; il avait été ex-
posé sur le Nil parmi des roseaux, d'où la
fille de Pharaon le fit tirer. Levit. 13. 17.
Considerabit eum sacerdos : Le prêtre consi-
dérera ce lépreux pour juger s'il est lépreux
(o7rT£cr9«t). Jac. 1. V. 23. 24. Consideravit se
et abiit : Il jette les yeux sur son visage na-
turel qu'il voit dans un miroir, et s'en va, et
oublie à l'heure même quel il était ; la parole
de Dieu s'évanouit de même dans celui qui se
contente de l'écouter sans l'observer. Levit.
25. 50. Ps. 93. 9. Ps. 141. 5. Ad. 7. 31. etc.
2° Considérer quelque chose avec atten-
tion, y faire réflexion (xaravoerv). Luc. 12.
24. Considerate corvos quia non scminant
neqiie metunt , et Deus pascit illos... v. 27,
Considerate lilia quomodo crescunt , non
laborant neque nent : Jésus-Christ, pour fairei
juger aux hommes de la providence que
Dieu a de pourvoir à tous leurs besoins , les
exhorte à considérer comme elle s'étend sur
tous les corbeaux mêmes , qui trouvent de
quoi se nourrir sans semer ni moissonner,
et sur les lis, revêtus d'une si grande beauté
sans aucun travail. Hebr. 3. 1. Considerate
apostolum et pontificem confessionis nostrœ
Jesum : L'Apôtre fait considérer quel est
Jésus-Christ, afin qu'après l'avoir comparé
avec Moïse, on juge qu'il est autant au-des-
sus de lui que l'est un fils de famille au-des-
sus d'un serviteur. Deut. 32. 20. Considerabo
novissima eorum ( Sîtzvyvat ) : Je considérerai
la fin malheureuse des pécheurs , dit Dieu.
Isa. 5. 12. Rom. 4. 9. i
3° Considérer avec joie, voir avec plaisir.
Ps. 90. 8. Oculis tuis considerabis {retributio-
nem peccatorum)... : Vous verrez avec plaisir
la punition des pécheurs.
4° Examiner, penser sérieusement à quel-
que chose (auvioïtv). Act. 12. 12. Considérons^
que venit ad domum Mariœ matris Joannis :
Saint Pierre, ayant pensé à ce qu'il ferait, vint
en la maison de Marie, mère desaint Jean, sur-
nommé Marc; ce fut après que l'ange qui ve-
nait de le tirer de la prison, l'eut quitté. Gai
6. 1. Considerans te ipsum , ne et lu lenteris ,
Que chacun de vous fasse réflexion sur soi-
même et craigne d'être tenté aussi bien que
celui qui aurait pu tomber par surprise en
quelque péché. Ps. 118. l^. Considerabo vias
tuas : Je considérerai vos voies; se. vos com-
mandements et vos lois. Job. 11. 11. Prov.
IV. 15.
5 Regarder avec mépris {filénta). Cant. 1.
5. Nolitc me considcrare quod fusca sim : Ne
considérez pas que je suis devenue brune.
La l^aulé de l'Eglise ne consiste que dang
su
WCTION.NAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
8»8
l'intérieur, où elle est pleine de charité et de
l'amour de Dieu, et de toutes les autres ver-
tus surnaturelles, et non dans l'extérieur, où
elle paraît toute déûgurée dans cette vie par
les persécutions de ses ennemis. Voyez Ps.
4i. 15.
6* Observer, épier (ç/jU-Tew) . Job. 13. 27.
Vestigia pedum meorum considerasti : Vous
avez observé toutes mes démarches. Prov.
10. 32. Labia justi considérant placita : Les
justes prennent bien garde de rien dire qui
ne soit agréable à Dieu et au prochain ; Gr.
distillent les grâces [x-otzùUu, distillare).
Façons de parler.
Considerare invicem. Veiller les uns sur
les autres, prendre garde réciproquement
les uns sur les autres, pour s'avertir chari-
tablement. Hebr. 10. li. Consideremus invi-
cem in provocatione charitatis : Prenons
garde les uns sur les autres, afin de nous
eulr'exciter à la charité, etc.
Phrase tirée de ce verbe.
Considerare personam. Voy. persona.
GONSIGNARE , v.u.-v.'j^ùv.yicjvj , cacheter ,
apposer le sceau. Sap. 2. 5. Non est rêver-
sio finis nostriquoniatnconsignata est: Après
lu mort il n'y a plus de retour, le sceau est
posé.
GONSILIARI , de consiliare. Ce verbe est
déponent, et signifie dans l'Ecriture :
1" Délibérer, consulter, résoudre {Soulexten-
fiztj.Ps. 30. V^,Accipereanimammeamconsiliati
sunt : Mes ennemis ont tenu conseil pour
in"ôter la vie. Eccl. 37. 7. Aoli consiliari
cum eo qui tibi insidiatur : Ne prenez point
conseil de celui qui vous dresse un piège ;
Gr. qui vous regarde de mauvais œil. c. 51.
2i. Consiliatus sum ut facerem illam : Je me
suis résolu à faire ce que la sagesse me pres-
crit. Isa. io. 21. Veniteet consiliamini simul:
Venez et prenez conseil tous ensemble. Le
prophète exhorte tous les hommes à voir
ensemble comment ils se pourront conduire
les uns les autres à la communion de l'E-
glise.
2" Aléditer, s'entretenir seuI(ot5<vo£rT55<t).Ec-
cli. 39. 10. In absconditis suis consiliabitur :
Le sage méditera les secrets de Dieu. v. 16.
38.
CONSILIARIUS, II, cr-juSovloç. — !• Qui con-
seille et donne avis de faire, ou de quelle
manière on doit faire quelque chose ; con-
seiller, 1 d'un homme particulier. Eccli. 6.
C. Consiliarius sit tibi unus de mille : Choi-
sissez pour conseil un homme entre mille-
Prov. îo. 22. Eccli. 37. v. 8. 9. Isa. 3. 3. 2"
dun roi, d'un prince, d'une ville ou même
d'une république. 1. Par. 27. 32. Jonathan
autem patruus David consiliarius : Jonathan,
«ncle de David, était un des conseillers de
David. Job. 12. 17. Adducit consiliarios {àryj.
u-j-r.ç) in slultumfinem: Dieu fait tomber ceux
qui donnent conseil aux autres en des pen-
sées extravagantes, se. en permettant qu'ils y
tombont. Ilpermetque ceux qui méprisent ses
lumières, et qui veulent suivre leur propre
sagesse, tombent dans des extravagances
qui les conduisent à leur perte. 2. Reg. 17.
IV. Job. 19. 19. Abominati sunt me quondam
consiliarii mei {sloizî; us] : Ceux du conseil de
qui je me servais autrefois, m'ont eu en exé-
cration : Job qui parleétait autrefois ou prin-
ce ou grand seigneur. Voy. c. 29. v. li. 21.
Ainsi, 2. Reg. 15. 12. 1. Par. 27. 33. 2. Par.
22. 4. c. 25. 16. Esth. 13. 3. Isa. 19. 11. 3^
Conseiller de Dieu, en parlant d'un homme.
Isa. iO. 13. Rom. 11. 3+. Quis consiliarius
ejus fuit ? Qui a donné conseil à Dieu, et
qui a été son conseiller ? se. pour lui remon-
trer de faire ce qu'il pût ignorer, ou pour lui
conseiller qui des hommes , et comment il
devait les sauver. Isa. 9. 0. Admirabilis ,
Consiliarius , Deus. Ce petit enfant sera ap-
pelé l'Admirable, le Conseiller, Dieu : Jésus-
Christ est appelé conseiller par sa doctrine.
2" Magistrat, juge d'une ville, ou l'un de
ses conseillers, et de ceux qui tiennent un
des premiers rangs dans l'Etat. Isa. 1. 26.
Restituam consiliarios tuossicut antiquitus: Je
rétablirai vos juges et vos conseillers com-
me ils étaient autrefois. Le rétablissement
florissant de Jérusalem, que Dieu promet ici,
est la figure du rétablissement de l'Eglise, c.
3. 3. Aufert consiliarium: Le Seigneur va ôler
de Jérusalem ceux qui peuvent donner con-
seil, en punition des péchés. Mich. 4. 9.
3° Associé, et qui est entré dans le même
dessein, complice {^'jjoo-Ao;, conservus ). 1.
Esdr. 4. V. 7. 9. 23. Exemplum edicti Arta-
xerxis régis lectum est coram Reum, Beelteem
et Samsai scriba et consiliariis eorum : La co-
pie de l'édit qui ordonnait d'empêcher les
Juifs de rebâtir Jérusalem , porté par Arta-
xerxès, fut lue devant Reun.,Béeltéem, Sam-
saï, secrétaire et leurs conseillers.
CONSILIATOR , ris , cz^aÇov/of , — 1° Qui
donne conseil, qui donne avis de faire quelque
chose. l.Esdr. 4.5. Conduxerunt adversus eos
consiliatores (LXX, So-j/«î hu.uy(,jyo\/'.r:o),ut de-
struerent consilium eorum: Le peuple , qui
était venu habiter le pays de Judée, gagna par
argent des ministres du roi, pour ruiner le
dessein que Zorobabelet ses associés avaient
de rebâtir Jérusalem , en les engageant à
donner avis au roi d'empêcher l'exécution de
ce dessein.
2" Conseiller d'un prince. 1. Esdr. 7. v. 14,
15. 28. A facie régis et septem consiliatorum
ejus missus es ; Vous êtes envoyé par le roi
et par ses sept conseillers , dit le roi dans sa
lettre qu'il donna à Esdras, pour l'autoriser
dans le pouvoir qu'il lui donnait d'aller ré-
tablir le culte de Dieu à Jérusalem, v. 8. 29.
CONSILIUM , II, jSoj)./i. Ce nom vient du
verbe consulere, et signifie :
l'' Conseil, opposé au précepte. 1. Cor. 7.
25. De virginibus consilium do : Pour ce qui
regarde les vierges ( je n'ai point reçu de
commandement du Seigneur, mais ), voici le
conseil que je vous donne: saint Paul le rap-
porte dans la suite. Voyez saint Augustin,
Serm. 61. de Tempore. Ainsi , conseil, avis.
Prov. 13. 10. Qui omnia agunt consilio , re-
gunlur sapienlia f yvw_!/r, ) : Ceux qui font
tout avec conseil sont conduits par la sages-
se. Ps. 1. 1. Beatus vir qui non abiit in con-
si'io impiorum : Heureux l'homme qui ne
889
CON
CON
89C
s'est point laissé aller à suivre le conseil des
impies. Ps. iiS. 2ï. Consilium meum justifi-
caliones tuœ : La justice de vos ordonnan-
ces me tenait lieu de conseil. Num. 2ï. li.
Jerem. 23. v. 18. 22. c. i9. 30. Act. 27. v. 12.
kl.
2" Conseil , intelligence sage et éclairée ,
qui sait ce qu'il faut faire dans les occasions.
Prov. 8. ik. Meum est consilium : C'est de la
sagesse que vient le conseil. Ainsi, v. 12.
Ego sapientia habito in consilio : Moi , qui
suis la sagesse, j'habite dans le conseil; c'est-
à-dire que c'est moi qui inspire aux hommes
tous les conseils sages et justes qu'ils pren-
nent. Jerem. 18. 18. Non peribit consilium a
sapiente : Quand nous nous serons défaits de
Jérémie, nous ne laisserons pas de trouver
sans lui des sages qui nous feront part de
leurs conseils , disent ses ennemis, ne le re-
gardant point comme un vrai prophète. Isa.
28. 29. Jerem. 32. 19. Ezech. 7. 26. A quoi se
peut rapporter, Prov. 31. 13. Operata est
consilio manuum suarum : La femme forte a
travaillé avec des mains sages et ingénieuses;
se. ses mains ont su faire les ouvrages de fil
et de laine , que sa sagesse et sa prudence
ont jugés nécessaires pour les besoins de sa
famille. Chaque ouvrage extérieur se conduit
par des règles et des idées intérieures , qui
sont comme le conseil des mains ; mais afin
que l'ouvrage réussisse , il faut que le con-
seil n'abandonne pas les mains, que es mains
suivent la règle, et que l'esprit, qui règle les
mains, ne la perde pas de vue. On peut tra-
duire selon l'Hébreu : Operata est in volun-
tate manibus suis : Elle a travaillé de ses
mains volontiers et avec plaisir; Gr. fecit
quod utile est (e-jx^w^tov).
3" Pensée secrète. 1. Cor. h. 5. Manifesta-
bit consiiia cordium : Le Seigneur décou-
vrira les plus secrètes pensées des cœurs.
Prov. 20. 5. Sicut aqua profunda, sic consi-
lium in corde viri : Le conseil est dans le cœur
de l'homme sage comme une eau profonde ;
se. par l'abondance des bons avis qu'il est
toujours en état de donner. Prov. 15. 22.
4" Dessein , entreprise , soit bonne , soit
mauvaise. Ps. 19. 3. Omne consilium tuwn
confirmet : Que le Seigneur accomplisse tous
vos desseins, i. e. les fasse réussir. Ps.9.23.
Comprehendunturincoji^siliis quibus cogitant:
Les impies sont trompés dans les pensées
dont leur esprit est occupé.
o Attachement opiniâtre à sa mauvaise
volonté, désobéissance («T£':=ta). Prov. 1.
31. Consiliis suis saiurabuntur : Les pécheurs
seront rassasiés de leurs conseils ; se. seront
comblés de malheurs, pour s'être attachés à
vivre selon leur mauvaise volonté. Ps. 105.
US. Ipsi autem exacerbaverunt eum in consi-
lio suo : Les Israélites irritèrent de nouveau,
par l'impiété de leurs desseins, le Seigneur (jui
les avait souvent délivrés de leurs ennemis.
6° Senlimenl , avis, opinion. Job. 29. 21.
Intenti tacebnnt ad consilium yneum : lis rc-
crvaieat mon avis avec un silence plein de
respect. 1. Cor. 7. v. 25. '*0.
7" Jugement , prudence pour résoudre les
choses douteuses et embarrassées. Isa. 11. 2.
Requiescet super eum spiritus consilii : L'es-
prit de conseil se reposera sur lui ; se. sur
le Messie, qui est Jésus-Christ. Deut. .32. 28.
8° Recherche inquiète et chagrine des
moyens pour éviter le mal dont on est af-
fligé, ou pour jouir du bien qu'on n'a pas.
Ps. 12, 2. Quamdiu ponam consiiia in anima
mea? Jusqu'à quand remplirai-je mon âme
de l'inquiétude de tant de desseinsdifférents?
se. pour trouver le moyen d'échapper à mes
ennemis. Isa. 47. 13. Defecisti in mullitu-
dine consiliorum tuorum : Cette multitude de
conseillers n'a fait que vous fatiguer. Les
augures et les enchanteurs des Babyloniens
leur devaient être inutiles au temps de la
ruine de Babylone. Ps. 32. 10. Reprobatcon-
silia principum ; Le Seigneur renverse les
conseils des princes.
9" Résolution, dessein arrêté, décret. Isa.
46. 10. Consilium meum slabit : Toutes mes
résolutions seront immuables, dit Dieu.Voy.
Ps. 32. 11. Hebr. 6. 17. etc. Ainsi , Prov. 21.
30. Non est consilium contra Dominum : Il
n'y a point de conseil contre le Seigneur.
Act. 2. 23. Isa. 5. 19. c. 4. 28. c. 5. 38. 2.
Par. 25. 16. Ephes. 4. 11. Hebr. G. 17. Ainsi,
Ps. 13. 10. Consilium inopis confudistis :
Vous avez voulu confondre le pauvre dans
le dessein qu'il a pris; se. de n'espérer
qu'en Dieu et de ne dépendre que de lui. 1,
Mach. 14. 22. Scripsimus quœ ab eis eranl
dicta in consiliis populi : Nous avons écrit
en ces termes dans les registres publics ;
Gr. in actis pnblicis.
10° Ordonnance, commandement. 1. Esdr.
10. 8. Qui non venerit juxta consilium prin-
cipum et seniorum : On publia dans toute la
Judée que quiconque ne se trouverait pas à
Jérusalem dans trois jours, selon l'ordre des
princes et des anciens , perdrait tout son
bien.
11" Dessein, moyen pour parvenir à quel-
que fin pour exécuter quelque chose. Job. 42.
3. Quisest isle qui celât consilium absque scien-
tia ? Qui est celui-là qui , par un effet de son
ignorance, prétend dérober à Dieu les moyens
dont sa sagesse se sert? Ps. 105. 13. Nonsus-
tinuerunt consilium ejus : Les Israélites n'at-
tendirent pas avec patience (et sans mur-
mure) que Dieu accomplît les desseins qu'il
avait sur eux de les faire entrer dans la
terre promise. Voy. Exod. 15. 24. et c. 17. 2.
Ainsi, Ps. 65.5. Ps. 105. 13. Ps. 106. 11. Luc.
7. 30. Act. 20. 27.
12" Volonté libre, ou libre arbitre (5ic<Çov-
lit'j). Eccli. 15. 14. Deus ab inilio reliquil il-
lum in manu consilii sui : Dieu, dès le com-
mencement, a laissé l'homme dans la main
de son conseil ; ce qui s'entend clairement du
premier homme, à la volonté duquel Dieu
soumit l'usage de toutes choses, et la grâce
même dont il avait orné son âme, afin qu'il
pût se porter, avec une égale facilité, ou au
bien ou au mal; mais on pont l'entendre
aussi des autres honunes qui, ayant reçu la
loi naturelle ou la loi écrite, et d'ailleurs, re-
cevant des grâces intérieures pour accomplir
la U>i que Dieu leur donne, pèchent par une
désobéissance voluulaire.
891
DICTFONNAIRC DE PHILOLOGIE SACRÉE.
jf)â
13' Assemblée. Ps.88.8. Deus quiglorifica-
turin consilio sanctorum : Dieu, qui est rem-
j)li de gloire au milieu des saints. Ps. 110. 1.
Jerem. 6. 11. Ezech= 13. 9. De là vient :
Consilium facere, (Tvu^jovliov ),a^a6âvetv, Tenir
conseil. Matth.1-2. 14. Pharisœi consilium fa-
ciebant adversus eum : Les Pharisiens tinrent
conseil ensemble contre Jésus-Christ. Marc.
3. 6.
Consilium accipere, arvuSo-ùlio-j locuSûvetv. Dé-
libérer sur quelque chose. Matth. 28. 12.
Consilio nccepto : Les princes des prêtres
avec les sénateurs délibérèrent ensemble ,
sur ce que quelques gardes du tombeau de
Jésus-Chrisi leur vinrent dire ce qui s'était
passé à la résurrection.
Consilium inire oucogitare; SovltvstjOxt ^ov-
ïrrj, <7y/:xeou),£ij£<76«t. Résoudre, former des des-
seins. Isa. 7. 5. Jnite consilium : Formez des
dessoins, et ils seront dissipés. Le Prophète
parle des desseins inutiles que feront les
Juifs contre le roi d'Assyrie c. 8. 10 c. ik.
26. Hoc consilium quod cogilavi : C'est là le
dessein que j'ai formé. Matth. 12. 14. c. 22.
15. C.26. 4.
CONSIMILIS, is, 6>io?. Pareil, semblable.
Gen. 41.39. Numquid sapiendorem et consi-
milem tui (toioûtoc) invenire potero? Où pour-
rais-je trouver quelqu'un plus sage que
vous, ou semblable à vous? répond Pharaon
à Joseph, sur ce qu'il lui avait dit de choisir
un homme sage pour pourvoir à la famine
que figurait son songe. 3. Reg. 7. 37. 2.
Mach. 4. 16.
CONSISTERE,(tyvt<TTa(T9«t,tTT«(79«t, avoir une
consistance solide, subsister solidement, avoir
toutes ses parties ; dans l'Ecriture :
1" S'arrêter, être quelque part, se trouver
présent. Ps. 38. 2. Posui orimeo custodiam
cum consisteret peccator adversum me : J'ai
mis une garde à ma bouche dans le temps
que le pécheur s'élevait contre moi : Le Pro-
phète parle entr'aulres de Séméï. Voy. 2.
Reg. 16. v. 8. 11. Ainsi Job. 33. 5. Adversus
faciem meam consiste ; Présentez-vous devant
mui pour me répondre. Gen. 47. 1. Jos. 3. 13.
1 . Reg. 23. 3. 2. Par. 20. 2. Prov. 7. 21. Eccli.
14. 23. c. 23. 18.
2' Consister, dépendre {y.uTiTxvsrj, valere),
2. Par. 25. 8. Siputas inrobore exercitus bcl-
la consistcre : Si vous vous imaginez que le
succès de la guerre dépond de la force de
l'armée, Dieu fera que vous serez vaincu par
vos ennemis , dit l'homme de Dieu à Ama-
sias.
3" Etre rangé en ordre de bataille {nupuzà<T-
(T£<ie«t).Ps.26. 3. Si consistant adversum meca-
sfra; Quand les armées seraient campées con-
tre moi et prêtes à combattre (lo Seigneur me
iléfendanti, je n'en serai point effrayé. Jerem.
50. 29.
4" Etre fondé , être affermi (ISoâÇeTOat).
Prov. 8. 5. Necdum montes gravi mole con~
sliterant : La pesante masse des montagnes
n'était pas encore formée.
5' S'asseoir avec d'autres (o-uvgS/sEyêiv). Eccli.
11.9. Injudicio pcccantium ne consistas : Ne
vous arrêtez point avec les méchants pour
juger des actions d'autrui.
6' Demeurer ferme, tenir bon ( y.xTiTrâ.-jxi).
2. Mach. 12. 27. Robusti juvenes pro mûris
consisténtes .- Les murailles de la ville d'E-
phron étaient bordées de jeunes hommes fort
vaillants, qui étaient pour les défendre vi-
goureusement; se. lorsque Judas y alla pour
la prendre.
'7° Subsister solidement , avoir toutes ses
parties bien liées. 2. Pelr. 3. 5. Terra de aqiia
et per aquam consistens Dei verbo : La terre
sortit du sein de l'eau, et elle ne subsiste que
par l'eau depuis la création du monde. -
CONSISTORIUM, ii. En français, consis-
toire, le conseil du pape ; dans l'Ecriture :
Un lieu retiré où l'on s'entretient en secret.
Es th. 5. 1. Jlle sedebat super solium suum in
consistorio palatii : Heb. in domo regia : As-
suérus était assis sur son trône dans l'alcôve
de sa chambre ; i. e. dans le lieu le plus re-
tiré de son palais; ce fut lorsque Eslher alla
se présenter devant lui sans y être appelée.
GONSORRINUS. Ce mot vient de soror et
signifie proprement : cousin germain, du
côté des deux sœurs , dont les enfants sont
consobrini , comme les enfants des deux frè-
res sont patrueles.
1° Cousin germ:iin [Bvyx'crip toO à.hl'.f'ov rô(
ixr)-pôç). Gen. 29. 10. Cum Jacob sciret conso-
brinam suam .Jacob sachant que Rachel était
sa cousine germaine; les pasteurs lui venaient
de dire qu'elle était fille de Laban. Coloss. 4.
10. Marcus consobrinus Barnabœ : Marc cou-
sin de saint Rarnabé.
2° Parent, cousin. Tob. 11. 20. Veneruntque
Achior et Nabath consobrini Tobiœ gaudentes
ad Tobiam : Achior et Nabath , cousins de
Tobie; on croit que cet Achior est le même
que le Grec appelle Achiacarus , neveu de
Tobie.
CONSOCIARE. Joindre une chose avec une
autre. Judic. '»-. 21. Soporemmorti consocians
defecit, etmortuus est : Sisara, joignant à son
souimeil celui de la mort , fut tué par Jahel,
laquelle lui perça la tête d'un clou, lorsqu'il
reposait.
CONSOLARI, TTupxy.oàshj. Ce verbe est pris
en signification ou active ou passive :
Consolari, en signification active: — 1° Con-
soler et soulager les maux ou les afflictions
des autres. 2. Cor. 1. 4. Consolatur nos in
omni tribulatione nostrfi, ut possimus et ipsi
consolari eos qui in pressura sunt : Réni soit
Dieu qui nous console dans tous nos maux ,
afin que nous puissions aussi consoler les
autres , etc.; par celte consolation, il semble
que l'Apôtre entende parler de celle que Dieu
lui a donnée du bon fruit qu'avait fait sa
lettre précédente adressée aux Corinthiens.
Ps. 22. 5. Virga tua et baculus tuus, ipsnme
consolala sunt : Votre soin pastoral et votre
protection (Seigneur) m'ont consolé.
2° Donner du repos, faire cesser la peine
(StKVKTraùnv). Gcu. 5. 29. Jste consolabitur
nos ab operibus et laboribus manuum nostra-
rum : Colui-ci, nous soulageant parmi nos
travaux et les œuvres de nos mains, nous
consolera dans la terre que le Seigneur a
maudite; Lamcch marque ici la raison pour-
quoi il donne à son (ils le nom de Noé ; et
893
CON
CON
894
i Plie prédiction fat accomplie en ce qu'outre
les aulres biens que Noé a faits aux hommes,
il a inventé les instruments qui servent à la-
bourer la terre et commença de se servir des
animaux pour la cultiver; bien plus, il a
sauvé le monde du déluge et a été la figure
de Jésus-Christ. Job. 7. 13.
3* Fortifier, maintenir. Ephes. 6. 22. Quem
misi ad vos ut cognoscatis quœ circa nos sunt,
et consoletur corda vestra: i'al envoyéTychi-
que vers vous, afin qu'il console vos cœurs
en vous apprenant ce qui se passe à notre
égard ; saint Paul, entr'aulres choses, entend
peut-être bien parler de la liberté qui fut
donnée à saint Paul étant à Rome; marquée
Act. 28. 16. Ainsi, Coloss. 2. 2. c. 4. 8. 1.
Thess. 5. U.
i° Marquer delà tendresse pour quelqu'un,
prendre soin de lui avec une affection parti-
culière. Isa. C6. 13. Quomodo si cui mater
blandiatur, ita ego consolabor vos : Comme
une mère caresse son petit enfant , ainsi je
vous consolerai , dit Dieu aux Israélites.
5° Rétablir, remettre en bon étal. Isa. 51.
5. Consolabitur omnes ruinas ejus : Le Sei-
gneur rétablira les lieux ruinés par tout le
pays; ceci figure la vocation des Gentils en
la place des Juifs qui devaient être incrédu-
les à la parole de Dieu.
6° Exhorter, encourager. Heb. 10. 25. Non
deserentes colteclionem nostram, sed conso-
lantes : Ne nous retirant point de nos assem-
blées, mais nous exhortant les uns les au-
lres; le verbe 7r«/5c</a)>=fv signifie exhorter et
consoler ; ainsi , en plusieurs endroits oii est
le mot latin consolari, on le peut rendre par
exhortari. Ephes. G. 22. Coloss. 2. 2. c. k. 8.
1. Thess. 5. 14. comme il faut rendre quel-
quefois exhortari par celui de consolai i. Voy.
EXHORTABI.
Consoluri, en signification passive, 77«/5«-/.«-
>£ic^ô«t : — 1° se tenir assuré et en paix eu
quelque chose. Isa. 66. 13. In Jérusalem con-
solabimini : Vous trouverez votre paix dans
Jérusalem; i. e. dans l'assemblée des fidèles,
c. i)7. 5. Qui consolamini in diis : Vous qui
cherchez votre consolation dans vos faux
dieux.
2" Se consoler de quelque affliction ou
malheur, en être consolé. 2. Reg. 13. 39. Ces-
savit rex David persequi Absidom , eo quod
consolatus esset super Amnon interilu : Le
roi David cessa de poursuivre Absalom ,
parce iju'il s'était enfin consolé de la mort
d'Amnon. Ps. 76. 3. Ps. 118. b2. Ainsi, Eccli.
35. 21. Doncc propinquct, non consolabitur :
\]\\ homme (jui s'humilie, étant dans la
prière, ne se consolera point (juc sa prière
n'ait été jusqu'à Dieu. Ps. 125. 1. Facti su-
Tiius sicut cunsolali : Nous avons été comnie
(les personnes remplies di- consolation, llebr.
Ut somniantes : Noire délivrance; nous parut
un songe; non pas qu'ils ne fussent très-as-
surés de cette délivrance, mais parce (ju'ellc
était si admirable et qu'elle paraissait si dif-
ficile à obtrnir qu'elle semblait impossible.
3' Se consoler par la joie el la satisfaction
(pjc l'on reçoit de se voir vengé de ses cntïc-
Mîis. Ezech. 5, l.'{. Complebo furorem iueum,
el requiescere faciam indignationem meam in
eis , et conso/o6or ; Je contenterai ma fureur,
je satisferai mon indignation dans leurs maux^
et je me consolerai. 2. Mach. 7. 6. Consola-
bitur in nobis : Le Seigneur Dieu sera con-
solé en nous , se. en nous vengeant de nos
ennemis ; les six Machabées,avec leur mère,
disent ceci comme un accomplissement de ce
qu'avait dit Mo'ïse. Deut. 32. 36. In servis
suis consolabitur : Le Seigneur tirera ven-
geance de ses ennemis en faveur de ses ser-
viteurs ; notre Vulgate , Deut. 32. 36. d'oii ce
dernier passage est tiré, porte : miserebitur
au lieu de consolabitur. L'Ecriture se sert
souvent du mol TZKp(/./.rAzï<7BrxL, consolari; lors-
qu'elle marque que Dieu se rend de nouveau
propice à son peuple, après l'avoir châtié à
cause de ses péchés. Ps. 13i. Isa. 1. 2i. Con-
solabor super hostibus meis ( tzouu -/.pîTi-j, fa-
cerejudicium) : Je me consolerai dans la perte
de mes ennemis; ce qui se dit de Dieu par
comparaison de ce que font les hommes. Voy.
COMPLERE.
i°Goûter une joie spirituelledans les afdic-
tions.soil dans celle vie. Rom. 1.12. Desidero
simul consolari in vobispeream quœ ininvicem
est,fidem vestram atque meam : Je désiré de me
voir en état que nous nous consolions mu-
tuellement dans la foi que nous professons
vous et moi; soit dans l'autre vie, où la joie
sera accomplie. Matlh. 5. Bcati qui lugcnt
quoniam ipsi consolabunlur : Bienheureux
ceux qui pleurent, parce qu'ils seront con-
solés. Luc. 16. 25.
CONSOLATIO, Nis, Trupûytlnm:. —1° Con-
solation. Ose. 13. ik. Consolatio nbscondita
est ab ocuiis meis : Je ne vois rien mainte-
nant qui me console de votre endurcissement
dans le péché, dit Dieu en parlant des Israé-
lites. On peut donner ce sens au verset en-
tier : S'ils avaient eu recours à moi , je les
aurais délivrés de la mort et de tous les efforts
de leurs ennemis , et je leur aurais donné
part à la victoire que je dois un jour rem-
porter sur la mort; mais leur endurcisse-
ment me rend inconsolable et je ne puis que
plaindre leur malheur, Ps. 93. 19. Consola-
tiones luœ lœtifîcaverunt animam meam : Vos
consolations ont rempli de joie mon âme, en
calmant mes inquiétudes et en apaisant mes
troubles. Isa. 66. 11. Ut sugaiis et repleamini
ah ubere consolationis ejus : Afin que vous
suciez et que vous tiriez des mammellos do
Jérusalem le lait de ses consolations; Jéru-
salem est la figure de l'Eglise , dans le sein
de laquelle ses enfants goûtent les consola-
tions de la parole et de rEs[)rit de Dieu, qui
ne se trouvent point hors d'elle.
2' Secours , défense. Judith. 8.20. Exspec-
temus humiles consolationem ejus : Attendons
avec une humble soumission les consolations
de Dieu, et il nous vengera.
3' La joie cl le conlentement que l'on re-
çoit (le se voir vengé de ses ennemis (y.uipbç).
Thren. 1. 21. Addnxisti dirm consolationis ,
et fient similes mei : Quand le jour sera ar-
rivé au(|uel vous devez me consoler, mes en-
nemis deviendront semblables à moi; .se. les
995 DICTIONNAIRE DE PUILOLOGIE SACREE.
Babyloniens qui devaient être réduits et dé-
solés par Cyrus. Voy. Isa. i6. 11.
4." Les biens de la terre , dans lesquels les
impies mettent leur consolation. Luc. 6. 2i.
Habetis consolationem vestram : Les riches
qui se plaisent uniquement dans leurs biens
n'en doivent point attendre d'aulres.
5" Le bonheur et la jouissance des biens
de l'autre vie. 2. Cor. 1. 7. Sicut socii pas-
sionum estis, sic eritis et consolalionis : Si
vous avez part à nos maux, vous aurez part
aussi à notre consolation. 2. Thess. 2. 15.
6^ Exhortation consolante. Heb. 12. 5. Et
ohliti estis consolalionis quœ vobis tnmquani
filiis loquitur? Avez-vous oublié cette parole
de consolation que Dieu vous adresse dans
l'Ecriture, comme à ses enfants ? se. que Dieu
ne chàiiant que ceux qu'il aime, on ne se
doit pas décourager lorsqu'il nous reprend.
Façon de parler.
Consolatio Israël. Jésus-Christ est appelé
ainsi parce que , dans son premier avène-
ment, il est venu combler de ses grâces son
peuple, ou plutôt son Eglise, représentée
parce peuple. Luc. 2. 25. Homo iste justus
ettimoratus exspectans consalotionem Israël :
Siméon, homme juste et craignant Dieu , vi-
vait dans l'attente de la consolation d'Israël.
Filius consolationis. Saint Barnabe appelé
de ce nom. Act. i. 36. Voy. Barnabas.
CONSOLATOR, is , 7T«/;!zy.>.r;rw6 , consola-
teur, qui console. Job. 10. 2. Consolatores
onerosi vos estis : Vous êtes tous des conso-
lateurs importuns, c. 29. 25. Eram tamen
mœrentium consolator : i'élàis le consolateur
des affligés.
CONSOLATORIUS, a , um, -«6s<x),r;Tt/.o,- ,
qui sert de consolation, qui est bien capable
de consoler. Zach. 1. 13. Respondit Dominus
Angeto quiloquebatur in me verba bona, verba
consolatoria : Ces paroles de consolation
étaient le rétablissement de Jérusalem et du
Temple, figure de l'Eglise. Voy. v. IG. 17.
CONSOLIDARE , zartax^^v, — 1° Affermir,
rendre ferme et stable. Isa. oï. 2. Clavos tuos
consolida : Rendez les pieux de vos tentes
bien affermis : ce discours figuré est pour
marquer que l'Eglise doit subsister toujours
la même et sans changer jusqu'à la On du
monde. Act. 3. 7.
2'ForliGer, rétablir (£vt!7x:E(v).Ezech.34.. v.
!*■. 16. Quod infirmum fuit non consolidastis:
Pasteurs, vous n'avez point travaillé à for-
tifier les brebis qui étaient faibles , savoir :
en préparant les peuples et les affermissant
par la parole de Dieu contre tous les maux
de ce monde.
CONSOXUS , A , UM , qui s'accorde avec,
en parlant de la voix, du son, etc. accordant,
du même ton. 2. Par. 20. 21. Statuit canto-
res Domini ut laudarent Deum ac voce con-
sonu dicerent : Josaphat établit des chantres
pour louer le Seigneur et pour ne faire tous
qu'un concert en chantant ce cantique; se.
le Ps. 1.^5.
CONSOPIRE.— 1° Assoupir, ou endormir
quehiu'un, le frapper d'assoupissemont. H.i-
bac. 2. IG. ISibe tuqiioqueet consopirc [oiyG-y.-
896
),£wfaO«i) : Buvez aussi vous-même (de la coupe
du vin de la colère de Dieu), et soyez frappé
d'assoupissement ; Hebr. et qu'on voie votre
nudité; il semble que le Prophète fasse allu-
sion à ce qui arriva à Noé et qui est marqué
Gen. 9. v. 21. 22. Le Prophète menace le roi
de Babylone d'une ruine entière. Voy. Jerem.
25. 26. c. 51. 57. Voy. Gircumdare.
2° Etre transporté de furie, comme des
gens ivres (6oojo£tT6i««) . Nahum. 2. 3. Et agi-
tatores consopiti sunt : Ceux qui conduisent
les chariots de celui qui vous doit détruire,
sont furieux comme des gens ivres; Hebr.
leurs sapins; i. e. leurs dards faits de sapin,
sont empoisonnés : le Prophète parle des Ba-
byloniens qui devaient venir détruire Ni-
nive.
CONSORS , Tis , xotvcovo,- , f^îTo/or , parti-
cipant , qui a part à quelque chose. Esth. 16.
13. Consortem regni nostri Esther cum omni
gente sua expelivit in mortem : Aman avait
fait dessein de perdre Esther, la compagne
de votre royaume, avec tout son peuple, dit
Assuérus. 2. Petr. 1. i. Pretiosa nobis pro-
tnissa donavit ; ut per hœc efficiamini divinœ
consortes naturœ : Dieu nous a communiqué
"par Jésus-Christ les précieuses grâces qu'il
avait promises , pour vous rendre par ces
grâces participants de la nature divine, en
devenant semblables à Jésus-Christ et deve-
nant ses cohéritiers. Ps. ii. 8. Unxit te
Deus, Deustuus, oleo lœiitiœ prœ consortibus
tuis : Votre Dieu vous a oint d'une huile de
joie, d'une manière plus excellente que tous
ceux qui ont part avec vous. Si ce passage
s'entend de Salomon, comme figure de Jésus-
Christ, par le mot consortes, on entendra ses
frères, qui étaient ses aînés, auxquels il a
été préféré, ou les autres rois d'Israël qui
l'avaient précédé ou qui devaient régner
après lui ; ou, si on l'entend de Jésus-Christ,
comme saint Paul, Heb. 1. 9, le mot consor-
tes signifie ceux qui auront part à sa gloire
et au même héritage céleste, sur lesquels il
a été établi roi et a reçu une puissance sou-
veraine au ciel et sur la terre.
CONSORTIUM, H. Compagnie, associa-
lion, communauté de gens qui ont part aux
mêmes avantages ; dans lEcrilure :
1° Participation, compagnie, société. Tob.
1. 5. Hic solus fugiebat consortia omnium :
Tobie fuyait seul la compagnie de tous les
autres, qui idolâtraient. Jos. 22. 19. Isa. IV.
20.
2 Entretien , conversation 1 tô IxUîv ).
Exod. 3ï. 29. hjnorabat quod cornuta esset
faciès sua ex consortio sermonis Domini :
Moïse ne savait pas que de l'entretien qu'il
avait eu sur la montagne avec le Seigneur,
il était resté des rayons de lumière sur son
visage ; letlr. Cornuta, cornu, pour radius.
CONSPECTOR, is*. Qui voit, qui regarde
Eccli. 36. 19. Tu es Deus conspector sœculo-
rum : Vous êtes le Dieu qui voyez tous
les siècles devant vous ; Gr. le Dieu des
siècles.
COxNSPECTUS, us. ;t66tw-o.. — 1° Vue,
présence. Eccli. 6. 23. ' Permanes usque ad
cunspeclum Dei : La vraie siigCjse dans ceux.
897
CON
CON
898
à qui elle est connue, demeure ferme jusqu'à
ce qu'elle les conduise à la vue de Dieu ;
celle proposilion ne peut s'entendre absolu-
ment que des élus et des prédestinés; car il
V en a qui ont goûté le don du ciel, et qui
ont été rendus participants du Saint-Esprit,
qui ne laissent pas de tomber ensuite. Dcut.
28. 32. Oculis tuis deficientibus ad conspeclum
eorum tota die : Vos yeux seront dans l'at-
tente et le désir continuel de revoir vos en-
fants délivrés d'un peuple étranger.
2° Face, visage et présence particulière. Ps.
16. 16. Apparebo conspectui tuo ;i. e. libi : Je
me présenterai devant votre visage; Hebr.
Videbo faciem; David espérait que Dieu lui
ferait la grâce de revoir l'arche, qui était
la figure de la claire vue de Dieu , dont
jouissent les bienheureux. Voy. 2. Reg. 15.
25.
3" Vision, révélation {opu^nç ). Eccli. 49.
10. Ezechiel qui vidit conspeclum gloriœ quam
ostendit illi in curru Cherubim : Qu'Ezéchiel
soit béni, lui qui a vu cette vision de gloire
que le Seigneur lui présenta dans le char
des chérubins : cette vision est rapportée
Ezech. 1. depuis v. ^.
4° Ce mot, en beaucoup d'endroits , est mis
pour la personne même. Act. 3. 20. Ctim ve-
nerint temporarefrigerii a conspectu Domini;
i.e. a Domino data .-Quand les temps du rafraî*
chissement que le Seigneur doit donner par
sa présence seront venus. Act. 5. 41. Ibant
gaudentes a conspectu concilii; i. e. a conci-
lio : Les apôtres sortirent du conseil tout
remplis de joie d'avoir eu l'honneur de
souffrir pour Jésus-Christ. Levit. 18. 24.
Génies ejiciam ante conspeclum vestrum : Je
chasserai devant vous les peuples qui se
sont souillés : ces peuples sont les habitants
de la terre promise. Ps. 16. 16. Apparebo
conspectui tuo; i. e. tibi. Voyez ci-dessus 2".
et souvent dans les endroits où il y a m con-
spectu. Gen. 24. .33. Appositus est in con-
spectu ejus punis; i. e. ei : On servit à man-
ger au serviteur d'Abraham : ce fut chez Na-
chor, après aue le frère de Rebecca l'eut fait
entrer.
Plirase tirée de ce verbe.
Conspectus mutuos sibi prœbere ; oTTreo-ÔKi «),-
>Yi)oy?. Se mettre en présence les uns des autres,
en parlantde deux armées qui s'avancent l'une
devant l'autre pour en venir aux mains et
donner la bataille. 2. Par. 25. 21. Mutuos
sibi prœbuere conspectus : L'armée d'Ama-
sias et celle de Joas se mirent en présence.
FaçoQ de parler.
A conspectu, oude conspectu ; «ttô TrjOOTWTroy.
Cette façon de parler signifie : — 1" de !a
part. Acl. 3. 20. Cum venerint temporn rcfri-
gerii a conspectu Domini. Voyez ci-dessus 4 .
— 2" Hors de la présence. Exod. 2. 15. Qui
fugiens de conspectu ejus : Moïse s'enfuit et
ne parut plus devant Pharaon, depuis qu'il
sut que Pharaon avait été averti qu'il avait
tué un Egyptien. Voy. v. 11. 12. Ainsi, c. 10.
Levit. 10. 4. A quoi se rapporte, dans le sens
métaphorique, 3. Reg. 9. 7. Templum quod
sanclificavi nomini meo projiciam a conspectu
meo : Je rejetterai loin de moi ce temple que
j'ai consacré à mon nom, dit Dieu, si Salo-
mon transgresse ses commandements. Cette
expression marque une grande indignation.
4. Reg. 17. 18. Jon. 2. 5. — 3^ En présence,
et est mis comme pour ad aspectum. Ps. 97.
9. Montes exultabunt a conspectu Domini :
Les montagnes tressailliront de joie : ce qui
se peut entendre des rois et des princes, qui
ont eu part à l'avènement de Jésus-Christ,
en embrassant l'Evangile.
IN CONSPECTU, èv«vTiov, Èv^-tov. 1° A la vue,
en présence. 2. Reg. 12. 12. Ego autem faciam
verbum istud in conspectu omnis Israël : Pour
moi, le mal que je ferai contre vous en pu-
nition du crime que vous avez fait secrète-
ment, je le ferai à la vue de tout Lsraël.
Voyez celte punition exécutée contre David,
c. 16. 22., ce qui est très-commun dans l'E-
criture, Ps. 68. 21. In conspectu tuo sunt
omnes qui Iribulant me : Tous ceux qui me
persécutent sont exposés à vos yeux.
2^ Cette façon de parler est quelquefois un
pléonasme, qui n'ajoute rien à la significa-
tion ; mais tient lieu du cas du verbe. Ps. 21.
30. Adorabunt in conspectu ejus; i. e. eum :
Tous les peuples différents adoreront le Sei-
gneur. V. 2. In conspectu ejus cadenl omnes
qui descendunl in terram; i. e. ipsi procident :
Tous ceux qui descendent dans la terre tom-
beront en sa présence ; i. e. adoreront le
Seigneur. Ps. 51. 11. Bonum est in conspectu
sanctorum tuorum; i. e. sanctis tuis : Il est
avantageux pour vos saints ; se. que j'at-
tende les effets de votre assistance. Ps. 115.
5. Ps. 18. 14. Act. 10. v. 4. 31. Voyez ci-des-
sus 4°. Ainsi Ps. 9. 20. Judicentur génies in
conspectu tuo : Que les nations soient jugées
devant vous. Jerem. 18. 23.
3" Cette façon de parler sert pour exprimer
différentes choses. 1° Le pouvoir et la liberté
que l'on reçoit d'user et de jouir de quelque
chose. Gen. 47. 6. Terra Mgypti in conspectu
tuo est : Vous pouvez choisir dans toute l'E-
gypte, dit Pharaon à Joseph, touchant la de-
meure qu'il accorde à la famille de Jacob.
Jerem. 40. 4. Deut. 7. 23. Isa. 41. 2. 2° Elle
marque l'entretien et la méditation d'une
chose. 2. Reg. 22. 23. Omnia judicia ejus in
conspectu meo (xktcvkv-îov) : J'ai eu toutes les
ordonnances du Seigneur devant mes yeux.
Ps. 17. 23. Voy. Rom. 3. 8. 3° Elle marque la
faveur et l'approbation de quelqu'un. Job.
13. 16. Non veniet in conspectu ejus omnis hy-
pocrita : L'hypocrite ne sera point agréable
à Dieu. Ps. 5. 9. Ps. 115. 5. Ps. 78. 11. 4 Le
jugement exact , l'opinion , le sentiment.
Ps. 142. 2. Non justificabilur in conspectu
tuo omnis vivcns : Nul homme vivant ne sera
trouvé juslc devant vous, en ce qu'étant pé-
cheur, il a besoin de la miséricorde de l)i^u.
1. Cor. 1. 2!). I. Petr. 3. 4. 5' La connais-
sance exacte (jue l'on a de quelque chose, et
par le détail. Ps. 55. 9. Posuisti lacrijmas
meas in conspectu tuo : Vous avez vu mes
larmes. Ps. 49. 8.
In conspectu Dei, Domini. Dans la présence
du Seigneur marque :
899
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
900
1' La présence de î'Arche ou du taberna-
cle, d'où Dieu donnait des marques particu-
lières de sa présence divine. Ps. 67. v. 3. 5.
Justi exultent in conspectuDei : Que les jus-
tes se réjouissent en la présence de Dieu.
Mais Ps. llo. S. marque Dieu même. Pre-
tiosa in conspeclu Domini mors sanctorum
ejus : C'est une chose précieuse devant le Sei-
gneur que la mort de ses saints.
2" Il marque l'impiété des grands pécheurs,
que la crainte de Dieu, qui voit tout, ne re-
tient nullement (ivav-t)- Gen. 38. 7. Fuit
lier nequam in conspectu Dei : Her, fils aîné
de Juda, fut un très-méchanl homme. Ps. 35.
2. Dolose egit in conspectu ejus : L'injuste a
agi avec tromperie en la présence de Dieu;
ce qui se trouve en beaucoup d'endroits des
Rois et des Paralipomènes, où il est dit de
plusieurs, qu'ils ont fait le mal en présence
de Dieu; parce qu'ils n'ont point craint sa
Tue et sa présence pour le commettre.
CONSPERGERE , T^ûfc-w, yycâv. — 1° Arro-
ser, parsemer, couvrir en répandant dessus.
Dan. i. 20. Rore cœli conspergalur : Que cet
arbre soit mouillé par la rosée du ciel : Gr.
£v Tri S^cÔTw u-jU7Br,(7c7ULi:In rore cœli commora-
6i7u'r.' Cette vision prophétique fut accom-
plie dans Nabuchodonosor. Voy. v. 30. 1.
Reg. i. 12. Conspersus pulvere capiit : Celui
qui vint annoncer au peuple et à Héli la
déroute de l'armée, la mort des deux fils
d'Héli et la prise de l'Arche par les Philis-
tins avait la télé couverte de poudre. 2. Reg.
20. 12. Amasa autem conspersus sanguine :
Amasa, que Joab venait de tuer, était tout
couvert de son sang. Jerem. 6. 26. Thren. 2.
10.Ezech.27.30.Mich. 1.10.2. Mach. U.lo.
2° Mêler, détremper. Levit. 2, 7. Simila
oleo conspergetur (rrour^ôat) : La fleur de farine
sera mêlée avec de l'huile ; L'Ecrilure parle
d'un sacrifice de farine cuite dans la poêle.
V. k. Exod. 29. iO. Num. 7. 13. Ce qui est ré-
pété souvent dans le Lévitique et les Nom-
bres dans cette même signification.
3° Pétrir. Exod. 12. v. 39. Tulit popu-
lus conspersam farinam antequam fermenta-
retur : Le peuple prit la farine qu'il avait pé-
trie, sans qu'il y eût de levain, lorsqu'ils sor-
tirent d'Egypte, c. 29. v. 2. Toiles crus-
tulam absque fermento quœ conspersa sit
( f^jpv.fjhv.t ) oleo : Prenez des gâteaux sans
levain , péiris ou arrosés d'huile. Jerem.
7. 18. Mulieres conspergunt adipem : Les fem-
mes mêlent de la graisse avec la farine pour
servir à l'idolâtrie. îsum. G. 15.
I CONSPERSIO, Ms, o06a,:z«, de conspergere,
et signifie proprement arrosement ; dans
l'Ecriture :
Pâte. 1. Cor. 5. 7. Expurgate velus fermen-
tum, ut sitis nova conspersio : Purifiez-vous
du vieux levain, afin que vous soyez une
pâte nouvelle : L'Apôtre exhorte à se puri-
fier des péchés de sa vie passée, pour mener
une vie toute pure et nouvelle : L'Apôtre
fait allusion à la coutume des Juifs , doter
toul le pain levé de leurs maisons, et de faire
une nouvelle pâte sans le\ain, pour faire la
l>à(iue avec des pains azymes. V^oy. Mâssa
Ç". Voy. Rom. 9. 21.
CONSPICERE. Du simple inusité specere.
1° Voir, regarder, soit des yeux du corps,
soit de l'esprit (ô&âv). Job. 19. 27. Quem vi-
surus sum ego ipse, et oculi mei conspecturi
sunt : Je verrai Dieu moi-même, et je le con-
templerai de mes propres yeux, dit Job, parlant;
de l'espérance de la béatitude. Gen. 13. 15. Om'
nem terram quam conspicis, tibi dabo : Toute
cette terre que vous voyez, je vous la donnerai
à vous et à votre postérité... Exod. 2. 13. Ec-
cli. 16. 19. Ainsi, Ps. 9i. 5. Altitudines mon-
tium ipse conspicit : Selon le Psautier ro-
main : Le Seigneur regarde les hautes mon-
tagnes. Et altitudines montium ipsius sunt;
selon la Vulgale, le Grec et l'Hébreu : Les
hautes montagnes lui appartiennent.
2° Arrêter sa vue ou ses regards sur quel-
que objet (/.«TKfAKvOâvEtv). Eccli. 9. 5. Virgi-
nem ne conspicias : N'arrêtez point vos re-
gards sur une fille.
3° Veiller et être attentif à quelque chose
{-pofji'/ju). Ps. 21. 20. Ad defensionem meam
conspice : Appliquez-vous, Seigneur, à me
défendre.
§ 1. — Jeter ses regards de tous côtés , en
parlant du soleil qui, parcourant le ciel, darde
partout ses rayons. Eccli. 17. 31. Virlutem
altitudinis cœli ipse conspicit [zTzi'yy.iTTrsaBcK.i) :Le
soleil contemple ce qu'il y a de plus élevé au
haut des cieux ; et étant placé parmi les astres
comme leur prince , en fait comme la revue.
§ 2, — V^oir ou connaître (/y.Çiocâv). Rom.
1. 20. Invisibilia ipsius a créât ura tnundi
per ea guœ facta sunt intellecta conspi-
ciuntur : Les grandeurs invisibles de Diea
deviennent comme visibles par la vue des
créatures.
§3.— Juger, estimer à la vue. Sap. 15. 19.
Sed nec aspectu aliquis ex his animalibus bona
potest conspicere : Nul ne peut même, en
voyant les animaux que les idolâtres ado-
rent, les regarder comme bons et aimables,
tant ils sont vils et méprisables.
Phrase Urée de ce mot.
Conspicere ignominiam alicujus : Voir en
quelqu'un ce que la pudeur veut être caché,
c'est connaître charnellement une personne.
Levit. 20. 17. Voy. Ignomima.
CONSPIRARE, conspirer contre quelqu'un
pour le perdre, convenir, résoudre plusieurs
ensemble de faire quelque chose (c-JvriO.-îzÇKt).
Joan. 9. 22. Conspir avérant Judœiut si quis
eum confiteretur esse Christum, extra synago-
gam fieret : Les Juifs avaient conspiré et ré-
solu ensemble que quiconque reconnaîtrait
Jésus pour être le Christ, serait chassé de la
synagogue.
CONSPUERE , è^TTTÛstv , cracher sur ou
contre par mépris; ce qui est un traitement
Irèi-ignominieux. Isa. 50. 6. Facieni meam
non averti à conspuentibus in me : Je n'ai
point détourné mon visage de ceux qui me
couvraient d'injures et de crachats : c'est
une prophétie qui regarde Jésus- Christ,
dont l'accomplissemeni est Malth. 27. 30.
-Mire. 10. 3V. c. i\. 65. c. 15. 19. Ainsi, Fa-
ciein alicujus conspuere : C'est insulter quel-
qu'un avec le dernier mépris. Job. 30. 10.
Faeiem meam conspuere non verenlur : Ils ne
901
CON
CON
mi
crnignent pas de me cracher au visage, c'est-
à-dire de rap Imiter avec ignominie.
CONSTABILIRE. Etablir sur, affermir,
fonder sur («vTi7T»î/>tÇctv) ; dans le sens figuré.
Isa. 48. 2. Super Beiim Israël conslabiliti
sunt ; Les Israélites s'appuient au moins en
apparence sur le Dieu d'Israël.
C0NSTAN9, Tis. Qui a de la constance et
rie la fermeté d'esprit , ferme dans sa résolu-
tion , qui dure et se fait constamment et tou-
jours de la même manière; dans l'Ecriture :
l°Brave, résolu à bien combattre {c\iyc<p(7oç).
2. Mach. 8. 21. His rerbis constantes effecli
sunt : Les paroles que dit Machnbée à ses
gens, pour les animer à combattre Nicanor,
les remplirent de courage. 1. Mach. 9. li.
2° Qui se rassure, qui prend courage. Act.
23. 11. Constans esto ; ôâûTet, Paul, ayez bon
courage , dit Notre Seigneur à saint Paul ,
lui apparaissant, la nuit, dans la forteresse
de Jérusalem.
CONSTANTER. — 1° Avec constance ,
fermeté , résolution. 1. Mach. 2. 16. Matha-
thias et filii ejus constanter steterunt : Malha-
thias et ses fils demeurèrent fermes à résister
et à ne pas obéir à ceux qu'Anliochus avait
envoyés pour forcer les Juifs de sacrifier et
d'abandonner la loi. 2. Mach. 7. 10.
2" Avec confiance et liberté (-K&p'/^c-tKÇôusvc?).
Act. 26. 26. Scit de his liex, ad quem et con-
stanter loquor : Le roi est bien informé de
tout ce que je dis, et je parle devant lui avec
bien de liberté. Saint Paul se défend devant
Agrippa, Festus et Bérénice.
3° Avec force, véhémence et chaleur (sOtô-
vwr). Luc. 23. 10. Stabant constanter accu-
santes eum : Les princes des prêtres et les
scribes accusaient Jésus-Christ avec une
grande opiniâtreté devant Hérode.
CONSTANTIA, MfTzuppnrricf.. — Inconstance,
fermeté, résolution. Judith. 16.12. Uorruerunt
Persœ constantiam ejus : Les Perses ont été
épouvantés de sa constance. Voy. Persa. —
2 Confiance, assurance, liberlé de parler.
Act. 4. 13. Videntes Pelri constantiam : Les
chefs du peuple , les sénateurs et les autres
qui étaient assemblés virent la constance de
saint Pierre et de saint Jean , en la manière
dont ils rendirent raison de la guérison de
l'homme perclus de ses jambes. Sap. 5. 1.
Tune stabunt Justi in magna constantia ad-
versus eos qui se angustiaverunt : Après la
mort et au jour du jugement les justes s'é-
lèveront avec une grande hardiesse contre
ceux qui les auront accablés d'aflliclion.
CONSTAUE, îTTKjat. — 1' Demeurer, être
toujours dans le même état. Sap. 10. 7. Qui-
bus fumigabunda constat (Gr. x«(/c7T«-/.ev) dé-
serta terra: La terre de Sodomc fume encore,
depuis que les quatre villes furent brûlées.
1. Mach. 13. 38. Quœcumque constituimus
vobis constant : Tout ce que nous avons
ordonné en votre faveur ; se avant la guerre
(le Tryphon , demeurera ferme cl constant;
Déuiélrius écrit à Simon cl aux Juifs.
2 Subsister, êlre conservé (7vvi7Ty.70«t).Go-
loss. 1. 17. Omnia in ipso constant : Toutes
choses subsistent en Jésus-Cliril et par lui ,
cl eu dépendent
3" Coûter, valoir. Levil. 2o. 16. Quanto
minus temporis numeruveris, tanto minoris et
emptio constabit : Plus on approchait du Ju-
bilé, moins les choses coûtaient.
CONSTARE, impersonnel. Etre certain et
indubitable. Judilh. 11. 8. Constat Deum pec-
catis off'ensum : Il est certain que notre Dieu
est irrité par les péchés de son peuple, dit
Judith. ^
CONSTERNARE. Ce verbe vient de la
même racine que sternere, et signifie :
Consterner, mettre dans le trouble et l'é-
pouvante. IL Par. 12. 6. Conslernatique
{y.i'7y;jvz(jB7.î) principes Israël et rex dixerunt :
Justus est Dominus : Les princes d'Israël et
le roi, apprenant de la part de Dieu qu'il
les avait abandonnés au pouvoir de Sesac,
furent fort consternés, et dirent : Le Sei-
gneur est juste, Hebr. Humiliali sunt , re-
connurent humblement leurs fautes. Luc.
2V. 4. Dum mente consternatœ essent de isto :
Ces femmes furent dans une grande conster-
nation , de ne point trouver le corps de Je-
sls-Christ, etc. Gr. furent dans l'incerti-
tude de ce qu'elles devaient faire. Gen. 27.
34. etc.
CONSTERNERE. Etendre par terre, cou-
vrir ; dans l'Ecriture :
Embellir, orner. Cant. 3. 10. Media chari-
tate constravit : Salomon a orné le milieu de
la litière qu'il s'est faite, de tout ce qu'il y a
de plus précieux. Voy. Charitas.
CONSTIPARE. De stipare , qui vient de
czv'i>ia, OU de!77ctoctv, et signifie, serrer, pres-
ser, amasser ensemble ; dans l'Ecriture :
Presser , serrer , en parlant d'une multi-
tude de personnes. 1 Mach. 6. 38. Residuùni
equitatum hinc et indestatuit in duas partes...
perurgere conslipatosin legionibus ejus : An-
liochus Eupator rangea le reste de la cavale-
rie sur les deux ailes pour animer son in-
fanterie serrée dans ses bataillons , l'autre
partie de la cavalerie accompagnait les
trente-deux éléphants.
CONSTITUERE , //.9.,7Tiv«t, raT^cu. — 1*
Etablir. Gen. 17.7. Patrem multarnm gen-
tium constitui te : Je vous ai établi pour être
le père d'une multitude de nations , dit Dieu
à Abraham. Hebr. 1. 2- Quem constituit he-
rœdem univcrsorum : Dieu a établi Jésus-
Christ son Fils héritier de toutes choses. Isa.
62. 6. Luc. 12. v. 14. 42. 44. Gen. 9. 17. 19.
etc. Ainsi, 2 Par. 19. 8. Jn Jérusalem quoque
constituit Levitas et Sacerdotes , et Principes
familiarum ut jiidicium et caiisam Domini ju-
dicarent : Josàphat élablil aussi dans Jéru-
salem des lévites, des prêtres et des chefs des
familles d'Israël , afin qu'ils y rendissent la
justice dans les affaires qui regardaient lo
Seigneur , el dans celles qui regardaient les
particuliers ; Hebr. Ad judicium Domini et
ad litem : Josàphat établit, ou plutôt il
rétablit, l'autorité du conseil, qu'ils appe-
l,ii( ni Sanhédrin , qui avait été fort Irounlée
sous le règne des mauvais rois. Ce n'est pas
que les fonctions sacerdotales dépendissent
alors de l'autorité royale ; el s'il établit des
prêtres et des lévites , ce fut par le ministère
du souverain pontife Am.irias; d'ailleurs, les
905
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
904
deux puissances sont clairement distinguées
au V. II. du même eh. 19.
2° Commander, ordonner. Malth. 27. 10.
Sicut conslituit mihi Dominus : Comme le
Seigneur me l'a ordonné. Cet ordre du Sei-
gneur, qui est marque Zach. 11. 13. tombe
sur l'action par laquelle Judas reporta les
trente pièces d'argent qu'il avait reçues pour
avoir livré Jésus-Christ. Matth. 26. 19. 1.
Mach. 15. 41.
3° Ordonner, résoudre, arrêter («vio-TÔvai).
2. Reg. 23. 1. Vir cui constitutum est de
Christo Dei Jacob : David , cet homme en
faveur de qui il a été résolu qu'il serait roi
de la part du Dieu de Jacob ; ou que le Christ
du Dieu de Jacob, le Messie, naîtrait de lui.
Ps. 40. 9. Verhum iniquum constituerunt acl-
versum me (x«T«Tt9£v«t) : Mes ennemis ont ar-
rêté une chose très-injuste contre moi ; se.
de m'ôter la vie. 3. Reg. 2. 15. c. 4. 28. 1.
Par. 16. 17. Baruch. 1. 2 ). c. 5. 7. Dan. 5. 11.
Ainsi , Exod. 29. 42. Ad ostium tabernaculi
testimonii coram Domino, uhi constitutum ut
loquar ad te : A l'entrée du tabernacle du
témoignage devant le Seigneur, où j'ai ré-
solu de parler à vous , Hebr. où je me dois
trouver avec vous. Il y avait deux lieux d'où
le Seigneur déclarait sa volonté à son peu-
ple : le propitiatoire, au-dessus de l'Arche,
et l'entrée du tabernacle où était l'autel des
holocaustes.
4° Mettre, poser, placer («vaÇigâÇc-iv). Deut.
32. 13. Constituit eum super eœcelsam ter-
ram : Le Seigneur a établi son peuple dans
un excellent pays. Baruch. 6. 16. Tob. 4. 18.
Panem tuuni et vinum tuum super sepulturam
iusti constitue : Mettez votre pain et votre
vin sur le tombeau du juste. Ce qui marque
les festins de charité où on invitait les pau-
vres , et c'était une œuvre de miséricorde
même pour le repos des âmes de ceux qui
étaient morts dans la justice et la crainte de
Dieu. Baruch. 6. 16.
5" Marquer, régler, flxer ( «yo/iîÇêtv, sepa-
rare). Exod. 19. 12. Constituesque tenninos
populorum per circuitum : Vous marquerez
tout autour de la montagne les limites que
le peuple ne passera point, dit Dieu à Moïse.
1. Deut. 32. 8. Job. 14. 5. Dan. 17. 12.
6° Assigner, déterminer (Starâo-o-^iv). Luc.
3. 13. Nihil amplius quam quod constitutum,
est vobis, faciatis : N'exigez rien au delà de
ce qui vous a été ordonné. Ce qui se dit aussi,
soit d'un lieu où est le rendez-vous, Matth.
28. 16. Abierunt in montem, ubi constituerai
illis Jésus : Les onze disciples s'en allèrent
en Galilée sur la montagne où Jésus-Christ
leur avait commandé de se trouver. Exod.
21. 13. Jos. 20. 9. Soit du temps. Act. 28. 23.
Cum constituissent illi diem : Les Juifs de
Rome ayant pris jour avec saint Paul, ils
vinrent en grand nombre chez lui. Exod. 8,
9. c. 9. 2. 2. Reg. 20. v. 5. 9. 2. Esdr. 2. 6.
Judit. 8. 13. Job. 14. 13. Soit le prix oùla ré-
compenso.Matlh.26.15. ConslitueruntiUitri-
ginta argentées {'irrTK^tuL) : Les princes des prê-
tres assignèrent à J udas trente pièces d'argent,
ou convinrent de lui donner trente pièces
d'argent; ce qui convient avec saint Luc. 22.
5. D'autres expliquent le mol êo-Tavat en une
autre signifiation, pour peser; Ils lui payè-
rent ou comptèrent trente pièces d'argent
Gen. 30. 28. Levit. 27. 14. 3. Reg. 11. 18. 4.
Reg. 25.30. Dan. 1. v, 5. 10. etc.
1" Ordonner, ranger, placer. Matth. 8. 9.
Ego homo sum sub potestate constitutus : Je
ne suis qu'un homme soumis àd'autres.Luc.
7. 8. 1. Reg. 11. 11. Judith. 7. 10.
8° Faire, rendre tel (o-uveo-TâvaO- Gai. 2. 18.
Prœvoricatorem me constitue : Si je rétablis-
sais de nouveau ce que j'ai détruit, je me
ferais voir un prévaricateur ; si, en quittant
la loi de Moïse, je m'abandonnais au péché,
comme n'ayant plus de loi qui le défendrait,
je serais prévaricateur, en commettant ce
que j'ai condamné par ma prédication. Jac.
4. 4. Inimicus Dei constituitur : Quiconque
voudra être ami de ce monde, se rend enne-
mi de Dieu.
9° Rendre présent, faire comparaître {nipiv
zxvui). 2. Cor. 4. 14. Nos cum Jesu suscitabit
et constituet vobiscum : Celui qui a ressuscité
Jésus, nous ressuscitera avec Jésus, el nous
mettra dans sa gloire avec vous. Jud. 29.
Potens est vos conservare sine peccato et con-
stituere ante conspectum gloriœ suœ immacu-
latos : Celui qui est puissant pour vous con-
server sans péché, et pour vous faire com-
paraître devant le trône de sa gloire purs et
sans tache. Exod. 29. 42. Ubi Constituam me
ut loquar ad te : Je me trouverai à l'entrée
du tabernacle pour parler à vous, dit Dieu à
Moïse.
10" Créer, produire (-/tîÇjw). Ps. 88. 48.
Numquid enim varie constituisti omnes fiiios
hominum : Est-ce en vain que vous avez
créé tous les enfants des hommes? se, pour
les retirer du monde dès qu'ils y sont entrés,
Sap. 11. 25. Née enim odiens aliquid consti-
tuisti: Si vous aviez haï quelqu'une des cho-
ses que vous avez faites, vous ne l'auriez
pas créée, c. 13. 3. Eccli. 15. 14. Dan. 12.
21.
11° Préparer, entreprendre, machiner (ffa-
û«T«c7(T£o-e«i).Ps. 129. 3.Tota die constituebant
prœlia : Ils ne songeaient qu'à me livrer
tous les jours des combats. 1 Mach. 1. 2.
Constituit prœlia multa : Alexandre, roi de
Macédoine, donna plusieurs batailles, c. 2.
32. Eccli. 8. 2. Ne forte contra te constituât
litem tibi («vTto-râjKt okv.ii-j) : Ne disputez point
avec un riche, de peur qu'il ne forme un
procès contre vous ; Gr. de peur que se met-
tant contre vous dans la balance, il ne vous
emporte par son poids.
12" Presser, obliger. Eccli. 38. 30. In opéra
constitue illum : Obligez votre esclave à tra-
vailler (èyLëâïXeiv).
13" Mettre, placer. Joan. 5. 13. Jésus... de-
clinavit a turba constituta in loco : Jésus
s'était retiré de la foule du peuple qui était
là. Jac. 3. 5. Lingun constituitur in membris
nostris et maculât totum corpus : La langue
n'étant qu'un de nos membres, elle infecte
tout le corps. Eccli. 46. 10. Atque hi duo
consliluti, Gr. ôvo ovref, n'étant que deux.
Dan. 2. 22.
Ordonner, consacrer par l'imposition des
m
CON
CON
990
Eiains (x««/50Tovsrv xaei7TKv«i). Act, 14. 22. Cum
constituissent illis per singidas ccclesias près-
byteros : Les saints Paul et Barnabe ordonnè-
rent des prêtres en chaque église : à Lystre,
à Icône et à Antioche. Tit. 1. 5. et dans l'an-
cienne loi. Exod. 29. 30. 2. Par. 35. 2. etc.
ce qui se faisait par l'imposition des mains.
Voy. 1. Tim. 4. 14. c. 5. 22. 2. Tim. 1. 6. 2.
Cor. 8. 19.
Façon de parler.
Constitulre super. Relerer au-dessus, don-
ner pouvoir sur. Ps. 8. 7. Conslituisti eum
super opéra manuum tuarum : Seigneur,
vous avez établi l'homme sur les ouvrages
de vos mains. Ps. 44, 17, Constitues eos prin-
cipes super omnem terram .-Vous les établirez
princes sur toute la terre : ce qui s'entend
des chrétiens qui, après avoir élé ûdèles, au-
ront part au règne spirituel de Jésus-Christ.
Esth. 8. 2. Esther constituit Mardochœum
super domum suam : Esther £t aussi Mardo-
chée intendant de sa maison ; Hebr. de la
maison d'Aman ; Cfiatd. des biens ; Gr. de
tout ce qui avait appartenu à Aman. Voy,
Luc. 22. 30.
CONSTITUTIO, Nis. Affermissement, éta-
blissement. Eccli. 40. 25. Aurum et argenlum
est conslitutio pedum {iTzuTzrtTO'j'yi tzook) : L'or
et l'argent affermissent l'élat de l'homme ; i.
e. met les gens sur les pieds et les empêche
de tomber dans la misère ; mais un conseil
sage passe l'un et l'autre.
Création, d'où vient Constitutio mundi : La
création du monde. Matth. 25. 34. Possidete
paratiim vobis regnum a constitulione mundi
(xKTaÇoÀrj) : Venez , possédez le royaume qui
vous- a été préparé dès le commencement du
inonde, dira Jésus-Christ à ceux qu'il aura
placés à sa droite, c. 13. 35. Luc. 11. 51.
Joan. 17. 24. Ephes. 1. 4. 1. Petr. 1. 20. Dans
le même sens se trouve InstitutiOy Hebr. 4.
3. et Origo, c. 9. 26. Apoc. 13. 8.
CONSTITUTUM, i. 1° Ordonnance, règle-
ment (voao5£Ti«). 2. Mach. 6. 23. Seeundum
sanctœ et a Deo conditœ legis constituta, re-
spondit cito : Eléazar répondit aussitôt se-
lon les ordonnances de la loi sainte établie
de Dieu : c'est le refus qu'il fait de consen-
tir a ce qu'on lui propose, v. 21.
2' Traité, convention, accord (^racrt,-). 1.
Mach. 7. 18. Transgressi sunt constitutum :
Ils ont violé la parole qu ils avaient donnée,
dit tout le peuple du perfide Alcime et de
B,icthides. Voy. v. 15. 16. ± Mach. 12. 25.
Ainsi, 1. Mac. 8. 7. Statuerunl : ut daret ab-
sides et constitutum : Ils avaient obligé An-
tiochus de donner des otages, et tout ce dont
ils étaient convenus ; Gr. Swnrj^r.j, divisio-
nem, c'est-à-dire une partie de son royaume;
savoir : celle qui était à l'égard des Romains
au delà du mont Taurus.
CONSTRI>GEKE, ^y/nv. — 1- Serrer, lier,
brider. Ps. 31. 9. Jn camo et frœno maxillas
eorum conslringe : Resserrez leur bouche
avec le mors et le frein. Exod. 29. 5. — 2"
Durcir, glacer. Job. 38. 30. Superficies ahyssi
constringitur : La surface des eaux profon-
des et de la mer même devient solide.
Diction?!, db philol. sacrée. 1.
§ 1.— Obliger, engager, lier; soit par ser-
ment. Num. 30. 3. Si guis se constrinxerit
juramento : Si un homme se lie par serment.
V. 4. 11. 14. Soit par vœu. Num. 30. 11.
Uxor in domo viri cum se voto constrinxerit
et juramento : Si une femme étant dans la
maison de son mari se lie par vœu et par
serment; soit par les chaînes de ses péchés.
Prov. 5. 22. Funibus peccatorum suorum
constringitur : Le méchant est lié par les
chaînes de ses péchés ff'vi77£79Kt).2.Par.6.22.
§ 2. — Presser et pousser à bout par de
fortes raisons. Job. 34. 37. Inter nos intérim^
constringatur ; Que Job soit cependant pressô
de nouveau par nos raisons.
Phrase de ce verbe dans le sens figuré.
Constringere vincula alicujus. Resserrer
encore les chaînes de quelqu'un davantage;
c'est rendre sa captivité plus dure • iT/jJtfj).
Isa. 28. 22. Nolite illudere, ne forte constrin-
gantur vincula vestra : Cessez de vous mo-
quer, de peur que vos chaînes ne se resser-
rent encore davantage. Le prophète parle de
la captivité de Babylone qui se pouvait adou-
cir par le repentir de leurs péchés.
CONSTRUERE. Bâtir, édifier, construire
(xaraiTxsua^Etv). Num. 21. 27. Construalur ci-
vitas S ehon: Que la ville de Sehon s'élève et
se bâtisse.
1° Mettre, poser. Tob. 4. 2. Verba mea in
corde tuo quasi fundamentum construe: niel-
lez mes paroles dans votre cœur comme le
fondement sur lequel vous établirez votre
conduite. Ceci est une allusion du fonde-
ment sur lequel on pose tout un édifice.
2" Liei et unir avec une juste proportiou
de toutes les parties ((7Jv5<(;u.o).o'/£fv). Ephes. 2.
21. Jn quo omnis œdificalio constructa creS'
cit in Templum sanctum in Domino : C'est
sur Jésus-Christ que tout l'édifice (de lE-
glise ) étant posé, s'accroît avec proportion
et symétrie, pour être un saint Temple con-
sacré au Seigneur. Coloss. 2. 19. Ephes. 4.
16.
CONSTUPRARE. Corrompre une femme
ou une fille, en abuser; ce qui se dit figuré-
ment des peuples que l'on porte à l'idolâtrie
(xKTx-airitv) Jerem. 2. 16. Filii Mempheos et
Taphnes constupraverunt te usque ad verli-
cem : Les Egyptiens vous ont tellement cor-
rompue par leur idolâtrie, qu'ils n'ont laissé
aucune partie de vous-même qu'ils n'aient
louillée.
CONSUERE. Coudre l'un avec l'autre,
joindre ensemble (/>«7rT£tv). Gen. 3. 7. Con-
suerunt folia ficus: Adam et Eve ayant re-
connu qu'ils étaient nus, entrelacèrent de»
feuilles de figuier pour s'en couvrir. Job. 16.
16. Snccum consui super cutem meam : J'ai
étendu un sac pour m'en couvrir, au lieu
des habits éclatants qu'avait eus Job ; ce qui
marque le grand changement de son état.
Eccli. 3. 7. Jempus scindendi et tempus con-
suendi ; Il y a un temps de déchirer et un
temps de rejoindre. Ezech. 16. 16. Fccisti
tibi excelsa hinc inde consutn : Vous avez
cousu de vos vêlements l'un à l'autre pour
en faire les ornements de vos hauts lieux ,
23
907
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
ooa
c'est-à-dire y tous tous êtes plongée dans la
fornication. Le Prophète compare le peuple
idolâtre à une courtisane qui se prépare des
lits sur des lieux, élevés pour recevoir ses
auiants.
Phrase tirée de cette signification dans le sens figure.
Consuere pulvillos sub cuhito. Coudre des
coussins sous les coudes, c'est-à-dire flatter
les pécheurs (ayôpa-Tstv). Ezech. 13. 18. Vœ
quœ consuunt pulvillos sub onini cuhito ma-
nus : Malheur à celles qui préparent des
coussinets pour les mettre sous les coudes.
Le Prophète parle de certaines propliétesses
qui ne prédisaient que la paix et du bonheur
à ceux qui les consultaient ; soit que ce soit
une manière de parler Ogurée ; soit qu'en
effet elles leur cousissent des coussins sous
les coudes, pour marquer le repos de leurs
consciences; car les prophètes prédisaient
aussi bien par les actions que par les paro-
les. Quelques-uns croient que le féminin est
mis pour Prophetœ molles et rffeminali.
CONSUESCERE, dOzty, Avoir coutume, être
accoutumé. Matih. 27. 15. Per diem solem-
nem consucverat prœses populo dimillere
vinclum unu7n quem voluissent : Le gouver-
neur avait accoutumé à toutes les fêtes de
Pâque de délivrer celui des prisonniers que
le peuple lui demandait. Esth, 14. 2. Omnia
loca in qiiibus antea lœtari consueveral , cri-
nium laceratione complevit : 'Eslher remplit
de ses cheveux qu'elle s'était arrachés les
mêmes endroits où elle avait accoutumé de
se réjouir auparavant, etc. D'où vient :
CONSUETUS, A, oi. Usité, accoutumé,
ordinaire. Num. 16. 29. Si consueta hominum
morte interierint : Si Coré et sa suite qui
m'accusent meurent dune mort ordinaire
aux hommes, le Seigneur ne m'a point en-
voyé. Voy. leur mort , versets suivants.
Ainsi Exod. 5. 18. 2. Mach. \k. .30.
CONSUETUDO, ieo?, — l° Habitude, usage,
longue pratique (Ici?). Hebr. 5. 14. Est soli-
dus cibus eorum qui pro consuetudine exer-
citatos habent sensus ad discret ionem boni
ac mali : La nourriture solide est pour ceux
dont l'esprit s'est accoutumé par l'exercice à
discerner le bien et le mal. Judic. 3. 2. 1,
Reg. 17. 39.
2° Ce qui arrive à tous selon le cours na-
turel et ordinaire (èOiTiJib;). Gen, 31 35, Juxta
consueludinem feminnrum nunc accidit milii:
Le mal qui est ordinaire aux femmes me
vient de prendre, dit Rachel à Laban, pour
excuse de ce qu'elle ne se levait pas devant
lui.
3° Coutume, lor, manière d'agir que l'on
suit, soit dans la religion. Luc, 1, 9, Secun-
dum consueludinem Sacerdolii : Selon ce qui
s'observe entre les prêtres, de tirer au sort
les fonctions qu'ils devaient faire, c. 2. v.
27. 42. Soit dans les affaires civiles. Act. 25.
16. Non est Romanis consuetudo : Ce n'est
point la coutume des Romains de condam-
ner tiii hoin . e a^an! de lui donner la liberté
de se juslifier. Voy. Abluere.
4° Culte, forme de religion établie et pre-
scrite: soit en l'honneur des faux dieux, 4.
Reg. 17, 33. Diis quoque serviebant juxta
consuetudinem gentium : Les peuples qui
éUiienl venus d'Assyrie pour habiter la Sa-
marie, servaienten même temps leurs dieux,
selon la coutume des nations, en adorant
aussi le Seigneur, v. 40. Soit en l'honneur du
vrai Dieu, et conformément aux cérémonies
de la loi, Act. 21. 21. Dicens non dcbere eos
circumcidere filiossuos, neque secundum con-
sueludinem ingredi : Les Juifs de Jérusalem
ont ouï dire que vous enseignez aux Juifs
qui sont parmi les nations, qu'ifs ne doivent
pas circoncire leurs enfants, ni vivre selon
les coutumes reçues parmi les Juifs,
CONSUL, is, vt:kxoç. Ce mot vient du verbe
consulere ; ou parce que consules consule-
bant Reip. ou parce que consulebant sena^
tum : dans lEcrilure, — 1° Magistrat des Ro-
mains, 1, Mac, 15. 16, Lucius consul Roma-
norum Pli.lomœo régi, salulem : Lucius con-
sul des Romains au roi Ptolémée, salut. —
2° Grand seigneur, des premiers d'un Etat
dont le conseil sert au gouvernement du
royaume (j3ou).£UTri?), Job. 3. 14. Requiescerem
cum regibus et cunsuUbus lerrœ : Je me repo-
serais avec les rois et les consuls de la terre.
Job aurait préféré la mort à l'état déplora-
ble où il était,
CONSULERE, Ce verbe vient ou de salir^^
quand plusieurs s'assemblent pour dire leur
avis, ou de considère, parce qu'on délibère
étant assis.
1° Consulter, demander conseil (z>3Teïv).2,
Par, 18, 4. Consule obsecro, imprœsentiarum
sermonem Domini : Consultez, je vous prie,
aujourd'hui la volonté du Seigneur, dit Josa-
phat à Achab. 1, Mac, 8, 15, A quoi se peut
rapporter, Ezecli. 21. 21. Exla consuluic .
Le roi de Babjlone a consulté les entrailles
des bêles mortes, pour connaître le succès
de sou entreprise.
2° Pourvoir, veiller, avoir égard ('f^ovxiÇstv).
2, Mach. 11. 15. In omnibus utililati consu-
lens : Machabée se rendant aux prières de
Lysias , n'avait pour but en toutes choses
que l'intérêt public, c. 4. 21. c. 14, 8.
CONSUMERE , àva),t(7X£iv. — 1° Consumer ,
détruire , user, perdre, ruiner (-/aT«yÔ£i/5£tv),
Exod, 18. 18, Stulto labore consumeris : C'est
à vous une imprudence de vous consumer
inutilement vous et le peuple ; de juger seul,
et que tout le peuple eût à attendre le juge-
ment de vous seul dans tous leurs diffé-
rends. Heb. 12. 29. Deus noster ignis consu-
mens est : Notre Dieu est un feu dévorant.
Voy. Ignis. Deut. 4. 24. c. 9. 3. Levit. 26.
16. Visitabo vos in ardore qui consumât ani-
mas vestras : Je vous punirai bientôt par une
ardeur qui vous consutnera {è-.troy.ny). Je-
rem. 24. 10. Ainsi l'on dit : Consumere famé,
mœrore, gladio, etc. A quoi se rapporte dans
le sens métapliori(jue , Gai. 5. 15. Videte ne
ab invicem consumamini : Prenez garde que
vous ne vous consumiez les uns les autres;
que par vos disputes, votre foi ne s'affai-
blisse, (t que vous ne ruiniez le repos, la
paix et la prospérité de toute l'Eglise.
2''V;iincre, défaire. 2. Reg. 22. 38 (ffuv«-
y.eîv]. Non cunvertar donec consumam eos : Je
309
CON
CON
010
ne retournerai point que je n'aie défait naes
ennemis, v. 39. 4. Reg. 13. 17. Dan. 2. U.
3° Affliger, faire souffrir, soit de douleurs
et de peines (iTToiÀvc'.v). Job. 9. 22. Innocen-
tem et impiiim ipse consumic : Dieu alflige le
juste comme l'impie, en celte vie, soit de la
mort même. 2. Maeli. 7. il. Post filios et
mater consumpta est ; La mère des Macha-
bées souil'rit aussi la mort après ses enfants.
k" Finir, faire cesser (TuvrE/civ). Ps. 7. 10.
Consumelur nequilia peccaiorum : La malice
des pécheurs finira à mon égard, dii David.
Ce verbe est mis ici pour consummetur , et
marque que la malice des méchants cessera;
qu'elle cesse, et qu'elle vienne à son com-
ble. Ainsi que, 2. iMach. 1. 30. Psallebant
hymnos, usquequo consumptum { pour con-
summntu77i^ essct sacrificium : Les prêtres
chantaient des hymnes ju>qu'à ce que le sa-
crifice fût achevé, c. 2. 10. Eccli. i5. 17.
Job. 7. 6. Dies met consiimpli sunt absguc
nlla spe : Mes jours se sont écoulés sans me
laisser aucune espérance ( de retour ) =
5" Réduire à l'indigente et à la misère
{iTZM'/j\»-i-j). Prov. 23. 21. Vacantes potibus, et
dantes symbola consumentur ; Passant le
temps à boire et à se traiter ainsi, ils seront
consumés.
6° Paître, manger. Isa. 27, 10. Vitulus con-
stimet suynmilates ejus : Les jeunes bœufs
mangeront les herbes qui seront crues dans
Jérusalem. 1. Mach. 6. 53. Gen. i3. 2.
CONSUMMARE, cruvrî/c-rv, tA^oOv, T£)£rv. Ce
verbe vient de l'adjectif summus, a, um, et
signifie :
1* Finir, achever, mettre fin à quelque
chose. Dan. 9. 2i. Ut consummetur prœtari-
catio : Afin que les prévarications du peuple
soient abolies. Isa. 33. 1. Cum consummave-
ris deprœdalionem : Lorsque vous aurez
achevé de dépouiller les autres. Matlh. 7.
28. Cum consumjnassel verba hœc : Jésus
ayant achevé tous ces discours. Luc. i. 13.
Consummata o)7mi tentalione diabolus reces-
sit ab illo : Le diable ayant achevé toutes ces
tentations se retira de lui pour un temps.
Sap. h. 16. Juventuscelerius consummata lon-
gam vitam injusli condemnat : La jeunesse
du juste sitôt finie est la condamnation de
la longue vie de l'injuste. Joan. 17. i. Act.
20. 2!^. 2. Tim. k. 7. Isa. 32. 10. Ainsi, Luc. 2.
21. Postquam consummali sunt dies oclo ut
circumcideretur puer {■K'/.rfiînhoLi) :Le huitième
jour que l'enfant Jésus devait être circoncis
élant arrivé ; or, il est à remarquer que dans
l'Ecriture, selon la phrase hébraïque, il est
souvent dit que le temps est achevé et fini,
lorsque sa fin commence d'arriver; air)si
l'on dit que huit jours sont achevés lorsquo»
le. huitième jour, qui en est la fin, arrive et
commence. Mais quelquefois aussi ce verbe
marque que le temps est entièrement fini.
V. '»3. Consummalisque diebus : Après que les
jours que dure la fête de Paque furent pas-
sés. V^oy. CoMPLEiiE. V'oy. Post.
2° Consommer, achever, rendre parfait
(ixT€>e«v) ; soit en parlant do la perleclioa
des ouvrages, ou de Dieu. Eccli. 3V. 8. Sine
mendacio consummabitur verbum leyis : La
parole de la loi est parfaite, car. venant de
Dieu, elle ne peut être taxée de mensonge ;
autr. s'accomplira entièrement. Eccli. 38.7.
Non consummabuntur opéra ejus : Dieu a
donné aux plantes tant de vertus secrètes
pour guérir les maladies du corps, qu'on en
peut diversifier les compositions à l'infini;
owen parlant des ouvrages de l'art. Luc. 14.
30. Ccepit œdi/îcare, et non poluit consum-
jnare : Cet homme avait commencé à bâtir,
mais il n'a pu achever; ce qui s'entend dans
le sens figuré de la perfection de rouvra"-e
du salul. Jac. 2. 22. Soit en parlant delà
perfection qui vient des qualités naturelles ,
des habiludes ou des vertus morales. Sap. 9.
6. Etsi qui s eril consummatus inter filios ho~
mjnum, si ab illo abfuerit sapientia tua, in
nihilum computahilnr : Encore que quel-
qu'un paraisse consommé parmi les enfants
des hommes, il sera néanmoins considéré
comme rien, si votre sagesse n'est point en
lui. c. 15. 3. Nosse te, consummata justltia
est.-Yous connaître est la parfaite justice.
c. 16. 16. c. 12. 17. Soit en parlant de la per-
fection qui vient de la sainteté. Hebr. 10. li.
Una oblatione consummavit in sempiternum
sanctificatos : 3 ésus-Chr\s{ a rendu parfaiis
pour toute l'éternité, par une seule obia-
lion, ceux qu'il a sanctifiés. Joan. 17. 23.
Ut sint consummati in unum : Afin qu'ils
soient consommés en l'unité ; par la foi jointe
aux. bonnes œuvres qui sanctifie. Soit de la
perfection ijui vienne des œuvres auxquelles
la foi est jointe. Jac. 2. 22. Ex operibus fides
consummata est : Les œuvres ne font pas
seulement connaître la foi, mais encore el-
les l'aygmentent et la rendent plus parfaite.
Soit que cette perfection vienne des céré-
monies de la loi. Gai. 3. 3. Sic stulti estis, ut
cum spiritu cceperitis. nunc carne consum-
memini{ èTTi-zùtï-j ) ? Etes-vous si insensé-^,
qu'après avoir commencé par l'esprit, vous
finissiez maintenant par la chiir? i. e. vous
attendiez votre perfection de l'observance do
la loi, comme de celle de la circoncision?
D'autres expliquent ici le mot consummari,
{)ar finir, être conduit à sa fin. Soit en par-
l.iut delà perfection qui conduit à la gloire
des bienheureux , ou qui vient di; cette
gloire. Hebr. 2. 10. Decebat eum qui multos
filios in gloriam adduxeraV, auctorem salutis
eorum per pussionem consummare : Il était
convenable que le Père Eternel, qui avait
élevé plusieurs enfants à la gloire, perfec-
lionnàl par les souffrances l'auteur de leur
salut; AC. Jésus-Christ, c. 5. 9. Ainsi, c. 11.
iO. Ut non sine nobis consummarentur : En
sorte qu'ils ne reçussent point sans nous
l'accomplissement de leur bonheur : L'Ecri-
ture parle des saints, morts avant la venue
de Jésus-Christ, qui n'ont point joui du bon-
heur éternel avant que Jésus-Christ ait sa-
tisfait pour les péchés ; mais qu'il a cmme-
n«s avec lui dans le ciel au jour de son as-
cension. Voy. Ephes. i. v. 8. 9. Ps. 67. 19.
3 Achever, cesser de, avec un infinitif;
soit qu'il soit sous-entendu. Malth. 10. 23.
Non congummnbitis civitates Israël donec re-
niât filius honiinis; sous-entendanl ad fidem
«n
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
91Î
ti Evangelium adducere : Vous n'aurez pas
a'chavé d'instruire toutes les villes d'Israël,
avant que le Fils de l'Homme vienne ; à la fin
du monde; autr. pour punir les Juifs, c. 13.
53. Cum consummasset Jésus pnrabotas istas,
(suppl. eloqiii) : Lorsque Jésus eut achevé ces
paraboles; comme aussi, c. 7.28. c. 19. 1.
c. 26. 1. Eccli. 18. 6. Cum consummaverit
homo (suppl. quœrere) : Lorsque l'homme sera
à la fin de celte recherche des merveilles
de Dieu. 1. Esdr. 10. 17. Consummati sunt
omîtes viri (suppl. recenseri) : Le dénombre-
ment de ceux qui avaient épousé des fem-
mes étrangères, fut achevé ; soit que l'inU-
nilil soit exprimé. Mallh. 11. 1. Cum com-
summassct Jésus prœcipiens duodecim disci-
pulis suis , où prœcipiens , est , selon la
phrase grecque, pour prœcipere. Amos 7. 2.
Cum consummasset comedere herbam terrœ •
Lorsque la sauterelle achevait de manger
l'herbe de la terre.
4° Accomplir, exécuter ce qui a été prédit
dans les Ecritures. Joan. 19. 28. Sciens Jé-
sus quia omnia consummata sunt, ut con-
summaretur Scriptura^ dixit : Sitio. Ps. 68.
22 : Jésus sachant que toutes choses étaient
accomplies, afin qu'une parole de l'Ecriture
s'accomplît encore, il dit : J'ai soif. v. 30.
Cum accepisset Jésus acetum, dixit : Con-
summatum est : iésus ayant pris le vinaigre,
dit : Tout est accompli; se. tout ce qu'il fal-
lait faire pour mériter le salut et la rédemp-
tion du genre humain. Apoc. 10. 7. Consum-
mabitur mysterium Dei : Le mystère de Dieu
8'accomplira. Ce mystère est la délivrance
et la glorification de l'Eglise, c. 17. 17. Marc.
13. i». Luc. 18.31. Act. 13. 29. ♦
5° Accomplir, pratiquer, exécuter, exer-
cer. Rom. 2. 27. Legem consummans : Celui
qui garde et pratique la loi, c. 9. 28. Verbum
consummans et abbrevians in œquitate : Dieu
exécutera par un juste jugement la résolu-
tion qu'il a prise de relcancher son peuple.
c. 15. 8. Hebr. 9. 6. 1. Pelr. k. 3. Eccli.
34.8.
6' Perdre, ruiner, anéantir, faire prendre
fin, soit en parlant des personnes. Ps. 118.
87. Paulo minus consummaverunt me in terra:
peu s'en est fallu que ceux qui me persécu-
tent ne m'aient fait périr sur la terre. Luc.
13. 32. Sanitates perficio hodie et cras, et ter-
tia die consummor : ya\ encore à rendre la
santé aux malades aujourd'hui et demain,
et le troisième jour je serai consommé par
ma mort, dit Jé>us-Christ, Prov. 28. 2. Isa.
16. 4. c. 29. 20. Soit en pariant des choses,
Luc. 15. 14. Postquam omnia consummasset
Le plus jeune des deux enfants,
summabitur {TTxvefr^Ki, quiescere) indignutio
et furor meus super scelus eorum : Je m'en
vais punir leurs crimes dans toute l'étendue
de mon indignation et do ma fureur; se. les
crimes des Assyriens. Apoc. 15. 1.
Consummaré maliliam. Faire outrage, mal-
traiter. 2. Mach. 3. 32. Considerans ne forte
rex suspicaretur malitiam aliquam ex Judœis
circa Heliodorum consummatam : Le grand-
prêtre considérant que le roi pourrait peut-
être soupçonner les Juifs d'avoir commis
quelque attentat contre Héliodore.
Consummaré testamentum. Faire un traité
ou une alliance. Heb. 8. 8. Consummabo su-
per domum Israël, et super domum Juda^
testamentum novum : Je ferai une alliance
avec la maison d'Israël et la maison de Juda :
Ceci est lire de Jérém. 31. 31.
CONSUMMATIO, nis, auvrasta. Perfection,
en parlant de quelque art : dans l'Ecriture :
1" Achèvement, consommation ( èÇoStov ).
Ps. 28. 1. In consummatione tabernaculi ;
David chanta ce psaume quand il eut achevé
le tabernacle, et qu'il y mit l'arche; selon le
Grec, In exitti tabernaculi : les derniers mots
de ce titre du tabernacle, ne se trouvent point
dans l'Hébreu : quelques auteurs croient
que David l'a composé à l'occasion de quel-
que grande tempête qui arriva de son temps.
2. Cor. 13. 9. Oramus veslram consumma-
tionem (xxTâpTtat?) : Nous demandons à Dieu
dans nos prières qu'il vous rende parfaits.
Eccli. 37. 14. c. 38. 31.
2° Fin (t£).o?) ; soit en parlant de l'issue
et du succès de quelque chose. Sap. 3. 19.
Nationis iniquœ dirœ sunt consummationes :
Les méchants auront une fin funeste. Eccli.
21. 10. Soit en parlant de la consommation,
par laquelle quelque chose finit et cesse
d'être. Heb. 6. 8. Cujus consummatio in com-
bustîonem : A la fin un maître met le feu à
une terre qu'il a, qui ne cesse de ne produire
que des ronces et des épines : ce qui est une
figure des méchants que Dieu précipite dans
le feu éternel, pour n'avoir fait aucunes bon-
nes œuvres. Sap. 7. 18. Ce mot dans ce sens
s'entend, l"de la mort. Eccli. 1. 19. In diebus
consummationis illius benedicetur : Celui qui
craint le Seigneur, sera béni au jour de sa
mort ; 2° il se dit aussi du dernier jour, ou
de la fin des siècles. Eccli. 16. 22. Interro-
gatio omnium in consummatione est : Dieu
remet à examiner toutes choses au dernier
jour; i. e. à la niort et au dernier jugement,
c. 18. 24. c. 33. 24. de là vient :
Consummatio sœculi. — 1° Le temps de la
fin du monde. Matlh. 13. 39. .Sic erit in con--
sumrnatione sœculi : A la fin du monde, les
auxquels leur père avait fait le partage de «Anges sépareront les méchants du milieu des
son bien, ayant tout dépensé
7" Faire, entreprendre [tnireltîi)) Heb. 8.
5. Cum consummaret tabernaculum : Lorsque
Moïse faisait, ou, selon le Grec, lorsqu'il de-
vait faire et dresser le tabernacle. Gen. 6.
15. Voy. Cubitus.
Phrases tirées de ce verbe.
Consummaré furorem,indignationem, iram.
Punir rigoureusement et dans toute l'élendue
de la colère et de su fureur Isa. 10.2.'>. Con-
justes , de même qu'un pêcheur jetterait
hors de son filet tous les méchants poissons
pour mettre ensemble tous les bons dans des
vaisseaux, v. 40. 49. c. 24. 3. c. 28. 20.
Consummatio sœculorum : — 2" Le temps
qui a commencé depuis l'avènement du
Àlessie, et qui durera jusqu'à la fin du
monde, le dernier âge du monde. Heb. 9.
26. Semel in consummatione sœculorum ad
deslitudonem peccati, per hostiam suam ap^
913
CON
CON
DU
paruit : Jesus-cnrist n'a parlé qu'une fois à
la fin des siècles, pour détruire le péché, en
s'offrant lui-même pour victime : ce temps est
appelé le dernier âge du monde, ou la fin
des siècles; parce que depuis la venue du
Messie, il n'y a plus à attendre que le juge-
ment dernier: et pour le distinguer de l'âge,
auquel a duré la loi de nature, et de celui
de la loi écrite.
3° Perfeciion, avancement dans la voie de
Dieu; soit celle qui se fait par la rémission
des péchés et la juslifîcation [zù.iiuviç). Hebr.
7. 11. Si consummatio per sacerdotium Le-
viticum erat : Si c'était par le sacerdoce de
Lévi, que les hommes pouvaient être rendus
parfaits, qu'était-il besoin qu'il vînt un autre
prêtre selon l'ordre de Melchisédech : saint
Paul témoigne que l'attente où étaient les
Juifs du Messie, prouvait que la loi de Moïse
n'avait point la force de mener à la dernière
perfection, qui est celle de la justification,
ou celle qui se fait par la continuation des
grâces que Dieu donne à un chacun pour le
Tendre parfait. 2. Cor. 13. 9. Voy. ci-dessus
1. Ephes. 4. 12. Ad consummationem sancto^
rum 'Les dons du Saint-Esprit ne se donnent
que pour la perfection des fidèles (x«Ta|5Tto--
Pôf). Cette perfeciion est tirée d'un édifice que
on achève. Eccli. 21 13. Consummatio ti~
moris Dei^ sapientia et sensus : La parfaite
crainte de Dieu fait la vraie sagesse.
i" Le plus haut point où quelque chose
peut aller. Eccli. h^S. v. 7. 8. Luna minuitur
in consummalione : La lune diminue tou-
jours après sa plénitude. Crescens mirabi~
iiter in consummalione : Et croît toujours
jusqu'à sa plénitude.
5* Chose parfaite, précieuse et exquise.
P«. 118. 96. Omnis consummationis vidi finem :
J'ai vu finir tout ce qu'il y a de plus beau
au monde; il n'y a que votre loi, Seigneur,
qui subsiste. Voy. LàTUs.
6° Multitude consommée et entière ; ou,
selon d'autres, consumée et ruinée. Isa. 10.
22. Consummatio abbreviata inundabit justi-
tiam .'Le peuple Juif réduit à un petit nombre,
recevra une justice abondante. Voy. Inun-
DARE.
T Perle, ruine. Ps. 58. 14. De exsecratione
et mendacio annunliabuntur in consumma-
lione : L'on publiera contre mes ennemis
l'exécration et le mensonge dont ils sont
coupables au temps de leur ruine. In ira
consummationis : Et la vengeance de Dieu
les consumera, non pas entièrement; mais
ils ne subsisteront plus comme auparavant,
ne formant plus un peuple particulier, mais
se trouvant dispersés parmi tous les peuples.
1. Esdr. 9. U. Eccli. 39. 3i. c. iO. 1'+.
Phrase Urée de ceUe signilication.
Consummationem facere, in consummatio-
nem facere. Ruiner de fond en comble. Jerem.
4. 27. Déserta eril omnis terra, sed tamen
consummationem non faciam : Toute In terre
sera déserte, et néanmoins je ne la perdrai
pas entièrement, c. 5. 10. Ainsi, v. 18. Non
faciam vos in consummationem : Je ne vous
exterminerai oas entièrement. Nahum. 1- 8.
.. n aiîucio prœtereunte consummationem faciet
loci ejiis : Le Seigneur détruira Ninive par
l'inondation d'un déluge qui passera ; les
grandes afflictions sont marquées par les
inondations et le débordement des eaar,
Voy. DiLuviDM. Soph. 1. 18.
8' Sommaire, abrégé (tAoî), Eccli. 43. 29.
Consummatio sermonum ipse est in omnibus :
Tout ce qu'on peut dire de Dieu, c'est qu'il
est l'âme de tout.
Façons de parler.
Consummatio virtutis. L'éclat et l'orne-
ment de quelque charge ou dignité. Eccli.
50. 11. In accipiendo ipsum stotam gloriœ et
vestiri eum in consummationem virtutis :
Lorsque Simon fils d'Onias, grand prêtre, a
pris sa robe de gloire, et qu'il s'est revêtu de
tous les ornements de sa dignité. Voy. Vir-
TUS.
CONSUMMATOR, is ; teXsiwt^,-. Qui achève,
qui perfectionne et met la dernière main à
un ouvrage. Heb. 12. 2. Aspicientes in aucto
rem fidei et consummatorem Jesum : Jésus-.
Christ est appelé l'auteur et le consomma-,
leur de la foi; parce qu'il l'a commencée eu
nous, et l'a perfectionnée; et comme il noui
dispose à commencer la course de notre sa^
lut, v. 1, il nous donne aussi la force d'aller
jusqu'au bout. Ce mot se peut prendre ici
absolument et sans le rapporter à fidei^ et
alors il signifie que Jésus-Christ, par le sa-
crifice de la croix nous a non-seulement jus-
tifiés, mais encore conduits à une béatitude
consotnniée.
CONSUMMATUS, a, um. Achevé, parfait,
consommé. Sap. 12. il.Virtutem ostendis tu,
?ui non crederis esse in virtute consummatus
h âuvâ/zEWf TzliioTn-zt) : Vous faites voir votre
puissance, lorsqu'on ne vous croit pas souve-
rainement puissant. Voy. 4. Reg. 7. v. 1. 2.
16. Ainsi c. 6. 16. c. 9.6. c. 15. 3.
CONSUMPTIO, Nis. L'action de consumer,
de détruire cl d'anéantir : dans l'Ecr. :
1" Perte, ruine. '*. Reg 13. 19. Percussisses
Syriam usque ad consumptionem ((jyvTsieta) :
Si vous eussiez frappé la terre cinq ou six,
ou sept fois, vous eussiez battu la Syrie,
jusqu'à l'exterminer entièrement, dit Elisée
à Joas. Isa. il. 12. Erunt quasi non sint (wf
ojy('6-jriç),et veluti consumptio, homines bel-
lantes adversum te : Ceux qui vous combat-
tront deviendront comme rien.
2° Corruption , biens corruptibles et péris-
sables [StafQopà). Eccli. 31. 6. Qui insequitiir
consumptionem, replebitur ex ea : Celui qui
recherche la corruption en sera renipli ;
l'amour des richesses ne peut apporter que
du mnlheur. t
CONSURGERE, iviffratrÔat, èÇavÎTTCtaOat. —
l-'Se lever de quelque place. Judic. 19. 7. Ille
consurgens cœpit velle proficisci : Le lévite se
levant, voulut s'en aller de chez son beau-
père, chez qui il élait allé pour ramener
sa femme. Tob. 11. 10. Eslh. 8. '*. Baruch. 6.
26.
2° Se lever par honneur et pour faire civi-
lilé. Levit. 19. -32. Coram cano capite con^
sunje : Levez-vous devaul ceux qui ont les
^M5
DICTIONNAIRE DE
cheveax olancs: saluez-les, portez-leur hon-
neur et respect. Isa. 40. 7.
3° Se lever du lit. Luc. 5. 25. Consiirgens
coram illis, tulit leclnm in quo jacebat : Le pa-
ralytique se leva en la présence des docteurs
(ie la loi et des pharisiens au commandement
que lui fit Jésus-Christ en le guérissant. Gen.
19. 27. Abraham consurgens mane : Abraham
s'élant levé le matin, vint au lieu où il avait
élé auparavant avec le Seigneur : ce lieu
était celui où Abraham avait demandé à Dieu
grâce pour Sodome. Voy. c. 18. c. 20. 8. c.
22. 3. c. 31. 55. d'où viennent ces deux ter-
mes opposés : Dormicns ai que consurgens :
La nuit et le jour. Deut. 6. 7. Vous méditerez
les ordonnances du Seigneur, la nuit dans
les intervalles du sommeil, cl le matin à vo-
tre réveil. Ainsi, Judic. Ik. 5. De nocte con-
surgens. Voy. Nox.
4' Se dresser, se relever et se tenir droit.
Gen. 37. 7. Putabam quasi consurgere mani-
pulum meum et stare : 11 me semblait que ma
gerbe se levait et se tenait debout, dit Joseph
à ses frères, qui interprètent ce songe de son
élévation. Voy. vers. 8. Job. 30. 28. 2. Esdr.
9.3.
5' S'élever pour faire violence. Num. 23.
2i. Ecce populus ut leœna consurget : Ce peu-
ple s'élèvera comme une lionne; ce que dit
Balaam du peuple d'Israël. Dan. 12. 1.
Ainsi :
Consurgere in , super, ou adversus aliquem.
— 1° Attaquer, maltraiter, tâcher de perdre.
Gen. 4. 8. Consurrexit Cain adversus fratrem
suum Abel . Caïn se jeta sur son frère Abel et
le tua. Dout. 22. 26. c. 33. 11. 1. Par. 21. 1.
Marc. 3. 20. c. 13. 12. — 2° Faire la guerre à
quelqu'un KJ-ystpefTÔat). Matth. 24. 7. Consur-
get gens in gentem : On verra se soulever peu-
ple contre peuple. Deut. 28. 7. Abd. v. 1.
Surgile et consurgamus adversus eum in prœ-
lium : Allons, disent-elles, conspirons toutes
ensemble contre Edom pour le combattre. Le
Prophète représente les nations, surtout les
Assyriens, qui s'animent à marcher contre
les Iduméens, y étant suscités par un ange
de la part de Dieu. — 3° Se soulever, se ré-
volter (£7ravt(TTaarO«t). 2. Rpg. 14. 7. EcCe
consurgens universa cognatio adversum an-
cillam tuam : Tous les parents se soulèvent
contre votre servante, dit à David la femme
de Thécua, envoyée par Joab. Mich. 2. 8,
Populus uteus in adversarium consurrexit ■
Mon peuple s'est révolté contre moi. 1. Reg.
22. 13.
§ 1. — Naître, sortir, croître. Num. 24. 17.
Consurget virga de Israël: Un rejeton s'élèvera
d'Israël : cette prophétie de Balaam s'entend
de Jésus-Christ. Dan. 8. 22. Prov. 24, 22.
§ 2. — S'élever et paraître, soit avec éclat
et avec gloire ( «varAActv ). Job. 11. 17.
meridianus fulgor consurget tibi ad vespe-
ram : Lorsque votre vie semblait être dans
son couctianî, vous paraîtrez comme le so-
leil dans l'éclat de son midi. c. 38. 32. Gant.
6. x). Prov. 24. 22. Ecd. 4. 15. Dan. 2. 39.
etc. Soit avec une nouvelle vigueur pour
quelque entreprise. Isa. 33. ÎO. Nunc consur-
ih^m, dicii Dominus : Je me lèverai mainle-
PHILOLOGIE SACRÉE. 'J!«
nant, dit le Seigneur, o. 51. 9. Zach. 2. 13.
Soit en reprenant courage. Isa. 51. 17. Con-
surge, Jérusalem. Levez-vous, Jérusalem :
Dieu exhorte le peuple qui était accablé de
la servitude , à prendre courage , c. 52.
V. 1. 2.
§ 3. — Subsister, se maintenir, se relever
(T(7ra(T9«i)- 1- Beg. 13. 14. Nequaquam regnum
tuum ultra consurget : Votre règne ne sub-
sistera point à l'avenir, dit Samuel à Saul,
après que Saùl eut offert l'holocauste. Deut.
33. 11. Qui oderunt eum, non consurgant ;
Que ceux qui le haïssent tombent sans pou-
voir se relever, dit Moïse, bénissant la tribu
de Lévi. 2. Reg. 22. 39. Job. 8. 15. Isa. 14.
21. Jerem.51. 39. Mich. 7. 8.
§ 4. — Commencer, se disposer à faire quel-
que chose, aller et partir pour le faire. Deut.
31. 16. Populus iste consurgens fornicabitur
post deos aliénas : Ce peuple s'abandonnera à
l'idolâtrie après votre mort, dit Dieu à Moïse.
Gen. 27. 42. 1. Par. 22. 19. 1. Reg. 9. 3. c.
25. 1. 41. 2. Reg. 17. 1. 2. Par. 6. 41. Ainsi,
Jos. 8. 1. Consurgens ascende in oppidum Hai;
Marchez contre la ville d'Haï. 3. Reg. 14. 4.
Consurgens abiit m Silo : La femme de Jéro-
boam partit pour aller à Silo. c. 19. 21. Jos.
8. 7. Consurgelis de insidiis : Vous sortirez de
votre embuscade, se. pour aller détruire la
ville d'Haï, dii Josué à ses gens.
§ 5. — Ressusciter avec quelqu'un à une
vie nouvelle {avvEysipstjQxi). Coloss. 3. ï. Si
consurrexistis eum Christo . Si vous êtes res-
suscites avec Jésus-Christ, recherchez ce qui
est dans le ciel et ce qui y conduit : cette
résurrection se fait en mourant au péché
pour vivre par la grâce de Jésus-Christ d'une
vie toute nouvelle, comme il est mort pour
vivre d'une vie glorieuse.
§ 6. — S'allumer, s'échauffer, s'exciter. 2.
Par. 16. 9. Ex prœsenti tempore adversum te
bella consurgent (eîvai) : Des guerres vont
s'élever dès à présent contre vous, dit le pro-
phète Hanani à Asa, qui avait imploré le se-
cours de Bénadad contre Basa, plutôt que le
secours de Dieu. Exod. 13. 17. Ose. 10.
14.
§ 7. — Etre, se trouver, arriver et survenir,
en parlant de quelque malheur. Nahum.l. 9.
Non consurget duplex iribulatio : Dieu vous
perdra tout d'un coup, il n'en fera pointa
deux fois. Prov. 24. 22.
Phrases de ce verbe.
Consurgere alictti adversus aliquem : Por-
ter, donner secours à quelqu'un. Ps. 93. 1(>.
Quis consurget mihi adversus mnlignantes ?
Qui est-ce autre que Dieu qui m'assistera
contre mes ennemis ?
Consurgere mane diluculo. -^1" Se lever au
Uialin, Deut. 16. 7. Maneque consurgens ,
vades in tabernacula tua : Vous levant lo
malin, vous retournerez dans vos maisons.
Le matin dont il est parlé ici se doit enten--
dre du jour d'après toute la solennité, qui
durait sept jours. 2. Par. 30. 21. c. 35. 17. —
2' Faire quelque chose avec soin, avec affec-
tion. Jerem. 7. 13. Locutus sum ad vos mane
, consurgens : Je vous ai parlé avec toute sorte
91Î
CON
d'application. Voy. Mane, c. 7. 23. Per diem
eonsurgens diluculo et mittens : Je me suis
hâté d'envoyer aux Israélites mes serviteurs
cl mes prophètes, dit Dieu. 2. Par. 36. 15.
Jer. 11. 7. c. 33. 11. etc.
CONTABESCERE , TÂ/so-Qat, Èvr^/.Eo-Oat. —
1° Devenir sec ou \dng[i\ssiM\i,inviduitate per-
manere. 2.Reg.l3.20. Monsit...Thamarconta-
bescens (y^npiveiv) in domo Absalom frad'is sui :
Tham.ir demeura dans la maison d'Absalora
son frère, séchant d'ennui et de douleur,
Hebr. s.ins voir personne. Ezoch. k. 17. Ut
conlabescanlin iniquitalibus suis: Afin qu'ils
sèchfnl de famine dans leur iniquité. Zach.
14. 12. — 2° Se fondre, devenir liquide (Sst-
XytKv). Isa. 13. 7. Omne cor hominis conla-
bescet : Tous les cœurs des Babyloniens se
fondront comme la cire de crainte et de
frayeur. — 3° Se pourrir, tomber en pièces.
Isa. 46. 2. Contabuerimt et contrita sunt si-
mul : Les idoles des Babyloniens ont été bri-
sées et mises en pièces, Gr. t/lvEGBu.i.
CONTAGIO, Nis. Ce mot vient de cumet de
tangere.
Communication ou conjonction qui est en-
tre des choses qui se touchent, comme entre
l'âme et le corps; cont;iji;ion, en parlant des
maladies du corps qui se communiquent, et
se dit Bgurément de la participation dé
quelque crime, vice ou malheur : dans l'E-
crilure:
Attouchement de quelque chose impur.
Num. 19. 18. Asperget ex eo homines hujus-
cemodi contagione pollutos : Un homme pur
fora les aspersions sur toutes les personnes
qui auront été souillées par cet attouche-
ment. Voy. V. 16. La cendre de la vache brû-
lée mêlée avec l'eau, purifiait les impuretés
légales par l'aspersion.
CONTAMINARE, [xmi-jsl-,. Souiller, gâter,
de l'Hébreu, tame, Jmmundus, pollutus fuit.
Souiller, salir, parlant figurément de quel-
que crime ; dans l'Ecr. :
1° Souiller, rendre impur d'une impureté
légale. Joan. 18. 28. Non inlroierunt in prœ^
torium, ut non contaminarentur : Ceux qui
menèrent Jésus de la maison de Caïphe au
palais du gouverneur, n'entrèreni point dans
le palais, afin de ne se pas souiller : les Juifs
croyaient être souillés d'entrer dans le logis
d'un gentil. Levit. 11. 26. Qui tetigrrit illud
contaminabitur ; Quiconque touchera de Ces
sortes d'animaux sera impur {ày.àOxfiToç). v.
43. Nolile contaminare (|35£).).0(7«tciv) animas ve-
slras, i. e. vos ipsos : Ne souillez point vos
âmes en touchant quelqu'une de toutes ces
choses, c. 7. 18. Levit. 22. 2. Loquereut cnveant
ah his quœ consecrota sunt, filiorum Israël, et
non contaminent notnen sanctipcatorum mihi
(/5£€»î>o3v) : Parlez à Aaron et à ses enfants ,
afin qu'ils prennent bien garde à la manière
dont ils useront des oblalions sacrées dos
enfants d'Israël , pour ne pas souiller ce
qu'ils m'offrent, v. 15. Num. 5. 3. c. 6. 7.
Deul. 2t. 23. Tob. 1. 12. Ezech. 44. 25. Dan.
1. 8. Agg. 2. 14. etc.
2" Déclarer impur d'une impureté légale ;
ce qui était une fonction sacerdotale. Lovit.
13. 11. Cuntaminabil itaquc cum mcerdos;
CON 9ii
Quand le grand prêtre avait trouvé les mar-
ques de la lèpre dans un homme, il le décla-
rait immonde, v. 20. 27. 30. 59.
3' Souiller par des crimes. Levit. 18. ^4.
Nepolluamini in omnibus his, quibus contami-
naiœ sunt universœ génies : Vous ne vous
souillerez point par toutes ces infamies dont
se sont souillés tous les peuples que je chas-
serai devant vous : ainsi, il est dit que la
terre même en est souillée. Levit. 19. 29. Ne
prostituas fUiarii tuam ,ne conlaminetur terra
{ey.-op-jzvii.-j, stupro inquino) : Ne prostituez
point votro fille, de pour que la terre ne soit
souillée, autr. afin que ceux du pays ne se
souillent point. Ps. 105. 39. J(M'em. 2. 7.
Ezoch. 7. 21. Osée. 5. 3. c. 6. 11. Agg. 2 15.
Malach. 2. 11. etc.
4° Souiller et profaner, i. e. mettre au rang
des choses profanes et souillées. 4. lleg. 25-
8. Conlaminavit excelsa : en les décl.irant
profanes par des usages communs et vils, et
en y faisant porter des ossements de corjjs
morts. Isa. 43. 28. Contaminavi principes
sanctos : J'ai fait voir l'impureté des princes
du sanctuaire, se. de Mo'ïse et d'Aaron, qui
ne sont point entrés dans la terre sainte, c.
30. 22. Ainsi, c. 47. 6. Contaminavi hœredi-
tatem meam : J'ai profané mon hérit.ige, i. e.
j'ai souffert que mon peuple lut traité comme
une chose profane , et l'ai fait transférer
dans un pays didolâlres et profanes. Ezech.
7. 21. c. 9. 7.
5° Déshonorer, mépriser, faire affront
{càiiryîf.)). Malach. 1. 12. Mensa Domini
conlaminata est : La table du Seigneur est
méprisée, disaient les sacrificateurs de l'an-
cienne loi, parlant du second autel qui avait
été érigé au lieu du premier que les Chal-
déens avaient détruit, afin qu'en donnant par
là du mépris de cet autel, ils se fissent un
droit de prendre toutes les offrandes qui
leur seraient offertes, soit pures ou impures.
Voy. Mensa. Eccli. 31. 16.
Phrases tirées de ce verbe.
Contaminare sanctunrium,templum, sancii'
ficalionem. — 1° Profaner la sainteté du tem-
ple et du sanctuaire par des meurtres et au-
tres abominalions (pio^ûvgtv). 1. Mach. 1. 39.
Effuderunt sanguinetn innocentem et contami-
naverunl sanctificationem : Ils répandirent le
sang innocent devant le Dieu saint, et ils
souillèrent le sanctuaire, c. 3. 51. c. 4. v.
45. 54. et souvent dans les autres endroits
des Machabées.
2° Profaner le temple, en y faisant des
fonctions contre la bienséance et l'ordre de
la loi {8senlov-j). Lev. 21. 23. Contaminare
non débet sanctuarium meum : Celui de la
race d'Aaron qui avait quehiue défaut do
corps apparent, ne pouvait point faire les
fonctions dans le temple.
3' Faire quelque sacrifice autre part que
dans le temple ; c'est le profaner par le mé-
pris qu'on en fait. Levit. 20. 3. Ponam facictn
menm contra eum, eo quod conlaminaverit
aancluarium meum : J'arrêterai l'œil de mat
colère contre celui qui aura sacrifié de S6i
enfants ù Moloch, parce qu'il a profané ftidlt
Mtt
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE
9«iv
sanctuaire, ea fabaat ce sacriGce abomina-
ble et ailleurs que dans le lemple. Voy. Mo-
LOCH.
Contaminare testamentum. Violer le traUé
de l'alliance qu'on a faite. Ps. 5i. 20. Conta-
tninaverunt testamentum ejus : Les Israélites
ont violé l'alliance faite avec Dieu, en trans-
gressant se<i lois et ses coaim;indements.
CONÏAMINATIO, nis. L'aclion par la-
quelle on souille ; dans l'Ecriture :
1° Profanation, violemenl de Ihonneur dû
à Dieu par des actions d'iddlâlrie [àaéSeta).
Ezech. IV. 6. Hecedile ab idolis et ab univer'
sis conlaminationibus vestris avertite faciès
vestras : Quittez vos idoles , et détournez vos
Tisnges de toutes vos abominations.
2° Viande immolée aux idoles {àô.iaynjxu).
Act. 15. '20. Abstineanl se a contaminationibus
simulacrorum : Qu'ils s'abstiennent des souil-
lures des idoles , i. e. de l'usage des viandes
immolées aux idoles, que saint Jacques ap-
pelle souillures, parce qu'elles souillent ceux
•jui en mangent pour honorer l'idole. Le ver-
set 29 porte : Ab immolatis simulacrorum :
€e fut un des chefs qui furent ordonnés
par les apôtres aux gentils convertis à la foi
(etSw>66v7ov]. De là vient :
Lapides contaminationis; ILBoi ixiaffucxt. Les
pierres d'un autel profané par des sacriGces
profanes. 1. Mach. 4. i3. Tulerunt lapides
contaminationis in locum immundum : Judas
et ses frères emportèrent en un lieu impur
les pierres profanées ; se. depuis trois ans ,
qui est le temps que dura la désolation du
sanctuaire sous Antiochus.
CONTEGERE. Couvrir, cacher en mettant
quelque chose dessus ou devant (Tre/jtêàXietv).
Lcvil. 13. '*o. Habebit os veste contectum :
Le lépreux , qui aura été séparé comme tel ,
aura le visage couvert de son vêtement.
Abattre , opprimer. Ps. 5V. 5. Contexerunt
(y.u/.vTTzeiy) me tenebrœ : Les afflictions m'ont
environné de toutes parts, j'en suis accablé;
comme la joie fait qu'on se produit , la tris-
tesse fait aussi qu'on se cache ; autr. J'ai été
tout couvert de ténèbres ; je ne savais quel
conseil prendre , ni m'enfuir.
Phrase de ce verbe.
Contegere corpus. Ensevelir le corps de
quelque mort {ntptczûlEi^). Eccli. 38. 16. Se-
cundum judicium contege corpus illius : En-
sevelissez le corps d'un mort selon la cou-
tume ; Gr. selon qu'il l'a désiré.
CONTEMNERE, xaraypoverv. — 1° Mépriser,
ne point faire cas. Matth. 18. 10. Videte ne
contemnatis unum ex his pu5i7/ù; Prenez bien
farde de ne mépriser aucun de ces petits, dit
ésus-Christ , parlant des petits enfants qui
lui étaient présentés. TiU 2. 15. Nemo le
contemnat:\\vez de telle sorte que personne
ne vous méprise. 1. Cor. 11. 22. 1. Tim. k.
12.
2° Négliger, ne se pas soucier de quelque
chose, n'y avoir aucun égard (Trepiypovetv).
Rom. 2. I^. An divitias bonilatis ejus, et lon-
ganimitatis con/er/mts? Est-ce ainsi que vous
juéprisez les richesses de la bonté et de la
longue tolérance de Dieu ? se. en commet-
tant les mêmes crimes que vous coudamnez
dans les autres. 2. Petr. 2. 10. Qui domina-
tionem comtemnunt : Ceux qui méprisent les
puissances sont du nombre de ces pécheurs
que Dieu réserve à punir au jour du juge-
ment. Matth. 6. 2V. Luc. 16 13. Levit. 6. 2.
c. 26. 15. Eccl. 9. 16. Sap. U. 30.
3° Désobéir, être rebelle («Treiôetv). Exod.
23. 21. Audi vocem ejus, nec cuntemnendum
putes: Ecoutez la voix de l'ange que je vais
vous envoyer, et gardez-vous de le mépriser:
Cet ange est celui que Dieu donna aux Israé-
lites pour aller dans la terre promise.
CONTEMPLARI, ay.oTî<ttiy,<TxoTTiîv. Ce verbe
vient de templum, qui signifie originaire-
ment un lieu découvert , que les augures
choisissaient pour voir et considérer de tous
côtés : ainsi il pourrait venir de (hmuoli^
specto.
1° Contempler , regarder attentivement
(xKTa/AKvÔKveiv). Job. 35. 5. Contemplare œthera
quod altior te sit : Contemplez combien les
cieux sont plus hauts que volis ; autr. l'air :
ce qui se dit de Dieu même. Prov. 15. 3. In
ornni loco oculi Domini contemplantur bonos
et malos : Les yeux du Seigneur contemplent
en tout lieu les bons et les méchants , etc.
2° Considérer et prévoir par l'Esprit. Isa.
52. 15. Qui non audierunt, contemplati sunt :
Les Gentils , qui n'avaient point entendu
parler du Messie, de Jésus-Christ, l'ont connu
par la foi. C'est ainsi que l'explique saint
Paul , Rom. 15. 21. Intelligent; ils enten-
dront sa doctrine , 2. Cor. *. 18. Xon con-
templantibus nobis quœ videntur, sed quœ non
vïden/ur; Nous ne considérons point les cho-
ses visibles, parce qu'elles sont temporelles ;
mais les invisibles , parce i|u'elles sont éter-
nelles.
3° Veiller, prendre garde [ïmtno-ntTiî) . Heb.
12. ih.C ontemplantes ne guis desit graliœDei:
Prenez garde qu'il ne se trouve quelqu'un
parmi vous, qui, manquant de répondre à
la grâce de Dieu , en demeure privé. Jereni.
9. 17. Contemplamini, et vocale lamentatrices :
Ayez soin de faire venir des pleureuses.
CONTEMPLATIO , nis. Contemplation ,
considération attentive : dans l'Ecriture :
Vue, regard. Gen. 30. i2. Ponebat Jacob
virgas in cayialibus uquarum ante oculos arie-
tum et ovium, ut in earum contemplalione
conciperent : Au temps du printemps que
les brebis devaient concevoir, Jacob mettait
les branches dans les canaux devant les yeux
des béliers et des brebis , afin qu'elles con-
çussent en les regardant.
CONTEMPTIBILIS , is , e , tvrùvi, 1° Vil,
méprisable , de peu de valeur, peu consi-
déré. Sap. 10. k. Per contempiibite lignum ,
justum gubernans : Au déluge, la sages^e
sauva le monde, ayant gouverné le Juste sur
les eaux par un bois ; se. l'Arche qui parais-
sait méprisable. 1. Cor. 6. h. Contemptibiles
qui sunt in Ecclesia, illos constituite ad judi-
can(ium(Éçoveev»3fx£vof): Prenez plutôt pour ju-
ges, dans vos dilTérends touchant les choses
séculières, les personnes de l'Eglise les moins
considérables. L'Apôtre exhorte les fidèles à
prendre pour arbitres de leurs différends l«i
•m
CON
CON
yvi
moindre» de l'Hglise , qui seraient capables
d'en jugor, plutôt que des juges païens : ce
qui n'est point opposé à ce qui est dil,Exod.
18 21. où il est ordonné de choisir les plus
sages, c. 1. 28. Malach. 1. 12. c. 2. 9.
2° Méprisé , soit qu'on mérite ce mépris
{tvy.arufpôvv-coç) : Jcr. k9. 15. Dedi le con-
temptimlem inter ho mines : Je vous ai rendu
méprisable entre les hommes: Dieu parle de
Bosra, capitale de l'Idumée, prise pour tout
le pays. Abd. 2. Soit qu'on ne soit pas mé-
prisable. Isa. 49. 7. Hœc dicit Dominus ad
contemptibilem animam (yauiiÇwv ^^jx^n^) ' Voici
ce que dit le Seigneur à celui qui a été dans
le iernier mépris : ce que saint Jérôme a en-
tendu de Jésus-Christ.
CONTEMPTIO, Nis, ÈÇovSévwTt?. Honte, in-
famie , confusion. Ps. 106. 40. Effusa est
contemptio super principes : Les princes sont
tombés dans le dernier mépris ; se. lorsque
Dieu les a voulu punir.
CONTEMPTOR, is ,xaTay/sov»jTr3f, De con~
temnere, et signiGe proprement qui méprise :
dans l'Ecr. :
Qui méprise une chose , d'elle-même esti-
mable , telle qu'est la vérité , la parole de
Dieu. Prov. 13. 15. In itinere conCemptorum
vorago : La voie des moqueurs mène au
précipice. Âct. 13. 41. Videte contemptores
et admiramini : Voyez , vous qui méprisez
(ma parole). Saint Paul rapporte ici la pro-
phétie d'Mabacuc , 1. 5. exhortant le peuple
d'éviter qu'elle ne s'accomplisse en eux.
CONTEMPTUS , us, i^ovBhc^cnç, — 1° Mé-
pris. Prov. 12. 8. Qui vanus et excors est pa-
tebit contemptui : (u.wxT>?/3îÇe(reai). Celui qui est
vain et n'a point de sens , tombera dans le
mépris. Gen. 29. 33. Eslh. 16. 2*. 2. Mach.
3. 18.
2° Le mépris qu'on fait de Dieu , en vio-
lant sa loi et ses commandements («TrÔTTaerc;).
2. Par. 33. 19. Oratio quoque ejus et exau-
ditio , et cuncta peccata atque contemptus
scripta sunt in sermonibus Hosai : La prière
que Manassé fil à Dieu , la manière dont
Dieu l'exauça , tous les crimes qu'il commit,
et le mépris qu'il fit de Dieu, sont écrits dans
les (ivres d'Hosaï : ce livre est perdu , c. 28.
19. Eccl. 9. 3.
3" Fierté , insolence. Judith. 13. 28. Qui in
contemptu superbiœ suœ,Det(m Israël contem-
psit: Voici la tête d'Holopherne , qui, dans
l'insolence de son orgueil , méprisait le Dieu
d'Israël , dit Judith.
k' Affront, ignominie. Ps. 118.22. Aufer
a me opprobrium et contempttim : Délivrez-
moi de l'opprobre et du mépris dont les su-
perbes me chargent.
CONTENDERE, yJoTtucfdeat. De tendere, et
signifie :
1" Tâcher, faire effort. Luc. 13. 2V. Con-
tendite intrare per augustam portam : Faites
effort pour entrer par la porte étroite: ce qui
marque la violence qu'il faut se faire pour
vaincre ses passions , afin d'entrer dans le
ciel. 2. Cor. 5. 9. Contendimus plncere illi :
Nous nous efforçons d'élrc agréables à Dieu.
2 Mach. 3. k.
a* CoQlester. disputer (J.oîCciv). Matlh. 12.
19. Non coutendet, neque clamabit : Mon ser-
viteur ne disputera point, il ne criera point :
Saint Matthieu marque le caractère de l'hu-
milité et de la douceur de Jésus-Christ, qu'l-
saïe représente, c. 42. 2. Ainsi Gen. 26. 22.
3. Reg 3. 22. Job. 9. 3. c. 33. 13. c. 39, 32.
Prov. 29. 9. Eccli. 8. 2. 2. Tim. 2. 14.
3' Faire procès à quelqu'un , plaider con-
tre lui {fù.î'/^ep-t-j). Prov. 3. 30. Ne contendas
ndversus hominem frustra : Ne faites point de
procès à un homme sans sujet ; et , en plu-
sifurs endroits , Judicio conlender e. }>l;\ilh.
5. 40. Ei qui vult tecum judicio contendere,
et tunicam tuam tollere, dimitte ei et pallium
{'/^pi'js<TOa.i) : Si quelqu'un veut plaider contre
vous pour vous prendre votre robe, quittez-
lui encore votre manteau , dit Jésus-Christ ,
1. Cor. 6. 6.
4° Combattre, soit par raisons {tTzépx,s(TBct.i).
Job. 23. 6. Nolo multa fortitudine contendat.
Si j'allais me présenter à Dieu pour lui re-
présenter les preuves de mon innocence , je
ne voudrais point qu'il me combattit de toute
sa force, dit Job; i. e. selon la rigueur de sa
justice ; soit par les armes , 2. Mach. 8. 30.
Ex fus qui erant contra se contendentes super
figinti millia interfecerunt [axtvtoeiSnv, con~
junctim obniti) : Les gens de Machabée , ou-
tre plus de neuf mille hommes qu'ils tuèrent
de l'armée de Nicanor, ils tuèrent encore ,
dans la suite , plus de vingt mille hommes
des gens de Timothée et de Bacchides , qui
combattaient contre eux , v. 16. soit en dis-
putant à qui aura le prix. 1. Cor. 9. 25. Om-
nis qui in agone contendit ab omnibus se abs~
tinet (à'/wvtÇsaOat) : Les Athlètes gardent en
toutes choses une exacte tempérance : L A-
pôlre se sert de cette comparaison comme
une preuve de la nécessité qu'ont les Chré-
tiens de l'exacte tempérance qu'ils doivent
garder aussi pour remporter le prix de la
gloire éternelle. Jerem. 12. 5. Si cum pediti-
bus currens laborasti ; quomodo contendere
poteris cum equis (Tra^oaaxeuciÇetv) : Si vous avez
eu tant de peine à suivre à la course ceux
qui étaient à pied , comment pourrez-vous
courir contre ceux qui sont à cheval? Dieu
témoigne au Prophète, que s'il n'a pu résis-
ter aux citoyens d'Analholli , figurés par les
gens de pied, il pourrait bien moins résister
aux habitants de Jérusalem , figurés par des
gens de cheval, en comparaison des autres.
5° Se révolter. Dent. 9. T.Semper adversum
Vominum conlendisti (Ta^ooÇOvav Ttvdt) : Vous
avez toujours été rebelles au Seigneur (de-
puis votre sortie d'Egypte, jusqu'à votre ar-
rivée au lieu oiî nous sommes), dit Moïse aux
Israélites.
6 Etre piqué de jalousie et d'indignation
(Ç>3).oOv). Prov. 24. 19. Ne contendas cum
pessimis : Ne vous indignez point contre la
prospérité des méchants. Ce sont les mêmes
termes , en hébreu , que ceux du Ps. 36. 1.
NoH (Pmulnri in malignantibus.
CONTENEBRARE , (7xoTiǣtv. Ce verbe ,
inusité , qui vient du mot tenebrœ, signifie ,
dans l'Ecr. :
r Obscurcir, couvrir de ténèbres; dans le
sens propre et littéral . Marc. 13. 24. In illi'
923
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
m
diehiis sov contenebrabitur : Après les afflic-
lions qui arriveront au dernier jugomenl, le
soleil s'obscurcira. 3. Reg. 18. 45. Thren. 5.
17. ConteneOrali sunt oculi nostri
(7X0T«ÇîtV)
se. a.
Nos yeux ont été couverts de ténèbres
cause de nos pleurs.
2" Aveugler par la passion et l'opiniâlreté.
Num. 14-. 44. Confeneôra/? (5tKeiarr«jac-voi) ascen-
derunt in verlicem montis : Les Isr.iéliles ,
étant frappés d'aveuglement, monièrent sur
la montagne; ;yc. pour couibatlre les Amalé-
cites elles Chananéens contre l'ordrede Dieu.
Voy, V. 41.
CONTENEBRESCERE , au^r.orà^siv. Faire
obscur, faire nuit; cl marque , dans le sons
frguré , le temps auquel on est accablé de
misères et d'afflictions. Jerem. 13. 16. Date
Domino Deo vestro gloriam antequam conle-
nebrescat [sol] : Rendez gloire au Seigneur
votre Dieu, avant que les ténèbres vous sur-
prennent; i. e. avant que l'aflliclion arrive.
CONTENTIO, Nis. — 1° Dispute, contesta-
tion, différend, querelle (yt),'5V£i/.t«). Luc. 22.
24. Facta est autem et conlcnlio inter eos : 11
s'excita, parmi les apôtres, une contesta-
tion ; se. lequel d'entre eux devait être es-
timé le plus grand. Judic. 5. v. 15. IG. Diviso
contra se Ruben, magnanimorum reperta est
contentio («-/oiga^rj^ô,-, accxirata examinatio):
Au temps de la guerre et du combat contre
Sisara , Ruben était divisé contre lui-même,
et les plus vaillants de cette tribu n'ont fait
autre chose que disputer. Ceux do cette
tribu ne se trouvèrent point à celte bataille,
parce qu'ils eurent quelques différends entre
eux. Isa. 58. 4. Rom. 1. 29. c. 13. 13. 1. Cor;
1. 11. c. 3.3. 2. Cor. 12. 20.
2° Opiniâtreté , entêtement à ne vouloir
point céder ou obéir (£/D£9£(r;^ôî).Deut. 31. 27.
Scio contentionem tuam , et cervicem tuam
durissimam : Je sais quelle est votre opiniâ-
treté ; et plus bas : Semper contenliose egis-
tis. Vous avez toujours résisté au Seigneur.
Rom. 2. 8. Qui sunt ex contenlione (s^tôeta),
et qui non acquieseunt veritati : Les es-
prits opiniâtres et contentieux qui n'acquies-
cent point à la vérité. 2. Esd. 9. 17.
3° Pique , jalousie [ic^ii^dy). Philipp. 1.
17. Quidam autem ex conlentione Christum
annuntiant, non sincère: Les uns prêchent
Jésus-Christ par amour, les autres annon-
cent Jésus-Christ par jalousie , et sans sinr-
cérilé:Ceite jalousie était dans les ambitieux,
qui voulaient s'attirer de l'honneur en prê-
chant aussi bien que saint Paul. Jac. 3. 14.
16.
4" Emulation , effort que l'on fait pour
imiter les autres. Eccli. 18. 33. Ne fueris me-
diocris in conlentione ex fenore (auaeo/o/.onwv
£z (îzvct(7fxoûj : Ne vous réduisez point à la pau-
vreté, en empruntant à usure pour contri-
buer autant que les autres à faire des festins.
5' Malheur, accident, affliction {-KipLazuTiÇy
inforiunium). 2. Mach. 4. 16. Quorum gratià
periculosa eos contentio habebat : 11 s'excitait
une d.mgereuse émulation entre les prêtres ;
Gr. Quorum gratia occupavit eos gravis ccda-
wu<«s; C'est ce qui leur attirait de grands
uiaux.
CONTENTIOSE. Avec querelle et dispute :
dans l'Ecr. : Opiniâtrement , avec rébellion
et désobéissance. Deut. 31. 27. Semper con-
tenliose egistis contra Dominum (■Kcp'xnfxpui'
v£iv) : Vous avez toujours résisté au Seigneur,
dit Moïse.
CONTENTIOSUS, a, dm, — l°Contenlieux,
qui aime à disputer {(où.i-.io'.oç). 1. Cor. 11.
16. Si quis autem videtur conlenliosus esse :
Si quelqu'un veut contester. — 2"= Effronté,
opiniâtre (àvut^riç). Jerem. 8. 5, Qwire....
aversus est populus iste in Jérusalem acersione
conlentiosa? Pourquoi ce peuple de Jéi u-
salems'esl-il délournéde moi avec une aver-
sion si opiniâtre?
CONTKNTUS, a, um. Quand ce mot vient
de contendere, il est participe, et signifie
tendu, bandé; mais quand il signifie content,
satisfait de quelque chose , il est nom et non
point participe. Dans l'Ecriture :
1° Content , satisfait, qui s'en tient à quel-
que chose («py.sîuèxt, contentum esse). Luc 3,
14. Contenti eslole stipendiis vestris: Con-
tentez-vous de votre paye, dit saint Jean aux
soldats, comme un des moyens de se sauver.
1. Tim. 6.8. Habenles alimenta et quibuis le-
gamur, lus contenti simus : Ayant de quoi
nous nourrir et de quoi nous couvrir, nous
devons en être contents. Hebr. 13. 5. Sint
mores sine avaritia, contenti prœsentibus :
Que votre vie soit exempte d'avariqp; soyez
contents de ce que vous avez.
2° Prêt, disposé à quelque chose. 2. Mac.
14. 38. Animam trauere contentus : Rasias
était prêt à abandonner son corps et sa vie
pour persévérer jusqu'à la fia dans le ju-
daïsme.
CONTERERE, auvr^i^Ew, — Briser, écraser,
rompre. Exod. 32. 20. Vitulum.... contrivit
usque ad pulverem : Moïse réduisit le veau
d'or en poudre. 23. 3. Reg. 19. 11. Spirilus
grandis et fortis conterens petras ante Do-
minum : On entendit devant le Seigneur un
vent violent et impétueux, capable de briser
les rochers. Ce vent si impétueux marquait
la présence redoutable de Dieu. Jerem. 23.
29. Numquid non verba mea sunt quasi ignis
et quasi malleus conterens petram (zÔ7rT£tv)?
Comme le feu vieni à bout de tout et qu'un
marteau de fer peut briser les choses les
plus dures , ainsi la parole de Dieu est si
forte, qu'il n'y a rien qui en puisse empêcher
l'effet. Exod. 32. 20. Judic. 8. v. 7. 16. 4.
Reg. 11. 18. c. 18. 4. c. 23. 14. 1. Par. 20.
3. etc.
1" Opprimer, maltraiter, affliger (àrtf/âÇsiv).
Prov. 22. 22. Neque conteres egenum in porta:
N'opprimez point dans le jugement celui qui
n'a rien. Isa. 53. 7. Dominus voluit conterere
eum in infirmitate (x«6«ptÇ£tv, expiare) : Le
Seigneur l'a voulu briser dans son inflrmité ;
Ce qui s'entend du Fils de Dieu incarné, qui
a souffert toutes sortes d'afflictions , parce
qu'il s était chargé de nos crimes. Dan. 7.
25. Sanctos Allissimi conteret (TrÀavâv, sedu-
cere) : il foulera aux pieds les saints du Très-
Haut ; ce qu'a fait Antiochus l'illustre eî ce
que fera l'Antéchrist à la Gn du monde Jop.
9. 17. Mich. 5. 13. c. 16. 12. Amos 8. 4. D'OU
9âS
CON
CON
9è5
Tient, conterere super pidverem terrœ capita
pauperum. Amos 2. 7. Briser contre terre la
têle des pauvres , ou, jeter les pauvres dans
la poussière et leur marcher sur la tête, pour
marquer la violence par laquelle les riches
accablent les pauvres.
Phrases tirées de cette signification.
Conterere hostes, inimicos, etc. Défaire l'en-
nemi. 1. M.ich. 13.51. Contrilus est inimicus
magnufi ex Israël : Un iirand ennemi a été
extcriiiiiié d'Israël. Cet ennemi était la gar-
nison de soldats ennemis que Simon chassa
de la forteresse de Jérusalem, c. 3G. etc.
Conterere nrcum, bellum, i. e. potentiam
bellicnm. Défaire et ruiner les ennemis. Ps.
ko. 10. Arcmn conteret : Le Soigneur brisera
l'arc dos ennemis. Judith. 9. 10. Conteris
6«//a .'Seigneur, vous terrassez les armées
les plus redoutables. Ose. 2. 18. c. 1. 5. Con-
lerarn arcum Israël in valle Jezraet : Je brise-
rai lare d'Israël dans la vallée de Jezraël ;
j'anéantirai la puissance et le courage des
dix tribus dans la vallée de Jezraël , où les
Israélites seront taillés en pièces, ou par les
Assyriens, selon saint Jérôme, parManahera
dans les guerres civiles, selon quelques
autres.
Conterere virgam, jugum. Briser le joug ,
délivrer de la servitude, mettre de force en
liberté. Jerem. 28. 2. Contrivi jugum régis
Babylonis : J'ai brisé le joug du roi de Byby-
lone, V. i. Conteram jugum : Je vous relireiai
de la captivité où vous tient le roi de Baby-
lone, dit le Seigneur, Ps. 106, 16. Ëzech. Sk.
27. Nahum. 1. 13.
Conterere sub pecUbus. Fouler aux pieds;
c'est non seulement traiter avec rigueur et
ignominie, mais encore dompter et assujettir.
Rom. 16. 20. Deus pacis conterai Satanain sub
pedibus vestris velociter ; Grec, conteret:
Saint Paul espérait que Dieu assujettirait
bientôt à l'Eglise le démon et ses uiinistres ,
ennemis de l'Evangile. Judith, li. 5. Thren.
3. 3i.
Conterere in porta. Fouler ou écraser aux
pieds à la porte de la ville (xo).aGpiÇctv) ; c'est
faire succomber quelqu'un en jugement, et
faire qu'il y soit regardé comme indigne do
participer au droit commun. Job. 5. k. Con~
terentur (xo).aÇ|Otae£i/!<7«v) in porta : Les enCants
de l'insensé seront foulés aux pieds à la
porte : Celait à la porte de la ville que se
rendaient les jugements. Prov. 22. 22.
2" Perdre, ruiner, exterminer (mpiifTy.sii) .
Job. 6. 0. Qui cœpit , ipse me cnnierat : Plaise
au Seigneur qu'ayant commeiiré à me ré-
duire en poudre, il achève, r. \0. 7. Confère
impios in loco suo : Foulez aux pieds 1(!8
impics dans le lieu même où ils s'élèvent.
Deut. 3.<. 27. Matth. 21. k\. Suprr quem ver'o
ceciderit, conteret cum (/t/.uâv) : Cotte pierre
écrasera celui sur qui elle tombera. Jésus-
Christ, qui est cette pierre, viendra perdre
s.'iMS ressource au dornicr jugement ceux qui
n'auront point voulu croire en lui. Deut. \).
20. Voluit eum conterere : Dieu voulut perdre
Aaion; mais Moïse l'apaisa en priant pour
lui. Celle jrrando colère du Seigneur contre
Aaron , et l'effet de la prière de Moïse en sa
faveur, ne sont point marquées dans l'Exode.
C'est ainsi que plusieurs particularités omi-
ses en leur lieu, sont rapportées en d'autres
endroits de l'Ecriture. Voy Comminuere,
C^DERE. Habac. 3. 6. Ps. kl. 8. Eccli. 27.
3. etc.
Phrases tirées de cette signification.
Conterere caput, brachia, dentés, molas^
ossa, cornua. baculum, virgam. Ruiner, abat-
tre le pouvoir de quelqu'un (rîtpstv). Gen. 3.
15. Ipsa conteret capul tuiim ;Gr\'c, Ipse:
Hebr. , Ipsum; se. Semen mu/«em .-'jésus-
Christ qui a voulu naître de la sainte Vierge,
pour ruiner la puissance du démon et dé-
truire sa tyrannie. Ps. 36. 17. Brachia pec-
catorum conterentur : Les bras des pécheurs
seront brisés. Ps. 3. 8. Ps. 33. 21. Isa. 14
20. c. 45. 2. Ps. 100. 16.
Conter&e spirilum. Briser l'esprit ; c'est
l'abattre, l'aigrir, le troubler, le faire sortir
de sa bonne disposition. Prov. 15. 4. Lingua
quœ immoderala est , conteret spiritum : La
langue qui se laisse aller aux excès de pa-
roles ou d'emportement, tr<)uble l'esprit et
de celui qui parle et de celui qui écoute.
Phrase tirée de la sigiiificalion propre, dans le sens figuré,
Conterere baculum , firmamentum, virgam
panis. Oter la force du pain, c'est lui ôter la
force qu'il a de sustenter et nourrir. Ps.
104. 16. Ezech. 5. 16. Voy. Bacdlus.
CONïERNANS.Tis. Ce participe inusité ,•
qui vicMUde conternare , verbe formé de cum
et de très, trois, signifie :
Qui est de trois ans (rpuz-n;). Isa. 15. 5.
Vectes ejus usque ad Segor, vilulam conter-^
nantem : Les plus v<)illanls de Moab fuient
jusqu'à Ségor, qui tremble comme une gé-
nisse de trois ans. VHebr. comme le Gr.
rapporte ces derniers mots aux Moabites,
qui étnionl vigoureux et florissants , conmie
une génisse de trois ans; ils se prennent dans
le même sens Jerem. 48. 34.
CONTERRERE. Epouvanter. Isa. 33. 14.
Conterriti sunt in Sion peccatores («yto-rao-eaj,
expavescere) : Lvs méchants ont été épou-
vantés en Son. Le prophète parle de la
frayeur qu'auraient les Juifs à l'arrivée des
Assyriens. 1. Maoh. 7. 30. 2. Mach. 14. 17.
Luc. 24. 37. Dan. 2. 1. Conterritus est spiri-
tus cjiis : L'esprit de Nabuchodonosor fut
cxirêmement effrayé, se. lorsqu'il eut le
songe rapporté v. 31. et suiv.(£?t(7Ta70«t, exfra
se esse).
CONTESTARI, ^lutxyprxjpsffOui, [ixpTÎ)pE(TOKt. —
1* Déclarer à quelqu'un, en présence vie
témoins, qu'il ait à faire quoique chose,
sommer, faire sa protestation comme en
j)résence do témoins. Exode. 21. 29. Si ho.f
cornuprta fucrit et contestati sunt dominnm
ejus, nec rectuserit c»m; S'il y a quehjuo
temps (ju'un bœuf frappait de la corne, et
que le niaîtro ne l'ait point renferme a|rrès
en avoir été averti : colle protestation se
faisait môme devant le juge 4. Reg. 17. 1">,
•1. I^sdr. 13. v. i:i. 21. Ainsi Exod. 19. 21,'
Descende, et cvntestare popnlum . Descende?.;
M7
WCriONiNAlRE DE PHILOLOGIE SACHÉE.
titi
et déclarez ma volonté au peuple. Act. 20.
26. Contestor vos hodierna die , quia mundus
sum a sanguine omnium : Je vous déclare
aujourd'hui que je suis pur et innocent du
sang de vous tous, dit saint Paul aux prêtres
d'Ephèse, étant à Milet. Ps. 80. 10. Contesta^
bor te : Ecoutez mon peuple, et je vous
attesterai ma volonté. Amos 3. 13. Apoc.
22. 18. — 2° Prendre à témoin quelqu'un ou
quelque chose, en faisant déclaration. Judith
1. 17. Contestamur hodie cœlum et terram :
Nous prenons aujourd'hui à témoin le riel
et la terre y disent tous les Juifs à Ozias , le
priant de rendre la ville à Holopherne.
3°Témoigner, rendre témoignage («ruveTrifia/s-
i-jpzaBuL], Heb. 2. 4. Contestante Dec signis et
porlentis et variis virtutibus : Dieu a con-
firmé par plusieurs miracles la foi des pre-
miers Chrétiens (Voy. Marc 16. 30). Ainsi,
2. .Mach. 12. 30. 1. Pet. 5. 12.
4* Faire voir, faire paraître, faire voir des
preuves sensibles de quelque chose fsvSetxvu-
cÔKt). 2. Mach. 9. 8. Manifestam Dei virtutem
in semetipso contestans : Antiochus attestait
publiquement la toute-puissance de Dieu,
qui éclatait en sa propre personne.
Contestari passif, (j.xp-:vpù(7Q«i, être déclaré,
être attesié. Heb. 7. 8. Et hic quidem décimas
morientes homines accipiunt , ibi autem con-
testatur quia vivit; i. e. testimonium ei per-
hibetur : Les prêtres de l'ancienne loi qui
recevaient la dtme, mouraient et avaient des
successeurs; mais celui dont on rend ici té-
moignage n'est représenté que comme vivant;
on n'y parle ni de sa mort ni de sa succes-
sion; en quoi Melchisédech était la figure de
Jésus-Christ.
CONTEXERE, Oyaîvetv : 1° Faire un tissu
de deux ou plusieurs choses ensemble. Dent.
22. 11. IS'on indueris vestimento quod ex lana,
linoque contextum est : Cette défense d'user
d'un habillement tissu de laine et de lin,
marquait qu'il n'est point permis de mêler
ce que le bon ordre nous apprend devoir être
séparé; comme faire profession d'être chré-
tien , et vivre en même temps dans la mol-
lesse et faire une union incompatible de deux
étals tout opposés. Aug. cont. Faust. 1. 6. c.
9. Joan. 19. 23. Erat autem tunica inconsu-
tilis desuper contexta per totum : La tunique
de Jésus-Christ était sans couture et d'un
seul tissu, depuis le haut jusqu'en bas.Exod.
26.31
2° Entrelacer. 3. Reg. 7. 17. Quasi in mo-
dum relis et catenarum sibi invicem miro
opère conlextarum ; Sur les chapiteaux des
colonnes, il y avait une espèce de rets et de
ch.iînes entrelacées l'une dans l'autre.
CONTICERE ou C0NTlCESCERE,7y«Û£ae««,
se taire tout court, demeurer sans dire mot.
Dans l'Ecriture :
1' Cesser de se faire entendre. Isa. 2V. 8.
Conticuil dulcedo cilharœ • On n'entendra
plus les doux accords de la harpe. Voy.
SiLERE.
Etre défait et ruiné, comme si l'on n'était
plus (Tzinruv). Daus Ce scns, les poètes appel-
lent les morts Silenles. Jerem. 49. 26. Viri
prœlii conticescent : Tous ces hommes de
gnerre seront dans un profond silence, c. 25.
37. Conticuerunt arva pacis : Les champs si
fertiles durant la paix , ou dans lesquels les
troupeaux paissaient paisiblement, sont dans
la désolation. Par ces champs s'entendent
les provinces, et par ces troupeaux les peu-
ples. 1. Reg. 2. 9. In tenebris conticescent :
Les impies seront réduits au silence dans
leurs ténèbres. Ose. k. 6. *
2" Etre dans l'époy vanle et l'effroi {ùnopinTS'
(tBoci). Abd. 5. Si fures introissenl ad te, quo~
modo conticuisses? Si des voleurs étaient en-
trés chez vous, n'auriez-vous pas crié, dans
l'effroi et le trouble où ils vous auraient
mis? autr. Heb. Sont-ce des voleurs qui sont
entrés chez vous? ils ne vous auraient pas
réduits à une si extrême misère.
3" Etre dans le deuil et l'affliction {atanâv).
Thren. 2. 10. Conticuerunt senes filiœSiôn:
Les vieillards de la fille de Sion, t. e. de Jé-
rusalem, demeurent dans le silence.
CONTIGNATIO. nis; S6xwTtf. Voy. Tig-
NUM. Charpente, élage dans une maison. 2.
Par. 34. 11. Illi dederunt eam artificibus ut
emerent ligna ad conlignalionem domorum :
Ils donnèrent cet argent à des ouvriers, afin
qu'ils en achetassent du bois pour la char-
pente des maisons que les rois de Juda
avaient détruites. Eccl. 10. 18. In pigriliis
humiliabitur contignatio : La charpente du
toit se gâtera peu à peu par la paresse; t
e. les maisons et les familles vont peu à peu
en ruine et en décadence.
CONTINENS , èy^parriç. _ 1» Qui a en soi^
même, qui possède quelque chose; soit la
vertu. Eccli. 15. 1. Qui continens est justi'
tiœ : Celui qui a acquis la justice, et qui la
pratique, possédera la sagesse; Gr. Celui
qui a une parfaite connaissance de la loi.
c. 6, 28. Soit les vices , c. 27. 33. Vir pecca^
tor continens erit illorum : Le pécheur en-
tretiendra toujours dans lui-même la colère
et la fureur, il en sera possédé.
2" Qui est chaste, qui garde la continence.
Tob. 6. 18. Per très aies continens esto : Vi-
vez en continence avec Sara pendant trois
jours, dit l'ange Raphaël au jeune Tobie.
Sa p. 8, 21. Scivi quoniam aliter non possem
esse continens, nisi Deus det : Je savais que
je ne pouvais avoir la continence, si Dieu ne
me la donnait : d'autres , suivant le sens du
Grec, l'entendent plutôt de la retenue pour
toute sorte de vices; et le vrai sens du Grec
est de le rapporter à la première significa-
tion, et de l'entendre dans le même sens que
les passages de l'Ecclésiastique , c. 6. 28.
c. 15. 1. Je savais que je ne pouvais possé-
der ou acquérir la sagesse si Dieu ne me la
donnait, Eccli. 26. 20. Omnis ponderatio non
est digna continentis animœ : Tout le prix de
l'or n'est rien , au prix d'une âme vraiment
chaste.
3" Tempérant, qui s'abstient de toute sorte
de vices; mais surtout de l'impureté et de la
gourmandise. Tit. 1. 8. Oportet episcopuin
esse sobrium, justum, sanctum, conlinentem :
Il faut que l'évêque soit un homme sobre,
juste, saint, et gardant la continence.
CONTINENTIA, m. éyxpinta,— 1- Conti-
929
CON
CON
930
iieiice, vertu q.ai règle les plaisirs , et dé-
tourne de cenx qui sont défendus, et de ceux
particulièrement qui regardent l'impnrelé et
la gourmandise. Gai. 5. 23. Frticlns Spirilus
est charitas... conlinentia, castitas • Les œu-
vres que produit l'Esprit de Dieu dans un
chrétien, sont la charité... la conlinence, la
chasteté. — 2" Fermeté et persévérance dans
la pratique du bien. 2 Mach. J4. 38. Hic mul-
tis temporibus continentiœ propositum lenuit
in Jtidaismo : Rasias vivait depuis longtemps
dans le judaïsme, d'une vie très-pure, et éloi-
gnée de toutes les souillures du paganisme :
c'est le sens que tous les interprètes ont
donné à cet endroit.
CONTINERE; Gr. auvÉ^siv. — 1" Retenir,
arrêter, réprimer. 2. Reg. 24. 16. Nunc con-
tine manum tuam : Retenez votre main, dit
Dieu à l'ange, qui étendait sa main, et se
préparait à ravager Jérusalem. Job. 12. 15.
5» continuent aquas , omnia siccabuntur : Si
Dieu relient les eaux , tout deviendra sec.
Voy. 3. Reg. 17. v. 1. 7. Ainsi , Ps. 76. 10.
Aut continebit in ira suoy misericordias suas?
La colère de Dieu reliendra-t-elle ses misé-
ricordes? Exod. 26. 20. Prov. 30. 4. Eccli.
48.3.
2° Retenir, tenir secret [^tpxrtïv) Marc. 9. 9.
Verbum continueriint apud se : Saint Pierre ,
saint Jacques et saint Jean tinrent la chose
secrète ; i. e. la TransGguralion de Jésus-
Christ , selon l'ordre qu'il leur en donne,
V. 8.
3° Contenir, comprendre en soi, renfermer
(rr£|3icx£tv). Sap. 1. 7. Hoc (TTvsOpia, fiic Sfiri-
tus) quod conlinet omnia, scientiam habet vo-
cis : L'esprit du Seigneur contient ef con-
serve tout; parce que tout subsiste en lui et
par lui; il connaît tout ce qui se dit, et ce
«lui se fait. Esth. 13. 10. Quidquid cœlt am-
bitu conlinetur : Toutes les créatures qui sont
sous le ciel. 1. Petr. 2. 6. Continet Scriptura:
Il est dit dans l'Ecr. Gr. Conlinetur in Scri-
ptura. Sap. 18. 14. etc.
4° Régler, gouverner, tenir dans le devoir
(xpuTù-j). Sap. 6. 3. Qui continetis multitudi-
nes : Vous qui gouvernez les peuples. 1. Cor.
7. 9. Quod si non se continent ; que ceux qui
ne peuvent garder la conlinence se marient:
c'est un don particulier de Dieu que de gar^»
der la continence. Voy. Sap. 8. 21. Ainsi
c. 10. 2.
5° Tenir comme par la main, soutenir, em-
pêcher de tomber [èné/jiv .Ecdi. 15. 4. Conti-
nebit illum et non confundetur : La Sagesse
tiendra de sa main celui qui est affermi dans
la justice.
6° Posséder et avoir une parfaite connais-
sance de quelque chose (xaraz/oaTerv). Eccli. 21.
12. Qui custodit juslitiam continebit sensum
ejus : Celui qui garde la justice {Gr. la Loi),
en pénétrera l'esprit.
7° Avoir et conserver en soi [Inéxti-^)- Phi-
lip. 2. 16. Verbum vit œ continentes ; poriez en
vous la parole de vie : d'autres expliquent,
porter et soutenir comme un flambeau pour
éclairer les autres.
8" Porterv supporter en soi avec peine danf
son cœur [''mixers). Ps. 88. 51. Memor esto,
Domine, opprobrii servorum tuorum, quod
continui in sinu meo , multarum gentium :
Souvenez-vous, Seigneur, de l'opprobre que
vos serviteurs ont souffert delà part de plu-
sieurs nations, et que j'ai tenu comme ren-
fermé dans mon sein; t. e. que j'ai caché et
dissimulé dans mon cœur avec peine.
9° Occuper, donner de l'occupation et de
l'emploi. S;ip. 17. 19. Omnis orbis terrarum
non impeditis operibus continebalur : Tout le
reste du monde s'occupait à son travail sans
aucun empêchement; se. hors les Egyptiens,
qui étaient tous liés par les ténèbres. Voy.
V. 17.
10° Soumettre, obliger et engager. Gai. 5.
1. State, et nolite iterum jugo servitutis con-
tineri {èvéxttrdxt) : Demeurez fermes dans la
foi (de l'Evangile) et ne vous laissez point
engager de nouveau sous le joug de la servi-
tude : un juif qui ayant été converti, se fai-
sait encore circoncire, se soumettait à garder
toute la loi de Moïse : c'est pourquoi l'Apôtre
le défend ; on l'entend ordinairement des Ga-
lates, qui étaient Gentils. Voy. Iterum.
Phrases de ce verbe,
Continere aures. Se boucher les oreilles,
en retenir l'usage. Act. 7. 56. Continuerunt
aures suas : les Juifs se bouchèrent les
oreilles; se. pour ne pas entendre ce que
disait saint Etienne. Voy. v. 55,
Continere os suum. N'oser ouvrir la bouche,
se tenir dans le silence; ce qui est une mar-
que de respect. Isa. 52. 15. Super ipsum con-
tinebunt reges os suum : Les princes et les
rois étonnés des merveilles qu'ils appren-
dront du Messie, n'oseront ouvrir la bouche,
parle grand respect qu'ils auront pour lui,
jusqu'à se soumettre humblement à lui. Voy.
Job. 29. 9. c. 39. 35. ou c'est un effet et une
marque d'étonnement et d'admiralion. Voy.
Job. 21. 5.
Continere se, eyy.poi.-z ev s a^on, «Tzé^eaOat. 1" Se
modérer, se retenir, ne plus continuer; soit
ses mauvais désirs, et le dérèglement de ses
passions. 1. Cor. 7. 9. Quod si non se conti-
nent,nubant :Voyi'z ci-dessus 4°. Eccli. 30. 24.
Cantine (suppl. te) : Retenez vos mauvais dé-
sirs; selon le Grec, il s'entend du soin qu'on
doit avoir de ne point s'abandonner à la tris-
tesse. Eccli. 3. 4. A quoi l'on peul ajouter ce
que dit David au grand prêtre Achimélech,
1. Reg. 21. 5. Si de mulieribus agitur, conti-
nuimus nos ab hcri et nudiusterlius : Pour ce
qui regarde les femmes, depuis hier et avant-
hier que nous sommes partis , nous ne nous
en sommes point approchés ; soit en arrêtant
ses larmes. Gen. 43, 31. Lota facie egressus
continuit se : Joseph ayant lavé son visage
revint ensuite, se faisant violence; se. pour
s'empêcher de pleurer; soit en arrêtant les
effets de sa bonté et de sa miséricorde ou de
sa vengeance. Isa. 64. 12. Numquid super his
continebis te (àvs;t£(TÔ«t)? Après toutes ces af-
flictions, Seigneur, vous retiendrez-vous en-
core? se. de nous faire miséricorde et de
nous venger de nos ennemis, c. 63. 15.
2" Se tenir arrêté, se renfermer (àrroxsx'won-
irwr).2.Mach.4.'W.7/),ïr inhco (uto fe cofitinen$
l^
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
Ô5«
Antiocniœ secus Daphnem : Onias reprochait
à Ménélaûs le vol «lu'il avait fait des vases
du temple, et l'emploi injuste qu'il en avait
fait se tenant cependant à Anlioche dans un
lieu sûr près de Daphné.
3° Tenir, être arrêté et appuyé sur quel-
que chose, Ezech. il. 6. Ut continerent ^ et
non attingerenl parietem templi : Le& arcs-
boulants servaient d'appui à la charpenterie
des chambres qui étaient bâties autour du
temple, sans qu'elles louchassent à la mu-
raille du temple.
CONTINGERE, â-îzr'.aeM. — i° Toucher, Le-
vit. 11. 8. Nec cadavera contingetis ; A^'ous ne
loucherez point au corps des hêles marquées
dans les versets précédents, parce que vous
les tiendrez comme impurs. Jos. 6. 18. 3.
Reg. 6. 27. 2. Par. 3. 12. Judith. 11. 12.
2" Atteindre en louchant. 2. Mach. 9. 10.
Paulo ante sidéra coeli contiiujere se arbilra-
halur : Antiochus s'imaginait (avant que Dieu
l'humiliât par sa chute, dont il eut les mem-
bres tout meurlris) qu'il pourrait alleindre
jusqu'aux étoiles du ciel. Dan. k. 8.
3" Toucher à quelqu'un ol lui nuire, le
maltraiter. Jos. 9.19. Jdcirco non possimus
eos conlingere : Puisque nous avons juré
lalliance au nom du Seigneur , avec les Ga-
baoïiiles, nous ne leur pouvons faire aucun
mal. Chald. Nocere.
k" Toucher à quelque chose pour la sous-
traire, et la prendre pour soi. Tob. 2. 21.
Non licet nobis, aut edere ex furlo aliquidy
(lia conlingere : Il no nous est pas permis de
manger ou de toucher à quelque chose qui
ait éie dérobé. Eslh. 9. 16.
5° Toucher quelque chose consacrée à
Dieu, l'employer à un usage commun et pro-
fane. Judilh. il. la. Sancla Domini Dei sui,
guœprœcepit Deus non contingi, in frumenio^
vino et oleo, hœc... volunl consumere quœ nec
munibus dcberenl conlingere : Les Juifs ayant
du froment, du vin et de l'huile, qui sont
consacrés au Seigneur leur Dieu, et aux-
quels Dieu leur a défendu de loucher, ils
veulent les consumer , quoiqu'il ne leur soit
pas même permis d'y loucher des mains.
6" Toucher du palais, goûter, discerner au
goùl (yEiic^ôat). Eccli. 3(j. 21. Fauces contin-
gunt cibum ferœ : Le palais discerne au goût
la venaison.
7" Appartenir, revenir de droit à quel-
qu'un (£7tig«),).Eiv). Luc. 15. 12. Da mihi por-
tionem substantiœ quœ me conlingil : Don-
nez-moi ce qui me doit revenir de votre
bien , dit l'enfant prodigue à son père. 1.
Mii^h. 10. W.
Conlingere, impersonnel. Arriver {yéve<7Qixt).
Rom. il. 25. Cœcitas ex parte contigit in
Israël : Une parlie des Juifs est tombé<; dans
l'avcuglemenl ( iTUfxo«ivEiv). 1. Cor. 10. 11.
Uœc omnia in figuris conlingebant illis : Tou-
tes ces choses qui arrivaient aux Israélite*
étaient dos figures; i. e. des images gros-
sières des affliclions qui devaient arriver aux
chrétiens qui tomberaient dans ces crimes.
CONTINUO; Ttapcex^pruia, eùOiWî, exjOù;. De
l'adjectif coniinuus.
i* Aussitôt, à l'instant tuônie. Mallh. 21.
19. Arefacta est continua fîculnea : Le figuier
sécha aussitôt que Jésus-Christ y eut donné
sa malédiction. Marc. 1. 31. Continua dimi-
sit eam febris; au même instant que Jésus-
Christ eut fait lever la belle-mère de saint
Pierre, en la prenant par la main, la fièvre
la quitta. Gai. 1. 16. Continua non acquievi
cnrni et sanguini : J'ai obéi aussitôt, sans en
conférer avec qui que ce soit. Sap. 5. 13.
Nos nati continuo desivimus esse : Nous ne
sommes pas plutôt nés que nous avons cessé
d'être, diront les méchants.
2° Bientôt, dans peu. Joan. 13. 32 Conti-
nuo clarificabit eum : Dieu glorifiera bientôt
Jésus-Christ, en faisant voir dans sa mort
même qu'il est le Fils de Dieu.
CONTINUUS, A, UM. Du verbe continere.
1° Continuel, qui n'est point interrompu
(àSiKÀît-To?). Rom. 9. 2. Tristitia mihi magna
est, et coniinuus dolor cordi tneo : Je suis
saisi d'une grande tristesse, et mon cœur est
dans une douleur continuelle. 2. Mach. 10.
37. G. 13. 12.
2° Fort et persévérant (èxtevvîç). 1. Pelr.
4. 8. Ante omnia autem mutuam in vobismet-
ipsis charitalem continuam habentes : Sur-
tout ayez une charité forte et persévérante
les uns pour les autres.
CONTORQDERE. Tourner, ou faire tour-
ner quelque chose : dans l'Ecr. :
Courber, baisser (xKfZTTTsiv). Isa. 58. 5.
Numquid taie est jejunium, hominem contor-
quere quasi circulum caput suum : Le jeûne
que j'ai choisi consisle-t-il à faire qu'un
homme fasse comme un cercle de sa tête, eu
baissant le cou avec un air mortifié , ce
qu'on appelle torti colli? Hebr. Quasi jun-
cum. Le jonc représente assez bien celle
posture : sa tige étant trop faible pour en
soutenir la tête, elle penche, et fait courber
le jonc en forme de cercle.
CONTRA. Ce mot vient de cum et de la
particule Ira, ajoutée, comme on fait d'm,
intra, et d'ea;, extra.
Contra, pré[)Osilion, xarà, avec le génilif.
— 1° Contre, à l'encontre. Prov. 21. 30. Non
est consilium contra Dominum : Il n'y a point
de conseil contre le Seigneur; i. e. qui puisse
s'opposer à lui. Matlh. 12. 30. Luc. 11. 23.
Qui non est mecum, contra me est : Celui qui
n'est point avic moi, s'oppose à moi. Rom.
8. 31. Si Deus pro nobis, quis contra nos? Si
Dieu est pour nous, qui sera contre nous, et
qui pourra nous nuire? Eccli. 35. 15. Ps. i9.
21. etc.
Phrase lirée de cette signiticalion.
Ambulare, vadere contra. S'opposer. Prov.
li. 7. Vark contra viriim stultum : Opposoz-
vous à l'homme insensé; Hebr. éloignez-
vous de l'homme insensé. Voy. Ambulare.
2° Vis-à-vis, à l'opposile («vTi7r£|oav). Luc.
8. 26. Navig ver uni ad regionem Geraseno-
runi, quœ est contra 6ra/i/ceflw ; Ils abordè-
rent au pays des Géraséniens, qui est sur le
bord opposé à la Galilée. Gen. 15. 10. Utras-
que parles contra sealtrinsecus posuit {«-j-t-fôi'
(TMTzcf u)X/ilrji;) : Abraliau) mit les deux parties
de ces animaux qu'il avait coupées vis-à-vis
l'une de l'autre et dans leur ordre naturel;
hS5
CON
CON
93£
ec. le cAlé droii de chaque animal vis-à-vis
du côté gauche, et en laissant un espace
pour passer entre deux, selon l'ancienne
manière de jurer une alliance. Voy. v. 17.
Ainsi, c. 49. 30 c. 50. 13. Deut. 11. 30. Dan.
10. 16. Marc. 12. kl. c. 13. 3. etc.
3° Vers, du côté (z«t«, avec Vaccusaiif).
Act. 8. 26. Yade contra meridianum : Allez
vers le midi, dit l'ange à saint Philippe:Dieu
l'y envoyait pour instruire l'eunuque de la
reine Candace, qui s'en retournait dans son
pays, de Jérusalem d'où il venait d'adorer
Dieu. Ps. 76. 3. Deum exquisivi, manibus
meis nocte contra eiim (èya.vzio-j) : J'ai cher-
ché Dieu au jour de mon affliction, j'ai tendu
mes mains vers lui durant la nuit. Gen. 2. 14.
c. 12. 8. c. 18. 16. c. 31. 21. 3. Reg. 22. 35.
c. 8. v. 44. 48. Voy. Via. Ainsi, Num. 19. 4.
Asperget contra fores Tabernaculi : 11 en fera
sept fois les aspersions vers la porte du ta-
bernacle, c'est-à-dire en se tournant seule-
ment vers la porte du tabernacle, quoiqu'il
en fût éloigné.
4" Devant, en présence («TrivavTt). Matth.
21. 2. Marc W.^. Ite in casteUum,quod con-
tra vos est : Allez à ce village qui est devant
vous, dit Jésus-Christ à deux de ses disciples.
Num. 25. 4. Suspende eos contra solem in
iialibulis ( xarÉvavTt ) : Pendez les princes des
Israélites à des potences en présence du soleil,
c'est-à-dire en plein jour : Ce fut lorsqu'ils
étaient à Sétim, à cause de la fornication
qu'ils commirent avec les filles des Moabiles,
et à cause de leur idolâtrie, c. 11. Va. Eccli.
6. 1. c. 47. 11. Jerem. 31. 7. Soit que l'objet
présent touche et fasse impression. Ps. 50. 5.
Peccatum tneum contra me est semper {è-jùmov,
coraiii) : J'ai toujours mon péché devant les
yeux, i. e. devant l'esprit, et en ressens con-
tinuellement les remords. Ps. 43. 16. Tola
die verecundia mea contra me est (xaTÊvavTtovj :
J'ai devant les yeux ma confusion durant
tout le jour, i. e. j'ai sujet d'avoir de la con-
fusion de mon péché. Ps. 49. 21. Arguam te
et slatuamcontra faciem tuam (zK-à) ; Je vous
reprendrai sévèrement, et je vous exposerai
vous-même devant voire face, dit Dieu yu
pécheur, Ps:43. 16. Ps. 108. 15.^
5° Près, auprès, proche ( ùtisiix-jti ). Exod.
30. 6. Ponesque altare contra vélum : V^ous
mettrez l'autel des parfums auprès du voile
qui est suspendu devant l'arche, c. 40, 24.
Posuit et altare.... contra vélum : Muïse mit
l'autel d'or sous la lente du témoignage près
du voile, ou devant et vis-à-vis le voile qui
pendait devant l'arche. Cet autel était, à la
vérité, hors du sanctuaire, mais il n'y avait
que le voile qui le séparât de l'arche qui
était au-dedans. Num. 26. 3. In campestribus
Moab super J or danem contra Jéricho (-/«xà) :
Moïse et Eléazar, grand prêtre, étant dans
la plaine dcMuab le loug du Jourdain, près
ou vis-à-vis de Jéricho, parlèrent aux Israé-
lite» capables de porter les armes, se. pour
les disposer à aller combattre les Madianiles.
V. 63. c. 31. 12. c. 33. 48. c. 34. 15. c. 36. 13.
G" Au-dessous (O-o). Kxod. 37. 14. Fudit
et quatuor circulos aureos, quos posait in
quatuor angulis per sinyulos pede$ mensœ
contra coronam : Beseiéel Ct fondre quatre
anneaux d'or qu'il mit aux quatre coins de
la table, un à chaque pied, au-dessous de la
couronne. Cette signification de contra est
tirée du ch. 25. v. 27,
7° D'un côté, d'un parti opposé à l'autre en
parlant de personnes (xa6w? oiàSùfoi). l.Par.
24.31. Miseruntque et ipsi sortes contra fratres
suos filios Aaron : Ceux-ci jetèrent aussi au
sort avec leurs frères, enfants d'Aaron ; se
mettant autant de lévites d'un côté qu'il y
avait de prêtres de l'autre : l'Ecriture parle
de la distribution des offices qui se faisait au
sort entre les familles sacerdotales et lévi-
tiques.
Contra pour ad (èni). Jer. 31. 7, Voy. Cà-
PUT.
Contra pour de ou super (èv). Jer. 47, 2.
Non est ultra exsultatio in Moab contra Hese^
bon : Moab ne se glorifiera plus d'Hesebon.
Contra pour super, sur, dessus (èTri). 1.
Mach. 1. 62. Sacrificabant super aram quœ
erat contra altare : Ils sacrifiaient le vingt-
cinq du mois sur l'autel qui était sur l'au-
tel de Dieu : L'autel des holocaustes étant
fort grand, ils en avaient mis dessus un autre
plus petit, pour offrir des sacrifices à l'idole
de Jupiter. 3. Reg. 7. 20. Contra retiacula :
Au-dessus des rets.
CONTRA, adverbe. 1° Vis-à-vis {Knévuvrt),
Gen. 21.16. Sedensque contra, levavit vocem:
Agar se tenant vis-à-vis son fils Ismaèl, se
mit à crier ct à pleurer, parce qu'il était sur
le point de mourir faute d'eau à boire qui
avait manqué à Agar. v. 15. Jos. 13.25. Usque
ad Aroer quœ est contra Rubba. Rabba était
proche du torrent Jaboc vers le Nord, et
Aroër sur le torrent d'Arnon vers le Midi.
2" Au d. là, de l'autre côté, de l'autre bord
( nipxv). Marc. 4. 35. Transeamus contra :
Passons fie l'autre côté de l'eau, au pays des
Gérasénions.
CONTRADICERE, àvriléyeu. — 1° appo-
ser, contredire. Luc. 2. 34. Ecce positus est
hic iu signum cui contradicetur : Cet enfant
(dit saint Siméon) est pour être en bulle à la
contradiction des hommes : Jésus-Christ s'est
exposé aux injures de tous les hommes,
comme un but l'est à toutes les flèches qu'on
y veut lirer. Isa. 45. 9. Vœ qui contradicit
{ôcnoy.pbeaOKi) fictori sua : Malheur à l'homme
qui dispute contre celui qui l'a créé. Act.
21. 21. Rom. 10. 21. lit. 1. 9. c. 2. 9. etc.
2° Résister, répliquer [àvzdTveu). Luc. 21.
15. Non poteru7\t resistere et contradicere
omncs adversarii vestri : Vos ennemis ne
pourront résister ni contredire à la sagesse
que je vous donnerai, dit Jésus-Christ a ses
disciples, leur enjoignant de ne point pré-
méditer ce qu'on aurait à répondre aux en-
nemis de la foi, devant les rois. >'oy. Rii-
SiSTEUE.
CONTRADICTIO, nis. «.Tt).ovi«, — 1 Con-
tradiction, opposition de paroles ou d'actions.
Jud. V. 11. In contradiclione Cor e p crier unt :
Ces sortes de personnes, imitant la rébellion
dtj Coié [se. en se soulevant contre la puis-
sance des apôtres) périront comme lui : Ceci
a rapport à ce qui est dit Num. 16. 32. Ainsi,
«dS
DICTIONNAIKE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
ose
2. Reff. 22. H. Salvabis me a contradictioni-
bus populi mei ((/«/.à. aL //i/«toa ) : Vous
me délivrerez des contradictions de mon
peuple : David parle des persécutions où il
s'était vu au temps de Saiil, d'Isboseth, d'Ab-
salon, etc. Hebr. 12. 3. Recogitate eum qui
taletn sustinuit a peccatoribus adversus se-
metipsum contradictionem : Cette contradiction
a été non-seulement les railleries et les ca-
lomnies, mais encore les coups et les bles-
sures que Jésus-Christ a soufferts jusqu'à
la mort de la croix de la part de ceux qui
s'opposaient à sa doctrine. De là vient :
Contradictio linguarum. La contradiction
des langues signifie les médisances et les ca-
lomnies. Ps. 30. 21. Abscondes eos a contra-
dictione linguarum : Vous cachez ceux qui
espèrent en vous dans le secret de votre
face, afin qu'ils soient à couvert de tout trou-
ble du côté des hommes.
2° Différend, contestation, dispute, mur-
mure. Prov. 18. 18. Contradictiones compri-
mit sors : Le sort apaise les différends :
C'était par le sort que se partageaient les
successions, et que se vidaient ces sortes de
différends indécis. Ps. 54. iO. Vidiiniquitalem
et contradictionem in civitate.Je n'ai vu dans
la ville que des injustices et des dissensions.
Hab. 1. 3. Factum est judicium et contradic-
tio potenlior : Si l'ou juge d'une affaire, c'est
la passion qui la décide; autr. si l'on veut
juger selon la justice, ceux qui combattent
l'emportent : ce qui revient assez à l'Hébreu :
il y a des procès, mais il n'y a ooint de
justice.
açoa oe parler.
Aqua contradictionis : l'eau decontradic-
iion. Nom de lieu , ainsi appelé à cause du
murmure et de la dispute opiniâtre que les
Israélites excitèrent contre Moïse, lorsqu'ils
manquèrent d'eau dans leur demeure à Ca-
dès. Num. 20. 13. Hœc est aqua contradictio»
nis ubijurgali sunt filii Israël contra Domi-
num : C'est là l'eau de contradiction où les
enfants d'Israël murmurèrent contre le Sei-
gneur. Voy. Aqua. Voy. Petra.
3° Doute, controverse, contredit. Hebr. 7.
7. Sine ulla autem contradictione quod minus
est a meliore benedicitur : Il est hors de doute
que le moindre est béni par le plus grand.
CONTRAHERE. 1" Amasser, assembler
(ffyviyfiv). 2. Reg. 10. 17. David contraxit
omnem Israelem : David assembla toutes les
troupes d'Israël, pour se préparer contre les
Syriens qui se disposaient à une seconde
guerre. 1. Mach. 11. 38. c. ik. 1. — 2» Ren-
fermer, retirer, resserrer. 2. Reg. 22. *6.
Contrahentur (ayi^XEtv) in angustiis suis : Les
enfants des étrangers se renfermeront dans
des lieux étroits. Job. 7. 5. Cutis mea aruit
et contracta est : Ma peau est toute retirée.
Resserrer, en parlant de quelque affec-
tion ou passion de l'âme. Mich. k. 9. Quare
mœrore contraheris? Pourquoi donc êtes-vous
maintenant si affligée? Zach. 11. 8. Con-
tracta est anima mea in eis [^apvMeaBcici) ; Mon
cœur s'est resserré à leur égard, t. e. j'ai
ii»oins d'affection pour eux. Esth. 15. 8.
Plirases Urées de la si^jnificalion de ce verbe dans le seii?
figuré.
^ Contrahere manum. — 1° Retirer sa main,
c'est cesser de faire quelque chose, ne la
point continuer ((xyvàyetv). 1. Reg. 14. 19.
Contrahe manum tuam : C'est assez, je n'ai
pas le loisir d'attendre que vous ayez con-
sulté le Seigneur : Relirez rotre main éten-
due pour prier, ou pour prendre l'Ephod,
dit Saùl à Achias ; se. au bruit confus qui
venait du camp des Philistins qui se tuaient
eux-mêmes. Jos. 8. 26. Non contraxit ma^
num quam in sublime porrexerat (ÈTrtaTpéyeiv) :
Josué tenant son bouclier, ne baissa point
la main qu'il avait élevée en haut, jusqu'à ce
que tous les habitants de Haï fussent tués.
Voy. l'ordre qu'il en reçoit de Dieu, v. 18.
2' Resserrer, ou fermer la main, c'est être
chiche ou avare ((njfryîy/Etv x^tpx).Dent. 15. 7.
Non contrahes manum : Vous ne serez point
impitoyable envers les pauvres.
Contrahere os , è^^pàrrefT^Ki. Fermer la
bouche, c'est demeurer muet et confus. Job.
5. 16. Iniquitas conlrahet suum : Les mé-
chants seront chargés de confusion et sans
oser rien dire.
CONTRAIRE. S'opposer, résister, aller à
rencontre («vTtôeTov £rv«i).Esth. 13.5.Fîrfen(cj
unam gentem nustris jussiontbus contraire:
Nous voyons qu'une seule nation combat nos
ordonnances : Artaxerxès parle des Juifs.
CONTRARIUS, a, um. — 1» Contraire, op-
posé, qui résiste. Eccli. 25. 30. Mulier sipri-
matum habeat^ contraria est viro suo : Si la
femme a la principale autorité, elle s'élève
contre son mari. Matlh. li. 2i. Coloss. 2. 14.
Ezech. 16. 34. Ainsi, Levit. 26. 28. Et ego
incedam adversus vos in furore contrario
(V/ayiof, obliquus) : Si vous continuez à mar-
cher contre moi, je marcherai aussi contre
vous.
2° Préjudiciable, nuisible {Ttokipuoç). 2. Mach.
15. 40. Vinum semper bib€re,aut semper aquam
contrarium est : On a de l'éloignement de
boire toujours du vin, ou de boire toujours
de l'eau, et il parait plus agréable d'user
de l'un et de l'autre successivement.
3" Celui qui se trouve devant, qui se pré-
sente contre [■:v\ûyioç, obliquus). 2. Reg. 2.
16. Unusquisque defixit gladium in latus con-
frarii; Chacun de ces hommes qui se présen-
tèrent pour combattre l'un contre l'autre, se
passèrent tous l'épée au travers du corps.
4" Qui est en butte aux traits de la ven-
geance (xaTîveyxTïjf). Job. 7.20. Quareposuisti
me contrarium tibi ? Pourquoi m'avez-vous
mis dans un état contraire à vous? L'homme
étant faible et coupable, est en cela opposé à
la sainteté de Dieu.
5° Adversaire, ennemi {ivBcvmxè;). Snp.
2. 18. Liberabit eum de manibus contrario-
rum: Il le délivrera des mains de ses enne-
mis, disent les Juifs, du PèreEternel à l'égard
de Jésus-Christ. Voy. Matlh. 27. 43. Ainsi,
Eccli. 46. 7. In descensu perdidit contrarias :
Josué défit les troupes des ennemis {se. les
cinq rois Amorrhéens qui habitaient les mon
tagnes), à la descente de la vallée (de Béiho
937
CON
COiN
938
ron^ Voy. Jos. 10. v. 5. 11. Ainsi, Eccli.
V7. 8.
Cy Qui répond à quoique chose, qui y est
pxposé et destiné [ù-jTiitzpi^jcO.niivjo;). Eccli.
23. 15. Est et alia loquela contraria morli: Il
y a une autre parole qui doit être punie de
mort; à qui la mort répond et est due ; Gr.
revêtue et enveloppée de la mort : par cette
parole s'entend le blasphème que les Hé-
breux n'osent nommer.
CONTRECTARE, Biyçu, ■^nlwfivj, toucher,
manier (),ai:iÇ«v£iv) 2. Mach. 5. 16. Sancta vasa
contrectabat indigne : L'impie Anliochus ma-
niait d'une manière indigne les vases sacrés.
Coloss. 2. 21. Neque contrectaveritis : Ne tou-
chez pas à cela, vous dit-on : saint Paul dés-
approuve les faux docteurs qui délendJiient
de manger certaines viandes. 1. Joan. 1. 1.
Quod manus nostrœ contrectaverimt de verbo
titœ : Nous vous annonçons la parole de vie
(». e. Jésus-Christ), que nous avons touchée
de nos mains. Voy. Luc. 2i. 30. Joan. 20. 27.
CONTREMISCERE , ttto-ù-j , (7a),r:£cr6«t. —
1" Etre effrayé , trembler de peur (f^iTaîu).
Jac. 2. 19. Dœmones credunt et contremiscunt :
Les démons croientet tremblent; La croyance
et la connaissance qu'ont les démons qu'il y
a un Dieu, les fait trembler à cause des sup-
plices éternels auxquels Dieu les réserve à
la fin du monde. Voy. 2. Petr. 2. k. Ainsi,
Habac. 3. 16. A voce contremuerunt labia
mea .-Quand j'ai entendu les maux, dont votre
peuple était menacé, j'ai tremblé de frayeur;
aiitr. mes lèvres au bruit de voire voix ont
tremblé : Dieu les avait révélés au Prophète.
Deut. 2. 25. 4. Reg. 19. 26. Isa. 37. 27.
2° Etre ébranlé. Job. 20. 11. Columnœ cœli
contremiscunt ( StaTr£T:T«'76«i ) .• Les colonnes
du ciel tremblent devant Dieu. Ceci convient
assez avec, Luc. 21. 26. Plusieurs l'entendent
des anges qui tremblent devant la majesté
de Dieu , selon l'esprit de l'Eglise, comme il
parait dans la préface de la messe, Tremunt
Potestates : Ainsi, 2. Reg. 22. 8. Ps. 17. 8.
Ps. 76. 19. Isa. 34-. 10. Joël 2. 10. Nahum. 1.
5. A quoi se rapporte dans le sens figuré,
Jerem. 23. 9. Contremuerunt omnia ossa mea:
Tous mes os ont été ébranlés ; pour mar-
quer la douleur sensible dont le Prophète
était pénétré.
CONTRIRULARE , ^v-i-pi^.u-j. — 1" Rriser,
casser , mettre dans la dernière désolation ;
d'où vient :
Contribulare dorsum. Rriser les reins ; c'est
affliger et accabler de maux. Eccli. 35. 22.
Fortissimus non habebit in illis palienliam,
ut coniribulet dorsum ipsorum: Le Très-Fort
n'usera plus à l'égard des justes, de sa longue
patience ; mais il accablera de maux ceux
qui les ont opprimés.
Contribulare sceplra, contribulare capita.
Détruire la puissance. Eccli. 35.23. Gt'Mf/6u5
reddet vindictam , donec sccptra iniquorum
' coniribulet : Dieu se vengera des nations,
jusqu'à ce qu'il brise les sceptres des inju-
stes. Ps. 73. 13. Contribulasli capita draco-
num in aquis : C'est vous , mon Dieu , qui
avez brisé les têtes des dragons dans le fond
DiCTIONN. DE rUILUL. SACRÉE. I.
des eaux ; i. e. vous avez fait périr Pharaon,
ses officiers et toute son armée.
2" Affliger, mettre dans la peine et la dou-
leur («iÇnvj, soit à cause de la nécessité et
de la pauvreté. Eccli. i. 4. Rogationem con-
tribulati ne abjicias : Ne rejetez point la de-
mande de l'aftligé , et de celui qui est dans
la pauvreté ; soit à cause des péchés et du
repentir vif et sensible que l'on en a. Ps. 50.
13. Sacrificium Deo , spiritus contribulatus .
Un esprit brisé de douleur, est un sacrifice
digne de Dieu.
CONTRIRULIS, IS, ouôfvlo;^ rj\>^'f^Aixnç ^ de
Tribus, et signifie :
1° Qui est de la même tribu. 1. Reg. 20. 6.
Quia victimœ solemnes ibi sunt universis cou-
tribulibus suis: Parce qu'il y a à Rethlécm
un sacrifice solennel pour tous ceux de sa
tribu. C'est la raison que David dit à Jona-
thas de rendre à Saiil, si Saùl demande pour-
quoi il ne se trouve pas au repas du sacri-
fice qui se devait faire le lendemain. Voy.
V. 5.
2' Qui est de la même nation ou du même
pays. 2. Alach. 4. 10. Statim ad Gentilem ri-
tum contribules suos con ferre cœpit : Jason,
frère d'Onias. n'eut pas plutôt obtenu la sou-
veraine .sacrificature, qu'il commença à faire
prendre à ceux de son pays les mœurs et les
coutumes des Gentils, c. 15.31. 1. Thess. 2.
14. Eadem passi estis et vos a conlribulibus
vestris, sicut et ipsi a Judœis : Vous avez
souffert les mêmes persécutions de la part de
vos concitoyens, que les Eglises qui ont em-
brassé la foi de Jésus-Christ dans la Judée.
Térencc se sert de tribulis, pour civis.
3" Le prochain , celui à qui nous avons af-
faire (ô 7:)./3^iov). Levit. 25. 17. Nolite affligere
contribules vestros : N'affligez point ceux qui
vous sont unis par une même tribu ; i. e. ne
vous faites point tort les uns aux autres.
CONTRISTARE, Ivttùv. — 1° Attrister, fâ-
cher, causer du chagrin, affliger. 2. Cor. 2. 2.
Si ego contristo vos : Si je vous avais attri-
stés , qui me pourrait réjouir? Eccli. 30.9.
Lude cum eo , et contristabit te : Jouez avec
votre fils , et il vous attristera. Ephes. 4. 30.
Nolite contristare Spiritum sanctum .- On
fâche et on attriste le Saint-Esprit, quand,
par les scandales et les mauvais discours,
on le chasse honleuscment parle péché, des
cœurs de ceux qui l'avaient reçu par le
baptême. Voy. Isa. 03. 10. etc.
2° Refuser, rejeter («ôcTerv). Marc 0. 20.
Noluit eam contristare : Hérode ne voulut pas
refuser la fille d'Hérodiade qui lui demandait
la tête de saint Jean-Raptisle. Le même mol
grec est en ce bens , Luc. 7. 30. c. 10. 16.
Joan. 12. 48. De contristare, vient:
CONTRISTARI. Se fâcher en murmurant,
s'indigner. Tob. 2. 13. Non est conlristatus
contra Deum : Tobie ne s'attrista et ne mur-
mura point contre Dieu de ce qu'il l'avait
frappé par celte plaie de l'aveuglement.
èontristari super aliquo, oualiqucm. Avoir
compassion de quelqu'un, être affligé de son
mal. Isa. 51. 19. Quis contristabitur super
le ? Qui compatira à votre douleur ? Ezech.
31. 15. Marc. 3. 5.
30
93D
CONTRISTATUS, a, um. Qui est dans le
deuil et l'affliction (g-/tj5,ow7:«Çmv). Ps. 3i. 14.
Quasi Ivgens et contristatus : Je m'abaissais
comme étant louché d'une vraie douleur qui
me portait à gémir pour mes ennemis ; Heb.
atratus. Voy. Humiliare. Ps. 37. 7. Ps. 41.
10. Ps. 42. 2. Jerem. 8. 21. Ezech. 31. lo.
CONTRITIO, NIS , (Tvyrpiii^x , fjVjzpijjLiJ.ôç ,
avvzpt^v. — 1* Brisement, rupture. Isa. 30. 14.
Sicut conterilur lagena figuli contritione per-
valida : Comme un vase de terre qu'on casse
avec effort en mille morceaux, v. 13.
2° Grand mal, grande affliction. 2. Reg.
22. 5. Circumdederunt me conlritiones mor-
tis : Les douleurs de la mort m'ont assiégée.
Ce qui revient au sons du Ps. 59. 3. Ainsi,
Ps. 146. 3. Alligat conlritiones eorum : C'est
le Seigneur qui bande les plaies des Israélites.
Isa. 65. 14. Jerem. 10. 19. Vœmihi super con-
tritione mea ! Hélas! malheureuse que je suis,
dira alors Sion,je me sens toute brisée, c. 30.
13. Osée. 14. 5. Thren. 2. 13.
3° Perte, ruine , désolation. Prov. 16. 18.
Contritionem prœcedit supcrbia : L'orgueil
précède la ruine des superbes, soit qu'elle
arrive par les afflictions , soit qu'elle arrive
par les péchés qui font la ruine de l'âme.
Prov. 18.7. Os stulti, contritio ejus : La
bouche de l'insensé le brise lui-même. Eccii.
40. 9. Isa. 51. 19. Ainsi , Contritio : La dé-
solation et les ruines du pays. Isa. 24. 19.
contritione conteretur terra : La terre souf-
frira des renversements qui la briseront; la
terre sera entièrement ruinée. Jerem. 4. 20.
Contritio super contritionem , et vastata est
omnis terra : On a vu venir malheur sur mal-
heur, et toute la terre a été détruite. Thren.
2. 13.
4' Les maux que l'on fait souffrir aux au-
tres. Ps. 13. 3. Contritio et infelicitns in viis
eorum : Toutes les voies des hommes pé-
cheurs ne tendent qu'à affliger et qu'à op-
primer les autres. Jerem. 17. 18. Duplici
contritione contere eos : Brisez par divers
maux dont vous frapperez ceux qui me per-
sécutent.
5" Carnage, grande défaite d'ennemis. So-
phon. 1. 10. Erit in die illa contritio magna
a collihus : Au temps que les Chaldéens dé-
soleront Jérusalem, le bruit d'un grand car-
nage retentira du haut des montagnes ; i. e-
du côté de Jérusalem située sur des monta-
gnes. Jerem. 30. 22. 1. Mach. 4. 32. Osée.
13. 13. Non stabit in contritione filiorum : Il
sera exterminé parmi le carnage de tout son
peuple ; Hebr. In parturilione filiorum : Il
ne pourra subsister , lorsque ses crimes au-
ront enfanté la peine qui leur est due.
CONTRITUS, A, CM, (rvvT£-r>it/.p£vo,-. — 1°
Affligé , qui est dans la douleur ((rxoTtÇecOKt,
obtenebrari). Jerem. 8. 21. Super contritione
populi mei, contritus sum et contristaltis : Je
suis fort affligé des maux de Jérusalem, c. 14.
17. — 2" Blessé et malade ; soit de maladie
corporelle ou spirituelle. Zach. 11. 16. Ecce
ego suscitabo Pastorem qui conlritum non sa'
nabil : Je m'en vais susciler un pasteur qui
ne guérira point les brebis malades. Ces
sortes de pasteurs pouvaient être ceux qui,
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE
910
après ce prophète, s'emparèrent de la grande
sacrificature et du gouvernement ; tels furent
Jason et Ménélaiis , et autres. Voy. 2. Mach.
3. etc. 4. etc.
Façon de parler,
Contritus corde , spiritu , cor contritum.
Celui qui est affligé et humilié par le senti-
ment de sa misère , dont il est pénétré. Ps.
146. 3. Qui sanat contritos corde ; C'est le
Seigneur qui guérit ceux dont le cœur est
brisé d'affliction. Si cela s'entend de ceux qui
étaient dans la captivité de Babylone, Dieu
les a guéris en plusieurs manières ; mais ce
mot s'entend principalement de ceux qui
étant vivement touchés de leur misère et des
péchés qui en sont la cause, ont le cœur con-
trit el brisé de douleur et de repentir. Ps. 30.
19. Cor contritum et humiliatum, Deus, non
despicies : Vous ne mépriserez point, mon
Dieu, un cœur contrit et humilié ; et ce sont
là ceux pour qui Jésus-Christ a été envoyé,
selon Isa. 61. 1. Misit me Bominus ut mede-
rer contritis corde : Le Seigneur m'a envoyé
pour guérir ceux qui ont le cœur brisé. Luc.
4. 18. Isa. C6. 2. c. 57. 13.
CONTROVERSIA, as., à-j-àoyla. Ce nom vient
de contra, el de vertere, et signifie :
Différend, dispute , contestation. Hebr. 6.
16. Omnis controversiœ eorum finis ad confir-
malionem, est jurumentum : Le serment as-
sure les hommes, et il leraîine tous leurs
différends. Ezech. 44. 2V.
CONTCBERNIUM. Ce mot vient de cum,
el du nom taberna , loge faite d'ais el de so-
lives, et signifie proprement pavillon, sous
lequel logeaient ensemble dix soldats à la
guerre ; société de personnes qui logent dans
une même chambre ou maison ; dans l'Ecr. :
1" Conversytion , et union étroite et fami-
lière qu'on a avec quelqu'un (ay/i/or^fri;). Sap.
8. 3. Generositalcm iUius glorifient contuber-
nium habens Dei : La sagesse fait voir la gloire
de son origine, en ce qu'elle est étroitement
unie à Dieu.
2" Troupe de gens qui mangent ensemble
{(7-ju-oGLo-y). Marc. 6. 39. Prœcepit illis ut ac~
cumbere facerent omnes secundum contuber-
nia : Jésus-Christ commanda à ses disciples
de faire asseoir loule celte grande multitude
de peuple en diverses troupes. Ce fut lors-
que Jésus-Christ multiplia les cinq pains et
les deux poissons. Voy. Discipulus.
CONTUMAX, GIS, èjoseto-rnf, du verbe ^Ujnerc,
être enflé d'orgueil.
1° Opiniâtre, rebelVe. Deut. 21. v. 18. 20.
Filius noster iste protervus et contumax est
Voici noire fils qui est un enfant opiniâtre et
rebelle. C'est ce que devaient dire un père cl
une mère en piésentant aux anciens de la
ville leur enfant qui ne s'était point voulu
corriger de sa rébellion et de son opiniâ-
treté. Prov. 29. 21. Postea sentiet ewn conlu-
macem [oSvjû(jOai,dolere): Un maître verra son
serviteur révolté contre lui, après qu'il l'aura
nourri délicatement dès son enfance.
2'ElTronté et outrageanl(je/oio-Tfl,-}. l-M-ich.
3. 20. /psi vetnunt ad nos in multiliuliue coU"
(umaci : Les troupes de Syrie marchent con-
911
CON
CON
941
tre nous avec une multitude de gens superbes
et insolents pour nous outrager, dit Jonalhas
encourageant son armée.
CONTUMELIA, x, vCpiç. Ce nom vient du
même verbe tumere, être enflé d'orgueil.
1" Outrage de fait ou de parole, affront.
Hebr. 10. 29. Quant o magis putatis détériora
mereri supplicia qui sppitui gratiœ contume-
liam fecerit : Combien pensez -vous que celui
qui aura fait outrage à l'esprit de la grâce,
se. en abandonnant la foi , ou en le chas-
sant de son cœur par de nouveaux péchés
commis après le baptême, sera .jugé digne
d'un plus grand supplicQ. Prov. 10. 18. 2.
Cor. 12. 10.
2° Honte , déshonneur, opprobre, infamie
(«Ttf;iî« ). Prov. 12. 11. Qui suavis est in vini
demorationibus , in suis munitionibus relin-
quit contumeliam : Celui qui passe le temps
à boire du vin avec plaisir, laissera des mar-
ques de sa honte dans ses places fortes. Prov.
10. 2. Ubi fuerit superbia, ibi erit et contu-
melia : Où sera lorgucil , là sera la confu-
sion. L'orgueil attire le mépris des hommes,
et conduit dans des maux qui ont souvent de
honteuses suites. Sap. 4. 19. c. 17. 7. Eccli.
3.11. Jcrem. 14.21. Acl. 5. 41. Rom. 1. 24.
c. 9. 21. 2. Tim. 2. 20. etc.
CONTUMELIOSUS, a, um, ûgptarrî?. — r
Ouirageux, injurieux. Eccli. 8. 14. Ne con-
tra faciem stes contumeliosi : Ne résistez point
en face à un homme insolent et capable d'ou-
trager, c. 19. 28. Rom. 1. 30. — 2^ Violent,
outrageux en toute manière. 1 Tim. 1. 13.
Qui prius blasphemus fui , et persecutor, et
contumeliosus : J'étais auparavant un blas-
phémateur. Saint Paul parle du temps qui
a précédé sa conversion.
GONTUNDERE. Piler, broyer quelque chose
dans un mortier ou au tremc*nt(p«iTT£7oûv). Prov.
27.22. Si contuderis stullum in pila quasi
ptisanas feriente desuper pilo. non auferetur
(ib €0 stultitia ejus : Quand vous pileriez l'im-
prudent dans un mortier comme on bat du
grain en frappant dessus avec un pilon, vovs
ne lui ôlcriez pas son imprudence. Exod.
27. 20. c. .30. 3G.
CONTURRARK, Ta^aTTîtv , cr'JVTa|S«TOTiv. —
1" Troubler, agiter ; soit dans le sens propre
et des choses sensibles. Ps. 64. 8. Qui con-
turbas profundum maris : C'est vous, ô mon
Dieu , qui troublez la mer jusque dans son
fond; Hebr. Compescis : Vous calmez. Isa.
51. 15. Ego qui conturbo mare : C'est moi
qui fais soulever les flots de la mer, dit Dieu.
Ézech. 32. v. 2. 13. Soit dans le sens figuré,
en parlant de l'âme capable du trouble de
ses passions. Ps. 38. v. 7. 12. Vane contiir-
batur omnishomo : Ccs,i bien en vainque tous
les hommes se troublent et s'inquièlent. Ps.
41. V. 6. 12. Ps. 42. 5. Ps. 54. v. 3. 5. Voy.
ci-dessous 9".
2" Exciter quelque tumulte et émotion, re-
muer les esprits par quelque trouble. Act.
20. fJi homines conturbant civilatem nostram
cum sinlJ udœi {iy.ic/.fjÛTT-.Lj): Ces hommes trou-
blent toute noire ville, car ce sont des .luifs,
disent les maîtres de la servante dont saint
Paul ch.'ssa un esprit de Python, présent;int
et accusant saint Paul et Silas devant ceux
qui commandaient dans la ville de Philippes.
Ps. 45. 7. Conturbatœ sunt génies : Les na-
tions ont été remplies de trouble. David peut
bien entendre parler du secours que Dieu a
souvent procuré aux Juifs. \oy. 2. Par. 14
12. c. 20. 23. Ainsi. Gai. 1. 7. c. 5. 10. 3.
Reg. 18. 17. Nahum. 1. 4. 1. Mach. 3. 5. e(c.
3 Etonner, jeter dans la frayeur et la cons-
ternation Ps. 6. 11. Erubescont et contur-
bentur omncs inimici mei : Que tous mes
ennemis rougissent et soient remplis de
trouble. 4. Reg. 6. lî. Contiirbatum est cor
régis Syriœ pro hac re (Èy.y.i-j-TOxi) : Le cœur
du roi de Syrie fut troublé de cet accident;
se. de ce que le roi d'Israël évitait toujours
les embuscades qu'il se proposait de lui dres-
ser. Ps. 45. Q. Conturbatœ sunt gentes : Les
nations ont été remplies de trouble : les na-
tions qui s'opposaient à l'établissement de
l'Eglise ont été remplies de trouble, humi-
liées et toutes changées, lorsque le Verbe
incarné, et après lui les apôtres ont fait en-
tendre la voix de son Evangile. Ce trouble,
dans le sens littéral, regarde quelques peu-
ples ennemis des Juifs que Dieu a affligés.
Ps. 29. 8. Ps. 47. 6. Ps. 56. 5. Ps. 82. 18. Job.
23. 16. Marc. 6. 15. Luc 24. 37, 1. Peir. 3.
14.
4° Agiter par de violentes convulsions.
Marc. 9. i9. Spiritus conturbavit illum {uku-
pccTTîrj , ruptura discerpere ) : L'esprit muet
commença à agiter le jeune homme avec
violence : ce que Jésus-Christ permit pour
faire voir aux hommes la haine et la cruauté
du démon.
3° Affliger, tourmenter. Ps. 41. 7. Ad me
ipsum anima mea conturbata est : Mon âme a
été toute troublée, v. 6. 4. Reg. 8. 11. 2. Par.
13. G. Isa. 32. v. 10. 11.
G° Ruiner, perdre, dissiper. Prov. 11. 29.
Qui conturbat domum suam, possidebit ven-
tos : Celui qui met le trouble dans sa maison,
«cendissipant son bien, n'aura rien de reste.
c. 15. 27. Jos. 10. 10. Ps. 2. 5. Ps. 20. 10
Ps. 143. 6.
7" Ebranler, donner des secousses. Ps. 17,
8. Fundamenta montium conturbata sunt ci
commota sunt : Les fondements des monta-
gnes ont été secoués : David, par ses expres-
sions figurées, marque que Dieu l'a délivré
de ses ennemis d'une manière lout ex-
traordinaire et surnaturelle. Ps. 43. 4. Isa.
3. 25. Jerem. 4. 24.
8 Affaiblir, rendre faible ou languissant.
Ps. -JO. 10. Conlurbatus est in ira ocuhis meris,
anima mea et venter meus : Mon œil, mon
âme, mes entrailles et toute ma force est
devenue faible et languissante, v. 12. Ossa
mea conturbata sunt .-Je suis dans le trouble
jusque dans mes os; licbr. mes os se sont
desséchés. Ps. 6. 3.Ps. .37. 10. Eccl. 7.8. Ezcch.
7.27.
9" Toucher, émouvoir par quelque affec-
tion ou quelque passion. Jerem. 31.20. Con»
turbata sunl visccra mea super eum : Mes en*
traillcs sont émues d(^ l'état où est le peu|)le
d'Israël : ce qui marque la tendresse et l'af-
fecUoii de Dieu comme d'une mère [)our sou
945
enfant. Eccli. 51. 29. Venter meus contur-
hntus est . Mes entrailles ont été émues; se.
de soin et d'empressement en cherchant la
sagesse. Thren. 1. 20. Conlurbatus est venter
meus : Mes entrailles sont émues, se. de pei-
nes, d'afflictions et de chagrin, de la désola-
tion de Jérusalem, c. 2. 11. Osée 11. 8. Con-
turbata est pœnitudo mea: Mon cœurest agité
de trouble et de repentir : Dieu témoigne
qu'il a changé le sentiment d'exterminer
les Israélites. Hab. .3. IG. Conturbatus est
venter meus : Mes entrailles ont été émues de
trouble, de frayeur et d'épouvante; se. des
maux dont Dieu menace le peuple d'Israël.
Voy. ci-dessus 1°.
tromper, séduire («7r«T«v, dccipere). Isa.
.S6. 18. Nec contîirbct vos Ezechias ; JJebr.
hic, et 4. Reg. 18. 29. decipîal : Qu'Ezéchias
ne vous trompe point, dit Rabsacès au peu-
ple qui était sur les murailles de Jérusalem.
Mich. 7. 3. Magnus locutns est desiderium
animœ suce , et conturbaverunt enm {inxlpEtv,
efferre) : Un grand fait éclater dans ses pa-
roles la passion de son cœur, et ceux qui
l'approchent troublent son âme en flattant
sa passion.
Phrase tirée de la troisième signification.
Conturbare terram. Jeter le trouble et l'é-
pouvante parmi les habitants de la terre
(Trapo^ijvstv). Isa. ih. \Q>. Numquid iste est vir
qui conturbavit teri am ? Est-ce là cet homme
qui a épouvanté la terre? dira-t-on du roi de
Babylone après sa ruine et sa défaite. Ainsi,
1. Reg. U. 15. Isa. 9. 19. Voy. Terra.
CONTURBATIO, nis , rupaxà- — 1" Tem-
pête, orage, bouleversement. Eslh. 11. 5.
Apparuerunt terrœ motus, et conturbatio su-
per terram : Il sembla à Mardochée (se. en
songe) qu'il entendait un tonnerre, et que
la terre tremblait et était agitée d'un grand
trouble. — 2' Trouble, renversement, mau-
vaise fortune. Prov. 15. 6. In fructihus im-
pii, conturbatio : Dans tous les desseins et
toutes les actions de l'impie, ce n'est que
trouble et inquiétude. Isa. 65. 2.3. Non ge-
nerabunt in conturbatione (e«V xàTO-rav) : Mes
élus n'engendreront point d'enfants qui leur
causent delà peine. — .3° Menaces, injures,
insultes («vrAoyia). Ps. 30. 21. Abscondes eos
in abscondito faciei tuœ a conturbatione ho-
minum : Vous cacherez ceux qui vous crai-
gnent dans le secret de votre visage conire
les violences des hommes. — k" Affliction ,
misère, Ezech.7. 26. Conturbatio super con-
turbationem veniet : Les malheurs se succé-
deront les uns aux autres, c. 12. 18. — 5°
Frayeur, épouvante. Ezech. 21. 15. In om-
nibus partis eorum dedi conturbationem
(o-yâytov) gladH a cuti : Je jetterai l'épouvante
à toutes les portes de Jérusalem devant cette
épée perçante; [se. des Babyloniens) c. 12.
19.
CONTUS, I. xovTÔ;. Ce mot vient de xfvTsiv ,
DICTIONNAmE DE PHILOLOGIE SAClîEE. 04*
contis (oTr>ov) ; Hebr. hamis : On vous enlè-
vera avec des crocs; autrem. Hebr, : Ils vous
enlèveront comme des poissons avec des ha-
meçons, et vos enfants dans des bar(iues de
pêcheurs; pour marquer que ceux qui au-
ront opprimé les pauvres, tomberont dans
une dure captivité, et-seront accablés de tou-
tes sortes de maux.
2° Bâton aiguisé par 1» bout et armé de fer ;
soit une pique. Ezech . 39. 9. Comburent arma,
clypeum, sngittas, bnculos manuum et contos :
Ils brûleront les armes, les boucliers, les lan-
ces, les arcs et les flèches, les bâtons qu'ils
porlaiontà la main et les piques ; soit un dard
ou un javelot. Judith. 9. 9. Qui confidunt in
multitudine sua, et in curribus suis et in con-
tis gloriantur : Que nos ennemis qui s'ap-
puient sur leur grande multitude, et qui se
glorifient dans leurs charriots et dans leurs
dards, périssent.
CONTUTARI. Mettre en lieusûr (x«Taay«>i-
Çetv). 2. Mach. 1. 19. In eo contutati sitnt
eum : Au temps que les Juifs furent emme-
nés captifs en Perse, ceux d'entre les prêtres
qui craignaient Dieu, mirent secrètement
dans un puits profond et sec qui était dans
une vallée, le feu qui était sur l'autel pour
y être gardé sûrement.
CONVALERE ou CONVALESCERE ; èv5u-
v«//oOiT0ai. — 1° Se remettre, et revenir peu à
peu en santé, reprendre ses forces, être guéri
{ùviaTudOui). Isa. 39. 1. Audierat enim quod
œgrotasset et convaluisset : MévoàacU Bala-
dan envoya des lettres et des présents à Eze-
chias, parce qu'il avait appris qu'ayant été
fort malade, il avait été guéri, c 38. 9. Ainsi,
Heb. 11. 3i. Per fidejn convaluerunt de in-
firmitate : C'est par la foi qu'ils ont été gué-
ris de leurs maladies. Ainsi, 1. Reg. 28. 21.
Dan. 10. 19.
2" Se fortiGer, devenir plus fort, croître en
forces ( x«Tt(TxÙ£tv ). Jos. 17. 13. Postquayn
convaluerunt filii Israël .-Après que les en-
fants d'Israël se furent fortifiés, ils s'assu-
jettirent les Chananéens. Sap. ik. 16. 1.
Mach. 1. 36. Act. 9.22.
Façon de parler.
Convalescere animis. S'encourager, pren-
èmppMvvv(jOot.L
drc une forte résolution { ènippMvvvaOïxi). 2.
Mach. 11. 9. Convaluerunt animis : Les trou-
pes de Machabée s'animèrent d'un grand
courage ; se. à la vue de l'homme qui leur
parut à cheval marcher devant eux à leur
sortie de Jérusalem.
CONVALLIS, LIS, y.oùÀ;, §oç.— 1° Plaine
entourée de montagnes ou de collines, val-
lée. Jos. 19. 9. Ascendit per convallem filii
Ennon : Le pays de la tribu de Juda moule
par la vallée du fils d'Ennon. Jerem. 2. 23.
Vide vias tuas in convalle ( Tze\w.vBpov ) :
Voyez les traces de vos pas ; ». e. les marques
de votre idolâtrie qui sont encore dans la
vallée. Cette vallée s'entend ou en général
punqere, et signifie proprement, une longue de toutes celles où les Juifs idolâtraient, qui
perche avec quoi l'on conduit un h^leau : étaient souvent sur le bord des torrents, ou
dans l'Ecriture • de la vallée d'Ennon qui était proche de Je-
' 1° Croc, perche armée d'un crochet de fer rusalem, selon Jos. 19. 9. et dont il est parl^
par le bout. Amos. h. 2. Levohvnt vos in '•• ï^*^6- 23. 10.
045 CON
Façon de parler de cfc mot,
Convallis illustris ; Sn/ù? -j-^lh : la Vallée
Illustre; nom de lieu, qui selon l'Hébreu
pourrait signifier chêne ou chênaie, parce
que peut-être y avail-il beaucoup de ces sor-
tes d'arbres. Mais d'autres croient que le
mot hébreu qui a été traduit par illustre,
est le nom propre ou de la vallée ou de celui
à qui elle appartenait. Cette vallée s'étendait
le long du Jourdain, depuis la mer de Gali-
lée jusqu'à la mer Morte, et est selon quel-
ques-uns, le même lieu qui est appelé Mam-
bré. Gen. 12. 6. Pertransivit Ahram terrom
usque ad convallem iUustrem: Ahram passa
au travers du pays de Chanaan jusqu'à la
Vallée Illustre : il sortait de Haran, d'où
Dieu l'avait fait sortir.
Mons convallis. Voy. Mons. Jos. 13. 19.
2" Un pays, une contrée; d'où vient,
Convallis tab'ernaculoriim. La vallée des
tabernacles, qui est le pays de Socolh, qui
signifie en grec tnhernacula , où Isboselh
régna après la mort de Saul son père. Ps.
59. 8 . Convallem tabernaculorwn metibor :
Je prendrai les mesures de la vallée des ten-
tes ; i. e. je m'en rendrai le maître. Ps.
107 8.
CONVENIRE; G^-Apyj^^<^i. — 1° Venir en-
semble, s'assembler. 1. Cor. 11. 17. In dete-
riiis convenitis : Vos assemblées vous sont
préjudiciables. Ps. 101. 23. In conveniendo
populos in unum et reges ( értTvvâysT^at ) :
Lorsque les peuples et les rois s'assembleront
pour servir le Seigneur; phrase Grecque
pour , Dum convenirent in unum populi et
reges.
2" Ce verbe s'emploie pour marquer l'u-
sage du mariage. Mallh. 1. 18. Antequam
convenirent, inventa est in utero habens de
Spiritu sancto .La sainte Vierge fut recon-
nue grosse, ayant conçu par l'opération du
Sainl-Esprit, avant qu'ils eussent été en-
semble : la sainte Vierge et saint Joseph
habitaient et vivaient ensemble, mais sans
user du mariage. Voy. Antequam. V^oy. la
signification de c-yv»!).5£?v , convenire , et sa
différence d'avec cvjoty.ztv , simul habitare ,
dans Josèphe, 1. i. c- 8.
3" S'accorder, traiter ensemble, être de
concert pour faire quelque chose (ajuywvEîv).
Act. o. 9. Quid utique convenit vobis tenture
Spiritum sanctum Domini? Comment vous
êtes-vous ainsi accordés ensemble, pour ten-
ter l'Esprit du Seigneur? dit saint Pierre à
Sapphire, femme d'Ananie. Amos. 3. 3. 2.
Mach. U. 28. Mallh. 20. 13. Act. 23. 20.
W" Convenir, être jusle, convenable, sor-
table et proportionné (TJa'^wva'v). Luc 5. 36.
Ycteri non convenit commissura a novo : Une
.pièce ('e drap neuf ne convient point à un
vieux vêlement : Jésus-Christ témoigne par
cette expression figurée, que la trop grande
sévérité fait perdre courage aux imparfaits.
Gen. i8. IS. Non ila convenit, pater : Vos
njains ne sont pasbien, mon père, dit Joseph à
Jacob, sur cequ'il avait missaraaindroitesur
la tête d'Ephraïmqui élaitleplus jeune. Rom.
1. 28. Tradidit illos Deus in reprobum scn-
swHf ul facianl ea quœ non conveniunt ; (i. e.
94Ô
rationi) : Dieu les a abandonnés â un sens
réprouvé; en sorte qu'ils ont commis des
actions contre la raison ( x«9?3X£tv ). Exod.
29. 18. Sap. 7. 2.
5° Aller au-devant l'un de l'autre pouf
s'aider mutuellement et s'eutre-secourir(à77av-
Tâv). Eccii. i. 23. Amiens et sodalis in teni'
pore convenientes : L'ami aide son ami dans
l'occasion ; de là vient :
CONVENIENS, xis. — 1° Qui s'accorde,
qui se rapporte l'un avec l'autre {hoç, par).
Marc. 14. 56. Concenientia testimonia non
erant : Les dépositions de ceux qui dépo-
saient faussement contre Jésus-Chrisl, ne
s'accordaient pas. — 2° Qui concourt, qui se
rencontre avec ( 7yv-/9wv). Sap. 7. 2. Belec-
tamento soinni conveniente. J'ai été formé de
de la substance de l'homme, dans le repos
du sommeil; somni, i. e. concubitus
CONVENTICULUM , i. ^^vay^yii , petite
assemblée : dans l'Ecr. :
Assemblée. Ps. 15. 4. Non congregabo
convenlicula eorum de sanguinibus : Je ne
veux point que l'on fasse d'assemblées oùTon
fasse des sacrifices sanglants, tels qu'étaient
ceux des Juifs et des Gentils; parce que je
ne forn erai plus qu'une assemblée générale
de tous les peuples de la terre : qui renonçant
aux sacrifices sanglants, se réuniront tous
ensemble pour ne plus offrir que le seul sa-
crifice non sanglant de l'Agneau sans tache.
Voy. Heb.9. v. 11. 12. c. 10. v. 5. 9. 10.
CONVENTIO , MS ; c-ja^wvvîctr. — 1° Ac-
cord, convention, composition. Matt. 20. 2.
Conventione autem facta cwn operariis ex de-
nario diurno : Le maître de la vigne étant
convenu avec les ouvriers d'un denier pour
leur journée, il les envoya à sa vigne. Sap.
12. 21. 2. Mach. 13. 25. c. 14. v. 26. 27. —
2° Accord, consentement, union, intelli-
gence. 2. Cor. 6. 15. Quœ conventio Christt
ad Belial ? Quel accord entre Jésus-Christ et
Bélial?
CONVENTUS, u-,; (TJvay^yÀ. — 1° Assem-
blée de personnes en un lieu. Jac. 2. 2. Si
inlroierit in conventum vestrum vir aureum
aîinulum habens : S'il entre dans votre as-
semblée un homme qui ail un anneau d'or.
Ps. 63. S.Protexisti me a conventu malignan-
tium (<7u<7Zf,ofr)) : A^ous m'avez protégé con-
tre l'assemblée des méchants.
2 Troupe de gens, multitude. 1. Mach. 3.
kk. Congregatus est conventus ut essent pa-
rati in prœlium : Judas et ses frères s'assem-
blèrent pour se préparer à comballro; se.
contre Plolémée, Nicanor et Gorgias. Mach.
2. 14. 15.
Façon de parler.
Conventus forenses , àyoaïoi , audience de
juge où l'on plaide les causes. Act. 19. 38.
Conventus forenses aguntur : On lient l'au-
dience, dit le greffier de la ville d'Ephèsc,
au peuple qui était dans un tumulle extraor-
dinaire.
CONVERSARI , ù-mTrpifza^M. — 1° sc Con-
duire, vivre dételle ou telle manière (rro>i-
TîO-aOai ). Philipp. 1. 27. Digne Evanqejio
Christi conversamini . Vivez d'une manière
M
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
948
digne de TEvangilo de Jésus-Christ. 1. Petr.
1. 17. In timoré incolatus vestri tempore con-
versamini. Ayez soin de vivre dans la crainte,
durant le temps que vous demeurerez comme
étrangers sur la terre. 1. Tim. 3. 15. Hebr.
10. 33. c. 13. 18. etc.
2" Converser, fréquenter, vivre familiè-
rement. Baruch. 3. 38. In terris visus est, et
cum hominibus conversatus est : Dieu qui est
celui qui a donné la loi aux Israélites, a
voulu vivre avec les hommes. Tous les Pères
expliquent ce verset de l'Incarnation du Fils
de Dieu; toutefois quelques auteurs ont cru
que, selon le sens littéral, on pouvait en-
tendre par là ce qui se voit dans l'Exode,
c. 24. 9. Qu'après que Dieu eut donné la loi
sur la montagne de Sina , Moïse, Aaron,
Nadab, Abiu et les seplanle Anciens d'Israël,
virent Dieu sur un marche-pied , qui parais-
sait un ouvrage fait de saphir, et sem-
blable au ciel , lorsqu'il paraît le plus serein.
Estius. 1. Reg. 25. 15. Judith. C. 18. Osée ,
4. U. Eccli. 41. 8.
3° S'occuper , s'entretenir de quelque
chose, s'y appliquer. Eccli. 8. 9. Inproverbiis
eorum conversare : Entretenez-vous des para-
boles des sages vieillards, c. 38. 26. c. 39. 3.
4° Etre en quelque lieu , y demeurer (zy.-
zoiy.sï'j). Dan. 4. 9. In ramis ejus conversa-
hantur volucres cœli , v. 18. porte : aves com-
morantes : Les oiseaux du ciel demeuraient
dans les branches du grand arbre, que vit
en songe Nabuchodonosor. Voy. l'explica-
tion, v. 19. Malth. 17. 22. Act. 11. 26.
CONVERSATIO, ONIS , àvacrrpo^yj. — 1°
Bonne vie, conduite réglée. Eccli. 18. 21.
In tempore infirmitatis ostende conter sa-
tîonem tuam : Faites voir le règlement de
votre conduite au temps de la maladie; Gr.
èitKjzpofrrj , conversionem : Quand vous aurez
péché, donnez des preuves de votre conver-
sion. Voy. iNFiRMiTAs. C 38. 14. Ipsi vero
Dominum deprecabuntur ut dirigat requiem
eorum et sanitalcm propter conversationem
illorum (s/xêtwcnc) : Les médecins prieront
eux-mêmes le Seigneur, afin qu'il les con-
duise , à cause de leur bonne vie, dans le
soulagement et la santé qu'ils veulent pro-
curer aux malades : par les médecins se
peuvent bien entendre aussi ceux de l'âme ;
se. les prêtres, c. 50. 5. Hebr. 13. 7. Quorum
inluentes exitum conversationis , imitamini
fidem : Considérant quelle a été la fin de la
sainteté de vie de vos pasteurs , imitez leur
foi. 1. Petr. 3. 1. Per mulierum conversa-
tionem sine verho lucrifinnt : Que s'il y a des
femmes dont les maris ne croient pas à la
parole de Dieu, qu'ils y soient engagés par
la bonne vie cl la soumission de leurs fem-
mes, sans le secours de la parole. Deut. 1. 13.
2° Etat, société eivile (-o/i-sîaj. Ephes. 2.
12. Eratis ilio in tempore sine Christo , alie-
nati a conversa tione Israël : Dans le temps
que vous étiez Gentils, vous étiez sans la
connaissance de Jésus-Christ, exclus de la so-
ciété du peuple d'Israël. Philipp. 3. 20. Nostra
autem conversatio in cœlis est {■KoV.Tzyjij.'y.) :
Pour nous , notre conversation est dans les
cieux; î. e. nous y vivons, nous en aouimes
citoyens; c'est notre piilric et notre répu-
blique; Gr. TTo/tTî^yf^a, civilitus.
3° Conversation , familiarité (Tuvavotur/ioyïj).
Sap. 8. 16. Non habet amariludinem conver-
satio illius : La conversation de la sagesse
n"a rien de désagréable. Dan. 2. 11.
4° Usage, service (vTrjjcîaia'. Sap. 13.11.
Dilicjenter fabricat vas utile in conversatione
vilœ : Un ouvrier habile se servant de son
art, fait d'un arbre bien droit quelque meuble
utile pour l'usage de la vie.
Façons de parler.
Conversatio vitœ; ^ioç, vita. Le cours de la
vie, ou la vie même. Sap. 15. 12. Jistima-
vcrtint esse conversationem vitœ compositam
ad lucrum : Ils se sont i.maginés que notre
vie n'est qu'un trafic pour amasser de l'ar-
gent ; Grec, Dfundinas quœstuosas.
Conversatio faciei ; Gr. ùnoG-pofri. La con-
duite de la vie, juste ou injuste. Eccli. 18.
24. Mémento tempus retributionis in conver-
satione faciei : Souvenez-vous du temps au-
quel Dieu rendra à chacun selon qu'il aura
vécu ; Grec, aversionis , du temps de la ven-
geance auquel Dieu détournera son visage
de vous.
CONVERSIO , OMS , è-fJTpoff), L'action
par laquelle on se retourne vers quelqu'un,
ou par laquelle on revient en un lieu que
l'on avait quitté : dans lEcr.: — 1^ Retour
(è-«vo5o;, regressus). Eccli. 38. 22. Neque
enim est conversio : N'oubliez pas votre der-
nière fin , car après cela il n'y a point de
retour ; se. naturellement de la mort à la
vie. — 2" Conversion, en parlant de ceux
qui embrassent la foi. Act. 15. 3. Narrantes
conversionem gentium : Saint Paul et saint
Barnabe partant d'Icône , traversèrent la
Phénicie et la Samarie, racontant la con-
version des Gentils : celte conversion est
comme un retour et une réconciliation avec
Dieu. — 3° Affection , amour réciproque.
Cant. 7. 10. Ego dilecto meo , et ad me con-
versio ejus : Je suis à mon bien-aimé, et son
cœur se tourne vers moi ; il m'aime unique-
ment : A quoi se rapporte, Gen. 3. 16. Siib
viri potestate eris; Hebr. Ad virtim conversio
fua ; Votre affection vous attachera à votre
mari.
Façon de parler, dans le sens figuré.
Conversio populi. Les captifs qui revien-
nent de la captivité. Jer. 30. 3. Convertam
conversionem («Trotzia) populi mei Israël et Ju-
da : Je ferai revenir les Israélites qui sont en
captivité : quoique les dix tribus ne soient
pas revenues, il en revint néanmoins plu-
sieurs parmi les tribus de Juda et de Ben-
jamin : le Prophète entend principalement
ceci dans un sens figuré , du retour des vrais
Israélites dans le sein de l'Eglise, v. 18. Con-
vertam conversionem tabernaculorum Jacob :
Je ferai revenir les captifs qui habitaient
dans les maisons que les Israélites avaient
bâties comme des tentes parmi les Chaldéens
pour n'y demeurer qu'un temps, c. 33. v. 7.
11. 26. Ainsi, Ezech. 16. 53. Convertam res^
titucns eas conversione Sodomorum cum yî-
(irbua suis et conversione Samariœ et /iliuru^
949
CON
CON
950
ejus ■ Je ferai revenir les captifs de la Pen-
lapole et du pays de Saniarie.
' CONVERTERE, èrzi^zd^iu, a-pé^eu. La si-
gnification de ce verbe doit se tirer du mot
hébreu TUr que les Septante ont rendu par
èTriT-f.é'fzrj , et l'interprète latin par conver-
îerei qui a les significations de l'Hébreu.
Retourner, revenir, et en hiphil, faire
retourner, corriger, changer, détourner,
faire revenir, rétablir : Ainsi, ce verbe si-
gnifie :
1° Tourner [ù-uix^v-fn-j). 3. Reg. 8. li. Con-
vertitque rex faciem suam et henedixit... Le
roi Salomon tournant le visage souhaita les
bénédictions du ciel à toute l'assemblée d'I-
sraël, étant dans le temple au tenips que
l'Arche y fut transportée, i. Reg. 20. 2. Con-
vertit faciem suam ad parietem : Ezechias
tourna son visage vers la muraille : ce fut pour
demander à Dieu la santé. Matth. 9. 22. Jésus
conversas : Jésus se retournant, c. T. G. et se
trouve souvent dans ce sens au passif dans
le nouveau Testament. Gen. 47. 31. Voy.
Caput. Ps. 31. i. Conversus sum in œriimna
mea : Je me suis tourné vers vous dans mon
affliction; autr. je me suis tourné de tous
côtés ; se. comme un malade qui souffre de
grandes douleurs. Jer. 21. i. Ècce ego con-
vei'tam vasa belli quœ in manibus vestris sunl :
Je ferai retourner contre vous vos armes.
Cojivertere manum. V. Manu>.
2° Changer, transformer, faire passer d'un
état à un autre {'j.t-.'x'j-oi'^-vj). Exod. 7. 13.
Conversa est in draconem : La verge de Moïse
fut changée en serpent. Voy. v. 10. 12. Ps.
77. 4i. Convertit in sanguinem flumina eo-
rum : Moïse changea en sang les fleuves d'E-
gypte. Voy. Exod. 7. 17. Ps. 63. 6. Qui con-
vertit mare in aridam ( itîT:c/.arpi^tvv) : C'est
Dieu qui a changé la mer en une terre sèche.
Voy. Exod. li. 21. Ps. 29. 12. Convertisli
planctum meum in gaudium niihi : Vous avez
changé mes gémissements en réjouissance;
se. en me délivrant de mes ennemis. Ps. lOi.
29. Ps. 113. 8. Jac. V. 9. Converiere in absin-
thium judicium : Changer les jugements en
absinthe. Amos , 5. 7. Les pauvres trouvent
une grande amertume dans les jugements in-
justes ou négligés. Voy. AbjInthilm.
3' Convertir, faire revenir à Dieu, récon-
cilier à lui. Jerem. 31. 18. Couverte me, et con-
uer/ar ; Changez-moi le cœur, et me faites
revenir par votre sainte grâce, et je serai
converti, v. 19. Postquam enim converlisti
me, egi pœnitentian : Car après que vous
lu'avez converti , j'ai fait pénitence. Ps. 8\. 5.
Converlenns, Deus, salutaris noster :Con\'cr~
lissez-nous, ô Dieu , noire Sauveur; Chai.
Converiere ad nos ; te qui n'est point con-
traire à ce que disent Zach. 1. 3. Converti-
mini ad me , et convertar ad vos : Rctouniez-
vous vers moi , se. par la pénitence, et je me
retournerai vers vous, se. par ma miséri-
corde et mes bienfaits, et Isa. 31. 0. Conver-
timini sieut in profundum reeesseralis : Con-
vertissez-vous à Dieu dans le fond du cœur,
selon que vous étiez éloignés de Dieu. c. V3.
22. Jcrcm. 3. v. i\. 22. Car quoiqu'il soit
vrai que nous nous convertissons à Dieu
par un mouvement volontaire de notre li-
berté, nous ne le faisons néanmoins que
quand nous sommes prévenus |)ar la grâce ,
qui coopère avec noire libre arbitre. Ps. lOi.
25. Convertit cor eorum ut odirent populum
ejus [ut-wjzçi'Jtvj] : Dieu permit que les Egyp-
tiens changeassent leur affection en haine
contre son peuple. Luc 22 32. Tu aliquando
conversus\eonfirma frati es /uo5; Lorsque après
m'avoir renié, vous serez converti et revenu
de votre égarement, dit Jésus-Christ à saint
Pierre, c. 1. 17. c. 17. i. Act. 28. 6. Viden-
tibus illis nihil malt in eo fieri , convertentes
se (y.îT«oâ)./.cG-Oai: diccbant eum esse Dexim : Les
Barbares voyant qu'il n'arrivait aucun mal
à saint Paul (de la morsure de la vipère), ils
changèrent de sentiment, et dirent que c'é-
tait un Dieu : ils le prenaient auparavant
pour un scélérat. Ps. 7. 13. Malach. 4. 6.
Mallh. 13. 13. c. 18. 3. Ce qui se dit aussi
figurément de Dieu à notre égard. Ps. 6. 3.
Convertere , Domine : Seigneur, qui vous
étiez détourné de moi, tournez-vous vers
moi ; se. en me soulageant par votre bien-
veillance. Ps. 70. 15. Ps. 89. 13. Job. 42. 10.
Joël, 2. 14. Voy. Post.
4" Changer de lieu, faire passer de l'un à
l'autre ( ôiTroTToéotu ). Gen. 18. 22. Converle-
runtque se inde : Deux de ces hommes parti-
rent de là et s'en allèrent à Sodome. Il n'y
en eut que deux qui allèrent à Sodome ; le
troisième ange demeura avec Abraham et lui
parla toujours en la personne de Dieu. Ps. 9.
iS.Convertantur peccutores in infernumiQue
les pécheurs soient précipités dans l'enfer ;
autr. dans le sépulcre. Act, 13. 46. Ecce con-
vertimur ad gentes:^ous nous eti allons pré-
sentement vers les Gentils, dit saint Paul
aux Juifs d'Antioche de Pysidie, sur le refus
qu'ils faisaient de recevoir la parole de Dieu ;
et marque ceci comme l'accomplissement de
la prophétie dTsaïe 49, 6. Ainsi, Deut. 3. 1.
Prov. 26. lo. Laborat si ad os suum eam con-
verterit [iTifépîL-j) : Le paresseux a peine de
porter sa main jusqu'à sa bouche. 1. Reg.
14. 27.
3" Remettre en son lieu (xKOiivai). 1. Par.
21. 27. Convertit gladium suum in vagi-
nam : L'ange remit son épéedans le fourreau.
Matth. 26. 32.
6°. Faire retourner en arrière, chasser,
mettre en fuite, faire retirer. Ps. 9. 4. In con-
vcrtendo inimieum meum retrorstim :En don-
nant la fuite à mes ennemis; autr. Postquam
converteris ; après que vous aurez donné la
fuite à mes ennemis. Ps. 39. 13. Ps. 53. 10.
Ps. 39. 2. Ps. 88. 2V. Ps. 113. v. 3. 3. Ps. 128.
5. Ps. 67. 23. Kx Basan convertam , conver-
tam in profundum maris : Je chasserai, ou
j'ai chassé (ucs ennemis de Basau ; je les pré-
cipiterai dans la mer, comme autrefois j'ai
fait les Egyptiens; autr. selon l'Hébreu, je
vous retirerai d'entre les mains du roi de Ba-
san, et je vous retirerai du fond de la mer.
Voy. Retrorsum.
7' Détourner , retourner, tourner le dos.
Act. 7. 42. Convertit autem Deus (suppl. se)
Dieu se détourna des Israélites; se. lors-
qu'ils sacrifièrent au veau d'or. Ps. 17. 38.
1)51
DICTIONiNAlIlE DE PHILOLOGIE SACHEE.
m
Non converlar, donec deficiant : Je ne m'en
retournerai point que mes ennemis ne soient
entièrement défaits. Ps. 77. 9. Jos. 24. 20.
8' Faire revenir, rappeler, rétablir, re-
mettre en son premier état. Ps. 22. 3. Ani-
mam meam convertit : Dieu a fait revenir
mon âme ; il m'a retiré de la misère où j'é-
tais ; autr. a fait revivre mon âme , m'a re-
donné la vie. Thren. 1. iQ. Longe factus est a
me consolator, convertens ammamtneam;\.e.
quasi abeuntem revocans .-Dieu qui me devait
consoler en me redonnant la vie , s'est retiré
loin de moi, dit Jérusalem. Ps. 3i. i3.0ratio
mea insinu meo couvert etur {xizocrzpéfstv) : (Lors-
que mes ennemis m'accablaient) je répan-
dais ma prière dans le secret de mon sein ;
Hébraïsme , le futur pour le prétérit. An-
ciennement , ceux qui étaient dans l'afflic-
tion priaient étant courbés , et ayant la tête
dans le sein; autrem. ma prière retournera à
mon avantage , elle ne sera pas inutile ; ou,
selon d'autres, je la répéterai souvent en
secret. Ps. 125. v. 1. k. In convertendo Do-
minus captivitatem Sion ; i. e. cum Dominus
converteret, ou, reduceret captivos : Lorsque
le Seigneur a fait revenir ceux de Sion qui
étaient captifs. Ps. 52. 7. Ps. 70. 20. Ps. 79.
V. 4. 8. 20. Ps. 8i. 7. Ps. 118. 59. Ezech. 16.
53.
9°. Détourner du droit chemin et de son
devoir. Ps. 72. 10. Convertetur popuîus meus
hic : Mon peuple se détournera, se. en ju-
geant mal de la connaissance de Dieu sur les
méchants. Ps. 77. 41. Et conversi sunt et ten-
taverunt Deum, sœpius tentaverunt; Hebr.
pour rursum tentaverunt Deum:Les Israélites
recommencèrent sans cesse à tenter Dieu. v.
57, Conversi sunt in arcum pravum (pi£7«-
o-T/^Éystv: Les Juifs devinrent comme un arc ren-
versé, dont on tire de travers ; i. e. qui tire
ailleurs qu'il ne doit. Voyez Argus, i. Tim. 1.
6. Conversi sunt in vaniloquium : Quelques-
uns se sont égarés en do vains discours, c. 5.
15. 2. Tim. 4. 4.
10" Réduire en acte, exécuter. Ps. 93. 15.
Quoadusque justitia convertatur injudicium :
(Le Seigneur ne rejettera point son peuple)
jusqu'à ce que la divine justice fasse éclater
son jugement.
11" Renverser, abolir (/^eTaffTpéyetv). Gal.l.
7. Volunt convertere Evangelium Christi : Il
y a quelques personnes qui veulent renver-
ser l'Evangile de Jésus-Christ. Osée 11. 8.
Conversum est in me cor meum : Mon cœur est
tout ému et troublé en moi-même; se. par
l'excès d'affection que je porte à mon peuple.
Ce verbe, en tant qu'il tient de la signitica-
tion du mot redire, marque proprement un
retour et signifie qu'une chose se fait un se-
conde fois. Ps. 84. 7. Deus, tu conversus vivi-
ficabis nos : O mon Dieu, vous vous tourne-
rez de nouveau vers nous, et vous nous don-
nerez la vie. Ps. 77. 41. Et conversi sunt et
tent/tverunl Deum : Ils recommençaient sans
cesse à tenter Dieu, en éprouvant sa pa-
tience, ou sa puissance en lui donnant des
bornes. Ps. 103. 9. Neque convertentur ope-
rire terram : Les eaux ne reviendront point
couvrir la terre; se. depuis que Dieu les a
bornées. Ps. 70 v.- 20. 21. Ce que les Sep-
tante expriment par le mo' Trâ^iv, rursus ou
vicissim; quelques-uns même expliciuent
dans ce sens. Luc. 22. 32. Tu aliquando con-
versus, i. e. vicissim. Ainsi, 4. Reg. 21. 3.
Conversusque est, et œdificavit, i. e. iterum
œdificavit : Manassès rebâtit les hauts lieux
que son père avait détruits. 1. Esdr. 9. 13.
Ps. 77. 41. Isa. 6. 13. Jerem. 8. f>
Phrase tirée de ce verbe.
Convertere se, ou converti, ou même con~
vertere aliquem, pour convertere se ad ali~
quem. Changer de sentiment, de disposition
envers quelqu'un, devenir autre, être chan-
gé {uB-(jc?ûX).e<jBa.t, mutari). Act. 28. 6. (Con-
vertentes se, i. e., mutati) dicebant eum esse
Deum. Voyez ci-dessous 3° Jos. 24. 20. Domi-
nus convertet se , et offliget vos , Si vous
abandonnez le Seigneur, il se tournera con-
tre vous et vous affligera. Jerem. 2. 21. Quo'
modo conversa es tnihi in pravum vinea alié-
na? Comment êtes-vous devenus pour moi
un plant bâtard, ô vigne étrangère? Dieu parle
contre les Juifs, qui étaient devenus mé-
chants. Osée 11. 9. Amos. 1. 3. Super tribus
sceleribus Vamasci, et super quatuor, non con-
verlam eum. Après les crimes que Damas a
commis trois et quatre fois, je le punirai
sans miséricorde. Non convertam eum, pour
non convertam me ad eum. Voyez Quatuor.
V. 6. 9. 11. 13. c. 2. V. 2. 4, etc.
Convertere cor ad aliquem. Réunir, récon-
cilier (&c-ox«6t(7T«vat). Malach. 4. 6. Convertet
cor patrum ad filios, et cor filiorum ad patres
eorum : Elie réunira le cœur des pères avec
leurs enfants, et le cœur des enfants avec
leurs pères; Elie, au second avènement de
Jésus-Christ, fera revivre dans le cœur des
Juifs, la piété de leurs pères, ou les réconci-
liera et les réunira tous par le lien d'une mê-
me foi et d'une même charité. Ce que l'ange
Gabriel a aussi prédit à Zacharie de saint
Jean-Baptiste, à qui il a appliqué ce passage;
il a, en effet, réuni les esprits et les cœurs
des Juifs pour recevoir le Messie à son pre-
mier avènement, et les a comme réconciliés
avec leurs pères, qui étaient fâchés contre
eux à cause de leur incrédulité. Voyez Luc.
1. 17. De l'actif vient :
Cofiverti, passif, èirtirrpéffstvt ou Convertere
se. Ce verbe passif, qui vient de l'actif, a deux
significations particulières; dans l'Ecriture :
1'^ Se porter et se tourner à quelque chose.
Levit. 19. 4. Nolite converti ad idola {^naxo-
hjOiu) : Ne vous tournez point vers les ido-
les, se. pour les adorer. Ps. 72. 10. Converte-
tur populus meus hic : Mon peuple se portera
à considérer ces choses. Ps. 84. 9. Qui con-
vertuntur ad cor : Qui retournent dans eux-
mêmes; Gr. Qui convertunt cor ad ipsum, '•
e. Deum. Prov. 1. 23. Gai. 4. 9. 1. Thcs. 1. 0.
2" Retourner, revenir. Ps. 58. v. 7. l-î-
Convertentur ad vesperam : Ils reviennent sur
le soir pour me chercher; d'autres cxi li-
quent : Ils tournent de tous côtés. Ps. 7. 7.
Ps. 114. 7. Convertere, anima mea, in requiem
tiiam : Retourne, ô mon âme, dans ton repos.
4. Reg. 23. 10. Conversus Josias : Josias re-
»53 CON
lourna en ce lieu. Ps. 118. 79. Prov. 16. 7.
Isa. 21. 12. Ainsi, 1. Mach. 1. 21. Et Conver-
tit se : Antiochus revint.
Phrase de ce verbe.
Converti ad aliquem. S'adressera quelqu'un
Job. 5. 1. Ad aliquem sanctorum convertere
[oTzzeaOui] : Aciressez-vous à quelqu'un des
saints ou des anges. Quelques-uns lisent ce
passage par interrogation : A qui des saints
aurez-vous recours? Ose. 8. 13. Ipsi in Mgy-
p/umconuer/en^ar; Ils ont tournéleurs pensées
vers l'Egypte; lorsque Samarie fut prise,
ceux qui purent s'échapper des mains des
Assyriens se réfugièrent en Egypte, comme
il est marqué, c. 9. 6.
CONVESCI ; (ryvx).t?£a-9«t, convesci, seu con-
gregari. Manger ensemble. Act. 1. li. Con~
vescensy prœcepit eis ah Jerosolymis ne disce-
derent .Jésus-Christ mangeant avec ses apô-
tres, leur commanda de ne point partir de
Jérusalem ; ceci a rapport à ce qui est dit
Luc. 24. 49. Le mot grec signifie aussi se
trouver ensemble, être assemblés.
CONVINCERE , f/.éy/ji^. — 1" convaincre.
Dan. 13. 61. Convicerat eos Daniel ex are siio
falsum dixisse testimonium : Daniel avait con-
vaincu les deux vieillards par leur propre
bouche d'avoir porté faux témoignage con-
tre Susanne. Exod. 21. 16. Convictus noxœ,
morte moriatur : Un homme étant convaincu
de ce crime sera puni de mort.
2° Piquer, toucher quelqu'un vivement, lui
donner occasion de reconnaître ses fautes.
1. Cor. 14. 24. Convincitur ah omnibus : Tous
ceux qui expliquent les difficultés de la foi,
et s'instruisent par la doctrine de l'Ecriture,
font connaître aux infidèles qui entrent dans
leurs assemblées leur erreur, et les convain-
quent de leur égarement.
3° Accuser, faire avouer. Levit. 6. 4. Con-
victa delicti reddet omnia : Ayant été con-
vaincu de son péché, il rendra tout. Ce cha-
pitre comprend le tort que l'on faisait au
prochain en secret, dont on ne pouvait être
convaincu; ainsi, Convicta rfe/tc^t signifie :
avouant sa faute, en étant convaincu par le
remords de sa conscience, et non pas par des
témoins en justice.
CONVICTUS , us, <ru^€Î6o?riî, conversation,
entretien, compagnie ordinaire. Sap. 8. 16.
Nec tœdium habet convictus illius : La com-
pagnie de la sagesse n'a rien d'ennuyeux.
CONVITIARI , ^vEtoiÇciv, dire des injures,
outrager de paroles. Eccli. 22. 25. Qui con-
vilialur amico dissolvit amiciliam : Celui qui
dit des injures à son anu rompra l'amitié, c.
8. 22. Marc. 15. 32. JEt qui cum eo crucifixi
erunt conviliabantur ei : Les deux voleurs
(jui avaient été crucifiés avec Jésus-Christ
l'outrageaient aussi de paroles; soit qu'au
commencement tous deux l'outrageassent de
paroles, et que l'un d'eux ait ensuite recon-
nu sa faute; soit que le pluriel soit mis pour
le singulier, comme si on disait : Les voleurs
même qui étaient crucifiés avec lui lui di-
saient des injures.
CONVICIUM, II, ôvîtStj/iôf, du mot viens,
CON
954
place publi.|ue, parce que c'est un outrage
fait en public.
Injure, outrage de paroles. Eccli. 6. 9. Est
amicus qui odium et iram, et convicia denuda-
bit : Cet ami qui devient ennemi découvre les
injures que vous avez faites, soit celles que
vous lui avez déclarées en secret, soit celles
par lesquelles vous avez rompu amitié avec
lui. c. 22. 27. c. 29. 9.
CONVIVA, ^, (jXi'jBsin-joç , qui mange à un
festin, y ayant été convié; dans l'Ecriture :
Qui mange avec un autre, qui mange à la
table de quelqu'un. Prov. 9. 18. Ignoravit
quod in profundis inferni convivœ ejus : Ceux
qui mangent à la table de la femme débau-
chée sont dans le plus profond des enfers; i.
e. ils sont dans la compagnie des démons et
sont déjà d,ins l'enfer. Eccli. 9. 22. Viri jusd
sint tibi convivœ : Invitez à votre table des
hommes justes. Dan. 14. 1. 2. Reg. 19. 28.
CONVIVARI, cruvE-jw/EÎT^at, être en festin,
manger dans un festin, faire bonne chère
avec d'autres. Jud. v. 12. Convivantes sine ti'
more : Ces personnes déréglées mangent sans
aucune retenue dans vos festins de charité.
CONVIVERE, Gr. ^uÇâv. — i" vivre en-
semble ou avec quelqu'un, faire société avec
lui. Sap. 8. 9. Proposui liane adducere mi/jî
ad convivendum : J'ai résolu de prendre la
sagesse avec moi pour être la compagne de
ma vie. 2. Cor. 7. 3. In cordibus nostris estia
ad eommoriendum et ad convivendum : Vous
êtes dans mon cœur à la mort et à la vie. —
2" Faire bonne chère, être en festin (dyi/Stoûv).
Eccli. 13. 6. Si habes , convivet tecum :
Si vous avez du i)ien, le riche fera bonne
chère avec vous, et il vous épuisera.
Vivre spirituellement et de la vie de l'âme
avec Jésus-Christ. 2. Tim. 2. 11. Si commor-
tui sumus, et convivemus : Si nous mourons
avec Jésus-Christ, nous vivrons aussi avec
lui.
CONVIVIFIGARE, ajÇwoTroterv, composé de
cum, de vivKS et de facere.
Faire revivre, rendre la vie; ce qui s'en-
tend, dans le sens figuré, de la vie de l'âme.
Coloss. 2. 13. Fos cum mortui cssetis in deli-
ctis, convivificavit cum illo : Lorsque vous
étiez morts dans vos péchés, Jésus-Christ
vous a fait revivre avec lui. Ephes. 2. 5.
CONVIVIUM, II. — 1" Banquet, festin, re-
pas magnifique (So^'i)- Luc. 14. 13. Ciim facis
convivium, voca pauperes : Lorsque vous fai-
tes un festin, conviez-y les pauvres, etc. 2.
Par. 9. 20. Vasa convivii régis erant aurea :
Les vases de la table du roi Salomon étaient
d'or. Ose. 4. 18. Separatum est convivium
eorum : Les festins idolâtres d'Ephraïm sont
bien différents des vôtres, ô Judal — 2" Fes-
tin de charilé des |)remiers chrétiens (àTrâr»},
pour K'/û-rri). 2. Petr. 2. 13. In conviviis suis
luxuriantes : Ces faux docleurs s'abandon-
nent â des excès de bouche dans les ferlins
de charité qu'ils font avec vous. >'oy. Epul«.
§ 1. — Grande joie marquée par le festin
[nôroç). Eccl. 7. .3. Melius est ire ad domum
luctus, quam ad domum convivii : 11 vaut
mieux aller à une maison de deuil qu à une
maison de festin. Mais, Prov. 15. 15. il signi-
955
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE,
9o6
fie grande salisfaclion, grand contentement.
Secura mens quasi juge convivinm : L'âme
tranquille est comme un festin continuel.
§ 2. — Salle du banquet (o-uaTrocrtov). l.Ma-
chab. 16. 16. Inlraverunt convivium : Ptolé-
niée el ses geiis entrèrent dans la salle du
festin et tuèrent Simon, elc.
§3. — Une compagnie ou uncerlainnombre
de personnes placées par ordre, pour faire
séparément et par troupes leur repas {yIitm,
(liscubitus). Luc. 9. 14. Facite Ulos discum-
bere per convivia quinquagenos : Faites as-
seoir ce peuple par diverses troupes, cin-
quante à cinquante. Marc. 6. 39. porte : 5e-
cundum contubernia : En diverses troupes;
Gr. cvuTvotjLx, (j'j^ji-ôcncf. , convivia, convivia ,
i. e.per convivia. Les Hébreux ont coutume
de répéler le même mot pour exprimer la
distribution qui se fait des choses que l'on
dislingue par parties avec ordre, v. 40. -puciçti,
T:p«7ixi, areolœ, areolœ, i. e. perareolas, en
plusieurs rangs.
§ 4. — Les biens spirituels et les grâces que
Dieu fait aux hommes qui sont marqués par
des feslins (-oto?). Isa. 2o. 6. Et faciet do-
minus exercitinim omnibus populis in monte
hoc, convivium pinguium, convivium vinde-
miœ : Cette montagne est l'Eglise sur laquelle
Dieu répand ses grâces, et les fidèles parti-
cipent à ce banquet spirituel, dans lequel
Jésus-Christ se fait lui-même notre nourri-
ture. Voy. c. 00. 1. 2. Prov. 9. v. 1. 2. 3. 4.
5. Xatlh. 22. Luc. 14. 16. Apoc. 19. 9.
CONVOGARE , (7uy/.ciàeïv. — 1" Convoquer,
assembler, appeler plusieurs ensemble. Marc.
13. 16. Milites convocant totam cohorlcm :
Les soldats assemblèrent toute la compagnie.
1. Mach. 14. 44. Consenserunt ne liceat con-
vocare conventum sine ipso (ÈTrto-jfTT/oi'yctv); Les
Juifs et les prêtres avaient consenti qu'il
ne fût permis à aucun de convoquer aucune
assemblée dans la province, sans Tautorité
de Simon. — 2" Susciter, faire naître (xkXîîv).
Ezech. 38. 21. Convocabo adversus eum in
cunctis montibus meis gladium : J'appellerai
contre Gog l'épée sur toutes mes mon-
tagnes.
(^.ONVOLARE, (Tvjska.\fiis(7(ioi.i. Voler ensem-
ble; dans l'Ecriture :
Aller promptement, au plus vite. 2. Mach.
6. 5. Civibus ad murum convolantibus : Les
citoyens accouraient de tous côtés aux mu-
railles de Jérusalem; se. pour la défendre
contre .lason.
CONV OLVERE , au/xTrXéxEtv. — 1° Rouler,
envelopper. Thren. 1. 14. Vigilavit jugum
iniquiiatiim mearum, in manu ejus convolulœ
sunt, et imposilœ colla meo : Dieu a comme
enveloppé et comme lié en un faisceau
toutes mes iniquités (ou la peine de mes pé-
chés), pour me les mettre sur les épaules et
m'en accabler. Voy. Ose. 13. 12. De là vient :
CONVOLVI, passif. — 1° Cesser, finir, se
lorminor, se retirer, se séparer. Isa. 38. 12.
Oencratio tnea ablata est et convoluta est a
me, quasi tabernaculum pastorum : Ma vie et
n»a demeure sur la terre est finie, comme la
deuicure d'un berger qui plie sa tente pour
aller d'un lieu en un autre , dit Ezéchias,
Voy. Generatio. — 2" Se dissiper, s'évanouir.
Isa. 9. 18. Convolvetur (/«î-T^at) suferbia
fumi ; i. e. ut elevatio fumi {y.avOniTsrat m; Tzvp -à
ù'JoiMLx) : L'impiété se dissipera comme un
tourbillon de fumée poussée en haut.
CONVULNERARE. Rîesser, affliger. Job.
16. 14. Convulneravit (pàn^v zk) lumbosmeos:
Dieu m'a percé les reins de ses flèches : Job
exprime par ces termes si pathétiques la ma-
nière excessive dont Dieu l'affligeait.
CONVULSUS, A , UM. Arraché : dans l'E-
criture :
1° Aboli, ruiné, exterminé, détruit. 2. Mach.
8.17. Ânte oculos habentes veterum instituta
convulsa [Ttolvzdy.? -/.urùlvcTu) : Machabée dit à
ses gens d'avoir devant les yeux le viole-
ment et l'anéantissement des ordonnances
des anciens. Isa. 18. 2. Ite, angeli veloces, ad
gentem convulsam et dilaceratam : Ces anges
prompts et légers sont les Assyriens qui de-
vaient venir fondre sur l'Egypte, qui promet-
tait aux Juifs du secours contre eux. Le mot
hébreu mimesech peut signifier ce qui est
étendu en long comme est l'Egypte , gens
tracfa.
2" Rattu, tourmenté, agité ( àxa-âs-TOTo? ).
Isa. 54. 11. Paupercula paupertate convulsa,
absque idla consolatione : C'était là l'état où
était l'Eglise avant Jésus-Christ, pauvre, dé-
solée et battue par la tempête des afflictions,
comme un arbre battu par des vents furieux
jusqu'au point d'être presque arraché.
COOPERARI, (7uvep/£fv. — 1^ Travailler
avec d'autres , aider en quelque entreprise.
1. Cor. 16. 16. Subdiii sitis omni cooperanti,
et laboranti: Soyez soumis à tous ceux qui
coopèrent et travaillent avec nous à l'œuvre
de Dieu.
Il est dit aussi que Dieu coopère avec ses
ministres à la conversion des âmes; mais
c'est comme cause principale qu'il agit avec
eux, puisqu'ils n'agissent dignement dans
leurs fonctions, comme dit saint Pierre , 1.
Epit. 4. 11, que par la vertu que Dieu leur
donne : Ex virtute quam administrât Deus.
Marc. 16.20. 7)omînocoo/)era7tfe; Le Seigneur
coopérant avec eux.
La foi coopère aussi, et agit efficacement
dans les bonnes œuvres des fidèles, parce
qu'en les conduisant, elle les fortifie, les aug-
mente et les perfectionne. Jac. 2. 22. Yides
quoniam fides cooperabatur operibus illias ?
Ne voyez-vous pas que la foi d'Abraham était
jointe à ses œuvres? Ce fut sa foi qui le porta
à offrir son fils, et à faire les autres bonnes
œuvres agréables à Dieu.
2" Contribuer au bien de quelqu'un, réus-
sir à son avantage. Rom. 8. 28. Diligentibus
Dcum omnia cooperantur in bonum : Toutes
choses contribuent au bien de ceux qui ai-
ment Dieu ; et non-seulement les afflictions
et les persécutions, mais encore les chutes et
les péchés contribuent au salut des élus, en
les rendant plus humbles et plus avisés.
COOPERATOR , ^wtpyô;. — 1° Qui tra-
vaille avec un autre, qui aide de son travail
et de sa peine à l'avancement de quelque
œuvre. Philipp. 2. 25. Necessarium cxisii-
mavi Epaplirodilum frairem et cooperatorem
957
COP
COP
058
meum miltere ad vos : J'ai cru qu'il était né-
cessaire de vous renvoyer mon frère Epa-
phrodite, qui est mon aide dans mon minis-
tère.
2^ Qui conlribue en quelque chose à l'a-
vancement d'une œuvre. 3. Joan. 8. Nos ergo
dehemiis suscipere hujusviodi ut cooperalores
simus veritalis : Nous sommes obligés de trai-
ter favorablement les fidèles étrangers qui
voyagent pour prêcher la foi , afin de contri-
buer quelque chose à la publication de la vé-
rité; Gr. veritati.
COOPERIRÊ , /aVi^Trrav. — 1° Couvrir, ca-
cher, mettre quelque chose dessus. Hab. 2.
19. Isle coopertiis est auro et argento : Celle
idole de bois ou de pierre est couverte au de-
hors d'or et d'argent. Eccii. 23. 26. Pnrieles
cooperiunt me : Los murailles me couvrent ,
dit celui qui commet secrèlemeul le péché.
Ainsi, couvrir, 1" de vêtement, vêtir. Matlh.
25. 38. Quando te vidimus niuhim, et coope-
ruimus te [-ipityXiiL'j)! Quand est-ce que
nous vous avons vu nu. et que nous vous
avons revêtu ? diront les justes à Jésus-Christ
au jour du jugement dernier, c. 6. 29. Dan.
13. 32. lUi jusserunt ut discooperiretur, erat
enim cooperta (y.c/-c/.-/.a.hjTzrti-j) : Les deux vieil-
lards commandèrent qu'on ôlât à Susanne le
voile dont son visage était couvert. Marc. IG.
5. Apoc. 19. 8. 3. Reg. 11. 30. 2" Couvrir et
être dessus ou au - dessus. Exod. IG. 13.
Ascendit coturnix, cooperuit castra : Il vint
un grand nombre de cailles qui rouvrit tout
le camp. Judith. 2. 11. Cooperuerunt faciem
terrœ, sicut /ocus/gp .-Toutes les troupes et les
gens qui accompagnaient Holopherne cou-
vrirent toute la face de la terre, comme des
nuées de sauterelles, c. 16. o.
2° Envelopper, environner ( 7rî&iÇ«/).ïtv .
Sap. 19. 16. Cum suhitaneis cooperti essent
tenehris, unusquisque transilum ostii sui quœ-
rebat : Les Egyptiens ayant été couverts tout
d'un coup d'épaisses ténèbres, ils ne pou-
vaient plus trouver la porte de leurs maisons :
Ceci a rapport à ce qui est marqué, Exod.
10. depuis v. 21. jusqu'à v. 21. Ainsi, Judith.
5. 13. Ita uquis coopertus est, ut non renia-
neret tel unus : Toute l'armée des Egyptiens
fut tellement ensevelie dans les eaux, qu'il
n'en demeura pas un seul, etc.
§ 1. — Couvrir, charger. Ps. 'i3. 16. Con~
fusio faciei meœ cooperuit me: La confusion
qui paraît sur mon visage me couvre entiè-
remenl : La honte fait que nous n'osons lever
les yeux.
§ 2. — Charger, accabler, perdre. Ps. V3.
20. Cooperuit nos umhra mortis : L'ombre do
la mort nous a tous cou\crls ; pour dire, ^ous
sommes accablés d'aflliclions. Voy. Umuka.
Eccli. 37. 3. 0 prœsumplio nequissima, unde
crcata es cooperire aridam maiitia 1 Que c'est
une chose commune de voir un ami se chan-
ger en ennemi I La terre est tout infectée, et,
pour ainsi dire , cou\erte de ce mal détes-
table (x«a77-îiv, inflcctcre). c. 38. 19. Tristi-
tia cooperit virtutcm : La trist( sse accable
toute la vigueur de l'esprit v.[ du corps. Voy.
ViRTLS.
COPIIINUS, I ; Gr. /ô,//vo,-. Panier d'osier,
corbeille. Ps. 80. 7. Manus ejus in cophino
servierunt : Dieu a délivré son peuple de ce
travail pénible , où leurs mains étaient em-
ployées à porter dans des paniers de la boue,
de la paille et de la tuile. Maîth. U. 20. Tu-
lerunt reliquias duodecim cophinos fraqmen-
toruni plenos : On emporia douze paniers
plein.s des morceaux qui étaient restés; se.
des cinq pains et des deux poissons.
COPIA, JE. Ce nom vient du vieux adjectif
cops ou copis, pour coopis, quasi, cum ope^
riche, opulent.
' 1 Abonda-lice de quelque chose, grande
quantité. Gen. 41. 49. Tenta erat abundanlia
tritici ut... copia mensuram excederet : Il y
eut dans l'Egypte une si grande quantité de
froment, qu'il ne pouvait pas même se me-
surer ; se. au temps de Joseph. 1. Par. 12.
40. Afferebant farinam, boves, arietes, ad om-
nem copiam {Trlribo;, multitudo) : Ces trois
tribus apportaient de îa farine, et amenaient
des bœufs et des moutons, afin qu'ils eussent
toutes choses en abondance. C'était pour la
subsistance des troupes qui étaient venues
pour établir David roi. 1. Par. 26. 16. 2. Par.
9. 27, etc.
2° Richesses {x[yoi>.uTv). 2. Mach.3. 6. Nun-
tiavit communes copias immensas esse : Simon,
garde du temple, déclara à A[)ollonius qu'il
y avait dans Jérusalem des sommes immen-
ses, et qui étaient destinées pour les affaires
publiques.
3" Entretien, subsistance (Uv'x). i. Mach.
10. 36. Dabuntur illis copiœ . Les Juifs qui
entreront dans les troupes du roi seront en-
tretenues, comme le doivent être les troupes
des armées du roi.
4" Permission, liberté. Judith. 12. 5. Petiit
ut darelur ei copia nocte et unie lucem egre-
diendi foras ad o7-fl^/onem ; Judith demanda
qu'on lui permît de sortir la nuit et avant le
jour pour aller faire sa prière.
COPIOSE. Abondamment , autant et plus
qu'il ne faut. Judith. 2. 8. Omnem expcditio-
neni suam fecit prœire cum his quœ exerciti-
bus sufficerent copiose : Holopherne fit mar-
cher devant lui tout son bagage avec toutes
les provisions dont l'armée pouvait avoir be-
soin.
COPIOSUS, A, iM. Copieux, ample, riche,
abondant {iroh'jç). Ps. 129. 7. Copiosa apnd
cum redcmptio : Dieu nous fait de grands
biens, et nous délivre souvent de nos uvaux.
Eccli. .SI. 36. Copiosum aurum possidelc in
eu : En possédant la sagesse , vous posséde-
rez une grande abondance d'or. Act. 22
6. etc.
COPULA, M. Ce mol vient du Grec ir^oxà,
par transposition, ou de l'Hébreu Ssj, capal,
duplicare, et .signifie lien, attache : dans l'E-
criture :
Le devoir du mariage. Gen. 29. 27. Impie
hcbdomadam dicrum luijus copnlœ : Passez la
semaine avec celle-ci, se. avec Lia que Lahan
avait donnée à Jacob au lieu de Rachel.
COPULARE, c-uvKTr-etv. — 1 Joindre, assen:-
bler, lier, unir des choses. Isa. 5. S. JVr qui
(igrum agro coy?a/«/{s ; Malheur à vous qui
ÔS9 DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
ajoutez les terres aux terres, se. par des voies
injustes. Ëxod. 26. 49.
2° Unir, attacher des personnes, soit parle
lien de l'amitié, ou d'un amour honnête (yt-
ItaÇetv). Eccli. 37. 1. Et ego amicitiam copu-
/av»;J'aifait aussi amitié avec cet homme.
Jos. 23. 12. Gen. 29. 34. Soit par le lien d'un
amour violent et passionné. S.^Reg. 11. 2.
His copulatus est Salomon ardentissimo amo-
re (-/oX^âaeat) : Salomon s'attacha à plusieurs
femmes étrangères avec une passion très-
ardente ; soit par le lien de quelque ligue ou
alliance. Judic. 3. 13. Copulavit ei filios Am-
mon et Amalec (o-uvâystv irpôç). Dieu joignit à
Eglon les enfants d'Ammon et d'Amalec, se.
contre les Israélites, à cause de leurs péchés;
soit en6n par celui de la religion. Esth. 9.
27. Susceperunt Judœi super se et super cun-
ctos qui religioni eoriim voluerunt copulari
((7'jv«7££v) : Les Juifs s'obligèrent eux et
leurs enfants et tous ceux qui se voudraient
joindre à leur religion ; se. de faire une fête
solennelle du quatorzième et du quinzième
jour du mois d'adar, pour la raison marquée
COPULATIO , Nis. Conjonction, liaison,
union; dans l'Ecriture :
Participation, société. Tob. 6. 20. In copu-
latione sanctorum patriarcharum admitteris :
La seconde nuit vous serez associé aux saints
patriarches ; se. vous aurez part à leurs mé-
rites et à leur sainteté , pour pouvoir vivre
chastement avec Sara, ainsi qu'ils ont vécu
avec leurs femmes.
COGTIO, Nis, l^nuct. La coction des vian-
des dans l'estomac ; dans l'Ecriture : — 1°
Mets cuits. Gen. 25. 30. Da milii de coetione
hae rufa: Donnez-moi , je vous prie , de ce
mets tout roux, dit Esaii à Jacob : C'était un
plat de lentilles. Voy. v. 34. Ainsi, 4. Reg, 4.
*0. — 2° L'eau même dans laquelle on f;iit
cuire quelque chose. Ezech. 24. 5. Efferbuit
cocfîo ;Heb. bulliie fae .-Faites bouillir la
chair de ces bêtes à gros bouillons : Ce qui
figurait les maux et les afflictions que Dieu
devait envoyer sur les Juifs.
COQUERE , é^sïv. Ce verbe vient ou de
xôx,oç, humor copiosus, ou de coaquo , cum
aqua coquo.
Cuire, faire cuire , ou rôtir. Exod. 23. 19.
c. 34. 26. Deut. 14. 21. Non coques hœdiim in
lacté matris suœ : Vous ne ferez point cuire
le chevreau avec le lait de sa mère ; se. parce
que ce serait une espèce de cruauté de pren-
dre ce qui sert de nourriture à un animal
pour l'assaisonner après sa mort. D'autres
expliquent : Vous ne ferez point cuire le che-
vreau lorsqu'il tettc encore le lait de sa mère;
on ne l'offrait point en cet état : d'autres en-
fin interprvMenl ce passage de la sorte : Vous
ne ferez point cuire le chevreau avec sa mère
lorsqu'il la tctte encore. Voy. Lac. Gen. 11.
3. Faciamus lateres et coquamus : Faisons
des briques, et cuisons-les au feu {omciv).
Thron. 4. 10. De là vient,
COQUENS, Tis. Ce participe, qui vient de
coquere, est pris dans l'Ecriture [tour pistor.
Qui fait cuire le pain. Ose, 7. 4. Quasi cli-
banus sHccensus u coQuente : Les Israélites
des dix tribus se portaient à l'adultère spi-
rituel, et en étaient embrasés avec la même
ardeur que se trouve un feu allumé, v. 0.
Tôt a noete dormivit eoquens : Jéhu, qui favo-
risait l'idolâtrie, les voyant enflammés pour
le culte des idoles, se tint en repos, souffrant
avec complaisance qu'ils s'y abandonnassent
tous, comme un boulanger qui se repose
jusqu'à ce que son pain soit cuit.
COR , coRDis , Gr. -/«/jSia. Ce mot vient de
y.t>Çf de l'Hébreu kereb 3"ip , médium, et si-
gnifie :
1° Le cœur, l'une des principales et des
plus nobles parties du corps de l'animal. 2.
Reg. 18. 14. Jnfiœit eas in corde Absalom ;
Joab perça de trois dards le cœur d'Absalom.
4. Reg. 9. 24, etc.
2° La poitrine. Cant. 8. 6. Pane me ut si-
gnaculum super corluum : Mettez -moi comme
un sceau sur votre cœur : Jésus-Christ veut
que le caractère de son image soit empreint
sur le cœur et sur le bras de son Epouse : l'E-
criture fait ici allusion aux noms des douze
tribus gravées sur le pectoral du grand-prê-
tre. Voy. Exod. 28. 29.
3° Le corps même. Ps. 103. 15. Vinum lœ-
tificet cor homims, et panis cor hominis con~
firmet : Vous faites sortir le pain de la terre
et le vin qui réjouit le cœur de l'homme. Gen.
18. o. 1. Reg. 25. 37. Act. 14. 16. Jac. 5. 5.
4" Toiit l'homme , l'homme entier. Ps. 36.
15. Gladius eorum intret in corda ip^orum ;
Que l'épée des pécheurs leur perce le cœur.
Ps. 101. 6. Aî'uit cor weum : Dans le même
sens que le porte, v. 12. Sicut fœnum arui ;
Je suis devenu sec comme l'herbe, se. de
tristesse. Ezcch. 28. 2. Dédis ti cor luum quasi
cor Dei : Vous vous êtes élevé comme si vous
étiez un Dieu; ceci s'adresse au roi de Tyr.
Estius, in Rom. 1. 21.
Parce que le cœur, selon les Hébreux , est
le propre et le principal siège de l'âme, et la
source de toutes les affections et de tous les
désirs; le cœur se prend en général dans
l'Ecriture pour toutes les pensées, les déli-
bérations , les desseins , les entreprises, les
vœux, les passions; et enfin pour toute la
nature et l'esprit de l'homme, et pour tout
ce qui est caché dans son esprit et dans ses
affections. Ainsi ce mol signifie,
§ 1. — L'âme de l'homme. 1. Petr. 3. 4.
Qui abscondilus est cordis homo : L'homme
invisible caché dans le cœur. Luc. 8. 15. et
dans les autres endroits où il est parlé de la
circoncision du cœuretde son incirconcision,
de sa purification, etc.
§2. — L'esprit, qui est le principe des
pensées et des affections. Ps. 13. 1. Dixit in-
sipiens in corde suo, id est, in mente : L'in-
sensé a dit dans son cœur, id est, en lui
môme, Il n'y a point de Dieu. Luc. 24. 38.
Quid cogitationes ascendunt in corda vestra'i
Pourquoi s'élève- t-il tant de pensées dans
vos cœurs? dit Jésus-Christ. 3. Reg. 4. 29.
Dédit Deus Salomoni latitudincm cordis :Dieu
donna à Salomon une étendue de cœur, id
est, d'esprit, et il est pris en ce sens dans
tous les endroits où il est dit que le cœur est
docile, sage, éclairé, insensé, aveugle. Exod.
961
COR
COR
9G2
31. 6. c. 36. 8. Prov. 16. 9. c. 6 32. Eccli. 1.
16. Is. 6. 10. Osée 4. 11. Malth. 13. li. Joan.
12. 40. Marc. 4. 15. Rom. 2. 15. 2. Cor. 4.
6. Hebr. 10. 16. Ainsi , Jer. 24. 7. Dabo eis
cor ut sciant me : Je leur donnerai un cœur
docile, afln qu'ils me connaissent.
§ 3. — Prudence, sagesse , bon sens. Job.
12. 3. Et mihi est cor , sicut et vobis : J'ai du
sens aussi bien que vous. De ce mot en ce
sens vient, excors, vecors^ insensé; cordatus,
bien sensé.
§ 4. —La volonté. Ps. 94. 8. Nolite obdu-
rare corda vestra : G^ràez-\ous bien d'endur-
cir vos cœurs. Exod. 14. 5. Immutatumque
est cor Pharaonis : Le cœur de Pharaon et de
tous ses serviteurs fut changé à l'égard du
peuple; se. en ce que Pharaon poursuivit le
peuple, qu'il avait peu auparavant laissé
aller. Act. 4. 32. Multitudinis credentium
erat cor unum et anima una : Toute la mul-
titude de ceux qui croyaient n'avait qu'un
cœur et qu'une âme. c. 16. 14. 1. Par. 12.38.
c. 29. 18. Jerem. 32. 39. Ezech. 11. 19. et
souvent ailleurs, et partout où lEcriturc
appelle le cœur droit, déréglé, tendre, dur,
net , impur , et semblables; et quand le mot
renés est ajouté à ce mot, l'Ecriture marque
ce qui est de plus caché et de plus secret
dans l'homme. Ps. 7. 10. Scrutans corda, et
renés Deus : O Dieu, c'est vous qui sondez
les cœurs et les reins. Apoc. 2. 23. A cette
signification se peut rapporter, Judic. 16. 18o
Nunc mihi aperuit cor suum : Samson m'a
maintenant ouvert son cœur, id est, le secret
de son cœur, dit Dalila aux Philistins.
§ 5. — La mémoire. Deut. 8. 9. JS'e excidant
de corde tuo : Que les grandes merveilles
que vos yeux ont vues, ne s'effacent point de
votre cœur et de votre esprit; id est, de votre
mémoire, en sorte que vous les oubliiez. Ps.
30. 13. Oblivioni dalussum tamquam mortuus,
a corde, id est, e memoria : J'ai été mis en
oubli et effacé de leur cœur, comme si j'eusse
été mort. Deut. 6. 6. Isa. 31. 7. Luc. 2. 51.
Philipp. 1. 7.
§6. — La conscience. l.Reg. 24. 6. Posthœc
percussit cor suum : David se repentit en lui-
même, se. d'avoir coupé le bord de la casa-
que de Saùl. 1. Joan. 3. v. 20. 21. Si noire
cœur nous condamne, 1. Reg. c. 25. 31, 2.
Reg. 24. 10. Ezech. 14. 5. Ainsi, Redire ad
cor : Rentrer en soi-même. Isa. 40. 8. Redite
pravaricatores ad cor : Rentrez dans votre
cœur, violateurs de la loi; Hebr. agissez
avec courage.
§ 7. — Les affections et les passions, parce
que le cœur en est le siège. Matlh. 15. v. 18.
19. Quœ... procedunt de ore, de corde exeuvt:
Ce qui sort de la bouche , part du cœur ; .lé-
sus-Christ oppose les paroles que l'on profère
aux choses qui se mangent. D.in. 7. 4. Cor
hominis datum est ei : Il lui fut doimé un
cœur d'homme, se. à Nabuchodonosor, qui
après avoir été défait par Cyrus, eut le cœur
de lion changé en cœur d'hoinme faible,
abattu et terrassé. Dan. 4. 13. c. 5. 21. De là
vient rCorrfc tabesccre :¥Arc abattu et affligé.
Ezech. 21. v. 7. 17. Tabesccl omnc coj ; Tt.us
les cœurs sécheront de crainte, sf. à la venue
de l'ennemi; et souvent ailleurs où quelque
passion est marquée. Marc. 7. v. 21. 22. A
quoi se rapporte ce passage suivant de saint
Paul, qui marque l'appétit sensitif. Rom. 1.
24. Tradidit illos Deus in desideria cordis
eorum .Dieu a abandonné aux désirs de leurs
cœurs les sages du monde.
§ 8. — La vigueur, le courage ; d'où vien-
nent souvent ces façons de parler : Cor lan-
guidum, dissolulum , tabescens, liquefactum ,
pour marquer un courage abattu et dans la
frayeur. Jos. 2. 11. Elanguit cor nostrum, id
est. ûdmodum fcrr«f(' sumus; Hebr, La frayeur
nous a saisis jus(iu'au fond de l'âme, c. 5.
1. etc. Voy. Elanguere. A quoi se rapporte
celte phrase : Invenire cor. Voy. ci-dessous.
§ 9. Inclination, affection, en parlant, soit
de Dieu, soit des hommes. 3. Reg. v. 9. 3.
Erunt oculi mei et cor meum ibi cunctis die-
bus ; id est , eril cara mihi : Mes yeux et
mon cœur s'appliqueront toujours à cette
maison, dit Dieu à Salomon. 2. Par. 7. 16.
Matlh. o. v. 6. 21. Luc. 12. 34. Ubi thésaurus
tester est, ibi et eorvestrum erit : Où est voire
trésor, là sera aussi votre cœur. 1. Reg. 13.
14. 2. Reg. 14. 1. c. 15. 13. Act. 13. 22.
§ 10. Ce mot par un Hébra'ïsme, parce
qu'il vient de kereb, médium, signifie souvent
le dedans ou le fond dequelquechose.Matth.
12. 4. Erit filius hominis in corde terrœ
tribus diebus et tribus noctibus : Le Fils de
l'homme sera trois jours et trois nuits dans
le cœur de la terre. Ps. ko. 3. Cor maris :
Le fond de la mer. Ezech. 27. 27. Jon. 2. 4.
Le milieu de la mer. Ezech. 27. v. 4. 25. 26.
c. 28 8.
§ 11. Quand ce mot est répété, il marque
un esprit double et dissimulé. Ps. 11. 3. La-
bia dolosa in corde, et corde loculi sunt : Les
lèvres des enfants des hommes sont pleines
de tromperie, et ils parlent avec un cœur
double ; ils ont autre chose dans la bouche ,
et autre chose dans l'esprit ; ce qui est le
même sens que cor duplex, marqué 1. Par.
12. 33. Non in corde duplici : Tous ces gens
allaient au service de David sans aucune du-
plicité de cœur; et alors il est opposé au
cœur sincère . appelé cor verum , cor perfec-
lum. Hebr. 10. 22. 1. Par. 12. 38. Mais cor
duplex, Eccli. 1. 36. signifie celui qui hésite
entre la foi et la défiance.
Façons de parler.
In, de, ex corde, corde perfecto, in loto
corde. Sincèrement, de bon cœur, avec affec-
tion. Ose. 7. 14. Et non clnmaverunt ad me in
corde suo . Ils n'ont point crié à moi du fond
de leurs cœurs. Ephes. 5. 19. Coloss. 3. 16.
Malth. 18. 35. Si non remiseritis unusquisque
frnlri suo de cordibus vestris: Si chacun do
vous ne pardonne du fond de son cœur à son
frère qui l'a offensé. Rom. 6. M.Ohedislis ex
corde : Vous avez embrassé du fond du cœur
la doctrine de l'Evangile. 2. Par. 15. 15. Je-
rem. 31. 41. Ainsi , 3. Reg. 2. 4. Si filii lui
ambulavcrint coram me in veritnte, in omni
corde suo : Si vos enfants marchent devant
moi dans la vérité , et de toute leur âme, se.
en pratiquant ma loi. c. 8. 23. V. Reg. 10,
90:
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE,
1;64
30. 1. Var. 29. 9. Mais quand Dieu nous coni-
iiiande de l'aimer et le servir de tout notre
cœur, cela s'entend non-seulement tout de
bon, avec affection et sans hypocrisie, mais
encore sans partage, on sorte que nous l'ai-
mions par-dessus tout et tout pour lui ; comme
s"entend , Matlh. 22. o7. Dilifjes Dominum
Deutn tuutn ex tolo corde luo. Marc. 12. 30.
Luc. 10. 27. Deul. G. o. c. 10. 12. Voy. ci-
dessous Phrases.
Il est dit des choses que nous aimons,
qu'elles sont dans notre cœur. Deut. 6. 6.
Ps. 86. 31. Lex Dei ejus in corde ipsius :L:i
loi de Dieu est dans le cœur du juste. Ps. 3L).
9. 2. Cor. 7.3. c. 3. 2. Philij^p. 1- 7.
Jiixta, ou secundum cor. Ce qui plaît, que
l'on aime et que l'on approuve. 1. Reg. 13.
lï. Qaœsivit Dominm vini/n jaxta cor suum:
Le Seigneur s'est cherché un homme selon
son cœur, dit Samuel à Saùl, parlant de Da-
vid. 1. Par. 17. 19. Act. 13.22.
Phrases tirées de ce mol.
De, ou ex rorde aliquid facere. Faire quelque
chose de son mouvement, sans ordre et sans
vocation. Num. IG. î8. Scictis quod non ex
proprio ea corde protulerim : Vous reconnaî-
trez à ceci que c'est le Seigneur qui m'a en-
voyé pour faire ce que je fais, et que ce n'est
point moi qui l'ai inventé de ma tète, dit
Moïse, c. 2i. 13. Ezceh. 13. v. 2. 17. Ainsi,
Thren. 3. 33. Non enim humiliavit ex corde
sHo, et ahjecit filios hominum : Car il n'a pas
humilié volontairement et de bon cœur les
enfants des hommes, les Israélites.
Dicere in corde. Penser en soi-même. Ps.
13. 1. Dixit insipiens in corde suo .-L'insensé
a dit dans son cœur : Il n'y a point de Dieu.
Ps. 3i. 25. Isa. i7. v. 8. 10. c. i9.21. Baruch.
6. 5. Apoc. 18. 7. Quelques-uns expliquent
tous ces passages de l'affection du cœur.
Dans ce sens, Ps. 13. 1. marque que l'impie
souhaiterait qu'il n'y eût point de Dieu pour
punir ses crimes; mais il faut excepter, 1.
Mach. 6. 11. qui ne se peut entendre que
dans le premier sens. Dixi in corde meo .-J'ai
dit au fond de mon cœur ; se. j'ai fait réflexion
à quelle affliction je suis réduit, dit Antio-
chus.
Habere aliqnem in corde. Avoir, [)orier
queUju'un dans son cœur; c'est se souvenir
toujours dos marques de bonté et d'affection
(]u'on a reçues de lui. Phiiipp. l.l. Eo quod
liubeam vos in corde : Parce que je vous porte
uans mon cœur.
Inicnire cor suum. Trouver son cœur pour
faire quelque chose; c'est se trouver disposé
à faire quelque chose avec confiance. 2. Reg.
7. 27. Invenil servns luus cor suum ut oraret
te: Voire serviteur a trouvé son cœur pour
vous adresser cette prière. Voy. 1. Par. 17.25.
D'autres expliquent : J'ai jugé à propos de
vous adresser cette prière.
Lfvare cor. Voy. Le\ are.
Loqni ad cor. Parler au cœur; c'est dire à
quoiqu'un d(>s choses agréables, et le con-
solei . Isa. '«0. 2. Loquimini ad cor Jcrus(dem:
Parlez au cœur de Jérusalem. Voy. Loqli.
Âlilterc in cor. Faire entrer dans le cœur.
persuader. Joan. 13. 2. Cton diabodis jam mi'
sisset in cor : Le diable ayant déjà mis dans
le cœur de Judas le dessein de trahir Jésus-
Christ.
Ponere in corde. Voy. Ponere.
Possidere , ou habere cor. Posséder son
cœur; c'est être sage et bien sensé, Ecdi.
51. 28. Possedi cum ipsa cor ab inilio : J'ai
dès le commencement possédé mon cœur
avec la sagesse. Prov. 15. 32. Jerem. 5. 2.
Popule slulte, qui non habes cor : Peuple in-
sensé, qui êtes sans entendement et sans es-
prit. Voy. PossEssoR.
CORAM , èvKvTtov, EvavTt, evwTTtov. Gc mot
vient ou de -/.oço, oculi pupilla; en sorte qu'il
signifie proprement, ce qui est devant les
yeux; ou de l'Hébreu goram, nudus nuditas ;
comme si on disait à nu, ouvertement.
1° En présence, à la vue , devant. Ps. 31.
1. David, cum immulavit vultum suum coram
Abimelech : A David, lorsqu'il changea son
visage en présence d'Abimelech. Ps. 77. 12.
Coram patribus eorum fecit mirabilia ; Dieu
a fait devant les yeux de leurs pères des œu-
vres vraiement merveilleuses dans la terre
de l'Egypte. Exod. 30. 8. Matlh. 5. IG. 1.
Tim. 6. 12. Ce qui se dit aussi à l'égard des
autres sens. Gen. 19. 13. Eo quod increverit
clamor eorum coram Domino ; id est, audienle
Domino : 'Sous allons détruire ce lieu; parce
que le cri des abominations de ces personnes
s'est élevé de plus en plus devant le Seigneur.
2' Celte préposition, avec son cas, souvent
ne signifie autre chose que le datif. Ps. 55.
13. Ut placeam coram Deo : Afin que je puisse
me rendre agréable devant Dieu. Eccli. 25.
1. Probata coram Deo et hominibus : Choses
qui sont approuvées de Dieu et des hommes.
Apoc. 3. 8. Dedi coram te ostium aperturn
quod, elc. Je vous ai ouvert une porte que
personne ne peut fermer. 1. Tim. 2. 3. c. â.
4. Hebr. 13. 21. 1, Joan. 3. 22. Ainsi, Ps. 84.
5. Adorabunt coram te, Domine ; i. c. adoVa-
bunt te : Toutes les nations viendront se
prosterner devant vous , Seigneur, et vous
adorer. Luc. 4. 7. Le verbe grec gouverne le
datif; quoique cette préposition se mette pour
le cas du verbe quel qu'il soit. 4. Keg. 14. 12.
Percussusque est Juda coram Israël {ÙT:h tt^&oo-w-
-ov) : L'armée de Juda fut taillée en pièces
par celle d'Israël; se. sous Amasias, roi de
Jud.î, et sous Jons, roi d'Israël. Ainsi, fugere^
et cadere coram hostibus ; i. e. ab hoslibus.
3' Du vivant de quelqu'un, de son temps.
Num. 3. 4. Functique ^unt sacerdotio Elea^
zur et Ithainar^ coram Aaron pâtre suo ( aerà)/
Eleazar et Ithamar exercèrent les fonctions
du sacerdoce, du vivant de leur père Aaron ;
Gr. avec leur père. Voy. Ante, in oculis; cum.
Gen. li.28. 1. Par. 24. 2. Luc. 4.21. Isa. G5.
23. Ps. 71. V. 5. 17. Ps. 78. 10. Ps. 117. 22.
Luc. 7. 16. Ainsi, Gen. 25. 18. Coram cun-,
ctis fratribus suis obiit : Il mourut, laissaiU
après lui ses frères vivants; selon d'autres»
il mourut au mili(>u de tous ses frères ; parce
que sa demeure élait entre celle d'isaac, et
celle des enfanis de Célura.
4" Par l'ordre et la volonté. Isa. 53. 2. A$'
cendel sic ut virijultam coram en : Jésus-
963
COR
COR
966
Chrlsl naîtra, comme une planle, d'une terre
}ui ne sera point arrosée; se. delà sainte
ricrge, par Tordre et la providence de Dieu.
Gen. 6. 13. Finis universœ caniis venit coram
me ; J'ai résolu de faire périr tous les hom-
mes, dit Dieu à Noé. Num. 32. 20. Si facitis
qxiod promittilis, expediti pergile coram Do-
mino , ad pugnam : Si vous faites ce que
vous promettez , marchez lievant le Sei-
fjneur tout prêts à combattre: v. 29. 32. Gen.
17. 1.
o^ Selon 1 avis et iC jugement. Act. 8. 21.
Cor tuum non est rectum coram Do^ixino :
Votre cœur n'est pas droit duv.int Dieu, lloni.
3. 20. c. li. 22. Luc. 16. lo. Les phrases
suivantes s'entendent en la même signifie i-
tion. Quod bonum, rectum, ou quod mcdum
est coram aliquo : Au jugement de quelqu'un.
3. Reg. 11. 38. etc. c. i'ô. 7. etc.
6" Ce mot marque l'étal d'un serviteur tou-
jours prêt à obéir. 1. Reg. 16. 16. Servi tui
qui coram le sim? .• V^os serviteurs qui sont
auprès de votre personne ; ce sont les offi-
ciers doSaùl. c. 3. 1. Puer Samuel minislra-
bnt Domino coram Heli : Le jeune Samuel
servait le Seigneur en la présence d'Héli ;
i. e. sous la conduite et la charge d'Héli.
1" Le mot coram marque la faveur et les
bonnes grâces de quelqu'un. Gen. 17. 18.
Utinam Ismael vivat coram fe; Faites-moi
seulement la grâce qu'îsmaë! vive sur la
terre. Num. 32. 22. Ainsi , Manducare et li-
bère coram aliquo : Boire et manger à la table
de quelqu'un. Luc. 13. 26. Manducavimus
coram te , et bibimus : Nous avons mangé et
bu en votre présence , diront inutilement
ceux qui seront dehors, après que le père
de famille sera entré. 3. Reg. 1. 2i. Jerem.
o2. .33.
8 Ce mot sert encore pour marquer qu'une
( hose plaît et qu'on l'approuve. Luc. 24. 19.
Fuit poteus in opère et sermone coram Deo et
omni populo : Jésus-Christ a été un prophète
puissant en œuvres et en paroles, devant
Dieu et devant tout le peuple. Apoc. 8. i.
Ascendil fumus coram Deo, i. e. Deo gralus :
La fumée des parfums, composée des prières
des sainis, monta devant Dieu. 1. Reg. 16. 6.
1. Tim. 2. 3. c. o. k. etc.
Cette préposition est souvent mise pour
d'autres prépositions. — 1° Pour apud, au-
près. 2. Reg. 16. i. Oro ut inveniam graliam
coram te (iv oyO«>.piorç) : Ce que je sou-
haite, c'est d'avoir (juelque part à vos bonnes
grâres. dit Siba à David, Gen. 19. 19. c. 3i.
11.3. Reg. 11. 19.
2' Pour contra, conlje. Luc. lo. v. 18. 21.
Pater, peccavi in cœlum, et coram te : Mon
père , j'ai péché conlre le ciel et contre
vous.
3' Pour prœter, hormis {nlr,v). Exod.
20. 3. Non habebis deos aliénas coram tue :
Vous n'aurez |)oinl d'autres dieux que moi.
k" Pour propter, à cause, par respecl ou
par crainte de quelqu'un (-^o -ootoj-oj . Ma-
lach. 3. li. Ambuluvimus tristes coram Do-
mino : Nous avons marché avec un visage
abattu devant le Seigneur.
5° Pour pcncs , au pouvoir, eu la disposi-
tion, au choix de quelqu'un. Gen. 13. 9. Uni-
versa terra coram le est : Vous voyez devant
vous toute la terre, dit Abraham à Lolh, lui
donnant le choix de la droite ou de la gau-
che, c. 20. lo. Terra coram vobis est : Vous
voyez devant vous toute cette terre, dit Abi-
raélech à Abraham, lui permettant de de-
meurer où il lui plairait dans son royaume,
c. 24. ol. c. iO. 10. c. 62. 11.
Façon de parler.
Coram Deo, i-jû-ir,v, èvKvrrjv. — 1° En pré-
sence do Dieu , marque que Dieu est témoin
de quelque chose, qu'il la voit, qu'il la sait
et qu'il en est le juge. 2. Cor. 12. 19. Coram
Deo in Christo l oquimur : ^ous parlons de-
vant Dieu en Jésus-Christ, c. i. 2. 1 Re^r
11. 1.5. c. 12. 3. c. 23. 18. 2. Reg. 5. 3. Os?".
7. 2. Ainsi, celte phrase sert pour attester
quelque chose par jurement. Gai. 1. 20. Quœ
autem scribo vobis, ecce coram Deo, quia non
mentior : Dieu m'est témoin que je ne ments
point en ce que je vous écris ; quelques-uns
cnlendenl dans ce même sens 2. Cor. 7. 12.
et sert aussi pour conjurer quelqu'un de faire
quelque chose, et afin de toucher davantage,
en faisant ressouvenir que Dieu est prése'nt!
1. Tim. 0. 21. Testor coram Deo, et Christo
Jesu : Je vous conjure devant Dieu et devant
Jésus-Christ, etc. c. 6. 13. 2. Tim. -^ li
c. i. 1.
2° Celte façon de parler marque qu'une
chose est vraim.ent telle , comme l'étant au
jugement de Dieu, qui ne se peut tromper.
Luc. 1. lo. Erit enim magnus coram Domino;
i. e. valde magnus : Le fils qu'Elisabeth vous
enfantera sera grand devant le Seigneur.
Celte façon de parler marque la vérité , la
perfection et l'excellence de quelque chose ;
car, comme les Hébreux ajoutent le génitif
du nom de Dieu, pour marquer l'excellence
de cette même chose ; CedrlDei, montes Dei;
ainsi, ils ajoutent à certains noms adjectifs
le datif Deo, pour Hgnifier la vérilé , la per-
feclion et l'excellence de la chose marquée
par ces adjectifs , comme Justum esse Deo
robuslum esse Deo : Etre vraiment juste et
fort. Les inlerprètes lalins ont rendu ce datif
hébreu par coram Deo , Domino ; apud
Deum, etc. Gen. 7. 1. c. 10. 9. Et erat Nem-
rod robustus venator coram Domino : Nem-
rod fut chasseur, et le plus violent qui fût
sous le ciel ; d'autres expliquent coram Don ,
au mépris de Dieu, et comme en sa présence;
car coram Deo, en présence de Dieu , se dit
des choses qui lui plaisent et qui lui déplai-
sent, couime étant faites en sa présence.
Gen. 7. 1. Te vidi justum coram me : Je n'ai
reconnu que vous qui fût juste devant moi ,
dit Dieu à Noé, c. 6. 11. Corrupla est autem
terra coram Dca : La terre ctail corrompue
devant Dieu. Luc. 1. 7.ï. Ut serviamus illi in
sunctitate et justilia coram ipso : Afin do ser-
vir Dieu dans la sainlelé et dans la juslice ,
nous tenant en sa présence. Ad. 8. 21. Voy.
paragraphe I, l'r. Ainsi, les impies en plu-
sieurs endroits de I Ecriture font le mal en
présence de Dieu, par(e (ju'ils le font sans
aucun respect pour lui , quoiqu'ils sachent
967
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRLE
ce qui marque une malice
%8
Dieu ; soit devant la
marque de la pré-
, 16. 9. Accedite co-
qu'il les voit;
consommée.
3' En présence de
colonne , qui était la
sence de Dieu. Exod,
ram Domino : Approchez-vous devant le
Seigneur, c. 18. 12. etc. Soit devant l'arche ,
qui était encore une marque de la présence
de Dieu, ou dans le tabernacle ou dans le
temple. Exod. 16. 33. c. 18. 12. c. 23. 17. c
28. 12. 29. 30. Deut. 16. 11. etc.
k° Sincèrement et sans hypocrisie ; comme
en la présence de celui qui sonde les cœurs.
Gen. 17. 1. Ambula coram me : Marchez de-
vant moi, et soyez parfait, dit Dieu à Abra-
ham. 3. Esdr. 1.6. Luc. 1. 75. 2. Cor. 7. 13.
Coloss. 1. 22.
CORBAN. Gr. zo^êàv. Donum Dei. Ce mot,
qui signifle proprement , offrande , vient
de karab, appropinquare, ou plutôt de hikrib,
appropinquare facere, ou offerre ; ainsi il
signifie :
Don, ou présent consacré à Dieu. Marc.
7. 11. Si dixerit homo palri aut malri: Cor-
ban [quod est donum) quodcumque ex me, libi
profuerit ; Gr. Quocumque ex mejuvari pos-
ses, suppl. est : Si un homme dit à son père
ou à sa mère : Le bien dont je pouvais vous
assister est un don consacré à Dieu , il sa-
tisfait à la loi. Les Pharisiens, qui étaient
avares, enseignaient aux enfants à faire à
Dieu des présents dont ils eussent dû as-
sister leurs parents , et leur persuadaient
que leurs parents en recevaient aussi bien
qu'eux un grand avantage spirituel ; or ce
don que l'on appelait corban , était comme
un vœu que l'on faisait à Dieu. Voy. Matlh.
15, 5. Ce mot corban est en Hébreu. Levil. 1.
2. Num. 31. 50. Ezech. 40. i3. C'était même
une espèce de jurement, dont il est parlé ,
Matlh. 23. 18. Voy. Munus.
CORBONA , Gr. xocÇovâv. Ce mot est sy-
riaque, formé de l'Heb. corban, et signifie;
La trésorerie , le trésor sacré, le lieu où
l'on mettait les présents consacrés à Dieu.
Matlh. 27. 6. Non licet eos mittere in corbo-
nam: Il ne nous est pas permis de mettre ces
pièces d'argent dans le trésor, parce que
c'est le prix du sang, disent les princes des
prêtres. Le mot corban, qui signifie présent
fait à Dieu , en syriaque corbanan, signifie
par métonymie , le lieu où l'on mettait ces
présents. Luc. 21. k.Miseruntin munera Dei,
i. e. in corban, Marc. 12. ki. porte gazophy-
lacium, le tronc.
CORDATUS, A, UM. De cor, sage, prudent,
qui a le bon sens, Job. 3i. 10. Yiri cordati,
audite me : Vous qui avez du sens et de la
sagesse, écoutez-moi.
CORÉ, Heb. Corahh , Calvities. — 1» Fils
d'Esaù et d'Oolibama. Gen. 36. v. 5. 14. 18.
Oolibama genuit Jehus, et llielon et Core. —
2" Fils d'Eliphaz, aîné d'Esaù. Gen. 36. 16.
DuxCore, il succéda au royaume didumée à
Cenez, et Gathan» à Coré. — 3 Fils d'isaar
et petit-fils de Caath , fils de Lcvi. Exod. 6.
22. Filii Isaar, Core, Nephos et Zechri : Ce
Coré est celui qui fut le principal auteur de
la sédition qui se fil coi4re Moïse dans le
désert, et qui fut consumé par le feu avec
deux cent cinquante autres lévites. Num.
16. V. 1. 2. etc. Ses enfants ne furent point
enveloppés dans sa punition , parce qu'ils
n'avaient pas consenti à sa rébellion. Num.
26. V. 10. 11. Faclnmest grande miraculum ut
Core pereunte filii ejns non périrent : Quand
la terre s'enlr'ouvrit, Coré périt avec Da-
Ihan et Abiron et toutes leurs familles, selon
la Vulgate latine; mais, selon l'Hébreu, il
périt avec les deux cent cinquante autres par
le feu, V. 10. Aperiens terra os suum devoravit
Core (Hebr. devoravit eos ;deindeCore{periit);
Gr. Kaririev «litov? zat Xo/oi , devoravit eos et
Core), morienliUus plurimis quando combussit
ignis ducentosquinquagintavir os:EiCorépér'\l
avec plusieurs, qui moururent avec lui, lors-
que le feu brûla deux cent cinquante hom-
mes. Il est parlé dis enfants de Coré, 1. Par.
9. 19. et c. 26. y. 1. 19. et souvent au com-
mencement des Psaumes, comme étant de
ceux qui devaient les chanter. — k° Fils de
Sellum, descendant du vieux Coré. 1. Par. 9.
19. — 0° Fils d'Hébron, descendant de Ca-
leb. 1. Par. 2. 43. — 6" Fils de Jemna , Lé-
vile. 2. Par. 31. 14.
CORIANDRUM, i, /optov, du Grec -/.opia-rjov,
de -M^v , pupilla oculi, parce que c'est une
graine ronde qui ressemble à la prunelle de
l'œil.
Coriandre, herbe dont la graine est noire,
et on la couvre de sucre ; la manne qui était
de petites graines blanches, ressemblait au
coriandre pour le goût et pour la figure ,
mais non pour la couleur. Exod. 16. 31.
Erat quasi scmen coriandri album: La manne
ressemblait à la graine de coriandre, elle
élait blanche. Num. 11. 7.
CORIARIUS, II, Gr. /Byoaeù?. Corroyeur,
qui prépare les peaux. Act, 9. 43. c. 10. v.
32. Petrus hospitatur in domo Simonis co-
riarii : Simon, surnommé Pierre, est logé m
la maison de Simon, corroyeur, dit l'ange à
Corneille.
CORINTHUS, I ; Gr. KioivQo,-, dex6/;of, satie-
/as.Corinthe, ville célèbre d'Achaïe sur la mer;
Saint Paul y a enseigné la parole de Dieu
un an et demi. Act. 18. 1. Ab Athenis venit
Corinthum: Saint Paul étant parti d'Alhènes,
vint à Corinthe. Cotte ville devint la maî-
tresse de toute la Grèce, et ses richesses la
rendirent si orgueilleuse, qu'elle avait peine
à céder à Rome.
CORINTHIUS, xo/iivGtoî. Corinthien , qui
est de Corinthe Act. 18. 8. Multi Corinthio-
rum : Plusieurs des Corinthiens. 2. Cor. 6.
11. Saint Paul a écrit doux Epîtrcs aux Co-
rinthiens ; quelques-uns croient qu'il leur
en a écrit encore une aulre ijui est perdue,
fondés sur ce que dit cet apôlre, 1. Cor. 5. 9.
Scripsi vobis" in epistola : Je vous ai écril
dans une lettre.
CORlTyE, ARUM, Les descendants de Coré,
fils d'isaar. Exod. 6. 24. Hœ sunt cogna-
tiones coritarum : 1 Par. 9. v. 19. 31. c.
26. 1.
CORIUM, II, ôéçu«. Ce mot vient de l'Hé-
breu gour qui signifie la même chose.
Cuir, peau des animaux Exod. 29. 14.
069
COR
COR
970
Carnes vituli et corium et fimum combures fo-
ris : Vous brûlerez dehors, et hors du camp,
toute la chair du veau, sa peau et ses excré-
ments.
CORNELIUS, II, Gr. Kopvfihoç. Ce nom est
romain, el est formé de cornu.
Corneille, qui demeurait dans la ville de
Césarée, était centenier dans une cohorte de
la légion appelée Italienne. Act. 10. v. 1. 3.
17. 22. etc. Cornélius centurio, vir justiis ac
timens Deum : Corneille, centenier, homme
juste et craignant Dieu.Ç'a été le premier des
Gentils converti à la foi ; ce qui s'est fait par
le ministère de saint Pierre ; il avait déjà un
commencement de foi en un seul Dieu dans
l'attente du Messie, ce qui était conforme à
la créance des Juifs. Et quoiqu'il n'eût point
encore été baptisé, et que l'Evangile ne lui
eût point encore été annoncé, on ne peut
douter qu'il ne fût dès lors justifié devant
Dieu, par un effet extraordinaire de la grâce,
et en vertu des mérites de Jésus-Christ, qui
devaient lui être appliquées |)lus particu-
lièrement dans le baptême. S. Thom. 2. 2.
qu. 10. art. k. ad 3.
CORNEUS, A, UM, Kspâriwçj Qui est fait de
corne. Ps. 97. 6. Psaliite Domino in tubis
ductilibus et voce tubœ corneœ : Chantez des
cantiques au Seigneur , au son des trom-
pettes battues au marteau, et de celle qui est
faite avec la corne. Dans les premiers temps
il y avait des trompettes faites de cornes
d'animaux recourbées.
CORNICULA, M. Diminutif de cornix , du
Gr. y.opôiVYi, et signifie proprement petite cor-
neille ; dans lEcriture :
Corneille, oiseau. Baruch 6. 33. Nihil pos-
sunt sicut corniculœ inter médium cœli et
terrœ : Les idoles et tous les faux dieux n'a-
vaient pas plus de pouvoir de faire du bien
aux hommes qu'en ont les corneilles qui
volent en l'air.
CORNU, Gr. y.épKç. Ce nom neutre, qui
est indéclinable au singulier et se décline
au pluriel, vient de l'Hébreu keren.
Corne d'un bœuf, d'un bélier et des autres
animaux. Gen. 22. 18. Viditque post ter-
(jum arietem inter vêpres hœrenlem cornibus :
Abraham aperçut derrière lui un bélier qui
s'était embarrassé les cornes dans un buisson ;
il l'offrit à Dieu au lieu d'Isaac. Exod. 21. 28.
1° Les choses faites à la ressemblance des
cornes d'un animal sont appelées de ce nom,
comme :
Les cornes des autels. Exod. 27. 2. Cornua
antem per quatuor angiilos ex ipso erunt :
Quatre cornes s'élèveront des quatre coins
de l'aulel (fait de bois de selim). c. 29. 12. 3.
Reg. 22. 11. 2. Par. 18. 10. etc. Zach. 9. 15.
Replebuntur ul phialœ , et quasi cornua alta-
ris : Us seront remplis du sang de leurs en-
nemis ; comme les coupes des sacrifices et
comme les cornes de l'autel, qui sont rem-
plies du sang des victimes : on versait le
sang des victimes aux coins des autels.
Dieu avait fait attacher des cornes à son
autel pour le rendre plus majestueux c' plus
vénérable : c'étaient des ornemenls qui
étaient aux quatre coins de l'autel. Ainsi,
DiCTIONN. DE PhILOL. SACnÉE. I
Jer. 17. 1. Peccatum Juda scnptum est... in
cornibus ararum eorum : Le péché de Juda
est écrit... sur les coins de leurs autels ; les
Juifs y écrivaient les noms des faux dieux,
à qui ils offraient des sacrifices et faisaient
trophée de leur infidélité.
2° Pelit vase fait de corne. 1. Reg. 16. v. L
13. Impie cornu tuum oleo : Emplissez
d'huile la corne que vous avez , dit Dieu à
Samuel , l'envoyant pour consacrer David :
c'était ou un vase de corne plein d'huile ou
une corne qui servait de vase.
3° Une éminence ou colline, lieu élevé à la
ressemblance des cornes d'un animal. Isa. 5.
1. Vinea facta est dilecto meOf in cornu filio
olei : Mon bien-aimé avait une vigne sur un
lieu élevé , gras et fertile. Voy. Fiuus et
Oleum. Co lieu élevé marque le pays deCha-
naan, montagneux et fertile.
k° Bataillon rangé en pointe, aile d'une
armée. 1. Mach. 9. 12. Bacchides erat in
dextro cornu : Bacchide était à l'aile droite.
5° Force, puissance; parce que la force
des animaux cornus est dans leurs cornes.
Deut. 33. 17. Cornua rhinoeerotis cornua il-
lins : La force de Joseph, i. e. d'Ephraïm et
de Manassé, ses descendants, est entre les
autres tribus, ce qu'est celle du rhinocéros
parmi les autres animaux : d'où vient £x-
tollercy levare cornu. Voy. Extollere et Le-
VARE. Asswnere sibi cornua (e/etv -/.spara.) : Se
rendre redoutable par sa force. Amos. 6. ik.
Assumpsimus nobis cornua. Voy. Assumere.
Mich. 4. 13. Cornu tuum ponam ferreum : Je
vous donnerai une corne de fer. Les anciens
faisaient fouler le blé par des bœufs qui le
brisaient avec la corne de leurs pieds. Voy.
Ungulà. Dare cornu : Donner pouvoir, per-
mettre. 1. Mac. 2. 48. Et non dederunt cornu
peccatori : Ils ne permirent point au pé-
cheur d'abuser impunément de son pouvoir.
Mathathias et ceux qui l'accompagnaient ne
permirent pas qu'Aiitiochus se fortifiât et
s'élevât davantage. Hab. 3. 4. Cornua in ma-
nibus ejus : La force du saint, i. e. du Mes-
sie, est dans ses mains ; i. e. son bras est
tout-puissant. Ainsi, Cornu salulis, est une
forte protection et une puissance invincible
pour sauver. Ps. 17. 3. 2. Reg. 22. 3. Deus
cornu salulis meœ : Dieu est la force de la-
quelle dépend mon salut. Ce nom csi donné
au Messie par Zacharie. Luc. 1. 69. Erexit
cornu salulis nobis : Dieu nous a suscité un
puissant Sauveur : cette puissance toute di-
vine est marquée par les sept cornes attri-
buées à l'agneau. Apoc. 5, G. et par les deux
qui lui sont atribuées, c. 13. 11. Il est dans
celte signification souvent dans les Psaumes,
dans Daniel et dans l'Apoc. etc.
6' Gloire, éclat de lumière. Hab. 3. 4. Cor-
7iua in munibus ejus. Il paraît devant Dieu
un grand éclat de lumière, ou des éclairs;
d'autres l'expliquent de la lumière qui envi-
ronnait range qui donnait la loi , et qui re-
jaillit sur le visage de Moïse ; Heb. Cornua a
manu ejus ci. Voy. ci-dessus, 3°.
7" Gloire-, prospérité. 21. Reg. 1, Exalia^
tum est cornu meum : Mon Dieu m'a comblé
de gloire, v. 10. Sublimabit cornu Chri&t
31
071
DlCTlONiNAlRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
972
sui : Le Seigneur comblera de gloire le rè-
gne de son Chrisl, dil Anne, présentant au
Seigneur son Ois Samuel. Ezech. 29. 21. Ju-
dith. 9. 11.
8° Dignité, puissance royale. Ps. 131. 17.
Jlluc producam cornu David : C'est en Sion
que je ferai paraîlre le règne de David, ouy
je susciterai une puissance royale à la gloire
de David : ce qui a été accompli dans Noire-
Seigneur. Voy. Luc. 1. 69. Voyez ci-dessus,
5°. Celle expression vient de ce qu'on se ser-
vait d'un vase de corne pour oindre d'huile
sacrée ceux qu'on sacrait rois. Zach. 1. v.
18. 19, 21. Apoc. 13. 1. c.n. V. 3. 4. ou plutôt
parce qu'anciennement les cornes étaient
une marque d'excellence , de dignité ou de
puissance ; c'est pourquoi les païens repré-
sentaient leurs dieux et leurs rois avec des
cornes, comme il se voit dans Jupiler-Am-
mon , Bacchus, Isis et d'aulres. Dan. 7. 7.
Habebut cornua decem : Cette quatrième bête
avait dix cornes; ces dix cornes marquaient
dix rois , tant de Syrie que de l'Egypte , qui
ont beaucoup affligé le peuple de Dieu avant
la venue de Jésus-Christ. Ainsi, les dix cor-
nes dont il est fait mention, Apoc. 13. 3. et
c. 17. 3. sont les princes qui ont ruiné Rome
et qui ont démembré l'empire romain. Mais
celte petite corne qui sortait du milieu des
autres, V. 8. flgurait assez clairement An'io-
chus Epiphanes, qui était le plus petit de
tons ses frères, à qui le royaume n'apparte-
nait pas de droit et qui s'était rendu fort
méprisable par S'^s mœurs fanatiques qui le
firent appeler Epimanès, c'est-à-dire l'In-
sensé. Ce prince a persécuté outrageuse-
ment le peuple Juif et a été la figure de l'An-
téchrist, Ces trois cornes qui furent arra-
chées de devant celte bêle, sont trois rois
du nombre des dix, et qui furent détruits par
Antiochus. Dan. 8. v. 3. 4. Ecce aries unus
stabat habens cornua excelsa , et iinum excel-
sius altero : Je vis un bélier qui avait les
cornes élevées, et l'une l'était plus que l'au-
tre. Ce bélier signifie l'empire des Perses et
des Mèdes, marqué par les deux cornes :
celle qui était plus grande que l'autre, c'é-
tait Cyrus, roi de Perse, qui augmenta beau-
coup ses Etats par les conquêtes qu'il Qt en
différents temps, v. 5. Hircus habebat cornu
insigne : Ce bouc avait une corne fort
grande : cette corne désignait Alexandre le
Grand, par les armes duquel le royaume des
Grecs a triomphé de celui des Perses, v. 8.
Fractum est cornu magnum et orta sunt qua-
tuor cornua subter illud, per quatuor ventos
cœli : Sa grande corne se rompit , et il se
forma quatre cornes au-dessous, vers les
quatre vents du ciel. Alexandre mourut dans
la fleur de son âge; et dans le cours si ra-
pide de ses victoires, son empire fui divisé
en quatre royaumes, que quatre ofQciers de
son armée partagèrent, et qui étaient tour-
nés vers les quatre parties du monde : celui
de lîabylone à l'orient, celui d'Asie au sep-
tentrion , celui de Grèce à l'occident, celui
de l'Egypte au midi. v. 9. De ufio autem ex
eis egressiim est cornu unum modicum , et
factum rat gronde : Mais de l'une de ces qua-
tre cornes il en sortit une petite qui s'a-
grandit si fort. De l'un de ces royaumes,
c'est-à-dire de celui des Seleucides qui ont
régné en Asie et en Babylone, sortit le roi
Antiochus Epiphanes , qui s'empara do l'E-
gypte, poussa ses conquêtes dans la Perse
et maltraita étrangement le peuple juif. Voy.
FoRTiTUDO. Ainsi, les quatre cornes que
vit Zacharie, c. 1. 18. sont les princes et les
peuples qui avaient jusqu'alors assujetti et
opprimé le peuple juif. Extollere cornu, ven-
tilare cornu ou cornibus. Voy. Extollere ,
EXALTARE, VeNTILARE.
9° Victoire, avantage glorieux. 1. Mach.
2. 48. Non dederunt cornu pcccatori : Ma-
thathias et ses amis ne permirent point à ce
prince impie (Antiochus) d'abuser impuné-
ment de son pouvoir.
CORNUPETA, JE-, w/3aT£(7T>3?, Ce nom est
comme qui dirait : Qui petit cornu; et si-
gnifie :
Qui attaque ou frappe avec la corne.
Exod. 21. 29. Si bos cornupeta fuerit ab heri
et nudiustertius : S'il y a quelque temps que
le bœuf frappait de la corne, v. 38.
CORNUSÏIBII ; Gr. àfz«>9aî«j r.épuç , Amal-
thœœ cornu. Cornusiibie, nom de la troi-
sième fille que Job eut après que Dieu l'eut
retiré de ses souffrances. Job. 42. 14. Nomen
tertiœ Cornu stibii : stibium, antimoine, mar-
que le fard dont se servaient les femmes pour
se rendre plus belles ; ainsi ce nom signifie-
rait abondance de beauté. Voy. Stibidm- Le
Grec l'appelle corne d'abondance pour mar-
quer que Job, de pauvre qu'il était aupara-
vant, devint fort riche. Voy. Cassia, Dies.
CORNUTUS, A. UM. Qui a des cornes, en
parlant d'un animal {y.ipa; i'/j^^]. Dan. 3. 6.
Venit usque ad arietem illum cornulum : Ce
bouc vint jusqu'à ce bélier qui avait des
cornes : ce bélier à deux cornes figurait
l'empire des Mèdes et des Perses dans lequel
est venu Alexandre, figuré par le jeune bouc.
Qui est brillant, qui jette des rayons de
lumière, Exod. 34. 33. Moyses ignorabat quod
cornuta esset faciès sua ex colloquio divino;
Gr. SsSô^KaOcct : Moïse ne savait pas que de
l'entretien qu'il avait eu avec le Seigneur,
il était resté des rayons de lumière sur son
visage. Le mot Hebr. keren signifie corne et
éclat de lumière; il se peut faire que ses
rayons paraissaient sortir en manière de
cornes. Voy, 2. Cor. 3, 7,
CORONA, JE. Gr. «rréyavof. Du mot grec xo-
pûvï], proprement un bouquet de fleurs en-
trelacées.
1° Tout ce qui se fait en rond, ou de Ogure
ronde , de quelque matière ou manière
qu'elle se fasse, pourvu qu'elle serve à envi-
ronner quelque chose. 1. Reg. 23. 26. Saul
et viri ejus in modum coronœ cingebant Da-
vid et viros ejus • Saiil et ses gens environ-
naient David et ceux qui étaient avec lui en
forme de couronne; se. pour les prendre.
Judith. 3. 10. Excipientes eum cum coronis
et lampadibus : Les princes et les plus con-
sidérables avec tous les peuples recevaient
Holopherne avec des couronnes et des lam-
pes. Eccli. 32. 3. Jerem. S2. 22.
973
COR
COR
974
2° Couronne, diadème, orueniciit rojal.
Ps. 20. i. Posuisti in capite ejus coronom de
lapide pretioso .-L'humilité de David le fait
ressouvenir d'où Dieu l'avait tiré pour le
faire roi de son peuple; ou, peut-être fait-il
allusion à ce qui est dit, 2. Reg. 12. 30.
qu'après la déf.iile des Ammonites el la
prise de Rabbalh, leur ville capitale, il prit
la couronne de leur roi , enrichie de pierres
précieuses, et sf la mit sur la télé, 1. Par.
20. 2. Jer. 13. 18. Ezech. 21. 23. Esth. 8. 15.
On donna à Jésus-Christ une couronne d'é-
pines pour se moquer de sa royauté. Voyez
Matih. 27. 29. Marc. 15. 17. Joan. 17. 2. La
couronne périssable destinée au\ victorieux
des jeux protanes est opposée à la couronne
de Jésus-Christ et des bienheureux. Voy. 1.
Cor. 9. 25. Illi quidem ut corruptibilem co-
ronam accipianl , nos auteni incorruptam :
Les alhlètps s'abstiennent de tout ce qui les
peut affaiblir pour gagner une couronne pé-
rissable, au lieu que nous en espérons une
incorruptible. Apoc. 6. 2. c. 14. li. On don-
nait aux époux une couronne le jour de leurs
noces, aussi bion qu'aux épouses. Gant. 3.
11. Isa. 61. 10. Ezech. 16. 12. Dedi coronam
decoris in capile tua ; i. e. pxdcherrimam : 0
Jérusalem , je vous ai donné une couronne
éclatante sur votre tête.
§ 1. — Royaume, royauté ,, dignité royale
ou sacerdotale, Isa. 28. v. 1. 3. Vœ coronœ
superbiœ : Malheur au royaume orgm^illeux
et insolent des dix tribus! Pedibus conculca-
bitur corona superbiœ ebrionim Ephraim : La
couronne d'orgueil des ivrognes d'Ephraïm
sera foulée aux pieds. Ezech. 47. 7. Jcrem.
13. 18. Zich. 6. 11. Faciès coronas et pones
in capite Jesu .-Vous ferez des couronnes que
vous njeltrez sur la tête du grand prêtre Jé-
sus, fils de Josedec. Ce Jésus, comme il pa-
raît par la suite, était la figure de Jésus-
Christ, qui devait être roi et prêtre tout en-
semble. Thren. 5. 16. Cecidit corona capitis
noslri : La couronne est tombée de notre
têle : la royauté el le sacerdoce, qui faisaient
tout l'honneur de notre nation. Ezech. 21.
26. Toile coronam.
§ 2. — La vie élernelle et la gloire céleste
promise aux fidèles qui remporteront la vic-
toire, en s'acquittant de leur devoir. 2. Tim.
k. 8. Reposita est mihi corona justitiœ : Dieu
me réserve la CKiaronne de justice, la récom-
pense qui est justement due à ceux qui coni-
ballent selon les règles , cette récompense
est appelée couronne de justice, puisqu'elle
est due au mérite du travail et du combat,
en vertu de la promesse de Dieu ; mais c'est
aussi une couronne de grâce el de miséri-
corde, parce que c'est la grâce qui lait les mé-
riles, et la miséricorde i\\i'\ pardonne les dé-
mérites. Jac. 1. 12. A< cipict coronnm vit ce :
Lorsque la vertu de celui qui souffre pa-
tiemment les maux aura été éprouvée, il
recevra la couronne de vie. 1. Pelr. 5. k.
Prov.27. 2^. Apoc. 2. 10. c. 3. il. c. 4. v. 4.
îO. Ainsi, c. 12. 1. Corona slellarum duodr-
cim : L'Eglise est conduite à la vie éternelle
par la doctrine des douze apôtres.
i 'i — Ornennent glori(u\, gOire, hon-
neur. Eccli. 1. 11. Timor Domini corona
exultationis : La crainte du Seigneur est une
couronne d'allégresse, i. e. qui donne de la
joie. V. 22. Corona sapientiœ : C'est un or-
nement dont la sagesse honore les siens.
Apoc. 9. 7. Prov. 4. 9. Corona inclyta prote-
(jet te : La Sagesse vous couvrira d'une écla-
tante couronne; se. après que vous l'aurez
acquise, et elle vous protégera et vous af-
franchira des mauvais desseins de vos en-
nemis par la gloire et la réputation qu'elle
vous donnera, qui seronf comme une cou-
ronne éclatante dont elle C(iijvrira votre
tête : David parle à Salomon. Ainsi, Eccli. 6.
32.Voy. Gratdlatio. Job. 31. 36. Ut circum-
dem illum quasi coronam mihi : Job assure
qu'il tirerait un avantage glorieux d'un li-
vre où Dieu aurait bien voulu écrire toutes
les raisons qu'il avait alléguées contre ses
amis. Prov. 14. 24. c. 16. 31. ha. .^8. 5. c. 6
2. Thren. o. 16, Ezech. 16. 12. Philipp. 4. l!
1. Thess. 2. 19. etc. Ainsi , Apoc. 12. 1. In
capite ejus corona stellarum duodecim : La
doctrine des apôtres est la gloire de l'Eglise.
Voy. supra 2°.
§ 4.— L'Etablissement, les richesses, les en-
fants. Job. 19. 9. Abstulit coronam de capite:
Dieu m'a ôié la couronne de dessus la tête.
§0. — Toute sorte de cordon qui avance,
et toute autre cho>e qui environne, est ap-
pelée couronne, quoiqu'il soit carré ou
d'autre figure (xuai-rtov). Exod. 25. 11. Fa~
ciesque supra, coronam aureamper circuitum:
Vous f^rez sur l'arche une couronne d'or
qui régnera tout autour : L'arche étant car-
rée, le cordon par conséquent qui régnait
autour l'était aussi, v. 25. 27. c. 30. 3. c.
37. 2. Ainsi, Eccli. 45. 14. Corona aurea
super mitram ejus: Aaron avait une cou-
ronne d'or sur sa mitre. Cette couronne d'or
sur la mitre du grand prêtre, était la lame
d'or qui ne faisait qu'un demi-cercle dont il
est parlé Exod. 28. 36.
§ 6. — Un tribut qui se donnait au prince
pour faire sa couronne, ou une couronne
d'or due au prince. 1. Mach. 10. 29. Coronas
remitto : Je vous remets et à tous les Juifs
les couronnes d'or que vous étiez obligés de
me présenter tous les ans, comme à tous mes
prédécesseurs : ce qu'écrit Démétrius à Jo-
nathas et au peuple Juif, ce tribut s'appelle
aurum coronnrium. Les provinces offraient
quelquefois gratuitement el de leur propre
mouvement aux princes de l'or, comme pour
faire une couronne ; mais ensuite on l'exi-
geait comme une dette.
§ 7. — Cercle, révolution de temps. Ps.
64. 12. Bencdices coronœ anni benignitatis
tuœ :Vou3 couronnerez l'année de toute sorte
de biens ; corona anni, est ujis pour circulas
onni. Annus in se ipsum redicns : Vous nous
comblerez de biens pendant tout le cours de
l'année.
§ 8. — Assemblée de gens pour accompa-
gner quelqu'un. Eccli. 50. U. Circn illum
corona fratrujn : Quand le g;rand prêtre Si-
mon, fils J'Onias, servait à F'autel, il était
environné des autres prêtres, conime l'est un
grand cèdre d'autres plus p«tits.
075
DICT10NN..V1KE [»E PilILOLUGIE SACRÉE.
97«
§ 9. _ Nom de lieu exprimé, parce qu'il
signifie, en hébreu, les nabitants mêmes de
ce lieu, qui est un petit canton sur les fron-
tières des tribus d'Ephraïm, de Juda et de
benjamin. 1 Par. 2. 3i. Coronœ domus Joab :
Les couronnes de la famille de Joab ; Heb.
et Gr. Atarolhji. e. Atarothani. L'Interprète
latin a traduit ce mot hébreu par coronœ,
qui est la significaiion propre, an lieu de
traduire Atarothani, ceux d'Ataroth, dont il
est fait mention, Jos. 10. v. 2. 5. 7. Ils étaient
de la fanille de Joab.
CORONARE, <7-£Gavoûv, Couronner, mettre
une couronne sur la tête. Gant. 3. 11. Yidele
rerjem Salomonem in diademate quo coronavit
iliiim mater sua : Filles de Sion, venez voir le
roi Salomon av( c le diadème dont sa mère
l'a couronné : Ceci peut s'entendre seule-
ment de ce que Bethsabée procura le royaume
à Solomon (Voy. 3. Reg. 1. v. 16. 17. 29.
30. ) ; quoiqu'elle pût bien aussi lui mettre
ia couronne sur la tête, selon le sentiment de
quelques-uns, qui disent que la fonction de
couronner les époux appartenait à leurs mè-
res; Salomon était la figure de Jésus-Christ.
Voy. DiàDEMA. Isa. 61. 10. Sap. 2. 8. Coro-
ncmus nosrosis , antequammarcescant [crifît'j):
Les païens se couronnaient de fleurs dans
les festins et dans les fêles de leurs dieux;
mais cette coutume n'a point passé aux Is-
raélites. ( Voy. TertuU. de Cor tnilit. Clem.
Alex. /. 2. Pœdagog. c. 8 ). 2. Mach. 6. 7.
Ainsi, Cant. i. 8. Veni, coronaberis : Venez,
vous serez couronnée ; Hebr. spectabis me.
<:^i:^ 1° Orner, revêtir de quelque orne-
ment précieux. Eccli. Vo. 9. Coronavit [<jrz-
pto'j'j) eum in vasis virtiitis : Dieu a revêtu
Aaron d'un appareil plein de majesté. Voy.
ViRTUs. — 2° Couronner, donner la couronne
de l'immorlalité. 2. Tim. 2. 5. Quicertat in
agone, noncoronatur nisi légitime certaverii:
Celui qui combat dans les jeux publics
n'est couronné qu'après avoir combattu ,
selon la loi de ces combats : ce qui est la
figure des chrétiens qui combattent pour
avoir la couronne do la gloire du ciel. Tob.
3. 21. Sap. k. 2. Cant. k. 8. — 3" Protéger,
défendre de toutes parts en comblant de
biens. Ps. 5. 13. Ut scuto bonœ voluntatis tuœ
coronasti nos : Seigneur, votre bienveillance
nous sert d'une puissante protection ; Hebr.
scuto , bona voluntate. — 4° Enyironner ,
charger, combler ; soit de gloire et d'hon-
neur. Ps. 8. 6. Gloria et honore coronasti eum :
(Seigneur), vous avez couronné l'honime de
gloire et d'honneur, Hebr. 2. v. 7. 9. Soit de
biens et de richesses. Isa. 23. 8. Quis cogita-
vit hoc super Tyrum quondam coronatam ?
Qui a prononcécet arrêt contre Tyr, autrefois
la reine des villes ? Ps. 102. k. Qui coronat te
in misericordiu et miserationibus:Ces\\u\ qui
vous environne de sa miséricorde et de ses
i?rAces : Dieu avait (lélivré David plusieurs
fois des périls évidents de la mort, et l'avait
enfin élevé sur le trône, le comblant des
efîetsde sa miséricorde. Si)it même des maux
dont on est accablé et eiivironné. Isa. 22.
18. CoroHans coronabit te Iribulatione : Le
Sei.Bneurvous couronnera d'une couronne de
maux ; Heb. Circumligabit te fascia : Subna
devait être lié pour être mené en captivité.
CORONULA, JE. 1" Petite couronne. Exod.
39. 26. Fecerunt mitras eum coronulis : lis
firent pour Aaron et pour ses enfants des
mitres de fin lin, avec leurs petites couron-
nes. 2" Couronne, ceinture, cordon, 3. Reg. 7
29. Inler coronulaset plectas,leones, et boves:
Sur les socles dairain, il y avait des lions et
des bœuls gravés entre les couronnes et les
entrelas.
COROZAIN, Heb. Hoc mysterium meum ;
Gr./o,6K?àiv,Chorazin. Ville de la tribu de Ma-
nassé, delà le Jourdain, sur la merde Gali-
lée. Madh. 11. 21. Luc. 10. 13. Vœ tibi, Co-
rozain : Malheur à loi , Corozaïn : Jésus-
Christ menace les habitants de cette ville
d'un châtiment plus rigoureux que ne devait
être celui de Tyr et de Sidon, pour n'avoir
pas profilé de ses instructions.
CORPORALIS, is, n. e. (rw^arixô,'. 1° Cor-
porel, qui regarde et concerne le corps. 1.
Tim. k. 8. Corporalis exercilatio ad modi-
eum utilis est : Les exercices corporels, tels
que sont ceux de la lutte ou de la course,
servent à peu de chose, se. à la conservation
de la santé et à l'augmentation des forces
du corps : L'Apôtre oppose à cet exercice,
l'exercice de la piélé comme très-nécessaire.
— 2° Qui a un corps, qui en a les qualités
qui tombent sbus les sens. Luc. 3. 22. Des-
cendit Spiritus sanctus corporali specie, sicut
columba, in ipsum : Le Saint-Esprit descen-
dit sur Jésus-Christ en forme corporelle,
comme une colombe : Il ne semble pas que
ce fût une vraie colombe, puisqu'elle ne pa-
rut que pour marquer que Jésus-Christ était
rempli du Saint-Esprit. Voy. Joan. 33. 1.
CORPORALITER, Gr. t7«/zaT£xwç:. A la façon
d'un corps ; dans l'Ecriture :
Substantiellement, et personnellement, et
non en figure. Coloss. 2. 9. In ipso habitat
omnis plenitudo Divinitatis corporaliter :
Ce n'est point seulement par la grâce
que la plénitude de la Divinité habite en Jé-
sus-Christ ; mais elle y habite hypostatique-
ment, en sorte que l'humanité de Jésus-
Christ était vraiment l'humanité de Dieu.
Voy. ci-dessous Corpus Christi 2".
CORPULENTIOR, us, oris. Qui a plus de
corps, qui est plus charnu, plus gras, qui
est dans un embonpoint meilleur [i<yy^\)prj; rxïi
erapii-j). Dau. 1. 13. Apparueruut vultus eorum
meliores et corpulentiores : Dix jours après
que Daniel et ses compagnons eurent vécu
de légumes et d'eau à boire, leur visage pa-
rut meilleur et en un embonpoint meilleur
que tous les jeunes hommes qui mangeaient
des viandes du roi : La bonne santé cl l'em-
bonpoint s'entretiennent par la tempérance
et la frugalité, et se perdent par la bonne
chère.
CORPUS, ORis, Gr. (rûpia. On fait venir ce
mot du génitif de xpwfx/="'^°>'
1" Toute substance matérielle; soit qu'elle
soit animée ou non. Job. il. 6. Jac. 3. 3.
Omne corpus illorum cireumferimus : Nous
faisons tourner tout le corps des chevaux où
nous voulons, se. parle moyen des mors. t.
977
COR
COR
978
Cor. 15. 40. Et corpora cœlestia, et corpora
terrestria : Il y a des corps célestes, il y a
des corps lerreslres. v. 37. 38. clc. Gen. 41.
h. Heb. 13. 11.
2° Corps qui est animé d'une âme raison-
nable. Sap. 9. 15. Corpus quod corrumpilur
aggravât animam : Le corps qui se corrompt
appesantit l'âme. Eccli. 31. 25. Non adduces
corpori tuo infirmitatem : Vous n'attirerez
point une maladie à votre corps, c. 2. 3.
Matlh. 10. 28. Rom. 8. 23.
3° Corps mort, corps d'homme mort (TTTwfxa).
Matlh. 10. 28. Luc. 17. 37. Ubicumque fuerit
corpus^ o(â^(A, illic congregabuntur et aquilœ:
Jésus-Christ, qui paraîtra au dernier juge-
ment avec ses sacrées plaies, se compare à
un cadavre que les aigles sentent de loin,
pour exprimer avec quelle vitesse les justes
se réuniront à lui. Nahum. 3. 3. Corruent in
corporibus suis ; i. e. inter suorum cadavera :
Des monceaux de corps tomberont les uns
sur les autres : Le Piophèle parle des peu-
ples de Ninive défaits par les Chaldéens.
Malth. 14. 12. Joan. 19. 31. Act. 9. 40. Jud.
v. 9. Eccli. 44. 14.
4° Corps d'animal tué, soit homme, soit
bête. Dan. 14. 31. Dabantur eis duo corpora
guotidie^ et duœ oves : On donnaitchaque jour
aux lions qui étaient dans la fosse de Baby-
lone deux corps, se. deuxanimaux tués, avec
deux brebis vivantes : Le lion aime une proie
vivante qu'il puisse déchirer avec les ongles.
§ 1. — Les parties du corps qui servent à la
génération. 1. Cor. 7. 4. Mulier corporis sut
polestatem non habet, sed vir ; similiter et vir
corporis sui polestatem nonhabet, sed mulier:
Le corps de la femme n'est point en sa puis-
sance, mais en celle du mari ; de même le
corps du mari n'est point en sa puissance ,
mais en celle de la femme. Vov. S. Aug.
1. 5. c. 4. contra Julianum. Membra corporis
quibus concubitus peragitur, honeste corpus
vocat.
§ 2 — Le dos de l'homme. 3. Reg. 14. 9.
Me autemprojecislipost corpu stuuui [ôizlau) aw-
/xarof o-ou. Postte) ; Vous m'avczrcjetédcrrière
vous, vous m'avez méprisé. Ezech. 23. 35.
§ 3. — La personne même. 2. Cor. 5. 10.
Ut referai unusquisque propria corporis ,
prout gessit, sive bonum, sive maZum .-Chacun
recevra ( au tribunal de Jésus-Christ ) ce qui
est dû au bien ou au mal qu'il aura fait pen-
dant qu'il était revêtu de son corps. Gen. 47.
18. Nec clam te est quod, absque corporibus et
terra, niliil kabeamus : Vous n'igtïorcz pas
que, excepté notre corps et la terre, nous
n'avons rien, disent les Egyptiens à Joseph.
2. Esdr. 9. 37. Ainsi, l'homme tout entier.
Jac. 3. G. Maculât tolum corpus : La langue
infecte tout le corps, i. e. l'homme tout entier,
si on ne la retient, cl si on ne la règle.
Eslh. 14. 2. c. 15. G. Eccli. 51. 3. Sap. 1. 4.
Tous ces passages s'entendent dans le même
sens que Jon. 4. 3. Mallli. 28. G. Acl. 8. 2.
où la personne est exprimée.
§ 4. — Le vieil homme, le corps du péché.
Coloss. 2. 11. Circumcisi eslis circumcisione
non manu fada in exspolialionc corporis
LGv. neccalorwn) carnis: Vous avez é'é cir-
concis d'une circoncision qui n'est pas f;iite
par la main des hommes ; mais qui consiste
dans le dépouillement du vieil homme, ou du
corps des péchés que produit la concupis-
cence. Selon la Vulgate latine, exspoliatio
corporis s'entendrait de la circoncision
extérieure, à cause de sed in circumcisione
Christi ; mais il est à remarquer que sed
n'est point dans le Grec, mais qu'il est né-
cessaire dans le Latin où il n'y a point le mot
peccatorum. Rom. 6. 6. Vêtus fiomo noster
simul crucifixus est ut deslruatur corpus peC"
cati : Notre vieil homme a été crucifié avec
Jésus-Christ, afin que le corps du péché soit
détruit, c. 7.24, 1. Cor. 9. 27.
§ 5. — L'assemblée de deux ou plusieurs
choses qui, étant unies ensemble par un lien
très-étroit, ne font qu'un corps. Rom. 12. 5.
Multi imum corpus sumus in Christo : Nous
ne sommes tous qu'un seul corps en Jésus-
Christ. 1. Cor. 6. 12. c. 10. 17. c. 12. 13. Co-
loss. 3. 15. Ephes. 2. 16.
§ 6. — Toutes les actions de la vie. Jac. 3.
2. Potest etiam freno circumducere totum
corpus : Si quelqu'un ne fait point de faute
en parlant, il peut régler toutes les actions
de sa vie. D'autres l'entendent du corps
même, dont on est capable de régler toutes
les parties, si on est maître de sa langue.
Matlh. G. V. 22. 23. Luc. 11. v. 34. 36. Si
oculus tuus fuerit simplex, tolum corpus tuum
lucidum erit : On fait ordinairement bien les
choses dont onjuge sainement. Voy.LucEUNA.
§ 7. — La chasteté, la pureté du corps. Eccli.
7. 26. Filiœ tibi sunt? serva corpus illarum ;
Avcz-vous des filles? conservez la pureté de
leurs corps.
Phrase tirée de ce mot.
Corpus Christi. — 1° Le corps de Jésus-
Christ s'entend en quatre manières d;ins l'E-
criture. 1° Le corps vivant et naturel de Jé-
sus-Christ qui a été formé dans le sein de la
bienheureuse Vierge , par l'opération du
Saint-Esprit. Hebr. 10. 5. Corpus autem ap~
tasti miki ; Vous m'avez formé un corps, dit
Jésus-Christ à son Père éternel, v. 10. Matlh.
2G. 12. Joan. 2. 21. Rom, 7. 4. Coloss. 1. 23.
2' Ce même corps mort et enseveli. Matlh.
27. V. 58. 59. Peliit corpus Jesu , tune Pila-
lus jussil reddi corpus /Joseph d'Arimathie
ayant demandé à Pilate le corps de Jésus, Pi-
lale commanda qu'on le lui donnât. 3° Ce
même corps glorieux , après la résurrection
de Jésus-Christ. Philipp. 3. ^1\. lieformnbit
corpus liumililalis noslrœ, cônfxguralum cor-
pori clarilalis suœ : Josus-Chrisl changera
notre corps tout vil et corruptible qu'il est ,
en un corps glorieux et conforme à la clarté
du sien. 4' Le corps do Jésus-Christ qui se
trouve réellement et substantiellement, apiès
la consécration, sous les apparences du pain
et (lu via. M;itlh. 2(). 2G. Hoc est corpus
menm : Ceci est mon corps, dit Jésus-Christ.
l.Cor. 11. 27. Rcus erit corporis et sanguinis
JJomini : Quiconque miuigera ce pain indi-
gnement, il sera coupable de la profanation
du corps et du sang du Seigneur, v. 24. ^1^.
c. 10. IG. Marc. 14. 22. Luc. 22. 19.
079
DiCTIO.NNAlP.E DE PliiLOLOGiE bACHÉE.
m\
2» Ln vérité des ombres et des Ogures de
l'ancienne loi, qui sont accomplies en Jésus-
Christ , sont appelées le corps de Jésus-
Clirist , ou plutôt corps en Jésus-Christ.
Colos. 2. 17. Quœ sunt umbra fiUurorum,
corpus autem Christi, pour corpus Christus
est : Toutes ces choses {se. qui s'observaient
dans l'ancienne loi ) n'ont été que l'ombre
de celles qui devaient arriver, et Jésus-
Christ on est le corps et la vérité. Ainsi la
Yulîîale, qui porte corporalilcr, marque que
la Divinité habile en Jésus-Christ substan-
tiellement , et non en figure , ni seulement
par une inhabitation de grâce. Voy. Corpo-
RALITER.
3° Le corps mystique de Jésus-Chsist, qui
est l'Eglise. 1. Cor. 12. 27. Vos autem estis
corpus Christi: Vous êtes le corps de Jésus-
Chrisl. Colos. 1. 2i. Adimpleo ea quœ desunf
passionum Christi in carne mea pro corpore
ejus, quod est Ecclesia : J'accomplis dans ma
ch.iir ci'Qui manque aux souffrances de Jé-
sus-Christ, pour son corps , qui est l'Eglise.
23.
4. v. h. 12.
V. 18. c. 2. 19. Ephes. 1.
16. c. 5. V. 23. 30.
CORRECTIO. — V Correction, réforma-
tion {^LÔp^MGLç). Heb. 9. 10. Usqiiead tempus
correctionis : Les cérémonies de la loi n'ont
^•é imposées que jusqu'au temps qu'elle a
eîé réformée ou perfectionnée par la nou-
velle loi. c. 6. 16.
2' Fondement, établissement (zaTÔp9wcrt? ).
Ps. 96. 9.. Justitia et judicium correctio sedis
ejus : La justice et l'é(jni[é sont les bases et
le soutien du trône du Seigneur. Saint Jé-
rôme , Firmamenlum throni ejus. Voy, Cor-
RI6ERE, 4°.
CORREPTÎO, Nis, l'X:7zo?. — Incorrec-
tion, réprimande, reproche. Prov. 27.5.
Melior est manifesta correptio quam amor
abscondilus • La correclion manifeste vaut
mieux quun amour secret. Le S;ige parle
d'une correction qui se fait non piibiiqu. -
ment, mais en p<irliculier à un ami, fran-
chement et sans dissimuler sa faute, par un
amour véritable , non feint et dissimulé, tel
qu'est l'amour de celui qui n'ose reprendre
son ami de ses défauts , de peur de le cho-
quer. Manifesta correptio : Correction mani-
feste. Sap. 17. 7. Sapientiœ gloriœ correptio
cum conlximelia ; i. e. redargutio contiime-
liosa gloriationis de sua sapientia : La sa-
gesse dont les Egyptiens faisuienl gloire, fut
déshonorée honleusemenl; se. dans le temps
des ténèbres palpables où ils furent. Eceli.
29. 35. Correptio dumus, et improperium fe-
neratoris ( ETrtTtpt/îo-t; ) : Les reproclies de ce-
lui qui nous a logés chez lui , et les insuites
d'un créancier, sont deux choses pénibles à
un homme qui a du sens. c. 19. v. 5. 28.
Job. 13.6.
2" Remontrance, avertissement (vovO-aix).
Prov. 1. 23. Convertimini ad correptionem
meam ; Faites attention aux instructions que
je vous donne, v. 30. Sap. 16. 6. 1. Cor. 7.
V. 10. 11. Ephes. 6.4. Til.3. 10.
3° Correction, châtiment, punition. Prov.
29. 15. Virga atqiie correptio tribuit sapien^
tiam : La verge et la correction donnent la
sagesse. Eccli. 20. 31. Avertit correptiones
eorum : Les présents et les dons empêchent
les juges de châtier les coupables. Sap. 1.
9. c. 3. 10.
k° Correction, amendement. Prov. 29. 20.
Stultilia magis speranda est qwim illius cor-
reptio : Pour un homme qui est prompt à
parler , attendez plutôt de lui des folies que
non pas qu'il se corrige ; autr. il y a plus à
espérer d'un fou que de lui.
CORRIDERE , cvyy-Aàv. Rire avec quel-
qu'un , s'amuser à rire avec lui. Eccli. 3 )
10. Non corrideasilli , ne doleas : Un enfant
avec qui le père rit, perd le respect et se fa-
miliarise trop.
Se réjouir avec quelqu'un, le congratuler
du bien qui lui est arrivé. Gen.21. 6. Risum
fecit mihi Deus , quisquis audieril corridehit
mihi; Gr. (Tvyy^c.pEha.l pot , congaudebit mihi :
Le Siigneur m'a donné un sujet de ris et de
joie; se. en la naissance dlsaac, quicon
que l'apprendra, s'en conjouira avec moi, dit
Sara.
CORRIGERE, y.x~opOov-j . SiopBovv, de regere.
— 1° Corriger, redresser, rectifier, changer
de mal en bien. Eslh. 8. 5. Novis epistolis
veteres Aman litlerœ corriganlur : Je vous
conjure de vouloir ordonner que la pre-
mière lettre d'Aman, ennemi des Juifs, soit
cassée par une nouvelle lettre du roi, (îit Es-
ther à Assuérus. Sap. 9. 18. — 2° Réformer
les mœurs et la conduite. Eccle. 1. 15.
Perversi difficile corriguntur (sTrr/oo-fierv); Les
âmes perverses se corrigent difficilement, c.
7. 14. Considéra opéra Dei quod nemo possit
corrigerez quem ille despeocerit : La correc-
tion du cœur est l'ouvrage de Dieu. Ps. 17.
36. Ps. 118. 9. Sap. 9. 18.
§ 1. — Ordonner, régler ( iTrtJ^opOoûv ).
Tit. 1. 5. Reliqui te Cretœ, ut ea quœ desunt,
corrigas ; Je vous ai laissé en Crète, afin que
VOLS y régliez tout ce qui reste à y régler.
Ac(. 2'i-. 2. Cwn multa eorrigantur per tuam
providentiam: Comme plusieurs ordres, très-
salutaires à ce peuple , ont été établis par
votre sage prévoyance, dit l'orateur Tertulle
au président Félix.
§ 2. — Aiguiser ce qui est émoussé. 1.
Reg. 13.21. Usque ad slimulum corrigendum
{/^cdy.evei'i) : 11 fallait aller chezjes Philistins
pour faire aiguiser tout, jusqu'à la pointe
d'un aiguillon. Voy. la raison, v. 19.
§ 3. — Affermir, établir. Ps. 95. iO.Cor-
rexit orbem terrœ qui non commovebitur :
Dieu a affermi toute la terre [se. au temps
de sa création), sans qu'elle puisse être
ébranlée ; c'est le même mol en Hébreu
qu'au Ps. 92. 2. Firmavit orbem terrœ : car
les Septante rendi nt le mot Hébreu koum,
tantôt par l-rotptaÇetv, corrigerez tantôt par
xuTopOoïiv, parare, et tantôt paro-Te/jeoùv, firma-
re ; ce dernier est la signification de corri-
gerez en plusieurs endroits.
C0RR1GL4 , M\ t>«s- , «To?; du mot co-
rium.
Courroie, cordon de souliers. Isa. 5. â"?,
Nec rumpelur corrigia calceamenti ejus : Un
seul cordon de ses souliers ne se rompra
dans sa marche. Le Prophète parle des
981
COR
COU
r8:
Chaldéens, qui venaient contre Jérusalem,
forts et vigoureux ; d'autres expliquent :
Ils seront toujours sous les armes, et ne se
déchausseront point pour reposer, Marc. 1.
7. Non sum dignus sulvere corrigiam calcea-
mentorum ejus : Je ne suis pas digne de dé-
lier les cordons de ses souliers, en me pro-
sternant devant lui;t. e. de lui rendre les
services les plus bas : ce que saint Jean dit à
l'égard de Jésus - Christ. Luc. 3. 16. Joan.
1. 27.
Chose très-vile et de peu de conséquence.
Gen, lï. 23. A filo sublegminis usque ad
corrigiam (afvpurvp) caligœ , non accipicim ex
omnibus quœ tua sunt : Je ne recevrai rien
de tout Cl» qui est à vous , depuis le moindre
fil jusqu'à un cordon de soulier, dit Abraham
au roi de Sodome.
CORRIPERE ; TratSsûstv, èléy/jtv , de ra-
pere.
1° Prendre, saisir. Act. 10. 4-. Timoré cor-
reptus : Saisi de crainte.
2° Reprendre , réprimander. Ps , 140. 5.
Corripiet mejustus in misericordia : Le juste
me reprendra par charité. Eccli. 7. 6. Me-
lius est a snpiente corripi , quam stultorum
adulatione decipi (l-i-î/xïjo-tç) : li vaut mieux
être repris par un homme sage, que d'être
séduit par les fl;illeries des insensés. Malth.
18. 15. Luc. 3. 19. Voy. infra , sienif. figu-
rée 3\
3" Châtier, punir. 1. Reg. 3. 1^, £o quod
noverit indigne agere filios suos, et non corri-
puerit{vovQzTù-j) eos .-Parce que le grand prêtre
Heli sachant que ses fils se conduisaient
d'une manière indigne, il ne les a point pu-
nis, je punirai pour jamais sa maison de son
iniquité. Lev. 26. 28. Corrîpiam vos septem
ptagis ; i. e. multis : Si vous ne voulez point
vous corriger, après vous avoir tant châtié,
je vous châtierai de sept plaies, à cause de
tôs péchés. Mich. k. 3. Corripiet gentes for-
tes (è^Bléyyjt^j): Dieu châtiera des nations puis-
santes. Le Prophète prédit la conversion des
nations qui ne pouvaient pas embrasser
In foi de Jésus-Christ, qu'elles ne fussent
domptées et humiliées sous le joug de ses
préceptes. Job. 5. 17. Bealus homo qui corri-
pitur a Deo : Heureux est l'homme que Dieu
corrige lui-même. Ps. 6. 1. Neque in ira tua
corripias me : Ne me punissez pas dans
votre colère , Seigneur. Judith 8. 27. Ps.
37. 2.
§ 1. — Convaincre. Sap. 1. 3. Probata au-
tem virtus corripit insipienles : Lorsque les
hommes veulent tenter la puissance de Dieu,
elle les convainc de folie.
§ 2. — Chasser , faire retirer. Sap. 1. 5.
Corripieiur a superveniente iniquitate: L'ini-
quité survenant bannit de l'âme le Saint-
Esprit ; selon le Gr( c, rebuté et confus, et
comme contraint de se retirer.
§ 3. — Avertir, laire des remonirances
(vouOetïïv, monere). Col. 1. 2S.('orripientPs om-
nem liominem : Nous prêchons Jésus-Christ,
avertissant tous les hommes de leurs dérè-
glements. Les Apôtres ont trouvé le genre
humain dans l'ignorance de Dieu, et dans
l'abandon à leurs passions. Le mot grec peut
aussi signifier reprendre, réprimande^:
§ 4. — Corriger, réformer [iTraiiôpQMtnç, cor-
rectio). 2. Tim. 3. 16. Omnis scriptura divi-
nitus inspirata utilis est ad corripiendum :
Toute écriture qui est inspirée de Dieu , est
utile pour corriger les mœurs.
§ 5. — Avertir, rapporter queique chose à
quelqu'un. Eccli. 19. v. 13.14. l^.Corripeami-
cum : Reprenez votre ami, représentez-lui
le mal qu'on dit de lui.
CORROBORARE, {y.uziax<>uv). 1» Fortifier,
donner des forces, encourager. Dont. 3. 28.
Corrobora eum alque conforta : Affermissez
Josué, et fortifiez-le, dit Dieu à Moïse. Ephes.
3. 16. Flecto genua mea ut det vobis virtute
corroborari (-/jsaT«tw9«v«t) per Spiritum ejus in
interiorem hominem : 3e fléchis les genoux de-
vant le Père de Noire-Seigneur Jésus-Christ,
afin qu'il vous fortifie dans l'homme inté-
rieur par son Saint-Esprit.
2° Affermir , augmenter. Ps. 102. 11. 5e-
cundum altitudinem cceli a terra, corrobora-
vit misericordiam suam super timentes se :
Autant que le ciel est élevé au-dessus de la
terre, autant le Seigneur a affermi la gran-
deur de sa miséricorde sur ceux qui le crai-
gnent. Eccli. 4-9. 7. Ainsi, Eccli, 49. 12. Cor-
roboraverunt Jacob {-y.pv.y.KXdv) : Les prophè-
tes ont soutenu par leurs prophéties et fait
revenir de ses impiétés le peuple de Dieu
descendant de Jacob, et l'ont consolé dans ses
afflictions.
CORRODERE,xaTéSecreat,ronger.Exod.l0.5.
Corrodet omnia ligna quœ genninant in agris :
Si vous ne voulez pas laisser aller le peuple,
les sauterelles rongeront tous les arbre^ qui
poussent dans les champs, disent Moïse et
Aaron à Pharaon.
CORROGATIO, nis. Pnère faite à quelques
personnes de faire quelque chose , ou , de-
mande qu'on fait à plusieurs personnes,
comme en mendiant ; dans l'Ecriture :
Assemblée de gens qui contribuent chacun
du leur. Eccli. 32. 3. Ut dignationem conse-
guaris corrogationis : Afin que vous receviez
de la louange de la part de tous ceux qui sont
à table, à cause de l'ordre que vous aurez
établi ; ou, afin qu'ils vous fassent honneur,
en contribuant chacun leur plat pour en faire
comme un tribut qu'ils vous offrent comme
à leur Roi.
CORRUERE , TTtTTTciv, tomber par terre ,
choir en ruine, périr. Heb. 11. 30. Fide
mûri Jéricho corruerunt : C'est par la foi que
les murs de Jéricho tombèrent. Voy. Jos. 20.
31. Ps. 144. 14. AUevat Dominus omnes qui
corruunt : Le Seigneur soutient tous ceux
qui sont près de tomber. Il soutient tous ceux
qui ne tombent point durant la tentation, et
tous ceux qui se relèvent de leur chute, s'en
relèvent , parce que Dieu les relève. Prov.
11.28. Qui cnnfxdil in diviliis suis corrucl :
Celui qui se fiera en ses richesses tombera.
Isa. 59. 14. Corruit in platea vcritas : La vé-
rité a été rcnverséedaus les places publiques ; '^
se. où l'on rendait la justice, v. 5. 14. c. 29. '
25. Levit. 26. 37. Jos. 6. v. 5. 20. ç. 7. 5.
1 ' Se prosterner par terre. Gen. 44. 14. Om*
983
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
984
nés ante eum pnriter in tn-ram corruerunt :
Les frères de Joseph se prosternèrent «ous
ensemble devant lui. Num. 20. 6. 2. Reg 9.
C. etc. A quoi se peut rapporter, Eslh. 7. 8.
Reperit Aman super lectiinicoiTîiisse{£iinimeiv):
Assuérus trouva qu'Aman s'était jeté sur le
lit où était Esther ; il s'y était jeté pour la
conjurer de lui sauver la vie. Voy. v. 7.
2" Succomber, être vaincu et défait. Levit.
26. 17. Corriietis coram hostibiis vestris :
Vous tomberez devant vos ennemis; se. si
vous n'observez mes lois. v. 7. Num. 14.22.
43. Deut. 28. 7. 26.
3° Etre saisi de crainte et de douleur. Isa.
21. 3. Corrui cum audirem ; ce que j'entends
m'effraie, dit le Prophète parlant de la ruine
des Babyloniens, dont il prévoyait la désola-
tion par les Perses et les Mèdes. 1 Mach. 6. 16.
' 4" Tomber dans un état misérable (ào-ôs-verv).
Ose. 14. 2. Corruistiin iniquitate tua : C'est
votre iniquité qui vous a fait tomber en de
si grands maux. Prov 30. 10. Ne forte cor-
mas (àyaviÇeaSat) : De peur que vous ne tom-
Jbi.^2 dans la malédiction de Dieu ou dans le
péché, n'accusez point légèrement le servi-
teur devant son maître. Jer. 14. 9. Hab.l. 11.
CORROMPERE, Si«9)9£Î/3£iv, yOjîpEtv. Corrom-
pre, gâter. Prov. 25. 26. Vena corrupta: Une
source corrompue. Ps. 37. 6. Putruerunt et
corruptœ sunt cicatrices meœ (uïixstv) : Mes
plaies ont été remplies de corruption et de
pourriture , à cause de mon extrême folie.
Mich. 2. 10. Deut. 28. 22. 3. Reg. 8. 37. Sap.
9. 15. Nahum. 2. 2.
1° Ruiner , ravager, détruire (è^oloOpBveiv).
Exod. 8. '2k-.Corruptaque est terra ab hujusce-
modi muscis : La terre d'Egypte fut corrom-
pue de cette multitude de mouches. Jer. 51.
25. Ose. 2. 12. 1. Mach. 15. 4.
2* Perdre, exterminer , faire périr. 2 Cor.
4. 10. Licet is, qui foris est, noster homo cor-
rumpatur : Encore que dans nous l'homme
extérieur se détruise, néanmoins l'homme
intérieur se renouvelle de jour en jour. Voy.
Homo. Luc. 12. 33. Facile vobis thesaurum
non deficientem in ccelis ; quo far non appro-
piat, neque tinea corrumpit : Amassez-vous
dans le ciel un trésor qui ne périsse jamais ;
d'où les voleurs n'approchent point, et que
les vers ne peuvent corrompre : ce trésor se
fait par l'ausiiône. Ps. 74. 1. Ne corrumpas :
Ne nous détruisez pas : c'est le titre de ce
psaume, Eccli. 47. 24. Mal. 3. 11. Dan. 7. 14.
3* Corrompre les mœurs ou l'esprit, rendre
plus méchant. Apoc. 19. 2. Judiravit de me-
retrice magna quœ corrupit terram inprostitu-
tione sua : Cette prostituée que Dieu a con-
damnée, est la Rome païenne, qui a corrom-
pu toute la terre par son idolâtrie et ses au-
tres crimes. 1 Cor. 15. 33. Corrumpunt bcnos
rnores colloquia prava : Les mauvais entre-
tiens gâtent les bonnes mœurs. 2 Cor. 7. 2.
Nemincm corrupimus : Nous n'avons cor-
rompu personne , soit par le mauvais exem-
ple, soit par la fausseté de la doctrine. Cant.
8. 5. Jbi cornipla est mater tua : C'est sous
un arbre qu'Eve a été corrompue parles ar-
tifices du démon (wSûvnv, parère).
4° Souiller, profaner, rendre impur. Levit.
22. 25. Corrupta et maculala sunt omnin ;
On n'offrait point à Dieu les présents des
païens, parce qu'ils étaient souillés par leur
idolâtrie , et qu'ils étaient estimés profanes
au regard des Juifs.
5" Donner du goût, aigrir (Çup^Ov, fermen-
tare). 1 Cor. 5. 6. Gai. 5. 9. Modicum fermen-
tum totam massam corrumpit : Quoique cette
aigreur que le levain donne à la pâte soit
bonne et utile en soi-même ; néanmoins, dans
l'application , elle marque la corruption qui
se fait d'une compagnie , par la méchanceté
d'un seul ou d'un petit nombre.
CORRUPTIBILIS, is ; y6«0TÔç, Corruptible,
sujet à la corruption. Eccli. 14. 20. Omne
opus corruptibile in fine dcficiet : Tout ce qui
est corruptible sera détruit enfin. 1 Cor. 15.
53. Oportet enim corruptibile hoc induere cor-
ruptionem : Il faut que ce corps corruptible
soit revêtu de l'incorruptibilité.
CORRUPTIO, Nis, <j>Oof>à, BiufOopû, Corrup-
tion, perte, dégât. 1. Cor. 15. 42. Seminatur in
corruptione ; Le corps de l'homme se cor-
rompt en terre comme les graines que l'on
sème : Ainsi, Videre corruplionem , signifie,
ressentir, éprouver la corruption dans le
tombeau. Ps. 15. 10. Nec dabis Sanctum
tuum videre corruplionem : Vous ne souffri-
rez point que voire Saint soit sujet à la cor-
ruption : ce qui ne peut s'entendre de David,
mais de Jésus-Christ seulement, comme saint
Pierre le prouve , Act. 2. v. 27. 29. 31. et
saint Paul, Act. 13. v. 34. 35. 36. David ap-
positus est ad patres suos , et vidit corriiptio-
nem: David a été mis avec ses pères , et il a
éprouvé la corruption, v. 37. Quemvero Dcus
suscitavit a mortuis, non vidit corruplionem :
Mais celui que Dieu a ressuscité n'a point
éprouvé la corruption.
1° Le Sépulcre. Act. 13. 34. Suscitavit eum
a mortuis , amplius jam non reversurum in
corruptionem : Dieu a ressuscité Jésus-Christ
d'entre les morts pour ne plus retourner au
sépulcre. Ce mot corruptio est mis pour le
sépulcre, parce que les corps y sont corrom-
pus , ce qui ne se peut dire de Jésus-Christ.
2° La mort (eàvaro;); soit temporelle,
celle du corps, qui est suivie de la corruption
du corps. Jon. 2. 7. Job. 33. 18. Erucns ani-
mani ejus a corruptione : Dieu tire l'âme de
l'homme de la corruption ; ou , de sa perte ,
V. 30. Ainsi , Bescendere in corruptionem :
C'est mourir, v. 24. Libéra eum , ttt non de-
scendal in corruptionem : Délivrez l'homme ,
afin qu'il ne descende point dans la corrup-
tion. Ps. 29, 10. Soit la mort éternelle de
l'âme. Gai. 6. 8. Qui seminat in carne (Gr
in carnem ) de carne et melet corruptionem :
Celui qui sème dans sa chair recueillera de
la chair la corruption et la mort.
3' Dégât , dommage. Dan. 3. 91. IVihil in-
corrupltonis in eis est : Le feu ne les a point
incommodés ni endommagés , dit Nabucho-
donosor, des enfants jetés dans la fournaise.
4" Dérèglement d'esprit et de mœurs. S.ip.
14. 12, Inventio illorum corruptio vitœ est :
L'établissement des idoles a été la corruption
de la vie humaine. Ainsi il signifie aussi, in-
985
COR
COR
983
famies, ordures , saletés, impuretés. 2 Potr.
2. 19. Cum ipsi servi sint corruptionis : 11«;
sont esclaves de la corruption : Saint Pierre
parle des Gnostiques. disciples de Simon .
qui se vnulraionl dans toute sorte d inipure-
los. V. \'2. c. l. i. Daulres entendent ces
passages de la concupiscence et du péché ,
coinnre le passage suivant, 1. Cor. 15. oO.-Vc-
que corruptio incorruptclam possidibit : La
corruption ne possèd ra point l'incorrupti-
bilité. On entend aussi cet endroit de la cor-
ruplibilité des choses qui changeront de qua-
lité après la résurrection générale.
5° Abus , et mauvais usage que l'on peut
faire des créatures. Roui. 8. -21. Ipfa crea-
tura liberabitur a servitutc corrupdonis : Les
créatures gémissent d'être soumises à l'abus
que t'ont d'elles les hommes et le démon niè-
iiie . jusqu'à ce qu'elles en soient délivrées
aussi bien que des altérations qui les cor-
rompent.
6^ Fraude , tromperie , supercherie. Sap.
11-. 25. Omnia commixia sunt, sanguis . hotni-
cidium, furt un et fictio, corntplio et infidcli-
tas : Tout est dans la confusion, le sang, le
meurtre, le vol, la tromperie, la corruption,
l'infidélité. Eccli. i'2. 5. A^e cotifundarit: de
corruplione emptionis et uegotiatorum : Ne
rougissez point de faire justice des corrup-
tions qui arrivent entre les \endeurs et les
acheteurs ; autr. ne rougissez point de re-
prendre ou il'eviler les corruptions qui arri-
vent, etc. C'est ainsi qu'on est obligé do sup-
pléer quelque chose de semblable si on lit
corruptio: car l'auteur en ce chapitre ne
parle que de bonnes choses, dont il ne faut
pas avdir honte. Le Grec porte -îci kotx-.zzTj,
De indifferenti vetuHlione : N'ayez point de
honto de vendre autant aux uus qu'aux au-
tres , aux grands qu'aux petits : d'autres li-
sent §ix%6ioM, di/f\rculi: il y a apparence que
l'Interprète a lu 5tx»6o_soy, corruptione.
CORTEX, ICIS , ïi~iTUiX , /i-Tjco,-, çf.Qiôç ;
Decoriuoi, parce que c est la peau des ar-
bres.
Ecorce («\ui6v). Job. 30. i. Mandebcnt fur-
bas et arborum cortices : Job témoigne qu'il
se voit me[irisé de ceux qui s'et. lient vus ré-
duits dans la dernière pauvreté , jusqu'à
manger l'herbe et les écorces des arbres.
Gen.\'10. 37. Canl. 6. G. Sap. 13. 11.
CORflNA, JE, de cors, ou cartes, cortis, à
cause de sa rondeur ; ou de l'Hébreu cour,
catituis, fornax : mais quand cortina est une
tapisserie, il vient tiocorium, cuir.
Ce mot signifie chaudière, marmite ou ta-
pisserie : dans l'Eeril. :
Voile, tente ( «OÀaix \ Exod -26. i. Deccin
cornitasde btjsso retorta faciès : Il y aura au
tabernacle dix rideaux de tin lin vet ms , se.
pour le couvrir, v. 2. .'?. V. etc. Judith, li.
13. Stelit aille coniitnm : ^'agao, étant outré
dans la chambre d'Holophernc, se tint devant
son pa\illon. v. ik.
CORUS, I. De rnébrcu kor. frigus, y/:,^;,
Vont d'aval, nord-ouest ou couch.inl d'ete.
Act 27. 12. Si quomodo posscni, deveuicntcs
Phœntcem, hiemare. portum Cretœ respicien-
tem ad Afncum et ad Coram : La plupart fu-
rent d'avis de se remettre en mer, pour ta-
cher de gagner Phénice , qui est un port de
Crète . qui regarde les vents du couchant
d'hi\er et d'ete, afin d'y passer l'hiver.
CORUS , 1, Koco;; du Grec x6i:,- , de l'Hé-
breu cor.
Une mesure de» Hébreux, pour les choses
sèches, contenait huit cents li\ res de l'ancien
poids romain, ou , près de deux setiers, me-
sure de Paris : et pour les choses liquides,
elle contenait environ deux cent quatre-
vingts pintes, qui font presque un muid, me-
sure de Paris. Luc, 16. 7. Quantum dcbcsf
Centum coros tritici. Combien devez-vous ?
(dit l'économe de l'homme riche.) Le servi-
teur repondit : Cent mesures de froment.
Ezoch. 40 Vi.Balus olei décima pars Cori est ;
Le batus d'huile est la dixième partie du Co-
rus.
CORUSCABE ; x^rzi-m-., hxrrpx-ru-.. De
y.iyjç . galea ; comme si ce verbe se disait
proprement de l'éclat d'un casque : ou de
karan, splendere.
Eclater, briller, étinceler. Exod. iO. 33.
Majestaie Domini coru<canle : La majesté du
Seigneur éclatait de toutes parts ; 5c. dans le
tabernacle, lorsque Moïse l'eut achevé. Sap.
IG. 22. Ignii in grandine et pluvia coruscans :
Un feu éiincelait au milieu de la grêle et de
la pluie : se. dans l'Egypte, ^^ Voy. Exod. 9.
v. 23. 2i. ) Ainsi , Ezech. 1. 1+. Luc.
17. '1\.
CORUSCATIO, Ms; «rrcaT^i. Eclair. Eccli.
32. 1 + . Ante grandinem (Gr. tonitruum prœ~
ibil coruscatio : On voit l'edair avant que
d'entendre le tonnerre. Ps. l43. G. Ps. 7G. 19.
Eccli. V3. i\.
CORVINUS . A , UM ; xô^aH, qui appartient
au corbeau. Levit. 11. 15. beut. 1+. 1 + . Omne
corvini generis in similitudinem suam : Le
corbeau et tout ce qui est de la même espèce.
CORVUS, 1 ; xiûxi, ce nom vient de xôzxi.
Corbeau, oiseau. Luc. 12. 2V. Conside'rate
corvos : Jesus-Christ donne pour exemple et
pour preuve de la providence particulière
qu'il a de nourrir ses fidèles serviteurs, qui
s'appuient sur sa divine providence , celle
par laquelle il nourrit les corbeaux, qui ne
sèment ni ne moissonnent. Prov. 30. 17.
(Oculum) effodiant eum corri de torrentibus :
Que l'œil de celui qui insulte à son père,
soit arraché par les corbeaux qui sont dans
les torrents ; ». e. que celui-là soit pendu, ot
que les corbeaux le de\oront. Ps. liG, 9.
Gen. 8. 7. Dimisit corvum gui egrtdiebatur et
non revertebatur : Noe laissa aller le corbeau
qui, étant sorii. ne re>inl plus. Heb. Jigres-
sus est egredicndo et revertendo : Il y a appa-
rence (lue. tiuand Noé ont laissé aller le cor-
beau . il s'attachait à des charognes , et qu'il
volait ensuite sur le toit de l'arche pour s'y
reposer , et qu'il retournait encore sur les
charognes sans rentrer dans l'ar» lie. C'est
dans ce sens (ju'on peut accorder la contra-
diction apparente qui se trouve entre la Vul-
gate cl les Sept.inte d'avec I Hébreu. 3 Reg
17. V. 'i. G. Corvisprœcepi ut pascant te : J'a
ai
987
DICTIONNAIRE DF. PHILOLOGIE SACREE.
'jn
eommauûeaux corboaux de vous nourrir:
En effet, les corbeaux portaient, le soir et le
matin , du pain et de la viande à Elie. Job.
38. 41. Qf^fs prœparat corvo escam suam,
quando pulli ejiis clamant ad Deum : Qui pré-
pare au corbeau sa nourriture lorsque ses
petits crient à Dieu, parce qu'ils n'ont rien
à manger. Les auteurs remarquent que les
corbeaux , soit par un effet de leur cruauté
naturelle, soit parce qu'ils voient leurs petits
d'autre couleur que de la leur, les abandon-
nent lorsqu'ils sont encore dans le nid ; ainsi,
ces petits s'adressent à Dieu, qui les nourrit
de mouches et de vermisseaux , qui se trou-
vent proche d'eux , jusqu'à ce qu'ils soient
devenus plus forts et capables de voler pour
chercher leur nourriture : c'est ce que dit
aussi David, Ps. 146, 10 : Qui dut escam...
nulUs corvorum invocantibus eum : Dieu
nourrit les petits des corbeaux qui invoquent
son secours.
COS , Heb. Spina. Père d'Anob et de So-
boba. 1. Par. k. 8
COSAN , Heb. Divinans. Un parent de Je-
f us-Christ, fils d'Elmadan , et père d'Addi.
Luc. 3. 28.
COSTA, M, du Grec, oTTc-ov, Hébreu Gerem,
os, assis ; comme caula se fait d'aù).ïi.
Côte d'un homme ou d'un animal. Job. 18.
12. Inedia... invadai costas illius : Que la
faim décharné les côtes de l'impie ; i. e. que
son estomac, faute de nourriture, devienne
tout faible.
COTURNIX, icis, d'oûTJvo,-, gen. d'oprvï.
Caille, oiseau. Ps. iOï.kO. Pelienmt, et venit
coturnix : Les Israélites deniandèrent à
manger , et Dieu fit venir des cailles. Exod.
16. l:^ Num. 11. v. 31. 32.
COOS, ou COS, ou COUS, Vertex, summi-
tas : Ile de Cos ou Co , vis-à-vis d'Halicar-
nasse dans l'Archipel , pays d'Hippocrate et
d'Appellès. Act. 21. 1. Recto cursu venimus
Coum : Nous vînmes droit à Cos. 1 Mach. lo.
23. [Hœc eadem scriptasunl) et in omnes re-
giones et Lyciam , et in Halicarnassum[, et in
Coo , pour in Con : Les Romains écrivirent
ces mêmes choses en faveur des Juifs dans
tous les pajs... en Lycie, à Halicarnasse, à
Cos, etc.
COUTI; avyxi^âTeat, Avoir commerce avec
quelqu'un, le hanter et converser familière-
ment. Jo;in. i. 9. Non coiLtnnlur Judœi Sa-
maritanis : Les Juifs et les Samaritains pou-
vaient bien entretenir quelque commerce par
nécessité ; mais ils ne mangeaient point en-
semble, et avaient de l'aversion les uns pour
les autres.
COZBI, Hebr. Mendax, fille de Sur, prince
des Madiani(cs,qui fut tuée avec Zambrijjar
Pbiiiées. d'un seul coup dépée. Num. 25. 5.
CRABRO, OMS. Ce mot vient de l'Hébreu
g.irob. Colluvies muscardm. Exod. 8. 24.
Frelon , sorte de grosse mouche (o-yvî/ia).
Jos. 24. 12. Misi anle vos crabrunes : .l'ai en-
vové devant vous des mouches piquantes, dit
Dieu au peuple. Evod. 23. 28. Deul. 7. 20.
Voy. Vespa. Sap. 12. 8.
CKAPCLA, je, du grec x,o«trâA»3.
Intempérance, excès de boire cl de manger.
Luc. 21. 34. Attendtte a vobis ne forte çra-
ventur corda vestra in crapula et ehrie^
tate : Prenez bien garde à vous, de peur que
vos cœurs ne s'appesantissent par l'excès des
viandes et du vin. Eccli. 37. 34. Propler cra-
pulam muUi obierunt {xnlrKjriy.) : L'intempé-
rance en a tué plusieurs. Zach. 12. 2. Voy.
SUPERLBIINARE.
CRAPULATUS, a, UM , y.ty.py.inylTjyMç , qni
s'est enivré, qui a bu du vin par excès. Ps.
77. 65. Tanu/uampotens crap lotus a vino : Le
Prophète représente Dieu comme venant au
secours de sou peuple comme un puissant
guerrier , qui tire de son ivresse même de
nouvelles forces pour terrasser ses ennemis.
CRAS, «jptov, du mot hébreu acher, qui si-
gnifie alter, comme si c'était altéra die.
Demain, le jour suivant. Exod. 8. 10. Cras :
Demain , priez le Seigneur qu'il me délivre,
moi et mon peuple , cie ces grenouilles , dit
Pharaon à Moïse, c. 9. 5. Jos. 11. 6. 1. Reg.
20. 18. 4. Reg. 7. 1. 18. etc.
1° A l'avenir, dorénavant {èizocipio'))) . Gen.
30. 33. Respondebitque mihi cras justifia mea^
quando placiti tempus advenerit coram te :
Quand le temps sera venu de faire cette sé-
paration selon notre accord , mon innocence
me rendra témoignage devant vous, ilit Jacob
à Laban. Exod. 13. 14. Deut. 6. 20. Jos. 4.
v. 6. 21. 1. Reg. 28. 19. Ainsi , Prov. 3. 28.
Cras dabo tibi : Ne dites point à votre ami :
Je vous donnerai demain, lorsque vous pou-
vez lui donner à l'heure même. 1. Reg. 28.
19. Cras tu et filii tui mecum eriiis : Vous se-
rez dans peu avec moi, vous et vos fils.
2" Bientôt, incontinent, au temps qu'on y
pensera le moins. Isa. 22. 13. Cras morie~
mur : Mangeons et buvons, direz-vous, nous
mourrons demain. 1. Cor. 15. 32. Jos. 22. 18.
Phrase tirée de ce mot.
Hodie et cras , aujourd'hui et demain , si-
gnifie un peu de temps , pendant un temps
fort court. Luc. 13. 32. Ecce sanitates perfî-
cio hodie et cras : J'ai encore à rendre la
santé aux malades aujourd'hui et demain, v.
33; ce qui est dit dans le même sens que post
duos dies, qui se trouve. Ose. 6. 3. V^oyez
HODlE.
CRASSITUDO, iNis, 7r«;;^o,-, grosseur, épais-
seur. Ps. 140. 7. Sicut crassitudo terrœ erupta
est super terram : Comme les molles d'une
terre grasse sont dispersées çà ei là par le la-
boureur; ainsi nos ennemis nous ont telle-
ment affligés et abattus, qu'ils nous ont pres-
que réduits au tombeau.
1" Graisse, embonpoint {(jricf.p). Job. 15. 17.
Operuit faciem ejus crassitudo : La f.'ce de
l'impie regorge de graisse; ce qui figure son
orgueil, dans le même sens que s'enieml in-
crassatus. Deut. 32. 15. et Ps. 72. 7. Voyez
Adeps.
2° La santé et l'embonpoint de l'âme («7«(3«,
bona). Isa. 55. 2. Delectabilur in crassitu-
dine anima vestra : Votre âme, étant comme
engraissée de la bonne nourriture que je vous
donne, sera dans la joie; celte nourriture est
la parole de Dieu.
CRASSOS, A, uM,77«/y»-; de X5£«;, caro, ceux
qui mangent beaucoup de chair deviennent
gros.
1" Gros et gras. Ps. 143. IV. Bovps eorum
crassœ: Les \aches des étrangers sont grasses
ei puissantes. Gen. M. 2. Deut. 31. 26. Judic.
3. 17. Ezech.3i. 3.
2° Epais , bourbeux. 2. M;ich. 1. 20. Non
invenerunt ignem , sed aquain crassnm : Les
petils-Gls des prêtres f'qui avaieiil caché le
ieu qui était sur l'aute!) no trouvèrent point
ce feu, mais seulement une eau épaisse. Le
prêtre Néhéniias ayant fait des aspersions de
celte eau épaisse sur les sacrifices et sur îe
bois , le feu s'y alluma , ce qui causa une
grande admiration.
CKASTINUS, A, UM, le jour de demain, le
jour suivant, lé lendemain. 1. Reg. 20. 5.
Ecce calendœ sunt crastino die, K-J^tov': C'est
demain le premier jour du mois, dit David à
Jonathas. v. 12. c. 11. 11. Joan. 1. 43. Acl.
'20. 7. etc.
Quelque temps à venir que ce soit. Prov.
27. 1. Ne glorieris in craflinum .-Ne vous glo-
rifiez point pour l'avenir. Jac. 4. 13. Hodie
oui crastino in illam civilalem : Nous irons
aujourd'hui ou demain en une telle ville,
dit-on communément, v. 14. Qui ignoratis
quid erit in crastino : El vous ne savez pas
même ce qui arrivera demain ; c'est d*^ quoi
avertit l'Apôtre sur les desseins de l'avenir.
Matlh. 6. 34. Noliie soUiciti esse in craslinum,
craslinus enim dies sollicitus erit sibi ipsi :
Ne soyez point en inquiétude pour !e lende-
main, car le lendemain aura soin de lui-même.
Ces passages se peuvent bien aussi entendre
précisément du lendemain , in craslinum
pour oh craslinum. Voy. In.
CHATER, is, CRATERA, m.ytpc^Tip, du grec
y.pv.T-ôçi , de Y.ipù(ù,
Coupe, tasse. Exod. 24. 6. Num. 4. 7. Po-
nent cum ea thuribula, et mortariola, cyathos
et crateras . Aaron et ses fils mettront avec
la table des pains exposes devant Dieu, les
encensoirs, les petits mortiers, les vases et
les coupes; se. pour les emporler lors du
décampement. 1. Esdr. 8. 25. Cant. 7. 2. Isa.
22. 24.
CRATICULA, M, de craies, et signifie :
1" Gril qui sert à rôtir les viandes. Levit. 2.
7. 5m outem de crativiila iè^xàpa.) fuerit : Si
le sacrifice se fait d'une chose cuite sur le
gril. c. 7. 9.
2° Grille d'airain qui était sur l'autel des
holocaustes, sur laquelle on mettait le> vic-
times pour les brûler. Exod. 27. v. 4. 5. Crn-
ticulanique in modum refis œneam (façies) :
Vous ferez aussi une grille d'airain en forme
de rêls. Voyez sa foroie, Exod. 27. 4. et suiv.
Ainsi, la grille ou la table de l'autel des par-
fums éiait percée à jour comme une cLaie.
Exod. 30. 3. Yestiesquc illud auro purissimo,
tnm craliculam ejns quam paricles per cirçui-
tum et cornua : Vous couvrirez d'un or Irès-
pur la table de cet autel, et les quatre côtés
avec ses cornes.
CREAGRA, .E, ^pEàypa, des mots x&£«f ,
caw, et (i'àypcu. capere.
Fourchette. 2. Par. 4. 11. Fecil aulem Ili-
ram lebeles et çreayras : Hiram fit aussi des
CRE 990
chaudières et des fourchettes, etc. v. 16. Jer.
52. 18.
CREARE , xTîÇciv, de 1 ancien verbe cereo,
ou de l'Hébreu gores , produire , mettre de-
hors, en parlant des fruits de la terre.
l°Créer, produire son effet, sansaideelsans
dépendance, par une puissance absolue, soit
en produisant de rien et tirant purement du
néant, ce qui est propre à Dieu. Gen. 1. 1. In
principin crenvit Deus cœlum et terram : Dieu
a créé l'univers, compris dans le ciel et la
terre; soit en se servant de quelque matière.
V. 21. Ti. Creavit Deus hominem ad imn inem
suam : Dieu créa l'homme à son imaf^e* la
terre dont l'homme fut créé, n'étant pas pro-
pre pour cet effet , doit êire comptée pour
rien. Eccli. 17. 1. On en pi^ut dire de même
des animaux et des autres choses qui furent
créées au commencement du numde , ce qui
est exprime parle moty«T«c^:y«Çr[v, fabricnre.
Hebr. 3. 4. Qui antem omnia creavit, Deus
est : C'est Dieu qui est l'architecte et le créa-
teur de toutes choses; c'est lui qui leur a
donné l'être; car, quoique l'action par la-
quelle les animaux produisent leurs sembla-
bles soit une vraie génération , l'action jiar
laquelle Dieu les produit est une création
aussi véritable que celle par laquelle il a fait,
au commencement du monde, la matière de
laquelle il les forme tous les jours. Ainsi,
créer n'est pas seulement nioiuire de rien,
mais encore produire sans dépendre de rien,
par une puissance absolue. Eccli. 18. 1.
2° Produire de quelque façon que ce soit.
1. Tim. 4. 3. Abstinere a cibis quos Deus créa-
rit ad percipiendum cum graliarum aclionc :
S'abstenir des viandes que Dieu a créées pour
être prises avec action de grâc^'s par les fi-
dèles. Gen. 1.21. Creavit Leus cete grandia
'Tzoïzîi/) : Dieu créa les grands poissons; ou
peut dire que les animaux et les autres cho-
ses matérielles et terrestres ne sont pas pro-
prement créées, mais formées de cet amas
confus d'êtres sans forme que Dieu créa d'a-
bord, comme les semences et les éléments do
toutes les choses qu'il démêla ensuite : ainsi
il créa l'homme du limon de la terre. Gen. 1.
27. c. 2. 7. Formavit Deus hominciu de limo
terrœ. A moins qu'on ne veuille dire (luune
chose est créée quand elle reçoit un être nou-
veau , soit qu'elle le lire d une matière ou
non; dans ce sens, les hommes sont créés
quand ils sont conçus et produits selon !e
cours naturel. Ps. 1Ô3. 30. Emittrs spirilum
tuum et creabuntur : Vous enverrez l'esprit
de vie, qui fera naître d'autres animaux eu
la place de ceux qui sont morts.
S" Changer de di>;position , et donner do
nouveili s (jualités, qui rendent une chose
autre (lu'elle n'était. Isa. 03. 19. h'rce egr)
creo cœlos notas : Je m'en vais créer de nou-
veaux rioiix et une terre nouvelle. Voy. No-
vus. Vs. 10. 12. Cor mundum crcainme, Deus:
Purifiez mon c(L'ur, (|ui est souille, ô mou
Dieu. \o\. Ezech. .%. 26.
4° Faire, produire généraleinent quoi que
ce soit. Isa. 57. 19. Créai i fructun) labiorum
parem : J'ai produit la paix, qui «si le fruit
de mes paroles. Ecril. 17. 6 Creatyit Uli9
991
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
y«2
scientiam spirilus; i. c. scientiam rerum spi-
ritualium : Dieu a créé dans l'hommo et la
femme la science de l'esprit; ce verbe se dit
aussi des choses qui n'ont point d'être réel.
Isa. 45. 7. Creans tenebras , creans malum :
C'est Dieu qui forme les ténèbres , qui crée
les maux ; tels que sont la guerre, la peste,
la famine, mais non le péché. Eccli. 37. 3.
Unde creata es; Gr. «yr/.uAh^r,;, devoluta es.
5° Ordonner, destiner, établir. Eccli. 7. 16.
Non oderis laboriosa opéra et riisticationem
çrcatam ab Altissimo : Ne fuyez point les ou-
vrages laborieux ni le travail de la campagne,
qui a été créé par le Très-Haut ; i. e. destiné
et établi. Eccli. 10. 22. Non est creata hoiyii-
nibus superbia : L'orgueil n'a point été créé
avec l'homme comme une chose qui lui fût
naturelle et convenable.
6° Former un dessein, une résolution. Isa.
46. 11. Creavi et faciam ilhid : J'ai formé ce des-
sein, et je l'accomplirai, c. 48.7. Ntinc creata
simt et non ex txmc : Ce sont des résolutions
que je fais présentement, et non d'autrefois.
7' Créer , donner un être spirituel , faire
enfants de Dieu pour former un corps mysti-
que, qui est lEglise. Ps. 101. 19. Populus qui
creabilur laudabit Dominum : Le peuple qui
sera créé , louera le Seigneur. Ephes. 2. 10.
Creati in Christo Jesii : Créés en Jésus-Christ,
c. 4. 24. Isa. 43. v. 1. 7.
8° Créer se prend improprement et par
abus pjour donner l'être de toute éternité.
Eccli. 1. 4. Prier omnium creata est Sapien-
tia : La Sagesse a été créée et a subsisté avant
toutes choses, v. 9. c. 24. v. 12. 14. Ab initia
et ante sœcula creata sum : La Sagesse incréée
est engendrée de toute éternité; lEcriture
se sort souvent , pour exprimer les choses
divines, d'expressions basses et tirées de cho-
ses imparf;iites dont il ne faut prendre que
ce qui sert au sujet. Ainsi, creata sum ; i. e.
fui, substiti. La production du Verbe est quel-
quefois appelée création , pour nous faire
concevoir que le Fils n'est pas formé d'une
portion de la substance du Père , et que la
naissance du Fils n'ôte rien au Père. Quel-
ques-uns de ces passages se peuvent enten-
dre de la Sagesse incarnée. Le Verbe, comme
Dieu, a créé son humanité sainte, comme les
Pères ont expliqué cet endroit, Prov. 8. 22.
selon le Grec h.-zl'jy.xo , Doininus possedit me
in initia viarum suarum : Le Seigneur m'a
possédée au commencement de ses voies. 70.
Creavit me, h-l'ju-o. D'ailleurs le mot hébreu
kana, acquirere, possidere , signifie aussi gi-
gnere, comme il paraît, Gen. 4. 1. Voy. Pos-
siDERE. D'ailleurs Hesychius mot pour syno-
nymes xTïjTo/sc?, et xTi7Tai, possesseurs et créa-
teurs, diction.
CREATIO, NiSjZTifTtf, création ; dans l'Ecri-
lure,
Structure, composition. Hebr. 9. 12. .4m-
plius et perfectius tabernaculum non manu-
factum; i. e. non hujus creationis : S;iinl Paul
dit ((uc le corps naturel de Jésus-Christ n'a
point été louvrage de l'homme , comme fut
l'ancien tabernacle de Moïse, puisqu'il a été
cou(;u et formé par l'opération, du Saint-
Esprit dans le sein dune Vieryie; d'autres
prennent ce tabernacle pour l'Eglise mili-
tante, par laquelle Jésus-Christ a passé pour
entrer dans la triomphante, dont le Saint des
saints était la figure.
CREATOR, is, y-î(7T>j?, créateur, qui donne
un être nouveau. Eccli. 12. 1. Mémento Crea-
toris tui in diebus juventutis tuœ : Souvenez-
vous de votre Créateur pendant les jours
de votre jeunesse. Rom. 1.25. 1. Petr.4. 19.etc.
Qui donne un être spirituel ou surnaturel
(xûiswv). Deut. 32. 18. Oblitus es Creatoris
tui : Vous avez oublié celui qui vous a fait
ses enfants et son peuple.
CREATURA, m. y.zhiç, Créature, chose
créée. 1. Tim. 4. 4. Omnis creatura Dei bona
est : Toute créature de Dieu est bonne. Rom.
8. 22. Omnis creatura ingemiscit : Toutes les
créatures gémissent, v. 19. 20. 21. 39. Eccli.
24. 0. Coloss. 1. 15. Primogenitus omnis
creaturœ : Le Fils de Dieu est né avant toutes
les créatures et de toute éternité. Hob. 4. 13.
Marc. 13. 19. Ainsi , Apoc. 8. 9. Tertia pars
creaturœ eorum, quœ habebant animas in mari ;
i. e. piscium .- La troisième partie des créa-
tures qui étaient dans la mer. Tob. 8. 7. Voy.
PrINCIPIC3I.
1° La création du monde. Marc. 10. 6. Ab
initio autem creaturœ, masculum et feminatn
fecit eos : Dès le commencement que le monde
fut créé. Dieu forma un homme et une femme.
Rom. 1. 20. A creatura mundi : Depuis la
création du monde : d'autres expliquent par
les créatures, qui sont le monde même. Eccli.
36. 17. 2. Petr. 3. 4.
2" L'état et le maintien des choses créées
(zTt<7a«). Eccli. 38. 39. Creaturam œvi con-
firmabunt : Les ouvrier.s sont occupés à en-
tretenir parleurs ouvrages l'état des choses
du monde.
3^ Los hommes ouïe genre humain. Marc.
16. 15. Prœdicate Evangelium omni creaturœ:
Prêchez l'Evangile à toutes les créatures; t.
e à toute sorte de personnes, tant Juifs que
Gentils. Ce mot en ce sens était en usage du
temps de Jésus-Christ. Jac. 1. 18. Ut simus
initium aliquod creaturœ ejus (z-iTuaTa) : Le
Père des lumières nous a engendrés par la
parole de la vérité , afin que nous fussions
comme les prémices de ses créatures, ou les
premiers parmi les hommes qui lui soient
offerts. Eccli. 16. 17. Coloss. 1. 23
4° Enfants, descendants, postérité (ysvsatf).
Sap. 5. 13. Maledicta creatura eorum : La
postérité de ceux qui rejettent la sagesse est
maudite. Eccli. 4. 17.
5° Genre, espèce, race ( yé-jsat; ). Sap. 19.
11. Viderunt novain creaturam avium : Les
cailles que Dieu envoya aux Israélites étaient
une nouvelle espèce d'oiseaux , au moins
dans ia manière de les avoir. Voyez celte
m;niière extraordinaire, Num. 11. 31.
6 Oidre, règlement, police. 1. Petr. 2. 13.
Subjccti estotc omni hamanœ creaturœ propter
JJeum : L'Apôtre veut que les fidèles soient
soumis à tous ceux que Dieu a établis sur
eux pour les gouverner, et aux ordonnances
qu'ils font pour le règlement de l'état et du
public.
7* L'homme régénéré par le baptême , et
995
CRE
reformé par la grâce de Dieu. 2. Cor. 5. 17.
Si qua ergo in Cliristo nova creatiua : Si donc
quelqu'un est devenu une nouvelle créature
en Jésus-Christ; ou plutôt selon le Grec :
Si quelqu'un esta Jésus-Christ, il est devenu
une nouvelle créature. Gai. 5. 15.
CREBliR, A, UM. Ce mot vient ou de cresco^
comme faber de facio, ou plutôt de kebiry
hébreu , creber, copiosus.
Fréquent, réitéié. 2. Par. 26. 8. Divulga-
tum est nomen ejus usquead introitum Mgypli
propter crebras victorias : La réputation
d'Osias se répandit jusqu'à l'Egypte, à cause
de ses fréquentes victoires.
CREBRIUS. Du simple crebro.
Souvent, beaucoup de fois. k. Reg. 21. 13.
Ducam crebrius stylum super faciem ejus : Je
passerai et repasserai souvent la plume de
fer par-dessus. Dieu parle de Jérusalem,
qu'il menace de raser , comme on efface
l'écriture de dessus des tablettes. Esth. 3. 4.
CREBRO, TTo^^âzff , 7r>s£7Tâx£f . SouvcHt, fré-
quemment [Tz^yy.-n, pugno). Marc. 7. 3. Nisi
crebro laverint manus, non manducant : Les
Pharisiens et tous If s Juifs ne mangent point
sans avoir souvent lavé leurs mains. Matlh.
17. 14. Eccl.7. 23
CREDERE,7rt<7T£Û€tv.Ce verbe, qui vient de
^pri^iii), mutuum dare , signiGe quelquefois :
Etre persuadé d'une chose et y donner son
consentement; et quelquefois : Se confier en
quelqu'un ou en quelque chose ; ou enfin :
Confier quelque chose à quelqu'un. Il signifie
dans l'Ecriture :
1° Croire, penser, estimer. Tob. 5. 27.'
Credo quod Angélus Dei bonus comitetiir et :
Je crois que le bon Ange de Dieu accompagne
notre fils, dit Tobie, consolant sa femme du
long retardement de leur fils. Job. 29. 24. Si
quando ridebam ad eos, non credebant : Si je
riais quelquefois avec ceux qui m'écoutaient,
ils ne pouvaient pas le croire; parce qu'ils
croyaient qu'il y avait quelque chose de sé-
rieux dans mon ris même, tant ils avaient de
respect pour moi. Gen. 21. 7. Deut. 2. 21.
Job. io. 22. Act. 9.26.
2° Croire, reconnaître pour vrai et assuré.
Joan. 17. 21. Ut credat mundus quia tu me
niisisli : Afin que le monde croie que vous
m'avez envoyé, c. 13. 19. c. 16. 27. c. 17. 8.
Jac. 2. 19. Dœmones creduni , et conlrcmis-
cunt : Les démons croient qu'il n'y qu'un
Dieu, et jusqu'à en trembler. Rom. 14. 2.
.3° Croire quelqu'un , lui ajouter foi , se
fier à lui. Luc. 22. 67. Si vobis dixero , non
credelis mihi : Si je vous dis que je suis le
Christ, vous no me croirez point, dit Jésus-
Christ à l'assemblée des sénateurs, des prê-
tres et des scribes. Joan. 5. 46. Si crederclis
Moysi, crederelis forsitnn et tnihi : Si vous
croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, v.47.
Luc. 24. v. 11. 42. Matth. 24. v. 23. 26. 1.
Joan. 4. 1. Ainsi, Eccli. 2. 6. Crcdc Dca : Ayez
confiance en Dieu ; aulr. Fiez-vous en Dieu,
et il vous retirera de tous ces maux. v. 8.
Crédite illi : Vous qui craignez le Seigneur,
croyez en lui-, aulr. fiez-vous à lui. 1. Cor.
13. 7. Omnia crédit (supl. JJeo) : La charité
croit tout, se. quand Dieu parle. Ainsi, Ps^
CRE 9j4
115. 1. Credidi propter quod locutus sum :
J'ai cru avec une égale fermeté aux promes-
ses du Seigneur; c'est ce qui m'oblige de
publier sans cesse ses louanges. Saint Paul
cite ce passage, 2. Cor. 4. 13. pour témoi-
gner qu'encore qu'ils fussent exposés à tous
les périls et à toutes les souffrances de la
mort , i!.s ne laissaient pas de prêcher l'Evan-
gile avec toute sorte de liberté; parce qu'ils
étaient remplis de ce même esprit de foi dont
le prophète David était animé, et qui le faisait
parler avec hardiesse au milieu de ses plus
grands périls et de ses plus violentes persé-
cutions.
4° Confier quelque chose a quelqu'un ,
l'en charger. Rom. 3. 2. Crédita sunt illis
eloquia Dei : Les oracles de Dieu ont été
confiés aux Juifs. 1. Cor. 9. 17. Dispensalio
mihi crédita est : La charge ( de prêcher
l'Evangile) m'a été imposée. Gai. 2. 7. 2.
Thess. 1. 4. 2. Mac. 3. 12. Voy. Deci-
PERE , etc.
5* Croire, s'attacher à Dieu par la foi
de Jésus-Christ. Heb. 11. 6. Credere oportet
accedentem ad Deum : 11 faut croire qu'il y a
un Dieu. Act. 5. 14. Augebalur credentium in
Domino mullitudo : Le nombre de ceux qui
croyaient au Soigneur se multipliait de [jIus
en plus. c. 16. 3+. c. 18. 8. Tit. 3. 8. Act. 11.
17. c. 14. 22. Marc. 1. 15. Crédite Evangelio :
Croyez à l'Evangile. Isa. 28. 16. Marc. 5. 36.
Joan. 14. 1. Crédit is in Deum , et in me cré-
dite : Vous croyez en Dieu, croyez aussi en
moi , dit Jésus-Christ, etc.
6* Ce mot se dit quelquefois pour croire de
plus en plus, en parlant de l'augmentation
de la foi. Joan. 2. 11. Et manifestavil gloriam
suam, et crediderunt in eum Discipuli ejus :
Jésus-Christ fit connaître sa gloire (par le
miracle du changement de l'eau en vin ), et
ses disciples crurent en lui ; i. e. leur foi en
fut affermie, c. 11. 15. Gaudco propter vos ut
credalis, quoniam non eram ibi : Je me réjouis
pour vous autres de ce que je n'étais p is là
(au lieu où Lazare est mort), afin que vous
croyiez davantage, voyant que je le ressus-
citerai, c. 12. 19. c. 14. 29. 1. Joan. 5. 13.
et renferme souvent tout ce qu'il faut pour
être à Dieu. Marc. 16. 16. Qui crediderit et
baptizatus fuerit : Celui qui croira et sera
baptisé, sera sauvé. Il paraît par ces ])assa-
ges que, credere alicui , in aliquo , ou in ali-
quem, c'est la même chose; car ce que les
Latins disent credere alicui, se dit en hébreu
par credere in aliquo , ou in aliquem : ce que
l'interprète de notre Vulgale latine a suivi
indifféremment, comme 1. Joan. 5. 10. Qui
crédit in Filium Dei, habct testimonium Dei
in se ; qui non crédit Filio , mendaccm facit
eum y quia non crédit in tcstimovium quod
teslijicalus est Deus de Filio suo : Celui qui
croit au Fils de Dieu , a dans soi le témoi-
gnage de Dieu ; celui qui n'y croit pas, fait
Dieu menteur, parce (pi'il ne croit pas au
témoignage que Dieu a rendu de son Fils.
V. 13. Rom. 4. V. 3. 5. et dans quantité d'au-
tres expressions semblables , où credere se
prend en môme sens, pour marquer la sou-
mission et le respect qu'on doit rendre à
995
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
9;IC
Dieu et à sa parole. Cela n'empêche pas que
les théologiens, après saint Augustin, n'aient
bien pu dis'inafuer credere Deum, credere Deo,
et credere in Deum. Dans ce sens, Credere
Deum , c'est croire seulement qu'il y a un
Dieu ; Credere Deo, croire que ce que Dieu a
révélé est véritable : ce qui peut se faire sans
la charité; Credere in Deum, c'est avoir une
créance animée de la charité, et mettre toute
son espérance en Dieu ; ce qui n'est pas
toujours selon le stylo de l'Ecriture , comme
il a déjà été remarqué sur Joan. 12. 42. Ex
prîncipibus multi crediderunt in eum : Plu-
sieurs des sénateurs mêmes crurent en Jésus-
Christ. Ceux-ci n'avaient point la charité ,
coTnme il paraît par la suite, et par v. 43.
Dilexerunt enim gloriam hominum magis
quum gloriam Dei : lis ont plus aimé la gloire
des hommes , i. e. leur propre gloire que
Celle de Dieu; au contraire, credere Deo, se
dit quelquefois de ceux qui ont une foi par-
faite, c. 5. 24. (>uî verbum meum audit, et
crédit ei qui misit me , habet vitam œternam :
Celui qui entend ma parole , et qui croit à
celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle, dit
Jésus-Christ; mais puisque ces idées sont
distinguées entre elles, il a été bon, pour
une plus grande netlelé, de les attachera ces
différents régimes du mol de croire. On en
peut dire de même des articles du Credo :
l'usage veut qu'on ne mette point la préposi-
tion in quand il ne s'agit point de la Divinité,
mais seulement quand il s'agit des créatures
et des mystères , comme Credo... Sanctam
Ecclesiam, remissionern peccalorum, vitam
œternam ; cependant les Pères en ont usé
indifféremment. Voyez S. Cypr. contra De-
metrianum , et ailleurs; S. Jérom. Comment.
in Ephes. 4. S. Epiph. S. Iren. llbr. 5. 12. V.
Drusium, Observai. li\r. 3. c. 1.
7" Obéir, acquiescer, s'attacher d'affection
(neLQs^Bc/.t). Rum. 2. 8. Non acquiesçant veri-
tati , credunt autem iniquitati : Ces esprits
contentieux qui n'acquiescent point à la
vérité, mais s'abandonnent à l'injuslice. Ps.
118. 66. Quia mandatis tuis credidi : J'ai cru
à vos commandements ; je les ai observés
avec attachement et avec affection.
8" Ce verbe, joint avec le datif, signifie :
Espérer beaucoup de quelque chose , s'y
appuyer. Deut. 28. 66. Non credcs vitœ tuœ :
Votre vie sera toujours exposée aux dangers
dont vous désespérerez de pouvoir échapper :
ce qui est la punition de l'inobservanee de
la loi. E<cli. 16. 2. Job. 24. 22.
CKEDENS, Tis. Qui croit en Jésus-Christ.
Rom. 1. 16. Virtus... Dn est in salutem omni
credenti : L'Evangile est la vertu de Dieu
pour sauver tous ceux qui croient : c'est le
moyen dont Dieu veut se servir, c. 10. 4. 1.
Cor. 1. 21. Gai. 3. 22. D'où vient :
Non credens, ànsiOûv. Infidèle, qui n'a point
la foi en Jésus-Christ. Ps.67. 19. Etenim non
credenles ( accepisti ) , inhabitare Dominum
Deum : Vous avez reçu aussi sous votre
obéissance les incrédules et les rebelles, afin
que Dieu habite même dans ceux qui ne
croy.Ticnl pas en vous.
CREDIBILIS. 15. 1" Croyable, vrai»embla-
ble. 2. Par. 6. 18. Ergone credibile est ut hn~
bitet Deus cum hominibus super terram? Est-
il donc croyable que Dieu habite avec les
hommes sur la terre?
2° Certain , ferme, assuré. Ps. 92. 5. Testi-
monia tua credibilia facta sunl nimis ; Grec:
îTTio-Twevîo-av. On a reconnu la vérité de tos
oracles. Les paroles de l'Ecriture sont les
lémoignases de Dieu même.
CRÈDITOR, is. Créancier, celui qui a
prêté de l'argent. Prov. 29. 13. Pauper et
creditor {^psMfsàér-nç) obviaverunt sibi : Il se
rencontre toujours des gens qui prêtent, et
d'autres qui empruntent. Isa. 50. 1. Quis est
creditor meus {v-nôxpzM;) , cui vendidi vos f
Dieu témoigne que si les Juifs sont réduits
en servitude , ce n'est point qu'il les ait
vendus à son créancier, comme les pères
(parmi les Juifs) livraient leurs enfants pour
s'acquitter de leurs dettes ; mais qu'ils étaient
en esclavage à cause de leurs crimes. 4. Reg.
4. V. 1. 7.
CREDITUS, A, UM. Fidèle, ferme, con-
stant. Ps. 77. 8. Non est credilus, Gr. oOz èTria-
Twô/j, cum Deo spiritus ejus .-L'esprit du peu-
ple juif n'a point été fidèle à Dieu.
CllEDULUS , A, UM. Crédule, qui croit
aisément. Gen. 39. 19. Nimium credulus
verbis confugis : Putiphar crut trop légère-
ment sa femue contre Joseph.
CREMARE , yMrx/.v.Ui-j, du grec «zpsjawv, ou
^piyi.(ù-^ , ramus grandior, une grande bran-
che propre à brûler; ou de camar, qui signifie
aussi :
Brûler, faire brûler. Hebr. 13. 11. Horum
corpora cremantur extra castra : Les corps
des animaux, dont le sang est porté par le
grand pontife dans le sanctuaire pour lex-
pialion du péché, sont brûlés hors le camp.
Levit. 4. 12. c. 6. 9. Cr'>.mabitur in altari
tota nocte usque mane : 11 parle de l'holo-
causte qui s'offrait tous les soirs. On ne
brûlait la victime que par parties , afin
qu'elle pût durer toute la nuit ; et c'est
pour cela que le prêtre était obligé de veiller,
priant et offrant ainsi sans cesse pour le
peuple.
CIŒMIUM, 11, fpTjyuvov, de cremare.
Matière aisée à brûler, telle que de menu
bois, qui sèche aisément et qui est propre à
allumer le feu. Ps. 101. 4. Ossa mca sicut cre-
mium aruerunt : Je suis devenu comme du
bois sec par l'excès de la tristesse; ce peut
être une description de l'extrémité où se
trouvait réduit le peuple d'Israël lorsqu'il
était captif en Babylone ; mais c'est aussi la
peinture de l'état d'une âme abattue sous le
poids de la colère de Dieu que ses péchés lui
ont attirée.
CREPARE. Ce verbe est formé du bruit qu'il
marque par sa prononciation, ou de l'Hébreu
karal), prœliari.
Faire bruit, comme quand on ouvre une
porte, etc.; dans l'Ecriture,
Crever, se crever (^âo-zeiv). Act. 1. 18. 5m«-
pensus crepuit médius : Judas s'est pendu et
a crevé par le milieu du ventre; Gr. Prœceps
factus est : Judas s'élanl pendu, la corde so
rompit, et tomba le ventre sur quelciue chosa
997
CRE
cm
9'J»
qui le fit crever ; ou, selon d'autres, son ven-
tre s'enfla et se creva ; mais quelques autres
croient que sainl Luc par ces paroles a voulu
marquer ce qui était arrivé A son cadavre de-
puis sa mort , qu'ayant élé jeté à la voirie, il
y avait des pointes de rochers qui faisaient
crever les corps que l'on y précipitait. .2.
Par. 25. 12. Prœcipilaveruntque eos de summo
in prœceps, quiuniversi crepuerunt [Siap^^yw-
<r0at, disrumpi).
CREPIDO , iNis. Du Grec -/^«ttî?, base, fon-
dement.
11 signifie proprement quai, muraille qu'on
élève au bord de l'eau pour empêcher qu'elle
n'emporte la terre; le bord de l'eau même;
dans TEcrilure :
1° Le bord d'une rivière. Exod. 2. 5 Gra-
diehantur per crepidinem ulvei : Les filles sui-
vantes de la fille de Pharaon allaient le long
du bord de l'eau.
2° Le bord de quelque chose (pâo-tf). Le-
vit. 1. 15. Decurrere faciel sangiiinem super
crepidinem oltaris : Le prêtre fera couler le
sang de la plaie sur le bord de l'autel. Judith.
7. 3. Ce mot s'entend des limites ou frontiè-
res d'un pays. Juilic. 7. 23. Fugientes usque
adBelhsetta,et crepidinem AbelmeliulainTeb-
hulh [yjilo; labiutn) : Ceux des Madianites
qui élaieiil échappés de ce carnage, s'enfui-
rtnl jusqu'à Belhsetla et jus(ju'au bord
d'Abeimehula en Tebbath ; l'Ecriture parle
des restes des Madianites qui se défirent eux-
mêmes du temps de Gédéon.
CRIiPUSCULUM, I. De creperus, qui signi-
fie douieux et marque le faux jour qui pa-
raît ou avant le lever du sob il, ou à lentrée
de la nuit, et s'appelle l'entre chien et loup;
dans lEcriture :
Le point du jour. 2. Reg. 2. 32. Jn ipso
crepusculopervenerunl in Hebron : Joab.avcc
ses gens qui élaientavec lui, arrivaàHebron
au point du jour.
CKESCENS , Kpri<7Y.-nç , Crescent , nom
d'hon)me, disciple de saint Paul. 2. Tim. k.
10 [Abiit Crescens in Galuliam : Crescent
s'en est allé en Galatie, se. du consentement
do sainl Paul.
CRESCERE, «ù^avscreat, de l'Hébreu gères.
ou, selon d'autres, du nom grec x^éaç, caro,
d'où vient chez les iEoliens y.fJticr/M, et chez
les Latins cresco.
1° Croître, s'augmenter, devenir grand.
Gen. 21.8. Crefi7 igiiur puer et abluctatus est :
(Isaac), enfant (d'Abraham et de Sara), crût
et on le sevra, y. 20. c. 38. v. 11. 14. Exod.
2. 11. Postquam crevcrat Moyses, cgressus est
tni fralres suos : Lorsque Moïse lut devenu
grand, il sortit pour aller voir ses frères.
Malth. 6. 28. c. 13. 7. etc.
ii" Croître, 1" en nombre, se multiplier.
Gen. 1. V. 22. 28. Crcscite et multijilicamini:
Groisse2 el multipliez , dit Die.i; H'br. fruc-
tificate. Ces paroles : Croissez, ne sont point
un précepte, ou ce n'en pouvait être un tout
9u plus que pour le lenips de la Loi écrite;
«îucore ce précepte n'était-il [)as indispensa-
ble, puisque quelques saints, dans l'Ancien
Testament, ont véiudans le célibat, c. 8. 17.
c 9. 7. c. n. 6. c. V9 k Non crescas : Puis-
siez-vous ne point croître, dit Jacob à Ru-
ben , etc. Act. 6. 1. Voy. Abundare. 2° Croî-
tre, s'étendre, se fortifier. Gen. 41. 56. Cres-
ccbat auleni quotidie famés in omni terra : La
famine rroissait tous les jours dans toute l'E-
gypte. 1. Esdr. 4. 22. c. 9. 6. Dan. 8. 23 2.
Mach. 4. 50.
§ 1. — S'avancer d'un lieu en un autre. 4.
Reg. 20. 10. Facile est umbram crescere (x)it-
v£tv) ; li est aisé que l'ombre s'avance de 10
lignes, ditEzechias au prophète Isaïe ; ces
lignes marquaient les heures, comme il se
fait dans les montres au soleil,
§ 2.— Croître, devenir plus grand, s'éten-
dre. Job. 31. 18. Crevit mecum miseratio : La
compassion est crue avec moi. Eccli. 2. 3.
Susline, ut crescat in novissimo vita tua : Ne
vous lassez point d'attendre, afin que votre
vie soit à la fin plus abondante. Rien ne fait
tant croître la vertu que la souffrance: elle
passe, et la récompense qu'on en reçoit à la
fin de la vie, demeure éternellement. Esth. 9.
4.Prov.4.18,Act.9.6o.Act.6.7.c.l2.24.c.l9.20.
§ 3.— Devenir plus puissant, plus heureux,
plus florissant. Joan. 3. 30. Illum uportet
crescere, mr autem minui : 11 faut qu'il croisse
et que je diminue, dit saint Jean parlant de
Jésus-Christ et de lui-même. Gen. 26. 22. 1.
Par. 11. 4. 2. Par. 17. 12. Eccli. 2. 3.
§ 4.— Croître, avancer dans la piété et
dans la connaissance de Di. u. Ephes. 4. 15.
Crescamus in illo per omnia, : Croissons en
toutes choses dans Jésus-Christ, se. par une
vraie charité, c. 2. 21. In quo 07nnis œdifica-
lia constructa crescit [rxùl^àvsrj) in templum san-
ctum in Domino : C'est sur Jésus-Christ que
tout l'édifice (de l'Eglise) étant posé s'élève
et s'accroît pour être un temple consacré au
Seigneur. Coloss. 1. 10. l.Petr. 2.2. 2. Pelr.
3.18.
CRES , ETis , Kpriç, De Creta, l'île de Crète.
Cretois, Candiot. Act. 2. 11. Crêtes et Ara-
bes : Cretois et Arabes.
CRETA, M, Gr. Carnea, ou carnalis,Kprnn,
Crète ou Candie.
L île de Candie. Tit. 1. 5. JIujus reigralia
reliqui teCretœ : Le sujet pourquoi je vous
ai laissé en Crète, est atin que vous y régliez
tout ce qui reste à y régler ; celte île est si-
tuée à l'entrée de l'Archipel et à la vue de
l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique.
CRETENSIS, is, Kpriç , Cretois, Candiot.
Tit. 1. 12. Cretenses semper mendaces : Les
Cretois sont toujours menteurs; sainl Paul
cite ceci d'un vers d'Epiménide, l'un de leurs
poètes.
CRIBRARE. 1° Cribler, passer quelque
chose par le crible. Dan. 14. 13. Cinercm...
crihravil per lolum templum coram Reije : Da-
niel répandit par tout le temple de Bel de la
cendre devant le roi , la faisant passer par
un crible. A quoi se rapporte, dans le sens
figuré, 2. Reg. 22. 31. Cribrans aquas de nu-
bibus : Dieu a fait distiller les eaux des nuées
du civl.
2" Agiter et ébranler de diverses et fréquen-
tes tentations pour faire succomber (awiàÇuv).
Luc. 22. 31. EcceSatanas expelivit vo.i ut cri-
brarel sicul triticum : Satan vous a demandé
90S>
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
lOOO
pour vous cribler comme on crible le fro
tuent, dit Jésus-Christ à saint Pierre.
CRIBRUM, I, I17.U.ÔÇ. De l'Hébreu kebara,
qui signifie la même chose, ou du verbe cer~
nere , sasser, bluter, tamiser, qui vient de
Crible. Amos. 9. 9.Sicut concutitur triti-
cum : Je ferai que la maison disiaël sera
agitée parmi toutes les nations , comme le
blé est remué dans le crible. E( cli. 27. 2.
CRIMEN, iNis. De y.fi^u, judicium , parce
que c'est pour des crimes qu'un homme est
jugé et condamné.
Crime, grand péché. Tit. 1. 7. Oportet
episcopum sine crimine ( àysyAnzov ) esse : Il
faut que l'évêque soit un homme irréprocha-
ble. V. 6. 1. Cor. 8. Matih. 12.5.
Tache, reproche, déshonneur (««Tt«). 1.
Mach. 9. 10. Non inferamus crimen gloriœ
nosirœ : Ne souillons point notre gloire par
aucune tache, dit Judas à ses gens.
CRIMINATIO, Nis, StK^oXri , accusation,
action d'accuser ou de blâmer quelqu'un de
quelquelque chose; dans l'Ecriture :
Fausse accusation, calomnie. 2. Mach, 14.
27. Pessimis hujus criminationibus irritatus:
Le roi (Démétrius) fut tout à fait irrité par
les calomnies détestables du méchant Alcime.
CRIMINATOR, is, Stâêo/oç, calomniateur.
Levit. 19. 16. Non eris criminator : Vous ne
serez point un inventeur de crimes. 2. Tim.
3.3.
CRIMINATRIX , icis , StàeoUç, médisante,
qui calomnie. Tit. 2. 3. Anus [sint) non cri-
minatrices : Apprenez aux femmes âgées...
à n'être point médisantes.
CRINIS, is, Qpi^y de xEtjsstv, tondere, ou de
y.pi-jEiv, discernere.
Cheveu, les cheveux (xôiru^goî, nodus ca-
piUorum). 1. Tim. 2. 9. Mulieres... non in
toî'lis crinibus, èv nléyiiuenv : Je veux que les
femmes ne se parent point avec des cheveux
frisés. Judith. 10. 3. etc. Ainsi , Isa. 3. 17.
Crinem earum nudabit : Le Seigneur arra-
chera tous les cheveux des filles de Sion ;
Hebr. pubem, ignominiam. Voy. Nudare.
Tresse de cheveux. Cant. 4. 9. Vutnera-
sti cor meum in uno crine {evO-z[x.a) colli tut:
Vous avez blessé mon cœur par un cheveu
de voire cou; Hebr. torque^ parle collier.
Judic. 16. 19. Rasit septetn crines ejiisi^ôarp^-
X,oç) : Dalila fit raser à Samson les sept touf-
fes de ses cheveux ; i, e. toute la tête. Voy.
le V. 13. et 17.
CRISPANS, Tis. Qui est frisé. Isa. 3. 24.
Erit pro crispanti crine calvitiiim : Les che-
veux frisés des filles de Sion seront changés
en une tête nue et sans cheveux.
CRlSPUS,i,xjoto-7roç, De carpas, Héb.fin lin;
de là vient l'adjectif crispus , a, itm, crêpe,
crépon ; dans l'Ecr. :
Crispe, chef d'une synagogue. Act. 18. 8.
Crispus autem Archisynagogus credidit Do-
mino : Crispe, chef d'une synagogue, crut
aussi au Seigneur avec toute sa famille, se,
à la prédication de saint Paul, à Gorinthe. 1.
Cor. 1. 14.
CROCEUS , K , UM. De couleur de safran ,
ou de pourpre , riche , précieux.
Thren. 4. 5. Qui nulriebantur in cToceis
(xôzxoç), amplexati siint stcrcora : Ceux des
Juifsqui avaienlété élevés dans la pourpre et
revêtus d'habits précieux, ont recherché des
ordures pour se nourrir ; Hebr. in coccino*
CROCODILUS, 1, y.poy,6Biàoç , Crocum me—
tuens. Crocodile, espèce de grand lézard
aquatique et immonde, ainsi appelé de ce
qu'il abhorre le safran. Levit. 11.29.
CROCUS, 1. De xpôxof.
Safran. Cant. 4. 14. Nardus et crocus : Le
nard et le safran. Celte plante jette une fleur
bleue où il se trouve des filaments de très-
bonne odeur.
CRUCIARE, Gr. oSuvâv. Tourmenter, af-
fliger, punir. Luc. 16. v. 24. 25. Crucior in
hac flamma : Je souffre d'extrêmes tourments
dans cette flamme, dit le mauvais riche. Eccl.
4. 19. Cruciabit illuni in Iribulatione doctrinœ
suœ : La sagesse tourmentera par les peines
dont ses instructions sont accompagnées ce-
lui qui l'écoute, jusqu'à ce qu'elle se soit as-
surée du fond de son âme. 2. Petr. 2.v. 4. 9.
Joël. 2. 6.
Inquiéter, faire delà peine, chagriner (p«-
cravtÇstv). 2. Petr. 2.8. Animam justaminiquis
opcribus cruciabant : Le ']usle Loth était tour-
menté dans son âme par les actions détesta-
bles des habitants de Sodome etde Gomorrhe.
Eccl. 2. 22.
CRUCIATIO , Nis. Peine, supplice. Sap.
6. 9. Fortioribus fortior instat cruciatio
{epîvvcn) : Les plus grands sont menacés des
plus grands supplices.
CRUCIATUS, ûs. Peine, tourment, sup-
plice. («AyvîSwv). 2. Mac. 7. 1. Ita ut rex ,
et qui cum ipso erant, mirarentur adolescen-
tis animum, quod tamquam niliilum duceret
cruciatus : Le roi Antiochus et ceux qui l'ac-
compagnaient admirèrent le courage de ce
jeune Machabée, qui considérait comme rien
les plus grands tourments, c. 9. 6. Apoc.
9. 6.
CRUCIFIGERE, crrc^vpovv. t Crucifier, attfi-
cher à une croix. Joan. 19. 15. Toile, toile ^
crucijige eumî Otez-le, ôiez-le du monde;
crucifiez-le! disent les Juifs à Pilale, touchant
Jésus-Christ.
2" Pendre , suspendre [£ï»3>t«Çetv, Soli ex-
ponere ; Heb. Nakagh , suspendo). 2. Reg. 21.
V. 6. 9. Dentur nobis septem viri de filiis ejus,
ut criicifigamuseos Domino: Qu'on nous donne
au moins sept des entants de Saùl,afin que nous
les pendions pour satisfaire le Seigneur ; le
crucifiement n'était point en usagechez les Hé-
breux.
Crucifigere aliquem alicui. Crucifier quel-
qu'un pour satisfaire et apaiser la colère
de quelqu'un, 2. Reg 21. 6. Dentur nobis
septem viri de filiis ejus , ut crucifigamus eos
Domino : Qu'on nous donne au moins sept
des enfants de Saùl , afin que nous les met-
tions en croix pour satisfaire le Seigneur.
Matth. 20. 19. etc.
— Crucifier, mortifier, faire mourir. Rom.
6. 6. Vêtus homo nosicr simul crucifixus est :
Notre vieil homme a été crucifié avec Jésus-
Christ, se. parle baptême; soit parce qu'il
représente la mort de Jésus-Christ, soit parce
tooi
CRU
cr.L'
imf
(|u'en effet les péchés y sont flT.tcés par la
vertu de su croix. Gai. 6. li. Mihi înundus
crucifixus est et ego mundo : Le monde esl
à mon égard comme un morl ou un pendu ,
et me hnil de môme que je le hais. c. o. '2'*.
Hcbr. 6. 6. Rursum crucifigentes sibimelipsis
Filium Dei : Celui qui pèche grièvement après
son baptême, cruciûe de nouveau le Fils
de Dieu autant qu'il esl en lui, parce qu'il
commit ce qui a été la cause et le sujet de .
la mort de Jésus-Christ, ou, selon d'autres,
il méprise autant Jésus-Chiist que les Juifs
qui Pont rruciflé.
CRUDELIS, is, E, àv£>£ïi_i/«v. De ladjectif
t-rudus, a , um. Cruel , inhumain , barbare.
Job. 30, 21. Mutatus es mihi in crudelem :
Vous êtes changé et devenu cruel envers moi.
Prov. 5. 9. Ne des annos tiius crudeli : Ne
prostituez point vos années à un cruel; Gr.
crudelibus, Hebr. crudeli au féminin. Le Sage
appelle cruelle une femme de mauvaise vie,
parce qu'elle esl cause de la perle des biens,
de la santé el de l'âme de ceux qui en appro-
chent; d'autres l'entendent du mari, ou du
démon.
CRUDELITAS, tis. Cruauté, inhumanité.
2. Par. 28 9. Jta ut incœlum pertingat vestra
crudelitas : V'olre cruaulé est montée jus-
qu'au ciel , dil le prophète Oded, se présen-
tant à L'armée d'Israël, qui emmenait deux
cent niille captifs du royaume de Jud.i. 1.
Mach. 7. k2. De nimiis crudelitatibus satis
dictum est : Nous avons assez parlé des ex-
cessives cruautés d'Anliochus.
CHUDËLITER. Cruellement, avec cruaulé
el inhumanité. Isa. li. 6. Contrivit Domimts
bnculum impioruin persequentem crudeliler :
Le Seigneur a brisé le bâton des impies qui
persécutaient les nations cruellement.
CRUDELIUS. Plus cruellement {/jifjiazu;] .
^.Mnvh.l .3^. Jnhunc super omnes cr'udelius de-
sœvit [yji^irj-zùi; àirr,yzn<rs) : Antiochus fil éprou-
ver sa cruaulé au plus jeunt; dis sept Macha-
bées , encore plus qu'à tous les autres.
CRUDUS , A, UM, ôj[jlôç ; de cruor, ou de
l'hébrru kor, frigus.
1" Cru , qui n'est point cuit. Exod. 12. 9.
Non comcdelis ex eo crudum quid : Vous ne
mangerez rien de l'agneau qui soit cru. 1.
Rcg. 2. 15.
2° Cru, rude, qui n'est point apprêté.
Eccli. 49. 4. .46 eo qui portât coronam usque
ad eum qui operilur lino crudo : Depuis celui
qui porte la couronne, jusqu'à celui qui n'est
couvert que de toile crue, i. e. qui n'est
point préparée. Celte toile semble être plutôt
de chanvre que de lin.
CRUOR, is, alu/a. De x^iOo,-, frigus, parc'
que c'esl le sang répandu el refroidi ; au
lieu que sanguis esl le sang chaud dans les
veines.
Sang hors des veines el répandu. V. Reg.
24. 4. Imptevit Jérusalem cruore innocen-
lium : Manassé a rempli Jérusalem du car-
n.ige des innocents. 3. Reg. 2. '6. Posuii crun-
rcmprœlii in balteo suo : Joab a rnsanglanié
son baudrier du sang d'Abncr el d'Ainasa,
pendant la paix , comme il aurait fait iliir.nii
DlCTi(i>>. i)i; l'nii.oi.. Sac r.i'.i.. 1.
la guerr.\ dit David à Salomon en mourant
Dcùl. 32. 42. Voy. Captivitas.
CRUS, URis, (Txaoî. De l'hébreu caragb ,
d'où vient karagnatm , crura.
La cuisse, la janihp. Joan. 19. 33. Non fre-
gcrunt ejus crura : Les soldats ne rompirent
point les jambes de Jésus-Christ. Isa. 47. 2.
Révéla crura : Levez vos vêlements (ô Raby-
lone) , se, pour passer les rivières, Heb. avec
les pieds nus. CanL 5. 15. Crura illius co~
lumnœ tnannoreœ quœ fundalœ sunt super
bases aureas : Ses janibcs sont comme des
colonnes de marbre, posées sur des bases
d'or. L'humanité de Jésus-Christ peut être
figurée par ces jambes , aussi fermes que des
colonnes de marbre; et ces bases d'or, sur les-
quelles elles sont posées, nous figurent lu
divinité et la personne du Verbe , qui était l«
fondement et le principal soutien de la na-
ture humaine dans Jésus-Christ.
CRUSTULA, JE. Ce mot, au féminin, sn
fait de crusla, qui signifie croûte de quelque
corps matériel, comme de pierre, de bois,
de pain,el d'autres choses semblables; mais
crustula, neutre pluriel, vient de crustulum
et de crustum , un gâteau croquant, un cro-
quet de pain d'épice ou d'oublié.
pueris daiU crusiula biaiidi
Doctorcs eiemei»ia velinl ut discere p^in^a.
Mais crusiula ne se trouve qu'au féminiu
dans l'Ecriture, pour signifier :
Gâteau, tourteau (y.o>.>,vptov). 3. Reg. 14, 3.
Toile in manu tua dccem p mes el crustulam :
Prenez en votre main dix pains et un tour-
teau, etc., dil Jéroboam à sa femme, l'en-
voyant consulter le prophète Ahias.Exod.29.
v. 2. 23.
CRUX, cis, (TT«jpoj, de l'Hébreu cara, fouir,
creuser; ou de kor, lignum , trabs.
Croix , gibet. Gen. 40. 19. Suspendet te in
cruce: Pharaon, après vous avoir fait couper
la tête, vous fera ensuite attacher à une
croix. Voyez l'accomplissement de cette pro-
phétie de Joseph au grand panelier de Pha-
raon. V. 22. Ainsi , c. 41. 13. etc.
La croix de Jésus-Christ, c'est le bois de
la croix à laquelle il a élé attaché. Mallh. 27.
32. Jlunc angariaverunt ut tolleret crucem
ejus : Les soldats du gouverneur contrai-
gnireiil S;moM le Cyrénéen do porter la croix
de Jésus - Christ. Les criminels portaient
leur croix jusqu'au lieu du supplice , et
Jé^us- Christ l'avait porléo juscpTà ce lieu,
où ils renconirèrcnl Sim<)n ; niais Jé>us-
t^hrist élant trop épuisé de forces, les soldais
contraignirent Simon de continuer à la por-
ter jusqu'au lieu du supplice de Jésus-Christ.
Philipp. 2. 8. Foetus obediens usque ad mor-
tem, mortem uutrm crucis : Jésus-Chrisl s'est
rendu obéissant jusqu'à la morl, et jusqu'à
la mort de la croix. La loi ordonnait que
celui qui serait morl allché en croix, en
fût ôté avant le soleil 'ouihé. Deuî. 21. 23.
Non permancbit cadnvcr ejwi in liijno, srd
radem die scprtirlur, quia mnleilictus a Dm
est qui pendvl in tii/no : Celui (]ui esl pcnrlu
au bois esl maudil de Dieu, c'esl-à-dire, en
exécration devant Dieu, à cause du peclic
qui avait mérité un tel supplice ; ainsi il tàl-
32
toes
niCTIONNMRF, DK PIIIf.OLOr.lE SACIIEF.
100«
jail le retirer au plus l<M do la vuedes liommos,
romine un ah\el infâme et horrible à voir.
Jésus -Christ, qui s'est chargé des péchés
do tous les hoiiiines, pour les expier par sa
cioix, .1 Ition voulu passer pour maudit :Cum
•iceleratisrrpHtalus rsl. Joan. 19. Voy. Male-
DicTUM. Marc. 15. '21. Luc. 23. 2G.
Accipere , bajulore , tollere cnicem sunm.
Celle façon de parler vicnl de la coutume des
criminels de porter leur croix jusqu'au lieu
du supplice, et sigHifie :
Porter sa croix ; c'est souffrir couragcu-
sciiuMit pour Jésus-ChrisI toutes sortes de
tourments, d'alfliclions, d'ignominies , et la
mort même. Luc. 9. 23. Tollat crucem suam
tpiotidie : Si quelqu'un veut venir avec moi,
(ju'il renonce à soi-inème, et qu'il porte sa
croix tous les jours, dit Jésus-Christ, c. H.
27. Matlh. 10. 38. c. 10. 2'k Marc. 8. 3i.
§ 1. — La mort et la passion de la croix.
Hebr. 12. 2. Proposito sibi gaiidio iuslinuit
crucem : Jésus - Christ , dans la vue de la
joie (jui lui était préparée, a souffert la
croix. Gr. , au lieu de la joie qu'il pouvait
choisir sur la terre, a souffert la croix. Phi-
lipp. 3. 18.
§ 2. — Le mérite de la mort et passion que
Jésus- Chi ist a soufferle sur la croix. I. Cor.
1. 17. Ut non evacuetur cnix Cfiristi : Le
mérite de la croix de Jésus -Christ serait
inutile, si c'était l'éloquence des prédicateurs
qui persuadât la Foi. v. 18. Gai. 6. ik- Kphes.
2. IG. Philipp. 3. 18.
§ 3. — La prédication de l'Lvaugiie. Gai. 5.
11. Ergo cvacualum est scandalum crucis :
Les Juifs se choquaient principalement de
ce que l'on prêchait qu'il fallait chercher
son salut dans le mérite de la croix , et non
p.is dans la pratique de la loi. c. 6. 12. 1.
Cor. 1. 18.
CKYP TA, JE. Du verbe xpvTrTctv, abscondere.
Lieu sous terre, caverne- Jerem. 43. 9.
Abscondas eos in crypta {TvpoQvpo-j) : Hebr.
Mullha : Vous cacherez ces pierres dans la
voûte. C'éiai! une caverne d'oiî on tirait du
bitume, ou une terre grasse pour faire de
la tuile.
CRYSTALLUS, i ,-/pv(7Ta/).o?. Cristal, pierre
claire et transparente, qui se forme par la
gelée la plus forte (qui est appelée horrible
dans Ezech. 1. 22). Apoc. h. 6. Mare vilreum
simile crystallo :\h-ài-\'\s du trône, il y avait
une mer transparente comme le verre.
Glace ou verglas. P. 147. 6. Miltit cry-
stallum suam sicut buccellas : Dieu envoie sa
glace, divisée en une infinité de parties Le
mot grec /p^dfaV/o?, signifie glace, parce que
le crjstal se forme comme de la glace. Eccli.
k3. 22. Gtiavit crystallus ab uqua : Lorsque
Dieu fait souiller le vent froid de l'aquilon ,
l'eau se glace aussitôt comme du cristal ; car
le vrai cristal est une espèce de pierre trans-
parente, (jue le grand froid glace et endurcit
sous terre et parmi les rochers ; c'est pour-
quoi on l'appelle cristal de roche, qui n'est
point une eau glacée, autrement elle fondrait
au soleil. L'interprète de la Vulgale fait ce
mol masculin , v. 24. Aug. qu. 49. i:i lib.
Jmlic. Solet Scriptura masculinum gennt pro
(luolibet sexu ponere.
CUBARE , zotuav, de y-v-K-m-*, Jncurtnri , se
conrber.
Elje courbe, elre au lit, se reposer. 2. Reg,
13. 5. Cuba suner lectum laum : Couch-z-
vous sur votre lit , et faites semblant d'être
malade, dit Jon-idab à Amnoii , lui conseil-
lant un moyen d'abuser de Thamar, Gen. 19.
4. Deul. 28.V. 54. 53. Job. m. 40, etc.
riirase tirée de ceUe signification.
Cnhare eum muliere. Se coucher a^cc une
femme; c'est abuser d'une femme ou d'une
fille. 2. Reg. 13. v 11. 14. Prœvnlens viribus
oppressit cam, et cubavit cum ea : Amuon
étant plus fort que Thamar, il lui fil violenct;
et abusa d'elle. Ainsi, cubai e in sinu , être
couché auprès. Deut. 28. 54. Quœ cubât in
sinu suo ; suo pour ejus. Voy. Sinus.
1° Vivre en repus, eu grande sécurité.
Ezech. 19. 2. Mater lun leœna inter leones cu-
bavit {yéiiB(70ui} : La ville de Jérusalem vivait
autrefois parmi les rois des nations, sans
rien craindre.
2° Faire reposer (xotràÇitv). Cant. 1. 6.
Jndica mihi ubi cubes in meridie? Dites-moi
où vous faites reposer votre troupeau , du-
rant la grande chaleur?
CUBICULARIUS , ii. Valet , homme do
chambre. Judith. 12. 6. Prœcepit cubilariii
suis. Holopherne ordonna aux huissiers de
sa chambre de laisser entrer et sortir Judith,
c. 14. 16.
CUBICULUM, I, TKpetov ; de cubare, et si-
gnifie,
1° Chambre. Gen. 43. 30. Jntroiens cubi
culum flevit : Joseph passant dans une autre
chanibre, il pleura de tendresse qu'il res-
sentit à la vue de Benjamin. Ad. 12. 20. Qui
erat super cubiculum régis ( xoitwv) : Blaste
qui était chambellan du roi (Hérode). De là
vient :
Cubiculum lectorum. La chambre où est le
lit [.our n)anger. 2. Par. 22. 11. Àbscondit
cUm cum nutrice sua in cubiculo lectorum :
Ji'sabeih cacha Joas et sa nourrice dans la
chambre des lits. Voy. Triclimum. D'autres
entendent ce passage des salles où étaient
logés les prêtres (lui faisaient leurs fonctions,
et couchaient tous en un même lieu.
2» Cabinet, chambre secrète, où l'on serre
ce que l'on a de plus précieux. Matth. G. G.
Jnlra in cubiculum tuum, i. e. in conclave :
Lors(jiie vous voudrez prier, «mtrez dans
votre chambre, dit Jésus-Christ. 3. Reg. 20.
30. Benadad fugiens ingressus est civilalem in
cubiculum, i. e. in locum intimum et abdi-
lissimum . Benadad, s'enfuyant, entra dans la
ville d'Aphec, et se relira dans le lieu le
plus secret d'une chambre , se. après une
défaite de cent mille hommes de son armée,
c. 22. 25.
CUBiLE, is, xotTjj; de cubare.
1° Lit (/oiTwv). Joël. 2. 16. Egrediatut
sponsus de cubili suo : Que l'époux sorte do
sa couche, se. pour honorer son jeûne par
'a continence. Ps. 35.5. Jniquitalem medita-
tus est in cubili suo L'injuste a médité l'mi-
I0J5
CIB
«juité dans le srcicJ «ic son lit, /. *-. les
innuvais desseins (lu'il doil t'xéculer le len-
demain. Ainsi , Midi. 2. 1. Vœ qui operamini
malum in cubilibus vestris : Malheur à vous
. qui prenez dans voire lit des résolutions cri-
minelles , in tuce mcUutina faciunt illud , que
vous exécutez dès le point du jour.
2" La retraite des bêles, étable, tanière,
caverne. Isn. &o. 10. Vallis Achior in cubile
(«v«7rK-uCT<,-) armenlorum : La vallée d Achior
servira de retraite aux bœufs de mon peuple,
de ceux qui m'auront reciienhé. Ps. 103. 22.
Jn cubilibus suis coUocabuntur : Toutes les
bêtes se vont coucher dans leurs retraites
(fXKvrîpo:) , 5C au lever du soleil. Gant, k. 8.
De là vient :
Facere , dure in cubile pecorum. Rendre un
pays, une ville, la retraite des hêtes ; c'est la
ruiner entièrement. Ezech. 25. 5. Dnbo filios
Ammon in cubile pecorum : J'abandonnerai
ie pays dis enfants d'Ammon , pour être lu
retraite des bêtes (vof/r;). Soph. 2. 15.
§ 1. — Repos, lieude repos, et oùl'on est en
grande sécurité. Ps. H9. 5. Lcelabuniur in
cubilibus suis : Les Juifs, après leur capti-
vité, ont joui d'un grand repos. Ainsi, les
justes reposent dans leur tombeau avec con-
fiance. Isa. 57. 2. Requiescat in cubili suo qui
ombulavit in directione sua ( zu^-à , sepul-
crum ) : Que celui qui a marché «lans un
cœur droit, se repose dans son lit. On l'en-
tend de Josias.
§ 2. — Impudicités, plaisiis désllonnêt^s,
marqués par le mot cubile. Rom. 13. 13. Non
in cubilibus et impudicidis : Ne vous laissez
point aller aux im[)udicités et aux dissolu-
tions. Ainsi, Gen. 49. k. Ascetidisti cubile pa-
tris (ui : Vous avez souillé le lit de votre
père; se, en commettant un inceste avec
votre belle-mère.
De là vient cette façon de parler : Dilalure
cubile : Agrandir son lit. C'est avoir un désir
insatiable de se prostituer. Isa. 57. 8. Dilu-
tasli cubile tuum : Vous avez agrandi votre
lit. Ceci s'entend de l'inclination à l'idolâtrie
marquée par la prostitution, v. 7. Super
montem excelsum posuisli cubile luum : vous
avez mis votre lit sur une haute montagne
et élevée. Les idolâtres faisaient leurs sacri-
fices sur des lieux élevés, lî/ecli. 23. 17. Cu-
bile mammarum; Hebr., amorum; i. e., ania-
torum : Couche de prostitution. Ce sont les
temples où les Juifs sacrifiaient aux idoles
avec les Chaldéens.
§ 3. — Le tombeau où le corps repose.
Ezech. 32. 25. Posuerunt cubile ejus in uni-
versis populis rjus : Ils ont mis son lit parmi
tous ses peuples. La mort égale tous les
hommes : les rois et leurs sujets.
CUBITUS, I, Tr^/wj, ÙK' ciiburc, parce que
les anciens étaient sur des lits à table, de
manière qu'ils étaient appuyés sur le coude.
1° Le coude, la jointure du bras sur quoi
on s'appuie. KccJi. î). 12. Non (tccuiubns cuiii
ca super cubituin : Ne \ous apjniyez poinl,
avec la femme élrangère, sur le coude pour
manger. Ezech. 13. 18. Vœ quœ consuunt pul-
villos sub oiuni cubilo uinnus iy/Mv). Voy.
CoNSiERE. Jcrem. 3S, 12.
( ri; fooc
2' Coudée, mesure et hauteur du coucfe.
Matih. t). 27. Luc. 12. 25. Quis vestruin cui/i-
tando potest adjicere ad slaturam suant cubi-
tuin uiium? Qui est celui d'entre vous (|iii
puisse, avec tous ses soins, ajouter à sa taiJe
la hauteur d'une coudée? Geti. (5, v. 15. 16.
l'recentorum cubiiorum erit longitudo nrcœ...
in cubito cunsumuiabis summilàlPin ejus : La
longueur de l'arche de Noé était de trois
cents ( ondées; ss largeur, de cin(|uanle; sa
hauteur, de (rente; le comble qui la couvrait
était haut d'une (oudée, et descendait en
pente pour faire c^^ouler les eaux.
Il est à remarquer que la coudée ancienne
avait vingt quatre doigis ; ei que l'autre,
moius ancienne, n'en avait que vint^t- les
Hébreux s'en servirent durant leur captivité.
La coudée hébra'ique était de trois pouces
plus grande que la grecque ou la romaine :
celle-ci était de dix-huit pouces, et l'autre de
vingt-un. La coudée se prend depuis le bout
du coude jusqu'à l'extrémité du doigt le plus
long de la main étendue.
3" Cubitus est mis pour cnlamus, coudée
pour canne. Ezech. i3. 20. Mensus est murum
ejus undique per circuiluni , lonqiiudinem
quingentorum cubitorwn,el ialitudinem quin-
genlorum cubiiorum : J/ange mesura la mu-
raille de tout<s parts, en tournant tout au-
tour, et il trouva qu'elle avait cinq cents
coudées de longueur et autant de largeur.
Saint Jérôme et plusieurs autres interprètes
croient qu'il faut mettre cannes au lieu de
coudées; comme en effet dans l'Hébreu il y a
seulement «/«nir/en/oru»}, où l'on doit sup-
pléer calamorum, exprimé (|uatre fois aupa-
ravant. La coudée commune est un pied et
demi; la coudée des Hébreux était un pied
trois quarts. Jos. 3. k. Sil inter vos et arcam
spntium cubitorum duum i?iillium : Qu'il y ait
entre vous et l'arche un espace de deux
mille coudées ou cinq stades, revenant à six
cent vingt-cinq pas géométriques. Cet espace
était nécessaire, parce qu'ils n'eussent pu
voir l'arche, à cause de leur nombre prodi-
gieux, s'ils en eussent approché. 3. Reg. 6-
2. Voy. Trigi.nta.
CUCUMIS ou CUCUMER; de aixvo? , qui
vient de l'hébreu kasa ou kisa, qui signifie la
mêoie chose.
Concombre. Num. 5. In mentem nobis ve-
viunt cucumeres : Les concombres nous rc-
vienîient dans l'esprit. Les Hébreux et les
Egyptiens en usaient beaucoup.
CUCUMERARIUM , ii; Tiy.vnpv.To-j, champ
de concombres, ou jardin dans lequel sont
des melons et des concombres. Isa. 1. 8. Si-
cut tuf/urium in cucumerario : La Judée de-
v.iil être comme une cabane dans un champ
de concombres, après (ju'on les a cueillis;
j. r., déserte et désolée. Raruch. (j. 69.
CUDERK, de l'hébreu cat/iat, lundere, atlc-
rcre.
Ratire du marteau , forger. Isa. k\. 7.
Con/orlavil fnber œrarius perculiens {D.«vvitvj
innllco, cum qui cudchat lune lemporis : L'on
vrierqui frappait du marteau, pour former
son idole, exhortait celui (|ui travaillait alorf
avec lui.
{007
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACUEF.
im^
Ce nom indéclina-
de quis cl du génilif
CUJUSMODI; £.-,/>, 0
ble, composé du génilil
de modus, signifie : ^. ^ ,r
De quelle sorte. 1. Reg. 21. 2. Nemo sciai
ciijusmodi prœci'pta tibi dederim : Que per-
sonne no sache ce (juc je vous ai commandé.
David dit à Achimélech que Saiil lui avait
parlé en ces lerines.
11 est à remarquer que le dalif cui ou le
génitif t'u/M5 est quehiuefois un pléonasme
hébreu; se, quand l'antécédent est exprimé,
comme Rom. 16. 27. Soli sapieiid Deo, per
Jesinn Christum, cui lionor et gioria in sœcula
sœculornm : Honneur et gloire soit à Dieu,
qui est le seul sage, par Jésus-Christ, dans
tous les siècles des siècles.
CULEX, icis ; de y^vm^.
Moucheron, cousin. Matlh. 23. 2i. Exco-
tantes culicem : Vous qui avez grand soin de
passer ce que vous buvez, de peur d'avaler
un moucheron. Jésus-Christ représente aux
scribes et aux pharisiens leur avenglemenl.
CULINA, .e; iJ.uysipuo-j, de colère, a co-
lendo igné, dit Varron, ou plutôt de l'hébreu
kala, cuire, rôlir.
Cuisine, lieu dans une maison où l'on ap-
prête les viandes. Ezech. 46. v. 23. 24. Culinœ
fdhricatœ erant subter porticus per gyrum :
L'on voyait les cuisines bâties sous les por-
tiques, tout autour.
CULMEN, is, de columen , qui vient du
grec y.ylif.iMf} , calamus ou culmus (xsya^À),
parce que, anciennement, les toits des mai-
sons se couvraient de chaume. Or, le mol
culmen se dit principalement du toit des mai-
sons, le faîte, le comble, le haut d'un édifice,
et signifie aussi :
Le sommet, le haut de quelque chose.
Gen. 11. k. Faciamus nobis civitatem et turrim
cujus culmen pertingat ad cœlum : Faisons-
nous une ville et une tour qui soit élevée
jusqu'au ciel. C'est de la ville et de la tour de
Babel dont il est parlé ici, 2. Reg. 18. 26.
Vociferuns in culmine : La sentinelle, voyant
un second courrier, cria d'eu haut. i. e.. de
la muraille au haut de la porte de la ville. Ce
courrier qu'il voyait était Chusi.
Un logement, une maison ( Sozoî ). Gen.
19. 8. Ingressi sunt sub timbra cidminis mei :
Ces hommes sont entrés dans ma maison
comme dans un lieu de sûreté, dit Loth aux
habitants de Sodome.
CULMUS, 1, de colmus ou colomiis, pour
calamus.
Le tuyau du blé, qui porte l'épi, le chaume
(Truôp^v). Gen. 41. 5. Septem spicœ pullu-
labunt in culmo iino plenœ atquœ fonnosœ :
Voyeï l'explication que Joseph donne à Pha-
raon de ce second songe qu'il eut de ces
sept épis pleins de grains et si beaux, qui
sortaient d'une même tige. v. 26. Ainsi, Osée
8. 7.
CULPA , ^ , de y.oUr.zctv, châtier, ou de
l'hébreu clialapli, percuKuit.
Faute, offense, blâme. Prov. 6. 30. Non
grandis est culpa, cum guis furatus fucrit, fu-
ratnr enim ut esurientcm impleat animam : Ce
n'est pas une grande faute qu'un hoinme dé-
robe pour avoir de quoi manger, U»rs<iu'il est
pressé par la faim; Hebr. On ne méprise
point un larron. Ici ce genre de larron est
mis en parrallèle avec l'adiillère, qui est
beaucoup plus coupable. Gen. 31. .'i6.
Défaut, imperfection. Heb. 8. 7. 5i illud
culpa vacassft (Gr. a/zefiTrTov sTvat); non utique
secundi locus inquireretur : Si la loi ancienne
avait été assez parfaite pour sanctifier et
donner la grâce, on n'aurait pas eu besoin
du nouveau Testament.
CULPARE; ^é^feaOa.L , blâmer, repren-
dre. 2. Maoh. 2. 7. Jeremias culpans illus
dixit quod ignotus erit locus ; Jérémie blâma
ceux qui s'étaient approchés pour remar-
quer la caverne où il avait mis le taberna-
cle, l'arche et l'autel des encensoirs.
CULÏER, TRI; y.ùyia.ipa, de l'hébreu catil,
occidit, ou bien a cultu terrœ, parce que te
mot a signifié d'abord le contre d'une char-
rue, et depuis il signifie aussi :
1° Couteau. Jos. 5. 2. Fac tibi cultros lapi-
dées : Faites-vous des couteaux de pierre,
dit Dieu à Jo>ué, lui ordonnant d^ circoncire
les Israélites nés dans le désert, qui ne l'a-
vaient point été, à cause îles décampements
fréquents. Voy. v. 7. 8. Ainsi Prov. 23. 2.
Statue cultrum in gutture tuo : Metlez un
couteau à votre gorge. Le Sage, par cetle
expression parabolique , avertit ceux qui
sont invités à la table des grands, de garder
une graiide retenue, soit pour parler, soit
pour manger, comme si on avait un couteau
à l.r gorge qui arrêtât l'intempérance.
2" Instrunjent de fer propre à tailler et
polir les pierres. Exod. 20. 25. Si levaveris
cultrum {èyyjipiSiov) super eu, polluetur : Si
vous employez le ciseau à tailler les pierres
pour bâtir à Dieu un. autel de pierres, cet
autel sera souillé.
Façon de parler Urée de ceUe significalion.
Levare cultrum : Se servir d'un instrument
qu'on lève en haut pour en travailler. Exod.
2. 25. Voy. supra 2°.
CULTIÔR, ûs, plus propre, plus précieox.
Ruth. 3. 3. Jnduere cultio7'ibus vestimentis :
Prenez vos plus beaux habits, dit Noémi à
Ruth.
CULTOR, is, ytùipyoç; de colère.
i" Habitant d'un pays, qui cullive les ter-
res ou les vignes, laboureur ou vigneron.
Gen. 34. 21. Quœ spatiosa et lata cultoribus
indiget : Celte terre, étant spacieuse el éten-
due comme elle est, a besoin de gens qui la-
bourent, disent Hemor et Sichem, son fils,
proposant à leurs sujets de s'allier avec les
Juifs, c. 47. 14. Luc. 20. 10. Misit ad cultores
servum : Le maître de la vigne [ùuTTslovpyôç,
tinitor) envoya un de ses serviteurs vers ses
vignerons, afin qu'ils lui en donnassent du
fruit. Ces vignerons figuraient les Juifs, aux-
quels Dieu a envoyé inutilement ses pro-
I hèles, c. 13. 7. Num. 13. 29. 1. Par. 27. 27.
Isa. 24. 6.
2" Adorateur, qui rend un culte ^)arlicu-
lier, soit à Dieu, soit à quelque fausse divi-
nité (>«T|Dsûwv). Hebr. 10. 2. Nullam haberenl
ultra conscieritiam peccati , cultores semel
inundati : Les ministres de l'ancienne loi
1009
CI L
(IM
1010
I
trauraient plus senli leur conscience char-
gée de péché, en ayant été une fois purifiés.
Saint Paul fait Vi>ir que h-s sacrifices de l'an-
cienne loi n'cfFaçaieiil point les péchés, parce;
qu'il les fallait réilérer lous les ans, avec la
confession des mêmes péchés. Deut. k. 3.
Oculi vestri viderunt quomodo contriverit
omnes cnltores ejus de inedio vestri : Vos
yeux ont vu de quelle sorte le Seigneur a
oxlerminé lous les adorateurs de Beelphégor
du milieu de vous. i. Reg. 10. v. 19. 23. 2.
Mach.l. 19. Joan.9. 31.
3° Qui entrelieni, maintient et défend quel-
que cijose. Job. 13. i. Cultores perversorum
({ogmatum : Défenseurs d'une doctrine cor-
roiii[)u<'.
CULTRIX, icis, de colère, et signifie pro-
prement celle qui cultive, soit la terre, la
vigne, etc.; dans lEcriture :
Celle qui adore une divinité. Act. 19. 35.
Q lis est hominum qui nesciat Ephesiorum ci-
vitutem cultricein esse magnœ Dianœ (vîw/ô-
(50V j : Y a-l-il quelqu'un qui ne sache pas
que la ville d'Ephèse rend un culte particu-
lier â la grande Diane ? dit le greffier de la
ville aux Ephésiens.
CULTURA, M, \y-f.zl<x', de colère, et signi-
fie proprement culture, l'action ou l'art de
cultiver la terre, les vignes, etc.; dans l'Ecri-
ture :
Culte, service, honneur que l'on rend à
quelque divinité. 1. Cor. 10. li. Fugite ab
idolorum cultura : Fuyez lidolâlrit'. Eccli.
1. 32. Execratio peccatori, cultura Dei : Le
culte de Dieu est en exécration au pécheur;
Gr. ôîOTiocts:, la piété, la religion. Hebr. 9.
1. Hubuit justificationes culturœ : La pre-
mière alliance a eu des règlements louchant
le culte d.- D eu. 2. Par. 31. 21, etc.
CULTUS. us. — 1° Culte, respect, honneur
que Ion rend à Dieu ou aux idoles. Exod
10. 20. Necessaria sunt in cuitum Domini Dei
noslri . Nous avons nécessairement besoin
de lous nos lroupe;iux pour h; culte du Sei-
gneur notre Dieu. Moïse rend raison à Pha-
raon pourquoi il fallait que les Israélites ks
emmenassent avec eux, allant offrir des sa-
crifices à Dieu. Jos. 22. 10.
2' Cérémonie, règlement du culte de Dieu
{ yôuiu'-j-j). E\o<l. 12. li. Celebrabitis eam
solemnem Domino cultu sempilerno : \'ous
célébrerez de race en race la félc de Pâquo
avec un culte perpétuel, comme une fêle so-
lennelle au Seigneur, c. 13. 10. c. 27, 21. Lc-
vit. 2i. 3. Num. 3. 7.
S' Fonction, rninislèrequi regarde le ser-
vicede Dieu. Num. 3. 10. ^l^iron aulem et filios
ejus constitues super cuitum sncerdolii : Vous
établirez Aaron et ses enfants pour les fonc-
lions du sacerdoce, v. 31). c. h. v. 28. 30. c. 7.
8. c. 1!J. 9. 1. Par. 23. 28. 2. Par. 29. Xu
k" Prali<|ue, observation (eV/'^» opéra). Isa.
32. 17. Erit cultus juslilicCySilenlium . L'ob-
."^ervaliDn de la justice apportera la paix et
la tranquillité.
5° Ornement, entretien. Exod. 25. 9. Juxia
omncm simililudinem omnium vnsorum in
c iltum ejus : Les Israélites iiic dresseront un
sanctuaire selon la forme du t.ibomaele que
je vous montrerai, et de lous les vases qui y
serviront, c. 35. 21. Num. i. 16.
6° Ornement, propreté, habits précieux
xô(7f*o,-). 1. Petr. 3. 3. Quorum non Sît indu-
menti vestimentorum cul tus: Que les femmes
ne mettent point leur ornement à se parer
par la beauté des habits. Exod. 33. i. 2. Reg,
1. 2't. 3. Reg. 22. 10. Eslh.2. v. 12. 15.
CUM, <7vv, y-î-v., préposition. Avec, 1° soit
pour marquer la présence. Rom. i'IAo.Gaur
deie cum gaudendbus, fjete cum flentibus :
Soyez dans la joie avec ceux qui sont dans
la joie, pleurez avec ceux qui pleurent
2° Soit pour marquer qu'on est familier,
ou dans la compagnie de quelqu'un. Joan.
15. 27. Qui i ab initio mecum estis ; Vous ren-
drez témoignage de moi (aussi bien que le
Sainl-Esprit), parce que vous êtes dès le
commencement avec moi. c. 17. 12. Act. V.
13. c. 9. 28. c. 2i. 1. etc. Ce qui marque
aussi quelquefois une compagnie et un atta-
chement inséparable. Rom. 7. 3. Si fucrit
cum alio viro : Si une femme épouse un au-
tre homme durant la vie de son mari, el'e
est appelée adultère. Ps. 138. 18. Exurrexi,
ctadhuc sum tecum; i. e. persista: Quand je
me lève, je me trouve encore au même étal
devant vous.
3' Soit pour marquer l'aide, le secours ei
la protection, la faveur. Luc. 1. 2S. Dominas
tecum ;'\.e. libiadest : Le Se\^nenr est avec
vous; i.e.vous assiste et vous favorise de
ses grâces, dit l'ange à la sainte Vierge Ruth.
2. 4. Dominus vobiscum : Qua fe Seigneur
vous assiste de ses grâces, dit Booz à ses
muissonneurs, arrivant de Bethléem : l'Eglise
e:iiprunte cette salutation dans l'office divin,
à laquelle on répond, fi cum spiritii tuo;
i. e. tecum sil, ou libi ndsit; ce qui est em-
prunté de saint Paul, Gil. G. 18. Gralia Do-
mini noslri Je su Chris ti cum spiritu vestro:
La grâce de Noirc-Seigneur Jésus-Chri>t
demeure avec \otie esprit: le mot anima et
spirilus. est souvent pris pour la personne.
i. Cov. io. iO. Abuvdanlius illis omnibus la-
borati; non ego auttm, sed gralia Dei me-
cum : J'ai travaillé plus que tous les autres
[se. à la prédication de lEvangile), non pas
moi toutefois, mais la grâce de l)ieu avec,
moi; Gr. Quœ mecum est. Judic. 16. 15. Mais
Esse cum aliguo^ signifie parliculièremenl lo
secours el la protection dont Dieu soutient
ses ministres dans leurs fonctions. Matth. 28.
20. Ecce ego lobiscumsum: Jesus-Christ pro-
met à ses apôtres, et dans leurs personnes à
son Eglise el à ses ministres, une assistance,
continuelle. Joan. 8. 29. Qui me misit mecum
est ; Celui qui ma envoyé est avec moi, et ne,
m'a point laissé seul: Jesus-Christ parle du
Père élernel. Exod. 3. 12. c. 18. 29. olc.
Jud:c. 0. IG. Ps.54. 19.
4" Soit pour marquer qu'on suit cl qu'il»
prend le parii de (juelquuii et qu'on lui est
altaché. V. Reg. (i. IG. Plures nobiscum sunt
(juam cum illis : Il y a plus d(; giMis armés
avec nous, qu'il n'y en a avec les gens du roi
de Syrie, dit le prophète Eliséeà son serviteur
surpris de s;.' >oir assiège de tant de gens
de guerre. \oy. le v. 17. Ainsi, Luc 11. 23.
iOil
DICTIONNAIRE DE PHIL >LOGIE SACREE.
1011
Qui non est mecum, contra me rst : C«'lui qui
n'e>it point avec moi rsl eonire moi, dit Jé-
sus-Clirisi. M;iUh. 12. 20. 1. Reg. 14.21. Act.
14. 4. c. 19. 38.
Celte préposilion est mise pour plusieurs aatres.
1° Pour yEr/t<« ac, Comme, de même que,
aussi bien, également, de mémo f.içon, en
inéme élal.Ps. lUo. 6. Peccavimus ciunpilri-
fjusnostris : Nous avons péché ans«ji bien (|ue
no>; pères. Ps. 12. o. Cum hoininibus nov fja-
(/ellnbunlui' :Lrs méchants n'éprouvent poinl
i s né.iux auxquels les autres hommes sont
o\f)o-és. Ps. 87 5. jEslimatus sitin cum de-
>crndenl ibus in locîim : i'iïi clé regardé comme
éijinl du nombre de ceu\ qui descendent
dans la fosse. Eccli. 40. 8. Cum omni carne ;
(]es fantômes qui S€ voieit dans le som-
meil, et de semblables accidents, sont com-
muns à toutes les bêles, tomme aux hom-
tncs. 1. Reg. 28. 19, Crasaulem lu et filii tut
mecum eritis : Demain vous serez morts et
bois du monde comme moi, dit Samuel à
S.ùl. 4. R"-, -24. 6. P& 119. 4. Job. 40. 10.
l.i. es. 2:V .Ifrem. 6. il. Ezecli. IG. 26. Ma-
lach. 1. 12.2. Cor. 4. 14. H.b.ll. 9.
2° P<iur Qttnnditi, Aul.iiit de temps que.
Ps. 71. .'S. Perm inebil cum sole : Il demeurera
autant que le soleil : le Prophète parle de
Jésus Chris!, figuré par Salomon. Isa. 6o.
1l\). Nepolcs cum eis; i. e. ipsis viventibus : Les
élu«i verront une grande [)OSléi"ilé.
.'i" Pour Contra. Contre, à l'enconlrc. Ps.
;)4. 19. Inler multos erant mecum; i. e. contra
»/»e .• Ceux (|ui s approchent de moi pour me
perdre, étaient en grand nombre contre moi.
Malth. 12. V. 41. 42. Luc. ll.v. m ;:2. Apoc
2. IG.
4°Pour7n/er, Parmi. Marc. 10. 30. Cum
persccutionibus : Au milieu ménie des persé-
eulions.
'6" Pour Fer, P.ir le moyen, parle minis-
*ère. Acl. 14. 2">. Belulernnt quania fecisset
Deus cum illia; i. e. per illos: Saint Rarnabé
et saint Paul racontèrent (à l'Egiise d'Antio-
<be assemblée 1 combien Dieu avait fait de
grandes choses avec eux;», e. par leur minis-
Fère. c. lo, 4,
G' Pour In, Dins^ en. ioh.l. ii.Confobula-
horcum amoritudine animœ meœ:ie m'cntre-
liendr.ii d.ins l'iimertumede mon ânv*. ou de
mes maux : c'e-t le même sens que in. c. 7.
11. c.lO. 1.
7' Pour Penea, lin la puissance, en la dis-
position. P.>.49. 11. Pulehritudo aijri mecum
est : Toute la beauté de la campagne m'est
présente, je puis eu (lis|ioser. 1. Reg. 2). 25.
Secundum nomensuum stullus est, et stullitia
est cum eo; i. v. st dlissimus csf.'Nabal est
insensé, et son nom même marque sa folie.
Voy. Nabal. Ap;)C. 22. 12. Merces mca me-
cum est : ,]' ni ma récompense avec moi; .sr.
pour rendre à chacun selon ses œuvres. P'.
'ill. \\. Lumen oculorum meormn ipsum non
est mecum: Ma vue m'a abandonné. Jerem.
8.8. Lex Ùomini nobiscum est : Nous sommes
»nslruils dans la loi. Isa. 49. 4. c. 40. 10. c.
«2.1t.
^ VoMv Coram ou contra, m pr«'>sciice, à la
vue. Isa. 59. 12. ScCxera noslra nooiscum :
Nos crimes nous sont présents :dans le même
sens qu'e«it pris contra. Ps. 50. 5. Ainsi, Ps.
15. i\. Cum vullu n/o.En voire présence.
Ps. 139. 14. Ai t. 2. 28. Elle est quelqupfois
sous-entendue, 1. Par. 26. 23. Amratnili.^
Jsanritis; i. e. cu??i Amrnmilis; etc. conune
en Grec, Apec. 8. 3. Ut daret de orationibu^
sanctorum. de pour cum: Afin qu'il en ac-
comoagnât les prières de tous les saints. Voy.
De. ■
Cum ou quum, conjonction ; ôtt, crav. Ce qui s'exprimt
souvent par un participe.
1° Quand, lorsque. Til. 3. 4. Cum hcnigni-
tas, cl humanitas apparaît Solvaloris . Lors-
que, ou depuis que la bonté de Dieu noln;
Sauveur, et son amour pour les hommes a
paru dans le monde. Malth. 15. 2. Non la-
vant manus suas cum panem manducant : Vos
disciples ne lavent point leurs mains lors-
qu'ils prennent leurs repas, disent les Scri-
bes et li-s Phaiisiens à Jésiis-Clnist. c. 2. 4.
Luc 9.42.
2" Vu que, puisque. Heb. 5. 12. ('um debe-
relis magistri esse:Yn que depuis le temps
qu"on vous instruit, vous devriez déjà êtr<»
maîtres. 1. Cor. 3. 3. Cum sit inler vos
zelus; Puisqu'il y a parmi vous des jalousies,
etc.
3" Cette conjonction est quelquef tis sous-
cnlendiie. Isa. 12. 1. Confttebor tibi (/uoniam
iralus es mihi; i. e.quoniam cum iratus fueris,
conversus est fnror tuus : Je vous rends grâ-
ces. Seigneur, de ce qu'après vou> cire mis
en colère, votre fureur s'est apaisée. Rom.
6. 17. Gratins Deo quod fuistis servi peccati,
obedisti^ autem excordei'x. o. quod cum fue-
l'itix : Dieu soU louéde ce qu'ayant été aupa-
ravani esc'aves du péché, vous avez embras-
sé ilu fond du cœur la doctrine de l'Evan-
gile. 1. P> tr. 4. 6. Ut judiccntur... vivant
autem; i. e. ut cum judicati fuerint : L'Evan-
gile a été prêché aux morts, afin qu'ayant
été punis devant les hommes, selon la
chair, ils reçoivent devant Dieu la vie de l'es-
prit.
CUMI; Hebr. Surge. Ce mol est Hébreu;
c'est l'impératif du verbe Coum, surgerc.
Mire. 5.40. Talitha, cumi; quod est interpre-
tatum : puella [tibi dico) surge ; Jésus-Christ
dit à la (iliedn rhefdc la Synagogue, Taliiho,
cumi; i. e. Ma fille, levez-vous. Voyez TalI'
THA.
CUMULA RE. Combler, augmenter. 2. Par.
28. 13. Quare vul'tis veslra cumulare delictn?
Ponr(|uoi voulez-vous mettre le cotnble à
vos anciens crimes? dirent les principaux
officiers dEphraïin à l'armée d'Israël, leur
persuadant de renvoyer ks deux cent mille
captifs qu'ils avaient faits sur le royaume de
Juda.
CUMULUS, 1, rTMf.ô:. Du mot inusité cumus,
qui vient de cmju, pour marquer un amas de
quehiue chose.
Tas, monceau, ce qu'on donne par-dessus
la mesure; dans l'Ecriture,
Poussière (/oO^ pulti.s). Eceli. 44. 22. Jure
jtirando dcdil' illi crescere illum quasi terrœ
runuilum : Le Seigneur a juré à Abrab.im d»»
1013
C(JN
CLP
10U
f.iirc croître sa postcrilé comme la poussière
de In terre, V«>y. Geii. 22. 17.
CUNCTARI; or.vsrv. De cimclus, lout, lout
ensemble, il faut «lu temps pour lout parcou-
rir: Ainsi, il sigtiifu; :
1" DilTérer, user de remises, temporiser.
Nnm. 22. 16. Ne cuncteris venire ad me:
Ne liiiïérez plus à veoir vers moi, ditBalacà
Bal.iam.
2° Elre paresseux de f.iire, faire quelque
chose à regret, et chercher des préiexies
pour s'en défendre. Eccli. 10. 29. Noli
cunctari in tempore anyustiœ : Ne refusez
point de travailler quand vous clés dans le
besoin; ne croyez point que cela soit indigne
de voire naissance : Gr. p-ïj 5o;«Çoy, Ne soyez
point glorieux.
CUNCTATIO, Nis. Hésilallon, délai, retar-
dement. Est h. 4. 11. Oinnes norunt quod sive
vir, sive millier, non vocalns inlerius atrium
régis inlraveril, absque nlla ciinclalione sta-
tim inlerficiatur, nisi, etc. Tous savent que
qui que ce soit, homme ou femme, qui
entre dans !a salle intérieure du roi sans y
avoir été appelé par son ordre, est mis à mort
infailliblemenl à la mémo heure, à moins
que, etc.
CUNCTUS , A, um; rrâ,-. De coujunctus ,
par conlraclion , pour mar(]uer un tout
assemblé, Ascon. €iincli simul omnes quasi
C07ijunc!i.
1° Tout ensemble. Eccl. 1. 8. Cunctœ rcs
difficiles : Toutes les choses du monde sont
dillicilcs à connaître, et l'on ne peul sa-
voir les arts et les sciences exactement sans
beaucoup de peine. Gen. 1. v.30. 31. etc. Voy.
OiMMS.
2" Quelque, quoique ce soit, aucun. 3.
Reg. 8. 38. Cuncta devolalio, et imprecalio
quœ acciderit omni homitii; i. e. quœvis siip-
plicalio, etc. Quelques prières et vœux que
fasse un homme.
CUNEUS, I. De l'Hébreu koun, être droit
et ferme, et signifie proprement.
Coin, soit de bois ou de fer, avec quoi
l'on frnil du bois; e( de là, un escadron de
Soldats joinis en forme de coin; dans l'Ecr. ;
Bataillon en forme de coin , bandes de
gens de guerre, troupes de gens. Num. 1.
52. Metabuntur castra filii Israël un isqids-
quc per turmas [rr/ ■ it-rynx) et cuneos ; Hebr.
vexilla: Les enfants dlsraël camperont par
diverses bandes, chacun dans sa compagnie.
1. lU'g. 10. 10. Ecce cuneus Proplietarum ob-
viiis ei (/,ooô;, cœlus) : Saiil fut rencontré par
iino troupe de prophètes: le v. 5. porte, Grcx
Proplietarum.
CUNICULUS, I. Ce mol vient de cuneus, et
signifie :
Un trou en terre, semblable à ceux que les
coins foiil au bois; le lapin même qui l'ait ces
trous pour s'y cacher : c'est aussi ce qui a
fait donner ce nom aux mines qu'on l'ait en
terre pour prendre les villes. D'autres tirent
cuniculus, conil ou lapin, de /.'>»», ulerum (jes-
to; parce qu'il [)Oite plus et plus souvent (|iic
les autres animaux: d.ins l'Ecriture :
Artifice, fourbe. Estli. 10. .">. In lantam
vesaniœ proruprrant, ut eos... qui ila c mcla
agiint ut omntum ^aude digni sint, mendacio-
rum cuviculis conentur subvertere : La pré-
somption de plusieurs courtisans passe
quelquefois dans un tel excès, que s'élevant
contre ci'ux qui se conduisent d'une lelle
sorte, qu'ils méritent d'élre loués de lout le
monde, ils lâchent de les perdre par leurs
mensonges et leurs artifices.
CUPEIIE. è-iijv[jLîî'j. De l'Hébreu chaphels,
désirer, aimer.
Désirer, souhaiter [Béluv, velle). Prov. 1.
21. Usquequo stulti ea quœsibi surit noxia eu-
pient? Jusqu'à quand les insensés désireront-
ils ce qui les perd ? Luc. 23. 8. Erat cupicns
ex multos tempore videre eum : Héroile,
eut une grande joie de voir Jésus : car il y
avail longtemps qu'il souhaitait de le voir.
Phil. 1, 23.
1° Aimer quelqu'un affectueusement, lui
vouloir du bien {è-nzrjOîï-j). Philipp. 1.8. Testis
mihi est Deus, quomodo cupiam omnes vos in
visceribus Christi : Dieu m'est témoin com-
bien je vous chéris dans les entrailles de Jé-
sus-Christ.
2° Tâcher de faire quelque chose, en cher-
cher l'occasion (Çyj-srv). Eslh.6. 2. RegemAs-
suerum jugulare cupientium : Mardoehée
avail donné avis de la conspiration des deux
eunuques qui avaient voulu assassiner le
roi Assuérus.
CUPIDE. Avec inclinalion et affection. 1.
Thcss.2. 8. Cupide volebamus [vj^o-mvhiv) tra-
derc etiam animas nostras : Nous aurions
souhaité de vous donner même notre vie.
CUPIDITAS, ATis. 1" Convoitise, désir,
passion {opt'it;). Sap. 14. 2. Illud cupidiius
acquirendi excogituvit : Le désir de gagner a
inventé la structure de ce bois; /. e. des ido-
les. Esih. 13. 12. Rom. 15. 23.
2" Avarice ( yj).Koyupt« ). 1. Tim. 6. 10.
Radix omnium malorum cupiditas: La pas-
sion pour le bien e,>t la racine de tous les
maux. 2. Mach. 10. 20.
CUPIDO, iNis. Convoitise, désir, amour.
2. Par. 19. 7. Non est apud Dominum cupida
munerum: Il n'y a aucun désir de présents
dans le Seigneur. Ezech. 23. 6. Insanirit in
juvenes cupidinis ; i. e. cupitos , amabilcs:
Oolla, qui est Samarie, a aimé d'un amour
furieux les Assyriens, jeunes et propres à
allumer sa passion ; aulr. aimables, char-
niants, agréables; Gr. s77t),£XTot.
CUPIDUS, A, UM. 1° Désireux , passionné
pour quelque chose. Gai. o. 2(). Non efficia-
mur inanis gloriœ cupidi (Gr. xcvôooçot) ; Nu
désirons point la vaine gloire. Tit. i. 7.
2° Avare (fù.ùoyvpo:). 1. Tim. 3. 3. Oporlet
episcopnm esse non liligiosum, non cupidum :
Il faut «ju'un évè(iue ne soit [loinl plaideur
ni avare, mais au contraire.désinléressé. 2.
Tin). 3. 2. Eccli. \\. v. 3. 9.
CUPITUS, A, UiM. Snuhailé, désiré. Prov.
7. 18. Fraamur cnpilis amplcxibiu donec
illucescat dies : Jouissons de ce (|ue nous
avons désiré, jusqu'à ce qu'il fisse j\)ur.
CUK, hu Ti, de cure, (|ui se fiit de cui rei ,
et est le même (|ue qwire, et signifie :
1' Pourquoi (r'.);). Prov. li. \'l. Cur detes-
l(ttu<sum discipliH'im ? Pouripioi ai-je délesté
lois DiCriONNAIlJE DF. P
la discipline ? Gen. 24. 31. Jor. 49. 1. Ad. 5.
3. vie. Voy. QuARE.
2° Aiid'oment, et est pris pour olioqui. 2.
P.ir. 25. 19. Sede in domo tua, cw mnlum
ndversum le provocas; i. e. alioqui provocabis :
Demeurez chez vous en paix, autrement vous
vous attirerez voire malheur et voire perle,
répond Joas à Amasias. Ainsi, Prov. 22. 27.
LURA , lE ; y^cvrt,-, ar.ov^n, de z/jo, Cor ,
Avoir soin de quelque chose, et l'avoir à
cœur, est la même chose.
1° Diligence, soin que l'on prend de quel-
que chose, application. 1. Petr. 5. 7. Ipsi
cura est de vobis; Gr. «i)rw pt.élet : Dieu a soin
de ceux qui jettent dans son sein leurs in-
quiétudes. S-ip. 5. 8. Mqualiler cura est illi
de omnibtcs : Il a également soin de tous: il
n'y a en Dieu aucune acception de personnes
dans la distribution qu'il fait des récom-
penses ou des supplices, selon les décrets de
s» providence, et le mérite d'un chacun.
Luc. 10.35. Curam illius habe; l-mu-lni^rirt,
Ayez bien soin de cet homme, dit lé Sama-
ritain à l'hôte chez qui il avait amené, le
jour précédent, l'homme mallrailé par les
voleurs. 2. Petr. 1. 5. Sap. 6. 18. Rom. 13.
li. Garnis curam {-po-joix) ne fecerilis in de-
sideriis • Que le soin de votre chair ne se
porte point à satisfaire ses désirs déréglés.
2° Ch.igrin, inquiétude (uzpi^-jy). Luc 21.
34. iVc forte (jraventur corda veslra in curis
liiijus vitœ: Pr(>nez bien garde que vos cœurs
ne s^appesanlissent par les inquiétudes de
ei'Ue vie. I^. 54. 23. Jacta super Dominnm
curam luam : Abandonnez au Seigneur le
soin de tout ce <|ui vous regarde.
3* Cure, guérison (^ççy-six). Luc. 9. 11.
Eos qui cura indigehant sanabat : Jésus-
Christ guérissait ceux qui avaient besoin
d'être guéris.
CURARE. 1° Soigner, prendre soin de
quelque chose ou de quelqu'un (yoov-riÇîtv).
Eccii. 50. 4. Curacit gentem suam:è\tnou, {ils
d'Onias, a eu un soin particulier de son
peuple. Act. 8. 2. Curaverunt Slephanum
{TM'f/.r,u.i%tirj) : Quelques homnics qui cra:-
pnaitMil Dieu, piirent soin d'ensevelir saint
Etienne.
2" Avoir éganl, se soucier (p-sÀsiv). Marc.
12. 14. Non curas quemquam : Nous savons
que vous n'avez égard à (jui que ce soit, di-
sent à Jésus-Christ quelques-uns des Phari-
siens et desHérodieiis. 2. Reg. 1. 3. Dan. C.
13. c. 11. .37.
3° Guérir , soit en parlant des maladies
corporelles (tiiv). Deut. 28. 27. Jta ut curari
nequeas : Vous ne pourrez être guéris ; .se. de
galle et dune démangeaison. Matih.10.8. In-
firmos curate{0-pa-'cv,L-j) : Rendez la santé aux
malades, dilJéiais-Christ aux douze apôtres.
Lue. 4. 23. Soit dans le sens métaphorique,
en pariant des maladies d(' l'âme, ee qui est
le péché. Job. 14. 17. Curasti iniquilatem
tncam : Vous avez guéri mau iniquité {'jfpuyi-
Çeiv siqnare). Isa. 1, G. Ose. 6. 2.
4° Réparer, rétablir. 3. Heg. 18. 30. Cura-
^it altare qund desiructum fuerat : Elfe réta-
blit l'autel du Seigneur qui avait élé détruit.
iiUe .igii ici p,-ir une dis[)ense part'eulière de
niLOIOGIK SACRf.e. lOîB
la loi générale, (jui défendait à ceux qui n'é-
taient pas prêtres d'offi ir le sacrifice. Levil.
16.5. Mais quand celui qui a donné la loi
commande de faire une chose que la loi dé-
fend, ce commandement lient lieu de loi ,
puisqu'il est le maître de la loi qu'il a éta-
blie. Auq. in Levit.quœst. 56.
5" Consoler en fl itl.-ait , tâcher d'adoucir
( iv.'yù'j.L ). Jer. 6. 14. Curabant contritionem
filice populi mei: Les faux prophètes tâ-
chaient de consoler mon peuple du mal qui
leur devait arriver, et leur persuadaient
qu'il ne leur arriverait rien de fâcheux. Voy.
c. 8. 14.
CURAÏIO, Nis ; ?//« , Luaiç, Guérison dos
malades. 1. Cor. 12. v. 28. 30. Numquid om-
nes gratiam habent curationum : Tous oet-ils
la grâce de faire des guérisons?
Remède et guérison ; soit pour pardonner
les péchés. Eccli. 10. 4. Curatio faciit ces-
sare peecata maxitna : Les remèdes (ju'on vous
appliciuera vous guériront des plus grands
péchés. Selon l'Hébreu : La douceur ou In
retenue, et la fermeté de l'esprit vous fera
éviter de grands péchés. 2. Par. 36. 16. Soit
pour adoucir l'esprit. Eccli. 36.25. Linguu
curationis : Langue qui peut guérir les maux ;
soif pour délivrer de grands »naux. Jerem.
14. 19. Expectavimus tempus curationis, et
ecce turbutio : Nous espérions la guérison ,
et nous voici dans le trouble, c. 30.13. Cura-
lionem iililitas non est tibi: Les remèdes
qu'on emploie pour vous guérir sont inu-
t.Ies.
CURL\, m; pow-ewr/i^tov, de cura et signifie:
Cour, où on traite des affaires publiques :
dans l'Ecriture :
La Cour, le sénat romain. 1. Mach. 8. 15.
Quia curiam fecerunt .s('6i.- Judas sut que les
Romains avaient établi un sénat parmi eux.
v. 19. c. 12. 3.
CURIOSE, CURIOSIUS. I" Curieusement,
avec curiosité. 2. Tliess. 3. 11. Curiose agen-
tes ; TTîpt-çyy.'çôu. -joi, (ii ns qui se mêlent de
tout par curiosité; des choses même qui ne
les regardent point.
2" Avec soin, avec diligence. Eccl. 9. 1.
Ut curiose intelligerem : Je me suis mis en
peine de trouver i intelligence de toutes ces
choses. Reg. 23. 22. Dan. 6. 11. 2. Mach.
2. 31.
CURIOSlfAS , ATis. Curiosité , envie do
voir ou de savoir les choses. Num. 4. 2.
Alii nulla curiositate videant quœ sunt in
sanctuario : Que les aulres n'aient point de
curiosité pour voir ce qui est dans le sanc-
tuaire, avant qu'il soit enveloppé.
CUUIOSUS, A, UM, TTspic'.'/ov, de cura. Cu-
rieux, liccli. 3. 22. /n ;;/(j/j6us operibus ejus
ne fiicris curiosus: N'ayez point la curiosité
d'examiner la plupart des ouvrages de Dieu.
Ael. 19. 19. Qui fueiunt curiosa seclali : La
plupart de ceux (jui avaient exercé les ar!s
curieux : ce que l'on entend de la magie. 1.
Tim. 5. 3.
CURREUE; Tôi^fv, de l'Hébreu Aara, cvj-
nif, obvenit, occ.irsit,
1' Courir , avancer vite , promplemenf.
.loan. V. 2. V. Cwrcbant duo simu( ; Saint
iOI7
CLR
CLR
luis
Pierre, el le «lisciple que Jésus aiiuait, cou-
raioiill'un et l'au'rc eiisetnlilc. Ps. 18. 6.
Ce qui se dit dune manière figurée de dif-
férentes choses. 3. Rejî. 18. 35. Ciirrebant
iqnœ: Los eaux couraienl autour lie r.iutel;
se. tant on on av.iil jeté i)ar trois lois sur le
bœuf qu Elio avait prép.iré pour élre oITort à
Dieu. Ps. H7. 5. Velociler cnnil senno ejns:
La parole de Dieu est [lorléo partout avec
une exlrémo vitesse : ce qui! ordonne s'exé-
cute aussitôt. Jerom. 1-2. 5.
2° Courir d.iiis la iiie, disputer le prix à
la course. 1. Cor. 0. '2'*. Omnes qniclem cur-
runt, xed anus accipil bruviiun : Tons courent,
mais un seul emporte lo prix.
§ 1. — Se répandre tôt, avoir un cours
heureux. 2. Tliess. 3. i. Orate pro ni)ljis,-ut
sermo I)ei curral : Priez pour nous, afin que
la parole du Soigneur se répande de plus en
plus.
§ 2. — Se porter à quelque chose avec ar-
deur; soit au mal. Prov. 1. 11). Pedes ilioram
ad }7ialum curr uni: Les pieds des péi heurs
courent au mal. Jorein. 23. 21. Voy. Venire,
Ps. 49. 18. Soit au bien et à l'affaire de son
salut. 1. Cor. 9 'l't^. Sic currile ut compreheri'
datif: Courez de telle manière, que vous
remportiez le prix (du salut). Gai. 5. 7. Cur^
rebâtis bene; V^ous couriez si bien dans la
voie de Diou. De là vient, Currere cutn Deo :
Courir dans la voie de Diou, se porter à le
suivre avec ardeur. Job. 33. 9. Rou). 9,16.
Jf/iliirnon volenlis, ner/te currcntis, ted mi-
screnlis est Dci: Ct; {\u\ peut s'entendre à la
lettre d'Esaii, (jiii se porta avec beaucoup
d'ardeur et d empressement pour recouvrer
son droit d'aînesse sur Jacob, et la bénédic-
tion disaac, son père, qui néanmoins fut
donnée à Jacob, qui ne la demanda qu'avec
répugnance. ^Liis >ie ce qne Dieu a dit à
Moïse, qu'il lora miséricorde à qui il lui plai-
ra, l'xVpôtre conclut (|ue le saiul ne dépend,
par conséquent, ni de celui qui veut, ni de
celui qui court; mais de Diou qui fait misé-
ricorde. Velle, marque l'action delà volonié;
rt currere, l'action extérieure. Voy. A'elle.
Prov. k. 12. Ce qui se dii au si des fonctions
dti ministère sacré. Philipp. 2. 10. Non in
rucaum cncurri: Je n'ai pas couru ni tra-
vaillé en vain; se. à prêcher l'Evangile,
(r.il. 2. 2. A iiiioi se peut rapporter, Jerem.
23. 21. Non nnltebnm Proplietas, et ipsi cur-
rebunt : ic n'envoyais point ces pro[)hètos, et
ils couraient d'eux-mêmes: La métaphore
est tirée des im ssagers (jui font diligonco,
ou de ceux (ini courent dans la carrière.
(1. Cor. 9. 2f).)Canl. 1. 3. Voy. Unglentim.
§ 3. — Avoir recours promplemonl à
quel(|u'un, Ps. (il.o. Cuc (rri in siii: Lors-
que mes ennemis conspiraient ma perte, j'ai
ou promplemont recours à vous : mais le
Grec, ciinforménienl à l'Hébreu, n»et une
troisième personne du pluriel: Cucurrentnl ;
ils ont couru avec ardeur j)Our me perdre
Currere in pétris: Courir au lraver.s des
rochers, pour marquer une chose impos-
sible [oM/.zTOc/.t). Amos 0. 13. Nuinr/uid cur-
rrrc (/itrunl in prtris ri/ifi, mit arari patent
VI Oubaiis : Les chevaux peuvent ils courir
au travers des rochers, ou y peul-on labou-
rer avec des bœufs sauvages? Le Prophète
fait voir, par ce langage figuié, que ce peuple
rebellée son Dieu ne pourrait espérer d'en
recevoir aucun secours dans ses malheurs,
tant (|u'il \ivrait dans 1 impiété et dans s. t
rébellion.
CUKKENS, Tis. Coureur, po-tillon, cour-
rier (ot'Jjzojv). Jore.il. '6i. SI. Currens obviant
currenli veniet : Les courriers se rencontre-
ront les uns les autres, se. pour aller dire au
roi de Babylone que si ville a été prise d'un
bout à l'autre.
CUIUULIS, is. de eurrus.
Qui sert ou appartient à un chariot. 3.
Rcg. i. 26. Ilabebat Salomon quadraginta
millia prœsepia equorum currilium. Voy. Prje-
SEPE. Salomon avait quarante mille chevaux
dans ses écuries pour les chariots ; Gr. ej;
âpiiurv.. li avait quatre mille écuries, dix che-
vaux en chacune. 2. Par. 9. 25.
CLRUUS, us ; ko,w.'>;, de currere, ou de kara.
1° Chariot, Gen. 41. 43. Fecit cmn ascen-
dere super curruni suum secundum: Pharaon
Ol monter Joseph sur le char qui suivait lu
sien-; se. pour le faii e reconnaître comman-
dant de l'Egypte, c. 46. 29. c. oO. 9. etc.
2' Chariot de guerre, (lui mar(iue la force
et la puissance des ennemis. Ps. 19. 8. Hi in
curribus et hi in equis : Des ennemis du
peuple de Diou, les uns se confient dans leurs
chariots, et les autres dans leurs chevaux.
4. Reg. 2. 12. c. 13. 14. Voy. Auriga. Jerem.
51.21. Exod. 15. 4.4. R g. 18. 24.
§1. — Chevaux attelés aux chariots. 2.
Reg. 8. 4. Dereliquit autem ex eis centum
eurrus: De dix-sept cents chevaux que Da-
vid prit en guerre à Adarezer, il ne réserva
que ce qu'il en fallait pour cent chariots;
{se. sans couper les nerfs dos jambes à tous
les chevaux des chariots) i. e. quatre cents
chevaux. (Voy. 1. P.»r. 18.4.) Ainsi, Jiingere
currum, i. c. Jungere equos ad currum: At-
teler les chevaux au chariot pour y monter.
Gen. 46 29. Exod. 14. 0. etc. Voy. Jungere.
§ i. — Gens de guerre qui combattent de
dessus les chariots. 2. Reg. 10. 18. Oceidit
David de Syris septingentos eurrus et quadra-
ginta millia equitum- Daviti tailla en pièces
sept cents chariots des troupes des Syriens,
et quarante mille chevaux : ce qui semble
opposé à 1. Par. 19. 18. Jnterfccit de Si/ris
sepienx millia curruum et quadraginta inillia
pedilum: David tailla en pièces sept mille
houmios dos chariots, et quarante mille
hommes de pied. Pour acc<»rder ces deux,
passiges, on peut dire : 1" (Ju'il faut lire dans
ce dernier passage, sept cents au lieu de sept
mille; 2" Qu'il y avait sept cents chariots,
sur chacun desquels combattaient div h»)m-
mes ; ce qui fait sept mille hommes; cl
qu'outre ceux-là il défit encore (luaranto
mille hommes d'infanterie, et ({uarante mille
de cavalerie. Exod. 14.9.
§ 3. — Los troupes ol les armées des anges
sont exprimées [)ar les chariots de Dieu. Ps.
(»7. 18. ('urrus Itei decem millibus multiplex :
Ce grand nombre do « hariots sont les anges
tncra s qui scrrcnî à Dieu «onujie de tliar»
1019
pour .«lier en diliçonce punir les moilinnls,
ou délivrer les jusles. Jerem. *. 13. hcce
auafi t-mpeslas cunus ejus : Ses chariols
seronl p!us rapides que la tempête: ces tli i-
rittis sont de feu. i. Kc?;. 6. 17. Voy. Isa. 66.
15. H ih ic. 3. 8. Vuv. Chéri BiN.
CUKSIM. En courant fort vile. Isa. 20. 29.
Transierunt cursim: ils pisseront comme un
éclair ; $f . les Assyriens venant a Jéru-
salem.
CURSOR , is; 055ii£:,-. Coureur, courrier, pos-
tillon. Job. 9. 25. Dies mei vclociorts fuerunt
cursore : Les jours de ma ne oui passé plus
vitequun honmie qui court à perte d'haleine.
Prov. 2i. oi. Jer. 2. 2J. Curior leris : Vous
êtes comme un chevreuil qui court legèrc-
nienl : C'est le sens du mol hébreu bichrah,
dromrdaria ; Gr. s-j-wi, Aqu, et Sjmm. Sijaiî,-.
CCRSL'S, es; Sidao,-. Cours, course. Judic.
5. 20. Stellœ minèn'ics in ordine et cursu suo :
Les eloile?,demeuranidans l«ur rang et dans
leur cours ordinaire, ou\. comballu conlre
Sisara : Les veiiis el l.i lempéie par latjuelie
Dieu épouvanta Sisara, sont attribues aux
inQuences de* eioilcs ; ou aux ancres, qui
étant des esprits célestes, sont a[)prles eto^lts.
2. Rtg. 18. zl. etc. 1' Le prix de la course.
Eccl.9. 11. Vidi nec velocium esse cursam :
J"ai TU que le prix de la course n'e>l point
pour cl'ux qui sont les plus ^i-e*.
2° La conduite et les actions de la vie
(Tis/ià^.Prov.i. 27. Reclos faciel cnsits tuos ;
Ce Sera Uieu lui-même qui redresser.» \olre
eonr^e; t. e. la conduite de votre \ie. Jerem.
8. 6. Omties conrersi sunt ad cursum suum :
Ils courent tous où leur passion les emporte :
ils rctourn-jnl tous à la conduile deregiée
qu'ils ont coutume de tenir, c. 22. 7. c.
23. 10.
3" Course , exercice des fonctions de l'a-
postolat el du sacerdoce. 2. Tim. i. 7. Cur-
sum coyifummati :yai acheté ma cours;- :
LWpôire f.iit allusion à ceux qui couraient
dans la carrière. Aci. 13. 25. c. 20. 2i.
CCRVARE ; ràa—îiv. Courber, ployer. Ju-
dic. 7. v. 5. 6. Q li ciirvatis genibus bi'ierinl,
in allera parle eranl : Dieu ordonne à Cedéon
de séparer ceux qui auront mis 1-s genoux
en terre pour boire de l'eau : c'élaieni ceux
dont Dieu ne voulait point se servir pour li-
\riT les M idianites j'iilre les uiiins de Ge-
iléon. Eccli. 38. 33. Anle pcdes siios curvabit
tirtiiiein $uam : Le poiiir courbera >on corps
sur II terre qu'il prépare a\ec les jiicds ; oiï,
ki l'on prend sumn pour eJus, il la pelrira, el
la rendra flexible avec les pieds. Voy. Vm-
TDS.
Façon de parler de celle sigai&caUoo.
Bene curratus, a,um; Grec. rjzv3t}.<>r, 6fnc
ro<un(/u5. Courbe, bandé avec force.Sap.5.22.
Tanquam a bene ciirvalo arcu nubiuin exler-
mina^Mii/iir: Les foudres seront lancés des
nuées [se. sur les ennemis de Dieu , comme
Ks flèches d un arc bandé avec force.
1*" Humilier, dompter, soumettre, assujel-
iir. Eccli. 7. 2o. Curva illos a pueriiia illo-
rum : Acronljimrr vos fils au joug dès Irur
cufance. c. Z3. 30. En ce sens se dii : Oir-
DICTIO.NNAIRE DE PHII-OIOGIE SACREE. lOiO
rare certictm, collum. Eccli. 30. 12. Jerem.
27. 18.
2" Courber, abaisser, humilier: soit par la
misère el laffl clion. Ps. 37. 7. Miser factus
sum et curvnlus sum .-Je suis devenu miséra-
ble et tout co'irbé.
Soit qu'on s'abaisse et qu'on se prosterne
par resprcl. Job. 9. 13. Sub quo curvantur qui
parlant orbem : Ceux qui gouvernent lo
monde fléchissent sous Dieu. Kxod. 34. 8.
Curtare genua, signifie la même chose. Isa.
4-5. 23. Milii curvatiilur omne genu : Tout ge-
nou fléchira devant moi , eic Voy. Flk-
CTERE.
CURVUS, A, dm; tx^'aiô,-, Derjprù;, Police
xjioo,-, il où se fait curvus.
Courbe, lorlu. Sap. 13. 13. Lignum cur-
rnm : Un bois tortu.
Courbé, humilié : soit par un Tif regret de
ses finies : xj-tô,-) Baruch. 2. 18. Anima qux
incedii ca/"i<i .-L'âme triste qui marche toute
courbée et loule aballue. se. de ia grandeur
de son pèche, rendra gloire à Dieu ; soit
qu'on s'abaisse et qu'on se proslerne devant
quelqu'un. Isa. 60. 1*. Ventent ad le curri :
Les enfant', de ceux qui vous avaient humi-
liée, ô Jerusjlem, viendront se prosterner
devant vous: ce qui marque la conversion
des Genii.s à la foi. Eccli. 12. il. Elsi humi-
liutiis tadat curvus : Quoiqu'il s'humilie el
qu'il aille loul courbé, ne vous fiez point à
lui. Lecclesi islique parle d'un ennemi ré-
concilié ; Cet avis ne tend pas à ne point par-
donner à noire ennemi, ou à ne nous point
réconcilier avec lui ; mais il nous avertit seu-
lement de nous donner de garde d'un homme
qui ne déguise sa haine que pour nous trom-
per.
CCSTODIA, e; ov/.«oai. 1° Gardi! , veille,
observation, soin de garder. Prov. i. 23.
Omni custodia serta cor tuum : Appliquez-
vous avec tout le soin possible à la garde de
votre coBu.'-. Sap. 6. V6. Dilectio , cuslodia le-
gum illius est rx.pr.^iç). L'amour est l'obser-
\ation des loix de la sag'sse. Exod. 22. 7.
Lent. 8. 35. Num. 1.53. Hab. 1. i.
2° Emploi, fonction. Num. 8. 23. Sic dit -
pones Levilis in cuslodiis suis .C'e^l ainsi
que »ous réglerez les Léviies Louchant l<-s
fonctions de leurs charges.
3" Garde, seniinelle, gens qui veillent à la
gar ;'e di- quelque chose ou de quelqu'un.
Jerem. 51. 12. Augele cuslodiam: Augmenlez
la garde de Babylone. Acl. 12, 10. 1. Par. 26.
16. Cuslodia conlra ru.«/odfam; Ces corps-de-
garde se repondaient l'un à l'auire : il y avait
un corps-de-garde à la porle du temple, et
l'autre à celle du vestibule, tant à cause qu^
celte pariic du temple était la plus rii he par
le ded in«i, que parce que le sanc uaire y
était. Maith. 27. 6o. H abêtis cuslodiam: Vous
avez des gardes, dit Pilate aux princes des
préIres et aux Pharisiens (tojttwÔi* .Voy. Co-
HORS.
i Frein, bride, muselière. Ps. 38. 2. Posai
ori meo cuslodiam : J'ai mis une garde à ma
bouclic ; Heb. Clausura, capistrum : Le soia
el la vigilancu* que l'on a de re/riai r sa lan-
gue, est co'utne U briJe qa? l'o» met a la
^il^l
CL'S
dis
iv.U
h'Miche des animaux pour les retenir. Ps.
liO. Eccli. 2'i. 33.
5* Ijou où l'on ^nrdc, prison, c.icliot. Luc.
21. 12. Tradenirx in Si/nagoi/ns et cuslodias :
Les rmwmis de i'Ev.ingilc vous cnlraîneront
il;ins ï<s synagogues el dans les prisons, dit
Jésiis-Chnsi. Act. 4. 3. Gen. S9. 22. c. 40. 4.
c. 42. 17. De là vienl :
6' Le corps huinain regarda comme une
prison à l'égard de l'âioe. Ps. 141. 8. Ediic de
custodiu animam menm : Tirez mon âme de la
|)risi)n où elle est; plus lillcraiemeiil, déli-
iivrez-moi de ce grand péril où je suis de
perdre la vie, élanl assiégé <'t resserré dans
telle caverne comme dans une prison.
7' Prisonnier (jue l'on gardi? (Sjo-fiwTrjj).
Ad. 27. 42. Mitituin consilium fuit ut custo-
dias occidcrent : Les soldais éiaienl d'avis de
luer les prisonniers, v. 1.
S-'Lieu élevé, d'où on peut regarder et
observer de loin ce qui se passe, poste, lieu
assigné. Hah. 2. 1. Super custodiam meam
stnbo : Je me tiendrai en sentinelle au lieu où
j'ai été mis. Isa. 21. 8. Ainsi, Baruch. 3. 34.
Stellœ... dederuiit lumen in cuslodiis suis :
Les étoiles onl répandu leur lumière chacune
en SI place ; i. e. dans le poste qui leur a élé
assigne
9' Durée d'une veille qui était de trois
heures. Ps.8 ). ï.Tamquam custodia in nocle :
Miil.' ans devant les yeux.de Dieu soni comme
une veil c de la nuil. Ps. 129. 6. A cusiodia
vxniutina usqite ad noctem : QuTsr.'ël espère
au Si'igneur depuis la veille du milin jiis;|u'à
la i.uit; i. e. depuis la |)reniière veille du
jour, depuis le point du jour réelle veille du
malin finis^ail au point du jour. Voy, Ma-
TUTINU-.
10° Réceptacle, lieu de retraite. .Apec. 18.
2. Biln/lon fucta est custodia omnis spiritus
immundi, et omnis volucris immundœ : Baby-
lont; est devenue la retraite des jsprils im-
purs, et des oiseaux impurs ; Les hiboux el
li'S démous aiment habiter les lieux déserts
el abandonnés : ce (jue les prophètes disent
des villej ruinées. Isa. i3. v. 21. 22. etc
Façons de parler.
Custodia pomorum ; ônMpofylùy.tov. Loge ,
lieu pour garder des fruits. Ps.78. 1. Posue-
runt Jérusalem in pomorum custodiam : Les
nalions onl réduit Jérusalem en un lieu dé-
sert el abandonné; les loges et les cabanes
«pii seivaieni pour garder les fruits, étaient
abandonnés après quoi les avait cueillis;
Hehr. In acercos.
Custodia Domini. Commandement de Dieu
[T.phç) 3. Reg. 2. 3. Observa custodias Do-
mini : Observez toul ce que le Seigneur vous
commande. Zach. S.l. tt^ot-cc/u^a.
CUSTODIRE; Gr. 'fyUzru^. 1" Garder, con-
server, proléger, défendre. Joan. 17. 12.
Quos dedisli milii. cuA/o<^/tii ; J'ai conservé
Ceux que vous m'avez donnés, dit Jésus-
Clirisl : Ainsi, garder avec loul le soin pos-
sible coujme une chose très-chère : Custodire
ut pupilUun oc«/t ; Garder <(»mtne la pru-
nelle de l'œil. Ps. 16. 8. Voy. Pupilla. Ca-
ftodire inyrc.ssum el ftjressinnahciijnf .-G irder
quelqu'un, tant dans se« aiïaires <1omesti(|ue3
qu'étrangères. Ps. 120. 8. Pedem alicuju$'
Prendre garde qu'il ne soit surpris dans le
piège. Prov. 3. 2U. Omnia ossaalicujus: Con-
server ses os. Ps. 33. £0. di *\u'\ se dit prin-
cipalement par rapport à la ré>urrectioa
générale , parliculiéremenl des corps des
saints, que Dieu promet de conserver, n)ême
dans cette vie jusciu'à leurs cheveux. Voy.
Lue. 21. 18. Voy. Ossa. Ainsi, Apoc. 16. 15.
BenCus q i vigitat el cuslodi: veslimenta sui,
ne vudus ambtdet (Tïjpsîv). Heureux celui
(;ui veille el (|ui gardai Iden ses vêtements,
afin qu'il ne marche pas nu : ces vét-ments
sont la sainteté el les bonnes mœurs : Saint
Jean fiit allusion à la coutume des anciens,
(|ui, pour obliger ceux qu'on niellait en
garde de veiller cxaciemcnt, mettaient le
l'eu à leurs habits quand on les surprenait
dans le sommeil.
2' Garder et réserver comme un trésor
(5/3T«u^iÇstv), mcltie en lieu sûr. Prov. 2. 7.
C'(st')di(t rectoram salatem ; Gr. tUesauriza-
iii redis saluleoi : Le Seigneur réserve le sa-
lul comme un Irésor pour ceux (|ui onl le
cœur droit. Voy. Salus. Le mot hébreu si-
gnifie plus ordinairement la sagesse : Ainsi,
cela veut dire (jue Dieu garde sa grâce el sa
sagesse comme un trésor , pour en assister
tous les gens de bien dans le besoin.
3' Garder, s'assurer d'une chose en y met-
tani garnison (fpovpEïv). 2. Cor. 11. 32. Cu-
slodiebat civitatem Damascenorum : Elanl à
Damas, celui qui gouvernait la province de
Damas pour le roi Arétas, faisait faire garde
dans la ville pour me prendre. A (juoi se
rapporte dans le sens métaphorique, Phi-
lipp. 4. I.Pax Dei cuslodiat ordn vestra:
Que la paix de Dieu garde fidèlement vos
cœurs. 1. Petr. 1. 5.
4° Garder, arrêter, retenir {fpovpsiv). GaL
3. 23. Sub lege custodiebamur concluxi : Avant
que la foi lût venue, nous étions sous la
garde de la loi. Ezech. 33. 8. 5e cuslodiat
impius a via sua : Que l'impie se retire de sa
méchante voie. Sip. 1. 11. 2. Reg. 22. 24.
Isa. 56. 2. Ainsi Nahum. 2. 1. Ascendii qui
cuslodiat obsidionem : Voici celui qui doit
vous assiéger de toutes parts, ô Ninive.
5° Observer, veiller sur quelque chose,,
par devoir et obligation. Ps. 38. 1. Custodiam-
vias meas : J'observerai avec soin mes voies,,
je veillerai sur ma con luiUî. Prov. 4. 4. Cus-
todi prœcepla mei: Gardez mes préceptes el
vous vivrez, dit Sibonon. l's. 18. 12. Jerem.
8. 7. Ps. 16. 4. Ainsi Prov. 22. 12. Oculi Do-
mini cuslodiunl scienti un : Les yeux du Sei-
gneur gardent h science; il considère el
conserve la connaissance des vérités de sa
religion, et protège ceux qui en instruisent
d'autres; Ilebr. le savant, le vigilant. Ps. 70.
11. Qui cuslodiebunt animam meam : Ceux
({ui veillaient auparavant pour me conser-
ver la vie, onl tenu conseil pour me perdre;
au/r. Qui moUservaientet m'épiaient à mau-
vais dessein.
Custodire os siium. Garder sa bouche; c'est
être circonspect dans ses paroles. Prov. \>\.
3. Qui citstodil os sHum, custodit nnimain
10Z3
PlCnONNVIRF. DE Pllll.OI.Or.lK SACKEK.
It'ÎJ
tuam : Celui qui r.'ille sur ces paroles, pré-
serva* son âme de beaucoup de maux. c.
21. 2i.
6° Respecter, honorer ( ^vjrrips?^ ). Marc.
6. 20. Herodes meluebnt Joannem, et cuxlo-
diebal eum : Hérodc craignait saint Jeau-B ip-
tislf, ei avait du rcspi-ct pour lui. Ose. 4.
10. Domitiuin dei'eli(/uerunt in non custodien-
do : Ils ont abandonné le Seigneur sans lui
ronde le respect cl l'honneur (jui lui est dû.
Ainsi Zach. 11. 11. Qui ciislodiut^t mihi, pour
me; Hebr. qui me obseivant : Ce respect à
l'égard de Dieu, paraît dans la pratique de
ses commandements : Gr.ri -po^jx-za. fAx!7G-6u.:yix
jixot, oves quœ cu^lodiuntur mihi.
7" Aimer quelque ( hose, s'y appliquer, s'y
altacber. Jo:i. 2. 8. Qui custodiunt vanitatem
frustra : Ceux qni s'atlaciienl à la vanité ou
aux idoles. Voy. Observahe.
8° Happ'»rler à quelqu'un quelque chose,
lui en cojiserver le mérite. Ps. o8. 10. Forti-
ludinein rneain ad le custodiam : Je remettrai
entre vos m lins loute ma force.
CUSTODITIO, Nis. Observation exacte,
pratique ( -po^o'/j, ). Sap. 6. 19. Custoditio
legum consummaiio incorruptionis esf : L'at-
tention à observer les lois de la sagesse, est
raffermisseiiicnl de la parfaite pureté de
l'âme.
CUSTOS, dis; ç!J),a;. De cum et d'asto; Etre
cTvec ou auprès.
1" Garde, gardien, qui conserve et défend.
Gen. 4. 9. Numquid custos fralris mei sum
ego ? Suis-je le gardien de mon frère? répond
Caïn à Dieu. c. 28. 15. Prov.27. 18. Qui cu-
stos est Domini sui glorificabitar : Celui qui
garde son Seigneur sera élevé en gloire; i. e.
celui qui l'honore et gagne son amitié par
ses services, etc., d'où vient : Turris cuslo-
dum. Voy. Tlrris.
2* Garde, sentinelle, soldatqui garde {■:r,pû-j].
Matlh. 28. i. Exterrili sunl custodes : Les
gardes furent saisis de frayeur; se. au trem-
blement de terre et à la vue de l'ange qui était
descendu pour renverser la pierre du sépul-
cre. V. il, c. 27. 66. Judic. 7. 19. Canl. 5. 7,
Jerem. 51. 12. Ainsi, Isa. 21. v. 11.12. Custos,
quid de nocte? Sentinelle, qu'avez- vous vu
cette nuit? Les idumécns, dont Dunia était la
capitale , demandant à leur sentinelle ce
quelle avait aperçu , si elle découvrait les
ennemis; la sentinelle répondit qu'ils avaient
beau l'interroger le matin et le soir, aller et
venir, qu'ils perdaient leur peine, et que c'é-
tait fait d'eux.
3" Soldai, gendarme, homme d'armée. Jer.
k. 16. Auditum est in Jérusalem custodes ve-
nire de terra longinqua : On a fait entendre à
Jérusalem qu'il vient des gens d'armes d'une
terre éloignée;!, e. de Babylone; Gr. c-ycroop/i,
caler va.
k^ Qui garde et entretient une chose qu'il a
prise à louage [zr.pw). Canl. 8. 11. Tradidit
cum custodibus : Le pacifique a donné sa vigne
à des gens pour la garder. Voyez Pacifi-
cv<.
Chefs , princes. Cant. o. 7. Jnvenerunt me
custodes... percusserunt me : Les gardes m'ont
rencontrée, ils m'ont frappée et blessée; on
l'entend des gouverneurs et des princes qui
se sont élevés contre l'Kglise par les cruelles
persécutions qu'ils lui ont suscitées. Jerem.
31. 6. Erit dics in qua chvnabiint custodes in
monte Ephrnim : Il vi<'ndra un jour (jue ii^s
gardes crieront sur la montagne d'Kphra'im ;
ces gardes sont les chefs des dix tribus, qui
les exhortèrent à s'unir avec les deux autres
tribus dans le service du Seigneur, et à l'aller
adorer dans le temple de Jérusalem; ouïes
apôtres et les hommes apostoliques inviteront
les peuples à entrer dans l'Eglise. Nahum 3.
17. Custodes lui quasi locustœ : Vos gardes
so:)l conmie des sauterelles ; d'autres l'enten-
dent des soldats et des gardes. Jerem. 4. 10.
Job. 7. 20. 0 custos hominum; selon quelques-
uns, ô Dieu, non-seulement sauveur et pro-
t ■(leur, m.iis aussi qui observe le mal que
font les hommes pour les punir; ÏTr^erràuEvo^voûv,
scicns cogitationem. Aïmi , custos animœ suce :
Celui qui veille sur ses actions et qui a soin
de lenir son âme pure et exemple de péché.
Prov. 10. 17. Custos animœ suce serval viam
swnn : Celui qui a soin de garder son âme.
l'ait atlenlion sur sa conduite, c. 22. 5.
Custodes domus, gardes de la maison. Ecci.
12. 3. Quando commovebuntur custodes do-
mus : Lorsque les gardes do la maison com-
menceront à trembler; il semble qu'on doit
entendre par là les bras et les jambes, qui
tremblent dans les vieillards ; d'autres l'en-
lendent des côtes, qui enferment les entrail-
les.
CUTHA, M, xo'j&à, pays de Perse. 4. Keg.
17. 24. C'est de là que sont nommés Culhéens
les peuples qui furent envoyés par le roi
d'Assyrie pour habiter la Samarie. 4. Reg. 17.
30.
CUTIS, is, Gr. Séoaa; do c-x:toj, pellis, co-
r'xum.
Peau. Job. 7. 5. Cutis mea aruit : Ma peau
est loute sèche. Thren. 4. 8. Adhœsit cutis
eoriim ossibus : La peau des Nazaréens de Jé-
rusalem est collée sur leurs os. Levit. 13. 2.
3. etc.
CYATHUS, I, de xûaSo?,
Coupe, tasse, gobelet. Exod. 25. 29. Parabis
thuribula et cyathos : Vous ferez, d'un or très-
pur, des encensoirs et des lassos, c. 37. 16.
Nom. 4. 7. Jerem. 52. 19. Celaient les vases
où l'on me(,lait le vin que l'on offrait avec les
pains exposés. Un cyaiho ou un verre tenait
la douzième partie d'un sotier ; il pèse uno
once et deux liers.
CYGNUS, I, de xv/vo?.
Cygne, oiseau immonde. Levit. 11. 18. Cy-
gnum et onocrotalum : Le cygne et le buU>r.
Deut. 14. 16. Cet oiseau, qui est atiuali(|ue,
a le cou fort long, est agréable à voir à cause
do sa blancheur.
CYMBALUM, i, de x-J;^^.y.)o-j.
Cymbale, inslrumenl d'airain sur lequel on
chantait les luuang s de Dieu. 1. Cor. 13. !•
Fartas sum vrliit cymb:dum tinniens : Sans la
charité, (juoiqu'nn parle éhxjueminent , on
n'est (jue comme une cymbale retentissante.
1. Par. 16. 5. c. 13. 8. c. 15. v. 16. 19. 28. de.
Cet instrument était comme un bassin creux,
i(»25
C\\{
CYR
1UJ6
qui renaail un son harmonieux f n le frappant
avpc un autre. Voy. Aug. Ps. 150
CYMINUM, I, de yO^tvov,
Cumin ou anis aigre, herbe de peu ne con-
séquence. Matlh. 23. 23. Décimal is ci/minum :
Vous payez la dîme du cumin. Isa. 28, v. 25.
27. l'aile ressemble au fenouil pour les feuilles.
CYPRESSINUS, A, UM, qui .si fait de cy-
près. Gant. 1. 10. Laquearia nustrci cypres-
sina : Les lambris de nos maisons «i>ni de
cyprès. Les icmplcs et les palais magnifiques
él;iient actn'fois bâiis de cyprès.
CYPR1"-SSUS, I, ''U grec /.vTràstrco,-,
Cyprès Eccii, 2i, 17. Quasi ci/presxus in
monte Sion : La SJigessc sest éievée i omme
le cvprès de la in(»nlagn,e de Sion. c. 50, 11,
CYPRIARCHES , de zO-^o,- , et û'ùp-/_r, ,
imperium.
Gouverneur de Chypre. 2. Mach, 12. 2. A'i-
canor Cyiiriarclies.
•CYPRIUS, II, xO-oio,-, de l'île de Chypre.
Ad. 4. 3o. Barnabas... lévites , cyprins génè-
re : Barnabe, lévile et originaire de Chypre,
CYPRUS , 1 , xÛTrpç, de y.ûizf.oç , pulchra
ou pulcliritudo.
i" L île de Chypre, la plus grande de tou-
tes celles de la mer Méditerranée. Act. 13.
•'»•. Inde natiguverunt Cyprum : Saiil ol Bar-
nabe, de Sélcucie, s'embarquèrent pour pas-
ser en Chypre, c. U. 19. c. 15. 39. c, 21. 3.
c. 27. i. 1. Mcich. 15, 23. 2. Mach. 10. 13.
niaiiitenatil appelée Cypro.
2° Cypre, plante odoriférante. Canl. 1. 13.
Botruscypridileclusmeusmi/u :yion bien-aimé
ist pour moi connue une grappe de raisin de
Chypre; les raisins qui croissaient parmi ces
sortes d'arbrisseaux, en liraient un goût ad-
mirable. Quelques-uns néanmoins prennent
hotrus pour le fruit de celle même plante, c.
k. 13, Le cypre est une espèce d'arbre d'où
on lire une huile qui échauffe. Théodor.
CYUENE, paries, dey.-jon-^r, :
1° Cyrène, pays de la Lybie penlapolitaine,
où il y avail une grande quaiitiié de Juifs.
Alt. 2. 10. Partes Lyhiœ , qiiœ est circa Cyrc-
nem : Celte partie de la Lybie, qui est proche
d ; Cyrcne. 1. Mach. 15, 23. maintenant Co~
rena ou Carueniia.
2' Pays d'Assyrie ou de la haute Médie. k.
Reg, 16, 9. Transtulit habitatores ejus Cyre-
nem : Le roi des Assyriens transféra les iia-
bilants de Damas à Cyrène, Amos. 1. 5. c.9.7,
CYKEN.'EUS, à, LM, y.-jorrjv.i'jç, qui est de
Gyrène. Marc. 15. 21. Anjariaicrunl Simo-
nemCyrenœum : Lc^ soldais contraignirent uu
certain homme de Gyrène, nommé S;mou, de
porter la croix de Jéus-Chrisl. Malth. 27.
32. Ad. 11.20. 2. Mach. 2. 24.
GYRENENSIS, is, y.j;o/ivtor, qui est de Gy-
rène. Luc. 23. 26. Appreliendeninl Simonem
quçmdamCyrenensetn : Comme les soldais me-
«aienl Jésus-Christ à la mort, ils prirent un
homn)e de Gyrène, appelé Simon, Ad. 6, 9.
c. 13. 1.
GYRINUS, xv/>rivto,-, Cyrenius, Cyrinus ou
Quirinus, gouverneur de Syrie. Lue-, 2, 2.
IJœc (Irscriptio priiiut fada est a prœside Sy-
riœ Cyrino : Ce lui Ij jMcmier dénombrement
qui se fil par C)rinus, (jou\erneur df Syrie.
Voy. Dkscriptio.
CYRUS, I, Gr, zvso,-, de entres, qui signi-
fie le soleil, en langue persane.
Cyrus, roi des Pers* s, que Dieu perla à dé-
livrer les Israélites, Isa. 44, 28, Qui dico
Cyro : Paslor meus es : C'est moi qui dis «à Cy-
rus : vous êtes le pasteur de mon troupeau,
parce qu'il a ramené le peuple de Dieu. 2.
Par. .36. 22. 1. E<iir. 1. 1. Aïino primo Cyri
rfgis Persarum : Ce lut dans la première an-
née de Cyrus, roi des Perses ; se. la première
année qu'il régna à Babylone, qu'il ordonna
de rebâlir le temple de Jérusalem , et de
fournir aux Juifs qui retournaienl en Judée,
toutes les choses nécessaires pour ce sujei.
Zorobabel et les autres chefs de famille qui
étaient revenus avec lui, se mirent en étal di;
relever les fondements du temple; mais h's
ennemis du peuple de Dieu traversèrent co
dessein et en en»pêchèrenl l'exécution pen-
dant tout le règne de Cyrus et jusqu'au règne
de Darius, fils d Hystaspes. Ce prince, étant
informé de l'ordre que Cyrus avait donné de
rebâtir le temple de Jérusalem, fit un nouvel
édit. |)ar lequel il ordonna expressément que
l'on tonliiiuâl de travailler au rét iblissement
de ce temple. Or, il paraît, par les prophéties
d'Aggée,querouvragedu temple deJérusalem
ayant été interrompu par la violence el par les
in irigues des peuples voisin s,les Juifs, plus alla-
chésà leurs propres intérêts (|u'à ceux de Dieu,
ne songèrent plus qu'à se bâtir des maisons el
qu'à les orner, et négligèrent insensiblement
son temple , qu'ils laissaient désert pendant
qu'ils se faisaient à ( ux-mémes des bâtiments
magnifiques. C'est la raison pour laquelle Dieu
leurenvoya deux prophètes, qui élaient Aggée
et Zachane, qui, leur ayant parlé avec beau-
coup de force de la part de Dieu, les excitè-
rent à continuer l'ouvrage qui avait été inlcr-
rompu pendant quinze ans. Ainsi, Zorobabel
et le grand prêtre Josué recommencèrent à
bâtir le temple de Jérusalem , et les saints
prophètes , qui leur avaient inspiré celte
généreuse résolution, les aidèrent dans l'exé-
cution d'une si sainte œuvre , soit par leurs
sages conseils, soit par la force des exhorta-
lions qu'ils employèrent pour les soutenir
contre tous leurs ennemis, Cyrus avait donc
été destiné de Dieu pour délivrer le peuple
juif de sa captivité, en ayant été informe par
les Juifs; c'est pour cela qu'il lui donna le
royaume de Babylone : il était roi des Mèdes,
et ensuiie des Perses , ayant lais>é la .Medic
à Darius , son oncle. Ce prince , aorès avoir
subjugué en trente ans toute 1' \>ie , porta
la guerre chez les Scythes, gagn'.i une grande
bataille contre le jeune roi . qui ) fut lue ;
mais , Thomyris , sa mère , s'étant mise à la
lélc de ses troupes, attira (>yrus dans un dé-
troit où elle tailla en pièces loule son armée.
Cyrus fut au nombre des morts. On lui
coupa la tête , que la piince>se victo-
rieuse plongea dans un tonneau de sang hu-
main, en proléranl ces jiaroles : Assouvis-loi
maintenant du sang dont tu as toujours été si
altère. Si inorl arriva lan 3523, cinq ma
après le letour du peuple dans la Judée ; Sou
(ils Camhysp lui succéda. \ oy.
10'i7
niciiuNNAïKE UL inm.oLocit; sackle.
1058
D
DABEREIH, Hebr. Veibum, tes. Y Wla ûq
rt'fuj^e donnée aux Lévilvs dans la Iribii d'is-
sachar, .irrosée par le torrenl de Cison. Isa.
19. V. l'i. 2 >. c. 21. 28. 1. Par. 6. 72.
DAblH, Hehr. Oratorium, verbum, subje-
ctif). l°Roi d'Kglon. Jos. 10. 3. Gr. Dabir, roi
d'Odollain; mais il se trouve toujours beau-
coup de diversilé dans les noms propres.
2" Ville royale, qui d'abord a élé dans la
tribu de Juda , ensuite à celle de Siméon.
Jos. 10. 38. c. 12. 13. Ville de refuge, c. 21.
15. , donnée aux Lévites. 1. Par. G. 58. Elle
était aussi nommée Cariatsepber , Civitas
litterarum. Jos. 15. 15. Jud. 1. 11. et Cariatb-
senna. Jos. 15. 49.
3° Une ville dans la tribu de Gad, sur le
Jourdain. Jos. 13. 26.
DABRI, Hebr. Verbnm meum. Père de Sa-
lumith, de la tribu de Dan. Levit. 2i. 11.
DADAN. Voy. Dedan.
DtEMON, is, Saijoiwv, nom grec, qui signi-
fie savant; c'est le nom que les païens don-
naient à leurs dieux; mais dans l'Ecriture,
il signifie toujours :
Esprit malin, diable (Satfzôvtov). Jac. 2. 19.
Dœmones credunt et c.ontremiscunl : Ceux qui
ont la foi sans la cbarité, accompagnée des
bonnes œuvres, sont comme les dé nous qui
croient qu'il y a un Dieu jus(iu'à en treuibler.
Lcvit. 17. 7. .Matl. 8. 31. etc.
DiEMONIUM, M, ÔKtuovtov, du Grec Saî/zwv.
1" Divinité, Dieu. Ad. 17. 18. Novorum
aœmoniorum anniintialor : Qui prêcbe de
nouveaux dieux. Mais il semble qu'il se
pn nd ici pour une fausse divinité, et en
mauvaise part, parce que ce sont les Gentils
qui parlent; ainsi, l'on peut dire qu'il ne se
prend qu'en mauvaise part dans l'Ecriture.
V'oy. Apoc. de M. de Meaux, dans l'averlis-
semcnt, pag. 637.
2" Démon, esprit malin, diable. P». 95. 5.
Omncs dii genlium, dœmonia : Tous les dieux
des nations sont des démons. Ps. 90. 6. Non
timcbis a dœnionio vieridiano : Vous ne crain-
drez point les attaques du démon du midi ,
ni d'aucun ennemi (jui vous attaque «rnver-
Icment. Voy. Mf.riuianus. Luc. 8. 27. Vir
qui hiibebat dœinonium ; Gr. dœmonia : Un
J)omme qui depuis iongleu)ps était posséJô
du démon : il en avait une légion. Voy. v.
30. Joan. 7. 20. Bœinoniuin habes : N'ous êtes
possédé du démon , ou bien, vous êtes l'on,
c. 8. ^8. etc. Les esprits impurs <|ui étaient
adorés comme des dieux par les païens, sont
appelés de ce nom, savants et sages, à cause
des oracles qu'ils rendaient.
3* Spectre, lutin, sous l'apparence d(! quel-
que monstre, l^a.3'*. li. Occurrenl dœiitonia
ouocentauris : Les déaions il les onocen-
taures se rencontreront dans » ctte ville rui-
née. Bar. k. 3(). Ces sortes de spectres se
trouvent volontiers dans les villes désolées
et abaDdontices.
D.\GON, Sa'/wv, ce mot vient de l'Hébicu
Bagaii; l.ilin frumenlum , parce que les Phé-
niciens lui attribuaient linveniiun du blé.
Euseb. lib. 1. Prœpar. EvnngeL, pàg. 2i.
D'autres le font venir de Dag, piscis, et pré-
tendent qu'il était moitié homme et moitié
poisson. 11 signifie :
Dagon , idole des Philistins, en l'honneur
de laquelle ils avaient fait b.âlir un temple à
Azot. Judic. 16. 23. Convenerunl ut innnola-
retit hostias magnificas Dagon deo suo : Les
princes des Philistins firent une grande as-
semblée pour immoler des hosties solem-
neltes à leur dieu Dagon. 1. Rt'g. 5. 5. Dagon
soins remanserat in toco suo : Le tronc seul
de Dagon était demeuré en sa place, dans
son sanctuaire , mais par terre devant
l'arche.
DALAIÂ on DA LAI AS, Hebr. Pauper Do-
mini. 1" Fils d'Eliœnaï, descendant de Zoro-
bab.'l. 1. Par. 3. 2'*.
2° Fils de Seméïas. Jerem. 33. v. 12.25.
DALAIAU, Hi'hr. Pauper Domini. Un des
cliefs des familles sacerdotales. 1. Par. 24.
18. Vigesima tertia Dulaiau : Le rang de cette
famille fut le vingt-troisième échu par sort.
DALILA , Hebr. Paupertas. Dalila, femme
philistine, ainicede Samson. Judic. 16. 4.
Vocabatur Dalila : La fenmie que Samson
aima s'appelait Dalila. v. 10. etc.
DALMANUTHA, Gr 5a/y.«vov6«, H. br. Ma-
ries. Contrée de la tribu d'issachar, ou, selon
d'autres, de.Man issé, de là le Jourdain, pro-
che le l.ic de Génésarelb. Marc. 8. 10. Venit
in partes Dalmanutha : Jésus-Christ vint
dans le |)ays de Dalmanutha. Voy. Magedan.
DALMA'l'lA, Hebr. Lampas frustratoria ,
\vlii'jizic/. , Dalmatie , province de l'UIyrie,
maintenant Sclav<)nie. 2. Tim. 4. 10. Abiit
Titus in Dalmatiam : Tite s'en est allé en
Dalmatie.
DAMARIS, Gr. Uxorcula, parva uxor. De
Sàuv.p OU Bc(^cpç TOf, uxor.
Une femme ijui crut et embrassa la foi de
Jésus-Christ, avec quelques autres, entre
lesquels fut Denys, sénateur de l'Aréopage,
lors(|ue saint Paul y fit cet excellent discours
rapporté Act. 17. 22. Quebiues pères ont cru
(juc Damaris, ou, selon d'autres, Danialis,
était ffmme de S. Denis, aréopagiie, mais
sans fondement; elle était appare^nment une
dattie athénienne de grande considération.
DAMASCENUS, a, um. De Damascus, et
signifie :
Qui est de Damas , qui en est habitant.
Ezech. 27. 18. Damascenus negotiator : Mar-
chand de Damas. 2. Cor. 11. 32. 1. Par.
18.5.
DAMASCUS , I. Hebr. Sangtiinis saccus ,
Aap«(Txô?, Damas , viile capitale de Syrie.
Gai. 1. 17. lieversus sum Dumascurn : D'Ara-
bie je retournai à Damas. 2. Cor. 11. 3. Act.
9. 2. etc., ce qui se prend pour tout le pays.
iO-2D
DAM
DAN
1050
V. R«g. 5. 12. Flnvii Dawasci : Les fleuves
(le Daiii.is. Ainos. 5. 27. Migrare vos fadam
trans Damasciim: -ie \ous ferai Iransporler
au delà de Damas, jusque dans l'Assyrie
«'l l'Arménie, comme l'on voil par saint Luc,
(|ui, en citant cet endroit, dit au delà de Ba-
byloiic. Act. 7. 43. Citle ville a élé longtemps
la capitale de la Syrie et de la Phénicio, jus-
qu'à ce que Seleucus Nicanor fit bâiir Aniio-
chc, et y transféra le siège impérial. Elle
avait été îribulaire aux Juifs jusqu'après la
mort de S;ilomon, et s'est vue souniise en d( s
temps diffèrcnls à plusieurs maîtres. Les rois
d'Assyrie y ont fait d'étranges désordres.
Theglalphalasar, le grand Nabuchodonosor,
ot ensuite Alexandre, l'ont prise et ruinée
chacun dans leur temps; les Ron)ains ont
voulu à leur tour être maîtres de Damas , et
en ont fait une province soumise à leur em-
pire. Tamerlan , dans ers derniers siècles ,
environ l'an 1396, irrité des perles qu'il avait
souffertes en l'assiégeant contre lesSarrasins,
la désola toute et en fil un cimetière. Selim,
empereur des Turcs, la prit sur les Egyp-
tiens, l'an 1517, et ses successeurs l'ont gar-
dée jusqu'à présent.
DAMNA, Hebr. Sterquilinium , cruenlalio,
similitudo. Ville de la Inbu de Zabulon, don-
née aux Lévites. Jos. 21. 35.
DAMNARIi,Gr. zjstvEtv, xaTKzptvetv, de 5a|:/v«w,
qui vient de l'Hébreu dama, perdre, dé-
truire.
Condamner. 1. Cor. 11. 32. Corripimur, ut
non cum hoc mundo damnemur : Le Seigneur
nous cliâlie, afin que nous ne soyons pas
condamnés avec le monde. Rom. 8. 3. De
peccato damnavit peccalum in carne : Dieu a
condamné le péché dans la chair de Jésus-
Chrisl, à cause du péché des hoirimes. Voy.
Peccatum. c. li. 23. etc. Anios. 2. 8. Ainsi ,
Malth. 27. 3. Videns Judas quia dnmnatus
esset : Judas voyant que Jésus-Christ était
livré pour être condamné. Act. 25. 16. Non
est Jtomanis consuetudo damnare aliquem,
etc. Ce n'est point la couturiie chez les Ro-
mains d'abandonner un homme à ses enne-
mis pour le faire mourir. Voy. Abluere ,
ACCUSARE.
DAMNAT10, y.ptiMCi, condamnation, juge-
ment. Rom. 3. 8. Quorum damnatio justa est :
Ceux-là seront juslernertt condamnés. 2.(^or.
3. 9. Si minislialio damnalionis gluria est :
La loi est appelée condamnation , parce
qu'elle a été cause de la perle des Juifs, par
occasion et par leur faute. A(l. 2j. 15., d'où
vient llabere dnmnationem : Etre eng;igé dans
la condamnation. 1. Tim. 5. 12.
DAMNUM, 1. Zrjfiia, du Grec fî«,avâj.
Perte, dommage, tort, injure. Prov. 12.
26 Qui negligit danmum propier aviicuni,
justus est : Celui (jui pour son ami néglige
une perte, est juste. Hel». Le juste est plus
dans l'abondance (|uc son prochain , se. qui
n'est pas juste comnnî lui c. 17. 26.
DAMULA, M, 5o/>zàf ; de Ssîpta, viclus^ ou
de xs/xfià;-, chez les Siciliens -aiiuà;, dama.
Daim. Prov. 6. 5. Iiruere quasi damulu de
manu : Sauvez-vous conmio un daim qui
ecliappe de la main. Isi. 13. U.
DAN, Hebr. Judicans. !• Le cinquième
fils de Jacob qu'il eut de Bala, servante de
Rach.-I. Gen. 30. 5. c. 35. 25. etc.
2° La postérité ou les desccnd.ints de Dan.
Geu. 49. 16. Dan judicahit poputum suum :
Dan jugera son peuple. Jacoh fait allusion à
la signification de Dan ; d ailleurs il y a eu
des joges de celte tribu. Deut. 33. 22. Oan
quoque 'lit; Dan calulus leonis : Moïse dit à
Dan : Pan est comme un jeune Mot». MoiSe
marciue ici la force de celle tribu; Samson ,
qui en était, a paru comme un lion au milieu
des Philistins. Jiid. 5. 17. Dan vacabat navi-
bus : Dan s'occupait à ses vaisseaux. Débora
marque ceux {|ni ne se sont point trouvés
au combil contre Sisara. Il n'est point f.iii
mention de celle tribu, 1. Par. 7. et Apoc. 7.
Soit parce qu'il ne restait presque plus per-
sonne dès le temps d'Ksilras, on, selon d au-
tres, parce qu'elle avait abandonné le culte
de Dieu, comme il paraît, Judic. 18., ou
enfin (comme l'ont cru la plupirt des pètes
et des interprètes) parce que l'antochrisl
dev.iit naître de sa race ; et c'est en ce sens
qu'ils expliquent le passage du chap. W. 17.
de la Genèse, et celui du chap. 8. 16. do
Jérémie.
3° Une ville do ce nom qui s'appelait Lais,
du temps d'Abraham; et c'est par anticipa-
tion qu'elle est nommée Dan, Gen. li. 14.
Et persecntus est eos usque />nn : Abraham
poursuivit les ennemis jusqu'à Dan. Le nom
de Dan fut donné à celte ville par occasion ;
le partage qui était échu à ceux de cette
tribu, uf pouvant pas leur suflire, à caustî
que les Chananéens en possédaient une très-
grande partie, six cents hommes en sortirent
pour aller attaquer la ville de Laïs ; et s'en
étant rendus maitres, ils s'y établirent com-
me il est rapporté plus au long dans le cha-
pitre 18 des Juges; elle était à l'exlré/niié
de la terre promise dans la tribu de Nepli-
Ihali , du côté du Nord : il est souvent fait
mention, sous le nom de Dan, pour marquer
les deux extrémités de la Terrc-Sainle. A
Dan usque Bersabee. Amos 8. 14. Elle a été
appelée Pancade, par les Grecs, cl Diospulis;
ensuite Césarée de Philippe. Voy. C^>area;
et enfin Néroniade, parce qu'Agrippa l'a fait
rétablir en l'honneur de Néron.
DANIEL, is;Heb» J«(/jcjit;/»Z>fi. Gr. a«v£«>,
1- Un fils <le Davul. 1. Par. 3. 1. Il c>t ap-
pelé Cheleab. 2. Rcg. 3. 3. 2° {]n des des-
cendants d'Iihamar, 1. Esiir. 8. 2., qui sem-
ble être le morne que celui du 2. E»dr. 10. 0.
DANIEL ; Heb. Judicitnn Dd. — Prin-ce du
sang des rois de Juda et < ousin du roi Joa-
chim; il fut enmiené tout jeune <'n capli\iié
à Babylone, lorsque Joai him fut livré entre
lis mains de Nabuchodonosor, <|ui assiégeait
Jérusalem; il lut choisi avec quelques auires
do son âge et de son rang pour leur appren-
dre la langue du pays, et pour les instruire
dans la science des Chaldéens, afin (|n'ils se
rendissent capabl.s des emplois auxquels
on les destinait : Dieu avait rempli ce jeune
prince de ses grâces, et même du don de
prophétie, qu'il fil paraître dans le jugement
SI fameux qu'il rendit en faveur de la ctiakl«i
10SI
DICTIONNAIRE DL PHILOLOGIE 5ACKEK.
io:î
Susanne, lorsqu'il u'av.iit eiuore que douze
ans , (oiiime l'a cru saint Ignace , marlyr, el
plusieurs autres. C'est col e>pril de prophé-
tie tjui le rendit si célèbre, et le fil considérer,
tant par Nahuchodonosor que par les autres
rois des Mèdcs et des Perses, au-dessus de
lous les mages et de Ions les sages de 10-
rirnl , ayant découvert à Nabuchodonosor et
à Ballhasar ce que nul homme sur la terre
n'aurait pu leur ré\éler; de sorle que Nabu-
chodonosor sécria tout effrayé : Le Dieu de
Daniel est .véritablement le Dieu des dieux et
le Seigneur des rois, qui peut révéler les my-
stères les plus cachés. Miws ce qui a rendu le
saint prophèlc Daniel Ircs-recommandable,
c'est ce qu'il a prédit louchant la venue du
Christ; car il n'a pas seuleu»eni écrit, dit
saint Jérôme , que le Christ devait venir dans
le monde, ce qui lui élait commun av( c les
autres prophètes, il a encore marqué le
lemps précis auquel il devait venir; la suite
des rois qui précéderaient sa venue ; le nom-
bre exact des années, et les signes Irès-
évidents par lesquels on le pourrait recon-
naître. Ou peut voir dans toute la suite de
son Livre quelle a élé la sainteté dt^ la con-
duite de sa vie, et lous les différents événe-
ments qui I ont signalée. Ce prophète mourut
âgé de cent dix ans, selon Torniel et Salien ,
l'an de la création 3535. On ne sait ni le lieu
où il est mort , ni de quelle façon. Il a écrit
son Livre, partie Chaldaïque, depuis le 't.
verset du 2. diap. jusqu'au 8. ; le reste est
en Hébreu, jusqu'aux deux derniers chapi-
tres qui sont en Grec, et depuis le 24. verset
du 3. chapitre jusqu'au 90.
DANNA, Hebr. Judicium. Ville de la tribu
de Juila. Jos. 15. i9.
DAPHCA, Hebr. Palsatio. Un des campe-
ments des Israélites dans le désert de Sin.
Nu m. 33. v. 1-2. 13.
DAPHNE, es; Gr. Laurus. Faubourg près
d'Antioclie. où élait un fameux temple d'A-
pollon. 2. Mac. k. 33.
DAPHNIS, is; Gr. Laurus. Nom d'une fon-
taine près de Rebla, Num. 3'*. 11. Ce nw)t
n'est ni dans le Grec ni dans l'Hébreu; Gr.
i-ni -v'/ol;, od fonte^.
DAllA, Hebr. Gcneratio. Ce dernier fils de
Zara, et frère d'Eman.Ethan et Chalcol. 1.
Par. 2. G. •
DARCON; Hebr. Generalionispossessio.\j\\
chef des Nalhinéens. 1. Esdr. 2. 56.
DAllK, Gr. Stôûv'yt. Du Grec 5cw, d'où se fait
ôtôôvc((>
1" Doifner, communiquer, accorder, four-
nir, mellrc entre ces mains. Prov. 28. ^I.Qui
dut pauperi non indi(jebit: Celui qui donne
au [lauvre n'aura besoin de rien. Act. 20.
35. Mail. 5. k2. Qui petit a le, da ei : Donnez
à celui qui vous demande; se. ce qui lui con-
vient, même une réprimande; s'il en a be-
soin. Job. 21. etc. ce qui se dil aussi du mal,
Apoc. iS.I.Tanlum date illi tormentum el
luctum .-Multipliez les tourments et les dou-
l'urs de Habyione, à proportion de ce qu'elle
s'est élevée dans son orgueil, et de ce
<|u'elle s'est plongée dans ses délices. Apo.-.
2. 23.
2' Donner par piél, prêter. Mallh. 25. 8.
Date nobis de oleo vesfro : Donnez-nous de
votre huile, disent les vierges folles aux
sages. Ltie. 11. v. 7. 8. Non possum surgere
et dare tibi : ie ne puis me lever pour vous
donner trois pains que vous me demandez à
emprunter. Voy. v. 5.
3° Laisser avoir, permetire que l'on ail,
qu'une cho^e arrive. Eccli. 23. 5. Exlollen-
tiom oculorum meorum ne dederis mi/ii : Ne
permettez pas j'aie un cœur élevé qui se fait
paraître par des yeux ailiers. Ps. 5i. 23.
Non dabit in œternum fluctuationem juslo :
Le Seigneur ne laissera point le jusie dans
une éternelle agitation. Ps. 120. 3. Non del
in commotionem pedem tuum'. Que le Sei-
gneur ne permette point que votre pied soit
ébranlé : c'est à lui-même que le Prophète
parle. Act. 2. 27.
k" Produire, faire paraître, envoyer. Matih.
2i. 2i Dabunt signa magna : De faux pro-
phètes ftront de grands prodiges. Marc. 13.
2. Act. 21. 9. Jnél. 2. 30. 1. Reg. 12. v. 17.
18. Le verbe hébreu, Nathan, se met quel-
quefois en ce sens. Ainsi, dare. faire naître,
faire croître. Isa. kl. 19. Dabo in soUludi-
nem cedrum et spinam : Je ferai naître dans
le désert le cèdre, et le bois de sétiin, etc.
Voy. In. Joël. 2. 22. Ficus et vinea dederunt
virtulem suam: Les figuiers et les vignes
pousseront avec vigueur.
5° Livrer, abandonner, exposer. Job. 31.
30. Non dedi ad peccandum guttur meum : Je
n'ai point abandonné ma langue au péché.
Ps. 15. 10. Ps. 120. 3. Apoc. 6. v. 4. 8. c. 7.
2. c. 9. V. 3. 3. Mallh. 7. 6. Nolite dare san-
ctum canibus ; Gardez-vous bien de donner
les choses saintes aux chiens. Jerem. 20. k.
Dnbo te in pavorem: Je vous remplirai de
frayeur vous et vos amis, dit Jcrémie à Phas-
surde la part de Dieu. Isa. 53. 9. Dabit im-
pios pro sepullura • Le Seigneur donnera
les impies pour le prix de sa sépulture. Chald.
Tradet in gehennam.c.SQ. 15. Jos.l.2.Mich.
5. 3. Voy. Parère.
6° Confier, donner en garde, mettre en dé-
pôt. Luc. 19. V. 13. 15. Dédit eis decem
minas: Cet homme de grande naissance
donna dix mines d'argent à dix de ses servi-
teurs, se. pour les faire profiler, Luc. 20. 16.
Dabit vineam aliis : Le maître donnera sa
vigne à d'autres serviteurs.
7° Donner en mariage. 1. Rog. 17, 25. Ft-
/tV;?7i suam dabit ei ; Le roi Saùl donnera sa
fille en mariage à celui qui pourra tuer
Goliath. Gen. -i9. 19. Deut. 7. 3. v. Esdr. 9.
12. etc.
8" Etablir, ordonner. Ephes. 1. 22. Ipsum
dédit caput supra omnem Ecclesiam: Dieu le
Père a établi Jésus-Christ chef de toute l'E-
glise, c. 4. ii. iJedit quosdam quidem Apo-
stolos : Jésus-Christ a donné à son Eglise,
les uns pour être apôtres. Act. 4. 12. Lxod.
1G.29. Num. 18. 6. 1. Reg. 12. 13. 3. Reg.
U.7.2. Par. 34. 16. Jerem. 1. 5. Isa. 46.13.
c. 49. 8. elr. A quoi se peut rapporter, Date
caput. 2. Esd. 9. 17. Dederunt caput, ut con-
verlerenturad servitulem suam: Par un esprit
de révolte ils se sont opiniAirés à vouloir
1035
DAR
DAR
1051
retournera leur première servitude; /feftr.
Nalh.'n rosch : D are ou ponere capiit , ou
principem : Ce que le Grec exprime plus clai-
rement , î'Swxav àû/jr^, Dederuut principem,
eler/erunt ducetn; Y aiRh.lh se sont donné un
ch(f pour retourner en Egypte.
9° Employer, appliquer. Ose. 5. k. Non
dabiint cogitationes suas ut revertnntur ad
Deinn suuin : Ils n'appliqueront point leurs
pensées à revenir à leur Dieu. Ezech. 21.
29.
10° Mettre, faire devenir, rendre, réduire.
Ps. 105. 46. Dédit eos in misericordias : Dieu
fit éclater sa miséricorde envers les Israéli-
tes. Ezech. 3. 8. Ecce dedi faciem tuam va-
lentiorem faciebus eoriim : J'ai rendu votre
visage plus ferme que le visage de loute la
maison d'Israël. Jerem. 1. 18. Dedi te inmu'
rum œreum : Je ferai que vous soyez à leur
égard comme un mur d'airain. Voy. Murus.
Isa. 40. 23. Qui dat secretoram scrutatores
quasi non sint .-C'est Dieu qui anéantit et ré-
duit à rien ceux qui recherchent avec tant de
soin les secrets de la nature. A quoi peut
se rapporter , Ose. 11. 8. Quomodo dabo
te, Ephruim; Comment vous traiterai-je, ô
Ephraïm !
11" Rendre. Gen. 30. 18. Dédit Deus mer-
cedem milii : Dieu m'a récompensée. 2.
Par. 8. 2. Voyez 3. Reg. 9. v. 11. 12. 13.
12" Rejeter, faire tomber. Ezech. 23. 49.
Dabunt sceliis vestrum super vos : Ils feront
retomber vos crimes sur vos têtes.
13° Attribuer quelque chose à quelqu'un.
1. Reg. 18. 8. Dederunt David decem millia,
et mihi mille dederunt : Ils ont donné, dit
Saiii, dix mille hommes à David, et à moi
mille. Suùl est irrité de ce que les femmes
chantaient plus à la gloire de David qu'à la
gloire de Saùl. Voy. Eccli. 47. 7.
14" Placer, mettre. 1. Thess. 4.8. Dédit
Spiritum suum sanctum in nobis : Dieu
nous a donné son Saint-Esprit. Ezech. 26.
20. c. 32. 29.
15" Proposer. Jerera. 9. 13. Dereliqucrunt
legem meam quam dedi eis : Ils ont abandonné
la loi que je leur ai donnée, c. 21. 8. c. 26.
4.C. 44. 10.
16" Faire passer , laisser par tradition.
Joan. 17. v. 8. 14. Dedi eis sermoncm tuum ;
i. e. tradidi : Je leur ai donné votre parole :
Jésus-Christ parle à son Père louchant
ses apôtres et ses disciples qu'il avait ensei-
gnés.
Plirases et façons Je parler.
Dure animam suam. Donner, livrer son
âme; signifie 1° Exposer sa vie. Voy. Anima.
2' Donner son bien et sa liberté. Eccli. 29.
20.
Dare in henediclionem. Voy. Benedictio.
Dare certamen. Vroposcr un combat, enga-
ger à combattre. Sap. 10. 12. Certamen for-
te dédit illi ut vincerct : La sagesse a engagé
Jacob dans un rude comb.it, afin qu'il denieu-
râl victorieux. Voy. ce combat de l'Ange
avec Jacob. Gen. 32. v. 24. 28.
Dare cor suum. Se portera quelque chose.
2. Par. liAG.\Quicumque dederunt cor suum
DiCTIONN. DE PUILOL. SaCRÉE. I.
ut quœrerent Dominum : Tous ceux qui dans
toutes les tribus s'étaient appliqués de tout
leur cœur à chercher le Seigneur. Eccli. 38.
v. 27. 28. 31. 34. etc. Eccli. 1. 17. c. 8. 9. A
quoi se rapporte,
Dare in cor. Mettre dans le cœur, exciter
et porter à faire quelque chose. Apoc. 17. 17.
Deus dédit in corda eorum ut faciant quod
ptacitum est illi: Dieu leur a mis dans le
cœur dexécuter ce quil lui plaît.
Dare in nomen. Voy. Nomex.
Dare alicui aliquem dorsum. Faire tourner
le dos, mettre en fuite. Ps 17. 41. Inimicos
dedisti mihi dorsum : Vous avez fait tourner
le dos à mes ennemis. Hebr. Inimicorum
meorum dabitur mihi tergam.
Dare manum. Donner la main , ou les
mains en les mettant les unes dans celles des
autres, se dit; 1" Pour marquer la soumis-
sion et l'assujettissement. Thren. 5. 6. jEgyp'
ta dedimus manum: Nous avons tendu la
main à l'Egypte; se. ou en faisant alliance
avec eux, ou en leur demandant du pain;
2= Pour mat quer son consentement. 1. Èsdr.
10. 19. Dederunt tnanus suas ut ejicerent uxo'
res suas : Les enfants des prêtres consenti-
rent à chasser leurs femmes étrangères;
3°Pourfairo un traitéet une alliance. Ezech.
17. 18. Ecce dédit manum suam : Sédécias
s'est allié à l'Egypte. Voy. Manus.
Dare oblivioni ; ÈTràscv^âvâtv, oblivisci. Met-
tre en oubli. Ps. 30. 13. Oblivioni dalus
sum tamquam ynortuus a corde : J'ai été mis
en oubli et effacé de leur cœur, comme si
j'eusse été mort. Ps. 136. 5. Oblivioni detur
dextera mea.Que ma main qui me sert à tou-
cher les instruments, soit mise en oubli; et
selon l'Hébreu , s'oublie elle-même, soit
comme engourdie et desséchée.
Dare operam, 9t)c/Tta£î75«j. S'appliquer à,
avoir soin de faire quelque chose. 1. Thess.
4. 11. Operam delis ut quieti sitis ' Etudiez-
vous à vivre en repos.
Dare parvulum. Rendre petit; c'est abattre,
humilier. Jcrem. 49. Ï6. Ecce parvulum dedi
te in gentibus '. Je vous rendrai petit entre
les peuples: Le Prophète parle contre Bosra
capitale de l'Idumée. Abd. 2.
Dare pœnas. oiy.rr^ zUi-j. Etre puni, souffrir
la peine. 2. Thess. 1. 9. Pœnas dabunt in
interilu œlernas : Ils souffriront la peine
d'une éternelle damnation.
Dare semetipsum alicui. S'accommoder à
la volonté de quelqu un, faire tout ce qui lui
est agréable. 2. Cor. 8. 5. Semetipsos dede-
runt, primum Domino, deinde nobis: Les
fidèles de lEglisc de Macédoine se sont don-
nés eux-mêmes premièrement au Soigneur,
et à nous ensuite.
Dare sortes. Tirer au sort. Act. 1. 26. Dc-
derunt sortes : Ils tirèrent Joseph appelé
liarsabas, surnomme le Juste, etMalliias, au
sort, et le sort tomba sur Mathias.
Dare /e/j/a. Tourner Icdos, s'enfuir. Judic.
20. 37. Voy. Teugim.
Dare vindictas. Venger quelcjuun, donner
le pouvoir de se venger. 2. Reg. 22. 48. Ps.
17. 48. Deus, qui das vindictas mihi : C'est
vous, Seigneur, qui prenez soin de ma vea-
04
1035
DICTIONNAIRE DE
eer de mes ennemis : David parle au sujet de
fa mort de Saûl. Ezech. 23. 17. 2. Thess. 1. 8.
DARIUS, II ; Gr. Aapsïo?. Heb. Jnquirens.
Ce nom signiGe :
1" Darius Medus,appeléCyaxares(l), oncle
de Cyrus, et fils d'Astyages. Ce Darius-ci et
Cyrus ont régné conjointement à Babylone.
Dan. 3. 31. Darius Medus successit in regnum
annos natiis sexaginta duos : Darius, qui était
de Mède, succéda à Balthasar au royaume
lies Chaldéens, étant âgé de 62 ans. c. 6. v.
6.9. 25. 28. c. 9. 1. c. 11. 1.
2 Darius, fils d'Hystaspes, choisi roi par les
grands seigneurs persîins. 1. Esdr. k. 3. et
dans tous les autres endroits de ce même
Livre. Agg. 1. 1. c. 2. v. 4. 11. Zach. 1. v. 1.
7.C. 7. 1. On croit que c'est l'Assuérus, mari
dEsther. Ce prince ayant vu l'éditque Cyrus
donna pour le bâtiment du Temple , en fit
un nouveau pour le confirmer, et ordonna
que l'on prît du trésor royal tout ce qui était
nécessaire pour les frais de cet édifice, 1.
Esd. 6. Il est nommé le grand roi Arlaxerxès,
Eslh. 11. 2. parce que ce nom était le nom
ordinaire des rois de Perse, comme celui
d'Assuérus le nom des rois des Mèdes ; et
comme il était l'un et l'autre, il est nommé
tantôt Assuérus et tantôt Artaxerxès. Il avait
subjugué presque loutrOrieiit,qui comprend
plusieurs grandes provinces, depuis les Indes
jusqu'en Ethiopie. Eslh. 13. 1.
3° Darius Nothus , auparavant appelé
Ochus, 2. Esdr. 12. 22. fils du roi Artaxerxès
Longuemain.
k° Darius Codomannus, qui fut vaincu par
Alexandre. 1. Mach. 1. 1. Postquam percus-
sit Alexander Darium regem Persarum : Après
qu'Alexandre, roi de Macédoine, eut vaincu
Darius, roi des Perses.
DATHAN, Heb. Ritus , Lex. Fils d'Eliab ,
un des chefs de la conspiration qui se fit
contre Moïse, rapportée dans le Livre des
Nombres, chap. 10. Deut. 11. 6. Ps. 103. 17.
Et deglutivit Datlian : La terre s'entr'ouvrit,
et engloutit Dathan. Eccli. 43. 22. etc. Voy.
CORE.
DATHEMAN, Heb. Legis prœparatio. Une
forteresse dans le pays de (ialaad, et dans la
tribu de Gad, où se retirèrent les Israélites ,
I. Mac. 3. 9.
DATIO, Nis, 5Ô7U-. i" Don, bienfait. Eccli.
II. 17, Datio Dei permanet justis : Le don
de Dieu demeure ferme dans les justes. —
2" Distribution, partage. Eccli. 42. 3. De da-
tione hœreditatis amicorum : Ne rougissez
point de garder l'égalité dans le partage
d'un héritage où vos amis sont intéressés.
DATOR, is, SoTYiç, donnour, (fui donne. 2.
Cor. 9. 7. Hilarem datorem diligit Deus :
Dieu aime celui qui donne avec joie. Num.
21. 18. Jn datore Legis : Sous la conduite de
Moïse qui a donné la loi.
DATUM, I, BojjLCi. 1" Don, grâce, bienfait
(oôtTiç). Jac. 1. 17. Omne datum optimum :
(1) Darius le Mède n'éiail point Cyaxare. Il rsl hion
prouvé m;iiiUenani que ce Cyaxare , présenté par Xéno-
Phon, dans sa Cyro|iédie, n'est qu'un être fabuleux. Fot/fT
addition que M. l'abbé James a laite, d'a| rès M. (Juatrt'-
itièrfï et M. l'aul Mazio, à ['article de Darius le Mède, dans
le Diclionnaire de la bible.
PHILOLOGIE SACREE. 1036
Toute grâce excellente et tout don parfait
vient d'en haut; Gr. datio bona, et donatio
perfecta. On croit que ce n'est qu'une répé-
tition de la même chose. Matth. 1.11. Philin
4, 17. Eccli. 7. 37. etc. '
17 ^"v ^^"in^"' convient à chacun (Sôc-^-l.
liccli. 1. 10. Secundum datum suum ; i. c
La sagesse est répandue sur tous les ou-
vrages de Dieu selon le partage qu'il en a
fait; i. e. selon ce qui convient à chaque
chose. ^
3° Offrande failc à Dieu. Eccli. 7. 3i. f)a~
tnm brachionim tuorum.... offeres Domino •
Offrez au Si-igneur les épaules des victimes',
voy, Brachium.
Façons de parler.
Datum et acceptum, SÔ(tiç xaiX^i^t,-, la dé-
pense et la recette d'un compte. Eecli. 42. 7.
Datum et acceptum omne describe : Ne man-
quez point d écrire tout ce que vous aurez
donné et reçu. c. 41. 24. Philipp. 4. 13.
Voy. Acceptum.
DAVID, Aaeiâ, Rcb. Dileclus. 1° Le plus
jeune des fils d'Isai', ou Jessé selon les Sep-
tante, naquit l'an du monde 2930. Il fut oc-
cupé dans ses premières années à garder les
troupeaux de son père ; mais Dieu qui le
destinait à de grandes chose?, le tira de cette
occupation pour le faire roi de son peuple,
et la tige de la postérité de laquelle devait
naître le Snuveur du monde : c'est pourquoi
il ordonna au prophète Samuel d'aller dans
la maison de son père à Bethléem, pour le
sacrer roi en la place de Saùl qui vivait en-
core. Isa'i, son père, l'ayant envoyé vers ses
• frères qui étaient dans l'armée des Israélites
rangée en bataille contre celle des Philistins ;
David indigné de voir qu'un géant philistin
insultait les Israélites, en défiant au combat
quelqu'un d'entre eux, il s'offrit de répondre
à ce défi ; et quelque instance qu'on lui fît
pour l'en détourner, il se présenta au combat
contre Goliath, et le renversa par terre d'un
coup de pierre qu'il lui tira dans le front,
et lui coupa la têle avec son épée. Cette vic-
toire remportée sur un ennemi si redoutable,
donna à David tant de réputation, qu'on
lui fit ouvertement plus d'applaudissements
qu'au roi même. Saùl fut si choqué de cette
préférence, qu'il ne chercha plus que les
moyens de le perdre. Saùl étant mort, David
fut sacré roi à Hébron sur la tribu de Juda ;
et après la mort d'Isboseth, il fut reconnu
par toutes les tribus. Après avoir gagné
plusieurs belles victoires contre les ennemis
du peuple de Dieu, ayant souffert de grandes
afflictions dans sa famille, pour expier l'a-
dultère qu'il avait commis avec Bethsabée,
et le meurtre d'Urie, il mourut en paix l'an
du monde 3020. Le détail de sa vie est rap-
porté dans le premier et le second Livre des
Rois. Son zèle pour faire célébrer les louan-
ges de Dieu par les lévites, et la composition
de ses psaumes , l'ont rendu (rès-considé-
rable dans l'Eglise de Dieu en qualité de
prophète.
2° La postérité, les descendants de David.
3. Reg 12. 16. Quœ nobis pars in David?
1037
DAV
DA.V
1038
Qu'avons-nous de commun ayec David? dit
le peuple d'Israël quiUant Roboam. 2. Par.
10.16. Ainsi Roboam, fils de David, est mar-
qué par le nom de David, son père. 3. Reg.
12. 16. Vide domum luam, David : David,
pourvoyez maintenant à votre maison. 2.
Par. 10. 19.
3° Le Messie, Notre-Seiçfneur Jésus-Christ,
ainsi appelé, parce qu'il est né de sa race,
et que David en était la figure. Jerem. 30.
9. Servient Domino Deo suo, et David régi
suo quem suscitabo eis : Ceux qui seront alors
serviront le Seigneur leur Dieu et David
leur roi que je leur susciterai. Ezech. 3i.
v. 23. 2't. c. 37. V 24. 25. Ose. 3. 5. A quoi
on peut rapporter ces endroits, Ps. 131. 10.
Isa. 37. 35. c. 55. 3. Amos. 9. il. Act. 13.
34. c. 15. 16.
k" Le Livre des Psaumes de David. Hebr.
k. 7. Hodie in David dicendo : Aujourd'hui
en disant dans les Ps. 94. 8. de David. D'au-
tres expliquent, en disant par David.
DE, préposition, è-/.; Hebr. Min. Cette
préposition vient de Siù , autrefois di, ou
dis, comme il se trouve en plusieurs verbes ;
et signifie, de, des, pour, à cause, touchant :
dans l'Ecriture :
1" Cette préposition marque la séparation
qui se fait d'une chose ; soit en la tirant de
quelque nombre. Joan. 17. 6. Quos dedisli
mihi de mundo : Les hommes que vous m'a-
vez donnés en les séparant du monde : Jésus-
Christ parle à son Père éternel de ses élus.
2. Reg. 7. 8. Ps. 77. 7. Soit que l'Ecriture
marque l'origine d'où sort quelque chose,
ou la matière dont elle est composée. 2. Cor.
4. 6. Qui dixii de tenehris lucem splen-
descere : Dieu qui commanda que la lumière
sortît des ténèbres. 1. Cor. 11. 12. Mulier de
viro : La femme a été tirée de l'homme ; se.
Eve d'Adam. Joan. 3. 31. Qui est de terra,
de terra est : Celui qui tire son origine de la
terre, est de la terre ; i. e. terrestre. Gen. 15.
4. Ps. 21. 10. Ainsi pour marquer d'où l'on
tire la connaissance de quelque chose. 1.
Joan. 3. 24. Scimus quoniam manet in nobis
de Spiritu {sancto): C'est parle Saint-Esprit
que nous connaissons que Dieu demeure en
nous.
2" Cette préposition marque souvent une
distribution, ou partition, pour marquer
une partie de quelque chose («ttô). 1. Par. 9.
3. Commorali sunl in Jérusalem de fîliis Juda:
Entre les Israélites, il s'en établit plusieurs
à Jérusalem de la tribu de Juda. c. 12. 19.
c. 20. 4. 1. Esdr. 10. 1. 2. Joan. v. 4.
3" Elle marque la privation ou l'éloigne-
ment d'une chose. Jerem. 48. 2. Ps. 82. 5.
Venile, et disperdamus eos de qente : Exter-
minons-les du milieu des peuples , disent les
ennemis du peuple de Dieu ; i. e. ruinons-les
tellement qu'ils ne soient plus un peuple ou
'Une nation. Prov. 25. 5. Aufer impietatem de
vultu reyis : Otoz l'impiclé de devant le roi :
ce qui se met par min en Hébreu , et se rend
par ne en Latin. 1. Reg. 15. v. 24. 20. Ne sis
rex , Heb. mimclech, a Rcye.
4" Dès, ou depuis («-tô). Gen. 22. 3. De
nocte consurgens : Abraham se lova dès lors,
lorsqu'il faisait encore nuit, et avant le jour;
se. pour aller offrir Isaac. Ps. 21. 11. De
ventre matris meœ : Dès le temps de ma nais-
sance.
5" Cette préposition jointe avec son ablatif
est mise quelquefois , 1° pour le génitif. Ps.
15. 4. Non congregabo conventicula eorum de
sanguinibus ; i. e. conventicula sanguinum :
Je ne prendrai point de part à leurs assem-
blées sanguinaires. Ps. 118. 8. Considerabo
mirabilia de Lege tua; i. e. Legis tuœ : Je
considérerai les merveilles qui sont enfer-
mées dans votre loi. Sap. 6. 8. Deut. 32. 42.
Voy. A, ou Ab. 2' Pour l'accusatif. Ps. 93.
12. Beatus homo quem tu erudieris, Domine,
et de Lege tua docueris eum; i. e. Legem tuam:
Heureux est l'homme à qui vous avez en-
seigné votre loi. 1, Joan. 1. 1. De verbo vitœ;
i. e. quod fuit ab initio verbum vitœ : La pa-
role qui était dès le commencement. Act. 2.
17. 3° Pour le seul ablatif. Isa. 33. 4. Velut
eum fossœ plenœ fuerint de eo (supl. brucho) :
comme on remplit des fosses de hannetons.
2. Mach. 15. 17.
Cette préposition est souvent mise pour d'autres pré-
positions.
1" Pour a,ab, e, ex. Ps. 118. 110. De man^
datis luis non erravi : Je ne me suis point
écarté de vos commandements. Prov. 23. 14.
Animam ejus de inferno liberabis : En frap-
pant votre enfant avec la verge, vous déli-
vrerez son âme de l'enfer. Eccli. 24. 41.
Sicut aquœductus exivi de paradiso : La sa-
gesse est sortie du ciel comme le canal qui
conduit ses eaux. A quoi se rapporte, 2.
Mach. 18. 22. Congregabit de sub cœlo in
locum sanctum : Nous espérons que Dieu
nous rassemblera dans son saint lieu de tous
les pays qui sont sous le ciel. 1. Thcss. 2. 3.
Exhortatio noslra non de errore ; i. e. non
ex fallacia: Nous ne vous avons point prêché
une doctrine d'erreur. Ps. 113. 1.
2' Pour propler, à cause. Ps. 58. 13. De
execratione et mendacio annuntiabuntur :
L'on publiera contre les orgueilleux l'exé-
cration et le mensonge dont ils sont coupa-
bles ; i. e. ils seront diffamés à cause de
leurs blasphèmes et do leurs mensonges.
Deut. 32. 42. Gladius meus devorabit carnes
de cruore occisorum et de caplivilate {ktto) ;
i. e. pr opter sanguinem Israelitarum occiso-
rum et propter caplivitalem eorum : A cause
du sang répandu des Israélites, et de la cap-
tivité où leurs ennemis les ont réduits.
3" Pour pro, pour, en faveur (tte/jî). Ps. 71.
15. Adorabunl de ipso semper : On priera
sans cesse pour lui. Joan. 1(). 26. Non dico
vobis quia ego rogabo palrcm de vobis : Je no
vous dis point (jue je prierai mon Père pour
vous ; car il vous aime. Eccli. 36. 19. c. 28.
4. c. 21. l. La raison de (elle signification
est que itepi signifie aussi bien pour, comme
de.
4° Pour contra, contre Ps. 42. 1. Discerna
causaux meam de génie non sancta : Faites lo
discernement de ma cause en me dcfendanj
contre une nation qui n'est pas sainte. Ezech.
25. 2. c. 29. 2. c. 34. 2. c. 38. 2. 1. Esdr,
4. 8
1039
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
i040
5° Pour ciim, avec. Eccli. 22. 2. De stercore
honm lapidatus est piger : Le paresseux est
lapidé avec la fienie des bœufs. Apoc. 8. v.
3. k. Ut darel de orationibus sanctorum om-
nium : On donna à cot ange une grande
quantité de parfums, afin qu'il en offrît avec
les prières de tous les saints ; on sous-entend
(7ÙV, cum.
& Pour post, après. Isa. 53. 8. De angustia
et de jlldicio SublatUS est (iv zn ru-neL-jûryît v y.piai;
oÙToO ïîùOri) : Il a été mis à morl, ou en croix après
ses souffrances et sa condamnation : Le Pro-
phète parle du Messie, de Jésus-Christ.
7° Pour in, dans, pour marquer le lieu,
ou l'état où on est. Ps. 117. 5. De tribulalione
invocaci Dominum : J'ai invoqué le Seigneur
du milieu de l'affliclion qui me tenait comme
resserré. Marc. 15. 46. Quod erat excisum de
pelra : Le sépulcre de Jésus-Christ était
taillé dans le roc. Sap. 19. 7. Campus germi-
nnns de profundo nimis : Un champ couvert
d'herbes parut au plus profond des abîmes
des eaux. Et quelquefois avec mouvement.
Deut. 33. 2. De Sinat venit ; i. e. in Sinaï ; et
marque aussi le lieu de la demeure. Ps. 148.
1. Laudate Dominum de cœlis ; i. e. qui estis
in cœlis : Louez le Seigneur, ô vous qui êtes
dans les cieux. v. 7. De terra : et vous, qui
êtes sur la terre. Ps. 71. 10. Florebunt de
civitate ; i. e. cives : Les habitants de la
ville. Ainsi, 117. 15. Benediximus vobis de
domo Domini : Nous vous bénissons, vous
qui êtes de la maison du Seigneur.
8° Pour per, par. Ps. 118. 29. De Lege tua
miserere mei ; Gr. tw vôuw. Ayez pitié de moi
en me faisant marcher par voire loi. Prov.
12. 14. c. 13. 2. De fruclu oris sui lœtabitur
bonis : L'homme sera rassasié de biens par
les fruits de sa bouche. Isa. 53. 8. De angustia
et judicio siiblatus est ; i. e. per angustiam et
judicium : Il a été mis à mort, parce qu'il a
été affligé et jugé : Le a mem en Hébreu, se
met pour la préposition per.
9° Pour ce qui est, au sujet, en ce qui re-
garde. Ps. 61. 10. Ut decipiant ipsi de vani-
tate in idipsum : Si l'on mettait tous les
hommes ensemble dans une balance, et la
vanité ou le néant dans l'autre, on les trou-
vera plus légers que le néant même ; letir.
en sorte qu'ils trompent en ce qui regarde la
vanité. Voy. Decipere.
DEA, 0cà, de Deiis , du Grec Qzô? ,
Déesse, divinité des Païens {^SD.viJ.yK, abo-
minatio). 3. Rcg. 11. v. 5. 33. Colebat Saîo-
tnon Astarthen deum Sidoniorum : Salomon
adorait Aslarthe, déesse des Sidoniens. Act.
19. .37.
DEALBARE , Izv/.Kivziv , blanchir , faire
blanc (xovtâv). Mallh. 23. 27. Similes estis
seputcris dealbalis : Vous êtes semblables à
des sépulcres blanchis ; vous Scribes et Pha-
risiens. Act. 23. 3. Percutiet te Detis , paries
dealbate : Dieu vous frappera vous-même, ô
muraille blanchie, dii saint Paul à Ananie,
ne sachant pas qu'il fût grand prêtre, i. e.
hypocrite : Les murailles et les autres choses
qu'on blanchit par dehors n'en sont pas
meilleures, ni plus belles au dedans. Oa
croit que c'était une prophétie de ce qui ar-
riva bientôt après à ce souverain pontife,
qui, après avoir contribué à avancer la ruine
de son p^ays, par une faction puissante qu'il
y forma', fut tué lui-même par des Juifs
d'une autre faction , dont son propre fils
était chef. Josèphe l. 2. de la Guerre des Juifs.
1° Purger, purifier. Ps. 50. 9. Super nivem
dealbabor : Je deviendrai plus blanc que la
Heige, après que vous m'aurez lavé, ô mon
Dieu 1 Isa. 1. 18. Apoc. 7. 14. Dealbaverunt
stolas suas in sanguine Agni: Ceux-ci se sont
purifiés et sanctifiés par le sang et les mé-
rites de Jésus-Christ. Dan. 11. 35. c. 12. 10.
Eligenlur et dealbabuntur : Plusieurs seront
élus et seront purifiés par les afflictions.
2° Rendre heureux , combler de joie et de
prospérité. Ps. 67. 15. Nive dealbabuntur in
Selmon : Les habitants de la terre promise
deviendront blancs comme la neige qui est
sur la montagne de Selmon : La blancheur
marque la gloire, la prospérité et le bon-
heur. Nive dealbabuntur ; Hebr. et Gr. nive-
scent ; i. e. candescent ut nix, comme v. 34.
Probati sunt argento ; i. e. ut argenlum.
DEAMBULARE , izepiTzcursii) , marcher , se
promener (StaTropsyeaÔKij. Gen.24. ()2.Deambu-
labat Isaac per viam : Isaac se promenait
dans le chemin. Job. 38. 16. Numquid in no-
tissimis abyssi deambulasti ? Avez-vous péné-
tré les extrémités de l'abîme pour les con-
naître? Estli. 2. 11. etc.
DEAMBULACRUM. galerie (<TTÎ/,of) 3. Reg.
7. 2. Quatuor deambulacra inter columnas
cedrinas : Salomon fît faire quatre galeries
entre des colonnes de bois de cèdre ; il y en
avait deux entre les colonnes mêmes , et
deux entre les colonnes et la muraille.
DEAMBULATIO, nis, T^i^iTtu-oç, allée, ga-
lerie. Ezech. 42. 4. Ante gazophylacia deam-
bulalio : Devant les chambres du trésor il y
avait une allée de dix coudées de large.
DEARGENTATUS, Trsptïjpyy^wpsvoj, argenté,
couvert d'argent ou de couleur d'argent. Ps.
67. IV, Pcnnœ columbœ deargentalœ : Vous
serez comme des colombes dont les plumes
sont argentées : cette blancheur d'argent
marque la prospérité du peuple d'Israël.
Voy. Clerus.
DEAURARE, -/«T«;^pjaouv, xpvcjov'j, couvrir,
garnir d'or. Exod. 25. 11. Deaurabis entyi atiro
mundissimu : Vous couvrirez l'arche d'un or
très-pur dedans et dehors. Ps. 44. 10. In
veslitu draurato (Sii/puo-oî) : Qui a un habit
enrichi d'or ou tout dur. Apoc. 18. 16. etc.
DEBBASETH, heb. Melliflua. Un lieu près
de la mer dans la tribu de Zabulon. Jos.19.11.
DEBELAIM, heb. Palalhœ scu caricœ. Père
de Gomer, femme du prophète Osée. c. 1. 2.
DEBELLARE , Tro/sasrv, vaincre, surmon-
ter, défaire, se rendre maître. Isa. 63. 10. Et
ipse debellavit eos : L'ange les a lui-même
détruits (ceci peut avoir rapport à, Luc. 19.
27. l'entendant des Juifs), c. 7. 1. Non po~
tuerunt dcbellare eam : Rasin et Phacce ne pu
renl prendre Jérusalem. Jerem. 50. 14. elc
DliEELLATOK , is , 77o)>c|:>t£crT«î, vainquent
qui a remporté la victoire, gagné une ba-
taille; dans l'Ecriture :
Extcrminuleur, qui ruine , qui ravage,
iOH
DEB
DEB
iOi'i
Sap. 18. 13. Sermo tuus.., durus debcUnlor in
mediam exterminii terram prosilirit : L'ordre
de Dieu vint fonire sur celle terre dEgyple
destinée à la perdition, comme un extermi-
nateur impitoyable.
DKBERA, hch.Verbum, res. Ville de la tribu
éç Benjamin, dans la vallée d'Achor. Jos.
\6. 7.
DEBERE , o'j-iÀrr;, de la préposition de, et
du verbe hubere, quasi de alio hobere.
1° Devoir pour marquer ce qu'il faut et ce
qui est à propos. 1. Cor. 9. 10. De-bet ?n spe
gui arat arnre : Celui qui laboure doit labou-
rer avec espérance, c. 11. 10. Mallh. 3. IV.
Ego a te debeo baplizari {xpsim i'/jt-j) : C'est
moi qui dois être baptisé par vous, dit saint
Jean à Jésus-Ghrisl. Hebr. 2. 17. Levit. 11.
2. Hœc siint animalia quœ comedere debelis :
Ce sont ici les animaux dont il vous est per-
mis de mcinger.
2" Devoir, par obligation, être obligé ; soit
à faire quelque chose. Luc. 17. 10. Quod de-
buimus facere, fecimus : Nous sommes des
serviteurs inutiles, nous n'avons fait que ce
que nous étions obligés de faire : c'est ce que
doivent dire tous les fidèles après avoir ac-
compli tous les commandements de Dieu.
Rom. lo. V. 1. 27. Ephes. o. 28. Viri debent
dilifjere uxores suas : Les maris doivent aimer
liMirs femmes , etc. Sait à payer ce que l'on
doit. Matlh. 18. v. 2i. 28. Redde quod debes :
Rends - moi ce que tu me dois. Joan. 19.
7. etc.
DEBILIS. is, E. De la même préposition de,
et (Vhabilis, qui n'est pas bien dispos.
1' Faible, languissant, malade o'.£ï.Oyoy.£vo?).
Malach. 1. li. Maledictus dolosus, qui mascu-
luni immolât débile Domino : Malheur à
l'homme trompeur, qui ayant dans son trou-
peau une béte saine, en sacrifie au Seigneur
une malade.
2° Manchot, estropié ( y^yxô; ). Mallh. 15.
30. c. 18. 8. Bonum tibi est ad vitam ingredi
debilem... quom duas mamis habcntem tnidi in
ignem œternum : Il vaut bien mieux pour
vous que vous entriez dans la vie n'ayant
«lu'un pied ou qu'une main, que d'en avoir
deux , et d être précipité dans le feu éternel.
— Oui n'a point de courage , qui a l'esprit
abattu {TTvç,(/lil-jui-jo;). Isa. 35. 3. Genua de-
bilia roborale : Soutenez les genoux trem-
blants. Eccli. 2o. 32.
DEBILITARE, ^v-jzpi^-cj. l'Affaiblir, rendre
languissant. 2. Esdi*. i. 10. Debilitnla est for-
titudo porlantis ■ Ceux qui sont occupés à
porter sont fatigués.
2" Blesser, estropier, tuer ( àv/rEi'^ctv ). 2.
Mach. 12. 22. Jla ut gladiorum suonim icti-
bus debililarentur : Les gens de Timolhée
étaient percés plutôt par leurs propres épées
que par celles des troupes de Judas. Exod.
22. V. 10. n. Judith, l ). '^. Dcbilitabnnt om-
nés quos invenire pnluisscnt : Les Juifs tuaient
ou blessaient lous ceux de larméc d Holo-
pherne qu'ils pouvaient rencontrer.
DEBITOK, is, o'^îùizm. 1" Un débitenrqui
doit , soit en parlant d'une dette, soil par
devoir ou reconnaissance. Isa. oH. 3. Omnes
debitores vestros rrpctitis : Vous redemandez
tout ce qu'on vous doit. Rom. 1. li. Sapien-
tibits et insipicntibus debilor sum : Saint Paul
témoigne qu'il se sent obligé, en conséquence
de sa vocation, à prêcher l'Evangile à toute
sorte de peuples de quelque nation et condi-
tion qu'ils soient. Voy. Barbarus. Rom. 15.
27. Debilores sunt eorum : Saint Paul prouve
ici comment les Eglises de Macédoine, comme
toutes les autres des Gentils convertis, sont
redevables aux Eglises de Jérusalem. Rom.
8. 12.
2° Pécheur, qui s'est engagé à quelque
peine par ses péchés. Luc. 13. \. Putatis quia
et ipsi debitores fuerint prœter omnes? etc.
Croyez-vous que ces dix-huit hommes sur
lesquels la tour de Siloé est tombée... fussent
plus redevables à la justice de Dieu que tous
les habitants de Jérusalem? Le v. 2. porte
Peccatores. Mallh. 6. 12. Sicut et nos dimitti-
mus debitoribns nostris : Remettez-nous nos
dettes, comme nous les remettons à ceux qui
nous doivent : Les Syriens appelaient dette
un péché , et débiteur un pécheur. Hebr.
Chajab. Sgr. Chojebim, Debitores.
DEBITÙM , ôon).r;ux. Dette, ce qui est dû ,
soit par obligation , soil par charité. Mallh.
18. 27. Debitum dimisit ci foiv^tov : Le maî-
tre du serviteur lui remit sa dette, v. 30. 32.
Si. Voy. à quelles conditions, v. 32. 33. Prov.
22. 26. Eccli. 4. 8. Redde debilum tuum : Ac-
quittez-vous de ce que vous devez ; se. de
l'aumône et de l'affabilité envers les pauvres.
Rom. 13. 7. 1. Mach. 15. 8.
1^ Péché, offense. Mallh. 6. 12, Dimitte no-
bis débita nostra : Remettez-nous nos dettes.
Voy. Luc. 11. i. peccata nostra; ce qui vient
de l'idiome Syriaque : d'ailleurs celui qui
pèche doit à Dieu la peine et la satisfaction
au péché.
2" Devoir du mariage. 1. Cor. 7.3. Uxori vir
debitum (xrrj oysàriv, al. ijrfiù.riiihri-j vj-joiol-j) red-
dut, similiter anlemet uxorviro :Qae le mari
rende à sa femme ce qu'il lui doit, et la femme
à son mari.
3° Dépôt, chose confiée /sÉor). Sap. 15. 8.
Bepelilus animœ debitum quam hnbebat : On
redemandera au potier qui fail des idoles ,
l'âme (juil avait reçue en dépôt.
DEBLATHA , H»'b. Palatha ou DEBLA-
THAIM, Pnlalhœ. Ville de la tribu de Ruben,
dans un désert du pays des Moabiles. Jer.
W. 22. Quelques-uns croient que c'est plu-
tôt Rtbiatha : le Daleth et le Resrh se pren-
nent aisément l'un pour l'autre. Ezech. 0. 14..
Fnciam terrnm desolatam a deserlo Deblatha :
Je rendrai la terre désolée, depuis le désert
de Deblalha; Hebr. et Gr. depuis le désert
jusqu'à Dtbialha. Quelques-uns expliquent
cela comme s'il y avait : Je rendrai la terre
aussi désolée cl abandonnée qu'est le désert
de Deblalha; et ils entendent parce désert,
celui dont Moïse fait menlion. Deut. 8. 25.
DEBORA, Heb. Apis ou Verbum. Nourrice
de Rcbecca. (ien. 35. 8. Debora nittrix Re~
beccœ.
DEBHORA, Heb. le même. Debbora femme
de Lapidolh, prophélesse et juge d'Israël, qui
défit Sisara. Judic. V. \. Erat autem Debbora
prophetissa. v. 9. 10. \\. etc. Elle chaula un
1045
DICTIO.NNAIRE DF PHILOLOGIE SACREE.
1044
excellent cantique en aclion de grâces. Ju-
die. 5. et mourut l'an 2721.
DECACHORDUM,o£zàx°i'^°-^» de Biy.u, decem
et de z^f'h, chorda.
Instrument à dix cordes , que l'on croit
être le même que le psalterion qui avait aussi
dix cordes, comme il paraît par le Ps. 32. 2.
Jn psalterio decem chordarum psallite illi :
Chantez la louange du Seigneur sur l'instru-
ment à dix cordes ; et dans les autres en-
droits, Ps. 91. 4. Jn decachordo psalterio :
Chantez sur l'instrument à dix cordes. Ps.
143. 9. In psalterio decachordo , quoiqu'il y
ait, Ps. 91. 4. dans l'Hébreu, In decachordo
et psalterio; mais ce vau, qui signiûe et, peut
signifier id est.
DECALVARE, Çu^âv. 1° Rendre chauve.
Isa. 3. 17. Decalvohit (T«7rctvo-:v) Dominus ver-
ticem filiorum Sio7i : Dieu menace de rendre
les filles de Jérusalem chauves , Ilebr. cou-
vrir de gale , parce qu'elles se plaisaient à
leur chevelure. 1. Par. 19. 4.
2° Rfser. 1. Cor. 11 5. Unum est ac si de-
calvetur :
La femme doit porter un voile qui est la
marque de sa soumission à son mari ; car de
paraître dévoilée ou rasée, c'est la même
chose. 2. Esdr. 13. 25. G^r. ^ao^poùv.
3° Arracher les cheveux , mettre dans le
deuil et lafQiction. Mich. 1. 16. Decalvare et
tondere super fili os deliciarum tuarum : Arra-
chez-vous les cheveux, et coupez-les entiè-
rement pour pleurer vos enfants qui étaient
toutes vos délices. Gomme la loi défendait de
s'arracher les cheveux à la mort de leurs
proches , le Prophète veut seulement mar-
quer par ces paroles que leur douleur sera si
excessive, qu'ils ne pourront trouver de mar-
ques de deuil assez vives pour en exprimer
la violence. Ezech. 29. 18. Oinne caput decal-
vatum ( ya),âx/swptK , calvitium ) : Toutes les
léles des soldats de Nabuchodonosor ont
perdu les cheveux au siège deTyr; i. e. y
ont beaucoup souffert par les coups qu'ils
ont reçus sur la tête.
DECANTARE , ûpc-îv. Chanter, célébrer la
louange de quelqu'un. Isa. 54.1. Décanta lau-
dem (f/V/yvÛEiv, erumpere) : Chantez des canti-
ques de louange.Dput.31.19.Sap.l0.20.c.l8.
0, Tzpoa\i(xuil-ziM, prœcinere.
DECANUS, Sey.àoctpxoç, dérivé de decem.
Qui commande à dix hommes. Exod. 18.
21. Constitue ex eis quinquagenarios, et deçà-
nos : Donnez la charge aux uns de comman-
der mille hommes, aux autres cent, aux au-
tres cinquante et aux autres dix : c'est ce
que conseille Jéthro à Moïse. Deut. 1. 13.
DEGAPOLIS, Eos. De Bi/.cnfdecem, et de ttôIlç,
tirbs.
Il y avait dans la Palestine du temps di' Jé-
sus-Christ, un canton qu'on appelait Deçà-
pôle, ainsi nommé du nom des principales
villes qui le composaient. On le met ordinai-
rement aux environs du lac de iTibériade à
droite et à gauche ; mais il y a des auteurs
qui pensent que ces dix villes étaient toutes
au delà de ce lac. On convient qu'elles étaient
habitées par des Gentils, quoiqu'on ne s'ac-
corde pas sur les villes qui formaient ce can-
ton. Matth. 4. 25. Secutœ sunt eum turbœ de
Galilœa et Decapoli : Une grande multitude
de peuple suivit Jésus-Christ de Galilée et de
Décapolis. c. 7. 31. Marc. o. 20.
DECEDERE. S'en aller, partir de quelque
lieu {ixzzuTaccxtsu : dans l'Ecr., mourir; l'E-
criture ajoute l'ablatif viia 2. Mach. 6. 31.
Hoc modo vita decessit : Eléazar mourut en
disant ces paroles.
DECEM, oéxx. — 1° Dix, considéré comme
nombre fixe et parfait. Gen. 18. 32. Non de-
lebo pr opter decem : Je ne perdrai point So-
dome , s'il y a dans cette ville dix justes, ré-
pond Dieu à Abraham. Deut. 4. 13. Ostendit
vobis decem verba quœ scripsit in duabus ta-
bulis lapideis : Moïse fait souvenir les Israé-
lites que le Seigneur leur fit entendre les dix
Commandements qu'il écrivit sur les deux
tables de pierre, c. 10. 4. Sap. 7. 4. Voy.
FlGURARE.
2" Dix, considéré comme nombre indéfini ;
soit pour marquer un petit nombre comparé
à un plus grand. Amos. 5. 3. Le qua eqredie-
bantur centum, relinquentur in ea decem in
domo Israël : S'il se trouvait cent hommes
dans la maison d'Israël, il n'y en restera plus
que dix. Agg. 2. 17. Ponite corda vestra cum
accederetis ad acervum viginti modiorum, et
fièrent decem : Rappelez dans votre esprit le
temps auquel vous veniez à un tas de blé ,
vingt boisseaux se réduisaient à dix ; se.
avant la construction du temple ; soit pour
marquer un grand nombre, ou plusieurs fois
et souvent, parce que le nombre de dix est
l'accomplissement de tous les nombres , et
que toutes les unités s'y réduisent. Levit. 26.
26. lia ut decem mulieres in uno clibano co-
quant panes : La disette sera si grande qu'un
four suffira à plusieurs familles. Num. 14.
22. Tentaverunt me jam pcr decem vices : Ceux
qui m'ont déjà tenté plusieurs fois différen-
tes; se. dans le désert, ne verront et n'entre-
ront point dans la terre promise. 2. Esdr. 4.
12. Gen. 31. 41. Immutasii quoque mercedem
meam decem vicibus, y. 7. vous avez changé
par dix fois; /. e. plusieurs fois, ce que j;
devais avoir pour récompense. Voy. Ecoii.
7. 23. 1. Reg. 1. 8. Isa. 5. 10. Zach. 8. 23.
Matth. 25. 1. A quoi se rapporte:
Decem millia^ f^-ypioi. — 1" Dix mille, nom-
bre fini. Matth. 18. 24. Oblatus est ci tinus ^
qui debebat ei decem milliu talenla : On lui
présenta un de ses serviteurs qui lui devait
dix mille talents ; plus de (luarante millions
de livres de notre monnaie. Esth. 5. 11.
2" Pour marquer un grand nombre re-
gardé comme infini (piu^siot). Ps.r)7.18. Currus
Deideccm millibus multiplex : Le char de Dieu
est environné de plus de dix mille; Hebr.
bis decem millia ; \. c. innumerabilis tnulti-
tudo. V. CuuRus Multiplex.
DECERE, TToi-nv. Du verbe Grec sœu , qui
est le même que decet.
Elre juste, bienséant, convenable, uvtxféperj.
Prov. 19.10. Non décent stutlum deliciœ .
Les délices siéent mal à l'insensé. Les plai-
sirs ne lui sont pas dus; mais plutôt les pei-
nes et les châtiments; mais ils conviennent
aux sages à qui ils sont nécessaires pour dé-.
104"
DEC
DEC
1046
lasser leurs esprits, après les fatigues des oc-
cupations sérieuses auxquelles ils se sont
appliqués. Ps. 32. 1. Rectos decet collauda-
tio : C'est à ceux qui ont le cœur droil qu'il
appartient de donner des louanges à Dieu.
Ps. fii. 2. Ps. 92. o. Ephes. o. 3. etc.
DEGERNERE. 1° Juger, ordonner [ypà.rf-u-j).
Prov. 8. lo. Per me lerjum conditores justa dt-
cernunf : C'est par la sagesse que les légis-
lateurs ordonnent ce qui est juste. V. 16. c.
31. 9. 1. Esdr. 6. o.Cyrus rex decrevil (rtOivat
yAiurrj , ponere sententiam) : Le roi Cyrus a
ordonné, se. que le temple de Jérusalem fût
rebâti. Voy. v. 12. Ainsi, prononcer, décla-
rer et décider. Levit. 13. 17. Mundiim esse
decernet ( zKÔx^tiÇuv ) ; Le prêtre déclarera
qu'il est pur, se. de la lèpre.
2' Ordonner , résoudre, former un des-
sein. Eslh. 13. 9. Si decreveris salvare Is-
rael : Si vous avez résolu de sauver Israël,
nul ne peut résister à voire volonté, dit Ju-
dith à Dieu. Job. 22. 28. Décernes rem, et vé-
niel tibi : Si vous retournez à Dieu, vous for-
merez des desseins, et ils vous réussiront. 1.
Mach. G. 23. Ainsi, Act. i. 28, Quem unxisti
facere quœ manus tua et consilium tuum de-
creverunt fieri (Tr/joojctÇ^iv) ; Vous avez con-
sacré votre Fils Jésus-Christ pour faire tout
cequevotrepuissanceetvolre conseil avaient
ordonné devoir être fait.
3' Destiner à quelque chose, l'appliqueret
la consacrer par quelque cérémonie (StafrrsÀ-
ïti-j). Jos. 20. 7. Decreveruntque Cèdes in Ga-
lilœa : Ils ordonnèrent pour ces villes de re-
fuge Cédés en Galilée sur la montagne de
Nephtali ; Hebr. Kiddesch, sanctificare, seu
conseernre. D'où vient Vies decreli: Les fê-
tes instituées. l.Mac. 10. 3i. Les fêtes d'une
institution particulière, qui n'étaient point
de l'ordonnance de la loi.
i° Donner des préceptes, imposer des lois
( âoy/xKTtÇew ). Coloss. 2. 20. Quid adituc tam-
(juam viventes in mundo decernitis ? Com-
ment recevez- vous ces premières et plus
grossières instructions du monde? se. si
vous êtes morts à Jésus Christ ; Gr. Quid
adhuc deereiis tenemini? Pourquoi vous lais-
sez-vous imposer ces sort» s de lois?
DECERPERE. Tirer, prendre quelque par-
tie. Baruch. 6. 27. Mulieres eorum decer pen-
tes : Les femmes des prêtres idolâtres profi-
lant des viclinies offertes aux idoles , en
avaient souvent plus qu'elles n'en pouvaient
manger. Et, selon le Grec, elles les salaient
pour les vendre sans en donner aux pau-
vres, T'y.fiiyîvoJ'jUi.
DECliRTARE. Combattre, entrer en com-
bat pour la défense de quel(}u'un. Joan. 18.
3G, Minisiri nui ulique decertarent : Si mon
royaume était de ce monde, mes gens au-
raient combattu, dit Jésus-Christ.
DECIDERE , ÙTTo-iTzzîi-j, TzinxcLv. Tomber,
choir. Levit. 19. 10. IS'eque in vinea tua ra-
ccmos et grana decidentia conqreqabis : Vous
ne rerueilleroz point dans vos vignes les
grappes qui restent ou les grains (jui tom-
bent. Ad, 2.i. 7. c. 26. IV. Sap. 7. 8. 1. Pelr.
1. 2V. Judith, li. '*. Ainsi, Jac. 5. 12. Utnon
sub judicio decidalis, pour in judicium : Con-
tentez-vous de dire : cela est, ou cela n'est
pas, afin que vous ne soyez point condam-
nés.
1° Tomber, périr, mourir. Ps. .36. 2. Tam-
quam olera herbarum cito décident .-Ceux qui
commettent l'iniquité se faneront aussi vite
que les herbes et les légumes. Ps. 89. 6. Fe-
spere décidât : L'homme ressemble à l'herbe
cpii tombe et se sèche; Hebr. il est coupé,
se. par la mort. Sap. 4. 19.
2^ Tomber dans la disette, devenir pau-
vre. Eccli. 19. 1. .Qui spernit modica, paula-
tim decidet : L'ouvrier qui néglige les petits
gains qu'il pourrait faire, tombera peu à peu
dans une grande indigence. Ce passage, pris
dans un sens plus général, se peut appliquer
à ceux qui, négligeant d'éviter de petites
fautes, tombent dans de grands désordres.
Voy. Luc. 16. 10.
3 Déchoir, être frustré. Ps. 5. 11. Déci-
dant a coyilationibus suis : Faites déchoir
mes ennemis de leurs pensées et de leurs
prétentions, et que leurs desseins soient sans
effet.
i° Succomber, être vaincu. Ps. 7. 5. Deei-
dam merito ab inimicis meis inanis : Je con-
sens de succomber sous mes ennemis, si j'ai
rendu mal pour mal.
Façons de parler.
Decidere in leclum. Tomber malade, tom-
ber dans la langueur. 1. Mach. 6. 8. Decidit
î'/i /ecfum.- Anliochus tomba dans la langueur,
c. 1. 6.
DECIES. De decem.
1° Dix fois ; soit pour marquer un nombre
fini et déterminé. 2. Par. ik. 9. Egressus est
contra eos Zara Mlhiops eum exercitu suo
deeies centena 7niUia; Gr. h yjliy.t; yjh.ûm, Zara.
roi d'Ethiopie vint attaquer Asa et ses ar-
mées, avec une armée d'un million d'hom-
mes ; dix fois cent mille. Soit en parlant
d'un nombre infini ou indéfini. Dan. 7. 10.
Deeies millies centena millia assislebant ci:
Mille millions assistaient devant l'ancien des
jours, i. e. devant celui qui est avant tout.
Bar. i. 28. Sic ut fuit sensus rester ut erraretis
a Deo ; deeies tantum itcrum çonverlentes re-
quirelis cum (§£za77),«7t«Ç-:iv, deeies tantum fa-
cere ^ : Voire esprit vous a portés à vous
égarer en vous détournant de Dieu; mais en
retournant à lui de nouveau, vous vous por-
terez avec dix fois plus d'ardeur à le recher-
cher. On entend ceci ou d'un précepte que
Dieu donnait à son peuple de faire paraître
datis leur conversion dix fois plus d'ardeur
qu'ils n'en avaient témoigné dans leur éga-
rement ; ou plutôt d'une prédiction de ce
qui devait arriver par rapport aux Juifs qui
se convertirent à la mort de Jésus-Christ, ei
qui par leur ferveur ont servi d'un excellent
modèle aux chrétiens de tous les siècles.
DECIMA, JE, oî/ÙTï), eVtSixKTov ; de decem
Les décimes ou les dîmes.
Tous les peuples, même les nations bar-
bares, par une équité naturelle, ont donné à
leurs rois la dixième partie do leurs biens,
comme il parait par l'histoire de Melchisé-
dech, Gen. \k. 29. et par le discours que fait
1047
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
)048
Samuel au peuple, 1. Refj. 8. v. 15. 17. Voy.
Addecimahe. La loi que Dieu on a faite n'a
point dû paraître onéreuse aux Hébreux.
Dans l'Ecriture :
Les décimes ou les dîmes étaient la dixième
partie des fruits et du bétail que l'on offrait
aDieu. Gen. 28. 22. Cunctorum qnœ dederis
mihi, décimas offeram tibi. Malach. 3. v. 8.
10. In quo configimus te ? in decimis, et inpri'
7niliis : En quoi, dites-vous, vous avons-
nous outragé? en ne payant pas les dîmes et
les prémices qui me sonl dues. Jnferte omnem
decimam in horreiim ? Apportez toutes mes
dîmes dans mes greniers; et probate si non
aperuero vobis cataractas cœli : et considé-
rez si je ne vous ouvrirai pas toutes les
sources du ciel. La disette et la famine vien-
nent, selon le sens de ce passage, de ce que
l'on ne pnie pas les dîmes. ( Voy. Masium,
in Jos. c. 1.3. li.( Abraham et les autres les
ont offertes dans la loi naturelle, comme on
le voit, Gen. li. 19. etc. 1. Reg. 15. 17. mais
elles ont été commandées dans la loi écrite.
Il y en avait de quatre sortes.
1" Les dîmes qac le peuple donnait aux
lévites. Num. 18. '21. Filiis Levi dedi omnes
décimas Jsraelis in possessionem : Pour ce qui
regarde les enfants de Lévi, je leur ai donné
on possession toutes les dîmes d'Israël. 2.
Esdr. 10, 37. c. 13. 12. Hebr. 7. 5. tant à
cause de leur ministère qu'à cause qu'ils n'a-
vaient point d'autres possessions.
2* Les décimes que les lévites donnaient
aux prêtres ; car les lévites leur donnaient la
dixième partie de celles qu'ils recevaient du
peuple. Num. 18. 26. Primitias eorum offerte
Domino; i. e. decimam partent decimœ : Of-
frez au Seigneur les prémices des dîmes que
vous aurez reçues d'Israël ; i. c. la dixième
partie de la dîme. 2. Esdr. 10. 38.
3° Les dîmes que chacun du peuple sépa-
rait tous les ans, et réservait dans ses gre-
niers pour faire un festin dans te temple
avec les prêtres et les lévites, les orphelins
et les veuves. Deut. li. 22. Decimam pnrtem
separabis de cunctis fructibus tuis, ei comedcs
in conspectu Domini Dei lui : Vous mettrez
à part chaque année le dixième de tous vos
fruits, et vous mangerez en la présence du
Seigneur votre Dieu dans le lieu qu'il aura
choisi, afin que son nom y soit invoqué, c.
12. V. 11. 12. 17. Comme toutes ces choses
appartenaient au Seigneur, ils ne pouvaient
en fuanger que ce qu'on leur en donnait près
du tabernacle où ces choses mêmes étaient
offertes. Theod. qu. 10.
k" Les dîmes qui se gardaient tous les trois
ans pour la subsistance des pauvres, des
veuves et des orphelins et des lévites. Deut.
14. 28. Anno tertio separabis aliam decimam
ex omnibus qnœ nascuntur tibi : De trois ans
en trois ans, vous séparerez encore une au-
tre dime de lous les bi.'Mis (jui vous seront
venus en ce temps-là (Voy. v. 29.). c. 2G.12.
5" Les décimes,, depuis lo retour de la cap-
tivité, se portaient au trésor dans le temple.
2. Esdr. 10. V. 37. 38. Il semble que ce soit
de ces dîmes que Judith entend parler, c.
11.12.
DECIMARE. En terme de guerre, déci-
mer ; c'est lorsque dans un régiment ou dans
une compagnie qui a commis quelque faute,
on prend de dix soldats un pour le punir;
dans l'Ecriture :
1° Payer la dîme, ou la dixième parti? de '
tout ce qu' on recueille (àTToSEzaroûv), Luc. '
11. 41. Quin decimatis mentham et rutam, et
omne oins : Malheur à vous, pharisiens, qui
payez la dîme de la menthe, de la rue et de
toutes les herbes, et qui négligez la justice.
Les pharisiens, pour paraître plus religieux,
payaient la dîme des moindres choses qui
n'élaientpoint commandées parla loi.Matth.
23. 23.
2* Exiger, faire payer la dîme (5«x«toûv).
Hebr. 7. 9. Per Abraham et Levi, qui décimas
accepit, decimatus est : La tribu de Lévi qui
recevait la dîme des autres, l'a payée elle-
même en la personne d'Abraham, qui était
son premier aïeul, qui la paya à Melchisé-
dech. Gen. IV. 19.
DECIMATIO, Nis, ÈrtSÉxaTov. — 1" Décima-
lion, quand de dix on en prend un, ou, il
n'en reste qu'un. Isa. 6. 13. Adhuc in ea de-
cimatio : Dieu la décimera encore; i. e. de
dix hommes, à peine lui en reslera-t-il un.
Le prophète marque quelque grande défaite
des Israélites.
2" Dîme, ou dixième partie des fruits (oc-
-/ir/i). Toi). 1. 7. Ita ut in tertio anno prose-
lytis et advenis minisiraret omnem decima-
tionem : ha. troisième année, Tobie dislri-
buait aux prosélytes et aux étrangers toute
sa dîme. Voy. ci-dessus Decimœ h-".
DECIMUS, a,um; Ss/aro,-.— Dixième, nom-
bre certain. Exod. 16. 36, Gomor décima
pars est ephi : Le gomor est la dixième par-
tie de réphi ; et souvent le substantif pars
est sous-entendu. Levil. li, 10. Assumet 1res
décimas similœ in sacrificium : H prendra
trois dîmes de fleur do farine, Num. 28. 13,
Offerelis decimam decimœ sijnilœ : Vous of-
frirez la dixième partie d'un dixième de fleur
de farine, qui est la dixième partie dune
autre mesure nommée corus; Heb. decimam,
decimam. i. c, singulas décimas, V, Levil.
23. 13. 17. etc. Voy. Gomor,
DEGIPERE, du verbe capere, «tt'/tkv, ~/k- .
•JCf-J.
1" Tromper; soit qu'il signifie séduire,
abuser. Gen, 3, 33. Serpens decepit me: Le
serpent ma trompée , répond Eve à Dieu.
Isa. 3. 12. Qui te bralam dicunt, ipsi te deci-
piunt : Ceux qui vous disent bienheureux,
ô mon peuple, vous séduisent, Job. 12. 16.
Ps. 14. 4, Ainsi, Eccli. 13. 26. Dicili deceplo
i'j'Y'yleiç, evro,-) multi recuperatores: Lorsque le
pauvre commence à tomber, ses amis même
contribuent à sa chute; si le riche au con-
traire a été trompé, plusieurs l'assistent.
Soit qu'il signifie jeter dans l'erreur par de
faux raisonnements. Coloss. 2. 8. Videte ne
quis vos decipiat per philosophiam et inanem
fallaciam ( c-v^xyoyîtv, deprœdari ) : Prenez
garde que personne ne vous trompe par
la philosophie cl par de faux et de vains rai-
sonnements. V. 4. Prov. 5. 23. 7^ multitu-
dine slultiliœ suœ decij)ietitr : Il sera trompé
I04r)
dî:c
DEC
W60
par l'excès de sa folie. Il s'était imaginé, ou
qu'il pouvait cacher ses crimes aux yeux de
Dieu, ou qu'il ne les punirait point avec la
rigueur prédite par la loi et les prophètes.
Prov. 12. 26. Iter impiorum decipiet eos : La
voie des méchants les séduira. Ceux qui ne
songent qu'à leurs propres intérêts, seront
trompés lorsque, tombant dans le besoin, il
n'y aura personne qui les secoure.
2° Laisser tromper, permettre qu'on soit
séduit. Ezech. 12. 9. Ego Dominus decepi pro-
phetam illum : Dieu permet que les prophè-
tes intéressés se trompent et séduisent les
autres, pour punir l'hypocrisie de ceux qui
ne s'adressent pas à lui avec sincérilé. Job.
12. 2i. Decepit eos qui frustra incedunt per
invium : Dieu ne peut tromper personne;
mais il permet que ceux qui s'éloignent de
sa lumière et de sa vérité tombent dans l'é-
garemenl.
3"Tromper.étre en effet tout autre que l'on
ne nous croit (àJt/ïtv). Ps.Oi.lO. Mendaces in
s(ateris,ut decipi'int {-.oît Uoiy.'niy.i} ipsidc vani-
tate in idipsum id est quoad vnnitalem : Si l'on
metlait tous les hommes ensemble dans une
balance, et la vanité ou le néantdans l'autre,
on les trouvera plus légers que le néant
même ; c'est le sens de IHébreu.
k" Tromper, faire tort (àSt/sîv , offîcere in-
juria). 2. Mach. 3. 12. Decipi vero eos qui
credidissent loco et templo quod per univer-
suin mundum honoratur, omnino impossibile
esse • Onias représenta à Heliodore qu'on ne
pouvait, sans injustice, ravir le bien de ceux
(|ui l'avaient mis en dépôt dans un temple
qui était en vénération à toute la terre.
DECEPÏIO , Nis , Ù7TÛ7n. — 1° Tromperie .
illusion, fourbe. Marc. V. 19. Mrumnœ sccuH
et deceprio divitiurum suffocant verbum : Les
sollicitudes de ce siècle , et l'illusion des ri-
chesses étouffent la parole de Dieu dans les
esprits, se. sans rapporter aucun fruit. Sap.
IV. 21. Dan. 2. 9. Mich. 1. li. 2. Petr. 3.3.
— 2'Crimeénormo,lel que la trahison «O^ai/:),
1. Mach. 16. 17. Fecit deceptionem ma-
gnam in Israël : Ptoléméc commit , dans Is-
raël, une grande perfidie , se. en luant Si-
mon , ses deux fils , et quebiues-uns de ses
serviteurs, après leur avoir fait un grand
festin.
DECIPULA , JE , 7T«vJ;, 5o,'. Piège , trébu-
cbet , lacet , Jer. o. 27. Sicul decipula plena
avibus , sic domus eorum plenœ dolo : Les
maisons de quelques impies, qui sont parmi
mon peuple , sont pleines des fruits de leurs
tromperies , comme un trébuchct est plein
des oiseaux qu'on y a pris. Job. 18. 10.
DEGLA , Heb. Comminulio ejus. Fils de
Jcctan. Gon. 10. 27. 1. Par. 1, 21. Il s'est
é'abli dans l'Arabie-Hcureuse , près de la
mer Rouge, au pays que l'on appelle des
Minions. Celle contrée est feriile en pal-
miers, ce qui semble lui avoir donné ce nom;
car Dicla , eu syriaque , signifie uu palmier,
ou un lieu plnnlé de palmiers. Jiucli. L 2. c
23.
DECLARAHE , ô/j/oOv. De clams.
Déclarer, montrer, faiie connaître. 1 Cor.
3. 13. Dics Domini dcclnrabit : Le jour du
Seigneur déclarera quel est l'ouvrage de
chacun. Hebr. 12. 27. 1. Mach. k. 20. etc.
DECLARATIO, ms , 5»j)«7i?. Déclaration ,
nianifeslalion, explication. Ps. 118. 130. Dé-
clara tio sermonum tuorum illuminât : L'ex-
plication de vos paroles éclaire les âmes.
DECLINARE, iy.yj.uzu. De l'ancien verbe
clino, dont il ne reste que les composés, qui
sont neutres et actifs.
1° Se détourner, se retirer. Num. 22. 33.
Nisi usina declinasset de via : Si l'ânesse ne
se fût retirée du chemin , je vous eusse tué ,
et elle serait demeurée en vie ; dit l'ange à
Balaam. Cant. 5. 6. At ille declinaverat : L'é-
poux s'en était déjà allé : Dieu retire quel-
quefois ses grâces , pour se faire chercher
avec plus d'empressement, c. 5. v. 20. 21).
Ps. 138. 19. Prov, li. 27. etc. Ainsi , fuir,
éviter. Prov. 16. 11 . Semita jiistorum déclinât
mala:Le sentier des justes s'écarte des maux.
A quoi se peut rapporter cet hébraïsme. 2.
Reg. 19. 3. Dcclinavit populus ingredi civila-
tem: Les troupes entrèrent dans la ville sans
bruit ; i. e. Declinando clam et furtim ingres'
sus est, un verbe pour un adverbe ; Gr. ou-/.-
lé--zro.
2° S'égarer, s'écarter du droit chemin , vi-
vre dansledéréglement(Tr«5ot7ro£ïv,re^e//are).
Ps. 13. 3. Omnes declinaverunt: Tousse sont
détournés de la vraie voie ; Hebr. rccesse-
runt ;sonl tombés dans la corruption: ce mot
se dit proprement du vin qui se passe. Rom.
3. 12. Ose. i. 16. Sicut vacca lasciviens de-
clinavit Israël : Israël s'est détourné du Sei-
gneur comme une génisse qui ne peut souf-
frir le joug ; auir. échappée. A quoi se peut
rapporter :
Declinare post ; x).îv£iv otitm. Se retirer du
parti de quelqu'un , pour prendre celui d'un
autre. 3. Reg. 2. 28. Quod Joab declinasset
post Adoninm, et post Salomonem non decli-
nasset, fugit ergo : Joab, qui avait suivi le
parti d'Acionias , et non c<lui de Salomon ,
s'enfuit dans !c tabernacle ; se. à la nouvelle
de l'exil d'Abiathar par Salomon. 1. Reg. 12.
21.
3° Se détourner, se retirer, s'éloigner. Ps.
138. 18. Si occideris, Deus, pccca tores, viri
sanguinum déclina te a me : Si vous tuez , ô
Dieu , les pécheurs , hommes de sang , éloi-
gnez-vous de moi. Le Prophète témoigne ,
que si Dieu considère les justes comme ses
amis , et menace de détrirc les impics , il ne
vetitavoir rien de commun avec ces derniers,
qui se révoltent contre Dieu même.
4° Détourner, faire pencher, baisser. Ps.
5V. k. Declinavcrunt in me iniquitates : Mes
ennemis m'ont chargé de crimes , et oui lait
tomber sur moi plusieurs ini(iuités , i. c. des
calomnies. Amos. 2. 7. Viam liumilium décli-
nant ; i. c. declinare faciunt : Ils obligent les
faibles à changer de mesures ; ils traversent
toutes leurs entreprises. Isa. 30. 10. Ose. o.
2. Luc.2V. ;i. Cum dedinarenl vultum in tcr^
ram ( /."/.ivîtv ) : Les femmes qui étaient ve-
nues au sépulcre , tenaient les yeux baissés
contre terre, se. de frayeur qu'elles eurent
des deux hommes qui parurent avec des ro-
bes brillantes. l*s. 16. 11. Oculos suos statue^
!03!
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
lOoîi
rnnt declinare in terram : Mes ennemis ont
résolu de tenir leurs yeux baissés vers la
Jcrro ; soit pour observer mes démarches et
me faire tomber; soit par dureté pour ne pas
voir ma misère. Dan. 9. 11. c. 13. 9.
5° Baisser, pencher, s'abaisser (x),tv£tv) ;
soit en parlant dû temps , du jour el de la
lumière. Luc. 9, 12. Bies cœperat declinare:
Le jour commençait à baisser. Jerem. 6. 4.
A quoi se peut rapporter, dans le sens figuré,
déchoir, tomber peu à peu de son premier
état. Eccli. 12. 14. Si autem declinaveris :
Que si le méchant, avec qui vous vous serez
uni , vous voit pencher tant soit peu , il ne
pourra plus durer avec vous , si la fortune
se change à votre égard. Soit en parlant d'un
supérieur qui s'abaisse en faveur de son in-
férieur. Ose. 11. 4. Declinavi ad eum ut ves-
ceretur : J'ai présenté aux Israélites de quoi
manger; autr. je me suis abaissé vers eux
pour leur donner à manger: c'est Dieu qui
parle. Voy. Vesci.
6° Laisser pencher, permettre qu'on se
porte à quelque chose. Ps. 140. 4. ^on décli-
nes cor meum in verba malitiœ : Ne souffrez
point que mon cœur se laisse aller à des pa-
roles de malice.
7° Faire, écarter, détourner. Ps. 43. Vè.Et
(non) declinasti semitas nostras a via tua:
Vous n'avez point permis que nos pas se
soient écartés de vos sentiers. Voy. Semita.
Il est difficile d'entendre ceci des Israélites
emmenés captifs en Assyrie ; mais on l'ex-
plique des saints Machabéos, ou, avec saint
Augustin , des saints martyrs et des confes-
seurs de Jésus-Christ. Jer. 5. 25. Iniquitates
vestrœ declinaverunt hœc : Vos iniquités ont
détourné mes grâces. Ose. 5. 2. Victimas
declinastis : Yous avez détourné les hosties
de Dieu en les transférant aux idoles,
DECOLLARE , de collum , à7roxeûa).iÇ£iv. —
1" Décoller, décapiter, trancher la tête.Matih.
14. 10. Decoltavit Joannem in carccre : Hé-
rode envoya couper la tête à saint Jean dans
la prison. Marc. 6. v. 16. 27. Luc. 9. 9.
Judich. 15. 1.
2" Tuer, faire mourir pour Jésus-Christ ,
martyriser (7r£>£xiÇ£iv). Apoc. 20. 4. Vidi ani'
inns decollatornm : Saint Jean vit tous les
saints , et entre autres les Martyrs dont la
plupart ont été décollés.
DECOLORAllE. De color.
Ternir, faire perdre la couleur el l'éclat
(7r«p«g),£Tr£iv) .Gant. 1. 5. Decoloravit me sol:
C'est le soleil qui m'a ôté ma couleur.
DECOR , oRis , ôo^a, wlloç , du verbe de-
cet.
1° Beauté , bonne grâce , agrément , or-
nement. Judith. 10. 4. Ut incomparabili dé-
core omnium oculis appareret : Dieu aug-
menta la beauté de Judith , afin delà faire
paraître aux yeux de tous dans une beauté
incomparable. Exod. 28. v. 2. 40. 2. Par. 3.
0. Eccli. 9. 5. Isa, 53. 2. etc. Ainsi , Ezoch.
16. 12. Dedi coronam decoris {xuvyjnaiç, fjlu-
rialio) ; i. e. pulcherrimam in capile tuo :
J'ai mis une couronne éclatante sur votre
tcic. L'Ecriture, parlant de l'honneur que
Jérusalem avait reçue de Dieu , fait allusion
à la coutume qui se pratiquait, de couron-
ner les filles qui se mariaient.
2° Beauté d'une campagne, sa fertilité, en
quoi consiste sa beauté. Isa. 35. 2. Décor
(riy-o) Carmeli et Saron : La beauté du Car-
mel et de Saron sera donnée à la terre dé-
serte Parcelle terre, s'entendent les Gen-
tils, qui devaient être participants des grâces
de Dieu.
3' Gloire, magnificence, état florissant
(-/3£7T£t«). Ps. 92. 1. Dominus regnavit, deco-
rem indutus est : Le Seigneur a régné, el a
éié revêtu de gloire el de majesté , comme
l'est un roi d'habits magnifiques. Psal. 20. G.
Job, 40. 5. Ps. 23. 8. Ps. 49. 2. Ps. 103. 1.
etc. Ainsi , Ps. 29. 8. Prœslitisti decori meo
virtutemiVous avez affermi mon éclat et ma
grandeur.
4° Honêtelé , beauté intérieure, ornement
spirituel de vertu. Ps. 44. 12. Concupiscet
rex decorem tuum. Par cette beauté s'enten-
dent les vertus de l'Eglise pour lesquelles
Dieu devait concevoir de l'amour : ce qui se
pourrait entendre à la lettre de la beauté in-
térieure et extérieure de la fille de Pharaon.
Jerem. 50. 7. Peccaverunt Domino decori ju-
stitiœ[w[i.n, habitaculum) : Les Juifs avaient
offensé le Seigneur, qui est la beauté de la
justice : Dieu est ainsi appelé , parce qu'il
récompensait son peuple avant qu'il eût pé-
ché.
§ 1. Beauté spirituelle , éclat de vertu.
Eccli. 4. 28. Non abscondas sapientiam in dé-
core SMo.'Ne cachez point votre sagesse dans
sa beauté; oM^r. lorsqu'il est temps de la dé-
couvrir; lorsqu'elle est parfaite et en état de
servir aux autres ;ott, lorsqu'il est temps de
la produire pour la gloire de Dieu , et 1 édi-
fication du prochain. Ezech. 10. 25.
§ 2. Le temple de Jérusalem, qui faisait
la beauté et le plus bel ornement du peuple
d'Israël. Jerem. 25. 30. Riigiet super decorem
sunm : Dieu se servira des Chaldéens pour
venir fondre avec fureur sur son temple. 1.
Par. 16. 29.
§ 3. Le nom d'une verge ou houlette, que
Zacharie dit qu'il prit et appela de ce nom
pour marquer les grâces et les faveurs dont
Dieu avait comblé , et voulait encore com-
bler les Juifs , pour leur rendre son gouver-
nement doux el aimable. Zach. 11. v. 7. 10.
Unam vocavi decorem : Des deux houlettes
que je pris , j'en appela une , la beauté : le
mot hébreu noam, signifie aussi douceur.
Voy. FuNiGULUs. Le Prophète représente la
conduite que Dieu avait tenue jusiju'alors
sur son peuple , et celle qu'il voulait tenir
sur l'Eglise par Jésus-Christ , son véritable
Pasteur.
DEGORARE , xoff/xetv. ^- 1" Orner, embel-
lir, parer (/KTK/oir/iEîv). Jos. Gl. 10. Circum-
dedit me, quasi sponsum decoratuin corona:
Le Seigneur m'a parée des ornements de la
justice j comme un époux qui a la couronne
sur la tête. Le prophète parle des grâces
que Jésus-Christ a données à son Eglise ,
qu'il compare à un époux et à une épouse
parée de ses habits de iioces. Judic. 8. 21.
Esth. l. 5. Jerem. 10. 4. Hab. 2. 4.
10o3
DEC
DEC
1054
2" Honorer, gratifier. Eccli. 48. 11. Beati
iunt qui in amicitia tua decorati sunt : Heu-
reux sonl ceux qui ont été honorés de votre
amitié. L'Ecriture parle de l'amillé du pro-
phète Elie.
3" Faire éclater. Eccli. 42. 21. Magnalia
sapientiœ tuœ decoravit : Le Seigneur a fait
éclater la beauté des merveilles de sa sa-
gesse.
DEGORTIGARE , de cortex , Iz-i^tu. —
Oter l'écorce. Gen. 30. 37. Ex parte décor ti-
cavit eas: Jacob ôla une partie de l'écorce de
ces branches d'arbres. Joël. 1. 7. Ficum
meam decorticavil : Ce peuple . fort et in-
nombrable , arrachera l'écorce de mes fi-
guiers. On croit que cela s'entend des saute-
relles qui devaient ronger l'écorce des ar-
bres, ensuite de quoi les feuilles et les fruits
tombent : d'antres 1 entendent du ravage que
les Chaldéens devaient faire dans la Judée.
DECORUS , àpy.ioç. — 1° Beau , bien fait ,
qui a bonne grâce. Gant. 1. 13. Tu pulcher
es, dilectemi,et decorus :Q[ie vous êtes beau,
mon bien-aimé ; que vous avez de grâces et
de charmes 1 Gen. 49. .22. Judith. 10. 18. etc.
2° Bien fait d'esprit , belle âme. 2. Reg. 1.
23. Amahiles et, decori in vita swa : Saûl et
Jonalhas, ces princes si dignes d'être aimés,
et d'une majesté si haute.
3" Bienséant , juste, convenable. Ps. 146.
1. Jucunda decoraque laudatio : Offrons à
Dieu des louanges qui lui soient agréables
et dignes de lui ; qui naissent d'un cœur pé-
nétré d'amour, et qui soient un fruit de la
foi qui agit par la charité. Zach.11.13. Pro-
jice illud ad statuarium, décorum prelium
que appreciatus sum ab cis :A\\ez jeter à l'ou-
vrier en argile cet argent, celte belle somme
qu'ils ont cru que je valais lorsqu'ils ont
voulu me mettre à prix : ce qui se dit par
ironie. Voy. Appretiare.
4° Illustre, remarquab!eixTpt77»i,-). 2. Mach.
3. 26. Alii etiam apparuerunt duo juvenes
virlute decori : Deux autres jeunes hommes
parurent en même temps pleins de force et
de beauté; ils fouetèrent Héliodore chacun
de leur côté. c. 15. 12.
5° Beau.ott le Beau, nom propre d'homme,
dont le nom hébreu, /s-c/jorf, a été ainsi tra-
duit {d(Tov§) : Ce fut un des fils de Molechet,
sœur de Gaiaad. 1. Par. 7. 18. Soror ejus re-
gina peperit virum décorum : La sœur de Ga-
iaad , qui s'appelait Reine ; Hehr. Moleclu t,
eut un fils nommé le Beau ; Uchr. Is-chod.
DECREPITUS, I. De Creperus, dubius, cu-
jus crêpera est vita : Dont la vie est sur son
déclin ; ou, selon Scaliger, le mol décrépit
vient du bruit que fait une lampe en s'élci-
gnant ; du verbi; crepare.
Décrépit, vieillard fort âgé. 2. Par. 36. 17.
Non est misertus senis nec decrepili qnidem :
Dieu n'eut point pitié des personnes âgées,
ni même de ceux qui étaient dans la dernière
vieillesse ; il les livra tons entre les mains
du roi des Chaldéens (Voy. Deut. 28, 50).
DECRESCERK,du verbecresccre. Décroître,
diminuer, aller en diminuant {i'i'/~7<j-jzi'jOv.i).
Gen. 8. 5. Aquœ ibant et decrescebanl : Dc-
puis le septième jour du septième mois , les
eaux allaient toujours en diminuant jusqu'au
dixième mois ; se. au temps du déluge.
S'affaiblir, déchoir {î^-tOz-j-î-j). 2. Reg. 3. 1.
Domus autem Saul dccrescens quotidie : La
maison de Saûl s'affaiblissait de jour en
jour ; 5c. au temps (jue David ^e fortifiait de
plus en plus pendant la guerre qui était en-
tre ces deux maisons.
DECRETUM , i,>oôyj:/a; de decernere.
1" Arrêt, ordonnance. Dan. 3. 10. Tu,rex,
posuisti decretiim : Vous avez fait une or-
donnance, ô roi, disent les Chaldéens à Na-
buchodonosor, accusant Daniel devant lui
d'avoir violé son ordonnance marquée, v. o.
Aussi, v. 12. 16. Deut. 17. 12.
2° Lois, préceptes (Tr/sod-ayuy.). 3. Reg. 8.
61. Vt ambulemus m decretis ejus : Afin que
nous marchions selon les préceptes de Dieu.
3° Coutume, façon de faire accoutumée.
1. Reg. 27. 11. Hoc erat decrelum {oiy.y.i',iiJ.ci)
illi; Ruhr, judicium : Ce que David avait cou-
tume de faire.
4° Doctrine de l'Evangile, dogme évangéli-
que: Ephes. 2. 15. Legem mandatorum decre-
tis évacuons : Jésus-Christ, par sa doctrine, a
aboli la loi chargée de tant de préceptes. Co-
loss. 2. 14. Delens quod adversus nos erat chi-
rographum decreti; le Grec porte âoy^a^tv : Jé-
sus-Christ a effacé par sa doctrine, i. e. par
l'Evangile, la sentence qui nous était con-
traire; la loi de Moïse qui nous condamnait
à la mort. Ainsi les chrétiens ne sont plus su-
jets à la loi écrite.
DECUMBERE , -/aTax£t<r6«t, du simple eu-
hare, ou de l'inusité cumbere.
Etre couché, être au lit. Marc. 1. 30. De-
cumbebat autem socrus Simonis febricitans :
La belle-mère de Simon était au lit, ayant la
fièvre.
DECDPLUM, i; Szy.uTrluTioi-j, de decem.
Dix fois autant, dix fois plus ; ce qui est
pris pour un nombre indéfini ; beaucoup plus.
Dan. 1. 20. Rex invenit in eis deaiplnm super
cunctos ariolos : N;ibu('hodoiio-or trouva en
Daniel, Ananias, Misaël cl Azarias, dix fois
davantage de lumière qu'il n'en avait trouvé
dans les devins, etc.
DECURIO, Ms. De decem, comme cenlurio
de centum.
i' Sénateur : ^o-Az-jzr.ç) , conseiller dans
une petite ville, .ippelé décurion ; parce (jue
quand on menait (juelque part une colonie,
on choisissait entre ceux que l'on y menait,
de dix un pour en composer le conseil pu-
blic. Marc. 15. 43. Joseph ab Arimathœa, no-
bilis decurio : Joseph d'Arim;ithie, qui était
un homme de considération el sénateur; se.
de la ville de Jérusalem, et non pas du grand
Sanhédrin. Luc. 23. 50.
2° Un décurion ( ^ih.upyjj; ) , officier qui
commandiit à dix hommes. 1. Mach. 3, 55.
Constituit Judas pcntacunlarchos et decurij^
nés: Judas élal.lit des officiers de cinciuanle
hommes el de dix, el d'autres pour combailre
Plolemée, Nicanor etGorgias. Voy. Decanus.
DE(]UllRlsRK,du verbe currere, AUTy.zrA/jij.
1 • Courir. Acl. 21. 32. Decurrit ad illos : Lo
tribun de la cohorte, qui gardait le temple do
1055
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
1056
Jérusalem, courut à ceux qui tenaient saint
PauL , ,^ ^ T. -^
2° Couler, s'écouler (o{a-oorj£75«t). Ps. o7.
8 Ad niliilum devenienl (amquam aqua decur-
rens : Les pécheurs seront réduits à rien,
comme une eau qui passe. Levit. 1. lo. Jos.
3. 13. 1. Esdr. 8. 15. Sap. 17. 17. Mich. i. i.
Luc. 22. U.
3= Etre poussé (vro-oî/îtv), en parlant de
gens, qui étant dans un vaisseau, sont pous-
sés par le vent avec le vaisseau vers quelque
lieu. Act. 27. 16. In insulam axiiem quamdam
decurremes .•^'ous fûmes poussés au-dessous
d'une petite île, appelée Caude. A'oy. Cauda.
,• DECURSUS, us; ôti;o5o,-, le cours, le cou-
rant. Ps.1.3. Lignum qiiod planlalum est secus
decursusaqiianim :\^n arbre qui est planté pro-
che le courant des eaux ;Hebr. super rfàisîone^,
i e. rivos ; sur le bord des ruisseaux qui se
partagent de côlé et d'autre. Voy. Divisio.
DEÇUS, Decoris; £V7r,ci-£ia. Voy. Décor.
De decct.
1 Gloire, honneur. Jerem. 18. 7. Tuumcst
enim decus : La gloire vous appartient, Sei-
gneur; Gr. 5-Ot -fi-TTÎl.
2° OrnemenI, nouvel éclat. Eccli. i7. 12.
Dédit in celebrationibus decus : David a rendu
les fétcs plus céièbres.
3" Beauté d'un pays, ce qui en fait la beau-
té, ce qu'il y a de plus beau et de plus agréa-
ble. Jerem. 10. 25. Decus ejus diasipnverunt :
Les nations ont détruit tout ce qu'il y avait
de beau dans Jacob; i. e. dans la Judée : ce
qui est exprimé par ces mots du ps. 78. 6.
Et locum ejus desolaverunt : Ils ont désolé le
lieu de sa demeure.
i' C'est le nom que le prophète Zacharie
donna à une houlette, c. 11. 10. Et tuli vir-
gam meum quœ vocabatur Decus (zx/v;). Voy.
Décor.
DEDAN, ou DADAN, Heb. p, Mamilla,
palruus.
i Fils de Regma, Gen. 10. 7. 1. Par. 1. 9.
de qui sont venus les peuples qui habitent le
pays et la ville qui s'appelle Dadan. Ezech.
27. V. 15. 20. Filii Dedan neqoliatores tiii :
Les enfants de Dedan ont trafiqué avec vous,
c. 38. 13. Les Grecs lisent Filii Rlwdiorum,
p;ir le changement qui s'est fait du Dalelh en
Kesch.
2' Fils de Jecsan. Gen. 25. 3. 1. Par. 1. 32.
cl pelit-fils d'Abraham et de Célura, du(]uel
.sont venus les habit.ints d'un pays dans l'I-
dumée, dont parle Jerem. 25. 23. Ll Dedan
et Tlirma, f. i9. 8. Ezech. 25. 13.
DEDANIM, Heb. muinilhe. Les mêmes peu-
ples dans l'îdumée. Isa. 21. 13.
DEDECUS, ORis; ùziuiu, o-j-loo;, i\c decus,
dans une sigiiificalion contraire.
Honte, int'ainie. déshonneur. Eccli. 3. 13.
Dcdccus fUii, pnter sine honore : Un père sans
honneur est le déshonneur du fils. c. 23. 31.
Ei'it dedecus omnibus : L'homme qui viole la
foi du lit conjugal sera déshonoré devant
tout le monde, v. 36. 2. Cor. k. 2.
DEDICAUE, iyy.y.aiÇîi-j. — 1" Dédier, con-
sacrer, sanclilicr. 3. Reg. 8. 63. Dedicaverunt
temphan Domini : Salomon, avec le peuple
d'Israël, dédièrent le lemp'e du Seigneur.
2. Par. 7. v. 5. 9. c. 15. 8. Non^seulemenl la
dédicace du temple et des autels se faisait avec
beaucoup de cérémonies, mais aussi celles
des portes du temple, 1. Mach. V. 57. comme
aussi celles des maisons nouvellement bâties
et des vignes nouvellement plantées, avant
qu'on les employât aux usages ordinaires.
Deut. 20. V. 5. 6. Il paraît néanmoins que la
dédicace que Salomon fit du temple ne se fit
que par l'immolation des victimes. Dieu,
suppléant à toutes les autres cérémonies par
la nuée miraculeuse qui, en remplissant tout
le temple, faisait connaître que Dieu accep-
tait ce lieu pour servir à son culte. Ainsi se
fit la dédicace de la ville de Jérusalem réta-
blie, 2. Esdr. 12. 27. In dedicatione mûri Jé-
rusalem : Au temps de la dédicace des murs
de Jérusalem. Quoique la dédicace ne con-
vînt proprement qu'au temple, néanmoins
parce que la ville de Jérusalem était desti-
née pour la conservation du culte sacré de la
religion dans le temple, qui était dans son
enceinte, et qu'elle était, à cause de cela,
nommée la Ville sainte: c'est pourquoi on
crut devoir faire une dédicace solennelle de
ses murailles.
2' Etablir, confirmer. Hebr. 9. 18. Necpri-
inum quidem sine sanguine dedicatum est : Le
premier testament qui ne fut point établi sans
effusion de sang, figurait que le second se
devait confirmer par l'effusion du sang de Jé-
sus-Christ.
3' Offrir, présenter (féùsi-j). Exod. 35. 29.
Voluntaria Domino dedicaverunt : Tous les
Israélites firent leurs offrandes au Seigneur
avec une pleine volonté, se. pour la con-
structiondu tabernacle.
i° Assigner , attribuer. 1. Par. 25.1. Dedicato
sibi ofjicio servientes: Les chantres que David
avait établis, s'employaient, chacun à leur
tour, à remplir les offices qui leur étalent
destinés.
DEDICATIO, Ms; èyyc^.L'HTaôç. — 1° Dédi-.
cace, consécration de quelque chose faite à
Dieu par des cérémonies. 2. Mach. 2. v. 9.
12. Salotnon veto diebus celebravit dedicatio-
nem: Salomon célébra, pendant huit jours, la
dédicace du temple : c'est de cette sorte de
dédicace qu'il est fait mention Joan. 10. 23.
Ps. 29. 1. Num. 7. v. 10. 11. 8i. 88. Ps. 29.
Psalmus cantici, in dedicatione domus David :
On croit que ce psaume a été composé pour
être chanté à la dédicace solennelle de la
maison que David s'était bâtie dans Jé-
rusalem, en rendant grâces à Dieu de la
santé qu'il lui avait rendue après une grande
maladie : ce qui fut le sujet du psaume.
2 Dédicace profane. Dan. 3. v. 2. 3. Ut
convenirent ad dedicalioncm statitœ : ^ahu^
chodonosor envoya un ordre à tous les prin-
ces, les magistrats, etc., afin qu'ils se trou-
vassent au jour (ju'un dédierait la statue
qu'il avait dressée.
DEDITUS, A, UM, de dalus. Adonné, ap-
pliqué, attaché, ou sujet à quelque chose
(-ioac/«v). j. Tim. 3. 8. Diaconos non mullo
vino deditos : Il faut que les diacres ne soient
point sujets à boire beaucoup de vin. 2.
Mach. V. l'i.. lia ut sitccrdolesjum non circa
10S7
DED
DEE
13^8
altaris officia dediliessent{-poO-ju.o;.promptus):
Les préircs même ne s'attachaient plus aux
fonctions de l'aulel de Jérusalem, lorsque
Jason, frère d'Onias, eut fait faire une aca-
démie pour les jeunes gens, et en fut venu
jusqu'à les exposer dans des lieux infâmes.
Acl. 17. 16, 2. Parai. 2G. 10.
DEDUCEUE, du verbe ducere; y.xzùy-.ij.
— 1° Conduire, mener, guider (ôô/iyîîv; d'un
lieu dans un autre. Ps. 77. 14. Deduxit eos
in nube diei : Dieu conduisit les Israélites ,
durant le jour, à l'ombre de la nuée. v. 53.
Ps. 79. 1. Qui deducis velut ovem , Joseph :
V'ous, qui conduisez Joseph comme une bre-
bis. Ps. lOG. V. 7. ;J0. Ole. Ainsi, Act. 17. 15.
Quiautem deducebant Pauliim ; Gr. constiluen-
tes [y.Kdifrrii'jv.i) : Geux qui conduisaient saint
Paui pour le mettre en lieu de sûreté. Dedu-
cere pour perducere.
2". Reconduire , accompagner par hon-
neur (7r/so-i/:xT7civ). 3. Joan. 6. Quos benefa-
ciens deduces digne Deo : Vous ferez bien de
faire conduire les frères, et particulièrement
les étrangers chrétiens en leurs voyages,
dune manière digne de Dieu. 1. Cor. 16. 11.
Rom. 15. 24. Act. 20. 58. etc. Ce qui se fai-
sait en leur fournissant même les choses né-
cessaires pour leur voyage. V^oy. Pr^mit-
TERE.
.3° Faire descendre. Rom. 10. 6. Quis as-
cendet in coelum? i. e. Christum deducere : IL
n'est pas nécessaire de monter au ciel pour
en faire descendre Jésus-Christ : L'Apôtre
recommande seulement la foi en Jésus-
Christ. V. 8.
k". Faire tomber, réduire à rien, ou à un
étal déplorable ( x«T«7//ivoOv ;. Ps. 7. 6. 6r/o-
riam meam in pulverem deducat : Que mon
ennemi réduise toute ma gloire en poussière,
si j'ai rendu le mal à ceux qui m'en avaient
fait. Ps. 14. 4. Ad nihilum deduclus est è^ooj-
Ô£vojT«i: Le méchant est comme réduit au néant
devant Dieu; i. e. méprisé et tenu pour licii.
Ps. 58. 9. etc. Ainsi,
Phrases tirées dé celte signiGcaiion.
Deducere ad inferos, ad portas morlis : Ré-,
duire à la mort ou au tombeau ; cest oa ac-
cabler de grandes alllictions, ou faire mou-
rir. Ps. 21. 16. In pulverem mortis deduxisii
me : Vous m'avez conduit jusqu'à la poussière
du tombeau. L Reg. 2. 6. Gen. 42. 38. c. 44.
29. etc.
Deducere ad sulum , in planiliem; hà-ihv
TToirtv, raser une ville. 2. Mach. 9. 14. Venie-
bat ut eam ad solum deducerel : ArUiochus,
qui venait auparavant pour raser Jérusalem
jusqu'en terre, souhaite la rendre libre, lors-
qu'il se sent frappé de Dieu. c. 14. 33.
5" Tirer, attirer, faire couler, faire sorHr.
Ps. 77. 16. Deduxit tamquam flumina aquas :
Dieu fit couler l'eau comme des fleuves, lors-
que Moïîie eut frappé la pierre : d'où vient :
Deducere lacrymas : Tirer les larmes, faire
pleurer. Eccli. 22. 24. Punyens oculum dedu—
cil lacrymas : Celui qui pi(iue ou presse l'œil,
en lire les larmes, c . 35. IS. Ce (jui s'attri-
bue aux yeux même (jui les versent. Jcr. 9.
18. Deducanl oculi noslri lacrymas : Que no^
yeux fondent en pleurs, c. 13. 17. c. 14. 17.
Thren. 2. 18.
DEESSE; vo-Tî/sstv. 1° Manquer à quelqu'un.
Luc. 22. 35. Numquid aliquid défait vobis ?
Avez-vous manqué de quelque chose, quoi-
que je vous aie envoyé sans sac , sans
bourse, ni souliers, dit Jésus-Christ à ses
apôtres? 2. Cor. 9. 12. c. 11. 9. etc.
2" Manquer, n'être pas présent, être ab-
sent (£-t7/.£77T£70c<(, desidei'ari) . 4. Reg. 10. 19
Quiciimque defuerit, non vivet : Quiconque
des prophètes de Raal, de tous ceux qui le
servent, et de tous ses prêtres, ne se trou-
vera pas au grand sacrifice que je lui veux
faire, sera puni de mort, dit Jéhu. (Voy. v.
15). Gen. 44. 30. Si puer defuerit {^r, ^,
non sil) : Si je me présente à mon père, et
que l'enfant n'y soit pas, il mourra : Judas
remontre à Joseph la raison pour laquelle il
le supplie de le retenir esclave en la place de
Benjamin. Judic. 21. 5. Num. 31. 44. Ainsi,
1. Cor. 16. 17. Id quod vobis deerat, ipsi sup-
plevcrunt : Stéphanas, Fortunat et Achaïquo
ont suppléé à ce qui manquait, à cause de
votre absence ûii/wv Oo-rs^ûjjaa, Quod vestri dce-
rat; Ils ont suppléé à votre absence; ils ont
fait en votre place ce que vous ne pouviez
faire par vous-mêmes à cause de votre ab-
sence; se. de me consoler. Philip. 2. 30. Tru-
dens animam suam ut impleret id, quod vobis
deerat erga meum obsequium : Epaphrodite a
abandonné sa vie, afin de suppléer par sou
assistance à celle que vous ne pouviez mû
rendre vous-mêmes.
3" Manquer, n'être plus. 2. Reg. 2. 30.
Defuerunt de pueris David deceni et novem
viri [i-fjy.i—i'jfjv.L^ desiderari) : On ne trouva
de morts, du côlé de David, que dix-neuf
hommes (sans compter Asaël), se. contre
l'armée de Benjamin, commandée par Abner.
Eccli. 44. 10. Quorum pietates non defue-
runt : Leurs œuvres de piété subsisteront
pour jamais, sans être mises en oubli;; Gr.
i-ÙM-/jy.-ji'7'Jui. : Oblivioni tradi.
k" Rester, être de reste. Matth. 19. 20.
Quid adhuc tnihi deest : J'ai gardé tous ces
commandements dès ma jeunesse; que me
maiiquc-t-il encore? dit le jeune homme ri-
che à Jésus-Christ. Col. 1. 24. Adimpleo ta
quœ desunt passionum Christi : J'accomplis
dans ma chair ce qui manque aux souf-
frances de Jésus-Christ dans son corps mys-
tique. Til. 1. 5. Marc. 10. 21. Luc. *18.
22.
5" Manquer, ne pas répondre, ou corres-
pondre. Hebr. 12. 25. Contemplantes ne quis
dcsit (jratiœ Dei : Prenez garde qu'il ne se
rencontre quehiu'un parmi vous, qui, man-
quant de répondre à la grâce de Dieu, en
demeure privé : La métaphore est tirée de
ceux qui, faute de courage ou de force, de-
meurent en chemin, ne pouvant suivre les
autres.
6^ Etre exclus ou privé de quelque chose
par sa faute. Hebr. 4. 1. ;Ve exislimetur ali-
quis ex vobis dccsic : Craignons qu'il n'y ait
quelqu'un d'entre vous qui soit exclus d'en-
trer dans le repos de Dieu; se. en négligeant
la promesse qui nous en a été faite.
iOS9 DICTIONNAIRE DE
DEF^CATUS, A, LM. De fœx, cis.
Pur, dont on a tiré la lie. Isa. 25. 6. Faciet
Bominus convivium vindemiœ defœçalœ : Le
Seigneur préparera un festin d'un vin tout
pur et sans aucune lie. Ce festin commence
dans l'Eglise, et continue dans l'éternité.
DEFATIGARI; xo-àÇciv, être las, lassé, fa-
tigué. 1. Reg. li. 31. Defatigatiis est autem
populus nimis:Le peuple était extrêmement
las ; se. après qu'ils eurent battu et pour-
suivi les Philistins, depuis Machmas jusqu'à
Ajalon.
DEFENDERE. De l'ancien verbe inusité
fendo ; d'où vient aussi offendere, infensus, etc.
1° Défendre, garder, protéger, maintenir
(Ù7rcoa(T7riÇ££v). Judith. 5. 25. Detis eoriim de-
fendet illos : Le Dieu des Israélites prendra
leur défense, s'ils ne l'ont point offensé. Rom.
2. 15. Cogilalionibus nccusantibus, aut etiam
defendentibus {cc-oloytî'^^y.i) : Les réflexions de
l'esprit des Gentils les accusent (s'ils ont
péché) ou les défendent ; i. e. lorsqu'ils ont
fait naturellement ce que la loi commande.
2° V'enger ( h.Biy.îh ;. Rom. 12. 19. Non
vos metipsos defendentes : Ne vous vengez
point vous-mêmes; c'est à Dieu que la ven-
geance est réservée. Judith. 1. 12. c. 2. 1.
3° Excuser, justifier. Eccll. 19. 9. Quasi
defendens peccotum odiet te : Cet ami com-
mun, ou cet ennemi faisant semblant d'ex-
cuser votre faute, vous haïra. L'Ecriture
persuade de ne point découvrir son péché à
ces sortes de gens, qui n'ont pas reçu, comme
les prêtres, la puissance de l'absoudre. Act.
25. 16. c. 26.
DEFENSIO. — 1° Défense, protection («v-rî-
Xfli^ir ). Ps. 21. 20. Ad defensionetn meam
conspice : Appliquez-vous à me défendre
(Seigneur.) Philipp. 1. 16. In defensioyiem
Evangeliipositus sum [à-oi.oyiv.) : Je suis éta-
bli pour défendre l'Evangile, v. 7.
2° Vengeance, punition (Six^jo-t?, ullio). Ec-
cli. 4-7. 31. Usqiie dum pervenirei ad illos de~
fensio : Les Israélites ont recherché toutes les
manières de faire le mal, jusqu'à ce que la
vengeance fût venue fondre sur eux. c. i8.
7. Judith. 9. 2. Dedisti illi gladium ad defen-
sionetn alieni(jenarum : Seigneur , Dieu de
mon père Siméon, qui lui avez mis l'épée en-
tre les mains, pour se venger des étrangers.
Judith ne loue dans Siméon que le zèle qu'il
avait eu à venger l'outrage fait à sa sœur
Dina, sans approuver néanmoins ce qu'il y
avait de criminel dans les circonstances de
cette action. Voy. Gen. 34-. 25. etc. et c. 45.
5. etc.
3" Défense , justification ( ùmloylv. ). 2.
Tim. k. 16. In prima mea defensione nemo
mihi ad fuit : La première fois quo j'ai dé-
fendu ma cause, nul ne m'a assisté. 1. Cor.
9. 3. 2. Cor. 7. 11. Eccequantam invobis ope--
ralur soUicitudinem, scd defensionetn : Les
Corinthiens poussés par cette tristesse selon
Dieu, que leur avait causé la lettre de saint
l'aul, non-seulement défendirent son procédé
contre l'incestueux ; mais même ils s'excu-
sèrent auprès de lui, et lui firent satisfaction
PHILOLOGIE SACREE.
1060
de la négligence avec laquelle ils avaient
souffert un si grand crime.
DEFENSOR. Défenseur, protecteur. Ju-
dith. 6. 13. Deus cœli defensor eorum est : Le
Dieu du ciol est le défenseur des Israéliles.
(Voy. Defendere 1°) Eccli. 30. 6. 2. Mach.
4. 2.
DEFERRE; i-ifépeiv, i° Porter d'un lieu en
un aulre, apporter. Act. 19. 12. Ita ut etiam
super languidos deferrentur a corpore ejus
sudaria : Dieu faisait des miracles extraor-
dinaires par saint Paul, jusque-là même que
les mouchoirs et les linges qui avaient tou-
ché son corps, étant appliqués aux malades,
ils étaient guéris. Gen. 43. v. 2. ll.Exod. 22.
13. elc Ainsi, Ose. 10. 6. Si quidetti et ipse in
Assur delalus est , munus régi ultori («Orôv eU
'A(7(7V|Oto\jç) : Leur Dieu même a été porté en
Assyrie, et ils en ont fait un présent au roi,
dont ils voulaient acheter la protection. 11
paraît qu'Osée, roi d'Israël, avait envoyé pour
présent à Phul, roi des Assyriens, l'idole du
veau d'or qu'il adorait, quoiqu'il n'en soit
rien dit ailleurs. Num. 11. 31. Ventus egre-
diens a Dotnino arreptans trans tnare coturnices
detulit (sxTrspâv, transtnittere) : Un vent ex-
cité par le Seigneur, emportant des cailles
de delà la mer, les amena, et les fit tomber
dans le camp. Voy. Arreptare.
2° Donner, offrir, présenter (yépstv). 3.
Reg. 10. 25. Singuli deferebant ei mimera :
Chacun (des rois) envoyait tous les ans des
présents à Salomon. Gen. 30. 14. 2. Par.
9. 24. Tob. 13. 14. Isa. 18. 7. 1. Mach. 11.
35.
3° Etendre, avancer, en parlant de quelque
ouvrage. Ezech. 41 7. Et platea erat in ro-
tunduin et in cœtiaculutti lempli deferebat ( se)
per gyrutti : Il y avait un espace et un degré
fait en rond qui allait d'ét;ige en étage, mon-
tant jusqu'à la chambre la plus haute, tou-
jours en tournant.
4° Respecter, honorer, avoir de la défé-
rence pour quelqu'un (Sau/i/aÇsiv . Deut. 28.
50. Adducet Dottntms gentein procacissimam,
quœ non déférât seni : Le Seigneur amènera
contre vous un peuple fier et insolent, qui
ne sera point louché de respect pour les
vieillards ; se. lorsque vous ne servirez point
Dieu. Esth. 1. 20.
5° Rapporter, apprendre, faire savoir. Jos.
22. 11. Cum ad eos certi nuutii detutissent :
Les enfants d'Israël surent par des nouvelles
certaines. Esth. 2. 22. 2. Mach. 3. v. 7. 11.
etc.
6° Accuser, calomnier, reprocher. Act. 25.
18. Nullatn causain deferebant : Les accusa-
teurs de ce prisonnier ne lui reprochèrent
aucun des crimes dont je m'étais attendu
qu'ils l'accuseraient, dit Festus au roi Agrippa,
louchant saint Paul.
Plirase de ce verbe.
Déferre negotium ad aliquem , Jtxajo^oytKv
TToisïv, remettre au jugement de quelqu'un
une affaire. 2. Mach. 4. 44. Ad ipsiiin nego-
tium detulerunt missi très viri n senioribus :
Trois députés envoyés à Tyr par les ancien»
de la ville de Jérusalem, vinrent perler leurs
1061
DEF
DEF
1062
i plaintes au roi Aniiochus sur cette affaire ;
se. sur l'accusation formée contre Ménélaiis,
comme coupable de tous les désordres et sa-
crilèges commis par Lysias.
Déferre senlentiam; y.y.-zv.oiotvj liTïyov, Porter
son suffrage, donner sa voix et son consen-
tement. Act. 26. 10. Cum occiderentur, detuli
senlentiam : Lorsqu'on faisait mourir plu-
sieurs des saints, j'y ai dcnné mon consente-
ment. Gr. y.y.zrrj-yy.c( -^f/yov.
DEFERVESCtiRE ; zo-i^-iv , se refroidir ,
se rallenlir, s'apaisor. Eslh. 2. 1. Postquam
régis Assueri indignatio deferbuerut : Lorsque
la colère du roi Assuérus fut adoucie, se.
contre la reine Vaslhi.
DEFÊCTIO , Ms ; îV.î.^iitr, — 1" Défaut ,
manquement. S:ip. 8. 18. Honesfns sine defe-
clione, k-j-vli-n;. Il y a dans l'amitié de la Sa-
gesse des richesses inépuisables, c. 11. o.
Eccli. 30. 23.
2" Défaillance, abaltementde cœur [ù'i-july).
Ps. 118. 53. Defeclio tenuil me : Je suis tombé
en défaillance, se. à la vue des pécheurs qui
abandonnaient la loi de Dieu. Nahum. 2.
10.
3° Sortie, bannissement. Baruch, 2. 22.
Defeetionem vestram faciam de eivitatibus
Juda et a foris Jérusalem : Je vous ferai sor-
tir, je vous chasserai des villes de la Judée,
et hors de Jérusalem.
DEFICERE, iyJ.Ei-îu; du verbe facere.
1° Dètaillir, cesser, manquer. Gen. i7. 18.
Déficiente pecunia, peeora simiil dcfeeerunl :
11 ne nous reste ni troupeaux ni argent, di-
sent à Joseph les Egyptiens, lui demandant
de quoi semer leurs terres. Luc. 22. 32. Ego
rogaii pro te^xUnon deficial fides tua : i'ni
prié pour vous, alin que voire foi ne défaille
point, dit Jésus-Christ à saint Pierre, c. 12.
33. A quoi se rapportent les significations
suivantes ; i" Se terminer, premlre On. Ps,
101. 28. Anni tiii non déficient : Vos années,
Seigneur, ne passeront point. 2 Etre réduit
à un petit nombre. Ps. 11. 1. Defecit sanctus:
Il n'y a plus aucun saint. .3° Disparaître, s'é-
vanouir. Ps. 67. 3. Sicut déficit fumus, défi-
ci nt : Que les ennemis du Seigneur dispa-
raissent, de même que la fumée disparaît.
Voy. Perire. Ps. 36. 20. etc.
2" Succomber, perdre courage ( éxzaxew ).
Luc. 18. 1. Oporlet sentper orare, et non défi-
cere : Il faut toujours prier, et ne se lasser
point de le faire. Ps. 38. 12. A forliludinc
manus tuœ ego defeci in increpalionihus : Je
suis tombé en défaillance sous la force de
votre main, lorsque vous m'avez repris. Ec-
cli. 17.20. Confirmavit déficientes suslinere :
II affermit ceux qui sont tentés de perdre la
paiiencc ; Gr. èx).£Î7TovT3t,- Û77oao//iv, deserenles
lolerantiam : Jac. 1. V. 2. Cor. V. v. 1. 16.
G:il. 6. 9. Bonuni facicnlrs non dcficiamus
(hy.uy.îî-j) , tcmpore enim suo mctemus non de-
fieicnles : Ne nous lassons point de faire le
bien; car lorsque le temps sera venu, nous
f.rons la récolle sans nous lasser, 2. Thess.
3. 13. Ps. 8t). 7. A quoi se peuvent rapporter
les significations suivantes : 1° Languir, se
consumer ; soit dans l'attente de quel(|ue
chose que l'on désire avec ardeur. Ps. 118.
81. Defecit in salutare tuum anima mea : Mon
âme est tombée en défaillance, dans l'attente
de votre secours salutaire. Tomber dans cette
défaillance, c'est penser uniquement à la
chose qu'on désire, c'est s'y attacher, et y
faire conmie une transfusion de soi-même.
5. Ambr. Ps. 118. v. 82. 123. Ps. 68. i. Ps.
72. 26.; soit de tristesse, d'affliction et de mi-
sère. Ps. 30. 12. Defecit in dolore vita mea :
Ma vie se consume par la douleur. Ps. 76.
i. Ps. lil. i. ]n deficiendo ex me spiritum
meum; Hellen. Dum déficit spiritus meus :
Lorsque mon âme est toute prêle à me quit-
ter. 2' Tomber en défaillance, être abattu
{iyj.-jîTey.L, fnliscere). Mallh. 1.5. 32. Ne défi-
ciant in via ; Je ne veux pas renvoyer ce
peuple sans avoir mangé, de peur qu'ils ne
tombent en défaillance sur le chemin. Marc.
8. 3. 1. Reg. li. 28. etc. De là vient cette
phrase, Deficere animam; 1 Avoir le courage
abattu. Ps. 106. v. 5. 26. Anima eorum in ma-
lis defecit liTà/îro, tabuit ; Vâme de ceux qui
navigaienl, tombait en défaillance à la vue
de tant de maux ; se. des périls où ils se
voyaient exposés. Job. 17. 5. Thren. 1. v. 11.
16. 19. 2° Etre épuisé -de force. Jerem. lo. 9!
Defecit anima ejus ; Celle qui avait eu plu-
sieurs enfants, est devenue faihle; i. e. elle
est devenue incapable de concevoir; Gr. ùrt-
y/j.y:r,'jt'j.
3" S'écouler, se passer. Ps. 89. 9. Omnes
aies noslri defecerunt : Tous nos jours s'é-
coulent.
V Mourir, périr, expirer. Luc. 16. 9. Ut,
cum defecerilis, recipiant vos : Employez vos
richesses à vous faire des amis (des pauvres)
afin que, lorsque vous viendrez à manquer,
ils vous reçoivent. Gen. 25. v. 8. 17 P«: 70
13. Ps. 103: 29. Sap. 17. 18. etc. A quoi se
rapporte celle signification : Etre défait, être
exterminé. Ps. 17. 38. Non convertar donec
deficiant : Je ne m'en retournerai point que
mes ennemis ne soient entièrement défaits
Ps. 103. 35.
0° .Manquer, avoir besoin de quelque chose.
Ercli.3. 15. 5/ dcfecerit{à-rA-i-,i.,)sensu,veniani
du: Si l'esprit de voire père s'affaiblit, sup-
portez-le. c. 11. 12. Eccli. 4.3.29. Ezech. i.
17. A quoi se rapporte, h Avoir moins, être
d ins un pire état. 1. Cor. 8. 8. Neque, si man-
dueaienmus, deficiemus {fjz-zoti-y .- Si nous ne
mangeons pas, nous n'aurons rien moins
devant Dieu, nous ne lui serons pas moins
agréables. 2' Manquer à quelqu'un. Hebr.ll.
32. pefieiet {è-ù.EÏrti-j) me tempus enarranlem
de Gedeon. etc. Le lemps me manquera, si jo
veux parler encore de Gédéon , et des aulres.
6" Se retirer, se séparer à'v((rT«G-5«i). Eccli.
7. 2. Discedite ab iniguo, et déficient inala abs
re;Helirez-vous de l'injuste ou de l'injuslice,
et le péehé se retirera de vous.
7 Manquer, ne pouvoir pas atteindre, n'a-
voir pas assez de force. Prolog. Eccli. Dcfi-
ciunt vcrba /Jebraica, quando fuerint iran^
slala adalleram linguam : Les mots hébreux
n'ont plus la même force, lorsqu'ils sont tra-
duits en une langue étrangère; ^V. Les n)ê-
mes choses n'ont plu» la même force, lors-
<0C3
DICTIOiNNAïKR DE PIIIbOLOGlE SACRÉE.
10G4
qu'on les faii passer de la langue hébraïque
en uiui langue élrangère.
' 8° Souffrir quelque défaillance. Eccii 17.
30. Qiiid lucidius suie? et hic deficiet : Qu'y
a-l-il de plus lumineux que le soleil ? et néan-
moins il souffre des défaillances par des éclip-
ses.
DEFIGERE; sur:rjyv{)2Lv. Fichcr, enfoncer.
2. llcg. 2. 16. Defixit gUidium in laliis con-
trarii : Chacun des douze hommes de Benja-
min du côlé d'Isboselh, et chacun des douze
du côlé de David, se passèrent l'épée au tra-
vers du corps les uns des autres. Judic. h.
21. Eccl. 12. 11. ïhren. 2. 9. Defixœ sunt in
terra portœ ejus : Les portes de Jérusalem
sont enfoncées dans la terre, y étant comme
ensevelies sous les ruines des murs.
Phrase lii ée de ce verbe.
befigere manum apud aliquem. S'engager
à quelqu'un en louchant dans sa main {nv.pr/-
ïto&vKt), ou autrement. Prov. 6. 1. Si dcfixisti
apud exlraneum manum îuam : Si vous avez
engagé votre foi et votre main à un étranger.
c. 22. 26. Il fait allusion à la manière dont
on s'engageait à un autre.
Façon de [larler.
Defixus in fœcibus. Enfoncé dans ses ordu'
res. Soph. 1. 12. Voy. F^x.
DEFINIRE , ôoi'c-uv, déterminer, résoudre,
arrêter, soit qu'il s'entende des hommes.
1. Mach. 1. 65. Definierunt apud se, ut non
manducaretit immunda (w;^uowev5(rav toû [jl-ô y«-
yeïv, confirmati sunt ut non manducarent) :
Plusieurs du peuple d'Israël résolurent en
eux-mêmes de ne rien manger de ce qui serait
impur; se. sous la persécution d'Antiochus.l.
Reg. 20. 33. Soit en parlant des décrets éter-
nels. Luc.22.22. Filiushominissecundum quod
definitum est vadit : Le Fils de l'Homme s'en
va selon ce qui en a été déterminé de toute
éternité. Acl. 2. 23. c. 17. 26.
DEFINITIO, Nis. — 1° Décret, décision, dé-
termination. Dan. 11. 36. Perpetrata quippe
est definitio : Dieu a déterminé un certain
temps pour punir Antiochus ou le peuple. —
2° Bord, clôture, ce qui borne ysTo-o/). Ez.
43. 13. Definitio ejus usque ad labimn ejus :
Depuis la clôture de l'autel jusqu'à son bord.
DEFLECTERE, iy.yliMiu. — 1° Se détourner.
Eccli. 22. 16. Déficelé ah illo : Détournez-
vous de l'insensé, c. 2. 7. — 2° Se retirer
quelque part [yM'oàvîu). Eccli. 36. 28. De-
flectens ubicumque obscuraverit : Un homme
qui va chercher le couvert partout où la nuit
le prend? qui est-ce qui s'y fiera?
DEFLUERE,«7T0|ôpErv. — l"Couler en bas, s'é-
couler. 2. Mach. IV. ko. Cum sanyuis ejus de-
/lueret : Des ruisseaux de sang coulaient à
Raziaside tous côlés, à cause de ses grandes
plaies. Eccl. 51. 13. Pro morte dcfluente de-
precalus sum : Je vous ai prié de me délivrer
d'un torrent de mort; Gr. Pro morlis libéra-
tione [xjTTèp OavKToy ^oOte&j,) : La mort est sem-
blable à un torrent qui coule et entraîne
avec elle les hommes. 1. Reg. 21. 13. Jer.
y. 18. c. 18. n. etc.
2 Tomber, choir. Ps. 1. 3. Folium ejus
non defluet : Le juste sera comme un arbre
planté proche le courant des eaux et dont la
feuille ne tombera point ; Heb. Ne se flétrira
point. Jerem. 8. 13. Ezech. 47. 12. Isa. 3k.
k. Ainsi, Esth. 15. 7. Defluentia in humum
indumcnla : Robe qui traîne à terre.
3" Fondre, se dissiper, tomber en ruine,
être détruit {'fOzipîuQui). ha. 2'*. k. Luxil et de-
fluxit terra, defluxit orbis : La terre est dans
les larmes, elle fond, le monde périt, c. 64.
V. 1. 3. Sap. 1. 16. JEstimantes iltavi amicain,
defluxerunt : La croyant amie, ils en ont élé
consumés, £t«-//j(t«v, comme la cire l'est par
le feu qui la fait fondre. Amos. 8. 8. c. 9. 5.
l.Mach. 9. 7.
DEFODERK, d'où vient defossus.
Fouillé , creusé , comme la terre qu'on
fouille.
Enterré, caché en (erre. Job. 11. 18. De--
fossus securus durmies : Vous dormirez en
repos, enfoncé dans votre tente ; Heb. et fo'
dies. Les Arabes creusaient la terre pour
planter leurs tentes; ce qui signifie aussi :
Qui est entré dans le sépulcre; selon la pa-
raphrase chaldaïque : Prœparabis domum
sepultnrœ et securus dormies :Yous vous pré-
parerez le lieu de votre sépulture, et vous y
dorniirez, vous ne serez plus exposé aux
insultes de vos ennemis.
DEFORMARE, tjt^oOv, d'où vient déforma^
tus.
1° Formé, transformé, changé. Num.17.8.
Flores in amygdalas deformali sunt : Il sortit
des lleurs de la verge d'Aaron, d'où il se
forma des amandes toutes mûres, accompa-
gnées de leurs feuilles.
2° Gravé. 2. Cor. 3. 7. Minislratio morlis
lit 1er is de formata in lapidibus ; La loi do
mort (5C. la loi de Moïse), dont les lettres
étaient gravées sur des pierres.
DEFOIIMIS; Tzo-jvpô;, du substantif /br»ïà.
1" Difforme, laid, contrefait, horrible. Gen.
41. 19. Ilotes déformes et macilentœ : Dos va-
ches horribles à voir à cause de leur mai-
greur. Levit. 14. 37.
2° Défectueux, qui a quelque défaut consi-
dérable et remarquable. Deut. 15. 21. 5m
autem fuerit in aliqua parle déforme : Que si
le premier né entre les mâles qui naissent
parmi vos bœufs ou vos brebis a quelque
difformité, il ne sera point immolé au Sei-
gneur.
DEFORIS , l'ç«9£v. — l-Par dehors. Matlh.
23. 25. Mundalis quod deforis est : Vous
nettoyez le dehors de la coupe et du plat ;
Jésus-Christ blâme les scribes et les phari-
siens d'affecter d'avoir une justice extérieure
et de paraîUe justes, quoique esclaves de
leurs passions, v. 27. Gen. 7. 16. Ezech. 46.
2. Luc. 11. V. 3;). 40. — 2° De dehors les
rues. Jerem. 9. 21. Mors ingressa est domos
noslras disperdcre parvulos deforis : La mort
est cjitrée dans nos maisons pour en exter-
miner tous nos enfants; de sorte qu'il n'en
reste plus pas un qui paraisse dans les rues
comme auparavant.
DEFRAUDARE , ÙTiofxrspsa ; du substantif
fraus, fraudis.
Oler, frustrer, priver. Eccli. 4. i. Eleemo-
1065
DEJ
DEl
iCC6
synam pauperis ne defraudes • Ne privez pas
le pauvre de son aumône, c. 14. 3'i. Luc. 19.
8. Siquid aliquem dcfraudavi, reddo quadnt-
pliim : Si j'ai fait tort à quelqu'un en quoi
que ce soit, je lui en rendrai quatre fois au-
tant.
DEFRICARE, èy-rpiSErj, frotter, nettoyer. Le-
vil. 6. 28. Si vas œneum fuerit, defricabitur :
Si le vase dans lequel aura cuit l'hostie pour
le péché est d'airain, on le nettoiera avec
grand soin.
DEFUiNCTIO , Nis, zeI-vz-ô, ce mol inusité
signifie dans l'Ecriture :
La mort. Eccl. 1. 13. Li die defunctionis
siiœ benedicetur: Celui qui craint le Seigneur,
sera béni au jour de sa mort.
DEFUNGL ù-odMnay.eu, Gv/i^xeiv, s'acquilter
de son devoir-, et se délivrer de quelque af-
faire'; fâcheuse; dans l'Ecriture :
Mourir, se dégager des inquiétudes de la
vie. Hebr. 11. 13. Jiixla fîdem defuncti sunt :
Tous ceux-là sont morts dans la foi ; l'Ecri-
ture parle des justes de l'ancienne loi, morts
dans la foi du Messie. 2. Much. 12. kQ. Pro
defunctis exorare : Prier pour les morts.
Deut. 25. 5. etc. Voy. Liber.
DEGLUTIRE, -/«TaTrîvetv, avaler, engloutir,
dévorer. Jon. 2. 1. Et prœparavit Dominus
piscem grundem ut deglulii'et Jonam : Aussi-
tôt que les mariniers eurent jeté Jonas dans
la mer. Dieu fit qu'un gros poisson se trouva
là qui engloutit Jonas. Num. IG. v. 30. 34.
Détruire, faire périr, 1. Pelr. 3. 22. Deglu-
tiens morlcin : C'est Jésus-Christ qui a détruit
la mort.
Phrases Urées de cette signiflcalion.
Dp.glutire aliquem viviim. Dévorer quel-
qu"'un tout vivant, c'est le perdre entière-
ment, en sorte qu'il n'en reste plus rien du
tout; en faisant allusion aux bêtes farou-
ches qui dévorent les petits animaux. Prov.
1. 12. Deglnliamiis eum sicut infernus viven-
tem : Dévorons l'innocent tout vivant comme
l'enfer, disent les pécheurs, Ps. 123. 2.
DEHONESTARE , ovaJiÇew , déshonorer.
Prov. 25. 8. Ne cum dehoneslaveris amicum :
De peur qu'après avoir ôlé l'honneur à
votre ami, vous ne puissiez plus le répa-
rer.
DEJERARE, du verbe simple jurare.
1° Jurer, faire serment. Eccl. 9. 2. Ut per-
jurus, ita cl ille qui verum dcjrrat : Dans celle
vie le parjure est traité comme celui qui
jure dans la vérité.
2' Conjurer, prier inslammcnt (owvûstv). 1.
Reg. 20. 17. Addidil Jonalhas dejerarc : Jo-
nalhas conjura encore David de ceci.
DKJECTIO , Nis, y.uOor.ipE'n; , abattement,
chute, renversement, ruine. 1. Mach. 3. 43.
Erigamus dejectioncm popuii nosiri : Rele-
vons les ruines de notre nation, disent Judas
et ses frères, résolus de combattre l'armée
que Lysias envoya contre la Judée.
DEJICERE, x7.T«ç«>,).£iv, du \cvhc jaccrc.
1 ' Abatlrc, faire tomber, renverser, préci-
piter, chasser, faire sortir (/îtTr-ctv). Exod. 15.
i. lùjuuin et ascensorem dcjccil in marc : Le
Dictionnaire de Puilol. Sacrée. I
Seigneur a précipité dans la mer le cheval et
et le cavalier, dit Moïse, parlant de Pharaon.
Ps. 73. 6. Eccl. 22. 25. c. 47. 3. c. 48. 6. A
quoi se rapporte,
Abattre et décourager. Prov. 18. S.Pigrum
dejicit timor : La crainte abat le paresseux,
c. 7. 26.
2" Perdre, ruiner, vaincre, défaire, faire
tomber. Ps. 72. 18. Dejecisli eos dum alleva-
rentur : Vous avez renversé les pécheurs, ô
mon Dieu , dans le temps même qu'ils s'é-
levaient. Judith. 4. 13. Pr(ecî6as sanctis orando
dejicit • Moïse vainquit Amalec avec l'ardeur
et la sainteté de sa prière. Ainsi, dejicere in
ignem ; c'est faire périr. Ps. 139. 11. In
ignem dejicies eos; vous jetterez les pécheurs
dans le feu.
3° Faire déchoir de son état éclatant (//o»3-
Iio'jm). Dan. 8. 11. Dejecit locum sanctificatio'
nis ejiis : Antiochus ne ruina pas le temple
de Jérusalem, mais il lui fit perdre l'honneur
d'être le temple de Dieu, en le profanant et
le consacrant à Jupiter.
4° Jeter dans de grands dangers qui nous
menacent d'une ruine prochaine. 2. Cor. 4.
9. Dejicimur, sed non perimus :^oiis sommes
abattus, mais non pas perdus. ,
Phrase de ce verbe. St • •• r^
Dejicere vultum. Baisser la vue, ce qui
marque le respect et la crainte. Dan. 15. 15.
Dejeci vultum meum ad terram, et tacui :
J'avais le visage baissé contre terre et je me
taisais.
DEINCEPS, £Tt, composé de dein et de
capio.
1" Désormais, dorénavant, dans la suite du
temps, à l'avenir. Gen.9.11. A'^e^/î^e eril dein-
ceps diluvium dissipans terram ;Nul déluge à
l'avenir n'exterminera plus toute la terre.
Jac. 4. 15 etc.
2" Peu de temps après, incontinent après,
ensuite. Levit. 9. 23. Et ingressi et deinccps
egressi : Moïse et Aaron entrèrent dans le
tabernacle du témoignage, et sortirent en-
suite pour bénir le peuple. 1. Reg. 9. 13.
3" Le lendemain, le jour suivant (èc,riç).
Luc. 7. 11. Et factum est deinceps ibat in ci^
vilatem : Le jour suivant celui auquel Jésus-
Christ avait guéri le serviteur du centenier,
Jésus-Christ allait dans une ville appelée
Naim\ ce deinceps de la Vulgalc est expliqué
par le Grec, ta s^^j, sequcnti die.
4° Par ordre, de suite {y.uOzc-nç). Act. 3. 24.
Omnes prophetœ a Samuel et deinceps : Tous
les prophètes qui ont prophétisé de temps en
temps depuis Samuel. Esth. 10. 13,
5' Encore, derechef. Gen. 1.11. Ac dciU"
ceps; ecce, ait- l'ange dit encore à Agar; se.
qu'elle nommât son fils, Ismaël. Exod. 34.
1.1. Reg. 3. 9.
DEINDE, r-EiTK, de l'adverbe inde.
1" Après, ensuite, on second lieu. 1. Par.
29. 20. Adoraverunt Dcum , et dcindc regem :
Les Israélites assembles se prosternant, ado-
rèrent Dieu <;l rendirent ensuite leur hom-
mage au roi. Voy. Auorare. Joan. 20.
27. Ole.
2" Outre cela, de plus. 1 Cor. 12. 28, Po^
34
i067
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE;
i068
suit Beus deinde virtutes : D\eu a établi en-
suite ceux qui ont le don des miracles ; se.
après avoir établi des apôtres, etc. c. 15. 7.
Jac.3. 17. Sap. 17.15.
DEINTUS, r<Tw9£v, au dedans. Luc. 11. 40.
Nonne etiam id quod deintus esX fecit? Ce-
lui qui a fait le dehors {se. le corpsj, n'a-l-il
pas fait aussi le dedans {se. l'âme ? dit Jé-
sus-Christ aux pharisiens, v. 7. Deintus re~
spondens :J]n homme qui répond du dedans
de sa maison, se. sans ouvrir la porte.
DELABI, tomber de quelque lieu ; dans
l'Ecriture :
Belapsus, a, um.
Qui vient d'en haut, qui se fait entendre
d'en haut {h■y^e^iç, Hiatus). 2. Petr. 1. 17
Voce delapsa ad eum : On entendit cette voix
de la nuée, qui s'adressa à Jésus-Christ:
Voici mon Fils bien-aimé, etc. Voy. Mallh.
17. o.
DELÂTIO , Nis , dénonciation , rapport.
Eslh. 12. 5. Datis ei pro delatione muneri-
bus : Assuérus fit des présents à Mardochée
pour l'avis qu'il lui avait donné. Voy. cet
avis, v. 2.
DÉLATOR, is, ÈvoeixTyjs-, accusateur, dénon-
ciateur, délateur. 2. Mach. 4. 1. Simon pecu-
niarum et patriœ delator : Simon, qui avait
donné l'avis touchant l'argent, et qui s'était
déclaré contre sa patrie.
DELATURA, Gr. §iv.eoU; inusité, du verbe
déferre; dans lEcriture :
Médisance, reproche, calomnie. EccK 38.
17. Propter delaturam amare fer luctum il-
lius : Faites un grand deuil sur un mort
(pendant un jour) dans l'amertume de votre
âme, pour ne pas donner sujet de mal par-
ler de vous. c. 26. 6.
DELEAN, Heb. Pauper; Ville de la tribu
de Juda. Jos. 15. 38.
DELEGTABILIS, is, e, agréable, qui plaît,
qui réjouit {-àyccBô; ). Eccl. 11. 7. Deleetabile
est oculis videre solem : L'œil se plaît à
voir le soleil. Gènes. 3. 6. Isa. 5. 7. 2. Mach.
15.40.
DELECTAMENTUM, i , r.^o-,-n. — 1° Plai-
sir qu'on prend à quoi que ce soit. Sap. 7. 2.
jDelectamcnto somni eonvenienle : J'ai été for-
mé de la substance de l'homme dans le repos
du sommeil.
2° Ce qui estagréable au goût, et délicieux.
Sap. 16. V. 2. 20. Paratum panetn de cœlo
prœslitisli illis, omne deleelamenlum in se ha-
bentem : Vous avez fait pleuvoir du ciel (aux
Israélites) un pain préparé, qui renfermait
en soi tout ce qu'il y a de délicieux. Le Sage
parle de la manne ; on croit que les Israélites,
surtout ceux qui craignaient Dieu, y trou-
vaient tel goût qu'ils souhaitaient.
DELEGTARE , -zip-nza. De l'ancien verbe
lacère, d'où vient lactare, pour allicere.
i" Réjouir, donner du plaisir, recréer. Ec-
cli. 1. 12. Timor Domini delectabit cor: La
crainte du Seigneur réjouira le cœur. Ps. kk.
9. Prov. 13. 19. etc.
2" Rendre agréable. Ps. 64. 9. Exitus ma-
tutini et vespere delectahis : Vous réjouirez
les hommes par le lever de l'étoile du malin
et de colle du soir. D'autres l'expliquent :
Vous réjouirez les peuples d'Orient, où le
soleil se lève, et ceux dOccident, où la nuit
commence; autr. : Vous répandrez la joio
jusque dans l'Orient et dans l'Occident parmi
votre peuple dispersé partout.
3° Se jouer, se divertir. Isa. 11. 8. Dele-
ctabiturinfunsabtibere super foramineaspidis:
L'enfant qui sera encore à la mamelle se
jouera sur le trou de l'aspic; ce qui marque
la sécurité qui devait être sous le règne de
Jésus-Christ, où même les fidèles devaient
insulter au démon et mépriser ses forces et
sa malice.
DELEGTATIO, nis , te^t^vôt*,;. Joie, dé-
lices, contentement. Sap. 8. 18. Ps. 15. 11.
Delectntiones in dextera tua usque in finem :
Les délices dont on jouit à votre droite sont
éternelles.
DELEGARE. Donner une charge, commis-
sion ou gouvernement (SoOvki). 3. Reg. 11.
18. Terram deîegavit : Pharaon, roi d'Egypte,
donna à Adad le gouvernement d'un certain
pays.
DELERE, è^aXetyïtv. De l'ancien verbe leo,
/eiu", du Grec ).yw.
1° Effacer, abolir, ôter le souvenir. Ps. 68.
29. Deleanlur de libro vivenlium : Que mes
ennemis soient effacés du livre dos vivants.
Ceci est plutôt une prophétie qu'un souhait.
V. Liber. Act 13. 19. Converlimini, ut delean-
tur peccata vestra : Convertissez-vous ^ afin
que vos péchés soient effacés. Coloss. 2. 14.
Phrase tirée de celte signification, dans le sens figuré.
Delere de libro vivenlium. Ne point écrire
sur le livre de vie. Ps. 68. 23. Deleantur de
libro vivenlium : Que mes ennemis ne soient
point du nombre des élus. Voy. ci-dessus
Delere. Exod. 32. v. 32. 33. Mais JSon de-
lere de libro, c'est y être écrit. Apoc. 3. 5.
Non dcleho nomen ejus de libro vitœ : Je n'ef-
facerai point du livre de vie le nom de celui
qui sera victorieux.
I 2" Perdre, ruiner, exterminer ( «nxlsifety ).
Gen. 6. 7. Delebo hominem : J'exterminerai
de dessus la terre l'homme que j'ai créé (ce
qui s'entend par le déluge qui devait arriver).
Sap. 10. 4. Cum aqua deleret terram : Lors-
que le déluge inonda la terre (/aTKx^ûÇetv ,
demerqere). Ps. 17. 43. etc., d'où vient :
Delere de populo, èço>o6|0£-j£iv. Exterminer
quelqu'un du milieu du peuple; s'entend
du retranchement de la compagnie dos
saints, soit dans cette vie, soit dans l'autre.
Gen. 17. 14. Delebitur anima illa de populo
suo : Tout mâle qui n'aura point été circon-
cis sera exterminé du milieu de son peuple,
ne sera point censé Juif, et n'aura point do
part aux promesses de Dieu faites à son
peuple.
DELIBARE. Goûter, tâler de quelque
chose, effleurer; dans l'Ecriture :
Goûter du vin qui servait d'aspersion sur
les victimes qui devaient être immolées ;
d'où vient :
Delibari, cKévSeadui. Etre sur le point d'ê-
tre immolé, près d'être sacrifié. 2. Tim. 4.
6. Jam dclibor : Je suis comme une victime
i069
DEL
DEL
1070
qui a déjà reçu Paspersion pour être immo-
lée et sacrifiée. Voy. Philipp. 2. 17.
DELIBATIO , ms, Gr. K-ru^yn. Primiliœ.
Délachement, une partie que l'on détache
d'une masse. Rom. 11. 16. Si delibalio sancla
est, et massa : Si les prémices du peuple juif
sont saintes, la masse l'est aussi. Ces pré-
mices sont les patriarches, ou bien les apô-
tres et les disciples qui ont embrassé la foi
et ont eu part au salut; ainsi le corps des
Juifs, dont ils ont été tirés, y peut avoir part
aussi. L'Apôtre fait allusion à la loi, qui or-
donnait au peuple de détacher de ses blés ou
de son vin les prémices pour les offrir à Dieu,
afin que le reste pût être saint.
DELIBERARE. De libella, un niveau, une
balance.
Délibérer, résoudre. 2. Reg. 2i. 13. Nunc
eryo délibéra : Délibérez, yvwôt, sur ces trois
fléaux dont le Seigneur vous donne le choix,
dit le prophète Gad à David.
DELIBUTUS , A , UM , yjjio^jsvoç. De l'an-
cien verbe delibuo, du Grec hi^-.c^, irrigare^
d'où vient libo et libuo, comme on disait do
et duo.
Oint, parfumé. Amos. G.Q. Oplimo unguento
delibuti : Coupes parfumées des huiles de
senteur les plus précieuses.
DELICATE. Délicatement. Prov. 29. 21.
Qui délicate a pueritia nulrit servum suum :
Celui qui nourrit délicatement son serviteur
dès son enfance le verra ensuite révolté con-
tre lui. Délicate nutrire, xarao-TraxH/âv .
DELICATUS, A , UM, Kncàô;. De deliciœ ,
arum.
1° Tendre, délicat. 1. Par. 22. 5. Puer par-
vulus est et delicatus : Mon fils Salomon est
encore jeune, et d'une complexion faible et
délicate. Deut. 28. v. 5i. 56. Dan. 13. 31.
Baruch. k. 26.
2° Qui vit dans la mollesse, dans les déli-
ces et l'abondance des biens (rpu^e^èrj. Isa.
47. 8. Audi hœc delicata : Ecoulez, ô Ba-
bylone, vous qui vivez dans les délices 1
Hebr. voluptaria. Jerem. 49. 4. Filia deli-
cata : 0 ville abîmée dans les délices 1 Gr.
impudente, effrontée, c. 6. 2.
3° Cher, précieux, dont on fait ses délices
{7p\jf£pôç). Isa. 58. 13. Si vocaveris sahbalum
delicatum : Si vous faites vos délices de l'ob-
servation du sabbat. Voy. Vocare. Jerem.
31. 20.
i" Faible, et peu affermi. 2.;Reg. 3. 39.
Ego aute.m adhuc delicatus uvyyevnç ( cogna-
tas), et unctus rcx : Pour moi, je ne suis pas
assez fort pour venger un aussi grand crime
que celui de Joab et Abisaï, qui ont tué Ab-
ner, n'étant roi que par l'onction, et non par
la succession, et encore peu affermi. La mé-
taphore est tirée de la faiblesse des gens dé-
licats. 1. Par. 21. 5.
DELICIiE, ARUM, xpvfpri. De l'ancien verbe
delicere, qui vient de lacio, delicio.
Proprement, tout ce qui excède les besoins
que demande la nature, cl qui va au delà,
s'appelle délices; dans l'Ecrilurc :
1° Délices, plaisir. Prov. 8. 31. Deliciœ mcœ
esse cum filiis liuminum : Mes délices sont
d'être avec les enlanls des hommes, dit la
Sagesse divine. Elle se plaît d'une manière
plus particulière dans les hommes, qui sont
les plus excellents de ses ouvrages, et qu'elle
a formés à son image et à sa ressemblance.
Quelques-uns rapportent ceci à l'amour in-
fini que le Fils de Dieu, qui est la S:igesse
éternelle du Père, a témoigné à l'homme, en
s'incarnant et se faisant homme pour le sau-
ver et le racheter. Luc. 7. 25. Mich. 1. 16.
Totidere super filios deliciarum tuarum, i. e.
charissimos : Arrachez-vous les cheveux en-
tièrement pour pleurer vos enfants, qui
étaient toutes vos délices, ô Israël 1 Ps. 138
i\. Et nox illuminatio mea in deliciis meis;
hebr. circa me : La nuit même devient toute
lumineuse pour me découvrir dans mes plai-
sirs. Voy. Illuminatio. A quoi peut se rap-
porter :
Joie, satisfaction. Job. 30. 7. Esse sub sen-
tibus delicias computabant : Je suis mainte-
nant méprisé par des personnes qui faisaient
leurs délices d'être sous les ronces et sous les
épines.
2° Amour tendre. Cantic.7. 6. Charissima in
diliciis: Ma très-chère, et les délices de mon
cœur, i. e. aimée tendrement.
3° Délicatesse. Esth. 15. 6. Super unam qui-
dem innitebatur, quasi prœ deliciis et nimia
teneritudine : Esther s'appuyait sur l'une de
ses servantes, comme ne pouvant soutenir
son corps, à cause de son extrême délicatesse,
se. lorsqu'elle alla parlera Assuérus.
4° Paix, repos, sécurité. Mich. 2. 9. Mulie-
res p'opuli mei ejecistis de domo deliciarum
suarum : Vous avez chassé les femmes de
mon peuple des maisons où elles étaient en
repos et en grande union avec leurs maris.
5° Terre ou pays plein de délices, espèce de
paradis terrestre {Kv.pûoîiaoç). Isa. 51. 3. Po-
natn desertum ejus in delicias; hebr. eden : Je
ferai un paradis terrestre de la Judée, qui est
maintenant désolée et abandonnée.
DELICTUM, I, 7rcç,ÛTzzuiJ.x. Hebr. Ascham.
1° Un péché, proprement d'omission, étant
opposé à peccatum. Levit. 7. 7. Sicut pro
peccato ojfertur hoslia, ita et pro delicto :
Comme on offre une hostie pour le péché, on
l'offre aussi pour la faute. La raison de celle
signification est que delinquere signifie la
même chose que (/e/îcere, manquer, ou laisser
passer ce qu'on ne doit point omettre, comme
dit Feslus, au lieu ciue peccatum, c'est lors-
qu'on fait le contraire de ce qu'on doit : Dc-
liclum omissio boni; peccatum, perpelratiu
mali. Voy. Jans. Gand. in Eccli. 24. 26. De
là vient que ce mot signifie :
2° Péché d'ignorance ou de faiblesse {-xpà-
T.zM^a.). Ps. 18. 13. Delicta quis intelligil'f Qui
est celui qui connaît ses fautes? Ps. 2i. 7. Il
y avaitunsacrifice particulier pour celle sorte
de péché, comme il y en avait un pour les pé-
chés de malice. Heb.6'A«///ia/. Levit. 7. V.7. 37.
Ista est Icx holocausti, et sacnficn pro peccalo
atque delicto : C'est là la loi de l'holocauste
et du sacrifice pour le péché et pour la faute.
Ezech. 40. .39. c 'i2. 13. c. 46.20. Néanmoins
l'interprète de notre Vulgale confond souvent
delicium et peccatum. Levit. 5. v. 4. 5. (Si)
intellexerit delictum suum. agat pœnitentiam
1071
mCTlONNAIRE DE
pro peccato silo : Si un homme se souvient
de sa faute, qu'il fasse pénitence pour son
péché. V. 15. Sipeccaverit, offeret pro delicto
suo arfetem : Si un homme pèche par igno-
rance contre les cérémonies, il offrira pour
sa faute un bélier sans tache, v. 17. Si pec-
caverit per ignorantiam, et peccati rea intel-
lexerit, etc., quia per errorem deliquit. v. 31.
Ainsi le mot grec 7rap«7rTwpta , qui est rendu
par deliclum Ephes. 2. 1. est rendu par pec-
calum. V. 5. Ce même mot signifie toules
sortes de péchés. Rom. k. 23. 2. Cor. 5. 19.
3° Grime, faute, péché {Tzapànroùiiu). Ephos.
2. 1. Mortui deliclis : Hommes morts par
leurs dérèglements. Prov. 10. 12. Universa
delicta operit charitas : La charité couvre
toutes les fautes. Matlh. 6. 14. Ps. 58. 13. De-
lictuni oris eorum ( depone eos ob delictum
cris eorum) : Faites déchoir mes ennemis de
l'état d'élévation ou ils sont, à cause du crmie
sorti de leur bouche, du refus injurieux qu'ils
ont fait de reconnaître Jésus-Christ ou de la
voix meurtrière par laquelle ils demandèrent
sa mort.
k° Peine encourue par le péché. Levit. 5.
3. Subjacebit delicto : Un homme reconnais-
sant avoir touché quelque chose d'un homme
qui soit impur, d'une impureté légale, sera
coupable de péché, i. e. à moins qu'il n'expie
ce péché, il en portera la peine. Jerem. 50. 5.
5° Le péché d'idolâtrie. Amos. 8. 14. Qui
jurant in delicto Samariœ : Ceux qui jurent
par le péché de Samarie, par le culte impie
dos veaux d'or que les rois d'Israël avaient
introduits dans Samarie, où était leur siège
principal. Le Prophète donne à ce culte le
nom de pèche, parce qu'il avait irrité Dieu et
qu'il avait inspiré l'idolâtrie à tout le peuple
des dix tribus.
6" Faute, défaut («tt»3/x«). 1. Cor. 6. T.
Omnino delictum est in vobis. quod judicia
habelis inter vos ; Il y a certainement du dé-
faut parmi vous, de ce que vous avez des
procès les uns contre les autres ; cela marque
peu de courage, et que l'on succombe à ses
passions.
DELINIRE. Du simple lenire.
Apaiser, flatter, caresser, gagner. Gen. 34.
3. Tristemque delinivit blandiliis : Sichem,
voyant Dina triste, se. de la violence qu'il lui
avait faite, tâcha de la gagner par ses ca-
resses. 2. Par. 24. 17.
DELINQUERE, Gr. nlnixiiûeïv. Du simple
inusité linquere. 1° Commettre une faute ou
un péché. Éccli. 27. 1. Propter inopiam multi
deliquerunt : La pauvreté en a fait tomber
plusieurs dans le péché.
2° Pécher grièvement, se perdre, périr. Ps.
33.22. Qui oderunljustutn, delinquent : Ceux
qui ont de la haine pour le juste pécheront
contre eux-mêmes; hebr. Devastabuntur, ils
périront ; Dieu permettra qu'ils meurent dans
leurs péchés. Au contraire, v. 23. JSon delin-
quent omnes qui spernntin eo : Tous ceux qui
mettent leur espérance dans le Seigneur ne
pécheront point gricvemont,ou, s'ils pèchent,
ils se relèveront et ne mourront point dans
leur péché. 11 se peut prendre dans le môme
PHILOLOGIE SACRÉE. 1072
sens. Tit. 3. 11. Subversus est, et delinquUf
DELIRAMENTUM, i. lr,poç, de delirare ,
qui vient de lira, un sillon bien droit ; ainsi,
delirare, c'est s'éloigner de la droite raison.
Radotemont , rêverie. Luc. 24. 11. Visa
sautante illos, sicut deliramentum verba ista:
Ce que les femmes qui étaient revenues du sé-
pulcre dirent aux onze apôtres, et à tous les
autres, leur parut comme une rêverie.
DELONGE. Voy. Deprope. Adverbe com-
posé de la préposition de et de longe. De
loin. Jer. 25. 26.
DELOS; Gr. Ostensa. Ile de la mer Egée ,
la plus fiimeuse des Cyclades, célèbre par
la naissance d'Apollon et de ses oracles 1.
Mach. 15. 23.
DELPHON, Hebr. Stillicidium. Le nom du
second fils d'Aman. Esth. 9. 7.
DELUBRUM , i. Du verbe deluere. et si-
gnifie proprement, un temple, devant lequel
il y a quelque fontaine, oiî on se lavait avant
d'y entrer ; dans l'Ecriture :
1° Temple consacré aux idoles {s'îBukov).
Isa. 27. 9. Non stabunt luci et délabra : Les
bois et tous les temples consacrés aux ido-
les, seront renversés. Jerem. 43. v. 12. 13.
2" Palais, maison magnifique (ol/o?). Isa.
13. 22. Sirènes in delubris voluptatis : Les
cruelles sirènes habileront dans les palais de
délices de Babylone. Le mot hebr. hecal, si-
gnifie, palais ou temple.
DELUDERE. Amuser, tromper, se moquer.
Prov. 3. 34. Ipse deludet illusores : Le Sei-
gneur se moquera des moqueurs. Gen. 31.
35. 2. Par. 32. 15.
DEMAS; Gr. Popularis. Demas, compa-
gnon de saint Paul. Col. 4. 14. Philem. v.24.
Demas et Lucas adjutores mei. 2. Tim. 4. 9.
Demas me reliquit : Demas m'a abandonné,
s'étant laissé aller à l'amour du siècle. Ce
disciple était avec saint Paul dans sa pre-
mière prison, et l'a abandonné, lorsqu'il y
était pour la seconde fois; ce qui fait voir
que l'Epître 2. à Timothée est postérieure à
celle à Philémon.
DEMENS ; avouf. Du substantif »ien5, et de
la prépositition de, privative.
Insensé, fou, extravagant. 2. IMach. 15.
33. Manum autem démentis contra templum
suspendi (jussit) : Judas commanda qu'on
suspendît vis à-vis le temple la main de ce
furieux. H parle de Nicanor. Voy. c. 14. v.
32. 33.
DEMENTARE; è^iari'.mi. Inusité de l'ad-
jectif (/e?nens.
Infatuer,. renverser l'esprit. Act. 8. 11.
Propter quod multo tempore magiis suis rfe-
mentasset eos : Il y avait déjà longlemps que
Simon le maj^icion avait renversé l'esprit
des habitants de Samarie par ses enchante-
ments : 5c. lorsque saint Philippe y alla prê-
cher l'Evangile.
DEMENTIA, je-, «vota. Folie, extrava-
gance ou méchanceté. 2. Mach. 4. 40. Duce
quodam lyranno, œtate paritcr et demenlia
provecto : Les trois mille hommes que Lysi*
J073
DEM
DEM
4074
maque arma pour user de violence contre
le peuple de Jérusalem, avaient pour chef un
certain tyran également avancé en âge et
consommé en malice.
DEMERGERE, /axaTrovri^civ. ~ 1" Plon-
ger, submerger, enfoncer. Ps. 68. 3. Tem-
pestas demersit me : La tempête m'a sub-
mergé. Job. iO. 8. Faciès eorum demerge in
foveum : Jetez les impies au fond de la terre;
i. e. du sépulcre. Sap. 10. 19. etc.
2° S'ab;ittre, s'abaisser (xaT«Àû.:jv). Eccli.
43. 19. Sicut locusta demergens (supl. se) de-
scensus ejus : La neige tombe comme une
troupe de sauterelles qui s'abat à terre, et
qui la couvre de leur grand nombre.
DEMETERE ; ôî^iÇav, moissonner. Job. 2i.
6. Agriim non smim demetunt : Il y en a qui
moissonnent le champ qui n'est point à eux.
Apoc. 14-. IG. Demessa est terra : La terre fut
moissonnée; t. e. les hommes en furent en-
levés.
Retrancher de dessus la terre, en parlant
des liommes 3. Reg. 16. 3. Ego demetam
posteriora Baasa : Je retrancherai de des-
sus la terre la postérité de Raasa et de sa
maison, c. 21. 21.
DEMETRIUS, i. De ^niiomp, Cerès, la dé-
esse des blés.
l°Démétrius Soter, (ils de Séleucus, fils
aîné d'Antiochus, avait été en otage à Rome.
1. Mach. 7. 2. Exiit Demetrius Seleuci filius
ab urbe Roma : Antiochus le Grand ayant été
vaincu par les Romains, dans la bataille que
lui donna Scipion , surnommé Y Asiatique ,
n'eut la paix qu'à condition qu'il enverrait
tous les ans à Rome vingt otages, pour assu-
rance de l'accord fait avec eux. Son fils An-
»tiochus Epiphanès fut choisi d'abord pour
être un de ces otages : mais dans la suite
Démétrius, fils de Séleucus Philopator son
cousin germain, fut envoyé en sa place.
Après la mort d'Antiochus, Démétrius se
sauva de Rome, et vint d'abord aborder à
Tripoli, ville maritime de Syrie, où ayant été
reconnu pour roi, il y amassa des troupes, et
étant venu à Antioche, capitale du royaume
de Syrie, il fit mourir Antiochus, surnommé
Eupator, fils d'Antiochus Epiphanès, et Ly-
sias, que les soldats de leur propre armée,
ou de la sienne, avaient arrêtés. 1. Mach. 7.
V. 1. 2. 3. k. c. 8. 31. c. 9. 1. c. 10. v. 2. 3.
22. 25. etc. 2. Mach. \h. v. 1. 2. 4. 5. etc.
2" Démétrius, fils aîné de Démétrius Soter,
voulant venger la mort de son père, et pos-
séder son royaume, vint de Crète au pays de
SCS pères; c'est-à-dire dans la Cilicie, qui
faisait partie du royame de ses pères, l'an
du monde 3856. 1. Mach. 10. 17. Venit De-
metrius filii Bemetrii, a Crela in lerrnm pa-
trum suoriim. Il fit général de ses troupes,
Apollonius, gouverneur de la Cœlésyrie, qui
vint en Judée pour combattre les Juifs, qui
avaient fait alliance avec Alexandre. Jona-
thas et Simon combattirent plusieurs fois
contre lui. Plolémée Philomélor ayant été sa
fille à Alexandre, la donna à Démétrius, et
se ligua avec lui pour se défaire de leur
commun ennemi. Plolémée fut blessé dans le
combat : Alexandre peu de jours après fut
tué par les siens; et Plolémée ayant vu su
tête mourut trois jours après. Ainsi , Démé-
trius resta seul roi de Syrie, à cause de quoi
il fut surnommé iVi'canor; c'est-à-dire vain-
queur. Tout était assez paisible dans la Ju-
dée : mais Jonathas ayant attaqué la forte-
resse de Jérusalem, Démétrius le fit venir
pour lui faire rendre compte de cette action.
Jonathas ne laissa pas de continuer le siège,
et apaisa ce prince par ses présents. Démé-
trius ayant congédié ses vieilles troupes,
comme n'en ayant plus besoin, Tryphon en
prit occasion pour faire roi le petU Antio-
chus, surnommé le Divin, qui était fils d'A-
lexandre. Démétrius étant entré dans la
Médie pour se fortifier contre Tryphon , fui
pris par le général de l'armée du roi de Perse
et de Médie, et fut mené à ce prince, qui lui
fit épouser sa fille Rodogune. Cléopâtre, sa
première femme, outrée de dépit, se donna
elle et son armée à Antiochus , appelé Si-
dé tes , frère de Démétrius. Après sa mort,
Démétrius fut remis sur le trône, qu'il tint
quatre années; ses [sujets, ne pouvant le
supporter, à cause de son orgueil, deman-
dèrent à Plolémée Phiscon, roi d'Egypte ,
qu'il leur donnât quelqu'un de la famille
des Séleucides pour les gouverner. Alexan-
dre dit Zebina, fut choisi par lui; et venant
en Syrie, tous les peuples le reconnurent
pour roi , et contraignirent Démétrius do
prendre la fuite. On le chassa de tous les
lieux où il voulut chercher un asile; cl enfin
il fut tué par quelques gens apostés par ses
ennemis, l'an du monde 3880.
3" Démétrius l'orfèvre, qui souleva le peu-
ple contre saint Paul. Acl. 19. v. 24. 38.
4° Un homme de piété. 3. Joan. 12. Dcme^
trio testimonium redditur ab omnibus : Tout
le monde rend un témoignage avantageux à
Démétrius.
DEMINORATIO, nis ; Gr. èlccTz^nç, inusité
de minor, is.
Diminution, perte, dommage. Eccli. 22. 3.
Filia autcm in dcminoralione fiet : Une fille
immodeste sera peu estimée, ou, ne causera
pas peu de dommage.
DEMITTERE. Abaisser, envoyer, mettre
dedans.
l-'Raisser, abaisser. Job. 32. 6. Dcmisso
capile veritus sum vobis indicare mcamsenlen-
tiam: Je suis demeuré la tête baissée, sans
oser seulement dire mon avis. Exod. 40. 3.
Demittes ante illam vélum ((jvtsTniÇstv, tegêre).
Vous suspendrez le voile au-devant de l'ar-
che. 3. Reg. 21. 27. Isa. 49. 23.
2'^Faire descendre, faire tomber {èmSâïkuv) .
Num. U. 31. Colurnicrs delulit. et dcmisit in
castra : Un vent excité par le Seigneur, em-
porta des cailles de delà la mer, les amena,
et les fil tomber dans le camp et autour du
camp (des Israélites . Jos. 2. 15. Dcmisit
rrgo eos per funem de fenrslra (x«T«;<^«),«Ç£tv) :
H.ihabfil descendre les deux espions de Jo-
sné par une corde qu'elle attacha à sa fe-
nêtre.
3 ■ Enfoncer. Job. 3H. 16. Quis demisit la-
pidem angularcm ejns? Savez -vous quia
1075
posé la pierre angulaire des fondements de la
terre ?
DEMOLIRI; à^pavtÇttv.l" Abattre, renverser,
détruire, ravnger. Joël. 2.8. Per fenestras ca-
dent,etnon demoUentur [y.a.i o\j ^ir, o-wTsi-o-ôwrt):
ils se glisseront par les ouvertures , sans
avoir besoin de rien abattre. l.Rog. lo.3.
Demolire universa ejus : Détruisez tout ce
qui est à Amalec, dit S.imuel à S;iùl. 2. Reg.
20. 20. Prov. 15. 23. Gant. 2. 13. Ce verbe
Se prend passivement. Amos 7. 9. Demo^
lientur excelsa idoli : Les hauts lieux con-
sacrés à l'idole seront détruits. Heb. Excelsa
A«aac; Les hauts lieux d'Israël ou des Israéli-
tes descendus d'Isaac. Ezech. 6. 6. Joël 1. 17.
l.Mach. U. i.
2" Perdre, ruiner. 1. Reg. 3. 6. Demulitiis
est eos : Dieu ruina le pays de ceux d'Azot.
Jerem. 31.28.
3° Gâter, user, ronger. Matlh. 6. 19. Ubi
œrugo et tinea demolilur : La rouille et les
vers mangent les trésors que l'on met en
terre, v. 20.
DEMONSTRARE; Setxvùvai , è-iCBty.-j-Jvv.i. —
1" Faire voir, montrer évidemment, décla-
rer, i. Cor. i^.3i. Excellentiorem viam vo-
bis demonstro : Je m'en vais vous montrer
une voie beaucoup élevée au-dessus de tes
dons surnaturels. Saint Paul entend parler
de la charité. Voy. c. 13. v. 1. 2. 3. 13.
Ainsi , Ps. 2i. i. Vins tuas. Domine, de-
monstra mihi (y'jfùpii^tiv) : Montrez-moi, Sei-
gneur, vos voies. Voy. Via.
2° Montrer, enseigner , faire entendre.
Joan. 3. 20. Omnia demonslrat ei quœ ipse
facit : Le Père éternel donne au Verbe éter-
nel avec sa nature divine , la connaissance
de tout ce qu'il fait. La comparaison se tire
d'un maître qui a un disciple qu'il instruit
en particulier, à qui il découvre les secrets
de son art, ou bien, selon d'autres, le Père
éternel marque à son Fils, et lui lait con-
naître ce qu'il veut qu'il fasse en chaque
temps. Voy. c. 8. 28. D'autres l'expliquent
par la conjugaison hébraïque fupliil, le Père
fait faire au Fi!s tout ce qu'il fuit lui-même.
Voy. OSTENDERE.
3° Instruire, avertir de quelque chose.
Matth. 3. 7. Quis demonstravit vobis fitgeren
tenlura irai Qui vous a avertis de fuir la
colère qui doit tomber sur vous ? Saint Jean
demande avec admiration aux Pharisiens cl
aux Sadducéens s'il est possible qu'ils son-
gent sérieusement à leur salut.
DEMOPHON; Gr. Popiili interfector. Un
capitaine de l'armée d'Anliochus Eupator,
qui fit beaucoup de mal aux Juifs. 2. Math.
12. 2.
DE.MORARI; aOÀtÇscôai, SixzrA^.ti-j.— i S'ar-
réier, demeurer. Eccli. 17, 26.iVon dcmoreris
in errore inipionim : Scûcmvurcz point dans
1 erreur des méchants. Jo.in. 3. 22. Illic de-
morabatur cum eis, et baptizubdt : Jésus-
Christ demeurait en Judée avec ses diciples,
et y baptisait. Act. lï. 3.
2° Etre, se trouver. Ps. 29. 6. Ad vesperum
demoraljitnr flelus, et ad matutimim lœtilia :
Dieu es", si bon, tjue si la tristesse ou les
pleurs se trouvent en nous et nous allligent
DICIIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE. 1070
le soir, il nous remet le malin dans la joie.
3^ Se reposer en quelque chose. Ps. 2i. 13.
Anima ejus in bonis demorabilur : L'âme de
celui qui craint leSeigneur se reposera dans
l'abondance des biens, et en jouira avec une
grande sécurité.
i° Continuer, persévérer. 2. Mach. 3. 27.
Fœni cibo vescentes demorabantur : Judas de-
meurait lui dixième sur les montagnes, sans
manger autre chose que l'herbe des champs
3° Tarder, différer (èiJiuhii^). Eccli. 6. 22.
Non demorabantur projicere illam : Les im-
prudents ne différeront point à rejeter la
sagesse. Ici l'Ecriture fait allusion à la cou-
tume où la force des hommes s'éprouvait
en leur faisant porter de grosses pierres.
DEMORATIO, ms ; ot«T/îtoyî. Demeure, re-
tardement, amusement. Prov. 12. 11. Qui
suavis est in vini demorationibus : Celui qui
se plaît à passer le temps à boire, laissera
des marques de sa honte, etc.
DEMUM. De o-o et de muni, ou du verbe de-
tnere, ôter, pour marquer ce qui reste en
dernier lieu.
Enfin, à la fin. Gen. 41. 9. Tune demain
reminiscens pincernarum magisler : Alors le
grand échanson commença à se souvenir de
Joseph. Num. 19.7. 2. Mach. 6. 13.
DENABA ; Heb. Judicium ejus in ea. Ville
de l'Iduméo, où a régné Béla. Gen. 36. 32. 1.
Par. 1. 43.
DENARIUS, II ; oryvà/itov. De denus, a, um ,
qui vient de decem.
Pièce de monnaie d'argent en usage chez les
Romains, valant autant que la drachme, et
qui revient environàseplsous huit deniersde
notre monnaie; mais elle a été de diverses
valeurs^ selon les différents temps. Matlh. 18.
28. Debebat ei centum denarios : Un de ses
compagnons lui devait cent deniers, qui font
un peu plus de trente-huit livres. Marc. 6.
37. etc. Cette pièce est appelée denarius ,
parce qu'elle valait dix livres d'airain , ou
il\xasses, dont chacun revenait à neuf de-
niers de notre monnaie.
DENEGARE. 1° Dénier, refuser (àyatûcîv).
Prov. 30. 7. Ne deneges mihi : Ne me refusez
pas avant que je meure les deux choses que
je vous ai demandées.
2" Renoncer à quelque chose (àTT-aovEtirOKi).
Marc. 8.34. Si guis vult me scqui , deneget
semetipsum : Si quelqu'un veut venir après
moi, qu'il renonce à soi-même, dit Jésus-
Christ.
DENI, £, A, Sé-KCA. De decem. Dix. Exod.
2G. 16. Singulœ denos cubitos in longiludinem
liabcant : Chacun des ais pour le tabernacle
aura dix coudées de haut. Num. 7. 8'» Apoc.
9. 16. Numerus eguestris exercilus vicies mil-
lies dena millia (_au|itâo£î ^\)ùià.^ùj'i) : Le nombre
de celle armée était de deux cents millions.
DENIGRAKE , ^t^atcOv , du simple nigrare
peu usité. Noircir, rendre noir. Job. 30. 30.
Ct((is mea denigrata est super me : Ma peau
est devenue noire sur ma chair. Thren. 4. 8.
DENIQUE. Dedein et de que, m transpo-
sant/». Enfin. Judic. 20. 5. Denique mortua
est ; Enfin ma femme est morte, se. de la
4077
DEN
DEN
ibU
brulalilé furieuse et incroyable que les hom-
lues de Gabaa ont exercée sur elle, dit le Lé-
vile à lous les Israélites. Eslh. 9. 25.
DENOTARE. Marquer, noter d'infamie ,
déshonorer. Eccli. 19. 5. Qui gaudet iniqui-
tale denotabitur : Celui qui aime l'iniquité
sera déshonoré, sera blâmé, ou condamné.
DENOTATIO, nis, -/.K-âvvwc-i?, marque d'in-
famie, reproche, condamnation. Eccli. 5.
17. Denotalio pessima super bilinguem : La
langue double s'attire une très-grande con-
damnation.
DENS, Tis , Gr. du Grec. ôSoùç, doôvTo,-.
l°Dent.Ps.lll.lO. Dentibus suis [remet .-Le
pécheur grincera les dents. Prov. 2o. 19. 3.
Reg. 10. 22. Deferens dentés elephantorurn :
Entre les marchandises qui venaient deThar-
sis dans la flotte de Salomon et du roi Hiram,
étaient des dents d'éléphant dont on faisait
l'ivoire. Ezech. 27. lo. Dentés eburneos , des
dents d'ivoire ; d'où vient : Dentem pro dente
restituere : Rendre dent pour denl. Levit. 2i.
20, C'était la loi du Talion qui ordonnait
de souffrir le même mal qu'on avait fait à un
autre.
2'' La force, la violence, la cruauté des mé-
chants. Ps. 57. 7. Deus conleret dentés eorum
in ore ipsorum : Dieu brisera les dents des
pécheurs dans leur bouche. Ps. 123. 6. Qui
tion dédit nos in captionem dentibus eorum :
Que le Seigneur soit béni , lui qui ne nous a
point donnés en proie aux dents des hommes
qui s'élevaient contre nous, etc. La méta-
phore est tirée des bêtes farouches, dont la
force et la violence consistent principalement
dans les dents. Mich. 3. 5. Qui mordent denti-
bus suis : Voici ce que dit le Seigneur contre
les prophètes qui mordent avec les dents.
Voy. MoLA. Dan. 7. 5. Très ordines eranl in
ore ejus et in dentibus ejus : La seconde bêle
qui parut à Daniel et qui ressemblait à un
ours , avait trois rangs de dents dans la
gueule. L'empire des Mèdes et des Perses
nous est flguré par cette seconde bête; les
trois rangs de dents pouvaient figurer la
réunion des trois puissances des Chaldéens,
des Perses et des Mèdes, ou peut-être l'a-
vidité insatiable de ceux dont cet oirs était
la figure.
Façon de parler tirée de celle signiScaiion.
Frangere ad numerum dentés. Casser les
dénis les unes après les autres; c'est faire
souffrir à quelqu'un de grands maux. ïhren.
3. 16. Fregit ad nutnerum dentés : Le Soi-
gneur m'a rompu les dents sans m'en laisser
une seule.
3° Médisance, calomnie. Ps. 56. 5. Dentés
eorum arma et sagittœ : Les enfants des hom-
mes ont des dents qui sont comme des ar-
mes et des flèches. Prov. 30. ik.
k" Les ministres de l'Eglise qui dispensent
la parole de Dieu. Gen. 49. 12. Dentés ejus
lacté candidiores : Les dents de Juda sont
plus blanches que le lait. Voy. Candidus.
Gant. i>. 2.
DENSARE. Grossir, épaissir; dans l'E-
criture :
Multiplier, fortifier. Job. 8-. 17. Super acer-
vum petrarum radiées densabuntur : L'hypo-
crite est comme une piaule, dont les racines
se multiplient dans un tas de pierres.
DENSITAS, oi^o?. Epaisseur. Isa. 9. 18.
Succendetur in densitate saltus : L'impiété
s'embrasera comme dans l'épaisseur d'une
forêt, autr. dans la foule du peuple. Voy.
Saltus.
DENSUS, A, UM. De l'adjectif grec, ôao-A-,
eïK, oa^O, qui signifie la même chose. — 1°
Epais, grossier. Exod. 10. 21. Sint tenebrœ
super terram JEgypti tam densœ ut palpari
gueant : Qu'il se iorme sur toute l'Egypte des
ténèbres si épaisses qu'elles soient palpables,
c. 19. 16. Hab. 2. 6. — 2° Serré, pressé,
touffu. Levit. 23. 40. Sumetis ramos ligni
densarum frondium : Vous prendrez les bran-
ches de l'arbre le plus touffu ; du myrthe.
Hieron. in Zachar, c. li. 16. Josèphe. Ant,
1.3. c. 10.
DENUDARE , «7Tox«Xy-T£tv. i" Découvrir ,
mettre à nu, faire paraître à découvert. Isa,
W. 2. Dénuda tiirpitudinem tuam : Dévoilez
ce qui vous fait rougir, ô Babylone. Celte fa-
çon de parler marque la servitude où l'on est
réduit, parce que les esclaves étaient à la di-
scrétion de leurs maîtres. Judith. 9. 2. Hab.
3. 13, Denudasti fundamentum ejus usque ad
collum ( £;r/-tr.££v , suscitare ) : Vous a\ez
ruiné la maison de l'impie de fond en com-
ble. Voy. CoLLUM.
2" Dépouiller (îzôùetv). Ezech. 16. 39. c.
23. 26. Denudabunt te vestimentis tuis : Les
Babyloniens vous dépouilleront de vos vête-
ments : le Prophète parle contre les Juifs.
3° Faire paraître , faire éclater. Eccli. 6.
9. Est amicus qui odium et rixam et convitia
denudabit : Il y a un ami qui découvre sa
haine et qui se répand en des querelles et en
des injures, autr, qui découvrira les mésin-
telligences et les disputes, accompagnées de
paroles injurieuses qui se seront passées en-
tre vous, Gr. il y a un ami qui devient tel-
lement votre ennemi, qu'en vous querel-
lant, il découvre des choses qui vous sont
honteuses.
k" Découvrir, révéler. Eccli. 19. 8. Si est
libi delictum, noli denudare : Si vous avez
commis un péché, ne le leur découvrez point,
ni à votre ami, ni à votre ennemi. La Vul-
gale peut aussi signifier : Et si vous avez
connaissance de la faute de votre prochain,
ne la découvrez pas à vos amis : ce qui est
conforme au Grec : Ne déclarez poinl ni à
voire ami ni à voire ennemi les fautes d'au-
trui. Voy. Naurare. Gr. Si le péché ne re-
tombe point sur vous, ne le découvrez poinl ;
on ne peut quelquefois pas se justifier d'un
crime, sans en charger d'autres, c. 27. 17.
Qui dénudât arcana amici, fidem perdit : Ce*
lui qui découvre les secrets de son ami,
perd toute créance, v. 19. 2'*. elc. Ainsi ,
c. 6. 9.
DENUDATIO, nis, àrroxaXuvt»-, manifesta-
tion, exposition. Eccli. 11. 29. In fine ho~
ininis denudalio opcrum iUius : A la mort du
l'homme, toutes ses œuvres seront décoa-
verles.
1079
DFCTÏONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
1080
DENUNTIARE. — 1" Déclarer, faire enten-
dre, avertir (Sta/zaTypsto-Sat). Gen. 43. v. 3.
5. Denuntiavil nobis vir ille : Celui qui coin-
roande dans le pays d'Egypte nous a déclaré
sa résolution : Judas témoigne à Jacob que
Joseph leur avait déclaré qu'ils ne le ver-
raient point, s'ils ne lui menaient Benjamin.
Num. 18. 26. 1. Macli. 9. 63. 1. Tim. 1. 3.
Eccli. 16. 31. Anima omnis vitalis denuntia-
vit onte facicm ipsius : Tous les animaux,
dont la surface de la terre est couverte, font
connaître que la terre est remplie des biens
que Dieu y a mis : selon le Grec ; Tous les
animaux couvrent la surface de la terre.
Gr. h.akv^z. L'interprète a peut - être lu
«7rS-/«ÀTJl|'£V.
2° Ordonner commander (Trapa^ysHEiv). Act.
h. 18. Denuntiaverunt ne omnino loquerenttir :
Tous ceux de la race sacerdotale défendirent
à saint Pierre et à saint Jean de parler en
quelque manière que ce fût... de Jésus-
Christ, c. 5. 40. 2. Thess. 3. v. 6. 10. Voy.
Pr^ecipere.
DENUO , Gr. 7r«>tv , de novus quasi de
novo.
1* Derechef, de nouveau, une autre fois.
Joan. 3. 7. Oportet vos nasci denuo : 11 faut
que vous naissiez encore une fois ; cette se-
conde naissance est expliquée, v. 5. Ainsi,
V. 3. Levit. 14. 48. Marc. 14. 40.
2° Ce mot se prend abusivement pour mar-
quer, non pas la mcme chose, mais quelque
chose de semblable. Gai. 4, 9. Quomudo con-
vertimini iterum ad infirma et egena elementa,
guihiis denuo servire vultis? Comment? vous
allez-vous encore assujettir aux observations
légales, qui n'étaient que des éléments fai-
bles et pauvres? Or, les Galates n'avaient
point été assujettis aux cérémonies de la
loi.
DEORSUM, y.ry.ro}, de de et de vorsmn ou
versum.
1° En bas, de haut en bas. Matlh. 4. 6.
Mille le deorsum : Jetez-vous en bas, dit à
Jésus-Clirist le démon, après l'avoir mis sur
le haut du temple. Luc. 4. 9. Prov. 2o. 3.
Cœlum sursum, et terra deorsum , et cor re-
Qum inscrutabile {^yM; , eîk) : Le ciel dans
sa hauteur, la terre dans sa profondeur, et le
cœur des rois, trois choses impénétrables.
Act. 2. 19.
Façon de parler tirée de cette signification.
De deorsum esse: Etre d'ici bas, c'est être
engagé dans les affections terrestres. Joan.
8. 23. Vos de deorsum eslis : Vous êtes d'ici-
bas, vous êtes de la terre; ainsi vous n'avez
que des pensées basses et terrestres.
2° La partie la plus basse ( yurxyctoç }.
Gen. G. 16. Deorsum cœnacuhi et Irislega
faciès in ea : Au-dessous du comble de l'ar-
che, vous ferez jusqu'à trois étages. Deorsum^
i. e. quœ deorsum sunl, seu partcm infimam,
infima labulaia, cœnacula , i. e. média tabii-
lata; trislega, terlia tabulala, seu suprema.
Voy. Tbisteg-v.
DKOSCULARI , (^àsi-j. Baiser, embrasser
Icndremcnt. soit par amour et amitié pure
attendre, dcn. 48. 0. Applicilosguc ad se,
deosculatus et circumpiexiis eos : Jacob ayant
fait approcher les enfants de Joseph, il les
embrassa et les baisa, c. 50. 1. Cant. 8. 1.
Soit impure, Prov. 7. 13. Apprehensumque
deosculalur juvenem : Une courtisane prend
ce jeune homme et le baise. Soit par respect
et comme une marque de soumission. 1. Reg.
10. 1. Samuel deosculatus est eum : Samuel
baisa Saiil, sav. après l'avoir sacré roi. Prov.
24. 26. Labia deosciilabilur qui recta verba
respondet : Celui qui répond à un homme
dans la droiture, est autant chéri de lui
que s'il lui donnait un baiser. Ainsi ,
Vestigia pedum deosculari : Baiser les traces
des pieds, i. e. donner des marques de la
plus grande soumission. Estli. 13. 13.
DEPASCERE, vî^stv. Paître, manger. Sap.
19. 9. Tanquam equi dcpaverunt escam : Les
Israélites se réjouirent comme des chevaux
dans de gras pâturages, se. après qu'ils eu-
rent passé la mer Rouge.
Dévorer, consumer ( Trotfxatvriv ). Ps. 48.
15. Mors depascet eos : La mort dévorera les
pécheurs ; Hebr. et Gr. La mort sera le pa-
steur qui les conduira.
DEPASCI, xaTag6<7znv. Paître. Exod. 22.5
Si quispiam dimiserit jumenlmn suum ut de-
pascatur aliéna : Si un homme laisse aller sa
bête dans un champ ou une vigne, pour man-
ger ce qui n'est pas à lui. A quoi se rapporte
dans le sens métaphorique , Ezech. 34. 18.
Nonne satis vobis erat pascua bona depasci :
Ne vous devait-il pas suffire, ô riches, qui
tourmentez les pauvres de mon peuple, de
vous nourrir en d'excellents pâturages?
Ravager, détruire (/c.Tavi/i/eiv). Ps. 79. 14.
Singiilaris férus depastas est eam : La béte
sauvage a dévoré votre \ igné. Isa. 3. 14. Voy.
VlNEA.
DEPELLERE, S>Osii> , Ebranler, mettre en
état de tomber. Ps. 61. 4. Quousqae inlerfici^
tis universi vos tanqiiam parieti inclinato et
maceriœ depulsœ? Jusqu'à quand vous joi-
gnant tous ensemble pour tuer un homme
seul, le pousserez-vous comme une muraille
qui penche déjà et une masure tout ébran-
lée ?
DEPENDERE. Pendre de quelque lieu, être
suspendu. Job. 15. 27. De lateribus ejus ar-
vina dependet : La graisse a couvert tout son
visage, et elle lui pend de tous côtés; /. c.
il s'est fortifié et comme engraissé dans le
mal.
DEPERIRE. —1° Périr, se perdre, en p,ir-
lanldes personnes. Eccli. 31. 7. Omnis im-
prudens deperiet in illo ( àlhxîaO'xt ) : L'or
fera périr tous les insensés.— 2' Aimer éper-
dûment. 2. Reg. 18. 2. Fnctum est autcm ul
Amnon deperirel'eamvalde : L'amour qu'Am-
non eut pour Thamar fut excessif.
DEPILATUS, A, UM, /xaSwv; du substantif
pilus.
A qui on a arraché le poil, pelé, usé.
Ezech. 29. 18. Omnis humérus depilatus est:
Les gens de Nabuchodonosor oui toutes les
épaules écorcliées, se. faute d'habils et à
force de porter des fardeaux au siège de
Tyr
DEPINGERE
Oiv.ypc.^ecj.
i° Peindre,
1081
I)EP
DEP
1082
nprésenler. Ezech. 8. 10. Universa idola
domiis Israël depicta erant in pariete : Toutes
ces idoles élaient peinles sur la muraille tout
autour, c. 23. ik.
S'" Peindre, teindre, faràer [T-i^jiCju). k.
Reg. 9, 30. Depinxit oculos suos sdbio : Jésa-
bol, ayant appris l'arrivée de Jehu, se pei-
gnit les yeux avec du noir; se. d'un fard
fait danlimoino, propre pour cela. Voy. Sti-
BIUM.
DEPLORARE. Déplorer son malheur, ou
celui des autres, pleurer, gémir (TTocTooOoecr^ai'.
Sap. 19. 3. Adhuc déplorantes ad monumenta
mortuorum : Lorsque les Egyptiens pleu-
raient encore aux tombeaux de leurs enfants
morts, ils poursuivirent les Israélites comme
des fugitifs.
DEPO>'ERE, à-oriOhy.i.— i' Quitter, mettre
bas {--[iivrjui'jn -z'j. 'vj.ii-u7). Gen. 38. li. Depo-
sitis viduitalis vestibus : Thamar quitta ses
habiîs de veuve, à dessein de surprendre
Judas, et se venger de lui. Levit. 16. 23.
Deut. 21. 13. etc.
Quitter, laisser, s'abstenir. Ephes. 4. 23.
Déponentes mendacium : Renoncez au men-
songe. Coloss. 3. 8. 1. Petr. 2. 2. Job. 36. 19.
2° Descendre quelque chose, tirer en bas
{y.x^xicîïj). Marc. 13. i6. Deponens eum in-
volvit sindone ■• Joseph descendit Jésus de la
croix, et l'enveloppa dans le linceul, v. 36.
Act. 13. 9. Jos. 8. 29. etc.
— Faire descendre, faire tomber, Tob. 6.
13. Timeo ne deponam seneclutem illorum ad
inferos: Je ciains que je ne cause à mon père
et à ma mère une affliction capable de con-
duire leur vieillesse jusqu'au tombeau ; si je
viens à mourir après avoir épousé Sara :
C'est le jeune Tobie qui parle.
— Abattre, renverser, perdre, chasser
(zarà'/îiv). Ps. 38. 12. Depone eos : Faites
tomber mes ennemis de cet état d'élévation
où ils sont, Seigneur. Luc. 1. 32. Deposuit
patentes de sede : Dieu a arraché les grands
de leurs trônes. Isa. 22. 19. Dan. 3. 20. Exod.
13. 7. Thren. 1. 9. etc.
Abolir, effacer, détruire (zKTaovvctv). Mien.
7. 19. Deponet iniquitates nostras : Le Sei-
gneur détruira nos iniquités.
3' Porter d'un lieu à un autre ( zaTKyîiv ).
3. Reg. 3. 9. Servi viei déponent ea de Lihano
ad mare; Mes serviteurs porteront les cèilres
qu'ils auront coupés, du Libiin sur le bord
de la mer : Hiram écrit à Salomon.
k" Descendre, s'abattre, venir de haut en
bas {■/.7-iK-y.70y.i). Eccli. 't^. 19. Siciit avis
deponens ad sedendum, aspergit nivem : Dieu
répand la neige comme une multitude d'oi-
seaux qui vient s'asseoir sur la terre.
3' Mellrc en dépôt, donner en garde (--/-
c,'/.y.c/.-zuziBt>70y.r.). 2. Mach. 3. 13. Invocahanl ut
his qui deposuerant en, salva custodirel : l^es
prêtres invoquaient Dieu, qui avait fait la
loi louchant les dépôis, le priant de conser-
ver les dépôts de ceux qui avaient mis dans
le Temple cet argent (lu'Héliodore voulait
enlever.
DEPOSITIO , Ms , xTzr/jeiTt; , l'action par
laquelle on quille <|uelque chose. 2. Pelr. 1.
li. Certus quod vclox est drposHio lahcrnucuU
rnei : Je sais que dans peu de temps je dois
quitter celle tente, i. e. mon corps, c 3. 21
DEPOSITUM , 77«o«9/izr; , Tryp'/./y.TaOor/j , dé-
pôt, chose donnée en garde. Levit. 6. 2
Anima quœ negaverit proximo sua depositum:
L'homme qui refuse à son prochain ce qui
avait été commis à sa bonne foi. 2. Mach. 3.
v. 10. 13. De depositis Legem posuit : Dieu a
fait la loi touchant les dépôts. Exod. 22.7.
1. Tim. 6. 20. Depositum custodi : Gardez le
dépôt qui vous a été confié : Les pasteurs
doivent avoir grand soin de garder la pureté
de la doctrine. 2. Tim. 1. 12. Polens est de-
positum meum servare : Je suis persuadé que
celui à qui j'ai confié- mon dépôt est assez
puissant pour me le garder jusqu'à ce grand
jour : Ce dépôt est le trésor et le mérite des
bonnes œuvres que saint Paul avait faites
par sa grâce.
DEPÔPULARE. De populus, et signifie, in
populo prœdas agere {-v.'/.v.nroipîi-j).
Ravager, ruiner. Joël. 1. 10. Depopulaln
est regio : Tout le pays est ravagé. Ezech.
36. i.
DEPOPULARI, déponent, oi«7T«?£tv , du
même nom.
Piller, ravager, détruire. Gen. 3i. 27. De-
populati sunt urbem : Les autres frères de
Dina pillèrent toute la ville de Sichem, pour
venger l'outrage fait à Dina. Num. 31.9.
Jerom. i". i. Ezech. i3. 8. Ose. 10. 2.
DEPOPULATIO, Nis', ^■r^-ovj.'j.h;, pillage,
ravage. Amos. 3. 9. Qui depopulalionem su-
per potentem offert : Celui qui expose au
pillage les plus puissants, c'est Dieu. Mich.
2. i.
DEPOPULATOR. Qui pille, qui ravage,
qui désole ( àvo^A'jjv ). Isa. 21.2. Qui depopu-
lalor est, vastat : Celui qui dépeuplait con-
tinue encore de dépeupler tout.
DEPORTARE , ivàyî'.v , porter, transpor-
ter. 1. Par. 13. 23. Jerunt ad deportandnm
arcam : David et les autres s'en allèrent pour
transporter l'arche, delà maison d'Obédédom
à Jérusalem. Num. 18. 13.
DEPIL^EDARE, du substantif prœda. Piller,
dépouiller ( àO-z-ïv ). Isa. 33. 1. Cum con-
summaveris deprœdationeni , deprœdaberis :
Lorsque vous aurez achevé de dépouiller les
autres, vous serez dépouillé.
DEPR.EDARl, déponent. 1° Piller, empor-
ter par force (ttûovo ai îvj. Isa. 10. 13. Principes
eorum deprœdatus sum : J'ai pillé les trésors
des princes des peuples, dit le roi d'Assyrie
par orgueil. Ezech. 39. 10. Dcprœdnbuntnr
eos : Les Israélites pilleront les nations dont
ils avaient été la proie, etc.
2* Epuiser, consumer. Thren. 3. 31. Ocu-
lus meus deprœdatus est [i7:rj-j'i\iÇ'.i-j) anima. n
meam : Mes yeux, à force de pleiiroi", m'ont
tout épuisé et desséché : J'ai tant pleuré que;
j'ai fait tort à ma vie, i". e. à ma santé.
DEPR/EDATiO, .ms. Pillage, ravage. Ju-
dith. 10. 12'. Fularum agnovi, quod dcntnr
vobis in deprœdutionem : Je m'en suis enfuie
d'avec les Hébreux, ayant reconnu t|ue vous
devez prendre et piller leur ville, dit Judith
aux g. irdes avancées des Assyriens. Isa. 33. 1.
DEPRAVAKE. De l'adjeclif vravus, a. um.
!083
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACIŒE.
1081
Corrompre, dérégler, pervertir (o-t/sîQoOv).
2. Petr. 3. 16. Qaœ indocti et instctbiles dé-
pravant : Des hommes ignoraiils cl légers
détournent quelques endroits, cîifficrles à en-
tendre, des Lettres de saint Paul, à de mau-
vais sens, pour leur propre ruine, aussi bien
que les autres Ecritures. Eccli. 22. 20. Cogi-
tatus sensali melu non depravabittir ; La ré-
solution d'un homme sensé ne s'affaiblira
point parla crainte, en quelque temps que ce
soit; Gr. Le cœur qui s'appuie sur un sage
conseil, est comme une muraille bien crépie
avec un enduit de chaux et de sable, qui ré-
siste à la pluie et au mauvais temps.
DEPREGABILIS. Facile, qui se laisse flé-
chir {TcxpKxoàùTBxi). Ps. 89. 13. Deprecabi-
lisesto super servos luos :Laissez-\ous fléchir
en faveur de vos serviteurs.
DEPREGARI, izapuy-ulûv, détourner quel-
quemalparlaprière,6^e//. /.6.16;dansrEcr.:
1' Prier avec soumission, supplier. Prov.
28. 27. Qui despicit deprecantem, sustinebit
penuriam : Celui qui méprise le pauvre lors-
qu'il le prie, tombera lui-même dans la pau-
vreté. Eccli. 28. 4. etc. Ps. 29. 9. Ad Deum
meum deprecabor : J'adresserai à Dieu mes
prières. Ad se met pour marquer celui à qui
les prièresse doivent adresser, comme on voit
encore cette préposition mise après obsecra-
tio et oratio, pour marquer la même chose.
Rom. 10. 1. Act. 12. 5.
2" Exhorter en priant. Philipp.4.2.5?/nfî/-
clien deprecor idipsum sapere : Je conjure
Synlyche de s'unir aussi dans le sentiment
de demeurer ferme dans le Seigneur.
3° Intercéder, lâcher d'apaiser. Sap.18.21.
Properans homo sine querela deprecari {npo-
[j-v-X^a, propugnare) pro popiilis : Un homme
irrépréhensible se hâla d'intercéder pour le
peuple ; Gr. de combattre.
k" S'apaiser, se réconcilier, se laisser flé-
chir. Ps. 13i. 14. In servis suis deprecabilur :
Le Seigneur se laissera fléchir aux prières de
ses serviteurs; Hebr. Super servos suos mise-
rebilur. Voy. DeuL 32. 36. 2. Maeh. 7. 6.
Voy. CONSOLARI.
Façon de parler.
Deprecari vultum ou faciem. Se présenter
devant quelqu'un par respect et pour obtenir
sa faveur (XtravEÙetv). Ps. kk. 13. Vultum tuum
deprecabuntur omnes divites plebis : Tous les
riches d'entre le peuple vous offriront leurs
humbles prières : L'Ecriture parle de Salo-
mon, figure de Jésus-Christ.
DEPRECAÏIO, Nis, Sév^iç. - 1° Prière,
supplication. Jac. 5. 16. Multum valet de-
precatio Justi assidua : La fervente prière du
juste peut beaucoup. Jerem. 33. 6. Revelabo
mis deprecationem pacis et veritatis, i. e. pa-
cem quam poslularunt : J'accorderai aux ha-
bitants de Juda la paix qu'ils m'ontdemandée
avec instance; autr. je leur enseignerai à me
demander, comme ils le doivent, la paix et la
vérité. Eccli. k. 6. Malediccntis in amarilu-
dine animœ exaudietur dcprccatio illius : Ce-
lui qui vous maudit dans l'amertume de son
âme, sera exaucé dans son imprécation.
Voy. Maledicere. c. 21. G. Deprecatio puu-
peris ex ore nsque ad aures ejus perveniet, et
judicimn festinnto adveniet iïli : La prière du
pauvre s'élèvera de sa bouche jusqu'aux
oreilles de Dieu, et il se hâtera de lui faire
justice; autr. La prière qui sort de ia bouche
du pauvre, ne va que jusqu'aux oreilles du
riche sans toucher son cœur, mais il en sera
bientôt puni. Ps. 21. 25. etc.
2° Garde , soutien (yuWrj). Eccli. 34. 20.
Deprecatio offensionis : Dieu garde et sou-
tient ceux qui le craignent, de peur qu'ils ne
tombent.
DEPRECATORIUS, a, um. Qui prie, qui
exhorte à faire quelque chose (nupûxlv(Tiç,
exhorlalio). 1. Mach. 10. 24. Scribam et ego
illis verba deprecatoria: Je veux écrire d'une
manière obligeante à Jonathas, pour lui de-
mander la paix et son alliance, aussi bien
qu'Alexandre, dit Démétrius.
DEPREHENDERE. 1° Prendre, surprendre,
découvrir. Gen. 20. 16. Quocumque perrexcris
mémento te deprehensam : En quelque lieu
que vous alliez, souvenez-vous que vous avez
été prise , dit Abimelech à Sara. 1. Reg. 14.
41. Deprehensus est Jonathas et Saut {^Infàoîi-
(jdxt, sorte designari) : Le sort découvrit que
c'était Jonathas qui était coupable. Joan.
8. V. 3. 4. etc.
2° Reconnaître, comprendre, remarquer
(stâtiv) Eccl. 3. 22. Deprehendi nihil esse me-
lius quam lœtari hominem in opère suo : J'ai
reconnu qu'il n'y a rien de meilleur à
l'homme que de se réjouir dans ses œuvres,
i. e. dans son travail.
DEPRIMERE du verbe premere. — 1° Ra-
baisser, ravaler, humilier, abattre (Ppîôstv).
Sap. 9. 15. Terrena inhabitatio deprimit sen-
sum milita cogitantem : Celle demeure ter-
restre (ce corps), abat l'espril dans la mul-
tiplication des soins qui l'agitent. Eccli. 2. 3.
2° Opprimer, maltraiter, accabler (6/i6etv).
Ps. 88. 43. Exaltasti dextcram deprimentiwn
eum : Vous avez relevé la main de ceux qui
travaillaient à accabler votre Christ. Sap.
10. V. 14. 15. Isa. 58. 6. etc.
DEPROPE, èyyxjç, qui est voisin, qui est
proche. Jerem. 25. 26. (Propinavi) cuncds
regibus Aquilonis de prope et de longe : J'ai
lail boire de la coupe du Seigneur à tous les
rois de l'Aquilon, soit qu'ils soient plus
proches ou plus éloignés pour les animer les
uns contre les autres.
DEPUTARE, XoyiÇeaOat. — 1° Estimer,
considérer comme tel, mettre au même rang.
Eccli. 18. 8. Centum anni quasi gutta aquœ
maris deputali snnt in die œvi : Cent ans, au
prix de l'élernilé ne seront considérés que
comme une goutte d'eau de la mer
Luc. 22. 37. Cum iniquis deputatus est : Jé-
sus-Christ a été mis au rang des scélérats :
Ce qui est l'acoomplissemenl de la prophétie
disa. 53. 4. Raruch. 3. 1. — 2" Attribuer,
assigner. Eslb. 14. 8. Roburmanuumsuarum
idolorum potentiœ députantes : Les nations
attribuent la force de leurs bras à la puis-
sance de leurs idoles. Exod. 27. 14. Num. 35.
21). 2. Mach. 4. 19.
DERRE; Heb. Vallata. Derbe, ville de Ly-
caonie. Act. 14. 6. Confugerunt ad civitates
1085
DER
Lycaoniœ, Lyslram et Dcrben : Saint Paul et
saint Barnabe s'enfuirent (d'Icône) à Lyslre
et à Derbe, v. 20. c. 16, 1. D'autres mettent
Ljstre et Derbe dans l'Isaurie, qui confine à
la Lycaonie, et inlerpètent ce passage de la
sorte : lis s'enfuirent dans les villes de
la Lycaonie, et à Lystre et à Derbe.
DERBEUS, A, UM. Du substantif Derbe, et
k signifie :
Qui est de Derbe. Act. 20, k. Comilalus est
aulem et Gains Derbeus : Gaïus de Derbe fut
ur> de ceux qui accompagnèrent saint Paul
de Grèce en Syrie.
DERELINQUERE, xarac-ÎTr^tv, èyAKzcàeÎTzstvr
1° Délaisser, quitter. Prov. 27. 8. Sic vir
qui derelinquit locum suum (àTTo^ivoùtrôat) ;Un
homme qui abandonne son propre lieu, est
comme un oiseau qui quitte son nid. Ps. 26.
16. Pater meus et mater mea dereliquerunt me:
Mon père et ma mère m'ont quitté ; soit qu'ils
fussent morts, ou hors détat de le secourir,
David étant plutôt lui-même obligé d'avoir
soin d'eux.
2° Abandonner, ne prendre plus soin. Ps.
21. \ .Quare medereliquisti? Ponrquoï m'avez-
vous abandonné? Jésus-Christ comme homme
se plaint que Dieu son Père l'abandonne à
ia fureur des Juifs, non pas qu'il refuse de
souffrir la rigueur des tourments, puisqu'il
n'avait pris un corps que pour les endurer ;
mais c'est pour marquer combien ils étaient
grands et cruels, et pour faire voir l'énor-
mité du péché, que l'Homme-Dieu pouvait
seul expier par sa mort. Matth. 27. ^6. Ps.
36. 26. etc. De là vient :
Derelinquere viam rectam legem Dei, Quit-
ter le droit chemin; c'est s'éloigner de la
piété et vivre dans le dérèglement. 2. Petr.
2. 15. Derelinquentes rectam viam erraverunt :
Us ont quitté le droit cbemin et se sont éga-
rés. Jud. V. 6. Dereliquerunt suum domici-
lium : Les anges apostats ont quitté la de-
meure que Dieu leur avait assignée. Voy.
DOMICILIUM.
Abandonner la loi de Dieu. Jerem. 9. 13.
Dereliquerunt hgem meam : Ils ont aban-
donné ia loi que je leur avais donnée, dit le
Seigneur. A quoi se rapporte cette significa-
tion ?
Rejeter, répudier. Isa. 62. k. Non vocabe-
ris ultra derelicta : On ne vous appellera plus
la répudiée, ô Jérusalem 1
3° Laisser quelqu'un dans l'état où on l'a
trouvé. Ad. 2'6. ik. Vir quidam est dereliclus
a Felice vinclus : Il y a ici un homme que
Félix a laissé prisonnier, dit Festus au roi
Agrippa.
k" Réserver, conserver, mcllrc sous la pro-
tection. 3. Reg. 19. 18. Derelinquani mihi in
Israël septem millia virorum : Je me suis ré-
servé sept mille hommes dans Israël qui
n'ont point fléchi le grnou devant BaaI. v.
10. H. Prophetas tuas occidcrunt qladio^ dc-
relictus suni eijo soins : Les enfants d'Israël
ont tué vos prophètes par le fer, et étant
[ demeuré seul, ils cherchent encore ;\ m'ôler
la vie. k. Reg. 13. 7. IN. 9. 38. Tibi dercli-
ctus est pauper : C'est à vous que le soin du
pauvre a été laissé.
DES
DEREPENTE, £?«7riv«. Du simple repen/e,
et signifie :
Vitement , bientôt, promptement. 2. Par.
29. 36. Derepente hoc fieri ptacucrat : La ré-
solution de rétablir le culte du Soigneur fut
prise tout d'un coup; se. sous Ezéchias.
DERIDERE , èy.u\jyf:npL^stv. Se moquer, se
railler, mépriser. Job. 12. h. Deridetur justi
simplicitas : On se moque de la sin)plicité du
juste. Ps. 21. 8. etc.
DERISOR, is ; à/oi^o-To?. Moqueur, impie,
qui se moque de Dieu et des maximes de la
religion. Prov. 19. 29. Parata stint derisori-
bns judicia : Le jugement est préparé pour
les pécheurs. Qui erndit derisorem ipse inju-
riam sibi facit : Celui qui instruit le mo-
queur se fait injure. Il n'est pas à propos de
vouloir instruire ceux qui se rient des cho-
ses sacrées et des bonnes instructions qu'on
leur donne, c. 22. 10. etc. L'Ecriture mar-
que aussi par ce terme le comble de l'im-
piété, comme il paraît parle Ps. 1. 1. où les
mots Cathedra pestilentiœ répondent à ceux
de l'Hébreu Letsim : La chaire des mo-
queurs. Voy. Illusor.
DERISUS, us; èij.nry.iyij.0;. — 1° Moquerie,
raillerie , dérision. Sap. 12. 25. Tamquam
pneris insensatis judicium in derisnm dedisli :
Vous vous êtes joué des idolâtres en les pu-
nissant comme des enfants insensés. Ps. 43.
U.
2° Illusion , prestige. Sap. 17. 7. Magicœ
artis appositi erant derisus : Toutes les illu-
sions de l'art des magiciens devinrent inu-
tiles ; se. lors des ténèbres et des objets ef-
froyables qui paraissaient dans l'Egypte.
DERIVARE. Du substantif rrius, et signi-
fie proprement conduire de l'eau d'un lieu
dans un autre par des canaux, par des ri-
goles. Dans l'Ecriture il est pris figuré -
ment :
Faire paraître au dehors ( vTTzpsy.~/_\jvîL-D ).
Prov. 5. 16. Deriventur fontes lui foras :
Que les ruisseaux de votre fontaine coulent
dehors ; i. e. que vos enfanls nés d'un légi-
time mariage paraissent dans les places pu-
bliques. Voy. Aqla.
DEROGARE. Il se prend, en terme de
droit, pour retrancher une partie de quelque
loi, l'abolir ; dans lEcriture :
Médire, décrédiler (ixeyoàoàfniJLoveh). Ezoch.
3.">. 13. Derogastis adversum me : Vous avez
diminué de ma gloire par vos médisances.
DES^ilVIRE. Etre en fureur, faire rage,
exercer sa cruauté ( zarayi'/îaOat ). 2. Reg. 2.
26. IVum usqnc ad intcrnccionem tuns mucro
desœvict? Votre épce tuera-toile jusqu'à co
qu'il n'y ait plus de sang à répandre ? s'é-
crie Ahner à Joab. 2. Mach. 7. .19. elc.
DESCENDERE, /.«raÇaiv^iv. — 1" Descen-
dre. Acl. 10. 20. Surge, descende : Lcv( z-
vous et descendez, dit le Sainl-Espril à sain!
Pierre qui était sur le haut de la ni.iison.
C'était pour aller parler aux deux doniesli-
ques de Corneille et à un de ses soldais (jui
venaient de s.i part vers saint Pierre. Mallh.
27. VO. Descende de crucc : Si tu es le Fils do
Dieu, descends de la croix, disaient à Jésus-
Christ ceux «lui passaient par le lieu du Cal*
1087
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉE.
108S
vaire lors de la Passion. 1. Thess. 4. 15. Isn.
30. 2. c. 31. 1- Ps. 138. 8. ce qui s'entend
aussi de Dieu d'une manière figurée, dans
ces passages. Gen. 11. ii. Descendit Dominus
îit videret civilatem : Le Seigneur descendit
pour voir la ville et la tour de Babylone,
quoique Dieu soit partout, Gen. 18. 21. De-
scendam et videbo : Je descendrai et je verrai
si leurs œuvres répondent à ce cri qui est
venu jusqu'à moi. Dieu, qui connaît parfai-
tement toutes choses, parle un langage hu-
main ; mais il nous apprend par là à ne juger
pas témérairement de nos frères , puisqu'il
dit qu'il descendra du ciel pour considérer
les abominationsde Sodome, quoiqu'elles fus-
sent publiques et criantes. Greg. Mor. 1. 19.
c. H. Amhros. hic. L'Ecriture, qui dit qu'il
habile particulièrement dans le ciel, Isa. 66.
1. Act. 7. 49. etc. semble marquer aussi que
Dieu en descend, lorsque , sans changer de
lieu, il fait paraître sur la terre sa puissance
dans la protection des bons et la punition des
méchants, v. 7. Descendamus : Descendons.
Ce pluriel marque le mystère de la sainte
Trinité. Joan. 6. 38. Desccndi de cœlo : Je
suis descendu du ciel. Jésus-Christ , comme
Dieu, est , pour ainsi dire, descendu du ciel ;
i. e. la 'lature divine s'est unie hypostatique-
ment à la nature humaine, v. 33. c. 3. 13.
Malth. 3. 16. Mich. 1. 12. Jac. 1. 17. c. 3. 15.
Isa. 64. 1.
2° Aller ou venir quelque part, sans avoir
égard à la situation des lieux. 4. Reg. 13. 14.
Descenditque adeum Joas : Joas, roi d'Israël,
vint voir Elisée qui était malade, c. 3. 12.
Gen. 42. 2. Exod. 11. 8. Ainsi , Joan. 4. v.
47. 49. Descende priusquam morialur filins
meus : Seigneur, venez avant que mon fils
meure , dit un officier touchant son fils qui
était malade à Capharnaura, ville située sur
une montagne. Judic. 5. 11. c. 15. 11. 3. Reg.
18. 44. 4. Reg. 3. 12. Ps. 106. 23. Qui descen-
dunt mare in navibus : Ceux qui descendent
sur mer dans les navires. Isa. 42. 10. Jcr. 22.
1. Judic, 5. 14. De Machir principes descen-
derunt : Les princes sont venus de la Iribu
de Manassé, dont Machir était le fils aîné.
Ose. 11. 12. Judas descendit cum Deo : Juda
marchait avec Dieu. La tribu de Juda, sous
le règne d'Ezéchias , fit connaître par ses
actions que le Seigneur était son Dieu.
Ainsi, descendcre in prœlium , ou ad certa-
men , ou ad aliquem, c'est : Venir combattre,
se présenter au combat. 1. Reg. 17. 8. c. 2D.
4. c. 30. 2V. 2. Reg. 23. 21. etc.
3° Tomber. Agg. 2. 23. Descendent equi, et
nscensores eorum : Les chevaux et les cava-
liers tomberont les uns sur les autres.
4" Tomber avec précipitation, survenir
tout d'un coup ( xKT«/5« (7 iT£ IV ). Sap. 17. 4. So-
nilus descendens perlurbabat illos : Il s'éle-
vait des bruits qui effrayaient les Egyptiens;
.se. pendant le temps de la plaie des ténè-
bres ; Gr. soni cum impetu decidentes.
5" S'abaisser, être bas. Ps. 103. 8. Ascen-
dunt 7nonles et descendunl campi : Les mon-
tagnes s'élèvent et les plaines sont abais-
sées. Au commencement du monde , quand
Dieu eut fait retirer les eaux qui couvraient
la terre, on vit paraître les n)ontagnes et les
vallées. D'autres, selon l'Hébreu, l'enten-
dent des eaux qui s'écoulèrent par les mon-
tagnes et les vallées dans le lieu que Dieu
leur avait établi.
Tomber dans la misère, être réduit dans
un misérable état. Deui. 28. 43. Tu aulem
descendes, et eris inferior : S\ vous n'écou-
tez le Seigneur, vous descendrez, et vous
serez au-dessous de l'étranger. Ezech. 32.
19. Descende : Vous descendrez {se. dans le
tombeau) : le Prophète prédit la ruine des
Egyptiens, et parle à Pharaon. Jerem. 48.
18. Descende de gloria : Descends de ta gloire :
le Prophète parle contre les Moabites. c. 13.
18.
Façons de parler.
Descendere deorsum , in infernum , lucum,
foveam, corruptionem , terram. — Mourir
Ps. 27. 1. Assimilabor descendentibus in la-
cum : Je serai semblable à ceux qui descen-
dent dans la fosse; mais, descendere in infer-
num, ad inferos, se prend diversement. Voy.
Inferi, Infernus. Descendere in terram. Ps.
21. 30. In conspectu ejus cadent omnes qui de-
scendunt in terram : Tous les mortels qui se-
ront réduits en terre ou en poussière , l'ado-
reront en cette vie, ou seront éternellement
assujettis à sa justice en l'autre. Descendere
deorsum : Etre réduit en poussière et s'éva-
nouir. Eccl. 3. 21. Quis novit si spiritus ju-
menlorum descendat deorsum ? Qui connaît
si l'âme des bêtes descend en bas ? Ce pas-
sage semble marquer fju'il y a peu de gens
qui connaissent la différence qu'il y a entre
l'âme de l'homme et celle de la bête.
DESCENSIO, Nis. Chute, ruine, Isa. 32. 19.
Grando in descensione sallus : La grêle rui-
nera la forêt ; Hebr. Descendente ; i. e. mente
silva : Les malheurs figurés par la guerre
tomberont sur la synagogue, qui est comme
une forêt stérile.
DESCENSUS , us ; y.uzàSu^iç. — 1» Action
de descendre. Eccli. 43. 19. Sicut locusta de-
mergens descensus ejus : Dieu répand la
neige comme une troupe de sauterelles qui
descendent en bas.
2" Descente, pente de colline ou de monta-
gne. Luc. 19. 37. Cum appropinquaret jam
ad descensum monlis Oliveli : Lorsque Jésus-
Christ approcha de la descente de la monta-
gne des Oliviers. Jerem. 48. 5. etc.
DESGRIBERE. — 1- Ecrire , décrire, co-
pier, transcrire (7/5«yïiv). Deut. 17. 18. />e-
scribet sibi Deuteronomium legishujus in vo-
lumine : Après que celui que vous aurez
établi pour roi sera assis sur son trône, il
fera décrire ce Deutéronome et cette loi que
je vous prescris, c. 22. 20. et dans le sens
figuré, c. 3. 3. Describe in tabulis cordis
tui : Gravez la miséricorde et la vérité sur
les tables de votre cœur. Ainsi, Num. 33. 2.
1. Par. 24. 6.
2° Faire un rôle, un dénombrement, te-
nir registre { inoypùrfst-^) ). Luc. 2. 1. Exiit
edictum a Cœsare Augusto ut describerelur
unïversus orbis : Auguste ordonna qu'on fit
le dénombrement des habitants de toute la
1039 DES
terre; i. e. de l'empire romain. 1. Par. 9.
22.
3° Dessiner, faire le plan de quelque pays
ou de quelque lieu (Staypâystv). Jos. i8. k.
Eligite lernos viros ut mittam eos, et descri-
bant eamjuxta numerum uniiiscuj\isqiie mul-
titudinis referantque ad me quod descripse-
rint : Choisissez trois hommes de chaque
tribu, afin que je les envoie et qu'ils fassent
la description de la terre (promise), selon le
nombre de ceux qui la doivent posséder, et
qu'ils me la rapportent quand ils l'auront
faite, dit Josué aux sept tribus des Israélites
qui n'étaient pas encoreentrées en possession
de la terre promise, y. 6. 8. Ezech. k. 1.
Façon de parler.
Descrihere in manihus. — C'est se souvenir
toujours de quelque chose, comme si on l'a-
vait gravée sur ses mains (Çwy/jayctv). Isa.
49. 16. Ecce in manihus meis descripsi te :
Je vous porte gravée sur ma main, ô Sion !
DESCRIPTIO , Nis ; àizoypx-fr,. — 1" Dé-
nombrement, rôle. Luc. 2. 2. Hœc descriplio
prima facta est a prœside Stjriœ Cyrino : Ce
fut le premier dénombrement qui se fit par
Cyrinus , ou Quirinus , étant gouverneur de
Syrie ; ce dénombrement est appelé le pre-
mier, soit qu'on n'en eût point fait jusqu'a-
lors , soit par rapporta Quirinus qui en fit
encore un autre vingt ans depuis, dont Jo-
sèphe fait mention à cause de la sédition de
Judas dont il est parlé, Act. 5. 37. Ainsi, 2.
Reg. 24. 9.
2° Plan, dessin (7r«^«5çr/.«a). 1. Par. 28. 11.
Ledit David Salomoni descriplionem porlicus:
David donna à son fils Salomon le dessin du
vestibule. Ezech. 43. 11.
3" Livre, monument. 2. Mach. 2. 1. Inve-
nitur in descriptionibus Jeremiœ prophelœ :
On trouve dans les écrits du prophète Jérémie
qu'il, etc. Ce livre est perdu; Gr. dans les
histoires que le prophète Jérémie com-
manda, etc. v. 13.
DESERERE. De sercre, approcher, mettre
en ordre.
Quitter, délaisser, abandonner. Heb. 13. o.
Non te dcseram, ncque derelinquam : Je ne
vous laisserai point et je ne vous abandon-
nerai point. Saint Paul prouve, par celle pro-
messe que Dieu fait , l'engagement où l'on
est de se contenter de ce que l'on a. c. 10,
25. D'où viennent :
DESERTA, JE. Femme abandonnée, qui
n'a point do m.iri ou d'enfants. Isa. 5V. 1.
Gai. 4. 27. Mulli filii deserlœ, maqis quam
ejus quœ hahel virum : Celle qui élail délais-
sée a plus d'enfants que celle qui a un
mari. Cette femme non mariée ou stérile est
l'Eglise chrétienne, qui était fort petite au
c. )ininencemcnt de la prédication de l'Evan-
gile au prix de la synagogue. Voy. Deso-
LATA.
UESERTOR, is ; «TTOCTTârrir. Déserteur, qui
abandonne. Isa. 30. 1. Vœ, filii dcsertores :
Malheur à vous, enfatits rebelles : Dieu se
plaint que les Israélites ont recours au roi
d'Egypte, plutôt qu'à lui seul. 1. Mach. 7.
DES
1090
DESERTUM, i; eonaoç. De Deserere.
Les Juifs appelaient de ce nom tous les
endroits qui n'étaient point cultives; soit
qu'ils fussent abandonnés, soit qu'ils fussent
stériles.
1°. Désert, solitude, lieu vaste qui n'est
point habile. Malth. 15. 33. Unde nobis in
deserto panes tantos? Comment pourrons-
nous trouver dans ce lieu désert assez de
pain pour rassasier tant de personnes ?
disent les disciples à Jésus-Christ ; Gr. /a/n
multos. c. 2i. 26.
Il y a plusieurs déserts dont il est parlé
dans l'Ecriture. 1° Le désert de l'Arabie, où
les Israélites ont été 40 ans. Ps. 67. 8. Ps
77. v. 19. 40. 52. Ps. 94. 9. etc. Joan. 3. W.
2" Le désert de Ziph. 1. Reg. 23. 15. 3° Celui
de Maon. v. 24. 4' Celui d'Engaddi. 1. Reç.
24.2. 5" Celui de Pharan. c. 25. 1. 6° Celui
de Bethsaïde. Luc. 9. 10. Secessit in locum
desertum qui est Bethsaidœ .-Jésus se relira
à l'écart dans un lieu désert vis-à-vis de
Bethsaïde. Ce lieu était appelé le désert de
Belhsaide, non qu'il fût du même côté que
la ville, étant au delà du lac, comme il pa-
raît, Malth. 14. 22. Marc. 0. 45, mais parce
qu'il était vis-à-vis, ou, selon d'autres, parce
qu'il appartenait à la ville de Bethsaïde,
quoiqu'il fût de l'autre côté. D'autres croient
que ce lieu désert était près ou à côlé de
Bethsaïde sur le bord du lac, mais cela est
difficile à accorder avec tout le reste. 7° Celui
d'idumée, du côlé du midi , 4. Reg. 3. 8. Ps.
62. 1. Mais quand on appelle désert absolu-
ment sans rien ajouter, on entend le désert
de la Judée, entre le levant et le nord, le
long du Jourdain. Malth. 4. 1. c. 11. 7.c. 13.
33. Marc. 1. v. 3. 4. Luc. 3. 2, à moins que
le contraire ne paraisse par les circonstan-
ces, comme Joan. 3. 14, par lequel on en-
tend le désert d'Arabie. Ainsi, Joab fut en-
seveli dans sa maison dans le désert. 3. Reg.
2. 34. in deserto. On peut l'entendre dans un
lieu stérile et non habité. i
2° Lieu peu habité. Gen. 21. 21. Ilahitavit
in deserto Pharan : Ismaël demeura dans lo
désert de Pharan. Isa. 42. 11. 3. Reg. 2. .34.
Ainsi, le désert où habitait saint Jean-Bap-
liste semble être le pays des montagnes où
était la maison de Zacharie, son père , où
alla la sainte Vierge. Luc. 1. 80. c. 3. 2.
Malth. 3. 1. ou bien, le désert de la Judée,
le long du Jourdain.
3" Lieu sec et stérile. Ps. 106. 33. Posait
fiamina in désertion : Le Seigneur a changé
les neuves en un désert; i.e. a change les lieux
arrosés des fleuves qui les rendaient forlih s,
en des lieux secs et stériles : ce qui signifie
aussi mettre la stérilité et la désolation dans
un pays. Isa. 41. 18. c. 50. 2. Job. 30. 6. Jn
dcsntis habilabant lorrcntiu»! : Cvux qui m?
méprisent habitaienl autrefois dans les dé-
serts ; Hebr. in scissuris ; diius les creux des
rochers qui se trouvent sur les torrents.
4 I>a campagne el les prairies, lieu désert,
parce qu'on ne cultive d'ordinaire que les
lieux les plus proches des villes et des vil-
lages , et que ce n'est que dans les lieux
les plus écartés qu'on laisse croître l'Iicrb*
1091
DICTIONNAIRE DE
pour les troupeaux. (Voy. Jorem. 9. 10.) Joël.
1. 19, Ignis comedit speciosa deserli .- Le feu
a dévoré ce qu'il y avait de plus beau dans
les prairies. Cant. 3. 6. c. 8. 5. Ascendit de
deserlo : L'épouse, dans le sens lilléral, re-
vient de la campagne dans Jérusalem. L'é-
pouse s'élève, dit saint Grégoire, étant ap-
puyée sur son bien-aimé , c'est-à-dire que,
niellant sa confiance on Jésus-Christ seul,
elle trouve dans sa grâce la force de sortir
de cet exil, et de s'élever vers le ciel, qui est
sa patrie. Thren.5. 9. Dans l'Hebr. le même
mot signifie pâturage et désert.
§ 1. — Les bêtes sauvages qui habitent dans
les déserts. Ps. 28. 8. Vox Domini conculien-
tis desertum : Le tonnerre épouvante les bê-
tes farouches ; autr. ébranle les déserts les
plus reculés.
§ 2. — Le côté du midi par rapport à la Ju-
dée. Ps. Ik. 7. Neque ab Oriente, neque ab
Occidente, neque a desertis montibus : Il ne
vous viendra point de secours des monta-
gnes déseries ; Uebr. des déserts des monta-
gnes ; i. e. du côté du midi où il y a des déserts
pleins de montagnes. Jos. 1. k. a deserto.Ce
désert est celui de Sin et Cades. Voy. Cades.
Ainsi, le côté de l'Orient. Exod. 23. 31.
A deserlo usqiie ad fluvium : Depuis l'Arabie
déserte jusqu'à l'Èuphrate. Ezeth. 22. 42.
Veniebant de deserto : Jérusalem suivait les
superstitions non-seulement des Assyriens ,
mais encore de plusieurs peuples qui étaient
du côté du désert; i. e. de l'Arabie.
§ 3. — Lieu d'exil, qui est un désert à ceux
qui y sont, quelque agréable qu'il soit d'ail-
leurs. Isa. 40. 3. Vox clamanlis in deserlo :
On a entendu la voix de celui qui crie dans
le désert par ces paroles que saint Jean a ap-
pliquées à lui-même (Luc. 3. 4). Le Prophète,
sous la figure du retour des Juifs dans la
Judée, représente l'arrivée de Jésus-Christ
dans le monde. Ezech. 20. 35. ^(/rfucam vos in
deserlum: Je vous mènerai dans un désert
écarté : Quelques-uns l'entendent en ce
même sens de la ville de Babylonc ; d'autres
l'cnlendent du chemin par lequel les Juifs de-
vaient passer, qui était dénué d'habitants.
§4. — Lieu ou pays; soit qu'il doive être
ravagé et désolé. Isa. 21. 1. Onus deserli
maris: Prophétie contre Babylone appelée
désert , parce qu'elle devait être détruite; et
désert de la mer, parce quelle était située sur
de grandes eaux. Soit que ce pays soit déjà
ruiné et désolé, c. 51. k. Ponet deserlum ejus
quasi delicias .-Dieu fera habiter de nouveau
la Judée qui était déserle, et en fera un pa-
radis terrestre. Voy. Deugi^e. Ce qui s'en-
tend à la lettre du rétablissenjent des Juifs,
et principalement de l'établissement de l'E-
glise par le concours dis Gentils. De là vient,
Deserla a sœculo ; déserta sœculorum : Lieux
déserts depuis plusieurs siècles. Isa. 58. 12.
c. ()1. k.
DKSEKTUS, A, UM. 1° Qui n'est point ha-
bité ni cultivé. Acl. 8. 2(j. Hœc est deserla :
Allez au chemin qui descend de Jérusalem
à Gaze qui est déserte : Gaze avait été
ruinée par Alexandre, e. 1. 20. Ps. G8.
2(i. Matth. l'i. v. 13. 15. —2^ Qui est enliè-
PHILOLOGIE SACREE. 1032
rement ruiné et renversé. Matth. 23. 38.
Relinquelur vobis domus veslra déserta : Le
lernps s'approche , 6 Jérusalem, que votre
maison demeurera déserte : ce qui s'entend
du temple de la ville.
DESERVIRE; Tinpszeïv. — i" Servir, ren-
dre service, obéir. Sap. 16. 24. Creatura libi
faclori deserviens : La créature vous est as-
servie, à vous qui en êtes leCréateur. 1. Cor.
9. 13.
2" Servir, rendre à Dieu un culte de reli-
gion (>aT/5swMv). Hebr. 8. 5. Qui exemplari
et iimbrœ dcserviunt cœlestium: Qui rendent
à Dieu un culte qui consiste dans des figures
et dans l'ombre des choses du ciel. c. 13. 10.
Act. 24. 14. c. 2Ô. 7. c. 27. 32.
3° S'accommoder, avoir de la complai-
sance (âouXsûjtv). Sap. 14. ^i. Regibus deser-
vienles : Les hommes se sont rendus trop com-
plaisants aux rois; se. pour regarder comme
un dieu le père de leur roi, parce qu'il le
leur commandait. Voy. v. 15. c. 16. 21.
4° Demeurer, être toujours prêt pour le
service de quelqu'un ( ■Kpoa-mp-zspzi-i ). Marc.
3. 9. Dixit discipulis suis ut navicula sibi
deserviret : Jésus-Christ dit à ses disciples
qu'ils lui tinssent là une barque, afin qu'elle
lui servît.
DESIDERABILIS, is , e ; èniBv^nTÔç. Sou-
haitable, qui mérite d'être désiré, agréable,
précieux, aimable. Ps. 18. 11. Desiderabilia
super aurum et lapidem pretiosum : L'obser-
vation des commandements de Dieu est plus
à désirer que l'or et les pierres précieuses.
Cant. 5. 16. Tolus desiderabilis : Mon bien-
aimé est tout aimable. Job. 33. 20. etc. L'Hé-
breu emploie le génitif desiderii ou deside^
riorum, gouverné du substantif qui le pré-
cède, au lieu de l'adjectif desiderabilis dont
l'interprète s'est servi ; comme vasa desi-
derii : terra desiderii: Un vase précieux,
une terre agréable, et ainsi du reste poi^r
signifier tout cequ'on veut marquer, comme
aimable, précieux, agréable, excellent. Dan.
10.3. Panem desiderabilem non comedi : ie
ne mangeai d'aucun pain agréable au goût ;
se. pendant trois semaines. Ezech. 24. 16.
Ecce ego tollo a te desiderabile oculorum
luorum : Je vais vous ravir ce qui est de
plus agréable à vos yeux; se. votre femme.
Ainsi, les ornements du temple et tous les
meubles précieux qui servaient au culte de
Dieu, sont rendus dans la Vulgate parle
mol desiderabilia. Joël. 3. 5. Desiderabilia
mea intulistis : Vous avez emporté dans vos
temples ce que j'avais de plus précieux et
de plus beau. Thren. 1. 10. De même les bâ-
timents somptueux du temple et de la ville.
Isa. 64. il. Oinnia desiderabilia nostra versa
sunl in ruinas : Tous nos bâtiments les plus
somptueux ne sont plus que des ruines.
Thren, 1.7. V^oy. Desiderium 4°.
DESIDEKARE, è-KfKoOù-j, èmOviieïv. Du nom
sidus, et répond au verbe «Troxst/AciÇetv, qui
marque le temps de la belle saison qui se
passe.
1° Désirer, souhaiter, soupirer après quel-
que chose. Ps. 118. 20, Conciipivil anima mea
desiderare justificationes tuas : Mon âme ci
4 095
DES
DES
!09l
désiré avec ardeur de s'entretenir de voire
loi.Concupivit desiderare, est une phrase hé-
braïque pour rehementer desideravit, de la
même signiûcalion que, Luc. 22. 15. Deside-
desideravi : J'ai souhaité avec ardeur.
no
Ps. il. 1. etc. 1. Tim. 3. 1. Ainsi, aimer avec
grande affection, soupirer après une chose
absente. Philipp. 2. 26. Quoniam omnes vos
desiderabat : Je vous ai envoyé Epaphroditc,
parce qu'il désirait de vous voir tous. 1. Cor.
9. 14. D'où vient. Non desiderare, mépriser,
rejeter. Isa. 53. 2. Non erat aspeclub-, et desi-
deravimus eiim : Le bras du Seigneur, se.
Jésus-Christ, n'avait rien qui attirât l'œil, et
nous l'avons méprisé; /. e.en sorte que même
il paraissait méprisable. Voy. Aspectus.
2° Désirer, avoir besoin {yipii^^-^ é'Z'")- 1*
Thess. 4. 11. Operatn detis ut nullius aliquid
deserfere^is ; Etudiez-vous à vous mettre en
état que vous ne désiriez rien du bien dau-
trui, de n'en avoir pas besoin. De là vient:
DESIDERATUS, a, lm ; Èz/s/.Ti,-. Qui est
désiré et souhaité. Agg. 2. 8. Venlet deside-
ratas ciinctis gentibus : Le désiré de toutes
les nations viendra. Ce nom est un de ceux
du Messie qui était l'objet du désir des na-
tions ; soit à cause de l'extrême désir qu'elles
avaient de sa venue, .«^oil à cause des désirs
des élus.
DES1DERATISSIM*jS; è-L-6Qrao; , Super-
latif de desideratus.
Très-cher et Irès-aimé. Philipp. i.l. Fra-
très mei charissimi et desideratissimi : Mes
très-chers et très-aimés frères; Gr. JDcside-
raii.
DESIDERIUM, ii; £-tfivy.i%.— i° Désir, sou-
hait, regret. Prov. 13. 19. Desiderium si com-
pleatur, détectât animam: L'accomplissement
du désir est la joie de l'âme, c. 21. 25. Desi-
dcria occidunt pirjrum : Les désirs tuent les
paresseux. Ainsi , le désir de revoir. 2.
Cor. 7. v. 7. 11. Consolalus est nos Deus refe-
rens nobis veslrum desiderium : Dieu nous a
consolé, non-seulement par l'arrivée de Tito,
jnais encore par la consolation qu'il a reçue
de vous, m'ayant rapporté le désir que vous
avez de me revoir.
2' Dessein . entreprise. Joan. 8. VV. Desi-
deria patris vestri vullis facere : V^ous voulez
accomplir les désirs de votre père qui est le
diable : ici le mot desideria est rendu par
opéra, studia, adinvenliones ; Hbr. hhaliloth,
ou mnhaalilim. A quoi se rapporte passion,
convoitise. 2. Tim. 3. G. Ducuntur variis de-
sideriis : Ces faux docteurs traînent après
eux, comme captives, des femmes possédées
de diverses passions, c. 2. 22. Ephes. 4.22.
Corrumpitur secundum desideria erroris : La
vie, selon l'homme intérieur, se corrompt
en suivant l'illusion de ses passions; i.c.cu-
pidilates decepirices. 1. Thess. 4. 5. Til.3.3.
1. Petr. k. v.2. 5. Sap. 19. 12. Jn alloculione
desiderii. Voy. Allocutio.
3° Le besoin qu'on a de quelque chose
( xP^î« /• Philipp. V. 19. Deus autem meus
impleat omne desiderium vestrum; i. c. quid-
quid vobis opus est : ie souhaite que mon
Dieu remplisse tous vos besoins: ce que saint
Paul dit comme en reconnaissance de la
libéralité que les Philippiens avaient exercée
envers lui. (Voy. v. 18.). A quoi se rapporte
dans le sens figuré cette autre signification.
La chose même que l'on désire, l'objet
désiré. Ps. 20. 3. Desiderium cordis ejus tri-
buisliei: Vous avez accordé au roi le désir de
son cœur. Ps. 77.29. Desiderium eorumaltulit
e«s ; Dieu accorda aux Israélites ce qu'ils
désiraient, se. des viandes qui furent dos
cailles dont ils mangèrent. Non sunt frau-
duti a desiderio suo : Ils ne furent point fru-
stres de ce qu'ils avaient tant désiré. Ps. 111.
10. Ps. 10. 17. Ezech. 2i. 25. Tollam ab eis
desiderium oculorumeorum .-J'ôlerai aux Is-
raélites ce qu'ils ont de plus cher et de plus
précieux; se. la royauté et le lemplo saint.
Eccli. 45. 14. Job. 30. 15. Ainsi, Gcn. 49.
26. Desiderium collium œtcrnorum [eyloyia) ;
Le Messie qui est l'objet des désirs des pa-
triarches marqués par les collines qui sont
depuis le commencement du monde.
4° Desiderium mis au génitif gouverné d'un
substantif, signifie une chose chère, pré-
cieuse, agréable, excellente. Apoc. 18. 14.
Poma desiderii animœ tuœ discesserunt a ie :
Les fruits dont tu faisais tes délices l'ont
quittée, ô Bahylone; aulr. le temps de la
jouissance de les désirs est passé. Ainsi, vir
desideriorum, Dan. 9. 23. c. 10. v. 11. 19.
est un nom attribué au prophète Daniel, ou
parce qu'il était très-aimable et agréable
à Dieu, ou, parce qu'il était très-recomman-
dable pour sa vertu; ou enfin il se prend
activement pour signifier le grand désir que
ce prophète avait du salut de son peuple.
DESIGNARE, àvaocr/vOvai. Désigner, nom-
mer, choisir. Luc. 10. 1. Designavit Do-
minus et alios septuaginta duos : Le Seigneur
choisit encore soixante et douze autres di-
sciples; Gr. soixante-dix. 2. Mach. 9. 25.
DESILIRE. Du simple salire.
Sauter du haut en bas, descendre prompte-
ment -/aT«6xtvc£v). Judic. 4. 15. Jn lunlum ut
Sisara, de curru desiliens , pedibus fugeret :
Le Seigneur frappa de terreur Sisara et tou-
tes ses troupes, et les fit passer iva fil de l'é-
pée aux yeux de Barac, de sorte que Sisara
sautant de son chariot en bas, s'enfuit à pied.
4. Reg. 5. 21.
DESINERE; èyld-Kzu. 1° Cesser, finir, s'ar-
rêter. Sap. 5. 13. Nali conlinuo desitimus
esse : Nous ne sommes pas plutôt nés, que
nous avons cessé d'être. Eccli. 28. 6. Esth. 9.
V. 17. 18. etc.
Façon de parler de celle sigiiilicalion.
Desinere a re aliqua. Cesser de faire quel-
que chose, s'en abstenir (rrc/.Jetv). Ps. 3('). 8.
Desine ab ira : Quittez tous ces moiivemcnls
de colère. 1. Pelr. 4. 1. Job. 34. ."{G. Ne desi^
nas ab liomine iniquitulis : Ne cessez point de
frapper un homme injusle ; se pour l'obli-
ger de reconnaître la justice de votre con-
duite; ou si Eliu parle à Eliphas comme à
son ancien, ces paroles signifient : Ne cesse*
point de presser Job par de fortes raisons
pour le confondre.
2' Cesser d'être, ou de subsister. Eccli. 24.
4G. Non desinam in proyenics illorum usque
1095
DlCTIOiNiNAlRE DE PHILOLOGIE SACREE.
Je ne cesserai point d'être
1096
in ÉPI wm sanctum
présente de race, en race jusqu'au siècle
saint, à ceux qui me recherchent : C'est la
Sagesse qui parle.
DESISTERE. Cesser, s'arrêter («vacrTplyjtv).
1 . Reg. 23. 28. Reversus est ergo Saul desi-
stens persequi David : A la nouvelle que re-
çut Saùl que les Philistins étaient entrés en
grand nombre dans la Judée, Saùl cessa de
poursuivre David; se. pour marcher contre
les Philistins.
Façons de parier.
Desistere a re aligna. S'abstenir de quelque
chose, cesser de la faire, ou en quitter le
dessein. Gen. 11. 6. Nec désistent a cogita-
tionibus suis : Les entants d'Adam ne quitte-
ront point le dessein qu'ils ont; se. de bâtir
la ville et la tour, appelée depuis Babel. Ec-
cli. 16. 28.
DESOLARE; ipn^nvv, «y«viÇav. De l'adj. so-
lus, a, um.
1° Désoler, ravager, ruiner. Sophon. 3.
6. Desolatœ sunt [è^ilnzo-^] eivitates eorum :
Les villes des peuples sont désolées. Zach. 7.
14-. Terra desolata est ub eis : Ils sont cause
que leur pays est désolé; autr. leur pays est
demeuré abandonné par leur exil, Gr. Y.az6-
Tytffôîv a tergo, derrière eux : ce qui marque
leur enlèvement. Ps. 78. 7. etc. A quoi se
rapporte dans le sens métaphorique, Isa. 11.
15. Desolabit Dominus lingiiam maris Mgij-
pti: Le Seigneur desséchera la langue de la
mer d'Egypte ; i. e. il desséchera la mer
Rouge voisine de l'Egypte, ou l'Isthme, qui
est entre la Méditerranée et la mer Rouge :
ce qui figure la destruction de l'idolâtrie, et
l'entrée facile des apôtres dans l'Egypte ou
l'Assyrie. Le Prophète fait allusion au pas-
sage des Israélites au travers de la mer
Rouge.
2° Perdre, affliger, persécuter, réduire à
la dernière désolation [yjpao-j-j). Sap. ^- 19«
Usque ad supremum desolabuntur : Le Sei-
gneur réduira les méchants dans la dernière
désolation. Apoc. 17. 16.
3" Saisir de frayeur, effrayer (y/staasiv). Je-
rem. I.Xîl.Portœ ejus , desolamini[rtvrM')o; zopiEs)
vehemenler : Portes du ciel, frémissez d'hor-
reur,et brisez-vous par les éclairs et les fou-
dres, pour marquer la colère de Dieu : on peut
aussi entendre par ces portes du ciel, les
anges; Menoch.
k" Laisser, destituer, abandonner seul. 2.
Reg. 17. 2. Pereutiam regem désolât um; ijtovw-
Ty.Tûv ;Le roi se trouvant seul, je le désolerai;
c'est la proposition et l'offre que fait Achito-
phel à Absalom. 1. Tim. 5. 5. 1. Thess. 2. 17.
Nos desolali a vobis ad tempus horœ, aspeclu,
non eorde : Nous avons été séparés de vous
pour un peu de temps , de corps , non de
cœur. Baruch. 4. v. 12. 16. Ce mot se dit
particulièrement d'une veuve , d'une mère
sans enfants, ou d'une ville sans citoyens, 1.
Tim. 5. 5. Quœ vere vidua est, et desolata spe-
ret in Deum : Que celle qui est véritablement
veuve et abandonnée, espère en Dieu. ïhren.
1. 13. Posuit me desolatam : Le Soigneur m'a
rendu toute désolée i c'est Jérusalem oui se
plaint. 2. Reg. 13. 20. Mansit Tliamar conta^
beseens in domo Absalom : Thamar demeura
dans la maison d'Absalom, son frère, séchant
d'ennui. Hcbr. desolata, sans être mariée, ou,
sans voir personne.
DES0LAÏI0,N1S ; èjOflptwo-iç, «yavt(7/:;tô?. 1° Dé-
solation, ruine, ravage. Luc. 21. 20. Scitote
quia appropinquavit desolatio ejus : Lorsque
vous verrez une armée environner Jérusa-
lem, sachez que sa désolation est proche,
dit Jésus-Christ. Jerem. 12. 11. Desolatione
desolata est omnis terra : La terre est dans
une extrême désolation, c. 18. 16. Matth. 2i.
15. Cum videritis abominationem desolatio-
nis ; i. e. desolantem. V. Abominatio. Ainsi,
Dan. 8. 13. Usquequo peceatum desolationis?
Jusqu'à quand durera le péché qui causera
cette désolation? D'où vient, Dare, ou ponere
abominationem in desolationem : Causer une
désolation abominable. Dan. 11. 31. Dabunt
abominationem in desolationem : Cela s'en-
tend du ravage que fit Antiochus Epiphanes
dans la Judée , et surtout dans Jérusalem et
dans le temple. Gr.po.-XOy^txKta Àyavta/iAaTWVj.lÔO-
minationes hominum desolatorum : Ainsi, c.
2. 11. 1. Mac. 1. ^"i . Mdijicavit rex Anlioehus
abominandum idolnm desolationis super ai-
tare Dei : Le roi Antiochus dressa l'abomi-
nable idole de la désolation sur l'autel de
Dieu; c'était l'idole de Jupiter Olympien.
2' Affliction, tristesse, chagrin, douleur.
Ezech. 12. 19. Aquam suam in desolatione bi-
bent : Ceux qui habitent dans Jérusalem boi-
ront leur eau dans l'affliction.
DESOLATORIUS, a, um; èprjuiy.ôç-Qui con-
sume vite. Ps. 119. 4. Sagittœpotentis aeutœ,
cum carbonibus desolutoriis :]^a langue trom-
peuse est semblable à des flèches aiguës, lan-
cées par un homme fort, aussi bien qu'à des
charbons ardents qui consument promple-
ment , et qui réduisent bientôt en cendre;
autr. avec des charbons dévorants : ce qui
marque le grand mal que les calomniateurs
causent par leurs médisances, qui est incu-
rable et sans remède. L'Hébreu porte, des
charbons de genièvre, qui sont solides et fort
biûlanls.
DESPECT10,Nis ; èc,o-joéi/M(Ttç. — 1° Mépris,
dédain, abandon. Ps. 122. 4. Repleti sumus
despectione : Nous sommes remplis de confu-
sion et dans le dernier mépris.
'1" Sujet, objet de mépris, qui est méprisé.
Ps. 122. 5. Opprobrium abundanlibus et de-
spectio supcrbis : Nous sommes devenus un
sujet d'opprobre à ceux qui sont dans l'a-
bondance, et de mépris aux superbes.
DESPECTUS , us; ù-iuix. Mépris. Gon.
16. 5. Videns quod conceperit , despcetai me
habet : Agar voyant qu'elle est devenue
grosse, me méprise : Sara s'en plaint à Abra-
ham.
DESPECTUS, A, um; aTipTo,-. — 1° Que
l'on méprise, qui est un ohjtt de mépris.
Isa. 53. 3. VidiïHus cum dcspccluni : Ce bras
du Seigneur, Jésus-Christ nous a paru un
objet de mépris.
2" Infâme, indigne du rang qu'il lient, sçou-
Oîv<,>0dç. Dan. 11.21. Stabit in loco ejus dcspe-
clus : Un homme très -méprisable et indigna
fM>7
DES
DES
i0!)8
(lu nom de roi prendra la place du roi Selou-
ciis; par ce. roi méprisable, s'en[end Antio-
chus Epiphancs , qui n'avait point de quali-
tés royales , quoiqu'il fût appelé Vlllitstre;
il s'est rendu infâme par ses impiétés , ses
fourberies , ses violences et ses cruautés
contre les Juifs. Voy. Fraudulentia.
DESPERABILIS, is, e. Incurable, dont on
désespère. Jerem. 15. 18. Quare plaga mea
desperabilis [d-ctpzhç) renuil curari? Pourquoi
ma plaie est-elle désespérée et refuse-l-elle
de se guérir? Voy. Plaga. n. 5.
DESPERARE ; «Tr.O.TriÇstv. Désespérer, per-
dre espérance. 1. Reg. 23. 26. David despe-
rabat se passe evadere : David désespérait de
pouvoir échapper :Gr. Ty.zTTc/.'Cous-joç, tecjens se;
Hebr. nahhais, festinabat ; David se bâtait de
sortir de là. Prov. 19. 18. Erudi fdium tuum,
ne desperes : Corrigez votre enfant et n'en
désespérez pas ; Hebr. Ne vous arrêtez point
à ses cris. 2. Mach. 9. 22. Non desperans me-
mel ipsum [xrroyi^jôifjy.sa] .'Ce n'est pas que je dé-
sespère de ma santé, dit Antiochus. Éphes.
4. 19. Desperanles semetipsos tradidernnt im-
pudicitiœ (à-aXyîîv , dedulere) : Les Gentils
n'ayant point d'espérance se sont abandon-
nés à l'impudicité; Gr. à7r>3).yi7v.6T£f, Qui do~
1ère lesierunt ; sans aucun remords. Job. 7.
16. Desperavi, nequaquam ultra jam vivam :
Il ne me reste aucune espérance de vivre da-
vantage; Hebr. La vie m'est devenue insup-
portable.
Ne pouvoir se résoudre à faire quelque
cbose. Jerem. 2. 23. Desperavi, nsqunquam
faciatn : Je ne puis me résoudre à faire ce
que vous désirez de moi. c. 18. 12. de là
vient,
DESPERARL Etre désespéré, être dans un
état dans lequel on n'espère plus de guérison
(«PfVjiTTcîv). 2. Reg. 12. 13. Desperatus est :
L'enfant que la femme d'Urie avait eu de Da-
vid, fut désespéré; Hebr. devint extrême-
ment malade. Mich. 1. 9. Desperata est plaga
ejus : La plaie de Samarie est désespérée :
le Prophète parle de la contagion de l'idolâ-
Irie; Gr. -/Mzr/.pocznafj, invaluit. On peut l'en-
tendre de la peine dont Dieu a puni l'idolâ-
trie des dix tribus; Venit usque ad Judam,
teligit portam populi mei usque ad Jérusa-
lem : Elle est venue jusqu'à Juda , elle a
gagné jusqu'à la porte do mon peuple, jus-
que dans Jérusalem; parce que les Assy-
riens, sous Salmanasar, ayant ruiné Samarie,
vinrent ensuite, sous Sennachérib, assiéger
même Jérusalem.
DESPERATIO, nis. Désespoir. 2. Rog. 2.
26. An ignoras quod periculosa sil dcspera-
tio? Ignorez-vous qu'il est dangereux de je-
ter son ennemi dans le désespoir? Hebr. Ne
savez-vous pas qu'il en pourra arriver du
malheur? Eccli. 27. '2k. Uenudare amici my-
sterium dcsperatio est animœ infclicis : H n'y
a plus d'espérance de rentrer dans l'amitié,
quand on a é!é assez malheureux, pour ré-
véler l(; secret de son ami.
DESPICERE. De l'ancien verbe specere.
Mépriser, faire pi u de cas, négliger; à
{]U()\ répond le verbe Grec èçoyOvjziv, ou, reje-
ter, refuser; ce qui répond au verbe àOizcCv.
DlGTlOISN. DE PHII.OL. SACRÉE. F.
1° Mépriser, négliger (iïoy5cv.^?v). Proy. î. 7.
Sapientiam alque doctrinam stulti despiciunt :
Les insensés méprisent la sagesse et la doc-
trine. Ps. 10. 1. Ps.'21 25. Gen.29. v. 31..
33. Mal. 1. 7. Voy. Mensa. Prov. 11. 12. Qui
despicit amicum suum indigens corde est : Ce-
lui qui méprise son ami n'a point de sens, etc.
2' Blâmer iè^ovh-^ovv) . Cant. 8. 1. Quis mifii
det ut jam me nemo despiciat ? Qui me pro-
curera le bonheur de vous avoir pour frère,
afin qu'à l'avenir personne ne me méprise?
C'est la Synagogue qui parle et qui désire
d'être assez heureuse pour posséder en per-
sonne la vérité même, qu'elle ne possédait
encore que par la foi. Car, avant Jésus-
Christ, elle était exposée en quelque sorte
au mépris, comme étant stérile, pour le dire
ainsi, à l'égard de celui qu'elle promettait,
3" Dissimuler, laisser passer, faire sem-
blant de ne pas voir {vTzspsiSsii)). Deut. 22. 4.
Si videris asinum [ratris lui aut bovem ceci—
disse in via, non despicies : Si vous voyez que
l'âne ou le bœuf de votre frère tombe dans le
chemin, vous ne passerez point sans vous en
mettre en peine, mais vous l'aiderez à le re-
lever. Act. 17. 30. Et tempora quidem hujus
ignorantiœ despiciens Deus : Dieu ayant laissé
passer et comme dissimulé ces temps d'igno-
rance ; aufr. Dieu ayant regardé avec indi-
gnation les égarements des hommes, qui s'é-
taient abandonnés à toutes sortes de crimes.
Eccli. 7. 14. Considéra opéra Dei quod nemo
possit corrigere quem ille despexerit : Consi-
dérez les œuvres de Dieu, et que nul ne peut
corriger celui qu'il méprise, qu'il ne touche
point par sa grâce, et qu'il abandonne par
sa justice. Voy. Gregor. in Job. l. 11. 5. Ec-
cli. 28. 9.
4° Voir, regarder avec assurance (srrEtSjtv).
Ps. 33. 9. Super inimicos meos despexit ocu~
lus meus : Mon œil a regardé avec assurance
mes ennemis ; l'Hébreu et le Grec portent :
Mon œil a vu dans mes ennemis ; on sous-en-
tend la vengeance qu'il souhaitait. Les Hé-
breux sous-entendent souvent de pareilles
choses. (Voy. Ps. 34. 21.) Ps. 111. 8. Ps. 117.
7. Ego despiciam. inimicos meos : Je mépri-
serai mes ennemis ; Gr. ètxô-youm, Je regar-
derai leur châtiment. Hebr. Videbo in ho-
stibus meis (supl. optalam ultioneni); Voy.
ViDERE. Le Prophète forme ces désirs dans
la seule vue de la gloire de Dieu, qui devait
paraître dans la confusion de ses ennemis,
qui étaient en même temps les ennemis de
Dieu. Ce verbe, suivi de la préposition in,
marque une vue attentive qui émeut les af-
fections de celui qui regarde. Abd. v. 1. 2.
13. Non despicies in die fratris tui ; p) è7zi<hç.
Ne vous moquez point de votre frère au jour
de son afllelion. Voy. Mich. 4. 11.
DESPOLIARE ; ÈxôOïtv. Dépouiller. Luc. 10.
30. Qui eliam despoliaverunt cum : L'homme
qui, descendant de Jérusalem à Jéricho, tom-
ba entre les mains des voleurs , fut dépouillé
par eux, et grièvement blessé.
DESPONDERE;y.v>,aT£0£rrO«t.l'' Fiancer, ac-
corder, promettre eu mariage. Dent. 20. 7.
Homo qui despondit uxorem : Un homme
qui a été fiancé à une fille, c. 22. 23. Exodr
35
i099
21. 9. 2. Cor. 11
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRËE.
1100
2. Bespondi vos xini viro
virginem castam exhibere Christo : Je vous ai
fiancés à cet unique époux , qui est Jésus-
Christ, pour vous présenter à lui comme une
vierste chaste. Saint Paul parle de l'Eglise
de Gorinthe : Jésus-Chiist est l'époux des
âmes, et il les a confiées à ses ministres, qui
sont les amis de l'époux pour veiller sur
elles et pour les lui conserver sans tache
jusqu'au jour des noces , auquel elles lui
doivent être présentées.
2° Epouser, prendre en mariage ()y.fAo«v£tv).
2. Rpg. 3. 14. Redde uxorem meam Michol ,
guam despondi mihi centum prœputiis Pliili-
sliim : Rendez-moi Michol, ma femme , que
j'ai épousée pour cent prépuces de Philistins,
dit David à Isboseth. (Voy. 1. Reg. 18. v. 25.
27. ) D'autres prennent encore ce mot en cet
endroit pour accorder en mariage. Voy. 1.
Reg. 18. 25.
DESPONSATIO, nis. Fiançailles, promesse
de mariage, mariage (vvfy-'yrjG-t?). C;mt. 3. 11.
Videle regem Salomonem in diademate quo co-
ronavit illum mater sua in die despunsationis
iîiiiis : Filles de Sion, venez voir le roi Salo-
mon avec lediadème dontsamèreracouronné
le jour de ses noces. Jerem. 2. 2. Recordatns
sum tui miserans adolescentiam tuam, et ca-
ritatem desponsationis tiiœ [rslîiutnç) : Je me
suis souvenu de l'amour que j'eus pour
vous (ô Jérusalem!), lorsque je vous pris pour
mon épouse, quand vous me suivîtes dans le
désert. Dieu parle du peuple qu'il avait
choisi pour le servir, comme d'une jeune
fille qu'il aurait prise pour son épouse ; les
autres peuples n'ont été consacrés à son ser-
vice qu'après les Juifs.
DESPONSâTDS, a, um. Du verbe despon-
dere, d'où vient :
Desponsata, je, ijlvv(ttsvBôï(jx. i° Fiancée ,
accordée, promise en mariage. Exod. 22.
16. Si seduxerit guis virginem necdiim des-
ponsalam : Si quelqu'un séduit une vierge
qui n'était point encore fiancée. Deut. 22.25.
2' Epousée donnée en mariage. Mailh. 1.
18. Cum esset desponsata mater ejus Maria
Joseph : Marie, mère de Jésus, ayant épousé
Joseph. Le mot desponsata est rais en cet en-
droit, parce que la sainte Vierge vivait avec
saint Joseph comme si elle n'eût été que
fiancée. (Quelques-uns croient que la sainte
Vierge n'était en effet que promise à saint
Joseph.) Ce mot signiûe aussi mariée. Luc.l.
27.C.2.5.
DESPUMARE , èTru.(^pii;u-j , Ecumer , jeter
de l'écume. Jud. v. \S. Fluctus feri inaris,
despumantes suas confusiones : Ces gens sont
comme des vagues furieuses de la mer, d'où
sortent, comme une écume sale, leurs or-
dures et leurs infamies. Cet apôtre parle de
quelques infâmes qui déshonoraient la sain-
teté du nom de chrétien par leurs dissolu-
tions honteuses , tels qu'étaient les anciens
hérétiques dont parle saint Irénée, les nico-
laïles et les gnostiques, qui, regorgeant de
passions déshonnêtes, laissaient partout des
marques de leurs infamies.
DESSAU, Heb. Pinguedo, aut cinis. iVom
d'un fort assez près de Jérusalem, i u rsiiM-
nor se jeta à la prière de quelques Juifs ,
qui se mirent sous sa protection. 2. Mach.
2i. 16.
DESTERNERE, «TrocrâTTew. Oîerune housse,
une couverture , décharger. Gen. 24. 32.
Jntroduxit eum in hospitiiim, ac destrnviS
camelos : Laban fit entrer le serviteur d'A-
braham dans le logis , et il déchargea ses
chameaux; aiitr. fil décharger.
DESTlNARE,7r|50Kto£ï(7Ô«i. De l'ancien stino,
qui n'est demeuré que dans les composés ; il
vient de sto.
Destiner, résoudre, déterminer, assigner,
députer. Eccli. 17. 20. Destinavit iliis sor-
tem veritatis .-C'est Dieu qui destioeàceux
qui sont tombés et qui se relèvent , le sort
et le partage qui est dû à leur justice et t
leurs bonnes œuvres, et non pas celui qui est
dû à leur iniquité. 2. Cor. 9. 7.
Destinatus, a, um. 1° Destiné, fixe, pro-
posé. Philipp. 3. 14- Ad destinatum persequor :
Je cours incessamment vers le bout de la
carrière; i. e. je tâche d'atteindre le but qui
m'est proposé. Gr. ■/.«-« azo-ôv otwxw , de
même que -/«TaStor/w o-xottôv, Scopum perse-
quor, versus scopum feror.
2" Prompt, fervent, zélé. 2. Cor. 8. 19. Ad
Bomini gloriam et destinatam voluntatem
nostram : Po\ir la gloire de Dieu, et pour
faire paraître notre zèle dans une si bonne
œuvre. Gr. 7:poOvj.ia.-j. Ad vestrampromptitu-
dinem : Pour seconder votre bonne volonté.
DESTITUERE. Du simple statuere.
1* Délaisser, quitter, abandonner, desti-
tuer. 2. Cor. 4. 8. Aporiamur, sed non desli-
tllimur {caiopo-JpiSVOL «//' où/. ècxTzopo-Jy.vJoi, llŒSl^
tantes, sed non prorsus hœrentes) : Nous nous
trouvons dans des dilGcultés insurmontables,
mais Dieu ne nous abandonne pas, et nous
n'y succombons pas par sa grâce. Eccl. 4. 1.
Isa. 49. 21. Ezech. 6. 14. 2. Mach. 4. 11.
2" Perdre, ruiner, dissiper (èpnuoïi-j).
Apoc. 18. 17. Una hora destitutœ sunt tantœ
diiitiœ : Comment tant de richesses se
sont-elles évanouies en un moment? Ezech.
36. 35
DESTITUTIO, «9i-»;<7£ç. Abandon, action
par laquelle on abandonne quelque chose;
dans rÈcrilùre :
Abolition. Hebr. 9. 26. Nunc aulem semel
ad deslilutionem peccati per hostiam suam
a/)/;aru«î; Jésus-Christ n'a paru qu'une fois
pour détruire le péché, en s'oftranl lui-même
pour victime.
DESTRUGTiO, oms, xyMipzsi;. Destruc-
lion, renversement. 2. Cor. 10. k.Arma mililiœ
nostrœ potentia Beo ad destructionem muni-
tionum : Les armes de notre milice sont
puissantes en Dieu pour détruire et renver-
ser tout ce que peuvent opposer de plus fort
à la prédication de l'iùangile les philoso-
phes, les princes païens, le. monde et les dé-
mons.
Obstacle, empêchement au salut. 2. Cor.
10. 8. Quam dédit nobis Bominiis in œdificn-
tionem et non in destructionem vestram: Dieu
ma donné la puissance que j'ai pour votre
édifLcalicn, et non pour votre destruction,
c. 13. 10.
ii'i
ÔES
DET
iioâ
DESTRUERE , x«e«tpsrv. 1° Abattre , dé-
molir, détruire. Luc. 12. 18. Destrumn hor-
rea mea : J'abattrai mes greniers, el j'en bâ-
tirai de plus grands, dit l'homnae riche.
Walth. 26.61. etc.
Ruiner, abolir (xaTKisysro-Gai). Rom. 6. 6.
Vêtus homo noster simul crucifixus est, ut
destruatur corpus peccati: Notre vieil homme
a été cruciflé avec Jésus-Christ, afin que le
corps du péché soit détruit, c. ik. 30. 2.
Tim. 1. 10. 2. Cor. 10. k. Prov. U. 1.
2" Perdre, exterminer. Ps. 27. 5. Deslrues
illos, et non œdificabis eos : Vous perdrez les
pécheurs , sans qu'ils puissent se relever.
Ps. 8. 3. Ps. 51. 7. Jerera. i5. 4. Thren. 2.
17. Ps.88. 40.
3' Oter, priver, dépouiller (x«T«)>Û£iv) Ps. 88.
k^.Destruocistieumabemundalione : Vousavez
dépouillé votre serviteur de ses ornements et
de son éclat (Hebr. Vous avez fait cesser
son éclat); autr. Vous avez ôlé ce qui servait
à le purifier, i. e. tous les exercices de la re-
ligion.
DESUDARE, [loyjizht. Faire quelque chose
avec beaucoup de peine et de travail,
travailler fort. Eccl. 2. 19. Dominabitur in
labùribus mets quibus desudavi et sollicitus fui:
Je ne sais si celui qui sera le maître de tous
les ouvrages où je me suis appliqué avec
tant de peine et de travail, sera sage ou in-
sensé.
DESUPER. 1° Dessus, au-dessus, par-des-
dessus (ÛTTcfiav&j). Mallh. 21. 7. Eum desupcr
sedere fecerunt : Les disciples firent monter
Jésus-Christ dessus {se. ou dessus les deux
animaux l'un après l'autre, ou dessus les
vêtements qui étaient dessus ; co qui est le
sens du Grec). Voy. Asi^us. Gen.22.9. Exod.
4. 17. etc.
2" Par en haut, depuis le haut («vwôhv).
Joan. 19. 23. Desuper contexta per totum :
La robe de Jésus-Christ était d'un seul tissu,
depuis le haut jusqu'en bas.
3° D'en haut , ou du ciel (avwOsv). Ps.
77. 23. Mandavit nubibus desuper : Dieu
commanda aux nuées qui étaient au-dessus
des Israélites. Isa. 45. 8. Joan. 19. 11. ISisi
tibi datum esset desuper, i. e. e cœlo a Deo :
Vous n'auriez aucun pouvoir sur moi , s'il
ne vous avait été donné d'en haut, dit Jésus-
Christ à Pilate. Deul. 5. 8. Job. 36. 30.
4° De plus, encore, outre cela. Num. o. 7.
Reddent ipsum caput, quinlamque parlem de-
super : L'homme ou la femme rendront à
celui contre qui ils ont péché , le juste prix
du tort qu'ils lui auront fait, en y ajoutant
encore le cinquième.
5° Pour deinceps, tout de suite, tout en-
semble (ÈTrâvw) 4. Reg. 3. 21. Convocaverunt
omnes qui accincti erunt (Heb. et.) balleo
desuper : Les Moabites assemblèrent, tant
ceux qui commençaient à porter les armes ,
que ceux qui avaient leur congé ; se. pour
se défendre contre Joram, Josaphat et le roi
d'Edom. Voy. Accingere.
DESURSUM, «vo.5£v. D'en haut, du ciel.
Joan. .'{. 31. Qui dcsnrsum venit, super omnes
est : Celui qui est venu d'en haut (du ciel),
est au-dessus de tous. Saint Jean parle de
Jésus-Christ ; le même verset porte de cœlo.
Jac. 1. 17. c. 3. V. 15. 17. Ps. 49. 4.
DETERIOR, us, yjipu>-^. Du verbe deterere.
user.
1° Pire, plus méchant. 1. Tim. 5. 8. Si guis
.<iuorum et maxime domesticorum curam non
habet est infideli deterior : Si quelqu'un n'a
pas soin des siens, et particulièrement de
ceux de sa maison, il est pire qu'un infi-
dèle; se. en ce que les infidèles ont une affec-
tion naturelle pour ceux qui les touchent. 2
Pelr. 2. 20.
2» Qui est moins bon, moins parfait, au
dessous. Sap. 15. 18. Insensata comparala
his , mis sunt détériora ; Les animaux que
les Egyptiens adorent étant comparés aux
autres bêtes sans raison, sont au-dessous
d'elles. Joan. 2. 10.
3' Pire, plus fâcheux, plus sensible, plus
affligeant. Marc. 5. 26. Nec quidquam profe-
cerat , sed maqis deterius habebat : Tout le
bien que la femme malade d'une perle de
sang avait dépensé (pour sa guérison), ne lui
avait procuré de la part des médecins aucun
soulagement; mais elle s'en était trouvée
toujours plus mal. Gr. [in deterius.) Sap. 17.
6. Joan. 5. 14. Heb. 10. 29.
4° Plus pernicieux, plus nuisible au salut
(«T-uv). 1. Cor. 11. 17. Non in melius, sed
in deterius conveni'is : Vos assemblées vous
nuisent pliilôt (ju'elles ne vous servent.
DETERMINARE. Déterminer, décider.
Prov. 28. 10. Judicium déterminât causas :
La sentence décide les procès ; Hebr. Le Très-
Haut est l'auteur de toutes choses.
DETERRERE, ÈxyoÇcrv , Iniimid.T, épou-
vanter, faire peur. Mich. 4. 4. Non erit qui
deterreat : Chacun se reposera sous sa vigne
et sous son figuier, sans avoir aucun en-
nemi à craindre ; se. au temps du Messie.
Zach. 1. 21. Hab. 2. 17. 1. Esdr. 3. 3.
DETESTAB1L1S Détestable, abominable.
Gcn. 38. 10. Jdcirco percussit eum Dominusy
quod rem delcslabilem facerei : Le Seifneur
frappa de mort Onan, parce qu'il faisait une
chose détest.ble ; cette chose est rapportée,
V. 9. d'où vient:
DETESTABILIOR. Plus détestable, plus
inhumain {yco.srôjzspoç). Sap. 19. J3. Détesta-
biliorem inhospitalitatem instituerunt : Les
Egyptiens traitèrent les Isrnéliles comme
étrangers , d'une manière plus inhumaine
que les Sodomiles n'avaient fait les deux
anges, puisque ceux-ci ne traitaient pas mal
des étrangers qui leur fussent connus ; au
lieu que les Egyptiens réduisaient en servi-
tude des gens qui ne leur avaient fait que du
bien.
DETESTARI, composé de de et de teslari^
prop. rejeter pour témoin. 1" Détester, avoir
en horreur, en exécration. Prov. 8. 13. Os
bilinque detestor : Je déteste la langue dou-
ble, c. 5. 12. Cur delestatus sum disciplinnm'f
Pourquoi ai-je détesté la discipline ? dit un
homme soupirant de voir la vigtieur de son
corps consumée par la dissolution.
2 Faire dos imprécations contre soi-même
(xaT«vaÔ£u«Tii;£iv).Matlh. 26.74. Cœpit deUsian
et jurarc : Pierre se mil à faire des serments
nos
DTCTIONNAIKE DE PHILOLOGIE SACREE.
1104
exécrables et à jurer; se. qu'il n'avait au-
cune connaissance de Jésus-Christ.
DETENTIO, oNis. Demeure iy.a^oyj,). Ec-
cli. 2i. 16. In plenitudine sayictorum detenlio
mea : J'ai établi ma demeure dans l'assem-
blée des saints ; se. de ceux qui craignent
Dieu et le servent, dit la Sagesse.
DETINERE, du simple tenere (-/«-ix£iv).
— 1° Retenir, arrêter, retarder. ïob 10. 1.
Putasne quare detcnlus est ibi? Qui peut re-
tenir si longtemps mon fils? dit Tobic de son
fils, lorsquil différait à revenir à cause de
ses noces. 2. Thess. 2. 6. Nunc quid detineat
seitis : Maintenant vous savez ce qui em-
pêche la venue de l'homme de péché, de
l'Antéchrist.
2" Retenir comme dans les liens et l'escla-
vage. Rom. 1. 18. Qui veritatem Dei in injus-
titia dedncnt : Les philosophes païens étouf-
faient la connaissance de la vérité qu'ils
avaient reçue de Dieu pour la déclarer. Joan.
5. i.Rom,'7. 6.
3= Retenir, refuser de restituer (y.oy.zth) .
I. Mach. 15. 3.3. Neque alienam ierram siimp-
simus, neque aliéna detinemus : Nous n'avons
point usurpé le pays dun autre , et nous
ne retenons point le bien d'aulrui, répond
Simon Machabée aux propositions d'An-
tioclius.
DETRACTIO , -/aTa).«),t« , Médisance , ca-
lomnie. Sap. 1. 11. A detractione parcite lin-
(juœt'Sc souillez point votre langue par la
médisance. Eccli. 38. 18. Fac luctum secun-
dum tneritum ejus, xino die vel duobus, prop-
ier detractiunem : Faites un deuil, selon le
mérite de la personne , un jour ou deux,
pour ne point donner lieu à la médisance ,
de peur qu'on ne nous croie indifférents ,
sans affection et sans sentiment. 2. Cor. 12.
20. etc.
DETRACTOR , is , x«-a«/oc. Médisant ,
calomniateur. Prov. 2i. 9. Abominatio homi-
num detractor : Le médisant est l'abomina-
tion des hommes : Hebr. Le moqueur, v.
21. Cnm detractoribus ne commiscearis ;
N'ayez point de commerce avec les médi-
sants; Hebr. avec les hommes remuants,
qui aspirent à des nouveautés et à des
changements dans l'état. Rom. 1. 30. Ezech.
22. 9:
DETRAHERE. 1° Oter , arracher , tirer
dehors ( 7r|soeie«Çîtv ). Act. 19.33. De turba
autem delraxerunt Alexandrum : Alexandre
fut lire de la foule : ce fut lorsque Gaïus et"
Aristarque furent entraînés au théâtre par
les ouvriers de Démétrius, orfèvre. Isa. 8. 1.
Yelociter spolia delrahe : Hâtez - vous de
prendre les dépouilles : c'est un nom du
Messie, qui devait dépouiller le diable de
sa puissance. (Voy. Luc. 11. v. 20. 22.) Gen.
30. 37. Levil. 1. 6.
2" Faire tomber, faire périr, précipiter. 2.
Potr. 2. k. Deus rudenlibus inferni delraclos in
lartarum Iradidil cruciandos : Dieu a précipiié
les anges qui ont péché, dans l'abime, où
les ténèbres leur servent de chaînes. Voy.
r.cDENs. Job. 2V. 22. Prov. 21. 7. Isa. lï. v.
II. lo. etc. Ezech. 32. 18. Delrahe enm ipsam
uU tcrram ullimam : Précipitez-la elle-même
au fond de la terre : Le Prophète parle de
l'Egypte, et Dieu lui ordonne de prédire que
les Egyptiens périront tous. On dit que les
prophètes font ce qu'ils annoncent, aussi
bien que les poètes ce qu'ils feignent.
3' Médire, parler mal de quelqu'un (xaTK-
Joyc-Tv). Jac. i. 11. Nolite detruhere alter-
îilrum : Ne parlez point mal les uns des au-
tres. Qui detrahit fratri , delrahil legi : Celui
qui parle contre son frère, parle contre la
loi. Exod. 22. 28. Diis non detrahes, i. e. judi-
cibiis [yMy.oloyû-j) : Vous ne parlerez point mal
des juges. Voy. Judex.
k° Mépriser, rejeter {u-jy-r.u'izv?. Prov. 1.
30. iN'o7i inventent nie eo quod deiraxerint
nniversœ correptioni meœ : Les insensés ne
me trouveront point, parce qu'ils n'ont eu
que du mépris pour toutes mes remontran-
ces. Job. G. 25. Quare delraxistis sennonibus
veritalis ? Pourquoi formez-vous des médi-
sances contre des paroles de vérité? Job fait
voir à ses amis qu'ils ont blessé la charité et
la vérité, en prenant en mauvaise part ce
qu'il leur disait, pour justifler son inno-
cence. Deut. 31. 20.
Outrager, irriter ( raco'ç-jvîw ). Num. 14.
11. Usquequo detrahet 77}ifti populus iste ?
Jusqu'à quand ce peuple m'outragera-t-il
par ces paroles? v. 23.
5° Retrancher du monde, exterminer. Tob.
20. 28. Germen domus illius delrahetur in die
furoris Dei : Les enfants de la maison de
l'impie seront retranchés du monde au jour
de la fureur de Dieu : La postérité de l'impie
est comparée à une plante qui est tout à fait
déracinée.
6" Ruiner, renverser (TrapaWîtv). Isa. 23.
9. Cogitavit hoc, ut detraheret superbinm om-
nis yloriœ : Le Seigneur a résolu de traiter
Tyr de la sorte, pour renverser toute la
gloire des superbes.
DETRECTARE , du simple tractare ; xz-a-
/«/c-tv. Refuser de faire, d'obéir; dans
l'Ecriture :
Parler mal, médire. 1. Petr. 1. 12. Ut in
eo quod detrectanc de vobis tamqiiam de male-
factoribus : Conduisez-vous parmi les gen-
tils d'une manière sainte, afin qu'au lieu
qu'ils médisent de vous, comiiie si vous étiez
des mécbanls, ils rendent gloire à Dieu.
DETRIMENTUM , 'Cnuic/. , composé du
verbe deterere. Perte, dommage, désavan-
tage. Philipp. 3. 7. Hœc arbitralus sum
pr opter Christum detrimenta : Ce que je re-
gardais comme un avantage, lorsque j'étais
zélé pour le judaïsme, m'a paru depuis, en
regardant Jésus-Christ , une perte, v. 8.
Propter quem omnia detrimentum feci : Pour
l'amour de Jésus-Christ, je regarde toutes
choses comme des ordures; Gr. èÇnpitwÇiiV.
Je me suis privé de toutes choses ; comme on
(\'\\.,jacluram faccre , on peut dire, detrimen-
tum facere, perdre, supporter quelque perte.
DETURBARE , ixiOt^zù-jc^t. Renverser, abat-
tre, mellrc dehors. 1 Mach. 8. 13. Quos
relient , regno dcturbnbant : Les Romains
faisaient perdre le royaume à ceux qu'ils
voulaient.
DEÏURPARE, xKTKt^x^m.v. Déshonorer. 1.
«105 DEV
Cor. 11. V. i. 5. Omnis vir orans velalo ca-
pite deturpat caput suum : Tout homme qui
prie ayant la tête couverte, déshonore sa
lête; se. parce que c'est une marque de su-
jétion que d'avoir la tète couverte : or,
l'homme n'est sujet qu'à Dieu : il n'en est
pas de même de la femme, qui doit être as-
sujettie à son mari.
"DEVASTARE, Sic^fOdpea. Gâter.
1" Dépeupler, ravager, perdre, ruiner,
gâter. Jutlic. 6. o. Quidquid tetigerant dévas-
tantes : Les Madianiles et les Amalécites
gâtaient toutes les terres des Israélites par
où ils passaient. Isa. 23, li. Devastata est for-
titudo vestro : Votre force est détruite. Joël.
1. 10. Devastatum est triticiim : Le blé est
gâté.
2" Incommoder fort, faire grand tort,
ïvuxus(7^v.i. Act. 8. 3. Saulus autem devasla-
bat Ecclesiam : Saul ravageait l'Eglise.
DEVENIRE; -/rTavràv, du simple venire.
1" Venir, arriver. Act. 18. 19. Devenitque
Ephesum : saint Paul arriva à Ephèse. c. 9.
32. etc.
Ad nifiilum devenir e, s;oy5E>Jova-6at, arriver,
tomber, être réduit. Ps. 57. 8. Ad nihilum
devenient tamquam aqua decurrens : Les pé-
cheurs seront réduits à rien , comme une
eau qui passe. 1. Mach. 6. 11. Voy. Dedu-
CERE.
2" Se rencontrer , tomber sur quelque
chose, s'y trouver. 1. Cor. 10. 11. Scripta
sunt ad correptionem nostram , in quos fines
seculorum deveneriint : Toutes ces choses qui
arrivaient en figure aux Israélites , ont été
écrites pour nous servir d'instruction à nous
autres, qui nous sommes rencontrés dans la
fin des temps.
3*^ Arriver, échoir en héritage. Tob. 8.
2'*. Fecit scripturani iit pars dimidia quœ su-
pererat post obitum eorum Tobice dominio de-
veniret : Raguel fit un écrit, afin que la
moitié du bien qui lui restait appartînt à
Tobie après sa mort : Raguel lui avait
donné déjà une moitié de son bien pour le
mariage de Sara sa fille , s'étant réservé la
jouissance de l'autre pour vivre.
DEVIAKE; èzzÀiv-iv, du sub'^tantif via.
Se détourner. Num. 22. 26. Ubi nec ad
dextram nec ad sinistrani poterat deviare ,
obvius stelit : L'ange se présenta devant Tâ-
nesse de Balaam, en un lieu où il n'y avait
pas moyen de se détourner, ni à droite ni à
gauche.
Façon de parler dans le sens Bguré.
A vero deviare. Se détourner de la vérité.
Exod. 23. 2. Nec in judicio plurimoruni ac-
quiesces sentcntiœ, xU a vero dévies : Dans le
jugement, vous ne vous rendrez point à
l'avis du plus grand nombre pour vous dé-
tourner de la vérité. C'est se tromper, lors-
qu'on viole la justice et la vérité, d;; se
défendre par la multitude de cpu\ avec qui
on fait le mal. August. in lîxod. quœsl. 21.
DEVIRGINARK, du substantif v//y/o ; àrro-
Tr«ft9£v9ùv, ôter l'honneur à une fille. Kccli.
20. 3. Concupiscentia spadonis devirginabit
iuvencnlam, sic qui facit per vim judiciam
DEV
1106
iniqiium : Celui qui viole la justice par u»
jugement injuste, est comme l'eunuque qui
veut faire violence à une jeune vierge. Voy.
Spado.
DEVITARE, 77aûa£-£r75ai. 1^ Eviter, fuir,
se détourner, rejeter. Eccli. 2. 3. Cogitavi
abstrahere a vino carnem meam ut devitaron
slxiltitiam : J'ai pensé en moi-même de re-
tirer ma chair du vin pour porter mon es-
prit à la sagesse pour éviter l'imprudence.
Eccli. h. 23. Devita a malo ; Gardez-vous du
mal. Judic. 11. 3. 1. Tim. 6. 20. A quoi se
rapporte :
Rejeter, ne point écouter. Tit. 3. 10. He-
reticum hominem post iinam et secundam cor-
reptionem devita : Evitez celui qui est héré-
tique, après l'avoir averti une ou deux fois.
2' Eviter, se donner de garde de quel-
qu'un , se garder de lui (yv/Kcrc-îo-Oat, obser-
vare], 2. ïim. i. 15. Quem et tu devita :
Gardez-vous d'Alexandre ; saint Paul en avait
reçu beaucoup de mal. Ainsi, c. 3. 5. Et hos
devita aversare : Fuyez ces personnes.
3^ Rejeter, ne point admettre au nombre
des autres. 1. Tim. 5. 11. Adohscenlinres
autem viduas devita : N'admettez point les
jeunes veuves au nombre de celles que l'E-
giise nourrit.
DEVIUS, A, UM, du substantif tm.
Détourner, hors du chemin. Prov. 12. 28.
Iter devium ducit ad mortem : Le chemin dé-
tourné conduit à la mort : soit que ce chemin
soit détourné à droite ; se. lorsque Ton ])ré-
sume de ses propres forces ; soit à gauche ;
se. lorsqu'on se néglige, dit saint Augustin.
DEVOLVERE ; à-o/v/L^ev. 1" Rouler de
haut en bas, avaler, faire tomber. Gen. 29.
3. Moris erat , ut cunctis ovibus congregatis
devolverent lapidem : C'était la coutume de
ne lever la pierre {se. qui bouchait le puits
auquel les bergers menaiesit boire leurs
troupeaux , que lorsque tous les troupeaux
étaient assemblés. (Ce puits est celui où se
trouva Jacob, lorsque Rachel y vint abreu-
ver son troupeau.)
2° Faire tomber, en parlant de quelque
mal. Gen. i3. 18. Introducti su'uus iit de-
volvat in nos calumniam : C'est à cause de
l'argent que nous avons remporté dans nos
sacs qu'il nous fait entrer 'ri, pour fiiie
tomber sur nous ce reproche, disent les frères
de Joseph. Eccli. 27. 30. 2. Mach. 6. 15.
Devolvi, i)assif. Ce verbe est pris ici dans
le sens métaphorique.
Venir fondre sur quelqu'un pour l'acca-
bler. Job. 30. IV. Irruerunt super me, et ad
meas miserias dcvoluti sunt : Des gens de
néant se sont jetés sur moi, (t sont venus
m'accabier dans ma misère, luette mé(;ipliore
est tirée d»; troupes qui entrent avec vio-
lence par la brèche ou la porte ou\ crie dune
ville pour la ravager.
DEVOKAHE, yzra^âyrev; ce vcrbc répond
à l'Hébreu acal , comedcrc, et s'attribue à la
bouche, au feu, et à l'épée.
1" Dévorer, manger, avaler. Gen. 37. 33.
Destin devoravit Joseph : La bête a dévoré
Joseph, dit Jacob, voyant la robe de son liis
Ii07
DICTIONNAIRE DR PHILOLOGIE SACREE.
1108
trempée dans le sang d'un chevreau, c. H.
28. Deul.28. 38. etc.
2" Consumi^r, ruiner. 2. Cor. 11. 20. Sus-
tinetis si guis dévorât : Vous souffi ez qu'on
prenne voire bien. Marc. 12. iO. Luc. 15. 30.
Ps. 20. 10. Deut. 32. 22. Num. 13. 33. Terra
quam lustravimus ^ dévorât habitatores suas :
La lerre que nous avons été considérer, dé-
vore ses babilauls, disent aux Israélites
ceux qui avaient été considérer avec Galeb
la lerre promise. La grande intempérie dû
l'air consume et fait mourir promptement les
peuples, ou la violence lyrannique des géants
qui y dominent, actable bionlôt ceux qui
sont plus f;jit)les qu'eux. Ose. 7. 7. Devo-
raverutU judices suus : Leur passion pour
l'iiolâirie a consumé leurs juges avec eux.
Tbren. 4. 11. Voy. Gladius. Isa. 9. 12. Voy.
Os. Num. 14. 3. Voy. Pams. A quoi ap-
proche ceîte signification.
Dépen er, faire de grandes dépenses {fi-
yBcrdxt). Eccli. 2. 23. Quis ita devorabit et
deliciis affluet ut ego? Qui fera autant de dé-
penses, et qui jouira de toutes sortes de
délices autant que moi? dit Salomon.
3° Perdre, détruire, exterminer, faire
mourir. Levil. 10. 2. Egressusque ignis a Do-
mino (/«foraviYeos .-En même temps queNadab
et Abiu eurent offert devant le Seigneur un
feu étranger, un feu envoyé par le Seigneur
les dévora. Deut. 32. v. 24. 42. Ez^h. 7. 15.
Ps. 20. 10. Zach. 9. 4. Hœc igni devorabitur :
ïyr sera consumée par le feu. Cette pro-
phétie fut accomplie environ deux cents ans
après, lorsque Alexandre, s'élant rendu
maître de toute la Syrie et de la Phénicie,
l'assiégea durant six mois , s'en rendit maître
avec des travaux prodigieux et incroyables,
ei ût brûler toute la ville, v. 15. Et devora-
bunt et subjicient lapidibus fundœ : Les
Israélites dévoreront leurs ennemis , et les
assujettiront avec les pierres de leurs frondes.
4° Maltraiter, persécuter. Prov. 20. 2o.
Jtuina est homini devorare sanctos , et post
vota retroctare : C'est une ruine à l'homme
de piller et persécuter les saints , et de penser
ensuite a faire des vœux; Hebr. les choses
saintes, et convertir à son usage les choses
consacrées à Dieu. Voy. Retractare. A cette
signification de l'Hébreu revient la significa-
tion du mot devorare, qui signifie quelque-
fois faire quelque chose avec précipitation.
Ainsi , Devorare sanctos, ou sancla (zara-
ttLvsiv). C'est faire des vœux téméraires ;
comme, c. 19. 28. Devorare inifjuiiatem
(riv5tv), c'est commettre l'iniquité avec ar-
deur; de même qu'il est dit, boire l'iniquité.
Job. 15. 16.
§ 1. — Dévorer, prendre avec avidité. Apec.
10. V. 9. 10. Et accepi libriim de manu angeli
et devoravi illum : Je pris le livre de la main
<iîe l'ange comme l'iinge me l'avait dit;, et le
dévorai; i. e. je le lus , et le mis avant dans
mon esprit: La métaphore rst tiréedccequ'on
mange avec appétit , et qui est reçu au fond
des entr;tilles. Ainsi Caton était appelé helluo
librorum^ parce qu'il ne se pouvait rassa-
sier de lire les livres. Job. 20. 13. Prov. 19.
38. Num. 23. 24. Non accububit donec devoret
prœdam (^ûyiiv) : Le peuple d'Israël ne se
reposera point jusqu'à ce qu'il dévore sa
proie; {. e. qu'il ait défait ses ennemis , dit
Balaam. Voy. Comedere.
§ 2.— Absorber, accabler. Job.37. 20. £'a'amst
locutus fuerit homo , devorabitur : Que si
quelque homme entreprenait d'en parler, il
sera accablé par la grandeur du sujet; se.
des merveilles et des ouvrages de la Provi-
dence divine. Ps. 106. 27. D'oiî vient :
Devorans, insecte qui ronge et dévore les
fruits de la lerre. Malach. 3. 11. Jncrepabo
pro vobis devorantem : Je ferai entendre mes
ordres en votre faveur aux insectes qui
mangent les fruits ; ils ne mangeront point
ceux de vos terres; se. si vous payez bien à
Dieu les dîmos qui lui sont dues.
DEVORATIO, Nis.— l°L'aclionde dévorer.
Tob. 12. 3. Meipsum a devoratione piscis eri-
puil : Ce saint homme m'a délivré du poisson
qui m'allait dévorer; le jeune Tobie raconte
ceci à son père, comme l'un des services
qu'il avait reçus de l'ange Raphaël dans son
voyage. Ezech. 34, 58.
2" Affliction, perte, ruine. Deut. 31. 17.
Erit in devorationem (za-âS/jwtAa) : Lorsque ce
peuple aura violé l'alliance que j'avais faite
avec lui, il sera exposé à toute sorte de mal-
heurs, dit Dieu à Moïse.
DEVORATOR. is, <pûyo;. — 1° Qui mange,
qui dévore. Sap. 12. 5. Devorafores sangui-
nis (o-TTXay/viya^oçJ : Les Chananéens dévo-
raient le sang; se. des hommes ; ils étaient
des anthropophages et offraient en sacrifice
leurs propres enfants.
2* Grand mangeur, qui aime à faire bonne
chère. Luc. 7. 34. Ecce homo devoralor, et
bibens vinum : C'est un homme de bonne
chère, et qui aime à boire du vin ; Jésus-
Christ se plaint des Juifs qui faisaient de lui
cette calomnie.;
DEVORATRIX, cis. Qui dévore, qui perd,
qui consume (za-£(76iou(7«). Ezech. 36. 13. Dicunt
de vobis, devoratrix hominum es, et suffocans
genlem tuam : On a dit de vous, ô Israël, que
vous étiez une terre qui dévorait les hommes,
qui étouffait son propre peuple; la compa-
raison est tirée d'une mère qui fait mourir
ses propres enfants. Voy. Necare.
DEVOTATIO, nom verbal du verbe inu-
sité devotare.
Vœu fait à Dieu pour obtenir quelque
chose {-poaevy^ri). 3.Reg.8. 3S.Cuncta devota-
tio et imprecatio quœ acciderit omni homini^
tu cxaudies ; i. e. quodcumque voium ; Hebr.
omnem orationem et d^precationem exaudies :
Vous exaucerez les vœux et les prières
qu'un hon.me quel qu'il puisse être de votre
peuple, vous offrira, se. ayant les disposi-
tions nécessaires ; d'autres prennent ici de-
volatio pour une imprécation de la part des
ennemis.
DEVOTIO, Nis, vœu et obligation de faire
quelque chose à quui on s'engage par seï-
ment et par imprécation ( «vâOîfia). Acl. 23.
i'-i. Devotione devovimus nos .-Nous avons ^
fait vœu, avec de grandes imprécations, de
ue point manger que nous n'ayons lue Paul,
1109
DEU
DEU
lilO
dirent quarante Juifs aux princes des prêtres
et aux sénateurs.
DEVOTUS, A UM, affectionné, zélé. Exod.
35. V. 2t. 29. ObluJerunt mente promptissima
atque clevota pri7nitias Domino: Les Israélites
firent leur offrande a» Seigneur avec une vo-
lonté prompte et pleine d'affection. 2. Par.
29. 31.
DEVOVERE. — 1° Vouer, s'obliger par
vœu (s'jyjo-^cn). Num. 6. 21. Jux ta que cl ment p,
devoverat, ita faciei : Le Nazaréen exécutera
ce qu'il avait arrêté dans son esprit, lorsqu'il
fit son voeu.
2" S'engager par vœu avec serment et im-
précation contre soi-même («vaeeua-iÇstv). Act.
23. v. 12. li. 21. Voy. Devotio.
DEUS, I. Ce nom vient du Grec 0£Ô,-,
Et se prend, ou dans sa signification pro-
pre ou impropre; étant pris dans sa si-
gnification propre, il signifie l'Etre souve-
rain.
SigniQcalions propres de ce mot.
Dieu., qui est un esprit infiniment parfait,
qui a créé toutes choses, qui les gouverne et
les conserve, est pris, ou pour les trois per-
sonnes qui ont la même essence et nature
divine , ou pour l'une des trois person-
nes.
1° Toute la Trinité. Deut. 6. 4. Dominus
Deiis nostcr, Dominus umis est ."Le Seigneur
nwtre Dieu est le seul Seigneur. Mallh. k-.
10. Dominum Deum tiium adorabis : Vous
adorerez le Seigneur votre Dieu ; Jésus-
Christ cite ce passage du Deuter. 6. 13. pour
confondre le démon qui demandait qu'on
l'adorât, v. 7. Joan. i. 2i. Spirilus est Beus :
Dieu est esprit. C'est en ce sens qu'il est dit
souvent dans l'Ecriture que Dieu est l'auteur
et le conservateur de toutes choses, qu'il est
sage, juste et miséricordieux.
2° Le nom de Dieu pris pour les personnes,
signifie: 1° Le Père éternel, principalement
lorsqu'il est comparé au Fils. Malth. 16. 16.
Ta es Chrislus Filius JJei vivi : Yous êtes le
Christ, Fils du Dieu vivant, dit saint Pierre
à Jésus-Christ. Joan. 1.1. Yerhum ernt apud
Deum : Le Verbe était avec Dieu ; autr. en
Dieu. c. 3. 16. c. ik. 1. Rom. 1. k. c. 8. 3.
Ephes.l. li.Hebr. 1. 1. 1. Joan.i. y. 9. 10.
et dans les commencements des Epîtics de
saint Paul, où cet apôtre souhaite aux fidè-
les la grâce et la paix. Comme Gai. 1. 3.
Gratia vobis et pax a Deo Pâtre : Que Dieu
le Père et Notrc-Seigneur Jésus-Christ vous
donnent la grâce el la paix; le Père est ap-
pelé Dieu par excellence, en tant qu'il est la
source de la divinité, et le principe el l'ori-
gine du Saint-Esprit. 1. Cor. 12. 6. Idem vero
JJcus : C'est le mônie Dieu qui opère tout en
tous. 2. Tim. 4-. 1. Testificor corain Deo et
Jesii Christo : Je vous conjure devant Dieu et
devant Jésus-Christ; ainsi l'on peut dire :
Deus de Deo. Voy. Dominus. 2^ Le Fils de
Dieu, le Verbe éternel, qui est de n»éme na-
ture que le Père. Joan. 1.1. Deus erat Ver-
bum : Le verbe était Dieu. Act. 20. 28. Y os
Spirilus sanctus posuit episcopos regere Ec-
clesiam Deiquam acquisivit sanguine suo : Lo
Saint-Esprit vous a établis évêques pour
gouverner l'Eglise de Dieu qu'il a acquise
par son propre sang, dit saint Paul aux prê-
tres d'Ephèse. Tit. 2. 13. c. 3. 4. Rom. 9. 5.
et, selon le Grec, 1. Tim. 3. 16, etc. 3" Lo
Saint-Esprit qui est de même nature que le
Père et le Fils. Act. o. 4. Non es mentitus
hondnibus , sed Deo : Ce n'est pas aux hom-
mes que vous avez menti, mais à Dieu (le v.
3. porte, mentiri Spiritui sancto), dit saint
Pierre à Ananie. 2. Cor. 6. 16. Vos eslis lem~
plum Dei vivi : Vous êtes le temple du Dieu
vivant ; c'est la même chose que 1. Cor. 6.19.
An nescilis quoniam membra vestra templuni
sunt Spiritus sancti? Ne savez - vous pas
que vos membres sont les temples du Saint-
Esprit? Voy. Joan. o. 7. etc.
§ 1. — L'arche d'alliance qui était une mar-
que illustre de .la présence de Dieu. 1. Reg.
4. 7. Venit Deus in castra : Dieu est venu
dans leur camp, disent les Philistins, c. 6.
20. 2. Reg. 7. 6. 1. Par. 13. 8. Ludebant co-
ram Deo : David et tout Israël témoignaient
leur joie devant l'arche ; se. lorsqu'ils la con-
duisaient de la maison d'Abinadab. Ps. 23. v.
7. 8. Ps. 41. 3. Ps. 46. 6. Ps. 67. v. 8. 25. Ps.
131. 5. Voy. Num. 10. v. 33. 36. Ps. 67. 2.
§ 2, — Fausse divinité ou idole, ainsi ap-
pelée, parce que quelques-uns la croient
faussement telle. Amos. 2. 8. Yinum damna-
torum bibebant indomo Dei sui : Les Israéli-
tes ont bu dans la maison de leur dieu le via
de ceux qu'ils avaient confiamnés injuste-
ment, c. o. 26. Jon. 1. 5. 1. Cor. 8. 5. Ps. 95.
5. etc. Ainsi, Habac. 1. 11. Hœc est fortitudo
ejus dei sui ; C'est à quoi se réduira toute la
puissance de son dieu; le Prophète parle de
Nabuchodonosor qui mettait sa confiance en
Bel son dieu, ou en lui-même, lui qui
avait eu l'orgueil de se faire adorer comme
dieu.
§ 3. — Le diable même, ou le prince des
mauvais anges. 2. Cor. k.k. Deus ftu/us sœ-
culi excœcavit mentes infidelium : Le dieu de
ce siècle a aveuglé l'esprit des infidèles ; le
démou est appelé le dieu et le prince de ce
monde, soi* oarce qu'il est l'auteur de toute
la corruption qui s'y voit, soit parce que les
gens du monde vivent selon sa volonté et lui
obéissent en tout. Voy. Joan. 8. 44.
§ 4. — Tout ce qui est le principal objet
de l'affection et du cœur de l'homme, ce qu'il
aime et estime le plus, tels sont le plaisir et
la bonne chère à ceux qui les aiment. Phi
lipp. 3. 19. Quorum Deus venter est : Ces
gens qui se conduisent en ennemis de Jésus-
Christ, font leur dieu de leur ventre. Rom.
10. 18. llujuscemodi Christo Domino no'ilro
non serviunt, sed suo venlri : Ces sortes de
gens ne servent point Noire-Seigneur Jé-
sus-Christ, mais sont esclaves de leur ven-
tre.
§ 5. — Le mot Elohim pluriel qui marque
quelque chose de majestueux el d'excellent,
se rend souvent en latin par Deus au singu-
lier; comme Gen. 20. 13. Postquam eduxit
me Deus de domo patris mei : Depuis que
Dieu m'a fa'l sortir de la maison de mon
père; Ùrb. tlohim quando fecerunt errare me.
jlll
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREt].
ill^
c.3o.7- Domus Dei, ibi enim apparxiit ei Deus
cumfitgeret fralrern siium .-Jacob appela i?<:fl,
la maison de Dieu, parce que Dieu lui avait
apparu en ce lieu-là, lorsqu'il fuyait Esaù,
son frère, B.ehr.Quiaibirevelatisunt ad eum
Elohim. .los. 2k. 19. Deus enim sanctiis, Heb.
EloJiim sancti : Le Seigneur est un Dieu
saint. 1. Reg. 17. v. 26. 36. 2. Reg. 7. 23.
Ps.o7. 12, Sur quoi il faut remarquer que
le mot hébreu Elohim comprend tous ceux
qui commandent aux autres et qui les gou-
vernent, ou à qui Dieu a donné pouvoir
sur eux ou sur ce qui leur appartient.Exod.
7. 1. Ecce constitui le Deiim Pharaonis : Je
vous ai établi le dieu de Pharaon ; Dieu rend
ici Moïse le juge de Pharaon, et comme l'ar-
bitre souverain des éléments et de la nature.
Ainsi les anges qui gouvernent les hommes
sont appelés dieux. Num. 22. 8. Venit Deus :
Dieu vint à Ralaam ; i. c. un ange, tel que
celui qui parlait à Moïse; et souvent ail-
leurs dans l'Ancien Testament. Ps. 8. 6.
Ps. 96. 7.Ps. 137. 1. etc. Mais El oh i m slgniûd
vrai Dieu, quand il s'attribue absolument à
un seul; comme Hebr. 1. 8. ou quand il est
joint à un verbe du nombre singulier, com-
me Gen. 1. 1.
Les noms de Dieu, chez les Hébreux, sont,
ou essentiels et désignent l'essence de Dieu,
comme le nom de quatre letlres,/e/iOffl, ou Jff/«,
ou iàe, car les Hébreux ne savent eux-mêmes
comment il le faut prononcer. Voy. Dominus;
ou marquent les propriétés de Dieu, comme
El, Elohim., Adoncn, etc. \oy. Hieron. Epist.
136 ad M«rce//am. Néanmoins plusieurs théo-
logiens croient que le mot Elohim au pluriel
marque la trinité des personnes. V'oy. £"5-
tius, Dist. 9., libr,i; mais d'autres croient
que ce n'est qu'une propriété de la langue hé-
braïque, qui se sert du pluriel pour expri-
mer l'excellence et la majesté de Dieu ; com-
me Dan. 4. v. 5. 6. 15. c, 11. li. Qui fiabet
spiritum Deorum sunctorum, in semetipso :
Ballhasar qui a dans lui-même l'esprit des
Dieux saints. Parce que le mot Elohim est au
pluriel, l'interprète a mis aussi celui de san-^
ctorum, el&er\ aussi pour exprime! Je?, créa-
tures. 1, Reg. 28. 13. Deos vidi : J a. vu un
homme plein de majesté. Voy. Isa. IdA.Tra-
dum JEgyptum. in manu dominorum crude-
iium ; Hebr. in manu dominorum dari : Je li-
vrerai l'Egypte entre les mains d'un maître
cruel. V"oy. libcllum Elohim Joan, Drusii qu.
45, p. 36, où il cite ce passage : Nomen Elo-
him significalionem judicis habet ; et lib. Mis-
cel. cenl. 2 , qu. 53 ,p. 36 , où il est dit qu'il
est dangereux de dire que le mot Elohim est
mis au pluriel pour marquer la trinité des
personnes en Dieu: parce que l'Ecriture s'en
sert pour signifier les faux dieux et qu'il se
dit du veau d'or. Exod. 32. 4. Hi sunt dii
vcstri : Voici vos dieux, disent les Israéli-
tes, etc.
Enfin, il faut remarquer que le mot Deus
répondant à l'Hébreu Tsour, Petra, il signi-
fie asile, force, protection, puissance. Ps.l7.
32. Qiiis J)cus praier Deum nostrum? Y a-
t-il un aulro asile que notre Dieu? aussi ce
mot est-il rendu par fortis. 2. Reg, 22. 32.
Qids fortis prœler Deum nostrum? Deut. Ji.
k. iJei perfectn sunt opéra : Les œuvres rie
Dieu sont parfaites, v. 18, 30. 31. 37.
§ 6. — Lesrois, lesprinces, les juges, les ma-
gistrats, sont appelésdes dieux.Exod.21.6.c.
22.v.8,9. Applicabilur ad deos : Le maître do
la maison sera obligé de se présenter devant
les juges, et jurera qu'il n'a point pris ce
qui était à son prochain; l'Ecriture parle
d'un homme chez qui il aurait été volé quel-
que dépôt à son insu, le voleur ne se trou-
vant pas, V, 28. Diis non detrahes : Vous ne
parlerez point mal des juges, Ps. 81. v. 1. 6.
Joan, 10. v. 3ï. 35, La raison de cette signi-
fication est que ces personnes tiennent la
place de Dieu pour juger et protéger les hom-
mes, et que Dieu leur fait part de sa puis-
sance et de son autoriié; ainsi ce mot se
trouve quelquefois dans ce sens au singuliLT,
comme Levit. 2t. 15. Homo qui maledixerit
Dco suo, portabil peccatum suum : Celui qui
aura maudit son Dieu, portera la peine de
son péché; i, e.magistralui suo, selon quel-
ques-uns. Ainsi, Ps. 28.1. Afferte Domino ,
filii Dei ; Hebr. Elim ; i e. fortium, scu prin-
cipum : Enfants des princes qui s'attri-
buent plus aisément la gloire de ce qu'ils
possèdent.
Façons de parler tirées de la force du génitif Dei, comme
Moules Dei, Vidlus Dei, etc., pour marquer .
Tout ce qui est excellent, grand, fort,
abondant; ce qui est une façon de parler
propre aux Hébreux, comme les Grecs et
les Latins se servent de l'adjectif divinus,
pour signifier la même chose. Ps. 35.7. Jus-
tifia tua sicut montes Dei: Votre justice est
comme les montagnes les plus élevées. Ps.
79. 11. Ps. 6i. 10. Gen 23. 6. Princeps Dei
es apud nos : Vous êtes parmi nous comme
un grand prince, dirent les enfants de Helh
à Abraham, c. 33. 10. c. 35. 5. Job. 1. 16.
Act. 7. 20. Moyses fuit gratus Deo : Moïse
était agréable à Dieu (Gr. venustus Deo, fort
beau); Jon. 1. 2. c. 3. 3. Civitas magnri ;
Hebr. et Gr. Deo; i. e. Mullo muxima : Ni-
nive était une grande ville. Ruth. 2. 20. Be-
nedictus sic a Domino; Hebr. Domino; i. e.
Summe benedictus : Que Booz soit béni du
Seigneur; i. e. qu'il reçoive toute sorte de
béirédietions. c. 3. 10. 1. Reg. li. 15. Acci^
dit quasi miraculum a Deo : 11 parut que c'é-
tait Dieu qui avait fait ce miracle. Voy. Mi-
raculum. 3. Keg. 3. 28. l.Par. 12. 22. l.Reg.
26. 16. Gen. 33. 10. Sic vidi faciem tuam quan
viderim vullum Dei : J'ai vu aujourd'hui vo-
tre visage, comme si je voyais le visage de
Dieu; i. e. votre visage m'a paru très-beau ;
ce sens est que, comme Dieu est plein de
bonté, Jacob compare le bon accueil ({u'il
avait reçu de son frère Esaù, à une boulé
toute divine.
DEUTERONOMIUM , ii. Ce nom vient de
os-jTzûoç , et de vo£/.o;, Secunda Lex, et signifie :
1'' Deuléronome , le cinquième livre du
Penlaienque, qui signifieseconde Loi, ou plu-
tôt répélilion de la même Loi queMoïsc écrivit
en faveur de ceux ou qui n'étaient pas encore
nos,ou(jui étaicntencoro fort petits lorsqiii' la
LoideDioufutdonnée.Co livre, qui est un pré-
1115
DEX
DEX
11U
cis de tout ce qui était arrivé dans le désert,
ne rapporte que ce qui s'est passé depuis le
commencement de l'onzième mois jusqu'au
septième jour du douzième de la même an-
née, qui est la quarantième depuis la sortie
de l'Egypîe. On croit que c'est ce livre qui
fut trouvédu temps de Josias, dont il est par-
lé , i. Res:. 22. 8. et 2. Par. 3i. li.
2° Le Décalogue , ou la Loi qui est com-
• prise dans le Deutéronome. Deut. 17. 18. De-
' scribet sibi Deuteronomium Legis hujus in vo-
lumine : Après que le roi se sera assis sur
son (rône , il fera décrire ce Deutéronome ,
c\. celte Loi que je vous prescris. Jos. 8. 32.
Cette Loi s'appelle Deutéronome, parce que
Moïse n"a écrit son dernier livre, que pour
donnor celte Loi : d'autres croient que Deu-
téronome signiGe double, ou copie de la Loi :
d'autres enfin croient que ce qui est dit dans
Josué, c. 8. 32. ne marque que les bénédic-
tions et les malédictions du Deut. ch. 28.
DEXTER , Dextera, Dexterum, ou dex-
TBA, DEXTRCM ; ozzi'j;. Du GveC o-itZcOÔ;, UOm
poétique, pour o-ziô;, or, osuô; vient ou de
Sziy.ît'j, montrer, ou deo;;^î'755<i,recevoir ; parce
que c'est avec la main droite qu'on montre,
ou qu'on reçoit.
Droit, qui est du côté droit ; ce qui se dit
de la différente situation des choses ou des
personnes, Joan. 21. 6. Mittile in dextram
navigii rete : Jetez le filet au côté droit do la
barque. La droite du vaisseau se prend de la
droite de celui qui lient le gouvernail. Matth.
27. 38. De là vient:
DEXTERA, M, SthA, û;. A cet adjectif est
sous-entendu le substantif ?nanu5, et signifie:
1" La main droite. Malth. 27. 29. Posue-
runt arundinem in dextera ejus : Les soldats
du gouverneur mirent un roseau dans la
main droite de Jésus-Christ. Cant. 2. G. c. 8.
3. Lœvn ejus sub capile meo, et dextera illius
amplexabitur me: Sa main gauche est sous
ma télé, et il m'embrassera de sa main droite.
Cet embrassement signifie la présence de Jé-
sus-Christ, et le secours qu'il donne à son
Eglise dans ses besoins, et marque aussi l'u-
nion étroite qui se forme entre le Verbe di-
vin et l'âme sainte, lorsqu'elle devient l'é-
pouse de Jésus-Christ ; et que, tombant dans
une espèce de défaillance , à la vue dune si
grande majesté, elle a besoin d'être soule-
nueen celélat par lapuissanceet par la bonté
do son époux, figurées par ses deux mains,
dont l'une sert à l'embrasser, l'autre à la
soutenir. Voy. Amplexari.
2° Chez les Hébreux, la droite du monde
est le midi , et la gauche est le septentrion ,
parce qu'on se trouve dans celte siluation
(juind on est tourné du côté de l'orient. Gen.
13. y. Si ad sinistram ieris, ego dexterani tc-
ncbo ; si lu dexteram elegeris , ego ad sinis-
tram pergam : Si vous choisissez la gauche,
je prendrai la droite; si vous prenez la droite,
je prendrai la gauche, dit Abraham à Lolh ;
Ainsi , les bénédictions de la Loi contenues ,
Deut. c. 28. furent prononcées du rôle du
mont Garizim, qui était au midi, et les ma-
lédictions du côté du monlHébal, qui était
au nord. Deut. 27. 12. Jos. 8. 33. Exod. 28.
18. 1. Reg. 23. 19. Ps. 88. 13. Ezoch. 16. 40.
Soror tua minor te quœ habitata dextris tuis,
Sodoma et filiœ ejus : Votre sœur puînée, qui
habile à votre main droite, est Sodome avec
ses filles. La ville de Sodome était plus mé-
ridionale que Samarie par rapport à Jéru~.
salem, etc.
§ 1. —La droite et la gauche, qui signi-
fient à l'entour. Ps. 90. 7. Codent a latere tuo
mille , et decem millia a dextris tuis : Mille
tomberont à votre côté (gauche , et dix
mille à votre droite ; i. e. une infinité de gens
périront autour de vous. 3. Reg. 22. 19. 2.
Reg. 16. 6. ou marquent quelquetois indif-
féremment toutes sortes de situations et de
lieux. Gen. 2i. 49. Hoc dicito mihi, ut vadam
ad dexteram, sive ad sinistram : Dites-moi si
vous voulez donner Rebecca en mariage à
Jsaac , faites-le moi savoir, afin que j'aille
chercher une fille ailleurs , dit le serviteur
d'Abraham aux parents de Rebecca. Zach.
12. G. Devorabunt ad dexleram et ad sinis-
tram omnes populos in circuitu : Les chefs
de Juda dévoreront à droite et à gauche tous
les peuples qui les environnent. Isa. 9. 20.
Declinabit ad dexteram, et esuriet ; et comedet
ad sinistram, et non salurabitur : Il ira à
droite, et la faim le tourmentera ; il ira à
gauche, et ce qu'il aura mangé ne le rassa-
siera point. Num. 22. 25. 2. Reg. 2. 21. Isa.
oi. 3. Job. 23. 9. et quelquefois dextera se
Irouve seul dans ce même sens. Ps. lil. o.
Considerabam ad dexteram, et videbam, et non
erat qui cognosceret ine : Je considérais
à ma droite , et je regardais, et il n'y avait
personne qui me connût.
§2. — La droite et la gauche se prennent
quelquefois comme deux extrémités vicieu-
ses qui s'éloignent du droit chemin. Deut.
o. 32. A'07i declinabis neque ad dexteram, ne-
que ad sinistram, sed per viam quam. prœce-
pit Dominus : Vous ne vous détournerez ni
à droite, ni à gauche, mais vous marcherez
par la voie que le Seigneur vou> a prescrite.
c. 17. v. 11. 20. c. 28. U. etc. Num. 20. 17.
Prov. 4. 27. etc.
§ 3. La droite marque quelquefois la
prospérité, et la gauche l'adversité. 2. Cor.
G. 7. Per arma justiliœ a dextris, et a sinis-
tris : Nous montrons que nous sommes fidè-
les ministres de Dieu par les armes de jus-
lice pour combattre à droite et à gauche.
Ces armes sont principalement l'humilité ,
pour ne nous pas élever dans la prospérité,
et la force pour ne nous point laisser abat-
tre dans l'adversité. La droite et la gauche
marquent aussi la possession et le pouvoir
que l'on a de disposer des bi(>ns que l'on a
entre les mains. Prov. 3. IG. Longitudo die-
mm in dextera ejus, et in sinistm illius di-
vitiœ et gloria : La sagesse a la longueur des
jours dans sa droite , et dans sa gauche les
richesses et la gloire, c'est-à-dire la santé
cl une heureuse vieillesse, elles biens tem-
porels dans une grande prospérité. La droite,
selon saint .Vuguslin, in Ps. 120. marque les
biens de l'éternité ; et la gauche, les biens
temporels. Dieu néanmoins est l'unique dis-
pensateur des uns el des autres.
1115 DICTIONNAIHE DE PHILOLOGIE SACREE.
I k. — La droite marque l'alliance et l'u-
nion que l'on fait ordinairement, en se met-
tant la main droite l'une dans l'autre : d'oii
vient dare dextras , présenter la main pour
marque de celte union. Gai. 2. 9. Jacobiis
et Cephas, et Joannes dextras dederunt mifii:
Jacques, Céphas et Jean , ayant reconnu la
grâce que j'avais reçue, nous donnèrent la
HIO
grâce
main, a Barnabe et à moi, pour marque de
Hotre association. 1. Mach. 13. 50. c. 13. 43.
De même, dextras accipere ; recevoir les con-
ditions de paix, traiter de quelque accord,
accepter lapais; comme dare, l'accorder.
1. Mach. 11. 66. Postulaverunt ah eo dextras
accipere : Ceux qui étaient investis dedans
Belhsura demandèrent, après un longteu^ps
à faire composition. £^ dédit illis : et Simon
le leur accorda, c. 13. 50. 2. Mach. 12. 12. c.
13.22. c. 14. 19.
§ 5. — La droite marque ce qui est bon,
juste , droit et digne d'être approuvé ; soit
que cette justice ait rapport à la récompense
éternelle ou non. Eccl.lO. 2. Cor sapie^^tis
in dextera ejtis, et cor stulti in sinisira illius:
Le cœur du sage est dans sa main droite
( le sage ne goûte que les biens spirituels ) ;
le cœur de l'insensé e^t dans sa main gau-
che ( l'insensé n'a de pensées que pour la
terre ). Prov. 4. 27. Viasquœ a dextris sunt
novit Dominas, perversœ vero sunt quœ a si-
nisiris sunt : Le Seigneur connaît ( i. e. ai-
me et approuve ) les voies qui sont à droite ;
mais celles qui sont à gauche sont des voies
de perdition. Jon. 4. 11. Matlh. 23. 33. Cant.
2. 6. c. 8. 3. Ainsi, la partie droite a quelque
prérogative sur la g îuche . comme il paraît,
Exod. 29. V. 20. 22. 24. 25. Levit. 8. v. 23.
24. c. 14. V. 17. 25. 28.
§ 6. — La droite marque un rang d'hon-
neur el de gloire. Ps. 109. 1. Sede a dextris
meis: Régnez avec moi, jouissez de ma gloire;
ce qui s'entend de la parole qu'adresse le
Père éternel à Jésus-Christ, Voy. Sedere.
Matth. 22. 44. c. 26. 64. Marc. 16. 19. etc.
La comparaison est prise des princes qui
font asseoir à leur droite ceux qu'ils honorent
particulièrement. 3. Reg. 2. 19. Ps. 44. 10
Voy. Sedere.
La même chose est marquée par la droite
et la gauche. Matth. 20. v.21. ^3. Sedere autem
meam ad dexteram tel sinistram,non est mcum
dare vobis : Pour ce qui est d'être assis à ma
droite ou à ma gauche, il ne dépend pas de moi
de vous le donner, dit Jésus-Christ aux deux
enfants de Zébédée. Marc. 10. v. 37. hO.
§ 7. — La promptitude à faire du bien , à
favoriser, à protéger, est marquée par la
droite. Ps. 13. 11. Delectationes in dextera
tua usque in fnem : Dieu est bienfaisant cl
prêt à combler de plaisirs. Ps. 47. 9. Justitia
plena est dextera tua : Vous élos toujours
prêt à faire du bien à ceux qui le méritent.
Prov. 3. 10. Cant. 2. 6. c. 8. 13. Dextera il-
lius amplexabilur me : Mon bien-aimé me
comblera de ses faveurs ou des biens éter-
nels. Voy. ci-dessus 3°.
§ 8.— La droite marque la force, la vigueur
cl la puissance. Job. '0. 9. Conjitcbor quod
salvare te possit dextera tua ; Je confesserai
que votre droite a le pouvoir de vous sauver.
Ps. 88. 43. Gen. 33. 18. d'où vient : Dextera
Dei : La force et la souveraine puissance de
Dieu. Exod. 13. 6. Dextera tua, Domine, ma-
gnificata est in foriitudine : Yoirc àro'xle, Sei-
gneur, a fait éclater sa force. Dextera ttta
percussit inimicum : Votre droite a frappé
(Pharaon) ce fier adversaire. Ps. 16. 9. A re-
sistentibus dexterœ tuœ custodi me : Gardez-
moi de ceux qui résistent à votre droite, qui
s'opposent à l'autorité souveraine, par la-
quelle vous avez daigné me choisir pour
conduire votre peuple. Ps. 47. 9. Justitia
plena est dextera tua : Votre droite est pleine
de justice; votre Eglise qui est étendue dans
toute la terre s'est établie, non par une puis-
sance injuste et tyrannique , mais toute
pleine de justice et d'équité; car vous ne
faites rien qui ne soit très-juste. Ps. 17. 36.
Ps. 19. 7. etc.
§9. — La main droite, ou, l'œil droit ,
marquent ce qui est cher el précieux à
quelqu'un, parce que ces parties sont très-
nécessaires à l'homme. Matth. 6. v. 29. 30.
Si oculus tuus dexter scandalizat te, crue
eum, et si dextra manus tua scandalizat te,
abscide eam, etprojice abs te : Que si votre
œil droit vous est un sujet de scandale et de
chute, arrachez-le et jetez-le loin de vous ;
et si votre main droite vous scandalise, cou-
pez-la et jelez-la loin de vous. Gen. 35. 18.
Pater vero appellavit eum Benjamin, i. e. fî-
lixis dexterœ : Le père nomma cet enfant
Benjamin, c'est-à-dire le fils de ma droite, i.
e. très-cher et bien-aimé : Jacob lui donna
ce nom. Ps. 79. 18. Le Messie est appelé en
ce même sens : Vir dextrœ Dei. D'autres ex-
pliquent ces deux passages de la force, et
d'autres veulent que le Messie soit dit l'hom-
me de la droite de Dieu, parce qu'il a été
formé par le Saint-Esprit dans le sein de la
sainte Vierge.
Façons de parler,
A dextris esse ou stare, ou ad dexteram. —
1° Etre prêt à soulager. Ps. 13. 8. A dextris
est mihi ne comtnovear : Le Seigneur est à
mon côté droit, pour empêcher que je ne sois
ébranlé. Ps. 120. 5. Dominus protectio tua
super manum dexteram tuam : Le Seigneur
est à votre main droite pour vous donner sa
protection, comme c'est de la main droite
principalement que nous agissons. Le Pro-,
phèle dit que Dieu sera à notre droite pour
nous faire agir et combattre, et qu'il combat-
tra lui-même avec nous pour nous faire
vaincre.
2° Etre toujours prêt de nuire. Ps. 108. 6.
Diiibolus slet a dextris ejus : Que le démon
soit toujours à son côté droit. Celte prophé-
tie de David s'entend ou do Doeg ou d'Achi-
tophel, figure de Juda. Job. 30. 12. Ad dex-
teram orienlis calamilates meœ illico surrexe-
runt : Aussitôt que j'ai commencé à paraître,
mes maux se sont élevés à côté de moi. Voy.
Okiens.
Nescirequidsit inter dexteram et sinistram.
Ne savoir pas discerner la main droite de la
main droite de la main gauche ; manière de
4117
DIA
DIA
lllU
proverbe, qui marque la simplicité des per-
sonnes. Jon. 4. II. Sunt plusquam centum vi-
ginli millia hominum qui nesciunt quicl sit in-
ter dexteram et sinistram suam : Il y a dans
Ninive plus de six vingt mille personnes qui
ne savent pas discerner leur main droite d'a-
vec leur main gauche : cela se peut entendre
aussi des personnes extrêmement simples,
qui n'auraient su faire aucun discernement
entre le bien et le mal.
DEXTRALIA , orum, TrsptSsÇta , Bracelets.
Exod. 35. 2^2. Viri ciim mulierihus prœbue-
runt armillas et dcxtralia : Les hommes avec
les femmes donnèrent leurs chaînes et leurs
bracelets, i. e. les offrirent au Seigneur. Num.
31. 50.
DEXTRALIOLA, orum. Bracelets. Judith.
10. 3. Assumpsitque dextraliola : Entre les
ornements que prit Judith pour aller trouver
Holopherne, étaient des bracelets.
DIABOLICUS, A, UM , ^(/.i^o-jiûhç- Di;ibo-
lique, impie, très-méchant (à77oo-T«T»3?).3. Reg.
21. 13. un ut viri diabolici: Les deux hom-
mes qui portèrent témoign<igo contre Naboth,
étaient comme n'ayant ni foi ni conscience.
Jac. 3. 15. Sapienlia terrena animalis, diabo-
lica : Une sagesse terrestre, animale et dia-
bolique; i. e. une sagesse qui n'aime que les
biens de la terre, les plaisirs, les honneurs
et la gloire comme les démons.
DIABOLUS, I. Gr. Stû^oloç, calumniator.
Ce nom Grec vient du verbe oix^cdhiv, traji-
cere, percer; ce qui se dit des accusations in-
justes, qui sont comme des traits dont on
est percé.
1° Le diable, le malin esprit et le mauvais
ange. Ephes. 4. 27. Nolite locum dure dia-
bolo : Ne donnez point de lieu et d'entrée au
diable; celui qui retient sa colère, qui entre-
tient dans son cœur la haine et la vengeance,
donne entrée au diable pour régner dans
son cœur. 1. Tim. 3. G. Matlh. 13. 39. Luc,
8. 12. Habac. 3. 5. Egrcdietur diabolus ante
pedes ejus. Le mot Hébreu resclieph signifie
la peste, le charbon , et tout ce qui brûle en
volant , comme la foudre , des flèches do
feu, etc. Gr. sic tteSik , In campos. Lorsque
Dieu conduisait son peuple dans le désert,
pour le faire entrer dans la terre promise,
il faisait marcher devant lui la mort et le dé-
mon, comme les exécuteurs de sa justice,
pour perdre, ou les Israélites incrédules à
sa parole, ou les Chananéens qui s'oppo-
saient à leur passage. Voy. Eguedi.
Le diable est appelé calomniateur, soit
parce qu'il calomnie les justes auprès de
Dieu. Job. 1. v. 9. 10. 11. c. 2. 5. Apoc. 12.
10 ; soit parce qu'il calomnie Dieu même au-
près des hommes. Gen. 3. v. 1. 4. 5; soit en-
fin parce qu'il porte les hommes à calom-
nier et à médire les uns des autres. Ce mot
diable comprend le plus souvent toute l'as-
semblée des mauvais anges.
2° Le prince des démons et des mauvais es-
prits s'appelle particulièrement et par ex-
cellence de ce nom. Matlh. 4. 1. Jésus duc-
tus est in descrlum a Spirilu, iit tent'Vetur a
diabolo : Jésus fut conduit par l'Esprit daijs
le désert, pour v être tenté du \liable. v. C.
8. il. c. 25. 41. Quiparatus est diabolo et an-
gelis ejus : Allez, maudits, au feu éternel qui
avait été préparé pour le diable et pour, ses
anges, dira Jésus-Christ à ceux qui seront à
sa gauche. Luc. 4. 2. Jud. v. 9. Apoc. 12. 9.
Voy. Malth. 9. 34. Apoc. 12. v. 7. 12. etc.
3^ Le nom de diable se donne quelquefois ;
1° à des scélérats qui ressemblent au diable
parleurs méchancetés. Joan^C. 71. Ex vo-
his unus diabolus est : Un de vous douze apô-
tres que j'ai choisis est un démon ; ce diable
était le perfide Judas. l.Mach. 1. 38. Factum
est hoc ad insidias sanctificalioni, et in dia~
holummalum in Israël; i. e. inhostem perpe-
tuum ad nocendum paratum: Ils dres'-èrent
sans cesse des pièges et des embûches à tous
ceux qui venaient se sanctifier dans le tem-
ple, et ils furent comme le mauvais démon
d'Israël; c'est-à-dire qu'ils firenl tout le mal
possible, tâchant, par leur violence, d'abo-
lir tous les exercices de la religion judaïque ;
2° ce nom se donne à un calomniateur qui
accuse faussement. Ps. 108. 6. Diabolus stet
a dextris ejus ; Qu'il soit toujours suivi d'un
calomniateur qui le charge de crimes devant
un juge cruel. On peut aussi l'entendre du
démon (o-aravâ?). Eccli. 21. 30. Dum maledicit
impius diabolum, maledicit ipse animam suam :
Lorsque l'impie maudit un calomniaieur, il
se maudit lui-même ; parce qu'il est souvent
lui-même aussi calomniateur et médisant
qu'est celui qu'il maudit ; d'autres l'enten-
dent du diable même, que l'impie ne laisse
pas d'imiter, quoiqu'il le déteste.
DIACONUS, i, et DIAGON, is, dans .es aie-
teurs ecclésiastiques. Ce mot vient du Grec
^ovéuf festino, curro, servio; Ainsi , Sr/xovsîv
signifie servir, et Slùy.qvoç , un serviteur;
dans l'Ecrilure :
Diacre, premier dans l'ordre des ministres
qui servent dans l'Eglise au-dessous des
évoques et des prêtres. 1. Tim. 3. 12. l)ia-
coni sint unius uxoris viri : Que ceux que
l'on fait diacres n'aient été mariés qu'une
fois. V 8. Philipp. 1. 1. Cum episcopis et dia-
conibus : Avec les évê(iues et les diacres. On
peut voir comment et en quelle occasion les
premiers diacres furent choisis. Act.6.
DIADEMA, Tis, Stà^yîf-ta, Du verbe S-w liqo,
d'où vient StaSiu, circumligo ; ainsi, dia-
^/e»ja, diadème; c'était un bandeau blanc que
les rois se mettaient autour du front.
1° Diadème, ornement royal. 2. Reg. 1.
10. Tiiii diadema ( padActov ) quod crut in ca-
pite ejus .-J'ai ôté à Saiil son diadème de des-
sus la léle. Le jeune homme Amalécile qui
avait tué Saiil marque en détail à David sa
mort. c. 12. 30. Job. 29. 14. Vesiivi me sicut
veslimenlo et diademate, judicio mco : L'é-
quilé que j'ai gardée dans mes jugements
m'a servi comme d'un vêtement royal et
d'un diadème. Canl. 3. 11. Videte regem Sa-
lomonem in diademate quo coronavit illum
mater sua : Venez voir \o. roi Salomon avec
le diadème dont sa mère l'a ronronné; cela
s'entend de I humanité sainte dont la bien-
heureuse Vicrg(î a couronné et revêtu .lésu-
Clirist, son Fils; om, selon d'autres, de sa
passion et de sa mort, dont la synagogue, dq
1119
DICIIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
i\m
laquelle il était sorli, l'a couronne, selon
l'expression du prophète Isa. 22. 18. Coro-
nans coronabit te tribulalione.
2° La tiare du grand pontife de l'ancienne
loi. Sap. 18. 2i. Magnificentia tua in diade^
mate capilis illius sculpta erat : Votre grand
nom ( se. le nom de Dieu ), était écrit sur le
diadème de la tête du grand prêtre.
Grande gloife , récompense magnifique.
Sap. 5. 17. Accipient diadema speciei de ma-
nu Domini : Les justes recevront de la main
du Seigneur un diadème éclatant de gloire.
DIANA, ;e, Kpziixiç.DeJana, qui signifie la
lune, el c'est proprement Dca Jana, d'où
s'est Mi De jana, et ensuite Diana, dont la
première syllabe est longue ou brève, à cause
de cette contraction.
La déesse Diane. Act. 19. 3'*. Magna Diana
Ephesiorum : Vive la grande Diane des Ephé-
siens, s'écria toute l'assemblée des Ephé-
siens; ce fut à l'occasion de la prédication
de saint Paul, qui ruinait insensiblement
par la conversion de plusieurs le culte qu'on
rendait à Diane. V^oy. l'histoire, Act. 19.
DiBON, Hebr. Abundantia intelligentiœ.—
1° Ville des Moabites au delà du Jourdain,
prise par les Israélites sur Sehon, roi dos
Amorrhéens, et ensuite donnée à la tribu de
Ruben. Jerem. 13. v. 9. 17. Num. 21. 30. c.
32. 3. Isa. 15. 2. Jer. 48. v. 18. 22. — 2° une
autre ville au même pays bâtie par ceux de
la tribu de Gad. Num. 32. 3V.— 3" Un fleuve
des Moabites. Isa. 15. 9. Hebr. Dimon, san-
guineus. —k° Une ville de la tribu de Juda.
2. Esdr. 11.25.
DIBONGAD. Abundantia filii felicis. Le
trente-neuvième campement des Israélites.
Num. 33. 45.
DIGERE , léysL-j, zk-u-j. Du Grec Ssix^iv ,
déclarer, faire connaître. Quand ce verke se
dit de Dieu, il signifie ordonner, découvrir,
annoncer, déclarer, et souvent dire en Dieu,
c'est faire. Voy. ci-après. Ce verbe a tant de
significations différentes dans l'Ecriture ,
qu'il est difficile de les déterminer ; mais on
peut les connaître par la suite du discours ;
on peut néanmoins les réduire à deux, qui
sont : dire en soi-même et parler aux autres.
l'-Dire, parler. Matth. 8. 8. Tantum die
verbo, et sanabitur puer meus : Dites seule-
ment une parole , et mon serviteur sera
gviéri ; ce qui marque la foi du centenier
( Voy. 60 ). Ps. 10. 1. Quomodo dicitis animœ
meœ {èpsï-j)? Comment me dites-vous, pas-
sez promptement sur la montagne comme un
passereau? Prov. 23. 7. Comede et bibe, di-
cet libi: Buvez et mangez, vous dira Thomme
envieux, lorsque vous serez chez lui pour
manger; mais son cœur n'est point avec
vous. Ce verbe se met souvent avec ad. 1.
Reg. 17. n.Dixit Jsai ad David filium suum :
Isaï dit à David son fils ; i. e. d'aller à ses
frères au camp. Marc. 16. 3. Dicebant ad in-
vicem : Les femmes qui venaient pour em-
baumer Jésus disaient entre elles : Qui nous
ôiera la pierre de devant l'entrée du sépul-
cr(;? Do là vient : Dicere verbum contra ali-
(inem ; Parler contre quelqu'un. Matth. 12.
32. (Juicum<iue dixerit verbum contra filium
hominis ; qui autem dixerit contra Spirilum
sanctum : Quiconque aura parlé contre le
Fils de l'Homme, il lui sera remis ; mais si
quelqu'un a parlé contre le Saint-Esprit , il
ne lui sera point remis.
Ce verbe, par un pléonasme Hébreu, so
met avec tous les autres verbes, par lesquels
on exprime sa pensée ou sa disposition j
soit de parole, comme interroger, répondre,
rapporter, etc., soit par écrit. Luc. 1. 63.
Scripsit dicens : Joannes est nomen ejiis , Za-
charie écrivit sur des tablettes ; Jean est
le nom qu'il doit avoir ; Ainsi, Job. 39. 25.
Ubi audierit buccinam dicit, vah : Lorsque
l'on sonne la charge, le cheval dit : allons ;
i. e. il marque par ses frémissements et ses
autres mouvements l'ardeur qu'il a d'entrer
dans le combat ; soit sans s'exprimer par si-
gnes, en parlant de ceux qui se parlent en
eux-mêmes. Eccl. k. 8. Nec recogitat dicens ;
De plus ce verbe n'est souvent qu'une répé-
tition, familière aux Hébreux, qui s'exprime
par ces mots : dicendo dicens, et autres sem-
blables. Luc. 15. 3. Ait ad illos parabolam
istam dicens ; Jesus-Christ proposa aux pha-
risiens et docteurs de la loi, la parabole d'un
homme qui va chercher la brebis qu'il a
perdue.
2" Dire vraiment, assurer. Prov. 20. 9.
Qnis potest dicere: Mundum est cor meum, pu-
rus sum a peccato ? Qui peut dire : Mon cœur
est net , je suis pur de péché? 1. Cor. 12. 3.
Nemo potest dicere, Dominus Jésus, nisi in
Spiritu sancto : Nul ne peut dire : Jésus est
le Seigneur, que par le Saint-Esprit.
3° Dire la vérité, répondre selon que la
chose est. Matth. 26. 64. Tu dixisti : Vous
l'avez dit : Je suis le Christ. Mare. 14. 62.
porte : Ego sum : Je le suis; ce qui est le
même sens. Matth. 27. 11. Marc. 1,2. Luc
23. 3. Joan. 18. 37. etc. Cette façon de par-
ler est une manière honnête et modeste, pour
répondre à ce qu'on nous demande ; c'est
une affirmation, et non point un doute.
4° Envoyer dire, faire savoir. 2. Reg. 2, 5.
Misit David nuntios ad viros Jabes Galaad,
dixilque adeos : Benedicli vos a Domino :J)'dy'\A.
envoyadesgensàceuxdeJabèsen Galaad,qui
avaient enseveli Saùl, et il leur fil dire : Bé-
nis soyez-vous du Seigneur. Matlh. 8. 6. Ac'
cessit ad eum Centurio, rogans eum, et dicens:
Un centenier vint trouver Jésus-Christ, et
lui fit cette prière, se. au sujet de son servi-
teur, qu'il prie de guérir : Le centenier se
jugea indigne d'aller trouver lui-même Jé-
sus-Christ ; mais il envoya vers lui des séna
teurs des Juifs. { Voy. Luc. 7. v. 3. 7. ) Luc.
22. 11.
5° Déclarer son sentiment , dire son avis.
Joan. 8. 5. Tu ergo quiddicis? Quel est donc
sur cela votre sentiment, disent à Jésus-
Christ les scribes et les pharisiens, au sujet
de la femme surprise en adulière. Jérem. 3.
1. 3. Reg. 22. 20. 2. Par. 18. 19.
6' Commander, ordonner, vouloir qu'une
chose se fasse , la faire même en la disant,
ce qui est le propre de Dieu ( snet)) ). Ps.
148. 5. Ps. 32. 9. Jpse dixit, et fada sunt : Le
Seigneur a parlé, et toutes choses ont été
1121
d:c
DIC
li22
I
ailfs. Malth. 17. 19. 3. Reg:. 13. 13. [2. Cor.
U. C. Deiis qui dixit de tenebris lucem splen-
descere, ipse illuxil in cordihus nostris : Le
même Dieu qui commanda que la lumière
sortît des ténèbres, a éclairé nos cœurs. Gen.
1. 3. Hebr. 12. 20. Malth. 8. 8. Tantum die
verbo : Commandez d'une seule parole ; ou
bien, parlez seulement (Voy. 1°). Luc. 12.
13. Matth. 9. 5. Quid est faciliiis dicere : Di~
mittuntur tibi percuta tua, an dicere : Siirge
et ambiila ? Lequel est le plus aisé, ou de
dire : Vos péchés vous sont remis; ou de
dire : Levez-vous et marchez ? Voy. v: 6. 7.
Ps. 109. 1. Dixit Dominus Domino meo : Le
Seigneur a dit à mon Seigneur : Asseyez-
vous à ma droite : Le dire du Père Eternel à
l'égard de son Fils dans l'éternité, dont il est
parlé ici ; c'est l'engendrer comme sa parole
éternelle ; et à l'égard de son humanité, c'est
la glorifier, et la mettre en possession de
tous les droits de sa naissance divine. Gen.
1. V 6. 9. Ps. 106. 25. Jon. 2. 11. Matth. t.
3. c. 20. 21. c. 23. 3. Apoc. 13. 14.
7°Prier,requérir, demander quelque grâce.
Esth. 5. 10. Die mane régi ut appendatur su-
per eam Mardochœiis : Dites au roi demain
matin qu'il fasse pendre Mardochée à une
potence. Jerem. 16. 2. Marc. 9. 17. Dixidis-
cipulis tuis ut ejicerent illum.-i'iù prié vos
disciples de chasser l'esprit muet de mon
fils, qui en est possédé. Philem. 21. Sciens
quoniam et super id, quod dico, faciès : Je sais
que vous en ferez encore plus que je ne vous
dis. Ainsi, Exod. 18. 19. Esto tu populo ut
referas quœ dicuntur ad e.um : Donnez-vous
au peuple pour ce qui regarde Dieu, pour
rapporter à Dieu les demandes et les besoins
du peuple, dit Jethro à Moïse. Ainsi,
8° Demander, faire des questions, interro-
ger. Joan. 9. 10. Diccbant ergo ci : Quomodo
aperti sunt tibi oculi? (Les voisins de Tavcu-
gler'ié que Jésus avait guéri ) lui deman-
daient : Comment est-ce que vos yeux ont
été ouverts? 26. Luc. 20. 41. c. 12. U.c. 22.
11. Act. 19. 1. Rom. 10. v. 18. 19. c. 11. 1.
9° Penser, dire en soi-même. Luc. 17. 10.
Dicile, servi inutiles sumus : Dites, lorsque
vous aurez accompli tout ce qui vous est
commandé, nous sommes des serviteurs inu-
tiles. Malth. 21. 37. Jos. 7. 8. 2. Par. 13. 8.
c. 25. 19. Job. 1. 5. Isa. 47. v. 7. 10. Jerem.
2. 6. C.20. 9, Ose. 7. 2. Ce qui est souvent
exprimé par cette phrase : Dicere in corde,
intra se, upud se. Ps. 13. 1. Dixit insipims
in cordé suo : L'insensé a dit dans son cœur :
Jl n'y a point de Dieu. Ps. 4. 5. Luc. 12. 19.
Dicam animœmeœ; i. c. apud me ; Je dirai à
mon âme ; i. c. en moi-même. c. 1. 00.
Matth. 9, 21. Dicebat intra se; Celte femme,
affligée d'une perle de sang, dis.iit en elle-
même : Si je puis seulement toucher son vê-
len)ent, je serai guérie. Rom. 10. G.
10° Délibérer, résoudre , prendre en soi-
même une résolution. Ps. .'58. 1. iJixi {e'i-rEiy),
custodiam vias nicas : J'ai dit en moi-même :
J'observerai avec soin mes voies;i. c. de pren-
dre garde à ma conduite. Vs. .'51. G. Dixi, con-
iifebor adversut)} me : J'ui dit : Je confesserai
contre moi-même mon injustice. Ps. 37. 17.
Ps. lOo. 23. Luc. 18. 0.
11° Arrêter, ordonner {e'lksi-j). Deut. 17.
14. Cum dixeris : Conslituam. super me regem:
Si vous venez à dire : Je choisirai un roi
pour me commander. Luc. 12. 20. Ps. 27. Ps.
109. 1. Gen. 6. v. 3. 7. 1. Mac. 14. 48.
12° Enseigner. Matth. 13. 5. Vos autem di'
citis : Vous autres vous dites : Jésus-Christ
prouve aux scribes et aux pharisiens que
leur doctrine est contraire aux coniniande'-
ments de Dieu. c. 17. 10. Marc. 7. 11. cic.
13° Appeler, nommer Marc. 12. 31. David
dicit eum Dominum : David appelle lui-même
le Christ son Seigneur; Jésus^Christ prouve
par là qu'il est non-seulement descendant de
David selon la chair, mais encore son Sei-
gneur selon la divinité. Luc. 20. 37. Joan.
13. 13. 1. Cor. 12. 3. Ainsi, dicere alicuit
c'est quelquefois appeler quelqu'un. Malth.
7. 21. Non omnis qui dicit mihi. Domine ^
Domine, intrabit in regnum cœlorutn : Ceux
qui me disent. Seigneur, Seigneur, n'entre-
ront pas tous dans lej:'oyaume des cieux.
14° Témoigner, marquer, faire entendre.
Joan. 8. 27. Non cognoverunt quia patrem
ejus ; Gr. eis dicebat Deum : Les Juifs ne com-
prirent point que Jésus-Christ disait que
Dieu était son Père ; ce qui se dit aussi de
l'Ecriture et des prophètes. Ephes. 5. 14.
Propter quod dicit : Surge qui dormis; 11 est
dit : Réveillez-vous, vous qui dormez; saint
Paul cite ce passage d'Isaïe, c. 60. 1. pour
être une preuve et un éclaircissement de ce
qu'il a avancé. Joan. 1. 23. De là vient cette
autre signification :
13° S'expliquer plus nettement. Gai. 3. 17.
Hoc autem dico: testamentum confirmatum a
Deo : Ce que je veux dire est que Dieu a con-
tracté une alliance avec Abraham, c. 4. 1.
1{)° Conseiller, donner avis, porler à quel-
que chose. 1. Cor. 7. 12. Cœteris ego dico ,
non Dominus : Pour ce qui est des personnes
non mariées, ce n'est point le Seigneur qui
le leur ordonne, mais moi qui le leur con-
seille de demeurer en cet état s'ils le peu-
vent (Voy. V. 7. 23). D'autres rap|iortent le
sens de ces paroles avec la suite et l'expli-
quent autrement.
Où il faut remarquer que, dans ce passage,
le verbe dicere, par rapport à ego , signifie
conseiller.
17° Ce verbe, par une circonlocution Hé-
braïque, signifie : 1° Faire la chose (jue l'on
dit. Ps. 34. 3. Die animœ meœ : salus tua ego
sum : Dites à mon âme : c'est moi qui suis
ton salut; i. e. Servn me ipsum. Maïach. 1.
i'2. Dicitis , mensa Domini contamina ta est;
i. e. contaminatis mensam Domini : Vous avez
déshonoré mon non) en ce que vous dites, la
table du Siigneur est méprisée. Isa. 8. 14.
Non dicalis iconjuratio : Ne dites point comme
les autres : Faisons une conspiration tous
ensemble; i. e. Ne conspirez point avec le»
autres. Jocl. 3. 10. 2' Reconnaîlre (ju'une
chose est telle qu'elle est en cITet, ou qu'où
ledit. Ps.9l).2. Dicet Do)nino : Susceptor meus
es tu : Celui (jui demeure sous l'assistance
du Ïrès-Uaut, dira au Seigneur : Vous élçs
H23 DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE
mon défenseur. Isa. k2. 17. Qui dicunt ron-
flaîili, vos dii nostri : Ceux qui (lisent à des
frps de fonte : Vous êtes nos
15. 2. Ps. 3i. 11
i\U
inifl^^es de fonte : Vous êtes nos dieux, seront
couv^erts de confusion. P
etc.
18" Publier, louer, célébrer. Ps. 39. 13.
Yerilalem tuam et salutare tiiiim dixi ; J'ai
déclaré voire vérité et votre miséricorde sa-
lutaire. Ps. 28. 9. Isa. o. 20. Malth. 26. 13.
19' Promettre. Joël. 2. 32. 1. Thess. o. 3.
€um dixerint pax , et securitas : Lorsque les
hommes diront : Nous sommes en paix et en
sûreté, ils seront surpris par une soudaine
ruine. Gai. 3. 16. Gen. 28. 15.
20" Prononcer, proférer, dire. Ps. 4i. 1.
Dico opéra mea régi : Gr. /Eyw, C'est au roi
suprême que j'adresse et que je chante mes
ouvrages. Voy. Ercctare.
Enfin ce verbe a plusieurs autres signifi-
cations qu'il est aisé de connaître par la
suite du discours; comme interroger, répon-
dre , expliquer, rapporter, etc. Il s'attribue
aussi aux morts et aux choses animées. Job.
28. 22. Isa. iï. 10. ISum. 22. 30. Judic. 9. 8.
«
e'c.
DICT ARE. —Verbe fréquentatif de dicere.
Dicter à quelqu'un quelque chose, afin
qu'il récrive, suggérer, enseigner; dans
l'Ecriture :
Présenter, fournir [xnzoypccssfj). 1. Mach.
8. 25. Auxilium feret gens Judœorwn , prout
tempus dictaverit, corde plmo : Les Juifs as-
sisteront les Romains avec une pleine vo-
lonté (contre leurs ennemis) selon que le
temps le permettra.
DICTIO, Ms; Aé^t;, exposition, récit, dis-
)urs. 2. Mach. 2. 32. Brevitatem dictionis
sectari brevianti concedendum est : On ne doit
pas trouver mauvais que celui qui fait un
abrégé, affecte d'être court dans ce quil
écrit.
DIGTUM, I. Mot, parole, ordre que l'on
donne; d'où vient, diclo obedire, nsihupyjl-j :
Obéir aux ordres et aux commandements de
quelqu'un. Tit. 3. 1. Admone illos Principi-
ius et Potestatibas subditos esse, diclo obe-
i,ire : Avertissez-les d'être soumis aux prin-
(es et aux magistrats, de leur rendre obéis-
sance.
DIDRAGHMA, £. Ce mot vient de Bl;, bis,
et de ôjoaxp.^, drachma, œ, pièce de mon-
naie qui valait deux drachmes, dont chacune
revenait au denier romain.
Pièce de monnaie dos Athéniens, de la va-
leur de deux drachmes. 2. Mach. i. 19. Misit
Jason viros peccatores portantes didrachmas
trecentas in sacrificium Herculis : L'impie Ja-
son envoya de Jérusalem des hommes cou-
verts de crimes , portant trois cents drach-
mes d'argent pour le sacrifice d'Hercule. Le
Grec porte drachmes, aussi bien que le ch.
10. 20. Vov- Dbachma.
DIDRAC'HMUM, i; Sioca^fiov, de oi;, bis.
et de opu/^un, se f lit diarachmum , i, pour si-
gnifier une pièce de deux ilrachmes, qui va-
lait chez les Hébreux environ 5 sous de no-
tre monnaie.
Pièce de deux drachmes d'argent. Malth.
17. 13. Magister rester non solvit didrachma?
coui
Voire maître ne paie-t-il pas le tribut des
deux drachmes? Gr. rà oiopa/pa, ce tribut
se payait tous les ans par této , pour les ré-
parations du temple , selon l'ordre de Dieu
écrit. Exod. 30. 12. Jésus-Christ, comme fils
de Dieu , par l'ordre duquel ce tribut avait
été imposé, n'y était point sujet,
DIDYMUS, !. Gr. BiB-jtiô^, Geminus. Ce mot
qui est grec signifie : Jumeau, qui naît avec
un autre; ce n'est point le surnom de saint
Thomas , mais c'est rinlerprétalion du mot
hébreu theomim ou tJiomim, qui signifie ge-
mini; ainsi saint Thomas a élé appelé de ce
nom, soit qu'il fût né avec un autre frère ,
soit que ce fût un nom de famille. Joan, 11.
16. Thomas qui dicilur Didymus. c. 20. 24.
etc. Voy, Thomas.
DIES , £1 , rii^éou, du mot dies , jour.
Die, nom de la première des filles que Job
eut après son état d'affliction, dans lequel
Dieu l'éprouva. Job. i2. li. Vocavit nomen
unius Diem ; Job appela la première de ses
filles, Die; i. e. le jour, parce qu'elle était
belle comme le jour qui commence à paraî-
tre.
DIES, El; Yiuépx^ du génitif de Zeiç, Stô»,
que les païens prenaient souvent pour le ciel
et qu'ils nommaient Diespiter.
On doit distinguer avec les meilleurs in-
terprètes trois sortes de jours parmi les Juifs.
Le premier est le jour naturel de vingt-qua-
tre heures, qui dure depuis un minuit jus-
qu'à l'autre, qui est celui dont il est dit,
Gen. 1. 5. Factum est vespere et mane dies
unus : Du soir et du matin se fît le premier
jour. Le second est la durée du temps que
le soleil paraît sur l'horizon depuis son le-
ver jusqu'à son coucher, qui peut être dit
jour artificiel et qui est inégal selon la diffé-
rence des lieux et des saisons, et le troisième
jour est le jour légal , ou le jour de fête qui
se célébrait depuis un soir jusqu'à l'autre,
et c'est touchant cette sorte de jours que
Moïse a fait le règlement contenu Levit. 23,
V. 32. 33. Chaque fête commençait dès le soir,
mais chaque soir ne commençait pas un jour.
Vov. Analyse de l'Evangile , Dissertation 31,
p. o86,
1° Jour naturel de vingt-quatre heures ,
qui comprend la nuit et le jour. Gen. 1. 5.
Factumque est vespere et mane dies iinus : Du
jour artificiel qui finit au soir et de la nuit
suivante jusqu au matin , se fit un jour natu-
rel qui se com|)te ordinairement d'un lever
du soleil à un autre. Afin de concilier la Ge-
nèse avec les systèmes de la science moderne,
on peut aussi supposer, sans blesser la foi,
que les jours dont parle Moïse représentent
simplement des périodes de temps indétermi-
nées Voy. Ps. 138. 16 Dies ( i. e. per dies) for-
mabuntur, et nemo in eis: Les hommes se
forment tous les jours dans le sein de leurs
mères et nul d'eux ne vous est inconnu, ou^
selon d'autres, les membres du corps se for-
ment de jour à autre dans le sein de la mère
et il n'en manque aucun. Rom. li. 5. Alius
judicat diem inler diem , alius autem judicat
omnem diem : L'un met de la différence enlra
les jours [se. en ce que quelques Juifs con-
iiîb
DIE
DIE
4126
verlis voulaient encore au commencement
observer le sabbat et les nouvelles lunes),
l'autre considère tous les jours également.
De là vient cet hébraïsme contenu , Marr. 2.
1. Post (lies; i. e. multis post diebus : Plu-
sieurs jours après.
2° Jour artificiel , distingué de la nuit, es-
pace de temps, depuis le lever du soleil jus-
qu'au coucher. Ps. 18.3. Dies diei éructât ver-
hum : La vicissitude si réglée des jours qui
se succèdent les uns aux autres, fait voir la
puissance de Dieu ; cette suite de jours le loue
d'une manière miraculeuse. Ps. 55. 3, Ab al-
titudine diei timebo : La hauteur du jour me
donnera de la crainte; c est-à-dire, le grand
jour, où il est moins sûr de se produire quand
on a des ennemis; David persécuté par Saùl
se cachait où il pouvait. Ps. 77. 14. Beduxit
eos in nube diei : Dieu a conduit les Israéli-
tes durant le jour avec la nuée; diei est mis
pour die ou interdiu. Ce que i'interprèle la-
lin a mis en régime avec nube, est en grec
au génilif pour marquer le temps, Sap, 10.
17. Fuit mis in velomento diei ; i. e. die ;La
sagesse a servi aux justes d'un couvert pen-
dant le jour, d'où vient die ac nocte, pour
dire souvent, avec application. Jos. 1. 8,
Meditaberis in eo diebus ac noctibus : Ayez
soin de méditer le livre de la loi jour et nuit,
dit Dieu à Josué. Ps. 1. 2. Ainsi, 1. Reg, 2,
34. In die uno morientur ambo : Vos deux flis
Ophni et Phinées mourront tous deux en un
même jour; la mort des deux fils du grand
prêtre Heli , que l'homme envoyé de Dieu
lui prédisait, devait être la marque assurée
que toutes les punitions qu'il lui annonçait
lui arriveraient. Deut. 2i. 15. Jos. 10. v. 12.
13.14. Non fuit antea nec postea tam longa
dies : Jamais jour, ni devant ni après, ne fut
si long que celui-là; le jour qui devait durer
douze heures de soleil en dura vingt-quatre;
un jour fut aussi long que deux, Eccli. 4G.
5. Joan. 2. 1. etc.
3° Le jour légal, ou le jour de fête qui se
célébrait depuis un soir jusqu'à l'autre; et
c'est touchant celle sorte de jour que Moïse
a fait le règlement du Lé\itique,c. 23. v. 3?^.
33. Ecrli. 33. 7. Quare dies diem superat?
D'où vient qu'un jour est préféré à un autre
jour? Le Sage entre, comme saint Paul, dans
r le myslère de la prédestination et il l'expli-
^ que par une comparaison excellente : Les
jours, dit-il, ayanl été tous égaux, les uns ,
néanmoins , sont préférés aux autres ; parce
que Dieu les a séparés et qu'il a fail lui-même
celte distinction entre les jours de fêle et les
jours profanes; ainsi les hommes ont été ti-
rés de la même boue dont Adam a été formé,
et son péché a passé dans tous. Et cependant
Dieu en sanctifie quelques-uns et laisse les
autres dans la malédiction et la corruption
commune à toute la nature; mais ses juge-
ments sont toujours très-justes, dit s lint Au-
gustin, quoiqu'ils soiint souvent incompré-
hensibles.
§ 1. — Le temps , soit certain et défini.
Joan. 7. V, 2. 8, 10. il. Judœi errjo quœrcbant
eum in die festo : Les .luKs cherchaient Jésus-
Christ pendant la fêle des Juifs, appelée des
Tabernacles. Gen. 2. 4. In die quo fec'tt Do^
minus Deus cœlurn et terram : C'est ainsi que
le ciel et la terre furent créés au jour que le
Seigneur Dieu fit l'un et l'autre, c. 21.34.
Num. 3. 1, c. 8. 17. Deut, 4. 32. 1. Reg. 27.
7. Dan. 8, 14. Dies duo milHa trecenti, et
mundabitur sacrificiuni : Il se passera deux
mille trois cents jours et le sam tuaire sera
purifié. Antiochus demeura maître de la ville
de Jérusalem et delà forteresse de Sion ,
trois ans et demi , pendant lesquels il fil des
maux infinis aux Juifs; mais la profanation
ayant commencé dès avant ce temps-là , il
n'est pas difficile de trouver plus de six ans
de désolation. Estius. Voy. 1. Mac. 1. Ainsi,
c. 12. 1. A tempore cum ablatum fuerit juf/e
sacrificium, et posita fuerit abominatio in de-
solationem , dies mille ducenti nonaginta ;
Depuis le temps que le sacrifice perpétuel
aura été aboli et que l'abomination de la dé-
solation aura été établie, il se passera mille
deux cent quatre-vingt-dix jours. 11 semble
que l'Ange fasse ici particulièrement allusion
aux trois années et demie que dura la pro-
fanation du temple sous Antiochus et qui re-
viennent à ce nombre de 1290; mais les pè-
res el plusieurs interprètes ont cru que cela
marquait principalement le temps de la der-
nière persécution de l'Antéchrist, figurée
par celle de l'impie Antiochus. v. 12. Beatus
qui exspectat , et pervenit usque ad dies mille
trecentos triginta quinque : Heureux celui
qui attend et qui arrive jusqu'à mille trois
cent trente-cinq jours; c'est-à-dire, heureux
celui qui souffre sans se décourager et qui
attend avec patience la fin de la persécution.
II y a bien de l'apparence que les quarante-
cinq jours qui se trouvent ici de plus qu'au
verset précédent se passèrent depuis la puri-
fication du temple de Jérusalem, jusqu'à la
maladie dont Dieu frappa Antiochus, et dont
il mourut misérablement. Alors les Juifs fu-
rent délivrés, non-seulement de tous leurs
maux, mais aussi de la crainte des maux.
Soit indéfini. Malth. 3. 1. In diebus autem il-
lis venit Joannes Baptista prœdicans , etc. En
ce temps-là Jean-Bapliste vint prêcher au
désert de Judée, Il y a près de trente ans
d'intervalle entre la fin du chapitre précédent
elle commencement de celui-ci, 4. Reg. 3,
6. Act. 5, 36. Hebr. 8. 10. Post dies illos :
Après le temps de l'Ancien Testament. 2.
Pelr. 3. 18, Gen. 2. 17. Ps, 60. 6. Dies super,
dies rcgis adjicies : Vous multiplierez les
jours du roi ; autrement. Vous ajouterez de
nouveaux jours aux jours du roi ; vous éten-
drez ses années de race en rare; David parle
de lui-même en troisième personne. Deut.
4. 42. Ante unum et alterum diem : Deux ou
trois jours auparavant; ainsi, Exod. 13. 10.
A diebus in dies : Vous observerez le culte
(se. de la Pâque) lous les ans , dans toute la
suite des années; et en plusieurs endroits
où l'Hébreu porte, de jour en jour, saint Jé-
rôme l'a exprimé par années. Levit. 25. 9.
Judie. 11. 40. c. 17. 10, c. 21. 19. 1. Reg. 1.
3. Ascrndebat vir ille de ciritaie sua stalulis
diebus ut adoraret , etc. : Cet homme (sur-»
uutnmé Elcana) allait de sa ville à Silo, àux
4127
DIGTIONNAlPvE DE Plîil.OLOGIE SACRËE
1128
jours ordonnés pour adorer le Seigneur; ce
qui est rendu v. 7. par les mots per sinçjulos
annos. c. 2. 19. c. 27. 7. Faitnumei'us dierum
quibus habitavit David in regione Philistino-
rum quatuor mensium; Hebr. dies et quatuor
menses : Ce que quelques-uns expliquent
dun an et quatre mois; d'autres de quatre
mois et quelques jours; d'autres disent que
David demeura dans les terres des Philistins
seulement quatre mois. 2, Reg. li. 26, 5e-
mcl inanno tondebatur : Ahsalom faisait faire
ses cheveux une fois tous les ans ; Hebr. de
jours en jours; comme Exod. 13. 10. A die-
bus in dies; i. e. ab anno in annum, seu ,
quotannis : Tous les ans , au jour ordonné.
Ps. 88. 30 {Voy. in fra 2'). A quoi se rapporte
celte façon do parler, Altéra die : Une autre
fois, enun autre temps, dans une autre oc-
casion. Judic. 20. 2i. Ciimque filii Israël al-
téra die contra filios Benjamin ad prœlium
processissent : Le lendemain (qui est la se-
conde fois), les enfants d'Israël s'étant pré-
sentés encore pour combattre les enfants de
Benjamin, Ainsi, v. 30, Tertia vice; Hebr.
tertio die : Les Israélites marchèrent en ba-
taille pour la troisième fois. Ainsi, Una die ;
i. e. brevi . En peu de temps. Apoc. 18. 8. In
nna die vetnent plagœ ejus : Les plaies de Ba-
bylone viendront fondre sur elle en un même
jour. Ainsi, Dan, 10. iï. Adhuc visio in dies;
i. e. in multa tempora : Cette vision ne s'ac-
complira qu'après bien du temps.
§ 2. — L"âge, ou le temps de la vie, la
durée des choses. Isa. 65. 20. Non crit ibi
amplius infans dierum, et senex qui non im-
pleut dies siios : On ne verra plus dans Jéru-
salem d'enfants qui ne vivent que peu de
jours, ni de vieillard qui n'accomplisse pas
ie temps de sa vie : Ceci marque que les
chrétiens doivent être hommes parfaits.
Hebr. 7. 3. Prov. 10. 27. c. 28. 16. Zach. 8.
k. Gen. 9. 29. c. 35. 29. Appositus est populo
suo senex et plenus dierum; i. c. senex decre-
pitus : Jacob étant mort fut joint à son
peuple, étant fort vieux. 3. Reg. 3. 11. etc.
Ainsi, Processisse in diebus suis : C'est être
fort avancé en âge. Luc. 1. 7. Non crat illis
filius, 60 quod esset Elisabeth sterilis, et ambo
processissent in diebus suis : Zacharie et Elisa-
beth n'avaient point de fils, parce qu'Elisa-
beth était stérile, et qu'ils étaient déjà tous
deux avancés en âge. Ainsi, Baruch. 1. 11.
Orale ut sint dies eorum sicut dies cœli super
terram : Priez Dieu que les jours de Nabu-
chodonosor et de son fils BaUh;isar sur la
terre soient conmie les jours du ciel ; i. e. de
longue durée; que leurs règnes soient longs.
Ps. 88. 30. Ponam thronum ejus sicut dies
cœli : Je ferai subsister le trône de David
autant que les cieux.
§ 3. — Jour de fête, jour solennel. Ose.
7. 5. Dies régis noslri : C'est ici, disaient-ils^
c'est ici le jour de notre roi, le jour qu'il a
consacré aux idoles.
§ k'. — Choses mémorables mar(iuées par
le temps où elles ont élé faites. Deut. 32. 7.
Mémento dierum anliquorum : Consoliez les
siècles les plus recules, voyez ce qui s'y est
passé. Act. 3. 2a. Oittnes prophelœ a Samuel,
et deinceps annunliaverunt dies islos : Tou»
les prophètes qui ont prophclisc de temps en,
temps depuis Samuel, ont prédit ce qui est
arrivé en ces jours. Ps. 76. 6. Cogilavi dies
antiquos : Je songeais aux jours anciens.
Isa. 63. 11. Mal. 3^k. Placebit Domino sucri-
ficium Juda et Jérusalem, sicut dies sœcuii et
anni antiqui : Le sacrifice de Juda et de Jé-
rusalem sera agréable au Seigneur, comme
l'ont élé ceux des siècles passés, ceux des
premiers temps; i. e. ceux d'Abel, de Noé,
de Melchisédcch, d'Abraham, etc. comme il
est marqué dans le canon de la messe.
§ 5. — Une journée de chemin. Deut. 1.
2. Undecim diebus de Horeb per viam montis
Seir iisque ad Cadesbarne ; Il y avait onze
journées de chemin depuis la montagne
d'Horeb en venant par la montagne de Seïr
jusqu'à Cadesbarne.
§ 6. — Temps propre et commode pour
agir. Joan. 9. 4. Me oporfet operari... donec
dies est : 11 faut que je fasse les œuvres de
celui qui m'a envoyé pendant qu'il est jour :
parce que le jour est destiné à l'action et au
travail, comme la nuit au repos, c. 11. 9.
Rom. 13. 13.
§ 7.— Jugement que l'on fait. l.Cor. V. 3.
Mihi pro minimo est ut a vobis judicer, aut
ab humano die : Pour moi je me mets fort
peu en peine d'être jugé par vous, ou par
quelque homme que ce soit : saint Paul ne
reconnaît pour souverain juge que Dieu
seul. Ce mot en ce sens est un terme Cilicien,
ou bien un idiotisme des Hébreux qui ap-
pellent le jugement dernier, le jour du Sei-
gneur : quoique d'ailleurs on appelle en la-
tin du nom de dies, le jugement des parties;
Diem dicere, ajourner. Ainsi Jérémie dit, c.
17. 16. Diem ho7ninis non desideravi : Je n'ai
point recherché les jugements avantageux
des hommes.
§ 8. — Lumière et connaissance plus claire
de la vérité. îlom. 13. 12. Nox prœcessit,
dies autem appropinquavit : La nuit est déjà
avancée, et le jour s'approche. 1. Thess. 5.
V. 5. 8. Nos autem qui diei sumus : Nous qui
sommes enfants du jour : ce jour et cette lu-
mière est celle de l'Evangile. 2. Petr. 1. 19.
§ 9. — Le jour de réternité. Prov. i. 18.
Justorumsemita quasi lux splendens procedit,
et crescit usque ad perfectam diem : Le che-
min, dans lequel marchent les justes, est
éclairé des rayons célestes : et celle lumière
les conduit enfin à un beau jour qui n'est
obscurci d'aucun nuage, cl qui n'est point
suivi de la nuit.
Ce jour est appelé , Dies œternitalis. 2.
Petr. 3. 18. parce que l'éternité est comme
un jour, ou plutôt comme un instant qui de-
meure toujours le même, et renferme tous
les temps sans distinction de passé, de pré^
sent, ni de futur, sans succession ni division,
sans aucun rapport aux créatures. A quoi
se peut rapporter dans le sens figuré, Dies
«rî. Ainsi, Eccli. 18. 8. Sicut calculus arenœ,
sic cxigui anni in die œvi : Ce peu d'années
de la vie, au prix de l'éternité, ne sera consi-i
déré que comme un grain de sable.
§ 10. — L'état où l'on se trouve dans U
im
DIE
DIF
«I3C
cours de la vie; soil heureux et de prospé-
rité : doù vient cette façon de parler, Dies
boni : Temps de festin, de joie et de prospé-
rité. Ps. 3:J. 13. Eccli. 7. 15. Eccli. li. li.
JN'on defrauderis a die bono ; Ne vous privez
pas, par avarice, des avantages de votre pros-
périté : c'est dans ce même sens que l'on ex-
plique, Job. 9. 2o. Dies mei : Le temps de
ma prospérité ; et, Ps. 55. i. Ab allitudine diei
timebo. Voy. Altitudo. Ainsi, Zach. li. 7.
Eric dies una'quœ nota est Domino, non dies,
neque nox : Il y aura un jour connu du Sei-
gneur, qui ne sera ni jour, ni nuit; /. e. qui
n'aura ni l'agrément du jour, ni le repos de
la nuit.
§ 11. — Le temps des grâces extraordi-
naires de Dieu. Ps. 117. 23. Hœc est dies
quam fecit Dotninus , exultemus et lœtemur
in ea : C'est ici le jour qu'a f;iit le Seigneur,
réjouissons-nous-y donc... 2. Cor. 6. 2.
Isa. 49. 8. Ps. il. 9. Joan. 8. 56. etc. Soit
qu'on se trouve dans le cours d'une vie rem-
plie de peines et d'afflictions : co qui est
exprimé par Dies malus, dies tnali parvi.
Ephes. 5. 16. Redimentes lempus, quoniam
dies mali sunt : Rachetez le temps, parce
que les jours sont mauvais; i. e. pleins de
traverses. Ephes. 6. 23. Accipite armaluram
Dei, nt possilis resistere in die malo : Prenez
les armes de Dieu, afin que vous puissiez
résister au jour mauvais; i. e. dans le temps
que le démon attaque vivement par la ten-
tation. Ps. i9. 5. Car timebo in die mala?
Quel sujet aurai-je de craindre au jour mau-
vais? Ce joi<r mauvais est, ou le jour terrible
du jugement dernier, ou le temps où on se
trouve exposé à quelque affliction ou quel-
que grand danger, et surtout celui de la
mort. Gen. i7. 9. Zach. i. 10. Quis despexit
dies parvos ? Qui est celui qui fait peu d'état
de ce temps de la faiblesse et de l'abaisse-
ment des Juifs? autr. de ces faibles commen-
cements du Temple. Voy. Parvus. Ainsi :
§ 12. — Le temps des alflictions, de la
vengeance ou de la mort. Isa. 2. 17. Eleva-
bitur Dominus solus in die illa : Le Seigneur
seul paraîtra grand en ce jour-là. v. 11. 12.
c. 7. 17. 1. Reg. 26. 10. Ps. 36. 13. Ps. 118.
8i. Ps. 136. 7. et souvent dans les prophètes.
Ainsi, Ezech. 22. Numquid prœvatebunt ma-
nus tuœ in diebus quos ego faciam tibi? Vos
mains prévaudront-elles contre moi, dans
le temps des maux que je ferai fondre sur
vous ?
§ 13. — II est à remarquer que quand le
génitif dierum est ajouté, dans l'Ecriture,
aux noms qui marquent les années ou les
mois, il marque que ces années ou ces
njois sont entiers et parfaits. Num. 11.20.
Det vobis Dominus carnes usque nd mcnsem
dierum, pour mense integroel suisdichus con-
stante : Le Seigneur vous donnera de la
chair, afin que vous en mangiez pendant un
înois enlier, dit Dieu dans le désert au
peuple qui murmurait. Jerem. 28. v. 3. 11.
Façons de parler.
Dies cœli. Les jours du ciel. Bar. 1. 11.
Orale vro vila Nnbuchodonosor, reijis liabij-
DlCTIONN. DE PHIl.OL. 8ACRKE, i.
lonis, et pro vita Balthasar, filii ejus, ut sint
dies eorum sicut dies cœli super terram :
Priez pour la vie de Nabuchodonosor et
pour la vie de Ballhasar, son fils, afin que
leurs jours sur la terre soient comme les
jours du ciel, t. e. de longue durée.
Dies Domini. Le jour du Seigneur; c'est
le temps où Dieu fait éclater sa puissance
par les châtiments des méchants. Soph. 1.
li. Juxta est dies Domini magnus : Le jour
du Seigneur est proche, v. 15. Dies irœ, dies
illa : Ce sera un jour de colère. Jerem. 30.
7. Joël. 2. 11. Amos. 5. 18. Ainsi, Zach. li.
1. Ecce renient dies Domini ; Les jours du
Seigneur vont venir : ces jours dont Dieu
menace les Juifs sont des jours de colère et
de vengeance, pendant lesquels ils devaient
être pillés par les Grecs ; car ce chapitre
regarde encore les guerres que leur firent
les rois do Syrie, du temps des Machabées,
Job. 2i. 1. Quiautem noverunt eum, ignorant
dies illius : Ceux qui connaissent le Tout-
Puissant, ne connaissent point ses jours; i.
e. ne connaissent point le temps qu'il s'est
réservé pour faire éclater sa justice envers
les impies.
Dies Christi, Domini. Le jour do Jésus-
Christ, le jour du Seigneur, signifie:
i La venue et la présence de Jésus-Christ
dans sa chair. Joan. 8. ^6. Abraham exsultavit
ut videret diem meum : Abraham, votre père,
a désiré avec ardeur de voir mon jour ; i. e.
le temps de mon avènement, dit Jésus-Christ
aux Juifs. Mal.i. o.Miltam vobis Eliampro-
phelam, antequam veniat dies Domini: Je vous
enverrai le prophète Elle avant que le grand
et l'épouvantable jour du Seigneur arrive :
ici, f//es marque l'avènement de Jésus-Christ,
si l'on entend par Elle saint Jean-Baptiste,
comme l'explique saint Matth. 17. 12.
2' Le temps du second avénementde Jésus-
Christ ou du jugement dernier. 1. Cor. 3.
13. Uniuscujusque opus manifestum erit, dies
cnim Domini declarabil : L'ouvrage de cha-
cun paraîtra enfin, et le jour du Seigneur
déclarera quel il est. c. 1. 8. Luc. 17. v. 2V
26. Act. 2. 20. Joël. 2. 31. 1. Cor. 5. 5. 2.
Cor. 1. li. Philipp. 1. v. 6. 10. c. 2. 16. Ainsi,
1. Thess. 5. 2. Dies Domini, sicut fur in
nocte, ila veniet : Le jour du Seigneur vien-
dra comme le larron qui vient dans la nuit.
2. Thess. 2. 2. ce qui est exprimé par dies
illa. 2. Tim. 1. v. 12. 18. ot c. i. 8. etc. Ce
jour est appelé le jour du Seigneur; i. c. ce-
lui auquel Dieu se doit venger dans toute
l'étendue de sa puissance : le temps de cette
vie est appelé le jour de l'homme ; et celui
qui commence l'éternité est le jour du Sei-
gneur.
DIEVI, Heb. Dehavœi, Existentcs. Un des
peuples qui conspirèrent contre les Juifs,
pour les empêcher de rebâtir Jérusalem. 1.
Esdr. i. !).
DIFFAMARE, Stayjj/ziÇstv , du substantif
fama, et de la préposition dis, qui marque
diversion.
1 ' Divulguer , faire connaître A tout le
monde, publier, faire courir un bruit :
Soit en mauvaise narl- ce qui signifie, d6-
30
1131
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
H32
crier (h(jiêpsiv). Deut. 22. 19. Diffamavit no-
men pessimum super virginem Isracl Cet
homme a déshonoré par une accusation in-
fâme une vierge d'IsraëL (V^oy. cette accu-
sation, V. 13.1i.)Sap. 2. 12.
Soit en bonne part. Matth. 9. 31. Diffama-
verunt eum in tota terra illa : Les doux
aveugles que Jésus-Christ venait de guérir ,
s'en étant allés, répandirent sa réputation
dans tout ce pays. Marc. 1. 45. 1. Thess. 1.
8. A vobis... (îiffamatiis est sermo Domini [llri-
yziv) : Vous avez élé cause que la parole du
Sp'gneur s'est répandue avec éclat dans la
Macédoine, etc. Gr. èÇii/Jîxat , personuit : \di
métaphore est tirée du son d'une trompette
qui se répand loin avec éclat.
2" Accuser, ou faussement, ou maligne-
ment; déférer ( StaêâW.ew). Luc. 16. 1. Hic
diffamalus est apud illum : L'économe d'un
homme riche fut accusé devant lui d'avoir
dissipé son bien.
DIFFERENS, tis ; 5«âyopo?, 1° Différent,
qui est dissemblable. Rom. 12. 6. Hahenles
donationes secundum gratiam , quœ data est
nobis, différentes : Nous avons tous des dons
différents, selon la grâce qui nous a été
donnée.
2° Excellent : d'où vient Differentius, plus
excellent. Hebr. 1. k. Tanto melior angelis
effectus, quanto differentius prœ iltis nomen
hœreditavit : Le Fils de Dieu est devenu même
dans son incarnation d'autant plus excellent
que les anges, que le nom qu'il a hérité est
plus relevé que le leur.
DIFFERENTIA , je ; ^tc^^yù , différence.
Sap. 18. 2. Utesset differentia (toO Bi£i)zyi6-/)VKi)
donum petebant : Vos saints (les Israélites
au temps des ténèbres épaisses dEgypte)
vous priaient de continuer à faire cette dif-
férence entre eux et leurs ennemis ; se. que
les saints ne souffrissent pas les mêmes cho-
ses que leurs ennemis; Gr. (les Egyptiens)
leur demandaient pardon d'avoir été leurs
ennemis. Voy. Figura, c. 7. 20. Levit. 11.
47. 1. Mach. 3. 18.
DIFFERRE, actif; àvûëcàhrreci, du simple
ferre , et de dis , qui marque en ce mot ou
prolongation, ou diversité, ou diversion.
1° Différer, prolonger, remettre. Prov. 13.
12. Spes quœ differtur affligit onimam : L'es-
pérance différée afflige l'âme. Deut. 32. 27.
Propter iram inimicorum distuli : J'ai différé
ma vengeance pour ne satisfaire pas la fu-
reur des ennemis de mon peuple. Eccli. 7.
20. Act. 24. 22. etc.
2° Rejeter, éloigner de soi. Ps. 77. 21. Au-
divit Dominus, et distulit .'Le Seigneur, ayant
ouï ces discours (marqués v. 22. 24), différa
de s'acquitter de ses promesses. Ps. 88. 89.
Distulisti Christum tuum : Vous avez éloigné
de vous celui à qui vous avez fait conférer
l'onction royale : L'Hébreu porte en ces deux
endroits, se mettre en colère • comme v. 59.
Audivit Deus et sprevit,
DIFFERRE, neutre ; Siufipsrj. Différer, être
différent. 1. Cor. 15. 41. Stella a Stella differt
in claritnte : Les étoiles sont différentes en
clarté. Gai. 4. 1. Eccl. 2. 13
DIFFICILE; 5u(txô>«m;. Difflchemenc , avec
peine. Eccl. 1. 15. Per ver si difficile corrigun^
tur : Les âmes perverses se corrigent diifici-
lement. Matth. 19. 23. Marc. 10. 23. etc.
DIFFICILIS, is, E. — V Difficile, malaisé.
Gen. 18. 14. Numquid Deo quidquam est dif-
ficile? Y a-t-il rien de difficile à Dieu, dit Dieu
à Abraham, sur ee que Sara avait ri à la pro-
messe qu'il avait faite qu'elle aurait un fils.
Prov. 30. 18. Eccl. 1.8.
2° Rude, âpre, par où l'on ne peut passer
qu'avec beaucoup de peine (agaroî). Sap. 5.
7. Amhulavimus vias difficiles (Gr. soliludines
invias) : Nous avons marché dans des che-
mins âpres, diront les damnés.
DIFFICULTAS. Difficulté , peine , empê-
chement. Gen. 35. 17. Ob difficultatem par-
tus periclilari cœpit : Rachel ayant grande
peine à accoucher de Benjamin , elle se
trouva en péril de sa vie, Num. 20. 19. etc.
DIFFIDENS , TIS ; «TTîtOwv. Incrédule, qui
ne croit point. Baruch. 1. 17. Non credidi-
jnus diffidentes in eum : Nous n'avons point
cru le Seigneur, et nous n'avons eu aucune
confiance en lui.
DIFFIDENTIA ; àmazioc.— i" Défiance, ap-
préhension de n'avoir pas quelque chose, in-
crédulité. Rom. 4. 20. Jn repromissione etinm
Dei non hœsitavit diffidentia : Abraham n'eut
point de doute ni de défiance sur la promesse
de Dieu.
2° Incrédulité , désobéissance , rébellion
(èrstOcta). Ephes. 2. 2. Nunc operatur in
filios diffidentiœ : Le prince des puissances
de l'air exerce maintenant son pouvoir sur
les enfants d'incrédulité : ce qui s'entend de
ceux qui demeurent opiniâtres à ne vouloir
point recevoir la foi de Jésus-Christ, ni l'es-
prit de l'Evangile, c. 5. 6.
DIFFUGERE. Fuir çà et là en désordre;
en parlant de plusieurs {SiuairsipstjOv.i). Jerem.
52. 8. Omnis comitatus ejus diffugit ab eo :
(Lorsque Sédécias fut pris par l'armée des
Chaldéens), tous ceux qui l'avaient suivi s'en-
fuirent et l'abandonnèrent. Jos. 8. 20. 1. Reg.
14. 16.
DIFFUNDERE, Siot^eiv, è^x^ïv. — i" Répan-
dre, étendre. Prov. 23. 32. Sicut regulus ve-
nena diffundet : Le vin répand son venin
comme un basilic. 2. Mach. 8. 7. 2. Reg. 3. v.
18. 22. Act. 1. 18. et dans le sens métapho-
rique. Rom. 5. 5. Charitas Dei diffusa est in
cordibus nostris : L'amour de Dieu a été ré-
pandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit.
Ps. 44.3. Diffusa est gratta in labiis tuis :
Une grâce admirable s'est répandue sur vos
lèvres ; i. e. vos discours sont forts et per-
suasifs : ce qui s'entend de Jésus-Christ. Voy.
Luc. 4. 22.
2° Dissiper, faire disparaître peu à peu.
Sap. 2. 3. Spiritiis diffundetur tamquam mol^
lis aer : L'esprit se dissipera comme un air
subtil, disent les méchants, c. 5. 15.
DIGERERE. Du verbe gerere , et signifie
porter çà et là, distribuer, ordonner, dispo-
ser, rédiger par écrit; digérer (en terme de
médecine).
1° Distribuer par ordre, ranger, ordonner.
2. Mach. 5. 3. Contigit vider i cu7'sus equorum
per ordines digcstos : Il arriva que l'on vit
im
D\r,
DIG
im
dans Jérusalem des chevaux rangés par es-
cadrons, qui couraient les uns contre les au-
tres.
2° Digérer, dissiper, consumer (-iciai&irv).
1. Reg. 1. 14. Digère paulisper vinum quo
mades : Laissez un peu reposer le vin qui
vous trouble, ditHéli à Anne. c. 25. 37.
3° Rédiger, décrire par ordre (yoKsietv). Jos.
8. 32. Deuteronomium quod ille digesserat
coramfiliis Israël: Josué écrivit sur des pier-
res le Deutéronoine de la loi de Moïse, que
Moïse avait exposé devant les enfants d'I-
sraël; Hebr. avait écrit. 2. Par. 20. 34. Dan.
5. 25.
DIGITUS, I. ôiiy.r-jïo;. De oôixu-j , montrer,
faire connaître, montrer au doigt, indigitare,
indicare.
i° Doigt de la main. Joan. 8. 6. Jésus in~
clinans se deorsum, digiio scrihehat in terra :
Jésus-Christ, se baissant, écrivait avec son
doigt sur la terre, c. 20. 27. Infer digitum
tuum hue : Portez ici votre doigt, dit Jésus-
Christ à saint Thomas, v. 25. Marc. 7. 33. De
là vient dans le sens figuré:
Phrase. — Ponere digitum super os suum.
Mettre le doigt sur sa bouche, c'est se taire ,
n'oser parler. Judic. 18. 19. Tace et pone
digitum tuum super os tuum : Taisez-vous ,
n'ouvrez p;is seulement la bouche, dirent au
prêtre de Michas les cinq hommes qui em-
portaient l'image sacrée , l'éphod , etc. Job.
21. 5. c. 29. 9.
Digito loqui. Parler avec les doigts, signi-
fie faire signe avec les doigts, aux complices,
ce qu'il faut faire pour surprendre. Prov. 6.
13. Digito loquitur : L'homme apostat fait
signe des yeux et des doigts . Ces mouvements
extérieurs témoignent ou la légèreté de sa
conduite, ou l'emportement de sa passion.
Les doigts se prennent pour la main. Ps.
143. 1. Berip.dictus Dominus qui docet... di-
gitos meos ad bellum : Que le Seigneur mon
Dieu soit béni, qui apprend à mes doigts à
faire la guerre. Isa. 2. 8. c. 17. 8. c. 59. 3.
Ps. 8. 4. etc.
2° L'action, la vertu et la puissance; parce
que les doigts sont les instruments de l'opé-
ration la plus subtile. Exod. 31. 18. Deul. 9.
10. Deditque Dominus Moysi duas tabulas te-
stimonii lapideas, scriplas digito Dei : Le Sei-
gneur donna à Moïse les deux tables du té-
moignage, qui étaient de pierre, et écrites du
doigt de Dieu. Exod. 8. 19. Digitus Dei est
hic: C'est le doigt de Dieu qui agit ici; i. e.
c'est ici un pouvoir tout divin , qui arrête
l'effet de notre art , disent les magiciens à
Pharaon : selon le sens mystique. If doigl de
Dieu marque le Saint-Esprit. Luc. 11. 20. Si
in digito Dei ejicio dœmonia : S' c'rst par lo
doigt de Dieu que je chasse les démons, il est
donc visible que le royaume de Dieu est venu
jusqu'à vous, dit Jésus-Christ. Saint M;illhiiu
porte , c. 12. 28. Si in spiritu Dei ; Si je
chasse les démons par l'Esprit de Dieu.
Façon de parler.
Digito onei a gravia et imporlabilia tangc~
re, movere. Remuer du bout du doigt «les fiir-
dt aux pesants et insupporlablcs. Luc. 11. 46.
Mallh. 23. 'i. Voy. Movkri:, Tangkrk.
DIGNARI ; K^toûv , de dignus , et signifie
daigner, condescendre à faire une chose pour
quelqu'un, au-dessous de soi ; juger et esti-
mer quelqu'un digne d'une chose.
1" Daigner, vouloir bien. Judith, o. 5. 5»
digneris audire , Domine mi ; Seigneur, s'il
vous plaît de m'écouter, dit Achior à Holo-
phorne. Rulh. 2. 10. Tob. 12. 4. etc.
2" Rendre digne. 2. Thess. 1. 11. Oramiis
ut dignetur vos vocatione sua Deus noster :
Nous prions Dieu sans cesse que notre Dieu
vous rende dignes de sa vocation ; i. e. que
Dieu les fasse persévérer dans leur vocation
à la ff)i , et qu'il les y conserve.
DIGNATIO, Ms. Honneur, rang, dignité .
réputation ; dans l'Ecriture :
Honneur, e«time. Eccli. 32. 3. Curam xUo-
rum habe ut dignationem consequaris corro-
gationis : Ayez soin de ceux sur lesquels vous
avez été établi pour les gouverner, et après
cela prenez votre place, afin que vous vous
acquériez de la louange de tous les conviés,
à cause de l'ordre que vous y aurez établi.
Yoy. CORROGATIO.
DIGNE; à;îcdr. — 1^ Dignement, convena-
blement, comme il faut. Goloss. 1. 10. Vt atn-
buletis digne Deo : Nous demandons à Dieu
qu'il vous remplisse de la connaissance de sa
volonté, afin que vous viviez d'une manière
digne de Dieu. Rom. 16. 2. Ut eam suscipia-
tis in Domino digne sanctis : Recevez notre
sœur Phœbé au nom du Seigneur, comme on
doit recevoir les saints. Ephes. 4, 1. etc.
2° Dignement, selon le mérite, en mauvaise
part. Sap. 16. 1. Passi sunt digne tormenta ;
Les Egyptiens ont été tourmentés selon qu'ils
le méritaient, c. 14. 30.
DIGNITAS. Tis ; à;ta. - 1° Dignité , état
élevé, charge honorable. Eccli. 45. 30. Vt sit
illi et semini ejus sacrdotii dignitas in œter^
nuw Dieu a donné à Phinées la principauté,
afin qut, lui et sa race possèdent pour jamai»
la dignité du sacerdoce. Eccli. 10. 6. etc.
— Magistrat, personnage élevé dxi dignité.
Esth. 9. 3. Procuratores omnisque dignitas
çxtullebant Judœos timoré Mardochœi : Les
intendants et tous ceux qui avaient quelque
dignité, relevaient la gloire des Juifs, par la
crainte qu'ils avaient de Mardochée.
2' Honneur, gloire, ornement. Prov. 14.
28. In mulfitudine populi dignitas régis : Lo
grand nombre des sujets fait la gloire d'un
prince, r. 16.31. Corona dignitalis, sencclus :
La vieillesse e^t une couronne d'honneur
{vM^'jyrt'jiç, gloriatio). Barucli. 3. c. 20. 29. Ec-
cli. 44. 3. Nuntinntes in proplietis dignitatem
prophetarum : Les prédit tions que nos pères
ont annoncées, leur ont acquis la dignité de
prophètes.
Al.'jjeslé , grandeur (/.ay;^>î(rt?). Ezech. 2i..
25. Tottam ab cis gnudium dignilatis : J'ôterai
la force et la joie que donnait aux habitants
de Jérusalem ce qui faisait leur gloire et
leur diguilé (se. le temple de Jérusalem).
DlGNOSCERE; ytvwTx.-tv, discerner, distin-
guer. Eccli. 'i. 29. Jn lingiia sapimtia digne-
scitur : La sagesse se Tait connaître par la
langue.
DIGNUS, A, im; /;"),-, du verbe grec Jim-
MÔD
DICTIONiNAlIŒ DE PHILOLOGIE SACREE.
1I5G
trc les person
montrer avec le doigt, comme on mon-
i personnes éminentes en mérite et en
dignité : Qitam pxilchriim est digito monstrari
et (licier, Hic est! dit un poète.
Digne de quelque chose, s'appelle dans
l'Ecriture, ce qui a une valeur, ou ce qui a
un mérite suffisant pour l'avoir ou l'acqué-
rir.
1° Digne, qui mérite , soit la recompense.
Mallh. 10. 10. Dignus est operorius cibo suo :
Celui qui travaille mérite qu'on le nourrisse.
Luc. 10. 7. Dignus mercede sua : La nourri-
ture n'est pas la principale récompense de
ceux qui travaillent au salut des âmes ; mais
c'est une chose qui est due par ceux à qui on
rend service. 1. Tim. 5. 18. Act. 5. ki. Ibant
gaudentes a conspectu concilii, quoniam digni
habiti sunt pro nomine Jesn contumeliam pâli
(à^toO(70«t, dignum haberi) : Les apôtres sorli-
rentdu conseil tout remplis dejoiede cequ'ils
avaient élé jugés dignes, ou avaient eu cet
honneur, que de souffrir ccl outrage , d'être
fouettés pour le nom de Jésus. Apoc. 4. 11.
c. 5. 12. Soit la peine otla punition. Luc. 12.
1*8. Qui non cognovit, et fecit digna plagis,
vapulabit paucis : Celui qui n'aura pas su la
volonté de son maître , et qui aura fait des
choses dignes de châtiment, sera moins battu;
se. que celui.qui, l'ayant sue, ne l'aura pas
faite.
2' Digne, convenable, proportionné, qui a
du rapport. Matth. 3. 8. Facile ergo fructum
dignum pœnilentiœ : Faites des actions qui
soient des marques indubitables d'une vraie
pénitence, et qui soient proportionnées à vos
péchés, dit saint Jean à plusieurs des phari-
siens et saducéens, qui venaient à son bap-
tême. Luc. 3. 8. Act. 26. 20. 1 Cor. 16. k. 2.
Thess. 1. 3. Job. li. 3. 2. Mach. 6. 2i. etc.
3° Ce qu'il faut, ce qui est juste et raison-
nable. Gen. 23. 9. Intercedite pro me apud
Ephron , tit peciinia digna tradal cam mihi :
Intercédez pour auprès moi d'Ephron , fils de
Séor, afin qu'il me cède devant vous la ca-
verne double qui est à l'extrémité de son
champ pour le prix qu'elle vaut : Abraham
avait dessein d'y enterrer Sara. 3. Reg. 21. 2.
h° Digne, ce qui mérite de l'attention et
qu'on y fasse réflexion. 2. Reg. 25. 21. In-
terfecit tirum œgyptium, virum dignum spe-
ctnculo : Banaïas tua un Egyptien digne
d'être regardé, i. e. d'une grandeur extraor-
dinaire : il avait cinq coudées de haut. (Voy.
l.Par.ll. 23.) 2. Mach. 7. IS. Digna admira-
tione facta sunt in nobis : Ces choses éton-
nantes, ou les crimes énormes et les impiétés
que Ice Juifs avaient commis, ou les fléaux
épouvantables qu'ils s'étaient attirés.
5° Digne, qui a le pouvoir et l'autorité de
faire quelque chose. Apoc. 5. v. 2. 9. Quis est
dignus aperire librum? Il n'y a que Jésus-
Christ qui ait reçu le pouvoir de découvrir
aux hommes les mystères contenus dans les
Ecritures, comme il l'a fait. V. Luc. 24. 45.
DU, DEORUM. Voy. DEUS; 6coi, pluriel
Je Dcus; on disait autrefois indifféremment
Dius et Dcus, comme il paraît par los mots
a^fe dius fidius, et parce qu'on dit dii pour
dei, et diis aussi bien que deis; dans l'Ecr. :
1* Faux dieux, idoles que l'on honorait
comme dieux. Ps. 95. 5. Omnes dii gentium
dœmonia : C'étaient ordinairement les dé-
mons qui se faisaient rendre les honneurs
divins qui étaient dus à Dieu. Exod. 12. 12.
Jn cunctis diis Mgypli faciam judicia : Texcr-
cerai mes jugements sur tous les dieux de
l'Egypte, non-seulement en ce que l'ange
tua les premiers-nés de plusieurs animaux
qu'ils adoraient comme des dieux, mais en-
core parce que, selon la tradition des Hé-
breux, toutes les idoles des Egyptiens tom-
bèrent alors, et que leurs temples furent
détruits, soit par quelque tremblement de
terre, soit par les foudres du ciel. Num. 33. 4.
2° Ce nom Dii, répondant au mot Elohim,
peut signifier Deus aussi bien que dii. Gen^
3. 5. Eritis sicut dii : Vous serez comme des
dieux, ou comme Dieu. 1. Reg. 28. 13. Deos
vidi ascendentes de terra : J'ai vu un dieu qui
sortait de la terre; c'est ce que dit la pytho-
nissc à Saùl, en parlant de Samuel. Voyez
Deus. Nomb. 5.
3' Les juges, les princes, les personnes
puissantes. Hebr. Elohim. Ps. 46. 10. Quo-
niam dii fortes terrœ vehemenler elevati sunt :
Parce que les princes des tribus et des fa-
milles du peuple se sont rendus recomman-
dables par les victoires qu'ils ont rempor-
tées; autr. les grands seigneurs des nations
se sont unis avec nous pour adorer le Dieu
d'Abraham. Saint Chrysostome et d'autres
l'entendent des apôtres, dont la force toute
divine a éclaté dans la conquête de l'univers;
ce qui a porté les grands de la terre à em-
brasser la foi de Jésus-Christ. L'Hébreu et le
Grec mettent Dei, au génitif singulier : Les
grands de la terre qui dépendent de Dieu»
Eslh. 14. 12. Voyez Deus, significations im-
propres, 6°.
DIJUDICARE, 5(«xoîv£tv, à-juy.pbît-j. — 1° Ju-
ger, discerner, distinguer le vrai d'avec le
faux. Job. 12. 11. Nonne auris verba dijudi-
cat ? L'oreille ne juge-t-elle pas des paroles?
c. 34. 3. 1. Cor. 11. 29. Non dtjudicans cor-
pus Domini : Quiconque boit et mange in-
dignement le corps et le sang du Seigneur
Jésus-Christ, mange et boit sa propre con-
damnation, parce qu'il ne fait pas le disctîr-
nement qu'il doit du corps et du sang de
Jésus-Christ, et qu'il le mange comme si
c'était une viande commune, sans en faire
l'estime qu'il doit. Mallh. 16. 4.
2° Discuter, examiner. 1. Cor. il.^31. Qiiod
si nosmetipsos dijudicaremus, non ntique jn*
dicarcmur : Que si nous nous jugions nous-
mêmes, nous ne serions pas jugés de cette
sorte. De là vient le passif:
Dijudicari.Eirc examiné, rendre raison de
sa conduite, se défendre et se justifier [Siî-
liyyjaBy.t). Mich. 6. '2. Ciim Israël dijudicabi-
tur : Le Seigneur veut se justifier devant
Israël. Act. 4. 9.
.3" Juger, être juge ou arbitre, condamner.
Ps. 81. 1. In medio deos dijudicat : Dieu se
trouve au milieu des juges, et les juge eux-
mêmes. 1. Cor. 14. 24. Dijudicntur nb omni-
bus : Si tous expliquent intelligiblement dans
H67
D!L
DIL
HZi
les assemblées les mystères divins, et qu'un
infidèle ou un ignorant y entre, il sera con-
vaincu de tous et jugé de tous ; i. e. il recon-
naîtra ses désordres et les avouera pour s'en
corriger, v. 29. Isa. 66. 16. Dan. 13. 51. Pro-
verb. 18. 18.
DILABI. S'écouler, se glisser; dans lEcr.,
1° S'écouler, se perdre, se dissiper (/.«T«'fi-
ps<tSv.i). 2. Reg. li. li. Quasi aquœ dilabimur
in terrain, quœ non revertuntur : Nous mou-
rons tous et nous nous écoulons tous sur la
terre comme des eaux qui ne reviennent
plus.
2" Se retirer {BioKnrsipeaOxi) . 1. Reg. 13. 11.
Vidi quod populus dilaberetur a me : J'ai vu
que les Israélites me quittaient l'un après
l'autre : Saiil s'excuse à Samuel de ce qu'il a
offert l'holocauste, v. 8.
DILAGERARE, Sic<cr7r«v , — 1° déchirer,
mettre en pièces. Judic. 14. 6. Dilaceravit
leonem quasi hœdum in frusta discerpens :
Samson déchira un jeune lion furieux et ru-
gi.ssanl, comme il aurait fait un chevreau,
sans avoir rien dans la main. Jerem. 23. 1.
2° Ruiner, détruire. Nahum. 2. 10. Dissi-
pata est, et scissa, et dilacerata : Ninive est
détruite, elle est renversée, elle est déchi-
rée. Isa. 18. 2. Voyez Coptvulsus.
DILACERATIO, nis. Action de déchirer;
dans l'Ecriture il signifie, dans le sens figuré:
Rapine, brigandage («JtxîK). Nahum. 3. 1.
Vœ, civitas sanguinum, universa mendacii di-
laceratione plena, i. e. tola mendax et plena
rapto; Hebr. Mendacio et laceratione : Mal-
heur à toi, ville de sang, qui es toute pleine
de fourberie et qui te repais sans cesse de tes
rapines : le mot dilaceratio marque la vio-
lence du brigandage.
DILANIARE, mettre quelqu'un en pièces,
déchirer, briser {(jvjzpioeu , conterere). Luc.
9. 39. Vix discedit dilanians eum : A peine
l'esprit malin quitte-t-il mon fils, après l'a-
voir tout déchiré.
DILATARE, r/arûvEtv, du substantif laius.
Elargir, étendre. Exod. 3i. 24. Cmn dilata-
vero terminos tuos : Lorsque j'aurai étendu
les limites de votre terre. Num. 37. 8. Matlh.
23. o. De là vient cette façon de parler hé-
bra'ique, dilatare alicui (suppl. locum). Gen.
9. 27. Dilntet Deus Japhet, Hebr. Japheto
(suppl. locum) : Que Dieu étende la demeure
de Japhet ; outre l'Europe, il a eu encore une
grande partie de l'Asie. Ps. 4. 1. In tribula-
tione dilatasti mihi (suppl. viam, spalium) :
Lorsque j'étais resserré dans l'aflliction, vous
m'avez mis au large. Gen. 26. 22. Dilataiit
nos Dominus et fecit crescere super lerram;
Hobr. nobis : Le Seigneur m'a mis dans l'a-
bondance (£,a-).aTÛv;ivj. Prov. 18. 16. Donum
hominis dilatât viamejus; Hebr. dilalabit ipsi
(suppl. viam). Isa. 57.8. Dilalasticubile luum:
Vous avez élargi votre lit, se. pour y rece-
voir un plus grand nombre d'adultères; i. e.
vous avez auginontc votre idolâtrie. Mich. 1.
16. Dilata cnlvitium sicut aquila : Denicurez
sans poil, comme l'aigle se dcpouillo do tou-
tes ses plumes. Voy. Calvitilm. Ainsi, Dila-
tare animam suam : Etendre son sein cl sa
capacité pour tenir davantage.. Isa. ^> tV.
Hab. 2. 5. Dilatavit quasi infernus animam
suam : Les désirs du superbe sont vastes
comme l'enfer, i. e, il a une avidité insatia-
ble de s'assujettir les peuples : le prophète
parle des rois de Babylone, qui envahissaient
les Etats de tous les peuples voisins. Il fait
allusion au tombeau, qui ne se rassasie point
de morts; ainsi l'on dit dilatare os, ouvrir sa
bouche, soit pour se défendre par raisons, 1.
Reg. 2. 1 . Dilatatum est os meum super inimi-
cos meos : Ma bouche s'est ouverte pour ré-
pondre à mes ennemis ; soit pour se moquer
et insulter, Ps. 3i. 21. Isa. 57. k. Super quem
dilatasti os? Contre qui avez-vous ouvert la
bouche? soit pour demander à Dieu de gran-
des grâces avec confiance, Ps. 80. 11. Dilata
os tuum, et implebo illud : Ouvrez et élargis-
sez votrfe bouche, et je la remplirai; c'est-à-
dire, je vous comblerai de biens temporels,
autant que vous en désirerez et que vous en
pourrez recevoir; soit enfin pour parler sans
retenue, Prov. 20. 19. Dilatât labiasua .-Qui
ne peut donner de bornes à ses paroles.
1° Faire croître, multiplier. Gen. 28. 14.
Dilataberis ad occidentem et orientem, et sep-
tentrionem et meridiem : Vous vous étendrez
de l'orient à l'occident, et du septentrion au
midi, dit Dieu à Jacob, c. 32. 12.
2° Dégager, r-endre plus libre, mettre au
large. Ps. 4. 2. In tribulatione dilatasti mihi
(i. e. latitudinem fecisti) ; Gr. me, Hebr. mihi:
Vous m'avez délivré des maux dont j'étais
pressé : la métaphore est tirée de ceux qui,
étant renfermés dans un lieu étroit, sont mis
au large. Voyez ci-dessus. Signification pro-
pre. Gen. 26. 22. Dilatavit nos Dominus :
Dieu nous a délivrés de l'oppression; d'où
vient : Dilatare gressus subtus aliquem, élar-
gir le chemin sous les pas de quelqu'un;
c'est le dégager et le rendre plus libre. 2.
Reg. 22. 37. Ps. 17. 37. Dilatasti gressus meos
subtus me : Vous avez élargi le chemin sous
mes pas : Dieu avait tiré David de beaucoup
de dangers pressants. Prov. 18. 16. Ainsi,
dilatare cor, élargir le cœur par la joie, en
délivrant des maux. 2. Cor. 6. 11. Cor no-
strum dilatatum est : Mon cœur est dans la
joie; d'autres croient qu'il faut entendre cet
endroit de l'étendue de la charité de l'Apô-
pôlre. v. 13. Dilatamini et vos : Ayez pour
moi un amour réciproque. Ps. 118. 32.
Façon de parler.
Dilatare se. S'enorgueillir, être bouffi d'or-
gueil. Prov. 28. 25. Qui se jactat et dilatât,
jurgia concitat : Celui qui se vante et s'enfle
d'orgueil excite des querelles.
DILATATIO, Nis , dilatation, étendue.
Ezech.31.7. Eral pulcherrimus in dilatatione
{r:\f>ÙQç) arbuslorum suorum : Ce cèdre était
beau dans l'étendue de ses branches : le roi
des Assyriens est représenté par ce cèdre, à
qui se rapporte pulcherrimus.
Enflure, orgueil. Prov. 21. 4. Exallntio
oculnrum est dilatatio cordis : L'enflure du
cœur rend les yeux alticrs. Voy. Exalta no.
DILAÏATUS, A, UM. Comblé de biens. Deu-
(cr. 32. 1.'). Jmpinguatus, dilalatus,dereliquit
Dcum : Le repos et l'abondance de ce peuple
l'ont aveuglé jusqu'à abandonner Dieu
HZ9 DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE
IHLATIO, MS, ù-jy.Soïn. Délai, remise. Gen.
li-3. 10. Si non intercessisset dilatio , jam
vice altéra venissemus : Si nous n'avions
point tant différé, nous aurions déjà fait deux
fois le voyage, se. en Egypte pour y acheter
du blé, dit Juda à Jacob. 2. Reg. 17. IG. Act.
26. 17.
DILECTIO; Nis. Gr. àyà-ri , amour, cha-
rité. Cet amour de diicclion s'appelle ordi-
n-airement amour de préférence, par le choix
fjv.ron fait d'un objet. Ephes. 5. 2. Ambulate
m dileclione • Vivez dans l'amour et la cha-
rité. Cant. 8. 6. Fortis est ut mors dilectio :
L'amour de l'Epoux e^t plus insurmontable
que toutes les forces de la mort et de l'enfer.
Cet amour .«/entend de l'amour de Dieu, soit
de celui qu'il nous porte, soit de celui que
nous avons pour lui, soit de celui qu'il nous
commande et qu'il fait en nous, comme Rom.
1.3. 10. Plenitudo ergo legis est dilectio : L'a-
mour est l'accomplissement de la loi. Ce que
la mort fait sur les sens de notre corps, qui
est de mettre fin à tous les péchés, la charité
le ïai't aussi à l'égard des passions de notre
âme.
DILECTUS, A, UM. àyv-riTÔç , riyunriu.iyoç. —
1" Cher, bien-aimé. 1. Tim. 1. 2. Timotheo
dilecto f.lio in fide : Paul à Timothée, mon
cher fils dans la foi ; Gr. yjntrioi , genuino. Tit.
1. k. Tito dilecto fîlio secundum communeni
fidem • Paul à Tite, son fils bien-aimé en la
foi qui leur est commune. C'est ici l'adresse
des deux lettres que saint Paul écrit à s -s
deux disciples, qui lui étaient très-chers parce
qu'ils l'imitaient dans la pureté de leur doc-
trine et dans la sincérité de leur désintéres-
sement : ce qui se dit de Jésus-Christ, chéri
et aimé par excellence et absolument du Père
éternel. Mallh. 17. o. Hic est Filius 7neus di-
iectiis : Celui-ci est mon fils bien-aimé. Marc.
4. 6. 2. Pelr. 1. 17. Ephes. 1. 6. Isa. 5. 1. Ps.
44. Canticum pro dilecto : Cantique pour le
bien-aimé, i. e. à la gloire de Jésus-Christ,
Fils unique du Père éternel, qui a mis en lui
son amour, ses complaisances. Cant. 5, 9.
Qualis est dileclus tuus ex dilecto? Quel est
celui que vous appelez votre bien-aimé en-
tre tous les bien-aimés? Ce sont les compa-
gnes de l'épouse qui lui font cette demande;
ces compagnes, qui sont appelées Filles de
Jérusalem, sont les Eglises nées de celle de
Jérusalem. V. Ex. n. 7. Et des saints per-
sonnages. Ps. 67. 13. Rex virtutum dilecli,
dilecti : Le roi le plus fort tombera sous celui
qui est chéri, et le bien-aimé de Dieu (ce qui
s'entend de Moïse, de David et de Jésus-Christ
même. V. ci-dessous 3° .V. Patruelis.
2' Cher, bien-aimé, qui mérite d'être aimé
(«yar/îTÔ?). 1. Tim. 6. 2. Quia fidèles sunt et
dilecli : Les serviteurs ou esclaves convertis
à la foi doivent servir avec plus d'affection
les maîtres qui sont aussi chrétiens, comme
étant de même religion : le mot dilectus cUùl
un des noms qu'on donnait aux chrétiens,
frères, fidèles, bien-aimés, on peut rendre le
mot grec par diligibiles.
3° Le peuple de Dieu. Deut. 32. 15. Incras-
satus est dilectus, et recalcilravit. Ce peuple
si aimé, qui avait tout à souhait, est devenu
il4(»
rebelle; Hebr. rectus. Ps. 67. 13. Rex virtu-
tum dilecti, dilecti : Le Tout-Puissant est le
roi de son peuple bien-aimé : les Hébreux,
qui n'ont point de suiierlatif, le rendent de la
sorte. Voyez De regulis sur le superlatif.
4" Tendre, délicat. Ps. 28. 6. Dileclus quem-
admodum filius unicornium : Le Seigneur
brisera les cèdres du Liban aussi aisément
qu'il mettrait en pièces un faon de licornes
tendre et délicat; ou, selon d'autres, dilectus
est mis ici parce que le petit des licornes est
beau et bien joli. Vôy. Rectus, d'où vient le
superlatif :
DILECTISSIMUS , àya-^rôç , cher, bien-
aimé. Jac. 1. 16. Nolite errare, fralres mei di-
lectissimi : Ne vous y trompez pas, mes chers
frères.c. 2.5. Rom. 16.8.
DILIGENS, Tis, de diligere. On est diligent
pour les choses qu'on aime.
Diligent, soigneux, vigilant. Prov. î2. 4.
Mulier diUuens («vS^cik) corona est viro suo :
La femme vigilante et soigneuse foit toute
la gloire et l'ornement de son mari.
DILIGENTER, ày-piSûç, ï-LiLzlôàq, avec soin,
diligemment, exactement. Prov. 24. 27. Diii-
genter exerce agrum taum : Remuez votre
champ avec grand soin (77a^(ic«rzjyKÇ£o-e«i*, prœ-
parari). Matth. 2. v.7. 8. etc.
DILIGENTIA, je, de diligens. — 1° Dili-
gence, soin, exactitude [ùcrfcùsiu). Act. 5.
23. Carcerem quidem invenimus clausum cum
omni diligentia : Nous avons trouvé la prison
bien fermée, disent au conseil et aux séna-
teurs du peuple les officiers envoyés pour
tirer de prison les apôtres. Sap. 14. 18. Arti-
ficis eximia diligentia : Le soin affecté, l'a-
dresse étudiée de l'artisan (yi/ort/^ia, ambitio).
2. Par. 11. 12, etc.
2' Soin, conduite, gouvernement. 1. Tim.
3. S. Qnomodo Ecclesiœ Dei diligentiam /m-
bebit? Gr. Quomodo Ecclesiam Dei curabit?
èniiJ.ù.ri(j£TOii. Si quelqu'un ne sait pas gou-
verner sa propre famille, comment pourra-
t-ii conduire l'Eglise de Dieu?
3° Réserve, retenue, circonspection ( ày-oi-
€iix). Sap. 12. 21. Cum quanta diligentia judi-
casti filios tuosi Avec con.bien de circonspec-
tion avez-vous jugé vos enfants !
DILIGERE, «yaTTâv, de légère; et l'on disait
indifféremment diligere ou deligere : On aime
ce qu'on choisit.
Aimer par choix et par préférence.
1° Aimer, chérir. Luc. 7. 47. Remittuntur
ei peccata multa, qunniam dilexit multum :
Beaucoup de péchés sont remis à cette fem-
me, parce qu'elle a beaucoup aimé, dit Jésus-
Christ à Simon le pharisien. Cet amour a
été la cause qui a disposé à la rémission des
péchés; et c'est de cet amour dont parle le
concile de Trente, sess. 6, par lequel on
commence d'aimer Dieu comme la source de
toute justice. Voy. Quoniam. 1. Joan. 3. 14.
Qui non diligit, manet in morte : Celui qui
n'aime point demeure dans la mort. Deut. 6.
5. Diliges Dominum Dcum tuum ex toto corde
tuo, et ex iota anima (un, et ex tota forlilu-
dine tua : Vous aimerez le Seigneur votre
Dieu de tout votre cœur, de toute voire âme
et de toutes vos forces. Tout l'homme esl
iH\
DIL
DIL
H42
obligé u aimer Dieu ; c'est-à-dire qu'il ne doit
point y avoir aucune partie, ni dans l'hom-
me, ni dans toute l'étendue de sa vie, qui
n'aime Dieu , ou qui aime quelque autre
chose que ce que Dieu lui commande. Au-
gxist. de Doclr. Chr., l. i. c. 22. Ce précepte
est très-possible à l'homme avec la grâce de
Dieu, et il a été accompli dans l'ancienne loi
par plusieurs personnes. Eslius, Deut. 10.
12. Matth. 22. 37. Marc. 12. 30. Ps. 108. 3.
Pro eo ut me diligerent, detrahebanl mihi : Au
lieu qu'ils devaient m'aimer, iis me déchi-
raient par leurs médisances. Hebr. S. Jerom.
Au lieu de l'amitié que je leur portais, ils se
sont déclarés mes ennemis. Prov. 8. 17. Ego
diligentes me diligo : Dieu aime ceux qui
l'aiment; mais il les a aimés avant qu'ils
l'aimassent et afin qu'ils l'aimassent. Sap.
11. 24. Diligis omnia quœ sunt. Voy. Mise-
RERi. Eccli. 3. 19. Voy. Gloria, c. 8. 20. Cum
fatuis consilium non habeas,non enim pote-
runt diligere nisi quœ eis placent : Ne délibé-
rez point de vos affaires avec des fous; car
ils ne pourront aimer que ce qui leur plaît.
Gr. Il ne pourra garder ce que vous lui au-
rez confié; aré^xi, al. azip^at. EccVi. 31.29.
Diligentes in vino, i. e. vinum, noli provo-
care : N'excitez point à boire ceux qui ai-
ment le vin. Gr. Ne vous piquez point de
boire beaucoup de vin ; èv oivw [in «v5|oîÇou.
2° Donner des marques d'amitié. Marc. 10.
21. Jésus autem intuitus eum dilexit eum :
Jésus, jetant la vue sur cette personne
(qui lui avait dit qu'elle avait observé tous
les commandements de Dieu dès sa jeunesse),
l'aima, i. e. Jésus-Christ fit paraître qu'il
l'aimait sans fiction, parce qu'elle observait
les commandements de Dieu, quoique ce ne
fût peut-être pas de cet amour dont il aime
ses élus. Estius.
3° Flatter, faire semblant d'aimer. Ps. 77.
36. Dilexerunt eum in ore suo : Les Israélites
aimaient Dieu seulement de bouche.
k" Se porter d'inclination à aimer, aimer
avec tendresse. Rom. 12. 10. Cliaritatc fra-
ternilatis invicem diligentes : Que chacun ait
pour son prochain une tendresse fraternelle.
Ainsi Ps. 114. 1. Dilexi : J'ai mis en Dieu
toute ma confiance. H dit absolument : J'ai
aimé, parce qu'il suppose qu'on ne peut dou-
ter que ce ne soit Dieu qui est le souverain
bien et souverainement aimable. Basil. Bet-
larm.
5° Désirer, affecter, rechercher, être atta-
ché à quelque chose. Luc. 11. 43. Diligitis
primas cathedras in synagogis, etc. Vous ai-
mez à avoir les premières places dans les
synagogues, dit Jésus-Christ aux pharisiens.
Joan. 3. 19. c. 12. 43. 2. Tim. 4. 8. Prov. 21.
17. 2. ïim. 4. 9. Isa. 57. 8. Dilexisti stratum
eorum manu aperta . Vous avez aimé leur
couche honteuse, sans vous en cacher. Voy.
Stratum.
6' Se porter à quelque chose, qui en attire
une autre contre son dessein. Ps. 108. 17.
Dilexit maledictionem, et véniel et : Le pé-
cheur ayant aimé la malédiction, elle tom-
bera sur lui. Prov. 8. 30. Qui me oderunt di-
liciimt mortem . Ceux qui me haïssent, dit la
Sagesse, aiment la mort. i. e. lis se la procu-
rent en aimant les choses qui leur causent la
mort. c. 17.
7° Garder, observer, suivre avec inclina-
tion. Ps. 98. 4. Honor régis judicium diligit :
La puissance et la majesté de notre Roi,
quelque grande qu'elle soit, aime et garde
l'équilé et la justice. Voy. Honor. Ps. 10. 5.
Qui diligit iniquitatem, odit animani suam :
Celui qui aime l'iniquité hait son âme. Hebr..
Son âme hait celui qui aime l'iniquité; c'est-
à-dire que Dieu le hait véritablement.
DILUCESCERE, luire; ce qui se dit du
jour qui commence à paraître. 1. Reg. 29. 10.
Cum de nocle surrexeritis, et cœperit diluces-
cere, pergite : Levez-vous la nuit, et quand
le jour commencera à paraître, allez-vous-
en, dit Achis à David. 2. Reg. 17. 22. 4. Res.
10. 9. es
DiLUCULO, adv. Tzpm, au matin, au point
du jour ( £v TT/swi). Joan. 8. 2. Diluculo ite-
rum venit in templum: Dès la pointe du jour,
Jésus-Christ retourna dans le temple. Act. 5
21. Marc. 1. 35. Diluculo valde surgens : Jé-
sus-Christ se leva de fort grand matin ; i. e
longtemps avant le jour. Ps. 138. 9. Si sum
psero pennas tneas diluculo : Si je prends des
ailes dès le matin; Hebr. Ad Orientem, et
habitavero in extremis maris : Ou si je me re-
tire aux extrémités de lOccident. Luc. 24. 1.
1° D'abord, au commencement. Job. 7. 18.
Visitas eum diluculo, et subito probas illum :
D'abord vous traitez l'homme doucement,
vous le remplissez de consolations, et vous
réprouvez aussitôt après par des tentations
que vous permettez qui lui arrivent. D'au-
tres expliquent visitas au même sens que
probas : Vous affligez l'homme et l'exercez
dès le commencement de sa vie.
2° De bonne heure, promptement, quand
il faut, à temps, à propos. Ps. 45. C. Adjuva-
bit eam Deus mane diluculo : Dieu protégera
la cité de Dieu dès le grand matin. Isa. 18.
29. Voy. Mane.
3" Avec soin, avec empressement. Job. 8.
5. Si diluculo consurrexeris ad Dcum : Si
vous vous empressez d'aller à Dieu. Ps. 45.
7. Ps. 77. 34. Jerem. 7. 25. c. 25. 4. c. 32. 33.
c. 35. 14. Soph. 3. 7.
4° Tous les jours. Thren. 3. 23. Novi
diluculo {sic ràç rrpwfaf), pour novœ ; Hebr.
(suppl.) , miserationes tuœ : Vous me faites
toujours de nouvelles grâces , ô Seigneurl
vous les répandez toujours; Hebr. quolibet
mane. Voy. Novus.
DILUCULUM, i; opQpoç , de dilucescere.
L'aurore, le point du jour. Ose. 6. 3. Quasi
diluculum prœpnratus est egrcssus efus : Le
lever du Seigneur sera semblable â celui de
l'aurore. Voy. Egeessus. Job. 38. 12. Num~
quid post ortum tuum prœcepisti diluculo
[k(o(7(fopoç , Stella mntutinayl Est-ce vous qui,
depuis que vous éles au monde, avez dunné
les ordres à l'étoile du malin? c. 41. 9. Oculi
ejus ut palpchrœ diluculi : Les yeux <lu lé-
viathan étincèlent comme la lumière |dU
point du jour.
DILUVIUM; xaTKxXufffxôf , de diluere, dé-
tromper, de l'ancien luo, laver, purger.
iUH
DICTIONNAIRE DE PHiLOLOGIK SACRFJ:.
ilU
V Déluge, inondation, débordement d'eau.
Gen. 9. 15- Non erunt ultra aquœ diiuvii : Il
n'y aura plus de déluge universel, comme
celui du temps de Noé. Ps. 28. 10. Diluvium
inhabitare facit : C'est Dieu qui a fait inonder
la terfe par le déluge. Hébreu, Sedit, i. e.
Prœsedit diluvio. Mallh. 24. v. 38. 39, etc.
2' Peines, afflictions marquées par les
eaux. Ps. 31. 6. Verumtatnen in diluvio aqua-
rum multarum ad eum non approximabunt :
Quoique les maux viennent à fondre comme
un déluge, celui qui se repent de ses péchés
n'en sera point endommagé. Gela s'entend
ou des maux de cette vie, ou plutôt des pei-
nes temporelles de l'autre. Nahum. 1. 8.
DIMETIRI; BtauîTûsïv , mesurer, prendre
la mesure. Eccli. 1. 2. Altitudinem cœli, et
lalitudinem terrœ, et profundum abyssi guis
dimensus est (è^ix'^iociisrj) ? Qui a mesure la
hauteur du ciel, l'étendue de la terre et la
profondeur de l'abîme?
Posséder, être maître et disposer de quel-
que chose, en faire le partage après s'en être
rendu maître. Ps. 107. 7. Convallem taberna-
culorum dimetiar : Je partagerai la vallée
des tentes; i. e. la vallée de Socoth. Voy.
CONVALLIS.
DIMIGARE , de micare, ou bien de 5ta-
w«/£(7e«t, pugnare.
Combattre, livrer bataille ( o-uvs/.Troî^eprv ).
Deut. 20. k. JDominus pro vobis contra adver-
sarios dimicabit : Le Seigneur combattra lui-
même contre vos ennemis. Jos. 10. 25, etc.
DIMIDIAÏIE; 7V|ixt(7ïÛ£iv , de médium. 1° Re-
trancher par la moitié. Job. 21. 21. Quid ad
eum pertinet si numerus mensium ejus dimi-
dietur [^MipsîcBxi)? Qu'importerait à l'impie,
quand même Dieu retrancherait par la moi-
tié le nombre de ses années?
2° Mener, faire aller jusqu'à moitié, en
parlant de la durée. Ps. 5i. ^k. Viri sangui-
nu7n et dolosi non dimidiabunt dies suos : Les
hommes sanguinaires et trompeurs n'arri-
veront point à la moitié de l'âge qu'ils eus-
sent dû vivre selon leur complexion natu-
relle. Ces paroles ne se doivent pas prendre
à la rigueur, comme si ces sortes de gens
mouraient d'une mort anticipée ; mais le
prophète parle en particulier de ceux qui
s'étaient révoltés contre lui, dont un grand
nombre périt par l'épée et dans la forêt. 2
Reg. 10. v. 7.8.
DIMIDIUM, nom propre. Hebr. Hatsi ,
rendu par sa signification latine. 1. Par. 2.
V. 52. 5i. Voy. Requietio.
DIMIDIUS, A. UM ; «putry?, £ta, u, de médius,
d'où vient dimidium, ii.
Demi, la moitié de quelque chose. Luc. 19.
8. Ecce dimidium bonorum meorum, Domine,
do pauperihus : Seigneur, je ni'en vas don-
ner la moitié de mon bien aux pauvres, dit
Zachée à Jésus-Christ. Ps. lOl. 25. Ne revoces
me in dimidio dierum meorum : Seigneur, ne
ine retirez pas à la moitié de mes jours, au
uiilieu du cours de ma vie. Marc. 6. 23, etc.
DIMINUERE , diminuer, briser, casser,
faire déchoir; dans l'Ecriture :
Diminuer, retrancher («yai/ssfv). Apec. 22.
19. Si Quis diminuerit de verbis libri provhe-
tiœ hujus : Si quelqu'un retranche quelque
chose des paroles du livre de cette prophé-
tie. Ps. 11. 1. Diminutœ sunt veritates a filiis
hominum (ôXt^oOaeott) : Les vérités sont fort di-
minuées parmi les hommes. Hebr. Il n'y a
plus d'hommes sincères et fidèles.
DIMINUTIO, Nis; aàTTWfftj, £).«<rcwpta, dimi-
nution, retranchement. Eccli. 31. 4. Labo-
ravit pauper in diminutione victus, et in fine
inops fit : Le pauvre travaille en se retran-
chant ce qui lui est nécessaire pour vivre, et
à la fin il tombe dans une extrême nécessité;
Gr. lorsqu'il se veut donner du repos.
2° Perte, dommage. 2. Mach. 11. 13. Secum
ipse reputans factam erga se diminutionem :
Lysias considérant en lui-même la perte qu'il
avait faite. Voy. cette perte, v. 11.
DIMITTERE ; ùfiévKi, envoyer çà et là, de
côté et d'autre, renvoyer, congédier, licen-
cier, quitter, laisser, laisser échapper, bais-
ser, abaisser; dans l'Ecriture :
1° Laisser aller, renvoyer, donner la liberté
[ànofj-zéXksfj). Gen. 8. 6. Aperiensgue fenestram
arcœ quam fecerat, dimisit corvum : Noé ou-
vrit la fenêtre de l'arche qu'il avait faite, et
laissa aller le corbeau, v. 10. Rursum dimisit
columbam ex arca : Noé envoya ensuite la
colombe hors de l'arche, sept jours après
qu'il l'eut reprise dans l'arche. Ainsi, dans le
sens figuré, Luc. 2. 19. Nunc dimiltis servum
tuum, Domine [ù-roïvzl-j) \ C'est maintenant que
vous laisserez aller votre serviteur. Siméon
se considérait dans la vie comme dans une
prison. Malth. 14. 15, etc. Ce mot répond au
grec ccnokûsfj et à l'hébreu shalach, et signifie
délier ou affranchir d'un crime, d'une dette
et des liens, et répudier; comme se dit : Di-
mittere uxorem. Voy. Aqua.
2° Laisser, quitter, renoncer. Marc. 10. 28.
Luc, 18. 28. Ecce nos dimisimus omnia, et se-
cuti sumus te : Vous voyez que nous avons
tout quitté pour vous suivre, dit saint Pierre
à Jésus-Christ. Voy. Relinquere.
3° Abandonner, i" en parlant de l'homme
qui abandonne Dieu ( èy^uxToàsinBiv ). Judic.
2. V. 12. 13. Dimiserunt Dominum; les en-
fants d'Israël abandonnèrent Dieu. 2° En
parlant de Dieu , qui abandonne l'homme à
la corruption de son cœur. Ps. 80. 13. Dimi-
sit eos secundum desideria cordis eorum (£ç«-
■KotTTsXkeu). Act. 14. 15. Qui in prœteritis gene^
rationibus dimisit omnes génies ingredi vias
suas: Dans les siècles passés , Dieu a laissé
vivre à leur gré toutes les nations; il les a
abandonnées à leurs propres ténèbres, de-
puis le commencement du monde, pour punir
leurs crimes, et pour leur faire désirer le
Libérateur qu'il voulait leur donner.
Répudier (à7To>y£«v). Matlh. 5. 32. Omnisqui
dimiserit uxorem suam, excepta fornicationis
causa, facit eam mœchari : Quiconque aura
quitté sa femme, si ce n'est en cas d'adul-
tère, la fait devenir adultère, v. 31. Deut.
24. v. 1. 2. Jerem. 3. 8. i. Cor. 7. U
Mal. 2. 16. Cum odio habueris, dimitte,
dicit Dominus : Vous direz peut-être, Le Sei-
gneur a dit : Lorsque vous aurez conçu de
l'aversion pour votre femme, renvoyez-la.
4° Quitter quelqu'un , se séparer de lui|
114S
WM
DIO
liiO
Marc. 8. i3. Et dimittens eos.ascendit iternm
wau/m .Jésus-Christ, quilîant les pharisiens
à Dalmanutha, remonta dans !a barque. Ainsi,
Joan. 10. 12. Mercenarius videt lupum ve-
nientem , et dimittit oves et fugit : Le merce-
naire voyant venir le loup , abandonne les
brel)is et s'enfuit. A quoi se peut encore rap-
porter, Matlh. 19. 5. Dimittet homo patrem
et matrem et adhœrebit uxori suce {y.uzvlsi-jieiv] :
L'homme abandonnera son père et sa mère,
et demeurera attaché à sa femme; i. e. il
quittera la maison de ses parents pour pren-
dre un soin particulier de sa femme et de sa
famille. Voy. RELiNQUERE.On peut rapporter
à cette signiûcation, quitter quelqu'un en
mourant. Marc. 12. 19. Si cujus fraler mor-
tuus fuerit et dimiserit uœorem, et filios non
reliquerit : Que si un homme en mourant
laisse sa femme sans enfants , etc. c'est la
loi du Deut. 25. 5. qui semble avoir pour fin
que chaque famille pût se conserver séparée
et distinguée, c. 25. v. 5. 6.
5° Laisser quelque chose à quelqu'un, lui
en donner la possession. Ps. 16. li. Dimise-
runt reliquias suas parvulis suis : Les enne-
mis de votre droite ont laissé ce qui leur res-
tait de biens à leurs petits enfants. Eccli. 4i.
18. Dimissum est reliquum terrœ, cum factum
est diluvium : Dieu a laissé quelques hommes
de reste sur la terre, lorsqu'il a envoyé le
déluge, c. W. 25. Voy. Reliquum
6. Laisser, permettre, souffrir qu'on fasse
ou qu'on dise. Gen. 20. 6. Non dimisi ut tan-
geres eam; Hebr. non dedi te : Je ne vous ai
pas permis de toucher à la femme que vous
avez enlevée; Dieu parle à Abimelech au
sujet de Sara. c. 31. 7. Non dimisit eum Deus
ut noceret milii ; Gr. et Hebr. non dédit : Dieu
n'a pas permis à votre père de me faire tort,
dit Jacob aux deux filles de Laban. Job. 10.
1. Dimittamadvcrsum me eloquium meum [èKu-
yiÉvat): Je m'abandonnerai aux plaintes contre
moi-même ; autrem. Je romprai enfin le si-
lence sur ce qui me regarde : adversum se prend
quelquefois pour envers, dans le sens de ces
paroles deCicéron ; Pietas adversus f/e»s;Job
veut dire qu'il se plaindra avec une entière
liberté de la misère qu'il souffre. Matlh. 3.
15. c. 8. 22. 2. Reg. 16. v. 10. 11. Exod. 3.
19. Jos. 10. 19. Jud. 3. 28. 2. Reg. 21. 10.
Dans tous ces endroits, l'Hébreu porte dure.
Ainsi, Isa. 65. 13. Dimitlelis nomen vestrum
in juramentum electis meis : Vous rendrez
votre nom à mes élus un nom d'imprécation.
Voy. Juramentum.
7° Remettre, pardonner, faire grâce. Exod.
23. 21. Non dimittet {Woaxéllîo) cum pccca-
veris : Mon ange ne vous pardonnera point,
lorsque vous pécherez; Dieu parle de l'ange
qui conduit les Israélites dans la terre pro-
mise. Matth. 18. 21. Quolies pecc(d)il in me
frater meus, et dimittarn ci ? Seigneur , par-
donnerai-je à mon frère toutes les fois qu'il
péchera contre moi? v. 27. 32. c. 6. v. 12.
\h. Luc 11. 4. c. 17. 3. h. etc. Ainsi , Luc 6.
37. Dimittite , et dimittemini («rroXûav) ; Re-
mettez, et il vous sera remis Or. Ahsolvile et
jhsolvemini ; i. e. Supportez; les injures et
les pardonnez, et l'on en usera de même en-
vers vous. Ainsi :
8° Epargner, donner queique relâche. Job ■
7. 19. c. 10. 20. Dimitte ergo me,ut plangam
paululum dolorem meum : Donnez-moi un 1
peu de relâche , afin que je puisse respirer
dans ma douleur.
9° Omettre, laisser, excepter. Hebr. 2. 8.
In eo quod omnia ei subjecit, nihil dimisiC
non subjectum ei ; En disant que Dieu a assu-
jetti Jésus à toutes choses , il n'a rien laissé
qui ne lui soit assujetti. Gen. 45. 20.
10. Ce verbe est mis pour demittere, des-
cendre (xa^^âÇetv). Act. 9. 25. iVocfe per m^irum
dimiserunt eum : Les disciples descendirent
saint Paul durant la nuit par la muraille
dans une corbeille; ce fut à Damas. 2. Cor.
11. 32.
DIMONA; Uebr. Coacervatio. de Daman,
inus, stercoravit. Ville delà tribu de Juda du
côté du midi, voisine de l'idumée. Jos. 15. 22.
DINA; Hebr. Judicans. De doun , juges.
Dina, fille de Jacob et de Lia, naquit l'an
2289. Gen. 30. 21. Peperit filiam nomine Di-
nam : Lia eut une fille nommée Dina. c. 46.
15. Elle fut enlevée par Sichem. c. 34. v. 1.
25. 26. Voy. Sichem.
DIN^I, Hebr. Judices. Dinéens, un peuple
entre ceux qui conspirèrent contre les Juifs,
pour les empêcher de rebâtir Jérusalem. 1.
Esdr. 4.9.
DINUMERARE; èÇaptôpErv. — 1° Nombrer,
compter. Eccli. 1.2. Arenam maiis et pluviœ
gutlas, et dies sœculi quis dinumeravit? Qui a
compté le sable de la mer, les gouttes de la
pluie , et les jours de la durée du monde ? v.
9. 23. Vidit et dinumeravit eam: La crainte
du Seigneur connaît la sagesse et le nombre
de ses merveilles. Job. 14. 16. Tu quidem
gressus nieos dinumerasti : Je sais que vous
avez compté tous mes pas; mais pardonnez-
moi mes péchés. Ps. 21. 18. etc.
2"Faire ledénombrementde quelque chose.
1. Par. 9. 1. Universus ergo Israël dinumera
tus est (z«t Tcûç '\<7poi.riX ô <yS)Xoyjrry.o^ kùtwv) :
Voici donc le dénombrement de tout Israël :
ce dénombrement est contenu dans les huit
premiers chapitres de ce livre, et a été tiré
du livre des Rois d'Israël et de Juda.
3" Comprendre la grandeur de quelque
chose. Ps. 89. 12. Quis novit polestatem irœ
tuœ, et prœ timoré tuo iram tuam dinwnerare?
Qui peut comprendre votre colère autant
qu'elle est redoutable?
DINUMERAÏIO, nis. Compte, dénombre-
ment { ùptOiMÔç ). 2. Par. 2. 17. Numeravit
igitur Sulomon omnes viros prosehjlos post
dinumeralionem quam diîiumeravit David, pn-
ter ejus : Salomon fit faire un dénombrement
de tous les prosélytes (qui étaient en Israël)
depuis le dénombrement qu'en avait fait
laire DaviU, son père.
DlONYSllJS, II. Gr. AiovÛTto», Bacchicus.
De AiovuiTOf, qui est un des noms de Bacchus,
et peut signifier, Divinilus stimulalus , de
oloç, divinus; et de vùao-etv, compungere. ,
Denys, sénateur de l'Aréopage, l'un de
ceux qui, après le discours que fit saint Paul
d tiis l'aréopage, embrassèrent la fui. Act.
1147
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
i!ib
17 Sh. Il fut créé évéque d'Athènes, et après
lui Quadratus, au rapport d'Eusèbe; et par
conséquent différent de celui qui a souffert
ïe martyre à Paris, qui n'a vécu que sous
l'empire de Dèce.
DIORYX, cis. Gr. Siwpvi, Fossa. Du verbe
oûû(7(7w, Fodio,
Fossé ou canal, pour conduire l'eau d'une
rivière en quelque lieu. Eccli. 2i. 41. Ego
guasi fluvii dioryœ:Je suis comme l'écoule-
ment d'une rivière, dit la Sagesse. Voy.
AqUiEDUCTUS.
DIOSCORUS; Gr. Divina saluritas. Deâro?,
divimis, et de xooiw, satio , y.icoj, satielas ; ou
bien Stô?, Jovis , el y.ôpoç , filins , ou xoûoo,',
nom de mois des Macédoniens ; Gr. Stoo-/.o6iv-
Bloç, Jûvis Corinihii : Quelques-uns croient
que c'est Bioscurus, du nom de Castor, fils de
Jupiter, et que c'est le seplièuie mois, mais
parce qu'il ne se trouve point parmi les mois,
on croit, ou qu'il est intercalaire, ou que
c'est un nom d'un mois qui a deux noms. 2.
Mac. 11.21.
DIOTREPHES; A Jove nutritus. De Zsvç,
Sioç, Jupiter, de zpétfnv, nutrire.
Diotrèphe, homme ambitieux, dont saint
Jean se plaint, de ce qu'il ne le recevait
point. 3. Joan. 9. Qui amat primalum gerere
Diotrephts non recipit nos : Ce passage donne
lieu de croire qu'il pouvait bien être évéque
de quelque église d'Asie, mais hérétique.
DIPLOIS, iDis, Gr. Staot-. De ât-).ooç, St-
r),oû», duplex, quasi pannus duplex. Espèce
de robe double fort commune.
M inteau double. Ps. 108. 29. Operiantur
sicut diploide confusione sua : Que la confu-
sion de ceux qui médisent de moi, soit comme
une double robe dont ils seront revêtus. Il
marque par là la confusion et du dedans et
du dehors. Aug. D'autres l'entendent de celle
de la vie présente et de la vie future. Voy.
CoNFUsio. Baruch. 5. 2. Circumdabit te Deus
diploide justitiœ : Le Seigneur vous revêtira
de justice comme d'un double vêlement , ô
Jérusalem; i. e. Justitia sicut diploide.
PIPONDIUSouDIPONDIUM,ii. «77«û£« Sûo.
De àis , bis , el àe Pondus , nom indéclinable,
qui signifie une livre; ainsi, ce mot marque:
Une pièce de monnaie ancienne parmi les
Romains, qui pesait deux livres ou deux as,
dont chacun valait environ neuf deniers de
notre monnaie. Luc. 12. 6. Nonne quinque
passeres veneunt dipondio : N'est-il pas vrai
que cinq passereaux se donnent pour deux
doubles ; mais le mot grec «(rtrâctov, marque
que c'étaient plutôt ces petites pièces de mon-
naie qui s'appelaient Minuta, pite ou obole,
dont les deux ne faisaient que la quatrième
partie de Vas , ou de la livre d'airain. Saint
Matthieu, c. 10. 29. dit qu'on donne deux
passereaux pour une de ces deux petites
rièces; et saint Luc dit qu'on en donne cinq
pour deux; comme qui dirait pour deux
doubles; mais les marchands font meilleur
marché à cenx qui prennent plus de mar-
chandise.
DiPSAS, ms; Gr. Bf^^xç, Boç. Ce mot vient
de ôî>|/a, vç,silis, soif; parce que ce serpent
cause une soif exlrêuic à ceux qu'il a piqués.
Dipsade , espèce de vipère , qui cause une
soif extraordinaire par sa morsure. Deut. 8.
15. Ductor tuus fuit in soïiludine in qna erat
dipsas ; Dieu a été votre conducteur dans ce
désert vaste et affreux, où il y avait des dip-
sades
DIRECTE. Directement, suivant l'ordre
naturel des choses ; dans l'Ecriture :
Droit, directement, endroite ligne (euTo/of).
Sa p. o. 22. Ibant directe emissioncs fulgu-
rum : Les foudres iront droit aux insensés.
DIRECTIO, Nis; evBvrnç, Proprement, l'ac-
tion de dresser ou de tirer en droite ligne ,
l'action de viser droit, et d'aller au but;
dans le sens métaphorique , à la vérité , à la
vertu; dans l'Ecriture :
1. Droiture, rectitude (svSÛTyj,'). Ps. kï. 7.
Tirga directionis, virga regni tui : Le sceptre
de votre règne sera un sceptre de rectitude
et d'équité; id est. Votre gouvernement sera
droit et juste. Ps. 118. 7. etc
2° Règlement jusle, loi faite selon la droite
raison. Ps. 98. k. Tu parasti directiones :Yous
avez établi des règles droites, idest, des lois
justes.
DIRECTUS, A, um; cOôi?, eia, ù. 1° Droit,
dressé, aplani; ce qui s'entend plus souvent
dans le sens métaphorique. Luc. 3. 5. Isa.
40. 4. Erunt prava in directa : Les chemins
torlus deviendront droits; id est. Ce qui était
difficile, deviendra facile. Ps. 25. 12. Pes tneus
stetit in directo : Mon pied est demeuré ferme
dans la droiture de la justice. Voy. Pfs. Sap.
9. 9. d'où vient : Iter directum; chemin droit
et aplani. Eccli. 4. 20. Voy. Adducere ,
c. 20. 19.
2' Directement opposé, qui est vis-à-vis.
Ezech. 47. 20. Plaga maris , mare magnum a
confinio per directum, donec ténias Èmath :
Lu région de la terre promise du côté delà
mer sera la grande mer, à prendre en droite
ligne, depuis un bout jusqu'à Emalh.
3° Haut, élevé. Jerem. 3. 2. Leva oculos
tuos in directum ; Levez vos yeux sur les
lieux élevés ; regardez les collines et les mon-
tagnes, sur lesquelles vous sacrifiiez aux
idoles. C. 7. 20. Sume in directum planctum :
Faites retentir vos cris vers le ciel, jusque
sur les lieux élevés.
DIREPTIO, Nis; ^lap-xyr^. Pillage, saccage-
ment,, renversement. Tt)b. 3. 4. Ideo traditi
sumus in direptiunem : Seigneur, vous nous
avez abandonnés au pillage, parce que nous
n'avons point obéi à vos préceptes. Isa. 5, 5.
Auferam sepem ejus , et erit in direptionem :
J'arracherai la haie de ma vigne, rt elle sera
exposée au pillage, dit Dieu, parlant de Jé-
rusalem et du pays de Judée, et figurément
de la synagogue, etc.
DIRIGERE , XK-Eyôûvsev, eùQûvttv. De regere,
proprement dresser, pointer, viser, tirer
droit, tirer à la ligne et au niveau.
1° Conduire, régler, faire marcher droit,
rapporter quelque chose à sa fin, ce qui
s'entend dans le sens figuré (x«TO|oeoOv), Jerem.
10. 23. Nec viri est ut ambulel et dirigat
grcssus suos : L'homme ne marche point et
ne conduit pas ses pas par lui-même. 2.
Thess. 3. o. Dominus dirigat corda vestra in
<149
DIR
DIR
115-0
charitate Dei, et patientia Christi : Gr. m chu-
ritatem Dei, et exspectationem Chris ti : Que
le Seigneur conduise et porte vos cœurs à
l'amour de Dieu et à l'attente de Jésus-
Christ. Ps. 24. 5. Dirige me in vcritate tua :
Conduisez-moi dans la voie droite de votre
vérité. Luc. 1. 79. Prov. 23. 19. Ps. 58. o.
Sine iniquitate cucurri,et direxi; (suppl. vias
meas). J'ai couru et j'ai conduit tous mes
pas sans injustice. Eccli. 49. 3. Ipse est di~
rectiis divinitus in pœnitentiam gentis ; Josias
a été destiné divinement pour faire rentrer
le peuple dans la pénitence. Judith. 13. 24.
2° Conduire jusqu'au bout, faire arriver.
Ps. 140. 2. Dirigatur oratio mea sicut incen-
sutn in conspectu tuo : Que ma prière s'élève
vers vous comme la fumée de l'encens.
3° Tourner vers quelque côté, pointer, vi-
ser {ÙT:o77péfîL-j). Num. 24. 1. Dirigens contra
desertutnvultum suum : Balaam tourna le vi-
sage vers le désert , et vit Israël campé dans
ses tentes.
4° Rendre heureux, faire réussir heureuse-
ment (ôhysîv). Ps. 89. 18. Respice in servos
tuos , et in opéra tua, et dirige filios eorum :
Jetez vos regards sur vos serviteurs et sur
vos ouvrages , et conduisez leurs enfants. Il
semble que les Israélites n'osant espérer par
eux-mêmes que Dieu daigne les regarder,
le supplient de jeter au moins ses yeux sur
leurs pères, ses anciens et fidèles serviteurs,
et de se souvenir de tant d'ouvrages miracu-
leux qu'il avait faits pour l'établissement de
son peuple. Ps. 139. 12. Vir linguosus non
dirigetur in terra : Le calomniateur ne réus-
sira point. Deut. 28. 29. Non dirigas vias
tuas : Vous ne réussirez point en ce que vous
aurez entrepris. Jos. 1. 8. Ps. 100. 7. Qui lo-
quitur iniqna (Hebr. mendacia) nondirexit
(suppl. viam suam) in conspectu oculnrum
meorumUùo^o'jj). Le menteur ne fera point sa
fortune avec moi. Eccli. 29. 24. Repromissio
nequissima multos perdidit dirigentes : L'en-
gagement à répondre mal à propos en a ruiné
plusieurs qui réussissaient bien dans leurs
affaires, c. 41. 2. Voy. Opus. Ps. 101. 29. 1
Mach. 3. 6. Directa est salus , (i. e. prospère
successit) in manu ejus : Le bras de Judas pro-
cura le salut du peuple.
5° Rendre fort et vigoureux (ÈvtTp^Oetv . O-^e.
12. 3. Jn fortiludine sua directus est cum nn-
gelo : Jacub a été rendu assez fort pour lut-
ter contre l'ange ; Gr. contre Dieu.
Façon de parler.
Dirigerecor. l°Se tourner vers quelqu'un,
s appliquera lui. Job. 34. 14. Si direxerit ad
eum cor suum, spiritum illins et flatum ad se
trahet : Si Dieu regardait le monde dans sa
rigueur, il retirerait à soi dans l'instant l'es-
prit qui l'anime ; ( i. e. l'esprit de tout
homme. ) L'Hébreu et le Grec portent : Si
Dieu retirait son esprit, et s'il cessait de com-
muniquer aux créatures son souffle divin et sa
vertu, toute chair expirerait dans l'instant, et
Vhomme retournerait dans la poussière. Ps. 77.
11. Ainsi, Dirigi, être tourné, être porté vers
quelqu'un. 1 Rcg. 10. 13. Directus est Spiri-
tus Domini a die il la in David : Depuis te
temps-là l'Esprit du Seigneur fui toujours eu
David; Gr. èfrùv-o, Insiluit ; Se saisit de lui;
Hebr. agitare cœpit.
2" Redresser son cœur ; c'est s'appliquer,
faire attention à quelque chose. Jerem. 31.
21. Dirige cor tuum in viam rectam in qua
ambulasii : Songez , ô vierge d Israël , à re-
dresser votre cœur, et à vous remettre dans
la voie droite dans laquelle vous avez mar-
ché.
Dirigere iiianus. Redresser ses mains ;
c'est-à-dire régler toutes ses actions selon la
justice et l'équité. Eccli. 38. 10. Dirige ma-
nus : Le Sage exhorte (îelui qui est tombé
dans quelque infirmité, de purifier sa con-
science , et se mettre en bon état auprès de
Dieu, avant que de s'adresser au médecin.
Les mains sont les instruments delà plupart
des actions.
DIRIPERE ; SiK/sTràÇsiv, De rapere, prendre,
saccager, ravir, voler.
1° Piller, voler, dépouiller. Ps. 43. 11. Qui
oderunt nos, diripiebant sibi . Nous sommes
devenus la proie de ceux qui nous haïssaient.
Ps. 3i. 12. Ps. 88. 42. Marc. 3. 27. etc.
2° Détruire , démolir. Is. 18. v. 2. 7. Ctijus
flumina diripuerunt terram ejus : Les gran-
des inondations ruinent un pays.
.3" Déchirer, dévorer [i-^pirzzîu). 2 Mach.
9. 15. Judœos quos avibus ac feris diripien-
dos traditurum, et cum parvulis extcrmi-
naturum dixerat : Antiochus avait dit des
Juifs qu'il exposerait en proie leurs corps
morts aux oiseaux du ciel et aux bêtes fa-
rouches, et qu'il les exterminerait jusqu'aux
plus petits enfants.
DIRUERE. Abattre , renverser, jeter par
terre, démolir, détruire.
Abattre, ruiner, renverser, détruire. Levit.
26. 33. Civitates vestrœ dirulœ ; spriu-oc, Tou-
tes vos villes seront ruinés. Isa. 5. o. Nahuni..
2. 6,
piRUMPERE; prj'/vJEiv, SiK/J/snyvûetv, Rompre,
briser, crever , mettre en pièces. Marc. 2.
22. Dirumpet vinuin utres . Le vin nouveau
romprait des vaisseaux (vieux.) Eccli. 19.
10. Baruch. 6. 42. Voy. Fums. Dans le sens
figuré. Isa. 6't. 1. Utinam dirumperes cœlos,
et descenderes ! Oh ! si vous vouliez ouvrir
les cieux, et en descendre !
1° Décharger, délivrer (5i«/0£iv). Isa. 58.
6. Omne onus dirumpe : Brisez tout ce qui
vous charge : brisez les fardeaux des pau-
vres, et délivrez-les de l'oppression où ils
sont ; Ilebr. brisez tout joug. Ps. 2. 3. Ps.
115. 16. etc. Ainsi, Dirumpere, ou disrumpcre
vincula : Rompre les liens, c'est mettre en li-
berté.
2' Déchirer , mettre en pièces , outrager.
Matlh. 7. 6. Neque mittatis margaritas vestras
ante porcos , ne forte conculcent cas pcdihus
suis, et conversi dirumpant vos : Ne jetez point
vos perles devant les pourceaux, de peur
qu'ils ne les foulent aux pieds, et que, se
tournant contre vous, ils ne vous déchirent.
3" Faire sortir en brisant quelque chose.
Ps.73. 15. Tu diriipisli fontes et torrentes .
Vous avez fait sortir des fontaines de la
pierre dans le dcserl. Ps. 104. 41.
k" Piller, ruiner. Jcrcm. o'I. 7. Disrupta est
civitas : La ville de Jérusalem fut ravagée
par les Chaldéens qui y firent irruption.
5° Anéantir, faire périr {zuf.y.Tiîi-j). Isa. 19.
3, Dinimpetur spiritus uEgypti in visceribus
ejus : L'esprit de l'Egypte s'anéantira dans
elle, et je rendrai sa prudence inutile.
DIRUS, A, UM ; 5££vô,-, Du nom grec Ber/o;,
terribilis.
Violent , cruel , funeste (x«>£-ôç). Sap. 3.
19. Nationis iniquœ dirœ sunt consummatio-
nes : La race injuste aura une fin funeste.
Eccli. 38. 16.
DIRUTUM, I. Ruine, débris {y.xzîiry.o'.ij.u.é-jy.).
Act. 15. 16. Diruta ejus reœdificabo : Je re-
viendrai de nouveau, et je réparerai les rui-
nes de la maison de David : Saint Jacques
confirme par le prophète Amos , c. 9. 11. la
vocation des Gentils dans l'Eglise en la place
des Juifs. ( Voy. RE^EDincARE. 1 Matth. 9.
62.
DISCALCEATUS, a, um ; ù-^^jnôSsTzo,-. De cal-
ceus , soulier, et de la préposition dis, qui
marque souvent la division ou la séparation
d'une chose d'avec une autre.
Déchaussé , qui n'a point de souliers aux
pieds ; dans l'Ecriture :
Déchaussé : C'était, 1° un nom d'opprobre
dans celui qui n'avait pas voulu épouser la
femme de son frère qui était mort sans en-
fants. Deut. 25. 10. Vocabitur nomen iUius
in Israël , domus discalceati : La maison de
cet homme sera appelée dans Israël la mai-
son du déchaussé ; ( se. parce que la femme
qu'il ne voulait pas épouser lui ôtait son
soulier du pied et lui crachait au visage. 2"
C'était aussi une marque de misère et d'infa-
mie tout ensemble dans ceux que l'on em-
menait en captivité. Isa. 20. v. 2. 3. i. Sicut
ambulavit servus meus Jsaias nudus , et dis-
calceatîis, sic minabit Rex Assyriorum capti-
vitatem jEgypti et transmigrationem Mthio-
piœ , juvenum et senum nudam et discalcea ~
tam : Comme mon serviteur Isaïe a marché
nu et sans souliers , ainsi le roi des Assy-
riens emmènera d'Egypte et d'Ethiopie une
foule de captifs et de prisonniers de guerre,
les jeunes et les vieillards tout nus, sans ha-
bits et sans souliers.
DISCEDERE; «-oxm5e?v. — 1° Se retirer,
partir , s'en aller. Mailh. 7. 23. Discedite a
me, qui operamini iniquitatem : Retirez-vous
de moi, vous. qui faites des œuvres d'iniquité,
dira Jésus-Christ au jour du jugement à
plusieurs qui lui remontreront qu'ils auront
fait beaucoup de miracles en son nom. Luc.
2. 15. c. i. k-2.
2' Se séparer, se quitter l'un l'autre. Act.
io. .39. Fada est dissensio, ita ut discederent
ah invicem : Il se forma entre saint Paul et
saint Barnabe une contestation, qui fut cause
qu'ils se séparèrent l'un de l'autre : Le su-
jej est contenu, v. 37. 38. 1 Cor. 7. v. 10. 11.
15. et dans le sens métaphorique. Ps. 21. 12.
Ps. 3'+. 22. Ps. 37. 22. Ne discesseris a me :
Mon Dieu, ne vous retirez pas de moi. Hebr.
3. 12. etc.
3* Se retirer de l'obéissance («,>i7T«<r6«0 • P^'
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE. 1152
79. 19. Non discedimus a te. Nous ne nous
retirerons point de votre obéissance.
DISCEPTARE; 5t««iv;79at. De capta, et de
dis, qui répond à la préposition grecque Stà;
d'autres disent qu'il se fait de l'ancien verbe
scepto, qui vient de l'Hébreu schapat, juger,
rendre justice.
1° Disputer, contester. Act. 11. 2. Discep-
tabant adversus illum qui erant ex circumci-
sione : Les fidèles circoncis disputaient con-
tre saint Pierre. Job. 31. 13. c. 34. 19. Ce mot
se prend au même sens dans la terminaison
passive, c. 32. ii. Audivi prudentiainvestram,
donec disceptaremini sermonibus ; Hebr. donec
pervestigaretis sermones: J'ai voulu voir, tant
que vous avez disputé contre Job, quelle
pouvait être votre sagesse, ditEliu.
'2° Plaider, entrer en jugement, poursuivre
son droit en jugement. Joël. 3. 2. Disceptabo
cum eis ibi super populo meo et hœreditate
mea Israël : Dieu, à son derniei jugement,
reprochera aux infidèles et aux impies les
maux qu'ils auront faits aux fidèles. Jerem.
2. 9. Judicio contendam tobiscum , et cum
filiis vestris disceptabo : J'entrerai encore en
jugement avec vous , dit le Seigneur , et je
soutiendrai la justice de ma cause contre vos
enfants. Disceptabo; i. e. Jus meum perse-
quar : J'en userai à toute rigueur; Gr. /.pi-
DISCEPTATIO , Nis ; Bià.y.pi^i; , Différend ,
dispute , contestation. Rom. li. 1. Infirmum
in fide assumite, non in disceptationibus cogi-
tationum : Recevez favorablement celui qui
est encore faible dans la foi , sans vous em-
porter en des disputes avec lui sur ses senti-
ments. 1 Tim. 2. 8.
DISCERE; pav^iveiv. Du Grec Sà^xnv, qui
vient de Satîtv, et o«£iv, scire.
1° Apprendre, acquérir la connaissance de
quelque chose. Joan. 7. 15. Quomodo hic lil-
teras scit, cum non didicerit ? Comment cet
homme sait-il l'Ecriture, lui qui ne l'a point
étudiée?Matth. 11.29 Prov. 17. 16. Ephes. 4.
20. Vos autem non ita didicistis Christum :
Pour vous, ce n'est pas ainsi que vous avez
été instruits en Jésus-Christ ; i. e. comme les
Gentils qui vivent dans le dérèglement.
Ainsi :
2' Recevoir avec soumission d'esprit et de
cœur la doctrine de Jésus-Christ , qui con-
siste non-seulement dans la foi , mais aussi
dans les bonnes œuvres. Joan. 6. '*o. Omnis
qui audivit a Pâtre , et didicit, venit ad me :
Tous ceux donc qui ont ouï la voix du Père
éternel, et ont été enseignés de lui, viennent
à moi. Coloss. 2. 7. 1 Thess. k. 9. Ipsi vos a
Léo didicistis, ut diligatis invicem : Vous
avez appris de Dieu même à vous aimer les
uns les autres.
3» Apprendre, connaître, être instruit ; soit
par expérience, comme par les châtiments et
les afflictions {TzunSrkaOc^i). 1 Tim. 1. 20. Tra-
didi Satanœ, ut discant non blaspfiemare : J'ai
livré Hymenée et Alexandre à Satan , pour
leur apprendre à ne plus blasphémer ; soit
après une recherche exacte de quelque chose.
Esth. 12. 2. Cum curas eorum dUigcntius per-
1155
DIS
DIS
^iu
vidisset , didicit quod conarenlur in Regem
Artaxerxem manus mittere : Mardochée ayant
approfondi les pensées de Bagatha et de
Thara, eunuques du roi, et reconnu par une
exacte recherche tous leurs desseins , il dé-
couvrit qu'ils avaient entrepris sur la vie du
roi Artaxerxès.
k° Apprendre, ouïr dire (ytvwTZEiv). Gen.
9. 24. Cw7i didicisset quœ fecerot ei filius suus
minor, ait ; Maledictus Chanaan : Noé ayant
appris de quelle sorte l'avait traité son petit-
fils, dit : Que Chanaan soit maudit.
DISGERNERE ; Stocy.phetv. De cernere , et
de la préposition dis, qui répond à Bià..
i° Discerner, distinguer, faire de la diffé-
rence. Act. 15. 9. Nihil discrevit inter nos et
illos : Dieu n'a point fait de différence entre
les Gentils et nous autres Juifs. Levit. 10.
10. 2Reg. 19. 35, 3 Reg. 3. 9. 1 Cor. 4. 7.
Quis le discernit ? Qui est-ce qui met de la
différence entre vous et ceux à qui vous
vous préférez ? C'est Dieu qui est auteur de
tous les biens dont vous devez vous glori-
fier.
2° Distribuer, partager {èMazéïXîtv). Ps. 67.
15. Dum discernit Cœlestis Reges super eam :
Lorsque le roi du ciel distribua ceux qui de-
vaient gouverner son héritage ; autr. pen-
dant que le roi du ciel exerce son jugement
" sur les rois en faveur de notre terre ; Hebr.
lorsque le Tout-Puissant défit et extermina
les rois de cette terre.
3° Juger {5r/âÇetv). Ps. 42. 1, Discerne eau-
sam meam : Jugez ma cause : D'autres joi-
gnent ces mots avec les suivants , de génie
non sancta, séparez ma cause d'avec les im-
pies. Ps. 49. 4. Baruch. 6. 53. Judicium quo-
gue non discernent ; ( Gr. Non judicabunt : )
Les idoles , les faux dieux ne feront point
rendre la justice, ne la rendront point.
DISCERPERE ; âta^Trâv, De dis et de car-
pere.
1° Déchirer , mettre en pièces. Act. 23. 10.
Timens Tribunus ne disccrperetur Paulus ab
ipsis : Le Tribun ayant peur que Paul ne fût
mis en pièces , le fit mener dans la forte-
resse. Judic. 14. 6.
2° Agiter par de violentes convulsions.
Marc. 1. 26. Discerpens eum spiritus immun-
dus ( exiit ) : c. 9. 25. Jésus-Christ perincl-
tait que ce possédé fût si maltraité, pour
faire voir quelle est la cruauté et la rage du
démon qui tuerait cruellement les hommes ,
si Dieu ne l'en empêchait.
DISCESSIO, Nis; Gr., iyÇ'- 1" Départ.
Act. 20. 29. Inlrabunt post discessioncm
meam liipi rapaces in vos : Je sais qu'après
mon départ, il entrera parmi vous des loups
ravissants.
2" Renoncement, révoile, apostasie («rro^ra-
sir^j. Act. 21. 21. Axidierunt de te, quiadisccs-
sionem doceas a Moyse eorum: Ces milliers de
Juifs ont ouï dire que vous enseignez à tous
les Juifs qui sont parmi les Gentils de re-
noncer à Moïse, disent à saint Paul tous les
prêtres assemblés chez saint Jacques. 2.
Thess. 2. 3. Nisi venerit discessio primum :
Le jour auquel Jésus-Christ doit arriver, ne
viendra point que la révolte et l'apostasie ne
soient arrivées auparavant. On croit proba-
blement que cette révolte qui précédera la
venue de l'Antéchrist, sera l'abandonnemenl
presque général de la véritable religion ca-
tholique, apostolique et romaine.
DISCINCTUS, A, UM. De cingere et de dis.
Qui n'a plus de ceinture, à qui on a été la
ceinture. 3. Reg. 20. 11 . iVe glorietur occinctus
œque ut discinctus (ô y.vpzà? ùç 6 6p66ç] : Celui qui
se ceint et se prépare au combat, ne doit pas
se vanter, mais celui qui ôte sa ceinture après
avoir remporté la victoire. Voy. Acoinctus.
DISCIPLINA,^; Tzuthi^, De Discipulus]
l'instruction qu'un disciple reçoit de son
maître; l'éducation, la manière* d'élever la
jeunesse ; la méthode d'instruire, la science
la doctrine : c'est premièrement la règle et la
manière véritable de vivre dans la vertu ,
comme Dieu l'a enseigné dans ses Ecritures-
ou bien l'art de se régler soi-même, et de
profiter des châtiments de Dieu et des
hommes {fpôvntriç).
1° Instruction, règlement, éducation dans
la piété, accompagnée de correction et de
châtiment s'il est nécessaire. Ps. 49. 17. Odi-
sti disciplinam : Vous haïssez la discipline.
Sap. 6. 18. Cura disciplinœ dilectio est : Le
désir de l'instruction est l'amour : Ce désir
produit et augmente en nous l'amour de Dieu
et de la divine Sagesse. Eccli. 1. 34. Sapien-
tia et disciplina, timor Dornini : La crainte
du Seigneur est la sagesse et la science véri-
table; î.e.lasciencequ'onreçoit pari'inslruc-
tion. c. 16. 25. Dicam in œquitate disciplinam:
Je vous donnerai des instructions très-exac-
tes ; Gr. £v aTxQi/.ô>, aussi exactes que ce qui
se pèse dans la balance. Prov. 1. v. 2. 29. c
3. 4. c. 4. V. 1. 13. etc. Jer. 7. 28. Bœc est
gens quœ non recepit disciplinam : Voici le
peuple qui n'a point voulu recevoir les in-
structions de son Dieu.
2° Châtiment, correction, réprimande, pei-
ne, affliction, qui s'appelle du nom de disci-
pline, parce que l'affliction est une grande
instruction; 7r«(5Â//c<T«, ^«9»3_u«t«. Isa. 53. 5.
Disciplina pacis nostrœ super eum : Le châti-
ment qui nous devait procurer la paix est
tombé sur lui: (Leprophèteparledu Messie, de
Jésus-Christ). Heb. 12.11. Omnis disciplina in
prœsenti quidem videtur non esse gaudii, sed
mœroris: Toute correction semble sur l'heure
causer de la tristesse, et non de la joie. v.5.
7. 8. Prov. 5. 23. Ipsemorietur, quia non ha~
huit disciplinam : 11 mourra parce qu'il n'a
pas reçu la correction ; il a rejeté la vérité,
lorsqu'on lui a représenté ses désordres.
Ainsi, Dure disciplinam : C'est faire souffrir
quelque châtiment. Sap. 12. 22. Levit. 26.
23. Deut. 11. 2. Prov. 3. 11. Sap. 11. 10. c.
12. 22. Eccli. 33. 25. etc. Ainsi. Ps. 17. 36
Disciplina tua ipsa me docebit ; Gr. ttuiSûoc,
Heb. ghanotecha ; mansuetudo tua , comme
2. Ueg. 22. 36. Gr. vTr«xovi* placabilitns : le
mot hébreu peut souffrir l'une et l'autre si-
gnificalion. Voy. Mansuetus, n. 3.
3" La loi ancienne. Eccli. 17. 9. Addidit
itiis disciplinam , et lerjem vitœ hœreditavit
illos : Dieu a prescrit aux hommes le règle-
ment de leur conduite, et les a rendus Ic^
um
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRGE.
11 -jï)
dépositaires de la loi divine. Ce règlement
est la loi que Dieu donna aux Israélites.
it." Sagesse, intelligence. Job. 17. k. Cor
eoruin longe fecisti a disciplina ; Heb. Intel-
lectu : Vous avez éloigné de leur cœur l'in-
telligence; vous les avez laissés dans la fausse
persuasion où ils sont, qu'on ne peut être
affligé sans être criminel, c. 33. 16. c. 34.
35. Ps. 2. 12. Ps. 118. 66. Sap. 7. 14. c. 8.
k. etc. Ainsi Eccli. 1. 7. Disciplina sapientiœ
cui revelata est ? A qui la conduite de la sa-
gesse a-t-elle élé révélée?
5° Conduite, manière de vivre, soit bonne
ou mauvaise. Sap. 2. 12. Diffamât in nos
peccata disciplinée nostrœ: Le juste nous
déshonore en décriant les fautes de notre
conduite. Sap. 7. 16. Eccli. 31. 20. Cessa
prior causa disciplinœ : Cessez le premier de
manger par modestie, c. 10. 33. c. 17. 9.
Philipp. 4. 8. Ainsi:
6° Art, science humaine. Judith. 11. 6.
Disciplinatua omnibus provinciis prœdicatur:
Votre discipline militaire est louée dans tous
les pays, dit Judith à Holopherne.
DISCIPLINATUS, a, um. Savant, bien in-
struit {èniarriiK^-»). Eccli. 10. 28. Vif prudens
et disciplinatus non murmurabit correptiis :
Celui qui est prudent et bien instruit, ne
murmurera point étant châtié. Jac. 3. 13.
DISGIPULA, m; y.a.%^uQL. Celle qui ap-
prend d'une autre, une disciple, une écolière ;
dans l'Ecriture :
Une femme chrétienne. Act. 9. 36. In Jop-
pe autemfuit quœdam discipula : Il y avait à
Joppé entre les disciples une femme nommée
Tabilhe.
DISCIPULUS , I ; (ludmr,;. Ce mot dans le
Nouveau Testament signifie ordinairement
un disciple de Jésus-Christ; et c'est un des
noms dont les fidèles étaient designés. Voy.
Christianus.
1° Disciple, qui s'est mis sous la conduite
d'un maître pour en être instruit. Isa. 8. 16.
Signa legem in discipulis meis : Tenez ma loi
scellée et comme cachetée parmi mes disci-
ples : H n'y a que les vrais disciples de Dieu
qui connaissent bien sa loi. Matth. 10. 24.
Luc. 6. 40. Non est discipulus super Magis-
trum : Le disciple n'est pas plus que le maî-
tre se. tant qu'il demeure disciple.
Outre les douze disciples qui ont été éle-
vés à la dignité de l'apostolat, et les soixante-
dix ou soixante-douze, tous les premiers
chrétiens étaient désignés par ce nom. Act.
6. 7. Mulliplicabalur numerus discipulorum
in Jérusalem valde : Le nombre des disciples
augmentait fort dans Jérusalem, v. 1. 2. c.
9. V. 10. 19. 25. etc.
2° Serviteur, ou sujet, prêt à obéir. Mal.
2. 12. Disperdet Dominus viram qui fecerit
hoc, magistrum et discipulum : Le Seigircur
perdra celui qui aura commis ce crime, soit
niaitro, ou disciple ; i. c. Magistrat ou sujet ;
Hebr. respondenteni. Voy. Respondere, n. 4.
DISCOLOR, is ; miy.àoç, v, ov. Du nom co-
lor, is, et de la préposition dis, qui marque
diversité.
De diverses couleurs. Jercm. 12. 9. Num-
Quid avis discolor hœreditas mea mihi ? Mon
peuple ne m'est-il pas oevenu comme un
oiseau étranger? Les oiseaux étrangers son|;
ordinairement battus par tous les autres ;
d'autres expliquent: Mon peuple m'est-il en-
core précieux comme le sont les oiseaux
étrangers? Ezech. 16. 10. Vestivi te discolo-
ribus : Je vous ai revêtu de robes précieuses
et de diverses couleurs; i.e. faites en broderie.
DISCOOPERIRË , àno-^ulxinreiv. — 1» Dé-
couvrir. Num. 5. 18. Discooperiet caput ejus:
Le prêtre découvrira la tête à la femme; se.
dans le sacrifice de jalousie. Isa. 47. 2. Dis-
cooperi humerum : Découvrez votre épaule ;
( peut-être bien pour recevoir les coups des
Assyriens), c. 57. 8. Juxta me discooperuisti :
(suppl. te, ou leclum) : Quoique je fusse au-
près de vous, vous n'avez pas rougi de vous
découvrir. Ruth. 2. v. 4. 7. Levit. 18. v. 7.
Turpitudinem patris tui et turpitudinem ma-
tris luœnon discooperies : Vous ne découvri-
rez point la nudité de votre père ou de votre
mère ; c'est-à-dire, une fille n'épousera point
son père, ni un fils sa mère ( Voy. Turpi-
TUDO ). On croit néanmoins que Turpitudo
patris et turpitudo matris , est la même
chose; comme Ezech, 22. 10. Ainsi, Exod.
21. 10. Pontifex caput suum non discoope-
riet ; Grec, oùx àTroxeSKpwo-ei, Le grand prêtre
n'ôtera point sa tiare de dessus sa tête ; i. e.
il n'assistera point aux funérailles de per-
sonne : Les Juifs marquaient leur deuil en
se découvrant la tête et en déchirant leurs
habits. Thren. 4. 22. Discooperiet peccata
tua; Dieu fera connaître la grandeur de vos
péchés par la rigueur de vos maux. 2. Reg.
6. 20. Quam gloriosus fuit hodie rex Israël ,
discooperiens se ante ancillas servorum suo~
rum, et nudatus est : Que le roi d'Israël a eu
de gloire aujourd'hui en se découvrant ; ce
prince n'était pas entièrement découvert;
mais, pour faire plus d'honneur à l'arche, il
s'était dépouillé de ses ornements royaux
pour se revêtir de l'Ephod.
2" Découvrir, tirer de l'obscurité (x«t«(tû-
psiv, detrahere). Jer. 49. 10. Ego discooperui
Esaû : J'ai fouillé, et j'ai découvert Esaii ;
c'est-à-dire, les Iduméens ; en quelque lieu
qu'ils se soient cachés, je les découvrirai,
pour les livrer à leurs ennemis ; le passé
pour le futur.
DISCOQUERE; i^zî-j. De coquere, et de
dis, qui marque ici, augmentation.
Faire bouillir dans l'eau. Ezech. 24. 5.
Discocta sunt ossa illius in medio ejus : Les
os mêmes ont cuit au milieu de la chaudière:
Le Prophète marque par ces os les plus vail-
lants hommes de Jérusalem, qui y devaient
être consumés avec le peuple, par le siège
que les Chaldéens y mirent.
DISCORDIA, M. De cor, et de dis, qui
marque division.
1" Discorde, dissension, querelle, division
ilj-à/^n). Prov. 17. 19. Qui meditatur discor-
dias, quœrit ruinas : Celui qui est d'une hu-
mour contrariante, aime les querelles, c. 6
9. c. 3. 33.
2" Injure, affront, reproche, outrage, .Te-
rem. 15. 10. Vœ milii! mater mea, quare ge^
nuisli me, viruin rixœ, virum discordiœ in
H57
DIS
DIS
1138
universa terra ? Hélas 1 ma mère, que je suis
malheureux ! pourquoi m'avez-vous mis au
ïîîonde,"pour être un homme de contradic-
tion, un homme de discorde dans toute la
terre; i. e. pour êlre en butte aux reproches
cl aux insultes de tout le monde; Gr. oixy.pi-
DISAN. Voy. col. 1159, avant Dison.
DISCRETIO, Nis. StKy.pi(7ii, De discernere ,
discernement, différence. Hebr. 5. li. Est
solidus cibus eorum qui pro consuetudine
exercilatos habeiit sensus ad discrelionem boni
et mali : La nourriture solide est pour les
parfaits, i. e. pour ceux dont l'esprit s'est
accoutumé par l'exercice à discerner le bien
et le rnal : de là vient celle façon de parler.
Discretio spirituum. Le don du discerne-
ment des esprits. 1. Cor. 12. 10. Alii discre-
tio spirituum:[]n autre reçoit le don du discer-
nement des esprits: Ce don consistait à con-
naître par quel esprit les prophètes parlaient.
DISCRETOR ; y.piny.oç. Qui discerne, qui
dislingue. Heb. k. 12. Sermo Dei discretor
cogilationum: La parole de Dieu discerne
les pensées et les mouvements du cœur, et
fait connaître par quel motif et dans quelle
intention se foot toutes les actions.
DISCRLMEN. Du même verbe discernere.
Différence, distinction, danger, combat ;
dans lEcriture :
Danger, péril. Judic. 5. v. 9. 15. Quasi in
prœceps ac barathrwn se discrimini dédit :
Barac s'est jelé dans le péril, comme s'il se
fût précipité dans un abîme. Esth. 11. 8.
DISGKIMINALE, is. Une aiguille ou poin-
çon de tête pour ajuster les cheveux et les
séparer : on peut prendre aussi ce mot pour
les rubans qui les séparaient.
Ruban qui servait à lier ou tresser les
cheveux. Isa. 3. 20. Anferet Dominus discri-
minalia et periscelidas : Un jour viendra que
le Seigneur ôtera aux fllles de Sion leurs
rubans de cheveux, leurs jarretières, etc.
DISCRIMINARE. Séparer, distinguer, met-
tre séparément, tresser (oiKT«3-(7£iv, disponere).
Judil. 10. 3. Discriininavit crinein capilis
sui : Judith frisa ses cheveux avec i'aiguiile
qui sert à cet usage.
DISCUBITUS, us. Le coucher, action de
se coucher; dans l'Ecriture:
1° Séance à table, à la manière des anciens
qui se couchaient sur des lits pour prendre
leurs repas (-pwToz/to-ta . Marc. 12. 39. Cavete
a Scribis qui volunt primas discubitus in cœ-
nis: Gardez-vous des docteurs de la loi, qui
aiment à avoir les premières places dans les
festins. Luc. 20. i6.
2" L'action de mettre le coude sur la table
dans un repas. Eccli. 4.1. 2i. Erubescite de
discubitu in panibus : Rougissez de met-
tre le coude sur la table ou sur le j)ain; ce
quiest une grande iucivilitéiGr.-n^t,- àyxwvof,
fixio cubili.
DISCUMBERE. De l'inusité cumbere ^ se
couciier, se mettre au lit, s'asseoir, se met-
tre à table sur des lils pour manger; dans
l'Ecriture:
Etre à table comme les anciens sur des
liJs. Luc. ik. 8. Non discumbas in primo
loco {y.a.xonàiv£(TBcei ) : Quand vous serez con-
vié à des noces, ne prenez point la première
place : Jésus-Christ en rend la raison dans
la suite. Ainsi, c. 12. 37. 1. Reg. 16. 11. c.
30. 16. Voy. AccuMBERE.
Façons de parler. '
Simul discumbere. cruvxw.y.îîçOxi.. Etre à table
avec d'autres, être du nombre des conviés,
Luc. li. V. 10. 15. Marc. 2. 15. c. 6. 26. etc.
Voy. SiMCL.
DISGURRERE, omzpéyju , de currere, et de
dis, qui marque diversion.
Courir, courir ça et là. Gen. 43. 22. Joseph
decorus aspectu; filiœ discurrerunt super mu-
rum : Le vis&ge de Joseph est beau et agréa-
ble; les filles (d'Egypte) ont cour» sur la
muraille pour le voir revêtu d'habits royaux,
Deut. 33. 26. Magnificentia ejus discurrxint
mibes : C'est par sa haute puissance que Dieu
règle le cours des nuées, ou plutôt des cieux.
Voy. NuBEs. Exod 9. 23. Prov. 6. 3.
1" N être point fixe, paraître et disparaître.
Levit. 13. 12. Sin autemef/loruerit discurrens
lepra in cute : Si la lèpre paraît comme en
fleur, en sorte qu'elle coure sur la peau.
Voy. VOLATILIS.
2° S'étendre (J'KteUneiv). Zach. i. 10. Seplem
isli oculi suiH bomini, qui discurrunt in iini-
versam terratn : Ce sont là les sept yeux du
Seigneur, qui s'étendent dans toute la terre.
Ces sept yeux , selon quelques-uns , étaient
gravés sur le plomb de Zorobabel ; mais ils
figuraient les lumières secrètes, par lesquel-
les la providence de Dieu , à qui rien n'est
caché, gouverne le inonde; selon d'autres,
ce sont sept anges, exécuteurs des ordres de
Dieu. Zach. 6. 7. Voy. 2. Par. 16. 9.
DISCUS, 1. Si7y.'j;, du Gr. Sivy.o;, de5ww,/aCîO,
un disque, un palet, dont usaient ceux qui
disputaient le prix aux jeux publics ; et celui-
là gagnait qui jetait le disque ou plus haut,
ou plus loin, ou plus près d'un but, selon
qu'ils en convenaient; il signifieaussi, un plat.
1° Palet à jouer, jeu du palet. 2. Mach. k.
14. In cxerciliis disci : Les prêtres se pré-
sentaient auxexcrcicesdu palet ; se. au temps
que Jason, usurpateur du nom de grand prê-
tre, fit bâtir un lieu d'exercice public.
2° Plat, bassin (rriva?). Malth. 14. 8 11. Da
milii, inquit, hic in disco caput Joannis Ba-
ptislœ : Donnez-moi présentement dans un
bassin la tête de Jean-Baptiste , dit la fille
d'Hérodiade à Hérode. Marc. 6. v. 25. 27. 28.
DISERTITUDO, nis. Inusité de diserlus.
Eloquence aisée, discours coulant; dans
l'Ecriture:
Eloquence affectée, langage étudié. Isa.
.33. 19. Non videbis populum alti scrmonis ,
ita ut non possis inlcHigere disertitudineni
linquœ ejus, in quo nulln est sapienlia: Vous
ne verrez point un peuple obscur dans ses
discours, dont vous ne pourrez enteudre le
langage étudié; Hebr : Le bégaiement, et qui
n'a aucune sagesse. Dieu parle aux Juifs
jusl^îs, touchant le langage des Assyriens,
qui était si obscur, qu'on ne l'entendait pas,
ol leur promu alors qu'ils ne seraient plus
assujettis à ces peuples barbares.
HM
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
1100
DISERTUS, A, UM. De disserere, discourir,
parler aisément, du verbe serere , d'où vient
Sermo.
Disert, éloquent , oien-disant. Sap. 7. 22.
JUst in illa spiritus intelligentiœ .... disertus :
Il y a dans la sagesse un esprit d'inlelligence
qui est disert; parce qu'elle rend éloquents
ceux en qui elle habite, c. 10. 21. Voy. In-
fans.
DISAN, Hebr. Trituratio. Fils de Seïr, Hor-
réen. Gen. 36. v. 21. 26. 28. 30. 1. Par. 1. v.
38. 42.
DISON, Hebr. Trituratio. — l" Autre fils
de Scïr, Horréen. Gen. 36. v. 21. 30. 1. Par.
1. v. 38. ki. — 2° Fils d'Ana. Gen. 36. 25. 1.
Par. 1. ko. Cet Ana était fils de Sebéon , fils
li p ^ PI T*
DISPENDIUM,ii, Ç»3fit«, de dispendere, dé-
penser, employer ; dépense , perte , dom-
mage ; dans l'Ecriture :
Perle , dommage. Prov. 27. 12. ParvuH
transeimtes sustinuertint dispendium : Les
imprudents ont passé outre , et ils en ont
souffert la perte. Voy. Parvulus.
OISPENSATIO, Nis. Gr. otV.ovo/xîa, de dis-
pensare, dispensation, administration.
1° La dispensation , l'administration de
quelque affaire, de quelque chose; comme
1° de la parole de Dieu et de ses mystères.
1. Cor. 9. 17. Si autem invitus ; dispensalio
mihi crédita est : Si je ne prêche l'Evangile
que par nécessité , je m'acquitte seulement
de la charge qui m'a été imposée. Ephes. 3.
2. Coloss. 1. 25. 2° De l'ouvrage même de
l'incarnation et du mystère de la rédemp-
tion. Ephes. 3. 9. Mihi data est gratia
hœc illuminare omnes, quœ sit dispensalio Sa-
cramenti absconditi a sœculis in JDeo (xotvwvîa,
communio) : J'ai reçu cette grâce d'illuminer
tous les hommes, en leur découvrant quelle
est l'admirable économie du mystère qui
depuis tous les siècles a été caché en Dieu.
2" Préparation, disposition, ménagement.
Eph. 1. 10. Proposuit in eo in dispensatione
plenitudinis temporum instaurare omnia in
Chrislo : Dieu a résolu en lui-même que les
temps ordonnés par lui étant accomplis, il
rassemblerait et réunirait tout en Jésus-
Christ ; comme Dieu par sa sagesse a disposé
tous les temps de toute éternité, Jésus-Christ
est venu au monde quand il a été à propos,
et que le temps qui avait été arrêté, est ar-
rivé.
DISPENSATOR, is. otxovôpto?. — 1° Eco-
nome, intendant, maître-d'hôlel. Gen. kS. v.
16. 19. In ipsis foribus accedentes ad dispen-
satorem domus : Les frères de Joseph étant en-
core '
devaient raangei
l'intendant de Joseph, se. pour s'excuser de
l'argent qu'ils avaient trouvé dans leurs sacs
au second voyage, c. H. v. 1. 4. 3. Reg. 18.
3. Luc. 14. 42.
2» Dispensateur, soit des mystères de Dieu
dans le ministère sacré. 1. Cor. 4. v. 1. 2.
Ilic jani quœritur inter dispensatores ut fide-
lis quis inveniatur : Ce qui est à désirer dans
les dispensateurs, est qu'ils soient trouvés
fidèles. Tit. 1. 7. Soit des talents et des biens
! à la porte de la maison de Joseph, où ils
lient manger avec lui, s'approchèrent de
que chaque fidèle reçoit de Dieu , pour les
employer à l'utilité dû prochain. 1. Petr. 4.
10. Jn alterutrum illam administrantes, sicut
boni dispensatores multiformis gratiœ Dei :
Que chacun de vous rende service aux autres,
selon le don qu'il a reçu, comme étant de
fidèles dispensateurs des différentes grâces
de Dieu.
DISPERDERE , è^o^oSpevetv , Siay6eto£tv. — 1
Perdre, ruiner, détruire, exterminer. Ps.l05.
23. Dixit ut disperderet eos : Dieu avait ré-
solu de perdre les Israélites (si Moïse ne s'y
fût opposé). Ps. 82. 5. Venite et disperdamus
eos de gente : Venez et exterminons-les du
milieu des peuples, disent les ennemis de
Dieu touchant son peuple. Levit. 17. 10. 1.
Cor. 3. 17. Ps. 56. 1. Ne disperdas (îxTpt€£tv) ;
Ne m'exterminez pas ; Hebr. ne me laissez pas
périr : C'est l'inscription que mit David pour
litre de ce psaume, lorsqu'il s'enfuit devant
Saùl dans une caverne. Ps. 57. 1. Ps. 58. 1.
Do là vient, Plaga disperdens : Une plaie qui
tue. Exod. 12. 13. Nec erit vobis plaga dis-
perdens quando percusscro terram Mgypli :
La plaie de mort ne vous louchera point,
lorsque j'en frapperai toute l'Egypte.
Prédire ou annoncer la perle et la destruc-
tion de quelqu'un («TroUûetv). Jerem. 1. 10.
Ecce constitui te hodie super gentes ut cvel-
las, et destruas, et disperdas : Je vous établis
aujourd'hui sur les nations pour arracher et
pour détruire, pour perdre et pour dissiper.
Ezech. 43. 3
2° Rejeter , négliger {TzapeiSsiv). Eccli. 32.
22. Vir consilii non disperdet intelligentiam:
L'homme considéré ne perdra aucune occa-
sion de s'éclaircir de ce qu'il doit faire.
3° Abattre, déconcerter (àyavtÇeiv). Act. 13.
41. Videte contemptores , et admiramini, et
disperdimini : Voyez , vous qui méprisez ma
parole, soyez dans l'élonnement et dans l'a-
battement; ce passage est tiré d'Habacuc.
c. 1. 5. où l'Hébreu porte, Obstupescite :
Soyez dans l'élourdissement ; mais l'inter-
prète latin a renduleverbegrecà^avtÇic^eai.eua-
nescere, par le terme disperdi ; soit qu'il mar-
que ceux qui disparaissent, parce qu'ils sont
perdus, ou, parce qu'ils se cachent de honte
ou de crainte.
DISPERGERE, StaerxopTtîÇav, du simplespar-
gère, et de dis, qui marque diversion.
1° Dissiper, écarter, répandre, disperser.
Matlh.26.31. Percutiam pastorem , et disper-
gentur oves gregis : Je frapperai le pasteur,
et les brebis du troupeau seront dispersées.
C'est l'accomplissement du prophète Zacha-
ric. c. 13. 7. Joan. 10. 12. Luc. 11. 23. (Voy.
CoLLiGERE.) cl. 51. Dispersit superbos mente
cordis sui : Dieu a dispersé les Juifs et les a
dissipés, à cause de leurs pensées présomp-
tueuses, ou bien, il les a dispersés, endés
dorgueil dans leurs pensées présomptueuses.
Gen. 49. 7. Dispergam eos in Israël : Je les
disperserai dans Israël. Jacob prédit à Levi,
qu'en punition du meurtre des Sichimiles,
sa tribu serait toulc dispersée; mais Dieu
changea depuis cette malédiction on béné-
diction ; car le zèle que ceux de celle tribu
firent paraître pour venger l'injure faite à
4161
DIS
DIS
1162
Dieu après l'/idoralion du vrau d'or, leur fi(
mcritor la bénédiction de Dieu même ; et s'ils
furent dispersés dans loutes les tribus, ce fut
par honneur, pour servir au culte que Dieu
avait établi. Act. 5. 37. Voy. Ventilare.
2' Dissiper, perdre, détruire. Ps. 91. 10.
f Disperqentur omnes qui operanlur iniquiln-
tem : Tous ceux qui commettent l'iniquité,
seront dissipés. Luc. 1. 51. Dispersit superbos
mente cordis siiî : Le Seigneur a perdu les
superbes par leurs desseins, ou, il les a ren-
versés en dissipant leurs desseins. Job. kO. 6.
Habac. .3. 14 Ps. 88. 11. Jerem. 18. 17. Isa.
41.16. Delà vient, Dispergere ossa. Voy. Os.
Nahum. 2.1 . Ascendit qui dispergnt coram te :
Voici celui qui doit renverser vos murailles
à vos youx ; Gr. sayuc-oiv it; ttoôtwttôv tov, Insuf-
flons in faciem tuant : Le Prophète parle à
Ninive.
3° Séparer, détacher, désunir. Ps. 21. 15.
Dispersa suni omnia ossa mea: Mes os se sont
séparés les uns des autres. Notre Sauveur
Jésus-Christ, surla croix, avait le corps aussi
maltrailé. que si ses os avaient été tout dis-
loqués. Voy. Ossa.
§1. — Répandre, distribuer largement
f(rzo//7rîÇïiv). Ps. 1 11 . 9. Dispcrsit, dédit paiipe-
rihus : Le juste a répandu ses biens avec libé-
ralité sur les pauvres. 2. Cor. 9. 9. A quoi
se peut rapporter, Dispergere vias suas : Se
répandre et s'abandonner. Jerem. 3. 13. Z>i5-
persisti vins tuas nlienis : Vous vous êtes pro-
stituée à des dieux étrangers ; Gr. SUxskç,
âiffudisti.
§ 2. — Retirer, ôter, éloigner (5t«(T«â«Ç£tv).
Ps. 88. 31. Misericordiam autem meam non
dispergnm ah eo : Je ne retirerai point ma
bonté de dessus David; je ne rétracterai
point mes promesses.
§ 3. — Dé(e«ter, rejeter avec abomination
(oVoeiv). Isa. 30. 22. Disperges ea, sicut im-
nnindidam menstruatœ : Vous rejetterez les
vêlements précieux de vos statues d'or,
comme le linge le plus souillé.
DISPERIRE, èlo).oBpi<)îGOui, de perire, et de
dis, pour marquer une augmentation.
1° Périr, être perdu, sans ressource, être
détruit ou défait. Ps. .%. v. 22. 38. Injusli
disperihunt simul : Les injustes périront éga-
lement. Ps. 82. 11. etc.
2" Elreaboli, cesser, s'évanouir (àTToAVjaOat).
Num. 21. 30. Jugum ipsoriim disperiil ab
Jlesebon usque Dibon : Lf joug dont les Moa-
bites opprimaient Hésébon a éié brisé jus-
qu'à Dibon. Sap. 16, 29. Voy. Hibernalis.
DISPERSIO , Nis , Biuinof.ù. 1° Dispersion
(5i«c-zoprto-^ô?) ; ce qui se peut entendre des
thoses ; mais dans l'Ecriture, il s'entend des
personnes ; ce qui signifie, éloignemeiit par
lequel les personnes sont écartées les unes
des autres, ou éloiçnccs de leur patrie. Dan.
12.7. Usquequo finis horum mirabilium? cum
compléta fuerit dispersio manus populi sancti,
complebuntur universa hœc : Quand sera-ce
que l'accomplissement de ces prodiges arri-
\era? Toutes ces thoses s'accompliront lors-
que la dispersion de l'assemblée du peuple
saint sera achevée ; t. e. quand l'AnUchrist
aura dissipé les fidèles, et les aura fait eu-
Du.TioNV. i)i: rn.LOL. sacrék. L
fuir çà et là; ou bien, la fin du monde arri-
vera , lorsque le peuple chrétien aura été
répandu par toute la terre, selon l'oracle du
FilsdeDieu Matth.24.14. ou, selon d'autres,
que la fin de tous lesmaux qu'Antiochus
ferait aux Juifs devait arriver , lorsque l'as-
semblée de ce peuple, saint et consacré au
Seigneur, serait toute dispersée par la fureur
de ce prince impie, comme on le peut voir
dans l'histoire des Machabées. Judiih. o. 23.
Nuper reversi ad Dominum Deum suum, ex
dispersione , qua dispersi fuerant , adunati
sunt:Les Israélites, depuis peu, étant retour-
nés vers le Seigneur leur Dieu, ils se sont
réunis après leur dispersion, dit Achior à
Holopherne. Il semble que celte dispersion
est celle qui se fit par le roi d'Assyrie sous
le règne d'Achaz. 2 Par. 28. 5. Jac. 1. 1. Ja-
cobus duodecim tribubus quœ sunt in disper-
sione, salutem : Saint Jacques salue les dou?e
tribus qui sont dispersées parmi les nation?.
1. Petr. 1. 1. Voyez Advena.
2" Les captifs dispersés. Ps. 146.2. ^difi-
cans Jérusalem Dominus dispersiones Israelis
congregabit : Le Seigneur, qui bâtit Jérusa-
lem, doit rassembler tous les enfants d'Israël
qui sont dispersés. Quand David prit Jérusa-
lem et îafitrebâtir, beancoup de Juifs avaient
été emmenés en captivité par les nations
voisines que David subjugua. Joan. 7. 35.
Numquid in dispersionem Gentium itunts est,
et docturus Génies ? Ira-l-il vers les Gentils
qui sont dispersés par tout le monde, et iii-
struira-t-il les Gentils ? disent entre eux les
Juifs, de Jésus-Christ. Ce qui peut s'enten-
dre des Juifs mêmes dispersés parmi les Gen-
tils , ou des Gentils répandus par tout le
monde (Voyez Maldon. ibid.). 2. Mach. 1.
27. 1. Petr. 1.
Les Juifs ont été dispnrsés et emmenés
captifs plusieurs fois , comme Dieu les eu
avait menacés. Levit. 26. 33. Dout. \. 27. c.
28. 64. etc. Or, il y a eu trois dispersions ou
captivités principales avant qu'ils aient été
dispersés sans retour par les Romains.
La première est celle des dix tribus par
Salmanasar, qui les emmena dans la Médie,
où elles sont encore ; c'est d'eux qu'il est
parlé, Act. 2. 9. Partfii et Medi.
La seconde est celle des deux tribus sous
Nabuchodonosor , dont une grande partie
n'est point revenue à Jérusalem : c'est de
ceux-ci qu'il est parlé , Act. 2. 9. Qui habi-
tant Mesopotamiam : Ceux qui habitent la
Mésopotamie.
La troisième est celle qui s'est faite sous
Plolémée, fils de Lagus, qui emmena granJc
quantité de Juifs en Egypte, qui ont été ap-
pelés Hellénistes, parce qu'ils parlaient Grec.
Les Juifs, dispersés de la sorte, se sont répan-
dus par toutes les nations. Ainsi Dieu appelle
les Juifs son peuple dispersé. So|)h. 3. 10.
Inde filii dispersorum meoruin défèrent munus
tnihi : Les enfants de mon petiple dispersé on
divers lieux m'apporteront leurs présents.
Le Prophète a en vue l'établissement de l'E-
glise, dans laquelle i)lusieurs d'entre les dis-
persés par loutes les nations sont entrés en
lecevanl la foi ; c'est pourquoi saint Jacques
!IC3
IICTIONNAIRE I>E PlIILOLOCIl:: SACHEE
adresse son Epîlre aus douze tribus ; ei saint
Pierre la sienne aux Juifs étrangers dans
l'Asie >Jineure.
DISPKKTIRE ; ory.j/;£tî5a(,5t«u.=cîÇ£iv. De par-
tire, qui vienl de pars.
V Partager, distribuer, donner en par-
tage. Exod. 21. 35. Cadnver mortui inter se
ililpertient : Us partageront entre eux le
bœuf mort. Isa. 53. 12. Dispertiam ei pluri-
mos : Je lui donnerai en partage une multi-
tude de personnes : Le Père éternel parle
des élus qu'il doit donner à Jésus-Cbrist.
Act. 2. 3. De là vient :
2°Diviser, mettre la division (,iz£oiÇ=r;). Marc.
3. V. 25. 26. Si domus super semetipsam dis-
pertiutur , non potest domus illa stare : Si
une ma'son est divisée contre elle-même, il
est impossible que cette maison subsiste.
DISPLICERE. Du simple placere, et \ie dis,
qui marque division, ou opposition.
Déplaire, causer du déplaisir j^t de la tris-
tesse {y.i-zi'yOM, plonger e).Ecc\\.o. 3. Displicet
ei in^dclis et slulta promissio : La proraosse
infidèle et imprudente faite à Dieu lui déplaît.
Ezech. 6. 9. Displicebunt sibimet super malis
quœ fecerunt in universis abominalionibus
suis : lis se déplairont à eux-mêmes, à cause
des maux qu'ils auront faits dans toutes les
abominations où ils sont tombes, c 20. i3.
Jerem. iO. i. etc.
DlSPONERE,or/Tà7cru/,otKriO£7Çat;deponere,
et de dis, qui marque une distribution ou un
arrangement.
1° Disposer, régler, ordonner, donner or-
dre (Ticc-.-tv).!. Cor. 11. 3i. Cœtera autem, cum
i)enero, disponam: Pour les autres choses, je
les réglerai lorsque je serai venu vous visi-
ter (rrourv). Isa. 38.1. Dispone domui tuœ :
Donnez ordre aux affaires de votre maison,
dit Isaïe à Ezechias qui était malade jusqu'à
la mort. Voy. Precipere. Num. 8. 26. Sic
dispones Levitis in cuslodiis suis : C'est ainsi
que vous réglerez les Lévites , touchant les
ibnclions de leurs charges. Act. 20. 13. Tit.
1.5. 2. Rcg. 17.23.
Ordonner, commander. Act. 7. ii. Sicut
disposuit illis Deus , loquens ad Moysen , ut
faceret illud sccundum formain quam viderai :
Nos pères eurent au désert le tabernacle du
témoignage, comme Dieu parlant à Moïse,
lui avait ordonné de le faire selon le modèle
qu'il avait vu.
2" Disposer, préparer. Prov. 16. 9. Cor
hominis disponit viain suam : Le cœur de
l'homme prépare sa voi?.
3' Assurer, préparer, destiner. Luc. 22.
29. Et ego dispono vobis , sicut
mihi Pater meus regnum : Parce
êtes demeurés fermes avec moi dans mes
tentations, je vous prépare le
comme mon Père me l'a piéparé,
Christ à ses Apôtres : Ce roy;iuuie s'acquiert
par les souffrantes , comme Jésus-Clirisl l'a
iicquis. Num. -k. H.
k' Etablir, conliacter. Ps. 82. 6. Cogitave-
runt nnanimittr, simul adversum te testamen-
lum disposucrunt , tubernacula Idumœorwn
et Ismaclitie : On a vu conspirer ensemble et
fi'ire alliance contre vous les lentes des Idu-
disposuil
que vous
royaume ,
dit Jésus-
1(04
méens et les Ismaélites, i. .Mach. 1. 12. Ea-
mus, et disponamus leslamentum cum genl\~
bus quœ circa nos sunt : Allons, et faisons
alliance avec les nations qui nous environ-
nent, dirent des enfants d'iniquité qui étaient
disraël, au temps du règne d'Aiitiochus. Ps.
88. k. Ps. lOi. 9. Act. 3. 25. Hebr. 8. 10.
Sap. 18. 9. etc.
5° Régler, conduire, gouverner (Stotxsfv).
Sap. 8. iï. Disponam populos : Je gouverne-
rai les peuples par la sagesse. Ps. 111. 6.
Jucundus homo qui disponet sermones suos in
judicio i'ii/.rj-j'-j-j.th) : L'homme qui règle tous
ses discours avec prudence et jugement est
vraiment heureux; Hebr., qui règle ses af-
faires avec prudence. Sap. 8. 1. c. 9. v. 3.
12. etc.
Façon de parler.
6° Bene disponere ; îvtçy-.-irj, faire du bien,
traiter favorablement. Sap. 3. 5. In pa cis
vexati , in 77ni(lis bene disponentur : L'afflic-
tion des justes a été légère , et leur récom-
pense sera grande : ils seront comblés de
bienfaits, c. 16. 2. Pro quibus tormentis bene
disposuisti populum luum : Au lieu de ces
peines que souffraient les Egyptiens , vous
avez traité favorablement votre peuple. Tob.
5. 27. Credo quod Angélus Dei bene disponat
omnia : Je crois que le bon ange de Dieu ac-
compagne notre fils, et qu'il règle tout ce
qui le regarde.
7° Résoudre, méditer de faire (îQî^stv).
2. Par. 7. 11. Salomon omnia quœ disposuerat
in Corde suo ut faceret prosperatus est : S.ilo-
mon réussit dans tout ce qu'il s'était proposé
de faire, c 8. 6. Ps. 83. 6. 1. Reg. 23. 10. Ju-
dith. 8.31. etc.
DISPOSITIO, Ms. 1° Disposition, ordre,
arrangement. 2. Par. 8. 14. Conslituit juxla
dispositionem David patris sui, officia Sacer-
dolum in ministeriis suis y.pi'ri; judicium) :
Salomon, suivant l'ordre de David, son père,
établit les devoirs des prêlres dans leur mi-
nistère, c. 23. 18. c. 29. 25. c. 30. 16.
2° Discrétion , prudence (xjoîovïîo-t;). Prov.
2V. 6. Cum disposilione inilur bellum : La
guerre se conduit par la prudence.
3° Disposition, état (c-Jo-Tac-u-, constitutio).
Sap. 7. 17. Ipse dédit mihi ut sciam disposi-
tionem orbis terrarum et virlutes elemento-
rum : C'est Dieu même qui m'a fait savoir la
disposition du monde , les vertus des élé-
ments, etc. C'est Salomon qui parle, v. 19.
29.
i° Pratique, observation, exécution (ttoijj-
(Ti;). Eccli. 19. 18. In omni sapientia dispo-
sitio legis : La souveraine sagesse consiste
toujours à exécuter les luis de Dieu.
5" Volonté, discrétion, plaisir, fantaisie
(c-ùooyiy. , beneplacilum). Ercli. 33. li. Omnes
viœ ejus secundum dispositionem ejus : Le po-
tier emploie l'argile à tous les usages qu'il
lui pbiît.
6' Ministère, entremise [oixruyri). Act. 7.
53 Qui accepislis legem in dispositione angc^
lorum : Vous avez reçu la loi par le minis-
tère des ancTf s. dit saint Etienne dans le dis-
cours qu'il fit aux Juifs.
iiCa
DIS
DIS
if^)6
»
DISPUTARK , 5i«>£7sa5«i ; ae puUire, Gr.
friùQav , opinari , el de rfis pour marquer di-
versité.
1° Discourir, raisonner, traiter de quelque
chose. 3. Reg. 4-. S3. Dispittavit super liijitis
a cedro quœ est in Libano, usqiie ad hyssopum
quœ egredilur de pariete : Salomon Iraila de
tous les arbre?, depuis Je rèdre qui est sur le
Liban, jusqu'à Tliyssope qri sort de la mu-
raille. Éccli. 6. 10. r('r6fj sunt plurima , mul-
tamque in disputando hibenlia vanitatem:On
discourt braucoup, on se répand en beau-
coup de paroles dans la dispule, el ce n'( st
que vanité; Ilebr. Il y a beaucoup de choses
qui augmentent la vanilé; el quel avantage
l'homme en relirc-t-il? Acl. 2i. 25.
2° Parler en public, prêcher. Acl. 18. k.
Disputabat in synatjoga per omnc sabbatnm ;
S.iinl Paul prêchait dans la synagogue tous
les jours de sabbal (se. à Corinlhe). c. ID.
9. c. 20. V.7. 9.
3' S'entretenir, r.tisonner familièrement ,
conférer (),«).£«). Job. 13. 3. Dispufare ciim
Dvo cupio : Je désire m'enlretenir avec Dieu :
Job ne prétendait pas contester avec Dieu ,
mais lui représenti-r la justice de sa cause.
Act. 17. 17. c. 18. 19. r. 19. 8.
4" Disputer, contester {rrv'ÇvTEtv, conquirere).
Jerern. 12. 1. J ustus quide.m tu es. Domine, si
disputem tecum : Seigneur, vous être trop,
juste pour que j'ose disputer avec vous.
Marc. 9. 33. Act. 6. 9. c. 9. 29. Disputabat
cum Grœcis : Saint Paul disputait avec les
Juifs; Gr. Hellénistes. Ces disputes en fait
de religion se faisaient par demandes et ré-
ponses. Voyez -en un exemple en Jésus-
Christ. Luc. 2. v. 46. kl. Ainsi, Acl. 24. 12.
Jud. 9. etc. Michael archangelus cum diabolo
disputons : L'archange Michel eut conlesla-
lion avec le diable touchant le corps de
Moïse.
DISPUTATIO , Nis. Discours sur quelque
sujet, dissertation; dispule, coniestalion :
dans l'Ecrilure :
1° Entrelien familier, conférence {D.iyzi.:,
redargutio). Job. 21. k. Numquid contra liu~
minem disputatio mea est? Est-ce avec un
homme que je prétends disputer? Hebr. elo-
quium meum : Job ne voulait point disputer
avec les hommes paur sa justification; n).iis
on conférer avec Dieu, qui pouvait seul lui
faire connaître les raisons de sa conduite.
2" Examen, recherche. Eccli. 3. 11. Mun-
dumtradidit disputatioui eorum; Gr. èv y.apniv.
aÙT&)v , Dieu a livré le monde aux disputes
de> hommes; se. afin qu'ils s'élevassent à la
co.itemplation du Créateur par la recherche
des créatures.
DISQUIREKE. De quœrere , el de dis , qui
marque augmentation.
ChiTcher avec soin, considérer allenlivc-
ment {nol^jnpuyuryjùj). 2. Mach. 2. 31. Curio-
sius partes nngulas qnasque disquirere , lii-
storiœ congruit auclori : Il est du devoir «le
celui qui compose une histoire de recher-
cher avec un grand soin les circonstances
particulières d»; ce qu'il raconte.
DISRUMPEHE ; foy/y^vj. , 0(«/-;p//vOeiv. D<'
runipcre, et de dis, (|ui /narcjuc cluersion.
1° Rompre, crever, casser, briser. Job. 32.
19. Venter meus quasi mustum absqm spira-
culo quod lagunculas novas disrumpit : Mon
estomac est connue un vin nouveau qui n'a
point d'air, qui rompt les vaisseaux neufs où
l'on le renferme. Num. 5. 21. Tumens utérus
îuus disrumpatiir {np-nOi-j) : Que votre ven-
tre" s'enfle, el qu'il crève enfin. Ceci esl de
la malédiction du sacrifice de jalousie. San.
4. 19. Ps. 106. U. etc.
2" Séparer, diviser, démembrer. 3. Reg.
11. 11. Disrumpens scindam regnum tuum :
Parce que vous n'avez point gardé mou
alliance , je déchirerai et diviserai votre
royaume; se, dans Roboam; Hebr. Scin-
dendo scindam, où cette répétition peul bien
en marquer la cerlilude : Dieu parle à Salo-
mon après qu'il eut |iéché.
DISSECARE; oiy.T:pUn. Disséquor, couper,
faire la dissection ou l'anatomie d'un corps :
dans l'Ecriture :
1° Couper en morceaux, tailler et briser
en pièces. 1. Par. 20. 3. Fecit super eos tri-
tndas, trohas, et ftrrata carpenta transire, ild
ut dissecarenlur et conlererentur : David fit
passer sur les peuples de la ville de Rabba
des traîneaux, dos chariots armés de fers el
de tranchants, pour les briser el les metln;
en pièces.
2° Fendre, couper par la moilié. Amos. 1.
13. Non convertam eum , eo quod dissecuerit
prœgnnntes Galaad ad dilatandum termintun
suu7n (àv'/T/.iÇejv) : Je ne changerai poinU'ar-
réi que j'ai prononcé contre les enfant."»
d'Ammon , parce qu'ils ont fendu le ventre»
des femmes grosses de Galaad pour éteadr©
les limites de leur pays.
3" Fâcher quelqu'un : de là vient:
DÏSSECARL Crever de rage , être .rans-
porté de fureur. Acl. 5. .33. Hœc cum audis-
sent , dissecabanlur : Le conseil des Juifs
ayant entendu la réponse que saint Pierre et
les Apôtres firent au grand préire, ils étaient
transportés de rage. c. 7. 54.
DISSEMINARE; ^tocnrsîpstv, Stays&Etv, De 5e-
minare, et de dis, qui marque diversion.
Epandre , répandre comme une semonce.
Prov. 15. 7. Lf,6m sapienlium disseminobunt
scientiam (ocOîTKtatVO/iart): Les lèvres des sages
répandront la science comme une semence
Gen. 9. 19. c. 10. 18. Act. 13. 49. — Disper-
ser, écarter, en parlant dos personnes. Jer.
13. 24. Disseminnbo eos quasi stipufam quœ
vento raptaiur in dcserto : Je les disperserai
en divers lieux, comme la paille que le vent
emporte dans le désert ; se. à cause de leur
idolâtrie. Ezech. 12. 15.
DISSENSIO, Nis. 1" Dissension, di corde .
contestation («/«T«(rT«7ΫK 1. Cor. 14.33. i\on
esl dissensionis iJeus, scd pacis : Dieu nesl
pas un Dieu de confusion, riiais de paix
Rom. 16. 17. Gai. 5. 20. Act. 15. 39. etc.
2" Division, schisme (a^t«rfi«). Joan. 7.
43. Disscnsio iinque facta esl in lurba proptrr
cum : Le peuple était ainsi divisé sur le sujet
de Jésus-Christ: les uns disant qu'il était un
prophète , les autres qu'il était le Christ , el
les autres le niant, c. 10. 19,
3' Sédition , tumulte {c'Û7t;). Act. 23". 7,
Ciim hœc dixisset , fada est dissensio inter
Pharisœos et Sadducœos : Sur ce que saint
Paul dit qu'il était Pharisien, il s'émut une
dissension entre les Pharisiens et les Sadu-
céens. Quoique Dieu déteste ceux qui sè-
ment la discorde entre les l'rères , Prov. 6.
19, il ny a point de mal de mettre la divi-
sion entre ceux qui ne s'accordent que pour
faire du mal. Act. 23. v. 6. 7. 1. Math. 3. 29.
DISSENTIRE. De sentire , et de dis, qui
marque division.
Etre de sentiment contraire , n'être pas
d'accord. 2. Par. 18. 12. Quœso ergo te ut et
sermo tuus ab eis 7ion disseutial : Je vous
prie que vos paroles ne soient point diffé-
renles des paroles de tous les autres pro-
phètes, qui prédisent tous un bon succès au
roi, dit au prophète Michée celui qui avait
été envoyé par Achnb, pour faire venir ce
prophète , afin de le consulter.
DISSERERE, Staliyôo-ôar.de sererc;ce verbe,
quand il vient de sero , sévi, salum, signifie
semer çà et là, en parlant de graines ; quand
il ïivl serui, sertum , il signifie traiter de
quelque chose, s'en entretenir, en discourir.
^^)y. Serere.
1° Discourir, raisonner, parler, traiter de
quelque chose [luiru, loqui). 3. Reg. k. 35.
hisferuit de jumentis et volucribus, et repti-
libus , et piscibus : Salomon traita des ani-
maux de la terre , des oiseaux , des reptiles ,
et des poissons. Act. 17. 2
2° Conférer, s'entretenir avec quelqu'un
((7yfiÇ«).).ïiv). Act. 17. 18. Quidam Epicurei et
Sloici Fhilosophi disserebani cum eo : Il y
eut quelques philosophes épicuriens et sloï-
ciens qui conférèrent avec saint Paul, à
Athènes.
3° Expliquer clairement {iTzà<jsrj). Marc.
k. 3\. Seorsum Discipulis suis differebat om-
nia : Jésus-Christ étant en particulier, ex-
pliquait tout à ses disciples; c'est-à-dire,
toutes les paraboles dont il avait usé dans
les discours qu'il avait faits aux peuples.
DISSILIRE. De salire, sauter çà et là par
éclats , parlant d'une chose qui se rompt
avec violence ; dans l'Ecriture :
Sauter, se jeter dans (i/xTrr^Sâv, insilire). 1.
Mach. 9. i8. Dissiliit Jonalhas , et qui cum
eo erant , in Jordanem : Jonathas, (t ceux
qui étaient avec lui, se jetèrent dans le Jour-
dain ; cesl'à-dire, ils s'y jetèrent à la nage,
désespérant de remporter la victoire.
DISSIMILIS, is , E. De similis, et de dis,
qui marque diversité.
1° Dissemblable, différent, opposé, con-
traire (àvoaotoj). S.ip. 2. 1). Dissimilis est
aiiis lita illius : La vie du Juste n'est point
semblable à celle des autres. Prov. 15, 7.
Cor stidtorum dissimile erit : Le cœur des
insensés n'est point disposé à édifier les
autres comme celui des sages, ou bien, le
cœur des insensés est inégal. Dun. 7. v.
7. 19.
2° Faible, inconstant, inégal, qui ne se
soutient pasfoOx qut'^j,-, non sic .Jerem. 23. 10.
Fortitudo eorum dissimilis; i. e. iniquissima:
Toute la puissance des adultères n'a servi
cju'à l'injustice. Prov. 15. 7.
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
11"
DlSSiMULARE. De simulare, et de dis.,
pourmarquerquebiuc diversité, clsignifie, ou
ne pas faire semblant de voir ou d'entendre
une chose, ou bien, user de dissimulation,
en déguisant, ou cachant sa pensée.
1° Dissimuler, cacher sa pensée, ne faire
pas semblant de voir ou de savoir. Prov. 12.
16. Qui dissimulât injuriam, callidus est:
Celui qui dissimule par une vraie patience ,
et non pour s'en mieux venger, l'injure
qu'on lui a faite, est habile homme. 1. Reg.
10. 27. 3. Reg. H. 5. Eslh. 5. 10. Sap. 11. 2i.
Dissimulas (77«/;or.âv) peccata hominum propler
pœnitcntiam : Vous dissimulez les. péchés
des hommes, afin qu'ils fassent pénitence.
2" Tarder, différer, temporiser. Gen. 19.
16. Dissimulante illo, apprehenderunt manum
ejus , et manum uxoris ac duarum filiarum
ejus : Les anges voyant que Loth différait
toujours de sortir de Sodome, ils le prirent
par la main, cl prirent de même sa femmo
et ses deux filles. 1. Reg. 23. 13.
3° Etre dans la retenue, se tenir en paix
{sipn-js\)iiv, quietem agere). Job. 3. 26. Nonne
dissimulavi ? N'ai-je pas toujours conservé
la retenue et la patience ; ou dans le gouver-
nement de mon peuple, ou dans les maux qui
me sont arrivés ? Prov. 12. 16. Sap. 11. 2i-.
4" Négliger, mépriser {vn;pzi§Eiv). Eocli. 23,
13.» 5t dissimulaverit , delinquit dupliciter :
Si celui qui a promis avec serment de faire
quelque chose, y manque par mépris, il
péchera doublement.
DISSiPARE; Staaxo/jTriÇetv, de l'ancien yerbo
sipare, et de dis, qui signifie diversion.
1° Dissiper, disperser, répandre çà et là
iSixcTKiipefj, disperdere). Deut, 30. 4. 5i ad car~
dines cœli fueris dissipatus, inde te retrahet
Dominus Deus noster : Quand vous aurez été
dispersé jusqu'aux extrémités du monde ;
se. à cause de vos péchés, le Seigneur votre
Dieu vous en retirera ; se. lorsque vous vous
en rrpenlirez du fond de votre cœur. Ezecli.
34. 12. Isa. 61. 4. etc.
2" Ruiner, gâter, détruire, exterminer
{§iu(Ty.-Sù^jvj). Ps. 67. 31. Dissipa génies quœ
bella volunl : Dissipez les nations qui ne re-
spirent que la guerre, v. 2. Ps. 118. 126. Dissi-
paverunt legem tuam: Les superbes ont ren-
versé votre loi. Ps. 143. 6. Act. 5. 36. Ainsi,
Dissipare ossa. Briser et renverser les os, c'est
ruiner la force et la puissance. Dissipata sunt
ossa nostra secus infernum : Nos os ont été
brisés et renversés, jusqu'à nous voir aux
approches du sépulcre. Ps. 52. 6.
3° Dissiper, dépenser, consumer. Luc. 15.
13. 16. Dissipavit subslantiam suam vivendn
luxuriose : Le plus jeune des deux enfants à
qui leur père avait fait le partage de son
bien, dissipa tout son bien, dans un pays
étranger, en excès et en débauches, e. 16. 1.
4° Travailler, agiter par de grandes con-
vulsions ((777«/5(i(7o-ctvi. Luc. 9. 42. Elisit illum
dœmonium, et dissipavit: Le démon jeta
l'enlanl par terre, et l'agita par de grandes
convulsions ; se. lorsque cet enfant appro-
chait de Jésus-Christ, v. 39.
5^ Détendre, plier. Num. 9. 21. Si posi
dicm et noclcm recessisset, dissioabant lcn~
f
«IC9 DIS
(oria : Si .a nuée se relirait après un jour
il une nuil, les Israéliles détendaient aussitôt
kurs pavillons.
6° Arrêter, empêcher de tourner [èlzyz'.p-cj,
eœcitare. Symm. StaXûstvj.Prov. 25. 23. Venlus
Aquilo dissipât pluvias : Le vont d'Aquilon
empêche la pluie ; se. en écartant les nuées.
Job. 38. 31.
T Troubler, déconcerter [èy-fASuv). Job.
30. 13. Dissipaverunt ilinera mea : lis m'ont
rempli de trouble et de confusion. Voy. Iter.
De là vient le passif.
DISSIPARI. ~ 1° S'évanouir, disparaître ,
cesser. Job. 6. 17. Tempore quo fueriiit (or-
rentes dissipati : Au temps que les torrents
disparaîtront en s'écoulant, ils périront :
Job assure que ses amis, qui avaient tant de
dureté pour lui, périront comme les torrents
qui se dessèchent lorsque le soleil paraît.
Judic. 15. U.
2° Etre de sentiment différent, ne s'ac-
Gorderpoinl ensemble (5£«(T;)^i!;£C7Q«t)P»- 3^- 1^'-
Dissipati sunt : Mes ennemis ont été divisés
et partagés dar» leurs sentiments. Voy.
COMPUNGERE.
DISSIPATIO, Nis ; Tr/:ovo//n , perte, ruine,
destruction (xpîoj, aries). Jerem. 25. 34^. Com-
pleti sunt dies vestri, ut interficiamini , et
dissipaliones vestrœ : Le temps est accompli
auquel vous devez être tués, et auquel vous
serez dispersés ; c est-à-dire, votre ruine est
arrêtée et déterminée. Isa. 2i. 3.
DISSOLVERE; 5«)iv=tv , de solvere, et de
dis, qui marque quelque augmentation.
1° Délier, détacher, désunir, rompre. Eccli.
22. 19. Loramentum liyneum colUgatum î'n
fundamento œdificii non dissolvetur : Comme
le bois bien lié et attaché ensemble sur le
fondement d'un édifice, ne se désunit point :
aiiisi le cœur établi sur un conseil solide,
d meurera ferme. G-n. i9. 24. DissoUtta sunt
{è-AvzaOv.i) vincula bracliiorum et 77ianuuin
illius per manum pofenlis Jacob : Li s chaînes
des mains et des bras de Joseph ont été
rompues par la main du tout puissant Dieu
de Jacob. Jerem. 10. V. Zach. 11. 10. Ainsi,
dans le sens figuré, Eccli. 22. 25. Sic et qui
conviliatur arnica, dissolvit amiciliam : Celui
qui dit des injures à son ami rompra l'a-
mitié ; ainsi que celui qji jette une pierre
contre des oiseaux les fera envoler. Zich.
11. 1'*. Isa. 58. 6. Voy. Colligatio. Ezcch.
17. 15. c. kk. 7.
2° Fondre, dissoudre, faire fondre, consu-
mer (//«patvîtv). S.ip. 19. 20. Nec dissolvehnut
illam, quœ facile dissolvebatnr sicut glacies,
bonam escam : Les flammes ne faisaient point
fondre celte viande délicieuse, qui se fon-
dait néanmoins aisément comme la glace : il
parle de la manne. Nahum. 1. G. Petrœ dis-
solutœ sunt ab eo {5ixOf,\iT!Tî'70v.i): La colère de
Dieu, qui se répandra comme un torrent de
feu, fera fondre les pierres ; i. e. brisera ce
qu'il y a de plus fort et de plus ferme. Voyez
LiQUESCERE.
3° Détruire, ruiner, abattre (xzra/jctvj.Marc
14. 58. Iifjo dissotvam Icmplum hoc manu
fnctum : Je détruirai ce temple bâti par la
luain des hommes : c'est le faux témoigna^îc
Dis
ÎITO
que quelques-uns portèrent contre Jésus-
Christ (la fausseté y paraît en le compa-
rant avec ce qui est dit, Joan. 2. v. 19.20.
21). 2. Pelr. 3. U. Jerem. 51. G4. Ce qui
s'entend dans le sens métaphorique dans les
passages suivants. 2. Cor. 5.. 1. Si terrcstris
domus hujus habitationis dissolvatur ■ Si cette
maison de terre où nous habitons [se. notr'^
corps fait de terre), vient à être détruit
Sap. 2. 3. Philipp. 1. 23. Act. 5. v. 3S. 39. i.
Joan. 3. 8. La métaphore est tirée d'un édi-
fice qu'on démolit.
§ 1. — Affaiblir, défaire, abattre la force,
le courage, rendre languissant {-rr/.n-j, lique-
facere). Habac 3. G. Aspexit , et dissolvii
yenles : Dieu a jeté les yeux sur les nations,
( t il les a fait tondre comme la cire. Hebr.
liquefecit. JuJith. 16. 8. 1. Mach. 9. v. 7. 55.
Eccli. 28. 18. Jer. 49. 24. D'où vient :
§ 2. — Dissolvere manus, genua, cor, renés.
Affaiblir, abattre la force, faire perdre le
courage [xvihxi, remitlere). Isa. 35. 3. Con-
fortate manus dissolulas : Fortifiez les mains
languissantes. Sophon. 2. 26. Non dissol-
vantur manus tuœ : Ne vous affaiblissez
point. Jos. 5. 1. Eccli. 2. 25. c. 25. 32.
Ezech. 29. 7. etc. Job. 12. 18. Voy. Balteds.
§ 3. — Soudre, résoudre, interpréter, ex-
pliquer (o-'jyzotvstv). Gen. 40. 16. Vidcns pis-
lorum magister quod prudcnter somnium dis-
solvisset, ait : Le grand panelier voyant que
Joseph avait interprété si sagement le songe
du grand échanson, il lui décL-ira aussi sou
songe, afin qu'il le lui expliquât. Dan. 5. 16.
Voy. LiGARE 3°, et Solvere 8'. De là vient :
DISSOLVI , DISSOLUTUM ESSE. Etre
lâche et nonchalant {àiTzo(7zpi'fî'70ui).icrcm.'S\.
22. Usquequo deliciis dissolveris, filia vaga?
O Israël, jusqu'à quand vous laisserez-vous
abattre par une molle déliealesse? Prov. 18.
9. c. 19. 15.
DISSOLUTIO, Nis. Dissolution, séparation,
renversement, solution d'une question.
Solution , éclaircissement , explication
(/•Jo-tj). Sap. 8. 8. Scit dissoluliones argu-
mentorum : La Sagesse pénètre ce qu'il y a
de plus difficile à démêler dans les para-
boles.
Relâchement , langueur, abatlement do
courage {Olï^iç). Isa. 8. 22. Ecce dissolutio
et angustia : Ils ne verront partout qu'a-
ballemcnt et que serrement de cœur ; se
C'_'ux qui consuKeront les magiciens. Nahum.
2. 10. Dissolulio geniculorum {r/lvriç) : On
ne voit dans Ninive que des hommes dont
les genoux tremblent. 2. Mach. 3. 24.
DISSUTUS, A, LiM. Décousu, défait (-«/)«-
lù'jpii'jo;). Lcvit. 13. 45. Ilabebit vcslimenlu
f/j5suf a: Tout homme qui aura été séparé des
autres par le jugement du prêlre, comme in-
fecté de lèpre, aura ses vêtemenis décousus.
DISTANTIA, M. Distance, intervalle, dif-
férence, disproportion : dans l'Ecriture, il
est pris dans le sens figuré.
Différence, distinction. Deut. 1. 17. NuKa
crit distnnlia personarum : Il n'y aura au-
cune diflérence enire ceu\ que vous jugerez,
v. 39. Filii qui liodir boni ac tnnli ignorant
dislantiam ipsi ingrcdicnlur : Vos enfants
<1TI
DICTIONNAIRE DF
qui np savont pas enc^ro discerner le hioii
et le luai, seront ceux qui enlreront dans la
terre promise : Moïse raconte aux Israélites
ce que Dieu lui avait dit. Eccl. 6. 5. clc,
DISTARE ; ù-iyji-j , de slare, être éloigné,
é're différent.
Etre éloigné. Ps. 102. 12. Quantum distat
orlus ah occidenfe : Autant que l'orient est
éloigné du couchant, autant il a éloigné de
nous nos iniquités.
DISTENDERE. Tendre, étendre, élargir,
enifjlir {rvit-a-jiÇîi-j).
1° E'endre, bander. Hebr. 11. 35. Alii au-
tem distenti sunt : Les uns ont été étendus
.sur une roue, ou un chevalet, pour y êire
cruellement tourmentés. Saint Piiul parle
«les saints personnages de l'Ancien Testa-
ment.
2" Occuper, exercer, donner de la peine
{:rî/5i(T-âv). Eccl. 3, 10. Vidi affUclionem quam
dédit Deus fïliis hominum, ut distendantur in
en : J'ai vu l'occupation que Dieu a donnée
au\ enfants des hommes qui les travaille
pendatil leur vie.
DISTENTIO, Nis. Bandenaent, contention;
'Jaiis le sens figuré:
Occupation d'esprit, pénible et laborieuse
{■Kîoi'jna.iu.h;). Eccl. 8. 10. Apposui Cor menm
ut intelliyerem distentionem quœ versalur in
ferra; J'ai appliqué mon cœur |)our remar-
quer les soins différents qui travaillent les
hommes sur la terre.
DISTERMINARE; Sw/^iç^r., de terminare,
et de dis, qui marque division.
Borner, séparer. Ezech. 47. 18. Jordanis
dii^terminans ad mare Orientale: Le Jourdain
bornera la terre promise, en tirant vers la
mer Orientale.
DISTILLARE; ÙTrorrà.tjfj, arxÇîi)), jeter une
liqueur goutte à goutte, distiller, dégoutter.
Prov. 5. 3. Favus distillans labia merelricis :
Los lèvres de la prostituée sont comme le
rayon d^où coule le miel. Gant. 4. 11. Favus
distillans labii tua : Vos lèvres , ô mon
épouse, sont comme un rayon que distille le
miel : les lèvres de l'épouse mystique sont
les saintes Ecritures. Ps. 67. 9. Cœli distilla-
verunt a facie Dei Sinai : Les cieux ont dé-
goutté ou versé la manne; selon d'autres,
sont fondus en eau par les grands orages
qui se firent, lorsque Dieu donna sa loi à
son peuple au milieu des foudres et des
éclairs. Levit. 5. 9. Judic. 5. k. Gant. 5. 13.
Voy. Stillare.
DISTINCTE. Clairement , nettement. 2.
Esd. 8. 8. Legerunt in libro legis Dei dis-
tincte : Ils ont lu dans le livre de la loi <ie
Dieu dislinclemenl ; le peuple entendait,
étant debout.
DISTINCTIO, Nis. or/7-oAïi. Distinction, ilif-
férence, diversité.
Distinction, soit de personnes. Rom. 10.
12. Non enim est disliiuiio Judœi et Grœci :
'i'ous ceux qui croient en Jésus-Christ ne
.seront point confonlus, tous, sans distinc-
tion, tant des Juifs que des Gentils, c. 3. 22.
1- Cor. ik. 7. Nisi distinctionem soniluum
acdennt : Si les inslrumeuts de mus que ne
PUrLOLOGlt; SACREE. fr72
forment dos sons différents, on ne peut dis-
tinguer ce (jue l'on joue dessus.
DISTINCTUS, A, UM. Distingué, diversifié,
orné, embelli. Exod. 36. 35. Gant. 5. 14. Ven-
ter ejus cburneus , distinctus sapphirii : La
poitrine de mon bien-;iimé est comme d'un
ivoire enrichi de saphirs : ce qui figure la
pureté de Jésus-Chribt, dont le cœur est orné
de vertus, comme de saphirs précieux.
DlSTJNGUERE,5ia(7rir/£tv,de l'ancien verbe
inusité stinguo, (|ui vient de stigo , Gr. o-riÇu,
pungo. Ainsi, distinguere , c'est le même que
dispungere , marqueter, tacheter, entre-
mé:er^ et ensuite distinguer, séparer.
{" Distinguer. Eccli. 16. 26. Ab instilutione
ipsorum distinxit partes illornm : Dieu a dis-
tingué les parties du monde aussitôt qu'il les
a créées. 1. Mach. 6. 40.
2' Prononcer distinctement, et déclarer.
P>.. 65. 14. Ps. 105. 33. Distinxit in labiis suis^
Dieu déclara ouvertement aux Israélites, se.
qu'ils n'entreraient point dans la terre pro-
mise, ou, reprit hautement son peuple, de
ce qu'il n'extermina pas ses ennemis ; mais
si ce verbe se rapporte à Moïse, cest-à~dire
qu'il fit paraîlre de la défiance dans ses pa-
roles , lors(iu'il frappa la pierre.
DISTRAHERE. Tirer en diverses parties,
diviser, séparer avec violenee, diviser, par-
t !ger, vendre, parce que les marchands font
d's lots des marcliandises , et les divisent.
Dans l'Ecriture :
Vendre, en parlant, soit des biens, soit
des marchandises (7T«pK;)^wp£tv).2. Mach. 8.11.
Promittcns se nonayinta mancipia talento dis-
tracturum. Nicanor manda au\ marchands-
des villes maritimes qu'il leur promettait de
leur donner quatre-vingt-dix Juifs pour un
talent; se. de ceux (ju'il ferait prisonniers,
après la bataille dont il se promettait la
victoire.
DISTRIBUERE, StU-^y.t, St^ôtSivKt. 1° Distri-
buer, départir, part.iger. Luc. 9. 16. Distri-
buil discipulis suis : Jésus-Christ rompit et
donna à ses disciples les cinq pains et les
deux poissons, se. après les avoir bénis, et
pour les distribuer aux cinq mille hon)mes
du peuple qui suivaient Jésus-Christ. 1. Cor.
13. 3. Si distribuero in cibos pauperum omnes
facultates meas ( -^ùif/iÇ-tv ) : Quand j'aurais
distribué tout mon bien pour nourrir les
pauvres, Gr. Si frustulatim concisum in os
ingessero. Luc. 11. 22. Joan. 6. 11. Act. 13.
19. zaTa>:).r3poSo-cîv. Sorte distribuere.
2° Considérer en détail, visiter par ordre.
P. 47. 14. DistribuiCe {■/Mzv.ûiutpct'jOy.i ) domos
cjus : Faites la distribution et le dénombre-
nient des maisons de Sion , afin d'en faire le
récit aux autres races. D'autres expliquent :
Distribuez ses places pour y bâiir des mai-
sons.
DISTRIBUTIO, Nis, (i-p'.'ju^i , partage, di-
vision , distribution (z),ï?f)o5o5-i2<). Ps. "77. 54.
Sorte divisit eis terrain in funiculo distri-
butionis : Dieu distribua aux Israélites , par
sort, la terre promise, après l'avoir parta-
gée au cordeau : les Hébreux se servaient de
cordes pour partager leurs terres. Hebr. 2. 4.
Cvnlcstmtc Dco sijnis et Sj)iritus sancti dis-
1173
DiV
DiV
llTi
tribuliomous spcundum sunm vohtntnlem :
Dieu a rendu lémoign.ige de sa vérilé , par
les miracles et les prodiges el par la distri-
bulion des dons du Saint-Esprit, selon son
bon filaisir. Num. 36. 4. 1. Par. i. 33.
DISTRINGERE , èx^-âv, ^râv. De stringere
rt de dis, qui marque augmentation, serrer
fort, occuper, embarrasser, frotter, étriller;
de plus,
1° Dégainer, tirer hors («r-yTaôr, extraclio).
2. M.ich. 5. 3 Contigit videri gàleatorum vml-
titudinem gladiis districlis : On vit dans Jé-
rusalem une multitude de gens armés de
casques et d'épés nues.
2° Abattre , faire choir. Ezech. 17. 9.
Nonne fruclus ejus ^distringet ? Ce premier
aigle n'abattra-t-il pas le fruit de cette vigne?
Le Prophète parle de Nabuchodonosor, qui
devait emmener Sedecias captif en Rubylone.
3" Cueillir à la main ()5«aÇ«v-iv\ Ezech.
17. 22. De tertice ramorum ejus tenerum dis-
tringam : Je prendrai une greffe tendre du
plus grand cèdre, et la planterai sur une
montagne haute et élevée : ceci s'entend de
Jésus-Christ.
DITARE , 7T/ovTiǣtv. De dis , dilis , riche ,
opulent , le dieu des richesses ; Gr. rr/oJrwv.
Enrichir. 1. Reg. 2. 7. Dominas pauperem
fucit et ditat : C'e^t le Seigneur qui fait le
pauvre et qui fait le riche. Prov. 23. k. Noli
laborare ut dùteris. Ne travaillez point à vous
enrichir, c. 28. v. 20. 22. etc.
DITHALASSUS, a, um, qSvIu.'j'j'j;, Bimaris.
De Ô5<).âo-<7a, mare, et de Bi;, bis.
Qui a la mer des deux côtés. Act. 27. M.
Cum incidissemus in tocum dithalassum :
Ayant rencontré un isthme ou une langue
de terre enfermée entre deux bras de mer :
c'est où le vaisseau qui portait saint Paul à
Rome échoua.
DITIO , Nis. De dis, ditis , dieu des ri-
chesses, les richesses donnent grand crédit
dans le monde. Eccl. 10. 19. Pecuniœ obe-
diiint omnia.
Autorité, empire, domination, puissance.
Gen. 37. 8. Numquid rex nosler eris? ont
subjiciemur ditioni tuœ ? Est-ce que vous
serez notre roi , et que nous serons soumis à
votre puissance? disent les frères do Joseph ,
sur le songe qu'il leur raconta. 3. Reg. i. 21.
Salomon autem erat in dilione {fr/xTÙtiv.) sua
habens omnia régna a flumine lerrœ Philistiim
usque ad lerminum jEgypli. Salomon avait
sous sa domination tous les royaumes , de-
puis le fleuve d'Euphratc jusqu'au pays des
Philistins. Eslh. h. 11. etc.
DIU, Gr. l-i 77o).v, ÈTri TT/n'ov. De dies , el se
met quelquefois pourf/i'e, diu nocluyue, jour
et nuit ; mais quand il est adverbe, il signilic
continuation de temps.
Longtemps, pendant un long temps. Sap.
18. 20. Non diu permansit ira tua : Votre
colère ne dura que peu de temps , se. contre
les Israélites, lorsque Dieu les frappa dune
plaie dans le désert (Foy. Num. c. IG). Act.
20. 9. c. 28. C. etc.
DIVERSORlU.M.ii. Gr. //.ra/vv-y.. De dticr-
terc, tourner son chemin quelque pai I , aller
loper.
1' Auberge, hôtellerie. Luc. 2. 7. Rpcîi-
navit eum in prœsepio ; quia no7i erat eis locu»
in diversorio : La sainte Vierge coucha son
fils dans une crèche, parce quil n'y avait
point de place pour eux dans l'hôtellerie.
Gen. i2. 27. c. '»3. 21. Exod. i. 2i.
2^ Logis , ou lieu où Ion se retire en pas-
sant. Luc. 22. 11. Ubi est diversorium , ubi
Pascha cum discipulis meis manducem? Où est
un lieu où je puisse manger la pâque avec
mes discipli s , disent saint Pierre et saint
Jean au père de faniille , chez qui Jésus-
Christ fit la pâque avec ses apôtres. Judic.
18. 3. Jerem. 9. 2. Quis dabit me in solitudine
diversorium viatorum? (Hebr. remotorum.)
Plût à Dieu que j'eusse dans le désert une
retraite pour m'y cacher , afin de ne point
voir les crimes de mon peuple c-rzÇaôc) !
DIVERSITAS. ATis. Diversité, dilTérenre.
1. Par. 28. v. io. 16. Pro diversitate mensa-
rum : A proportion des différentes mesures
que devaient avoir les tables, v. 17.
DIVERSES, A, UM. De divertere.
1° Différent, divers. Deul. 25. 13. Non ha-
bebis in sacculo diversa pondéra, innjus et
minus .-Vous n'aurez point dans vos balances
plusieurs poids, l'un plus fort et l'autre plus
léger. Jiidic. 20. io. In diversa tendentes ,
occiderunt quinque millia virorum : Comme
les Benjamites étaient tous dispersés, l'un
d'un côté el l'autre d'un autre, ceux dlsracl
en tuèrent encore cinq mille. Job. 20. 2.
2' Contraire. Eslh. 16. 9. Si diversa jubea-
mus, pro qualitale et necessitate temporum :
Si nous ordonnons des choses qui paraissent
différentes, c'est parce que la diversité du
temps el la nécessité de nos affaires le de-
mandent . dit A<sucrus , dans la lettre qu'il
adresse dans tout son royaume en faveur des
Juifs.
3° Autre qu'il ne faut, contraire à l'état
naturel. 1. Reg. 1. 18. Vultusque illius non
sunt amplius in diversa mutati : Le visage
d'Anne ne fut plus abattu par la tristesse, se.
depuis que Heli lui eut souhaité que Dieu lui
accordât sa demande.
DIVERTERE ou DIVERTERE SE. £/.)îv£iv.
1 Se détourner, se retirer. Ps. 33. 15. />i-
vnle a malo. et fuc boiium : Dclournez-vous
du mal, el faites le bien. 1. Mach. 6. 47. Di-
verterunt se ah eis : Les Juifs se relirérenl du
combat. Num. 20. 21. Judith. 6. 9.
S'échapper, s'esquiver. 1. xMa h. 9. 45.
Non est loeus diieriendi : Il ne nous reslo
aucun moyen d'échapper, dit Jonalhas à ses
gens. 1. >Iach. 9. 47. Divertit ab ro rétro.
Racchides évita le coup d' Jonalhas, en se
n tirant en arrière.
2" Aller quelque pari, s'y retirer (y.v-oCrJsi'j).
Luc. 9. 12. Dimille turbns ut euntes in cas-
tella viltasque quœ circa sunt , divertanl , et
inveniant cscas ; Renvoyez le peuple , afin
qu'ils s'en aillent dans les villages el dans
l< s lieux d'alentour, pour se loger et pour y(
trouver de quoi vivre, disent les douze apô-
tres à Jésus-Christ. Ainsi,
Aller loger chez quelqu'un. Gon. 19. 3.
f ompulil illos o))pido ul divcrlcrrnt ad eum .
Lolh pressa les deux anges avec grande m-
fi:5 DICTIONNAUŒ DE PHILOLOGIE SACRÉ'.'
lance de venir chez lui {se, à Sodome). c 38.
1. Judic. 19. 15. c. 20. 4, olc. Ainsi,
Venir, approcher. Ru'h. i. 1. Qui divertit
et sedit. Le parent qui éiail le plus proche
de Rulh vinl et s'assit [se. à la porte de la
ville), d'où Booz l'appela. Voy. Declinare.
3° Faire aller ou transporter, amener. 2.
Reg. 6. 10. Noluil divertere ad se arcain Do-
mini in civitatein David; sed divertit eam in
domum Obedcdom Gethœi : David ne voulut
pas que l'on amenât l'arche du Seigneur chez
lui , en la ville de David ; mais il la fil entrer
dans la maison d'Obededom, de Gelh.
h" Retirer, soustraire («ois-Tàvxt). Ps. 80. 7.
Divertit ab oneribus deorsum ejus : Dieu a
déchargé le dos des Israélites des fardeaux
(jui les accablaient.
])IV^ES , iTis , 7r).ovTw?. De divus , qui, ut
Deus , dit Varron , nihil indigere viddur.
1" Riche, opulent, abondant, à qui il ne
manque rien pour les biens temporels. Prov.
H. 20. Amici divitum multi : Les riches ont
beaucoup d'amis. Luc. 6. 2ï. Vœ vobis divi-
tibus ! Malheur à vous, riches 1 Prov. 13. 7.
Est quasi dives cum nihil haheat, et est quasi
pauper cum in muUis diviliis sit : Tel paraît
riche qui n'a rien , et tel paraît pauvre qui
est fort riche. Il y en a qui veulent paraître
riches, quoiqu'ilssoient très piuvres, etd'au-
lilés. Eccl. 10. 9. Vidi positum stultum in di~
gnitate sublimi, et divites sedere deorsum ; J'ai
vu l'imprudent élevé dans une dignité su-
blime, et les riches assis en bas.
Soit pour sa noblesse, son rang et sa di-
gnité. Eccl. 10. 20. Insecrelo cubiculi tui ne
maledixeris diviti-Nc médisez point du riche
dans le secret de voire chambre. Isa. 53. 9.
Dabit divilem pro morte sua : Le bras du Sei-
gneur (Jésus-ChrisI) donnera les riches pour
la récompense de sa mort; i. e. il perdra les
puissants et les grands qui l'ont fait mourir.
Apoc.6. 15. Ps. 4i. 13.
5" Libéral , qui donne avec libéralité. Rom.
10. 12. Idem Dominus omnium, dives in om-
nes qui invocant illum : Tous n'ont qu'un
même Seigneur qui répand ses richesses sur
tous ceux qui l'invoquent. Ephes. 2. i.
6° Parfaitement heureux, qui dispose sou-
verainement de tous les biens. 2. Cor. 8. 9.
Propter vos egenus factus est, cum esset dives r
Jésus-Christ étant riche, en tant que Dieu ^
s'est rendu pauvre 'se faisant homme), pour
l'amour de vous.
très qui paraissent pauvres et qui feignent de
l'être, encore qu'ils soientriches;oM6i>n cela
Façon de parler.
Dives in Deiim. Riche en Dieu, ou des biens
de Dieu ; c'est s'acquérir ou s'être acqui»
beaucoup de mérite auprès de Dieu par les
aumônes et les autres œuvres de charité.
Luc. 12. 21. Sic est qui sibi thesaurizat, et
veutdirequequelques-uns manquant dolout, non est in Deum dives : C'est ce qui arrive à
ne laissent pas d'être riches, en ce qu ils
sont aussi contents du peu qu'ils ont, que
s'ils possédaient de grandes richesses ; et que
d'autres, au contraire, tels que sont les
avares , ayant de grands biens , agissent
comme s'ils étaient pauvres , parce qu'ils ne
se servent pas des biens que Dieu leur a don-
nés. Luc 1, 53. Divites dimisit inanes . Dieu
a renvoyé vides ceux qui étaient riches ; ce
qui peut s'entendre des richesses spirituelles,
qui sont les vertus qu'on se flatte d'avoir.
Eccli. 11, 10. Si dives fueris, non eris immu-
nis a deliclo : Si vous êies riche, vous ne
serez pas exempt de faute ; Gr. èàv Tr/riQw^,-,
si vous êtes multiplié, c'est-à-dire si vous
entreprenez beaucoup d'affaires. Eccli. kk. 6.
c. 25. 4.
2° Qui se fie et se repose sur ses richesses,
qui y est attaché. Matth. 19. v. 23. 21. Dives
difficile inirabit in regnum cœlorum : Un riche
entrera dilficilement dans le royaume des
cieux. Marc. 10. v. 23. 2i. 25. Luc. 18. 25.
c 6. 24. Ps. 33. 11. Divites eguerunt : Les
riches ont été dans le besoin , Hebr. leones;
les riches sont ordinairement comme des
lions (|ui se jettent sur ce qui les accommode
comme sur leur proie.
3° Riche, abondant en quelque chose que
ce soit. 1. Cor. 4. 8. Jam divites facti eslis:
Vous êtes dojà ricins (en sagesse et en biens
spirituels) ; ce que dit saint Paul par ironie.
2. Cor. 8. 9. i t illius inopia divites esselis :
Jésus-Christ, étant riche, s'est rendu pauvre
pour l'amour de \ous , afin de vous enrichir
par sa pauvn lé. Apoc. 2. 9. c. 3. 17.
4' Personne considérable, soit pour l'ha-
Ijilcté. la vertu, le mérite cl les autres qua-
celui qui amasse des trésors pour soi-même,
et qui n'est pas riche en Dieu : Ces paroles
pourraient encore signifier, qui n'est pas ri-
che selon l'ordre et l'esprit de Dieu ; i. e. qui
met sa confiance dans ses richesses, et qui
en fait un autre usage que celui que Dieu
veut qu'on en fasse.
Dl VIDERE ; 0tCf.ipeÎ7Bcf.t,iJiîûi'lcfj, StacxsOtÇsrj. De
la préposition di ou dis , et du mot toscan
iduo , qui signifiait diviser, d'où venait Idus,
parce que les Ides divisaient les mois.
1° Diviser, séparer (o£x-;^t?!£v . Exod. 14. v.
16. 21. Divisaque est aqua : L'eau se divisa
en deux; se. lorsque Muïse étendit sa main
sur la mer. Dan. 11. 4. Ps. 10. 14. Voy.
Pauci. Ose. 13. io. Ipse inter frulres divi-
det : L'enfer séparera les frères les uns des
autres. Ipse, se peui rapporter à la mort , le
tombeau ou l'enfer : tous ces mots sont de
masculin en grec. Hebr. selon quelques-uns,
Ephraïm a porté ses crimes plus loin que
SCS frères; selon d'autres, (ruclificabit , ou
multiplicabiiur. Ezech. 16. 25. V'oy. Pes.
2° Partager, distribuer. Prov. 11. 24. Alii
dividunt propria (o-Trjipetv) et diliores fiunt :
Los uns distribuent leur propre bien , et en
deviennent plus riches. Luc. 15. 12. Jub.
21. 17.
3° Partager comme son héritage, vaincre,
S'î rendre maître. Ps. 107.8. Dividam Siclii-
mam : Je ferai le partage de Sichem. Job. 27.
17. Jos. 13. 1. Terra latissima derelicla est,
quœ necdum sorte divisa est ; Hebr. occupata
est, et in potestatemredacla : Il reste un très-
grand pays qui n'a point été divisé par sort,
dit Dieu à Josué qui était vieux. Ainsi , par-
tager les dépouilles est une marque de vie-
1177
DfV
DIV
117«
toire cl d'opolencf». Exod. 15. 9. Dividam
spolia : Je partagerai les dépouilles des Israé-
lites, disait Pharaon. Gen. i9. 27. Prov. 16.
19. Voy. SpoLii
4 Défaire, mettre en déroute (StaxÔTrrstv).
2. Reg. 5. 20. Divinl Dominus inimicos meos
coramme, sicut dividuntiir agiiœ : Le Soi-
gneur a dispersé mos ennemis devant moi,
comme les eaux qui se dispersent et qui se
perdent dans la campagne ; autr. selon l'Hé-
breu, a rompu mes ennemis comme des eaux
qui rompent tout en se débordant. 1. Par.
14. 11. Ps. 54. 22. Divisi sunt ab ira vulius
ejus : Mes ennemis qui ont souillé l'alliance
de Dieu, ont été dissipés par la colère de
son visage. Sap. 5. 24. ïhren. 4. 16.
5' Désunir, diviser, commettre ensemble
(zaT«Stat|0ïtiT9at). Ps.54. 10. Divide linguas eo-
rum : Que mes ennemis soient divisés de
sentiments et d'inclinations. Act. 14. 4. Isa.
59. 2. Ainsi:
6° Mettre la dissension et la division.
Malth. 12. V. 25. 26. Omne regnum divisum
eontra se desolabitur : Toui royaume divisé
contre lui-même, sera ruiné. Marc. 3. 24.
Luc. 11. v. 17. 18. c. 12.53.
7" Prédire la dispersion et la division. Gen.
49. 7. Dividam eos in Jacob : Je les diviserai
dans Jacob : Celte prophétie s'accomplit
lorsque la tribu de Siméon fui dispersée dans
celle de Juda, la tribu de Lévi n'ayant point
eu aussi de partage fixe, comme les autres
tribus. Voy. Jos. 19. 1. Voy. Dispergere.
8° Retrancher du milieu , séparer du nom-
bre des siens, chasser. Malth. 24. 51. Dividet
eum [Sixo-coiizîv) : Le maître séparera ce mé-
chant serviteur. Luc. 12. 46. ce qui peut si-
gnifier, tuer, faire mourir, en faisant allu-
sion à ceux que l'on tue et que l'on coupe
par morceaux ; ce qui est exprimé par sein-
dere, ou secare médium. Dan. 13. v. 55. 59.
Gr. SixoTonsî-j (Voy. 1. Reg. 15. 33.), ce qui
est conforme à la phrase hébraïque , où di-
videre se met quelquefois pour tuer, défaire,
massacrer. Exod. 19. 22. Sancliftcentur, ne
perciiliat eos : Que les prêtres qui s'appro-
chent du Seigneur se sanctifient, de peur
qu'ils ne soient frappés de mort , dit Dieu à
Moïse ; llebr. dividat in eis.v. 24. ne inlerfi-
ciat eos : c'est le même mot hébreu. Ainsi , 1.
Par. 13. 11. Conlristalusque est David, eo
quod divisisset Dominus Ozam {$ici.-/.ômzfj) :
David fut affligé di; ce que le Seigneur avait
frappé (de mort) Oza : cl divisio Ozœ, qui est
au même passage, est mis pour percussio ,
inlerfeclio , separatio animœ a corporc.
9' Répandre , épancher au dehors. Prov.
5.16. In plaleis nquas tuas divide (5t'/7ro/>cu:aO&>
T« GÙ. ûScTa, aquœ luœ per plateas divagentur):
Répandez vos eaux dans les rues. Voy. Aqua.
Job. 38. 24.
10' Arrêter, empêcher {SiKa/i^îev). Sap
18. 23. Divisil illam qiiœ ad vivos ducebat
viam : Aaron se mettant entre les morts et
les vivants , arrêta le cours et la violence du
feu qui allait consumer ceux dos Israélites
(jui rcslaieut. V^oy. Via.
Façon de parler.
Pctra dividens. Le rocher de séparation ;
un nom de lieu dans le désert de Maon , où
Saiil et ses gens environnant David et ceux
qui étaient avec lui en forme de couronne
pour le prendre, cessèrent de le poursuivre,
à la nouvelle qu'il reçut que les Philistins
élaient entrés en grand nombre sur les terres
d'Israël. 1. Reg. 23.28.
Phrase.
Dividere vulmis. Ouvrir une plaie, bles-
ser. Eccli. 27. 28. Plaga dolosa, dolosi divi-
det vulnera : La blessure que le traître fait,
ouvrira les siennes; le mal qu'il fuit à son
prochain, le blessera aussi, et la plaie sera
partagée entr'eux. Voy. Plaga.
Dividere pedes. Voy. Pes. n. 5.
DIVIDI. — 1° Etre distant, être éloigné.
1. Reg. 20. 3. Uno tantum {ut ita dicam) ,
gradu, ego morsque dividimur : Pour user de
ce terme, il n'y a qu'un point entre ma vie
et ma mort; lettr. qu'un pas entre la morl
et moi , dil David à Jonalhas.
2° Etre agité et troublé de soins et d'in-
quiétudes. 1. Cor. 7. 33. Et divisus est : Ce-
lui qui a une femme, s'occupe des choses du
monde, et de plaire à sa femme, de sorte
qu'il est partagé.
3° Se séparer, se détacher, se désunir (pe-
/stÇîtv). Ose. 10. 2. Divisum est cor eorum :
Leur cœur s'est séparéde Dieu. Gen. 25. 23.
Duo populi ex ventre tuo dividentur : Deux
peuples, sortant de votre sein, se diviseront
l'un contre l'autre : les Juifs et les Iduméens,
par l'opposition de leurs mœurs, de leurs
lois, et de leur religion. Judic. 5. 15. Divisa
contra se Ruben : Ruben était divisé contre
lui-même : les plus vaillants de celle tribu
s'arrêtaient à disputer , au lieu de s'unira
leurs frères pour combattre leurs ennemis.
DIVINARE ; p«vT£Û£aO«i. Deviner, prédire
l'avenir, prophétiser. 1. Reg. 28. 8. Diuàta mi-
hi in Pylhone : ï)éco\i\rez-moi l'avenir, dit
Sdùl à ia femme magicienne possédée de l'es-
prit de Python ; afin qu'elle lui fît voir le
prophète Samuel. Mich. 3. 11. Prophetœ ejus
in pecunia divinabant : Les prophètes de Jé-
rusalem devinent [)our de l'argent. Ezech.
13. V. 6. 9. Erit manus mea super proplielas
qui divinant mendacium : Ma main s'appe-
santira sur les prophètes qui prophétisent
le mensonge, c. 21. 29. c. 22. 28. Act. 16.
16.
DIVINATIO, Nis; ^«vTcta — 1" Divinnlion,
prédiction de devin ou de faux prophète.
Num. 23. 23. Non est augurium in Ji:cob,ncc
divinalio in Israël : H n'y a point d'augure
dans Jacob, ni de devins en Israël ; autr. les
devins ne peuvent rien contre Israël. Levit.
20. 27. 4. Reg. 17. 17. etc.
2"0racle, jugement sage et divin (fxajxftov).
Prov. 16. 10. Divinatio in labiis Régis : Les
rois bons et sages rendent comme des ora-
cles : Dieu leur donne souvent une grande
lumière pour conduire les peuples.
DIVINITAS, ATis; Onorn;. Divinité. Rom.
1. 20. Scmpiterna quoque ejus virtus et divi
nitas : La puissance élernelle et la divinité
de Dieu sont devenues comme visibles. Co-
loss. 2. 9. Apoc. C'. 12. Dignus est Agnus, qm
n79
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACUÉE.
IISO
vccisus est, accipere vit lutem et divinitntem :
L'A^neiu qui a été égorgé est cligne de re-
c(>voir la puissance et la divinité; Gr. les ri-
chesses; ou, selon d'autres, il est digne de
recevoir la louange qui lui est due à cause
de sa puissance, de sa divinité; mais ou
croit que le mol divinitalem s'est glissé pour
divitatem, comme l'interprète avait appa-
remment écrit au lieu de divitias, Gr. ttaoOtov.
DIVINITUS. Cet adverbe signifle : par une
inspiration divine, par l'ordre de Dieu; di-
vinement, ou excellemment ; dans l'Ecr. :
Divinement, par la volonté de Dieu. Eccli.
hd. 3. Jpse est directus divinilus in pœniten-
tiam gentis : Josias a été destiné divinement
pour faire rentrer le peuple dans la péni-
lence. 2. Tim. 3. IG. Omnis Scriptura divini-
lus inspirata (ôcôrrv£Jî7^at) : Toute l'Ecriture
est inspirée de Dieu.
DIVINUM, i; Oiîov. Nom neutre pris sub-
stantivement.
Divinité. Act. 17. 29. Non deoemus œsti'
mare auro aut argento divinum esse simile :
Nous ne devons pas croire que la divinité
soit semblable à de l'or ou à de l'argent.
DIVINUS, i; uàvTj;.Dec/ius, a, um: Ce nom
se donne à ceux qui se mêlent de deviner,
parce que les Païens croyaient que c'était
par l'instinct des dieux qu'ils prédisaient ;
c'est pourquoi ils étaient appelés fvSeot, pleins
de Dieu.
Devin, qui prédit les cnoses à venir. Deut.
18. 11. Nec inveniatur in te qui Pythones con-
sulat, nec divinos : Qu'il ne se trouve per-
sonne parmi vous qui consulte les devins, v.
U. 1. Reg. 6. 2. etc.
DIVINUS, A, UM ; Bstoç. Du nom adjectif di-
vus.
1° Divin, de Dieu, qui vient de Dieu (Ô7(o,-).
Eccli. 39. 17. Obaudite me, divini fructus :
Ecoutez-moi, ô germes divins, enfants de
Dieu; c'est ainsi qu'il appelle les Odèlos
parmi les Israélites. Les saints sont da..s
celle vie comme des germes divins , parce
que la racine de tout le bien qui est en eux,
est l'esprit de Dieu. 2. Pelr. 1. v. 3. i. Ut per
hœcefficiamini divinœ consortes naturœ:Poui^
vous rendre par ces grâces participants de la
nature divine. Rom. 11. k. etc.
2" Agréable à Dieu {ô(Tuoi\t'ALa.c, odor suavi-
iatis). Eccli. 50. 17. Effadit in fundamento al-
taris odorem divinum excelso Principi : Si-
mon, fils d'Onias grand pontife, a répandu le
vin au pied de l'autel, pour monter comme
une odeur divine devant le Prince très-haut
(Gr. Odorem suuvitatis) : Il a versé l'odeur
d'un vin excellent qui lui est agréable. Vov.
Odor.
DJ VISIO, Ms ; Siuif,BTr.ç , nsc,i7uo;. — l° Divi-
sion, séparation. Ps. 135. 13.' Divisit mare
liubrum in divisiones : Dieu a divisé et sé-
paré en deux la mer Rouge, se une partie
étant à droite, et l'autre à gauche des Hé-
breux qui la passaient : Quelques-uns
croient que les eaux de la mer furent par-
tagées en douze sentiers ou passages. Dans
le sens métaphorique, Hebr. k. 12. Est sermo
Dei pertingens usquc ad diiisionem animœ ce
fpiritas:La parole de Dieu pénètre jusque
dans les replis de la partie animale et de la
spirituelle.
2° Distribution, partage [Trp'jyoari, prœda).
.îudith. 9. 3. Dedisti omnem p'rœdam in divi-
sionem servis tuis : Vous avez donné en par-
tage à vos serviteurs toutes les dépouilles
des étrangers, c. 4. 0. Eccli. li. 15.
3" Distribution, ordre, rang. 1. Par. 26. v.
I. 19. flœ sunt divisiones janitorum : Voilà
de quelle manière on partagea les fonctions
des portiers, et l'ordre dans lequel ils furent
placés, c. 27. 5. c. 28. v. 13. 21. etc.
i" Diversité, différence. 1. Cor. 12. v. 4. 5.
6. Divisiones gratiarum sunt, idem autem Do-
minus ; Il y a diversité de dons spirituels ;
mais il n'y a qu'un même esprit. Ce mot se
peut rendre aussi par distribution.
5' Distinction, diPférenc •, avantage sur un
autre (StaaToK). Exod. 8. 2 5. Ponamque divi-
sionem inter populum meum et populum tuum:
Je séparerai «non peuple d'avec votre peu-
ple ; se. en ce que Dieu devait envoyer con-
tre les Egyptiens toutes sorlcsde mouches, et
non contre les Israélites.
§ 1. — Bornes, limites. Jos. 13. 24. Cu^
jus hœc divisio est : Voici la division de la
terre promise que Moïse donna à la tribu de
Gad.
§ 2. — Ruisseau , appelé selon l'Hébreu
divisio, parce qu'il est séparé de sa s.')urc(î
[opah. impetus). Prov. 21. 1. Sicut divisiones
aquarum, ita cor Régis in manu Domini : Le
cœur du roi est dans la main du Seigneur,
comme une eau courante entre les mains
d'un habile jardinier qui la fait couler où il
veut pour en arroser tout son jardin. Thren.
3. ko.
§ 3. — Chose divisée {StxorôtinuLix). Gcn. 15.
17. Apparuit lampas ignis transiens inter di-
visiones nias : Lorsque le so'eil fut couché,
l'on vit une lampe ardente qui passait au
travers de ces bêles qn'Abrahanj avait divi-
sées. Jerem. 3V. v. 18. 19.
§ i. — Noms de lieux (Sr/xor-i). 1. Par. 13.
II. y^ocavit locum illum: Divisio Osœ : David
appela !e lieu (où Dieu frappa Oza), la Plaie
dOza, ou la Division d'Oza; parce que Oza
y fut ôté du nombre des vivants par la scpa-
ralion de son âme d'avec son corps. Isa. 28.
21. Sicut in monte divisionum stibil Domi-
nus : Le Seigneur va s'élever contre vous,
comme il fil sur la montagne de division :
Ce même lieu est appelé SaaI-pharasim, qui
signifie, plaine de division, où David défit les
Philistins. (Voy. 2. R<g. 5. 2). Voy. Puara-
SIM.)
DIVISOR, is; uîotTTrj,-. Distributeur, qui di-
vise, qui partage. Luc 12. ik. Homo, quis me
consliluit judicem aut divisorem super vos?
0 homme, qui m'a établi pour vous juger,
ou pour faire vos partages? dit Jésus-Christ.
DIVITLE, arum; Gr.77),oûTo,-.Du nom dives,
ilis.
i° Richesses, abondance de biens tempo-
rels. Prov. 22. 1. nielius est nomen bonum,
qunm divitiœ multœ : La bonne réputation
vaut mieux que les grandes richesses, c. 8:
18. c. 17. \(î. Quid prodest stulto habere divi-
tias, cum sapienliam emcre non possitf Que
fisr
DOC
Doc
ifS2
scrl à 1 insonsé d'avoir de grands biens, puis-
qu'il ne peut pas en acheter la sagesse? c. 3.
16. De là vient : Viri divilinrum. Ps. 75. 5.
Nihil invenerunt omnes viri divitiarum in mn-
nibus suis : Tous ces gens qui se glorifient
de leurs richesses, ne trouvent rien dans leurs
mains en mourant, étant destitués de toutes
choses. D'autres l'entendent en particulier
des Assyriens, qui, s'élant enrichis des dé-
pouilles de la Judée, furent tous exterminés
par un ange. 4. R^g. 19. 35. Prov. 31. 3. Ne
dederis mulieribus substantiam tuam, el divi^
lias tuas ad détendus reges : Ne donnez point
votre bien aux femmes, et n'employez point
vos richesses pour perdre les rois; Hebr. Ne
donnez point votre affection aux femmes : ce
qui perd les plus grands rois. Gen. 45. 23.
Jos. 22. 8. etc. Voy. Opes.
2° Grandeur, ou abondance de biens spi-
rituels. Rom. 2. k. An divitias bonitatis ejus
cuntemnis? Est-ce ainsi que vous méprisez
les richesses de la bonté de Dieu? c. 9. 23.
c. 11. V. 12. 33. 0 altitudo divitiarum sapien-
liœ et scientiœ Dei! { i. e. profunditas abun-
dantist ou magnœ sapientiœ): Que la grandeur
de la sagesse el de la science de Dieu est
profonde et impénétrable 1 2. Cor. 8. 2. Ephes.
1. V. 7. 18. Ps. 36. 3. Ps. 111. 3. etc. Ce mot
e.-«t ordinaire et familier en ce sens dans
saint Paul. Voy. MuLtiTUDO.
DIURNUS, A, UM. Du mot diu, pour die.
D'un jour, d'une journée. Mallh. 20. 2.
Convenlione auteni fada cum operariis ex
denario diarno ; -zw riixipu-j : Le père de fa-
mille étant convenu avec les ouvriers d'un
denier pour leur journée, il les envoya à sa
vigne.
DIUTIUS; nxy.pôrtpov. De diu, adverbe.
Longtemps. Sap. 12. 24. In erroris via diu-
tius erraverunt : Ils s'étaient égarés long-
temps dans la voie de Terreur. 2. Mach. 12.
36. Ad. 24. 4.
DIUTURNUS, A, UM ; TzokD/ji-jioç . Du même
diu, adverbe.
Qui dure longtemps, de longue durée. Sap.
k. 8. Senectus venerabilis est non diuturna :
Ce qui rend la vieillesse vénérable, n'est pas
la longueur de la vie, mais la prudence el la
vie sans tache.
DIVULGARE ; Sia'j-jjpiÇssv, Sixlcdea, publier,
divulguer, rendre une chose publique. Eccli.
47. 17. Ad insulas longe divutyalum est nonien
luum : Yowq nom s'est rendu célèbre jus-
qu'aux îles les plus reculées , ô Salomon.
Mallh. 28. 15. Et divulgatutn est verbum is-
lud opud Judœos iisque iu liodiernuni diem :
El ce bruit que les soldats répamlircnl {se.
que les disciples de Jésus-Christ étaient ve-
nus la nuit et avaient dérobé son corps pen-
dant qu'ils dormaient), dure encore aujour-
d'hui parmi les Juifs. Luc. 1. 65. elc.
DOCERiG; Gr.Stfîàrrxeiv, Du Gr. oo/etv, (îoxà-
Çeiv, exislimare.
1" Enseigner, apprendre, instruire. 1. Tim.
2. 12. Docere autcm mulieri non permillo :
Je ne permets point aux femmes d'enseigner
( publi(]ucmcnt , mais bien en particulier.)
Tit 2. 3. Anus bcnc doccntes ; Gr. zaÀoOtoaT-
Muloijç. Apprenez uux femmes âgées ù donner
de bonnes instructions. Apoc. 2. 20. elc.
2° Faire pratiquer ce qu'on enseigne, ou
rendre capable de le faire (5/3>oOv, ostendere).
2. Par. 6. 27. Doce eos viam bonam per quam
ingrediantur : Enseignez à votre peuple une
voie droite par laquelle ils marchent, dit Sa-
lomon à Dieu. Ps. 24. 5. Dirige me in veritate
tua, et doce nie : Seigneur , conduisez-moi
dans la voie droite de votre vérité, et instrui-
sez-moi. v. 9. Isa. 2. 3. Mich. 4. 2. Joan. 14.
2ii. Jlle vos docebit omnia : Le Consolateur,
qui est le Saint-Esprit, sera celui qui vous
enseignera toutes choses. 1. Joan. 2. 27. Un-
clio ejus docet vos de omnibus: L'onction que
vous avez reçue du Fils de Dieu vous ensei-
gnera toutes choses. Ps. 143. 1. Ps. 118. v.
12. 68. Bonitalem et disciplinam et sciendam
doce me. Celle manière d'enseigner est pro-
pre à Dieu, qui, parle mouvement de sa
grâce, fait vouloir et faire ce qu'il inspire.
Voy. OsTËNDERE. Voy. DOCIBILIS.
3" Accoutumera quelque chose. Jerem. 9.
5. Docueriint (|:/«veàvetv) linguam suam loqui
mendacium : Ils ont inslruil leurs Lingues à
débiter le mensonge, c. 2. 23. c. 9. 19. c. 12.
16. Ose. 10. 11. Ephraim vitula docta diligere
trituram : Ephraïm est une génisse qui s'est
accoutumée, et qui se plaît à fouler le grain,
etc.
4° Avertir, faire savoir, déclarer. Marc. 8.
31. Cœpit docere eos qaoniam oportet Filium
liominis pati mulla : Jésus-Christ commença
à déclarer à ses disciples, qu'il fallait que le
Fils de l'Homme souffrît beaucoup, c. 9. 30.
Apoc. 2. 14. Jerem. 32. 33. Hab. 2. 19. Ps.
70. 18. 1. Cor. 11. 14.
5° Ordonner, prescrire. Jonn. 8. 28. A me
ipso facio nihil, sed sicut docuit me Pnter,
hœc loquor : Je ne fais rien de moi-même;
mais je dis ce que mon Père m'a enseigné :
JéNUs-Christ, comme Dieu , a reçu du Père
é(ernel toute lun)ière et toute connaissance,
en recevant l'être dft toute éternité; et comme
homme, a obéi à ses ordres. Voy. AuDint:.
Ainsi, Deut. 1. 15. 1. Par. 28. 29. Voy. Ma-
GISTER.
6° Reprendre, Corriger (TratSeÛEtv). Eccli. 30.
13. Doce filium luum, et opcrare in illo : In-
struisez votre fils el travaillez à le former.
Ps. 17. 36. Disciplina tua ipsa me docebit .
Votre sainte discipline m'instruira ; 3t'5«;£t,
Hebr. Rabab, de Rub, Mugister. Voy. Mul-
TIPMCAUE.
7" Instruire, suggérer. Job. 15. 5. Docuit
iniquilas tua os tuum : V^olrc iniv|uilé a in-
struit votre bouche; vous tlilcs tout ce que
vous suggère la malignité de votre esprit.
8' Maltraiter, perdre, ruiner. Isa. 27. 10.
Muiicrcs tenienlcs doccbunt cam : Des femmes
viendront la désoler ; llcbr. y mellronl le
feu : Ces femmes marquent les Mèdes qui
vivaient dans la mollesse. \
DOCH, lleb. Commotus. Un petit fort, où
Piolé(née fil tuer Simon par trahison. 1. Mac.
16. 15.
DOCIRILIS, is, E. Cet adjectif est peu ca
usage en latin ( on ne le rencontre que dans
Tércncc); il est mis pour ducHis , celui tiui
IJS3
DiCT:oNNAmr: df philologie sacrel.
^l^4
ppul élrc enseigné, qui peut apprendre : dans
l'Ecrilure :
I 1» Qui a appris, qui a été instruit et ensei-
gné (ôt^axTÔc). Joan, 6. 45. Erunt omnes do-
cibiles Dei: Ils seront tous enseignés de Dieu :
Ce passage est pris d'Isa. S'i-. 13. qui porte :
Ponam universos filios dodos a Domino ; Ce
qui est une prédiction du Nouveau Testa-
ment, où les fidèles sont enseignés inlérieu-
rement par l'Esprit de Dieu. Voy. Jerem. 31.
34.
2° Capable d'instruire et d'enseigner (5t5a-
xTiyôç). 2. ïim. 2. 24. Servum Domini... opor-
tet esse docibilem : Il faut que le serviteur du
Seigneur soit prêt à enseigner. Voy. 1. Tim.
3. 2. Doctor.
DOCILIS, is, E. De docere, docile, qui ap-
prend aisément.
Docile, obéissant. 3. Reg. 3. 9. Dabis serv
tua cor docile : Je vous supplie de donner à
votre serviteur un cœur docile; dit Salomon
à Dieu; Gr. et Heb. audiens.
DOCTE; EVfiKSw?. Doctement, en homme
intelligent ; dans l'Ecriture :
Adroitement. Sap. 13. 11. Si guis hujus
docte eradat omnemcorticem : Un ouvrier ha-
bile ôte adroitement toute l'écorce de l'arbre
qu'il a coupé dans une forêt : l'Ecriture dé-
crit l'origine des idoles.
DOCTISSÎMUS , A, UM. 1» Très-savant ,
très-sage. 1. Esdr. 7. 12. Ar taxer xes RexRe-
gum Esdrœ Sacerdoti Scribœ Legis Dei Cœli
doctissimo , salutem : Artaxerxès, roi des rois,
à Esdras, prêtre et docteur très-savant dans
la loi du Dieu du ciel; salut.
2° Très-habile, fort expérimenté {SzSiSay-
Mtvof). C.int. 3. 8. Omnes ad hella doctissimi ;
Les soixante hommes qui environnent le lit
de Salomon sont tous expérimentés dans les
guerres.
DOCTOR , is ; §£5«(tz«>o?. — 1° Docteur ,
maître, qui enseigne. 1. Tim. 2. 7. Posilus
sum ego Doctor gentium in Fide : J'ai été éta-
bli docteur des nations pour les instruire
dans la foi. 1. Tim. 1. 7. Isa. 30. 20. c. 33.
18.
2" Docteur établi pour enseigner ; soit dans
l'église Judaïque, comme ceux qui étaient
appelés docteurs de la loi. 2. Par. 15. 3. Luc.
2. 46. Invenerunt illum in Templo sedentem
in medio doclorutn ; Le père et la mère de
Jésus-Christ le trouvèrent dans le temple (de
Jérusalem) assis au milieu des doctcuis, les
écoutant et les interrogeant, c. 5. 17. Matlh.
22. 35. Voy. Scriba, Legisperitus.
Soit dans l'Eglise des chrétiens. Act. 13. 1.
Erunt in Ecclesia giiœ erat Antiochiœ, Pro~
phclœ et doctores : Cvux qu'on appelait pro-
phètes, dans la loi nouvelle, étaient particu-
lièrement ceux quelle Seigneur remplissait
de son Esprit, pour expliquer d'une manière
surnaturelle ce qu'il y avait de plus caché
dans les Ecritures : Les docteurs étaient ceux
qui instruisaient au>;si les fidèles , mais en
un degré inférieur à celui des prophètes. I! y
avait dans l'Eglise d'Antioche des prophètes
et des docteurs. 1. Cor. 12.29. Numquid om-
nes doctores? Tous sont-ils docteurs? 28.
E|.hcs. 4. 11. Joël 2. 23. Dcdit vohis doclo-
rem justitiœ : Dieu vous a donné nn maître
qui vous enseignera la justice ; propr. Dieu
vous a donné des aliments |)Our la justice,
BpM[/.xr(x. eiç Sexotioaûv/jv. Ce qui s'entcnd du
Messie.
3° Docte, habile, et capable d'instruire et
d'enseigner (StScxTixo?). Soit en ce qui regarde
la foi. 1. Tim. 3. 2. Oportei episcopum esse
doclorem : 11 faut que l'évêque soit capable
d'enseigner; Gr. StSwzTixôv. Soit en quehpie
art ou science, comme la musique et les ins-
truments de musique. 1. Par. 25. 7. Cuncti
doctores (o-uvtwv, intelligens) : Tous ceux
qui instruisaient les autres à chanter les
louanges du Seigneur, qui étaient au nombre
de deux cent quatre -vingt huit: c'étaient
des enfants d'Asaph.
4" Magistrat établi dans les villes pour y
régler la manière de rendre la justice, et y
être consulté par les juges mêmes {ypaixiiuro-ia-
uyuysx/ç, Litiuminlroductor, Hebr. Schoterim
prœfecti). Deut. 29. 10. Vos stalis hodie coram
Domino Deo vestro, Principes vestri et tribus^
ac majores natu, atque doctores : Vous êtes
tous ici présents aujourd'hui devant le Sei-
gneur votre Dieu, les princes qui sont parmi
vous, les tribus, les Anciens et les docteurs,
c. 38. 28. Ces mêmes magistrats étaient ap-
pelés magistri. Deut. 16. 18. Voy. Magister,
Princeps.
5" Prince, juge, législateur. Deut. 33. 21.
Vidit principalum siium qiiod in parle sua
doctor esset repositus : La tribu de Gad ayant
prévu que Moïse le législateur et le chef d'Is-
raël devait être enseveli deçà le Jourdain^
elle y demanda son partage (juelques mois
auparavant : d'autres expliquent le mot de
docteur, par celui qui devait instruire dans
le partage de Gid. 2. Par. 26. 11. Fuit exer-
citus bellatorum ejns sub manu Jchicl Scribœ,
Maasiœque doctoris ; Gr. xpîrou. L'armée des
braves de Josias était commandée par Jehiel
secrétaire, par Maasie, docteur de la Loi ;
Hebr. Prœfecti.
DOCTRINA, je; 5£S«7x«)iî«. — 1° Doctrine,
science {yvûat;). Prov. 8. 10. Doclrinam mu-
gis quam aurutn eligite : Choisissez plutôt la
science que l'or. 2. Tim. 4. 3. Erit temphs
cum sanam doctrinam non sustinebuni : Il
viendra un temps que les hommes ne pt)ur-
ront plus souffrir la saine doctrine. Prov. 14.
6. Doctrina prudenlium facilis (aiaônc-iî) : La
science se communique facilement à l'homme
sage. Prov. 12. 8. etc.
2° Instruction , fonction d'enseigner. 1.
Tim. 4. v. 13. 16. Attende libi et doctrinœ :
Veillez sur vous-même et sur l'instruction
des autres. 1. Tim. 5. 17. Tit.2.7. Rom. 12. 7.
3° Manière d'instruire {BiSu^-n). Marc. 12.
38. Dicebat eis in doctrina sua : Jésus-Christ
disait , en sa manière d'instruire, au peuple
qui prenait plaisir à l'écouter.
4" L'elTet et le bruit de la doctrine et de
l'instruction (yTrôxoos , obediens patri). Prov.
13. 1. Filius sapiens, doctrina Patris : La sa-
gesse du Fils fait connaître la sagesse du Père :
d'autres lisent selon l'Hébreu, (/ocfrmam, eu
sous-entendant le verbe audit.
5" Preuve de quelque choso, ce qui la fai»
1185 DOC
connaître. Jer. 10. 8. Doctrina vanltatis co-
rumlignum est : Le»bois qu'ils adorent est la
preuve de la vanité de leur culte.
6° Correction, châtiment, punition {nuiSsiu).
Isa. 26. 16. In (ribulatione niiirmiiris, doc-
trina tua eis : La correction salutaire que
vous faites sentir aux Juifs, leur sert dans
l'affliction qui les presse. Prov. 15. 10. Doc-
trina mala descrenli viam : Le châtiment et
l'instruction déplaît à celui qui quitte le droit
chemin. Prov. 1. 7. Sapientiam atqiie doctri-
nam stulli dcspiciunl : L( s insensés méprisent
la sagesse et la science. Eccli. 18. 11. Le mot
doctrina est le même que disciplina , \. 2.
7° Reproche, correction {■Kv.ihia.). Job. 20.
3. Doctrinatn qua me arguis , audiam : Je veux
bien écouler les reproches que vous me
faites.
8" Sagesse, jugement, bon sens («rùvîs-tj).
Job. 12. 20. Doctrinam seiiiunauferens : C'est
Dieu qui retire la science des vieillards, c.
20. 3. Prov. 2'k k. Voy. Cellarium.
9" Don d'enseigner les autres [StSxxo). 1.
Cor. 14. 29. Doctrinam habet : Si quelqu'un
est inspiré de Dieu pour instruire. Celte
grâce du Saint-Esprit consiste à enseigner
les mystères du salut.
10' La vraie doctrine, la science des mystè-
res du salut. 1. Tim. 6. 1. Ne nomen Domini
et doctrina blasphemetur : Aûn qu'on ne
l>lasphème point contre le nom et la doctrine
du Seigneur. Prov. 12. 8. Doctrina sua nosce-
tur vir : L'homme sera connu par la pureté
de sa doctrine; c'est une marque ordinaire
de la vertu , principalement lorsqu'elle est
jointe à la pureté des ii;œurs ; Hebr. sera
loué selon sa prudence. Ainsi, Isa. 2i. 15.
In doctrinis ghrificate Dominum : Rendez
gloire au Seigneur par une doctrine pure.
Hebr. □nNi(6flurim), de ""^Nior, /ux), propre-
ment in luce, in igné. Aq. Syin. Théod. le
traduisent par yartî-p-oi, illuminationes ; mais
toutes ces significations sont implicilemenl el
éniinemment renlermées dans le mut do-
ctrina, choisi par la V'ulgale ; parce que la
doctrine est tout à la fois une lumière qui
éclaire l'esprit et un feu qui échauffe le cœur:
voilà pourquoi l'Eglise dit des prédicateurs
de la doctrine, qu'ils sont comme des lampes
ardentes et luisantes, lucerna ardens et lu-
cens. Jean. 5. 35.
Façon de pa.-ler.
Doctrina el veritas ; Heb. D'cm DTIN urim
et thummim; Gr. SoÏ'.jtiç y.v.l r, «X/jOeia, la doc-
trine et la vérité marquent la science el la
pureté des mœurs. Exod. 28. 30. Pones in ra-
tionali judicii Doctrinam el Vcriiatem : Vous
graverez ces deux mots sur le Kational du
jugement : Doctrine et Vérité ; Hebr. illumi-
nationes et perfecliones. Lcvit. 8. 8. Ces deux
mots élaienl gravés sur le Rational que por-
tait le grand prêtre, pour marquer qu'il fal-
lait que le pontife fût écljiré en science et
parfait en vertus. Voy. 1. Esdr. 2. 63. Dcut.
33. 8. Voy. Perfectio. D'autres rexpli(juent
autrement : ils penst nt que ces deux mots
désignaient les douze pierres précieuses du
l^lional. aiiibi nummécs à cause de leur bril-
roD
fISb
lanl eciat ; c'est par ces pierres précieuses que
le grand prêtre faisait connaître la volonté de
Dieu, soit par leur lueur différente, soit par
quelqu'autre manière qui ne nous est pas
connue. Num. 27. 21. 1. Reg. 28. 6. C'est en
particulier le sentiment de Josèphe, Antiq.
3, c. 8, mais le plus sage est de reconnaître,
avec RR. D. Kimchi et Aben-Ezra, qu'on ne
sait posilivemenl ce que ces deux mots si-
gnifiaient.
DOGTRIX, cis, Gr. uvaziç, initiatrix , du
nom doclor.
Maîtresse qui enseigne les mystères el les
secrets de la science de Dieu. Sap. 8. i. Doc-
trix est disciplinœ Dei : La Sagesse est la maî-
tresse de la science de Dieu; celle Sagesse est
Jésus-Chrisl même.
DOt^lUS, A , UM , ôzSioa.ytMéyo;, Si^xy.rô;, qui
a été enseigné, à qui on a appris ; de plus :
1° Docle, savant, intelligent, bien instruit.
aofoç. Eccl. 2. 16. Moritur dodus, similHer et
indoctus : L'hoinmo savant meurt comme Vi-
çnoranl.c.9 Ai. Vidinecdoctoriim:zot;(Tjj-xoi;)
esse divilias : J'ai vu que les richesses tem-
porelles ne sont point pour les plus habiles.
I. Par. 25. 8. Prov. 17. 27. c. 2i. 5. Dan. 1.
k. c. 11.33.
2° Savant et docteur qui enseigne la loi de
Dieu (<Tyv£££»-, intelligens ). Dan. 12. 3. Qui
docli fuerint fulgebunt : Ceux qui auront été
savants, brilleront comme les feux du firma-
ment. Voy. Maldon. m Matth. 13. 43. Dan.
II. 32. Matth. 13, 52. Scriba dodus in regno
cœlorum; Gr. in regnum {u.oLOnzz\jQti;) : Doc-
teur qui est bien instruit en ce qui regarde le
royaume de Dieu oupourprêcherles mys'ères
du royaume de Dieu. 1 .Esdr. 2. 63. Dixit Atlier-
satha, ut non comederent de sanclo sancloruni,
donec surgeret sacerdos dodus atqueperfedus:
Alhersalha leur dit de ne point manger des
viandes sacrées jusqu'à ce qu'il s'élevât un
pontife docte el parfait. 2. Esdr. 7. 65. Voy.
Sacerdos. Dan. 12. 10.
3' Habile, adroit, expert en quelque cnose
( (joffjç). Exod. 35. 25. Mulieres doclœ, quce
never:-:nt, dederunl : Les femmes qui étaient
habiles au travail , donnèrent ce qu'elles
avaient filé d'hyacinthe, de pourpre, elc; se.
pour le tabernacle du témoignage. 1. Mach.
k. 7. c. 6. 30.
i" Ingénieux , subtil, fait avec esprit ^o-£7o-
fi7iJié-jo; , arte politus).] 2. Potr. 1. 16. Non
dodas fabulas seculi : Ce n'est point en sui-
vant des fables et des fictions ingénieuses, que
nous vous avons fait connaître la puissance el
l'avénemenlde Notre-Seigneur Jésus-Chrisl. 1 .
Cor. 2. 13. Loquimur , non in dodis humnnœ
sapientiœ verbis : Nous annonçons les dons
que Dieu nous a faits, non pas avec le lan-
gage étudié <le la sagesse humaine. Gr. oi-
ôaxToï,-, subtilement inventés pour persua-
der.
5' Accoutume, fait à quelque chose (st^wf,
sciens). 1. Mach. 6. 30. Elephanti triginta duo^
dodi ad prœliuni : Il y avait, dans l'arméo
d'Antiochus contre Judas, Irenle-deux élé-
phants dressés au combat. Ose. 10. 11.
DODAV, Flehr. dilcctio rjns, palruiui fjus^
père du |)r»)phctc Eliézer. 2. Par. 20. 37.
ns7
LICTIONNAIRE DE PIIlLOiOGlE SACRÉS.
\\^
DODANÏAI. Hebr. dilecti , fils de Javnn.
Geii. 10. 4. 1. Par. 1. 7. Gr. poSiot , Rhodii ;
les Septante ont lu Rodanim, et on l'entend
de l'île (le Rhodes.
DOEG, Hebr. anjius, un officier de Saiil,
iduniéen , qui était en grand crédit auprès de
ce prince. 1. Rog. 21. 7. c. 22. v. 9. 18. 22.
etc. C'est cet officier perfide qui a fait le su-
jet du psaume 51 , et qui lua , par ordre de
S.:ù!, sur le rapport qu'il lui avait fait, le
grand sacrificateur Arhiméiech, et quatre-
vingt-cinq autres prêtres , revêtus de leurs
habiis sacerdotaux , l'an du monde 2976. 1.
Reg. 21.7.
DOGMA, ATis , ooyva ; du verbe oor.eh, ^e
fait oioo'/fiKi, doù vient ooyax,
Dogme , maxime ou opinion particulière ;
dans l'Ecriture :
1° Dogme , doctrme. Job. 13. k. Cullores
perversorum dogmatxim : Défenseur d'une
doctrine corrompue; Hebr., faux médecins.
2' Edit , ordonnance ( -/pty-yy-^-^- )• Eslh. i. .3.
Jn omnibus provinciis ad quœ cnidele régis
dogma perveneral , planctus ingens eral apud
Judœos : Dans toutes les provinces (et autres
lieux) où ce cruel édit du roi t'ivait été en-
voyé, les Juifs faisaient un grand deuil. Act.
16. i. Tradebant eis custodire dogmata quœ
eranl décréta ab apostolis et senioribus qui
erant Jerosolymis : Saint Paul et Timolhée
donnaient pour règle aux fidèles, de garder
les ordonnances qui avaient été établies par
les apôtres et par les prêtres de Jérusalem.
Les ordonnances et les édils des princes sont
rendus par le même mot grec dogma. Voyez
Luc. 2. 1. etc.
DOLARE , ).a:rj£tv, de dalal, extenunre, di-
minuer ; ce qui se fait sur le bois en le dolant :
1° Doler, et se dit proprement du bois
qu'on aplanit et unit avec la doloire. Ezech.
27. 6. Quercus de Basan dolaverunt in
l'cmos lUOS (ix ~f,; BacaviriSoç è—oir,(7X'J -zàç vm-'j.;
cr.v) : Ils ont mis en œuvre les chênes
de Basan pour faire vos rames ; le Prophète
parle de Tyr sous la figure d'un vai.-seau.
2° Tailler, polir. Deut. 10. 1. Dola tibi duas
tabulas lapideas : Taillez-vous deux tables de
pierre, comme étaient les premières, dit Dieu
a Moïse. V. 3. 3. Rcg. 3. 18. c. 6. 7. etc.
3° Traiter rudement , tourmenter (à-oGr&i-
Çeiv, demelere). Ose. 6. 5. Dolavi in prophelis:
J'ai inquiété et maltraité les Israélites par
mes prophètes ; 5C. en ce qu'ils les ont étour-
dis par des reproches continuels et les ont
épouvantés par la terreur des jugements de
Dieu. D'ailleurs l'Ecriture dit que les pro-
phètes font ce qu'ils prédisent qui se fera
(Voy. DiviDERE, 5 , EvELLEKE, clc). La mé-
taphore est tirée Je ce que l'on retranche et
qu'on taille ce qu'on polit.
DOLERE, TToverv, «/'/ctv, du trême mot hé-
breu dal ou dalal , atlenuaiit , parce que la
douleur abat et maigrit le corps ; ce verbe se
dit et de la douleur du corps , et des peines
d'esprit :
1° Etre fâché, être affligé ou malade. 1 . Reg.
22. 8. Non ext qui vicem meam doleat : 11 n'y
en a pas un d'entre vous qui soit louché de
mou malheur, dit Saùl à tous ceux qui
élaienl autour de lui. 3. Reg. 15. 23. In tem-
père senectulis suœ doluit pedes : Asa eut un
grand mal de jambes lorsqu'il était déjà
vieux. Jerem. k. 19. Ventrem meum doleo;
i. e. viscera : Je suis pénétré de douleur et
d'affliction; le Prophète parle au nom de la
ville de Jérusalem, qui pressentait les maux
dont elle était menacée. Judic. 10. 16. Doluit
super r.Jseriis eorum {iliyo^v/^gi-j, deficcre ani-
mo) : Le Seigneur fut touché de la misère que
les Israélites souffraient de la p irt des Am-
monites; ce qui se dit de Dieu improprement.
Luc. 2. 48.
.2° Ressentir son mal, s'en apercevoir.
Prov. 23. 35. Verberaverunt me, sed non do-
lui : Ils m'ont battu , et je n'en ai rien senti.
Jer. 5. 3.
3 Trembler , être effrayé (ùSivstv). Habac. 3
10. Viderunt te. et doluerunt montes: Les mon-
tagnes vous ont vu, et elles ont été saisies de
douleur; Hebr. ont tremblé; ces moniagnes
marquent les rois qui ont été saisis de frayeur
à l'arrivée du peuple de Dieu dans la terre
promise; Gr. ).aoi, populi. Jer. 5. 22. A facie
mea non dolebitis? Ne serez-vous point saisis
de frayeur devant ma face? Gr. vA'jf^rfih'jt'j^i-,
Hebr. parebilis.
k° Etre transporté de fureur. Eccli. 9. 20.
Super dolentium arma ambulabis; i. e. hostiuin
furentium : Souvenez-vous que vous marchez
au travers dos armes d'ennemis pleins de co-
lère ; Gr. vous vous promenez sur les cré-
neaux de la ville.
5° Causer de la douleur et de l'afnictlon.
Isa. 17. 11. Ablala est messis in die hœredi-
tatis, et dolebit graviter; i. e. dolere faciet :
Lorsque le temps de recueillir sera venu,
vous ne trouverez rien , et vous serez percée
de douleur; Hebr. cheèb, dans une conjugai-
son active ; c'est la punition de l'oubli de
Di u.
DOLOR , is , oo-j-jr, , de la même racine
dcdal :
i° Douleur , affliction , mal , tristesse , en-
nui {l<JTzn]. Gen.3. 16. Jn dolore paries filios
(tî/vov) : Vous enfanterez dans la douleur,
dit Dieu à Eve après son péché. Ainsi, Ruben,
l'aîné de Jacob, esl appelé principium dolo-
ris. Gen. 49. 3. Voy. Principium. Act. 2. 24.
QuemBeus suscitavit soluiis doloribus [Ivax; zi;
wStvaç) inferni'. Dieu a ressuscité Jésus-CInisl
en arrêtant les douleurs de l'enfer; Gr., de la
mort;i. e. Dieu l'a délivré de l'état où sont les
morts , ce qui est exprimé par le mot infer-
nus. Sttint Pierre avait en vue le Psaume 17.
V. 5. 6. Circumdederunt me dolores morlis;
dolores inferni circumdederunt me ; Hfbr., fa-
nes, vincula : Je suis environné de douleurs
mortelles, comme de chaînes (David, dans le
sens littéral, pari • des grands périls où il s'é-
tait vu lorsque Saùl le faisait chercher par-
tout pour le tuer). Saint Augustin explique
ce passage des âmes que Jésus-Christ a déli-
vrées des peines de l'autre vie , par sa des-
cente aux enfers. Ainsi , Mallh. 24. 8. IJax
autcm omnia initia sunt dotorum : Toutes ces
choses; se. les guerres, les pestes , ne seront
que le commencement des douleurs qui arri-
\ août ou à la destruction de Jérusalem ou au
I!S0
1)01
DOM
ll!H>
jugcmenl dernier , dont elle a élé la figure;
Gr., wôivojv, ce mol signifie le mal que soutire
une femme dans l'enlantemonl. L'Ecriture se
sert souvent de celte comparaison pour ex-
primer les plus grands maux. Voy. Jerem.
22. 23. Ose. 13. 13. 1. Thess. 5. 3. etc. Ainsi»
Jésus-Christ est appelé Vir clolorum. Isa. 53.
2. cl-jOprjinoç èv Tzlnyô wv , un homme qui est
dans la souffrance, parce que sa vie en a été
remplie.
2° Grande maladie. Job. 33. 19. Increpat
quoque per dolorem (/x«),c/.zt«) in lectulo : Dieu
châtie Ihomme par la douleur qu'il souffre
dans son lit.
3° Peine, travail , sueur (èSvvïj). Ps. 126. 2.
Surgite poslquam sederilis , qui manducatis
panem doloris; i. e. tabore et œriimna partum :
Levez-vous après que vous vous serez re-
posé, vous qui mangez d'un pain de dou-
jeur.
k' Frayeur , épouvante. Exod. lo. 14.
Dolores (wSiv) ohlinuerunl habitatores Phili-
stiim : Les Philistins ont élé saisis d'une
profonde douleur. L-^a. 13. 8.
5° Mal que l'on fait à d'autres [-no-jo;]. Ps.
7. 17. Convertetiir doior ejus in capiil CjUS :
La douleur que l'ennemi a voulu me causer,
retournera sur lui-même. v. lo. Job. k. 8.
c. 20. 10. Ps. 9. v. 2. 36.
6° Peine , châtiment, supplice (odûvyj;. Isa.
53. 4. Dolores nostros ipse portavit : Il s'est
chargé lui-même de nos douleurs; i. e. des
peines que nos péchés méritaient; le Pro-
phète parle de Jésus-Christ. Apoc. 16. v. 10.
il. Job. 21. 7.
7° Peine d'esprit, agitation. Dan.l:. 10.
Non indicaverunt sibi vicissim dolorem .siium :
Ils ne s'entrcdircnl point le sujet do leurs
peines.
DOLOSE, du substantif rfo/u5, avec finesse
cl tromperie, malicieusement. Ps. 5. 10. Lin-
guis suis dolose agebant (ioo).£ovc-«v) : M( s en-
nemis se sont servis de leurs langues pour
tromper. Ps. 13. 3. Ps. 35. 3. Rom. 3. 13.
DOLOSITAS, ATis, ùoliozr.ç, perfidie, infilc-
lilé.Eccli. S7. 3. Unde creata es cooperire ari-
dam malilia et dolositate illius? O pensée dé-
testable , d'où as tu pris ton origine pour
venir rouvrir la terre de ta malice et de la
perfidie? l'Ecriture parle d'un ami , de nom
seulement, qui se chani^e en ennemi.
DOLOSUS, A, UM, ôoO.io,-, a, ov, trompeur,
malicieux, fourbe, traître. Ps. 11. 'i-. iJisper-
dat Dominus universa labia dolosa : Que le
Seigneur perde entièrement toutes les lèvres
trompeuses. Malach. 1. 14. Maledictus dolo^
«us : Malheur à l'homme trompeur. Prov. 11.
1. Ose. 7. 16. Voy. Aucus, Plaga.
T)OLUS, I, oo/o;, du Grec:
1° Fourbe , tromperie, finesse, mensonge.
Job. 15.35. Utérus ejus prœpnrat dolos{Gr.ooJ-
vaf , dolores): Le cœur de l'impie s'occupe
à inventer des fourbes et des pièges. Ps. 3 {.
14. Labia tua ne loquantur dolum : Gardez-
vous que vos lèvres ne profèrent aucune p.i-
' rôle de tromperie. Ps. 72. 18. Propler dolos
(SoMQTvi;) posuisti eis (supl. mala) : A cause
des tromperies dont les pécheurs ont usé pour
uui.iïscr des richesses, vous les avez perdus.
D'autres expliquent : c'est pour les surpren-
dre que vous leur avez donné des biens; ce
qui s'accorde avec l'Hébreu : Vous les avez
mis en des lieux bien glissants. 1. Petr. 2.
22.
2" Hypocrisie, déguisement. Jean. 1. 47.
Ecce vere Jsraelila, in quo dolus non est:
Voici un vrai Israéliie, sans déguisement et
sans artifice, dit Jésus Christ touchant Na-
Ihanaël.
3° Vice, corruption. 1. Petr. 2. 2. Ratio^
nabile sine doto lac concupiscite : Désirez ar-
demment le lait spirituel et tout pur; Gr.
uorAov, sincerum: Ce lait est la doctrine de
l'Evangile. Voy. Lac.
4° Ho.r.me fourbe et trompeur. Jerem. 9.
6. Habilatio tua in média doli: supl. hominum:
Votre demeure, ô Jérémie, est au milieu
d'un peuple tout rempli de fourberie, dit
Oieu. Vo) . Isa. 6. 5.
5" Biens acquis par fraude et tromperie.
Jcr. 5. 27. Sicut decipula plena avibus, sic
domus eorum plcnœ dolo : Les maisons des
impies qui sont parmi mon peuple, sont
pleines des fruits de leurs tromperies, comme
un trébuchel est plein des oiseaux qu'on y
a pris. Soph. 1. 9.
6" Mauvais succès, désavantage. Prov. 12.
20. Dolus in corde cogitanlium mala : Ceux
qui forment de mauvais desseins dans leur
cœur, s'en trouveront mal , y seront trompés.
DOMA, ATis. Du verbe Grec Sj//w, œdifico ,
Swpta, To,-, un dôme, dans l'Ecriture :
Le toit, ou le haut de la maison, qui chez
les Juifs et les autres peuples du Levant était
plat, et en forme de terrasse, sur lequel ils
se promenaient et faisaient la plupart de
leurs affaires. (Voy. Jos. 2. 6. 2. Reg. 16.
22. ) 2 Reg. 5. 8. Proposuerat David in
die nia prœmium qui percussissel Jebusœum,
et leiigisset domatum fistulas (Voy. Fistlla):
David prit la forteresse de Sion ; car il a\ait
proposé une récompense pour celui qui bai-
Irail les Jébuséens, et qui pourrait gagner
les gouttières du toit; cesl-à-dire, le haut
de la forteresse. 2. Esdr. 8. 16. FeceruntqKo
sibi tabernacula icnusquisque in dornate suo,
et in atriis suis: Les Israélites se firent des
couverts en forme de tentes, chacun sur lo
haut de sa maison, dans leur vestibule, elc.
Ce fut pour célébrer la fêle des Tabernacles,
Prov. 21. 9. c. 25. '2ï. Jerem. 19. 13. c. :]2.
29. Voy. Tectum.
DO.MARE, SafjLc/X-c'j. Du verbe Grec oxuà'.>,
ou oawiÇoj, qui vient de l'Hébreu Domam,
Silere f cere, sedare.
1° Dompter, vaincre, subjuguer. Marc. 5.
k. Ncmo potcrat eum domare : Nul homme
ne pouvait dompter cet homme possédé de
l'esprit impur, qui faisait sa demeure ordi-
naire dans les sépulcres. Jac. 3. v. 7. 8. Lin-
fiiiamaulcm nullus hominum domare potest:
La nature de l'homme a dMmplé tous les ani-
maux; mais nul homme ne peut dompter la
langue.
2' Rompre, briser. Dan. 2. \Q.Ferrnm corn-
minuit et dumal omnia: Le fcrbrise etdompie
toutes choses.
DOMKSTi'CUS, A UM ; ot/iîo,-, «, ov, ot'xtaxôf.
U9t
de
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
Hij2
Dovius ; ce mol se prend , ou pour
ce qui est nourri et élevé à la maison, eu
pour ce qui regarde et qui concerne la mai-
son ou la famille
l°Qui est de la maison ou de la famille,
qui y demeure. Isa. 3. 6. Apprehendet vir
fratrem suum domesticum patris sui : Cha-
cun prendra son propre frère, né dans la
maison de son père. Matlh. 10. 36. Inimici
hominis domestici ej us : L'homme aura, pour
ennemis ceux de sa propre maison : Ce que
l'Evangéliste entend des vrais ûdèles, atta-
chés à la loi de l'Evangile, combattue en lui
par ses plus proches ( Voy. v. 21. 35.). Mich.
7. 6. 1. Tim. 5. 8. Eccli. 6. 11. etc.
2° Domestique, serviteur, officier. 2. Reg.
16. 2. Asini domesticis (t« ÙTroÇOyta t^ oUià)
régis ut sedeant : Les ânes que j'amène,
sont pour les officiers du roi, dit Siba à
David. Prov.31.v.l5. 21.Eccli. 4.35(oix£T>3ç).
Act. 10. 7=
Les fidèles sont appelés domestique de
Dieu ou de la Foi; parce qu'ils vivent tous
dans l'Eglise comme dans une même maison,
sous la conduite de Dieu, qui en est comme
le Père de famille. Ephes. 2. 19. Estis cives
Sanctorum, et domestici DeicYousèlesciloyens
d'une même ville avec les saints et les
domestiques de Dieu. Malth. 10. 2o. Gai. 6.
10.
DOMICILIUM, II. Gr. oix^TÂptov. De domus,
et de cilium ajouté.
1* Le lieu de la demeure. Jud. 6. Derelique-
runt suum domici Hum : Les anges qui n'ont
pas conservé leur première dignité, mais
qui ont quitté leur propre demeure, se. le
ciel, que Dieu leur avait assigné pour le
louer et l'adorer. Ps. 101. 7. Factus sum sic-
ul nycticorax in domicilio : Je suis devenu
comme le hibou qui se retire dans les lieux
obscurs des maisons, qui fait sa retraite dans
une maison ruinée. Gr., èv oUoniSM. Ce tnot
signifie la place d'une maison ruinée. Eccli.
29. 29.2. Mach.8. 33.
2" La demeure dans quelque lieu {■/.a.ToUrjdi;).
Marc. 5. 3. Domicilium habebat in monumen-
fis ; Cet homme, possédé :de l'esprit impur,
faisait sa demeureordinaire dans des sépul-
cres: C'est celui qui se présenta à Jésas-Christ
au pays des Géraséniens.
DOMINA, jE\y.ypix. i* Dame et maîtresse,
reine, souveraine [apy^ovax). Isa. W. v. 5. 7.
In sempiternum ero Domina : Je régnerai
élernellemenl, dit Babylone. Jerem, 29. 2.
Rex et Domina {parjUirriror.); Le roi Jéchonias
et la reine. Thren. 1. 1.
2" Maîtresse, par rapport aux serviteurs
et servantes. Isa. 2V. 2. Sicut ancilla, sic
Domina ejus : La maîtresse sera comme la
servante; se. au temps que Dieu désertera
toute la terre : ce qui s'entend de la ruine
générale qui arrivera à la fin du monde. Ps.
122. 2. etc.
3' Femme relevée par son mérite ou son
rang, à laquelle on donne le nom de Dame,
par honneur. 2. Joan. v. 1.5. Senior Electœ
Uominœ et natis ejus : Le prêtre à la dame
Klcctc et à ses enfants : c'est saint Jean qui
lionne celle qualilé. Voy. Senex.
DOMINARI, Sîo-TrciÇîtv, v.y^fîûeiv, xaT«xU|Oi£y£tv;
de Dominas.
1° Dominer, être maître ou seigneur, user
d'une autorité souveraine. Ps. 65. 7. Qui do-
minaturin virtute sua in œlernum : Dieu a
par lui-même un empire souverain. Luc. 22.
25. Reges gentium dominantur eorum [eorum
se rapporte au neutre Grec l'Gvo»-, gens ). Les
rois des nations les traitent avec empire.
Dan. 4. ik. Joël. 2. 17. 2. Cor. 1. 23. 1. Petr.
5. 3. etc.
2" Exercer une domination impérieuse (x«-
T«xy/5t£Û£tv). Marc. 10. 42. Hi, qui vident ur
principari gentibus, dominantur eis : Ceux
qui ont l'autorité de commander aux peu-
ples, exercent une domination sur eux. Luc.
22. 25.
3* Etre plus fort, l'emporter par-dessus.
Ps. 48. 15. Dominabuntur eorum justi in ma-
tutino : Les justes prendront le dessus sur
les méchants, se. au temps de la résurrection
générale. Prov. 16. 32. Isa. 40. 10. Rom. 6.
V.9, 14. Ps. 18.14.Ps. 118. 133. elc,
4° Punir avec rigueur, traiter en maître.
Jerem. 31. 32. Ego dominatus sum eorum
(LXX ùiiîha, negligere): J'ai fait sentir mon
pouvoir au Israélites; parce qu'ils ont violé
l'alliance que j'avais faite avec eux: Dieu
parle de ceux qu'il fil périr dans le désert.
Voy. Hebr. 8. 9.
5° Etre époux, ou uni d'une pareille union
Isa. 54. 5. Domtnabitur tui qui fecit te: Ce*
lui qui vous a créé vous dominera ( Gr.,
Kvpioç , le Seigneur ) ; Hebr. Sera votre
époux: ce qui s accorde avec le mot Baghal,
qui signifie. Seigneur ou mari. V^jy. Ose. 2.
16. Le Prophète parle de l'Eglise.
DOMINATIO, Nis; 5£(T7iroT£t«,l° Domination,
empire souverain. Ps.l44. 13. Dominalio tiui
in omni generalione et generationem : Sei-
gneur, votre empire passe de race en race
dans toutes les générations.
2° Empire, pays sur lequel on domine (xu-
psia). 1. Mach. 8. 24. Siinstiteril bellum Roma-
nis prius, aut omnibus sociis eorujn in o)7mi
dominntione eorum, auxilium feret gens Ja-
dœorum : S il survient une guerre aux Ro-
mains ou à leurs alliés dans toute l'étendue
de leurs Etats, les Juifs les assisteront : c'est
le trailéct l'alliance des Romains et des Juifs.
Ps. 102. 22.
3' Magistrat politique, ou prince souverain
(xujsioTïjJ. 2. Petr. 2. 10. Jud. 8. Dominatio-
nem spernunl : Ces personnes méprisent la
domination: quelques- uns néanmoins enten-
dent ces passages de la puissance souveraine
et de la providence de Dieu, que les disciples
de Simon déshonoraient par leurs opinions
ridicules.
4° Un des chœurs des anges, appelé Domi-
nation [y.\)piÔTnç). Ephes. 1. 21. Etconstituens
ad dextramsuam in cœleslibus supra omnem
Principalum et Dominationem : Dieu a ressus-
cité Jésus-Christ, et l'a fait asseoir à sa
droite dans le ciel, au-dessus de toutes les
principautés et de toutes les dominations.
Coloss. 1. 16. Site Throni, sive Dominationesi.
Jésus- Christ est infiniment élevé au-dessus
de tous les ordres des anges, tels (luc les
1195
DOM
DOM
1194
trônes et les dominations ; puisque , comme
Fils de Dieu, illes a créés : l'Ecrilure, ni les
anciens pères, ne nous disent point si les
anges ont été créés dans l'ordre que nous les
a décrits saint Denis, el saint Grégoire après
iui.Voy. Angélus.
DOMINATOR, is; y.-jpioç . i° Dominateur,
maître souverain ; ce qui se dit , ou de Dieu
absolument. Exod. 3i.6. Dominator Domine,
Deus; Dominateur souverain, Seigneur, mon
Dieu. 2. Reg. 23. 3. ou des hommes. Isa. 52.
5. Do))iinatores ejus inique agunt : Ceux qui
dominent mon peuple le traitent injuste-
ment, dit Dieu, Jerem.Si. 46. ou du Messie,
c. IG. 1. Emitte agnum, Domine, dominato-
rem terrœ: Seigneur, envoyez l'agneau, do-
minateur de la terre; Hebr. Envoyez de la
pierre du désert, ou de Pélra, ville des Moa-
bites, à la montagne de la fille de Sion, le
tribut des agneaux pour le Seigneur de la
terre : mais le Prophète demande plutôt ici le
vrai agneau dominateur de la terre; c'est-à-
dire, le Sauveur Dieu et homme ; il devait
venir de la pierre du désert, parce qu'il
devait descendre de Ruth, étrangère et Moa-
bite, qui ayant épousé Booz, fut mère d'O-
bed, Obed de Jessé, Jessé de David, el par
lui de Jésus-Christ. Voy. Agnus.
2* Dominateur, maître, qui possède quel-
que chose; comme les biens, les esclaves
(hirnÔTf)?)- Jud. k. Solum dominatorem et Do-
minum nostrum Jesum Christum neganles: Il
s'est glissé parmi vous des gens qui renon-
cent Jésus-Christ, notre unique maître. Voy.
DOMINUS.
DOMINATRIX. Dominatrice, maîtresse ab-
solue.
1° Reine, princesse. Jerem. 13. 18. Die Régi
et Dominatrici (LXX, xaî zoï; Suvao-Teûouat :
humiliamini : Dites au roi et à la reine: hu-
miliez-vous : cette reine était ou la mère de
Jéchonias, ou la femme de Sédécias.
2° Qui peut beaucoup en quelque chose.
Eccli.37. 21. Vominatrix ( -/'j/nîûoucra ) iilo-
rumest assidua langua: La langue est ordi-
nairement cause du bien et du mal qui
se fait, et par conséquent de la vie et de la
mort.
DOMINICUS, A, UM ; xuotaxôc, -n, ôv. Du
maître, qui appartient au maître, au Sei-
gneur ; dans l'Ecriture il ne se dit que de
Dieu ou de Jésus-Christ ;
Qui appartient au Seigneur. Jerem. 23, 19.
Ecce turbo Dominicœ indignalionis egredie-
tiir: Le tourbillon do la colère du Seigneur
va éclater sur la tête dos im[)ies. Levit. 3.
14. 1. Cor. 11. 20. Jam non est Dominicam
cœnam manducare : LoTS(\ue vous vous as-
semblez avec aussi peu d'édification que vous
f;iites, ce n'est plus manger la cène du Sei-
gneur. Apoc. 1. 10. Fui in spirilu in Domi-
nica die: Je me trouvai ravi on esprit un
jour de dimanche: les chrétiens ont pris ce
jour en la place du sabbat, pour honorer
la résurrection deJésus-Christ, notre divin
maître.
DOMINIUM, II. Domaine, possession, jouis-
sance. 1. Mach. 11. 8. Ptolemœus oblinuit
dominium [xvpui/uv) civitaLum : Le roi l'iolé-
DlCTlON. DE PhILOL. SaCKÉE. l.
mée se rendit maîlredes villes jusqu'à Seleu-
cie; se. qui étaient à Alexan«lre, son fondre,
ïob. 8.2'i'. Fecitscripturam ut pars dimidia,
quœ supererat post obilum eorum, Tobiœ do-
minio deveniret : Raguei déclara, par un
autre écrit , que l'autre moitié de son
bien qui restait, reviendrait à Tobie après sa
mort.
DOMINUS, I, y.ùfjio;. De domus, parce que
chacun domine en sa maison, et signifie pru-
prement :
Maître, seigneur, qui a pouvoir et autorité
sur quelque personne ou sur quelque chose ;
dans l'Ecriture :
1° Seigneur et souverain maître, qui est
Dieu. Ps. 18. 9. Timor Domini sanelus : La
crainte du Seigneur, qui est sainte, subsiste
dans tous les siècles. Ce mot Dominas est mis
pour D eus dans noire Vulgale, toutes les fois
que se trouve en Hébreu le nom ineffable
Jeliova, ou le mot Adonnï, qui, au lieu de
Jehova, se prononce et se lit parles Hébreux,
qui font scrupule de prononcer et de lire ce
nom. Les Septante l'ont rondu par celui de
v.vf^ioç , et les Latins par Dominus. Ps. 8. 1.
Domine, Dominus noster : Seigneur, notro
souverain maître. Hebr. Jehova, Adone-nou;
Deus, Domine noster; Gr. -/.vpLs 6 Y.vpto; iuc>-j.
Ce n'est pas que le mot Dominus ne réponde
quelquefois au mol Elohim, Deus. Exod. G.
2. Locutusque est Dominus (Hebr. Elohim)
ad Moysen, dicens; ego Dominus ; Hebr. Fgo
Jehova : Le Seigneur parla encore à Moïse,
et lui dit : Je suis le Seigneur. Ce nom, Je-
hova, qui marque l'essence de Dieu, vient du
verbe hébreu Havah, fuit, et les quatre let-
tres qui le composent -in' sont telles qu'on
peut y reconnaître à la fois les signes distinc-
tifs du présent, du passé et de l'avenir; ce
qui exprime bien la triple et incommunica-
ble propriété de celui qui dit encore à Moïse.
c. 3. 14: Ego sum qui sum : Je suis celui qui
est, i. e. celui dont l'être est éternel, et la
source de tous les êtres. Jerem. 16. 21. Scient
quia nomen mihi Dominus : Ils sauront que
mon nom est celui qui est, ce nom sacré, qui
ne doit être transféré à aucun aulre. Auios.
5. 8. Voy. Jeqova, Adonai, Elohim, Deus.
Apoc. 19. 16. Rex regum, et Dominus domi-
nanlium : Le Roi des rois, ot le Seigneur des
seigneurs; ce qui s'entend de Josus-Clirist
même, selon son humanité, o. 17. 14. 1. ïim.
G. 15. Ce nom, Z)omi'nMs, qui se donne à Diou,
se donne par conséquent aux personnes du
la sainte Trinité; soit au Père. Ps. 2. 2. Con-
venerunt in unum, adversus Dominum el ad-
versus Christum ejus : Los princes de la terre
se sont assemblés contre le Seigner el contre
son Christ; Voy. l'accomplissenient île relie
prophétie. Act.k.v .1 .Vs.^.1 .Dominus dixit nd
me : Filins meus es tu : Le Seigneur m'a dit :
Vous êtes monFils. Ps.l09. 1. Dixit Dominus
Domino jnco(Hobr. Jehova Ladoni, Deus Do-
mino^ : Le Soigneur a du à mon Seignour, a
son Fils, à Jésus-Christ, Fils éternel de Dieu.
Voy. Digère. Ce non), Dominus, s'attribue au
Fils. Jerem 23. 6. Hoc est nomen, quod vo-^
Cdbunt eum : Dominus justus noster : Voici le
nom (luc les Israélites donneront à ce roi :
38
1195
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACRÉ f
im
le Seigneur, qui est notre juste. Thren. 4. 20.
Voy. SpiRiTUS. Malac. i. 5. Mitlam vobis
Eliam prophetam, antequam venint dies Do-
mini magnus : Je vous enverrai le prophète
Elie, avant que le grand et épouvantable jour
du Seigneur arrive; ce jour s'entend ou du
dernier jour du jugement, et alors par Elie
on entend le prophète de ce nom, ou du pre-
liiier avènement de Jésus-Christ, et alors par
Elie s'entend saint Jean-Baptiste. Voy. Matth.
17. V. 10. II. Pi. -2. V. Ij. 12. Ps. 101. 2Ô.
Hebr. 1. 10. ( te. Ainsi, Gen. 19. 2i. Dominus
pluit sulphur et ignem a Domino de cœlo : Le
Seigneur répandit sur Sodome et Goniorrhe
une pluie de soufre et de feu qu'il fit descen-
dre du ciel. La plus grande partie des inter-
prèes, après les Pères, expliquent ces pa-
roles du Pèie élernel, qui fit descendre cette
pluie de soufre et de feu par le Fils. Dominus
a Domino, parce que c'est par lui que le Père
agit dans les choses extérieures. Néanmoins
d'autres l'expliquent par un hébraïsme, qui
répète le nom au lieu du pronom, Dominus a
Domino, i. e. a semetipso; soit au Saint-Es-
prit, dans le Nouveau Testament. 1. Cor. 12.
V. k. 5. Divisiones ministrationiim sun(, idem
nuîem Dominus : Il y a diversité de ministè-
res ; mais il n'y a qu'un même Seigneur; se.
le Saint-Esprit (Voy. 2. Cor. 3. 18.) 2. Thess.
3. 5.
2° Le Messie, Jésus-Christ, Noire-Seigneur
"Dicu.Ps. 109. î. Dixit Dominus Domino meo :
Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Voyez
comme Jésus-Christ l'explique, Luc. 20. k\.
Act. 10. 3Ô. Annuntians pncem per Jesum
Christum, hic est omnium Dominus :■ Dieu a
annoncé aux Lraéliles la paix en Jésus-
Christ , qui est le Soigneur de tous. Luc.
1. V. 16. 17. i3. 7G. c. 2. v. il. 38. t. Cor.
2. 8. c. 12. 3. etc. Ce (jui est commun dans
le Nouveau Testament, où ce mot Dominus
signifie presque toujours Notre-Seigneur Jé-
sus-Christ, qui a acquis par son sang le
nom de Seigneur. Ainsi, Isa. 40. 3. Luc. 3.
k. Parole viam Domini : Préparez la voie du
Seigneur; Hebr. Lnjehovah, qui est le nom
ineffable de Dieu. On peut remarquer en cet
endroit que depuis que Domitien et les au-
tres empereurs, après lui, se furent attribué
le titre de Dominus, h s chrétiens, appre-
nant par rEcrilure que ce nom se donnait
particulièrement à Josus-Christ , ne donnè-
rent plus aux princes que le titre de domnus,
dom; les rois mémos n'en prenaient pas d'au-
tre ; le pape se nommait domnus upostoîi-
eus.
3° Les anges sont appelés de ce nom. Dan.
10. 19. Loquere, Domine mi : Parlez, mon
Seigneur, dit Daniel à lange Gabriel, v. 16.
17. c. 12. 8. Ac^ 10 k. Ce nom so donne à
l'ange qui représente Dieu dans l'Ancien
Testament, quand mènie il prend le nom de
Jeliova. Ainsi, Exod. 3. 2. Âpparultque ei
Dominus in finmma ignis de medio ruhi : Le
Seigneur apparut à Mo'ïse dans une (lamme
de feu qui sortait du milieu d'un buisson, v.
i'i Dixil Deus ad Moysen Hi'br. Jehova) :
/v/o suin qui sum : Dieu dit à iMoï,c : Je suis
cciui qui est. Saiiil Etienne, Ad. 7. 30. dit
que c'était un ange. Apparuit illï m deserto
montis Siwi ongelus in igné flammœ rubi :
Et ce mot, dans cette signification, est attri-
bué à l'ange, parce qu'étant envoyé de Dieu,
il prend, comme ambassadeur, la qualité de
celui qu'il l'envoie. Gen. 19. 2. Jer. 1 . 9.
h-" Les idoles ont quelquefois été appelées
du nom ineffable de Dieu. Exod. 32. 5. Cras
solemnitas Do.nini est (Hebr. Jehova): De-
main sera la fête de celui qui est : Aaron at-
tribue ce nom au veau d'or que les Israélites
adoraient sous le nom du vrai Dieu. Voy. Ps
105. 20. Sip. 14. 21. 3. Reg. 12. 28. Jud. 17.
V. 3 13. Ils adoraient en même temps ,
comme les Israélites ont fait depuis, le vrai
Dieu et les idoles.
5' La gloire ou la puissance de Dieu. Levit.
9. 4. Hadie Dominus apparcbit vobls .- Le
Seigneur vous fera paraître aujourd'hui sa
puissance par le feu dont il consumera visi-
blement vos victimes.
6' Le lieu où Dieu était adoré et d'où il fai-
sait éclater sa puissance. Levit. 9. 4. 7/)!??«o-
late eos coram Domino : Immolez un bœuf et
un bélier pour les hosties pacifiques devant
le Soigneur; i. e. le tabernacle sur l'autel
des holocaustes, c. 10. 2. Egressus ignis a
Domino devoravit eos : 11 sortit un feu du
Seigneur; i. e. du sanctuaire ou de l'aulel
des parfums, qui dévora Nadab et Abiu. Ps.
23. 8. Dominus fortis et potens , Dominus
potens in prœlio : Ce roi de gloire est le Sei-
gneur fort et puissant, le Seigneur puissant
dans les combats ; par le Seigneur s'entend
ici l'arche même; de même, Ps. 131. 5. Si
dedero requiem temporibus meis , donec inve-
niam tocum Domino : J'ai juré au Seigneur,
dit David, que je ne permettrai pas à ma tête
de se reposer, jusqu'à ce que je trouve un
lieu propre pour le Seigneur. 1. Reg. 6. 20.
2. Reg. 7. 6. Voy. Arca, Deus. Levit. 4. v.
4. 16. c. 16. 18. 2. Reg. 6. 14. Num. 32. v.
20. 32.
7^ Les hommes sont appelés de ce nom en
plusieurs manières ; comme : — 1° Les maî-
tres à l'égard des serviteurs. Ephes. 6. o.
Servi , obedite Dominis carnalibus : Vous ,
serviteurs, obéissez à ceux qui sont vos
maîtres selon la chair, v. 1. 9. Coloss. 3.
22. l.Tim. 2. 9. etc. — 2" Les rois, les princes,
les magistrats. 2. Reg. 14. d. Domine, mi rex :
Mon Seigneur et mon roi. La femme sage
de Thécua, députée par Joab, parle à Da-^
vid en faveur d'Absalom. c. lo. 21. Num.
32. 25. Matth. 27. 63. Act. 25. 26. — 3^ Les
pasteurs et les ministres de l'Eglise, tels
qu'étaient les prêtres et les prophètes. 1.
Reg. 1. 26. Obsecro , mi Domine: Je vous
prie, mon Seigneur. Anne parle au pro-
j.hète Elie. v. 15. 3. Reg. 18.7. 13. 4. Reg.
2. 19. c. 4. 16. Ainsi, Jésus-Christ était ap-
pelé Seigneur par ceux qui le reconnais-
saient pour prophète. Math. 8. 8. Domine,
non sum dignus, ut intres sab tectum meum :
Seigneur, je ne suis pas digne que vous en-
triez dans ma maison , dit le cenîenicr à Jé-
sus-Christ. - 4" Tous ceux qui éiaient fa-
vorisés de Dieu. Gen. 23. 6. Audi nos, Do~
mine, princeps Dd es apud nos ; Seigneur,
1197
DOM
DOM
1198
éoontcz-nous, vous êtes parmi nous comme
un grand prince , disent les enfants de Helh
à Abraham. Act. 16. 30. — 5° Les pères à
l'égard des enfants. Matlh. 21. 30. Ego, Do-
mine : Je m'en vas travailler à votre vigne,
Seigneur, dit celui qui n'alla pourtant pas
y travailler : ce ne fut pas lui qui fit la vo-
lonté de son père. Voy. v. 31. Ps. 109. 1.
Gcn. 31. 33. — 6° Les maris à l'égard de
leurs femmes. 1. Petr. 3. 6. Siciit 5ara obe-
diebat Abrahœ, dominum eum vocans : Sara
obéissait à Abraham , l'appelant son Sei-
gneur. L'Apôtre propose l'honneur que Sara
rendait à Abraham, comme le modèle du
respect que les femmes chrétiennes doivent
à leurs maris. Gen. 18. 12. Judic. 19. 26. Ps.
kk. 12. — 7° Les Hébreux marquaient par
le mot Bominus ou Deus ce qui est grand ,
excellent, extraordinaire. 1. Par. 5. 22. Fuit
enim bellum Domini : La bataille fut fu-
rieuse. Voy. Deus. — 8' Le frère aîné à l'é-
gard des puînés. Gen. 32. 5. Mitto nunc le-
gationetn ad Dominum meum , ut inveninm
(jratiam in conspectu tuo : J'envoie mainte-
nant vers mon Seigneur, afin que je trouve
grâce devant lui : c'est ce que mande Jacob
à Esaù. V. h. Le même nom est encore at-
tribué à tous ceux qui ont quelque rang ou
quelque degré au-dessus de nous. — 9° En-
fin, les Hébreux appelaient du nom de sei-
gneur ou maître , comme nous faisons , tous
ceux qu'ils ne connaissaient pas et les étran-
gers. Joan. 4. 13. Domine, da mihi hnnc
(tquam ; Seigneur, donnez-moi de cette eau
que vous avez et qui rejaillit jusque dans la
vie éternlle, dit à Jésus-Christ la femme de
Samarie. Voy. v. 9. v. 11. li. c. o. 7. c. 9.
V. 36. 38. c. 12. 21. c. 20. 15. etc.
Façons de parler.
A Domino. — 1° De la part de Dieu. Luc.
I. ko. Perficientur ea , quœ dicta sunt tibi
a Domino : Ce qui vous a été dit de la part
du Seigneur, sera accompli , dit sainte Eli-
sabeth à la sainte Vierge.
2° Du ciel. Gen. 19. 2i. D o minus pluit su-
per Sodomam et Gomorrham sulphur et iqnem
a Domino de cœlo (Voy. Dominus, 1 ") : Num.
II. 31. Ventus egrediens a Domino : Un vent
excité par le Seigneur; i. e. qui s'éleva : (c
qui s'entend dans le même sens que, Ps. 77.
26, Transtulit austrum de cœlo : Dieu chan-
c, gea dans l'air le vent du midi.
In Domino : dans le Seigneur ; signifie : —
1° Ce qui regarde Jésus-Christ. 1. Cor. k.
17. Fidelis in Domino : Timothéc qui est
très-fidèle en Notrc-Seigneur.
2" Avec piété et dans la charité du Sei-
gneur. 1. Cor. 7. 39. Cui vuU vubat, Inntum
in Domino : La femme dont le mari est mori,
est libre de se marier à qui elle voudra,
pourvu que ce soit selon le Seigneur ; i. e. à
un fidèle.
3' Au nom et à l'honneur du Seigneur, à
cause de lui. Rom. 16. 2. Eam suscipiatis in
Domino digne sanctis : Recevez notre S(nnr
Phébé au nom du Seigneur, comme on doit
recevoir les saints, v. 13. 22. etc.
k" Dans la foi et la grâce de Dieu. Apoc. H.
13. Beati morUii qui in Domino moriuntur :
Heureux sont les morts qui meurent dans
le Seigneur. Act. 7. 59. Cum hoc dixisset,
obdorinivit in Domino : Saint Etienne, après
celte parole, s'endormit au Seigneur.
Esse in Domino. Etre fidèle et faire pro-
fession do la foi de Jésus-Christ, Rom. 16.
11. Salutate eos qui sunt in Domino : Saluez
ceux de la maison do Narcisse qui sont au
Seigneur. Voy. I\ Christo.
DOMMIM, Heb. Sanguinei ou Silentes. Un
canton de la iribu de Juda, entre Socholh et
Areca. 1. Reg. 17. 1. In finibus Dommim,
Heb. Béphes-Dammim , le même lieu que
Phes-Dommim. 1. Par. 11. 13. où les Philis-
tins étaient campes quand David tua Go-
liath.
DOMUNCULA , /e, oi/i5tov. — 1' Petite mai-
son, petit lieu de retraite ( oiziov ). 3. Reg. 7.
8. Domuncula in qua sedebatur adjudicandum
erat in média porticu : Il y avait au milieu
de la galerie un parquet où était le lit do
justice de Snlomon.
2° Tente ou voile pour couvrir, k. Reg. 23.
7. Mulieres texerant quasi domunculas luci :
Les femmes travaill;!ient à faire des tentes
ou des voiles destinés au culte infâme de
l'idole du bois sacrilège : les jeunes gens
étaient prostitués dans ce bois.
DOMUS; oh.oc , oi-d'A. Du Grec Sô/zo? , de
Sî'aw, jEdifico.
Ce mol , en Hébreu Deth , «e met en géné-
ral pour signifier tout ce qui contient quel-
que chose. Voy. infra. t'. C'est un idio-
tisme chaldéen dont les Hébreux se sorven»
pour marquer quelque lieu que ce soit ; Be-
tlinnia, Bethesda, Belhabora, Bethel, etc.
1° Maison , logis, édifice fait pour y habi-
ter. 1. Cor. 11. 22. Numquid domos non habe-
tis ad inanducandimi et bibendum ? N'avez-
vous pas vos maisons pour y boire et pour y
manger? Matth. 8. ik. Cum venisset Jésus in
domum Pétri : Jésus-Christ vint en la mai-
son de Pierre. On croit que cette maison ap-
partenait à la belle-mère de saint Pierre.
Hebr. 33. Amplioris gloriœ isfe prœ Moyse
dignus est habitas , quanto ampliorem hono-
rem habet domus qui fabricavit illam ; Il a
été jugé digne d'une gloire d'autant plus
grande que celle de Moïse , que celui qui a
bâli la maison est plus estimable que la mai-
son même. Prov. 17. 16. Palais, maison su-
perbe. 3. Reg. 7. 2. jEdificrtvit quoque do'
mum saltus Libani : Salomon bâtit le palais
appelé la maison du bois du Liban. 2. Esdr.
2. 8.
2° Nid , tanière, lieu de reiraile ou de re-
fuge ( oîziov ). Ps. 83. k. Passer invenit .<:ibi
domum : Le passereau s'est trouvé une re-
traite pour s'y retirer. Ps. 30. 3. Esfo mih'.
in domum refugii ; Seigneur, que jt> trouve
en vous un asile assuré. Matlh, 12. ii. Ps.
103. 17. etc.
3" Niche, loge où l'on place queli|ue chose.
Isa. h'p. 13. Fecit imnginem viri quasi sp^-
cinsnm hominem habiianlnn in domn : Le
sculpteur fait l'image d'nn homme (|u'il friil
le plus l)P,iu qu'il peut, <•( il le logo dans une
niche.
4199
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACIŒE.
1200
k' Quelque lieu que ce soit où l'on
renferme , où se met quelque chose. 4.
Reg. 20. 13. Ostendil eis aromatum , et au-
rum et argentum , et domum vasorum suo-
rum : Ezéchias montra ses parfums, son or
et son argent , et tous ses vases précieux
aux ambassadeurs du roi de Babylone. Ps.
kk. 9. Myrrha et gutta, et casia a vestimentis
tuis a domibus eburneis : Il sort de vos ha-
bits et de vos maisons d'ivoire, une odeur
de myrrhe, d'aloës et de cannelle. 1. Esdr. 6.
k. Sumptus de dumo régis dabuntur ; i. e.
cerario : Gyrus a ordonné que l'argent pour
la dépense nécessaire pour bâlir la maison
de Dieu qui est à Jérusalem, fût fourni de la
maison du roi , du trésor royal ; ceci se
trouva écrit dans un livre qui était au châ-
teau d'Ecbatanes.
5° Une prison, lieu où l'on est retenu cap-
tif. Jerem. 37. 15. Ingressus est Jeremias in
domum laci , et in ergastidum : Jérémie fut
mis dans la basse fosse et dans le cachot ; se.
par l'ordre des grands du roi Sédécias. v. 17.
G. 20. 2. Deut. 5. 6. c. 6. 13. c. 7. 8. etc., et,
dans le sens figuré, le corps, parce qu'il est
la prison ou la demeure de l'âme. Job. k. 19.
Quanto magis lii qui habitant domos luleas :
Dieu a trouvé du dérèglement jusque dans
ses anges; comment donc ceux qui habitent
en des maisons de boue ne seront-ils pas
beaucoup plutôt consumés? c. 7. 10. Nec re-
vertetur ultra in domum suam : Son âme ne
reviendra plus jamais dans sa demeure, qui
est le corps, pour y souffrir les mêmes maux
qu'il souffrait; ce qui ne fait rien contre
l'espérance que nous avons de la résurrec-
tion établie si fortement au ch. 19. 2.; car
ici Job ne parle que du retour de l'homme
sur la terre qu'il a quittée, dans la place
qu'il y a occupée ; Neque cognoscet eum am-
plius locus ejus , ibid. En sorte que, vu le
sens du second membre de ce verset , le mot
domus pourrait tout aussi bien conserver sa
signification naturelle de maison , demeure.
H ne reviendra plus dans sa demeure ; il ne
reverra plus les lieux qu'il a habités. Cor. 5.
1. etc. 5/ terrestris domus nostra hujus habi-
talionis dissolvatur ; Si cette maison de terre
où nous habitons vient à se dissoudre, Dieu
nous donnera dans le ciel une autre mai-
son. Eccl. 12. 3.
e^M-Tison, partie d'une famille appelée
Cognatio; i. e. prosapin; Jos. 7. li. Accedet
per cognationes suas, et cognatio per domos,
domusque per viros : De la tribu sur laquelle
sera tombé le sort, on passera aux familles
qui la composent, des familles aux maisons,
et de la maison à chaque particulier. A tri-
bubus ad prosapias, a prosapiis ad familias,
a famiiiis ad singula capita descendebatur.
Tribunm duces erant phylarchi, aut tribuni^
prosapiarum, seu gentilitatum erant hn[i.oipx°i,
tum patresfamilias. Isa. 22. 10. Domos Jéru-
salem numerastis : Vous ferez le dénombre-
ment des maisons de Jérusalem ; se. ou pour
distribuer également des vivres, ce 'qui con-
vient à cette signification ; ou pour les répa-
rer, ce qu'il faudrait rapporter à la première
signification.
7" Famille, tous ceux qui sont de la maison-
Matlh. 12. 25. Omnis civitas vel domus divisa
contra se non stabit : Tonte ville ou maison
qui est divisée contre elle-même ne pourra
subsister. Philip, i. 22. Salulant vos omne»
sancti , maxime autem qui de Cœsaris domo
sunt : Tous les saints vous saluent ; mais
principalement ceux qui sont dans la maison
de César. Il y avait alors plusieurs officiers
de César convertis , et c'est de ceux-là dont
parle l'Apôtre. Ps. 111. 3. Gloria et divitiœ
in domo ejus : La gloire et les richesses sont
dans la maison de celui qui craint le Sei-
gneur. Voy. Gloria, Divitiœ , e'c. Gen. 35.
2. c. 42. 19. 1. Reg. 1. 21. Act. 10. 2. Ainsi ,
Facere alicui domum : Faire la maison de
quelqu'un, c'est établir sa famille. 2. Reg.
7. 11. Prœdicitque tibi Dominus,quod domum
faciat tibi Dominus : Le Seigneur vous pro-
met qu'il fera votre maison, dit Nathan à
David. Voy. ^dificare. De là vient Habitare
in domo : Voy. Habitare.
8" Les enfants et ceux qui en naissent ,
la postérité. Exod. 1. 1. Singuli cum domibus
suis introierunt : Voici les noms des enfants
d'Israël qui entrèrent en Egypte, chacun avec
sa famille. De là vient Mdificare domum :
Etablir la maison de quelqu'un ; c'est aug-
menter le nombre de ses enfants et de ses
richesses. Exod. 1. 21. Mdificavit eis domos :
Dieu établit les maisons des sages-femmes
qui accouchèrent les femmes des Hébreux ,
parce qu'elles n'avaient pas obéi à l'ordre de
Pharaon , qui était de tuer leurs enfants
mâles. Les enfants sont une bénédiction de
Dieu.
9" La maison ou la famille d'où nous som-
mes venus. 2. Reg. 7. v. 16. 18. Quis ego swn,
Domine Deus, et quœ domus mea? Qui suis-je,
ô Seigneur mon Dieu I et quelle est ma mai-
son? dit David. Luc 16. 27. Rogo ergo te,
pater, ut mittas eum in domum patris mei :
Je vous supplie donc, père Abraham, d'en-
voyer Lazare dans la maison de mon père ,
dit le mauvais riche, c. 15. v. 17. 18. 1. Par.
17. 16. Mais quelquefois Domus patris mar-
que tous les parents. Eslh. k. li. Et tu, et
domus patris tui peribitis : Si vous demeurez
maintenant dans le silence, Dieu trouvera
quelque autre moyen pour délivrer les Juifs,
et vous périrez, vous et la maison de votre
père , dit Mardochée à Esther. 2. Reg. 24. 17.
Verlatur, obsecro , manus tua contra me et
contra domum patris mei : Que votre main se
tourne contre moi et contre la maison de
mon père. Jer. 12. 6.
10' Les tribus et les peuples qui viennent
d'un patriarche. Abd. 18. Erit domus Jacob
ignis, et domus Joseph flamma, et domus Esau
stipula , et succendentur in eis et non erunt
reliquiœ domus Esau : La maison de Jacob
sera un feu, la maison de Joseph unefiamme,
et la maison d Esaii une paille sèche ; elio
en sera embrasée, et ils la dévoreront , sans
qu'il en reste la moindre chose. Ceci marque
que le royaume de Juda avec le peu des dix
tribus qui se seront joints à eux , attaque-
ront ridumée, la brûleront et se l'assujelli-
rout ; ce qui peut bien être une prophétie dç
1^201
DOM
DOM
1202
l'état où ont élé les Juifs sous Simon Macha-
bée et Hircan, son fils ; et cette prospérité
même des Juifs, qui n'était que passagère , a
été la figure de la religion chrétienne et des
progrès de l'Evangile. Voy. infra Domus
Jacob.
11° La ville ou le pays de la demeure.
Mallli. 23. 38. Ecce relinquetur domus vestra
déserta : Le temps s'approche que voire
maison demeurera déserte. Luc. 13. 35. Ce
qui se peut aussi entendre du temple. Amos.
7. 13. In Bethel non adjicies ultra ut pro-
phètes, quia sanctifîcatio Régis est, et domus
Regni est ; i. e. civitas regia : Qu'il ne vous
arrive plus de prophétiser dans Bélhel, parce
que c'est là qu'est la religion du roi et le
siège de son état , dit Amasias au prophète
Amos. Voy. n. 8.
12° Les habitants d'une ville ou d'un pays.
Mich. 1. li. Domus mendacii in deceptionem
regibus Israël : Les gens du roi d'Israël ne
trouveront dans les princes de Gelh qu'une
maison de mensonge qui les trompera.
13° Une nation , un peuple. Ezech. 2. v. 5.
6. 8. Domus exaspérons : Les Israélites sont
un peuple qui m'irrite sans cesse, c. 3. v. 9.
26. 27. Ainsi, Amos. 6. 12. Percutiet domum
majorem ruinis , et dornum minorem scissio-
nibus : Il ruinera la grande maison , et il
ébranlera les murailles de la petite ; i. e. il
ruinera le royaume des dix tribus par Sal-
manasar, roi des Assyriens, et fera de grands
ravages par Sennachérib, dans le royaume
de Juda, qui subsistera néanmoins, parce
que Dieu frappera par un ange l'armée de ce
roi et conservera Jérusalem.
14° Les biens, les richesses. Matth. 23. 14.
Comeditis domos viduarum : Vous dévorez
les maisons des veuves. Jésus-Christ parle
aux scribes et aux pharisiens hypocrites.
Marc. 12. 40. Luc. 20. 47. 2. Reg. 12. 8. Dedi
tibi domum domini tui, et uxores domini lui
in sinu tuo : Je vous ai mis entre les mains
la maison et les femmes de votre seigneur, dit
Nathan, delà pari de Dieu, à David, parlant
de S;iiil. 3. Reg. 13. 8. Eslh. 8. v. 1. 7. Prcv.
11. 29. c. 15. 27. Ps. 35. 9. Ps. 73. 20. Voyez
Obscurare.
15° Lo tombeau. Isa. 14. 18. Omnes Reges
gentium universi dormierunt in gloria, vir in
domo sua : Tous les rois des nations sont
rnoris avec gloire, et chacun d'eux a son
tombeau. Dieu parle au roi do Babylone,
conmie plus misérable qu'eux , en ci; qu'il
n'aura pas son tombeau.. lob. 17. 13. c. 30. 23.
Le tombeau est appelé, Eicl. 12. 5. Domus
œternitalis : La maison de rélcrnité.
F-içons de parler lirées de la première signiflcalion ; snit
dans le sens projire ou li^'iiré.
Domus Auron. La maison d'Aaron signifie
la postérité d'Aaron , cl par coiisé(iucnl les
prêtres. Ps. 113. 10. Domus Aaron speravit in
Domino : La maison d'Aaron a cs[)cré dans
le Seigneur, v. 12. Ps. 117. 3. Ps. 134. 19. 1.
Reg. 2. V. 27. 28. 30. 31. etc.
Domus David. — l"Un palais que David fil
bâtir à Jérusalem. 2. Reg. 5. 11. Misit II tram
rex Tyri nuntios ad David, et ligna rrdrina ,
el artifices... et œdifnaverunt domum David:
Hiram , roi de Tyr, envoya des ambassadeurs
à David , avec du bois de cèdre, des charpen-
tiers et des tailleurs de pierre ; et ils bâtirent
la maison de David. 1. Par. 14. 1. 2. Reg. 7.
V. 1. 2. etc.
2° La maison de David , c'est la famille
royale de David et sa postérité, 2. Reg. 7. 19.
Hoc parum visum est in conspectu tuo , Do-
mine Deus, nisi loquereris etiam de domo servi
tni in longinquum ; Il vous a paru peu de
chose de m'élever à l'état glorieux où je me
trouve aujourd'hui, si vous n'assuriez encore
votre serviteur de l'établissement de sa mai-
son pour les siècles à venir. 1. Reg. 20. 16.
Pepigit ergo Jonathas fœdus cum domo David :
Jonathas donc fit alliance avec la maison de
David. 2. Reg. 3. v. 1. 6. c. 7. v. 16. 26. 3.
Reg. 12. y. 16. 19. 20. c. 13. 2. etc.
3° Tous les Juifs descendus de Jacob.
Zach. 12. 10. Effundam super domum David
et super habitatores Jérusalem, spiritum gra-
tiœ et precum : Je répandrai sur la maison
de David et sur les habitants de Jérusalem
un esprit de grâces et de prières. Le sens
principal de ces paroles regarde Jésus-Christ
et son Eglise. Dieu répandit, le jour de la
Pentecôte sur son Eglise, qui était assemblée
à Jérusalem , le Saint-Esprit qu'il avait pro-
mis à ses Apôtres ; cl il répandit encore, le
même jour, sur les Juifs qui entendirenl la
prédication de saint Pierre, cet espril de
grâces et de prières qui toucha leur cœur, et
leur fit reconnaître pour leur Sauveur et
leur Dieu celui qu'ils avaient percé et attaché
à une croix, c. 13. 1. Voy. Fons.
Domus Jacob, Domus Israël. La maison de
Jacob signifie :
1° La postérité de Jacob, tous les Israélites
qui sont venus de Jacob par tes douze pa-
triarches. Exod. 19. 3. Hœc dices domui Ja-
cob : Voici ce que vous direz à la maison de
Jacob. Ps. 113.1. Isa. 2. 5.
2" Quelquefois les deux Iribus de Juda et
de Benjamin seulement. Abd. v. 17. Posside-
bit domus Jacob eos qui se possederant : La
maison do Jacob possédera ceux qui l'avaient
possédée ; autrem. et Ilebr. La maison de
Jacob entrera en possession de son héritage,
v. 18. Domus Jacob ignis : La maison de
Jacob sera un f<u, etc.
.3" L'Eglise , parce que le peuple juif, mar-
qué par celte expression, en était la figure.
Luc. 1. 32. Regnabit in domo Jacob in œter-
num : Le fils que vous enfanterez, régnera
élernollemenl sur la maison de Jacob; i. e.
sur toute l'Eçlise , composée de Juifs et do
Gonlils. Isa. 46. 3. ;j8. 1. etc.
4" La maison d'Israël marque souvent
aussi tous les Israélites descendus de Jacob.
Ps. 97. 3. Recordalus est verilatis suœ domui
Israël : Le Seigneur s'est souvenu de la vérité;
c'est-à-dire de la fidélité due aux promesse»
qu'il avait f;iilcs à la maison d'Israël. Voy.
Isa. 52. V. 9. 10. Luc. 3. 6.) Ps. 113. v. 9. 12.
Matlh. 10. 6. Amos. 6. 1. Ingredientes pom^
P'idcc domum Israël : Vous qui entrez avec
une pompe fastueuse dans les assemblée!)
d Israël ; c'cst-à-dirc; dés Juifs en Jérusalem,
el des Israélites en Samaric ; car le Prophète
1903
niCTlONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE,
1204
s'adresse aux nés et aux autres. Souvent
aussi ce mol signifie les dix tribus qui s'é-
laient révoltées conire les rois de la famille
de David. 3. Reg. 20. 31. Aiidivimus quod
regesdomus Israël clémentes sint : Nous avons
ouï dire que les rois de la maison d'Israël
sont doux et cléments, disent les officiers de
Benadad. c. 12. 21. Isa. ^6. 3. Jerem. 3. v. 18.
20. etc. et quelquefois ce mot signifie seule-
ment les Juifs seuls des tribus de Juda et de
Benjamin. Jerem. 5. 15. Addncam super vos
gentem de longinquo , domus Israël : Maison
d'Israël, dit le Seigneur, je m'en vais faire
venir un peuple des pays les plus reculés ; se.
les Chaldéens. c. 18. 6. c. 23. 8. Ezech. 3. v,
k. 5. 7. etc. Voy. Israël.
Domus Juda. La maison de Juda signifie
la tribu de Jutia. 2. Reg. 2. 7. Me unxit do-
mus Juda in regem sibi : La maison de Juda
m'a consacré pour être son roi, dit David.
v. 10. 11. etc.
Domus Joseph. La maison de Joseph signi-
fie quelquefois les deux tribus d'Ephraïm et
de Manassé. Jos. 17 17. Dixilque Josue ad
domum Joseph, Ephraim et Mariasse : Josué
répondit à la maison de Joseph , Ephrjiïm et
Manassé. z. 18. 5. Judic. 1. 22. 3. Reg. 11. 28.
Quelquefois on entend les dix tribus dont
Ephraïm était ie chef. Amos. 5. 6. Quœrite
Loininum, et vivite , ne forte comburatur ut
ignis domus Joseph : Cherchez le Seigneur,
et vous vivrez, de peur qu il ne fonde sur la
maison de Joseph, comme un feu qui le ré-
duiseen cendres. Abd. IS.Zach. 10. 6. 2. Reg.
19. 20. Hudie primus veni de omni domo
Joseph : Je suis venu le premier de toute la
maison de Joseph, dit Séméï à David. Quel-
ques-uns croient qu'on peut entendre par là
tous les Israélites, hors ceux de la tribu de
Juda.
Domus Dei, Domini. La maison de Dieu, la
maison du Seigneur, signifie :
1° Tout le peuple d'Israël que Dieu con-
duisait et reconnaissait comme un père de
famille. Osée. 8. 1. Sit tuba quasi aquila sti-
per domum Domini : Voici l'ennemi qui vient
fondre, comme un aigle, sur la maison du
Seigneur. D'autres l'entendant du Temple ,
l'expliquent ainsi : Que votre voix soit
comme une trompette ; qu'on l'entende
d'aussi loin qu'on entend un aigle qui croasse,
élevé sur ie sommet du Temple. Num. 12. 7.
Moyses qui in omni domo mea fidelissimus est:
Moïse qui est mon serviteur très-fidèle dans
toute ma maison. C'est Dieu qui parle.
2° La terre deChanaan, où la puissance
et la sagesse de Dieu ont éclaté en faveur
de son peuple. Baruch. 3. '•l'v. 0 Israël, quam
magna est domus Dei ! O Israël ! que la mai-
son de Dieu est grande! (Ce qui peut s'en-
tendre aussi de tout l'univers.) Voy. Deut.
l-. 6. c. 30. 15. Ce qui se peut entendre aussi,
ou de toute la terre, ou de tout l'univers.
3" La maison de Dieu est partout où il se
rend présent, comme le lieu où il parut à Ja-
cob. Gen. 28. 22. Lapis iste quem erexi in ti~
tulum^vocabilur domus Dei; Celte pierre, que
j'ai dressée comme un monument, s'appellera
lamaison de Dieu, dit Jacob. V. 17. Le lieu que
Dieu habile est appelé ainsi ; soit le ciel. Joan.
H. 2. In domo Patris mei mansiones multœ
sunt : Il y a plusieurs demeures dans la mai-
son de mon Père. Ps. 35. 9. De même le lieu
où l'on rend à Dieu un culte public ; soit le
tabernacle. Exod. 3i. 16. Primitias frngum
terrœ tuœ offeres in domo Domini Dei tui :
Vous offrirez les prémices de votre terre dans
la maison du Seigneur votre Dieu. 1. Reg. 1.
24. soit le temple de Jérusalem , soil l'Eglis» ,
en beaucoup d'endroits des psaumes, sous la
figure du temple. Ps. 22. 7. Ut inhubitcm in
domo Domini in longitudinem dierum : Afin
que j'habite très-longtemps dans la maison
du Seigneur. Ps. 26. k. Ps. 92. 7. soit enfin
le Saint des saints, ou le sanctuaire où était
l'arche. 3. Reg. 8. Oi. Sunclificavit rex mé-
dium alrii quod erat in domo Domini : Le roi
Saloinon consacra le milieu du parvis qui
était devant la maison du Seigneur. Le tem-
ple est quelquefois marqué par le mot do-
mus, conmie Ezech; 40. v. 13. 15. Ainsi 3.
Reg. 7. 50. domus tempii : La maison du tem-
ple, c'est le lieu saint, qui peut être appelé
la maison extérieure, par rapport au Saiut
des saints appelé maison intérieure.
k° Le culte public que l'on rend à Dieu. 2.
Esdr. 10. 39. Non dimittemus domum Dei no-
stri : Nous n'abandonnerons point la maison
de notre Dieu. c. 13. v. 11. 14. Ps. 68. 10.
Joan. 2. 17. Zelus domus tuœ comedit me : Le
zèle de votre maison me dévore.
In domo alicujus esse. Etre dans la maison
de quelqu'un, c'est être sous sa conduite et
sa puissance, être au pouvoir de quelqu'un.
Num. 30. 17, Istœsunt leges quas constituit
Dominus Moysi, inter patrem et filiam quœ in
puellari adhuc œtate est, vel quœ tnanet in pa-
rentis domo : Ce sont là les lois que le Sei-
gneur a données à Moïse, pour être gardées
entre le père et la fille, qui est encore toute
jeune, ou qui demeure en la maison de son
père. V. 4. c. 30. 11, Deut. 22. 21. 1. Reg. 2.
17. Numquid non aperte revelatus sum domui
patris tui, cum essent in JEgypto in domo
Pharaonis : Ne me suis-je pas fait connaître
visiblement à la maison de votre père, se.
d'Aaron, lorsqu'ils étaient en Egypte, sous la
domination de Pharaon, se, comme ses es-
claves.
DOMUS SOLIS,Heb, Selhsemes. Hélio~polis,
ville de la Basse-Egypte, entre le Nil et l'A-
rabie, appelée Bethsémès, Domus Solis, et
HéliopoHs en Grec, Civitas Solis, parce qu'on
y adorait le soleil. Jerem. 43. 13. Conteret
statuas domus Solis : Nabuchodonosor brisei'a
les statues de la maison du Soleil, i. e. de la
ville d'Héliopolis. Voy. Hkliopolis.
DONARE, ^/apîÇsaOai, StSivat. — 1" Donner,
soit comme un présent gratuit et une grâce. 2,
Petr. 1. 4. Maxima et preiiosa nobispromissa
donavit (Gr. SeSwpvjTat. donata sunt) : Dieu nous
a communiqué les grandes et précieuses grâ-
cesqu'il avait promises. Marc. 15. 45. Act.27.
24. Donavit tibi Dens omncs qui navigant te-
cum : Dieu vous a donné tous ceux qui na-
viguent avec vous, quoiqu'ils méritassent de
périr, à cause de leur désobéissance; soit
comme une récompense due. Philipp. 2. 9,
1205
DON
DON
Î206
Propler qiiod et Deiis donavil iili nomen,
guod est super omne nomen : A cause do i'o-
béissnnce que Jésus-Christ a rendue à Dieu,
jusqu'à mourir sur la croix, Dieu lui a donné
un nom qui est au-dessus de tout nom. Ainsi
accorder, octroyer. Act. 3. li. Petislis viriim
liomicidam donari vobis : Vous avez demandé
qu'on vous accordât la grâce d'un homicide?
S lint Pierre a en vue ce qui est dit do Ba-
rahbas, Luc. 23. 18. Esth. 7. 3. Dona milii
aniinam meam : Je vous conjure de m'accor-
(1er, s'il vous plaît, ma propre vie, dit Esther
à Assuérus. 2. Ueg. 12. 22. Eccli. 2."j, 15. etc.
2" Remettre, pardonner, faire grâce. Coloss,
3. 13. Donantes vobismetipsis^ si yuis adver-
siis aliquem habet querelam : Que chacun re-
mette à son frère tous les sujets de plainte
qu'il pourrait avoir contre lui. c. 2. 13. 2.
Cor. 12. 13. etc,
3" Livrer, mettre entre les mains. Act. 25.
11. Si vero nihil est eorum quœ hi accusant
me, nemo potest me illis donure : S'il n'y a
rien de véritable dans toutes les accusations
que les Juifs font contre moi, nul ne me peut
livrer entre leurs mains, dit saint Paul à
Festus.
k° Rendre, rétablir. Philetii. v. 22, Spero
per orationes vestras donari me vobis : J'espère
que Dieu me redonnera à vous encore une
fois, par le mérite de vos prières.
DONARIUM, II, S6u.x, de donare. Ce mot
signifie, dans les auteurs, ou les offrandes
que l'on faisait aux dieux, ou les présents
qu'on faisait aux soldats courageux ; dans
lEcnture :
1" Don, présent. 1. Mach. 3. 30. Timuit ne
non haberet ut semel et bis in suniptus et do-
naria : Anliochus eut peur de n'avoir pas de
quoi fournir, comme auparavant, aux frais
de la guerre et aux grandes libéralités qu'il
avait coutume de faire à ses soldats et à
d'autres.
2" Offrande faite; soit à Dieu ( U'^yAotiLu ).
Exod. 33. 29. Omnes viri et mulicrcs mente
devota obtulenint donaria, ut fièrent opéra quœ
fusserat Do)ninus: Tous les hommes et toutes
les femmes firent leurs offrandes de bon
cœur, pour fa i re les ou \ rages que le Seigneur
avait ordonnés par Muise, Num. 18. 29. Deut.
12. C. 2. Mach. 2. 13. Soit aux idoles. 2.
Mach. 12, 40. Jnvcnerunl autem sub tunicis
interfectorum de douariis idolorum ( Hpcou'A ; :
Judas et ses gens trouvèrent, sous les tuni-
ques de ceux qui élaient morts au combat
qui se donna contre Gorgias, des choses qui
avaient été consacréis aux idoles.
DONATIO, Nis. Action de donner; dans
1 Ecriture :
1" Don, présent ( ^îôpa ). Eccli. 38. 2. A
rer/e accipiet donatiunem : La médecine rece-
vra des |)résenls du roi. 1. Mach. 10. 28.
2" Don, grâce de Dieu ( oMfA'x ). Ephes. 4.
7. Unicuique... noslrnm data est qratin sccun-
dummensuram donatiotiis Christi : La grâce
a été donnée à ciiacun de nous selon la me-
sure du don de Jésus-Christ. Cette grâce est
celle du tninislère. Kom. 5. 17. 2. Cor. 1. 11.
3 Don, talent que Dieu donne pour le sa-
lul des autres ( yj'-^^'^if'^- )- Rom. 12. G. //a-
hentes donotiones secundum gratiam quœ data
est nobis, différentes, sive prophetiam : Nous
avons tous des dons différents, selon la grâce
qui nous a été donnée; l'un, le don de pro-
phétie, etc.
DONEC, £Ws- «V, £co,- , eo)ç 0-3. De l'ancien
donicum, composé de dum et de cum.
Jusqu'à ce que, tandis, ou tant que; dans
lEcrilure :
1" Ce mol marque ce qui se fait jusqu'à un
certain temps qui termine cette action, ou
qu'une chose ne se fera point jusqu'à un cer-
tain terme où elle doit commencer. Gen. 40.
10. Non auferetur sceptrum de Juda, et dux
defemore ejus, donec veniat qui mittetidus e>'/ :
Le sceptre ne sera point ôté de Juda, ni le
prince de sa postérité, jusqu'à ce que celui
qui doit être envoyé soil venu. Cette prophétie
fameuse s'est littéralement accomplii' dans la
personne de Jésus-Christ; car. à commencer
au règne d'Hérode, pemlanl lequel le Sauveur
est venu au monde, les Juifs n'eurent plus
de roi ni de chef souverain de leur nation. Ils
furent chassés de la Judée quelques années
après, et ainsi l'autorité de la maison de Juda
fut anéantie. Matlh. 10 11. Ibi manete donec
exealis : En quelque ville ou en quelque vil-
lage que vous entriez, demeurez chez celiii
qui est digne de vous y loger jusqu'à ce que
vous vous en alliez, c. 20, 36. Marc. H. 32.
Gen. 19. 22. c. 24. 33. Jercm. 32. 5. Ps. 17.
38. Ephes. 4. 13. etc.
2° Il marque, selon lusage di's Hébreux,
qu'une chose se fait jusqu'à un certain temps,
après leiiuel il ne s'ensuit pas qu'elle cesse,
ou bien qu'une chose ne se fait point jusqu'à
un certain temps, après lequel il ne s'ensuit
point qu'elle se fasse. Ps. 10';). 1. Sede a dex'
tris meis, donec ponam inimicos tuas scabel-
lum pedum tuorum : Asseyez-vous à ma
droite, jusqu'à ce que je réduise vos ennemis
à vous servir de marchepit>d ; /. c. régnez avec
moi jusqu'à ce que, etc. 11 ne s'ensuit pas
que Jésus Christ no règne point avec son
Père, après que tous si;s ennemis auront été
réduits sous sa puissance, au temps de la ré-
surrection générale; mais c'est (lucce royaume
de Jésus-(]hrist ne recevra sa consommation
que lorsqu'il aura réduit sous ses pieds tous
ses ennemis. Matlh. 1. 25. Non cognoscebat
eamdonec peperit Filium suum primogcnilum:
Saint Josepii n'avait point connu la sainte
Vierge quand elle enfanta son premier-né.
Saint Jose[)h était bien plus éloigné d'user du
mariage après la naissance du Fils de Dieu ;
mais l'Ecriture assure seulement ce qui no
s'est point fait avant la naissance de Jésus-
Christ. Gen. 8. 7. 3. Reg. 22. 27. 2. Par. 18.
10. Isa. 22. 14. Ps. 71. 7. Apoc. 20. 5. etc.
Voy. UsQUE.
3" Tandis que, pendant que. Joan. 9. 4. Me
oporlel opernri opéra ejus, qui jnisit me, do-
nec dtps est : Il faut ()ue je fi^se les œuvres
de celui qui m'a envové, pondant qu'il est
jour. Job. 32. 12.
4° Avant que. Matlh. 10. 23. Non consum-
mabitis civitates Israël donec veniat Filius
hominis : Vous n'aurez pas achevé d'instruire
i-207
DICTIONNAIRE DK PIIILOI.OGIK SACRKF,.
120i
toutes les villes d'Israël avant que le Fils de
l'homme vienne. Voy. Consdmmare.
5° Quelquefois ce mot ne marque pas tant
lin temps limité que l'issue d'une chose.
Malth. 12. 20. Linum fumigansnon extinguet,
donec ejiciat ad victoriajnjudicium: Mon ser-
viteur n'achèvera point d'éteindre la mèche
qui fume encore, jusqu'à ce qu'il fasse triom-
pher la justice de sa cause, i. e. jusqu'à ce
que Jésus-Christ fasse par sa douceur que la
justice de son Evangile l'emporte et demeure
victorieuse. On peut aussi expliquer ce pas-
sage du jugement dernier.
6^ Ce mot est quelquefois une simple con-
jonction qui n'a point de sens particulier.
Judith. 6. 4. Confixus cades inter vulneratos
Israël, et non respirabis ultra, donec extermi-
neris cum illis, i. e. et exterminaberis : Vous
tomberez percé de coups parmi les morts et
les blessés du peuple d'Israël, et vous n'en
échapperez pas, mais vous périrez avec eux,
dit Holopherne à Achior. 1. Reg. 2. 5. Fame-
lici saturati sunt, donec sterilis peperit plu-
rimos : Ceux qui étaient pressés de la faim,
ont été rassasiés, et celle qui était stérile, est
devenue mère de beaucoup d'enfants.
DONUM, 1, Gr. Sûpov, §w/>£«. Du verbe do,
ou de Bûpoj.
1" Don, présent. Prov. 19. 6. Mulli amici
sunt dona tribuentis : Plusieurs sont amis de
celui qui a de quoi donner, c. 18. 16. Ps. 71.
10. Dans ce sens les biens que Dieu donne,
sont appelés des présents. Eccli. li. li. Par-
ticula boni doni non te prœtereat : Ne laissez
pas perdre aucune partie du bien qi>e Dieu
vous donne, i. e. servez-vous-en honnéle-
ment. Le Grec porte smOvaicc, l'on doit tra-
duire alors : iYe laissez pas échapper le plus
petit bon désir que Dieu vous donne. Voy.
Particula.
2" Offrande, don offert à Dieu. Marc. 7. 11.
Corban [quod est donum) quodcutnque ex me,
tibi profuerit : Si quelqu'un dit : Tout don
que je fais à Dieu, vous soit utile, il satisfait
à la loi. Voy. Corban. Matlh. 23. 18. Luc. 21.
5. Num. 18. 6. etc. Offrande distinguée du sa-
criflce. Hebr. 5. 1. Omnis ponlifex constitui-
tur ut offerat dona et sacrificia pro peccatis :
Tout pontife est établi atin qu'il offre des
dons et des sacrifices pour les péchés. Ces
dons offerts à Dieu étaient volontaires et de
choses inanimées. Levit. 23. 38. Voy. Hebr.
8. 3. c. 9. 9. Voy. Num. 29. 39.
3° Don spirituel, grâce que Dieu fait par
rapport au salut. Joan. h. 10, Si scires donum
Dei : Si vous connaissiez le don de Dieu, dit
Jésus-Christ àla femme Samaritaine [oMf,r)u.K).
Voy. v. 13. 14. Ainsi Jac. 1. 17. Omne donum
perfectum desursum est : Tout don parfait
vient d'en haut. Sap. 3. 9. Ephes. 2. 8. c. i. k.
S. Rom. 5. V. 15. 10. 2. Cor. 9. 15. Hebr. G. etc.
V'Don du Saint-Esprit. Act. 2. 38. Bapti-
zelur unusquisquc veslrum in nomine Jesu
Christi, et accipietis donum Spiritus Sancti :
Que chacun de vous soit bapiisé, au nom de
Jésus-Christ, et vous recevrez le don du Saint-
Esprit, i. e. ou le Saint-Esprit, ou la grâce
justifiante, ou la grâce de la confirmation.
. 5' Don extraordinaire du Saint-Esprit. AcI.
8. 20. Quoniam donum Dei existimasti pecu-
nia possideri : Que votre argent périsse avec
vous, vous qui avez cru que le don de Dieu
puisse s'acquérir à prix d'argent, dit saint
Pierre à Simon.
DOR, Heb. Generatio. Ville maritime dans
la tribu de Manassé, près de Césarée. Jos.
12. 2. c. 12. 23. c. 17. 11. Jud. 1. 27. 1. Par.
7. 29. Son roi fut tué par Josué, et la capitale
avec toute la province ruinée.
DORA. La même que Dor. 1. Mac. 15. v.
11. 13. 25, où Antiochus Sidétes assiégea le
traître Tryphon.
DORCAS. Ce nom signifie un daim, un che-
vreuil, et vient de Bépy.ea , videre, parce que
cet animal a la vue subtile et voit de loin ;
dans l'Ecriture :
Dorcas ou Tabithe, femme chrétienne de
Joppé, célèbre par ses aumônes, et ressus-
citéc par saint Pierre. Act. 9. 3B. Joppe fuit
qnœdamdiscipula, nomine Tabilha, quœ inler-
pretata dicilur Dorcas. Le mol dorcas signifie
chevreuil. Ce nom, qui répond à dama, ca-
prea, et autres semblables, comme cerva, est
un nom de mignardise.
DORDA, Hebr. Generatio scientiœ. Fils de
Mahol, célèbre pour sa sagesse. 3. Reg, 4. 31.
Voy. Chalcol.
LORMIRE, y.oiiiàfjOcii , y.v.Qzvhfj. De l'an-
cien verbe dermire, Bipux, pellis, parce qu'on
couchait autrefois sur des peaux.
1" Dormir. Joan. 11. 12. Domine, si dormit,
salvus erit : Seigneur, si Lazare dort, il sera
guéri, disent les disciples à Jésus-Christ.
Marc. 5. S9. Eccli. 22. 9. Cant. 5. 2.
2° Dormir du sommeil de la mort, être
mort, se dit : 1° De tous les hommes. Dan.
12. 2. Mulli de his qui dormiunt {nollol yaSeu-
c-ovTwv) in terrce pulvere, evigilabunt . Tou\e
cette multitude de c ux qui dorment dans la
poussière de la terre, se réveilleront, les
uns pour la vie éternelle, et les autres pour
un opprobre éternel, 2° Il ne s'entend que
des justes. 1. Thess. 4. 13. Deus eosqiti dor-
mierunl (Gr. zoiuâTÇat) per Jesum, adducet
cum eo : Dieu amènera avec Jésus ceux qui
se seront endormis en lui. Eccli. 24.46 (cette
phraseest particulière à la langue syriaque).
3" Il s'entend des particuliers, soit justes ou
non. Ps. 75. 5. Joan. 11. 11. Lazarus amicus
noster dormit (/oiaâTOKi), sedvado nt a somno
excitem eum : Notre ami Lazare dort, mais
je m'en vais l'éveiller. Voy. v.l3. 14.1. Thess.
5. 10.3. Reg. 1.21.Matlh.27. 52. Act. 13.36.
Jerem. 51. v. 39. 57. Dormient (Ottvoûv ûn^vov)
somnum sempiternum, et non expergiscentur :
Les princes de Babylone dormiront d'un som-
meil éternel, dont ils ne se réveilleront ja-
mais. La mort est exprimée par le sommeil,
non par rapport aux âmes qui vivent tou-
jours, mais par rapport aux corps qui soni
dans leurs tombeaux, comme dans leurs lils,
jusqu'au jour de la résurrection, qui seii
comme leur réveil. 1. Cor. 15. 20. Primiliu:
dormientium : Jésus-Christ est ressuscité le
premier, pour ne plus mourir. De là vient :
Dormire in Chrislo. Voy. Mori.
Dorwire in pulvere. Voy. PuLvrs.
3^ Dormir du sommeil de la coiiiemplation,
lâog
DOR
Don
121J
cire on exlase. Canl. 5. 3. Ego dormio, et cor
me im vigilat : Je dors, et mon cœur \eille.
4-°Elreon repos, san> peine d'esprii ûttvo'jvI.
Prov. i. 16. Non dorminnt nisi mah'fecerint :
Les niérhanis ne peuvent dormir s'ils n'ont
fait du mal. Ps. k. 9. Ps. 67. U. Ezech. .U.
25. Levit. 26. 6. Ose. 2. 18. Ainsi , Num. 2V.
9. Accubans dormivit ut ho ; i. e. secure
quiescit : Quand le peuple d'Israël se couche,
il dort comme un lion. Ainsi, attendre en
repos. Ose. 7. 6. Tota nocte dormivit co-
quens : Le Prophète compare Jéhu, qui f;ii-
sait entrer insensiblement son peuple dans le
culte des veaux d'or, à un homme qui, ayant
fait chauffer son four, y avait mis sa pâte, et
attendait en repos que le pain fût cuit.
De là vient :
— Dormire et exsurgere (ù/rv&Ov, èlzy-îpB'jdxi,
id est ùw-Tzc^ûirrexi. Yoy. Can. Scrip., p. 218,
n. 3). Celle façon de parler est une manière
de proverbe hébreu, qui signifie vivre dans
une grande sécurité et sans rien craindre.
Ps. 3. 6. Ego dormivi, et soporatiis sum ; et
exsurrexi, quia Dominxis suscepit me : Je me
suis endormi, dit David, je me suis assoupi,
et ensuite je me suis levé; parce que le Sei-
gneur m'a pris en sa protection : Le Pro-
phète fait ailu^-ion à ceux qui ne s'éveillent
qu'après avoir bien dormi : cela s'entend
bien de Jésus-Christ, dans le sens spirituel.
Marc. 4. 27. Quemadmodum si homo juciat se-
mentem in terram et dormiat, et exsurgat nocte
et die : Le royaume de Dieu est semblable à
ce qui arrive, lorsqu'un homme a semé de
la semence en terre; soit qu'il dorme, ou
qu'il se lève durant la nuit et durant le jour,
la semence germe. Ainsi, Deul. 5. 7. Dor-
miens atque consurgens; i. e.noctuetinterdiu:
Nuit et jour.
5° Cesser. Job. -"S. .37. Concenlum cœli quis
dormire faciet? Qui fera cesser toule l'har-
monie du ciel?
6' Vivre dans la paresse et la négligence
de son salut. Ephes. 5. W. Surge qui dorpiis,
et exsurge a mortuis : Levez-vous, vous qui
dormez, sortez d'entre les morts, et Jésus-
Christ vous éclairera. 1. Thess. 5. 6. Non
dormiamus, sed vigilemus, et sobrii simis : Ne
dormons pas con)me les autres; mais veil-
lons, et gardons-nous de l'enivrement, v. 7.
Qui enim dormiunt y nocte dormiunt : Car
ceux qui dorment, dorment durant la nuit.
Marc. 13. .36. Prov. 23. 3V. c. 6. v. 9. 10.
Canl. 5. 2. Voy. Vigilare.
N'avoir point de soin de ceux dont on est
chargé. Matth. 1:5. lô. Cum autem dormirent
homines^ venit inimicus, et superscniinavil zi-
zania : Pendant que les hommes dormaient,
l'ennemi de celui qui avait semé de bon
grain dans son champ, vint et sem i de l'i-
vraie. Isa. 56. 10. Speculdlnres ejus dormicH'
tes et amantes somnid (èvuTrviâ^^TOai) : Les sen-
tinelles d'Israël sont des chiens... qui dor-
ment, et qui se plaisent dans leurs songes;
Hebr. à dormir. Voy. Dormitark.
7". Etre malade dans son lit. Ps. VO. 0.
Numquid quid dormit non adjiciet iil resur-
gnt ? Croyez-vous qu'il puisse ro'.ever de cette
maladie? Non adjiciet ut resurgat, est une
phrase hébraïque, qui est pour non resur-
get; autr. Celui qui dort du sommeil de la
mort, ne se Icvera-t-il pas encore; se. parla
résurrection. Voy. Adjicere.
8^ Demeurer étendu dans la langueur et
l'abattement. Isa. 51. 20. Filii tui projecli
sunt, dormierunt in capite omnium viarum :
Vos enfants sont tombés par terre, ils sont
demeurés abattus le long des rues : l'Ecri-
ture parle des Juifs : Ainsi, c. 10. 11. In do-
loribus dormietis : Vous languirez dans vos
douleurs; a}itr. vous serez frappés d'assou-
pissement au milieu de vos douleurs. Jereni.
3. 19. Dormiemus in confusione nostm.
9° Dormir, se dit pour marquer le com-
merce de l'homme avec la femme. Gen. 19.32.
Inebriemus eum vino , dormiamusque cum eo,
ut servare possimus ex pâtre nostro semen :
Donnons du vin à notre père, et eni^rons-
Ic, et dormons avec lui, afin que nous puis-
sions conserver de la race de notre père :
c'est ce que s'entredisent les deux filles de
Loth, après l'embrasement de Sodome et de
Gomorrhe. v. 33. 3i. 35. c. 39. v. 7. 12. etc.
DORMITARE, vucrràÇav ; fréquentatif de
dormire.
1° Sommeiller, dormir légèrement (xa9u-
TTvoOv). Prov.2i 'Yè.Modicumdormitabis 'Mows
sommeillerez un peu. Le Sage marque la
fainéantise du paresseux, qui se laisse sou-
vent aller au sommeil, c. 6. 10. Voy. Conse-
RERE.
§ 1. — Dormir du sommeil de la mort, être
mort. Ps. 75. 7. Ab incropatione tua, Deus
Jacob, dormitaverunt qui ascejiderunt cquos :
Ça été, ô Dieu de Jacob, par un effet de vo-
tre juste sévérité, que ceux qui étaient mon-
tés sur des chevaux, se sont aussi endormis :
Le Prophète parle de Sennachérib et des As-
syriens qui furent lues par un ange.
§. 2. — Etre négligent, s'endormir, ne
point veiller, n'être point attentif, soit à la
sûreté ou au salut des autres. Nahum. 3. 18.
Dormitaverunt paslores lui, rex Assur : O
roi d'Assur, vos pasteurs et vos gardes se
sont endormis ; Le Prophète allribuc la prise
deNiniveà la négligence de ses chefs. Ps. 120.
3. Neque dorinitet qui custodit te : Que celui
qui vous garde ne s'endorme point : en ce
sens, dormire se joint avec dormitare. v. 4,
Non dormitabit neque dormiet qui custodit
Israël : Celui qui garde Isr.iël ne s'assoupira
et ne s'endormira point ; soit à sa propre sû-
reté et à son saint. Prov. 6. h. Ncc dormiient
palpebrœ tuœ {i-rrj7-uÇîu) : Si vous avez ré-
pondu [)our votre atni, que vos paupières ne
s'assoupissent point; t. e. n'ayez i)oint de re-
pos que vous ntî soyez dégage; soil à la ven-
geance cl 'a punition des cmipables. 2. Peir.
2. .3. Perdilio eorum non dormitut : La inaiu
qui doil pcnlre ces faux docteurs n'est pas
endormie. Isa. 5. 27.
.3' S'abattre, se décourager. Ps. 118. 28.
Dormilavit anima m^a prœ tœdio : Mon âme
s'est assoupie d'ennui. Hebr. Stillavil, lique^
f(,cla est : s'est écoulée, i. e. affaiblie.
V' Ne plus penser à quelque chose, cesser
12H
niCTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
1212
de l'altendro. Matih. -25. 5. Morom autem fa- rejeté celui qui était venu leur enseigner la
" " ' " " voie du ciel; c'est, selon quelques-uns, ce
que veut dire l'Apôtre en cet endroit , quoi-
que ce même passage du psaume 68. 24. si-
gnifie, à la lettre, la dure servitude et les
maux dont les Juifs ont été accablés depuis
la ruine de Jérusalem.
^ 6" P;irce que c'est en tournant le dos, que
l'on se relire de quelqu'un : Prœbere, ou us-
îendere dorsum (ilicui, marque le mépris et
l'abandon que l'on fait de quelqu'un ou de
quelque chose. Jerem. 18. 17. Dorsum et non
facietn oslendam eis : Je tournerai le dos et
non le visage aux Israélites au jour de leur
perte. 2. Par. 29. G. Eccli. 21. 18.
Autres significations, ou figurées ou méta-
phoriques. — 1" Les reins, prenant une par-
tie pour l'autre (ôcrç>:,-, lumbi). Ezech 9. 11.
Qui habebat atramentnrium in dorso suo ;Ce
lui qui avait une écritoirc pendue sur les
reins ; les anciens pendaient autrefois leur
écriloire à leur côté.
2" Tout le corps. 3. Reg. 12. 10. Minimus
digitus meus grossior est dorso (ÔTyJ,-) patrie
mei : Le plus petit de mes doigts est plus
gros que n'était le dos de mon père : manière
de parler proverbiale, comme si Uoboaui di-
sait : Je vaux mieux de mon petit doigt, que
mon père ne valait de tout son corps. Prov.
10. 13. Le dos est pris aussi pour le corps
dans ce passage de Jérémie. 48. 37. Itrii su-
per omne dorsum (ôt'j/v,-) ciUcium : Les Moa-
bites auront le cilice sur le dos. Amos. 8. 10.
3' Le derrière d'un édifice. Ezech. 41. lo.
Mensus est longitudinem œdificii conlrn fa-
ciem ejus quod erat separatum ad dorsum :
Cet homme mesura la longueur de l'édifire,
vis-à-vis de celui qui en était séparé par der-
rière.
DORYMINUS, Gr. Donatus. Dorymène,
père de ce Ptolémée, qui fui envoyé par Ly-
sias contre les Juifs. 1. Mac. 3. 38.
DOS, oTis, 'fip-jr), du nom grec, Sw,- le même
que oo(7£,-, donum.
1" La dot, le bien qu'apporte une fille en
mariage. Exod. 22. 17. Reddet pecuniam
juxta modum dotis ■ Celui qui aura séduit
une vierge, qui n'était point encore fiancée,
donnera au père autant d'argent qu'il en
faut d'ordinaire aux filles pour se marier.
Cette dot était relative à la condition de la
personne outragée. Il est vrai que, selon
ciente sponso, dormitaverujit omnes, et dor-
mierunt : L'Epoux des dix vierges lardant à
venir, elles s'assoupirent toutes et s'endor-
mirent.
DORMITATIO, nis, vv^rayaô?, l'action de
sommeiller ou de s'endormir légèrement ;
dans l'Ecriture :
Sommeil. Ps. 131. 4. Si dedero palpebris
meis dormitalionem : Si je permets à mes
paupières de sommeiller.
— Paresseux, négligent, qui ne fait que
dormir ( -JTrjiiBriç , soynnolentus). Prov. 23.
21. Vestietur pannîs dormi tatio : La paresse
toujours endormie, sera vêtue de haillons:
î. e. l'hoiimie paresseux.
DORMITIO , xis, xotî/ijG-tr — 1° L'action de
dormir . sommeil naturel. Joan II. 13.
ÏUi autem putaverunt quia de dormi tione som-
ni diceret : Les disciples de Jésus-Christ cru-
rent qu'il leur parlait du sommeil ordinaire;
se. lorsqu'il leur dit: Notre ami Lazare dort.
2° Sommeil de la mort. 2. Mach. 12. 45.
Qui cum pietale dormilionem occeperant : Ju-
das considérait qu'une grande miséricorde
était réservée à ceux qui étaient morts dans
la piété : Gr. xotawaîvoj.
DORSUM, I. Gr. vôiro,-. Du mot deorsum, on
disait autrefois dossum.
Le dos. Prov, c. 10. 13. Virga in dorso ejus
qui indiget corde : La vorge se trouve sur le
dos de celui qui n'a point de sens. Ps. G7. IV.
Ezech. 8. 16.
Sigiiillcalions , et façons de pnrier métaphoriques, tirées
de ces siiniiScalions.
Dare, ponere, vertere, percutere dorsum.
i" Mettre en fuite. 2. Reg. 22. 41. Initmcos
meos dedisti mihi dorsum : Vous avez fait
tourner le dos à m<s ennemis. Ps. 17. 41.
Ps. 20. 13. Isa. 45. 1.
2° Parce que c'est sur le dos qu'on porte
les fardeaux : ce mot marque les maux et les
travaux dont on est accablé. Ps. 80. 7. Diver-
tit ab oneribus dorsum ejus : Dieu déchargea
le dos des Israélites dos fardeaux qui les ac-
cablaient. Ps. 65. 11. Posuisti tribulaliones
in dorso nostro : Vous nous avez chargés
d'afflictions. Ps. 68. 24.
3° Parce que c'est ordinairement sur le dos
que l'on frappe ceux qu'on punit : ce mot
marque les châtiments et les ;ifflictions qu'on
fait souffrir. Nahum. 1. 13. Nunc conteram
rirgam ejus de dorso luo .-Je m'en vais briser ce qui est dit, Deut. 22. 29. celui qui cor-
cette verge, dont Icnnemi vous frappait, rompt une vierge, paraît n'être condamné
Ps. 128. 3. Eccli. 35. 22. ^'oy. Contribl- qu'à cinquante sicles ; mais le législateur a
LARi. voulu, par ces deux articles différents, pu-
nir deux différentes injures; l'injure faite au
père de la jeune fille, par une amende de cin-
quante sicles; et l'injure faite à la fille elle-
même, par une dot proportionnée. 3. Reg. 9.
16. Dédit eam in dotcm ( à-oarolxi, munera )
filiœ suœ uxori Salomonis : Pharaon avait
donné la ville de Gazer pour dol à sa fille,
(jue Salomon avait épousée. 2. M.ich. 1. 14.
2" Le douaire, l'avantage que les maris
font à leurs femmes. Gen. 34. 12. Augete doteni,
et munera postulatc .-Faites monter les droits
de Dina aussi haut que vous voudrez; de-
mandez des présents, dit Sicliem à Jacob et
4° Ce mol marque aussi l'opiniâtreté de
ceux qui ne se corrigent point par les châ-
timents. Barnch. 2. 33. Avertent se a dorso
suo duro ; i. e. a duritia dorsi : Les Israéli-
tes, dans leur captivité, quilleronl cette du-
reté qui les rend coiimie inflexibles.
5° Parce que c'est en baissant le dos que
l'on regarde la terre : ce mot marque l'alta-
chement que l'on a pour le- choses terrestres
et périssables. Rom. H. 10. Dorsum eorum
semper incurva: Faites qu'ils soient toujours
courbés contre terre : c'est la punition dont
les Juifs oi\t été justement châtiés, pour avoir
1213
DRA
DRA
iMi
aux frèros de Dina, la leur demandant en
mariage. Voy. Gen. 29. v. 18. -20. 27. Ose.
12. 12. 1. Reg. 18. 25.
3° Don, grâce, bienfait ( Sûpov). Gen. 30.
20. Dotavit me Deus dote hona : Dieu m'a fait
un excellent don, dit Lia, accouchant de son
sixième fils Zabuion.
DOSITHEUS , Gr. Deo dalus. 1° Dn prêtre
de la race de Lévi. Esth. 11. 1. AttiUerunt
Bositheus et Plolemœus, fdias ejus, hanc Epi-
stolam pfiurim : Dosilhée et Ptolémée, son
fils, apportèrent de Jérusalem en Egypteune
épîlre , qui renfermait l'histoire qui est rap-
portée dans les derniers chapitres du Livre
dEslher. Voy. Josèphe , /. 2. cont. Appion.
2° Un des chefs qui comb.itlaient avec Ju-
das Machabée. 2. Mac 12. 19. Dosilhcus et
Sosipatcr peremerunt a Timotheo relictos in
prœsidio decem millia i;/ro.«; Dosithéus et So-
sipaler tuèrent dix mille hommes , que Ti-
molhée avait laissés pour la garde d'une
place.
3° Un cavalier qui voulut prendre vif Gor-
gias. 2. Mac. 12. 35. Dositheus quidam de Bci"
cenoris eques vir fortis Gorgiam tenebat : Un
certain cavalier, de ceux de Bacénoris , qui
était un vaillant homme , se saisit de Gor-
gias.
DOTARE , ^î^-Àtzi. — 1^ Doter une femme ,
lui donner sa dot. Exod. 22. 16. Dotabit eam,
et habebit cam uxorem: Celhon\me, qui aura
corrompu celte vierge , lui donnera de quoi
se marier, etill'épouseralui-méme.— 2"Don-
ner, avantager. Gen. 30. 20. Dotavit me Deus
dote bona : Dieu m'a fait un excellent don ,
dit Lia. Voy. Dos. 3'.
DOTHALN , Heb. Rilus, lex. Ville proche
de Sichem,dans la tribu de Manassé. Gènes.
37. 17. Eamus in Dothain :C'è[ai\[ une plaine,
près de celte ville, où Joseph trouva ses frè-
res. Judith, k. 5. c. 7. 3.
DOTHAN. La même ville, que quelques-
tins mettent en la tribu de Zabuion. 4. Reg.
6. 13.
DRACHMA, JE. De o^xy^fin, à?, petite mon-
naie des Athéniens, qui valait un dtnier
roDiain , ou la huitième partie d'une once ;
environ trois sous et demi ; dans l'Ecriture ,
où la monnaie , selon ks Hébreux , vaut le
double , ce mot signifie :
Drachme, valant environ sept ou huit sous
de noire monnaie. Luc. 15. v. 8. 9. Conyra-
lulamini mihi, quia invcni drachmam quam
perdiderum : Réjouissez-vous avec moi , mes
amies , parce que j'ai trouvé la drachme <iu •
j'avais perdue. 2. Esdr. 7. v. 70.71. ^e prin-
cipibus familiarum dederunt in thesaunim
operis, auri drachmas vupiffu.'/TK, viginti mil-
lia, et aryenti mnas duo millia ducentas :
(Quelques chefs des familles donnèrent au
trésor destiné pour l'ouvrage du lemple, vingt
mille drachmes d'or, et deux mille deux cents
mines d'argent. 2. Ma'ch. 12. 43. Voy. Dena-
BIUS.
DRAGO, Nis, â|i«/wv , TOf. De ôi/oxctv, vi-
dere ; parce que ce serpent a les yeux per-
çants.
1" Oragon , espère de serpent terrestre ,
qui dc\ient fort grand et fort gros en vieil-
lissant. Dent. 32.33. Fel draconum rinum eo-
)um : Le vin des idolâtres est un fiel de dra-
gon : le venin de dragon est très-mortel. Job.
30. 29. Frater fui draconum (LXX (rîto^vwv) :
J'ai ressemblé aux dragons par mes hurle-
ments. Ps. 90. 13. Concnlcabis leonem et dra-
conem : Vous foulerez aux pieds le lion et
le dragon : Le Prophète marque, par là,
que tous les artifices des démons ne peuvent
nuire à celui qui met uniquement son espé-
rance en Dieu. Le dragon signifie aussi les
autres bêtes sauvages , et même figure les
plus grands dangers. Sap. 16. 10. Filios au-
tem tuos,nec draconum venenatorum vicerunt
dentés: Pour vos enfants , les dents mêmes
empoisonnées des dragons ne les ont pu
vaincre. Eccli. 25. 23. etc. Ainsi , Dan. \k.
22. Erat draco magnus in illo loco : Il se
trouva aussi eu ce lieu-là un grand dragon,
que les Babyloniens adoraient. Depuis que
le démon trompa nos premiers parents, sous
la forme d'un serpent, il a encore accoutumé
de se revêtir souvent de cette figure pour
tromper les hommes. Aug. l. 11. de Gen. ad
Litt. c. 28.
2° Serpent ( oyi? ). Exod. 7. 15. Yirgam
qnœ conversa est in draconem toile in manu
tua : Vous prendrez en voire main la verge
qui a été changé." <'n serpent ( il est appelé
Coluber. v. 9. 10.) : v. 12. Versœ sunt in dra-
cones : Les verges des sages d'Egypte furent
changées en serpents. C'étaient de véritables
serpents, ô« substitués à la place des baguet-
tes , ou formées par la connais^ame qu'a le
démon des causes naturelles de la produc-
tion de ces bêles. Aug. gnœst. 21. ou, enfin ,
parce que le démon enchatit lil les yeux de
ceux qui croyaient voir ce qu'ils ne voyaient
pas. Tert. Justin. Ambros. Hieron.
3' Toute sorte de serpents. Isa. 34. 13.
Erit cubile draconum {t-io-ov^si,) : La ville d'E-
dom, ou ridumce. deviendra la demeure des
dragons, c. 13. 21. Jer. 9. 11. c. 10. 22. c.
49. 33. c. 50. 39. c. 51. 37. Malach. 1. 3.
V" Dragon marin , poisson monstrueux,
tel que peut être la baleine. Ps. 103. 2C
Draco isie qucm forniasti ad illndendum ei :
Dans la mer, se voit ce monstre que vous
avez formé . Seigneur, pour s'y jouer, ou ;
[»our vous en jouer. Ps. 148. 7. Laudatc Do-
mi num de terra, dracones et omnes abyssi :
Louez le Seigneur, vous qui êtes sur la
terre , vous , diagons , et vous tous, abîmi>s
d'eaux. Tous les gros poissons sont appelés
du mot draco. ( tiuuue les petits sont appelés
reptiles. Ps. (i8. 33.
5" Cruels tyrans , puissants ennemis de
l'Eglise. Ps. 73. 13. Coiitribulasti capita
draconum in aguis : C'est vous , 6 Dieu , qui
avez brisé les lèles des dragons dans le fond
des eaux : Le Prophète entend Pharaon et les
Egyptiens. Isa. .il. 9. Ezech. 29. 3. c. 32. 2.
6" Le diablo ou Satan. Ap jc. 12. 3. Ecce
draco magnus ruf,(s : Il p.irut , dans le ciel ,
un grand dragon roux. v. 4. 9. 13. etc. Il est
appelé Dragon, à cause de sa malice et do
ses artifices, et ruux, à cause de sa cruauté,
qui ne respiie ([ue le saog et les meurtres,
1215 DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SÀCREK.
Façons de parler.
Fnns draconis ; Gr. Tznyrt zôfj auxwv , fons fi-
42i6
ciium. La fonUiine du Dragon , un lieu près
d'une des portes de Jérusalem , dite de la
Vallée. 2. Esdr. 2. 13. Egressiis swn per por-
tamvallis nocte et an(e fontem draconis: Je
sortis la nuit par la porte de la vallée , je
vins devant la fontaine du dragon : celte
fontaine était ainsi appelée , parce que des
dragons d'airain jetaient l'eau par la gueule,
ou, parce que l'eau y coulait en serpentant.
DROMEDARIUS, ir. De drotnas, dis, ou
dromada, œ, de Bp6u.o;, cursus.
Dromadaire , espèce de chameau fort ra-
pide à la course ( y.iciinlo: ). Isa. 60. 6. Dro-
medani Madian et Epha : Vous serez innon-
dée parles dromadaires de Madian et d'Epha.
On croit que ce sont les poulains des cha-
meaux , que l'on appelle de la sorte.
DRUSILLA , lE. Gr. Rare conspersa. De
o/jôo-o?, ros ; d'où vient Drusus, et de là le di-
minutif rfru5i//a.
Drusille , fille d'Hérode Agrippa , laquelle
quitta Azize , roi d'Emèse , son mari , pour
épouser Félix , gouverneur de Judée. Act.
24.. 2V. Vcniens Félix cum Drusilla uxore
sua, quœ erat Judœa, vocaiit Paulum : Félix
étant revenu à Gésarée avec Drusille , sa
femme , qui était Juive , fit venir saint Paul.
DUBIE. Avec doute, en doutant. Levit. 13.
43. Condemnabit eum haud dubie leprœ : Le
prêtren'hésiterapoint à juger quecet homme
est lépreux.
DUBITARE. De l'ancien dubiare, pour du-
bitare, qui vient de dubium, et celui-ci , de
duo ; comme en Grec Suw, fait S-jàÇjtv, dubi-
tare.
1° Douter, hésiter, ne pas croire entière-
ment, ni s'opposer ( o-jxÇtu ). Matlh. li. 31.
Modicœ fidei, quare dubitastiîRomme de peu
de foi, pourquoi avez -vous douté? c. 28. 17.
Videntes eum adoraverunt ; quidam autem
dubitaverunt : Les onze disciplos de Jésus-
Christ le voyant sur la montagne qui est en
Galilée, l'adorèrent; quelques-uns, néan-
/noins, furent en doute; ils ne doutaient pas
de sa résurrection ou de sa divinité;mais ils
doutaient si c'était lui-même : d'autres rap-
portent ce doute aux autres apparitions? du-
bitaverunt pour dtibitaverant. Tob. 7. 13.
2' Faire difficulté de faire quelque chose.
Act. 10. 20. Vade cum eis, nihil dabitans: Ne
faites point difficulté d'aller avec eux ; l'Es-
prit de Dieu parle à saint Pierre des trois
hommes que lui envoyait Corneille. On peut
aussi entendre: N ayant aucun doute sur la
rerité de leur mission, aoûh oiay.çi-^uvjo; ôrt
DUBITATIO, Nis. Doute, difficulté, qui
fait de la peine , quand cm ne sait à quoi se
résoudre. Art. 10. 29. Sine dubitaliune vcni
accersitus : Gr. ci:-ju-j7iù fo7'.)ç. Dès que vous
m'avez mandé , je n'ai fait aucune difficulté
de venir, dit saint Pierre à Corneille. Rulh.
3. 1.3.
DUBIUS , A., UM. De duo. Voy. Dlbitare.
Douteux, incertain, de quoi l'on doute. 1.
Tina. 6. 7, JS'ihH intulimus in hune mundum ,
haud dubium; Gr. o,'ùr,,^quod necauferre quid
possumus : Nous n'avons rien apporté en ce
monde , et il est sans doute que nous n'en
pouvons aussi rien emporter. Tob. 7. li.
Noli dubium gerere quod tibi eam tradam:'SQ
douiez point que je ne vous donne ma fille,
comme vous le désirez , dit Raguel au jeune
Tobie. Exod. 10. 10.
DUCATUS , L's. Du substantif ductus, s'est
fait diicatus improprement , comoie s'il ve-
nait de ducare.
Charge de commander dans une armée ;
dans l'Ecriture :
1° Commandement, la charge et l'autorité
de commander ( rr/tuo-Aa ). Eccli. 7. i. Noli
quœrere a Domino ducatum : 'Se demandez
point au Seigneur la charge de conduire les
autres. 2. Esdr. o. 8.
2* Conduire , soin de conduire et de servir
de guide. Matth. 15. 14. Cœcus si cœco duca-
tum prœstet (Gr. ôo^yr;), a/?;6o in foveam ca~
dunt : Que si un aveugle conduit un autre
aveugle , ils tombent tous deux dans la
fosse.
DUCENTI , .E , A ; Sta/.iTtoj. De duo et de
centum.
1^ Deux cents, nombre défini. Act. 23. 23
Parafe milites ducentos, ut eant usque Cœsa-
ream : Tenez prêts , dès la troisième heure
de la nuit, deux cents soldats pour aller jus-
qu'à Césarée , dit le tribun à deux cente-
niers , pour y faire conduire saint Paul au
gouverneur Félix. 1. Reg. 18. 27, c. 25. 18.
etc.
2' Nombre indéfini marqué par deuxcents.
Cant. 8. 12. Mille tui pacifici et ducenti his
qui custodiunt fr uc t us ej us :\ous retirerez
mille pièces d'argent de votre vigne, ô Salo-
mon ; et ceux qui en gardent et en recueil-
lent les fruits, en reiireront deux cents. Voy.
Pacificls. Joan. 6. 7.
DUCERE, i'/Eiv. Quand ce verbe signifie pu-
tare, il vient de So-mu ; mais lorsqu'il signifie,
mener, conduire , il \ient de otiy.-a, oîtzvvjtv,
ostcndere : ainsi , il signifie : conduire , gui-
der, porter à une chose , tirer en longueur,
mener, passer, estimer , penser, etc. ; dans
l'Ecriture:
1" Conduire, mener, emmener. 2. Par. 3G,
6. Vinctum catenis duxit in Babylonem : Na-
buchodonosor fit enchaîner Joachim,et l'en-
mena à Babylone : Nabuchodonosor laissa
ensuite Joachim à Jérusalem , où il régna
onze ans sous sa domination, v. o. 8. 4. Rcg.
23. 36. Voy. Joachim.
Façon de parler tirée de celle signification.
Ducere, ou ducere uxorem (supl. domum),
Gr. yuuLîîj. Prendre une femme en mariage,
la mener dans sa maison comme une chose
qui appartient au mari. Matth. 5. 32. Qui
dimissam duxerit , adultérât : Quiconque
épouse celle que son mari aura quittée ,
commet un adultère, parce que, quoi(iuo
séparée , elle reste toujours sa femme, c. 19,
9. c. 22. 24. Il se trouve aussi par abus dans
l'Ecriture : Ducere maritum. Deut. 2V. 2.
Cumque eqressa alterum maritum duxerit (yi-
yjî'iiiy.i it-Àpi) : Si cctte femme répudiée, étant
!2l7
DUC
DUL
1218
sortie de la maison de son mari , épouse un
second mari. Ainsi :
2" Emmener ( v-à-^iv^ ) ; soit en captivité.
Num. 21. 1. Arad victor exisfens, duxit ex eo
vrœdam : Après avoir vaincu les Israélites,
Arad en emporta les dépouilles etenemmena
des prisonniers. Deul. 21. 10. c. 28. v. 36.
M. etc. Job. 12. 19. i^uTzo^zill-i; 2. Tim. 3. (i.
Ex his sunl qui captivas ducunt muliercidas
oneratas peccatis {xi/^iixlomvitv) : De ce ntmi-
bre,sont ceux qui traînent après eux, comme
captives, des femmes chargées de péchés ; soit
au supplice. Act. 12. Id. Inquisitiotie factade
custodibus,jussiieosduci:liérode, après avoir
fait donner la question aux gardes pour sa-
voir ce que saint Pierre était devenu ,
commanda qu'ils fussent menés au supplice.
Voy. Gen. 38. 25. Souvent les Hébreux, en
mettant un verbe, sous-enlendenl ce qui en-
suit. Voy. AssuMERE.Ce verbe se trouve dans
les auteurs latins, en celte signification :2'î7.
Liv. Decad. 1. l. 6. c. 15.
3° Abattre, entraîner (zara^ipsiv). Act. 20.
9. Cum mergeretur somno gravi... ductus
somno, cecidit de tertio cœnaculo : Le jeune
homme Eulyque étant plongé dans un pro-
fond sommeil , tomba du troisième étage
en bas.
4° Transporter, emporter. Luc. 4.9. Duxit
illum in Jérusalem, et statuit eum super pin-
namTemp/î.Le diable transporta Jésus-Christ
dans Jérusalem , et le mit sur le haut du
Temple.
5° Tirer, étendre, allonger. Exod. 26. 37.
Quinque columnas deaurabis lignorum setim ,
ante quas ducetur tentorium : Le voile fait ,
pour l'entrée du tabernacle, sera susjiendu
à cinq colonnes de bois de sétim. c. 40. 32. V.
Reg. 21. 13. Delens vertam, et ducam crebrius
stylum super faciem ejus : Je passerai et re-
passerai souvent le stylo par-dessus Jérusa-
lem , afin qu'il n'en demeure rien. Ceci fiiit
^illusion à la manière d'écrire et d'effacer des
c;nciens. Voy. Stylus , de là vient :
Ducere teinpus. Passer le temps, comme qui
dirait continuer, tirer en long (à-yaOûveo-eat).
Judic. 10. 9. Mane apud me eliam liodie, et
duc lœtum diem : Demeurez encore chez moi
pour aujourd'hui et réjouissons-nousi. Eslh.
6. 1. Job. 21. 13.
Ducere choros , '/.of^vkiv, danser, parce que
la danse se fait avec quelque étendue. Judic.
21. 23. Juxta numerum suum rapuerunt sibi
de his quœ ducebant choros : Chacun des en-
tants de Benjamin enleva une des filles qui
dansaient, pour être sa femme. Cet enlève-
ment étant fait par l'autorité publique et
pour un bien public, se. pour la conserva-
tion de la tribu de Benjamin, ne doit pas
être regardé comme criminel, v. 21. 1. Reg.
18. 6. Judith. 3. 19.
6" Porter, exciter, toucher («vâyEtv). Matt.
4. 1. Jésus ductus est in desertum a Spiriiu :
Jésus fut conduit par l'esprit dans le désert,
pour y être tenté du diable, (^eci marque que
le Saint-Esprit le porta à présenter au démon
une occasion de le tenter; Gr. ôvo/Jm^ab duc-
tus est. Deut 30 1. Cum ductus pœnitudlne
CQrdis reversus fueris ad cum: Lorsqu'él«nl
louché au fond du cœur vous reviendrez à
Dieu. Judic. 21. 6. Tob. 6. 22.
7° Emporter, entraîner èy.y.lvny). 2. Esdr.
13. 26. Ipsum ergo duxerunt ad peccalum
mulieres alienigenœ : Après toutes les grâces
que reçut Salomon, néanmoins, des femmes
élrangères le firent tomber dans le péché.
(Voy. 3. Reg. 11. 4.) Gai. 2. 13. 2. Tim. 3. 6.
Mulieres quœ ducuntur variis desideriis : Des
femmes possédées de diverses passions.
8' Estimer, croire, penser (Xiyov touî-j). 1.
Esdr. 4. 14. Job. 14. 3. Dignum ducis super
hujuscemodi aperire oculos tuos : Vous croyez.
Seigneur, qu'il soit digne de vous d'ouvrir
seulement les yeux sur l'homme. Sap. 7. 8
2. Mach. 1. 18. etc. Hebr. 10. 29. Qui sangui'-
nem testamenti pollutum duxerit {r.yBÎTBxi) :
Celui qui aura tenu pour une chose vile et
profane le sang de l'alliance.
Jugum ducere. Voy. Jugum.
DUCTILIS, E. èlxzôç, de ducere, qu'on
conduit, qu'on fait aller où l'on veut , mal-
léable, c'est-à-dire,
Qu'on peut étendre à coups de marteau,
en parlant d'or, de cuivre, etc. Exod. 25. 31.
Faciès et candelabrum ductile de aura mun-
dissimo : Vous ferez un chandelier de l'or le
plus pur, battu au marteau, v. 36. Ps. 97.
6. etc.
DUCTOR , is. De ducere.
Chefquiconduilet sert de guide (tt^j-toOt»}.-^.
Num. 10. 31. Deut. 1. 30. Dominus Deus, qui
ductor est rester : Le Seigneur votre d'Icu ,
qui est votre conducteur, c. 8. 15. etc.
DUCTUS, us. L'action de conduire, la con-
duite ou l'administration de quelque affaire
(sxTKo-tç) ; dans l'Ecriture :
Etendue. Ezech. 17. 3. Aquila magnarum
alarum, longo membrorum ductu : Un aigle
qui a de grandes ailes et un corps très-
long.
DUDIA ; Heb. Dilectus meus. Un officier
qui commandait vingt-quatre mille hommes
des armées de David. 1. Par. 27. 4.
DUDUM; derfmet dum.
1° 11 y a déjà longtetnps. Ezech. 11. 3.
Nomie dudum {npocTfàzr^;) œdifîcalœ sunt do-
mus? Nos maisons ne sont-elles pas bâties
depuis longtemps? Hebr. Non prope est {quod
isti minnntur) œdifîcandœ sunl domus.
2° Déjà, auparavant. Gen. 27. 33. Quis
igitur ille est qui dudum cnptam venntiotiem
nttulit milii? Qui est donc celui qui m'a déjà
apporté de ce (ju'il avait pris à la chasse?
dit Isaac à Esaù. Exod. 12. 39. Coxeruniquc
farinam,quam dudum de jEgypto conspersam
tulerant : Les Israélites firent cuire la farine
qu'ils avaient emportée, il y avait du temps,
toute pétrie , i. e. il y avait plus d'un jour :
dudum n'est ni dans l'Hébreu ni dans les
Septante.
DUEL , Hebr. Scientia Dei. Le père d'Elia-
saph de la tribu de Gad. Num. 1. 14.
DULCEDO, I?iIS, yl-j/.u.TiJ.ôç, '/).\iy.«.(7^0L. —
1" Douceur (yW-i). Judic. 14. 14. De forti
egrcssu est dulcedo : La douceur est sortie du
fort. Ceci est une partie de l'énigmi! (jue
proposa Saiiison aux trente jeunes hommes.
Pur coue clouceur s'entendait le miel (\ni se
12 i9 DICTIONNAIRE DE
trouva dans la çriieul-^ du lion. (v. 18.) c. 9.
jl. Kxod. lo. 25. Voy. Lignum. Joël. 8. v. 3.
18. SiHlohunt montes dulcedinem : Lsi dou-
ceur du miel dégoûtera des montagnes ; Heb.
Le vin nouveau; ce qui marque une grande
abondance
2° Douceur, contentement, agrément, dé-
lices. Job. Si. 20. Dulcedo illius venues :
Que los vers soient la douceur et les délices
de Tadullère. Celte façon de parler peut bien
élre un hébraïsme, pour signifier que l'im-
pie sera lui-même la douceur et les délices
des vers. Prov. 16. 24. Isa. 24. 8. Joël. 1. 5.
Amos 9. 13.
3' Douceur, bonté, libéralité (xp»î=''ÔTr7?).Ps.
20. 4. Prœvenisti eum in benedictionibus dul-
cedinis : Vou^ avez prévenu lo roi de béné-
dictions et de douceurs, i. e. des grâces de
votre libéralité. Ps. 30. 20. Ps. 67. 11. Sap.
16. 21.
DULCIS, E , y)v'jxjç, tïu, ù. De l'ancien nom
delicis; d'où s'est fait delcis , et ensuite
dulcîs; ou du Grec oi/xo?, pour ylwjç, dans
le dialecte des Eoiiens, que les Latins out
suivi.
l°Doux au goûî.Judic. 14. iS.Quid dulciiis
melle? Qu'y a t-il de plus doux (jue le miel ,
disent les trente jeunes honnncs, expliquant
réiiigine de Samson. Prov. 2V. 1 '3. c. 27. 9.
2° Doux et agréable, délicieux, qui plaît.
Job 20. 12. Cum dulce fiierit (yX-j/aivic-Oat) in
07-e 7nalitm ; Lorsque le mal est doux à la
bouche de Thypocrile, il le cache sons sa
L-mgue. c. 21. 33. Ps. 18. 11. P=. 54. 16. Prov.
7. 5 etc. Ezcch. 32. Factum est in ore meo
sicut mel dulce : Ce livre devient doux à ma
bouche comme le miel. Ce n'est pas qu'Ezé-
chicl fût cruel envers ses frères . lorsqu'il
trouvait de la douceur dans un livre qui les
menaçait des châtiments, les plus rigou-
r«-ux; mais son grand amour [our Dieu lui
faisait aimer sa justice, qui menace et punit
les pécheurs pour détruire le péché.
3" Bon, bieiifaisanl, libéral (x^/îcttoî). Ps.
24. 8. Dulcis et reclus Dominas : Le Seigneur
est plein de douceur et de droiture. 1. Pelr.
2. 3.
4" Bon et profitable. Isa. 5.20. Vœponentes
amnrum in dulce, et dulce in omarum : Mal-
heur à vous, qui dites que ce qui est perni-
cieux est profitable, et (jue ce qui est salu-
laiie est nuisible.
DULCOK, is, yl-jy-v-Tixa.. Nom inusité de
dulcis.
Douceur. Iiccli. 11. 3. Iniliuw diilcoris
habet fiuctus illius : Le fruit de l'abeille l'em-
porte sur ce qu'il y a do plus doux.
DUfXORAKE,de dulcis; ce ^erbe n'est
point en usagi*.
Adnucir, récréer réjouir, consoler. Prov.
27. 9. Bonis amici consiliis ('nim'' dulcvratur:
Les bons conseils d'un ami sont les délices
d'une âme.
DUM , de Siù etouv, adverbe de temps (lui a
plusieurs significations : Lorsque, jusqu à ce
que, pourvu que, pondant que, tant que :
dans l'Ecriture :
1° Quand, lorsque, pendant que, tandis
que. 1. Cor. 11. 32. Dum judicamur autctn ,
PHILOLOGIE SACREE.
t2«i0
a Domino corripimur : Lorsque nous sommes
jugés de la sorte, c'est le Seigneur qui nous
châtie. Gai. 6. 10. Dum{ô>;) tempus hahe-
mus, operemur bonum ad omnes : Pendant
que nous en avons le temps, faisons du bien
à tous. Hebr. 9. 10.
2" Pourvu que. Philippe 1. 18. Quid enim ?
dum (tzï-o-j) otnni modo Christus annuntietur :
Qu'importe , pourvu que Jésus-Christ soit
annoncé en quelque manière que ce soit?
3° Comment, de quelle façon (w,-. quomodo).
Marc 4. 27. Et semen germinet , et increscnt
dum nescit ille : La semence qu'un homme
a jetée en terre germe et croît sans qu'il
sache comment.
4" Usque dum : Jusqu'à ce que. Voy.
USQDE.
Dummodo, de dum et de modo.
Pourvu que (aôvov, tantum). Gen. 19 8.
Abuiimini eis , dummodo viris istis nihil mali
facialis : Usez de mes deux filles comme il
vous plaira, après que je vous les aurai
amenées, pourvu que vous ne fassiez point
de mal à ces hommes-là, dit Lolh aux Sodo-
mites, au sujet des deux anges qu'il logeait.
Act. 20. 24.
Dumtaxaty de dum, adverbe, et de taxare,
pour œstimare, comme s'il y avait, Dum
taxetur hoc unum : En ne considérant que
cela.
Seulement. Levit. 25. 50. Deut. 12. 16.
Absque esu dumtaxat sanguinis : Abstenez-
vous seulement de manger du sang. Ce mot
est joint ordinairement avec ita ut, pour
marquer une restriction ou une condition
avec laquelle on doit faire quelque chose.
Levit. 14.8. Purificotusque ingredietur castra,
ita dumtaxat ut maneat extra tabernaculum
suum septem diebus : Cet homme étant ainsi
purifié, entrera dans le camp, de telle sorte
néanmoins qu'il demeurera sept jours hors
de sa tente, c. 21.23.
DUMA , Hobr. Silentium. — i° Un fils d'Is-
maël. Gen. 25. 14.1. Par. 1.30.
2° Peuple d'Idumée , descendu de Duraa,
fils d'Ismaël. Isa. 21. 11. Onus Duma : Pro-
phétie contre Duma; Gr. i§ovuce.ioi.ç Ainsi, on
croit que Duma eslmis par contraction pour
ridumée.
DUO, DU7E , DUO, de SOw, deux. Ce mot
se prend ou pour un nombre certain et dé-
fiiii. Gen. 7. 2 De animantibus vero immundis
duo et duo, masculum et fœminam ; i. e. bina:
Prenez d: ux mâles et deux femelles des ani-
maux impurs, dit Dieu à Noé. Ceci est une
phréise hébraïque, deux à deux, deux de
cliaque espèce, un mâle et une femelle, v. 9.
Duo et duo ingressa sunt cd Noe in arcam ,
masculus et fœminn : Les animaux purs et
impurs, et les oiseaux, avec tout ce qui se
meut sur la terre, entrèrent aussi dans l'ar-
che avec Noé, deux à deux, mâle et femelle.
Malth. 8. 28. Occurrcrunt ei duo habentes dœ~
jnonia de monumentis cxeuntes : Deux pos-
sédés sortirent des sépulcres et vinrent au-
devant de Jésus-Christ. Saint Marc, 5. 1. et
saint Luc, 8. 26. ne parlent que d'un; mais
c'était le plus furieux dos deux. Matlh. 19. 5.
Marc. 10. 8. etc. 1 . Reg. 18. 21. In duabusrcbus
ii21
DUO
DUP
f222
gcner meus cris hodie : Vous serez aujour-
d'hui mon gendre pour deux raisons : et
parce que vous avez triomphé du géant
Golialh, et parce que vous avez défait et !ué
de votre propre main cent ennemis Phi-
listins. Celle interprétation est la plus géné-
rale. Ainsi, Ose. 10. 10. Corripicntur pr opter
(luas iniquilates suas : Je les punirai pour
leur double iniquité, ou à cause des deux
veaux d'or, auxquels ils ont bâti des tem-
ples, ou à cause qu'ils sont en même temps,
et impies dans leur religion, et déréglés dans
toute leur vie. Eccli. 2. li. Vœ.... peccatori
lerram ingredienti diiabus viis ! Malheur au
pécheur qui marche sur la terre par deux
voies 1 qui marche selon Dieu en apparence,
cl selon le monde dans le fond du cœur. c. 3.
23. Voy. Claudicare. Ou ce mot se prend
pour un nombre incertain et indéfini. Luc 3.
11. Qui habet duas tunieas det non ftabenti :
Que celui qui a deux vêlements en donne à
celui qui n'en a point ; /. e. Ceux qui ont plus
de bien qu'il ne leur en faut, en doivent don-
ner à ceux qui en manquent. Matlh. 2i. v.
40.41.0.6.^4. Luc 17. 36. Ainsi, Matth.
18. 19. Si duo ex vobis consenserint super
terram, de omni re quamcumqne pelierint ,
fiet illis a pâtre meo : Que si deux d'entre
vous s'unissent ensemble sur la terre, quel-
que chose qu'ils demandent, elle leur sera
accordée par mon père, qui est dans les
cieux. Deut. 32. 30. 3. Reg. 17. 12. Malth.
6. 24. Ce mot se prend pour un petit nombre
ou une petite quantité. 3. Reg. 17. 12. En
colligo duo ligna : Je viens ramasser ici
quelques broutilles. Is). 7. 21. c. 17. 6.
Ainsi, Unus et duo Jer. 3. 14. Assumam vos
unum de civitate, et duos de cognntione: J'en
choisirai d'enlre vous un d'une ville et deux
dune famille. Les Juifs regardaient cette
prédiction comme accomplie, après le rotour
de Babylone sous Cyrus, du temps de Zoro-
babel ; mais l'entier accomplissement de cette
prophétie n'est arIi^é que lorsqu'un petit
nombre d'Israéliles furent sauvés, et furent
admis dans l'Eglise à l'avéncmenl de Jésus-
Christ. Eccli. 38. 8. Ainsi , Ose. 6. 3. Vivifi-
cabit nos post duos dies; in die tertia susci-
labit nos: Il nous rendra la vie dans deux
jours (dans peu de temps] ; le troisième jour
il nous ressuscitera; i. e. il nous rétablira.
Mais il est visible que le Saint-Esprit a voulu
uiar(|uer dans ce vers et le tcnips de la résur-
rection de Jéàus-Christ et rétablissement
do son Eglise, figuré par le rétablissement
des Juifs dans leur pays.
DUODECIM, owoî/.a , de duo et de decem.
Douze, pris ou pour un nombre certain.
Mallh. 10. V. 1. 2. o. Nos duodecim viisit
Jésus : Jésus envoya ces douze Apôtres.
Apoc. 12. 1. c. 21. 12. Matlh. 19. 28. c. 22.
30. elc. ou est pris pour un nonibre indéfini.
Malth. 20. 53. Non possum rogare palrem
uieum, et exhibebil tnilii modo plusquam duo-
decim legiones uvgelorum? Cvoyvz-vous (\ae
je ne puisse pas prier num Père , et qu'il ne
m'envoie pas ici en même Icnips [)ius de
douze légions d'anges? i. e. un très-grand
nombre. Jl faut remarquer que le nofubre
de douze est mystérieux, surtout dans l'Apo-
calypse, à cause des douze tribus d Israël
que Dieu a choisies et des douze Apôires
qu'il a appelés, et à cause des choses qui les
figurent, comme les douze fruits qu»' porte
l'arbre de vie. Apoc. 22. 2. Les douze portes
et les douze fondements de Jérusaien» , qui
sont les douze Apôtres. Apoc. c. 21. v. 12.
21. 14. Ainsi, Matth. 19. 28. Voy. Tribus.
DUODECIMUS, A., UM ; o'jjoiy.xzoç , de duo-
decim.
Douzième. Esth. 3. 7. Exivit mensis duo-
decimus, qui vocatur adar : Le sort qui fut
jclé devant Aman , tomba sur le douzième
mois, appelé adar; se. le mois auquel on
devait exterminer toute la nation juive. Apoc.
21. 20. etc.
DUPLEX, icis, de 5t-/o:?, de Ôtç , et de
-Vio:; selon d'autres, de duo, et de plcclere ;
duplus, vient mieux de ttHoç.
i" Double, deux fois autant. Gen. 23. v.
9. 17. Intercedite pro me apud Ephron, filium
Seor, ut det tnihi speluncam duplicem quam
habet in ex tréma parte agri sui • Intercédez
pour moi envers Eplircn , fils de Séor, afin
qu'il me donne sa caverne double, quil a à
l'extrémité de son champ , dit Abraham aux
enfants de Helh. Celle caverne, qu'Abraham
demande pour enterrer Sara, est appelée
double; soit qu'il y eût deux enfoncements
l'un dans l'autre, soit qu'il y eût deux lieux
séparés pour y (uetlre des morts. Exod. 16.
V. 22. 29. In die autem sexta collegerunt ci-
bos duplices, i. e. duo gomorper singulos/io-
mines : Le sixième jour de chaque semaine,
les Israélites recueillaient do la manne d<ux
fois plus qu'à l'ordinaire; i. e. deux gomors
(mesures) pour chaque personne; se. à cause
que le lendemain était le jour du sabbal, où
il n'en tombait point. Gen. 43. v. 12. 15.
Judic. 17. 10. Dabo tibi per annos singulos
vestem duplicem; Gr. ÇeOyo? «uartwv : Entre
les gages que je vous donnerai chaque an-
né'", vous aurez deux habits, dit Michas au
jeune homme Lcvilc de Bethléem, qui lui
devait lenir lieu de père et de prêlre. 3. Reg.
6. 34. Ulrumque ostium duplex erat : Cha-
cune des portes du T( mplc était brisée, et
s'ouvrait ayant ses deux parties unies ; Gr.
oOo Tzzyyiv.i.
2" Double , doublé, augmenté au double.
Exod. 28. 16. Quadrangulum erit el duplex :
Le Rational du jugement sera carré et dou-
ble; t. e. renforcé pour pouvoir soutenir le
poids des pierres précieuses. 4. Reg. 2. 9.
Obsccro ut fiai in me duplex spirilus luus : Je
vous prie que votre double esprit repose sur
moi ; ce que l'on eniend de l'esprit de pro-
phétie el dts miracles. Hebr. Fiat in me men-
sura duorum: (i. Q.duarum partium) de spirilu
luu ; Gr. onz'tû. £v T'jî-jfiaTi toj. Deul. 21. 17.
Plusieurs Pères croient qu Eli.séi! demanda
(le posséder doublement les dons que possé-
dait Elie, son mallrc: ce qui |)araîl hardi et
téméraire mais celait un prophète qii de-
mandait ce que Dieu même lui inspiriil de
demander : on remarque en effet qu'Elisée
fil une fois plus de miracles qu'Eiie. Vuy.
l'wiMOGKNiTLs. Ectlï. 50. 2. AU ipso duplex
Î223
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACREE.
i22i
tpdificatio : C'est Simon, fils dOnias, grand
piélre, qui a fait le double bâtinienl. L'Ecri-
ture ne fait nulle part mention de ces ou-
vrages qu'en cet endroit. Prov. 31. 21. Bo-
mestici ejus vestiti xunt duplicibus : Tous les
domestiques de la femme forte ont un double
vêtement ; autr. des habits bien doublés.
Quelques auteurs traduisent : coccinis de
pourpre, parce que l'Hébreu ^;r , souvent
précédé de nvSan, nom du ver qui produit
la pourpre, peut s'entendre ainsi, même
quand il est isolé; mais est - il naturel de
supposer que, dans une maison telle qu'est
celle de la femme forte, tous les serviteurs
soient revêtus de vêlements de pourpre?
D'ailleurs, en remontant à lelymologie, *:C'
de rcw, iteravit , signifie proprement, répété,
doublé; ce n'est que lorsqu'il se trouve im-
plicitement ou explicitement joint au nom
des couleurs, qu'il prend le sens de bis tin-
clum, deux fois teint, et, par suite, de celle
couleur ; hors de ce cas , il doit reprendre,
et reprend en effet sa signification primitive.
2° Plus grand, plus abondant, qui se rend
au double. Job. 42. 10. Addidit Bominus
omnia quœcumque fuerant Job duplicia : Le
Seigneur rendit au double à Job tout ce qu'il
possédait auparavant; au double , i. e. en
plus grande quantité qu'auparavant; ce qui
ne se fit pas tout d'un coup, mais peu à peu.
Eccli. 12. 1. Buplicia malainvenies in omni-
bus: bonis quœ feceris illi : Vous trouverez un
double mal dans tout le bien que vous lui
ferez ; vous perdez la récompense que vous
méritiez pour vos bienfaits; et de plus, cet
ingrat, étant devenu plus puissant que vous,
vous rendra le mal pour le bien. Sap.
11. 13. c. 20. 10. c.»26. 1. Isa. 40. 2. Suscepit
de manu Bomini duplicia pro omnibus pecca-
tis suis : Jérusalem a reçu de la main
du Seigneur une double grâce pour lexé-
cution de ses péchés, c. (31. 7. Jerem. 16.
18. c. 17. 18. Zaceh. 9. 12. 1. Tim. o.
17. etc.
3" Ce qui se fait une seconde fois, ce qui
se répète. Eccli. 7. 8. Neque alliges duplicia
peccata : Ne serrez point deux fois le nœud
(lu péché ; Gr. N'accumulez point péché sur
réché. Voy. Alligare. Nalium. 1. 9. V'oy.
CONSURGENS.
k° Double, opposé, qui est contraire à une
autre chose. Eccli. 42. 25. Omnia duplicia,
unum contra unum : Chaque chose a son
contraire : l'une est opposée à l'autre, se. ou
dans l'individu ou dans l'espèce. C'est même
cette diversité qui se trouve dans les choses
naturelles , et qui est un effet de la toute-
puissance de Dieu , qui entrelient l'ordre et
la liaison admirable de tant de corps qui
composenl cet univers.
5" Douteux, incertain, qui a l'esprit par-
tagé ( 8i^->'/.o; , bianimis). Jac. 1. 8. Vir du-
plex anima inconslans est /n omnibus viis
suis : Ceux qui n'ont point de résolution
fixe, n'avancent point, et n'arrivent à au-
cune fin. L'Apôlre veut dire que celui qui
ne demande pi)int avec une foi ferme, n'ob-
tient rien de Dieu , c. 4. 8. Puvijicate corda
duplices qnimo .Purifiez vos cœurs, vous
qui avez l'âme double et partagée; /. c. cjui
balancez entre l'amour de Dieu et du monde.
Eccli. 1. 36.
6° Double, qui n'est point sincère, hypo-
crite, dissimulé. 1. Par. 12. 33. Venerunt in
auxilium non in corde duplici : Ceux, de Za-
bulon vinrent au nombre de cinquante mille
offrir leur service à David, sans aucune du-
plicité de cœur. Eccli. 2. 14. Fœ dup/ici corrfe;
Malheur au cœur double , Siuo? , timide.
Voy. TiMiDUs. Eccli. 5. 11.
DUPLICARE , oLT:).oy-j; du nom duplex,
icis; et signifie doubler, redoubler, augmen-
ter au double, accroître de moitié.
1° Doubler, plier en deux (è77t5t77),o{iv).Exod.
26. 9. Ita ut sexlum sagum in fronte tecti du-
plices : Vous replierez en deux la sixième
couverture au frontispice du tabernacle.
2° Augmenter au double {-po<j nOi-jaL, adde-
re). Deul. 19. 9. Supra dicfarum trium ur-
bium numerum duplicabis : En ajoutant trois
villes de refuge à ces premières , vous en
doublerez ainsi le nombre.
3° Répéter, redire (SsjtîcoOv). Eccli. 42. 1.
Non duplices sermonem auditus de revelalione
sermonis absconditi : Ne redites point ce que
vous avez entendu dire, et ne révélez point
ce qui est secret.
4° Recommencer, redoubler ( 0[T)a7iKÇ-(v ).
Ezech. 21. 14. Buplicelur yladius : Que cette
épée meurtrière double et triple sa violence.
Les maux que les Chaldéens ont faits à Jé-
rusalem ont recommencé par trois fois. Voy.
Gladius. Apoc. 18. 6. Buplicale duplicia s"e-
cundum opéra ejus : Rendez au double à Ba-
bylone toutes ses œuvres; i. e. les maux
qu'elle a faits.
DUPLICITER. Doublement , en deux fa-
çons, ou de deux façons. Eccli. 23. 13. Si
dissimulaverit, delinquit dupliciter : Si celui
qui a promis quelque chose avec serment,
y manque par mépris , il péchera double-
ment.
DUPLUM, I, 5(-)o:v. De duplus, a, um ,
qui vient de Si? , bis, et de -lio;, plenus.
Le double, deux fois autant. Exod. 16. 5.
Sit duplum,quam colligere solebant per sin-
gulos dies : Que h s Israélites recueillent do
la manne le sixièmejour de la semaine, deux
fois autant qu'en un autre jour, dit Dieu à
Moïse, c. 22. 7. Si invenitur fur , duplum red-
det : Si on trouve le voleur, il rendra le
double. V. 4. 9-
Beaucoup plus ( 5£~/,ot£&ov ). Malt. 23. 15.
Cum fuerit factus,facitis eum filium gehennœ,
duplo quam vos , Gv. duplicius qiiam vos:
Lorsque cet homme, après lequel vous avez
couru par mer et par terre, est devenu pros-
élyte, vous le rendez digne de l'enfer deux
fois plus que vous. Les disciples, instruits de
inéchanls maîtres, en imitent plutôt les dé-
fauts que les vertus , et deviennent pires
(ju'eux. Apoc. 18. 6. Miscete illi duplum :
Dans le mên)e calice où Babylone vous a fait
boirt'., faites-la boire deux fois autant.
DURA, Rvhv. Generatio. Grande pleine,
dans la campagne de Babylone , où Nabu-
chodonosor fit dresser sa statue. Dans. 3. L
12-23
DUR
DUR
<22U
DURARE. Endurcir , rendre dur; de là
vient .
1° DuRARi. S'eniJurcir, devenir dur. Job.
38. 30. In similitudinem lapidis aquœ durati-
tur : Les eaux se durcissent comme la pier-
re. Voy.CORYSTALLUS.
2° Etre dur et insensible. Job. 39. 16. Duratur
od filios snos{àKî(jy-J.ïip-ijys'Tà.ré/.-ja.) quasi non sinl
sui : L'autruche est dure et insensible à ses
petits, comme s'ils n'étaient point à elle.
DURE etDURiUS; aylripû>ç, durement, plus
durement.
1° Durement, rudement. Isa. 22. 3. Cun-
cli principes lui fugernnt simnl , dureque li-
ijati sunt : Tes princes tous ensemble ont
pris la fuite, ils ont été chargés de rudes
chaînes. Le Prophète par'.e de la défaite des
Juifs par les Assyriens.
2° Aigrement, fièrement. Gen. i2.7. Quasi
od aliénas {(rrlripi, dura) durius loquebaïur :
Joseph parla à ses frères assez rudement ,
conime à des étrangers, v. SO. 2. Reg. 19. 4-3.
3° D'une nianière fâcheuse , offensante ,
désobligeante (Trovïjsà). Gen. 31. 29. Cave ne
loquaris centra Jacob quidquam c/itrius; Pre-
nez bien garde de ne rien dire d'offensant à
Jacob. 1. Rog. 20. 10.
i° Avec chagrin et déplaisir. Gen. 21. 11.
Dure accepit hoc Abraham pro filio siio : Ce
discours de S;ira parut dur à Abraham, à
cause de son Gis Ismaël.
5' Avec force et sévérité ànoTÔixotç. Tit. 1.
13. Increpa illos dure, ut sani sint in fide :
Reprenez fortementlesGorînthiens,afin qu'ils
conservent la pureté de la foi. 2. Cor. 13. 10.
La métaphore est tirée des chirurgiens qui ,
pour guérir les ulcères, en coupent la chair
morte.
DURITER.— 1° Rudement, d'une manière
rude et qui tient de la cruauté , en parlant
de la façon dont on traite quelqu'un : dans
l'Ecriture :
2° Avec impétuosité, avec furie («TroTÔpwç).
Sap. 5. 23. In illos flumina concurrent du-
riter : Les fleuves se déborderont avec furie
conJre les ennemis de Dieu.
DURITIA . JE. Dureté solide et ferme ;
comme celle du bois, du fer, du marbre, etc.;
dans lEcriture , il se prend dans le sens
figuré.
1" Dureté, rigueur, sévérité. Job. 30. 21.
Jn duritia manus luœ {/jtpi y.poLzc/.ix) adver-
saris mitii -Vous employez la dureté de votre
main pour me combattre. L'Ecriture, pour
se conformer à l'intelligence de l'esprit hu-
main , attribue souvent à Dieu ce qui n'est
propre qu'à l'homme. Exod. 3. 7. Clumorein
ejusaudivi propter duriliam eorum qui prœ-
sunt operibus : J'ai entendu le cri que jette
mon peuple , à cause de la dureté de ceux
qui ont l'intendance des travaux.
2* Opiniâtreté, obstination inflexible (6.jt«,
ossa). Prov.25. 15. Linqua mollis confringet
duriliam : La langue douce rompt ce qu'il
y a de plus dur. Hcb. ossa. Levil. 26. 19.
Deut. 9. 27. Rom. 2. 5. Ce qui est exprimé
aussi par la dureté du cœur, laquelle mar-
que ou cette opiniâtreté rebelle pr()|)re aux
Juils. Matt. 19. H. Moyncsnd duniiam coulis
DlCT10N.\. DE rniLOL. SACIVUE. L
vestn permisit vobis dimillere uxores vestras
{<Tiù.-npo/.upSiix) : C'est à cause de la dureté de
votre cœur que Moïse vous a permis de
quitter vos femmes (Voy. Deut. 24, 1). Marc.
10. 5. Voy. Operire ; ou l'incrédulité des
disciples, qui n'avaient pas voulu ajouter
foi à ceux, qui avaient vu Jésus - Christ res-
suscité. Marc. 16. li. Exprobravit incredu-
lilatem eorum , et duriliam cordis , quia iis
qui videront eum resurrexisse non credi-
derunt.
3° Force, grande quantité [iax^i). Isa. 47.
9. Universa venerunt super te propter duri-
liam incantatorum tuorum vehementem : Tous
ces malheurs vous accableront à cause de
l'extrême dureté de vos enchanteurs; Hobr.
et Gr. In forlitudine, i. e. m jyiullo robore;
c'est-à-dire, à cause du grand nombre.
DURUS, A, L'M ; (T-Klïipôçf à, ôv; de JoOoov,
îignum: d'où vient durateus, ligneus. Dur, so-
lide. Sap. 11. 4. Data estitlisrequies sitis de
lapide duro : Seigneur, vous avez désaltéré
la soif des Israélites, de l'eau que vous avez
tirée d'une pierre dure. Deut. 8. 1.5. etc.
1° Dur, fâcheux, rude, pénible. 3. Reg. 12.
4. Pater tuus durissimum jugum imposuit
vobis : Votre père nous avait chargés d'un
joug très-dur, dit Jéroboam, avec tout le
peuple, à Roboam. 1. Reg. 5. 7. Non maneat
arca Dei Israël apud nos , quoniam dura est
manus ejus : Que l'arche du Dieu d Israël ne
demeure point parmi nous, parce que sa
main nous frappe, disent ceux d'Azor. Ps.
16. 4. Propter verba labiorum tuorum ego cu-
stodivi vias duras : J'ai eu soin , à cause des
paroles de vos lèvres, de garder ex.iclemcnt
des voies dures et pénibles. Hebr. Observavi
semitas latronis : Je me suis donné de garde
d'entrer dans le sentier des méchants. Ainsi,
durus signifie plutôt ici, fâcheux aux an-
tres , insupportable. Exod. 1. 14. c. 6. 9. 3.
Reg. 14. 6. Gen. 4j. 5. etc.
2" Désagréable, choquant, rebutant, in-
supportable. Joan. 6. 61. Durus est hic scr-
mo , et guis polest eum audire ? Ces paroles
sont bien dures, et qui peut les écouter? di-
sent plusieurs des disciples de Jésus-Christ,
sur ce qu'il disait touchant sa chair <ju'il
fallait manger. AcI. 9. 5. c. 26. 14. Durum
est tibi contra slimulum calcitrare .-Il vous
est dur de regimber contre l'aiguillon; Gr.
ay.iyip6-j aot, Durum fuerit libi : Il vous se-
rait fâcheux et nuisible. (]eci se dit à saint
P;iul, en faisant allusion à ce qui arrive aux
bœufs qui , en regimbant, s'enfoncent da-
vantage l'aiguillon. Voy. Calcitrare. 3. Ret.
12. 13.
3" Opiniâtre, rebelle, inflexible. Gen. 49.
7. Malcdictus furor eorum quia pertinux, et
indigtintio eorum, quia dura : Que la fureur
t\i\ Siméon et di; Lévi soil niaudite. parte
qu'elle est opiniâtre, et (jue leur colère soit
en exécration, parce qu'elle est dure et in-
flexible. Act. 7. 1)1. Dura cervicc {<Tx'>.T)poTp.â-
Xrjlo»-). Télés dures, dit saint Elienne dans le
conseil aux Juifs. Exod. 32. 9. Cernoquod po-
pulus istc durœ crrvicis sii ; Je vf)is que co
peuple a la tétc dure, dit Dumi à Moïse par-
lant des lirac)iU'S .)ud,c 2. 19. Lzech 3. 7.
39
ilil
DICTIONNAIRE DE PHILOLOGIE SACIŒE.
12^28
Onoiis... (loinus Israël ditro corde (ax^iifoxifSio;) : Touie h
maison d'Israël a un cœur eiklurci. Ce qui se tlil^jur méla-
phore, futur inorquer que là-ne esl comme les corps durs
(|iii résisienl à tous les efibrts que l'on lail pour les
amollir.
4" l\u<\i\ brusque, brutal. l.Reg. 2o. 5. Vir ejits dwm:
N ibul mari d'Abig;iïl él:iil un homme dur.
5° Rude, violent. 2. Reg. 2. 17. Et ovlwn esl belliim du-
rum salis in die illa : Aussitôt que les douze hommes de
15 Mrauiiii du côté d'Isboseih, et les douze du c-ôlé de Da-
vjil se furent l'assé tous cliJCun rép.ie au travers du corps
les unsd s autres, il se donna un rude conib;il. c. 5. 59
6" Fort, puissent, invincible. C;inl. 8. G. Dura siciil iii-
ferniis œmidulio : Le zèle de l'iimour est inflexible comme
reubT. L'ùme (iJèle qui esi l'épouse du Cantique, ne
souffre point d'autre amant que Dieu qui est son épou.x ;
mais il faut remarquer, avec saint Ambroise , que l'époux
parle d'un amour parfait, qui met les âmes eu tel état que
toute la fureur des persécutions, et toute la violence des
l'-mpôtPS excitées coiilre eux, n'ont point la force de les
sénarer de l'anwur de Dieu. Isa. 27. 1. Sap. 18. 15. Ezech.
3. 8.
7° Qui devient plus fort, el s'affermit davantage. Jerem.
50. V. 14. Dtira factn suiitiirùrfi-j-^:) peccata litti. Propler
dura peccala tua feci liœc libi (S.à twv àjiapT.ûv »oj tûv <r»Xi;fûv) :
r.'e^t à cause de votre eiidurcisseiwent dans le péché que
je vous :n traitée de la sorie, dit Dieu à Jérusalem.
8° Se. ère, rigoureux {izi-'Mi). Sap. 6. 6. Judicium
dwissiiiiuin liis qui pra'siint fiel : l'.eux (jui commandent les
auires seront jugés avec une extrême rigueur, c.ll. 11. c.
12. 9. fsi 27. 8. Mallh. 2"i. 2i.
9" Offènsmi, injurieux. Eccli. 19. 7. Ne itères verbwn
vequmii et daruiti : Ne rapportez point une parole maligne
et iillensaiile. Jud. lo.
lO" Effronté, qui n'a point de honte ( <nc>.r,5oi:fiij».xo;).
Ez,"Ch. 2. i. Filii dura fade... ad quosegomillo te : Ceu.x
vers qui je vous envoie .soûl des entants qui ont un frout
dur, dit Dieu au Prophète, c. 5. 7. Daro corde : Us ont un
cœur endurci.
DUX, GIS ; 45rviç, iyjy^tni. tj'v^v. Du vcrbe ducere , con-
ducteur, guide,' chef, auteur, capitaine ; dans l'Ecriture :
Conducteur, conductrice, qui conduit, qui sert de guide,
.soit dans un voyage, ou dans quelque affaire. Matlh. 25.
16. Vœ vobis, duces cœci! Maltieur a vous, conducteurs
aveugles ! dit Jésus-Christ aux scril)es et aux pharisiens.
v. 24. c. îo. 14. Rom. 2. 19. Act. 1. 16. A quoi se peut
rajiporler cette façon de parler :
Dux puberlaih, nu virqinilatU : Celui qui a épousé une
fit<p viergf^, \me lille eu sa jeunesse {SSaMiakia) . Prov. 2.
17. RelinquUdKcem puberlalis swi' : L'une des qualités de
h femme étrangère esl d'abandonner celui qu'elle a
épousé en sa jeunesse, son premier maii, qui l'a épousée
étant vierge. Ce (jui s'cuiend dans le sens métaphorique.
Jerem. 5. 4. Yocanie, Paler viens, diix virginiialis meœ
tu es (ifz-iiYo;) : Dii es-moi. Vous êlps mon Père, vous êtes
C'dui qui' m'avez candulle lorsque j'étais vierge : Dieu a re-
gardé la Synagogue comme son épouse. Comme on dit
dux puberlalis! on dit aussi uxor puberlalis, pour marquer
une femme ([u'on a épousée dans sa jeunesse. Malach. 2.
14. Vny. PCBERTAS.
1° Qui PSI au-dessus, qui lient le premier rang en
quelque chose {T.veirfai, duceni esse). Ps. 105. 17. Herodii
doinus dux eut eo um : Le nid de la cigogne est comme le
premier el le chef des autres, esl incomparablement plus
h.iul que les autres ; Uebr. est fait dans les sapins. Art.
14. 11. Quoniam ipse eral dux verbi. Ceux de Lyslre ap-
pelaient saint Paul, Mercure, parce que c'était lui qui por-
-ait la parole.
2" Auteur de quelque chose. Dan. II. 22. Dux fœaeris .
l.p chof de ralli..nce ; Wfhr'. Aulecessor ; ^:ir ce chef de
l'alliance, quelques-uns entcndetit Judas Machabée. que
Viuipie Aniiochus a trompé par ses arlilices; d'autres l'en-
îeiiilent, soit de Plolémée Philométor, qui pou\ait bien
avoir demandé le premier l'alli^ince d'.4nliochus; ou de
Tryphon, l'un des grands d'Egypte, qu'Appien fait le mé-
di::ieur de ci lie alliaoce, cl qu'Anlrochus lit ensuite
ijiiurir.
ô* -Vmi, familif r, qui donne conseil ol règle par ses avis.
Ps. û4. 14. Tu vcro liomn umvmiis, dux meus : Celui qui
m'a charge de malédictions, el qui a parlé de moi avec
ins'ib'Qce, c'est vous qui n'étiez qu'un cœur avec moi, et
qui étiez le chef de mon conseil. Le Prophète parle
d'Achilophel. Mich. 7. o.
4° Le .Messie ou le Christ, qui esl le chef de l'Eglise, et
qui la gouverne par son Esprii-Saint. Dan. 9. 25. Ab exitu
sermouis ut ileruni œdi[icetur Jérusalem, usque ad Chrislmn
Ducem, liebduniadcs seplein el liebdotmdes se.tayinta duœ
e/HHt; Depuis l'ordre qui sera donné pour rebâtir Jérusa-
lem, jusqu'.iu Christ chef démon peuple, il y aura sept se-
mâmes ti soixanie-diiu semaines. Maith.2. 6. Exieexiel
Diux qui reqal populiun tueum Itmael : Ce sera de loi, Be-
thléem, que sortira le Chef qui conduira mon peuple
d'Israël. Les princes des prêtres et les scribes du peuple
citent a Hérodc le passage du prophète Michée, c. 5. 2.
(Voy. Mille). Isa. 53. 4. Jerem. 30. 21.
o" Prince, qui gouverne avec un pouvoir souverain.
Gen. 17. 20. Duodecim duces (lOvr, genl s) generabil : Douze
princes sortiront d'ismaél. (Ces douze princes sont mar-
qués, c. 23. 13. cl suivants. ) c 36. v. 13. 16. 17. etr c.
49 10. Xon auferelur sceplrum de Juda^^et dux de feniore
ejtts, donec venial qui niillcndus esl : Le sceptre ue sera
|X)inl ôlé de Juda, ni le prince de sa fiosérité, jusqu'à ce
que celui qui doit être envoyé soit venu ; Hebr. Legisla-
tor. Malach. 1. 8. Prov. 2^5. v. 2. 16. Eccli. 10. 17. Isa. 15.
2. Ezech. 12. v. 10. 12. Dan. 9. 26. Civiinles et ianctua-
rium dissipabit popidus cuni duce veuturo : Un peuple
avec son chef qui doit venir détruira la ville el le sanc-
tuaire. Ce prince esl l'empereur 'l'iie, (|ui prit et détruisit
Jérusalem. 1. Reg. 9. 16. 2. Rcg. 5. 2. 3 Reg. 11. 34.
G° .Ministre d'Eial, général d'armée, capitaine, officier.
l.Petr. 2. 14. Subdili eslole proptet Deum, sivereyi, sive
ducibus : Soyez soumis pour l'amour de Dieu, soit au roi,
soit aux gouverneurs Geu. 26. 26. c. 41. 12. Deut. 20. v.
5. 9. etc.
7° Chef, ou premier magistrat chez les Juifs, (ip^uv).
Num.7. 11. Singuli duces per singulos dies offernnl muuera
m dedicationem aliaris : Que chacun des chets offre chaque
iours ses présents pour la dédicace de l'autel, dit Dieu k
M.i>e. v. 5. 10. 18.
8" Les chefs de famille (^aiAti;!. Num. 21. 18. Fuleus
queni foderunt principes, et paravemnl duces multiludviis
in datore Legis : C'est le puits que les princes ont creuse,
que les chefs du peuple ont préparé par l'ordre de celui
qui a donné la Loi. Ceci est du cantique que chanta le
peuple en actionsde grâces pour l'eau q le Dieuleur donna
l'ar Moïse. (Voy. c. 20. 8.) c. 23. 14. c. 31. 26. Jos. 8. 33.
judic. 10. 1. Ps. 67. 2S. etc. Voy. Pbinceps.
9" Grand seigneur, personne considérable par son mé-
rite ou sa qualité. Job. 29. 10. Vucem suani colubebaitt
duces : Les grands s'imposaient silence dès que je parais-
sais c ÔL 18. Ezech. 23. v. 12. 13. 23.
10" Juge (iT:.tr:à-.T,;). Jcrcm. 29. 26. Dominus dedil le
sucerdolem, pro Jniada sacerdole, ut .sis dux in doino Du-
tnini : Le Seigneur vous a élabU pontife, couune il a éia-
bli le [)()nlifj Joîada, afin que vous soyez chef dans la mai-
son du Seigneur. Ce que Sophouie dit à Maasias, orèire,
par flatterie, pour le porter a tuer le prophè'.e Jéréuiie,
comme Jcïida avait tué Maihan, prêtre de baai. Voyez 4.
Reg. 11. 18.2. Par. 23. 17.
DYSCOLUS, I. De iù;, œgre, et de «v.v, cibus, qui est
de dilluile nourriture; celle particule i'^ ne se trouve qno
dans les composés, et y marque toujours de la difficulté.
Fâcheux, de mauvaise humeur, difficile "a contenter.
1. Petr. 2. 18. Servi sibdili eitole dominis... uon luntum
bonis el modesiis, sed etiam diiscotis : Serviteurs, soyez
vouuiis à vos maîtres... non-seùleinenl Ji ceux qui sbnl
b.)iis el dou.\', mais même à ceux qui sont rudes cl fâcheux :
Gr. ffxo"/,i-.i;. praiis; i. e. aspcris et sa'vis L'inUrprèie s'est
.servi d'un autre mol Grec qui signifie k peu près la même
chose.
DYSENTERIA, x; Grec. WtvTcfta. De s-,i, œgre, el
d'tvTna, entrailles : douleur dans les inleslins.
Dyss. literie, tbix de sa»? avec de -grandes douleurs.
.Act." 28. 8. Conliyit palreni Publii febribus et dq>>sentena
Vëxiilum j.icere : Il se rencoulra (pie le père d.- Pulilins
était malaJe de fièvre et de dyssonlerie. Sai.il Paul la
guérit.
FIN DU rr.EMlLR VOLlMt.
"^jîuversïtâe
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